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Arts et Culture (1164)

Lors d’une cérémonie organisée samedi dernier au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), les auditeurs du Fond d’appui à la presse (Fap) ont reçu leur attestation. Des parchemins qui sanctionnent une année de formation et de renforcement des capacités de ces professionnels de l’information.

« Nous savons tous que la multiplication des supports médiatiques au Sénégal a débouché sur une classe importante de journalistes sans formation de base et donc sans connaissance de leur métier », a affirmé le directeur du Cesti, Ibrahima Sarr. C’est fort de ce constat que depuis quelques années, le Cesti, en collaboration avec le ministère de la Communication, offre à des journalistes une formation pour leur permettre de mieux maîtriser les techniques de collecte et de traitement de l’information.

Pour cette promotion qui vient de sortir, il s’agit de 25 professionnels répartis comme suit : 13 en Radio, 7 en Presse écrite, 2 en Télévision et 3 techniciens de l’Audiovisuel. Ces récipiendaires proviennent des organes de presse sénégalais qu’ils retrouveront avec plus d’aptitudes. Ces stagiaires ont, durant leur formation, subi un renforcement de capacités dans leur médium d’origine. Le directeur du Cesti, Ibrahima Sarr, s’est dit fiers d’eux, pour les sacrifices consentis. Ils viennent ainsi élargir le réseau des « Cestiens ».

Oureye Fall, porte-parole des récipiendaires, a assuré à l’assistance le degré d’engagement de tous ses camarades de promotion à servir l’intérêt général. Le représentant du ministre de la Communication, Amadou Kanouté, a remercié le Cesti de sa collaboration à la formation de ces professionnels. Par ailleurs, il a regretté le manque de professionnalisme noté dans une certaine presse.

Baisse de la subvention
Cette cérémonie a été une tribune pour le directeur du Cesti de transmettre une doléance au ministre de la Communication par le biais de son représentant. En effet, compte tenu des exigences nouvelles qui découlent des mutations notées dans la pratique du journalisme, Ibrahima Sarr a regretté la baisse de l’enveloppe allouée au Cesti dans le cadre de cette formation, au cours des deux dernières années.

Sokhna Anta NDIAYE (stagiaire)

L’Association des écrivains du Sénégal (Aes) a organisé, samedi dernier, la deuxième édition de sa journée de réflexion sur les langues nationales. L’occasion pour réfléchir sur la problématique de renforcement de nos langues et leur ancrage dans la vie socioculturelle du pays.

« Le drame d’un peuple commence par le silence de ses écrivains ». L’association des écrivains du Sénégal a fait sienne cet adage pour camper le débat et susciter une plus grande prise de conscience de l’importance des langues nationales. Après le wolof, le mandingue et le sérère l’année dernière, les langues joola et pular étaient à l’honneur pour cette présente édition de journée de réflexion. Professeurs, hommes de lettres et artistes se sont mués en porteurs du plaidoyer de la promotion des langues nationales. Ils ont, tout au long, exposé sur leur richesse et leur ancrage dans la vie socioculturelle de notre pays ; faisant de cette édition une fête de l’esprit et de la culture.

Dans son discours de bienvenue, le président de l’Association des écrivains du Sénégal (Aes) a insisté sur les enjeux d’une plus grande affirmation identitaire de nos langues dans un monde de globalisation. Alioune Badara Bèye a, en outre, remercié le président de la République pour « ses mesures dynamiques qu’il a prises », entre autres, le relèvement du Fonds d’aide à l’édition porté à plus de 500 millions de FCfa.

Ousmane Adama Dia, directeur de l’Apprentissage, a, lui, axé son intervention sur l’universalité du pulaar. Pour le représentant du ministre de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat, « le Haal pulaar est une communauté linguistique qui transcende, à la fois, l’ethnie et la géographie. Il regroupe des populations disséminées un peu partout en Afrique et se positionne, avec le Swahili, comme une langue d’intégration car reconnues officiellement par l’Union africaine ».

Quant au représentant du secrétaire d’Etat à l’Alphabétisation et des Langues nationales, il a vivement remercié l’Association des écrivains du Sénégal qui « essaie de rendre visible le sous-secteur de l’Alphabétisation et des Langues nationales dans son angle la plus importante ». Pour Dr Amadou Bouyé Koutoudio, « la culture est un levier important pour l’atteinte des objectifs que le président de la République s’est assigné dans son ambitieux Programme Sénégal émergent (Pse). L’alphabétisation et la promotion des langues ne peuvent donc se réaliser sans une réflexion sur les langues ».

Une invite qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd puisque le Professeur Hamidou Dia, conseiller spécial du président de la République, a, dans ses propos, confirmé les belles intentions des autorités pour les langues nationales.

Mouhamadou Lamine DIOP (stagiaire)

L’Organisation internationale de la Francophonie a revu à la hausse son enveloppe dédiée au financement du cinéma et de l’audiovisuel africain. L’institution internationale qui déroule plusieurs programmes d’activités à la 25ème édition du Fespaco, a décidé d’allonger son aide à un million d’euros par an, répartis à parts égales entre deux commissions (« Cinéma-fiction ») et (« Documentaires-séries »). Ce geste, selon la directrice de la Langue francaise, Culture et Diversités, Youma Fall, traduit la volonté de l’Oif d’accompagner encore davantage le cinéma des pays du Sud. Par ailleurs, Mme Fall a annoncé, hier, au cours d’un point de presse, la présence de Michaëlle Jean, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, à Ouagadougou, d’ici jeudi. Elle prendra part à la cérémonie de clôture du Fespaco prévue ce samedi 4 mars dans la capitale burkinabè.

De notre envoyé spécial, Ibrahima BA

Le film « Bois d’ébène » du réalisateur sénégalais Moussa Touré, projeté lundi, dans le cadre des compétitions officielle films documentaires de la 25ème édition du Fespaco, retrace le périple de deux jeunes nés libres dans un village du Golfe de Guinée vendus comme esclaves aux Antilles françaises. Entre fiction et réalité, ce documentaire aux relents historiques fait le point sur une « mémoire noire et blanche » que le continent partage avec l’Europe et l’Amérique.

OUAGADOUGOU : La mémoire historique africaine est fragilement entretenue. L’urgence pour les générations actuelles et futures est d’œuvrer pour la construction d’une mémoire forte et d’une conscience collective de l’histoire du continent. C’est sans doute dans cette logique que s’inscrit le film documentaire de fiction « Bois d’ébène », en compétition à la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou.

Dans ce film, le réalisateur sénégalais, Moussa Touré, promène sa caméra sur une page aussi sombre de notre historique qu’est l’esclavage. Histoire dont on parle très peu dans les pays africains, qui continuent pourtant de subir soit directement ou indirectement les conséquences du commerce de la honte. Entre fiction et réalité, le film nous plonge dans l’univers tumultueux du trafic des êtres humains entre le XVe et le XIXème siècle. L’histoire que raconte le réalisateur sénégalais est tout simplement celle que 12 millions d’Africains ont vécues pour alimenter les armateurs négriers.

Un jour de 1825 dans le Golfe de Guinée, un voilier blanc débarque avant d’embarquer, quelques mois après, près de 300 esclaves âgés entre 15 et 35 ans. Parmi les hommes capturés, on retrouve le couple Yanka et Toriki, nés libres dans un village de la contrée mais vendus par la suite comme esclaves aux Antilles français. Les témoignages bouleversant des deux amoureux qui n’ont jamais eu l’occasion de vivre leur passion ainsi que les carnets de bord des capitaines du bateau donnent à ce documentaire l’allure d’une tragédie. Souffrance suprême, traitement inhumain, mort cruelle… le film décrit l’horreur dans sa forme la plus parfaite. Yanka raconte, à travers une voix « off », l’expérience de la puanteur dans la cale du bateau, les supplices faits aux personnes qui refusaient de suivre les ordres des Blancs.

Débarqués à la fin de l’année 1825 aux Antilles françaises, ils sont vendus à de nouveaux propriétaires. Sur place, ils changent de nom, de religion. Mais, l’enfer ne vient que commencer. Les esclaves qui essayent de fuir sont exécutés conformément aux lois locales. Parmi les femmes, certaines sont victimes de viol. Mais, elles préfèrent « couler » leur ventre que donner naissance à un négrillon. Accusé sans preuve, avec une autre esclave, d’avoir empoisonné une partie du bétail de son maître, Toriki est condamné à la mort par pendaison quelque temps après, au même titre que sa complice qui venait juste d’accoucher. A sa mort, on lui refuse les cimetières, malgré sa conversion forcée au catholicisme.

Ce film est un hommage, un devoir de mémoire sur la folle aventure de la marchandise humaine. Même s’il l’on peut reprocher à Moussa Touré de poser un sujet déjà connu de tous, sans pour autant y apporter une touche personnelle, son mérite est de ne point se laisser glaner par le silence face à une horreur qui interpelle la mémoire noire et blanche que partagent l’Afrique, l’Europe et l’Amérique.

Présent à la séance de projection, le réalisateur a estimé avoir parlé d’une réalité historique encore présente. Seulement, selon lui, il s’agit d’une chose dont on ne parle pas. « J’ai accepté de faire ce documentaire fiction en y ajoutant le silence que nous gardons presque très souvent dans cette historique page d’esclavage », a-t-il soutenu.

De notre envoyé spécial, Ibrahima BA

L’histoire des tirailleurs évoque la tragédie. Elle est aussi le récit de rencontres au cours desquelles des destins à la fois heureux et douloureux se sont accomplis. L’on pleure de l’inhumanité de l’homme et s’émeut de sa capacité à transcender les petites appartenances pour envisager le monde comme un cheminement collectif. C’est ce message d’humanité qui a été livré lors de la restitution des répétitions, vendredi dernier, de la co-production théâtrale, « Le chemin des tirailleurs », entre le Théâtre national Daniel Sorano et le Théâtre français de la Mascara.

« Des cadavres et des grosses mouches qui se régalent » ! Existe-t-il des rescapés ? Il y en a eu qu’on a appelé des survivants et qui aiment à entonner le chant des souvenirs affreux. Ce n’est point par bravoure, par fanfaronnade. C’est la mémoire qui les hante. L’horreur d’un temps fiévreux qui les supplicie et les fait sombrer dans le néant ; un non-être fabriqué par le passé et que le présent entretient pernicieusement. Ceux qui ont vaincu la tempête ne sont pas forcément les « veinards ». Ils ne sont pas « tous morts la gueule ouverte ».

Mais, celle-ci est emplie de leurs appréhensions confuses comme quand, à l’approche de la mort, l’on supplie le temps de nous laisser dire adieu à l’être aimé de l’autre côté de la terre orpheline de son fils, à souhaiter que la lueur ne vacille, que les lendemains soient plus calmes pour sa descendance. Le soupir de résignation exprime, ici, la douleur. La parole nourrit des espoirs. Au bout de la nuit, des aspirations pour l’aventure collective. Le tirailleur est certes seul sur le chemin de ses divagations appréhensives mais il crée avec le « blanc » d’autres univers d’humanité. Des amitiés se nouent. Des amours naissent. Une aube se dessine dans le ciel brumeux en espérant qu’il sera couvert des couleurs de l’arc-en-ciel pour bâtir, dans la beauté des singularités, des espérances.

Echange artistique
La prouesse des comédiens du Théâtre national Daniel Sorano et ceux du Théâtre de la Mascara est justement d’avoir, en huit petits jours, permis à leur génie sublime de restituer des extraits qui narrent des atrocités desquelles ont jailli des messages d’amour. Ceux-ci dessinent le devenir collectif tout en prenant le soin de consigner des pans importants de l’histoire. Cette restitution divertit autant qu’elle interpelle. C’est ainsi, pour reprendre Sahite Sarr Samb, directeur général du Théâtre national Daniel Sorano, « un travail sur une mémoire partagée dans une perspective constructive. Du fait des contraintes quotidiennes, nous ne nous donnons plus le temps de réfléchir sur notre passé, sur nous-mêmes ». Cette production nous y invite. Elle a atteint les cœurs et marqué les esprits. Et quelquefois, l’assistance a bien ri. Elle est belle. Qui viendra demander si c’est une tragi-comédie ou une tragédie ? « Elle est vie tout simplement », tranche le metteur en scène, Mamadou Seyba Traoré.

C’est l’histoire des tirailleurs avec tous ses drames. C’est aussi la narration des belles rencontres entre des peuples, des gens que tout semblait opposer par le seul fait qu’ils ont entretenu l’ignorance de l’humanité de l’inconnu. Rien que par la symbolique de cet échange artistique, les deux théâtres sénégalais et français cultivent une plante dont les graines auraient évité au monde les monstruosités des époques tumultueuses. C’est d’autant plus louable que la « collaboration est enrichissante pour les deux parties car il s’agit de cultures différentes. Avec des approches du théâtre différentes, nous avons pu, en un temps court, réaliser quelque chose qui retrace notre histoire commune », note Nicolas Jobert, directeur artistique du Théâtre de la Mascara.

Alassane Aliou MBAYE

Choisi par le gouvernement de la Côte d’Ivoire, pays invité d’honneur, pour animer le concert d’ouverture de la 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision, l’artiste international ivoirien, Alpha Blondy, a assuré, samedi après-midi, son show.

Malgré les longues heures d’attente sous une chaleur accablante, le reggaeman a tenu en haleine, jusqu’à 20 heures, le magnifique public qui a fait le déplacement au stade municipal de la ville. Suffisamment séduit par la prestation de l’artiste, qui a enchainé avec les célèbres morceaux de son répertoire dont « Bory Samory », « Brigadier sabari », « Jérusalem », « Wari Bana », le public s’était complètement déchainé. Certains avaient même quitté la tribune pour se retrouver au niveau des gradins du stade. En groupe, on danse à un rythme effréné. L’instant est magique. Le spectacle à la hauteur de l’artiste. Les chansons sur le journaliste burkinabè, Norbert Zongo, assassiné en 1998, et Thomas Sankhara, père de la révolution du pays, ont donné au concert une autre dimension. Enfin, il a clôturé sa belle prestation, devant un public hilare qui en demandait, avec « Rock Ouaga ». Une chanson composée pour la circonstance en vue de rendre un hommage mérité à la population de Ouaga.

De notre envoyé spécial, Ibrahima BA

« La promesse » de Fatou Touré a été le premier film sénégalais en compétition projeté hier au Ciné Burkina. Sélectionné dans la catégorie court-métrage de la 25ème édition du Fespaco, ce film est un focus sur la condition des femmes polygames dans une société majoritairement musulmane.

Dans un quartier de la capitale sénégalaise vit un jeune couple avec leurs deux enfants. Babacar et Sophie se sont juré un amour éternel pour le meilleur et pour le pire. Fidélité et partage jusqu’à la mort : voilà la promesse autour de laquelle s’est construit leur amour. Ils nagent dans le bonheur jusqu’au jour où Babacar, qui avait opté pour la polygamie, conformément aux recommandations de la religion musulmane, décide de prendre une seconde épouse. Face à la promesse qu’il avait faite à sa femme, cette dernière n’arrive pas à le croire.

Pourtant, Sophie, jeune femme de 35 ans, a sacrifié sa famille, son travail de sage-femme et sa religion pour épouser Babacar. Vu l’onde de choc que la décision de son mari a produite dans sa vie, elle décide de s’enfermer dans un mutisme avant de reprendre finalement le goût à la vie.

Dans ce court-métrage de 13 minutes, la jeune réalisatrice sénégalaise, qui participe pour la première fois au Fespaco, peut s’enorgueillir d’avoir mis l’accent sur un sujet d’actualité hantant toujours les ménages modernes à l’heure de l’émancipation permanente de la condition féminine. En 2016, son film « La promesse » avait été primé premier Prix du Festival Clap Ivoire et la meilleure interprétation.

De notre envoyé spécial, Ibrahima BA

« Cette collaboration ouvre de nouvelles perspectives. La coopération de théâtre à théâtre est plus flexible, plus simple que celle-là internationale entre Etats. Tout n’est pas encore au point parce qu’il y a des financements à chercher en France et un peu partout. Mais, il fallait démarrer avec cet atelier qui est le premier acte de ce partenariat. Il est ensuite prévu une représentation en France et une autre au Sénégal. Ces formes de partenariat permettent au Théâtre national Daniel Sorano de se repositionner à l’international. Cela fait partie de sa mission car il est un théâtre à la fois national et d’ouverture ».

A. A. MBAYE

Les travaux de rénovation des mausolées de Maba Diakhou Ba et de Bour Sine Coumba Ndofféne Famak se déroulent à un rythme « très satisfaisant avec un taux de réalisation de 90% », a constaté le ministre de la Culture en visite vendredi dernier sur les chantiers dans la région de Fatick. 

En présence des techniciens de la Direction du patrimoine culturel, Mbagnick Ndiaye a exprimé, à cette occasion, « toute sa satisfaction » sur l’état d’exécution des travaux sur ces deux importants sites historiques et culturels du Sine.

Selon un communiqué de presse, pour le mausolée de Maba Diakhou, les travaux concernent la construction d’un hangar pour les pèlerins, un bloc sanitaire, un espace de prières, un mur de clôture ainsi que des travaux de remblaiement pour sécuriser le site contre les inondations.

A Ndoffane, en plus du mausolée de Coumba Ndoffène Famak, ceux de Sémou Famak et de Diéne Gathie Diouf, situés sur le même site, ont aussi été rénovés. Le coût total des travaux est estimé à 80 millions de FCfa.

Les travaux entamés au niveau des mausolées de Maba Diakhou et Coumba Ndoffène Famak s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du Programme national de réhabilitation et de mise en valeur des sites et lieux de mémoire d’un montant de plus de 600 millions de FCfa.

O. DIOUF

C’est parti pour la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision. Le président de la République du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a donné le clap d’ouverture, samedi après-midi, au stade municipal de Ouagadougou devant des milliers de festivaliers et en présence du ministre ivoirien de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandama, dont le pays est invité d’honneur du festival. Pendant une semaine, la capitale burkinabè sera le centre de gravité du cinéma panafricain où 170 films seront projetés.

Ouagadougou : Alors que l’angoisse liée à l’absence d’une ferveur populaire se dessinait, vendredi, à la veille de l’ouverture officielle de la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision, Ouagadougou a renoué, samedi après-midi, avec la fièvre du septième art africain. Pour le coup d’envoi de la plus grande manifestation du continent dédiée au cinéma africain, le stade municipal de la capitale, niché au cœur du quartier Samendin, est pris d’assaut dès 14 heures. Sur place, malgré un thermomètre qui affichait les 40 degrés, de longues files sont visibles çà et là à l’entrée du stade où un dispositif sécuritaire insolite a été mis en place. Pour les festivaliers, il fallait braver le soleil de plomb deux à trois heures avant le début de la manifestation pour pouvoir trouver une bonne place dans ce stade de 10.000 places.

Comme à chaque biennale, l’ouverture du Fespaco est rythmée par une prestation musicale de haute facture avec des artistes du Burkina ainsi que ceux invités venant d’autres pays africains. Côté pays d’accueil, la diva de la musique burkinabè, Awa Sissao, Dicko Fils, sacré meilleur artiste 2016 et le rappeur Smockey Bambara ont particulièrement réchauffé le public du stade Joseph Issouf Canombo.

Cependant, le ton a été donné bien avant, à travers la parade de familles de masques venues de Bobo-Dioulasso, de Boulsa, une région située dans le centre du pays et de Diapaga, une localité dans l’Est du Burkina.

Renouveau du cinéma africain
Sur le plan protocolaire et diplomatique, la manifestation a pris cette année une nouvelle dimension. En effet, depuis 1999, c’est la première fois que le président de la République prenne part à la cérémonie d’ouverture officielle. La présence du chef de l’Etat du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, au stade municipal de la ville, pour lancer le clap d’ouverture du festival traduit cet élan de renouveau dans lequel le Fespaco veut s’inscrire. Au micro des journalistes venus couvrir l’événement, à la fin de la cérémonie protocolaire, le président de la République a indiqué que le choix du thème du festival de cette année vise à engager une discussion pour la refondation du Fespaco. Car, selon lui, le cinéma doit être un vecteur de la consolidation de « notre » culture africaine.

« Nous ne devons pas nous laisser constamment influencer par les cultures des autres. Il faut, nous aussi, dans le cinéma, traduire les valeurs positives qui font les fondements de la société africaine », a-t-il affirmé.

C’est tellement vrai que le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina, Tahirou Barry, qui a prononcé le discours d’ouverture, a parlé d’une édition de « sursaut » et « de vérité ». Vérité sans laquelle il n’y a point de grandeur. Ainsi, pour ce renouveau du cinéma africain, il a insisté sur la nécessité de repositionner la formation au cœur de la stratégie de développement de l’industrie cinématographie africaine à l’heure des Technologies de l’information et de communication.

« Pour continuer à exister, le cinéma africain doit sans cesse se questionner, s’adapter aux nouvelles technologies, se professionnaliser et rechercher les fondements de son autofinancement grâce au nécessaire appui des pouvoirs publics », a-t-il fait remarquer.

Ce faisant, à l’heure de la mondialisation, le ministre burkinabè de la Culture pense que le cinéma du continent doit s’évertuer à présenter l’Afrique aussi bien dans toute sa réalité que dans sa profondeur.

Dans le même ordre d’idées, le maire de Ouaga, Armand Roland Béouindé, a indiqué que l’édition de cette année est une opportunité de relancer le Fespaco et de redoubler d’imagination pour le renouveau du cinéma africain.

Le discours des officiels a été clôturé par le traditionnel et remarquable défilé équestre du Fespaco sous la houlette du majestueux Mady Dermé. Un spectacle inédit mis en scène à travers une quarantaine de chevaux.

Le maestro Alpha Blondy a assuré son show
Choisi par le gouvernement de la Côte d’Ivoire, pays invité d’honneur, pour animer le concert d’ouverture de la 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision, l’artiste international ivoirien, Alpha Blondy, a assuré, samedi après-midi, son show.
Malgré les longues heures d’attente sous une chaleur accablante, le reggaeman a tenu en haleine, jusqu’à 20 heures, le magnifique public qui a fait le déplacement au stade municipal de la ville. Suffisamment séduit par la prestation de l’artiste, qui a enchainé avec les célèbres morceaux de son répertoire dont « Bory Samory », « Brigadier sabari », « Jérusalem », « Wari Bana », le public s’était complètement déchainé. Certains avaient même quitté la tribune pour se retrouver au niveau des gradins du stade. En groupe, on danse à un rythme effréné. L’instant est magique. Le spectacle à la hauteur de l’artiste. Les chansons sur le journaliste burkinabè, Norbert Zongo, assassiné en 1998, et Thomas Sankhara, père de la révolution du pays, ont donné au concert une autre dimension. Enfin, il a clôturé sa belle prestation, devant un public hilare qui en demandait, avec « Rock Ouaga ». Une chanson composée pour la circonstance en vue de rendre un hommage mérité à la population de Ouaga.

Court-métrage « La promesse » : Dans l’univers controversé de la polygamie
« La promesse » de Fatou Touré a été le premier film sénégalais en compétition projeté hier au Ciné Burkina. Sélectionné dans la catégorie court-métrage de la 25ème édition du Fespaco, ce film est un focus sur la condition des femmes polygames dans une société majoritairement musulmane.

Dans un quartier de la capitale sénégalaise vit un jeune couple avec leurs deux enfants. Babacar et Sophie se sont juré un amour éternel pour le meilleur et pour le pire. Fidélité et partage jusqu’à la mort : voilà la promesse autour de laquelle s’est construit leur amour. Ils nagent dans le bonheur jusqu’au jour où Babacar, qui avait opté pour la polygamie, conformément aux recommandations de la religion musulmane, décide de prendre une seconde épouse. Face à la promesse qu’il avait faite à sa femme, cette dernière n’arrive pas à le croire.

Pourtant, Sophie, jeune femme de 35 ans, a sacrifié sa famille, son travail de sage-femme et sa religion pour épouser Babacar. Vu l’onde de choc que la décision de son mari a produite dans sa vie, elle décide de s’enfermer dans un mutisme avant de reprendre finalement le goût à la vie.

Dans ce court-métrage de 13 minutes, la jeune réalisatrice sénégalaise, qui participe pour la première fois au Fespaco, peut s’enorgueillir d’avoir mis l’accent sur un sujet d’actualité hantant toujours les ménages modernes à l’heure de l’émancipation permanente de la condition féminine. En 2016, son film « La promesse » avait été primé premier Prix du Festival Clap Ivoire et la meilleure interprétation.

De notre envoyé spécial, Ibrahima BA

A quelques heures de l’ouverture officielle de la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), ce n’est pas encore le grand engouement dans la capitale burkinabè. Le train-train quotidien avait repris, hier, dès les premières heures de la matinée, au niveau des grandes artères de la ville où la préoccupation semble être ailleurs.

Ouagadougou : A peine réveillée, la capitale burkinabè s’est encore plongée dans sa canicule habituelle. A dix heures déjà, le thermomètre affiche plus de 30 degrés. Mais, ce n’est que le début. Un pic qui flirte avec les 40 degrés est attendu en milieu d’après-midi. A Ouagadougou où doit s’ouvrir dans les prochaines heures la 25ème édition du Festival panafricain de cinéma et de la télévision, ce n’est toujours pas la ferveur populaire. Au niveau des grandes artères de la ville, il n’y a rien qui renseigne sur la tenue de ce grand événement dédié au septième art africain.

On ne voit pas des affiches publicitaires sur la manifestation, le long des grandes avenues. Ici, seule la scène cocasse des motos, faisant la particularité de Ouaga, attire l’attention du visiteur. Rien de nouveau sous le soleil de la capitale, qui a renoué très tôt ce matin avec son train-train quotidien et sa marque de ville tumultueuse bercée par un climat chaud presque tout au long de l’année. L’absence d’intérêt que nourrit une partie de la population vis-à-vis du Fespaco se traduit, en grande partie, par la crise politique qui a secoué le pays en 2014 et qui a abouti à une crise économique. Laquelle continue toujours de secouer de plein fouet certains habitants de la capitale. lboudo est un gérant de discothèque au niveau de la zone commerciale de Ouagadougou, communément appelée « Grand marché ». Pour joindre les deux bouts, ce jeune homme est obligé de s’adonner, le jour, à des activités carrément informelles parmi lesquelles la vente des fours à gaz ou au téléchargement payant de musique sur clé « Usb ». Selon lui, la crise économique a emporté toute la ferveur populaire qu’il y avait autour du festival. « Actuellement, on a d’autres préoccupations. On ne peut pas suivre des films où il faut payer entre 1.000 et 1.500 FCfa par projection. Rien ne bouge dans ce pays, c’est pourquoi les gens ne sont pas intéressés par le Fespaco », soutient-il, les yeux rivés sur son ordinateur. Un point que de vue que partage son ami Idrissa pour qui le contexte n’est pas encore propice à la tenue d’un tel événement.

« Quand on a faim, on ne peut pas regarder un film », ironise-t-il. Dans cet espace du marché, des jeunes d’à peu près le même âge propose plusieurs produits aux passants.
Kouéba Divin, étudiant en cinquième année en Système industriel, fustige plutôt la période choisie généralement pour organiser le Fespaco. Car, il s’agit, à son avis, d’un moment où les étudiants et autres élèves n’ont pas la possibilité de venir suivre les films. « Il serait intéressant que le festival puisse se tenir pendant les grandes vacances, pour permettre à tout le monde et plus particulièrement aux élèves et étudiants d’y prendre part », suggère-t-il.

Derniers réglages
Prévue à partir d’aujourd’hui et ce, jusqu’au 4 mars prochain, l’édition 2017 du Festival panafricain de film et de télévision va projeter 20 films dans la catégorie des longs-métrages de fiction. Jusqu’à hier vendredi, un seul point de Ouagadougou (le siège du Fespaco) permettait d’avoir une petite idée sur les derniers réglages liés à ce festival. Dans la matinée, réalisateurs, journalistes, organisateurs … ont pris d’assaut le site pour se procurer les badges devant leur permettre de prendre part aux différentes activités de la manifestation. Sur place, des ouvriers s’activent pour mettre en place les derniers stands abritant une partie des expositions de certains pays comme la Côte d’Ivoire et le Niger. Du côté de l’administration du Fespaco, peu d’agents sont visibles sur les lieux après 8 heures. Jusqu’à 10 heures passées, le directeur du festival, Ardiouma Soma, ne s’est présenté dans son bureau où l’attendent journalistes et visiteurs.

Même si la capitale burkinabè n’est pas encore prise par la fièvre du septième art africain, l’ouverture officielle du Fespaco aura bien lieu aujourd’hui à 16 heures au stade municipal de la ville, sous la présidence du chef de l’Etat du Burkina Faso.

L’ouverture officielle sera suivie par une veillée d’hommage à partir de 21 heures. Il s’agit d’une façon de rendre hommage à tous ceux qui ont œuvré pour le rayonnement du festival et qui ne sont plus de ce monde.

L’édition de cette année dont est le thème « Formation et métiers du cinéma et de l’audiovisuel » va présenter 170 films produits sur le continent. Pendant une semaine, « Le pays des hommes intègres » sera le centre de gravité du cinéma africain et de la diaspora.

De notre envoyé spécial : Ibrahima BA

Ancien responsable de la Cinémathèque africaine de Ouagadougou, directeur artistique, Ardiouma Soma préside aux destinées du Festival panafricain du cinéma et de télévision de Ouagadougou (Fespaco) depuis décembre 2014. La 25ème édition, prévue du 25 février au 4 mars, a pour thème « Formation et métiers du cinéma et de l’audiovisuel ». Lors d’un atelier organisé par l’Uemoa à Ouagadougou et dédié à des journalistes culturels de l’espace monétaire, le délégué général est revenu sur les grandes lignes du festival qui s’ouvre ce samedi dans la capitale burkinabè.

La formation au cœur du 25ème Fespaco
« La 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadou (Fespaco) est placée sous le thème « Formation et métiers du cinéma et de l’audiovisuel ». Depuis 1973, chaque année, nous proposons aux cinéastes, professionnels, partenaires et gouvernants un thème de réflexion sur le développement de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel sur le continent. Pour cette année, nous allons discuter sur la question de la formation. Elle a été abordée en 2005 sous le thème « Formation et enjeux de la professionnalisation ». Nous y revenons en 2017 parce que beaucoup de personnes aiment dire que chaque fois, il y a de grandes réflexions, des colloques, après il n’y a rien. Je réponds, après il y a quelque chose. En 2005, nous avons invité à la réflexion et adopté des recommandations sur la question de la formation. Quand nous faisons le point entre 2005 à aujourd’hui, beaucoup de pas ont été posés. Nous avons l’Institut supérieur de l’image et du son au Burkina Faso (Isis). Il y a des écoles de cinéma au Togo, au Bénin. Donc, quelque chose s’est passée entre 2005 et aujourd’hui. Il est important de revenir sur cette question de la formation, pour faire le point dans un environnement qui évolue de façon constante. Est-ce que tous les secteurs ont été pris en compte ? Le secteur du cinéma et de l’audiovisuel est un domaine multidisciplinaire. Est-ce que tous les compartiments ont été pris en compte, est-ce que toutes les initiatives qui sont là ont les capacités pour, effectivement, produire les résultats attendus ? L’idée est de s’arrêter pour faire le point, rectifier le tir afin de mieux contribuer au développement de ce secteur.

La Côte d’Ivoire, pays invité d’honneur
Nous avons choisi la République de Côte d’Ivoire comme pays invité d’honneur parce que l’objectif qui se cache derrière ce concept, c’est de mettre les projecteurs sur les efforts qu’un pays mène pour le développement du 7ème art. Nous avons constaté qu’en Côte d’Ivoire, ces cinq dernières années, beaucoup de choses ont été faites sur le plan législatif. Récemment, le pays a adopté une loi sur le cinéma et l’audiovisuel. Ils ont aussi revalorisé le fonds de soutien à l’activité cinématographique pour atteindre 1 milliard de FCfa, le même niveau que le Sénégal qui a été déjà invité d’honneur. Il est à noter une politique de rénovation et de numérisation des salles en Côte d’Ivoire. C’est tout cet ensemble d’efforts que nous voulons montrer. Sur ce point, il est à rappeler l’accompagnement du ministère de la Culture et de la Francophonie pour la participation massive des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel aux différentes éditions du Fespaco. Pour les éditions 2013-2015, le ministre Maurice Kouakou Bandama était accompagné entre 50 et 60 professionnels qu’il a fait venir aux frais du gouvernement ivoirien. Il est l’un des rares ministres qui est resté durant tout le festival. Ce sont autant d’efforts à encourager.

Contenu du Festival
Le Fespaco comporte deux volets. Il y a la dimension artistique avec toutes les activités qui comprennent la sélection des films, l’organisation des galas, des débats. A ce niveau, nous notons un engouement. En 2015, nous étions à 760 films et pour cette année, nous en sommes à 800 films inscrits. Nous avons décidé de maintenir les sections habituelles : les compétitions pour le long-métrage, le court-métrage, le documentaire, les séries et la compétition pour les films des écoles africaines de cinéma. Quelquefois, certains ont dit que la sélection du Fespaco est large et c’est difficile pour un professionnel de pouvoir suivre tout cela. Il a été posé la question de savoir si le festival ne devrait pas resserrer la sélection pour s’en tenir aux long-métrage, court-métrage et au documentaire. Nous sommes en concertation avec les professionnels. Il est vrai que le Fespaco est au Burkina Faso, mais c’est une institution à vocation panafricaine. Nous ne pouvons rien changer sans consulter au préalable les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel. Dans sa composante artistique, ce festival est le baromètre du 7ème art africain. C’est un espace où peuvent se rencontrer des cinéastes confirmés et ceux débutant. Il s’agira également d’avoir une meilleure organisation du volet artistique en renforçant la numérisation. En 2015, nous avions numérisé une seule salle, le Ciné Burkina. Notre ambition, numériser trois salles cette année.

La seconde composante du festival est la dimension économique du cinéma et de l’audiovisuel. C’est le Marché international du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Nous travaillons pour en faire un espace d’affaires pour les Africains qui interviennent dans ces secteurs. Cette année, nous quittons le Siao pour aller au Centre international de conférence Ouaga 2000 avec plus d’espace pour les expositions, des salles pour les conférences. L’idée est d’offrir aux professionnels un espace approprié pour ouvrir le débat au sujet de l’industrie du 7ème art africain. Aujourd’hui et demain, le marché, c’est en Afrique. C’est là qu’il y a les consommateurs. Il y a une forte demande de contenus africains tant sur le continent qu’en dehors. Ailleurs, les gens l’ont compris plus que nous. Nous allons faire en sorte que ces deux volets soient distincts et que nous mettions l’accent sur une meilleure organisation de ces deux espaces. L’intérêt est de dynamiser la professionnalisation du Fespaco. Quelque part, ce festival est perçu comme la locomotive de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel sur le continent. Aujourd’hui, nos différentes politiques de développement national doivent prendre en considération la dimension économique du cinéma.

Cinématheque de Ouagadougou
C’est avec la Fédération panafricaine des cinéastes (Fépaci) que le Fespaco a décidé, en 1989, de lancer la Cinémathèque africaine de Ouagadougou. La fédération a permis d’obtenir auprès des cinéastes l’autorisation des copies de films. C’est comme cela que le travail d’archivage a démarré avec l’inauguration du Centre de conservation des films en 1995. Aujourd’hui, nous avons plus de 5.000 titres de films qui sont là. Malheureusement, nous n’avons pas encore de catalogue pour l’ensemble de ces œuvres. Le Fespaco est une base importante de collecte du patrimoine filmique africain. Cela, du fait que tous les deux ans, ce sont des centaines de films qui sont inscrits. Cela constitue un patrimoine assez important. Il faut avoir beaucoup de moyens pour traiter cet ensemble d’informations, d’archives, de patrimoine, pour les mettre en valeur. Oui, ce patrimoine est accessible. Pour qu’il le soit au grand public, il faut ce travail de dépouillement, de numérisation afin qu’il y ait des postes où le public peut venir consulter. L’accès aux professionnels est possible pour des raisons de recherche. Après 47 ans d’existence, des archives sont disponibles au Fespaco. Au-delà des films, il y a beaucoup d’éléments sur le cinéma africain - actes des colloques, coupures de presse. La documentation est assez importante. Toujours est-il qu’il y a un besoin financier, infrastructurel pour mieux gérer ces archives. Au-delà de la collecte, c’est la mise en valeur de ce patrimoine qui pose problème. L’Afrique a un très riche patrimoine cinématographique qui date de l’époque du début du cinéma, 1895. Le continent a été énormément filmé à plusieurs étapes : ethnologues, chercheurs, religieux, colonisateurs, cinéma commercial, etc. Comme disait Sembène Ousmane, ces images sont très peu vues. Nous avons besoin de ce patrimoine pour nous connaître, connaître notre passé, mieux découvrir le présent pour préparer l’avenir. »

Propos recueillis à Ouagadougou par E. Massiga FAYE

Adepte de la diversité musicale, Carlou D est en train d’imposer sa marque. Sa voix mélodieuse souvent accompagnée de sonorités originales lui donne de bonnes raisons d’être optimiste pour la suite. Danseur, parolier, Carlou prône, dans ses œuvres musicales, des valeurs d’un disciple Baye Fall, à savoir  la paix, la tolérance, le partage et l’amour de son prochain. Son prochain album international, prévu en avril prochain, s’inscrira dans ce sillage.  

Teint d’ébène, dreadlocks en évidence, démarche nonchalante, physique de basketteur, il en impose par sa grande taille ; sûr qu’il frise les deux mètres. Dans le jargon militaire, il passerait pour ceux qu’on appelle communément « homme de base ». Sa grande taille, il dit la tenir de son père, issu d’une lignée de guerriers. Son arrière-grand-père paternel, Codou Bigué, serait un général d’armée affiliée au résistant Maba Diakhou Bâ. Et sa mère, une descendante directe de Lat Dior Diop Ngoné Latyr, roi du Cayor. Soit. « Je sens cette fusion en moi, cette fierté, cette posture de toujours réclamer le respect dans ce que je fais », souligne-t-il. L’artiste déplore ce qu’il appelle « un manque d’égard notoire » envers les artistes.

Ibrahima Loucard, plus connu sous le nom de Carlou D, est né en 1979.  Il passe son enfance entre plusieurs localités du pays. Il a presque fait le tour du Sénégal au gré des affectations d’un père fonctionnaire, à Dakar, Thiès, Mbour, Louga, Kaolack… Il positive ces multiples va-et-vient et les met sur le compte de sa « formation artistique ». Ces nombreux déplacements ont, à coup sûr, eu des conséquences sur son éducation scolaire.

« Élève intelligent, je n’arrivais pas à me concentrer à l’école comme il fallait. J’étais souvent appelé à changer d’établissement. Cela a véritablement impacté sur mon parcours scolaire », souligne le chanteur. Carlou fréquente les bancs jusqu’en classe de quatrième secondaire. Quand même ! Plus tard, il va s’initier en continuant ses études à travers « des recherches personnelles ». Il se réclame d’ailleurs « autodidacte ». Malgré ce retrait prématuré de l’école, Ibrahima a su garder ses amis. Aujourd’hui encore, il assure fréquenter ses mêmes copains d’enfance répartis un peu partout à travers le Sénégal. « D’ailleurs, je travaille avec certains de mes compagnons de jeunesse dans l’organisation de mes shows et autres », souligne-t-il. Carlou D ne fait guère partie de ces artistes qui, au fil des années, ont nourri l’envie d’occuper la scène. Il assure avoir, tout le temps, senti cette vibration artistique, au plus profond de son être. « J’ai toujours aimé m’amuser avec ma voix, en imitant notamment les grands ténors », souligne-t-il. Il a, par cette démarche, appris à se familiariser avec les fibres vocales. « C’est moi-même qui me remettait en cause, avant qui que ce soit, dans le but de faire davantage et mieux », relève le chanteur.
 
Danse et passion
Avant de s’adonner à la musique, le jeune Carlou a d’abord pratiqué la danse. Une manière pour lui, dit-il, d’exprimer ses maux qu’il ressentait au plus profond de son être. Car, souligne-t-il, il était plutôt le genre solitaire qui aimait et pouvait, toute une journée durant, rester dans son coin.  Nous sommes vers les années 1999, lorsqu’à la faveur d’une situation familiale difficile, le jeune Ibrahima décide de prendre les devants et d’assumer ses responsabilités en tant qu’artiste. « Mon talent se trouve dans ma voix, j’ai dès lors décidé de l’exploiter », rappelle-t-il. Il range cartables, cahiers et stylos et se résout à prendre la voie de la musique.

Seul l’amour fusionnel qu’il ressent profondément pour la mélodie va lui permettre de tenir le coup dans des circonstances pas du tout faciles. « Les débuts ont été particulièrement difficiles. Nous sommes passés par pas mal d’épreuves avant d’en arriver là. Ce sont des moments où seul l’amour vous permet de  garder espoir,  tout en espérant aller de l’avant », affirme-t-il.

Le premier groupe de musique dans lequel évolue Carlou D se nomme « Ska blues ». Une fusion avec deux autres artistes (Seydi Man et Ass Malick). La rencontre s’est faite naturellement alors que chacun était venu enregistrer une maquette comme cela était d’usage à l’époque. Les trois s’engagent à fonder un groupe dans un esprit de complémentarité. « L’objectif principal était d’abord d’accumuler de l’expérience, pour ensuite voir la suite », dit-il. C’est alors parti pour un procédé qui va s’avérer très « fructueux ». Les trois compères prennent tout de suite leurs marques et parviennent et s’imposer dans le milieu du hip hop. Ils sont connus dès leur premier single. Après le succès du premier son, Carlou D rencontre le rappeur Didier Awadi, qui alors fait appel à lui pour intégrer le Positive Black Soul (Pbs), plus grand groupe de rap africain connu à l’époque. C’est une opportunité unique et inespérée pour un chanteur débutant. Le jeune Carlou ne se fait alors guère prier. Toutefois, se rappelle-t-il, cela avait causé pas mal de soucis au sein de son ancien groupe. Les autres ne pouvaient plus compter sur sa présence de manière permanente et lui-même se sentant un peu mal à l’aise de la situation. 

« L’artiste a besoin parfois de s’exprimer. Ce qui n’est pas forcément chose facile dans un groupe où chacun doit donner son idée. Je voulais non seulement rejoindre le groupe Pbs, mais également trouver un lieu où je pouvais m’exprimer librement. Le même problème va à nouveau se poser au sein du groupe Pbs Radical lorsque j’ai voulu partir », se souvient-il. L’expérience au Pbs Radical avait permis au jeune artiste de voyager, découvrir le monde, se familiariser aux autres mélodies. Une ouverture qui sera très utile pour la suite de sa carrière. Il apprend plein de choses. Une petite anecdote, raconte-t-il, lors de leurs déplacements, il voie un groupe d’artistes jouer en live en Espagne. Là, il appelle Didier Awadi et lui signifie clairement son vœu de s’adonner, sous peu, à ce même genre musical. Un artiste, c’est le live, a toujours pensé Carlou D. Quelques années plus tard, il décide de se frayer son propre chemin, tout en essayant de s’exprimer librement, à travers cette voie musicale qu’il a « sereinement choisie ». Aujourd’hui, Carlou D jouit d’une certaine notoriété et s’est fait désormais un nom dans la musique sénégalaise. Pourtant, lui pense n’avoir pas encore fait « grand-chose ». Le chanteur dit toujours se remettre en cause. Une manière d’aller de l’avant, sans faire attention aux efforts, continuellement fournis.  
 
Un Baye Fall assumé
Dans sa perception de la vie, Carlou D souligne que chacun a sa façon de gérer ses choix et d’entretenir sa relation avec la société. Il ne s’agit simplement pas de l’artiste, mais il est avant tout question de l’être humain. « Je suis musulman, mouride et je veux être Baye Fall. J’aime Serigne Touba au plus profond de mon être. Mame Cheikh Ibrahima Fall m’inspire dans tout ce que je fais », souligne-t-il.  Il n’est alors pas question pour lui de cacher de telles sensations. Ce serait, selon lui, « signe de trahison » que de ne pas laisser fuser ses perceptions. Pour autant, son art s’adresse à tout le monde car, affirme-t-il, il y est question de « paix, tolérance, partage et d’amour ». Selon l’artiste, un Baye Fall s’inspire avant tout de la conduite de Mame Cheikh Ibrahima Fall, son principal guide. Il prônait la paix, la simplicité, le respect de soi et de tout le monde, rappelle-t-il.

Carlou D est dans la perspective de s’imposer sur le marché international. Un marché qu’il dit « clair et très bien organisé ». Les normes sont bien définies. Les cibles sont clairement identifiées. Il revient à l’artiste de bien cerner là où il veut aller et de savoir quoi proposer en conséquence.  Ce qui prime, c’est avant tout la qualité du produit proposé, relève-t-il.

L’équipe qui accompagne l’artiste doit également jouer un rôle déterminant dans le développement de sa carrière. Son prochain album sera d’ailleurs disponible au mois d’avril. « Cet album devra constituer une nouvelle page dans ma carrière. A l’image de l’album précédent qui a également constitué une nouvelle expérience. C’est un album de rencontres. J’ai beaucoup appris sur la qualité d’enregistrement ».

Globalement, l’artiste dit ne pas regretter grand-chose dans sa vie. Ses erreurs, il les met dans l’expérience acquise. Contrairement aux préjugés très rependus, il assure que son public n’est pas composé que de filles. Il compte beaucoup de fans qui apprécient sa musique.

Oumar BA

Le réalisateur sénégalais, sélectionné dans la section phare des longs-métrages de fiction, n’est pas encore présent dans la capitale burkinabè. Alain Gomis qui a informé, hier, le directeur de la Cinématographie, ne sera à Ouagadougou que le mardi 28 février. La projection de son film « Félicité », récemment primé « Ours d’argent » à la Berlinale, est prévue un jour après, c'est-à-dire le 1er mars. Alain Gomis, Etalon d’or de la 23ème édition du Fespaco, avec son film « Tey », tentera de décrocher pour la deuxième fois le prix le plus convoité dans ce festival et ainsi rejoindre le Malien Souleymane Keita, le seul cinéaste détenteur de deux Etalons. En dehors d’Alain Gomis, tous les cinéastes sénégalais en compétition seront au complet à partir d’aujourd’hui. Pour rappel, hier, 95% de la délégation sénégalaise étaient déjà sur place.

Le Facc récompensera cette année l’un des 20 films de fiction long-métrage
La Fédération africaine de la critique cinématographique (Facc) décernera, cette année, le « Prix de la critique africaine - Paulin Soumanou Vieyra » dans la catégorie Prix spéciaux du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Le jury composé de Pélagie Ng'onana, Sid-Lamine Salouka, Ruth Sandzou, Mwenda Wa Micheni et Charles Ayetan, issus respectivement du Cameroun, du Burkina Faso, du Gabon, du Kenya et du Togo, va récompenser l’un des 20 films de fiction long-métrage en compétition officielle. Présent dans plusieurs festivals de films (Jcc en Tunisie, Luxor en Egypte, Zagora au Maroc), le Prix de la critique africaine, institué au Fespaco en 2009, sur décision de la Facc, porte le nom de Paulin Soumanou Vieyra, pionnier de la critique cinématographique et du cinéma en Afrique sub-saharienne. Béninois de naissance et Sénégalais d’adoption, Paulin Soumanou Vieyra est auteur de plusieurs films et d’ouvrages sur les cinémas africains.

Le film ‘’Kemtiyu – Séex Anta’’ du réalisateur sénégalais Ousmane William Mbaye a reçu le prix du meilleur documentaire au Panafrican Film Festival (Paff) de Los Angeles (Etats-Unis), qui s’est déroulé du 9 au 20 février, a appris mercredi l’Agence de Presse sénégalaise (Aps). Le documentaire d’Ousmane William Mbaye retrace le parcours de l’historien et homme politique sénégalais Cheikh Anta Diop (1923-1986). Après sa première mondiale, le 7 mai dernier à Sorano, le film "Kemtiyu – Séex Anta" a été montré en Côte d’Ivoire (Abidjan), en France (Paris, Apt), en Afrique du Sud (Johannesburg). Il sera en compétition officielle à la 25e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco).

Le festival de Los Angeles, qui fêtait cette année ses 25 ans d’existence, a pour mission de ‘’mettre le focus sur le travail de création d’artistes noirs, particulièrement ceux qui renforcent des images positives et combattre les stéréotypes’’, indique le site Internet des organisateurs.

‘’Nous croyons que l’art peut [aider] à une compréhension entre les peuples de différents cultures, races et modes de vie, tout en servant de vecteurs de dialogue sur les grandes questions de notre temps’’, ajoute la même source. Créé en 1992, The Pan African Film Festival (PAFF) a montré plus de 150 films et accueilli plus de 100 artistes des Etats-Unis, d’Afrique, des Caraïbes, d’Amérique du Sud, du Canada, d’Europe, entre autres.

APS

Le secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Birane Niang, a procédé, jeudi dernier, à l’installation officielle des organes chargés de mettre en œuvre les modalités d’intervention et de gestion du Fonds de développement des cultures urbaines (Fdcu).

Selon un communiqué, le Comité de gestion est chargé de fixer, en fonction de l’enveloppe budgétaire, les montants à accorder aux dossiers sélectionnés et recommandés par le Comité de lecture, d’autoriser et de contrôler les décaissements ainsi que d’approuver la situation des comptes administratifs et financiers de fin de gestion. Cet acte posé par le ministre de la Culture et de la Communication, souligne le document, marque ainsi le démarrage des travaux devant mener aux financements des projets retenus parmi la centaine de requêtes enregistrées à la date butoir de dépôt des candidatures.

Ce comité présidé par Rémy Sagna, directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication, est composé d’Abdoulaye Koundoul, directeur des Arts, El Hadj Souleymane Diouf, directeur de l’Administration générale et de l’Equipement, Joseph Hyacinthe Badji, artiste musicienne et Oumar Sall, consultant.

Quant au Comité de lecture, il a pour missions d’examiner toutes les requêtes s’inscrivant dans les domaines d’intervention du Fonds et de recommander les dossiers sélectionnés au Comité de gestion. Il est composé de Fatoumata Bintou Kandé, artiste photographe, Ibrahima Wane, maître de conférences au département de Lettres de l’Université Cheikh Anta Diop, Dr Massamba Guèye, conseiller technique à la Présidence, Abdoulaye Niang, Professeur à l’Université Gaston Berger, Luc Mayitoukou, consultant, manager, Cheikh Diaw, coordonnateur de la Cellule d’étude et de la planification du ministère de la Culture, et El Hadj Tanor Gningue, conseiller technique à la Primature.

Birane Niang a remercié les membres « d’avoir accepté cette mission pour mettre en œuvre la politique du M. le Président de la République pour le développement du secteur très dynamique des cultures urbaines ».

O. DIOUF

Dans le cadre d'une initiative de renforcement des capacités des professionnels des médias gambiens, une cérémonie de remise d’équipements professionnels destinés aux journaux gambiens, à l'Union de la presse gambienne et à l'université de Gambie, a été organisée, mercredi dernier, par l'Union européenne et l'Unesco, à Banjul.

L'Union européenne et l'Unesco ont organisé, mercredi, une cérémonie de remise d’équipements professionnels destinés aux journaux, à l'Union de la presse gambienne et à l'université de Gambie, dans le cadre d'une initiative pour renforcer les capacités des professionnels des médias gambiens.

Selon un communiqué de l’Unesco, ce projet fait partie d'un programme de gouvernance plus large, financé dans le pays par l'Union européenne, qui comprend plusieurs volets tels que l'accès à la justice et à la formation juridique, le journalisme et les médias, et la gestion des finances publiques.

« Le projet Journalisme et médias de ce programme de gouvernance de l'Ue contribue à la réforme des médias en Gambie. Le secteur des médias est le seul à avoir les moyens de communication capables d’atteindre les décideurs et le grand public », souligne le communiqué de presse.

L'objectif global de ce projet est donc de contribuer à une meilleure gouvernance démocratique à travers le renforcement de la liberté de la presse et l'amélioration de la qualité des informations disponibles pour le public.

Le projet promeut l'excellence en matière de journalisme ainsi que les programmes innovants, vu que soutenir l'enseignement du journalisme étant l’une des mesures clés nécessaires au développement d'une presse libre et indépendante.
Il vise également le renforcement de l'égalité des genres dans les médias à travers la sélection de groupes cibles pour les activités de formation, et à travers le développement des programmes et matériels de formation.

Et enfin, le projet veut « contribuer aussi directement à l’amélioration des droits de l'Homme dans le pays, les médias ayant, en effet, le pouvoir considérable d'influencer le discours politique d'une nation, et une presse libre et ouverte étant essentielle pour une démocratie saine ».

O. DIOUF

La salle de conférence de l’Ucad 2 a abrité, mardi, une conférence sur le thème « Internet et droit à l’oubli numérique », animée par Mme Nathalie Mallet-Poujol. Directrice de recherche au Cnrs, elle a plaidé la question très actuelle de la protection des données.

L’Internet a, sans doute, révolutionné le monde, entraînant un bouleversement sans précédent de nos habitudes, les rôles et les structures sociales jusqu’alors établis. Mais lors de cette conférence, il était beaucoup plus question de droit, de liberté d’expression, de droit à l’information ou encore de protection des données numériques. En effet, des informations à caractères personnelles sont collectées sur le réseau (devenu planétaire) et sont tout le temps disponibles, consultées, malgré les risques inhérents à son traitement. En 2016, le règlement européen sur la protection des données a institué, en son article 17 du 27/4/2016, le droit à l’oubli numérique pour assurer l’équilibre entre la réglementation et le droit à l’information.

En évoquant ce nouveau droit, Nathalie Mallet-Poujol, directrice de recherche au Cnrs, affirme qu’ « il est de plus en plus estimé que le temps réel de l’information légitimant sa diffusion doit faire face à l’oubli numérique afin de protéger l’individu contre tout dommage subi du fait de la persistance de certaines informations sur le web ». Cependant, fait-elle savoir, « le droit à l’oubli doit prendre en compte les impératifs de liberté d’expression, de droit à l’information ou droit à l’histoire ainsi que les motifs d’intérêt général qui cèdent à la nécessité d’une mémoire collective en matière de gestion administrative ou de sécurité publique ».

Question actuelle et sensible
La revendication par certains acteurs de l’économie numérique n’a pas fait que des heureux puisque des associations qui s’activent dans le secteur ont formulé des craintes notamment sur les omissions du traitement des archives et des documents de recherche scientifiques obligeant le législateur à y ajouter un texte additif. Ainsi, d’après la conférencière, « sur demande de la personne concernée, le responsable du traitement est tenu d’effacer dans les meilleurs délais les données à caractères personnels qui ont été collectées dans le cadre de l’offre de service de la société d’informations lorsque la personne concernée était mineure en ce moment ».

La protection des données numériques est une question très actuelle et sensible qui exige un sens très élevé de mesure et de prudence. Mais Nathalie Mallet-Poujol qui se réclame de la vieille école préconise tout simplement « l’abstinence », non sans plaider pour une harmonisation des statuts législatifs pour les Etats.
    

Mouhamadou Lamine DIOP (stagiaire)

Pour ouvrir la perspective sur le rôle de l’industrie culturelle africaine dans le processus de changement social, l’Institut Panos de l’Afrique de l’Ouest (Ipao) organise depuis hier, à Saly, un séminaire régional, à l’intention des organisations de la Société civile, des artistes et des médias. Au-delà des échanges et partages d’expériences, l’objectif de cette rencontre est de promouvoir une information citoyenne sur les droits de l’Homme.

L’Institut Panos de l’Afrique de l’Ouest (Ipao) organise, depuis hier, un séminaire régional de deux jours sous le thème « Artistes, activistes et média : vers des convergences durables pour le changement social ». Cette rencontre regroupe une quarantaine d’acteurs issus des organisations de la Société civile, d’acteurs culturels et des médias issus du Sénégal, de la Tunisie, du Niger et du Mali, pays dans lesquels l’Ipao met en œuvre le projet « Acteurs culturels et acteurs médiatiques en Afrique : Moteur ! » L’objectif est d’échanger et de partager des expériences afin de contribuer à la promotion d’une information citoyenne sur les droits de l’Homme.

Lancé en 2014, ce projet financé par l’Union européenne vise à encourager au nord et au sud du Sahara les expressions culturelles diffusées par les médias pour la défense des droits de l’Homme. Ce séminaire, comme l’a indiqué la directrice de l’Institut Panos, constitue la dernière activité de ce projet. Selon Diana Senghor, ce projet a coïncidé avec les changements politiques inédits intervenus en 2012 et 2013 en Afrique de l’Ouest et au Maghreb et ayant sonné le départ de vieux leaders octogénaires décidés à s’accrocher au pouvoir. « Les premiers moteurs de ce changement ont été les nouveaux acteurs, c’est-à-dire les mouvements sociaux. Ces jeunes ont pratiqué de nouvelles formes d’expression qui ont été d’un apport important dans ces changements », a-t-elle indiqué. Que ce soit en Tunisie, au Burkina Faso ou encore au Sénégal, a expliqué Madame Senghor, ces mouvements sociaux se sont tous réclamés de certaines valeurs. « Dans la lutte pour les valeurs, ils ont fait bouger les lignes de front et aussi des positions des anciens acteurs », a-t-elle rappelé en insistant sur la nécessité de faire des médias sociaux des vecteurs percutants de contenus culturels favorables aux droits de l’Homme.

Cette rencontre régionale, a-t-elle noté, sera l’occasion de valoriser les résultats des nouvelles expériences entamées dans le cadre de ce projet et de pousser la réflexion collective sur la collaboration entre les organisations de droits humains, les artistes et les acteurs émergents de la production de l’information (blogueurs et web activistes).

Changements sociaux et politiques
Alassane Cissé, représentant le ministre de la Communication et de la Culture, s’est réjoui de cette initiative qui, à son avis, vise à créer une passerelle entre acteurs des médias et acteurs culturels pour échanger et cerner les enjeux. Il a magnifié, par exemple, le rôle extrêmement important joué par les acteurs culturels dans la libération de l’Afrique du Sud contre l’Apartheid.

Selon M. Cissé, ces dernières années ont été marquées par l’émergence d’acteurs culturels et d’acteurs médiatiques qui ont joué un rôle majeur dans les changements sociaux et politiques. C’est le cas notamment en Gambie où, a-t-il souligné, les acteurs ont été d’un apport considérable dans le bouleversement politique. « C’est aussi le cas au Burkina Faso avec le « Balai Citoyen » et au Sénégal avec « Y en a marre » qui a joué et qui continue de jouer ce rôle de sentinelle et de veille », a souligné Alassane Cissé.

Au nom des acteurs culturels, Kader Diarra a remercié l’Ipao pour cette initiative. Il a magnifié le dialogue interculturel reflété par la présence à ce rendez-vous de différentes nationalités ; ce qui, a-t-il dit, leur permettra d’asseoir et d’envisager des mécanismes plus valorisants du triptyque médias-artistes-activistes. De l’avis de M. Diarra, le monde culturel, les médias et les organisations de droits de l’Homme ont besoin de synergies pour garder leur quintessence en garantissant l’utilité sociale à leur existence.

Au terme de cette rencontre de deux jours, des recommandations concrètes seront faites pour la souveraineté dans la création des contenus culturels et pour une économie de l’industrie culturelle plus forte.

S. O. FALL

La romancière sénégalaise Fatou Diome va publier son nouvel ouvrage le 15 mars prochain. « Marianne porte plainte ! » est le titre de ce roman qui parle de l’identité nationale à l’approche de la campagne présidentielle en France.

Encore un nouvel ouvrage de Fatou Diome ! La romancière d’origine sénégalaise va publier, le 15 mars prochain, un nouveau roman. « Marianne porte plainte ! » sera le titre du prochain ouvrage de la romancière native des îles du Saloum. Très engagée sur le thème de l’émigration avec plusieurs de ses publications qui portent sur cette problématique, Fatou Diome revient cette fois-ci sur un autre sujet qui l’intéresse aussi : la question de l’identité nationale en France avec, en perspective, la prochaine campagne présidentielle.

« Alors que le débat sur l’identité nationale risque d’occuper une place centrale dans la campagne présidentielle, Fatou Diome dénonce les excès de ses défenseurs, qui ruinent la cohésion sociale, fondement de notre République », explique la notice de l’ouvrage. « À trop encenser les racines locales, les uns oublient que les migrations sont au cœur de la marche de l’Histoire. À trop instrumentaliser la laïcité, les autres réveillent de vieux accents inquisiteurs », poursuit l’auteure qui, dans ce livre, parle des deux sujets qui ont été le fil conducteur de sa production littéraire : les migrations et l’identité nationale.D’origine sénégalaise, Fatou Diome est installée en France depuis une vingtaine d’années sans couper le lien qui le lie à son pays, à son terroir natal, les îles du Saloum, et sa culture de Sérère Niomimka. Dans beaucoup de ses livres, elle ne manque pas de faire référence à des référents culturels qui l’ont marquée durant son enfance et adolescence en pays sérère Niomimka. « Quand le "Eux et nous" oriente le discours, c’est la victoire des amalgames et dans son sillage du rejet et de la haine de l’autre qui se dessine. Au lieu de dresser les uns contre les autres, les pompiers qui se font aujourd’hui pyromanes devraient définir les modalités d’un destin collectif », poursuit-elle dans la présentation de l’ouvrage qui vient après sa dernière production « Impossible de grandir » où elle parle de la vie d’une fille, Salie, née hors mariage et qui sera marquée par le regard accusateur de l’entourage familial. Son histoire personnelle qu’elle n’a pas hésité à coucher sur un roman avec un grand courage.

« Dans une magnifique ode à la France, mère patrie adoptive prenant aujourd’hui des allures de marâtre, Fatou Diome s’interroge sur ce que pourrait être une identité nationale, ciment de la République, appuyée sur un pilier crucial, l’éducation, seule capable de libérer des tiroirs identitaires et d’affirmer l’appartenance commune au genre humain », lit-on dans la présentation de l’ouvrage.

Fatou Diome est née au Sénégal et est arrivée en  France depuis 1994 et vit depuis à Strasbourg. Elle est l’auteure d’un recueil de nouvelles « La Préférence nationale » (2001) ainsi que de cinq romans, « Le Ventre de l’Atlantique » (2003), « Kétala » (2006), « Inassouvies nos vies » (2008), « Celles qui attendent » (2010) et « Impossible de grandir » (2013). Dernièrement, elle avait fait une sortie remarquée dans l’émission « Ce soir ou jamais » sur France 2 sur la question de l’accueil des migrants en Europe.

Oumar NDIAYE

Le Salon international des professionnels de l’économie numérique de Dakar (Sipen) s’est ouvert hier. Cette deuxième édition, qui accueille des experts de la sous-région, a pour thème principal « Le numérique, vecteur de développement et d’intégration économique et social ». Il est question, pour les experts, de se prononcer sur les larges possibilités qu’offre le numérique à l’Afrique et ses implications dans le cadre du Plan Sénégal émergent.

Le marché numérique africain fait aujourd’hui l’objet de fortes convoitises par les grandes entreprises internationales du secteur. Les enjeux, qu’il constitue, impliquent de porter la réflexion sur les initiatives communes entreprises. L’objectif, à travers cette deuxième édition du Sipen de Dakar, est ainsi de voir la place de l’Afrique face à la cyber sécurité et la confiance numérique, et de se prononcer sur les possibilités et les défis du marché régional pour les Petites et moyennes entreprises ouest-africaines du numérique. Il s’agit également, dans une perspective nationale, d’offrir l’opportunité aux participants d’examiner la place du secteur privé national dans la composante numérique du Plan Sénégal émergent.

C’est la raison pour laquelle, estime le président de l’Organisation des professionnels des technologies de l'information et de la communication au Sénégal (Optic), Antoine Ngom, il est important de créer des cadres d’échanges et de partage comme le Sipen. Car, celui-ci n’a autre objectif que de partager les enjeux, les opportunités et les innovations du numérique afin de permettre de découvrir des services et solutions innovantes, tout en regroupant des experts sur des thématiques importantes. Cette vision est en parfaite cohérence avec celle d’Optic qui s’emploie à faire du Sénégal une vitrine de l’économie numérique, à promouvoir le secteur des Tic et le développement des affaires. Le numérique est un cadre de valorisation de l’expertise nationale selon Antoine Ngom.

L’édition et le développement de logiciels et d’applications sont des points sur lesquels des avancées notables peuvent être faites. « On peut explorer ces aspects à travers l’état civil, la confection des permis de conduire et des cartes grises, les passeports et la numérisation des procédures de la police et de la gendarmerie », souligne-t-il. L’intégration de solutions est, pour lui, le deuxième palier. Cela est, en effet, possible à travers les réseaux, la sécurité et le business intelligence.

Les services financiers constituent le troisième palier avec les systèmes de transfert d’argent, de paiement mobile et de monétique. La finalité de tout cela est de faciliter, à l’en croire, l’accès aux marchés et notamment à la commande publique. Il lui semble nécessaire de favoriser l’inclusion de la notion d’appel à projet dans le dispositif préférentiel actuel afin de faciliter l’accès des Pme du secteur numérique à la commande publique, la mise en place d’un mécanisme d’appui spécifique, l’appui à l’émergence ; ceci leur permettra de participer, de manière plus significative, à la réalisation du volet numérique contenu dans les projets du Pse et à la définition et la mise en œuvre de politiques d’incitation à la sauvegarde du patrimoine numérique.

Alassane Aliou MBAYE

A l’occasion du 50ème anniversaire de la mort du premier chancelier allemand, Konrad Adenauer, le 19 avril 1967, la Fondation Konrad Adenauer au Sénégal invite les jeunes Sénégalais de 15 à 35 ans à participer au concours « Adenauer et Senghor : Modèles de la jeunesse d’aujourd’hui ». Ces deux hommes d’Etat, souligne la Fka, ont en commun leur engagement pour les valeurs humaines, civiques et républicaines. Les jeunes Sénégalais sont ainsi invités à laisser libre cours à leur créativité et d’envoyer, avant le 31 mars 2017, leurs contributions sur ce thème, sous forme de poème, dessin, chanson, sketch ou autre. Le gagnant sera invité à présenter son œuvre lors de la grande conférence sur Konrad Adenauer, le 19 avril 2017, au siège de la Fka à Dakar. Il ou elle aura un prix symbolique de 50.000 FCfa et son œuvre sera éditée sous forme de publication online de la Fka.

Fondation Konrad Adenauer
B.P. 5740 Dakar Fann
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Le directeur de la Direction de la cinématographie, Hugues Diaz, a dévoilé, hier, à travers le comité de pilotage, le programme de la participation du Sénégal à la 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Notre pays, qui présentera 6 films en compétition officielle, va organiser des activités phares parmi lesquelles des expositions, des rencontres professionnelles ainsi que l’hommage aux cinéastes africains.

A trois jours de l’ouverture officielle de la 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), la Direction de la cinématographie a dévoilé, hier, au cours d’un point de presse, le programme et les activités phares du Sénégal durant ce grand rendez-vous dédié au septième art africain. Cette année, s’est félicité le directeur de la Cinématographie, Hugues Diaz, notre pays a réussi la prouesse de placer 6 films en compétition officielle. Il s’agit de « Félicité » d’Alain Gomis, en compétition officielle long métrage, « Kemtiyu, Séex Anta » d’Ousmane William Mbaye, dans la compétition officielle long métrage documentaire, « Bois d’ébène » de Moussa Touré, pour ce qui est de la catégorie films documentaires. Dans la compétition officielle court métrage fiction, on retrouve la « Promesse » de Fatou Touré. « Tundu Wundu » d’Abdoulaye Wone sera dans la catégorie série. Enfin, « A travers les barrières » de Ndiaga Fall complète la sélection sénégalaise pour ce qui est de la compétition officielle films écoles de cinéma.

« Il faut se réjouir des 6 films que nous avons réussi à placer en compétition. Nous avons des films assez représentatifs. Notre production tient la route… », a dit M. Diaz pour qui l’édition du Fespaco de cette année s’inscrit dans un contexte favorable, avec la consécration du Sénégal à la Berlinale. Selon lui, avec la qualité des productions sénégalaises, il y a de quoi espérer.

Par rapport au programme, le Sénégal compte marquer sa présence au Fespaco à travers notamment la célébration de la Journée du Sénégal avec « une conférence de presse, une exposition hommage aux grandes figures de notre cinéma, Sembène, Ababacar Samb Makharam, Paulin Soumanou Vieyra, Safi Faye et la dédicace du livre de Maguette Diop ». Aussi, a expliqué le directeur de la Cinématographie, le Stand Sénégal sera installé non pas au village du festival mais au Marché international du cinéma africain (Mica). En effet, ce stand « servira de point d’information, surtout pour ce qui concerne le cinéma sénégalais : le Fopica, les maisons de production, les cinémas… ».

Meilleure visibilité des films
Sur le plan de la communication, la Direction de la cinématographie, en partenariat avec l’Association sénégalaise de la critique de cinématographique (Ascc) et celle de la Presse culturelle du Sénégal (Apcs), compte travailler pour une meilleure visibilité des films de notre pays. D’après Hugues Diaz, une dizaine de journalistes sénégalais vont couvrir l’événement. Enfin, pour être en phase avec le thème de la 25ème édition du Fespaco, la Direction de la cinématographie a jugé « opportun de favoriser la participation de structures de formation aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel afin qu’ils assistent aux différents colloques qui traiteront du sujet, de prendre contact avec d’éventuels partenaires et de vendre la notoriété de leur école ». C’est ainsi que l’Institut Sup’Imax, l’Académie des métiers et Ciné-banlieue-Ciné-Ucad ont été choisis pour prendre part à ce festival.

Ibrahima BA

Pour identifier et encourager une réglementation et une utilisation appropriées des technologies existantes et émergentes les plus utiles au développement de l’Afrique, un groupe d’experts de haut niveau de divers horizons a été créé. Il est coprésidé par le Professeur Yaye Kène Gassama de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

La vice-présidente de l’Académie nationale des sciences techniques du Sénégal, Yaye Kène Gassama, a été nommée par la commissaire de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma, coprésidente de ce groupe d’experts de haut niveau avec le Professeur Calestous Juma de l'Université de Harvard aux Etats-Unis. Ce groupe conseillera l'Union africaine et ses États membres sur l'utilisation des technologies émergentes pour le développement économique. Ce, pour être en cohérence avec l’Agenda 2063 qui reconnaît que les sciences, la technologie et l'innovation sont les moteurs de la croissance soutenue, de la compétitivité et de la transformation économique de l'Afrique. Cela nécessitera d'aborder les conditions préalables telles que la création d'une culture de la science, de la technologie et de l'innovation, le renforcement de la confiance dans la communauté de recherche africaine, de la collaboration et des partenariats internationaux. Des systèmes efficaces de réglementation technologique y participent également.

Il s’agit, pour ces experts, d’identifier les technologies émergentes pertinentes pour l'Afrique telles que les drones, les technologies du gène et les tendances actuelles et futures. Il est aussi necessaire d’entrevoir les implications que peut avoir l'adoption ou la non-adoption de ces technologies pour l'intégration régionale et le commerce. Il leur incombera d’apporter les preuves scientifiques et de fournir les conseils en vue de la maximisation des avantages et la réduction des effets néfastes des technologies émergentes. Il en est de même de l’identification des domaines prioritaires potentiels pour la recherche, le développement et l'innovation au niveau régional, y compris les aspects de l'évaluation, de la gestion et de la communication des risques.

La combinaison des avantages et des effets négatifs potentiels associés à d'autres technologies exige des analyses et des recommandations fondées sur des données probantes qui devraient guider l'orientation des politiques au niveau de l'Union africaine, de la communauté économique régionale et des États membres. Les dirigeants africains et les autres parties prenantes doivent disposer de choix politiques fondés sur des données probantes qui leur permettront de prendre des décisions éclairées.

Alassane Aliou MBAYE

Elleinad (Danielle en verlan) auteure, compositeur, artiste peintre originaire de la Suisse, séjourne de nouveau à Dakar pour la présentation de son recueil de poèmes « Chercher le trésor » et le mixage de son troisième album, titré « Sur le chemin », qu’elle compte mettre sur le  marché au mois d’avril prochain. Ce nouvel opus aux sonorités diverses fait suite à deux autres albums, « Cris du cœur » et « Allo la terre », réalisés respectivement en 2005 et 2007 au Sénégal.

Danielle Neukom, de son nom d'artiste Elleinad, est originaire de la Suisse. Cette Suissesse d’un âge assez avancé est assez originale car dotée d’une riche carrière  artistique et d’un talent inédit. Cette septuagénaire qui vieillit bien avec ses cheveux blancs, touche à toutes les expressions artistiques ou presque. Cela va de la musique aux arts plastiques en passant par les contes, la poésie, la danse et même le théâtre. Séduite par la musique depuis sa plus tendre enfance, Elleinad a su montrer son talent pour cet art et s’y frayer un chemin et voilà qu’à l’âge de 75 ans, Elleinad continue de produire toujours de la bonne musique avec une voix imposante et des textes très engagés et instructifs. Le tout mêlé d’une douce orchestration qui ne manque pas de bercer les âmes sensibles.

  « Je peux dire que j’ai grandi avec la musique. D’après ma maman, dès que  j’ai su  me tenir assise, je dansais, je bougeais beaucoup et à 3 ans déjà, je savais danser tous les genres musicaux de l’époque. Et quand j’ai su faire des phrases, chaque jour, je me mettais à interpréter  une chanson que j’oubliais le lendemain avant d’en entonner une autre », raconte-t-elle. Aussi, souligne-t-elle qu’à l’âge de 6 ans, elle chantait déjà dans le restaurant de son père en Suisse où les clients la réclamaient  toujours pour ses chansons originales. Au regard de ce vécu dans la  musique, on pourrait dire qu’Elleinad était destinée à faire de la musique. Une chose acquise, car  elle a réussi en à  faire une carrière et  voilà qu’aujourd’hui, elle a 75 ans et continue de séduire par sa belle voix et sa musique berçante aux mots très expressifs.

« Allo la terre »
Pour se faire connaître davantage du milieu, la musicienne de world music a également opté pour une ouverture dans l’expression de son art. « Pour avoir obéi à ma voix », dit-elle, elle a foulé la terre sénégalaise en 2000. Ce séjour lui a permis de rencontrer un musicien sénégalais du nom de Saloum-Saloum par le biais de son frère. Elleinad l’avait croisé au hasard avant de le sauver plus tard au Maroc d’une infection à l’oreille. Cette rencontre avec la musique sénégalaise lui a permis de sortir son premier album, « Cris de cœur », de 13 chansons, en  mai 2005, qui sera suivi, deux ans plus tard, en juin 2007, de « Allo la terre », composé de 15 titres. « Dans ses morceaux, je chante l’amour. J’ai également décrié à travers certains de mes titres, par exemple dans « Allo la terre », ce qui ne va pas dans cette terre et j’en ai profité pour appeler les gens à se réveiller et à se ressaisir sur la terre, car il était temps », argue-t-elle.

Outre ces albums enregistrés, Elleinad a aussi animé plusieurs  concerts et participé à plusieurs émissions de télé au Sénégal. Pour enrichir davantage son univers musical, Elleinad a eu également à visiter le Bénin et la Côte d’Ivoire. De retour à nouveau au Sénégal, elle revient avec des projets aussi ambitieux qu’un mixage avec le musicien sénégalais Moussa Ngom (fils de Papa Omar Ngom, guitariste au Super Etoile de Dakar) de son troisième album intitulé « Sur le chemin », dont la sortie est prévue au mois d’avril 2017. Elle prévoit également de présenter son recueil de 22 poèmes titré « Chercher le trésor » et un conte, « Une petite fille chantait », inspiré  de son voyage au royaume du Dahomey du Bénin.   

Conte et poèmes
Artiste aux multiples facettes, Elleinad s’essaie également à l’écriture. Elle nous a fait l’honneur de découvrir l’autre talent qui se cache en elle, celui de l’écriture. Dans un petit livre en format brochure, Elleinad présente son conte titré  « Une petite fille chantait » et illustré par des dessins de sa petite-fille Camille. Dans ce récit, Elleinad  raconte l’histoire d’une petite fille qui avait le don de  bien chanter. Inspirée dans ce conte par le chant fabuleux d’une petite fille qu’elle a eu à rencontrer au royaume du Dahomey du Bénin, l’artiste Elleinad y transmet et véhicule de riches enseignements. Par  exemple, le premier enseignement à tirer, c’est qu’il ne faut jamais obliger quelqu’un à faire quelque chose, même à un enfant. En effet, dans le conte, Elleinad raconte qu’un roi séduit par la voix et les chansons de la petite fille lui demanda un jour de chanter pour lui car il est le roi. Face au refus de cette derrière, le roi a voulu se fâcher et un vieux rétorqua du ciel et supplia le roi de ne pas la forcer car « tu gâcherais ses dons célestes. Il s’explique : « Sa voix est une bénédiction, son  chant guérit, même les blessures anciennes… ; elle ne chante bien que si elle est libre, comme les oiseaux », écrit Elleinad dans ce conte.

L’autre sagesse à tirer de ce conte est que l’oppression tue la créativité. Il faut être libre comme l’oiseau pour  faire ressortir et éclore son talent. Finalement, le roi accepte de s’asseoir et d’écouter la fille qui chantait. Celle-ci lui révèle que la sincérité envers soi et les autres apporte de la liberté. Tel est le contenu du récit qu’Elleinad veut aussi adapter en dessins animés. A l’en croire, ce  projet  est en gestation et lui prend énormément de temps. Autre nouveauté avec Elleinad, c’est la réalisation de son recueil de 22 poèmes, « Chercher le trésor », dans lesquels des thèmes tels que l’amour, la joie et les peines s’invitent aux textes bien agencés et bien rimés. Selon elle, pour ces poèmes, tout part des phrases qu’elle entend et note. « Dès fois, j’entends juste des phrases, je les note puis  je développe pour en  faire des poèmes », confie Elleinad.

Parallèlement à ces activités artistiques, elle fait  également du batik, participe à plusieurs ateliers de poterie et suis des cours de dessin, d’aquarelle et de peinture à l’huile. Ce qui explique d’ailleurs  les  dessins, collages et peintures multiformes aux couleurs vives et variées qui illustrent chaque poème du recueil « Chercher le trésor ».

Œuvres  sociales
Danielle Neukom fait aussi du social. Touchée par la précarité économique dans laquelle les femmes des milieux ruraux évoluaient, elle a décidé, en 2007, de mettre en place, au Sénégal, une association d’entraide aux femmes, dénommée « Association Elleinad-Allô la Terre ». Selon Elleinad, à travers cette association, elle leur apporte du micro-crédit à hauteur de 400.000 FCfa par village. « Au début, nous avons alloué ces micro-crédits aux communautés de Ndiaganiao, Nioro du Rip, de la cité Aelmas de Ouest-Foire de Dakar. Mais aujourd’hui, l’association couvre près de 16 associations  dans différents villages du Sénégal », informe-t-elle. De cette aide, elle n’exige rien en retour et ne les dirige pas dans leur travail car elle veut qu’elles soient indépendantes et créatives.
N’empêche, ces associations doivent désormais payer une cotisation annuelle de 2.000 FCfa pour que l’association puisse s’autogérer à long terme.

« Pour ce séjour, j’ai apporté la somme de 3.600.000 FCfa qui va servir à renforcer les villages déjà bénéficiaires. J’en profiterai également pour allouer du micro-crédit à d’autres », confie Elleinad.


Par Maguette Guèye DIEDHIOU

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