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Arts et Culture (1653)

La 15e édition de la Dakar Fashion Week a été une réussite du point de vue organisationnel, de la qualité mais aussi de la mobilisation. Elle a été clôturée, samedi, par un défilé présentant des créations de très haut niveau. Rendez-vous est pris pour 2018. Dakar a été, durant toute la semaine écoulée, la capitale africaine de la mode. Des designers venus de plusieurs pays ont rivalisé de talents à l’occasion de la 15e édition de la Dakar Fashion Week, clôturée samedi par un défilé haut de gamme. Une soirée ouverte par la styliste malienne, Maria Bocoum qui, avec une combinaison de tenues classiques et modernes, a fait étalage de tout son savoir-faire en la matière. Pour sa première participation à ce rendez-vous de la création artistique, la jeune malienne a su capter l’attention du public avec ses modèles. L’événement offre l’opportunité aux jeunes talents sénégalais et africains de se propulser sur la scène internationale. La designer ivoirienne, Loza Maleombho, a été aussi l’une des attractions de cette soirée de la mode. Avec une combinaison de couleurs, elle a réussi à confectionner des tenues d’été, des robes de soirée et d’autres vêtements de classe très appréciés par le public.

Les stylistes bissau-guinéenne et angolaise, Bibas et Soraya Da Piedade, ont également apporté une dose lusophone à ce défilé qui célèbre en même temps la richesse culturelle de l’Afrique et la beauté de la femme noire. Pour sa part, Enzo Itzaky, un styliste d’origine libanaise vivant au Sénégal et de nationalité française, a montré sa dernière collection qui est une sorte de synthèse de ces trois cultures qui ont influencé son travail. Le savoir-faire marocain a été étalé par Luxury by K qui a présenté des caftans et robes de haute gamme réalisés à partir de fil d’or et d’argent, de pierres, de sequins, de cristaux, etc. Après tous ces designers, arrive le tour de la promotrice Adama Ndiaye dite Adama Paris qui a enflammé les planches avec sa collection de tenues d’été avec dentelle mais aussi de nuisettes, entre autres. Cette clôture de la 15e édition de la Dakar Fashion Week a enregistré la présence de plusieurs personnalités parmi lesquelles l’ambassadeur de la France au Sénégal, Christophe Bigot, de l’ancien international sénégalais de football, El hadji Diouf, de Claire Sulmers, influente bloggueuse américaine et de deux anciennes Miss France. Ils étaient au total 36 stylistes à présenter leurs créations depuis le 27 juin dans différents endroits de la capitale sénégalaise. Dakar Fashion Week se veut une plateforme de mise en valeur de la mode africaine et de sa dissémination à travers le monde. Depuis 15 ans maintenant, la créatrice Adama Ndiaye réussit, chaque année, le pari de réunir la crème de la mode africaine au Sénégal pour un week-end haut en couleurs et modèles. Ndiol Maka

SECK

Dans son album sorti vendredi, le premier depuis quatre ans, Jay-Z se dévoile comme rarement auparavant. Il y présente ses excuses à Beyoncé pour l’avoir trompée, s’épanche sur sa mère dont il confirme l’homosexualité, et dénonce les tensions raciales.

Les titres décontractés de Jay-Z ont fait de lui un des plus grands rappeurs de tous les temps mais, à la tête d’un empire économique et marié à la superstar Beyoncé, il avait tiré jusqu’ici un rideau très épais sur sa vie privée.
« 4:44 », 13e album studio du rappeur né sous le nom de Shawn Carter, est sorti en exclusivité sur son propre service de musique en streaming Tidal. Sur un air de Gospel, Jay-Z y lance une longue tirade pour s’excuser auprès de Beyoncé, qui lui avait reproché son infidélité dans son album « Lemonade » il y a un an.

Il laisse aussi entendre que les jumeaux auxquels Beyoncé vient de donner naissance ont été conçu naturellement.

Dans son « 4:44 », qui fait référence à l’heure de son réveil le jour où il l’a écrit, il instille de la house et du reggae, produisant un son contemporain et élégant qui change de ses précédents albums, largement pop.
Dans « Smile », Jay-Z confirme que sa mère est lesbienne et explique comment elle s’est droguée face à la stigmatisation. Il évoque aussi une enfance difficile dans son quartier de Brooklyn et un père absent. La chanson commence avec Stevie Wonder et se termine sur un poème de sa mère, Gloria Carter.
(AFP)

Le génie du cinéaste sénégalais, Sembene Ousmane, est d’avoir réalisé des films intemporels. Les tares que ses productions cinématographiques donnent à voir et les valeurs exaltées sont indifférentes aux temps et aux espaces. L’une d’elles, « Le mandat », projetée jeudi dernier à la Fondation Konrad Adenauer dans le cadre de la commémoration du 10ème anniversaire de son décès, en témoigne largement. Cette œuvre est un miroir sur la société sénégalaise d’hier et d’aujourd’hui.

Il était une fois… quand on se rasait encore avec un couteau jusqu’aux narines, une société sénégalaise ambivalente qui, à la fois, vantait la solidarité et écrasait ceux qui la développaient par crédulité. Ici, également, les femmes s’occupent de la maison en attendant que le chef de famille revienne de sa parade majestueuse. A son retour dans sa sphère d’autorité, il se met plein la panse grâce à la débrouille des bonnes dames « asservies », mères d’une progéniture nombreuse. Ce jour-là, elles connaissent le répit. Les vociférations se font moins entendre. Monsieur a fait ripaille. Il est heureux et priera pour elles ! Ces femmes ne sont pas dans la contrainte quoiqu’étant dans une « normalité oppressante ». Elles se soumettent à leur sort tout simplement, expriment une certaine résilience et déclinent les modalités par lesquelles elles exercent leur pouvoir sur le mâle.
 
Etouffantes convenances
Ceci n’est pas la trame du film de Sembene Ousmane, « Le mandat ». Il s’agit tout au plus d’une bribe qui montre que le réalisateur se meut dans plusieurs univers. Car, cette production cinématographique est une fresque qui dépeint, sous plusieurs traits, une société postindépendance atteinte de manies asphyxiantes enroulées dans des valeurs proclamées.
« Le mandat », prix de la critique internationale au Festival de Venise en 1968, est un miroir emmêlant à la fois le « burlesque » et surtout le drame ; celui d’une société corrompue où les actions sont empreintes d’hypocrisie, de perfidie. L’histoire du « mandat », d’Ibrahima Dieng (Makhourédia Guèye), source de convoitises les plus sournoises, en est une touchante illustration. Il reçoit, en effet, un mandat de 25.000 francs de son neveu vivant en France, balayeur de rue. Deux mille francs lui sont destinés.

La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Les vautours planent au-dessus de sa modeste demeure. On le souille, l’imam en premier, par des médisances car croyant qu’il brave les étouffantes convenances et « mange seul » ce qu’il « devrait » partager avec toute une communauté épieuse. « Les temps sont durs » devient la nouvelle rengaine des importuns solliciteurs. Le pauvre Ibrahima appréhende davantage les impertinences de ses voisins qu’il ne larmoie sur son propre sort. Même le boutiquier fouineur, usurier « officiel et légal » du quartier, participe au « carnage ». Faut-il au préalable qu’il récupère le mandat ! Ibrahima, « né vers 1900 » n’a aucune pièce d’identité pour récupérer l’argent.

Ce qui devait être un moment de jouissance se transforme en vrai cauchemar. C’est le début d’une errance dans la capitale sénégalaise où beaucoup de populations ont du mal à se réinventer pour se prémunir contre les incertitudes, le marchand d’illusions, le bandit au col blanc, grand détrousseur, le mendiant chapardeur… Sembene Ousmane met à nu les inepties d’une administration inadaptée et vénale et montre les survivances d’une « ruralité » dans une capitale de la post-indépendance où l’instruction calquée sur le modèle du colonisateur exclut certains individus et les expose aux pratiques captieuses de ceux qui ont acquis la « connaissance ». Ibrahima est désarmé, tiraillé entre les flibustiers et les attentes insoutenables de son entourage fourbe.
Le film « Le mandat » n’est pas seulement une satire de la naïveté ou un éloge à la bonté. Il est un regard à la fois émouvant et amusant sur de fausses prétentions d’une société où les principes ressassés à longueur de temps sont subordonnés aux intérêts. Ceux qui essaient de les respecter finissent un jour, au bout du rouleau, par dire comme le serviable et honnête Ibrahima Dieng : « Moi aussi je mentirai. Je volerai ».

Alassane Aliou MBAYE

Les œuvres de l’artiste photographe, peintre, graphiste, Ousmane Ndiaye Dago, illuminent la Galerie nationale d’art (19, Avenue Hassan II). L’exposition « Reflets d’expressions et d’expériences » est à voir jusqu’au 12 juillet.

Des formes, des couleurs, de l’émotion. C’est sous ces traits que l’artiste photographe, peintre, graphiste, Ousmane Ndiaye Dago, a ouvert, jeudi, son exposition sous le thème «Reflets d’expressions et d’expériences». Elle s’articule autour de quatre thématiques : « Femme Terre », « Lutteurs sénégalais », plus de 40 logos, plus de 20 photos de rues réalisées par l’artiste. Les œuvres sont à voir jusqu’au 12 juillet à la Galerie nationale d’art (19, Avenue Hassan II).
Dans son mot de bienvenue, la directrice Awa Cheikh Diouf a salué en Dago « un artiste de l’humanité qui a le sens du plastique ».
A l’entrée de la salle d’exposition, la série (culte) « Femme Terre » donne le tempo. Des silhouettes féminines enduites d’argile s’alignent avec le regard détourné. La sensualité est savamment orchestrée avec des bustes dénudés. La séduction est poussée à l’extrême dans des postures parfois lascives. Ici, deux accessoires sont en évidence : le petit pagne et la ceinture de perles. Tantôt elles pendent sous des seins, tantôt elles tombent au creux des reins sur des courbes volontairement généreuses. L’artiste en remet un couche avec des images qui donnent à voir des corps maculés d’éclaboussures, ornés de colliers de verroterie, de ceintures en perles, et pétris dans la terre ocre ou l’argile blanche, mélangés. Dans son travail de photographe, explique le commissaire de l’exposition, Dago se dévoue entièrement au thème de la femme. « Le corps féminin est au centre de sa recherche esthétique. Il sculpte des corps de femmes qu’il enduit de boue et recouvre de perruques pour les dépersonnaliser », analyse Dr Babacar Mbaye Diop. De son côté, Ousmane Ndiaye Dago explique toute la difficulté de représenter ces corps nus dans une culture musulmane : « J’ai décidé de ne jamais montrer le visage des modèles et de les habiller de matières différentes : terre, sable, boue… » .
Si la gente féminine se prélasse dans des poses suggestives, les hommes bandent les muscles notamment dans la série « Lutteur ». Le physique est bien entretenu, sculpté à la perfection. Cela donne à voir des prises d’une rare élégance. De quoi ravir le public, venu en grand nombre au vernissage, qui en redemande.

Innovation, créativité
Le directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication, Rémi Sagna, s’est réjoui de se retrouver avec la communauté culturelle et artistique pour célébrer « un artiste aux talents multidimensionnels » (photographe, peintre, graphiste). Le représentant du ministre Mbagnick Ndiaye a salué « la rigueur au travail, le sens de l’innovation et de la créativité artistique » dont fait montre Dago. « S’agissant de l’art contemporain au Sénégal, vous êtes l’un des premiers artistes à développer la recherche sur la photographie d’art, et en assurer la promotion. Vous avez donné une nouvelle dimension à cet art en associant diverses disciplines, eu égard à votre polyvalence », a témoigné R. Sagna devant un parterre de personnalités. Cette polyvalence transparaît dans la série de photographies de rue intitulée « Mbedmi ». Le décor donne à voir une décharge d’ordure, une savane arborée, des pans de murs avec des inscriptions. A côté, une ribambelle d’enfants se plaît au jeu de l’objectif du photographe.
Ousmane Ndiaye Dago, c’est également le designer. Sous cette casquette, il a réalisé plusieurs logos pour des entreprises installées au Sénégal et des pochettes de disques de musiciens célèbres comme : Youssou Ndour, Alioune Mbaye Nder, Thione, Waly Seck, etc. Il est l’auteur de plusieurs couvertures de livres. « Cette exposition est le reflet toutes ses expressions et de toutes ses expériences de photographe, peintre, designer, graphiste. tSes œuvres sont le miroir de ses pensées et de ses sentiments », a commenté le critique d’art, Dr Babacar Mbaye Diop.L’exposition « Reflets d’expressions et d’expériences » est à voir jusqu’au 12 juillet à la Galerie nationale d’art (19, Avenue Hassan II).
 E. Massiga FAYE

Ses refrains incarnent, pour toujours, la résistance à l’apartheid. Après avoir battu, pendant quarante ans, les scènes musicales du monde entier de ses pieds nus, le Sud-Africain, Johnny Clegg, a décidé de mettre un point final à sa carrière publique.

A 64 ans depuis le 7 juin, le « Zoulou blanc » entame, vendredi, au Cap, sa tournée d’adieu, qui doit l’emmener d’Afrique du Sud en Grande-Bretagne, en France, à Dubaï, aux États-Unis et au Canada. A la veille du premier concert de cette ultime série, celui qui n’a jamais renoncé à défier le régime raciste blanc de son pays explique avoir été contraint de céder à un cancer. « J’ai eu une carrière gratifiante à bien des égards (...) réussir à rassembler des gens grâce à des chansons, surtout à un moment où cela semblait complètement impossible », se félicite-t-il lors d’un entretien accordé à l’Afp dans sa maison de Johannesburg.
« Je veux offrir à mes fans une sorte de conclusion, leur dire que le voyage que j’ai commencé quand j’avais 14 ans touche aujourd’hui à sa fin », poursuit l’artiste. Même si son cancer, diagnostiqué il y a deux ans, est désormais en rémission, Johnny Clegg préfère tirer sa révérence. « Mes spectacles sont très physiques, avec beaucoup de danses, et exigent que je sois fort », explique-t-il, « alors je voudrais faire mes adieux tant que j’en suis encore capable ». Son « Dernier voyage », ainsi qu’il a baptisée sa tournée d’adieu, sera très largement autobiographique. Il rappellera le harcèlement de la police de l’apartheid qui lui reprochait de jouer avec des musiciens noirs, comme le soutien des millions de fans qui, en Europe et notamment en France, en ont fait un héros de la réconciliation raciale.

Braver la loi
La fascination de Johnny Clegg pour les danses et les mélodies zouloues a débuté dans les années 1960 dans les résidences pour travailleurs noirs de Johannesburg où il s’invitait secrètement pour danser avec les troupes traditionnelles. En bravant les lois de l’apartheid qui le lui interdisaient formellement.
« Nous devions faire preuve de mille et une astuces pour contourner la myriade de lois qui empêchaient tout rapprochement interracial », raconte-t-il. En 1979, Johnny Clegg et son groupe « multicolore » Juluka sortent leur premier album, « Universal Men ». Un mélange inédit de pop occidentale mâtinée de rythmes zoulous, d’accordéon et de guitare qui, contre toute attente, trouve immédiatement son public. « Les gens étaient très intrigués par notre musique », se souvient-il. Sur scène, les fredonnements et danses traditionnelles, les pieds nus levés très hauts qui martèlent le sol, deviennent rapidement la marque de fabrique du « Zoulou blanc ». En 1983, il accède au statut de star mondiale avec la sortie de son nouvel album, « Scatterlings of Africa », qui le catapulte en tête des hit-parades en Grande-Bretagne et en France. « Personne ne savait exactement de quoi parlaient nos chansons, juste qu’il y était question d’Afrique », se souvient le chanteur.

Hommage à Mandela
Johnny Clegg devient vraiment un artiste « politique » quatre ans plus tard avec un titre, « Asimbonanga » (« Nous ne l’avons pas vu », en langue zouloue). Le titre rend hommage au dirigeant du Congrès national africain (Anc) Nelson Mandela, alors incarcéré depuis plus de vingt ans dans le pénitencier de Robben Island, au large du Cap. La seule évocation de son nom est strictement interdite et totalement insupportable pour le régime de Pretoria, qui l’interdit.
Aujourd’hui encore, « Asimbonanga » reste un des hymnes de l’Afrique du Sud « arc-en-ciel ».
Même célébré dans le monde entier, Johnny Clegg est arrêté à plusieurs reprises dans son propre pays, accusé de violer les lois sur la ségrégation raciale. Ses concerts sont alors régulièrement interrompus par la police. « On ne pouvait pas se produire dans les lieux publics (...) alors on le faisait dans des endroits privés comme les églises ou d’autres enclaves non-raciales », se souvient-il. « Ma vie a été bouleversée par mon expérience de l’apartheid au quotidien », résume aujourd’hui Johnny Clegg.  
Né au Royaume-Uni d’un père britannique et d’une mère chanteuse immigrée dans l’actuel Zimbabwe, il débarque à l’âge de 7 ans dans une Afrique du Sud où la minorité blanche règne en maître absolue sur la majorité noire. Plus de cinq millions d’albums vendus plus tard, sa carrière touche donc à sa fin. Il a commencé à écrire son autobiographie et promet de continuer la musique. Mais plus sur scène.                                      (AFP)

Ahmed Sylla était annoncé au Grand Théâtre de Dakar, hier vendredi et aujourd’hui, pour livrer au public dakarois ses spectacles hilarants dont lui seul a le secret. Déjà face à la presse hier, l’humoriste français, d’origine sénégalaise, avait donné le ton, pour lever un coin du voile de son spectacle réservé aux Dakarois. Mais aussi parler de son parcours...
Ahmed Sylla est comique jusque dans ses moindres gestes. Sa façon de parler, cette mimique, ce sourire, tout renvoie à décontracter l’ambiance. Les journalistes venus hier couvrir son point de presse en ont fait les frais hier. A Dakar, Ahmed Sylla livre deux spectacles, vendredi et aujourd’hui, samedi, au Grand Théâtre. De parents immigrés sénégalais, Ahmed Sylla est un jeune humoriste français qui fait sensation. Partout où il passe, il remporte le succès. Au-delà de sa force comique et de sa présence si évidente sur scène, ce jeune artiste dégage une douce folie et une sympathie si attachante que ses personnages nous restent en mémoire.
Il y a fort à parier avec Ahmed Sylla. Il se dit « un peu anxieux » tout même, car ne sachant à quoi s’attendre par rapport au public sénégalais. Il promet toutefois de donner le meilleur de lui-même. Histoire de rendre le spectacle beaucoup plus attractif, Ahmed souligne avoir intégré des réalités purement sénégalaises dans les spectacles qu’il propose au public durant son séjour à Dakar. Au menu « de la spécialité et de la générosité », comme d’habitude du reste, relève-t-il. Son essence et son Adn sont dans le fait de faire rire les autres, laisse-t-il entendre. L’homme se dit « entier » autant sur scène que dans la vie de tous les jours.

Double culture
Né en 1990 à Nantes et fort de l’environnement multiculturel dans lequel il grandit, le jeune homme prend conscience de ses capacités et son humour, ce qui l’amène à se prédestiner un avenir d’humoriste. Ahmed attire l’attention à travers ses représentations de personnages, les uns plus baroques que les autres.  Mais, c’est bien au collège, à l’âge de 14 ans, qu’Ahmed dit avoir découvert le théâtre. Non sans rappeler « qu’il a toujours manifesté cette envie de faire rire depuis sa plus tendre enfance ». Depuis, ce jeune humoriste fait sensation. Il  imite à merveille la gestuelle, le ton et la vacuité de ses cibles. Avec son sourire enchanteur, sa gestualité et son sens de l’improvisation, il s’est propulsé dans la cour des humoristes à suivre.    
Plus à l’aise dans les cours de théâtre que dans les salles de classe, le jeune Nantais dit être « naïvement » parti à Paris en 2010, pour tenter de réaliser son désir le plus profond : faire de la comédie. Après des scènes ouvertes, il se fait remarquer dans l’émission « On ne demande qu’à en rire » sur France 2 avant de créer, avec son frère Moussa Sylla, son premier One man show, réadapté depuis 2015. Après quelques vidéos filmées dans sa chambre par son petit frère postées sur Facebook, Ahmed se fait remarquer en 2010 et se produit désormais alors sur des scènes très prisées.
S’il s’interdit d’aborder des sujets qui « gênerait sa maman », l’artiste dit être dans les dispositions d’évoquer tout thème dès lors que cela peut faire rire ou accrocher le public. Ahmed prône la simplicité et l’ouverture d’esprit jusque dans le choix des sujets dont il est question sur scène. Il réclame sa « double culture » qui se répercute jusque dans ses spectacles. Il se dit Français, mais d’origine sénégalaise. « Pour autant, je n’ai pas besoin de le crier sous tous les toits. Je suis Noir et Sénégalais, ça se voit, et j’ai grandi en France », relève-t-il. Il se dit très fier d’appartenir au Sénégal. Il est naturellement dans les dispositions de donner le meilleur de lui-même, pour que le public qui fera le déplacement à ses deux prestations, s’en souvienne à jamais...

En partenariat avec le  « Kureel Fataliku Juli Geej gi » de Yoff, le ministère de la Culture et de la Communication tient  du 13 au 20 juillet prochain à la Galerie nationale d’art, une grande exposition sur le thème : « L’esthétique mouride : Un modèle de savoir être, de savoir-faire et de savoir devenir ». Cette exhibition sera une occasion de revisiter, à travers, entre autres,  l’habillement, l’architecture, les accessoires, la littérature, les valeurs fondamentales constituant cette culture séculaire.

  Au Sénégal, la communauté Mouride a joué un rôle fondamental dans l’édification d’une culture de valeur basée sur les principes du travail bien fait, l’entraide, la solidarité et l’obéissance à une autorité spirituelle incarnée par le Khalife général. Cette culture séculaire construite sous le guide éclairé de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du Mouridisme, peut s’offrir, en effet, comme modèle dans un contexte d’uniformisation continue et de crise de valeur. Le ministère de la Culture et la Communication, en décidant d’organiser une grande exposition sur cette communauté, en partenariat le « Kureel Fataliku Juli Geej gi » de Yoff, offre une opportunité de revisiter l’essence culturelle du Mouridisme.

Cette exposition intitulée : « L’esthétique mouride : Un modèle de savoir être, de savoir-faire et de savoir devenir », prévue  du 13 au 20 juillet à la Galerie nationale d’art, permettra de se plonger au cœur de la genèse de la société Mouride, à travers notamment, l’habillement, l’architectures, les accessoires, l’habitat et les « barkélus ».  Aussi, comme l’a rappelé, hier, au cours d’un point de presse, Birane Niang, Secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, la littérature sera également au cœur de cette exposition. Selon lui,  dans la tradition mouride, le savoir est quelque chose de fondamental.

Dans cette exposition, un colloque sur l’esthétique mouride est prévu le 15 juillet prochain au Grand Théâtre national. Il sera, un moment, a expliqué M.Niang, de revenir sur les œuvres de Cheikh Moussa Kâ et Serigne Mbaye Diakhaté qui ont beaucoup écrit sur Serigne Touba et ses poèmes. Mais également d’aborder d’autres thèmes comme la « Crise des valeurs dans les œuvres Cheikh Moussa Kâ », « la dimension pédagogique dans l’œuvre de Serigne Mbaye Diakhaté ».

Identité culturelle
Les panels seront animés par d’éminentes sommités et d’historiens dont le professeur Lamane Mbaye, Pr Babacar Mbaye Ndaak, l’ancien ambassadeur Dr Samba Buri Mboup, Pr Mamadou Diouf. Le Village des Arts de Dakar va servir de lieu pour montrer la création artistique qui a été inspirée par culture mouride. D’après Awa Cheikh Diouf, directrice de Galerie nationale, une performance est prévue au Grand Théâtre pour aborder l’expérience de l’exploitation du coton à Ndem, un village situé dans la région de Diourbel. Intitulée « De la graine au vêtement », elle mettra en place un système de transformation découlant d’une expérience développée dans ce village.  

Le coordonnateur du comité d’organisation de l’exposition a salué la pertinence du thème retenu au regard du bien  « qu’il peut projeter  dans l’exploration des voies et moyens matériels et immatériels indispensables à l’accomplissement de l’être ». Cheikh Makhtar Diouf invite « les compatriotes à partager ce bien commun susceptible de nous conférer la félicité ».

De son point de vue, cette exposition va aider à définir, au-delà  de l’aspect religieux, l’identité culturelle du Sénégal. Il s’agit aussi, a-t-il ajouté, d’une initiative pleine de significations et d’utilités, et une stratégie permettant davantage de faire des cultures d’essence religieuse un moyen pédagogique pour les jeunes et un vecteur potentiel de l’émergence du Sénégal.

« L’exposition est une formidable opportunité pour le ministère de la Culture et de la Communication de  valoriser encore davantage un pan important de l’identité sénégalaise constituée par les cultures d’essence religieuse et toutes les formes de spiritualités », a-t-il indiqué.

Le vernissage de l’exposition « L’esthétique mouride : Un modèle de savoir être, de savoir-faire et de savoir devenir » est prévu en présence du porte- parole du Khalife général des Mourides, Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké

Ibrahima BA.

36 stylistes vont présenter leurs créations lors de la 15ème édition de la Dakar Fashion Week qui se tient dans la capitale sénégalaise du 27 juin au 2 juillet.

Dans l’arrière-cour du grand salon de la Résidence de France à Dakar, un tapis rouge est déroulé en l’honneur des mannequins qui présentent les tenues des créateurs. C’est en prélude à la Dakar Fashion Week, dont la 15ème édition 2017 se tient du 27 juin au 2 juillet. A l’occasion, l’ambassadeur de France, Business France et la styliste Adama Paris ont organisé un défilé-cocktail de mode.

La soirée d’ouverture de cette édition 2017 a été marquée par un défilé 100% féminin avec la présentation des collections de cinq créatrices qui ont fait preuve d’originalité et de créativité. Le public a découvert les collections des créatrices Astou Mballo dite « Bobo Bysag », de Sokhna Astou Gawane, de Denise Sarr Senghor, de la Saint-Louisienne Rama Diaw, avec sa collection « Black and white », un mélange de noir et blanc avec des tissus « wax », dentelle et mousseline sous des coupes de manteaux, robes, jupes, des combinaisons.

« Je voulais jouer sur la légèreté des tissus, mais aussi rendre hommage à la photographie africaine, à l’ancienne », dit Rama Diaw, récente habilleuse de beaucoup d’artistes présents au dernier festival Saint-Louis Jazz, notamment la chanteuse américaine Lisa Simone.

Parmi les créatrices de cette soirée de lancement, Rébecca Zoro de la Côte d’Ivoire, avec sa marque tout en couleurs. « Ma particularité, ce sont les coupes amples et les couleurs vives pour apporter de la gaieté dans ce monde qui en a besoin », explique Rébecca Zoro. « C’est la mode actuelle, les jeunes se cherchent. Ils sont inspirés par ce qui se passe dans les médias et non pas à la source africaine. Ils sont branchés à leur époque », souligne-t-elle.

La promotrice Adama Ndiaye dite Adama Paris a également montré au public sa collection faite de mélange de tissus dont le pagne baoulé, Kinté de la Côte d’Ivoire assorti de haut, sans compter les nuisettes et autre short d’été aux couleurs bariolées. « C’est assez frustrant que notre mode attende la validation de celle de l’Europe. La France m’a beaucoup apporté. En tant que jeune fille, je me suis faite là-bas ; cet engouement pour la mode, mes études en France. C’est symbolique de débuter à la Résidence cette édition de la Fashion Week de Dakar », a-t-elle laissé entendre. L’organisatrice se dit contente du soutien de l’Ambassade de France à Dakar.

« C’est important de fêter ce parcours et l’entreprenariat féminin. La mode, ce n’est pas seulement de la paillette ; ces gens de l’informel font avancer l’économie de la mode », souligne Adama Paris. La styliste a relevé l’importance de célébrer les quinze années d’existence de cette semaine de la mode à Dakar ; quinze ans d’un parcours « assez difficile ».

Industrie de la mode
Pour l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, cette Dakar Fashion Week est un moment pour montrer les tissus africains, wax, pagne tissé, avec une touche éclectique apportée par les différents créateurs. Le diplomate français a indiqué que la mode n’est pas réservée à une certaine élite. En s’orientant vers les jeunes, M. Bigot pense que l’initiatrice Adama Paris a osé organiser un évènement à Niary Tally. « L’industrie de la mode permet de faire travailler plusieurs dizaines de jeunes. Les mannequins ont merveilleusement porté les créations », a-t-il apprécié au terme du défilé. L’ambassadeur Bigot a, à cet effet, remercié la styliste, toute heureuse de la tenue, pour la première fois, de ce défilé de mode, à la Résidence de France à Dakar.

Le directeur de Business France Julien Gireaud a reconnu le côté plaisant du secteur artistique et que 11% des entreprises soient occupées par les industries textiles, soit 45.000 entités économiques, avant de louer la densité du tissu économique.

Lors d’une conférence de presse, hier, la styliste Adama Ndiaye, l’organisatrice, a précisé que la Dakar Fashion Week est une rencontre de qualité. Pour sa part, le jeune créateur, Lahad Guèye, révèle qu’il présentera deux collections. La Dakar Fashion Week réunit pour cette édition 36 créateurs du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, d’Egypte, du Nigeria, du Mali, de la Gambie, du Congo, du Mozambique et du Sénégal.

Serigne Mansour Sy CISSE

Après avoir passé des décennies à produire un cinéma entièrement dédié à l’Afrique et aux Africains, Sembène Ousmane a restitué des histoires dans un contexte où elles étaient marginalisées, entre autres, par les écoles coloniales, les journaux, les télévisions... Pour le Pr Samba Gadjigo, co-réalisateur du film documentaire « Sembène ! », l’héritage du «  père du cinéma africain » doit être une affaire de tous.

Dix ans après son décès, comment se matérialise l’héritage de Sembène Ousmane au Sénégal ?
Je crois que cet héritage était assez dormant. On ne voyait pas les écrits de Sembène, on ne parlait non plus de ses films. Il faut aussi savoir que sa maison était dans un état de pourrissement. Actuellement, nous espérons qu’il  y aura un sursaut. Le gouvernement a décidé de réhabiliter sa maison et d’en faire un espace culturel. Je crois que c’est déjà un pas de géant. Par ailleurs, je pense que la réhabilitation de Cheikh Anta Diop, de Sembène, de Birago Diop doit être une œuvre collective. Il y a Ousmane William Mbaye qui a déjà fait un documentaire sur le Pr Cheikh Anta Diop. Je crois au rôle des cinéastes, des écrivains de jouer leur partition. L’héritage Sembène Ousmane, ce n’est pas seulement une affaire de ses enfants biologiques. Je pense que cela doit être l’affaire de nous tous. Le programme « Sembène à travers l’Afrique » cherche, dans le cadre du dixième anniversaire du décès du « père du cinéma africain » à empêcher l’anéantissement de son œuvre. Avec l’appui de plusieurs instituts et organisations, nous avons pu projeter des films dans 37 pays africains en 72 heures. On a eu 14 projections à travers le Sénégal.

Qu’en est-il de votre film documentaire « Sembène ! » ?
Ce film est un devoir de mémoire. Si  nous parcourons les rues de Dakar, nous avons tendance à voir des places publiques portant des noms d’étrangers. Malheureusement, les hommes et les femmes qui ont contribué à notre histoire et à notre propre dignité ne sont pas tous représentés. Cette production est donc pour moi une façon de combler un vide, une amnésie. C’est aussi une manière de célébrer le travail de Sembène, car il s’agit d’un homme qui a passé plus de quarante ans de sa vie à produire des contre-images selon une perspective africaine.  Ce film était donc une urgence. J’ai accompagné Sembène Ousmane pendant 17 ans. Aujourd’hui, la réception de son œuvre à l’étranger est extrêmement importante. Par exemple, il n’existe aucune grande université américaine  où les œuvres de Sembène ne soient pas du tout enseignées. La portée mondiale de son cinéma a été très bien comprise. Malheureusement, il y a aujourd’hui un vide à combler au Sénégal.

Les thématiques abordées par Sembène Ousmane dans ses films demeurent-elles toujours d’actualité ?
La problématique de Sembène n’est toujours pas encore dépassée. Je pense qu’aujourd’hui, des films comme « Xala » ou le « Mandat » montrent à suffisance l’actualité de ses thématiques dans  notre vie de tous les jours. Le problème de la marginalisation du peuple et la corruption sont encore une réalité quotidienne. « Moolaadé » aborde également le phénomène de l’excision qui existe toujours dans le continent. Sembène n’a pas été dépassé mais les jeunes sont en train, actuellement, de refaire ses thèmes selon leur propre sensibilité.


Propos recueillis par Ibrahima BA

L’Ensemble lyrique national demeure une « pourvoyeuse » de délices. En une soirée de communion avec un public venu nombreux célébrer avec lui des vertus et les héros nationaux, il a, le jour de la fête de Korité, enchanté sur la scène de ses exploits, le Théâtre national Daniel Sorano. Plus qu’un spectacle, il s’est agi d’une fusion culturelle, d’un éloge à « l’éclectisme musical ».

Le chant est mémoire. En plus d’envahir les esprits, il est un témoignage d’admiration, de reconnaissance. De désapprobation aussi. Il est, sous les cieux où on transmet la valeur essentielle par l’oralité, un moyen de préservation du patrimoine culturel. L’Ensemble lyrique traditionnel a fait plus que cela sur la scène de ses prouesses. Il a montré toute la diversité des expressions culturelles des différentes communautés. Les artistes ont exalté des valeurs et offert un voyage de rythmes et de sens devant un public nombreux et chaleureux, quelquefois frénétique, qui a fait preuve de générosité. Quelques bonnes âmes les ont, en effet, gratifiés de billets de banque. Ce n’est point-là une munificence encombrante de leur part. C’est un trait de culture reproduit dans le « temple » chargé de le consigner. Le « louangeur » et le bienfaiteur sont dans une action de grâce, de reconnaissance. Même les balafons, les instruments de percussion, le xalam, la flûte…s’y plient allégrement. Ils fusionnent pour concourir à cette harmonie musicale donnant à admirer une merveille.

Quand la majestueuse Ndeye Fatou Ndiaye, qui a empli la scène de son élégance et que sa voix nette a résonné dans une salle bien remplie comme lors des grands soirs du Théâtre national Daniel Sorano, des applaudissements ont fusé. Le spectacle est un vrai enchantement pour les yeux et les oreilles.

Fureur poétique
La chanteuse revisite le destin peu commun et atroce de Diery Dior Ndella Fall pour célébrer les vertus qui grandissent les peuples et pour rappeler, sereine et sans rancœur, l’inhumanité de celui-là qui était censé apporter la civilisation. Plus que des notes, ce sont des émotions qui ont été distillées. Dans cet univers de significations, le verbe galvanise. La voix transporte le public pour atteindre des rivages où on savoure les délices et se recueille. Comme, au début de la fête, cette minute de silence à la mémoire des valeureux hommes de la culture récemment disparus.

Tout est, ici, une marque « mémorielle » servant de repère à l’aventure collective. Maty Thiam Dogo ne fait pas autre chose quand, dans une fureur à la fois poétique et lugubre car évoquant la témérité et l’anéantissement, chante les vaillantes femmes du Walo, figures du refus ; comme s’y est employée, ensuite, la cantatrice Fatou Badji pour louer une autre personnalité féminine digne d’éloges, héroïne de la résistance, la dame de Cabrousse, Aline Sitoé Diatta. Et le généreux public a de quoi exulter. On rehausse sa fierté dans une cadence parfois infernale. Les sièges contiennent mal les pas les plus lestes face à la furie du « sabar » et les « exhortations des autres agitateurs ». Ouzin Mbaye qui a gratifié l’assistance d’un « Ndawrabine » frénétique n’en est pas moins incitateur. Les corps agiles qui l’accompagnent offrent également un régal. A El Hadji Oumar Tall, héros ici et ailleurs, même les instruments ont rendu hommage. Une voix caverneuse et complice a fait l’éloge d’une œuvre utile qui lui survit et a exalté sa haute lignée. Et il y a de ces voix que le temps n’éraille point et n’altère jamais. Celle de la doyenne Athia Wélé continue d’enchanter. Elle est demeurée retentissante, plus captivante que le son de la flûte.

Yandé Gningue est venue rappeler son illustre devancière, Yandé Codou Sène. Et comme aimait à le faire la défunte cantatrice sérère, elle s’est répandue en éloges sur le poète-président, Léopold Sédar Senghor. Marie Ngoné Ndione, splendide dans sa tenue, quant à elle, a montré ce pourquoi elle est la directrice de l’Ensemble lyrique national. Sa prestation bien accueillie est un triomphe d’apothéose. « En êtes-vous satisfaits ? », a-t-elle demandé au public à la fin de ce spectacle remarquable. L’ovation en l’honneur des artistes est, en de pareilles circonstances, la réponse la plus éloquente. Et ils y ont eu droit.

Alassane Aliou MBAYE

La Galerie nationale d’art de Dakar (19, Avenue Hassan II) accueille à partir de demain, jusqu’au 12 juillet, l’exposition Reflets d’Expressions et d’Expériences de l’artiste sénégalais Ousmane Ndiaye Dago.

Le photographe, graphiste et designer sénégalais Ousmane Ndiaye Dago est à l’honneur à la Galerie nationale d’art de Dakar (19, Avenue Hassan II). Ses œuvres y sont exposées jusqu’au 12 juillet sous le thème Reflets d’Expressions et d’Expériences. Dans un document de présentation, le commissaire de l’exposition, Dr Babacar Mbaye Diop, présente Dago comme un graphiste qui réalise des commandes et se plie aux volontés des clients. « Il se situe au centre d’une recherche plastique qui lui a permis d’affirmer sa propre identité dans le milieu artistique », analyse le critique d’art ajoutant qu’il est « l’artiste photographe sénégalais le plus original et le plus profond de sa génération ».

Le commissaire de l’exposition poursuit sa réflexion : « Dago a su mélanger la peinture, la sculpture et la photographie. On lui doit des photos les plus remarquables et les plus profondément érotiques de l’art africain contemporain. Ses photographies expriment une puissance de formes et de couleurs. » Au regard de Dr Diop, Ousmane Ndiaye Dago a apporté beaucoup d’innovation à l’art africain contemporain et fait partie de ses dignes représentants dans la scène internationale. Le critique d’art rappelle qu’après ses études à l’Institut national des Beaux-arts de Dakar (Sénégal), puis à l’Académie royale des Beaux-arts d’Anvers, en Belgique, Dago rentre à Dakar pour mener une carrière de photographe comme artiste. Sa première exposition a lieu en 1996 à la Galerie nationale d’art de Dakar. Ses œuvres ont été exposées en France, en Italie et en Espagne. Il est le deuxième Sénégalais après Moustapha Dimé à participer à la Biennale de Venise en juin 2001.

E. M. FAYE

La sixième édition du concours littéraire de « Cultura Dakar » est ouverte jusqu’au 1er septembre prochain. L’édition de cette année, dont l’objectif est de stimuler la créativité et d’augmenter la prise de conscience sur l’importance de la protection de l’environnement, porte sur le thème : « La protection de l’environnement : une tâche commune ».

L’Ambassade d’Espagne au Sénégal, en partenariat avec Intelligences Citoyennes et l’Institut Cervantès, organise la sixième édition du concours littéraire de « Cultura Dakar ». Si la précédente édition était une occasion de revisiter l’œuvre littéraire de Miguel de Cervantes Saavedra, l’une des plus grandes figures des lettres espagnoles, cette année, le concours littéraire portera sur la thématique de la protection de l’environnement. Cela, avec comme objectif de stimuler la créativité littéraire et d’augmenter la prise de conscience sur l’importance de la protection de l’environnement. Ce faisant, informe un communiqué, « les étudiants, les lycéens et les professeurs d’espagnol désireux de participer » sont invités « à réfléchir sur l’importance de protéger notre environnement et à réaliser un exercice littéraire en espagnol sur les initiatives communes qui ont abouti, ou qui pourraient être réalisées, dans le but de protéger et de conserver le milieu qui nous entoure. » Aussi, les participants devront présenter « un exercice de réflexion et de créativité porté par les initiatives passées, présentes ou futures qui ont déjà eu un impact ou qui pourraient l’avoir (si elles sont fictives ou imaginées) sur la protection de l’environnement. »

Les candidats devront proposer un texte en prose ou en vers, d’une longueur de 1.000 mots maximum. « Concernant les professeurs d’espagnol au Sénégal, leur texte sera de la même longueur. Ils peuvent écrire sous forme d’essai, reportage ou article journalistique », précise le document. La date limite des candidatures est fixée au vendredi 1er septembre 2017. Les participants devront déposer leur sujet par mail à l’adresse : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Pour cette édition, les lauréats recevront un prix d’une valeur de plus de 100.000 FCfa et seront invités au spectacle de la Fête nationale de l’Espagne, qui se célébrera au Grand Théâtre national de Dakar le prochain 14 octobre.

Ibrahima BA

Le président du Réseau des acteurs socioculturels du Sénégal, Babacar Diouf, s’est penché, lors d’un séminaire sur les politiques culturelles organisé en marge de la fête de la musique, sur l’économie de la culture et le financement des projets culturels. Nous livrons quelques points de la communication de celui qui est, par ailleurs, le président du Conseil d’administration de la Mutuelle nationale de santé des acteurs culturels du Sénégal. 

« L’’industrie culturelle est une source de revenus importante dans l’économie sénégalaise. Toutefois, les préjugés sur le secteur culturel des circuits financiers traditionnels persistent. Le premier frein aux investissements privés relève de la difficulté des investisseurs à développer l’expertise nécessaire à l’évaluation des projets en raison de la complexité du secteur culturel.  Les projets culturels sont souvent considérés comme « non bancables ». Ils ne sont pas souvent éligibles dans les politiques de création d’emplois jeunes initiés par le gouvernement. A la suite de la crise économique et financière des années 2000 nous observons, de plus en plus, une diminution considérable du financement des projets et des politiques culturels. L’octroi de fonds importants se fait plus rare et plus mesuré ». 

Les freins aux investissements privés (bancaires) dans le secteur culturel 
« Le déficit de compétences entrepreneuriales des opérateurs culturels contribue à fragiliser les initiatives aux yeux des décideurs. Chez les investisseurs, la méconnaissance du potentiel économique de la culture persiste car les données statistiques sont existantes sur le sujet même si des efforts ont été consentis.

Parmi les freins aux investissements, nous pouvons aussi relever les risques spécifiques liés au secteur culturel, comme par exemple le caractère imprévisible de la création, le déficit d’infrastructures, les freins à la mobilité des biens et des artistes, le piratage et la contrefaçon des œuvres, la concentration du marché par les grands groupes, l’absence de statut adapté aux artistes, l’absence de protection sociale/médicale ou une certification du statut professionnel par un diplôme. Le risque commercial lié à la difficulté de prévoir le succès commercial d’une œuvre, le risque lié à la pérennité de l’entreprise : difficulté à juger la réceptivité des produits culturels auprès de la clientèle cible. Risque sur la capacité de l’entreprise à honorer ses engagements, en matière de fabrication et de livraison des biens et/ou services financés ». 

Modalités de l’intervention publique 
« Au Sénégal, ce sont les pouvoirs publics (État et collectivités locales) qui assurent principalement le financement de la culture. Le mécénat joue un rôle second et ne parvient pas encore à prendre forme. L’effort public pour la culture peut être segmenté en trois grandes catégories : les interventions de l’État en faveur de l’activité culturelle, l’intervention de l’État en faveur des professionnels de la culture et l’intervention des collectivités locales. Ce financement est pluriel : il concerne la création, le marché, la redistribution, sociale et même solidaire. Il est un vecteur de développement et façonne notre façon de penser, de vivre, d’être.

La dimension économique des activités culturelles s'impose comme une évidence mais force est de reconnaître qu’elle est difficile à appréhender. Le moment est venu d’envisager la culture comme un levier de croissance ou comme un facteur économique de premier plan, compte tenu de ses possibles effets du label made in Sénégal, mais également du développement du secteur de services récréatifs à forte valeur ajoutée, ou encore des externalités positives qu’elle génère, notamment en matière de retombées touristiques.

Pour mobiliser l’ensemble de la population pour que la culture serve à ce que le plus grand nombre ait la possibilité de contribuer équitablement, à la richesse et au développement de la culture et en tire les bénéfices attendus, les pouvoirs publics devraient appuyer le renforcement de capacités des acteurs pour la promotion de l’entrepreneuriat dans le secteur culturel. Certes, le patrimoine, la création et l’éducation culturelle ne doivent pas entrer dans des logiques de marché. Mais le secteur culturel, dans ses autres composantes, peut-il désormais s’inscrire en dehors des logiques de rentabilité ». 

L’entrepreneuriat dans le secteur culturel 
« L’entrepreneuriat culturel réunit création et économie, au profit de la diversification de la culture et des publics. Il est au service de la protection, de la promotion et de la diversité des expressions culturelles. L’exception culturelle ne doit pas ignorer l’économie de la culture.

Au Sénégal, un entrepreneur culturel est le fondateur d’une personne morale immatriculée au registre des associations ou au registre du commerce et des sociétés qui commercialisent un produit ou service culturel, dont il est ou non à l’initiative, en s’insérant dans des logiques entrepreneuriales. La dimension rentabilité, croissance, profit est déterminante et elle passe par le développement de ressources propres par le marketing, les politiques tarifaires, mécénat ou les partenariats. L’innovation que crée un entrepreneur culturel peut concerner le contenu, le produit ou service, l’usage, le mode d’organisation, le processus de création ou de distribution et même les schémas de pensée.

Aujourd’hui, il convient d’abord d’amener les acteurs culturels à connaître l’environnement institutionnel sénégalais du financement de la culture ; de comprendre l’articulation entre l’action des pouvoirs publics et le secteur privé et de disposer des connaissances de référence en matière de gestion administrative et financière de l’entreprise culturelle et ensuite de développer des partenariats avec les différents acteurs de la culture. » 

Les obstacles de l’entrepreneuriat dans le secteur culturel 
« L’étape de montage de projets souffre bien souvent d’un manque de formation latent et de professionnalisme des acteurs de l’industrie culturelle du Sénégal. Ce manque de formation se manifeste par des difficultés d’élaboration de projet, de production d’un cadre logique et d’analyse des risques, de définition des rôles et des responsabilités des acteurs impliqués, de mise en place d’un dispositif de suivi évaluations, et de construction d’un budget pour la mise en œuvre de son projet.

Au Sénégal, les promoteurs de l’industrie culturelle souffrent trop souvent d’un manque de professionnalisme qui nuit à la gestion pérenne d’un projet de développement et à la capacité de réaction face aux changements. Le manque de formation et d’information entrave durablement les activités des porteurs au point où il faut en faire une priorité. 
Dans le cadre de la recherche de financement pour les porteurs de projets au Sénégal, il est avéré que la recherche de financement constitue un maillon faible considérable du développement de projets culturels.  Nous observons souvent des conflits d’intérêts avec la présence de mêmes individus en amont et en aval du projet. Un esprit de compétition qui anime les porteurs de projets. Cet esprit de compétition plombe les partenariats possibles.

Plus généralement, nous notons, de plus en plus, une absence de participation à des appels à candidature ou un rejet massif de candidatures, dès la phase de présélection. Ces rejets s’expliquent bien souvent par un manque de compréhension et d’analyse de l’appel à la candidature, que ce soit au sujet des exigences, conditions d’exigibilité ou bien encore par un non-respect des dates de tombée.

Pour améliorer la recherche de financement et l’autonomisation des acteurs, le gouvernement sénégalais doit doter les promoteurs de l’industrie culturelle et autres acteurs de la société civile d’une formation adaptée, pour les amener à jouer pleinement leur rôle dans le processus d’un développement durable ». 

Consensus sur les priorités à mettre en œuvre 
« Il est primordial de trouver, aujourd’hui, un consensus sur les priorités à mettre en œuvre, de réfléchir sur la mise en place d’une plateforme interactive d’échange d’informations et d’un répertoire national des experts en matière de politique culturelle de planification et de recherche. Il faut aussi assurer une meilleure coordination entre les différents acteurs impliqués dans le financement de la culture, favoriser un meilleur partage des risques financiers et un financement du secteur privé. »

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

A l'occasion de la sortie du livre “Double Vague, le nouveau souffle du cinema français” de Claire Diao aux éditions Au Diable Vauvert, l'Institut français de Dakar convie les réalisatrices franco-sénégalaises Alice Diop (“Vers la tendresse”) et Maïmouna Doucouré (“Mamans”), lauréates ex-aequo du César 2017 du Meilleur court-métrage ainsi que l'auteure pour une rencontre exceptionnelle. Ce sera vendredi à 20h30 avec la projection des courts-métrages “Maman(s)” et “Vers la tendresse” suivie d'une rencontre avec Alice Diop, Maïmouna Doucouré et Claire Diao à l'Institut français de Dakar.

Le samedi 1er juillet à 20h30, il est prévu la projection du court-métrage “Maman(s)” et du long-métrage “La Permanence” suivie d'une rencontre avec Alice Diop, Maïmouna Doucouré et Claire Diao à Pikine nord.

Yves Montand et Simone Signoret sont restés le couple mythique du cinéma français. La mise aux enchères à l’Hôtel Drouot, à Paris, sera le reflet d’une grande partie de leur vie, des souvenirs inédits issus de leur résidence secondaire d’Autheuil, en Normandie : du tapuscrit d’ « Adieu Volodia », roman de Simone Signoret publié en 1985, jusqu’aux scénarios de films d’Yves Montand, comme « Le Salaire de la peur ou Vincent, François, Paul et les autres » jusqu’au télégramme de félicitation signé par le président américain John F. Kennedy.

« C’est vraiment l’essentiel de toute leur vie qui est présenté cet après-midi, affirme Marielle Digard, commissaire-priseur en charge de cette vente aux enchères. Tout ce qui se trouvait à l’intérieur de leur maison à Autheuil, qui était leur résidence secondaire. C’était leur pied-à-terre, ce qui fait que, après chaque tournage, ils revenaient en permanence dans cette maison où l’ensemble de producteurs, réalisateurs, acteurs de la même période se retrouvaient pour faire des grandes tablées. Ça comprend le piano de Montand, les bijoux de Simone Signoret, les correspondances de Simone Signoret et d’Yves Montand, même la correspondance inédite d’Édith Piaf avec Montand, avant même qu’il rencontre Simone Signoret… Mais aussi des bobines de film de collectionneurs, les scénarios de films qu’ils ont tournés, les photos de tournages… Une quantité incroyable d’objets qui les ont entourés durant leur vie. »

Rfi.fr

Elle a été choisie après un long casting, par le réalisateur Alain Gomis, pour incarner l’héroïne de son dernier film à succès, « Félicité ». La Congolaise, Véronique Tshanda Beya, n’avait jamais imaginé devenir actrice. « Félicité est une vie réelle de tous les jours des femmes qui se battent pour s’en sortir», se plait à expliquer la Kinoise, aujourd’hui sous les projecteurs. Nous sommes allés à sa rencontre lors de son dernier séjour à Dakar.

C’est un conte de fée : une jeune femme Congolaise, remarquée par un réalisateur franco-sénégalais devient subitement une véritable star, une vedette de cinéma. Avec, dans les deux cas, un torrent de louanges pour l’actrice, au point que beaucoup de critiques ont été subjugués de ce succès surprenant. Taille forte, démarche posée, teint clair, dire que Véronique est une comédienne qui séduit, relève d’une lapalissade. De Paris à Kinshasa où elle vit, l’héroïne du film « Félicité », Véronique Tshanda Beya, est devenue une vedette, grâce au premier rôle que lui a confié le réalisateur Alain Gomis.

Avant cette nouvelle vie, la jeune femme était dans le commerce informel et faisait la navette entre la Chine et Kinshasa pour vendre des habits. « J’ai eu mon baccalauréat en Sciences commerciales et administratives et un diplôme Graduat en Gestion financière/Option Marketing. Après ma formation, il n’y avait pas de travail. Je me suis lancée dans le secteur informel ensuite dans mes affaires privées », retrace-t-elle.

Aujourd’hui, Véro a construit une passerelle entre ce monde du business et le cinéma. Déjà, durant son enfance, elle regardait beaucoup de films. « Quand j’étais plus jeune, j’aimais beaucoup regarder les films d’action que je connaissais par cœur ; nous étions une bande de cinéphiles. Je voulais m’inscrire à une école de théâtre ; mais ma grande sœur qui m’a élevée après la mort prématurée de mes deux parents s’y était opposée. Elle voulait que je sois une grande dame : ministre, députée ou cadre quelque part. Il y avait une réticence », évoque la Kinoise.

Sa chance est venue d’une amie qui lui avait fait part d’un casting. Elle s’y rend devant un parterre de candidates, parmi elles, celles qui crevaient déjà le petit écran à Kinshasa. Après une sélection rigoureuse, Véronique fera finalement partie des deux dernières retenues pour incarner le personnage central du film de Gomis. Félicité, une chanteuse de bar à fort caractère à la recherche d’argent, d’un film dont elle ne connaissait pas encore le scénario. Suspense ! Sa concurrente étant une comédienne confirmée, elle n’imaginait pas être choisie, ce qui arriva pourtant.

Commence alors pour Véro Tshanda Beya un mois de formation accélérée au jeu et au chant avec un coach venue de France et l’interprète vedette du Kasaï All Stars dont la musique joue un rôle central dans le film. « Un calvaire », dit-elle sobrement, surtout « pour passer de la Véro naturelle à la Tshanda chanteuse », en apprenant des morceaux « qui duraient parfois dix bonnes minutes ».

Combat pour la dignité
Après avoir fait le premier casting au Congo Kinshasa, l’actrice vient à Dakar pour encore postuler. Lorsqu’elle le raconte à sa sœur, cette dernière fut surprise. Orpheline, ayant un enfant à nourrir, cette jeune femme avait l’abnégation en bandoulière. « On a fait 6 à 7 castings pour déterminer finalement les rôles. On a commencé le premier casting en février 2013 et les premiers tournages en août de la même année. Mes concurrents ont étudié l’art, moi je ne l’ai jamais étudié. Je me considérais comme novice. Des fois, je me décourageais ; mais une partie du public m’encourageait. Le réalisateur a détecté en moi, ce qu’il n’a pas trouvé chez les autres. Après trois castings, j’ai commencé à prendre goût. Un ami, dans le milieu, m’a convaincu que j’avais l’art dans le sang », explique-t-elle. Emue, pour le premier succès du film, elle affirme avoir perdu l’humour à la première question de presse.

« Je ne savais pas quoi répondre. Pour dire vrai, je ne m’attendais pas à un tel succès. Je ne savais pas quoi faire ; c’était trop grand pour moi. Mais j’ai appris à maîtriser mes sentiments », souligne-t-elle.

Avec le succès qui a suivi « Félicité », dans son village natal, Véro n’était « pas bien dans sa peau », car on la regardait autrement. « Avant, j’étais à l’aise, car je passais inaperçue. Je sortais faire la fête quand je voulais. Mais, ce succès a changé le mode de toute une vie », avance Véronique. D’ailleurs, du fait des réseaux sociaux et articles de presse, la comédienne fait beaucoup attention. « Je voudrais avoir une vie normale comme avant », confie-t-elle ; elle avoue même que ce succès lui a ouvert des portes, comme sa présence à l’audience accordée par le président Sall aux cinéastes sénégalais le 10 mai dernier.

« Des gens pensent qu’on a beaucoup d’argent. Les voyages donnent des idées aux autres. A défaut de partager, on finit par être diabolisé. C’est pourquoi nous préservons et soignons notre image », dit-t-elle. Dans la vie, la Kinoise porte sur le bout des doigts la parité et l’émancipation de la femme. « Mon combat, c’est la dignité de la femme. Je me bats pour les femmes fortes. Je parle de la vraie parité, mais au fond, il n’y en a pas », affirme la comédienne qui déplore que des femmes soient maltraitées après l’obtention d’un enfant hors mariage.

« Les hommes vous rejettent comme un malpropre. Nous connaissons ces humiliations. Mais, il ne faut pas se décourager. Il faut se battre pour que cet enfant-là réussisse, car il est un trésor », avance-t-elle.

Son regard sur le cinéma africain lui fait constater qu’il y a du talent avec une variété artistique. « C’est une richesse. Dans ce domaine, le Sénégal a atteint un niveau important. De notre côté, il faut que le gouvernement congolais nous aide en construisant des salles de cinéma de qualité. Le président sénégalais, qui a mis 1 milliard de FCfa dans le Fopica, compte l’augmenter à 2 milliards de FCfa. L’activité cinématographique rapporte beaucoup d’argent. Cela fait mal s’il n’y a pas de retombées au niveau des acteurs… », regrette Véronique Tshanda Beya.

Par Serigne Mansour Sy CISSE

Trias Culture, avec le soutien de l’Ambassade d’Espagne au Sénégal, a lancé, mardi 20 juin et ce jusqu’au 30 septembre 2017, le concours d’art numérique « Africa Artbox ».

Le concours d’art numérique « Africa Artbox », destiné à tout artiste numérique africain ou non africain vivant en Afrique, a été lancé mardi 20 juin dernier. Selon un communiqué de presse, cet appel à projet cherche à stimuler la créativité, la recherche et l’expérimentation des nouveaux langages esthétiques en Afrique, un continent qui accueille une grande partie de la jeunesse mondiale, et qui défie tous les obstacles pour s’intégrer aux nouvelles cultures immatérielles et mobiles issues des technologies numériques actuelles. Le concours qui se poursuit jusqu’au 30 septembre 2017, est ouvert à tout artiste africain et non africain vivant en Afrique et âgée de plus de 18 ans.

« L’artiste lauréat obtiendra une résidence de création au centre international « Plataforma Bogotá », un laboratoire interactif d’art, science et technologie basée à Bogotá -Colombie, lui offrant la possibilité de réaliser son projet de création dans un espace collaboratif et entouré d’une équipe expérimentée et pluridisciplinaire », informe le document écrit.

Créé en 2008 au Sénégal, Trias Culture vise à promouvoir l’utilisation des technologies numériques au service de la création artistique et le développement des entreprises créatives au Sénégal et en Afrique. À cet effet, il a mis en place diverses initiatives : des ateliers de création numérique en collaboration avec des artistes, des ateliers techniques en partenariat avec des professionnels venus de divers domaines (informaticiens, développeurs, etc.), des conférences au Sénégal et à l’international, entre autres.

Trias Culture s’est aussi affiné au cours des rencontres et des échanges à l’occasion de différents rendez-vous professionnels autour de la création numérique, tels que Créa Numérica, le Marché international d’Art numérique à Bruxelles.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Il n’a tourné qu’une petite vingtaine de films en 46 ans de carrière et pourtant l’acteur britannique qui a fêté cette année ses 60 ans est considéré comme l’un des meilleurs acteurs au monde. Récompensé par une centaine de prix, Daniel Day Lewis est l’unique comédien à avoir remporté trois Oscars. A l’occasion de son retrait du 7e art, voici cinq films qui ont compté dans sa carrière.

My Left Foot
En 1989, Daniel Day Lewis décroche son premier Oscar en rentrant dans la peau de l’artiste-peintre et poète irlandais infirme Christy Brown. L’acteur affirme son style en refusant de quitter son personnage, une méthode qui deviendra sa marque de fabrique. Il passe ainsi des mois en fauteuil roulant, même entre les prises, et se fait nourrir à la cuillère afin de comprendre au mieux son personnage.

Au nom du père
Quatre ans plus tard, il est à nouveau nommé aux Oscars grâce à une histoire vraie, celle de Gerry Conlan, accusé injustement d’être l’auteur d’attentats terroristes pour le compte de l’Ira dans les années 70. Là encore, le Britannique ne prend pas son rôle à la légère. Il perd plusieurs kilos et demande à subir des interrogatoires corsés comme son personnage dans le film.

Gangs of New York
Après cinq années d’absence, Daniel Day Lewis revient au cinéma et choisit Martin Scorsese qui l’avait déjà dirigé dans «Le Temps de l’innocence». Le personnage violent de Bill le Boucher, dans le New York du XIXe siècle pris entre les communautés immigrées et mafieuses, lui vaut une troisième nomination à la statue dorée et un beau succès au box-office.

There Will be Blood
19 ans après son premier Oscar, l’acteur en décroche un deuxième grâce à Paul Thomas Anderson et son interprétation hallucinante de Daniel Plainview, un homme violent et sombre qui fait fortune dans le pétrole dans l’Ouest américain au début du XXe siècle. L’interprétation profonde et habitée de l’Anglais est unanimement saluée par les critiques

Lincoln
Au cours de sa carrière, Daniel Day Lewis avait déjà dit non à Steven Spielberg pour «La Liste de Schindler», tout comme il avait refusé de jouer dans «Le Patient anglais», «Philadelphia», «Le Seigneur des anneaux» ou «Entretien avec un vampire». Pour ce biopic d’Abraham Lincoln, l’acteur a failli décliner l’offre. Convaincu par son ami Leonardo DiCaprio, il accepte finalement, mais demande à Spielberg un an de préparation qu’il a occupé à lire une centaine d’ouvrages sur le sujet et à adopter les postures, les gestes et le timbre de voix du président américain. Résultat, en 2012, l’acteur obtient son troisième Oscar et entre définitivement dans la légende.

AFP

Le romancier franco-congolais Alain Mabanckou propose ce week-end à la Fondation Louis Vuitton à Paris un programme autour de la poésie et de la littérature d’Afrique noire francophone, dans la lignée de ses cours au Collège de France sur la création littéraire africaine.

Intitulé « Penser, dire, raconter et jouer l’Afrique », ce programme devrait permettre de découvrir la diversité de cette littérature à travers des rencontres, des lectures, des contes, des slams... faisant intervenir des personnalités africaines ou liées à l’Afrique comme la romancière franco-camerounaise Kidi Bebey, le conteur congolais Gabriel Kinsa ou encore le rappeur Abd Al Malik. « Pendant longtemps, l’Afrique aura été perçue comme un espace des ténèbres portant le poids des préjugés les plus désobligeants tandis que le foisonnement de son imaginaire était sous-estimé », explique l’auteur de « Mémoires du porc-épic » (Prix Renaudot 2006). « Faut-il se contenter de clamer haut et fort que l’Afrique est le +berceau de l’humanité+, pour reprendre une formule convenue? », s’est interrogé l’écrivain avant de proposer de « le démontrer et l’illustrer ». La carte blanche d’Alain Mabanckou intervient dans le cadre de l’exposition « Art/Afrique, le nouvel atelier » qui a lieu jusqu’au début septembre à la Fondation Louis Vuitton à Paris. Le programme complet de « Penser, dire, raconter et jouer l’Afrique » est disponible sur le site de la Fondation Louis Vuitton.

AFP

Onze ans après son décès, notre confrère Mass Diack, célèbre chroniqueur du quotidien national «Le Soleil», est « ressuscité » par Me Serigne Amadou Mbengue, dans son roman « La persévérante », parue aux éditions L’Harmattan (157 pages) en mai dernier.

Admirateur de la plume alerte de Massouba Diack, de son nom complet à l’état civil, l’avocat écrivain, Me Serigne Amadou Mbengue, plonge le lecteur dans l’ambiance professionnelle où baignait de son vivant le chroniqueur judiciaire du journal «Le Soleil» : le palais de justice. Pendant une vingtaine d’années, Mass, produit de la première promotion du Cesti sortie en 1973, faisait partie des familiers des salles d’audience du palais de Thémis, du Cap Manuel au Bloc des Madeleines, muni simplement de son stylo et de quelques feuilles blanches, pour relater, tel un scénariste, non pas seulement un procès, mais l’ambiance, l’environnement et les faits qui ont valu à un prévenu ou à un accusé d’être attrait à la barre. Mass Diack ne se contentait pas de narrer sèchement les minutes d’une audience, il avait le génie de replonger le lecteur dans le feu de l’action punie par la loi.

C’est à cet homme que Me Serigne Amadou Mbengue, après un hommage dans les colonnes du «Soleil» à l’occasion de son décès, fait un clin d’œil à titre d’hommage dans « La persévérante », précisément aux pages 84 et 85, lorsque le personnage principal du roman, l’ambitieuse Mamy Diop, est jugé pour avoir blessé à coups de lame de rasoir sa voisine Khady Fall. Une histoire dramatique d’estime propre qui a mal tourné, que couvre la presse, « représentée principalement à cette audience par un journaliste, Mass », lit-on dans l’ouvrage. En fin connaisseur du journaliste, l’auteur continue : « On pourrait presque dire qu’il était « le pape des chroniqueurs judiciaires » pour parler comme l’avocat français Me Paul Lombard. En effet, ce virtuose de la plume avait le rare génie d’habiller les faits d’une espèce, de les présenter en les situant dans leur contexte réel, sous leur véritable jour et d’un procès faire un compte rendu si fidèle, si parfait, si saisissant qu’on avait l’impression de le revivre à nouveau. Oui ! Par ses écrits, Mass avait le don de ressusciter le procès le plus long, le plus complexe, le plus palpitant », lit-on dans le roman.

Malick CISS

Le personnage Mass dans votre roman « La persévérante », est-ce de la fiction tirée d’une réalité ?
Mass dans le roman, est un personnage de fiction, mais les lecteurs qui ont fréquenté le palais de justice peuvent penser qu’il s’agit de Mass Diack. Lors de la cérémonie de dédicace du livre, Me Pape Leyti Ndiaye a lui-même relevé qu’il s’agit de Mass Diack. Dans mon livre, je parle de Mass. Il a effectivement existé, il fut l’un des plus grands chroniqueurs judiciaires de notre pays. Je l’appelle dans le livre le « pape des chroniqueurs judiciaires ». Ce qui singularisait Mass Diack, c’est qu’il avait su côtoyer facilement les avocats.

Mass Diack rayonnait par sa présence dans les salles d’audience. Il était un bonheur de la plume, qui pouvait faire un compte-rendu tel que vous aviez l’impression d’être dans la salle d’audience. Il était familier avec les avocats. En plus de tenir la chronique judiciaire, Mass était en parfaite symbiose avec nous, il y avait une complicité agissante entre lui et nous. C’est cela qui nous fascinait chez lui. Ce qui m’a surtout marqué, c’est qu’avant même d’être avocat, on connaissait Mass Diack par ses écrits à l’époque, lorsque nous lisions les compte-rendus d’assises, avec sa signature en bas. Devenu avocat, cela a créé un regain d’intérêt en le côtoyant, en le lisant. Cela n’a fait qu’ajouter à l’estime oh combien grande que nous lui portions. Nous avons appris avec désolation la maladie qui l’a emporté. Mass était un homme de cœur, jovial, qui avait toujours le sourire aux lèvres, un homme affable. C’était un homme bien. Et pour cela, on lui devait ce témoignage.

Quel regard portez-vous sur ses écrits de journaliste qui n’est pourtant pas un juriste ?
C’est tout à son honneur. Parce qu’il a appris sur le tas. Il disait : « Ne jurez pas d’avec les règles de droit ». A force de côtoyer le palais de justice, Mass a appris sur le tas sans avoir fait la fac de droit. Cela ajoute au respect qu’on lui doit.

Propos recueillis par M. CISS

La célébration de la Fête de la musique, à Thiès, a été une occasion pour sensibiliser et vulgariser les lois sur le droit d’auteur et les droits voisins, le statut de l’artiste et professionnels de la Culture.

A l’occasion de la Fête de la musique, un panel sur le droit d’auteur et les droits voisins, le statut de l’artiste et professionnels de la Culture, a été organisé à Thiès. Il était animé par Ibrahima Mbaye, de l’Association des métiers de la musique du Sénégal (Ams), Aloyse Ndame Diouf, directeur général des Manufactures des arts décoratifs (Msad). La directrice du Centre culturel régional de Thiès, Anne Marie Faye, justifie l’organisation d’un panel par la coïncidence, cette année, de la Fête de la musique avec le mois du Ramadan.

Ainsi, un panel leur a permis de convier toutes les corporations du secteur de la Culture pour partager avec les acteurs sur la loi de 2008 sur le Droit d’auteur, les droits matériels et moraux. Car, souligne Mme Faye, « ceci a son importance puisque la mise en œuvre de cette loi a des effets induits pour les artistes en termes d’assurances sociales et sanitaires.

Car, souligne la directrice du Centre culturel régional, les acteurs de la Culture sont confrontés à beaucoup de problèmes sociaux qui freinent le plus souvent leur épanouissement.
Le panel a été suivi d’un « Ndogou » servi aux participants, pour respecter l’usage de cette période de jeûne.

Mohamadou SAGNE

A travers son programme «Africa Code Week», le concepteur de logiciel, Sap, entend former 500.000 jeunes sur 35 pays africains entre le 18 et le 25 octobre 2017, annonce un communiqué d’Africain Media Agency (Ama). L’objectif visé par cette formation est de permettre à la jeunesse africaine de saisir les opportunités offertes par la révolution numérique.

Le lancement officiel de l’édition 2017 d’Africa Code Week a eu lieu avant-hier à Flic-En-Flac (Ile Maurice). Dans sa troisième année, le but de ce programme développé par l’entreprise Sap est de former la jeunesse africaine au langage informatique, avec une attention particulière portée, cette année, sur la formation des filles. L’initiative compte initier pas moins de 200.000 enseignants et 5 millions de jeunes au cours des dix prochaines années.

En 2016, plus de 426.000 jeunes Africains de 30 pays ont ainsi pu apprendre les bases de la programmation informatique dans le cadre d’Africa Code Week, dépassant largement les objectifs initiaux qui étaient de 150.000 jeunes formés. Cette année, Sap s’est fixé pour objectif de former 500.000 jeunes sur 35 pays africains entre le 18 et le 25 octobre.

« En les accompagnant dans l’apprentissage de cette nouvelle langue vivante qu’est le code, Africa Code Week permet aux jeunes Africains de saisir les opportunités sans précédent que leur réserve la révolution numérique et de devenir acteurs de l‘économie mondiale du savoir », explique Claire Gillissen-Duval, directrice de la Responsabilité sociétale d’entreprise en Europe, Moyen-Orient et Afrique chez Sap et chef de la délégation Africa Code Week. Selon Brett Parker, président de Sap Afrique, en réunissant une richesse infinie de jeunes talents, une famille d’enseignants passionnés et un réseau de partenaires engagés, «Africa Code Week» est en train de changer la donne pour la jeunesse du continent.

Abdou DIAW

Le ministre de la Culture et de la Communication a rendu visite, hier, aux artistes devant représenter le Sénégal dans les épreuves culturelles et de création, à la 8ème édition des Jeux de la Francophonie prévus du 21 au 30 juillet prochain, à Abidjan. Mbagnick Ndiaye, qui a exprimé sa satisfaction, espère voir le Sénégal remporter, cette année, sa première médaille dans cette catégorie.

A seulement un mois de l’ouverture officielle de la huitième édition des Jeux de la Francophonie prévus à Abidjan, du 21 au 30 juillet prochain, l’heure est désormais aux préparatifs et autres séances d’audition pour ceux ont été sélectionnés pour représenter le Sénégal. Au Théâtre national Daniel Sorano, les candidats dans les épreuves culturelles et création sont en plein répétition. Notre pays sera représenté dans 11 des 12 disciplines artistiques programmées durant ces jeux. L’artiste-chanteuse Awa Moonaya Yanni alias Moona sélectionnée dans la catégorie chanson, Mame Fara Ndiaye dans celle du conte, le groupe Pasytef dans la discipline danse de création et les « Crazy Elements » en hip hop danse font montre de beaucoup de talent dans leur prestation.  

De quoi susciter un grand espoir pour le Sénégal qui n’a toujours pas gagné de prix dans les disciplines culturelles. C’est aussi l’attente du ministre de la Culture et de la Communication, qui a rendu, hier, une visite à ces jeunes artistes. « Nous avons espoir qu’on reviendra avec des prix. Je pense qu’on a de quoi montrer à la communauté francophone en matière de culture », a souligné Mbagnick Ndiaye. Il a tenu également à encourager  ces jeunes artistes qui, « de jour comme de nuit, sont en train de se parfaire » pour pouvoir représenter dignement le Sénégal. « La sélection a été rigoureuse car le jury était composé de membres venant de différents pays de la Francophonie. Je pense que le fait que ces jeunes soient sélectionnés, c’est déjà un motif de satisfaction », a-t-il indiqué.

L’objectif, cette année, a rappelé Maguèye Touré, directeur de la Francophonie au ministère de la Culture, ce sera au minimum décrocher une médaille. Toutefois, a-t-il précisé, cela n’empêche pas au Sénégal d’avoir l’ambition de gagner plusieurs médailles dans cette discipline.  

A côté des épreuves sportives, les disciplines culturelles et de création constituent également un enjeu de taille aux Jeux de la Francophonie où le « sport  s’allie à la culture pour témoigner de la solidarité francophone ».

Ibrahima BA

Le Projet d’appui à l’enseignement supérieur sur la valorisation de la culture et l’éducation à la citoyenneté au Sénégal a été lancé hier, à l’Ucad II. Financé par l’Agence italienne de coopération internationale pour le développement, ce projet d’appui universitaire contribuera au renforcement des capacités de formation des universités du Sénégal.

Pour renforcer sa contribution dans la promotion du secteur éducatif au Sénégal, l’Agence italienne de coopération italienne en partenariat avec l’Unesco, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du Sénégal, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et l’Université Gaston Berger de Saint-Louis a lancé, hier, le Projet d’appui universitaire sur la valorisation de la culture et l’éducation à la citoyenneté au Sénégal. Selon le directeur du  Bureau régional de l’Unesco à Dakar, Gwang Chol Chang, ce projet d’appui universitaire est important pour les différentes institutions. A l’en croire, il s’inscrit dans l’atteinte des objectifs de développement durable, en l’occurrence, l’Odd4: « assurer une éducation inclusive et équitable de qualité et promouvoir  des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous ».

Aussi, souligne Gwang Chol Chang, le projet contribuera au renforcement des universités du Sénégal dans la formation aux métiers du patrimoine, le renforcement pédagogique des enseignants, la sensibilisation de la communauté universitaire sur les questions de citoyenneté, de droit, de liberté et de démocraties sur le campus et la formation fonctionnelle en langue italienne.

Au-delà de contribuer au renforcement des capacités à l’Ucad et à l’Ugb suivant ses différents axes programmatiques, le projet favorisera également au renforcement de la coopération interuniversitaire entre les universités d’Italie et  du Sénégal dans le domaine des métiers du patrimoine culturel.

La représentante de l’ambassadeur d’Italie au Sénégal, Livia Satullo, chargée culturelle de l’Ambassade d’Italie, informe que ce projet dérive de l’intérêt exprimé par le précédent Premier ministre italien, Mattéo Renzi, lors de sa visite à Dakar, où il avait évoqué que la Culture et la connaissance sont le meilleur antidote face à la barbarie de la violence et du terrorisme. Elle se félicite de voir  seulement un an après sa visite, la naissance de ce projet. A l’en croire, le Sénégal possède de nombreux sites et biens patrimoniaux dont 7 inscrits sur la liste de patrimoine mondial.

En plus des programmes de licence en gestion du patrimoine existant déjà à l’Ucad et à Gaston Berger de Saint-Louis, dans la révision de leurs modules de formation de cette licence, le Bureau régional de l’Unesco de Dakar accompagne l’Ucad et l’Ugb à travers des stages. « Dorénavant, la coopération entre les universités sénégalaises et les instituts italiens spécialisés dans la formation en métiers du patrimoine constitueront une importante valeur ajoutée dans ce domaine », argue la chargée culturelle de l’Ambassade d’Italie.

Valorisation du patrimoine
Présidant la cérémonie de lancement de ce projet d’appui universitaire, le représentant du ministre de l’Enseignement supérieur, Ramatoulaye Diagne Mbengue a remercié la Coopération italienne et l’Unesco pour le financement et la mise en œuvre de ce programme. Il traduit, selon elle, l’engagement de l’Unesco et de l’Italie aux côtés du Sénégal pour se doter de ressources humaines de qualité capables de relever les défis du développement durable. Aussi, s’est-t-elle félicitée du choix des domaines du projet, à savoir celui de la conservation et de la valorisation du patrimoine culturelle et celui de la citoyenneté d’autre part.

« Ces deux thèmes nous conduisent à nous interroger sur notre propre identité », dit Mme Mbengue. Et d’ajouter: « nous voulons aujourd’hui que notre patrimoine culturel se dise en termes de développement et de valorisation et qu’elle ne soit pas simplement une approche purement théologique et qui ne constitue pas un levier de développement pour les populations. En effet, l’importance de la conservation et de la valorisation du patrimoine matériel comme immatériel pour le développement économique d’un pays n’est plus à démontrer ».

Maguette Guèye DIEDHIOU

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