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Arts et Culture (1746)

L’accès du plus de nombre de femmes aux Tic reste un défi majeur pour le continent. Selon la directrice du Centre de la Cedeao pour le développement du genre (Ccdg), en Afrique, la proportion de femmes qui utilisent Internet est inférieure de 25% à celle des hommes. Aussi,  a informé Sandra Oulaté Fattoh, dans les pays les moins avancés, dont 11 dans la seule région de la Cedeao, seule une femme sur sept utilise Internet par rapport à la moyenne d’ un homme sur cinq. 

Ce faisant, elle trouve qu’il est « donc crucial de réduire cet écart entre les sexes à travers l’intégration systématique de la dimension genre dans les politiques et programmes Tic». Selon elle, l’intégration de la dimension genre dans les politiques et les programmes en matière de Tic permettrait non seulement d’autonomiser les femmes et les filles dans leurs différents domaines d’activité, mais contribuerait également de manière significative à la promotion de l’égalité des sexes dans ce domaine, en créant un environnement propice pour que celles-ci accèdent aux outils révolutionnaires des technologies de l’information et de la communication en tirent un maximum de profit.

I. BA

Le projet de soutien à la professionnalisation et à la promotion du cinéma et de la formation dans le domaine de l’écriture de scénario au Sénégal a été lancé, vendredi dernier, à la Place du Souvenir pour un coût de 100.000 euros, soit 65.595.700 FCfa.  

A quelques mois du sommet Afrique/Ue qui se tiendra à Abidjan, les 29 et 30 novembre 2017, le groupe Eunic (European union national institut for culture), en collaboration avec l’Etat du Sénégal et l’Union européenne, s’est proposé, à travers un projet, de soutenir d’une part, la professionnalisation du secteur par la formation (de haut niveau) en écriture de scénario à l’intention de 15 scénaristes nationaux, mais également de mieux faire connaître le cinéma sénégalais, africain et européen en organisant des projections cinématographiques en plein air à Dakar et sa banlieue. Les organisateurs comptent s’appuyer sur la structure du cinéaste sénégalais « Moussa (Touré) invite ». Cette formation qui a démarré depuis le vendredi 22 septembre va s’étendre sur 45 jours d’atelier. C’est une offre pédagogique en 3 fois 15 jours.

Créé pour encourager la coopération entre les instituts culturels européens au Sénégal afin de promouvoir la diversité culturelle et renforcer le dialogue international et la coopération culturelle, le groupe Eunic (European union national institut for culture) Sénégal, composé des instituts culturels des Etats membres de l’Union européenne s’est fixé comme objectifs principaux le développement et l’accompagnement de cette politique culturelle volontariste de l’Etat sénégalais.

En 2016, dans le cadre du « Off » de la biennale de l’art africain contemporain, la Délégation de l’Union européenne (Due) a financé le groupe Eunic pour réaliser un projet de « vidéo-mapping » sur des bâtiments significatifs de la ville de Dakar. Fort du succès remporté par cette activité, la Due a validé le projet « Soutien à la professionnalisation et à la promotion du cinéma au Sénégal », introduit en 2017, par le groupe et a reconduit le financement, pour un montant de 100.000 euros, soit 65.595.700 FCfa.

Le directeur de la Cinématographie, Hugues Diaz, a invité les 15 bénéficiaires à suivre leurs prédécesseurs. « Vous vivez en direct le dynamisme du cinéma sénégalais qui est porteur d’espoir. Nous ne voulons pas de succès d’éclats », a dit M. Diaz, qui invite à une construction d’une industrie cinématographie conquérante ! Et pour cela, il faut des produits de qualité. Des projections cinématographiques en plein air à Dakar et sa banlieue ne feront, rassure  Hugues, que démocratiser l’accès aux films cinématographiques. M. Diaz a lancé un appel aux bonnes volontés pour un retour des soutiens aux programmes d’initiatives culturelles.

Anne Potié, présidente d’Eunic-Sénégal, a précisé que le cinéma n’a pas de grammaire, mais des codes ; avant de regretter la faiblesse dans l’écriture des scenarii en Afrique. Aussi, a-t-elle exhorté à des scenarii de qualité, car on ne peut pas financer tous les films.

Cinéma dynamique
Clemens Schroeter, 1er conseiller de la Délégation de l’Union européenne, a déclaré que raconter une histoire est le point de départ de toute production cinématographique et que les scénaristes sénégalais et européens comptent travailler ensemble pour la création de projets communs et porteurs d’un mix de nos valeurs.  

Le cinéma sénégalais est l’un des plus anciens et des plus dynamiques du continent africain. Après quelques années de crise, l’Etat sénégalais a mis en place une véritable politique volontariste pour relancer le secteur du cinéma et en faire une industrie culturelle ; l’objectif étant de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes sénégalais. Cette volonté se traduit, notamment, par la mise en place du Fonds de promotion à l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica) doté annuellement d’ un milliard de FCfa, qui s’est également ouvert à d’autres filières du secteur comme la distribution, l’exploitation et la formation.

Avec une réelle volonté de favoriser le transfert de compétences, le groupe Eunic s’est appuyé sur la société sénégalaise de production Cinékap. Les jeunes scénaristes seront formés par 10 réalisateurs et scénaristes dont Moussa Touré, la Belge Judith Langerome, le Franco-Sénégalais Alain Gomis, etc.

Serigne Mansour Sy CISSE

 

Dakar abrite depuis hier une conférence régionale pour l’Afrique sur l’intégration de la dimension du genre dans les politiques et programmes du secteur des Technologies de l’information et de la communication (Tic). La cérémonie d’ouverture a été présidée par Abdoulaye Baldé, ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique.

Le grand atout qu’offrent les Technologies de l’information et de la communication (Tic) sur le plan économique et social ne peut porter véritablement ses fruits dans un pays que lorsque celles-ci intègrent suffisamment la dimension du genre. Autrement dit, un accès équitable entre homme et femme à ces technologies qui ont fini de révolutionner les rapports sociaux à presque tout point de vue. C’est d’ailleurs dans cette démarche que s’inscrit la première édition de la conférence régionale pour l’Afrique sur l’intégration de la dimension du genre dans les politiques et programmes du secteur des Tic.

A l’Initiative de l’Unesco et en partenariat avec le ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Onu-Femmes, le Centre de la Cedeao pour le Développement du genre, la World Wide Web Foundation, l’Alliance pour l’Accès à l’Internet (A4ai), la Banque africaine de développement et Facebook, cette rencontre se veut une plateforme de réponses « aux défis et aux opportunités de la société de l’information et de la connaissance. » Elle vise à créer des alliances pour accélérer l’intégration de la dimension genre dans la politique des Tic en Afrique francophone et  à mettre en place « un réseau de pairs entre les gouvernements d’Afrique francophone et, en particulier, les ministères et les agences chargées d’élaborer des politiques et des programmes qui exploitent le pouvoir d’accès à l’information pour atteindre les Objectif de développement durable (Odd), et plus particulièrement en ce qui concerne l’égalité des genres ». La rencontre de Dakar regroupe une centaine de participants issus d’une vingtaine de pays dont le Mali, le Burkina, le Kenya, la Tunisie et le Cameroun.

Pour le ministre sénégalais de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, la dimension Genre et Tic constitue un enjeu « important » pour le développement de « nos » communautés et « nos » nations entières. Selon Abdoulaye Baldé, cette conférence contribue à accélérer l’intégration de la dimension genre dans les politiques du secteur des Tic en Afrique francophone. « Notre rencontre ouvre de nouvelles pistes pour l’innovation et l’entreprenariat numérique afin de relier davantage les citoyens africains et de faciliter davantage leur intégration », a-t-il indiqué, ajoutant que le Gouvernement du Sénégal va poursuivre les politiques visant à réduire la fracture numérique.  

Un enjeu développement
Si l’accès équitable aux Tic est un défi mondial, Adalbert Nshimyumuremyi de la Banque africaine de développement (Bad) pense que la situation est beaucoup plus difficile en Afrique où les avantages du numérique souffrent davantage de répartition déséquilibrée. C’est pourquoi, a-t-il ajouté, la Bad a approuvé un programme de 10 millions de dollars à travers la mise en place d’une plateforme numérique visant 50 millions de femmes dans le continent.

D’après le directeur du Bureau régional multisectoriel de l’Unesco, Gwang-Chol Chang, « l’accès  à l’information et l’implication des femmes dans l’innovation et l’entrepreneuriat numérique joue un rôle clé pour positionner l’Afrique et les jeunes femmes africaines en particulier dans une trajectoire de développement inclusif et durable. » C’est pourquoi, pense-t-il, les femmes devront être non seulement des consommatrices et de contenus numériques, mais davantage d’importantes créatrices de contenus locaux.

Ibrahima BA

 

Rencontré à la sortie de la cérémonie de clôture du 20e Festival du cinéma africain de Khouribga (Maroc), le musicien congolais Rey Lema nous a parlé de son rôle de membre du jury de ce rendez-vous du septième art. A 71 ans, le talentueux pianiste, véritable globe-trotter vivant à Paris, annonce la sortie prochaine d’un nouvel album et rappelle à la jeune génération d’artistes du continent que la musique est un métier à prendre au sérieux…

Qu’est-ce cela vous fait d’être membre du jury d’un festival de cinéma ?
C’est une fonction très complexe. Oui vraiment. Mais en même temps, très intéressant, parce que ça m’a permis de croiser un milieu qui est très riche. Parce que le cinéma, contrairement à tous les arts, n’est pas seulement un art, mais une industrie. Ce sont tous les arts qui se croisent en même temps. Et juger tous les arts qui se croisent est un exercice affolant.

Et lequel des films vous a le plus marqué ?
On vient de vous donner les résultats, la presse parlez-en d’abord.

En tant que musicien et artiste, comment trouvez-vous le cinéma africain ?
Le cinéma africain, moi j’y crois beaucoup, parce que comme je viens de vous le dire, le cinéma est une industrie et en tant que telle, si nos dirigeants comprennent sa dimension industrie, c’est-à-dire un moteur économique, avec les talents que nous avons, ça peut tirer le continent vers le haut très rapidement. Voilà ce que j’ai senti.

Concernant votre carrière musicale, comment cela se passe-t-il pour vous après tant d’années ?
Écoutez, je suis tout le temps sur les routes, sur scène dans les hôtels ; ma particularité est que tantôt je tourne en piano solo, tantôt en duo, tantôt en quintet, en symphonie… Cela fait que je ne peux même plus en parler. C’est comme demander à un maçon qu’est-ce que vous pensez de la maçonnerie (rire). Je remercie tous les jours Dieu de m’avoir donné ça. Il faut que j’assure, je garde la santé parce que c’est très éprouvant comme métier.

Et peut-on vous imaginez toujours là dedans ?
J’espère que j’y serai aussi longtemps que Dieu me donnera la vie.

Y aurait-il une relève à Ray Lema ?
Je suis très occupé avec l’éducation, je fais beaucoup de workshops, je m’occupe des jeunes artistes. Parce que je pense à mon niveau aujourd’hui, je suis responsable, par mon expérience, par mon âge. Je fais tout pour essayer de communiquer plus que je peux avec les plus jeunes. Pas seulement dans mon pays, on m’invite partout dans le monde. Il y a des diasporas africaines même jusqu’en Chine. Peut-être qu’en Afrique, c’est plus compliqué avec mon instrument qui est le piano ; il n’y a pas beaucoup de pianos en Afrique… Chaque fois qu’on m’invite en Afrique, ici par exemple, ils voulaient que je joue. Mais quand je suis allé voir le piano, c’était un petit clavier comme ça (il fait le geste avec les doigts). Donc je leur ai dit non, ce n’est pas un piano ça.

Travaillez-vous sur un projet ou album musical en ce moment ?
Actuellement, je suis sur mon prochain album. Il sera très jazz,  

Vous en êtes à combien d’albums dans votre carrière ?
Hum, mon Dieu, là vous posez une question très complexe. Je ne les compte plus, il y en a beaucoup, vraiment.

En tant qu’artiste, connaissez-vous toutes les variétés de la musique africaine ?
L’Afrique est un continent énorme  ! Donc c’est impossible pour un musicien de connaître toute l’Afrique. C’est impossible !

Mais vous suivez quand-même les jeunes musiciens qui font de l’Afrobeat, du Ndombolo, du Mbalax, entre autres. …
Ha oui, oui ! Parce qu’il y en a beaucoup qui m’envoie leur produit pour que je réagisse. Donc je les suis. Le seul problème est que, prenez l’exemple du festival de cinéma que l’on vient de voir. Toutes ces musiques-là ne peuvent pas accompagner l’image. En musique, on ne peut pas y arriver parce qu’on danse ou on a un beau visage. C’est vraiment un métier. Il faut que les Africains sachent que la musique est un métier, et ce n’est pas seulement sortir des tubes et danser. Ce n’est vraiment pas seulement la danse…. Mais pour cela, je ne me sens pas en missionnaire pour aller dire ça à tout le monde. A chacun de suivre son destin.

Propos recueillis à Khouribga, par Omar DIOUF

 

La filiale de l’Agence française de développement (Afd) dédiée au secteur privé, l’Afd, Bpifrance et La French Tech lancent la 2ème édition du challenge Digital Africa. Ce concours d’innovations pour relever le défi de la transition numérique en Afrique est ouvert aux startups jusqu’au 22 octobre prochain.

A l’occasion du 40èmeanniversaire de Proparco, la filiale de l’Agence française de développement dédiée au secteur privé, l’Afd, Bpifrance et La French Tech lancent la 2ème édition du « Challenge Digital Africa ». Selon un communiqué, ce concours d’innovations numériques en faveur du développement durable est ouvert aux startups. « Ils ont jusqu’au 22 octobre pour déposer leur projet en ligne sur digitalafrica.afd.fr », informe le document écrit.

Pour la seconde édition de Digital Africa, les startups sont invitées à proposer des projets innovants en rapport avec les thématiques suivantes: Territoires (défi urbain, transformation rurale, smart city…), citoyenneté (e-gouvernement, engagement, activisme, nouveaux médias...), savoirs et Créativité (éducation, formation, industries créatives et culturelles), Environnement et Climat (greentech, cleantech, transports durables, économie bleue, énergies…).

La pertinence des solutions imaginées, leur faisabilité, leur durabilité et leurs impacts potentiels en termes de développement seront au cœur du processus de sélection.

L’ensemble des lauréats bénéficieront d’une visibilité sans précédent et de l’accès à un réseau mondial de partenaires, clients, investisseurs. Ils intègreront une communauté qui rassemble les meilleurs talents de l’innovation numérique en Afrique et pour l’Afrique, de partage d’expériences, de pratiques.

En effet, les 5 startups africaines lauréates seront accompagnées par l’Afd au travers d’un « pack accélération », appui technique et financier personnalisé d’une valeur maximale de 30.000 euros.

Quant aux 5 autres startups françaises lauréates, elles seront accompagnées par Bpifrance qui leur offrira un pack accompagnement d’une valeur maximale de 10 000 euros pour renforcer leur expertise et développer de nouvelles opportunités sur le continent africain : formation Bpifrance Université, voyage de networking et de découverte des écosystèmes d’Abidjan et de Cape Town, auprès de la communauté des entrepreneurs français dans les French Tech Hubs.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Espéré dans les bureaux, c’est bien sur les scènes qu’il parvient à marquer son empreinte. Brillant élève devenu un bon rappeur, Omzo Dollar, figure de proue de la nouvelle génération du rap Galsen, compte « dignement apporter sa partition » dans le Game. En attendant, Omar Marafa, de son vrai nom, prépare son concert du 30 septembre à Dakar et son prochain album international « Beut ak Lamigne ».

S’il était devenu avocat, médecin, ingénieur ou journaliste, on n’aurait trouvé rien à redire. Dans les attentes de sa famille et de son entourage, ce serait tout à fait logique. Très bon à l’école, Omar Marafa se rappelle avoir plusieurs fois ramené à la maison des tableaux d’honneur et des prix d’excellence.

« Gamin,  je ne me voyais pas rappeur. J’étais assez bon à l’école, donc personne ne s’attendait à ce que je devienne un jour rappeur. Ma famille l’espérait le moins du monde. Etant enfant déjà, je sautais des classes, j’amenais souvent des tableaux d’honneur à la maison et des prix d’excellence», se souvient t-il. Mais de sa vie, le destin en a décidé autrement. Omar devenu « Omzo Dollar » est bien un rappeur.  Un rappeur qui, de surcroît, marche fort par ces temps qui courent.

En l’espace de cinq ans de présence scénique, il a su se trouver un public. D’origine nigérienne, il est né et a grandi au Sénégal. Il dit toutefois connaître la culture nigérienne et en parle même une langue. Il dit n’y être pas retourné depuis 2008, mais aimerait bien y aller à nouveau.  « La passion du rap m’est venue en 2006, mais je suis devenu rappeur depuis 2012. Cela fait tout juste cinq ans que je consacre le plus clair de mon temps au rap. C’est en 2012 que j’ai sorti mon premier véritable projet de rap. Auparavant, la plupart du temps j’écrivais juste pour déconner. Je ne croyais pas trop à la possibilité de faire carrière. J’avais un ami qui venait à chaque recréation me clasher. Et un jour, j’ai décidé de riposter. C’est ainsi qu’un battle a été organisé », se rappelle-t-il.  L’école en question, c’était Yalla-Sur-En, refuge des « fils de… et des filles de ». Une école majoritairement fréquentée par les enfants issus des familles aisées qui habitent principalement les Sicap et alentours.

« J’ai grandi entre Sicap Karack et Mermoz. C’est pourquoi dans mes chansons, je revendique mon appartenance à la Sicap », clame Omzo. De ce battle avec un copain d’école, naît un rappeur. Il en fera, ce jour-là, baver de toutes les couleurs à son interlocuteur. Ce dernier flaire le talent inné et l’invite à former ensemble un groupe de rap. « Mes plus belles années dans le rap, ce sont celles où je n’étais pas connu. Ces années où je n’avais pas autant de succès. Dès que le succès est venu, ça a changé beaucoup de choses. Il y a eu surtout des ondes négatives. Avant d’être connu, j’étais libre d’écrire mes chansons comme je le sentais. Je ne calculais pas trop comment la chose était perçue. Aujourd’hui, je fais attention jusqu’aux moindres phrases », souligne-t-il.

Le déclic
Après la page de « Battle dans l’enceinte de Yalla-Sur-En », ce fut le déclic.  Mais au début, les jeunes débutants n’avaient pas trop de projets. C’était plutôt «underground». « Je connaissais Canabass depuis la période de Capsi Black où j’étais dans l’»underground» et me contentais d’écrire mes textes. On s’est connu là bas. Chacun faisait, de son côté, son chemin. C’est en 2011 qu’il m’a contacté pour me dire qu’il avait un studio. Il m’a dès lors proposé de travailler avec lui. C’est ainsi que la structure Buzzlab a été montée », se rappelle Omzo Dollar.

Le groupe des débutants était alors composé entre 6 et 7 membres.  C’est ainsi que la collaboration a commencé. Buzzlab, c’était avant tout une équipe ou une bande d’amis. Humainement, cela lui a beaucoup apporté, reconnaît-il. « Par moment, il y a eu des embrouilles et les gars étaient toujours présents pour moi. Nous partagions des choses très personnelles. Artistiquement, cette collaboration m’a apporté de la visibilité », poursuit-il. « Je n’ai jamais voulu mettre un terme à notre collaboration avec Buzzlab. C’est juste qu’une opportunité s’est présentée avec le label Keyzit. D’ailleurs, je voulais continuer avec Buzzlab après avoir signé à Keyzit, mais il n’y a pas eu d’accord », informe-t-il.  

Avec son nouveau label, il dit avoir trouvé une opportunité de passer un palier dans sa carrière. A travers cette entente, il veut juste gravir de nouveaux échelons. Le succès ne se pointant jamais seul, il n’a pas épargné Omzo Dollar. Il est venu avec son lot de bonheur mais également de méfaits. « Maintenant que le succès est là, je suis tenu de faire plus attention aux détails. Ceci fait que nous devenons plus exposé donc certainement plus vulnérable. La moindre erreur, le moindre faux pas ouvre des attaques provenant de divers fronts. Il faut désormais faire très attention aux actes posés », affirme-t-il.  

Le jeune rappeur traine un public essentiellement féminin. Et lui dit faire une musique très appuyée qui n’est pas destinée au public féminin. « Et pourtant, les filles écoutent bien ma musique. La preuve, dans mes concerts, il y a beaucoup de filles qui chantonnent en même temps que moi. C’est dire qu’elles maîtrisent mes textes. Malgré la technicité de mon rap, elles sont là à vraiment rapper avec moi ».

Prochain album
Concernant sa collaboration avec le label Keyzit, il informe qu’une fois installée au Sénégal, l’équipe s’est renseignée et en fonction de leurs objectifs, ils se sont approchés de lui. Le contact a été établi en février. Un temps de réflexion, et il leur revient avec des conditions. On s’est mis d’accord et j’ai signé. C’est une nouvelle collaboration, une nouvelle équipe et un nouveau challenger. Ils m’ont clairement dit que je n’avais plus grand-chose à prouver au Sénégal. Ils m’ont alors demandé de penser à sortir. Cette donne a véritablement posé sur la balance car désormais, il y a possibilité d’être entendu au niveau international, dit-il tout réjoui.

 Les bases du prochain album, c’est d’essayer de travailler en vue d’amener sa musique le plus loin possible. « Ma musique est très inspirée de ce que je vis. Côté sonorité, il y aura du tout. Je ne suis pas dans une posture où j’essaie, par exemple, de m’imposer des sonorités africaines.

Le rap est une musique universelle, il y a des langages et des codes liés et quand c’est bon, on peut partout le consommer. Je n’ai pas envie de m’inscrire dans une spirale dédiée pour faire sortir mon rap. J’ai envie d’être original, authentique », cadre-t-il.

Pour son concert du 30 septembre à Dakar, Omzo y voit un challenge. Car, dit-il, il est le premier rappeur Galsen qui fera un concert au Monument de la Renaissance. Depuis, seuls des artistes étrangers avec notoriété internationale ont eu à s’y produire. « Rien que pour le fait que je sois le premier rappeur Galsen à s’y produire, cela doit rendre la fête encore plus belle. C’est une manière de dire aux Sénégalais qu’on peut le faire. Cela nous appartient et on ne doit pas en avoir peur. C’est une façon également de montrer que l’on grandit et qu’on essaie de faire bouger les choses », souligne-t-il.

Présentement, l’artiste dit travailler sur son premier album. Il est fort possible que celui-ci soit disponible courant décembre. Quatorze titres ont déjà été sélectionnés. L’album va, en même temps, sortir au Sénégal et à l’International et va s’appeler en wolof « Beut ak Lamigne ».

Par Oumar BA

 

Dans le cadre de ses activités du programme « Ethique et Excellence dans le Journalisme-Eej », l’Ecole de journalisme et des métiers de l’internet et de la communication (E-Jicom) a organisé, ce jeudi, un panel sous le thème : « Service de presse, chargés de communication et journalistes : quelles relations pour un meilleur respect de l’éthique et de la déontologie dans les médias ».

Le panel était une occasion pour les journalistes, les chargés de communication et les responsables de médias d’échanger sur les questions liées à la formation des journalistes, les relations entre journaliste et chargé de communication ainsi que sur la question des per diem.

Selon la spécialiste en communication Armelle Nyobe, il faut revoir la formation des journalistes pour mieux assainir le métier. « Il est nécessaire de fournir une bonne formation pour rendre plus crédibles les journalistes. Les médias doivent également renforcer leurs capacités pour mieux outiller les journalistes et les rendre forts », a-t-elle précisé. Cela permettra, selon les panélistes, d’éviter de verser dans le sensationnel comme on le note souvent dans les médias.

Les panélistes et les différents intervenants ont ensuite livré un débat passionnant sur les problèmes liés au per diem. Ainsi, les chargés de communication donateurs et les journalistes receveurs ont longuement débattu sur ce phénomène qui pollue, selon certains, le métier de journaliste et le rend soumis au donateur. Ce qui peut biaiser l’information et hypothéquer la liberté du journaliste qui peut recevoir des pressions de la part des chargés de communication. Selon Ousseynou Diakhaté, panéliste et chargé de communication de Kosmos Energy, les chargés de communication ont un grand rôle à jouer dans la lutte contre les per diem. Pour lui, il faut faire « un tri des bons journalistes pour travailler avec eux dans le long terme et les assister à la formation ».

Pour Coumba Sylla, journaliste freelance, il faut impérativement lutter contre les per diem : « Un journaliste indépendant ne prend rien », a-t-elle affirmé. « Le per diem expose les journalistes au lobbying et décrédibilise le métier ». Il engage la responsabilité individuelle du journaliste. C’est son éthique qui est enjeu. « Un journaliste qui se respecte ne doit rien prendre dans l’exercice de sa fonction », a-t-elle ajouté.

Abba BA (stagiaire)

La 5ème édition de « The Meal Senegal » dont le thème est « Femmes, entreprenariat, agriculture et consommer local », est prévue, cette année, ce samedi 23 septembre à Dakar, sur les deux voies de Sacré-Cœur, en face de la Boulangerie jaune.

L’événement se déroule dans plus de 60 lieux dans le monde. « The Meal » est une manifestation de solidarité internationale et de partage. C’est aussi une action non violente de soutien aux paysans d’ici et d’ailleurs. C’est une occasion de rendre hommage à ces hommes qui font vivre l’humanité. Il s’agit, en effet, de se réunir en grand nombre, simultanément en de nombreux endroits de la planète, pour partager un repas afin de soutenir les paysans du monde entier, plaider en faveur de la souveraineté alimentaire, du droit d’accès des populations autochtones aux ressources naturelles, telles que la terre, l’eau, les forêts et les semences.

Les manifestations seront relayées par vidéo conférence avec l’objectif de souligner le caractère planétaire de ce rendez-vous communautaire. Cette initiative louable a été entreprise par Tercons (Terroir et Consommation) et l’Association des volontaires du développement durable.

 

Une soirée de gala en célébration du 68ème anniversaire de la République populaire de Chine s’est tenue, jeudi, au Grand Théâtre national. Le spectacle a été assuré par le cirque de la troupe artistique de Hubei, une province de la Chine. En plus des échanges culturels, la fête a été l’occasion de magnifier encore la coopération et la fraternité entre les peuples sénégalais et chinois.

Deux jeunes Chinoises rejoignent le milieu de la scène en quelques secondes sur la pointe des orteils. Dans leurs tenues en pièce unique de couleurs rouge et ambre, à la mesure de leurs corps, tantôt elles effectuent des pirouettes coordonnées tantôt elles s’érigent en étage humaine. Les mouvements de reptile et les brusques résurrections pour se relever sont fidèles au nom de leur numéro, « Nirvana du Phénix ». Le prochain artiste, un acrobate de 15 ans, éblouit par son équilibre avec son numéro « Balancement des tubes ». Ses jambes frêles se tiennent sur une menue planche supportée par un tube agité. Il se permet ensuite un saut à la corde sur le même support.

Le public se croit au bout de son ébahissement jusqu’à ce que le cadi de cirque apporte quatre autres cylindres. Ajoutés à l’autre, c’est un étage de cinq tubes cylindriques superposés sur l’horizontal, avec la planche en dessus, sur lequel le garçon devra se tenir debout. Un groupe d’espiègles dans le public expriment leur pessimisme par de petits quolibets. Un premier échec du petit acrobate leur donne un peu raison. Mais leurs rires vont vite être stoppés par un beau démenti du virtuose qui escalade et trône sur son étrange étage. Un geste qui transforme vite les applaudissements d’encouragements de l’assistance par des ovations nourries. Le jeune homme se permet même un pied de nez à l’endroit des sceptiques en tournoyant de petites roues par ses avant-bras.

Symbiose musicale
L’autre fleur du spectacle germera du son. Un bon duo de l’orchestre du ballet « La Linguère » et un orchestre traditionnel chinois mené par Zhang Xiangjin. La « fructueuse coopération culturelle » saluée et louée au terme de la soirée par Birane Niang, secrétaire général du ministère de la Culture, est joyeusement exprimée par cette prestation sur le podium du Grand Théâtre national, construit de surcroît par la Chine.

Les notes douces et aiguës du guzheng (la harpe chinoise) et de l’erhu (le violon chinois) marquent l’introduction. Elles seront ensuite harmonieusement rejointes par les percussions du djembé dans une échelle, au fur et à mesure, décroissante. C’est ensuite la symbiose musicale avec le ruan (guitare chinoise) et le yang qin (balafon chinois) qui épousent mélodieusement leurs jumeaux locaux. Un duo musical et culturel qui ravit les spectateurs jusqu’à l’extase. Un sentiment agrémenté par la chorégraphie des danseurs de « La Linguère » déboulant dans des jupes en fines plaquettes de bois et des couronnes de perles et cauris. Le rythme musical baissera d’un bon ton et sera plus solennel quand la co-animatrice de la soirée (avec le Senseï Alioune Sarr de la 2Stv) se muera en chanteuse.

Elle est, en fait, cantatrice d’opéra, et gratifie elle aussi le public d’une belle avalanche de sopranos. Avec la série, difficile de définir le clou du spectacle. Surtout que le prestidigitateur subjugue encore le public avec les oisillons qu’il pond de la paume de sa main droite et les piles de cartes qu’il crache et sort de presque partout.

L’ambassadeur de la Chine au Sénégal, S.E. Zhang Xun, s’est tout aussi réjoui du spectacle qui aura duré deux heures. Il a surtout remercié la foule pour son enthousiasme malgré la forte chaleur dans la salle. Le diplomate a enfin magnifié l’amitié et la fraternité entre les deux peuples et appelle de tous ses vœux que ces genres d’évènement se multiplient.

Mamadou Oumar KAMARA
 (stagiaire)

 

Le nouveau ministre de la Culture entend mettre l’accent sur l’identité nationale. Abdou Latif Coulibaly s’est engagé à participer à bâtir et à consolider « notre » identité avec l’ensemble des acteurs du monde culturel et le soutien massif de l’ensemble du gouvernement et du président de la République.
 
« Tout développement, pour être viable, doit se construire autour d’une identité. Celle de notre pays, l’identité nationale, depuis des années, on l’a construite mais elle n’est jamais achevée. J’y prendrai part. J’apporterai ma responsabilité et ma contribution si maigre soit-elle », a-t-il indiqué.  Le ministre a déclaré également qu’il va « discuter avec les acteurs culturels et les professionnels sur les grands projets et programmes ainsi que de tout ce qui peut contribuer à asseoir et à fortifier l’identité du Sénégal ».

I. BA

La passation de service entre Mbagnick Ndiaye, ex-ministre de la Culture, et son successeur, Abdou Latif Coulibaly, s’est déroulée, hier, dans une ambiance conviviale. Cette cérémonie protocolaire s’est tenue en présence d’une forte délégation des acteurs culturels et du personnel du ministère.

Ambiance conviviale, émotion contagieuse. La passation de service entre le désormais ex-ministre de la Culture, Mbagnick Ndiaye, et son successeur, Abdou Latif Coulibaly, s’est tenue, hier, dans une atmosphère positive et relaxe.  Après trois années à la tête du département de la Culture, Mbagnick Ndiaye n’a pas seulement été un ministre. Il a su créer un lien particulier avec son personnel mais aussi une bonne partie des acteurs culturels. Ces derniers sont venus nombreux témoigner au ministre sortant amitié et fidélité. D’où les nombreux cadeaux qui lui ont été décernés en guise d’au revoir.
Dans son discours, Mbagnick Ndiaye a tenu d’emblée à exprimer sa reconnaissance au président de la République et au Premier ministre.  Le ministre a tenu également à rappeler à son successeur les dossiers les plus urgents dans le secteur de la Culture comme l’organisation prochaine du Festival national des arts et cultures (Fesnac) à Louga, le projet de la réhabilitation des sites du patrimoine culturel et religieux, le mémorial du bateau le « Joola ». A cela, s’ajoute le dossier de certaines institutions comme le Grand Théâtre national, le Monument de la Renaissance africaine ou la Place du souvenir africain. Mais également la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar.

Projets et initiatives nouvelles
M. Ndiaye a insisté également sur la nécessité sauver les Editions africaines du Sénégal, qui sont dans une situation « extrêmement difficile ». Evoquant le bilan de ses trois ans à la tête de la Culture, il a informé que celui-ci se résume autour de la consolidation des acquis, la finalisation des projets anciens et la mise en route de projets et d’initiatives nouvelles. « Je pars avec beaucoup de plaisirs parce qu’on a réalisé beaucoup de choses », a dit le ministre Mbagnick Ndiaye.

Pour sa part, le nouveau ministre de la Culture a adressé ses remerciements au président de la République et à son Premier ministre.
Pour Abdou Latif Coulibaly, « porter le sacerdoce d’un ministère est une grande responsabilité, un honneur et un devoir ». Au ministre sortant, il a exprimé « sa fierté de reprendre le flambeau », tout en se félicitant du bilan de Mbagnick Ndiaye. « Il faut être profondément injuste pour dire autre chose que vous avez très bien travaillé. Vous avez préparé un terrain favorable pour que je puisse développer  ma mission avec beaucoup de bonheur. Vous recomposez  une vision globale de la culture qui ne se résume pas à quelques aspects… », a-t-il indiqué.                    

….Et à Abdoulaye Bibi Baldé
L’ancien ministre de l’Environnement et du Développement durable a pris fonction, hier, comme nouveau ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique. Abdoulaye Bibi Baldé a promis de s’inscrire dans la continuité en privilégiant le dialogue.   

Abdoulaye Bibi Baldé, nouveau ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique a pris officiellement fonction. Son passage de service avec le désormais ex-ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a été une occasion de  « féliciter le président de la République pour la confiance qu’il lui accordée en le plaçant dans un ministère très  stratégique » dans le Gouvernement.

« C’est un honneur immense et une responsabilité majeure que j’accepte avec humilité et détermination pour conduire ce poste que m’a confié le président de la République, Macky Sall », a-t-il déclaré. Abdoulaye Bibi Baldé compte sur les potentialités du secteur de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique. « Je salue cette lumineuse idée du président de la République en associant Communication, Télécommunications mais surtout l’Economie numérique qui a tout son sens dans le cadre du Sénégal Numérique », a dit le ministre.

Selon lui, dans le cadre de cette mission, cela permettra d’allier la vision et la modernité avec les nouvelles technologies qui constituent une source de croissance et une nouvelle économie. Le nouveau ministre de la Communication a promis de s’inscrire dans la continuité en privilégiant la concertation et le dialogue avec l’ensemble des acteurs en vue d’arriver à une communication gouvernementale « plus coordonnée, plus cohérente et plus efficace ».

Financement des médias publics
De son côté, le ministre sortant, Mbagnick Ndiaye, est revenu sur les grands chantiers qu’il a entrepris dans le secteur de la communication durant les trois ans de son magistère. Parmi ces chantiers, il a cité le projet du Code de la presse, qu’il a réussi avec l’ensemble des acteurs, à faire adopter par l’Assemblée nationale. Toutefois, a-t-il tenu à rappeler à son successeur,  il  reste encore un grand chantier car les tous les textes d’application doivent être votés « très rapidement ». Sans quoi, la loi ne sera jamais opérationnelle.

Par rapport aux institutions à l’image de la Rts, de l’Aps et du « Soleil », Mbagnick Ndiaye a invité à faire en sorte que le travail qui a été entamé soit poursuivi afin que le financement des médias d’Etat puisse connaître des jours plus radieux. Par ailleurs, il a tenu à remercier les organes publics pour le travail « remarquable » qu’ils ont eu à effectuer. « Merci au « Soleil », à l’Aps et à la Rts. A chaque fois que le ministère avait besoin de leur collaboration, ils étaient là », a-t-il laissé entendre, ajoutant que cette collaboration doit continuer à être entretenue. 

Ibrahima Ba

Le film « Frontières » a été projeté, avant-hier, à l’Institut français de Dakar, à l’occasion du Festival Ciné droit Libre et de la 8ème session de formation en droit international des droits de l’Homme de la Fondation René Cassin-Institut international des droits de l’Homme, en partenariat avec la Fondation Friedrich Neumann pour la liberté. Ce long-métrage de la réalisatrice burkinabè Apolline Traoré remet au goût du jour le non-respect de la libre circulation des personnes et de leurs biens dans l’espace Cedeao. Le film « Frontières » parle ainsi de droits et d’immigration au sein de l’Afrique.

La libre circulation des personnes et de leurs biens constitue l’étoffe cinématographique du film « Frontières », réalisé par la cinéaste burkinabè Apolline Traoré. Ce long-métrage replace le problème de la migration et ses aléas. Cette projection comprend deux parties : le temps où le récit se résume à une balade traversant le paysage avec des acteurs et actrices relativement innocents. Pour la seconde étape, le récit est saccadé de peur.  

D’une durée de 90 minutes, « Frontières » réalisé en février dernier, est une « road movie » - film routier, selon les termes de la réalisatrice qui traverse l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Le film, dont sa projection entre dans le cadre de la 4e édition du festival « Ciné droit libre », s’adresse surtout aux populations qui ont des droits à défendre. En effet, cette odyssée à bord d’un bus traverse cinq pays que sont le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Bénin et Nigeria où des femmes se rencontrent (deux commerçantes Emma et Adjara) et autant de jeunes filles tout en subissant les tracasseries de la route.

Par exemple, en direction de la frontière sénégalo-malienne, Adjara, incarnée par Amélie Mbaye, fait mine d’être libre ; mais elle reverra à la baisse son espoir. Car, au poste de contrôle de police des frontières, la non possession d’un carnet de vaccination a failli lui causé des ennuis. Si l’agent en faction lui demande 20. 000 FCfa au lieu des 6. 000 FCfa prévus, Adjara va recourir à ses atouts de séduction qu’elle est partie déployer dans le bureau du chef de poste… Un voyage périlleux de sept jours à la fois comique, touristique, mais surtout dramatique. Il y a une traumatologie aux rythmes de dissimulation de marchandises abhorrées (l’or), de viol, vol, corruption, d’accidents, de braquage à morts. Certains vont recourir à des rabatteurs pour passer entre les mailles du filet.

Coût de 300 millions de FCfa
Pour la réalisatrice, les Etats savent ce qui se passe sur les routes avec leurs lots de désolation. « Quand vous avez un douanier ou un policier qui est sous-payé et qui travaille énormément, comment peut-on régler ce phénomène de corruption », s’interroge la réalisatrice.

Apolline Traoré dit avoir rencontré plusieurs ministres et chefs d’Etat après la projection de ce film, dont elle a commencé à écrire le scénario en 2014, avant de démarrer le tournage deux ans après, pour un coût de 300 millions de FCfa. « Je m’adresse surtout à la population pour lui dire qu’elle a des droits, en faisant ce film. Si les spectateurs, les commerçantes, les citoyens sortent de là (de la projection) en disant : Ha ! Finalement, j’ai des droits, je peux me défendre, j’aurais gagné », déclare celle qui a fait trois semaines d’expédition pour la rédaction de ce scénario.

Pourtant, Apolline Traoré n’a pas la prétention de changer le cours normal des choses avec ce film très réaliste. La réalisatrice a eu des ennuis pour filmer au Nigeria tout comme l’une de ses actrices, Amélie qui s’est vu refuser l’accès à ce pays, car ne détenant comme document d’identité qu’une carte biométrique de la Cedeao.

Avant-hier, après la projection, au chapitre des réactions, le conseiller technique du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Thié Yacine Fall, a laissé entendre que le phénomène migratoire constitue un des enjeux majeurs pour la paix dans le monde.

Pour sa part, l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, rappelle que son pays entend porter ces valeurs de droits de l’Homme. « Nous n’avons pas le monopole. Ce n’est pas parce qu’en 1789, nous avons en quelque sorte cristallisé ces concepts que nous devons nous en sentir propriétaires. La beauté des droits de l’Homme, c’est leur universalité. Ce sont tous les Etats qui ont signé, par exemple, le Pacte sur les droits civiques et politiques de 1966 », a-t-il déclaré.

Les discussions sur les migrations se poursuivront avec les projections d’une dizaine de films le temps du Festival Ciné Droit Libre. Dans un programme remis aux spectateurs, on mentionne que ce sera dans plusieurs endroits de Dakar : comme à la prison des femmes de Sicap Liberté 6 (jeudi 21), à Guédiawaye (vendredi 22), au complexe Léopold Sédar Senghor de Pikine et au Goethe Institut (samedi 23 septembre).

Serigne Mansour Sy CISSE

« FrancoFonic », c’est le titre du maxi Cd de l’artiste-compositeur et animateur radio, Nicolas Job. Il y explore plusieurs univers de sens et met en lumière son génie poétique libéré par sa passion du verbe. Ce produit est un avant-goût de son album dont la sortie est prévue en 2018.

« Je suis un passionné et je veux aller au bout de mes rêves, quelles que soient les difficultés. Depuis toujours, je prends un immense plaisir à écrire des chansons » ; ceux, qui sont férus de la belle parole qui enchante et secoue, éprouveront sans doute, à l’écoute de ce maxi Cd, la même jouissance. Ce produit de cinq titres, qui vogue dans plusieurs univers d’humanité, distille à la fois des sens et des délices à travers le slam, le champ musical de prédilection de Nicolas Job, également animateur à la Radio Sud fm. Il est un avant-goût de son album de 20 titres « « Ek-Lek-Tik » dont la sortie est prévue en 2018. Ces cinq morceaux témoignent des préoccupations de l’artiste, de sa vision de ce monde embrumé, de ses appréhensions. De l’environnement dans le morceau « Mature nature » à cette humanité de terreur avec « Je suis le monde », l’auteur du single « Fatigué de vivre, peur de mourir » accouple des mots et des sentiments. Les trois autres titres, « « Ange étrange », « je suis il », « on dit que je ne suis pas sage » donnent à voir la riche palette du fils d’Idrissa Diop, figure de grande réputation de la musique sénégalaise.

Nicolas Job dessine son « macrocosme » et affirme franchement son identité artistique dans une poésie qu’on pourrait qualifier de philosophique et de spirituel en cela qu’elle est portée vers une métaphysique dépouillée de son abstraction. Les textes, écrits en Français comme pour faire écho au titre « FrancoFonic », déroulent des vies pour ne pas les fixer prétentieusement. C’est que Nicolas Job a pris le soin de bien s’entourer dans cette entreprise à la fois humaine et artistique. Il a, en effet, collaboré avec des personnes et des structures de renommée enviable dans le monde de la musique comme Ryan de Chronik 2H, Jean Pierre Senghor le directeur artistique de ce projet, et Wagëblë. Son ivresse lyrique et son inventivité ont fait le reste.

Il l’a dit lui-même, par modestie sans doute, « Le talent n’existe pas. Le talent, c’est d’avoir envie de faire quelque chose ». Ses envies de communiquer avec le public, même avec celui-là presque confidentiel du Slam, d’atteindre d’autres rivages de valeurs, de découvrir, de partager sa vision et ses émotions, entretiennent la flamme ; celle qui ne le confine pas dans le rôle de « faiseurs d’étoiles », la carrière d’animateur-radio entamée en 2001. Car, en réalité, Nicolas Job ne fait que s’abandonner à ses premières amours. Le concours télé « Oscars des Vacances » avait déjà, en 1999, révélé au monde ses prédispositions. La créativité dont il a fait montre dans ce maxi Cd en est une illustration poétique achevée.

Alassane Aliou MBAYE

 

Dans le cadre des échanges culturels sino-sénégalais et à l’occasion de la célébration du 68ème anniversaire de la République populaire de Chine, la Troupe artistique de la province du Hubei, composée de 33 personnes et envoyée par le ministère de la Culture de Chine, donnera un spectacle mélangé de danse, de chant, d’acrobatie, de prestidigitation, d’opéra chinois et des instruments traditionnels aujourd’hui, jeudi 21 septembre à 20h00 au Grand Théâtre National.
Sous la présence de l’ambassadeur de Chine au Sénégal, Zhang Xun, et du représentant du Gouvernement sénégalais, ledit spectacle présentera au peuple sénégalais les multiples facettes de la culture chinoise.

 

Les fondatrices de « L’apéro itinérant » ont procédé, vendredi dernier, au lancement officiel de leur plateforme. Une start-up fondée il y a un an et qui vise à valoriser les cultures africaines à travers des voyages dans le monde entier et particulièrement en Afrique.

Elles sont ambitieuses et elles ont un objectif : la valorisation des cultures africaines. Pour ce faire, à chaque trimestre, un voyage sur deux se fera sur le continent africain. « L’idée au départ, de façon littérale, c’est un apéro qui se déplace dans Dakar et permet de découvrir des endroits qui sont méconnus du grand public, c’est également une idée de culture. Il y a tout un panel de communauté à Dakar qui ne se fréquente pas et l’idée était justement de briser cette barrière et de les réunir autour d’un apéro de terrasse en terrasse dans divers endroits de la ville pour échanger entre personnes de différentes cultures, de différents horizons », a fait savoir Binta Mbengue, fondatrice de «L’apéro itinérant».

Après l’intérêt noté chez les participants qui devenaient de plus en plus nombreux Binta Mbengue et Bea Blondin, sa collaboratrice, vont tenter de reproduire l’expérience à travers le  reste du monde. Pour le premier voyage qui se déroulera aux îles Canaries pour dix jours du 18 septembre au 27 septembre prochain une équipe de 14 personnes, tous des africains, y participera. Parmi elles, huit « influenceurs » sénégalais sont déjà choisis pour partager ce qu’ils font et ainsi valoriser la culture sénégalaise. Ces derniers sont dans le domaine de la musique, de l’art culinaire, de la mode, entre autres.

En retour, des influenceurs des îles Canaries vont également partager avec eux des expériences et leur faire découvrir leurs villes. « Ces derniers vont nous expliquer quelles sont les choses intéressantes à découvrir en termes de culture dans leurs villes. L’idée est de mettre en avant les valeurs intrinsèques des différentes villes visitées », a expliqué Bea Blondin, co-fondatrice de «L’apéro itinérant». A l’issue de chaque voyage, un court métrage montrant les différentes facettes des villes visitées sera mis à la disposition du public à travers leur plateforme.

Alioune Badara DIATTA
(stagiaire)

 

La 34ème édition des Journées européennes du patrimoine (les 16 et 17 septembre) a été l’occasion pour l’Institut français, en partenariat avec le Collège universitaire d’architecture de Dakar, d’organiser une conférence sur le thème « Jeunesse et patrimoine ». Les intervenants ont mis en exergue la nécessité de construire une conscience du patrimoine pour sa préservation et son appropriation par la jeunesse.

Les questions liées au patrimoine sont porteuses d’enjeux et en soulèvent d’autres qui perpétuent ou remettent en cause des idéologies, des pratiques. Et dans ce vaste champ de contradictions, une chose demeure au moins manifeste : le patrimoine dessine le cheminement des communautés et pointe certaines singularités. La question de sa préservation est encore plus prégnante dans un monde en perpétuelle mutation et en quête continue de sens. Au Sénégal, la notion de patrimoine offre à voir une double lecture. Sur le plan institutionnel, elle est assumée. Elle est souvent une abstraction dans les consciences collectives ; ce qui constitue un écueil pour sa préservation.
Abdoul Aziz Guissé, directeur du Patrimoine, dans sa communication qu’il a ainsi intitulée « gestion des paysages historiques urbains au Sénégal », est revenu sur le cadre administratif et sur celui-là législatif pour saluer la vision du président Léopold Sedar Senghor. Mais, il est, selon lui, permis de s’interroger sur la nécessité de la réactualisation de la loi de 1971 fixant les régimes des monuments historiques et des fouilles pour les sites archéologiques dans un contexte marqué par des mutations rapides.

Toutefois, indique-t-il, le cadre législatif existant permet de protéger le patrimoine. Faudrait-il juste, à ses yeux, que les efforts déployés au niveau institutionnel soient accompagnés d’une sensibilisation des populations et d’une implication plus marquée des collectivités territoriales, premières sentinelles dans cette entreprise collective. Il en est de même de la réhabilitation du patrimoine qui requiert de la technicité et une bonne compréhension des enjeux par les communautés locales.

Patrimoine colonial
L’architecte, Xavier Ricou, a montré à l’assistance une iconographie de Dakar à une certaine époque qui renseigne sur la nécessité de donner au patrimoine une place centrale dans la construction du futur. Dans sa présentation qu’il a intitulée « Histoire et patrimoine de la ville de Dakar », celui qui est le directeur des Nouveaux projets de l’Agence nationale chargée de la promotion de l’investissement et des grands travaux (Apix) a mis en lumière la richesse du patrimoine de Dakar en partant du début de son urbanisation à partir de Gorée au 15e siècle en passant par sa fondation en 1857.  

L’auteur de « Trésors de l’iconographie du Sénégal colonial », à travers ce voyage dans le temps, fait redécouvrir l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française et certaines de ses infrastructures qui résistent encore au temps, à l’homme et aux volontés de modernisation qui font que le patrimoine est en danger constant.

L’architecte Jean Charles Tall, et ses « questions qui fâchent », a, quant à lui, axé son intervention sur « Jeunesse et patrimoine » pour appeler à construire une conscience du patrimoine. Il y a, selon le président du Conseil d’administration du Collège universitaire d’architecture de Dakar (Cuad), une prééminence du patrimonial colonial qui fonde sa réflexion. Il est impérieux de structurer la mémoire, le patrimoine et de savoir ce que celui-ci nous apprend sur nous-mêmes.

« Quand on parle de littérature, on ne cite que celle-là française. C’est un problème. Et les exemples foisonnent ». Le décalage entre notre production et nos besoins et le sens que nous donnons au patrimoine aujourd’hui n’incitent pas la jeunesse, à l’en croire, à se l’approprier.
La question « A quoi sert le patrimoine » souvent posée par certains y trouve tout son sens. Ces journées du patrimoine ont également permis, grâce à une randonnée organisée par le Cuad de découvrir les trésors architecturaux peu connus du patrimoine bâti sénégalais.

Alassane Aliou MBAYE

 

Moins de cinq mois après le forum sur l’initiative de la Nouvelle route de la soie appelée aussi Ceinture et route, le journal chinois Le Quotidien du peuple (People’s daily) a décidé de vulgariser cette initiative chère à la Chine. Il a annoncé, hier, la mise sur pied d’un centre destiné à renforcer la coopération entre les médias chinois et internationaux sur l’initiative cette initiative.

En vue de promouvoir la coopération avec les médias dans le cadre de l’initiative de la Ceinture et de la route, le Quotidien du peuple (People’s daily) a, hier à Dunhuang, mis sur pied un centre médiatique pour stimuler la coopération entre les médias chinois et étrangers. Cette structure a été mise sur pied lors du quatrième forum 2017 de la coopération des médias sur l’initiative de la Ceinture et de la route.

La structure qui se veut un think tank est dirigée par le Professeur émérite Colin Mackerras de l’Université Griffith d’Australie. D’après le président du journal, Yang Zhenwu, du Forum de coopération médiatique 2017 sur l’initiative Une Ceinture, une Route va prendre six mesures spécifiques. Il s’agit, précise-t-il, de la publication d’un livre bleu sur la coopération des médias « Une Ceinture, une Route », du lancement d’un centre de recherche international, du lancement d’un centre de coopération « Une Ceinture, une Route » et d’un mécanisme d’interviews conjoint « Une Ceinture, une Route », l’établissement d’une union de coopération pour la coopération régionale « Une Ceinture, une Route », la création d’un institut de recherche culturelle et la publication de la version anglaise de la série de livres « Ode à la Route de la Soie ».

Le forum des médias a débuté à Dunhuang, dans la province du Gansu au nord-est de la Chine. Il va se dérouler du 16 au 21 septembre courant. La première partie de ce forum se tient à Dunhuang et la seconde va se tenir à Beijing, la capitale de la Chine. En dehors de la cérémonie d’ouverture qui s’est tenue, les  participants ont pris part à trois panels dont les thèmes étaient : « Coopération médiatique globale : nouvelle vision et nouvelle mission », « Convergence médiatique : nouveau concept et nouvelle technologie » et « Impact de l’initiative de la ceinture et de la route sur l’économie mondiale : nouvelle dynamique et nouvelle opportunité ». Auparavant, ils ont effectué des visites aux sites historiques de la Montage de la pagode et des Caves de Mogaos classées au patrimoine mondial de l’Unesco.

Ils ont aussi visité le parc agricole moderne de Zonghzhai dans le désert d’Atacama et le projet éolien de Kelu Wind Power entre autres. Les travaux vont se poursuivre à Beijing le 21 septembre 2017.

En 2013, le Président chinois Xi Jinping a proposé de construire conjointement la ceinture économique de la Route de la Soie et la Route de la Soie maritime du 21e siècle, ouvrant de nouvelles opportunités de construction et de partage en commun, ainsi qu’une coopération mutuellement bénéfique et gagnant-gagnant. A en croire Yang, l’initiative Une Ceinture, une Route a créé un nouveau concept pour la gouvernance mondiale, élargi la marge de manœuvre pour la coopération internationale et établi un modèle dans lequel différentes civilisations peuvent apprendre les unes des autres.

Forum de 460 professionnels des médias
En plus des 160 journalistes chinois, c’est plus de 460 professionnels des médias dont 303 journalistes étrangers provenant de 127 pays et 256 médias ont pris part à ce forum du Quotidien du peuple dont la première édition date de 2014. Ce forum donc, souligne Yang, est comme une offre sincère pour formuler une voie rapide d’information, détruire les barrières émotionnelles, élargir le « cercle d’amis » et former un cercle culturel concentrique.

Il a « un puissant effet magnétique, car il a continué de croître au cours des quatre dernières années » et se veut aujourd’hui, comme étant « le rassemblement médiatique mondial le plus représentatif et le plus influent qui soit organisé par un média chinois traditionnel ».

Le Quotidien du peuple  est appelé en chinois « Renmin Ribao ». C’est l’organe du Comité central du Parti communiste chinois (Pcc). « Doyen » de la presse écrite chinoise, il est aujourd’hui le premier quotidien du pays. Le Quotidien du peuple tire trois millions d’exemplaires.

C’est le journal chinois classé par l’Unesco parmi les dix plus grands du monde. Il édite 23 autres titres spécialisés dont le très populaire Global Times. Le 21 août 2000, il inaugure officiellement son site web : http://www.people.com.cn/,  lequel produit chaque jour 3 500 dépêches en moyenne. Ce portail contient 31 chaînes d’informations, dont les 12 plus importantes sont « Politique intérieure », « Actualité internationale », « Point et Opinion », « Économie », « Science et Éducation », « Société », « IT ».


Aly DIOUF, Correspondant en Chine

 

Conflit de génération, absence du droit à l’oubli, forte présence des « Fake news …, l’avènement massif des réseaux sociaux, ces dernières années, n’a pas seulement ravi la vedette au Web. Il a fortement contesté la  première place qu’occupaient les médias classiques en tant qu’instruments d’information destinés aux citoyens.

Que ce  soit WhatsApp, Facebook, Twitter ou Snapchat, entre autres, l’arrivée massive des réseaux a complètement renversé la hiérarchie au sein de la toile. Au-delà de bouleverser les habitudes de fonctionnement privé et professionnel, ces nouveaux instruments à la disposition du citoyen ont fait passer les internautes du statut de simples utilisateurs à des producteurs et éditeurs d’informations. Dans cette nouvelle configuration caractéristique du Web 2.0,  les médias classiques (presse écrite, radio et télévision) sont obligés de faire face à ce nouveau paradigme du journalisme citoyen. Les réseaux sociaux sont devenus le premier véhicule d’information. Ce faisant, a rappelé le journaliste Adama Sow, qui s’exprimait, hier, dans le cadre de la tenue de Intercomm 2017, la fonction d’informer qui était exclusivement dévolue au journaliste a été fortement remise en cause par ces nouveaux médias. S’exprimant sur le thème du premier panel : « Du Web aux réseaux sociaux », il a informé qu’aujourd’hui, « tous les citoyens détenteurs de connexion à Internet » peuvent jouer ce rôle qui était jadis réservé aux hommes des médias. Face à cette situation, Adama Sow a estimé que les professionnels doivent investir le champ du journalisme d’investigation et de décryptage.  

Ce changement au niveau du mode de consommation des informations avec l’envol des « Fake news » pose, selon le consulteur et formateur en nouveaux médias, Mountaga Cissé, un véritable problème par rapport à la vérification des faits. « On doit faire attention. Il y a problème si on arrive à un stade où on ne croit plus à la presse », a-t-il déclaré, fustigeant l’absence de suivi de l’information pour permettre aux citoyens d’éviter certains pièges. M. Cissé n’a pas été aussi tendre avec certains sites d’information passant à côté des bonnes pratiques en journalisme. C’est pourquoi d’ailleurs, il a informé qu’un projet de labellisation de la presse en ligne est en train d’être mené par l’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (Appel) du Sénégal. Cela, pour pousser les acteurs à un travail et un contenu de qualité.

Dans le même ordre d’idées, le journalist-blogger, consultant et formateur web 2.0, Basile Niane, a déploré l’existence de 300 sites au Sénégal qui offrent le même contenu. Pour pallier les effets négatifs des réseaux sociaux, il a insisté sur la nécessité de changer la donne.

Ce panel s’inscrit dans le cadre du programme des activités de Intercomm 2017 qui célèbre, cette année, les 25 ans d’Internet au Sénégal. L’évènement est aussi une occasion de réfléchir à travers une session live sur le thème : « Média-culture et société ». L’objectif est de s’interroger, entre autres, sur « l’impact d’Internet par rapport aux médias classiques » et sur la société.

Ibrahima BA

Longtemps resté un moment central dans la transmission des valeurs qui fondent l’historique de la communauté mandingue, le Kankourang, classé au patrimoine culturel immatériel mondial par l’Unesco en 2005, est devenu source de violence. En l’espace d’une semaine, deux incidents majeurs ont écorné l’image d’un rendez-vous qui se veut avant tout une fête. La collectivité mandingue regrette ces incidents et appelle à l’unité et à la paix.

Moment de retrouvailles, de communion et de fête, le septembre mandingue a toujours mis la ville cosmopolite de Mbour sur les feux de la rampe depuis plus d’un siècle maintenant. La sortie du Kankourang, qui est une occasion pour les Mbourois d’origine ou d’adoption de se ressourcer, a toujours permis à la ville de reprendre chaque année un second souffle, surtout les week-ends où un monde fou venu des autres localités se déverse sur la capitale de la Petite-Côte. Mbour vibre alors au rythme du « Sowrouba », du « Kutiiroo », du « Junkurado » et du « Sabaroo », mais aussi du « diambadong », danse sacrée qui accompagne les initiés à leur entrée et à leur sortie, et qui fait aussi danser le kankourang. Mais ces dernières années, le Kankourang est devenu source de problèmes. La violence est érigée en règle et écorne grandement l'image du septembre mandingue. Les premières scènes de violence cette année ont été notées lors de la première sortie du Kankourang le dimanche 10 septembre. Des « selbés » de la collectivité mandingue ont été accusé d’avoir pris à partie un jeune répondant au nom de Mamadou Top Thiombane, habitant au quartier Santessou.

Ce dernier a été gravement blessé. Il a vite été évacué à l'hôpital où il a succombé à ses blessures le mercredi. Après cet incident malheureux, une clinique sise à Darou Salam a été saccagée le dimanche 17 septembre. Mais, cette fois-ci, ce sont les « selbés » de Pa Cissé qui ont été pointés du doigt par El Hadji Samb, propriétaire de la structure sanitaire. Ce responsable de la commission médicale et santé de la collectivité mandingue a accusé ces derniers d'avoir dérobé les recettes de sa clinique. El Hadji Kaoussou Cissé, chargé de communication du Djoudjou Cissé Kounda, a botté en touche les accusations d’El Hadji Samb. Selon lui, ce dernier raconte des contrevérités. « Nos "selbés" sont très disciplinés. On leur a inculqué des valeurs qui les empêchent de se livrer à des violences », a-t-il indiqué. Précisant que leur défi est de faire de la culture du social un moteur de développement, mais pas de commettre des violences. « Circoncire gratuitement 636 initiés prouve notre engagement. Et à chacune de nos sorties, nous informons l'autorité administrative et nous le faisons dans la plus grande discipline », a dit M. Cissé qui n'exclut pas cependant de porter plainte pour diffamation.

Les regrets de la collectivité mandingue
A la suite de ces incidents malheureux qui ont mis toute une ville en émoi, la collectivité mandingue a donné sa version des faits. Son secrétaire général adjoint, Kadialy Seydi, a dénoncé un « matraquage » de la presse qui a « relayé d’une autre manière les évènements ». Et il fallait, selon lui, « rétablir la vérité ».

A en croire M. Seydi, le garçon en question s'était armé de couteau pour infiltrer leurs « selbés ». Ces derniers l’ont maîtrisé et renvoyé chez lui. « Il est ressorti avec un autre couteau pour les menacer. Il s'en est suivi des échauffourées. Il a été blessé et a perdu la vie. La famille, dans la douleur, a accusé le coup et n'a pas porté plainte, contrairement à ce qui a été relaté dans la presse. Nous avons discuté entre frères et parents. Une délégation s'est même rendue à la maison mortuaire et a été bien reçue », a dit M. Seydi. La collectivité mandingue, a-t-il indiqué, regrette ce geste. « L'affaire est aujourd’hui entre les mains de la police qui mène son enquête », a-t-il noté. M. Seydi a également regretté l’attaque de la clinique du responsable de la commission médicale et santé de la collectivité. « Des gens sont entrés par effraction dans sa clinique, l'ont saccagée et ont dérobé de l'argent. Ce qui est sûr c'est qu'il n'a pas été agressé par les gens de notre association. Il a reconnu certains de ses agresseurs et à fait une mention à la police. Il va porter plainte », a laissé entendre M. Seydi. Selon lui, la communauté mandingue n'a pas à commettre ces actes répugnants qui n’ont été perpétrés que par des irresponsables. Pour Kadialy Seydi, le Kankourang n'est pas l'apanage des seuls « socés », mais celui de tous les Mbourois. La demande et le succès que connaît le Kankourang depuis ses débuts attestent donc, à son avis, de l’obligation de la collectivité mandingue de le perpétuer.

S. O. FALL

Les différents festivals de cinéma sur le continent africain « font du bon boulot » pour montrer les films et encourager la production.

Mais la cinématographie se porte mal, martèle le président de la fondation du Festival du cinéma africain de Khouribga (Maroc). Noureddine Sail, ancien directeur du Centre cinématographique marocain, pense qu’il faut une aide encore plus conséquente de nos Etats pour un vrai développement de la cinématographie africaine.

Que représente la célébration, la fête des 40 ans du Festival du cinéma africain de Khouribga ?  
 Ça représente la réalisation d’un rêve démarré en 1977 et qui se perpétue quarante ans après. Cela veut dire que l’idée a bien pris, que les gens de la ville de Khouribga l’ont bien adoptée. Je pense que dans ce domaine, comme dans d’autres, c’est seul le travail qui paie. Il y a des gens qui rejoignent le festival, il y a de nouvelles têtes. Mais le même esprit militant est toujours là. Ce sont des gens qui travaillent parce qu’ils aiment le cinéma, ils aiment leur ville. Et à force de vouloir ancrer le festival de Khouribga, ils arrivent en à faire un festival panafricain. Sa spécificité a toujours été la cinéphilie. Une cinéphilie profonde, qui n’a jamais varié.

On approfondit ici les films ; on approfondit le débat, les thèmes et nous ne mélangeons rien, c’est-à-dire ici, nous sommes dans le dur du cinéma. Vous ne verrez jamais ici la compétition entre séries ; mais les fictions et les longs métrages. C’est cela le génome du festival de Khouribga et de son succès en Afrique.

Et nous sommes en parfaite complémentarité, bien entendu, avec les festivals comme celui de Ouagadougou, qui accepte toutes les formules d’expressions audiovisuelles. Mais également avec le festival de Carthage qui lui, cherche à faire la complémentarité avec le monde arabe et l’Afrique. Et bien entendu aussi, « Écrans Noirs » du Cameroun qui essaie, chaque année, de montrer les dernières productions africaines, aussi bien de courts ou longs métrages.

Voilà ! Que dire ? Après 40 ans, on a fait le job, on a fait le travail. Quand on dit « c’est la fête des 40 ans », alors je dis oui, c’est une fête inaccomplie, parce que rien n’a changé.

Donc depuis 40 ans tout se passe bien au festival de cinéma de Khouribga…
Oui, ça va, ça va !  L’organisation, la logistique, tout ça c’est très bien. C’est le cinéma africain qui se porte plutôt mal. D’ailleurs, tous les festivals africains se comportent bien. Que cela soit ici ou ailleurs sur le continent. Mais en parallèle, la cinématographie africaine ne se porte pas bien du tout. Les responsables d’Etat n’ont toujours pas compris que pour qu’il y ait une cinématographie africaine, il faut des aides sérieuses. Pas que seulement de petites aides.

Et puis, plus le temps passe, moins il y aura de films et il y aura des salles de cinéma qui vont fermer. Donc il y aura peu de salles dans ce cas-là. Ce sera un cercle vicieux, qu’on ne pourra jamais récupérer pour le rendre vertueux. Donc nous faisons la fête du 40ème anniversaire du Festival de Khouribga, mais nous sommes lucides.
 
Récemment, le Gouvernement du Maroc a annoncé la subvention de films réalisés sur le territoire marocain…
La subvention de films étrangers se fait dans d’autres pays. C’est une procédure utilisée pour encourager le tournage de film extérieur dans un pays. On facilite, soit on exonère d’impôts, soit par des protections au niveau des impôts… On le fait en France, en Afrique du Sud, au Canada… Le Maroc qui reçoit tellement de tournages de films étrangers avait ce manque. Il n’était pas en compétition totale avec les autres. Maintenant, il est sûr que des productions internationales seront plus intéressées. Si vous investissez 10 millions de dollars, en retour vous bénéficierez de 2 millions de dollars qui vous seront retournés. Donc c’est pour faire intéresser plus de tournages extérieurs au Maroc.

Ceci n’est pas de la production nationale, mais tant mieux pour nos pays. Évidemment, nous sommes très fiers d’avoir des tournages extérieurs ici, mais cela ne règle pas les problèmes de la production nationale.

Pour revenir au festival de Khouribga, pourquoi avoir donné le nom d’Ousmane Sembene au Grand Prix du Jury ?
Nous avons donné le nom du Grand Prix à Ousmane Sembene, depuis sa disparition. Parce que Sembene a été, avec nous, l’un des fondateurs de ce festival. C’est une façon pour nous de lui rendre hommage, parce que nous considérons réellement que c’est le plus grand talent que l’Afrique ait eu jusqu’à présent dans le cinéma. Ça, c’est indéniable. Donner le nom de Sembene Ousmane au Grand Prix du festival, c’est un hommage mérité à ce grand talent sénégalais.
 
Suivez-vous la nouvelle génération, la relève de cinéastes comme Alain Gomis ?
Oui, bien entendu. Alain Gomis d’abord est quelqu’un que nous connaissons depuis bien longtemps. C’est un ami que j’estime beaucoup.

Depuis qu’il a commencé a faire sérieusement des films longs-métrages, nous l’avons à l’œil. Quand il produit quelque chose, nous sommes les premiers à lui demander à avoir une copie, d’autant plus qu’il a un producteur dynamique. Oumar Sall fait partie des gens sur lesquels repose beaucoup d’espoir.

Propos recueillis par Omar DIOUF,
envoyé spécial à Khouribga
 

Le secrétaire général du ministère de la Culture, Birane Niang, a présidé, samedi dernier, à la Maison de la Culture Douta Seck, une réunion du comité pour la relance du Centre sénégalais de l’Institut international du théâtre (Iit). L’objectif est de réfléchir autour d’un plan d’actions de ré-activation du centre national du théâtre.

Plongé dans une léthargie depuis quelques années, le Centre national de l’Institut international du théâtre (Iit) sera bientôt réactivé.
C’est du moins la volonté affichée par le ministère de la Culture et celle des acteurs du quatrième art sénégalais. Pour travailler à la concrétisation de ce projet, le comité pour la relance s’est réuni, avant-hier, à la Maison de la Culture Douta Seck, sous la présidence du secrétaire général du ministère de la Culture. Cette rencontre, comme l’a rappelé Birane Niang, s’inscrit dans le cadre du processus participatif de ré-activation de ce centre affilié à l’Iit. Lequel a pour vocation, a expliqué M. Niang, « que jamais ne s’éteigne, nulle part dans le monde, le flambeau des arts de la scène particulièrement le théâtre et la danse ».  Le Centre national du théâtre, a soutenu Pr Ousmane Diakhaté, président d’honneur du Conseil régional d’Afrique de l’Iit, est en léthargie depuis plusieurs années malgré les efforts « louables » des acteurs. Selon lui, son redressement est indispensable pour la représentativité du théâtre sénégalais au niveau international.

Organisation mondiale des hommes de théâtre et de la danse, l’Iit a été mise en place en 1948. D’après M. Diakhaté, son rôle est de travailler à la formation, au bien-être, à la coopération et au développement du théâtre au plan international. « Nous avons constaté au Sénégal, qui a le plus vieux centre africain, depuis une dizaine d’années, qu’il y a beaucoup de remous. Le centre ne s’est pas développé comme nous le souhaitions. Nous avons donc organisé cette journée d’études pour voir comment faire pour relancer ce centre afin qu’il joue son rôle dans le contexte international », a-t-il fait remarquer.

Par ailleurs, le secrétaire général du ministère de la Culture a indiqué que le rassemblement autour du théâtre est une composante d’une démarche cohérente. « Les sous-secteurs de la culture urbaine et de la danse, également, sont déjà engagés dans un effort de mutualisation de leurs efforts et expériences afin de mieux contribuer à la formulation des diagnostics devant éclairer l’adoption des politiques et de mesures publiques de leurs réorganisations », a-t-il souligné. Birane Niang a également reconnu que les mesures et politiques adoptées, jusqu’ici, n’ont pas contribué à donner toutes l’importance qu’il se doit aux enjeux économiques et sociaux du théâtre. Il a ainsi annoncé que parmi les objectifs visés figurent la mise en place d’un plan d’actions pour le développement du théâtre et celle d’un Fonds d’appui au développement du quatrième art.

Ibrahima BA

 

L’esplanade du Grand théâtre national a accueilli dans la nuit du vendredi dernier le concours Miss Dakar 2017. Un événement organisé par Miss Sénégal Nouvelle Vision et qui a vu la consécration de Marème Dabo comme la plus belle fille de Dakar. Le thème de cette année porte sur la protection des enfants et la lutte contre les inégalités sociales.

Les brillants jeux de lumières qui s’échappent des lasers tournoyants vont harmonieusement épouser les jolis lustres sur le plafond. Les éclats ajoutent du charme aux atours du public, majoritairement féminin, occupant déjà les sièges aménagés autour du podium en forme de la lettre T. Les jeunes femmes, dans leur ballet de tenues aguicheuses et épatantes, offrent parallèlement un autre podium de qualité. Derrière les rideaux, les organisateurs semblent plus pesés par le stress que les candidates. En attendant d’exposer leur intellect, les quinze aspirantes montent toutes sur scène pour une chorégraphie combinée telles des majorettes. Ce premier passage montre des filles juchées sur de hauts talons et moulées dans des jupes en tissu wax courtement taillées, rivalisant dans les jeux de reins et le « qui a le plus beau sourire ?». Certaines s’y prêtent avec enthousiasme, tandis que d’autres semblent porter le poids de la compétition. Dans l’assistance, un jeune homme dit son étonnement de ne pas voir autant de beauté qu’il ne l’espérait chez les filles. Tout de même, l’on n’en voit aucune qui se soit dépigmentée. Amy Badiane, présidente de Miss Sénégal nouvelle vision, confirme que c’est une exigence.

Après le premier passage, s’ensuit un autre où les Miss arborent chacune une tenue traditionnelle spécifique. C’est là une belle immersion dans notre culture vestimentaire avec des traversées dans le temps (l’ère des royaumes, avec notamment une tenue de Yacine Boubou reine du Walo) et dans l’espace (avec surtout les tenues casamançaises). Ce défilé gagne l’adhésion du public, et même celle des Miss Thiès et Kaolack, venues assister au sacre de leur concurrente de la capitale. Sur le podium, se sont aussi exprimé la nouvelle coqueluche de la musique, Sidy Diop, et le vieux crooner, Idrissa Diop. Des prestations qui ont détendu une atmosphère quelquefois timorée avec les défaillances dans l’organisation.

La troisième partie viendra ensuite avec les tenues de soirées.  Le jury, composé de représentants des partenaires de l’évènement, d’un mannequin international et de la Miss Sénégal 2010, choisira finalement Marème Dabo pour porter la couronne de Dakar. L’étudiante au complexe Saint-Michel, le teint caramel immaculé, le sourire angélique et le pas finement allumeur, représentera la capitale pour Miss Sénégal 2017. Un choix que les organisateurs n’ont pas eu vraiment besoin d’argumenter et qui n’a pas souffert de contestations du public.

Mamadou Oumar KAMARA
(stagiaire)

Artiste, comédien, dramaturge, Mamadou El Hadj Bâ, décédé samedi avait un talent à revendre. A Guédiawaye où il vivait avec sa femme et ses enfants, beaucoup de jeunes artistes lui doivent leur intégration dans le milieu du théâtre. Son talent incontestable justifie l’aisance avec laquelle, il incarnait tous les rôles qu’il était amené à jouer. Le dernier en date est celui du ministre Maal dans la série  «Idoles ».

Avant d’embrasser le métier d’artiste, Mamadou El Hadj Bâ fascinait ses proches par son talent  de comédien en latence qui s’exprimait toujours au gré des circonstances.

Si bien que ses amis entrevoyaient en lui un artiste confirmé et lui conseillaient de ne jamais se tromper de choix professionnel en embrassant une carrière autre que la comédie. Lorsqu’il a commencé à taquiner le théâtre par le biais des spectacles de rue, le virus est vite monté et le voilà qui prend le chemin de Louga pour se perfectionner davantage. De retour à Dakar, son talent est vite repéré par une grosse pointure d’alors du théâtre en la personne de Cheikh Tidiane Diop, chef de fil de la troupe Daray Kocc qui l’intégra dans sa troupe où évoluaient déjà de grands artistes comme Moustapha Diop Ibou Laye, Masse et tant d’autres artistes de renom. Un séjour relativement long à « Daaray Kocc »  lui a permis de se forger davantage et d'être connu à l'intérieur comme à l'extérieur de nos frontières.

Il a à son actif un riche répertoire avec des films qui ont marqué leur époque comme Ndékétéyo, "Aay gaaf", "Mam boy" et encore la série "Idoles" qui passe dans le petit écran et où il incarne le rôle d'un ministre de la république. Le défunt était un polyglotte et c’est grâce à cette qualité qu’il a réussi à tourner plusieurs dizaines de films dont des films en langue pulaar, en français et en Oulof. El Hadj Bâ n'était pourtant pas un talent égoïste en ce sens qu'il a su former de jeunes artistes reconnus au  niveau national.

Le jeune artiste Abdou Lahat Ndiaye alias « Tane Bombé» en est une illustration parfaite. Metteur en scène de l'association des artistes et comédiens du théâtre Sénégalais (Arcots) section Guédiawaye, Cheikh Mbacké Niasse se souvient d'un artiste talentueux qui faisait rire tout le monde. "Il faisait fi de l'âge de son vis-à--vis en faisant la farce avec tout le monde" témoigne Cheikh Mbacké Niasse qui a côtoyé le défunt artiste pendant de longues années. "Un protagoniste m'a confié le jour de l'enterrement que El Hadj l'a appelé la nuit du vendredi pour lui faire comprendre que sa santé ne lui permet pas de se présenter le samedi pour les besoins du tournage et que par conséquent, il va falloir différer la séquence prévue ce samedi" a confié Cheikh Mbacké Niasse.

"Le bonhomme m'a expliqué que si El Hadj Bâ s'efforçait à venir le samedi, il allait rendre l'âme en cours de tournage. Toujours au chapitre des témoignages, l’artiste Bour Guéwél de la troupe « Deggo » de Pikine retient du défunt, un artiste de talent mais aussi très pieux. " On s’est retrouvé dans des festivals, mais, je remarquais qu’’à chaque heure de prière, il laisse tout pour aller prier et revenir " témoigne l’époux de Maman gentille. " El Hadj Ba était un vrai talibé Cheikh et était aussi d’une humilité exemplaire " ajoute-t-il. Aujourd'hui, il repose au cimetière de Petit Mbao. Que cette terre lui soit légère.

Abdou DIOP

En compétition avec treize autres longs métrages, lors de la 20ème édition du Festival du cinéma africain de Khouribga [Maroc], le film « Félicité » du réalisateur sénégalais Alain Gomis s’est « contenté » de trois distinctions : le Prix spécial du jury, le Prix du meilleur premier rôle féminin attribué à son actrice principale Véro Shanda Beya et le Prix « Don Quichotte » remis par les Ciné-clubs marocains.

Le film « Un jour pour les femmes » de la réalisatrice égyptienne Kamla Abu Zekri a remporté, samedi dernier, le Grand Prix « Ousmane Sembene » de la 20ème édition du Festival du cinéma africain de Khouribga, au Maroc. En compétition avec treize autres longs métrages, « Félicité » du réalisateur sénégalais Alain Gomis s’est « contenté » de trois distinctions : le Prix spécial du jury, le Prix du meilleur premier rôle féminin attribué à son actrice principale Véro Shanda Beya et le Prix « Don Quichotte » remis par les Ciné-clubs marocains. Tandis que les Prix de la Meilleure réalisation et du Meilleur scénario ont été décernés au film mozambicain « Le train de sucre et de sel » de Licinio Azevedo.

Oumar Sall, producteur du film « Félicité », représentant le réalisateur Alain Gomis, absent de Khouribga pour les besoins du Festival du film de Toronto, au Canada, a exprimé son « sentiment de satisfaction ». Les bras chargés des trois trophées, Oumar Sall, au micro de plusieurs journalistes, s’est dit fier d’être présent à Khouribga, « un festival qui honore de manière digne les films africains ». Selon le producteur, « Félicité, film le plus ouvert d’Alain Gomis, raconte l’Afrique réelle ». Il s’est également réjouit de la distinction encore décernée à l’héroïne du film, l’actrice congolaise, Véronique Shanda Beya, Prix du Meilleur premier rôle féminin de la 20ème Festival du cinéma africain de Khouribga.

Hommage à la culture rwandaise
Cette édition de la manifestation a voulu rendre hommage à la culture du Rwanda. Vendredi, la médiathèque de la ville de Khouribga a accueilli un spectacle alliant littérature, musique et cinéma, animé par des artistes et créateurs rwandais. La romancière Scholastique Mukasonga, lauréate de plusieurs Prix littéraires, était la tête de file de cette forte délégation culturelle rwandaise. La musique était également fortement représentée au cours de cet après-midi  d’hommages, avec une prestation du chanteur et instrumentiste rwandais Jules Sentore. L’artiste a fait découvrir la musique traditionnelle de son pays, en offrant un spectacle live. Puis des danseuses rwandaises ont entraîné dans leurs pas une bonne partie des cinéphiles et spectateurs présents. La projection du court métrage d’un jeune réalisateur rwandais a mis fin à la cérémonie d’hommage. Juste dehors de l’auditorium, dans le hall de la médiathèque de Khouribga, les festivaliers pouvaient aussi découvrir les œuvres de deux peintres rwandais présents à l’exposition internationale d’art africain organisée en marge du festival de cinéma.
 
Khouribga, une ville minière ancrée dans la culture
Située à quelque 125 kilomètres de Casablanca, la ville de Khouribga est une coquette cité ouvrière. Avec ses carrières de phosphates exploitées depuis 1920, la compagnie chérifienne Ocp qui s’occupe de l’extraction et du traitement, est depuis plusieurs années le principal sponsor du Festival du cinéma africain de Khouribga.

Dans toute cette région minière, mais aussi d’agriculture, de pêche, la Responsabilité sociale d’entreprise de Ocp est omniprésente dans les activités des populations. À travers son centre Khouribga Skills, une sorte d’incubateur, la compagnie minière Ocp appuie, forme et oriente les jeunes artistes locaux, créateurs, entrepreneurs débutant, les femmes, etc.
Outre l’appui au Festival de cinéma de Khouribga, Ocp appuie également plusieurs autres activités culturelles dans la région.
 
De notre envoyé spécial Omar DIOUF

 

« L’espoir d’une vie heureuse », de l’auteur Cheikhna Diop, est un roman qui raconte l’histoire d’une jeune sénégalaise à la vie sentimentale tumultueuse. Celle-là vivra cependant l’espoir d’une existence plus dorée avec le même sentiment qui l’avait perdue. La sortie de l’ouvrage est prévue le 20 septembre prochain, et la cérémonie de dédicace est pour le mois de novembre, à l’occasion de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (Fildak).

L’image d’illustration sur la couverture, sous les griffes d’Alain Kojele, renseigne déjà sur les caractéristiques de l’ouvrage. Une belle jeune femme noire avec des atours qui campe un décor africain, son regard quasiment vide projeté vers des horizons verts de ses lueurs d’espoir.

Le livre relate une histoire vraie rédigée avec une délicate dose de fiction. C’est le parcours d’une jeune Sénégalaise, Dior, qui marche sur des aspérités dans le chemin de sa vie sentimentale. Elle sort anéantie d’un premier mariage où elle espérait un amour idéal. Les masques d’homme idéal de son mari, Ibra, cachaient un toxicomane et un trafiquant de stupéfiants.

Des attributs qui lui vaudront même la prison. Acculée par les accès de colère et les escapades de son mari, le désespoir et les nombreuses promesses non tenues, Dior sera dépitée et pensera au suicide. Son  salut viendra du soutien infaillible de sa maman qui l’a toujours couvée en l’absence d’un père, haut responsable d’une institution occidentale. Et l’espoir d’une vie heureuse renaîtra également en elle après sa rencontre avec Aïdara, un jeune cadre, qui lui aussi a connu ses malheurs. Elle entrevoit ainsi l’espoir de panser par l’amour ses plaies causées jadis par l’échec d’un autre amour.

L’auteur du roman, Cheikhna Diop, est un enseignant titulaire d’une maîtrise en Lettres modernes à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Le natif de la région de Kaolack, qui en est à son premier livre, a servi dans le préscolaire, l’élémentaire et au ministère de la Famille. Il est actuellement enseignant de Lettres dans un établissement du moyen secondaire à Dakar.

Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

 

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