banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Arts et Culture (1742)

L’Association « Afric’art, Les arts en palabre » a démarré hier, à Dakar, une session de formation professionnelle en management culturel au profit des acteurs du secteur de la culture. Pour l’initiateur Meïssa Mbaye, ce stage de renforcement de capacités va les aider dans l’élaboration de projets.

La formation initiée par l’Association « Afric’art, Les arts en palabre », en partenariat avec le ministère de la Culture, allie pratique et théorie. Elle débutera le 3 octobre dans l’espace culturel Keur Meïssa, sis à la Liberté 6 Extension, à Dakar.

« Pendant un mois, nous ferons des cours de théorie et de pratique. Nous voulons former ces acteurs culturels dans l’employabilité. Nous pourrions avoir un studio d’enregistrement avec ce projet. Nous voulons laisser un espace professionnel de pérennisation à ces artistes-musiciens », a avancé Meïssa Mbaye, président de ladite association.

Diplômé à la Sorbonne en Ingénierie culturelle, M. Mbaye veut faire de ce projet une réussite. Ce stage de renforcement de capacités, dit-il, a pour objectif d’accompagner des managers culturels vers la création d’entreprises créatives et ainsi, vers une professionnalisation des artistes et musiciens. Présent au lancement de la formation, Cheikh Birahim Gaye, 1er adjoint au maire de la commune de Sicap-Liberté, a indiqué qu’il faut permettre à la communauté artistique de se développer. C’est pourquoi, la mairie de la localité s’est engagée à l’appuyer. « Nous allons inscrire ce projet dans l’agenda culturel de la commune », a-t-il rassuré. Laformation sera assurée par Abdou Khadre Diallo.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le centre Raw Material Company, à Dakar, a accueilli, jeudi et vendredi derniers, le colloque « Citéologies ». Un programme de réflexion et de recherche sur les politiques architecturales et urbanistiques des villes africaines. A l’atelier sur le thème « Préservation et valorisation du patrimoine architectural des villes africaines », la situation architecturale de Dakar a été notamment passée au crible.

Partant de la genèse de son urbanisation à sa peinture défraîchie de maintenant, la métamorphose et le défaut identitaire de nos villes, la capitale sénégalaise en particulier, ont été minutieusement examinés. Xavier Ricou, architecte, offre d’emblée l’image d’une rue de Dakar dans son anarchie ambiante, son capharnaüm incontrôlé et ses édifices décrépis. Cela, pour mieux camper le sujet et insister sur la métamorphose décroissante qui a donné l’image actuelle de la capitale. Ensuite, du rejet du vidéoprojecteur, une série de clichés, en noir et blanc ou en sépia, présente le Dakar du 19ème siècle et son début d’urbanisation par la suite.

En ce moment, la Presqu’île du Cap-Vert constituait un lot de villages (Santiaba, Mbor, Kaye, …) avec des blocs de cases. La future capitale allait recevoir les fonctionnaires et militaires qui commençaient à pulluler à Gorée, commune urbanisée avant l’actuelle capitale. L’architecte projette le premier plan cadastral de Dakar (1862), dont l’urbanisation effective commence en 1920.
Il y avait déjà une jolie floriculture dans les jardins publics et une belle architecture. L’administrateur de la page facebook « Senegalmetis » relève également que l’hygiénisme, quoiqu’étant un des points focaux de la politique urbaine coloniale, était aussi un prétexte pour repousser les autochtones et laisser place intégrale aux colons dans le quartier Plateau.

Ouakam, Yoff, Cambérène et Ngor conservaient dans un état embryonnaire leurs huttes et leurs cases, avec cependant une disposition géométrique qui renvoient à des dispositions traditionnelles (comme le Penc). Là, Xavier Ricou, historien colonial, fait remarquer une certaine « archéologie urbaine ». La politique d’urbanisation a tout de même engendré les beaux édifices qu’a connus le Dakar d’avant celui débridé que l’on connaît aujourd’hui. Xavier Ricou note un métissage culturel matérialisé à partir de ces réalisations, s’inspirant des traditions africaines avec de subtiles touches occidentales. Le spécialiste du patrimoine architectural sénégalais donne pour exemple la Cathédrale de Dakar avec son style sahélo-soudanais et les maisons de Gorée qui sont l’expression raffinée des mulâtres. Malheureusement, le legs esthético-architectural n’est pas conservé. Le problème ne serait pas que technique, mais également social et politique.

Traditions et environnement
« Dakar est hypertrophié parce qu’on n’a pas réfléchi à son expansion urbaine. La ville était aménagée pour quelques dizaines de milliers de personnes, et on est actuellement à trois millions d’habitants », regrette Xavier Ricou.

La décrépitude architecturale de Dakar n’est pas que pour désoler les spécialistes. Les citoyens qui subissent au quotidien cette décadence sont encore plus heurtés. A ce titre, Pape Diam, activiste, dépeint la capitale comme « un grand corps malade » et s’insurge contre ce qu’il considère comme un « génocide architectural ». M. Diam estime que le mercantilisme, par la prolifération des logements locatifs, fait qu’aucune règle n’est plus respectée. Pape Diam, qui se bat pour la préservation et la protection du littoral en plus de la mobilité urbaine, pense que Dakar étouffe. Il a le sentiment que l’architecture dakaroise n’a plus d’identité et n’est plus sous contrôle.

« Artistiquement, elle ne vaut plus rien ! Tout ce qui rendait Dakar belle est devenue inaccessible, soit rasé, soit en décrépitude soit totalement désordonné », déplore le créateur multimédia.
Jean Charles Fall, architecte, invite lui à une réappropriation de nos cultures. Il observe que si on amenait beaucoup de personnes à choisir les patrimoines à classer, la plupart désignerait l’héritage architectural d’époque coloniale. Or le patrimoine est ce qui nous est authentique et qu’on a le devoir de préserver et transmettre aux futures générations. Le co-fondateur du Collège universitaire d’architecture de Dakar fait rendre compte que l’on s’appesantit plus sur l’esthétique que sur les réalités.

Pour Jean Charles Fall, « Nous regardons notre histoire avec les mauvais outils. Il faut revisiter nos modèles culturels plutôt que de mimer aveuglément l’extérieur. […] Nous consommons beaucoup mais construisons très peu ». Ainsi, ne s’agit-il pas que de se prêter à de la nostalgie, mais de s’approprier les techniques et le savoir-faire de nos aïeux. Il évoque les techniques et mathématiques qui étaient déjà de rigueur dans nos sociétés traditionnelles, et présentes dans la coiffure, le tissage, les motifs décoratifs et les demeures avec une déconcertante concision. Dans la même veine de l’inspiration traditionnelle, l’architecte oriente vers certains éléments de recyclagepropres et accessibles à nous et plus favorables à l’environnement. Il présente des images de briques moulées avec du typha et de la terre crue. Ce matériau, en plus de son caractère authentique, a des caractéristiques d’isolant thermique. Des esquisses de maisons faites avec la matière sont d’ailleurs projetées pour édifier sur la beauté et l’utilité de l’initiative.

Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

Quand la Brésilienne Rogéria Ferreira a été obligée d’enlever son turban pour prendre une photo destinée à sa carte d’identité, elle s’est sentie blessée dans son intimité. Cette styliste noire de 36 ans a pris l’habitude de couvrir son « ori » (tête en Yoruba) pour respecter les préceptes du candomblé, religion apparue au Brésil au XVIe siècle avec l’arrivée d’esclaves venus d’Afrique.

« Pour beaucoup de gens, c’est juste un morceau de tissu, une mode. Mais ce turban représente mes ancêtres. Si je sors sans turban, c’est comme si j’étais nue. Je me suis sentie humiliée, agressée », raconte-t-elle à l’Afp.

Comme Rogéria a dû refaire sa carte d’identité dans l’urgence après avoir été victime d’un vol à main armée, elle n’a pas eu le choix.
Mais, pour la première fois de sa vie, des fonctionnaires de l’état civil lui ont dit que pour prendre la photo avec son turban, il lui aurait fallu présenter un certificat médical disant qu’elle avait un cancer ou une lettre de sa « mère de saint » (prêtresse du candomblé).

La jeune styliste a fini par se résigner: elle s’est découverte. Mais n’a pas baissé les bras.
S’estimant victime de « préjugé racial et religieux », elle a engagé une longue bataille judiciaire et a obtenu gain de cause un an plus tard.
En mars, le parquet de Rio a autorisé des photos d’identité avec « tout type de couvre-chef pour des raisons de conviction religieuse ».
Rogéria a donc pu faire une autre carte, avec un flamboyant turban jaune orné de fleurs roses: « Cette carte d’identité, c’est mon trophée, un trophée collectif ». Son combat s’inscrit dans un contexte de plus en plus tendu, les épisodes d’intolérance religieuse s’étant multipliés ces derniers mois au Brésil.

Esprits immondes
De nombreux adeptes du candomblé ont été victimes récemment d’agressions des membres d’Églises évangéliques néo-pentecôtistes, dont certains étaient même des narcotrafiquants reconvertis.

Le 17 septembre, la dixième édition de la Marche pour la liberté religieuse a réuni plusieurs milliers de personnes sur la célèbre plage de Copacabana à Rio. « Notre pays est laïc, mais nous sommes en train de revenir au temps de l’inquisition », s’était indigné, à l’occasion, le Doté (prêtre) Adriano, de la branche Sogbo du candomblé, entouré d’un groupe de fidèles, tous vêtus de blanc.

Début septembre, deux vidéos qui circulaient sur les réseaux sociaux montraient des individus forçant des fidèles de religions afro-brésiliennes à détruire des images saintes dans leurs lieux de culte.

Ces tensions récentes ont eu lieu alors que la ville de Rio est administrée, depuis le début de l’année, par le maire Marcelo Crivella, pasteur de l’Église Universelle du Règne de Dieu, une des principales Églises évangéliques du pays.

Avant de prendre ses fonctions, l’édile avait dû s’excuser publiquement de propos tenus dans son livre « Évangéliser l’Afrique », datant de 1999, dans lequel il parlait d’« extirper les esprits immondes ».

« Voilà la sorcière »
« La discrimination à Rio est terrible. Quand je marche dans la rue, certaines personnes me regardent de travers et disent : « voilà la sorcière ». Parfois, même quand le bus est plein, personne ne s’assied à côté de moi », explique Rogéria. « La discrimination est généralisée, mais à l’encontre des Noirs, elle est exacerbée », estime-t-elle.

« J’ai appris à le prendre avec humour », admet-elle, regrettant l’« ignorance » de la population en ce qui concerne le candomblé. Même si le port du turban n’est pas interdit dans ce pays laïc, et si cet accessoire est même devenu une mode pour les femmes, sans distinction de race, Rogéria n’est pas la première à se dire victime de discrimination.
La militante noire Dandara Tonantzin a indiqué avoir été agressée, l’an dernier, lors d’une cérémonie de remise de diplômes dans le Minas Gerais (sud-est) où des jeunes lui avaient arraché son turban.

Le Brésil, pays à la plus grande population catholique au monde, est en pleine mutation religieuse.
La proportion de catholiques est passée de 92% en 1970 à moins de 65% en 2010, selon le dernier recensement de l’Institut de géographie et de statistiques (Ibge).
Sur cette même période, les églises évangéliques ont vu leur nombre de fidèles augmenter de 5,2% à 22,2% de la population.

Pour ce qui est des religions afro-brésiliennes, ce chiffre tombe à 0,3%, mais certains analystes estiment que beaucoup n’osent pas assumer leurs croyances à cause des préjugés.

AFP

La musique sénégalaise vient encore de s’illustrer avec la sélection des artistes Omar Sarr alias Sarro et la rappeuse Oumy Guèye plus connue sous le sobriquet de Omg parmi les dix finalistes de l’édition 2017 du Prix Découvertes Rfi. Les candidats seront soumis, le 9 novembre prochain, au vote du jury présidé cette année par le chanteur franco-congolais Singuila.

Les musiciens sénégalais Sarro et la rappeuse Omg viennent d’être sélectionnés parmi les dix finalistes de l’édition 2017 du Prix Découvertes Rfi. Le comité d’écoute du Prix a aussi choisi huit autres artistes africains qui composent les dix candidats qui seront soumis, le 9 novembre prochain, au vote du jury présidé, cette année, par le chanteur français d’origine congolais, Singuila. Il s’agit de : Ayôdélé du Bénin, Willy Baby du Togo, M’bouillé Koité et Ami Yerewolo du Mali, Lab’l du Cameroun, Hans Nayna de l’Île Maurice, SO-S Def de la Guinée et Prince Mo du Gabon.

Initié depuis 1981, le Prix Découvertes Rfi, informe un communiqué, met en avant les nouveaux talents musicaux du continent africain. C’est pourquoi, « au cours des années, ce Prix a contribué au lancement de nombreux artistes qui ont depuis conquis un public international : Tiken Jah Fakoly (Côte d’Ivoire), Amadou et Mariam (Mali), Rokia Traoré (Mali), Didier Awadi (Sénégal), Elida Almeida (Cap-Vert)… ». En dehors du jury, le public peut également participer à l’élection du lauréat de cette année. Il peut voter pour leur artiste jusqu’au 29 octobre prochain sur l’adresse : « (www.prixdecouvertes.com/fr/vote.

Omar Sarr dit Sarro, l’un des finalistes sénégalais, est un natif de la banlieue dakaroise. Il a débuté la musique très jeune. L’adolescent jouait au chef d’orchestre en récupérant divers objets pour en faire des instruments musicaux. Après avoir subi une formation en 2010, il devient professeur à l’école Voice music de Dakar. Par la suite, Sarro va former son groupe de musique « Sarro et Get Sa feeling ». L’artiste signe des contrats avec des cabarets et boites de nuit de la place… Sa participation depuis quelques années au Festival de Jazz de Saint-Louis avec la chorale internationale « Afrikiyo » a contribué à redorer son expérience et à parfaire son talent. Sarro prend part, depuis deux ans, dans des collaborations croisées musique et danse contemporaine d’une manière permanente. C’est dans ce contexte qu’il a eu à partager la scène avec le chorégraphe nigérien Abdallah Ousmane Yacouba dans « Xol sa boop » puis avec la chorégraphe sénégalaise Fatou Cissé dans son spectacle « Ce qui restera ». Son album (« Babylon ») sorti en avril 2015 est un vibrant hommage à son défunt père.

De son côté, l’autre finaliste sénégalais, Oumy Guèye alias Omg, est un artiste prometteur. Ses premiers pas dans l’univers musical remontent à 2009. C’est en 2013 que Omg va sortir son premier single sous le titre de « Hey Girl ». Elle signera un deuxième single « Hollat ma » dans la même année. « Zik de fam » est le titre de sa toute dernière production. Il s’agit d’un Ep sur la femme africaine moderne.

Ibrahima BA

L’Académie suédoise dévoilera jeudi le nom du prix Nobel de littérature qui succèdera au controversé Bob Dylan, a-t-elle annoncé lundi. « L’Académie suédoise a décidé d’annoncer le nom du lauréat du prix Nobel de littérature jeudi 5 octobre à 13H00 (11H00 Gmt) », a-t-elle indiqué sur son site internet.

Cette annonce permettra aux 18 sages de tourner la page Dylan, un choix que le long silence du lauréat, perçu par certains académiciens comme de l’indifférence, avait rendu plus que discuté. Non seulement l’Américain avait été le premier musicien récompensé mais il avait aussi mis plusieurs semaines avant de réagir pour ensuite snober la cérémonie de remise des prix.

Pour l’édition 2017, les milieux littéraires suédois pariaient sur un lauréat nettement plus consensuel. « On ne doit pas s’attendre à une sensation » cette année, avance Clemens Poellinger, critique au quotidien Svenska Dagbladet. Pour autant, deviner en avance le nom du lauréat est une gageure. Reviennent régulièrement ceux de Don DeLillo (États-Unis) et Margaret Atwood (Canada), Adonis (France/Liban/Syrie), Haruki Murakami (Japon) et Ngugi Wa Thiong’o (Kenya). On peut ajouter Yan Lianke (Chine), Amos Oz et David Grossmann (Israël), Claudio Magris (Italie), Ismail Kadaré (Albanie) et Michel Houellebecq (France), mais l’écrivain couronné pourrait aussi être un parfait inconnu. Cette année, chaque prix est doté de neuf millions de couronnes suédoises (environ 937.000 euros) que se partagent les lauréats s’ils sont plusieurs.

AFP

« La culture a un rôle majeur à jouer dans le développement de l’Afrique », a plaidé lundi le chanteur A’Salfo, leader du groupe ivoirien Magic System, lors des rencontres économiques Africa 2017 à Abidjan.

« L’artiste n’est pas seulement celui qui vous fait chanter ou danser, mais celui qui s’engage pour contribuer au développement », a estimé la star ivoirienne, appelant les investisseurs à s’engager davantage dans le secteur culturel et aux côtés des artistes.

« Les partenaires ne se bousculent pas, pourtant la culture est un levier de développement », a déclaré le chanteur de « Premier gaou » et « Magic in the air », citant l’exemple du développement phénoménal de l’industrie cinématographique au Nigeria, qui a créé de nombreux emplois.

A’Salfo intervenait lors de la deuxième édition des rencontres économiques franco-africaines Africa 2017, qui s’est ouverte lundi à Abidjan, avec l’objectif de relancer les échanges entre la France et l’Afrique dans le secteur privé. Quelque 3.600 entreprises africaines et 480 sociétés françaises participent à Africa 2017, selon les derniers chiffres des organisateurs. Ces rencontrent se déroulent sur cinq jours dans trois capitales africaines, Abidjan, Nairobi et Tunis.

« La demande est là » pour la culture en Afrique, a estimé le directeur général des cinémas Majestic en Côte d’Ivoire Jean-Marc Benjani. Alors que le pays ne comptait plus une seule salle de cinéma, Majestic en a ouvert trois en trois ans et enregistré 175.000 entrées en 2016, a-t-il indiqué.

Pour Abel Kouame, réalisateur ivoirien de quatre films d’animation, s’engager dans la culture en Afrique est « une sorte de sacerdoceé.
Mais « l’industrie culturelle ne peut pas fonctionner seulement sur la passion », a jugé Emmanuel Hoog, le Pdg de l’Agence France Presse (partenaire d’Africa 2017). Il a estimé qu’il était indispensable de rémunérer correctement les acteurs du secteur culturel comme de l’information et de réguler les marchés culturels bouleversés par la révolution numérique, au profit de quelques « grands intermédiaires mondiaux qui ont capté une grande partie des revenus ».

AFP

L’Association sénégalaise des traducteurs (Astrad) a été créée samedi dernier à l’antenne de l’Ugb à Sacré-Cœur, Dakar. Cette structure vise à réglementer le milieu de la traduction au Sénégal et à améliorer le statut du traducteur.

Les traducteurs sénégalais ont, à l’image de leurs autres collègues dans le monde, célébré la Journée internationale de la Traduction, le 30 septembre dernier à l’antenne de l’Ugb située à Sacré-Cœur, Dakar. Ils ont mis à profit cet évènement pour porter sur les fonts baptismaux l’Association sénégalaise des traducteurs (Astrad). Le secrétaire général de cette structure, Aly Sambou, par ailleurs coordonnateur du Master de traduction et d’interprétation de conférence (Matic), rappelle toutefois que l’association existait jusqu’à une date récente avant de tomber définitivement dans l’oubli.

Selon lui, la nouvelle association aura pour mission principale de travailler à l’amélioration du statut du traducteur au Sénégal. « Qui dit amélioration dit réglementation de la profession. Nous allons faire en sorte qu’on sache au Sénégal qui est traducteur, ce qu’il fait, comment on doit l’employer ainsi que les règles d’éthique et de déontologie qui conditionnent son métier », a poursuivi Dr Sambou, également chef de département de la Section Langues étrangères appliquées (Lea) de l’Ugb.

Le marché de la traduction au Sénégal est confronté à un problème de déréglementation. Aly Sambou révèle que des centaines de tarifs sont pratiqués sur le marché. « Vous pouvez avoir un tarif standard mais au même moment, vous voyez un concurrent qui va diviser ce tarif par trois et fournir une traduction qui est totalement au rabais. Ce qui fait qu’on a sur le marché des traductions qui ne sont pas de qualité. Et on dira plus tard que c’est de la traduction, que c’est du travail d’un traducteur, et finalement on dira que la traduction ce n’est pas vraiment sérieux », déplore-t-il.

L’autre problème majeur auquel font face les traducteurs sénégalais est la reconnaissance de leur statut. Aujourd’hui, beaucoup de gens pensent qu’il suffit d’être bilingue pour être un traducteur. Or, explique le secrétaire général de l’Astrad, ce n’est pas cela. « Il faut qu’on arrive à faire comprendre aux gens que c’est un métier, une profession qui nécessite une formation », se convainc-t-il ; ajoutant qu’un Master de traduction et d’interprétation de conférence a été lancé depuis trois années à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis en vue de former de bons traducteurs et de répondre à la demande en traduction sans cesse croissante.

Règles éthiques
A la suite de la mise en place du bureau, l’association compte obtenir une reconnaissance juridique dans les meilleurs délais. Un code d’éthique et de déontologie sera également établi afin d’encadrer le travail des traducteurs. « Quiconque ne respecte pas ce code d’éthique et de déontologie ne pourra, en aucun cas, être considéré comme membre de cette association », martèle le secrétaire général Aly Sambou. L’Astrad envisage aussi de se présenter aux partenaires et aux donneurs d’ouvrage et autres organisations sous-régionales, internationales basées au Sénégal. Cela leur permettra d’avoir un interlocuteur crédible quand ils auront besoin de services de traduction.

Le président de l’association, Séga Faye, a dit son émotion à la suite de son élection. « C’est une mission lourde mais en même temps exaltante », a-t-il réagi. Il a également affiché son optimisme quant aux objectifs assignés à la structure qu’il dirige. En plus de l’Assemblée générale, un panel a été organisé pour débattre, entre autres, du « statut du traducteur au Sénégal », de l’avantage des outils d’aide à la traduction et des règles éthiques et déontologiques qui régissent le métier de traducteur.

Diégane SARR

 

L’Amicale des cadres de Sonatel a organisé, samedi dernier, un séminaire de réflexion sur le thème : « Numérique et environnement des télécoms pour un Sénégal émergent ». Elle a réitéré sa volonté d’accompagner l’Etat dans son objectif de faire du numérique un levier important du progrès économique et social.

Les enjeux liés à la connectivité, à la transformation du secteur des télécoms et les ambitions du gouvernement sénégalais déclinés dans le cadre de la Stratégie Sénégal numérique 2025 requièrent une réflexion approfondie et prospective de tous les acteurs. Les cadres de Sonatel s’inscrivent dans cette vision. Ces échanges autour de ces enjeux visent à formuler des recommandations et des propositions concrètes du secteur en vue d’atteindre les objectifs de développement numérique de l’Etat du Sénégal. Pour le président de l’Acson, Demba Diarra Mbodj, le secteur des télécommunications représente le socle sur lequel va s’élaborer la transition numérique de toute la société, avec un bouleversement des modes de vie des populations et des modèles économiques des entreprises. C’est la raison pour laquelle, à son avis, le gouvernement s’est engagé dans l’élaboration d’une stratégie nationale de développement de l’économie numérique, en relation avec les parties prenantes publiques, privées et la société civile afin de maintenir sa position de pays leader innovant, par une utilisation généralisée du numérique à tous les niveaux de la société.

Législation inadaptée
Cette vision traduit l’option du Sénégal de s’appuyer sur le numérique comme catalyseur pour une transformation structurelle de l’économie nationale et de s’inscrire dans la société du savoir et de la connaissance de manière inclusive et durable. « L’ambition au plan économique est de redonner un nouveau souffle au secteur, en apportant de nouveaux relais et sources de croissance aux acteurs, et de porter ainsi la contribution du numérique au Pib à 10% à l’horizon 2025 », souligne-t-il tout en indiquant que Sonatel se veut être le partenaire privilégié de l’Etat dans le développement de l’économie numérique.

La stratégie Sénégal numérique permettra de créer 55.000 emplois, en 2025, et par un effet d’entraînement sur les autres secteurs, d’apporter 300 milliards de FCfa sur le Pib du Sénégal.
Le véritable relais de croissance du secteur du numérique, fait-il savoir, vient de la volonté de l’Etat de promouvoir l’investissement et le financement du développement des contenus locaux et des services numériques par des efforts soutenus d’appui aux Petites et moyennes entreprises locales du numérique. Toutefois, estime Demba Diarra Mbodj, ces orientations stratégiques d’innovation, de financement et de facilitation doivent être accompagnées par une série de réformes permettant de lever les contraintes en vue de rationaliser les activités économiques du secteur du numérique et d’accroître son rôle de locomotive dans la transformation structurelle de l’économie et de la croissance.

« Certes des efforts conséquents ont été réalisés ces 5 dernières années, notamment avec la création récente du ministère de la Communication, des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique. Cette option permet une plus grande efficacité et efficience dans la gouvernance de l’économie numérique. Cependant, ces efforts d’optimisation risquent d’être vains si l’instabilité institutionnelle perdure dans le choix des dirigeants », confie-t-il, préconisant par ailleurs la création d’un conseil national. Cette instance consultative de haut niveau, qui regrouperait l’ensemble des parties prenantes, doit être activée, selon lui, afin de mieux asseoir une concertation qui fait défaut sur les sujets majeurs. Il urge également de réfléchir à réduire le décalage entre l’environnement du secteur et les textes législatifs et réglementaires.

Il a, en outre, entre autres, déploré la pression fiscale locale très élevée avec des pouvoirs de plus en plus étendus en faveur des maires, la « législation inadaptée et non concertée » qui engendre des obligations impactant le chiffre d’affaires des opérateurs…

Alassane Aliou MBAYE

 

Le livre « Black Music - 40 artistes de la musique noire » vient de paraître dans la nouvelle collection Gallimard Jeunesse, afin de sensibiliser les enfants à la musique africaine-américaine, du blues des origines, celui de Robert Johnson, au rap, prépondérant dans l’ouvrage.

Pour chacune des quarante fiches de lectures, l’auteur, le journaliste spécialisé dans les musiques afro-américaines Olivier Cachin, donne quelques pistes aux lecteurs en herbe: plus gros tube, concert mythique, sélection des disques indispensables...

Le rap tient une place de choix dans ce livre, avec près de la moitié des artistes sélectionnés, de ses pionniers comme Sugarhill Gang jusqu’à ses dernières expressions avec le Canadien Drake.
« L’idée, c’est qu’il y ait tous les mouvements de la musique noire américaine qui soient représentés, blues, funk, soul, jazz, r’n’b, disco, reggae... mais on privilégie le présent par rapport au passé » avec le rap, a déclaré à l’Afp Olivier Cachin.

Difficile dans une sélection aussi réduite de 40 groupes ou artistes de ne pas commettre d’oublis, mais l’absence de Ray Charles, « The Genius », au profit d’un Pharrell Williams peut questionner.
Chaque fiche lecture sur la page de gauche, selon un mode d’écriture très synthétique, renvoie à un dessin du musicien ou du groupe en page de droite, signé par Jérôme Masi, détaillant leur look et leur style.
Trois artistes « blancs » ont été retenus dans cette sélection consacrée aux musiques noires: Eminem, The Beastie Boys et Amy Winehouse.

(AFP)

Dans une exposition inédite  à la Place du souvenir africain, sur la corniche ouest de Dakar,  le photographe, Matar Ndour, explore l’univers exquis et profond de la diversité culturelle sénégalaise. Avec plus d’une cinquantaine de clichés,  l’exposition « Signes et symboles entre imaginaire et réalité » est un voyage dans l’intimité des minorités ethniques du Sénégal à l’image des Ajamaat, le peuple Tenda ou les Bijagos.

On le savait déjà. Dans sa photographie, Matar Ndour, en tant qu’observateur passionné  de la condition humaine,  ressort une sensibilité culturelle avec autant de délicatesse que de courtoisie. Chez le photographe, la finalité reste l’homme. Mais l’homme dans ce qu’il a de plus humain et de plus attractif : la  culture.  Son exposition : « Signes et symboles entre imaginaire et réalité », en cours  à la Place du souvenir africain, est une réaffirmation de son obsession culturelle  vis-à-vis  des minorités ethniques qu’il célèbre à travers la magie de la photographie.  

Ainsi, en immortalisant,  grâce à cet art de l’instant, des scènes de nudité féminine des Balantes, Mancagnes, Manjaku, ou Bijagos, une fête organisée par des femmes à Salémata, à l’honneur du chef du village,  des femmes Bédik épine au nez,  des cérémonies initiatiques des Ajamaat… il offre une forme de méditation et d’art de vivre. Le photographe gratifie, en même temps, au grand public, une plongée inédite au cœur de la diversité culturelle sénégalaise.   L’exposition  fait découvrir  le peuple Tenda (Bassaris, Bedik), les Sérère, les Ajamaat  de la basse Casamance du Sud de la Gambie et  de la Guinée-Bissau. Mais aussi les Pepels, Manjaku, Mancagnes, Bijagos. L’intimité de ces peuples, leur rituel, leur milieu de vie… laisse entrevoir des images d’une certaine rareté.  L’élégance des parures renseigne également  sur les modes de vie de ces peuples plus que jamais rattachés à leur culture en dépit du rythme de la modernité.  L’originalité du travail de Matar réside aussi bien dans la  pertinence  de la thématique abordée que  dans le rendu esthétique.  Il permet un questionnement sur  des zones  et  sur des  pratiques peu connues du grand public.  Non sans aborder, comme l’a rappelé, l’anthropologue Abdou Ndukur Kacc Essiluwa Ndao,  les postures d’éducation et de rééducation, en explorant les rituels de passage, les cérémonies initiatiques, les systèmes de production économique des femmes. Bref, l’univers parfois  restreint de 13 ethnies où diversité se conjugue avec unité.

Recherche ethno-photographique
Depuis 2005,  Matar Ndour a pris une autre orientation photographique, qui est principalement axée sur la culture et avec comme  objectif, le développement de la diversité culturelle sénégalaise. Ce projet de photographie sur l’identité culturelle fait en collaboration avec  l’anthropologue Ndukur Kacc Essiluwa Ndao, permet de parcourir le Sénégal dans toutes ses diversités,  du Sud-est au Centre du pays. L’exposition « Signes et symboles entre imaginaire et réalité », composée de plus d’une cinquantaine de photographies, est le fruit d’une recherche ethno- photographique de 5 ans entre  Abdou Ndukur  Ndao, socio-anthropologue et Matar qui cumule une trentaine d’années d’expériences dans la photographie.   Avec ce projet, ils cherchent ainsi à ressortir tout ce qu’il y a comme trait culturel  ou identité pour le mettre à la disposition des Sénégalais. « Ce pays  regorge de potentiels inestimables que 90% des Sénégalais ignorent. Nous voulons,  à travers ce projet, aller à la rencontre de ces gens pour saisir cette réalité fuyante et la partager avec  le public afin qu’il prenne conscience qu’il y a d’autres Sénégalais qui sont  quelque part et qui mènent tranquillement  leur vie tout en restant  complètement méconnus », a avancé le photographe Matar Ndour. Il a regretté le fait qu’une bonne partie des Sénégalais ignorent  l’intérieur de leur pays.

« Les Sénégalais ne voyagent pas à l’intérieur du pays. Ils connaissent  plus les États-Unis, la France que le Sénégal. Nous voulons les inciter à voyager dans le Sénégal des profondeurs pour connaître leurs compatriotes,  leurs conditions d’existence et pourquoi, ils sont restés authentiques à ce point », a affirmé M. Ndour, informant que la deuxième étape de ce projet permettra de découvrir le Nord du pays.  Le vernissage de l’exposition a été rehaussé par un défilé de costumes traditionnels de la styliste Rama Sissokho.

Ibrahima BA

Geleem Saar, Ghilem Rols à l’état civil, dispense, à son domicile, au quartier Mermoz, des cours en wolof par thèmes. Pour celui-là, il reçoit trois élèves pour des exposés sur des « Nit yu siiw » (personnalités célèbres) d’Afrique. L’exercice a non seulement pour but de familiariser la langue à ses étudiantes, mais aussi de faire découvrir les personnalités valeureuses du continent. Français d’origine, Sénégalo-gabonais d’adoption, citoyen du monde et socio-anthropologue, il dit participer ainsi, à sa manière, au jumelage effectif des peuples par la promotion des langues et des cultures.

Amandine Saugnac, l’air décontracté dans une camisole à motifs rouge-noir-blanc, s’avance vers le tableau et saisit le marqueur rouge. Réajustant par moments son binocle, la Française tient son cahier et copie sur la grande ardoise des mots wolofs. Ce sont les termes difficiles ou incompréhensibles pour elle lors de ses recherches sur l’écrivain Mariama Bâ, auteur du roman « Bii bataaxal bu gudd » (« Une si longue lettre » traduit en wolof par Mame Younouss Dieng et Aram Fall), qu’elle tenait tantôt entre ses mains. Elle les lit et tente ensuite une explication. Elle se fait rectifier au fur et à mesure l’articulation, les écorches ou les erreurs d’orthographe par Geleem Sarr et son assistant, Cheikh Sow.

Passée cette étape, elle procède à la fiche de lecture dudit roman. L’élève évoque la situation d’orpheline de la défunte auteure, son éducation par les grands-parents, son engagement en faveur des femmes, ses trois ménages, ses neuf enfants, son passage dans l’enseignement et ses opinions sur la femme africaine qu’elle aurait estimé inadaptées aux évolutions et incohérentes dans la conservation des traditions. La directrice commerciale d’une société de Btp de la place se désole juste du fait de n’avoir pu être plus concise sur l’illustre femme de Lettres avec son wolof titubant. Soit. Ses deux condisciples, Aurélie Stéphan, Française aussi et Coumba Traoré Bâ, Sénégalo-malienne, se ravissent d’en connaître davantage sur l’écrivaine décédée des suites d’un cancer en 1981.

Coumba, belle et longiligne femme de teint ébène à l’éclat, est à son tour chargée de la biographie de Cheikh Anta Diop. Elle s’y emploie presque parfaitement, et avec beaucoup d’humour. De sa naissance à Caytu à ses prouesses universitaires, dans une bonne synthèse, Coumba n’a presque rien occulté du chimiste, historien, linguiste, mouride, égyptologue, etc. Seul Cheikh Anta Diop, le politicien, a plutôt été largué à la marge.
Avec le wolof déjà laborieux de l’élève, l’ironie fait ses effets amusants avec les arrêts vite suivis de clins d’œil furtifs et oscillations du crâne quand il s’agit d’évoquer les termes scientifiques. Aurélie, recroquevillée dans un coin du salon, sur un sofa à côté de la bibliothèque d’ouvrages en langues wolof et lingala de Geleem, lance quelquefois des boutades à ses condisciples. « Sauvée » par le retard du démarrage de la classe, elle doit lire son étude sur Soundjata Keïta, la semaine suivante. L’ambiance scolaire se passe dans la plus grande gaieté, dans une pièce toute meublée de bois recyclés couverts de draps en patchwork, un bocal de cacahuètes et trois bouteilles de jus de différents parfums ornant la table.

Geleem, fin pédagogue, se tient à l’écart et laisse l’initiative à ses élèves et son assistant. Il se charge juste, par moments, de rétablir quelques erreurs notamment sur les assonances, les consonances et les suffixes qui créent souvent la confusion entre les fonctions en wolof. Et c’est aussi hilarant de le voir dribbler son assistant, un wolophone, sur les subtilités de certains mots très recherchés pour un citadin dakarois. A la fin des exposés, l’enseignant atypique fait le récapitulatif, rappelle quelques règles agressées, loue l’effort de ses étudiantes et dirige les applaudissements pour elles.
Coumba Bâ Traoré, tout comme Amandine Saugnac Sagna, résident toutes deux au Sénégal depuis un an et demi. Elles participent aux cours de Geleem Saar pour une meilleure intégration dans l’environnement sénégalais. Elles affirment que cela a également son effet stimulant. En effet, elles confient que l’apprentissage de la langue favorise une meilleure communion avec leurs époux, et les révisions tardives font parfois aussi leurs petites étincelles.

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

 

L’Île Maurice a abrité, du 26 au 29 septembre, la 12ème Conférence internationale sur les Tic pour le développement de l’éducation et de la formation. Thérèse Faye Diouf, Directrice générale de l’Agence nationale de la petite enfance et de la Case des tout-petits, a  représenté le Sénégal à cette conférence mondiale. La rencontre présidée par le Vice-président de l’île Maurice, Paramasivam Pillay Vyapoory, était placée sous le thème de « L’apprentissage en Contexte ».
Selon un communiqué de presse, Armoogum Parsuramen Gosk, fondateur et président de la Global Rainbow Fondation, a  magnifié l’expérience du Sénégal dans le domaine de l’éducation en général, et de la petite enfance en particulier. En tant qu’ancien directeur régional de l’Unesco de 1998 à 2014, M. Parsuramen Gosk a séjourné 5 ans au Sénégal.

Armoogum Parsuramen Gosk a accompagné les initiatives de l’Anpectp au tout début de sa création, notamment  la construction de la Case des tout-petits de Popenguine, inaugurée en 2003.
La conférence Learning Africa  réunit plus de 1.500 experts de l’enseignement en ligne, dirigeants, chercheurs, entrepreneurs et autres spécialistes des Tic. 90 pays sont ainsi représentés à cette rencontre internationale sur l’éducation par la technologie qui est à sa 12ème édition et dont la première édition a eu lieu en 2006, à Addis-Abbeba, en Ethiopie.

Abba BA (stagiaire)

Dans un rapport mené en collaboration avec l’Imperial college de Londres, Ericsson Research confirme que lorsque la pénétration du haut débit mobile augmente de 10%, elle entraîne une hausse de 0,6% à 2,8% du produit intérieur brut (Pib). C’est, en d’autres termes, environ 500 à 2.000 milliards de dollars Us en 2016, entérinant ainsi l’apport substantiel des technologies de l’information et de la communication dans le développement économique et social.

Intitulé « L’importance des réseaux de haut débit mobile pour le développement économique mondial », le rapport examine les données provenant de 135 pays dont le Sénégal et 10 autres pays du continent africain. Les conclusions de ce rapport ainsi que celles du rapport sur la mobilité d’Ericsson (juin 2017) ont servi de base aux discussions à l’Organisation des Nations unies, à New York, du 16 au 22 septembre. Ericsson a participé, à cette occasion, à des échanges avec des acteurs mondiaux, notamment la Commission du haut débit pour le développement durable, sur l’économie mondiale et le rôle bénéfique que les Tic peuvent jouer dans le développement.

Nicolas Blixell, responsable d’Ericsson pour l’Afrique de l’Ouest, a mis en exergue cet apport lors d’un échange avec la presse. Les actions entreprises par Ericsson sont, à ses yeux, en parfaite cohérence avec les Objectifs de développement durable. Ericsson s’est engagé à servir la prochaine vague d’internautes en rendant le haut débit mobile plus abordable et accessible à tous avec une mise à jour constante de sa technologie.

Cette réflexion contribue à l’objectif de l’Union internationale des télécommunications (Uit), « Connect 2020 », de veiller à ce que plus de 50 % des personnes dans le monde en développement aient Internet d’ici à 2020. Cette étude de l’Imperial College de Londres, qui a concerné 135 pays, indique qu’une pénétration de 10 % du haut débit mobile entraîne une hausse de 0,6 à 2,8 % du Pib. De nombreux pays dans le monde en développement ont utilisé la technologie du haut débit mobile pour faire un bond dans leur développement économique au cours des 10 à 15 dernières années. Des progrès notables ont été observés dans bien des secteurs.  Les Tic peuvent jouer un rôle important dans la lutte contre les problèmes mondiaux urgents, l’amélioration de l’inclusion financière et sociale, celle de l’accès à l’éducation et à la santé et le traitement des problèmes humanitaires tels que les réfugiés, la consolidation de la paix et les interventions en cas de catastrophe. Depuis 2014, grâce au programme « Technology for Good », il y a eu un impact positif sur plus de 89 millions de personnes.

Les activités d’Ericsson renseignent sur l’apport décisif des Tic. Elles peuvent être regroupées en trois axes. Le premier a trait au plaidoyer qui vise à garantir que les avantages d’internet sont abordables et accessibles à tous en évaluant les efforts existants et les progrès vers la connexion des 3,9 milliards de personnes non connectées. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les gouvernements et les organismes de réglementation, et ciblons les obstacles à la connexion haut débit mobile comme l’analphabétisme, l’accessibilité et la pertinence perçue des services numériques. Nous apportons des solutions au bon rapport qualité-prix et offrons un accès plus abordable aux nouvelles technologies (mise à niveau de 2G à 3G vers 4G). Avec la nouvelle gamme Ers, le coût total de possession a été réduit de 40 %. Tout en réduisant la consommation d’énergie et les dépenses opérationnelles », souligne Nicolas Blixell.  Le programme « Connect to learn », par exemple, a profité à 80.000 élèves dans 23 pays dont 9 en Afrique subsaharienne. Il en est de même de la plateforme « Refunite » qui a aidé des milliers de familles déplacées de force. En 2015, elle comptait 414.000 utilisateurs inscrits.

Alassane Aliou MBAYE

 

En collaboration avec le Grand Théâtre national, l’Ambassade d’Espagne au Sénégal présente le spectacle de piano flamenco et de danse : « L’art de la haine et de l’amour » de Pablo Rubén Maldonado. Cette grande soirée culturelle, organisée dans le  cadre de la célébration de la Fête nationale d’Espagne, est prévue  le 14 octobre prochain  au Grand Théatre national, à Dakar.     

Ce n’est pas la première fois que l’Ambassade d’Espagne et le Grand Théâtre national de Dakar  présentent  un spectacle flamenco de compagnies espagnoles au public sénégalais.   Cependant, le spectacle qu’ils vont proposer le 14 octobre prochain, dans la célébration de la fête nationale d’Espagne, revêt un caractère tout à fait particulier. Car, il s’agit, « cette fois-ci », d’un « spectacle novateur, combinant le flamenco espagnol traditionnel avec un instrument inédit dans ce type de musique qu’est le piano, comme expression d’une volonté d’innovation et de renouveau tout en conservant ses racines, par la voie d’artistes extraordinaires ».

L’artiste espagnol, Pablo Rubén Maldonado, cherchera à envoûter le public à travers  son spectacle de piano et de danse : «  L’art de la haine et de l’amour».  Le titre de ce  projet musical a eu  « lieu pendant des moments de crise dans lequel l’artiste se réinvente », informe un communiqué. Il ajoute que  « Pablo Rubén Maldonado est un musicien gitan de racines flamenco d’une famille d’artistes renommés qui étudia, entre autres, au Conservatoire supérieur de musique Victoria Eugenia de Grenade.

Disposant d’un bagage musical varié, il fût primé plusieurs fois notamment avec le Prix national « Flamenco Aujourd’hui 2011 », en tant que meilleur disque instrumental pour « En dehors de la réalité ».  Lors de sa prestation,  il « sera accompagné, au chant, par Juañarito Carrasco, aux percussions et à la batterie par Pancho Brañas et par l’impressionnante danseuse, Karen Lugo, pour une soirée inoubliable, d’une modernité incroyable».

Ibrahima BA    

La  Journée internationale de l’accès à  l’Information a été célébrée,  hier, à Dakar. Organisée par l’Ong Article 19, en partenariat avec  le gouvernement du Sénégal et l’Ambassade de France, cette rencontre a pour but de renforcer  le plaidoyer  pour l’adoption d’une loi  portant  sur l’accès  à l’information  au Sénégal.

L’accès à l’information est un droit fondamental consacré par de nombreux instruments universels. Au Sénégal, l’absence d’une loi sur l’accès à l’information dans le dispositif  législatif  a poussé la société  civile à mener  un combat et des plaidoyers pour son adoption. C’est en ce sens  que, l’Ong Article 19 Afrique de l’ouest  a organisé cet atelier en vue de parvenir  à l’adoption d’une loi consensuelle sur l’accès  à l’information et de sensibiliser, par la même occasion, sur les enjeux du Partenariat  pour un gouvernement ouvert (Pgo).

Selon la Directrice  régionale  d’Article 19, Fatou Jagne Senghor, cette journée  internationale de l’accès à l’information organisée par sa structure, à l’instar des autres organisations, est une occasion, pour elle, de mener  un plaidoyer fort auprès des acteurs étatiques et non étatiques  à la réflexion sur les enjeux  de l’adoption d’une loi sur  l’accès à l’information. A l’en croire, beaucoup de pays de la Cedeao ont adopté  des lois sur l’accès à l’information qui est un outil primordial pour renforcer la démocratie mais aussi la gouvernance. « Nous attendons du Sénégal la finalisation et l’adoption, enfin, du projet de loi qui est en cours, le plus tôt possible, pour que notre pays  soit doté d’un mécanisme fort sur l’accès à l’information qui permettra aux citoyens d’accéder plus facilement  à l’information d’intérêt public. Mais aussi permettre au gouvernement d’avoir plus de visibilité sur ses actions et de renforcer ses relations de confiance avec les citoyens », argue Fatou Jagne Senghor.

Loi  sur l’accès à l’information
De même, souligne la  Directrice régionale de Article 19 que le Sénégal est éligible pour le  Pgo (Partenariat pour un gouvernement ouvert).  « De ce fait, nous encourageons le Sénégal à rejoindre ce mécanisme. C’est un mécanisme qui, associé à la loi sur l’accès à l’information, permettrait de juguler tous les problèmes que l’on rencontre dans l’accès à l’information officielle  qui n’était pas  donné à temps », dit-elle.
Délivrant le message  de la Directrice  générale de l’Unesco,  Sasha Rubel Diamanka, conseillère régionale communication et information, Unesco Afrique de l’ouest, indique  que  l’accès à l’information est indispensable pour bâtir des sociétés du savoir plus inclusives et plus durables.
 « L’accès  à l’information joue un rôle important dans la réalisation du programme de développement durable  à l’horizon 2030 », informe-t-elle. Toutefois, fait-elle savoir, être informé commence par l’engagement des gouvernements à élaborer, à adopter et à  appliquer  des politiques et des lois  relatives  au droit de l’information. Pour ce faire,  des mécanismes de mise en œuvre efficace et une culture de transparence sont nécessaires au sein de toutes les institutions.

« En outre, les citoyens doivent être dotés des compétences nécessaires à la  réflexion, la critique  et la maîtrise du numérique pour avoir accès à l’information », souligne Sasha Rubel Diamanka. Précisant que l’Unesco invite tous les gouvernements à mettre à profit le potentiel de technologie de l’information et de la communication pour contribuer à atteindre l’objectif de développement durable 4, relatif à l’éducation.
Présidant  les activités de cette journée, le conseiller technique du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Moustapha  Ka, rassure  que la loi  sur l’accès à l’information  est  une activité inscrite dans le programme du gouvernement  et dans les agendas des ministères  de l’information et de la justice. « Je me  ferai  le devoir  de rendre  compte  de  l’urgence  et de l’importance de l’adoption  d’un texte  sur  le droit de savoir  pour accroître  la transparence dans la vie publique, satisfaire  un droit fondamental des droits de l’homme et  mieux répondre  aux évaluations  périodiques et à la soumission  des rapports juridiques », dit-il.
 

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Le Sénégal a mis à profit l’édition 2017 du sommet mondial de l’Union international des télécommunications (Itu Telecom World), à Busan (Corée du Sud), pour échanger sur les évolutions les bonnes pratiques technologiques dans le monde du numérique mais aussi nouer des contacts avec des partenaires potentiels informe un communiqé de l’Artp. Une occasion aussi pour vendre la candidature du Sénégal au conseil de l’Uit pour y maintenir son siège.

Le sommet de Busan, dont la cérémonie d’ouverture officielle était présidée par le ministre sud-coréen en charge du Développement des Tic, cadre avec les objectifs de la stratégie nationale « Sénégal Numérique 2025 ». La délégation sénégalaise au sommet était composée des représentants de la Primature, du ministère de la Communication, des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique, du ministère de la Promotions des investissements, des Partenariats et du Développement des télé-services de l’État, de l’Artp, de l’Adie et du secteur privé national.

La visite du pavillon Sénégal par le secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (Uit), Houlin Zhao, accompagné d’une forte délégation, a permis à l’hôte de se faire une idée des réalisations et principaux projets structurants du Sénégal dans le domaine du numérique et de magnifier les progrès réalisés par le Sénégal dans le domaine des Tic. Le « Networking Lunch » (déjeuner d’affaires) offert par le Sénégal avant-hier pour vendre, à nouveau, sa candidature au conseil de l’Uit. Pour défendre la candidature du Sénégal dans le but de son maintien au sein du conseil de l’Union internationale de télécommunications (Uit), après plusieurs décennies de présence dans la structure mondiale, le directeur général de l’Artp a rappelé l’évolution et le développement du secteur des Tic et de l’économie numérique au Sénégal, « un secteur qui, sur la base des projets importants déjà réalisés ou en cours au pays, se porte comme un charme ».

Le secrétaire général de l’Uit, le Chinois Houlin Zhao, devant les ministres et autres régulateurs présents, a promis de soutenir la candidature du Sénégal au conseil. Maintenir son siège au sein du conseil de l’Uit va permettre au Sénégal de continuer à participer aux instances de prise de décisions concernant la gestion de ce qu’on pourrait assimiler, aujourd’hui, à « l’Onu des Télécommunications ».
Le cas échéant, il pourrait conserver son poste stratégique d’actuel vice-président du groupe de travail de l’Uit en charge de l’administration et des ressources financières.

Mamadou Lamine DIEYE

 

« Quelle humanité pour demain ? » est le titre de la toile du peintre Abdoulaye Diallo, dévoilée samedi dernier, à l’île de Ngor, au large de Dakar. Cette œuvre interprète la loi de Moore, des changements climatiques, du terrorisme, de la sexualité et des immigrés.

« Quelle humanité pour demain ? » Cette interrogation est le nom de la toile artistique présentée samedi 23 septembre par l’artiste-peintre Abdoulaye Diallo sur la plage de l’île de Ngor, au large de la pointe de Dakar. Ce travail s’étale sur 8m de longueur et 2,5m de largeur. Ledit tableau attire par sa grandeur, la densité des couleurs et le mystère des images dont l’unique commentaire du maître d’œuvre permet de cerner l’énigme. En effet, la première partie traite des accélérations du monde, de la loi de Moore (des lois empiriques qui ont trait à l’évolution de la puissance des ordinateurs et de la complexité du matériel informatique) et des changements climatiques ; la deuxième partie parle du terrorisme, de la sexualité ou des immigrés ; quant à la troisième partie du tableau, elle est pleine de suggestions pour arriver à une humanité où on apprend à aimer dans la paix, le pardon et le partage.
« «Quelle humanité pour demain ?» est beaucoup plus vaste que ce tableau ; j’ai essayé de donner un certain aspect de notre vie contemporaine », explique encore Abdoulaye Diallo.
Ce produit artistique, poursuit-il, s’est construit suite à une lecture faite sur le programme de la prochaine Biennale de Dakar 2018, où « la nouvelle humanité » fait référence à un texte de Frantz Fanon dans lequel le psychiatre martiniquais définit l’homme décolonisé comme « un homme nouveau ».
« Moi, je propose «Quelle humanité pour demain ?». Faire l’inventaire d’une planète qui s’emballe pour le pire. La loi de Moore qui accélère la mondialisation nous donne des puissances vertigineuses au niveau des ordinateurs. Elle amplifie les puissances des logiciels et des réseaux au niveau des ordinateurs ; l’ensemble de cette puissance aboutit à des clouds que reçoivent les serveurs ; elle offre à l’homme une potentialité de créativité énorme et autant de destruction », déclare-t-il.
Le « berger » de l’île de Ngor précise qu’aujourd’hui, « nous sommes tous vulnérables ; le terroriste touche qui il veut, quand il veut et comme il le veut. Cette même science nous propose des choses qui me heurtent ».« Je me demande quelle humanité vivons-nous ? Je suis choqué quand on me parle d’une modification du génome humain et qu’une femme enceinte devant un écran se voit suggérer la possibilité de se faire un bébé à la carte. Si nous ne réussissons pas à donner une dimension sociale à la science, nous allons créer un jour, des personnages à faciès homme, mais qui seront des hommes sans émotion, asservis, sans cœur, sans foi et j’ai le sentiment que nous y sommes presque », dit M. Diallo.

63 tableaux exposés
Sur le jeu des couleurs, l’artiste peintre précise : « Je ne me pose jamais la question comment harmoniser les couleurs. Si j’ai envie de m’auto-perturber, je mets mes «noires fumées». J’utilise du rouge pour avoir de l’orange ».
Abdoulaye Diallo confie qu’il a volontairement exposé 63 tableaux dont un qui traite du panafricanisme avec comme figure de proue Nelson Mandela, le plus grand démocrate au monde, selon ses propres termes.
Cette création triptyque est, d’après M. Diallo, un travail qui lui a pris plus de 4 mois et demi de peinture et de « dialogue » des couleurs. « Il n’est pas facile de sortir quelque chose de son cœur ; toujours, on est tout le temps perturbé par le regard de l’autre.
 Il y a trop de choses que la science suggère et qui est mauvais ; je ne pouvais pas, non plus, représenter le trop de bien proposé par la science. Il y a tellement d’œuvres humaines dont les voix tonnent plus que la mienne ; je n’ai pas pu mettre cela dans cette œuvre. Peut-être un km de peinture ne m’aurait pas suffi pour faire la représentation de ce qui me pèse aujourd’hui », a-t-il laissé entendre.
« La technique du tableau est mixte, parce que du point de vue de la démarche et de l’utilisation des matériaux, il y a énormément de choses. Dieu a choisi la femme pour créer ce qui y a de plus important sur cette terre. Seul Dieu peut offrir une exclusivité, mais on attend de l’artiste aussi cette exclusivité-là, une chose imitable. Après la préparation, je crée l’Adn de l’œuvre avec 9 couches qui se superposent comme le nombre de mois de la grossesse », assure-t-il.
Pour faire une œuvre finie, M. Diallo dit utiliser de l’huile de palme, du lait, du café pour faire plaisir aux génies de l’île. « Dans certaines de mes œuvres, vous y verrez des graines de mil pour faire du granulé. Je peux dire que je suis le seul peintre à le faire. J’exorcise la toile », confie l’artiste âgé de 65 ans.   

Serigne Mansour Sy CISSE

L’Institut Panos Afrique de l’Ouest (Ipao) a lancé, lundi, « L’Observatoire Femmes et Médias ». Cette instance composée de 8 membres est mise en place dans le cadre du projet « Femmes, occupez les médias » que l’Ipao met en œuvre au Sénégal, au Mali, en Côte d’Ivoire et au Niger.

Le projet de quatre ans a pour but de promouvoir deux droits civils et politiques spécifiques des femmes : le droit à la participation politique et le droit à être protégée et défendue contre les violences qui leur sont faites. Le projet « Femmes occupez les médias » part du constat que les médias jouent un rôle important dans la diffusion de l’information et la construction des opinions mais contribuent peu à porter les voix des femmes. En effet, des études menées par l’Ipao montrent que l’espace réservé aux femmes dans les médias représente en moyenne moins de 15% de l’espace éditoriale des journaux. Parallèlement, les Organisations de la société civile (Osc) sont très actives, avec des actions de plaidoyer et de sensibilisation sur la promotion de la participation politique des femmes et la lutte contre les violences basées sur le genre, mais elles ne sont pas assez présentes dans les discussions publiques au sujet des droits des femmes et leurs actions sont invisibles sur l’espace médiatique.

Ainsi, pour améliorer les contenus des médias et renforcer l’interaction des Osc avec les médias, un Observatoire Femmes et Médias est mis en place. Il est composé d’organisations de la société civile y compris de jeunes filles et d’organisations des médias.                          

ND. M. SECK

 

Fondé en 2011, le groupe féminin « Ndaat Saay Crew » ne cesse d’impressionner. Demi-finalistes du concours « l’Afrique a un incroyable talent » à Abidjan en Côte-d’Ivoire, les six danseuses sénégalaises sont en train de marquer leurs empreintes dans le show-biz dakarois, par leurs prestations live et participations dans les clips vidéos des musiciens.

Elles sont sollicitées pour assurer des chorégraphies et apparaissent de plus en plus à travers les clips vidéos de grands artistes comme Adjouza, Gaston, Daradji Family, entre autres. Dans le nouveau single « Wodou wodou » du rappeur Mass, elles ont impressionné en livrant une prestation majestueuse. Le groupe féminin « Ndaat Saay Crew », avec son leader vedette surnommée « 314 », est en train de devenir la nouvelle coqueluche de la danse sénégalaise. Prise par un emploi du temps surchargé, la responsable nous donne rendez-vous à la Vdn pour réaliser un entretien. Elle participe à un tournage de clip pour la chanteuse Souadou. « 314 », la meneuse du groupe, est vêtue d’une jupette blanche laissant apparaître son cuissard noir en-dessous et d’un petit haut blanc couvrant à peine sa poitrine. Tout ceci décoré par des fils de coton aux couleurs verte, jaune et rouge. Les longues mèches sur sa tête sont aussi aux couleurs nationales. Tout cela assorti de petites baskets noires.

Quant à sa camarade danseuse, Rokhaya Coulibaly, la Malienne du groupe, hormis sa coiffure en cheveux artificiels marron, elle porte le même accoutrement. Pour le tournage d’aujourd’hui, elles sont justes deux à assurer la chorégraphie avec deux garçons. Aujourd’hui, la patronne du groupe a choisi Rokhaya pour l’accompagner à ce rendez-vous. Pour les prestations dans les clips, « 314 » dit choisir les danseuses selon le style de l’artiste.

« Nous sommes, certes, toutes polyvalentes mais il y a aussi des individualités, c’est-à-dire que certaines filles se sentent plus à l’aise  pour certains styles. C’est ce qui facilite et oriente mes choix quand je dois en désigner pour représenter le groupe. Aujourd’hui, je suis venue avec Rokhaya parce que l’artiste voulait deux danseuses pour faire une danse mixte avec deux garçons »,  a-t-elle expliqué.

Au début formé par des camarades de classe passionnées de la danse avec comme nom les « Finlers Girls », aujourd’hui, le groupe réunit six professionnelles dévouées à leur tâche. La majeure partie des membres-fondateurs ayant abandonné. La talentueuse « 314 », originaire de Louga, prend les rênes du groupe et le rebaptise « Ndaat Saay Crew » pour, dit-elle, le rendre plus original et refléter la culture sénégalaise. Depuis lors, elle est la coordonnatrice du groupe avec son surnom « 314 » dont elle refuse de dévoiler la signification exacte. « Ce sont les initiales de mon nom en ordre alphabétique, pour le reste je garde le secret », a-t-elle laisser entendre.  

« L’Afrique a un incroyable talent »

Malgré le talent incontestable et le professionnalisme qu’elles prouvent à travers leurs prestations, les filles du « Ndaat Saay Crew » n’ont pourtant pas fait une formation pour ce métier. « C’est inné », soutiennent-elles. Elles participent, cependant, à des stages de perfectionnement pour mieux se professionnaliser. C’est dans ce cadre qu’elles ont fréquenté l’Ecole des Sables de Toubab Dialaw,  la Maison de la Culture Douta Seck et participé à des séances d’apprentissage organisées à l’occasion de la Journée mondiale de la danse.

Dans le milieu du showbiz, elles sont respectées par leurs paires car leur talent est certain. « Elles sont sérieuses et professionnelles. En venant ici, je ne savais pas avec qui je devais travailler pour la danse mixte du clip. Mais quand j’ai découvert que ce sont les filles du « Ndaat Saay Crew », je suis plus motivé pour participer au clip car elles sont talentueuses et respectueuses. Le travail sera donc plus facile », témoigne Khalil, l’un des danseurs choisis pour ce duo. Le groupe est constitué uniquement de filles. Mais pour Rokhaya Coulibaly, membre depuis 2012, cela n’empêche qu’il ait une ambiance de bonne entente. « Les histoires de jalousie entre filles n’existent pas ici, parce que nous avons établi un règlement qu’il faut respecter pour rester dans le groupe. Cependant, il peut avoir parfois des conflits d’intérêt mais on gère tout », confie-t-elle. Les pensionnaires du groupe maîtrisent avec précision ce métier et abordent presque tous les styles de danse. Elles sont polyvalentes et font des prestations aussi bien pour la danse traditionnelle que pour celle moderne.

Pour bien gérer sa carrière, le groupe a recruté un manager qui se charge de négocier les contrats avec les artistes. Après, six ans de présence sur la scène artistique comme danseuses, les filles de « Ndaat Saay Crew » ambitionnent de représenter le Sénégal partout dans le monde comme elles l’avaient fait pour le concours « L’Afrique a un incroyable talent » en Côte-d’Ivoire. Mais pour cela, elles sollicitent l’aide de l’Etat pour participer à la subvention des voyages à l’étranger.  

« Ndaat Saay Crew » compte d’ailleurs célébrer son sixième anniversaire au mois de décembre prochain, en invitant l’ensemble de la famille de la danse ainsi que les artistes musiciens.

Abba BA (stagiaire)

 

Guedel Mbodj, récemment intronisé « Bour Saloum », a initié, la semaine dernière, une visite de courtoisie auprès des principaux chefs religieux de la région de Kaolack. Il s’est rendu successivement à Médina Baye, Touba Ndorong, Léona Niassene et Léona Kanene. Devant ses différents interlocuteurs, il a prôné l’adoption d’un nouveau pacte social ou la chefferie traditionnelle et les chefs religieux auraient un rôle majeur.

Récemment porté au trône de la province historique du Saloum, succédant à Mbaye Badiane, Guédel Mbodj a voulu inaugurer son magistère par des concertations avec les dignitaires religieux. A cet effet, il a initié une visite de courtoisie auprès des communautés religieuses implantées dans la capitale régionale. Il a été reçu successivement par le chef du diocèse au collège Pie XII, à Médina Baye, Touba Ndorong, Léona Niassene et à Léona Kanene. Dans la cité religieuse fondée par Cheikh al Islam, El Hadj Ibrahima Niasse, il a été accueilli, avec sa délégation, par le khalife Ahmed Cheikh Tidiane Niasse et son frère cadet, Cheikh Mahi Niasse. Une occasion pour le guide religieux de rappeler les relations étroites entretenues par les deux familles faites de respect mutuel et de parfaites cordialités. En guise de cadeau, le Khalife lui a offert un beau manteau.

«  Il s’agissait de partager avec les guides religieux un nouveau pacte social pour bâtir un nouvel ordre social, en  rompant avec les pratiques traditionnelles jugées négatives et profiter de celles qui peuvent contribuer à un développement durable. C’est pour la première fois qu’un Bour Saloum se livre à un tel exercice », a souligné le chef traditionnel, à l’issue de son périple dans la commune de Kaolack, en compagnie de ses pairs des autres provinces.

 « Avec les foyers religieux, il s’agissait surtout de rehausser les valeurs et traditions perdues avec le modernisme et l’évolution et qui présentaient un certain nombre d’avantages et de privilèges pour notre œuvre. D’ailleurs, avec les autres chefs de province, nous avons profité de cette occasion pour lever le voile sur le projet que nous comptons mettre en œuvre pour reconquérir cet espace culturel et de valeurs », a souligné le 52ème Bour Saloum.

Par la même occasion, il a indiqué avoir reçu un récépissé de reconnaissance de l’administration, une première pour cette cour royale. Une démarche qui profile d’importants projets de développement, économique, social, culturel, aujourd’hui en études pour leur réalisation. Des changements aussi sont notés par rapport à l’organisation interne.

Le « Pencum Saloum », la plateforme culturelle de démonstration des valeurs et traditions est rebaptisée « Neggu Saloum » (la Chambre du Saloum). Tout comme le « Gamou de Kahone » qui sera naturellement reconverti en une foire culturelle où toutes les treize provinces recensées dans l’ancien royaume du Saloum trouveront  l’occasion de montrer leurs potentialités et patrimoine culturel », a renseigné le chef provincial. Après la commune de Kaolack, la délégation des rois du Saloum envisage de poursuivre cette tournée auprès de l’ensemble des familles religieuses du pays, à Touba, Ndiassane, Tivaoune, Yoff Layène, entre autres.

Outre le Bour Saloum, la délégation de chefs traditionnels était composée de Mbeuleup Ndoucoumane, de Bumi Kaymor, de Bour Gandiaye, entre autres.

Elimane FALL

 

Philippe Cantalou, français pied-noir d’Algérie, a présenté, vendredi dernier, son deuxième ouvrage, un recueil  de nouvelles titré « Les chroniques noires d’un Lébou Blanc ». Il retrace la vie et l’expérience de l’auteur dans ses activités d’ancien poissonnier au Sénégal.

Après son roman intitulé « La fausse promesse », Philippe Cantalou vient de publier aux éditions L’Harmattan son deuxième ouvrage, titré « les chroniques noires d’un Lebou blanc ». En format recueil de nouvelles, ce livre de 230 pages relate de l’expérience de poissonnier de quartier de l’auteur, à Dakar. Installé  dans la capitale sénégalaise après le décès de sa mère, Philippe Cantalou a su monter, en 2008, une boutique pour devenir un poissonnier de quartier. Par une bonne connaissance du poisson et de la façon dont il faut le cuisiner, il gagnera le sobriquet du « Lébou Blanc ». Malheureusement, quelques déboires avec la boutique et un souci de santé amèneront Philippe Cantalou à fermer, en 2013, sa poissonnerie.

Aujourd’hui, quatre ans après sa fermeture, le français pied-noir d’Algérie  propose en bonne et due forme cet ouvrage, titré « Les chroniques noires d’un Lébou Blanc ». Dès la page de couverture, on s’aperçoit de l’esprit corrosif de l’auteur qui  s’y présente lui-même en photo tenant dans ses mains un poisson avec une cigarette dans sa bouche. « Je suis un anti-conformiste. Il faut des fois choquer. L’idée derrière cette photo de couverture, c’était de secouer les esprits, et pour adoucir l’image, j’ai  décidé de mettre dans la bouche du poisson une cigarette », dit-il. Avant de préciser, « je parle de choses sérieuses mais toujours sur le ton de l’humour car pour moi, l’humour est une meilleure arme pour dire des choses légères. En lisant mon livre, vous allez rire mais derrière ce rire, il y a quand même quelque petit message que j’y véhicule ». En effet, relatant son expérience de poissonnier, Philippe fait ressortir beaucoup d’autres aspects de la vie sénégalaise. « J’ai mis d’ailleurs comme trame de ce recueil de nouvelles, la dépense quotidienne de 2. 400 FCfa par jour, comment l’avoir et qu’est-ce qu’on est prêt à faire pour l’avoir…? », souligne-t-il. Outre cette partie du recueil, il y a aussi d’autres parties titrées « Le charretier », « Brèves de comptoirs au palais de justice de Ziguinchor », « Emma », dédiée à sa sœur Isabelle, « Le mariage blanc », « Le djembé de Thiaroye ».

Philippe Cantalou finira son ouvrage avec le Sommet de la Francophonie. Mais au tout début du recueil, il parle de sa banale petite histoire sur sa rencontre avec le pêcheur Mamadou Fall à Kafountine. « Une rencontre pas anodine puisque de celle-là germera dans mon esprit l’idée d’investir dans son activité par l’achat  de deux moteurs puis de monter une poissonnerie », informe-t-il. Mais leur histoire finira par une affaire judiciaire.

Philippe Cantalou est titulaire d’une maîtrise en Droit général de la famille d’Aix en Provence et d’un master en Droit international des affaires.

Maguette Gueye DIEDHIOU

L’accès du plus de nombre de femmes aux Tic reste un défi majeur pour le continent. Selon la directrice du Centre de la Cedeao pour le développement du genre (Ccdg), en Afrique, la proportion de femmes qui utilisent Internet est inférieure de 25% à celle des hommes. Aussi,  a informé Sandra Oulaté Fattoh, dans les pays les moins avancés, dont 11 dans la seule région de la Cedeao, seule une femme sur sept utilise Internet par rapport à la moyenne d’ un homme sur cinq. 

Ce faisant, elle trouve qu’il est « donc crucial de réduire cet écart entre les sexes à travers l’intégration systématique de la dimension genre dans les politiques et programmes Tic». Selon elle, l’intégration de la dimension genre dans les politiques et les programmes en matière de Tic permettrait non seulement d’autonomiser les femmes et les filles dans leurs différents domaines d’activité, mais contribuerait également de manière significative à la promotion de l’égalité des sexes dans ce domaine, en créant un environnement propice pour que celles-ci accèdent aux outils révolutionnaires des technologies de l’information et de la communication en tirent un maximum de profit.

I. BA

Le projet de soutien à la professionnalisation et à la promotion du cinéma et de la formation dans le domaine de l’écriture de scénario au Sénégal a été lancé, vendredi dernier, à la Place du Souvenir pour un coût de 100.000 euros, soit 65.595.700 FCfa.  

A quelques mois du sommet Afrique/Ue qui se tiendra à Abidjan, les 29 et 30 novembre 2017, le groupe Eunic (European union national institut for culture), en collaboration avec l’Etat du Sénégal et l’Union européenne, s’est proposé, à travers un projet, de soutenir d’une part, la professionnalisation du secteur par la formation (de haut niveau) en écriture de scénario à l’intention de 15 scénaristes nationaux, mais également de mieux faire connaître le cinéma sénégalais, africain et européen en organisant des projections cinématographiques en plein air à Dakar et sa banlieue. Les organisateurs comptent s’appuyer sur la structure du cinéaste sénégalais « Moussa (Touré) invite ». Cette formation qui a démarré depuis le vendredi 22 septembre va s’étendre sur 45 jours d’atelier. C’est une offre pédagogique en 3 fois 15 jours.

Créé pour encourager la coopération entre les instituts culturels européens au Sénégal afin de promouvoir la diversité culturelle et renforcer le dialogue international et la coopération culturelle, le groupe Eunic (European union national institut for culture) Sénégal, composé des instituts culturels des Etats membres de l’Union européenne s’est fixé comme objectifs principaux le développement et l’accompagnement de cette politique culturelle volontariste de l’Etat sénégalais.

En 2016, dans le cadre du « Off » de la biennale de l’art africain contemporain, la Délégation de l’Union européenne (Due) a financé le groupe Eunic pour réaliser un projet de « vidéo-mapping » sur des bâtiments significatifs de la ville de Dakar. Fort du succès remporté par cette activité, la Due a validé le projet « Soutien à la professionnalisation et à la promotion du cinéma au Sénégal », introduit en 2017, par le groupe et a reconduit le financement, pour un montant de 100.000 euros, soit 65.595.700 FCfa.

Le directeur de la Cinématographie, Hugues Diaz, a invité les 15 bénéficiaires à suivre leurs prédécesseurs. « Vous vivez en direct le dynamisme du cinéma sénégalais qui est porteur d’espoir. Nous ne voulons pas de succès d’éclats », a dit M. Diaz, qui invite à une construction d’une industrie cinématographie conquérante ! Et pour cela, il faut des produits de qualité. Des projections cinématographiques en plein air à Dakar et sa banlieue ne feront, rassure  Hugues, que démocratiser l’accès aux films cinématographiques. M. Diaz a lancé un appel aux bonnes volontés pour un retour des soutiens aux programmes d’initiatives culturelles.

Anne Potié, présidente d’Eunic-Sénégal, a précisé que le cinéma n’a pas de grammaire, mais des codes ; avant de regretter la faiblesse dans l’écriture des scenarii en Afrique. Aussi, a-t-elle exhorté à des scenarii de qualité, car on ne peut pas financer tous les films.

Cinéma dynamique
Clemens Schroeter, 1er conseiller de la Délégation de l’Union européenne, a déclaré que raconter une histoire est le point de départ de toute production cinématographique et que les scénaristes sénégalais et européens comptent travailler ensemble pour la création de projets communs et porteurs d’un mix de nos valeurs.  

Le cinéma sénégalais est l’un des plus anciens et des plus dynamiques du continent africain. Après quelques années de crise, l’Etat sénégalais a mis en place une véritable politique volontariste pour relancer le secteur du cinéma et en faire une industrie culturelle ; l’objectif étant de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes sénégalais. Cette volonté se traduit, notamment, par la mise en place du Fonds de promotion à l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica) doté annuellement d’ un milliard de FCfa, qui s’est également ouvert à d’autres filières du secteur comme la distribution, l’exploitation et la formation.

Avec une réelle volonté de favoriser le transfert de compétences, le groupe Eunic s’est appuyé sur la société sénégalaise de production Cinékap. Les jeunes scénaristes seront formés par 10 réalisateurs et scénaristes dont Moussa Touré, la Belge Judith Langerome, le Franco-Sénégalais Alain Gomis, etc.

Serigne Mansour Sy CISSE

 

Dakar abrite depuis hier une conférence régionale pour l’Afrique sur l’intégration de la dimension du genre dans les politiques et programmes du secteur des Technologies de l’information et de la communication (Tic). La cérémonie d’ouverture a été présidée par Abdoulaye Baldé, ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique.

Le grand atout qu’offrent les Technologies de l’information et de la communication (Tic) sur le plan économique et social ne peut porter véritablement ses fruits dans un pays que lorsque celles-ci intègrent suffisamment la dimension du genre. Autrement dit, un accès équitable entre homme et femme à ces technologies qui ont fini de révolutionner les rapports sociaux à presque tout point de vue. C’est d’ailleurs dans cette démarche que s’inscrit la première édition de la conférence régionale pour l’Afrique sur l’intégration de la dimension du genre dans les politiques et programmes du secteur des Tic.

A l’Initiative de l’Unesco et en partenariat avec le ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Onu-Femmes, le Centre de la Cedeao pour le Développement du genre, la World Wide Web Foundation, l’Alliance pour l’Accès à l’Internet (A4ai), la Banque africaine de développement et Facebook, cette rencontre se veut une plateforme de réponses « aux défis et aux opportunités de la société de l’information et de la connaissance. » Elle vise à créer des alliances pour accélérer l’intégration de la dimension genre dans la politique des Tic en Afrique francophone et  à mettre en place « un réseau de pairs entre les gouvernements d’Afrique francophone et, en particulier, les ministères et les agences chargées d’élaborer des politiques et des programmes qui exploitent le pouvoir d’accès à l’information pour atteindre les Objectif de développement durable (Odd), et plus particulièrement en ce qui concerne l’égalité des genres ». La rencontre de Dakar regroupe une centaine de participants issus d’une vingtaine de pays dont le Mali, le Burkina, le Kenya, la Tunisie et le Cameroun.

Pour le ministre sénégalais de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, la dimension Genre et Tic constitue un enjeu « important » pour le développement de « nos » communautés et « nos » nations entières. Selon Abdoulaye Baldé, cette conférence contribue à accélérer l’intégration de la dimension genre dans les politiques du secteur des Tic en Afrique francophone. « Notre rencontre ouvre de nouvelles pistes pour l’innovation et l’entreprenariat numérique afin de relier davantage les citoyens africains et de faciliter davantage leur intégration », a-t-il indiqué, ajoutant que le Gouvernement du Sénégal va poursuivre les politiques visant à réduire la fracture numérique.  

Un enjeu développement
Si l’accès équitable aux Tic est un défi mondial, Adalbert Nshimyumuremyi de la Banque africaine de développement (Bad) pense que la situation est beaucoup plus difficile en Afrique où les avantages du numérique souffrent davantage de répartition déséquilibrée. C’est pourquoi, a-t-il ajouté, la Bad a approuvé un programme de 10 millions de dollars à travers la mise en place d’une plateforme numérique visant 50 millions de femmes dans le continent.

D’après le directeur du Bureau régional multisectoriel de l’Unesco, Gwang-Chol Chang, « l’accès  à l’information et l’implication des femmes dans l’innovation et l’entrepreneuriat numérique joue un rôle clé pour positionner l’Afrique et les jeunes femmes africaines en particulier dans une trajectoire de développement inclusif et durable. » C’est pourquoi, pense-t-il, les femmes devront être non seulement des consommatrices et de contenus numériques, mais davantage d’importantes créatrices de contenus locaux.

Ibrahima BA

 

Rencontré à la sortie de la cérémonie de clôture du 20e Festival du cinéma africain de Khouribga (Maroc), le musicien congolais Rey Lema nous a parlé de son rôle de membre du jury de ce rendez-vous du septième art. A 71 ans, le talentueux pianiste, véritable globe-trotter vivant à Paris, annonce la sortie prochaine d’un nouvel album et rappelle à la jeune génération d’artistes du continent que la musique est un métier à prendre au sérieux…

Qu’est-ce cela vous fait d’être membre du jury d’un festival de cinéma ?
C’est une fonction très complexe. Oui vraiment. Mais en même temps, très intéressant, parce que ça m’a permis de croiser un milieu qui est très riche. Parce que le cinéma, contrairement à tous les arts, n’est pas seulement un art, mais une industrie. Ce sont tous les arts qui se croisent en même temps. Et juger tous les arts qui se croisent est un exercice affolant.

Et lequel des films vous a le plus marqué ?
On vient de vous donner les résultats, la presse parlez-en d’abord.

En tant que musicien et artiste, comment trouvez-vous le cinéma africain ?
Le cinéma africain, moi j’y crois beaucoup, parce que comme je viens de vous le dire, le cinéma est une industrie et en tant que telle, si nos dirigeants comprennent sa dimension industrie, c’est-à-dire un moteur économique, avec les talents que nous avons, ça peut tirer le continent vers le haut très rapidement. Voilà ce que j’ai senti.

Concernant votre carrière musicale, comment cela se passe-t-il pour vous après tant d’années ?
Écoutez, je suis tout le temps sur les routes, sur scène dans les hôtels ; ma particularité est que tantôt je tourne en piano solo, tantôt en duo, tantôt en quintet, en symphonie… Cela fait que je ne peux même plus en parler. C’est comme demander à un maçon qu’est-ce que vous pensez de la maçonnerie (rire). Je remercie tous les jours Dieu de m’avoir donné ça. Il faut que j’assure, je garde la santé parce que c’est très éprouvant comme métier.

Et peut-on vous imaginez toujours là dedans ?
J’espère que j’y serai aussi longtemps que Dieu me donnera la vie.

Y aurait-il une relève à Ray Lema ?
Je suis très occupé avec l’éducation, je fais beaucoup de workshops, je m’occupe des jeunes artistes. Parce que je pense à mon niveau aujourd’hui, je suis responsable, par mon expérience, par mon âge. Je fais tout pour essayer de communiquer plus que je peux avec les plus jeunes. Pas seulement dans mon pays, on m’invite partout dans le monde. Il y a des diasporas africaines même jusqu’en Chine. Peut-être qu’en Afrique, c’est plus compliqué avec mon instrument qui est le piano ; il n’y a pas beaucoup de pianos en Afrique… Chaque fois qu’on m’invite en Afrique, ici par exemple, ils voulaient que je joue. Mais quand je suis allé voir le piano, c’était un petit clavier comme ça (il fait le geste avec les doigts). Donc je leur ai dit non, ce n’est pas un piano ça.

Travaillez-vous sur un projet ou album musical en ce moment ?
Actuellement, je suis sur mon prochain album. Il sera très jazz,  

Vous en êtes à combien d’albums dans votre carrière ?
Hum, mon Dieu, là vous posez une question très complexe. Je ne les compte plus, il y en a beaucoup, vraiment.

En tant qu’artiste, connaissez-vous toutes les variétés de la musique africaine ?
L’Afrique est un continent énorme  ! Donc c’est impossible pour un musicien de connaître toute l’Afrique. C’est impossible !

Mais vous suivez quand-même les jeunes musiciens qui font de l’Afrobeat, du Ndombolo, du Mbalax, entre autres. …
Ha oui, oui ! Parce qu’il y en a beaucoup qui m’envoie leur produit pour que je réagisse. Donc je les suis. Le seul problème est que, prenez l’exemple du festival de cinéma que l’on vient de voir. Toutes ces musiques-là ne peuvent pas accompagner l’image. En musique, on ne peut pas y arriver parce qu’on danse ou on a un beau visage. C’est vraiment un métier. Il faut que les Africains sachent que la musique est un métier, et ce n’est pas seulement sortir des tubes et danser. Ce n’est vraiment pas seulement la danse…. Mais pour cela, je ne me sens pas en missionnaire pour aller dire ça à tout le monde. A chacun de suivre son destin.

Propos recueillis à Khouribga, par Omar DIOUF

 

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.