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Arts et Culture (1738)

Abdoulaye Bamba Seck, père de la chanteuse Coumba Gawlo Seck, est décédé dimanche dernier. La levée du corps de cet homme de culture, qui a eu lieu hier à la morgue de l’hôpital Principal, a été un moment d’éloges émouvants et de communion solennelle.

« Je m’incline devant cet homme, ce grand artiste, cet auteur, ce compositeur, cet intellectuel si attachant. Je me souviens, quand on marchait ensemble, toi tenant affectueusement ma main pour m’amener à l’école Police sous une chaleur accablante, il me revient à l’esprit le pain enrobé de mayonnaise que tu te plaisais à apporter à l’école afin que la faim ne s’emparât pas de moi.

Un matin, tu écris la chanson Soweto pour me la faire chanter à un concours que tu me promettais de remporter. Mieux, pour toi, j’étais sur les allées de prouesses de la chanteuse de l’Illinois, Mahalia Jackson, que la jeune fille que j’étais ne connaissait point. Comme une prémonition, tu accolas à mon nom « Gawlo » pour que je fusse le porte-étendard de la lignée des griots. Tu m’as même giflée, avec l’amour d’un père à la quête du meilleur pour sa progéniture, pour que je chante. Tu es Gawlo, aimais-tu à me dire. Tu as fait de moi une chanteuse, une artiste. Tu m’as surtout transmis des valeurs que je partage avec mes frères et sœurs. Tu me disais d’être forte. Tu peux te reposer car tu as accompli ta mission sur terre, toi, le digne père dont nous sommes si fiers ».

Ainsi s’est épanchée une âme éplorée, la chanteuse Coumba Gawlo Seck, parlant au nom de la famille, à l’endroit de son défunt père, Abdoulaye Bamba Seck qui lui a mis le pied à l’étrier. Elle l’a fait avec la dignité d’une croyante et la fierté d’une battante mais surtout avec des mots qui interprétaient les fortes émotions de l’instant ; des émotion à la fois tendres et saisissantes qui se sont emparées d’une assistance composée d’autorités de la République, de représentants diplomatiques, du monde sportif, de celui-là de la culture, d’amis… guidés jusqu’à la morgue de l’hôpital Principal par les chants mourides.

« Harry Belafonte »
C’est dans une parfaite communion que l’imam a formulé des prières pour Abdoulaye Bamba Seck entouré de sa famille comme il aimait se sentir de son vivant. Il s’en est suivi une pluie d’éloges ; « des louanges de proches qui renseignent sur les valeurs qu’incarnait le défunt » pour ainsi reprendre le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly qui a également transmis les condoléances du président de la République, Macky Sall. Les témoignages renseignent sur la dimension de l’homme imbu de valeurs et féru d’expressions culturelles mettant en lumière le génie poétique de son peuple. Ne disait-on pas de lui qu’il était un parolier ?

Le communicateur traditionnel, Abdoul Aziz Mbaye, qui tire sa légitimité de témoin de sa longue relation avec la famille d’Abdoulaye Bamba Seck, ne dit pas autre chose. « C’est quelqu’un qui a très tôt aimé et fait aimer la musique. Il est issu d’une grande famille griotte. En tant que policier, c’est lui qui dirigeait les colonies de vacances de la police. Il est l’auteur de la chanson, sa première d’ailleurs, « Sama xol. Nous l’appelions Harry Belafonte, chanteur et acteur américain ». Il a toujours pensé que Coumba Gawlo avait un avenir enchanteur dans la musique ». Il lui est également attribué le succès des « Seck sisters » dans le maniement des instruments de musique.

Abdoulaye Bamba Seck est, par ailleurs, le scénariste du film « Les cent missions de l’inspecteur Rahn Diop » écrit il y a plus de trois décennies maintenant. Son fils, Abdoulaye Pène Seck, est l’acteur principal et le producteur de ce film récemment réalisé par une équipe espagnole. C’est cette grande figure, dont la descendance perpétue l’œuvre et traduit la vision avec succès, qui repose désormais, depuis hier, dans la ville de Touba.

Alassane Aliou MBAYE

HOMMAGE DU MINISTRE DE LA CULTURE À ABDOULAYE BAMBA SECK
C’est avec beaucoup de peine et de compassion que nous avons appris le décès à Dakar, le samedi 07 octobre 2017, de Monsieur Abdoulaye Bamba Seck, artiste de grande dimension, compositeur, parolier et scénariste, père de l’artiste musicienne Coumba Gawlo Seck.

En cette douloureuse circonstance, le ministre de la Culture exprime, au nom de Monsieur le Président de la République, du Chef du Gouvernement et en celui de toute la communauté artistique, ses vives condoléances à la famille éplorée.

Puisse Allah l’accueillir parmi les élus de son paradis éternel.

La 17ème édition du Festival de cinéma « Image et Vie » a été officiellement ouverte, hier, à la Maison de la Culture Douta Seck sous le thème : « Cinéma et insertion professionnelle des jeunes ».

Cette année, 19 films dont 13 courts-métrages seront projetés à Dakar et à Saint-Louis.

« Hyménée » de Violaine Maryam Blanche Belet du Maroc, plongeant dans l’intimité de la nuit nuptiale d’un couple nourri aux traditions maghrébines, fait partie des films projetés, hier, à la Maison de la Culture Douta Seck, dans le cadre de la cérémonie d’ouverture de la 17ème édition du Festival de cinéma « Image et Vie ». Ce court-métrage racontant la noce mouvementée de deux jeunes Marocains qui se découvrent pour la première fois, revisite les rites du mariage traditionnel ainsi que tout ce qui tourne autour du mythe de l’hymen et de la virginité. Entre angoisse, pression sociale et violence, « Hyménée » est le récit d’une réalité encore présente dans beaucoup de sociétés africaines.

Cette production de Violaine Maryam Blanche Belet est l’un des 19 films que le public sénégalais aura le plaisir de découvrir à Dakar et Saint-Louis. L’édition 2017 du Festival « Image et Vie », prévue jusqu’au 11 octobre, accueille 13 courts-métrages de fiction, un long métrage de fiction, un film d’animation, 4 longs-métrages documentaires.

Pour le secrétaire général de « Image et Vie », Amadou Ndao, le festival participe à la vulgarisation et la promotion du cinéma et de l’audiovisuel du Sénégal, de l’Afrique et des autres peuples. « Il contribue à l’illustration, par l’image, de la culture, du patrimoine matériel et immatériel ainsi que des traditions positives des peuples », a-t-il indiqué.

Avec une participation de dix pays dont le Maroc, Burkina, Algérie, France et Madagascar, le Festival « Image et Vie » de cette année « offre des espaces de rencontres et d’échanges entre les créateurs et le public ».

Déjà des projections sur écran géant ont débuté depuis le 7 octobre dans les rues du quartier de la Médina. Créé, il y a 16 ans, le Festival « Image et Vie » offre, chaque année, au public sénégalais, l’expression des cinématographies africaines et du monde.

L’évènement a ainsi permis de mettre en exergue les opportunités qu’offre le cinéma, industrie et loisir, pour un développement socioéconomique du Sénégal. Le Festival a pu aussi fédérer un grand nombre de partenaires nationaux et internationaux autour des actions menées pour la vulgarisation des films africains et la formation des publics.

Les lauréats de cette édition se seront connus ce mercredi à l’issue de la cérémonie de clôture.

Ibrahima BA

Le Centre national de ressources éducationnelles (Cnre) innove. Geopil, sa nouvelle trouvaille, est une plateforme qui remonte en temps réel des informations clés et qui révolutionne le sous-secteur de l’alphabétisation.

L’atelier d’initiation à la plateforme Geopil destiné au personnel des Inspections d’Académie de Dakar s’est tenu du 3 au 4 octobre dernier. Lors de ce séminaire de deux jours de formation, les participants se sont familiarisés aux différents usages possibles de l’outil de collecte de données informatiques concernant les programmes d’alphabétisation. « Il y avait très peu de données dans le sous-secteur. Le Centre national de ressources éducationnelles était obligé de faire des tournées sur le terrain pour recueillir des informations. Alors, Geopil permet aux différents responsables de programme d’alphabétisation d’alimenter la plateforme, depuis le terrain. Et ce qui est bien c’est qu’en l’absence d’Internet, ça marche aussi avec la messagerie traditionnelle. Par un sms codifié, le facilitateur peut envoyer les informations qui seront validées par le responsable de la localité », explique Yaya Diallo, directeur du groupe Idyal, concepteur de la plateforme. « Toutes ces informations seront agrégées au niveau local, départemental, régional et national, et permettront d’avoir des courbes qui serviront aux planificateurs, au ministère… », ajoute-t-il.

L’application n’est pas seulement utile à la gestion de données relatives aux programmes d’alphabétisation. « A titre d’exemple, Geopil a été utilisée pour dépouiller des élections, parce que le principe de la plateforme, c’est qu’on est capable de lui envoyer des messages, selon qu’on ait Internet ou pas, ensuite de structurer les messages selon un secteur d’activités avec des courbes et des analyses », développe-t-il avant de présenter l’outil comme un instrument facile à utiliser. « C’est une plateforme très facile d’utilisation », précise-t-il.

Entre deux pauses, Moustapha Guèye, planificateur de l’Inspection d’Académie de Pikine-Guédiawaye, participant à la formation, se félicite. « Geopil vient à son heure, parce que cela permet une remontée en temps réel des données du sous-secteur Ebja (Education de base des jeunes et des adultes) de l’éducation. L’outil est vraiment convivial, facilement utilisable et nous sera d’un grand apport ».

Moussa SONKO (stagiaire)

C’est avec une profonde consternation que nous avons été informé du décès survenu à Touba, le lundi 09 octobre 2017, de notre regrettée compatriote Ndèye Diarra Guèye, artiste musicienne, icône de la musique traditionnelle. En cette douloureuse circonstance, le ministre de la Culture exprime, au nom de Monsieur le Président de la République, du Chef du Gouvernement et en celui de toute la communauté artistique, sa compassion et ses sincères condoléances à la famille éplorée. Toutes nos prières pour le repos éternel de l’âme de la défunte.

Abdou Latif COULIBALY

Baaba Maal et ses partenaires de Palm Pictures Islands Records ont procédé, samedi dernier, au lancement officiel et à la présentation de la plateforme « Audiotube », au Grand théâtre national. Par ce support digital, l’artiste entend propulser des jeunes talents africains dans la sphère musicale internationale.

La plateforme digitale de musique « Audiotube » se donne pour objectif de promouvoir, à l’échelle mondiale, les jeunes artistes africains et leurs œuvres, quels que soient le genre et le style. Après une inscription gratuite, ceux-là pourront eux-mêmes s’occuper de la pleine gestion de leurs produits. La plateforme leur offre ainsi, très tôt, la large compréhension du fonctionnement de l’industrie musicale. Baaba Maal, initiateur du projet, pense que ce genre d’initiatives est surtout pour aider leurs jeunes frères à éviter les écueils que lui et ses compères ont connus à leurs débuts.

Il estime qu’avec le contexte ponctué par le développement numérique, l’usage des circuits classiques devient le principal obstacle de la promotion artistique. « Salif Keïta, Youssou Ndour et moi trimions beaucoup pour voir nos œuvres être suivies et distribuées par les maisons de disque et les labels occidentaux. Mais aujourd’hui, ce genre de support est là pour les propulser et même leur permettre de s’autoproduire », observe le lead vocal du groupe « Daandé Lénol ».

Daniel Gomez, président de l’Association des métiers de la musique du Sénégal (Ams), trouve le salut dans l’initiative et espère que ce sera l’occasion pour les musiciens, principaux artisans des productions, de vivre décemment de leur art. Il sera vite rassuré par Baaba Maal qui note, justement, que la particularité de la plateforme sera le contournement des fréquents interlocuteurs. « L’artiste  a l’opportunité,  personnellement de suivre son œuvre. C’est lui qui insère directement le fichier multimédia présentant sa production. Donc, aussi bien le chanteur que le musicien peut s’y mettre. C’est lui-même qui, périodiquement, suit l’état financier de son travail et l’intégralité des profits générés lui sera reversée dans un compte bancaire…», précise le «roi de Yéla». Il fait remarquer qu’« Audiotube » est la totale expression du commerce équitable.

Baaba Maal s’impose aujourd’hui comme un ambassadeur de la culture africaine, dont la promotion est une de ses principales missions. La tradition et l’identité culturelle africaines ont toujours été en filigrane de son art. Ce, durant ses 32 ans de carrière, qu’il a d’ailleurs célébrés la nuit du samedi, au Grand Théâtre national.

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

 

La levée du corps de l’artiste comédien Oumar Bâ alias « Baye Peulh » a eu lieu, samedi, à l’hôpital Principal de Dakar suivi de l’enterrement le même jour à Bargny. Le gouvernement était représenté à cette cérémonie par Seydou Guèye. Le secrétaire général du gouvernement retient de « Baye Peulh », un artiste « doté de talent qui n’était pas donné à n’importe quel acteur ».

« Dès que la silhouette d’Oumar Bâ, alias « Baye Peulh », était entrevue, le sourire naissait sur toutes les lèvres. Car il était l’homme qui faisait entrer la joie et le bonheur dans tous les foyers… ». C’est cette image que retient le secrétaire général du gouvernement du comédien Oumar Bâ plus connu sous le sobriquet de « Baye Peulh », décédé vendredi dernier à l’âge de 80 ans. Seydou Guèye était à la cérémonie de levée du corps de l’artiste, samedi dernier à l’hôpital Principal de Dakar pour représenter le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly.

Avant 11h, la morgue de l’hôpital était remplie de monde venu rendre un dernier hommage à « un artiste plein de talent et d’humour ». Les membres de la troupe « Daaray Kocc », Moustapha Diop, Habib Diop alias « Goorgoorlou »…, étaient tous venus accompagner un des leurs. L’armée a été aussi fortement représentée à la levée du corps. L’artiste Habib Diop devrait, en premier, rendre un hommage à « Baye Peulh ». Alors qu’il a commencé son discours, Habib Diop a versé de chaudes larmes. Il était inconsolable. Finalement, c’est Moustapha Diop qui a parlé au nom de « Daaray Kocc ». Ce dernier a rappelé qu’Oumar Bâ a fait d’abord l’armée avant d’être comédien. Il a porté les armes et a défendu les couleurs du pays au génie militaire. Au génie militaire, révèle-t-il, « Baye Peulh » a été dans tous les chantiers en tant que chauffeur d’engins et de remorques. Le comédien a aussi été agent à l’Asecna avant de prendre sa retraite.

Sur les planches, Oumar Bâ avait l’art de faire rire tout le monde. Le secrétaire général du Gouvernement, Seydou Guèye, est même d’avis que le talent de « Baye Peulh n’était pas donné à n’importe quel acteur » car il avait « un savoir de faire rire » et, en même temps, il était « une école pour méditer sur nos tares et turpitudes afin d’ancrer en nous la volonté de cultiver les valeurs ».

« On ne saurait évoquer l’apport immense de Baye Peulh à notre théâtre sans convoquer ici et maintenant celui que l’on considérait comme son jumeau spirituel et dans le talent, j’ai nommé feu Makhourédia Guèye. Tout ce que je viens de dire de « Baye Peulh » peut être répété à propos du regretté Makhourédia. Les deux étaient des amis, des frères, des complices, les deux faces prestigieuses et inoubliables d’une même médaille dramaturgique originale et précieuse », témoigne Seydou Guèye.
C’est à la mort de Makhourédia Guèye qui était considéré comme « son jumeau » que « Baye Peulh » a arrêté le théâtre.

Témoignages...

MOUSTAPHA DIOP, « DAARAY KOCC » : « Il était un modèle d’humanisme »
« Nous vivons des moments assez douloureux parce que l’homme qui vient de nous quitter était notre ami.
Il avait une dimension exceptionnelle sur le plan théâtral et tout cela, il l’avait d’une manière innée parce qu’il avait son complice Makhourédia Guèye qui l’avait amené à « Daaray Kocc ». Ils ont eu à marquer de leur empreinte et de leur style ce qu’on appelle le théâtre sénégalais, c’est-à-dire les téléfilms. A travers les séries sketchs qu’ils faisaient, au-delà du rire, il y avait une profondeur philosophique qui permettait aux gens de s’éduquer par rapport à leurs paroles. Ils éduquaient par le rire. Il l’a fait durant toute sa vie, toute sa carrière avec Makhourédia Guèye. Cela fait 27 ans qu’il était à « Daraay Kocc ». A la mort de Makhourédia Guèye, il a pris du recul et 10 ans après, il est allé le rejoindre. « Baye Peulh » était un modèle d’humanisme ».
 
GOLBERT DIAGNE, COMEDIEN : « Nous venons de perdre un grand monsieur de la Culture »
« Nous venons de perdre un grand monsieur, je ne dirais pas du théâtre mais de la culture. Les gens pensent que tous ceux qui s’adonnent à la comédie, au théâtre, aux planches sont, je ne dirais pas des clowns, mais des moins que rien. Or, ils sont de grands messieurs et de grandes dames. Qui perd son identité perd sa culture. Il faut une vision toute particulière, toute solidaire, toute généreuse pour les jeunes et les femmes de la culture. Ailleurs, des hommes et des femmes de la culture vivent aisément ».

GAYE ABOU AHMED SECK, MAIRE DE BARGNY : « Une grande perte pour la Nation »
« C’est une grande perte pour la Nation sénégalaise. Tout le monde connaît la carrière de « Baye Peulh ». D’abord, il était dans l’armée sénégalaise puis au service de la culture. Nous savons qu’il a porté haut et fort les couleurs du Sénégal dans son domaine. On l’a dit et rappelé, il nous a bercés, durant toute notre enfance. Le Sénégal a perdu, aujourd’hui, un grand homme. Nous adressons nos condoléances à la famille biologique, à la famille culturelle, à l’armée du Sénégal et à toute la population sénégalaise. Que la terre lui soit légère. C’était une grande fierté que d’avoir quelqu’un de si important et d’aussi distingué dans son domaine et qui ait choisi Bargny pour y habiter.Sa famille est parfaitement bien intégrée à Bargny et il a apporté tout son talent, toute sa générosité, dans le développement de Bargny, notamment pour ce qui est de l’aspect culturel. »
 
Propos rassemblés par Aliou Ngamby NDIAYE

 

Carapid Music des Parcelles Assainies de Dakar est un groupe de rap qui ambitionne de porter la révolution d’un milieu plutôt désuet. Par leur profil et leurs réalisations, ils comptent coudre le costume que beaucoup pourraient croire très large pour les jeunes artistes qu’ils sont. Dans la contiguïté de leur studio, Neegu Rap, le groupe trace son parcours et décline ses grandes ambitions.

Hormis l’odeur enivrante du gasoil et les secousses toniques, l’ambiance dans le studio renvoie bien à celle dans nos fameux véhicules bariolés, avec l’opulence en plus. Les artistes du groupe et des camarades, venus pour un forum, gèrent le vacarme au salon du studio sis aux Parcelles assainies. La musique interférente s’échappant des baffles barbons des «cars rapides» est substituée ici par les effluves sonores que distille la sono de la logistique Hi Tech, installée dans une cabine attenante. L’ingénieur du son y montre sa dextérité par le test de nouvelles mélodies. Un travail ingénieux assis sur projet ambitieux, bâti au fil des ans. Carapid Music est créé en 2006 par un groupe d’amis collégiens. Ils projetaient une originale expression de leur passion pour le rap, avec cependant la ferme décision de mener leurs études à terme.

Aujourd’hui, l’objectif académique est brillamment atteint. Le quatuor (Maya, Fla, Bako et Kals) qui compose actuellement le groupe, ainsi que leur staff, sont tous titulaires au moins d’un diplôme de maîtrise. Une bonne formation qui permet actuellement à chaque membre, par sa compétence, de contribuer aux réalisations logistiques et à assoir leur label en gestation.

En 2013 déjà, dans leur première production « Si kanam paass », ils déclinaient nettement leur ambition. « Ce titre est une invite à la génération old school à nous passer le flambeau. Cela pour rajeunir, perfectionner et reluire le milieu hip hop avec notre intelligence, notre compétence et du sang neuf », plaide El Hadj Niane, manager du groupe musical. Ils se verront nominés cette même année pour les prix de la « Meilleure mix tape » et de la « Meilleure révélation ». Ils vont finalement décrocher la distinction. Mais comme dans toutes les grandes révolutions, le groupe qui allume la flamme n’arrive très souvent pas au complet au sommet. C’est ainsi qu’en 2015, quand le collectif entamait un tournant important de sa carrière, mourut un de ses précurseurs et prometteur, M Prézi. Loin d’être abattu, Carapid Music reprend plutôt du poil de la bête pour consacrer le dessein mûri par le défunt membre et eux.

Le groupe, dans la même année, entre en collaboration avec l’orchestre Ndoumbéland Band pour, effectivement, mettre en œuvre le changement chanté. Les deux entités produisent des prestations en live très courues dans des cabarets et autres discothèques de la place. Les percussions de la batterie, les évasions des guitares et des claviers, avec le flow captivant et envoûtant des quatre rappeurs dessus, suffisent à convaincre de leur évolution. A cela, s’ajoutent une maturité et une élégance dans leurs textes. Dans leurs productions du début, on trouvait en effet tout ce qui pouvait caractériser le verbe vulgaire et plutôt outrageant du rap qui en laisse penser une musique rebutante. Une attitude qui renvoie à la fougue du débutant.

Le manager, physique émacié et regard intrépide derrière son binocle, explique que c’est d’abord par respect pour son art qu’il faut produire des textes sensés et instructifs. Et qu’ensuite, leur art « n’est pas destiné à la racaille, mais à l’élite ». Et la clef, pour lui, c’est d’être doué, éveillé et très cultivé. Et c’est là qu’entre le concours des hautes études de chacun des membres qui font que leur musique atteint un public vaste et hétérogène. Un auditoire que Carapid Music va bientôt gratifier d’un Ep (Extended play, mini-album de 10-15 minutes) et d’un album ensuite. Ces productions vont s’ajouter à leur discographie riche de trois Mixtapes qui ont déjà reçu l’approbation des férus du pilier musical du hip-hop.

Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

C’est avec une profonde consternation que la famille culturelle tout entière a appris le décès à Dakar, le vendredi 06 octobre 2017, de notre compatriote Oumar BA dit Baye Peulh, artiste comédien qui a grandement contribué au rayonnement du théâtre sénégalais.

La disparition de ce grand homme de théâtre au talent universellement révéré, est une peine profonde pour le peuple sénégalais qui avait tant d’admiration et d’amour pour celui dont le génie et l’inspiration ne furent jamais au repos. C’est une énorme perte pour le patrimoine culturel sénégalais.

En cette douloureuse circonstance, le Ministre de la Culture exprime, au nom de Monsieur le Président de la République, du chef du gouvernement et, en celui de toute la communauté artistique, ses vives condoléances à la famille éplorée et, prie pour le repos éternel de l’âme du défunt.

Abdou Latif COULIBALY
Ministre de la Culture

Décédé hier à l’âge de 80 ans, l’artiste comédien Omar Bâ dit Baye Peulh sera inhumé aujourd’hui à Bargny.

En août dernier, l’ancien ministre de la Culture, Mbagnick Ndiaye, accompagné d’une délégation, lui avait rendu une visite pour s’enquérir de son état de santé. L’artiste, ému par cette courtoisie, avait « remercié l’Etat du Sénégal pour son soutien ».

Durant sa carrière d’artiste, Baye Peulh formait un duo de comédiens hors pair avec son regretté complice Makhourédia Guèye. Natif de Kaoloack, Baye Peulh, après un séjour dans l’armée, avait exercé au sein de l’Asecna avant d’intégrer la célèbre troupe théâtrale « Daaray Kocc ».

Après une riche carrière artistique sur les planches avec plus d’une cinquantaine d’apparition dans des pièces de théâtre, Baye Peulh avait ensuite délaissé la scène au début des années 2000 pour vivre une retraite paisible auprès de sa famille à Pikine.

O. DIOUF

Le Grand prix africain Yasser Arafat pour la paix et la liberté sera remis le 11 novembre prochain, à Dakar, à l’écrivain égyptien Mouhamed Selmaoui. L’annonce a été faite hier, lors d’un point de presse, au siège de l’Association des écrivains du Sénégal. Ce Grand prix est doté d’un montant de 3 millions de FCfa, d’un diplôme et d’un trophée.

L’écrivain égyptien Mouhamed Selmaoui est le lauréat de la première édition du Grand prix africain Yasser Arafat pour la paix et la liberté. L’annonce a été faite hier, au cours d’un point de presse hier, au siège de l’Association des écrivains du Sénégal, par le président du jury, Dr Djibril Diallo Falémé, entouré de ses autres membres, du président de l’Association des écrivain du Sénégal, Alioune Badara Bèye, de l’ambassadeur de la Palestine au Sénégal Safwat Ibraghith, du conseiller spécial du président de la République, Hamidou Dia. Pour cette première édition du prix Yasser Arafat, le choix a été porté sur ce grand et éminent écrivain égyptien, Mouhamed Selmaoui, par ailleurs secrétaire exécutif de l’Union des écrivains d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

A en croire le président du jury du prix, Mouhamed Selmaoui s’est battu pour que l’Afrique blanche et l’Afrique noire se retrouvent. « La preuve, nous avons visité son œuvre et nous nous sommes rendus compte que non seulement il a écrit pour la paix et la liberté de l’homme, mais il a aussi réservé beaucoup de pages intéressantes à la Palestine et au combat du peuple palestinien. C’est cette dernière raison qui a fondamentalement guidé nos pas vers son choix », informe M. Diallo.

D’après le président de l’Association des écrivains du Sénégal (Aes), Alioune Badara Bèye, par ailleurs initiateur de ce Grand prix africain Yasser Arafat pour la paix et la liberté, l’idée de créer ce prix est née l’année dernière au sortir de la 24ème journée de l’écrivain africain. « Notre association a eu des relations assez profondes avec la Palestine et continue d’ailleurs de l’avoir. De même, Yasser Arafat a aussi des liens de plume avec l’Association des écrivains du Sénégal. C’est pour cela, après sa disparition, nous avons pensé à ce prix parce que pour immortaliser une œuvre, un homme, il faut le fixer par l’image, le son et par la plume. Nous nous sommes choisi de fixer sa mémoire par la plume en organisant ce grand prix », explique-t-il.

Précisant que ce n’est pas un prix comme pour un concours où les gens déposent des ouvrages. Aussi, souligne-t-il que le lauréat ne sera pas un écrivain débutant ou qui n’a pas encore fait sa carrière. Il faut un écrivain connu qui a une bonne représentation internationale et qui, sur le plan des idées, aura largement contribué à la promotion de la paix et de la liberté. « La preuve, le jury n’a pas été choisi au hasard et est composé d’éminentes personnalités littéraires africaines en provenance du Sénégal, de la Mauritanie, de la Guinée Conakry, du Mali, de la Tunisie et de la Palestine », estime le président de l’Aes.

Venu assister à la délibération de ce prix, l’ambassadeur de la Palestine au Sénégal, Safwat Ibraghith, s’est dit heureux et fier de voir concrétiser cette première édition du Grand prix africain Yasser Arafat, personnage historique et leader de la libération de la Palestine et de tous les peuples de la planète. « Un prix à caractère international, de création sénégalaise et d’adoption palestinienne », soutient son Excellence Safwat Ibraghith.

Né en 1945 au Caire, Mouhamed Selmaoui est une figure de premier plan de la scène culturelle arabe. Il est écrivain journaliste et auteur d’une trentaine d’ouvrages littéraires et de politique dont 12 pièces de théâtre. Il a également écrit 8 recueils de nouvelle et deux romans.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le Village des arts de Dakar accueille, du 5 au 25 octobre prochain, l’exposition « Les Octobristes » de l’artiste peintre Ibrahima Kébé. Composée d’une quarantaine d’œuvres, cette exposition plonge dans le rythme quotidien de vie de la société sénégalaise avec des toiles où surgissent des personnages aux couleurs « vives » et « vibrantes ».

Avec 35 ans d’expérience et un pinceau aussi remarquable, l’artiste peintre Ibrahima Kébé a-t-il encore quelque chose à prouver dans le milieu des arts visuels sénégalais ? L’exposition « Les Octobristes » qu’il présente du 5 au 25 octobre dans le cadre somptueux du Village des arts de Dakar permet de répondre, sans gageure, par la négative. Entre les scènes quotidiennes parfois ordinaires, le spectacle insolite mais tangible de nos quartiers, le capharnaüm des marchés, les instants fugitifs de vie en couleur, chargés de crédulités, de franchise et d’émoi, l’image burlesque des rues… la peinture d’Ibrahima nous interpelle et nous parle d’une réalité certes passagère mais toujours présente. L’artiste peint avec obsession son quotidien, notre quotidien. Des faits certes banals mais aussi indispensables à la vie car, pour lui, « il faut toujours se rappeler de ce qu’on a fait pour pouvoir progresser dans l’avenir ».

Toutefois, sa volonté de s’inscrire dans cette dynamique appelée routine s’explique par un désir ardent d’entretenir « le délicat dialogue entre les êtres ». C’est pourquoi « l’humain est le sujet principal de son œuvre » avec des thématiques autour de la « Famille » des « Amis, lutteurs, jeux d’enfants ou couples heureux ». En peignant le quotidien de tous les jours qui change et qui ne se répète pas, le peintre plonge parfois dans un monde qui rappelle le «royaume d’enfance». Aussi, certaines de ses œuvres (« Veuve joyeuse », « Grande royale », « Promenade de couple », « les Amoureux ») sont une exaltation de la grâce féminine et une célébration de l’amour dans toute sa forme. Adepte de la peinture acrylique sur toile ou sur papier, l’artiste peintre Ibrahima Kébé choisit instinctivement ses couleurs.

« Quand je prends les couleurs, je ne les choisis pas. Je les appose instinctivement », précise-t-il. Pourtant, cette peinture instinctive n’empêche pas d’arriver à une certaine harmonie dans le rendu esthétique, une subtilité dans le décor des personnages. Parce que comme évoqué dans la note de présentation de l’artiste, « ces personnages aux couleurs vives et vibrantes sont disposés en larges aplats cernés de noir fixant les attitudes sur des fonds pastels et aquilins ». Ce faisant, « sur ces fonds clairs, les couleurs des personnages vont à l’essentiel ; on n’est plus dans la subtilité du décor mais dans l’essence des êtres, qui s’exprime avec force et beauté ».

Intensité colorée
Le président du jury pour le Grand Prix des Arts du chef de l’Etat, par ailleurs membre du comité scientifique de la Biennale de 2004, le regretté Victor Emmanuel Cabrita, pensait que l’artiste Ibrahima Kébé reste « très clairement identifiable et profondément enracinée, sa vision de la société et sa perception des êtres s’exprime toujours, avec authenticité et véracité ». Et ce qui attire « tout aussitôt sur les tableaux, c’est bien la fraîcheur de son regard et l’intensité colorée de son expression ». Non sans oublier ce reflet « de spontanéité innocente d’une âme d’enfant, curieuse et étonnée, qui partage avec les autres, en toute sincérité, en toute simplicité ».

Parlant toujours du peintre, Mamadou Ndiaye de la Galerie Léopld Sédar du Village des arts de Dakar, estime que l’artiste a maîtrisé toutes les techniques liées à la figuration, seulement il a fait un choix délibéré par rapport au langage qu’il veut offrir. Bref, il a trouvé une manière d’aller à l’essentiel, en y mettant la simplicité. « Il n’y a pas de rigueur au niveau de la forme pour mieux sortir le véritable dialogue des êtres humains. Au regard de ses personnages, il est très illustratif du non-respect des formes académiques afin de mieux ressortir cette nécessité qu’est le dialogue », explique-t-il.

L’exposition « Les Octobristes » est un hommage aux hommes qui sont nés au mois d’octobre. Pour son parrain, l’ambassadeur de la Belgique au Sénégal, Philippe Colyn, Ibrahima Kébé est « un artiste de la vie avec sa simplicité, ses couleurs, ses émotions continues, son humanité… ». Il s’est félicité aussi des « relations fortes » que le peintre entretient avec la Belgique. En effet, depuis 20 ans, le peintre est boursier de la République belge.

Ouvrant le vernissage de l’exposition, le secrétaire général du ministère de la Culture a fait part de son admiration devant le « talent original » d’Ibrahima Kébé. Birane Niang a salué le travail de cette « figure de proue » des arts visuels sénégalais.

Né le 2 octobre 1955 à Kaolack, Ibrahima Kébé est un produit de l’Ecole des Beaux-Arts de Dakar, ex Institut national des Arts de Dakar. Depuis 1997, il est pensionnaire du Village des arts, un espace de retrait créatif de Dakar dédié aux acteurs des arts visuels. L’artiste a eu à mener des interventions pédagogiques dans plusieurs établissements scolaires de Dakar. Des expositions, il en a fait plusieurs au Sénégal, en Belgique, Suisse, France et Allemagne.

Ibrahima BA

Bensirac Fatah, de son vrai nom Abdou Fatah Fall, est un musicien, maître de chœur réputé dans le milieu du chant « sacré ». Sa musique est une célébration de notre rythme et un hymne de reconnaissance de l’universel. Elle est un pont réservé au patrimoine de l’humanité dont est issu celui-là sérère qu’il s’échine désormais à mettre en lumière. Son nouveau single, « Janggi », traduit cette générosité.

Bensirac Fatah est dans une quête infinie faisant de lui une âme que les prouesses du passé n’énivrent point. Il y a toujours quelque chose à faire, de nouveaux horizons à embrasser, des univers à explorer, des vies à narrer, des valeurs à exalter, des vertus à « exhumer ». Le natif de Dakar, amoureux de Palmarin, localité côtière du Sine-Saloum qui l’a bercé jusqu’en classe de Cm2, est un explorateur insatiable du beau et de la lumière jaillissant des mélodies qu’il fredonne ou orchestre. C’est que l’homonyme du guide religieux, Abdou Fatah Mbacké, s’est nourri de plusieurs cultures. Il est le fils d’un lébou musulman et d’une mère sérère de confession chrétienne. Il appartient à celle-ci mais est au-dessus des petites appartenances. Il a vécu la convivialité « rurale » et s’est frotté à la froideur « urbaine » pour se forger une personnalité attachante et lucide ; cette conscience qui lui a permis de concilier les études-plus tard une carrière professionnelle- et sa passion de la musique.

Après avoir décroché son certificat de fin d’études primaires à Palmarin, le jeune Abdou Fatah Fall se fabrique un destin dans la bouillante capitale sénégalaise. Il réussit le concours d’entrée à l’Ecole des bibliothécaires, archivistes et documentalistes de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar sous réserve du baccalauréat. Il s’inscrit, pour élargir ses possibilités, à la Faculté de droit de ce même établissement public. Il s’en est suivi quelques expériences professionnelles renseignant sur la détermination du jeune homme de ne jamais compromettre sa dignité. Le chef de cellule (Affaires juridiques /Archives et documentation), depuis mai 2014, dans la Commission nationale de réforme foncière a « bourlingué » un peu partout. Il a offert ses services à la Senac, à la Cour des comptes du Sénégal, à Wartsila West Africa, au ministère de la Fonction publique, à la Bceao…Abdou Fatah n’est pas sur le chemin des délices. Il prend celui de son épanouissement.

Sa production « musicale », qu’elle emprunte les allées du sacré ou de ce que l’on a appelé musique profane, sème des graines dans ces sillons de l’ouverture. Ce ne fut guère un long fleuve tranquille mais tout est naturel chez ce « garçon » de taille « noble ». Tout était réuni pour que le bonhomme ne manque pas le rendez-vous avec le destin qu’il s’échine à se fabriquer constamment. « Au village, mes oncles et leurs camarades séminaristes se plaisaient à venir tous les soirs à la maison jouer à la guitare et au tam-tam. J’ai grandi dans cet univers de rythmes. Aussi, mon père qui était, à un moment de sa vie, en Europe, avait un magasin d’instruments de musique dans le quartier de Rebeuss », se souvient-il. La curiosité irrite la passion du môme. Comme ce soir où il a trouvé un aîné en train de « gribouiller quelque chose » sur une feuille. C’était quelques notes de musique. Ce jour-là, Abdou Fatah lui promet d’y arriver un matin. Pari réussi. Il écrit la musique, la lit, l’arrange. Il est auteur-interprète, gratte de la guitare, tape sur le clavier et produit des percussions sans jamais avoir fréquenté une école de musique. Il a tout simplement laissé son sublime génie poétique et musical interpréter son « intérieur ». Bensirac Fatah est né. Une voix et un esprit libre dans la foi en son talent artistique se révèlent au monde. Et la baraka a guidé ses pas.

Conciliation de rythmes
« Ma mère m’avait demandé de revenir vivre à Keur Massar qui était à l’époque une cité avec une forte communauté catholique. Ici, le soir, tout le monde allait à la chorale. Un jour, tous les maîtres de chœur étaient indisponibles. Les gens ont alors choisi de me mettre au-devant de la scène estimant que j’étais le jeune le plus dégourdi ». Ils avaient le nez creux. Le longiligne garçon leur révèlent d’autres qualités de sa riche palette. Sa réputation s’étend jusque dans les chaumières. Bensirac commence par la grande chorale de Keur Massar, Saint François d’Assise, en tant que maître de chœur. Suite à un désaccord, celui qui est également le directeur musical du Chœur panafricain Afrikiyo quitte ce groupe pour fonder ce qui est considéré aujourd’hui comme une pépinière, la chorale « Le chœur triomphal ». Il a aussi été maître de chœur principal de la grande chorale Saint Jean Bosco de Nord Foire et membre fondateur de la chorale de la Bceao-Siège.

Après s’être construit une enviable réputation dans le chant sacré, Bensirac Fatah a investi l’univers de celui-là traditionnel pour mettre en lumière la musique sérère et tout ce qu’elle a à offrir au monde. « C’est mon principal challenge. Beaucoup de rythmes sérères ont tendance à disparaître ». Il s’inscrit ainsi dans une entreprise de sauvegarde et de diffusion d’un rythme qui l’a bercé. Son premier single, « Janggi » (Apprends), qui sera bientôt disponible, est une résultante de cette louable ambition. Ce titre, un hymne à la tradition et à l’ouverture, annonce un album éclectique. La sortie d’une autre production, de tonalité « sacrée », est prévue avant le carême. Bensirac Fatah est définitivement un génie du compromis, de la conciliation des univers de rythmes et de sens.

Alassane Aliou MBAYE

Réalisateur des court-métrages « Samba Tali » en 1975 et « Moytouleen » en 1996, ainsi que des long-métrages « Sey, Seyti » en 1980 et « Un amour d’enfant » en 2004, Ben Diogaye Beye travaille depuis plusieurs années sur son prochain film, « Le rêve de Latricia ». Rencontré, il y a quelques semaines, au Festival du cinéma africain de Khouribga, au Maroc, le doyen Beye nous a parlé de ce long-métrage en gestation qui raconte la désaliénation d’une femme africaine américaine. Il a également partagé son avis sur le cinéma sénégalais et africain…

Ben Diogaye Beye, qu’est-ce qui vous amène au festival de Khouribga ?
C’est la quatrième fois que je viens ici. J’étais amené à présenter ici mon film « Un amour d’enfant », il y a de cela quelques années. Je suis revenu ici pour être membre du jury et encore en tant qu’invité et ami du festival. Je suis très lié au président de la fondation du festival, également au Maroc où j’ai fait la post-production de mes deux derniers films. Et le prochain, je reviendrai encore ici.

Quel sera votre prochain film ?
Il s’appelle « Le Rêve de Latricia », mais il est pour le moment bloqué. Il y a une partie qui est déjà entièrement tournée au Sénégal. Une autre partie du tournage est prévue aux États-Unis, mais à ce niveau il y a des blocages. Néanmoins, on va réfléchir aux solutions de changement.

Et c’est quoi la trame du film…
C’est un film qui parle de la sortie de l’aliénation d’une femme africaine américaine lors de son séjour en Afrique. Mais tout au long de ce processus, on découvre sa vie d’artiste peintre, et c’est dans cette désaliénation que se fera l’évolution de sa peinture…

Comment voyez-vous l’organisation du festival du cinéma de Khouribga ?
C’est un festival très convivial de par sa dimension humaine, comme l’écrivait quelqu’un dans le journal dédié au festival. Les gens se rencontrent, discutent… Vous voyez cette petite manifestation qui rend hommage à la culture rwandaise (Ndrl : on l’a juste rencontré à la sortie de la Médiathèque de Khouribga où l’on célébrait la culture rwandaise), c’est formidable, amicale… En plus, c’est un festival qui a été créé sur la passion du cinéma ; c’était des gens de ciné-clubs qui ont été à l’origine et aujourd’hui, on en est à la 20ème édition. Je dis vraiment: Chapeau !

En tant que cinéaste, ne regrettez-vous pas que le Sénégal n’ait pas un grand festival de cinéma ?
Le Sénégal l’avait avec les Recidak (Rencontres cinématographiques de Dakar) créées par Annette Mbaye D’Erneville. Il semblerait que des gens l’ont gênée dans son épanouissement et puis voilà, elle a quitté. Le ministère n’a pas pu jouer son rôle, ils ont essayé mais ils n’ont pas pu continuer cela. Il semblerait qu’ils essaieraient à nouveau, mais je suis absolument contre cela ! Parce que d’une part, un festival ce n’est pas quelque chose qu’on fait une année et on attend cinq ans après pour le reprendre. Ce n’est pas cela. Deuxièmement, ce n’est pas qu’il faut obligatoirement un festival. Ici, ce festival est une rencontre pour le cinéma africain, que ce soit à Ouagadougou d’une part, à Casablanca ou ailleurs ; ce sont des rencontres pour le cinéma africain, on est chez soi. Moi, je me sens bien comme chez moi, ici. A Khouribga dans ce festival, je me sens comme chez moi.

Y a-t-il une relève à votre génération de cinéastes sénégalais ?
Oui, je crois qu’il y en a. Je peux citer déjà une jeune dame, Khadidiatou Sow. On m’a dit beaucoup de bien de son film « Une place dans l’avion ». Elle a un background assez intéressant ; elle est artiste peintre, elle était maquilleuse dans le cinéma, habilleuse costumière de film… Il y a aussi Lahad Fall que je connais très bien ; qui a été plusieurs fois assistant après avoir fait deux à trois écoles de cinéma différentes… Voici qu’à même deux jeunes, et il y en a d’autres. Mais malheureusement, il y en a plusieurs qui viennent parce qu’ils pensent que quand on vient avec une caméra numérique… on est cinéaste. Ce n’est pas vrai ; le cinéma ça s’apprend. Si ce n’est pas à l’école, ce sont sur les plateaux en étant assistant maintes fois. Puis, on se lance soit même. Et en plus, quand on veut être cinéaste, on doit se cultiver perpétuellement parce qu’un cinéaste doit être intellectuellement bien chargé, parce que le cinéma, c’est la vie.

Propos recueillis par Omar DIOUF

Orphelin à la fin de l’adolescence, quelques années plus tard, le choix d’arrêter des études universitaires pourtant prometteuses « pour s’occuper de la maman » était une évidence. Devenu enseignant dans l’Elémentaire, Michel Mendy fait du don de soi et de l’engagement citoyen son crédo. Michel est citoyen engagé à Guédiawaye. « Citizen Michel », dirait-on de l’autre côté de l’Atlantique.

Orson Wells, le réalisateur américain, a popularisé Citizen Kane aux Etats-Unis grâce au film éponyme. Le cas de celui qu’on peut appeler « Citizen Michel » sera un jour, peut-être, mis sous l’objectif d’un cinéaste de la trempe de ceux qui devancent les livres d’histoire. En attendant, il poursuit son œuvre. Michel Mendy, à l’état civil, est coordonnateur de la société civile de la section de Guédiawaye, secrétaire général de l’association « Les vendredis du livre », moniteur éducatif, encadreur de colonie de vacances, des activités pour enfants dont les parents sont démunis et de cours de renforcement.

Instruction
Autant de casquette qui sied à la tête bien posée de Michel Mendy, jeune quadra qui a l’air d’en avoir beaucoup moins. Arrivé à Guédiawaye en 1993 en provenance de Grand Yoff, Michel y cultive un engagement citoyen depuis l’enfance. « Citizen Michel » était président de l’amicale des élèves au collège et il en était membre au Lycée de Guédiawaye. « Ce sont les sollicitations de toute part qui nous poussent vers les actions citoyennes en leur faveur. A Guédiawaye, certaines personnes n’ont pas les ressources nécessaires pour apporter des solutions aux principaux problèmes qui se posent à elles ». C’est sur ce substrat que se fonde une démarche « citoyenne et totalement désintéressée ».

« Lire, c’est boire et manger. L’esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas », estimait Victor Hugo. C’est une conviction et pas un ennemi de la vérité pour Mamadou Camara, l’auteur de nouvelles, ainsi qu’une trentaine de personnes - dont Michel - qui se réunissent tous les vendredis après-midi au foyer de la commune d’arrondissement de Wakhinane-Nimzatt au nom officiel de centre de formation et d’animation professionnelle. C’est un club d’échanges et de lecture sur des thèmes divers avec généralement un invité central qui vient évoquer son rapport avec les livres et la lecture. « Tout est parti d’un constat : nous n’avons pas de bibliothèque dans notre ville, raconte Michel Mendy. Après avoir lancé un appel qui n’a pas trouvé d’écho favorable auprès des autorités locales, la décision a été prise de se rassembler et de collecter des livres afin de constituer une bibliothèque ». « Les vendredis du livre » existent depuis deux ans.
 
Combat
« C’est un échange d’idées autour de la littérature », résume Mamadou Camara, dont la dernière publication, « La saison des Larmes », a remporté le prix Aminata Maïga Ka en 2016. L’écrivain ne tarit pas d’éloges sur «Citizen Michel» : « Charmant et efficace, c’est un pilier des « vendredis du livre ». Son apport à la collecte de la bibliothèque - plus de 500 ouvrages désormais - a été important. ». Citoyen engagé mais également citoyen politisé à travers la société civile dont il dirige la section Guédiawaye. Une rencontre fortuite a été déterminante. C’est au détour d’une randonnée pédestre organisée avec des amis Manjacks, au nom de la paix en Casamance, que son chemin croisa celui de Birahim Seck du Forum civil. « C’est en cherchant des partenaires que je l’ai rencontré, précise «Citizen Michel». Depuis, il m’a introduit dans le créneau de la société civile ». Michel est investi dans « un combat citoyen ».

A Guédiawaye, il déplore le fait que certains citoyens ne connaissent pas l’étendue de leurs droits notamment en face de l’autorité locale. « A l’approche d’une fête, par exemple, la mairie doit sortir des aides pour les populations. C’est dans le code qui administre les collectivités locales. Pour le citoyen, cela sort de la poche du maire qu’il doit presque supplier pour en disposer alors que c’est un droit. Notre devoir en tant que société civile est de faire comprendre au citoyen que c’est un ayant droit tout simplement », souligne Michel. Mais le rôle de la société civile n’est pas d’être partisan. Donc elle ne doit être ni pour le pouvoir ni pour l’opposition mais essentiellement pour les populations. « La société civile souffre d’une image brouillée car on voit souvent des mouvements dits citoyens qui, à l’approche d’une élection, se mettent à militer pour tel parti ou tel autre », regrette-t-il. Ce qui a pour principale conséquence d’instaurer la défiance des populations. « Quand on se présente comme acteur de la société civile, on nous sort la fameuse boutade d’Abdoulaye Wade. « Vous êtes des politiciens encagoulés » ».
 
Récompense
Mais si « Citizen Michel » n’est pas politique pour autant, il n’en est pas moins mobilisateur. Les populations ont répondu favorablement à l’appel de la société civile, entre autres, sur la sensible question de la préservation de la bande des filaos. Ces arbres, implantés tout au long du littoral de Guédiawaye, sont coupés progressivement depuis plusieurs années pour faire place à un projet immobilier.

« Nous avons poussé l’autorité locale à stopper son projet immobilier et à dialoguer avec les populations », se réjouit Michel Mendy. Il y a eu d’autres fruits de l’engagement citoyen comme la prise en charge des inondations récurrentes devant le Cem Pikine-Est. « C’est en phase d’être résolu grâce à notre mobilisation collective », retient-il. Dans le tableau de chasse de l’engagement citoyen, le fleuron de l’éducation de Guédiawaye qu’est le Lycée Seydina Limamou Laye y figure en bonne place. « La mairie de Ndiarème Limamou Laye (où se trouve le l’établissement secondaire, ndlr) voulait construire des cantines tout au long des murs du Lycée.

« Nous nous sommes mobilisés pour que le lycée ne soit pas transformé en marché, raconte Michel Mendy. Avec le collectif des professeurs de Limamou Laye, le combat a été porté jusqu’aux hautes sphères de la République. Finalement, nous avons eu gain de cause puisque toutes les cantines ont été enlevées ». C’est du concret et cela se voit. « Michel est un jeune africain du Sénégal qui croit au développement par l’action. Il est très actif et a toujours le cœur de bien faire », témoigne Yoro Niang, réalisateur, entre autres, et membre des « Vendredis du livre ».

Les différents engagements du citoyen Michel et d’autres membres de la société civile ont fini par être reconnus par les populations de Guédiawaye : « C’est une ville qui n’est pas au ban de la société car il s’y trouve des ressources humaines très intéressantes. Guédiawaye est une ville d’avenir ». On peut bien le croire, notamment avec les différents projets d’embellissement et pour en faire un centre d’affaires et d’éducation.

Moussa DIOP

 

La ville de Dakar n’est peut-être pas au même chapitre d’authenticité que Toumbouctou ou Guizèh, mais il reste qu’elle présentait, à une certaine époque, un important charme architectural. Un charme particulier par son métissage culturel qui concilie, principalement, inspiration artistique sahélo-soudanaise et influence coloniale. Mais, un charme toutefois défraîchi au fil du temps avec des facteurs non anticipés et pas maîtrisés. C’est du moins l’avis de l’architecte Xavier Ricou, dans cet entretien.

D’aucuns présentent aujourd’hui Dakar comme une ville débridée avec un fort aspect rural. Ce constat est-il crédible ?
Dakar est une ville qui a été construite à l’époque coloniale pour quelques dizaines de milliers d’habitants. Ensuite, avec une explosion démographique, nous en sommes aujourd’hui à presque trois millions d’habitants. Une telle mutation ne peut pas s’opérer sans douleur. Elle génère des problèmes nouveaux qui sont très difficiles à anticiper et encore plus difficiles à corriger. Quand par exemple, à cause de cette saturation de l’espace, on doit créer une route pour permettre aux véhicules d’entrer facilement dans Dakar et d’y sortir, cette route va couper des quartiers en deux en posant des problèmes sociaux, environnementaux, techniques, etc. Et tout est lié. C’est fractal. La ville génère des problèmes, chacun de ces problèmes en génère d’autres qui eux, en génèrent aussi. Les techniciens peuvent régler une catégorie de problèmes, mais il restera toujours le fond. On se retrouve ainsi avec des situations insolubles et des réticences toujours liées à des non-dits. Une somme de choses qui font que Dakar ne fonctionne pas aujourd’hui.

Le problème ne se situerait-il pas alors dans ces quartiers créés après l’indépendance, pourtant censés « désengorger » la capitale ?
J’en suis convaincu ! L’urbanisme, à partir des années 1970, était plutôt un « urbanisme de sauvetage ». Il y avait un besoin d’accueillir beaucoup de nouvelles populations relativement pauvres, qui fuyaient des problèmes naturels de la campagne comme la sécheresse. On a essayé de les recevoir dans de nouveaux quartiers comme Pikine, Guédiawaye, les Parcelles assainies, etc. Mais à cette époque, il y avait encore de la place dans la Presqu’île du Cap-Vert. Il ne se posait pas trop la question de la saturation et les problèmes étaient encore maîtrisables. Mais la ville étant une sorte de trou noir qui absorbe les énergies et les populations périphériques, les populations venaient de plus en plus s’agglomérer. Elles se sont malheureusement aussi installées dans des endroits où elles n’auraient pas dû. Il y a eu par la suite une certaine perte de maîtrise des autorités par rapport à la planification, aux autorisations de construire et de lotir, peut-être aussi des malversations, etc. Progressivement en tout cas, on a perdu le contrôle. Et il se trouve que les mesures correctrices coûtent toujours plus cher que celles de planification initiale. Et malheureusement, dans nos pays, tout ce qui se fait ne se planifie pas et tout ce qui se planifie ne se fait pas.

Des bâtiments que l’on voit maintenant à Dakar manquent beaucoup d’authenticité. Est-ce par manque d’imagination ou plutôt des négligences techniques ?
C’est une bonne question à laquelle moi-même je n’ai pas la réponse, mais ça peut s’expliquer (rires). A l’époque, par exemple, il existait des budgets pour faire de la décoration. On faisait aussi attention à l’orientation des bâtiments pour des soucis climatiques. On ne fait plus attention à ces subtilités et, en plus, on n’a perdu entre-temps le savoir-faire. On a failli dans la fabrication du fer forgé, on ne sait plus comment faire de la menuiserie en bois bien traité, on n’utilise pas la tuile comme il faut, plutôt que de la chaux, on utilise le ciment qui rend étanche, etc. Tout cela fait que nos bâtiments sont mal orientés, mal conçus. Tout est fait pour rentabiliser l’espace. On n’est pas bien à l’intérieur, on a chaud et on dépense toujours plus dans le rafistolage. A côté, les architectes sont très peu sollicités car leur service est coûteux. Les gens aussi veulent toujours construire à moindre coût et font faire dessiner leurs plans à la mauvaise personne. Cependant, il y a que ce sont les architectes mêmes qui portent les atteintes les plus graves au patrimoine. Certains suivent plus les caprices du client qu’ils n’appliquent leur idée. L’argent qu’on peut gagner pousse à ne pas réfléchir trop longtemps. Et puis, tous les architectes ne sont pas tous formés à la protection du patrimoine. On construit plus sous la notion de rentabilité que sous celle de confort.

Auriez-vous des pistes à proposer pour sortir de la situation et vivre mieux à Dakar ?
Je réfléchis à des perspectives. Des perspectives pour mieux stationner à Dakar, éviter les problèmes d’érosion côtière, des connexions pour relier Gorée plus facilement, etc. Beaucoup de suggestions pour être mieux dans la ville. Il faut des correctifs. La ville ne fonctionne plus. Aujourd’hui, le plan d’urbanisme de Dakar, qui n’est même pas encore approuvé, est dépassé par ce qui est en train de se faire. Même en matière d’alimentation en eau, on est dépassé. On va chercher l’eau au nord du Sénégal, du Lac de Guiers, pour alimenter Dakar parce que sa nappe est totalement polluée. On est quand même obligé de pomper cette nappe parce que ça déborde et risque d’inonder les quartiers. Et avec ce système de pompage, on est parti pour pomper les 50 prochaines années. Là, il faut soit raser la ville et créer une autre capitale, ce qui serait trop difficile, soit on est obligé de tout le temps trouver de petites corrections.

Êtes-vous optimiste par rapport à la préservation de ce qui reste du patrimoine architectural de Dakar ?
Non, je ne pas du tout optimiste. C’est une bataille perdue d’avance. Aussitôt qu’on a un terrain qui coûte bien plus cher que le bâtiment construit dessus, l’édifice garde de maigres chances de survie. Que ce soit dans cinq, dix ou vingt ans, il disparaîtra. On aura peut-être à sauver des bâtiments emblématiques encore visibles, mais pour ce qui est des villas et autres, je ne suis pas du tout optimiste.

Vous administrez sur Facebook une page, « Sénégalmétis », qui présente dans ces publications multimédia les belles caractéristiques du Dakar de l’époque. Certains y voient tout de même la sublimation du colon et la nostalgie de son administration. Comment appréhendez-vous cela ?
J’ai créé la page il y a sept ans, en me disant que j’allais partager deux ou trois trucs intéressants sur Dakar. Mais il se trouve qu’on a tous les jours quelque chose à dire sur l’architecture, l’iconographie, le patrimoine, l’histoire, sur certaines personnes, certains bâtiments. Et c’est là que l’on se rend compte que notre histoire est riche et passionnante et vaut la peine d’être connue et protégée. Maintenant, pour la question sensible du rejet du colonialisme, moi je comprends bien la revendication politique et l’idée de vouloir repartir sur nos propres bases. Sauf qu’il faut nuancer tout cela. L’histoire coloniale n’est pas monolithique, elle a duré plusieurs siècles. Elle est complexe et comporte pleins d’épisodes qui montrent que ce n’est pas « les Blancs contre les Noirs ». Il y a eu un réel métissage culturel. Ensuite, je considère que c’est important de savoir d’où l’on vient.  Nous sommes constitués de petits morceaux d’histoire et si on le comprend, on peut facilement savoir comment agir et aller de l’avant. Prenons l’exemple de la statue de Faidherbe. Une telle statue qui tombe, que ce soit là-bas ou au musée, elle doit bien être remise quelque part. Elle fait partie de notre histoire. Faidherbe était un gouverneur important qui a fait basculer le Sénégal d’un comptoir économique à une colonie, a créé Dakar et a mis en place énormément de réformes. A côté, il a massacré énormément de gens et commis de graves exactions. Tous ces paramètres doivent être pris en compte ensemble pour mieux étudier notre histoire et se l’approprier. Ce qui est regrettable maintenant, c’est que la plupart de ceux qui soulèvent ces combats réagissent de manière brutale et épidermique sans avoir le background historique nécessaire.

Propos recueillis Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

 

Le Nobel de littérature au Britannique Ishiguro, auteur des « Vestiges du jour »

Ecrivain des illusions et de la mémoire, le Britannique d’origine nippone Kazuo Ishiguro, auteur des « Vestiges du jour » adapté avec succès au cinéma, a été consacré jeudi par le prix Nobel de littérature.

Kazuo Ishiguro, 62 ans, « a révélé, dans des romans d’une puissante force émotionnelle, l’abîme sous notre illusoire sentiment de confort dans le monde », a commenté en français la secrétaire perpétuelle de l’Académie suédoise, Sara Danius, sous les ors de la salle de la Bourse à Stockholm. L’écrivain, qui recevra neuf millions de couronnes (845.000 euros), s’est dit « formidablement flatté ». Il a raconté qu’il était à son bureau lorsque son agent l’a appelé pour lui apprendre la nouvelle. « J’ai cru qu’il s’agissait d’un canular. Je n’y ai pas cru pendant un bon moment », a-t-il expliqué au cours d’une conférence de presse improvisée à son domicile londonien. « C’est un honneur magnifique, principalement parce que cela signifie que je marche dans les pas des plus grands écrivains de tous les temps », a-t-il déclaré à la Bbc.

Qualifié de « chef-d’œuvre » par l’Académie suédoise, son roman le plus connu, « Les vestiges du jour » (1989), a été porté à l’écran en 1993 par James Ivory avec Anthony Hopkins et Emma Thompson et salué par le prestigieux Man Booker Prize qui récompense une oeuvre de langue anglaise. Il y évoque le sacrifice de la vie d’un majordome au service de son maître, un aristocrate anglais que ses sympathies nazies laissent ruiné à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Né en 1954 au Japon, à Nagasaki, ville martyre rasée par la bombe H en 1945, Kazuo Ishiguro est arrivé en Grande-Bretagne en 1960 où son père, océanographe, était amené à travailler. Son oeuvre témoigne de cette double culture.
Il aimerait désormais collaborer à l’écriture de bandes dessinées. « Je suis en discussion pour travailler sur un roman graphique, ce qui est assez excitant pour moi parce que c’est quelque chose de nouveau et ça me renvoie à mon enfance japonaise, quand je lisais des mangas », a-t-il dit à la presse.

Zen nippon doublé de flegme britannique, lunettes à monture noire et pull assorti, cet auteur discret qui se rêvait en chanteur pop à textes comme Bob Dylan ou encore Leonard Cohen passe pour être un des meilleurs stylistes de sa génération, lui dont la langue maternelle n’était pas l’anglais.

En 1995, il expliquait être souvent ramené à l’une ou l’autre de ses identités. Ses premiers romans situés au Japon étaient en outre davantage perçus comme des reconstitutions historiques que comme des fictions universelles.

« Je pensais que si j’écrivais un livre situé en Grande-Bretagne, comme je l’ai fait dans +Les vestiges du jour+, cela s’estomperait largement, mais parce que les +Vestiges du jour+ fixent la Grande-Bretagne dans un moment particulier de l’Histoire, je me suis heurté aux mêmes écueils », déplorait-il dans un entretien avec l’International Herald Tribune.

Kazuo Ishiguro confirme la domination des anglophones au palmarès du prix Nobel de littérature, avec 29 lauréats contre 14 francophones, 13 germanophones et 11 hispaniques, et marque le retour du Nobel à une certaine orthodoxie.

AFP

La capitale sénégalaise n’endure pas seulement un problème d’espace. Dakar souffre aussi d’une pénurie de fréquences analogiques. La forte demande de cette ressource rare a fait que la région est « totalement saturée ».

Selon le directeur général de l’Artp, il n’y a plus de marge de manœuvre.  D’une manière générale, Abdou Karim Sall dit constater l’exploitation de plusieurs réseaux radioélectriques au Sénégal avec une demande en forte augmentation. Sans être exhaustif, il a cité, pour les radios Fm, 276 réseaux autorisés pour 457 canaux de fréquence. Pour les télévisions, 31 réseaux sont autorisés pour 147 canaux de fréquence. Toutefois, a-t-il précisé, avec l’avènement de la Télévision numérique terrestre (Tnt), certaines fréquences peuvent être redéployées dans le numérique pour libérer des espaces. Au regard de l’utilisation large des fréquences et de la forte croissance de la demande, M. Sall invite à un usage intensif, tout en minimisant le risque de pénurie de fréquences qui peut nuire au développement des activités.

I. BA

L’Ong Article 19, en partenariat avec Ford Foundation et Clemson University, a organisé une session de formation en cybersécurité à Dakar, les 28, 29 et 30 septembre dernier, à Dakar, pour les professionnels des médias.  

La session de formation en cybersécurité, initiée du 28 au 30 septembre dernier par l’Ong Article 19, en partenariat avec Ford Foundation et Clemson University, vise à initier et à outiller les acteurs des médias aux pratiques et méthodes de la sécurité et protection numérique. L’objectif principal du projet « Afrique média cyber sécurité » est de permettre l’accès à Internet sans entrave aux professionnels des médias de l’espace Afrique de l’Ouest.

Le formateur, Cheikh Fall, de la Ligue africaine des web activistes pour la démocratie « Africtivistes » a d’abord regretté les contenus désobligeants sur les portails. Mais, à l’en croire, on n’a que les commentaires que l’on mérite sur les plateformes. « Lorsque l’on se fait entourer par des gens sérieux, on produit des informations réfléchies », a-t-il dit.

« Nous pensons que tout le monde doit avoir accès à l’info : de la collecte à la production en passant par la diffusion sans aucune forme de censure ou de pression », a affirmé le blogueur cyber-activiste sénégalais. Revenant sur les lois de la cybercriminalité votées, mais non appliquées, M. Fall note que cela relève de la responsabilité des gouvernants. « Ces lois doivent encadrer notre liberté », a-t-il souligné.

Quant à Jeanne Irène Nguidjoi, assistante de programme à l’Ong Article 19, elle est revenue sur le concept « cybersécurité ». Un néologisme, dit-elle, qui désigne « l’ensemble des lois, politiques, outils, dispositifs, concepts et mécanismes de sécurité, méthodes de gestion des risques, actions, formations, bonnes pratiques et technologies qui peuvent être utilisés pour protéger les personnes, les actifs informatiques matériels et immatériels ».

La cybersécurité touche tout le monde. Le virtuel fait partie de notre vie. Le fait qu’il y ait de la gouvernance sur Internet implique la disponibilité des infrastructures, l’accessibilité des coûts et la liberté de s’exprimer », a-t-elle avancé. L’assistance à l’Ong Article 19 ajoute que le numérique renforce la capacité des individus à jouir de certains droits comme la liberté d’expression, mais il en fragilise d’autres, comme le droit à la vie privée ou le droit à la protection des données.

Fatou Jagne Senghor, directrice de l’Ong Article 19, du Bureau Afrique de l’Ouest a, pour sa part, indiqué que l’accès à l’informatique offre des opportunités. « Vous êtes au cœur de l’information et il est important de se soucier de l’économie numérique en passant par le networking », a-t-elle dit. « Afrique média cybersécurité » est un programme de formation théorique et pratique en sécurité internet destiné aux journalistes professionnels et autres acteurs des médias (blogueurs, journalistes citoyens, cyber activistes…) des pays de la sous-région ouest-africaine.

Serigne Mansour Sy CISSE

L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) a tenu, hier, un séminaire annuel de vulgarisation des procédures relatives à la gestion des fréquences. Cette rencontre a été une opportunité d’échanger sur les enjeux et nouveaux défis liés aux procédures d’agrément des équipements radioélectriques et des installateurs, de délivrance des autorisations relatives à la radiodiffusion sonore, aux affaires maritimes et aux réseaux amateurs et privés indépendants.

Axe important à prendre en compte dans l’élaboration de tout programme de développement, le numérique ne peut être un levier de croissance économique durable que lorsqu’il y a une gestion qualitative du spectre des fréquences. Lesquelles sont devenues indispensables à de nombreux secteurs de la communication, de l’audiovisuel, des réseaux satellites, du transport ou encore de la sécurité publique ou privée. Au regard de ce rôle majeur, au Sénégal, l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) s’est engagée à mettre en place un environnement favorable au développement des réseaux de télécommunications à travers une bonne politique de gestion du spectre des fréquences.

Le séminaire annuel de vulgarisation des procédures relatives à la gestion des fréquences de Artp remet au goût du jour les enjeux et nouveaux défis dans les procédures d’agrément des équipements radioélectriques et des installateurs, de délivrance des autorisations relatives à la radiodiffusion sonore, aux affaires maritimes et aux réseaux amateurs et privés indépendants. L’évolution de ces dernières années, a rappelé le directeur général de l’Artp, « se caractérise par la généralisation et la convergence des applications grand public de radiocommunication, facilitée par une déspécialisation des infrastructures qui a entrainé un développement exponentiel du trafic mobile, surtout de la bande passante. »

Ce qui, aux yeux de Abdou Karim Sall, impose de mettre à disposition des acteurs une part toujours « importante » du spectre des fréquences avec des procédures simplifiées et dans des conditions qui assure l’accès à tous, qui soient à la fois « abordables, équitables et durables ». Selon lui, ces conditions et procédures sont la clé de voûte du développement de l’économie numérique. « Je suis convaincu que l’économie numérique, qui est une des priorités du gouvernement, repose pour beaucoup sur l’utilisation des fréquences. Les fréquences, au-delà des procédures de gestion, sont au cœur des usages de l’économie numérique, car elles irriguent la plupart des activités économiques aujourd’hui qui s’appuient, dans de très nombreux cas, sur le spectre radioélectrique », a souligné M. Sall.

Le directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes, qui présidait la cérémonie d’ouverture de ce séminaire, a tenu à rassurer que « même si la gestion du spectre est une activité éminemment internationale, nous travaillons au niveau national pour définir les règles, méthodes et services répondant aux meilleures normes et pratiques dans l’usage du spectre ».

Ibrahima BA

DAKAR FACE À UNE FORTE DEMANDE DE FRÉQUENCES ANALOGIQUES
La capitale sénégalaise n’endure pas seulement un problème d’espace. Dakar souffre aussi d’une pénurie de fréquences analogiques. La forte demande de cette ressource rare a fait que la région est « totalement saturée ».

Selon le directeur général de l’Artp, il n’y a plus de marge de manœuvre.  D’une manière générale, Abdou Karim Sall dit constater l’exploitation de plusieurs réseaux radioélectriques au Sénégal avec une demande en forte augmentation. Sans être exhaustif, il a cité, pour les radios Fm, 276 réseaux autorisés pour 457 canaux de fréquence. Pour les télévisions, 31 réseaux sont autorisés pour 147 canaux de fréquence. Toutefois, a-t-il précisé, avec l’avènement de la Télévision numérique terrestre (Tnt), certaines fréquences peuvent être redéployées dans le numérique pour libérer des espaces. Au regard de l’utilisation large des fréquences et de la forte croissance de la demande, M. Sall invite à un usage intensif, tout en minimisant le risque de pénurie de fréquences qui peut nuire au développement des activités.

I. BA

Gorée Cinéma, qui s’est constitué un réseau, revisite cette année, l’œuvre du cinéaste sénégalais Ababacar Samb Makharam à l’occasion des 30 ans de sa disparition. Ainsi, le Gorée Cinéma reprend, ce 7 octobre, ses apparats de festival pour un programme chargé à Gorée, Saint-Louis et Ziguinchor.

« Ababacar Samb Makharam est un cinéaste toujours à la quête de l’homme. De la problématique du retour - non pas d’un simple retour physique, mais du retour spirituel - posée dans « Et la neige n’était plus », à celle de la dignité qui n’appartient qu’à ceux capables de se tenir debout qui transparaît dans « Kodou » et « Jom », Samb part à la découverte de lui-même. Et dans cette quête, par le prisme et le drame de sa caméra, il met à nu la psychologie de tout son peuple. Pas son esprit ou sa mémoire collective, mais les affects et agencements qui les constituent individuellement. L’œuvre de Samb, c’est un cinéma au singulier ». C’est cette œuvre, cette façon de voir le monde que les organisateurs de Gorée Cinéma veulent faire redécouvrir aux Sénégalais et à tous ceux qui se joindront à eux à travers des projections. Il sera question aussi, comme il est de coutume ici, de nourrir la réflexion grâce au « Diisoo cinéma » qui est une occasion de penser le cinéma et l’Afrique. En parallèle de chacune des projections, le « Diisoo » propose d’augmenter le regard qu’un cinéaste porte sur un sujet, par une réflexion et un débat qui réunissent différents acteurs du monde culturel panafricain.

Riche parcours
Pour cette édition spéciale consacrée à Ababacar Samb Makharam, une série d’intervenants aborderont, à la fois, l’esthétique de l’œuvre du cinéaste et les problématiques qui la traversent. La réflexion menée sera donc, aux yeux des organisateurs, un fil tendu qui tissera un discours sur la construction des identités des peuples noirs. Celles-ci, indiquent-ils, sont en perpétuelles tensions avec les différentes territorialités qui les accueillent.

Ababacar Samb Makharam est un réalisateur, scénariste sénégalais né le 21 octobre 1934 à Dakar. Entré au Conservatoire d’art dramatique de Paris en 1955, il crée ensuite une troupe de théâtre, « Les Griots », pour tracer les allées de sa quête perpétuelle. En tant qu’acteur, il interprète quelques petits rôles comme « Tamango » de John Berry et « Les tripes au soleil » de Claude Bernard Aubert. Avant de retourner dans son pays natal, le Sénégal, en 1964, il se rend, en 1958, en Italie, au Centre expérimental de cinématographie, la grande école romaine du cinéma.

Au Sénégal, le fondateur de la société de production « Baobab Films » travaille dans l’audiovisuel notamment pour une émission d’information à la télévision publique sans délaisser sa carrière de réalisateur et sans non plus relâcher son effort dans la promotion et la défense des cinémas africains ; ce qui fera de lui, de 1972 à 1976, le secrétaire général de la Fédération panafricaine des cinéastes (Fepaci). En 1966, il réalise le court métrage « Et la neige n’était plus ». « Kodou » (en 1971) et « Jom (ou l’histoire d’un peuple, 1982)  » complètent sa filmographie. Il est décédé en 1987.

Alassane Aliou MBAYE

La Maison de la Culture Douta Seck à Dakar abrite, samedi prochain, l’ouverture de la 17ème édition du Festival « Image et Vie ».  Cette année, plus d’une dizaine de films africains et sénégalais sont projetés en présence de leurs réalisateurs.

L’Association d’action cinématographique et de développement durable présente, du samedi 7 au 11 octobre, la 17ème édition du Festival « Image et Vie ». Organisée cette année sous le thème: « Cinéma et insertion professionnelle des jeunes », le festival présentera une programmation alléchante axée principalement sur la production nationale et africaine. Cela, avec la projection des films « Une place dans l’avion » de Kadidiatou Sow, « Khalé bou reer » d’Abdou Khadir Ndiaye, « Dem Dem » de Pape Bouname Lopy ou encore « J’existe » d’El Hadji Demba Dia. Les films africains seront également à l’honneur avec la programmation de « L’homme à la Bicyclette » de Twiggy Matiwana de l’Afrique du Sud, « Hyménée » de Violaine Maryam Blanche Belet du Maroc. Sans oublier le « Voyage de Keltoum » de l’Algérien Anis Djaad, traitant de l’histoire d’une infirmière (Keltoum) ayant du mal à assumer un mari infidèle et un fils qui se drogue. « Les silences des Lydie » d’Aissata Ouarma du Burkina et « Hyménée » vont clôturer la programmation de ce festival  le mercredi 11 octobre à l’Institut français Lépold Sédar de Dakar. Dans le même temps, il est prévu également la remise des prix.

Créé en 1999, le Festival « Image et vie » œuvre pour le développement des communautés de base par le cinéma et l’audiovisuel. Depuis 16  ans, il propose chaque année au public sénégalais, l’expression des cinématographies africaines et du monde. L’évènement a ainsi permis de mettre en exergue les opportunités qu’offre le cinéma, industrie et loisir, pour un développement socio-économique du Sénégal.

Le Festival a pu aussi fédérer un grand nombre de partenaires nationaux et internationaux autour des actions menées pour la vulgarisation des films africains et la formation des publics.

Dans le cadre des activités du Festival de cinéma « Image et Vie », un forum-rencontres, échanges et discussion avec les professionnels est prévu à la Maison de la Culture Douta Seck. Des débats qui vont porter sur le thème : « Cinéma et insertion professionnelle des jeunes ».

Ibrahima BA

L’Association « Afric’art, Les arts en palabre » a démarré hier, à Dakar, une session de formation professionnelle en management culturel au profit des acteurs du secteur de la culture. Pour l’initiateur Meïssa Mbaye, ce stage de renforcement de capacités va les aider dans l’élaboration de projets.

La formation initiée par l’Association « Afric’art, Les arts en palabre », en partenariat avec le ministère de la Culture, allie pratique et théorie. Elle débutera le 3 octobre dans l’espace culturel Keur Meïssa, sis à la Liberté 6 Extension, à Dakar.

« Pendant un mois, nous ferons des cours de théorie et de pratique. Nous voulons former ces acteurs culturels dans l’employabilité. Nous pourrions avoir un studio d’enregistrement avec ce projet. Nous voulons laisser un espace professionnel de pérennisation à ces artistes-musiciens », a avancé Meïssa Mbaye, président de ladite association.

Diplômé à la Sorbonne en Ingénierie culturelle, M. Mbaye veut faire de ce projet une réussite. Ce stage de renforcement de capacités, dit-il, a pour objectif d’accompagner des managers culturels vers la création d’entreprises créatives et ainsi, vers une professionnalisation des artistes et musiciens. Présent au lancement de la formation, Cheikh Birahim Gaye, 1er adjoint au maire de la commune de Sicap-Liberté, a indiqué qu’il faut permettre à la communauté artistique de se développer. C’est pourquoi, la mairie de la localité s’est engagée à l’appuyer. « Nous allons inscrire ce projet dans l’agenda culturel de la commune », a-t-il rassuré. Laformation sera assurée par Abdou Khadre Diallo.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le centre Raw Material Company, à Dakar, a accueilli, jeudi et vendredi derniers, le colloque « Citéologies ». Un programme de réflexion et de recherche sur les politiques architecturales et urbanistiques des villes africaines. A l’atelier sur le thème « Préservation et valorisation du patrimoine architectural des villes africaines », la situation architecturale de Dakar a été notamment passée au crible.

Partant de la genèse de son urbanisation à sa peinture défraîchie de maintenant, la métamorphose et le défaut identitaire de nos villes, la capitale sénégalaise en particulier, ont été minutieusement examinés. Xavier Ricou, architecte, offre d’emblée l’image d’une rue de Dakar dans son anarchie ambiante, son capharnaüm incontrôlé et ses édifices décrépis. Cela, pour mieux camper le sujet et insister sur la métamorphose décroissante qui a donné l’image actuelle de la capitale. Ensuite, du rejet du vidéoprojecteur, une série de clichés, en noir et blanc ou en sépia, présente le Dakar du 19ème siècle et son début d’urbanisation par la suite.

En ce moment, la Presqu’île du Cap-Vert constituait un lot de villages (Santiaba, Mbor, Kaye, …) avec des blocs de cases. La future capitale allait recevoir les fonctionnaires et militaires qui commençaient à pulluler à Gorée, commune urbanisée avant l’actuelle capitale. L’architecte projette le premier plan cadastral de Dakar (1862), dont l’urbanisation effective commence en 1920.
Il y avait déjà une jolie floriculture dans les jardins publics et une belle architecture. L’administrateur de la page facebook « Senegalmetis » relève également que l’hygiénisme, quoiqu’étant un des points focaux de la politique urbaine coloniale, était aussi un prétexte pour repousser les autochtones et laisser place intégrale aux colons dans le quartier Plateau.

Ouakam, Yoff, Cambérène et Ngor conservaient dans un état embryonnaire leurs huttes et leurs cases, avec cependant une disposition géométrique qui renvoient à des dispositions traditionnelles (comme le Penc). Là, Xavier Ricou, historien colonial, fait remarquer une certaine « archéologie urbaine ». La politique d’urbanisation a tout de même engendré les beaux édifices qu’a connus le Dakar d’avant celui débridé que l’on connaît aujourd’hui. Xavier Ricou note un métissage culturel matérialisé à partir de ces réalisations, s’inspirant des traditions africaines avec de subtiles touches occidentales. Le spécialiste du patrimoine architectural sénégalais donne pour exemple la Cathédrale de Dakar avec son style sahélo-soudanais et les maisons de Gorée qui sont l’expression raffinée des mulâtres. Malheureusement, le legs esthético-architectural n’est pas conservé. Le problème ne serait pas que technique, mais également social et politique.

Traditions et environnement
« Dakar est hypertrophié parce qu’on n’a pas réfléchi à son expansion urbaine. La ville était aménagée pour quelques dizaines de milliers de personnes, et on est actuellement à trois millions d’habitants », regrette Xavier Ricou.

La décrépitude architecturale de Dakar n’est pas que pour désoler les spécialistes. Les citoyens qui subissent au quotidien cette décadence sont encore plus heurtés. A ce titre, Pape Diam, activiste, dépeint la capitale comme « un grand corps malade » et s’insurge contre ce qu’il considère comme un « génocide architectural ». M. Diam estime que le mercantilisme, par la prolifération des logements locatifs, fait qu’aucune règle n’est plus respectée. Pape Diam, qui se bat pour la préservation et la protection du littoral en plus de la mobilité urbaine, pense que Dakar étouffe. Il a le sentiment que l’architecture dakaroise n’a plus d’identité et n’est plus sous contrôle.

« Artistiquement, elle ne vaut plus rien ! Tout ce qui rendait Dakar belle est devenue inaccessible, soit rasé, soit en décrépitude soit totalement désordonné », déplore le créateur multimédia.
Jean Charles Fall, architecte, invite lui à une réappropriation de nos cultures. Il observe que si on amenait beaucoup de personnes à choisir les patrimoines à classer, la plupart désignerait l’héritage architectural d’époque coloniale. Or le patrimoine est ce qui nous est authentique et qu’on a le devoir de préserver et transmettre aux futures générations. Le co-fondateur du Collège universitaire d’architecture de Dakar fait rendre compte que l’on s’appesantit plus sur l’esthétique que sur les réalités.

Pour Jean Charles Fall, « Nous regardons notre histoire avec les mauvais outils. Il faut revisiter nos modèles culturels plutôt que de mimer aveuglément l’extérieur. […] Nous consommons beaucoup mais construisons très peu ». Ainsi, ne s’agit-il pas que de se prêter à de la nostalgie, mais de s’approprier les techniques et le savoir-faire de nos aïeux. Il évoque les techniques et mathématiques qui étaient déjà de rigueur dans nos sociétés traditionnelles, et présentes dans la coiffure, le tissage, les motifs décoratifs et les demeures avec une déconcertante concision. Dans la même veine de l’inspiration traditionnelle, l’architecte oriente vers certains éléments de recyclagepropres et accessibles à nous et plus favorables à l’environnement. Il présente des images de briques moulées avec du typha et de la terre crue. Ce matériau, en plus de son caractère authentique, a des caractéristiques d’isolant thermique. Des esquisses de maisons faites avec la matière sont d’ailleurs projetées pour édifier sur la beauté et l’utilité de l’initiative.

Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

Quand la Brésilienne Rogéria Ferreira a été obligée d’enlever son turban pour prendre une photo destinée à sa carte d’identité, elle s’est sentie blessée dans son intimité. Cette styliste noire de 36 ans a pris l’habitude de couvrir son « ori » (tête en Yoruba) pour respecter les préceptes du candomblé, religion apparue au Brésil au XVIe siècle avec l’arrivée d’esclaves venus d’Afrique.

« Pour beaucoup de gens, c’est juste un morceau de tissu, une mode. Mais ce turban représente mes ancêtres. Si je sors sans turban, c’est comme si j’étais nue. Je me suis sentie humiliée, agressée », raconte-t-elle à l’Afp.

Comme Rogéria a dû refaire sa carte d’identité dans l’urgence après avoir été victime d’un vol à main armée, elle n’a pas eu le choix.
Mais, pour la première fois de sa vie, des fonctionnaires de l’état civil lui ont dit que pour prendre la photo avec son turban, il lui aurait fallu présenter un certificat médical disant qu’elle avait un cancer ou une lettre de sa « mère de saint » (prêtresse du candomblé).

La jeune styliste a fini par se résigner: elle s’est découverte. Mais n’a pas baissé les bras.
S’estimant victime de « préjugé racial et religieux », elle a engagé une longue bataille judiciaire et a obtenu gain de cause un an plus tard.
En mars, le parquet de Rio a autorisé des photos d’identité avec « tout type de couvre-chef pour des raisons de conviction religieuse ».
Rogéria a donc pu faire une autre carte, avec un flamboyant turban jaune orné de fleurs roses: « Cette carte d’identité, c’est mon trophée, un trophée collectif ». Son combat s’inscrit dans un contexte de plus en plus tendu, les épisodes d’intolérance religieuse s’étant multipliés ces derniers mois au Brésil.

Esprits immondes
De nombreux adeptes du candomblé ont été victimes récemment d’agressions des membres d’Églises évangéliques néo-pentecôtistes, dont certains étaient même des narcotrafiquants reconvertis.

Le 17 septembre, la dixième édition de la Marche pour la liberté religieuse a réuni plusieurs milliers de personnes sur la célèbre plage de Copacabana à Rio. « Notre pays est laïc, mais nous sommes en train de revenir au temps de l’inquisition », s’était indigné, à l’occasion, le Doté (prêtre) Adriano, de la branche Sogbo du candomblé, entouré d’un groupe de fidèles, tous vêtus de blanc.

Début septembre, deux vidéos qui circulaient sur les réseaux sociaux montraient des individus forçant des fidèles de religions afro-brésiliennes à détruire des images saintes dans leurs lieux de culte.

Ces tensions récentes ont eu lieu alors que la ville de Rio est administrée, depuis le début de l’année, par le maire Marcelo Crivella, pasteur de l’Église Universelle du Règne de Dieu, une des principales Églises évangéliques du pays.

Avant de prendre ses fonctions, l’édile avait dû s’excuser publiquement de propos tenus dans son livre « Évangéliser l’Afrique », datant de 1999, dans lequel il parlait d’« extirper les esprits immondes ».

« Voilà la sorcière »
« La discrimination à Rio est terrible. Quand je marche dans la rue, certaines personnes me regardent de travers et disent : « voilà la sorcière ». Parfois, même quand le bus est plein, personne ne s’assied à côté de moi », explique Rogéria. « La discrimination est généralisée, mais à l’encontre des Noirs, elle est exacerbée », estime-t-elle.

« J’ai appris à le prendre avec humour », admet-elle, regrettant l’« ignorance » de la population en ce qui concerne le candomblé. Même si le port du turban n’est pas interdit dans ce pays laïc, et si cet accessoire est même devenu une mode pour les femmes, sans distinction de race, Rogéria n’est pas la première à se dire victime de discrimination.
La militante noire Dandara Tonantzin a indiqué avoir été agressée, l’an dernier, lors d’une cérémonie de remise de diplômes dans le Minas Gerais (sud-est) où des jeunes lui avaient arraché son turban.

Le Brésil, pays à la plus grande population catholique au monde, est en pleine mutation religieuse.
La proportion de catholiques est passée de 92% en 1970 à moins de 65% en 2010, selon le dernier recensement de l’Institut de géographie et de statistiques (Ibge).
Sur cette même période, les églises évangéliques ont vu leur nombre de fidèles augmenter de 5,2% à 22,2% de la population.

Pour ce qui est des religions afro-brésiliennes, ce chiffre tombe à 0,3%, mais certains analystes estiment que beaucoup n’osent pas assumer leurs croyances à cause des préjugés.

AFP

La musique sénégalaise vient encore de s’illustrer avec la sélection des artistes Omar Sarr alias Sarro et la rappeuse Oumy Guèye plus connue sous le sobriquet de Omg parmi les dix finalistes de l’édition 2017 du Prix Découvertes Rfi. Les candidats seront soumis, le 9 novembre prochain, au vote du jury présidé cette année par le chanteur franco-congolais Singuila.

Les musiciens sénégalais Sarro et la rappeuse Omg viennent d’être sélectionnés parmi les dix finalistes de l’édition 2017 du Prix Découvertes Rfi. Le comité d’écoute du Prix a aussi choisi huit autres artistes africains qui composent les dix candidats qui seront soumis, le 9 novembre prochain, au vote du jury présidé, cette année, par le chanteur français d’origine congolais, Singuila. Il s’agit de : Ayôdélé du Bénin, Willy Baby du Togo, M’bouillé Koité et Ami Yerewolo du Mali, Lab’l du Cameroun, Hans Nayna de l’Île Maurice, SO-S Def de la Guinée et Prince Mo du Gabon.

Initié depuis 1981, le Prix Découvertes Rfi, informe un communiqué, met en avant les nouveaux talents musicaux du continent africain. C’est pourquoi, « au cours des années, ce Prix a contribué au lancement de nombreux artistes qui ont depuis conquis un public international : Tiken Jah Fakoly (Côte d’Ivoire), Amadou et Mariam (Mali), Rokia Traoré (Mali), Didier Awadi (Sénégal), Elida Almeida (Cap-Vert)… ». En dehors du jury, le public peut également participer à l’élection du lauréat de cette année. Il peut voter pour leur artiste jusqu’au 29 octobre prochain sur l’adresse : « (www.prixdecouvertes.com/fr/vote.

Omar Sarr dit Sarro, l’un des finalistes sénégalais, est un natif de la banlieue dakaroise. Il a débuté la musique très jeune. L’adolescent jouait au chef d’orchestre en récupérant divers objets pour en faire des instruments musicaux. Après avoir subi une formation en 2010, il devient professeur à l’école Voice music de Dakar. Par la suite, Sarro va former son groupe de musique « Sarro et Get Sa feeling ». L’artiste signe des contrats avec des cabarets et boites de nuit de la place… Sa participation depuis quelques années au Festival de Jazz de Saint-Louis avec la chorale internationale « Afrikiyo » a contribué à redorer son expérience et à parfaire son talent. Sarro prend part, depuis deux ans, dans des collaborations croisées musique et danse contemporaine d’une manière permanente. C’est dans ce contexte qu’il a eu à partager la scène avec le chorégraphe nigérien Abdallah Ousmane Yacouba dans « Xol sa boop » puis avec la chorégraphe sénégalaise Fatou Cissé dans son spectacle « Ce qui restera ». Son album (« Babylon ») sorti en avril 2015 est un vibrant hommage à son défunt père.

De son côté, l’autre finaliste sénégalais, Oumy Guèye alias Omg, est un artiste prometteur. Ses premiers pas dans l’univers musical remontent à 2009. C’est en 2013 que Omg va sortir son premier single sous le titre de « Hey Girl ». Elle signera un deuxième single « Hollat ma » dans la même année. « Zik de fam » est le titre de sa toute dernière production. Il s’agit d’un Ep sur la femme africaine moderne.

Ibrahima BA

AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.