banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Arts et Culture (1059)

Le groupe de rap « Yappi Diapp » de Bignona sort son premier maxi, le 26 décembre prochain. Titré « Sintituel vze-ma fih », expression balante signifiant « c’est la vérité », le maxi est composé de 10 titres traitant, pour l’essentiel, des différentes facettes de la culture  de cette région Sud du pays. 

Les membres du groupe de rap « Yappi Diapp » de Bignona vont désormais confirmer leur nouveau statut de jeunes talents. Composé de trois artistes rappeurs, Real Fat, Syga et Butz, tous universitaires, arrivent sur le marché avec un maxi de 10 titres titré « Sintituel vze-ma fih » (c’est la vérité en langue balante).
Les morceaux qui composent cette production traitent de plusieurs thèmes dont la paix à travers « Jamm Casamance ». Le trio de rappeurs a tenu à faire connaître la  richesse de leur culture dans le morceau « Xam niou ». Hommage a été également rendu à la femme dans le morceau titré  « Mousoukendo » de par leur bravoure, leur dévouement au foyer et dans leurs activités champêtres.

Selon le manager du groupe Momar Ndiaye, le choix du titre « Sintituel vze-ma fih », porté sur cette expression, est une façon pour le groupe de rendre hommage à la riche culture de cette ethnie qui reste pourtant méconnue. Aussi, il rappelle que les artistes de « Yappi Diapp » nourrissent cette passion du rap avec beaucoup d’engagement. Ce qui leur a valu d’être sélectionnés deux fois au Flow up, une compétition organisée par Africulturban en 2014  et 2015.

Maguette Guèye DIEDHOU

Les travailleurs du groupe Com 7, éditeur du journal  « Le Populaire », regroupés au sein  d’un collectif, ont lancé, hier, un cri de détresse face à leur situation précaire.

Réunis au siège  du Synpics, aux côtés de son secrétaire général, Ibrahima Khaliloullah  Ndiaye, ils ont exprimé leur amertume et décrié le calvaire dans lequel ils vivent  depuis 3 ans sans  salaire.Les confrères du quotidien « Le populaire » vivent un véritable calvaire. Restés plus de  3 ans sans salaire, une trentaine d’entre eux viennent également d’être licenciés  avec la décision de Bara Tall de procéder à une liquidation, vendredi, du journal qui est désormais remplacé par « Vox populi ». Cette liquidation du journal « populaire » a été la  goutte d’eau de trop qui  a fait déborder le vase et n’a pas laissé indifférent les travailleurs du groupe Com 7.

En point de presse hier, au siège du Synpics, ils ont décrié, avec la dernière énergie, le comportement de Bara Tall qui est resté tout ce temps sans honorer ses engagements à leur endroit.

Membre du collectif des travailleurs de Com 7, par ailleurs journaliste, Amédine Sy indique que Bara Tall est resté 36 mois sans payer leurs salaires. Pis, une bonne partie (une trentaine) s’est vue licenciée avec la liquidation du journal. Une situation qu’il déplore et qualifie l’acte d’ « inhumain », d’autant plus que quatre employés sont décédés entre temps par chagrin. « L’injustice que vient de nous infliger Bara Tall nous fait, aujourd’hui, regretter l’aide et le soutien qu’on lui avait apporté pour recouvrir sa dignité et ses sous dans l’affaire des chantiers de Thiès. Il ne le méritait pas », martèle Amédine Sy.

Le secrétaire général du Synpics, Ibrahima Khaliloullah  Ndiaye, souligne qu’en procédant à cette « parodie » de liquidation, Bara Tall viole les lois de ce pays. « Ainsi, nous interpellons les autorités, le monde judiciaire sur cette forfaiture. Le collectif des employés du groupe Com 7, encadré et soutenu par le Synpics, va porter plainte pour manquements et violations de la loi », fait-il savoir. Aussi,  interpelle-t-il l’Etat du Sénégal d’aller plus loin que la désignation d’un liquidateur des entreprises en difficulté.

« Pour  le cas du groupe Com 7, il faut d’ailleurs repréciser qu’il n’y a pas encore de liquidation, mais plutôt d’une volonté d’échapper au paiement de créances, de salaires. Mais nous sommes déterminés à le poursuivre en justice  pour qu’il réponde de ses actes et lançons un appel à toutes les forces vives pour la préservation de l’outil de travail », argue le Sg du Synpics.

Maguette Guèye DIEDHIOU 

Le sculpteur Ousmane Sow, décédé jeudi dernier à Dakar à l’âge de 81 ans, restera « définitivement le monument debout dans le panthéon des grands créateurs du 20e et du 21e siècle », a déclaré le président Macky Sall. « Kinésithérapeute de formation, artiste de renommée mondiale, académicien et humaniste résolu, il restera définitivement le monument debout dans le panthéon des grands créateurs du 20e et du 21e siècle », a-t-il dit. Le chef de l’Etat s’exprimait, hier, lors de la cérémonie de levée de corps de l’artiste à l’hôpital Principal de Dakar, en présence de l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, ainsi que de la famille et des amis du défunt.

« Mes chères compatriotes, que d’émotions ! L’homme que nous accompagnons aujourd’hui en sa demeure ultime fut un grand Sénégalais », a-t-il témoigné.
Selon le président Sall, « ses œuvres sont de véritables hymnes à l’effort, à l’endurance, au courage, à la solidarité, au refus des oppressions et à la dignité ».
Macky Sall a souligné que le sculpteur Ousmane Sow a réalisé « une œuvre particulière » pour le Centre international de conférences Abdou Diouf (Cicad), suite à une demande qu’il lui a personnellement faite. Il a, par ailleurs, évoqué les qualités humaines du défunt qui « malgré son succès, dit-il, a su rester humble, ouvert et disponible ».

« Il était un grand ami de la France. Il représentait le lien unique entre le Sénégal et la France, de par son parcours et ses allers et retours entre les deux pays », a confié pour sa part l’ambassadeur de France au Sénégal.
Selon Christophe Bigot, « Ousmane Sow a été honoré à plus d’un titre par la France avec son entrée à l’Académie des beaux-arts et ses titres de commandant des arts et des lettres et commandant de la légion d’honneur ».

A en croire sa veuve Béatrice, le maire de Besançon (France) envisage de baptiser une rue de sa commune au nom du sculpteur sénégalais Ousmane Sow.
APS

Les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad) ont lancé, le week-end dernier à Thiès, les festivités du cinquantenaire de sa création. A l’occasion, une exposition permanente a été inaugurée.

C’est au travers d’une exposition permanente que les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad) ont démarré, le week-end dernier, les festivités du cinquantenaire à Thiès. La participation remarquée des autorités administratives, locales et religieuses dont l’Evêque de Thiès, Mgr André Gueye, des populations de Thiès en général à l’événement ont convaincu de l’appropriation de ce jubilé d’or des manufactures. L’établissement, créé par la loi 73-61 du 19 décembre 1973, a relayé la Manufacture nationale de tapisserie que l’ancien président Léopold Sédar Senghor avait inaugurée un certain 04 décembre 1966. Une longue marche marquée par une trajectoire au service de la créativité artistique, laquelle les Msad constituent dans le domaine, un véritable fleuron et aussi un pôle de développement des industries culturelles et créatives en Afrique.

Le gouverneur de Thiès, Amadou Sy, qui a procédé au vernissage de l’exposition, en présence du directeur de cabinet du ministre de la culture et de la communication, Rémi Sagna, a rappelé : « Les Msad, en tant qu’instrument de diplomatie avec le Président-poète, ont rayonné de par le monde à travers les belles tapisseries qui décorent les palais royaux et présidentiels en plus des grandes institutions internationales et autres espaces prestigieux du monde ».

Une véritable fierté nationale que constitue cet établissement d’intérêt public à caractère commercial qui a su valoriser la création artistique du Sénégal grâce aux artistes de rang mondial qui, inspirés par les mythes et légendes du patrimoine immatériel ont créé des œuvres majeures qui, transformées en tapisseries ont révolutionné la créativité artistique de l’art nègre. Le maire de Thiès,  Talla Sylla a exprimé toute la ferté des populations de sa circonscription qui abrite aujourd’hui les Msad sous l’inspiration du président poète Léopold Sédar Senghor. « Aujourd’hui, au sommet de la création artistique mondiale, le Sénégal trône avec ses belles tapisseries », a déclaré le Directeur général des Msad, Aloyse Ndame Diouf. L’exposition de nombreuses tapisseries donne à voir les créations des artistes plasticiens comme Khalifa Guèye et Mohamed Ndir dont les maquettes ont été transformées en tapisserie par les manufactures symbolisant ainsi respectivement : « l’Accueil royal » et « Djenné Niche de Lumières ».

Mais également, l’artiste peintre et cartonnier aux Msad, Aziz Ndiaye qui a présenté la tapisserie des 20 ans de l’Uemoa. Au regard de Alouise Ndame Diouf, « La notoriété artistique reconnue des Manufactures doit être renforcée à travers ce cinquantenaire ». Le programme se poursuivra toute la semaine avec des projections de films dans les différents quartiers, don de sang, soirées culturelles (contes, poésies,  défilé de mode, sketchs. Il est également prévu le lancement d’un concours artistique du cinquantenaire tout comme le baptême du centre de formation aux métiers d’arts au nom du premier Directeur des Msad, Pape Ibra Tall, entre autres.

Mohamadou SAGNE

Dans le cadre de la cinquième édition du « Partcours », la Galerie Kemboury accueille,  jusqu’au 17 décembre prochain, l’exposition photographique « J’ai vu » des artistes Xaadim Bamba Mbow et Mata Nataal. Avec des  clichés scrutant des visages de bambins de la banlieue dakaroise, cette exposition plonge dans l’univers insoucieux des enfants.

Ouverte vendredi dernier, et ce jusqu’au 17 décembre prochain, l’exposition « J’ai vu » que propose la galerie Kemboury, dans le cadre de la cinquième édition du « Partcours » (l’art dans la cité), fascine autant par le thème que la beauté des œuvres. Xaadim Bamba Mbow et Mata Nataal, deux jeunes artistes de la banlieue dakaroise, font découvrir, à travers une quarantaine de photographies en noir et blanc, l’univers insoucieux des enfants de leur quartier. Entre précarité et irresponsabilité, leur travail interroge,  au-delà de l’esthétisme,  la place des enfants dans notre société. Ici, l’intemporalité de la photographie noir et blanc est mise en exergue pour attirer l’attention sur l’importance d’investir sur cette couche juvénile représentant l’avenir de la société. Pas de titres, ni de signatures au-dessus des œuvres, l’exposition laisse libre cours à chaque visiteur de s’adonner à son propre commentaire, sa propre analyse de la thématique.

Prise de manière spontanée dans la rue, selon Xaadim Bamba Mbow, ces clichées donnent à voir des enfants tout à fait heureux et affichant le sourire malgré un environnement immédiat teinté la plupart du temps de pauvreté. Mais également un milieu insalubre où vivre semble être une résistance quotidienne. Regard enthousiaste, regard insoucieux, regard candide…aussi expressive qu’elle soit, l’exposition sensibilise de fort belle manière sur la situation des enfants sénégalais de manière générale. Par exemple, difficile pour le visiteur de garder l’indifférence devant cette photographie montrant avec délicatesse le visage débridé d’un jeune talibé, tenant un pot entre les mains. Pas de sourire pour illuminer ce petit visage qui, malgré une existence éphémère, commence déjà à  subir le temps, faute d’un combat ardent pour la survie. Toutefois, une belle photographie mettant en relief une scène de liesse d’un groupe d’enfants, jouant au bord de la plage, permet de contraster avec ce décor.

Pour le critique d’art Massamba Mbaye, qui a participé au montage de cette exposition, « J’ai vu », mettant en situation des visages ou plutôt des regards essentiellement  d’enfants, est une invite à partage d’univers ou la candeur se mêle avec la vitalité, où le noir et le blanc donne toute sa valeur à la couleur.
Le directeur des Arts, Abdoulaye Koundal, a parlé d’une série de photographies qui amène à ressentir une certaine sensation vis-à-vis de cette tranche de vie. Tranche de vie certes éphémère, mais dont le souvenir reste vivace dans la mémoire de beaucoup d’adulte.

Mata Naatal et Xaadim Bamba Mbow, plus connus sous les noms de Mathurin Biagui Nataran et Cheikh Ahmadou Bamba Mbow, sont deux artistes de la banlieue dakaroise passionnés de l’art de la photographie. Ayant cheminé avec le collectif « Sunu Nataal », ils restent très engagés pour la promotion et la formation artistique des jeunes de la banlieue.

 

Ibrahima BA

Les 45èmes Assises de la presse francophone se sont récemment tenues à Madagascar. Dans cet entretien, le président de l’Union de la presse francophone (Upf internationale), le Sénégalais Madiambal Diagne tire le bilan et dresse les perspectives d’avenir avant les prochaines assises qui se dérouleront en République de Guinée.

Au terme des 45èmes Assises de la presse francophone, quel bilan tirez-vous de cette rencontre ?

Il faut dire que ces Assises de l’Upf nous valent beaucoup de satisfactions, parce qu’au tout début, nous avions quelques appréhensions. Nous avions des craintes même. L’Upf a pour tradition de tenir ses Assises au cours de l’année du sommet de la Francophonie dans le pays hôte. Donc nous avions l’obligation, plus ou moins, de tenir nos Assises 2016 à Madagascar. Nous connaissions la réalité économique et socio-politique de Madagascar, qui est une réalité assez difficile.

Et nous savions que les conditions d’organisation allaient être difficiles. Nous savions aussi que l’étape de Madagascar pourrait souffrir de quelques handicaps, notamment du fait de l’éloignement de Madagascar ou de son enclavement ; du fait de la desserte aérienne qui n’est pas très bien fournie. Toutes ces raisons faisaient que l’on avait des appréhensions sur la réussite des Assises de Madagascar. Grande a été notre surprise de voir que la participation aux Assises de Madagascar est supérieure à celle des années précédentes.

Il y a eu un rush, un engouement certain des membres de l’Upf. Aujourd’hui, nous avons rassemblé plus de 300 étrangers, y compris les participants malgaches. Donc un total de 350 participants ont pris part à ces assises. Ce qui est vraiment une première. Comment expliquer cela ? Peut-être le regain des journalistes pour l’Upf ; peut-être aussi l’attractivité de la destination Madagascar. Mais tout compte fait, au niveau de nos Assises, le comité international qui a eu à se réunir, a salué ce regain de dynamisme et cet intérêt de la presse, et cela nous réconforte.

Qu’est-ce que vous retenez comme manquement au cours des 45èmes Assises ?

Ce qui est difficile ici, c’est que nous sommes dans une ville de province, Antsirabé. Comme je vous l’ai dit aussi, il y a des difficultés logistiques auxquelles nous avons été confrontés. Nous n’avons pas trouvé sur place un hôtel capable de rassembler tout le monde. Nous étions obligés de rechercher plusieurs hôtels, une dizaine de petits hôtels pour caser nos participants.

Donc, c’est cela la contrainte majeure que nous avons eue. Une difficulté qui ne dépend pas de nous, et qui ne dépend pas aussi du peuple malgache, mais c’est la réalité du pays. Il faut tenir compte de cela. N’empêche, les conditions ont été tenues de façon maximale. Les gens, aujourd’hui, ont pu retomber sur leurs pieds et la manifestation s’est bien déroulée.


Qu’est-ce qui a poussé les organisateurs à choisir le thème portant sur l’économie des médias dans les pays en développement et quels en sont les enjeux ?

En fait, l’économie des médias dans les pays en développement a été choisie comme thème car, tous les ans, à l’occasion de nos Assises, nous cherchons à coller avec la problématique qui intéressent le plus les participants. L’année dernière, par exemple, nous avons travaillé sur le rôle et la place des femmes dans les médias. L’année d’avant, nous avons travaillé sur les jeunes et les médias numériques.

Cette année, il fallait trouver un thème nouveau. Des propositions ont été faites et le choix s’est porté sur l’économie des médias. Pourquoi l’économie des médias ? Parce que dans tous les pays du monde, les médias sont plus ou moins en crise. Il y a une situation économique très préoccupante pour les médias et nous ne pouvions pas occulter cette réalité. Et nous devons en parler avec les patrons de presse, les journalistes, les organismes de financement des médias, les gouvernements, avec un peu les institutions publiques.

Vous avez vu, par exemple, que l’Unesco était présente à nos assises pour participer avec nous à la réflexion pour préserver le secteur des médias. Cela a été un thème important pour nous, et il y a eu des échanges d’expériences, des modèles de réussite, comme d’échecs, ont été présentés. Cela a permis d’enrichir la discussion, surtout d’en tirer des leçons qui peuvent inspirer le management des médias. Et je crois que c’est cela l’objectif, pour que les rencontres que nous organisons puissent profiter aux participants en termes d’acquisition de meilleures pratiques dans l’exercice de la profession de journalisme, mais aussi dans la façon de diriger les entreprises de presse. Et sur ces deux points, un catalogue de solutions et de recommandations a été tiré de ces assises.

Qu’est-ce qui a poussé cette forte implication du Roi marocain dans la tenue de ces 45èmes Assises de la presse francophone ?

Il faut dire que cela a pu étonner que l’on vienne jusqu’à Madagascar, et que l’on puisse impliquer le Maroc de cette façon dans la tenue de nos assises. Nous avons proposé au Roi du Maroc de co-parrainer avec le président de la République de Madagascar les Assises. Cela, pour une simple raison que nous avons estimé qu’ici à Madagascar et notamment à Antsirabé, dans cet hôtel, où nous tenons les Assises qui s’appelle l’hôtel des Thermes d’Antsirabé, le Roi Mohamed V avait été en exil ici du temps de la colonisation française.

Le Maroc était placé, à l’époque, sous protectorat français et le Sultan Ben Youssef qui deviendra le Roi Mohamed V avait été déporté ici dans cet hôtel. Donc nous avons estimé que c’était un pan de la décolonisation africaine qui n’avait pas été très connu. Et nous avons décidé que nous sommes en terre africaine, en terre malgache. Nous sommes dans ce site et que c’était une occasion pour nous de revisiter l’histoire de l’Afrique.

C’est ce qui nous a poussés à faire un clin d’œil au Maroc, en proposant au Roi du Maroc ce parrainage. Il faut dire que cela n’a pas manqué d’avoir une connotation plus ou moins opportuniste. En le faisant, nous avions besoin de financement. Nous savions que le gouvernement malgache, n’avait pas les moyens et nous l’avait dit dès le départ qu’il ne pouvait pas nous aider dans le financement de notre activité.

Donc, il fallait trouver des idées. Et l’idée a été d’associer le Maroc qui a répondu positivement à notre sollicitation et nous a répondu dans le financement de ces assises. Sans le financement du Maroc, on n’aurait pas pu tenir les Assises dans ces conditions. Le transport international est cher, il fallait loger les gens dans de bonnes conditions. Il nous fallait une bonne logistique et toutes les autres nécessités pour accompagner une manifestation qui regroupe 350 personnes dont plus de 300 sont venues de l’étranger.

Vous avez été réélu à la tête de l’Upf. Selon vous, qu’est-ce qui a fait pencher la balance de votre côté ? Quels sont les chantiers qui s’offrent à votre équipe pour ce second mandat ?

J’ai été élu en novembre 2014 à la tête de l’Upf à l’occasion des Assises de Dakar pour un mandat de deux ans. Le mandat avait un objectif précis, relancer l’Upf qui était dans une léthargie. Il fallait restaurer l’image et la crédibilité de l’Union. Nous avons mis en place une équipe qui avait comme leitmotiv de relancer cette Upf, mais aussi disons d’assurer une transparence et une bonne gouvernance dans l’organisation. Beaucoup de membres de l’Upf étaient partis et beaucoup étaient déçus par le management de l’organisation ; beaucoup étaient déçus par la léthargie qui gagnait l’organisation.

Nous avons apporté du sang neuf. Nous avons mis en place une équipe dynamique qui s’est engagée résolument à relancer notre organisation, et aujourd’hui, nous pouvons dire que nous y sommes arrivés. En l’espace de deux ans, nous avons augmenté de plus de 40 % les effectifs des membres adhérents de l’Upf, nous avons tenu régulièrement les rencontres de l’Upf et nous avons fait, pendant ces deux ans, des activités que l’Upf n’a jamais songé faire, c'est-à-dire des rencontres régionales, des symposiums au niveau de Monaco, au niveau de l’Europe centrale en Moldavie par exemple, des perspectives de rencontres à Marrakech.

Comment vont se décliner vos chantiers dans les deux années à venir ?

Au bureau, nous allons d’abord travailler en synergie avec les autres organisations professionnelles des médias. Nous avons accepté de recevoir la main tendue de Reporters sans frontières, de la Fédération internationale des journalistes. Nous accepté la main tendue de l’Unesco, de Médias development investiment fund, par African medias initiative.

Nous allons travailler en synergie avec ces organisations. Nous avons commencé à réfléchir sur une plateforme d’actions dans le secteur des médias. Parce que nous voudrons que le secteur des médias soit mieux pris en compte à l’échelle internationale. Nous allons aussi continuer le travail de formation que nous avons entamé. Il y a eu des demandes en matière de formation qui ont été formulées par les différentes sections nationales. Nous avons des partenaires comme l’Oif qui est prête à nous accompagner dans ce processus de formation des journalistes.

L’Unesco également. Nous avons aussi des possibilités de partenariat avec l’académie marocaine de l’office chérifienne des phosphates qui est prête aussi à travailler avec l’Upf dans le cadre d’un partenariat pour le renforcement des compétences des journalistes et des hommes et des femmes des médias. Voilà des perspectives de collaboration que nous avons.

Le bureau international nouvellement élu devra se réunir le mois prochain pour dégager les axes stratégiques de programmation pour les deux années à venir, c’est-à-dire au-delà même des deux années à venir. Et nous pensons que le dynamisme et l’enthousiasme qui ont été enclenchés ces dernières années devront se poursuivre et se confirmer.

Nous avons bon espoir que nos partenaires vont nous suivre et nous accompagner. Et déjà en 2017, nous avons prévu de tenir nos Assises en Guinée, et avant les Assises de Guinée, nous tiendrons un symposium à Marrakech sur les questions environnementales suite à la Cop 22. Et sur cette question, nous sommes en train de travailler avec des pays d’Afrique centrale sur la tenue d’une rencontre sur les questions de sécurité des journalistes dans les pays en situation de crise.
Donc, voilà tout un ensemble de programmes qui est en chantier et qui pourra être reconfirmé dans les jours à venir.

 

Babacar Bachir SANE

La soumission de l’article au chercheur vise à prévenir les malentendus sur le langage ésotérique du scientifique. Mais le respect de ce principe peut également se heurter aux réalités et aux exigences des rédactions.

Jusqu’aux cinq dernières années, le journalisme scientifique n’était pas enseigné dans des écoles de journalisme en Afrique, du moins dans les pays francophones de l’Afrique de l’Ouest.

Pourtant, dans leur pratique quotidienne, des journalistes font du journalisme scientifique lorsqu’ils traitent des sujets liés à la santé, à la météo, à la pollution, à  l’environnement, à la conquête de l’espace aux autres phénomènes météorologiques…Toutefois, le journalisme scientifique est un peu différent du journalisme classique. Le journaliste scientifique est tenu de respecter certains principes qui suscitent des débats. Parmi ces principes, le formateur a insisté sur la validation de l’article par le scientifique. « Le journaliste doit soumettre l’article au scientifique pour qu’il vérifie que ses propos n’ont pas été dénaturés.

Cette voie protège aussi le journaliste. Elle évite des malentendus entre les deux personnes », a justifié Mankandjou Noureina, Dr en Sciences de l’information et de la communication, par ailleurs expert-formateur. A vrai dire, la simplification du langage complexe des chercheurs conduit souvent les professionnels des médias à travestir  les idées, les arguments des chercheurs, des scientifiques,  s’ils ne les déforment pas tout court.

A défaut de soumettre l’article pour la validation, le professionnel de l’information a la possibilité, durant l’interview, de poser des questions au scientifique afin qu’il explique davantage des passages ou des concepts qui ne sont pas clairs. « Le journaliste ne doit pas trahir le scientifique », a répété le docteur en Sciences de l’information et de la communication.

Le nouveau type de journaliste
Le principe est clair. Mais après ces éclairages, des bénéficiaires de la session de formation ont soulevé d’autres questions. « En cas de validation de l’article, si le journaliste le soumet à son chef de service ou à son rédacteur en chef, et que ce dernier le retouche, qu’est-ce qu’il faut faire ? », demandent en substance quelques bénéficiaires de la formation. La réponse de l’expert est sans équivoque.

Il faut une seconde soumission. « Ce n’est pas ma règle. C’est un principe du journalisme scientifique », a répondu Dr Mankandjou Noureina qui a présenté le champ d’interventions du journaliste scientifique et son profil de compétences. Celui-ci doit en outre avoir un minimum de connaissances en informatique.

C’est quelqu’un qui sait manipuler des logiciels de montage, de production, de mise en place, d’infographie. « C’est la nouvelle tendance. De nos jours, le journaliste fait le montage, la mise en page et le postage de ses articles », a brossé le spécialiste. C’est aussi un professionnel des médias curieux passionné des questions des sciences et de l’évolution des technologies et des innovations.

Eclairer les décisions politiques
Ces particularités de ce type de journalisme justifient davantage l’organisation de l’atelier de renforcement des compétences des journalistes en journalisme scientifique par l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et de la culture (Isesco).

« Cet atelier de formation au journalisme scientifique destiné à des journaliste dans le cadre d’une grande initiative pour la communication scientifique a pour objectifs d'améliorer l'utilisation de divers multimédias et de renforcer le rôle de l'information scientifique dans une perspective de promouvoir la vulgarisation des concepts scientifiques », a souligné le directeur général de l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (Isesco), Dr Abdulaziz Othman Altwaijri.

Dans son message, il a rappelé que l’Isesco a inscrit de nombreuses activités de formation de ce genre au profit des chercheurs et des cadres en communication et information scientifiques afin de renforcer les capacités dans les domaines les plus pertinents pour faire face aux défis des temps modernes.

« La science est un élément essentiel de notre vie quotidienne et les décisions politiques prises dans ce domaine ont une importance déterminante sur le mode de développement d’une société. La science a un rôle essentiel à jouer. Les progrès scientifiques peuvent permettre de faire face aux défis énergétiques, environnementaux et aux catastrophes naturelles », a affirmé Dr Abdulaziz Othman Altwaijri. L’atelier organisé par l’Isesco, en collaboration avec la commission nationale burkinabè de l’Unesco, a enregistré la participation d’une vingtaine de journalistes venus du Burkina Faso, de la Guinée, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Togo et du Sénégal.

 

De notre Envoyé spécial à Ouagadougou

Idrissa SANE

La bande dessinée Afrique citoyenne titrée « Capitaine Mbaye Diagne, héros de notre temps » a été lancée, mercredi  dernier. Au siège de la Fondation Konrad Adenauer, la cérémonie de lancement a vu la participation des différents corps et écoles de formation de l'Armée nationale ainsi que d'autres hautes personnalités.

La  Fondation Konrad  Adenauer vient d’éditer et de publier le dernier numéro de la bande dessinée « Afrique citoyenne ». Ce  numéro dédié au capitaine Mbaye Diagne, héros de notre temps, est un moyen privilégié de communication  et de transmission de connaissances aux jeunes sur  la vie et de l'œuvre exceptionnelle du Capitaine Mbaye Diagne, capitaine de l'armée sénégalaise détaché au Rwanda dans le cadre d'une mission des Casques bleus des Nations unies.

Selon la chargée de programmes de la Fondation Konrad Adenauer, Ute Bocandé, l’œuvre du capitaine Mbaye Diagne mérite d’être connue et divulguée. Pour Mme Bocandé, ce héros du temps moderne, de notre temps, n’a pas hésité à mettre sa vie en danger tous les jours, sans arme pour extraire les Tutsis et les Hutus modérés de l’enfer du génocide du Rwanda en 1994. « Capitaine Mbaye Diagne était un soldat, il est maintenant la fierté de toute l’Armée sénégalaise.

Et il était un homme au sens plein du terme : doté de courage, de force, de détermination et surtout de cœur. C’est pour cela que nous le proposons comme Héros de notre temps dans la série Bd de Afrique citoyenne », souligne-t-elle. Elle poursuit : « Les jeunes sont souvent à la recherche de héros, des personnes qui incarnent un idéal. Voilà le héros – dans toute sa modestie, son humilité, et dans tout son engagement sans bornes pour la vie, pour la paix et l’amour du prochain ».

D’après Ute Bocandé, la bande dessinée retrace son itinéraire et le présente comme héros de notre temps, comme modèle pour les jeunes d'aujourd'hui. La cérémonie de lancement de la Bd a été une occasion pour  le colonel Babacar Diouf représentant le chef d'Etat-major des armées sénégalaises, le général Mamadou Mansour Seck, ancien Cemga, et l'ambassadeur du Rwanda,  entre autres personnalités, de  rendre un hommage soutenu au capitaine Mbaye Diagne. C’était en présence de la veuve du capitaine, Mme Yacine Diop Diagne et de plusieurs autres membres de la famille.

Autre temps fort de cette cérémonie, la projection du film « Niani, on nous tue, on ne nous déshonore pas » de Moussa Sène Absa, qui retrace la vie du capitaine Mbaye Diagne. Un film qui a plongé l’assistance dans la plus grande émotion.

 

Maguette Guèye DIEDHIOU

La 1ère édition du Digital society forum s’est ouverte jeudi, à Dakar.  Sociologues, universitaires et acteurs de la société civile se sont réunis pour débattre autour du thème « Impacts du  numérique sur l’emploi ». L’objectif de cette rencontre, répondre aux inquiétudes exprimées quant à l’impact  des nouvelles technologies sur la  vie quotidienne des populations.
Après le Dakar digital show, la Sonatel a organisé, hier, la 1ère  édition du Digital society forum sur le thème « Impacts du numérique sur l’emploi ». Ce panel  constitué de nombreux experts a été un espace d’échange avec les acteurs sur les besoins et problèmes du monde numérique. Selon  le directeur  de la Communication institutionnelle et des Relations extérieures  de la Sonatel, Abdoul Karim Mbengue, c’est dans le cadre de la responsabilité sociétale du groupe que le Digital society  forum a été organisé pour ainsi contribuer à éclairer les usages des technologies de l’information et de la communication. « Ce cadre d’échanges met à contribution des experts, des jeunes diplômés, des porteurs de projets, des entrepreneurs, des start-ups, des élèves, des professeurs et divers acteurs. Le but de la rencontre  est de proposer à chacun une piste d’action pour s’adapter aux changements en cours induis par l’usage du numérique au niveau des populations et aux différentes mutations technologiques », a indiqué M. Mbengue.
Débattant  sur le thème du forum, le sociologue anthropologue de l’Université de Gaston Berger de Saint-Louis, Abdoulaye Niang, a qualifié le numérique  de bouée de sauvetage  inespérée qui semble catalyser toutes les  espérances. A l’en croire, le numérique est une possibilité de répondre au ralentissement de l’économie mondiale dans ces différentes manifestations. « Avec le numérique, on a certes l’apparition de nouveaux métiers même si cela s’appuie sur un pan. Je pense qu’il ne serait  pas non plus très intéressant  de limiter cette perspective du numérique à des aspects positifs car il y a des risques qui vont avec, tels que la sécurité, la gestion des données du fait que le Sénégal n’ait pas mis l’accent sur la souveraineté numérique qui est pourtant une question de sécurité nationale », argue Pr Niang.

Producteurs
du numérique
Pour le président de l’Organisation des professionnels des Tic (Optic), Antoine Ngom, c’est la richesse qui crée l’emploi.  Et qu’il faut se poser la question de savoir comment utiliser le numérique pour créer la richesse. Sur ce point, M. Ngom pense qu’il faudra agir sur trois axes fondamentaux pour aider à la création de cette richesse. « Je pense qu’il faut, dans un premier axe, développer l’écosystème du numérique en étant plus des producteurs que des consommateurs du numérique. Le deuxième axe, c’est de tout faire pour favoriser l’émergence de nouvelles activités qui sont directement liées au numérique. Quant au troisième axe de  création  de richesse par le  numérique, il s’agit de voir l’impact du numérique dans la croissance des entreprises, dans leur productivité. Il s’agit là  de pourvoir créer plus de richesses dans les entreprises de différents secteurs en introduisant une digitalisation, une transformation digitale de ces  entreprises », souligne M. Ngom à  l’assistance. Toutefois, précise-t-il qu’il y a des pré-requis à cela. Ainsi, il demande à travailler à ce que le capital humain puisse porter ce projet. « Certes le secteur numérique est le secteur par excellence qui crée de nouveaux métiers, mais ce dont  on a le plus besoin dans ce secteur, c’est plus d’expertise et de qualification », argue le président de l’Optic.
Le maître de conférence titulaire au département Génie informatique de l’Ensut de l’université de Dakar, Alex Louis Corenthin, par ailleurs  président de   l’Internet  society (Isoc),  souligne qu’il ne s’agit pas tout simplement de promouvoir des emplois qualifiés au titre du numérique comme par exemple le métier d’informaticien. Pour lui, il s’agit plutôt de promouvoir la  création de nouveaux emplois, de nouveaux entrepreneurs autour du numérique.
• Par Maguette Guèye DIEDHIOU

La Galerie nationale d'art abrite, depuis jeudi dernier, dans le cadre de la cinquième édition du « Partcours », l’exposition collective « 5 lignes Bideew », fruit d'une résidence d'artistes sénégalais et allemands. Kiné Aw, Khalifa Dieng, Camara Guèye, Andréa Blumor et Uta Schneider ont entamé une « discussion » par le dessin pour aboutir à des œuvres qui évoquent la particularité du génie et la pluralité des options sans discontinuité dans l’esthétique et le sens.

Il y a dans la simplicité apparente des livres d’artistes d’Uta Schneider une multitude d’expressions, des émotions et des mouvements. Elle expose des rythmes et fait mouvoir des vies dans l’abstrait. L’abstraction représente, ici, des existences, ou plutôt des pensées réflexives sur une humanité dense. Les dessins ou encore la composition digitale, et peut-être bien ses « gribouillages », donnent à voir une superposition de diverses méthodes graphiques en fusion dans l’intensité de leur « vomissement ». Chacun des quatre artistes de cette résidence avait « vomi » par correspondance pour créer un dialogue par les images, un pont d’idées entre l’Allemagne et le Sénégal. Il s’est agi ensuite pour eux de créer un « tête à tête » artistique à la Galerie nationale d’art dans ce qui les liait et dans ce qui faisait leur génie. On a dessiné des univers et traduit des émotions. Et pour Uta Schneider, « l’expérience a été agréable. Elle nous a permis de communiquer sans mot. Et plus tard avec des mots pour partager les différentes options ».

Effervescence
Celle de l’artiste plasticienne Kiné Aw perce l’univers des femmes ; celles-là africaines surtout qui, dans l’infortune et les temps austères, développent des formes et cultivent des attitudes d’existence - des réflexes de résistance -, vocable cru de certaines sphères. En cela, son art est réel. Les lignes sont des formes arrondies comme pour rappeler l’identité esthétique et culturelle de ces créatures « confinées », tournoyant dans l’air de la perdition, déchirant le sol de cette illusion de l’inertie. Elles font toujours quelque chose pourtant ! La prouesse de Kiné Aw est d’utiliser des techniques presque inédites dont on pourrait se douter de la compatibilité. L’acrylique, l’huile, le goudron et les pigments, par les textures créées, entonnent l’hymne de la femme en fusion avec elle-même pour se fabriquer un destin dans une indifférence presque narquoise. Majestueuse ou moribonde, on attend que la « chose humaine », aux courbes aussi incertaines que l’horizon qu’elle scrute, redescende sur terre pour occuper la place vacante.

La force de Khalifa Ababacar Dieng, artiste plasticien, scénographe et designer, est justement d’entrevoir, par son génie, la lumière sur les lieux où s’exercent des vies. L’artiste crée des contrastes entre l’idée, ou plutôt sa quête de lumière, et ses œuvres qu’il aime à assombrir. L’identité y est une centralité diffuse. Il en explore les expressions qui donnent une signification au néant dans une foultitude de ce qui devrait faire sens. « A la casquette et au bonnet rouge », une toile faisant partie d’une série de cinq œuvres, il « dénonce » l’uniformisation vers ce qui ne nous ressemble pas. « Je m’intéresse à l’être humain », se suffit-il à dire. Que faudrait-il alors de plus pour en faire une œuvre qui parle à l’humanité dans ses petites singularités et dans ce que recouvre l’universel comme significations.

Et dans cet « universel » cohabitent des objets, des livres et des intelligences. Il y a aussi des arbres comme « garab », ce grand végétal, témoin des temps et qui, par ses bienfaits, consigne des mémoires et des savoirs (le papier du livre), offre des toits, dessine des paysages et porte des espérances. L’artiste Camara Guèye le « dit » dans une de ses toiles où se superposent des existences et des messages. Les couleurs, créatrices d’effervescence, y sont intelligentes. On y tourbillonne. On s’y pose pour contempler les oppositions et les possibilités. Le rustique s’y déploie avec autant de bonheur que la « modernité » ambiante des espaces denses. Guèye s’offre, dans ses œuvres, des divagations exquises et ouvre des boulevards aux imaginations fertiles.

Elles sont aussi incertaines que les aventures que narre Andréa Blumor, l’artiste allemande. Les intelligences y défient les cieux dans la fureur des tempêtes alors qu’elles n’ont pas fini de conquérir la terre et ses routes sinueuses où viennent s’ensevelir des « eaux » ocres. L’avion et la charrette, dans ce monde fiévreux, portent leurs aspirations d’ici et d’ailleurs et les projettent vers des horizons brumeux. Andréa Blumor nous installe dans une « irrégularité créatrice » qui procède de la richesse de sa palette artistique qui va du textuel à la texture des « espaces maltraités ».

Alassane Aliou MBAYE

Les représentants des cinq Comités de lecture ont sélectionné 10 ouvrages finalistes représentant 10 pays pour la 15ème édition du Prix des cinq continents de l’Organisation international de la Francophonie. Le roman de la Québécoise Suzanne Aubry, « Ma vie est entre tes mains », Québec, Libre Expression, 2015, fait partie des finalistes.

La romancière québécoise Suzanne Aubry figure parmi les 10 finalistes du Prix des cinq continents de la Francophonie avec son 9ème roman « Ma vie est entre tes mains », Québec, Libre Expression, 2015. Dans cet ouvrage, l’auteure raconte une histoire sur le pouvoir de la résilience et la force de la rédemption.

Diplômée en écriture dramatique de l'École nationale de théâtre du Canada, Suzanne Aubry a remporté un grand succès avec sa pièce « La Nuit des p'tits couteaux », mise en nomination pour le Prix du Gouverneur général. Elle est également coauteure de trois téléséries: « À nous deux ! », « Sauve qui peut ! » et « Mon meilleur ennemi ».

Extrait, pp. 62-65.
(…) « Lorsque Michel revint chez lui, il constata que le manteau d’Emilie et l’anorak de Thomas n’étaient pas suspendus à la patère. Leurs bottes ne se trouvaient pas à leur place habituelle, sur le tapis. Emilie avait peut-être décidé de faire des courses après la visite chez le médecin. Pourtant, il avait vérifié sa messagerie vocale, elle était vide.

Il enleva ses bottes, alla à la cuisine, ouvrit la porte du frigo, couverte de photos, de recettes, de listes d’épicerie, et prit une bière, qu’il but à même le goulot. Il se rendit dans le salon, se cala dans le vieux fauteuil et alluma la télé. Des images de guerres, d’incendies, de séismes se succédaient sur l’écran. Au moment où il s’apprêtait à changer de poste, son attention fut attirée par un paysage familier. La rivière Rouge, reconnaissable entre toutes, avec ses sinuosités de serpent. Une jeune reporter expliquait que les nombreux embâcles causaient des inquiétudes dans les villages situés au sud de Winnipeg et que les habitants craignaient des crues importantes. La province du Manitoba se préparait au pire et avait fait appel à l’armée, qui s’affairait à construire des digues à l’aide de sacs de sable. Michel sentit l’angoisse l’étreindre. « Le regard égaré du vieil homme, ses lèvres exsangues, le sang formant une large flaque autour de lui, le visage paniqué de Benoit, celui de Léo, dur comme l’airain. »

Il éteignit le téléviseur. Une lumière rougeâtre s’infiltrait à travers les lattes des stores vénitiens, traçant des lignes obliques sur le sol. Michel consulta sa montre. Il était près de dix-neuf heures, et Emilie et Thomas n’étaient toujours pas rentrés. Il sortit son cellulaire de sa poche et consulta de nouveau la messagerie. Rien. Il se dirigea alors vers le téléphone sans fil qui se trouvait sur un guéridon, dans le hall. Il y avait plusieurs messages anodins. Puis la voix d’Emilie, qui se perdait dans le bourdonnement d’une foule.

– il fallait que je parte, Michel. Ne cherche surtout pas à me retrouver. Thomas va bien, ne t’inquiète pas pour lui. Je te donnerai d’autres nouvelles plus tard. Pardonne-moi. Je t’aime.
Le clic d’un téléphone qu’on raccroche. Il eut l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds. « Il fallait que je parte, Michel ». Il composa le numéro du portable de sa femme, mais elle ne répondit pas. Il laissa un message.

– Emilie, c’est moi. S’il te plaît, rappelle-moi.
Serrant le combiné du téléphone dans sa main, il courut vers leur chambre et ouvrit la porte de la garde-robe. Une bonne partie des vêtements d’Emilie avait disparu. Sa valise, qu’elle plaçait habituellement sur une tablette de la penderie, n’était plus là. Il se rendit à la chambre de Thomas, sachant d’avance qu’il trouverait les tiroirs de sa commode vides. Il s’assit sur le lit de son fils, la tête lourde, la poitrine comprimée, tentant de mettre de l’ordre dans ses idées. Emilie avait prétexté un rendez-vous chez le médecin pour aller chercher leur fils à l’école. Cette préméditation, ces mensonges lui ressemblaient si peu… Il réécouta attentivement le message, tâchant de déchiffrer le mystère de son départ entre les mots. La voix était presque enterrée par un bruit de fond. Michel distingua les bribes d’une annonce adressée à des voyageurs. Il fit repasser le message et comprit qu’Emilie était dans n endroit public lorsqu’elle l’avait appelé, une gare, peut-être, ou un aéroport.
Le téléphone sonna. Michel répondit aussitôt, rempli d’espoir.
– Emilie ?
C’était une voix automatisée, appelant au nom d’une agence de recouvrement. Michel lança le combiné sur le mur dans un geste d’impuissance. Il s’empara de l’oreiller de son fils et le serra contre sa poitrine, respirant l’odeur légèrement acidulée qui s’en dégageait.

C’est l’été, à la fin du mois de juin. Emilie et Michel sont assis sur un banc, devant le lac aux Castors, où s’ébrouent des colverts. Les mains d’Emilie sont posées sur son ventre rond, qui ressemble à un gros ballon de plage. Des enfants déposent un voilier miniature dans l’eau iridescente, d’autres se poursuivent dans un sentier en riant. Quelques cerfs-volants font es taches de couleur dans le ciel où s’étirent des cumuls. Un jeune couple promène un bébé dans un landau. Emilie sourit en voyant la tête rose d’un poupon et ses menottes qui émergent d’une ouverture. « Bientôt, on promènera notre bébé, comme eux », dit-elle en tournant la tête vers Michel. Ce dernier suit la poussette des yeux. Il pense à l’image du fœtus qu’il a vue lorsqu’il a accompagné Emilie à l’hôpital pour une échographie. La tête, les mains, les pieds, minuscules, mais déjà formés. Un garçon.

Ils égrènent des prénoms : Laurent, Guillaume, Tristan… Emilie plisse légèrement les yeux, comme elle le fait parfois lorsqu’elle réfléchit. « J’aime Tristan, mais c’est un peu triste. Pourquoi pas Thomas ? » Puis elle baisse la voix, évitant de regarder Michel, sachant à l’avance comment il réagira. « Après mon accouchement, quand notre petit pourra voyager, je voudrais retourner à Saint-Boniface. Mes parents seraient tellement heureux ! » Michel ne répond pas. Une angoisse familière lui noue le ventre. Emilie lui jette un regard suppliant. « Laisse-moi partir, Michel ! » Elle lui parle de ses parents, qui ont fait preuve de tant de dévouement envers elle et qu’elle n’a pas revus depuis cinq ans, elle lui parle du ciel sans fin des Prairies, du parfum des herbes hautes, des baignades dans le lac Winnipeg. Elle lui parle de l’hiver, des cristaux qui se forment dans l’air glacial comme des diamants, des nuées blanches qui couvrent les routes droites. Michel secoue obstinément la tête. « On en a discuté souvent. C’est trop risqué. » Emilie met une main sur son bras, qu’elle serre avec une force surprenante. « C’est ton passé, Michel, pas le mien ! » Il est heurté, en colère. Lorsque Emilie es venue le rejoindre à Montréal, elle s’est engagée à faire définitivement une croix sur les siens, à ne plus jamais retourner au Manitoba. « T’avais promis Emilie. » Il y a un autre long silence entre eux. Puis Michel lui dit la vérité au sujet de la nuit du 4 avril 1997. Les cris des enfants, les sourires des passants, le ciel si bleu sont noyés dans le sang. » (…)

Une présentation d’E. Massiga FAYE

La Fédération internationale des journalistes (Fij) a interpellé, jeudi dernier, la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (Haac) du Bénin à revenir sur sa décision de fermer les chaînes de télévisions E-Télé, Sikka Tv et Eden Tv ainsi que la radio Soleil Fm, intervenue le 28 novembre 2016. 

La Fédération internationale des journalistes (Fij) a dénoncé la décision de la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (Haac) du Bénin de « mettre fin jusqu'à nouvel ordre aux activités » de quatre organes de presse pour cause de « délocalisation », rapporte un communiqué. Le document détaille : « Sikka Tv et la radio Soleil Fm appartiennent à l'homme d'affaires et politicien Sébastien Ajavon, arrivé troisième lors de la Présidentielle de mars 2016. Ce dernier avait été interpellé le 28 octobre après la découverte de 18 kilos de cocaïne dans un conteneur destiné à sa société, avant d’être relaxé. Eden Tv appartient à l’homme d’affaires Samuel Dossou, dont l’épouse Claudine Prudencio, députée au Parlement, assure la gestion, et serait proche de Sébastien Ajavon. E-Télé serait proche de l’ancien président de la République, Thomas Boni Yayi. » 

Selon la Fij, la décision de la Haac intime l’ordre de cessation de la diffusion, une mise sous scellés et le recours à « toutes les dispositions nécessaires pour l’application effective de la décision ». Cette fermeture, estime la fédération des journalistes, qui est intervenue sans « mise en demeure », serait motivée par des raisons de « délocalisation ». Au regard du président de la Fij, Philippe Leruth, « une telle décision unilatérale a des implications considérables à la fois sur la liberté de la presse au Bénin, mais aussi sur le sort des salariés de ces quatre médias. Nous la condamnons fermement et demandons à la Haac de revenir sur son choix liberticide ».

Dans une lettre de protestations datée du 29 novembre, informe le communiqué de la fédération des journalistes, les associations professionnelles des médias dont l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), affiliée de la Fij, « condamnent avec vigueur cette décision disproportionnée » qui nuit à la liberté d’information.

E. M. FAYE

Les fans de Stromae devront se faire une raison. Ils ne reverront pas sur scène l’interprète de « Formidable » pendant un petit bout de temps. Resté dans l’ombre depuis des mois, le chanteur belge a décidé de redevenir Paul Van Haver, son vrai nom. Sa nouvelle vie, l’artiste la conçoit désormais loin des projecteurs, comme il l’a expliqué aux Inrocks. D’ailleurs, le jeune homme a actuellement pour projet de réaliser le clip de Yael Naim via son label et sa boîte de production Mosaert. La chanson et le succès ne sont donc plus sa priorité. Son ancienne vie, le jeune homme ne la regrette donc pas du tout. « Rien ne me manque d’avant, sauf peut-être les rencontres humaines. Chanter, je n’en ai pas du tout envie. Mais de la musique, je n’arrête pas d’en faire », a révélé l’artiste qui souhaite travailler pour d’autres « pour les quelques années à venir ».

Le président de la République, Macky Sall, a salué la mémoire de l'artiste sculpteur Ousmane Sow. « Le Sénégal perd ainsi une figure éminente de son paysage cultuel », a réagi le chef de l’Etat. Il a magnifié son travail. « Artiste de dimension internationale avérée et académicien, Ousmane Sow a produit un œuvre prodigieux qui l'a élevé au rang de monument de la création artistique sénégalaise, africaine et mondiale », a commenté le président Sall. Selon lui, « Ousmane Sow a produit des personnages et des scènes qui témoignent de la longue histoire de l'Afrique, de son identité et de ses rapports au reste du monde ». Le président de la République a rendu hommage à ce « digne fils du Sénégal et de l'Afrique qui s'est ouvert, en humaniste confirmé, à tous les horizons possibles de la créativité ». 

E. M. F.

Moustapha Ka, ancien ministre de la culture et de la communication : « Le sculpteur de la force vitale »
« Ousmane Sow vient de s’éteindre à Dakar après une longue maladie. Un génie immense disparaît. Il a peuplé l’art africain de sculptures géantes. Ses œuvres ont été exposées dans les grandes villes du monde et d’abord chez lui à Dakar où le public sénégalais a découvert « les Noubas » à la fin des années 80. Il a porté un intérêt particulier aux peuples qui incarnent, à ses yeux, le fondamental en l’homme. C’est le cas des Amérindiens, des Zoulous, des Masaïs et des Peulhs. Ses personnages expriment la puissance et l’énergie, sans être excentriques, ils sont démesurés. L’artiste développe le nu mais ne verse pas dans le nudisme. Chez lui, le corps parle avec ses robustes muscles, ses veines saillantes, son énergie et ses tensions. Il est le sculpteur du relief, de la force vitale .Ousmane Sow est, par ailleurs, fasciné par des personnages exceptionnels comme Victor Hugo, Gandhi, le général De Gaulle, Mohamed Ali, Martin Luther King et son père Moctar Sow à qui il vouait une grande admiration. Il a été un double créateur par les matériaux qu’il a inventés et dont lui seul détenait le secret et par les personnages trempés de boue et d’argile qu'il a façonnés de ses mains. C’est la présence de l’Afrique profonde dans ses œuvres qui l’a porté à l’universel et à la consécration ».

Michaelle Jean, Secretaire generale de l’Oif : « Un artiste au geste et à l’esprit libres »
La Secrétaire générale de la Francophonie, Madame Michaëlle Jean, a exprimé sa « très grande tristesse » à l’annonce du décès, ce jeudi 1er décembre à Dakar, de l’artiste sénégalais Ousmane Sow, « à nul autre pareil ». Dans une communiqué, M. Jean a déclaré : « Avec ses sculptures, plus grandes que nature et hors du temps, Ousmane Sow a magnifié et immortalisé les figures puissantes d’hommes, de femmes et d’enfants de l’Afrique, son continent, et d'ailleurs. Artiste, lui-même d'immense stature sur la scène internationale, dont on salue le geste et l'esprit libres, Ousmane Sow demeurera une figure emblématique, l'humaniste de la sculpture contemporaine. Il a ouvert les yeux du monde sur la réalité de l’art africain contemporain ».

E. M. F.

L’Onu salue sa contribution exceptionnelle au développement de la culture africaine
GENEVE-(Suisse)- Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi), Francis Gurry, salue la «contribution exceptionnelle au développement de la culture africaine du talentueux artiste ».

L’Australien Francis Gurry, directeur général de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi) a pris sa plume pour rappeler son engagement en faveur des droits de tous les artistes, non sans présenter ses condoléances à la famille d’Ousmane Sow, le grand sculpteur sénégalais décédé hier à Dakar et au peuple sénégalais. « J’ai eu le plaisir de rencontrer l’artiste exceptionnel qu’est Ousmane Sow à Dakar et à Genève. J’ai pu apprécier l’artiste talentueux qu’il était et la richesse de son expression artistique, ainsi que sa contribution exceptionnelle au développement et à la diffusion des Beaux-arts et de la culture africaine. Je n’oublie pas son engagement en faveur de la reconnaissance des droits des artistes plasticiens au niveau international notamment aux côtés de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (Cisac). Mes condoléances et pensées attristées sont adressées à sa famille », a écrit Francis Gurry.

El Hadji Gorgui Wade NDOYE-
(Correspondance particulière)

L’artiste-sculpteur et académicien des Beaux-arts de Paris, Ousmane Sow, est décédé hier à Dakar, à l’âge de 81 ans. Avec son décès, c’est un monument de la sculpture qui retourne à son Créateur.

« Un grand baobab est tombé ». La métaphore n’est pas excessive. Ce témoignage de l’artiste-plasticien Kalidou Kassé illustre à suffisance la grandeur d’un œuvre, d’un homme. L’artiste-sculpteur et académicien des Beaux-arts de Paris, Ousmane Sow, est décédé hier à Dakar, à l’âge de 81 ans. Considérée comme l’une des expositions les plus courues à la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’art), l’exposition des œuvres de Sow au siège d’Eiffage Sénégal n’avait pas dérogé à la règle lors du Dak’art 2014. Le profane, le connaisseur ou le simple curieux de l’art avait investi avec beaucoup d’intérêt la série de sculptures de l’artiste sénégalais. Il avait choisi de montrer au public quelques-unes de ses œuvres monumentales les plus connues, ainsi qu’une sélection de petites sculptures qui ont été présentées pour la première fois au Sénégal. « Le Guetteur massaï », « Le vieux sage », « Lutteur Nouba », « Scène de ménage », entre autres créations avaient cristallisé l’intérêt des visiteurs. A l’époque, Gérard Sénac, président directeur général d’Eiffage Sénégal avait estimé : « Le retour d’Ousmane Sow est un acte conscient pour la sauvegarde du patrimoine culturel sénégalais ». Pour G. Sénac, l’œuvre de Sow appartient au créateur, mais aussi à l’histoire de l’art du Sénégal.

Après l’installation d’Ousmane Sow en 2013 à l’Académie française des Beaux-Arts à Paris, « C’est maintenant le tour du Sénégal d’honorer l’Académicien et ses œuvres, avec le devoir de mettre en valeur son travail », avait commenté Gérard Sénac.

« Productif et créatif »
Hier, dans un communiqué, le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a témoigné sur le défunt artiste. « Ousmane était un artiste de rang mondial et ses œuvres ont été partout admirées. Il a su faire apprécier le talent et le génie du Sénégal et de l’Afrique. Ousmane a marqué de son empreinte la création artistique contemporaine du monde. » M. Ndiaye retient de lui un sculpteur « productif et créatif qui restituait l’histoire à travers ses créations monumentales ». Disponible, il nous accompagnait, avec ses conseils, dans les politiques culturelles et s’impliquait aussi dans la vie artistique du pays.

Dans sa trajectoire artistique, Ousmane Sow a connu le succès en 1999, année à laquelle il expose ses sculptures sur le Pont des Arts, au-dessus de la Seine en France. Plus de trois millions de visiteurs viendront admirer ses « guerriers » et « lutteurs » massifs. C’est sur cette même dynamique que se situe son œuvre dédiée à la bataille de Little Big Horn du 25 juin 1876. Des tribus indiennes avaient opposé une vigoureuse résistance à l’armée américaine. « Le travail d’Ousmane Sow n’était pas circonscrite à une histoire malheureuse. Avec une mise en scène historique guidée par une trame narrative plastique, il savait raconter l’histoire des peuples qui résistent, qui disent non », a analysé le critique d’art Massamba Mbaye. Celui-ci ne souscrit pas à la notion de « perte irréversible » de l’artiste d’autant qu’il nous laisse des œuvres qui auront une présence active dans la vie de tous les jours.

M. Mbaye a souligné « des œuvres de haute stature à la dimension de l’homme. Des créations qui le dépassent de par leur présence ». Au regard de l’artiste-plasticien Kalidou Kassé, Ousmane Sow est tombé au champ d’honneur avec une mission bien accomplie. Avec une esthétique empreinte de rigueur, « il a donné espoir aux artistes sénégalais, africains avec des œuvres qui nous parlent, interpellent, avec des solutions », a témoigné K. Kassé. Selon lui, Ousmane Sow est à célébrer pour l’éternité.

E. Massiga FAYE

L’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) veut faire de la culture un outil d’épanouissement et de création de richesses. C’est le sens du Programme régional de développement culturel (Prdc-Uemoa 2016-2020). Dans la mise en œuvre de ce programme, un atelier d’implication a réuni, du 16 au 18 novembre, à Ouagadougou (Burkina Faso), des journalistes culturels de l’espace Uemoa. A l’issue de cette rencontre, un réseau de journalistes ouest africain (Rj-Prdc-Uemoa) a été mis sur pied. Le but, contribuer à une meilleure vulgarisation du programme.

L’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) mise sur la culture comme un ciment d’intégration, de renforcement de l’Union mais aussi comme une source de création de richesse économique. C’est dans cette perspective que le programme régional de développement culturel (Prdc-Uemoa) a été mis en place pour l’horizon 2016-2020. Pour donner plus de visibilité à ce projet, l’Uemoa mise sur les journalistes culturels de l’espace communautaire. A cet effet, ils ont été impliqués au travers d’un atelier qui s’est tenu du 16 au 18 novembre à Ouagadougou (Burkina Faso). A l’issue de la rencontre, un réseau de journalistes (Rj-Prdc-Uemoa) a été créé. Avec à sa tête la Sénégalaise Oumy Régina Sambou, l’objectif est de participer à une meilleure visibilité du programme. Ainsi, les documents de Politique commune de développement culturel et le Prdc-Uemoa, adoptés respectivement les 23 octobre 2013 et 25 septembre 2014, accordent une place de choix à la promotion et à la valorisation des expressions culturelles dans leur diversité, pour un rayonnement de l’espace communautaire.

A la cérémonie d’ouverture de l’atelier, le Commissaire chargé du Département du Développement humain, Seydou Sissouma, avait souligné les objectifs du programme : un marché régional des biens et services culturels structuré et productif, des biens et services culturels de l’espace communautaire labellisés par l’Uemoa et promus dans la sous-région et au niveau international. Pour le commissaire Sissouma, il s’agit d’ « accompagner la Commission dans le défi de valorisation de nos patrimoines, de nos talents, de notre diversité culturelle afin de donner une nouvelle impulsion à la création de richesses et au rayonnement de notre espace ».

Professionnalisation
Dans son esprit, la Politique commune de développement culturel vise à « faire de l’espace communautaire une aire de créativité où les expressions culturelles sont promues et partagées dans un environnement économique et social dynamique ». Sur la même ligne, le Prdc ambitionne de « contribuer à valoriser la culture comme source de création de richesse et de rayonnement de l’Uemoa. Sur ce point, les questions relatives à l’information culturelle prennent une importance capitale dans la mise en œuvre de ses activités.

Lors des échanges, les participants sont revenus sur certaines questions relatives notamment à la réticence des acteurs culturels à se structurer, l’harmonisation des textes réglementaires et législatifs. Autres préoccupations soulevées, la professionnalisation des métiers de la culture, la valorisation des sites historiques et touristiques. Oumy Ndour de la télévision sénégalaise Rts1 a relevé « le peu d’intérêt accordé à l’information culturelle dans les médias », la problématique de l’archivage audiovisuel dans l’Uemoa, avant de suggérer une sensibilisation des responsables de médias sur l’importance de la culture. Pour sa part, le Burkinabé Evariste Combary de la Rtb a posé la question du rôle des journalistes dans la mise œuvre du Prdc. A cette interrogation, la chargée des Affaires culturelles au sein de la Commission de l’Uemoa, Aminata Lô Paye, a répondu que la presse a un rôle essentiel à jouer pour donner plus de visibilité aux différentes expressions culturelles. Sur la même lancée, Mme Paye a souligné l’urgence de conserver et de faire circuler les archives audiovisuelles.

OUMY RÉGINA SAMBOU À LA TÊTE DU RÉSEAU DES JOURNALISTES POUR LE PRDC-UEMOA
Oumy SambouA l’issue de trois d’atelier, les participants à l’atelier d’implication des journalistes culturels des Etats membres pour la mise en œuvre du Prdc-Uemoa ont fait une déclaration finale lue par la présidente de séance, Oumy Régina Sambou. Ainsi, à la fin de l’atelier, il a été mis sur pied le réseau des journalistes pour le Prdc-Uemoa. Pour l’efficacité du Rj-Prdc-Uemoa, placé sous la présidence de la Sénégalaise Oumy Régina Sambou de la Radio Sud Fm, les participants à l’atelier pour la mise en œuvre du programme recommandent : un appui à la mobilité des journalistes culturels dans l’espace Uemoa, un partage des informations de l’atelier par chaque délégation de journalistes culturels aux confrères et consœurs de leur pays, un travail à intégrer un journaliste dans les comités de pilotage des pays. Il s’agira également de multiplier les contacts entre l’Uemoa et les professionnels des médias mais aussi entre journalistes afin que les membres du réseau diffusent, au maximum, les informations culturelles des différents pays membres de l’Union. L’atelier recommande une dynamisation du réseau à travers les animations quotidiennes de la plateforme digitale.

KOMLAN AGBO, DIRECTEUR DU PATRIMOINE CULTUREL ET DES ARTS « DONNER PLUS D’IMPORTANCE ET DE VISIBILITÉ À LA CULTURE »
L’Uemoa veut donner plus d’importance et de visibilité à la culture. Le but de cet atelier d’implication des journalistes culturels, explique Komlan Agbo, directeur du Patrimoine culturel et des Arts à la Commission de l’Uemoa, c’était de les mettre au parfum de tout le contenu du Prdc. K. Agbo estime qu’au terme de cet atelier, les journalistes, une fois retournés dans leurs pays, vont parler aux populations pour dire que maintenant la Commission de l’Uemoa fait des efforts dans le domaine de la culture. Et « c’est ce retour qui nous permettra de savoir si nous avons réalisé notre objectif ou pas », a commenté le directeur du Patrimoine et des Arts. Il avoue : « Nous avons longtemps pensé la culture comme parent pauvre et dans nos budgets vous savez comment ça se passe. Mais nous nous efforçons de démontrer qu’aujourd’hui, la culture est économiquement rentable ». Pour preuve, avance Agbo, « nous parlons beaucoup d’économie de la culture ». Poursuivant son argumentaire, le directeur du Patrimoine soutient : « Nous avons des études qui prouvent que la culture vient en tête et dans certains pays comme les Etats-Unis, c’est la culture qui arrive en 2ème position après l’industrie de l’armement. Des études ont été menées au Mali, Burkina Faso et on a pu prouver que la culture contribue pour 2,3% au Pib de nos Etats ». Au regard de Komlan Agbo, « il y a de quoi amener tout investisseur à s’intéresser au secteur de la culture ». Aujourd’hui, se félicite-t-il, « nous avons des preuves, nous avons des statistiques. Même dans nos pays membres, nous avons créé des cellules nationales de la statistique qui ont commencé à produire des chiffres ». Avec ces chiffres, l’Uemoa veut amener les décideurs à s’intéresser au secteur de la culture.

AMINATA LÔ PAYE, CHEF DE LA DIVISION DES INDUSTRIES CULTURELLES ET DES ARTS « EN VALORISANT LA CULTURE, ON CRÉE DE LA RICHESSE DANS L’UNION »
Aminata Lo PayeLa Chef de la Division des industries culturelles et des arts à l’Uemoa, Aminata Lo Paye, est convaincue qu’en mettant en valeur les grandes richesses culturelles, l’Union peut en même temps obtenir l’épanouissement des populations et la contribution à la création de richesse dans l’espace communautaire.

Quel est l’enjeu pour la Commission de l’Uemoa de mettre sur pied le Prdc ?
Comme nous l’avons souvent évoqué au cours de nos travaux, c’est une volonté d’impliquer le secteur de la culture, qui n’était pas jusqu’ici pris en compte dans les compétences de l’Uemoa, En réalité, c’est depuis 2013 seulement qu’une Politique de développement culturel a été adopté à la Commission de l’Uemoa et ensuite le Programme qui la met en œuvre est survenu en septembre 2014 par le Conseil des ministres statutaires de l’Union. Chemin faisant, nous impliquons l’ensemble des acteurs concernés pour dérouler un certain nombre d’activités. Elles nous permettront de mieux mettre en exergue la contribution de la culture au Pib de nos Etats.

Quelles sont les grandes orientations du Prdc-Uemoa ?
Nous savons que la culture est un secteur porteur mais qui a besoin de quelques actions pour pouvoir faire ressortir toutes les riches contenus dans ce secteur. Nous nous orientons vers deux points essentiels : aménager le marché culturel de l’espace, améliorer la visibilité des expressions culturelles. En mettant en valeur les grandes richesses du secteur, nous pouvons en même temps obtenir l’épanouissement des populations et la contribution à la création de richesse dans l’Union.

Parlant de marché des biens et services culturels, ne craignez-vous pas un chevauchement avec le Masa d’Abidjan ?
Nous ne pouvons pas être en conflit avec le Masa d’Abidjan qui est juste une activité. Effectivement nous travaillons avec les acteurs qui sont sur le terrain. Le Masa est entièrement pris en compte dans le Prdc. En réalité quand on parle de marché, c’est à l’échelle régionale. C’est-à-dire les échanges entre les acteurs du secteur de la culture.

On risque de retrouver les mêmes acteurs sur deux marchés ?
Au sein de la Commission, quand on parle de marché cela dépasse le cadre où l’on et l’on achète. C’est vraiment une organisation de l’espace de manière à ce que les échanges, la circulation, l’interaction puissent se faire dans le domaine de la culture. Nous avons même un Département du marché régional et du commerce qui englobe la politique culturelle. Car, c’est l’ensemble des échanges dans l’Union qui sont organisés dans ce Département. Donc, ce n’est pas le même marché.

De notre envoyé spécial à Ouagadougou, E. Massiga FAYE

L’exposition itinérante célébrant le cinquantenaire des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès (Msad) suit son cours. Après le Monument de la Renaissance africaine, c’était au tour  du Siège de la Sonatel d’abriter une autre exposition des Msad. Ouverte mardi, au total une quinzaine d’œuvres d’art (tapisseries décoratifs, tapis de sol, de  prières, entre autres) sont proposées aux visiteurs, ce jusqu’au 9 décembre 2016.

Partenaire leader des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad) de Thiès, la Fondation Sonatel a tenu à participer à la commémoration du cinquantenaire de l’institution, en accueillant dans les locaux du siège de la Sonatel l’exposition des quelques œuvres réalisées par les Msad. Le vernissage de cette exposition, mardi, a permis aux visiteurs et autorités venus nombreux au siège, de découvrir sous la houlette du commissaire, Alioune Badiane, ( ancien directeur des Msad et des Arts,) la diversité, la richesse et la beauté de ces tapisseries.

Lors du vernissage, Alioune Badiane a présenté un certain nombre de maquettes de tapisseries allant jusqu’aux plus anciennes. C’est le cas de la tapisserie la plus ancienne de la collection artistique de l’Etat signée Papa Ibra Tall et qui date de 1965. C’est la fameuse tapisserie « Le Grand Magal de Touba » qui trône aujourd’hui au siège des Nations unies, à New York. Le parcours de l’exposition donne à apprécier la finesse du travail de l’artiste thiessois Abdoulaye Ndiaye Thiossane qui a signé beaucoup de cartons de tapisseries. A travers sa tapisserie titrée Lat Dior, il nous fait revivre les tenues traditionnelles du roi Lat Dior et de son fameux cheval « Malaw ». Il en est de même avec  la tapisserie « Jankbi » signée par l’artiste Ansoumana Diédhiou, une signature très connue à travers le monde.

Une tapisserie de Babacar Mbaye Diouf, « riche et belle », fait partie de la collection de tapisseries exposées au siège de la Sonatel.

D’après Alioune Badiane, commissaire de l’exposition, « à ces tapisseries viennent également s’ajouter à la collection des Msad, des échantillons de tapis de sol et de prières ».

Un patrimoine culturel
Pour mieux faire découvrir les manufactures, des affiches de photos se sont aussi greffées à l’exposition. Ces images d’archives laissent entrevoir le président-poète Léopold Sédar Senghor en train de signer une convention avec le président de la Banque mondiale Matmanara avec une tapisserie commandée par l’Uemoa derrière eux, les photos de visite d’autorités aux Msad tels Houphouët Boigny, Michaelle Jean, Modibo Keita, la photo de la tapisserie  qui est dans la salle d’audience du président de la République et celle qui est dans la salle des banquets.

Présidant le vernissage de l’exposition, le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a magnifié cette exposition.

 Pour lui, c’est la célébration de deux fleurons de l’industrie, à savoir l’industrie culturelle à travers les Manufactures des arts décoratifs de Thiès et l’industrie économique. Aussi, souligne-t-il, qu’il faut, « au-delà de la commémoration du cinquantenaire des Msad, faire la promotion des produits des Manufactures à l’intérieur comme à l’extérieur du pays  à travers les ambassades, les organisations internationales, les services administratifs et  culturels pour qu’ils s’approprient et fassent rayonner ce patrimoine culturel national.

L’administratrice générale de la  Fondation Sonatel, Aminata Fall Sidibé, s’est dite « fière d’accompagner les Msad » dans le cadre de la célébration de leur cinquantenaire. « Ce moment étant historique dans leur  parcours, nous avons jugé nécessaire d’allouer une subvention d’un montant de 20 millions de FCfa pour leur permettre de réussir toutes les grandes étapes inscrites dans le cadre de la commémoration des 50 ans », confie Mme Sidibé. Outre ce soutien financier, l’administratrice générale souligne également l’accompagnement des jeunes talents (15) dans le but d’assurer la relève technique du personnel des manufactures.

 Maguette Guèye DIEDHIOU

L’écrivain Marouba Fall, poète, dramaturge, romancier et essayiste, auteur du célèbre roman « La Collégienne » représentera le Sénégal en Italie, à l’occasion de la cérémonie officielle de remise des prix aux lauréats du Prix international de la poésie « Sur les traces de Léopold Sédar Senghor » prévue le 17 décembre à Milan (Italie). Son poème « Auschwitz 45 » a été sélectionné parmi les textes finalistes du Prix international de la poésie organisé par Africa Solidarité à Onlus.

Les représentants des cinq Comités de lecture ont sélectionné 10 ouvrages finalistes représentant 10 pays pour la 15ème édition du Prix des cinq continents de l’Organisation international de la Francophonie. Le roman de la Québécoise Suzanne Aubry, « Ma vie est entre tes mains », Québec, Libre Expression, 2015, fait partie des finalistes.

La romancière québécoise Suzanne Aubry figure parmi les 10 finalistes du Prix des cinq continents de la Francophonie avec son 9ème roman « Ma vie est entre tes mains », Québec, Libre Expression, 2015. Dans cet ouvrage, l’auteure raconte une histoire sur le pouvoir de la résilience et la force de la rédemption.

Diplômée en écriture dramatique de l'École nationale de théâtre du Canada, Suzanne Aubry a remporté un grand succès avec sa pièce « La Nuit des p'tits couteaux », mise en nomination pour le Prix du Gouverneur général. Elle est également coauteure de trois téléséries: « À nous deux ! », « Sauve qui peut ! » et « Mon meilleur ennemi ».

Extrait, pp. 62-65.

(…) « Lorsque Michel revint chez lui, il constata que le manteau d’Emilie et l’anorak de Thomas n’étaient pas suspendus à la patère. Leurs bottes ne se trouvaient pas à leur place habituelle, sur le tapis. Emilie avait peut-être décidé de faire des courses après la visite chez le médecin. Pourtant, il avait vérifié sa messagerie vocale, elle était vide.

Il enleva ses bottes, alla à la cuisine, ouvrit la porte du frigo, couverte de photos, de recettes, de listes d’épicerie, et prit une bière, qu’il but à même le goulot. Il se rendit dans le salon, se cala dans le vieux fauteuil et alluma la télé. Des images de guerres, d’incendies, de séismes se succédaient sur l’écran. Au moment où il s’apprêtait à changer de poste, son attention fut attirée par un paysage familier. La rivière Rouge, reconnaissable entre toutes, avec ses sinuosités de serpent. Une jeune reporter expliquait que les nombreux embâcles causaient des inquiétudes dans les villages situés au sud de Winnipeg et que les habitants craignaient des crues importantes. La province du Manitoba se préparait au pire et avait fait appel à l’armée, qui s’affairait à construire des digues à l’aide de sacs de sable. Michel sentit l’angoisse l’étreindre. « Le regard égaré du vieil homme, ses lèvres exsangues, le sang formant une large flaque autour de lui, le visage paniqué de Benoit, celui de Léo, dur comme l’airain. »

Il éteignit le téléviseur. Une lumière rougeâtre s’infiltrait à travers les lattes des stores vénitiens, traçant des lignes obliques sur le sol. Michel consulta sa montre. Il était près de dix-neuf heures, et Emilie et Thomas n’étaient toujours pas rentrés. Il sortit son cellulaire de sa poche et consulta de nouveau la messagerie. Rien. Il se dirigea alors vers le téléphone sans fil qui se trouvait sur un guéridon, dans le hall. Il y avait plusieurs messages anodins. Puis la voix d’Emilie, qui se perdait dans le bourdonnement d’une foule.

– il fallait que je parte, Michel. Ne cherche surtout pas à me retrouver. Thomas va bien, ne t’inquiète pas pour lui. Je te donnerai d’autres nouvelles plus tard. Pardonne-moi. Je t’aime.
Le clic d’un téléphone qu’on raccroche. Il eut l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds. « Il fallait que je parte, Michel ». Il composa le numéro du portable de sa femme, mais elle ne répondit pas. Il laissa un message.

– Emilie, c’est moi. S’il te plaît, rappelle-moi. 

Serrant le combiné du téléphone dans sa main, il courut vers leur chambre et ouvrit la porte de la garde-robe. Une bonne partie des vêtements d’Emilie avait disparu. Sa valise, qu’elle plaçait habituellement sur une tablette de la penderie, n’était plus là. Il se rendit à la chambre de Thomas, sachant d’avance qu’il trouverait les tiroirs de sa commode vides. Il s’assit sur le lit de son fils, la tête lourde, la poitrine comprimée, tentant de mettre de l’ordre dans ses idées. Emilie avait prétexté un rendez-vous chez le médecin pour aller chercher leur fils à l’école. Cette préméditation, ces mensonges lui ressemblaient si peu… Il réécouta attentivement le message, tâchant de déchiffrer le mystère de son départ entre les mots. La voix était presque enterrée par un bruit de fond. Michel distingua les bribes d’une annonce adressée à des voyageurs. Il fit repasser le message et comprit qu’Emilie était dans n endroit public lorsqu’elle l’avait appelé, une gare, peut-être, ou un aéroport.

Le téléphone sonna. Michel répondit aussitôt, rempli d’espoir.
– Emilie ?
C’était une voix automatisée, appelant au nom d’une agence de recouvrement. Michel lança le combiné sur le mur dans un geste d’impuissance. Il s’empara de l’oreiller de son fils et le serra contre sa poitrine, respirant l’odeur légèrement acidulée qui s’en dégageait.

C’est l’été, à la fin du mois de juin. Emilie et Michel sont assis sur un banc, devant le lac aux Castors, où s’ébrouent des colverts. Les mains d’Emilie sont posées sur son ventre rond, qui ressemble à un gros ballon de plage. Des enfants déposent un voilier miniature dans l’eau iridescente, d’autres se poursuivent dans un sentier en riant. Quelques cerfs-volants font es taches de couleur dans le ciel où s’étirent des cumuls. Un jeune couple promène un bébé dans un landau. Emilie sourit en voyant la tête rose d’un poupon et ses menottes qui émergent d’une ouverture. « Bientôt, on promènera notre bébé, comme eux », dit-elle en tournant la tête vers Michel. Ce dernier suit la poussette des yeux. Il pense à l’image du fœtus qu’il a vue lorsqu’il a accompagné Emilie à l’hôpital pour une échographie. La tête, les mains, les pieds, minuscules, mais déjà formés. Un garçon.

Ils égrènent des prénoms : Laurent, Guillaume, Tristan… Emilie plisse légèrement les yeux, comme elle le fait parfois lorsqu’elle réfléchit. « J’aime Tristan, mais c’est un peu triste. Pourquoi pas Thomas ? » Puis elle baisse la voix, évitant de regarder Michel, sachant à l’avance comment il réagira. « Après mon accouchement, quand notre petit pourra voyager, je voudrais retourner à Saint-Boniface. Mes parents seraient tellement heureux ! » Michel ne répond pas. Une angoisse familière lui noue le ventre. Emilie lui jette un regard suppliant. « Laisse-moi partir, Michel ! » Elle lui parle de ses parents, qui ont fait preuve de tant de dévouement envers elle et qu’elle n’a pas revus depuis cinq ans, elle lui parle du ciel sans fin des Prairies, du parfum des herbes hautes, des baignades dans le lac Winnipeg. Elle lui parle de l’hiver, des cristaux qui se forment dans l’air glacial comme des diamants, des nuées blanches qui couvrent les routes droites. Michel secoue obstinément la tête. « On en a discuté souvent. C’est trop risqué. » Emilie met une main sur son bras, qu’elle serre avec une force surprenante. « C’est ton passé, Michel, pas le mien ! » Il est heurté, en colère. Lorsque Emilie es venue le rejoindre à Montréal, elle s’est engagée à faire définitivement une croix sur les siens, à ne plus jamais retourner au Manitoba. « T’avais promis Emilie. » Il y a un autre long silence entre eux. Puis Michel lui dit la vérité au sujet de la nuit du 4 avril 1997. Les cris des enfants, les sourires des passants, le ciel si bleu sont noyés dans le sang. » (…)

Une présentation d’E. Massiga FAYE

Le Sénégal a soumis à l’Unesco son premier rapport quadriennal sur la mise en œuvre de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles signée en 2005. La Maison de la culture Douta Seck a abrité, hier, la journée de restitution du rapport produit par des acteurs étatiques et non étatiques à qui ont été remis des certificats de reconnaissance pour le travail rigoureux de collecte d’informations et de documents sur tout le territoire national et de la synthèse qui en a été faite.

L’intérêt que les autorités publiques accordent au secteur de la culture se manifeste par une kyrielle de mesures et de politiques visant à impulser une nouvelle dynamique. L’élaboration du rapport quadriennal, en plus de mettre en lumière les compétences des ressources humaines du pays, témoigne de la volonté du gouvernement de faire de la culture un élément essentiel de sa stratégie de développement. Le rapport quadriennal du Sénégal sur la mise en œuvre de la convention Unesco de 2005 a été produit par des acteurs étatiques et non étatiques de divers horizons professionnels. Les rapports périodiques quadriennaux, estime Birane Niang, secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, ont pour vocation de rassembler et de restituer les informations les plus pertinentes sur les objectifs et l’impact des politiques et des mesures publiques en faveur de la protection et de la promotion de la diversité des expressions culturelles. Ils sont les meilleures bases du suivi-évaluation des politiques nationales tout en étant un vivier de bonnes pratiques au niveau national.

Parlant spécifiquement du rapport quadriennal Sénégal 2016, M. Niang indique qu’il « relève le défi de la rigueur scientifique et de la pertinence culturelle attendues de tels exercices après un laborieux processus de collecte et de synthèse des données par ses rédacteurs. Ce premier exercice réussi place le respect de nos obligations d’Etat-Partie, en matière de reddition des comptes et d’exploitation politique et stratégique de cet instrument au cœur de notre action ».

Ce travail a également mis en relief la capacité des acteurs culturels et des experts d’horizons divers de travailler en synergie au service des aspirations communes. La composition du comité national de rédaction du rapport quadriennal de la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles en témoigne. Des certificats et attestations de reconnaissances ont été délivrés aux membres de l’équipe rédactionnelle « une des clés de la réussite de cet exercice », pense-t-il non sans décerner une mention spéciale au Breda-Unesco et au projet suédois pour l’appui constant et déterminant qui a mené à l’aboutissement de ce processus.

Selon Abdoulaye Koundoul, directeur des Arts, ce rapport offre une vue très large de la culture et met en exergue les politiques et les mesures prises par l’Etat et la société civile pour mettre en œuvre la Convention.

Alassane Aliou MBAYE

L’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) a procédé, hier, à l’inauguration de la 50ème salle multimédia Adie au collège de Scat Urbam. 

L’inauguration de la 50ème salle multimédia a été une occasion pour l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) de lancer des sessions de formation à l’endroit des professeurs, responsables de ces salles informatiques pour qu’ils soient suffisamment outillés. Installés au collège de Scat Urbam, ces équipements faciliteront le développement des applications Tic.

Selon le directeur Général de l’Adie, Cheikh Bakhoum, c’est  pour partager l’immense potentiel de ressources informatiques disponibles que l’Adie a mis en place depuis août 2012,  la Cellule de solidarité numérique (Csn) dont   la mission essentielle est l’intégration pédagogique des Tic dans le système éducatif à travers le recyclage utilitaire et durable des équipements informatiques. « A ce jour, 180 établissements scolaires, à travers le pays, sont équipés d’ordinateurs avec une connexion Internet gratuite et des ressources pédagogiques numériques à travers l’installation de salles informatiques », informe-t-il. Aussi, précise Cheikh Bakhoum, « au-delà des installations techniques des machines, les professeurs doivent également être suffisamment outillés, à travers la mise en œuvre de programmes de formations adéquates pour maîtriser et s’approprier les usages des Tic.  En ce sens, dit-il, « ils viennent de signer avec l’Association africaine des professeurs de mathématiques au Sénégal (Apams) une convention de partenariat dont l’objet est de mettre en place une plateforme d’enseignement à distance ». Ladite plateforme va offrir aux élèves des classes de troisième et de terminale un espace-recherche où ils pourront trouver une documentation abondante et variée dans les disciplines scientifiques.

S’adressant aux élèves du collège de Scat Urbam, qui viennent de bénéficier de la 50ème salle multimédia Adie, M. Bakhoum  les a  exhortés à cultiver le goût de la recherche à travers l’Internet et l’ordinateur afin de favoriser l’émergence de l’e-citoyen. Aussi, leur suggère-t-il de faire bon usage des équipements qu’ils viennent de mettre à  leur disposition afin d’en tirer un maximum de profit.

« Pour l’année 2017, un programme de 50 salles multimédia sera de nouveau mis en œuvre et devra couvrir des zones de l’intérieur du pays encore victime de la fracture numérique », fait savoir le Dg de l’Adie.

Maguette Guèye DIEDHIOU

La cinquième édition du « Partcours » (l’art dans la cité) s’ouvre du 1er au 11 décembre. Cette année, 19 espaces de Dakar et de sa banlieue proposeront des vernissages ainsi qu’une série d’activités autour de la création artistique.

C’est une programmation tout à fait alléchante que propose, du 1er au 11 décembre prochain, la cinquième édition du « Partcours », (l’art dans la cité). Cet évènement regroupera près d’une cinquantaine d’artistes autour de dix-neuf espaces de la capitale sénégalaise. L’objectif de cette manifestation, qui s’est inscrite ces dernières années sur la liste des évènements phares œuvrant pour la promotion des créations contemporaines, est de croiser les publics et d’inciter les visiteurs à découvrir l’offre exceptionnelle proposée durant l’événement. Comme lors de la précédente édition, cette année, le « Partcours » va montrer non seulement la vitalité de l’art contemporain à Dakar, mais également dans la banlieue. Par exemple, le Centre culturel Maurice Guèye de Rufisque va proposer « Les Petits rapporteurs du Marathon », lequel est une restitution de l’atelier photographique des enfants organisé lors du Marathon Eiffage en février 2016, sous la coordination du photographe Bastien Defives et de Trias Culture. L’espace culturel de la Mairie de Keur Massar va abriter également cette même exposition.

Dans le « Partcours », créé en 2012 à l’initiative de Raw material company et de Céramiques Almadies, chaque lieu est libre de sa programmation avec des contenus et un calendrier différents. « Il s’agit d’une initiative indépendante du début à la fin. D’où l’absence d’un thème », a expliqué Koyo Kouoh de Raw company. L’évènement se veut un tremplin servant à la création d’un espace de partage où les galeristes, les artistes et le public peuvent échanger. La manifestation « fédère », chaque espace propose ».

Pour Mauro Pétroni, l’un des initiateurs, malgré le temps qui passe et la fragilité des activités culturelles, le mécanisme du « Partcours » reste toujours le même. « Nous n’allons pas changer quelque chose qui fonctionne et qui est née dans une certaine logique. Dans les cinq années nous retrouvons les mêmes acteurs qui bougent comme dans un tourbillon : autour de quelques points fixes, nous avons des passages épisodiques, des départs, des retours, des tentatives inachevées », a-t-il déclaré. Loin du concept de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, cette manifestation se singularise également par son degré de spontanéité et d’incitation. Elle fait de Dakar, pendant dix jours, un creuset des arts plastiques et de la création d’une manière générale. Cela, avec les lieux assurant une programmation artistique régulière avec plusieurs évènements dans l’année. La manifestation est un moment de promotion de la créativité avec des débats et des restitutions de résidence artistique.

Ibrahima BA

La 2Stv a remporté le prix « People’s choice » des prestigieux Eutelsat Tv Awards dont la cérémonie de remise des trophées a eu lieu dans la nuit du vendredi dernier à Milan (Italie). « Asseoir une identité culturelle, la valoriser dans son originalité et sa créativité ont été les caractéristiques majeures reconnues à la chaine de télévision sénégalaise », explique un communiqué. Le texte renseigne que « c’est la première fois qu’une chaîne de télévision africaine remporte ce trophée qui était âprement disputé par plus de 120 chaînes issues de 37 pays différents ». Le communiqué rapporte qu’El hadj Ibrahima Ndiaye, Pdg, accompagné de son épouse Marième Ndiaye, et le ministre porte-parole du gouvernement Seydou Gueye ont reçu ce prix des mains du directeur d’Eutelsat, Rodolphe Belmer. Les Eutelsat Tv Awards constituent un événement d’envergure internationale qui place au centre du jeu les chaînes thématiques diffusées dans le monde entier sur les satellites d’Eutelsat.

Aujourd’hui, dans leur 19ème édition, souligne le communiqué, les Eutelsat Tv Awards ont fait concourir cette année 120 chaînes issues de 37 pays différents. La cérémonie de remise des prix a rassemblé plus de 350 professionnels du secteur audiovisuel.

Avec une flotte de 38 satellites, le Groupe Eutelsat Communications commercialise de la capacité auprès d’un portefeuille de clients constitué notamment de télédiffuseurs, d’associations de télédiffusion, d’opérateurs de bouquets de télévision, de fournisseurs de services vidéo, de données et d’accès Internet, d’entreprises et d’administrations.

E. M. F.

Les représentants des cinq Comités de lecture ont sélectionné 10 ouvrages finalistes représentant 10 pays pour la 15ème édition du Prix des cinq continents de l’Organisation international de la Francophonie. Le roman « Vi » de la Vietnamo-canadienne Kim Thúy figure parmi les 10 finalistes.

La Vietnamo-canadienne Kim Thúy figure parmi les 10 finalistes du Prix des cinq continents de la Francophonie avec son 4ème ouvrage « Vi », publié chez Libre Expression (Canada). En vietnamien, « Vi » désigne ce qui est infiniment petit, microscopiquement petit. Dans ce livre, Vi est le prénom d'une fillette, la plus jeune sœur de trois grands frères, le « petit trésor » qui se retrouve malgré elle dans la grande Vie et ses tumultes. En quittant Saïgon pour Montréal, en visitant Suzhou et Boston, en grandissant aux côtés des héros ordinaires, elle est témoin de l'immensité de la mer, de la multiplicité des horizons, de l'unicité des tristesses, du luxe de la paix, de la complexité de l'amour, de l'infini des possibilités et de la violence de la beauté.
Née à Saigon en 1968, Kim Thúy a quitté le Vietnam avec les boat people à l’âge de dix ans et s’est installée avec sa famille au Québec. Diplômée en traduction et en droit, l’auteure a travaillé comme couturière, interprète, avocate, propriétaire de restaurant et chroniqueuse culinaire pour la radio et la télévision.

« Ru », son premier roman, est paru aux Éditions Libre Expression en octobre 2009. Best-seller au Québec et en France, il a vu ses droits vendus dans vingt-cinq pays, en plus d’avoir été finaliste de plusieurs prix littéraires, dont le Prix des cinq continents de la Francophonie 2010 et le Grand Prix littéraire de la relève Archambault. Il a obtenu le prestigieux prix du Gouverneur général 2010, le grand prix RTL-Lire 2010 et le grand prix du Salon du livre de Montréal 2010. Son deuxième livre, « À toi », coécrit avec Pascal Janovjak et paru en septembre 2011 chez Libre Expression, se retrouve, dans sa version de poche en anglais, sur la liste des « Discovery Picks » de la chaîne Barnes & Noble, aux États-Unis. En 2013 paraît le troisième ouvrage de l’auteure, « Mãn », finaliste au Prix des cinq continents de la Francophonie en 2014 et traduit dans neuf langues.

Extrait :
(…) « À mon retour, un collègue avocat m’a convoquée dans son bureau pour me parler d’un projet d’aide à long terme sur les politiques de réforme au Vietnam. Puisqu’il était connu comme étant l’un des hommes les plus brillants du pays, je l’ai suivi sans condition, sans savoir que les Vietnamiens-Américains qui osaient voyager au Vietnam voyaient parfois leur maison vandalisée et que les Vietnamiens-Canadiens manifestaient devant le parlement contre la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays. J’ai pris l’avion dans l’ignorance complète du caractère hautement sensible et purement politique du projet.

Avant de trouver un bureau permanent, nous avions établi notre quartier général dans le petit hôtel où était logée notre équipe. Le jour, nos chambres devenaient nos bureaux, et le restaurant, notre salle de conférences. Nous mangions ensemble au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner. Nous fermions nos portes tard le soir, en même temps.

Pour ma part, je continuais la nuit à chercher dans les dictionnaires anglais-français / français-anglais / anglais-vietnamien / vietnamien-anglais / français-vietnamien / vietnamien-français, en plus des dictionnaires unilingues puisque le mot « logiciel » n’existait pas dans les années 1970 au Vietnam, pas plus que « environnement » ou « Anase ». La langue vietnamienne que je connaissais était marquée par l’exil et figée dans une ancienne réalité, celle d’avant la présence des Soviétiques et des liens étroits avec Cuba, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, la Roumanie… Plus de trente mille Vietnamiens vivent à Varsovie, en Pologne, et à Berlin, le quartier vietnamien dépasse de loin la taille du quartier chinois à Montréal. L’histoire du Vietnam et des Vietnamiens se vit, s’amplifie, se complexifie sans être écrite ni racontée. » (…)

Une présentation d’E. Massiga FAYE

Le comité régional de sélection est à pied d’œuvre pour une participation honorable de la région de Kolda à la 9ème édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac) prévue du 26 au 31 décembre prochain à Kolda.

Le comité régional de sélection s’est rendu dans les différents départements pour le casting des troupes de danse, de musique et du théâtre devant représenter la région à la 9ème édition du Festival national des arts et cultures prévue du 26 au 31 décembre prochain à Kolda. Pour la danse, le critère de sélection porte sur la précision dans les mouvements, les efforts physiques et la rythmique. Pour ce qui concerne la musique, le choix porte sur la maîtrise de l’instrument et l’harmonie musicale mais aussi, à travers les leeds vocaux. Tandis qu’en théâtre, c’est la capacité d’improvisation, le jeu de l’acteur et l’occupation de l’espace qui ont été privilégiés. « En musique, l’ossature principale nous vient de Pakour (département de Vélingara) avec l’orchestre Mayé Diao. En effet, sur les 8 acteurs musicaux sélectionnés, les 6 viennent justement de Pakour. Pour la danse, seul le département de Kolda, notamment la commune, a présenté une troupe. Du coup, sur les 14 participants au casting, 12 ont été sélectionnés pour le compte de la délégation régionale. Pour ce qui concerne le théâtre, c’était très serré. Sur les 12 acteurs choisis, 6 viennent de Kolda, 4 du département de Vélingara et un de Médina Yoro Foulah. Le metteur en scène est Sadik Sall venu également de Kolda », déclare Abdoulaye Oumar Baldé, directeur du Centre culturel régional de Kolda. Il espère que la région de Kolda va réussir le pari de l’organisation et de la participation.

Le comité régional de sélection veut mettre tous les atouts de son côté pour maximiser ses chances de participation à ce Festival national qui se tient pour la première fois à Kolda. Il vient d’organiser un atelier de théâtre co-animé par Abdoulaye Seydi, comédien du théâtre de la Mascara en France et Nicolas Jobert, metteur en scène du même théâtre. Il compte aussi organiser au début du mois de décembre, des ateliers en danse et en musique pour renforcer les capacités des acteurs culturels locaux. « Je suis là sur invitation d’Abdoulaye Seydi et Sadik Sall qui m’ont demandé de venir à l’occasion de ce Festival pour préparer les comédiens pendant le spectacle. Je dispense une formation sur l’improvisation, c’est-à-dire, le travail personnel du comédien pour qu’il soit suffisamment solide. C’est un travail individuel et collectif », explique Nicolas Jobert.

Mamadou Aliou DIALLO

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.