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Arts et Culture (1071)

Yakhya Ba est de ceux qui se surprennent, à chaque fois, à emprunter de nouvelles pistes les menant sans cesse à leurs premières amours. L’artiste plasticien, excellant dans la sculpture, s’est fabriqué un destin dans l’art par la force de son talent certes, mais aussi par sa persévérance et cette conviction profonde qu’il ne s’épanouirait que dans cet univers. Son génie, que le Sénégal découvre, l’y autorise.

Un quidam, au flair prémonitoire, flashe sur une « toile » d’écolier que les élèves fabriquaient lors des cours d’initiation au dessin. Le jeune potache la lui cède au prix de 1.000 FCfa et fait vite de s’éclipser avant que l’homme ne se désiste. Le petit garçon, Yakhya Ba, n’imaginait guère que ses « gribouillages » pouvaient rapporter autant ! Le temps a convaincu de l’intuition de l’acquéreur. Le génie sublime du natif de Rufisque s’est très tôt librement exprimé dans des allées très souvent tortueuses. Yakhya est de ceux qui se choisissent un destin sans trop gamberger.  A chaque fou sa marotte ! L’art était la sienne. Quitte à se faire réprimander quelquefois. Comme ce jour où il a préféré une guitare acquise au marché du Port aux fringues neufs que sa prévenante mère lui avait demandés d’aller acheter à Colobane pour les préparatifs de l’année scolaire. Cette année, en classe de 3ème, il se contente de ses « frusques ». L’essentiel est ailleurs. Il est dans l’exploration de son monde de sens.

Poursuivant ses études au Lycée Limamoulaye, le bonhomme s’accroche à ses rêves enfuis et muselle, dans un « quelque part » en lui, sa passion pour se morfondre dans le conformisme. Sans être un mauvais élève, il se libère du carcan académique à quelques mois des examens du baccalauréat au grand dam d’un père pour qui les études sont prioritaires. Papa s’en offusque. L’artiste en herbe s’obstine et s’inscrit, en 1993, au conservatoire national Douta Seck en cours du jour. Il fait ensuite le concours pour être admis en cours du jour.
« C’était moins une visée belliqueuse qu’une force qui me propulsait vers ce qui hantait mon esprit, mon vieux démon que le temps et l’école n’ont pas pu conjurer », se souvient-il. Au Conservatoire, il montre des prédispositions à épater dans la musique et à l’enseigner. Mais, le jeune homme n’y fait que quatre ans au lieu des sept nécessaires pour prétendre au grade de professeur de guitare et  solfège. L’artiste est d’une imprévisibilité presque déconcertante. Le baroudeur de son « intérieur » suit la destinée qu’il se réserve.

Son instinct « migratoire » le mène ensuite, avec son jeune frère, à l’Ecole nationale des Beaux-Arts au département des Arts plastiques après avoir été admis au concours d’entrée. Ils y retrouvent leur frère aîné, Cheikhou Ba, artiste plasticien confirmé établi en Suisse, qui les avait précédés d’une année. Yakhya Ba investit un monde où se déploie un talent artistique qui épate ses formateurs. Il est adopté, presque chouchouté, non pas pour son caractère marqué mais pour la promesse de ce qu’il donnait à voir ; ses sculptures qui, à elles seules, dessinaient des univers nourrissant à la fois des réalités profondes et des rêves. Mais, c’est à croire que le bonhomme se plaît à écourter les siens. « En 2ème année, à cause d’une injustice commise par notre professeur de graphisme à l’époque, je décide de quitter l’Ecole nationale des Beaux-Arts. Et pourtant, je me suis donné corps et âme pour me fabriquer le destin que je croyais devoir y accomplir. Sans regretter cet épisode de ma vie, je me suis, pendant des années, interrogé sur ce que je crois être un acharnement. C’est peut-être bien cela qui m’a permis d’emprunter d’autres pistes qui ne m’enchantent pas moins », indique-t-il sans rougir.

Errances fertiles
Yakhya Ba passe alors à autre chose. Il fait, pour devenir « normal », quelques infidélités aux choses auxquelles il insufflait une vie avec fureur et caresse au gré de l’intensité émotionnelle. Il explore des domaines qui lui font bien gagner sa vie. Mais, sans ses sculptures, l’horizon est embrumé. Car l’épanouissement n’est pas, chez lui, dans la banalité du quotidien. Sauf s’il nous la raconte avec la poésie de ses mains habiles. En sourdine, il se la représente loin des regards qui s’émouvraient de le voir rabibocher à nouveau avec ses démons d’un passé tumultueux. Le passé, c’était d’ailleurs dans l’illusion de ceux qui n’avaient pas connu la flamme intérieure qui assiégeait son être. Qui l’assiège encore. « J’étais dans une intense et perpétuelle création même quand tout semblait m’en détourner. Pour m’exprimer, je n’avais aucun autre moyen que celui-là qui restait fidèle à mon sentiment de l’instant. Les autres métiers que j’ai exercés ne sont, en définitive, qu’au service de ma quête ». En 2016, quand l’opportunité de sortir de sa confidentialité s’est offerte à lui, Yakhya Ba a surpris son monde. Où pouvait bien se cacher ce quadragénaire aux œuvres en Pvc si singulières ? Se demandaient certainement les âmes férues de créations. A la Galerie Arte, il épate. A la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté, à l’occasion de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar en 2016, il tient sa promesse comme quand il a fallu faire admirer son génie au Musée de la femme Henriette Bathily. La particularité de Yakhya Ba est de « divaguer » avec bonheur aussi bien dans le monumental que dans les petites sculptures. « Même si j’ai de plus en plus du mal à réaliser ces dernières parce que je suis attaché aux grandes sculptures », relativise-t-il.

Alassane Aliou MBAYE

La cinéaste Angèle Diabang, par le biais de l’Institut français de Dakar, a projeté, avant-hier, le film « Sénégalaises et Islam » où des femmes donnent leur opinion sur le voile.   

La vie quotidienne au Sénégal est fortement marquée par l’Islam dans toutes les activités, sociales, culturelles et politiques. C’est dans cette optique que s’inscrit le documentaire d’Angèle Diabang intitulé  « Sénégalaises et Islam ».  « Ce film m’est venu suite à une discussion avec l’ancienne directrice du centre culturel Goethe Institut de Dakar, Andréa Jacob Sow, qui avait entendu parler de la Charia au Nigeria. Elle se demandait si les femmes sénégalaises étaient oppressées ou pas », souligne-t-elle.

Sorti en 2007, le film continue de capter l’attention du public. « En venant, je ne m’imaginais pas qu’il aurait autant de monde. A l’époque, les journaux en avaient déjà parlé. La salle était pleine après deux séances de diffusion. Il y avec un public international que je ne connaissais pas », constate-t-elle.
D’après Angèle Diabang, les premières 5 filles qui devaient jouer le film ont fait défection, car pour leurs parents, une chrétienne ne pouvait pas parler de l’Islam. « Quand je montre le film en Europe et partout ailleurs, cela surprend ; il y avait très peu de moyens pour sa sortie », commente la productrice, qui se donne la légitimité de parler sur l’Islam, parce qu’au sein de son environnement familial, il existe des musulmans. « Autant je peux méditer avec une chanson chorale, autant je peux le faire avec une chanson musulmane. Dans ce pays, il y a un Islam de paix et de tolérance », poursuit la réalisatrice.  La trame de ce récit cinématographique, d’une durée de 40mn, est constituée de femmes voilées : deux habillées en burqa et d’autres dites émancipées sont de port vestimentaire occidentalisé. « Moi Aïssatou, je me voilerais dès que je verrai un verset coranique qui parle du voile. Je le mettrais quand je serai beaucoup plus âgée », explique l’une d’elles. Maïmouna, elle, trouve que certains hommes ne veulent entendre que ce qu’ils veulent ; et pourtant, la femme, de par ses artifices, est fatale pour le mâle. « C’est de notre devoir de montrer une belle image de l’Islam », soutient Mme Ndoye.

Mame Marème Kara, disciple mouride, clame son statut de « talibé », de Serigne Modou Kara Mbacké. Dans le documentaire, avec son orchestre, elle entonne des sonorités de Zikr qui rappellent les Baye Fall. « On ne doit pas copier les Occidentaux dans leur modernité et que celle-ci ne veut pas dire libertinage », lance-t-elle.
Pour la défunte réalisatrice Khady Sylla,  il faut se départir de la position marginale de la femme, qui reste un mystère. Elle affirme que ces dernières ont un espace un peu réduit dans l’Islam. Si la religion est progressiste, la défunte réalisatrice pense qu’elle doit continuer ainsi. Thiané, elle, ne fait pas de concession dans les pratiques religieuses. Elle appelle à une application de la Charia avec la loi du Talion, pour venir à bout des meurtres, de l’adultère, du vol.

Ce film est pour la cinéaste Diabang, un documentaire de libre expression et non de comparaison. « J’ai filmé les actrices suivant la place souhaitée », affirme-t-elle. Dans la même foulée, l’une des femmes actrices, Maïmouna, présente à la projection, soutient que la tolérance doit prévaloir. « Je suis émue que dix ans après, je reste une femme libérée, voilée et je l’assume. J’avais refusé de serrer la main à un directeur de marketing d’une école privée, qui s’est abstenu, à son tour, de m’accorder une demande de sponsoring. Bien que je reconnais que ce métier est une profession de contact », tranche-t-elle dans conviction.

La productrice, loin de dormir sur ses lauriers, souhaite que le film continue d’attirer la curiosité des personnes. Dans le calepin d’Angèle Diabang, figure l’adoption, en film, du livre de Mariama Bâ, « Une si longue lettre ». « Il est en fin d’écriture ; s’il y a de l’argent, on espère le tourner en fin d’année », souhaite-t-elle.

Serigne Mansour Sy CISSE 

La Convention des jeunes reporters du Sénégal a organisé, hier, une rencontre pour les préparatifs de son gala annuel de la presse. A l’occasion, le Cjrs a révélé que 167 bourses de formation seront offertes cette année, et la création d’un Prix spécial « Droit de l’enfant » dans son concours de meilleurs reportages.

Pour cette année, la Convention des jeunes reporters du Sénégal innove avec un Prix spécial « Droit de l’enfant » dans le but de promouvoir la protection de l’enfant dans les médias. « Les journalistes doivent être plus sensibles au droit de l’enfant car ils doivent prendre davantage de précautions dans leurs écrits, leurs reportages, pour ne pas violés les droits de l’enfant », a soutenu, Ramatoulaye Ndao Diouf, présidente de la Cellule d’appui à la protection de l’enfance (Cape).

Pour postuler à ce prix, le candidat doit déposer trois exemplaires de sa production en radio, télévision, presse en ligne ou presse écrite. Le sujet de reportage ou d’enquête doit impérativement être axé sur les droits de l’enfant. L’autre innovation de la Cjrs est que la presse en ligne et les stagiaires seront inclus, cette année, dans ce concours. Les prix seront décernés à l’occasion du Gala national de la presse qui aura lieu le samedi 18 mars 2017.

La Convention des jeunes reporters du Sénégal a mis à la disposition de ses membres des bourses de formation en journalisme et en communication. Elle déclare disponibles 167 bourses de formation dont 97 bourses entières et 70 demi-bourses. Selon Pape Ndiaye, président de la Cjrs, les bénéficiaires sont généralement des journalistes sénégalais affiliés à des rédactions et âgés de moins de 35 ans. Pour cette année, il précise que les journalistes correspondants et des radios communautaires sont les prioritaires.

« Un quota de 18 bourses a été mis à la disposition des correspondants régionaux de Louga, Linguère, Tambacounda, Kaolack, Kédougou, Kaolack, Kaffrine, Ziguinchor, Richard-Toll et Mbour », a-t-il laissé entendre.

Seynabou BOP (stagiaire)

Le groupe Wapyrat fait son come-back dans la sphère musicale sénégalaise. Médoune, Nguess et Mor Kharma ont présenté, hier, à la mairie de Dieuppeul-Derklé, leur nouvel album titré « Notes d’Espoir ». Composé de 13 titres, ce disque a été enregistré au Mali et en Côte d’Ivoire sur de variantes sonorités.

Après quatre années d’absence, le groupe Wapyrat de Dieuppeul revient au-devant de la scène musicale sénégalaise sous un autre registre, en produisant un album, « Notes d’espoir », de 13 titres enregistré cette fois-ci dans des pays voisins, le Mali et la Côte d’Ivoire. Une façon pour le groupe de montrer « leur africanité ». Selon Mor Kharma, l’homme au dreadlocks, « à travers ce titre de l’album, nous faisons appel au peuple africain pour qu’il prenne conscience de sa beauté, de ses valeurs, de sa richesse et ne jamais se laisser éblouir par l’Occident ».

« L’espoir fait vivre et les notes musicales vont voyager. Il est donc temps de briser tout obstacle et de se lever pour prendre notre destin en main car nous constituons une même famille culturelle », indique Mor. Cette unité et cette africanité tant souhaitée par ce groupe les a amenés à travailler et à faire des recherches sur le domaine musical et enregistrer au Studio de Salif Keïta au Mali puis en Côte d’ivoire, ces 13 titres de sonorités différentes.

De l’avis de Mor Kharma, « au Sénégal comme partout ailleurs dans d’autres pays africains, les mêmes sonorités se retrouvent. Il y a juste les rythmes qui diffèrent ».

Aussi, souligne-t-il, plusieurs thèmes sont développés dans cet album. Il s’agit de l’immigration à travers le morceau « Agent de recouvrement », dans lequel le groupe sensibilise les jeunes qui partent en Occident par la mer, de ne pas se laisser éblouir. Mais également de l’environnement, à travers le morceau « Agonie climatique ». Comme autres titres de l’album riche en enseignements, il y a les titres « Jamm » où ils chantent la paix au Sénégal et qui doit se propager inéluctablement dans toute l’Afrique et « Noir d’espoir » dans laquelle la fierté africaine est chantée.

Présent à la cérémonie de présentation de l’album, le maire de Dieuppeul-Derklé, Cheikh Guèye, a félicité le groupe Wapyrat pour leur nouvelle production. Les qualifiant de « jeunes engagés et talentueux », M. Guèye indique qu’ils font la fierté du Sénégal et de l’Afrique dans la mesure où ils se sont mobilisés pendant quatre années pour aller à la pointe du continent, à la recherche d’idées et à leur éclosion qui consacre aujourd’hui ce disque d’une « qualité extraordinaire ».

Maguette Guèye DIEDHIOU

L’association caritative « Dakar Women’s Group » organise une grande collecte de fonds dans un hôtel de la place grâce au Festival of Taste (la Fête du Goût). La gastronomie de plus de 100 pays sera représentée et sera offerte par de nombreuses ambassades, de grands restaurants de Dakar ainsi que par les membres du Dwg.

Selon un communiqué de presse, ce dîner de Gala sera accompagné d'une soirée dansante animée par un célèbre Dj sénégalais. La vente des billets à cette soirée et les tickets de la tombola qui s'y tiendra seront intégralement reversés à des associations sénégalaises.

« 2017 célèbre le 30ème anniversaire du Dakar Women's Group (Dwg) : 30 ans pendant lesquels énergie et fonds de cette association de près de 300 femmes ont été mis au profit d'œuvres caritatives du Sénégal », souligne le communiqué. A ce jour, « le Dwg a versé plus de 100 millions de FCfa » récoltés à travers ses événements pour des associations œuvrant au quotidien auprès  d'enfants, de femmes et de personnes handicapées.

L’année 2017 est décrétée par le président de la République, Macky Sall, « année de la culture ». C’est pourquoi l’Association des diffuseurs artistiques et festivals du Sénégal (Adafest), invite, dans une déclaration, au renforcement de la démarche inclusive de la société civile culturelle à la définition, la mise en œuvre et l'évaluation de toutes les politiques publiques touchant le secteur de la culture.

La situation de la culture dans le monde, particulièrement en Afrique, donne matière à réflexion mais surtout invite à entreprendre des initiatives en raison de son importance dans l’aventure collective. L’Association des diffuseurs artistiques et festivals du Sénégal (Adafest), consciente des enjeux et de la volonté de l’Etat du Sénégal d’impulser une dynamique porteuse d’espoirs à travers ses engagements à la Convention Unesco 2005 pour la promotion de la diversité des expressions culturelles, exhorte à adopter une approche adaptée aux réalités de l’heure. Ainsi, elle encourage les entreprises, associations et mouvements du secteur à engager de véritables réformes structurelles et une formalisation effective de toute activité avec les auteurs et interprètes. La reprise effective des discussions sur le projet de loi sur le statut des professionnels des arts et de la culture devrait, selon le communiqué, se faire de façon imminente. Aussi, la mise en place effective de la Mutuelle nationale de santé des acteurs culturels invite à une adhésion massive à ce système d’assurance.

Par ailleurs, l’Adafest fait de la relance de la Coalition nationale pour la diversité culturelle une urgente nécessité et exhorte l’Etat à ouvrir des lignes de crédits spécifiques pour garantir le financement des toutes petites entreprises culturelles. Il lui semble également opportun de rendre effective une politique de relance du tourisme grâce à la culture afin d'atteindre les objectifs définis par l'Etat.

En outre, l’Adafest se montre disponible à intervenir comme médiateur entre l’Etat et les acteurs culturels pour une paix sociale au bénéfice de tous.

Alassane Aliou MBAYE

La 2ème édition de la Journée culturelle chinoise  du  Management School Bem-Dakar a été célébrée hier. L’objectif de cette manifestation est de mettre en exergue les relations entre le Groupe Bem et les universités chinoises. Ces festivités célèbrent, par la même occasion, le Nouvel An et le Printemps chinois.

Défilés de tenues chinoises, démonstrations de tambours, du Taï chi chuan et dégustation de mets et thé chinois étaient au programme de la 2ème édition de la Journée culturelle chinoise de l’école de management Bem-Dakar. Cet événement culturel a vu, hier, la participation de nombreux étudiants et autorités étatiques et diplomatiques. Selon le  président directeur général de Bem-Dakar, Pape Madické Diop, cette journée culturelle a été organisée pour célébrer, à l’occasion du Nouvel An chinois, placé sous le signe du coq et du feu, les fortes relations que   le Sénégal et plus particulièrement son établissement tissent avec la Chine. « Cette cérémonie témoigne de la vitalité des relations entre les deux pays. Mais aussi de la proximité et de la richesse des liens qui les lient », indique M. Diop.

A l’en croire, de 2014 à maintenant, 74 étudiants du Bem Management School sont partis en mobilité académique en Chine et 9 d’entre eux sont aussi boursiers de la coopération chinoise et poursuivent leurs études à Liaoning. Sans compter les deux professeurs de langue chinoise mis gracieusement à disposition de l’établissement dakarois pour dispenser des cours de langue dès la 1ère année.

Valeurs et vertus
« Ces étudiants partis en Chine nous sont revenus grandis et imbus des valeurs et de la culture chinoise. Chacun de ses étudiants sait ce qu’est la Chine, ce qu’elle représente aujourd’hui et devine aisément ce qu’elle sera demain ; c'est-à-dire la locomotive d’un monde de paix, de justice et de progrès », s’est-il réjoui.
Aussi, souhaite-t-il que ce Nouvel An chinois placé sous le signe du coq et ce qu’il renferme comme valeurs et vertus inspire les étudiants et les accompagne sur le chemin du travail, de l’exemplarité et de la droiture.

L’ambassadeur de la Chine au Sénégal, Zhang Xun, s’est réjoui de l’organisation de ces journées culturelles qui accueille en même temps la fête du Printemps de la Chine. Pour, l’ambassadeur chinois, cette journée culturelle offre  une occasion précieuse de plonger dans la culture chinoise ainsi que l’ambiance festive du Nouvel An à travers les présentations des séjours en Chine, le défilé des tenues traditionnelles chinoises et la démonstration de l’art du thé et des arts martiaux.

Présidant la cérémonie d’ouverture de cette journée culturelle, le directeur des Etudes et de la Coopération au ministère  de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Olivier Sagna, a félicité le Pdg du Bem-Dakar pour avoir pris l’initiative  d’organiser cette manifestation afin de mettre en exergue les relations entretenues par cet établissement dakarois avec les universités chinoises dans le  cadre de  la mobilité des étudiants à l’international.

Maguette Guèye DIEDHIOU

La 12e édition du festival international « Rapandar » se tient, cette année, du 11 au 13 mai, sur le thème « Citoyen du monde : pour un échange culturel dynamique pour la solidarité ». Cet événement inscrit dans l’agenda culturel de Saint-Louis sera l’occasion d’échanges entre artistes locaux, nationaux et internationaux et d’ateliers pour les jeunes créateurs.

La 12ème édition du festival international « Rapandar » permettra de mettre en compétition plusieurs artistes de diverses expressions artistiques : rap music, dance hip-hop, graffiti et écriture. Il est également prévu une formation pour les jeunes artistes dans ce sens. En marge du festival, un atelier de musique sera lancé afin de permettre un échange de cultures et d’expériences entre artistes de divers horizons. Plusieurs d’entre eux, selon les organisateurs, ont donné leur accord et promis d’appuyer l’événement.

Un concours de rap axé sur la conviction que la « jeunesse est l’avocat de la société » sera organisé au bénéfice des groupes locaux. Chacun des participants devra produire un texte sur le thème de cette 12ème édition, « Citoyen du monde : pour un échange culturel dynamique pour la solidarité ».   En donnant à ces jeunes Saint-louisiens l’occasion de se produire devant leurs aînés, il permettra, aux yeux des organisateurs, de construire une confiance en l’avenir. En cela, le festival « Rapandar », en plus de participer au rayonnement de l’ancienne capitale du Sénégal, se veut un événement populaire et accessible se chargeant de mettre en exergue toute la force de la culture dans l’accomplissement des objectifs communs.

L’engouement autour de l’événement témoigne de l’adhésion du public (35.000 festivaliers par jour en 2016 selon les organisateurs). L’objectif est de le pérenniser pour, grâce aux retombées économiques et divers autres dividendes, envisager la création d’une structure professionnelle de répétition et d’enregistrement. Car, la promotion des jeunes talents dans la production musicale est une des options majeures de l’association organisatrice.                         

A. A. MBAYE

« Dans la tête de Donald Trump » édité par « Stock » est le dernier livre-essai de la journaliste franco-américaine Anne Toulouse qui vit depuis 20 ans aux États-Unis. L’ancienne correspondante de Rfi aux Etats-Unis en est une des meilleures et des plus fines observatrices.

Pour résumer cet opus, Anne Toulouse est partie du constat que « depuis des décennies, les politiciens des deux grands partis américains, les Démocrates et les Républicains, « ont essayé de réduire au plus petit dénominateur commun un pays dont le mot favori est « big » (grand) ».

 C’est dans ce contexte qu’ « arrive le Donald comme un bison dans la prairie, comme un taureau dans un rodéo, comme le sheriff dans un western ». Ainsi, « une partie de l'Amérique, celle qui a le sentiment d'avoir fait ce pays, a retrouvé ses marques ! ». Et pour l’auteure, « on peut avoir un jugement personnel et subjectif sur cette Amérique, mais voici les chiffres et les faits qui expliquent pourquoi, contre les attentes de tous les experts, le Donald est devenu le pivot de la campagne 2016 ».

En effet, parce que les médias occidentaux n'ont rien vu venir et ne comprennent pas l'irrésistible et spectaculaire ascension de Donald Trump, chaque jour plus proche du pouvoir suprême, Anne Toulouse a choisi de nous raconter, dans cet essai, avec une pointe d'humour et très simplement, les ressorts de la popularité du magnat de l’immobilier. Chemin faisant, elle démonte une série d'idées reçues sur les États-Unis et sur Donald Trump, et montre, chiffres et citations savoureuses à l'appui, comment il s'est trouvé en adéquation avec des constantes du caractère américain exacerbées par un vent de mécontentement, et raconte qui sont les électeurs de ce « Monsieur tout le monde milliardaire », ses idées, ce qu'il veut, peut ou ne peut pas faire. Enfin un livre sérieux, argumenté, au-delà des clichés ! Pour ne pas passer à côté du phénomène. Avec ce livre, on réalise que l'élection d'un Donald Trump n’est pas un événement si extraordinaire que ça finalement. En le lisant, l’on comprend mieux le pourquoi de son ascension au pouvoir. En effet, les Américains, qui en ont marre de l'Establishment politico-économico-financier, ont tout simplement vu en Trump « qui change de veste quand le vent tourne » malgré ses milliards, l’exemple achevé de l’entrepreneuriat et la réussite par le travail.

En plus, « Dans la tête de Donald Trump » nous apprend également plein de chose sur le fonctionnement de la politique américaine, sur le système de vote, la complexité des structures démographiques du pays, les problèmes de la classe moyenne, des fondements de la culture américaine ; bref l’Histoire américaine.

Aussi, plus qu'une auscultation des méandres du cerveau du futur président américain, le livre offre « une mise en perspective, sondages et données macro-économiques  à l'appui, des grandes problématiques économiques, politiques et sociologiques auxquelles les Etats-Unis de 2016 sont confrontés, et la réponse pragmatique, décomplexée et tonitruante apportée par le 45e président des Etats-Unis ».

M. L. DIEYE

Repris après une interruption depuis 2012, le Grand Prix du président de la République pour les Arts est ouvert, cette année, à toutes les disciplines artistiques, selon le directeur des Arts, Abdoulaye Koundoul. Dans cet entretien, il informe que la date butoir des dépôts de dossiers, initialement prévue pour le 15 janvier, a été repoussée d’un mois pour permettre  une plus grande participation des acteurs.

Monsieur le directeur des Arts où en êtes-vous par rapport au concours du Grand Prix du président de la République pour les Arts ?
Tout d’abord,  il faut rappeler qu’il y a eu une instruction du président de la République pour reprendre cette bonne  pratique qui, malheureusement, a été interrompue depuis 2012. La communication sur ce prix a été belle et bien lancée. Nous sommes à quelques  jours de la date butoir. Toutefois, en faisant une petite évaluation, nous avons remarqué que le nombre de candidatures attendues n’était pas au rendez-vous. C’est pour cette raison que nous avons décidé de repousser cette date butoir jusqu’au 15 février. C’est une  date de rigueur à laquelle il faudra qu’on arrête pour passer à une autre phase, celle qui consiste à transmettre les dossiers de candidatures aux différents jurys qui ont été constitués.

Quelle a été l’innovation de cette année par rapport aux autres éditions du Grand Prix du président de la République pour les Arts ?
Il y a des innovations. La première, c’est que nous avons décidé de mettre deux Grands Prix pour les Arts. Le fait que la compétition soit ouverte à toutes les disciplines est l’autre innovation qui explique la création de ces deux prix.  Sept disciplines ont été répertoriées. Il s’agit du cinéma, de la musique, de la danse, de la mode, des cultures urbaines, des arts visuels et du théâtre.  Traditionnellement, le jury ne choisissait qu’un seul secteur pour primer le lauréat du Grand Prix. Cette année, nous mettons tous les secteurs en compétition, en leur demandant, à travers 7 jurys sectoriels, de faire un travail primaire pour nominer deux artistes dans chaque discipline. Il y aura donc l’un pour le Grand Prix et l’autre  pour le Prix d’encouragement. Les 14 candidats nominés seront mis à la disposition du grand jury qui se chargera de faire la sélection définitive pour désigner les deux Grands Prix du président de la République pour les Arts.

À votre avis, qu’est-ce qui explique le manque d’engouement noté dans les inscriptions à ce concours ?
Nous ne voulons exclure absolument rien du tout. Dans une démarche qui se veut objective et honnête, il ne faut rien exclure. Il est possible que le niveau de communication n’ait pas été satisfaisant. Mais, on peut faire aussi le lien avec le fait qu’une reprise est toujours difficile. Le Grand Prix n’a pas été organisé depuis 2012. Quand il faut reprendre, il y a  énormément de choses à revoir.  D’ailleurs, l’une des innovations est partie de là. Nous avons eu à évaluer un tout petit peu ce qui a été fait. Ce faisant, nous nous sommes rendu compte qu’il ne faudrait pas exclure  des segments de ce secteur.

Quels sont les véritables objectifs du Grand  Prix du président de la République pour les Arts ?
« C’est une façon pour créer de l’émulation. Nous avons parfois besoin de compétition pour donner le meilleur de nous-mêmes. Le Grand Prix est quand même une récompense importante dans la vie d’un artiste. Les Grands Prix ne courent pas les rues. C’est aussi pour nous un moyen d’incarner la créativité sénégalaise pour qu’on puisse la  montrer  à l’international.  Un lauréat de Grand Prix, qui se déplace pour aller dans un autre pays, reste l’ambassadeur de la créativité du Sénégal à l’image de Miss Sénégal qui est l’ambassadrice de la beauté et de l’élégance sénégalaise.

Comment va se tenir la cérémonie de remise de ce Prix ?
Le Grand Prix est remis par le président de la République. D’ailleurs, c’est tout le sens de ce prix. Cela veut dire qu’il faudrait qu’on se cale sur l’agenda du chef de l’Etat. A notre niveau, nous allons faire le travail qui sied. Une fois que ce sera fait, nous allons l’envoyer au protocole de la Présidence qui, à son tour, verra, en fonction de l’agenda du président de la République, à quelle période nous devons organiser la cérémonie de remise des prix.
 
Le Grand Prix du président de la République rime forcément avec la créativité. En tant que directeur des Arts, pouvez-vous nous dire comment se porte la créativité actuellement dans notre pays ?
Je reviens d’une conférence de l’Unesco à Paris, dans le cadre de la Convention 2005 qui s’intéresse à la promotion et à la protection de la diversité des expressions culturelles. Cette année, il était question  de la relation qu’il y a entre cette convention et le numérique. J’ai eu une très grande surprise, en rencontrant de jeunes artistes sénégalais qui ont eu à nous gratifier d’une très belle exposition. A mon avis, cette exposition traduit le niveau de créativité du Sénégal, qui est porté par des jeunes. Dans le domaine de la créativité, le Sénégal n’a rien à envier aux autres. Nous nous portons très bien dans ce domaine.

Propos recueillis par Ibrahima BA

Microsoft, leader mondial en matière de logiciels, de services et de solutions informatiques et Ecobank Transnational Incorporated, groupe bancaire panafricain Ecobank, ont signé, le 23 janvier dernier, à Lomé au Togo, un protocole d'accord. Celui-ci vise à accompagner les efforts des gouvernements pour moderniser et élever les normes des grandes villes africaines grâce à des solutions numériques de pointe.

Le protocole d’accord porte sur la modernisation des secteurs qui auront l'impact le plus immédiat et le plus important pour les pays africains. Ces secteurs comprendront les décaissements de bourses et les frais de scolarité dans le secteur de l'éducation. Il est aussi question de la collecte par les municipalités auprès des vendeurs du marché et des petites boutiques ainsi que des règlements des licences pour les véhicules et des permis de conduire. Les e-visas et les e-passeports sont aussi des aspects importants de ce protocole. L'accord soutient également la mise en œuvre d'un programme complet des e-compétences et d’alphabétisation numérique. D'autres domaines clés tels que l'enregistrement des terrains et le recouvrement des droits dans les services municipaux et hospitaliers devraient faire l'objet d'une modernisation considérable. Cette collaboration résulte de la pression croissante sur les villes africaines due à l'urbanisation et de la nécessité de fournir des services qui assureront un environnement plus sain et plus sûr, de manière juste, ouverte et durable. Ce protocole épouse l’objectif de Microsoft qui est « d'aider les sociétés à se transformer numériquement, du consommateur à l'ensemble des services gouvernementaux. Toute nation correctement soutenue par la technologie peut se transformer en un écosystème intelligent, capable de s'engager avec ses citoyens, d'autonomiser les employés et d'optimiser les opérations pour améliorer considérablement leurs vies », a soutenu Amr Kamel, directeur général de Microsoft pour l’Afrique de l’Ouest, de l’Est et du Centre. 

Afin de garantir une modernisation efficace des secteurs clés des gouvernements, Microsoft et Ecobank collaboreront à la mise en commun des meilleures pratiques et des conseils techniques à l'intention des fonctionnaires ou des citoyens qui utiliseront régulièrement les applications. Le directeur général du groupe Ecobank, Ade Ayeyemi, s’est, quant à lui, félicité de cette association avec Microsoft, marque mondialement reconnue pour « aller plus vite sur la stratégie de transformation numérique dont le principal objectif est d’accroître l’inclusion financière en Afrique ».

Alassane Aliou MBAYE

Le 24 février, la 42e édition des César se passera donc de Roman Polanski comme président. Le réalisateur a préféré renoncer à cette fonction après plusieurs jours de polémique au cours desquels l'affaire de viol qui le poursuit depuis 1977 est – inévitablement – revenue sur le tapis... A 83 ans, le réalisateur d'origine polonaise, lauréat de huit César, ne présidera donc pas la cérémonie de l'Académie des arts et techniques du cinéma. L'avocat de Roman Polanski a informé l'Afp de sa décision de renoncer. Il a rapporté que le réalisateur jugeait la polémique « injustifiée » mais qu'il avait décidé "de ne pas donner suite à l'invitation ».

Le ministère de la Culture et de la Communication a organisé, hier, sa tradition cérémonie de présentation de vœux à son personnel. Tirant un bilan positif de son département, le ministre Mbagnick Ndiaye a exhorté le personnel, les organisations professionnelles et les partenaires institutionnels et privés à redynamiser leurs efforts afin de faire de la Culture et de la Communication des secteurs qui contribuent encore plus fortement à l’émergence du Sénégal.

Le cadre majestueux de la Place du souvenir africain a abrité, hier, la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux de nouvel an du ministère de la Culture et de la Communication. Activité sociale phare du ministère, cette manifestation est aussi une occasion pour célébrer les agents admis à faire valoir leur droit à la retraite. Ainsi, au-delà de la routine protocolaire, cette cérémonie revêt un caractère tout à fait symbolique, surtout pour ceux qui ont passé le plus clair de temps au service de la Nation et de l’Etat du Sénégal.

L’événement est important aux yeux du ministre de la Culture et de la Communication, qui a placé le volet social au cœur de sa politique. Pour Mbagnick Ndiaye, l’atteinte des objectifs fixés ne peut se faire que dans une ambiance de travail conviviale, une ambiance familiale, « car  les collègues de travail et les collaborateurs constituent une autre famille qu’il faut prendre en considération ». D’ailleurs, a-t-il ajouté, c’est dans ce sens qu’il a voulu que des activités comme la cérémonie de présentation de vœux, l’arbre de Noël des enfants, la fête des retraités… soient organisées avec le même soin que les événements les plus importants. Faisant le point par rapport à la politique de son département, le ministre a tiré un bilan positif.
« Je me dois juste de souligner que, dans ses grandes lignes, le bilan du département est positif. Les résultats significatifs que nous avons obtenus, nous le devons à la confiance et au soutien de la plus haute autorité, à l’engagement et au sens de devoir de l’ensemble des agents du ministère et à l’appui de nos partenaires », a dit Mbagnick Ndiaye.

Pour davantage à aller de l’avant, le ministre a exhorté tout le personnel, les organisations professionnelles et les partenaires institutionnels et privés à redynamiser leurs efforts afin de faire de la Culture et de la Communication des secteurs qui contribuent encore plus fortement à l’émergence du Sénégal.

2017, une année culturelle
Par ailleurs, il s’est félicité de la décision du président de la République de consacrer l’année 2017 à la Culture. Selon lui, il s’agit d’un honneur fait à la grande famille de la culture, mais aussi une nouvelle source de motivation. Sur ce point, il a annoncé qu’une réflexion sur les contours et les contenus à donner à cette célébration a été entamée. D’où le sens de sa rencontre de mardi prochain avec les organisations professionnelles. « Nous devons être à la hauteur de la grande confiance qu’accorde le président de la République au secteur culturel qu’il considère non seulement comme un secteur de développement qui a toute sa place dans le Plan Sénégal émergent (Pse), mais également comme le fondement de notre identité », a indiqué Mbagnick Ndiaye.

Le secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Birane Niang, de son côté, s’est réjoui du bilan annuel. A l’en croire, les grandes réalisations du ministère, cette année, ont été particulièrement axées sur le plan social avec notamment la mise en place de la Mutuelle de santé des acteurs culturels, dans le cadre de la Couverture maladie universelle. A cela s’ajoute l’effectivité de la Sénégalaise des droits d’auteur et droits voisins (Sodav), suite à la signature de l’agrément par le président de la République, la validation de la politique sectorielle de développement de la Culture et de la Communication. Mais également la gestion efficiente du dossier du projet de Code de la presse, qui a débouché sur un accord des parties prenantes ainsi que les avancées dans le dossier de l’édification du mémorial du bateau « Le Joola ».

En outre, Birane Niang est revenu sur l’appui conséquent aux centres culturels régionaux qui ont été dotés en matériels roulants, ordinateurs, mobiliers de bureaux… Cette cérémonie s’est déroulée en présence du secrétaire d’Etat à la Communication, Yakham Mbaye, des directeurs du département, ainsi que plusieurs acteurs du secteur de la Culture et de la Communication.

Ibrahima BA

Après La Havane en 2015, le collectif d’action alternative artistique séjourne présentement à Dakar dans le cadre de son itinéraire intercontinental. « Tropique du cancer », nom de ce projet, se veut mettre l’art au service de la société et du progrès.

Original. Le mot n’est pas de trop pour définir le projet « Tropique du cancer ».  A l’initiative du photographe algérien Karim Abbesselam, ce projet s’inscrit en faux  contre l’idée parnassienne qui veut que la valeur intrinsèque de l’art soit dépourvue de toute fonction didactique, morale ou utile.  « Tropique du cancer » cherche non seulement à mettre l’art au service des sociétés humaines et du progrès, mais également à construire des liens de solidarité et des échanges fructueux entre artistes d’horizons divers.

Après un premier voyage à La Havane en 2015, qui a permis d’alimenter des projets et initiatives ambitieuses, ce groupe composé d’une vingtaine d’artistes parmi lesquels Halim Zenati (photographe), Jaoudet Gassouma (plasticienne), Adiara Kane Lèye (plasticienne), Louise Dib (infographiste) ou encore Javier Martinez Campos (musicien) s’est tourné vers l’Afrique et plus particulièrement le Sénégal  pour  son  deuxième opus.  A Dakar jusqu’au 27 janvier prochain, ce collectif d’artistes, qui a choisi « le contact direct, sur le terrain, afin de donner une vision plus juste et une compréhension plus large  à » sa « démarche artistique alternative », va mettre son talent au service du populeux quartier de la Médina, au cœur de Dakar.

Le projet prévoit des échanges et des résidences artistiques qui aboutiront à une prochaine exposition en Algérie et éventuellement à Dakar. C’est aussi l’occasion, a expliqué Karim Abbesselam, de construire une maison, à travers le concept « Ched Med », ainsi « qu’une action-painting réalisée sur une quinzaine de façades par des artistes algériens et Sénégal » à Médina. Par rapport au volet musical, a-t-il poursuivi, « une formation cosmopolite composée de musiciens de diverses nationalités se produira à Dakar lors de deux concerts qui sont en cours de programmation ».

A Médina, les artistes vont travailler autour d’une collaboration transversale. Le projet, a soutenu Jaoudet Gassouma, l’un des responsables des pôles du collectif, est basé sur un principe d’échange transversal avec une production d’idées et d’interrogations citoyennes. Ayant pour priorité la tricontinentale (Afrique, Amérique Latine, Asie), il touche des questions principalement liées au panafricanisme, à l’universalisme...

En effet, la « solidarité entre les peuples, un des principes fondateurs de la Tricontinentale est l’une des devises » de ce collectif regroupant des artistes citoyens engagés. Pour le collectif, le choix porté sur le Sénégal, pour abriter la deuxième étape du projet, se traduit par son modèle de stabilité, de tolérance.

Selon Karim Abbesselam, il s’agit de  l’image d’une « très » belle Afrique, d’un continent qui avance… « Tropique du cancer » entend tenir l’étape finale de son itinéraire en 2018 en Asie et avec toujours la même philosophie, la même vision d’un monde qui change. Cela, avec comme objectif d’offrir à l’humanité, grâce à la magie de l’esthétique, des rapports plus humains qui aident à se prémunir contre toute violence.

Ibrahima BA

L’équipe de production Regitech Audiovisuel a démarré, hier, le tournage sa nouvelle série télévisée intitulée « Restaurant  Kër Penda Mbaye ». Composée de 36 épisodes de 26 mn, elle sera diffusée en langue française sur la chaîne de télévision A+ puis sur la chaîne nationale Rts1.

Comme l’intitulé de la série, le restaurant dakarois « Kër Penda Mbaye » a servi de cadre pour lancer et tourner la première séquence de la série. Selon le producteur et auteur de la série, Birama Diallo dit Yves, dans ce téléfilm, le restaurant de « Kër Penda Mbaye », valorise la femme sénégalaise à travers la mère de la principale actrice, Daba, veuve et propriétaire du restaurant qui travaille dur avec l’assistante de sa jeune et sublime fille, Amina, et deux autres serveuses pour joindre les deux bouts.

« De l’autre, l’actrice principale, Amina, qui a très tôt quitté l’école pour aider sa mère à gérer son restaurant. Très convoitée à cause de sa beauté et sa bonne humeur, elle fait l’objet d’une grande concurrence avec cinq  soupirants pour gagner le cœur de cette créature qui, malgré tous ces prétendants rivaux autour d’elle, est restée chaste  jusqu’à son mariage avec un d’entre eux », narre Birame Diallo. A  l’en croire, cette saga d’Amina sera tourné en langue française et en majeure partie dans ce  restaurant, lieu de rencontre de plusieurs catégories de clients.

« Au total, il est prévu pour cette série, 36 épisodes de 26 minutes qui seront diffusées en premier lieu sur la chaîne de télévision A+, principale bailleurs de fonds, avant de passer à la Rts1 », souligne-t-il. Précisant que la production de la série prendra fin au mois de juin prochain.

Actrice principale, Amina, de son vrai nom Amasaïd Sène, est une journaliste en formation. Elle dit se plaire dans son rôle qu’elle décroche d’ailleurs pour la première fois depuis qu’elle a commencé à jouer dans le cinéma. Aussi, conseille-t-elle vivement aux téléspectateurs de suivre la série car elle regorge de belles leçons de vie.

Maguette Guèye DIEDHIOU

La cérémonie de présentation du livre de l’ancien député et membre associé du Conseil économique et social sous le régime socialiste, Amadou Sada Dia, « Un Foutanké, témoin de trois générations », s’est tenue, samedi dernier, à la librairie l’Harmattan. L’auteur, dont la trajectoire se confond avec l’histoire du Sénégal, y condense un récit de vie.

Il ne s’est pas seulement agi de présenter un livre. L’assistance s’est répandue en éloges sur l’auteur, Amadou Sada Dia. Et des griots du Fouta l’ont loué. La trajectoire de cet homme, qui a grandi dans une famille princière, est digne de louange.  Elle se confond avec celle du Sénégal qu’il a servi à travers les époques. Sa vie, indique le professeur Iba Der Thiam, présent à la cérémonie, offre un kaléidoscope d’événements qui renseignent sur notre aventure collective. Il est témoin de l’évolution politique et des batailles qui ont été menées pour l’indépendance de plusieurs pays africains. L’historien, pour lui conférer cette légitimité de consigner des pans de la mémoire collective, dit ceci dans la préface : « Au bilan, le livre de M. Dia constitue une fresque de vie d’un militant engagé, d’un patriote sincère, d’un panafricaniste convaincu, d’un homme de conviction lucide et éclairé, qui a côtoyé toutes les figures marquantes de la seconde moitié du XXe siècle et a participé à tous les événements majeurs ayant contribué à l’édification de l’Afrique contemporaine ».

En cela, il est un modèle vivant pour les générations montantes. L’ouvrage, note le professeur Abdoulaye Elimane Kane qui a présidé la cérémonie, est à l’image de l’auteur. Il est concis, sobre, palpitant et riche en enseignements.  Ce récit de vie de cet ancien fonctionnaire colonial trouve son intérêt dans le fait que la parole est, ici, portée par, à la fois, un témoin, un acteur dans le déroulement de l’action politique et syndicale au Sénégal et dans d’autres pays africains. Il est un homme qui a connu les affres de la colonisation, les joies de l’indépendance, les espoirs suscités et déçus. Il était devenu nécessaire, pour cet homme de 95 ans, de dire son mot. « J’ai cédé à la volonté de mes enfants qui m’ont toujours exhorté à témoigner », informe Amadou Sada Dia qui, dans un émouvant épanchement, a loué les qualités de ceux qui l’ont guidé, accompagné dans sa longue et digne marche. Me Malick Sall, avocat à la Cour, par ailleurs son neveu, dit une chose qui renseigne sur la personnalité de ce patriarche : « C’est un homme moderne, détaché, humaniste qui, à 95 ans, a toujours des projets. Avec parfois humour et colère, il raconte sa vie de laquelle on peut tirer des leçons ».

Amadou Sada Dia, fils de Madina Torobé, a été admis, en 1943, à l’Ecole technique supérieure de Bamako. Il en est sorti avec un diplôme de géomètre. Il est affecté, par la suite, à Saint-Louis comme assistant topographe du cadre secondaire de l’administration du Sénégal. En 1949, il sert au Service topographique de Thiès jusqu’en 1955. Dans la même année, il est affecté à Niamey où il mène des activités politiques et syndicales à la tête du syndicat des travaux publics. Il effectue son retour au Sénégal en 1958 et adhère au Pra-Sénégal. C’est en 1973 qu’il a obtenu son mandat de député à l’Assemblée nationale qui a pris fin en 1978. Cinq ans plus tard, il est membre associé du Conseil économique et social. 

Alassane Aliou MBAYE

La présidente du Conseil d’administration de la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins, Ngoné Ndour, a invité les créanciers à payer les droits, afin que les artistes puissent rentrer dans leurs fonds. Après 100 jours d’exercice, les gérants de la Sodav faisaient face, hier, aux journalistes, au Théâtre Sorano.

Cette rencontre avec les journalistes s’inscrit dans le cadre des 100 jours d’exercice de la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav), qui a remplacé le Bsda en octobre dernier.

D’après Ngoné Ndour, présidente du Conseil d’administration de la Sodav constitué de 36 membres, d’octobre à décembre 2016, un tableau de bord été présenté au Conseil pour savoir les entrées et sorties d’argent ; ceci, afin de mieux maîtriser les dépenses et autres charges. « Nous voulons que la Sodav soit une maison de cristal », ambitionne-t-elle. Dans sa communication, Mme Ndour révèle que l’ex-directeur du Bureau sénégalais du droit d'auteur (Bsda), Mounirou Sy, leur a laissé une société pas du tout performante.

Et pourtant, M. Sy, lors de la passation de service, soutenait avoir laissé une bonne situation financière ; un bilan assez positif, capable de payer les salaires. Au décompte, l’argent disponible dans les 10 comptes du Bsda s’élevait à 42.216.262 FCfa, sans compter la masse salariale mensuelle fixée à 17 millions de FCfa. S’y ajoutent les chèques qui étaient signés mais non recouvrés. L’ex-Bsda n’avait pas de manuels de procédures, de commissaire aux comptes. Pire, le cumul de la dette que l’on doit à la Sodav est, à ce jour, chiffré à 1 milliard 51 millions de FCfa.

Dans les détails, la Radiotélévision sénégalaise (Rts) leur doit 135 millions de FCfa, les radios diffuseurs privés 221 millions de FCfa, les radios communautaires 36,9 millions de FCfa, les usagers douteux 92 millions FCfa, le 3e Festival mondial des arts nègres 200 millions de FCfa, les associés (internes) 238 millions de FCfa. Ces derniers doivent également au Fonds social de la Sodav 50.984.386 FCfa. Sans oublier des membres du personnel qui doivent une dette de 75 millions de FCfa à la société. Toutefois, la Sodav doit aux impôts 106.183.952 FCfa et à l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres), 41.136.650 FCfa.

« Nous avons entamé des pourparlers au niveau des sociétés créancières pour trouver des échéanciers et respecter les encours », informe Ngoné Ndour. « Nous sommes en train de tout faire pour mettre la maison sur de bons rails. Nous voulons la transparence et la bonne gouvernance en respectant les normes », a-t-elle confié, précisant que dans chaque collège, les artistes (producteurs, interprètes, auteurs) y sont représentés.

Corriger une injustice sociale
La présidente du Conseil d’administration de la Sodav a rappelé que la rémunération équitable des droits d’auteur permet de corriger une injustice sociale. Abordant la rémunération pour copie privée, elle dira que désormais, la Sodav compte prélever sur les supports d’enregistrement (portables, clés Usb, cartes mémoires, les disques durs, les dvd, …) une redevance de 15%, la verser dans la Société pour un partage entre auteurs, interprètes et producteurs.

« Nous voulons, tous les 15 jours, donner un tableau de bord. Nous sommes sur le streaming (Ndlr : un principe utilisé principalement pour l'envoi de contenu en « direct » ou en léger différé). Nous voulons marcher sur les nouveaux modèles pour permettre aux artistes des régions de pouvoir recevoir leurs aides et redevances sans venir à Dakar », a relevé Mme Ndour, qui informe très prochainement, de l’organisation d’une campagne de sensibilisation pour que les artistes puissent venir adhérer massivement à la Sodav. Pour étoffer son personnel et le rendre plus performant vu l’ampleur de la tâche, un recrutement est prévu.

Ngoné Ndour se félicite du décret portant création de ladite société. « Nous avons besoin d’un fonds de démarrage. Les locaux de l’ex-Bsda, d’une superficie de 270 m2, devraient faire partie des bâtiments à démolir vu sa vétusté », a souligné Mme Ndour.

« Nous visons la satisfaction des ayants droit, du personnel et des usagers. Le paiement des droits voisins se fera, car je suis au carrefour de ses trois intérêts », a rassuré, quant à lui, Bouna Manel Fall, directeur gérant de la Sodav.

Serigne Mansour Sy CISSE

 

Nzalé B. Pascal Mancabou de l’Ecole doctorale Arts, Cultures et Civilisations (Arciv) de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a présenté, le lundi 9 janvier 2017, une thèse de doctorat unique intitulée « Etude des expressions figées du français au Sénégal : approches linguistique et sociolinguistique ». Ce travail a été sanctionné par la mention « Très bien ».

Nzalé B. Pascal Mancabou a donné, dès l’entame de son propos, les raisons justifiant le choix d’un tel sujet. Il a, en effet, montré que le thème du figement linguistique est à la fois passionnant et très actuel puisqu’il concerne toutes les langues, et celle sur laquelle il se focalise est le français. Cette thèse de 407 pages divisée en trois grandes parties examine, au Sénégal, l’usage des expressions figées telles que : « Garder les pieds sur terre ; dormir à la belle étoile ; pieds et poings liés ; se fourrer le doigt dans l’œil ; Faire le pied de grue ; prendre la mouche ; être sur le pied de guerre, avoir un poil dans la main ; la mort dans l’âme ; les pieds dans le plat ; les carottes sont cuites… »

Cette étude est basée sur un corpus (un ensemble d’expressions tirées des journaux sénégalais et des ouvrages littéraires d’auteurs sénégalais) et un dossier d’enquête (un ensemble de fiches constituées de questions posées sur les expressions tirées du corpus). Ces fiches sont destinées à des cibles, des Sénégalais qui appartiennent à trois grandes catégories : d’abord les élèves, ensuite les étudiants et enfin les journalistes, enseignants, conseillers commerciaux…

La première partie de l’étude fait une revue littéraire qui montre que le phénomène du figement linguistique se retrouve dans presque toutes les langues du monde. La deuxième partie examine les particularités linguistiques du corpus au Sénégal où l’étude du phénomène est appliquée. On retrouve, en effet, selon celui qui est par ailleurs professeur de français au lycée de Mbacké, beaucoup d’expressions figées du français qui sont propres au Sénégal. Ne dit-on pas par-ci « Avoir une promotion canapé » et par-là « Mettre de l’eau dans son bissap »… Aussi, une nouvelle méthode d’analyse de ces expressions figées, inspirée de tableau d’enregistrement en comptabilité, est également proposée.

La dernière partie de l’étude exploite le dossier d’enquête et montre que les cibles, dans l’ensemble, comprennent les expressions figées à des degrés divers. Elle révèle que les points de vue lexical et stylistique sont les moins familiers et ceux-là syntaxique et sémantique sont, quant à eux, les mieux connus.

Ainsi, de manière générale, fait observer Nzalé Mancabou, « certaines cibles, convaincues de l’intérêt de cette étude, ont même proposé l’introduction de ces expressions figées dans les programmes éducatifs pour permettre aux usagers de mieux les connaître et de les utiliser à bon escient ».

Les membres du jury se sont félicités de la qualité du document produit, du niveau de langue, de la bibliographie particulièrement fournie, de la pertinence et de l’originalité de la démarche du candidat. Ils l’ont toutefois exhorté, dans ses recherches futures, à élargir son champ en examinant les aspects de ces expressions figées liés à la pragmatique ou encore à la psycholinguistique. Si Mancabou n’est pas « Mis K.O debout » (autre expression figée du milieu de la lutte) par le travail fourni, il y arrivera certainement ! Il ne faudrait pas, cependant, qu’il attendît « l’extinction du soleil » pour s’y mettre ! Encore une de ces expressions figées !

Alassane Aliou MBAYE

Le réalisateur franco-polonais Roman Polanski présidera la 42e cérémonie des César, qui se déroulera le 24 février à la salle Pleyel à Paris, a annoncé mercredi l’Académie des arts et techniques du cinéma.

« Ce n'est pas moins de huit fois que l’Académie a distingué le cinéaste », rappelle Alain Terzian, le président de l'Académie, dans un communiqué. « Esthète insatiable, Roman Polanski réinvente son art et ses œuvres au fil des époques. » Agé de 83 ans, le réalisateur, qui compte 21 longs-métrages à son actif, a notamment reçu deux fois le César du meilleur film.

En 1980 pour « Tess », adapté du roman « Tess d'Urberville » de Thomas Hardy et conçu en mémoire de sa femme Sharon Tate, assassinée en 1969 avec l'enfant qu'elle portait, par des membres de « La Famille », la communauté dirigée par Charles Manson.

Et en 2003 pour « Le Pianiste », son chef d'oeuvre adapté du roman autobiographique éponyme de Wladyslaw Szpilman, évoquant la survie du musicien pendant la Seconde guerre mondiale dans le ghetto de Varsovie.

Pour ce film très personnel également palmé à Cannes en 2002, Polanski, qui vécut lui-même une partie de son enfance dans le ghetto de Cracovie, a en outre reçu le César de meilleur réalisateur. Il a été récompensé quatre fois dans cette catégorie, un record, pour « Tess », « The Ghost Writer » (2011) et "La Venus à la fourrure" (2014) son dernier opus en date.

Roman Polanski a aussi été « césarisé » dans la catégorie « meilleure adaptation » pour « The Ghost Writer » et « Carnage » (2012). Ce qui en fait le deuxième artiste le plus primé de l'Académie toutes catégories confondues, juste derrière Jacques Audiard (9 récompenses). Artiste accompli et figure majeure du cinéma mondial, le réalisateur de « Rosemary's Baby », « Chinatown » ou encore « Lunes de Fiel », a vu son existence également marquée par une affaire de viol présumé d'une mineure remontant à 1977. La justice américaine, qui le poursuit depuis 40 ans pour ces accusations, réclame son extradition.

AFP

La commune de Gandiaye dans le département de Kaolack va-t-elle constituer un nouveau départ pour les anciens chefs de province du Saloum ? Réunis dans la capitale de l’ex-canton de Diokoul-Gandiaye sous l’égide du ministre de la Culture, Mbagnick Ndiaye, ces chefs traditionnels ont, dans une déclaration, réitéré leur disponibilité à jouer leur partition au défi du développement, en proposant notamment l’institution d’une Chambre nationale des chefs traditionnels.

Ils étaient une quinzaine de dignitaires et de chefs traditionnels, coutumiers d’anciens royaumes du Saloum, dont les héritiers de Kahone, Djilor, Ndoucoumane, entre autres, à répondre à l’invitation de Buur Gandiaye dans la capitale de cet ex-canton pour un forum sur le thème « Chefs traditionnels : dépositaires du patrimoine et médiateurs sociaux ». Une concentration de têtes couronnées emmitouflées dans le faste de leurs manteaux rouge-vif assortis de couvre-chef de la même couleur.

Une flamboyance accentuée par le rythme des tambours « djoung-djoung » de Kahone plongeant la salle du complexe socio-économique de Gandiaye dans une ambiance majestueuse des cours princières de jadis. Hôte du jour de ses pairs du Saloum, Babacar Mbodj, Buur Gandiaye, évoque « une forte densité de chefs traditionnels réunis pour une première fois, dans l’histoire séculaire du Saloum avec la présence du Grand Serigne de Dakar et d’autres dignitaires de la Collectivité Lébou ». Des retrouvailles historiques annonciatrices d’un nouveau départ pour des personnalités, pendant longtemps rangées aux oubliettes.

Chambre des chefs traditionnels
Invité d’honneur de la rencontre, l’ancien ministre Abdoulaye Makhtar Diop, par ailleurs chef supérieur de la Collectivité Lébou, qui a introduit le thème du forum, a fait une proposition de taille : instituer au Sénégal une Chambre des chefs traditionnels. Il a donné à ce titre l’exemple de la Côte-d’Ivoire, où la nouvelle Constitution introduit dans l’ordonnancement institutionnel une Chambre des rois et institutions traditionnelles. Un projet pour lequel Abdoulaye Makhtar Diop a invité le ministre de la Culture et de la Communication à porter personnellement le plaidoyer auprès du président de la République. « Chaque ministre laisse une empreinte de son passage dans un département, l’histoire retiendra que sous votre magistère qu’une telle Chambre a vu le jour au Sénégal à l’instar de ce que nous avons réussi au ministère des Sports avec la réorganisation de la lutte avec frappe », a encouragé le chef supérieur de la Collectivité Lébou.

Audience en mai
Le ministre Mbagnick Ndiaye a promis, pour sa part, d’en faire part au président Macky Sall au cours d’une audience sollicitée avec l’ensemble des chefs traditionnels et coutumiers avant la fin du mois de mai prochain. En attendant, M. Ndiaye a promis d’accompagner les autres anciennes provinces du Sénégal dans leur dynamique de s’impliquer dans le développement économique et social et de leur bénéficier, comme leurs pairs du Sine Saloum, d’une subvention de 5 millions de FCfa du ministère de la Culture pour leur fonctionnement.

Ancienne capitale du canton de Diokoul -Gandiaye, la commune dirigée par le maire Pape Songdé Diop qui a accueilli cette rencontre, nourrit des ambitions dans le cadre du pôle territoire du Sine-Saloum. Un challenge rappelé par M. Diop, en brandissant l’argument de sa centralité géographique à la lisière du Sine et du Saloum. Un rôle revendiqué par la capitale du Saloum, Kahone, par le représentant de cet ancien royaume qui concède tout de même la vocation de grenier à cette province riche par son agriculture et son élevage, ainsi que la prodigalité de ses princes à l’instar du légendaire Pape Ndiaye Ndéné.

Le clou de cette rencontre historique a été, sans conteste, les deux panels portant, d’une part, sur « chefferies traditionnelles et valeurs culturelles » et, d’autre part, sur « Les chefs traditionnels, médiateurs sociaux et dépositaires du patrimoine culturel ». Des communications animées respectivement par le Pr Pape Ndiaye Diouf et Mamadou Ngom qui ont mis en exergue la posture sociale des chefs traditionnels et coutumiers dans nos sociétés. Une veillée culturelle avec le tambour major Babou Ngom et l’héritière de Yandé Codou Sène a mis fin à cette rencontre.

Elimane FALL

C’est sous le sceau de la diversité culturelle que les journées culturelles de la province du Lowré (Kanel) se sont déroulées, dimanche dernier, à Bokiladji. Pour une première édition, ce fut une réussite à bien des égards. Les organisateurs affichent l’ambition de pérenniser cette initiative. Cette manifestation riche en symboles a été placée sous le parrainage du premier questeur à l’Assemblée nationale, Daouda Dia.

L’esplanade, située à quelques jets de pierres du siège de l’hôtel de ville de Bokiladji, a refusé du monde, ce dimanche 15 janvier. A 15 heures déjà, une foule immense a envahi cette place publique. Pour donner un cachet particulier à la première édition des Journées culturelles du Lowré, province située dans le département de Kanel et regroupant 33 villages, les populations de ces localités se sont parées de leurs plus beaux atours. Aucun détail n’était laissé en rade pour un succès éclatant de la manifestation culturelle. Pour ce faire, toutes les ethnies de cette contrée ont sorti leur arsenal culturel. Du défilé des moutons (niaroo) à la démonstration des guerriers « sebbé » en passant par, entre autres ethnies et groupes, les peuls, les griots, les Diawanbé, les forgerons, les Laobé, les Maboubé, il y avait du beau spectacle à voir et à contempler lors de cette soirée culturelle.

Le Peuls, vêtus de leurs habits traditionnels, sont les premiers à exposer leur riche patrimoine culturel. Ils ont sorti le « koumène », le « silatigui ». Mamadou Demba Nalla a présenté un « kagou » en pulaar et les composantes de l’art culinaire peul. Après eux, ce fut le tour aux Laobé, spécialistes du bois. La particularité de leur défilé, c’est que certains représentants de cette ethnie, notamment les vieux, sont à califourchon sur des ânes. Pour la circonstance, ils ont paré cet animal de draps estampillés de dessins anonymes. Leur passage est assorti de chants traditionnels rythmés par une belle chorégraphie bien exécutée par des femmes de tous âges confondus. A son tour, le vieux Abdoul Samba, habillé d’un grand boubou de couleur jaune couvrant tout son corps, a incarné le rôle d’Ardo Diaobé de Lobaly, « maître des eaux et des forêts ». Son défilé et sa démonstration ont été suivis par une salve d’applaudissements. A travers ses incantations, tout le public le suivait religieusement. Il a démontré ses pouvoirs mystiques de dompter les fauves des eaux et des faunes.

Les forgerons, « Wayloubé » en pulaar, n’étaient pas en reste lors de ce rendez-vous culturel de Lowré. Le nom de cette caste définit, en même temps, le métier correspondant, c'est-à-dire la transformation (waylude) du métal brut en objets utilitaires. A l’occasion, ils ont montré leur fonction dans la société traditionnelle mais également moderne. Ce groupe spécial demeure une entité très importante dans l’art de paraître avec leur savoir-faire reconnu. Ils occupent ainsi une place prépondérante dans la société où les valeurs traditionnelles et l’existence de castes sont bien ancrées. La fonction constitue donc une marque propre à chaque groupe. Les Maboubé (tisserands), les Wambabé ou griots peuls, les Sakkêbé (cordonniers, tanneurs), les Soubalbé et les Sebbé (pêcheurs) ont gratifié les spectateurs de belles chorégraphies. Ces artisans ont aussi montré toute leur créativité et leur savoir-faire. La dernière ethnie s’est illustrée par leur art de la cavalerie. Ils ont égayé le public des démonstrations à bord de leurs chevaux.

Harmonie
Les troupes des jeunes Soninkés de Bokiladji et celle du village de Fadiar ont donné des prestations impeccables. Le spectacle a atteint son paroxysme. Le public s’est massé dans l’aire de jeu pour suivre de plus près les prestations de ces groupes de danse dont le talent n’est plus à démontrer. Les pas de danses endiablés étaient rythmés par une belle chorégraphie des batteurs de tam-tams et des tambours majors. De l’harmonie et de la symphonie.

Pour marquer cette diversité culturelle, toutes les populations ont été servies. C’est dans ce sillage que s’explique la participation des chefs religieux à cette manifestation. Un marabout, tout de blanc vêtu, est accompagné d’un groupe de jeunes talibés qui louangent le Seigneur (Swt), prient sur le Sceau du prophète (Psl) et récitent des zikrs dédiés au fondateur de la confrérie tidiane, Seydi Cheikh Ahmed Tidiane Chérif (Rta). Ce guide religieux incarne la représentation du premier Almamy du Fouta, Abdoul Kader Kane, après la Révolution Tôroobé de 1776. « Quand on l’intronisait Almamy, on est venu le chercher à Appe Sakhobé, village situé dans le Lowré », précise le maire de Bokiladji, Alassane Mbaye Thiam. A l’image de ce chef religieux, Thierno Samba Aw du village de Kawal a été aussi représenté par Thierno Yéro Aw, accompagné des membres de la famille du défunt érudit. Leur défilé a été aussi marqué par des chants religieux. Pour ceux qui ne le savent pas, Thierno Samba Aw, de son vivant, protégeait mystiquement les guerriers choisis à l’époque coloniale pour aller combattre à côté du colon. Ces soldats bénis revenaient sains et saufs au bercail.

Célébrer la diversité
La chanteuse Fatim Diop du groupe « Funebbé Fouta » a offert au public un de ses morceaux dédié au parrain de la manifestation culturelle, le premier questeur à l’Assemblée nationale, Daouda Dia. Les griots ou « Awlubé » lui ont ravi la vedette. Pendant un bon moment, des hommes et des femmes ont chanté aux rythmes d’instruments assortis du « Yélaa ». Une musique traditionnelle des griots halpulaar du Sénégal (Mauritanie, Mali...). C'est la musique des veillées d'armes pour encourager et égayer. « Je n’ai jamais vu des 72 heures culturelles si riches en symboles et en couleurs », relève le griot Mamadou Tika Bâ. Au nom des chefs de village de la commune de Bokiladji, Abdoul Konaté s’est réjoui de l’organisation de cette journée culturelle, avant d’inviter les populations de la zone à s’unir pour relever les défis du développement. Le maire Alassane Mbaye Thiam, par ailleurs, conseiller économique, social et environnemental (Cese), a, de son côté, rappelé que cette initiative relève d'un rêve devenu réalité, grâce au soutien des autorités et surtout des ressortissants de Lowré de la diaspora ainsi qu'aux bonnes volontés.

Cette manifestation culturelle que nous avons préparée et mûrie depuis très longtemps, souligne-t-il, représente pour nous un « très grand intérêt ». Depuis l’avènement des communautés rurales, c’est la première fois que la commune de Bokiladji organise cet important évènement. Le sens, à son avis, est double. Outre le fait de rendre hommage au chef de l’Etat, il s’agit de célébrer la diversité culturelle de la zone, a-t-il dit. Il s’est également félicité de l’implication manifeste de la jeunesse de Bokiladji pour la réussite de ces journées qui visent, selon lui, à montrer à la face du monde que leur terroir, le Lowré, l’une des dernières unités territoriales du Fouta depuis les Almamy, est une « entité vivante et dynamique porteuse de développement ». C’est tout le sens de cette manifestation culturelle qui sera pérennisée, assure le maire pour qui « ces journées culturelles constituent un premier pas dans ce long processus consistant à valoriser et à vulgariser ce riche patrimoine de Lowré ». M. Thiam a rappelé que la commune de Bokiladji est frontalière à la Mauritanie et au Mali. « Nous constituons une symbiose des cultures », se réjouit-il.

Le premier questeur, Daouda Dia, a salué cette « belle fête », une première dans le Lowré, tout en saluant l’implication de toute la diaspora, tout le Lowré. A l’occasion, il a fait part de sa joie, de sa fierté et de sa gratitude d’être parrain de cette « belle cérémonie ». Selon lui, le Lowré est une contrée riche en histoire et en culture. Il a magnifié les belles actions réalisées par le chef de l’Etat, Macky Sall, dans le département de Kanel dans tous les domaines. A son avis, un programme riche et ambitieux est en train d’être déroulé dans le département.

Par Souleymane Diam SY

Jeune natif de Pikine, Abdou Lahad Guèye rêvait d’entreprise dans la mode. Une Maîtrise en Sciences économiques en poche, puis un diplôme obtenu à l’Institut de coupe, couture et mode de Dakar, le voilà qui crée et se lance dans le stylisme. Rencontre avec l’initiateur du tout nouveau Festival international de la mode de Dakar, tenu la semaine dernière…

Le Festival international de la mode de Dakar, tenu le week-end du 6 et 7 janvier dernier, au Musée Théodore Monod de l’Institut fondamental d’Afrique noire, est une vision réaliste. Abdou Lahad Guèye, son initiateur, veut impulser une révolution de la mode en Afrique et plus particulièrement au Sénégal. « Son but était d’harmoniser toutes les compétences afférentes à la mode, qui est une plateforme d’échanges entre les créateurs émergents et ceux dits confirmés », souligne Lahad, jeune styliste au commerce facile et à la voix forte.

Lorsque Lahad Guèye s’exprime, les idées se bousculent dans sa tête et les anecdotes s’enchevêtrent. Le débit est parfois rapide. Cela traduit une énergie débordante de l’homme qui se reflète dans ses modèles. Lahad veut avancer, mais sûrement.

Né à Pikine en 1982, Lahad a grandi entre Yeumbeul et Dakar. « Je faisais des va-t-et vient entre Guédiawaye et l’Université Cheikh Anta Diop où j’ai obtenu ma Maîtrise en Sciences économiques/Option Gestion des entreprises. Je n’ai pas abandonné les études, mais j’ai toujours rêvé d’avoir mon entreprise commerciale de mode alors que j’étais au lycée », explique-t-il. Le charme, c’est que rien de son présent ne le pousse à oublier son passé, qu’il restitue avec une très grande fierté. « Ma mère était une vendeuse de friperie et je l’accompagnais dans les marchés hebdomadaires pour commercialiser des vêtements. J’étais toujours entouré de jolis tissus, de vêtements en friperie. Peut-être cela m’a influencé. En plus de cela, des membres de ma maison familiale sont des teinturières », précise le jeune Lahad, à la mise stylée.

Bonne formation
De cet environnement est sorti un homme qui va s’orienter vers le stylisme. A un moment donné, Guèye, à la recherche d’une meilleure formule pour réussir, s’arrête et s’interroge : « Je me suis dit, au lieu d’acheter des vêtements et de les revendre, ne serait-il pas plus judicieux de conceptualiser un vêtement et de le réaliser ? »

Dès lors, il participe au concours d’entrée à l’Ecole nationale des arts et entre à l’Institut de coupe, couture et mode de Dakar/Option stylisme. Après sa formation d’une durée de trois ans, Lahad voit ses rêves prendre forme : il sort Major de sa promotion. Et pourtant, il cumulait les études universitaires avec celles du stylisme.

« Nos jeunes n’ont pas reçu une bonne formation. Pour pouvoir faire ses preuves au plan international, il faut vraiment que les produits puissent répondre aux normes, parce que pour faire une bonne collection, il ne suffit pas simplement de savoir coudre et de pouvoir faire des finitions. Avant de parler de la coupe ou de la réalisation, il faut une bonne conception. La créativité et une démarche intellectuelle », indique l’artiste. Il affirme qu’il « faut un bon niveau pour pouvoir exploiter les opportunités ». « Cela nous permet de trouver rapidement les formes détectées, de les exploiter et avoir une gamme colorée qu’on aura à utiliser pour une collection, mais aussi de trouver une matière qui peut être utile », analyse Abdou Lahad. Adroit et attentionné, le jeune entrepreneur assure : « Je ne prête pas attention à certains détails. Quand je vise quelque chose, je fais tout pour l’atteindre et je ne rate pas les opportunités ». Pourquoi cette ténacité ? Le maîtrisard convoque son environnement de « fils de la banlieue » qui a forgé son caractère de self-made man et de bagarreur. « Je me suis fait tout seul, avec l’aide de Dieu et mes maigres économies », dit-il.

Son talent expressif à travers ses créations l’a amené un peu partout dans le monde, comme au Parcours mode à Liège, en Belgique, où il avait représenté les jeunes créateurs africains, en 2011. A son retour, il se rendit aux Fashion week de Ouagadougou, ensuite en Guinée Conakry, au Moreno, au Marché des arts du spectacle africain (Masa d’Abidjan), au Labo ethnique de Paris, à Ethno tendance de Bruxelles, en 2014 et en 2015, où il remporta le Prix du meilleur créateur de la zone francophone. A l’heure de la mondialisation, Lahad Guèye trouve important de pouvoir se produire à la hauteur des volumes et standards internationaux. « Le prêt-à-porter africain tarde à s’affirmer sur le plan international par manque d’une politique de consommation locale rigoureuse et le professionnalisme des acteurs », dénonce le styliste, qui ambitionne de faciliter l’approvisionnement correct du marché. « Nous voulons apporter du nouveau et permettre à nos créateurs d’être visibles. Il faut qu’ils soient compétitifs sur le plan international, mais que les produits qu’ils montrent répondent à la norme Iso qualité 9001», poursuit Lahad.

Pour y arriver, il s’agira, selon ses explications, de travailler, par exemple, sur la Taille 38 (conventionnelle) avec par exemple 1.000 tenues qui seront identiques dans sa globalité pour satisfaire une commande. « Je suis très libéral en termes de création. C’est une sensation qui est en soi qu’on veut véhiculer », convainc-t-il.

Par Serigne Mansour Sy CISSE

Avec son premier et tout nouvel album « Sante Serigne Touba », Ché Camara annonce déjà les couleurs. Le natif de Tambacounda est devenu, du coup, un artiste très en vue dans le milieu de la musique reggae sénégalaise. L’artiste-chanteur ambitionne de jouer les premiers rôles pour redorer le blason à ce genre musical qui perd peu à peu de son éclat d’antan au Sénégal.

Après-midi de mercredi. Le Centre culturel régional Blaise Senghor renoue avec son atmosphère habituelle. Un homme emmitouflé dans un boubou de couleur grise attend sereinement les journalistes pour débuter sa conférence de presse. Chê Camara, dans le milieu musical, ce nom ne nous dit presque rien. Pourtant cet artiste natif de Tambacounda est bourré de talent. Il fait partie des pépites sur qui la musique sénégalaise peut désormais compter pour s’assurer d’un futur flamboyant. Un talent à l’état pur sorti de l’anonymat. Ché est un rastaman sans dreadlocks. Mais il reste très enclin au mode de vie et à la philosophie des rastas grâce à son engagement spirituel et social sans faille.

« Le choix de faire du reggae au détriment des autres genres musicaux traduit ma nature d’artiste engagé au service de sa société.  J’aime le Mbalax mais, je ne me sens pas dans cette musique. Je suis plus dans le reggae car, il me permet de dire et d’écrire ma façon de voir les choses », explique-t-il. Cet engagement incisif, celui peut être considéré désormais comme l’un des plus grandes stars du groupe ethnique Kognagui, le puise dans les thématiques qui l’inspirent. Il s’agit entre autres, des questions d’égalité, la précarité, les problèmes sociaux, les inégalités, la justice. Des réalités que nous vivons au quotidien et qui plombent l’émergence du continent africain.

Innovation musicale
Avec « Sante Serigne Touba », sa nouvelle production qui vient de sortir sur le marché national, c’est un vrai régal que ce reggaeman propose aux fanatiques de la musique de la légende Bob Marley. L’album, composé de 12 titres, se singularise par une touche tout à fait sénégalaise avec un mélange d’instruments de bien chez nous (sabar, xalam). L’objectif de Ché, c’est surtout d’apporter une innovation, « son » innovation, à la musique reggae.

Avec ce produit, il cherche d’abord à rendre un vibrant hommage à Serigne Saliou Mbacké, guide spirituel mouride. « Il m’est apparu dans un rêve, pour la première fois lorsque que j’étais en voyage à Touba. Dans ce rêve, le saint homme m’avait dit beaucoup de choses à propos de ma vie. Il s’agissait d’une époque où j’étais dans l’angoisse et des difficultés. Serigne Saliou Mbacké m’a éclairé la voie que je devais suivre pour s’en sortir », fait-il comprendre.

L’album aborde différentes thématiques parmi lesquelles l’unité africaine, l’égalité de chance, le retour à « nos » valeurs africaines. Dans cette production en solo, l’artiste célèbre sa maman, parle de l’émigration clandestine, qui a complètement décimé certains foyers africains. Ché Camara cherche à dissuader tous ces jeunes déboussolés bravant mer et terre à la quête des lendemains qui chantent. Sa musique n’est pas seulement faite d’engagement et de complainte. Elle est aussi porteuse d’espoir à l’image des fleurs. Michel Camara de son vrai nom a débuté sa carrière artistique à Tambacounda où il faisait de la peinture (décoration murale, sérigraphie). Après un cursus scolaire normal, il intègre l’enseignement professionnel pour suivre une formation en tôlerie. Finalement, il quitte tout pour l’art plastique. « Je sentais que j’avais déjà un don d’artiste peintre », note-t-il. Débarquant à Dakar, Ché se spécialise dans la peinture sur tissu avant de rejoindre quelque temps après l’Ecole de chant de la Maison de la Culture Douta Seck. Mais quotidiennement occupé par son boulot, il peine à terminer cette formation. C’est alors qu’il eût l’idée formé avec des amis un groupe musical, lequel s’éclatera par la suite à cause d’un manque de moyens. Finalement, l’artiste choisit de continuer son travail de peintre. Toutefois, le déclic viendra en 2015, quand il décidera de reprendre à faire de la musique. Il sort un single « Door Waar ». Ce produit incitant les jeunes au travail, va annoncer déjà les couleurs d’un futur album riche et varié. Entre Michel Camara et la musique, c’est une histoire d’amour qui a débuté très tôt. « J’ai aimé la musique depuis l’enfance. Je la vivais intérieurement. J’écoutais beaucoup Bob Marley, Boris Piau qui constituent mes principaux références dans le milieu du reggae », souligne-t-il. Cependant, pour concrétiser ses rêves d’adolescent, il fallait passer par une école de formation ou un groupe musical. « Je sentais la musique depuis l’enfance mais, c’est difficile au Sénégal de concrétiser certaines choses dans le monde de l’art. Le milieu social et le soutien de la famille y sont forcément pour quelque chose. Je n’avais pas la possibilité de vivre mon rêve à Tambacounda car, il n’y avait pas tout le matériel nécessaire  pour faire de la musique», souligne-t-il.

Aujourd’hui, Michel vit en même temps son amour de la musique et sa passion de la peinture. Dans sa musique, l’artiste ne manque pas d’ambition. Il vise déjà l’international. « Nous ne comptons pas seulement s’arrêter au Sénégal. Nous espérons aller au-delà des frontières ». Un concert pour la promotion de l’album est prévu à Dakar et dans les régions.

Par Ibrahima BA

Dans le cadre de la 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), prévue du 25 février au 4 mars 2017, la sélection officielle de films devant participer à ce grand rendez-vous du cinéma africain a été officiellement dévoilée. 

Dans la catégorie de long-métrage, 20 films seront en compétition. Le Sénégal sera représenté, dans cette catégorie, par le film « Félicité » d’Alain Gomis. « A la recherche du pouvoir perdu  de Mohammed Ahed Bensouda (Maroc), « Frontières » de Appolline Woye Traoré (Burkina Faso), « Le gang des Antillais » de Jean-Claude Barny (Guadeloupe) ou encore « L’orage africain–Un continent sous influence » de Sylvestre Amoussou (Bénin) font partie, entre autres, des films qui ont été sélectionnés. Pour ce qui est de la catégorie court-métrage, « La promesse » de Fatou Touré sera en lice pour le Sénégal. D’autres films à l’image de « A place for myself » de Marie-Clémentine Dusabejambo (Rwanda), « Folo, il était une fois »  de Loci Haermann Kwene (Burkina Faso) et « La face cachée du père Noël » de Laurent Pantaléon (La Réunion) seront également de la partie. Pour le documentaire, le Sénégal pourra compter sur « Bois d'ébène » de Moussa Touré et « Kemtiyu, séex Anta » d'Ousmane William Mbaye. Enfin, la catégorie série télévisuelle verra bien la participation de « Tundu Wundu » d'Abdoulahad Wone.

I. BA

Pierre Lescure a été réélu à l'unanimité, lundi, pour présider le Festival de Cannes pour trois nouvelles éditions, de 2018 à 2020. Pierre Lescure, qui préside le Festival de Cannes depuis 2014, a été réélu à l'unanimité pour un nouveau mandat de trois ans, a annoncé lundi l'association organisatrice.  « Le conseil d'administration de l'Association française du Festival international du film, qui réunit pouvoirs publics et professionnels du 7e art, a renouvelé sa confiance à Pierre Lescure, et l'a réélu président du festival », indique-t-elle dans un communiqué.  « Ce nouveau mandat couvrira les éditions 2018, 2019 et 2020. Il garantit ainsi la continuité de la gouvernance du festival et de ses projets », ajoute l'association.

La sélection officielle bientôt dévoilée
« Aux côtés de Pierre Lescure, Thierry Frémaux, délégué général, continuera à diriger l'institution et à assurer notamment la sélection officielle qui sera dévoilée, pour l'édition 2017, à la mi-avril », est-il indiqué. Journaliste, cofondateur de la chaîne Canal+, Pierre Lescure a été président-directeur général du groupe Canal+ de 1994 à 2002. Entre 2008 et 2014, il a aussi été producteur et directeur des opérations du théâtre Marigny. Depuis 2015, Pierre Lescure est par ailleurs vice-président de Molotov TV, nouvelle plateforme numérique d'accès à la télévision. Le 70e Festival de Cannes se tiendra du 17 au 28 mai 2017.

Afp

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