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Arts et Culture (2381)

La directrice du Cesti, Cousson Traoré Sall, dans son allocution d’ouverture, a d’abord planté le décor en rappelant le contexte historique de la célébration de la Journée internationale de la femme.

Sur le thème du panel, Mme Sall a dénoncé le fait que la femme se trouve encore victime des considérations sexistes qui la relèguent continuellement au second rang. Elle a expliqué que les médias, un lieu par excellence du reflet de nos réalités sociales, offrent, au premier plan, la preuve de cette discrimination. « Qu’il s’agisse des femmes actrices des médias en tant que journaliste (…) ou actrices dans un film ou dans une publicité, la femme est généralement prise comme un élément de décor, juste pour embellir ; pas pour son intelligence ou ses qualités intellectuelles, mais plutôt pour son corps ou sa simple posture de femme », a fait remarquer la directrice du Cesti. C’est pourquoi, a-t-elle préconisé, il est plus que temps de déconstruire à jamais ces stéréotypes qui gangrènent les médias ; les déconstruire tous un à un afin de mettre en place un paysage médiatique fondé sur l’égalité et l’équité. A son avis, la solution la plus urgente est d’impliquer les femmes dans les instances décisionnelles. Mme Sall a ajouté que la promotion de femmes leaders dans les médias ainsi que l’adoption des directives allant à l’encontre de toute discrimination sexiste ne fait qu’encourager cette initiative.

A. DIAW

L’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) accompagne le Marché des arts du spectacle africain (Masa) depuis 25 ans. Espace de promotion et de valorisation de la diversité des expressions culturelles, la 10ème édition du Masa (du 10 au 17 mars) s’ouvre demain à Abidjan, en Côte d’Ivoire, annonce un communiqué. Le document présente ce marché comme « une vitrine des meilleures productions africaines contemporaines dans le domaine des arts et du spectacle et favorise la professionnalisation des créateurs et des techniciens ». Cette année encore, détaille le communiqué, la Francophonie sera au rendez-vous pour cette dixième édition autour du thème : « Quels modèles économiques pour les arts de la scène ? » En plus d’une importante contribution, l’Oif organisera un colloque international sur la mobilité des artistes et de leurs œuvres ainsi que des rencontres édition limitée autour de la mode et de l’image (13 mars). Parallèlement à ces rencontres et dans le cadre de son programme d’appui aux lauréats des Jeux de la Francophonie, l’Oif proposera un grand concert avec Fanie Fayard (Congo Brazzaville), médaille d’or, et Moona (Sénégal), médaille d’argent, à l’espace lagunaire du Palais de la culture (13mars). Le Prix du jeune technicien « Ismaël Diaby » (du nom de l’ancien coordonnateur du Masa), institué par l’Oif et qui offre une dotation et une formation dans un institut spécialisé à un jeune technicien qui s’est distingué pendant le Masa, sera remis pour la deuxième année lors de la cérémonie de clôture.

Plus que jamais, souligne le communiqué, la Francophonie partage ce grand moment de rencontres et d’échanges favorisant la mobilité des artistes, des créateurs, tout en leur permettant de se renouveler et de s’insérer dans les circuits internationaux de diffusion.

E. Massiga FAYE

La problématique du patrimoine architectural des villes coloniales a été, hier, au cœur de la deuxième session du cycle de séminaires de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Patrimoine mondial de l’Unesco, Saint-Louis et Gorée, célèbres pour leur architecture coloniale, continuent toujours de faire face à de multiples menaces à l’heure de la modernité.

L’île de Gorée, cette bande de terre plantée au milieu de l’océan atlantique, et l’île de Saint-Louis, «Venise africaine », doivent en grande partie leur beauté à l’architecture coloniale. Ces villes historiques qui ont abrité les premières constructions de la puissance impérialiste française incarnent des symboles forts du passé. Mais, aussi belles qu’elles soient, elles sont en train de tomber en décadence. Et ce, malgré les nombreux programmes de réhabilitation. Des programmes dont l’objectif est d’œuvrer pour la conservation, la restauration et la préservation de ces « prestigieux héritages ». Entre le non-respect des règlements d’architecture, les démolitions et réhabilitations tous azimuts, le site paysager, le tissu urbain et l’architecture coloniale de ces villes sont toujours sous la menace d’une disparition. Aujourd’hui, explique Suzanne Hirschi, architecte et ancienne enseignante à l’Ecole nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille, le processus de patrimonialisation de l'architecture coloniale, engagé depuis longtemps, a permis de réaliser de nombreuses rénovations, mais il n'a pu éviter la dégradation, voire la destruction, de nombre d'autres bâtiments à Saint-Louis.

Toutefois, l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française (Aof) n’est pas seule à subir cet état de décrépitude. Gorée aussi en souffre. Si l’Ile mémoire, connue pour son caractère exceptionnel qui lui a valu d’être inscrite, il y a 40 ans, sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, a été préservée, il n’en demeure pas moins que, depuis toujours, « les projets destinés à en modifier drastiquement l’aspect n’ont pas manqué ». Et, avance Xavier Ricou, architecte Dplg, il s’en est fallu de peu qu’elle ne ressemble à tout autre chose. « Le patrimoine goréen nous a été transmis en l’état, mais les agressions et les menaces sur son état actuel sont nombreuses et incessantes », soutient-il.

Agressions et menaces
Parmi les projets qui ont fallu changer le visage de Gorée, note M. Ricou, figure, entre autres, les « Projets Adanson (1750) », le « Projet de base navale (1850) », celui du « Centre d’hébergement pour la marine française (1950) » ou encore le « projet de l’architecte Jean Couelle ». Aux yeux de cet architecte, l’occupation des bâtiments publics, l’abandon des édifices publics, l’absence d’entretien de bâtiments privés, les constructions illégales, l’occupation et la taudification du Castel…constituent actuellement des menaces sérieuses à la préservation de cet héritage. A cela s’ajoutent les déchaussements des fondations, la pollution et la surpopulation. Face à cette situation qui, à la longue, peut sonner le glas de Gorée, l’architecte dresse un certain nombre de pistes de solutions. Il s’agit d’un programme de lutte contre l’érosion côtière avec la création d’un quai périphérique qui assurera une protection homogène et durable contre ce phénomène et d’un aménagement vert du Castel. Mais également de projet de liaison alternative Dakar-Gorée et l’amélioration du cadre de vie.

Devant l’usure des bâtis coloniaux, l’Etat et ses partenaires ont entrepris de nombreux programmes de sauvegarde et de rénovation. Cependant, ce processus de rénovation, renseigne l’expert patrimoine Suzanne Hirschi, suppose « un processus lent, coûteux, alors que nous sommes engagés dans une course contre la montre avec un bâti vieillissant dont l'état d'usure est très prononcé ». Selon elle, la finalité même de cette entreprise n'est pas toujours bien comprise et fait apparaître des différends entre des partisans d'une reconstruction à l'identique et ceux qui craignent qu'un cadre règlementaire trop strict ne fige l'île dans le passé. C’est pourquoi « il faut prendre un peu de recul et adopter une vue d'ensemble pour se rendre compte que la trame urbaine, si elle s'est globalement maintenue dans ses caractéristiques originelles, commence à être affectée », soutient-elle.

Pour Saint-Louis, Suzanne Hirschi propose de débattre autour d'une vision de la ville et de son futur afin de mettre en œuvre un projet global et cohérent à l'échelle du territoire, pour faire entrer la ville dans la modernité tout en préservant ses principaux atouts et atours.

Ibrahima BA

L’ambassade d’Italie à Dakar a célébré, vendredi dernier, la 2ème Journée du design italien dans le monde à l’instar de plus de 100 autres villes.

Elégance et raffinement. Ces deux mamelles nourrissent l’inspiration des créateurs italiens. Cette créativité qui fascine avec élégance s’est exprimée, vendredi passé, lors de la 2ème Journée du design italien.

Cette année, sous l’égide de l’ambassade d’Italie à Dakar, l’Atelier céramiques Almadies a accueilli une exposition des marques accréditées de design italien contemporain (mobilier et objets). Sur place, des pièces-symboles du Made in Italie ont fini de conquérir le cœur des visiteurs. Le regard admiratif, on touche délicatement pour apprécier ces créations. On se laisse bercer par cet art de vivre empreint de douceur. Le maître mot : la Dolce Vita. La tradition fait corps avec la modernité dans un élan fusionnel.

Parmi les objets qui aiguisent la curiosité figure « La Cupola ». Cette cafetière espresso en fonte d’aluminium est une œuvre du designer Aldo Rossi réalisée en 1989. Son travail est un subtil alliage entre fonctionnalité et esthétique. De quoi réveiller l’envie de déguster la saveur d’un bon café à l’italienne. La cafetière se distingue par sa petite architecture de table avec son toit en forme de dôme. Un peu plus loin, c’est une bibliothèque modulaire dénommée « Arsenal » avec une structure en acier gaufré qui fascine. Elle a été dessinée par Alessio Bassan en 2016. Avec ses lignes épurées, la lampe de sol avec diffuseur en polyéthylène réalisée par Piero De Longhi sur une base et une tige en acier chromé, a fini de séduire. C’est dans cette ambiance feutrée que le visiteur se laisse facilement vautrer dans « Indy », un petit fauteuil en polyuréthane avec une base fixe ou pivotante en acier laqué et transparent. C’est le fruit du travail du designer Archirivolto.

Sur la même ligne, le canapé Seveso s’inscrit dans la grande tradition de l’artisanat. La recherche du détail et le soin des finitions confèrent un cachet particulier à ce canapé à la ligne carrée et moderne. Le design est simple et linéaire.

Esthétisme et fonctionnalité
Pour l’ambassadeur d’Italie au Sénégal, Francesco Paolo Venier, la signification de cette 2ème Journée du design repose sur le besoin de vulgariser une production à la fois artistique et utilitaire.

« Le public dakarois, sénégalais en général, connaîtra mieux l’Italie au travers de ce qui fait son identité : le design », a déclaré le diplomate. Il a souligné la particularité du design italien qui tire sa noblesse d’une longue tradition dans la création d’œuvres d’art. Elle s’est transmise de génération en génération, notamment dans la création artisanale d’objets. Cette approche repose sur le binôme  esthétisme et fonctionnalité. S’y ajoute une production en série. Au regard de Francesco Paolo Venier, le design italien se résume en cette triptyque : beauté, innovation et standardisation.
L’exposition sur le design italien, c’est également cette touche exotique venant des œuvres du jeune artiste sénégalais Omar Diouf (Yafane). Cet artiste de Mbour est autodidacte. Il imagine un univers simple qu’il décore avec des éléments de récupération : des coquillages aux miroirs jusqu’aux déchets plastiques. Son travail décoratif se situe dans une perspective ornementale et figurative comme en témoignent ses créations sur le textile résultant de milliers de chutes de wax que les tailleurs de Mbour jettent en confectionnant des boubous. Le résultat donne à voir de petits tableaux qui illuminent la salle d’exposition.

El H Massiga FAYE

La ville de Montréal (Canada) accueille la 2ème édition du Grand bal de l’indépendance du Sénégal. Cette initiative de Thiossane production vise à valoriser la culture sénégalaise dans le monde.

Pour l’occasion, un hommage sera rendu à l’artiste-chanteur Youssou Ndour. Pour cette édition, rapporte un communiqué, les organisateurs misent sur des innovations. « Il y aura de la lutte traditionnelle à côté des arts comme le théâtre et la musique du Sénégal », détaille le document. Considéré comme un événement qui joue le rôle de vitrine culturelle et touristique, explique le communiqué, le Grand bal de l’indépendance sert aussi de pont culturel entre le Canada et l’Afrique.

Au programme, il est prévu des prestations d’artistes comme Wally Balago, Thione Seck, la troupe théâtrale Soleil levant.

E. M. FAYE

Disparu du paysage médiatique sénégalais depuis 2002, le quotidien Tract réapparait 16 ans après. Ses lecteurs peuvent le retrouver, dès aujourd’hui, sous un format numérique sur l’adresse : www.tract.sn. « Pour sa renaissance, Tract quotidien a choisi d’être exclusivement en ligne à l’adresse www.tract.sn.

La journée de la femme est la date anniversaire de sa création en 2000. D’où le choix de revenir vers le lectorat à cette date symbolique », informe un communiqué. Il ajoute que « la première Une de Tract en 2000 avait été consacrée à une interview de Viviane Wade, qui devait devenir la Première Dame du Sénégal quinze jours plus tard. La première Une de Tract quotidien en ligne sera consacrée, ce 8 mars 2018, à la Franco-Sénégalaise, Diana Brondel, Dg de la startup fintech Xaalys à Paris ». En ligne, le journal va privilégier un traitement magazine de l’information et la photo noir et blanc. « Tract quotidien en ligne compte parmi ses plumes et auteurs l’écrivain Elgas (« Un dieu et des Moeurs », Présence africaine, 2015), le dessinateur de presse Odia (et son personnage Issa Koor), le photographe Erick Christian – Ahounou (ancien directeur du desk photo d’APAnews), et la critique littéraire Véronique Pétetin.

I. BA

Au cours du dernier trimestre de l’année 2017, la Commission de protection des données personnelles (Cdp) a reçu de nombreuses plaintes de citoyens pour «publication de photos compromettantes et cyber chantage sur Facebook», «articles de presse et commentaires diffamatoires» ou «divulgation frauduleuse de vidéos compromettantes sur le site seneporno.com». Les photos compromettantes ont été supprimées par le mis en cause suite à une lettre de demande de suppression envoyée par la Cdp.

Pour les articles de presse et commentaires diffamatoires, la Commission a souligné, dans son dernier avis trimestriel de l’année 2017, que «le dossier est toujours en cours », mais des lettres de demande de suppression ont été déjà envoyées aux sites d’information en ligne concernés. Quant aux vidéos compromettantes, elle a informé qu’elles ont été supprimées sur le site de seneporno.com, mais jusqu’à présent, «l’identité de l’administrateur de ce site n’est toujours pas connue». Selon la Cdp, les plaintes de citoyens portant sur la collecte et le traitement de données personnelles à des fins journalistiques sont de plus en plus fréquentes. C’est pourquoi elle en a appelé à la presse en ligne, « afin que le principe de respect de la vie privée des personnes concernées soit pris en compte le mieux possible ». « Il s’agit de trouver l’équilibre entre la liberté d’information, d’expression et la protection des données personnelles et de la vie privée», a expliqué la Cdp. «Les dispositions de la loi n°2008-12 ne font pas obstacle à l’application des dispositions des lois relatives à la presse écrite ou audiovisuelle et du Code pénal qui prévoient les conditions d’exercice du droit de réponse et qui préviennent, limitent, réparent et, le cas échéant, répriment les atteintes à la vie privée et à la réputation des personnes physiques», a rappelé la Commission, recommandant toutefois à la presse en ligne de « respecter la finalité, la durée et conservation des articles de presse qui ne sont plus pertinents (chroniques judiciaires, faits divers, divulgation de données personnelles d’un tiers sans son autorisation…) » et de «contrôler et modérer les commentaires compromettants des internautes sur les sites d’information». 

A. Ng. NDIAYE

En perspective de l’ouverture du Musée des civilisations noires (Mcn), dans le dernier trimestre de cette année, le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, a présidé, hier, une rencontre entre  les galeristes et les professionnels du secteur.  L’objectif est d’informer ces acteurs sur ce projet en vue d’envisager des pistes de collaboration et de partenariat.

Après avoir été annoncé et reporté plusieurs fois, le Musée des civilisations noires (Mcn) va ouvrir ses portes dans le dernier trimestre de cette année. Du côté du ministère de la Culture, tout est en train d’être mis en œuvre pour garantir un succès éclatant à ce projet culturel cher au Président Léopold Sédar Senghor. Dans le sillage de la conférence de préfiguration, tenue en juillet 2017, le ministère de la Culture a initié une rencontre avec les galeristes et les professionnels du secteur. L’objectif de cette rencontre, qui a eu lieu en présence du ministre Abdou Latif Coulibaly, est d’informer les acteurs sur le projet du musée « et d’explorer ensemble des pistes de collaboration et de partenariat ». Le Mcn qui se veut un musée dans le temps du monde s’inscrit dans une démarche inclusive. Cette rencontre avec les personnes en charge de la « production temporelle des artistes sénégalais » est une occasion pour discuter des conditions de mise en place du Musée des civilisations, de la définition du contenu, de l’orientation globale et la philosophie du Mcn, a informé le ministre de la Culture. « Les galeristes vont nous aider à faire en sorte que le Musée des civilisations noires soit un musée de l’histoire africaine et à avoir une production contemporaine », a-t-il indiqué.

Selon lui, en tant que lieu « de célébration et promotion des produits culturels, les galeries sénégalaises seront  nécessairement des partenaires privilégiés du Musée des civilisations noires dont l’ouverture se fera dans un environnement où des professionnels sont déjà  installés de longue date ». Si dans sa programmation le Mcn va s’intéresser à la période préhistorique, en mettant un focus sur l’Afrique, berceau de l’humanité, cela n’empêche pas qu’une bonne partie sera dédiée à la contemporanéité.   

Opportunité pour les galeries
« Le concept de civilisations noires englobe à la fois la naissance de l’humanité en Afrique, avec notre ancêtre commun, Toumaï, vieux de 7,5 millions d’années, et la production contemporaine. C’est donc un musée qui, tout en s’inscrivant dans  la très longue durée, reste attentif à la production contemporaine ainsi qu’aux expressions multiformes du patrimoine culturel immatériel », a précisé Abdou Latif Coulibaly. Il a ajouté que les ateliers fondateurs du musée seront organisés le 26 mars.

L’ouverture du Mcn aux galeristes sénégalais semble être une bonne opportunité pour ces derniers en ce sens qu’elle aidera à donner plus de visibilité à leur travail de promotion de la création artistique locale et continentale. « Nous représenterons, dans cet espace, les artistes qui travaillent avec nous et nous confient leurs œuvres pour les mettre en valeur », a souligné Thérèse Turpin Diatta, directrice de la galerie Kemboury.
Mme Diatta, qui a parlé au nom des galeristes du privé, a loué l’initiative. De son point de vue, ce musée est une « excellente opportunité dont rêve le monde entier et en particulier l’Afrique ».

Le Musée des civilisations noires se fixe comme défis d’écrire et d’entretenir « une histoire universelle à la croisée de tous les savoirs, de défragmenter l’histoire africaine, de promouvoir les continuités culturelles pour refonder le projet de l’unité continentale », etc. Aussi, en portant les lourdes empreintes de l’histoire de l’humanité, il compte s’inscrire en même temps dans une démarche afro-futuriste.             

Ibrahima BA

 

La  6ème  édition  du festival Urban women week a été lancée le 02 mars à la Maison des cultures urbaines de Dakar. Organisée par l’association Africulturban, l’événement  se poursuit jusqu’au 10 mars à Dakar et dans sa banlieue.

Premier  festival  de Hip hop  féminin, la 6ème  édition de la Urban women week (Uwn) s’est ouverte vendredi dernier et se poursuit jusqu’au samedi 10 mars. Organisé par l’association Africulturban, ce festival, dédié aux femmes dans les cultures urbaines, vise à sensibiliser le public (homme et femme, jeune et moins jeune) pour une prise de conscience du potentiel, parfois insoupçonné, dont regorge la gente féminine. L’idée est de déconstruire les préjugés tout en offrant à certaines femmes une possibilité d'émancipation à travers l'art urbain.

Pour  cette 6ème édition, sont attendus plusieurs artistes venus, entre autres, de l’Allemagne,  du Maroc,  du Royaume-Uni, du Mali, de la Mauritanie.
En conférence de presse, hier, à la Maison des cultures urbaines, la directrice  d’Urban women week, Ndèye Fatou Thiam, a présenté les activités phares qui rythment ce festival.
Au  programme, des concerts, des sessions de  graffiti live (fresque murale) avec le Sénégalais Ebène et le Belge Alt Del, des ateliers de renforcement des capacités sur la photographie, la performance scénique, des projections de film et des conférences-débats au Goethe Institut et à la Maison des cultures urbaines. Lesquelles porteront respectivement, les 07 et 09 mars, sur «Le hip hop, féminisme, sexisme et misogynie » et «Les femmes à l’assaut du showbiz».

«En clôture du  festival, un méga concert sera organisé à l’Esplanade du complexe culturel Léopold Sédar Senghor de Pikine où se produiront des  artistes du hip hop sénégalais et ceux invités : Meli  de Allemagne, Mina La Voilée, Ami Yéréwélo du Mali, Dj Zeyna, Lex Amour, Lola Dart, Floetic Lara (Royaume-Uni), Black Queen, Sister Dia, Fippu Clan, Lady Mya Toussa, Dj Coumbis, entre autres», a informé  Mme Thiam.
Membre du groupe Jokko Fam, la rappeuse malienne  Ami Yéréwelo se réjouit de participer, pour la première fois,  au festival Urban women week.  

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

La Commission de protection des données personnelles (Cdp) a rendu public son dernier avis trimestriel de l’année 2017. Elle annonce, dans cette publication, la levée des mises en demeure contre l’opérateur de téléphonie Expresso et l’établissement bancaire Cbao.

La Commission de protection des données personnelles (Cdp) avait mis en demeure l’opérateur de téléphonie mobile Expresso pour « absence de conformité des termes et conditions d’utilisation du site web www. Expressotelecom. Sn », « l’inobservation de certaines règles liées à la prospection directe » et « l’absence d’une durée claire de conservation des données des demandeurs d’emploi ». Cependant, dans son dernier avis trimestriel, la Cdp a annoncé avoir levée cette mise en demeure à l’encontre d’Expresso suite à la « correction des manquements dans les délais » par l’opérateur de téléphonie mobile. La Commission a aussi levé sa mise en demeure sur l’établissement bancaire Cbao Attijariwafa Bank dont elle reprochait « l’accès non autorisé à des données », « l’usage de quatre Pc sous Xp » et le manque de précision de la durée de conservation de certaines données.  La Cbao ayant corrigé, « dans les délais », tous ces manquements, sa mise en demeure a été levée. Dans ses recommandations, la Commission des données personnelles a demandé à la Cbao « de veiller au respect scrupuleux de la politique de sécurité des systèmes d’information ». Quant à Expresso, elle lui a recommandé de « renforcer l’information préalable des personnes concernées dans les conditions générales d’utilisation des services », de « veiller au bon fonctionnement du droit d’opposition, à la gratuité de la fonction « Stop » et de « formaliser la procédure de conservation et d’archivage des dossiers de demande d’emploi ». « La Cdp informe, par ailleurs que tout manquement maintenu ou renouvelé et constaté lors d’un contrôle ultérieur entrainera une sanction sans mise en demeure préalable, conformément à la loi n°2008-12 du 25 janvier 2008 », a-t-elle mis en garde dans son dernier avis trimestriel de l’année 2017.

 

…Et appelle la presse en ligne au respect de la vie privée
des personnes

Au cours du dernier trimestre de l’année 2017, la Commission de protection des données personnelles (Cdp) a reçu de nombreuses plaintes de citoyens pour «publication de photos compromettantes et cyber chantage sur Facebook», «articles de presse et commentaires diffamatoires» ou «divulgation frauduleuse de vidéos compromettantes sur le site seneporno.com». Les photos compromettantes ont été supprimées par le mis en cause suite à une lettre de demande de suppression envoyée par la Cdp. Pour les articles de presse et commentaires diffamatoires, la Commission a souligné, dans son dernier avis trimestriel de l’année 2017, que «le dossier est toujours en cours », mais des lettres de demande de suppression ont été déjà envoyées aux sites d’information en ligne concernés. Quant aux vidéos compromettantes, elle a informé qu’elles ont été supprimées sur le site de seneporno.com, mais jusqu’à présent, «l’identité de l’administrateur de ce site n’est toujours pas connue». Selon la Cdp, les plaintes de citoyens portant sur la collecte et le traitement de données personnelles à des fins journalistiques sont de plus en plus fréquentes. C’est pourquoi elle en a appelé à la presse en ligne, « afin que le principe de respect de la vie privée des personnes concernées soit pris en compte le mieux possible ». « Il s’agit de trouver l’équilibre entre la liberté d’information, d’expression et la protection des données personnelles et de la vie privée», a expliqué la Cdp. «Les dispositions de la loi n°2008-12 ne font pas obstacle à l’application des dispositions des lois relatives à la presse écrite ou audiovisuelle et du Code pénal qui prévoient les conditions d’exercice du droit de réponse et qui préviennent, limitent, réparent et, le cas échéant, répriment les atteintes à la vie privée et à la réputation des personnes physiques», a rappelé la Commission, recommandant toutefois à la presse en ligne de « respecter la finalité, la durée et conservation des articles de presse qui ne sont plus pertinents (chroniques judiciaires, faits divers, divulgation de données personnelles d’un tiers sans son autorisation…) » et de «contrôler et modérer les commentaires compromettants des internautes sur les sites d’information».

A. Ng. NDIAYE

Les chefs traditionnels du Sénégal entendent offrir leurs services dans la résolution des conflits dans notre pays. Ils en ont manifesté la volonté, samedi, à Kaolack, lors de la cérémonie officielle du Forum de Kahone, à l’invitation du Bour Saloum, Guédel Mbodj.

La chefferie traditionnelle au Sénégal est une institution déterminée à jouer sa partition dans la résolution des conflits qui traversent la société. Cette position a été rappelée, samedi, à Kaolack, lors de la cérémonie officielle du Forum de Kahone à laquelle ont pris part, outre le Bour Saloum, Guédel Mbodj, initiateur de la manifestation, les autres chefs de province dudit royaume, des invités de marque venus de la Casamance et du Ndiambour. Cette plateforme a servi de tribune à ces dignitaires et personnalités, gardiens des valeurs et traditions ancestrales, de proposer leurs services dans la résolution des conflits sur le front social. Venu présider la cérémonie au nom du chef de l’Etat, le préfet du département de Kaolack, Mouhamadou Moctar Watt, a magnifié le rôle des chefferies traditionnelles dans les pays en développement comme le Sénégal.

Dans une analyse sociologique de ces institutions traditionnelles, le chef de l’exécutif local, en écho à la médiation des chefs traditionnels proposée par le secrétaire général des provinces historiques de la Casamance, a préconisé l’intégration des chefs traditionnels au sein du Haut conseil pour le dialogue social, en vue de mettre à profit leur ancrage et leur rôle de médiateurs sociaux. Le préfet a fait référence au concept de cousinage à plaisanterie entre Diolas et Sérères. Il a soutenu que les personnages emblématiques d’Aguène et Diambogne étaient omniprésents dans cette manifestation où les premiers sont venus répondre à l’invitation des seconds avec, en toile de fond, l’idée d’une unité nationale qui transcende les barrières ethniques. Maître d’œuvre de la manifestation, le 52ème Bour Saloum, Guédel Mbodj, a justifié son option de faire renaître le Forum de Kahone, une manifestation plus que séculaire, sous une forme nouvelle dans le but de consolider l’unité nationale et de renforcer le rôle et la place des chefs traditionnels au Sénégal. « Le Forum de Kahone traduit la bipolarisation du Saloum, entre le pôle païen plus ancien et celui de l’Islam accueilli et implanté par les anciens souverains du Saloum. Aujourd’hui, nous voulons en faire une manifestation centrée sur l’unité nationale en y invitant les chefs traditionnels des autres provinces historiques. Cela, pour échanger sur les nouvelles missions de la chefferie traditionnelle, notamment dans le cadre de l’émergence économique que veut promouvoir le président Macky Sall, mais aussi en proposant nos services dans la résolution des conflits sociaux, en particulier en Casamance ou dans la crise scolaire », s’est exprimé le dignitaire de la province historique du Saloum. C’était devant les membres de la cour royale composée des chefs de province du Ndoucoumane, de Djilor et du Premier ministre du Saloum. Cette nouvelle orientation s’est traduite par l’organisation de symposium sur l’histoire de la province, d’un forum économique et social et d’une exposition-vente des produits agricoles et artisanaux de ce territoire situé au centre du Sénégal.

Elimane FALL


LA CASAMANCE INVITÉE D’HONNEUR
La 1ère édition du Forum de Kahone sous le magistère du nouveau Bour Saloum, Guedel Mbodj, a été rehaussée par la présence d’un parterre de dignitaires traditionnels dont les 13 chefs de province dudit royaume et de représentants des souverains du Ndiambour. La reine d’Oussouye et le secrétaire général des chefs traditionnels de Casamance auront marqué de leur participation l’événement qui s’est déroulé à la place centrale de l’ancienne capitale du Saloum. Emmitouflés de leurs costumes et attributs royaux, les deux chefs ont impressionné par leur allure majestueuse et leur authenticité. Moustapha Bassène, le secrétaire général des chefs traditionnels de la région Sud, dans son intervention, a rappelé la sécularité et la profondeur des relations entre la Casamance et le Sine-Saloum suivant la légende d’Aguène et Diambogne ; ce qui, selon lui, justifie la présence exceptionnelle de la reine d’Oussouye dont les déplacements hors de Casamance sont rares. Ils ont aussi procédé à l’intronisation du Bour Saloum aux ordres des souverains de cette province en lui enfilant le costume et les attributs royaux de la Casamance.

E. FALL

Abuja- Les participants à la conférence régionale de journalistes, rédacteurs, organes d'autorégulation et éducateurs, réunis à Abuja, les 1er et 2 mars, pour discuter sur la défense et la promotion du journalisme éthique en Afrique de l'Ouest, ont adopté, à l’issue de leurs travaux, la Déclaration d’Abuja. Celle-ci revient sur certaines thématiques discutées au cours de ces deux jours par des professionnels des médias venus de neuf pays ouest-africains.

Avec le développement du numérique, les journalistes ouest africains veulent mettre de l’ordre dans leur pratique. Après deux jours de séminaire, la Déclaration d’Abuja met l’accent sur le fait que la crise de la propagande, des fausses nouvelles et des discours de haine « exige une réponse globale qui place l'éthique, l'autorégulation et la bonne gouvernance au cœur du journalisme dans la région ».

« L'avenir du pluralisme démocratique et la défense des droits de l'Homme dépendent du droit de tous les citoyens à recevoir des informations fiables et utiles. Nous croyons que le journalisme éthique est le principal fournisseur de l'information dont la démocratie a besoin pour survivre », mentionne le document. Les participants ont aussi condamné toutes « formes de violence contre les journalistes en Afrique, les tentatives à corrompre le processus du journalisme et toutes les tentatives de manipulation des médias pour la propagande ». Un appel a été lancé à l’endroit de tous les journalistes à « redoubler d'efforts, malgré ces menaces, et à respecter les valeurs et les normes de la profession ».

Le même appel est élargi aux éditeurs et propriétaires des médias en vue de « construire une solidarité professionnelle et à travailler ensemble pour promouvoir l'éthique et la bonne gouvernance pour faire face à la crise d'information ».

Solidarité professionnelle
La rencontre d’Abuja a exhorté les professionnels des médias à soutenir la « campagne continentale « Tournons la page de la haine » pour exposer, isoler et éliminer toutes les formes d'incitation à la haine et à la violence intenses ». Tout comme les organisations partenaires, telles que la Fédération africaine des journalistes (Faj), le Réseau pour l’éthique journalistique (Ejn) et les syndicats, doivent « promouvoir des outils pratiques pour mettre fin aux discours haineux et pour la formation des journalistes dans les rédactions ».

Les glossaires définis devraient explorer tous les aspects du discours de haine, y compris lorsque l'utilisation d'un tel langage cible les groupes vulnérables, les minorités ou les femmes dans la société qui sont particulièrement victimes d'abus ».

Sur le reportage durant les élections, il a été rappelé des scrutins prochains dans nombre de pays ouest-africainsb : Gambie (2018), Nigéria (février 2019), Mali (sept 2018), Sénégal (février 2019), Togo (juillet 2018). Mais aussi d’adopter des lignes directrices devant être fondées sur les « leçons tirées de l'expérience des récentes élections en Gambie, au Ghana et au Libéria ».

Dans ces pays, les programmes développés ont essayé de revenir sur la « création de codes de conduite pour le reportage durant les élections. Ils sont distribués à tous les journalistes du pays et mis à disposition dans des livrets imprimés ou par une application mobile… »

Différentes réunions multipartites avant les élections, réunissant des journalistes, des services de sécurité, des magistrats et des dirigeants politiques, peuvent aboutir à un « dialogue visant à assurer la sécurité des journalistes ».

Un souhait majeur des participants est qu’une formation des formateurs soit dispensée avant les prochaines élections dans la région avec un accent particulier sur l'impartialité, le discours de haine, la sécurité et la vérification des faits durant les campagnes électorales.

Ethique et bonne gouvernance
L’éthique, la bonne gouvernance et la corruption ont également largement retenus l’attention des séminaristes.

Les participants ont demandé à ce qu’il y ait « un plus grand engagement envers le journalisme d'investigation » à même de venir à bout de la corruption. Ils ont aussi condamné le non-paiement des salaires des journalistes, parfois pendant des mois.

La rencontre a convenu également qu’il appartient, sur le plan de l’autorégulation, à « l'industrie des médias de décider des critères d'accréditation pour les journalistes et que les gouvernements ne devraient pas imposer de critères prohibitifs ou punitifs à la profession ».

Sur la question genre, la réunion d’Abuja a admis que le « discours de haine a été utilisé à maintes reprises comme une arme de violence sexiste destinée à intimider les femmes dans le silence et a appelé les médias à se joindre à la société civile pour combattre la discrimination sexuelle et les discours haineux caractérisés par des stéréotypes ».

Elle est revenue sur la question des droits d’auteur à l’ère digitale pour insister sur le fait que la « défense traditionnelle des droits d'auteur à l'ère numérique nécessite de renforcer la prise de conscience de l'importance des droits économiques, professionnels et juridiques des auteurs ».

La réunion a accueilli « favorablement les propositions visant à créer des mécanismes de signalement des pires cas de plagiat et de copier-coller du journalisme afin de pouvoir négocier des accords avec les médias et encourager une meilleure reconnaissance des droits des journalistes en théorie et en pratique ».

La rencontre d’Abuja a également évoqué la question du reportage dans un contexte de lutte contre le terrorisme, l’extrémisme violent. Elle a reconnu que le traitement de ce type d’actualité expose les journalistes à des poursuites dangereuses en termes de sécurité physique mais aussi à travers des lois qui exigent qu’ils révèlent leurs sources.

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE, Envoyé spécial

Des couleurs, de l’ambiance, il y en avait samedi au Monument de la Renaissance africaine. L’ambassade de l’Inde au Sénégal a célébré le Festival des couleurs Holi.

L’ambassade de l’Inde à Dakar a fêté, pour la première fois au Sénégal, le Festival de couleurs Holi. Une ambiance carnavalesque dans l’esplanade du Monument de la renaissance africaine. Malgré la forte canicule et le vent qui soufflait avec force dans cet espace à ciel ouvert, les Indiens ont fêté Holi qui constitue pour eux l’arrivée du printemps. Holi est la fête des couleurs. Les Indiens l’ont démontrée samedi au Monument de la Renaissance, accompagnés par des Sénégalais. Tous sont aspergés de poudre avec des couleurs de toutes sortes : bleu, rouge, jaune, vert, etc. Ils dansent, sautent, le tout dans une ambiance des grands jours. Une nouvelle saison s’ouvre pour eux. Le « Dakar Tiranga Holi » a marqué la fin du festival « Tiranga 2.0 » qui s’est ouvert depuis le 1er février dernier. Pendant plus d’un mois, la danse indienne était à l’honneur au théâtre national Daniel Sorano. Le Holi, selon l’ambassadeur de l’Inde au Sénégal, Rajeev Kumar, signifie la victoire du bien sur le mal. « Holi, en Inde, est un grand festival. Il signifie un jour de fête. Les couleurs du Holi signifient les couleurs de la vie », explique le diplomate qui promet que, désormais, il va organiser, chaque année, le « Dakar Holi festival ».

Avant le démarrage du Holi, l’ambassade de l’Inde au Sénégal a clôturé, plus tôt dans la journée du samedi, l’exposition sur la vie et l’œuvre de Mahatma Gandhi. Rajeev Kumar a distribué des livres sur Gandhi à plusieurs élèves sénégalais.

Aliou Ngamby NDIAYE

L’association Proxim Médina qui œuvre pour le développement a organisé, samedi, une soirée de gala animée par Youssou Ndour. Objectif : collecter des fonds destinés au développement de ce quartier de Dakar.

Samedi dernier, Youssou Ndour et les jeunes artistes de la Médina se sont produits en soirée de gala pour le compte de l’association Proxim Médina. Cette structure est une association membre de Proxim Jeune. Les artistes ont revisité leur riche répertoire au service du développement de la Médina dans le cadre de cette soirée de gala dont l’objectif général est de collecter des fonds pour soutenir le financement des projets au bénéficie des jeunes et des femmes du quartier. Ces fonds seront ainsi dédiés, en priorité, aux actions économiques et sociales, notamment au lancement des projets sur l’horizon 2020. Ibrahima Diagne, membre de l’association Proxim Médina, a expliqué qu’avec cet argent l’ambition est, entre autres, d’améliorer l’offre des services sociaux de base de la Médina au profit des couches sociales sensibles, notamment les femmes et les jeunes et de leur faciliter l’accès aux opportunités d’emplois et de revenus grâce à des mécanismes de financement simples, innovants et adaptés.

« Proxim Médina est une association communautaire qui aide les femmes et les jeunes dans la formation et dans l’auto-emploi avec les activités génératrices de revenus. Le choix de Youssou Ndour n’est pas gratuit, car il est de la Médina et soutient beaucoup les actions de l’association. Il a beaucoup contribué à la réussite de cette structure et pour le développement de la Médina.

Nous avons pris les jeunes artistes de la Médina, en particulier Pape Birahim, Moussa Traoré et tant d’autres », a souligné Ibrahima Diagne, membre du comité d’organisation.

Pour le bilan, Ibrahima Diagne a affirmé que Proxim Médina a réalisé à la base plus de 200 Ager (activités génératrices de revenus) dans le quartier en finançant des femmes par groupe de 50, avec des remboursements très linéaires et à moitié ; ce qui leurs permet de développer leurs activités.

Selon les organisateurs qui ont salué la mobilisation des fils de la commune, il faut inverser la tendance, car « en dépit de son riche héritage historique et culturel, de son poids démographique, la Médina offre toujours l’image d’un quartier en proie à de nombreuses difficultés ». Ce quartier a accumulé, au fur des années, des déficits sur les plans socio-économique, environnemental, avec une forte pauvreté et un chômage des jeunes. Des responsables et autorités de la Médina ont contribué à la réussite de cet événement. Le directeur général des Impôts et Domaines, Cheikh Bâ, par ailleurs président du Conseil d’administration de Proxim Médina, et le secrétaire général du gouvernement, Seydou Guèye, ont participé à la soirée ainsi que d’autres cadres.

Oumar KANDE

La Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (Mfwa) a signé une convention de partenariat avec la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs) pour dérouler le projet « Promotion de la liberté de la presse en Afrique de l’Ouest ».

L’objectif est de travailler au renforcement du rôle des médias dans la promotion de la transparence et la redevabilité dans la gouvernance, ainsi que l’amélioration de la liberté de presse dans la sous-région. Il s’agit aussi, a informé un communiqué, d’œuvrer pour le renforcement des capacités à propos des questions de reddition des comptes. C’est pourquoi « les organes de médias bénéficieront aussi de formations pour améliorer leurs capacités dans l’investigation et le reportage sur les questions de transparence et de reddition des comptes ».

Exécuté avec le soutien financier du Programme du journalisme indépendant de l’Open society foundations et de William and Flora Hewlett foundation, « ce projet d’appui pour le développement des capacités des médias sur les questions de gouvernance, de transparence et d’exigence de compte rendu constitue un défi majeur pour la presse sénégalaise, notamment les jeunes reporters, a soutenu Pape Thioro Ndiaye, président de la Cjrs. De son côté, Sulemana Braimah, directeur exécutif de la Mfwa, a indiqué que ces programmes « renforceront la capacité des médias à faire le plaidoyer sur la liberté de la presse, à mieux faire le reportage sur la gouvernance et les questions de redevabilité et aussi à les autonomiser à devenir des plateformes efficientes pour le dialogue entre les citoyens et les autorités ».

Dans le cadre de son programme dédié au renforcement du rôle des médias dans la promotion de la transparence et la redevabilité dans la gouvernance et l’amélioration de la liberté de la presse, la Mfwa a déployé deux projets dans six pays de la sous-région, dont Sénégal, Benin, Burkina Faso, Gambie, etc.

Ibrahima BA

C’est à travers une centaine d’images que Babacar Diop Buuba, Professeur d’Histoire ancienne à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, dresse son carnet de voyage : « De Dakar à Istanbul, via Paris et Athènes ». Il y aborde la problématique du « dialogue et/ ou le choc des cultures ». Fruit de son voyage d’études en Turquie et en France, ce carnet a fait l’objet d’une conférence publique vendredi dernier au Musée Léopold Sédar Senghor.

Plus de trois ans après son voyage d’études en France et en Turquie, le Pr Babacar Diop Buuba a pris le temps de dresser un carnet de voyage bien étoffé. Lequel, à travers des images et des formes, interroge les rapports parfois harmonieux et parfois conflictuels entre les peuples du monde. Ce carnet de voyage est celui d’un homme cultivé qui pose un regard à la fois critique et actif sur la marche du monde. L’historien dont le travail porte sur « Le dialogue et/ou le choc des cultures » partage ses expériences d’excursionniste dans un style particulier laissant le choix au langage des images, des signes et des symboles. L’objectif est de mieux ressortir la problématique du dialogue des cultures ou civilisations qui ne peut exister sans paix, sécurité, stabilité et justice. A travers un jeu de comparaison de certains édifices et symboles des pays comme la tour de Ndialakhar du Sénégal, le Musée Panorama 1453 d’Istanbul, la tour de Galatasaray, le Pr Diop confronte des idées et des idéologies. De Dakar à Paris en passant par Istanbul et Athènes, il pose une réflexion sur l’histoire de l’humanité et l’état du monde moderne. Ce travail qui a fait l’objet d’une conférence publique, vendredi dernier, au Musée Léopold Sédar Senghor, est donc un focus sur les relations triangulaires entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie via des expressions artistiques, des monuments, des formes d’art remontant à la nuit des temps, des langues… Pour Buuba Diop, il est question d’une réflexion sur le patrimoine de l’humanité avec ses spécificités. Le choix d’Istanbul pour ce voyage d’études, soutient-t-il, se traduit par le fait qu’il s’agit de la seule ville au monde à être sur deux continents (Asie et Europe). Si dans sa perception le philosophe et sociologue français Edgar Morin récusait l’idée d’un dialogue des cultures, en ce sens que le dialogue implique la compréhension du lien inséparable existant entre l’unité et la diversité, la reconnaissance de l’égalité, le conférencier estime que le monde connait encore des dialogues féconds. Dans l’histoire, « il y a eu des moments où les peuples ont pu conjuguer leurs efforts pour relever des défis importants ». Toutefois, il y a aussi des chocs violents. D’où l’urgence de mettre l’accent sur les dialogues en lieu et place des affrontements nuisibles. « Pour cela, il faut qu’il y ait la justice, la compréhension entre les peuples. Il faut également que les gens se découvrent, se connaissent et se respectent », laisse-t-il entendre. Aux yeux du Professeur d’Histoire ancienne à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, la montée en puissance des conflits et du radicalisme dans le monde moderne ne doit pas constituer un obstacle au dialogue des peuples et des civilisations. « Le dialogue est incontournable. Ce qui fait la différence entre les civilisations du monde, c’est l’intensité avec laquelle on fait telle ou telle chose… », explique-t-il.

Ibrahima BA

Abuja-Les journalistes ouest-africains ont été invités à établir et à maintenir des rapports de confiance avec leur public. Une confiance possible que s’ils sont arrimés à des codes et valeurs standards.

Comment parvenir à un journalisme décent ? La préoccupation de Chris Eliott, membre de la Commission du Réseau anglais pour l’éthique journalistique (Ejn), est de voir les journalistes se battre en vue de restaurer la « confiance des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs ». Il intervenait, à Abuja (Nigéria), dans le cadre de l’atelier portant sur le thème : « Journalisme, la démocratie à l’ère numérique et l’éthique journalistique ». Avec plus de 40 ans d’expérience professionnelle, Eliott a estimé que l’ « éthique est un système de codes qui gouverne notre profession tandis que la morale résulte de nos actions individuelles ». Partageant son expérience britannique, il a expliqué qu’en « journalisme, l’essentiel est de demander pardon quand on s’est trompé pour faire garder la confiance dans la profession ».

« Il y a, aujourd’hui, en Grande-Bretagne, une chute de confiance par rapport aux médias. Nous avons mené une enquête qui a révélé que 24% des personnes interrogées pensent qu’il y a, dans les médias, une séparation des faits de la fiction. La même enquête montre que 53 % sont d’avis qu’ils sont exposés à de fausses nouvelles dans les médias sociaux », a-t-il révélé.

La confiance aux médias ne peut s’obtenir que par l’adoption de « codes éthiques qui peuvent aider à développer des standards ». La loi (aspect juridique), l’autorégulation et les éditeurs sont mis à profit, en Angleterre, pour aider à l’observation de l’éthique. Donnant l’exemple du journal le Guardian, il a souligné qu’il dispose d’un code interne qui est un condensé de conseils pratiques qui met l’accent sur l’exactitude de l’information, le comportement professionnel, les conflits d’intérêt, le plagiat et la vérification.

Revenant à la confiance, Chris Eliott a insisté sur la vérité qui est la « clé pour construire une relation de confiance à l’ère digitale ». Une autre clé, c’est celle de l’indépendance des journalistes qui doivent s’évertuer à ne pas verser dans la « propagande » et aliéner la confiance dont ils font l’objet.

Le secrétaire général du Conseil de presse nigérian a aussi abondé dans le même sens, mettant l’accent sur la nécessité pour le journaliste de « s’attirer » la confiance qu’il doit « maintenir ».

Parlant d’autorégulation, il a souligné l’importance pour les organes de presse d’enregistrer les plaintes et de les diligenter. Et si la culpabilité des médias est établie, que les sanctions prises soient appliquées.

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE, Envoyé spécial

L’acteur français d’origine sénégalaise Omar Sy est en tournage au pays de la « Téranga » pour son nouveau film « Yao » réalisé par Philippe Godeau.

Le communiqué qui donne l’information explique qu’ « il s’agit d’un tournage itinérant qui se déroulera jusqu’à mi-avril 2018, notamment à Dakar, Thiès, Saint-Louis, Podor, Loumpoul et Diofior ».

Le synopsis donne des détails. Depuis son village du nord du Sénégal, « Yao », un jeune garçon qui aime les livres et rêve d’aventures, organise sa fugue… 387 kilomètres jusqu’à Dakar pour y rencontrer son héros, Seydou Tall, un célèbre acteur français invité dans son pays d’origine. Touché par cet enfant, l’acteur décide de fuir ses obligations et de le raccompagner chez lui. Mais, sur les routes du Sénégal, rien ne se passe comme prévu. Et tandis qu’ils partagent ce voyage aventureux et poussiéreux, Seydou Tall comprend qu’en roulant vers le village de l’enfant, il roule aussi vers ses racines…« Omar Sy qui incarne le personnage de Seydou Tall est arrivé au Sénégal le 16 février et sera présent durant tout le tournage », renseigne le communiqué. Le document précise qu’il sera rejoint prochainement par la comédienne et chanteuse Fatoumata Diawara qui interprète le premier rôle féminin. Quant au jeune « Yao », il est joué par Lionel Basse, originaire de Saint-Louis. La comédienne et chorégraphe Germaine Acogny participe également au film.

L’ensemble des autres rôles seront tenus par des acteurs et actrices sénégalais.

Au moment de sa sortie et de sa promotion, informe le communiqué, Omar Sy reviendra dévoiler en exclusivité le film au Sénégal.

El H. Massiga FAYE

Figure de proue des littératures africaines, le Pr Lilyan Kesteloot, décédée le 28 février dernier, à Paris, à l’âge de 87ans, était aussi un humaniste et un érudit au service des savoirs du monde noir.

Elle aimait l’Afrique. Et son amour pour le continent ne souffrait d’aucun doute possible. Lilyan Kesteloot, Professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a donné son cœur et toute sa jeunesse au monde noir. Du Cameroun au Mali, en passant par la Côte d’Ivoire pour terminer au Sénégal, elle a partout offert sa disponibilité intellectuelle au service de l’Afrique. Son décès, le 28 février dernier, à Paris, arrachait au monde littéraire africain une figure monumentale incontestable à tout point de vue.
Sa production intellectuelle prolifique en a fait une icône dans son domaine. Entre générosité d’esprit et amour inconditionnel des lettres africaines, Kesteloot aimait les écrivains noirs de langue française. « Lilyan qui vient de nous quitter était d’abord une Africaine. Toute sa vie durant, elle a fait de l’Afrique, de ses écrivains, de ses poètes, de ses critiques dont elle faisait partie intégrante, le lieu de son bonheur de chercheuse. Très tôt, elle s’est lancée à l’assaut de Senghor, Césaire, Damas. Elle a beaucoup contribué à découvrir, dans le texte, ses grands poètes… », écrit Amadou Lamine Sall, poète lauréat des Grands prix de l’Académie française.

Dans ce bel hommage à la mémoire de son ancien professeur, Amadou Lamine Sall souhaite « que cette femme venue d’Europe, mais devenue africaine, mariée à un Africain, formant des Africains dans des universités africaines et qui nous a apportés un excédent de valeur et de foi en nos propres cultures et littératures, puisse un jour voir, de là où elle dormira désormais pour l’éternité, son nom inscrit dans la pierre au sein de l’Ucad, là où la lumière dit : éclaire et couve l’esprit ! » 

Pour Babacar Diop Buuba, Professeur d’Histoire ancienne à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, « Kesteloot était d’une grande érudition, d’un grand engagement. Un monument qui mérite plus que des hommages à travers les ondes ». Selon lui, Lilyan a suivi ce que les Cheikh Anta Diop, Alioune Diop, Léopold Sédar Senghor ont eu à faire. « Son décès est une perte énorme au regard de sa production sur le plan littéraire, les épopées et les contes. Elle a non seulement produit beaucoup d’œuvres mais elle a aussi accompagné beaucoup d’étudiants », souligne-t-il.

Marième Ndoye Mbengue, conservatrice du Musée Léopold Sédar Senghor qui a bénéficié de son encadrement, en 1982, pour ses travaux de thèse, pense qu’elle est la meilleure spécialiste de la littérature africaine. Ses livres constituent une référence pour les chercheurs et étudiants en thèse ou en mémoire. « Elle est incontournable dans le monde de la littérature africaine », précise-t-elle. Lilyan Kesteloot est décédée à l’âge de 87 ans. Elle a été directrice de recherche à l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) de l’Université de Dakar.

I. BA

La Maison des cultures urbaines a été inaugurée, jeudi, par la première adjointe au maire de la Ville de Dakar, Soham El Wardini.

Un joyau. La Maison des cultures urbaines (Mcu) l’est sans conteste. Logée au  Centre socioculturel de Ouakam, l’infrastructure a été inaugurée, jeudi, par  la première adjointe  au maire de la Ville de Dakar, Soham El Wardini. Pour l’occasion, le gotha du hip hop s’est fortement mobilisé. C’était en présence de l’édile de  Ouakam, Samba Bathily Diallo, des maires Moussa Sy, Cheikh Guèye et de  nombreuses autres personnalités.

Selon  Amadou Fall  Bâ, chargé des missions à la Maison des cultures urbaines (Mcu), ce nouveau dispositif  va accompagner  les  cultures urbaines dans leur noble mission de transformer la passion en profession avec ces milliers de jeunes qui gravitent autour de toutes ces expressions culturelles et artistiques.

Pour bien mener sa mission, la Mcu a mis  à la disposition des acteurs des cultures urbaines et des professionnels un plateau technique moderne : une salle de perfectionnement aux métiers des arts scéniques, une salle de danse, un atelier de Graffiti, une salle de Dj, une salle polyvalente, un studio d’enregistrement, une scène de concert de 300 places debout, un restaurant, un espace de rencontre pour jeunes et des bureaux multifonctionnels.

L’administratrice de la Mcu et responsable du pôle danse, Gacirah Diagne, s’est réjouie  de l’inauguration de ce bijou. « 7 ans après les discussions, les résistances, les délais fixés et retardés, le concept de la Mcu, tel que nous l’avions imaginé, est enfin tangible. Et ce, grâce  à la Ville de Dakar et aux structures Optimiste produktions, Studio Sankara, Kaay fecc,  Doxandem squad,  99 records joloff for live, G Hip hop et  Africulturban qui se sont engagés et ont porté le projet à ce stade », a-t-elle affirmé. Maintenant que la Mcu est fonctionnelle, Mme Diagne appelle tous les acteurs à œuvrer à son épanouissement. « Elle appartient à Ouakam, à Dakar  et plus largement  au Sénégal  et même à la  sous-région, car le modèle sera, on l’espère, reproduit », a-t-elle confié.

Inaugurant cet espace culturel, la  1ère  adjointe au maire de Dakar, Soham El Wardini, dit être fière de cette Maison des cultures urbaines qui a été  réalisée dans la commune de Ouakam.  « La Mcu est un projet de la Ville de Dakar qui a  trainé vu les difficultés rencontrées avant de l’implanter. Les populations ne comprenaient pas l’enjeu de ce centre où les jeunes peuvent être formés aux différents métiers de la culture. Aujourd’hui  qu’elle est implantée et fonctionnelle, je pense qu’elle fera l’affaire des populations de Ouakam et de la Ville de Dakar », a-t-elle estimé.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Abuja- Quelles valeurs éthiques adopter à l’ère digitale pour les journalistes pour promouvoir la démocratie ? Des journalistes ouest-africains essaient de trouver, depuis hier, à Abuja (Nigéria), une réponse à cette question en vue d’ériger l’éthique, la bonne gouvernance, l’autorégulation, les diversités et bannir les discours haineux, l’extrémisme violent… dans la profession.

La capitale nigériane, Abuja, abrite, depuis hier, un atelier axé sur le thème : « Journalisme, la démocratie à l’ère numérique et l’éthique journalistique ». Organisée par la Fédération africaine des journalistes (Faj) et le Réseau pour l’éthique journalistique (Ejn), cette rencontre de deux jours réunit plus d’une cinquantaine de participants venus de neuf pays ouest africains.

« Nous ne devons pas accepter, en tant que journalistes, que nos plateformes soient utilisées pour diffuser des discours haineux. Ce discours n’est jamais libre. Nous devons donc faire très attention surtout que ce discours haineux est très souvent exacerbé en période électorale et les politiciens ont souvent tendance à dire trop de choses à la fois », a exhorté le président de la Faj, Abdulwaheed Odusile, par ailleurs président du Syndicat des journalistes nigérians (Nuj). Pour lui, les journalistes africains doivent, à l’ère digitale, être informés des « nouvelles tendances », en se formant et s’équipant en conséquence, mais aussi qu’ils puissent toujours s’attacher aux valeurs « éthiques et déontologiques » qui fondent le métier. Il a magnifié le partenariat noué avec Ejn et qui vise à renforcer des journalistes du continent. Après l’Afrique de l’Est (Nairobi) et l’Afrique Centrale (Douala), l’Afrique de l’Ouest suit donc la tendance avec la conférence d’Abuja.

Le représentant du Réseau pour l’éthique journalistique, Tom Law, a souligné la nécessité d’ « avoir des solutions pratiques en commun pour renforcer le rôle des journalistes ». Car la sauvegarde de l’éthique journalistique ne pouvant se faire, selon lui, que si les professionnels des médias répondent à deux questions essentielles : « - qui sommes nous ? Que faisons-nous ? » Les réponses à ces interrogations devront être corrélées à une volonté de « se battre pour l’impartialité, ne pas s’attaquer aux sources, à l’indépendance, en ne versant pas dans la propagande, et faire de l’autorégulation ». La réelle influence des journalistes sur la société doit être accompagnée par une utilisation des « valeurs du journalisme », a expliqué M. Law. Aussi, a-t-il encouragé à la production d’articles à même de mettre l’accent sur certains phénomènes sociaux comme la corruption par exemple.

« Il nous faut créer une prise de conscience contre le discours haineux, la corruption, mais aussi faire tout pour une dissémination de l’information émanant des journalistes puisqu’à l’heure de l’internet nous disposons de toutes sortes d’informations », a invité Muktar Gidado, le vice-président de la Nuj. Pour M. ce dernier, la pratique du métier de journaliste devra toujours se faire selon « l’éthique standard » et la survie de la démocratie dépend aussi du développement des médias.

Quatre panels sont inscrits au programme de la conférence : l’éthique, l’autorégulation ; la bonne gouvernance au discours haineux ; les diversités et l’extrémisme violent ; la propagande, les élections...

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE, (Envoyé spécial)

A travers l’exposition « Sos Podpa » ou Sos pillage organisé des poissons africains, l’artiste plasticienne Caroline Guèye s’érige en sentinelle contre le pillage des ressources halieutiques.

C’est un cri du cœur à la fois très engagé et plein d’humanisme contre le pillage des ressources halieutiques que l’artiste plasticienne Caroline Guèye pousse à travers son exposition « Sos Podpa » ou Sos pillage organisé des poissons africains. Ses créations sont à voir jusqu’au 6 mars à l’espace Vema (embarcadère de Gorée, immeuble violet).

Le travail de Caroline Guèye comporte 34 œuvres, principalement des tableaux au pastel, à l’acrylique, quelques sculptures murales et deux installations. Comme si aucun espace n’était assez grand pour contenir ses œuvres, souvent de grand format, et décrire le malaise que provoque en elle ce pillage organisé, l’artiste s’approprie l’espace Vema, un lieu splendide et spacieux où ses deux installations monumentales prennent tout leur sens et leur message. Son installation « Il pleut sur la mer » axé sur le thème de la pêche abusive et illégale occupe tout le centre de la salle d'exposition alors que les milliers d’élastiques suspendus qui composent sa deuxième installation sont, eux, autant d’oscillations et de vagues qui entraînent le visiteur dans un monde qui rejoindra peut-être celui de l’artiste. A la cérémonie de vernissage de l’exposition, le conseiller technique n°1 du ministère de la Culture s’est dit heureux de constater que Caroline Guèye montait en puissance d’exposition en exposition. « Elle a un humanisme extraordinaire avec le sourire permanent, toujours positive.

Elle nous présente, de manière douce, les réalités violentes de notre monde », a déclaré Abdou Aziz Dieng. Si son cursus scientifique, ses voyages et son environnement ont influencé l’œuvre de l’artiste, sa résidence en Chine, près de Beijing, avec un artiste chinois de renommée internationale, aura participé à l’évolution de son travail. De son expérience auprès de cet artiste en ressort une sensibilité nouvelle qui non seulement guide ses créations mais l’incite à utiliser de nouveaux matériaux. Ses installations et sculptures murales en bronze en sont sans doute le résultat.

Après « Sos Podpa », Caroline prévoit plusieurs autres expositions en Afrique et en France, mais elle sera de retour à Dakar pour la Biennale où elle a été sélectionnée dans le In du pavillon sénégalais. L’artiste participera également à plusieurs expositions collectives.

E. Massiga FAYE

La 4ème édition du Festival à Sahel (Faso) ouvert a vécu. Mboumba (Podor), localité située à 580 km de Dakar, a abrité, du 23 au 25 février, l’évènement qui a mis l’accent, cette année, sur la rencontre des cultures urbaines et traditionnelles. Avec une affiche alléchante mettant en avant des artistes comme l’Angolais Bonga, les Sénégalais Omar Pène et Carlou D, le Camerounais Félix Sabal Leeco ou encore le danseur amazonien Tamangoh, Mboumba est devenu, le temps d’un weekend, le carrefour de la diversité culturelle africaine.

Isolé aux confins du Sénégal, Mboumba s’est ouvert au mondele 24 février dernier. Cette localité qui, de coutume, offre calme et sérénité à ceux qui veulent guérir de l’inlassable et incurable agitation des villes s’est plongée dans une ambiance inhabituelle. Après les couacs techniques qui ont perturbé, la veille, les programmations artistiques, la 4ème édition du Festival à Sahel ouvert (Faso) a débuté dans cette petite commune du département de Podor.  Le podium, monté sur une vaste  étendue  sablonneuse, à quelques mètres des rives du bras du fleuve Sénégal, pour les  besoins des concerts et spectacles en plein air, est pris d’assaut par des centaines de festivaliers. Certains ont traversé le bras du fleuve via des pirogues, d’autres sont venus  des villages environnants à bord de charrettes pour répondre, dans la ferveur et la joie, à l’appel de la culture.

A l’initiative de l’Association d’utilité publique Globe, ce festival est né de la « volonté d’artistes sénégalais et français de rendre la culture plus accessible aux populations du Fouta ». L’événement se veut ouvert sur l’Afrique avec une programmation représentant la diversité culturelle du continent. Pour cette 4ème édition, les festivaliers ont eu le bonheur de voir des icônes, à l’image du grand artiste angolais Bonga, le danseur Tamangoh ou encore le Camerounais Félix Sabal Leeco, considéré comme l’un des plus grands batteurs au monde, se produire sur scène. Côté sénégalais, Omar Pène, la tête d’affiche du festival, et Carlou D ont assuré leur show.

Monté en premier sur scène, à 23 heures, Carlou D a fait parler son talent. L’artiste, muni de sa guitare, a débuté son spectacle avec de l’acoustique. Et pour accrocher un public majoritairement jeune, il n’y avait pas autre  chose de mieux qu’un chant d’amour aux relents poétiques. Avec quelques mots en pulaar, appris pour la circonstance, le « Baye Fall » de la musique sénégalaise a su conquérir, au bout seulement de quelques minutes, le cœur des festivaliers en chantant dans la langue du terroir.  Son énergie débordante et sa désinvolture sur scène ont aidé à donner, par la suite, une dimension exceptionnelle à son spectacle. Carlou D, qui a enchainé les morceaux « Mbeuguel », « Baye Fall », « Dembaniew »…, a bénéficié d’une belle complicité du public. Un accord rare qu’il a d’ailleurs apprécié. «Je suis super impressionné. Malgré la distance, je me sens comme à Dakar. Le public a participé au show… », a-t-il déclaré à la fin de sa prestation.

DUO CARLOU D / FÉLIX SABAL LECCO
L’artiste dont les musiciens étaient repartis à Dakar du fait des aléas techniques à l’origine du changement de sa programmation la veille a dû compter sur le talent du compositeur et batteur franco-camerounais Félix Sabal Lecco.  Un duo de rêve qui a ravi plus d’un. Les deux artistes qui venaient de se rencontrer pour la première fois sur scène n’ont même pas eu besoin de répétition. « Carlou D est un grand artiste, un leader. Il peut donc jouer avec n’importe qui », a souligné Félix Sabal Lecco qui a collaboré avec de grands noms de l’univers musical à l’image deYoussou Ndour, Salif Keïta, Manu Dibango, Prince. Ce batteur qui se plait dans le style afro-caribéen, du fait de ses origines camerounaises, mais aussi du jazz, du rock et de la pop est l’un des grandes stars du festival. Impressionné par la chaleur et la bienveillance des populations, il profite de l’événement pour travailler avec un groupe de musiciens de Mboumba.L’édition 2018 du Faso met en avant la rencontre des cultures urbaines et traditionnelles. Le festival « sollicite les artistes les plus prestigieux et les plus militants ».  Parmi ceux qui ont répondu présents à ce rendez-vous culturel international, figure le danseur, musicien et peintre amazonien Tamangoh.  Ce dernier a, dans son show, lancé un message futuriste aux enfants du monde.  Son spectaclede claquettes transforme « la danse en musique avec une fluidité stupéfiante et un sens aigu de l’instant ». Basé sur de l’improvisation avec des objets musicaux allant de la flûte aux percussions, le dialogue offert par Tamangoh allie dextérité et entrain pour le plus grand bonheur du public.

Par Ibrahima BA, envoyé spécial

LE FASO, UN MODÈLE ÉCONOMIQUE À DUPLIQUER
Mboumba 2Après quatre éditions, le Festival à Sahel ouvert a fini de s’enraciner dans les dunes de sable de Mboumba. La manifestation s’offre, aujourd’hui, comme un exemple demodèle économique à dupliquer un peu partout dans le Sénégal. Cela, dans l’intérêt de faire jouer à la culture un rôle déterminant dans le développement des terroirs. L’appropriation du Faso par les villageois, à travers le bénévolat, et l’implication des partenaires commencent déjà à porter ses fruits. Grâce au Faso, ce village situé aux confins du Sénégal est sorti de l’anonymat. Il s’ouvre désormais au monde en accueillant des stars internationales et des centaines de festivaliers lors de chaque édition. En mettant l’accent sur la formation et la mise en place d’infrastructures culturelles (podium, studio de formation, local technique, salle de répétition…), l’Association Globequi a initié le Faso pose les bases d’une véritable politique de l’industrie de la culture. Ainsi, en s’inscrivant dans une politique de décentralisation des actions culturelles, le festival participe à la promotion du tourisme local. Mboumba et ses populations affichent un certain élan de fierté culturelle faisant de leur terroir un terreau fertile du tourisme. Aujourd’hui, il n’est pas nécessaire de faire des études pour mesurer l’impact direct de cette manifestation sur le quotidien des villageois. Les initiateurs du Faso comptent travailler à « la valorisation ou réhabilitation des maisons d’accueil ». Le Festival à Sahel ouvert est l’un des rares événements culturels périodiques à ne pas bénéficier d’une subvention du ministère de la Culture. Pourtant, depuis 2010, le Faso œuvre sans cesse pour le développement économique et social de Mboumba via des activités autour de la préservation de l’environnement, la formation, des campagnes de sensibilisation contre certaines maladies, des consultations spécialisées…

Par Ibrahima BA, envoyé spécial

OMAR PÈNE COMME ON L’AIME
En prenant part à la conférence de presse sur les préparatifs de laquatrième édition du Festival à Sahel ouvert, le 24 janvier, à Dakar, Omar Pène avait promis des surprises à la population de Mboumba. Une promesse à laquelle il a entièrement tenu au regard de la qualité de son passage sur scène le 24 février passé.

Dans une nuit étoilée, où la fraicheur du soir se mélange à un petit vent soufflant le long de la rive du bras du fleuve, le leader du groupe Super Diamano a fait découvrir au public quelques-uns de ses chefs-d’œuvre. Quand il ouvrit le bal avec son titre mythique « Soweto », sorti en 1987 et qui lui avait valu beaucoup de succès à l’époque, il faisait 2 heures 20 minutes. Mais, en dépit de l’heure tardive, la fièvre monta d’un cran. Au milieu de la foule en délire, des groupes de danse se formèrent çà et là et des amas de poussière s’envolèrent au-dessus du podium. Entre afro-feeling et mbalaxbien rythmé, Omar Pène a enchainé les morceaux dans une ambiance digne des grands soirs. Les fans n’ont pas vu le temps passé.

Pendant près de deux tours d’horloge, il a enchanté la foule qui en demandait encore. Son dernier morceau,« Afsud », chanté à la gloire de ses fans, a clôturé ce beau spectacle sous le ciel lamineux de Mboumba.

I. BA

BONGA OFFRE UN VOYAGE MUSICAL INÉDIT
Mboumba BongaPrésent au Sénégal dans le cadre de la 4ème édition du Festival à Sahel ouvert (Faso), l’artiste angolais Bonga, acteur majeur de la scène africaine, a livré,le 24 février, un grand concert à Mboumba. Avec sa voix cassée et avenante, il a offert une ballade musicale inédite aux accents angolais.

Il était, sans doute, la principale attraction de cette 4ème édition du Festival à Sahel ouvert. Bonga, qui porte le poids de ses 75 ans, a quitté Lisbonne pour Dakar.

Mieux, il a ensuite fait près 600 km en vue de donner un concert aux confins de la capitale sénégalaise. Mais, ceci n’est que le reflet de l’intérieur de cet artiste au parcours fascinant et exceptionnel et quiallie humanisme, liberté et résistance. Samedi dernier, sur la scène jouxtant la rivière du village, le vieil homme semblait retrouver une seconde jeunesse. Sa voix éraillée avait surement réveillé les dieux du fleuve. Ce qui lui garantissait une force irréductible au fur et à mesure. La musique est un langage universel qui parle à tous les peuples. Le public de Mboumba et d’ailleurs, captivé par les premiers morceaux du chanteur, a été très vite conquis par cette variété musicale aux accents angolais. Bonga a puisé dans son passé tumultueux, dans ses fameux « Recados de fora » (messages d’ailleurs), pour entrainer la foule dans un voyage musical inédit et à travers plusieurs générations. Entre spleen et félicité, ses chansons ont drainé un flot d’émotions. L’artiste angolais a parcouru une partie de sa riche carrière aux 31 albums pour offrir une promenade musicale époustouflante. Pour ce faire, il n’a pas oublié des titres comme « Mona kingixica », « Kambuá», des chansons inscrites dans le temps de l’éternité et qui résisteront à l’infini. Les chants deBongacharrient fantaisie et allégresse sous l’effet des instruments comme la flute ou le dikanza. Toutefois, quand l’artiste angolais s’est mis au Semba (musique de son Angola natal), l’atmosphère devient du coup survoltée et la vaste étendue sablonneuse percée par le doux et éclatant reflet lunaire se transforme en une piste de danse.

45 ans de carrière, 400 chansons
Le chanteur qui n’a pas voulu se prêter au jeu de l’interview après son spectacle avait annoncé, lors de sa conférence de presse à Dakar, sa joie de participer à ce qui est en train d’être construit à Mboumba autour de la culture. Avec une carrière artistique pleine, cet Angolais a joué, à travers sa musique, un rôle fondamental dans la construction d’une identité africaine. « Je participe à cette œuvre immense qui est la rencontre des êtres humains réunis par les sons et les rythmes sans aucun préjugé », avait-t-il soutenu. José Adelino Barcelo de Carvalho à l’état civil, Bonga est né en 1942 à Kipir, ville située à une soixantaine de kilomètres de la capitale angolaise, Luanda. Figure emblématique de la lutte contre la colonisation, il fait partie des voix les plus engagées du continent. Bonga, c’est aussi un grand conservateur qui tient à ses racines africaines en général et angolaises en particulier. La clé de son succès, a-t-il avoué, c’est la tradition. «Après l’école, l’information que nous avons reçue dans la rue, à travers les vieux africains, a beaucoup contribué à notre éducation en un temps où l’Afrique n’était pas encore brimée par les modernités », a souligné Bonga. A propos du changement de son nom d’origine, le chanteur a dit ceci : «Quand j’ai commencé à faire de la musique, je me suis dit que mon nom d’origine n’a rien à voir avec le rythme et la musique que je fais. C’est ainsi que je me suis donné le nom de Bonga Kuenda ».

Malgré plusieurs décennies à l’étranger, Bonga est plus que jamais lié à sa terre natale, à son « cordon ombilical ». Il a su garder cette forme de résistance, cette capacité de résilience face à la force de la modernité. Et c’est aussi ce qu’il cherche à mettre en évidence dans ces chansons. José Adelino Barcelo de Carvalho a toujours vécu avec la musique qu’il a fini de sublimer. Avec plus de « 400 chansons revendiquées », il est rentré dans l’histoire pour ne plus en sortir. Après 45 ans de carrière, l’ancien champion du 400 m du Portugal respire encore une fraîcheur divine. Sa musique est une fête et son spectacle une somme d’harmonie et gaieté. Même loin de son Angola natale, Bonga continue de faire de la musique « un outil de résistance politique et culturelle ». Il garde un œil sur la situation que traverse son pays et « amène partout avec lui les espoirs d’un Angola juste ».

I. BA

INFRASTRUCTURES CULTURELLES : LE THÉÂTRE DE VERDURE DE MBOUMBA INAUGURÉ
En s’inscrivant dans un modèle de développement via la culture, le Faso compte miser sur les enjeux des collectivités. Pour répondre à la demande culturelle et de tenue de spectacles dans la région, un projet d’infrastructures culturelles a été initié par l’Association Globe. L’inauguration, au dernier jour du Festival à Sahel ouvert, du Théâtre de verdure de Mboumba, regroupant un podium et un fond de scène, est la concrétisation d’une vision à la fois réaliste et salutaire. En outre, le projet prévoit des loges, un studio de formation, un local technique et une salle de répétition.

CARDIOLOGIE, DEPISTAGE DU DIABETE… : 430 PERSONNES CONSULTÉES
La décentralisation de l’action de soin a été au cœur du Festival à Sahel ouvert de cette année. Pour soulager les populations de Mboumba et environs, la Chaine de l’espoir a fait venir des cardiologues et spécialistes des maladies cardio-vasculaires pour mener des consultationsgratuites au profit des habitants de la localité. Le poste de santé de la commune a été pris d’assaut durant les deux jours. Au total, 430 personnes ont été consultées, entre autres, en cardiologie et en dépistage du diabète.

Pourtant, d’après la coordonnatrice de la Chaine de l’espoir au Sénégal, Laura Davenel, l’objectif au départ était fixé à 300 personnes. Les équipes médicales qui sont venues de Dakar et Saint-Louis ont apporté du matériel pour les besoins de l’électrocardiogramme et de l’échographie. Des séances de sensibilisations ont été aussi improvisées dans l’enceinte de la structure sanitaire.

I. BA


XAVIER SIMONIN, DIRECTEUR DU FASO : « NOTRE MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT CULTUREL PASSE PAR L’APPROPRIATION… »
Simonin MboumbaAprès trois éditions, le Festival à Sahel ouvert a pris un cachet populaire du fait de l’engouement qu’il a suscité auprès des populations. L’événement a permis, d’après Xavier Simonin, directeur du Faso, de créer un modèle de développement décentralisé  grâce à l’action culturelle.

La 4ème édition du Festival à Sahel ouvert a vécu. Quel bilan peut-on en tirer?
Cette année, on a été confronté à d’énormesdifficultés. Mais, le village avec lequel on organise l’évènement a très bien réagi. Au premier jour, il y a eu une panne d’électricité. On était obligé d’annuler la soirée. A 600 kilomètres de Dakar, on veut faire la démonstration qu’il y a des savoir-faire, des compétences et une rigueur. Dans un événement de cette dimension,en cumulant des vedettes sur le même plateau, on a réussi, en une nuit, à contrer toutes les difficultés. C’est donc pour moi une satisfaction. Après des années de travail,on est capable de faire face à toutes les situations, y compris celle d’une interruption totale du festival.

Au-delà des festivités, le Faso participe également au développement de la collectivité…
Le modèle de développement par la culture qu’on est en train de mettre en place passe par une phase d’appropriation. Il s’agit de voir comment les gens arrivent à s’impliquer face un projet développement… Actuellement, on arrive à cette phase d’appropriation de la part des villageois. La deuxième étape consistera à doter un programme d’infrastructures culturelles. Après l’étape d’appropriation, toute l’année, avec les populations et les infrastructures de fonctionnement, on a la possibilité de produire des œuvres culturelles locales. Lesquelles s’exporteront dans la région, dans le pays, dans la sous-région et à l’international. Il y a tout un travail de structuration qu’on est en train de faire.

Le Faso existe seulement depuis 2010, mais vous réussissez,à chaque édition, defaire venir des stars internationales. Comment faites-vous pour convaincre les grandes icônes ?
Je pense que c’est lié au fait que je sois moi-même artiste. Cela me permet de créer une complicité immédiate avec les artistes que je rencontre. Dans notre corporation d’artistique, on n’a pas de problème de ségrégation. On s’intéresse d’abord à notre art avant de s’arrêter sur nos différences qui nous enrichissent au lieu de nous diviser. Il faut savoir aussi qu’il s’agit d’un projet qui les touche. Je ne les convaincs pas avec un chèque que je n’ai pas. Je mets deux ans à parler et à convaincre ces stars internationales. Je les implique de plus en plus dans le programme à tel enseigne qu’au départ, sur une base de négociation tout à fait classique, elles finissent par s’engager… Ce festival est un filtre. Ceux qui viennent ici s’engagent vraiment.

Propos recueillis par I.BA

L’association « Neegu Salum », sous la direction du Bour Saloum, Guédel Mbodj, organise les festivités du Forum culturel et économique de Kahone qui auront lieu le 02 et 03 mars dans la région de Kaolack.
Selon un communiqué qui annonce l’événement, un symposium sera organisé avec la participation d'éminentes universitaires et de communicateurs traditionnels sur le thème : « Histoire du Saloum ».  Cette manifestation est placée sous le haut patronage du Président de la République, Macky Sall.

« Cet événement culturel majeur inscrit dans l’agenda culturel du Sénégal verra la participation de toutes les provinces du Saloum. Aussi, celles du Baol, du Djoloff, du Cayor, du Walo et d’Oussouye prendront activement part aux différentes activités à côté de Kahone, la ville hôte,  avec une exposition de leurs potentialités agricoles, artisanales, touristiques et culturelles », informe le document. Au-delà de l’aspect culturel et économique, précise le communiqué, l’évènement se veut un endroit où se retrouveront tous les Saloum-Saloum pour retisser les solidarités internes qui existaient du temps de l’ancien royaume.Le programme détaillé prévoit, entre autres activités, lecture de Coran, cérémonie officielle, visite des sites, des stands et soirée culturelle avec les provinces.                                     

E. M. FAYE

Pour marquer ses deux années d’existence, MusikBi, premier site africain de téléchargement légal de musique en Afrique francophone, a réuni, le 27 février, des acteurs de l’industrie musicale au Sénégal  pour discuter sur les maux qui gangrènent le secteur. Au sortir de la rencontre, l’administrateur de MusikBi, Moustapha Diop, a demandé une réorganisation et une régulation du secteur.

Mardi 27 février, les acteurs de l’industrie musicale, le ministère de la Culture et la Société sénégalaise du droit d'auteur et des droits voisins (Sodav) se sont penchés, le temps d’un après-midi, sur les problématiques du secteur. Producteurs, promoteurs et distributeurs ont porté leur réflexion sur des questions  relatives  au piratage et les relations avec les  opérateurs téléphoniques qui  freinent  le développement  de l’industrie musicale. Organisé à l’occasion des deux ans d’existence de MusikBi, premier site africain de téléchargement légal de musique en Afrique francophone, l’atelier avait également pour objectif de recueillir des contributions afin de proposer des pistes de solutions. Selon l’administrateur de MusikBi, Moustapha Diop, les participants ont abordé trois points du secteur, à savoir la distribution, la production et la promotion.  Concernant la distribution, l’un des problèmes retenus est le partage des revenus entre les artistes et les plateformes numériques d’un côté et les opérateurs téléphoniques de l’autre. M. Diop a d’ailleurs estimé cette part des opérateurs anormale. « Imaginez qu’un  opérateur demande 70 %  de la  valeur  du Sms, c’est-à-dire du prix du  morceau, juste  pour transporter un Sms. cela ne sert pas le secteur. Nous demandons et nous attendons des autorités une action un peu plus forte pour que cela soit régulé et que nous ne soyons pas obligés d’aller directement vers les opérateurs pour négocier », a-t-il suggéré.

Pour la production, deux problèmes ont été soulevés par les acteurs. Celui de la formation des producteurs et la lutte contre le piratage. « Les gens ne vont pas investir de l’argent sachant qu’après ils seront incapables de vendre. Que cela soit au niveau digital comme au niveau des cd, il faut que les autorités encadrent ces ventes et interdisent les disques piratés », a argué l’administrateur de MusikBi.

Le troisième axe de réflexion a porté sur la promotion. A ce niveau, certains acteurs demandent un traitement équilibré des œuvres qui sortent des radios et des télévisions ; ce qui permettrait à l’investisseur de s’investir. « L’autre point touche la promotion des œuvres musicales avec l’avènement du digital. Ce serait intéressant que les gens aient une formation approfondie du marketing digital », a fait savoir Moustapha Diop.

Tirant le bilan de MusikBi, l’administrateur a relevé qu’après deux ans d’existence, ils avancent, mais pas avec  les objectifs qu’ils se sont fixés parce que le secteur est désorganisé. « L’axe le plus important aujourd’hui, c’est de travailler à la réorganisation du secteur et à sa régulation », a-t-il conclu.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 


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