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Arts et Culture (2043)

La 17ème édition du Salon international du livre d’Alger (SILA, 20-29 septembre) consacre, sous l’intitulé ‘’Esprit Panaf’’, une large fenêtre aux littératures du continent dont les territoires esthétiques et créatifs seront explorés.

Editeurs, journalistes, critiques, chercheurs, écrivains se retrouvent tous les jours, depuis l’ouverture de la manifestation jeudi, pour échanger avec les lecteurs, animer des table-rondes axés notamment sur la diffusion du livre, la place des femmes, indique le programme.

Implanté au pavillon central du Palais des expositions, non loin du Commissariat du salon, le stand ‘’Esprit Panaf’’ accueillera une partie des activités inscrites dans le cadre du cinquantenaire de l’Indépendance de l’Algérie (1962).

Samedi après-midi, la romancière camerounaise Marie Julie Nguesté, a parlé de ses deux derniers livres, ‘’Le ciel des amours captifs’’ et ‘’Sans El les Dieux ne voleraient pas’’, se penchant aussi sur l’image de la femme dans la littérature francophone au Cameroun, sujet de ses recherches pour le doctorat.

Le romancier et poète malien, Ousmane Diarra, viendra évoquer « la contribution des artistes et intellectuels à la conquête des indépendances ». Diarra est l’auteur de ‘’Pagne de femme’’ et ‘’Vieux lézard’’.

Jean-Claude Naba discutera de la problématique de l’édition dans son pays, le Burkina Faso. Il évoquera aussi le concept de «l’oraliture», à mi-chemin entre l’oralité et l’écriture.

Une table-ronde sur la philosophie et la communication en Afrique, un forum sur ‘’les techniques d’analyse et de décryptage d’une œuvre littéraire’’ sont aussi au programme du stand ‘’Esprit Panaf’’, un espace qui existe au SILA depuis 2009, année au cours de laquelle s’est tenu le deuxième Festival culturel panafricain à Alger.

« C’est un jeune espace qu’on est en train de faire grandir. Depuis 2009, Madame le ministre de la Culture, Khalida Toumi, a réservé une place à la littérature africaine », a expliqué Narimane Zhor Saâdouni, artiste, critique d’art et productrice d’émissions à la chaîne III de la Radio nationale algérienne.

Elle a ajouté : « Le débat s’inscrit dans une certaine continuité. On va du conte dans les langues nationales africaines jusqu’aux grands recueils politiques accessibles au grand public ».

Source: APS

Le ministère de la Culture et du Tourisme a lancé, hier, un atelier d’harmonisation des concepts culturels. Objectif : réaliser un programme de mise en place d’un Cadre national de statistiques culturelles et une enquête monographique sur l’économie de la culture au Sénégal.

« L’Etat est bien conscient des enjeux liés aux statistiques en général, aux statistiques culturelles en particulier. Ce sont des enjeux de développement qui nécessitent la mesure de l’apport de la Culture sur le plan économique et social », a affirmé, hier, le secrétaire général du ministère de la Culture, Birane Niang. Il lançait les travaux d’un atelier d’harmonisation sur les concepts culturels. La culture est un domaine transversal, plus ou moins présent dans les domaines importants de la vie nationale. De ce point de vue, les statistiques culturelles permettent d’améliorer le pilotage institutionnel du secteur et de donner plus d’efficacité à la mise en œuvre des projets et programmes qui ne peuvent souffrir d’une approche approximative, avance M Niang.

C’est dans ce contexte, dit Birane Niang, qu’il faut situer la mise en place d’un Plan directeur des statistiques par l’Etat. Le ministère de la Culture a, ainsi, signé un protocole avec l’Agence nationale de la statistique et de la démographie. En louant la qualité et l’envergure de cette collaboration avec l’Ansd, le secrétaire général du ministère de la Culture révèle qu’il existe un ambitieux programme de mise en place d’un Cadre national de statistiques culturelles, de réalisation d’une enquête monographique sur l’économie de la culture au Sénégal et, avec en finalité, la confection d’un Compte satellite culture.

Selon Birane Niang, la tenue de cet atelier d’harmonisation des concepts liés à la culture au niveau national, constitue le premier maillon d’une chaîne d’actions envisagées par le département de la Culture dans le cadre de son programme Statistique 2012-2014. Cet atelier marque également le démarrage effectif des activités retenues au programme d’appui des politiques et industries culturelles du Sénégal, initié par l’Organisation internationale de la Francophonie.

 Harmoniser les concepts culturels

L’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) a recommandé également à ses Etats membres, dans le cadre du plan d’actions de valorisation des statistiques culturelles, 2010-2014,  de mettre en place un programme minimum d’activités de production de statistiques culturelles. Au même moment, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) avait souhaité recueillir et harmoniser les concepts sectoriels dans le cadre du Comité technique des programmes statistiques. A travers cet atelier qui réunit les représentants de plusieurs ministères, il s’agira de répertorier les concepts qui épousent le nouveau champ de la culture afin de promouvoir une nomenclature adapté à ce secteur.

Le secrétaire général du ministère de la Culture a souhaité qu’après cette étape, le processus puisse se poursuivre afin que la question des statistiques culturelles ne soit plus  envisagée comme un problème, mais comme une donnée acquise intégrée dans nos politiques publiques.

Omar DIOUF

La place Gao était, autrefois un bois sacré des Baïnouncks et un refuge pour ceux qui fuyaient les négriers vendeurs d’esclaves. Aujourd’hui, c’est la plus grande place publique de la ville de Ziguinchor. Elle abrite des prières à l’occasion des fêtes de Korité et de Tabaski, des manifestations politiques, économiques et culturelles, ainsi que des activités sportives comme le football, le basket, etc.

Place Gao. Certains l’appellent « Bantabaa », d’autres « Bantamba ». Toutes les générations de Ziguinchorois l’ont connue. Elle s’étend sur une vaste surface, en plein cœur du quartier Boucotte, sur l’avenue Emile Badiane, à quelques encablures du rond-point Bélal Ly. Le visiteur est frappé au premier coup d’œil par les imposants pieds de neem cinquantenaires alignés sur le pourtour et qui forment, avec un baobab, une belle allée au milieu.

Trois autres routes en terre la ceinturent, rendant son accès facile. Un grand espace sert à la pratique du football. Un terrain de basket-ball est aménagé à côté. La proximité des habitations, qui sont tout autour, fait qu’il y a toujours de la vie. En cette matinée de septembre, le temps est marqué par la pluie, mais des gamins du quartier s’y adonnent à leurs jeux favoris à cœur joie, jouant au football par-ci, sautillant par-là, à tue-tête. Des piétons indifférents, vaquant à leurs occupations, la traversent à la hâte, dans tous les sens. « Les vrais autochtones appellent cet endroit « Bantamba », déclare M. Samba Gakou, natif de Boucotte, par ailleurs, adjoint au maire.

M. Gakou renseigne que celle place était la plus grande place publique de la ville. A l’en croire, dans les cinquante dernières années, c’était également l’unique place de Ziguinchor où se déroulaient les prières des fêtes de Korité et de Tabaski. L’ensemble de la population s’y retrouvait pour prier les deux rakkas. Toutes les autres manifestations y étaient organisées aussi. C’était également le lieu qui abritait la cérémonie officielle de commémoration de la fête du 14 juillet, ainsi que les activités divertissantes et récréatives y afférant. Toute la population s’y rendait et les jeunes participaient aux divers jeux, en masse et dans la sportivité. A sa souvenance, il n’y avait, sur cette place, que 3 grands pieds de Cola cordifolia (« Taba », en ouolof) et un puits qui était toujours fermé avec un couvercle en fer. Les populations ne l’utilisaient pas. Seuls les sapeurs pompiers venaient s’y approvisionner en eau pour les besoins de leurs interventions dans la ville. Les neems qui ombragent actuellement les lieux, avaient été plantés par le service régional des Eaux et forêts, sous la direction de l’inspecteur d’alors, M. Bocar Sall.  

 L’unique place publique d’autrefois 

Cet autre natif de Ziguinchor, en l’occurrence M. Moussa Barro, révèle qu’à l’emplacement actuel de la place Gao, se trouvait un bois sacré, enveloppé dans une forêt vierge. « Les ancêtres Baïnounck, qui étaient les premiers habitants du quartier Korentas, y faisaient leur culte et un lieu de rencontre pour prendre des décisions importantes concernant leur ethnie », informe notre interlocuteur. Il est instituteur à la retraite et imam de la mosquée de Boucotte-Sindian.  Il explique que « Bantamba » tire son nom de « Bantabaa ». C’est-à-dire, lieu de réunion (en mandingue) pour les prises de décisions importantes concernant l’ethnie majoritaire du quartier Korentas qui se trouvait être les Baïnounck. Cela remonte à plusieurs décennies. A cette époque, il n’y avait que Boudody, Santhiaba, Escale et Korentas comme quartiers à Ziguinchor. Tout le reste était une forêt dense et à perte de vue, renfermant toutes sortes d’animaux sauvages et de serpents. Pendant la traite des noirs, les Baïnouncks qui habitaient Boudody venaient se réfugier dans cette forêt où se trouvait leur bois sacré pour ne pas être capturés par les négriers.  

Selon toujours M. Barro, après la 1ère guerre mondiale, précisément vers les années 1920, d’autres ethnies musulmanes (diola, mandingue, balante, peulh, ouolof, etc.) arrivèrent à Ziguinchor. Les premiers habitants du quartier Korentas (les Baïnouncks), les avaient accueillies. Ils leur avaient ensuite offert des terres de culture et à usage d’habitation. Après, il y a eu des mariages entre eux. Au fil des années, les Baïnouncks se sont convertis à l’islam et ont finalement abandonné leur lieu de culte traditionnel pour se consacrer exclusivement à la religion musulmane. « C’est ainsi que le bois sacré de « Bantamba » a disparu pour devenir une place publique, servant de lieu de prières (Korité et Tabaski), de manifestations politiques (meetings), économiques (foires), culturelles, récréatives et d’activités sportives (football, basket-ball, éducation physique) », a indiqué notre imam. 

Un espace important dans la vie des Ziguinchorois

La place Gao est considérée comme un espace qui a joué un rôle important dans la vie des populations de Ziguinchor.

Le conseiller municipal, chargé des affaires culturelles, M. Abdoulaye Sidibé, a indiqué que ce fut le plus grand espace, à l’intérieur de la ville. Il a expliqué qu’à l’image des places villageoises où se rencontrent les populations, soit pour des fêtes populaires, réunions ou rencontres diverses invitant des foules, la place Gao aussi fut appelée « Bantabaa » qui signifie, en mandingue, la grande place publique. Il a raconté que Boucotte est l’un des premiers quartiers de Ziguinchor, avec Santhiaba et Boudody et qu’il est créé par le flux migratoire de populations venues, de divers horizons, trouver les autochtones sur place. Dans le cadre de la cohabitation, des espaces leur ont été destinés et durant leur installation, des lieux de rencontres ont été aménagés dont certainement cette grande place, à l’initiative des familles riveraines (Diop, Touré, Gakou, Gassama) pour ne citer que celles-là.

« Ce fut, a dit M. Sidibé, un lieu qui, jusqu’à la fin des années 1950, recevait les initiés de retour du bois sacré pour la grande parade et la danse rituelle, appelée « King », en mandingue (danse des initiés de culture mandingue) ». Il a souligné que, par sa position géographique et l’espace qu’il offrait, ce site servait aussi de lieu pour les grandes prières musulmanes (Korité, Tabaski) et les manifestations, destinées au grand public. Il continue de recevoir de grandes rencontres de réjouissances populaires, religieuses, politiques, etc. Il sert également d’espace de jeu pour les jeunes, à l’image de son aire réservée aux entraînements et matches de football, surtout pour l’Asc Réveil (le club du quartier). Le Basket-ball y est pratiqué aussi sur un bon terrain. La place Gao reste l’un des espaces les plus vastes de la ville de Ziguinchor et elle est capable de recevoir de grandes manifestations populaires. 

Autrefois à cette place Gao, trônait un grand « taba » que les aléas de la sécheresse ont fini de faire disparaître. « Les nostalgiques, de passage, ont à l’esprit ce grand arbre majestueux qui était comme le symbole d’un mythe », a fait remarquer Abdoulaye Sidibé. L’autre souvenir qu’il retient encore de la place « Bantabaa », c’est la cérémonie de danse des initiés, vers les années 1950. Quand 300 à 400 initiés, venant des bois sacrés pour le retour définitif dans leurs familles, arrivaient en procession jusqu’à cette place pour la danse mythique appelée « King ». « C’était le dernier rituel », a précisé notre interlocuteur. Par ailleurs, il a laissé croire que le nom « Bantamba » qui est donné à la place Gao de Boucotte est une « déformation » de « Bantabaa ». Il a fait comprendre que « Bantamba » signifie le grand fromager et « Bantabaa », la grande place publique. A son avis, c’est cette dernière appellation qui est la bonne. Quant à l’appellation, « Place Gao » qui est donnée à ce lieu « mythique », il a rappelé qu’elle symbolise le jumelage de la ville Malienne, Gao, avec celle de Ziguinchor.

Témoin de l’histoire : mouvementée et de l’évolution de la ville

La place « Bantamba » de Boucotte, baptisée place Gao, est témoin de l’histoire de l’évolution de Ziguinchor et du reste de la Casamance. Elle a abrité divers événements sociaux, politiques et culturels qui ont marqué la vie régionale et nationale, voire même sous-régionale.

Ces événements sont considérés comme des caractéristiques des préoccupations des populations de Ziguinchor, des autres parties de la région naturelle de Casamance et du reste du Sénégal. Des Ziguinchorois, à l’image de M. Alpha Barry, instituteur et conseiller pédagogique à la retraite, ont encore en mémoire, la première réunion publique tenue en 1983 à cette place Gao (« Bantamba ») de Boucotte, au début de la crise Casamançaise. D’importantes délégations, venues des départements d’Oussouye et de Bignona, des arrondissements de Niaguis et Nyassia, des différents quartiers de Ziguinchor, s’y étaient donné rendez-vous pour échanger sur cette crise qui venait de voir le jour, dans cette région multiethnique et paisible de la Casamance. Des personnalités politiques, religieuses et coutumières, ainsi que de grands responsables syndicaux, d’importants leaders femmes et jeunes de toute la région de Ziguinchor, avaient pour objectif de faire un grand plaidoyer pour la paix et la cohabitation pacifique, entre les différentes composantes de la population locale.

L’ambiance était festive. On lisait l’enthousiasme sur chaque visage et la détermination de tous pour l’atteinte de cet objectif. Dans ce climat serein et confiant, les ténors avaient pris la parole pour prêcher la non-violence, le retour au dialogue, la mise en avant de la raison et la protection de la paix. Les secrétaires généraux des différentes coordinations du Parti socialiste (au pouvoir à l’époque), les notabilités religieuses, ainsi que les responsables des jeunes et de la gent féminine, avaient tour à tour pris la parole également. La présence du marabout vénéré du Fogny, Sountou Badji, avait surtout pesé sur l’assistance. « Comme il était présent, tout le monde pensait à la paix, par rapport à la personnalité du marabout qui, naturellement, avait aussi prôné la paix, la bonne cohabitation, la concorde et le développement », s’est rappelé M. Barry. Des résolutions furent faites, en direction de l’Etat pour rendre compte de cette mobilisation et des préoccupations des populations pour une « paix durable », dans le Sénégal tout entier.

Ce « Bantamba » de Boucotte est l’espace de la ville le plus convoité pour les manifestations publiques, parce qu’il est spacieux et ombragé. Il accueille périodiquement des événements culturels, tel que le carnaval de Ziguinchor, des conférences, chants religieux, grandes prières à l’occasion des fêtes de Korité et de Tabaski. C’est aussi le lieu d’épanouissement des jeunes, à travers le sport (football et basket-ball) et la place mythique de l’Asc Réveil de Boucotte, l’une des plus anciennes associations sportives et culturelles de la ville de Ziguinchor, après la Fraternelle, l’Amitié et la Stella. Il est devenu Place Gao, par le fait des villes jumelées. Ziguinchor (au Sénégal) est jumelée à la ville de Gao (au Mali) en 1969. Ce « Bantamba » a été baptisé Place Gao, en présence d’une forte délégation venue du mali et conduite par son ambassadeur de l’époque au Sénégal. C’était en présence également des autorités administratives et politiques de la région naturelle de Casamance. Ce fut une grande mobilisation, empreinte de cordialité et d’ambitions fraternelles. Une stèle y avait été édifiée dans cet esprit.

Cet espace n’est pas une nouveauté dans la région méridionale du Sénégal. Selon M. Alpha Barry, dans toutes les agglomérations mandingues, il y a un lieu réservé pour les rencontres de toute la population pour échanger sur divers événements et situations, liés à la vie de la société. Cette place est communément appelée « Bantamba » qui signifie, en mandingue, place publique et qui est assimilée à l’arbre à palabre. Généralement, il y a au moins, un arbre symbolique en ces lieux. Egalement, dans des villes de la Casamance naturelle, comme Ziguinchor, cette place publique existe, sous le nom de « Bantamba ». C’est le cas de l’actuelle « place Gao au quartier Boucotte, de la place « Bambaya » à Peyrissac et de la « place Banéto » à Kandé. M. Barry a indiqué qu’à la place « Bantamba » de Boucotte, il y avait un grand fromager et d’autres arbres imposants. « Nous, éclaireurs du Sénégal (EDS), y faisions des feux de camp, bien avant 1957, jusqu’à une époque récente », se souvient-il.        

• Par Moussa SADIO - Photos : Abib DIOUM

 

Un atelier sur la lutte contre le trafic des objets culturels en Afrique de l’Ouest a été ouvert, hier matin, au Bureau régional pour l’éducation en Afrique (Unesco-Breda) par le ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour. Il a demandé aux représentants de la quinzaine de pays présents à Dakar d’harmoniser leurs idées et expériences pour une lutte efficace contre le trafic des biens culturels.

« Si nous voulons lutter contre le trafic des biens culturels, nous devons faire un travail collectif, en harmonisant notre vision afin de mieux lutter contre ce phénomène », argumentait Youssou Ndour, le ministre de la Culture et du Tourisme dans son adresse aux représentants d’une quinzaine de pays d’Afrique de l’Ouest réunis au Breda- Unesco à Dakar. Le ministre avait à ses côtés la directrice du Breda, Thérèse Ndong-Jatta et le Pr Hamady Bocoum, directeur du patrimoine culturel. La rencontre de Dakar a réuni près de 40 experts et professionnels de quinze pays de la sous-région.

Ils viennent des ministères de la Culture et d’institutions chargées du patrimoine culturel, mais également des bureaux nationaux d’Interpol et des services de douane. Aujourd’hui, les Etats de la sous-région qui ont ratifié la Convention de l’Unesco sur la lutte contre le trafic illicite des biens culturels sont au nombre de sept : le Burkina Faso, La Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger, le Nigéria et le Sénégal. L’atelier de Dakar aura franchi un grand pas s’il réussit à convaincre les autres à ratifier cette Convention, il s’agit notamment du Bénin, du Cap-Vert, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée Bissau, du Libéria, de la Sierra Leone et du Togo.

En présentant l’expérience sénégalaise en matière d’identification du patrimoine, le ministre de la Culture a ouvert des pistes de réflexion et d’échanges par rapport à la reconnaissance des sites et patrimoines, la restauration, la mise en synergie des acteurs impliqués dans ce processus, notamment pour effectuer l’identification numérique (la numérisation du patrimoine culturel), son référencement dans les moteurs de recherche à travers les sites web et son archivage.   Le ministre Youssou Ndour a rappelé le travail soutenu de la direction du patrimoine pour la protection et la reconnaissance de sites et biens culturels. Le Sénégal a ainsi obtenu l’inscription de plusieurs sites et biens culturels du Sénégal au patrimoine mondial de l’Unesco. Ce sont, entre autres, les « cercles mégalithiques de Sénégambie » (2006), le Delta du Saloum (2011) ou encore les « paysages culturels Bassari, Peul et Bédick » (2012).

 Les trésors culturels volés et le droit international

Dakar est le point de départ d’une série de six ateliers de formation prévus, sous l’égide de l’Unesco, en Afrique, en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Europe du Sud-est. L’organisation de ces ateliers devrait être bouclée avant la fin de l’année. La directrice du Breda expliquait l’urgence de ce programme vivement encouragé par la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova. « Cela témoigne de la ferme volonté de ne pas affaiblir le programme de l’Unesco dans lutte contre le trafic illicite de biens culturels », souligne Mme Thérèse Ndong Jatta. L’atelier de Dakar se déroule avec la participation active du secrétariat d’Unidroit. Ce partenaire de l’Unesco, spécialisé dans le droit privé international, a complété, en 1995, le dispositif juridique de l’ancienne Convention de 1970 sur les biens culturels volés ou illicitement exportés. Interpellé par les journalistes sur le sort des trésors culturels et les sites archéologiques de la ville de Tombouctou agressés et détruits par des mouvements islamistes au nord du Mali, le Pr Hamady Bocoum, directeur du patrimoine culturel, a tiré la sonnette d’alarme face aux risques qui pèsent sur ce bien immobilier exceptionnel, ce trésor du patrimoine mondial. « Il est important de protéger ces sites qui conservent les connaissances scientifiques du monde noir », avance le Pr Bocoum. A propos des dégâts, précise le directeur du patrimoine, l’évaluation ne pourra être faite tant que les sites ne seront pas revenus aux mains des Maliens. Le Pr Bocoum, éminent archéologue, confirme d’ailleurs le point de vue du ministre de la Culture qui pense que l’agression contre les sites du patrimoine mondial à Tombouctou touche aussi bien les Maliens que les Sénégalais ou d’autres Africains, car, en matière de patrimoine, il faut toujours raisonner en termes de « continuités culturelles ».Au programme de l’atelier sous- régional sur le trafic illicite de biens culturels en Afrique, les participants ont planché, hier, sur la législation internationale, les situations nationales et la coopération. Aujourd’hui, ils parleront des modalités pour le retour et la restitution des biens culturels et l’utilisation d’outils opérationnels. Demain, l’atelier va examiner l’implication des services de police, de douane et de protection du patrimoine culturel, sans oublier le rôle des médias ainsi que l’éducation et la sensibilisation sur le patrimoine culturel.          

Jean PIRES

Le Club de la jeunesse du monde (Cjm) a annoncé le lancement de la 2e édition du festival « Dakar Ndax Jamm, la paix en Casamance, ça me concerne aussi ». Il aura lieu du 20 septembre au 2 octobre 2012 à Dakar et Ziguinchor.

En prélude à la deuxième édition du festival « Dakar Ndax Jamm », le Club de la jeunesse du monde (Cjm) a organisé, récemment une conférence de presse, dans les locaux de la mairie de Grand-Yoff, pour informer sur l’importance de l’événement et dresser les principales activités du festival. Selon le président du Club de la jeunesse du monde, Donaldo Prosper Anthony, sénégalais d’origine togolaise par ailleurs, directeur du festival « Dakar Ndax Jamm », le festival développe un programme où se croisent des comédiens, des musiciens, des journalistes, des acteurs culturels et des artisans de la paix, des jeunes et des populations épris de paix et de développement. « Pour la deuxième édition, nous avons retenu comme thème « La paix en Casamance, ça me concerne aussi ».

D’où notre excursion au sud du pays », souligne Donaldo Prosper. Il soutient que la paix en Casamance ne doit pas être que l’affaire des casamançais mais l’affaire de tout le monde. Il est prévu à Dakar, du 20 au 25 septembre 2012, la célébration, le 21 Septembre, de la Journée internationale de la paix qui sera suivie d’une messe à l’Eglise Saint Dominique. Un carnaval de la paix sera organisé au centre culturel Blaise Senghor. Comme autres activités, M. Anthony indique qu’il y aura une compétition de théâtre et de Slam, un concours d’art oratoire autour de la paix, à l’endroit des journalistes, et une exposition d’art plastique et de photographie. Selon le directeur chargé du partenariat, Moussa Diémé, il est prévu à Ziguinchor, deuxième ville du festival, des expositions, une conférence sur la conflit en Casamance.

« Le club va aussi commémorer le 10 ème anniversaire du naufrage du bateau Le Diola, le 26 septembre. Nous apporterons un message de paix aux communautés meurtries de Niassia, Mpack, Boutoupa Kounda et de Goudomp », précise-t-il. Créé le 15 août 2009 au Sénégal, le Club de la jeunesse du monde était au début un club de correspondance. Mais, petit à petit, nous sommes entrés dans le leadership, l’entreprenariat et la paix dans le monde.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le directeur du patrimoine culturel, Hamady Bocoum, a qualifié lundi de « danger imminent » le saccage de sites religieux et culturels à Gao et Tombouctou dans le Nord-Mali par les mouvements islamistes qui contrôlent cette partie du territoire malien, indiquant que cette région recèle un bien « immobilier exceptionnel ».

« Tout le monde a vu que deux sites importants, Gao et Tombouctou, du patrimoine mondial ont été pillés et saccagés, et cela devient un danger imminent pour le patrimoine mondial », a dit M. Bocoum.

Il s’exprimait lors d’une réunion sous-régionale sur le renforcement des capacités et de la sensibilisation à la lutte contre le trafic illicite de biens culturels pour la région de l'Afrique de l'Ouest.

Selon lui, ces deux sites abritent un patrimoine immobilier « exceptionnel » et ce trésor « n’appartient pas uniquement au Mali », car, en matière de patrimoine, il faut toujours raisonner en terme de continuité culturelle ».

« Et cette continuité interpelle le Sénégal, qui est tout aussi propriétaire du patrimoine culturel malien », a-t-il estimé.

Il a également souligné que les autres pays de la sous-région présents à la rencontre à Dakar sont « tout aussi concernés par ce qui se passe au Mali ».

Dès lors, « il est important de protéger ces sites qui conservent les connaissances scientifiques du monde noir », a-t-il affirmé, rappelant que les traditions écrites sont tout aussi importantes que celles orales.

« Dans ces sites, a rappelé l’historien, se trouvent les plus importants manuscrits du monde noir dans tous les domaines, notamment la botanique, l’astronomie, la théologie, la littérature… »

Mais selon lui, même si la grosse boucle du Mali a été le foyer culturel, politique et religieux le plus important de la sous régions, il existe des cultures moins prestigieuses mais tout aussi importantes ailleurs dans cette partie du pays.

Interrogé sur l’ampleur des dégâts dans cette zone, il a déclaré qu’ils ne pourront pas être évalués tant que ces deux sites ne « seront pas revenus aux mains des Maliens et que les experts n’auront pas fait le travail d’inventaire et de bilan nécessaire ».

Source: APS

Evoquer le passé culturel de la ville de Ziguinchor ne peut se faire sans se souvenir du rôle important que la troupe théâtrale « Taling-Taling » (contes et légendes en langue mandingue) a joué dans cette partie sud du Sénégal. Dans un environnement marqué par le foisonnement et la diversité des formes théâtrales à l’époque, le « Taling-Taling » a misé sur le théâtre populaire caractérisé principalement par la proximité avec le public.

La troupe « Taling-Taling » a été l’expression d’un groupe mythique qui a marqué d’une empreinte indélébile le théâtre en Casamance. A l’image du Thionk-Essyl, dans les années post indépendance, elle s’est inspirée de la diversité culturelle et de la richesse ethnolinguistique de la région. Et Ziguinchor étant une cité particulièrement cosmopolite, il était facile pour des artistes de s’inspirer de ses rites et rituels pour les traduire sur les planches, confie Abdoulaye Sidibé, ancien directeur artistique du « Taling-Taling ».

« La diversité culturelle de Ziguinchor a été, pour nous, une source d’inspiration pour les hommes de culture de la Casamance » a reconnu M. Sidibé. Cela s’est traduit par un bouillonnement culturel dans les cités urbaines en particulier à l’occasion des grandes vacances où, souvent, les étudiants de retour au terroir troquaient leurs manteaux d’universitaires pour emprunter le temps des vacances la tenue d’artistes en intégrant les troupes théâtrales de la place comme le « Stella » de Boucott » ou encore « La Fraternelle » et le « Taling-Taling ». La création de ces groupes au passé glorieux a permis de revisiter des pans importants de l’histoire des cultures diola, Balant, peulh, wolof, mandingue à travers le récit et la danse. Ziguinchor s’était ainsi appuyé sur la culture pour construire une base sociale à travers une identité commune où tout le monde se retrouvait. Ce qui a donné naissance à cette appellation singulière de « Fiju di terra » (enfants du terroir) qui symbolisait, en somme, le cosmopolitisme et le métissage des populations du terroir, a rappelé Abdoulaye Sidibé.

Pour l’ancien directeur artistique du « Taling-Taling », l’histoire culturelle de Ziguinchor a connu son apogée avec l’avènement de petits clubs de quartiers qui convergeaient tous vers le grand ensemble que constituait « La fraternelle ». Le « Taling-Taling » est venu par la suite apporter sa touche particulière à travers le théâtre populaire avec l’avènement des semaines culturelles initiées à l’époque par le président Léopold Sédar Senghor.

La troupe était d’abord un regroupement de jeunes de la Casamance naturelle avec des artistes issus des différentes contrées de la région naturelle. Ils venaient de Sédhiou, de Kolda ou encore de Bignona pour venir exprimer leur talent à Ziguinchor, alors capitale régionale. Parmi les pièces mythiques mises en scène par le « Taling-Taling », on pouvait retenir, la chute de la forteresse (Tata) de Fodé Kaba Doumbouya, où la troupe s’est exercée à retracer le périple du peuple mandingue en Haute Casamance, de Sédhiou en Gambie en passant par Bonna jusqu’au Tata du Kian Fugny. « On incarnait, sur la scène, des personnages comme Nkourou Sonko, ou encore Haoune Sané de Bignona et l’héroïne de Cabrousse, Aline Sitoé Diatta » se souvient l’ancien metteur en scène du « Taling-Taling ».

 La glorieuse épopée des années 1980

Ce fut l’époque de la gloire et du succès sur toutes les planches du Sénégal et du monde. Le « Taling-Taling » rafle ainsi tous les trophées mis en compétition à l’occasion des semaines culturelles à l’image de l’Ucas de Sédhiou dans les années 1980, en ce qui concerne la musique. La troupe effectuera même des tournées sur le plan international à maintes reprises. Celle effectuée en 1985, à travers certains pays d’Europe occidental comme l’Espagne, l’Italie, au Rocher de Monaco à l’occasion de festivals, reste gravée dans la mémoire de l’ancien directeur artistique de la troupe. Ce fut l’occasion de séduire les publics rencontrés et d’étaler au grand jour son potentiel artistique grâce à des talents confirmés en la matière. Des noms comme Mahawa Doumbya, Yaya Diabaté, Alfa Barry, Toumani Camara, Djibril Mané, à l’époque le cadet du groupe, font partie de ces figures emblématiques qui ont marqué de leur empreinte l’histoire de la troupe aux côtés des anciens comme feu Salam Diallo.

Cependant, chemin faisant, le « Taling-Taling », va perdre son ardeur pour ne laisser entre les mains de ses pensionnaires que le souvenir d’une troupe qui aura écrit un pan entier de l’histoire du théâtre dans le Sud du pays. Entre autres facteurs de ce déclin, on peut retenir non seulement le poids de l’âge de ses acteurs mais aussi la crise qu’a connu la région Sud du Sénégal. Il était devenu presqu’impossible pour les pensionnaires du groupe de répondre aux répétitions qui, pour la plupart du temps, se tenaient au crépuscule, regrette avec nostalgie, Abdoulaye Sidibé. S’y ajoute également le fait que la relève n’a pas eu la même motivation et le même engouement pour perpétuer le legs des membres fondateurs. Ironie du sort, le déclin de la troupe « Taling-Taling » sera suivie dans le temps par un fléchissement de l’activité culturelle dans la capitale du Sud. Ziguinchor, jadis connue pour la richesse de son patrimoine culturel devient orpheline de son passé. Les anciens se souviennent encore des belles soirées de la « Casamance au claire de lune » pour ne pas dire de ces moments de jouvence rythmés par le son et la danse régulièrement organisés à travers la ville. Non plus ces nuits chaudes rythmées par le « asiko » ou le « Koumpo ». Le Kankourang, (masque mythique des mandingues et des balantes) qui sortait sous la supervision des sages pour sécuriser l’entrée ou la sortie des initiés, est réduit aujourd’hui, à un épiphénomène qui ne retient plus l’attention des populations. Il n’est plus ce mythe protecteur qui conjure le mal et aide les femmes à retrouver leur fécondité. Tout simplement pour dire que le mythe du patrimoine immatériel incarné jadis à Ziguinchor, par les masques comme le « Kankouran » et le « Koumpo » s’est effondré au grand dam des nostalgiques de l’authenticité dans le Sud du pays.

Ancien directeur artistique de la troupe : Abdoulaye Sidibé, une icône de la culture au service du théâtre

Il est souvent traité de nostalgique par les plus petits, tellement, Abdoulaye Sidibé reste attaché au passé culturel de Ziguinchor, la ville qui l’a vu naître. Il a été très tôt fasciné par le troisième art et y a consacré toute sa vie.

Depuis sa tendre enfance, Abdoulaye Sidibé a fréquenté différentes troupes théâtrales de la Casamance. En dépit de son travail pour le moins fastidieux à la mairie de Ziguinchor, l’homme est toujours prompt à recevoir d’éventuels visiteurs pour des échanges fructueux sur la culture. Assez prolixe, l’actuel coordonnateur du festival de Ziguinchor fut tour à tour animateur culturel au Lycée Djignabo et à l’Université de Ziguinchor. C’est à cœur joie qu’il se livre aux questions mettant en relief l’histoire du théâtre dans le Sud du Sénégal. Un art qui est devenu, pour lui, une véritable passion. A la retraite aujourd’hui, après de bons et loyaux services rendus à l’enseignement, il continue toujours de vivre pleinement sa passion : le théâtre. Un art qu’il aura exercé d’abord dans sa ville natale puis au-delà de nos frontières. Il fut l’un des acteurs de la mythique troupe théâtrale de la capitale du Sud, « le Taling-Taling » (Contes et légendes en manding) où il fut tour à tour, metteur en scène et directeur artistique pendant une bonne quinzaine d’années. A la quête perpétuelle du savoir, Abdoulaye Sidibé fait partie de cette race d’intellectuels qui ont bourlingué un peu partout pour entrer en contact avec le passé afin de mieux appréhender le futur. Il profita de son statut d’enseignant pour fouiller ses origines lointaines de digne fils du Gabou, visiter l’endroit qui abrita le Tata de Fodé Kaba de même que les ruines du Rip et du Mandé grâce à son amour viscéral du théâtre. Sur les planches, l’enfant de Boucott, aimait traduire ce vécu en réalité en incarnant très souvent les hauts faits de Haoune Sané, Fodé Kaba et Kéléfa Sané. Des figures emblématiques qui ont écrit des pans entiers de l’histoire grâce à leur sens de l’honneur et de la dignité. Sans doute son parcours d’enseignant et d’homme de culture ont beaucoup marqué l’homme pour en faire quelqu’un qui aime déguster avec appétit les souvenirs d’un passé ayant marqué son vécu sur terre. Evoquant son action dans le « Taling-Taling », Abdoulaye Sidibé, dit Laye, tient toujours à rendre hommage à ces devanciers dans le métier comme Toumani Mané, Alpha Barry, Salam Diallo. Des références auprès desquelles, il aura beaucoup appris.

Avec le « Taling-Taling », il a sillonné le monde pour exprimer les facettes culturelles de la ville de Ziguinchor à travers la danse et le récit. « Avec cette troupe mythique, nous avons mis à profit la richesse de la culture des populations du Sud pour traduire, dans des pièces, l’histoire de notre peuple », raconte t-il. Le souvenir des belles soirées de la « Casamance au clair de lune » ponctuées par la danse et le théâtre, reste encore vivace dans sa mémoire. Chemin faisant, Abdoulaye Sidibé et ses camarades du « Taling Taling » ont fait les frais des vicissitudes du temps traduit en partie par un fléchissement dans leur action. La troupe ne connaît plus cet engouement qui faisait sa particularité dans les années 80. Cependant, le déclin de la troupe n’entamera en rien son ardeur. Mû par sa passion, il poursuit sa carrière en encadrant les élèves du lycée Djignabo de Ziguinchor et les étudiants de l’Université de la même ville en mettant sur pied des troupes scolaires entièrement consacrées au théâtre. Et cette fois-ci, c’est pour dénoncer, en compagnie de son collègue Damas Cissokho, professeur de lettres au Lycée Djignabo, la crise en Casamance à travers des pièces comme « J’accuse » ou encore « la paix au nom du peuple » et « la réconciliation ». Il s’agit là pour lui, d’apporter sa modeste contribution dans la quête de la paix dans les cœurs et les esprits dans une région meurtrie par près d’une trentaine d’années de conflit armé. Aujourd’hui à la retraite, Abdoulaye Sidibé dit Laye Sidibé demeure encore cet artiste sur qui les jeunes générations peuvent compter pour réécrire de nouvelles pages de l’histoire du théâtre au Sud du Sénégal. Son action au sein du comité en charge de l’organisation du festival des danses traditionnelles et des cultures urbaines de Ziguinchor (Zig Fest) en est une parfaite illustration.

• Par Seydou Prosper SADIO

Les enfants du centre aéré de la Maison de la culture Douta Seck ont remis aux autorités du ministère de la Culture et du Tourisme un don en denrées alimentaires d’une valeur estimée à 350.000 FCfa, en guise de soutien aux enfants sinistrés des inondations. La cérémonie a eu lieu, mercredi, à la Maison de la culture Douta Seck, en marge d’une journée de performance artistique organisée pour permettre aux enfants de s’exprimer par rapport aux inondations et à la solidarité nationale. «Vu la situation dramatique que vivent les populations actuellement au Sénégal, nous avons décidé de reporter la 11ème  édition du Centre aéré jusqu’à une date ultérieure. Nous avons, en remplacement, organisé une semaine de collecte de dons avec l’aide des enfants, leurs parents et des partenaires du Centre aéré», a déclaré la directrice de la Maison de la culture Douta Seck, Mme Awa Cheikh Diouf Camara. Selon la directrice, cette journée a été un prétexte pour les enfants de s’exprimer par rapport à cette actualité qu’ils vivent au jour le jour. Une séance récréative a permis aux enfants de s’exercer autour d’activités artistiques et culturelles (poésie, teinture…).

Awa Cheikh Diouf a également noté que  les enfants, leurs parents et les partenaires du Centre aéré, la Sonatel, la Patisen et l’Association des écrivains du Sénégal ont tous répondu favorablement à l’appel. Mais, «puisqu’il s’agit des enfants, nous avons converti l’argent reçu en denrées». 

Le don a été remis au représentant du ministre de la Culture et du Tourisme Youssou Ndour,  Diel Keffely Wélé. Ce dernier s’est réjoui de l’initiative et s’est dit touché par la sensibilité des enfants.

D’après lui, cet acte est un «prolongement d’un élan de solidarité national».

Nima DAFF (stagiaire)

« Dialang-bantang », le bois sacré des femmes du « Kassa », au quartier Djirigho, à la périphérie de Ziguinchor, est intimement lié à l’histoire de la ville. Il joue un rôle de régulation sociale pour les populations qui le sollicitent pour guérir une maladie, conjurer le mauvais sort ou demander de la protection.

Dialang Batang, le bois sacré des femmes au cœur de Ziguinchor

Ziguinchor, quartier Djirigho. Nous sommes dans la périphérie de la ville, précisément à l’intersection des boulevards Aline Sitoë Diatta et Dialang-bantang. A côté, c’est le célèbre bois sacré Dialang-bantang, renseigne Jean-Pierre Diatta, un riverain.

L’endroit est bien délimité. « Les petits troncs d’arbres que vous apercevez servent de siège aux visiteurs. Au milieu, c’est le fétiche », explique notre accompagnateur. A l’en croire, autrefois, une forêt touffue enveloppait le site, avec à l’intérieur des singes et des reptiles.

Actuellement, le lieu semble désert. « Il n’en est rien », dit notre guide qui estime que « Dialang-bantang» est toujours ce « lieu sacré et sollicité ». C’est le point de vue des Ziguinchorois, mais aussi d’autres personnes, toutes confessions religieuses et catégories sociales qui, généralement, y viennent la nuit pour chercher des solutions à leurs problèmes existentiels.

 Le temple des femmes

« Dialang-bantang », est géré par des femmes dont Mme Rosalie Penda Sambou, une gardienne de la tradition qui sollicite le soutien des autorités, notamment celles qui sont originaires de la région naturelle de Casamance, pour un meilleur aménagement du site par la construction d’un mur de clôture.

En cette période d’hivernage, les animatrices du « Dialang-bantang » sont dans les champs et les rizières. Elles n’officient que les jeudis, contrairement en saison sèche. « Quand quelqu’un nous sollicite pour un problème ponctuel, toutes les femmes concernées descendent dans le bois sacré », indique Mme Rosalie Penda Sambou. Elle promet la reprise, dès novembre (juste après la Toussaint), des libations et prières hebdomadaires qu’elles font chaque jeudi à « Dialang-bantang » pour le bien-être et le bonheur des populations locales. A l’occasion, chaque femme amène du riz, du vin de palme et du poisson. Elles versent le vin de palme sur le fétiche et s’activent dans la préparation du repas de midi. Après le déjeuner, elles s’adonnent à des libations et prières. Elles ne se dispersent pas avant 21 heures.

« Dialang-bantang », qui signifie le fromager fétiche en Mandingue, est un lieu de culte des femmes, à Ziguinchor. Il est fréquenté par celles qui ont des problèmes de fécondité. D’autres y amènent leurs enfants pour une protection. « Dialang-bantang » remonte de très loin dans l’histoire de Ziguinchor. Il est difficile de dire, avec exactitude, le début de ce culte. On sait que c’est l’œuvre des populations de « l’extrême Sud de Ziguinchor ».

Il était situé hors du périmètre de la commune. Mais, avec l’extension du périmètre communal, il est rattaché à la ville. Les prêtresses s’occupent de son entretien et président les libations qui s’y déroulent. Le rituel des prières, offrandes et sacrifices est bien défini. Cet endroit mystique joue un rôle catalyseur, au sein de la gente féminine, sans distinction de race ou de religion. Malgré les religions révélées, la tradition reste encore vivace dans le cœur des habitants. Le lieu est fréquenté aussi bien par les catholiques que les musulmans. Chaque année, des cérémonies de libations, d’incantations et de prières sont organisées pour la protection des populations de Ziguinchor, en particulier et de toute la Casamance, en général. Toutefois, Abdoulaye Sidibé souligne qu’avec l’évolution de la ville, la modernité et les habitations aux alentours, le site de « Dialang-bantang » perd un peu de son mythe. Sa fréquentation est de plus en plus faible, affirme-t-il. A l’en croire, autrefois, des libations et des sacrifices y étaient organisées presque tous les jours. Malgré tout, les femmes continuent à fréquenter « Dialang-bantang », fortes de leurs croyances.

Mais, à chaque situation difficile, comme les épidémies ou les calamités naturelles, les femmes y organisent des libations pour conjurer le mauvais sort. Abdoulaye Sidibé déplore que ce patrimoine ne soit pas sauvegardé.  

 Un symbole fort dans l’histoire de Ziguinchor

L’histoire de « Dialang-bantang » est liée à celle de la ville de Ziguinchor. Et les populations locales sont unanimes à reconnaître son rôle de régulation sociale. L’historien, Nouha Cissé indique que la ville de Ziguinchor, bien que cosmopolite, est bâtie sur un patrimoine culturel « baïnounck » et « diola ». A l’époque, le culte dominant était la religion traditionnelle. La ville s’étendait sur un rayon d’environ 500 mètres, autour de ce qu’on appelle « l’Escale », c’est-à-dire le quartier administratif. La proche banlieue était constituée des quartiers Peyrissac et Grand Dakar-extension, avec les sous-quartiers Yamatogne et Djirigho fortement habités par des communautés pratiquant la religion traditionnelle.

« Avec la religion traditionnelle, le lieu de culte était le bois sacré, les offices s’y déroulaient, sous la direction des femmes », a indiqué Nouha Cissé. Aujourd’hui, l’historien souligne que la religion traditionnelle est en recul. Il soutient que le « Dialang-bantang » est un vestige et témoigne de la place prépondérante que les croyances traditionnelles occupaient dans nos sociétés. Ce recul des rites et mythes, Nouha Cissé l’explique par la prégnance des religions révélées. « Aujourd’hui fortement islamisées ou christianisées, les femmes, qui y allaient, ont abandonné le bois sacré. Mais, dans les années 1980, beaucoup de femmes le fréquentaient régulièrement pour faire des prières et des libations », déclare-t-il. Nouha Cissé est de ceux qui croient au rôle « de régulation » et « de protection sociale » du « Dialang-bantang ». Toute personne qui manifeste le désir de solliciter des prières ou de la protection du « Dialang-bantang » est soumise à certaines obligations. Généralement, il lui est demandé d’apporter 20 litres de vin de palme, des boissons sucrées, quelques noix de cola (selon ses moyens) et de dire ce qu’il pourrait offrir au fétiche, si le résultat est concluant. A l’accomplissement du vœu, certains donnent un porc, 80 litres de vin de palme, un sac de riz et un kilogramme de cola pour une cérémonie particulière dans le bois sacré.

Ils sont tenus de revenir chaque jeudi pour y prendre un bain mystique et bénéficier de prières. Ceux qui résident hors de Ziguinchor sont autorisés à le faire une fois par an. Mais, il leur est exigé de venir avec 10 litres de vin de palme, quatre bouteilles de boisson sucrée et des noix de cola. « Tout ce qui est demandé, peut être donné en nature ou en espèces », indique Mme Rosalie Penda Sambou. 

 Quid des prêtresses ?

Henriette Sambou et Rosalie Penda Sambou sont les deux gardiennes du bois sacré, « Dialang-bantang ». La première, très vieille et s’appuyant sur une canne pour se déplacer, est la titulaire. La deuxième, également d’un âge avancé, est l’adjointe. Petites de taille, elles sont, toutes deux, originaires du Kassa, une zone du département d’Oussouye. Henriette Sambou est née à Kagnoute ; Rosalie Penda Sambou à Mlomp-Kadioupolong. Aucune d’elle ne sait sa date de naissance exacte. Ce sont des femmes sympathiques, mais avares en parole, surtout en confidences. On a appris que la vieille Henriette Sambou a remplacé Marie Affinko Diatta qui était la prêtresse de « Dialang-bantang ». Et concernant cette dernière, personne n’a pu nous éclairer.

Selon Kaoussou Sané, enseignant à la retraite, le fétiche de « Dialang-bantang » se trouvait chez celle qui en était la prêtresse, c’est-à-dire Marie Affinko Diatta. Cette dernière est morte depuis plusieurs dizaines d’années. Elle habitait le quartier Boucotte-Ouest de Ziguinchor. Sa maison est située à quelques encablures du dispensaire Collette Senghor. Un grand arbre abritait le fétiche. Les femmes imploraient le fétiche, selon un rituel durant une ou deux semaines, pour conjurer une épidémie, des cas de décès multiples et soudains, la sécheresse, la famine...

Quand cet arbre est tombé, le fétiche aurait été « transféré » dans le site actuel, au quartier Djirigho, dans la périphérie de Ziguinchor. « Les femmes du Kassa se réunissaient pour prendre une décision concernant la ville, en cas de menace avérée sur la vie des populations ou sur leurs productions agricoles », a indiqué Mamadou Faty dit Boundia, résidant à Djirigho.

Diatou Bassène, la gardienne du bois sacré du royaume d’Afilédio

A Ziguinchor, son nom reste collé au bout des lèvres. Elle veille sur la sécurité, exorcise le mal et  fait partie de ces  gardiennes des bois sacrés qui conservent jalousement  les réalités de ce pan important de l’histoire des populations du Sud.

En dépit des aléas du temps et des soubresauts de l’existence, Diatou Bassène représente, pour ces congénères, une des dignes héritières des conservateurs de la religion traditionnelle dans le Enampor, une localité située dans l’arrondissement de Nyassia et plus connu dans l’histoire comme étant le terroir où était circonscrit le royaume d’Afilédio. Du haut de son perchoir qu’elle a hérité de sa tante, Mariama Manga, il y a plus d’une vingtaine d’années, elle arbore  fièrement les attributs qu’elle tient de la tradition: garder le bois sacré, l’incarner dans toute sa dimension et surtout  veiller à la sécurité de la ville de Ziguinchor en conjurant, à tout instant, le mal et le mauvais sort qui pourraient s’abattre éventuellement sur les filles et fils du terroir. Aux yeux de ses sœurs, elle est l’incarnation même du mythique et du mystique, au service du bien-être de la société casamançaise. L’endroit qui lui sert d’office pour les pratiques mystiques refuse  du monde tous les jeudis et vendredis pour des raisons diverses. Mère Diatou comme l’appellent familièrement les jeunes générations de Ziguinchor et d’Enampor allie merveilleusement ses fonctions et les  exigences d’une  vie conjugale à  Etama, une bourgade perdue dans le Bandial, loin des mirages de la ville. « Chez nous, la modernité n’a en  rien altéré les croyances ancestrales », dit-elle. Assise sur un tabouret juste à côté du périmètre sacré, mère Diatou durant tout le temps de l’entretien, donnait l’air d’une personne qui semble scruter l’horizon d’un air évasif. Elle se dit convaincue que ce sont les bois sacrés qui ont de tout temps garanti la sécurité de la ville de Ziguinchor et qu’ils continuent de procurer du bien aux populations. Elle cite, dans la foulée, les pluies enregistrées après une retraite des femmes dans les bois de « Dialan Bantang » ou de « Kandialang », la lutte contre certaines maladies qui menaceraient la vie des enfants, les belles récoltes et la bonne tenue de l’hivernage, entre autres. En sus de ces actions, mère Diatou est très sollicitée par des personnes en  quête d’un mieux être ou encore à la recherche d’un succès dans la vie. Des dames mariées à la recherche d’un enfant font partie également des personnes qui viennent solliciter ses bénédictions. « Je reçois toute sorte de personne. Des autorités de l’Etat aux élèves et étudiants en période d’examen », révèle Diatou Bassène. Ses compétences dépasseraient visiblement nos frontières car elle reçoit même des compatriotes expatriés, indique Ami Colé Bassène, une des femmes qui l’assistent à l’occasion des bains rituels. Aujourd’hui, le bois sacré qu’elle dirige reste encore un haut lieu de retraite spirituelle.

• Par Moussa SADIO et Seydou Prosper SADIO - Photos Abib DIOUM

 

 

La capitale éthiopienne, Addis-Abeba, abrite, à compter d’aujourd’hui, la Conférence panafricaine sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité. La rencontre est organisée par la Fédération des journalistes africains (Faj), la Fédération internationale des journalistes (Fij) et l’Organisation des Nations Unies pour la Culture et l’Education (Unesco). Le Centre de Conférence de l’Union africaine accueille la rencontre qui sera présidée par le président de la Commission de l’Union africaine. Elle verra la participation du ministre de la Communication de l’Ethiopie, du président de la Fij, du président de la Faj, de l’assistant du directeur général de l’Unesco, du rapporteur spécial de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, du rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires,  du président du Prc de l’Union africaine et du secrétaire général de  Ituc-Africa
Le rendez-vous d’Addis-Abeba permettra aux professionnels de l’information, issus notamment des syndicats nationaux, de revisiter les pesanteurs à la sécurité des journalistes dans l’exercice de leur fonction dans le contexte africain. Mais aussi d’examiner avec des experts la question de l’impunité qui résulte très souvent des violences ou des agressions perpétrées contre des journalistes.
Elle devra aussi amener des décideurs et responsables de l’Ua ou de l’Unesco et des Nations Unies à prendre position sur la nécessité d’accompagner les journalistes pour lever les entraves à la liberté de la presse, tout en examinant les instruments juridiques qui fondent la protection et la sécurité des journalistes. La situation des journalistes dans les zones de conflits, les défis pour la sécurité des journalistes seront, entre autres questions, examinés et débattus avant l’adoption d’une résolution.

De notre envoyé spécial I. K. NDIAYE

La photographie commence à s'imposer comme un véritable art au Sénégal, grâce à l’aspiration artistique d’une nouvelle génération de photographes qui a contribué à faire changer la perception que les Sénégalais avaient de cette activité dont le rayon d’action se limitait jusque-là aux cérémonies de baptêmes et de mariages, a soutenu le portraitiste franco-américain Antoine Tempé.

« Il y a toute une génération au Sénégal qui commence à avoir une aspiration artistique (dans le domaine de la photographie), alors qu’il y a dix ans, la définition de la photographie se limitait à des baptêmes ou à des mariages », soutient le photographe.

Antoine Tempé s’exprimait mardi soir à l'Institut français de Dakar, ex-CCF, lors d'une rencontre de restitution de portraits réalisés dans les jardins de cette institution, pour le compte de la partie ''Off'' de la dernière édition de la Biennale de l'art africain contemporain (Dak'art), tenu du 11 mai au 10 juin 2012.

« A l’époque, quand je venais au Sénégal, les gens ne comprenaient pas pourquoi mes photographies étaient en noir et blanc, mais aujourd’hui, cela a beaucoup changé », a souligné le photographe, également passionné de danse et du continent africain.

Antoine Tempé est notamment connu pour avoir réalisé des photos en noir et blanc qui dévoilent la beauté de la danse contemporaine africaine. Il est également l'auteur de portraits de grandes figures qui font bouger l’Afrique.

« Artistiquement, le noir et blanc parlait plus. C'est la raison pour laquelle j’ai longtemps continué à le faire, même si la photo originale était en numérique, donc en couleur », a-t-il expliqué.

« Il m’arrive d'aller voir des gens pour faire leur portrait, uniquement quand leur visage ou leur personnalité m’intéressent », a encore expliqué Antoine Tempé.

Ainsi, des portraits de figures célèbres comme l'universitaire camerounais Achille Mbembé, l'artiste sénégalais Joe Ouakam ou l'écrivain Cheikh Hamidou Kane font-ils partie de sa collection, en même temps que ceux de plasticiens ou de musiciens célèbres du continent africain.

Dans ses œuvres, Antoine Tempé cherche toujours un traitement plus intéressant de la couleur, dans le but de rendre ses photographies moins réelles. Ce qui fait qu'il peut rester plus d’une heure à travailler une photo.

« Je n’ai pas envie d'une couleur qui soit vraiment la réalité. C'est pour cela qu'elles (ses photographies) sont assez travaillées, un peu dénaturées, contrastées », a révélé le portraitiste.

« Ensuite, j'ai commencé à trouver que je pouvais m'exprimer artistiquement et avoir ma propre personnalité dans un travail où je pouvais rendre les photographies un peu moins réelles et plus immatérielles », a-t-il indiqué.

Selon lui, il n’est pas impératif de retoucher une photographie, mais par contre, une photo artistique n’est jamais conforme à la réalité, car le photographe choisit toujours un type de film qui lui permettra de changer les couleurs. De sorte donc qu'il y a toujours des changements qui sont faits.

« Il y a toujours une interprétation faite par le photographe, même s’il peut choisir de faire des photos neutres. Mais, de nos jours, il y a énormément de modifications qui sont faites entre le sujet et la photo que vous avez imprimée. Que vous en soyez conscient ou pas », a précisé le photographe.

Une façon de dire que l’artiste photographe interprète la réalité de sa photographie à sa manière et la transmet au monde qui en fait également une autre interprétation.

« La photographie artistique n’est jamais une réalité. Il y a des gens qui sont beaux dans la photo mais qui ne le sont pas dans la vie réelle et vice versa », a conclu Antoine Tempé.

Source: APS

Des artistes israéliens seront à Dakar dans le cadre d’un échange culturel avec leurs homologues sénégalais. La nouvelle est annoncée par l’ambassadeur d’Israël, Eli Ben-Tura, lors de sa visite, jeudi après midi, au Village des arts.

Le Village des arts de Dakar a reçu, jeudi, la visite de l’ambassadeur d’Israël, Eli Ben-Tura. Le diplomate israélien est le premier à répondre à une campagne de communication entreprise par les artistes résidents du Village des arts. Ils ont déposé récemment des plaquettes de présentation de leur site de travail aux différentes représentations diplomati- ques et institutions établies dans la capitale, indique Guibril André Diop, secrétaire général du Comité des résidents du Village.

Le Dr. Eli Ben-Tura a bien accueilli cette communication des artistes. «  Je n’avais jamais imaginé qu’il y avait de telles œuvres à Dakar ». Après plus d’une heure passée sur les lieux, il était véritablement séduit par l’imagination et la créativité des artistes.

Le Village des arts de Dakar abrite une cinquantaine d’ateliers de peintres, sculpteurs et céramistes. Il y a une cohabitation harmonieuse de plusieurs nationalités entre les Sénégalais, les Français, les Suisses, les Congolais et les autres.

La visite a commencé par la Galerie Léopold Sédar Senghor. Originalité de cet espace, le sol est recouvert de sable fin bien entretenu. Sur les murs, tout autour de ce grand hangar de 300 m2, sont accrochés des tableaux et des sculptures posées au sol. De la religion en passant au décor du quotidien urbain, tous les thèmes sont abordés, toutes les couleurs et tous les goûts. Au milieu de la galerie, deux œuvres d’art surplombent les autres. L’une est en bois et en fer et est réalisée par Guibril André Diop. L’ouvrage ressemble à la flamme olympique. Pour l’artiste, c’est une façon de montrer « la magnanimité du fer, dont les gens ne voient que l’aspect de dureté ».

Dans l’atelier du céramiste Alpha Sow, on assiste à une démonstration. L’homme travaille l’argile. Il lui donne la forme de vases, réalise des sculptures et les fait cuire au four avant l’ultime étape du fixage de la patine ou de la peinture.

Le problème d’Alpha Sow est qu’il ne dispose pas de four pour finaliser son travail. Interpellé sur ce déficit, l’ambassadeur a souhaité en savoir plus sur la machine avant de pouvoir se prononcer. Pour M. Ben-Tura, « nous pouvons, dans le cadre d’une réflexion, évaluer les besoins des uns et des autres et voir dans quelle mesure nous pouvons apporter notre contribution ». Dans la même foulée, l’ambassadeur a exprimé sa volonté de favoriser des échanges culturels entre les artistes israéliens et sénégalais.

François MENDY

La Chine s’efforce d’exporter sa culture dans le monde, mais continue, en même temps, de renforcer le patriotisme et le sentiment de fierté chez ses citoyens.

PEKIN - L’année 1978 marque l’ouverture pleine et entière de la Chine au monde. Mais aujourd’hui, compte tenu d’un certain nombre de réalités auxquelles il fait face et aux exigences de son peuple, l’Empire du Milieu a senti le besoin de revoir sa politique culturelle et d’asseoir des réformes.

« Il nous faut innover sans cesse notre travail idéologique et culturel », a soutenu M. Yang Xiaoshan, vice-directeur du Bureau d’études du département de la Communication du Parti communiste chinois. Désormais, le socialisme à la chinoise va, certes, continuer de théoriser la propagande, mais en tenant compte des besoins et aspirations du peuple.

En clair, M. Xiaoshan déclare que cette réforme du système culturel chinois va se faire en accordant une grande attention à certains facteurs de la vie quotidienne : réduire l’écart des revenus entre chinois, réguler le marché de l’immobilier, garantir une sécurité et un environnement sain aux Chinois, lutter contre la corruption et réduire les frais médicaux, etc. Parallèlement, tout ceci se fera en expliquant à tout un chacun l’importance du Parti communiste sur la stabilité sociale de la Chine. Dans cette nouvelle politique, les médias seront mis à contribution afin, souligne M. Xiaoshan, de « rendre l’opinion plus réaliste, plus constructive dans le respect de la loi ». Cette politique de propagande passera également par les artistes, les musiciens et par l’éducation. Depuis 2009, la Chine compte plus de 309 sites pilotes d’éducation populaire qui permettent de « renforcer l’éducation du civisme social et la morale personnelle ». A l’extérieur, la Chine va davantage tenter de faire connaître « sa situation réelle », par le renforcement de sa communication à l’international. Cela a, d’ailleurs, commencé avec la création de l’agence de presse chinoise qui emploie sept langues, tandis que Radio Chine émet actuellement dans 43 langues. La télévision officielle Cctv est diffusée dans 5 langues et émet 24/24. Tout le travail de propagande sera réalisé par 5 millions de personnes dont 160 journalistes.

L’Afrique compte beaucoup dans ce travail car note M. Xiaishan, depuis le 11 janvier dernier, la Cctv consacre des tranches horaires aux programmes africains. De même, Radio Chine Internationale détient 20 fréquences en Afrique à l’heure actuelle.

De notre envoyé spécial Maguette NDONG

 

Créé vers les années 1970, le « louma » ou marché hebdomadaire de Keur Momar Sarr a une dimension nationale. Véritable lieu d’échanges commerciaux, il accueille, chaque samedi, au bord du lac de Guiers, des milliers de personnes venant de diverses régions du pays. A cause de l’étroitesse du site, les autorités locales réfléchissent sur sa délocalisation.

Au bord du lac de Guiers, le « louma » de Keur Momar Sarr étale sa diversité

Situé au cœur de la zone sylvo-pastorale, Keur Momar Sarr (département de Louga) est distant de 55 km de Louga. Pour y accéder, le déplacement est très pénible à cause du mauvais état de la route. Ce village est choyé par la nature avec l’existence du Lac de Guiers qui dessert la capitale Dakar et d’autres localités en eau traitée à partir des usines de Keur Momar Sarr et celle de Ngnith, après 35 km.

Ce village demeure un pôle de développement avec diverses activités dans les domaines de l’élevage, de l’agriculture, de la pêche, du maraîchage, de la pisciculture… Mais il abrite aussi un grand « Louma » créé vers les années 70. Les vendeurs comme les acheteurs viennent d’horizons divers notamment de Louga, Dakar, Touba, Saint-Louis, Rosso et des villages de la contrée. Ce marché a comme cadre, le site situé en bordure du Lac de Guiers, sur des centaines de mètres. Et chaque samedi, le village de Keur Momar Sarr grouille de monde et l’ambiance est également à l’image de celle des grands « louma » de Diaobé et de Dahra.

Au marché des petits ruminants, les vendeurs proposent des moutons et des chèvres pour toutes les bourses. Venu de Pété Warack, à une trentaine de kilomètres de Keur Momar Sarr, Ousseynou Bâ achète, sur place, des moutons pour ensuite les revendre au plus offrant. Chaque samedi d’ailleurs, Ousseynou parvient à faire de bonnes affaires, mais son seul souci, c’est l’absence de bornes-fontaines et d’abreuvoirs sur le site. Natif de Keur Momar Sarr, Gallo Bâ est vendeur de moutons dans ce marché hebdomadaire. Il considère ce « Louma » comme une aubaine pour les populations de la contrée. « Ici, les moutons comme les chèvres sont à la portée de toutes les bourses et les animaux proposés ne sont pas chers. Les prix des moutons varient entre 10.000 F Cfa et 100.000 F Cfa », a-t-il dit. Le plus souvent, dans ce marché, les acheteurs viennent de loin. C’est le cas de la dame Khady Fall venue de Rosso-Sénégal. Elle a choisi d’acheter des moutons à Keur Momar Sarr parce que, selon elle, ce n’est pas cher. Cette femme a acheté près d’une cinquantaine de moutons à des prix variant entre 10.000 et 20.000 F Cfa qu’elle va revendre aux bouchers de Rosso-Sénégal.

A côté des vendeurs de petits ruminants, il y a des vendeuses de jus, de beignets et autres produits alimentaires. Elles sont envahies par les clients à cause de la forte canicule. La vendeuse Ramata Bâ, habitante de Louga, ne rate jamais ce « Louma ». Elle fréquente ce marché depuis des années et chaque samedi, elle vient avec ses bouteilles de boissons, ses bols de beignets et d’autres produits. Le plus souvent, elle fait de bonnes affaires avant de retourner dans l’après-midi à Louga. Trouvée dans ce « Louma » pour acheter un mouton, Mme Sarr née Aminata Fall, directrice de la radio communautaire de Keur Momar Sarr, a dit que ce marché est le plus grand du pays après ceux de Diaobé et de Dahra, signalant que même parfois, des gens de la sous-région viennent s’y approvisionner.

Le vulgarisateur Ndiaga Niang fait partie également de ceux qui font de bonnes affaires chaque samedi. Cet homme gagne entre 30.000 et 40.000 F Cfa en réparant les nombreux pneus des véhicules crevés du fait du mauvais état de la route, mais aussi ceux des charrettes.  Si ce n’est pas un jour de marché, le travail est au ralenti. Dans ce marché, les restaurants sont légion. Les restauratrices vendent le plat de « Thiébou dieune » ou de « Mafé » à 500 F Cfa. « Nous parvenons à vendre tout ce que nous préparons », selon la dame Fatou Ndiaye. L’autre partie du « Louma  » qui s’étend sur des centaines de mètres ressemble véritablement au marché Sandaga où toutes sortes de marchandises sont proposées. Ce qui frappe l’attention d’un visiteur, c’est l’étroitesse du site pour contenir tout ce beau monde.

Par rapport à cette question, le président de la communauté rurale, Dioumorou Kâ a soutenu que le conseil rural veut délocaliser ce « louma », précisant que, pour le moment, il a retenu deux sites : celui situé vers les abattoirs et celui qui se trouve entre les villages de Keur Momar Sarr et Ganket. Mais avant de le délocaliser, selon lui, il faut que le site choisi soit doté d’eau et d’une piste pour faciliter son accessibilité. Ce marché, aussi important soit-il pour toute la contrée, ne rapporte que 3 millions Fcfa, selon le président de la communauté rurale de Keur Momar Sarr.

Oumar Ngatty BA

Une communauté rurale en quête d’infrastructures

La communauté rurale Keur Momar Sarr, située à plus d’une cinquantaine de kilomètres de Louga, la capitale régionale, est au bord du lac de Guiers. Elle est confrontée à de nombreuses difficultés liées à l’eau, à la santé, aux infrastructures routières, à l’électrification…

La communauté de Keur Momar Sarr est peuplée de plus de 25.000 âmes. Les peuls, les wolofs, les maures et les sérères constituent les différentes ethnies de ce terroir composé de 90 villages. Ces populations pratiquent l’élevage, l’agriculture, le maraîchage, le commerce et la pêche. Toutefois, l’élevage est l’activité dominante car Keur Momar Sarr est une zone sylvo-pastorale par excellence. Dans ce terroir, les difficultés ne manquent pas. Sur le plan de l’hydraulique, le président de cette communauté rurale, Dioumorou Kâ, signale que même si le Lac de Guiers est situé au cœur de Keur Momar Sarr, beaucoup de villages sont confrontés à un problème

d’approvisionnement en eau potable. « Les populations vont directement puiser l’eau du Lac dont la consommation peut causer certaines maladies comme la diarrhée, la bilharziose », se désole-t-il.

Au plan sanitaire, cette communauté rurale est apparemment bien couverte, car elle dispose d’un centre de santé depuis 2010, de 4 postes de santé et de 11 cases de santé. Selon Dioumorou Kâ, c’est le foyer des femmes qui abrite provisoirement le centre de santé en attendant la construction des locaux, avec les équipements nécessaires à son bon fonctionnement. Pour l’évacuation des malades, M. Kâ assure que les deux postes de santé de Keur Momar Sarr et de Ganket Balla sont les seuls à disposer d’une ambulance pour toute une communauté rurale.

Une des préoccupations principales de ces populations est relative aux infrastructures routières. Pour Dioumorou Kâ, l’état très dégradé de la route bitumée Louga-Keur Momar Sarr jusqu’à Ngnith freine véritablement le développement de ce terroir. Ainsi, il a lancé un appel pour sa réhabilitation. Aussi, cette communauté rurale n’est pas nantie en pistes de production. C’est pour cela qu’il a plaidé pour la réalisation des pistes Keur Momar Sarr-Mbane, Keur Momar Sarr-Mpal, Keur Momar Sarr-Thiamène, Keur Momar Sarr-Mbar Toubab. Sur le plan de l’électrification, la localité n’est pas très bien couverte. Seuls trois villages bénéficient de l’électrification à savoir Keur Momar Sarr, Ganketh Gueth et Ganket Balla. Pourtant, Dioumorou Kâ révèle qu’il y a des installations dans trois autres villages, mais les lampes ne sont pas encore allumées, faute de courant électrique. Même si elle dispose d’un budget annuel de plus de 100 millions Fcfa et bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires (Pndl, Plan International), Keur Momar Sarr réussit, à peine, à recouvrer ses 7 millions Fcfa de taxes rurales. Le recouvrement tourne en moyenne autour de 4 millions F Cfa. 

Dioumorou Kâ, 25 ans à la tête de la communauté rurale

 Dioumorou Kâ est le président de la communauté rurale de Keur Momar Sarr depuis 25 ans. Ce natif de Ndourdé Télère, explique sa longévité par la confiance totale que lui vouent ses mandants. Et son seul crédo, c’est le travail.

L’homme qui préside aux destinées de la communauté rurale de Keur Momar Sarr en est à son 5ème mandat. Il s’agit de Dioumorou Kâ, natif du village de Ndourdé Télère, situé à quelques kilomètres de Keur Momar Sarr, chef lieu de la communauté rurale du même nom. Âgé de 67 ans, ce polygame (il a trois épouses) est le père d’une dizaine d’enfants. A côté de ses activités d’élevage, il s’investit dans l’agriculture. D’ailleurs, nous l’avons trouvé en brousse en train de s’affairer autour de son troupeau de bœufs, comme le fait un bon peul. Autodidacte, le bonhomme est un véritable self-made-man. Car  Dioumorou n’a jamais fréquenté une école française ni coranique. Mais il sait lire et écrire en français.

Le président de cette communauté rurale a commencé ses activités politiques entre 1967 et 1968 en adhérant à l’Union progressiste sénégalais (Ups) devenue aujourd’hui le Parti socialiste (Ps). L’idée de faire de la politique est d’abord venue de son grand-frère Samba Ndiaye qui l’a encouragé dans ce sens. Il est, par la suite, encadré par ses aînés, notamment Amadou Koumbel, Mody Bamby, Abdoulaye Samb, Modou Nar Fall. Il est entré dans le conseil rural de Keur Momar Sarr avec la casquette de vice-président à côté d’Abdoulaye Lam qui était le président du conseil rural. Depuis 1987, il préside aux destinées des populations de cette communauté rurale. Pour lui, il n’y a pas de secret. Sa longévité à la tête de ce conseil rural s’explique par le fait qu’il a toujours bénéficié de la confiance totale de ses mandats. Mais l’homme sait prendre des décisions quand il le faut, ce qui lui permet toujours de se ranger du bon côté.

Après la débâcle du régime socialiste, il a rejoint le Pds. Puis aussitôt le Pds envoyé dans l’opposition, il a rallié l’Apr en pleine campagne pour les législatives. « Moi, je ne peux pas évoluer dans l’opposition », a-t-il soutenu, précisant que c’est le président Macky Sall qui lui a demandé de le soutenir dans ses actions. Selon lui, il a confiance en lui, c’est pourquoi il le soutient. En plus d’être le président d’une vaste communauté rurale, l’homme a plusieurs casquettes. Car, il est, à la fois, le président régional du Cncr, président régional de la Maison des éleveurs et le vice-président de la Fédération des Ongs du Sénégal (Fongs), membre de Fapal…

Le plus souvent, Dioumorou passe tout son temps à jouer le rôle de médiateur entre les hommes et se dévouer à Dieu. Il a effectué plusieurs voyages en Italie, au Burkina-Faso, en Mauritanie. Son rêve, c’est de voir Keur Momar Sarr devenir un véritable pôle de développement parce qu’elle recèle d’énormes potentialités. Ainsi, il a sollicité l’appui de l’Etat et des partenaires à les aider à valoriser ces nombreuses potentialités.

•Par Oumar Ngatty BA - Photos Assane SOW

 

La Dahira Matlaboul Fawzeyni, après la construction de l’hôpital et de la résidence Khadim Rassoul de Darou Marnane, a procédé, dimanche dernier, à la pose de la première pierre d’un institut islamique « Keur Serigne Touba » qui fera office de centre culturel.

 Le projet de centre culturel Cheikh Ahmadou Bamba à Touba avoisine les 462 millions, nous confiait Serigne Bara Guèye, lors de la pose de la première pierre de cette future infrastructure culturelle de Touba.

Serigne Bara Guèye a formulé des prières en s’adressant à Dieu et au Khalife général, afin d’avoir les moyens de terminer la construction de l’édifice dans les meilleurs délais. C’est dans ce sens qu’il a lancé un appel à l’endroit de tous les mourides, ceux du Sénégal et de la diaspora, pour qu’ils participent à cette œuvre dédiée à Serigne Touba.

« Sur place, nous centralisons l’ensemble des efforts des mourides d’ici et d’ailleurs. Et pour la finition de l’édifice, la suite dépendra de la rapidité de réaction de tous et du moment que le projet est lancé », avance Serigne Bara Guèye qui affirme que « l’information sera diffusée partout ou besoin sera ».

La cérémonie de pose de la première pierre du futur centre culturel C. A. Bamba s’est déroulée sous la présidence de Serigne Ahmadou Badaoui, en présence de Serigne Cheikh Abdoulatif Mbacké et de Serigne Moustapha Moussa Mbacké. Installé dans la grande salle de la résidence, il a écouté les intervenants.

 Salle informatique et espaces de projection

Serigne Moustapha Sylla a remercié le guide religieux pour sa disponibilité et réaffirmé l’attachement du « dahira » à l’exécution des « ndiguels », conformément à la volonté de Khadim Rassoul. Serigne Bara Guèye est le président de la section Matlaboul Fawzeyni de Kaolack. Secrétaire général de la cellule du Sénégal, il est membre du comité directeur international de l’Ong Matlaboul Fawzeyni. Il a expliqué, lors de cette cérémonie, toute la pertinence et l’importance du centre culturel Cheikh Ahmadou Bamba. Il va servir non seulement aux Sénégalais mais aussi aux étrangers à la recherche de savoir. Il aura un rôle de vulgarisateur des enseignements de Khadim Rassoul.

Pape Fall, le représentant du cabinet d’architecture Mdt Architect, a expliqué les détails techniques au marabout qui s’est rendu sur le lieu pour procéder à la pose de la première pierre et effectuer des prières. Ce centre culturel Cheikh Ahmadou Bamba a pour objet de faire en sorte que toutes les personnes qui séjourneront dans ces lieux puissent s’informer à la bonne source et disposent de tout ce qui peut faire référence à Khadim Rassoul. L’édifice comportera un rez-de-chaussée et un étage. Il comprendra des salles informatiques et multimédias, des salles de projections de films, des espaces pour les « daaras » et diverses salles. Avec l’apport des érudits et historiens du Mouridisme, le centre va donner la bonne information avec divers supports comme les livres, les cassettes audiovisuelles, etc. Après la construction, nous apprend le maître d’œuvre délégué, il appartiendra au Khalife général des mourides, Serigne Cheikh Sidy Moukhtar Mbacké, de désigner les personnes qui devront en assurer l’utilisation et la gestion. « Nous sommes réunis pour continuer l’œuvre commencée dans l’accomplissement des projets initiés par l’Ong Matlaboul Fawzeyni depuis sa mise sur orbite du vivant de Serigne Saliou. Notre démarche est calquée sur l’œuvre de Khadim Rassoul. Il est notre source d’inspiration pour contribuer au développement de la Mouridiya et à l’épanouissement de la ville sainte de Touba », affirment les dévoués talibés que sont Serigne Abdou Karim et Serigne Ousseynou Guèye.

Mamadou DIEYE

Le village des arts de Dakar, espace de création et d’exposition, souffre de son enclavement et de la confusion que son nom peut prêter avec celui du village artisanal de Soumbédioune.

Perdu sur la route de l’aéroport Léopold Sédar Senghor, ce village jouxte le lycée Moderne de Dakar et le stade Léopold Sédar Senghor.

En ce mercredi, il est 9 heures passées. Depuis le portail, le calme plat qui règne dans la cour est perceptible à tout passant.

A l’intérieur de ce lieu de création, de production et de promotion d’échanges réservé aux artistes, des arbres et des fleurs forment le décor devant les salles d’exposition.

Sur les murs des bâtiments et de clôture, les artistes ont étalé leur savoir-faire, à travers des portraits de femmes, de marabouts, d’enfants, de héros, etc.

Ces différentes œuvres exposées symbolisent à la fois les moments de bonheur et de tristesse qui rythment la vie de l’être humain sur terre, selon certains artistes trouvés sur place.

Ainsi, dans les cinquante ateliers d’activités plasticiennes installés au cœur du site, des peintres, des photographes, des sculpteurs et des céramistes, imperturbables, sont concentrés sur leurs œuvres.

Ici, l’heure n’est plus à la récréation, mais plutôt à l’invention et à la créativité. Chaque artiste est occupé par ses tâches. Une façon pour chacun de prouver son savoir-faire, pour attirer les visiteurs, les étrangers en particulier.

Toutes les disciplines visuelles sont représentées : peinture, sculpture, céramique, photographie, vidéo, etc. Pour les besoins des expositions permanentes des artistes résidents et des expositions temporaires, des oeuvres sont collées ou superposées les unes contre les autres sur des murs.

« Ici, les artistes ont besoin d'une certaine quiétude pour pouvoir travailler, ce n’est pas un espace où l’on joue du tam-tam ou met de la musique pour faire appel aux gens », précise Guibril André Diop, secrétaire général du Comité des résidents du village des arts.

« Les gens viennent pour se ressourcer, pour retrouver certains repères qu’ils ont perdus », explique-t-il.

Mais depuis son inauguration le 25 avril 1998, par Habib Thiam, à l'époque Premier ministre du Sénégal, les immenses créations des artistes du village des arts, considéré comme une vitrine culturelle, sont presque méconnues des Sénégalais.

« Vraiment, nos créations ne sont pas visibles, parce que les gens ne connaissent presque pas ce village. Et cela est dû à son enclavement », explique un artiste qui préfère garder l’anonymat.

« Si le village était au centre ville, poursuit-il, je sais que nos produits marcheraient très bien, parce qu’il y a de la qualité dans ce que nous produisons. A ce moment-là, nous pourrions subvenir à nos besoins et à ceux de nos familles. »

Mais pour Guibril André Diop, sculpteur sur métal et secrétaire général du Comité des résidents du village des arts, l'endroit « n’est pas enclavé, il est accessible ».

De son point de vue, « ce n’est pas une boutique où les gens doivent faire une ruée, mais c’est plutôt un espace de création qui fait qu’aujourd’hui les gens ne font pas la ruée ».

« Le village des arts est fréquenté par toutes sortes de personnes : des galeristes, des conservateurs de musées, des architectes, des hommes de culture, des diplomates, des étudiants en quête de mémoire d’études ».

A son enclavement s'ajoute le problème lié à la confusion totale entre son nom et celui du village artisanal de Soumbédioune.

« Cette confusion avec le village artisanal de Soumbédioune est dû au nom village, parce que les gens lisent toute la phase, ils lisent en diagonale. Et pourtant, entre les deux villages, il y a une grande différence », précise Guibril André Diop.

« Bon nombre de Sénégalais considèrent notre art comme de l’artisanal, et pourtant, il y a une grande différence entre ces deux métiers. Au village artisanal, c’est des objets que vous trouvez en série qui sont vendus. Or, ici, c’est la créativité », martèle le secrétaire général du comité des résidents.

Le village des arts est géré conjointement par le ministère de la Culture et le comité des artistes résidents. Et chaque année, les artistes reçoivent une subvention de la part de l’Etat du Sénégal qui permet aux artistes de résoudre quelques difficultés au sein du village.

Pour sortir de cet enclavement et promouvoir ses œuvres, le village des arts dispose désormais d’un téléphone et d’un site internet, qui permettent aux artistes de vendre leurs produits.

Source: APS

e Bureau régional de l'Unesco à Dakar (Breda) et la Galerie nationale d’art organisent, demain, à 17 heures, le vernissage d'une exposition de l’artiste plasticien Lamine Barro intitulée « Gorée sur la route de l’esclave : de la mémoire au pardon ».

La Galerie nationale d’art de Dakar abritera cette exposition qui se poursuivra jusqu'au 23 septembre, selon la même source. Elle indique que l'organisation de l'exposition entre dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale du souvenir de la Traite négrière et de son abolition.

L'exposition est, selon le communiqué, « composée de figurines en miniature, qui retracent l’histoire de la Traite négrière et de l’esclavage, avec une perspective sur le pardon sans l’oubli ».« Lamine Barro est un artiste peintre, sculpteur et céramiste, qui a conçu cette exposition depuis une quinzaine d’années », indique le communiqué, rappelant que Barro « a déjà eu l’occasion de la présenter à Dakar, Gorée, mais aussi à Chicago, aux Etats-Unis ».La troupe de théâtre « Espoir de la banlieue » fera une prestation, lors de cette manifestation.

(APS)

Le lead vocal du groupe musical ivoirien "Magic System", Salif Traoré dit A’Salfo, a été nommé « ambassadeur de bonne volonté » de l’organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

La directrice générale de l’institution onusienne, Irina Bokova a, dans une lettre adressée au chanteur, estimé que ses « chansons et son engagement », connus et appréciés du grand public, « délivrent un message fort en faveur de la paix et de la justice ».

« C’est avec un plaisir certain que j’ai l’honneur de vous inviter à devenir ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, pour une durée de deux ans (…) pour continuer à diffuser des messages de paix, de tolérance et de dialogue », a écrit Mme Bokova.

Le groupe "Magic System" a été révélé au monde en 1999 à travers son premier tube baptisé « Premier Gaou » qui a connu un grand succès auprès des mélomanes du monde.

A’Salfo a lancé en juillet 2011 une campagne pour le retour des artistes exilés proches de l’ex-président Laurent Gbagbo.

Le leader de "Magic System" sera officiellement fait artiste pour la paix et ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, le 6 septembre.

Source: APAnews

Le ministre sénégalais de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour, a annoncé vendredi soir la décision d’organiser tous les ans, au Grand Théâtre national à Dakar, la soirée de chants dédiés au prophète Mohamed (PSL), pour célébrer la fin du mois béni de ramadan.

« Le ministère de la Culture encourage la Direction du Grand Théâtre national à pérenniser la tenue tous les derniers vendredis du mois béni de ramadan d’une telle soirée qui est utile à plus d’un titre », a-t-il déclaré, en wolof, sur la chaîne publique RTS, qui retransmettait en direct la manifestation.

M. Ndour a souligné l’esprit qui anime son département dans la vocation qu’il donne au Grand Théâtre, un de grands projets réalisés par l’ancien président Abdoulaye Wade. Selon le nouveau ministre de la Culture, l’ouverture et la diversité des prestations seront sur le fronton de l’édifice.

« Cette salle n’est pas réservée à une élite particulière de la société, elle est ouverte à toutes les catégories socioculturelles du pays et toutes les communautés de culte, des rappeurs au chanteurs religieux. Aujourd’hui, c'est avec les musulmans, demain, ce sera avec les chrétiens (…) », a-t-il dit.

Auteur-compositeur et interprète qui a gagné sa renommée dans la musique profane même s’il a assuré des incursions dans la production de chants sacrés, Youssou Ndour est devenu ministre du gouvernement sénégalais depuis avril dernier, avec l’avènement du nouveau président Macky Sall.

Commentant la communion de divers chanteurs religieux, M. Ndour a salué ce trait d’union qui, selon lui, accompagne la vision du chef de l’Etat pour raffermir le caractère sacré de l’unité de la nation sénégalaise, par-delà les appartenances communautaires.

« Le message du président Macky Sall, c’est celui de l’unité (…)’’, a affirmé le ministre qui en outre relevé la dimension de la musique, profane ou religieuse, estimant que « tout chanteur est un éducateur ». A cet effet, il a promis soutien et accompagnement aux animateurs de musique sacrée.

« Certes, c’est par vocation que vous vous y consacrez, mais aussi, vous devez, à l’instar des autres chanteurs (profanes), gagner dignement votre vie de votre art. Nous allons vous aider dans ce sens », a-t-il ajouté, tenant la main du chanteur religieux qu’il avait trouvé en prestation sur scène.

« Nous apprécions à sa valeur votre geste durant ce ramadan. Le Sénégal est un et indivisible, nous avons en partage ce pays, et en croyants, nous partageons le même Dieu », a répondu Doudou Keïnde Mbaye de Tivaouane, au nom des ses collègues chanteurs religieux.

Salle comble (1800 places), la "Soirée ramadan" dédiée au prophète Mohamed (PSL) est placée sous le signe « du partage et de l'ouverture dans un grand élan de polyphonie musulmane », avec la participation d’une dizaine de chanteurs de prestige.

Il s'agit de Doudou Keïnde Mbaye (Tivaouane), Assane Niasse (Médina Baye), Cheikh Bouh Diop (Ndiassane), Pape Mor Guèye (Thienaba), Alioune Badara Ndiaye (Baye Fall), Cheikh Diop Mbaye (Touba), Pa Wade (Layène), Oumar Niass (Léona Niassène) et Moustapha Mbaye (Dakar), entre autres.

APS

De retour au bercail pour deux semaines de vacances, le plasticien Momar Seck, professeur d’art plastique à l’Ecole internationale de Genève qui a étrenné son doctorat au mois de mai dernier, a profité de ce temps libre pour travailler au Village des arts, précisément dans l’atelier de son ancien professeur des Beaux-arts de Dakar, le sculpteur Guibril André Diop.

Nous avons rencontré le plasticien Momar Seck au Village des arts de Dakar en train de mettre la dernière main à son « Hymne à l’unité ». En vacances à Dakar pour deux semaines, ce professeur d’art à l’Ecole internationale de Genève (Suisse) en a profité pour concrétiser un projet ébauché il y a quelque temps. Il s’agit d’une nouvelle sculpture constituée par trois cylindres en fer de près de deux mètres de haut, posés debout côte à côte. Le cylindre du milieu tient debout sur des branches en bois entassées à l’intérieur, dans le sens vertical et dépassant à la base et en haut.

Dans ce tryptique « Hymne à l’unité », l’artiste fait référence à un rassemblement salutaire, comme dans ce dicton qui dit que « l’union fait la force ».     Après le prix de l’Unesco pour la promotion de l’art obtenu en 2004 pour son œuvre « la famille réunie », Momar Seck, le sculpteur sénégalais de Genève a continué à exploiter avec un certain bonheur le thème du « fagot de bois » engagé avec l’œuvre primée par les Nations Unies. En dehors même de son utilité finale de source d’une énergie vitale, la symbolique du fagot renferme plusieurs idées autour de l’unité. Le poète Birago Diop a dit, par exemple, « lorsqu’on va chercher du bois mort, on ramène le fagot qui (nous) plaît… ». Cette idée renvoie à une sélectivité pour la constitution du fagot, un choix personnel subjectif, peut-être basé sur des critères préétablis... D’un continent à l’autre et d’une culture à l’autre, on retrouve d’autres idées et conceptions du fagot de bois de chauffe en tant que source d’énergie. Voilà d’ailleurs un objet qui peut paraître anachronique à l’échelle du monde moderne et des nouvelles technologies, mais cela ne l’empêche pas de pouvoir se présenter comme une source universelle de réflexion.

 La réflexion sur les arts plastiques contemporains.

Momar Seck nous confie qu’il veut, en commençant avec son œuvre « Hymne à l’unité », rassembler petit à petit une production personnelle de ses œuvres à Dakar. Il retourne en Suisse dès la semaine prochaine et espère ainsi régler la question de son absence permanente des expositions collectives des artistes sénégalais dont il se sent très proche, malgré la distance.  

Momar Seck s’est d’ailleurs investi dans l’action humanitaire par le canal de son association baptisée « Diapalanté Helping hands ». Avec ses membres à Dakar et Libasse Ngom, président de l’association au niveau local, ils ont équipé en matériel informatique et ordinateurs plusieurs écoles primaires de la zone de Bargny (la ville d’origine de l’artiste), Rufisque et jusqu’à Diamnadio.      

Résidant à Genève depuis une quinzaine d’années, ce plasticien est parti en Suisse après son diplôme de l’Ecole normale supérieure d’éducation artistiques (Ensea) de Dakar où il fut Major de la promotion de 1994, dans l’option « enseignement artistique ».

Admis à l’Ecole supérieure d’arts visuels de Genève en 1996, il obtient un certificat de 3e cycle en 1998, et complète son cours par un module de perfectionnement en peinture.

Passionné par les études, Momar a poursuivi sa quête de connaissances qui l’a mené au Doctorat d’art plastique soutenue et obtenue en mai dernier, à l’université de Strasbourg. La thèse présentée par le plasticien sénégalais « Appropriation d'objets et de matériaux de récupération dans l'art sénégalais contemporain » fait référence à un sujet qui reste avec persistance dans la réflexion sur les arts plastiques contemporains. Momar Seck le dit dans sa thèse : « La perméabilité de l’artiste à son milieu de vie analyse le renouvellement des visions, des pensées et des sensibilités que permet ce nouvel agencement des matériaux. C’est la preuve que ni la pauvreté, ni l’abondance ne peuvent être des obstacles à la création… ». Si l’objet perd sa fonctionnalité pratique et sociale pour laquelle il a été pensé, conçu et confectionné, il n’en est pas moins un dispositif de renouvellement du regard. De la fonction utilitaire première, il acquiert d’autres fonctions formelles dont celle de support de création esthétique aux enjeux divers ».

Ce professeur d’arts plastiques estime qu’il est de la plus grande importance pour les artistes de faire un lien entre leur travail plastique et la réflexion sur cette pratique artistique. Pour les besoins de ses études doctorales, il a voyagé en Afrique, du Cameroun au Bénin, et surtout en Afrique de l’Ouest avec un point focal au Sénégal. Sa thèse revient justement sur une rétrospective de l’art sénégalais, et parle de son évolution jusqu’en 1996, année qui a vu l’éclosion de l’art de la récupération. Selon Momar Seck, son étude tente de montrer comment « l’art de la récupération s’est introduit dans le langage ou l’expression plastique des artistes sénégalais tout en faisant le lien avec ce qui se passait à l’étranger, en Europe, aux Etats Unis.

Le travail présenté par Momar Seck au Musée Boribana, lors de la dernière édition du Festival mondial des arts nègres (Fesman 2010) illustre bien cette recherche sur « la récup ». L’œuvre intitulée « Container social » était réalisée avec des pots de tomate vides empilés au point de former un petit abri. En complément de ce travail, il y avait une vidéo qui retraçait le circuit de cet objet récupéré et mis en contact direct avec son histoire. La réflexion sur le travail artistique est incontournable, pense Momar, parce qu’il faut prendre en compte « la perméabilité de l’artiste par rapport à son époque ». Selon cet artiste, le travail artistique doit se situer dans un concept, un environnement, une époque. Il doit dire des préoccupations et révéler des influences. « L’art a besoin d’espace vital pour s’exprimer et de ce point de vue, il lui faut nécessairement une politique culturelle bien pensée qui lui permette d’éclore et d’influer positivement sur le développement économique ».

Jean PIRES

Dans la communauté lébou, les « douze Pénc » reviennent souvent dans les débats. Ils font référence aux différents lieux de rencontres de notables qui y débattent des questions relatives à l’administration de la cité. Une visite dans les entités de Santhiaba et de Mbot permet une plongée au cœur de la culture lébou. Ici, la puissance mystique des génies tutélaires cohabite avec une société structurée comme une République.

Il y a un contraste climatique saisissant en cette matinée d’hivernage dans le Pénc de Santhiaba situé dans le quartier de la Médina.

Ici, la chaleur estivale ambiante laisse la place à une douce fraîcheur à l’ombre de l’imposant baobab tutélaire de l’ethnie lébou.

A l’entrée, de vieux dignitaires se prélassent, certains lisent le Coran. L’espace ou Pénc est bien aménagé.

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis son érection si l’on en croit la plaque, bien en évidence qui retrace son histoire. Les dates alignées rappellent l’histoire. En 1916, la place était matérialisée par une baraque en bois et tôles édifiée par le maire Blaise Diagne. Elle fait place, en 1936, à un bâtiment en dur construit par le maire Alfred Goux. 1947 est arrivée la rénovation et l’agrandissement du bâtiment par Lamine Guèye. En 1998, Mamadou Diop, maire de Dakar fait une extension ainsi qu’une élévation du bâtiment et une année plus tard, le 19 juin 1999, il l’a inauguré. Sur le grand espace qui enserre le baobab tutélaire, un fromager de moindre envergure étend ses branches. Des enfants jouent au football, loin de s’imaginer du poids de toute l’histoire qui entoure le lieu. Ce Pénc, dit Abdou Khadre Gaye, président de l’Entente des mouvements et associations de développement (Emad), fait partie d’un ensemble de 6 Pénc que comptent la Médina et qui ont été délocalisés du Plateau par le colonisateur. Emad est la structure organisatrice du Festival mémoire des penc et villages de Dakar, plus connu sous le label Fespenc. Les 12 Pénc de la presqu’île du Cap-Vert sont disséminés   entre le Plateau et le quartier de la Médina.

 Un arbre totem au milieu d’un espace mystique

Au milieu d’un espace enserré de part en part par des demeures, le baobab tutélaire de Santhiaba fait face à la demeure du «Ndeye Dji Rew» qui est la première personne morale du Pénc. La disposition des concessions est restée la même depuis les villages antiques, mais ici, soutient Abdou Khadre Gaye, « le logis du Ndeye Dji Rew fait face au totem, l’arbre au centre de la maison. ». La demeure du Ndeye Dji Rew est dépourvue de porte d’entrée. C’est fait exprès, explique Abdou Khadre Gaye, car « elle doit être accessible à toutes populations qui viennent voir le dignitaire ». Le Ndeye Dji Rew Alioune Diagne Mbor, l’un des principaux dignitaires de la communauté raconte l’édification du Pénc de Santhiaba.   Pour cet homme qui fait figure de patriarche, le choix de ces lieux qui servent de rencontre pour la communauté lébou est sacré. A son avis, pour mettre un Pénc, il faut un espace large, un arbre (fromager ou baobab) qui se distingue par sa longévité. Il doit mettre en évidence la maison du «Ndeye Dji Rew» à l’ouest de l’arbre et le lieu comporte aussi une mosquée. Le Pénc de Santhiaba trouve également sa particularité dans le fait qu’il renferme une certaine dimension mystique.

Au sommet du baobab se trouve, ce que le patriarche Alioune Diagne Mbor appelle une protection occulte pour la presqu’île du Cap-Vert.

Cette aptitude protectrice échappe au commun des mortels. Elle est également prêtée au Pénc de Mbot, sur la rue de Thionk, au cœur du quartier du Plateau, demeure du «Ndeye Dji Rew»   Farba Paye, celui que l’on surnommait « Commandeur des abeilles ».   Son petit fils, le Diaraf Ibra Gaye Paye, rappelle : « Mon grand père, devant l’insistance des blancs à vouloir déloger le Pénc de Mbot, a usé de ses pouvoirs en demandant aux abeilles qui se trouvent sur le fromager tutélaire d’attaquer les assaillants ». Cet épisode colonial fait partie de la légende de Mbot.  

 Une riche tradition à réhabiliter

Il y a plus de cinq siècles depuis que les Lébous ont baptisé la presqu’île du nom de « Ndakaru » qui est devenue « Dakar » dans le parler français.

L’opinion populaire dit que Ndakaru vient de « dakaar gui » (le tamarinier). Selon le «Ndeye Dji Rew», Alioune Diagne Mbor, il vient en réalité de « dëkk raw » qu’on peut traduire par « le refuge », « l’asile de paix », ou, littéralement, « qui s’y installe est sauvé ». Le Pénc était la place où les dignitaires se retrouvaient pour prendre des décisions majeures et discuter des affaires courantes. Il abritait aussi les manifestations et rencontres des autres segments de la société lébou.

Au début de leur expansion territoriale, les Lébous, en venant à Dakar, avaient essaimé le long de la côte. A un moment de l’histoire, soutient Sellé Paye, un Diambour de Ngor né à Santhiaba, des Pénc ont été délogés du centre ville pour être réédifiés à la Médina.

Devant le refus de certains, soutient Diaraf Ibra Gaye Paye, El Hadji Malick Sy a été mis à contribution par le député Blaise Diagne, afin qu’il demande aux dignitaires lébous de quitter le Plateau.

Dans sa politique de médiation, le marabout demandera aux récalcitrants de rejoindre une cité qu’il va dénommer Médina, à l’image de Médinatoul Mounawar en Arabie Saoudite. Ainsi, Mbot, Thieudéme, Gouye Salane, Yakh Dieuf, Kaye Findeuw, Hock réussirent à rester au Plateau, alors que les six autres Pénc que sont Mbakeuneu, Kaye Ousmane Diène, Ngarraf, Diecko, Thieurigne et Santhiaba seront à la Médina.

Dans l’édito du journal périodique « Infos Pénc », Abdou Khadre Gaye de l’Emad écrit : « De l’héritage culturel lébou il ne reste plus que des ruines à moitié ensevelies, mais combien belles et majestueuses que nous rêvons d’exhumer et de restaurer, avant qu’il ne soit trop tard… ».

Les Pénc, bien que n’étant pas spécifiquement pris en compte dans le nouveau découpage administratif de Dakar, demeurent toujours vivants dans leur organisation interne, avec leurs histoires, leurs mythes, leurs contes et légendes. Des gardiens du temple continuent encore, dans nos Pénc et villages, à Santhiaba, à Ngaraf, à Mbot, à Yoff, à Ngor, à Ouakam… de vivifier et de perpétuer les rites oubliés ».

C’est tout le sens de l’Emad, cette association qu’il dirige et qui a pour projet la valorisation du patrimoine culturel lébou, un projet d’ailleurs financé dans le cadre du Programme d’appui aux acteurs non étatiques (Paane) par l’Union européenne et la République du Sénégal.

L’objectif visé à travers cette renaissance de la culture lébou, avancent les dignitaires lébous, est aussi l’enrichissement du patrimoine culturel national et le développement économique du Sénégal.

Par Amadou Maguette NDAW

Avec la mondialisation, l’Afrique risque de perdre certaines de ses valeurs culturelles. C’est le cas à Kolda où les gens parlent de plus en plus mal la langue pulaar. Cet état de fait inquiète Ogo Mballo, le dernier gardien de la tradition peule du Fouladou.

Les traditions africaines doivent s’adapter aux mutations socioculturelles pour éviter de disparaître, c’est ce que pense Ogo Mballo, un des plus ardents défenseurs de la tradition peul du Fouladou. Il s’est longuement penché sur la question et estime qu’avec la mondialisation, nos valeurs culturelles risquent de s’effriter si des efforts ne sont pas faits pour les conserver.

Pour étayer son argumentaire, il cite le cas du Pulaar qu’il connaît le mieux. « Les jeunes ne savent même pas dire -la poule a pondu un œuf-. Ils disent que -la poule a accouché-. Ils ne connaissent pas non plus, comment dire –un poussin- en Pulaar. Ils disent -les bébés-.

Il y a beaucoup de confusions de ce genre. Il est évident que si cela continue cela, d’ici 50 ans, nous aurons de sérieux problèmes par rapport à cette langue », avertit-il.

Depuis son départ du Conseil régional, en 2000, où il occupait le poste de Secrétaire élu, il se bat pour la préservation des valeurs culturelles du Fouladou. En l’espace de quelques années, il a acquis une grande notoriété au point d’être, selon de nombreux habitants, une référence,   une personne ressource incontournable pour ceux qui veulent connaître les coutumes et traditions ancestrales du Fouladou.

Né en 1944 à Wassadou Ndiko, une localité aujourd’hui disparue de la carte, dans l’actuelle communauté rurale de Dialambéré, Ogo Mballo a passé toute sa carrière d’enseignant et de politicien dans la région de Kolda qu’il connaît bien. « Depuis que j’ai abandonné la politique, je me suis investi dans la culture, la religion et le social. Je me consacre principalement à la préservation de la tradition qui est en train de connaître de nombreuses mutations. Je crains que, dans les années à venir, beaucoup de nos valeurs culturelles disparaissent.

Dans la commune de Kolda, par exemple, les gens ne parlent plus correctement le Pulaar », se désole-t-il.

Ogo Mballo intervient aussi, dans le règlement pacifique des conflits sociaux. Il a aidé à désamorcer de nombreuses tensions dans son quartier de Bouna Kane et ailleurs, dans la commune de Kolda. « Même la police m’avait repéré et nous travaillions ensemble. Je travaille aussi, avec le délégué du quartier pour trouver des solutions à l’amiable quand un conflit éclate entre deux personnes ou des groupes des personnes. Je parviens souvent à régler beaucoup de litiges avant même qu’ils n’atterrissent chez le délégué de quartier ou à la police », précise-t-il.

Ogo Mballo est entré à l’école élémentaire de Dabo, village situé à une cinquantaine de Km à l’est de Kolda, le 3 novembre 1950. Il est envoyé 4 ans plus tard, à Kolda, pour faire le cours moyen. Il passe son Cepe en 1956/1957 avant d’être admis à l’Entrée en 6ème en 1957/58. Il est alors orienté au Collège normal de Ziguinchor ouvert le 3 novembre 1957 et qui deviendra plus tard, le Lycée Djignabo de Ziguinchor. Il faisait partie des 30 élèves qui constituèrent la première et l’unique classe de l’établissement. Après l’obtention de son Bepc en 1962, il rejoint son premier poste d’enseignant à Vélingara où il passera douze ans avant d’être nommé directeur d’école à Thiara, puis secrétaire général de l’Iden de Kolda de 1982 à 1984. Il est nommé un an plus tard, responsable régional de l’Alphabétisation à l’Inspection d’académie de Kolda. Il fait partie des 180 enseignants qui furent choisis à l’époque pour démarrer le programme national d’alphabétisation

Mamadou Aliou DIALLO

L’Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (Isesco) a salué l’initiative du roi Abdullah bin Abdulaziz, serviteur des deux saintes mosquées pour la création d’un Centre de dialogue entre les écoles de pensée islamiques, qui sera basé à Riyad.

Dans un communiqué reçu hier, l’Isesco considère que la proposition soumise par le Serviteur des deux saintes mosquées au Sommet islamique extraordinaire, qui a ouvert ses travaux mardi à Makkah Al-Moukarramah, en vue de créer ce Centre pour faire converger les musulmans autour d’une seule parole, ''est une initiative rationnelle issue d’un dirigeant arabo-musulman sage qui œuvre à unifier les Musulmans en faisant face aux causes de la disparité.

Dans ce communiqué, l’Isesco a déclaré que ''ce Centre renforcera les efforts qu’elle mène dans ce domaine'', dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie de rapprochement entre les écoles de pensée islamiques », adoptée par le 10ème la Conférence du Sommet islamique tenue en 2006 en Malaisie.

De même, l'Isesco a souligné que la décision de créer un Centre de dialogue entre les écoles de pensée islamiques à l’occasion de la 4ème session extraordinaire de la Conférence du Sommet islamique est de nature à impulser un nouvel élan au processus de rapprochement de ces écoles, à travers le renforcement de la culture du dialogue basé sur le respect mutuel et les valeurs islamiques pérennes.

Dans son communiqué, l'Isesco a par ailleurs exprimé sa profonde considération pour les efforts incessants consentis par le Roi Abdullah bin Abdulaziz, pour renforcer la solidarité islamique par tous les moyens, notamment par le dialogue.

Cela constitue ''une démarche sage et perspicace qui permettra d’aplanir les divergences et de relever les défis auxquels la Oumma islamique fait face en cette phase critique de son histoire'', rapporte le communiqué. L'Isesco a, en outre, appelé les Etats membres de l’Oci à adhérer à cette initiative et à veiller à en faire le fondement d’une action islamique commune visant à renforcer les liens de solidarité et de fraternité entre les Etats du monde islamique.

(APS)

Universitaires, journalistes, religieux et prédicateurs ont échangé, samedi dernier, sur la divination qui, ces derniers mois, est au centre des débats. Il ressort des discussions que, si les pratiques divinatoires rencontrent du succès, c’est parce que les Sénégalais sont fortement influencés par l’univers de l’occulte.

Le Laboratoire de l’Imaginaire de l’Ifan, dirigé par le professeur Ibrahima Sow, en collaboration avec le centre Lebret, a organisé, samedi, une table ronde sur la problématique de la divination au Sénégal. Au cours des débats, il est ressorti que les pratiques divinatoires sont aussi vieilles que le monde et, de tout temps, les gens y ont eu recours. Cependant, si aujourd’hui, ce phénomène est au cœur des débats, c’est parce que, tout simplement, les devins, voyants et autres féticheurs sont très demandés par les Sénégalais chez qui on note une forte influence de l’univers de l’occulte.

Selon le psychologue et clinicien Serigne Mor Mbaye, cet état de fait renseigne sur la fragilité mentale des Sénégalais. « Il y a une grande fragilité mentale chez les populations, et les phénomènes de dissociation sont nombreux. La peur et l’angoisse s’installent partout. Les gens sont complètement dissociés. Cela montre que ça ne va pas », a-t-il argué. Il en veut pour preuve le phénomène des voleurs de sexes et l’hystérie collective qui, il y a de cela quelques années, s’était emparée de certaines jeunes filles avec « djinné Maïmouna ».

 Un « ndeup » national contre les incertitudes

Il a déploré une perte de sens au niveau institutionnel et a proposé un « ndeup » national pour que les Sénégalais, embourbés dans un climat d’incertitudes, retrouvent leurs repères. Pour lui, c’est la seule solution pour arrêter cette ruée vers les voyants.

Comme en écho, le philosophe Ibrahima Sow, directeur du Laboratoire de l’Imaginaire de l’Ifan, soutient que « les Soudanais sont de grands consommateurs des choses cachées. Pour eux, être devins, marabouts, c’est la même chose. Ce sont ces pratiques qui fondent le pont entre l’islamisation et le paganisme ».

Selon lui, le cas Selbé Ndom survient à une époque charnière de la situation politique, économique et sociale du pays, traversée par des faits qui ont contribué à fragiliser gravement l’environnement mental, psychologique, éthique et religieux de la plupart des Sénégalais. « Ils ont besoin de palliatif, de bouc émissaire pour projeter leur trop-plein de misère et de frustrations sur une catégorie de personnes prises à tort comme cible ». Il n’a pas manqué de défendre la célèbre voyante dont le seul crime a été, selon lui, d’avoir fait des prédictions justes. Dans sa posture de procureur, Ibrahima Sow a particulièrement cloué au pilori les journalistes qui se seraient acharnés avec virilité sur Selbé Ndom, « accusée du délit de trouble à l’ordre public, de créer des incidents diplomatiques entre pays voisins, au point d’être menacée de prison ; l’opprobre populaire jetée sur elle, en la faisant passer pour l’incarnation du mal ». D’ailleurs, le professeur Sow fait remarquer que, dans le passé, de grands marabouts ont prédit des catastrophes et autres calamités et proposés des offrandes sans que cela ne prennent une telle ampleur et sans que cela n’aboutissent à de telles conséquences et n’émeuvent les autorités judiciaires. Lors de ce débat, le directeur du Laboratoire de l’Imaginaire de l’Ifan a fait un bref survol phénoménologique de la divination. C’est ainsi qu’il a affirmé que les devins jouent un rôle social très important par leur personnage charismatique et mieux, par leur fonction car « ils demeurent au centre du syncrétisme des croyances autochtones et des religions révélées ».

La presse comme véhicule de l’obscurantisme

Présente à cette table ronde, Selbé Ndom a nié avoir prédit un crash d’avion à l’université. Hors d’elle, les yeux scintillant de colère et la voix tremblante de rage, elle a posé la main sur un exemplaire du Coran et juré qu’elle n’a jamais tenu les propos qu’on lui a prêtés, aussi bien le crash d’avion à l’université que le coup d’Etat en Gambie. « Il y a des gens qui veulent ma perte, qui me mettent des bâtons dans les roues parce que, jusque-là, mes prédictions ont été justes et que je risque de leur porter ombrage », juge-t-elle. Et de s’en prendre aux journaux qui ont relayé ces informations sans prendre son attache.

Daouda Mine, rédacteur en chef de l’Observateur, a jugé trop facile le fait d’accuser la presse comme véhicule de l’obscurantisme. « La presse n’a fait que relayer un phénomène qui a toujours existé ». Il a soutenu qu’une société n’a que la presse qu’elle mérite. Et Daouda Mine de renchérir : « Au Sénégal, les papiers sur l’environnement, la santé, la culture, ne se vendent pas, sauf s’ils ont une connotation sexuelle ». Une façon pour lui de dire que toute entreprise de presse est tout aussi préoccupée par sa survie que par sa vocation à informer objectivement. Invité à jeter un regard de foi sur la divination, le Père Pierre Anzian, théologien, aumônier du Renouveau charismatique catholique de l’église Saint-Dominique, a cité de nombreux passages de la Bible dans lesquels il est formellement interdit aux fidèles de recourir à la divination, car c’est une pratique qui recèle une volonté de puissance dans le temps. « C’est un grave péché », a-t-il assuré.

Elh. Ibrahima THIAM

Dans le cadre de ses tournées dans les services de son département, le ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour, était, samedi dernier, à la Manufacture sénégalaise des arts décoratifs de Thiès.

Entourés de ses plus proches collaborateurs, le ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour, a visité, samedi,  les Manufactures des arts décoratifs de Thiès. Il a fait le tour du service en passant par le centre de formation et les ateliers où se déploie une expertise de qualité en vue de la fabrication d’objets de luxe. Les ateliers travaillent aussi bien les tapis de sol, la mosaïque, le batik, la lithographie que la céramique.

C’est un monde particulier où règnent les arts visuels des ateliers de tissage des tapis muraux, à la salle d’agrandissement des maquettes par les dessinateurs et celle où l’on expose les tapis achevés, éblouissant de couleurs.Le ministre est tombé sous le charme de la belle production de la Manufacture des arts décoratifs de Thiès, une structure qui a été créée en 1966. «  Nous sommes ce matin dans un lieu mythique, un espace de   création  artistique qui a porté haut le flambeau culturel du Sénégal dans le monde », lâche-t-il.

Face à ces potentialités de la culture et en visant la croissance économique de notre pays, Youssou Ndour a rappelé l’ambition du gouvernement et de son ministère de travailler à relever la plus value de l’art au Sénégal en développant les mécanismes d’une véritable industrie culturelle.

A ce sujet, le développement de lieux comme la manufacture sénégalaise des arts décoratifs de Thiès s’impose.  
Le porte-parole des travailleurs des Manufactures de Thiès, après avoir loué la vision prospective de leur directeur Sidi Seck, a exprimé les préoccupations actuelles.

Le ministre a demandé au directeur et son personnel de se préparer à une visite de travail qui se tiendra dans un mois dans les locaux de son ministère pour apporter, de façon pratique, certaines solutions et dégager une feuille de route et un échéancier pour l’ensemble des problèmes. Avant de prendre congé, le ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou  Ndour, a rendu hommage au premier directeur de la manufacture, le Maître Papa Ibra Tall dont l’une des œuvres, le « Magal de Touba », va trôner aux Nations unies, à New York.

Mbaye BA


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