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Arts et Culture (1850)

La statue du gouverneur colonial Louis Léon Faidherbe sera remise à sa place, a déclaré hier le maire de Saint-Louis, Mansour Faye, en marge de la célébration du Magal des « deux raakas ».

Il a annoncé que le ministère de la Culture va envoyer une mission à Saint-Louis pour expertiser l’état de la statue et voir dans quel sens et dans quelle mesure on pourrait la remettre à sa place. Il a aussi fait allusion au projet de développement touristique de Saint-Louis (Pdt) qui prendra en charge la requalification et le réaménagement de la Place Faidherbe, « et dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme ambitieux de l’Etat, il sera question certainement de voir comment réhabiliter cette statue ». Mansour Faye a rappelé que cette statue est un symbole de la ville tricentenaire classée patrimoine mondial par l’Unesco, ancienne capitale de l’Afrique occidentale française (Aof). L’effondrement de la statue du gouverneur colonial, Louis Léon Faidherbe, est causé par les fortes pluies accompagnées de vents violents

Mb. K. DIAGNE

La 2ème édition de Aitex, Africa It Expo, salon dédié aux Technologies de l’information, se tiendra du 27 au 29 septembre à Casablanca, selon un communiqué de l’Agence conseil en Doing Business « Generescence ». Cette 2ème édition met à l’honneur le Cameroun et le Nigeria. Une belle occasion pour les opérateurs de renforcer la partition de l’innovation dans la coopération sud-sud et de l’intégration régionale.

Initiative de la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications (Apebi), la seconde édition du salon des Tic est prévue du 27 au 29 septembre 2017 à Casablanca, au Maroc. Ce salon international se tiendra sous le thème de « L’innovation numérique au service des organisations », et ce, afin d’interpeller tous les acteurs sur les enjeux de la révolution numérique. Les organisateurs programment cette rencontre, à l’échelle continentale, autour d’une vitrine du savoir-faire et des expertises multi sectorielles de ce secteur, à savoir l’édition, le e-commerce, l’offshoring, le big data, les infrastructures, les solutions, la mobilité, le Cloud, la sécurité des données, le e-paiment… En Afrique, comme ailleurs, l’objectif étant de fournir des solutions en se basant sur les dernières technologies et tendances, explique Saloua Karkri Belkeziz, président de l’Apebi.
Pour lui, l’innovation technologique requiert une synergie certaine entre tous les acteurs qu’ils soient institutionnels ou privés.

De l’avis des organisateurs de ce salon dédié au Tic, la révolution numérique impose à toutes les organisations de revoir leur gouvernance, voire leur business modèle, à l’aube de ces transformations qui « façonnent » à la fois les entreprises de demain et le comportement du citoyen-consommateur, premier acteur de cette révolution numérique.
Des institutionnels offrantprincipalement des solutions « e-gov » seront présents ainsi que les offices et les Pme/Pmi représentatives au Maroc à l’échelle africaine notamment. La 2ème édition ambitionne de réunir quelque 200 exposants nationaux et internationaux autour d’un programme : exposition, conférences, plateforme B2B, concours et shows de nouveautés dans le monde du digital, objets connectés et autres innovations…

Abdou DIAW

L’éditeur Abdoulaye Fodé Ndione n’est pas de ceux qui sonnent le glas du livre papier. Plus, il lui prédit un avenir pérenne et prospère avec même des innovations. Parmi elles, notamment, la promotion des langues nationales dans les parutions qui constitue, à ses yeux, l’avenir du champ littéraire et un sûr moyen de développement.

Abdoulaye Fodé Ndione observe que les langues nationales prennent maintenant la place qui leur revient au panthéon. Cela vient, à son heure, d’après lui, car elles constituent l’avenir de la littérature dans nos pays. Rencontré lors d’une cérémonie de dédicace au Warc d’un ouvrage édité aux éditions Abis qu’il dirige, M. Ndione appuie par l’argumentaire qui signe que tous les pays qui se sont développés et qui se développent encore aujourd’hui opèrent avec leurs propres langues.

L’éditeur estime ainsi qu’il sonne le moment de suivre les pas de ces pays dans la promotion des parutions en dialectes locales et transfrontalières. Par-là, Abdoulaye Fodé Ndione perçoit un bon concours à l’épanouissement du milieu littéraire. Il reste toutefois que les auteurs d’ouvrages en langues nationales, après la parution, fustigent beaucoup l’édition qui les lèse, selon eux. M. Ndione estime cependant que la tendance se renverse de plus en plus. Il soutient que les éditeurs affichent désormais un intérêt particulier pour les livres en langues nationales. Une filière jadis investie que par des spécialistes mais qui attire maintenant tous les éditeurs.

Par ailleurs, Fodé Ndione note l’engouement qu’il y a déjà autour de la tenue du Salon africain des écrits en langues africaines (Saela), dont la prochaine édition est prévue en novembre 2017 en Conakry. Il annonce que la rencontre verra la participation de spécialistes et professionnels de langues locales qui discuteront des avancées nécessaires au rayonnement et à la centralité de ces langues dans les éditions. Il fait d’ailleurs état d’études importantes qui ont été faites pour leur développement.

Quant à l’avenir du livre, qu’on dit souvent menacé par l’expansion de l’Internet, le président d’Afrilivres (Collectif d’éditeurs francophones) ne nourrit aucune crainte. Il estime que l’avenir du livre reste serein, certain et très ouvert. Il conçoit que tous les outils qui viennent ne sont que des accessoires qui accompagnent le livre dans sa voie.

Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

« Lumières invisibles » est un essai de Mbaye Birome Diouf relatant sa biographie depuis ses gambades dans son fief natal de la banlieue dakaroise, Pikine. Un milieu réputé pour ses revers, mais dans lequel l’auteur s’est bâti une forte personnalité qui l’a forgé et a aiguisé son cursus. En offrant son parcours, Mbaye Birome Diouf invite la jeunesse à se battre contre la fatalité et refuser le déterminisme.

Son livre est une introspection dans le bouillonnement social que constitue le quotidien mâtiné de la banlieue. C’est une peinture qui expose les lumières de cette zone concentrée d’une mosaïque de ressources humaines en tout domaine. Une toile dont la visibilité est toutefois frelatée par les clichés la présentant comme le creuset du banditisme et de la violence. Au-delà d’un rétablissement de la vérité, l’auteur de l’ouvrage « Lumières invisibles », Mbaye Birome Diouf, invite la jeunesse à se battre contre la fatalité et à refuser le déterminisme.

Les 224 pages de l’œuvre indiquent que la situation décrépite de la banlieue doit être un leitmotiv pour s’offrir un bon siège dans la société et non un exutoire pour échouer dans les abîmes sociaux. Par-delà la jeunesse banlieusarde, c’est aussi une adresse à la jeunesse africaine qui doit croire qu’il est permis de rêver et de se projeter vers des horizons meilleurs.

Le préfacier du livre, Babacar Ngom, directeur général du groupe Sedima, exhorte également les jeunes à s’armer d’abnégation et de courage, des gages pour atteindre l’excellence.

L’auteur, ancien officier supérieur de la Gendarmerie nationale, convoque aussi l’importance d’une bonne éducation dans nos sociétés, dont les axes essentiels restent la religion et les valeurs. Par ailleurs, Dieu est souvent cité dans le discours de Mbaye Birome Diouf, qui incite les jeunes à la quête de la bénédiction divine par l’amour du travail et des parents. L’ouvrage retrace également son parcours dans l’Armée qui, au même titre que la banlieue, est le décor de réalités dures et implacables. En somme, une autobiographie qui transcende les éloges d’un homme pour informer de la possibilité de réussir dans des foyers tenaces avec des conditions très peu enviables, par la relation d’expériences riches et variées.

La cérémonie de présentation et de dédicace de « Lumières invisibles », tenue hier au Centre de recherche ouest-africain (Warc), a vu la présence d’éminentes personnalités, dont notamment le Haut commandant de la Gendarmerie nationale, Meïssa Niang, et l’ancien maire de Dakar, Mamadou Diop qui, à l’occasion, a annoncé la prochaine parution de son 17ème ouvrage.

Les témoignages sur Mbaye Birome Diouf, fonctionnaire au Haut-commissariat des réfugiés (Hcr), convergent tous vers son humanisme et sa générosité. Ce qui est confirmé par sa décision de reverser la totalité des recettes de la vente du livre à des œuvres humanitaires.

Un geste honorifique pour le Docteur en Management et Leadership Security, titulaire de formations en terrorisme, diplomatie et gestion de conflits en milieu professionnel, et également ancien encadreur au Prytanée militaire.

Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

Le secteur de l’artisanat connaît un sursaut à Rufisque. Regroupés au sein de l’antenne locale de la Chambre des métiers, les artisans ont assaini le secteur, portant le cap vers une forme d’organisation garante de meilleures conditions de travail et d’un travail de qualité notamment en matière de design.

C’est le calme des jours fériés au village artisanal de Rufisque. Pourtant, c’est un jour de travail. La plupart des artisans, sans doute lassés par les tracas de la Tabaski, ne sont pas venus. Mais Mamadou Sène est bien présent. Assis sur une chaise en rônier, le premier vice-président de l’antenne départementale de la Chambre des métiers de Rufisque déclare sa satisfaction par rapport à la nouvelle forme d’organisation du secteur : « Nous sommes désormais bien organisés. Les 120 corps de métiers qui constituent le secteur sont répartis en trois sections qui se distinguent par une carte professionnelle propre à chacune. La carte verte sert à identifier ceux qui interviennent dans la production comme les tailleurs, boulangers, cordonniers, etc. Les plombiers ou les électriciens qui, eux par exemple, s’activent dans le domaine des services, ont une carte jaune. Et la carte bleue revient à ceux dont l’art est la spécialité, à savoir les sculpteurs, maroquiniers, teinturiers et autres ».

Même si la liste n’est pas exhaustive, « cette forme d’organisation permet d’assainir le secteur et de savoir qui fait quoi », précise-t-il.

La Chambre des métiers est une institution à caractère professionnel qui dépend de la Direction de l’artisanat qui, elle, est sous tutelle du ministère de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat. Pour être reconnu, l’artisan doit se faire recenser au niveau de l’antenne régionale ou du relai départemental de sa localité. « Chaque région a une chambre consulaire. Mais pour assurer la proximité, des relais sont ouverts à l’échelle départementale. Ainsi, les artisans peuvent s’inscrire plus facilement dans la base de données et bénéficier des avantages », ajoute M. Sène en ouvrant une chemise contenant un ensemble de documents.

Tout en poursuivant ses explications, il tire un des documents et remet ses lunettes. Selon lui, cette organisation permet de professionnaliser davantage le secteur afin de rendre possible l’accès aux crédits mis en place par l’Etat. « Suite au plaidoyer des artisans, l’Etat a mis à la disposition des artisans une ligne de crédits plus accessible. Il s’agit d’un fonds global de 3 milliards de FCfa dont une première tranche de 300 millions est logée à l’Alliance de crédit et d’épargne pour la production (Acep) », déclare-t-il.

Par ailleurs, il se félicite de cette initiative qui, pense-t-il, vient booster le secteur en donnant aux artisans l’opportunité d’accéder à des financements intéressants. « L’assiette des crédits varie entre 150.000 et 5.000.000 de FCfa, pour un taux d’intérêt de 3,75% seulement. Et le plus intéressant, c’est que c’est sans garantie ni apport personnel, et remboursable au bout de 2 ans », éclaire-t-il.

Un financement bien encadré
Après une brève interruption pour échanger avec un ami de passage, Mamadou Sène ajoute que pour mieux encadrer les artisans, l’antenne départementale de Rufisque a noué, par le biais de l’Acep, un partenariat avec Delta Consulting, un cabinet de consultance dont ils sont heureux d’accueillir un relai au village artisanal de Rufisque. « L’équipe de Delta Consulting ici présente aide dans le montage financier des projets des artisans demandeurs », développe-t-il en montrant du doigt le bureau. « Vous savez, il faut encadrer et sécuriser le financement afin que le remboursement puisse se dérouler correctement et à terme échu et que d’autres puissent, eux aussi, bénéficier des prêts », poursuit-il en nous invitant dans le bureau pour nous présenter Cheikh El Valid Fall, directeur général de Delta Consulting.

« Nous avons été agréés par la Chambre des métiers pour accompagner les artisans qui le souhaitent dans la confection d’un projet à soumettre, pour financement, au ministère de l’Artisanat sur une ligne de crédits qui leur a été ouverte au niveau de l’Acep, la structure financière de domiciliation », confirme celui-ci, avant de nous demander, sur un ton blagueur, d’ajouter à nos investigations « le fait qu’au Sénégal, après la Tabaski, les gens préfèrent rester chez eux plutôt que venir au travail », faisant allusion à l’absence d’un de ses collaborateurs. Ce qui explique sa présence à Rufisque plutôt qu’à Dakar.

Moussa SONKO (stagiaire)

Sensecampus, un incubateur d’entreprenariat social conjointement mis en place par l’Ong MakeSense et l’Institut africain de management (Iam) organise « un événement autour de la gastronomie comme moyen de développement du Sénégal », aujourd’hui, mardi, à Dakar.

Selon un communiqué reçu dimanche des organisateurs, cette manifestation organisée en partenariat avec Slow Food, se déroulera dans les locaux de l’Iam (route de la Pyrotechnie, Mermoz). Au programme, un « mini marché de la Terre comptant des acteurs locaux et des produits « Good Clean & Fair » et une projection présentant le mouvement Slowfood », au 6e étage de l’immeuble de l’Iam, de 16h30 à 21h00.

Les organisateurs annoncent aussi un débat portant sur le thème : « Réactualisation et valorisation de notre patrimoine gastronomique pour un développement durable et une souveraineté alimentaire ».

Il sera conduit « sous le format Mksroom By Makesense (une conférence conçue comme une émission télé live avec une sollicitation du public et des pauses musicales) au 7ème étage de 18h30 à 21h00 ».

Il y aura enfin une dégustation de mets sénégalais au 7ème étage de l’immeuble de l’Iam, à partir de 21 heures, signale le communiqué.

(APS)

« Guddig Mbooyo » est un roman policier de Lamine Mbaay écrit en wolof qui raconte l’histoire d’un vol de bijoux. Un larcin commis par la dame Mbooyo et qui sera élucidé par Tijaan, policier et longtemps présumé auteur de l’infraction.

La girouette de la raison pourrait renvoyer à « une nuit de brouillard » (traduction littérale du titre). Il s’agit certes ici de l’obscurité, mais elle caractérise la longue dissimulation de la vérité, l’infamie de la société sénégalaise et la nuit dans laquelle l’incident a été réglé à l’amiable pour épargner Mbooyo de la vindicte. Le livre, adapté au cinéma, serait monté en sépia pour la nostalgie des bonnes attitudes et habitudes perdues de notre société. Les scènes projetteraient le quotidien du Sénégalais lambda. Le scénario dialoguerait avec lui dans sa langue, ou du moins la plus parlée, le wolof. Mais un wolof pur et recherché, ou presque. « Le livre est bien exclusivement écrit en wolof. Il est vrai qu’on trouve quelques termes qui sonnent français comme «  gowernor », « kolonel », « komiseer », etc. Mais ce sont des termes universels et conventionnels, modifiés et admis par le wolof », justifie l’auteur, Lamine Mbaay.

La linguiste Fatou Diao l’appuie en parlant « d’emprunts acceptés par les académiciens wolof ». Outre l’aspect linguistique qui constitue la principale caractéristique de l’ouvrage, ce dernier revêt un aspect anthropo-sociologique.

Radioscopie de la société
 « Guddig Mbooyo » fait une capture de la société sénégalaise, en ce sens qu’il analyse avec une subtile précision les charmes et tares de l’homo-senegalensis. De la solidarité et la cohésion qui prévalent entre parents et voisins à l’hypocrisie et la corruption dans ses plus infimes formes. De la lascivité à l’ignominie de la femme. Tout y passe. En somme, les constats d’un ancien policier qui a appris à connaître la société au gré de ses services et affectations sont consignés dans l’ouvrage. L’auteur considère également son œuvre comme le descendant de « Ijjib wolof » (premier syllabaire wolof édité par l’ancien président du Conseil, Mamadou Dia, en 1958 et conçu par Amadou Makhtar Mbow, Cheikh Alioune Fall, Me Abdoulaye Wade, entre autres).

Pour l’ancienne force de l’ordre, « On doit aussi comprendre à travers ce livre que le policier ne sert pas qu’à matraquer. Il doit avant tout éduquer, redresser et faire bénéficier son expérience aux jeunes générations. Le policier qui n’use que sa baïonnette a échoué ! ».

Lamine Mbaay, 64 ans et lauréat du 1er prix de poésie en 1994 et en 2001, est un ancien brigadier de police municipale. Il est notamment intervenu aux premiers moments du conflit casamançais.
 Radié de la Fonction publique avec les événements de 1987, il est ensuite recruté en 1989 par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Unhcr). Un riche parcours pour l’animateur radio d’une émission consacrée à la langue wolof, une langue dont la promotion est aujourd’hui sa principale passion.

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

 

Il « remercie Dieu d’avoir connu de vraies femmes » dans sa vie, souligne le côté « communiste » des chrétiens et raconte avoir recouru à la psychanalyse : le pape François se confie dans un livre d’entretiens à paraître début septembre.

De premiers extraits de l’ouvrage, intitulé « Politique et société » et né du dialogue entre le souverain pontife et le chercheur français Dominique Wolton, sont publiés dans le Figaro Magazine à paraître vendredi. François y réitère ses messages d’ouverture exprimés ces dernières années sur plusieurs sujets sensibles en débat dans la société et l’Église, notamment l’ouverture aux migrants, la laïcité, les prêtres pédophiles, le mariage homosexuel, les rapports avec l’islam ou la communion des divorcés. Mais de façon plus inhabituelle, il se confie plus intimement sur les personnes qui ont compté dans sa vie, notamment les femmes. « Personnellement, je remercie Dieu d’avoir connu de vraies femmes dans ma vie », déclare-t-il.

Il rend notamment hommage à ses deux grands-mères et sa mère, qui « affrontait les problèmes les uns après les autres », y compris la souffrance physique, et à ses sœurs. « Puis il y a eu les amies de l’adolescence, les +petites fiancées+... D’être toujours en rapport avec les femmes m’a enrichi », poursuit François, qui dit avoir « appris, même à l’âge adulte, que les femmes voient les choses d’une manière différente des hommes » et qu’ « il est important d’écouter les deux ». Il dit également avoir été très influencé par une militante communiste, Esther Ballestrino de Careaga, tuée sous la dictature argentine (1976-1983) après avoir aidé à fonder le mouvement des mères de la Place de mai, qui dénonçaient la disparition de leurs enfants assassinés par le régime. « (Elle) m’a appris à penser la réalité politique (...) Je dois tant à cette femme », souligne le pape, qui ajoute: « On m’a dit une fois : +Mais vous êtes communiste!+ Non, les communistes, ce sont les chrétiens. C’est les autres qui ont volé notre bannière! »

François confie également avoir « consulté une psychanalyste juive » alors qu’il avait 42 ans, « à un moment de (sa) vie où (il) en a eu besoin ». Il s’est rendu chez elle une fois par semaine pendant six mois « pour éclaircir certaines choses ». « Une très bonne personne » qui « m’a beaucoup aidé », dit-il.

« Politique et société » du pape François (Rencontres avec Dominique Wolton), Éditions de l’Observatoire, 432 pages, 21 euros, en librairie le 6 septembre.

AFP

 

« Le prix du pardon », « Mara, une femme unique », « Amour à Manhattan », « Fleur Caraïbes »... En quelques années, les télénovelas et autres feuilletons à destination des femmes sont devenus omniprésents sur les écrans africains, notamment en Côte d’Ivoire.

« Quand je regarde une série, j’oublie tous les petits soucis », assure Abe Mireille, coiffeuse à Cocody, un quartier d’Abidjan. « Et quand ça commence, il faut juste prier Dieu pour que rien ne soit sur le feu. Sinon, ça brûle », rigole Traoré Adama, un chauffeur de taxi dans la commune populaire de Koumassi, à Abidjan.
Novelas Tv, une chaîne commercialisée par le groupe Canal+ et entièrement dédiée aux telenovelas, est la première à dépasser les 10% de parts d’audience sur l’univers panafricain, selon la dernière étude Africascope 2017, qui porte sur les audiences de septembre 2016 à juin 2017.

Le réseau Tv américain en espagnol Telemundo s’est lui aussi lancé en Afrique depuis 2013 avec une chaîne qui diffuse des telenovelas de jour comme de nuit.
Interminables feuilletons télévisés, les telenovelas proviennent souvent d’Amérique latine et s’articulent généralement autour de liaisons amoureuses complexes.
« J’apprécie les histoires qui sont racontées. Même si elles se ressemblent toutes, ce qui est intéressant, c’est comment les choses se déroulent et pas comment elles vont finir. Et puis quand les histoires me touchent, je réagis toute seule: je commente, je rigole… il m’arrive même de parler seule, parfois... », reconnaît Karamoko Diane, vendeuse dans la commune d’Adjamé (Abidjan).
Les diffuseurs et les publicitaires ont bien cerné l’impact grandissant de ces séries et ont ciblé des horaires pour le public féminin, c’est-à-dire pendant la journée, aux heures où les hommes de la maison sont partis ou ne sont pas encore rentrés. Ils visent aussi les femmes qui disposent de petits écrans sur leur lieu de travail (ménage, coiffure, couture...)

« Sur la Rti (la télévision nationale ivoirienne), nous avons trois tranches horaires dédiées au telenovelas. Le matin à 8h, c’est les telenovelas indiennes. À 13h et à 18h, les telenovelas brésiliennes », confie le chargé de programmation à la Rti, Ouya Monnier.

Nouvelles ambitions
Les sociologues se sont même saisis du phénomène. « Dans les pays en voie de développement, la population a plus tendance à regarder la télévision. C’est un moyen de divertissement et d’évasion » dans ces pays où l’offre culturelle est faible ou chère, souligne Yao Yao, enseignant à l’université Félix Houphouët-Boigny, pour expliquer les importants taux d’audience. Et les telenovelas sont accessibles à tous, relève-t-il. « Tu reconnais vite les personnages, et ils ne sont pas nombreux. Quand tu suis, normalement, tu comprends de quoi il s’agit », précise Séry Tiane, agent de sécurité à Cocody. Constatant le succès des séries d’Amérique latine souvent tournées dans des décors bon marché, les producteurs africains et européens se sont rués sur le créneau avec des ambitions de qualité et des scénarios plus travaillés.

Le « public est très en demande de grandes séries d’Afrique francophone, sachant qu’il en consomme déjà [certaines en provenance] de l’Afrique anglophone » ou lusophone, ainsi que des séries latino-américaines, soulignait récemment Damiano Malchiodi, directeur de la chaîne A+, filiale du groupe français Canal+.
Le groupe, qui refuse de communiquer ses chiffres, a investi massivement dans des productions locales, relançant notamment la série culte « Ma famille », avec une nouvelle série « Ma Grande famille » qui sera diffusée à partir de décembre 2017 sur la chaîne A+.

Et A+ compte désormais parmi les 10 chaînes panafricaines les plus regardées, selon le groupe Canal+ citant la dernière étude Africascope 2017.

Attirer les hommes
S’appuyant sur l’intérêt pour les séries, le producteur Narcisse Kouassi travaille lui sur un projet d’une centaine d’épisodes d’adaptation télévisée de récits recueillis auprès des lecteurs d’un journal (GoMagazine).

« Quand tu lances un tel projet, c’est qu’on croit et qu’on espère que le public y sera sensible. On sait qu’aujourd’hui les Africains accordent de plus en plus d’importance aux récits travaillés mais aussi à la qualité du travail cinématographique », explique-t-il.

La Rti de son côté confie vouloir encourager la production de télénovelas locales.
« Nous cherchons à valoriser les productions locales mais nous n’avons pas beaucoup de propositions, même s’il est vrai que nous commençons à en avoir de plus en plus. On espère que ça va continuer car c’est un marché qui gagne du terrain », précise le chargé de programmation à la Rti, Ouya Monnier.
Si tel est le cas, c’est aussi parce que ce marché attire de plus en plus d’hommes...

Adamo, 27 ans, agent d’entretien à l’université Félix Houphouët-Boigny, le reconnaît: « Moi, j’aime regarder les télénovelas mais je ne trouve pas forcément le temps de les suivre à cause de mes horaires de travail. Ce qui est décrit dans ces séries nous concerne tous. Qu’on soit homme ou femme ».

AFP

A l’occasion de la sortie de son single « Wonema », samedi dernier, le chanteur Yoro Ndiaye nous confie vouloir conquérir le marché international musical. Dans cet entretien, l’artiste de 43 ans esquisse ses projets dont la sortie bientôt d’un nouvel album. Il nous fait également son analyse du showbiz sénégalais.

Quel est le sens de votre nouveau single « Wonema », sorti récemment ?
Ce single entre dans le sens du projet de notre album qui devra sortir dans les mois à venir. Il sera précédé par une compilation avec le soutien de mon label « Afrik Mélo ». Nous allons travailler avec des jeunes artistes comme Diaw Diop, Demba Guissé, OBrida man. Ce sont ces artistes que nous avions cooptés lorsque nous déposions le projet approuvé. Maintenant, cela reste à aller les consulter sur les conditions de travail. Nous allons les reconduire s’ils sont d’accord avec nous. S’ils ne sont pas d’accord, nous allons collaborer avec d’autres musiciens. Mais, n’empêche, il y aura deux artistes étrangers : un Mauritanien et un Burkinabé qui vont y participer grâce au soutien de la Francophonie. Elle nous a remis un financement dans le cadre d’un contrat de confiance. Vu l’intérêt de notre projet, la Francophonie nous a appuyés en matériels de studios ; en contrepartie, nous devons aider des jeunes musiciens qui ont besoin de visibilité.

Quel est le montant de ce financement de la Francophonie ?
C’est un contrat de deux ans qui devrait s’élever à 40.000 euros. Mais, pour notre cas, nous n’avons reçu que 10.000 euros. On devait recevoir 20.000 euros la première année et la seconde année, après dépôt, les 20.000 euros qui restent. Ce contrat est renouvelable une seule fois. Mais, nous n’avions pas respecté les délais de dépôt, car nous n’étions pas disponibles pour le complément de dossier. Ensuite, ces autorités de la Francophonie ont procédé à la délibération. Cela a causé des lenteurs et notre projet a donc accusé du retard. On devait terminer depuis longtemps. Ce n’est pas beaucoup (10.000 euros), mais comme nous avions cette initiative, nous avions jugé nécessaire de continuer sur cette lancée. Ce projet devra déboucher sur l’organisation d’un festival qui s’appellera « Sunu Folk » en 2018. Nous allons reconduire les mêmes jeunes cooptés pour la compilation et les plateaux que nous devrions faire ; mais à conditions que nous disposions de moyens d’organiser ce festival. Pour l’instant, on s’en tient juste aux compilations avec la réalisation de quelques prestations scéniques. Ceux qui auront la chance d’émerger verront des opportunités s’ouvrir à eux. C’est cela notre objectif pour cette première édition.

Peut-on savoir les titres qui seront abordés dans votre prochain album ?
Quand je prépare un album, je ne me focalise pas sur les titres. Je travaille à fond. Si j’en ai plusieurs, je sélectionne les meilleurs opus. Comme nous sommes restés longtemps sans sortir un produit musical et jouer au Just4 You, cela été un prétexte pour rendre heureux nos fans. C’est ce qui justifie, entre autres, la sortie de « Wonema » en attendant la disposition de l’album. Quand la compilation sera prête, nous allons l’accompagner avec la sortie d’un Ep-Extended play. Cela va accompagner la communication de l’album. Il y aura forcément des invités qui vont faire des prestations et moi, je vais clôturer. Au-delà de cela, j’ai contacté un promoteur qui vit à Paris ; c’est un Sénégalais qui vient d’avoir sa licence. Il se bat. Nous avons commencé à collaborer et il a retenu des dates pour moi. Nous allons faire un travail musical en conformité avec le marché qu’il veut pénétrer. D’ailleurs, nous avons fait des enregistrements qui vont dans le sens de nous internationaliser avec les normes requises. Je veux que tout le monde puisse écouter notre musique ; c’est cela la polyvalence. Il nous faut enlever les barrières.

Quels seront les thématiques de l’album ?
Ce seront les thèmes de société qui intéressent nos concitoyens. De la musique engagée. Cela ne manque pas. Nous allons aborder le quotidien des Sénégalais, la situation politique, économique... Je préfère ne pas dévoiler certaines de nos stratégies, car c’est un travail collectif, qu’il faut gérer en interne.

Dans votre carrière, qu’est-ce qui explique votre choix pour la musique acoustique ?
En fait, je ne l’ai pas choisie. C’est venu naturellement. Même si tout le monde me reconnaît à travers ce genre musical. Quand je chantais cette musique, je ne savais pas sa vraie définition. Peu de temps après, j’ai obtenu une guitare acoustique, lorsque je quittais l’orchestre régional de Diourbel où j’y ai fait deux ans en tant que chanteur dans les années 1995. J’étais lycéen au lycée Cheikh Ahmadou Bamba. J’ai abandonné mes études en classe de Première. Je n’avais pas le choix. Comme je n’avais pas de groupe musical, j’étais obligé de me débrouiller avec les moyens du bord. C’est de là qu’on a commencé à me montrer quelques accords (un ensemble de notes musicales). Je n’avais pas le niveau d’un bon guitariste. En abandonnant le groupe, je suis allé me perfectionner, à force de jouer et de faire des recherches. Je faisais des prestations dans les Fosco -Foyers socio-éducatifs, les soirées-; partout, on me sollicitait. J’étais invité dans les radios où je faisais des enregistrements. C’est comme cela que j’ai démarré sans que je ne fasse le choix de la musique acoustique. J’étais obligé de m’en tenir à cette musique acoustique.

Existe-t-il une passerelle entre la musique acoustique et le Mbalax ?
Je ne vois pas de grande différence à part les instruments électriques qu’on utilise pour le Mbalax. On peut avoir les mêmes sonorités avec une cadence pareille. Seule la couleur musicale les différencie. Comme j’ai l’habitude de le dire : la musique acoustique n’est pas un genre musical, c’est une couleur. Car, on peut faire du reggae en acoustique, le blues ou le rock en version acoustique.

Pour votre carrière musicale, quel est votre plus grand défi ?
Mon plus grand défi est de réaliser mes projets au niveau international. Je dois faire de telle sorte que les difficultés rencontrées dans la musique soient surmontées. Nous allons mettre les bouchées doubles. D’autres vont reprendre le flambeau parce que Youssou Ndour a apporté sa pierre à l’édifice musical. Nous aussi, nous essaierons de faire de notre mieux pour une contribution. Je veux que mon label puisse produire d’autres artistes. Si cela dépend de moi, je ne vais pas vieillir dans la musique. La force est avec les jeunes. A un certain moment, on fait du maintien en soutenant la jeunesse.

Mais quelles sont les difficultés observées dans ce métier ?
Il y a un manque d’accompagnement, même s’il y a une volonté des artistes. Nous avons les rudiments pour apprendre la musique. Il faut que l’environnement soit favorable pour une émergence de la musique. C’est l’Etat qui peut faire ce travail. Si nous récoltions les fruits proportionnels à nos efforts, ce serait une très bonne chose.

Que vous inspire la création de la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav) ?
C’est une bonne initiative. Mais, on doit la renforcer pour qu’elle puisse jouer son vrai rôle et les artistes pourront alors rentrer dans leurs droits. L’Etat doit faire de telle sorte que les entreprises créancières paient à la Sodav leurs redevances, pour une bonne répartition de nos droits. De ce fait, la créativité sera plus intéressante. Car, plus on reçoit de l’argent, plus la motivation est grande. Cela va nous booster. De ce fait, nous produirons davantage. La médiocrité est relative à un manque de moyens, parfois qui contraint à une absence de production.

Aimeriez-vous partager avec nous des anecdotes qui vont ont marqué ?
La première anecdote est liée à la reconnaissance que j’ai obtenue. Issu de Mbacké, je me suis fait tout seul sans le soutien de personne, modestie à part. Même si parfois, il y a eu quelques soutiens. Dieu à qui je rends grâce a fait que je fasse partie du peloton. Quand tu crois à Allah, Il te montrera qu’Il est le meilleur soutien. Mon premier album « Xarit », en 2006, m’a ouvert les portes du succès.

Par contre, ce qui me fait mal, c’est qu’au Sénégal, les gens ne reconnaissent pas le mérite. Tous les jours, on voit un grand musicien dont le travail doit être promu ; mais on préfère ne pas le faire au profit de la médiocrité. On ne connaît pas les critères de choix ; on fait passer n’importe quoi. Tant que les médias n’ont pas des missions d’écoute pour savoir les normes de sélection d’une bonne musique, il y aura toujours des entorses dans notre travail.

Propos recueillis par Serigne Mansour Sy CISSE

Après leur concert du 4 avril dernier à Pékin, les Frères Guissé sont revenus dans la capitale chinoise, cette fois-ci pour un contrat de résidence de trois mois. Ces artistes vont faire une soixantaine de concerts et produire un album de collaboration. Ils veulent, à travers la musique, ouvrir le Sénégal sur la Chine.

Décidément, le concert des Frères Guissé à Beijing pendant la nuit du 4 avril 2017 a porté ses fruits. Quelques mois seulement après cette prestation, le groupe musical dakarois est revenu dans la capitale chinoise pour un contrat de trois mois. Ce qui a, selon Cheikh Guissé, précipité ce contrat, c’est l’originalité de leur musique mais aussi et surtout l’introduction de la kora, qui est « une idée de l’ex-ambassadeur, le général Abdoulaye Fall ». Il rappelle que la Kora est un instrument de musique traditionnelle qui est très proche de la musique chinoise : un tout qui a vite plu à un promoteur sino-canadien installé à Beijing. C’est ainsi qu’« une semaine seulement » après leur retour au bercail, il leur propose un contrat en bonne et due forme portant sur une résidence de trois mois en Chine. L’avis du promoteur sur leur musique, c’est qu’ils « peuvent conquérir la Chine ».

Après quelques moments d’hésitation, le groupe a fini par accepter cette proposition afin de « voir qu’est-ce qui est faisable, sur le plan musical, entre l’Afrique et la Chine », car pour les Frères Guissé, « la Chine c’est plus qu’un pays, c’est un pays-continent ». Etant le premier orchestre africain installé en Chine, le groupe aura une occasion en or pour ratisser large et avoir le maximum de contacts possibles.
En effet, Cheikh Guissé est d’avis que c’est aussi une façon de promouvoir la destination Sénégal. « Les gens qui vont venir nous suivre vont aussi s’intéresser à notre pays. Il se peut que certains parmi eux décident de venir visiter le Sénégal », explique-t-il.
Ce séjour, selon Cheikh, sera chargé. Il va permettre aux Frères Guissé de préparer un album, mais bien évidemment « après la découverte et les contacts » avec la Chine et les artistes chinois. Pendant ce séjour, ils vont se produire cinq fois par semaine, soit vingt concerts chaque mois et une soixantaine pendant le séjour pékinois. Pour Djiby Guissé, « il est temps que l’Afrique s’ouvre à la Chine ». Le développement fulgurant de la Chine intéresse les artistes. Ils se demandent qu’est-ce qu’a fait la Chine pour se développer rapidement et quelles sont les leçons que les Africains peuvent en tirer ?

Production musicale
Comme ils l’ont fait en Hollande, en Angleterre et en Europe de l’Est, les Frères Guissé comptent sortir un album de collaboration avec les artistes chinois. « Ce qui nous intéresse, c’est de trouver le lien entre la musique chinoise et la musique africaine », précise Djiby. Ils vont aussi collaborer avec Tabara Diop, alias Tabou, « jeune Sénégalaise qui a beaucoup de talent ». D’ailleurs, elle a accompagné les Frères Guissé pendant le concert du 4 avril à Beijing et est présentement avec eux pour les trois mois de contrat.
Cette artiste qui vit depuis bientôt quatre ans en Chine sera aussi associée dans la prochaine production des Frères Guissé. « Nous l’avons amenée pour faire de la reprise comme elle reprend la musique occidentale. Nous sommes dans l’originalité africaine. Çà nous permet d’avoir les deux publics. Les Chinois ne connaissent pas la musique africaine, pour les inciter à bien nous écouter, des fois, nous faisons de la musique occidentale », souligne Cheikh.
Outre Tabou, les Frères Guissé honorent cet engagement avec Dialy Cissokho, le koriste de l’Orchestre nationale, libéré express par le ministre de la Culture pour accompagner le groupe dont un des trois membres est au Canada pour un programme.
Une faveur pour laquelle ils remercient « sincèrement » l’autorité. Ils ont également profité de cette tribune pour appeler les Sénégalais à favoriser davantage, comme depuis toujours, la cohésion nationale et le commun vouloir de vie commune.


Aly DIOUF (Correspondant en Chine)

 

Nicolas Blixell est nommé au poste de responsable d’Ericsson pour l’Afrique de l’Ouest et devient en même temps membre de l’équipe de direction pour la région. Selon un communiqué de presse, M. Blixell sera chargé de bien mener les activités de l’entreprise dans 24 pays ainsi que la gestion des activités pour des clients comme Maroc Telecom, Orange, Unitel, entre autres, au sein d’Ericsson Afrique de l’Ouest.

Selon la présidente d’Ericsson Moyen-Orient et Afrique, Rafiah Ibrahim, cette nomination intervient dans le cadre du renouvèlement de l’équipe de direction d’Ericsson dont le but est de mieux répondre aux besoins de la clientèle en leur permettant d’atteindre leurs objectifs.

Nicolas Blixell est titulaire d’un master en Economie financière de la School of economics and management de lund et d’un master en Entrepreneuriat de l’université de Stockholm, en Suède. Avant sa nomination à ce poste, M. Blixell était responsable des comptes panafricains en Afrique subsaharienne. Il a travaillé durant plus de 10 ans chez Ericsson. Il a occupé ainsi différents postes de direction en Europe, en Amérique du Nord et en Asie où il a fourni de meilleurs résultats. Il a débuté sa carrière dans les services financiers d’organisations basées au Luxembourg et en Suède avant d’embrasser le domaine des Tic en 2006.

Abba BA (stagiaire)

 

La Place du Souvenir africain à Dakar va abriter la finale nationale de « Mister model international ». Prévu le 23 septembre prochain, cet événement permettra d’élire le représentant du Sénégal à cette compétition, en novembre 2017 à Miami en Floride, aux Etats-Unis.

Concours de beauté masculine internationale, « Mister model international » revient encore cette année avec la finale nationale prévue le 23 septembre prochain à la Place du Souvenir africain à Dakar. L’événement organisé par Feutcha Prestige Sénégal est une occasion de choisir le représentant de notre pays à cette compétition dont la finale est prévue le 4 novembre à Miami en Floride, aux Etats-Unis.  

En 2016, soutient Seydou Kane Diallo, président du comité « Mister model Sénégal », Pape Bouba Ndiaye, candidat du Sénégal, a été sacré deuxième dauphin. Le mannequin a remporté trois Prix dont celui du meilleur costume traditionnel grâce au soutien de la styliste  Oumou Sow. « Mister model international » a pour objectif principal de rehausser la mode masculine à travers le monde. Destiné aux hommes âgés de 18 à 35 ans, ce concours se tient, chaque année, dans un pays à travers le monde. L’Inde a accueilli l’édition 2016 où le Sénégal était le seul représentant de tout le continent. Le concours est ouvert à tout le monde. Les candidats sont appelés à s’inscrire sur la page Facebook de « Mister model Sénégal ». Après les inscriptions, le meilleur est sélectionné à l’issue d’un casting présidé par les acteurs du monde de la mode et du stylisme. D’après Seydou Kane Diallo, le candidat sélectionné sera aussi bien l’Ambassadeur de la beauté sénégalaise que celui du savoir-faire sénégalais.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’une foire consacrée à la vente des produits locaux des Groupements d’intérêt économique (Gie) du pays de la Téranga se tiendra du 22 au 14 septembre 2017.

Toujours suivant cette dynamique de promotion de la culture sénégalaise, avance M. Diallo, les candidats  défileront, lors de la finale, avec des « Nguémb » de lutteurs en lieu et place des maillots de bain.

Ibrahima BA

Vu de l’entrée de la capitale libanaise, le quartier d’Ouzaï ressemble à un ramassis de constructions désordonnées, mais en s’aventurant à l’intérieur, on découvre de petits immeubles servant désormais de canevas à l’art urbain.

Les artistes qui ont participé au projet « Ouzville » ont peint des bâtisses de bleu, rouge, jaune et vert éclatants, et en ont orné d’autres de peintures murales, de graffitis et de personnages de bandes dessinées. Le projet est une bouffée d’air frais pour Ouzaï, un quartier informel sur la côte méditerranéenne au sud de Beyrouth. Avant la guerre civile (1975-1990), ce secteur se vantait d’avoir les plus belles plages de sable, aux noms évocateurs comme Acapulco, mais à partir de l’invasion israélienne du Liban-sud en 1978, des déplacés ont commencé à s’y installer, construisant des habitations sans permis. Durant des décennies, ces constructions sauvages d’où pendent des amas de câbles électriques ont été la première image du Liban aperçue par les voyageurs en atterrissant à l’aéroport adjacent. Le projet Ouzville modifie désormais quelque peu l’allure du quartier Ouzaï.

Promoteur immobilier, Ayad Nasser est à l’origine de cette initiative qu’il a financée sur ses propres deniers à hauteur de 140.000 dollars. Il est né à Ouzaï en 1970 mais a quitté le pays durant la guerre. « Chaque fois que j’atterrissais, j’étais submergé de tristesse. Je me disais : ‘Je vais m’occuper d’Ouzaï’ », a-t-il confié à l’Afp. « J’avais le sentiment qu’Ouzaï était la partie la plus délaissée du Liban. Cela fait 40 ans que personne ne s’y intéresse, ni le gouvernement, ni les autorités locales, ni même les habitants », dit-il. Il y a 18 mois, le rêve d’Ayad devient réalité: il commence à inviter des artistes locaux et internationaux pour embellir des parties de Beyrouth, particulièrement Ouzaï, grâce à l’art urbain. Avec l’aide des habitants, il sélectionne des rues et des bâtiments, selon des critères esthétiques.

Environ 140 immeubles ont ainsi été peints de couleurs rutilantes, dont quelques-uns par des habitants eux-mêmes, mis à contribution pour peindre mais qui ne participent pas financièrement au projet. Depuis la rue en bas de sa maison d’un étage, à travers une large fenêtre percée dans un mur jaune, on peut voir Joumana Younis préparer un plat de haricots verts et, sous l’embrasure, une fresque aux tons turquoise et bleu royal montrant le large visage d’une fille.

Joumana, mère de quatre enfants, a toujours vécu là et, selon elle, le projet Ouzville « a apporté de la joie » dans son quartier.
Pour Ayad Nasser, un des objectifs de ce projet est de « briser le stéréotype » d’Ouzaï, considéré par beaucoup au Liban comme un bidonville à éviter.

(AFP)

 

Un quotidien sénégalais a fait état d’une possible annulation du marché d’attribution des licences Mvno. Le directeur de l’Artp, Abdou Karim Sall, a apporté quelques précisions que voici : « Nous avions lancé une compétition pour l’attribution de trois licences Mvno. Après une attribution provisoire, un des postulants a émis des réserves et sollicité l’arbitrage de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp). Celle-ci a alors demandé qu’on suspende la procédure le temps de délibérer sur la question ; ce qui a été fait. Elle nous a ensuite prescrit de passer par la Direction centrale des marchés publics (Dcmp) pour faire la revue. Nous avons soumis à cette direction l’ensemble des revues nécessaires. La Dcmp nous a envoyé, il y a quelques jours, une correspondance nous indiquant qu’il n’y a aucun problème dans la procédure. Cette lettre a été transmise à l’Armp et je pense qu’elle lèvera la suspension de la procédure aujourd’hui, en principe.

La procédure a été transparente de bout en bout. Les dossiers techniques et financiers les plus intéressants ont été choisis. Nous avons publié la liste des attributaires provisoires. Dans les jours à venir, nous allons dérouler la procédure d’attribution définitive à travers un décret qui sera signé par le président de la République ».              

A. A. MBAYE

Facebook, en partenariat avec l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), a organisé, hier, une session de sensibilisation sur le code de conduite dans les réseaux sociaux. Les dérives qui y sont observées devraient inciter les différentes parties, selon le directeur de l’Artp, Abdou Karim Sall, à engager des actions concertées.

 Abdou Karim Sall, directeur général de l’Artp, dit une chose qui fonde la pertinence de cet atelier de sensibilisation : « La problématique des réseaux sociaux ne saurait être prise en compte de façon isolée. Juguler certaines dérives, résultant du traitement des contenus, passe inévitablement par des actions concertées et coordonnées de toutes les parties prenantes en vue de veiller au respect des droits fondamentaux de l’homme ». Cette vision épouse la nouvelle mission de Facebook consistant à donner à tous le pouvoir de créer une communauté et à rapprocher le monde. Ainsi, cette rencontre a été l’occasion de discuter des politiques de Facebook en termes de publications de contenu et d’échanger sur les modalités d’une utilisation des réseaux sociaux comme véhicule de changement positif.

Il convient, selon Abdou Karim Sall, d’équilibrer les comportements dans les réseaux sociaux qui sont de véritables leviers d’intégration numériques. Toutefois, « penser que les technologies comme la science doivent avancer en même temps que la morale relève d’une vision idéaliste car l’homme n’a pas toujours la force de suivre toute sa raison », a-t-il estimé non sans inviter les acteurs à trouver les moyens de juguler les abus sans pour autant enfreindre les libertés publiques.

La directrice des politiques publiques de Facebook pour l’Afrique, Ebele Okobi a, quant à elle, axé son propos sur la promotion du partage et la liberté d’expression qui symbolisent cette plateforme. « Il est primordial que nos utilisateurs se sentent en sécurité sur notre plateforme », a-t-elle indiqué. A travers ce partenariat « important » avec l’Artp, Facebook tient à sensibiliser ses utilisateurs sénégalais sur les standards de la communauté, les procédures de signalement de contenu abusif et à démontrer, par la même occasion, comment Facebook peut être utilisé de manière responsable pour promouvoir la citoyenneté. Une délégation de Facebook séjourne actuellement au Sénégal. Elle en a profité pour organiser des séances de travail avec des décideurs publics, des membres de la société civile et des utilisateurs de la plateforme ; ce, pour avoir une meilleure compréhension des enjeux, présenter certains de ses projets pour l’Afrique et explorer le potentiel chantier de collaboration.
Alassane Aliou MBAYE

 

Pour montrer que Facebook est un outil puissant de croissance économique, Ebele Okobi a indiqué que 40 millions de petites et moyennes entreprises sont actives sur ce réseau. Plus de deux millions d’entreprises investissent dans leur service publicitaire. En 2014, Facebook, selon elle, a généré 50 milliards de dollars de revenus pour ses créances grâce aux annonces publicitaires. « Nous comptons plus de deux milliards d’utilisateurs chaque mois dont plus de 120 millions viennent de l’Afrique subsaharienne ».

A. A. MBAYE

La restitution de fin du stage « Danses noires », organisé par l’Ecole des Sables de Toubab Dialaw, a permis à 45 stagiaires de 21 nationalités de montrer à une assistance nombreuse et conquise les larges et nouvelles possibilités qui s’ouvrent à eux désormais.

Patrick Acogny, directeur artistique de l’Ecole des Sables, comme un général au milieu de ses troupes, dit aux danseurs formant un cercle ceci : « Faites-vous plaisir » ! Ils ne se sont pas limités à cela. Ils en ont aussi procuré à un public nombreux et en parfaite communion avec eux. C’est que ces corps habiles ont accompli, avec grâce, de grandes prouesses et créé une alchimie qu’on ne pouvait soupçonner d’âmes venues d’horizons aussi divers. Ils sont 45 danseurs, des hommes et des femmes, venus de 21 pays différents pour à la fois s’offrir une belle aventure humaine et enrichir leurs palettes. Ses propos de Nevine Youssef, une danseuse française, en témoignent largement : « Ce stage constitue pour nous un enrichissement corporel par rapport à toutes les sources de l’Afrique que ce soit les danses traditionnelles, urbaines, contemporaines… Cela nous a permis de vivre en collectivité, à 45 personnes, qui dansent différemment, de s’inscrire dans des projets chorégraphiques. En tant que danseuse jazz, découvrir le « sabar » et la technique Acogny me donne l’opportunité de m’enrichir et de savoir d’où venait ma danse ».

Sur la scène des exploits, c’est l’univers sonore qui se plie à l’habileté de leurs « charpentes » ruisselant de sueur. Elles s’affranchissent de la tyrannie du « sabar » pour laisser le public, en constant délire, savourer avec délices leurs mouvements, leur silence, leur enthousiasme et le néant à qui elles conféraient une signification.

On déploie de l’énergie mais c’est l’intelligence qui décrypte la fureur du « sabar ». On se livre à des épanchements pour se mouvoir indifféremment dans des univers de rythmes attestant de l’étroitesse de la ligne démarcative entre ce que l’Afrique croit être enfermé dans ses entrailles et ce que le monde, présent à Toubab Dialaw, est capable de s’approprier. Car, il s’est agi moins d’une rencontre d’âmes férues de danse que d’un dialogue entre différentes cultures au service du beau, peut-être bien d’un idéal, d’une idée ; celle-là qui fait sens et abat les cloisons. Et c’est sublime.

La scène est l’exutoire de leur enthousiasme qui harcèle leurs corps sans répit. Les nouveaux « sablistes », pour ainsi faire référence à l’Ecole des Sables, les supplicient pour peupler jalousement la scène qu’ils déchirent de leur énergie poétique. Les professeurs venus de divers coins du monde pour développer leur intelligence corporelle peuvent en tirer fierté. Germaine Acogny, de là où elle est, quelque part dans le monde, en a certainement frémi.

Alassane Aliou MBAYE

L’Ecole des Sables, devenue patrimoine national par son action de préservation et de diffusion des cultures africaines à travers la danse, vogue en silence dans des eaux troubles. Cet établissement, créé en 1998 par Germaine Acogny et Helmut Vogt à Toubab Dialaw, s’échine -parce que c’est un sacerdoce pour ses fondateurs- à accomplir sa mission en offrant aux Africains la possibilité de s’approprier leurs cultures et à l’humanité entière de continuer à les découvrir. C’est cette « institution » qui a besoin, aujourd’hui, d’être appuyée financièrement pour continuer à faire la fierté des Sénégalais et des Africains. Celui qui en est le directeur artistique, Patrick Acogny, nous entretient de ces difficultés que rencontre l’école.

Le stage international « Danses noires » a pris fin vendredi dernier avec un spectacle de restitution. Quelle appréciation en faites-vous ?
L’appréciation est positive parce que nous voulons que les danseurs qui viennent à l’Ecole des Sables trouvent quelque chose pour eux. Cette restitution de stage nous permet de voir si les gens sont bien, s’ils ont bien vécu leur séjour, s’ils ont appris des choses et s’ils vont repartir la tête, le corps et l’âme remplis. Ils ont partagé, à cette occasion, beaucoup d’enthousiasme et de joie. Je suis d’autant plus satisfait que j’ai invité de nouveaux professeurs avec qui je n’avais jamais travaillé. Ils ont accompli un excellent travail. Cela me réjouit. Malgré la situation assez délicate de l’école en ce moment, on montre que le monde, celui des danseurs, est extrêmement attiré par ce que nous faisons. Des danseurs de divers horizons ont envie de venir au Sénégal et d’apprendre des choses pour s’en nourrir. Le fait que ce stage ait regroupé 21 nationalités en est une illustration achevée.

A la suite de Germaine Acogny, vous avez évoqué la « situation délicate » de l’Ecole des Sables. Quelles en sont les raisons ?
Pendant très longtemps, nous avons vécu de l’aide étrangère. Aujourd’hui, avec cette aide qui se termine -parce qu’elle ne peut pas perdurer ad vitam aeternam- nous avons besoin de nouvelles sources de financement pour maintenir l’école en vie. Et si par rapport à certains projets, il y a eu de petits coups de pouce, des volontés manifestes de l’Etat du Sénégal de nous aider, il n’y a eu rien de conséquent. Je pense qu’à un moment donné, il faut que l’Afrique s’aide aussi. Si notre propre pays ne nous appuie pas, comment on peut attendre des autres un accompagnement dans notre entreprise de diffusion de notre culture. Nous avons besoin d’un sérieux coup de main. Et dans ces cas-là, on ne peut que se tourner vers les siens, les Sénégalais et les Africains. Les autorités étatiques ont été mises au courant de nos difficultés. Les procédures, nous dit-on, sont en cours. Elles nous ont demandé de la patience. Nous n’avons pas envie que l’école disparaisse mais si les choses sont exécutées avec une certaine lenteur, peut-être que ce sera trop tard. Pour ne pas en arriver là, nous sollicitons l’appui de l’Etat.

On sent un désir, une volonté politique chez le président Macky Sall de faire quelque chose pour l’art, la culture. On ne demande pas à l’Etat de tout faire mais de jouer sa partition comme on peut le voir dans d’autres pays d’Afrique et d’ailleurs. On attend ce geste. Je ne parle pas seulement pour l’Ecole des Sables mais pour la culture en général, pour l’art parce que nous représentons une vraie force économique. Il ne reste qu’à nous accompagner pour la mettre en place.

Cet appel devrait également être entendu par le privé, le monde de la culture…
Nous sommes preneurs de toute aide, en dehors de celle que nous espérons de l’Etat, qui pourrait nous permettre de poursuivre cette mission que nous exécutons depuis des années. Nous nous tournons aussi vers celui qui aime la danse, aime l’Afrique et les belles choses qu’elle est capable d’offrir au monde, comme cette école qui accueille plusieurs cultures pour dialoguer avec la nôtre. Plusieurs initiatives se sont écroulées en Afrique et des talents perdus à cause de l’indifférence. Il ne faudrait pas en arriver là. Nous comptons aussi sur les danseurs qui sont passés.

Peut-on avoir une idée des charges auxquelles vous faites face ?
Chaque année, nous avons besoin de 200.000 euros (130 millions de FCfa environ) pour dérouler nos activités, assurer le maintien du bâtiment, payer les salaires... Il faut savoir que quand on fait venir des non Africains, ils paient mais subventionnent un Africain. Si on ne fait venir que des Africains, c’est nous qui les subventionnons. On trouve l’argent soit parce qu’on a réussi à avoir des subventions soit parce que le travail que l’on fait a généré des revenus qu’on peut réinvestir sur eux. L’Ecole des Sables, c’est aussi une aventure humaine. Nous créons de l’emploi. Vingt personnes, dont une quinzaine habitant le village de Toubab Dialaw, y travaillent. On ne peut pas mesurer ce que nos activités peuvent générer en termes de tourisme. Ces gens qui viennent, ils effectuent des dépenses ici, visitent nos lieux d’attraction, vont à Gorée, au Monument de la Renaissance africaine... Ils se familiarisent avec notre culture. Ils en touchent un mot aux autres. Nous aidons aussi des Sénégalais à se familiariser avec leur culture qui se perd, des enfants à se socialiser par la danse, à être créatifs. Les villageois, qui viennent toujours à nos manifestations, sont fiers de dire que c’est notre école. Il y a des choses sur lesquelles on ne peut pas mettre des chiffres.

Peut-on connaître le nombre de danseurs qui ont été formés par l’Ecole des sables ?
Je n’étais pas là en 1998 au début de l’aventure. Une enquête réalisée sur dix ans (2006- 2016) a montré que nous avons formé plus de 300 danseurs africains. Ils ne sont pas tous devenus danseurs, c’est une évidence. Tout le monde ne devient pas danseur après la formation. Chacun suit sa propre trajectoire en fonction des opportunités. L’enquête a révélé que sur la base de 190 danseurs qui ont répondu à nos questions, il y a eu, sur ces dix années, plus de 1.500 déplacements professionnels en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique. On estime à 600 le nombre de danseurs africains et d’ailleurs qui ont été formés à l’Ecole des Sables.

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

Après le Mali, Madagascar et le Bénin, la capitale sénégalaise, Dakar, va abriter, cette année, la quatrième « Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon ». Cette bourse de Rfi créée en hommage à ses deux reporters assassinés le 2 novembre 2013 à Kidal, récompense chaque année, dans un pays d’Afrique, un journaliste de radio et technicien de reportage.

L’édition 2017 de la « Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon » vient d’être officiellement lancée. Cette bourse de Rfi en hommage aux journalistes Claude Verlon et Ghislaine Dupont assassinés en novembre 2013 à Kidal, dans le nord du Mali, est organisé cette année au Sénégal, à Dakar. Les inscriptions s’adressent à « tous les journalistes et techniciens francophones en activité et aux étudiants francophones en cours de formation en journalisme, ayant moins de 35 ans, résidant au Sénégal. Elles sont ouvertes jusqu’au 25 septembre prochain.

Selon un communiqué de Radio France internationale, « les conditions de participation détaillées et le formulaire de candidature sont disponibles sur le site rfi.fr (onglet « Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon » en page d’accueil). » Il ajoute que « 10 candidats journalistes et 10 candidats techniciens seront sélectionnés sur dossier puis invités à suivre des ateliers du 17 au 30 octobre à Dakar, dispensés par l’Académie France Médias Monde dans les locaux de la Rts. » Ainsi, à « l’issue de ces journées, le jury se réunira sur place pour désigner le (la) journaliste et le (la) technicien(ne) lauréat(e)s de la Bourse qui bénéficieront de la formation de quatre semaines à Paris, entièrement prise en charge, au cours du premier trimestre 2018. » D’après toujours la même source, le jury sera composé de représentants du groupe France Médias Monde, de l’Ecole de Journalisme de Sciences Po, de l’Ina et de la presse sénégalaise. Organisée en partenariat  avec la Radiodiffusion télévision sénégalaise (Rts), l’École de journalisme de Sciences Po et l’Institut national de l’audiovisuel (Ina), la « Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon » récompense chaque année, dans un pays d’Afrique, un jeune journaliste radio et un jeune technicien de reportage.

Elle sera remise à Dakar le 2 novembre, informe Rfi, lors de la « Journée internationale de lutte contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes », en mémoire de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Le Mali, Madagascar et le Bénin ont eu à abriter les précédentes éditions de ce concours.

Ibrahima BA

Le film « Birth of the Dragon », sorti vendredi aux Etats-Unis, retrace le face à face épique entre Wong Jack Man et Bruce Lee, qui a révolutionné le kung fu.

Lors d’une soirée californienne de décembre 1964, deux hommes au sommet de leur art se sont lancés dans un affrontement resté dans les annales du kung fu. D’un côté, un moine bouddhiste malingre de 24 ans, fraîchement débarqué de Chine, exsudant la modestie bien qu’il soit l’un des maîtres les plus doués du mythique Temple de Shaolin, berceau du kung fu. Face à lui, un impétueux combattant américain d’origine chinoise de 24 ans également, qui allait devenir une légende des sports de combat à mains nues.

« Birth of the Dragon », sorti vendredi aux Etats-Unis, retrace le face à face épique entre Wong Jack Man et Bruce Lee, qui a révolutionné le kung fu. La poignée de témoins ne s’est jamais mise d’accord sur ce qui s’est exactement passé cette nuit-là au gymnase de Bruce Lee à Oakland (ouest des Etats-Unis) : ni sur la durée de l’affrontement, le nombre de personnes présentes, ou même le vainqueur. Tous s’accordent toutefois pour dire que la rencontre a transformé l’approche du kung fu de Bruce Lee et l’a aidé à devenir « Le dragon », une superstar mondiale qui a démocratisé dans le monde entier cet art martial jusqu’alors confidentiel.

« Mon père est propriétaire d’une école d’arts martiaux et il a un ami qui était témoin », explique à l’Afp la star de films d’action sino-américaine Philip Ng, 39 ans, qui interprète Lee dans « Birth of the Dragon ». « J’ai entendu son récit et ça contredit une partie des choses que j’ai lues. J’ai mes convictions et hypothèses sur ce qui s’est passé mais une chose est certaine, c’est qu’après cet affrontement, la méthode de combat de Bruce Lee a changé », ajoute-t-il, persuadé que Lee a gagné. « Birth of the Dragon » s’inspire de classiques de Bruce Lee comme « Fist of Fury » et « Opération Dragon », sorti après le décès prématuré de la star en 1973. Le légendaire moine Shaolin Wong Jack Man (incarné par Xia Yu), arrive à San Francisco pour observer l’état du kung fu en Amérique, et est immédiatement perçu comme une menace par Lee, qui le met au défi.

Philip Ng s’est dit que Bruce Lee était bien trop connu pour qu’une interprétation classique fonctionne, et a opté pour une version qu’il a imaginée, mêlant un accent de Hong Kong et l’argot hippy de San Francisco des « sixties ».

L’acteur est né juste après la mort mystérieuse de l’acteur vedette d’un œdème cérébral à l’âge de 32 ans, mais pense s’être préparé toute sa vie, sans le savoir, à jouer l’icône. Ng, lui-même star de films de kung fu, est passé maître dans cet art en étudiant dans son Hong Kong natal auprès de Wong Shun Leung, qui a formé Bruce Lee.

Wong - qui a toujours assuré avoir remporté la rencontre - a plus tard regretté d’avoir accepté de se battre contre Lee, estimant avoir cédé à une vanité de jeunesse. Il a ensuite passé le reste de sa vie à enseigner la méthode Shaolin du nord - à ne pas confondre avec celle du sud - à San Francisco avant de prendre sa retraite en 2005. Âgé d’environ 77 ans, le seul homme vivant à savoir qui est le vrai lauréat de ce combat mythique vit aujourd’hui retiré du monde.

AFP

Le Centre des œuvres universitaires de Dakar fermait samedi dernier les portes du campus social de l’Ucad pour une durée de deux mois. A la veille, le Coud a offert un grand concert animé par Omar Pène. Une manière de dire au revoir aux étudiants et de leur souhaiter de bonnes vacances après une année académique tumultueuse.

A 01 heure, le podium paré pour Omar Pène depuis 21 heures tarde à voir l’ombre de la vedette. Sur le parquet en bitume du terrain de basket de l’Ucad, les musiciens testent la sonorisation en maniant les instruments et le staff veille aux derniers réglages techniques. Les rappeurs préposés pour réchauffer le siège peinent à tenir la dragée. Certains malins chez les étudiants se permettent quelques huées. Les subtils rappels à l’ordre du Mc n’y feront rien, et lui-même reçoit quelques quolibets. Certains préfèrent rester en dehors du périmètre pour discuter, fumer ou boire du café.

A 01h 30, l’orchestre monte sur scène et la chauffe avec une reprise reggae du morceau Soweto, en attendant le lead vocal. Les notes attirent le public et extirpent les résidents du Pavillon A, qui se précipitent sur les allées pour avoir une bonne vue depuis les balcons du bâtiment. Quelques minutes après, Omar Pène débarque sur l’estrade dans sa nonchalance habituelle, sous les hourras des étudiants excités. Par la chanson en hommage à Nelson Mandela, l’artiste répand sa voix symphonique et lénitive. Avec une mine joyeuse dévoilant sa pleine énergie, Baye Pène, comme l’appellent ses fans, dément les appréhensions d’un jeune homme qui s’inquiétait tantôt de son état de santé.

Les étudiants ne contiennent plus leur délire et montrent tout le plaisir de retrouver celui qui les appelle affectueusement « camarades ». Sous l’un des paniers de basket, huit étudiants forment leur groupe. Taquins et délirants, ils se balancent et se trémoussent tels des inconscients.

Le concert prend un autre tournant quand le chanteur, fidèle à sa ligne, laisse son orchestre dérouler sur une reprise en slow du titre « Tiki Tiki ». C’est l’occasion pour la « Quatrième génération » du Super Diamono, composée que de jeunes musiciens que le maestro présente avec fierté, d’exposer avec brio tout leur talent. Et à ce jeu magistral, le percussionniste capitalise plus de sympathie. Son sabar enflamme le public qui lui répond par des ovations nourries et des chorégraphies de haut vol. Une vendeuse d’eau emmitouflée d’une camisole verte, un seau sur la tête, en oublie un moment sa marchandise. Se déchargeant précipitamment de son récipient, elle tient subtilement le bout de son pagne et tournoie astucieusement son bassin au grand plaisir des bonhommes derrière elle.
Et l’effervescence du moment s’accentuera quand le mbalax se substitue au soul avec le son « Di la bëgge ». Les étudiants se déchaînent. Sur le sol comme aux balcons du pavillon A, les étudiants laissent parler leur allégresse et leur agilité. L’un d’eux, dans son euphorie et après quelques pivots, crie « Pène do nitt ».

Abnégation d’étudiant
Mais le clou du spectacle, comme à chaque édition, se pointera avec le morceau fétiche « Etudiants ». A l’intonation de cet opus où Pène loue le courage et l’abnégation de l’étudiant, c’est l’extase dans la foule. Un trio d’hommes, dont on soupçonne qu’ils ne soient plus étudiants, se distinguent particulièrement du lot. L’un dévêtit sa chemise, la lance et fait mine d’entrer en transe. Son camarade, Amadou Bèye, enlace leur acolyte et pousse un cri aigu, avant de se saisir d’un sachet d’eau du plateau d’une vendeuse pour se le doucher. Il se baissera quelques instants après pour reprendre sa cigarette tombée dans sa liesse.

« J’ai quitté l’Université depuis 2004 et je suis fonctionnaire maintenant. Mais pour rien au monde je ne raterai ce rendez-vous, et c’est particulièrement pour ce son qui me rappelle mes trimes d’étudiant. C’est également l’occasion de revoir mes anciens camarades », confesse A. Bèye, pressé de retourner sur la piste.

La soirée continue dans ce rythme cadencé et cette ambiance bon enfant, avec un Omar Pène très en verve et d’un humour insolite, servant quelquefois des couplets aguichants. Cela pour le bonheur des étudiants qui ont le plaisir de retrouver leur « Papa » et de quitter le campus social le temps des grandes vacances, dans des notes harmonieuses. Les vendeuses d’eau se sont également bien frotté les mains. Tout à fait derrière, ou dans les couloirs d’entrée du Pavillon A, de jeunes tourtereaux ont trouvé le temps de s’amouracher. Peut-être là une manière de se dire au revoir.

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

 

En partenariat avec l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) du Sénégal, Facebook organise une session de sensibilisation sur le code de conduite dans les réseaux sociaux. Prévue demain, à Dakar, la rencontre sera présidée par le directeur général de l’Artp, Abdou Karim Sall, et en présence de la directrice des Politiques publiques de Facebook. Le thème de la session est : « Réseaux sociaux : Outil de changement positif sans abus ? » Selon un communiqué, ce sera « l’occasion de discuter des politiques de Facebook en termes de publications de contenus abusifs ainsi que les opportunités d’utilisation des réseaux sociaux comme véhicule de changement positif ».

Cette rencontre a pour invités, entre autres, la Présidence, la Primature, le ministère des Postes et des Télécommunications, le Collège de l’Artp, le Fonds de développement du service universel des télécommunications (Fdsut), la Commission de protection des données personnelles (Cdp), l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie), le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti).

I. BA

Organisée par mobiCiné en partenariat avec le Festival de cinéma africain de Cordoue (Fcat) et l’Ambassade d’Espagne au Sénégal, la troisième édition du concours « Cortos Rek ! » a été officiellement lancée le 21 août dernier. 

La troisième édition du « Cortos Rek ! » a pour objectif principal de soutenir et aider les jeunes talents du monde du cinéma. Elle va récompenser les meilleurs courts-métrages par plusieurs prix prestigieux. Ce concours, informe un communiqué, vise également à récompenser les structures qui accueillent les jeunes dans le cadre de leur métier. Parmi les prix qui seront attribués figure le prix « Fcat/Aecid » offrant, parmi d’autres récompenses, une invitation du directeur et une projection du court-métrage primé au Fcat 2018 à Tarifa (Espagne), un contrat de diffusion Cinénómada. A cela, s’ajoute le Prix « mobiCiné Education Citoyen » constitué d’un contrat de diffusion dans 100 écoles d’une valeur de 400.000 de FCfa. Aussi, d’après cette même source, tous les lauréats auront aussi la possibilité de confier la diffusion de leur court métrage de manière rémunérée à Cine Nomada et un Prix du Public sera décerné.

Enfin, la grande finale de l’événement est prévue le 18 novembre prochain. « Les courts-métrages finalistes seront diffusés dans une projection ouverte au public qui pourra alors voter », conclut ce document.

Les candidats sont ainsi invités à déposer leur support vidéo jusqu’au 31 août prochain. Les inscriptions sont ouvertes à l’adresse : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou par dépôt physique à la Cité Air Afrique, villa n°7, Ouest Foire, Dakar, Sénégal.

Ibrahima BA

Pendant 10 semaines, jusqu’aux délibérations du jury, le journal « Le Soleil » présente un extrait des 10 romans finalistes du 16e Prix des cinq continents de la Francophonie. L’ouvrage Bled (Editions Seuil, France) du Guinéen Tierno Monénembo figure parmi les œuvres en compétition.

Le romancier guinéen Tierno Monénembo fait partie des 10 finalistes du concours le Prix des Cinq continents de la Francophonie avec son ouvrage « Bled » (Editions Seuil, France).
Tierno Monénembo a connu un vif succès avec «Le Terroriste noir» (2012). Il a reçu le prix Renaudot pour «Le Roi de Kahel» (2008). Son œuvre, comprenant une dizaine d’ouvrages, est l’une des plus importantes de la littérature africaine d’aujourd’hui.

Dans « Bled », Monénembo y dresse le portrait d’une jeune Algérienne dont « l’intelligence et le courage, face à l’obscurantisme, rayonnent comme un soleil ». Algérie, années 1980. Séduite puis abandonnée par un Français, Zoubida est pourchassée par les habitants de son village. Seule et sans protection, elle doit fuir, son enfant dans les bras. Parmi ses poursuivants se trouve Hassan, son propre père. Il adhère aux préjugés de son clan, mais ne peut cependant oublier qu’il est lui-même un enfant illégitime.

Extrait :
(…) « Trop de colère, trop d’émotions confuses, trop de questions sans réponse ! Mon enfance fut un épouvantable champ de mines où, à chaque mouvement, ma tête bourrée de détonateurs risquait de sauter. Il m’arrivait de jeter un œil derrière moi pour m’étonner du chemin parcouru. « Tiens, un an déjà et elle vit toujours, cette connasse de Zoubida ! » J’étais disponible, disponible et insouciante comme tout ce qui est neuf sur terre. Je me moquais du passé et me fichais pas mal de ce que serait demain. Je grandissais et me laissais librement ravir par le festin des odeurs et la ronde sans fin des saisons. Aïn Guesma, ça ne se voit pas, Alfred, ça se sent ; ça ne se touche pas, ça s’imagine dans le duvet de l’aube, dans les poils ocre du crépuscule quand le ciel surexcité s’enflamme de couleurs magnétiques, inédites à chaque reprise. Je l’ai encore là, au fond de la narine, l’odeur étourdissante de jasmin qui annonçait le printemps. L’oppressante mélancolie de l’automne, ses feuilles mortes, son ciel en berne, sa nature épuisée de tristesse ! Les vents euphorisants du sud me brûlaient les sens et me donnaient de folles envies de voyage. Dressée au sommet du Zelamta, je guettais l’arrivée des Touaregs. Au mois de mars, au son des tambours et des fifres, leurs caravanes surgissaient des dunes du sud avec leurs chameaux, leurs femmes recouvertes de bijoux et leurs hommes aux allures de pharaons. Ils campaient une semaine entre les pentes dénudées du Zelamta et les berges fleuries de l’oued Smar. Aïn Guesma en était littéralement dépaysée à cause de leurs femmes plus belles que les nôtres, à cause de leurs étonnants magiciens, de leur musique et de leurs danses acrobatiques. Nous allions les voir par bandes pour nous ahurir de leurs bijoux en or et en argent, en bois-coco ou en liège, de leurs remèdes à base de graisse de lion et de glaire d’escargot. Et surtout, pour nous régaler du bon méchoui touareg. Ils décampaient en une nuit sans dire adieu. Une tempête de sable les suivait aussitôt, secouant au passage la ville, laissant derrière elle des ruelles obstruées de dunes, des murs devenus ocre et des toitures éventrées. Cette période me donnait l’impression de ne plus vivre à Aïn Guesma, d’être dans un rêve, dans un film indien.

L’enfance est une fête, Alfred, malgré les réponses à demi-mot et les embûches de toutes sortes. C’est plus tard que le bon Dieu se plaît à gâter les choses. En général cela arrive aux environs de treize ans. Jusqu’à cet âge, je prenais la vie pour un divertissement et le mont Zelamta pour un vieillard aimable et chauve, couché sur ses quatre pattes et prêt à me susurrer à l’oreille le lourd secret du monde qu’il est seul à connaître. Mais ensuite, le rêve s’estompe, on vous tend alors la camisole de laiton, celle où l’on est tenue de grandir, pétrie de scrupules et de frousse. Et alors, tant pis pour votre insouciance, tant pis pour vos jeux interdits, tant pis pour vos juvéniles attentes ! J’ai grandi sans lampe, sans torche, sans personne pour m’expliquer. Pourquoi le mont Chélia ne perdait-il jamais sa coiffe de neige ? Pourquoi les cris nocturnes de Lilia-la-Folle redoublaient-ils en octobre ?

Pourquoi Maman Asma était-elle toujours au bord des larmes ? Pourquoi les eaux de l’oued Smar avaient-elles la couleur du sang ? Pourquoi il n’y a de dieu que Dieu ? Le jour où je vis pour la première fois mes règles, je courus chez le docteur Rachid pensant que je venais d’attraper le cancer. Je n’en ai jamais parlé à personne, ni à Maman Asma, ni à Papa Hassan, ni même à Liliala-Folle qui écoutait tout, fouillait partout, qui voulait tout savoir. » (…)

Une présentation d’E. M. FAYE

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