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Arts et Culture (1434)

Selon un communiqué de Tigo, « la dernière mission de suivi de la qualité de service Internet effectuée par l’Artp en mars 2017 dans la région de Dakar, révèle que Tigo est le premier opérateur en qualité de service Internet ». « Nous sommes heureux de voir que les différentes initiatives que nous avons mises en œuvre au niveau technique et commercial ces dernières années portent leurs fruits. Notre ambition est de continuer à offrir la meilleure qualité de service Internet au niveau national et à tous nos clients. C’est une responsabilité dont nous avons conscience et pour laquelle toutes nos équipes sont mobilisées et engagées. Nous remercions nos clients pour leur confiance et leur fidélité », a déclaré la directrice générale de Tigo, Mme Mitwa Ngambi.
Depuis le lancement de sa 3G+, Tigo Sénégal s’est donné pour ambition de «faire découvrir et vivre le digital lifestyle aux populations et entreprises du Sénégal».

Les festivités marquant le lancement de « Conakry, capitale mondiale du livre », ont été clôturées par le Premier ministre de la République de Guinée. C’était en présence de Madame Anna Sémou Faye, ambassadeur du Sénégal, et du directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication, Rémi Sagna, informe un communiqué.

Après 72 heures marquées par un programme artistique et littéraire, les rideaux sont tombés sur les activités commémoratives de la Journée mondiale du livre à Conakry. En effet, pendant trois jours, la capitale de la Guinée a vécu d’intenses moments de ferveur autour du livre, de la lecture, de l’édition et de la musique. Pour marquer cette importante activité de lancement de Conakry, capitale mondiale du livre, les organisateurs ont voulu montrer leur ambition de faire de leur pays un carrefour incontournable de la littérature africaine et du monde entier.

Selon le commissaire de l’événement, ce fut trois jours de bonheur et d’espoir pour la Guinée. Ce sera l’occasion pour le gouvernement de mener une série d’activités dont l’équipement de la bibliothèque nationale, l’organisation de séances de dédicaces d’ouvrages, de colloques, de conférences et d’échanges sur la problématique du livre en Afrique.

« Parmi les événements phares retenus, on peut aussi noter la célébration des 70 ans de Présence Africaine à Conakry. A cette occasion, un hommage est rendu à Alioune Diop, David Diop et verra la présence d’écrivains et d’intellectuels dont Wole Soyinka », indique-t-il.

Dans son adresse, le Premier ministre, Mamadou Youla, a salué le travail de son gouvernement en matière de politique du livre, politique qui a valu à la Guinée d’être choisie par l’Unesco comme la capitale mondiale du livre. Il a remercié tous les pays amis qui se sont joints à la Guinée pour assurer la réussite à cet événement. Aussi, a-t-il exhorté les membres du comité d’organisation à garder le même enthousiasme, la même flamme pour assurer le succès aux autres étapes du programme de célébration. Avant de les assurer par ces mots, « le gouvernement sera à vos côtés pour les importantes activités à venir ».

Au cours de cérémonie de clôture, le prix du jeune écrivain a été décerné à David Kékéma Biabogui pour son texte intitulé « Sos jeunesse ». Le jury était présidé par Alassane Shérif de l’association des écrivains de Guinée.

La veille, le Centre culturel franco-guinéen qui a abrité un panel sur le thème « Les mutations des lettres sénégalaises », a été animé par le Professeur Diané de l’Ucad et la conservatrice du musée Léopold Sédar Senghor, Mariama Ndoye. C’était sous la présidence des ministres sénégalais et guinéens de la culture.

Dans la soirée, c’est la chanteuse Titi et son groupe qui ont fait sensation dans une salle archi-comble du Centre culturel franco-guinéen. Sans oublier la belle prestation des slameurs sénégalais. Le public guinéen composé en majorité de jeunes s’est laissé emporter par les belles sonorités mbalax.

Maguette Guèye DIEDHIOU

L’artiste Issa Samb plus connu sous le nom de « Joe Ouakam », décédé mardi, a été inhumé hier à sa dernière demeure au cimetière de Ouakam, à Dakar. A sa levée du corps, à l’hôpital Principal, le président de la République a salué la création artistique et l’humanisme du défunt.

« La mort est toujours une surprise, malgré qu’elle soit le destin inexorable de toute créature. C’est de Dieu que nous venons, c’est de Lui que nous retournons », a affirmé, dans une formule révélée par un verset du Coran, le président de la République, hier, à la levée du corps de l’artiste Issa Samb dit « Joe Ouakam ». « En cette circonstance particulière », Macky Sall avait dit, en préambule, que le Conseil des ministres a été déplacé, la première fois depuis qu’il est au pouvoir, pour apporter l’hommage du pays, à ce digne fils du Sénégal.

« Rendons grâce à Dieu en toute circonstance, malgré la douleur incommensurable qui nous saisit lorsqu’un être cher nous quitte, pour toujours. Issa Samb dit Joe Ouakam, couché là, devant nous, est une de ces figures dont la mort revêt une signification singulière. Il était un artiste de dimension nationale et internationale incontestable. Rarement, on a côtoyé, dans notre pays, un homme qui aura organisé sa vie comme une œuvre d’art ; je veux dire une vie jouée entièrement à la création, défiant la mort et le désespoir », a poursuivi le chef de l’État, approuvant le témoignage poignant de ces compagnons d’artistes et autres parents.

« Joe Ouakam nous quitte au moment où nous avons encore plus besoin de lui, de sa présence rebelle, de sa parole étonnante et toujours remplie de sens de douceur, de ses colères justes et des valeurs sublimes de générosité et de solidarité. Oui, l’homme que nous accompagnons, incarnait un humanisme total si précieux pour notre époque tourmentée. Ces œuvres étaient originales et empreintes à la fois d’inquiétude et d’espoir, à l’image de lui-même, comme artiste intégral, dans sa manière d’être, dans sa demeure, dans sa relation avec les autres, dans son regard sur son pays et le monde », a ajouté Macky Sall.

Proche des démunis
Revenant sur une rencontre à laquelle, il avait convié des intellectuels et hommes de culture au Palais, tenue il y a quelques années, pour une conversation franche sans tabou, le président de la République se rappelle, ce jour-là, avoir senti en cet homme debout, frêle et plutôt déterminé, la puissance de la conviction, une forte volonté de mouvement et de progrès, d’époque sûre, qui ne s’expliquent que par ces valeurs fondamentales qui font la singularité de l’homme. Il a loué la modernité de l’artiste qui avait imposé sa présence bénéfique dans le landerneau artistique et culturel dakarois et sénégalais.

« Que son œuvre et son exemple éclairent les nouvelles générations. Que Dieu l’accueille à son Paradis et lui réserve une place de choix », a-t-il prié, non sans constater que le défunt n’avait jamais oublié ses racines Lébou.

Au chapitre des témoignages, le Grand Serigne de Dakar, El hadji Abdoulaye Makhtar Diop, se souvient d’un camarade avec qui il partageait la chambre 174, au couloir H, du pavillon A de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Pour lui, des miracles dormaient en cet homme, originaire de Mboul. « Il aidait les démunis à partir des revenus tirés de la vente de ses tableaux d’art », a-t-il affirmé.

Son ami Alioune Badara Diagne n’a pas tari d’éloges à l’âme disparue. « Le Sénégal a subi une lourde perte. Patriote sincère, il était une figure qui incarnait la création artistique. Il était un homme de pensée et d’action, un homme de cœur et de bien », a laissé entendre M. Diagne.
Pour sa part, Abdoul Bâ est revenu sur la générosité du défunt, qui aidait orphelins et veuves. « Joe s’intéressait à l’homme. Joe me disait que le vivant est celui qui aide l’autre à vivre. Sinon, l’on n’est pas vivant », a affirmé M. Bâ, très ému.

Quant à Mbaye Diagne, il témoigne que l’argent n’avait pas pris le dessus sur la vie de Joe Ouakam : « Il a préparé sa mort ». « Joe Ouakam » a étudié à l’École nationale des arts et à l’Université de Dakar. Il était une figure emblématique et tutélaire de l’art au Sénégal. Peintre, sculpteur, acteur et dramaturge né à Dakar, il vivait depuis des décennies au milieu de ses œuvres, dans sa maison au Plateau, une sorte d’exposition permanente qui variait au fil du temps.

Hier, la cérémonie de levée du corps de l’artiste, décédé à l’âge de 72 ans, a enregistré la présence, entre autres, du Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, du ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, des ministres conseillers El Hadji Kassé et Mme Penda Mbow.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le temps les a accueillis avec douceur et ils leur ont rendu la pareille, en procurant tant d’émotions, au cours de leur prestation au Festival de jazz de Saint-Louis. Entre les lamentations de Lokua Kanza et les émotions crues de Marcus Miller, le public a passé une belle soirée, mardi.

C’était la soirée à ne pas rater et elle était très belle avec des productions de haut vol. Il y a d’abord eu Lokua Kanza, l’homme qui « pleure » quand il chante avec comme seul objectif de transmettre des émotions. De sa voix modulable à souhait qui laisse parfois place à des trémolos et souvent renvoie à celui d’un stentor, le chanteur congolais a conquis son auditoire. Dans son répertoire plusieurs thématiques sont abordées et renvoient parfois au fait de ne jamais perdre son âme. Aussi, Lokua évoque le bonheur pouvant naître d’un sourire, un regard, une épaule, qui peut procurer tant de bonheur. Dans un brin de d’humeur, l’artiste souligne que « même une petite banane peut faire du bien ».

Les mélodies de Lokua sont envoûtantes. Tout est paisible chez ce chanteur, tout est douceur surtout quand il ferme les yeux et semble dialoguer avec le néant... Il murmure et chuchote, fait voyager à Kinshasa un samedi soir où tout est remuant. Toute cette belle frénésie est agrémentée par  les fins déhanchements de ses choristes. A l’heure de prendre congés, l’artiste initie un solo, tout entrainant. Seul sur scène, Lokua Kanza est si présent avec sa guitare et sa voix nue et possessive. Il est capable de faire de brèves et stridentes incursions, comme aussi il peut dans un style propre « endormir » le spectateur.

Rattraper le temps perdu…
Le « Goodbye » en guise de clap de fin annonce ainsi l’arrivée d’une autre icône, Marcus Miller. Que doit retenir le spectateur d’un concert de l’artiste américain. Tout ! Absolument tout. La belle prestation de ses deux Alex à la batterie et au saxo, le trompettiste Marcus qui à lui seul peut faire le concert, ajouté à cela, son talent de bassiste attendu l’an dernier, mais qui à la dernière minute a déprogrammé sa venue pour des raisons de sécurité. Mais le rattrapage en valait vraiment la peine.  Le compositeur et producteur de « Tutu » du grand Miles Davis a fait danser la Place Faidherbe. Miller a visité son album « Afrodeezia » qui est un voyage sur la route de l’esclavage avec des sonorités venues d’Afrique, du Brésil, des États-Unis, des Caraïbes en passant aussi par Paris la métisse et bien évidemment Saint-Louis du Sénégal, carrefour africain du jazz.

Le top de sa prestation, mardi, a été le morceau « Gorée ». Ainsi rappelle l’artiste natif de New York, « j’ai visité cette île mémoire il y a 7 ans et elle m’a parlé ». Ce pèlerinage a été décliné en notes mélancoliques et le public était sous le choc. A travers ce morceau, l’on sent la tristesse et aussi l’envie de dénoncer des choses horribles comme l’esclavage qui a séparé des frères de sang. Les complaintes des instruments sont accompagnées par les mots d’un slameur qui rappelle que l’humanité ne compte qu’un seul peuple avec plusieurs langues et plusieurs cultures. Dans «Gorée», Marcus Miller nous transporte dans cette période sombre de l’humanité.

Amadou M. NDAW

Ouvert lundi, le Festival international de jazz de Saint-Louis, événement de renommée internationale, accueille chaque année des milliers de festivaliers, devenant ainsi un rendez-vous musical incontournable pour les jazzophiles, africains, européens, américains, asiatiques et sénégalais.

« Aujourd’hui, le Festival international de jazz de Saint-Louis est devenu un levier de promotion économique important pour la ville, mais aussi l’un des plus importants festivals d’Afrique, en termes d’image, de notoriété et d’affluence », a affirmé le président de l’Association Saint-Louis/Jazz, Me Ibrahima Diop. Pour cette édition 2017, l’association organisatrice du festival compte sur son pouvoir de mobilisation de toute la population locale qui, du reste, s’est appropriée l’événement depuis plusieurs années.

Ce festival, souligne Me Diop, président de l’association, incite des milliers de touristes à affluer vers Saint-Louis. Il captive, par sa notoriété, l’attention des autorités sénégalaises, des représentations diplomatiques et des institutions internationales qui se retrouvent à Saint-Louis le temps du festival. C’est pourquoi l’association organise, en marge des festivités du programme officiel, d’autres manifestations axées sur des thèmes d’actualité. Des concerts de musique (jazz, blues, gospel, hip hop…), des manifestations culturelles et sportives, des foires et des expositions rythmeront cette 25ème édition. Face à un public de plus en plus exigeant, Saint-Louis Jazz donne une importance capitale à sa programmation artistique, développe des projets plus créatifs, sans ôter au festival son ambiance de fête si particulière et son identité originelle.

Des moments d’ambiance populaire
Le Festival international de jazz est, en effet, un temps fort que les populations de la ville de Saint-Louis, leurs illustres hôtes, des milliers de touristes et autres visiteurs, attendent avec impatience et qui mobilise, chaque année, des milliers de festivaliers et autres adeptes de la musique. C’est, à coup sûr, cette période durant laquelle les jazzmen de gros calibre, venus d’Afrique, d’Europe et des États-Unis, enflamment les soirées du « In » organisées encore sur la place Faidherbe. Ainsi, les amateurs de jazz ont droit à huit nuits d’orgie musicale.

Dans cette ville qui a connu le faste d’une capitale et la lumière d’une cité d’art et de culture, cette ville spirituelle, élégante, drapée de toute sa dignité, auréolée de son histoire, certains touristes peuvent assister aux concerts et découvrir les sites touristes et monuments historiques de cette cité tricentenaire.

Ancienne capitale de l’Afrique occidentale française, longtemps considérée comme un centre d’élégance, de Téranga, de la mode, de l’extravagance, de la courtoisie et de la douceur, la ville mythique de Mame Coumba Bang (génie tutélaire des eaux), commence à vibrer.

Jusqu’au 1er mai, les visiteurs ont l’occasion de musarder à travers les rues, ruelles et artères de la vieille cité, découvrir le beau palais de la gouvernance qui trône imperturbable au milieu des quartiers de Lodo et de Sindoné (quartiers du Nord et du Sud de l’île).

Pour traverser le célèbre pont Faidherbe, trait d’union entre l’île et le faubourg de Sor, considéré comme le poumon économique de la ville, pour visiter les vieilles chaumières de Guet-Ndar, Santhiaba, Gokhou-Mbathie, les endroits paradisiaques et idylliques de l’hydrobase, de la Langue de Barbarie, des îles de Bopp-Thior, Doune Baba Dièye, pour s’adonner à des randonnées pédestres entre les collines et les dunes du Gandiolais.

Les illustres hôtes de l’Association Saint-Louis/Jazz et autres invités de marque auront aussi l’opportunité de contempler ces guirlandes de restaurants et de gargotes, ces galeries d’art et d’artisanat très accueillantes, ces hôtels, auberges et autres réceptifs remis à neuf et qui invitent au dépaysement, les lustres éblouissants d’une ville chargée d’histoire, ses monuments historiques et ses sites touristiques qui permettent toujours de mieux vendre la destination Sénégal. Ils se retrouveront également dans les différentes manifestations culturelles d’assez bonne facture prévues cette année par l’équipe du festival international de Jazz de Saint-Louis.

Mbagnick Karachi DIAGNE

A l’instar de la communauté internationale, le Sénégal célèbre la Journée internationale des filles. Pour l’occasion, une journée portes ouvertes aux écolières de Dakar a été organisée à la Direction du traitement autonome de l’information du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.

L’informatique, c’est de l’intelligence embarquée dans tous les métiers du monde. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, accompagné de ses partenaires, ont compris cette maxime et ont pris la ferme intention de ne pas rester en reste dans la célébration de la Journée internationale des filles dans les Tic, consécutive au plan d’action national de la résolution 70 de l’Union international des télécommunications (Uit). Elle a pour objectif de contribuer au renforcement des connaissances et des capacités des filles en matière de Tic, de susciter auprès d’elles des vocations dans les e-métiers.

Elle offre également la possibilité aux organisateurs de primer les meilleurs projets numériques réalisés par ces dernières.

Pour Bitilokho Ndiaye, représentante du ministre des Télécommunications et des Postes, la volonté politique affichée par les autorités étatiques pour encourager les filles dans les Tic commence à porter ses fruits. Cet état de fait est confirmé par le cabinet international Deloitte, spécialisé dans des études technologiques. Ses résultats ont révélé que plus de 31% des femmes occuperont des postes dans les Tic alors que dans les pays développés, la moyenne tourne autour de 25%.

L’étude fait également cas de plus de 60% de femmes évoluant dans le secteur qui disent ne pas sentir de différences de traitement entre elles et les hommes sur des sujets techniques. D’après toujours le cabinet Deloitte, des obstacles restent, cependant, à franchir notamment une faible représentation des femmes dans les formations en Tic, des problèmes dans le processus de recrutement et de fidélisation des talents féminins ainsi que le plafond de verre perçu en matière de rémunération et d’évolution professionnelle. Koura Kane Wane de la Dtai saisit la balle au rebond pour informer du mécanisme mis en place par la direction pour encourager et fidéliser les jeunes filles dans les Nouvelles technologies de l’information et de la communication. « On effectue des séances d’évaluation avec les filles après les avoir pris en formation durant les vacances scolaires au niveau de la Direction du traitement autonome de l’information. Cette méthode nous permet de mieux les sensibiliser par rapport aux filières scientifiques qui sont très importantes et qui favorise l’équité et l’égalité des genres dans le secteur », fait savoir la directrice du Traitement autonome de l’information.

Le secrétaire général du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Tidiane Diop, a lui, remercié les agents de la Dtai pour l’organisation de ces portes ouvertes et témoigné de l’engagement du ministère aux côtés de leur homologue des Télécommunications et des Postes pour un plein épanouissement du slogan « Jiggen Ci Tic » au service du Sénégal.

Les Tic, dit-il, jouent un rôle majeur dans la promotion du développement économique et social des pays grâce à leur caractère transversal. Cheikh T. Diop exhorte, en outre, les jeunes filles à s’inspirer de l’exemple et de l’expérience des femmes ingénieurs informaticiennes en choisissant les séries scientifiques afin d’envisager des études supérieures dans le domaine des Tic qui offrent, assurément, des perspectives certaines car utiles à tous les métiers.

Mouhamadou Lamine DIOP (stagiaire)

L’artiste musicien gambien, Jalibah Kouyaté, a posé un pont culturel entre les deux pays, lundi lors de l’ouverture de la 25ème édition du Festival international de jazz de Saint-Louis. Sa prestation tout en rythmes et mélodies suivait celle de l’orchestre des Forces armées sénégalaises.

Sous un temps frisquet, l’orchestre philharmonique des Forces armées, a lancé la semaine de concerts sur la mythique Place Faidherbe. La cinquantaine de musiciens menée par le chef d’orchestre, le lieutenant Adama Koundoul, a revisité certains classiques du patrimoine musical sénégalais. Avec des incursions dans le jazz et des sonorités tirées du folklore sénégalais.

Dans le souffle de ces soldats, on remarque mélancolie et joie. Il allie douceur et la rythmique soutenue. Un bon mix pour le cœur et l’ouïe avec le dicktat des instruments à vent. Une belle découverte avant la montée sur scène de Jalibah Kouyaté. Avec son groupe, le musicien gambien a mis les lieux sens dessus-dessous. Cet artiste au timbre imposant a dessiné le pont entre les deux nations en chantant la Sénégambie.

La doigtée de Jalibah Kouyaté est exquise, accompagnée en cela par une belle présence scénique. Il est si remuant l’homme à la kora, et son discours pour une Sénégambie forte est encore plus pénétrante. Il a rappelé, après avoir enchanté le public, qu’il voulait depuis longtemps se produire à Saint-Louis dans le cadre de ce festival mais « les relations entre les deux nations ne favorisaient pas une éventuelle venue ».

Une aube nouvelle se lève pour Jalibah, si à l’aise dans des sonorités qui rappellent sa deuxième « nation de cœur », le Sénégal. Il souligne que cette union devra être paraphée par les artistes des deux pays. De son avis, « la puissance de la culture est la seule chose qui puisse permettre de faire naître définitivement la Sénégambie des peuples ».

Homme de lettres reconverti dans la musique, Jalibah Kouyaté, auteur, compositeur, interprète, est issu d’une célèbre famille de griots. Avec son « Kumareh Band », il est un des artistes phares de la scène gambienne. A travers ses prestations, ce koriste et chanteur sénégambien donne envie aux mandingues, diolas et autres ethnies de la Gambie, de la Casamance et de la Guinée-Bissau de danser et de valoriser leurs cultures qui, au fil du temps, prennent le dessus sur toute autre considération. Des cultures qui ont beaucoup plus de ressemblances que de différences.

Amadou M. NDAW

L’atelier technique de formulation des normes de création et production de contenus audiovisuels s’est ouvert à Dakar. Organisé par le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) à l’intention des réalisateurs, producteurs, responsables de programmes et acteurs, la rencontre de deux jours se veut un cadre d’échanges pour prendre en compte certaines dimensions (la sémiologie, le scénario, la réalisation technique) dans la création et la production des contenus.

Les problèmes et manquements constatés dans les créations et contenus audiovisuels tels que certains programmes télévisés et sketchs ont amené le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) à organiser une série de rencontres pour davantage professionnaliser le secteur. En ce sens, une 4ème rencontre sur la formulation des normes pour des contenus de qualité a été ouverte, hier à Dakar. Cet atelier à l’intention des réalisateurs et producteurs permettra non seulement de formuler des normes de création et de production de contenus, mais aussi de professionnaliser, d’encadrer les différents acteurs du secteur et de promouvoir la création de postes de directeurs artistiques dans les télévisions.

Ainsi, des thèmes sur les fondamentaux de la sémiologie dans l’image télévisuelle, du scénario et de la réalisation seront présentés. Le professeur Khar Fall va également plancher sur le renforcement de capacité en technique de prise de vue sans compter l’échange sur la place de la publicité par Mamadou Baal, expert en audiovisuel. Selon Jeanne Lopis Sylla, membre du conseil du Cnra, c’est suite à des interpellations sur les contenus de sketch, précisément ceux diffusés pendant le mois de Ramadan, et après leur analyse que le Cnra a décidé de rencontrer les professionnels du secteur pour parler et observer ensemble les failles dans toutes ces productions. « Le Cnra ne se pose pas en régulateur ou en gendarme. Nous voulons juste échanger, ces deux jours, sur la mise en place de toutes les normes telles que la sémiologie, le scénario, la réalisation technique, etc., voir comment les formuler, revoir la qualité des contenus et sensibiliser la création de directeur artistique car la plupart des télévisions n’en possèdent pas afin d’arriver à de meilleurs résultats », argue-t-elle.

A l’en croire, les médias ont un rôle éducatif même si la population aime ce qu’on leur propose comme produit; il faut les pousser un peu vers la qualité.

Mamadou Baal, expert en audiovisuel, constate que le Cnra est en train de mettre la main à la pâte pour aider à faire avancer ces contenus dans leur qualité mais aussi dans leur objectif. A son avis, un contenu audiovisuel n’est jamais neutre, il doit servir à quelque chose, à quelqu’un ou à la formation de quelqu’un des fois de façon insidieuse.

« Un programme qui n’est pas utile n’est pas un bon programme de télévision », dit-il. Et pour ce faire, soutient M. Baal « qu’il faut en premier aider les acteurs qui sont là pour produire qu’ils soient dans les chaines de télévisions ou dans les sociétés privés, les encadrer et les amener à faire de bons produits, utile commerciaux et exportables tant dans le contenu culturel que dans le langage et langue utilisée et l’approche quantitative et qualitative ».

Acteur comédien et producteur, Ibrahima Mbodj alias Lamarana, comédien, reconnaît qu’il y a des manquements sur le plan de la réalisation, du contenu, sur le plan artistique, sur le comportement de l’artiste comédien. « Ce qui mérite un recul et une réflexion de notre part, acteur et producteur. Avec ce séminaire, je compte beaucoup apprendre des expériences de nos formateurs et précurseurs dans le milieu », dit-il.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Un souffle nouveau accompagnera la 11ème édition du programme Gorée – Regards sur cours avec une diversité des formes d’expression artistique (peinture, sculpture, design, photo vidéo, installation, verrerie, céramique, gravure, collage, création de textiles et bijoux). Prévu du 29 avril au 1er mai, l’événement est placé pour la première fois sous un thème : « L’eau et l’ailleurs ».

L’île mémoire s’apprête à accueillir la 11ème édition du programme Gorée- Regards sur cours. Selon un document de présentation, l’événement s’enrichit, cette année, de trois événements majeurs : la présence de la Fondation Dapper, avec deux expositions, un hommage à Ousmane Sow relayé à l’international par les Instituts français et les Alliances françaises, et la présentation par Creative Intelligence d’œuvres originales produites spécifiquement pour être intégrées dans le cadre du Relais de l’Espadon. La manifestation, informe l’organisation, se déroulera sur trois jours : les 29, 30 avril et 1er mai 2017. « Tout en restant fidèle à sa tradition de présenter, dans une cinquantaine de maisons ouvertes au public, les œuvres d’artistes connus ou inconnus, Gorée-Regards sur cours est placée cette année, et pour la première fois, sous un thème : « L’eau et l’ailleurs » », rapporte le document.

Le texte détaille que les œuvres ont été sélectionnées par un comité composé de Marie-José Crespin, Laurence Gavron, Mauro Petroni, Moussa Sakho et Ousmane Mbaye. Elles se caractérisent tant dans la diversité des formes d’expression artistique (peinture, sculpture, design, photo vidéo, installation, verrerie, céramique, gravure, collage, création de textiles et bijoux) que dans la diversité internationale de leurs créateurs (Mali, Togo, Mauritanie, Burkina Faso, Belgique, Brésil, France, Italie, Angleterre) aux côtés d’une majorité d’artistes du Sénégal.

Ainsi, le programme se décline en trois jours dans « une atmosphère festive » sur l’île, avec des fanfares, acrobates et animations tandis que des milliers de visiteurs parcourent ses ruelles à la découverte des cours de maisons où sont exposées les œuvres des artistes sélectionnés. Gorée-Regards sur cours propose également une visite exceptionnelle de l’île, car, tout en découvrant des expositions d’art plastique, chacun a le privilège d’entrer dans l’intimité des maisons à l’architecture métissée de l’époque coloniale sur un site unique inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Parmi les créateurs sélectionnés, figurent : Marina Ricou, Cheikh Keita, Fally Sène Sow, Barkinado Bocoum (plasticiens, Sénégal) ; Faty Ly (céramiste, Sénégal), Joëlle le Bussy (designer, Sénégal), Anusch Bayens (designer, Belgique) ; Marie-José Crespin (bijoux).

Autant de curiosités artistiques à découvrir du 29 avril au 1er mai sur l’île de Gorée.

E. M. FAYE

La culture sénégalaise est en deuil. Artiste polyvalent, Issa Samb plus connu sous le nom de Joe Ouakam est décédé, hier à 74 ans. Il était une figure emblématique bien connue des Dakarois.

Joe Ouakam n’était pas seulement un artiste. Avec sa silhouette longiligne, l’éternelle coiffe sur la tête accessoirisée par la légendaire pipe tombant sur une barbe savamment négligée, il incarnait un personnage très singulier dans la vie culturelle sénégalaise. Aussi bien dans la vie que dans ses apparitions au cinéma (« Hyènes » de Djibril Diop Mambéty, « Impressions » de Jean Michel Bruyère, entre autres) ou au théâtre, il a marqué son époque.

Icône multifacettes, Joe Ouakam était poète (avec une diction si particulière), peintre, sculpteur, dramaturge, comédien, auteur d’installations et de spectacles vivants. Il est le cofondateur de la galerie Tenq, du Village des arts, ainsi que du Laboratoire Agit-Art de Dakar. Il est présenté comme un créateur qui n’a jamais cherché à participer à des expositions, préférant accrocher ses nombreuses œuvres dans sa cour, sise à la rue Jules Ferry. Joe Ouakam aimait s’échapper du conformisme et surprendre. Il vivait au milieu de ses œuvres, dans sa cour où se côtoient toutes sortes d’objets, une exposition permanente qui varie au fil du temps.

Natif de Dakar, fils d’un dignitaire Lébou, J. Ouakam a été élevé par son grand-père, gardien de traditions ancestrales. Il a grandi dans un environnement où se mêlent ombres et lumières avec un sens prononcé de l’observation des symboles. « Toute ma vie, je me suis battu avec l’idée, le temps. En tout temps, j’explore l’âme, ce puits profond », avait-il confié.

Artiste peintre, J. Ouakam a étudié à l’École nationale des arts et à l’université de Dakar en droit et philosophie. Il a beaucoup exposé au Sénégal et à l’étranger.

Lors de la 10ème édition (2012) la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’art), une exposition rendait un hommage à Joe Ouakam aux côtés d’une autre figure de la culture, Pape Ibra Tall.

En marge de la troisième édition du Festival mondial des arts nègres, il avait présenté sous forme de « Rétrospective » une centaine de ses œuvres à la Galerie nationale d’art, du 10 au 31 décembre 2010.

Avec le décès de Joe Ouakam, la ville de Dakar et la culture sénégalaise perdent une figure tutélaire.

E.M. FAYE

Ouvert lundi, le Festival international de jazz de Saint-Louis, événement de renommée internationale, accueille chaque année des milliers de festivaliers, devenant ainsi un rendez-vous musical incontournable pour les jazzophiles, africains, européens, américains, asiatiques et sénégalais.

« Aujourd’hui, le Festival international de jazz de Saint-Louis est devenu un levier de promotion économique important pour la ville, mais aussi l’un des plus importants festivals d’Afrique, en termes d’image, de notoriété et d’affluence », a affirmé le président de l’Association Saint-Louis/Jazz, Me Ibrahima Diop. Pour cette édition 2017, l’association organisatrice du festival compte sur son pouvoir de mobilisation de toute la population locale qui, du reste, s’est appropriée l’événement depuis plusieurs années.

Ce festival, souligne Me Diop, président de l’association, incite des milliers de touristes à affluer vers Saint-Louis. Il captive, par sa notoriété, l’attention des autorités sénégalaises, des représentations diplomatiques et des institutions internationales qui se retrouvent à Saint-Louis le temps du festival. C’est pourquoi l’association organise, en marge des festivités du programme officiel, d’autres manifestations axées sur des thèmes d’actualité. Des concerts de musique (jazz, blues, gospel, hip hop…), des manifestations culturelles et sportives, des foires et des expositions rythmeront cette 25ème édition. Face à un public de plus en plus exigeant, Saint-Louis Jazz donne une importance capitale à sa programmation artistique, développe des projets plus créatifs, sans ôter au festival son ambiance de fête si particulière et son identité originelle.

Des moments d’ambiance populaire
Le Festival international de jazz est, en effet, un temps fort que les populations de la ville de Saint-Louis, leurs illustres hôtes, des milliers de touristes et autres visiteurs, attendent avec impatience et qui mobilise, chaque année, des milliers de festivaliers et autres adeptes de la musique. C’est, à coup sûr, cette période durant laquelle les jazzmen de gros calibre, venus d’Afrique, d’Europe et des États-Unis, enflamment les soirées du « In » organisées encore sur la place Faidherbe. Ainsi, les amateurs de jazz ont droit à huit nuits d’orgie musicale.

Dans cette ville qui a connu le faste d’une capitale et la lumière d’une cité d’art et de culture, cette ville spirituelle, élégante, drapée de toute sa dignité, auréolée de son histoire, certains touristes peuvent assister aux concerts et découvrir les sites touristes et monuments historiques de cette cité tricentenaire.

Ancienne capitale de l’Afrique occidentale française, longtemps considérée comme un centre d’élégance, de Téranga, de la mode, de l’extravagance, de la courtoisie et de la douceur, la ville mythique de Mame Coumba Bang (génie tutélaire des eaux), commence à vibrer.
Jusqu’au 1er mai, les visiteurs ont l’occasion de musarder à travers les rues, ruelles et artères de la vieille cité, découvrir le beau palais de la gouvernance qui trône imperturbable au milieu des quartiers de Lodo et de Sindoné (quartiers du Nord et du Sud de l’île).

Pour traverser le célèbre pont Faidherbe, trait d’union entre l’île et le faubourg de Sor, considéré comme le poumon économique de la ville, pour visiter les vieilles chaumières de Guet-Ndar, Santhiaba, Gokhou-Mbathie, les endroits paradisiaques et idylliques de l’hydrobase, de la Langue de Barbarie, des îles de Bopp-Thior, Doune Baba Dièye, pour  s’adonner à des randonnées pédestres entre les collines et les dunes du Gandiolais.

Les illustres hôtes de l’Association Saint-Louis/Jazz et autres invités de marque auront aussi l’opportunité de contempler ces guirlandes de restaurants et de gargotes, ces galeries d’art et d’artisanat très accueillantes, ces hôtels, auberges et autres réceptifs remis à neuf et qui invitent au dépaysement, les lustres éblouissants d’une ville chargée d’histoire, ses monuments historiques et ses sites touristiques qui permettent toujours de mieux vendre la destination Sénégal. Ils se retrouveront également dans les différentes manifestations culturelles d’assez bonne facture prévues cette année par l’équipe du festival international de Jazz de Saint-Louis.

Mbagnick Karachi DIAGNE

La Fondation Konrad Adenauer à Dakar a commémoré le cinquantenaire de la disparition de son parrain. L’occasion a été saisie, au cours d’un panel, pour revisiter la vie et l’œuvre de deux grands hommes d’État, le poète-président, Léopold Sédar Senghor, et le premier chancelier de la République fédérale d’Allemagne, Konrad Adenauer, afin de les proposer comme modèles à la jeunesse d’aujourd’hui face aux périls de l’heure et des défis à relever pour l’humanité.

Léopold Sédar Senghor et Konrad Adenauer ne sont pas que des hommes politiques. Ce sont aussi des humanistes qui ont diffusé des valeurs fondamentales de par leurs œuvres remarquables au service de l’humain, de la liberté, de la démocratie.

Le natif de Cologne (1876), décédé en 1967, est de ces grands hommes dont l’œuvre se confond avec la trajectoire de lutte de leur peuple.

L’expert en communication, Saïdou Nourou Dia, l’un des panélistes, a donné des éléments de biographie qui en attestent. Élu en 1949 premier chancelier de la République fédérale d’Allemagne (Rfa), il a apporté une contribution considérable dans la reconstruction de son pays, dans la consolidation de la démocratie et de son intégration dans la communauté des États libres.

Son combat pour l’humain et contre les atrocités dont il peut être auteur, au-delà de sa noblesse d’âme, pourrait être la résultante de sa propre infortune à une période sombre de l’Allemagne où étaient propagées des théories qui ne reflétaient pas forcément les désirs de ce peuple. En effet, en 1917, il est élu maire principal de Cologne. Ensuite, celui qui est considéré comme le père de la Rfa est persécuté et chassé par les nazis. C’est avec beaucoup d’amertume qu’il a vécu la destruction de sa patrie.

En tant que chancelier de la Rfa, il s’est employé à préserver son peuple de la ruine et à le mener vers l’ordre et la liberté, à l’intégrer dans la communauté de paix d’États libres et à le rendre apte à contribuer au façonnement de l’avenir européen. Konrad Adenauer est cofondateur de l’Union chrétienne démocrate (Cdu) qui porte son empreinte jusqu’à présent. Les valeurs diffusées par Konrad Adenauer du point de vue spirituel et humaniste sont très proches de celles prônées par Léopold Sédar Senghor qui, également, est considéré comme celui qui a construit l’État sénégalais sous sa forme actuelle et consolidé la nation.

Son détachement des biens mondains que pouvaient lui procurer les privilèges d’État est assez révélateur de sa grandeur selon Raphaël Ndiaye, directeur général de la Fondation Léopold Sédar Senghor. Le poète, premier président de la République du Sénégal, rappelle l’ancien chef d’État-major des armées, le général Mansour Seck, a quitté le pouvoir de sa propre initiative, chose rare dans ce monde.

Le prix poésie relatif au thème « Senghor et Adenauer : modèle de la jeunesse d’aujourd’hui », a été remporté par Mamadou Yaya Baldé. La cérémonie a été rehaussée par la présence de l’ambassadeur de l’Allemagne au Sénégal, de Penda Mbow, représentante personnelle du président de la République auprès de la Francophonie, et de diverses autres personnalités.

Alassane Aliou MBAYE

Les activités de cette édition de la Quinzaine de la Francophonie ont été clôturées, vendredi, au Monument de la Renaissance africaine. A l’occasion, la gastronomie des différents pays a été mise en évidence lors d’une soirée animée par l’Orchestre national du Sénégal.

La fraîcheur du vent qui souffle sur cette colline n’est en rien comparée à la chaleur de l’ambiance qui rythmera la soirée. Cette imposante bâtisse qui célèbre la Renaissance de l’Afrique a accueilli différentes nationalités autour d’une fête de la gastronomie. Dans la salle, l’expression des visages des invités qui se côtoient dans la ferveur et l’esprit de communion renseigne à suffisance sur le succès des activités de cette présente édition de la Quinzaine de la Francophonie.

Les hommes parés de leurs plus beaux costumes et boubous rivalisent d’élégance avec les femmes aussi raffinées qu’élégantes. Que l’on soit venu en couple ou seul ne change en rien à l’envie de participer à cette fête qui se veut un espace d’échanges, de dialogue et de raffermissement des liens qui existent entre les pays qui ont la langue française en partage.

C’était également l’occasion pour ces différents pays de partager les variétés culinaires de leurs contrées respectives. Des stands disposés en demi-cercle font office pour les invités de lieu d’accueil ou de commande à travers les différents menus au programme. Ainsi, ceux-ci pouvaient s’en donner à cœur joie dans cet exercice de découverte et de dégustation de nouvelles saveurs.

Chacun y est allé de ses plats. Si certains s’en sont limités à quelques stands d’autres, par contre, n’ont pas hésité à la jouer fins connaisseurs. Quelques femmes, sans doute beaucoup plus intéressées par certaines recettes, n’hésitent pas pour se renseigner sur certains plats, leurs compositions ou leurs vertus. L’Orchestre national du Sénégal a bien joué sa partition. Ses notes musicales n’ont pas donné de répit à ses inconditionnels. Ça chantait, ça dansait dans un rythme qui allait crescendo.

De petits groupuscules se forment. Quand les nostalgiques restaient statiques face au spectacle, les mélomanes, eux, rivalisaient d’ardeur et d’ingéniosité sur la piste aménagée pour la circonstance.

De belles notes jouées dans une symphonie ambiante gratifiant le public de son riche répertoire musical. C’est dans ces ambiances carnavalesques que les premiers invités prendront congés des lieux certainement tenaillés par la fatigue tandis que d’autres s’affairaient à nouer des contacts.

Mouhamadou Lamine DIOP
(stagiaire)

La 6ème édition de la Journée internationale des filles dans les Technologies de l’information et de la communication se tiendra le 27 avril. Pour cette année, le thème retenu porte sur « Penser et agir Tic pour un épanouissement personnel et professionnel ».

Le ministère des Postes et Télécommunications célèbre, le 27 avril, la Journée internationale des filles dans les Tic. L’évènement, initié en 2012, vise à inciter et encourager davantage les filles à choisir les filières Tic. Selon la conseillère technique en Genre du ministère des Postes et Télécommunications, Bitilokho Ndiaye, la thématique de cette année porte sur « Penser et agir Tic pour un épanouissement personnel et professionnel ». Elle s’exprimait lors d’un point de presse sur le thème de la journée et les activités qui seront organisées à cette occasion.

« Les outils numériques sont un levier de développement qui permet de faciliter la vie sociale, personnelle et professionnelle et ce sera l’occasion de diffuser toutes les applications numériques faites par les filles mais également par d’autres personnes pour faciliter la vie des Sénégalais et booster l’économie », a fait savoir Bitilokho Ndiaye. Aussi, souligne-t-elle que la particularité de la journée de cette année est la célébration des journées des filles dans les Tic dans toutes les régions du Sénégal à travers la collaboration avec les 40 espaces numériques ouverts du pays.

L’autre aspect de la journée est aussi le retour du concours « Jiggen Ci Tic » à travers le Hackaton sous le thème « Sénégal numérique 2025 ». Ce concours, dit-elle, vise à montrer la capacité des filles et des femmes à concevoir des projets innovants afin de diffuser le numérique dans les secteurs économiques prioritaires.

Cyber-sécurité
Outre ces activités, il est également prévu au programme de cette Journée des filles dans les Tic, des journées portes ouvertes des entreprises Tic, des caravanes « Jiggen Ci Tic », des panels, formations et émissions télé et radio sur les Tic. Sans compter d’autres manifestations qui se dérouleront sur tout le territoire, en particulier dans les zones rurales.

Au cours de ce face-à-face avec la presse, Mme Ndiaye a informé que les efforts consentis par le gouvernement pour créer un cadre favorable à l’équité et l’égalité de genre dans le secteur des Tic du Sénégal se soldent par des réussites. En atteste des études récentes de Deloitte au Sénégal qui ont démontré qu’il y a de plus en plus de jeunes filles qui optent pour les carrières scientifiques et techniques.

Se prononçant sur la cyber-sécurité,Bitilokho Ndiaye indique qu’Internet comporte aussi bien des avantages que des inconvénients. « Donc, autant il faut diffuser le numérique, autant il faut aussi mettre en place des outils sécuritaires. C’est dans ce cadre que le ministère des Postes et Télécommunications envisage la mise en place de la Stratégie nationale de cyber-sécurité que nous allons mettre en place avec la collaboration des acteurs du système numérique et de tout le gouvernement du Sénégal afin de sécuriser l’espace numérique et permettre aux Sénégalais de bénéficier des opportunités de ce secteur », argue-t-elle.

Maguette. G.  DIEDHIOU

Cheikh Mouhamadou Djimbira a présenté samedi, à la maison d’édition L’Harmattan Sénégal, son ouvrage de 79 pages intitulé « Télévision au Sénégal, entre désert de contenu et sécheresse intellectuelle ». Pour le journaliste documentaliste, il faut repenser la télévision sous nos cieux, autrement.

« Ecrire, c’est affronter la réalité. J’ai pris le temps d’observer pendant deux ans les programmes de télévision ; je ne m’y suis pas retrouvé comme beaucoup de Sénégalais », esquisse Cheikh Mouhamadou Djimbira, qui affirme n’avoir décrit que les critiques des autres. Dans sa phase d’observation, l’auteur, journaliste-documentaliste, constate par exemple, avec regret, que dans les téléfilms, les femmes occupent des rôles seconds, alors qu’à l’école, elles sont au premier rang.  

A la page 21, l’écrivain assimile certains programmes de télévision à une machine à fabriquer des voyeurs. « Lorsqu’on possède une chaîne de télévision et qu’on ne sait pas quoi y mettre comme contenu audiovisuel, on prend n’importe qui, pour y faire n’importe quoi et le tour est joué », note-t-il.

Pour rectifier le tir, M. Djimbira pense à la nécessité de faire  l’inventaire et revoir ce qui ne va pas. « Apprendre à dire non, c’est la dimension éthique de l’homme. Cela réside dans sa grandeur. Si nous voulons sauver la production télévisuelle, il faut de la qualité », explique-t-il devant l’auditoire de la Salle L’Harmattan Sénégal, composée de parents, amis, d’étudiants etc. L’auteur a rappelé qu’une télévision qui ne vit que de sponsors est prisonnière de ceux-ci.

Au chapitre des commentaires, le Pr Mamadou Ndiaye, enseignant au Cesti, a remarqué le choix provocateur du titre. Mais, il juge la démarche constructive. « L’auteur a donné un coup de pied dans la fourmilière. Les Sénégalais ne sont pas contents des programmes de télévision et il doit y avoir quelqu’un pour le dénoncer. Ce livre est une invite pour mieux faire », a souligné M. Ndiaye, qui ajoute que dans les rédactions, nombre de journalistes ne font désormais que du compte-rendu.

Mamadou Ndiaye a regretté la non-effectivité de la Tnt, en lieu en place d’une antenne râteau. « L’auteur ne fait pas une critique creuse. Il faut faire quelque chose, car la nature a horreur du vide », selon l’enseignant du Cesti.
De son côté, le journaliste-écrivain Pape Samba Kane a déploré la floraison de médias qui favorisent la médiocrité. D’après lui, l’auteur a écrit avec une certaine colère.
Prenant la parole, Mademba Ndiaye, chargé de Communication au Bureau de la Banque mondiale au Sénégal, a lié le désert des contenus au manque de moyens. A l’en croire, on ne peut pas ouvrir une télévision sans avoir un milliard de FCfa en banque.

L’auteur, Cheikh Mouhamadou Djimbira, a également jeté un pavé dans la mare des communicateurs traditionnels et autres animateurs de télés et radios qui doivent maîtriser les séquences historiques qu’ils racontent. « L’histoire repose sur des faits ; elle est la critique de la confrontation. Animer une émission, c’est revisiter le texte musical », objecte-t-il. M. Djimbira définit l’intellectuel comme toute personne qui ose mettre son intelligence au service de l’émancipation des populations, quel que soit le prix à payer, tout en respectant les règles. La rédaction du livre lui a pris quelques mois.

Serigne Mansour Sy CISSE

« Intellectuel. Langue d’Esope : le meilleur et le pire ». C’est le titre du livre du professeur de Sciences économiques, retraité des universités, Makhtar Diouf, paru aux éditions L’Harmattan. Cet ouvrage de 211 pages apporte une considérable contribution à la compréhension de la catégorie « intellectuel » particulièrement celle-là engagée.

De l’intellectuel, Makhtar Diouf en dit ceci dès l’introduction du livre : « C’est tout penseur qui défend une cause quelle qu’elle soit, qui soutient ou critique une doctrine, une croyance, un point de vue, qui diffuse des idées qui exercent un impact sur la société… L’intellectuel, au sens où il est pris dans ce texte, est toujours engagé contre quelqu’un ou contre quelque chose. « Quelqu’un » est un autre intellectuel dont il ne partage pas les idées ou l’idéologie. « Quelque chose » est une pratique politique, une croyance établie dans la société comme la religion ou une certaine morale, l’ethnocentrisme racial et culturel qui cherche à avilir certains peuples, le patriarcat exercé sur la gent féminine, etc. ».

Cette proposition de l’auteur, élaguée de certaines complexités conceptuelles sur lesquelles il est largement revenu, atteste de la difficulté à attribuer une acception à ce terme. Les productions scientifiques sur les intellectuels ne sont pas légion et celles qui existent se limitent aux penseurs occidentaux. Le professeur Diouf s’attache ainsi à situer cet « athlète de la pensée » dans ses univers d’expression sans se livrer à une hiérarchisation de l’intellectuel qu’il soit des pays occidentaux ou de l’espace négro-africain. Ce qui en fait une étude d’ensemble.

Il ne s’est pas agi, dans cet ouvrage, de catégoriser prétentieusement ceux qui outragent ou prêchent la morale. Le professeur retraité des universités s’est employé à présenter différentes catégories d’intellectuels dans « des lieux différents d’activation de ses talents pour se manifester ». A-t-il tenu d’abord, dès le premier chapitre, à faire un cadrage théorique de l’intellectuel en posant cette question aussi simple dans sa formulation que complexe dans les tentatives d’y apporter réponses : « Qu’est-ce qu’un intellectuel ? ».

Déterminisme et libre arbitre
L’auteur part de la philosophie des lumières à l’émergence du terme avec Emile Zola et l’Affaire Dreyfus pour donner au lecteur les outils nécessaires à la compréhension du mot et dresse des portraits d’intellectuels ; dessinant ainsi une ligne démarcative entre, par exemple, le penseur auquel il fait référence et l’universitaire. La partie consacrée à l’intellectuel africain autodidacte (Lamine Senghor, Ousmane Sembène... donne plus de relief à cette affirmation.

Makhtar Diouf offre également une lecture assez enrichissante de l’intellectuel dans l’Islam en revenant très largement sur l’œuvre du penseur, philosophe, juriste, théologien, Abou Hamid al-Ghazali (1056-1111) et dont les écrits ont suscité éloges et controverses. « L’œuvre de Ghazali se situe dans un contexte où l’Islam connaît une période de trouble intellectuel entre le onzième et le douzième siècle, avec la prolifération de doctrines différentes et opposées comme la philosophie d’inspiration grecque, le soufisme, l’islamisme hostile au sunnisme », peut-on à la page 112. Celles consacrées à la raison, à la révélation, au déterminisme et au libre arbitre traduit la densité de la pensée intellectuelle dans l’Islam qui a très tôt suscité un grand intérêt chez beaucoup de penseurs occidentaux. Ce qui fait dire au professeur à la retraite des universités que l’islamophobie actuelle est l’affaire d’intellectuels penseurs et de politiciens dont les propos n’apportent rien de nouveau par rapport à tout ce qui a été dit contre l’Islam durant des siècles.

« Les intellectuels africains les plus connus restent les contestataires qui ont subi la répression universitaire dans leurs pays ou même dans d’autres universités africaines : comme le Kényan Ali Mazrui, l’Ougandais Mahmood Mamdani contraints à l’exil, le Sénégalais Pathé Diagne, le Nigérian Wole Soyinka… Au Sénégal, lors de l’agitation universitaire de mai 1968, le président poète humaniste n’hésite pas à fermer le département de Sociologie de la Faculté des Lettres et Sciences humaines considéré comme le foyer des troubles, à renvoyer des professeurs de français de l’Assistance technique comme Louis Vincent Thomas, Pierre Fougeyrollas « remis à la disposition de la France », à envoyer les étudiants sénégalais en sociologie en France : qu’ils aillent faire la chienlit là-bas, mais pas ici ! Il ne fallait surtout pas toucher à la négritude de Senghor critiquée par Pathé Diagne et L. V. Thomas. Si le Nigérian Wole Soyinka avait été enseignant à l’université de Dakar, il aurait subi le même sort pour avoir déclaré que le tigre ne proclame pas sa tigritude, il tue sa proie et la mange ».

Alassane Aliou MBAYE

A Genève, sur invitation de notre compatriote Mme Absa Kane, l’artiste peintre et formateur Kalidou Kassé a monté une exposition d'œuvres d'art sur le thème « La Main de l'espoir », en soutien aux talibés et aux enfants de la rue. La vente des œuvres présentées à Genève ont pour but de permettre la construction d’un centre de formation qui permettra aux enfants de la rue d'avoir des outils nécessaires pour re-gagner leur dignité. Dans un entretien, Kalidou Kassé a levé le coin du voile sur certaines déclinaisons de son art, son engagement...

GENEVE - Chez Kalidou Kassé, chaque motif de ses tapisseries raconte une histoire, comme chaque membre du corps humain représenté dans ses œuvres. « Sur ce tableau, il y a une main gauche. C'est la main du cœur. Une main qui donne et qui reçoit, qui est généreuse. C'est la main du cœur que nous sommes venus apporter à Genève, accompagnés du soleil ». La question de la modernisation des écoles coraniques « daaras » et ou de la prise en charge des enfants de la rue préoccupe Kalidou Kassé.

« Comme vous le savez, le problème des talibés au Sénégal, c'est l’un des grands combats du président Macky Sall qui nous interpelle également. Chacun parmi nous, dans son domaine de compétence, peut contribuer pour éradiquer ce fléau. Je me suis dit qu’en tant qu'artiste plasticien, mon devoir c'était de savoir comment amener ma contribution. En marge de cela, chaque année, il y a plusieurs ventes aux enchères pour venir en aide aux enfants malades du cancer, acheter une machine de radiothérapie, avec beaucoup d’associations qui sont actives à Dakar... », explique M. Kassé.

En 2014, l’artiste a lancé un projet qui s'appelait « Un talibé, un métier » pour prendre en charge des enfants qui ont 16 ans, qui n'ont pas de métier et qui traînent dans les rues. « Qui soi-disant apprennent le Coran et après l'apprentissage, ils se retrouvent sans métier. 150 parmi eux ont été formés dans les métiers d'artisanat d'art comme le batik, la teinture traditionnelle, la coiffure hommes, la fabrication de chaussures et la calligraphie arabe », a souligné Kalidou Kassé.

« Un talibé, un métier »
Sa méthode ici est simple et efficace : il s’est dit que l'enfant qui a mis 20 ans à écrire le Coran, pour écrire une banderole, c'est facile. Les enfants initiés à la calligraphie ont un métier et restent travailler à Thiès.

« Je me suis dit qu’il faut qu'on compte sur nous-mêmes. Ce projet est soutenu par l'État du Sénégal : le ministère de la Formation professionnelle avec Mamadou Talla qui est le premier à nous avoir fait une lettre de recommandation et de soutien, le ministère de la Culture qui pendant la Semaine de la Francophonie en 2014, a tenu à participer et à accompagner ce projet.

« Enracinement et ouverture »
Rejoindre la mondialisation, c’est apporter avec soi ce que l’on a et le partager, souligne M. Kassé qui rappelle la fameuse théorie senghorienne de l'enracinement et de l'ouverture. « Le président Senghor nous avait appris depuis la création de l’École des Beaux-Arts, dans les années 1960, qu'il voulait un art nouveau pour une nation nouvelle. C'était un véritable plaidoyer pour dire aux artistes africains : vous avez une préoccupation esthétique, mais vous avez aussi une préoccupation sociale. Essayez de voir comment concilier les deux pour que votre art soit conservé par vos peuples et par vos sociétés. C'est l'art engagé », note l’artiste plasticien.

Un engagement de longue date
« Je le connais depuis très longtemps et je crois beaucoup à ses œuvres. C'est le premier artiste sénégalais qui a, dans le cadre de la lutte contre le sida, pris un de ses tableaux et l’a offert pour qu'il soit vendu et permettre d'avoir des fonds », tient à témoigner notre compatriote Mme Absa Kane, qui a invité Kalidou Kassé à Genève. Pour elle,le pinceau du Sahel est l'artiste qui incarne l'humanisme sénégalais. « Il représente notre pays à travers ses œuvres d'une très belle façon et en plus il a eu cette idée de créer cette association qui s'appelle « Un talibé, un métier » où il récupère les enfants de la rue et leur apprend un métier. Il le fait avec le cœur. J'ai voulu montrer, en tant que Sénégalaise d'origine, installée en Suisse depuis longtemps, à mon pays d'accueil, mon pays d'origine dont je suis très fière, à travers les œuvres de Kalidou et de son association », confie Mme Kane. Kalidou Kassé est également très proche du mouvement de la Croix-Rouge internationale et il est ambassadeur de bonne volonté à la Croix-Rouge sénégalaise. L’artiste plasticien explique son engagement par le fait qu’« il nous faut beaucoup plus d'humanisme pour cette humanité qui souffre et qui s'assombrit de jour en jour ».

Devant un de ses tableaux intitulé « La prière des parents », l’artiste nous donne une exégèse : « Je pense que chaque être aimerait avoir la bénédiction de ses parents ». A titre d’exemple sur la circulation des hautes valeurs humaines, l’artiste qui a échangé avec des étudiants de l’École internationale de Genève sur invitation de leur professeur sénégalais Momar Seck, dira aux jeunes apprenants : « Nous vivons en Afrique où les personnes âgées sont très respectées et intégrées jusqu’à la fin de leur vie à la famille, et nous devons partager cela pour qu'on puisse savoir aussi que de l'autre côté du monde, il y a d'autres valeurs ». Car, a-t-il justifié : « Les valeurs mises ensemble nous permettent d'avoir cette lumière que nous cherchons pour L'Humanité. Ces lumières qui se rencontrent nous permettent aujourd'hui d'avoir un monde meilleur ».

Philosophie d’Al Makhtoum
On sait que le défunt guide des Tidianes était contre l’utilisation des enfants et contre la manipulation exercée sur les talibés. A ce sujet, Kalidou nous dira : « Al Makhtoum ne voulait pas de cette utilisation des enfants. Il comprenait que l'Islam avait une autre signification. C'est-à-dire que les enfants devaient apprendre le Coran et après aller travailler ».

L’artiste se demande alors « comment partager nos vraies valeurs avec ces jeunes, avec ces enfants pour leur donner un meilleur avenir. Ces enfants sont les nôtres ». Alors que le plasticien cogite, l’on tombe sur un autre beau tableau : « Société environnement » qui parle d'un monde de globalisation. « C'est un monde que tout le monde partage à travers des têtes rouges, noires, bleues, jaunes etc., qui rappellent que ce monde nous appartient à tous, quelles que soient nos différentes couleurs. Nous sommes obligés d'être ensemble pour non seulement recréer notre environnement, mais recréer aussi nos différentes sociétés », note-t-il.

Correspondance particulière d’El Hadji Gorgui Wade NDOYE

Après trois ans de pause, le Festival de théâtre et du rire de Kaolack (Fest’rire) a repris de plus belle. Initiateur de la manifestation, le promoteur culturel Guédel Mbodj, en partenariat avec l’association des Artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots) est revenu sur les raisons de ce sevrage humoristique et les nouvelles ambitions de ce rendez-vous régional ouest africain du rire et de la bonne humeur.

Après trois ans d’arrêt, le « Fest’rire » est revenu dans l’agenda culturel national. Peut-on savoir les raisons de cette pause forcée pour le public ?
« En fait, il s’est agi de raisons personnelles et, pour tout vous avouer, de problèmes de santé me concernant. Au départ, l’idée était d’accompagner l’association des Artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots) pour pérenniser ce festival unique dans son genre autant au niveau national que dans la sous-région ouest africaine. Malheureusement, c’est un manquement de ma part car les artistes comédiens n’ont pas nécessairement une vocation de manager culturel, ce qui a expliqué qu’avec des soucis de santé personnels, il n’y a pas eu la relève attendue pour me suppléer dans ce sens. Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre et après trois ans de pause, l’événement a repris sa place dans l’agenda culturel national.

Quelles sont les innovations majeures apportées à la 11ème édition, qui s’est déroulée du 14 au 17 avril ?
Un certain nombre d’innovations ont été apportées au Fest’rire pour relever le niveau de cet événement culturel marquant de la région de Kaolack. Il s’agit d’abord de renforcer sa dimension internationale à travers la présence, lors de cette édition, de comédiens camerounais, ivoiriens, gambiens et même d’un Italien qui a tenu à participer à ce rendez-vous de l’humour. Ensuite, l’abandon du format uniformisé avec des spectacles regroupés au sein d’une enceinte unique. Pour la 11ème édition, des délocalisations ont été effectuées sur des scènes au terrain Deggo et sur une bâche aménagées au quartier Léona en dehors de l’esplanade Salif Bâ au complexe « Cœur de ville » de Kaolack. Enfin, il y a eu, cette année, l’organisation de compétions de régates sur le fleuve Saloum et de « Tanebeer » avec les grands tambours majors de la ville pour donner un cachet plus populaire à cette manifestation. Ce qui nous fait dire que le Fest’rire de Kaolack a acquis une nouvelle dimension avec cette 11ème édition.

Dans le passé, vous avez eu à déplorer l’absence d’implication des autorités locales dans l’organisation de ce festival. Est-ce qu’avec ce nouveau départ, les choses ont évolué favorablement ?
Absolument pas, rien n’a bougé à ce niveau. Mais pour ma part, je ne me suis pas fait d’illusions, il s’agit d’une initiative personnelle en partenariat avec les membres de l’Arcots. L’idéal serait d’avoir l’accompagnement des autorités à la fois administrative que politique mais vous l’avez vu, l’ouverture s’est déroulée en l’absence des officiels, ce que les artistes comédiens ont du reste déploré unanimement. Au total, il n’est pas utile de pleurer sur notre sort. Nous avons eu l’initiative, il nous appartient d’assumer le choix de positionner ce festival à Kaolack pour donner à cette cité historique la visibilité culturelle qu’il faut. A cet égard, je vous signale que le président de la République qui a honoré, à travers ma personne, l’ensemble des membres de l’Arcots en me faisant ambassadeur itinérant, a pratiquement validé la construction d’un grande salle de spectacle à Kaolack et celle d’un grand marché provisoire pour loger les commerçants victimes d’incendies récurrentes. Ces deux projets participent à donner à la capitale du Saloum son rayonnement culturel et historique au niveau de la sous-région.

L’organisation de cette 11ème édition du Fest’rire s’est tenue au lendemain de votre désignation au titre de Bour Saloum. Qu’est-ce que cette nouvelle casquette va-elle apporter au festival ?
Cela participe de la renaissance culturelle du Saloum. Nous allons pouvoir nous investir davantage pour cette cause, qui est sa vocation naturelle, la hisser à un niveau tel que Kaolack puisse être la capitale culturelle du Sénégal. Les deux projets précités (la salle de spectacle et le grand marché) vont, je l’espère, y contribuer. Sans compter qu’avec notre titre d’ambassadeur itinérant, nous allons nous évertuer à accompagner son excellence le président de la République dans son ambition d’un Kaolack émergent à travers la salle de spectacle, le marché de 700 places et l’esplanade de la mosquée de Médina Baye dans le cadre de la promotion du tourisme religieux dans le Saloum.

Propos recueillis par Elimane FALL

Connue comme créatrice de mode, Fakéba Ndao vient de mettre sur le marché son premier album titré « Made in Africa ». Conçu en format vinyle, le disque est composé de 9 titres chantés en langues wolof, mandingue et pulaar.

Une nouvelle sensation de la musique électronique s'illustre dans le paysage de la musique sénégalaise. Il s'agit bien de l'artiste Fakéba, aux multiples facettes. Connue dans le milieu musical pour avoir chanté en 2007 avec le conteur et poète Ben Zimet en langue russe et allemande ; elle a aussi assuré les chœurs des artistes sénégalais Alibeta et Carlou D. Aujourd’hui, Fakéba revient après un long séjour à Madrid, sous un autre registre musical. Celui de la musique électronique. Elle a mis, ce jeudi 20 avril, sur le marché, son premier album de 9 titres en format vinyle qu’elle entonne en trois langues wolof, mandingue et pulaar à travers une pure musique électronique. Sa voix sublime et imposante laisse imaginer toute cette passion qu’elle a pour ce genre.

Selon Fakéba, c’est par le biais de son producteur, le grand Big Toxic, un des grands producteurs d’Europe, qu’elle s’est lancée dans cette aventure de la musique électronique. Pour cette musique, Fakéba utilise la pop senth, l’ebm et le new beat ; un mélange des trois styles de musique qui en font un genre si particulier.

Lancée dans les années 1950, la musique électronique est une musique de masse, dansée surtout par la jeunesse. Elle est faite à base de machine, tout est programmé sur de l’ordinateur. « C’est en quelque sorte une création », fait savoir l’artiste Fakéba. Précisant que cette musique connue en Europe reste toutefois peu pratiquée par des artistes en Afrique. D’où la production de ce premier album, « Made in Africa », pour la faire connaitre davantage et aimer aux mélomanes sénégalais. Elle veut aussi faire découvrir à ceux qui l’écoute depuis l’étranger ses langues nationales à travers la musique électronique très connue en Europe. « C’est la première fois qu’une Africaine chante la musique électronique et dans ses langues nationales. Ce qui explique d’ailleurs le choix de ce titre, "Made in Africa" », confie-t-elle.

Parmi les titres de cet album figurent « Musique amoul frontière », pour justifier le choix des langues adoptées à travers cette musique électronique. Dans le morceau « Aduna », Fakéba y parle de la vie, de Dieu, de la mort de la jeunesse, de l’énergie des gens. « Il y a "Fabe", le titre phare de l’album qui signifie venez en langue soussou et aussi "Balnalen" ou je chante le pardon, aujourd’hui les gens se font du mal entre eux sciemment ou sans s'en rendre même compte. Donc dans ce morceau, j’invite les gens à cultiver l’esprit de pardon, de tolérance », informe-t-elle.

Pour la promotion de l’album, Fakéba indique qu’elle prévoit de faire des tournées nationales dans certaines régions du Sénégal. Aussi, envisage-t-elle de participer à de grands festivals en Europe.

Outre sa passion pour la musique, l’artiste Fakéba est également une créatrice de mode qui dispose de sa propre marque. « Avant de me lancer dans la musique électronique, j’étais d’abord styliste et c’est sur cette base que je me suis d’ailleurs rendu en Espagne. J’ai ma marque de vêtement, je confectionne des chaussures en cuir et des tenues en wax », confie-t-elle. Elle a également participé à plusieurs spots publicitaires au Sénégal.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le film « Frontières » a remporté, au dernier Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouaga (Fespaco), trois prix. Amélie Mbaye, Sénégalaise établie aux États-Unis, en est l’une des héroïnes. Elle n’est certes pas l’une des artistes les plus connues au Sénégal mais elle n’en est pas moins une digne représentante de la créativité africaine. En plus de s’illustrer dans le cinéma américain et africain, elle s’ouvre un autre chemin dans la musique… à son rythme.

Adjara, le personnage qu’incarne Amélie Mbaye dans le film « Frontières » de la réalisatrice burkinabè, Apolline Traoré, vit une véritable aventure humaine sur les routes tortueuses d’une Afrique que la ravissante Sénégalo-Américaine représente dignement sous d’autres cieux. Ce périple effectué dans six pays de la Cedeao, avec les trois autres héroïnes du film, ressemble fort à un retour aux sources, à un clin d’œil à sa terre d’origine, le Sénégal, dont elle est nostalgique après 18 années passées en Californie. Elle-même le dit : « Il est temps de revenir, de partager les expériences. J’y pense de plus en plus ». Celle qui a grandi à Dakar, a bourlingué pour se fabriquer un destin dans plusieurs sphères professionnelles et de créativité. Elle a très tôt découvert le monde. Amélie l’a ensuite sillonné avec son ouverture d’esprit et son attachement aux valeurs discrètes et fondamentales.

Sa formation en Langues étrangères, en Tourisme et aux métiers de l’aéronautique à l’Ecole internationale de Tunon, en France, ne la prédestinait pas à une carrière dans le cinéma, a fortiori à un niveau aussi enviable quoiqu’à son retour au Sénégal, elle a travaillé à l’Office de radiodiffusion télévision du Sénégal (actuelle Rts). En plus d’y avoir été téléspeakerine, elle a animé une émission de Génies en herbe avec Jérôme Diouf avant de quitter le paysage médiatique, en 1995, pour investir l’aérien.

Son intérêt pour le cinéma découle d’une heureuse rencontre, d’une chance presque insolente ; celle-là dont bénéficient les âmes qui ont rendez-vous avec leur destin. « Après ma formation aéronautique, j’ai travaillé au Festival de Rio dans le domaine du cinéma. J’ai rencontré l’acteur américain Forest Whitaker qui est en même temps réalisateur et producteur et d’autres artistes dont j’étais l’interprète. J’ai la chance de parler français, anglais et portugais. Ce sont ces personnes-là qui m’ont invitée à Los Angeles pour la première fois dans les années 2000, 2001. Les Américains aiment bien quand l’on parle plusieurs langues étrangères. Et c’est avec cet avantage que j’ai commencé à travailler sur la base de ma formation aéronautique. Je commençais à m’intéresser au cinéma par de petites présentations et publicités dans une chaîne privée en tant que présentatrice et animatrice de programmes télé ». La suite de l’aventure est tout aussi digne d’éloges.

Bruce Willis, Karl Koper…
En 2002, la réalisatrice Apolline Traoré la sollicite pour jouer le rôle d’Aline, celle qui taille des croupières aux autres, dans la série à succès, « Monia et Rama ». Les téléspectateurs de plusieurs pays découvrent sa silhouette. Pour donner plus de marge à sa passion, et après avoir travaillé pendant cinq ans dans l’aéronautique, elle choisit l’administration comme point de chute. Les horaires lui permettent de se consacrer à l’activité artistique. Ce choix s’est avéré judicieux car elle a eu l’opportunité de faire d’autres films à Los Angeles avec des sommités du cinéma : « Les larmes du soleil » avec Bruce Willis, « Something about her » avec Karl Koper. Celle qui est également maîtresse de cérémonie aux Etats-Unis fait partie de la palette d’actrices de diverses nationalités chargées de faire des documentaires destinés à l’université de médecine aux États-Unis pour mettre en lumière l’horreur que vivent les femmes victimes de viol et les actions entreprises pour leur venir en aide.

« Frontières », premier long métrage dans lequel elle incarne un personnage principal, consacre la vision et le combat d’une réalisatrice, Appoline Traoré, mais aussi le talent de ses héroïnes. Amélie Mbaye, qui en est une, tire une légitime fierté de cette expérience à la fois professionnelle et humaine : « Mon regard a changé par rapport aux conditions de vie de certaines femmes. J’ai découvert, par le biais de la fiction, une réalité insoutenable, la tortuosité de certains individus et les tracasseries quotidiennes auxquelles sont confrontées ces braves femmes en traversant les frontières. ».

Amélie, la musicienne
Le jury du dernier Fespaco n’a pas été insensible au récit de la réalisatrice burkinabè magistralement exécuté par ses actrices. Candidat à l’Etalon d’or de Yennenga, le « Road movie » d’Apolline Traoré, le premier réalisé par une femme, a remporté deux Prix spéciaux : celui de l’Intégration pour le meilleur film ouest africain offert par la Cedeao et le Prix Félix Houphouët-Boigny du Conseil de l’Entente. Le Prix Paul Robson lui a également été décerné à l’occasion de ce grand rendez-vous du cinéma sous le regard heureux d’Amélie qui y participait pour la première fois. Une première, bien prometteuse.

L’artiste sénégalo-américaine n’a pas enchanté que les cinéphiles. La musique est également son univers de prouesses. Pouvait-il en être autrement après avoir été dans la chorale du défunt Julien Jouga ? Au pays de l’Oncle Sam, elle a souvent été sollicitée par des artistes africains en tant que chanteuse de studio. « J’ai accompagné beaucoup d’artistes comme Prince Eyango, Ismaël Lô... Finalement, les gens m’ont poussée à faire mon premier single beaucoup plus orienté vers le gospel. D’ailleurs, actuellement, je chante dans une grande chorale de gospel à Los Angeles ». Les âmes férues de belles mélodies peuvent espérer en jouir bientôt. Le retour aux sources est fortement envisagé par Amélie.

Par Alassane Aliou MBAYE

Dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, le ministre de la Culture et de la Communication préside, aujourd’hui au Grand Théâtre de Dakar, la cérémonie de remise d’importants lots de livres destinés aux cinq bibliothèques universitaires publiques, aux bibliothèques régionales et aux associations professionnelles. Mbagnick Ndiaye se rendra ensuite à Conakry, où vont se dérouler, du 23 au 27 avril, de nombreuses activités autour du livre, sous la houlette de l’Unesco.

L’Unesco a proclamé le 23 avril de chaque année Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Cette journée est une occasion pour susciter partout au Sénégal, à l’instar de la communauté internationale, des activités spécifiques destinées à la promotion du livre et de la lecture. La Direction du livre annonce aujourd’hui, au Grand Théâtre de Dakar, une cérémonie de remise d’importants lots de livres destinés aux cinq bibliothèques universitaires publiques, aux bibliothèques régionales et aux associations professionnelles. Elle sera présidée par le ministre de la Culture et de la Communication. Mbagnick Ndiaye devra se rendre ensuite en Guinée. Cette année, la ville de Conakry a été retenue par l’Unesco comme capitale mondiale du livre en 2017. Ainsi, la capitale guinéenne va abriter de nombreuses activités autour du livre parmi lesquelles des expositions, des rencontres professionnelles, des colloques et conférences, du 23 au 27 avril 2017, constituant les temps forts de cet événement culturel mondial qui se prolonge jusqu’en 2018. Les rencontres et expositions seront enrichies par la participation des pays d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et d’Asie.

A cet effet, la Guinée a choisi le Sénégal comme pays invité d’honneur « grâce à son dynamisme, sa riche production littéraire et ses réalisations dans le secteur du livre, de l’édition et de la lecture. A cela s’ajoute l’amitié exemplaire et les solides relations de coopération entre les deux pays-frères », lit-on dans un communiqué.

Le ministère de la Culture et de la Communication par le biais de la Direction du livre et de la lecture compte participer activement au rendez-vous mondial du livre à Conakry. C’est ainsi que le ministre Mbagick Ndiaye conduira une forte délégation composée d’écrivains, d’éditeurs, d’artistes, de représentants d’associations professionnelles du livre et de la culture, d’institutions nationales, entre autres.

« A la cérémonie officielle du rendez-vous mondial du livre de Conakry, le ministre de la Culture prononcera son allocution en présence des membres du gouvernement guinéen et des pays participants. Ensuite, il présidera avec son homologue guinéen le vernissage de l’exposition de livres au grand stand du Sénégal », informe le communiqué.

Une soirée artistique de reconnaissance animée par la chanteuse Titi et son groupe musical sera offerte aux férus du livre par la délégation sénégalaise. A cette occasion, un hommage mérité sera rendu à Camara Laye (à titre posthume), au Pr Boubacar Barry et à Djibril Tamsir Niane. Au chapitre des colloques et conférences, des écrivains, éditeurs et universitaires sénégalais vont introduire des thèmes aussi variés que « La littérature sénégalaise : mutations et perspectives », Afrique en marche, place du livre en Afrique », « Écriture et diversité : regards croisés », « La Sénégambie aujourd’hui et demain », « Kurukan fuga et nous : leçons d’hier pour demain ».

Oumar BA

Kaolack a été, du 14 au 17 avril, la capitale de l’humour avec la reprise du Fest’rire initié par le promoteur culturel Guédel Mbodj. Une 11ème édition consacrant la relance d’une manifestation suspendue pendant trois bonnes années et où les artistes comédiens venus de toute l’Afrique et même de l’Europe ont distillé la bonne humeur sur les différentes scènes du festival.

Le caractère universel de l’humour s’est vérifié, du 15 au 17 avril, à Kaolack, à l’occasion de la 11ème édition du Festival du théâtre et du rire. Une édition de relance d’un événement initié par le promoteur Guédel Mbodj, en partenariat avec l’Association des artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots) et mise en veilleuse depuis 2015. De fait, les organisateurs devaient relever le défi de maintenir ce rendez-vous culturel majeur adaptant le standard sous-régional et consolider sa place dans l’agenda national.

Un pari relevé avec panache par une internationalisation de plus en plus accentuée et symbolisée par la présence de comédiens venus du Cameroun, de la Côte-d’Ivoire, de la Guinée Conakry, de Gambie et même de l’Italie. Une ouverture vers l’extérieur qui pose le problème de l’usage des langues nationales de la part des comédiens sénégalais qui freine leur développement à l’étranger. « C’est un vrai challenge pour les membres de l’Arcots qui sont les initiateurs du Fest’rire avec l’idée de se frotter à un public étranger. C’est le prix à payer pour la professionnalisation des artistes comédiens du Sénégal », avait relevé le promoteur du festival.

Sur les principales scènes disséminées dans la capitale du Saloum, la bande à Pape Faye, Habib Diop alias Baye Ely et Bass Diakhaté a partagé le spectacle décapant avec le Camerounais David Noudji, son collègue ivoirien Raphaël Séa surnommé le « Seigneur du rire », dans des improvisations désopilantes ignorant les barrières linguistiques. Ce fut le cas sur la scène principale de l’esplanade Salif Bâ, du complexe « Cœur De Ville », mais aussi sur les annexes installées au terrain Deggo et sur celui de l’Ipres, tous les deux situés dans des quartiers périphériques de la ville.

Construction d’une salle de spectacle
Une des innovations de l’édition, avec le concours de régates sur le fleuve Saloum, a été le grand « Tanebeer » avec à la baguette les percussionnistes de Kaolack dont la réputation est loin d’être surfaite à travers tout le pays. L’édition 2017 a été une cuvée de tous les espoirs pour la pérennisation de l’événement qui va, dans les prochaines années, bénéficier de la construction d’une grande salle de spectacle avec la caution du président de la République qui promet d’accompagner le promoteur culturel. Seules ombres au tableau, le faux bond de certaines vedettes nationales comme Tann Bombé et Perbu Xaar et les autorités locales qui ont brillé par leur absence, en dépit du parrainage officiel du ministère de la Culture.

Elimane FALL

L’Institut supérieur des arts et des cultures (Isac) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar organise, du 18 au 22 avril 2017, un workshop axé sur l’« Initiation aux langages cinématographiques ». Il est animé par l’enseignant-chercheur et cinéaste français Arnaud Deshayes, de l’École nationale supérieure d’art de Bourges en France. La première séance a été l’occasion, pour ce dernier, de remonter aux origines du cinéma, de parler de son évolution et de s’appesantir sur « ce qui rend possible le cinéma ».

Cet atelier entre dans le cadre d’un partenariat entre l’Institut supérieur des arts et des cultures (Isac) et l’École nationale supérieure d’art de Bourges en France. L’initiative, portée par un institut de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, marque une étape importante dans la prise en charge de la question de la formation qui est essentielle dans le processus de mise en place d’une industrie cinématographique. Le paradoxe au Sénégal, à en croire Hugues Diaz, directeur de la Cinématographie, est que le pays regorge de ressources humaines sans toutefois disposer d’une institution de formation dédiée au cinéma en dehors de quelques initiatives privées. L’absence de capitaux y est pour beaucoup.

Cela est d’autant plus regrettable que le cinéma est à un tournant de son évolution technologique avec « le numérique qui permet de faire des films avec moins de contraintes techniques. Avant, on avait besoin de laboratoires, de toute une chaîne technique très compliquée. Aujourd’hui, avec une caméra, un ordinateur et un micro, on peut faire des films de grande qualité. La technique n’est plus un obstacle », souligne Arnaud Deshayes. Ce qui est important, à ses yeux, c’est de développer, par l’éducation, le regard, la façon de faire les films, de cadrer, de traiter la lumière, de diriger ses films et avant tout de les écrire ou de les préparer.

C’est toute une chaîne qui est en train de connaître une évolution décisive. Il devient, de plus en plus, facile de faire des films. Le plus dur est de les montrer aujourd’hui. « Au fond, il ne manque pas de cinéastes ou de public. Il se pose un problème d’intermédiaires, c’est-à-dire de programmateurs qui jouent le même rôle qu’un commissaire d’exposition », indique-t-il non sans insister, auparavant, sur la nécessité de trouver des réponses à ces questions. « Pourquoi fait-on des films ? » Pour les montrer à qui ? Et comment s’y employer ? Quelles que soient les réponses apportées à ces interrogations, le cinéma reste, selon lui, un travail collectif parce qu’étant la vision de plusieurs personnes. Il est un récit collectif, un outil de pensée.

Travaillant le champ cinématographique par les médias numériques et les outils analogiques, Arnaud Deshayes s’intéresse particulièrement aux dispositifs, aux effets et à leur écriture, ainsi qu’au regard documentaire. Il collabore fréquemment avec des plasticiens, des cinéastes ou encore des musiciens pour lesquels il développe un travail d’écriture sonore et visuelle.

Il a travaillé comme reporter et critique littéraire à France Culture et Beaux-Arts Magazine. Il a enseigné le son, la vidéo ainsi que l’histoire du cinéma, de la musique et de la littérature à l’École d’art d’Avignon. Arnaud Deshayes enseigne l‘image en mouvement à l’École nationale supérieure d’art de Bourges en France.

Alassane Aliou MBAYE

La 9e édition du Festival itinérant des arts et du récit (Festi’Paroles) de Thiès a connu un succès malgré les difficultés notées dans la mise en œuvre du programme entamé depuis le début du mois d’avril pour s’achever le week-end dernier.

La 9e édition du Festival itinérant des arts et du récit, débutée par la ville de Tivaouane, a été marquée par la présence de grands conteurs comme Abdoulaye Ndiaye « Thiossane », Mactar Fall de la troupe « Daraay Kocc », entre autres. L’un des promoteurs de Festi’Paroles, l’écrivain Xalima Sarr, n’a pas manqué d’évoquer l’importance du conte, mais qui, selon lui, « est en voie de disparition à cause surtout la de télévision et des nouvelles techniques de l’information qui ont pris sa place alors qu’il jouait un rôle capital dans l’éducation de la personne ». Ce n’est pas pour rien, souligne M. Sarr, que le président Léopold Sédar Senghor et Birago Diop ont écrit respectivement : « Leuk le lièvre » et « Les contes d’Amadou Coumba ». Le musée de la ville de Thiès a abrité la cérémonie de clôture de cet événement culturel de l’association « Puits à paroles », initié par des conteurs thiessois en partenariat avec leurs homologues de la ville de Toulouse en France, par l’entremise de Boubacar Ndiaye, un citoyen sénégalais vivant en France. Un retour à ces pratiques ancestrales a été recommandé pour les générations actuelles et futures.

Xalima Sarr, président des écrivains en langue nationale de Thiès, a regretté que toutes leurs sollicitations auprès des autorités soient restées vaines. « Mais, par la grâce de Dieu, nous avons pu surmonter ces difficultés inhérentes à toute organisation de cette nature ».

M. SAGNE

Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a reçu, hier, dans ses locaux, les leaders de la Coordination des associations de presse (Cap). Cette rencontre a porté sur la situation des médias au Sénégal. A l’occasion, le ministre Mbagnick Ndiaye a exprimé la disponibilité de l’Etat de dialoguer avec la Cap pour trouver des solutions aux obstacles.

Les leaders de la Coordination des associations de presse (Cap), constituée du Synpics, Cored, Cdeps, Appel, Urac, Cjrs, Unpjs, Ctpas ont échangé, hier, avec le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, le secrétaire d’État à la Communication, Yakham Mbaye et leur staff. Une prise de contact a permis aux deux parties de faire un tour de table sur les points que sont le Projet du Code de la presse, la Loi sur la publicité, l’environnement des médias, l’attribution des fréquences, la Maison de la Presse, le passif social des entreprises de médias et le Fonds d’aide à la presse.

A l’occasion, le ministre de la Communication a salué les échanges fructueux et la convergence de vues sur plusieurs points. L’État, selon Mbagnick Ndiaye, est disposé au dialogue et il a souligné qu’un agenda de travail sera mis en place pour trouver des solutions aux obstacles. Ainsi, le ministre a annoncé la distribution de l’Aide à la presse la semaine prochaine. Quant au Code de la presse, Mbagnick Ndiaye affirme que le projet du texte, fidèle à l’esprit des conclusions du séminaire de Saly, est sur la table du gouvernement.

A propos de la Convention collective, le ministre de la Communication a regretté l’absence des patrons de presse aux réunions convoquées antérieurement sur le sujet. Ainsi, il annonce une prochaine rencontre avec son homologue du Travail et des Organisations professionnelles et les patrons de presse… Évoquant la gestion de la Maison de presse, le secrétaire d’ État Yakham Mbaye a souligné que les problèmes ont été cernés et des solutions internes seront mises en œuvre.

« Cette entrevue a permis aux deux parties de comprendre l’impérieuse nécessité d’agir pour sauver la presse et de s’accorder sur un plan de travail afin d’étudier les modalités de mise en place d’un Plan national pour la presse », souligne un communiqué de la Cap. Ses leaders, après une visite de sensibilisation effectuée chez le Khalife général des Mourides, à Touba, vendredi dernier, seront reçus demain, samedi à 15h, par le Khalife général des Tidianes, à Tivaouane. En mars dernier, la Coordination des associations de presse tirait la sonnette d’alarme pour attirer l’attention sur la situation des médias au Sénégal. Une campagne de sensibilisation a été annoncée en avril et une marche nationale des travailleurs des médias le 3 mai, à l’occasion de la Journée internationale de la presse, pour réclamer à l’État des négociations sérieuses sur plusieurs revendications. Selon les membres de la Cap, le Premier ministre devrait les recevoir aujourd’hui à 10h.

Omar DIOUF

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