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Arts et Culture (1850)

L’esplanade du Grand théâtre national a accueilli dans la nuit du vendredi dernier le concours Miss Dakar 2017. Un événement organisé par Miss Sénégal Nouvelle Vision et qui a vu la consécration de Marème Dabo comme la plus belle fille de Dakar. Le thème de cette année porte sur la protection des enfants et la lutte contre les inégalités sociales.

Les brillants jeux de lumières qui s’échappent des lasers tournoyants vont harmonieusement épouser les jolis lustres sur le plafond. Les éclats ajoutent du charme aux atours du public, majoritairement féminin, occupant déjà les sièges aménagés autour du podium en forme de la lettre T. Les jeunes femmes, dans leur ballet de tenues aguicheuses et épatantes, offrent parallèlement un autre podium de qualité. Derrière les rideaux, les organisateurs semblent plus pesés par le stress que les candidates. En attendant d’exposer leur intellect, les quinze aspirantes montent toutes sur scène pour une chorégraphie combinée telles des majorettes. Ce premier passage montre des filles juchées sur de hauts talons et moulées dans des jupes en tissu wax courtement taillées, rivalisant dans les jeux de reins et le « qui a le plus beau sourire ?». Certaines s’y prêtent avec enthousiasme, tandis que d’autres semblent porter le poids de la compétition. Dans l’assistance, un jeune homme dit son étonnement de ne pas voir autant de beauté qu’il ne l’espérait chez les filles. Tout de même, l’on n’en voit aucune qui se soit dépigmentée. Amy Badiane, présidente de Miss Sénégal nouvelle vision, confirme que c’est une exigence.

Après le premier passage, s’ensuit un autre où les Miss arborent chacune une tenue traditionnelle spécifique. C’est là une belle immersion dans notre culture vestimentaire avec des traversées dans le temps (l’ère des royaumes, avec notamment une tenue de Yacine Boubou reine du Walo) et dans l’espace (avec surtout les tenues casamançaises). Ce défilé gagne l’adhésion du public, et même celle des Miss Thiès et Kaolack, venues assister au sacre de leur concurrente de la capitale. Sur le podium, se sont aussi exprimé la nouvelle coqueluche de la musique, Sidy Diop, et le vieux crooner, Idrissa Diop. Des prestations qui ont détendu une atmosphère quelquefois timorée avec les défaillances dans l’organisation.

La troisième partie viendra ensuite avec les tenues de soirées.  Le jury, composé de représentants des partenaires de l’évènement, d’un mannequin international et de la Miss Sénégal 2010, choisira finalement Marème Dabo pour porter la couronne de Dakar. L’étudiante au complexe Saint-Michel, le teint caramel immaculé, le sourire angélique et le pas finement allumeur, représentera la capitale pour Miss Sénégal 2017. Un choix que les organisateurs n’ont pas eu vraiment besoin d’argumenter et qui n’a pas souffert de contestations du public.

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

Artiste, comédien, dramaturge, Mamadou El Hadj Bâ, décédé samedi avait un talent à revendre. A Guédiawaye où il vivait avec sa femme et ses enfants, beaucoup de jeunes artistes lui doivent leur intégration dans le milieu du théâtre. Son talent incontestable justifie l’aisance avec laquelle, il incarnait tous les rôles qu’il était amené à jouer. Le dernier en date est celui du ministre Maal dans la série  «Idoles ».

Avant d’embrasser le métier d’artiste, Mamadou El Hadj Bâ fascinait ses proches par son talent  de comédien en latence qui s’exprimait toujours au gré des circonstances.

Si bien que ses amis entrevoyaient en lui un artiste confirmé et lui conseillaient de ne jamais se tromper de choix professionnel en embrassant une carrière autre que la comédie. Lorsqu’il a commencé à taquiner le théâtre par le biais des spectacles de rue, le virus est vite monté et le voilà qui prend le chemin de Louga pour se perfectionner davantage. De retour à Dakar, son talent est vite repéré par une grosse pointure d’alors du théâtre en la personne de Cheikh Tidiane Diop, chef de fil de la troupe Daray Kocc qui l’intégra dans sa troupe où évoluaient déjà de grands artistes comme Moustapha Diop Ibou Laye, Masse et tant d’autres artistes de renom. Un séjour relativement long à « Daaray Kocc »  lui a permis de se forger davantage et d'être connu à l'intérieur comme à l'extérieur de nos frontières.

Il a à son actif un riche répertoire avec des films qui ont marqué leur époque comme Ndékétéyo, "Aay gaaf", "Mam boy" et encore la série "Idoles" qui passe dans le petit écran et où il incarne le rôle d'un ministre de la république. Le défunt était un polyglotte et c’est grâce à cette qualité qu’il a réussi à tourner plusieurs dizaines de films dont des films en langue pulaar, en français et en Oulof. El Hadj Bâ n'était pourtant pas un talent égoïste en ce sens qu'il a su former de jeunes artistes reconnus au  niveau national.

Le jeune artiste Abdou Lahat Ndiaye alias « Tane Bombé» en est une illustration parfaite. Metteur en scène de l'association des artistes et comédiens du théâtre Sénégalais (Arcots) section Guédiawaye, Cheikh Mbacké Niasse se souvient d'un artiste talentueux qui faisait rire tout le monde. "Il faisait fi de l'âge de son vis-à--vis en faisant la farce avec tout le monde" témoigne Cheikh Mbacké Niasse qui a côtoyé le défunt artiste pendant de longues années. "Un protagoniste m'a confié le jour de l'enterrement que El Hadj l'a appelé la nuit du vendredi pour lui faire comprendre que sa santé ne lui permet pas de se présenter le samedi pour les besoins du tournage et que par conséquent, il va falloir différer la séquence prévue ce samedi" a confié Cheikh Mbacké Niasse.

"Le bonhomme m'a expliqué que si El Hadj Bâ s'efforçait à venir le samedi, il allait rendre l'âme en cours de tournage. Toujours au chapitre des témoignages, l’artiste Bour Guéwél de la troupe « Deggo » de Pikine retient du défunt, un artiste de talent mais aussi très pieux. " On s’est retrouvé dans des festivals, mais, je remarquais qu’’à chaque heure de prière, il laisse tout pour aller prier et revenir " témoigne l’époux de Maman gentille. " El Hadj Ba était un vrai talibé Cheikh et était aussi d’une humilité exemplaire " ajoute-t-il. Aujourd'hui, il repose au cimetière de Petit Mbao. Que cette terre lui soit légère.

Abdou DIOP

En compétition avec treize autres longs métrages, lors de la 20ème édition du Festival du cinéma africain de Khouribga [Maroc], le film « Félicité » du réalisateur sénégalais Alain Gomis s’est « contenté » de trois distinctions : le Prix spécial du jury, le Prix du meilleur premier rôle féminin attribué à son actrice principale Véro Shanda Beya et le Prix « Don Quichotte » remis par les Ciné-clubs marocains.

Le film « Un jour pour les femmes » de la réalisatrice égyptienne Kamla Abu Zekri a remporté, samedi dernier, le Grand Prix « Ousmane Sembene » de la 20ème édition du Festival du cinéma africain de Khouribga, au Maroc. En compétition avec treize autres longs métrages, « Félicité » du réalisateur sénégalais Alain Gomis s’est « contenté » de trois distinctions : le Prix spécial du jury, le Prix du meilleur premier rôle féminin attribué à son actrice principale Véro Shanda Beya et le Prix « Don Quichotte » remis par les Ciné-clubs marocains. Tandis que les Prix de la Meilleure réalisation et du Meilleur scénario ont été décernés au film mozambicain « Le train de sucre et de sel » de Licinio Azevedo.

Oumar Sall, producteur du film « Félicité », représentant le réalisateur Alain Gomis, absent de Khouribga pour les besoins du Festival du film de Toronto, au Canada, a exprimé son « sentiment de satisfaction ». Les bras chargés des trois trophées, Oumar Sall, au micro de plusieurs journalistes, s’est dit fier d’être présent à Khouribga, « un festival qui honore de manière digne les films africains ». Selon le producteur, « Félicité, film le plus ouvert d’Alain Gomis, raconte l’Afrique réelle ». Il s’est également réjouit de la distinction encore décernée à l’héroïne du film, l’actrice congolaise, Véronique Shanda Beya, Prix du Meilleur premier rôle féminin de la 20ème Festival du cinéma africain de Khouribga.

Hommage à la culture rwandaise
Cette édition de la manifestation a voulu rendre hommage à la culture du Rwanda. Vendredi, la médiathèque de la ville de Khouribga a accueilli un spectacle alliant littérature, musique et cinéma, animé par des artistes et créateurs rwandais. La romancière Scholastique Mukasonga, lauréate de plusieurs Prix littéraires, était la tête de file de cette forte délégation culturelle rwandaise. La musique était également fortement représentée au cours de cet après-midi  d’hommages, avec une prestation du chanteur et instrumentiste rwandais Jules Sentore. L’artiste a fait découvrir la musique traditionnelle de son pays, en offrant un spectacle live. Puis des danseuses rwandaises ont entraîné dans leurs pas une bonne partie des cinéphiles et spectateurs présents. La projection du court métrage d’un jeune réalisateur rwandais a mis fin à la cérémonie d’hommage. Juste dehors de l’auditorium, dans le hall de la médiathèque de Khouribga, les festivaliers pouvaient aussi découvrir les œuvres de deux peintres rwandais présents à l’exposition internationale d’art africain organisée en marge du festival de cinéma.
 
Khouribga, une ville minière ancrée dans la culture
Située à quelque 125 kilomètres de Casablanca, la ville de Khouribga est une coquette cité ouvrière. Avec ses carrières de phosphates exploitées depuis 1920, la compagnie chérifienne Ocp qui s’occupe de l’extraction et du traitement, est depuis plusieurs années le principal sponsor du Festival du cinéma africain de Khouribga.

Dans toute cette région minière, mais aussi d’agriculture, de pêche, la Responsabilité sociale d’entreprise de Ocp est omniprésente dans les activités des populations. À travers son centre Khouribga Skills, une sorte d’incubateur, la compagnie minière Ocp appuie, forme et oriente les jeunes artistes locaux, créateurs, entrepreneurs débutant, les femmes, etc.
Outre l’appui au Festival de cinéma de Khouribga, Ocp appuie également plusieurs autres activités culturelles dans la région.
 
De notre envoyé spécial Omar DIOUF

 

« L’espoir d’une vie heureuse », de l’auteur Cheikhna Diop, est un roman qui raconte l’histoire d’une jeune sénégalaise à la vie sentimentale tumultueuse. Celle-là vivra cependant l’espoir d’une existence plus dorée avec le même sentiment qui l’avait perdue. La sortie de l’ouvrage est prévue le 20 septembre prochain, et la cérémonie de dédicace est pour le mois de novembre, à l’occasion de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (Fildak).

L’image d’illustration sur la couverture, sous les griffes d’Alain Kojele, renseigne déjà sur les caractéristiques de l’ouvrage. Une belle jeune femme noire avec des atours qui campe un décor africain, son regard quasiment vide projeté vers des horizons verts de ses lueurs d’espoir.

Le livre relate une histoire vraie rédigée avec une délicate dose de fiction. C’est le parcours d’une jeune Sénégalaise, Dior, qui marche sur des aspérités dans le chemin de sa vie sentimentale. Elle sort anéantie d’un premier mariage où elle espérait un amour idéal. Les masques d’homme idéal de son mari, Ibra, cachaient un toxicomane et un trafiquant de stupéfiants.

Des attributs qui lui vaudront même la prison. Acculée par les accès de colère et les escapades de son mari, le désespoir et les nombreuses promesses non tenues, Dior sera dépitée et pensera au suicide. Son  salut viendra du soutien infaillible de sa maman qui l’a toujours couvée en l’absence d’un père, haut responsable d’une institution occidentale. Et l’espoir d’une vie heureuse renaîtra également en elle après sa rencontre avec Aïdara, un jeune cadre, qui lui aussi a connu ses malheurs. Elle entrevoit ainsi l’espoir de panser par l’amour ses plaies causées jadis par l’échec d’un autre amour.

L’auteur du roman, Cheikhna Diop, est un enseignant titulaire d’une maîtrise en Lettres modernes à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Le natif de la région de Kaolack, qui en est à son premier livre, a servi dans le préscolaire, l’élémentaire et au ministère de la Famille. Il est actuellement enseignant de Lettres dans un établissement du moyen secondaire à Dakar.

Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

 

Les discothèques, un secteur qui perd son prestige à Saint-Louis. Menacées par la faillite, les boites de nuit jadis en vogue, « Chaumière » et « Laser », ont été fermées. Les autres qui résistent, surpassent de multiples obstacles pour fonctionner. Tenir un dancing dans la ville de Mame Coumba Bang devient ainsi un casse-tête pour certains investisseurs.

Assis sur un tabouret au balcon d’une terrasse, Adama Anne discute avec deux jeunes. Au menu du débat, la préparation d’une soirée dansante à la discothèque le « Mix Club ». Adama est le gérant du bar de la boîte et ses copains l’aident pour trouver des clients européens. En cette soirée, veille du « Magal des deux rakkas » de Saint-Louis, l’affluence est assez timide au « Mix Club ». Les Saint-Louisiens semblent plus préoccupés par les préparatifs de l’évènement religieux qu’autre chose.

Du côté de la « Npa » (Nulle part ailleurs), une autre discothèque sur la même rue, c’est le même décor. Ici, tout est prêt pour le démarrage. Deux jeunes hommes corpulents et bien musclés assurent la surveillance de la porte. Une belle demoiselle derrière le bar et le gérant debout à côté de celle-ci attendent d’éventuels clients. D’habitude, cette boîte démarre ses soirées à partir de 22h pour ne terminer que vers 5 heures. Mais aujourd’hui, il se fait tard et personne n’est encore sur le lieu hormis le personnel. On voit juste quelques jeunes filles déambuler aux alentours sans franchir la porte.

De retour au « Mix Club », on note toujours la même ambiance. Tout est sur place mais aucun client à part les deux jeunes. Le teint clair, la taille moyenne et le visage radieux, Adama profite de notre passage pour faire la promotion de sa boite. « Le "Mix Club" est une discothèque très convoitée par les Saint-Louisiens. On reçoit parfois des clients de Dakar et Louga qui viennent juste pour découvrir notre ambiance. On a aussi des salles Vip pour les clients un peu âgés qui ne veulent pas partager les soirées avec les jeunes », explique-t-il, l’air confiant. Il est aussitôt interrompu par une demoiselle vêtue d’une mini-jupe, une longue perruque de cheveux artificiels sur la tête, une sacoche à la main. « C’est notre nouvelle barmaid. Elle commence aujourd’hui », lance-t-il avant de la rejoindre à l’intérieur.

Vêtu d’un t-shirt vert et une culotte noire, de petits rastas sur la tête, Modou Bèye, l’un des rares clients, explique la raison de sa présence. Il est venu avec son ami pour se détendre. « Je viens souvent au "Mix Club" pour prendre un verre et papoter avec des amis. Parfois aussi, j’accompagne des touristes pour leur montrer les bons coins de la ville comme le "Mix Club". soutient-il. Le "Mix Club" est ouvert il y a deux ans et est très convoité par les jeunes Saint-Louisiens. Après la fermeture du "Laser", la Saint-Louisienne des jeux à racheter la discothèque pour la rebaptiser "Mix Club". Aujourd’hui, il est avec la « Npa » et l’"Iguane Café" les seules discothèques de la ville. Les autres étant fermées. Saint-Louis ne compte ainsi que trois discothèques. Ce fait s’explique par plusieurs facteurs. Selon certains gérants de boîte de nuit, il semble exister une pression religieuse menaçant la présence des discothèques. En effet, fréquenter ces lieux est vu d'un mauvais œil dans la ville. Certains hésitent pour s’y rendre et même ceux qui le font se cachent et attendent jusque tard la nuit pour y aller. Alors qu’à partir de certaines heures, la police effectue des rafles et embarque parfois des gens qui ont leurs cartes avec eux. Situation que les gérants de boite peinent à comprendre et dénoncent.

Le poids de la culture islamique
Selon Philippe D., propriétaire d’une grande discothèque à Saint-Louis, culturellement, la ville s’est beaucoup métamorphosée et y gérer une discothèque est devenue chose difficile bien que la clientèle existe. Pour lui, cela est surtout dû au fait que la ville à une culture islamique qui influe sur le comportement des habitants. « Il semble avoir une pression religieuse, les gens attendent jusqu’à tard la nuit ou que certains dorment pour sortir en cachette. En plus, à partir de 00h, la police fait le tour des boîtes de nuit pour rafler et parfois même elle prend des gens qui ont leur carte.

La ville se meurt ainsi petit à petit", explique-t-il le visage renfrogné. Il dénonce sévèrement cette situation qui, dit-il, le pousse à enfreindre la loi pour pouvoir exister.
« On viole le règlement pour pouvoir s’en sortir. On prolonge jusqu’à 5 heures comme le 15 août, qui est une date saillante, où nous accueillons beaucoup de clients. Le règlement prévoit la fermeture des discothèques à partir de 2 ou 3 heures. Mais, on nous oblige parfois de fermer à 00 heure. Pour se rattraper, on prolonge l’heure pendant les jours de fête, si on n’est pas inquiété bien sûr, explique-t-il en ajoutant que « les propriétaires de dancing à Saint-Louis survivent mais ne s’enrichissent pas ».

En plus de ces problèmes, il y a la loi sur l’importation de véhicules qui a impacté sur la fréquentation des discothèques à Saint-Louis. Avant cette loi,  beaucoup de personnes quittaient l’Europe pour venir par voie terrestre vendre des voitures d’occasion au Sénégal. Ces voyageurs faisaient de longues escales à Saint-Louis pour leurs business. Ils fréquentaient, durant leur séjour les discothèques et les restaurants-bars pour rencontrer leurs clients. A cette époque, il y avait beaucoup de boîtes et elles fonctionnaient tous les jours. Mais depuis l’adoption de la loi interdisant l’importation des voitures de plus de cinq ans, ces voyageurs sont devenus rares et le chiffre d’affaires des propriétaires de discothèque a drastiquement chuté. Conséquence beaucoup de discothèques sont tombées en faillite et fermées.

Des discothèques mythiques fermées !
« La chaumière », au quartier de Ndar-Toute, est l’une des plus vieilles discothèques de Saint-Louis. Aujourd’hui, le bâtiment abritant ce dancing qui a ouvert depuis l’époque coloniale est complètement pris d’assaut par les eaux. Menacée par l’érosion côtière, la légendaire « Chaumière night-club » perd sa clientèle. Elle a ainsi sombré dans la faillite et a fermé, il y a de 2 ans.
La façade de la boîte de nuit est devenue un grand-place pour les vieux qui s’y retrouvent pour discuter. Comme d’habitude, ce soir, ce sont six vieux hommes qui y débattent. Certains sont assis sur une natte étalée à même le sol, d’autres sur deux longs bancs posés face à face.

« Cette boîte de nuit et l’Hôtel de la Poste ont été ouverts depuis l’époque coloniale. Elle a beaucoup marqué notre jeunesse », se souvient l’un d’eux en pointant du doigt l’ancien siège de « la Chaumière night-club ». Celui-ci subit, à l’instant même, le débordement de violentes vagues de la mer qui ne cesse de s’agiter. « Vous voyez, avec cette menace de la mer, personne ne voulait fréquenter la boîte et rentrer avec des habits mouillés. C’est pourquoi, elle était obligée de fermer », ajoute-il. En plus de « la Chaumière », « le Laser » et la salle de spectacle du Quai des Arts du quartier Nord ont également été fermés...

Reportage de Abba BA (stagiaire)

 

« Edition imprimée et édition numérique : développement et enjeux ». C’est le thème du séminaire-atelier organisé par l’Association sénégalaise des éditeurs (Ase) du 6 au 8 septembre. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du programme de renforcement de capacités des éditeurs. A cette occasion, Hulo Guillabert, directrice de Diasporas noires éditions, a fait une communication axée sur les avantages de l’édition numérique pour l’Afrique et sur les contraintes inhérentes à un espace confronté à plusieurs défis.


« L’édition numérique est bien moins chère et est une bonne opportunité pour l’Afrique qui ne dispose pas de suffisamment de moyens pour prendre en charge les problèmes liés à la culture en général et de l’édition en particulier. Il est impérieux, aujourd’hui, que nous instaurions une souveraineté dans le domaine de l’édition. Celle-là numérique nous donne la possibilité d’arrêter de nous faire éditer en Occident. Nous n’avons pas le même récit historique ni les mêmes outils de stimulation de l’imaginaire collectif. Nous, nous exprimons une résilience et une souffrance qui doivent nous projeter vers des horizons nouveaux dans la foi en notre Afrique ».

Accès universel aux savoirs
« L’Afrique commence à prendre sa place dans cette nouvelle ère numérique et dans ce réseau mondial de distribution que représente internet ; une opportunité de stocker notre mémoire, de transmettre nos langues africaines, nos traditions à l’instar des autres continents et des autres cultures. Il ne faut pas avoir peur du virtuel qui est aussi vieux que le monde. Les personnages littéraires ont toujours été virtuels. Les nouvelles technologies ont accéléré le virtuel mais ne l’ont en aucun cas créé. La vraie nouveauté, c’est l’accès universel aux personnes, aux lieux, aux savoirs. La planète, l’humanité, la culture sont à la portée de chacun…

Internet peut être aussi dangereux sans filtrage. C’est un grand catalogue où l'on ne distingue plus l'erreur de la vérité. Il est dangereux pour un enfant de s'instruire et de se cultiver seul sur Internet. D’ailleurs, les adultes non plus ne doivent pas s'y aventurer sans un solide sens critique. Après tant d’années, nous comprenons son pouvoir.

L’innovation doit être une priorité en Afrique et le numérique nous offre une belle opportunité d’innover à moindre prix et d’avoir le monde entier comme marché de prospection.
De nombreux jeunes diplômés et professionnels, qui ne parviennent pas à intégrer le marché du travail, décident de se réinventer et se dirigent vers le secteur du numérique pour des raisons économiques (le coût de création d’une entreprise dans le secteur est faible) mais aussi par conformisme social. Il convient, aujourd’hui, de s’engouffrer dans cette brèche de manière réfléchie. »

Stocker notre mémoire
« Nous avons tous souvenance de cette fameuse phrase d’Amadou Hampâté Bâ : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Cette affirmation visait à souligner la domination de la culture de l’oralité sur celle de l’écrit. L’écrit, c’est une évidence, a le don de mieux conserver et de transmettre les connaissances.

L’Afrique, de par le passé, n’ignorait pas l’écriture. Cependant, c’est l’oralité qui était la forme principale de transmission du savoir et des connaissances. Ce qui explique que les vieilles personnes étaient les dépositaires du savoir et des connaissances accumulées par les sociétés africaines. Avec l’avènement du numérique, les sociétés africaines ont la possibilité de conserver et de transmettre les connaissances autrement que sur le mode de l’oralité. Notre puissance mémorielle, notre pouvoir d'archivage et d'immortalisation de notre culture existe désormais grâce à internet qui est aussi une forme de littérature orale, où beaucoup de choses s'envolent. Mais l'éditeur empêche les plus significatives et les plus belles d'entre elles de disparaître. Nos bibliothèques ne brûleront plus grâce au numérique. Je pense à toute notre culture initiatique aux fins fonds des forêts africaines, à la transmission de notre spiritualité authentique et profonde incluant des codes de civilisations anciennes. »

Renouveau de l’oralité ?
« je me permets de faire le parallèle entre l’écriture numérique et l’oralité qui, en Afrique, a occupé et continue d'occuper un rôle important. Il y a eu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies. La boucle est bouclée avec cette troisième révolution. On assiste à un retour dans une quasi oralité avec Internet. Les africains devraient être avantagés sur internet car étant de plain-pied dans l’oralité depuis toujours.

Dans le conflit entre livre imprimé et livre numérique, l'oralité peut être le troisième larron de la fable grâce aux technologies de diffusion du savoir les plus modernes nous dit Boubacar Boris Diop. Pour lui, la meilleure façon de réconcilier les positions, c'est le livre audio, donc l'oralité. Pour le continent africain, de formidables possibilités existent. Vous prenez l'exemple d'un village du sud du Sénégal où tout le monde comprend le Diola, aussi bien les enfants que les vieillards. N'importe quelle œuvre de fiction dans cette langue partagée peut être écoutée collectivement et il n'est pas, à mon avis, de meilleurs moyens de démocratiser les émotions littéraires.

C’est à l’image du cinéma qui peut aussi devenir un excellent moyen de communication populaire à but éducatif grâce notamment aux nouvelles technologies portables et numériques. »

Autonomie du livre papier
« Disons avec Umberto Eco et Jean-Claude Carrière ceci : « n’espérez pas vous débarrasser des livres papier ! » C’est exactement ce que je pense et le fait que je sois éditrice numérique ne me dévie pas de cette conviction. Alors si le livre papier est un objet, des pages à lire, un support et un texte. Que les pages soient en parchemin ou en papier de bois comme aujourd'hui, cela n'a pas trop d'importance. On peut donc considérer l’ebook comme un livre. Il est un livre. L'ebook, sur lequel le feuilletage est possible, cherche à imiter le livre. Toutefois, sur un point, au moins, il ne peut l'égaler : le livre papier est autonome alors que l'ebook est un outil dépendant notamment de l'électricité. Si on est dans une Île déserte, on aurait de quoi lire pendant trois décennies avec un livre papier. Si c’est un ebook, on en aurait profité pendant les trois heures d'autonomie de sa batterie ! Nous pouvons encore aujourd'hui lire des livres vieux de cinq cents ans. En revanche, nous n'avons encore aucune preuve scientifique que le livre électronique puisse durer autant.
 
La bonne nouvelle est que les informations stockées sur internet en général et les ebooks en particulier pourront peut-être battre ces records de longévité, pourvu que notre civilisation aille de l’avant encore dans l’innovation technologique...Je ne parle pas d’une civilisation moribonde ou tous les serveurs actuels à travers le monde seront détruits et, de tout manière, je ne crois pas à cette thèse. »
 
L’ebook, un outil pratique 
« L'ebook peut nous rendre bien des services. La pièce qui stockait les quarante volumes de l’encyclopédie peut être utilisée à d’autres fins désormais ! Même si ça ne fait pas l’affaire des frimeurs aux bibliothèques bien garnies ! En 2012, je croisais beaucoup d’étudiants dans le métro de Montréal, une main dans la poche et l’autre tenant juste une liseuse stockant une centaine de livres au moins. Qui peut se trimbaler avec ne serait-ce que 20 livres ? L’ebook est également un atout pour les chercheurs, les étudiants qui doivent établir une bibliographie pour leurs thèses et mémoires sans parler, pour être plus prosaïque, de nos enfants obligés de se coltiner des kilogrammes de manuels scolaires.

Cet outil permet aussi de voyager léger, de partir en vacances en prenant dans sa poche une belle sélection d’une dizaine de livres numériques sans que la douane ne vous prenne pour des trafiquants de livres.

Désormais, il existe des bibliothèques numériques mondiales accessibles via internet avec un simple abonnement pour les particuliers et pour toutes les universités. Les étudiants peuvent lire des pages de tel livre, aller dans la minute en sélectionner un autre, et se constituer en ligne leur propre bibliothèque virtuelle qu’ils peuvent consulter à nouveau à tout moment et redémarrer une lecture à la bonne page.

Diasporas Noires Editions dont je suis la directrice a un partenaire Cyberlibris qui est déjà présent dans beaucoup d’Universités africaines dont quasiment toutes celles du Sénégal. Et nous sommes payés si un de nos livres est consulté et au nombre de pages lues….

Ce qu'a révolutionné l'imprimerie, c'est la diffusion de l'écrit, mais internet diffuse beaucoup plus, encore plus vite, plus loin, et en temps réel. Selon une étude, le numérique a aussi changé notre façon de lire. Les séquences de lecture des jeunes sont plus courtes. Cela est souvent lié à leurs échanges écrits sur internet. Les choix de lecture se font en interaction avec les autres, de plus en plus par des recommandations des pairs.

Il faut le dire, les maisons d’édition numérique sont confrontées à certaines difficultés liées surtout au contexte et au réflexe de certaines populations qui préfèrent encore le livre papier. Les paiements par internet éveillent encore leur méfiance. Le manque de cartes ou moyens de paiement bancaire en Afrique est également un obstacle que nous devons contourner en explorant d’autres possibilités. »

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

 

La capitale sénégalaise, Dakar, va abriter, le 19 septembre prochain, l’édition 2017 de Intercomm. A l’initiative d’Internet society (Isoc) Sénégal, l’événement, qui va enregistrer la  participation de plus de 10 pays à travers le monde, célèbre cette année les 25 ans d’Internet au Sénégal.

« Médias, culture et société » est le thème de l’édition 2017 de Intercomm dont le programme a été décliné, hier, par les organisateurs au cours d’un point de presse. Prévu le 19 septembre prochain à Dakar, l’évènement va célébrer, cette année, les 25 ans d’Internet au Sénégal.  Intercomm est organisé chaque année par Internet society (Isoc) Sénégal. Selon Alex Corentin, membre fondateur de Isoc, plus de 10 pays à travers le monde sont attendus à cette manifestation. Le Sénégal, a avancé le comité d’organisation, est le seul pays en Afrique  francophone qui a été choisi pour participer  à « cette importante rencontre dont l’objectif est de donner la parole aux précurseurs de l’Internet dans le monde ». C’est donc, a expliqué M. Corentin, « une opportunité de mettre en évidence les acteurs  historiques de l’Internet au Sénégal, de les célébrer et de leur marquer la reconnaissance de la communauté vis-à-vis du travail qu’ils ont effectué souvent dans l’ombre ». Aussi, a-t-il ajouté, cet évènement prouve que l’Internet au Sénégal a un impact mondial puisqu’il est reconnu par la communauté internationale qui « nous invite à participer dans un concert de pays ».  Intercomm 2017 va regrouper les 20 chapitres les plus représentatifs dans le monde.

Chapitre Sénégal, qui a le privilège de représenter toute l’Afrique francophone, aura, comme l’a rappelé Alex Corentin, l’opportunité de montrer cette dynamique faisant la fierté de « notre » pays. Le vice-président de Isoc Sénégal, Ahmath Bamba Mbacké, a indiqué que cet événement est une « occasion pour nous de marquer le passage d’une nouvelle génération afin de magnifier le travail des pionniers de l’Internet au Sénégal ». Le thème de ce conclave, « Médias, culture et société », sera l’occasion d’aborder une thématique d’une brûlante actualité. Pour  Olivier Sagna, un des membres fondateurs de Isoc, il s’agit à travers ce thème d’interroger la place de l’Internet dans les médias sénégalais mais également son utilisation dans la société ainsi que son influence sur la culture de « nos » concitoyens. Ce faisant, il est prévu un live-panel le même jour, pour discuter de cette thématique.


Par Ibrahima BA

Dans le cadre du cycle de conférence des « Mardis du numérique », la Maison de la presse a abrité, avant-hier, une  matinée de discussion sur le thème : « Les médias dans la tourmente du numérique : régulation ou libre expansion ». Si l’avènement du numérique a occasionné la démocratisation de l’information, l’accès à une information fiable pose encore problème dans le secteur des  nouveaux médias qui sont obligés de concilier expansion et régulation.

La presse classique est-elle en train de céder face au développement exponentiel des nouveaux médias ? La réponse semble évidemment négative au vu des dérapages qui font légion sur les réseaux sociaux. Ces déviations résultent d’un manque de recoupement, d’absence de sources, de morale et de contexte dans l’information donnée… Face à cette situation, le professionnalisme des hommes de médias classiques suffit encore pour garantir longtemps à la profession du journalisme crédibilité et longévité.

Toutefois, dans un contexte d’explosion des Technologies de l’information et de la communication (Tic), a noté Ibrahima Nour Eddine Diagne, président de « African performance institute », l’accès à l’information est remis en cause par le numérique avec des contraintes liées, entre autres, à la rentabilité de l’information, la source, la morale, la réputation, l’éthique et la déontologie. Il s’agit, en effet, selon lui, de principes qui ne sont pas intégrés dans l’information fournis au niveau des réseaux sociaux. Faisant l’introduction de la thématique de la conférence d’ avant-hier des « Mardis du numérique », il a indiqué que les réseaux sociaux, contrairement au journalisme, n’ont pas de principe. On est en présence d’un système dans lequel n’importe qui publie n’importe quoi et n’importe comment. Ainsi, d’après Ibrahima Nour Eddine Diagne, il y a un véritable problème de recherche de vérité. « Les gens sont en face à des sources libres et à celles régulées », a-t-il fait observé. Comme dans chaque secteur, l’irruption du numérique dans le secteur des médias a complétement changé leur visage.

« On avait l’habitude de recevoir l’information par le biais de la radio, la presse écrite ou la télévision. Mais aujourd’hui, on reçoit l’information à travers des réseaux que nous ne maîtrisons pas. C’est pourquoi les repères sont maintenant brouillés. On ne se sait plus par quel pied danser », a souligné Abdoulaye Sakho, professeur agrégé en droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Selon lui, au Sénégal, les entreprises de presse n’ont pas su anticiper la révolution numérique. Elles l’ont plutôt « subi ». Cela, si l’on se base sur les nouveaux métiers que demandent cette révolution et la manière de traiter l’information. M. Sakho a attiré l’attention sur le déficit d’organisation et d’innovation.

Sensibiliser les citoyens
Si l’actualité révèle des dérapages au niveau des réseaux sociaux, le Sénégal dispose pourtant d’un arsenal juridique impactant les usages, les pratiques et les comportements sur Internet. A en croire Dr Mouhamadou Lô, expert en Droit numérique et conseiller juridique de l’Adie, dans notre pays, « il n’y a pas de vide juridique, tous les comportements sont impactés par les dispositifs juridiques ». De son point de vue, l’Etat doit se donner les moyens de pouvoir sensibiliser les citoyens car « le tout répressif ne peut pas régler le problème ». M. Lô a ainsi appelé à une autorégulation de la part des usagers.

« Ce qu’on ne peut pas faire dans la vie réelle, on ne doit pas le faire sur le numérique. Il faut qu’il y ait un changement de comportement avant même qu’on parle de loi. C’est un esprit de société… », a-t-il soutenu. L’expansion des nouveaux médias, qui participent à la vitalité de la démocratie, est aussi une menace à la liberté individuelle tant certains droits et principes sont violés dans l’espace virtuel.  
Mouhamadou Lô a insisté, dans ses recommandations, sur la nécessité d’adapter et de renouveler la législation, en faisant le link entre les normes et les comportements, mais également de responsabiliser les acteurs à travers la sensibilisation et la formation.

Ibrahima BA

 

« Kanka Musa », c’est le titre du nouvel album du rappeur Fla The Ripper, Amadou Mahoney Ferguson à l’état civil. Ce produit, riche en couleurs, en rythmes et dans lequel s’exprime un génie poétique et artistique, se veut le témoin d’une Afrique porteuse d’une mémoire enviable et consciente des enjeux de l’heure, soucieuse de son devenir. Il est à la fois un témoignage d’amour pour le continent africain et une invite à la construction d’un avenir moins embrumé que ce présent accablant.

Après l’album « Renaissance » qui avait renseigné sur son talent et son engagement pour les causes justes, l’artiste Fla (Forever Love Africa) The Ripper revient avec un nouveau projet musical, « Kanka Musa », du nom de l’illustre Mansa (roi) de l’Empire du Mali. Cet album n’est pas un récit légendaire et romanesque tendant uniquement à rehausser la fierté du peuple africain. Il va au-delà du fait historique. Il met, en effet, en lumière un usage nouveau de la mémoire africaine. Cette figure historique décline une vision du cheminement collectif ; celle-là que doivent développer les fils d’Afrique en reprenant l’initiative, en sortant des limites dans lesquelles ils s’enferment fatalement.
Fla The Ripper ne donne pas ici un cours d’histoire. Il dessine un futur en se référant à ce grand bâtisseur d’un autre temps dont l’œuvre utile est inspirante surtout pour cette Afrique apathique. En cela le concept de l’album est didactique. Car ce produit est, pour cet artiste épris de justice, « une occasion non seulement pour la jeunesse de se réapproprier son histoire, élément essentiel de la construction de la personnalité, mais aussi d’emprunter les sentiers du progrès, de saisir les enjeux du moment et de réfléchir sur le modèle du leader africain à travers les âges. Ce sera également une occasion pour la jeunesse et l’opinion en général de connaître les grands dirigeants de notre sous-région ».

Poésie
La construction du continent est au cœur du projet de cet ancien étudiant du département d’anglais de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar qui a également subi une formation en marketing et communication. Pour Fla The Ripper, les études sont un élément essentiel de son légitime combat. La musique en est le support. Et le hip hop qu’il a très tôt aimé se résume en deux mots « amour et passion » sans lesquels la flamme se meurt.
La sienne a été avivée par une famille de mélomanes. Entre des ascendants férus de gospel et des cousins passionnés de hip-hop américain, il ne pouvait échapper à son destin qu’il se fabrique au grand bonheur des fans et de ceux qui épousent ses convictions intimes. Il commence, comme beaucoup de jeunes de son âge à l’époque, par former un groupe de danse. Mais, son goût de la belle parole, de la « poésie urbaine » prend très vite le dessus. Le rap devient son exutoire parce que « ce style musical me correspond et me permet de dire ce que je pense de notre humanité en péril, de partager mes sentiments, mes doutes, mes espoirs, bref de m’exprimer grâce aux larges possibilités qu’offre l’inspiration », indique-t-il fier d’avoir lancé sa carrière professionnelle en 2009 avec son premier single « Renaissance » suivi d’une existence internationale grâce au magazine « International hip hop ». Il participe également à la compilation « New Era vol 1 » produite par 2H music, avec une partition de maître dans le morceau « I am good ». Son premier album, sorti en décembre 2012, confirme les promesses. Le public s’en délecte. Les prouesses accomplies se révèlent être les prémices d’une belle carrière.

Alassane Aliou MBAYE

 

La 29ème édition du « Praemium imperiale » 2017 du Japon va distinguer 5 artistes dans les domaines de la peinture, de la sculpture, de l’architecture, de la musique et du théâtre-cinéma. Si le musicien sénégalais Youssou Ndour a remporté ce prix dans la catégorie musique, un autre africain est distingué dans l’édition de cette année.

Il s’agit du Ghanéen El Anatsui qui va recevoir sa médaille  dans la catégorie sculpture. M. Anatsui qui est né en 1944 au Ghana fait des sculptures malléables à partir d’objets métalliques usagés tels que des capsules de bouteilles d’alcool. Ses sculptures lui ont même valu le prix de Lion d’or pour l’ensemble de son œuvre lors de la Biennale de Venise en 2015. Pendant la même année, El Anatsui a aussi exposé au musée d’art contemporain du XXIème siècle de Kanazawa au Japon. Il sera ainsi, le premier Ghanéen lauréat du « Praemium imperiale ».

Les autres lauréats du « Praemium imperiale » sont l’Iranienne Shirin Neshat dans le domaine de la peinture, l’Espagnol Rafael Moneo dans la catégorie architecture et l’Américain Mikhail Baryshnikov pour le théâtre-cinéma. En plus, le prix d’encouragements jeunes artistes a été décerné au Zoukak theatre company and cultural association du Liban.

Pour rappel, depuis 1989, de grands artistes ont reçu le « Praemium imperiale » du Japon. Parmi ces derniers, on peut citer Martin Scorsese ou Maurice Béjart dans la catégorie théâtre-cinéma ou Oscar Peterson et Ornette Coleman dans le domaine de la musique.

A. Ng. NDIAYE

Des archéologues ont découvert en Egypte la tombe d’un orfèvre dont le travail était consacré au dieu Amon ainsi que les momies d’une femme et de ses deux enfants, a annoncé samedi le ministère des Antiquités. Ces découvertes, datant de l’époque du Nouvel empire (16e au 11e siècles avant J.-C.), ont été faites dans la nécropole de Draa Aboul Naga, près de Louxor (sud), réputée pour ses tombes et temples anciens. La tombe de « l’orfèvre d’Amon, Amenemhat » renfermait une statue de lui assis sur une chaise à côté de sa femme portant une robe et une perruque, a indiqué le ministère dans un communiqué.Un portrait de leur fils a été peint entre les deux. Un passage funéraire dans la tombe conduit à une salle où les archéologues ont découvert plusieurs momies, des statues funéraires et des masques, selon la même source. Un autre couloir mène à une salle où l’équipe a trouvé les momies d’une femme et de ses deux enfants. Selon le ministère qui cite Chérine Ahmed Chawqi, une égyptologue spécialiste des os, la femme semble être décédée à l’âge de 50 ans et des tests montrent qu’elle souffrait d’ « une maladie bactérienne dans les os ». Les archéologues ont également découvert 150 petites statues funéraires taillées dans le bois, la terre et la roche calcaire.              

(AFP)

L’Amicale des femmes de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Afartp) dote le groupement des femmes de la Fédération des producteurs maraîchers de la zone des Niayes d’une salle multimédia. L’infrastructure loge à la Maison des femmes de Sangalkam où s’est tenue l’inauguration, hier, dans la matinée.

Lors de la cérémonie présidée par le directeur général de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp), Abdou Karim Sall, et qui a vu la présence du préfet, l’Amicale des femmes de l’Artp a inauguré la salle informatique ouverte au profit des productrices agricoles de la zone des Niayes. La salle, bien ventilée, dispose de dix ordinateurs, une imprimante, un télécopieur et un vidéoprojecteur. L’initiative exprime une solidarité numérique à même d’amener à l’autonomisation des femmes. La maîtrise des technologies de l’information et de la communication est, aujourd’hui, un gage pour le développement de toute activité, presque au même titre que les instruments techniques. Et a fortiori dans le domaine de l’agriculture qui constitue le fer de lance de l’économie locale.

A ce propos, le directeur général de l’Artp estime que « choix ne saurait être plus judicieux que de doter les femmes de ces outils informatiques », ce qui les rend autonomes, performantes et compétitives. Il observe que la réalisation vient à point nommé, à l’heure où il est maintenant plus question de souveraineté alimentaire que d’autosuffisance. Un argument appuyé par Fatou Diack, présidente de l’Amicale donatrice, qui voit à travers le geste un moyen d’« initier les femmes à la technologie pour mieux leur ouvrir des perspectives efficaces de développement ». Il y a également la délocalisation des activités qui permet de prendre en compte plus de dimensions.

A son tour, Oulimata Mbengue, présidente du groupement des femmes, salue la réception et loue son fort caractère social. Outre le fait d’appuyer la femme qui est le socle de la société, la salle d’informatique concourra même à l»éducation et l’éveil de leurs enfants qui entrent en contact avec ces outils numériques.

Erigée en mars 2007, l’Amicale des femmes de l’Artp a pour but de créer et maintenir des liens de fraternité et de solidarité entre les femmes de l’entité. Elle s’active également dans la promotion des compétences des femmes.
La donation de la salle multimédia au groupement des femmes de la Fédération des producteurs maraîchers de la zone des Niayes fait justement suite à un atelier d’initiation à Rufisque, en 2015.

Mamadou Oumar KAMARA
 (stagiaire)

Une quarantaine d’acteurs culturels de Saint-Louis sont en conclave depuis hier au Centre Espace-Jeunes de la ville, dans le cadre d’un atelier de renforcement de capacités axé sur la gestion des projets, la recherche de financement et l’élaboration de plans d’affaires ou business-plan dans les filières culturelles.

Le directeur du Centre culturel régional de Saint-Louis, Moustapha Ndiaye Och, a indiqué que ce séminaire de quatre jours est financé par la Municipalité grâce à une partie de ses fonds de dotation allouée au secteur de la culture. En présence de la première adjointe au maire, Mme Aïda Mbaye Dieng, du représentant du Conseil départemental, Mouhamadou Moustapha Fall, le directeur du Centre culturel régional a rendu un vibrant hommage au maire Mansour Faye et aux membres de son staff, pour l’intérêt particulier qu’ils accordent au secteur de la culture.

M. Ndiaye s’est surtout réjoui de la promptitude du premier magistrat de la ville, à mettre à la disposition du Centre culturel régional une partie importante des fonds de dotation (alloués à la mairie par l’Etat) pour lui permettre de mieux encadrer, assister et soutenir les acteurs culturels de la commune de Saint-Louis.

Moustapha Ndiaye Och a laissé entendre que ce geste de Mansour Faye lui a permis d’organiser cet atelier qui sera animé par Babacar Ndiaye, Ibrahima Dieng et Demba Ndiaye du Gipec (Cabinet d’expertise du Groupement d’ingénierie et de conseil pour entrepreneuriat culturel). Il a rappelé que cet atelier tenu au profit d’une quarantaine d’acteurs culturels vise à développer le secteur des industries culturelles afin de leur permettre de se positionner comme agents économiques porteurs de projets rentables.

Abondant dans le même sens, la première adjointe au maire, Mme Aïda Mbaye Dieng, a réitéré l’engagement indéfectible du maire Mansour Faye et du Conseil municipal, à poursuivre son étroite collaboration avec le Centre culturel régional, en vue de développer la culture à Saint-Louis. Après avoir rappelé que la culture est au début et à la fin de tout processus de développement, elle a vivement remercié l’Etat pour ces fonds de dotation à la décentralisation qu’il met, chaque année, à la disposition des collectivités locales.
Il convient de préciser que des artistes musiciens, des plasticiens, des danseurs chorégraphes, des comédiens et des responsables d’associations et autres organisateurs d’événements culturels prennent part à cet atelier de quatre jours.   

           
Mbagnick Kharachi DIAGNE

Le Collectif Vendredi Slam, ou encore V Slam, regroupe de jeunes amoureux de la poésie dépouillée et décontractée. Il présente des plateaux un vendredi sur deux dans le mois, pour l’expression d’une passion artistique où se mélangent délicatement le caractère irrévérencieux du dada, le charme du romantique et l’engagement du réaliste.

Le pas raffiné et la mise stylée, de belles jeunes femmes sortent de voitures ou des ruelles, accompagnées ou pas. Elles distribuent çà et là de petites bises et de lascifs câlins. Les bonhommes qui n’ont pas l’heur d’en recevoir se contentent d’œillades et de petits commentaires coquins. L’ambiance sur le parvis de l’Institut africain de management augure déjà une soirée qui ne décevra pas de ses belles promesses. La chaleur du dehors se transfère dans la salle où il n’y a presque plus de place assise et où la climatisation est peu efficace.

Sur la petite estrade du devant et sous les rejets de petits néons, Minus et Samantha tiennent la dragée. Tenant le rôle de Mc, les deux slameurs distribuent le témoin et, à intervalles, montrent eux aussi leur maestria. A tour de rôle, au rappel de leurs noms auparavant inscrits sur une liste tournante, les aèdes se succèdent sur la scène. Ils étalent un brio rythmique et linguistique, souvent voilé de beaucoup d’humour, devant un public de plus en plus nombreux, conquis et composé de plusieurs nationalités. La pédagogie y était aussi par l’exploration de l’histoire, des fondamentaux du panafricanisme et de certains pans anecdotiques de la colonisation. A l’exercice, Geleem Saar se distingue particulièrement. Le « Toubab », enseignant de la langue wolof et militant panafricaniste à ses autres heures, lance des boutades très ironiques à l’encontre de l’entreprise coloniale. L’actualité occupe aussi une large place dans les vers. De la bêtise humaine qui prévaut en Birmanie aux débats sur le FCfa et ses corolaires, tout est scruté dans la mesure et la délicatesse. A côté des subtils punchlines, l’amour a plus ou moins été le thème central.

L’inspiration Pamela…
La fête prendra une joyeuse tournure quand les notes de la guitare viennent accompagner les envolées lyriques de Mike. L’artiste chante le charme et la beauté d’une Pamela. Par des paroles aguichantes et imagées, tout de même plus cocasses que pervers, Mike tient en haleine l’assemblée qui adhère par le rire, l’ovation et les chœurs. Pamela s’impose comme le mot-clef de la soirée. La mystérieuse éprend les mâles qui la désirent, et cape les filles qui veulent se substituer à son personnage. Une atmosphère qui est loin de trahir le prétexte de ce rendez-vous bimensuel.

Selon Minus Niang, un des coordinateurs du Collectif vendredi slam, la rencontre est ouverte à qui souhaite venir déclamer sa poésie et partager sa passion avec « des frères et des sœurs ». Cela est tellement vrai qu’on n’identifie pas directement de boss dans ce projet né en 2009 de l’idée de Diofel, un slameur congolais. Pour les tâches, chacun fait ce qu’il y a lieu de faire. « Nous représentons une famille, un corpus où chacun constitue un membre », note Minus. Ainsi, on y ressent les absences mais on ne les sent pas. Cependant, V Slam n’est pas que familial. Le slameur apprend qu’il a noué beaucoup de partenariats à partir de rencontres pendant l’événement et y a côtoyé son patron cinq ans durant.

Le Collectif vivifie donc la trouvaille de Marc Smith, en 1989, qui voulait rendre les lectures de poèmes moins élitistes et moins ennuyeuses avec la création du slam. Un art qui ne prévoit que les règles nécessaires (la rime, par exemple) et laisse un large choix au poète, libre de divaguer dans ses saines folies et ses propres styles. Comme ils disent pour clore : Slam !

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

Sans l’eau, il n’y a pas de paix, de sécurité et il n’y aura pas d’émergence des peuples, a souligné le président Macky Sall dans l’ouvrage de Moumar Guèye, intitulé « L’eau source de paix et de sécurité » et présenté au public samedi dernier, à l’occasion d’une cérémonie de dédicaces qui s’est déroulée à Saint-Louis, en présence des Pr Banda Fall et Habib Kébé de l’Université Gaston Berger.

Devant un auditoire fort attentif et composé essentiellement de sommités du monde académique, d’hommes de lettres, de culture, d’étudiants et autres invités de marque, Moumar Gueye a précisé que cet ouvrage préfacé par le chef de l’Etat « est une noble initiative pour inviter l’humanité tout entière au respect et à l’utilisation rationnelle et durable de l’eau, sous toutes ses formes ».
En un mot, a poursuivi l’auteur, il s’agit d’un outil de promotion du comportement citoyen, pour le respect et la préservation des ressources en eau de la planète ».
En effet, cet ouvrage est bien documenté et la lecture en est rendue facile par des phrases claires qui coulent comme l’eau de source. Un livre qui contribuera certainement à mieux faire connaître, apprécier, respecter et protéger l’eau, ce trésor indispensable à tous les segments du monde vivant et qui doit être un trait d’union entre les peuples.

Selon le préfacier, « en Afrique, nous vivons un grand paradoxe : une Afrique lutte contre le manque d’eau et une autre contre son excès, et le réchauffement climatique est venu aggraver le problème ».
Or, l’eau, meilleur breuvage du monde, est la boisson la plus recommandée par les spécialistes en nutrition. Ce liquide précieux constitue près de 65% du corps de l’adulte et 75% de celui du nourrisson. L’eau est source de vie et de bien-être lorsque son usage fait appel à l’esprit de coopération et de partage. Mais sans la sagesse que requiert la concertation, elle peut être source de conflit, voire de guerre.
Pour le président Macky Sall, c’est conscient de ces enjeux que le Sénégal, dans le cadre de son mandat au Conseil de sécurité des Nations unies, a initié, pour la première fois de l’histoire, un débat sur « Eau, Paix et Sécurité », le 22 avril 2016.

De l’avis du préfacier, l’eau interpelle la conscience universelle, « nous sommes tous concernés, c’est dans ce sens que nous avons mis sur pied l’Omvs et l’Omvg, il reste que malgré l’existence de plusieurs cadres de concertation autour des bassins hydrauliques, certains aspects demeurent encore sans encadrement juridique formel, en atteste l’absence d’instruments de concertation pour 105 cours d’eau sur plus de 270 fleuves et lacs transfrontaliers à travers le monde ».

« L’arbre est la vie »
Selon le chef de l’Etat, l’ouvrage du colonel Moumar Guèye mérite d’être entre les mains des chercheurs, des enseignants, étudiants, élèves et autres apprenants, qui en tireront un grand profit, car son contenu contribue significativement à la promotion de l’éducation environnementale, pour la préservation des ressources en eau.

Ce livre, a-t-il souligné, sera sans doute « une précieuse contribution du Sénégal dans la mission du Groupe de haut niveau sur l’eau, dont j’ai l’honneur d’être membre ».
A en croire le préfacier, l’écrivain Moumar Guèye, ingénieur des Eaux et Forêts, spécialiste en Gestion des ressources naturelles et en Développement international, « peut parler, à plus d’un titre, de l’eau et il en parle brillamment ».
Le nombreux public venu répondre à l’invitation du colonel Moumar Guèye, a eu également l’occasion de découvrir un autre ouvrage de cet intellectuel de gros calibre intitulé « L’arbre est la vie » et préfacé par l’ancien directeur général de la Fao, Jacques Diouf.

Les Pr Banda Fall et Habib Kébé ont indiqué que ces deux ouvrages se recoupent, précisant, tour à tour, « que l’eau ne peut exister sans arbre et l’arbre ne peut exister sans l’eau, deux éléments de la vie qui jouent un rôle prépondérant dans l’équilibre de l’humanité ».
Ils ont enfin exhorté tous les usagers à utiliser rationnellement et à bon escient ce liquide précieux.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Le comité d’organisation du concours « Mister Model International » au Sénégal, en partenariat avec le ministère de la Culture, a élargi la liste des participants avec l’arrivée, pour l’édition 2017, des candidats des régions. Une présélection est prévue ce 12 septembre pour élire les représentants des 14 régions qui rejoindront ceux de Dakar pour la grande finale du 23 septembre à la Place du Souvenir. Celle-ci sera précédée d’une Foire des produits locaux.

En conférence de presse, hier, à la Place du Souvenir, le comité d’organisation  de « Mister Model International » Sénégal est revenu sur le programme de l’édition 2017. Le concours  national est  ouvert à tous les jeunes Sénégalais âgés entre 18 et 25 ans. Selon le président du comité d’organisation, Seydou Kane, les critères de sélection  exigent, en plus de la beauté physique, une bonne culture générale, la moralité et la capacité de défendre une cause humanitaire bien déterminée.

Birane Ndiaye, partenaire de l’évènement, a exhorté les candidats à privilégier l’activité physique intense pendant la préparation du concours. En effet, pour cette édition, les candidats défileront en « Nguemb » pour promouvoir la lutte locale.  Et selon, le technicien en fitness, pour  être élégant en cette tenue, il faut travailler la  musculation. « Il est donc impératif que les candidats travaillent  le physique puisqu’il fait partie des critères internationaux de sélection. Ainsi, pour donner une bonne image de son pays, il faut respecter ces critères », a-t-il ajouté.

Le comité d’organisation de l’événement collabore avec les femmes transformatrices de produits locaux. Fama Gaye Mbengue, présidente de l’Union des femmes de Yoff a insisté sur la nécessité de promouvoir et de revaloriser les produits  locaux. Elle souligne que leur principal problème est l’emballage et la distribution. « Il faut relever ces défis pour être compétitif sur le marché international », a-t-elle indiqué. Le gagnant représentera le Sénégal à la finale mondiale de Mister Model International, prévue à Miami aux Etats-Unis, en novembre prochain.  Il sera aussi un ambassadeur du consommer local.

Tous les participants aux concours recevront des primes et les gagnants seront récompensés. Le comité d’organisation compte également participer au prochain concours de Miss et Mister african international pour la promotion du panafricanisme.

Abba BA (stagiaire)

 

Les géants du luxe Kering et Lvmh, représentant des grands noms de la mode comme Gucci, Saint Laurent, Vuitton et Dior, ont adopté une charte commune pour interdire le recours à des mannequins trop maigres et âgés de moins de 16 ans. Rendue publique mercredi, à la veille de l’ouverture des défilés new-yorkais, cette charte « sur les relations de travail et le bien-être des mannequins » a été signée dans une démarche inédite après des polémiques, notamment sur les conditions d‘un casting lors de la Fashion week parisienne en février.

Elle prévoit une série d’engagements destinés à s’appliquer immédiatement dans le monde entier, lors des séances photos pour des campagnes publicitaires et les défilés de mode des marques appartenant à ces deux géants français (Gucci, Bottega Veneta, Saint Laurent, Balenciaga, Alexander McQueen, Christopher Kane, Stella McCartney pour Kering, et Dior, Vuitton, Givenchy, Céline, Kenzo, Fendi, Loewe, Berluti, Pucci, Marc Jacobs et Loro Piana pour Lvmh).
« Nous voulions aller vite et frapper fort, pour que les choses bougent vraiment, et essayer d’inciter au maximum les autres acteurs de la profession à nous suivre », a déclaré à l’Afp le Pdg de Kering, François-Henri Pinault. Antoine Arnault, membre du conseil d’administration de Lvmh et fils du Pdg Bernard Arnault, a salué une charte qui « change vraiment la donne ».
Ces engagements vont au-delà de dispositions légales sur l’emploi des mannequins entrées en vigueur en France en mai. La charte requiert ainsi la présentation d’un certificat médical datant de moins de six mois, tandis que la loi prévoit que ce certificat -prenant notamment en compte l’indice de masse corporelle (Imc) du mannequin-, peut remonter jusqu’à deux ans.

« Frapper fort »
Alors que la maigreur des mannequins fait régulièrement polémique, les marques s’engagent à bannir les tailles les plus petites, inférieures au 34 (taille française) pour les femmes et 44 pour les hommes.
« La disposition sur la taille, couplée au certificat médical de moins de six mois, est une mesure très forte qui va nous permettre d’avancer », s’est félicité M. Pinault.
« Beaucoup de gens ne connaissent même pas l’existence de la taille 32 », a reconnu Antoine Arnault. « Mais un certain nombre de créateurs faisaient faire leurs prototypes en 32. C’est maintenant terminé, les tailles seront désormais à partir du 34, ce qui est déjà assez petit », a-t-il dit à l’Afp.
Les maisons s’interdisent également d’embaucher des mannequins de moins de 16 ans pour des vêtements destinés à des adultes.
« Il y a eu des abus », a estimé Antoine Arnault. « Une jeune fille de 15 ans n’a pas le bagage nécessaire pour affronter le monde difficile de la mode et du mannequinat », a ajouté le responsable, marié au mannequin Natalia Vodianova.
Le jeune âge des mannequins est souvent critiqué: des adolescentes de 14 et 15 ans ont foulé dans le passé les podiums de marques prestigieuses.
La charte encadre les conditions de travail des mannequins, plus particulièrement celles des plus jeunes (16 à 18 ans), et les « situations de nudité ou semi-nudité ». Elle prévoit aussi qu’ils aient « accès à une nourriture et à des boissons adaptées à leurs besoins alimentaires ».

« Des abus »
La Fashion week parisienne avait été marquée en février par une polémique déclenchée par le directeur de casting américain James Scully. Il avait notamment mis en cause les conditions d’un casting réalisé pour Balenciaga par deux de ses concurrents, les accusant de traitement « sadique et cruel » à l’encontre de jeunes filles forcées d’attendre des heures dans un escalier.
La mise en oeuvre de ces règles sera supervisée par un comité de suivi instauré par les deux groupes.
« Les Pdg des marques de mon groupe vont veiller à ce que les mesures soient appliquées partout. Une marque qui ne conformerait pas à la charte devrait me rendre des comptes », a averti François-Henri Pinault, qui souhaite également dans l’avenir « avancer vite » sur la question de la diversité des mannequins.
(AFP)

Dj Arafat, la grande star de la musique ivoirienne, s’annonce comme le grand favori de la 2e édition des « Awards du coupé-décalé », le 1er octobre prochain.

Quelque 110 nominés dans 21 catégories sont en course pour les récompenses de ce genre musical, ont annoncé les organisateurs lors d’une conférence de presse dimanche soir. Mais les noms des nominés n’ont été révélés que lundi sur Internet.
De nombreux concerts gratuits devraient rassembler des dizaines de milliers de spectateurs tout le week-end autour de la cérémonie.
Le coupé-décalé, musique au rythme endiablé utilisant souvent des sons électroniques, est né en 2003 dans les boîtes de nuit d’Abidjan puis s’est disséminé dans toute l’Afrique. Il commence à conquérir l’Europe et les Etats-Unis, notamment grâce aux sportifs qui ont popularisé certains pas de danse.

Une des légendes autour du genre veut que l’expression provienne des arnaques ivoiriennes : « On coupe (on arnaque), on décale (on s’enfuit ou disparaît) », explique le journaliste Usher Aliman, auteur de « Douk Saga, l’histoire interdite du coupé-décalé ». D’autres affirment que le nom est inspiré d’une danse traditionnelle ivoirienne.

L’année dernière, les awards, qui avaient rendu un hommage à Douk Saga, un des pionniers du genre décédé en 2006, avaient réuni 30 millions de votants sur Internet ou par Sms, selon les organisateurs.
Cette année, Dj Arafat sera à nouveau le favori dans la catégorie «artiste de l’année» face à l’autre poids lourd, Serge Beynaud, mais aussi Kerozen, Mix Premier, Kedjavara, Ariel Sheney et Debordo Leekunfa, tous des stars en Afrique de l’Ouest.
Les tubes « Mal à la tête » (Mix Premier), « Agbangnan » (Dj Arafat), Peté Peté (Ariel Sheney), Karidjatou (Serge Beynaud) et Le Temps (Kerozen) sont en lice pour la meilleure chanson de l’année.

(AFP)

La médiathèque de l’Institut culturel Aula Cervantès de Dakar a accueilli, mardi dernier, la projection du film « Lombraz Kann ». Ce long-métrage met en scène la brusque métamorphose du quotidien et la désillusion d’ouvriers et villageois mauriciens qui assistent au pillage de leurs terres.

Outre les scènes du drame de 01 heure 28 minutes, le vidéoprojecteur affichait sur le mur des séquences empreintes d’émotions et convoquant un fort humanisme. Marco, Bissoon et leurs amis et collègues se voient impuissamment confisquer leurs terres natales et de labeur. Une spoliation perpétrée par une firme qui veut transformer les vastes plantations de cannes à sucre et le village en un terrain de golf et un chantier immobilier de luxe. Une situation rocambolesque qui tourmente au plus haut point les paysans qui cherchent douloureusement à se reprendre.

Bissoon noie son spleen dans l’alcool, Marco nourrit le rêve de la périlleuse émigration, l’un d’eux commet de petits larcins pour vivoter, un autre cumule les échecs dans la vente d’articles locaux aux touristes. Un groupe de dépités qui vivent les effets dévastateurs de la mondialisation « à l’ombre de la canne » (traduction du titre du film), dans les Îles Maurice. Un film fidèle en son genre, avec des acteurs chinois, mauriciens, français et indiens, qui reste captivant quoiqu’il soit diffusé en créole et sous-titré en espagnol.

Le long-métrage est diffusé dans le cadre du partenariat entre l’Agence espagnole de coopération et le Festival de cinéma africain de Tarifa duquel il est choisi les meilleurs films pour des projections hebdomadaires à l’Institut Aula Cervantès.

« Le mal n’est pas qu’africain »
Alessandra Gil, manager culturel à l’Ambassade d’Espagne à Dakar, justifie le choix de « Lombraz Kann » par sa thématique transversale. Elle signifie que le pillage des ressources et la spoliation, avec la constante invasion des multinationales, causent aujourd’hui des problèmes partout dans le monde. Justement, cet angle rejoint la politique culturelle de l’Ambassade, que l’entité applique via l’Institut Aula Cervantès.

L’institut met le focus sur les réalités conjoncturelles des Africains en le portant en relief avec celles de l’Espagne dont il cherche à vulgariser la culture.

« Nous essayons au mieux de forcer les liens entre notre pays, l’Espagne, et le Sénégal », explique Alessandra Gil. L’attachée culturelle note aussi que le Centre participe à la promotion des acteurs culturels locaux.

En ce sens, il y a eu l’organisation de concerts mensuels où étaient présentés des talents sénégalais et des ateliers de photographie au profit de jeunes Sénégalais.

L’Institut Aula Cervantès est un peu à l’image de l’Institut français, à la différence que toutes les activités du Centre culturel espagnol sont gratuites et à but non lucratif. Il fait également partie intégrante de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Alessandra Gil précise qu’ils n’ont pas non plus autant de pouvoir et de moyens que l’Institut français pour tenir certaines manifestations d’envergure.
Néanmoins, ils essayent par leurs activités de toucher le maximum de personnes, notamment les étudiants. Toutefois, le public tarde toujours à répondre présent, et c’est là aussi une des raisons de la gratuité des activités.

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

 Face à la révolution numérique, la Rts doit forcément réfléchir sur les contenus et sur la manière de les formuler et de les diffuser. C’est la conviction d’El Hadji Kassé, ministre conseiller en communication du chef de l’Etat qui présidait, hier, la cérémonie d’ouverture du séminaire consacré aux programmes radio et télévisions de la Rts.

El Hadji Kassé a, au cours de cette rencontre, rappelé l’intérêt accordé par le président de la République, Macky Sall, au service public d’information. Pour le chef de l’État, a-t-il dit, l’enjeu principal du service public d’information tout comme pour les médias, c’est d’apporter de l’information utile et vraie aux populations.
« Aujourd’hui, la Rts est à la croisée des chemins comme tous les services publics d’information. On s’adapte ou on disparaît parce que la raison d’être d’un média, c’est le public. Il faut partir du public vers le média. Il faut également d’adapter aux nouvelles technologies », a relevé M. Kassé.

Des mutations sont nécessaires, selon lui, et, à son avis, la Rts devra forcément réfléchir sur les contenus et également sur la manière de les formuler et de les diffuser. « La Rts doit s’adapter à la question du temps qui est fondamentale et aussi par rapport au format. La question de la production, de la diffusion, de l’évaluation de l’information doit être au cœur de ses stratégies pour se rapprocher davantage des populations et être une chaine pôle d’expérience, pôle de compétence et d’excellence », a indiqué M. Kassé.

S. O. FALL

Le 20éme édition du Festival du cinéma africain de Khouribga (Maroc), qui se déroule du 9 au 16 septembre, rend hommage au cinéma rwandais. En marge du Festival, il est prévu une série de manifestations culturelles dont une exposition internationale, des résidences artistiques, entre autres.

Le Festival du cinéma africain de Khouribga (Maroc) revient pour sa 20ème édition, du 9 au 16 septembre 2017, avec une programmation riche et diversifiée représentée à travers les cinéastes africains et leurs nouvelles productions. La question de l’identité dans le cinéma africain constitue le thème de la principale conférence de cette 20ème édition du Festival. Au programme, un communiqué de presse annonce la projection de quatorze films africains représentant douze pays.

Des productions qui seront en lice pour décrocher le « Prix Ousmane Sembène » et ceux des meilleures interprétations, masculine et féminine. Le jury de cette 20ème édition est présidé par le poète et écrivain marocain Abdellatif Lâabi et sera composé de membres africains expérimentés dans différentes disciplines du monde culturel et cinématographique, tels que l’actrice sénégalaise Rokhaya Niang, l’artiste plasticienne Zoulikha Bouabdellah (Algérie), l’actrice Sonia Oukacha, l’auteur et musicien Ray Lema et le producteur et réalisateur Pedro Pimenta et Nico Simon, président d’Europa Cinemas au Luxembourg.

Selon le document de presse, cette année, le festival, initié par la Fondation du Festival du cinéma africain et sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, fête son 40ème anniversaire et rend hommage au cinéma rwandais afin de « consolider les liens de coopération entre les industriels des cinémas marocain et rwandais et d’ouvrir des opportunités et perspectives d’échange entre les cinéastes rwandais et leurs confrères marocains ».
A l’instar des éditions précédentes, la Fondation Ocp, sponsor leader du festival, prévoit d’organiser, en marge de cette 20ème édition, des événements et des activités pour la promotion des cultures africaines. Ce sera à travers un « programme Culture et Patrimoine ».

Selon le communiqué, deux évènements majeurs seront organisés à Khouribga, dont le vernissage de l’exposition internationale d’Art contemporain d’Afrique, prévu ce dimanche 10 septembre à 16h à la Médiathèque de Khouribga, avec une collection constituée de 40 tableaux de peinture de différents formats et de sculptures et installations de 27 artistes originaires de 11 pays africains.
Il est également prévu un hommage à la culture rwandaise lors d’une rencontre littéraire avec une romancière rwandaise de renom, Scholastique Mukasonga, le vendredi 15 septembre à la Médiathèque de Khouribga.
 

Omar DIOUF

 

Avec le pluralisme médiatique qui s’est imposé de façon irréversible, la Rts veut changer de fusil d’épaule pour garder sa position de leader dans le paysage audiovisuel et médiatique du Sénégal et de la sous-région. Consciente que la bataille va se jouer sur les contenus, l’Amicale des cadres de la Rts (Acarts) qui mise sur une stratégie gagnante a engagé, hier, à Saly, la réflexion pour accompagner les stratégies de développement de la direction générale.

Gagner la bataille des contenus au niveau des télévisions et des radios. C’est le défi que s’est lancé la Rts. L’amicale des cadres a pris à bras le corps ce projet pour produire une réflexion prospective au cours d’un séminaire de trois jours qui a démarré ce vendredi en vue d’accompagner toutes les stratégies de développement de la direction générale. Cette rencontre s’est tenue en présence d’El Hadji Kassé, ministre conseiller en communication du président de la République, d’Alioune Dramé, directeur de la Communication, des représentants du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), de la Société de gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav), entre autres. L’Acarts a associé à cette réflexion des anciens de la maison comme Mamadou Baal, Ibrahima Souleymane Ndiaye, Martin Faye, Mansour Faye et autres.

Aujourd’hui, a fait savoir son président, les télévisions se valent au niveau de la couverture. Pour Guillé Niang Touré, l’environnement actuel est assujetti à la bataille des contenus. « Nous sommes à l’ère du numérique et aujourd’hui, la bataille ce sont les contenus. Nous devons faire en sorte que la télévision publique qu’est la Rts propose des contenus de qualité avec des rendez-vous et formats corrects en phase avec l’ère des nouvelles technologies. C’est notre objectif, une ferme volonté de la direction générale de faire en sorte que les contenus soient améliorés et soient aux normes des nouvelles technologies de l’information et de la communication », a indiqué le président de l’Acarts.

Contrats de performances
A en croire Guillé Niang Touré, les consultants tout comme les anciens de la Rts vont apporter leur expertise et leur expérience pour avoir une grille cadre, une charte qui permettra à la Rts d’améliorer son programme. Il s’agira également, selon lui, « de faire en sorte que les acquis soient consolidés et que la Rts garde sa position de leader dans le paysage audiovisuel et médiatique du Sénégal et de la sous-région ».
Le directeur général de la Rts, Racine Talla, a salué l’initiative novatrice de l’Acarts. « Ce sont des cadres soucieux de la viabilité de leur entreprise, soucieux des performances de leur entreprise et cette réflexion va déboucher sur de bons résultats, et les fruits de ces réflexions vont encore servir des années », a dit M. Talla. Selon lui, la Rts, en tant que société publique nationale, va vers une nouvelle formalisation de ses relations avec l’État avec l’entrée dans la programmation des Contrats de performances (Cdp).

« Il y a des sociétés qui se sont jetées à l’eau. Aujourd’hui, c’est notre tour et nous sommes en train d’y travailler », a indiqué Racine Tall. Le Cdp, a-t-il relevé, nécessite des performances mesurées et acceptées et conduire le programme, être évalué et le refinancement, est assujetti à l’atteinte des objectifs. « On est à l’ère de la gestion axée sur les résultats et le Cdp doit s’adosser à un plan stratégique accepté et validé par les travailleurs, mais soumis à l’État qui est un contractant, le délégataire », a-t-il soutenu.

Pour M. Talla, le cœur de métier de la Rts, c’est la radio et la télévision et, à son avis, toutes les ressources doivent être orientées vers la production de contenus, mais aussi l’épanouissement des travailleurs.

Le consultant expert en programme, Pascal Joseph, a pour sa part indiqué que pour améliorer une offre, il faut réfléchir à l’organisation d’entreprise en même temps qu’on réfléchit à l’offre elle-même, au programme, à la formation.

De même, a-t-il souligné, l’entreprise doit être organisée de telle sorte qu’elle optimise et utilise pleinement les moyens dont elle dispose. « En fonction d’objectif qui doit être très précis, on ne doit pas changer de cap trop souvent. Il faut travailler dans la continuité, savoir fidéliser le public sur cette offre », a indiqué M. Joseph. Selon lui, la Rts a la chance d’avoir plusieurs antennes et devrait, à son avis, rechercher nécessairement la complémentarité entre ces antennes et additionner les publics au même moment sur des émissions différentes, mais aussi pour des publics complémentaires.

Samba Oumar FALL

 

Un débat organisé par l’Ong MakeSense et l’Institut africain de management (Iam) a porté, mardi dernier, sur le thème : « Réactualisation et valorisation de notre patrimoine gastronomique pour un développement durable et une souveraineté alimentaire ».

« Sensecampus », un incubateur d’entreprenariat social conjointement mis en place par l’Ong MakeSense et l’Institut africain de management (Iam), a organisé avant-hier, un événement autour de la gastronomie comme moyen de développement du Sénégal. Selon Cheikh Thiam, membre de « Slow food », (mouvement international créé en 1989 en contestation au mouvement « Fast food », McDonald et l’uniformisation de la culture des goûts), la pertinence de cette rencontre se justifie dans le rassemblement des acteurs qui travaillent dans l’alimentation saine et juste et équilibré.

D’après lui, il y a de très bonnes initiatives au niveau local. M. Thiam est d’avis que s’il y a une synergie d’actions, « nous pouvons bien avancer dans le domaine alimentaire ». Il plaide pour une réactualisation de notre patrimoine gastronomique comme le fonio, le « dimb » ou poirier du Cayor, le « new » (pommier du Cayor), le couscous et les autres céréales dont la valeur nutritionnelle n’est plus à démontrer.
A l’en croire, il y va de notre souveraineté alimentaire pour un développement dudit secteur au Sénégal et en Afrique de l’Ouest.
 « Dès qu’on parle de la gastronomie, on pense à l’Europe ou à une élite ; alors qu’elle est toute la science liée à l’alimentation », a expliqué Cheikh Thiam. Formel, il soutient que « L’Afrique a sa propre gastronomie ; mais maintenant, il s’agit d’aller la chercher, parce que nous l’avons perdu. Il faut se l’approprier ».

Ce spécialiste des goûts précise : « Le riz au poisson n’est pas une gastronomie sénégalaise, mais plutôt un plat colonial. Ce sont les colons, s’installant à Saint-Louis qui ont voulu reprendre la paëlla au Sénégal ; c’est comme ça que le riz au poisson est né. Il n’a pas plus de 70 ans au Sénégal ». Interpellé sur le fait que beaucoup de Sénégalais mangent mal, Cheikh Thiam ajoute que d’une part, on n’a pas le choix, faute de moyens. Mais d’autre part, cette mauvaise alimentation est liée à la forte dose de bouillons que nous mettons dans nos plats.
De son côté, Pape Bâ, chargé du développement de MakeSense a expliqué que cette initiative est à accompagner. « C’est atelier créatif permet de réfléchir sur les défis et de trouver des solutions au secteur alimentaire », a-t-il déclaré. 

Au programme, un mini marché de la Terre comptant des acteurs locaux et des produits « Good Clean & Fair » et une projection présentant le mouvement Slowfood » ont été au menu de cette rencontre tenu dans les locaux de l’Iam. Le musicien Sahat Sarr a animé un concert, profitant de l’occasion, pour présenter son album « Jiw » sorti il y a quelques mois.

Serigne Mansour Sy CISSE

Saint-Louis : La statue en bronze du Gouverneur colonial, Louis Léon Faidherbe, qui s’est effondrée avant-hier, à la suite des fortes pluies accompagnées de vents violents, a été transférée hier, à l’immeuble Rogniat-Sud à Saint-Louis, en attendant sa réhabilitation.

L’opération a été effectuée par un engin de l’entreprise Eiffage, sous la supervision du directeur du Patrimoine culturel, Abdoul Aziz Guissé, en présence du directeur du Centre culturel régional de Saint-Louis, Moustapha Ndiaye dit Och et des forces de l’ordre. A cette occasion, M. Guissé s’est adressé à la presse pour rappeler que la ville de Saint-Louis a une belle histoire, qui lui a valu le privilège d’être classée patrimoine mondial par l’Unesco.
Parlant des monuments historiques et des sites touristiques dont cette ancienne capitale de l’Afrique occidentale française (Aof) dispose, M. Guissé a cité les bâtiments de l’île, la Gouvernance, le pont Faidherbe, etc., qui présentent un aspect architectural atypique et qui continuent, chaque année, d’attirer des milliers de touristes.

Il a, à ce propos, insisté sur la nécessité de préserver notre mémoire historique au profit des générations futures, « c’est un défi qui n’a rien à voir avec la défense d’un quelconque passé colonial du pays ». Il a laissé entendre que les services techniques de l’administration déconcentrée, en étroite collaboration avec le ministère de la Culture et du Patrimoine historique classé, vont réfléchir sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour réhabiliter et remettre à sa place cette statue du Gouverneur colonial Faidherbe, « qui appartient à l’histoire du Sénégal ». Il a tenu à préciser que des experts ont déjà constaté les raisons de cet effondrement, avant de s’enquérir de l’état de dégradation des pattes en fer complètement burinées et rouillées par les intempéries.

Selon Abdoul Aziz Guissé, non seulement le bois de cette œuvre d’art, au fil du temps, a été endommagé, mais le socle n’arrivait plus à supporter le poids de cette statue symbolique et emblématique.
M. Guissé n’a pas manqué de souligner que cette mission du Patrimoine culturel a été effectuée à la demande du maire de Saint-Louis, Amadou Mansour Faye, qui tient à ce que cette statue soit remise à sa place dans les plus brefs délais.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Depuis hier, 20 jeunes venus des départements de Tivaouane, Mbour et Thiès sont en formation dans les métiers du cinéma et de l’audiovisuel au Centre culturel régional de Thiès. Ainsi, durant trois semaines, ils vont acquérir des connaissances théoriques et pratiques dans les filières de la réalisation, du cadrage, de la prise de son, du montage, du script et de l’écriture de scénario.

L’opportunité est offerte par Colombe Vision, une structure coordonnée à Thiès par le doyen Maguatte Thiam, bien connu dans le milieu artistique, en relation avec le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica). Ce projet axé, selon lui, sur la formation des ressources humaines de la région de Thiès dans le domaine du cinéma et de l’audiovisuel n’est pas fortuit. « Je pouvais bien monter un projet dans le domaine de la production ou de la distribution mais, en tant que doyen, je me suis rendu compte que la formation de nos jeunes à l’échelle locale doit être la première bataille à gagner si nous  voulons que les autres régions, outre la capitale, puisse apporter de la plus-value  dans le cinéma sénégalais », a-t-il indiqué.
Pour Maguatte Thiam, « avoir l’ambition dont on n’a pas le talent est un crime ». Car, pour ce septuagénaire qui a eu à se forger au fil des années dans un domaine où il a toujours travaillé avec passion, dans le théâtre tout comme le cinéma, il faut penser avec le monde et agir avec son milieu. « Donc, l’acquisition des connaissances universelles en la matière est un devoir pour tout acteur culturel qui a compris que son rôle est de véhiculer sa culture dans le concert des nations ; alors, mettez-vous à la page pour pouvoir intervenir en tant qu’Africain et en tant que Sénégalais », a-t-il lancé aux participants.

Appui du Fopica
 Selon lui, ce choix de miser sur des jeunes afin de gagner le pari du développement endogène à partir de l’industrie cinématographique constitue sa vision prospective. «  Ce n’est pas clef en main que l’Afrique va tirer son épingle du jeu dans le rendez-vous du donner et du recevoir, mais plutôt clef en tête de ses acteurs culturels », a-t-il martelé ; pour insister sur la nécessité de chercher à avoir les compétences mondiales requises dans le cinéma et l’audiovisuel tout en restant ancré dans nos valeurs négro-africaines.

Sur la même lancée, Abdou Aziz Cissé, formateur dans ce séminaire et animateur à la Direction de la cinématographie a, au nom du directeur empêché, encouragé vivement l’initiative du doyen Maguatte Thiam à travers ce projet, sélectionné et financé par le Fopica. « Pour relancer l’industrie cinématographique sénégalais, les régions doivent être au cœur du dispositif », a-t-il souligné.
Dans cette quête d’une plateforme d’acteurs culturels bien formés, encadrés et accompagnés dans toute la chaîne de production cinématographique, Abdou Aziz Cissé déclare qu’après Thiès, d’autres régions vont suivre pour que toute la diversité culturelle du Sénégal puisse être davantage valorisée par le cinéma sénégalais.  Anne Marie Faye, directrice du Centre culturel régional de Thiès et Horace Dacosta, responsable des Clac, ont rehaussé de leur présence la cérémonie de lancement de la session de formations aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel.             

Mbaye BA

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