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Arts et Culture (1157)

Le musicien guitariste Cheikh Tidiane Tall du mythique groupe sénégalais Xalam II est décédé hier à Dakar. L’Association des Métiers de la musique du Sénégal déplore la perte « d’une légende, un virtuose qui a hissé très haut l’étendard de la musique sénégalaise ».

Compositeur, producteur, percussionniste, guitariste et claviériste de grand talent, Cheikh Tidiane Tall était membre du groupe Xalam II. Ce mythique orchestre sénégalais, formé au début des années 70 à Dakar, et découvert à l’international par le sud-africain Hughes Masekela qui les invita à se produire à Monrovia lors d’un festival destiné à récolter des fonds pour l’Anc. Groupe musical donc très engagé, la bande à feu Prosper Niang a également participé, en 1988, à Paris à la « Nuit Anti-apartheid », en hommage à Nelson Mandela sur le Champs de Mars.

Auteur des albums « Apartheid », « Ndiguël », « Xarit », « Gestü » et « Wam sabindam », Xalam II reste l’un des plus célèbres groupes musicaux sénégalais, en Afrique et dans l’Hexagone. Revenu sur la scène musicale en 2008, l’orchestre s’était reconstitué après une vingtaine d’années, autour du noyau qu’est Henry Guillabert, Cheikh Tidiane Tall, Tapha Cissé, Brams Coundoul, Baye Babou.

Ils avaient alors mis sur le marché, et au grand bonheur des mélomanes, un nouveau disque « dans l’esprit du Xalam pur et dur ». Henry Guillabert, en compagnie des autres membres du groupe, nous annonçait une série de concerts et tournées.
« Les gens nous demandent en Europe mais également au Sénégal. Donc, on fera ce disque avec notre fougue d’antan », nous lançaient avec entrain ces « papys » de la musique sénégalaise. Effectivement, ils avaient donné des spectacles de haute facture par la suite, quelques mémorables concerts à Saint-Louis, Dakar, entre autres villes du pays, en fêtant dignement leurs quarante ans de présence sur la scène musicale. Le must a été un grand concert donné sur la Place de l’Obélisque à Dakar, durant le 3e festival mondial des Arts nègres en décembre 2010.
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Précurseurs de la World Music
Adepte d’un mélange de rythmes africains aux sonorités modernes, le Xalam II, aux côtés de l’autre groupe mythique sénégalais, les Frères Touré Kounda, ont participé à vulgariser la World Music en Europe au début des années 80, perpétuée ensuite par des artistes comme Youssou Ndour, Salif Keïta, Mory Kanté...

Membre à part entière du Xalam II, Cheikh Tidiane Tall, durant la période d’hibernation du groupe, a arrangé les albums de plusieurs musiciens sénégalais, dont les plus célèbres sont feu Ndiaga Mbaye et la cantatrice Kiné Lam. Il a également collaboré ces dernières années avec le musicien Idrissa Diop, en relançant l’expérience de l’orchestre dakarois « Sahel ».

Avec la mort du doyen Cheikh Tidiane Tall, l’Association des Métiers de la musique du Sénégal « déplore la perte d’une légende, un virtuose qui a hissé très haut l’étendard de la musique sénégalaise ici et hors de nos frontières ». La levée du corps du défunt musicien est prévue ce samedi matin à la morgue de L’hôpital Principal de Dakar.

Mbagnick Ndiaye salue la mémoire d’un « maître »
« C’est avec une grande tristesse que j’ai appris ce jour le décès de Monsieur Cheikh Tidiane Tall. L’artiste était un homme de conviction et d’engagement qui a traversé son temps non seulement en témoin, mais aussi en acteur d’événements historiques et culturels de premier plan où il a su jouer sa partition de façon magistrale, à l’image du maître qu’il a toujours été et qu’il continuera d’être au panthéon de nos trésors humains.

Artiste éclectique, inspiré, multi instrumentiste, compositeur, arrangeur et formateur, il a su, tout au long de sa riche carrière, surfer entre tradition et modernité. Son art était marqué de l’empreinte des mouvements profonds qui ont rythmé l’histoire de la musique sénégalaise.

Fait peu commun de nos jours, il a maintenu avec maestria le lien entre les différentes générations et formes d’expression musicale. Ceux qui ont connu Grand Cheikh se souviennent d’un artiste intransigeant, à la rigueur métronomique, qui ne rechignait pas à reprendre ou faire reprendre, autant de fois que nécessaire une phrase musicale dans la recherche obsessionnelle de la perfection. C’est donc un grand artiste que le Sénégal vient de perdre! A sa famille biologique, à la communauté artistique, nous réitérons, au nom du président de la République, Macky Sall, nos condoléances les plus émues ».

Omar DIOUF

Le Festival miroir international (Fesmir) de Dakar-Plateau a ouvert sa 8ème édition lundi dernier, au Musée Théodore Monod d’art africain de l’Ifan, par une exposition d’art autour de la protection de l’environnement maritime. Une caravane est aussi prévue dans les îles du Cap Skirring, à Diembéring et dans les sites côtiers pour sensibiliser les populations sur le thème.
Au vernissage de l’exposition du Festival miroir international de Dakar-Plateau (Fesmir), les artistes ont montré des facettes importantes de la culture sénégalaise. 60 plasticiens y laissent éclater leur talent et liberté artistique autour du thème « Protection de l’environnement maritime ». Parmi eux, Tita Mbaye, Mamadou Ndiaye « Thia », Serge, Aïssatou Seydi, Takha Diakhaté, Baye Mballo Kébé...

Les matériaux utilisés dans la réalisation des œuvres vont de la peinture aux sacs recyclés en passant par des objets récupérés et autres nattes en éponge. C’est le cas de la plasticienne Aïcha Dieng avec son tableau « Les musiciennes ».

« Je suis dans la récupération. Au début, on me considérait comme une éboueuse à force de ramasser des objets de la rue. Ce tableau exprime des femmes qui font de la musique «ambiancée» avec leurs instruments musicaux », détaille Aïcha.

Le promoteur du Fesmir, Mamadou Ndiaye « Thia », avec le soutien du Musée Théodore Menod, a apprécié le thème, car l’érosion côtière est une vraie menace. « C’est la raison pour laquelle nous allons faire une caravane dans les îles du Cap Skirring, à Diembéring et dans les sites côtiers pour sensibiliser les populations », déclare M. Ndiaye.

Kalidou Kassé, président de l’Association internationale des artistes plasticiens (Aiap), a qualifié cette exposition de banquet de partage des créations artistiques de qualité, un moyen pour dénouer des conflits. En ce sens, il invite les Sénégalais à venir visiter l’exposition du Fesmir.

Adama Diallo, au nom du ministre de la Culture et de la Communication, a assuré que toutes ces activités tendant à rendre beau notre art sont inscrites dans l’agenda culturel annuel du Sénégal. 2017, rappelle M. Diallo, constitue une « année de culture ». Il a dit la disponibilité de la direction des Arts à accompagner l’initiateur du Fesmir Mamadou Ndiaye. L’exposition prendra fin ce 18 mars.

Serigne Mansour Sy CISSE

L’Organisation internationale de la Francophonie a soutenu 19 films présentés à la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Parmi ces films, quatre ont été récompensés.

Il s’agit, informe un communiqué de l’Oif, de « Félicité » du Sénégalais Alain Gomis, qui a remporté 3 prix (Étalon d’or, prix Ue/Acp du meilleur long-métrage et prix de la meilleure bande son), « Frontières » d’Apolline Traoré qui a reçu trois prix (Prix Paul Robeson, prix de la Cedeao et prix du Conseil de l’Entente). Mais également « Kemtiyu – Séex Anta » d’Ousmane William Mbaye qui a reçu le prix du meilleur documentaire et le prix Ue/Acp du meilleur documentaire ainsi que la série « Tundu Wundu » d’Abdoulahad Wone, Prix de la meilleure série, qui a bénéficié d’une aide au doublage de l’Oif.

« Nous avons accompagné et apporté des moyens à plusieurs des films sélectionnés et primés. L’Oif appuie avec conviction la relève avec les Poulains d’or, d’argent et de bronze. « Félicité » d’Alain Gomis, Étalon d’or, est aussi sur les écrans avec le concours », a déclaré dans le communiqué Michaëlle Jean, la secrétaire générale de la Francophonie. Le soutien de cette institution internationale à ces 19 films représente, au total, plus de 370.000 euros d’aide à la production ou à la finition. Toutefois, précise le document, si l’on ajoute à ce montant les 100.000 euros d’aide au Fespaco, l’effort de l’Oif sur cette édition du festival atteint près de 327 millions de FCfa. En dehors de cet accompagnement, l’Organisation internationale de la Francophonie encourage également les efforts nationaux de soutien à la production et a organisé une réunion de ces différents organismes en 2016 en Côte d’Ivoire. Ce faisant, en 5 ans, elle a soutenu « avec succès » la transformation du marché des programmes de télévision en Afrique.

Ibrahima BA

Dans le cadre des deux sessions du parlement chinois, la Commission Culture de la Conférence politique nationale consultative chinoise (Cppcc) a organisé mardi, au Média centre de Beijing lors d’une conférence de presse. Une occasion saisie par le député Jackie Chan pour demander aux Africains de ne pas abandonner la poursuite de leurs rêves.

Les députés de la Commission Culture de la Conférence politique nationale consultative chinoise (Cppcc) ont salué le travail fait par la télévision nationale Cctv pour propager la culture chinoise au sein de la société chinoise et bien au-delà. Elle s’exprimait, hier, au Média centre de Beijing lors d’une conférence de presse organisée dans le cadre des deux sessions du parlement chinois. Les parlementaires ont également insisté sur l’importance de vulgariser la poésie chinoise.

Répondant à une question sur l’importance de plus en plus grandissante des nouveaux médias, Lu Changle de la Commission a soutenu que l’industrie des médias doit s’adapter aux changements actuels. Pour la commission dont fait partie l’acteur Jackie Chan, la culture chinoise, du reste millénaire, est un précieux trésor.

L’immense acteur devenu réalisateur a été primé à Hollywood. Une expérience que l’homme de 56 ans n’est pas prêt d’oublier. « Quand on m’a décerné le «Award», je n’y croyais vraiment pas. J’étais surtout allé aux Etats-Unis pour apprendre l’anglais », dit celui qui est mondialement connu pour ses films d’action et qui s’essaie maintenant à un genre beaucoup plus philosophique. Le néo-réalisateur qui reconnaît qu’il est devenu un modèle, a dit à l’endroit des Africains : « Quand je pars en Afrique, je constate que les enfants m’imitent. Poursuivez vos rêves et n’abandonnez jamais ! »

Mis à part les films produits à Hong Kong, Lui Changle reconnaît qu’il est difficile pour les films chinois, de manière générale, de s’imposer sur le marché international.

80 à 100 villages disparaissent chaque jour en Chine
A l’en croire, ce sont des films axés sur la lutte contre la corruption qui sont présentement les plus populaires en Chine. La Commission a également magnifié l’art ancestral chinois dont 1.849 œuvres sont gardées par le Musée national. D’après la Commission, la conservation de l’ensemble de ces œuvres issues de l’art ancestral est problématique et qu’il est nécessaire de trouver d’autres formes de conservation.

La calligraphie qui fait partie intégrante de la culture chinoise, a été évoquée par la commission. Selon Lui Changle, des centaines d’école dispensent maintenant des cours de calligraphie. Tout en rappelant l’ambition des autorités d’en faire une discipline à part entière, le député soutient qu’on s’achemine vers l’élaboration d’une journée nationale de la calligraphie.

Face au développement de la Chine, les villages traditionnels deviennent de plus en plus une attraction touristique. Les Tours Operators inscrivent sur leurs circuits des visites de villages traditionnels. Toutefois, cette activité risque de ne plus figurer sur l’offre touristique puisque l’exode rural est très important en Chine. De plus en plus de ruraux quittent les villages pour la ville. Chaque jour, souligne Feng Jicai, ce sont entre 80 et 100 villages qui disparaissent alors que « ce sont les villages qui sont l’âme même de la culture chinoise ».

Les villages, fait-il remarquer, n’ont pas les moyens de résister à l’appel de la ville. Selon Feng Jicai, les villages doivent principalement faire face à deux défis : l’exode et la pauvreté. Il estime que les autorités locales doivent prêter plus d’attention aux villages et qu’il faut un plan national de sauvegarde.

De notre correspondant à Beijing, Aly DIOUF

Les échanges culturels entre Dakar et Téhéran devraient être consolidés selon Dr Cherif Hassan Esmati, attaché culturel de l’ambassade de la République islamique d’Iran, par ailleurs directeur du Centre culturel iranien ouvert depuis dix ans à Dakar.

Dr Cherif Hassan Esmati, directeur du Centre culturel iranien à Dakar, à la Sicap Sacré-Cœur III, affirme que les échanges culturels entre la République islamique d’Iran et le Sénégal devraient être consolidés. En prenant l’exemple de l’art islamique, le diplomate estime que la religion occupe une place de choix dans les échanges. « Les Tarikha (voies soufies) sont importantes au Sénégal. En Iran aussi, il y a des marabouts, d’énormes mausolées de la famille d’Ahloul Bayti (la descendance du Prophète - Psl) ; avec la civilisation perse, beaucoup de choses sont à connaître », souligne-t-il.

A côté de cet art spécifique, l’Iran vit la musique à sa façon. « La musique classique traditionnelle est très développée chez nous depuis 10 ans et l’habitude de la mélodie sénégalaise se rapproche de la nôtre. Mais, la différence réside dans les instruments », explique Dr Esmati. « Nous envisageons que des artistes sénégalais se rendent en Iran pour voir notre culture », prévoit-il.

A l’en croire, l’Iran est un pays où le cinéma et la calligraphie sont très développés. Sans omettre la peinture, le théâtre, etc. Déjà, l’attaché culturel se félicite de l’artiste plasticien iranien Chahab qui met en relation l’Orient et l’Afrique dans son exposition intitulée « Quand l’Orient chante l’Afrique ». Cette exposition se déroule jusqu’au 18 mars à la Galerie Arte de Dakar. « L’Iran n’est pas seulement un pays de religion comme certains le pensent ; nous sommes une Nation de civilisation qui date de 7000 ans avant Jésus-Christ. Il y a toute une histoire », relève-t-il.

Cherif Hassan Esmati rappelle que la langue persane est enseignée dans les pays francophones. « Depuis 15 ans, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar abrite un Département de langue et de littérature persane. De nombreux étudiants sont en train d’y apprendre la langue persane. Plus de 10 universitaires sont, en ce moment, en Iran pour passer leur Doctorat ou Master », explique-t-il.

Partisan du « donner et du recevoir », Dr Esmati précise qu’un pan entier de la culture iranienne est méconnu des Sénégalais. « Je peux nommer la science, la médecine. La révolution islamique a beaucoup changé cette culture. Nous ne sommes pas seulement dans le domaine nucléaire. Il y a aussi le tourisme médical », apporte-t-il comme réponse.

En Iran, informe le diplomate culturel, il y a des réunions d’échanges entre oulémas pour l’unité islamique internationale. A ce propos, des érudits sénégalais sont envoyés à Téhéran à côté de dignitaires iraniens. « Nous sommes contre ces terroristes et toutes les mauvaises pratiques dans les relations politiques entre pays frères », insiste Cherif Hassan Esmati, qui souhaite que le ministre de la Culture et de la Communication du Sénégal donne un coup de pouce pour développer la coopération culturelle entre l’axe Dakar-Téhéran. « Il faut que les gouvernements et ambassadeurs respectifs nous appuient pour qu’on puisse mieux faire », souhaite le directeur du Centre culturel iranien à Dakar.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le Collectif des artistes plasticiennes du Sénégal a célébré les femmes à travers l’exposition « Cin coumbeu » au Centre culturel Blaise Senghor. Occasion saisie par le Cps pour réclamer des subventions et plus de considération dans l’exercice de leurs activités.

Pour rendre hommage à la femme à chaque journée du 8 mars, le Collectif des artistes plasticiennes du Sénégal (Cps) organise des expositions d’œuvres d’art. Pour cette année, le Cps a retenu comme thème pour leur exposition « Cin coumbeu » (la marmite), au Centre culturel Blaise Senghor de Dakar. Une façon pour elles de souhaiter une excellente fête à toutes les femmes qui se battent au quotidien face aux nombreux obstacles pour leur épanouissement. Cette célébration des femmes a été également une occasion pour le Collectif des artistes plasticiennes du Sénégal, de déplorer « le manque de considération » de leurs activités par les autorités.

« Nous saisissons donc cette occasion pour lancer notre cri de cœur. Nous rencontrons beaucoup de difficultés pour participer à cette journée convenablement. Nos membres souffrent énormément pour transporter leurs tableaux de leurs ateliers au lieu d’exposition. Nous ne recevons aucune subvention de la part du ministère de la Femme encore moins de notre ministère de tutelle. Ou si c’est le cas, ça arrive tardivement », lit-on dans leur communiqué du Cps.

Selon le document écrit, cette année, par exemple, elles avaient déposé une demande d’utilisation de la salle de la Galerie du Village des arts de Dakar. « Nous n’avons reçu aucune réponse des autorités, et à la dernière minute, on nous répond par la négation. Cela a chamboulé tout notre programme », se désole le Collectif.

Aussi, l’Association des artistes plasticiennes réclame des subventions pour pouvoir participer pleinement à cette journée du 8 mars mais également aux nombreuses expositions auxquelles elles sont souvent conviées.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a officiellement installé, hier, le Comité d’orientation de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art 2018). Dans une certaine continuité, le Comité sera présidé par Baïdy Agne.

Le top départ de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art 2018) a été officiellement donné, hier, par le ministre de la Culture et de la Communication. A l’occasion, Mbagnick Ndiaye a officiellement installé le Comité d’orientation avec à sa tête le président Baïdy Agne. « L’installation du Comité d’orientation est toujours pour le ministre un moment privilégié de communier, d’échanger avec des femmes et des hommes pétris de valeurs qui ont pour ambition de donner à cette manifestation une identité forte à l’élaboration d’un discours esthétique profondément africain », a déclaré le ministre Mbagnick Ndiaye. Il a rappelé que la Biennale de Dakar reste le seul événement ouvert au monde, en priorité aux artistes africains et de la diaspora.

Au regard du ministre de la Culture et de la Communication, « il est significatif de réaffirmer les orientations émises par le président Macky Sall lors du Dak’Art 2016. Ce sont, entre autres, l’ouverture aux innovations qui préservent l’identité de la Biennale de Dakar, et être à l’écoute des options les plus pertinentes, susceptibles de la rendre plus attractive et plus performantes. Il s’agit également de l’augmentation du concours de l’État du Sénégal à hauteur de 500 millions FCfa.

Les 16 membres étant installés, M. Ndiaye leur a rappelé leur lettre de missions qui s’articule autour des points suivant : définir le schéma de l’édition de 2018 ; garantir la crédibilité professionnelle et être le centre de légitimation des orientations face aux partenaires ; assister le secrétaire général dans la validation des choix artistiques dans la mise en œuvre du programme préparatoire et dans les démarches de partenariat ; assurer le contrôle de conformité et l’évaluation de l’édition 2018.

Simon Njami, directeur artistique
Les prérogatives ainsi déclinées, le ministre de la Culture et de la Communication a exhorté les membres du Comité d’orientation à « travailler en équipe avec professionnalisme et de manière inclusive pour la réussite de cet événement ». Il leur a renouvelé toute sa disponibilité et son engagement, à leurs côtés, pour faire de la Biennale de Dakar 2008 une manifestation inédite par la richesse de son contenu artistique, la qualité de ses participants mais aussi par son cachet populaire.

Pour sa part, le président du Comité d’orientation, Baïdy Agne, a exprimé toute sa gratitude à la tutelle pour cette confiance renouvelée. « Nous nous attellerons, comme nous l’avions fait lors du précédent Dak’Art, à faire de 2018 une édition avec plus de succès, de rayonnement pour le Sénégal et la Culture ». B. Agne a jugé plus intéressant d’avoir un Comité plus réduit. « Toutes les autres énergies, tous les gens qui ont de l’expérience dans l’édition de la Biennale peuvent être dans des commissions qui vont faire le travail de tous les jours », a estimé le président Agne, ajoutant que le but est de donner les impulsions aux missions assignées. Sur cette lancée, il a annoncé le maintien du directeur artistique de la 12ème édition, Simon Njami.

« L’idée est de s’inscrire dans la continuité », a soutenu le président du Comité d’orientation, relevant que le secrétaire général du Dak’Art et certains membres du Comité doivent définir la relation contractuelle à avoir avec le directeur artistique, notamment sur son cahier des charges. Baïdy Agne a appelé à faire le suivi des annonces faites par le président Macky Sall pour que, par exemple, les 500 millions FCfa soient mis en œuvre pour la 13ème édition. Il s’agira également d’engager, en parallèle, la réflexion sur le statut de la Biennale de Dakar dont le socle reste une institution de l’État du Sénégal.

E. Massiga FAYE

La galerie Kemboury de Dakar abritera dans ses locaux une exposition dédiée à la femme, demain, jeudi 9, au vendredi 31 mars. Intitulée « Harmonie », cette exposition montre les multiples facettes de la femme.

L’initiative est encourageante, la démarche salvatrice. En décidant de célébrer la femme dans ce mois qui leur est dédié, la Galerie Kemboury, sise au Point E à Dakar, a pris le soin d’exposer les toiles de six femmes venues d’horizons divers et aux compétences avérées en la matière. Cette exposition intitulée « Harmonie » sera effective à partir de demain, jeudi 9 et se poursuit jusqu’au 31 mars. Elle suscite chez ces professionnelles de l’art un besoin inébranlable de s’affirmer, d’être écoutées, de sortir ce qu’elles ont dans « les tripes » afin de trouver des solutions aux problèmes auxquels elles sont confrontées.

L’exposition donne aussi l’occasion à ces passionnées de la culture de mettre en lumière leur combativité, leur compétence, leur positivité, ainsi que leurs bonnes et belles idées au service de la Nation. En effet, dans une société où elles sont cantonnées dans ce schéma type de femme au foyer, ces artistes ont fait le choix de se muer en activistes de la cause féminine, de porter le combat et essayer de faire bien plus que les hommes.

La tâche semble cependant ardue car le combat pour l’émancipation de la femme n’est pas que sénégalais, « mais universel » ; si l’on en croit Nathalie Guirronet dont les clichées documentent des scènes de vie au Sénégal et dans ses profondeurs.

Le manque d’organisation consécutif à une structuration défaillante constitue, par contre, une entrave à la bonne marche de l’activité et à l’épanouissement des artistes. Une situation qui s’explique, en partie, par le manque de vision des autorités malgré l’existence de personnes ressources pour la porter. Bien que cet état de fait ne semble guère ébranler Betty Kandé et ses camarades artistes qui comptent impulser une dynamique nouvelle au secteur et de vivre pleinement la passion de la toile. Cette passion de transmettre l’espoir, celle du choix de partager la positivité, de montrer les réalités auxquelles les femmes sont confrontées, d’oser sans limites, constituent un viatique chez elles.

« Harmonie » est un bel prétexte pour célébrer la femme dans toute sa splendeur mais aussi dans son côté obscure. En témoigne Yanne Senghor qui peint « ces femmes qui font du mal à d’autres femmes, qui font du mal aux enfants et qui créent des adultes frustrés. Sans oublier ces femmes malades de cancer (sein, col de l’utérus) et qui souffrent le martyr ». Une large palette de toiles à contempler et à déguster sans modération.

Mouhamadou Lamine DIOP (stagiaire)

Pour rendre hommage au réalisateur guinéen Cheick Fantamady Camara, décédé le 6 janvier 2017, son film, « Morbayassa (danse traditionnelle), le serment de Koumba », a été projeté à la Fondation Konrad Adenauer dans le cadre du ciné-club. Ce long métrage, produit en 2015, explore des humanités pour dénoncer des souffrances et entrevoir les lueurs qui en émanent. Il témoigne aussi de l’esprit libre, caustique et de révolte du cinéaste face aux idées préconçues.

Un membre de l’assistance a eu bien raison de dire que le film « Morbayassa, le serment de Koumba » est à la fois « poétique et pathétique ». Il est déchirant parce qu’il met à nu la tortuosité et le cynisme des personnes. Et il est lyrique en cela qu’il chante l’amour qui sauve des existences empêtrées dans le doute, l’amertume et dans la solitude au beau milieu des bruissements de la passion, de la haine. Cheick Fantamady Camara entremêle des humanités qui souffrent, se dépravent et se corrompent avec, à chaque fois, des lueurs d’espoir émises par ceux qui avaient, comme elles, le sentiment de leur néant.

Des policiers arrêtent un véhicule de transport en commun et interpellent deux passagers dont un homme blanc. Il est en infraction. Il faut alors lui « apprendre à pisser » loin des regards indiscrets. Il « urine » un billet de banque qu’affectionnent particulièrement ceux qui sont censés réprimer l’infraction. Ceci n’est pas la trame du film. C’est une des nombreuses et exquises divagations du réalisateur pour mettre en évidence l’infamie dont se couvrent certains individus quotidiennement. Car, ici, il « faut ruser pour parvenir à ses fins », trahir, humilier pour se convaincre de sa toute puissance.

Les « insignifiantes » créatures, qui en pâtissent, se morfondront dans leur profonde mésestime, dans leur peur. La chance de Koumba, l’actrice principale, une Guinéenne de 30 ans, est justement d’avoir vécu dans l’horreur et être arrivée à vaincre ses peurs quand il a fallu se battre pour sortir de l’emprise de ses oppresseurs.

Entre tradition et modernité
Elle est, en effet, danseuse dans un cabaret de Dakar. Elle est une fille de joie sous l’autorité d’un réseau de proxénète. Mais, dans cette morosité qui se dégage de ce milieu infamant, Bella (son pseudonyme), trouve la force de se donner des objectifs. Elle veut retrouver sa fille abandonnée à sa naissance à Bamako, 18 ans auparavant alors qu’elle était une belle de nuit de 15 ans.

Dans sa longue quête de sa propre destinée, Koumba affronte la solitude, croise des humanités dans la lointaine France où se trouve sa fille adoptée par une famille française. Dans cet univers, Cheick Fantamady Camara réussit une transposition des réalités, une cohabitation entre la tradition et la modernité ; on s’y plaît à consulter les cauris. A travers les événements, il met en lumière la capacité de résilience de la femme ayant subi les affres de la douleur, de l’opprobre mais aussi la trajectoire d’une âme dont le passé maculé n’entrave point la reconquête de sa propre estime. Le serment n’est pas seulement, ici, de retrouver l’être cher que les circonstances de la vie ont arraché à l’attention d’une mère. Il est une promesse de fidélité à un engagement : celui de décider de son destin. Koumba, rôle interprété par la chanteuse Fatoumata Diawara, y parvient après moult péripéties. Et dans son monde, quand un serment est exaucé, on exécute la danse traditionnelle « Morbayassa » ; une belle manière « d’affirmer l’identité culturelle africaine », à en croire Alioune Diagne, distributeur avec qui il avait un projet de formation au Sénégal et en Guinée.

Ce film, à l’image de son premier long métrage, « Il va pleuvoir sur Conakry », témoigne de la démarche singulière du défunt réalisateur guinéen. C’est un cinéma « engagé et divertissant », s’enthousiasme le cinéaste sénégalais Hubert Laba Ndao non sans insister sur les difficultés rencontrées par Cheick Fantamady Camara à faire ce film. Pour la post-production, il a, selon lui, fait appel à des internautes.

Alassane Aliou MBAYE

Les cinéastes sénégalais primés à la 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) et à la Berlinale 2017 ont présenté, hier, leurs trophées à la Maison de la Culture Douta Seck, en présence du ministre de la Culture et de la Communication. Pour Mbagnick Ndiaye, ces prix traduisent la qualité de notre production.

Alain Gomis, Ousmane William Mbaye, Abdoulahad Wone, « dignes » représentants du septième art sénégalais, ont présenté, hier, au public et au ministre de la Culture et de la Communication, les belles moissons à la 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Au total, c’est 6 prix que la délégation sénégalaise a rapportés dans ses valises de Ouaga. Une grande fierté nationale qui couronne le mérite des politiques de l’État du Sénégal entamées depuis quelques années dans ce secteur à travers notamment le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica).

En effet, en dehors de la série « Tundu Wundu » du réalisateur Abdoulahad Wone, qui a décroché le 1er prix dans la catégorie Séries télévisuelles, les deux films sénégalais primés ont tous bénéficié de l’appui du Fopica. « Félicité » d’Alain Gomis a reçu 100 millions de FCfa et « Kemtiyu - Séex Anta » d’Ousmane William Mbaye 75 millions de FCfa de ce fonds public. Un soutien certes insuffisant au regard du coût de la production d’un film, (900 millions de FCfa pour « Félicité »), mais qui constitue un coup de pouce important pour les réalisateurs.

D’ailleurs, c’est conscient de cela que le ministre de la Culture et de la Communication a annoncé un appui accru aux créateurs. Mbagnick Ndiaye a magnifié le talent de « nos » réalisateurs qui, en ce début de l’année 2017, ont pu glaner 9 prix. « L’ambitieuse politique de relance du cinéma et de l’audiovisuel sénégalais initiée par le président de la République, Macky Sall, est ainsi visiblement portée par les professionnels du secteur. Ces derniers se sont illustrés par les plus hautes distinctions lors de rencontres spécialisées aussi prestigieuses, replaçant ainsi durablement le Sénégal dans sa trajectoire de pionnier du cinéma en Afrique au Sud du Sahara », a-t-il souligné. Le ministre de la Culture s’est félicité du fait qu’Alain Gomis soit le deuxième cinéaste, après le Malien Souleymane Cissé, à remporter deux fois l’Etalon d’Or de Yennenga. Selon lui, le réalisateur du film « Félicité » est une fierté pour le Sénégal.

S’orienter vers la production locale
Par ailleurs, il a félicité également Ousmane William Mbaye, lauréat du Prix du meilleur documentaire ainsi que le sacre du réalisateur Abdoulahad Wane dans la section Série télévisuelle du Fespaco pour son film « Tundu Wundu ». Catégorie dans laquelle le Sénégal vient d’être sacré pour la première fois. C’est pourquoi, il a invité « nos » télévisions à s’orienter vers des séries télévisuelles réalisées par des Africains.

« Notre pays a gagné deux autres prix au concours du pitch organisé par l’Oif au Marché international du cinéma africain », a ajouté Mbagnick Ndiaye selon qui ces distinctions prouvent la qualité de nos productions cinématographiques et audiovisuelles nationales. « Le challenge est grand mais je suis sûr qu’avec l’ambition nourrie par le chef de l’État et nos professionnels, nous pourrons relever les défis qui se posent au cinéma et à l’audiovisuel sénégalais », a-t-il soutenu.

Dans leurs interventions, les cinéastes ont salué l’appui de l’État du Sénégal à travers le Fopica. « Je remercie le chef de l’Etat d’avoir donné l’instrument qu’est le Fopica. Le cinéma sénégalais était visible à Ouaga dès la première projection. Je suis touché par l’engouement de la population noté depuis notre retour au Sénégal », a laissé entendre le réalisateur Ousmane William Mbaye.

De son côté, Alain Gomis a parlé d’une victoire collective portée par le Fopica ainsi qu’un combat difficile et long mais « passionnant ».
Aussi, a-t-il fait part de sa fierté d’avoir choisi le cinéma sénégalais. « C’est ici que se joue une bonne partie du cinéma mondial. Il y a un défi de représentation qui interpelle le cinéma du monde. Je suis fier de cette génération qui a envie de se donner au monde », a-t-il déclaré. Pour le lauréat de l’Étalon d’Or de Yennenga, « nous devons réfléchir collectivement aux prochaines marges à construire, en se tournant vers la jeune génération ».

Ibrahima BA

La 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou a relevé le défi de l’organisation et de la participation, selon le délégué général du Fespaco, Ardiouma Soma.

L’événement a été marqué par 450 séances de projection et plus de 165 films en huit jours. Selon Ardiouma Soma, 7.000 badges ont été attribués et plus de 145 millions de FCfa distribués à titre de palmarès officiel. Sur le plan diplomatique et politique, c’est la première fois dans l’histoire du Fespaco que deux chefs d’État prennent part à la cérémonie de clôture. Cette biennale dédiée au cinéma africain fêtera L’événement a été marqué par 450 séances de projection et plus de 165 films en huit jours. Selon Ardiouma Soma, 7.000 badges ont été attribués et plus de 145 millions de FCfa distribués à titre de palmarès officiel. Sur le plan diplomatique et politique, c’est la première fois dans l’histoire du Fespaco que deux chefs d’État prennent part à la cérémonie de clôture. Cette biennale dédiée au cinéma africain fêtera son « jubilé d’or » en 2019, d’après le délégué général. « Pour la célébration de la prochaine édition, toutes les réflexions seront axées sur la dimension économique du cinéma et de l’audiovisuel africain avec comme objectif d’en faire un véritable levier de développement », a-t-il indiqué.

De notre envoyé spécial, Ibrahima BA

En marge de la célébration de la Journée du Sénégal au Fespaco, le cinéaste Maguette Diop a procédé à une séance de présentation et de dédicace de son nouvel ouvrage sur le septième art sénégalais. Intitulée « Le cinéma sénégalais ; Sembène Ousmane : le précurseur et son legs », cette œuvre publiée aux Editions L’Harmattan Sénégal revient sur les grandes dates du cinéma sénégalais.

L’auteur fait, à l’aide d’une documentation fouillée, une sorte de bilan de notre cinéma, de l’indépendance à nos jours. Selon Maguette Diop, il s’agit d’une manière de lutter contre l’oubli. « Nos aînés ont tracé les voies du cinéma sénégalais et africain. Maintenant, c’est à la troisième génération que nous sommes de poursuive le travail », a-t-il laissé entendre. Maguette Diop, à travers ce livre, invite la jeune génération à faire mieux que les précurseurs. « Quand j’arrivais au cinéma en 1975, Sembène avait 25 ans de plus que moi. Je me suis dit qu’il fallait que je fasse mieux que lui. Je pense que c’est cela le défi de tout cinéaste », a-t-il soutenu.

Aux yeux de l’auteur, Sembène Ousmane, Paulin Soumanou Vieyra et Momar Thiam sont les fondements du cinéma sénégalais.
Ce livre fait également le point sur le bilan économique ainsi que les politiques de l’État vis-à-vis du secteur.

Pour Cheikh Ngaïdo Bâ, qui a préfacé l’ouvrage, ce livre dont le prétexte est de revisiter l’histoire du cinéma sénégalais et le legs de l’aîné des anciens, Sembène Ousmane, est « très utile » pour le futur. « La jeune génération et celle de l’avenir doivent connaître leur histoire, l’histoire du cinéma sénégalais, en garder une mémoire vivante source d’inspiration », écrit-il.

I. BA

« Nous rendons grâce à Dieu qui nous a permis d’arriver à cette performance. C’est un travail d’équipe, il n’y a pas que moi. Je ne portais qu’une stratégie de production avec un réalisateur qui est le major de sa génération ; qui sait faire ce que nous, nous pensons, à savoir participer dans l’art du récit cinématographique. Il faut savoir qu’on ne peut pas développer un pays sans sa culture. Aujourd’hui, si l’Afrique veut se développer, il faut que les dirigeants africains financent la culture, le cinéma, en créant des cinématographies fortes, des fonds bien dotés et des sociétés de production qui accueillent les projets des réalisateurs. Il faut appeler des sociétés comme Orange à avoir des guichets africains, parce que je pense qu’on ne peut pas décider du sort de nos films depuis l’étranger sans tenir compte de nos valeurs. L’importance du cinéma dans l’imaginaire des Africains doit être gage de son importance politique.

Avec les réserves du FCfa, il faut négocier avec la France pour qu’on mette en place un fonds commun qui finance le développement de la culture africaine. Le cinéma est une économie et nos États doivent le comprendre. »

I. BA

L’association des amis du Musée de la femme Henriette Bathily a organisé, l’autre samedi, une série de conférences-débats autour de la thématique « Lire sur les femmes et agir ». La première a été consacrée à « La femme sérère », animée par l’écrivain Issa Laye Thiaw.

Les femmes étaient à l’honneur lors de la première d’une série de conférences-débats initiée par les Amis du Musée de la femme Henriette Bathily. Les multiples facettes de la culture sérère ont, à cet effet, été revisitées dans leur originalité et leur diversité. Une riche culture relatée par l’écrivain Issa Laye Thiaw dans son livre « La femme sérère ». Un ouvrage particulièrement riche à travers les faits qu’il rapporte. Il traite notamment du rôle et de la place de la femme dans la société, d’une part, et dans la communauté et le patriarcat, d’autre part. A cet égard, le livre présente un intérêt particulier pour la recherche, en témoigne son auteur Issa Laye Thiam qui y voit un canevas à explorer pour la jeune génération. Cette étude ethnographique qui l’a mené dans des contrées relativement éloignées et confronté aux climats parfois incléments, est un véritable plaidoyer pour l’émancipation de la femme. Cet arabisant de formation tient à démontrer dans cet ouvrage que cette dernière est la base de l’organisation sociale, religieuse et économique de la société matriarcale négro-africaine nonobstant sa triptyque tâche qu’elle doit assumer (fille, épouse et mère). Elle arrive à supporter toutes sortes de souffrances au prix de la dévotion pour la bonne marche de la société. Ses valeurs inestimables et ses qualités exceptionnelles fondent la raison pour laquelle toutes les couches lui doivent respect, amour, assistance et protection.

Selon Raphaël Ndiaye, directeur général de la Fondation Léopold Sédar Senghor, Issa Laye Thiaw appartient à cette « génération charnière » qui joue un rôle d’interface car ayant grandi dans la tradition, vécu et décrit les questionnaires de l’intérieur avec les armes d’une compréhension holistique et d’un pied dans la modernité. « Ce manuscrit sur les rites et croyances nous permet de faire une archéologie de la culture sérère et constitue, par la même occasion, une véritable mine d’informations sur la tradition ».

« Je me bats pour l’Afrique et je sais que ce n’est pas toujours facile de lutter dans ce continent que j’aime tant. Dès que j’ai commencé à sentir que le public réagissait à mes films, cela m’a fait beaucoup de bonheur. Ce soir, c’était l’apothéose totale quand j’ai entendu le jury prononcé le nom de mon film « L’orage africain ». Cela montre qu’il y a un changement dans le continent africain. Je dédie ce prix à la jeunesse africaine. L’Afrique est mon pays et le Bénin mon village ».

I. BA

Le ministre de la Culture et de la Communication préside, cet après-midi, à partir de 18 heures à la Maison de la Culture Douta Seck, une cérémonie de présentation des trophées remportés par les cinéastes sénégalais, à la Berlinale et au Fespaco 2017.

Selon un communiqué, cette rencontre avec la communauté cinématographique et culturelle du Sénégal aura lieu en présence d’Alain Gomis et de tous les cinéastes et réalisateurs primés au Fespaco.

A Ouaga, en plus de l’Etalon d’Or de Yennenga, le film « Félicité » a également remporté le Prix du meilleur son.
Dans la catégorie documentaire, « Kemtiyu – Seex Anta » d’Ousmane William Mbaye a décroché le prix du meilleur documentaire du Fespaco ; mais aussi le Prix Ue-Acp dans la section films documentaire.

« Tundu Wundu » d’Abdoulahad Wane a décroché le prix de la meilleure série, dans la section des Séries télévisuelles.

« Mon cher compatriote,

Je suis très heureux d’apprendre que vous avez remporté l’Etalon d’or de Yennenga de l’édition 2017 du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Cette prestigieuse distinction, qui récompense votre film « Félicité », fait suite à celle qui vous a été décernée en 2013 au même Festival pour votre long métrage « Tey ». Elle s’ajoute également au Grand Prix du Jury de la Berlinale attribué au film « Félicité » il y a juste quelques semaines. Ces brillantes performances illustrent, assurément, votre persévérance dans l’effort et l’excellence dans la créativité. Je salue votre parcours exceptionnel et vous en félicite chaleureusement.

Je voudrais également saluer et encourager tous nos compatriotes qui ont dignement représenté notre pays à l’édition du Fespaco 2017.
Avec tous mes vœux de succès pour vos futurs projets, je vous prie de croire, cher compatriote, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs ».

« Je pense qu’il s’agit d’une mission accomplie. Comme on l’envisageait, la participation sénégalaise a répondu à nos attentes. Nous avons atteint l’objectif et les résultats que nous nous étions fixés.

Il n’y a pas que le prix. En dehors même de la compétition, nous avons eu d’énormes opportunités avec des institutions étrangères venues au Marché international du cinéma africain (Mica).
Cela nous a permis de poser les bases d’une future collaboration sur le plan de l’exploitation, de la distribution et surtout de la formation. Il y a eu plusieurs projets d’accords que nous allons finaliser. Certains de ces partenaires seront à Dakar dès la semaine prochaine, d’autres nous les rencontreront dans leur pays. Je pense que jamais une participation du Sénégal au Fespaco n’aura été autant porteuse d’espoir mais aussi de réconfort. Aujourd’hui, le cinéma sénégalais grandit et se voit aussi reconsidéré sur l’ensemble du continent et du monde. »

I. BA

Juste après sa consécration, samedi, Alain Gomis nous a accordé un entretien à son hôtel. Le double Étalon d’or du Fespaco s’est prononcé sur son nouveau sacre, l’avenir du cinéma africain, la suite du film « Félicité » après son deuxième grand trophée en l’espace d’un mois.

Vous venez de remportez, pour la deuxième fois, l’Étalon d’or de Yennenga. Qu’est-ce que cela vous fait ?
C’est une vraie surprise. Justement, je ne pensais pas, pour une deuxième fois, gagner l’Étalon d’or. Je pensais que les membres du jury allaient vouloir pousser d’autres talents et j’aurais trouvé cela tout à fait normal. Je suis très surpris et fier en même temps. Cela me permet de dire aussi merci à tous ceux qui ont travaillé ardemment pour que ce film existe, au Sénégal et à Kinshasa. Maintenant, je sens la responsabilité, entre guillemet, de transformer cela en quelque chose, c’est-à-dire que je suis moins dans la joie que lors de la première fois. Je me dis que c’est encore plus un encouragement à continuer et en tenir moins compte et à mettre en place une structure du cinéma. Quand même, il reste encore beaucoup de choses. Je pense que cela n’a d’intérêt que si le prochain Étalon soit quelqu’un d’autre, dans très peu de temps. Il faut aussi dire qu’il y avait de glorieux aînés qui avaient choisi de ne pas se mettre en compétition. Ils ont également montré la voie d’une certaine retenue. A un moment, il ne s’agit plus d’accumuler les médailles.

Est-ce une façon de nous dire que vous ne serez pas en compétition à la prochaine édition du Fespaco ?
Là, c’est à chaud. Mais à chaud, j’ai envie de dire que l’idée, ce n’est pas d’avoir trois «Étalon»; ça n’aura pas tellement de chance. Il faut plutôt essayer de construire des choses. Après, ce ne sont pas les prix qui comptent. Pour l’instant, nous avons besoin des prix parce que c’est à peu près tout ce qu’il y a. Mais, ce n’est pas les prix qui comptent. Ce qui compte, c’est de faire des films et qu’ils puissent être vus ; que les gens les aiment ou pas, ce n’est pas le problème. C’est, en tout cas, des questions posées et cela doit appeler à des débats et des réflexions. Pour moi, ce qu’il est important de défendre, c’est la possibilité de s’exprimer selon son identité. C’est ce qui est en jeu. Sommes-nous obligés, pour exister, de faire le même cinéma que les autres ? Il y a beaucoup de choses qui se jouent actuellement. Il y a des salles qui ré-ouvrent, mais il y a également celles qui sont tenues par des complexes. On voit arriver des gens qui investissent dans le cinéma. L’ensemble des décisions sont, en général, prises en Europe. Je trouve que la situation est dangereuse. Il y a un vrai danger de perte d’autonomie.

« Félicité » vient de gagner un deuxième prix après la Berlinale. Maintenant, quel sera la suite ?
J’ai pu le voir avec « Tey ». C’est un coup de projecteur sur le film. Cela va beaucoup nous aider. Ce n’est pas un film très facile. Il n’est pas usuel dans sa façon d’être transcrite. Les gens ne sont pas forcement habitués. Il a besoin d’être poussé.

Pourquoi avez-vous dédié cet Étalon à de grandes figures du cinéma africain et particulièrement des cinéastes sénégalais ?
Je pense que nous sommes dans un tournant. Le cinéma a besoin d’exister commercialement, mais il doit, en même temps, rester dans le domaine de la culture. Cheick Fantamandy Camara était quelqu’un qui était, à la fois, doux et très déterminé. Je l’ai connu depuis 20 ans. Il s’est toujours battu. Pour moi, il fait partie des exemples. Quand j’ai cité Khady Sylla, c’est la même chose. Il s’agit de gens pour qui le cinéma, c’est de la culture, une réflexion sur la société. Les films ont besoin de producteurs. C’est un travail qu’il faut structurer.

Avec ce deuxième Étalon d’or, vous entrez définitivement dans l’histoire du cinéma sénégalais. Qu’est-ce que ce prix peut changer dans la configuration actuelle de notre septième art ?
Je pense qu’il est temps de s’asseoir et de discuter pour savoir quelle est la situation. Il y a eu ce premier pas du Fopica. La compétence des techniciens sénégalais est reconnue partout maintenant. Il faut continuer à avancer dans une dynamique collective. Il faut s’interroger sur le Fopica, afin de voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Mais aussi voir dans quel sens il faut continuer à pousser. Il faut réfléchir collectivement, pour continuer d’abord à évaluer ce qui a été fait et voir dans quel sens on va avancer.

A la veille de votre arrivée au Fespaco, vous avez été reçu en audience par le président de la République, Macky Sall…
Il a été question du Fopica. Il me paraissait important de réfléchir à une possibilité de pôle de post-production au Sénégal. Après le tournage, il y a tout un processus de fabrication autour du montage. Cela représente entre 60 et 70 % du budget d’un film. Donc, quand il y a un fonds à l’image du Fopica, s’il n’y a pas de financement trouvé, 70% de ce fonds vont être dépensés ailleurs. Ce qui n’est pas le but d’un fonds. Son objectif est de participer à la création de cette activité, à la création de l’emploi. L’idée, c’est de faire baisser le coût des films. Je pense qu’il serait vraiment important d’avoir un pôle de production au Sénégal et de faire des coproductions avec les pays africains.
 
Propos recueillis par I. BA

« Nous remercions Dieu. Nous ne nous attendions pas du tout à cette récompense, car la concurrence était très rude. Dieu a fait que nous avons gagné et c’est une excellente chose. Nous remercions tout le peuple sénégalais, nos familles, mais surtout les gens qui ont cru en nous…C’est une motivation supplémentaire pour aller de l’avant, en faisant mieux sur d’autres produits.

Nous essaierons de maintenir le niveau ou même faire plus, parce qu’au moment où nous faisions tous ces efforts, peut-être que les gens ne comprenaient pas ce que nous étions en train de faire. Aujourd’hui, c’est la reconnaissance d’un travail qui a été réalisé grâce à l’appui des partenaires. C’était un challenge et cela fait excessivement plaisir de sortir avec ce premier prix. Maintenant, c’est à nos télévisions locales de faire ce qu’elles doivent faire, c’est-à-dire de commencer à travailler avec les producteurs locaux, à acheter nos produits. C’est cela qui pourra permettre d’avoir des productions. Toutefois, je pense que nous sommes sur la bonne voie. »

Recueillis par I. BA

C’est un plaisir, un grand bonheur, d’avoir remporté ce grand prix au Fespaco après avoir eu un troisième prix avec « Président Dia » à ce même festival. Il s’agit de la reconnaissance de notre métier. Maintenant, concernant la consécration du travail de mémoire, je pense que l’intérêt a été reconnu depuis assez longtemps. Toutefois, ce qui m’a le plus marqué avec « Kemtiyu, Séex Anta », ce n’est pas le travail de la mémoire, mais le fait que Cheikh Anta Diop soit reconnu. Ce n’est pas Ousmane William Mbaye, mais c’est l’intérêt du message du film. Les gens se sont dit qu’il y a quelque chose sur le personnage de Cheikh Anta qui peut intéresser la jeunesse. C’était l’objectif du film. Le mien était de faire en sorte que les gens aient envie de connaître, de découvrir ou d’approfondir l’œuvre de Cheikh Anta. Il le mérite, il est dans le silence et dans son tombeau depuis 31 ans. Il est temps qu’il se réveille et parle à la jeunesse africaine. »

Le réalisateur sénégalais, Alain Gomis, a remporté, samedi, « l’Etalon d’or » de la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Avec le sacre de « Félicité », il devient le deuxième cinéaste africain, après le malien Souleymane Cissé, a avoir remporté deux Etalons. Dans la catégorie documentaire, « Kemtiyu, Séex Anta » d’Ousmane William Mbaye a été primé meilleur film documentaire du Fespaco. « Tundu Wundu » d’Abdoulahad Wone a décroché le prix de la meilleure série, dans la section des séries télévisuelles.

OUAGA : Cette fois-ci, les spécialistes et grands observateurs du cinéma africain ne se sont pas trompés. Donné grand favori, « Félicité », film du réalisateur sénégalais Alain Gomis, a remporté, samedi, l’Etalon d’or de la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou, moins d’un mois seulement après avoir été primé « Ours d’argent » à la Berlinale. Comme en 2013, lors de sa première consécration avec son film « Tey », Alain Gomis a encore séduit le jury par la qualité et la portée de son œuvre.

Le président du jury de la 25ème édition du Fespaco, le Marocain Nourredine Saïl, a déclaré avoir été touché, à l’instar de ses collègues, « par la qualité du son, la musique, les qualités techniques de la réalisation » ainsi que celle de la production à l’heure où l’Afrique manque de grands producteurs. Avec ce deuxième prix, le réalisateur sénégalais a rejoint le Malien Souleymane Cissé, le seul cinéaste détenteur de deux Etalons. Aussi, en même temps, il a écrit définitivement son nom en lettres d’or dans le septième art sénégalais, en offrant à notre pays son deuxième Etalon d’or de Yennenga.

A l’annonce de sa consécration, c’est un Alain Gomis « fier » et « heureux » qui a foulé le tapis rouge du Palais des sports Ouaga 2000 sous les ovations du public. Dans ses premiers mots, il a fait part de son honneur d’être deux fois Etalon d’or, non sans remercier toute son équipe, l’actrice principale ainsi que les Congolais qui l’ont aidé à réussir ce film. « Je remercie cette formidable actrice, Vero Tshanda Beya. Je voudrais dire aux Kinois et au Congolais à quel point nous pensons à eux », a-t-il déclaré.

Le lauréat a profité de l’occasion pour remercier et rendre un vibrant hommage à ses devanciers, en l’occurrence Cheick Fantamady Camara, Khady Sylla, Sembène Ousmane. Des noms qui ont porté très loin l’image du cinéma africain et sénégalais. En outre, Alain Gomis a dit dédier son trophée à la jeunesse, à qui il a exhorté à se battre. « Je trouve que la situation est dangereuse. On parle de plus en plus de commerce dans le cinéma et moins de culture. Il y a un vrai danger de perte d’autonomie », a-t-il regretté. Selon lui, son rôle sera désormais de tendre la main, de créer des ponts, de préparer et de travailler avec la nouvelle génération.

Le Sénégal remporte 6 prix
En remportant l’Etalon d’or de Yennenga doté d’un montant de 20 millions de FCfa, « Félicité » a gagné également le prix du meilleur son et celui de l’Ue-Acp pour la promotion du film dans les pays européens et ceux du Sud. L’Etalon d’argent est revenu à Sylvestre Amoussou du Bénin pour son film « L’orage africain, un continent sous influence ». Le Marocain Said Khallaf a remporté l’Etalon de bronze pour son film « A mile in my shoes ».

Dans la catégorie documentaire, « Kemtiyu » d’Ousmane William Mbaye a honoré le Sénégal, en décrochant le prix du meilleur documentaire du Fespaco d’une valeur de 3 millions de FCfa, pour son œuvre faisant le portrait du Professeur Cheikh Anta Diop. En même temps, il a gagné le Prix Ue-Acp dans la section films documentaire, destiné à promouvoir la distribution de films Acp primés dans la section officielle, à contribuer à leur valorisation et à celle de leurs réalisateurs, dans différentes régions Acp et sur la scène internationale, qui est doté d’une enveloppe de 2,6 millions de FCfa.

Enfin, « Tundu Wundu » de Abdoulahad Wone a décroché le prix de la meilleure série doté d’un montant de 3 millions de FCfa, dans la section des séries télévisuelles. Au total, le Sénégal a remporté 6 prix au Fespaco de cette année. Une moisson assez intéressante eu égard à la valeur des trophées.

La 25ème édition du Festival panafricain de cinéma de Ouagadougou s’est déroulée sans incident malgré un contexte sécuritaire un peu tendu après les attentats de 2016 à Ouaga. La cérémonie de clôture a été présidée par le chef de l’Etat du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, et son homologue de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara.

De notre envoyé spécial, Ibrahima BA

Présente à Ouagadougou dans le cadre de la 25ème édition du Fespaco, la directrice de la Diversité culturelle de l’Organisation internationale de la Francophonie regrette l’absence d’accords de coproduction entre les pays africains. Selon Youma Fall, l’effectivité de ces accords pourrait permettre au cinéma africain de mieux se porter.

L’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) a augmenté son enveloppe pour le financement du cinéma et de l’audiovisuel africain. Qu’est-ce qui explique ce choix ?
C’est pour faire plus structurant. Nous voulons éviter le saupoudrage, en essayant de faire plus et en encourageant encore plus de longs métrages. Actuellement, il y a beaucoup de difficultés avec les longs métrages qui coûtent extrêmement cher. Nous avons décidé de créer deux commissions Cinéma, ce qui demande un peu plus de moyens pour ne pas faire de saupoudrage. C’est aussi une façon d’accompagner la qualité de la création et de la production.

L’Oif ne se limite pas seulement à la production. Vous soutenez également les espaces de diffusion des films africains…
Nous soutenons d’abord les espaces de célébrations comme le Fespaco, en accompagnant la présence de producteurs du Sud dans cet événement qui est un lieu de rencontre, d’échange et de confrontation. L’Oif appuie également la distribution. Il faut rappeler qu’avant, nous ne faisions pas trop dans la distribution. Par ailleurs, depuis deux ans, nous accompagnons des producteurs du Sud à participer à des marchés de la production, tout en organisant des concours qui permettent aux jeunes de pouvoir participer et d’être présents à ces grands rendez-vous où s’écrit le destin de la production et de la cinématographie. L’Organisation internationale de la Francophonie accompagne aussi, à travers le programme « Capital numérique », la mise en réseaux de distributeurs ainsi que la mise en scène de la diffusion de production qui avait complètement disparu avec la numérisation. Je pense qu’une chose est de créer, une autre également est de montrer parce que, quel que soit par ailleurs le plaisir et la jouissance que peut procurer le produit créé, la finalité de tout producteur, c’est de voir son produit déjà vu, apprécié et acheté. On est en plain-pied dans l’économie de la créativité. Pour faire du cinéma un métier pour le continent, on a besoin d’accompagner vraiment la diffusion.

Par rapport à ce financement, certains pays africains comme le Sénégal ont créé des mécanismes de financement du cinéma à travers notamment le Fopica. Quelle lecture en faites-vous ?
Nous nous en félicitons. Je pense que c’est toujours dans la complémentarité de nos actions qu’on parvient à avoir des résultats. Donc, c’est bien d’avoir le Fopica au Sénégal, un fonds d’appui au cinéma en Côte d’Ivoire. Actuellement, nous avons décidé d’accompagner le Burkina Faso dans une étude pour la création d’un fonds. Au Gabon, nous appuyons aussi le pays pour une étude de faisabilité pour ce genre de financement non marchand. Toutefois, là où on est vraiment en attente, c’est par rapport aux accords de coproduction entre les pays. Un film qui a une double nationalité bénéficie de deux fonds différents. C’est toujours important d’avoir, par exemple, un film d’Alain Gomis qui bénéficie du fonds de la Côte d’Ivoire. Mais, comme il n’y a pas toujours d’accords, c’est regrettable. Pourtant, nous avons des accords de coproduction entre la France et le Sénégal ou entre le France et le Burkina. Mais on ne parvient pas à avoir des accords de coproduction entre nos pays. Il faut creuser dans les accords de coproduction entre les pays, et ainsi le cinéma africain se portera mieux.

Cette année, le Fespaco a mis l’accent sur la formation dans le métier du cinéma. Au niveau de l’Oif, qu’est-ce qui est fait pour accompagner la formation des acteurs africains du cinéma ?
Depuis trois ans, nous accompagnons la formation de producteurs, de réalisateurs et de professionnels du cinéma. Le constat est que la qualité dépendait de la formation. Nous avons fait une étude qui a montré qu’en Afrique, il y a deux ou trois directeurs de photo, voire un directeur de photographe, qui quittent l’Ethiopie pour faire le tour de l’Afrique ainsi de suite. Les professionnels qui viennent du Nord font que le cinéma africain coûte deux fois plus cher. Dans le domaine de la formation, la Direction de la diversité culturelle de l’Oif a ouvert un Master à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal. Aussi, en partenariat avec l’Université Senghor, en Egypte, un Master sur les industries culturelles a été créé pour accompagner la formation à la promotion. Dans le cadre des Trophées francophones, nous souhaitons des sessions de formation, etc. Pour nous, la formation est l’élément essentiel de base, c’est le fondement de la qualité de la production.

Propos recueillis à Ouaga par Ibrahima BA

L’artiste cinéaste sénégalaise Fatou Kandé Senghor a remporté, jeudi 2 mars, le 1er prix en série télévisée du concours Pitch (présentation de projets de films ou de série) de la Francophonie, organisé dans le cadre de la 25ème édition du Fespaco, pour son projet de film « Wala Bok ».

Cette série télévisée qui sera bientôt disponible est repartie en 30 épisodes de 26 minutes. « Wala Bok » traite la problématique des jeunes dans la banlieue dakaroise. Selon Fatou Kandé Senghor, il s’agit d’une façon d’offrir aux jeunes un moment de discussion pour parler de cette banlieue où 1,5 million de Sénégalais rentrent tous les soirs, de cette partie de la capitale sénégalaise où vit un Sénégalais sur deux.

« A mon avis, c’est intéressant de penser à cet espace ainsi qu’à la population qui le compose. C’est une population où les mamans galèrent pour nourrir leurs gosses. Donc, elles ne sont pas là et les enfants grandissent tous seuls. Ce faisant, ils sont mal élevés », explique-t-elle. En effet, la réalisatrice cherche, à travers la magie de l’écran, à mettre en image, cette rupture terrible entre les parents et leurs progénitures. Cette série, ajoute-t-elle, va se vivre à travers le regard d’une jeune fille qui a 16 ans et qui va rencontrer d’autres jeunes de son âge. « Il s’agit d’une jeune fille extravagante quelque part, extravertie, mais sérieuse quand même. Elle va à l’école grâce au commerce de sa mère et une certaine confiance qu’elle lui a imposé d’être toujours meilleure élève. Le rêve de cette petite Sala, ce n’est pas de sortir sa famille de cet étau car elle ne veut pas porter une chose aussi lourde. Son ambition est d’être libre et de pouvoir assortir des frontières physiques, mais une certaine frontière mentale », soutient-elle. Dans la catégorie documentaire, Pape Abdoulaye Seck a remporté le troisième prix.

Les prix spéciaux de la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouaga ont été décernés, hier, à des réalisateurs de films de long ou de court métrage en compétition ou non, de la sélection officielle. Pour cette année, le Burkina a reçu 4 prix spéciaux dans cette catégorie.

Ouagadougou : Au moment où toutes les attentions sont focalisées sur le vainqueur de l’Etalon d’or, qui sera connu cet après-midi, les prix spéciaux de la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou ont été décernés, hier, aux réalisateurs de films de long ou de court métrage en compétition ou non, de la sélection officielle. Entre autres activités inscrites dans la tradition du festival, les prix spéciaux visent à encourager tout donateur à accompagner la promotion du cinéma africain.

Pour cette édition, deux films burkinabè ont été doublement primés. Il s’agit du long métrage « Frontières » d’Apolline Traoré, lauréat du Prix spécial Cedeao de l’Intégration ainsi que celui de Felix Houphouët-Boigny du Conseil de l’entente.

Dôté d’un montant de 10 millions de FCfa, ce prix a pour objectif de renforcer la paix et la sécurité, de promouvoir l’intégration politique et culturelle, de promouvoir le développement économique et le bien-être. « La rue n’est pas ma mère » du réalisateur Jérôme Nabonswendé Yaméogo est l’autre film court métrage burkinabè doublement primé avec le Prix spécial de la ville de Ouagadougou et le Prix de l’Unicef. La réalisatrice rwandaise Marie Clémentine Dusabéjambo remporte deux prix spéciaux pour son court métrage « A place for myself ». Ce film évoquant le problème de discrimination raciale a reçu le Prix spécial de la Loterie nationale du Burkina et le Prix spécial Thomas Sankara de la Guilde africaine des réalisateurs et producteurs.

Les films sénégalais en compétition officielle n’ont pas été primés dans la catégorie Prix spéciaux de la 25ème édition du Fespaco.

A noter que l’Union européenne va récompenser, cet après-midi, dans la cadre de Prix spéciaux, trois films en compétition officielle dans la section de film de fiction long métrage, la catégorie court-métrage de fiction et celle de film documentaire.

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