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Arts et Culture (1071)

Le directeur national du Patrimoine culturel, Abdoul Aziz Guissé, a invité le gouvernement et l’ensemble de ses partenaires à mobiliser toutes les énergies en vue d’inverser cette tendance, qui mène tout droit à l’inscription de la ville de Saint-Louis sur la liste du Patrimoine mondial en péril.

En juillet dernier, le comité du Patrimoine mondial avait sommé, à Istanbul, le Sénégal de lui soumettre, avant le 1er février 2017, un rapport sur les mesures prises pour faire face à la préservation de ce patrimoine. En effet, pour éviter d’éventuelles sanctions, lors du Crd, en présence des autorités locales et de la représentante de l’Unesco, Mme Guiomar Alonso, M. Guissé s’est appesanti sur cette situation de plus en plus préoccupante dans laquelle se trouve Saint-Louis classée depuis 2000 site du Patrimoine mondial de l’Unesco.
Lors de cette réunion, Abdoul Aziz Guissé a plaidé « pour cette vieille cité océane, chargée d’histoire et de symboles d’une valeur exceptionnelle pour notre pays mais aussi pour toute l’Afrique de l’Ouest ».

En effet, a-t-il poursuivi, cette vieille cité a toujours été considérée comme la porte de l’Afrique occidentale. Nichée entre les deux bras de l’embouchure du fleuve Sénégal, l’île jouit d’un environnement exceptionnel né d’un mariage subtil entre un paysage terrien et fluvial. Premier comptoir français sur la côte atlantique de l’Afrique en 1659, l’île de Saint-Louis fut une plaque tournante du commerce de la gomme arabique, des esclaves, de l’or, des peaux et d’autres produits. Cette petite cité océane sera la capitale politique de la colonie et de l’Afrique occidentale française (Aof) jusqu’en 1902, et capitale du Sénégal et de la Mauritanie jusqu’en 1957, avant de tomber en déclin du fait du transfert de la capitale à Dakar.

Selon M. Guissé, son influence prépondérante va au-delà du Sénégal et a été décisive sur les régions d’Afrique sous domination française, et même plus loin, en termes d’architecture mais aussi d’éducation, de culture, des services, etc. Elle fut, à ce titre, un véritable laboratoire, creuset de métissages et de diffusion d’une synthèse culturelle et d’un éveil à la citoyenneté pour toute l’Aof.

A en croire Abdoul Aziz Guissé, c’est sans aucun doute ce qui est à l’origine de la dernière décision prise par le Comité du Patrimoine mondial à Istambul, en juillet dernier, de sommer le Sénégal de lui soumettre, avant le 1er février 2017, un rapport sur les mesures prises pour faire face à cette situation. C’est ce rapport qui sera évalué par la prochaine session du comité prévue à Cracovie en Pologne, en juin 2017, et qui permettra de se prononcer définitivement sur une inscription ou non de Saint-Louis sur la liste du Patrimoine en péril.
Selon le directeur du Patrimoine, Saint-Louis a toujours bénéficié d’un arsenal de textes juridiques pour sa protection depuis le Plan directeur d’urbanisme de 1928 jusqu’à l’élaboration du Plan de sauvegarde et de mise en valeur en 2006, renforcée par un décret d’application en 2008.

Mieux, les structures comme l’Arcas (Association pour la restauration et la conservation de l’architecture saint-louisienne), le syndicat d’initiative du tourisme, la section Icomos de Saint-Louis et les conseillers de quartiers et la société civile se sont tous engagés dans des activités de sensibilisation, d’alerte pour appuyer l’action de l’Etat et de la mairie.
Amadou Maguette NDAW


Sauver Ndar, la charmante
Il suffit de faire encore un tour dans la vieille ville pour se rendre compte de la beauté de cet espace à l’architecture attrayante. En effet, le palais du Gouverneur se distingue comme le centre orthogonal d’un plan urbain parfaitement régulier autour duquel s’articulent les trois composantes essentielles de l’île. Il s’agit notamment des quartiers Nord, Sud et de la Place Faidherbe, le tout dans un système ceinturé par les quais. Le majestueux pont Faidherbe, dont les travées ont été importées de France en pièces détachées en 1897, a apporté une touche sublime à cette vieille cité, mais n’a nullement modifié la trame urbaine originale.

C’est l’ensemble de ces valeurs historiques et culturelles qui viennent s’ajouter à la beauté légendaire de son paysage urbain avec ses magnifiques « maisons à balcon ou à galerie » des belles Signares qui confèrent à Saint-Louis sa qualité esthétique et son identité promues au rang de patrimoine de l’humanité par l’Unesco… Ndar est charmante, Ndar est belle mais elle a besoin d’actions énergiques pour préserver son potentiel et attirer les touristes.

 

A. M. NDAW

La jeune  chanteuse sénégalo-mauritanienne Dioba Guèye a fait face à la presse, vendredi, pour présenter au public  sénégalais son album « Urban Gawlo ». Dans cet opus de 10 titres, la  finaliste du Prix Découvertes Rfi 2015 explore divers univers musicaux : folk, reggae, traditionnel qu’elle chante en  pulaar,  maure (hassania) et wolof.

Connue dans le milieu pour être classée 2ème  du Prix Découvertes Rfi 2015, Dioba Guèye  veut se frayer davantage de chemin dans la musique. Elle nourrit cette passion depuis sa tendre enfance. En conférence de presse, vendredi, avec son manager Mouss Diop, Dioba a tenu le public en haleine en interprétant sur scène six morceaux de son album « Urban Gawlo » dont  Fouta  qui lui a valu une participation au Prix Découvertes Rfi 2015. Dans ce titre, elle chante fièrement son village natal tout comme dans d’autres,  « Dawla » (mon pays en hassania), « Sey » (ménage), « Wakhko »,  « Khalel », dans laquelle elle appelle à l’éducation des enfants, etc.

Dioba séduit toujours par sa voix douce et ses variétés de rythmes et sonorités qu’elle chante aisément en langue wolof, pulaar et en langue vernaculaire de la Mauritanie, le hassania. Selon l’artiste, cette diversité linguistique et ce talent inouï s’expliquent par le fait qu’elle a grandi dans la rive gauche du fleuve du Sénégal, zone dans laquelle les deux langues se parlent (le hassania et le pular). « Je me nomme également « la go du fleuve » pour y avoir grandi et y être bercée par les chansons de ma grand-mère Fat Diop Gawlo, », souligne-t-elle.

A ces influences musicales viennent également s’ajouter celles de la diva de la musique mauritanienne, Maalouma Mint Meidah auprès de qui elle a cheminé comme choriste. « J’ai évolué dans plusieurs formations locales et la diva Maalouma Mint Meidah m’a prise sous son aile. Avec elle, j’ai pu découvrir toutes les scènes de la  Mauritanie, du monde arabe et occidental », avance-t-elle.

Hormis ces influences traditionnelles, Dioba Guèye a tenu à s’ouvrir à d’autres sonorités du monde telles que le reggae et le blues. En atteste les titres « Khawma » (je ne sais pas en wolof) et « Soukadebbo » (fille en pulaar). Le reggae, le blues et le yéla s’entremêlent dans une belle orchestration. Sur le plan musical, cette galette est bien emballée avec un doux parfum de fin d’année.

 

Maguette Guèye DIEDHIOU

Elle est magnifique et les Français l’ont élue Miss France 2017. Alicia Aylies, Miss Guyane, a succédé à Iris Mittenaere, Miss France 2016.

Elle était l’une des plus jeunes candidates au concours Miss France cette année. Alicia Aylies a été élue Miss France 2017, ce samedi soir, à l'issue d'une compétition effrénée. A seulement 18 ans. Miss Guyane a conquis le coeur des Français face à Aurore Kichenin, Miss Languedoc-Roussillon.

Cette étudiante en licence de droit, native de Fort de France en Martinique, veut devenir juriste. Passionnée d'escrime, elle a un bac S en poche, et beaucoup de détermination dans le regard. Son projet professionnel ne lui a néanmoins pas fait oublier « son rêve » : à la question d’une internaute, la jolie brune a répondu qu’elle aimerait par-dessus tout devenir « un mannequin connu ».

Un rêve qui pourrait bien devenir réalité pour Alicia Aylies. Du haut de ses 1,78 m, la jeune femme peut se targuer d’avoir une plastique de rêve, des yeux verts enivrants et une chevelure de sirène. Que ce soit en maillot de bain ou dans les costumes loufoques imaginés par la production, Miss Guyane aura réussi à éclipser ses adversaires les unes après les autres, jusqu’à décrocher le fameux titre tant convoité.

Source : voici.fr

Concours de beaute

Alicia Aylies couronnée Miss France 2017

Elle est magnifique et les Français l’ont élue Miss France 2017. Alicia Aylies, Miss Guyane, a succédé à Iris Mittenaere, Miss France 2016.

Elle était l’une des plus jeunes candidates au concours Miss France cette année. Alicia Aylies a été élue Miss France 2017, ce samedi soir, à l'issue d'une compétition effrénée. A seulement 18 ans. Miss Guyane a conquis le coeur des Français face à Aurore Kichenin, Miss Languedoc-Roussillon.
Cette étudiante en licence de droit, native de Fort de France en Martinique, veut devenir juriste. Passionnée d'escrime, elle a un bac S en poche, et beaucoup de détermination dans le regard. Son projet professionnel ne lui a néanmoins pas fait oublier « son rêve » : à la question d’une internaute, la jolie brune a répondu qu’elle aimerait par-dessus tout devenir « un mannequin connu ».
Un rêve qui pourrait bien devenir réalité pour Alicia Aylies. Du haut de ses 1,78 m, la jeune femme peut se targuer d’avoir une plastique de rêve, des yeux verts enivrants et une chevelure de sirène. Que ce soit en maillot de bain ou dans les costumes loufoques imaginés par la production, Miss Guyane aura réussi à éclipser ses adversaires les unes après les autres, jusqu’à décrocher le fameux titre tant convoité.
Source : voici.fr

Conseiller spécial du président de la République pour les affaires culturelles, le  Pr Hamidou  Dia  a présenté, jeudi, son  roman « Les sanglots de l’Espoir ». Publiée en 1987, l’œuvre vient d’être rééditée   chez l’Harmattan Sénégal. Dans cet ouvrage de 130 pages, l’auteur relate l’histoire de la génération post 1968 dont il  fait partie. Il  a  réfléchi  pour qu’il y ait  de la démocratie et du progrès au Sénégal.

Qui ne se rappelle pas de la fameuse grève  des étudiants de 1968 associée au pire cycle de sécheresse. Cette crise avait fini de plonger le Sénégal dans une situation économique précaire : famine, une augmentation du nombre de chômeurs sans compter la réduction stricte de l’espace politique. À ce moment précis, certes le Parti africain de l’indépendance (Pai) joua un rôle déterminant pour sensibiliser les centaines de jeunes qui ne demandaient que la liberté d’exercer librement leurs pensées politiques et de meilleures conditions de travail et d’existence, mais il y avait aussi une autre vague d’intellectuels. C’était celle de la gauche traditionnelle issue du Pai, d’inspiration maoïste, dont le Pr Hamidou Dia, Momar Samb, Mamadou Diop Decroix qui ont pris leur courage à deux mains et qui se sont donné corps et âme pour contester et s’associer à cette lutte et sortir le Sénégal de l’ornière. C’est dans ce sillage post 1968 que l’auteur Hamidou Dia a écrit « Les Sanglots de l’espoir » pour y relater les moments de désespérance traversés à l’époque, la  sécheresse, la famine qui pouvait amener les gens à pleurer, à sangloter. Il estime que : « Quel que soit ces sanglots, il y a toujours de l’espoir et c’est dans cet espoir que nous sommes aujourd’hui. Il y a de l’émergence  et un chemin est  tracé pour sortir de l’apnée. D’où ce titre de « Les Sanglots de l’espoir », explique l’auteur.  

Selon l’écrivain philosophe Hamidou Dia, le roman écrit de manière particulière raconte  l’histoire de leur génération, la frange marxiste-léniniste et la frange maoïste qui, après avoir traversé ces dures temps qui ont même conduits certains en prison et d’autres à l’enrôlement forcé à l’armée. Pour eux, il était impératif de réfléchir profondément  pour transformer le Sénégal afin qu’il soit un pays democratique et en progrès. Ce rêve semble devenir aujourd’hui une réalité pour cette génération post 1968.
L’ouvrage est aussi une invite à la jeunesse. Pour Pr Dia, il y a toujours de l’espoir mais il faut savoir s’inspirer de ceux qui les ont précédés. « Si nous sommes là, c’est parce qu’il y a des gens qui ont lutté avant, depuis le Pai en passant par nous et d’autres, c’est ce qui a conduit à la situation dans laquelle  nous évoluons aujourd’hui », argue-t-il.

Présentant le livre, le directeur du Laboratoire d’imaginaire  de l’Ifan, Pr Ibrahima Sow souligne que ce roman, au titre plutôt paradoxal, « Les Sanglots de l’espoir », supposant des sanglots, des désespérances, appelle aussi à l’espérance et l’attente d’événements heureux. Le qualifiant de long poème-roman ou roman-poème, il indique qu’il ne faut pas chercher à tout comprendre dans cette œuvre mais plutôt se laisser émouvoir et prendre dans le saisissement des mots.
« Dans ce roman-poème tout simplement bien écrit, on se laisse emporter par la musique des phrases et par la trame du récit  qui n’est pas assurément classique, ordinaire encore moins linéaire voir chronologique. Nous y avons une multitude de différents chapitres que l’auteur présente selon son humeur errant au gré de son inspiration rebelle à tout ordre », fait savoir  Pr Sow dans sa présentation.

Un poète qui témoigne
Pour lui, l’auteur ne cherche pas à restituer les événements comme un simple narrateur mais à témoigner en poète de l’ambiance d’une époque et de la patience d’une jeunesse qui rêve de changer le monde à travers des personnages Mbargou Lô, Jarisso, Sydia, Labba, entre autres.

Pour l’avoir préfacé, le journaliste écrivain  El Hadji Hamidou Kassé note que dans ce roman, l’écrivain a restitué admirablement toute une époque d’illusions partagée d’un homme nouveau. « Le couple Sydia/Jarisso résume parfaitement ce vécu  que  Pr Hamidou Dia a su traduire avec un talent peu commun, des mots justes et réels, des  séquences haletantes de poésie, des instants d’émotion, de joyeuses fulgurances, des moments de douceur, des pages prises d’assaut par une plume coléreuse. Il a laissé son corps et son cœur parler, exprimer avec intensité ses souvenirs, sentiments, regrets, ses inspirations et silences intimes », écrit-il.

 

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le Pr Alpha Amadou Sy, philosophe et écrivain, a encore invité les professeurs, les enseignants, les pouvoirs publics, les partenaires de l’éducation nationale et autres représentants de la société civile à soutenir le livre, à inciter les enfants à aimer la lecture.


Membre du Cercle des écrivains et poètes de Saint-Louis (Ceps), Alpha Amadou Sy s’est adressé, jeudi, à la presse à l’occasion de la cinquième édition de la Fête internationale du livre, organisée par le Ceps, en partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication et l’Institut français de Saint-Louis. Le but, rendre hommage au parrain de l’édition de cette année, Chinua Achebe (1930-2013), éminent romancier, poète, nouvelliste et critique nigérian. Dans le même sens, Dr Karim Gueye, professeur d’Anglais, a présenté à l’auditoire l’auteur du best-seller « Things fall apart » (1958) « Le monde s’effondre », traduit en plusieurs langues.

A travers une communication enrichissante, Dr Karim Gueye a rappelé à l'assistance que Chinua Achebe est un passionné des religions du monde et de la culture traditionnelle africaine.  Alpha Amadou Sy et Dr Karim Gueye ont également rendu hommage au poète et dramaturge mauritanien Djibril Hameth Ly, décédé le 16 octobre 2015 à Québec. Militant de la culture et des droits de l’Homme, membre fondateur et premier président des Forces de libérations africaines de la Mauritanie (Flam), il est considéré comme un grand humaniste. Sa fille était présente hier au centre culturel français.

Le président du Ceps, Alioune Badara Coulibaly, a rappelé que ce Salon du livre est un acte posé dans l’axe de la décentralisation culturelle, au cœur de la cité, dans les quartiers populaires et les localités les plus éloignées du champ du livre et de la lecture. Il faut célébrer le livre en lui donnant un cachet populaire, pour qu’il soit un outil de communion des cœurs et des esprits.
Cette fête internationale du livre à Saint-Louis a été également marquée par des expositions d’ouvrages, des séances de conte, des ateliers d’écriture dans l’élémentaire et les lycées, un concours de diction pour les plus petits et un concours de nouvelle, des rencontres entre éditeurs, auteurs et élèves, des séances de dédicaces, des prestations théâtrales et musicales.

 

 

A. M. NDAW

Le journaliste Mor Talla Gaye a présenté, samedi dernier, son ouvrage « Traits Sénégalais » publié chez l’Harmattan Sénégal. Dans cet ouvrage, l’auteur y a compilé une galerie de portraits de personnalités connues et moins connues.

Pour la postérité, l’ouvrage « Traits Sénégalais », publié chez l’Harmattan Sénégal, du journaliste Mor Talla Gaye, se veut un livre-portraits qui tente d’immortaliser des personnalités connues ou moins connues de la société sénégalaise. La spécificité du choix des héros réside dans le fait qu’ils font ou à un moment donné ont fait l’actualité. Cela va de Serigne Saliou Mbacké à son disciple Cheikh Amar, en passant par Cheikh Béthio Thioune, le griot Samba Diabaré Samb, le maire de Ziguinchor Abdoulaye Baldé, l’ancien Premier ministre sénégalais Cheikh Aguibou Soumaré, l’artiste-chanteur Youssou Ndour, ou encore Bruno Diatta, le chef du Protocole de la présidence de la République, l’opposant gambien Cheikh Sidiya Bayo, la journaliste gambienne Fatou Camara. Cela fait un total de 44 portraits sur 270 pages.

D’après l’auteur, Mor Talla Gaye, cette initiative est un moyen de lutter contre l’oubli. « Ceux-ci (Traits sénégalais) sont des témoignages qu’on laisse à la postérité. J’ai trouvé injuste de voir des papiers de journaux (portraits) entre les mains de vendeuses de cacahuètes malgré les efforts faits pour leur réalisation », affirme le journaliste du quotidien « L’Observateur ». Il a compilé des portraits signés soit dans le défunt magazine « Week-end » soit dans « L’Obs » édité par le Groupe futurs médias. Pour cela, Mor Talla Gaye, avant toute publication en format livre, s’est tâché d’avoir l’autorisation des journaux pour lesquels ces publications étaient destinées. Il estime qu’il faut discuter avec certaines personnes au Sénégal pour se rendre compte que « nous avons des trésors », qui au lieu de les valoriser, on les enterre. « Un peuple sans passé, est un peuple sans avenir », prévient-il, mentionnant dans ses séries de portraits le ministre-secrétaire général du gouvernement Abdou Latif Coulibaly, le Cl Abdoulaye Aziz Ndaw, la notaire Patricia Lake Diop, Lamine Faye, garde du corps de Me Abdoulaye Wade, entre autres.

Prenant la parole, Mamoudou Ibra Kane, directeur de Gfm, a loué la passion, le talent et le professionnalisme de l’auteur qu’il a connu alors qu’il était correspondant de Walfadjri Fm à Thiès. Pour sa part, le directeur de la maison d’édition l’Harmattan Sénégal, Dr Abdoulaye Diallo, a invité les journalistes à s’approprier des livres, car seule la documentation permettra aux hommes et femmes de média de faire des analyses profondes dans leurs papiers.  Mor Talla Gaye est un journaliste, chef de service « Enquêtes et reportages » au quotidien « L’Observateur » du Groupe futurs médias (Gfm). Il a fait ses premières armes à « La Dépêche », fait des piges à « Walf Fm », « Le Quotidien », « Weekend Magazine », « l’hebdo du Quotidien ». Il est de la 34e promotion du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, option Presse écrite. Il a remporté, en 2011, le Prix du « Meilleur reportage de presse écrite » au Sénégal, un concours organisé par la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs).

 

Serigne Mansour Sy CISSE

Le séminaire de recherche sur l’esthétique du rire s’est ouvert, mercredi, à la Salle visio-conférence de l’Ucad 2. Il a été l’occasion pour des universitaires de donner à cette « trivialité » une portée scientifique. Des échanges périodiques sont prévus jusqu’au mois d’avril prochain.

Rire de ses peines. Pleurer de sa joie. Les contrastes apparents témoignent de l’intensité émotionnelle ; celle de l’intérieur dissimulée ou exprimée dans sa pureté. Le rire est une manifestation d’un sentiment, d’une appréhension, de l’émotion du moment, d’un souvenir ravivé, d’une idée saugrenue… Son champ lexical en atteste. Ne se tord-t-on pas de rire à en mourir ? Ne guette-t-on pas le premier rire de l’enfant ? Et puis on en rira aux éclats, aux larmes à se décrocher la mâchoire ! On peut en mourir aussi !
Plusieurs penseurs ont porté la réflexion sur cette faculté de l’homme de traduire l’émotion du moment -ou peut-être de la feindre- pour en faire un objet social et quelquefois politique (Descartes, Spinoza, Voltaire, Kant et surtout les théories du rire de Bergson). C’est pourquoi, estime Malick Diagne, chef du département de philosophie, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a besoin de s’intéresser à ces thèmes qui, de prime abord, peuvent paraître banals.

Le rire a des vertus surtout dans ce lieu fiévreux.  Mamadou Bâ, enseignant au département de Français s’est, lui, employé à montrer les manifestations du rire et d’en examiner les formes, les enjeux et les visées à travers des références dans le roman africain francophone en relation, d’abord, avec le pouvoir colonial. Ici, « le rire est une arme offensive qui permet de dénoncer les mascarades du monde colonial et transforme ses représentants en pantins », souligne l’universitaire. On note, selon lui, le même type de rire après les indépendances mais avec comme cible les tenants du pouvoir avec des romans s’organisant autour d’une figure terrible et ridicule : l’ogre du pouvoir, « guide providentiel », père de la Nation. « Ces dictateurs, gonflés dans leur baudruche de mots, hérissé de majuscules et d’épithètes, gouvernent par la violence et l’absurde. Les romans les transforment en pantins d’un jeu de massacre », ajoute-t-il. Il s’est ensuite intéressé au rire chez Hampaté Bâ et Kourouma. C’est pour dire que la traduction des mots provoque de multiples effets comiques chez Kourouma. « Chez Hampathé, un humour plus réjouissant, celui des enfants qui vont vérifier si les blancs ont les excréments aussi noirs que leur peau est blanche ou si la clarté de leur peau est due à la présence en eux d’une braise ardente, d’où les toucher pour vérifier ».

Le comique comme le repos ou le sommeil, à l’en croire, rend l’esprit disponible et libre, relève de l’instinct de conservation. Il est antidote à tous les excès. C’est au final, pense-t-il, un humour de combat qui va plaire, instruire, dénoncer, dérouter, surprendre, faire réagir avant que de faire réfléchir. Le caractère interdisciplinaire du « rire » fait que les organisateurs ont jugé nécessaire d’ouvrir les débats à plusieurs communautés scientifiques. Ainsi, au-delà des philosophes, des littéraires, des sociologues…des médecins et des pratiquants sont invités à partager leurs connaissances.

Massamba Guèye a, lui, tenu l’assistance en haleine par la beauté de son verbe et la pertinence des arguments qui confèrent au conte une puissance perçant l’univers des sens.

 

 

Alassane Aliou MBAYE

La Commission de protection des données personnelles (Cdp) condamne fermement, à travers un communiqué, la publication de vidéos, de photos et d’enregistrements audio notée ces derniers temps sur les réseaux sociaux et les sites d’information en ligne. Elle invite les citoyens à plus de vigilance et de retenue dans l’utilisation de ces outils.

Il a été noté, depuis quelques temps, certaines dérives sur les réseaux sociaux et les sites d’information en ligne avec des publications qui ont heurté bien des esprits. C’est pourquoi la Cdp en appelle à la responsabilité de toutes les personnes et sites d’information en ligne, afin de faire cesser ces pratiques. Elle rappelle, qu’aux termes de l’article 33 de la loi n°2008-12 du 25 janvier 2008 portant sur la protection des données à caractère personnel, « le traitement des données à caractère personnel est considéré comme légitime si la personne concernée donne son consentement ». De ce fait, de tels agissements constituent une atteinte à la vie privée d’autrui et une infraction manifeste à la loi portant sur la protection des données à caractère personnel.

La Cdp informe les citoyens sénégalais que ces réseaux sociaux, bien qu’ils offrent de nombreux avantages, doivent être utilisés avec juste modération et parfaite retenue. En effet, estime-t-elle, les informations divulguées sur le web sont partagées très rapidement, de manière virale. Il devient alors très difficile d’effacer toute trace d’une image intime, même si la photo source est supprimée.  La Commission a tenu à prévenir de l’utilisation qui pourrait en être fait par un tiers. Car, la publication sur Internet de photos ou de vidéos d’une personne, sans son consentement, expose son auteur à des sanctions pénales. Ainsi, en application de la loi sur la cybercriminalité, ces sanctions pénales peuvent aller d’une peine d’emprisonnement d’un an à sept ans et d’une amende de 500.000 à 10 millions de FCfa ou de l’une ou l’autre de ces deux peines.

En outre, selon le communiqué, quiconque se procure des vidéos ou des photos relatives à la vie privée d’une personne et les partage sur les réseaux sociaux, sans le consentement de cette dernière, encourt les sanctions citées ci-dessus.  

 

 

A.  A. MBAYE

La Maison de  la Culture  Douta  Seck  accueille, ce soir, le  Festival de musique électronique « Electrika ». Premier du genre en Afrique de l’ouest et du centre, l’événement verra défiler sur sa scène de grands noms de la  musique électronique. Occasion pour le nouveau talent, Fakéba,  de sortir son premier disque.

La Maison de la culture Douta Seck va vibrer aux rythmes de la musique électronique, demain.  La première  édition du festival international « Electrika »  y  sera  lancée, ce soir, avec la participation de plusieurs artistes. Selon le  coordinateur  du festival « Electrika » 2016, Samba Diaité, l’événement  culturel verra défiler sur sa scène des artistes de renommée mondiale. Ce sera un festival purement live où sont attendus des Italiens,  Français, Américains, Espagnols, Japonais mais aussi des Sénégalais. Il s’agit  principalement  de l’Européen  Kirlian Caméra, d’Elena Foss et  de Marsheaux, un duo formé à Athènes en 2003, du légendaire groupe espagnol de musique électronique Synth Pop, Flash Zéro, de Cuartilla y Muto, un tandem basé à Barcelone, entre autres.

« L’autre grande surprise de l’événement est la présentation du premier  disque de Fakéba, le nouveau talent de la musique électronique du Sénégal », annonce S.  Diaité. Pour le coordinateur, cet événement vise à faire découvrir à l’Afrique et plus particulièrement  au Sénégal, la musique électronique née dans les années 1950 à partir des générateurs de signaux et de sons synthétiques avec des sensibilités pop, rock.

 

Maguette Guèye DIEDHIOU

Jeudi, M Pokora a accompagné Omar Sy et l’association Cékedubonheur à l’hôpital pour rendre visite à des enfants sous traitement. Un moment que l’artiste a partagé avec ses followers sur Instagram en diffusant plusieurs photos de cette émouvante rencontre. Sous l’un des clichés où Matt et un petit garçon communiquent, le chanteur définit sa mission de cœur. « "divertisseur" est un mot qui n'existe pas dans le dictionnaire français et pourtant c'est le mot qui définirait le mieux ce que l'on est, écrit-il. Notre mission… Cela va au-delà du fait de chanter, faire rire, jouer la comédie, gagner un championnat etc… Par une simple présence, pouvoir faire briller les yeux d'un enfant, le voir sourire, lui faire oublier un instant l'environnement dans lequel il se trouve et pourquoi il est là… »

Le divorce de Sean Penn et Madonna a beau avoir été prononcé il y a 28 ans après de multiples scandales, il n'empêche qu'entre les deux ex, une certaine alchimie opère toujours. Au début de l'année, Madonna avait par exemple fait une jolie déclaration à Sean Penn lors de l'un de ses concerts. À l'époque, la chanteuse avait loué le travail humanitaire du comédien à Haïti et en avait profité pour lui glisser à l'oreille qu'elle était toujours amoureuse de lui.  Madonna a récidivé lors d'une vente aux enchères à Miami. Pour récolter des fonds pour le Malawi où elle a passé ses vacances d'été, la staravait mis plusieurs objets personnels en vente.  L'acteur était d'ailleurs présent et a rejoint la chanteuse sur scène au son d'une marche nuptiale. Les deux ex ont multiplié les marques d'affection. Sean Penn a par exemple tenté d'enlever une paire de menottes des poignets de Madonna, l'un des moments récurrents de leur mariage, selon la chanteuse. Mais ce n'est pas la seule arme que Madonna avait caché sous sa jupe beaucoup trop courte.Encore une fois elle a déclaré tout son amour à Sean Penn : « Je suis toujours amoureuse de toi ». Comme le rapporte People, elle lui a aussi proposer de se remarier… S'il donnait la somme de 150.000 dollars. On ne sait pas si le comédien a accepté, mais un parterre de stars telles que Leonardo DiCaprio, Chris Rock ou encore Courtney Love se sont montrées très généreuses. Madonna a récolté 7,5 millions d'euros pour défendre sa cause.

L’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) appuie le gouvernement du Sénégal dans la mise en place de six nouvelles bibliothèques régionales. Celle de Kaolack a été inaugurée, hier, par le secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Birane Niang, en présence de Mme Youma Fall, directrice de la Langue française, de la Culture et Diversités à l’Oif.

Le Centre culturel régional de Kaolack vient de se doter d’une nouvelle bibliothèque. C’est le résultat d’un partenariat entre ce service déconcentré de l’Etat et l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif). L’inauguration officielle de l’infrastructure, qui s’est faite hier en présence de Mme Youma Fall, directrice de la Langue française, de la Culture et Diversités à l’Oif, a été l’occasion pour la partie sénégalaise de fixer le cadre général de cette coopération. « Notre pays, le Sénégal, à l’instar de beaucoup de pays d’Afrique francophone, bénéficie depuis 1987 de l’appui de la Francophonie à travers son programme culturel. C’est dans cette dynamique qu’en juin 2016, ils ont conjointement signé une convention portant sur un montant total de 460 millions de FCfa pour la réhabilitation/réalisation de bibliothèques et Centres de lecture et d’animation culturelle (Clac) », a indiqué Birane Niang, secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication.

Selon lui, cette somme va intégrer six nouvelles bibliothèques régionales et la réhabilitation d’une douzaine de Clac avec le renfort  de 375 millions de FCfa dans le cadre du Programme triennal d’investissement public sur les trois dernières années.
Pour sa part, la directrice de la Langue française, de la Culture et Diversités à l’Oif, Mme Youma Fall, s’est dite « fière d’accompagner le Sénégal dans le renforcement de sa politique nationale de lecture publique ». Ella a rappelé : « Ce partenariat né en 1988 avec la création de 17 Clac s’enrichit aujourd’hui avec la réhabilitation/rénovation complète des bibliothèques de six Centres culturels régionaux avec un investissement, en 2016, de plus de 600.000 euros, soit plus de 450 millions de FCfa ».
Mme Fall a loué les efforts du gouvernement du Sénégal pour se doter d’« un réseau de lecture publique performant ».

La bibliothèque régionale de Kaolack, logée au sein du Centre culturel régional, est dotée d’une plateforme numérique à titre expérimental avec le projet Bibliothèque numérique francophone, reposant sur une connexion internet locale accessible au public.

Elimane FALL

Elu depuis plusieurs mois, c'est ce jeudi 15 décembre qu'Andreï Makine a fait son entrée officielle à l'Académie Française. Né en Sibérie il y a 59 ans, installé en France depuis 1987, l'auteur du célèbre roman « Le testament français » primé par le Goncourt incarne la francophilie et francophonie qui ne cessent enrichir la langue de Molière. Andréi Makine, grand, élégant, le regard perçant porte avec beaucoup de panache son nouvel habit d'Académicien. Un costume vert comme le veut la tradition, créé sur mesure par le styliste italien Giorgio Armani, avec à la ceinture une épée, œuvre du joailler suisse Chopard et au cœur du pommeau de cette arme symbolique : une grenouille incarnation du conte populaire russe « La tsarine grenouille ». L'écrivain n'a pas oublié ses origines et il a d'emblée commencé son discours avec la francophilie de ses illustres ainés Pierre le Grand et Catherine de Russie.     

rfi.fr

La volonté du recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de doter l’institution de sa propre radio va bientôt devenir une réalité. Le Professeur Ibrahima Thioub a annoncé, hier, en marge de la cérémonie de sortie de la 44e promotion du Cesti, que la radio universitaire Ucad va commencer à émettre dans les semaines à venir. L’Université de Dakar vient d’obtenir les droits de fréquence qui lui permettent d’émettre d’ici peu. Selon Pr Thioub, la création de cette radio  universitaire va contribuer à fluidifier la circulation de l’information avec comme fonction de lien social. « Cette radio réduira   le fossé qui existe au plan informationnel entre les différentes composantes de la communauté universitaire. Mais également les écarts dans l’interprétation des textes et dispositions à l’origine souvent de malentendus, voire  de conflits au sein de l’université », a-t-il indiqué. Selon lui, cette radio dont l’élaboration du projet a été prise en charge par le Cesti, jouera un rôle essentiel dans la visibilité et la valorisation de l’image de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.                                                                       

I. BA

Le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) a célébré, hier, la sortie de sa 44e promotion. Au total, 25 étudiants issus des média radio, télévision et presse écrite ont reçu leur parchemin. Cette cérémonie a été présidée par le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye.

Un moment de joie empreint de solennité. Un instant symbolique qui, au-delà de l’aspect protocolaire, marque une étape décisive dans la vie des 25 étudiants qui viennent de recevoir leur parchemin après trois années de dur labeur. Parents, amis et proches collaborateurs n’ont manqué de venir assister à ces heures consacrant la rigueur, l’assiduité et l’excellence faisant  du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) la première école d’Afrique francophone de formation en journalisme. Ces récipiendaires composés de 19 Sénégalais, 5 Béninois et 1 Camerounais  sont repartis dans les spécialités radio, télévision et presse écrite.


Du bonheur certainement, mais aussi un brin d’angoisse pour ces nouveaux journalistes devant intégrer le marché de l’emploi dans  un secteur déjà saturé. Toutefois, la difficulté d’accéder à une profession décente dans ce secteur n’occulte en rien la pertinence d’une bonne formation. C’est fort de cela que le ministre de la Culture et de la Communication, qui a présidé la cérémonie de remise des diplômes à la 44e promotion du Cesti, dont le parrain est l’économiste feu Amady Aly Dieng, a insisté sur l’impérative de relever le défi de la formation afin de pratiquer, de façon experte, la profession de journaliste. « Dans votre vie active, vous apprendrez à être des journalistes professionnels. Votre travail consistera à rechercher, mettre en forme, hiérarchiser et commenter l’actualité.

En tant que médiateurs, votre rôle premier n’est pas seulement de suivre les préceptes d’Albert Londres en portant « la plume dans la plaie », mais surtout de présenter les faits et les opinions dont la connaissance permet de comprendre les processus en œuvre dans la société contemporaine », a dit Mbagnick Ndiaye aux récipiendaires. Selon lui, même si la rapidité, les techniques et la nature même de l’information ont évolué, l’objectif premier du journalisme est d’apporter aux citoyens l’information dont ils ont besoin pour être libres et autonomes. Non sans les inviter à concilier les rudiments appris au Cesti et la pratique effective d’un journalisme qui reconnaît et applique les principes permettant d’offrir une information fiable et équilibrée. Mais également à  promouvoir une information dont l’ancrage est l’intérêt général, permettant de comprendre le monde dans lequel « nous » vivons et la place que  « nous » y occupons.

De l’avis du ministre de la Culture et de la Communication, pour avoir des médias sains, dynamiques et épanouissants, les acteurs du secteur reconnaissent, de façon unanime, la nécessité de réguler l’accès à la profession, le fonctionnement des médias, l’importance de l’élaboration d’une convention collective consensuelle en adéquation avec les réalités socioéconomiques de notre pays.  S’inscrivant dans la même dynamique que le ministre de la Culture, Olivier Sagna, directeur des Etudes et de la Coopération au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a relevé la pertinence d’une bonne formation chez les journalistes.  « Nous avons besoin de journalistes responsables et bien formés. Le journalisme redonne du sens à un monde complexe… », a-t-il déclaré.

Réguler l’accès à la profession
Parlant du parrain de la promotion,  l’économiste sénégalais Amady Aly Dieng, disparu le 13 mai 2015, Mbagnick Ndiaye a invité les étudiants à en faire un modèle.  « Les jeunes journalistes, dans leurs pratiques quotidiennes, devraient s’inspirer des qualités humaines, morales et intellectuelles de ce grand érudit. Il suffit juste de jeter un regard sur le parcours d’Amady Aly Dieng, pour mesurer l’étendue de son érudition et sa culture encyclopédique. Il fut un intellectuel reconnu, un économiste chevronné, un militant panafricaniste convaincu, un historien averti, un homme de culture et un critique littéraire à la plume experte mais digeste », a-t-il indiqué.

Le directeur du Cesti, Ibrahima Sarr, a abondé dans le même sens : « Je vous fais remarquer que l’on retrouve chez votre parrain les valeurs fondamentales pour répondre à l’exigence de votre métier : l’engagement, le don de soi, l’éthique et la pertinence. Votre parrain a vécu dans l’inconfort. Mais il n’a jamais succombé aux sirènes du « soutien mercenaire ». Il est resté un homme désintéressé, debout et digne jusqu’à la fin de sa vie », a-t-il rappelé aux nouveaux journalistes, ajoutant que les principes éthiques et les règles déontologiques devraient leur servir de viatiques afin qu’ils puissent assumer sainement la responsabilité sociale qui est la leur. Faisant le bilan de son magistère à la tête du Cesti, qui est presque arrivé à son terme, M. Sarr a cité, entre autres, la création, au sein de l’institution, de nouvelle filière, le renforcement du plateau technique, l’amélioration des conditions de travail du personnel et des étudiants ainsi que l’instauration de la transparence comme mode de gouvernance dans la gestion des ressources financière et le recrutement dans l’organisation du concours du Cesti.

 

Ibrahima BA

L’artiste  chanteuse  Maréma  continue de promouvoir son dernier album intitulé « Initié » avec la sortie, dès aujourd’hui,  de son nouveau clip « Deugeuleu ». A travers cette production,  la chanteuse fait l’éloge du Sénégal en y  valorisant des facettes de la culture sénégalaise et en décrivant la paix (diam en wolof), l’amour et le bonheur qui y règne.

Pour la fin de cette année, l’artiste Maréma réserve une belle surprise à ces fans et mélomanes. Après le succès des clips « Femmes d’affaires » et « My Friends », la chanteuse vient de sortir un nouveau clip, « Deugeuleu » (c’est vrai), une autre chanson tirée de l’album « Initié » (merci en mandingue). Avec ce clip riche en couleurs et sonorités, l’artiste replonge à nouveau ses fans dans ses plus beaux rythmes et sonorités de « World music ». Dans la vidéo, elle chante les louanges de son  pays, le Sénégal. Elle y décrit également avec une voix imposante, la paix, l’amour et le bonheur qui y règne. Aussi, joint-elle à ces belles paroles de la couleur. En effet, dans le clip tourné à Gorée et au tumultueux quartier de la Médina, Maréma y valorise également quelques facettes de la culture sénégalaise, en revisitant des tenues traditionnelles comme celles portées par les Signares de Gorée et de certaines ethnies du Sénégal. Selon la lauréate du « Prix Découvertes Rfi » 2014, ce clip, comme cadeau de Noël pour ses fans, est en même temps une réponse à l’insécurité notée dernièrement dans le pays. « J’ai voulu, à travers ce clip, rassurer les gens avec certitude, « Deugeuleu » en wolof, que le Sénégal est et restera un pays où règne la paix et l’amour et qu’il n’y pas d’inquiétudes à faire sur ce point du fait surtout des enseignements et prières légués par les religieux et autres sages », indique-t-elle. Aussi, appelle-t-elle dans la vidéo au dialogue, pour une entente et que cette paix tant chantée puisse régner à jamais. Outre ce clip, Maréma envisage, en 2017, la sortie d’autres singles et des tournées au Cap-Vert, en Allemagne où elle participera à un festival.

Maguette Guèye DIEDHIOU

La région de Kolda va accueillir, du 27 au 31 décembre prochain, la 9ème édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac). L’édition de cette année est célébrée sous le thème : « Patrimoine culturel, tourisme et développement durable ».

Le Fouladou sera la capitale culturelle et artistique du Sénégal, du 27 au 31 décembre prochains. Au total, près de 800 festivaliers venus de toutes les régions du pays  sont attendus à Kolda. L’édition de cette année se tiendra sous le thème : « Patrimoine culturel, tourisme et développement durable ». Selon un communiqué, à travers des expressions artistiques axées sur la danse, le théâtre et la musique, les troupes vont rivaliser de création et de créativité pour montrer le riche potentiel culturel des différents terroirs, pendant 5 jours.

L’édition de Kolda marque la première année d’annualisation du Fesnac dont l’objectif est, entres autres, la restitution du patrimoine culturel dans sa richesse mais aussi dans son dynamisme et son évolution : enracinement et ouverture (apprendre à se connaître pour mieux s’ouvrir aux autres cultures).  D’après ce document, il s’agit aussi de permettre aux Sénégalais de mieux se connaître, de découvrir tout ce qui les rapproche et de contribuer ainsi à la consolidation de l’unité nationale, de réunir tous les Sénégalais autour des richesses culturelles. Cela, afin de susciter le sursaut national, d’encourager la création artistique, de promouvoir le tourisme intérieur et de développer les initiatives culturelles locales : création, production, diffusion et promotion.

Le Fesnac est une manifestation née sur initiative de l’Etat du Sénégal à la suite du colloque sur « Les convergences culturelles au sein de la Nation sénégalaise », tenu à Kaolack du 8 au 13 juin 1994. En effet, depuis lors, huit éditions ont eu lieu à travers le pays : Thiès en 1997, Dakar en 1999, Ziguinchor en 2001 et 2003, Tambacounda en 2005, Saint-Louis en 2007 et 2012, Kaolack en 2015.

C'est la région de Diourbel qui a succédé à Dakar, en 2015, en remportant le Grand Prix Douta Seck de la meilleure participation.
Ce prix qui récompense la meilleure prestation dans la discipline théâtrale est doté d'un montant de 1,5 million de FCfa. D’autres régions comme Ziguinchor, Louga, Saint-Louis, Dakar, Sédhiou,  Kédégou… ont eu également à s’illustrer dans les autres disciplines en compétition.

 

 

Ibrahima BA

Face aux évolutions rapides du numérique, les médias dits traditionnels doivent s’adapter au nouveau contexte pour ne pas disparaître. C’est la conviction des experts qui intervenaient, hier, au cours d’un atelier, organisé par le Synpics, en partenariat avec l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Dakar, sur l’adaptation de la presse dite traditionnelle face au numérique.

« Comment la presse dite traditionnelle peut s’adapter aux évolutions numériques » ? C’est autour de cette thématique que le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) et l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Dakar ont convié, hier, les professionnels de l’information et de la communication. La rencontre a eu pour cadre le Cesti, et a été animée par le journaliste sénégalais Hamadou Tidiane Sy et sa consœur américaine Marie Doezma. Venu présider la cérémonie d’ouverture au nom du ministre de la Culture et de la Communication, Alioune Dramé, directeur de la Communication, a salué cette « heureuse initiative » qui permettra aux professionnels de l’information « de bien confronter et partager des expériences qui pourront les amener à plus de clarté pour le bien de la presse nationale très dynamique ». Selon lui, les professionnels des médias ne peuvent, dans le contexte actuel, « s’arrêter à la maîtrise des techniques rédactionnelles ou s’astreindre simplement au respect de l’éthique et de la déontologie ». « Les technologies de l’information bouleversent les habitudes journalistiques qu’il est devenu impératif pour eux de s’adapter à la nouvelle donne.

Au-delà même de la presse en ligne ou des multiples offres électroniques pour les usagers, la presse traditionnelle joue sa survie », a-t-il ajouté, rappelant que sa mort, tous supports confondus, a souvent été prédite.

Pour le directeur de la Communication, cette presse peut, si elle sait utiliser avec intelligence l’outil des technologies, « avoir de très beaux jours devant elle ». « Il est donc nécessaire pour elle de s’adapter d’abord pour ensuite convertir les technologies en atouts qui feront qu’elles puissent la rapporter aussi bien dans la collecte que dans la diffusion de l’information », a-t-il dit.

Sa conviction est que la presse dite traditionnelle peut et doit se réinventer à l’heure des technologies de l’information, mais tout en restant dans la dynamique du journaliste qui se voit bousculé par le « journaliste citoyen », en allant plus loin que la possession d’un site qui se résume en la version électronique de l’édition papier d’un journal pour la presse écrite ou de voir l’édition d’un journal parlé ou télévisé pour une radio ou une télévision ».

Absence de statistiques
Pour sa part, le secrétaire général du Synpics, Ibrahima Khaliloulahi Ndiaye, a rappelé que sa structure très attachée à la formation de ses membres, mais surtout à la nécessité d’anticiper sur les problématiques de l’heure, « ne pouvait pas manquer de saisir cette opportunité offerte par l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique ». « Vu l’actualité du thème et sa pertinence, a-t-il dit, nous avons saisi l’occasion pour former nos membres à certaines dynamiques et surtout sur les relations entre presse classique et le numérique ».

Le conseiller aux Affaires publiques de l’ambassade des Etats-Unis à Dakar, Robert Post, a, de son côté, rappelé qu’« avec l’avènement de l’Internet, les gens veulent des nouvelles maintenant, de l’audio, de la vidéo, une variété de perspectives, et gratuitement ». Le directeur général de la Sspp « Le Soleil », Cheikh Thiam, par ailleurs membre du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (Cdeps) a, de son côté, indiqué qu’au-delà du Synpics et de l’ambassade des Etats-Unis, c’est le patronat qui devrait prendre en charge cette réflexion. Sa conviction est qu’il faut « réinventer, revisiter un nouveau modèle économique de la presse face aux nombreuses mutations dans le domaine du numérique. « Si nous réussissons cet exercice, nous dépasserons cette question de l’aide à la presse et de financement », a estimé Cheikh Thiam, regrettant l’absence de statistiques sur la presse. Le défi, à son avis, c’est d’aller vers la transparence. « Pour cela, a-t-il dit, il faut des chiffres pour comprendre les mutations de notre secteur ». Au nom du directeur, le chef du service technique, Eric Gnimadi, a soutenu que le Cesti a innové en intégrant des modules pour la formation des journalistes en ligne.

Souleymane Diam SY

A la suite du Cdeps, la question de l’aide à la presse s’est encore invitée, hier, aux débats à l’occasion de l’ouverture de l’atelier sur l’adaptation de la presse dite traditionnelle au numérique. Le secrétaire général du Synpics, Ibrahima Khaliloulahi Ndiaye, a rappelé que l’esprit de cet appui c’était de subventionner les intrants, de mettre en place une centrale d’achats. « Sous le régime du président Abdoulaye Wade, a-t-il déclaré, et sous la tutelle du ministre de la Communication d’alors, Bacar Dia, une partie de l’aide à la presse était destinée à appuyer les instances régionales notamment les associations des correspondants régionaux en les dotant de matériel informatique. Pour lui, l’autorité n’a pas tort de se pencher sur cette question car il y a des « journaux qui naissent pour simplement pouvoir bénéficier de cette aide ».

M. Ndiaye est d’avis qu’il existe des entreprises qui méritent cette aide. C’est tout le contraire pour celles qui licencient leurs agents et qui ne respectent pas la loi, la législation sociale de ce pays. « Quand on viole systématiquement la loi ou qu’on maintienne les employés dans une certaine précarité, quand on prélève des cotisations sociales sans pour autant les reverser, cela pose problème », a regretté le syndicaliste, tout en invitant la tutelle à faire respecter les critères définis par la loi pour la répartition de cette aide à la presse. « C’est l’argent du contribuable qui est soumis à une certaine vérification, à une traçabilité. Nous demandons le respect de la loi », a-t-il dit. Pour ce faire, ajoute le secrétaire général du Synpics, la Commission doit siéger pour donner l’occasion aux entreprises d’apporter les preuves qu’elles méritent l’aide à la presse.                                 

S.D.Y

La manager culturelle de l’ambassade d’Espagne au Sénégal, Alexandra Gil, a annoncé mercredi à Dakar que vingt photographes sénégalais ont été sélectionnés pour le Prix Descubrimientos 2017 de l’entreprise photoEspaña.

« Un concours a été organisé au mois d’août, nous avons reçu plusieurs photographes, amateurs ou professionnels du Sénégal. Et parmi tous ces photographes, on a sélectionné 20 d’entre eux, et ce sont ces 20 photographes qui seront là aujourd’hui et demain pour présenter leur travail à des experts internationaux », a-t-elle dit, à l’ouverture de l’atelier Portfolio, au centre culturel espagnol de Dakar (Aula Cervantès).
Alexandra Gil a ensuite annoncé que la sélection a été faite à Madrid par un comité d’experts de l’entreprise photoEspaña.
Selon elle, « cet atelier de deux jours permettra à ces photographes d’avoir plus d’outils et de connaissance ». Elle a souligné que ces derniers « seront conseillés et encadrés par cinq professionnels ». « Et à la fin de l’atelier, dit-elle, le gagnant bénéficiera d’une exposition à Madrid et recevra le prix. »
Elle a par ailleurs souligné que c’est la première fois que « ce concours de photographie (PhotoEspaña), reconnu dans tous les pays [et] l’un des plus importants » est organisé au Sénégal. Pour sa part, le directeur du centre culturel d’Espagne à Dakar, Ignacio Villapadierna, s’est réjoui de l’initiative, avant d’ajouter que « le but est de mettre en contact les photographes sénégalais, avec des spécialistes internationaux, ce qui peut leur ouvrir les portes professionnelles ».                            
 Aps

Le lauréat est une grande surprise, car Stéphane Brizé ne faisait pas du tout partie des sept films en lice sur la liste finale. Le Prix Louis Delluc, surnommé le « Goncourt du cinéma », a récompensé « Une vie » comme le meilleur film français sorti pendant l’année.

Stéphane Brizé c’est un vétéran du cinéma français. « Une vie », son septième film, est une adaptation du roman très noir de Guy de Maupassant qui raconte - sur près de 30 ans - la vie brisée d’une jeune aristocrate, jouée par Judith Chemla. « Une vie » était en compétition au festival de Venise et c’est un film presque expérimental, très différent de tout ce que Stéphane Brizé a fait auparavant. Son registre habituel est plutôt le réalisme social et on se souvient avec plaisir « La Loi du marché » sorti en 2015 et couronné par un million d’entrées et un prix d’interprétation pour Vincent Lindon.

Stéphane Brizé, lui, n’a reçu très peu de récompenses, que ce soit dans les grands festivals ni aux Césars. On peut imaginer que c’est ce « manque » que les jurés Delluc, présidés par Gilles Jacob, ont voulu compenser.             

rfi.fr

Sadiya Guèye, autrefois célèbre top model, aujourd’hui créatrice respectée et courue, séduit de par sa beauté plastique qui défie les temps et de par ses valeurs élevées que la gloire du passé n’a pas éprouvées ; elle qui, très jeune, a conquis des univers improbables au beau milieu d’un Occident ébloui par tant de grâce. L’ex-égérie d’Yves Saint Laurent occupe son temps à gérer le complexe Sadiya et, dans un élan d’altruisme, à organiser le milieu qui l’a fait connaître au monde. Sa charge de présidente des couturiers et créateurs associés du Sénégal l’y autorise. Elle décline, ici, ses ambitions, expose les difficultés et revient sur son honorable parcours.

Vous avez, la semaine dernière, organisé une rencontre avec des gens du milieu de la mode. Quelle en était la raison ?
C’était une rencontre d’échanges avec des tailleurs, des créateurs, des stylistes, des brodeurs… de la zone de Dakar parce qu’on avait fait une tournée pour évoquer la question de la mutuelle de santé des acteurs culturels entrant dans le cadre de la Couverture maladie universelle. Dans notre milieu artistique, il faut qu’on arrête de quémander à chaque fois qu’un d’entre nous est malade. Quand le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, nous a convoqués en 2015 pour nous en toucher un mot, je me suis déplacée en tant que présidente des couturiers et créateurs associés du Sénégal. L’Etat a fait des efforts pour appuyer les artistes dans ce domaine en injectant des fonds dans la mutuelle. Il était convenu que chaque adhérent cotise 3.500 FCfa par an. Malheureusement, les Sénégalais même pour les mener au paradis, il y en a toujours qui traînent les pieds. Il faut aussi que les gens fassent leur propre introspection pour atteindre les objectifs ensemble. Et notre rôle est de les sensibiliser.

Au-delà de cette mutuelle, quelles sont vos attentes par rapport à l’Etat ?
Aujourd’hui, il est évident que nous avons besoin d’être appuyés dans la formation. Il y a des initiatives individuelles mais nous ne pouvons pas absorber toute la demande et satisfaire en même temps toutes les exigences de qualité. Nos moyens sont limités. La mode requiert aussi bien du talent que des aptitudes intellectuelles. Il faut qu’on arrête de penser qu’elle est un réceptacle pour les jeunes qui n’ont pas réussi dans les études ou ceux-là qui n’ont rien trouvé à faire. Ce sont des techniques particulières à connaître. Et pour une bonne formation, il faut du matériel. C’est souvent du matériel de mauvaise qualité qu’on nous amène ici. On ne peut pas être compétitif sans au préalable investir dans la formation. C’est pourquoi d’ailleurs, je ne suis pas surprise d’entendre souvent les gens se perdre dans la terminologie. On confond allègrement styliste, modéliste, créateur et couturier. Dans l’imaginaire collectif, et quelque fois même dans le milieu, on relègue le couturier au dernier rang alors qu’il occupe la position la plus enviable.

Nous sommes dans un secteur transversal : artisanat, commerce, culture… Dans le Plan Sénégal émergent (Pse), beaucoup de nos préoccupations sont prises en compte. Il convient, toutefois, de réfléchir à l’applicabilité de ces choses énoncées par une réelle volonté politique et une ferme détermination des artistes à suivre la mouvance. Il est nécessaire de faire bouger les lignes. Imaginez, même pour acheter le fil, il faut que j’aille à Fez au Maroc. Nous n’avons pas de véritable usine de filature. Nous préférons entretenir nos tendres illusions au lieu de poser les débats de fond. Nous passons tout notre temps à dire, par exemple, que le wax est africain. Et même si nous nous en gargarisons, l’argent du wax retourne chez les bailleurs occidentaux. Il est nécessaire d’engager la réflexion car il y va de l’essor de nos « industries » culturelles. Nous sommes dans le privé et cela me met mal à l’aise d’interpeller l’Etat qui a beaucoup de priorités. Mais, dans nos pays pauvres, il y a tellement d’entraves qu’on a besoin de son encadrement. Il est de son devoir aussi d’aider les gens à s’approprier les stratégies de développement mises en branle. Le Pse ouvre des brèches. Les mécanismes de financement aussi. Mais, il y a un déficit d’information. Il faut aider les potentiels bénéficiaires à comprendre. Il s’agira ensuite pour ces derniers de savoir ce qu’ils veulent et de s’échiner à organiser leur milieu pour des perspectives plus alléchantes. Cette situation difficile ne doit pas non plus être une porte ouverte pour promouvoir la médiocrité.

Comment se porte l’Association des couturiers et créateurs associés que vous dirigez ?
L’association a été créée en 1998. Diouma Dieng en était la présidente jusqu’en 2012. Ses activités politiques ne lui permettaient pas d’allier les deux. C’était une association assez restreinte. Et puisque je râlais souvent, on m’en a confié la présidence ! C’était comme une mise à l’épreuve. Et depuis 2012, je m’emploie à impliquer toutes les régions du Sénégal avec la collaboration des autorités locales. Nous convoquons régulièrement des réunions pour impulser une dynamique unitaire. L’Etat a besoin d’interlocuteurs forts et de la visibilité pour prendre en compte les préoccupations de toutes les entités. Le président de la République nous avait d’ailleurs reçus dans le cadre du Pse. Mon intérêt pour les régions découle d’un constat : il y a trop de contrastes entre Dakar et le reste du territoire national. Et chacun, dans son domaine, doit s’évertuer à adoucir cette disparité. Nous avons fait des tournées dans les régions. Il ne nous reste que celles de Kédougou, Diourbel et Matam. Ce dévouement pour notre milieu est totalement désintéressé. Les dépenses afférentes aux rencontres que nous organisons et les tournées que nous effectuons, c’est moi qui les prends en charge. On ne peut pas tout attendre de l’Etat.

Les « cadors » de la mode s’impliquent-ils dans la marche de l’association ?
Malheureusement, dans ce métier, chacun est dans sa bulle. La concurrence n’est pas une mauvaise chose quand elle permet aux protagonistes de se bonifier. Nous sommes plus dans les petits tiraillements que dans la réflexion et l’action qui devraient permettre à notre secteur de sortir de sa léthargie. 99% des gens de notre milieu sont dans l’informel. Ceci est suffisant pour nous inciter à développer une certaine solidarité de corps. Il faut chercher à inverser cette tendance. Organiser des défilés, c’est bien, mais c’est souvent du saupoudrage.

Il y a aussi le fait que les Sénégalais ne sont pas assez imprégnés de cette culture de la mode…
J’ai une autre lecture. Les gens passent des heures à réfléchir sur leur style et pour choisir ce qu’ils vont mettre tous les jours. Les Sénégalais aiment le paraître. C’est un des leviers de la mode. Quand j’entends certains dire que la mode ne les intéresse pas, je me demande s’ils ne prennent pas au moins quelques secondes pour décider de ce qu’ils vont mettre. On conforme nos habitudes vestimentaires avec les lieux et les temps. Le code vestimentaire n’est pas l’apanage d’une entité. Chacun cultive le sien.

Les créateurs ont aussi besoin que leurs productions soient mises en lumière. Est-ce que les télévisions sénégalaises y participent ?
Au Sénégal, le rapport entre les chaînes de télévision et les créateurs relève d’un paradoxe. On se rue vers la télé pour montrer ses créations. Normalement, ce sont elles qui devaient payer pour montrer nos créations parce qu’elles boostent leur audimat. Mais, ici, c’est l’inverse. A un moment, les gens ont voulu tellement être auréolés de lumière qu’ils ont consenti à payer de l’argent aux chaînes de télévision. Et pourtant, pour retransmettre les événements sportifs, ce sont elles qui déboursent des fortunes. Au nom de quoi nous, nous devons payer pour que nos créations soient mises en évidence. C’est comme demander aux musiciens de payer pour que leurs clips passent à la télé. Il y a des gens que nos créations intéressent. Il m’est arrivé de payer parce que ce n’est pas non plus juste de priver les Sénégalais de ces moments. Un défilé doit être accompagné de toute une logistique, de bailleurs. Et sans les supports médiatiques, c’est compliqué. Nous devons, c’est ma conviction, travailler ensemble sans que cela ne soit préjudiciable à aucune des parties prenantes.

Pour ce qui est des mannequins, pensez-vous que ce sont les jugements des Sénégalais qui sont erronés ou leurs attitudes qui sont à déplorer ?
Dans la vie, il y a des étapes à franchir, des obstacles à gravir. C’est un métier respectable. C’est la personne qui l’exerce qui en fait une souillure ou qui lui confère de la noblesse. Et sans les valeurs fondamentales, au-delà même du mannequinat, on est exposé. Il faut savoir entendre et décrypter le chant des sirènes qui alertent et balisent des chemins du bonheur serein. Moi, je m’étais dit que je ne ferai pas plus de dix ans dans ce métier. Les gens étaient surpris de me voir quitter la France pour venir m’installer et investir dans mon pays. La beauté d’une femme est éphémère et il a des obligations vis-à-vis de sa descendance mais aussi de sa conscience. Il faut que les mannequins prennent cela en considération et en fassent un viatique. On peut faire n’importe quel métier et se faire respecter. Malheureusement, on copie toujours ce qui est mauvais de l’autre côté de la barrière. Il ne faut pas se laisser emporter par l’émerveillement et l’illusion du gain facile. La Sénégalaise est belle et élégante mais cela ne suffit pas si la tête n’est pas bien faite. On ne se lève pas un beau matin pour devenir mannequin.

Comment se porte le Complexe Sadiya ?
Le complexe entre dans sa vingtième année. J’y ai investi beaucoup d’argent. J’ai pensé que les défilés dans les boîtes de nuits, avec l’image que les gens se faisaient du milieu de la mode, ne collaient pas trop avec ce que je voulais transmettre comme message. C’est très difficile. Il arrive qu’on se demande pourquoi on est revenu d’Europe. Mais nous tirons fierté de voir que des jeunes que nous avons formés jouissent d’une certaine respectabilité. Il y en avait même des « cas sociaux » parce qu’on ne peut pas avoir un étudiant qui a du talent et le laisser à lui-même. Ma conscience ne me le permet pas. Il y a d’autres qui se battent pour s’en sortir. Nous sommes des entités pourvoyeuses d’emplois et nous formons des formateurs. Je pense que l’Etat doit nous appuyer dans ce sens. Mais pour cela, il faut que nous-mêmes nous organisions notre profession.

Vous avez été égérie d’Yves Saint Laurent dans votre jeunesse à une époque où l’homme noir n’avait pas encore fini d’être une curiosité sous d’autres cieux. Qu’est-ce qui vous a le plus marquée dans cette glorieuse période ?
Le niveau de professionnalisme dans ces pays m’a particulièrement impressionnée. La mode, c’est un milieu où on travaille beaucoup. Il ne faut pas se laisser bercer par l’illusion. Mon premier cachet, quand je l’ai converti, j’ai failli tomber des nues. Cependant, cela a des exigences. Pour une Africaine, il est essentiel de s’initier aux arcanes de la mode tout en préservant son identité, ses valeurs.

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

Nouvel immortel, il avait été élu le 11 avril 2012 à l’Académie des arts de l’Institut de France, dans la section membre associé étranger. Nous avions pris rendez-vous pour une interview, mon équipe de reportage du quotidien « Le soleil » et moi, à Yoff, dans la grande villa du célèbre artiste. Nous étions séduits par la simplicité de l’homme, affable, grand par la taille, mais également grand par le cœur et l’esprit. Après notre entretien, il nous a fait faire le tour de la propriété. D’un coin à l’autre de la cour, quelques sculptures défiaient le temps et les intempéries. 

La communauté internationale a porté Ousmane Sow au pinacle depuis son exposition très médiatisée au printemps 1999 à Paris sur le Pont des arts. Ce grand artiste sculpteur s’en est allé sur la pointe des pieds, il a quitté ce bas-monde le jeudi 1er décembre 2016, dans sa 81e année. Il avait été admis, avec le faste habituel, dans le cercle prestigieux des Immortels de l’Académie des arts, sous la coupole avec ceux-là mêmes dont les œuvres ne seront jamais oubliées.

Immortel, Ousmane Sow le reste aussi bien dans la mémoire des Sénégalais que des citoyens du monde. Sa carrière artistique fulgurante est révélée en 1987 au centre culturel français de Dakar où il présente sa première et célèbre série de sculptures, les « lutteurs Noubas ». Ousmane Sow a marqué l’histoire de la sculpture contemporaine par sa créativité, le choix des matériaux et la texture originale de ses sculptures figées dans un réalisme si vivant. On parlait de lui en évoquant un « Rodin africain », et lui sagement répétait, « c’est flatteur, mais moi je suis Ousmane Sow et je me sens bien ainsi… ». 

L’artiste est parti en silence dans le ciel étoilé, comme un météore qui passe … Repose en paix Ousmane Sow, nous continuerons à admirer, sans nous lasser, tes œuvres colossales inspirées de l’histoire des peuples de la terre.

Jean PIRES, critique d’art

Le directeur associé de la structure Advise, Karim Gadjigo, a conçu la première application ludo-éducative « Mia Moké » qui parle de l’Afrique. Ce programme se veut une ouverture d’esprit vers le monde et éveille les enfants à la diversité en tant que richesse culturelle et matérielle.

« Construire, pour les enfants africains, des héros plus proche de leur culture et de leur identité ! ». C’est l’idée maîtresse de la première application ludo-éducative, « Mia Moké », que Karim Gadjigo a conçu pour les jeunes africains de moins de 10 ans. « En voyant nos petits têtes crépues partir à l’école avec des cartables « Dora, l’exploratrice » « Hello Kitty » ou « Barbie » ... on est en droit de se poser la question sur la place qu’occupent les personnages africains dans l’univers imaginaire de nos enfants. La réponse est vite trouvée : aucune ! », s’exclame le directeur associé de la structure Advise. Pour lui, la raison en est simple, l’Afrique produit peu (ou pas) de contenus ludiques pour ses générations futures et laisse se poursuivre une forme de domination des modèles extérieurs, créant un vide dans ces « petits esprits » qui ont besoin, à cet âge-là, de se construire des références qui forgeront leur identité et leur donneront confiance en leur propre culture.

Au-delà même de l’enjeu culturel, explique le directeur de création, il s’agit de « leur donner foi » en leur origine et leur identité. « Ce n’est donc pas là une démarche anodine mais un projet central dans le domaine de la construction personnelle et du développement des générations futures du continent africain », estime le concepteur du programme « Mia Moké ». Il a pour objet de « proposer une jeune héroïne africaine, fière de son identité (cheveux crépus, morphotype africain), courageuse et intrépide, consciente de son époque et attachée à des valeurs nobles et fortes, essentielles à la compréhension du monde moderne par les enfants ». Son histoire, détaille K. Gadjigo, est construite sur « une base à la fois moderne et imaginaire » (le monde des Djinns) et « des thématiques abordant des problèmes cruciaux du continent (pollution, environnement, civisme, etc.) ».

Au regard du directeur de création, « ce positionnement permet de faire de ce projet un univers unique dédié à l’amusement (histoires, jeux, coloriages, chansons, etc.) mais aussi à l’éducation (pages didactiques, connaissance de l’environnement, apprentissage de la langue, etc.) ». Gadjigo analyse la force de ce projet en l’idée qu’ « une nouvelle petite héroïne africaine a toute ces chances de séduire les enfants du continent mais aussi les autres enfants du monde ».

« Mia Moké » étant un personnage moderne, elle participe également à donner à tous les enfants du monde une vision moderne des africains et plus globalement de l’Afrique et de ses problématiques, même si tout ceci est abordé de manière simple et ludique.

Les aventures de « Mia Moké », disponible sur App Store et Google play, se déroulent essentiellement dans un contexte rural : villages, brousses, mangroves, entre autres. « C’est notre volonté de défendre une vision positive de la ruralité, pourvoyeuse de richesses, d’humanité et de diversité », souligne Karim Gadjigo. Il résume ce programme en « une ouverture d’esprit vers le monde et éveille nos enfants » à la diversité comme richesse culturelle et matérielle.

E. Massiga FAYE

Initié par l’association  « Tapis vert »  en 2011, le festival  « Les vieilles pirogues » à  Saly se veut d’être un moment festif et de détente. L’événement vise également à faire de Saly une vitrine culturelle pour le Sénégal.

Au programme de ce rendez-vous culturel, il est prévu, pour l’ouverture, samedi 17décembre, l’inauguration du village des artisans avant le début des concerts en live qui seront assurés par le groupe Takeifa, l’artiste Cheikh Lô et le Ndjougoup pour un sound system reggae avec Dread  Maxim. Ce sera à la Base Héliport. Suivront le dimanche, d’autres animations telles que Tremplin jeunes talents, un concours de pétanque, un gala de lutte mais aussi des ateliers master class pour la professionnalisation du métier d’artisan.

Selon le président de l’association « Tapis vert », Iboulaz, ce festival a été créé par un groupe d’amis résidents à la station balnéaire de Saly dans le but de donner un contenu  culturel à la Petite Côte qui était en baisse de vitesse au niveau du tourisme. « A travers ce festival,  nous voulons offrir un contenu de qualité à la fois aux touristes et aux résidents de Saly, de Mbour et aux Dakarois », dit-il. Aussi, le festival « Les vieilles pirogues » s’inspirant du festival « Les vieilles charrues » en France, sera également une occasion d’« offrir une vitrine aux artistes de la Petite Côte qui sont loin de Dakar et loin des réseaux » à travers l’activité « Tremplin jeunes talents » qui se déroulera le dimanche 18 décembre

Au  total, 15 jeunes artistes en herbe ont été choisis pour montrer leurs talents d’artistes.  Le festival sera également un enjeu pour les acteurs économique et culturel de la station pour relancer leurs activités.

Maguette Guèye DIEDHIOU

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