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Arts et Culture (1344)

La Journée internationale de la danse a été célébrée au Sénégal samedi dernier. La cérémonie officielle, qui s’est tenue à la Maison de la culture Douta Seck, a été l’occasion pour les acteurs et les autorités politiques en charge de la culture de mettre en évidence les initiatives entreprises et l’effort de créativité à consentir pour créer une dynamique nouvelle. L’institution d’un fonds d’appui au développement de la danse est l’une des décisions majeures issues des concertations.

« La danse nous distingue et nous rassemble. C’est notre corps qui exprime l’authenticité de notre voix propre, de notre individualité ». Cette fonction de la danse déclinée dans le message de la Journée internationale de la danse de cette année par le chorégraphe canadien, Roger Sinha, traduit l’importance de cette pratique artistique mais surtout sa contribution dans l’affirmation des identités, l’expression des diversités. Les acteurs de cet art et les autorités politiques sénégalaises en sont conscients et ont entrepris des initiatives pour lui donner toute la place qu’elle est en mesure d’occuper dans le paysage artistique. En effet, depuis quelques mois, révèle Rémi Sagna, directeur de cabinet, représentant le ministre de la Culture et de la Communication, la tutelle mène avec les acteurs de la danse une concertation qui a abouti à un diagnostic et un plan d’actions consensuels. Les synthèses des analyses et des propositions ont été produites à Toubab Dialaw, à l’Ecole des Sables. Elles sont en cours de pré-validation par le comité de travail qui avait été constitué. Cela traduit une volonté réelle des pouvoirs publics d’accompagner ce secteur.

Préservation et créativité
« Cette concertation a identifié, en amont et en aval de la lancinante problématique de la diffusion, d’importantes propositions de solutions. Celles-ci concernent la formation, le développement des ressources humaines et la structuration des entreprises et initiatives de la danse », confie-t-il. En outre, afin de permettre la durabilité du plan d’actions qui sera adopté, les réflexions ont intégré une stratégie efficace de financement consistant en l’institution d’un fonds d’appui au développement de la danse. Tout cela participe, à ses yeux, au renforcement des capacités d’une des sources les plus solides de vitalité pour l’économie créative. Les efforts déployés par l’État doivent constituer une source de motivation supplémentaire pour les acteurs de la danse invités à s’engager dans la voie de la créativité. Patrick Acogny, chorégraphe, après s’être félicité de cette « manifestation d’un vrai désir politique » de faire bouger les lignes, a insisté sur la nécessité pour les artistes de saisir cette opportunité en travaillant d’arrache-pied et en faisant des propositions concrètes. La formation des danseurs et des formateurs est, de son point de vue, la voie indiquée pour y arriver ; et la créativité, leur contribution pour dessiner un paysage chorégraphique sénégalais.

En outre, la revendication et la revalorisation des danses patrimoniales passent, selon lui, par un effet de créativité. « La préservation est une chose, la créativité en est une autre. Celle-ci régénère les danses traditionnelles, offre un regard nouveau. Pour cela, il faut aller au-delà des petites appartenances car notre identité n’est pas figée. Nous faisons face à un nouveau contexte qui nous oblige à décliner notre vision du monde », soutient le directeur artistique de l’Ecole des sables. Gacirah Diagne, chorégraphe et administratrice de la Maison des cultures urbaines, abonde dans le même sens. Elle invite les acteurs à renouveler les performances car la danse est un produit de qualité qu’il convient de rendre économiquement viable en dépit des contraintes objectives mises en exergue par Malal Ndiaye, président de la Fédération nationale des ballets et danses fondamentales du Sénégal.
Alassane Aliou MBAYE


« Ce qui nous lie » à Sorano, une œuvre de fusion
Par le rythme et une chorégraphie pittoresque, l’Ensemble national de ballet « La Linguère » a fait de la singularité de chaque communauté humaine un ensemble représentatif de la Nation sénégalaise. C’était, samedi dernier, à l’occasion de la célébration de la Journée  de la danse à travers l’œuvre rassurante, « Ce qui nous lie », spectacle d’expression de toutes les identités.

La voix de Yandé Codou Sène retentit. Puis, c’est l’accent distingué de celui qu’elle a célébré toute sa vie, Léopold Sédar Senghor, qui berce l’assistance pour lui rappeler « ce qui nous lie ». Et ce qui nous lie, ici, c’est cette « communauté culturelle ». C’est aussi le rythme et cette fusion des esprits et des cœurs qui se produit ; cette émotion qui émeut, s’empare des âmes sensibles à leurs identités diverses, saisit et agite les corps les plus malhabiles et impassibles. Le muezzin appelant les fidèles à la prière, le coassement des grenouilles, le chant du coq, le gazouillis des oiseaux et la routine matinale des femmes dessinent un univers de cadence sous une lumière indécise. Il est comme le « réveil matinal » au pays Lébou. La pêche n’est pas, ici, une activité de survie. Elle est l’expression d’une solidarité dans une ferveur égayante. Elle est davantage chorégraphie que labeur.

Il ne s’est pas agi de laisser le corps de ballet se mouvoir dans la foi de son génie harmonique. La scène était à partager pour mettre en évidence le dialogue des intelligences corporelles et rythmiques. La clameur des jeunes un peu trop agités, l’ardeur des pas les plus lestes et les signes d’acquiescement des « carcasses stoïques » traduisent une communion à laquelle fait référence le thème du spectacle, « Ce qui nous lie ». La créativité de cette cohorte de jeunes habiles explorant les possibilités du corps, le « Sénégal profond », est fascinante. Il n’a été question que de cela en réalité. Le premier tableau, « Le réveil matinal », dessine un univers sonore et routinier du terroir où l’hospitalière nature n’essuie pas des dédains. Ici, on pile le mil pour se nourrir en espérant que le gibier sera gros. Que le bois le cuira et luira si la lune se dérobe.

La joie à la fois délirante et mystique des ballets manjack et diolas met ensuite en lumière les prouesses du corps que la tyrannie du tam-tam, l’intimidant « Kankourang » et le gracieux « Koumpo » n’inhibent point même s’il lui témoigne révérence. C’est le langage des hommes et des esprits, un rituel d’ici et d’outre-tombe. Sous ces cieux cléments, le rythme est patrimoine. La joie et le chagrin l’enrichissent de nouvelles cadences. Sublimes mouvements ! Tout autant que la voix nomade de la prodigieuse Elisabeth Mendy qui emplit la scène et conquiert la salle. 

Univers de rythmes
Les sautillements distraient les perles, assorties aux pagnes tissés, dans leur silence et leur ordre. Dans ce monde, les pirouettes ne sont pas de vulgaires acrobaties sans signification. Elles répondent à un besoin ; celui-là d’être en fusion avec l’espace, avec soi et avec l’autre. Les bras et les jambes se toisent avant de signer un pacte de non-agression. Le peulh, « en ballade », dans le nord aux festivités empreintes de symboles, ne s’y aventure guère parce qu’il est maître de la cadence gracieuse. Le majestueux mouvement giratoire qu’il offre à voir entre dans une fureur lyrique quand la scène fiévreuse adresse des supplications aux pas. Ils la déchirent.  

Cette chorégraphie que Ndèye Bana Mbaye, directrice de « La Linguère », portée en triomphe en ce soir rassurant, s’est employée à rendre sublime et représentative, s’adresse à l’humain dans sa faculté de fusionner avec l’autre, avec la nature.                          

A. A. MBAYE

A Genève, le ministre Mbagnick Ndiaye, venu convaincre le monde de la pertinence du « Droit de suite », projet porté avec le Congo, a rappelé l’éminent rôle joué par l’Immortel Ousmane Sow qui incarne, à ses yeux, « ce que l’Art africain a de plus grand, de plus noble et de plus beau ». Il nous laisse une part de lui-même, dit-il avant d’évoquer l’excellent artiste Joe Ouakam.

A Genève, le ministre Mbagnick Ndiaye, venu convaincre le monde de la pertinence du « Droit de suite », projet porté avec le Congo, a rappelé l’éminent rôle joué par l’Immortel Ousmane Sow qui incarne, à ses yeux, « ce que l’Art africain a de plus grand, de plus noble et de plus beau ». Il nous laisse une part de lui-même, dira-t-il avant d’évoquer l’excellent artiste Joe Ouakam.

Le combat d’Ousmane Sow pour le droit de suite «n’est pas vain». En effet, depuis lors, le Sénégal et le Congo, soutenus en cela par un nombre de plus en plus grand de pays, sont à la base d’une initiative pour l’inscription du droit de suite à l’ordre du jour des travaux du Comité permanent du droit d’auteur et des droits connexes de l’Ompi en vue de sa reconnaissance universelle. Mbagnick Ndiaye, venu en pertinent avocat du monde artistique a été largement applaudi par les officiels et les artistes invités à la cérémonie de lancement des travaux sur le droit de suite, un projet qui permet de donner plus de moyens aux créateurs et à leurs descendances et de respecter leur dignité.

Ousmane Sow s’était engagé dans le plaidoyer international pour la reconnaissance universelle du droit de suite. «On se souvient de sa vibrante contribution, le 9 octobre 2015 devant les représentants des États membres, ici au siège de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi) pour que les auteurs des arts visuels soient partout associés au succès commercial de leur œuvre», a martelé, avec émotion le ministre Mbagnick Ndiaye.  «Permettrez-moi d’insister ici sur un des aspects peu connus de la personnalité d’Ousmane Sow : son engagement militant pour le respect des artistes. Cet engagement l’avait, dans les dernières années, mené au Conseil d’administration de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs, Cisac, dont il était membre auprès d’Angélique Kidjo et de Jean Michel Jarre entre, autres ».

Entouré de ses plus proches collaborateurs, Mbagnick Ndiaye dont le travail a été salué par le directeur général de l’Ompi a remercié l’Australien Francis Gurry et son équipe pour leur engagement et l’accueil chaleureux tout en rendant un hommage mérité à l’Ompi pour le précieux soutien technique qu’elle ne cesse d’apporter à nos pays.

Les retombées économiques et sociales du Festival international de jazz sont difficilement quantifiables. Cette année encore, des centaines d’opérateurs économiques de la ville de Saint-Louis et autres hommes d’affaires venus des quatre coins du pays et même de l’étranger sont en train de créer des emplois et de réaliser de très bons chiffres d’affaires.

Depuis une semaine, on aperçoit dans toutes les rues, ruelles et artères de Saint-Louis, des visiteurs, touristes et autres étrangers qui débarquent dans la ville avec leurs familles. On assiste impuissant aux rudes empoignades entre certains commerçants ambulants véreux et acheteurs. A Lodo (Nord), Sindoné (Sud) et dans la Langue de Barbarie, les hôteliers rencontrés font savoir qu’ils ont envie de prolonger ce festival d’une semaine.

Ceci, pour la bonne et simple raison que les hôtels et les auberges affichent le plein.
C’est l’occasion, ont-ils précisé, «de travailler sans répit pour résoudre tous nos problèmes financiers. Il nous arrive même de collaborer étroitement avec certaines familles démunies pour les aider à héberger des festivaliers, moyennant quelques espèces sonnantes et trébuchantes ».

Selon nos interlocuteurs, c’est une manière citoyenne et très intéressante de contribuer efficacement à la lutte contre la pauvreté. D’autant plus que certains touristes, qui ne veulent pas se prélasser dans les hôtels, préfèrent de plus en plus loger dans de grandes concessions où ils ont la possibilité de découvrir les conditions de vie des familles vulnérables, de communier avec elles tout en les aidant à résoudre certains problèmes sociaux.

Un opérateur économique établi à quelques encablures du stade Me Babacar Sèye, propriétaire de trois restaurants, a laissé entendre qu’il met, chaque année, à profit ce festival de jazz pour faire de bonnes affaires.

« Nos clients sont, en général, des touristes qui préfèrent venir manger chez nous et découvrir l’art culinaire sénégalais. Chaque année, ils apprécient le menu riche et varié que nous leur proposons », a-t-il souligné.

Les chauffeurs de taxis urbains et autres véhicules de transport en commun se remplissent également les poches avant 13 heures et sont obligés de faire travailler tous les jours, de 14 heures à l’aube, deux autres collègues chauffeurs en chômage, en vue de les aider à joindre lesdeux bouts.

Mbagnick Karachi DIAGNE

Le musée de la Femme Henriette Bathily accueille, depuis jeudi, l’exposition sur les majorettes du lycée J. F. Kennedy de Dakar. Celle-ci met en évidence l’évolution des majorettes de ce lycée de la capitale, à travers des photos et tenues marquant les années de leur existence.

Pour faire connaître davantage les majorettes du lycée John Kennedy de Dakar et l’historique de sa création, l’équipe du musée de la Femme Henriette Bathily a procédé, jeudi, au vernissage de l’exposition titré « Les majorettes de Kennedy, toute une histoire ». À travers des tenues de chaque époque, des photos illustratives et quelques textes et articles de presse, le public était ébloui par la découverte et la beauté de création des tenues portées par ces gracieuses jeunes filles et qui ont évolué à chaque époque.

Sur les lieux de l’exposition, on peut en effet voir des tenues portées par ces élèves danseuses, des années 2002 à 2016. Sans compter de nombreuses photos illustratives des prestations de défilé de ces jeunes filles qui n’ont rien à envier à bien de professionnelles de la danse.   L’expo sur les majorettes de Kennedy a aussi été un prétexte pour rendre hommage à ses fondateurs, à savoir la chorégraphe Germaine Acogny et le Tambour Major feu Doudou Ndiaye Coumba Rose. Ce qui explique, d’après le commissaire de l’exposition, Haby Diallo, le  texte rédigé par Seyba Traoré sur eux, en plus des témoignages du premier proviseur du lycée Kennedy, Marguerite Senghor Ba et ceux d’anciennes majorettes, des articles de presse affichés à l’occasion. A l’en croire, à travers cette exposition, sur les majorettes, c’est tout une histoire qui est racontée pour mieux connaître l’historique de ce groupe créé en 1975.

La représentante de Marie Pierre Mbaye Myrick indique que l’organisation de cette exposition s’inscrit dans le cadre des événements à thème qu’elles organisent pour la promotion de la femme. « Nous avons pensé travailler sur les majorettes de Kennedy  car ça été un premier acte de libération d’expression de la femme en public et ce fut un début fantastique qui a perduré. D’où l’intérêt de rendre hommage aux fondateurs et à ces jeunes filles qui ont perpétué  cette œuvre », souligne-t-elle.

Chorégraphe et responsable des majorettes du lycée Kennedy depuis 1985, Yama Diémé Diédhiou se dit joyeuse de l’organisation de cette exposition par le musée de la Femme. « C’est une bonne chose que le public puisse partager, découvrir les belles tenues et leur évolution durant toutes ces années. D’habitude, les majorettes de Kennedy ne sont vues que par le public lors du défilé du 4 avril à travers les médias ou lorsqu’elles sont invitées dans une cérémonie pour une prestation. Mais cette exposition va permettre de les découvrir de près, de connaître l’historique, la source de création des majorettes et l’équipe, comment ça fonctionne », argue-t-elle. A l’en croire, c’est même une nécessité car les majorettes sont devenues une institution. « Elles sont devenues incontournables pour le défilé du 4 avril et ont beaucoup contribué à la réputation du lycée », confie-t-elle.

Réadaptation sénégalaise
Présente au vernissage, Germaine Acogny, fondatrice de cette troupe, se dit agréablement surprise et touchée par ce qu’est devenue l’histoire des majorettes au fil des années. « Je ne m’attendais pas à ce que cette histoire perdure aussi longtemps. Cela me fait plaisir parce que ce sont les majorettes du Sénégal, du lycée Kennedy de Dakar qui m’ont rendue populaire. Grâce aux majorettes de Kennedy, la danse contemporaine, moderne est devenue populaire et je souhaite que ça ne s’arrête pas seulement aux majorettes. Il faut mettre ces danses le plus souvent à la télévision pour que les gens s’habituent et qu’ils voient qu’il y a une belle évolution de la danse », suggère-t-elle.

D’après la fondatrice de l’école des Sables de Toubab Dialaw, tout a commencé avec les majorettes de la ville de Saint-Maur-des-Fossés jumelée à Ziguinchor qu’elle a vu défilé un jour de 4 avril alors qu’elle y occupait le poste de professeur d’éducation physique au lycée Djignabo.« Aussitôt, j’ai pensé à une réadaptation sénégalaise. L’idée m’est venue d’en parler à Doudou Ndiaye Coumba Rose et avec l’aval de Marguerite Senghor Bâ, premier proviseur du lycée, nous avons rassemblé 50 jeunes filles du lycée Kennedy et on a commencé les répétitions. A l’époque, j’étais professeur d’éducation physique et je donnais aussi souvent des cours de danse rythmique en tapant les mains et en faisant ce fameux mouvement de reins. Ça m’a beaucoup amusé de former ces jeunes filles en compagnie de Doudou Ndiaye  Rose qui s’était collé à la musique et voilà qu’aujourd’hui ça perdure  et j’en suis fière », raconte-t-elle, nostalgique, avec un brin de fierté.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Elton John, la popstar britannique a annulé plusieurs concerts prévus aux Etats-Unis dans les prochaines semaines après avoir contracté une dangereuse infection bactérienne. L’icône de la pop britannique a dû être transporté d’urgence à l’hôpital le week-end dernier. C’est Fran Curtis, son attachée de presse, qui a révélé les graves ennuis de santé du chanteur, suscitant l’inquiétude de ses nombreux admirateurs. Le musicien britannique, qui a fêté ses 70 ans le mois dernier, serait tombé « gravement malade » le 10 avril dernier lors d’un vol Santiago-Londres, après s’être produit en Amérique du Sud à l’occasion de sa dernière tournée pour l’album « Wonderful Crazy Night », sorti en février 2016.

Ils cartonnent au « Parlement du Rire », une émission d’humour à l’africaine diffusée sur Canal+. Le trio Mamane, Digbeu Cravate et Michel Gohou étaient sur la scène du Théâtre de verdure de l’Institut français de Dakar, jeudi. Face à la presse, les humouristes reviennent ici sur leur fusion. Ils évoquent également le film «Bienvenue au Gondwna » sorti le 12 avril dernier, qui sera présenté à Dakar le 11 mai, à l’occasion de l’inauguration de la salle de cinéma Canal Olympia.

« Bienvenue au Gondwana »
Mamane : « Bienvenue au Gondwana est une comédie axée sur la lutte pour la démocratie en Afrique. Elle est notamment essentiellement orientée sur les élections. Ce sont des sujets qui s’adressent à toute l’Afrique. Pour une fois, ce sont des Africains qui donnent leur point de vue sur les élections, qui sont la plupart du temps une sorte de jeu d’hypocrisie, entre l’Occident et nos dictateurs. On sait bien que quelqu’un est dictateur, mais on lui demande quand même d’organiser des élections, qu’il vole. Par la suite, l’Occident vient dire qu’il ne fait des affaires qu’avec des démocrates. Pendant ce temps, on voit des jeunes qui se noient dans la méditerranée pour fuir, ces soi-disant démocrates. C’est pour cela que divers sujets sont évoqués : accès aux soins sanitaires, à une bonne éducation, la jeunesse qui voit son avenir hypothéquée. C’est une comédie qui est certes faite pour rire, tout en abordant des sujets sérieux. Il y est question de la mal gouvernance, de l’État et de la démocratie ».

Budget et casting du film
Mamane : « Le budget du film est estimé à peu près à 2 milliards de FCfa. Le casting, nous l’avons fait à travers nos réseaux. Les connaissances dont nous disposons dans chaque pays nous ont été très utiles. C’est l’un des problèmes en Afrique, rien n’est structuré. En Europe par exemple, c’est un directeur de casting qui lance l’appel et toutes les personnes intéressées se rapprochent à travers leur agence. Là-bas, tout est bien structuré. Maintenant, vu le nombre d’années que Gohou et Digbeu ont fait dans le métier, ils connaissent un peu des artistes comédiens dans chaque pays. Par exemple, pour le cas de Lamine Ndiaye, c’est Demba Dièye qui m’a parlé de lui. Il m’a montré des vidéos. C’est à partir de là que nous avons fait appel à lui. Il joue le rôle du ministre ».

Digbeu Cravate : « Le film sera tout d’abord commercialisé. Les producteurs vont essayer de rentrer dans les fonds qu’ils ont investis. Ensuite, nous le ferons passer à la télévision. Il va suivre un processus bien déterminé. Il est temps qu’en Afrique, nous comprenions que la culture constitue une économie à part entière. La culture de la gratuité doit être bannie sous toutes ses formes. Il nous faut une véritable économie qui soit viable. Il faut sans cesse se renouveler tout en s’adaptant à la demande et aux exigences commerciales de l’heure ».

« Le parlement du rire »
Mamane : « Ici, on raconte le quotidien d’une population en nous basant sur des lois montées par le parlement. Le Parlement du rire est un programme fait pour donner une plage d’expression aux humoristes africains. C’est véritablement un programme panafricain. On y voit des humoristes du Gabon, du Congo, du Tchad du Mali. On attend toujours un humoriste du Sénégal. Nous avons à cet effet ouvert un casting à travers Facebook, mais seulement, les humoristes sénégalais s’expriment tout le temps en wolof. Hors, c’est une langue qui n’est pas comprise au-delà du Sénégal. Notre objectif, c’est de faire recours à une langue qui sera accessible au public africain, en l’occurrence le français. Les humoristes qui viennent dans le Parlement du rire sont la plupart du temps des vedettes dans leurs différents pays. Grâce au parlement du rire, ils sont désormais connus dans toute l’Afrique. Nous essayons de construire un secteur, un métier d’humoristes. C’est parti pour rester. En tout cas, nous l’espérons. Le public, à travers le retour, montre combien il est attaché, donc cela constitue un bon signe ».

Gohou Michel : Nous l’avons monté ensemble. C’est une œuvre véritablement collective. Nous sommes tous issus du one man show. Nous avons trouvé opportun de nous mettre ensemble pour créer « l’Union des humoristes africains ». Nous avons d’ailleurs beaucoup de projets à concrétiser. Nous profitons de cette occasion pour lancer un appel aux humoristes sénégalais de faire des sketches en français, pour pouvoir toucher tout un public français. C’est entre 250 et 300 millions de personnes qui sont ciblées. C’est un énorme marché, un énorme bassin de spectateurs.

Mamane : « L’idée est venue du fait déjà que nous évoluions dans ce métier depuis des années. Chacun avait un registre bien particulier. Nous avons convenu de réunir nos forces pour ensemble proposer quelque chose d’originale. C’est comme cela que nous avons, avec une production française, monté le film. Il est destiné au public français et africain. Nous l’avons tourné en Côte d’Ivoire avec des techniciens africains et français. Nous sommes très engagés dans ce que nous faisons. Un artiste qui n’est pas engagé fait montre de non assistance à peuple en danger. On ne peut pas monter sur scène en Afrique et dire que tout va très bien. Ce serait de l’hypocrisie. Nous sommes là pour parler des choses qui ne marchent pas. Nous ne sommes pas des ministres du Tourisme pour dire aux gens venez, tout va très bien. Notre rôle, c’est d’appuyer là où ça fait mal ».

Digbeu Cravate : « Ce qui nous intéresse, c’est juste le public, c’est à lui que nous nous adressons. Nous jouons un peu rôle de conscientisation vis-à-vis du public. A travers l’humour, nous évoquons toutes les questions. Nous ne sommes pas des lanceurs d’alerte comme le mouvement «Y’en à marre» au Sénégal ou encore le « Balai Citoyen » au Burkina Faso, le mouvement « Tournons la page » au Tchad. Mais nous nous adressons à un public africain conscientisé ».

Siège du « Parlement » à Abidjan
Gohou Michel : « Quand on parle d’humour en Afrique, on pense automatiquement à la Côte d’ivoire. La capitale culturelle de l’Afrique a pendant longtemps été Abidjan. Mais, au-delà de la Côte d’ivoire, c’est, bien entendu, tous les pays de la sous-région qui sont concernés. Par exemple, le public sénégalais est pareil à celui de la Côte d’ivoire, du Congo, du Cameroun et d’autres pays, j’en passe. C’est souvent un public très réceptif. Ce sont des publics ouverts et très accueillants.

L’art nourrit-il son homme en Afrique ?
Gohou Michel : « L’art nourrit son homme en Côte d’Ivoire. C’est juste qu’au tout début, nous ne mesurions pas toutes les opportunités qui étaient à notre portée. Maintenant, il s’est naturellement opéré une prise de conscience. Nous n’en sommes plus à l’époque où nous comptions exclusivement sur le gouvernement, pour aspirer à avancer. Maintenant, les artistes comédiens prennent eux-mêmes leur destin en mains pour pouvoir ouvrir certaines portes et avancer. Nous avons depuis compris plein de rouages. Il faut se donner les moyens pour avancer. Auparavant, l’art était assimilé à un chemin de perdition.

Mamane : « L’art nourrit donc globalement son homme. Mais, il est important de préciser que nous sommes une petite minorité à pouvoir vivre de cela. Certains humoristes vivent de leur art, notamment ceux qui sont très connus. Mais, pour ce qui concerne l’autre frange qui n’est pas encore forcement sortie de l’ombre, ce n’est pas du tout évident. Beaucoup d’artistes tirent le diable par la queue. Cette situation est également due à un manque d’organisation ».

« Au début, Ma famille… »
Gohou Michel : C’est vrai « Ma famille » nous a permis de toucher un public beaucoup plus large. Toutefois, il convient de préciser que nous étions déjà sur ce métier bien avant l’arrivée de ce téléfilm. « Ma famille », ça été pour certains artistes comédiens une opportunité de se faire découvrir à travers le contient africain. L’objectif est de donner la chance à tout le monde afin qu’il puisse convenablement s’exprimer à travers son art.

Recueillis par Omar DIOUF
et Oumar BA

« C’est avec une très grande tristesse que j’ai appris le décès de l’artiste sénégalais Issa Samb dit Joe Ouakam, du nom de son quartier d’origine à Dakar… C’était un immense artiste, tour à tour sculpteur, peintre, critique, poète, acteur, philosophe ou encore dramaturge », a réagi l’ambassadeur de France au Sénégal, à la suite de la disparition de l’artiste Joe Ouakam.

Dans un communiqué, Christophe Bigot rappelle que Joe Ouakam, ces derniers mois, avait souhaité préparer, en collaboration avec l’Institut français, l’exposition « Alem, l’A-venir » dont le vernissage aura lieu à la Galerie Le Manège le mardi 23 mai prochain. « Ce projet lui tenait à cœur et nous lui rendrons un vibrant hommage à cette occasion », rassure l’ambassadeur.

Selon le diplomate français, le dernier combat du défunt a été de défendre sa cour, « Agit Art » menacée d’être détruite. « Véritable laboratoire, lieu de création, d’agitation, de gestation mythique, quasi mystique, cette cour située à deux coins de rue de l’Institut français de Dakar, a attiré depuis plusieurs décennies des artistes, des amis, des intellectuels et des penseurs du monde entier », remarque le diplomate français dans le communiqué.

Joe Ouakam, estime M. Bigot, « était un ami de la France et contribuait activement à l’Institut français de Dakar. Il y venait chaque midi pour déjeuner. De sa table, sa pipe à la bouche, il taquinait tour à tour les clients et le personnel de l’Institut ou du restaurant ». Ainsi, Christophe Bigot « exprime à sa famille mais également à sa famille des Lébous, à sa famille artistique, culturelle sénégalaise, aux autorités sénégalaises ainsi qu’à tous ses proches, mes plus profondes condoléances et toute ma sympathie dans ce moment douloureux ».

 L’Institut français via sa Cinémathèque Afrique rend hommage, avec un cycle de trois films, aujourd’ hui, au sculpteur sénégalais Ousmane Sow, décédé le 1erdécembre 2016. Selon un communiqué, les 28 et 30 avril, des projections sont prévues dans le monde entier à l’initiative de l’Institut français de Dakar avec comme point d’orgue une soirée hommage au Théâtre de Verdure de l’Institut français de Dakar en présence de la réalisatrice Béatrice Soulé, Youssou Ndour, Bernard Lavilliers et Souleymane Diamanka.

Une cinquantaine de partenaires participeront à cet hommage, de New York à Paris, au musée Dapper, à en passant par Genève, en ouverture de la conférence mondiale de l’Ompi, et Washington où le Musée national d’art africain de la Smithsonian Institution diffusera en boucle le film « Le soleil en face » pendant les trois jours. Tv5Monde s’associe à cet hommage en diffusant «Ousmane Sow», «Le soleil en face» dans la semaine qui suit l’événement, sur tous les territoires couvert par la chaine, et traduira le film en vingt-trois langues.

À cette occasion, Béatrice Soulé présentera une installation photo-vidéo dans le cadre de Gorée Regards sur cours, sous l’égide de l’Institut français de Dakar. Le cycle de films,» Ousmane Sow (26 mn, 1996)», « Le soleil en face (55’, 2000.)» de la réalisatrice Béatrice Soulé seront projetés simultanément à Dakar et dans d’autres pays du monde.

« Autour de minuit », concept initié par Ablaye Cissoko durant le festval de jazz, a repris ses quartiers hier jeudi, à l’Institut français de Saint-Louis. Cette édition réserve ses plus belles notes à des valeurs affirmées et nouveaux talents qui vont se relayer sur la scène, avec en guest-star le bassiste Habib Faye et le batteur percussionniste Mokhtar Samba.

« Autour de minuit » consacrera, cette année, la rencontre de trois musiciens de renom : Ablaye Cissoko, Habib Faye et Mokhtar Samba. C’est la fusion de trois instruments : la kora, la guitare et les percussions pour un alliage des genres que seuls ces artistes confirmés peuvent se permettre.

Avec la réussite de la dernière édition, Ablaye Cissoko a jugé opportun d’offrir un casting très attractif avec Habib Faye, l’un des bassistes sénégalais les plus talentueux de sa génération, qui était là l’année dernière, mais aussi le percussionniste Mokhtar Samba qui a marqué son époque et accompagné de grands musiciens comme Salif Keita, Youssou Ndour, Joe Zawinul, Alpha Blondy, Manu Dibango, Carlinhos Brown, Carlos Santana et tant d’autres.
Pendant quatre jours, ces artistes partagent la scène sur le parvis de l’Institut français de Saint-Louis et vont dévoiler tout le génie de leur art et donner la pleine mesure de leur talent pour faire vivre au public en quête d’apaisement, d’extase et même d’abandon, d’inoubliables moments de magie qui conjuguent avec brio puissance harmonique, rythmique et mélodique.

Moments de retrouvailles, d’échanges avec le public et de célébrations avec les artistes de renom et les artistes locaux, « Autour de minuit » se veut une scène de création libre ouverte à divers univers restera fidèle à son esprit, selon Ablaye Cissoko. Et la particularité de cette année est que la scène accueillera aussi des artistes locaux au talent prometteur. Ablaye Cissoko a jugé nécessaire d’inviter Mama Sadio, Maïna, Sahad Sarr et Khadim Tall. Ces derniers joueront également leur partition pour des moments de pur bonheur, de passion, de plaisir et de découverte « Autour de minuit ».
Le programme de ce grand événement, organisé dans le cadre du Festival international de jazz de Saint-Louis, se déroulera du jeudi 27 au dimanche 30 avril.

A. M. NDAW

 

Foires artisanale et commerçante

En dehors des concerts et des manifestations culturelles et sportives, l’Association Saint-Louis/Jazz a organisé, cette année encore, une foire artisanale sur la place Faidherbe et une foire commerciale sur le quai Masseck Ndiaye.

L’organisateur principal, Amadou Diop de l’Association Saint-Louis/Jazz indique que ces foires permettent aux festivaliers et autres visiteurs de bénéficier de la richesse des créateurs locaux et d’ailleurs. Si certains admirent la beauté des produits artisanaux exposés sur la place Faidherbe, notamment les belles chaussures, les pièces de tissu, les objets d’art et autres merveilles réalisées par les artisans de la région Nord, d’autres mettent à profit cette période de la 25ème édition du festival de jazz de Saint-Louis pour acheter des vêtements, des fournitures scolaires et autres articles cédés aux clients à des prix défiant toute concurrence.

L’objectif de l’organisation de ces foires, a précisé Amadou Diop, consiste à permettre à l’Association Saint-Louis/Jazz de contribuer efficacement à la valorisation et à la promotion des produits artisanaux du delta et de la vallée du fleuve Sénégal. Ces foires, a-t-il poursuivi, enregistrent aussi la participation d’artisans venus des quatre coins du Sénégal et d’autres pays de la sous-région, tels que le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso, le Bénin, la Gambie, la Guinée, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, etc.
Chaque année, a-t-il souligné, la demande formulée par les participants pour disposer d’un stand est exponentielle, causant de lourds préjudices et autres désagréments aux responsables de Saint-Louis/Jazz.

Non seulement, a-t-il ajouté, il est impossible de satisfaire toutes les demandes de participation, mais les organisateurs, à la dernière minute, sont confrontés à d’énormes difficultés pour trouver et aménager l’espace dont ces participants ont besoin pour exposer leurs produits. Un autre problème consiste à assurer à ces participants la sécurité. D’autant plus que c’est l’occasion rêvée pour les pickpockets, les malfrats, de se frotter les mains pour réaliser de très bons « chiffres d’affaires ». Néanmoins, les organisateurs de ces deux foires, toujours très vigilants, n’hésitent pas à collaborer étroitement avec les forces de l’ordre pour canaliser la foule et neutraliser certaines personnes mal intentionnées.

Mb. Kh. DIAGNE

L’initiative des « Clubs de la Francophonie » dans les collèges du Moyen secondaire au Sénégal a été lancée mercredi dernier, au Collège d’enseignement moyen John Fitzgerald Kennedy de Dakar. La Direction de la Francophonie et la Direction de l’enseignement secondaire général du ministère de l’Éducation nationale comptent ainsi favoriser la création de ces clubs. Lesquels pourraient aboutir  à un réseau légitime pour être l’interlocuteur des institutions en charge de la Francophonie.

Initié conjointement par la Direction de la Francophonie et la Direction de l’enseignement  secondaire général, les « Clubs de la Francophonie »dans les collèges du Moyen secondaire est un projet allant dans le sens de mieux vulgariser la langue française. Consciente que cet objectif ne peut être atteint qu’avec la participation de toutes les franges de la population francophone, le cycle moyen secondaire est une cible privilégiée. Chaque collège d’enseignement moyen devra créer en son sein un club. Au niveau national aussi, ces clubs formeront le Réseau national de la Francophonie, l’interlocuteur des décideurs. L’objectif est de créer une relation directe entre les institutions de la Francophonie et les collégiens amoureux de la langue française.

En marge de cette cérémonie de lancement, le projet « l’Ami littéraire » a été propulsé par les auteures Mame Coumba Ndiaye fille de Mariama Bâ et Sokhna Benga. Ce concept consiste à recevoir des écrivains dans un établissement scolaire pour effectuer une lecture de ses œuvres, permettant ainsi la naissance d’échanges entre l’auteur et les élèves.

Sokhna Benga qui a été donnée en exemple aux filles du Cem John Fitzgerald Kennedy de Dakar a vu son œuvre « Le dard du secret » décortiqué par le professeur de Lettres modernes Mamadou Lamine Diawara. La biographie de Mariama dressée par sa fille Mame Coumba Ndiaye a aussi été présentée aux « Kennediennes ». Ces dernières ne se sont pas contentées d’écouter les auteures, elles ont aussi partagé leur compréhension des deux œuvres.

Sokhna Anta NDIAYE
(stagiaire)

Selon un communiqué de Tigo, « la dernière mission de suivi de la qualité de service Internet effectuée par l’Artp en mars 2017 dans la région de Dakar, révèle que Tigo est le premier opérateur en qualité de service Internet ». « Nous sommes heureux de voir que les différentes initiatives que nous avons mises en œuvre au niveau technique et commercial ces dernières années portent leurs fruits. Notre ambition est de continuer à offrir la meilleure qualité de service Internet au niveau national et à tous nos clients. C’est une responsabilité dont nous avons conscience et pour laquelle toutes nos équipes sont mobilisées et engagées. Nous remercions nos clients pour leur confiance et leur fidélité », a déclaré la directrice générale de Tigo, Mme Mitwa Ngambi.
Depuis le lancement de sa 3G+, Tigo Sénégal s’est donné pour ambition de «faire découvrir et vivre le digital lifestyle aux populations et entreprises du Sénégal».

Les festivités marquant le lancement de « Conakry, capitale mondiale du livre », ont été clôturées par le Premier ministre de la République de Guinée. C’était en présence de Madame Anna Sémou Faye, ambassadeur du Sénégal, et du directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication, Rémi Sagna, informe un communiqué.

Après 72 heures marquées par un programme artistique et littéraire, les rideaux sont tombés sur les activités commémoratives de la Journée mondiale du livre à Conakry. En effet, pendant trois jours, la capitale de la Guinée a vécu d’intenses moments de ferveur autour du livre, de la lecture, de l’édition et de la musique. Pour marquer cette importante activité de lancement de Conakry, capitale mondiale du livre, les organisateurs ont voulu montrer leur ambition de faire de leur pays un carrefour incontournable de la littérature africaine et du monde entier.

Selon le commissaire de l’événement, ce fut trois jours de bonheur et d’espoir pour la Guinée. Ce sera l’occasion pour le gouvernement de mener une série d’activités dont l’équipement de la bibliothèque nationale, l’organisation de séances de dédicaces d’ouvrages, de colloques, de conférences et d’échanges sur la problématique du livre en Afrique.

« Parmi les événements phares retenus, on peut aussi noter la célébration des 70 ans de Présence Africaine à Conakry. A cette occasion, un hommage est rendu à Alioune Diop, David Diop et verra la présence d’écrivains et d’intellectuels dont Wole Soyinka », indique-t-il.

Dans son adresse, le Premier ministre, Mamadou Youla, a salué le travail de son gouvernement en matière de politique du livre, politique qui a valu à la Guinée d’être choisie par l’Unesco comme la capitale mondiale du livre. Il a remercié tous les pays amis qui se sont joints à la Guinée pour assurer la réussite à cet événement. Aussi, a-t-il exhorté les membres du comité d’organisation à garder le même enthousiasme, la même flamme pour assurer le succès aux autres étapes du programme de célébration. Avant de les assurer par ces mots, « le gouvernement sera à vos côtés pour les importantes activités à venir ».

Au cours de cérémonie de clôture, le prix du jeune écrivain a été décerné à David Kékéma Biabogui pour son texte intitulé « Sos jeunesse ». Le jury était présidé par Alassane Shérif de l’association des écrivains de Guinée.

La veille, le Centre culturel franco-guinéen qui a abrité un panel sur le thème « Les mutations des lettres sénégalaises », a été animé par le Professeur Diané de l’Ucad et la conservatrice du musée Léopold Sédar Senghor, Mariama Ndoye. C’était sous la présidence des ministres sénégalais et guinéens de la culture.

Dans la soirée, c’est la chanteuse Titi et son groupe qui ont fait sensation dans une salle archi-comble du Centre culturel franco-guinéen. Sans oublier la belle prestation des slameurs sénégalais. Le public guinéen composé en majorité de jeunes s’est laissé emporter par les belles sonorités mbalax.

Maguette Guèye DIEDHIOU

L’artiste Issa Samb plus connu sous le nom de « Joe Ouakam », décédé mardi, a été inhumé hier à sa dernière demeure au cimetière de Ouakam, à Dakar. A sa levée du corps, à l’hôpital Principal, le président de la République a salué la création artistique et l’humanisme du défunt.

« La mort est toujours une surprise, malgré qu’elle soit le destin inexorable de toute créature. C’est de Dieu que nous venons, c’est de Lui que nous retournons », a affirmé, dans une formule révélée par un verset du Coran, le président de la République, hier, à la levée du corps de l’artiste Issa Samb dit « Joe Ouakam ». « En cette circonstance particulière », Macky Sall avait dit, en préambule, que le Conseil des ministres a été déplacé, la première fois depuis qu’il est au pouvoir, pour apporter l’hommage du pays, à ce digne fils du Sénégal.

« Rendons grâce à Dieu en toute circonstance, malgré la douleur incommensurable qui nous saisit lorsqu’un être cher nous quitte, pour toujours. Issa Samb dit Joe Ouakam, couché là, devant nous, est une de ces figures dont la mort revêt une signification singulière. Il était un artiste de dimension nationale et internationale incontestable. Rarement, on a côtoyé, dans notre pays, un homme qui aura organisé sa vie comme une œuvre d’art ; je veux dire une vie jouée entièrement à la création, défiant la mort et le désespoir », a poursuivi le chef de l’État, approuvant le témoignage poignant de ces compagnons d’artistes et autres parents.

« Joe Ouakam nous quitte au moment où nous avons encore plus besoin de lui, de sa présence rebelle, de sa parole étonnante et toujours remplie de sens de douceur, de ses colères justes et des valeurs sublimes de générosité et de solidarité. Oui, l’homme que nous accompagnons, incarnait un humanisme total si précieux pour notre époque tourmentée. Ces œuvres étaient originales et empreintes à la fois d’inquiétude et d’espoir, à l’image de lui-même, comme artiste intégral, dans sa manière d’être, dans sa demeure, dans sa relation avec les autres, dans son regard sur son pays et le monde », a ajouté Macky Sall.

Proche des démunis
Revenant sur une rencontre à laquelle, il avait convié des intellectuels et hommes de culture au Palais, tenue il y a quelques années, pour une conversation franche sans tabou, le président de la République se rappelle, ce jour-là, avoir senti en cet homme debout, frêle et plutôt déterminé, la puissance de la conviction, une forte volonté de mouvement et de progrès, d’époque sûre, qui ne s’expliquent que par ces valeurs fondamentales qui font la singularité de l’homme. Il a loué la modernité de l’artiste qui avait imposé sa présence bénéfique dans le landerneau artistique et culturel dakarois et sénégalais.

« Que son œuvre et son exemple éclairent les nouvelles générations. Que Dieu l’accueille à son Paradis et lui réserve une place de choix », a-t-il prié, non sans constater que le défunt n’avait jamais oublié ses racines Lébou.

Au chapitre des témoignages, le Grand Serigne de Dakar, El hadji Abdoulaye Makhtar Diop, se souvient d’un camarade avec qui il partageait la chambre 174, au couloir H, du pavillon A de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Pour lui, des miracles dormaient en cet homme, originaire de Mboul. « Il aidait les démunis à partir des revenus tirés de la vente de ses tableaux d’art », a-t-il affirmé.

Son ami Alioune Badara Diagne n’a pas tari d’éloges à l’âme disparue. « Le Sénégal a subi une lourde perte. Patriote sincère, il était une figure qui incarnait la création artistique. Il était un homme de pensée et d’action, un homme de cœur et de bien », a laissé entendre M. Diagne.
Pour sa part, Abdoul Bâ est revenu sur la générosité du défunt, qui aidait orphelins et veuves. « Joe s’intéressait à l’homme. Joe me disait que le vivant est celui qui aide l’autre à vivre. Sinon, l’on n’est pas vivant », a affirmé M. Bâ, très ému.

Quant à Mbaye Diagne, il témoigne que l’argent n’avait pas pris le dessus sur la vie de Joe Ouakam : « Il a préparé sa mort ». « Joe Ouakam » a étudié à l’École nationale des arts et à l’Université de Dakar. Il était une figure emblématique et tutélaire de l’art au Sénégal. Peintre, sculpteur, acteur et dramaturge né à Dakar, il vivait depuis des décennies au milieu de ses œuvres, dans sa maison au Plateau, une sorte d’exposition permanente qui variait au fil du temps.

Hier, la cérémonie de levée du corps de l’artiste, décédé à l’âge de 72 ans, a enregistré la présence, entre autres, du Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, du ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, des ministres conseillers El Hadji Kassé et Mme Penda Mbow.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le temps les a accueillis avec douceur et ils leur ont rendu la pareille, en procurant tant d’émotions, au cours de leur prestation au Festival de jazz de Saint-Louis. Entre les lamentations de Lokua Kanza et les émotions crues de Marcus Miller, le public a passé une belle soirée, mardi.

C’était la soirée à ne pas rater et elle était très belle avec des productions de haut vol. Il y a d’abord eu Lokua Kanza, l’homme qui « pleure » quand il chante avec comme seul objectif de transmettre des émotions. De sa voix modulable à souhait qui laisse parfois place à des trémolos et souvent renvoie à celui d’un stentor, le chanteur congolais a conquis son auditoire. Dans son répertoire plusieurs thématiques sont abordées et renvoient parfois au fait de ne jamais perdre son âme. Aussi, Lokua évoque le bonheur pouvant naître d’un sourire, un regard, une épaule, qui peut procurer tant de bonheur. Dans un brin de d’humeur, l’artiste souligne que « même une petite banane peut faire du bien ».

Les mélodies de Lokua sont envoûtantes. Tout est paisible chez ce chanteur, tout est douceur surtout quand il ferme les yeux et semble dialoguer avec le néant... Il murmure et chuchote, fait voyager à Kinshasa un samedi soir où tout est remuant. Toute cette belle frénésie est agrémentée par  les fins déhanchements de ses choristes. A l’heure de prendre congés, l’artiste initie un solo, tout entrainant. Seul sur scène, Lokua Kanza est si présent avec sa guitare et sa voix nue et possessive. Il est capable de faire de brèves et stridentes incursions, comme aussi il peut dans un style propre « endormir » le spectateur.

Rattraper le temps perdu…
Le « Goodbye » en guise de clap de fin annonce ainsi l’arrivée d’une autre icône, Marcus Miller. Que doit retenir le spectateur d’un concert de l’artiste américain. Tout ! Absolument tout. La belle prestation de ses deux Alex à la batterie et au saxo, le trompettiste Marcus qui à lui seul peut faire le concert, ajouté à cela, son talent de bassiste attendu l’an dernier, mais qui à la dernière minute a déprogrammé sa venue pour des raisons de sécurité. Mais le rattrapage en valait vraiment la peine.  Le compositeur et producteur de « Tutu » du grand Miles Davis a fait danser la Place Faidherbe. Miller a visité son album « Afrodeezia » qui est un voyage sur la route de l’esclavage avec des sonorités venues d’Afrique, du Brésil, des États-Unis, des Caraïbes en passant aussi par Paris la métisse et bien évidemment Saint-Louis du Sénégal, carrefour africain du jazz.

Le top de sa prestation, mardi, a été le morceau « Gorée ». Ainsi rappelle l’artiste natif de New York, « j’ai visité cette île mémoire il y a 7 ans et elle m’a parlé ». Ce pèlerinage a été décliné en notes mélancoliques et le public était sous le choc. A travers ce morceau, l’on sent la tristesse et aussi l’envie de dénoncer des choses horribles comme l’esclavage qui a séparé des frères de sang. Les complaintes des instruments sont accompagnées par les mots d’un slameur qui rappelle que l’humanité ne compte qu’un seul peuple avec plusieurs langues et plusieurs cultures. Dans «Gorée», Marcus Miller nous transporte dans cette période sombre de l’humanité.

Amadou M. NDAW

Ouvert lundi, le Festival international de jazz de Saint-Louis, événement de renommée internationale, accueille chaque année des milliers de festivaliers, devenant ainsi un rendez-vous musical incontournable pour les jazzophiles, africains, européens, américains, asiatiques et sénégalais.

« Aujourd’hui, le Festival international de jazz de Saint-Louis est devenu un levier de promotion économique important pour la ville, mais aussi l’un des plus importants festivals d’Afrique, en termes d’image, de notoriété et d’affluence », a affirmé le président de l’Association Saint-Louis/Jazz, Me Ibrahima Diop. Pour cette édition 2017, l’association organisatrice du festival compte sur son pouvoir de mobilisation de toute la population locale qui, du reste, s’est appropriée l’événement depuis plusieurs années.

Ce festival, souligne Me Diop, président de l’association, incite des milliers de touristes à affluer vers Saint-Louis. Il captive, par sa notoriété, l’attention des autorités sénégalaises, des représentations diplomatiques et des institutions internationales qui se retrouvent à Saint-Louis le temps du festival. C’est pourquoi l’association organise, en marge des festivités du programme officiel, d’autres manifestations axées sur des thèmes d’actualité. Des concerts de musique (jazz, blues, gospel, hip hop…), des manifestations culturelles et sportives, des foires et des expositions rythmeront cette 25ème édition. Face à un public de plus en plus exigeant, Saint-Louis Jazz donne une importance capitale à sa programmation artistique, développe des projets plus créatifs, sans ôter au festival son ambiance de fête si particulière et son identité originelle.

Des moments d’ambiance populaire
Le Festival international de jazz est, en effet, un temps fort que les populations de la ville de Saint-Louis, leurs illustres hôtes, des milliers de touristes et autres visiteurs, attendent avec impatience et qui mobilise, chaque année, des milliers de festivaliers et autres adeptes de la musique. C’est, à coup sûr, cette période durant laquelle les jazzmen de gros calibre, venus d’Afrique, d’Europe et des États-Unis, enflamment les soirées du « In » organisées encore sur la place Faidherbe. Ainsi, les amateurs de jazz ont droit à huit nuits d’orgie musicale.

Dans cette ville qui a connu le faste d’une capitale et la lumière d’une cité d’art et de culture, cette ville spirituelle, élégante, drapée de toute sa dignité, auréolée de son histoire, certains touristes peuvent assister aux concerts et découvrir les sites touristes et monuments historiques de cette cité tricentenaire.

Ancienne capitale de l’Afrique occidentale française, longtemps considérée comme un centre d’élégance, de Téranga, de la mode, de l’extravagance, de la courtoisie et de la douceur, la ville mythique de Mame Coumba Bang (génie tutélaire des eaux), commence à vibrer.

Jusqu’au 1er mai, les visiteurs ont l’occasion de musarder à travers les rues, ruelles et artères de la vieille cité, découvrir le beau palais de la gouvernance qui trône imperturbable au milieu des quartiers de Lodo et de Sindoné (quartiers du Nord et du Sud de l’île).

Pour traverser le célèbre pont Faidherbe, trait d’union entre l’île et le faubourg de Sor, considéré comme le poumon économique de la ville, pour visiter les vieilles chaumières de Guet-Ndar, Santhiaba, Gokhou-Mbathie, les endroits paradisiaques et idylliques de l’hydrobase, de la Langue de Barbarie, des îles de Bopp-Thior, Doune Baba Dièye, pour s’adonner à des randonnées pédestres entre les collines et les dunes du Gandiolais.

Les illustres hôtes de l’Association Saint-Louis/Jazz et autres invités de marque auront aussi l’opportunité de contempler ces guirlandes de restaurants et de gargotes, ces galeries d’art et d’artisanat très accueillantes, ces hôtels, auberges et autres réceptifs remis à neuf et qui invitent au dépaysement, les lustres éblouissants d’une ville chargée d’histoire, ses monuments historiques et ses sites touristiques qui permettent toujours de mieux vendre la destination Sénégal. Ils se retrouveront également dans les différentes manifestations culturelles d’assez bonne facture prévues cette année par l’équipe du festival international de Jazz de Saint-Louis.

Mbagnick Karachi DIAGNE

A l’instar de la communauté internationale, le Sénégal célèbre la Journée internationale des filles. Pour l’occasion, une journée portes ouvertes aux écolières de Dakar a été organisée à la Direction du traitement autonome de l’information du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.

L’informatique, c’est de l’intelligence embarquée dans tous les métiers du monde. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, accompagné de ses partenaires, ont compris cette maxime et ont pris la ferme intention de ne pas rester en reste dans la célébration de la Journée internationale des filles dans les Tic, consécutive au plan d’action national de la résolution 70 de l’Union international des télécommunications (Uit). Elle a pour objectif de contribuer au renforcement des connaissances et des capacités des filles en matière de Tic, de susciter auprès d’elles des vocations dans les e-métiers.

Elle offre également la possibilité aux organisateurs de primer les meilleurs projets numériques réalisés par ces dernières.

Pour Bitilokho Ndiaye, représentante du ministre des Télécommunications et des Postes, la volonté politique affichée par les autorités étatiques pour encourager les filles dans les Tic commence à porter ses fruits. Cet état de fait est confirmé par le cabinet international Deloitte, spécialisé dans des études technologiques. Ses résultats ont révélé que plus de 31% des femmes occuperont des postes dans les Tic alors que dans les pays développés, la moyenne tourne autour de 25%.

L’étude fait également cas de plus de 60% de femmes évoluant dans le secteur qui disent ne pas sentir de différences de traitement entre elles et les hommes sur des sujets techniques. D’après toujours le cabinet Deloitte, des obstacles restent, cependant, à franchir notamment une faible représentation des femmes dans les formations en Tic, des problèmes dans le processus de recrutement et de fidélisation des talents féminins ainsi que le plafond de verre perçu en matière de rémunération et d’évolution professionnelle. Koura Kane Wane de la Dtai saisit la balle au rebond pour informer du mécanisme mis en place par la direction pour encourager et fidéliser les jeunes filles dans les Nouvelles technologies de l’information et de la communication. « On effectue des séances d’évaluation avec les filles après les avoir pris en formation durant les vacances scolaires au niveau de la Direction du traitement autonome de l’information. Cette méthode nous permet de mieux les sensibiliser par rapport aux filières scientifiques qui sont très importantes et qui favorise l’équité et l’égalité des genres dans le secteur », fait savoir la directrice du Traitement autonome de l’information.

Le secrétaire général du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Tidiane Diop, a lui, remercié les agents de la Dtai pour l’organisation de ces portes ouvertes et témoigné de l’engagement du ministère aux côtés de leur homologue des Télécommunications et des Postes pour un plein épanouissement du slogan « Jiggen Ci Tic » au service du Sénégal.

Les Tic, dit-il, jouent un rôle majeur dans la promotion du développement économique et social des pays grâce à leur caractère transversal. Cheikh T. Diop exhorte, en outre, les jeunes filles à s’inspirer de l’exemple et de l’expérience des femmes ingénieurs informaticiennes en choisissant les séries scientifiques afin d’envisager des études supérieures dans le domaine des Tic qui offrent, assurément, des perspectives certaines car utiles à tous les métiers.

Mouhamadou Lamine DIOP (stagiaire)

L’artiste musicien gambien, Jalibah Kouyaté, a posé un pont culturel entre les deux pays, lundi lors de l’ouverture de la 25ème édition du Festival international de jazz de Saint-Louis. Sa prestation tout en rythmes et mélodies suivait celle de l’orchestre des Forces armées sénégalaises.

Sous un temps frisquet, l’orchestre philharmonique des Forces armées, a lancé la semaine de concerts sur la mythique Place Faidherbe. La cinquantaine de musiciens menée par le chef d’orchestre, le lieutenant Adama Koundoul, a revisité certains classiques du patrimoine musical sénégalais. Avec des incursions dans le jazz et des sonorités tirées du folklore sénégalais.

Dans le souffle de ces soldats, on remarque mélancolie et joie. Il allie douceur et la rythmique soutenue. Un bon mix pour le cœur et l’ouïe avec le dicktat des instruments à vent. Une belle découverte avant la montée sur scène de Jalibah Kouyaté. Avec son groupe, le musicien gambien a mis les lieux sens dessus-dessous. Cet artiste au timbre imposant a dessiné le pont entre les deux nations en chantant la Sénégambie.

La doigtée de Jalibah Kouyaté est exquise, accompagnée en cela par une belle présence scénique. Il est si remuant l’homme à la kora, et son discours pour une Sénégambie forte est encore plus pénétrante. Il a rappelé, après avoir enchanté le public, qu’il voulait depuis longtemps se produire à Saint-Louis dans le cadre de ce festival mais « les relations entre les deux nations ne favorisaient pas une éventuelle venue ».

Une aube nouvelle se lève pour Jalibah, si à l’aise dans des sonorités qui rappellent sa deuxième « nation de cœur », le Sénégal. Il souligne que cette union devra être paraphée par les artistes des deux pays. De son avis, « la puissance de la culture est la seule chose qui puisse permettre de faire naître définitivement la Sénégambie des peuples ».

Homme de lettres reconverti dans la musique, Jalibah Kouyaté, auteur, compositeur, interprète, est issu d’une célèbre famille de griots. Avec son « Kumareh Band », il est un des artistes phares de la scène gambienne. A travers ses prestations, ce koriste et chanteur sénégambien donne envie aux mandingues, diolas et autres ethnies de la Gambie, de la Casamance et de la Guinée-Bissau de danser et de valoriser leurs cultures qui, au fil du temps, prennent le dessus sur toute autre considération. Des cultures qui ont beaucoup plus de ressemblances que de différences.

Amadou M. NDAW

L’atelier technique de formulation des normes de création et production de contenus audiovisuels s’est ouvert à Dakar. Organisé par le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) à l’intention des réalisateurs, producteurs, responsables de programmes et acteurs, la rencontre de deux jours se veut un cadre d’échanges pour prendre en compte certaines dimensions (la sémiologie, le scénario, la réalisation technique) dans la création et la production des contenus.

Les problèmes et manquements constatés dans les créations et contenus audiovisuels tels que certains programmes télévisés et sketchs ont amené le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) à organiser une série de rencontres pour davantage professionnaliser le secteur. En ce sens, une 4ème rencontre sur la formulation des normes pour des contenus de qualité a été ouverte, hier à Dakar. Cet atelier à l’intention des réalisateurs et producteurs permettra non seulement de formuler des normes de création et de production de contenus, mais aussi de professionnaliser, d’encadrer les différents acteurs du secteur et de promouvoir la création de postes de directeurs artistiques dans les télévisions.

Ainsi, des thèmes sur les fondamentaux de la sémiologie dans l’image télévisuelle, du scénario et de la réalisation seront présentés. Le professeur Khar Fall va également plancher sur le renforcement de capacité en technique de prise de vue sans compter l’échange sur la place de la publicité par Mamadou Baal, expert en audiovisuel. Selon Jeanne Lopis Sylla, membre du conseil du Cnra, c’est suite à des interpellations sur les contenus de sketch, précisément ceux diffusés pendant le mois de Ramadan, et après leur analyse que le Cnra a décidé de rencontrer les professionnels du secteur pour parler et observer ensemble les failles dans toutes ces productions. « Le Cnra ne se pose pas en régulateur ou en gendarme. Nous voulons juste échanger, ces deux jours, sur la mise en place de toutes les normes telles que la sémiologie, le scénario, la réalisation technique, etc., voir comment les formuler, revoir la qualité des contenus et sensibiliser la création de directeur artistique car la plupart des télévisions n’en possèdent pas afin d’arriver à de meilleurs résultats », argue-t-elle.

A l’en croire, les médias ont un rôle éducatif même si la population aime ce qu’on leur propose comme produit; il faut les pousser un peu vers la qualité.

Mamadou Baal, expert en audiovisuel, constate que le Cnra est en train de mettre la main à la pâte pour aider à faire avancer ces contenus dans leur qualité mais aussi dans leur objectif. A son avis, un contenu audiovisuel n’est jamais neutre, il doit servir à quelque chose, à quelqu’un ou à la formation de quelqu’un des fois de façon insidieuse.

« Un programme qui n’est pas utile n’est pas un bon programme de télévision », dit-il. Et pour ce faire, soutient M. Baal « qu’il faut en premier aider les acteurs qui sont là pour produire qu’ils soient dans les chaines de télévisions ou dans les sociétés privés, les encadrer et les amener à faire de bons produits, utile commerciaux et exportables tant dans le contenu culturel que dans le langage et langue utilisée et l’approche quantitative et qualitative ».

Acteur comédien et producteur, Ibrahima Mbodj alias Lamarana, comédien, reconnaît qu’il y a des manquements sur le plan de la réalisation, du contenu, sur le plan artistique, sur le comportement de l’artiste comédien. « Ce qui mérite un recul et une réflexion de notre part, acteur et producteur. Avec ce séminaire, je compte beaucoup apprendre des expériences de nos formateurs et précurseurs dans le milieu », dit-il.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Un souffle nouveau accompagnera la 11ème édition du programme Gorée – Regards sur cours avec une diversité des formes d’expression artistique (peinture, sculpture, design, photo vidéo, installation, verrerie, céramique, gravure, collage, création de textiles et bijoux). Prévu du 29 avril au 1er mai, l’événement est placé pour la première fois sous un thème : « L’eau et l’ailleurs ».

L’île mémoire s’apprête à accueillir la 11ème édition du programme Gorée- Regards sur cours. Selon un document de présentation, l’événement s’enrichit, cette année, de trois événements majeurs : la présence de la Fondation Dapper, avec deux expositions, un hommage à Ousmane Sow relayé à l’international par les Instituts français et les Alliances françaises, et la présentation par Creative Intelligence d’œuvres originales produites spécifiquement pour être intégrées dans le cadre du Relais de l’Espadon. La manifestation, informe l’organisation, se déroulera sur trois jours : les 29, 30 avril et 1er mai 2017. « Tout en restant fidèle à sa tradition de présenter, dans une cinquantaine de maisons ouvertes au public, les œuvres d’artistes connus ou inconnus, Gorée-Regards sur cours est placée cette année, et pour la première fois, sous un thème : « L’eau et l’ailleurs » », rapporte le document.

Le texte détaille que les œuvres ont été sélectionnées par un comité composé de Marie-José Crespin, Laurence Gavron, Mauro Petroni, Moussa Sakho et Ousmane Mbaye. Elles se caractérisent tant dans la diversité des formes d’expression artistique (peinture, sculpture, design, photo vidéo, installation, verrerie, céramique, gravure, collage, création de textiles et bijoux) que dans la diversité internationale de leurs créateurs (Mali, Togo, Mauritanie, Burkina Faso, Belgique, Brésil, France, Italie, Angleterre) aux côtés d’une majorité d’artistes du Sénégal.

Ainsi, le programme se décline en trois jours dans « une atmosphère festive » sur l’île, avec des fanfares, acrobates et animations tandis que des milliers de visiteurs parcourent ses ruelles à la découverte des cours de maisons où sont exposées les œuvres des artistes sélectionnés. Gorée-Regards sur cours propose également une visite exceptionnelle de l’île, car, tout en découvrant des expositions d’art plastique, chacun a le privilège d’entrer dans l’intimité des maisons à l’architecture métissée de l’époque coloniale sur un site unique inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Parmi les créateurs sélectionnés, figurent : Marina Ricou, Cheikh Keita, Fally Sène Sow, Barkinado Bocoum (plasticiens, Sénégal) ; Faty Ly (céramiste, Sénégal), Joëlle le Bussy (designer, Sénégal), Anusch Bayens (designer, Belgique) ; Marie-José Crespin (bijoux).

Autant de curiosités artistiques à découvrir du 29 avril au 1er mai sur l’île de Gorée.

E. M. FAYE

La culture sénégalaise est en deuil. Artiste polyvalent, Issa Samb plus connu sous le nom de Joe Ouakam est décédé, hier à 74 ans. Il était une figure emblématique bien connue des Dakarois.

Joe Ouakam n’était pas seulement un artiste. Avec sa silhouette longiligne, l’éternelle coiffe sur la tête accessoirisée par la légendaire pipe tombant sur une barbe savamment négligée, il incarnait un personnage très singulier dans la vie culturelle sénégalaise. Aussi bien dans la vie que dans ses apparitions au cinéma (« Hyènes » de Djibril Diop Mambéty, « Impressions » de Jean Michel Bruyère, entre autres) ou au théâtre, il a marqué son époque.

Icône multifacettes, Joe Ouakam était poète (avec une diction si particulière), peintre, sculpteur, dramaturge, comédien, auteur d’installations et de spectacles vivants. Il est le cofondateur de la galerie Tenq, du Village des arts, ainsi que du Laboratoire Agit-Art de Dakar. Il est présenté comme un créateur qui n’a jamais cherché à participer à des expositions, préférant accrocher ses nombreuses œuvres dans sa cour, sise à la rue Jules Ferry. Joe Ouakam aimait s’échapper du conformisme et surprendre. Il vivait au milieu de ses œuvres, dans sa cour où se côtoient toutes sortes d’objets, une exposition permanente qui varie au fil du temps.

Natif de Dakar, fils d’un dignitaire Lébou, J. Ouakam a été élevé par son grand-père, gardien de traditions ancestrales. Il a grandi dans un environnement où se mêlent ombres et lumières avec un sens prononcé de l’observation des symboles. « Toute ma vie, je me suis battu avec l’idée, le temps. En tout temps, j’explore l’âme, ce puits profond », avait-il confié.

Artiste peintre, J. Ouakam a étudié à l’École nationale des arts et à l’université de Dakar en droit et philosophie. Il a beaucoup exposé au Sénégal et à l’étranger.

Lors de la 10ème édition (2012) la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’art), une exposition rendait un hommage à Joe Ouakam aux côtés d’une autre figure de la culture, Pape Ibra Tall.

En marge de la troisième édition du Festival mondial des arts nègres, il avait présenté sous forme de « Rétrospective » une centaine de ses œuvres à la Galerie nationale d’art, du 10 au 31 décembre 2010.

Avec le décès de Joe Ouakam, la ville de Dakar et la culture sénégalaise perdent une figure tutélaire.

E.M. FAYE

Ouvert lundi, le Festival international de jazz de Saint-Louis, événement de renommée internationale, accueille chaque année des milliers de festivaliers, devenant ainsi un rendez-vous musical incontournable pour les jazzophiles, africains, européens, américains, asiatiques et sénégalais.

« Aujourd’hui, le Festival international de jazz de Saint-Louis est devenu un levier de promotion économique important pour la ville, mais aussi l’un des plus importants festivals d’Afrique, en termes d’image, de notoriété et d’affluence », a affirmé le président de l’Association Saint-Louis/Jazz, Me Ibrahima Diop. Pour cette édition 2017, l’association organisatrice du festival compte sur son pouvoir de mobilisation de toute la population locale qui, du reste, s’est appropriée l’événement depuis plusieurs années.

Ce festival, souligne Me Diop, président de l’association, incite des milliers de touristes à affluer vers Saint-Louis. Il captive, par sa notoriété, l’attention des autorités sénégalaises, des représentations diplomatiques et des institutions internationales qui se retrouvent à Saint-Louis le temps du festival. C’est pourquoi l’association organise, en marge des festivités du programme officiel, d’autres manifestations axées sur des thèmes d’actualité. Des concerts de musique (jazz, blues, gospel, hip hop…), des manifestations culturelles et sportives, des foires et des expositions rythmeront cette 25ème édition. Face à un public de plus en plus exigeant, Saint-Louis Jazz donne une importance capitale à sa programmation artistique, développe des projets plus créatifs, sans ôter au festival son ambiance de fête si particulière et son identité originelle.

Des moments d’ambiance populaire
Le Festival international de jazz est, en effet, un temps fort que les populations de la ville de Saint-Louis, leurs illustres hôtes, des milliers de touristes et autres visiteurs, attendent avec impatience et qui mobilise, chaque année, des milliers de festivaliers et autres adeptes de la musique. C’est, à coup sûr, cette période durant laquelle les jazzmen de gros calibre, venus d’Afrique, d’Europe et des États-Unis, enflamment les soirées du « In » organisées encore sur la place Faidherbe. Ainsi, les amateurs de jazz ont droit à huit nuits d’orgie musicale.

Dans cette ville qui a connu le faste d’une capitale et la lumière d’une cité d’art et de culture, cette ville spirituelle, élégante, drapée de toute sa dignité, auréolée de son histoire, certains touristes peuvent assister aux concerts et découvrir les sites touristes et monuments historiques de cette cité tricentenaire.

Ancienne capitale de l’Afrique occidentale française, longtemps considérée comme un centre d’élégance, de Téranga, de la mode, de l’extravagance, de la courtoisie et de la douceur, la ville mythique de Mame Coumba Bang (génie tutélaire des eaux), commence à vibrer.
Jusqu’au 1er mai, les visiteurs ont l’occasion de musarder à travers les rues, ruelles et artères de la vieille cité, découvrir le beau palais de la gouvernance qui trône imperturbable au milieu des quartiers de Lodo et de Sindoné (quartiers du Nord et du Sud de l’île).

Pour traverser le célèbre pont Faidherbe, trait d’union entre l’île et le faubourg de Sor, considéré comme le poumon économique de la ville, pour visiter les vieilles chaumières de Guet-Ndar, Santhiaba, Gokhou-Mbathie, les endroits paradisiaques et idylliques de l’hydrobase, de la Langue de Barbarie, des îles de Bopp-Thior, Doune Baba Dièye, pour  s’adonner à des randonnées pédestres entre les collines et les dunes du Gandiolais.

Les illustres hôtes de l’Association Saint-Louis/Jazz et autres invités de marque auront aussi l’opportunité de contempler ces guirlandes de restaurants et de gargotes, ces galeries d’art et d’artisanat très accueillantes, ces hôtels, auberges et autres réceptifs remis à neuf et qui invitent au dépaysement, les lustres éblouissants d’une ville chargée d’histoire, ses monuments historiques et ses sites touristiques qui permettent toujours de mieux vendre la destination Sénégal. Ils se retrouveront également dans les différentes manifestations culturelles d’assez bonne facture prévues cette année par l’équipe du festival international de Jazz de Saint-Louis.

Mbagnick Karachi DIAGNE

La Fondation Konrad Adenauer à Dakar a commémoré le cinquantenaire de la disparition de son parrain. L’occasion a été saisie, au cours d’un panel, pour revisiter la vie et l’œuvre de deux grands hommes d’État, le poète-président, Léopold Sédar Senghor, et le premier chancelier de la République fédérale d’Allemagne, Konrad Adenauer, afin de les proposer comme modèles à la jeunesse d’aujourd’hui face aux périls de l’heure et des défis à relever pour l’humanité.

Léopold Sédar Senghor et Konrad Adenauer ne sont pas que des hommes politiques. Ce sont aussi des humanistes qui ont diffusé des valeurs fondamentales de par leurs œuvres remarquables au service de l’humain, de la liberté, de la démocratie.

Le natif de Cologne (1876), décédé en 1967, est de ces grands hommes dont l’œuvre se confond avec la trajectoire de lutte de leur peuple.

L’expert en communication, Saïdou Nourou Dia, l’un des panélistes, a donné des éléments de biographie qui en attestent. Élu en 1949 premier chancelier de la République fédérale d’Allemagne (Rfa), il a apporté une contribution considérable dans la reconstruction de son pays, dans la consolidation de la démocratie et de son intégration dans la communauté des États libres.

Son combat pour l’humain et contre les atrocités dont il peut être auteur, au-delà de sa noblesse d’âme, pourrait être la résultante de sa propre infortune à une période sombre de l’Allemagne où étaient propagées des théories qui ne reflétaient pas forcément les désirs de ce peuple. En effet, en 1917, il est élu maire principal de Cologne. Ensuite, celui qui est considéré comme le père de la Rfa est persécuté et chassé par les nazis. C’est avec beaucoup d’amertume qu’il a vécu la destruction de sa patrie.

En tant que chancelier de la Rfa, il s’est employé à préserver son peuple de la ruine et à le mener vers l’ordre et la liberté, à l’intégrer dans la communauté de paix d’États libres et à le rendre apte à contribuer au façonnement de l’avenir européen. Konrad Adenauer est cofondateur de l’Union chrétienne démocrate (Cdu) qui porte son empreinte jusqu’à présent. Les valeurs diffusées par Konrad Adenauer du point de vue spirituel et humaniste sont très proches de celles prônées par Léopold Sédar Senghor qui, également, est considéré comme celui qui a construit l’État sénégalais sous sa forme actuelle et consolidé la nation.

Son détachement des biens mondains que pouvaient lui procurer les privilèges d’État est assez révélateur de sa grandeur selon Raphaël Ndiaye, directeur général de la Fondation Léopold Sédar Senghor. Le poète, premier président de la République du Sénégal, rappelle l’ancien chef d’État-major des armées, le général Mansour Seck, a quitté le pouvoir de sa propre initiative, chose rare dans ce monde.

Le prix poésie relatif au thème « Senghor et Adenauer : modèle de la jeunesse d’aujourd’hui », a été remporté par Mamadou Yaya Baldé. La cérémonie a été rehaussée par la présence de l’ambassadeur de l’Allemagne au Sénégal, de Penda Mbow, représentante personnelle du président de la République auprès de la Francophonie, et de diverses autres personnalités.

Alassane Aliou MBAYE

Les activités de cette édition de la Quinzaine de la Francophonie ont été clôturées, vendredi, au Monument de la Renaissance africaine. A l’occasion, la gastronomie des différents pays a été mise en évidence lors d’une soirée animée par l’Orchestre national du Sénégal.

La fraîcheur du vent qui souffle sur cette colline n’est en rien comparée à la chaleur de l’ambiance qui rythmera la soirée. Cette imposante bâtisse qui célèbre la Renaissance de l’Afrique a accueilli différentes nationalités autour d’une fête de la gastronomie. Dans la salle, l’expression des visages des invités qui se côtoient dans la ferveur et l’esprit de communion renseigne à suffisance sur le succès des activités de cette présente édition de la Quinzaine de la Francophonie.

Les hommes parés de leurs plus beaux costumes et boubous rivalisent d’élégance avec les femmes aussi raffinées qu’élégantes. Que l’on soit venu en couple ou seul ne change en rien à l’envie de participer à cette fête qui se veut un espace d’échanges, de dialogue et de raffermissement des liens qui existent entre les pays qui ont la langue française en partage.

C’était également l’occasion pour ces différents pays de partager les variétés culinaires de leurs contrées respectives. Des stands disposés en demi-cercle font office pour les invités de lieu d’accueil ou de commande à travers les différents menus au programme. Ainsi, ceux-ci pouvaient s’en donner à cœur joie dans cet exercice de découverte et de dégustation de nouvelles saveurs.

Chacun y est allé de ses plats. Si certains s’en sont limités à quelques stands d’autres, par contre, n’ont pas hésité à la jouer fins connaisseurs. Quelques femmes, sans doute beaucoup plus intéressées par certaines recettes, n’hésitent pas pour se renseigner sur certains plats, leurs compositions ou leurs vertus. L’Orchestre national du Sénégal a bien joué sa partition. Ses notes musicales n’ont pas donné de répit à ses inconditionnels. Ça chantait, ça dansait dans un rythme qui allait crescendo.

De petits groupuscules se forment. Quand les nostalgiques restaient statiques face au spectacle, les mélomanes, eux, rivalisaient d’ardeur et d’ingéniosité sur la piste aménagée pour la circonstance.

De belles notes jouées dans une symphonie ambiante gratifiant le public de son riche répertoire musical. C’est dans ces ambiances carnavalesques que les premiers invités prendront congés des lieux certainement tenaillés par la fatigue tandis que d’autres s’affairaient à nouer des contacts.

Mouhamadou Lamine DIOP
(stagiaire)

La 6ème édition de la Journée internationale des filles dans les Technologies de l’information et de la communication se tiendra le 27 avril. Pour cette année, le thème retenu porte sur « Penser et agir Tic pour un épanouissement personnel et professionnel ».

Le ministère des Postes et Télécommunications célèbre, le 27 avril, la Journée internationale des filles dans les Tic. L’évènement, initié en 2012, vise à inciter et encourager davantage les filles à choisir les filières Tic. Selon la conseillère technique en Genre du ministère des Postes et Télécommunications, Bitilokho Ndiaye, la thématique de cette année porte sur « Penser et agir Tic pour un épanouissement personnel et professionnel ». Elle s’exprimait lors d’un point de presse sur le thème de la journée et les activités qui seront organisées à cette occasion.

« Les outils numériques sont un levier de développement qui permet de faciliter la vie sociale, personnelle et professionnelle et ce sera l’occasion de diffuser toutes les applications numériques faites par les filles mais également par d’autres personnes pour faciliter la vie des Sénégalais et booster l’économie », a fait savoir Bitilokho Ndiaye. Aussi, souligne-t-elle que la particularité de la journée de cette année est la célébration des journées des filles dans les Tic dans toutes les régions du Sénégal à travers la collaboration avec les 40 espaces numériques ouverts du pays.

L’autre aspect de la journée est aussi le retour du concours « Jiggen Ci Tic » à travers le Hackaton sous le thème « Sénégal numérique 2025 ». Ce concours, dit-elle, vise à montrer la capacité des filles et des femmes à concevoir des projets innovants afin de diffuser le numérique dans les secteurs économiques prioritaires.

Cyber-sécurité
Outre ces activités, il est également prévu au programme de cette Journée des filles dans les Tic, des journées portes ouvertes des entreprises Tic, des caravanes « Jiggen Ci Tic », des panels, formations et émissions télé et radio sur les Tic. Sans compter d’autres manifestations qui se dérouleront sur tout le territoire, en particulier dans les zones rurales.

Au cours de ce face-à-face avec la presse, Mme Ndiaye a informé que les efforts consentis par le gouvernement pour créer un cadre favorable à l’équité et l’égalité de genre dans le secteur des Tic du Sénégal se soldent par des réussites. En atteste des études récentes de Deloitte au Sénégal qui ont démontré qu’il y a de plus en plus de jeunes filles qui optent pour les carrières scientifiques et techniques.

Se prononçant sur la cyber-sécurité,Bitilokho Ndiaye indique qu’Internet comporte aussi bien des avantages que des inconvénients. « Donc, autant il faut diffuser le numérique, autant il faut aussi mettre en place des outils sécuritaires. C’est dans ce cadre que le ministère des Postes et Télécommunications envisage la mise en place de la Stratégie nationale de cyber-sécurité que nous allons mettre en place avec la collaboration des acteurs du système numérique et de tout le gouvernement du Sénégal afin de sécuriser l’espace numérique et permettre aux Sénégalais de bénéficier des opportunités de ce secteur », argue-t-elle.

Maguette. G.  DIEDHIOU

Cheikh Mouhamadou Djimbira a présenté samedi, à la maison d’édition L’Harmattan Sénégal, son ouvrage de 79 pages intitulé « Télévision au Sénégal, entre désert de contenu et sécheresse intellectuelle ». Pour le journaliste documentaliste, il faut repenser la télévision sous nos cieux, autrement.

« Ecrire, c’est affronter la réalité. J’ai pris le temps d’observer pendant deux ans les programmes de télévision ; je ne m’y suis pas retrouvé comme beaucoup de Sénégalais », esquisse Cheikh Mouhamadou Djimbira, qui affirme n’avoir décrit que les critiques des autres. Dans sa phase d’observation, l’auteur, journaliste-documentaliste, constate par exemple, avec regret, que dans les téléfilms, les femmes occupent des rôles seconds, alors qu’à l’école, elles sont au premier rang.  

A la page 21, l’écrivain assimile certains programmes de télévision à une machine à fabriquer des voyeurs. « Lorsqu’on possède une chaîne de télévision et qu’on ne sait pas quoi y mettre comme contenu audiovisuel, on prend n’importe qui, pour y faire n’importe quoi et le tour est joué », note-t-il.

Pour rectifier le tir, M. Djimbira pense à la nécessité de faire  l’inventaire et revoir ce qui ne va pas. « Apprendre à dire non, c’est la dimension éthique de l’homme. Cela réside dans sa grandeur. Si nous voulons sauver la production télévisuelle, il faut de la qualité », explique-t-il devant l’auditoire de la Salle L’Harmattan Sénégal, composée de parents, amis, d’étudiants etc. L’auteur a rappelé qu’une télévision qui ne vit que de sponsors est prisonnière de ceux-ci.

Au chapitre des commentaires, le Pr Mamadou Ndiaye, enseignant au Cesti, a remarqué le choix provocateur du titre. Mais, il juge la démarche constructive. « L’auteur a donné un coup de pied dans la fourmilière. Les Sénégalais ne sont pas contents des programmes de télévision et il doit y avoir quelqu’un pour le dénoncer. Ce livre est une invite pour mieux faire », a souligné M. Ndiaye, qui ajoute que dans les rédactions, nombre de journalistes ne font désormais que du compte-rendu.

Mamadou Ndiaye a regretté la non-effectivité de la Tnt, en lieu en place d’une antenne râteau. « L’auteur ne fait pas une critique creuse. Il faut faire quelque chose, car la nature a horreur du vide », selon l’enseignant du Cesti.
De son côté, le journaliste-écrivain Pape Samba Kane a déploré la floraison de médias qui favorisent la médiocrité. D’après lui, l’auteur a écrit avec une certaine colère.
Prenant la parole, Mademba Ndiaye, chargé de Communication au Bureau de la Banque mondiale au Sénégal, a lié le désert des contenus au manque de moyens. A l’en croire, on ne peut pas ouvrir une télévision sans avoir un milliard de FCfa en banque.

L’auteur, Cheikh Mouhamadou Djimbira, a également jeté un pavé dans la mare des communicateurs traditionnels et autres animateurs de télés et radios qui doivent maîtriser les séquences historiques qu’ils racontent. « L’histoire repose sur des faits ; elle est la critique de la confrontation. Animer une émission, c’est revisiter le texte musical », objecte-t-il. M. Djimbira définit l’intellectuel comme toute personne qui ose mettre son intelligence au service de l’émancipation des populations, quel que soit le prix à payer, tout en respectant les règles. La rédaction du livre lui a pris quelques mois.

Serigne Mansour Sy CISSE

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