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Arts et Culture (2442)

L’Institut de coupe, couture et de mode de Dakar, en partenariat avec l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica), a organisé, vendredi dernier, un défilé de mode à la Place du souvenir. Il a permis, par-delà la célébration de la beauté des imaginations « plaquées » sur des étoffes et des corps, de révéler des talents et de confirmer le savoir-faire de leurs formateurs.

Il s’est agi de mettre le beau puisé de son génie au service de ce qui fait sens et référence à des usages, à des thèmes. Les applaudissements enthousiastes et quelquefois les acclamations de l’assistance attestent de la qualité des créations. Des étudiants frais émoulus de l’Institut de coupe, couture et de mode et quelques-uns de leurs formateurs ont conféré aux étoffes soupir, splendeur et signification. Le styliste et modéliste Abdou Lahat Guèye recherche l’exotisme à travers le « Guéréwol », rituel nuptial des Wodaabé du Niger se déroulant à la fin de la saison des pluies, pour montrer l’étroitesse des lignes de démarcation entre les pratiques traditionnelles et modernes. Ce « voyage » permet à ce jeune costumier de scène sorti de l’Ecole nationale des arts de mettre en évidence les superpositions, les accumulations de matières et les manipulations des décorations avec des motifs pratiquées sur les vêtements par les ce groupe humain nigérien. Avec une subtilité artistique, les coiffures et les maquillages s’accommodent à la « rusticité » majestueuse des lignes. Les formateurs Adama Niang et Ramata Diao ont aussi déployé leur habilité en parfaite complicité avec des « lianes » à l’allure sublime.

Collection de bonne facture
Les étudiants ont également fait preuve de créativité en s’inspirant de symboles et d’œuvres d’artistes de renom. Ndeye Coumba Faye, pensionnaire de l’Institut de coupe, couture et de mode a pastiché l’artiste-peintre Amary Sobel Diop pour offrir une collection qui a enchanté l’assistance. Amadou Fall Badji en a fait de même avec les œuvres du défunt sculpteur, Moustapha Dimé, pour convaincre de son talent. Un retour à un passé douloureux, c’est ce que Ndeye Fatou Faye a donné à voir. Son imagination l’a fait divaguer jusqu’à l’Ile de Gorée pour emprunter à la maison des esclaves ses ouvertures, ses rampes, ses escaliers, sa texture pour une collection de bonne facture. C’est qu’ici, dans cet institut national, l’on satisfait encore aux exigences du métier.
« Nous apprenons à nos étudiants à avoir une ligne restreinte de cinq modèles avec des choix bien réfléchis, des couleurs et des formes pour qu’on puisse sentir des ruptures à l’intérieur des collections. Nous donnons beaucoup d’importance à a confection, à la réalisation du modelage, au choix des couleurs et surtout à la signification qu’on confère à la collection vestimentaire », confie Barkinado Bocoum, formateur en dessin de mode couleur et créativité dans cet établissement public créé en 1972, aujourd’hui rattaché au ministère de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat. C’est un ancien département des Beaux-arts qui reçoit des étudiants d’ici et d’ailleurs.

 En outre, ce défilé a été l’occasion de s’émerveiller des créations de la styliste japonaise et stagiaire de la Jica, Ikumi Otake, affectée à l’Institut pour deux ans. Ceci entre, selon Barkinado Bocoum, dans le cadre d’une politique de rencontres et d’échanges culturels. Sa collection met en lumière l’attachement du peuple japonais à ses singularités et son ouverture au monde qui se traduisent par une « hybridité vestimentaire ». Ici, le mouchoir de tête ou la « ceinture » ne sont pas de banales étoffes. Elles en rajoutent à la grâce. Comme celle qui a illuminé la soirée.

Alassane Aliou MBAYE

Joseph Gaï Ramaka est de ceux dont on dit qu’ils ont « blanchi sous le harnais » et trouvent leur second souffle d’inspiration dans leur altruisme. Gorée, « sa terre d’accueil », n’est pas une île de douce oisiveté pour ce cinéaste qui a parcouru les continents. Le monde ne lui en aurait certainement pas fait grief après qu’il l’a gratifié d’une filmographie de maître. Le réalisateur de « Karmen Geï », de « Ainsi soit-il ! » etc., sans se répandre en jérémiades sur le cinéma sénégalais en éternels balbutiements ou en éloge sur une carrière enviable, pose des actes dans la limite de ses possibilités et engage, depuis des années, la réflexion sur le devenir du 7e art au Sénégal. L’esprit du Gorée Cinéma que le Saint-Louisien a initié avec des jeunes et les analyses auxquelles il se livre dans cet entretien en témoignent largement.

Quelle appréciation faites-vous de cette deuxième saison du Festival Gorée Cinéma ?
Cette saison, on souhaitait saluer le travail qui a été fait entre temps avec le Fonds de création qui a été mis en place et les premiers résultats qui sont tombés. Nous avons ouvert le festival avec un documentaire produit uniquement avec l’apport d’un producteur et la participation du Fonds de promotion pour l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica).

Nous sommes restés dans le documentaire avec le deuxième cycle en présentant un film qui nous venait de Tunisie avec le printemps tunisien et un autre d’une sénégalaise (Tunisia Clash de Hind Meddeb et The revolution won’t be televised de Rama Thiaw) qui traduisaient, du point de vue de leurs réalisatrices, un engagement citoyen. C’était également pour dire, convaincu que le cinéma peut faire bouger les lignes, qu’il était important, si on veut que l’Afrique bouge, qu’elle mette en avant un certain engagement citoyen. L’exemple venait de deux femmes d’horizons différents. C’est assez fort. Probablement, pour le troisième, on va mettre un accent sur le message destiné aux enfants. Ce n’est pas encore totalement défini.

Le Gorée cinéma n’est-il pas un palliatif face au déficit d’infrastructures cinématographiques ?
C’est plus qu’un pansement, c’est un plaisir. Je trouve qu’il est mille fois plus agréable de regarder des images avec comme toit un ciel étoilé. Ce n’est pas un palliatif, c’est une option.

Avec le cinéma en plein air, on partage plus que le film. On partage la nuit, un climat propice à se raconter ou à écouter des histoires, la mer, un espace jouissif.

Les cinéastes sénégalais se sont-ils approprié le festival Gorée cinéma ?
Cela se fait petit à petit. La première manière de se l’approprier, c’est d’y présenter des films. Les cinéastes montrent du plaisir à présenter des films à la rencontre d’un autre public. Des réalisateurs viennent aussi quand ils n’ont pas de films à présenter. Il y en a parmi eux qui nous viennent d’horizons différents.

Pourquoi le choix de Gorée ?
C’est un choix presque logique. Gorée est une mémoire et symbolise beaucoup de choses dans la conscience collective sénégalaise et mondiale. Elle a cristallisé les grandes crises de l’humanité. C’est une chose dont il faut se souvenir. C’est aussi un point qu’il faut reconstruire. Mais cette reconstruction exige qu’on tisse nos rêves pour en faire une réalité partagée. C’est donc la rencontre entre deux exigences : le devoir de mémoire et la transformation pour approfondir des relations de paix, de bien-être à travers le monde. C’est la possibilité de trouver en un lieu ces deux exigences qui donne une cohérence au choix de Gorée.

Avez-vous un projet personnel dans le domaine du cinéma ?
J’inscris mon projet dans une perspective collective. C’est de voir ce que je peux apporter pour faire bouger les lignes du cinéma dans mon pays. Mais, je réfléchis aussi sur ce qui me paraît être des tendances fortes, nouvelles qui peuvent contribuer au développement du cinéma au Sénégal. Cela reste mon exigence fondamentale à l’intérieur de laquelle je peux me greffer pour des projets individuels d’écriture et de réalisation. Le diagnostic sur la situation du cinéma au Sénégal et en Afrique a été fait depuis plus de 20 ans. Dans l’ensemble, il n’y a pas eu d’évolution après cet examen. Mais, pour une première fois, en 2014, un président de la République a promis de mettre un milliard de FCfa dans le cinéma et l’a fait. Cela a permis de sortir des films. Ce qui est important, est que les autorités tiennent leurs promesses et que les cinéastes fassent bon usage de ces fonds. Un milliard de FCfa, ce n’est pas énorme. Par contre, ce qui est essentiel dans cette histoire, c’est que notre interlocuteur a tenu parole. Et cela ouvre une ère nouvelle.

Qu’est-ce qu’il faudrait faire pour que le cinéma sénégalais soit viable ?
L’industrie du cinéma repose sur un socle, le ticket d’entrée. Le plus important, c’est de montrer comment les choses s’organisent et qu’est-ce qui fait du cinéma une industrie et une source de production de richesse ? Le Maroc a décidé, depuis une dizaine d’années, de reprendre les choses en main et il a réussi son pari.  En 2014, le Maroc a diffusé 288 sur 32 salles de cinéma. Cette diffusion a rapporté 4,70 milliards FCfa en un an. Sur 288 films diffusés, les trois premiers en tête du box-office sont des films marocains. En termes de recettes, ils ont dépassé le milliard de FCfa.

La responsabilité de l’Etat sénégalais qui crée l’infrastructure n’est-elle pas alors engagée dans la mesure où on ne peut pas parler de ticket sans salle de cinéma ?
On peut poser le problème en d’autres termes. Pour en revenir à l’exemple précédent, l’Etat marocain a investi sur 20 films, en 2014, 3,586 milliards FCfa comme participation parce que c’est une coproduction. Cet investissement est quasiment amorti par les recettes générées par les trois premiers films sur les 20 dont 13 sont sortis en salle. Alors, ce n’est pas du rêve.

Cela a été possible dans un pays avec lequel nous présentons beaucoup de similitudes.  Si l’on crée les conditions de circulation de ce petit bout de ticket à travers un réseau de salles de cinéma, on peut, en intelligence avec nos populations, générer suffisamment d’argent pour que le septième art s’affranchisse dans l’avenir de l’apport monétaire de l’Etat. Par ailleurs, le Maroc a su comprendre que l’esprit du cinéma devrait être entretenu dans le pays. Il y a actuellement 66 festivals ou rencontres cinématographiques qui fonctionnent au Maroc. Cela permet de créer en profondeur, en dehors d’une sortie ordinaire des films, une atmosphère propice à aller au cinéma, à échanger à partir du cinéma. Ils ont également su acclimater et attirer la production de longs métrages et de séries télé au Maroc. Ils en ont eu 38 qui ont généré 71 milliards FCfa parce que les choses sont tournées au Maroc. Le cinéma est un petit levier avec lequel on peut soulever le monde.

La réalité socio-économique du Sénégal autorise-t-elle une comparaison avec le Maroc ?
Bien sûr. Le nombre de salles qui tournent actuellement au Maroc, on l’avait. A l’époque, la Société sénégalaise d’importation, de distribution et d’exploitation cinématographique (Sidec) avait, à elle seule, plus de 32 salles de cinéma. Elle a généré énormément d’argent mais ces revenus n’ont pas été réinvestis dans le cinéma et ont été récupérés par l’Etat. On peut rembourser un investissement fait dans le cinéma à 100 % en un an d’exploitation parce qu’il génère assez de revenus.

Il aurait été certainement plus rentable si la télévision jouait sa partition…
Je crois qu’il faut revenir aux fondamentaux. La base de toute industrie cinématographique, c’est le ticket d’entrée. La deuxième chose qu’il faut dire, c’est qu’aucune cinématographie ne s’est développée au monde sans une dialectique installée entre le cinéma et la télévision. Si on veut que le cinéma sénégalais et panafricain contribue à enrichir le pays, au-delà du contenu qui peut sensibiliser, apporter la paix, la connaissance, le plaisir… il faudrait faire en sorte que le secteur de la télévision, dans sa globalité, et plus singulièrement la Télévision nationale, jouât son rôle dans le développement de l’industrie cinématographique sénégalaise. Il faut que la Télévision nationale achète et diffuse les films faits par les Sénégalais parce qu’ils parlent au peuple. C’est de cette façon que l’Etat n’aura plus à injecter continuellement des fonds dans le cinéma. Sur ces deux jambes, en moins de 5 ans, on peut réaliser ensemble des choses énormes et atteindre le niveau du Maroc.

Quel regard portez-vous sur la nouvelle génération de cinéastes sénégalais ?
Dans la vie, il y a deux générations : celle qui a fait et qui n'est plus là et celle des vivants. Les cinéastes vivants sont ceux qui font tourner la machine tout en sachant qu'ils sont héritiers d'un excellent travail fait par leurs devanciers. Il faut apprendre de ceux qui ne sont plus là physiquement, dont les succès et les erreurs peuvent nous permettre d’aller plus loin et également insister sur la formation. Il y a certes des initiatives, mais il faut les systématiser car les gens se débrouillent toujours pour faire de la formation et celle-ci ne va aboutir que lorsque tout le système sera mis en place.

Les pesanteurs religieuses et socioculturelles, en favorisant l’autocensure, ne sont-elles pas des obstacles à l’émergence d’un cinéma fort  ?
Il peut exister des cinéastes sénégalais qui sont dans l'autocensure comme les écrivains pour diverses raisons. Le Sénégal est à 70% composé de jeunes qui ont leur avenir devant eux. Les pesanteurs, la plupart du temps, ne sont pas portées par ces jeunes. La jeunesse, au contraire, aspire à avancer. Elle a dans sa tête comme espace d'expression le monde. La dernière programmation de Gorée Cinéma en est une illustration achevée. Les films produits par des jeunes, quelles que soient leurs appartenances culturelles, reflètent tous la même réalité. Nous avons la chance d'avoir un pays extrêmement jeune où ceux qui se confinent dans des pesanteurs ne peuvent pas peser lourd. Les pays ne sont plus enfermés mentalement.

Quelles sont les implications de l’évolution du numérique pour le cinéma sénégalais ?
Il n'y a aucune des nouvelles technologies numériques où l'on ne retrouve pas des Sénégalais qualifiés. Le problème que l’on peut avoir avec le numérique, c'est qu'à l'heure actuelle, près de 100% de la production cinématographique mondiale se distribue dans un système qu'on appelle Dcp 2k ou 4k (Digital cinema package).

La production cinématographique, pour des raisons d'économie et d'évolution, se distribue sous ce format. Le risque que nous encourons si nous n’empruntons pas cette voie, c'est d'avoir un autre gap technologique qui nous mettrait dans l’impossibilité de recevoir la production cinématographique mondiale. Et dans ce sens, le Maroc est bien plus en avance que nous car les autorités ont construit huit salles adaptées à ce dispositif. Il ne faut pas que nous perdions du temps à construire des salles avec l'ancien système.

Il semble que vous aviez de mauvais rapports avec l’ancien régime…
L’ancien régime avait davantage de problèmes avec le peuple qu’avec ma personne !

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

Il fait partie des « grands frères » du hip hop sénégalais. Ce titre, Matador, rappeur, membre fondateur du groupe Wa Bmg 44, producteur de musique et président de l’association Africulturban l’a acquis au fil des années et à force d’abnégation. Découverte d’un des précurseurs du rap « Galsen » qui ne se décourage guère malgré les difficultés des années qui passent.

Dans le milieu du hip hop, il est aimé, adulé et respecté. Il fait office de « grand frère ». Pour cause, Matador capitalise plus d’une vingtaine d’années d’expérience, accumulées au fil des années. Pour poser la main sur lui, il a fallu patienter. Attendre que des fans venus à une conférence de presse pour le prendre en photos. D’autres réclament un autographe. Il y a enfin ceux qui se contentent juste de « serrer la main » à leur artiste préféré.  Derrière cette « gloire » qu’il peut enfin savourer en tout honneur,  se cache, en réalité, une longue histoire qui s’est parfois traduite en  une véritable traversée du désert.

De son vrai nom Babacar Niang, Matador est un bonhomme d’un mètre 65 tout au plus. Mais grand de par ses textes, il a su forger le respect de ses camarades artistes. Ces compères rappeurs lui vouent, en effet, « admiration ». Il y a de quoi, avec deux bons albums réalisés avec son groupe Wa Bmg 44 et le titre de meilleur album hip hop du Sénégal en 2004, ainsi que celui de meilleur artiste hip hop au festival Hip Hop Awards et meilleur artiste hip hop Rnb Live au Sunu Music Awards.

Tout au début, c’est plutôt la danse qui attire Matador, à l’image de la plupart des jeunes de sa génération. Nous sommes dans les années 1980.  « Je faisais du break-dance. Cela m’a permis d’être en contact avec toutes les disciplines du hip hop, car le rap ne se limite pas seulement à la chanson », note-t-il.  De la danse à la chanson, il n’y a qu’un pas à franchir. Et Matador n’a pas mis beaucoup de temps à le faire.

Mais si le public a pu découvrir l’artiste, c’est bien au sein du groupe Bmg (en compagnie de Matar le Cagoulard et Omar Ben Khatab). Des amis d’enfance avec qui le rappeur dit avoir fréquenté  le collège. Une fois le Bfem en poche, le groupe d’amis est orienté dans différents lycées de Dakar. Ce qui sera d’ordre à  installer une rupture temporelle. C’est à tout hasard que le groupe se retrouve ou du moins c’est l’amour commun du rap qui va à nouveau les réunir.

« Un concert de rap est organisé à Thiaroye. Je devais jouer, mes anciens copains de classe aussi. Après ce concert, nous avons à nouveau commencé à nous fréquenter et c’est comme cela que le groupe s’est naturellement formé », souligne-t-il. Les liens qui s’étaient, depuis des années, distendus sont à nouveau recollés. La bande d’amis est plus que jamais déterminée à cheminer ensemble.  Le groupe Bmg se forme. Le « B » faisant référence à Babacar  « M » faisant référence à Matar le Cagoulard et le « G » à Omar Ben Khatab communément appelé à l’époque Guèye.  Ces initiaux sont également traduits en « Black Mouvement Game ». Puis Bmg sera traduit en « Bokkou Meun Meun » Gëstou, une manière de « montrer que la banlieue n’est pas un socle où se développe la violence. Il y a majoritairement des jeunes intelligents et conscients », souligne Matador.  Le groupe finit par s’imposer dans le paysage, à l’époque très restreint du rap sénégalais. Il fera son chemin. Toutefois, il va plus tard intervenir une rupture. Mactar le Cagoulard intègre le groupe RapAdio. Les deux autres compères poursuivent l’aventure. Plus tard, ce sera à Omar Ben Khatab de quitter. Mais cette fois-ci, c’est pour émigrer. Matador reste donc le gardien du temple. Malgré ces ruptures, Matador promet « qu’il a maintenu les meilleurs rapports du monde avec ses anciens compères du groupes ». Selon lui, leur  lien allait au-delà de la musique.

De rêve à réalité
Qu’est-ce que c’est « bien écrire » ? Matador a beau avoir une haute idée de lui-même, là-dessus il refuserait presque les compliments. Parce que ses expressions sont de « vrais mots puisés dans le vécu du monde » et que ses phrases ne sont pas que des fragments, « sans préfixe ou suffixe ». Qu’on commente ses textes en poèmes le laisse perplexe, le rap s’y prête peu. Il a toujours cherché le thème de ses textes dans le vécu de tous les jours. Pour expliquer ce qu’est un « punch line », par exemple, il lance que « c’est comme à la boxe, tu vois une ouverture et bam, tu places un bon uppercut. C’est quand le mec écoute, il comprend ».

Au fil de l’échange, certains rappeurs regagnent leurs voitures pour rentrer. Le geste peut sembler anodin, mais il constituait un rêve au tout début de l’arrivée de ce mouvement au Sénégal. Qui l’eut cru, des rappeurs qui roulent à bord de leur caisse ? Matador confirmera qu’au tout début, ce scenario pouvait relever du rêve.

« Mais, pas pour ceux qui croyaient à cette culture », assure-t-il.  « Nous avons toujours cru qu’un jour viendra et nous pourrons, comme tout le monde, vivre de notre art, sinon à quoi bon s’accrocher », se demande-t-il. Egalement, le rap constituait plus un sacerdoce, qu’une voie d’ascension sociale, souligne-t-il. Au début des années 1980, très peu de personnes s’intéressaient au hip hop. Le genre s’est peu à peu diffusé grâce aux radios libres sous l’impulsion de quelques passionnés. A cette époque, il n’y avait pas  beaucoup de rappeurs, se souvient-il. Les jeunes années du hip hop furent celles des danseurs comme les « Breakers ».

La banlieue, vivier du rap
Partout où le rap s’est introduit, le phénomène est parti de la  banlieue pour aller gagner d’autres lieux. Le Sénégal ne fait pas exception à cette règle. Les jeunes de Pikine, Thiaroye et Guédiawaye se sont, en effet, très tôt intéressés au rap et s’y sont adonnés à cœur joie. Cet intérêt tranché pour cette musique  demeure aujourd’hui plus que jamais une réalité dans les zones dites banlieues. Toutefois, les moyens d’accompagnement font encore défaut.

« Malgré l’expérience que nous avons accumulée, nous tardons à bénéficier du soutien des autorités politiques, pour mettre sur pied des infrastructures de base,  pouvant aider les jeunes à développer leur talent de musiciens », se plaint Matador. Le rappeur se refuse toutefois de courir derrière qui que ce soit, pour récolter des subsidies. Pour l’heure, il fait avec les moyens du bord, « dans le respect », comme le veut le hip hop. Il revient aux autorités de comprendre les enjeux et de se rapprocher des jeunes.  Africulturban, l’association créée en banlieue entre potes, et dont il est le président, compte aujourd’hui en son sein 1.700 membres et tous évoluent dans l’art urbain. Ces jeunes sont tous issus de la banlieue, ce qui, à ses yeux, « devrait pousser les autorités locales à soutenir ce mouvement ».

Matador aime aussi pratiquer le slam. Un genre qu’il a découvert dans le cadre de ses déplacements en Occident. Il fera même sortir un album afin de faire découvrir aux mélomanes sénégalais ce genre nouveau. L’apparition du slam est un peu plus tardive en Afrique. Les règles et même l’expression slam n’étaient pas encore connues des pratiquants ; le cadre se cherche encore dans des expérimentations sur fonds musicaux la plupart du temps, ou sous la forme de simples scènes ouvertes poétiques. La formule prend, la compétition capte l’attention et pose un silence d’écoute. A ce moment débute une expérience poétique collective et participative, où les styles littéraires les plus différents se côtoient, où une liberté d'opinion absolue est garantie et où les spectateurs,  devenant membres du jury, ont un impact croissant sur la qualité des textes et des performances.

Gardien du temple
Concernant les anciens membres de Bmg 44, ils sont aujourd’hui répartis un partout dans le monde. Manu est à Paris, Matar aux Etats-Unis, Omar à Bruxelles, informe Matador. Les  « petits frères », ceux qui ont choisi d’embrasser une carrière de rappeur, l’ancien leur conseille de garder le cap, de chercher surtout à se professionnaliser. Il est d’avis qu’il y a plusieurs opportunités qu’il faut juste savoir exploiter, à bon dessein. Il rappelle également  que le Rap ne se limite pas simplement au Sénégal, il faut savoir s’ouvrir, suggère-t-il. « Les sacrifices ont été essentiellement fait par les générations pionnières. Les jeunes ont juste à s’organiser en conséquence, se professionnaliser et travailler d’arrache-pied ; il y a des opportunités à exploiter », souligne-t-il.

Papa de trois filles, Matador trouve que si jamais un de ses rejetons prenait l’initiative de suivre ses pas et se lancer dans le Rap, l’artiste ne se priverait pas de le soutenir. « Pour avoir des années durant évolué dans ce milieu, j’ai fini par comprendre que c’est un job, comme tous les autres. Et pour rien au monde, je ne  priverais une de mes enfants d’y évoluer, s’y tenter si elle en a l’envie », note-t-il. Il n’est cependant pas question de pousser quiconque à s’y intéresser, précise Matador. Cela doit venir du feeling…

Par Oumar BA

Adama Baytir Diop a présenté, mercredi, son ouvrage intitulé « Comprendre l'histoire des Lebu de la Presqu'île du Cap-Vert : aperçu historique ». C'était en présence du directeur de l’Ufr des Lettres et des Sciences humaines de l’Ugb de Saint-Louis, Boubacar Camara et Oumar Diop.
Dr Adama Baytir Diop enseigne l’Histoire générale de l’Afrique à l’Ufr de Lettres sciences humaines de l’Ugb de Saint-Louis. Dans cet ouvrage, il revient sur l’histoire de la communauté lébou de la Presqu’île du Cap-Vert à laquelle il appartient. Selon Dr Diop, les Lébou s’installèrent avant la fin du Moyen-Âge dans la minuscule et isolée presqu’île du Cap-Vert, une terre battue par les vents, aux sols fertiles et aux eaux poissonneuses. Ils comprirent la nécessité de se doter de solides institutions politiques et culturelles pour assurer leur sécurité. Ils réussirent ainsi à traverser moult épreuves (conflits internes, fléaux, catastrophes) et à faire face aux grands dommages, à de multiples agressions (traite négrière, invasions, menaces, pénétration européenne, colonisation française), faisant même de leur presqu’île une « zone de refuge, un havre de paix ».
Au cœur de cette évolution mouvementée, la République lébou et sa fille la Collectivité lébou de Dakar, deux formes d’adaptation de l’organisation politique traditionnelle aux exigences du temps qui, par leur force, leur solidité et le sens politique étonnant des hommes qui les animèrent, réalisèrent un certain nombre de prouesses inédites dans l’histoire de la colonisation en Afrique.
 
Communautés ethnolinguistiques
Ce qui leur permit d’empêcher ce qui pouvait faire de leur presqu’île une seconde Sierra Leone (avec les velléités françaises d’envoi des esclaves affranchis qui se trouvaient au début du 19ème siècle sur le sol métropolitain), de traiter d’égal à égal dans des rapports normaux d’Etat à Etat, pendant 40 ans, avec les représentants de la France au Sénégal, de tempérer dans leur presqu’île les ardeurs guerrières et coloniales du fougueux et teigneux Général Faidherbe, Gouverneur du Sénégal. Les Lébou bénéficièrent également du respect et de la considération des autorités françaises pendant toute l’époque coloniale, et parvinrent à mobiliser et cristalliser les énergies de tous les Lébou, même constamment divisés comme ce fut le cas pendant la colonisation.
Parlant du Dr Baytir Diop, le Pr Boubacar Camara, a rappelé qu’il est né en 1945 à Mbao. Il est « lébou de la banlieue » par son père, mais aussi « lébou des onze pencc de Dakar » par sa mère.
Etudiant en 2ème cycle d’histoire, il mit un point d’honneur à explorer le passé de sa communauté articulé à celui du Sénégal. Docteur en Histoire, il s’attacha sans cesse à élargir et approfondir ses recherches sur ce même sujet.
Ainsi, a-t-il poursuivi, nul mieux que lui n’a suivi l’évolution de la société lébou, nul autant que lui ne s’est intéressé au processus de vie de cette communauté. Enseignant l’Histoire générale de l’Afrique à l’Ugb de Saint-Louis, Adama Baytir Diop continue de réfléchir sur le devenir des communautés ethnolinguistiques dans le cadre des jeunes Etats-nations africains. Il est, par ailleurs, l’auteur de l’ouvrage « Le Sénégal à l’heure des indépendances ; le projet politique de Mamadou Dia (1957/1962) ».
               

  Mbagnick Kharachi DIAGNE

Le jeune rappeur, Pape Ndour, de son nom d’artiste Npac, sort l’album « Hard History », après deux singles qui l’avaient révélé au public. Cette autoproduction, riche en couleurs, est une radioscopie de la société sénégalaise dans ce qu’elle a de plus noble et de plus attristant. Elle met en relief le talent d’un artiste qui, malgré sa jeunesse, véhicule un message universel.

La rue était le réceptacle de son ressentiment. Aujourd’hui, par la magie du hip hop et par son talent, il en a fait la source de son inspiration. Pape Ndour alis Npac, longiligne jeune homme, porté par une ambition légitime de soulever les foules par la profondeur de ses rimes riches en émotion et en sens, promène les mélomanes le long d’une berge enchanteresse.
Son opus de neuf titres, « Hard History » est une belle illustration de son cheminement loin d’être un fleuve tranquille. Il ne vient pas prétentieusement montrer à l’humanité, dans cette œuvre qu’il se veut « magistrale », la voie du salut. Le bonhomme chante des vies possibles, la beauté de l’amour, l’infamie dont peuvent se couvrir certaines âmes. « Mon vécu m’inspire. La malfaisance et la bienveillance me donnent matière à réflexion », souligne-t-il, heureux de pouvoir partager ses émotions, ses appréhensions, ses joies éphémères.

Le titre éponyme « Hard History » est une synthèse de cette première production. Il met en lumière le don d’un artiste pour ce genre musical, rapporte ses peines, haines et déveines. Le morceau dessine autant un univers impitoyable et ignoble qu’il entretient l’espoir par la capacité de l’homme à envisager son futur avec l’autre. Dans « Dunya », il fait référence aux difficultés et aux injustices avec à la fois violence et tendresse pour finalement confier son sort à celui qui donne sens à son existence et qui ne l’a jamais lâché, Dieu.  La prouesse de cet admirateur du rappeur américain 2pac est de n’avoir pas fait des infidélités, tout au long de ses divagations rythmiques, à son thème majeur fondé sur une humanité perdue ou à conquérir. « If i die young » (si je meurs jeune) n’est pas une prémonition. Ce titre joué avec le rappeur DreadSkeezo porte la marque d’un être à la trajectoire sinueuse.
En 2003, il s’essaie aux rimes avant de « choper » le virus du rap en 2006. Trois ans plus tard, « Nianga » comme se plaisent à l’appeler ses camarades, sort son premier single, « Ça va mal », pour apporter sa part de désapprobation face au régime libéral. En Tunisie, la même année, pour se faire un autre destin, Npac n’a pas résisté aux chants des sirènes qui l’attiraient au Sénégal où « mon single était bien accueilli ».
Il intègre, en 2014, l’équipe « 77 métriz’arts » pour noyer sa déception de ne pouvoir donner à sa carrière l’élan que lui promettait son talent. Elle est d’autant plus profonde qu’il souffrait de l’incompréhension de ses proches. Le single-vidéo « Tiktak go », sorti en 2015, ne traduit que l’abnégation du bonhomme à percer dans le milieu du hip hop et une volonté de célébrer son royaume d’enfance, Pikine. « Le rap, c’est plus qu’un exutoire. Il est en moi et me permet de m’exprimer par rapport à mon environnement, à mes joies et peines ». De révéler son immense talent aussi.

Alassane Aliou MBAYE

La date de clôture du dépôt des candidatures aux Fact-checking  awards est prévue pour le 31 août 2016, informe un communiqué de Africa Check.

Il ne reste plus qu’un mois pour ceux qui souhaitent participer aux concours de Fact-checking awards. D’après un communiqué  de Africa Check, la date limite de clôture du dépôt des candidatures  est prévue pour ce 31 août prochain. « Les Prix africains de "fact-checking" sont les seuls prix ouverts aux journalistes sur le continent et distinguant le meilleur journalisme en Afrique entre septembre 2015 et août 2016 dans le nouveau et passionnant domaine du "fact-checking" », renseigne le document écrit.

Organisé pour la troisième fois en partenariat avec l’Initiative des médias d’Afrique (Ami), le « fact-cheking » est un nouveau et passionnant concept, comme le prouve la conférence de 100 organisations de « fact-checking » prévue en juin en Argentine pour discuter des développements dans ce domaine. Plusieurs prix (« meilleur article de sport », « meilleur article d’actualité » ou « meilleur article d’investigation ») honorant différentes catégories de journalisme existent déjà. Mais ces prix de « fact-checking » sont différents.
L’année dernière, le  lauréat « fact-checking awards »  était du Nigeria et les deuxième et troisième étaient d’Afrique du Sud. En 2014, le lauréat venait du Ghana et ses dauphins de la

Zambie et du Kenya. Cette année, les prix seront élargis et les organisateurs annoncent deux principales récompenses dont chacune sera dotée de 2.000 dollars Us: l’une pour le meilleur « fact-checking » d’un journaliste anglophone, l’autre pour le meilleur « fact-checking » d’un journaliste francophone. Les deuxième et troisième prix seront dotés chacun de 1.000 dollars Us. Quant aux noms des vainqueurs, ils  seront annoncés en octobre au cours d’une cérémonie officielle organisée par l’Ami à Nairobi.

Maguette Guèye  DIEDHIOU

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra)  invite les médias audiovisuels, à travers son dernier Avis trimestriel (Avril, mai, juin 2016), à  respecter « l’exigence de protection du collectif social et la sauvegarde des minorités vulnérables » afin de préserver les valeurs fondatrices qui gouvernent la société.

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel note dans son dernier Avis trimestriel (Avril, mai, juin 2016) que  la recherche d’audimat ne devrait pas servir de prétexte à un recours « à outrance à la publicité, en violation de la réglementation en vigueur ». Le Cnra souligne l’importance de la liberté d'expression, en particulier dans le processus de création audiovisuelle, l’expression de la diversité des genres, des formats et des codes audiovisuels. Le Cnra, rappelle, que cette liberté doit s’exprimer tant dans le contenu des idées et informations exprimées que dans les modes et formes de leur expression.    
L’éducation aux médias joue un rôle indispensable dans la maîtrise et la connaissance par les publics réceptacles des conditions spécifiques de production et de diffusion de l’offre programmatique. Cette dynamique peut participer aussi à une meilleure compréhension des langages médiatiques à l’aune des enjeux sociétaux inhérents,  à la chaîne de valeurs audiovisuelles dans toute l’étendue de son activité, lit-on dans l’Avis trimestriel parvenu à notre Rédaction.      
« La sauvegarde nécessaire de la moralité, des valeurs éducatives informatives des contenus audiovisuels, oblige les éditeurs audiovisuels à ne pas diffuser des  programmes dont l’impact est ou peut être négatif sur certains publics, non préparés à les recevoir», souligne le Cnra.                           

Dysfonctionnements et manquements
Les faits constatés et répertoriés dans le présent avis couvrent la période du 1er avril au 30 juin 2016. Au cours de cette période, les dysfonctionnements et manquements constatés ont trait à « l’absence de la signalétique ou une mauvaise interprétation de son usage, récurrence de la publicité et de la propagande, particulièrement par les présentateurs sur les chaînes de télévision, exposition des téléspectateurs et des auditeurs, particulièrement du jeune public, à certains programmes qui se caractérisent par l’utilisation d’un langage grossier et outrancier, l’amplification de propos ou d’attitudes de nature à entraîner des comportements violents et/ou débordements au préjudice de paisibles citoyens ».       

Le Cnra recommande,  face à de tels dysfonctionnements  et manquements, de « veiller au respect des dispositions de la loi n°2006-04 du 04 janvier 2006  et des stipulations des cahiers des charges applicables au titulaire d’une autorisation de diffusion de programme audiovisuel  notamment celles relatives : à  la  protection  des  mineurs,  dans  les  contenus  des programmes audiovisuels, au respect de la dignité humaine, à la signalétique jeunesse et à la classification des programmes, en accordant une attention particulière au choix des images diffusées à l’antenne ».      

Le Cnra invite les medias concernés à se conformer aux principes qui régissent la promotion des produits, marchandises et marques dans les programmes audiovisuels. « La publicité, le parrainage, le sponsoring relèvent de régimes juridiques différents qui en  précisent la place dans les grilles de programmes des radios et télévisions. De même, les messages  publicitaires doivent être clairement annoncés comme tels », souligne le texte.

La structure de régulation de l’audiovisuel rappelle que certains dérapages dans les émissions de radio et de télévision exposent tant leurs auteurs à des poursuites judiciaires que  les éditeurs qui offrent ces tribunes sans s’entourer  des précautions nécessaires. A cet égard, « les nombreuses rediffusions constituent un facteur particulièrement aggravant. Les animateurs de ces émissions sont invités à ne pas céder à la surenchère, ni à encourager certaines dérives verbales ».

Oumar BA

Le premier enregistrement de l’émission « Summer Pencc », un concours de courts métrages réalisés par des enfants de 12 à 17 ans de différentes écoles de Dakar, a eu lieu mercredi, dans les locaux du Monument de la Renaissance africaine. Sous format téléréalité, elle sera bientôt diffusée sur la Rts1.

Regroupés en groupes par affinité ou par nécessité comme dans un Pencc traditionnel, un lieu par excellence où chacun parle des affaires de la cité en vue de trouver des solutions pour sa bonne gestion. Ici, ce qui les ressemble est d’ordre cinématographique. Comment faire pour arriver en finale dans ce concours télévisé de réalisation de courts métrages dans l’art du numérique autour de sujets socioculturels et environnementaux.

Venus en masse regarder le travail qu’ils ont abattu en une semaine, on note chez eux un grand engouement. Djamani est élève en classe de troisième au lycée de Thiaroye. Avec le groupe « Safy Faye », ils ont réalisé, en premier lieu, un reportage sur la scolarisation des filles et en seconde partie, un sketch sur les grossesses non désirées. Deux productions qui seront projetées dans le premier enregistrement. « On a appris les différents types de plans, l’écriture de scénarii, le montage et la prise d’images », se satisfait-elle.

Un autre candidat, cette fois scénariste du groupe Ousmane Sembène, estime qu’à travers « Summer Pencc », ils sont en train d’améliorer leur niveau de langue. « Tout ce qui concourt à améliorer ma langue d’apprentissage qui est le français, je suis partant », soutient ce garçon en classe de Seconde qui incarne le rôle d’un père de famille qui fait marier sa fille pour de l’argent dans une série qui a pour thème le mariage précoce.

Répartis en sept groupes qui portent successivement les noms de grands hommes et femmes du cinéma sénégalais, Samba Félix, Ousmane Sembène, Ben Diogaye, Khady Sylla, Safy Faye, Moussa Sène Absa, Djibril Diop Mambeti, ils seront 32 candidats en compétition.
Agés de 12 à 18 ans, les candidats joueront, tourneront et réaliseront eux-mêmes des courts métrages (mini sketch, mini reportages). Les thèmes développés leur ont été proposés et ont tourné autour des mariages précoces, forcés, de l’excision, de sexualité des jeunes et des grossesses indésirées ou précoces.

Programme éducatif et divertissant
« L’objectif de ce programme, c’est de réunir des jeunes autour de la réalisation audiovisuelle pour une durée de deux mois pour leur permettre de réaliser plusieurs courts métrages qui, ensuite, seront appréciés par un jury », renseigne Judith Ekwala, une des encadreurs chargée de la mise en place du contenu.

Pour cette semaine, les films projetés vont porter sur les droits de la femme, notamment sur la sexualité des jeunes en particulier des jeunes filles, les grossesses précoces et non désirées et l’excision. Par ailleurs, « Summer Pencc » est un programme éducatif et divertissant qui vise à offrir aux jeunes un cadre d’expression et de liberté pendant les vacances.

Et surtout les former aux métiers de l’audiovisuel (journaliste, réalisateur,…). En leur donnant les moyens de sensibiliser leurs parents et leurs camarades sur des thèmes de société les concernant directement. Une idée d’Adams Sie, réalisateur qui, à travers l’équipe de « Summer Pencc », veut saisir l’enjeu des outils numériques pour éduquer les jeunes à une meilleure utilisation des technologies de l’information et de la communication.

Marame Coumba SECK

C’est parce que les jeunes sénégalais sont consommateurs de technologies qu’il est important d’en faire un outil de sensibilisation. Le Goethe Institut, en collaboration avec la start-up « mJangale », s’y est employé à travers un programme d’été en informatique avec une vingtaine de jeunes des cours moyens et secondaires qui ont développé des applications mobiles Androïd, du 1er au 3 août. Les participants ont mis leurs imaginations au service du développement durable et de l’environnement. A l’issue de cette première édition, le projet « Or-dur » est arrivé en tête.

Les enfants, par leur ingéniosité et leur créativité, ont donné à voir les larges possibilités qu’a l’humanité de décider de son sort. Les six équipes invitées à développer des applications mobiles pour Androïd ont fait preuve d’originalité aussi bien dans la présentation que dans le contenu de leurs œuvres réalisées en trois jours. A la fin, le groupe le plus jeune composé de deux élèves de sixième et de deux de Terminale a été primé. Leur application « Or-dur » fait écho à leur slogan « le recyclage des déchets est de l’or qui dure ».
Le recyclage des déchets est, ici, à la fois, un moyen de jouir d’un cadre de vie agréable et de profiter de retombées économiques certaines. « Cette application est destinée à tout le monde parce que la question du développement durable interpelle chacun de nous. Notre rapport à l’environnement déterminera notre bien-être. Cette formation gratuite est une belle expérience à renouveler pour une meilleure sensibilisation », déclare Maguette Sèye, membre de l’équipe gagnante, heureuse en même temps de combler ses lacunes en informatique ; elle qui envisage de poursuivre ses études dans ce domaine.

Pertinence de l’application
L’application « Senepollu » est arrivée deuxième. L’équipe dont le slogan est « Moins polluer pour mieux vivre » cible les enfants, espoir d’un peuple aux pratiques environnementales périlleuses. Elle devance de six points l’application « Aquatique » qui fait une plongée dans la mer pour sensibiliser les hommes sur les espèces en voie d’extinction. Les applications « Weerweerle (santé et environnement), « Bioapp » (reboisement), « Nature bii » (disparition de certaines espèces) témoignent des intelligences et des compétences de ces enfants dont les créations joignent l’utile à l’agréable. Ils délivrent, sans peut-être en être conscients, un message de détresse et d’espoir aux occupants de la terre.
Selon Christelle Scharff, co-fondatrice de la start-up « mJangale », trois choses ont été à la base de ce « sacre » : la qualité de la présentation, l’originalité et la pertinence de l’application dans la prise en charge de la question de l’environnement. « Nous sommes d’autant plus heureux que ces jeunes élèves ont réussi en trois jours à développer des applications fonctionnelles. Ce projet que nous avons entamé avec le Goethe Institut est en parfaite cohérence avec notre vision globale qui est d’initier le plus large public possible aux Technologies de l’information et de la communication (Tic) », souligne-t-elle.

C’est pourquoi, estime Bouya Fall, directrice du Centre d’information et de la bibliothèque du Goethe Institut, cette initiative, en collaboration avec « mJangale », sera renouvelée chaque année avec des innovations pour permettre aux élèves de saisir les enjeux, de s’engager à les véhiculer et d’apporter des remèdes aux difficultés de la planète. Les organisateurs ont ainsi permis aux jeunes d’être à la fois contributeurs de contenus et créateurs de solutions par le biais des Tic. Le taux de pénétration du mobile au Sénégal qui est supérieur à 100% doit contribuer à l’épanouissement des populations.

Alassane Aliou MBAYE

Dans le cadre de ses activités Rse, la Sonatel entend accompagner les communes dans l’accès au wifi. La ville de Rufisque a abrité le lancement de ce projet. Pour six mois, la Place Gabard et le Jardin public de Rufisque seront connectés gratuitement.

Les Rufisquois vivent désormais une nouvelle expérience avec l’Internet, grâce à la Sonatel. La Société nationale des télécommunications vient, en effet, de rendre l’accès au Wifi libre et gratuit à la Place Gabard, une mythique place publique de la vieille cité, au quartier Keuri Souf, dans le centre-ville. Ce projet expérimental de la Sonatel intitulé Sonatel Wifizone sera testé dans trois communes de la région de Dakar, à savoir Parcelles assainies, Sacré-Cœur et Rufisque.

Première ville à accueillir le projet, Rufisque Wifi Vert a été lancé par le directeur de la Communication de Sonatel, Abdou Karim Mbengue, et les responsables de la municipalité de Rufisque dont Amadou Sène Niang, le coordonnateur du projet dans la commune. M. Niang signale qu’avec ce projet, Rufisque va récupérer et réaménager certaines places publiques en les dotant, en plus du wifi, d’espaces verts et de bancs publics.

« A ce jour, a expliqué Amadou Sène Niang, pas moins de 30 sites ont été identifiés à Rufisque et les 10 sont dotés de bancs publics. Mais ce que nous souhaitons le plus, c’est la réhabilitation du Vieux Rufisque ». En plus de la Place Gabard, le Jardin public de Rufisque sera connecté au wifi haut débit de la Sonatel. « Nous avons l’une des plus belles villes du Sénégal et nous ambitionnons d’en faire la ville la plus connectée à l’image de la ville de Kigali au Rwanda. Pour cela, il nous faut changer de cadre de vie », a expliqué M. Niang.

Au nom des bénéficiaires, Alioune Badara Diack a magnifié la mise en œuvre de ce projet, estimant qu’avec Rufisque Wifi Vert, deux problèmes seront résolus. Il s’agit, selon lui, de l’insalubrité et de la sécurité dans certains lieux publics de la commune. En outre, selon M. Diack, ce projet participe à la formation des jeunes en leur donnant de nouvelles connaissances. Seulement, l’accès au Wifi sera encadré par la Sonatel, puisque aucune personne ne peut se connecter, plus de 2 tours d’horloge.
Pour la protection des plus jeunes, certains sites sont inaccessibles. La gratuité du wifi dans ces lieux publics ne dépassera pas 6 mois. Au-delà, la Sonatel se désengage pour permettre à d’autres structures de prendre le relai.

C’est la raison pour laquelle, Amadou Sène Niang a exhorté les entreprises installées à Rufisque à mettre la main à la pâte pour accompagner ce projet. Pour Abdou Karim Mbengue, le directeur de la Communication et des Relations extérieures de la Sonatel, cet effort de Sonatel de rendre accessible et gratuit le Wifi entre dans le cadre de la politique Rse de l’entreprise.

Maguette NDONG

Pour marquer le premier anniversaire de son équipe locale, la Radio Chine internationale (Rci), en collaboration avec l’Institut Confucius, a organisé, hier, un concours de discours sur le thème « La Chine et moi ». Cheikh Mbacké Amar et Mame Mbodj Faye en sont les lauréats. En sus de la qualité des productions, cette activité a mis en évidence le tournant heureux que sont en train de prendre les relations entre le Sénégal et la République populaire de Chine magnifiées par son ambassadeur à Dakar.

Il a été question pour les 14 candidats sélectionnés de produire un discours en français ou en chinois. Huit parmi eux l’ont prononcé dans la langue de Molière. Cheikh Mbacké Amar, doctorant au département d’histoire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, en est le vainqueur. Le prix pour le discours en mandarin est revenu à Mame Mbodj Faye. Ils ont également été soumis à une petite interrogation de culture générale qui a mis en relief leur intérêt pour ce pays asiatique.

L’ambassadeur de la République de Chine au Sénégal, Zhang Xun, s’en est vivement félicité : « J’ai été impressionné par l’admiration et l’enthousiasme des jeunes sénégalais pour mon pays à travers leurs discours et la volonté de la nombreuse assistance d’apprendre, de découvrir et d’échanger avec une autre culture ». Cela atteste de la qualité des échanges sino-sénégalais. La géographie n’est pas un écueil pour des « pays unis par des aspirations communes ».

Il a réitéré l’engagement de l’Etat chinois à accompagner celui du Sénégal pour donner plus d’ampleur à une coopération de bonne facture qui contribue à la promotion de la culture. Les discours prononcés, selon lui, ne sont qu’un juste témoignage des résultats des échanges culturels. Il s’est par ailleurs réjoui de la qualité des contenus produits par l’équipe locale de Rci adaptés aux besoins des auditeurs sénégalais. « Elle nous imprègne à la fois de la culture chinoise et de celle-là sénégalaise », magnifie-t-il, heureux que l’esprit de la Rci soit préservée.

Le directeur de l’Institut Confucius, le professeur Mamadou Fall, a abondé dans le même sens pour mettre en lumière « la généreuse coopération » développée par la Chine au Sénégal. Elle met son expérience et son savoir-faire au service du peuple sénégalais. Ce concours de discours peut être considéré comme un des premiers actes posés dans le cadre d’un partenariat prochain entre l’Institut Confucius et la Rci pour agir en synergie dans la construction d’un pont entre les deux peuples. C’est tout le sens de ce déploiement qui « ne saurait être interprété comme une propagande », a tenu à préciser Mariama Sylla Faye, directrice générale de la Rci. Le rapprochement entre les deux peuples ne doit pas être seulement mesuré, à l’en croire, à l’aune des réalisations d’infrastructures. Il faut s’affranchir des barrières de l’exotisme par une connaissance mutuelle des cultures respectives.

Alassane Aliou MBAYE

Vice-président de la Fédération des métiers de la culture du Sénégal (Femec), consultant, parolier, promoteur et formateur dans l’environnement juridique de la musique et conseiller spécial au Grand théâtre national, son nom se confond avec beaucoup d’engagement et de passion pour la musique sénégalaise. Dans un entretien avec « Le Soleil », Guissé Pène revient sur ses motivations et l’environnement juridique de la musique.

Le nom de Guissé Pène se confond avec un engagement, une passion pour la musique. Qu’est-ce qui motive ce vif intérêt ?
Ce qui motive cet intérêt, c’est que je suis originaire de trois régions extrêmement culturelles et musicales à savoir le Fouta, le Niambour et le Cayor. Et ma mère, Adja Ngouye Ndao fut choriste du plus célèbre chanteur sénégalais dans les années 1940, Ndiaye Lô. Ensuite, j’ai mon frère Oumar Pène qui est aussi dans la musique. Mais, cette passion de la musique m’est venue depuis l’enfantce du fait que je participais au « Kassac ». Ce qui m’a permis d’avoir une voix et d’être dans la musique.

Quand dans les années 1978 j’ai rejoint ma famille en France, de grands orchestres sénégalais comme Number One et le Baobab y venaient en tournée. Ce qui a suscité une nostalgie chez moi. A la suite de cela, nous nous sommes constitués en groupe puisqu’il y avait quelques musiciens sénégalais tels que Thierno Koaté du Baobab, Blain Mbaye, des Antillais et des Cap-Verdiens. Et ensemble, puisque nous avions des passions communes, nous avons constitué un groupe local pour assouvir un peu la nostalgie des Sénégalais. Un groupe dans lequel on chantait dans plusieurs langues. A l’époque, j’étais le lead-vocal. N’ayant pas de textes, je reprenais les vieilles chansons sénégalaises.

Quel a été la raison de votre retour au Sénégal ?
Depuis la France, je voyais le dynamisme de la musique sénégalaise qui commençait à se faire une place sur la scène internationale. Mais, une fois au Sénégal, je m’étais rendu compte que ce dynamisme n’était pas accompagné d’une organisation interne. En cela, j’ai eu l’idée de l’organiser. Il y a eu des associations antérieures, mais qui n’ont pas survécu longtemps. Ce qui m’a permis de capitaliser une expérience à partir de ces échecs pour définir ce que je veux faire à travers l’Organisation des métiers de culture, de la musique. Au lieu que ce soit des organisations stéréotypées, j’ai réussi la synthèse, notamment à mettre toutes les composantes de la musique bien que ces dernières, ont quelques fois, des relations conflictuelles.

Je suis donc mû par cette passion qu’il faudrait sauvegarder et protéger pour que les artistes soient plus créatifs et plus permanents malgré tous les problèmes auxquels ils sont confrontés.

Au début, la musique était-elle aussi crédible qu’elle l’est aujourd’hui ?
Elle l’était moins qu’aujourd’hui. Elle a un secteur vulnérable qui a beaucoup peiné à se développer. Auparavant, les gens investissaient le secteur de la musique parce qu’ils avaient échoué. Mais, des gens comme Youssou Ndour, Baaba Maal, Thione Seck ont réussi à crédibiliser la musique. Aujourd’hui, on est fier d’avoir un musicien dans sa famille. En effet, la musique s’est constituée en une industrie conquérante. Elle donne plus de rayonnement que tout autre secteur. Quand Youssou Ndour chantait en 1998 l’hymne de la Coupe du monde de football, ce sont des milliards d’individus qui ont simultanément entendu le nom du Sénégal. Je crois que rien ne vaut tel un tel rayonnement.

Vous parliez tout à l’heure de la vulnérabilité de la musique. En quoi elle est aussi vulnérable ?
Elle est vulnérable d’abord par rapport à sa consommation, mais aussi par rapport à sa perception. L’artiste ne vit que de son art, mais si dans cet art, il ne peut plus subvenir à ses besoins par la faute d’un environnement juridique faible, par la faute des consommateurs qui préfèrent acheter un produit illicite qu’un produit licite qui permet à l’artiste d’être plus performant. Elle l’est également par rapport aux organes de diffusion qui ne payent pas comme il le faut les droits d’auteur. Tous ces manquements concourent à appauvrir les artistes. Pour exister, sont obligés de bâcler leurs productions, de n’être plus performants ni conquérants dans ce qu’ils font, et sortent des produits que pour exister. Car tout ce qui concoure à rentabiliser leur travail est annihilé.

En parlant d’environnement juridique musical faible, qu’est-ce qui est fait pour l’assainir ?
Dès l’arrivée de l’Association des métiers de la musique du Sénégal (Ams) sur la scène, nous avons prévu un programme à neuf points orienté spécifiquement dans l’environnement juridique de la musique qui était obsolète. Dans 1990 à 1999, tous les supports musicaux étaient analogiques. Et la loi qui régissait la musique à cette époque ne prenait pas en compte l’aspect numérique qui est la grande avancée. En effet, des cassettes se sont retrouvées dans des Cd, dans des clés Usb, dans des ordinateurs, dans des portables, entre autres. Ce qui permettait à n’importe qui de ne pas être sanctionné dans le cadre d’un piratage.

Notre cheval de bataille a été ainsi de revoir cet environnement de la musique et de l’adapter au contexte. Cela nous a pris beaucoup d’années. Il a fallu se battre neuf ans pour se faire entendre. La loi sur les droits d’auteurs et les droits voisins n’a été votée à l’Assemblée nationale qu’en 2008. Et de 2008 à janvier 2016, il y avait une incompréhension totale des textes pour que ce projet de loi voté soit promulgué. Il a fallu qu’on rencontre, le mois de mars dernier, le président de la République pour relancer la procédure. Une rencontre dans laquelle il y avait une demande générale des acteurs culturels : la signature du décret présidentiel qui officialise cette loi sur les droits d’auteurs et les droits voisins. En même temps, la Société de gestion collective qui avait été mise en place en 2014 et qui ne fonctionnait pas du fait que le Bureau sénégalais des droits d’auteurs (Bsda) existait encore. Ce qui a fait qu’on s’était retrouvé avec deux sociétés de gestion collective.

Finalement, laquelle maintenir parmi les deux ?
Aujourd’hui, nous en sommes à la loi de dévolution, c’est-à-dire le patrimoine du Bsda doit être versé dans la Société sénégalaise du droit d’auteur et du droit voisin qui a été constituée et qui est devenue légale. Sauf que les procédures commencent à tirer en longueur.

Quel sera l’apport de cette Société de gestion collective dans l’environnement de la musique, dans la production ?
Elle va fondamentalement tout changer. Elle va prendre en compte tous les aspects numériques liés à l’évolution des technologies.

Elle va aussi permettre de revoir tous les contrats signés avec les diffuseurs qui trainent les mains pour payer les droits d’auteurs.

Beaucoup parmi eux, notamment les télévisions et les radios, sont calqués à partir d’un forfait. Or, dans la loi, il n’y a que deux façons de payer les droits d’auteur. Soit c’est 4,5 % sur les recettes publicitaires ou 6,5 % du budget global. Si on prend un organe de diffusion comme la Radiotélévision sénégalaise (Rts), il a un budget d’environ de 2 milliards de FCfa par an. Si vous prenez les 6,5 %, vous allez vous retrouvez avec 300 millions contrairement à ses 20 millions qu’elle verse chaque année. Donc, cette loi aura forcément d’impact sur l’artiste, par conséquent sur sa production. Par exemple, le créateur qui gagnait 100.000 FCfa par perception, devrait pouvoir gagner un million. Nous avons besoin d’être plus dynamique et plus performant car on ne peut pas créer quand on a faim.

Quels sont les succès et les échecs qui vous ont marqué comme ancien secrétaire général de l’Ams ?
Je ne vois ni succès ni échec dans la marche de l’Ams. La seule chose à noter, c’est l’impact qu’elle a eu dans le public en ayant plus de 3.000 adhérents en l’espace d’un an. Ce qui veut dire que les gens ont compris la nécessité de s’organiser. D’échecs, on ne peut pas en parler puisque l’Ams est là et continue son chemin. C’est un bébé, donc en tant que son créateur, je ne peux pas fermer les yeux. On va pousser les jeunes qui, aujourd’hui, ont plus de ressources, pour qu’ils soient plus dynamiques et plus disponibles. Autrement, elle est le principal partenaire de l’Etat du Sénégal et le partenaire privilégié des représentations diplomatiques à savoir les ambassades et les consulats, de l’Union européenne, de la Banque mondiale (Bm). Membre de la Fédération internationale de la musique (Fim) basée à Genève, elle a réussi à avoir 20 formateurs dans l’environnement juridique.

Alors qu’au départ, on était tous vierge. C’est en son sein qu’on a eu cette envie d’aller apprendre, d’aller se former pour former.

Je crois qu’elle est un bien public qui appartient au Sénégalais.

Côté musique, qu’est-ce qu’elle a apporté aux nouveaux talents ?
C’est d’abord qu’ils soient conscients de leurs droits et de leurs devoirs. Beaucoup de soi-disant producteurs, à l’époque, étaient plus commerçants que producteurs. Ils bafouaient l’intérêt de ces derniers. La musique, ce n’est pas seulement la production. Le produit a une durée de vie. Donc, il y a d’autres composants qui vont jouer leurs partitions. Par exemple, il y a les arrangeurs, ceux qui ont créé les mélodies, les auteurs, tous ces gens ne voyaient pas l’argent sinon en droit d’auteur. C’est le producteur qui venait signer une cassette à 7, 8 ou 10 millions et qui les mettait en poche sans qu’il yait de suite.

D’où vient cette complicité entre vous et les artistes, et moyennant quoi ?
Peut-être que je suis franc avec eux. L’artiste, c’est un « grand enfant » qui a besoin d’être sécurisé. Je leur donne des conseils sans état dame et sans aucune rémunération. Quand quelqu’un parmi eux a un problème, je lui montre les voies et moyens pour les résoudre de manière gratuite. Et cette gratuité m’a animé depuis que j’y suis.

De moins en moins de tubes de l’été. Quelle explication vous en donnez ?
Un tube d’été n’est rien d’autre qu’une valeur commerciale ou l’impact que cela fait sur le public. Aujourd’hui, il sera difficile d’en produire car l’artiste qui vend 1.000 Cd, albums ou singles, fait une performance. Alors qu’il y a dix ans, 50 à 60 mille Cd pouvaient être vendus en un jour. Ce gap est à signaler par rapport à la non-consommabilité de la musique sénégalaise. On voit rarement de bonnes productions et de tubes. Il faudrait que l’ensemble des producteurs et des consommateurs se concertent pour définir le tube de l’été de l’année. Actuellement, s’il devrait être défini, ce sera en l’absence des producteurs parce que les rares producteurs que l’on trouve au Sénégal sont des labels qui ont des catalogues d’artistes qui leur sont propres. C’est le cas de Prince Art. Sinon, les artistes s’autoproduisent. Ce sera donc difficile si on ne réorganise pas le secteur, si on n’encourage pas la production, si on n’améliore pas l’environnement juridique pour permettre à l’artiste d’être performant. Par contre, nous avons connu en 2009 un titre comme « Maana » de Fallou Dieng qui a vraiment marqué les Sénégalais. Il y a eu également l’album « Esprit life » de Pape et Cheikh en 2012 qui a été considéré comme le meilleur de l’été. Sinon, c’est un désert.

Quel regard portez-vous sur la création musicale ?
J’avoue que ces temps-ci, je suis sur ma faim. Les artistes sénégalais ne sont plus créatifs, il faut le reconnaître. D’où la nécessite, dans l’état actuel, de la formation. Le monde bouge. Les Sénégalais ne consomment plus la musique de manière lucrative. Ils commencent à savoir ce qu’est un bon son, un beau texte et une belle musique. En effet, les artistes ne doivent pas produire que pour exister. Ils doivent savoir que la musique est une chaîne où tous les maillons sont essentiels pour faire de la bonne musique.

L’artiste qui n’a pas un bon texte n’a qu’à aller voir un bon parolier. Celui qui ne sait pas arranger n’a qu’à voir un bon arrangeur.

On ne peut pas tout faire tout seul. Autre problème, tout le monde utilise la musique sans savoirs les enjeux. Beaucoup d’autorités prennent les musiciens comme les amuseurs publics. Mais, si elles se rendaient compte de l’enjeu économique qu’il y a dans la musique, l’impact social qu’il y a, elles verront d’un autre œil cette activité qui s’est instituée à une industrie qui crée des emplois.

Propos recueillis par Marame Coumba SECK

La réalisation de son téléfilm intitulé « Fari ak Mbañig », nécessite un budget arrêté à la somme de près de 20 millions de FCfa. L’enseignant-chercheur et auteur, Khaly dit Xaalima Sarr, garde espoir suite à sa demande introduite auprès du Fonds de promotion à l'industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica) pour réaliser son projet audiovisuel, perçu comme outil de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel par le conte.

Khaly Xaalima Sarr est à la recherche de financement pour la réalisation d’un téléfilm intitulé « Fari ak Mbañig ». Le projet se situe, selon lui, « dans un contexte où le cinéma sénégalais connaît un regain d’intérêt malgré les difficultés ».

Enseignant-chercheur et écrivain, Khaly Sarr, conscient pour autant des difficultés du secteur cinématographique, a déjà introduit une demande auprès du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica) et reste dans l’espoir de bénéficier d’une suite favorable à sa requête.

« Pour dire, il est vrai que les moyens pour réaliser des productions se font rares dans les régions, nonobstant le talent et la volonté des producteurs ou scénaristes », a-t-il indiqué. Mais, pour Khaly Sarr, le Sénégal reste une plaque tournante du cinéma et qu’en conséquence, il urge de promouvoir les productions locales pour le secteur culturel. Ainsi, la réalisation de cette production « Fari ak Mbañig » rentre dans ce sillage, souligne-t-il.

Le scénariste thiéssois, par ailleurs animateur d’une émission culturelle dans une radio locale depuis 1999, campe déjà ce que sera ce téléfilm : « Fari et Mbañig », deux personnages burlesques qui mènent une existence compliquée. « En fait, c’est Fari qui ouvre le bal en se mariant avec «Kàccoor», sans avoir le consentement de son oncle «Baay Alé». Mbañig lui aussi, avait une liaison amoureuse avec Miss Karo, qui accepte de se marier avec lui. Après lui avoir donné beaucoup d’argent, Miss Karo quitte le pays pour l’étranger », indique Khaly Sarr.

Favoriser les productions des régions
« Mariés, ils unissent leurs forces pour travailler ensemble au marché, elle comme bonne chez Madame Diallo et lui comme marchand ambulant. La jalousie s’installa entre les deux conjoints. Et cette situation créa des problèmes dans le couple d’abord entre Fari et Yoro peul, ensuite entre Mbañig et Mari Njaago. Chacun mena une vie difficile, même leurs tuteurs Baay Alé et sa femme Absa n’échapperont pas à leurs comportements », poursuit notre interlocuteur qui a bien voulu nous donner un avant-goût de cette série de plus d’une trentaine d’épisodes.

L’objectif affiché du promoteur, Khaly Sarr, cadre avec la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel par le conte grâce à  l’utilisation de supports de communication modernes tels que les téléfilms. A travers la participation et la création d’emplois pour les jeunes artistes, la professionnalisation du secteur cinématographique et artistique. Mais, surtout, il permettra de favoriser les productions artistiques des régions, d’offrir aux artistes comédiens et techniciens de cinéma des revenus substantiels et de mettre les artistes à l’étrier du marché de la production audiovisuelle tout comme les scénaristes au service de l’éducation et de l’éveil des consciences.

En tout cas, Khaly Sarr, par ailleurs président de l’Association des écrivains et chercheurs en langues nationales (Aecln), bénéficie d’une solide expérience et de bonnes dispositions pour la promotion et la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel. Il a réalisé beaucoup d’œuvres adaptées à l’audiovisuel mais aussi a écrit des poèmes, contes, des nouvelles, des romans et réalisé également des pièces de théâtre.

 Mohamadou SAGNE

La commune de Kolda va abriter la 9ème édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac), prévu le mois de décembre prochain.

La 9ème édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac) se tiendra en mois de décembre prochain, à Kolda. L’annonce a été faite hier, par Birane Niang, secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, lors d’un Crd présidé par le maire de Kolda, Abdoulaye Bibi Baldé, par ailleurs ministre de l’Environnement et du Développement durable.

M. Niang a, en outre, annoncé la décision du ministre de la Culture et de la Communication de doter la région de Kolda d’un studio d’enregistrement avant la tenue de ce Festival. Mbagnick Ndiaye accède ainsi à une vieille doléance des acteurs culturels de la région de Kolda qui étaient obligés, jusque-là, d’aller à Dakar pour enregistrer leur album.

Ces acteurs culturels, déplorent également le manque d’infrastructures et l’absence de formation et le retard pris dans le démarrage des travaux de construction du complexe culturel de Kolda. « Les acteurs culturels ont effectivement fait part de leur préoccupation par rapport aux infrastructures de manière générale, le studio d’enregistrement y compris. Dès qu’on a été informé de cette question lors de cette réunion-là, j’ai demandé au directeur de l’Administration générale et de l’Equipement ici présent, pour le programme du ministère par rapport aux studios qui sont acquis cette année. Le ministre m’a demandé au téléphone de réaménager les prévisions qui avaient été faites au profit des acteurs culturels de Kolda », a déclaré Birane Niang.

Pour ce qui concerne le complexe culturel qui sera appelé « Maison de la Culture et des Arts », dont le coût des travaux est estimé à 2 milliards de FCfa, le processus est déjà en cours, si l’on en croit M. Niang. Il demande aux acteurs culturels de Kolda d’intégrer des associations pour pouvoir bénéficier d’une formation. Il les invite, par ailleurs, à s’adresser au Centre culturel régional de Kolda pour avoir des renseignements sur les conditions d’accès aux fonds mis en place à leur intention par le ministère de la Culture et de la Communication.

Le maire de Kolda s’est réjoui de la tenue de la prochaine édition du Fesnac dans sa commune. « Kolda a l’honneur d’abriter la 9ème édition du Fesnac. C’est, pour nous, un défi extrêmement important à relever parce que nous serons, pendant quelques jours, la capitale culturelle du Sénégal. Nous comptons relever le défi de la préparation et de l’organisation », a dit Abdoulaye Bibi Baldé.

Mamadou Aliou DIALLO

Le chanteur Lamine Fomba vient de mettre sur le marché sénégalais son quatrième album, titré « Lion ». Cet opus de sept titres, sorti au mois d’avril dernier, est composé dans une diversité de sonorités.

Après « Sétou », « Emigrés » et « Diamono Métina », le chanteur dakarois Lamine Fomba se rappelle aux mélomanes avec la sortie de son quatrième album, « Lion ». Dans ce disque de sept titres, l’artiste de Grand-Dakar mêle plusieurs sonorités. Du mbalax à la salsa en passant par le reggae et le zouk, Lamine Fomba chante, loue le travail des autorités, conseille et dénonce certaines pratiques. Par exemple, dans le deuxième morceau de l’album titré « La paix en Côte d’Ivoire », Fomba prône un retour à la paix en Côte d’ivoire.

« Dans cet album, j’ai composé mes chansons dans une variété de sonorités aussi bien modernes que traditionnelles », dit-il. Deux morceaux sont chantés en reggae et deux autres en salsa. Sans compter le morceau titré « La paix en Côte d’Ivoire » qui a été composé dans un rythme purement ivoirien tandis que celui titré « Amina » est composé dans une sonorité de zouk.

« Ce morceau "Amina" est dédié aux femmes. Je les appelle à plus de prudence dans leur ménage afin qu’elles puissent mieux le gérer face aux ragots et autres commérages de femmes », argue Lamine Fomba.

Outre ces morceaux, le chanteur a également composé en salsa le morceau « Ndioukël », dans lequel il fait l’éloge du maire Khalifa Sall, de Me El Hadj Diouf, entre autres autorités. Le sport n’a pas été en reste dans sa palette de musique. Dans le dernier morceau titré « Equipe nationale », Lamine Fomba formule également des conseils, aussi bien à l’entraîneur de l’équipe nationale qu’aux joueurs et supporters pour pouvoir maintenir le flambeau haut.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Thiès - Ils sont 120 enfants à se familiariser, depuis le 20 juillet dernier et ce jusqu’au ce mercredi, 3 août, au patrimoine culturel et artistique des terroirs. Cela dans le cadre de l’Opération enfance culture (Oec), organisée par le Centre culturel régional de Thiès.

« Le projet est conçu dans le but de stimuler le goût de la création artistique et favoriser l’émulation de la vertu créatrice et imaginative chez les enfants », a indiqué Anne Marie Faye, directrice régionale du Centre culturel régional de Thiès. Selon elle, l’initiative vient combler le vide de l’irrégularité des camps de vacances, du manque d’activités d’épanouissement pour les enfants alliant le ludique, l’instructif et l’éducatif, de l’absence quasi-totale de cadre d’expressions artistiques et culturelles entièrement dédiées à l’enfant. Il s’y ajoute également et surtout le désengagement de certains parents pendant les grandes vacances.

Ainsi, en initiant cette Opération enfance culture, le Centre culturel régional de Thiès vise à favoriser un carré qui réunit toutes les conditions d’épanouissement, d’équilibre et du respect en faveur des enfants. Une illustration parfaite pour créer l’émulation au niveau de certains parents de la Ville de Thiès qui se sont bousculés devant les responsables de l’opération afin de disposer d’une place pour leurs enfants.

Mme Faye souligne que « cette année, 120 enfants âgés de 7 à 14 ans du primaire et du moyen, enfants de la rue, en situation difficile et handicapés ont été inscrits pour être initiés aux arts plastiques, à la musique, au théâtre, à l’écriture de conte et à la danse. Ceci, à travers cinq ateliers au sein desquels une opération de détection de jeunes talents est aussi organisée. Autant d’activités alliées à l’activité physique et sportive associée en même temps aux jeux traditionnels (Wuré, Lambi Golo, Kupé Wurus, Wuré Mbam, etc.) ; pour ainsi favoriser la renaissance de certaines valeurs traditionnelles.

Des visites découvertes sont aussi organisées aux manufactures des arts décoratifs et au musée de Thiès et l’instant patrimoine sera l’occasion de réconcilier les enfants avec leur culture ».

Cette initiative intitulée « Opération enfance culture », organisée en partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication, l’Inspection d’Académie et la Fondation Sonatel, sera clôturée aujourd’hui, mercredi 3 août. Les enfants sont encadrés dans leurs travaux par des professionnels de la culture et des moniteurs diplômés des collectivités éducatives.

Mohamadou SAGNE

Le Festival « Won ma ni nga meuné » (exprime ton talent) s’est tenu le week-end dernier à Hann Bel air. Pour l’initiateur de l’événement, Yoro Bâ, l’objectif était de faire exprimer les talents des différents participants.

« Il fallait l’éclosion des talents, l’épanouissement des vocations. C’est un festival des arts et des métiers pour une culture de l’émergence. Qui veut bâtir un avenir commence par la formation des jeunes », a dit Yoro Bâ, promoteur du Festival « Won ma ni nga meuné » (exprime ton talent).

L’organisation de cet événement a été possible grâce au soutien de bonnes volontés qui ont accompagné le festival, a informé M. Bâ, qui ajoute que ces nouveaux talents feront l'objet de suivi et d'assistance.

Le festival a été rythmé par diverses activités, dont un podium de concours à l’appel au muezzin, de récital de Coran, de chants, de musiques et percussions sacrés autour du thème : « Vie du Prophète ». Un panel sur jeunesse et Plan Sénégal émergent s’est tenu au Parc de Hann pour traiter de la problématique de l’emploi, de la formation professionnelle et de l’artisanat. Les organisateurs ont assisté à une cérémonie de démonstration en lutte simple traditionnelle en présence de plusieurs ethnies.

Présent lors des manifestations, Dame Diop, directeur du Fonds de financement à la formation professionnelle et technique (3Fpt), a rappelé que sa structure est disposée à accompagner les Sénégalais dans le choix respectif de leur formation.

Une foire économique a aussi été organisée, durant ce festival des arts et métiers, pour vendre des tableaux d'art peints par de jeunes artistes. Les organisateurs ont collaboré aussi avec des juristes pour édifier les populations sur les questions de justice ; sans compter la présence de Suma Assistance qui a joué sa partition, en enseignant les gestes de premiers secours aux invités.

Serigne Mansour Sy CISSE

C’est avec une programmation artistique exceptionnelle sous le thème « Jouons la diversité » que le saxophoniste camerounais de renommée mondiale, Manu Dibango, se rendra à Rio de Janeiro à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques d’été de 2016 dans le cadre de sa mission de Grand Témoin de la Francophonie.

Selon un communiqué de presse de l’Oif, pour l’occasion des Jeux olympiques 2016, Manu Dibango a fait réaliser un hymne en français pour illustrer la richesse de la rencontre des diversités dans le cadre des Jeux. Composé par James Bks et écrit par Passi, l’hymne de la Francophonie est interprété par les artistes Inna Modja, Black M et Christophe Willem, avec la participation de Manu Dibango lui-même.

« L’idée derrière cette démarche est que cette chanson puisse être reprise par divers artistes de la Francophonie sur des rythmes différents, afin de proposer un voyage dans l’espace francophone à l’occasion des Jeux de Rio. Parlé sur les cinq continents, le français est aussi la première langue officielle du Comité international olympique. Les Jeux sont donc une occasion de célébrer notre langue commune et de montrer par la musique qu’elle est aussi porteuse des valeurs de l’olympisme, de la liberté et de la diversité », a déclaré Manu Dibango.

L’hymne de la Francophonie sera interprété, entre autres, lors d’un grand concert de Manu Dibango et de son orchestre, le Soul Makossa Gang, ainsi qu’à l’occasion de divers concerts prévus dans les maisons olympiques francophones avec la participation d’artistes invités de renom dont Black M, Christophe Willem Inna Modja, Fabrice Di Falco, et Sylvain Bezia.

Une exposition à Rome présente pour quelques semaines 21 sculptures bouddhistes japonaises qui n'étaient jamais sorties de l'archipel nippon, dans le cadre des célébrations des 150 ans du Traité d'Amitié et du Commerce entre l'Italie et le Japon. Jusqu'au 4 septembre, le musée des écuries du Quirinal, en face du palais présidentiel, fait honneur à ces pièces allant de la période Asuka (VIIIe siècle) à la période Kamkura (XIIIe siècle), qui représentent Bouddha, des bodhisattva et d'autres divinités.« Même au Japon, ces statues ne sont pas facilement accessibles, car elles doivent rester dans la pénombre des temples et des sanctuaires qui les abritent », expliquent les organisateurs. Le bouddhisme a été introduit au Japon au VIe siècle avant de connaître son apogée sous la période Heian (794-1185), en particulier à Kyoto.

(AFP)

Le musée Théodore Monod d’art africain, en partenariat avec le Musée des civilisations noires, abrite, depuis vendredi dernier, l’exposition « Texte-styles : étoffes, graphisme et société ». Elle met en lumière le savoir-faire africain et explore les domaines de l’esthétique des peuples du continent. La conjonction avec l’art contemporain est réalisée par « l’intrusion » d’artistes sénégalais qui, par la thématique qu’ils abordent, dessinent le même univers de créativité et de sens.

Si la tapisserie de l’artiste-peintre Kalidou Kassé, « Le réveil sous les auspices de l’espoir », était la conjonction qui relie toutes les expressions -et probablement les émotions- d’une géographie et d’un temps distincts, l’ingéniosité, ici, qu’elle soit utilitaire, ou purement esthétique, renvoie à l’espoir ; celui d’aboutir à une beauté ou à une « fonctionnalité ». Quelquefois les deux. Car, en Afrique, ces deux qualités s’entremêlent de manière indifférente et naturelle. Cette exposition crée, avec bonheur et sans rupture, une articulation entre le passé, le présent et l’avenir. 

L’art ancien n’y concrétise, dans les faits, que les aspirations communes de peuples astreints à l’inventivité pour modeler des objets et leur conférer un sens. L’art contemporain fait-il autre chose que cela ? C’est là une alchimie divine. « Nous devons refluer au fond de nos mémoires, de notre conscience collective pour nous approprier notre identité, nous adosser à des valeurs socio-traditionnelles et culturelles afin d’envisager l’avenir avec sérénité ». 

Kalidou Kassé ne fait pas que le dire. Il le montre et entre en résonance avec des époques pour décloisonner « les inventivités ». « Natangue » (prospérité), une autre somptueuse tapisserie, est plus qu’un pont d’espérance passive. C’est une visée inscrite dans une perspective collective.

Certaines images iconographiques d’un autre temps sonnent comme une réfutation d’un raisonnement simpliste sur la femme africaine. Elle ne languit pas d’oisiveté ni ne se soumet à une corvée qui inhibent sa créativité. Elle développe, dans son espace de liberté et de jouissance, des pratiques esthétiques dans la mesure de sa technologie moins affutée que celle du tisserand, maître d’œuvre d’une symbiose entre le gracieux et l’utilitaire.

Pagne tissé
Loin d’être de simples atours, de signes de richesse et de pouvoir, « les textiles proclament la haute technicité du savoir-faire des sociétés africaines. Ils sont les indicateurs du raffinement des goûts esthétiques et confirment la maîtrise de l’alchimie des matériaux », souligne El Hadji Malick Ndiaye, conservateur du Musée Théodore Monod d’art africain. Cette habileté, selon lui, a évolué au fil de l’histoire, à telle enseigne qu’il aurait été incomplet d’exposer les textiles sans donner à voir la pratique industrielle et l’ingéniosité plastique de nos artistes contemporains. Le dialogue entre patrimoine et création s’imposait donc de fait. Ainsi, le « pagne de l’excisée » n’est point une exhibition d’un luxe. Il fait référence à une pratique culturelle par-delà le fignolage du tisserand équipé d’une rudimentaire navette, d’un peigne. C’est ce génie que l’artiste et critique d’art, Alioune Badiane, veut mettre en lumière.

Chez lui, le pagne tissé, traduction incomplète de « rabal », dit assez de choses pour que l’artiste ait besoin d’y produire des interférences. L’ancien directeur des Arts le valorise par une expression personnelle et majestueuse déterminant une harmonie connexe qui prolonge une idée. « A travers le "rabal", je produis des réflexions. Je dis ce que j’ai à dire ». Le tisserand, dans son rapport avec son travail pour prendre en charge sa quotidienneté, n’aurait pas tort de dire « je fais ce que j’ai à faire » ; deux expressions attestant de l’étroitesse de la ligne de démarcation entre le dire et le faire comme celle avec l’esthétique et l’utilitaire en Afrique. El Hadji Malick Ndiaye le dit fort justement : « Les textiles montrent et cachent des expressions culturelles et des modes de vie ».

Le pagne d’écorce de Côte d’Ivoire, le vêtement de chasseur « Niamévolo », l’habit de guerre mossi, le sac écorce battue du Dahomey, le banc à battre les vêtements du Sénégal, entre autres intelligences, ne traduisent qu’un bouillonnement d’idées et d’initiatives des peuples d’Afrique. Il revient à ses fils de ce temps fiévreux d’introduire des innovations dans l’art en s’affranchissant de concepts paralysants pour que la lumière de leur créativité rompe l’uniformité.

Alassane Aliou MBAYE

Le ministère de la Culture et de la Communication vient de lancer l’édition 2016 du concours du Grand Prix du président de la République pour les Lettres.  

Les participants à ce concours devront remplir une fiche de participation individuelle à déposer au Secrétariat du jury assuré par la Direction du livre et de la lecture (19 avenue Hassan II-Ex Sarraut), au plus tard le 30 septembre 2016, ainsi que 10 exemplaires de l’œuvre au concours. Selon un communiqué, le Grand Prix du président de la République pour les Lettres a pour but d’honorer, dans le domaine des Lettres, l’écrivain sénégalais, qui se sera le plus distingué par la qualité de son œuvre, de susciter le goût de la créativité littéraire, de promouvoir les écrivains et la lecture.

Mais également d’accompagner les femmes et les jeunes créateurs dans le domaine de la littérature. C’est ainsi qu’un diplôme sera décerné au lauréat et des récompenses spéciales seront remises aux femmes et aux jeunes écrivains. Doté d'un montant de 10 millions de FCfa, le Grand Prix du président de la République pour les Lettres est décerné, chaque année, à l'occasion de la rentrée littéraire, fixée au dernier trimestre de l’année. Il « s’adresse à toute personne de nationalité sénégalaise, établie au Sénégal ou à l’étranger et écrivant en langue française ou en langues nationales ».

Les œuvres concernées sont publiées de 2012 à 2016. Pour chaque candidat, une seule œuvre est admise au concours. Les genres admis à ce concours sont la nouvelle, le roman, le théâtre, la poésie et le conte. Ils « sont évalués en fonction de la qualité de la langue, du respect des contraintes du genre, de la créativité de l’auteur et de l’originalité ».

Ibrahima BA

L’ambassade d’Espagne au Sénégal, en partenariat avec le Musée de la femme Henriette Bathily, organise la quatrième édition du concours littéraire Cultura Dakar. Ce concours, dont les inscriptions vont jusqu’au 30 août, est ouvert aux étudiants universitaires et lycéens, qui peuvent présenter leurs textes en français ou espagnol. Un prix d’une valeur de 300.000 FCfa est prévu pour récompenser les lauréats.

Le concours littéraire Cultura Dakar propose aux étudiants universitaires et lycéens de faire des compositions littéraires ou essais sur des femmes africaines qui représentent les valeurs présentes dans le roman « Le Quixote » dans le contexte africain. Ainsi, « la ligne narrative du Quichotte se déroule autour de la lutte de don Quichotte pour la défense des idéaux universels tels que la justice, la liberté, la défense des plus démunis, tout en se conduisant selon le code de conduite chevalier de courtoisie, courage, humilité, fidélité ».

L’ambassade d’Espagne et le Musée de la femme prenant en compte l’universalité des sujets relevés par l’œuvre du Quixote, proposent aux participants de faire un exercice de réflexion et créativité en identifiant des femmes reconnues ou anonymes qui incarnent leurs valeurs pour faire des compositions en français ou en espagnol. Des prix pour deux catégories (universitaires et lycéens) et pour chaque langue (Espagnol et Français) seront décernés aux lauréats au mois d’octobre prochain. 

I. BA

Le ministre de la Culture et de la Communication a présidé, hier, la cérémonie de clôture de la conférence internationale de préfiguration du Musée des civilisations noires (Mcn). Mbagnick Ndiaye a assuré que l’Etat du Sénégal s’emploiera à étudier les meilleures stratégies pour la mise en œuvre des recommandations issues de cette rencontre.

La conférence internationale de préfiguration du Musée des civilisations noires (Mcn), qui a réuni, durant trois jours, des artistes, intellectuels, universitaires, muséologues, hommes d’art et de culture, s’est achevée hier à Dakar. Cette rencontre dont l’un des objectifs est d’établir un modèle pour le Musée des civilisations noires dans la cartographie des musées du XVIe siècle, de dégager tous les aspects et les spécificités de ce musée ainsi que de définir un canevas de travail en tenant compte de sa dimension évolution, a été un fort moment de partage et d’échanges. Lequel a permis d’aboutir à une série de recommandations. 

Parmi ces dernières, a expliqué Felwine Sarr, lisant le rapport général des travaux, il s’agit de faire du Mcn un pôle de développement culturel s’ouvrant aux autres domaines du secteur dont le théâtre, la danse, la musique et le livre. Les experts ont suggéré d’ériger le Musée des civilisations en institution de l’Union africaine et des institutions régionales d’intégration.
Sur le plan du marketing et de la communication, il a été proposé la mise en place d’une politique de produits et de services de diffusion et de communication. Les participants à cette conférence ont demandé de mettre en place des expositions temporaires allant de deux à cinq ans, de définir des stratégies de prêt avec les autres musées, de réfléchir sur la programmation du Musée.

Mais également de faire en sorte qu’il soit un support de narration des histoires africaines et de leurs diasporas ainsi que de la valorisation de leur patrimoine culturel, matériel et immatériel. L’autre point de ces recommandations concerne la révision de certains concepts. Par exemple, le concept de civilisation sera revisité dans son historicité et dans son actualité.

Adéquation avec les réalités africaines
Ce que veulent les acteurs, a avancé lbrahima Thioub, président du Comité scientifique de la conférence de préfiguration, c’est de faire du Musée des civilisations noires un musée dynamique ouvert à tous les alizés et qui mobilise l’ensemble des composantes de la société. Cela, en prenant en compte les préoccupations de toutes les communautés. « Nous allons inscrire ce musée dans le temps long de l’histoire, mais tout en l’ouvrant dans une prospective très large. Ce n’est pas un musée de la fixité qui nous a été recommandé. Mais un musée qui se crée tous les jours », a-t-il indiqué, ajoutant qu’il s’agira également d’un lieu de production de ressources et de revenus. Mais aussi une institution ouverte à l’éducation.
Le directeur général du Musée, Hamady Bocoum, a insisté sur l’invention et la création, qui doivent occuper une place centrale dans cette institution. A l’en croire, il s’agit d’un musée qui refuse «  la parole unique et se restructurera tous les jours ».

Pour le ministre la Culture et de la Communication, l’Etat du Sénégal « s’emploiera à étudier les meilleures stratégies pour la mise en œuvre des recommandations issues des travaux de cette conférence afin que le Musée des civilisations noires, conformément à sa vocation, devienne le haut lieu de cultures ouvertes sur le monde ».

D’après Mbagnick Ndiaye, les conclusions des travaux de cette conférence fondent beaucoup d’espoir sur le futur du Musée des civilisations noires. Lequel est, aux yeux du ministre de la Culture et de la Communication, un pari sur un avenir de confiance pour la jeunesse africaine et de la diaspora, loin des conceptions réductrices et des stéréotypés.
« Le Musée contribuera à inverser des tendances négatives en montrant une image des civilisations noires en adéquation avec les réalités d’hier et aujourd’hui.
C’est-à-dire des réalités ni complaisamment enrobées de beauté, ni abusivement surchargées d’insuffisances inhérentes à toutes les sociétés », a-t-il déclaré.

Ibrahima BA

La 17ème édition de la Grande nuit sérère a été placée sous le signe de la diversité culturelle et ethnique. En plus de la communauté sérère, des troupes soninké et peule ont participé à cette grande messe culturelle.

Le Théâtre national Daniel Sorano est devenu trop exigu pour abriter la Grande nuit sérère, un événement culturel organisé, chaque année, par l’Ong « Ndef Leng ». Vendredi, ce mythique temple de la culture était rempli comme un œuf, à l’occasion de la 17ème édition. Malgré une chaleur d’étuve, le public a massivement effectué le déplacement. Cette fois, ce n’est pas seulement la communauté sérère dans sa diversité qui a célébré ce grand rendez-vous de la culture. Une troupe de danse soninké et des artistes peuls y ont également pris part. Ces hôtes de marque ont gratifié le public d’une belle prestation. Comme d’habitude, la Grande nuit sérère a été placée sous le signe de la diversité.

Première artiste à monter sur le podium, la célèbre cantatrice de Diofior, Amy Gamboul Faye, est une habituée de la Grande nuit sérère. Véritable bête de scène, elle a fait étalage de tout son talent de grande cantatrice et de danseuse hors-pair ; au grand bonheur de ses nombreux fans. Avec sa belle chorégraphie, ses mythiques calebasses et l’accoutrement traditionnel de sa troupe, les fameux pagnes tissés, elle s’identifie aux Sérères de Diofior, de Fimela et peut-être des Iles du Saloum.

Dans les trois chansons qu’elle a fredonnées, elle a vanté certaines valeurs ancestrales telles que le culte du travail, le courage, l’honnêteté. La communauté safène s’est aussi dignement fait représenter par son ambassadeur, le talentueux Idy Faye de Diass. D’où les salves d’applaudissement nourris et autres cris de joie qui ont accompagné cet artiste profondément ancré dans sa culture tout au long de sa prestation musicale. La musicienne Mame Seyni Tine de Pambal est, elle, apparue en digne successeur de Marie Ngoné Ndione. Sa voix suave, ses chansons, ses danses, sa chorégraphie rappellent à souhait, la grande musicienne sérère none ; elle-même dénichée à la faveur de la Grande nuit sérère. Ses trois tubes ont fini d’enflammer un public acquis à sa cause. Dans la pure tradition des griots des familles royales, Ngoné Sène de Ngayokhème (Niakhar) a effectué une prestation digne d’une disciple de la défunte cantatrice Yandé Codou Sène. Autant de spectacles qui laissent croire que la relève est d’ores et déjà assurée.

Le ministre de la Communication et de la Culture, Mbagnick Ndiaye, et ses homologues Alioune Sarr, Me Sidiki Kaba, Eva Marie Colle Seck et Viviane Bampassy ne sont pas restés insensibles au spectacle, félicitant sans cesse les artistes. Le président de L’Ong « Ndef Leng », Mbagnick Ndiaye, a dit sa joie au terme de la manifestation, non sans rappeler le sens de cette Grande nuit sérère. 

La culture, ciment de la Nation
« Cette grande manifestation sert d’abord à la promotion des artistes sérères. C’est ainsi que la plupart des grands musiciens sérères que nous connaissons, de Mbaye Ndiaye à Simon Sène, en passant par les Latyr Faye, Alioune Faye et autre Marie Ngoné, ont été détectés grâce à cette initiative », a-t-il rappelé.  Il s’est réjoui du caractère « particulier » de cette soirée qui, outre la communauté sérère, a vu la participation des parents soninkés et peuls.
Mbagnick Ndiaye a souligné que le président Macky Sall a donné des instructions pour que la culture soit le ciment de la Nation sénégalaise. Il s’est félicité de la présence des ministres Viviane Bampassy, d’Alioune Sarr, de Sidiki Kaba.
« C’est une très belle soirée. Nous avons vu les différentes facettes culturelles de la communauté sérère mais également eu droit à une belle prestation des artistes peuls et soninkés. Bref, nous avons vu le Sénégal dans toute sa diversité et cela constitue un très bon signe. Il y a une forte cohésion sociale. Les plaisanteries entre ethnies tout au long du spectacle montrent qu’au Sénégal, nous sommes frères et sœurs », a magnifié le ministre de Justice, Garde des Sceaux. Me Kaba a insisté sur la nécessité de défendre « cette richesse nationale, cette cohésion nationale », garante d’une paix sociale.
Diégane SARR

A l’issue d’une assemblée générale tenue, samedi dernier, à la Maison de la presse, à Dakar, El hadji Abdoulaye Thiam, journaliste au Quotidien national Le Soleil, a été élu nouveau président de la section sénégalaise de l’Union de la presse francophone (Upf). Il remplace Abdou Gningue qui vient de boucler un mandat de 6 ans et 4 mois.

Selon un communiqué de presse, « la décision de tenir l’assemblée générale de la section de l’Upf-Sénégal fait suite à une demande de l’Upf-Internationale, présidée par notre compatriote Madiambal Diagne, demandant le renouvellement de toutes les sections à la veille des 45e Assises de l’Upf, prévues à Antisirabé, à Madagascar, du 20 au 24 novembre prochain ».

La section sénégalaise a abrité, il y a deux ans, les 43e Assises de la relance de l’Upf sous la présidence du chef de l’Etat Macky Sall. De nouveaux membres dont des femmes occupent désormais des postes clés dans le bureau de l’Upf-Sénégal, comme la trésorerie générale, l’organisation et le secrétariat adjoint. « Dans son intervention, El hadji Abdoulaye Thiam a appelé à une plus grande mobilisation des confrères et consœurs face aux nombreux défis qui attendent la nouvelle équipe, lit-on dans le communiqué.  

Déjà en plein préparatifs de la participation du Sénégal aux 45e Assises de la presse francophone, une délégation de l’Upf-Section Sénégal avait était reçue, mardi dernier, en audience par le ministre porte-parole du gouvernement.  Seydou Guèye avait alors promis d’être l’avocat de l’Upf-Sénégal auprès du chef de l’Etat et du Premier ministre pour une participation à ces Assises de la presse francophone, de qualité, dans le respect de la parité…


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