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Arts et Culture (1063)

La cinquième édition du « Partcours » (l’art dans la cité) s’ouvre du 1er au 11 décembre. Cette année, 19 espaces de Dakar et de sa banlieue proposeront des vernissages ainsi qu’une série d’activités autour de la création artistique.

C’est une programmation tout à fait alléchante que propose, du 1er au 11 décembre prochain, la cinquième édition du « Partcours », (l’art dans la cité). Cet évènement regroupera près d’une cinquantaine d’artistes autour de dix-neuf espaces de la capitale sénégalaise. L’objectif de cette manifestation, qui s’est inscrite ces dernières années sur la liste des évènements phares œuvrant pour la promotion des créations contemporaines, est de croiser les publics et d’inciter les visiteurs à découvrir l’offre exceptionnelle proposée durant l’événement. Comme lors de la précédente édition, cette année, le « Partcours » va montrer non seulement la vitalité de l’art contemporain à Dakar, mais également dans la banlieue. Par exemple, le Centre culturel Maurice Guèye de Rufisque va proposer « Les Petits rapporteurs du Marathon », lequel est une restitution de l’atelier photographique des enfants organisé lors du Marathon Eiffage en février 2016, sous la coordination du photographe Bastien Defives et de Trias Culture. L’espace culturel de la Mairie de Keur Massar va abriter également cette même exposition.

Dans le « Partcours », créé en 2012 à l’initiative de Raw material company et de Céramiques Almadies, chaque lieu est libre de sa programmation avec des contenus et un calendrier différents. « Il s’agit d’une initiative indépendante du début à la fin. D’où l’absence d’un thème », a expliqué Koyo Kouoh de Raw company. L’évènement se veut un tremplin servant à la création d’un espace de partage où les galeristes, les artistes et le public peuvent échanger. La manifestation « fédère », chaque espace propose ».

Pour Mauro Pétroni, l’un des initiateurs, malgré le temps qui passe et la fragilité des activités culturelles, le mécanisme du « Partcours » reste toujours le même. « Nous n’allons pas changer quelque chose qui fonctionne et qui est née dans une certaine logique. Dans les cinq années nous retrouvons les mêmes acteurs qui bougent comme dans un tourbillon : autour de quelques points fixes, nous avons des passages épisodiques, des départs, des retours, des tentatives inachevées », a-t-il déclaré. Loin du concept de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, cette manifestation se singularise également par son degré de spontanéité et d’incitation. Elle fait de Dakar, pendant dix jours, un creuset des arts plastiques et de la création d’une manière générale. Cela, avec les lieux assurant une programmation artistique régulière avec plusieurs évènements dans l’année. La manifestation est un moment de promotion de la créativité avec des débats et des restitutions de résidence artistique.

Ibrahima BA

La 2Stv a remporté le prix « People’s choice » des prestigieux Eutelsat Tv Awards dont la cérémonie de remise des trophées a eu lieu dans la nuit du vendredi dernier à Milan (Italie). « Asseoir une identité culturelle, la valoriser dans son originalité et sa créativité ont été les caractéristiques majeures reconnues à la chaine de télévision sénégalaise », explique un communiqué. Le texte renseigne que « c’est la première fois qu’une chaîne de télévision africaine remporte ce trophée qui était âprement disputé par plus de 120 chaînes issues de 37 pays différents ». Le communiqué rapporte qu’El hadj Ibrahima Ndiaye, Pdg, accompagné de son épouse Marième Ndiaye, et le ministre porte-parole du gouvernement Seydou Gueye ont reçu ce prix des mains du directeur d’Eutelsat, Rodolphe Belmer. Les Eutelsat Tv Awards constituent un événement d’envergure internationale qui place au centre du jeu les chaînes thématiques diffusées dans le monde entier sur les satellites d’Eutelsat.

Aujourd’hui, dans leur 19ème édition, souligne le communiqué, les Eutelsat Tv Awards ont fait concourir cette année 120 chaînes issues de 37 pays différents. La cérémonie de remise des prix a rassemblé plus de 350 professionnels du secteur audiovisuel.

Avec une flotte de 38 satellites, le Groupe Eutelsat Communications commercialise de la capacité auprès d’un portefeuille de clients constitué notamment de télédiffuseurs, d’associations de télédiffusion, d’opérateurs de bouquets de télévision, de fournisseurs de services vidéo, de données et d’accès Internet, d’entreprises et d’administrations.

E. M. F.

Les représentants des cinq Comités de lecture ont sélectionné 10 ouvrages finalistes représentant 10 pays pour la 15ème édition du Prix des cinq continents de l’Organisation international de la Francophonie. Le roman « Vi » de la Vietnamo-canadienne Kim Thúy figure parmi les 10 finalistes.

La Vietnamo-canadienne Kim Thúy figure parmi les 10 finalistes du Prix des cinq continents de la Francophonie avec son 4ème ouvrage « Vi », publié chez Libre Expression (Canada). En vietnamien, « Vi » désigne ce qui est infiniment petit, microscopiquement petit. Dans ce livre, Vi est le prénom d'une fillette, la plus jeune sœur de trois grands frères, le « petit trésor » qui se retrouve malgré elle dans la grande Vie et ses tumultes. En quittant Saïgon pour Montréal, en visitant Suzhou et Boston, en grandissant aux côtés des héros ordinaires, elle est témoin de l'immensité de la mer, de la multiplicité des horizons, de l'unicité des tristesses, du luxe de la paix, de la complexité de l'amour, de l'infini des possibilités et de la violence de la beauté.
Née à Saigon en 1968, Kim Thúy a quitté le Vietnam avec les boat people à l’âge de dix ans et s’est installée avec sa famille au Québec. Diplômée en traduction et en droit, l’auteure a travaillé comme couturière, interprète, avocate, propriétaire de restaurant et chroniqueuse culinaire pour la radio et la télévision.

« Ru », son premier roman, est paru aux Éditions Libre Expression en octobre 2009. Best-seller au Québec et en France, il a vu ses droits vendus dans vingt-cinq pays, en plus d’avoir été finaliste de plusieurs prix littéraires, dont le Prix des cinq continents de la Francophonie 2010 et le Grand Prix littéraire de la relève Archambault. Il a obtenu le prestigieux prix du Gouverneur général 2010, le grand prix RTL-Lire 2010 et le grand prix du Salon du livre de Montréal 2010. Son deuxième livre, « À toi », coécrit avec Pascal Janovjak et paru en septembre 2011 chez Libre Expression, se retrouve, dans sa version de poche en anglais, sur la liste des « Discovery Picks » de la chaîne Barnes & Noble, aux États-Unis. En 2013 paraît le troisième ouvrage de l’auteure, « Mãn », finaliste au Prix des cinq continents de la Francophonie en 2014 et traduit dans neuf langues.

Extrait :
(…) « À mon retour, un collègue avocat m’a convoquée dans son bureau pour me parler d’un projet d’aide à long terme sur les politiques de réforme au Vietnam. Puisqu’il était connu comme étant l’un des hommes les plus brillants du pays, je l’ai suivi sans condition, sans savoir que les Vietnamiens-Américains qui osaient voyager au Vietnam voyaient parfois leur maison vandalisée et que les Vietnamiens-Canadiens manifestaient devant le parlement contre la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays. J’ai pris l’avion dans l’ignorance complète du caractère hautement sensible et purement politique du projet.

Avant de trouver un bureau permanent, nous avions établi notre quartier général dans le petit hôtel où était logée notre équipe. Le jour, nos chambres devenaient nos bureaux, et le restaurant, notre salle de conférences. Nous mangions ensemble au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner. Nous fermions nos portes tard le soir, en même temps.

Pour ma part, je continuais la nuit à chercher dans les dictionnaires anglais-français / français-anglais / anglais-vietnamien / vietnamien-anglais / français-vietnamien / vietnamien-français, en plus des dictionnaires unilingues puisque le mot « logiciel » n’existait pas dans les années 1970 au Vietnam, pas plus que « environnement » ou « Anase ». La langue vietnamienne que je connaissais était marquée par l’exil et figée dans une ancienne réalité, celle d’avant la présence des Soviétiques et des liens étroits avec Cuba, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, la Roumanie… Plus de trente mille Vietnamiens vivent à Varsovie, en Pologne, et à Berlin, le quartier vietnamien dépasse de loin la taille du quartier chinois à Montréal. L’histoire du Vietnam et des Vietnamiens se vit, s’amplifie, se complexifie sans être écrite ni racontée. » (…)

Une présentation d’E. Massiga FAYE

Le comité régional de sélection est à pied d’œuvre pour une participation honorable de la région de Kolda à la 9ème édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac) prévue du 26 au 31 décembre prochain à Kolda.

Le comité régional de sélection s’est rendu dans les différents départements pour le casting des troupes de danse, de musique et du théâtre devant représenter la région à la 9ème édition du Festival national des arts et cultures prévue du 26 au 31 décembre prochain à Kolda. Pour la danse, le critère de sélection porte sur la précision dans les mouvements, les efforts physiques et la rythmique. Pour ce qui concerne la musique, le choix porte sur la maîtrise de l’instrument et l’harmonie musicale mais aussi, à travers les leeds vocaux. Tandis qu’en théâtre, c’est la capacité d’improvisation, le jeu de l’acteur et l’occupation de l’espace qui ont été privilégiés. « En musique, l’ossature principale nous vient de Pakour (département de Vélingara) avec l’orchestre Mayé Diao. En effet, sur les 8 acteurs musicaux sélectionnés, les 6 viennent justement de Pakour. Pour la danse, seul le département de Kolda, notamment la commune, a présenté une troupe. Du coup, sur les 14 participants au casting, 12 ont été sélectionnés pour le compte de la délégation régionale. Pour ce qui concerne le théâtre, c’était très serré. Sur les 12 acteurs choisis, 6 viennent de Kolda, 4 du département de Vélingara et un de Médina Yoro Foulah. Le metteur en scène est Sadik Sall venu également de Kolda », déclare Abdoulaye Oumar Baldé, directeur du Centre culturel régional de Kolda. Il espère que la région de Kolda va réussir le pari de l’organisation et de la participation.

Le comité régional de sélection veut mettre tous les atouts de son côté pour maximiser ses chances de participation à ce Festival national qui se tient pour la première fois à Kolda. Il vient d’organiser un atelier de théâtre co-animé par Abdoulaye Seydi, comédien du théâtre de la Mascara en France et Nicolas Jobert, metteur en scène du même théâtre. Il compte aussi organiser au début du mois de décembre, des ateliers en danse et en musique pour renforcer les capacités des acteurs culturels locaux. « Je suis là sur invitation d’Abdoulaye Seydi et Sadik Sall qui m’ont demandé de venir à l’occasion de ce Festival pour préparer les comédiens pendant le spectacle. Je dispense une formation sur l’improvisation, c’est-à-dire, le travail personnel du comédien pour qu’il soit suffisamment solide. C’est un travail individuel et collectif », explique Nicolas Jobert.

Mamadou Aliou DIALLO

Le secrétaire général du Gouvernement, Abdou Latif Coulibaly, a présidé, hier, l’ouverture d’un séminaire de partage à l’initiative de la Direction de l’imprimerie nationale sous l’égide du Secrétariat général du Gouvernent. L’objectif est d’offrir aux acteurs un cadre d’échanges et de partage sur les réformes envisagées et qui sont relatives à l’entrée en vigueur des lois.

Dans le cadre du suivi des recommandations d’un premier atelier  organisé en 2015, l’Imprimerie nationale du Sénégal (Ins) tient, depuis  hier, un séminaire sur le thème : « Une imprimerie nationale moderne pour garantir l’accessibilité à l’information légale et administrative et l’efficacité des normes ». L’objectif de cette rencontre qui a été présidée par le secrétaire général du Gouvernement, Abdou Latif Coulibaly, est d’offrir aux acteurs un cadre d’échanges et de partage sur les réformes envisagées et qui sont relatives à l’entrée en vigueur des lois, des actes administratifs à caractère réglementaire et individuel. Mais aussi à la réorganisation et au fonctionnement de l’imprimerie nationale.

Ce séminaire, a informé Ndèye Ndack Diakhaté, directrice générale de l’institution, est une occasion d’évaluer les avancées significatives notées dans le processus de relance de l’Ins en 2016 et décliner les procédures et moyens de systématiser les acquis, de proposer un nouveau cadre juridique devant régir l’organisation et le fonctionnement de l’imprimerie ainsi que de sensibiliser sur les enjeux liés à l’introduction du numérique dans le système d’entrée en vigueur des textes. « De tels enjeux exigent certainement un changement de paradigme, c’est dire que tous les acteurs, du bas de la pyramide au sommet, doivent partager le même cadre de référence… », a-t-elle indiqué.

Outil majeur du système normatif
Rattachée au Secrétariat général du Gouvernement avec comme rôle d’assurer « l’impression et la publication des textes officiels de l’Etat et toutes autres éditions que lui confie le Gouvernement », l’Imprimerie nationale joue un rôle de premier plan dans le système  de gouvernance normative. Selon Abdou Latif Coulibaly, elle  constitue une pièce maîtresse  et un outil institutionnel majeur du système normatif. A l’en croire,  la politique de rénovation du cadre législatif et réglementaire serait sans effet sur le système de gouvernance normative si elle n’intégrait pas, dans ses grandes options, la dernière phase du processus législatif et réglementaire qu’est la publication et l’entrée des textes.

A l’heure du passage de l’analogie au numérique, a avancé le secrétaire général du Gouvernement, la modernisation du travail législatif et réglementaire doit être recherchée à travers la mise en place d’une plateforme de gestion électronique des données normatives ainsi que la numérisation complète et la mise en ligne du Journal officiel de la République du Sénégal.

Aux yeux de Abdou Latif Coulibaly, dans la perspective de l’instauration du Journal officiel électronique, le débat de la relecture du système d’entrée en vigueur des textes législatifs et réglementaires se pose avec acuité. « L’irrégularité de la parution du Journal officiel sur support papier et la mise en place d’un Journal officiel électronique exigent une prise en considération de la dématérialisation de son support dans les textes. Ce nouveau dispositif va introduire d’importantes innovations au cadre juridique de la publication et l’entrée en vigueur des textes », a-t-il fait comprendre.

Il s’agit, de son point de vue, de textes relatifs à l’unification  de la date d’entrée en vigueur des textes sur l’étendue du territoire,  la simplification du dispositif d’entrée en vigueur des textes désormais subordonnées à leur seule publication au Journal officiel. Mais aussi l’affirmation du principe de gratuité et de permanence de l’accès au Journal officiel électronique ainsi que la consécration du système de la double publication des textes dans le Journal officiel sur support papier et sur celui électronique.

 

Ibrahima BA

Que sommes-nous devenus ? La réponse à cette interrogation requiert de prendre du recul, de questionner les symboles, les pratiques et les valeurs. La pièce « La tragédie du Damel Macodou », sortie de l’inspiration du dramaturge Alioune Badara Bèye, mise en scène par Jean Pierre Leurs et interprétée par la troupe nationale dramatique et les artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots), samedi dernier, replonge dans cette époque fiévreuse, dans cet univers d’exaltation de la fierté et de l’honneur.

« Ô grands Dieux de mon peuple, vous qui veillez depuis des siècles sur le ciel paternel du Saloum, protégez mon fils Samba Laobé mais n’humiliez pas mon mari le Damel Macodou ». Cet épanchement de la Linguère Sira Diogop, obligée de choisir entre son téméraire fils et son époux, fait suite à la promesse solennelle et déchirante de ce dernier : « Samba Laobé est le plus beau de tes fils, le plus courageux, le plus fort. Il est bien né. Et les bien nés ne peuvent servir de pâture aux charognards. Les bien nés provoquent l’histoire et lui offrent ses victoires les plus étincelantes.

Mon cœur souffre de ce déchirement, mais je ne te retiendrai pas. Regagne le Saloum et va prier pour ton fils. Mais sois sûr, mon bras ne tremblera pas ». Celui de son fils, Samba Laobé, non plus. La bataille de Ngouye Ndiouli fut fatale au père, tragique pour la mère. Samba Laobé en mourut un an plus tard du fait de ses nombreuses blessures. Le braiement de l’âne et les gazouillis des oiseaux de la première scène sont en cela une prouesse de maître. Ils annonçaient le tumulte dans un flot d’espérances.

La « tragédie du Damel Macodou », ou peut-être le « drame des peuples », narre des destinées qui se font et se défont au gré des ambitions insatiables et aveuglantes d’individualités marquantes du cheminement collectif. Le conflit tragique entre le Damel Macodou et son fils insolent d’intrépidité, Samba Laobé, en est une touchante et sanglante illustration. Le Saloum, royaume au trône vacant, terre de déchirure, est convoité par le souverain géniteur après qu’il l’a volontairement cédé à son descendant à la bravoure reconnue et louée.

Alchimie scénique
Quand, sous les coups de boutoir des colons aux méthodes insidieuses, maîtres de la désagrégation « mentale », et que les chants des contestations internes se faisaient de plus en plus entendre, le fier Damel Macodou, entré dans une errance indigne de lui, cherche alors à reprendre son « dû ». Mais, il ne sollicite pas « comme un vulgaire Badolo ton hospitalité, mais il exige que tu lui restitues ce qu’il t’a confié, le trône du Saloum qui lui revient de droit », a tenu à préciser, condescendant, le frère du Damel, Thialaw Samba Keul.

Samba Laobé, jeune impétueux, est tenaillé entre le devoir d’exalter la fierté du peuple du Saloum et celui de reconnaissance au lion du Midi « qui lui avait donné vie, dans la tourmente des odeurs fétides des baobabs calcinés au lendemain des victoires éclairs ». Les chants des sirènes du pouvoir l’enchantent. Ni les épanchements de sa mère, dévouée et aimante épouse de son père, ni les « caresses en faisceau de gerbe » que lui promettent sa femme, Maram, n’y font rien.

A cette dernière, pour souligner sa détermination à combattre son père tout aussi décidé à reprendre le royaume du Saloum, il dit ceci : « Maram, ce n’est pas le moment de parler d’amour, le Saloum m’attend. Je te promets de refouler le sol de Kahone, après la victoire sur les hordes de mon père ».
Il y parvient en 1862 à la bataille de Gouye Ndiouli, « champs de circoncis, de déchirement, de sacrifice, de sublimation. Gouye Ndiouli, la victoire du fils sur son père ! la victoire du pouvoir sur le sang ». Cette représentation théâtrale est une œuvre indifférente au temps. En plus de donner la possibilité de « regarder et d’écouter une partie de notre histoire », pour ainsi reprendre Sahite Sarr Samb, directeur général du Théâtre national Daniel Sorano, elle célèbre des valeurs.

Et elle consigne des pans de mémoire, des aventures humaines, sources de sagesse et d’inspiration pour une humanité moins tumultueuse. Cette soirée théâtrale n’a pas fait que confirmer le génie du dramaturge Alioune Badara Bèye, du metteur en scène, Jean Pierre Leurs, qui ont blanchi sous le harnais. Elle a montré la capacité du Théâtre national de créer une « alchimie scénique » avec les talents extérieurs. Que Pape Faye de l’Arcots et Ibrahima Mbaye de Sorano jouent les personnages respectivement du Damel Macodou et de Samba Laobé est, sur le plan de la symbolique, assez fort.

Alassane Aliou MBAYE

Le Pr Rawane Mbaye, spécialiste de la langue arabe et de la théologie islamique, a présenté, samedi, dans l’amphithéâtre de l’Ucad 2, son dernier ouvrage titré « Diwan » de Serigne Abdoul Aziz SyDabakh. Édité en langue française et arabe, cet ouvrage  revisite, en trois tomes, les enseignements, l’histoire et l’œuvre complète de Serigne Abdoul Aziz  Sy.

L’amphithéâtre de l’Ucad 2 a refusé du monde, samedi. Un parterre de personnalités   religieuses, des sphères politiques, de l’enseignement supérieur, des islamologues, des diplomates ont   assisté  à la présentation de la nouvelle œuvre spirituelle et intellectuelle, du professeur Rawane Mbaye. Titré « Diwan » de Serigne Abdoul Aziz Sy « Dabakh », l’ouvrage revivifie spirituellement et intellectuellement l’histoire, le vécu et les enseignements du  saint homme sur 2.862 pages réparties en trois tomes avec des  thématiques bien précises. Selon l’auteur, le Pr Rawane Mbaye, cet  ouvrage entamé  depuis 2003 est un condensé de tous les enseignements religieux légués par le défunt vénéré khalife Abdoul Aziz Sy « Dabakh ».

« La première partie titrée « Suppliques et oraisons » constitue la partie la plus importante de l’ouvrage et traite de tout ce qui est  suppliques et oraisons du khalife en rapport avec le Prophète », indique Pr Rawane  Mbaye. Pour la deuxième partie, intitulée « Panégyrique de la hiérarchie tijane », elle retrace, d’après lui, les poèmes que le khalife a consacré aux autorités de la tarikha tidjane dans leurs diversités depuis Cheikh Ahmed Tidjane Cherif,  en passant par El Hadj Omar Foutiyou Tall et El Hadji Malick Sy », fait savoir Pr Rawane Mbaye. Quant à la troisième partie, titrée « Exhortations et prêches », elle est constituée d’un condensé de la totalité de ce que Abdoul Aziz  Sy  a dit  en termes de  guidance pour corriger les abus, les écarts que les gens se permettaient à l’endroit de l’Islam », souligne-t-il.

Non sans préciser que tous ces enseignements que renferme le « diwan » vont constituer un champ de recherche permettant ultérieurement aux différents professeurs de l’Université de l’exploiter à travers des mémoires, des thèses que les étudiants pourraient amener à préparer. Lors de la  cérémonie de présentation de ce riche ouvrage, l’islamologue Abdoul Aziz Kébé a rendu hommage à l’auteur  Rawane Mbaye qu’il appelle d’ailleurs fièrement maître puisque qu’il le fut pour lui. « Nous devons un hommage mérité au professeur des Universités, membre des académies de Fikh et auteurs de nombreux ouvrages et articles  pour avoir encore mis à notre disposition ces œuvres complètes de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh », dit-il.

A en croire Pr Kébé, en étudiant sérieusement l’œuvre que nous présente le professeur Rawane Mbaye, nous  aurons la chance de percevoir profondément le sens de l’histoire de Serigne Abdoul Aziz Sy « Dabakh ». « Les œuvres que Pr Rawane Mbaye met à notre disposition montrent à quel point Serigne Abdoul Aziz Sy était rempli d’une conscience citoyenne dans une société en mutation démocratique par sa participation et sa contribution à inviter par l’exemplarité », indique Pr Kébé.
Pour lui, cette magistrale œuvre présentée à l’universalité, parce que présentée à l’Université Cheikh Anta Diop, reste utile aux legs, aux ayants droit et contribue à ce que l’Université s’approprie le patrimoine intellectuel de ses fils arabophones.

Maguette Guèye DIEDHIOU

L’ambassadeur de Corée, Son excellence Hyo-Eun Kim, a procédé, hier, en présence de Amadou Diaw, président de l’Ism, du Pr Babacar Guèye, représentant le ministère de l’Enseignement supérieur et de Oumar Bâ, directeur de l’Enseignement moyen secondaire, à l’inauguration d’une salle dénommée « Korea Corner »  au sein de l’Institut sénégalais de management.

L’espace dédié à la promotion de la culture coréenne est équipé de deux bibliothèques et d’outils informatiques pour les étudiants inscrits à l’Unité de formation en langue coréenne. Mme l’ambassadeur, Hyo-Eun Kim, a magnifié le soutien des responsables de l’Ism qui a permis la réalisation de l’espace culturel. Elle a tenu à rappeler l’importance que le gouvernement coréen accorde à sa coopération avec le Sénégal. La « Korea Corner », a-t-elle souligné, a pour vocation de servir de lieu de culture, d’animation, de partage et de détente. L’espace offre, selon la diplomate, « une multitude d’informations sur la Corée pour mieux faire connaître son histoire et sa culture. Il contribuera à renforcer les liens d’amitié et au développement des échanges culturels entre nos deux peuples ».

Le Pr Babacar Guèye, représentant le ministre de l’Enseignement supérieur, a salué l’initiative qu’il met au crédit « de la générosité et de l’esprit de partage du peuple coréen ». La maîtrise des langues étrangères, a-t-il souligné, est un atout surtout pour les étudiants à qui elle offre beaucoup plus d’ouverture dans le processus de formation.

Le directeur de l’Enseignement moyen secondaire, Oumar Bâ, a abondé dans le même sens pour souligner l’importance de l’initiative qui va permettre de favoriser un métissage culturel. L’espace, a-t-il ajouté, sera un coin de partage de la langue et de la culture dans cette civilisation de l’universel. Auparavant, le président de l’Ism, Amadou Diaw, a remercié l’ambassadeur de Corée et les étudiants de la section coréenne qui ont fait preuve d’engagement pour exceller dans la discipline.


Babacar DRAME

Conformément aux instructions et directives du chef de l’Etat issues du Conseil des ministres délocalisé à Saint-Louis en juin 2012, le ministère de la Culture et de la Communication s’est évertué à réorganiser l’agenda culturel régional.

Au cours d’un atelier organisé hier, dans les locaux du Conseil départemental de Saint-Louis, par le directeur du centre culturel régional, Moustapha Ndiaye Och, l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Sahite Fall, a magnifié l’engagement du ministre de la Culture et de la Communication pour les efforts déployés en vue de mettre en œuvre les instructions du président Macky Sall. Il a exhorté une centaine d’acteurs culturels qui ont participé à cet atelier, à faire de l’agenda culturel régional un outil d’animation et de promotion des initiatives culturelles locales. Abondant dans le même sens, Moustapha Ndiaye Och a rappelé que cet agenda culturel régional est un véritable instrument de valorisation culturelle et de promotion touristique de la région.
Cet agenda, a-t-il précisé, a pour but de faire ressortir tous les aspects représentatifs du patrimoine et de l’expression culturelle régionale. L’adjoint au gouverneur et Moustapha Ndiaye och ont ainsi invité les participants à proposer des événements à haute valeur ajoutée, pertinents et durables, qui reflètent l’identité culturelle et artistique de la région Nord et qui cadrent avec les grandes orientations définies dans la politique culturelle du Sénégal.

Ils ont enfin émis le souhait de disposer, à l’issue de cet atelier, d’un document d’une très haute facture, qui sera un instrument de lutte contre la pauvreté et un facteur de création de richesses et d’emplois.

 

Mbagnick Kharachi DIAGNE

La Maison de la Culture Douta Seck abrite, cet après-midi, à 15h, une journée de restitution du Rapport quadriennal sur la mise en œuvre de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (Convention de 2005) que le Sénégal a soumis à l’Unesco. « L’élaboration du rapport quadriennal est un travail rigoureux de collecte d’informations et de documents sur tout le territoire national, suivi de leur traitement et de leur synthèse », explique un document de présentation.

A cette occasion, annonce la même source, le ministre de la Culture et de la Communiation procédera à la remise des Certificats de reconnaissance aux membres de l’équipe nationale de rédaction en témoignage de leur rôle éminent dans l’aboutissement de ce processus d’élaboration du document.

La compréhension et la valorisation de la mémoire peut constituer un facteur de résilience chez les peuples. Toutefois, la mondialisation « engendre un nouvel ordre économique génératrice d’une nouvelle pensée politique » ainsi qu’une « nouvelle interprétation de mémoire unilatérale, celle d’effacer toutes traces de résilience de fait, d’élaborer et d’installer une pensée interprétative unique ». Pour Maguèye Kassé, professeur au département des langues et civilisations germaniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), « notre capacité de résilience viendra de la nécessité d’une compréhension interculturelle facteur de paix, de progrès ». Selon lui, cela signifie promotion de valeurs communes à toute l’humanité, à condition de bien percevoir ce que ces valeurs ont de fondamental pour faire régner l’harmonie dans les sociétés humaines. « L’expression de cette humanité se trouve dans les expressions artistiques de l’humain présentes dans la littérature universelle... », a-t-il soutenu.

I. BA

Dans le cadre de la célébration de la huitième édition du Gorée Diaspora festival, un colloque sur le thème : « Mémoire et  résilience » a réuni, samedi dernier, à Gorée, des chercheurs, universitaires, institutions nationales et internationales ainsi que des experts travaillant sur les questions de revalorisation de la mémoire.

Comment faire de la mémoire et de la résilience un atout dans contexte d’intolérance, d’insécurité et de crise d’identité ? C’est autour de cette problématique que s’est inscrit le colloque « Mémoire et résilience » qui s’est tenu, samedi dernier, à Gorée, dans le cadre de la célébration de la huitième édition du Gorée Diaspora Festival. Cette réflexion entre en droite ligne des efforts de valorisation de la mémoire et de « mise en synergie des actions populaires et citoyennes pour rendre compte de la pluralité des mémoires et des sensibilités ». Il s’agit également, pour les initiateurs, de montrer en quoi la mémoire et l’esclavage participent à l’affirmation d’une citoyenneté active et dynamique ouverte sur un futur partagé. « Combattre le silence et l’oubli comme nouvelle forme de souffrance et d’incompréhension » n’aura d’effet, aux yeux du Professeur Maguèye Kassé de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, que si nous jetons les bases d’un engagement citoyen pour une culture de solidarité, de réconciliation, de compréhension et d’engagement dans la lutte contre l’esclavage et contre les différentes formes d’injustices sociales. Dans sa communication « Mémoire et résilience : quels liens ? », il a souligné la nécessité de combattre le silence et l’oubli pour arriver à une réconciliation. S’agissant de Gorée, il a parlé d’une île portant toute l’histoire d’un continent faite de souffrances indicibles à travers la traite négrière, elle-même déterminée par le traitement qu’un système d’exploitation « inique » a volontairement et cyniquement fait subir à une partie importante du continent, donc au travers d’une politique élaborée aux fins de produire une base importante d’accumulation de capital. « Ce système s’est étendu sous beaucoup de formes à des pays et à des populations créant ainsi une mémoire collective comprise ici sous sa forme philosophique. Cette mémoire est l’ensemble des faits du passé qui peuvent avoir pour effet de structurer l’identité de groupes, ceux-là qui partagent le même sort dans la négation de l’être humain, réduit à l’état d’objet, de marchandise et dont le dénominateur commun dans les groupes est leur place dans le processus du travail dans lequel ils constituent un rouage essentiel », a-t-il indiqué.

Pour le professeur au département des langues et civilisations germaniques, Gorée représente
« l’immédiateté de la mémoire collective d’une humanité déchirée. » Et cette île est en même temps instance de résilience suprême, à condition d’en définir des conditions à caractère universel.

Immédiateté de la mémoire collective
« Retenons que la mémoire qui nous occupe aujourd’hui est la résultante d’un long processus de négation de l’être au nom d’intérêt mercantiliste et d’accumulation de capital «, a-t-il laissé entendre. Selon le conférencier, la mémoire collective ne peut pas être neutre quand des intérêts sont en jeu pour en effacer les éléments qui permettent de la reconstituer au bénéfice exclusif du sujet pensant sa propre mémoire. « Les nouveaux rapports qui s’installent, cependant, apportent avec eux la volonté d’effacer la mémoire qui les accompagnait, créant de meilleures conditions à l’émergence, à l’affirmation et à la consolidation du libéralisme », a avancé Pr Kassé pour qui la mémoire n’est rien d’autre que « les processus cognitifs, entendus au plan de la psychologie, c’est à dire, processus par lesquels les hommes passent pour connaître leur environnement et comprendre leur histoire. »

A en croire Augustin Senghor, maire de Gorée et président du Gorée Diaspora Festival, il faut travailler à la construction d’une œuvre de mémoire et de réflexion autour de Gorée. Il a rappelé cette volonté de développer un dynamisme permettant d’aller de l’avant et de préserver l’île mémoire. Mais également de valoriser d’autres aspects en vue de lutter contre ce qui a été « créé pendant la traite négrière et qui est toujours d’actualité ». D’après M. Senghor, il urge de garde vivace cette mémoire afin qu’elle puisse servir à la génération du futur.

Ibrahima BA

La Commission de protection des données personnelles, en partenariat avec le cabinet  Futurs choisis a organisé, jeudi, un  forum de sensibilisation à l’intention de certains corps de métier. La rencontre a permis d’échanger et de communiquer en langue nationale sur l’intérêt de protéger ses informations personnelles face aux risques multiples : évolution des technologies, atteintes à la vie privé sur les réseaux sociaux et installation tous azimuts de vidéos surveillances.

Forte de sa mission de communication et sensibilisation, la Commission des données personnelles (Cdp) a pris l’initiative de rencontrer, jeudi, certains corps de métier évoluant surtout dans le secteur informel, notamment les commerçants, pour échanger avec eux, en langue wolof, sur la loi sur les protections de données personnelles, des missions de la Cdp, l’importance  de  la protection des données personnelles, etc. 

Le séminaire a été également une occasion pour la présidente de la Cdp, Awa Ndiaye, de revenir sur les multiples atteintes à la vie privée enregistrées par la commission et relatives aux réseaux sociaux et à l’installation de caméras de surveillance dans certaines entreprises privées.

L’équipe du cabinet Futurs choisis a présenté, en langue wolof, à l’assistance, les missions et le rôle de la Commission de protection des données personnelles non sans préciser l’intérêt de protéger ses données personnelles que Pr Abdoullah  Cissé a même qualifié de « sutura » en wolof. Pour lui, en un moment de l’histoire, on pouvait se fier à quelqu’un tout en ayant la certitude que le secret pouvait être gardé. Mais, avec la floraison des nouvelles technologies de l’information et de la communication, cette ère est révolue. D’où l’intérêt, pour lui, de protéger ses données personnelles pour ne pas être victime de diffamation, d’escroquerie, comme  il est constaté de plus en plus  sur les réseaux sociaux.  

Atteintes à la vie privée
La présidente de la Cdp s’est aussi exprimée sur l’installation tous azimus de caméras et vidéosurveillances. Selon elle, de plus en plus  de commerçants installent dans  les marchés des caméras de surveillance sans compter les domiciles et entreprises privés qui s’y mettent aussi. Pour Mme Ndiaye, cette installation n’est pas interdite parce que chacun a le droit de se préoccuper de sa sécurité. Toutefois, la présidente demande à ce que les détenteurs de ces caméras de surveillance se mettent en règle par rapport à la loi pour la protection des données à caractère personnel qui régule toute la vidéosurveillance.  

« Les détenteurs de caméras de surveillance doivent se mettre en règle avec la  loi en déclarant ces vidéosurveillances auprès de la Cdp avant de les installer car ils ne doivent pas être installées n’importe où, surtout dans le cadre du travail, dans les entreprises privées », indique-t-elle. A l’en croire, ils ont eu des cas d’ouvriers  qui se sont indignés d’être sous caméras vidéosurveillance 24 h/24h alors que la loi l’interdit et prévoit même des sanctions d’ordre administratives voire pénales.

Les atteintes à la vie privée sur les réseaux sociaux ont été également abordées lors de ce séminaire. En ce sens, renseigne la présidente de la Cdp, au total, ils ont reçu 200 plaintes depuis que la Commission existe, et ce nombre ne cesse d’augmenter non pas à cause de l’installation de vidéosurveillances, mais par rapport aux réseaux sociaux.

« De plus en plus de personnes se voient menacées dans leur intégrité et leur vie  privée. Ces derniers n’hésitent pas à se rapprocher de la Cdp  pour faire effacer certaines de leurs données qui ont été diffusées de façon illicite », informe-t-elle.

Par  Maguette Guèye DIEDHIOU

Le collectif « Kakatar » (caméléon) a ouvert depuis le 15 novembre dernier, à la Galerie nationale d’art, une exposition pour restituer le travail de ses membres autour de la thématique du caméléon. L’exposition fait une présentation de cette structure portée sur les fonts baptismaux en février dernier.

Piniang, Seydou Wade, Abdoulaye Armin Kane, Ibrahima Ndiaye, Sandjiry Niang, Pascal Bama Senghor…dix artistes au total ont imprimé leur inspiration sur une seule et immense œuvre en exposition depuis le 15 novembre dernier à la Galerie nationale d’art. L’idée de cette démarche autour de la thématique du caméléon est de laisser la liberté à chaque artiste, selon sa technique et ses matières, de donner sa propre représentation de cet animal caractérisé par sa grande capacité de mimétisme. Qu’il s’agisse des vidéastes, des peintres ou des sculpteurs, chaque participant contribuera à la création d’une synergie autour du cinéma d’animation. Loin des expositions classiques, cette exhibition cherche à susciter l’intérêt, à mettre en valeur l’aspect intellectuel de chaque artiste. Le grand tableau, composé d’une trentaine d’œuvres faites de petit format, rappelle les différentes particularités du caméléon. Ses membres, sa peau, la mutation de sa couleur, l’aspect graphique de sa peau sont, entre autres, représentés selon la sensibilité de chaque artiste. Par exemple, l’artiste sculpteur et vidéaste, Abdoulaye Armin Kane, s’est focalisé sur la mutation de la peau de l’animal.

Les artistes Ibrahima Ndiaye et Ramatoulaye Sow se sont, de leur côté, intéressés, à travers une installation d’échelles, sur le passage d’une situation précaire à celle d’aisance en comparaison avec les métamorphoses du caméléon. Cet animal renvoie à la philosophie du groupe « Kakatar » comme étant un laboratoire de recherche et de création artistique. L’exposition du collectif « Kakatar », renseigne l’artiste Abdoulaye Armin Kane, est un prétexte pour présenter cette association porté sur les fonts baptismaux au mois de février dernier. Avec un total de dix membres, « Kakatar » veut œuvrer pour le développement du cinéma d’animation, domaine qui n’est pas encore bien présent dans l’échiquier culturel de notre pays. Le collectif a déjà noué un partenariat avec l’Atelier Graphoui de Bruxelles. « Nous voulons davantage vulgariser les techniques du cinéma d’animation dans notre pays », indique Abdoulaye Armin Kane. « Kakatar » qui regroupe différents artistes avec diverses potentialités, cherche à créer une synergie entre ses membres pour un partage d’expérience enrichissante. Le groupe travaille déjà sur sa mise en place d’un studio de production de films d’animation.

Ibrahima BA

Le Centre culturel régional de Kolda a procédé à l’inventaire des instruments et valeurs culturelles de la région. Le pré-inventaire de ce patrimoine culturel immatériel a été validé lors d’un atelier.

La région de Kolda abrite une mosaïque de communautés qui vit depuis des longues années, dans une parfaite harmonie. Cette diversité culturelle constitue une richesse inestimable pour la région qui représente, selon certains, le Sénégal en miniature. C’est, du moins, le constat fait par les participants à cet atelier de restitution et de validation du pré-inventaire des éléments du patrimoine culturel immatériel de la région de Kolda organisé mercredi, par le Centre culturel régional avec l’appui de la Direction du patrimoine culturel national du ministère de la Culture et de la Communication. La rencontre qui a réuni collectivités locales et éminents hommes des lettres, des arts, de la culture et des médias a permis de revisiter ce riche patrimoine culturel immatériel qui fait, aujourd’hui, la fierté de ces différentes communautés. « Cette rencontre s’inscrit dans le cadre global d’un atelier qui s’est tenu récemment à Dakar sous le thème : « Information et mise à niveau sur le format du projet de pré-inventaire du patrimoine culturel immatériel ». Nous avons réuni les collectivités locales, les acteurs socio-culturels, les personnes ressources avec lesquelles nous travaillons sur le terrain pour partager sur les éléments du patrimoine culturel immatériel à proposer à la Direction du patrimoine culturel national », a déclaré Abdoulaye Lamine Baldé, Directeur du Centre culturel régional de Kolda. Il a salué la pertinence des contributions des participants qui ont démontré leurs connaissances et leur parfaite maîtrise des coutumes et valeurs traditionnelles mais aussi, des pratiques et savoir-faire artisanal et traditionnel de la région de Kolda. Ce qui témoigne, selon lui, de la richesse et de la diversité culturelle des différentes communautés qui vivent dans cette partie méridionale du Sénégal. Les échanges ont porté, pour l’essentiel, sur l’élevage et les traditions pastorales, les instruments de musiques traditionnelles dont le Niaaneeru, le Moolaa et le Hoddu, les instruments aratoires, l’habillement et la coiffure traditionnelle, les rituels de fécondité et les jeux traditionnels. Une enquête exhaustive sur ces différents éléments qui seront proposés à la Direction du patrimoine culturel sera menée en 2017 pour mieux approfondir les recherches dans ce domaine, selon Abdoulaye Lamine Baldé.

Mamadou Aliou DIALLO

Pendant longtemps, il a défendu bec et ongles celle qu'il considère comme sa famille. Interrompant par exemple une Taylor Swift timide en plein discours, pour crier tout son amour à Beyoncé, Kanye West s'est souvent attiré les foudres du public. Aujourd'hui, alors que la rupture est consommée avec le couple Carter, c'est finalement sur la chanteuse de « Single Ladies » que le Don peut compter pour assurer ses arrières. On a appris cette semaine que le rappeur mégalo avait eu un gros coup de pompe – « une psychose temporaire » provoquée par une déshydratation et de l'épuisement - qui l'avait envoyé directement à l'hôpital. Et pour lui venir en aide, la femme la plus puissante du monde a usé de son influence. Elle a sommé son mari, JayZ, ancien BFF de Kanye, de se rapprocher de lui. Selon le Sun, la diva a pris en pitié Kanye West aujourd'hui en grande difficulté. Selon une source citée par le tabloïd, « peu importe ce qui s'est passé entre eux, Kanye a toujours été le petit frère de Jay et Jay l'a toujours appelé sa 'familia' ». Du coup, Beyonce et Jay-Z ont maintenant pour projet de se rapprocher du mari de Kim Kardashian « tranquillement et en privé pour éviter toute tempête médiatique, et juste pour lui faire savoir qu'ils sont là pour lui ».

Festival « Metissons » de Saint-Louis
Les responsables de l’Association Métissons ont fait face à la presse, pour évoquer la série de concerts qui va se dérouler du 1er au 3 décembre prochain dans les cabarets, hôtels et espaces privés de la ville de Saint-Louis. Le président de l’Association, Jean Michel, est revenu sur l’esprit "Métissons", un festival né en 2010 et dont l’entrée est gratuite. Pour lui, des concerts se déroulent sur trois jours, avec comme objectif de lancer la saison touristique, avec des artistes programmés qui seront dans les bars hôtels et restaurants de la ville. Ces manifestations se tiendront après le concert d’ouverture à l’Institut français de Saint-Louis.

Cette année, comme d’ailleurs les autres fois, la programmation se partage entre artistes nationaux, africains et européens, ceci afin de faciliter les échanges dans le cadre d’atelier et de résidences. Pour une première fois, « nous seront à l’Institut français de Dakar pour la pièce musicale "Neige Noire" le 1er décembre, une production qui connaît un véritable engouement en France, afin de faire connaître "Métissons" dans la capitale ». Mais pour Jean Michel, il ne s’agit pas de délocaliser la manifestation, mais c’est une approche stratégique de marketing. Plus de 15 concerts sont prévus avec un clin d’œil aux artistes de la diaspora « Tukki » (France-Sénégal), le retour des anciens de « Walo Afro de Saint-Louis », de « Ndioba » (Sénégal-France) et « Elektrees » Sénégal-Suisse). Au-delà, la promotion des artistes en devenir est aussi prévue avec la prestation de la chanteuse  Daba, Max un talent venu de Saly ou encore Ifrikia porte-étendard de la jeune vague saint-louisienne.

La particularité de ce festival réside dans le fait qu’il se veut « chercheur de pépites » et a participé à la promotion d’artistes qui connaissent aujourd’hui un succès certains comme Takéifa, Maréma, Sahad et le Patchwork, Rafa, etc. Un marché de Noël et une exposition de l’artiste plasticien Baye Mballo Kébé sont aussi prévus durant ce festival.

A. M. NDAW

De manière caricaturale, Louis Camara peut être considéré comme un écrivain exotique s’intéressant aux spécificités culturelles pour atteindre l’universalité. Les exquises « promenades » du natif de Saint-Louis dans la mythologie yorouba, qui confère à son œuvre littéraire une certaine originalité, en témoignent. Le lauréat du Grand prix du président de la République du Sénégal pour les Lettres, en 1996, avec son premier ouvrage, « Le choix de l’Ori », parle, dans cet entretien, de ses écrits évoquant le terroir et l’ailleurs, de sa ville, Saint-Louis, de sa mémoire à préserver et de la culture à y revitaliser.

Qu’est-ce qui a suscité en vous cette passion pour l’écriture ?
C’est peut-être bien un penchant naturel. Dès ma plus tendre enfance, j’ai été intéressé par les mots, la musique et la beauté des mots, la poésie. Petit à petit, à force de lire des œuvres, j’en suis venu à avoir envie moi-même d’en écrire. Cela a mis beaucoup de temps à s’installer parce que j’ai publié ma première œuvre littéraire à 46 ans (en 1996). Mais, comme on dit, ce fut un coup d’essai et un coup de maître puisqu’elle a remporté le Grand Prix du président de la République pour les Lettres dès sa publication.

Pourquoi ce « retard à l’allumage » ?
Le plus souvent, c’était des tentatives avortées. Les textes que j’écrivais ne me semblaient pas suffisamment aboutis. Les histoires ne me paraissaient pas bien construites et je ne maîtrisais pas suffisamment certaines techniques d’écriture. L’écriture, c’est aussi la maîtrise de certains paramètres littéraires. En amont, il faut une grande culture littéraire qui passe par la lecture des œuvres. On ne peut pas être un écrivain si auparavant on n’a pas beaucoup lu. A mon avis, il est nécessaire d’avoir beaucoup lu pour ensuite restituer ce qu’on a emmagasiné de manière consciente ou inconsciente.

D’où vient cet intérêt pour la culture yorouba très présente dans nombre de vos productions littéraires ?
C’est un peu le fruit du hasard. J’ai découvert la culture Yorouba à travers un ouvrage de mythes intitulé « 16 grands poèmes d’Ifa » (Ifa est une divinité du panthéon yorouba). Ce livre est une compilation de poèmes divinatoires utilisés par les détenteurs de cette science divinatoire appelés, chez les Yoroubas, les Babalawo. Ces derniers récitent le poème pendant le processus de divination. C’est toute une technique. C’est avec la divination que ces poèmes sont nés. J’ai donc eu accès à cette compilation de textes recueillis par l’autorité suprême de tous les Babalawo du monde, le professeur Wandé Abimbola, qui est également un anthropologue enseignant aux Etats-Unis. Il est en même temps l’autorité suprême de tous les Babalawo du monde. Il a, aujourd’hui, plus de 90 ans. Je suis tombé par hasard sur son ouvrage que j’avais acheté à la librairie Sankoré de Pathé Diagne dans les années 1980. J’y ai découvert des poèmes dans la langue yorouba. J’ai essayé de les comprendre grâce à la traduction anglaise. Un des poèmes divinatoires m’a inspiré une histoire, un récit.

Et à partir de là vous publiez votre première œuvre littéraire…
J’ai pris les éléments de base du poème et je les ai travaillés, malaxés à mon imaginaire pour arriver au « Choix de l’Ori ». Quand j’ai terminé d’écrire ce livre, j’ai pu le faire éditer en 1996 par les éditions « Xamal » de Saint-Louis qui était à l’époque une petite imprimerie appartenant à un Belge qui y était établi. Il me l’avait édité gracieusement. Cela nous a tous les deux porté bonheur. Il s’est fait connaître comme éditeur et moi comme auteur. C’est comme ça qu’est partie ma vocation d’écrivain. Il s’en est suivi des contes inspirés de cet univers. Ensuite, j’ai fait un recueil de nouvelles du terroir (« Il pleut sur Saint-Louis ») qui était, en quelque sorte, un retour au pays après mon voyage chez les Yoroubas. Comme par ailleurs mon dernier livre « Au-dessus des dunes ».

Saint-Louis, terre de mythes, a-t-elle exercé une influence sur votre choix, de manière peut-être inconsciente, de vous intéresser à une culture où se fabriquent justement des mythes ?
Probablement. Saint-Louis est une terre de poésie, de mythes. La poésie et le mythe sont consubstantiellement liés. A Saint Louis, une ville très religieuse, très islamisée, il y a toujours la présence de ces mythes. Je ne suis pas très dépaysé chez les Yoroubas parce que j’ai baigné, dès l’enfance, dans cette ambiance « mytho-poétique » si je puis dire. Ce qui fait que le lien n’a pas été abrupt.

Aujourd’hui justement, est célébré par la communauté yorouba du Sénégal le « Yorouba day ». A cette occasion, vous y animez une conférence. Pouvez-vous nous en toucher un mot ?
Le « Yorouba day » est une fête traditionnelle annuelle célébrée depuis maintenant six ans par les Yoroubas du Sénégal. Je suis invité d’honneur et j’y anime une conférence sur le thème : « Littérature traditionnelle Yorouba : prose et poésie ». C’est un travail de recherche que j’ai mené et dans lequel j’expose les différents genres littéraires oraux dans la tradition yorouba. Ce sont des genres pratiqués jusqu’à présent par des groupes particuliers. Chez les Yoroubas, on fait la distinction entre prose et poésie. La prose est une production orale mais qui est populaire alors que la poésie est le fait de groupes spécialisés.

Comment les Yoroubas perçoivent-ils le fait qu’un Sénégalais s’intéresse tant à leur culture ?
En tout cas, moi, je n’ai eu que des réactions d’accueil très positives. Je pense qu’ils sont très contents que quelqu’un s’intéresse à leur culture et la maîtrise au point même d’en devenir un interprète. Je dis souvent que je ne suis pas seulement un écrivain mais un interprète de la culture yorouba. J’ai beaucoup d’amis au sein de cette communauté. D’ailleurs, mon fils cadet porte le nom d’un ami Yorouba.

Vos écrits s’intéressent à des spécificités locales mais on a l’impression qu’ils transcendent les espaces et les particularités culturelles. Comment arrivez-vous à concilier le particulier et le général ?
On peut être un écrivain du terroir et être très universel en même temps, partir du particulier et aboutir au général. Je pense que l’aspiration de tout écrivain c’est d’être un écrivain international lu et compris par tout le monde. Ce qui fait la qualité d’une œuvre littéraire, c’est son universalité même si elle plonge ses racines dans le terroir parce qu’on part d’un lieu pour aboutir à l’universel. Cela est lié directement au talent plus ou moins affirmé de l’écrivain. Plus un écrivain a une largeur de vue, davantage il maîtrise son art d’écrire. Son œuvre doit être à la fois enracinée et ouverte sur le monde.

On vous surnomme le conteur d’Ifa. Pensez-vous que l’effritement de certaines valeurs fondamentales soit lié à la place de moins en moins importante du conte dans le « formatage » des esprits jeunes ?
L’effritement de tout un pan de nos valeurs culturelles vient de cette désaffection par rapport à ce qui constituait le socle même de l’éducation traditionnelle. Et au cœur de celle-ci, il y avait le conte qui est un art complet. Dans le conte, il y a la narration, le chant, la comédie, le mime, la danse... Le conteur, c’est un artiste complet sachant transmettre des valeurs et communiquer avec le public. Et dans le public, il y avait toujours des enfants qui étaient aux premières loges et qui retiraient la substantifique moelle du conte, la sagesse. Le conte a quasiment disparu de notre univers culturel. Les enfants n’étant plus nourris au lait des contes se tournent vers autre chose, vers Internet. Et c’est logique qu’une autre culture, qui n’est pas de leur apanage, vienne s’installer. Ils imitent des modèles venus d’ailleurs pour abandonner les leurs. Ce travail de déstructuration mentale ne date pas de maintenant. Il a commencé avec la colonisation. Mais, aujourd’hui, il a pris une forme nouvelle plus insidieuse. Malgré les indépendances de nos pays, on n’a pas restauré les valeurs traditionnelles. Dans notre système d’éducation, on ne les enseigne pas. Après plus d’un demi-siècle d’indépendance, on n’enseigne pas nos langues dans nos écoles. Des expériences ont été tentées pour transmettre et enseigner les langues et les cultures africaines. Malheureusement, ça tourne court parce que les gens n’ont pas foi en elles. C’est pourquoi, j’ai beaucoup aimé le livre du professeur Felwine Sarr « Afrotopia ». Il défend cette thèse justement de la reprise en main de notre destin en s’arc-boutant sur nos cultures, sur nos valeurs culturelles endogènes.
Moi, j’estime que tous les contes que j’ai écrits sont enracinés dans les valeurs africaines avec comme source principale la culture yorouba. Mais, ils peuvent être compris par d’autres entités humaines.

La mémoire de Saint-Louis, ville chargée d’histoire, est-elle bien entretenue ?
Non seulement elle est mal entretenue mais elle est même malmenée. Elle est déformée. Les vrais traditionnalistes ne sont plus là à part quelques-uns qui font des efforts de maintenir une certaine forme de tradition historique. Aujourd’hui, on fait face à une modernité dont nous ne maîtrisons pas les paramètres et qui deviennent néfastes. Mais, en s’organisant mieux, en donnant davantage de place à la culture, on peut arriver à des résultats. Imaginez à Saint-Louis, il n’y a même pas de centre culturel digne de ce nom avec tout ce que la ville compte comme écrivains, poètes, hommes de culture. Les comédiens n’ont pas d’espace où s’exprimer. Il n’y a pas de lieu où on peut échanger sur la culture. Il y a ici et là quelques manifestations de grande envergure comme le festival de jazz, celui du film documentaire, la fête du livre. Ce sont des événements ponctuels. Et en général, ce sont des gens extérieurs à la ville qui viennent. Ce n’est pas le public saint-louisien. Il ne s’intéresse pas à la culture.

En plus de cette léthargie, il y a un manque de prise de conscience de ce que la culture peut apporter à la ville en termes de développement global, de ressources économiques au moment où on parle d’industrie culturelle. Il y a aussi une méconnaissance de l’histoire réelle de Saint-Louis. Les vrais connaisseurs de l’histoire de Saint-Louis sont rarement interrogés. Les autorités municipales doivent aussi jouer leur rôle. Il y a des commissions culturelles dans les mairies. Une ville comme Saint-Louis, avec tout ce qu’elle a comme histoire, son patrimoine architectural unique, n’a même pas de bibliothèque municipale. Les rencontres littéraires sont extrêmement rares. Cela ne favorise pas l’éclosion de la culture. On confond souvent culture et folklore.

Aujourd’hui, il y a un plan de restructuration qui est mis en branle pour préserver l’héritage architectural qui est menacé. Toutefois, Il ne faudrait pas occulter le patrimoine immatériel qui anime celui-là matériel. Il faut le faire revivre de manière qualitative avec des hommes appropriés pour le faire.

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

L’un est d’origine congolaise, l’autre comorienne, tous les deux sont citoyens du monde. Dans leur projet d’écriture d’un « dictionnaire amoureux de l’Afrique », Alain Mabanckou et Abdourahman Waberi veulent déconstruire certaines idées reçues sur l’Afrique. Présents à Dakar et à Saint-Louis, dans le cadre des Ateliers de la pensée (28-31 octobre), ils nous en ont dit plus sur ce projet, pas seulement politique, mais aussi esthétique et éthique.

Comment est né ce projet de dictionnaire amoureux de l’Afrique ?
Alain Mabanckou : « Ce projet est né de la complicité intellectuelle que nous avons tous les deux, Waberi et moi. Nous partageons la même génération, nous avons la même vision d’une Afrique multiple, libérée. Et puis, au fur et à mesure, nous étions excédés de voir que le portrait que l’on faisait de l’Afrique ne venait pas forcément des Africains eux-mêmes. Dans la collection du dictionnaire amoureux publié en France, on a vu des textes sur l’Afrique et on s’est dit qu’il serait intéressant que les Africains aussi apportent l’explication ou l’illustration de l’Afrique de manière subjective. C’est ainsi que nous avons décidé d’additionner nos subjectivités pour donner ce que serait le dictionnaire amoureux du continent africain. »

Abdourahman Waberi : « C’est un projet populaire, destiné au grand public. Ce qui nous excitait tous les deux, c’était comment inscrire un format qui existe dans les intérêts de l’Afrique nouvelle et comment aussi s’amuser, avoir le plaisir, de convoquer nous-même, de faire une petite mise au point qui a elle-même un rapport avec la thématique dégagée par ce débat. C’est à la fois un travail ludique, d’information, de vulgarisation mais aussi de critique puisqu’il s’agit, dans ce dictionnaire, de convoquer des thèmes, des personnes et d’en laisser aussi de côté. C’est un travail modeste qui doit rester inachevé dans la mesure où il est fragmentaire, la conjugaison de deux subjectivités, comme l’a dit Alain. »

De quelle Afrique voulez-vous parler dans ce dictionnaire, si l’on sait que l’Afrique est multiple ?
A. Mabanckou : « On regarde l’Afrique dans sa mobilité. Aujourd’hui, la définition de l’Afrique n’est pas que continentale et je sais gré à Waberi d’avoir songé de voir un peu l’espace lusophone, hispanique, la diaspora, l’Afrique du Nord, bref l’Afrique dans sa globalité. Ce n’est pas normal, lorsqu’on parle de l’Afrique, qu’on ne voit que la couleur noire. Il faut désormais voir l’Afrique comme tout endroit où se rassemblent des énergies pour illustrer les civilisations venues du continent africain. Certains pourront dire que c’est une néo-négritude. On dira oui, pour une fois, au moins, nous sommes, en tant qu’héritiers, reconnaissants de ce que les aînés avaient fait, mais maintenant nous voulons donner à la danse notre petit rythme, fut-il très petit, mais qui est nécessaire dans la lecture globale de l’Afrique. »

A. Waberi : « Ça pourrait être un double album et, évidemment, quand on regarde un double album, on dira qu’il y a des oublis. On ne prétend pas à la totalité, ce sera une espèce de morceaux choisis des cultures africaines ».

Propos recueillis par S. KA

Le samedi 26 novembre prochain sera organisée, au Grand Théâtre national, par l’Association socio-culturelle Bharat-Pehchane, une soirée hindophile. L’événement mettra en lumière des troupes de danse sénégalaise et celle formée par l’initiateur de l’événement, le maître Somnath Mukherjee.

Les organisateurs, qui ont rencontré la presse mercredi dernier, se donnent comme objectif de raffermir les liens d’amitié, de fraternité et de solidarité entre le Sénégal et l’Inde. C’est également une occasion pour eux de mettre en relief les similitudes entre la danse hindoue et celle-là sénégalaise et la diversité des troupes hindoues qui pourront ainsi se retrouver. Selon Ousmane Noël Cissé, directeur artistique du Grand Théâtre, chargé de la production et de la maintenance, cette manifestation est en parfaite cohérence avec l’esprit du Grand Théâtre national qui est « un lieu d’expression des diversités. Il est essentiel de cultiver cet esprit en donnant la possibilité aux artistes de montrer leur savoir-faire, leur talent ». Cela est d’autant plus nécessaire que la culture indienne se développe au Sénégal par-delà ses films qui ont marqué plusieurs générations de Sénégalais.

La première partie sera réservée au ballet indien composé par des troupes régionales. La deuxième sera consacrée à la culture sénégalaise avec un spectacle de percussion et de la comédie. En dernier lieu, la troupe Bharat-Pehchane conduite par le danseur-chorégraphe indien Somnath Mukherjee montrera la riche palette de la culture hindoue. Cet homme, initiateur, avec le Grand Théâtre, de cet événement, se consacre, depuis trente ans, à la danse indienne au Sénégal.

Somnath Mukherjee et ses partenaires espèrent ainsi « favoriser le développement d’une coopération culturelle entre le Sénégal et l’Inde car il est fondamental de maintenir les acquis et de pérenniser, dans le temps, des événements de cette dimension ». Il est évident, selon eux, que la coopération économique passe nécessairement par une bonne intégration des deux communautés. Celui qui, durant des années, a participé à les rapprocher par la culture, Amadou Badiane, sera décoré lors de cette soirée ainsi que plusieurs autres personnalités.

Alassane Aliou MBAYE

L’enseignant chercheur, écrivain et poète sénégalais, Amadou Elimane Kane, vient d’être primé au Prix littéraire Fetkann ! Maryse Condé 2016. Il décroche ainsi la mention spéciale du jury dans la catégorie Poésie pour le caractère pédagogique de l'action poétique de l’ensemble de son œuvre aux Editions Lettres de renaissance. Militant panafricain, M. Kane est considéré comme le chef de file de la nouvelle génération des poètes africains. 

Selon un communiqué du Centre d'information, de formation, recherche et développement pour les originaires d'Outre-Mer, « la poésie d’Amadou Elimane Kane est faite de mélopées et de rythmes traversés par un souffle puissant qui entraîne le lecteur dans l’univers emblématique de l’auteur ». Ainsi, « de sa voix pénétrante, le poète de la renaissance africaine permet aux poèmes de s’installer au plus profond de l’oreille de son auditoire, donnant à chaque mot le sens de sa plénitude ».

Prix internationale africaine 2006, le poète Amadou Elimane Kane, « ancre son œuvre dans la vision d’une Afrique sans complexe et tournée vers sa renaissance ». Ses convictions et ses recherches dans le domaine du patrimoine historique et culturel africain l’ont conduit à créer l’Institut culturel panafricain (Icp) de Yène afin d’y promouvoir toutes les formes d’expression artistique et culturelle dans une perspective de connaissance et d’ouverture. Il est auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels figurent : « Les Soleils de nos libertés », « Enseigner la poésie et l’oralité », « L’Ami dont l’aventure n’est pas ambiguë », « Les Fondements historiques du panafricanisme expliqués à la jeunesse ».

Le Prix Fetkann de la Mémoire est revenu à Gaël Faye, « Petit pays » Grasset 2016 ; le Prix de la recherche a été attribué à Pierre Vermeren pour  « Les chocs des décolonisations, de la guerre d'Algérie aux printemps arabes, éditions Odile Jacob 2015 ; le Prix de la jeunesse est décerné au Collectif Le Petit Quotidien pour « La république et ses valeurs expliquées aux enfants, Aux grands aussi parfois ! » Editions Play Bac, 2015. Joël Chaux pour « Des rosiers », éditions Tryptique, 2015, s’adjuge du Prix Fetkann de la poésie.

Ibrahima BA

Une centaine d’enfants des ressortissants de Mlomp (Casamance), établis à Tambacounda, ont été initiés au rituel du « Boucout ». A cette occasion, un pan de la culture diola a été revisité à leur retour.

La communauté diola de Mlomp résidant à Tambacounda a fêté ses nouveaux initiés fraîchement sortis du « Bois sacré ». La cérémonie traditionnelle d’initiation dénommée « Boucout » en diola a été organisée au mois de juillet dernier. C’est une manière pour cette communauté de remercier toute la population de Tamba qui a soutenu la délégation qui s’est rendue à Mlomp. Tous les ressortissants de la Casamance se sont associés pour communier dans une belle ambiance.

Et pour faire revivre la phase traditionnelle de ce « Boucout » à ceux qui n’ont pas eu la chance de se rendre à Mlomp, une cérémonie a été récemment organisée avec les initiés habillés en tenue traditionnelle. Selon Serigne Diattta, représentant des ressortissants de Mlomp à Tambacounda, le « Boucout » est une cérémonie d’initiation organisée en pays diola. Et l’avant-dernière cérémonie remonte à 1980, soit plus de 36 ans.

M. Diatta de préciser que tous ceux qui ont été très jeunes en 1980, ont été enrôlés cette année. Selon Djibril Sambou de Tendouck, villagecousin de Mlomp, tout jeune doit passer par ce rituel pour intégrer la vie des adultes. C’est dire que le passage au « Bois sacré » est une obligation pour être considéré comme « adulte ». 

A la fin de la cérémonie, des prières dirigées par Abdoulaye Sané ont été formulées pour une paix durable dans le monde et plus particulièrement au Sénégal.

Pape Demba SIDIBE

Les délégations qui doivent prendre part au XVIe Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) commencent à arriver à Antananarivo, la capitale malgache. Partout dans la ville, les drapeaux des membres flottent. Une forte présence des forces de l’ordre est visible sur les grandes artères et places publiques qui vont abriter les différentes manifestations. 

Le président de la République malgache en compagnie d’une forte délégation et la secrétaire générale de l’Oif, Michaëlle Jean, a inauguré le Village de la Francophonie. C’est une véritable foire où des stands sont réservés aux pays participants et aux différents opérateurs de l’institution francophone.

Quelques jours avant l’arrivée des chefs d’Etat et de gouvernement, la secrétaire générale a présidé, ce mardi 22 novembre à Antananarivo (Madagascar), la 99e session du Conseil permanent de la Francophonie (Cpf) qui rassemble les représentants personnels des chefs d’Etats et de gouvernements de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif). Les représentants ont souligné leurs très fortes préoccupations face aux actes terroristes qui continuent de frapper et d’endeuiller l’espace et ont appelé à un approfondissement de la coopération internationale pour y mettre fin. Ils ont salué la forte mobilisation de la secrétaire générale à travers l’organisation de la conférence internationale sur la lutte contre le terrorisme et la prévention de la radicalisation violente en juin 2016 à Paris et l’initiative "Libres Ensemble", ainsi que son plaidoyer devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Force de proposition et d’action
« Ce XVIe Sommet de la Francophonie, mon premier en tant que secrétaire générale, sera l’occasion d’illustrer la force de proposition et la force d’action de notre organisation. Que ce soit en matière de développement économique équitable et durable, d’éducation, de coopération, de sécurité et de démocratie, ou encore du rôle et de la place des jeunes et des femmes, la Francophonie est un espace de toutes les possibilités et de toutes les solutions. C’est donc avec beaucoup d’espoir et d’enthousiasme que je me rends à Antananarivo pour partager avec tous les acteurs de l’espace francophone, et surtout avec le peuple malgache, la promesse de cette Francophonie du XXIe siècle », a déclaré la secrétaire générale visitant le Village de la Francophonie. Après la 99e session du Conseil permanent de la Francophonie (22 novembre), suivie de la 32ème Conférence ministérielle de la Francophonie (23-24 novembre), c’est au tour des chefs d’Etat de se réunir (26-27 novembre) pour le grand XVIe Sommet.

Sous le thème « Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone », le Sommet de Madagascar réunira de nombreux chefs d’État et de gouvernement et près d’une soixantaine de délégations membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif).

Développement durable
Outre les questions d’actualité relatives à la situation politique, sécuritaire et économique au sein de l’espace francophone, les discussions entre chefs d’État et de gouvernement porteront également sur les questions touchant l’environnement, le développement durable et l’entreprenariat des jeunes et des femmes. Ce sera aussi l’occasion pour la secrétaire générale de présenter les actions entreprises par l’Oif depuis l’adoption de la feuille route du Sommet de Dakar, et plus particulièrement de la nouvelle Stratégie économique pour la Francophonie. Parmi les décisions attendues à Madagascar figurent l’adhésion de nouveaux membres ainsi que le lieu du prochain Sommet en 2018. Pour la première fois, une vingtaine de jeunes francophones âgés de 18 à 30 ans participeront et seront associés aux travaux du Sommet. La jeunesse sera tout particulièrement mise en valeur à l’occasion d’une journée entièrement consacrée aux jeunes, le 25 novembre, au Village de la Francophonie.

De notre envoyé spécial, Babacar Bachir SANE

Offrir aux artistes une meilleure condition de vie, plus de considération de la part du public, par la promotion du droit d’auteur et des droits voisins en s’appuyant sur une structure modernisée et plus égalitaire, tel est le credo de Ngoné Ndour, présidente du Conseil d’administration de la Société du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav). Elle a été invitée à Genève, par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi).

GENEVE- (Suisse) - La nouvelle société de gestion collective dont elle est la présidente veut relever les défis. C’est dans ce cadre que Mme Ngoné Ndour a fait un voyage, le 21 novembre, à Genève, pour rencontrer les autorités de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi). Cette dernière qui souhaite accompagner la présidente dans sa démarche s’est dite disposée à participer à la formation des administrateurs, de la direction et de certains employés de la Sodav.

De nombreuses perspectives sont annoncées entre l’Ompi et la Sodav. Ngoné Ndour qui mesure toute sa responsabilité s’empresse de voir ce que cela va donner dans l’avenir car, dit-elle : «  Je sais que je n’ai pas droit à l’erreur ». En effet, prenant part à la réunion entre les deux parties, une fonctionnaire de l’Ompi s’exclame : « Nous sommes très intéressée par l’expérience sénégalaise avec la Sodav, car c’est une première en Afrique de l’ouest et si cela réussit, cela pourrait faire tache d’huile au niveau de la sous-région. » De même, l’Ompi accompagne naturellement le Sénégal, un de ses Etats membres, pour une meilleure prise en charge, notamment des droits du monde culturel et artistique. L’Etat du Sénégal soutient également la Sodav. A la rencontre, à Genève, le gouvernement était représenté par le ministère de la Culture avec la présence du conseiller technique numéro 1, Aziz Dieng, et du chargé des questions liées à la propriété intellectuelle de la Mission du Sénégal à Genève.

Elue démocratiquement par ses pairs, en octobre dernier, à l’issue d’un vote qui s’est déroulé à la Direction du patrimoine culturel, la présidente de la Sodav se présente comme une femme de culture, qui gère une entreprise musicale et de production audiovisuelle et de grands évènements. Depuis des années, elle se bat, dit-elle, pour la modernisation de la structure devant accompagner les artistes dans le respect de leurs droits. Elle estime : « Les artistes, les ayants-droit de la société, s’attendent à avoir un meilleur avenir, à une gestion plus équitable de la société, etc. Avec notre vision de modernisation par un système de paiement et de répartition plus équitable, nous comptons mettre plus d’argent dans la poche des artistes et les aider à être des citoyens concernés et à mieux vivre.»

El Hadji Gorgui Wade NDOYE
(Correspondance particulière)

Tidiane Dioh est le responsable de programmes médias à l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif). Présent à Madagascar pour les besoins des assises de la presse francophones, il évoque dans cet entretien l’actualité de l’économie des médias dans les pays en développement. Entre le thème des assisses de l’Union de la presse francophone, les brouillages de fréquences radios dans certains pays en Afrique, il a donné des perspectives d’action du programme médias de l’Oif.

Quel regard portez-vous sur l’environnement économique dans lequel les médias du sud évoluent ?
Je crois que pour réfléchir à l’état actuel de l’économie des médias dans les pays du sud en général et particulièrement en Afrique, il faut analyser le contexte dans lequel ces médias évoluaient. Pour analyser ce contexte dans lequel ces médias évoluent, vous devez posséder l’histoire. J’ai essayé, hier, d’expliquer, lors de la table ronde dans laquelle je suis intervenu, qu’en réalité, les médias dans les pays du sud, depuis 200 ans, n’ont pas été suffisamment préparés à être des médias avec une économie performante. Je m’explique. Ce sont des médias qui avant les indépendances étaient des médias anticoloniaux ou syndicalistes ou d’obédiences religieuses. Mais après les indépendances, c’étaient des médias qui, à juste titre, à tort ou à raison, ont été mobilisés pour la construction des Etats-nations, pour défendre, notamment lors de la période de guerre froide, des idéologies, et enfin, lorsqu’il s’est agi de jouer un rôle de pacification après les crises du Rwanda et ce qui s’est passé un peu partout en Afrique centrale, les médias ont été mobilisés pour faire œuvre de réconciliation. Donc voilà des médias qui, depuis plusieurs années, notamment depuis 200 ans, passent tout leur temps à faire tout, sauf, se préparer à gagner de l’argent. Peut-être que l’on a raison de leur assigner ces fonctions-là. Mais aujourd’hui, si l’on veut que les médias deviennent des médias performants sur le plan économique, il faudrait complètement changer de paradigme, repenser leur rôle dans la société et les mettre dans des conditions susceptibles de leur faire gagner de l’argent. Ces conditions, c’est une fiscalité précise et claire ; une culture managériale de ceux qui animent les médias ; une nouvelle génération qui serait différente de la génération des années 1990 dont j’ai dit, (c’est tout à leur honneur d’ailleurs), qu’ils avaient une vision presque messianique du journalisme, parce que de leur côté, gagner de l’argent n’était pas leur préoccupation première. Ils voulaient faire du journalisme, parce qu’ils voulaient donner une bonne information. Parce qu’ils pensaient que c’était une chose tout à fait normale. Je pense que c’était normal pour leur époque. Il me semble qu’une nouvelle génération doit émerger et être formée aux techniques pointues du management et qui gagnerait de l’argent. Et que dans cette perspective, qu’il convient de penser l’économie des médias dans nos pays.

Quel commentaire avez-vous à faire par rapport à cette manie que certains Etats ont à brouiller voire à fermer les organes de presse durant les périodes d’élections. L’exemple le plus proche est celui de la Rdc…
J’espère que ce n’est pas une tendance qui a vocation à se perpétuer. Je ne dirai que ce qu’a dit ma secrétaire générale devant la plus haute instance des Nations unies, à savoir le Conseil de sécurité des Nations unies, il y a quelques semaines, lorsqu’il a été constaté que le signal de deux radios, la Radio France International (Rfi) et la radio Okapi ont été brouillées sur le territoire de la République démocratique du Congo. Elle s’est élevée contre cette pratique, et si l’on doit aller si loin dans la partie technique même de la chose, je crois que, malheureusement, ce sont des choses qui ont tendance à être inutiles et inefficaces, pour la simple et bonne raison, qu’il y a tellement de possibilités, aujourd’hui, d’écouter les radios internationales, notamment Internet, ou éventuellement un autre moyen beaucoup plus évolué. L’autre chose est que, dans l’absolu, quelles que soient les raisons, la période, la méthode utilisée, à la fin des fins, cela ne fait que donner une très mauvaise image du pays ou du gouvernement qui pratique une telle forme de censure. Je crois qu’il y a d’autres manières de procéder. Il faut toujours privilégier la voie du dialogue plutôt que celle qui consiste à rompre le signal d’une radio.

Vous êtes le chargé de programmes médias à l’Oif. A quoi la presse francophone peut s’attendre de la part de votre institution ?
L’Oif va continuer de faire ce qu’elle fait depuis un certain nombre d’années. J’ai dit hier (Ndlr : lundi dernier) dans le discours de la secrétaire générale de la Francophonie que j’ai eu l’honneur de prononcer devant l’assistance lors de la cérémonie d’ouverture des assises. La secrétaire générale a dit que l’Oif était sensible à toutes les questions relatives aux médias francophones en général, mais particulièrement aux médias du sud, depuis 1998. Nous avons accumulé une expérience assez solide sur plusieurs années, presque 20 ans maintenant.

Nous avons un Fonds d’appui à la presse qui a aidé depuis 20 ans, depuis 1998, près de 170 publications à travers le monde. Nous avons développé au fil des ans des plans spéciaux.

D’abord pour les agences de presse francophone. Ensuite, aujourd’hui, nous avons réussi à procéder à une régionalisation des programmes médias, à savoir que les pays arabes sont maintenant exclusivement contenus et gérés par une ligne de crédit spéciale. Les pays d’Asie du Sud-est et d’Europe centrale, dont l’ancienne Europe communiste, de même. Et pour le reste, nous travaillons beaucoup en synergie pour des associations comme l’Union internationale de la presse francophone qui est un de nos partenaires privilégiés, mais aussi beaucoup d’autres associations qui concourent à l’amélioration des qualités de travail des journalistes.

Propos recueillis par Babacar Bachir SANE, envoyé spécial à Madagascar

Une salle en délire a accueilli, dimanche soir, le leader du « Super Etoile » qui, malgré une petite fatigue, a gardé sa voix de rossignol et démontré toute sa maîtrise de l’art du Mbalax dont il connaît toutes les cordes. Le Roi était à Genève, avant de continuer son chemin pour Zurich et Bruxelles.

Approché à la fin du concert, Youssou Ndour qui dit avoir déjà réservé une interview exclusive à un journal sénégalais pas membre de son groupe de presse, dira juste à votre serviteur : « Je ne suis pas en tournée. Les organisateurs des concerts de Genève, Zurich et Bruxelles ont juste saisi l’opportunité de ma prestation au Bataclan ». A Genève, un dimanche soir, Youssou Ndour a réussi à réunir près de « 950 personnes », révèle l’organisatrice.

Le concert a commencé un peu lentement avec une sorte de prière que rend Youssou Ndour de Mame Marie Sène à son Seigneur pour lui demander Pardon, de tout ce qu’il a pu faire et que Lui n’aurait pas aimé. Ce morceau « Jeegelnu » (forgiveness), le quatrième de l’album Africa Rekk, l’artiste, grand maître de la communication, l’aura rendu œcuménique en s’expliquant devant le public : « Chacun peut avoir fait du mal à son prochain sans s’en rendre compte, d’où l’importance de s’excuser auprès de son prochain ». Tu peux être dans ton hélicoptère qui propage de la poussière aux passants au décollage et ou l’atterrissage, tu as inconsciemment fait du mal à quelqu’un, alors c’est bon de s’excuser, justifie You.

Jouant de sa voix suave, Youssou fait appel à Serigne Bamba Mbacké Khadim Rassoul, ce grand mystique sénégalais exilé de force par le colon français au Gabon dans un climat hostile et pourtant, le Cheikh a pardonné à son malfaiteur. Quand il entonna « Bamba », la salle l’accompagna comme pour faire parvenir jusqu’à Touba la Sainte, les louanges au fils de Mame Diarra Bousso que de nombreux Sénégalais fêtaient la veille. S’en suivent plusieurs autres morceaux entraînants comme « Dem-Dem », « Set », « Emigré », avant que l’un des défenseurs d’une nouvelle Afrique, bien au cœur de l’Histoire et du monde en marche entonne « New Afrika », le poing fermé et levé au ciel. Une invite à respecter l’Afrique, le continent premier, berceau de l’Humanité.

Mbaye Dièye Faye, le fidèle ami et percussionniste du « Super Etoile » avait averti le public : « C’est le Roi du Mbalax que tu reçois ce soir Genève ». Assane Thiam acheva le public avec son « tama ». Ses aisselles portaient haut le doux parfum de cet instrument magnifique qui acheva le public.

El Hadji Gorgui Wade NDOYE (correspondance particulière)

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