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Arts et Culture (1569)

African fashion international (Afi), exploitant et organisateur de la Fashion week Mercedes-Benz Joburg, célèbre, du 17 au 19 août 2017, dix ans d’excellence africaine avec une diversité de créateurs africains prêts à présenter leur collection printemps/été dans un nouvel espace, à Johannesburg.

African fashion international (Afi) annonce la célébration des dix ans d’excellence africaine de Fashion Week Mercedes-Benz Joburg, du 17 au 19 août 2017, avec une diversité de créateurs africains, selon un communiqué d’Africain media agency (Ama). « Nous avons collaboré avec les meilleurs créateurs africains afin de présenter une magnifique gamme de vêtements et accessoires raffinés de classe internationale au sein du tout nouveau Mall of Africa. Nous souhaitons ainsi commémorer 10 ans pendant lesquels nous avons fourni la meilleure plateforme à la crème des créateurs du continent pour pouvoir présenter leurs collections », déclare Dr Precious Moloi-Motsepe, fondatrice et Pdg d’Afi. Elle se réjouit de l’accueil des collections de jeunes créateurs qui font parler d’eux dans le monde de la mode.

Parmi les créateurs qui présentent leur toute première collection, on rencontre Sheria Ngowi de Tanzanie, Chidinma Obairi du Nigeria et Vizuvlgvds des Etats-Unis.
Il convient de souligner qu’African fashion international a été fondé pour faire connaître les talents africains et susciter l’attention locale et internationale envers le secteur de la mode africaine grâce aux plateformes de la Fashion Week Joburg et de la Fashion Week Cape Town.

La finalité d’Afi consiste à promouvoir les talents en devenir via le projet Fastrack et son concours de Jeune Créateur de l’année qui distingue chaque année une nouvelle « étoile montante ». Ces six dernières années, le programme d’incubateur Fastrack d’Afi a permis le lancement des carrières de 75 nouveaux talents.

Abdou DIAW

La délégation du Sénégal aux 8èmes Jeux de la Francophonie a une chance de médaille ce vendredi, avec la qualification en finale, en catégorie Chanson, de l’artiste-chanteuse Awa Moonaya Yanni dite Moona. Un concours qui se tient aujourd’hui, vendredi à 20h45, au Palais de la Culture de Treichville, à Abidjan.

Le Sénégal est en finale du concours en catégorie Chanson des 8èmes Jeux de la Francophonie avec sa représentante Moona et son groupe. La compétition se tient, aujourd’hui, vendredi à 20h45, au Palais de la Culture de Treichville, à Abidjan. La chanteuse sénégalaise rencontre en finale des artites des Seychelles, du Congo, de la Belgique et de la Suisse. Moins fortunée, l’équipe du Sénégal en Hip hop ou Battle (Danse) a été battue par celle de la France mercredi, c’était en quart de finale. Notre pays était représenté par la troupe Crazy Elements. Dans cette catégorie, le Cameroun a pris l’or, le Maroc, la médaille d’argent, la France s’adjuge du bronze. A noter aussi l’élimination de la Compagnie Pasytef de Yarakh qui était en compétition pour la catégorie Danse de création.

Correspondance particulière de Assane DIA

La finale du concours en Conte des 8èmes Jeux de la Francophonie a opposé les candidats du Congo Brazzaville, de la France, de la Guinée, du Canada et du Liban qui se sont croisés dans la salle Niangoran Porquet du Palais de la Culture.

Et le Congo Brazzaville qui a pris le devant en décrochant la médaille d’or, suivi par la Guinée et la France qui remporte le bronze dans la catégorie contes et conteurs des 8èmes jeux de la Francophonie d’Abidjan.

Le candidat du Sénégal, Mame Fara Ndiaye qui a pourtant fait une belle prestation ce lundi, a été recalé.
Les résultats définitifs pour les disciplines peinture, sculpture et photographie seront connus ce jeudi 27 juillet 2017. Le Sénégal est représenté respectivement par Babacar Mbaye Diouf, Balla Ndao et Ndèye Fatou Thiam dit Inna.

La proclamation des résultats est prévue à la Bibliothèque nationale.

Les 8èmes Jeux de la Francophonie qui se tiennent présentement à Abidjan ont été une occasion pour l’Organisation internationale de la Francophonie d’expliquer sa politique d’appui et d’accompagnement en faveur des différents lauréats de cette compétition.

Au cours d’une rencontre de débriefing avec la presse, la Direction de la langue française, de la culture et de la diversité culturelle de l’Organisation internationale de la Francophonie a indiqué que l’institution va accompagner les lauréats dans toutes les disciplines artistiques et culturels dans le but de favoriser les échanges et le dialogue des cultures entre les peuples de l’espace francophone. Cette politique de soutien va ainsi permettre aux bénéficiaires de pouvoir dessiner leur plan de carrière avec des perspectives professionnelles prometteuses.

Déjà pour le concours littéraire de cette année, l’Oif s’est engagé à publier les textes des médaillés d’or, d’argent et de bronze ainsi que le lauréat ayant remporté la mention spéciale.
Dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’actions de la 4ème conférence ministérielle francophone sur la culture, Mme Youma Fall a invité les Etats à travailler étroitement avec la société civile culturelle qui doit jouer à son tour, un rôle important dans la mise en place des textes et réglementations dans le domaine culturel.

Sur le financement du secteur de la culture, l’Oif, par la voix de la directrice de la Langue française, est d’avis qu’il faut une concertation constante entre les ministères des Finances, du Plan et de la Culture des Etats pour une meilleure compréhension des enjeux économiques de la culture et l’affectation de budgets conséquents au secteur. La mise en place de financements adaptés permettra ainsi aux pays de placer la culture au centre de leur politique de développement.    

 Correspondance particulière de Assane DIA

Le conteur Mame Fara Ndiaye éliminé au premier tour
La finale du concours en Conte des 8èmes Jeux de la Francophonie a opposé les candidats du Congo Brazzaville, de la France, de la Guinée, du Canada et du Liban qui se sont croisés dans la salle Niangoran Porquet du Palais de la Culture.
Et le Congo Brazzaville qui a pris le devant en décrochant la médaille d’or, suivi par la Guinée et la France qui remporte le bronze dans la catégorie contes et conteurs des 8èmes jeux de la Francophonie d’Abidjan.
Le candidat du Sénégal, Mame Fara Ndiaye qui a pourtant fait une belle prestation ce lundi, a été recalé.
Les résultats définitifs pour les disciplines peinture, sculpture et photographie seront connus ce jeudi 27 juillet 2017. Le Sénégal est représenté respectivement par Babacar Mbaye Diouf, Balla Ndao et Ndèye Fatou Thiam dit Inna.
La proclamation des résultats est prévue à la Bibliothèque nationale.                        
 
A. DIA

Un atelier de renforcement de capacités à Kolda a réuni des journalistes et animateurs des radios communautaires des régions de Kolda, Sédhiou, Tambacounda et Kédougou, la semaine dernière. La rencontre était organisée par l’Union des radios associatives et communautaires (Urac) du Sénégal dans le cadre de la mise en œuvre du Programme Gold/Gouvernance locale avec l’Usaid.

Ce programme avec des activités sur le terrain, notamment des outils appliqués aux collectivités locales et des renforcements de capacités sont organisés à l’intention des acteurs et élus locaux.
Le projet vise à susciter le dialogue citoyen pour permettre aux populations de participer à la gestion des affaires locales. Les domaines ciblés sont l’éducation, la santé, l’eau, l’hygiène et l’assainissement et la sécurité alimentaire. A ce propos, les animateurs des radios communautaires doivent organiser des débats radiophoniques, des émissions inter-actives et des magazines pour susciter le débat sur ces sujets au niveau local. Ce qui leur permettra ainsi de créer un cadre d’expression populaire pour les populations. Pour la première année, le programme intervient dans 8 communes pilotes. Il sera étendu dans d’autres collectivités locales à partir de l’année prochaine.  

« Cet atelier s’inscrit dans le cadre du Programme Gold/Gouvernance locale avec l’Usaid dont l’Urac est membre du Consortium. Dans ce programme, l’Urac a en charge la communication sociale pour vulgariser les outils et les activités pour une durée de 5 ans dans ces 4 régions. Aujourd’hui, il est question de renforcer les capacités de nos animateurs journalistes afin qu’ils puissent avoir les aptitudes nécessaires pour participer à ce programme et travailler sur la communication sociale », déclare Souleymane Mboup, vice-président de l’Urac. Les citoyens ont besoin, selon lui, davantage d’explications sur les questions liées à la mobilisation des ressources locales et d’engagement citoyen. Pour la plupart de nos compatriotes, la participation citoyenne s’arrête uniquement à l’invitation à une rencontre alors qu’en réalité, c’est depuis en amont qu’il faut faire participer les populations, notamment sur le suivi-évaluation des politiques locales, selon M. Mboup qui invite les participants à mettre l’accent sur cette question pour permettre aux uns et aux autres de mieux comprendre leur rôle, mission et responsabilité.  

Mamadou Aliou DIALLO

Trois disques de platine, 16 d’or... Les quatre garçons d’Abidjan ont trouvé le Magic System pour faire danser la planète. Le groupe ivoirien fête ses 20 ans avec une tournée africaine et une autobiographie.

« Cet anniversaire est particulier pour nous. Car nous célébrons 20 ans d’amitiés, de collaboration, de moments de joie et de tristesse », confie à l’Afp A’Salfo, le leader du groupe qui a su ouvrir les portes du marché africain et international au genre zouglou mais aussi aux autres genres ivoiriens, dont le coupé-décalé.

A’Salfo, Manadja, Tino et Goudé, les quatre boys d’Anoumabo, quartier déshérité d’Abidjan, aux ruelles boueuses et sablonneuses, ont joué partout, des stades africains aux salles mythiques comme l’Apollo à New York ou l’Olympia à Paris et jusqu’au Louvre, le 7 mai, pour le concert célébrant la victoire du président français Emmanuel Macron.

Formé en 1997, le groupe a connu la consécration deux ans plus tard avec son tube « Premier Gaou », fable sur les déboires sentimentaux d’un jeune homme naïf - le gaou est un homme crédule en nouchi, l’argot abidjanais. Le tube va propulser les quatre amis sur la scène mondiale.

Magic System a multiplié les succès, enchaînant les albums, sans oublier l’amitié.
« Nous sommes restés unis et soudés, c’est le secret de notre réussite », raconte A’Salfo. « C’est rare en Afrique qu’on parte ensemble à quatre et qu’on y reste 20 ans durant ».

- Des bosseurs plein d’humilité -
« Magic System est un groupe qui a toujours voulu relever les défis, après Premier Gaou, nos détracteurs ont parlé de coup de chance! On a donc relevé ce défi », explique Manadja, le « gros » du groupe.

Le groupe reconnaît avoir bénéficié de conseils avisés, dont ceux de la star ivoirienne du reggae, Alpha Blondy.
« Magic System est un groupe de grands bosseurs plein d’humilité (...). Quand on dispose de ces critères, on peut aller loin dans le succès », témoigne Alpha Blondy, l’artiste aux millions d’albums vendus dans le monde.

« Ils ont mes encouragements. Je leur dis : +Soyez solidaires et tournez le dos aux démons de la division+ », poursuit l’auteur de Sweet Fanta Diallo, dont Magic System a réalisé une reprise dans son neuvième album, Radio Afrika. Le succès de Magic System, c’est aussi la réussite du zouglou, un rythme musical typiquement ivoirien né sur les campus universitaires d’Abidjan dans les années 1990. Le zouglou dénonce les travers de la société ivoirienne tout en la faisant danser.« Malgré son ancrage national, le zouglou peinait à se faire entendre sur la scène internationale. C’est seulement en 2002 que le monde entier découvrira vraiment ce rythme, grâce à un remix de Premier Gaou signé du célèbre DJ français Bob Sinclar », explique le journaliste-écrivain Usher Aliman, auteur du livre « Espoir 2000, les secrets d’un zouglou insoumis ».

- Aidés par des coiffeuses -
Aujourd’hui, les quatre musiciens arpentent fièrement les rues d’Anoumabo d’où ils sont issus et qu’ils ne quittent jamais longtemps. Depuis que la réussite est au rendez-vous, Magic System développe des projets sociaux dans son quartier, à travers notamment le Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua) qu’il a créé.

Le groupe a aussi construit deux écoles primaire et maternelle à Anoumabo. « Nous avions abandonné les études secondaires par manque de moyens financiers. Tous les écueils qui peuvent forger la vie d’un homme, nous les avons quelque peu vécus », commente Goudé, évoquant « une marche de combattants ». « Manadja et moi avions travaillé comme contractuels (journaliers) dans une boulangerie pour joindre les deux bouts. Nous étions tous enfants d’ouvriers dont les parents gagnaient à peine le smic » (l’équivalent de moins de 50 euros à l’époque), se souvient A’Salfo.

Toute leur histoire est retracée dans un livre autobiographique intitulé: « Magic System, le mystère Premier Gaou », qui devrait sortir pendant la célébration et dont la préface est signée par le ministre ivoirien de la Culture, Maurice Bandama. Ils y racontent leurs débuts avec des producteurs réticents, le manque de ressources financières, leurs origines sociales modestes... jusqu’au succès. Une anecdote ? « Notre premier producteur avait refusé de nous produire, ne croyant pas au projet (...). Les frais de transport d’Anoumabo au studio d’enregistrement nous ont été payés par des jeunes filles du quartier qui travaillaient dans des salons de coiffure », raconte Tino.
Le groupe a un seul souhait : « Revenir en 2037 à Anoumabo pour fêter les 40 ans ».

AFP

La cérémonie de lancement de la série « Wuuté » (opposé en langue wolof) a eu lieu vendredi dernier, dans un restaurant dakarois. Acteurs, producteurs et réalisateurs ont profité de l’occasion pour présenter leur film qui veut aller à la conquête du marché international.

Les séries sénégalaises se sont fait une place dans les télévisions nationales au point de détrôner les Telenovelas. L’une d’elles vient renforcer ce fait avec comme objectif de conquérir le marché africain et international. « Wuuté », initiée par Adama Binta Sow et Cheikh Ahmadou Kara Boye, se veut une série qui vient rompre avec l’amateurisme. M. Boye qui en est le réalisateur, annonce un projet professionnel et ambitieux.

« Nous avons remarqué beaucoup d’improvisations, alors qu’en cinéma, la règle de base est qu’il ait un scénario. Pour que nos séries puissent émerger au niveau international, il faut qu’elles respectent les normes de la cinématographie et c’est là que nous comptons nous démarquer des autres », note-t-il. Le teaser du film et sa musique officielle interprétée par un des acteurs de la série ont été présentés au public. Une jeune équipe formée par Abdel Aziz Boye de Ciné-Ucad a initié ce projet.
Mais pour sa réalisation, ils ont fait appel à des techniciens professionnels expérimentés, annonce Adama Binta Sow, productrice de la série. L’amour, l’amitié, la famille, la religion, des thèmes qui entourent la vie sont abordés avec profondeur selon elle. Une série qui sera diffusée prochainement sur la 2Stv.

Sokhna Anta NDIAYE

La cérémonie de lancement de la série « Wuuté » (opposé en langue wolof) a eu lieu vendredi dernier, dans un restaurant dakarois. Acteurs, producteurs et réalisateurs ont profité de l’occasion pour présenter leur film qui veut aller à la conquête du marché international.

Les séries sénégalaises se sont fait une place dans les télévisions nationales au point de détrôner les Telenovelas. L’une d’elles vient renforcer ce fait avec comme objectif de conquérir le marché africain et international. « Wuuté », initiée par Adama Binta Sow et Cheikh Ahmadou Kara Boye, se veut une série qui vient rompre avec l’amateurisme. M. Boye qui en est le réalisateur, annonce un projet professionnel et ambitieux.

« Nous avons remarqué beaucoup d’improvisations, alors qu’en cinéma, la règle de base est qu’il ait un scénario. Pour que nos séries puissent émerger au niveau international, il faut qu’elles respectent les normes de la cinématographie et c’est là que nous comptons nous démarquer des autres », note-t-il. Le teaser du film et sa musique officielle interprétée par un des acteurs de la série ont été présentés au public. Une jeune équipe formée par Abdel Aziz Boye de Ciné-Ucad a initié ce projet.
Mais pour sa réalisation, ils ont fait appel à des techniciens professionnels expérimentés, annonce Adama Binta Sow, productrice de la série. L’amour, l’amitié, la famille, la religion, des thèmes qui entourent la vie sont abordés avec profondeur selon elle. Une série qui sera diffusée prochainement sur la 2Stv.

Sokhna Anta NDIAYE

Parcours et témoignage de l’ancien ingénieur agronome, Amadou Tidiane Wane

L’ancien conseiller du président Abdou Diouf, Amadou Tidiane Wane, a procédé, ce week-end, à la cérémonie de dédicace de son livre, intitulé, « De Collin à Diouf : Un chaume de mil au cœur du pouvoir ». Dans ces mémoires biographiques retraçant son parcours, Amadou Tidiane Wane est revenu sur des épisodes de son compagnonnage avec ces deux hommes d’Etat.

Après un cursus riche qui l’a vu travailler avec les plus hautes autorités du Sénégal, Amadou Tidiane Wane a partagé ses expériences dans un mémoire biographe de 271 pages. Dans le livre intitulé « De Collin à Diouf, un chaume du mil au cœur du pouvoir », l’auteur retrace son parcours depuis son enfance à Ndioum, Bakel et Saint-Louis avant d’atterrir à Paris pour une formation d’ingénieur agronome. Après sa formation, Amadou Tidiane Wane a eu à gérer le projet des Terres neuves à Tambacounda, cher au président Léopold Sédar Senghor en 1971.

Après ce passage, l’auteur a été conseiller du Premier ministre Abdou Diouf en 1978 avant de devenir le directeur général de la Caisse de péréquation et de stabilisation des prix en 1982 et président directeur général de la Société de développement agricole et industrielle (Sodagri), de 1991 jusqu’à sa retraite en 1995. Sur le plan politique, l’auteur a rappelé dans son autobiographie qu’il fut maire de Kanel en 1997 et s’est retrouvé membre du Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales (Craes) en 2004 sous le président Me Abdoulaye Wade.

Lors de la cérémonie de dédicace qui a noté la présence de plusieurs amis et anciens collègues de Amadou Tidiane Wane, son proche, le colonel Birane Wane, ancien aide de camp du président Senghor, a confirmé que ce dernier qui a toujours « été brillant » et un peu révolutionnaire, a osé parler de beaucoup de choses en évoquant des épisodes clefs de sa vie.

Soutenant la même thèse, l’écrivain et conseiller spécial du président de la République, Hamidou Dia, présentant le livre, a affirmé que l’auteur est revenu sur la « Toute puissance » de Jean Collin, alors secrétaire général de la Présidence de la République sous Diouf.

Réhabilitation de Jean Collin
Hamidou Dia de poursuivre que l’auteur, qui a joué un rôle important en tant que conseiller de Diouf, est revenu sur les traits du deuxième président Sénégalais qui « aimait beaucoup déléguer et se reposer sur les autres ». C’est ainsi que le président Abdou Diouf s’est beaucoup reposé, poursuit-il, sur Jean Collin mais aussi sur Ousmane Tanor Dieng après.  Cependant, l’auteur est revenu sur le fait que le président Diouf a été malchanceux avec les difficiles périodes des Programmes d’ajustement structurels (Pas). Faisant un témoignage sur Jean Collin, l’auteur confie que le Sénégal doit beaucoup à cet homme rigoureux et compétent. Cependant, il constate malheureusement que Jean Collin n’est pas apprécié à sa juste valeur par les Sénégalais du fait de préjugés. « Même s’il est Blanc, il a été plus Sénégalais que Abdou Diouf et moi-même. Il faut une réhabilitation de Jean Collin », martèle Amadou Tidiane Wane qui rappelle que Jean Collin était très juste. Seulement avec lui, « il fallait être compétent et loyal, sinon ça ne pourrait pas marcher ».

Par ailleurs, l’auteur de confesser que le président Abdou Diouf l’a beaucoup soutenu et défendu devant certains ministres, mais il n’a jamais compris son silence sur le plan politique après son départ face aux difficultés du Parti socialiste (Ps).

Amadou Tidiane Wane dit ne pas partager aussi le congrès sans débat installant Ousmane Tanor Dieng et qui a engendré la situation actuelle dans le Ps. En outre, à la lumière de son expérience politique, l’auteur a proposé de séparer la fonction de chef de l’Etat et de chef de parti.

Oumar KANDE

L’appel à projet pour le concours d’art numérique « Africa Artbox  Award » s’est ouvert le 20 juin 2017 dernier. Organisé par Trias Culture en partenariat avec l’ambassade d’Espagne, ce concours d’art digital destiné à tout artiste africain et non africain vivant en Afrique âgé de plus de 18 ans se poursuit jusqu’au 30 septembre 2017.

Trias Culture, avec le soutien de l’ambassade d’Espagne au Sénégal, a lancé un concours d’art numérique intitulé « Africa Artbox  Award ». L’appel à projet de ce concours sera clôturé le 30 septembre 2017. Ce prix africain est un dispositif de soutien à la création numérique. Il offre aux artistes primés la possibilité de réaliser leur projet de création dans un espace international, collaboratif et entouré d’une équipe expérimentée et pluridisciplinaire. Selon la fondatrice de Trias Culture, Maria Louisa Angulo, les artistes  sont actuellement à la phase de rédaction de leur projet et la date limite de dépôt est fixée pour le 30 septembre.

« C’est un concours ouvert à toutes les disciplines telles que les arts visuels, les arts de la scène, la musique, les sculptures avec comme critères la réalisation par exemple d’une œuvre qui intègre dans son processus de création un outil numérique. Il ne suffit pas juste de faire une photo avec un appareil numérique. Il s’agit d’une œuvre d’art et non d’une publicité ou d’un document éducatif », explique-t-elle. Précisant que la première phase du concours se tiendra le 30 novembre 2017 dans le cadre du salon d’art numérique. Ce sera également l’occasion de donner les prix aux gagnants et de faire le vernissage de l’exposition des œuvres des finalistes du concours. Aussi, souligne-t-elle qu’une exposition internationale des artistes invités, des ateliers de formations et conférences autour du thème sont également prévus au Monument de la Renaissance africaine. Sans compter le concert  de clôture qui sera animé par l’artiste Fakeba.

D’après Maria Louisa Angulo, le prix qui sera offert au gagnant de ce concours est une résidence de 2 mois à Bogota en Colombie, lui offrant la possibilité de réaliser son projet de création dans un espace collaboratif et entouré d’une équipe expérimentée et pluridisciplinaire.

A l’issue de cette  résidence, l’œuvre du gagnant ainsi que les œuvres finalistes sélectionnées par le jury sous dossier seront intégrées dans une collection africaine d’art numérique qui sera présente à partir de 2018 dans plusieurs endroits en Afrique et ailleurs. « Cette collection permet de faire savoir au monde que l’art numérique existe et qu’il est bien présent en Afrique », dit-elle. En prélude à ce concours, une série d’événements de sensibilisation et de promotion du concours est en train d’être organisée par Trias Culture. « L’idée, c’est de faire des rencontres assez dynamiques, qui peuvent permettre à l’artiste intéressé à mieux préparer sa proposition de projet. Ces rencontres sur l’art numérique se font tous les mois depuis juin avec le lancement de l’appel à projet de ce concours et se poursuivront jusqu’au mois de septembre », laisse entendre Maria Louisa Angulo.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Koungheul : Il y a juste un an que l’imam ratib de Koungheul, Serigne Bamba Sall, recevait l’accord de la directrice générale de la construction pour prendre en charge les travaux de sa mosquée. Ce samedi Mme Dione a remis les clés à l’imam qui a invité tous ses homologues du département et les populations de la capitale du Bambouck pour procéder à l’inauguration de ce joyau qui permet désormais à ses pensionnaires de faire leurs cinq prières.

Socé Diop Dione, accompagnée de tous les responsables de «Benno Bokk Yaakaar», a participé à la prière. Elle a reçu la bénédiction du marabout qui a prié pour des élections paisibles. Elle a, en un temps record, terminé les travaux relatifs à l’élévation, la pose de la dalle, l’étanchéité, le carrelage, la construction du mur de clôture et la peinture. Après la prière du «tisbar» dirigée par El Hadji Aly Willane de Keur Ngaye, le fils de Serigne Bamba Sall, Abib Sall a, au nom de son père, remercié et prié pour Socé Diop, avant que l’imam de la grande mosquée, Serigne Moustapha Diop, ne fasse une communication pour révéler que les trois premières mosquées au monde sont respectivement celle de la Mecque, de Jérusalem et de Médinatoul Mounawara.

Ensuite des millions de mosquées se sont disséminées à travers le monde. Pour une augmentation drastique de ce qui est appelé « la chambre de Dieu ». El Hadji Doudou Loum, Mama Samba Seck et tant d’autres ont été remerciés pour leur apport, avant qu’une invite ne soit lancée à tous les fils de Koungheul pour aider à terminer d’autres mosquées en souffrance.

Amath Sigui NDIAYE

Du 22 au 23 juillet, la capitale économique ivoirienne a abrité la 4ème Conférence ministérielle de la Francophonie sur la Culture, sur le thème : « Une ambition francophone pour la culture ». La rencontre organisée en marge des 8èmes Jeux de la Francophonie  a été ouverte sous la présidence de Mme Kandia Camara, ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement technique de Côte d’Ivoire, au nom du Premier ministre et de la secrétaire générale de l’Oif, Michaëlle Jean. Le Sénégal était représenté par Birane Niang, secrétaire général, au nom de Mbagnick Ndiaye, ministre de la Culture et de la Communication.

En veilleuse depuis voici maintenant 16 années, la 4ème Conférence ministérielle de la Francophonie sur la Culture s’est tenue les 22 et 23 juillet sur les bords de la lagune Ebrié, à Abidjan, où les ministres de la Culture des pays de l’espace francophone se sont retrouvés pour échanger sur les nouveaux enjeux qui interpellent le monde culturel. En effet, la dernière rencontre de ce genre remonte, en 2001, à Cotonou au Bénin.

Le temps des 8èmes Jeux de la Francophonie, en Côte d’Ivoire, l’Organisation internationale de la Francophonie avec comme maître d’œuvre la directrice de la Langue française et de la Diversité culturelle, Mme Youma Fall, a initié cette rencontre avec comme principales préoccupations les thématiques suivantes : régulation mondiale des enjeux et défis culturels, culture et développement humain durable, économie de la culture et coopération et solidarité internationale.

Le ministre ivoirien de la Culture et de la Fancophonie, Maurice Kouakou Bandaman, a réitéré la nécessité pour les Etats africains de mettre la culture au cœur de leur stratégie de développement économique et social. La secrétaire générale de l’Oif, Michaëlle Jean, a  abondé dans le même sens en prônant l’intensification des échanges culturels et une meilleure circulation des créateurs et des biens culturels. Elle a rappelé la politique de son organisation qui consiste à stimuler l’économie créative au sein de l’espace francophone ainsi que la consolidation d’industries créatives viables et compétitives à travers le monde.

Parlant au nom du gouvernement, la ministre de l’Education nationale a laissé entendre que son pays a mis en œuvre d’importants moyens pour développer ses industries culturelles et que les thèmes proposés pour cette réunion ouvrent des perspectives heureuses pour que la culture continue de rythmer les différentes stratégies de développement des Etats.

Créativité et diffusion
Au terme de deux jours d’échanges et de discussions, les participants ont adopté une déclaration et élaborer un plan d’actions pour les années à venir. Selon Mme Youma Fall, directrice de la Langue française et de la Diversité culturelle à l’Oif, la déclaration prend en compte les nouveaux enjeux du secteur de la culture liés notamment à la créativité, à la diffusion, à la diversité culturelle et la radicalisation.

Le plan d’actions qui sera mis en œuvre aura principalement comme axes, la coopération internationale, l’économie de la culture, les droits d’auteurs, le numérique, la formation et le financement du secteur de la culture. Il s’agit pour l’Oif et ses partenaires de mettre en œuvre ensemble les actions de manière commune et concertée.
Sur la périodicité de la conférence ministérielle de la Francophonie sur la Culture, les participants ont convenu de la faire coïncider avec de grands événements culturels.

 

Correspondance particulière de Assane DIA

 

Le Cercle des amis des écrivains noirs engagés (Cene) a décerné à Aminata Sow Fall le Prix de l’Engagement littéraire, samedi dernier. Au cours d’une cérémonie organisée à Keur Birago, siège de l’Association des écrivains du Sénégal, l’auteure de la « Grève des bàttu » a reçu tous les honneurs dignes de son parcours.

Que d’honneurs ! Moins d’une semaine après avoir été désignée marraine du Concours général sénégalais, c’est le Cercle des amis des écrivains noirs engagés (Cene) qui a distingué Aminata Sow Fall, samedi dernier, à Dakar. Aussi prestigieux que puissent être ces honneurs, ils ne récompensent pas assez la carrière de cette femme de lettres au parcours singulier. « C’est elle qui nous fait honneur en acceptant ce prix », révèle Mme Flore Nda Zoa, présidente du Cene.

Cette Suissesse d’origine camerounaise a créé ladite association en 2015 pour promouvoir les auteurs africains et afro-descendants engagés.

Aminata Sow Fall est une femme de verbe, et c’est par le verbe que le monde de la culture lui a rendu hommage. D’abord par des témoignages, ensuite par des poèmes, enfin par la chanson. « Elle nous fait tellement honneur que si l’Occident reconnaît vraiment les valeurs universelles de la littérature, un de ces jours, elle gagnera le prix Nobel de la littérature » affirme Alioune Badara Bèye, président de l’Association des écrivains du Sénégal. Dans la même veine, le colonel Moumar Guèye, président du Pen Sénégal déclare : « Je ne vois pas dans le monde littéraire qui m’entoure une personne qui mérite mieux les honneurs que Aminata Sow Fall ». Les poètes Ara Mbaye et Fatou Yelly ont déclamé des poèmes inspirés de sa trajectoire de cette grande dame de lettres avant qu’El hadji Faye et sa fille ne la chante de la manière que seuls les griots savent faire.

Le directeur du Livre, Ibrahima Lô, venu représenter l’Etat du Sénégal, a magnifié l’engagement de la lauréate. Pour lui, Aminata Sow Fall s’intéresse aux grandes questions qui interpellent le monde. Sa dernière publication, « L’empire du Mensonge », confirme le caractère avant-gardiste de l’auteur si l’on voit les fraudes notées au Bac. C’est cet engagement qui lui vaut ce prix, car de « La Grève des bàttu » à « L’empire du mensonge » en passant par « Le revenant », celle qui a été intronisée « impératrice de la littérature africaine » par le président Macky Sall a eu un regard critique sur son pays et le monde.

Avec une voix empreinte d’émotion, Aminata Sow Fall a tenu à remercier l’association Cene basée en Suisse. « Je ne peux pas dire tout ce qui m’étreint en honneur et en reconnaissance. Vous m’avez honoré devant les miens ; si vous l’aviez fait à Genève, je n’aurais pas eu cette même résonance que je ressens dans mon cœur », a-t-elle confiée à l’assistance.

Sokhna Anta NDIAYE

A 26 ans, Fulgence Gackou, auteur de deux albums, est encore jeune. Mais, son étonnante précocité d’esprit transparaissant dans son verbe et dans son exquis texte poétique en a fait un chantre qui a conquis le cœur de toute une communauté chrétienne. Et même au-delà car il est porteur d’un message d’humanité. Cet enfant de Guédiawaye originaire du Sine, qui a fait des études en Informatique de Gestion et en Banque-Finances, se meut dans un univers de ferveur pour rendre grâce à Dieu au moyen de sa voix enchanteresse dont il l’a gratifié. Les âmes férues de belles mélodies qu’il a si souvent distillées auront encore le plaisir de s’en délecter le 16 septembre prochain au Grand Théâtre ; scène de ses prouesses depuis quelques temps.

Environnement acoustique
« La musique peuplait mon environnement familial et scolaire. Ma famille a toujours aimé le chant. Mon grand-père, par exemple, chantait souvent lors de certaines manifestations organisées au village. Ma mère et mes sœurs étaient également des choristes. Moi, j’ai poussé un peu plus aussi bien dans le chant que dans le maniement de certains instruments de musique comme ceux de percussion ou encore le piano. Les établissements scolaires que j’ai fréquentés ont entretenu cette passion. J’ai adhéré à plusieurs chorales notamment celle de Saint Kizito où j’ai fait mes premiers pas en musique. Il en a été ainsi quand j’ai été à l’Ucao Saint Michel.

Par ailleurs, dans ma tendre jeunesse, j’ai beaucoup écouté et aimé le slow français. Cela a eu une grande influence sur mes compositions en général même s’il a fallu, à un moment donné, que je m’en départisse pour affirmer mon identité, « assigner une origine » à ma musique. En cela, la culture sérère, que j’avoue connaître moins bien que mes parents, m’y a aidé. Et je ne voulais pas, comme cela se fait souvent dans le milieu du gospel sénégalais, piocher sur ce qui se fait dans la sous-région ; ce, pour mettre en lumière une musique qui parlerait de moi, de ma culture. Le morceau « Diambaar » en est une parfaite illustration ».

Sonorités éclectiques
« Cette référence au « local » à mes débuts n’est toutefois pas synonyme de « calfeutrage musical » passé de mode dans cette humanité de rencontres et d’échanges. L’exploration et l’intégration dans ma musique des rythmes sud-africains témoignent de cette ouverture, de toute évidence, inéluctable de nos jours. Aussi, sur mon chemin, j’ai souvent côtoyé des amis congolais qui m’ont permis de m’imprégner d’autres cultures. Toutes ces rencontres, ces découvertes à travers les voyages dans les univers de rythmes d’ici et d’ailleurs transparaissent dans l’identité musicale que je m’emploie à forger, à décliner par la grâce de Dieu ».

Amour de la scène
« En 2012, j’ai été pris d’une envie viscérale d’être sur scène après avoir représenté mon école et remporté un concours de gospel. J’avoue que je n’ai rien vu venir. C’était carrément différent des concerts que je faisais à la chorale où je chantais en solo. J’étais devant et tout un orchestre derrière. La communication et la communion avec le public ont suscité quelque chose en moi. L’envie était presque irrépressible. C’est plus qu’un déclic. Je découvrais une sensation à la fois agréable et intense. Petit à petit, j’ai commencé à faire quelques petites prestations jusqu’au jour où, en 2013, je me suis dit qu’il faut que je me lance dans la carrière avec la sortie de mon premier album ».

La touche de maman
« En 2013, j’ai sorti mon premier album, « L’heure a sonné ». Ce titre résulte de l’interpellation de plusieurs personnes impatientes, à l’époque, de me voir sortir ma première production. L’heure n’avait pas sonné pour Fulgence Gackou. L’heure était venue plutôt de rendre grâce, de dire merci au Seigneur. C’est le sens que j’en donne. Cet album était composé de 10 morceaux dont le plus connu est « Diambaar ». C’est ma mère qui m’a aidé sur les lyrics. Je suis Sérère mais j’avoue que je ne parle pas couramment la langue. Ce titre n’était pas prévu dans l’album. On en était à neuf. C’est le producteur qui m’a suggéré d’en faire un qui ressortirait ma culture. Je n’ai jamais cru qu’un jour, je chanterai en sérère ou en un style pareil. Il a fallu qu’on le compose, que je m’adapte. Même étant Sérère, c’était nouveau pour moi. Ma mère s’implique beaucoup dans mes productions musicales. Je ne compose pas une chanson sans la lui faire écouter et me dire ce qu’elle en pense. C’est le « supplice » auquel je soumets toute ma famille d’ailleurs ! »

Passionné des percussions « Khadr »
« Deux ans plus tard, l’album « African praise » est sorti. Là, il fallait piocher, voyager à travers les styles africains. Le morceau « Bayete », très bien apprécié par le public, s’inscrit dans cette volonté d’ouverture, de propositions nouvelles pour étendre des couleurs sur la palette comme on dit. « Au commencement », un chant très biblique, a aussi eu beaucoup de succès. Il parle d’un prologue de Saint Jean. « Linguère » magnifiait le dialogue islamo-chrétien. J’ai toujours eu un faible pour les percussions de la confrérie «Khadr» depuis ma tendre jeunesse. Quand ils organisaient leurs manifestations, je me plaisais à venir y assister. J’aime bien voir tout cet amour, cette passion qu’ils y mettent. Nous avons voulu faire ce morceau dédié à la vierge Marie et nous sommes allés chercher des gens en mesure de jouer ce rythme. Le prochain album sera celui de la maturité même si nous voulons, pour l’instant, laisser les gens savourer les deux premières productions. Avec plus de maturité, aujourd’hui, je recadre un peu ma musique. Je cherche, au travers de ma musique, à rendre grâce à Dieu sans que cela ne soit perçu comme une injonction ou une exhortation par le public. Il est possible d’éprouver ce sentiment concomitamment sans interférence ni influence. Le Seigneur impose sa présence ».

Par la grâce du Seigneur… !
« C’est par pure grâce si j’en suis là, à intéresser des gens sur ce que je fais, à être adopté par ma communauté et au-delà. Je n’ai rien fait pour mériter de sortir un album et qu’il connaisse autant de succès dans un pays de surcroît à forte minorité chrétienne. Je parviens, par la grâce de Dieu, à jouer au Grand Théâtre à guichets fermés alors que des musiciens de bonne réputation et plus expérimentés et médiatisés que moi s’y produisent sans faire salle comble. Je suis très jeune en matière musicale par rapport à certains. Dans cette évolution positive des choses, il y a la main de Dieu. Il faut ajouter à cela la grâce de la vie. Mon existence, au sens large, est une grâce. L’action de grâce nous remplit d’humilité quels que soient les succès engrangés dans notre cheminement ».

Message adressé à l’humain
Dans cette vie, tout est une question de choix, de perception et d’objectif que l’on s’assigne. Il y a un musicien qui se lève et cherche le profit, la célébrité. Et d’autres qui s’épanouissent dans ce qui donne sens à leur existence. Ce sont les gens qui réalisent la portée de ma carrière, qui me prennent pour une star mais je suis loin de ça. L’essentiel, pour moi, est que le message de paix et d’amour passe et atteigne les cœurs et les esprits. Et ce message s’adresse avant tout à l’humain. Je suis catholique et c’est normal qu’il y ait une influence catholique dans ma musique. D’une autre religion, j’aurais aussi chanté Dieu. Mes chansons vont au-delà des appartenances. Elles ont une portée universelle en ce qu’elles déclinent des aspirations communes. Je prie au travers du chant. Au Grand Théâtre, l’année dernière, il y avait une forte communauté musulmane pour prier avec moi ».

Des visées au-delà de l’Atlantique
« Depuis 2015, je suis invité à Paris pour chanter avec la chorale sénégalaise Popenguine de France (Cspf) qui y organise un concert annuel. Cette année, je n’ai pas pu y aller. J’ai eu également à faire quelques tournées à Nantes, à Poitiers, à Toulouse en 2016. Nous sommes également en train de préparer des concerts à Montréal et aux Etats-Unis où plusieurs Etats en sont demandeurs. Ce sera certainement après le rendez-vous du 16 septembre prochain au Grand Théâtre qui marque la cinquième année de mon ministère, pour ne pas dire carrière. Cet événement verra la participation de la gabonaise Nushca, chantre de grande réputation vivant au Sénégal, d’Antoine Sarr, de Trésor Mbani, chantre camerounais, du groupe I-motion. Nous avons également prévu de faire appel à des batteurs de « Thiant » pour jouer quelques morceaux avec nous, une « armée » de percussionnistes sérères et une symphonie de violonistes. L’année dernière, nous étions en contact très avancé avec le rappeur Dip Doundou Guiss. Malheureusement, il a eu un contretemps. Nous verrons dans quelle mesure cela sera possible en septembre prochain. Nous avons voulu élargir, innover pour permettre au public d’assister à un spectacle éclectique ».

La « prière » au Grand Théâtre
« L’idée d’organiser un concert qui ait une certaine ampleur a germé après la sortie de mon premier album en 2013. Nous avions alors beaucoup hésité pour la salle qui devrait accueillir le spectacle. Le Théâtre national Daniel Sorano, à l’époque pour moi, c’était énorme a fortiori le Grand Théâtre ! A cette période, ce n’est pas tout le monde qui osait s’y aventurer. Et la salle Daniel Brottier nous paraissait trop petite pour nos ambitions naissantes. Nous nous sommes alors résolus à l’organiser au Théâtre national Daniel Sorano après que les échos favorables sur les réseaux sociaux nous ont donné confiance. Nous avons fait le concert en octobre 2013, trois mois après la sortie de mon premier album, à guichets fermés à notre grande surprise. A quelques jours du concert, j’aurais signé pour 600 billets vendus. La grâce est encore apparue. Nous avons réitéré l’événement en 2014 toujours avec une salle comble. Nous nous sommes aperçus que cela devenait un rendez-vous attendu. En 2015, avec la sortie de mon deuxième album « African praise », pour ne pas croupir dans la routine, nous avons voulu innover en faisant de ce concert une occasion de lancer la nouvelle production. L’album devait sortir ce jour-là même. Afin de passer à une autre étape, nous avons choisi, cette année-là, comme cadre le Grand Théâtre. C’était trop risqué, stressant même. Aucun chantre n’avait à l’époque fait cette salle. L’événement a été une réussite et la salle totalement remplie…par la grâce de Dieu ».

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

Le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et la Mauritanie unissent leurs expériences et moyens, avec l’accompagnement de l’Unesco, pour lutter contre le trafic des biens culturels. Une réunion sous-régionale de trois jours a été clôturée hier à Dakar.

Le Bureau de l’Unesco à Dakar a abrité, du 18 au 20 juillet, un groupe de travail pour arrimer une stratégie et chercher des moyens pour lutter contre le trafic illicite des biens culturels qui a pris une dimension particulière ces cinq dernières années au Sahel. Le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et la Mauritanie, pays ciblés par ces « trafiquants » et « pilleurs » comptent se mobiliser davantage en se dotant de capacités juridiques et opérationnelles nécessaires tant au plan national que sous-régional. « Nous vivons dans un monde de plus en plus interconnecté et interdépendant. La mondialisation offre de nombreuses opportunités pour le développement, mais aussi de multiples risques d’inégalités, de conflits et de détérioration du patrimoine culturel », a declaré Gwang-Chol Chang, directeur par intérim du Bureau régional de l’Unesco à Dakar.

Selon lui, l’Internet a révolutionné le commerce et permet d’accélérer la vitesse des échanges. Et par ce biais, certains objets revendus sur le marché noir, en particulier les pièces archéologiques et religieuses, atteignent des sommes importantes. « A l’heure où des institutions culturelles et des sites d’importance mondiale sont de plus en plus mis en péril, il convient de se réunir ensemble et de prendre le temps de réfléchir aux moyens d’actions les plus pertinents pour lutter contre ce fléau », a soutenu M. Gwang-Chol Chang.

Pour Mme Olonso Guiamar Cano, il a été question, au cours de cette réunion, d’informer les participants de la situation du trafic illicite des biens culturels par pays et valider la note d’analyse stratégique intitulée « Renforcement de la coopération sous-régionale pour la lutte contre le trafic illicite des biens culturels » ; de dresser une cartographie sous-régionale du trafic, incluant l’identification des acteurs, des espaces et itinéraires du trafic ainsi que l’identification des domaines d’intervention prioritaires pour la sous-région et les acteurs clés ; d’élaborer une note conceptuelle pour la mise en œuvre d’actions prioritaires de lutte contre le trafic illicite des biens culturels dans la région du Sahel pour présentation à des potentiels partenaires.

Ndiol Maka SECK

La cérémonie de dédicace du roman « Excusez ! Je suis wolof » de Saër Ndiaye s’est tenue, mercredi, à « Kër Birago Bu Bees », siège de l’Association des écrivains du Sénégal. Une cérémonie à laquelle ont participé des hommes de création qui ont apporté des critiques objectives à l’œuvre.

« A l’origine «Excusez ! Je suis wolof» était juste une contribution », renseigne l’auteur Saër Ndiaye. L’idée d’en faire un roman est venue d’Elie Charles Moreaux, un autre homme de Lettres. Par le titre, M. Ndiaye anticipe sur d’éventuelles exclusions du fait de son appartenance à deux peuples : le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Tout au long de l’œuvre, des anecdotes sont rapportées, ce qui lui donne un air d’autobiographie. Mais l’auteur avertit : « l’autobiographie n’y est qu’apparence, car les anecdotes sont au seul service des idées, des analyses sur la question identitaire, par ricochet sur les idées reçues qui créent un malaise chez son personnage qu’il soit à l’étranger ou dans son pays natal ».

Un roman de 239 pages dont la maturation a duré un peu plus de quatre ans. « Il a failli ne jamais le publier », renseigne Elie Charles Moreaux. La cause: l’auteur est un idéaliste dans l’âme. « Excusez ! Je suis wolof » porte un regard précis sur notre environnement, les tares de la société y sont listées. Des vérités crues, imbibées d’humour grâce, entre autres, au cousinage à plaisanterie, y sont dites. Un engagement salué par le président de l’Association des écrivains du Sénégal, Alioune Badara Bèye pour qui, « le malheur d’un peuple commence par le silence de ses écrivains ». Il a par ailleurs proposé un mémorandum de la paix et de l’amitié suite aux nombreux événements tragiques qui ont frappé le Sénégal.

Ahmadou Bamba Thiobane, professeur de Français et ami de l’auteur, chargé de présenté le livre, précisera que « Ce n’est pas de ces livres qu’on peut recommander à une personne en lui souhaitant douloureuse lecture, certains passages sont délicieux ».
Ibrahima Lô, directeur du Livre, venu représenter le ministre de la Culture et de la Communication a réitéré l’importance de la lecture. « Ça fait plaisir d’évoquer Senghor, Cheikh Anta Diop, mais il faut savoir qu’ailleurs, les gens avancent », souligne-t-il. C’est pourquoi, selon lui, le président de la République, premier protecteur des Arts et des Lettres, travaille pour porter la dotation allouée au livre à un milliard de FCfa.
La cérémonie de dédicace de l’œuvre, moment symbolique de la cérémonie, y mit un terme. Les lecteurs pourront ainsi jauger et juger cette quatrième publication de Saër Ndiaye.

Sokhna Anta NDIAYE

Le Festival des politiques culturelles a refermé, hier, le séminaire sur Les politiques culturelles organisé par la Direction des arts du ministère de la Culture et le Musée Théodore Monod d’art africain en collaboration l’Ifan- Cheikh Anta Diop

.Un bel après-midi de fusion autour de la musique, la peinture, la danse, le slam a clôturé, hier, le Festival des politiques culturelles. Occasion de refermer le séminaire sur Les politiques culturelles organisé par la Direction des arts du ministère de la Culture et le Musée Théodore Monod d’art africain en collaboration l’Ifan - Cheikh Anta Diop. Présentant le pré-rapport du séminaire sur Les politiques culturelles au Sénégal, Dr El Hadji Malick Ndiaye, conservateur du Musée Théodore Monod, a rappelé que « le paysage culturel sénégalais a vu l’émergence de nouveaux acteurs dont les pratiques posent une limite à la capacité de l’Etat à incarner à lui seul une communauté de sens ».

Ainsi, a expliqué le conservateur du musée, « ces nouveaux acteurs, assez indépendants, sous la tutelle ou à la périphérie de l’autorité investie de pouvoir, agissent en réseaux et influent à leur tour sur l’agenda des politiques culturelles ». Dans ce contexte, a estimé l’universitaire, « la culture est le levier d’une construction de sens entre les énoncés des politiques publiques, les représentations sociales du monde de l’art et le marché des idées de la classe intellectuelle ».

Selon Dr Ndiaye, ces trois dynamiques se sont souvent développées parallèlement et sans une réelle interaction. « Cette dissociation a été une des raisons ayant nécessité l’organisation du séminaire sur Les politiques culturelles initié en 2016 par l’Ifan/CAD. Ce séminaire encourage le dialogue entre les institutions, la société, la communauté artistique et le monde universitaire », a estimé le conservateur du Musée Théodore Monod. Evoquant la décision, en 2017, de la Direction des arts de soutenir la recherche scientifique sur les logiques du secteur, Dr Ndiaye a avancé que ce séminaire peut être considéré, aujourd’hui, comme un « observatoire des politiques culturelles au Sénégal ».

La deuxième séance du séminaire sur les politiques culturelles s’est tenue de février à juillet 2017. Huit conférences sur les filières artistiques ont été organisées : cinéma et audiovisuel, théâtre et conte, arts visuels, danse, mode et design, cultures urbaines, musique, artisanat d’art. Quatre conférences transversales ont porté sur : Territorialisation des politiques culturelles, Financement de la culture, Réglementation du secteur de la culture et Formation aux métiers de la culture qui s’est tenue mercredi, doublé d’une carte blanche aux écoles d’art. Dans la foulée, le présentateur du pré-rapport a listé quelques points portant sur : la stratégie et la recherche, la formation et le financement, le numérique et la diffusion, la décentralisation et le développement, la réglementation du secteur.

« Un vivier »
Prenant la parole au nom du ministre de la Culture et de la Communication, le directeur du Patrimoine culturel a magnifié ces rencontres marquées par un esprit de rigueur scientifique et qui ont vu enseignants, chercheurs, experts artistes, écrivains et autres acteurs culturels « interroger et s’interroger sur la trajectoire et le devenir des politiques nationales de développement culturel ».

Selon Abdoul Aziz Guissé, l’intérêt unanime a convaincu le ministre Mbagnick Ndiaye d’apporter son appui à la poursuite de l’expérience en 2017.
D’autant plus que, a remarqué M. Guissé, les produits de cette évaluation critique impulsée par l’Université peuvent devenir « un vivier d’une grande richesse pour les entreprises à venir dans le cadre de la mise en œuvre de la Lettre de politique sectorielle de développement de la Culture ».

Représentant le recteur de l’Université Cheikh Anta Diop, le directeur de l’Ifan, Abdoul Touré, s’est engagé à accompagner l’initiative. Car, a souligné M. Touré, l’Université doit être un outil de sa communauté, de son temps d’où sortent des réflexions plurielles et constructives. « La Culture et l’Université sont condamnées à cheminer ensemble », a lancé Abdoul Touré.

E. M. FAYE

La formation aux métiers de la culture était, hier, au centre de la dernière séance de l’édition 2017 du séminaire «Les Politiques culturelles au Sénégal». Occasion pour l’Ifan/ CAD et le ministère de la Culture de donner « carte blanche » aux écoles d’art et aux établissements de formation aux métiers de la culture.

« La place de l’art est très limitée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Que ce soit dans l’enseignement du cinéma, de la photographie ou du théâtre ». Ce propos du Dr Babacar Mbaye Diop, enseignant-chercheur au département de Philosophie, illustre à suffisance le besoin de mettre en place le meilleur et le plus pertinent des projets pédagogiques pour les artistes et les acteurs culturels. Le directeur de l’Institut supérieur des arts et de la culture (Isac) intervenait, hier, lors de la dernière séance de l’édition 2017 du séminaire «Les Politiques culturelles au Sénégal». Occasion pour l’Ifan/ CAD et le ministère de la Culture de donner « carte blanche » aux écoles d’art et aux établissements de formation aux métiers de la culture.

Dans sa communication, qui portait sur l’enseignement des arts à l’Isac, Dr Diop a souligné l’intérêt de bien outiller l’étudiant pour l’entrepreneuriat culturel afin qu’il puisse devenir agent d’art, directeur artistique, galeriste, entre autres métiers. L’universitaire a plaidé pour une école supérieure des arts. Pour un enseignement de qualité, il a suggéré d’y affecter en permanence des enseignants en établissant des orientations pédagogiques. Le but, mettre en perspective les métiers de la création.

« L’Isac ne délivre pas de diplômes »
Dr Babacar Mbaye Diop a présenté l’Isac comme une structure de formation artistique et culturelle de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. « Créé en 2008, il offre un programme pluridisciplinaire d’enseignements théoriques et pratiques dans le domaine des arts et de la culture. Il joue un rôle de jonction effective entre l’École nationale d’art, les professionnels à vocation artistique et culturelle et l’université », a expliqué le directeur de l’institut dont l’objectif est de former un nouveau type d’étudiant apte à prendre des décisions pour intégrer le marché de l’emploi et le milieu de l’entrepreneuriat. L’Ucad envisage, avance l’universitaire, dans les années qui viennent, d’intégrer l’Isac au sein d’une Faculté des arts. Mais, s’est interrogé le directeur de l’Isac : « Comment développer un système d’enseignement artistique de haut niveau à l’Université ? Comment  penser la continuité entre le lycée, l’École nationale des arts et l’Université ? Quel est l’avenir de l’enseignement des arts à l’Ucad ? » Autant de préoccupations qui ont fait dire au Dr Diop que le salut viendra au travers des projets innovants rythmés par des échanges mais également en faisant de l’Isac un pôle attractif.  

L’enseignant-chercheur est convaincu que l’Isac peut jouer un rôle dans la création, la diffusion culturelle. Pour cela, il s’agira d’insister sur la qualité, l’efficacité dans les apprentissages avec beaucoup de pratique. « La demande est réelle. Elle est en progression », a estimé le directeur de l’Isac. Il a tenu à préciser que l’Institut ne délivre pas de diplômes mais plutôt des attestations. « C’est le recteur de l’Université qui délivre des diplômes », a clarifié Dr Babacar Mbaye Diop. Il tient à ce que les arts soient connectés à l’enseignement supérieur.

Lors de son intervention, l’enseignant et critique d’art, Alioune Badiane, a axé sa communication sur « L’enseignement des arts visuels au Sénégal : histoire et perspectives ». Au regard de l’ancien directeur des Arts, étudier l’enseignement des arts visuels requiert une double problématique : « l’éducation à l’art et l’éducation pour l’art ». L’idée est de sensibiliser de jeunes talents, ensuite offrir des connaissances théoriques et des aptitudes de pratiques professionnelles. Sur ce registre, A. Badiane est revenu sur des initiatives africaine et sénégalaise pour la promotion des jeunes talents avec des projets d’écoles. Cela, en partant de la création, après l’indépendance du Sénégal, de l’Ecole des arts jusqu’à l’avènement- en 1995- de l’Ecole nationale des arts.

Aux yeux de l’enseignant, «l’école de formation artistique baigne dans un environnement artistique professionnel national appelant sans cesse l’orientation de ses filières vers le monde du travail». Dans cette perspective, le critique d’art espère que la directive présidentielle relative à la construction de l’Ecole nationale des arts et métiers (Enam) sur le pôle urbain de Diamniadio sera conduite jusqu’au bout de sa logique.

E. M. FAYE

Pour célébrer hier, la journée internationale Nelson Mandela, le Centre d’information des Nations unies (Cinu Dakar) a organisé, hier, en partenariat avec le Mouvement des jeunes Madibaristes, un ciné-débat autour du thème : « Bonne gouvernance en Afrique, l’héritage de Mandela ».

Le thème « Bonne gouvernance en Afrique, l’héritage de Mandela » a été introduit, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale Nelson Mandela, par le Dr Ousmane Sène, directeur du West africa reseach center (Warc), et Songde Diouf, professeur de philosophie au Lycée Limamoulaye de Pikine, après la projection du film titré « Invictus » ou « Invaincu » qui décrit une partie de la vie de Madiba après son élection à la présidence d’Afrique du sud en 1994, à l’issue de 27 ans de captivité. Interprété dans le film par l’acteur Morgan Freeman, le président Mandela a réussi un pari quasi impossible lors de son accession à la souveraineté, c’est celui d’unifier un peuple longtemps divisé. Dans le film, ce pari de créer l’unité a été rendu possible grâce à l’équipe nationale de rugby, les Springboks d’Afrique du sud, sacrée chez elle championne du monde en 1995 à la surprise générale. Ce film de Clint Eastwood reflète également chez le président sud-africain un certain nombre de valeurs telles que la générosité, le pardon. Bref, un leader qui sait bien gouverner son pays. Ce qui justifie d’ailleurs le choix du Cinu de Dakar et du Mouvement des jeunes Madibaristes du thème « Bonne gouvernance en Afrique, l’héritage de Mandela ».
Abordant ce thème, le professeur de philosophie, Songde Diouf, indique que le film projeté sur Mandela donne à voir plus qu’une définition de la bonne gouvernance.

A son avis, en termes de bonne gouvernance, Nelson Mandela a montré que le dirigeant africain devrait d’abord avoir le sens de l’histoire. « Ce qui manque d’ailleurs à beaucoup de nos dirigeants africains », dit-il. Aussi, fait savoir Pr Diouf que Nelson Mandela fait partie de cette race de dirigeants ayant compris qu’ils ne vont pas s’éterniser au pouvoir et qu’il ne faut jamais entrer dans une perspective de vengeance. Parlant de bonne gouvernance, Pr Diouf se référant toujours au film, évoque le fait que Nelson Mandela avait aussi renoncé à son salaire pour vivre presque dans la précarité. « C’était une façon volontaire de dire qu’on vient jamais au pouvoir pour s’enrichir mais plutôt pour être au service du peuple », argue-t-il.
Le directeur du Warc, Ousmane Sène, indique qu’en plus de parler de bonne gouvernance, il faut dire que le président Mandela a également fait preuve d’humilité et d’humanité. « Ce qui permet de mettre tout le monde à l’aise. Nulle part dans le film, nous le  voyons désemparé, déboussolé », informe Dr Sène. A l’en croire, Madiba a cette capacité de vous mettre en confiance, à l’aise et de transformer son ennemi ou adversaire en ami.

Le coordonnateur du Mouvement des jeunes Madibaristes, Cheikh Ibra Faye, explique le choix de ce thème par le fait que la majorité des pays africains ont un problème de bonne gouvernance. « En échangeant autour de ce thème et en projetant ce film édifiant, nous voulons revisiter l’héritage de Mandela et exhorter, par la même occasion, nos dirigeants à suivre son exemple de bonne gouvernance lorsqu’il était au pouvoir », dit-il.

Maguette Guèye DIEDHIOU

L’association « Kaddu Yarakh » a organisé, samedi, la treizième édition de son Festival théâtre-forum. A cette occasion, les différentes associations et compagnies ont rendu un vibrant hommage à Dr Massamba Guèye, enseignant, artiste conteur et conseiller technique du président de la République. A l’occasion, les artistes ont invité également le gouvernement à consacrer plus de moyens aux acteurs du théâtre de sensibilisation.

Les jardins du Parc de Hann ont abrité, samedi, la treizième édition du Festival théâtre-forum sur initiative de l’association « Kaddu Yarakh ». La rencontre a enregistré la participation de plusieurs troupes théâtrales.  Une manifestation haute en sons et en diversité des expressions culturelles. Mamadou Diol, président et de l’association « Kaddu Yarakh », souligne qu’à travers cette treizième édition, l’objectif est de travailler à la promotion du théâtre d’intervention de façon générale mais plus particulièrement du théâtre de forum.

C’est une forme de théâtre de sensibilisation à caractère populaire. Ce genre tient sa particularité du fait qu’il convie les spectateurs à intervenir et donc à changer le scenario d’un moment à l’autre. La rencontre réunit des pratiquants venus du Sénégal entier. Tous les mois de juillet de chaque année, les acteurs du théâtre-forum se retrouvent pour échanger. La spécificité de cette édition ressort du fait qu’elle coïncide avec l’ouverture de la campagne électorale.  « Nous en avons dès lors profité pour discuter du vécu et des conditions de l’artiste. Nous avons échangé sur plusieurs projets qui vont dans le sens de consolider les acquis et surtout d’aller vers de nouvelles conquêtes. Nous appelons à plus de considérations vis-à-vis des acteurs culturels. Ceci colle bien avec le thème de cette édition qui est «Les artistes au pouvoir» », affirme Mamadou Diol. Les acteurs du théâtre ne doivent plus se limiter à faire de l’animation. Il est essentiel qu’ils s’impliquent davantage pour intégrer les instances de décision, a-t-il ajouté.

Se prononçant sur le parrain de cette année à savoir Dr Massamba Guèye, M. Diol souligne qu’il s’agit d’un éminent homme de culture. Il figure parmi les plus en vue.  Il joue un rôle important dans le dispositif de la promotion du théâtre sénégalais. A l’origine, c’est un artiste conteur mais qui est militant de tout ce qui a trait avec l’amélioration des conditions culturelles. C’est quelqu’un qui se montre toujours disponible dès qu’il s’agit de causes culturelles, a-t-il salué. Il le fait de surcroît avec désintéressement. Cet acteur reconnu est l’acteur d’honneur de cette édition, relève-t-il.
Sur un tout autre registre, les organisateurs appellent  les gouvernants à contribuer à davantage appuyer les acteurs du théâtre.
Ce plaidoyer est d’autant plus justifié à leurs yeux que d’autres secteurs de la culture ont bénéficié de l’appui gouvernemental. Il faut réparer cette injustice, car le théâtre dispose de plus d’acteurs que les autres domaines de la culture, ont-ils dit.

Oumar BA

Sonatel poursuit sa stratégie d’amélioration de « l’Expérience clients », en lançant hier sa nouvelle gamme d’offres prépayées mobile « Jamono ». Ainsi, trois nouvelles formules, « Jamono Allo », « Jamono Max » et « Jamono new s’cool » viennent s’adapter au style de vie des clients du mobile d’Orange.

Le Groupe Sonatel pose un nouveau jalon dans sa volonté de proposer à ses clients les meilleures offres sur le marché de la téléphonie mobile. L’entreprise de Télécoms a procédé, hier, au lancement d’une nouvelle gamme d’offres prépayées mobile « Jamono ». Une présentation devant la presse, en présence d’Aminata Ndiaye, directrice Marketing Grand Public, d’Abdou Karim Mbengue, directeur de la Communication institutionnelle et de Mamadou Ibrahima Traoré, directeur des Ventes, a permis de découvrir « une évolution très structurante » du portefeuille d’offres prépayées mobile d’Orange.

Avec l’introduction des trois nouvelles formules « Jamono », Sonatel veut permettre à chaque client d’être sur l’offre qui lui correspond le mieux. Ainsi, « Jamono Allo » est dédié à ceux qui ont des usages du téléphone orientés vers les appels ; tandis que « Jamono Max » pour ceux qui veulent tout à la fois : l’Internet et la vie 2.0 dans leur quotidien associés à un besoin fréquent d’appeler et « Jamono New S’cool », pour les jeunes « chez qui l’Internet est comme un must pour se connecter à leur génération et partager avec leurs amis, découvrir et apprendre ». Désormais, avec ces nouvelles formules présentées sur une plateforme en ligne (tannsajamono.sn), les forfaits « illimix jour » sont ouverts 24/24 sur « Jamono Allo ». Et sur « Jamono Max », il est possible de reporter des minutes non utilisées sur les « illimix jour », si l’achat est reconduit dans les 24h.

Tandis que sur « Jamono New S’cool », les minutes d’appels sont valables désormais vers tous les clients Orange et il y a davantage d’Internet dans tous les illimix de la formule.
Enfin, Sonatel annonce une innovation dédiée aux usages de la famille ; l’offre « Family », une offre dédiée aux familles pour permettre aux parents et à leurs enfants de pouvoir communiquer plus facilement avec les tarifs d’appels et sms vers le parent à 0,5F/s et 5F/sms. Mais également des services et avantages particuliers comme le Seddo Pass Internet à 0F permettant aux parents de transférer des pass internet à leurs enfants gratuitement, ainsi que le Seddo crédit et Transfert bonus permettant aussi aux parents de partager leur crédit et leur bonus avec leurs enfants.
Une campagne de communication autour de la thématique « Ensemble » accompagnera le lancement de cette nouvelle gamme d’offres Jamono.

O. DIOUF

Dans le cadre du programme de l’exposition « L’esthétique mouride : un modèle de savoir être, de savoir-faire et de savoir devenir », le comité d’organisation a organisé, samedi, un colloque sur la littérature « wolofal » en exemple aux œuvres de Cheikh Moussa Kâ et Serigne Mbaye Diakhaté. La cérémonie s’est tenue au Grand Théâtre national de Dakar.

Lors de la conférence inaugurale sur le thème « Introduction à la littérature wolofal mouride », préparée par Dr Samba Buri Mboup, enseignant-chercheur, l’occasion a été saisie par les organisateurs pour revenir, en partie, sur l’œuvre gigantesque du fondateur du Mouridisme. Dr Mboup se dit séduit par ce travail impérissable de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. Pour mieux introduire son sujet, l’enseignant-chercheur, auteur d’une Thèse de Doctorat en 1978 à la Sorbonne, a soutenu que l’écriture « wolofal » est une démocratisation de l’accès à la connaissance. Mieux, ce système est assimilable à une dialectique du besoin telle que définie par Aimé Césaire.

« Nous avons constaté une spécialisation des poèmes panégyriques de Serigne Touba obéissant à une préoccupation pure », note-t-il. A l’en croire, les civilisations ne peuvent vivre en vase clos ; d’où la nécessité de s’ouvrir aux autres cultures du monde.

Dr Samba Buri Mboup, par ailleurs ancien ambassadeur du Sénégal en Afrique du Sud, a indiqué que le « wolofal » est une méthode graphique, un outil puissant qui prend en compte l’esthétique, mais aussi la propagation de l’Islam noir.

Le panéliste compare Serigne Mbaye Diakhaté, Cheikh Moussa Kâ, Cheikh Samba Diarra Mbaye… à la Pléiade française. « Chacun d’eux est une école ayant formé des disciples. Serigne Touba les a protégés contre certains qui jugeaient impertinents les textes «wolofal» », déclare M. Mboup. Il a aussi abordé le rôle de Cheikh Ibrahima Fall, connu pour son engagement à l’égard de Serigne Touba ; ce qui a donné une popularité à son œuvre devenue l’identité mouride. L’enseignant-chercheur reconnaît l’intellectualisation de la communauté mouride qui leur imprime une manière de parler, de s’habiller et d’être. « Cheikh Ahmadou Bamba a prêché par l’exemple à des fins de transformation de soi », a-t-il dit, non sans louer l’éthique et l’esthétique mouride.

Prenant la parole, Pr Mamoussé Diagne a affirmé la manière dont Serigne Touba fonda le Mouridisme. Pour lui, l’œuvre littéraire « Jazâ’u shakûr » est l’épine dorsale du Mouridisme. « Quand Ablaye Niang déclame « Moukhadimatoul Amdah », les fidèles tombent en transe ; c’est parce qu’il y a une chose mystique dans ces écrits. Cela dépasse le savoir (et l’entendement) », a dit l’agrégé en Philosophie.

De son côté, Dr Diao Faye, maître de conférences, a traité le sous-thème « Jasaawu Sàkooru Géej gi et Jasaawu Sàkooru Jéeriji » de Cheikh Moussa Kâ. Il a d’abord loué les vertus de l’exil. Ce voyage forcé est, pour lui, une source d’inspiration ; « il permet de s’exprimer, de raconter les malheurs subis. Adam et Eve ont été exilés. Cela est valable pour les prophètes Moussa, Jacob (As); Mouhamed (Psl) s’est fait exilé à Médine », a-t-il laissé entendre.

M. Faye, rappelant une trajectoire de l’histoire des érudits de l’Afrique noire, a indiqué que Demba Alarba, le guerrier Samory Touré et Cheikh Amala de Mauritanie ont été exilés et morts à leur lieu d’exil. Alors que Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, même isolé dans la forêt dense de la Guinée équatoriale, du Gabon, a eu la chance de retourner sain et sauf.

Le président du Comité scientifique de l’Appel des Layène, Djibril Diop Laye, note que Borom Touba a fait une révolution culturelle. « Comme l’a écrit Serigne Touba, les premiers hommes ne sont pas toujours agrées par Dieu au détriment des derniers », a-t-il rappelé. Le colloque sur le thème « Introduction à la littérature «wolofal» mouride », animé par d’éminents spécialistes de la question, a vu la participation d’universitaires et d’hommes de culture.

Serigne Mansour Sy CISSE

L’artiste international Youssou Ndour, venu samedi 15 juillet clôturer la dernière soirée de la 51ème édition du Montreux Jazz, était ému sur scène, devant une salle comble, en interprétant « New Africa » qui célèbre une Afrique nouvelle émergente et loin des clichés. Il a dédié cette chanson à la Fondation Ibrahima Diop basée à Thiès, au Sénégal.  

Malgré ses lunettes et le public endiablé qui suivait dans une extrême joie la prestation magistrale de Youssou Ndour et du Super Etoile de Dakar à l’auditorium Stravinski, l’émotion de la star mondiale ne pouvait échapper à la vigilance de certains mélomanes lors de l’exécution de « New Africa », une belle chanson dense, riche en promesses et libératrice d’énergies créatrices.  Chez le « Roi du Mbalax », le combat pour une Afrique debout et la dignité de l’Homme noir est constant. Après avoir proposé certains de ses meilleurs sons avec sa voix éternellement belle, l’artiste sénégalais a tenu un discours très applaudi dans lequel il interpelle les consciences sur les images inappropriées que véhiculent certains médias occidentaux pour parler de l’Afrique.

«  Ce continent, n’est pas une terre du sida, des maladies, l’Afrique est debout, riche et multiple », dit-il, avant de psalmodier comme une prière sa chanson. Pour donner l’exemple des migrants qui œuvrent aussi pour une nouvelle Afrique, You a dédié ce morceau à Alioune Diop dit Badou, initiateur de la Fondation Ibrahima Diop située à Thiès et qui vient en aide à plus de 100 femmes en facilitant leur autonomie financière. Constituée le 28 janvier 2015, à Montreux, la Fondation Ibrahima Diop compte parmi ses réalisations l’achat d’une parcelle à Dakhar Mbaye, près de Thiès, par Alioune Diop dit Badou, l’initiateur du projet.

Le Suisse Thierry Waelli, président de la Fondation souligne l’existence d’un réseau d’eau sur toute la parcelle avec 50 robinets d’accès et distribution goutte-à-goutte dans les cultures depuis 2016, d’un poulailler couvert avec un local de stockage pour la nourriture de 2.000 pondeuses depuis cette année. Toumani Diabaté et son fils Sidiki, parrains de la Fondation, avec Mathieu Chedid pour la soirée africaine du Montreux, ont tenu à exprimer leur soutien à Alioune Diop et voudraient en faire un modèle pour la diaspora africaine.

Correspondance particulière
d’El Hadji Gorgui Wade NDOYE

Les 10 finalistes du Prix des cinq continents de la Francophonie ont été sélectionnés. La 16ème édition a vu la participation de 122 œuvres de fiction d’expression française. Réunis le 11 juillet, rapporte un communiqué, les représentants des cinq Comités de Lecture (l’Association Passa Porta de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Association des écrivains du Sénégal, l’Association du Prix du jeune écrivain de langue française de France, le Collectif des écrivains de Lanaudière de Québec et l’Association Culture elongo du Congo) ont retenu 10 ouvrages finalistes représentant 8 pays : L’Amas Ardent de Yamen Manai (Tunisie); Apatride de Shumona Sinha (Inde); Avant que les ombres s’effacent de Louis Philippe Dalembert (Haïti); Bled de Tierno Monénembo (Guinée); Palace café d’Anne Defraiteur Nicoleau (Belgique); Rapatriés de Nehemy Pierre-Dahomey (Haïti); La Sonate à Bridgetower d’Emmanuel Dongala (Congo); Les Temps de la cruauté de Gary Victor (Haïti); Le Testament de nos corps de Catherine Lune Grayson (Canada-Québec); Le Venin du Papillon d’Anna Moï (France-Vietnam).

Créé en 2001 par l’Organisation internationale de la Francophonie, rappelle le document, le Prix des cinq continents récompense chaque année un texte de fiction narratif d’expression française. Le prix sera remis par la Secrétaire générale de la Francophonie, le 11 octobre 2017 à l’occasion de « Francfort en français » dans le cadre de la Foire internationale du livre de Francfort (Allemagne). Doté d’un montant de 10.000 euros, le Prix des cinq continents de la Francophonie met en lumière des talents littéraires reflétant l’expression de la diversité culturelle et éditoriale en langue française sur les cinq continents et de les promouvoir sur la scène internationale.

Le Prix des cinq continents 2016 a été attribué à Fawzia Zouari pour son roman « Le Corps de ma mère » (Joëlle Losfeld).

E. M. FAYE

S’il est un secteur qui connaît la crise, c’est bien celui des éditeurs. Ces derniers sont confrontés à divers problèmes, dont la contrefaçon, qui les empêchent de rentabiliser leurs entreprises. L’Association sénégalaise des éditeurs a affiché toute sa détermination à mener un combat sans merci contre la contrefaçon des ouvrages qui a pris de l’ampleur ces dernières années au Sénégal.

#Confrontés à cette chute vertigineuse de leur rentabilité, les éditeurs veulent croire à un possible redressement de la situation. Cela suppose que l’équation de la contrefaçon soit d’abord résolue. Au cours d’un atelier de renforcement de capacité axé sur le thème : « Droit d’auteur et la négociation d’un contrat d’auteur de manuels scolaires/-Isbn : sens et portée, procédure, gestion », ce fléau a été déploré par Aminata Sy, présidente de l’Association sénégalaise des éditeurs. Cette rencontre de trois jours s’inscrit dans le programme de renforcement de capacités des éditeurs qui est le fruit du partenariat entre le Canada, le ministère de l’Éducation nationale et l’Association sénégalaise des éditeurs.

Pour la présidente de l’Ase, la contrefaçon porte un grand préjudice aux éditeurs sénégalais dont les œuvres sont régulièrement piratées. « Avec la contrefaçon, on rencontre d’énormes difficultés qui portent un grand préjudice aux éditeurs qui publient et commercialisent des ouvrages. Le contenu de l’œuvre appartient à l’auteur, mais c’est l’éditeur qui investit son argent pour fabriquer l’ouvrage et en fin d’exercice, il paie à l’auteur les droits d’auteur. Mais depuis quelque temps, le secteur de l’édition est paralysé par un piratage chronique », a expliqué Mme Sy.

Long combat
En effet, il suffit de faire un tour dans les marchés de Dakar et de l’intérieur du pays pour constater l’ampleur du phénomène qui constitue un véritable gouffre pour les éditeurs. « Toutes nos œuvres sont étalées au marché Sandaga alors que l’éditeur a investi son argent. Nous sommes une entreprise commerciale et si nous vendons, c’est pour avoir une marge bénéficiaire et faire marcher nos entreprises. Malheureusement, des gens reproduisent nos livres et les vendent en toute impunité », a-t-elle déploré. Avant l’avènement de la Société sénégalaise des droits d’auteur et des droits voisins (Sodav), a noté Mme Sy, le Bureau sénégalais des droits d’auteur (Bsda) accompagnait les éditeurs, mais les résultats escomptés n’avaient pas suivi. Pour autant, les éditeurs ne baissent pas les bras dans ce combat.

Pour Youssou Soumaré, secrétaire général par intérim de la Sodav, la contrefaçon est une question d’envergure internationale qui va au-delà de nos frontières. « Cette question est une réalité chez nous, parce que les livres, les manuels scolaires font l’objet de contrefaçon à outrance au Sénégal. Il faut, au-delà des simples questions d’usage, de rappel sur les questions de droit dégager, mettre en œuvre des stratégies pour contrecarrer cette contrefaçon », a indiqué M. Soumaré qui a plaidé pour la mise en place d’une cellule de lutte contre la contrefaçon. « Au Sénégal, il n’y a pas encore une structure chargée de suppléer. Il y a la brigade qui lutte contre la contrefaçon, mais pas encore une association où il y aura des acteurs civils qui vont prendre à bras le corps cette question. Il va falloir donc aider les éditeurs à mettre en place cette cellule, mais aussi dégager des moyens pour son fonctionnement et mettre aussi toutes les stratégies pour son opérationnalité pour éradiquer ce fléau au Sénégal et juguler ses effets néfastes », a relevé M. Soumaré.

L’accès des éditeurs nationaux aux marchés publics et la préférence nationale font également partie des préoccupations. L’Ase, selon sa présidente, est en train de faire le plaidoyer pour avoir accès au marché scolaire qui représente des milliards. Mais le hic, selon Aminata Sy, est que ce marché est ouvert aux multinationales et aux nationaux. « Ce sont les multinationaux qui ont les conditions les plus faciles pour gagner les marchés et qui distribuent les ouvrages au détriment des éditeurs nationaux. Mais l’Ase est là pour lutter contre ça », a assuré Mme Sy.

S. O. FALL

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