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Arts et Culture (1935)

Dans son discours inaugural,  le Pr Mamoussé Diagne a tenu à démontrer cette faculté du livre d’être un support pour la mémoire des peuples et un vecteur précieux de transmission des savoirs et des savoir-faire. Un moyen qui a permis d’assurer l’immortalité à des sociétés millénaires. « Livre, jeunesse, économie : défis du développement », thème de son speech, a permis aussi d’aborder le livre sous l’angle de l’économie. 
Pour le Pr Diagne, l’édition avec un bon marché de lecteurs est une activité économique qui participe au développement des consciences et de l’économie globale. « Le livre récapitule l’expérience de notre peuple, mais encore des autres peuples du monde ainsi que les projets les plus avancés de l’humanité, qui est le plus apte à ressembler les enseignements du passé pour nous projeter vers cet horizon si proche de 2035… », a-t-il indiqué.  Le parrain de la Fildak de cette année a établi ce qu’il appelle « pyramide magique du Pse » autour des notions de « livre, jeunesse et économie ».

Une pyramide selon laquelle, a-t-il avancé,  « l’Homme », en particulier les jeunes, occupent le sommet ; les deux autres angles constituent respectivement le savoir et l’avoir.  « Je crois comprendre que si le président Macky Sall a mis la jeunesse à chaque alinéa du Pse, c’est que celle-ci est une transition et un sommet, héritière d’un passé, porteuse d’avenir », a-t-il souligné. 
Le conférencier est revenu sur le rapport entre le livre et la formation. Selon lui, pour que l’employabilité soit un fait tangible et non  un slogan, une rupture est nécessaire avec les approches pédagogiques  classiques.  
Par ailleurs, dans un contexte marqué par la montée en puissance des technologies de l’information et de la communication, le livre demeure, de l’avis de Mamoussé Diagne, fortement concurrencé par des textes qui ont des supports numériques. Toutefois, a-t-il tenu à faire savoir, l’Afrique doit tout faire pour ne pas rater cette révolution numérique, rassurant que le livre sur papier ne disparaitra pas.
 
Par Maguette Gueye DIEDHIOU et Ibrahima BA
Le président de l’Upf internationale, le Sénégalais Madiambal Diagne, a rappelé le rôle de la presse, hier, à l’ouverture des travaux des 46èmes Assises de l’Upf à Conakry.

La presse, selon Madiambal Diagne, président de l’Upf Internationale, « a un rôle d’informer juste, vrai, d’éclairer les lanternes, édifier sur des enjeux, promouvoir le débat, encourager l’expression des voix diverses, en faire leur écho bien qu’elles puissent être difficilement conciliables ». Il affirme que dans notre monde actuel où les enjeux se multiplient et impliquent une pluralité d’acteurs, le rôle de la presse comme garante d’une transparence essentielle à la démocratie se montre davantage.

Selon M. Diagne, les obstacles au journalisme et à l’investigation sont bien existants. Ils sont, à son avis, le fait de groupes économiques ou extrémistes, d’entités étatiques, de corporations. « Une incitation au bâillonnement ou au discrédit est de mise », a-t-il dit.

Revenant sur son action à la tête de l’Upf, il dit l’inscrire sous le sceau de la transparence. « Je vous l’ai dit à Dakar en 2014, je l’ai répété à Lomé en 2015 et à Antsirabé en 2016. Je vous le redis aujourd’hui à Conakry. Je ne souffrirai d’aucune ambiguïté dans notre gestion. Je tiens à ce que toutes les questions soient posées librement et en toute transparence au niveau de nos instances », a martelé M. Diagne. Cette exigence de transparence qu’il impose, il tient à l’attendre de toutes les sections nationales. Sur un autre point, Madiambal Diagne indique que l’Upf a systématiquement pris position sur tous les évènements ayant marqué la vie des médias même en dehors de l’espace francophone. 

Il explique que sa démarche est toujours de se concerter avec les sections nationales concernées afin de prendre en compte leurs préoccupations spécifiques. « Il reste que l’Upf a voulu se montrer intransigeante face aux violations ou autres agressions contre les droits des journalistes et professionnels des médias. Il est important de vous dire que cet engagement de l’Upf ne saurait souffrir d’une collaboration ou d’un partenariat quelconque avec un organisme ou un gouvernement », a noté le président de l’Upf Internationale.

De nos envoyés spéciaux à Conakry : Daouda MANE et Aliou KANDE

L’actionnariat dans les organes de presse se résume à deux mots : complexité et manque de transparence. C’est ce que soutient Julia Cagé, professeur d’économie à Sciences Po Paris. L’auteur de « Sauver les médias », paru en 2015 et traduit en dix langues, prononçait, hier, la conférence inaugurale lors de l’ouverture des 46èmes Assises de l’Upf. 
 
« L’actionnariat dans la presse est complexe et manque de transparence. Certains actionnaires sont vendeurs d’armes, d’autres sont dans des groupes de télécoms. Ce qui est dangereux et donnent lieu à la censure et à l’autocensure »,  a confié Mme Cagé, soutenant que dans ce cas, le journaliste ne peut pas faire de l’investigation. C’est pourquoi, elle affirme que le journalisme est aujourd’hui en danger. Selon cette universitaire, si on veut faire un journalisme indépendant, on ne peut pas laisser les médias entre les mains du marché. Il faut, à son avis, faire le choix de la fondation, faire un média à but non lucratif. Elle recommande que les actionnaires soient des journalistes et les lecteurs et réduire le pouvoir aux actionnaires extérieurs. C’est ce qu’elle appelle la « création de sociétés des médias à but non lucratif ». Julia Cagé trouve importants la fondation et le pluralisme dans l’actionnariat des médias. Par ailleurs, elle a rappelé le rôle des journalistes dans la lutte contre les fake news (fausses informations). Mme Cagé n’a pas manqué de saluer la publication des « Paradise papers ».
 
De nos envoyés spéciaux à Conakry : Daouda MANE et Aliou KANDE

La capitale guinéenne, Conakry, abrite du 20 au 25 novembre, les 46èmes Assises de l’Union internationale de la presse francophone (Upf). Le thème retenu est : « Journalisme, investigation, transparence ». Cinq tables rondes et quatre ateliers rythmeront les travaux. La cérémonie d’ouverture prévue aujourd’hui, sera présidée par le Premier ministre guinéen, Mamady Youla.

« Journalisme, investigation, transparence ».  C’est le thème retenu pour les 46 Assises de l’Union  internationale de la presse francophone (Upf) qui se tiennent à Conakry en Guinée (du 20 au 25 novembre). Les travaux démarrent aujourd’hui. La cérémonie d’ouverture sera présidée par le Premier ministre guinéen, Mamady Youla. Une conférence inaugurale sera ensuite introduite par Julia Cagé, professeur d’économie à Sciences Po Paris. Pendant ces cinq jours de travaux, cinq tables rondes et quatre ateliers sont prévus.

Hier, il y a eu la réunion du Comité international de l’Upf suivie de l’assemblée générale ordinaire. Dans un magazine édité pour l’occasion et remis à la presse, le président guinéen Alpha Condé affirme que son pays est engagé dans un processus de développement difficile, mais indispensable pour assurer une vie meilleure à tous les citoyens. Selon lui, créer les conditions sociales et politiques indispensables à l’amélioration de leur cadre de vie nécessite une information de qualité, portée par des médias fondés sur la recherche permanente de la rigueur.

M. Condé soutient qu’il a, en Guinée comme ailleurs dans le monde, besoin d’une presse libre et indépendante, responsable et soucieuse de jouer mieux son rôle d’information du plus grand nombre. « Nous n’avons pas peur de la confrontation des idées, porteuse de progrès. Nous l’encourageons au contraire », souligne le président guinéen. Il est d’avis que notre époque, si elle permet une circulation de l’information accélérée, donne aussi la possibilité aux fausses informations, aux rumeurs, aux mensonges de se propager à grande vitesse. « C’est pourquoi le thème que vous avez choisi : « Journalisme, investigation, transparence » est bien au cœur de nos propres préoccupations. Il s’inscrit parfaitement dans notre propre souci de mettre la Guinée sur le chemin de l’Etat de droit, de la démocratie et de la paix. C’est une grande question et il est essentiel de l’aborder sans tabou, en ne laissant de côté aucune zone d’ombre », a-t-il dit. Selon Alpha Condé, le chemin est parfois semé d’embuches, mais la Guinée avance et les médias sont appelés à jouer toujours mieux leur rôle citoyen.

Forte représentation du Sénégal
« Le journalisme d’investigation que d’aucuns considèrent comme l’essence même de la presse connaît des fortunes diverses. Les médias s’organisent pour optimiser leurs moyens d’investigation et pour toucher un public plus large. Cela passe notamment par la mise en commun ou en synergie des moyens d’enquête et le partage des résultats », fait savoir, pour sa part, Madiambal Diagne, président international de l’Upf.
Pour Ibrahima Koné, président de la section Upf Guinée, l’importance du thème « Journalisme, investigation, transparence » exige des professionnels des médias une présence massive pour mettre en exergue nos incohérences et définir la déontologie du métier. Rappelant l’importance primordiale des médias dans la vie des nations, M. Koné prône une synergie d’actions pour mettre en commun nos réalités et définir nos objectifs. Pour ces 46ème Assises, le Sénégal est fortement représenté avec une délégation d’une quinzaine de membres.
En tout, près de 300 journalistes sont attendus à Conakry.

De nos envoyés spéciaux : Daouda MANE et Aliou KANDE

L’ambassade de France au Sénégal a accueilli, durant deux jours, la réunion régionale Afrique du réseau français de coopération et d’action culturelle. Selon l’ambassadeur Christophe Bigot, les débats ont tourné, lors de cette rencontre, sur les possibilités de coopération avec l’Afrique dans le domaine de la culture, de la littérature, de la musique, de la danse et du développement.

« L’affirmation de la culture africaine, l’affirmation de la culture sénégalaise est un élément essentiel de votre développement. Il y a encore beaucoup à faire pour mieux promouvoir cette culture, la défendre. La défendre ici au Sénégal, la défendre en Afrique, la défendre sur la planète. Je crois qu’il y a un goût, une envie d’Afrique ici et ailleurs mais qu’il faut encore un petit coup de pouce », a affirmé l’ambassadeur de France à Dakar, Christophe Bigot, hier, devant un parterre d’artistes et d’acteurs culturels sénégalais, invités en marge d’une rencontre des conseillers culturels et de coopération français en Afrique.
« Tous les conseillers culturels français en Afrique sont réunis ici, ce soir, pour parler ensemble de ce que nous voulons faire avec les Africains dans le domaine de la culture, défendre leur littérature, leurs musiques, leurs danses… Comme ce que nous voulons faire en termes de développement, définir les priorités, favoriser l’agriculture, la santé, l’éducation. Et tous, ensemble, je pense que nous pouvons faire de grandes choses et c’est pour la première fois que cette réunion se tient en Afrique », a souligné M. Bigot.

Pour l’ambassadeur de France au Sénégal, en terre africaine, ces conseillers culturels « mesurent mieux les difficultés, les problèmes, les défis qu’ils doivent rencontrer, pour mieux comprendre le pays. Tous ceux qui participent ensemble à promouvoir la culture, à promouvoir le développement sont là réunis ». M. Bigot a invité, dans ce sens, à travailler ensemble.
« C’est l’objectif de cet évènement. Pendant deux jours, on va discuter de tous le sujets, de la vie de demain, de la Francophonie. On va aussi parler de la jeunesse, cette jeunesse africaine. Nous aurons la visite du président français Emmanuel Macron ici au Sénégal début février ; pour passer du temps au Sénégal, mais aussi pour coprésider avec le président Macky Sall ce qu’on appelle le partenariat mondial pour l’éducation », a fait comprendre le diplomate français. Enonçant ainsi que c’est faire de l’éducation une véritable priorité à l’échelle du monde.  

Promouvoir la musique et les industries culturelles
Pour l’ambassadeur de France à Dakar, s’intéresser à la jeunesse, « c’est aussi s’intéresser à la musique, aux acteurs de cette musique que nous essayons de soutenir et de faire connaitre non seulement à l’échelle de l’Afrique, mais aussi à l’échelle de la planète ».
Selon la directrice pour la Culture, l’éducation, la recherche et le réseau culturel français au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Laurence Auer, le choix du Sénégal pour la tenue de cette réunion est que Dakar reste une plateforme, aujourd’hui, essentielle pour l’Afrique. « C’est un lieu qui est un incubateur de projets, c’est un lieu fondamental pour la stabilité du continent. Cette réunion cherche à réfléchir ensemble à l’avenir de la France en Afrique. Nous voyons la nécessité de nous réengager dans la coopération éducative, dans l’ensemble de l’Afrique et nous voulons en discuter avec tous nos collègues », a précisé Mme Auer.
Pour le secteur culturel, l’enjeu reste pour elle, le secteur des industries culturelles et créatives. « Nous ne voulons pas simplement faire de la diffusion culturelle, nous ne voulons non plus nous borner à travailler dans le domaine de l’information ; nous voulons absolument créer un circuit de productions qui permette aux produits culturels africains d’être présents. C’est une réflexion en commun sur comment faire pour introduire dans le 21ème siècle, des productions culturelles africaines », a fait savoir Laurence Auer.

Amadou DIOP

 

La cérémonie d’ouverture du colloque international en hommage au cinéaste et écrivain Sembene Ousmane est prévue demain, à 15 heures, à la Maison de la Culture Douta Seck, à Dakar.
Organisé à l’occasion de la 10e édition de la commémoration de sa disparition, ce colloque international portera sur le thème « Littérature, cinéma et presse : Lectures du legs pluriel de Sembène Ousmane ».
L’événement initié par la Communauté africaine de culture / Section sénégalaise (Cacsen) prévoit un programme sur trois jours, avec des débats et la projection gratuite des films de « L’aîné des anciens » ainsi que d’autres réalisations faites sur lui.
Un vernissage de l’exposition sur la vie et l’œuvre de Sembène Ousmane sera présidé par le ministre de la Culture du Sénégal.

 

La multinationale informatique et micro-informatique américaine Microsoft s’est engagée à appuyer  la transformation numérique et du Cloud pour les organisations et les individus en Afrique.  La nouvelle directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale de Microsoft, Yacine Barro, a annoncé, hier, au cours d’une rencontre avec la presse, son ambition de travailler pour la transformation digitale de la région.

La transformation digitale de la région est l’un des principaux défis de la directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale de Microsoft, Yacine Barro. En effet, pour cette dernière, le développement du continent passera d’abord par sa digitalisation. C’est pourquoi, a-t-elle indiqué, Microsoft offre une série d’accompagnements à des organisations, gouvernements et entreprises. Cela, en les invitant à s’approprier les technologies pour se transformer digitalement. Parmi les programmes initiés par la multinationale informatique et micro-informatique américaine figure « Microsoft 4Africa ». Lequel est un programme lancé, il y a cinq ans, pour promouvoir les innovations de développement africain, l’éducation entrepreneuriale en Afrique et l’accès aux technologies pour tous : Internet, services Cloud et smart devices. Si ce projet a déjà fait ses preuves dans les pays anglophones de l’Afrique, aujourd’hui, l’objectif de Yacine Barro est de pouvoir l’étendre dans la région ouest et centrale du continent. « Cette initiative a pour but d’accompagner  les organisations et les gouvernements dans leur transformation digitale. Elle est partie du constat selon lequel, aujourd’hui, l’appropriation de la technologie se fait de manière très aisée et nous sommes sur des économies croissantes. L’idée est de voir comment impulser une énergie qui permet de supporter cette croissance à plusieurs niveaux », a-t-elle avancé.

Pour y arriver, Microsoft entend de travailler en amont avec les gouvernements autour de la construction d’un cadre légal à mesure de porter convenablement cette transformation digitale. Il s’agit également de voir dans quelle mesure il faut accompagner les Pme sur la scène internationale grâce à la digitalisation. Pour les Pme, a noté la directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale de Microsoft, l’accompagnement se fait concrètement au niveau de l’accès à la technologie, à l’Internet, l’acquisition de compétence et l’innovation.  Au Sénégal, le programme « Microsoft 4Africa » a permis de supporter une dizaine d’entreprises, de startups sénégalaises dont trois ont eu à bénéficier des volontaires, stagiaires et investissements de Microsoft. Selon Aïssatou Djiba Diallo, en charge du volet innovation de ce projet, une dizaine de volontaires ont travaillé avec le gouvernement du Sénégal, des entreprises locales, des organisations de femmes…En partenariat avec certaines structures, Microsoft ambitionne de former plus de développeurs. Toutefois, pour bénéficier d’un tel accompagnement, il faut « avoir un produit fini  déjà testé ». Ceci permet également de pouvoir s’insérer dans le cloud et de se mettre sur la scène internationale. « Microsoft 4Africa » a est l’origine de « Jokkosanté », qui est une pharmacie communautaire sous forme de plateforme digitale. « La solution permet aux personnes qui n’ont pas les moyens de s’offrir des médicaments de pouvoir les acquérir sans avancer de fonds, grâce à une récupération contrôlée des médicaments non utilisés. Microsoft les a accompagnés en leur offrant l’accès à leurs technologies, dont l’hébergement sur le Cloud Azur, gratuitement », a informé Mme Diallo. Il en est de même pour le projet « Daral » technologie d’Amadou Sow, qui est une réponse numérique au vol de bétails au Sénégal.

Ibrahima BA

 

La 16ème édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (Fildak) s’est ouverte hier, à Dakar, sous le thème  « Livre, jeunesse, économie : défis du développement ». L’édition de cette année a pour parrain le Professeur Mamoussé Diagne et la République du Congo, le pays invité d’honneur. Ce grand rendez-vous du livre se poursuit au Cices de Dakar, jusqu’au 27 novembre, avec des colloques, rencontres, expositions et dédicaces d’ouvrages.

Le lancement de la 16ème édition de la Foire internationale du livre et  du matériel didactique de Dakar (Fildak) a eu lieu hier, au Grand Théâtre. A ce lancement de la Fête du livre, étaient présents plusieurs autorités, des personnalités du monde des lettres, des professionnels du livre, des élèves de plusieurs écoles. Ils ont tous fait le déplacement pour assister à la conférence inaugurale donnée par le parrain de cette édition, Professeur Mamoussé Diagne, sur le thème « Livre, jeunesse, économie : défis du développement ».

Jusqu’au 27 novembre, au Cices et dans différents endroits de Dakar ainsi que dans les régions, la 16ème édition de la Fildak sera une occasion pour les écrivains, les éditeurs, les amoureux du livre de  participer à des colloques, des rencontres littéraires, des cérémonies de dédicaces de livres, entre autres. Hommage sera également rendu à d’éminentes personnalités du monde des lettres. Sans compter la célébration de Journées dédiées aux langues nationales, au ministère de la Culture et au pays invité d’honneur, le Congo. Selon le directeur du Livre, Ibrahima Lô, à travers la Fildak, « nous  voulons faire connaitre davantage le livre ». A l’en croire, pour cette 16ème édition, le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly,  les a instruit à être particulièrement attentifs à la cible juvénile.

Hisser plus haut la Fildak
« Nous tenterons, dans les cinq jours qui vont suivre, de mettre le focus sur cette cible et de faire en sorte que les enfants et les citoyens de façon générale puissent venir découvrir cet outil formidable qui nous ouvre les imaginaires, le monde et nous permet de découvrir et de nous redécouvrir », affirme M. Lô. Aussi, souligne-t-il, qu’il y aura des séquences de réflexion avec l’organisation de colloques par des spécialistes venus du Maroc, de Pologne, d’Algérie du Cameroun, du Nigeria, pour approfondir la réflexion qui a été ouverte par cette magistrale leçon inaugurale du professeur Mamoussé Diagne.

Présidant la cérémonie d’ouverture de cette 16ème édition de la Fildak,  le secrétaire général et porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye, indique que la Fildak, « miroir de notre attachement au livre », fera l’objet d’une plus grande attention pour qu’elle puisse se hisser plus haut parmi les plus grandes d’Afrique et du monde. « Notre politique  est résolument orientée vers le soutien permanent et progressif au livre  et à la lecture de manière à promouvoir la créativité de nos auteurs, à consolider la chaîne du livre et à rapprocher le bon livre du lecteur », a soutenu M. Guèye.

A l’en croire, c’est même à ce titre que le Fonds sénégalais d’aide à l’édition connaît une progression constante. « Le réseau de lecture publique se renouvelle aussi et se densifie grâce à des partenaires comme l’Oif. Le projet de Bibliothèque nationale prend forme. Sans compter les capitales régionales qui seront également dotées de bibliothèques modernes et fonctionnelles, propres à encourager à la lecture par une dotation documentaire diverse et attractive », dit  Seydou Guèye.

Le porte-parole du gouvernement s’est aussi félicité du choix judicieux porté sur le parrain, Professeur Mamoussé Diagne. « Vous êtes un fervent militant du livre et votre parcours brillant d’universitaire émérite et votre apport toujours renouvelé à la constitution d’une pensée forte qui au-delà de sa dimension réflexive abstraite impacte  sur nos visions et comportements de tous les jours », s’est-il adressé à l’endroit du Pr Diagne. Se prononçant sur la conférence inaugurale portant sur « Livre, jeunesse, économie : défis du développement », Seydou Guèye souligne que « présenté sous ses aspects les plus subtiles, ce thème prend une dimension nouvelle et amplifiée dans notre compréhension des rapports entre le livre, la jeunesse et l’économie, d’une part, et leur connexion au développement auquel aspirent nos populations, toutes couches confondues ».

Par Maguette Gueye DIEDHIOU et Ibrahima BA

Programme du jeudi à la fildak

SALLE DU 4 AVRIL DU CICES - OUVERTURE DU COLLOQUE
9H30 – 10H30 : Cérémonie officielle d’ouverture :
1. Allocution du coordonnateur du colloque
2. Allocution du Ministre de la culture
11H00 – 11H15 : Le désamour vis-à-vis du livre : une aubaine pour le Sénégal ?/ Ibrahima LO, Directeur du Livre et de la Lecture
11H15-11H30 : Comment aider les lecteurs faibles ? Propositions d’activités motivantes pour un apprentissage continué/ Mohammed KHADRI (Maroc)
11H30-11H45 : Régler la question de l’accessibilité aux livres par la jeunesse camerounaise pour enjeux linguistico-socio-économique/ Amos KAMSU SOUOPTETCHA (Cameroun)
11H45-12H00 : Le conte dans la transmission de la mémoire collective chez les sociétés africaines/ Férial FILALI (Algérie)
12H00-12H15: À la croisée des chemins du développement médiatique, guerre des livres et paix à la lecture/ Clotaire SAAH NENGOU (Nigeria)

MONUMENT DE LA RENAISSANCE
16H-18H 30 : Table ronde sur « Renaissance littéraire et panafricanisme »

PLACE DU SOUVENIR
19h00 : Cérémonie de remise de Prix et de distinction
1. Prix Alioune DIOP pour la Promotion de l’édition en Afrique de l’Organisation Internationale de la Francophonie.
2.Prix Aminata Sow Fall Pour la créativité

ESPACE RENCONTRE AU CICES  :
15h00-16h0   : Inauguration officielle de la nouvelle version de la librairie Numérique Africaine par NENA
16h15-17h00 : Présentation et dédicace des auteurs de l’Harmattan Sénégal : Abdoulaye Elimane KANE & Mame Seck MBACKE
17H00-19H : Présentation et dédicace de « Excusez ! Je suis wolof » de Saër NDIAYE

 

L’ambassadeur du Japon au Sénégal a remis, mercredi, un certificat d’honneur du ministre japonais des Affaires étrangères au professeur Madior Diouf, président du jury du concours de Haïku au Sénégal depuis 1996. Cette distinction est une reconnaissance de sa contribution à la promotion de la culture, de l’amitié et de la compréhension mutuelle entre le Japon et le Sénégal.

Le professeur Madior Diouf, ancien ministre de l’Enseignement supérieur puis de la Culture, fait partie des premiers membres du jury du concours Haïku dès son instauration en 1979. Son action a été utile à la promotion du Haïku qui est une forme poétique japonaise brève et concise et d’une grande subtilité. L’ambassadeur du Japon au Sénégal, Shigeru Omori, a magnifié, après avoir exprimé la gratitude du peuple japonais, « l’attachement aux lettres et à la culture » de celui qui est également conseiller économique social et environnemental.

Le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, a, quant à lui, mis en exergue les qualités humaines du professeur Madior Diouf en revisitant les années de lycée où ils ont décroché ensemble le baccalauréat et plus tard à l’Université. « Il est un homme exemplaire, sûr, sérieux fidèle en amitié, toujours prêt à se sacrifier pour son ami. Il a toujours été avec moi dans mes combats » confie-t-il à l’endroit de celui que lui et ses camarades étudiants se plaisaient à appeler John Kennedy. Il a dit tout son amour pour la culture japonaise. Le poète Amadou Lamine Sall, son ancien étudiant à l’Université de Dakar, dit du professeur Diouf qu’il est un patrimoine.

Ce dernier, un de ceux qui ont permis l’expansion du Haïku en Afrique, voit dans cet échange un enrichissement mutuel. Le fait que les différents ambassadeurs du Japon au Sénégal aient accordé une telle importance à la culture à côté de la coopération économique témoignent, à ses yeux, d’une volonté de consolidation des relations entre les deux pays et de promotion de la paix dans le monde et l’entente entre les peuples.

Alassane Aliou MBAYE

Les 46emes Assises de l’Union de la presse francophone (Upf) qui se déroulent du 20 au 25 novembre ont démarré, hier, dans la capitale guinéenne, Conakry. Présidant l’ouverture des travaux, le ministre d’Etat, ministre de la Justice, garde des Sceaux, a saisi cette occasion pour appeler les journalistes à respecter les instruments juridiques qui régissent le fonctionnement et l’exercice de leur métier.

Après Dakar en 2014, Lomé en 2015 et Antisarabé en 2016, c’est au tour de Conakry, d’abriter les 46èmes Assises de l’Union de la presse francophone (Upf).
Le thème central est : « Journalisme, investigation, transparence ». Les travaux de cette édition ont démarré mardi par la réunion du Comité international de l’Upf. Hier, a eu lieu la cérémonie d’ouverture des assises qui a été présidée par le ministre d’Etat, ministre de la Justice, Cheick Sako. Ce dernier a invité les journalistes au respect des instruments juridiques qui régissent leur métier. Parlant de la presse de son pays, M. Sako, affirme qu’elle a son histoire. Celle émaillée de hauts et de bas dans la recherche constante de la liberté et de la professionnalisation du métier de journalisme.  

Selon lui, les lois organiques relatives à la liberté de la presse et aux attributions et fonctionnements de la Haute autorité de la communication sont des instruments qui s’inscrivent dans les mœurs et le strict respect de l’éthique et de la déontologie du métier. « En conformité avec le thème central de vos assises : journalisme, investigation et transparence, je voudrais vous confier que la Guinée ne fera aucun mystère de ces réalités », a déclaré M. Sako. Il a rappelé que le gouvernement a entrepris des « réformes courageuses » pour l’émergence d’une nation soucieuse de son avenir et consciente des vicissitudes liées aux contraintes de l’économie mondiale. C’est pourquoi, « une presse responsable est indispensable ». Sa mission d’informer et de sensibiliser à tout instant, fait d’elle la courroie de transmission entre gouvernements et gouvernés.

« N’est-ce pas pour cette raison qu’on qualifie à tort ou à raison la presse de quatrième pouvoir », s’est-il demandé. « J’en appelle donc à la conscience professionnelle de tous les acteurs potentiels de cette corporation pour le respect du contenu des instruments juridiques qui régissent le fonctionnement et l’exercice de ce noble métier », a lancé Cheick Sako aux participants des 46èmes Assises de l’Upf.

La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) a été représentée par Tidiane Dioh, responsables des programmes Médias. Dans son message lu, elle souligne que le thème des Assises tient tant à l’Oif. Car au fond, explique-t-elle, ce triptyque soumis à la réflexion, ces trois notions, sont le fondement même des sociétés démocratiques.

Pas de démocratie sans transparence
« Parce qu’il n’y a pas, il n’y a jamais eu, il n’y aura jamais de démocratie sans transparence. Or, c’est le journalisme d’investigation mené avec rigueur qui met en lumière les imperfections de nos sociétés contemporaines et conduit, irrémédiablement, à la transparence de celles-ci », a fait remarquer la Secrétaire générale de l’Oif dans son message.

 Selon Mme Jean, le journalisme d’investigation est finalement, dans les sociétés démocratiques, le chainon manquant de la longue chaîne qui relie pouvoirs publics, médias et populations.
Poursuivant sa réflexion, la Secrétaire générale de l’Oif affirme que l’investigation journalistique a le pouvoir de transformer le monde en ce sens qu’il contribue à l’édification de « sociétés ouvertes, inclusives, dynamiques, innovantes et pluralistes ».

Parlant de l’Upf, Michaelle Jean dit être consciente qu’elle constitue « un indispensable laboratoire d’idées, une vigie de la démocratie, un réseau irremplaçable et un relais essentiel de notre action à travers le monde francophone ». Ibrahima Koné, président de la section Upf de Guinée, a, quant à lui, déclaré que les Assises de l’organisation constituent des « moments fructueux d’échanges entre professionnels ».

Evoquant le thème, M. Koné est d’avis qu’il en dit long sur les nombreuses préoccupations de la presse. Il souligne, par ailleurs, que la corporation est souvent confrontée à des problèmes, parfois incompris. Sur la liberté de la presse, il argue qu’elle ne peut plus être une utopie.

Selon lui, être journaliste, c’est avoir conscience de changer le monde, la reconstruction des mentalités, le respect du droit de l’un et de l’autre.
Le président de la section Upf de Guinée réclame une presse responsable, acquise aux causes justes et au développement durable.

De nos envoyés spéciaux à Conakry : Daouda MANE et Aliou KANDE

Dakar et sa banlieue accueillent, depuis vendredi 17 novembre, une série de projections de films sénégalais, africains et européens. A l’initiative du groupe des Instituts culturels européens au Sénégal (Eunic), ce projet participe à la promotion du cinéma africain et européen

Dans le cadre de son programme dédié à la promotion des cinémas africains et européens, le Groupe des Instituts culturels européens au Sénégal (Eunic) a lancé, depuis le 17 novembre dernier, une série de projections de films à Dakar et dans sa banlieue. Cette initiative est la suite logique du projet du groupe Eunic, en collaboration avec l’Etat du Sénégal et l’Union européenne, consistant à « soutenir la professionnalisation du secteur par la formation en écriture de scénario de 15 scénaristes nationaux ».

Ainsi, « avec une réelle volonté de favoriser le transfert de compétences, le groupe Eunic s’est appuyé sur la société sénégalaise de production Cinékap, initiateur du programme Up-Courts métrages, pour les activités de formations qui ont commencé fin septembre 2017 », informe un communiqué. Il ajoute que pour « l’organisation des projections, dans les banlieues de Dakar, Eunic s’appuie sur le cinéaste Moussa Touré, réalisateur et promoteur du festival « Moussa invite ». D’où la programmation« des projections de films africains et européens dans différents quartiers populaires de Dakar et de la banlieue sur le thème de la jeunesse avec en guest star le film « Félicité » d’Alain Gomis (Sénégal – France) à la Place publique de Petit Mbao. ». Le quartier Yeumbeul va accueillir, jeudi 23 novembre, la projection du film « Fuocoammare » de l’Italien Gianfranco Rosi. Dans le même temps, le terrain de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar abritera la projection de « I Am Not Your Negro » de Raoul Peck.

Le lendemain, Niary Tally (esplanade en face du Dojo Yukokaï –Grand-Dakar) aura l’honneur de faire vivre « Le Sel de la terre » de Wim Wenders et J. R. Salgado.
« Félicité » du réalisateur sénégalais, Alain Gomis, clôturera cette série de projections, le samedi 9 décembre, à Mbao (Place publique de Petit Mbao).

Ibrahima BA

 

Des dizaines de proches et de personnalités, dont le président Béji Caïd Essebsi, ont rendu lundi un dernier hommage au grand couturier franco-tunisien Azzedine Alaïa, inhumé dans le célèbre village bleu et blanc de Sidi Bou Saïd.La dépouille de cette figure atypique et adulée du monde de la mode est arrivée de France accompagnée des mannequins Naomi Campbell et Farida Khelfa, qui étaient très proches du couturier, a indiqué à l’Afp l’ambassadeur de France à Tunis, Olivier Poivre d’Arvor. Entourée de dizaines de personnes, elle a quitté le domicile du couturier, décédé à 77 ans, en milieu de journée pour rejoindre le cimetière de Sidi Bou Saïd de Tunis.             

AFP

Comme pour mettre en lumière le patrimoine en commun par un symbole fort, les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad) de Thiès sont allées à la rencontre du Monument de la Renaissance africaine, à Dakar, pour y exposer une douzaine de tapisseries d’une beauté sublime. Cette réédition du beau, après l’exposition itinérante marquant la commémoration des 50 ans de cet « emblème » culturel, a été organisée, vendredi dernier, en présence du ministre de la Culture.

Une cohabitation des couleurs. Une coexistence d’harmonies. Et des merveilles à découvrir et à admirer. La magnificence du patrimoine réside dans le dialogue qu’il établit entre le jour d’avant et le matin d’après et dans sa faculté de révéler des horizons. Quand les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès vont à la rencontre du Monument de la Renaissance africaine, à Dakar, cette magie s’opère naturellement. Car, on ne célèbre pas les prouesses d’un autre temps. On magnifie la beauté de l’instant comme cette tapisserie de Souley Keïta voguant entre les ombres diffuses et les lumières vives et indécises dans le fatras d’une « Etude d’artiste » pour reprendre le titre de son œuvre.

Celle de Boubacar Goudiaby, « La pensée », est sublime en cela que le « matériel » du corps humain cède aux sollicitations de l’esprit divagant. Il réussit l’exploit de créer une interaction entre le « trivial » et l’« ésotérique » dans un violent mouvement de couleurs. Le bonheur est dans la communion avec soi et avec le silence comme « Dans la forêt », préoccupation existentielle et humaniste de Seny Diagne Diop. Ici, naissent des espoirs et se consument des vies. L’artiste donne un visage au doute, à la mission d’une humanité qui voit s’ouvrir devant elle des horizons illimités de possibilités qu’embrassent « Les oiseaux bleus » de Mamadou Gaye vivant avec leur anxiété dans la solidarité.

Comme une prémonition, Papa Ibra Tall, défunt directeur général des Msad, donne à voir à travers sa tapisserie « L’homme diapason », une transcendance de l’univers grâce à un entremêlement de vies, de possibilités, de couleurs, une « profusion » d’idées. La chaleur de la tendresse échauffe autant que le déchirement de la distance ; cet éloignement que la « Jombajo » (fraîche épouse) si choyée appréhende tant. Kalidou Kassé fixe, ici, des pratiques communautaires et construit un avenir s’affranchissant du procès de nos temps : soumission-émancipation. Il est plutôt question d’une autre  manière d’exister. Celle que l’on peut trouver « Sur la place du village » (œuvre de Khalifa Guèye), porte l’empreinte de comportements culturels dans lesquels se meuvent et s’épanouissent des peuples en harmonie avec la nature et avec leur passé.

Diversification
La beauté mise en lumière par cette douzaine de tapisseries ne pouvait qu’enchanter le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, pour qui les Msad, entre autres réalisations de la postindépendance, ont balisé la trajectoire culturelle du Sénégal. Il a réitéré l’engagement de l’Etat à œuvrer pour leur rayonnement. L’initiative « un service de l’Etat, une tapisserie », une directive du président de la République, témoigne de cette volonté de faire vivre ces « œuvres éternelles » pour ainsi reprendre Abdoulaye Racine Senghor, administrateur du Monument de la Renaissance africaine.

Les Msad font face, toutefois, aux défis de leur temps : la rentabilité du beau, du produit artistique sans que la qualité n’en pâtisse. La direction s’est ainsi inscrite dans une dynamique de diversification des produits. « Entre 2015 et 2017, nous avons formé 15 jeunes sénégalais dans les métiers d’art (céramique, batik, tapisserie). C’est cela qui a été à l’origine de la création des Msad en 1973 à la place de la Manufacture nationale de tapisserie créée en 1966 par Senghor. En 1973, une loi a été votée pour aller vers la diversification. Nous voulons que cela soit effectif. Après les tapis de sol, ces jeunes ont été formés pour réaliser d’autres œuvres d’art décoratif telles que des œuvres de céramique d’art, de batik », indique Aloyse Diouf, directeur des Msad. Non sans insister sur la nécessité de faire découvrir aux Sénégalais les merveilles de ce patrimoine et de communiquer en direction du marché local. Il y va de son appropriation par les premiers destinataires, les Sénégalais.

Alassane Aliou MBAYE

Le budget de participation de la région de Saint-Louis au Festival national des arts et cultures (Fesnac), prévu en décembre à Louga, est estimé à plus de 4 millions de FCfa, a révélé le directeur du Centre culturel régional, au cours d’une réunion du Comité régional de développement tenue à la préfecture de Saint-Louis.

La 10é édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac) se déroulera du 18 au 22 décembre 2017, à Louga. L’année dernière, la délégation de la région de Saint-Louis à la 9e édition était forte de 36 artistes, qui avaient pu faire de bonnes prestations à Kolda. Saint-Louis avait également remporté au Fesnac 1999, le Grand prix Douta Seck. Depuis, ses artistes reviennent de fort belle manière sur le podium de la consécration de ce rendez-vous national des arts et de la culture.

Lors d’un Crd, en présence de l’adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives, Amadou Diop, le directeur du Centre culturel régional, Moustapha Ndiaye, a demandé aux autorités administratives d’inviter d’autres partenaires tels que les responsables des collectivités locales, des institutions publiques et privées, les mécènes et autres personnes ressources, à apporter leur contribution financière aux préparatifs de la participation de la région Saint-Louis au Fesnac 2017.

Selon M. Ndiaye, le budget déjà arrêté par le comité régional d’organisation des préparatifs nécessite d’autres moyens financiers, logistiques et matériels.
Le ministère de la Culture et de la Communication, a-t-il précisé, va appuyer à hauteur de 1.500.000 FCfa chaque délégation régionale (qui sera constituée de 36 festivaliers) pour la préparation artistique. L’hébergement et la restauration des délégations régionales seront pris en charge par le comité national d’organisation. Toutefois, un système de « Ndiatiguiya » sera mis à contribution pour rendre agréable le séjour des différentes délégations régionales dans les quartiers hôtes de la capitale du Ndiambour.

M. Ndiaye a rappelé que le Fesnac offre une formidable occasion de susciter un esprit d’émulation et de saine compétition entre les délégations régionales en décernant à la fin, des prix aux meilleures prestations artistiques dans les domaines de la musique, du théâtre et de la danse, axées cette année sur le thème « Culture et émergence des territoires ». De l’avis de M. Ndiaye, la culture est un puissant facteur de rapprochement entre les peuples et, en conséquence, un puissant outil pour la consolidation de l’unité nationale.

Sédhiou veut une 3ème médaille d’or en Musique
La région de Sédhiou, médaillée d’or aux deux dernières éditions du Festival national des arts et de la culture en musique, entend réussir la passe de trois lors du 10ème Fesnac, prévu, cette année, à Louga. Un Crd tenu au Centre culturel régional en présence du gouverneur de région a été consacré  aux préparatifs de la participation de la région à ce banquet de la culture nationale.

Aliou Kéba Badiane, le directeur du Centre culturel régional, présentant le bilan de la participation de Sédhiou au Fesnac 2016, a dans un rapport très fouillé fait état des difficultés rencontrées. Il a proposé des voies pour les éviter cette année. Le budget n’a pas été bouclé l’année dernière et c’est avec peu de moyens que la délégation a fait des miracles. De nombreuses collectivités locales n’ont, en effet, pas donné la contribution attendue d’elles. La raison a été avancée par de nombreux orateurs. Les collectivités locales ont rechigné à verser leur contribution parce que par le passé, elles le faisaient mais c’est pour finalement voir une délégation essentiellement composée de jeunes de Sédhiou.

La stratégie trouvée cette année, c’est d’aller auditionner dans les capitales départementales les groupes de danse, les troupes théâtrales et les orchestres. Après délibération, les vainqueurs dans ces disciplines représenteront la région au Fesnac de Louga prévu du 18 au 22 décembre prochain. Dans le budget prévisionnel, le transport de la délégation de Sédhiou est estimé à quelque 800.000 FCfa sur un budget global d’environ 4.500.000 FCfa. Les contributions des collectivités locales sont encore sollicitées « mais aussi celles individuelles », a précisé le gouverneur Habib Léon Ndiaye qui a montré l’exemple en donnant le premier sa contribution.

Le thème « Culture et émergence des territoires » du Fesnac 2017 a été envoyé dans tous les départements pour permettre aux groupes voulant participer de l’étudier et de concevoir un scénario en fonction du thème. Que ce soit en danse, théâtre ou en musque, la délégation régionale entend faire, cette année aussi, une participation plus qu’honorable surtout en musique. Dans cette discipline, si la victoire est au rendez-vous, ce sera la troisième fois, et consécutivement, que ces jeunes musiciens auront gagné la médaille d’or comme leurs illustres devanciers.

Mbagnick Kharachi DIAGNE et Malamine KAMARA

La Miss Sénégal 2017, très émue, a eu toute la peine du monde pour placer quelques mots, tout juste après son sacre, samedi dernier. « Je suis trop contente », parvient-elle à confesser. Yacine Dieng Thiam annonce qu’elle va « poursuivre les projets mis en suspens par les miss précédentes ».  « Je suis élève en classe de Seconde ; je vais poursuivre mes études. Ce sont les études avant tout. Je vais suivre aussi les projets que vont mettre en place le Comité Miss Sénégal Nouvelle vision, pour représenter dignement le Sénégal dans le monde », a confié Yacine Dieng Thiam, promettant que le succès ne va pas lui monter à la tête.

Elle a indiqué que 2017 a été sa première tentative de participer au concours Miss Sénégal. Dans le processus de sélection, elle a remporté la première étape en étant sacrée Miss Thiès. Auparavant, elle a eu à participer à d’autres compétitions régionales comme celle de « Miss Eté » qu’elle a remportée en 2016.  La 1ère dauphine de Miss Sénégal, Ramata Ndiaye, 18 ans, élève en classe de Première au Lycée de Goudiry, représentante de la région de Tambacounda, fière de sa place, affirme que « la compétition était un peu dure avec des miss toutes belles qui ont bien défilé ». Quant à la 2ème dauphine, Marième Daouda, 19 ans, représentante de la région de Dakar, elle s’estime « heureuse de terminer deuxième dauphine ». Etudiante en Licence 3, elle va poursuivre son projet sur la protection des enfants. « Je demande aux jeunes filles de croire en elles, car c’est la clé de la réussite…», conseille Mlle Daouda.

O. Kande

 

 

Moussa Ngom, étudiant en 3ème année, Option Télévision, au Centre d’études des sciences et techniques de l’information, a reçu samedi, à Johannesburg (Afrique du Sud), le Prix du Meilleur article de fact-checking (vérification de faits) dans la catégorie dédiée aux étudiants en journalisme en Afrique francophone.

Le Cesti précise, sur sa page Facebook, que le lauréat a été récompensé pour son article « Pourquoi Macron a tout faux », publié en pleine période de polémique sur son blog pédagogique « A vos commentaires ». Dans son texte, plusieurs fois repris sur les réseaux sociaux, Moussa Ngom « remet en cause la véracité de propos et chiffres sur la démographie africaine tenus par le président français lors de sa controversée conférence de presse à Hambourg en juillet dernier ». Le lauréat se dit « heureux et ému » d’avoir remporté cette distinction, d’abord en tant que premier Sénégalais à l’avoir reçu.

« C’est un plaisir de se faire acclamer par un parterre de journalistes d’investigation. Je tiens particulièrement à dédier ce prix au Cesti et à l’encadrement. Quand on vient d’une des meilleures écoles de journalisme du continent, on se doit de le prouver et j’espère l’avoir réussi », se félicite Moussa Ngom.

Initiés par l’Ong « Africa Check », les prix africains de fact-checking « honorent » les meilleures productions de vérification de faits réalisées par les journalistes en activité avec, pour la première fois cette année, l’ouverture d’une catégorie dédiée aux étudiants en journalisme en Afrique francophone.

Abdou DIAW

Au terme de l’événement qui a réuni beaucoup d’ambassadeurs (France, Indonésie, Gambie…), la présidente du Comité d’organisation de « Miss Sénégal Nouvelle vision », Amina Badiane, a rappelé que le processus de ce concours de beauté a été lancé depuis le début de l’année, avec l’organisation au niveau régional, par les Comités d’organisation, des sélections. Très heureuse de cette deuxième édition, elle demande toutefois plus de soutiens internes.

« Au début, il y avait un manque d’accompagnement au niveau des sponsors privés et des autorités, mais au fur et à mesure qu’ils ont vu que nous étions en train de donner à l’événement une ampleur internationale, les institutions ont commencé à nous aider », explique Amina Badiane qui cite le ministère du Tourisme, de la Culture, de la Femme. Pour elle, le concept « Nouvelle vision » de Miss Sénégal est en train de prendre tout son sens avec les partenariats internationaux tels que la participation des stylistes étrangers au défilé. « Notre objectif est de permettre l’échange culturel. Inviter des stylistes indonésiens, italiens, français, c’est donner de la visibilité à la Destination Sénégal. Des gens qui n’ont jamais été au Sénégal sont venus uniquement pour l’événement Miss Sénégal. Nous sommes en train de faire vraiment la promotion de la destination touristique du Sénégal », souligne Amina Badiane. Elle poursuit en demandant ainsi plus d’engagement interne.

« Nous avons plus de partenaires étrangers que sénégalais. C’est positif mais je souhaite que les Sénégalais et les Africains participent plus à l’événement qui n’est pas celui de Amina Badiane, ni un événement commercial, mais national. J’ai fait des entrées par invitation pour permettre à la population sénégalaise d’avoir accès à cet événement », précise-t-elle.

Revenant sur le conflit né avec la lauréate 2016, qui a refusé même de remettre sa couronne, elle dit son regret et espère que cela ne se reproduira plus. « Cette année, nous avons pris nos dispositions en sensibilisant les filles. Je pense que c’est la Miss de l’année dernière qui a perdu des opportunités. Parce que nos lauréates feront un voyage à l’international et défileront pour des stylistes internationaux. C’est dommage pour la miss 2016 qui a voulu gérer elle-même ses affaires », regrette Amina Badiane.  

O. KANDE

Sur initiative de Baobab production, en collaboration avec la Maison de la culture Douta Seck, le troisième Festival international du film de la famille a ouvert ses portes jeudi, à Dakar. L’objectif de cet événement culturel de trois jours (16 au 18 novembre), rythmé par des projections de films liés au mariage, à la famille, au genre, entre autres, est de participer à une nouvelle humanisation de la famille.

« L’éducation familiale en question ». C’est autour de ce thème que des sociologues, chercheurs, spécialistes en développement humain, chefs religieux et coutumiers, communicateurs traditionnels, entre autres, vont axer leur communication pendant trois jours que dure le Festival international du film de la famille (Fiffa), ouvert jeudi à Dakar. Initié par Baobab production, en partenariat avec la Maison de la culture Douta Seck, cette troisième édition s’est dotée d’un programme alléchant rythmé par des projections de films liés au mariage, à la famille, au genre, à l’enfance. Des films en provenance du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso, du Cameroun, du Gabon, du Maroc, de la France, de la Belgique et de l’Ukraine.

Les organisateurs comptent joindre l’utile à l’agréable, à travers un vibrant hommage mérité qui sera rendu à deux personnes qui ont consacré leurs vies durant à œuvrer pour la bonne cause. Il s’agit de Mme Bousso Fall Dieng, spécialiste des questions de genre et militante des droits des femmes, et de M. Abdel Aziz Boye, cinéaste-formateur. Aussi, le festival abritera des ateliers de renforcement de capacités professionnelles des acteurs du cinéma, notamment pour le cadrage, la prise de vue, l’adaptation de démarches esthétiques, des expositions de peinture et de photographies de famille, etc.

Dans le même ordre d’idées, trois trophées dénommés «Cola» seront décernés aux réalisateurs primés. Le film « Jigeen » de la réalisatrice sénégalaise Arame Sall et « Under the bell » du réalisateur Barth Lambert Oubda du Mali-Burkina-Faso ont été projetés à l’ouverture du Fiffa.

Valeurs de la famille
Ces deux courts métrages ont passé en revue les tares de la société africaine. Le premier parle d’une femme enceinte de quatre mois qui a perdu son mari et vivait isolée avec sa petite fille à qui elle devait assurer un avenir. Malgré la pauvreté dans laquelle elle se trouvait, cette femme a su garder sa dignité face aux nombreuses tentations et autres obstacles de la vie, mais à la fin, elle n’a pas pu jouir des fruits de sa fille qui a grandi et qui a trouvé du travail au moment où sa mère se trouvait sur son lit de mort. Quant au second film, il parle de l’effritement des valeurs avec des classifications allant jusqu’à refuser de marier sa fille à une classe considérée comme « inférieure ».

Présidant l’ouverture officielle dudit festival, la directrice de la Famille, Mme Coumba Thiam Ngom, a souligné que le choix du thème « L’éducation familiale en question » montre à suffisance que la famille est une institution. C’est pourquoi, elle estime que le développement économique et social ne peut être pleinement réalisé sans la protection d’une institution sociale qu’est la famille. A l’en croire, la famille est un lieu primaire de socialisation de la personne. A cet effet, elle conserve un rôle important dans l’établissement et la régulation de l’ordre social. D’où l’intérêt de préconiser une bonne synergie en vue d’avoir de bons résultats dans ce sens.

A ce titre, Mme Ngom a salué le rôle des acteurs culturels qui, à travers leurs productions, véhiculent des messages et éveillent les consciences. Aussi, a-t-elle indiqué que la culture peut faciliter la construction d’une société démocratique et participer au développement, par le changement des mentalités.

Pour sa part, le directeur du Fiffa, Alassane Cissé, est revenu sur l’objectif de ce grand événement culturel. Celui-ci consiste, selon lui, à participer à une nouvelle humanité, conformément au slogan du festival « Pour grandir heureux, l’enfant a besoin de foyer familial ». Toutes ces raisons font que M. Cissé estime qu’une révision des valeurs s’impose. Non sans rappeler que la famille est la matrice de toute société, le terreau où la vie se forme, se développe ainsi que les relations humaines.

A cet effet, le Festival international du film de la famille va contribuer à la prévention des effets négatifs qui déstabilisent la famille et facilite le dialogue intergénérationnel. « Aujourd’hui, la société humaine globalisée est menacée par des contre-valeurs. C’est pourquoi il faut agir vite et bien pour préserver la famille ».

Tata SANE

La conférence internationale Acces, exclusivement dédiée au secteur de la musique africaine, s’est ouverte, hier, à Dakar. Deux jours durant, des acteurs issus de différents pays échangeront autour de tables rondes. Il est également prévu l’organisation de concerts, d’expositions et de séances de Networking. Depuis hier, Dakar est la capitale africaine de la réflexion musicale, durant deux jours.

Une panoplie d’acteurs de l’industrie musicale africaine s’est donné rendez-vous dans le cadre d’une conférence internationale exclusivement dédiée au secteur. Initiative d’Acces, elle réunit des artistes, musiciens, journalistes et professeurs qui partagent leur connaissance en musique. Durant ces deux jours, une cinquantaine de spécialistes issus de quinze pays va intervenir. Dix concerts sont organisés et un atelier initié.

Aisha Deme, une des organisatrices de la rencontre, souligne qu’« à travers cette initiative, nous voulons contribuer à la mise en œuvre d’une véritable industrie musicale en Afrique. Il s’agira, durant ces deux jours, de faciliter les échanges entre différents acteurs de la musique, issus de différents pays ». Elle souligne qu’au-delà des échanges qui seront certainement fructueux du point de vue, notamment de la diversité des profils présents, « la rencontre va mettre sur pied des modalités pratiques assujetties sur un maillon d’une longue chaine ».

Dans un discours inaugural, plein d’enseignements, l’artiste, auteur-compositeur sénégalais, Baaba Maal, est revenu sur la nécessité pour la musique africaine d’imposer une marque qui lui est propre. « Il est temps que ce que nous échangeons avec le monde soit élaboré chez nous », a-t-il dit. L’artiste est d’avis que les principaux fondements de la musique doivent avant tout répondre aux normes « d’échange et de partage » qui ne peuvent découler qu’à travers des voyages.

« Nous pouvons et devons échanger avec les autres cultures, tout en gardant intacte la nôtre », a-t-il insisté. Cet échange ne doit, en aucun cas, mener à la déperdition ou la perte des différents acquis. Prenant son exemple, Baaba Maal souligne qu’il est lui-même issu d’une contrée où la diversité constitue une véritable richesse ; « la ville de Podor est née du croisement de richesse et d’échanges ».

Diversité et ouverture
Cette diversité constitue un immense avantage pour l’artiste, qui peut dès lors se permettre de revisiter plusieurs registres musicaux, relève t-il. La recherche est essentielle dans la pratique musicale. Sur ce plan, l’Afrique dispose d’une richesse culturelle inestimable qui ne demande qu’à être explorée, puis exploitée, a-t-il dit. Il invite, à cet égard, la jeune génération à se donner « la peine de faire des recherches ». D’ailleurs, relève-t-il, lui-même a eu à sillonner l’Afrique de l’Ouest deux ans durant, dans le seul but de diversifier son répertoire. Baaba Maal qui prône « l’ouverture » n’en est pas moins engagé pour un « véritable enracinement musical ».

Birane Niang, secrétaire général du ministère de la Culture, a salué « la belle initiative, autant culturelle qu’intellectuelle prise par Acces ». M. Niang est persuadé que de pareille initiative contribue à « la consolidation des compétences, dans un apport du développement de l’industrie musicale ». Il a renouvelé « l’engagement du gouvernement à soutenir la cause ».

Oumar BA

Matériau à usage divers dans nos sociétés traditionnelles africaines, la calebasse a séduit plus d’un, notamment l’artiste designer et acteur culturel Khalifa Dramé. Après une vingtaine d’années de recherche sur la calebasse, Khalifa Dramé a réussi, aujourd’hui, à exploiter ce matériau et en fabriquer des lits, des tables, des chaises, des fauteuils et autres ustensiles de cuisine qu’il commercialise en y mettant toutes les formes et toutes les expressions possibles.

Longtemps utilisée par nos aïeux comme aliment dans les sauces (yomb en wolof) puis comme un récipient ou support dans la cuisine ou dans certaines cérémonies religieuses (mariage, baptême, décès), la calebasse est un matériau du patrimoine culturel sénégalais à exploiter. Découverte 12.000 ans avant J.C, la calebasse continue toujours d’exister dans notre continent et est d’une importance et d’usage divers très vite compris par les artistes et artisans qui la transforme en plusieurs objets utilitaires et décoratifs qui arrivent à satisfaire les populations. L’artiste designer Khalifa Dramé a su exploiter à bon escient ce matériau. Après avoir approfondi sa réflexion sur la calebasse, il finira par travailler juste sur des produits à base de calebasse, dans son atelier de design se trouvant à Yeumbeul. Il est parvenu à réaliser, avec la calebasse, des meubles, des chaises, des fauteuils et des tables, en y mettant toutes les formes et expressions.

De même, Khalifa Dramé souligne que tout ce qui est fait aujourd’hui en plastique non bio dégradable, les paniers pour aller au marché, les assiettes, les tasses, les ustensiles de cuisine, se font également à la calebasse qui est le premier récipient que Dieu a offert à l’être humain. « C’est une innovation, une vraie une révolution », lance-t-il.

Outre ces atouts de la calebasse, Khalifa Dramé indique que d’après des recherches, une vingtaine de maladies pourraient être soignées par la calebasse grâce à ses tiges, ses racines, etc. « Nous avons approfondi la réflexion en rencontrant des gens qui sont dans l’énergie et ces derniers nous disent que la calebasse est l’un des meilleurs produits qui conserve le mieux l’aliment. Aujourd’hui, la calebasse peut être prise en compte dans la diminution de la consommation énergétique. Du point de vue environnemental, nous avons également trouvé que c’est un produit écologique et protège l’écosystème et y contribue parce que c’est un pesticide naturel », fait savoir l’initiateur du Festival Kom Kom de Ziguinchor, prévu cette année du 12 au 17 décembre prochain. Précisant que même les musiciens ont commencé à utiliser la calebasse comme instrument. La calebasse intervient, en effet, dans l’eau, sur le sol et dans l’air, musicalement, avec des notes et des sons différents.

A son avis, un matériau qui parle d’agriculture, de santé, d’énergie, de tourisme, d’artisanat devrait faire l’objet d’une réflexion et c’est à partir de ce moment que nous avons fait une orientation stratégique en mettant en place nos ateliers de design à Yeumbeul, pour travailler juste sur les produits à base de calebasse.

Passion pour l’art vivant
Très engagé dans la culture, Khalifa Dramé est allé jusqu’à organiser, en Casamance, le Festival Kom Kom calebasse, pour montrer toutes les opportunités qui viennent de la calebasse. « Et avec le Gie Goorgorglu que j’ai mis en place en 1989, je commercialise mes produits. Une agence de tourisme a été également mise en place pour promouvoir l’ensemble des activités que nous faisons sur la calebasse et sur le patrimoine en général. Voilà ce qui a fait de moi un acteur culturel, un promoteur et je développe le concept grappe Ticae, (Tourisme, production culturelle, artisanat et environnement) », confie-t-il.

Mais, faut-il le souligner, l’art vivant a toujours été, depuis son tendre jeunesse, la passion de Khalifa Dramé. Il a même été comédien. Mais son histoire avec la calebasse remonte à son voyage à Paris où il était parti séjourné pour étudier la diplomatie. Un jour, devant son poste de télévision, il suivait une émission sur TF1 qui parlait de l’avancée du désert, du problème climatique et de ses conséquences dramatiques en Afrique. C’était en 1989, et dans ce reportage, on disait que d’ici à 2050, des millions de personnes risquent de mourir de faim, des intempéries.

« J’ai alors commencé à m’interroger sur des possibilités de trouver dans le patrimoine culturel africain des objets, des outils et des pratiques qui pourraient concourir à équilibrer l’écosystème et à permettre à nos forêts, nos mers et nos sols de bien se tenir. Quelques semaines plus tard, je n’ai pas pu rester à Paris. J’ai plié bagage, je suis revenu au Sénégal en 1989 dans l’idée de contribuer à retrouver ces éléments du patrimoine culturel », raconte-t-il. Par la suite, Khalifa Dramé mettra en place son Gie goorgoorlu avant d’entamer une tournée dans 33 pays à la recherche des objets ou de pratiques qui ont disparu soit avec la colonisation soit avec l’esclavage et où il a trouvé la calebasse. Depuis lors, un amour fort le lie à ce matériau.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Pour accélérer le développement d’un réseau d’experts qui sera mis au service de l’innovation en Afrique, Jokkolabs et Talent2Africa ont signé, jeudi, une convention de partenariat appelée « Destination Afrique ».

Accélérer le développement d’un réseau d’experts, notamment ceux issus de la diaspora africaine dans le monde, qui sera mis au service de l’innovation en Afrique, tel est l’objectif de la convention de partenariat (« Destination Afrique ») paraphée, jeudi, entre Talent2Africa et Jokkolabs. « Ce partenariat entre Talent2Africa et Jokkolabs va permettre de donner aux candidats désireux de s’installer professionnellement en Afrique, les moyens de préparer au mieux cette installation en les intégrant au marché professionnel local », informe un communiqué. Il ajoute que cette « alliance permettra d’identifier, fédérer et former plus largement les professionnels de la Diaspora et tous les talents, de manière générale, souhaitant apporter leur contribution au développement du continent, à travers la mise en place d’actions spécifiques communes ». Ce faisant, « Destination Afrique » organise le partenariat pour la mise en place de services destinés à faciliter l’intégration dans des activités professionnelles des membres de la diaspora africaine ou toute personne intéressée par l’Afrique. D’après toujours ce document, cette convention offres des services distincts. Il s’agit de l’immersion consistant à la préparation des candidats avant le départ, l’accueil dans le pays de destination, l’intégration du candidat dans l’entreprise et un suivi du déroulement de l’immersion. L’autre service concerne le recrutement à propos duquel Jokkolabs et Talent2 Afrique mettent en œuvre les moyens nécessaires pour proposer le profil de candidat adapté répondant au besoin en recrutement d’entreprises situées en Afrique.

Enfin, l’accompagnement à l’entrepreneuriat et au développement des sociétés revient à faire en sorte que « les candidats à l’entrepreneuriat en Afrique détectés par Talent2Africa sont dirigés vers l’offre d’accompagnement des entrepreneurs mise en œuvre par Jokkolabs et ses partenaires ».

I. BA

Beaucoup de voix s’élèvent pour dénoncer l’extrémisme et la radicalisation au Sahel. Les décideurs et les pouvoirs publics tentent tant bien que mal de trouver la panacée à ce phénomène tendant à s’ancrer davantage. C’est ce qui pousse la Fondation « Voice 4 Thought » à proposer un festival pour donner la parole aux jeunes qui constituent les principaux acteurs de ce mal.

D’un côté, l’artiste rappeur sénégalais Malal Almamy Talla alias Fou Malade, le slameur tchadien Croque-morts et Mirjam De Bruijn. En face, un groupe de jeunes venus de différents pays d’Afrique. Et, c’est parti pour des échanges au cours desquels chaque participant a son mot à dire sur le phénomène de la radicalisation. On est dans le cadre du Festival « Voice 4 Thought », au titre duquel la fondation éponyme est en partenariat avec G Hip hop et Africulturban, entre autres personnes morales. Le rappeur Fou malade considère que cet événement cherche à décrypter la radicalisation en donnant la parole aux jeunes, à la population.

« Il est important que les Africains renouent avec leurs bonnes pratiques du vivre ensemble à l’image du cousinage à plaisanterie. Il faut que la nouvelle génération se réapproprie cela en y mettant ses propres outils », a-t-il avancé. « Pour nous, il est important de mobiliser les chercheurs et les gens de la rue. C’est pour cela que le concept tourne autour de l’académie dans la rue », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de ces ateliers, les participants venus d’une vingtaine de pays d’Afrique investissent les quartiers et les décrivent ensuite. Les ateliers se poursuivront jusqu’à samedi et seront suivis d’une session de restitution. Ensuite, d’autres ateliers de DJing suivront. Au menu de cette activité, des plateformes de discussions tous les jours et des projections de films les soirs.

Concerts en rap et en slam
Les participants viennent de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Burkina Faso, Niger, Mali, Pays-Bas, Nigeria, Gambie, Mauritanie. Artiste slameur tchadien, Croque-morts a estimé que le fatalisme n’existe pas et qu’il suffit de croire en ce que l’on fait pour pouvoir réussir.

Coordonnatrice du festival et manager général de la fondation « Voice 4 Thought », Mirjam De Bruijn pense qu’aujourd’hui, il est important de se demander qu’est-ce qui pousse les jeunes et autres adultes à se radicaliser. « La question à se poser consiste à se demander si les jeunes qui se radicalisent intègrent les mouvements volontairement ? Qu’est-ce qui les pousse à se radicaliser ? Sont-ils réellement radicaux ou simplement mécontents au point de rejoindre des mouvements qui ont d’autres idées ? »

Autant de questions dont les réponses sont attendues lors des conférences, panels voire les prestations artistiques inscrites au menu de ce festival. Mirjam de Bruijn a rappelé qu’en 2012, avec la rébellion touareg, l’Etat a eu une réaction de peur si bien qu’au lieu de trouver un dialogue avec les jeunes qui se sont radicalisés, il les a arrêtés et mis en prison, les radicalisant du coup. « Il y a une sorte d’action-réaction qu’il faudra arrêter », suggère-t-elle.

Le festival « Voice 4 Though » s’est ouvert, hier, à Dakar, par une conférence tenue à l’Ifan sur les responsabilités des sociétés africaines face à la radicalisation. D’autres conférences sont prévues à Guédiawaye et à Pikine ainsi que des ateliers en graphisme et photo-vidéos. Les rencontres seront bouclées par des concerts en rap et en slam.

Abdou DIOP

L’ambassade de la République d’Indonésie au Sénégal a organisé, mardi, une réception diplomatique en commémoration de la 72ème fête de l’indépendance de son pays. Le comité d’organisation de Miss Sénégal a organisé, à l’occasion, un défilé de mode.

Les projecteurs étaient résolument tournés vers les mannequins sénégalais venus défiler, mardi, à l’occasion de la célébration de la Fête nationale de l’Indonésie. Egéries des podiums, les jeunes filles ne sont point perturbées par les nombreux regards fixés sur elles.

Le «batik» indonésien conçu par différents stylistes a été ainsi exposé au public. C’est Rudy Chandra qui a, le premier, fait défiler les jeunes mannequins. Dans un style atypique qui combine charme et bien-être, les jeunes Sénégalaises ont défilé dans des accoutrements typiquement indonésiens. C’est dire que l’habillement est universel. Il n’y a plus de saison, même la mode s’en est aperçue. Les créateurs semblent avoir anticipé le dérèglement climatique, en imaginant des vêtements convenables, en tout temps et en tout lieu.

Sous une cascade bien inspirée, Nita Seno Adji a fait défiler une panoplie d’accessoires adéquate en cette période sous les tropiques sahéliens. Les mannequins s’y sont donnés à cœur joie, au bonheur du public qui semble conquis. Les crépitements d’applaudissements qui fusaient après chaque passage en étaient de véritables preuves.

Au-delà des tendances, le défilé a révélé aussi des attitudes. Une façon, par exemple, d’enfiler son manteau que l’on retrouve dans le défilé de Malik Moestaram. D’où ces vêtements conçus pour mettre en valeur la démarche et l’allure. Ici, on joue avec les formes et les matières pour être coquettes. Les mannequins, à l’image de la population indonésienne, portent strictement la tenue musulmane, mais se parent de toutes les couleurs.

Oumar BA

Style éclectique, musique hybride, Souleymane Faye n’a rien perdu de son talent après un demi-siècle carrière musicale. Né en 1951 à Dakar, l’artiste a traversé les époques et les modes grâce à l’immensité de son talent et à l’exceptionnalité de sa voix. Entre la profondeur de ses textes véhiculant des messages forts, l’originalité des thématiques abordées transcendant des générations, la perfection de ses rimes, Souleymane Faye alias Diégo a donné des chefs-d’œuvre immortels à la musique sénégalaise. Les chansons de ce parolier emblématique de l’échiquier musical national véhiculent émotions et moralité, philosophie et art de vivre dans un lyrisme complet.

Aujourd’hui, malgré ses 67 ans, Jules Faye déborde encore d’énergie pour maintenir le cap et assurer une ambiance effervescente et particulière dans les boites de nuit dakaroises où il joue les week-ends. Rencontré mercredi soir, juste avant de donner un « show-case » à l’Institut Goethe de Dakar, l’ancien membre du groupe Xalam II a accepté de se confier. L’artiste a annoncé la sortie prochaine d’un nouvel album en 2018 intitulé « Respect ». Souleymane Faye a également jaugé l’état actuel de la musique sénégalaise qui, de son point de vue, souffre de l’absence de recherches et d’un travail sérieux par rapport aux textes.

Quelle est l’actualité musicale de Souleymane Faye ?
Je suis en studio pour préparer mon prochain album intitulé « Respect ». La sortie est prévue sûrement en 2018. Cette production parle du respect mutuel qui doit exister entre adulte et enfant. Elle sera faite de la « world music » avec du folk, reggae, hip hop, blues etc. Ce sera l’un de mes derniers albums.

Vous pensez déjà à prendre votre retraite ?
Non. C’est encore très tôt. Je pense prendre ma retraite à 75 ans.

Cela fait plus d’une dizaine d’années que vous n’avez pas sorti un album. Qu’est-ce qui a été à l’origine de tout ce temps d’arrêt ?
Il faut savoir que je voulais me reposer un peu, pour pouvoir créer quelque chose de nouveau. Pour ne pas faire la même chose, il fallait que je fasse une pause. C’est-à-dire cinq, six, sept ou huit ans. Toutefois, j’écris tout le temps. Dans mon nouvel album, je traite de nouveaux sujets et parle d’autres thématiques.

Avec l’album « Respect », les mélomanes peuvent s’attendre à quoi sur le plan du contenu musical ?
Il faut noter que pour cet album, j’ai travaillé sur la base d’une musique qui n’est pas d’ici. Elle vient du Brésil, de la France, de l’Allemagne. Je compte faire découvrir aux Sénégalais un nouveau genre musical. C’est intéressant.

Paraît-il que vous privilégiez les prestations «live» dans les clubs et boites de la place, aux albums ?
Je suis un musicien de variétés internationales. Ce qui veut dire que je dois jouer aussi dans des milieux où il n’y a pas seulement que des Sénégalais. Parmi mon public, il y a des Togolais, des Ivoiriens, des Français, des Anglais, des Américains. J’ai mixé ma musique pour faire en sorte que tout le monde s’y retrouve. Aussi, il faut savoir que les boites de nuit, c’est également mon gagne-pain. On ne peut pas seulement dépendre des Cd vendus. Il faut travailler quotidiennement. Et puis, comme les concerts n’arrivent pas régulièrement, on ne peut en dépendre pour vivre. Je suis obligé de travailler dans les clubs de jazz, grands restaurants mais aussi de signer des contrats avec les hôtels.

Qu’en est-il de votre compagnonnage avec le groupe Xalam 2 ?
Ils (les membres du groupe Xalam 2) sont revenus. Actuellement, ils sont en vacances, mais on doit se revoir bientôt pour discuter.

Cheikh Tidiane Tall a tiré sa révérence, il y a de cela quelques mois. Que représentait-il pour vous et pour l’orchestre Xalam 2 ?
Il faut savoir qu’il s’agit d’une grosse perte. C’est un musicien irremplaçable, un grand arrangeur.

Vous semblez très porté vers le spirituel. D’où tenez-vous votre inspiration ?
Je dirai que je tiens mon inspiration de la vie de tous les jours. On n’a pas besoin d’aller chercher très loin… Il nous arrive tous les jours quelque chose à partir de laquelle on peut tirer une chanson. Par rapport à la spiritualité, je considère que je suis un assez bon musulman. Je crois en les prophètes Mouhamed (psl) et Jésus-Christ.

Dans le contexte sénégalais, peut-on dire que l’art nourrit son homme ?
Bien sûr. De ce côté, nous remercions le Seigneur. Toutefois, cela pourrait aller mieux.

Comment jugez-vous l’état actuel de la musique sénégalaise, voire du show-biz en général dans notre pays ?
Le problème de la musique sénégalaise actuellement, c’est qu’il y a peu de recherches. Les gens ne prennent pas le temps de faire des recherches et ils jouent tous de la même manière. Ce qui constitue une contrainte majeure pour notre musique qui n’est pas exportable à l’image de celle des autres pays comme la Guinée, le Mali ou le Gabon. Ces pays possèdent une musique plus internationalisée que le Mbalax. Lequel n’est fait que pour les Sénégalais. C’est vraiment dommage. Nous avons besoin d’avoir des arrangements pour faire mieux.

En jetant un regard en arrière, ne vous dites-vous pas qu’avec votre talent de chanteur, vous auriez pu faire une carrière plus retentissante avec le Xalam 2 ou ailleurs à l’étranger ?
Bien sûr. Mais « Sante Yallah » (Dieu merci)

Quels sont les autres projets de Souleymane Faye ?
Je prépare la sortie de mon nouvel album. Je suis en train d’écrire un livre où il y aura toutes mes chansons en français et en anglais. En principe, ce livre pourra être disponible d’ici l’année prochaine.

Parmi les jeunes artistes du milieu du Mbalax, qui, pensez-vous, pourra succéder à des ténors comme vous ou Youssou Ndour ?
Je pense à Pape Diouf et à Waly Seck. A mon avis, ils sont les deux favoris. Quant à moi, par rapport au style musical que je fais, pour le moment, je ne vois pas de successeur.

Dans une récente sortie, vous fustigiez les attaques faites à l’endroit du président de la République…
Mon avis, c’est qu’on doit laisser travailler le président de la République. Avec un seul mandat, on n’a pas le temps de tout faire. Qu’on laisse le chef de l’Etat travailler et à la fin de son deuxième mandat, je pense qu’il aura le temps de beaucoup faire. Il est sur la bonne voie.

Que faites-vous, en dehors de la musique, de votre temps libre ?
Je suis menuisier ébéniste et je gère mon atelier pour m’occuper la journée. Aussi, il faut savoir que j’ai l’intention d’ouvrir une salle de répétition dans le quartier où j’habite.

Est-ce que le public continue toujours de répondre à l’appel de Souleymane Faye ?
Oui. Les gens continuent de venir lors de mes prestations. Je suis honoré surtout de voir les jeunes. Finalement, c’est tout le monde qui aime ma musique. C’est extraordinaire, c’est un compliment. Toutefois, il faut noter qu’actuellement, il y a une baisse du public. Les gens fréquentent de moins en moins les boites de nuit. Ils préfèrent rester chez eux.

Propos recueillis par Ibrahima BA

ADDIS-ABEBA - Le 3ème Dialogue de haut niveau avec les médias en Afrique s’est ouvert, hier, à Addis-Abeba. Avec une volonté de rendre les médias plus dynamiques et prompts à répondre au développement du continent, l’accent devra être mis sur le rôle et la place des femmes et de jeunes conformément à l’esprit de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Les médias, les femmes et les jeunes. Loin d’un triptyque à élaborer autour de ces entités, le 3ème Dialogue de haut niveau avec les médias, ouvert hier à Addis-Abéba, voudrait établir des passerelles pour que l’outil médiatique puisse servir à la cause des deux autres entités. C’est, du moins, la forte attente des différents partenaires engagés dans ce dialogue appelé à être « précieux et fructueux ». Le journalisme, qui célèbre cette année le 317ème anniversaire de l’introduction du journal en Afrique, a joué « toutes sortes de rôle dans le continent », selon le Dr Jimmy Ocitti, directeur de l’information publique et de la gestion des connaissances à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique.

Avec une évolution et des métamorphoses calées sur les époques, le journalisme africain doit revisiter son rôle, de l’avis de M. Ocitti, à l’aune des nouvelles exigences du développement. Un développement qui passe aussi par l’Agenda 2063, « plan de transformation de l’Afrique pour un développement inclusif, mais aussi la renaissance du continent », selon Leslie Richer, directrice du l’information à la Commission de l’Union africaine.

Aussi, la dynamique des médias africains devra se déployer pour la « participation effective du public afin que toute la communauté soit représentée et se l’approprie ». D’autant plus, a encore plaidé M. Richer, que cet Agenda est un « cadre stratégique pour faire en sorte que l’Afrique se développe avec des buts, des initiatives progressifs pour la paix, l’accélération de la croissance, la mise en place d’une zone de libre-échange continental, d’une circulation sans restriction des personnes et des biens ».

Dans ce contexte, les médias africains, indépendamment de leurs réelles difficultés et limites, devront aussi insister sur « l’Afrique qui progresse » et savoir « contrôler les contenus au bénéfice des populations ». Reconnaitre aussi la place de la femme dans l’économie, la sortir du cadre actuel « qui se focalise sur sa misère » feront évoluer les choses.

Il faudra donc se départir des « messages subliminaux, infantilisants, dérogatoires et péjoratifs » sur les femmes et les jeunes, a souhaité la responsable de l’Information de l’Ua. Le drame de la femme africaine a été de n’avoir « jamais reçu de discours différent qui puisse la motiver ». C’est pourquoi, de nombreux participants ont appelé à « changer la donne » par une mise en lumière de « messages positifs » et un « accès à la bonne information des femmes et des jeunes ».

Le chef du service de la coordination de la mobilisation et de l’élaboration des programmes au bureau du conseiller spécial pour l’Afrique du secrétaire général des Nations unies, Raul de Melo Cabral, a invité à cultiver les « échanges, à s’écouter et à tirer les enseignements sur la façon dont le rôle des médias peut être développé ». Pour lui, il appartient aux médias de faire évoluer la « mauvaise perception sur l’absence de progrès en Afrique ».

Situation peu reluisante
 « Les médias africains doivent reconnaître qu’ils peuvent changer les tendances, changer le discours sur le continent en cherchant à élaborer des stratégies concrètes, faisant des reportages positifs et en communiquant sur les bonnes nouvelles », a souligné M. Cabral. Une quête qui passe aussi par la dénonciation, par exemple, du moins d’accès à la terre des femmes qui jouent pourtant un rôle de premier dans l’agriculture.

La directrice du bureau de liaison de l’Unesco à l’Ua, Yumiko Yokozaki, a stigmatisé l’ « environnement défavorable desmédias qui ne les prédispose pas à des reportages intéressants ». Considérant les journalistes comme un groupe vulnérable, elle a appelé la « communauté à mieux les protéger ». 

Tout comme le président de la Fédération des journalistes africains (Faj), Aldulwaheed Odusile, a indiqué qu’il serait « illusoire d’atteindre des objectifs sans au préalable tenir compte des différents aspects des médias africains ». Il a insisté sur la situation peu reluisante des médias africains : problèmes de financement, de moyens, formation, faible rémunération…

Aussi pessimiste sur les « nuages lourds » et la « régression de l’Afrique », Eric Chinje, le directeur exécutif de l’Initiative des médias africains (Ami), a souligné que les « médias africains peuvent décider de changer les tendances ». Le seul problème étant de savoir comment ils vont rendre compte de la situation africaine dans un contexte où « tout effort de transformation de la démocratie doit inclure les médias internationaux ».

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE, envoyé spécial

 

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