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Arts et Culture (2254)

La ville d’Angers (France) accueille, depuis ce matin, le 29ème congrès de la Fédération internationale des journalistes (Fij). Ce sont plus de 300 délégués venus de 140 pays qui discuteront, jusqu’à vendredi, de la « sécurité des journalistes, de la défense et de l’extension de la liberté d’information, de l’accès à l’information, des questions d’éthique, des droits et questions de genre ».

Le congrès d’Angers qui coïncide avec les 90 ans de la Fij, mise en place en France même, sera clôturé par l’élection d’un nouveau président et de son Comité exécutif après les deux mandats de l’Anglais Jim Boumelha. Une marche de souvenir est aussi prévue durant le congrès pour rendre hommage à la journaliste Camille Lepage, originaire d’Angers et qui a été assassinée en République démocratique du Congo en 2014.

« Le 29ème congrès aura notamment pour missions de réfléchir à l’avenir du journalisme dans le monde, mais aussi à la sécurité des confrères et consoeurs car ils sont encore trop nombreux à mourir sur le terrain parce qu’ils sont journalistes », a souligné Anthony Bellanger, le secrétaire général de la Fij qui revendique 179 affiliés répartis dans 139 pays.

M. Bellanger s’est réjoui également, 90 ans après sa création à Paris, du retour de la Fij en France. Mais aussi de rappeler les paroles de son président-fondateur français, Georges Bourdon, devant l’assemblée parisienne le 13 juin 1926 : « Les journalistes du monde entier ont scellé leur fraternité. Les langues peuvent différer, les oppositions se heurter, les passions se défier, les journalistes ont leur Internationale. (…) Les journalistes s’unissent parce qu’ils sont journalistes ». Il est vrai aussi que la Fij de 1926 n’a rien à voir avec celle de 2016. Celle de Bourdon était à l’origine une « organisation de services composée d’une poignée de syndicats de 20 nations ».

« La Seconde Guerre mondiale fut un tournant important car le siège parisien fut occupé par les nazis et la Fij s’est reconstituée autour de la Fédération internationale des journalistes des pays alliés et libres (Fijpal) à Londres avant de devenir en 1946 l’Organisation internationale des journalistes (Oij). La cohérence de ces trois organisations est d’autant plus clair que le même président, le Britannique Archibald Kenyon, a dirigé les débats de la Fij, de la Fijpal et de l’Oij de 1939 à 1949 », explique le secrétaire général actuel de la Fij. Il est revenu également sur le contexte de la Guerre froide qui a « anéanti les ambitions d’après-guerre et l’Oij qui devient l’unique organisation mondiale jusqu’en 1952 quand la Fij, avec d’autres pays de l’ « Ouest », se relance à Bruxelles ».

A l’écroulement de l’Oij, en même temps que celui du communisme au début des années 1990, la Fij va incarner et symboliser la « voix globale des journalistes ». Un autre défi de ce syndicalisme international est de réunir les deux fédérations autour de la Fij, l’Oij n’ayant plus d’activités depuis plus de deux décennies. Toute une « ambition politique, mais aussi une ambition de l’ensemble de la profession dans le monde. C’était d’ailleurs le vœux du président-fondateur de la Fij, Georges Bourdon.

Ibrahima Khaliloulah NDIAYE (Envoyé spécial)

L’Institut français Léopold Sédar Senghor a abrité, la semaine dernière, une table ronde sur le thème « Etats des lieux de la création numérique en Afrique : Retour sur la biennale de Dakar 2016 ». Cette rencontre a été également une occasion pour inviter les acteurs à mesurer l’implication des acteurs des arts numériques dans le Dak’Art 2016.

La 12ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar a officiellement pris fin. L’heure est au bilan de cet événement phare de la création artistique contemporaine et continentale. Avec l’exposition internationale regroupant 65 artistes venus de 24 pays, plus de 300 expositions « Off », des animations culturelles, des panels et colloques, des scènes musicales…, le Dak’Art de cette année a été un grand moment d’effervescence culturelle faisant de la capitale sénégalaise un terreau fertile de bouillonnement artistique et une vitrine de la création africaine. L’édition 2016 se particularise également par une percée de l’art numérique.

Avec son label « Ville créative », Dakar a réalisé depuis quelques années des progrès dans le cadre de la promotion des arts numériques. Plusieurs actions sont menées par des structures comme « Kër Thiossane », qui organise tous les deux ans le festival Afropixel dédié aux arts numériques. Cela, en mettant le focus sur les dynamiques d’action collective pour le bien commun, « sous l’angle de l’architecture, du design, des outils numériques à code source ouvert et de la co-création ». Même si les acteurs du numérique demeurent encore peu nombreux, les actions menées ont fini par faire tache d’huile dans le milieu artistique sénégalais, créant du coup un écosystème favorable à une autre forme de créativité.

Le nombre d’installation de vidéos, de performances et d’activités autour de l’art numérique dans le cadre de la Biennale traduit la montée en puissance de cette discipline née avec l’avènement des technologies modernes de l’information et de la communication.

Par exemple, à Ouakam, Tiziana Manfredi et Andreya Ouamba ont présenté une performance de vidéo, dans le cadre des programmations « In » autour du projet « Urbi Utopies et Matières Urbaines ». C’est le cas également des performances remarquables d’artistes du « Elsewhen » et le projet vidéo mapping baptisé « Carrefour des cultures » à la mairie de Dakar, pour ce qui est des activités « Off ». Bref, l’intervention de l’art numérique a été très visible dans le Dak’Art de cette année. L’artiste ivoirien Paul Sika trouve que le numérique est un tremplin pour matérialiser ce que l’on imagine. Il permet de faire une immersion complète et un travail d’une autre dimension. L’intérêt de l’art numérique, c’est aussi sa capacité de susciter le partage des pratiques, de croiser les disciplines et d’annuler les frontières.

Toutefois, si Dakar a réalisé des progrès dans ce domaine, l’ancien secrétaire général de la biennale, Ousseynou Wade, invite les acteurs à davantage d’ouverture et de collaboration.

Pour Marion Louisgrand, directrice de « Kër Thiossane », les résidences et ateliers autour de l’art numérique ont permis, aujourd’hui, de former des ingénieurs. « Actuellement, il y a tous les outils pour faire du numérique. Dakar est une ville favorisée en termes d’outils et de connexion à l’Internet. Mais, il y a encore beaucoup de choses à faire par rapport à l’art numérique », laisse-t-elle entendre.

Ibrahima BA

La radio la Voix de l’Amérique (Voa) sur la 102 Fm innove et se rapproche davantage de ses auditrices et auditeurs sénégalais. Elle diffuse en wolof depuis mercredi 01 juin 2016

La Voix de l’Amérique ouvre ses programmes à la langue wolof sur la 102 Fm Dakar. Selon un communiqué, en partenariat avec les écoles de journalisme du Cesti, de l’Issic et de l’Iseg, Voa diffuse en wolof depuis mercredi 01 juin 2016.
 Désormais, « tous les jours, la radio propose aux auditeurs de la chaîne, dans l’émission « Kaddoug ndaw gni », toutes les deux heures, des reportages en wolof sur les jeunes, pour les jeunes et par les jeunes », souligne le document. Précisant que cette émission est produite par des étudiants du Cesti, de l’Issic et de l’Iseg. 

Les mercredis et samedis, avec les étudiants du Cesti, à partir de 18 heures, Voa 102 Fm diffuse pendant une demi-heure, un débat en wolof dénommé « Pencoo » qui passe en revue le social, l’économie, la culture, le sport, etc.
Toutes ces émissions sont produites sous le contrôle et l’encadrement éditorial et linguistique d’un journaliste sénégalais de renom, ayant prouvé ses compétences dans le reportage en langue wolof sur une bande Fm de la place.  
Le communiqué rappelle que la Voa 102 Fm émet à Dakar sur sa propre fréquence depuis le 3 mars 2015. L’ambassadeur James Zumwalt disait ainsi, au cocktail de lancement de la fréquence Voa à Dakar, que « la 102 Fm permettra d’approfondir davantage les relations étroites qui existent entre le peuple du Sénégal et le peuple des Etats-Unis ».

E.M.F.

Dans le cadre de la Journée mondiale de l’environnement et en marge de la  célébration de la 11ème édition du Festivert, le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdoulaye Baldé, a procédé, hier, au lancement des activités marquant cette célébration.

Ouvert ce week-end au Parc zoologique et forestier et à la baie de Hann, la 11ème édition du Festival de l’environnement (Festivert), initiée par les Frères Guissé, coïncide, chaque année, avec la célébration de la Journée mondiale de l’environnement. Dans le cadre de ces deux grands événements, le ministre de l’Environnement et du Développement durable a lancé les activités marquant cette célébration. Pour Djiby Guissé, directeur artistique du festival, le thème choisi, « Zéro tolérance à l’exploitation des espèces sauvages », concerne particulièrement le continent africain.

Ce faisant, des mesures et dispositions conséquentes doivent être prises pour faire face à l’extinction des espèces. Il a, par ailleurs, invité toutes les parties prenantes à unir leur force afin d’appliquer les accords de la Cop21. Mais également d’agir au quotidien pour l’amélioration du cadre de vie des populations. A Hann, a expliqué, Djiby Guissé, la dégradation de l’environnement nuit à la santé des populations. « La mise en place de la zone industrielle est une richesse économique certes, mais elle a créé la dégradation de la baie de Hann et des risques industriels », a-t-il relevé. A l’en croire, c’est dans ce sens que s’inscrit ce festival, qui est une contribution citoyenne dans la politique nationale de lutte contre la dégradation de l’environnement pour la promotion du développement durable.
Le Festivert, à travers l’association Solid’Art initiée par les Frères Guissé, veut redonner à la baie de Hann son lustre d’antan. Djiby Guissé a encouragé les autorités sénégalaises à persévérer dans ce leadership environnemental et dans la gouvernance verte.

Des mesures contraignantes
A propos de la Journée mondiale de l’environnement, le ministre de l’Environnement et du Développement durable a indiqué qu’il s’agit d’une meilleure occasion choisie par la communauté internationale pour encourager une prise de conscience et mener des actions d’envergure mondiale pour la préservation de l’environnement. D’après Abdoulaye Bibi Baldé, la dégradation de l’environnement engendre des conséquences affectant de façon sensible la qualité de vie des populations. Selon lui, le thème de la Journée appelle les décideurs et les citoyens à une prise de responsabilité afin de  réduire les impacts des activités humaines sur les espèces de faune et de flore sauvages.

« Le commerce international des espèces sauvages est un fléau qui génère des milliards de dollars et concerne diverses espèces végétales et animales. Par ailleurs, ce trafic souvent incontrôlé engendre la disparition des habitats, la perte de biodiversité et  même conduit certaines espèces au bord de l'extinction », a-t-il laissé entendre.
Dans notre pays, plusieurs conventions ont été ratifiées pour faire face à ce fléau.  Pour le ministre, il s’agit d’une façon, pour le Sénégal, de s’engager concrètement à contribuer à l’effort mondial de conservation durable des espèces et de lutte contre leur commerce illégal.

Aussi, a-t-il ajouté, pour mieux protéger cette espèce, le Sénégal, de concert avec des pays de la sous-région, est en train de travailler à l’inscrire à l'Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites) avec des mesures plus contraignantes. « En plus des dispositions réglementaires prises, une surveillance quotidienne de nos ressources forestières et fauniques est requise. Le chef de l’Etat a donné des instructions aux forces de défense et de sécurité (armée, gendarmerie, eaux et forêts, police, douane) visant à mettre en place des actions combinées pour intensifier la lutte contre la coupe illicite de bois au Sénégal », a informé M. Baldé. A cela s’ajoute, a-t-il avancé, le recrutement effectif de 400 agents forestiers pour renforcer les ressources humaines déployées sur l’ensemble du territoire national, en multipliant le nombre d’agents par 5 dans certaines zones.

Ibrahima BA

Il y a des œuvres qui parlent pour leurs auteurs. Celles de Hubert Laba Ndao disent autant de choses que sa discrétion, son humilité bien qu’elles aient été célébrées davantage sous d’autres cieux que chez lui (Canada, Maroc, Tchad, Guinée…). « Teuss teuss » et « Dakar trottoirs » avaient révélé le champ de prédilection du cinéaste. « Alum Kaañ, le destin d’une communauté », sa prochaine production, dévoilera certainement un autre talent, une autre facette de celui qui a failli devenir prêtre. Il nous livre ici sa vision de son art.

Et si l’on vous disait par provocation que vous êtes à la charnière de deux cinéastes, Djibril Diop Mambety et Joseph Gaï Ramaka par votre démarche. Que répondriez-vous ?
J’en serai fier parce que ce sont des aînés, des cinéastes de grande valeur. Mais je ne les ai pas connus davantage que ce que j’en sais de leurs œuvres cinématographiques. Mambety, je ne l’ai pas connu personnellement. Je suis entré dans le cinéma en 1997. C’était un visionnaire qui a une autre lecture de son art. Sa façon de porter ses messages est singulière tout autant que Ramaka. Lui-même était sa propre caméra. L’éloge ne serait pas moins enthousiaste avec Sembene Ousmane que j’ai eu la chance de rencontrer. Un jour, alors que j’étais stagiaire à la réalisation, j’avais sollicité une entrevue avec lui. La première chose qu’il m’a demandée quand il m’a vu, c’est ceci : « Jeune homme, quel est le dernier livre que tu as lu ? ». Un tel homme ne peut être qu’une source d’inspiration pour les cinéastes. J’essaie, toutefois, de me libérer de l’admiration que j’éprouve à leur égard pour affirmer mon identité, montrer un peu ma personnalité dans ce que je fais.

En adoptant, par exemple, une approche qui met en lumière des scènes un peu « osées »…
Une scène traduit toujours une vision, une visée du réalisateur qui veut mener quelque part le public pour qu’il comprenne le message. Le plus important, c’est l’histoire qui est racontée. Et elle est en relation avec notre environnement immédiat. Dans les deux films, « Teuss teuss » et « Dakar trottoirs », il est question d’aventures amoureuses dans la pègre, dans une existence agitée et de toutes les tourmentes dont elles peuvent faire l’objet. Je ne pose jamais une scène fortuitement ou qui entre en contradiction avec nos réalités.

Vos deux œuvres majeures, jusqu’ici, nous plongent dans des humanités contrastées avec des personnages à la fois sordides et attachants. Pourquoi cette constante ambivalence ?
Effectivement, je m’intéresse beaucoup au potentiel des gens, à l’humain, à la lumière qui, parfois, aveugle davantage qu’elle n’éblouit et à l’obscurité d’où l’on entrevoit quelquefois la lueur. L’homme n’est pas foncièrement mauvais. Dans « Dakar trottoirs », on peut être tenté de penser que je fais l’apologie de la drogue, du sexe mais le message est tout autre. Il s’adresse à la société, aux jeunes qui, par un ensemble de circonstances, s’adonnent à des activités délictuelles mais qui peuvent changer le cours de leurs vies. Si l’homme n’est pas capable de changement, l’espoir ne serait plus de ce monde pour bien des gens. Il faut que dans le méli-mélo, le rêve soit permis.

Comment arrivez-vous à percer cet univers impitoyable de la pègre dans vos films, particulièrement dans « Dakar-Trottoirs » ?
A Grand-Dakar où j’ai vécu, la jeunesse était confrontée à la délinquance. Les salles de cinéma étaient un fourre-tout social. On n’y rencontrait pas seulement que des saints. Je suis issu d’une famille très religieuse où musulmans et catholiques se côtoyaient. Toutefois, je m’acoquinais souvent avec des gens peu recommandables. Donc, je me suis très tôt imprégné de cet environnement. Ce sont les réminiscences de cette époque que je montre dans ce film avec un œil de notre temps. Mais, il y a une constante, un constat regrettable : beaucoup de jeunes sont en marge de notre société d’où la nécessité de prendre la question de l’emploi au sérieux. Un homme qui ne peut assouvir des besoins primaires, on ne peut en faire un citoyen productif. L’insertion sociale et professionnelle des jeunes déterminera notre aventure collective. Mais cela n’est pas propre au Sénégal. C’est pourquoi ce film délivre un message universel.

Comment Hubert, étudiant en droit, s’est retrouvé dans le cinéma ?
J’ai été très tôt empli d’une certaine passion pour le cinéma sans en faire une obsession. L’existence de quatre salles de cinéma dans mon quartier et ses alentours et les séances de projection de films au petit séminaire de Ngazobil où j’étais admis n’ont fait que l’exciter. J’étais destiné à être prêtre. Mais, après le moyen séminaire à Thiès, le directeur a jugé que je serai plus utile ailleurs que dans la prêtrise. Je me suis alors retrouvé à la faculté de droit de l’Ucad. Un jour, dans un journal, je vois qu’il y avait une initiation au cinéma par concours où j’ai été d’ailleurs reçu. Au fur et à mesure que je fréquentais les plateaux de tournage, je me suis désintéressé des études de droit pour me consacrer aux activités cinématographiques. J’ai alors fait deux courts métrages, « Les infortunés » et « Chemin des ombres », pour montrer aux producteurs ce que je voulais faire. C’était ma pièce d’identité. C’est ainsi que le grand producteur Mactar Ndiouga Ba m’a intégré dans sa société. C’est sept ans après, riche d’une certaine expérience dans l’assistanat, que j’ai fait ma première réalisation.

Quelle sera la prochaine ?
Je suis en train de développer un troisième long métrage sur le foncier. Il y a énormément de problèmes fonciers à Dakar. Des familles se retrouvent dans la rue sans aucune perspective. C’est une fiction qui s’inscrit dans la lignée de « Dakar trottoirs », mais plus fouillée.

Dites-nous en un peu plus…
C’est l’histoire des habitants d’un  quartier de Dakar qui sont en passe d’être délogés et qui se battent pour résister car attachés à ce lieu de manière viscérale. Le film s’intitulera « Alum Kaañ, le destin d’une communauté ». J’en suis en même temps le scénariste contrairement aux deux précédents longs métrages. C’est un projet personnel, c’est moi qui l’ai véritablement porté.

Avez-vous postulé pour bénéficier du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica) comme Ousmane William Mbaye avec « Kemtiyu » ?
Sur le premier financement, j’étais encore dans la promotion du film « Dakar Trottoirs » et les prémices de l’écriture de ma prochaine œuvre. Je n’étais pas prêt pour postuler. C’était une question de timing. Le chemin du cinéma est extrêmement difficile. Quand on n’a pas un thème qui touche à la fois l’esprit, le cœur et l’œil, il vaut mieux consacrer son temps à autre chose. Ce n’est pas parce qu’on a écrit un scénario que l’on va tourner ou être financé. Il faut prendre le temps pour proposer une œuvre comme celle d’Ousmane William Mbaye à laquelle vous faites allusion.

Quel regard portez-vous sur le cinéma sénégalais ?
Je pense que le cinéma est sur une bonne lancée après la longue période de léthargie. C’est peut-être timide mais il y a une embellie si on jette un coup d’œil dans le rétroviseur. Il a traversé beaucoup de problèmes liés aux politiques d’ajustement structurel qui ont poussé nos Etats à se désengager du secteur. Beaucoup de salles de cinéma sont devenues autre chose que ce à quoi elles étaient destinées. Il est heureux de constater la volonté des autorités sénégalaises de donner au cinéma toute l’attention qu’il est en droit d’attendre. Le fait que le chef de l’Etat mette un milliard de FCfa dans ce secteur avec le Fopica est à saluer. Toutefois, il ne faudrait pas qu’on perdît de vue une chose. Le cinéma, ce n’est pas seulement la production qui ne saurait être de qualité sans une bonne formation. Il est important de tenir compte de la distribution, de la postproduction... Ce fonds devra prendre en charge toutes les composantes du cinéma pour que tout ceci ne soit pas seulement une fulgurance mais une vision inclusive, socle d’un renouveau. C’est ainsi qu’on parviendra peut-être à lui impulser une nouvelle dynamique, à parler d’industrie cinématographique. Il me semble d’ailleurs qu’un comité s’y est déjà mis. Moi, je suis un homme très optimiste. Je pense que le fonds contribuera à donner au cinéma sénégalais une plus belle image. Qui sait ? Le Fespaco en sera peut-être le baromètre.

Il se pose également un problème de visibilité des productions cinématographiques…
C’est là également un écueil. Beaucoup de nos aînés et de jeunes réalisateurs font des films qui sont primés mais il y a un problème de visibilité. Des efforts doivent être faits dans ce sens. Il faut trouver ensemble les moyens de faire redécouvrir notre cinéma aux populations car ne pouvant pas s’approprier d’œuvres qu’elles ne connaissent pas. Le cinéma, comme toutes les expressions culturelles, essence de nos identités humaines, doit accompagner le processus d’émergence du Sénégal. On appréhende le développement à partir de ce que l’on est, à partir de notre vécu, que le septième art essaie de montrer. C’est regrettable que la plupart des télévisions sénégalaises rechignent à payer les droits de diffusion ou les acquièrent à vil prix. Cela aurait permis une appropriation par les Sénégalais de leur cinéma.

Que pensez-vous de la qualité des « telenovelas » made in Sénégal ?
C’est une chose louable que de voir des jeunes développer leur créativité et faire des productions. Faudrait-il juste qu’elles fussent de qualité. Je me rends quelquefois compte qu’ils sont un peu pressés dans le contenu. La recherche dans les thématiques abordées n’est pas approfondie et voire en parfait décalage avec nos réalités. La réflexion doit être davantage poussée pour donner un sens à la banalité quotidienne et non la reproduire sous une forme qui la rendrait sans intérêt. Le film est un processus de création. Il ne suffit pas d’avoir une caméra. Il faut élargir l’espace de formation pour permettre aux jeunes d’être armés.

Les autorités publiques ont-elles pris la mesure du rôle de la culture dans la marche du pays ?
Il y a des avancées notables dans la prise en charge de certains segments de la culture mais elle est encore à la marge de ce que les autres conçoivent comme essentiel. J’en veux pour preuve le dialogue national entrepris par le chef de l’Etat où on n’y a pas fait référence à ma connaissance. Les hommes du milieu peuvent y contribuer et poser leurs préoccupations communes pour que l’idée d’inclusion qui la sous-tend trouve sens dans la diversité des interventions.

•  Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

La 11ème  édition  du  Festivert, festival de l’environnement, se déroule, samedi et dimanche, au Parc zoologique et forestier et à la baie de Hann. Organisée par Solid’Art, association à l’initiative des Frères Guissé en partenariat avec le quotidien « Le Soleil », le Parc de Hann et l’ambassade de  France, l’événement est placé, cette année, sous le signe  de la promotion des politiques de protection de l’environnement.

Le 11ème festival de l’environnement (Festivert) se décline, cette année, au travers des concerts, des séances de karaté, de lutte, entre autres. L’événement se déroule, samedi et dimanche, au Parc zoologique et forestier et à la baie de Hann. D’après le directeur artistique du festival, Djiby Guissé, sont attendus les artistes tels que le groupe Takeifa, le duo Pape et Cheikh, Queen Biz et Canabass. Ils vont sensibiliser le public sur  l’urgence de protéger l’environnement.  En prélude à la 11ème édition du Festivert, une conférence a été organisée jeudi, au Parc de Hann, en faveur des élèves de l’Acapes et des Cours Sainte Marie de Hann pour  faire le partage sur les résultats de la Cop 21, tenue à Paris en décembre 2015. A ce  Panel, ont pris part le directeur du  Parc zoologique et forestier de Hann,  Commandant Ibrahima  Ndiaye, Pierre Yves Bertrand, conseiller sur les questions d’environnement à l’ambassade de France, les Frères Guissé et le coordonnateur de projet à l’Acapes, Bachirou Diallo. L’opportunité a  été également donnée à l’élève Leila Aicha Thiam, seule élève sénégalaise et africaine présente à la Conférence sur le climat. Elle a échangé avec ses camarades sur les expériences vécues pour lutter contre le changement climatique. D’après le directeur artistique du Festivert, Djiby Guissé des  Frères Guissé, ce panel interactif avec les élèves s’inscrit dans le cadre des activités scientifiques du festival.  « Nous avons anticipé par cette conférence sur la Cop 21 en faisant l’évaluation des perspectives de la conférence. Notre objectif est de faire descendre l’information au niveau des plus jeunes, car nous nous considérons comme un pont de communication entre les autorités et les populations locales », a-t-il indiqué. Comme autre temps fort de cet événement, Djiby Guissé informe de l’organisation d’une exposition sur les énergies renouvelables et l’agroalimentaire. Le Festivert se tient en marge de la Journée mondiale de l’environnement prévue le 5 juin 2016 sous le thème « Zéro tolérance à l’exploitation des espèces sauvages ».                            

M. G. DIEDHIOU

Dans son nouvel ouvrage, « Beyong Timbuktu », Pr Ousmane Oumar Kane, enseignant à l’université d’Harvard, analyse la genèse et la transformation de l’érudition islamique du 16ème siècle au 21ème  en passant par la période coloniale. Écrit en anglais, le livre composé de 9 chapitres sera présenté à Harvard, le 7 juin 2016.

Lieu d’érudition islamique célèbre, Tombouctou où étaient préservés des milliers de manuscrits et certains écrits a été détruit en 2013, lors de la contre-offensive française  visant à stopper l’expansion des islamistes. D’après le Professeur de Chaire à l’université d’Harvard, Ousmane Oumar Kane, Tombouctou n’était qu’un centre d’érudition précolonial parmi tant d’autres en Afrique de l’ouest. A l’en croire, il n’était que la face visible de l’iceberg. D’où cette nécessité pour lui de publier ce livre « Beyong Timbuktu » (Au-delà de Tombouctou), une histoire intellectuelle de l’Afrique de l’ouest musulman, dont l’objectif est de corriger cette perception dominante de l’Afrique. A l’en croire, contrairement aux idées reçues, il y a bel et bien en Afrique une tradition intellectuelle et ceci va au-delà de Tombouctou. « Les Africains ne sont pas constitués que d’ethnies ou de races antagoniques, mais ils ont collaboré ensemble. Cette collaboration se voit dans ces traditions intellectuelles », indique l’universitaire. L’ouvrage retrace également l’histoire de l’érudition de l’Afrique de l’ouest et fait le point de ses traditions intellectuelles depuis le début jusqu’au 21 siècle ainsi que les transformations subies par ces traditions. D’après l’auteur, c’est une façon de montrer qu’il y a, en Afrique de l’ouest, une très longue tradition intellectuelle, mais elle reste méconnue et fragmentée. Pour preuve,  Pr Ousmane Oumar Kane donne comme illustration la très ancienne tradition d’érudition arabo-islamique qui date de plus de 8 siècles avec des manuscrits en langue arabe un peu partout en Afrique de l’ouest tels que Djenné, Pire, Kano, Borno. Aussi, se fonde-t-il dans le chapitre 2 de son livre  intitulé « Genèse et économie politique de l’érudition islamique dans le Bilad al Sudan » sur les témoignages de géographes et les récits des voyageurs médiévaux. Par exemple, il s’agit de Baron Roger, à l’époque gouverneur du Sénégal, de René Caillé qui visitait Tombouctou au début du 19ème siècle et de Francis Moore, un employé de la Royal african company of England, une compagnie à charte anglaise opérant en Sénégambie. Dans leurs écrits, ils soutenaient qu’il y avait des Noirs et des Pularophones qui connaissaient et écrivaient mieux la langue arabe que les Européens ne connaissaient le latin.

Tombouctou sous gouvernement islamique
Dans l’ouvrage, O.O. Kane met aussi l’accent sur la  contribution des lettrés musulmans à la production et à la transmission du savoir ainsi qu’à la transformation sociétale et la construction étatique. Cette analyse, l’auteur la consacre au chapitre 3 de son ouvrage intitulé « Emergence des lignages de lettrés  dans le Sahara et le Bilad al Sudan. Dans le chapitre 8 « Islam et sphère publique postcolonial »  et  9 « Triomphe des arabisants, Tombouctou sous gouvernement islamique », l’universitaire Oumar Kane  examine l’impact que les partisans de l’islamisation et de l’arabisation ont eu pendant la période post-coloniale. « La plupart des Etats ouest-africains qui avaient adopté une politique rigide de séparation de la religion et de l’Etat sont en train de faire des concessions de taille à la coalition dirigée par les arabisants », explique-t-il. S’inspirant  de l’idée du triple héritage civilisationnel de l’Afrique développée par Ali Mazrui, la conclusion de l’ouvrage analyse l’existence simultanée de multiples approches à l’éducation et la pluralité des savoirs qui coexistent en Afrique de l’ouest au 21ème siècle. Pour être un ouvrage de référence, « Beyong Timbuktu » sera bientôt traduit en langue française par le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria). De par sa qualité, l’ouvrage a également fait l’objet de témoignages, de la part de Chouki el Hamel de Arisona State of University et de Louis Brenner de School of Oriental and Africa studies at University of London.

Professeur de Chaire à Harvard, Ousmane Kane est le premier titulaire de la chaire Islam et Sociétés musulmanes contemporaines dont le parrain est le Prince saoudien Alwaleed Bin Talal. Il est également professeur de Langues et Civilisations du Proche Orient à la faculté des lettres et Sciences de Harvard ». En avril 2015, il a aussi été primé par l’Université Harvard pour l’excellence de son enseignement et la qualité de l’encadrement de ses étudiants. Il a ainsi reçu le prestigieux « Prix Everett Mendelsohn Award of Excellence in Mentoring ».
C’est à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis que le professeur Kane a débuté sa carrière d’enseignant, entre 1993 et 2000. Il a servi à l’Université de Yale de 2000 à 2001. « Entre 2002 et 2012, il est professeur associé à l’Université de Columbia où il a été titularisé en 2009. Depuis juillet 2012, il enseigne à Harvard où il est le premier ressortissant de l’Afrique sub-saharienne à occuper une chaire.

•  Par Maguette Guèye DIEDHIOU

 

La série policière « Tundu wundu » est de retour pour sa deuxième saison. Elle sera diffusée tous les mardis à partir du 7 juin sur A+ à 20H30, annonce un communiqué. « Tundu Wundu » est une co-production A+ réalisée par Abdoulahad Wone. Tournée dans des décors naturels flamboyants,  cette série offre une plongée au cœur de Dakar, capitale émergente et moderne.  

« Action et suspense seront au rendez-vous. Pour Badara, le vrai calvaire commence après sa sortie de prison, détaille le document. Puni pour un meurtre qu’il n’a pas commis, le jeune étudiant doit échapper à la vengeance d’un homme politique qui l’accuse d’avoir tué le petit ami de sa fille… ». Avec cette nouvelle saison, explique un communiqué, le groupe Canal+, à travers sa chaîne A+, renforce sa volonté de soutenir la production audiovisuelle sénégalaise en la faisant rayonner au-delà des frontières du pays. 30 pays pourront suivre les 20 nouveaux épisodes de « Tundu wundu » en français. En plus des autres séries diffusées sur A+ comme « Dinama nekh », « C’est la vie » ou « Un Café avec », Canal+ investit également dans le cinéma sénégalais avec le cofinancement de « Félicité » d’Alain Gomis, présenté au Festival de Cannes.

Côté émissions, rappelle le communiqué, Canal+ développe régulièrement des contenus au plus près des préoccupations de son audience sénégalaise : « Les Doffs du rire », « Star Chef » tournée à Saly, « Talents d’Afrique » présent pour le Marathon de Dakar et « Réussite », le magazine de l’Afrique qui gagne ; et a mis à l’honneur de nombreux entrepreneurs sénégalais lors de la saison 2015-2016. Plus récemment, + d’Afrique tourné à Dakar a réuni les plus grandes stars de la musique sénégalaise : Baaba Maal, Coumba Gawlo ou encore Didier Awadi.

E. M. F.

Le Bureau exécutif national du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), réuni jeudi 2 juin 2016, a décidé, avec la Coordination des associations de la presse (Cap : Cored, Appel, Cjrs, Synpics, Cdeps), au nom de la corporation, de servir une citation directe à la styliste Adama Paris pour les propos « injurieux » qu’elle a tenus à l’endroit de la profession.  La Cap regrette, dans le communiqué, cette « irresponsable verbale » qu’elle entend combattre comme toute autre attaque contre la presse. Elle demande à tous les confrères de boycotter la tenue de l’événement culturel de la styliste qui a toujours su compter sur la couverture professionnelle de la presse nationale.  Dans le document, la Cap invite les acteurs des médias tout comme les animateurs à « plus de professionnalisme » dans la conduite de leurs émissions. Sur la même ligne, la coordination regrette que les propos tenus par Adama Paris dans l’émission « Yewulen » de Pape Cheikh Diallo diffusée sur la Tfm n’aient pas été recadrés et, au contraire, ont provoqué l’hilarité de l’animateur.

E. M. F.

Elle a posé devant l’objectif d’Oliviero Toscani pour une campagne de publicité. Racky Diack, ancien mannequin de Benetton, a été victime, à 24 ans, d’une amputation d’une de ses jambes à cause d’une négligence médicale. Malgré ce drame, la jeune dame a su trouver une force insoupçonnée pour reprendre goût à la vie. Elle est aujourd’hui photographe et coach de basketball à Montréal.

Son œuvre parue en novembre 2015 aux Editions Michalon n’a rien d’un « Vingt mille lieues sous les mers » de Jules Verne. Il ne s’agit point d’un roman d’aventure. Mais d’une histoire vraie. Loin de la fiction romancière ou d’une telenovela. Racky Diack a ému avec son livre « A cloche-pied », qui est un témoignage autobiographique. Elle partage avec le monde son histoire qu’elle a réussi à fixer dans l’intemporalité. Son livre est le récit d’une horreur, fruit d’une erreur médicale. En 2004, Racky, âgée de 24 ans, quitte Paris pour l’Université de Québec, à Montréal, afin de poursuivre ses études supérieures. Atteinte d’un petit bouton qui occasionne une sensation désagréable avec à la clé fièvre et corps engourdi, la Franco-Sénégalaise est hospitalisée. Alors qu’elle devait passer cinq jours à l’hôpital, elle y restera cinq longs mois à observer un traitement aux urgences d’un hôpital à la métropole québécoise. A la suite d’une négligence médicale, l’opération qui nécessitait une chirurgie mineure, s’est soldée par une grave infection causée par une bactérie mangeuse de chair. Et pour combler le tout, les médecins finissent par amputer une jambe de Racky pour pouvoir  la sauver. C’est ce drame que cet ancien mannequin de Benetton raconte dans son livre. La jeune dame n’a pas écrit pour oublier ces maux grâce à la magie des mots. Aussi, il ne s’agit point d’une manière de partager avec le monde ses souffrances afin de prétendre à se guérir définitivement. « Avec le temps, j’avais peur d’oublier, donc j’ai commencé à écrire des souvenirs et les moments les plus difficiles que j’ai traversés suite à mon amputation. Par la suite, quand mon histoire est sortie dans les médias, beaucoup de personnes m’ont approché pour me dire que mon témoignage les a beaucoup touchés et surtout inspirés. C’est à la suite de tout cela que j’ai décidé de mettre mon histoire sur papier », explique-t-elle.

Projet avec Mbépongo Dédy Bilamba
Admiratrice de la belle plume du journaliste et écrivain Mbépongo Dédy Bilamba, Racky décide de faire projet avec lui pour écrire son livre témoignage. « J’ai rencontré Dedy par l’intermédiaire d’une amie, et j’avais beaucoup aimé sa plume et lui mon histoire. C’est comme cela que nous avons décidé de nous lancer ensemble dans cette aventure », se rappelle-t-elle.
Racky Diack a choisi d’écrire cet ouvrage non pas pour se guérir de ses maux, mais plus pour aider les personnes qui se trouvent dans la même situation qu’elle ou dans une situation de détresse, à se relever. Car, le destin, c’est comme une pluie, nul ne peut l’arrêter. Et la force de chacun de nous dépend de sa capacité à se relever quelque soit la nature et l’envergure de sa chute.  Si cette passionnée de photographie a choisi de porter son histoire aux yeux de l’humanité entière, 12 ans après son amputation, c’est parce qu’elle s’est bien remise  de ce qu’elle considérait au début comme un cauchemar qui allait bien se terminer le temps d’une nuit. Mais au réveil, ce que la jeune femme pensait être le cauchemar de la nuit était devenu une réalité quotidienne qu’il fallait apprendre à supporter et à surpasser. « Lorsque j’ai appris pour la première fois que j’ai été amputée, je pensais que ma vie s’écroulait devant mes yeux, que je ne valais plus rien et ma vie était foutue », laisse-t-elle entendre.

Envie de repousser les limites
Avec le temps, cette belle Franco-Sénégalaise a su trouver une force insoupçonnée  pour faire passer cette épreuve. Un grand courage, de l’abnégation et de la détermination qu’elle dit tirer de sa mère. Ses amis furent aussi d’un grand apport.  « Je pense que tout cela vient de ma mère, qui est une femme courageuse qui s’est battue toute sa vie. C’est sûrement de là que ça vient. Mais aussi de l’aide et du soutien de toute ma famille et mes meilleurs amis. Sans eux, je ne sais pas si j’aurais réussi à m’en sortir ». A cela s’ajoute également une envie indescriptible de la jeune femme de continuer sa vie comme avant et de garder son entourage.

Si celle qui a posé devant l’objectif d’Oliviero Toscani pour une campagne de pub raconte sa colère et dénonce la négligence d’un médecin qui lui a coûté sa jambe et qui, pourtant, aurait pu être évitée, elle reste consciente qu’également que des milliers de médecins sauvent des vies chaque jour. D’ailleurs, c’est un autre médecin qui lui a sauvé lorsque la bactérie mangeuse de chair s’est propagée dans son corps.

Loin d’être une partisane du fatalisme, Racky Diack a réussi, aujourd’hui, à puiser au fond d’elle pour reprendre le goût de vivre. Elle est parvenue à concilier son « amputation » avec son métier de photographe. « Je fais beaucoup de choses dont la photographie, et je dirais que c’est ce drame qui m’a donné l’envie de repousser mes limites, de toujours me dépasser, car je refuse justement que ça soit un handicap ». Et des projets, cette férue du basketball n’en manque pas : « J’en ai tellement mais, aujourd’hui, j’essaie de ralentir un peu pour profiter car je n’avais plus de temps pour moi. Néanmoins, je continue la photographie, d’entraîner le basketball et on verra ce que la vie me réserve ».
A l’image du baobab séculaire, Racky Diack reste foncièrement attachée à ses racines sénégalaises. Un pays où elle entend bien finir sa vie. « J’accorde beaucoup d’importance aux valeurs familiales, qui sont bien ancrées en moi. J’essaie d’aller au Sénégal au moins une fois par an quand c’est possible. Toute ma famille est à Dakar.  Je me vois bien y finir ma vie d’ailleurs », note-t-elle.

•  Par Ibrahima BA 

Le Salon international des technologies de l’information et de la communication dédié à l’Afrique (Sitic Africa 2016) a fermé ses portes hier,   à Tunis. Cet événement dont l’ambition est de « booster le partenariat tuniso-africain dans les Tic », a vu la participation de délégations venues de pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, l’Algérie, le Cameroun, l’Ouganda, Tchad…  

Systèmes d’information, télécommunications, digital marketing, formation, innovations, ont été, entre autres, les secteurs phares mis en valeur lors de la première édition du Salon international des technologies de l’information et de la communication dédiée à l’Afrique (Sitic Africa 2016), tenue du 31 mai au 2 juin à Tunis. L’événement était organisé par Tunisie Afrique Export, organisme tunisien spécialisé dans le conseil à l’export sur l’Afrique, avec la collaboration de la Société des foires internationales de Tunis, la Fédération nationale des Tic affiliée à l’Utica. A travers le salon Sitic, les organisateurs veulent jeter les jalons d’un « nouveau rendez-vous consacré au business avec une offre globale des Tic destinée aux Pme/Pmi tunisiennes, africaines et internationales ».
Inauguré mardi dernier par le ministre tunisien des Tic et de l’Economie numérique, Noomen Fehri, en présence d’ambassadeurs de pays africains, ce salon spécialisé dans les Tic a accueilli, pendant trois jours, des visiteurs professionnels qualifiés et des décideurs tunisiens et étrangers. Ainsi, visites de stands d’exposition des offres, rencontres B2B entre tunisiens et étrangers professionnels des Tic, organisation de workshops sur des sujets d’actualité relatifs au business des Tic en Afrique, possibilités de partenariat et de formation ont été les temps forts de cette première édition du Sitic Africa.

Rencontré dans le stand dédié à son pays, Hassan Mahamat, ingénieur tchadien à l’Agence de développement des technologies de l’information et de la communication, affirme que son pays a besoin de partenariat dans le domaine des Tic. « C'est un secteur encore en début de croissance. Nous avons besoin d'échanges d'expériences et de pratiques. C'est dans ce sens que l’Adetic s'est inspirée de l'expérience de l’Agence de l'informatique de l’État (Adie) du Sénégal… ». Avec la Côte d’Ivoire dont le directeur général de la Poste et des membres du Groupement des Tic ont fait le déplacement au Salon de Tunis, le Sénégal a été parmi les délégations les plus fournies au Sitic Africa 2016.
 
Partenariat et échanges d’expériences
Avec l’Organisation des professionnels des Tic (Optic), l’Artp, le Cnra, la Poste, l’Ecole multinationale des télécommunications de Dakar (Esmt) ont envoyé leur responsable ou représentant. Et lors du cocktail de bienvenue offert la veille du Salon Sitic Africa, Antoine Ngom, le président d’Optic, a rappelé les enjeux du numérique. Un secteur dans lequel la coopération sud-sud ne pourrait être que gagnant-gagnant, par le biais d’échanges d’expériences.

Le Sénégal est ciblé par plusieurs entreprises tunisiennes qui veulent proposer leurs Systèmes d’information, leurs logiciels de management, de marketing ou leurs offres de solutions innovantes aux entreprises à Dakar. C’est le cas de cette société tunisienne spécialisée dans la Bonne gouvernance informatique, avec ses offres de systèmes « Progiciel » de gestion financière et comptable, ou de gestion des services administratifs. Mariem, consultante trouvée dans le stand de cette dite société en expansion, confie qu’un projet de filiale est en cours au Sénégal, après celles en Mauritanie, au Niger, en Algérie et au Maroc. Venu avec la délégation du Burkina Faso composée de treize entreprises de Tic et de représentants de l’Administration publique, Djebré Soré de la Chambre de commerce de Ouagadougou s’est satisfait des contacts et échanges durant cette première édition du salon. Mais, M. Soré qui se souvient d’un voyage effectué au Sénégal pour s’imprégner de la manière dont la Chambre de commerce de Dakar gère sa base de données et recense ses membres, voudrait que le Sitic Africa planifie davantage les rencontres B2B, avec des rendez-vous fixés d’avance.
Une manière pour lui de suggérer aux organisateurs du salon Sitic Africa de Tunis de mieux prendre en amont les avis et suggestions des participants et professionnels des Tic…   


Elgazala Technopark, un incubateur moderne et ambitieux

Pôle international des technologies de la communication, de la recherche et de la formation technologique, Elgazala Technopark de Tunis est un incubateur de pépinières de start-ups, mais aussi hébergeur d’entreprises, implantée sur une superficie de plus de 65 hectares.
Ici, une centaine d’entreprises privées, des Pme, une douzaine de multinationales spécialisées dans les Tic, les Télécoms, ont pris leur quartier. Elgazala Technopark leur offre un environnement propice à leur développement.  Une petite visite a permis aux délégations étrangères participant au Salon Sitic 2016 de découvrir, par exemple, Sacem Smart, une petite Pme employant des ingénieurs de diverses nationalités dont tunisienne et ivoirienne. Partageant un bâtiment R+1 avec Ericsson, Sacem Smart fabrique des recharges et transformateurs électriques.   Selon Monia Jendoubi, chargée de la communication, l’idée d’une telle structure publique dédiée aux Tic remonte à 1997, et depuis 2001, une loi a validé l’implantation d’Elgazala Technopark. Depuis lors, le Pôle s'insère dans le cadre d'une stratégie nationale de développement et de promotion de la recherche scientifique, de l'innovation et de la production à haute valeur ajoutée, à travers une cartographie de 10 technopoles spécialisées chacune dans un secteur d'activité différent. Sa principale vocation consiste à accueillir et à soutenir le développement d’activités de hautes technologies et de promouvoir la recherche, le développement et le transfert technologique.
Le Technopark de Tunis héberge également des institutions d’appui comme la Formation et la Recherche en plus des activités de production et ce, dans un objectif de créer une synergie et une fertilisation croisée entre ces acteurs.  

Enthousiasme du patronat tunisien
Au siège de l’Union tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (Utica), un sympathique cocktail offert par sa patronne, la veille de l’ouverture du Salon Sitic Africa, a permis d’évoquer les opportunités de partenariat et d’échanges entre la Tunisie et d’autres pays africains dans plusieurs secteurs, en particulier celui des Tic.   

La présidente de l’Utica, Mme Ouided Bouchamaoui, ainsi que le président de la Fédération nationale des Tic, Kaïs Sellami, et les membres du bureau, de même que Férid Tounsi, Pdg de Tunisie Afrique Export, étaient présents à ce cocktail de bienvenue.  Une occasion pour les secteurs privés tunisien et de pays africains représentés au Sitic Africa 2016 d’échanger sur les perspectives d’affaires en général et celles concernant les Tic en particulier. Au nom de l’Utica, sa présidente Mme Bouchamaoui, par ailleurs membre du Quartet du Dialogue national tunisien, lauréat du Prix Nobel de la Paix 2015, a dit la joie du patronat tunisien d’accueillir les opérateurs économiques africains.

« Nous espérons que votre visite en Tunisie permettra de sceller de bonnes affaires entre les chefs d’entreprises tunisiens et ceux des autres pays d’Afrique… », a lancé Mme Ouided Bouchamaoui, dans un bref discours de bienvenue.  Le président de la Fédération nationale des Tic, Kaïs Sellami, a trouvé, lui, que le salon Sitic Africa de Tunis permettra de consolider les bonnes relations entre les entreprises tunisiennes et celles des autres pays du continent africain.

3 Questions à… Noomen FEHRI, ministre tunisien des tic  : « On peut développer l’Afrique grâce à la coopération sud-sud »

Le ministre tunisien des Tic et de l’Economie numérique a inauguré le salon Sitic Africa 2016 en présence, entre autres personnalités, des ambassadeurs du Sénégal, du Mali et de la Côte d’Ivoire accrédités à Tunis. Après une visite, au pas de charge durant près de deux heures, des stands des professionnels des Tic, Noomen Fehri est convaincu des avantages et opportunités que l’Afrique pourrait tirer du développement de la coopération sud-sud.

Après l’inauguration, vous avez presque fait le tour des stands. Que retenez-vous de cette visite du salon Sitic Africa 2016 ?
 Je remarque qu’il y a un potentiel énorme dans les Tic, pour l’Afrique et la Tunisie. Aujourd’hui, à ce salon Sitic Africa 2016, vous avez 120 stands et près de 160 entreprises qui ont de l’expertise. L’Afrique et la Tunisie peuvent bénéficier de l’expertise de ces entreprises. C’est grâce à des initiatives comme celles-ci qu’on peut développer la coopération sud-sud et faire ainsi développer l’Afrique. 
 
Pouvez-vous nous expliquer le concept « Tunisie Digital 2020 » ?
C’est un concept avec la Société civile, pour s’assurer que d’ici 2020, la Tunisie soit dans le monde des gagnants, dans la transformation digitale. Essentiellement, je vous donne quatre projets, c’est enlever l’isolement en connectant tous les Tunisiens ; deuxièmement, arriver à l’égalité des chances à travers l’école numérique ; troisièmement, s’assurer de l’efficacité de la transparence du gouvernement à travers le « zéro papier » ; et s’assurer que nos lois soient adaptées au vingt et unième siècle.
 
Le Salon est une initiative du privé tunisien, mais vous l’avez aussi appuyé sans doute ?
Oui, bien sûr que le Salon est une initiative du privé tunisien. Mais ce n’est pas la première édition du genre, parce que c’est quelque chose que l’on avait commencé il y a quelques temps ici. Cela s’était arrêté, et le secteur privé tunisien l’a repris pour la faire avancer. Je trouve que c’est une excellente chose, et pour une nouvelle première édition, c’est une chose extraordinaire.                       

Par Omar DIOUF (Envoyé spécial à Tunis)

La  capitale sénégalaise abrite, depuis hier, le Dakar Digital Show, 1er salon africain sur la création de contenus digital. Placée sous le thème « Le digital, un relais de croissance fort pour l’Afrique », cette première édition du Dakar Digital Show ambitionne d’être le point de rencontre privilégié de l’univers de la production numérique de l’Afrique  dans un contexte de digitalisation.

La Sonatel, à travers sa filiale en charge des contenus et services à valeur ajoutée, Sonatel Multimédia, a tenu hier, la 1ère édition du Dakar Digital Show. Placé sous le thème « Le digital, un relais de croissance fort pour l’Afrique », le forum est une opportunité pour les initiateurs de projets innovants ou les entreprises qui ont un projet de transformation digitale, de rencontrer les acteurs du domaine et de nouer des partenariats.

Selon le directeur général de la Sonatel, Alioune Ndiaye, ils ont initié cette 1er édition du Dakar Digital Show pour créer et pérenniser un point de rencontre privilégié de l’écosystème de la production numérique. « Notre objectif, à travers ce salon, est de créer une plateforme d’échanges permanents qui permettra des synergies entre les acteurs du digital, les médias sociaux, les entreprises et les structures de production de contenus dans tous les domaines possibles », souligne-t-il.
 A l’en croire, l’ambition de ce salon est de montrer, de manière concrète, le moteur  économique que constituent ces entreprises et start-ups qui évoluent dans le domaine du numérique à travers des « success stories » sénégalaises, africaines et internationales.
« Nous sommes conscients des ruptures que la digitalisation induit dans nos modes de vie et nos économies. Sonatel, à travers sa filiale Sonatel Multimedia, se place comme un catalyseur de ces écosystèmes de manière à accélérer la production de contenus, la production d’applications et de créer des synergies fortes pour l’ensemble des acteurs du secteur des Tic », argue le Dg de la Sonatel.

Le 1er forum africain sur la création de contenu digital a été une occasion de découvrir le potentiel du continent au sujet du contenu marketing, des applications, de la production et de la distribution de contenus, du « gaming » et du « cloud gaming », etc. L’édition 2016 du Dakar Digital Show s’est également faite sous un format interactif avec des démonstrations et des rencontres B2B dans les stands, des échanges au niveau des ateliers thématiques et des « live talks » (conférences dynamiques). 
 
Des start-ups primés
Le Dakar Digital Show a été  également une occasion pour la directrice du programme Orange Fab Groupe, Nathalie Boulanger et le Dga de la Sonatel,Thierry Marigny, de lancer le 11ème Orange Fab du réseau d’accélérateur de start-up et de présenter les deux start-ups gagnants de ce programme de fabrique d’innovations et de succès, Orange Fab. Il s’agit de « Car rapide tech » avec sa solution « Talibi », une application d’itinéraire disponible sur le mobile et le Web. Le 2ème start-up gagnant est « We carry », une solution d’intermédiation de e-commerce qui permet d’acheter à l’étranger et de se faire livrer à domicile au Sénégal ou ailleurs en Afrique.

D’après le Dga de la Sonatel, Thierry Marigny, c’est suite à un appel à candidatures qu’ils ont reçu 41 inscriptions de start-ups dont 10 ont été présélectionnés. « Ces derniers ont passé une audition finale et, in fine, il n’a été retenu que deux start-ups gagnants. Ceux-ci pourront bénéficier d’un appui financier de 5 millions de FCfa et compter sur  l’accompagnement du groupe Orange et Sonatel à travers la mise à disposition de locaux de travail au sein du siège de la Sonatel, d’un coaching par des experts dans des domaines aussi divers que technique, marketing, financier et juridique  et d’un accompagnement pour une levée de fonds », informe M. Marigny. Et de préciser que le Sénégal est le 2ème pays à abriter ce programme dont l’objectif visé est d’aider les start-ups à développer leurs activités et à construire des produits et services innovants. C’est un programme qui devrait faciliter l’insertion des start-ups dans le tissu économique sénégalais, booster leur croissance et, enfin, leur permettre de lancer leurs services à plus grande échelle.

Présidant l’ouverture de ce Salon, le directeur de l’Economie numérique, Seth Sall, indique que ce forum dont l’ambition est d’être un point de rencontre privilégiée de l’univers de production numérique de l’Afrique est une opportunité pour les porteurs de projets innovants et les entreprises de transformation digitale, de rencontrer les acteurs du domaine et de nouer des partenariats féconds. Aussi, souligne-t-il que « le forum épouse les contours de la vision du gouvernement définie dans la stratégie Sénégal émergent, à savoir celle de réaliser le numérique partout, pour tous et tous les usages en 2025 ».
Maguette Guèye DIEDHIOU

 Concours Hackathon : Six finalistes primés

En marge du Dakar Digital Show, la seconde édition du Hackathon, un concours de développement applicatif sur le thème des contenus mobiles au service de la population, a couronné six finalistes sur 15 équipes dans trois catégories. Pour la catégorie Genre, des applications mobiles dédiées aux femmes et développées par les femmes ont été primées. C’est le cas de « App women », une application destinée aux femmes, en les sensibilisant sur les différents domaines tels que la santé, la cuisine, la mode, entre autres. Pour la catégorie Smart-Life et Smart-City, les applications qui apportent des solutions aux problèmes du quotidien, le 1er prix a été décerné à « Easy repair », une application qui vient révolutionner le transport routier sénégalais en facilitant le dépannage des voitures en panne. Quant au  2ème prix, il revient à « Dimbali »  (aider en wolof). Ce groupe a développé une plateforme de financement participatif dédiée à des œuvres caritatives.

Concernant la catégorie Jeux et Divertissements, ont été primés « Jambar Fight », un jeu video de combats et d’aventures disponibles pour Android et d’autres plateformes avec des guerriers comme Lat Dior ou Chaka Zulu,  et « Lakaal » ( parler en wolof » qui est un jeu ludique et éducatif sur les langues permettant aux enfants de se familiariser avec l’anglais, le français et l’arabe dès leurs plus jeunes âges.
Ces applications, primées et exposées au Dakar Digital Show, représentent, pour Sonatel, un soutien aux jeunes développeurs porteurs d’idées dans un contexte d’innovations dans le domaine numérique.        

M. G. D.

L’ancien Palais de justice abritant l’exposition internationale de la douzième édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar a accueilli, hier, la visite de  Gautier Mignot, directeur général adjoint de la Direction générale de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international de la France.   

Alors que la douzième édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar  s’achève officiellement aujourd’hui, l’ancien Palais de justice, Cap Manuel, abritant l’exposition internationale, continuait jusqu’à hier, à accueillir son flot de visiteurs.  Dans cet endroit au décor magnifique accueillant tout le gratin de la création de l’art africain contemporain, la majorité des artistes ont déserté. Mais des écoliers,  collégiens et amoureux d’œuvres d’art viennent encore découvrir la richesse des expositions proposées. Parmi les visiteurs de marque, le site principal du Dak’Art a reçu, en début de matinée, Gautier Mignot, directeur général adjoint de la Direction générale de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international  de la France. De l’installation de l’Egyptien Youssef Limoud, lauréat du Grand prix Léopold Sédar Senghor du Dak'Art 2016 à l’exposition de l’ivoirien Poku Cheremeh, en passant par l’installation d’Akirah Akindiya du Nigeria ou de l’œuvre « Encyclopédie » du Sénégalais Mamadou Ndoye dit Douts, l’ancien premier conseiller de l’ambassade de France à Dakar a presque fait le tour complet de l’exposition internationale.  Mais, à la fin de cette promenade artistique, ce diplomate avait du mal à cacher toute l’émotion qui le gouverne.

L’exposition « Réenchantement »  fascine tant pour sa diversité que par la richesse de sa création. Laquelle a fini de redonner à l’ancien Palais de justice, qui était plongé dans une décrépitude de plus de 25 ans, une seconde vie. Le bâtiment fantôme dans lequel s’engouffraient des courants d’air, il y a juste plus d’un mois, donne l’impression d’un grand musée d’art contemporain. « Je ressens une très grande admiration devant la mise en valeur de ce bâtiment qui était un peu oublié du patrimoine sénégalais.

Appropriation par les populations
Maintenant, la question qui se pose c’est que  va devenir ce bâtiment », soutient Gautier Mignot. Pour lui, il faut que « cette exposition magnifique marque la renaissance de cet ancien Palais de justice, qui est une icône du patrimoine dakarois ». Par rapport à l’exposition, le directeur général adjoint de la Direction générale de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international pense qu’il faut relever la qualité des œuvres exposées témoignant de la force des artistes africains. A l’en croire, la dimension de ces œuvres fait de l’exposition du Dak’Art 2016, une exposition d’une dimension mondiale. « On a franchi un seuil cette année. Il faut que la Biennale de Dakar continue à progresser encore pour la prochaine édition. L’Institut français de Dakar, l’ambassade de France et le Ministère des Affaires étrangères sont très fiers d’avoir été associés encore une fois cette année. On restera fidèle à la biennale pour ses prochaines éditions », avance-t-il.

Considérée souvent à « tort » comme un événement destiné à l’élite dakaroise, la biennale de cette année semble avoir suscité l’intérêt chez presque toutes les catégories sociales. « Ce qui est extraordinaire, c’est de voir tous ces  jeunes, tous ces écoliers... Il y a une réelle appropriation par les populations. Ce n’est pas un spectacle pour une élite, c’est vraiment l’art à la portée de chaque Sénégalais… », souligne Gautier Mignot.

Selon lui, l’édition 2016 a été « très » réussi et a franchi un seuil dans sa réputation internationale. Côté artistique, note-t-il, la thématique générale magnifiquement représentée par la couleur bleu, traduit cet attachement à la paix, la tolérance, lesquels sont des vertus éminemment sénégalais.  Cette douzième édition qui s’achève presque comme elle a commencé, laisse espérer que le Dak’Art continuera toujours à jouer un rôle de premier plan dans la promotion de l’art africain contemporain. Cela, pour le réenchantement dans la cité, le pays, l’Afrique et le monde.   

Ibrahima BA

Le Warc a abrité, lundi dernier, la cérémonie d’ouverture de la 1ère édition de la Semaine sénégalaise du livre, initiative de la librairie L’Harmattan. La leçon inaugurale du Professeur Mamoussé Diagne sur le thème « Culture, littérature et développement » a été un moment fort de cette rencontre.

Pour concerner quelque chose qui n’était pas impliqué dans la première formulation du thème, le Professeur Mamoussé Diagne a préféré parler de la culture comme vecteur de développement. Car, la littérature comporte des ambigüités. En tant qu’objet lu et écrit, « elle enlève, dit-il, de notre champ de réflexion la plus grande partie de nos peuples. Nous risquons aussi de les exclure comme agents de développement ». La littérature en tant que vecteur de développement et d’émergence, c’est l’accès véritable au statut de sujet libre traitant de ses problèmes et de ceux du monde et non plus seulement comme objet d’études des ethnologues et autres curieux. C’est pour cela que l’Afrique doit prendre en charge son destin intellectuel. Le cheminement historique et la forme actuelle de la littérature africaine témoignent de ses rencontres inspiratrices, de sa quête de souveraineté et d’ouverture. « Elle s’est d’abord inscrite dans une volonté d’imiter l’autre pour l’égaler, ensuite dans une phase de protestation. Aujourd’hui, elle est diversifiée et s’occupe de toutes les questions du monde », indique le philosophe.

En cela, l’édition, selon lui, doit être soutenue par les autorités publiques et privées pour arriver à contrer la désaffection du livre qui a une incidence certaine sur le regard que les Africains portent sur eux-mêmes et sur les autres. Faudrait-il juste qu’ils assumassent toute leur histoire pour accéder au statut de sujet libre, de responsable capable de discuter d’égal à égal avec les autres. « Être un sujet responsable, c’est être capable de rendre compte à soi-même et aux autres de ce que l’on a fait de sa propre destinée, au lieu de se décharger constamment sur les autres ». Cela suppose que les peuples d’Afrique s’enracinent dans leur propre histoire pour la construire en sujets libres, pour pouvoir se confronter avec les autres parties du monde et s’élever à la hauteur de leurs ambitions.

Sonder la culture
L’Afrique a besoin d’un ensemble de facteurs qui, tirés de son histoire ancienne ou récente, permettent de poser la question de son développement en des termes stricts. « Il faut qu’elle se dote au moins d’une pensée stratégique qui est une problématique, un ensemble architecturé, un système argumenté de raisons articulé au service d’un dessein », affirme-t-il. Il est essentiel, pour l’universitaire, de réfléchir sur un demi-siècle d’échecs des politiques de développement clés en main faute de prendre en main les préoccupations culturelles des populations sans tomber toutefois dans un culturalisme à toutes fins. Car, il ne s’agit pas non plus de poser comme postulat que la culture favorise toujours le développement. L’étude de leurs rapports requiert de sonder à l’intérieur de la culture comment le développement s’y dit et s’y pratique. « Il y a une dialectique complexe qui se noue entre les deux ». La formation des élites de haut niveau, dans ce 21e siècle, décrété celui du savoir par les Nations unies, est fondamentale dans ce processus. Mamoussé Diagne l’exprime ici en d’autres termes : « C’est le degré de concentration de matières grises qui va décider de la place des nations sur la carte du monde ». Elles permettront d’appréhender la faiblesse des civilisations africaines résultant de leur caractère oral et de partager avec les peuples d’Afrique leur compréhension du développement qui n’est point une notion innocente.

Alassane Aliou MBAYE

« L’objectif est de participer à la promotion du livre et de la lecture dans notre pays. Il fallait entreprendre des initiatives parce que ces instruments d’éducation de notre jeunesse perdent de plus en plus d’espace. Il faut que le livre revienne dans le quotidien du Sénégalais. Par ailleurs, nous décernons deux prix littéraires. Il y a d’abord le Grand prix Cheikh Hamidou Kane pour le roman africain pour lequel le vainqueur aura une maison.

Pour le Grand prix de la Première dame du Sénégal pour la promotion de la littérature féminine, le lauréat bénéficiera d’un terrain de 150 m2. Une présélection de trois romans a été effectuée pour chaque prix. Le jury dévoilera  les noms des lauréats le samedi 4 juin. Pour cette première édition, parce que les sponsors sollicités ne nous ont pas accompagnés, nous avons limité la sélection aux publications de L’Harmattan. Les prochaines éditions seront ouvertes à toute l’Afrique et à la diaspora. »

A. A. MBAYE

Les professionnels de la télévision du continent se sont donné rendez-vous à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Le Discop, marché africain de l'audiovisuel, se tient jusqu’à ce jeudi 2 juin. Parmi les grandes tendances du petit écran, la profusion de séries télévisées produites sur le continent. Finie, la domination des telenovelas d'Amérique du Sud. Ces séries africaines sont devenues un enjeu pour les chaînes.

Bientôt la troisième saison de « Brouteurs.com », une série sur la cybercriminalité. Le tournage des nouveaux épisodes commence tout juste en Côte d'Ivoire. C’est l’une des multiples productions du continent. Un rendez-vous désormais incontournable pour les chaînes de télévision diffusées en Afrique.
« Les téléspectateurs viennent s’amuser en regardant les séries. Elles parlent des problématiques du continent, des problématiques sociétales. Donc tous les spectateurs se retrouvent dans les séries », explique Sandra Basset, la responsable adjointe du pôle Afrique à TV5 Monde. Et il y en a pour tous les goûts : séries policières, comiques, politiques, sentimentales ou plusieurs ingrédients à la fois, comme dans « Aimé malgré lui », tourné en Centrafrique. « Le numérique a permis à tout un chacun de pouvoir tourner des images. Il y a toute une créativité qui se développe. On produit vite sans formation, plus ou moins bien, mais en tout cas avec des idées », estime Sandra Basset. Parfois audacieuses, ces séries abordent des sujets de société délicats. Corruption, délinquance, sexualité comme dans « Jikulumessu », série angolaise diffusée en français sur A+ ou la série ghanéenne « An African City », l'histoire de cinq femmes belles, actives et qui cherchent l'amour, une thématique qui marche toujours.

rfi.fr

Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a remis, hier, des subventions à hauteur de 80 millions de FCfa à 34 associations et organisations du secteur. Cette modeste somme est, pour l’essentiel, destinée au bon fonctionnement des structures sélectionnées.

L’esplanade de la Maison de la culture Douta Seck a servi de cadre, hier, pour la remise de subventions aux associations et organisations culturelles. Au  nombre de 34,  elles ont reçu une somme globale de 80 millions de FCfa pour pouvoir assurer le bon fonctionnement de leurs structures. Sont bénéficiaires de ces chèques, l’association des plasticiennes du Sénégal, l’association internationale des arts plastiques, l’association des femmes comédiennes, l’Arcots, l’association « Kaay feec », l’association des métiers de la musique, le centre de recherche en espace manding, l’association «Jant-bi», le groupe «Da-brains», la plateforme des arts visuels, l’association pour la renaissance du pular, entre autres. 

D’après le directeur des Arts, Abdoulaye Coundoul, c’est partant du constat que ces associations avaient beaucoup de difficultés dans leur structuration que le ministre de la Culture les a instruits à sélectionner, sur la base de critères des associations, afin de leur faire bénéficier de subventions pour une bonne structuration et une formalisation  de leurs structures. A l’en croire, c’est sur la base d’une première liste qui renfermait 50 organisations et associations professionnelles qu’ils ont travaillé, finalement, 34 d’entre elles ont  été retenues. « Celles-ci ont réussi à remplir les conditions d’éligibilité que sont principalement l’ancrage social, le niveau d’activité et l’existence légale », soutient M. Coundoul.

Le représentant des organisations, Ousmane Faye, a invité tous les bénéficiaires de la subvention à mériter ce chèque en gérant les ressources allouées dans la plus grande transparence.

Présidant la cérémonie, le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a indiqué que cet appui participe au bon fonctionnement des structures bénéficiaires. « Il s’agit, pour l’Etat, de donner à ces organisations professionnelles et associations du secteur le minimum de moyens dont ils ont besoin pour mettre en chantier les projets pertinents qu’ils ont conçus. Le but est de mettre notre pays sur la voie de la croissance véritable, menant au développement durable », a lancé M. Ndiaye. Sur la même ligne, il a félicité les bénéficiaires. Pour ceux qui, bien que méritants, n’ont pu être concernés par la remise de ces subventions, le ministre de Culture les a réconfortés par ces mots : « Je leur demande de ne nourrir aucune inquiétude. Des cérémonies similaires auront encore lieu dès que l’instruction des dossiers en attente sera achevée, sous la seule réserve du respect des critères, de  la disponibilité des ressources, et seront même étendues à des activités comme les festivals de portée locale ou nationale ».

Maguette Guèye DIEDHIOU

Dakar a accueilli, hier, le lancement de la première étape de la plateforme « Mokolo.net ». Destinée à la promotion du cinéma, cette plateforme de mise en réseau pour les professionnels du septième art africain compte améliorer l’accessibilité et la visibilité en promouvant divers films réalisés par des Africains du continent et de la diaspora.

La plateforme « Mokolo.net » lancée, hier, à Dakar, entend donner un nouveau souffle au cinéma africain. Financée en 2014 par le programme Acp Cultures de l’Union européenne, cette plateforme veut établir une industrie du cinéma en ligne, qui mettra en lien la distribution, l’information et la mise en réseau de sites Internet au travers d’un portail unique. Il s’agira ainsi d’inclure une plateforme de mise en réseau pour les professionnels de l’industrie du film et leurs collègues dans d’autres parties du monde,  une plateforme d’informations pour les amateurs de films ayant un intérêt particulier pour les films et programmes africains. D’après Espera Donouvossi, chargé du projet, ce programme vise principalement à centraliser l’information sur le cinéma africain et de donner plus de visibilité aux cinéastes et à leur contenu. Mais également de créer l’échange entre les acteurs du septième art africain. En outre, « Mokolo » veut rendre accessible et promouvoir l’utilisation des nouvelles technologies existantes et à venir dans le domaine du cinéma et de l’audiovisuel. Cela, à travers la recherche, le développement et l’éducation. Par rapport à sa politique de contenu, la plateforme mise sur des partenaires diversifiés. Ce faisant, « les contenus proposés sont directement liés à la distribution, à la mise en réseau et aux interactions professionnelles, à la collaboration technologiques et numérique afin de renforcer l’accessibilité et la visibilité de l’industrie audiovisuelle sur le continent ».

Par ailleurs, pour répondre à la problématique de la formation des acteurs, une plateforme sera mise en place. L’objectif, explique Espera Donouvossi, est de permettre aux gens de s’auto-former via des vidéos, des éditoriaux. « Nous avons également prévu des formations physiques dans cinq régions pour pouvoir donner plus de visibilité à nos projets », a-t-il avancé.

Le programme « Mokolo » regroupe trois plateformes thématiques. Il s’agit de « Mokolo.tv », « Mokolo.pro » et « Moko.labs ».

La plateforme « Mokolo.pro » réunit les professionnels du cinéma africain et leurs collègues dans d’autres parties du monde avec diverses opportunités, projets, événements, festivals…

« Mokolo.labs » est une plateforme technique et multimédia avec un réseau d’informaticiens et de développeurs. L’objectif : la recherche et le développement d’outils technologiques s’inscrivant dans le cadre de la formation des acteurs et professionnels.

Enfin, « Mokolo tv » est destiné aux amoureux du cinéma. Il s’agit d’un portail web qui intègre de nombreux sources d’information et de plateformes de vidéo à la demande (Vod) avec du contenu africain. Né en 2010 à Yaoundé, au Cameroun, ce projet regroupe, aujourd’hui, des partenaires au Sénégal, au Kenya, au Cameroun, en Afrique du Sud et en Allemagne.

Ibrahima BA

Le poète-écrivain sénégalais Abdoulaye Fodé Ndione a été élu président de l’Union des écrivains d’Afrique et d’Asie au terme de la 7ème Conférence générale récemment tenue à El Gouna, en Egypte.

L’Union des écrivains d’Afrique et d’Asie a un nouveau président. A l’issue de la 7ème Conférence générale récemment organisée à El Gouna, en Egypte, le Sénégalais Abdoulaye Fodé Ndione a été élu président. « Je me réjouis de cette nomination et compte contribuer, avec l’ensemble des membres de l’Union, au rapprochement des écrivains africains, asiatiques et d’ailleurs. Nous jouerons notre rôle pour l’avènement d’un monde débarrassé d’injustices sociales et où il fera bon vivre », a affirmé le poète-écrivain sénégalais dans un communiqué, le 25 mai 2016, journée de l’Afrique.

Le document rapporte que l’élection du  poète-écrivain sénégalais Abdoulaye Fodé Ndione, membre actif de l’Association des écrivains du Sénégal, s’est déroulée sous la présidence d’Helmy El Namnam, ministre de la Culture et envoyé spécial du président de la République Abdel Fattah El Sissi en présence du gouverneur de la Mer Rouge, le général Ahmed Abdallah et des écrivains et auteurs en provenance de plusieurs pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. L’Egyptien Mohamed Salmawy, le secrétaire général de l’Union, a été reconduit. Le bureau composé d’écrivains, d’auteurs et de poètes chevronnés a été officiellement installé à l’issue de la conférence générale.

Le Sénégalais Abdoulaye Fodé Ndione, auteur de plusieurs recueils de poésie et de nouvelles, est aussi éditeur. Il est actuellement président d’Afrilivres, une organisation qui regroupe des éditeurs africains francophones.

L’Union des écrivains d’Afrique et d’Asie fut porté sur les fonts baptismaux à Tachkent en Ouzbékistan en octobre 1958, trois ans après la Conférence de Bandung en 1955 sous la houlette de Gandhi, de Gamal Abdel Nasser.

E. M. F.

L’artiste chanteur, Cheikh Lô, a été distingué prix spécial du festival « La Mar de Músicas » pour l’édition 2016. Selon un communiqué, le lauréat 2015 du prix Womex a été choisi pour l’ensemble de son œuvre artistique et pour son engagement panafricaniste. « La 22e édition du festival « La Mar de Músicas », qui se tient chaque année à Carthagène (province de Murcia en Espagne), décerne le prix spécial du festival à un artiste du monde », informe le document. Le texte précise que le prix spécial du festival sera remis à Cheikh Lô le 18 Juillet 2016 à l’auditorium El Batel de Cartagena (Murcia) à l'occasion d'une cérémonie officielle.

Pendant près d'un mois, renseigne le communiqué, ce festival transforme la ville en un grand forum de festivités. « Dans cet événement ouvert à tous les arts, une cinquantaine de groupes et de solistes se produiront sur les différentes scènes installées pour l’occasion », détaille le document.

« La Mar de Músicas » est considéré parmi les plus importants festivals consacrés aux musiques du monde. Cheikh Lô a récemment fêté, à Dakar, ses 40 ans de carrière musicale.  


E. M. FAYE

Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a procédé, hier, à l’installation du comité scientifique du Musée des civilisations noires. Composé d’une quinzaine de membres, ce comité se chargera de statuer sur l’organisation de la conférence internationale de préfiguration prévue du 28 au 31 juillet prochain à Dakar.

Le Comité scientifique du Musée des civilisations noires dont le rôle est de concevoir et de mettre en œuvre les activités préparatoires de l’inauguration dudit musée vient d’être officiellement installé par le ministre de la Culture et de la Communication. Cet instrument dirigé par le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Ibrahima Thioub, est chargé de réfléchir sur l’organisation de la conférence internationale de préfiguration prévue du 28 au 31 juillet prochain. Pour le ministre Mbagnick Ndiaye, ce Comité scientifique est la première étape d’un parcours qui doit conduire à la mise en place d’un Conseil scientifique international qui sera l’opérateur stratégique du futur musée. A l’en croire, la conférence de préfiguration doit définir la place du Musée des civilisations noires dans le paysage muséal mondial, circonscrire ses missions et sa stratégie. Mais également de mettre en place des stratégies, des outils et mécanismes qui lui permettront de mener ses activités. « Le produit attendu de cette réflexion est l’élaboration des grandes orientations scientifiques du musée qui seront le socle sur lequel devra s’ériger la politique globale de l’utilisation. Il s’agira, en définitive, de faire un bilan scientifique sur les travaux relatifs au monde noir, d’interroger la trajectoire des civilisations noires dans un monde global et nécessairement métis », a dit le ministre. Il a ajouté que le Musée des civilisations noires doit témoigner, en ce sens, « l’Eden noir pour fonder de nouvelles espérances ». Aussi, « sa réalisation est une exigence historique pour réconcilier le monde noir d’avec son histoire et offrir un ancrage puissant à toutes les mémoires en exil ».

Un laboratoire permanent de reconquête
Le Comité scientifique est composé d’une quinzaine de membres. Pour le directeur général du Musée des civilisations noires, Hamady Bocoum, avec l’installation de ce comité, les amarres viennent d’être larguées et le travail va être stabilisé. Par ailleurs, il a tenu à préciser que « ce musée n’est pas celui des Sénégalais, des Africains ou de la Diaspora mais un musée de civilisations noires dans un monde globalisé ». Ainsi, il s’agit, à ses yeux, de répondre aux risques de lessivage de « nos » civilisations, la perte d’identité. « Ce musée va essayer de se poser en laboratoire permanent de reconquête et de partage de nos valeurs. Mais également une fabrique de valeurs nouvelles car aucune société n’est statique », a-t-il laissé entendre. Ce faisant, le Musée des civilisations noires aura la tâche d’être représentatif de toutes les valeurs noires. Mais également d’être « à la confluence de toutes les approches ». D’après M. Bocoum, le comité scientifique national va se muer, au terme de la conférence internationale de préfiguration, en comité scientifique international.

Etalé sur une surface de 2,2 hectares avec une surface bâtie totale de 14. 000 m2, le Musée des civilisations est composé de salles d’exposition, un hall de cérémonie, une salle de protection digitale, des dépôts de collections, des bureaux et des locaux d’équipements. Ibrahima Thioub, président du comité scientifique, a indiqué qu’actuellement la culture est « très » sérieusement menacée dans sa diversité et sa pluralité. Il en est de même pour sa mercantilisation. « Le risque est de nous trouver dans une situation de monoculture où une culture dominante impose son modèle au reste de l’humanité. Pour prémunir contre cela, il est important qu’elle soit réaffirmée à la fois dans les traditions et dans une grande ouverture afin que l’Afrique puisse dire son mot au banquet de l’universel », a-t-il avancé. Pour y arriver, le Comité scientifique du Musée jouera un rôle déterminant en vue de rassembler les hommes de culture de l’Afrique et du monde.

Ibrahima BA

A lire aussi : Pr Iba Der Thiam, historien : « Un projet auquel le monde noir n’a cessé de penser… »

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Le Professeur Iba Der Thiam a été choisi pour prononcer la leçon inaugurale de la Conférence internationale de préfiguration prévue, du 28 au 31 juillet prochain, à Dakar. Pour lui, le Musée des civilisations noires est un projet auquel le monde noir n’a cessé de penser depuis ses origines. Cet outil « d’enracinement et d’ouverture va regrouper tout ce que le monde noir a rassemblé comme éléments de civilisation, de culture et d’identité permettant à ses populations d’être fières du passé de leur ancêtres », a ajouté M. Thiam.

Poursuivant, il a indiqué qu’en soutenant l’idée du Festival mondial des arts nègres en 1966, Senghor a toujours eu en tête cet objectif de doter le monde noir de cet outil permettant de reconstituer les différentes « séquences de son histoire, de pouvoir mettre en lumière sa contribution au patrimoine de l’universel et d’offrir à notre jeunesse, nos intellectuels, artistes et femmes » ainsi qu’à l’ensemble des catégories sociales qui composent la nation africaine, les raisons qui leur permettaient de croire en leur race, en leur culture et de pouvoir participer au patrimoine de l’universel.

D’après le Professeur Iba Der Thiam, après la chute du mur de Berlin et l’avènement de la globalisation, « nous sommes entrés dans un monde de pensée unique où, de plus en plus, les nouvelles technologies de l’information et de la communication visent à créer un monde dans lequel la culture devient un phénomène qui, de plus en plus, intègre l’ensemble des activités de l’existence humaine, et est banalisée à un tel point que nous assistons au développement d’une vision unique du monde… ».

L’historien a également déploré le « processus d’effacement systématique de toutes les valeurs de civilisation que notre pays a connues », tout en insistant sur la nécessité de recentrer les populations sur « nos » valeurs de civilisation. Ce faisant, pense-t-il, il faut, dans le processus de mise en place de l’Union africaine, privilégier la culture. D’où la pertinence de créer des ministères fédérales de la Culture.

I. BA

 

A lire aussi : Musée des civilisations noires : Le Comité scientifique officiellement installé

Lauréate de plusieurs Grammy Awards, Angélique Kidjo, artiste de renommée internationale, a reçu, vendredi dernier, le prix d’Ambassadeur de la conscience décerné par Amnesty International pour son engagement dans la liberté d’expression et l’éducation des filles en Afrique. Elle revient ainsi sur son engagement et ses rapports avec son pays d’origine qu’elle a fui vers les années 1980, dans un entretien qu’elle a accordé au quotidien Le Soleil.

Que représente pour vous ce prix d’Ambassadeur de la conscience décerné par Amnesty International ?
Pour moi, c’est une surprise. Je ne m’y attendais pas. Je le reçois avec beaucoup de fierté. Ce prix est un encouragement sur ce que je fais, c'est-à-dire être la voix de ceux qui n’ont pas de voix. Mais également de continuer à lutter pour la liberté de chacun.

Vous êtes aussi engagée dans l’éducation des filles en Afrique. Pourquoi un tel engagement de votre part ?
J’ai commencé à être activiste à l’âge de huit ans sans le savoir. Ma mère m’emmenait dans des groupes de femmes qui militaient pour leurs droits au vote et à choisir leur propre destinée. Toute petite encore, j’ai appris l’histoire de l’esclavage, de l’apartheid à travers la musique. Et ces deux ont été un réveil brutal pour moi. De ce fait, à l’âge de quinze ans, j’ai écrit une chanson qui s’appelait « Un jour viendra ». Une chanson qui était très dure et très violente. Mon père m’avait dit que la violence n’est pas une solution, elle est plutôt une impasse. Et qu’on n’arrive à rien quand on passe par elle. Et depuis, cette dernière est devenue celle d’un espoir d’un monde où il n’y aurait plus ni d’oppressant ni d’oppressés. Cet engagement, je le dois également à mes parents. J’ai grandi dans une famille de dix enfants, trois filles et sept garçons. Et puis mon père disait la seule richesse que je peux vous donner, c’est l’éducation. Avec son  salaire, il a pu mettre à l’école dix enfants avec les uniformes, les tutorats. Il disait : « Quoi que vous choisissiez de faire demain, l’éducation que vous allez recevoir à l’école vous sera toujours utile. Mais aussi, elle permet de comprendre la complexité du monde dans lequel nous vivons. Pour moi, l’éducation est un droit de naissance.

Et j’ai compris l’importance de l’école quand j’ai vu des copines forcées à marier des vieillards et d’être coupées du monde ; pourtant elles étaient très brillantes. En effet, aider les filles à accéder aux études, c’est les empêcher d’être dans de telles situations. Chaque année, en Afrique, on perd plus de 200.000 adolescentes qui meurent en accouchant parce qu’elles ont subi le mariage précoce. Je m’engage car il faut qu’on n’arrête de faire un lavage de cerveau aux filles en leur disant que leur avenir est dans le mariage.

Quelle distinction ou récompense vous a le plus marqué dans votre carrière musicale ?
Toutes, parce que toutes en un moment donné, ont joué un rôle différent dans ma vie et carrière musicale.

Comment vous êtes perçue en Occident ?
J’ai remarqué que ma passion en Occident, elle fait peur. Ils ne s’attendent pas à ce qu’une femme africaine puisse parler de beaucoup de sujets avec passion et en avoir autant la maîtrise. Alors qu’eux ne comprennent pas trop la complexité de ce continent aux langues, cultures, couleurs… différentes que certains résument à un pays. Souvent, les gens me disent : ton pays l’Afrique, je dis non, l’Afrique est un continent composé de pays différents. Et on ne peut pas construire une histoire commune sur tout le monde.

Quels sont les rapports que vous entretenez en ce moment avec votre pays d’origine, le Bénin, après un exil de trente ans ?
De bons rapports. Je dois y retourner demain pour faire une vidéo. J’ai interprété une chanson avec des artistes locaux pour une campagne contre le mariage des enfants. On a mis des artistes, hommes et femmes ensemble, pour parler de cette problématique. Ma carrière au Bénin est toujours d’actualité car je suis trop proche de mon pays. Ma mère va avoir bientôt 90 ans et je vais aller les fêter. J’ai des frères et des sœurs là-bas, donc c’est toujours un plaisir de rentrer chez moi.

Quel regard portez-vous sur la situation politique et économique du continent africain ?
Il y a des pays qui font des efforts, donc le bilan n’est pas complètement négatif en Afrique. Il y a des choses qui avancent et il faut absolument les remarquer. Au Rwanda, le parlement est à 60% de femmes. Cela me donne beaucoup d’espoir. Il faut seulement que des actes pareils soient encouragés un peu partout. Il nous faut des chaînes de télévisions africaines qui donnent les nouvelles du continent pour avoir une harmonie dans les histoires positives à raconter.

Propos recueillis par Marame Coumba SECK

La 3ème édition des « Xassaïd d’Or » qui récompensent et encouragent les meilleurs chanteurs, conférenciers et apprenants du Saint Coran a eu lieu samedi dernier au Grand théâtre de Dakar. A l’occasion, des récompenses ont été décernées à des récipiendaires.  

Samedi dernier, les « Xassaïd » (poèmes panégyriques dédiés au Prophète Mohamad -Psl) étaient à l’honneur au Grand théâtre de Dakar.
A l’initiative du représentant du Khalife général des mourides à Dakar, les meilleurs chanteurs, conférenciers et apprenants du Saint Coran ont été récompensés. Selon le ministre conseiller Arona Coumba Ndoffène Diouf, qui a assisté à la manifestation, cette rencontre de gratification est un moyen qui promeut les poèmes du guide des mourides, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. « Il a fait ses preuves. Son miracle se trouve dans ses écrits. Le Cheikh nous a proposé un projet de société modèle, pour le développement », a estimé le ministre conseiller, qui se dit favorable à une telle promotion. Cette manifestation organisée par Global Média Sa. a permis, au total, à 32 écoles coraniques d’y pouvoir participer. La récompense « Xassaïd d’Or » a été décernée à Cheikh Diop Mbaye, le « Kourel d’Or » est allé à Miftahoul Khouyor de Louga, la « Conférence d’Or » au conférencier Serigne Mbaye Nguirane et le premier prix « Aliwa d’Or » a été remporté par Ahmadou Bamba Bousso.

« Cet événement est un viatique pour les mourides. Le guide a même écrit un ouvrage dédié aux jeunes afin qu’ils se mettent sur le droit chemin. Ce livre, quand nous étions jeunes, nous a guidé et même permis d’arriver là où nous sommes aujourd’hui », a soutenu le ministre conseiller.

Pour sa part, Samba Diao, coordonnateur de la mosquée Massalikoul Djinaan et membre du comité de pilotage « Xassaïd d’Or », trouve normal que Mbackiyou Faye prime les amoureux des « Xassaïd » dont les bienfaits sont incalculables.  

De son côté, Serigne Mactar Mbacké, également membre du comité de pilotage, a indiqué que cette initiative est une preuve parfaite que nos « daaras » (écoles coraniques) méritent plus d’égard.

Serigne Mansour Sy CISSE

Quand des identités s’expriment dans le moule de ce qu’elles ont en commun, le rythme, il y a à craindre une disharmonie tout à fait excusable. Le ballet national « La Linguère » n’a pas seulement réussi la prouesse de composer une chorégraphie cohérente. Il a fait des petites singularités un ensemble représentatif de la Nation sénégalaise. C’était vendredi dernier au Théâtre national Daniel Sorano.

Le directeur général du Théâtre national Daniel Sorano, Sahite Sarr Samb, pour un mot de bienvenue, dit ceci : « Ce spectacle met en lumière la richesse et la diversité culturelle du Sénégal ». Les corps, les instruments chargés de les exciter et les voix berceuses du répertoire classique se sont employés à donner une signification à son propos. Le ballet « La Linguère » a procédé à un subtil décloisonnement chorégraphique qui emmêle les expressions artistiques des différents groupes humains du Sénégal.

Il ne s’est pas agi de les laisser se mouvoir solitairement dans la foi de leur génie harmonique. La scène était à partager pour mettre en évidence le dialogue des intelligences corporelles et rythmiques. Les cris des jeunes un peu trop agités, l’ardeur des pas les plus lestes et les signes d’acquiescement des carcasses « stoïques » parmi l’assistance traduisent une communion à laquelle fait référence le thème du spectacle, « Ce qui nous lie ».

Alioune Badara Bèye, n’a-t-il pas retrouvé, après s’être délecté de la créativité de cette cohorte de jeunes habiles, le « Sénégal profond » ? Il n’a été question que de cela en définitive. « Le réveil matinal » dessine un univers sonore et de la routine du terroir où la l’hospitalière nature n’essuie pas des dédains. Ici, on pile le mil pour se nourrir en espérant que le gibier sera gros, que le bois le cuira et luira si la lune se dérobe. La joie à la fois délirante et mystique des ballets manjacks et diolas, ensuite, met en lumière les prouesses du corps que la tyrannie du tam-tam et l’intimidant « Kankourang » n’inhibent point même s’il lui témoigne révérence.

Les « sautillements » distraient les perles assorties aux pagnes tissés dans leur silence et leur ordre. Dans ce monde, les pirouettes ne sont pas de vulgaires acrobaties. Elles répondent à un besoin ; celui-là d’être en fusion avec l’espace, avec soi et avec l’autre. Les bras et les jambes se toisent avant de signer un pacte de non agression. Le peulh, « en ballade », dans le nord aux festivités empreintes de symboles, ne s’y aventure guère parce qu’il est maître de la cadence.

Symboles
Le majestueux mouvement giratoire qu’il offre à voir entre dans une fureur lyrique quand la scène fiévreuse adresse des supplications aux pas. Ils la déchirent comme ceux du « Penc », subtil prolongement du « Réveil matinal » au village, qui ressuscitent les chants « Koriass » et « Damala ». Au pays sérère, ils ne renaissent pas. Les rythmes n’ont jamais quitté l’univers du labeur où il célèbre sa vitalité et implore la clémence des esprits. Ce tableau a été également pour le ballet « La Linguère » l’occasion de véhiculer ce message : la terre est généreuse pour qui sait en user convenablement. Le développement du pays ne saurait ainsi se réaliser sans l’agriculture. Le « Mariage Soninké » n’est pas une affaire de deux individus liés par des sentiments. Il est celui de la communauté attachée au legs des aïeux. Elle est davantage vigilante quand l’une des âmes éprises vient d’une autre contrée. L’arsenal mystique est mis en branle pour convoquer les esprits impassibles face à une opposition ténébreuse. Dans cet univers impénétrable, tout commence et se termine par la danse. Elle supplicie les corps, les fait succomber, les apaise et les ramène à la vie. Tout, dans cette expression chorégraphique que Ndèye Bana Mbaye, directrice du ballet national « La Linguère », s’est employée à rendre sublime et représentatif, s’adresse à l’homme dans sa faculté à fusionner avec son prochain et avec la nature.

Alassane Aliou MBAYE


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