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Arts et Culture (2433)

Dans le cadre de ses activités Rse, la Sonatel entend accompagner les communes dans l’accès au wifi. La ville de Rufisque a abrité le lancement de ce projet. Pour six mois, la Place Gabard et le Jardin public de Rufisque seront connectés gratuitement.

Les Rufisquois vivent désormais une nouvelle expérience avec l’Internet, grâce à la Sonatel. La Société nationale des télécommunications vient, en effet, de rendre l’accès au Wifi libre et gratuit à la Place Gabard, une mythique place publique de la vieille cité, au quartier Keuri Souf, dans le centre-ville. Ce projet expérimental de la Sonatel intitulé Sonatel Wifizone sera testé dans trois communes de la région de Dakar, à savoir Parcelles assainies, Sacré-Cœur et Rufisque.

Première ville à accueillir le projet, Rufisque Wifi Vert a été lancé par le directeur de la Communication de Sonatel, Abdou Karim Mbengue, et les responsables de la municipalité de Rufisque dont Amadou Sène Niang, le coordonnateur du projet dans la commune. M. Niang signale qu’avec ce projet, Rufisque va récupérer et réaménager certaines places publiques en les dotant, en plus du wifi, d’espaces verts et de bancs publics.

« A ce jour, a expliqué Amadou Sène Niang, pas moins de 30 sites ont été identifiés à Rufisque et les 10 sont dotés de bancs publics. Mais ce que nous souhaitons le plus, c’est la réhabilitation du Vieux Rufisque ». En plus de la Place Gabard, le Jardin public de Rufisque sera connecté au wifi haut débit de la Sonatel. « Nous avons l’une des plus belles villes du Sénégal et nous ambitionnons d’en faire la ville la plus connectée à l’image de la ville de Kigali au Rwanda. Pour cela, il nous faut changer de cadre de vie », a expliqué M. Niang.

Au nom des bénéficiaires, Alioune Badara Diack a magnifié la mise en œuvre de ce projet, estimant qu’avec Rufisque Wifi Vert, deux problèmes seront résolus. Il s’agit, selon lui, de l’insalubrité et de la sécurité dans certains lieux publics de la commune. En outre, selon M. Diack, ce projet participe à la formation des jeunes en leur donnant de nouvelles connaissances. Seulement, l’accès au Wifi sera encadré par la Sonatel, puisque aucune personne ne peut se connecter, plus de 2 tours d’horloge.
Pour la protection des plus jeunes, certains sites sont inaccessibles. La gratuité du wifi dans ces lieux publics ne dépassera pas 6 mois. Au-delà, la Sonatel se désengage pour permettre à d’autres structures de prendre le relai.

C’est la raison pour laquelle, Amadou Sène Niang a exhorté les entreprises installées à Rufisque à mettre la main à la pâte pour accompagner ce projet. Pour Abdou Karim Mbengue, le directeur de la Communication et des Relations extérieures de la Sonatel, cet effort de Sonatel de rendre accessible et gratuit le Wifi entre dans le cadre de la politique Rse de l’entreprise.

Maguette NDONG

Pour marquer le premier anniversaire de son équipe locale, la Radio Chine internationale (Rci), en collaboration avec l’Institut Confucius, a organisé, hier, un concours de discours sur le thème « La Chine et moi ». Cheikh Mbacké Amar et Mame Mbodj Faye en sont les lauréats. En sus de la qualité des productions, cette activité a mis en évidence le tournant heureux que sont en train de prendre les relations entre le Sénégal et la République populaire de Chine magnifiées par son ambassadeur à Dakar.

Il a été question pour les 14 candidats sélectionnés de produire un discours en français ou en chinois. Huit parmi eux l’ont prononcé dans la langue de Molière. Cheikh Mbacké Amar, doctorant au département d’histoire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, en est le vainqueur. Le prix pour le discours en mandarin est revenu à Mame Mbodj Faye. Ils ont également été soumis à une petite interrogation de culture générale qui a mis en relief leur intérêt pour ce pays asiatique.

L’ambassadeur de la République de Chine au Sénégal, Zhang Xun, s’en est vivement félicité : « J’ai été impressionné par l’admiration et l’enthousiasme des jeunes sénégalais pour mon pays à travers leurs discours et la volonté de la nombreuse assistance d’apprendre, de découvrir et d’échanger avec une autre culture ». Cela atteste de la qualité des échanges sino-sénégalais. La géographie n’est pas un écueil pour des « pays unis par des aspirations communes ».

Il a réitéré l’engagement de l’Etat chinois à accompagner celui du Sénégal pour donner plus d’ampleur à une coopération de bonne facture qui contribue à la promotion de la culture. Les discours prononcés, selon lui, ne sont qu’un juste témoignage des résultats des échanges culturels. Il s’est par ailleurs réjoui de la qualité des contenus produits par l’équipe locale de Rci adaptés aux besoins des auditeurs sénégalais. « Elle nous imprègne à la fois de la culture chinoise et de celle-là sénégalaise », magnifie-t-il, heureux que l’esprit de la Rci soit préservée.

Le directeur de l’Institut Confucius, le professeur Mamadou Fall, a abondé dans le même sens pour mettre en lumière « la généreuse coopération » développée par la Chine au Sénégal. Elle met son expérience et son savoir-faire au service du peuple sénégalais. Ce concours de discours peut être considéré comme un des premiers actes posés dans le cadre d’un partenariat prochain entre l’Institut Confucius et la Rci pour agir en synergie dans la construction d’un pont entre les deux peuples. C’est tout le sens de ce déploiement qui « ne saurait être interprété comme une propagande », a tenu à préciser Mariama Sylla Faye, directrice générale de la Rci. Le rapprochement entre les deux peuples ne doit pas être seulement mesuré, à l’en croire, à l’aune des réalisations d’infrastructures. Il faut s’affranchir des barrières de l’exotisme par une connaissance mutuelle des cultures respectives.

Alassane Aliou MBAYE

Vice-président de la Fédération des métiers de la culture du Sénégal (Femec), consultant, parolier, promoteur et formateur dans l’environnement juridique de la musique et conseiller spécial au Grand théâtre national, son nom se confond avec beaucoup d’engagement et de passion pour la musique sénégalaise. Dans un entretien avec « Le Soleil », Guissé Pène revient sur ses motivations et l’environnement juridique de la musique.

Le nom de Guissé Pène se confond avec un engagement, une passion pour la musique. Qu’est-ce qui motive ce vif intérêt ?
Ce qui motive cet intérêt, c’est que je suis originaire de trois régions extrêmement culturelles et musicales à savoir le Fouta, le Niambour et le Cayor. Et ma mère, Adja Ngouye Ndao fut choriste du plus célèbre chanteur sénégalais dans les années 1940, Ndiaye Lô. Ensuite, j’ai mon frère Oumar Pène qui est aussi dans la musique. Mais, cette passion de la musique m’est venue depuis l’enfantce du fait que je participais au « Kassac ». Ce qui m’a permis d’avoir une voix et d’être dans la musique.

Quand dans les années 1978 j’ai rejoint ma famille en France, de grands orchestres sénégalais comme Number One et le Baobab y venaient en tournée. Ce qui a suscité une nostalgie chez moi. A la suite de cela, nous nous sommes constitués en groupe puisqu’il y avait quelques musiciens sénégalais tels que Thierno Koaté du Baobab, Blain Mbaye, des Antillais et des Cap-Verdiens. Et ensemble, puisque nous avions des passions communes, nous avons constitué un groupe local pour assouvir un peu la nostalgie des Sénégalais. Un groupe dans lequel on chantait dans plusieurs langues. A l’époque, j’étais le lead-vocal. N’ayant pas de textes, je reprenais les vieilles chansons sénégalaises.

Quel a été la raison de votre retour au Sénégal ?
Depuis la France, je voyais le dynamisme de la musique sénégalaise qui commençait à se faire une place sur la scène internationale. Mais, une fois au Sénégal, je m’étais rendu compte que ce dynamisme n’était pas accompagné d’une organisation interne. En cela, j’ai eu l’idée de l’organiser. Il y a eu des associations antérieures, mais qui n’ont pas survécu longtemps. Ce qui m’a permis de capitaliser une expérience à partir de ces échecs pour définir ce que je veux faire à travers l’Organisation des métiers de culture, de la musique. Au lieu que ce soit des organisations stéréotypées, j’ai réussi la synthèse, notamment à mettre toutes les composantes de la musique bien que ces dernières, ont quelques fois, des relations conflictuelles.

Je suis donc mû par cette passion qu’il faudrait sauvegarder et protéger pour que les artistes soient plus créatifs et plus permanents malgré tous les problèmes auxquels ils sont confrontés.

Au début, la musique était-elle aussi crédible qu’elle l’est aujourd’hui ?
Elle l’était moins qu’aujourd’hui. Elle a un secteur vulnérable qui a beaucoup peiné à se développer. Auparavant, les gens investissaient le secteur de la musique parce qu’ils avaient échoué. Mais, des gens comme Youssou Ndour, Baaba Maal, Thione Seck ont réussi à crédibiliser la musique. Aujourd’hui, on est fier d’avoir un musicien dans sa famille. En effet, la musique s’est constituée en une industrie conquérante. Elle donne plus de rayonnement que tout autre secteur. Quand Youssou Ndour chantait en 1998 l’hymne de la Coupe du monde de football, ce sont des milliards d’individus qui ont simultanément entendu le nom du Sénégal. Je crois que rien ne vaut tel un tel rayonnement.

Vous parliez tout à l’heure de la vulnérabilité de la musique. En quoi elle est aussi vulnérable ?
Elle est vulnérable d’abord par rapport à sa consommation, mais aussi par rapport à sa perception. L’artiste ne vit que de son art, mais si dans cet art, il ne peut plus subvenir à ses besoins par la faute d’un environnement juridique faible, par la faute des consommateurs qui préfèrent acheter un produit illicite qu’un produit licite qui permet à l’artiste d’être plus performant. Elle l’est également par rapport aux organes de diffusion qui ne payent pas comme il le faut les droits d’auteur. Tous ces manquements concourent à appauvrir les artistes. Pour exister, sont obligés de bâcler leurs productions, de n’être plus performants ni conquérants dans ce qu’ils font, et sortent des produits que pour exister. Car tout ce qui concoure à rentabiliser leur travail est annihilé.

En parlant d’environnement juridique musical faible, qu’est-ce qui est fait pour l’assainir ?
Dès l’arrivée de l’Association des métiers de la musique du Sénégal (Ams) sur la scène, nous avons prévu un programme à neuf points orienté spécifiquement dans l’environnement juridique de la musique qui était obsolète. Dans 1990 à 1999, tous les supports musicaux étaient analogiques. Et la loi qui régissait la musique à cette époque ne prenait pas en compte l’aspect numérique qui est la grande avancée. En effet, des cassettes se sont retrouvées dans des Cd, dans des clés Usb, dans des ordinateurs, dans des portables, entre autres. Ce qui permettait à n’importe qui de ne pas être sanctionné dans le cadre d’un piratage.

Notre cheval de bataille a été ainsi de revoir cet environnement de la musique et de l’adapter au contexte. Cela nous a pris beaucoup d’années. Il a fallu se battre neuf ans pour se faire entendre. La loi sur les droits d’auteurs et les droits voisins n’a été votée à l’Assemblée nationale qu’en 2008. Et de 2008 à janvier 2016, il y avait une incompréhension totale des textes pour que ce projet de loi voté soit promulgué. Il a fallu qu’on rencontre, le mois de mars dernier, le président de la République pour relancer la procédure. Une rencontre dans laquelle il y avait une demande générale des acteurs culturels : la signature du décret présidentiel qui officialise cette loi sur les droits d’auteurs et les droits voisins. En même temps, la Société de gestion collective qui avait été mise en place en 2014 et qui ne fonctionnait pas du fait que le Bureau sénégalais des droits d’auteurs (Bsda) existait encore. Ce qui a fait qu’on s’était retrouvé avec deux sociétés de gestion collective.

Finalement, laquelle maintenir parmi les deux ?
Aujourd’hui, nous en sommes à la loi de dévolution, c’est-à-dire le patrimoine du Bsda doit être versé dans la Société sénégalaise du droit d’auteur et du droit voisin qui a été constituée et qui est devenue légale. Sauf que les procédures commencent à tirer en longueur.

Quel sera l’apport de cette Société de gestion collective dans l’environnement de la musique, dans la production ?
Elle va fondamentalement tout changer. Elle va prendre en compte tous les aspects numériques liés à l’évolution des technologies.

Elle va aussi permettre de revoir tous les contrats signés avec les diffuseurs qui trainent les mains pour payer les droits d’auteurs.

Beaucoup parmi eux, notamment les télévisions et les radios, sont calqués à partir d’un forfait. Or, dans la loi, il n’y a que deux façons de payer les droits d’auteur. Soit c’est 4,5 % sur les recettes publicitaires ou 6,5 % du budget global. Si on prend un organe de diffusion comme la Radiotélévision sénégalaise (Rts), il a un budget d’environ de 2 milliards de FCfa par an. Si vous prenez les 6,5 %, vous allez vous retrouvez avec 300 millions contrairement à ses 20 millions qu’elle verse chaque année. Donc, cette loi aura forcément d’impact sur l’artiste, par conséquent sur sa production. Par exemple, le créateur qui gagnait 100.000 FCfa par perception, devrait pouvoir gagner un million. Nous avons besoin d’être plus dynamique et plus performant car on ne peut pas créer quand on a faim.

Quels sont les succès et les échecs qui vous ont marqué comme ancien secrétaire général de l’Ams ?
Je ne vois ni succès ni échec dans la marche de l’Ams. La seule chose à noter, c’est l’impact qu’elle a eu dans le public en ayant plus de 3.000 adhérents en l’espace d’un an. Ce qui veut dire que les gens ont compris la nécessité de s’organiser. D’échecs, on ne peut pas en parler puisque l’Ams est là et continue son chemin. C’est un bébé, donc en tant que son créateur, je ne peux pas fermer les yeux. On va pousser les jeunes qui, aujourd’hui, ont plus de ressources, pour qu’ils soient plus dynamiques et plus disponibles. Autrement, elle est le principal partenaire de l’Etat du Sénégal et le partenaire privilégié des représentations diplomatiques à savoir les ambassades et les consulats, de l’Union européenne, de la Banque mondiale (Bm). Membre de la Fédération internationale de la musique (Fim) basée à Genève, elle a réussi à avoir 20 formateurs dans l’environnement juridique.

Alors qu’au départ, on était tous vierge. C’est en son sein qu’on a eu cette envie d’aller apprendre, d’aller se former pour former.

Je crois qu’elle est un bien public qui appartient au Sénégalais.

Côté musique, qu’est-ce qu’elle a apporté aux nouveaux talents ?
C’est d’abord qu’ils soient conscients de leurs droits et de leurs devoirs. Beaucoup de soi-disant producteurs, à l’époque, étaient plus commerçants que producteurs. Ils bafouaient l’intérêt de ces derniers. La musique, ce n’est pas seulement la production. Le produit a une durée de vie. Donc, il y a d’autres composants qui vont jouer leurs partitions. Par exemple, il y a les arrangeurs, ceux qui ont créé les mélodies, les auteurs, tous ces gens ne voyaient pas l’argent sinon en droit d’auteur. C’est le producteur qui venait signer une cassette à 7, 8 ou 10 millions et qui les mettait en poche sans qu’il yait de suite.

D’où vient cette complicité entre vous et les artistes, et moyennant quoi ?
Peut-être que je suis franc avec eux. L’artiste, c’est un « grand enfant » qui a besoin d’être sécurisé. Je leur donne des conseils sans état dame et sans aucune rémunération. Quand quelqu’un parmi eux a un problème, je lui montre les voies et moyens pour les résoudre de manière gratuite. Et cette gratuité m’a animé depuis que j’y suis.

De moins en moins de tubes de l’été. Quelle explication vous en donnez ?
Un tube d’été n’est rien d’autre qu’une valeur commerciale ou l’impact que cela fait sur le public. Aujourd’hui, il sera difficile d’en produire car l’artiste qui vend 1.000 Cd, albums ou singles, fait une performance. Alors qu’il y a dix ans, 50 à 60 mille Cd pouvaient être vendus en un jour. Ce gap est à signaler par rapport à la non-consommabilité de la musique sénégalaise. On voit rarement de bonnes productions et de tubes. Il faudrait que l’ensemble des producteurs et des consommateurs se concertent pour définir le tube de l’été de l’année. Actuellement, s’il devrait être défini, ce sera en l’absence des producteurs parce que les rares producteurs que l’on trouve au Sénégal sont des labels qui ont des catalogues d’artistes qui leur sont propres. C’est le cas de Prince Art. Sinon, les artistes s’autoproduisent. Ce sera donc difficile si on ne réorganise pas le secteur, si on n’encourage pas la production, si on n’améliore pas l’environnement juridique pour permettre à l’artiste d’être performant. Par contre, nous avons connu en 2009 un titre comme « Maana » de Fallou Dieng qui a vraiment marqué les Sénégalais. Il y a eu également l’album « Esprit life » de Pape et Cheikh en 2012 qui a été considéré comme le meilleur de l’été. Sinon, c’est un désert.

Quel regard portez-vous sur la création musicale ?
J’avoue que ces temps-ci, je suis sur ma faim. Les artistes sénégalais ne sont plus créatifs, il faut le reconnaître. D’où la nécessite, dans l’état actuel, de la formation. Le monde bouge. Les Sénégalais ne consomment plus la musique de manière lucrative. Ils commencent à savoir ce qu’est un bon son, un beau texte et une belle musique. En effet, les artistes ne doivent pas produire que pour exister. Ils doivent savoir que la musique est une chaîne où tous les maillons sont essentiels pour faire de la bonne musique.

L’artiste qui n’a pas un bon texte n’a qu’à aller voir un bon parolier. Celui qui ne sait pas arranger n’a qu’à voir un bon arrangeur.

On ne peut pas tout faire tout seul. Autre problème, tout le monde utilise la musique sans savoirs les enjeux. Beaucoup d’autorités prennent les musiciens comme les amuseurs publics. Mais, si elles se rendaient compte de l’enjeu économique qu’il y a dans la musique, l’impact social qu’il y a, elles verront d’un autre œil cette activité qui s’est instituée à une industrie qui crée des emplois.

Propos recueillis par Marame Coumba SECK

La réalisation de son téléfilm intitulé « Fari ak Mbañig », nécessite un budget arrêté à la somme de près de 20 millions de FCfa. L’enseignant-chercheur et auteur, Khaly dit Xaalima Sarr, garde espoir suite à sa demande introduite auprès du Fonds de promotion à l'industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica) pour réaliser son projet audiovisuel, perçu comme outil de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel par le conte.

Khaly Xaalima Sarr est à la recherche de financement pour la réalisation d’un téléfilm intitulé « Fari ak Mbañig ». Le projet se situe, selon lui, « dans un contexte où le cinéma sénégalais connaît un regain d’intérêt malgré les difficultés ».

Enseignant-chercheur et écrivain, Khaly Sarr, conscient pour autant des difficultés du secteur cinématographique, a déjà introduit une demande auprès du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica) et reste dans l’espoir de bénéficier d’une suite favorable à sa requête.

« Pour dire, il est vrai que les moyens pour réaliser des productions se font rares dans les régions, nonobstant le talent et la volonté des producteurs ou scénaristes », a-t-il indiqué. Mais, pour Khaly Sarr, le Sénégal reste une plaque tournante du cinéma et qu’en conséquence, il urge de promouvoir les productions locales pour le secteur culturel. Ainsi, la réalisation de cette production « Fari ak Mbañig » rentre dans ce sillage, souligne-t-il.

Le scénariste thiéssois, par ailleurs animateur d’une émission culturelle dans une radio locale depuis 1999, campe déjà ce que sera ce téléfilm : « Fari et Mbañig », deux personnages burlesques qui mènent une existence compliquée. « En fait, c’est Fari qui ouvre le bal en se mariant avec «Kàccoor», sans avoir le consentement de son oncle «Baay Alé». Mbañig lui aussi, avait une liaison amoureuse avec Miss Karo, qui accepte de se marier avec lui. Après lui avoir donné beaucoup d’argent, Miss Karo quitte le pays pour l’étranger », indique Khaly Sarr.

Favoriser les productions des régions
« Mariés, ils unissent leurs forces pour travailler ensemble au marché, elle comme bonne chez Madame Diallo et lui comme marchand ambulant. La jalousie s’installa entre les deux conjoints. Et cette situation créa des problèmes dans le couple d’abord entre Fari et Yoro peul, ensuite entre Mbañig et Mari Njaago. Chacun mena une vie difficile, même leurs tuteurs Baay Alé et sa femme Absa n’échapperont pas à leurs comportements », poursuit notre interlocuteur qui a bien voulu nous donner un avant-goût de cette série de plus d’une trentaine d’épisodes.

L’objectif affiché du promoteur, Khaly Sarr, cadre avec la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel par le conte grâce à  l’utilisation de supports de communication modernes tels que les téléfilms. A travers la participation et la création d’emplois pour les jeunes artistes, la professionnalisation du secteur cinématographique et artistique. Mais, surtout, il permettra de favoriser les productions artistiques des régions, d’offrir aux artistes comédiens et techniciens de cinéma des revenus substantiels et de mettre les artistes à l’étrier du marché de la production audiovisuelle tout comme les scénaristes au service de l’éducation et de l’éveil des consciences.

En tout cas, Khaly Sarr, par ailleurs président de l’Association des écrivains et chercheurs en langues nationales (Aecln), bénéficie d’une solide expérience et de bonnes dispositions pour la promotion et la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel. Il a réalisé beaucoup d’œuvres adaptées à l’audiovisuel mais aussi a écrit des poèmes, contes, des nouvelles, des romans et réalisé également des pièces de théâtre.

 Mohamadou SAGNE

La commune de Kolda va abriter la 9ème édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac), prévu le mois de décembre prochain.

La 9ème édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac) se tiendra en mois de décembre prochain, à Kolda. L’annonce a été faite hier, par Birane Niang, secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, lors d’un Crd présidé par le maire de Kolda, Abdoulaye Bibi Baldé, par ailleurs ministre de l’Environnement et du Développement durable.

M. Niang a, en outre, annoncé la décision du ministre de la Culture et de la Communication de doter la région de Kolda d’un studio d’enregistrement avant la tenue de ce Festival. Mbagnick Ndiaye accède ainsi à une vieille doléance des acteurs culturels de la région de Kolda qui étaient obligés, jusque-là, d’aller à Dakar pour enregistrer leur album.

Ces acteurs culturels, déplorent également le manque d’infrastructures et l’absence de formation et le retard pris dans le démarrage des travaux de construction du complexe culturel de Kolda. « Les acteurs culturels ont effectivement fait part de leur préoccupation par rapport aux infrastructures de manière générale, le studio d’enregistrement y compris. Dès qu’on a été informé de cette question lors de cette réunion-là, j’ai demandé au directeur de l’Administration générale et de l’Equipement ici présent, pour le programme du ministère par rapport aux studios qui sont acquis cette année. Le ministre m’a demandé au téléphone de réaménager les prévisions qui avaient été faites au profit des acteurs culturels de Kolda », a déclaré Birane Niang.

Pour ce qui concerne le complexe culturel qui sera appelé « Maison de la Culture et des Arts », dont le coût des travaux est estimé à 2 milliards de FCfa, le processus est déjà en cours, si l’on en croit M. Niang. Il demande aux acteurs culturels de Kolda d’intégrer des associations pour pouvoir bénéficier d’une formation. Il les invite, par ailleurs, à s’adresser au Centre culturel régional de Kolda pour avoir des renseignements sur les conditions d’accès aux fonds mis en place à leur intention par le ministère de la Culture et de la Communication.

Le maire de Kolda s’est réjoui de la tenue de la prochaine édition du Fesnac dans sa commune. « Kolda a l’honneur d’abriter la 9ème édition du Fesnac. C’est, pour nous, un défi extrêmement important à relever parce que nous serons, pendant quelques jours, la capitale culturelle du Sénégal. Nous comptons relever le défi de la préparation et de l’organisation », a dit Abdoulaye Bibi Baldé.

Mamadou Aliou DIALLO

Le chanteur Lamine Fomba vient de mettre sur le marché sénégalais son quatrième album, titré « Lion ». Cet opus de sept titres, sorti au mois d’avril dernier, est composé dans une diversité de sonorités.

Après « Sétou », « Emigrés » et « Diamono Métina », le chanteur dakarois Lamine Fomba se rappelle aux mélomanes avec la sortie de son quatrième album, « Lion ». Dans ce disque de sept titres, l’artiste de Grand-Dakar mêle plusieurs sonorités. Du mbalax à la salsa en passant par le reggae et le zouk, Lamine Fomba chante, loue le travail des autorités, conseille et dénonce certaines pratiques. Par exemple, dans le deuxième morceau de l’album titré « La paix en Côte d’Ivoire », Fomba prône un retour à la paix en Côte d’ivoire.

« Dans cet album, j’ai composé mes chansons dans une variété de sonorités aussi bien modernes que traditionnelles », dit-il. Deux morceaux sont chantés en reggae et deux autres en salsa. Sans compter le morceau titré « La paix en Côte d’Ivoire » qui a été composé dans un rythme purement ivoirien tandis que celui titré « Amina » est composé dans une sonorité de zouk.

« Ce morceau "Amina" est dédié aux femmes. Je les appelle à plus de prudence dans leur ménage afin qu’elles puissent mieux le gérer face aux ragots et autres commérages de femmes », argue Lamine Fomba.

Outre ces morceaux, le chanteur a également composé en salsa le morceau « Ndioukël », dans lequel il fait l’éloge du maire Khalifa Sall, de Me El Hadj Diouf, entre autres autorités. Le sport n’a pas été en reste dans sa palette de musique. Dans le dernier morceau titré « Equipe nationale », Lamine Fomba formule également des conseils, aussi bien à l’entraîneur de l’équipe nationale qu’aux joueurs et supporters pour pouvoir maintenir le flambeau haut.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Thiès - Ils sont 120 enfants à se familiariser, depuis le 20 juillet dernier et ce jusqu’au ce mercredi, 3 août, au patrimoine culturel et artistique des terroirs. Cela dans le cadre de l’Opération enfance culture (Oec), organisée par le Centre culturel régional de Thiès.

« Le projet est conçu dans le but de stimuler le goût de la création artistique et favoriser l’émulation de la vertu créatrice et imaginative chez les enfants », a indiqué Anne Marie Faye, directrice régionale du Centre culturel régional de Thiès. Selon elle, l’initiative vient combler le vide de l’irrégularité des camps de vacances, du manque d’activités d’épanouissement pour les enfants alliant le ludique, l’instructif et l’éducatif, de l’absence quasi-totale de cadre d’expressions artistiques et culturelles entièrement dédiées à l’enfant. Il s’y ajoute également et surtout le désengagement de certains parents pendant les grandes vacances.

Ainsi, en initiant cette Opération enfance culture, le Centre culturel régional de Thiès vise à favoriser un carré qui réunit toutes les conditions d’épanouissement, d’équilibre et du respect en faveur des enfants. Une illustration parfaite pour créer l’émulation au niveau de certains parents de la Ville de Thiès qui se sont bousculés devant les responsables de l’opération afin de disposer d’une place pour leurs enfants.

Mme Faye souligne que « cette année, 120 enfants âgés de 7 à 14 ans du primaire et du moyen, enfants de la rue, en situation difficile et handicapés ont été inscrits pour être initiés aux arts plastiques, à la musique, au théâtre, à l’écriture de conte et à la danse. Ceci, à travers cinq ateliers au sein desquels une opération de détection de jeunes talents est aussi organisée. Autant d’activités alliées à l’activité physique et sportive associée en même temps aux jeux traditionnels (Wuré, Lambi Golo, Kupé Wurus, Wuré Mbam, etc.) ; pour ainsi favoriser la renaissance de certaines valeurs traditionnelles.

Des visites découvertes sont aussi organisées aux manufactures des arts décoratifs et au musée de Thiès et l’instant patrimoine sera l’occasion de réconcilier les enfants avec leur culture ».

Cette initiative intitulée « Opération enfance culture », organisée en partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication, l’Inspection d’Académie et la Fondation Sonatel, sera clôturée aujourd’hui, mercredi 3 août. Les enfants sont encadrés dans leurs travaux par des professionnels de la culture et des moniteurs diplômés des collectivités éducatives.

Mohamadou SAGNE

Le Festival « Won ma ni nga meuné » (exprime ton talent) s’est tenu le week-end dernier à Hann Bel air. Pour l’initiateur de l’événement, Yoro Bâ, l’objectif était de faire exprimer les talents des différents participants.

« Il fallait l’éclosion des talents, l’épanouissement des vocations. C’est un festival des arts et des métiers pour une culture de l’émergence. Qui veut bâtir un avenir commence par la formation des jeunes », a dit Yoro Bâ, promoteur du Festival « Won ma ni nga meuné » (exprime ton talent).

L’organisation de cet événement a été possible grâce au soutien de bonnes volontés qui ont accompagné le festival, a informé M. Bâ, qui ajoute que ces nouveaux talents feront l'objet de suivi et d'assistance.

Le festival a été rythmé par diverses activités, dont un podium de concours à l’appel au muezzin, de récital de Coran, de chants, de musiques et percussions sacrés autour du thème : « Vie du Prophète ». Un panel sur jeunesse et Plan Sénégal émergent s’est tenu au Parc de Hann pour traiter de la problématique de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’artisanat. Les organisateurs ont assisté à une cérémonie de démonstration en lutte simple traditionnelle en présence de plusieurs ethnies.

Présent lors des manifestations, Dame Diop, directeur du Fonds de financement à la formation professionnelle et technique (3Fpt), a rappelé que sa structure est disposée à accompagner les Sénégalais dans le choix respectif de leur formation.

Une foire économique a aussi été organisée, durant ce festival des arts et métiers, pour vendre des tableaux d'art peints par de jeunes artistes. Les organisateurs ont collaboré aussi avec des juristes pour édifier les populations sur les questions de justice ; sans compter la présence de Suma Assistance qui a joué sa partition, en enseignant les gestes de premiers secours aux invités.

Serigne Mansour Sy CISSE

C’est avec une programmation artistique exceptionnelle sous le thème « Jouons la diversité » que le saxophoniste camerounais de renommée mondiale, Manu Dibango, se rendra à Rio de Janeiro à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques d’été de 2016 dans le cadre de sa mission de Grand Témoin de la Francophonie.

Selon un communiqué de presse de l’Oif, pour l’occasion des Jeux olympiques 2016, Manu Dibango a fait réaliser un hymne en français pour illustrer la richesse de la rencontre des diversités dans le cadre des Jeux. Composé par James Bks et écrit par Passi, l’hymne de la Francophonie est interprété par les artistes Inna Modja, Black M et Christophe Willem, avec la participation de Manu Dibango lui-même.

« L’idée derrière cette démarche est que cette chanson puisse être reprise par divers artistes de la Francophonie sur des rythmes différents, afin de proposer un voyage dans l’espace francophone à l’occasion des Jeux de Rio. Parlé sur les cinq continents, le français est aussi la première langue officielle du Comité international olympique. Les Jeux sont donc une occasion de célébrer notre langue commune et de montrer par la musique qu’elle est aussi porteuse des valeurs de l’olympisme, de la liberté et de la diversité », a déclaré Manu Dibango.

L’hymne de la Francophonie sera interprété, entre autres, lors d’un grand concert de Manu Dibango et de son orchestre, le Soul Makossa Gang, ainsi qu’à l’occasion de divers concerts prévus dans les maisons olympiques francophones avec la participation d’artistes invités de renom dont Black M, Christophe Willem Inna Modja, Fabrice Di Falco, et Sylvain Bezia.

Une exposition à Rome présente pour quelques semaines 21 sculptures bouddhistes japonaises qui n'étaient jamais sorties de l'archipel nippon, dans le cadre des célébrations des 150 ans du Traité d'Amitié et du Commerce entre l'Italie et le Japon. Jusqu'au 4 septembre, le musée des écuries du Quirinal, en face du palais présidentiel, fait honneur à ces pièces allant de la période Asuka (VIIIe siècle) à la période Kamkura (XIIIe siècle), qui représentent Bouddha, des bodhisattva et d'autres divinités.« Même au Japon, ces statues ne sont pas facilement accessibles, car elles doivent rester dans la pénombre des temples et des sanctuaires qui les abritent », expliquent les organisateurs. Le bouddhisme a été introduit au Japon au VIe siècle avant de connaître son apogée sous la période Heian (794-1185), en particulier à Kyoto.

(AFP)

Le musée Théodore Monod d’art africain, en partenariat avec le Musée des civilisations noires, abrite, depuis vendredi dernier, l’exposition « Texte-styles : étoffes, graphisme et société ». Elle met en lumière le savoir-faire africain et explore les domaines de l’esthétique des peuples du continent. La conjonction avec l’art contemporain est réalisée par « l’intrusion » d’artistes sénégalais qui, par la thématique qu’ils abordent, dessinent le même univers de créativité et de sens.

Si la tapisserie de l’artiste-peintre Kalidou Kassé, « Le réveil sous les auspices de l’espoir », était la conjonction qui relie toutes les expressions -et probablement les émotions- d’une géographie et d’un temps distincts, l’ingéniosité, ici, qu’elle soit utilitaire, ou purement esthétique, renvoie à l’espoir ; celui d’aboutir à une beauté ou à une « fonctionnalité ». Quelquefois les deux. Car, en Afrique, ces deux qualités s’entremêlent de manière indifférente et naturelle. Cette exposition crée, avec bonheur et sans rupture, une articulation entre le passé, le présent et l’avenir. 

L’art ancien n’y concrétise, dans les faits, que les aspirations communes de peuples astreints à l’inventivité pour modeler des objets et leur conférer un sens. L’art contemporain fait-il autre chose que cela ? C’est là une alchimie divine. « Nous devons refluer au fond de nos mémoires, de notre conscience collective pour nous approprier notre identité, nous adosser à des valeurs socio-traditionnelles et culturelles afin d’envisager l’avenir avec sérénité ». 

Kalidou Kassé ne fait pas que le dire. Il le montre et entre en résonance avec des époques pour décloisonner « les inventivités ». « Natangue » (prospérité), une autre somptueuse tapisserie, est plus qu’un pont d’espérance passive. C’est une visée inscrite dans une perspective collective.

Certaines images iconographiques d’un autre temps sonnent comme une réfutation d’un raisonnement simpliste sur la femme africaine. Elle ne languit pas d’oisiveté ni ne se soumet à une corvée qui inhibent sa créativité. Elle développe, dans son espace de liberté et de jouissance, des pratiques esthétiques dans la mesure de sa technologie moins affutée que celle du tisserand, maître d’œuvre d’une symbiose entre le gracieux et l’utilitaire.

Pagne tissé
Loin d’être de simples atours, de signes de richesse et de pouvoir, « les textiles proclament la haute technicité du savoir-faire des sociétés africaines. Ils sont les indicateurs du raffinement des goûts esthétiques et confirment la maîtrise de l’alchimie des matériaux », souligne El Hadji Malick Ndiaye, conservateur du Musée Théodore Monod d’art africain. Cette habileté, selon lui, a évolué au fil de l’histoire, à telle enseigne qu’il aurait été incomplet d’exposer les textiles sans donner à voir la pratique industrielle et l’ingéniosité plastique de nos artistes contemporains. Le dialogue entre patrimoine et création s’imposait donc de fait. Ainsi, le « pagne de l’excisée » n’est point une exhibition d’un luxe. Il fait référence à une pratique culturelle par-delà le fignolage du tisserand équipé d’une rudimentaire navette, d’un peigne. C’est ce génie que l’artiste et critique d’art, Alioune Badiane, veut mettre en lumière.

Chez lui, le pagne tissé, traduction incomplète de « rabal », dit assez de choses pour que l’artiste ait besoin d’y produire des interférences. L’ancien directeur des Arts le valorise par une expression personnelle et majestueuse déterminant une harmonie connexe qui prolonge une idée. « A travers le "rabal", je produis des réflexions. Je dis ce que j’ai à dire ». Le tisserand, dans son rapport avec son travail pour prendre en charge sa quotidienneté, n’aurait pas tort de dire « je fais ce que j’ai à faire » ; deux expressions attestant de l’étroitesse de la ligne de démarcation entre le dire et le faire comme celle avec l’esthétique et l’utilitaire en Afrique. El Hadji Malick Ndiaye le dit fort justement : « Les textiles montrent et cachent des expressions culturelles et des modes de vie ».

Le pagne d’écorce de Côte d’Ivoire, le vêtement de chasseur « Niamévolo », l’habit de guerre mossi, le sac écorce battue du Dahomey, le banc à battre les vêtements du Sénégal, entre autres intelligences, ne traduisent qu’un bouillonnement d’idées et d’initiatives des peuples d’Afrique. Il revient à ses fils de ce temps fiévreux d’introduire des innovations dans l’art en s’affranchissant de concepts paralysants pour que la lumière de leur créativité rompe l’uniformité.

Alassane Aliou MBAYE

Le ministère de la Culture et de la Communication vient de lancer l’édition 2016 du concours du Grand Prix du président de la République pour les Lettres.  

Les participants à ce concours devront remplir une fiche de participation individuelle à déposer au Secrétariat du jury assuré par la Direction du livre et de la lecture (19 avenue Hassan II-Ex Sarraut), au plus tard le 30 septembre 2016, ainsi que 10 exemplaires de l’œuvre au concours. Selon un communiqué, le Grand Prix du président de la République pour les Lettres a pour but d’honorer, dans le domaine des Lettres, l’écrivain sénégalais, qui se sera le plus distingué par la qualité de son œuvre, de susciter le goût de la créativité littéraire, de promouvoir les écrivains et la lecture.

Mais également d’accompagner les femmes et les jeunes créateurs dans le domaine de la littérature. C’est ainsi qu’un diplôme sera décerné au lauréat et des récompenses spéciales seront remises aux femmes et aux jeunes écrivains. Doté d'un montant de 10 millions de FCfa, le Grand Prix du président de la République pour les Lettres est décerné, chaque année, à l'occasion de la rentrée littéraire, fixée au dernier trimestre de l’année. Il « s’adresse à toute personne de nationalité sénégalaise, établie au Sénégal ou à l’étranger et écrivant en langue française ou en langues nationales ».

Les œuvres concernées sont publiées de 2012 à 2016. Pour chaque candidat, une seule œuvre est admise au concours. Les genres admis à ce concours sont la nouvelle, le roman, le théâtre, la poésie et le conte. Ils « sont évalués en fonction de la qualité de la langue, du respect des contraintes du genre, de la créativité de l’auteur et de l’originalité ».

Ibrahima BA

L’ambassade d’Espagne au Sénégal, en partenariat avec le Musée de la femme Henriette Bathily, organise la quatrième édition du concours littéraire Cultura Dakar. Ce concours, dont les inscriptions vont jusqu’au 30 août, est ouvert aux étudiants universitaires et lycéens, qui peuvent présenter leurs textes en français ou espagnol. Un prix d’une valeur de 300.000 FCfa est prévu pour récompenser les lauréats.

Le concours littéraire Cultura Dakar propose aux étudiants universitaires et lycéens de faire des compositions littéraires ou essais sur des femmes africaines qui représentent les valeurs présentes dans le roman « Le Quixote » dans le contexte africain. Ainsi, « la ligne narrative du Quichotte se déroule autour de la lutte de don Quichotte pour la défense des idéaux universels tels que la justice, la liberté, la défense des plus démunis, tout en se conduisant selon le code de conduite chevalier de courtoisie, courage, humilité, fidélité ».

L’ambassade d’Espagne et le Musée de la femme prenant en compte l’universalité des sujets relevés par l’œuvre du Quixote, proposent aux participants de faire un exercice de réflexion et créativité en identifiant des femmes reconnues ou anonymes qui incarnent leurs valeurs pour faire des compositions en français ou en espagnol. Des prix pour deux catégories (universitaires et lycéens) et pour chaque langue (Espagnol et Français) seront décernés aux lauréats au mois d’octobre prochain. 

I. BA

Le ministre de la Culture et de la Communication a présidé, hier, la cérémonie de clôture de la conférence internationale de préfiguration du Musée des civilisations noires (Mcn). Mbagnick Ndiaye a assuré que l’Etat du Sénégal s’emploiera à étudier les meilleures stratégies pour la mise en œuvre des recommandations issues de cette rencontre.

La conférence internationale de préfiguration du Musée des civilisations noires (Mcn), qui a réuni, durant trois jours, des artistes, intellectuels, universitaires, muséologues, hommes d’art et de culture, s’est achevée hier à Dakar. Cette rencontre dont l’un des objectifs est d’établir un modèle pour le Musée des civilisations noires dans la cartographie des musées du XVIe siècle, de dégager tous les aspects et les spécificités de ce musée ainsi que de définir un canevas de travail en tenant compte de sa dimension évolution, a été un fort moment de partage et d’échanges. Lequel a permis d’aboutir à une série de recommandations. 

Parmi ces dernières, a expliqué Felwine Sarr, lisant le rapport général des travaux, il s’agit de faire du Mcn un pôle de développement culturel s’ouvrant aux autres domaines du secteur dont le théâtre, la danse, la musique et le livre. Les experts ont suggéré d’ériger le Musée des civilisations en institution de l’Union africaine et des institutions régionales d’intégration.
Sur le plan du marketing et de la communication, il a été proposé la mise en place d’une politique de produits et de services de diffusion et de communication. Les participants à cette conférence ont demandé de mettre en place des expositions temporaires allant de deux à cinq ans, de définir des stratégies de prêt avec les autres musées, de réfléchir sur la programmation du Musée.

Mais également de faire en sorte qu’il soit un support de narration des histoires africaines et de leurs diasporas ainsi que de la valorisation de leur patrimoine culturel, matériel et immatériel. L’autre point de ces recommandations concerne la révision de certains concepts. Par exemple, le concept de civilisation sera revisité dans son historicité et dans son actualité.

Adéquation avec les réalités africaines
Ce que veulent les acteurs, a avancé lbrahima Thioub, président du Comité scientifique de la conférence de préfiguration, c’est de faire du Musée des civilisations noires un musée dynamique ouvert à tous les alizés et qui mobilise l’ensemble des composantes de la société. Cela, en prenant en compte les préoccupations de toutes les communautés. « Nous allons inscrire ce musée dans le temps long de l’histoire, mais tout en l’ouvrant dans une prospective très large. Ce n’est pas un musée de la fixité qui nous a été recommandé. Mais un musée qui se crée tous les jours », a-t-il indiqué, ajoutant qu’il s’agira également d’un lieu de production de ressources et de revenus. Mais aussi une institution ouverte à l’éducation.
Le directeur général du Musée, Hamady Bocoum, a insisté sur l’invention et la création, qui doivent occuper une place centrale dans cette institution. A l’en croire, il s’agit d’un musée qui refuse «  la parole unique et se restructurera tous les jours ».

Pour le ministre la Culture et de la Communication, l’Etat du Sénégal « s’emploiera à étudier les meilleures stratégies pour la mise en œuvre des recommandations issues des travaux de cette conférence afin que le Musée des civilisations noires, conformément à sa vocation, devienne le haut lieu de cultures ouvertes sur le monde ».

D’après Mbagnick Ndiaye, les conclusions des travaux de cette conférence fondent beaucoup d’espoir sur le futur du Musée des civilisations noires. Lequel est, aux yeux du ministre de la Culture et de la Communication, un pari sur un avenir de confiance pour la jeunesse africaine et de la diaspora, loin des conceptions réductrices et des stéréotypés.
« Le Musée contribuera à inverser des tendances négatives en montrant une image des civilisations noires en adéquation avec les réalités d’hier et aujourd’hui.
C’est-à-dire des réalités ni complaisamment enrobées de beauté, ni abusivement surchargées d’insuffisances inhérentes à toutes les sociétés », a-t-il déclaré.

Ibrahima BA

La 17ème édition de la Grande nuit sérère a été placée sous le signe de la diversité culturelle et ethnique. En plus de la communauté sérère, des troupes soninké et peule ont participé à cette grande messe culturelle.

Le Théâtre national Daniel Sorano est devenu trop exigu pour abriter la Grande nuit sérère, un événement culturel organisé, chaque année, par l’Ong « Ndef Leng ». Vendredi, ce mythique temple de la culture était rempli comme un œuf, à l’occasion de la 17ème édition. Malgré une chaleur d’étuve, le public a massivement effectué le déplacement. Cette fois, ce n’est pas seulement la communauté sérère dans sa diversité qui a célébré ce grand rendez-vous de la culture. Une troupe de danse soninké et des artistes peuls y ont également pris part. Ces hôtes de marque ont gratifié le public d’une belle prestation. Comme d’habitude, la Grande nuit sérère a été placée sous le signe de la diversité.

Première artiste à monter sur le podium, la célèbre cantatrice de Diofior, Amy Gamboul Faye, est une habituée de la Grande nuit sérère. Véritable bête de scène, elle a fait étalage de tout son talent de grande cantatrice et de danseuse hors-pair ; au grand bonheur de ses nombreux fans. Avec sa belle chorégraphie, ses mythiques calebasses et l’accoutrement traditionnel de sa troupe, les fameux pagnes tissés, elle s’identifie aux Sérères de Diofior, de Fimela et peut-être des Iles du Saloum.

Dans les trois chansons qu’elle a fredonnées, elle a vanté certaines valeurs ancestrales telles que le culte du travail, le courage, l’honnêteté. La communauté safène s’est aussi dignement fait représenter par son ambassadeur, le talentueux Idy Faye de Diass. D’où les salves d’applaudissement nourris et autres cris de joie qui ont accompagné cet artiste profondément ancré dans sa culture tout au long de sa prestation musicale. La musicienne Mame Seyni Tine de Pambal est, elle, apparue en digne successeur de Marie Ngoné Ndione. Sa voix suave, ses chansons, ses danses, sa chorégraphie rappellent à souhait, la grande musicienne sérère none ; elle-même dénichée à la faveur de la Grande nuit sérère. Ses trois tubes ont fini d’enflammer un public acquis à sa cause. Dans la pure tradition des griots des familles royales, Ngoné Sène de Ngayokhème (Niakhar) a effectué une prestation digne d’une disciple de la défunte cantatrice Yandé Codou Sène. Autant de spectacles qui laissent croire que la relève est d’ores et déjà assurée.

Le ministre de la Communication et de la Culture, Mbagnick Ndiaye, et ses homologues Alioune Sarr, Me Sidiki Kaba, Eva Marie Colle Seck et Viviane Bampassy ne sont pas restés insensibles au spectacle, félicitant sans cesse les artistes. Le président de L’Ong « Ndef Leng », Mbagnick Ndiaye, a dit sa joie au terme de la manifestation, non sans rappeler le sens de cette Grande nuit sérère. 

La culture, ciment de la Nation
« Cette grande manifestation sert d’abord à la promotion des artistes sérères. C’est ainsi que la plupart des grands musiciens sérères que nous connaissons, de Mbaye Ndiaye à Simon Sène, en passant par les Latyr Faye, Alioune Faye et autre Marie Ngoné, ont été détectés grâce à cette initiative », a-t-il rappelé.  Il s’est réjoui du caractère « particulier » de cette soirée qui, outre la communauté sérère, a vu la participation des parents soninkés et peuls.
Mbagnick Ndiaye a souligné que le président Macky Sall a donné des instructions pour que la culture soit le ciment de la Nation sénégalaise. Il s’est félicité de la présence des ministres Viviane Bampassy, d’Alioune Sarr, de Sidiki Kaba.
« C’est une très belle soirée. Nous avons vu les différentes facettes culturelles de la communauté sérère mais également eu droit à une belle prestation des artistes peuls et soninkés. Bref, nous avons vu le Sénégal dans toute sa diversité et cela constitue un très bon signe. Il y a une forte cohésion sociale. Les plaisanteries entre ethnies tout au long du spectacle montrent qu’au Sénégal, nous sommes frères et sœurs », a magnifié le ministre de Justice, Garde des Sceaux. Me Kaba a insisté sur la nécessité de défendre « cette richesse nationale, cette cohésion nationale », garante d’une paix sociale.
Diégane SARR

A l’issue d’une assemblée générale tenue, samedi dernier, à la Maison de la presse, à Dakar, El hadji Abdoulaye Thiam, journaliste au Quotidien national Le Soleil, a été élu nouveau président de la section sénégalaise de l’Union de la presse francophone (Upf). Il remplace Abdou Gningue qui vient de boucler un mandat de 6 ans et 4 mois.

Selon un communiqué de presse, « la décision de tenir l’assemblée générale de la section de l’Upf-Sénégal fait suite à une demande de l’Upf-Internationale, présidée par notre compatriote Madiambal Diagne, demandant le renouvellement de toutes les sections à la veille des 45e Assises de l’Upf, prévues à Antisirabé, à Madagascar, du 20 au 24 novembre prochain ».

La section sénégalaise a abrité, il y a deux ans, les 43e Assises de la relance de l’Upf sous la présidence du chef de l’Etat Macky Sall. De nouveaux membres dont des femmes occupent désormais des postes clés dans le bureau de l’Upf-Sénégal, comme la trésorerie générale, l’organisation et le secrétariat adjoint. « Dans son intervention, El hadji Abdoulaye Thiam a appelé à une plus grande mobilisation des confrères et consœurs face aux nombreux défis qui attendent la nouvelle équipe, lit-on dans le communiqué.  

Déjà en plein préparatifs de la participation du Sénégal aux 45e Assises de la presse francophone, une délégation de l’Upf-Section Sénégal avait était reçue, mardi dernier, en audience par le ministre porte-parole du gouvernement.  Seydou Guèye avait alors promis d’être l’avocat de l’Upf-Sénégal auprès du chef de l’Etat et du Premier ministre pour une participation à ces Assises de la presse francophone, de qualité, dans le respect de la parité…

Homme d’image et d’écriture, Alain Ducournau continue d’étrenner ses productions cinématographiques dans le pays de la Téranga, sa terre d’accueil depuis 2007. Après quelques films documentaires et émissions de télévision, le réalisateur  français vient de nous faire découvrir, de façon assez exceptionnelle, son  tout dernier documentaire, titré « Au-delà de mots, des hommes », lequel relate l’histoire récente du Sénégal liée à la France et à la francophonie.

Il a voulu marquer la sortie de son dernier film documentaire, par l’organisation d’une grande fête populaire au Théâtre national Sorano, à Dakar. Une grande soirée aux facettes culturelles multiples à son image. Alain Ducournau, est en effet un homme à plusieurs casquettes. De haut-fonctionnaire français, il est passé au journalisme et à la réalisation de films sans oublier la photographie, sa passion personnelle. « Je suis l’un des rares aujourd’hui à travailler en même temps sur l’image, la télévision, le film et la photo. Je prolonge toujours la force de l’image par le regard de la photo. Cela donne plus de force à l’émotion, à la sensibilité et à la transmission. Je m’appuie très souvent dans tous mes documentaires sur la photo que je fais moi-même », renseigne-t-il.

Journaliste de formation, Alain Ducournau  a également un penchant pour le  cinéma qui l’a d’ailleurs conduit à être réalisateur de film. « Ma passion pour le cinéma est née d’une grande curiosité et d’un souhait particulier de vouloir transmettre quelque chose », laisse-t-il entendre. Précisant qu’aujourd’hui, il s’est confié à une tâche, celle de traiter les choses de manière journalistique mais sans les  dénoncer. « Je raconte ce que je vois. Si quelque chose doit être dit, je sais le dire en tant que journaliste mais je lie toujours la photo, l’image et la vidéo au texte. Ce qui permet de faire comprendre aux gens qu’on ne peut pas le contester », argue M. Ducournau. Dans ce travail, on peut dire que le réalisateur français est en train de faire long chemin. En réalité, Alain Ducournau a jusqu’ici réalisé, une trentaine de films documentaires aussi bien en France qu’au Sénégal en passant par le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie et quelques pays du  Maghreb. Pour le Sénégal, sa terre d’accueil depuis 2007, il en décompte déjà plusieurs. « Au Sénégal, j’ai eu à réaliser, « Gorée, l’île des âmes perdues », en 2011. Suivront, « La baie de Hann, la baie poubelle », en 2013, « Mon ami le roi », « Les enfants de Kayar », « A la vie, à la mort » sur l’émigration clandestine. Après il y a eu aussi des portraits particuliers comme le portrait réalisé sur « Duggy-Tee, la légende urbaine », « Mao l’africain » et à « A fleurs de peau » qui est l’histoire d’un jeune mannequin Coumbelle Kane qui construisait sa petite carrière alors qu’à l’époque, elle n’avait que 17 ans », informe le cinéaste français.

« Gorée, l’île des âmes perdues »
En plus d’être réalisateur de films, Alain Ducournau est aussi producteur d’émissions de télévision sur la Rts, la 2Stv et la Tfm. « Je travaille sur deux ou trois chaînes de télévision sénégalaise sur des thématiques très particulières. C’est le cas de « Mode et musique en liberté », sur la Rts. Il y a aussi d’autres documentaires titrés « Histoires de peuples », « Histoire d’océans et de fleuves » avec la 2Stv. J’ai une grosse émission économique « Trajectoire » qui passait aussi à la 2Stv. Ces émissions ont vécu dans ces cinq dernières années  », fait-il savoir. Pour mener à bien son travail  dans ces productions d’émission, Alain Ducournau a bâti sa propre équipe  sénégalaise. « J’ai formé de jeunes Sénégalais qui m’ont toujours suivi à travers mes émissions depuis six ans maintenant. Ils sont même devenus des clés essentielles au cinéma sénégalais. C’est le cas de Nourou, un des rares directeur de la Photographie qui a tourné avec le réalisateur Moussa Touré, d’Ibrahima Christian Camara qui est réalisateur-monteur, d’Abdourahmane Kâ, réalisateur-photo et d’autres cadreurs comme Ibou Sow, entre autres », souligne Alain  Ducournau.

Originaire de Biarritz (Sud-Ouest de la France, au pays basque), ce sexagénaire, père de deux enfants, dit s’être installé définitivement au Sénégal. Il veut continuer à donner des choses à un pays qui en retour lui apprend beaucoup. « J’ai l’impression d’y être toujours en voyage », dit-il.
Comme autres perspectives dans l’avenir, le réalisateur-français compte également reprendre les tournages qu’il avait suspendus. « Je veux reprendre mes tournages. Ce sont des tournages d’une grande série de documentaires qui retracent l’histoire du peuple peul et qui s’appelle « Dans mes veines coule mon fleuve ». Il y a eu 3 mois déjà de tournage. Il ne me reste plus qu’à tourner toute la partie du Mali, du Niger en passant par la Mauritanie. Nous descendrons également en tournage jusqu'en Israël », confie-t-il.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Il fait partie de ceux qui façonnent l’histoire des cultures urbaines au Sénégal. Même s’il a quitté les podiums et cédé le micro, il continue de lutter pour donner âme à un secteur qui est resté très longtemps en marge de l’élaboration des politiques culturelles publiques. Amadou Fall Bâ, nommé administrateur de la Maison des cultures urbaines (Mcu), est  chargé de mission à la Ville de Dakar.  Un petit bonhomme, pur produit du hip hop, membre fondateur  d’Africulturban, directeur du Festa2H, engagé dans le défi de la structuration des cultures urbaines au Sénégal.

Comment est né ce projet de Maison des cultures urbaines de Dakar ?
La Maison des cultures urbaines (Mcu) est une initiative de la Ville de Dakar. Depuis 2011, nous sommes dans les négociations. D’abord, c’était avec feu Oumar Ndao, qui était le directeur de la Culture et du Tourisme à la mairie de Dakar. Il y a eu, durant tout ce temps, des pourparlers  au Centre socioculturel de Liberté 4 qui devrait  normalement abriter la Mcu. Mais, par la suite, on a eu des soucis avec les occupants. Toutefois, c’est un bâtiment qui appartient à la Ville de Dakar, qui polarise 18 centres socioculturels. La nouvelle politique de la maire consiste à redynamiser et à revaloriser les centres socioculturels.  Avec ce programme de feu Oumar Ndao, il y avait un pôle pour les cultures urbaines. Lorsque le maire de Dakar s’est approché de nous, nous nous sommes dit que nous allons accompagner la Ville, mais sur la base de termes de référence assez clairs. Car, il s’agit, à la fois, d’une activité politique et publique. Simon et Docta était les personnes les plus concernées dans ce projet du fait de leur proximité avec feu Oumar Ndao.  Après, ils ont élargi le groupe en appelant les gens d’Africulturban avec Matador, Fou Malade, Awadi… Le programme est une sorte de délégation de pouvoir. La Ville amène les moyens et c’est à nous de gérer l’expertise. Après une première réunion avec la Ville de Dakar, en décembre 2013, le maire m’a copté pour gérer ce projet.

Aujourd’hui, quel est le rôle et l’objectif de la Maison des cultures urbaines ?
Il s’agit d’un espace d’animation, de formation et de documentation aux métiers des cultures urbaines. C’est également une manière de permettre aux jeunes qui ont un certain talent d’avoir un métier en adéquation avec le marché du travail. Par métiers de cultures urbaines, il faut entendre la vidéo, photo, graphisme, sérigraphie, musiques urbaines, danses urbaines, Dj, graffiti, beatbox, mode, streetwea, etc. Il y a tellement de métiers qui gravitent autour des cultures urbaines, mais on n’en parle pas. La formation constitue la première vocation de ce  centre.  D’autant plus que ce n’est pas un grand centre,  pour tous nos événements, nous développons des concepts qu’on appelle « Hors les murs ». Car, nous devons agir dans les 19 communes de la Ville de Dakar.  Notre objectif est d’avoir un centre fonctionnel et une salle de spectacle dédiée aux cultures urbaines. Nous avons aujourd’hui de gros problèmes pour jouer au Grand Théâtre national. Non seulement c’est cher, mais ce n’est pas aussi adéquat  par rapport à ce que l’on fait. La Mcu doit servir aux jeunes qui ont besoin de soutien institutionnel.  

Peut-on savoir le nombre de jeunes qui sont liés aujourd’hui de manière directe ou indirecte à la Maison des cultures urbaines ?
Depuis 2015, plus de 300 jeunes ont eu à bénéficier de la formation dans le cadre du projet de la Maison des cultures urbaines. Actuellement, nous sommes en train de faire un camp de vacances à Ouakam pour encore former des jeunes.

Quel est l’état des lieux des cultures urbaines au Sénégal ?
Je pense qu’il y a des défis à relever. Mais, j’ai l’impression que les gens ne veulent pas se frotter à cela. Au lieu de prendre les escaliers, on préfère prendre les ascenseurs.  Au Sénégal, les groupes de rap sont estimés à 3.000 pour 12 millions d’habitants. Ce qui fait un groupe de rap pour  4.000 habitants. On fait mieux que les pharmaciens, mais on ne soigne personne.  Nous sommes là, nous faisons du bruit, certains sont d’accord avec nous et d’autres non. Toutefois, nous pesons sur l’échiquier culturel, social et politique du pays. Mais est-ce que les gens arrivent à gagner leur vie ? Je pense que ce genre de métier est une profession de foi. Aujourd’hui, il urge de relever le défi de la structuration dans ce milieu. Le rap a un quart de siècle ; ce qui est énorme.  En 25 ans, je ne connais pas des gens au niveau de la gente féminine qui ont réussi dans ce milieu. Je ne connais pas non plus des gens qui travaillent dans le secteur des cultures urbaines et qui ont réussi à gagner leur vie.  Sur les 3.000 groupes rap, il n’y en a pas plus de 10 qui vivent de leur métier.
 
Africulturban dont vous-êtes le membre fondateur a dix ans. Quel bilan faites-vous de cette structure entièrement dédiée aux cultures urbaines ?
Africulturban est une association à but non lucratif pour la  promotion et le développement des cultures urbaines au Sénégal. Nous avons des coopérations sous-régionales  notamment avec la Mauritanie, le Zimbabwe et le Maroc. Contrairement à la Maison des cultures urbaines, qui doit être bientôt une association, Africulturban est une association reconnue par l’Etat du Sénégal.  Si, au départ, nous étions seulement 15 jeunes avec un budget de 0 FCfa, actuellement, nous sommes 1.250 membres pour un budget de 300.000 euros. Avec zéro personne qualifiée, au départ, nous nous sommes retrouvés aujourd’hui avec des ressources humaines de 10 à 12 personnes qui savent faire quelque chose. Par exemple, je suis membre fondateur d’Africulturban, mais auparavant, je n’avais jamais écrit un projet dans ma vie.  Présentement, c'est moi qui pilote tous les projets, qui cherche l’argent et fais   la communication de la structure.

Quel peut être le rôle et la place des cultures urbaines dans un pays comme le Sénégal ?
Je pense que si un maire de Dakar décide d’allouer un projet spécifique aux cultures urbaines, c’est parce que, tout simplement, il y a un  intérêt. De même que si le président République décide d’octroyer un Fonds spécial pour les cultures urbaines de 300 millions de FCfa... Aujourd’hui, tout le monde sait ce que le mouvement « Y en a marre » a fait au Sénégal. Je pense qu’on ne peut pas faire ce pays culturellement parlant sans les cultures urbaines.

Je suis en train de faire un mémoire de Master sur la prise en charge des cultures urbaines dans l’élaboration des politiques culturelles au Sénégal. J’ai fait beaucoup de recherches et d’enquêtes. Ces travaux m’ont permis de me rendre compte qu’on ne connaissait pas ce secteur. L’expression culture urbaine est récente.  C’est Africulturban qui l’a amenée dans ce pays. Aujourd’hui, beaucoup de gens nous copient sans savoir l’interprétation que nous nous donnons aux cultures urbaines. A la base, le rôle du hip hop est d’aider à conscientiser les masses. Après, les temps ont évolué, et nous devons nous adapter. Dans le passé, nous pouvions rester dans notre coin, faire des textes et attaquer le gouvernement. Aujourd’hui, la plupart des artistes, qui sont structurés, ont des studios, des labels. Ils ont aussi des centres culturels à l'image de Fou malade. Le hip hop n’échappe pas au changement de paradigme. Il faut  s’avoir s’adapter ou bien disparaître.

L’Etat du Sénégal a  décidé d’allouer un Fonds spécial aux cultures urbaines. Quelle lecture faites-vous de ce geste ?
Il s’agit d’un geste salutaire. Mais quand la Ville de Dakar, qui est une petite partie de l’État central arrive à débloquer 240 millions de FCfa pour soutenir les cultures urbaines, je ne peux pas comprendre que l’Etat central puisse mettre 300 millions de FCfa seulement.  J’avais demandé à ce que l’on fasse autant qu’on a fait pour le cinéma. Ce n’est pas une façon de se mesurer au cinéma, mais, quand même, les cultures urbaines représentent beaucoup dans ce pays. Je pense qu’il faut  plus d’un  milliard de FCfa pour construire un secteur.  

Qu’en est-il de votre projet de Centre international des cultures urbaines à Pikine ?
A Pikine, on a certes un centre culturel, mais il ne fonctionne pas. Les gens n’ont pas accès à la culture. Pour regarder un bon concert, il faut aller en ville. L’aller et retour entre Pikine et Dakar en taxi, c’est à peu près 6.000 FCfa. J’ai exposé ce problème à des partenaires allemands entre 2014 et 2015 avant que l’on aille  rencontrer le maire de la localité.
Ce dernier a très bien approuvé le projet et a fait part de son intention de faire de Pikine la Ville des cultures urbaines.  Après discussion, l’édile de la Ville nous a dit qu’il est prêt à nous céder le terrain.  Il nous a octroyé 10 hectares en face du site où est prévue la construction de l’arène nationale. Il faut rappeler que pour ce centre, le plan a déjà été fait.  Il sera logé au niveau de ce que l’on appelle la nouvelle Ville de Pikine. Les Allemands sont prêts à accompagner le projet et nous attendons l’appui de l’Etat pour le démarrage de ce projet dont le montant est fixé autour d’un milliard de FCfa.

Propos recueillis par Ibrahima BA

Les acteurs de la culture urbaine s’étaient donné rendez-vous, jeudi dernier, à l’hôtel de ville de Dakar. Venus très nombreux, ils se sont déplacés dans le cadre d’une conférence de presse portant sur le lancement de la deuxième phase des activités de la Maison des cultures urbaines (Mcu).

L’image est rare, mais elle s’est  bien reflétée dans la salle de délibération de la Ville de Dakar. Hier,  acteurs des disciplines des cultures urbaines et élus politiques étaient assis sur la même table. Le jeu en valait peut-être bien la chandelle ! Il s’est, en effet, agi de procéder  au lancement officiel de la deuxième phase  des activités  de la Maison des cultures urbaines (Mcu). Initiée par la Ville de Dakar, la Mcu constitue un cadre d’expressions  des différentes disciplines des cultures urbaines. La rencontre était organisée en prélude au lancement de la deuxième phase des activités prévues entre le 23 juillet et le 31 décembre 2016.  La manifestation a enregistré la présence de Khalifa Ababacar Sall, maire de Dakar.

Cette initiative est le premier du genre  initiée par la Ville de Dakar. Elle est exclusivement dédiée aux métiers des cultures urbaines (vidéo, photo, graphisme, sérigraphie, musiques urbaines, danses urbaines, dj, graffiti, beatbox, mode, streetwear, métiers du cirque, roller et autres sports de glisse). Véritable pôle de formation et de documentation pour les jeunes issus des cultures urbaines, elle va leur offrir des formations gratuites, afin de leur permettre de se perfectionner, de se documenter et de s'adapter aux nouvelles mutations socioculturelles,  avec l'introduction des technologies de l'information et de la communication dans leurs quotidiens.   

Au-delà de sa portée informative, la conférence de presse a été l’occasion de récompenser plusieurs acteurs des cultures urbaines soutenus par la Mcu. Ainsi, des  lots ont été remis  aux porteurs des trois meilleurs projets de l’incubateur culturel. Des attestations ont également été délivrées aux 66 jeunes Dj issus de la deuxième promotion Urban Mix ainsi que des chèques ont été distribués aux 20 bénéficiaires du Fonds d’appui aux cultures urbaines (Facu). Enfin,  86 participants ont reçu des attestations de formation en Entrepreneuriat culturel.    
        
20 artistes bénéficiaires du Fonds d’appui
Selon Oumar Sall, un des formateurs, « l’engagement de ces jeunes est le fruit d’une maturation. Ils sont fortement encrés aux valeurs de la culture urbaine et tiennent à cet égard à insuffler leur démarche. 20 projets ont été retenus après délibération du jury ».    Didier Awadi  souligne, de son côté, pour s’en  réjouir, l’arrivée « d’un jour heureux ».  « Nous avons longtemps réclamé une politique culturelle forte au sein de la Ville de Dakar. Le maire a su nous réunir dans une plateforme, dans la transparence, pour accompagner cette culture urbaine, notre culture », s’est-il félicité.    Khalifa Ababacar Sall,  maire de la Ville de Dakar, qui a rehaussé la cérémonie de sa présence, invite les jeunes « à croire à la culture ». Elle est porteuse de perspectives, a-t-il dit. Le maire a tenu a montré l’intérêt particulier que la Ville de Dakar accorde aux activités culturelles. « Nous allons, cette année, relancer un  fonds de 150 millions de FCfa qui sera exclusivement géré par les acteurs culturels », annonce le maire de Dakar. Il promet, en outre, de rajouter  10 millions de FCfa sur la somme de la  prochaine tranche du concours de la Maison des cultures urbaines.

Oumar BA

Après plus de deux décennies de « trêve communautaire », le festival culturel « Nguijilone Vision » revient cette année. Piloté par l’Association pour le développement du village de Nguijilone (Advn) avec la participation des sections de la diaspora, les festivités sont prévues les 23, 24 et 25 décembre prochains à Nguijilone (Matam).

La première édition du festival culturel « Nguijilone Vision », initiée par l’Association pour le développement du village de Nguijilone (Advn), est prévue les 23, 24 et 25 décembre prochains. Cette manifestation culturelle fait suite à la caravane « Nguijilone 94 » qui a mobilisé tout le Fouta ainsi que des journées culturelles du village dans les années 1970-80. Depuis lors, une « trêve communautaire » s’en est suivie, reconnaît Bocar Gorbal Sy, président de la commission culturelle de l’Advn, au cours d’une conférence de presse de lancement des activités du festival, organisée mercredi dernier à Dakar. Pour autant, relève-t-il, « Nguijilone n’a jamais été en reste par rapport au sursaut socio-culturel ». C’est donc dans le but de relancer ces journées culturelles liées au développement que l’Advn a voulu organiser, cette année, un festival dénommé « Nguijilone Vision ».
« Ce festival est une conscientisation de la jeunesse de Nguijilone, un cadre d’échanges, de partage mais aussi d’harmonisation d’idées et de projets pour le développement endogène du village », a affirmé Bocar Gorbal Sy. « Nguijilone Vision » souhaite, selon lui, à travers cette manifestation, apporter sa contribution dans le Plan Sénégal émergent (Pse), « une émanation d’un digne fils de Nguijilone, à savoir le président de la République, Macky Sall ». C’est pour cette raison que les organisateurs ont choisi comme thème du festival : « Nguijilone : rôle et place dans le Pse ».  

Symposium sur le développement
Le coordonnateur du comité de pilotage du festival, Amadou Konté a, de son côté, indiqué que l’objectif, c’est de pérenniser cette initiative à travers un événement biennal. L’objectif du festival, ajoute-t-il, c’est de revisiter le riche patrimoine culturel du terroir, de créer un échange entre les fils du village résidant au Sénégal et à l’étranger, de promouvoir l’art culinaire du Fouta, d’instaurer un cadre permanent de concertation et d’échanges féconds pour la prise en charge des problèmes du village, etc. Les Sérères, à travers l’association « Ndef Leng », sont l’ethnie invitée. Alors que Ndouloumadji est le village invité via l’association « Dental Ndouloumaaji ». « Même si c’est Nguijilone qui organise, nous avons jugé utile d’impliquer les villages environnants », a soutenu Bocar Gorbal Sy.  A Nguijilone, diverses activités sont prévues lors de la manifestation culturelle. Il s’agit, entre autres, d’une exposition des produits artisanaux, d’un symposium sur le développement du village, devenu commune en 2011, des podiums traditionnels sur le « gumbalaa », le « dillere », le « pekaan », le « yelaa », le « saawaali », le « keroode », des prestations théâtrales, des démonstrations de danses traditionnelles sur ces genres musicaux, des jeux et de la lutte traditionnelle, d’une excursion dans le « duunde », d’une régate, etc.  La manifestation sera clôturée par une soirée culturelle animée par l’artiste-compositeur Baaba Maal et le « Daande Leñol » le 25 décembre 2016. La soirée de lancement des activités se déroulera, quant à elle, le 14 août prochain au Cices et sera animée par ce même artiste. Pour le budget, le coordonnateur du comité de pilotage du festival, Amadou Konté, informe qu’il s’élève à plus de 35 millions de FCfa. Les 7 millions de FCfa seront financés par l’Advn. Les initiateurs vont rechercher les 25 millions restants auprès de leurs partenaires.  

Nguijilone a été fondé vers 1780 à la suite de l’avènement des Almamy en 1776. Il est situé en bordure de la rive gauche du fleuve Sénégal, à 35 km en aval de la ville de Matam, chef-lieu de la région, et à 17 km de Bokidiawé. Nguijilone possède des potentialités naturelles composées des ressources en eau du fleuve Sénégal, des mares, des nappes sous-terraines, des ressources foncières, forestières, animales, etc.  Au cours de la rencontre, Bocar Gorbal Sy n’a pas manqué de faire un plaidoyer pour l’aménagement de 3.000 ha de la commune, l’érection du dispensaire en centre de santé, la construction de Collèges d’enseignement moyen (Cem) ainsi que des mesures pour lutter contre l’érosion fluviale.   

Souleymane Diam SY

L’ambassade de la République de Corée au Sénégal a organisé, mercredi dernier, à la salle de conférence de l’Ucad II, un festival du film coréen. Deux œuvres cinématographiques ont été projetées à cette occasion. Elles donnent, réunies, une indication sur la trajectoire historique de cet Etat d’Asie orientale et sur la grandeur de son peuple qui s’est transcendé pour se construire un avenir après avoir connu les affres de la guerre.

L’histoire de la Corée du Sud est une grande odyssée à la fois tumultueuse et inspiratrice pour les nations en quête de développement après avoir connu l’horreur de la guerre. Il est souvent fait référence à titre de comparaison économique au cheminement de ce pays de l’Asie de l’Est et les Etats africains tant son évolution a été fulgurante.  Aujourd’hui, en plus d’inscrire son nom sur le registre des puissances en matière technologique, la Corée du Sud apparaît de plus en plus comme un élément incontournable du cinéma mondial. L’organisation d’un festival du film coréen au Sénégal n’est pas, en cela, une initiative fortuite, sans fondement légitime. Le septième art lui offre la possibilité de se révéler au monde et de construire des ponts avec les autres nations. « Je suis très heureuse de faire la promotion du cinéma coréen, et à travers lui, la richesse culturelle de mon pays. Ces deux films nous font découvrir une partie de l’histoire de la Corée et le mode de vie du peuple coréen », soutient Mme l’ambassadeur Hyo-eun Kim, convaincue que cet événement contribuera à renforcer les liens d’amitié et les échanges culturels entre son pays et le Sénégal « ouvert sur le monde et aux autres cultures ».

Cette initiative est d’autant plus pertinente que le cinéma, selon elle, est un art populaire qui permet de toucher un large public. Ce formidable outil de rapprochement entre les peuples et les cultures offre la possibilité de ressentir et de partager des émotions communes, de transmettre un message d’harmonie, de tolérance et de paix. L’assistance a été conquise par les deux films projetés qui témoignent « du dynamisme et de la popularité croissante du cinéma coréen ».
Le premier film, « Taegukgi » (Frère de sang) replonge le public dans l’horreur de la guerre de Corée. Sa projection, le 27 juillet, est assez symbolique. Ce jour coïncide avec la signature de l’accord de cessez-le-feu. En effet, la Guerre de Corée a éclaté le 25 juillet 1950 lorsque les troupes nord-coréennes ont envahi le pays du matin frais (ou calme).
L’atrocité a duré trois ans, ravageant ainsi la péninsule. La beauté du film réside dans la transmission d’un message de paix malgré l’immensité de la terreur. La seconde production, « Les braqueurs », met en évidence une Corée moderne, terre de démocratie et de constante effervescence.

Alassane Aliou MBAYE

Le Musée des civilisations noires sera inauguré le 26 novembre prochain par le président Macky Sall, en présence du chef d’Etat égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, selon le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye. Cette infrastructure est la concrétisation d’un rêve nourri, depuis 1966, par plusieurs générations.

« Cet outil permettra aux communautés noires et à l’humanité de redécouvrir leur passé et d’œuvrer ensemble dans le cheminement collectif.  Le musée sera un outil à la fois intellectuel, culturel et économique. Sa vocation véritable sera davantage définie à l’issue de cette conférence. Nous comptons obtenir des objets en donation ou en prêt », indique-t-il.

Par ailleurs, Mbagnick Ndiaye, a informé que plusieurs infrastructures seront réalisées dans la région de Dakar pour compléter celles déjà existantes. Un certain nombre de dossiers sont en train d’être examinés afin qu’ils soient bancables et pris en compte par le Plan triennal de développement de Dakar. Huit milliards et cinq cent millions FCfa ont été ainsi mis à la disposition de la culture.

Le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, a présidé, hier, la cérémonie d’ouverture de la conférence internationale de préfiguration du Musée des civilisations noires. Pour le chef du gouvernement, ce musée doit être un bien commun qui transcende le monde noir. Il a exhorté les intellectuels du monde entier, les leaders politiques, les opérateurs économiques, les artistes et les jeunes à s’approprier le musée, pour que prospère le dialogue des cultures au service de la paix et du développement.

Un demi-siècle après le premier Festival mondial des arts nègres, la Conférence internationale de préfiguration du Musée des civilisations noires (Mcn), ouverte, hier, à Dakar, met encore le Sénégal, voire le monde noir, devant l’histoire. Pour le Premier ministre, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de cette rencontre à laquelle a pris part une vingtaine de pays parmi lesquels l’Algérie, le Canada, la Gambie, le Gabon, les Etats d’Amériques, en réalisant le Musée des civilisations noires, « ce chaînon important qui vient enfin achever cette belle symphonie depuis le Fesman de 1966,  le président de la République a inscrit notre pays dans une perspective historique au rendez-vous de la civilisation universelle ». 

Selon Mahammed Boun Abdallah Dionne, le Mcn doit être un bien commun qui transcende le monde noir, tout en s’inscrivant dans l’espace d’un monde devenu global et métissé. Considérant le Musée des civilisations noires comme un moyen de promotion de l’universel, du rendez-vous du donner et du recevoir, il a invité les intellectuels du monde entier, les leaders politiques, les opérateurs économiques, les artistes et les jeunes à s’approprier le musée pour que prospère le dialogue des cultures au service de la paix et du développement. 

« Je lance un appel à l’Afrique et toutes les diasporas  pour que nous fassions de ce musée un espace de célébration des civilisations noires dans nos aspirations communes à la rencontre de l’autre (…). La fierté et l’estime de soi retrouvées, l’homme africain assume entièrement une histoire qui ne fut pas que lamentation et révolte, mais qui fut aussi audace et créativité », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il s’agit d’un projet que l’Afrique et la diaspora attendent depuis bien longtemps.

Information et éducation des jeunes
Ce faisant, a noté le chef du gouvernement, il devait « nous » aider à franchir un pas qualitatif dans le dépassement des discours muséographiques actuels qui ne mobilisent plus les populations. Cela, d’autant que le musée ethnographique a fait son temps tout comme le musée anthropologique.

De l’avis du Premier ministre, dans la vision du chef de l’Etat, le Musée des civilisations noires va jouer un rôle essentiel dans l’information et surtout l’éducation des jeunes. De ce fait, « sa vocation doit être de leur inculquer, à partir des médiums de notre temps, nos valeurs et civilisations, notre capacité de résilience et notre conviction que l’émergence est irréversible ». Car, à ses yeux, « il semble important pour le président de la République de réinterroger notre trajectoire historique pour créer un nouvel état d’esprit et forgé un africain apte à faire face avec organisation et méthode aux défis des temps modernes ».

Préservation du patrimoine culturel mondial
Cette conférence de préfiguration, a avancé le Premier ministre, illuminera un jour nouveau dans « notre » perception de la diversité et balisera les chantiers d’un nouvel humanisme. Selon lui, le premier Festival mondial des arts nègres a marqué durablement la pensée universelle tant par son contenu que par sa signification historique, apportant la preuve que les civilisations noires se sont détachées de la stagnation.

De son côté, le président du comité scientifique, Ibrahima Thioub, par ailleurs recteur de l’Ucad, a indiqué que le Musée des civilisations noires doit participer à la préservation des éléments les plus représentatifs du patrimoine culturel du monde noir et affirmer « notre » engagement dans le combat pour l’affirmation de la diversité des expressions culturelles du monde.

« Il est une opportunité pour redresser des points de faiblesse des politiques culturelles. Au regard de ses missions transversales, il sera d’un grand apport dans plusieurs secteurs parmi lesquels l’éducation artistique et l’enseignement professionnel, la recherche en matière de prospection qualitative et quantitative relative à la consommation culturelle », a-t-il laissé entendre.

A cela, a expliqué Pr Thioub, s’ajoute la diplomatie culturelle attachée à une circulation des artistes du monde noir et la référence mondiale de production intellectuelle et culturelle du monde noir.

Par ailleurs, il a exhorté d’aller plus loin en inscrivant cette institution dans le temps moderne qui est celui de l’économie globalisée de la culture.

Ibrahima BA, Alassane Aliou MBAYE (textes) et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Mbagnick Ndiaye, ministre de la Culture et de la Communication : « Le Musée sera inauguré le 26 novembre »
MBAGNICK NDIAYELe Musée des civilisations noires sera inauguré le 26 novembre prochain par le président Macky Sall, en présence du chef d’Etat égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, selon le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye. Cette infrastructure est la concrétisation d’un rêve nourri, depuis 1966, par plusieurs générations.
« Cet outil permettra aux communautés noires et à l’humanité de redécouvrir leur passé et d’œuvrer ensemble dans le cheminement collectif.  Le musée sera un outil à la fois intellectuel, culturel et économique. Sa vocation véritable sera davantage définie à l’issue de cette conférence. Nous comptons obtenir des objets en donation ou en prêt », indique-t-il.

Par ailleurs, Mbagnick Ndiaye, a informé que plusieurs infrastructures seront réalisées dans la région de Dakar pour compléter celles déjà existantes. Un certain nombre de dossiers sont en train d’être examinés afin qu’ils soient bancables et pris en compte par le Plan triennal de développement de Dakar. Huit milliards et cinq cent millions FCfa ont été ainsi mis à la disposition de la culture.

 

 

Conférence inaugurale du Pr Iba Der Thiam : « Le Musée doit permettre de se projeter dans le futur »                            Iba der thiam La mission du Musée des civilisations noires doit consister à prendre en charge ce qu’il y a de plus significatif dans le patrimoine matériel et immatériel des Communautés noires sur la longue durée. C’est là une exhortation faite, hier, par le Pr Iba Der Thiam, à l’occasion de la conférence internationale de préfiguration de cette réalisation.

La grandeur d’un peuple, tout comme la vitalité de sa culture, dépendent toujours de sa capacité à gérer sa mémoire. Celle-ci repose sur la volonté et la capacité de se souvenir de son passé, la fidélité au devoir de mémoire et les prérequis indispensables à la réussite de toute politique culturelle digne de ce nom. Le Professeur Iba Der Thiam s’est employé au début de son propos à revenir les conditions préalables à l’éveil d’une conscience historique indispensable au développement d’une vision stratégique nouvelle. La culture et l’histoire ont, dans ce sens, un rôle important à y jouer.

« Le système colonial s’était employé à reconvertir les consciences et les mentalités. La colonisation a été une entreprise subtile d’aliénation culturelle. Dans la mise en œuvre de ce vaste dessein, le rôle joué par l’histoire et la culture a été déterminant. Tant que celles-ci n’auront pas été dépouillées de toutes les falsifications et des interprétations tendancieuses, aucun effort de développement ne peut espérer atteindre son efficacité optimale », souligne-t-il.

Les populations et les civilisations noires doivent, sans plus tarder, reconstituer leur héritage civilisationnel dans toute son authenticité, le revisiter, le faire découvrir parce qu’il constitue leur contribution irremplaçable au patrimoine de l’universel. 

Le Musée des civilisations ne doit être, selon lui, ni un musée anthropologique, ni ethnographique, ni chromatique, ni la copie d’un autre déjà existant. Il doit reconstruire l’homme, lui permettre de se projeter dans le futur, s’assigner la mission de prendre en charge ce qu’il y a de plus significatif dans le patrimoine matériel et immatériel des Communautés noires sur la longue durée. 

« Le Musée des civilisations noires vient combler une lacune et réparer une injustice faite à notre continent et à ses peuples », dit-il. Car des pans entiers de notre patrimoine pourraient sombrer dans un oubli irrémédiable si une rigoureuse politique de redressement n’intervient. Il est donc temps, selon lui, que le monde noir fasse connaître la contribution de ses ancêtres au patrimoine de l’universel. Des hommes de science et de sagesse disparaissent à tout jamais sans avoir eu le temps ni les moyens de transmettre les connaissances dont ils sont dépositaires entre les mains d’héritiers sûrs et compétents. Il est important d’agir pour sauver le patrimoine ancestral afin de réarmer les consciences africaines au double plan moral et idéologique au moment où les autres continents lui portent un intérêt accru. Le Pr Thiam a tenu toutefois à préciser que l’intérêt porté aux civilisations noires ne vise nullement à exclure les autres sociétés. 

Ibrahima BA, Alassane Aliou MBAYE (textes) et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Mbagnick Ndiaye, ministre de la culture et de la communication : « Le Musée sera inauguré le 26 novembre »

 

Le renforcement de capacités est un cheval de bataille des acteurs de la presse en ligne qui veulent des contenus de qualité. Ils l’ont dit, lors d’une rencontre avec les journalistes.  

La presse en ligne sénégalaise est composée de citoyens responsables qui ont une claire conscience des enjeux et de l’avenir de leur secteur. C’est l’avis de Ibrahima Lissa Faye, président de l’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (Appel). Face aux journalistes, hier à la Maison de la presse, l’Appel a fait part de son projet de labellisation et de mise en place d’un cahier de charges dont le respect strict sera obligatoire pour tout promoteur de sites.

Ibrahima Lissa Faye et ses confrères de la presse en ligne constatent avec amertume les dérives quotidiennes sur la toile. Dès lors, il y a urgence à boucler toutes les réflexions, qui doivent autoriser une pratique saine et professionnelle du métier de journalisme en ligne.
« Malgré notre force, avec plus de 2 millions de visiteurs par jour, et que nous constituons l’avenir des médias, de manière générale, nous sommes critiqués, catalogués et l’objet de toutes sortes de procès. Même s’il y a un part de vérité dans ces complaintes, des consommateurs et autres, les membres de l’Appel (53 sites) estiment que ce sont souvent des clichés inhérents au fait qu’on soit une force en émergence », souligne M. Faye.

Le président de l’Appel informe qu’un plan stratégique 2016-2020 est élaboré par l’association ; un projet ambitieux pour le renforcement des capacités de ses membres afin d’améliorer la qualité des contenus. Ce plan sera soumis, d’ici novembre, aux partenaires de l’association à travers une table-ronde des bailleurs.  
De son côté, Daouda Thiam, secrétaire général de l’Appel, a déclaré que le milieu doit être assaini afin de distinguer la bonne de la mauvaise graine. Une commission  chargée d’éthique et de déontologique est mise en place pour mieux réguler le secteur. M. Thiam a donné l’exemple d’un administrateur de site, qui n’arrêtait pas de publier des photos peu amènes.

Après plusieurs mises en demeure pour le ramener à l’ordre, le mis en cause n’a pas obtempéré. Ce qui lui a valu une exclusion purement et simplement de l’Appel.
Pour les membres de cette association, comme Mountaga Cissé, son porte-parole, l'exercice du journalisme en ligne peut espérer un avenir radieux avec une économie florissante.  

Serigne Mansour Sy CISSE

La 3ème édition « Open doors », une rencontre culturelle 100% hip  hop est prévue ce  vendredi au Grand théâtre de Dakar. En conférence de presse mercredi, le président du label « Diégui rails records », Youssoupha Cissé souligne que cet événement  vise à faire éclore des talents.

Le label « Diégui rails records » est une structure culturelle mise sur pied en 2008 à Pikine par un groupe d’acteurs conscients du manque criant d’infrastructures dans la banlieue et sa périphérie. Dans une dynamique de participer à la carrière des rappeurs, il a initié, aujourd’hui, au Grand théâtre de Dakar, un événement 100% rap « galsen ». « Nous voulons servir de tremplin aux groupes undergrounds et jeunes talents. Nous œuvrons dans la réalisation de projets audio-visuels dans le management et l’organisation de spectacles », souligne, en préambule, Youssoupha Cissé, président du label « Diégui rails records ».

Il s’agit de l’organisation d’activités telles que des formations et ateliers autour de la culture urbaine qui seront clôturés par un grand concert, réunissant 26 groupes  dont 13 révélations (One lyrical, Key em ti, kesinke crew, etc.) ; une touche novatrice pour cette édition, selon les organisateurs.

« Aujourd’hui, le manque de politique destinée à la culture urbaine constitue un des facteurs bloquants de la dynamisation de ce secteur, de son développement et de son renouvellement avec des perspectives sur la base de l’existentiel ; d’où la nécessité d’un tel projet », explique M. Cissé.

Selon le président du label « Diégui rails records », cet événement réunit des jeunes issus de la culture urbaine : hip hop graff, Djaing, dance, slam, etc.
Youssou Cissé affirme que la touche novatrice inclut aussi le volet de sensibilisation citoyenne en partenariat avec le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Unhcr) dans sa campagne « I belong » visant à lutter contre l’apatridie (toute personne qu'aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation).

S. M. S. CISSE 


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