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Arts et Culture (1742)

Chaque jour, des centaines de personnes s’attardent, silencieuses, le coeur gros et les yeux parfois humides, pour déposer un ours en peluche, un message ou un bibelot sur la tombe d’Elvis Presley dans le jardin de sa célèbre maison Graceland à Memphis. Plus de 600.000 visiteurs viennent chaque année rendre hommage à cette icône de la culture populaire, ancien sex-symbol sulfureux devenu artiste tout public. John Lennon avait affirmé qu’« avant Elvis, il n’y avait rien ». Quarante années après son décès, à l’âge de 42 ans, hommages et fleurs affluent toujours du monde entier pour décorer le Jardin de la méditation où le « King » repose. Plusieurs dizaines de milliers de personnes devaient participer mardi à la veillée aux chandelles marquant l’anniversaire de sa mort, le 16 août 1977.

(AFP)

Arnold Schwarzenegger a annoncé les tournages prochains de deux suites très attendues, « Terminator 6 » et « Legend of Conan ». Au détour d’une interview accordée à un média autrichien, l’acteur de 70 ans a confirmé sa présence dans «Terminator 6«, qui se tournera à partir du mois de mars prochain. Supervisé par James Cameron en personne, ce nouvel opus est censé remettre la franchise sur de bons rails, après l’échec critique et public rencontré par Terminator : Genisys.

Mais tout d’abord, l’ancien gouverneur de Californie devrait débuter la production de Triplets, la suite de la comédie culte Jumeaux, avec Danny DeVito et Eddie Murphy. Voilà de nombreuses années que le projet est évoqué et, après plusieurs reports, les prises de vue débuteront officiellement dès cet automne.

La légende musicale française Charles Aznavour, à 93 ans, va enfin recevoir son étoile sur la Promenade de la célébrité de Hollywood, le « Walk of Fame », a indiqué l’organisme qui les attribue dans un communiqué mercredi dans la soirée.

« La chambre de Commerce d’Hollywood est fière d’annoncer que le légendaire artiste Charles Aznavour recevra la 2.618 ème étoile sur la Promenade de la célébrité jeudi 24 août », selon ce communiqué. Elle sera située sur le célèbre Hollywood boulevard, devant un théâtre historique de Los Angeles dédié aux comédies musicales, le Pantages. « Charles Aznavour est un artiste populaire connu à travers le monde et aimé de millions de fans de toutes générations », a constaté Ana Martinez, productrice de ces cérémonies sur le « Walk of Fame ».

Celui qui a été déclaré par un sondage de Cnn et Time en 1998 le « chanteur de variété le plus important du 20ème siècle », devant des icônes comme Elvis Presley, Bob Dylan, et Frank Sinatra, a vendu plus de 180 millions de disques et écrit 1.300 chansons dans de multiples langues.

Shahnourh Varinag Aznavourian de son vrai nom, né à Paris de parents arméniens et devenu l’un des plus ardents porte-drapeaux de la diaspora arménienne, avait reçu à l’automne dernier une étoile honorifique à l’image de celle qui sera cette fois officiellement cimentée sur le « Walk of Fame » la semaine prochaine.
« Je viens à Hollywood depuis des années, j’ai beaucoup travaillé aux Etats-Unis car (...) le pays du +show-business+, c’est l’Amérique », avait-il alors déclaré à l’AFP. L’auteur et interprète de « La Bohème » ou « Mes Emmerdes » est particulièrement populaire à Los Angeles et ses environs où vit la plus grande communauté arménienne en diaspora.

AFP

La salle de cinéma et de spectacles CanalOlympia Téranga, inaugurée au mois de mai dernier, au travers de ses équipements ultra-modernes et des commodités qu’elle offre aux usagers, ouvre une nouvelle ère ; celle qui réconcilie les Dakarois avec le 7ème art.

« Cette ambiance me manquait. Elle ravive, pour les gens de ma génération, des souvenirs de la belle époque. Aller au cinéma était entré dans le quotidien des Dakarois et même des habitants de l’intérieur du pays. C’est la deuxième fois que je viens regarder un film à CanalOlympia Téranga qui offre certaines commodités. Il faut multiplier ces initiatives », s’enthousiasme un homme bien accompagné par une dame qui semble aussi apprécier les lieux pour leur confort.

Pour briser la routine, Waly, également aux côtés de son épouse, vient pour la première fois découvrir la salle de cinéma CanalOlympia même s’il n’a pas pu regarder le film au programme. Il est, en effet, venu en retard. Toutefois, il a tenu à y faire un tour pour assouvir sa curiosité. « On m’en a dit du bien et je tenais au moins à découvrir la salle », dit-il, heureux de se voir indiquer que les deux tickets déjà achetés pour regarder le film « Un président au maquis » pourront lui servir lors d’une autre programmation. Celle qui a été déroulée en plein air, pour cause d’incident technique, a permis à l’assistance de partager des émotions, de savourer une production burkinabè confirmant ainsi la diversité de l’offre.

Il a été souvent fait cas au Sénégal de l’absence de salles de cinéma malgré les productions de bonne facture des cinéastes sénégalais. La salle CanalOlympia, d’une capacité de 300 places et autonome en énergie solaire, ne comble pas seulement un manque. Elle donne de nouvelles opportunités aux cinéphiles et aux professionnels du septième art. Les gens retrouvent le chemin du cinéma. Et « ils en demandent même un peu plus », pour ainsi reprendre Khadidia Djigo, responsable de salle CanalOlympia Téranga. Elle poursuit : « Les week-ends, nous arrivons à faire salle comble surtout avec des blockbusters que nous avons en ce moment comme « Pirates des Caraïbes », « Spiderman » ou encore la « Planète des singes ». Le fait que les gens viennent témoigne de la pertinence de notre option ».

Cette initiative est, à ses yeux, profitable aux amoureux du cinéma. Elle vise à leur donner la possibilité de regarder un film à des prix abordables (1.500 FCfa le film, 1.000 FCfa pour les enfants de moins de 12 ans. Pour les avant-premières, l’entrée est fixée à 5.000 FCfa). En outre, le site où est logé la salle offre d’autres opportunités. Il est doté d’un podium et prend entre 5.000 et 7.500 personnes. Cette infrastructure vient réparer une anomalie vieille de plusieurs années indigne de l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française, terre de Sembène Ousmane, de Djibril Diop Mambety, d’Alain Gomis...

Alassane Aliou MBAYE

Le jeune producteur du film « Un président au maquis », le Burkinabé Hilaire Thiombiano, revient, ici, sur les étapes de la réalisation de cette œuvre et décline sa vision du cinéma africain.

Pouvez-vous nous toucher un mot de la genèse du film ?
C’est un film qui a été tourné en 2016 en 24 jours seulement, avec mon partenaire, le Franco-burkinabé Laurent Goussou-Deboise qui en est le scénariste et le réalisateur. Il était l’un de mes professeurs à l’Institut supérieur de l’image et du son du Burkina Faso. Nous nous sommes rendus compte que nous avions les mêmes objectifs, la même vision du cinéma ; faire des films grand public de qualité qui parlent de nos réalités. Laurent était avancé dans le scénario et nous avons commencé à travailler ensemble sur la préproduction. Face aux moyens limités, la détermination et l’adhésion des uns et des autres ont permis d’arriver à ce résultat. Un film, c’est avant tout une aventure collective. Les ressources financières ne sont pas un gage de qualité.

Quel est le message que vous voulez délivrer à travers ce film ?
Ce film part d’une série d’événements qui pousse un président à aller vers son peuple. Moi, je me demande pourquoi un chef d’Etat s’isole de son peuple. S’il ne peut plus aller vers celui-ci, écouter ses préoccupations et essayer d’y répondre, il se coupe d’un pan entier de la réalité de son pays qu’il ne voit qu’à travers le regard de ses conseillers et de ses ministres. Ce film pose plus de questions qu’il ne donne de leçons.

Comment se porte le cinéma burkinabè ?
Plutôt bien grâce surtout à la formation. La création de l’Institut supérieur de l’image et du son (Isis) d’où je suis sorti y a fortement contribué. Les icônes, comme Idrissa Ouédraogo et Gaston Kaboré, continuent de nous accompagner. Au Burkina Faso, l’industrie du cinéma prend de plus en plus forme. A l’époque, on avait des financements d’organismes internationaux. Mais, aujourd’hui, ces appuis ont considérablement diminué. Ce qui pousse les gens à réfléchir sur d’autres méthodes de financement. La production de films à moindre coût, sans toutefois compromettre la qualité, et la rentabilisation en salle sont des options sérieuses. Le cinéma ne saurait attendre des financements pour exister. Il y a des films qui sont faits avec peu de moyens et de bonne qualité. Il nous faut construire une industrie audiovisuelle ouest-africaine ancrée dans les réalités locales.

Recueillis par A. A. MBAYE

La salle de cinéma et de spectacles CanalOlympia Téranga, inaugurée au mois de mai dernier, au travers de ses équipements ultra-modernes et des commodités qu’elle offre aux usagers, ouvre une nouvelle ère ; celle qui réconcilie les Dakarois avec le 7ème art.

« Cette ambiance me manquait. Elle ravive, pour les gens de ma génération, des souvenirs de la belle époque. Aller au cinéma était entré dans le quotidien des Dakarois et même des habitants de l’intérieur du pays. C’est la deuxième fois que je viens regarder un film à CanalOlympia Téranga qui offre certaines commodités. Il faut multiplier ces initiatives », s’enthousiasme un homme bien accompagné par une dame qui semble aussi apprécier les lieux pour leur confort.

Pour briser la routine, Waly, également aux côtés de son épouse, vient pour la première fois découvrir la salle de cinéma CanalOlympia même s’il n’a pas pu regarder le film au programme. Il est, en effet, venu en retard. Toutefois, il a tenu à y faire un tour pour assouvir sa curiosité. « On m’en a dit du bien et je tenais au moins à découvrir la salle », dit-il, heureux de se voir indiquer que les deux tickets déjà achetés pour regarder le film « Un président au maquis » pourront lui servir lors d’une autre programmation. Celle qui a été déroulée en plein air, pour cause d’incident technique, a permis à l’assistance de partager des émotions, de savourer une production burkinabè confirmant ainsi la diversité de l’offre.

Il a été souvent fait cas au Sénégal de l’absence de salles de cinéma malgré les productions de bonne facture des cinéastes sénégalais. La salle CanalOlympia, d’une capacité de 300 places et autonome en énergie solaire, ne comble pas seulement un manque. Elle donne de nouvelles opportunités aux cinéphiles et aux professionnels du septième art. Les gens retrouvent le chemin du cinéma. Et « ils en demandent même un peu plus », pour ainsi reprendre Khadidia Djigo, responsable de salle CanalOlympia Téranga. Elle poursuit : « Les week-ends, nous arrivons à faire salle comble surtout avec des blockbusters que nous avons en ce moment comme « Pirates des Caraïbes », « Spiderman » ou encore la « Planète des singes ». Le fait que les gens viennent témoigne de la pertinence de notre option ».

Cette initiative est, à ses yeux, profitable aux amoureux du cinéma. Elle vise à leur donner la possibilité de regarder un film à des prix abordables (1.500 FCfa le film, 1.000 FCfa pour les enfants de moins de 12 ans. Pour les avant-premières, l’entrée est fixée à 5.000 FCfa). En outre, le site où est logé la salle offre d’autres opportunités. Il est doté d’un podium et prend entre 5.000 et 7.500 personnes. Cette infrastructure vient réparer une anomalie vieille de plusieurs années indigne de l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française, terre de Sembène Ousmane, de Djibril Diop Mambety, d’Alain Gomis...

Alassane Aliou MBAYE

Une comédie émouvante pour rire et pleurer du drame des peuples

Le film « Un président au maquis » du réalisateur Laurent Goussou-Deboise a été projeté en avant-première à CanalOlympia Téranga, mardi dernier. Cette œuvre cinématographique donne à voir, à partir d’une comédie divertissante et tendre, les rapports entre le peuple et ceux qui sont supposés répondre à ses aspirations, les gouvernants.  

Un président dans un « trou à rats » ! Et son sosie dans un étroit univers où on se doit de bien se tenir pour éviter un incident diplomatique ! Tout cela parce que son insouciante majesté veut regarder la coupe du monde de football, vautrée dans sa bergère, avec son aguichante première dame de « sa » République ! C’est mieux que d’aller s’ennuyer avec le « bienfaiteur » asiatique, le numéro un chinois ! Sa cour, constituée de larbins fieffés et galonnés, s’emploie, avec lui, à trouver la bonne formule afin de lui éviter d’être à la très solennelle cérémonie. Les roitelets sous les tropiques parviennent souvent à dégotter une solution pour entrer en jouissance de leurs écrasantes possibilités.

Un sosie est trouvé. Il devra se mettre dans la peau du président, prononcer un discours « pompeux », comme il est de coutume, enlever ses dreadlocks, et même se faire un grain de beauté. Mais, Madou, le sosie, a des impératifs. Il a laissé chez lui un enfant malade et une femme qui le réclame sans cesse, de manière impromptue sous peine de rupture. Comble d’infortune, elle le soupçonne d’être avec sa « pétasse » ! Et les incommodants clients, parce qu’il est cuisinier, perdent patience ! Les houspilleurs meurent d’envie de se délecter de son savoureux « foie sauté » !

Catastrophe ! Le téléphone du sosie sonne en plein discours du numéro un chinois. Et ça, ce n’était pas prévu par l’inconsidéré président surpris de voir Madou, à travers son écran de télévision, décrocher et communiquer avec son impérieuse dulcinée ! On frôle l’incident diplomatique. Il faut agir vite pour calmer le sosie harcelé de toute part et qui menace de rejoindre sa femme. Sa majesté devra se substituer à lui auprès de celle-ci et au maquis en attendant que la cérémonie se termine. Car, cette fois-ci, les « godillots » ne peuvent pas colmater les brèches. Il devra servir à la populace du foie sauté, enfourcher une bicyclette jusqu’au galetas, pouponner un nourrisson, oublier un peu son « gros français » ! Et pourquoi-pas, cajoler l’épouse de Madou de temps en temps !

Intrigues de cour
La conservation du pouvoir vaut tous les sacrifices ! Il ne faut pas que cette légèreté lui fasse perdre tous les privilèges auxquels il a droit. Les valets aux vicieuses intrigues de cour s’imaginent déjà dans la rue avec les sébiles de la déchéance. Le « vrai président » y arrive. Il commence même à se plaire dans cette « crasse », qui lui révèle son vrai « bilan social », et à s’éprendre de la femme de Madou. Ici, se déploient des humanités auxquelles il est sensible.

Face aux agissements du « président au maquis » jugés dégradants parce que s’étant entiché de « petites gens », l’opportuniste cour déroule une autre intrigue pour donner le pouvoir au sosie devenu « l’homme de la situation » après avoir fait bonne impression à la cérémonie. Toutefois, avertit le général d’armée, « l’apparence c’est toi, les décisions c’est nous ». Hélas, le nouveau pantin de chef d’Etat n’est guère plus heureux. Il est à l’étroit malgré les lambris dorés et les avances de la première dame. Et ça fait l’affaire ! Le président désire retrouver son fauteuil pour donner une « nouvelle orientation » à sa politique après avoir « vu » la souffrance de son peuple, des bûcheurs de l’aube et du crépuscule. Les deux sosies se retrouvent et échangent une fois de plus leurs rôles comme convenu sans que les manipulateurs du palais ne soient mis au courant. Ces derniers, repus de leur indignité, se fourvoient dans leur propre intrigue. Les masques tombent.

Cette comédie fait large place au grotesque tout en mettant à nu le drame des peuples d’Afrique suppliciés par une gouvernance peu soucieuse de leur devenir et coupée de la réalité. De la passion naissent l’euphorie et l’étourderie comme le « président au maquis » nous en donne la leçon. Les senteurs capiteuses, elles, assoupissent la noblesse de cour et neutralisent les odeurs fétides émanant de la « vermine ».

A. A. MBAYE

La dernière création de la chaine américaine Abc a réveillé le spectre du « Nègre magique », un artifice souvent utilisé dans le cinéma hollywoodien qui consiste à confier à un personnage noir pour seule mission d’aider un héros blanc.

De la voyante Oda Mae Brown (Whoopi Goldberg) dans « Ghost » (1990) au chef Gus Mancuso dans « Passengers » (2016), cette pratique a perduré au fil des ans et trouve ses racines bien ancrées dans la tradition narrative américaine. « Kevin (Probably) Saves the World » - « Kevin sauve (probablement) le monde » -, présenté dimanche à Los Angeles en avant-première à la presse par l’Association des critiques de télévision, a ravivé le débat sur le sujet.

Cette nouvelle série suit la vie de Kevin, un tocard égoïste incarné par Jason Ritter, auquel un être céleste prénommé Yvette (Kimberly Hebert Gregory) offre une chance de rédemption. Le premier est blanc, la seconde est noire. Interrogée sur la façon dont les créateurs comptaient éviter que son personnage ne devienne un « Nègre magique », celle qui a joué dans la série « Vice Principals » a répondu : « Je comprends ce concept mais le personnage n’est pas un ange, elle a des failles, elle n’est pas angélique ».

« Elle ne se comporte pas vraiment comme un ange, elle n’utilise pas un langage angélique », a-t-elle insisté. « Elle a une vraie raison d’être et cette raison d’être est plus vaste que simplement aider Kevin à faire ce qu’il doit faire ». Ces personnages noirs utilitaires, parfois carrément vêtus d’un costume immaculé d’ange et/ou dotés de pouvoirs mystiques, sont là pour distiller sagesse et conseils au héros blanc afin qu’il accomplisse sa mission.

Morgan Freeman est un récidiviste en la matière : « Robin des Bois : Prince des voleurs » (1991), « Les Evadés » (1994), « Bruce tout-puissant » (2003) et sa suite en 2007, ou encore la trilogie « Batman » de Christopher Nolan et le remake de « Ben-Hur » l’an dernier.

Sagesse spirituelle
« Avec autant de sagesse spirituelle... on peut se demander pourquoi le Nègre magique ne prend pas les choses en main pour sauver la mise lui-même. Cela n’arrivera jamais », a commenté le site Tv Tropes.

« Il est tellement initié et altruiste qu’il n’a aucun désir de gloire personnelle. Il souhaite simplement aider ceux qui ont besoin de conseils ce qui, comme par hasard, concerne ceux qui sont en général considérés par Hollywood comme étant les mieux placés pour avoir les rôles-titre », a-t-il relevé.

L’expression qualifiant ces personnages est volontairement provocatrice, utilisant le terme le plus insultant pour décrire une personne noire aux Etats-Unis. Cet artifice est considéré par ses détracteurs comme une émanation d’un racisme latent.

Dans le sillage de la campagne « Oscars so white » lancée sur les réseaux sociaux face à l’absence d’acteurs noirs dans les nominations 2015 et 2016, on pouvait légitimement penser que des rôles de héros seraient attribués à des membres des minorités ethniques, du moins plus que d’ordinaire. Mais les critiques estiment que des exemples flagrants de discrimination, comme cette sous-représentation devant et derrière la caméra, ne font que masquer une forme de racisme plus subtile et insidieuse.

L’expression « Nègre magique » a été popularisée en 2001 par le réalisateur Spike Lee, exaspéré par le fait que les patrons du secteur continuaient d’utiliser ce stéréotype. Il avait nommément jeté l’opprobre sur « La ligne verte » (1999) et « La Légende de Bagger Vance » (2000). « Les Noirs se font lyncher de tous les côtés et (Bagger Vance) est plus soucieux d’améliorer le swing au golf de Matt Damon », avait dénoncé le réalisateur de « Malcolm X » (1992), aujourd’hui âgé de 60 ans.

« Je dois m’asseoir. Ça me rend dingue rien que d’y penser. Ils continuent de faire les mêmes vieux trucs... recycler le noble sauvage et l’esclave heureux », avait-il dit.
Tara Butters, co-créatrice de la série qui doit être diffusée sur Abc à partir du 3 octobre, affirme que l’ange gardien de Kevin est davantage qu’un simple guide pour le héros blanc : « elle est sa propre héroïne ». « Et à mesure que la série se développe au fil des épisodes, l’une des choses qu’elle réalise est que, même si elle est là pour aider Kevin, Kevin finit par l’aider elle », juge-t-elle. « Ils finissent par créer ce partenariat vraiment intéressant ».

AFP

Des réalisatrices de séries télé en vue comme « American Horror Story », « The Americans » ou « Scandal » ont estimé mercredi que des quotas étaient nécessaires pour obtenir plus de diversité à Hollywood, où les femmes restent très rares derrière la caméra.

« Je ne veux jamais me dire qu’on m’embauche parce que je suis une femme, mais peut-être qu’en ce moment on a besoin de quotas », remarque Maggie Kiley lors d’une conférence de presse organisée par la chaîne Fx lors des rencontres de la Television Critics Association (Tca). « S’il faut en passer par là, alors il faut en passer par là », renchérit Rachel Goldberg, lors de cette table ronde de 7 cinéastes. D’après le dernier rapport annuel sur la diversité à Hollywood de l’université californienne Ucla, les minorités représentent 40% de la population américaine mais seulement 10% des réalisateurs. La part des femmes, qui comptent pour la moitié de la population, est également à 10%. Les réalisatrices au panel Fx relatent s’être entendues dire par les studios de télévision: « Oh il faut que vous ayiez déjà réalisé un épisode de télé, on ne peut pas être votre premier », ou « faites-en encore un » encore et encore avant de se voir donner une chance, tandis que certains homologues masculins n’avaient qu’à tourner un court-métrage.

« On n’est pas débutantes (...) on a juste besoin que quelqu’un nous donne une chance», insiste Rachel Goldberg, rendant hommage au producteur de séries à succès de Fx Ryan Murphy : « il m’a confié un épisode d’American Horror Story, ça a changé ma vie ». M. Murphy et Fx ont lancé l’an dernier le projet « Half Initiative » avec pour objectif d’embaucher au moins une moitié de réalisatrices ou de cinéastes de minorités ethniques: la chaîne affirme que le nombre de réalisatrices chez elle est passé de 12% en 2015 à 51% l’an dernier. Steph Green, qui a tourné des épisodes de « Scandal » ou « Luke Cage » - série sur un super-héro noir - entre autres, raconte qu’on lui a demandé régulièrement, avec un air dubitatif : « tu ferais des séries d’action ? ». « Oui je peux faire des films d’action, oui je travaille avec du (faux) sang ou j’ai déjà filmé des cascades », scande Maggie Kiley.

Les quotas sont « nécessaires pour que les femmes puissent obtenir un premier emploi de réalisatrice mais aussi pour changer les mentalités », pour que les gens s’habituent à voir des femmes diriger un tournage, conclut Meera Menon, qui vient de tourner un épisode de « Snowfall », sur l’épidémie de crack à Los Angeles.

(AFP)

L’Association des métiers de la musique du Sénégal (Ams) plaide pour la libération de l’artiste chanteuse Amy Collé Dieng, en garde-à-vue pour offense au chef de l’Etat et diffusion de fausses nouvelles.  
Même si l’Ams ne cautionne pas les propos de l’artiste, elle pense qu’Amy Collé Dieng doit être libérée « parce que nous pensons que l’artiste, aussi discourtoise soit-elle, est aussi une victime : victime d’abus de confiance, de diffusion de ses propos sans son autorisation préalable, victime de délation ». Aussi, explique l’Association dans un communiqué, la chanteuse doit être libérée « parce que la liberté d’expression artistique est en danger et que les problèmes sont ailleurs : conditions de travail, protection sociale des artistes, entre autres ».  

Pour Daniel Gomes et ses camarades, le président de la République, protecteur des Arts et des Lettres, est  bien placé pour comprendre qu’il est « inutile » de poursuivre tous ceux et celles qui s’appellent Amy Collé Dieng. « L’Association des métiers de la musique du Sénégal (Ams) se fait le devoir de tout mettre œuvre pour que le climat soit apaisé et que les droits des uns et des autres soient respectés de manière équitable », informent-ils.

La chanteuse Amy Collé Dieng est, depuis mardi, en détention provisoire après avoir été interpellée par la Division des affaires criminelles (Dic).  

Ibrahima BA

Une douzaine de jeunes universitaires, artistes, techniciens et producteurs sont en formation depuis quelques jours à Thiès sur les rudiments du cinéma, de la réalisation de film documentaire et de fiction.

C’est dans le cadre de la première académie du cinéma organisée par l’association « Fotti », centre d’art nomade « Younouss Diallo ». Ces artistes, techniciens et producteurs suivent depuis le début de la formation, et cela pour un an, un programme axé sur l’audiovisuel et le cinéma. « Ils sont issus de toutes les régions du Sénégal, sélectionnés sur audition avec un niveau minimum du Bac », a indiqué le président de « Fotti », Yves Preira lors d’un point de presse. Les participants, ajoute-t-il, se sont engagés à suivre, de manière régulière et assidue, toutes les résidences et les travaux intermédiaires. La première résidence ayant débuté cette semaine et ce jusqu’au 12 août au centre culturel régional de Thiès, les prochaines auront lieu dans d’autres régions du Sénégal.

Parmi les participants, Aïcha Dème, étudiante en Histoire à l’Ucad, est venue de Tambacounda d’où elle a été sélectionnée. Ell a dit tout son enthousiasme d’avoir participé à une telle formation qui leur offre, selon elle, surtout pour ceux qui viennent des régions, « une opportunité de pouvoir exprimer nos idées à travers l’audiovisuel sur la société sénégalaise en général, d’extérioriser tout ce que l’on a dans la tête et montrer aussi nos réalités locales ».

Aïcha Dème s’est déjà lancée, fait-elle noter, « dans la réalisation d’un documentaire qui retrace la société sénégalaise en prenant le cas de l’Université de Dakar surtout qui reflète toute la diversité sociétale de notre pays pour pouvoir faire un diagnostic et proposer des solutions ».

En tout cas, à travers les premiers modules qui ont été enseignés, les futurs réalisateurs ont manifesté toute leur curiosité et leur volonté de se découvrir entre eux, mais également de découvrir leurs formateurs et partenaires belges, Judith Langerôme et Vincent Smitz, tous des réalisateurs  dont les productions ont été couronnées de succès à travers le monde.

L’association « Fotti » est en partenariat avec le Centre culturel régional de Thiès et a bénéficié du soutien du Fopica et de Wallonie-Bruxelles International dans la réalisation de ce programme qui va s’étaler sur un an dans sa première phase et permettre à ces jeunes Sénégalais de s’ouvrir des opportunités d’insertion dans la vie active. Et ceci, a indiqué Yves Preira, grâce à l’accompagnement de l’association « Fotti », centre d’art nomade «Younouss Diallo», qui conduit depuis 2008 un programme de formation artistique original, innovant et pragmatique, à destination des jeunes adultes, et qui se veut adapté au contexte du Sénégal.

Le programme a débuté en 2008 avec des formations en jeu d’acteurs, jeu devant la caméra, régie technique et production. Il a reçu, dès son commencement, le soutien de partenaires locaux et internationaux. Depuis 2017 et grâce au soutien du Fopica et de Wallonie-Bruxelles International, « Fotti » a ouvert un nouveau département, l’Académie cinéma.

Mouhamadou SAGNE

La projection des 9 nouveaux courts métrages sénégalais, hier, au Grand Théâtre national, était une manière pour donner un programme cinématographique à ce temple de la culture. Pour le directeur de la Cinématographie, il s’agit d’une manière de valoriser les jeunes talents du cinéma sénégalais. « D’aucuns pensent qu’après Sembène Ousmane ou Djibril Diop Mambéty, on n’aura plus de talents de cette trempe. Je pense qu’avec ces courts métrages, qui ont été faits dans de meilleures conditions techniques cinématographiques, les jeunes ont déployé une qualité pour donner un contenu avec de beaux films qui  feront grandir notre septième art », a dit Hugues Diaz. Il a insisté sur la nécessité de faire en sorte que les populations aient accès à la production de ces jeunes cinéastes.

« Nos autorités, en commençant par le chef de l’Etat, qui croit beaucoup au cinéma sénégalais, nous ont instruit de faire en sorte que les populations puissent accéder aux productions que les jeunes cinéastes sénégalais sont en train de réaliser. Je pense qu’il faut que cette production aille vers le public sénégalais », a indiqué M. Diaz. C’est d’ailleurs pourquoi il a annoncé l’initiative de faire une projection régulière dans les lieux de diffusion publics. « Dans quelques mois, nous allons lancer le Ciné-agora avec le Centre culturel régional Blaise Senghor de Dakar pour créer des cadres de discussions et d’échanges pour les créateurs du cinéma. On veut inonder le pays d’activité cinématographique. C’est ce qui fera une cinématographie nationale forte », a relevé le directeur de la Cinématographie.

I. BA

Dans la suite de l’inteview accordée au Soleil, l’enseignant-chercheur, Ibrahima Wane, auteur de plusieurs publications sur la culture, estime que la mise en œuvre des droits voisins peut constituer une source de vitalisation de la création et de stabilisation des créateurs, des producteurs, des diffuseurs.

La création de la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav) est l’épilogue d’un combat de presque vingt ans. Le processus a été lancé en 1999 à la création de l’Association des métiers de la musique (Ams) qui a été rejoint dans ce chantier par la Coalition interprofessionnelle des éditeurs et des producteurs de phonogrammes (Cipeps) en 2005.

Cette convergence a permis, aux yeux de l’enseignant-chercheur, Ibrahima Wane, d’impliquer les autres secteurs (littérature, cinéma, théâtre, danse, arts visuels…) et de faire aboutir la lutte. L’une des premières mesures a été la création de la brigade de lutte contre la piraterie. C’était un signal important mais un dispositif insuffisant vu la faiblesse des effectifs et des moyens matériels affectés à ce service. L’étape suivante sera l’adoption de la nouvelle loi portant sur le droit d’auteur et les droits voisins en 2008. La mise en place du Conseil d’administration de la Sodav, qui était une autre paire de manches, n’interviendra que cinq ans plus tard (2013). La Sodav a eu son agrément et a pris effectivement le relais du Bsda en 2016.

Faire fonctionner cette machine, ces mécanismes, reste, cependant, un grand défi, à l’en croire. « Faire appliquer, respecter les droits d’auteur dans nos pays, est déjà une gageure. Mettre en œuvre les droits voisins, c’est donc autre chose. Mais c’est bien possible, et c’est une précieuse source de vitalisation de la création et de stabilisation des créateurs, des producteurs, des diffuseurs. L’application de la disposition sur la copie privée, par exemple, est une opportunité énorme pour le secteur de la culture », estime-t-il tout en insistant sur deux préalables. Cela suppose un minimum de consensus et de résolution au niveau des acteurs culturels, d’une part, et l’accompagnement franc et conséquent de l’Etat, d’autre part.

La partition de l’Etat est, à son avis, indispensable dans cette phase de transition. L’aménagement d’un environnement sain qui permet aux professionnels de travailler et de vivre dignement en bénéficiant de rémunérations correctes et d’une protection sociale adaptée est aussi à l’avantage des pouvoirs publics. Car, cette situation mettra, en retour, les artistes dans l’obligation de s’acquitter des impôts et autres charges imputables au citoyen normal.

Sur ces aspects, beaucoup de réflexions, soutient-il, ont été déjà menées. Le colloque national sur « Culture et économie » organisé en 1996, la première Lettre de politique du développement du secteur de la culture élaboré en 1999, le séminaire sur le thème « Quelle fiscalité pour le secteur de la culture ? » tenu en 2001, entre autres initiatives, dont les conclusions dorment dans les tiroirs, offrent beaucoup de pistes à approfondir pour avancer selon lui.

Défaut de mémoire
Ibrahima Wane pense que les ruptures, le changement, toutes ces évolutions qui sont à envisager doivent s’appuyer sur une connaissance réelle de l’état des lieux, un inventaire exhaustif des réalisations, des esquisses et des projections. La question de la continuité de l’Etat, qui s’est posée de façon aiguë, avec l’instabilité ayant caractérisé le ministère de la Culture au cours des quinze dernières années, est, dans ce sens, porteuse d’enjeux tout comme le défaut de mémoire figure parmi les difficultés à résoudre.

En ce qui a trait au changement de statut de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano qui devient un établissement public à caractère industriel et commercial avec l’abrogation de la loi de 1966, le chercheur estime que ce symbole national avait besoin d’être revisité cinquante ans après sa création. Celle-ci était intervenue dans un contexte tout à fait différent avec des enjeux qui ont évolué. « Son management doit tenir compte de sa vocation plurielle. Les mutations doivent aussi concerner la production. A quels besoins doivent aujourd’hui répondre les productions des éléments du Théâtre national Daniel Sorano et de l’Orchestre national du Sénégal, d’ailleurs ? Il me semble qu’il nous sera de plus en plus difficile de nous dérober à cette question », dit-il non sans indiquer que la révision ou la définition des statuts doit s’étendre aux autres structures comme le Monument de la Renaissance africaine, la Place du Souvenir, la Maison de la culture Douta Seck…

Alassane Aliou MBAYE

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En partenariat avec le Grand Théâtre national, la Direction de la cinématographie a présenté, hier, au public sénégalais, la sortie nationale de 9 films courts métrages. Cette projection, qui a duré plus de trois tours d’horloge, s’inscrit dans le cadre de la promotion des productions audiovisuelles nationales.

Ndèye Fall est une jeune femme vivant dans le tonitruant quartier Guinaw Rail, en  pleine banlieue dakaroise. Mariée et mère deux petits enfants en âge d’aller à l’école, elle se bat au quotidien pour la survie de sa progéniture. Pour joindre les deux bouts, la dame Fall s’adonne à la vente en détail du charbon de bois. Par manque de moyens, elle a très tôt abandonné l’école pour le foyer. Toutefois, son choix de trouver un homme pour alléger sa souffrance n’a été qu’une chimère. Ce  court-métrage « J’existe » d’El Hadji Demba Dia fait partie des huit autres projetés, hier, au Grand Théâtre national. A l’initiative de la Direction de la cinématographie, à travers le Fonds de promotion de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel, cette soirée dédiée aux courts métrages a été une occasion de montrer au public sénégalais 9 productions dont quatre ont bénéficié de l’appui du Fopica. Ces films ont pour titres : « Une place dans l’avion » de Khadiatou Sow, « Xalé bu rerr » de Abdou Khadir Ndiaye, « Djibril » de Liman Seck et la « Boxeuse » d’Iman Djionne.

Cette soirée de projection a été agrémentée par la projection de cinq autres productions indépendantes, en l’occurrence « Ramatou » de Mortalla Ndione, « J’existe » d’El hadji Demba Dia, « Samedi Cinéma » de Mamadou Dia, « Dem Dem » de Pape Bouname Lopy, Christophe Rolin et Marc Recchia, « La Promesse » de Fatou Touré Ndiaye.

Le directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication s’est félicité de cette « belle initiative » visant à promouvoir la production nationale. Pour Rémi Sagna, « tous ces réalisateurs s’inscrivent dans la dynamique du renouveau du cinéma sénégalais ».

Il a tenu à rassurer que tous les cinéastes trouveront l’appui nécessaire pour produire des œuvres de qualité. Selon lui, le département de la Culture et de la Communication continuera également à appuyer la formation professionnelle des acteurs.

Ibrahima BA

HUGUES DIAZ, DIRECTEUR DE LA CINEMATOGRAPHIE : « MONTRER LA PRODUCTION DES JEUNES CINÉASTES AU PUBLIC... »
Hugues Diaz SoranoLa projection des 9 nouveaux courts métrages sénégalais, hier, au Grand Théâtre national, était une manière pour donner un programme cinématographique à ce temple de la culture.

Pour le directeur de la Cinématographie, il s’agit d’une manière de valoriser les jeunes talents du cinéma sénégalais. « D’aucuns pensent qu’après Sembène Ousmane ou Djibril Diop Mambéty, on n’aura plus de talents de cette trempe. Je pense qu’avec ces courts métrages, qui ont été faits dans de meilleures conditions techniques cinématographiques, les jeunes ont déployé une qualité pour donner un contenu avec de beaux films qui  feront grandir notre septième art », a dit Hugues Diaz. Il a insisté sur la nécessité de faire en sorte que les populations aient accès à la production de ces jeunes cinéastes.

« Nos autorités, en commençant par le chef de l’Etat, qui croit beaucoup au cinéma sénégalais, nous ont instruit de faire en sorte que les populations puissent accéder aux productions que les jeunes cinéastes sénégalais sont en train de réaliser. Je pense qu’il faut que cette production aille vers le public sénégalais », a indiqué M. Diaz. C’est d’ailleurs pourquoi il a annoncé l’initiative de faire une projection régulière dans les lieux de diffusion publics. « Dans quelques mois, nous allons lancer le Ciné-agora avec le Centre culturel régional Blaise Senghor de Dakar pour créer des cadres de discussions et d’échanges pour les créateurs du cinéma. On veut inonder le pays d’activité cinématographique. C’est ce qui fera une cinématographie nationale forte », a relevé le directeur de la Cinématographie.

I. BA

Après 35 années d’expérience dans les médias publics et privés, nationaux et internationaux dont 25 à des postes de direction et de leadership, Mactar Silla et son co-équipier directeur général, Ousmane Cissé, auditeur, expert fiscal, et leur équipe de professionnels africains de divers profils lancent « Label Radio Tv », le lundi 14 août, au Gabon.

Un groupe multidimensionnel aux ambitions panafricaines et internationales, « Label Radio et Tv»  sera inauguré,  le lundi 14 août, par le président gabonais Ali Bongo Ondimba, informe un communiqué parvenu à notre rédaction. Le pari était pris en 2013 pour un projet qui s’est développé depuis cinq ans. Les installations de dernière génération constituent une innovation technologique majeure en Afrique.

Les entités du Groupe sont configurées pour diffuser 4 chaînes de télévision, deux chaînes de radio et de la Tnt modulaire et le tout entièrement numérisées. Le projet entend se positionner comme une « Vitrine de l’Afrique émergente avec un ancrage au cœur du continent et une ouverture aux diverses aires géographiques et culturelles, notamment en direction des diasporas », relève le texte.

Fonctionnant tant en français qu’en anglais « Label Radio et Label Tv » évoquent à la fois l’esthétique et la vision d’une Afrique positive dont l’image et la marque sont à promouvoir. Le slogan est tout simplement : « L’image du continent, branding the continent ». Les promoteurs disent espérer que ce projet né et enraciné au Gabon et ouvert à d’autres aires continentales saura trouver sa bonne place en Afrique et dans le monde.

Oumar BA

Le long métrage français « Jeune Femme » de Léonor Serraille ouvrira la 32ème édition du Festival international du film francophone de Namur (Fiff). Prévu du 29 septembre au 6 octobre prochain au cœur de la capitale wallonne, le Fiff présentera une centaine de films issus des pays de la Francophonie.

Le Festival international du film francophone de Namur (Fiff) se tiendra, du 29 septembre au 6 octobre prochain, dans la capitale wallone. Cette 32ème édition va s’ouvrir par le long métrage français « Jeune Femme » de Léonor Serraille. Présenté en sélection officielle dans la section « Un Certain Regard », cette année à Cannes, le film y a remporté la très convoitée « Caméra d’Or » qui récompense le meilleur premier film du festival, toutes sections confondues. « Interprété par l’éblouissante Laetitia Dosch, entourée de Grégoire Monsaingeon, Souleymane Sèye Ndiaye, Léonie Simaga, Nathalie Richard et Erika Sainte, le film  « Jeune Femme » raconte l’histoire de Paula : Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, Paula est de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à  prendre un nouveau départ…», informe un communiqué.

Le Fiff propose, chaque année, une centaine de films issus des quatre coins de la Francophonie comptant à travers le monde. « Réunissant des territoires aussi variés que la France, le Québec, la Roumanie, le Liban, le Maroc, le Sénégal, le Cambodge, Haïti ou la Belgique pour n’en citer que quelques-uns, la Francophonie compte plus de 900 millions d’hommes et de femmes ayant en partage la langue française et les valeurs universelles », rappelle la même source.

Le Festival de Namur s’adresse à la fois au public, grâce à la formule attractive du Fiff pass, et à la fois aux professionnels, par le biais de nombreuses rencontres et ateliers. Il est devenu, au fil des ans, « le rendez-vous incontournable du cinéma de l’espace francophone », en accueillant des centaines de professionnels du 7ème art. « C’est à Namur qu’ont été initiés nombre de coproductions et films ensuite primés dans le monde entier », précise le document. Il ajoute qu’après le cinéaste Gérard Corbiau et le comédien Olivier Gourmet, c’est le comédien belge Fabrizio Rongione qui assure, depuis deux ans, la présidence d’honneur du Fiff.

Ibrahima BA

Porteuse de projets créatifs et multisectoriels, avec également une composante de sensibilisation et de plaidoyer, la première édition de « Teranga Jam Fest » se tiendra du 16 au 19 novembre, à Dakar. Il est prévu, durant cet évènement, une table ronde, des conférences, panels, résidence de création, du spectacle et de la musique. L’initiative de promotion culturelle « Teranga Jam » sera également lancée.
Selon un communiqué de presse, elle s’inspire sur les « principes de la diplomatie culturelle pour porter, développer ou appuyer des projets artistiques et créatifs ».

Initiée par Grande Ourse (SnConstellation), une organisation privée sénégalaise de communication et production événementielle spécialisée notamment dans la culture et les arts, « Teranga Jam » est un produit culturel et créatif construit autour de la musique et des arts vivants et surtout à la croisée de différents secteurs d’activités.

A cette occasion, il sera également présenté « Les  Muses de la Teranga », une série de vidéos-échanges avec des personnalités de la scène culturelle et créative dakaroise, qui partagent leur vision sous le prisme de leurs arts et de leurs sensibilités créatives. Selon les organisateurs, dans cette première partie, Soly Cissé (pour la Peinture), Gacirah Diagne (pour la Danse) et Stephan Senghor (pour les Arts environnementaux) vont livrer leurs impressions durant la première édition de « Teranga Jam Fest ».

O. DIOUF

Les tribulations d’un groupe musical composé d’un curé, d’un rabbin et d’un imam: après l’esclavage et la Françafrique, c’est à la cohabitation entre religions que le réalisateur et humoriste Fabrice Eboué s’est attaqué dans son dernier film « Coexister », présenté en avant-première à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques).

Pour ses précédents long-métrages, Fabrice Eboué s’était associé à d’autres réalisateurs, son complice humoriste Thomas Ngijol et Lionel Steketee pour « Case Départ » (2010), puis de nouveau Steketee en 2014 pour « Le Crocodile du Botswanga ». Mais c’est seul qu’il a décidé de tourner sa nouvelle comédie, dont la sortie officielle est prévue le 11 octobre.

« C’est important de se challenger, je pense avoir progressé au niveau de l’image. La seule façon de s’émanciper, d’être soi dans un film, c’est d’être seul », a expliqué le réalisateur jeudi soir à l’issue de la première projection publique.

Le film narre l’histoire d’un producteur de musique à la dérive, qui cherche à renouer avec le succès commercial en montant un groupe de chanteurs constitué d’un rabbin, d’un imam et d’un curé. Une comédie avec un « fond philosophique », précise Fabrice Éboué, librement inspirée de l’histoire des « Prêtres », trois religieux français qui avaient connu le succès entre 2010 et 2014 avec plusieurs disques.

« Je pense que c’est important en France de conserver des comédies qui ont aussi un discours, qui, en tout cas, peuvent apporter un débat », dit-il.

Pas à 100% dans les deux
Avec ce sujet de la cohabitation des trois grandes religions monothéistes en France, Fabrice Éboué sait qu’il s’expose à des critiques. « On est toujours en train de parler de l’humour des années 1980, des Desproges et compagnie. Moi, je dis qu’il faut oser. Ce film sera apprécié ou pas, mais je l’ai fait dans le respect de la foi de chacun », a-t-il assuré à Saint-Jean-de-Luz.

Dans « Coexister », Fabrice Eboué, qui joue lui-même le rôle du producteur, donne la réplique à Ramzy Bedia (l’imam), Guillaume de Tonquédec (le curé), Jonathan Cohen (le rabbin), Audrey Lamy, Mathilde Seigner ou encore Amelle Chahbi, sa compagne dans la vie comme dans son film.

« C’est très éprouvant de tourner un film et d’y jouer en même temps. On sacrifie forcément sa partition d’acteur au profit de la réalisation. Je pense qu’on ne peut pas être à 100% dans les deux. Je tournerais avec grand plaisir un film dans lequel je ne jouerais pas », a souligné l’artiste.

Après la tournée promotionnelle à travers la France qui démarrera 21 août, puis la sortie en salles du film, Fabrice Éboué reviendra à la scène et partira en tournée dès le 14 novembre avec son nouveau spectacle. Quant à la réalisation, il « attend d’abord de voir ce que pensera le public du film, de savoir s’il a plu ». « Et à partir de là, on verra si je refais un film », a-t-il confié.

Fabrice Éboué est né en 1977 à Maisons-Alfort. Il s’est fait connaître par ses prestations d’humoriste, notamment au micro d’Europe 1 de 2008 à 2014, et par ses passages dans le Jamel Comedy Club, scène comique parisienne dont il a inauguré les débuts, dès 2008, avec Thomas Ngijol notamment.

(AFP)

Johnny Hallyday a annoncé dimanche qu’il ferait l’an prochain une tournée « rock et blues », alors qu’il lutte depuis plusieurs mois contre un cancer. « Bientôt 2018 tournée rock and blues », a indiqué la légende du rock français sur son compte Twitter, quelques semaines seulement après la fin des concerts des « Vieilles canailles » aux côtés d’Eddy Mitchell et Jacques Dutronc, agrémentant son court message d’une photo prise lors d’un de ses concerts.« Nous serons là », lui ont déjà répondu de nombreux fans, réjouis par cette nouvelle. En mars, le chanteur de 74 ans, qui vit à Los Angeles, avait annoncé qu’il se soignait pour un cancer dépisté plusieurs mois plus tôt, tout en précisant alors qu’il ne mettait pas ses jours en danger.

Durant trois jours consacrés à la création dans l’enceinte du Musée Théodore Monod, plusieurs artistes ont réalisé chacun, au moins une œuvre. Les résultats ont fait l’objet d’une présentation au public, dimanche. Cette initiative dénommée « Jonction » a également constitué un moment d’échange d’expériences.

La rencontre « Jonction », organisée dans un esprit de partage entre artistes issus de différentes générations, a été des moments de retrouvailles  pour permettre à une communauté de faire entendre son plaidoyer. « Jonction » est présentée sous la forme d’un workshop ouvert à tout artiste visuel qui en accepte l’esprit. Chaque artiste est ainsi invité à consacrer trois jours de création au musée Théodore Monod d’art africain de l’Ifan.  L’événement se révèle comme un pont entre différentes générations d’artistes, un lien entre patrimoine et création, entre culture et économie, une relation dynamique entre artistes établis au Sénégal et ceux de la diaspora.

Selon El Hadji Malick Ndiaye, conservateur du Musée Théodore Monod d’art africain de l’Ifan/Cheikh Anta Diop, « c’est également une occasion pour les artistes d’échanger avec leur public. Aussi, est-il question de réunir la communauté artistique en vue de se retrouver, d’échanger et de créer sans oublier de valoriser les acquis. Un comité de pilotage a, à cet effet, été mis sur pied », informe t-il. L’initiative se présente comme une union de prières pour ceux qui sont partis en nous laissant un héritage inestimable que chacun doit avoir la responsabilité de sauvegarder, de valoriser et de transmettre. « Depuis ces dernières années, nous avons constaté que beaucoup d’artistes tendent à se faire rares. Il s’agit de grands de l’art plastique et de la création. Nous avons peu d’occasions de rencontres. Cette initiative constituera un véritable terrain de retrouvailles », ajoute Hadji Malick Ndiaye.

Ousseynou Wade, ancien secrétaire général de la Biennale des Arts de Dakar et ancien directeur des Arts, relève que « le concept part du constat que les artistes sénégalais n’ont que peu d’occasions pour se retrouver. Il s’agit, dès lors, de se rencontrer pour échanger et développer plus d’opportunités », relève-t-il. Le secteur de l’art est très dynamique mais les individualités sont souvent dispersées. « Plusieurs artistes se sont retrouvés à cette rencontre.  Ils sont volontairement venus avec beaucoup de détermination », se félicite  M. Wade.

Oumar BA

Atoumane Ndiaye, docteur-pharmacien diplômé de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, raconte, dans un roman, les vicissitudes de l’existence d’une âme qui, à la fois, sème des graines dans les sillons d’espoirs et se désarme par insouciance. Cette œuvre littéraire, intitulée « Kalidou, les tribulations d’un jeune Foutanké », déroule une vie remplie de succès qui prend une tournure dramatique à cause du Sida. La sagesse y croit également. La cérémonie de dédicaces et de présentation a eu lieu, samedi dernier, à la librairie L’Harmattan.

Voici la trame d’une histoire à la fois merveilleuse, du point de vue de la « réalisation » sociale, et lugubre en ce qu’elle finit en drame : « On paie toujours pour les fautes que l’on a commises. On ne récolte que ce que l’on a semé. Qu’ils avaient raison les médecins du côté de Luanda : on ne guérit pas du Sida ! En définitive, je ne dois en vouloir qu’à moi-même ».

Ainsi, pensait Kalidou à partir de son lit d’hôpital de la Clinique des Maladies infectieuses du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Fann. Son médecin venait de lui communiquer les résultats des examens biologiques qu’il avait demandés. Sa séropositivité était confirmée… Il se savait condamner. Il avait perdu beaucoup de poids. Il avait fondu, pour être plus exact. Il ne parvenait plus que difficilement à s’alimenter. Il passait ainsi tout son temps à ressasser le film de sa vie. Ses souvenirs, depuis sa tendre enfance, dans son Fouta natal, étaient restés vivaces dans son esprit. Son histoire, il se l’était passée mille et une fois dans sa tête. Elle revenait encore et toujours telle une ritournelle ».

Les jouissances de la vie génèrent de l’euphorie et ouvrent des brèches difficiles, quelquefois impossibles, à colmater. Kalidou, personnage principal du roman, en a fait l’affligeante expérience. Il quitte son Fouta natal et sa vie « normale » de villageois pour poursuivre ses rêves dans l’inconnu, le fourre-tout, Dakar. Il se plaît à la vie citadine et se meut dans le tumulte des nuits de la capitale sénégalaise et « mène une vie intime assez débridée marquée par des rencontres de fortune, des relations plus ou moins durables, des mariages… ». Il s’en est suivi des séjours en Côte d’Ivoire, au Cameroun et en Angola. Dans ce dernier pays, l’« ex-broussard » trouve fortune dans le diamant. Son retour au bercail est un déploiement de faste. Il en profite pour prendre une seconde épouse.

Ivresse et morosité
Retourné à Luanda, en Angola, le viveur itinérant voit ses affaires prospérer davantage mais il ne se doute pas encore qu’un funeste sort l’anéantirait, lui dessinerait un nouvel univers de « raison » et l’inviterait à une profonde introspection. Sa concubine de l’autre côté de l’Afrique australe, comme il a dû en avoir beaucoup dans sa longue marche vers le succès et l’infortune à la fin, est atteinte du Sida ; il en devient également porteur. Les souvenirs l’assaillent. De son lit d’hôpital, arrivé au bout de ses tribulations, le jeune « Foutanké » grandit en sagesse.

Ce récit d’Atoumane Ndiaye déploie des humanités dans des sphères d’ivresse et de morosité, d’espoirs et de remords, d’insouciance et de regard intérieur. C’est que l’auteur, lui-même, de l’avis de l’assistance, est profondément ancré dans des valeurs d’humanité. Il est une âme généreuse. A travers ces tribulations habilement contées, il crie son impuissance face à un drame de nos temps qui décime le monde, les siens.

Son ancien professeur de Français au Lycée Seydina Limamoulaye, Makébé Sarr, qu’il a eu le plaisir de retrouver il y a trois ans, dit du style d’écriture qu’il est dépouillé et renseigne discrètement, de par la description de la maladie, sur la profession de pharmacien de l’auteur. L’inspecteur de l’Enseignement et écrivain, Mody Niang, porte également un témoignage éloquent sur ce roman « bien écrit et logeant des idées pertinentes ».

Alassane Aliou MBAYE

Un album avec 20 titres. C’est ce que propose le groupe Reenfly originaire de Keur Massar, avec la sortie nationale et internationale de son nouvel album « Respekt ». En conférence de presse, le samedi 5 août 2017, au centre culturel Blaise Senghor, les rappeurs Bril-g et Ethiou Brown sont revenus sur les différents thèmes qui sont développés dans chaque titre. Ils ont surtout mis l’accent sur le social et l’enfance.

Le groupe Reenfly revient sur scène avec un nouvel album. Après son dernier « New Blood » en 2013, le groupe revient sur le marché avec de nouveaux titres. Il a rendu public, le 5 août 2017, son nouvel opus international « Respekt ». Ce groupe de rap issu de Keur Massar, dans la banlieue de Dakar, propose aux mélomanes 20 titres. Pour sortir ces 20 titres, il a fallu à Ethiou Brown, Bril-G et Billy Aw des années de travail, des nuits blanches pour proposer un produit de qualité. L’album est désormais disponible sur le marché national comme international.

Lors d’une conférence de presse tenue samedi dernier, au centre culturel Blaise Senghor, Ethiou Brown, Bril-G accompagnés de leur manager Stan ont procédé, d’abord, à une mini-séance d’écoute de l’album pour revenir sur l’ensemble des thèmes développés dans cet album dont la production a été assurée par Rukku records music en collaboration avec Dub Sack Records, un label basé aux Etats.

Dans cet album, Ethiou brown et Bril-G parlent de leur parcours (Survivor), de l’amitié et de l’amour (Kharit), des enfants de la rue (Xalé). Avec le titre « Mandou », Reenfly invite les Sénégalais au travail. Le constat fait par Ethiou Brown est que les gens passent leur temps à parler. Ce conseil, dit-il, concerne les rappeurs, les politiciens, les ouvriers et toutes les couches de la société si on veut faire du Sénégal un pays développé.

Dans ce nouvel opus, les rappeurs touchent à plusieurs genres musicaux. Parfois, c’est du rap, parfois ils se lancent dans le reggae. Mais Bril-G souligne que cela peut se comprendre parce que Reenfly est polyvalent et peut partager son savoir-faire à travers plusieurs genres musicaux.

Avec cet album de 20 titres, Reenfly vient enrichir son répertoire musical déjà riche de plusieurs titres. D’après leur manager Stan, Reenfly a innové en 2013 en mettant sur le marché une vidéo (Lou May Weur)  et un tube du même nom qui sont extraits de l’album « New Blood ». A côté, ajoute-t-il, le groupe fait des « street-vidéos » pour une bonne promotion de ses albums. Pour les projets du groupe, le manager informe que Reenfly a initié un projet dénommé « Collabo ». Ce dernier, dit-il, consiste à faire, chaque mois, des «featurings» avec des artistes connus sur la scène musicale sénégalaise.

Si Reenfly veut développer un tel projet, c’est pour apporter une innovation majeure dans le paysage de rap sénégalais marqué par des « claches souvent inutiles » entre les rappeurs. Déjà, Reenfly a, à son actif, 5 collaborations avec des groupes tels que Seven Shots dans le tube « Og Rap », avec Hightons dans « Rap Ngay Guiss » ou avec A2Z dans « In the air ».

Aliou Ngamby NDIAYE

En partenariat avec le Grand Théâtre national, la Maison de la culture Douta Seck organise, du 15 au 26 août prochain, l’édition 2017 de son centre aéré. Cette année, plus de 500 enfants sont attendus à cette activité de vacances dont l’objectif est de répondre aux attentes des petits en termes de culture et de loisirs.

Initié depuis 2001, le Centre aéré de la Maison de culture Douta Seck se tient, cette année, en partenariat avec le Grand Théâtre national.

Plus de 500 enfants âgés entre 5 et 17 ans  participeront à cette activité de vacances dont l’objectif est de faire en sorte de répondre aux attentes des potaches en matière de culture et des loisirs. En s’affirmant au fil des éditions comme un espace d’expression artistique, d’échanges et de rencontres, le Centre aéré est devenu un « rendez-vous incontournable ».

Pour la directrice de la Maison de la culture Douta Seck, Mame Fanta Kane Gassama, « cette année, on veut aller vers la relance du Centre aéré grand format ».  D’ailleurs, c’est pourquoi la « grande innovation de cette 17ème année réside dans le fait que le Centre aéré se décline sous la forme d’une coproduction entre la Maison de la culture Douta Seck et le Grand Théâtre national ».

Ce partenariat permettra d’assurer une réussite à l’événement en mutualisant leur effort. Des ateliers d’expressions en peinture, poterie, bricolage, bandes dessinées, théâtre, percussions, culture urbaine, contes, écritures…seront au menu.

A cela s’ajoutent les sorties pédagogiques et des soirées du patrimoine. « Il s’agira de replonger les enfants dans certains éléments de notre patrimoine culturel à l’image du «Kassak» pour leur permettre de découvrir ce mode traditionnel véhiculant nos valeurs »,  souligne Mme Gassama.

L’édition 2017 du Centre aéré est placée sous le haut parrainage du ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye. Elle porte sur le thème : « 2017, année de la Culture : contribution des enfants ». A travers cette thématique, les enfants chercheront à reprendre les temps forts de cette célébration lors de leurs travaux d’atelier. Cela, par exemple, en articulant leurs performances « autour d’une célébration des lauréats du cinéma et de l’audiovisuel ou d’un hommage à rendre aux artistes disparus tels que Issa Samb dit Joe Ouakam, Ndiouga Dieng ainsi que tout événement culturel d’envergure survenu cette année. »

Pour rendre hommage au parrain, en l’occurrence le ministre de la Culture, les enfants envisagent de passer une journée à Ngayokhème, village de Mbagnick Ndiaye. Une excursion est prévue également à la présidence de la République pour éventuellement rencontrer le chef de l’Etat.

Ibrahima BA

Pour mieux vulgariser la culture sérère saafi, l’association « Safen Be » a organisé, samedi, un panel et un défilé de mode aux couleurs de leur marque « Puloh Kur Saafi » (venant du pays saafi). Lors du panel, le chercheur anthropologue, Aliou Dionne, est revenu sur les particularités des Saafis.

Pour la conservation de leur culture et de leur langue, les membres de l’association « Safen Be » ont exposé, samedi dernier, à la Maison Douta Seck de Dakar, la richesse du patrimoine saafi. Un défilé de mode mettant en valeur la culture de ce sous-groupe sérère a permis aux membres de l’association de faire connaître leur ligne de vêtement, « Puloh Keur Sa » ou « fabriqué en pays saafi ». Selon le responsable de l’association, Ibrahima Dramé Diouf, « le mot «Safen Be» illustre leur détermination à faire connaître la langue saafi ».

Dans ce sens, la ligne de vêtement « Puloh Kur Saafi », dont les tee-shirts sont les premiers articles disponibles, a pour ambition de montrer leur origine, leur appartenance et aussi de vulgariser les cultures de partage et de solidarité avec les autres ethnies du pays.

Auparavant, le chercheur en anthropologie Aliou Dionne, lors du panel, est revenu sur les origines du Saafi. Le chercheur à l’Ifan indique que les Saafis, comme l’ensemble des Sérères, sont venus d’Egypte, de l’Ethiopie, du Soudan et dans leur migration, ils sont arrivés au nord du fleuve Sénégal avant d’arriver au sud, dans la zone de Diass. Dans son exposé, il rappelle que « Saafi désigne le peuple, le terroir est appelé Safene, la langue est Safi-Safi ».  

Codification unique des sous-groupes
« Si on fait l’analyse de la langue saafi et de la langue des Sérères du Sine, il y a une très grande différence ; on trouvera quelques mots que nous partageons, mais l’essentiel est différent. Les activités culturelles se ressemblent aussi souvent. Par exemple, il y a ce que l’on appelle le rituel du Mbayiid qui est une fête de résistance animée par le rythme des mortiers, parce que les Saafis ignorent les castes et animaient leurs activités culturelles avec le battement des mortiers et non les tambours », laisse entendre le spécialiste.

Revenant sur les liens entre les Saafis et les autres groupes sérères de la zone, il indique que Saafi englobe les 5 sous-groupes appelés « Janguines » que Léopold Sédar Senghor avait instauré pour essayer « de nous établir l’alphabet pour nous donner cette qualification au niveau international pour pouvoir distinguer les 5 sous-groupes de Thiès constitués des Saafis, des Nones, des Likhar, des Siliis et des Ndouts ». Compte tenu des ressemblances linguistiques, M. Dionne tranche qu’il n’y a que trois composantes de l’ethnie sérère, notamment le Sérère Sine, le Sérère du Baol et du Diégueme qui se comprennent ; le Saafi, le None et le Likhar qui se comprennent et enfin le groupe du Ndout et du Sili qui se comprennent aussi.

Le chercheur en anthropologie culturelle, Aliou Dionne, pense ainsi que ces différentes composantes sérères ont été divisées par les colons qui ont voulu mieux régner en les qualifiant en fonction des zones géographiques. Il salue, cependant, les codifications des différentes langues même s’il pense qu’il fallait faire une codification unique des sous-groupes qui se comprennent.

« On travaille sur l’alphabétisation et la codification. Le président Wade nous a permis de codifier la langue saafi en 2004, le Sérère None est également codifié, de même que le Ndout, le Palor et le Likhar. Il fallait avoir la même codification pour le None, le Likhar et le Saafi qui ont le même alphabet, de même que le Ndout et le Sili, mais on a commis l’erreur de codifier ces langues séparément », explique l’anthropologue.

En outre, Aliou Dionne pense que c’est un grand combat qu’il faut mener pour la revalorisation de la culture saafi qui est menacée par la culture arabo-islamique et la modernité.

Oumar KANDE

L’enseignant-chercheur Ibrahima Wane, maître de conférences de Littérature africaine orale à l’Ucad, fait partie des rares universitaires sénégalais qui se sont intéressés, de manière approfondie et continue, au secteur de la musique et à son évolution dans plusieurs de ses aspects. Il nous entretient, ici, de l’état de la musique sénégalaise, de « l’industrie » musicale, de sa prise en charge dans les politiques culturelles, de ses possibilités dans le marché international et de ses formes dites sacrées.  

Comment se porte le secteur de la musique au Sénégal ?
L’état de la musique varie d’un compartiment à un autre. Au niveau de la consommation, l’on pourrait, en exagérant un peu, dire que la musique vient juste après les « denrées de première nécessité ». Elle garde intacte sa place dans la vie sociale où elle joue de multiples fonctions.

Concernant la création, on est dans une période de transition. La génération qui a incarné l’élite musicale sénégalaise pendant trente ans (Oumar Pène, Ismaël Lô, Thione Seck, Baaba Maal, Youssou Ndour…), bien qu’étant encore active, est en train de céder le devant de la scène à une autre. Ce passage de témoin est aussi en cours dans le mouvement hip hop.
Le sous-secteur de la diffusion et de la distribution est sous le coup d’une crise aiguë depuis plusieurs années. Il est gangrené, depuis l’avènement de la cassette dans nos pays à la fin des années 1970, par la piraterie qui s’est amplifiée avec le passage au Cd (encore plus facile à copier à l’échelle industrielle) et s’aggrave avec l’évolution constante du numérique. Ecouler quelques centaines de copies est un record aujourd’hui, même pour les artistes les plus populaires. Cette situation a tué le secteur de la production classique. La publication d’album est une entreprise coûteuse et vaine au plan commercial. La parade qu’ont trouvée depuis lors les chanteurs est de lancer des singles qui leur permettent d’exister au plan médiatique et de se positionner sur le marché du spectacle… La distribution en ligne est devenue la seule voie pour qui veut vendre. Et celle-ci a des exigences en termes de qualité et d’identification du produit. Il y a des normes ; il faut se conformer à certains standards pour prétendre à une monétisation et à une rémunération conséquente du produit. Le sillon ouvert par la plateforme de téléchargement « Musik Bi » est, de mon point de vue, à suivre.

Peut-on parler, au Sénégal, d’industrie musicale ?
S’il existe une industrie musicale au Sénégal, le moins qu’on puisse dire est qu’elle est mal en point. Les entreprises phares qui étaient la locomotive de cette industrie ont périclité une à une : Xippi, Jololi et Origines Sa. Les structures de production et de distribution nées à Sandaga, qu’on avait qualifiées dans les années 1990 de poumon de l’industrie musicale, ont baissé leurs rideaux depuis très longtemps. Il y a quelques années, même les jeunes artistes, qui commençaient à se stabiliser financièrement, investissaient automatiquement dans une société de production, ouvraient un studio, etc. Aujourd’hui, faire ce type d’opération est presque impensable.

Le cœur de l’industrie musicale est maintenant la télévision. Ce qui était un maillon complémentaire de la chaîne de diffusion est désormais devenu le pôle principal autour duquel tourne finalement le reste de la chaîne. Ce n’est pas un hasard si Youssou Ndour apparaît, aujourd’hui, plus comme un patron de presse que comme un entrepreneur culturel. El Hadji Ndiaye, fondateur de l’historique Studio 2000, est maintenant identifié à la 2STv. Les studios et les plateaux de télévision ont pris la place des studios d’enregistrement. Baaba Maal vient de monter sa radio et a un projet plus ambitieux. On peut ajouter à la liste Aladjiman, Wally Seck, entre autres, qui se positionnent tous dans ce secteur des médias…

La principale alternative qui s’offre à l’économie de la musique, c’est la distribution numérique. Mais, c’est une erreur de croire qu’il suffit d’un clic pour que l’argent tombe. Là aussi, c’est tout un chantier qu’il faut ouvrir, un écosystème à concevoir : développer les métiers connexes à la création artistique (pour la mise en ligne par exemple), assurer une réglementation, une répartition juste des revenus entre les différents acteurs (créateurs, diffuseurs, opérateurs, droits d’auteurs, etc.) ...

Les problèmes de la musique sont-ils pris en charge dans les politiques culturelles élaborées par l’Etat sénégalais ?
Le Sénégal a des acquis dus au rôle de pionnier qu’il a joué au lendemain des indépendances dans le domaine des politiques culturelles. A cela, il faut ajouter les initiatives personnelles des chefs d’Etat qui se sont succédé. Force est de reconnaître cependant qu’il y a, aujourd’hui, d’importants défis qui restent à relever pour faire jouer au secteur de la culture en général et à celui de la musique en particulier le rôle qui correspond à ses potentialités et à sa portée.

Une prise en charge efficiente du secteur musical passe d’abord par la maîtrise des ressources. Or, aucune donnée ne permet d’avoir une vision claire du nombre de personnes, de structures, d’infrastructures, de projets, etc. qui fonctionnent dans le secteur. Les recensements généraux ne font jamais ressortir cela, et il n’y a pas non plus d’études sectorielles consacrées aux professionnels de la culture. Comment bâtir de véritables politiques dans ce cadre ? Il est difficile de mener des politiques dans cette situation. Planifier, dégager des priorités, fixer un échéancier, se doter de méthodes d’évaluation, est quand même une nécessité à ce niveau.

Il manque aussi des interactions entre la culture et des secteurs connexes comme le tourisme et l’éducation, par exemple.
D’ailleurs, sur le chapitre de l’éducation et de la formation, on ne peut pas ne pas s’arrêter sur l’Ecole nationale des Arts qui a besoin d’une réforme en profondeur. J’ai l’impression que cette institution est laissée à elle-même depuis plusieurs années et végète dans l’indifférence alors qu’elle devrait être au cœur de la politique culturelle.

Tout aussi préoccupante est la situation des régions. La politique de décentralisation impulsée en 1996 ne s’est pas du tout fait sentir dans le domaine culturel. Les acteurs culturels des régions, ou ce qui reste, se meuvent dans le dénuement. Le ministère de la Culture devrait trouver avec les collectivités locales des formules permettant de mettre en place des infrastructures, des appuis aux projets, des cycles de formation...

Dans cette perspective, le Fonds d’aide aux artistes et au développement culturel, par exemple, créé depuis 1978, sous le président Léopold Sédar Senghor, mérite d’être repensé, mieux doté et dédié à des projets structurants. Autrement, il va fonctionner tout simplement comme une caisse noire des ministres qui se succèdent.

Les artistes sénégalais parviennent-ils à tirer leur épingle du jeu dans le marché mondial de la musique ?
Au plan discographique, on ne peut pas dire que le Sénégal compte beaucoup sur le marché international. Nos têtes d’affiches, bien qu’ayant été presque toutes chez des « major compagnies » dans les années 1990-2000, n’ont pas forcément touché le sommet. Après le disque d’or et le Grammy Award de Youssou Ndour, obtenus avec la musique pop d’une part (Seven seconds) et la musique arabe d’autre part (Egypt), beaucoup s’étaient mis à espérer qu’un chemin soit ainsi frayé pour la musique sénégalaise. Mais le constat est que les albums qui ont suivi n’ont pas eu le retentissement espéré : « Rokku mi rokka », « Dakar-Kingston », « Africa Rekk » ... Ismaël Lô, qui a été assez présent sur les charts pendant plusieurs années, n’a pas sorti de disque depuis onze ans. Baaba Maal fait beaucoup de concession au rock et autres, pour avoir plus d’ouverture sur le marché américain, comme en témoignent ses deux dernières productions, « Television » et « The Traveller ». On attend encore les fruits de ce compromis.

Les artistes sénégalais restent quand même assez visibles sur les grandes scènes. En plus des têtes d’affiches que nous venons d’évoquer, deux groupes se sont particulièrement distingués depuis le début des années 2000 sur la scène internationale : le Baobab Orchestra et Cheikh Ndiguël Lô. On peut y ajouter aujourd’hui Fadda Freddy qui est à l’affiche de plusieurs grandes scènes depuis la sortie de son album « Gospel journey ».

L’intérêt grandissant pour la musique dite sacrée est-il le signe d’un sentiment religieux ou traduit-il le besoin d’un souffle nouveau pour la musique sénégalaise ?
Il y a eu tout un processus. A partir des années 1970, la musique populaire sénégalaise, à la recherche de sonorités et de sens, a investi le patrimoine culturel local, y compris son pan religieux à travers les chants glorifiant les saints qui sont ainsi célébrés à côté des héros fondateurs d’empires, résistants à la pénétration coloniale… Il y avait jusqu’à cette période une sorte de cloison entre les deux sphères ; celle-ci saute. Le thème de la religion se retrouve donc au cœur de la musique profane. On peut tous constater que le marabout est la figure dominante dans la thématique des artistes depuis.

A partir de la fin des années 1990, une autre dynamique s’enclenche. Les producteurs de chants religieux se mettent à utiliser les méthodes de production et de diffusion de la musique populaire : cassette, Cd, vidéo-clip... La frontière s’est davantage érodée, d’autant qu’une bonne partie du public est entre les deux chaises.
Vous pouvez d’ailleurs remarquer qu’à partir de ce moment, la tranche de diffusion de ces œuvres estampillées « sacré » sur le petit écran débordait les soirées du jeudi et les matinées du vendredi pour s’étendre presque à toute la semaine comme la musique profane.

Aujourd’hui, donc, à l’inverse du mouvement qui s’est enclenché dans les années 1970, ce sont les tenants du « sacré » qui imitent ceux du « profane » : dans les airs, les rythmes, la mise en scène...

La partie la plus visible aujourd’hui de cette musique dite sacrée allie un mode de production et de réception emprunté aux « jàng » (chants religieux), d’une part, et au concert, d’autre part.
Donc il y a une interaction, un amalgame qui reflète très bien l’état de la société.

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

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