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Arts et Culture (1059)

La littérature sénégalaise est l'une des plus importantes en Afrique de l’ouest. Après de célèbres pionniers comme Aminata Sow Fall, Abdoulaye Sadji, Cheikh Hamidou Kane, Mariama Bâ ou Léopold Sédar Senghor, une nouvelle génération d’écrivains est en train de reprendre le flambeau. Parmi eux, certains viennent de la Diaspora.
Mêlant des auteures expérimentées comme Fatou Diome ou Khadi Hane à la jeune génération de Mbougar Sarr, Elgas ou de Ndeye Fatou Kane, la diaspora se singularise par une production littéraire originale. Ces auteurs livrent des récits, des réquisitoires modernes dont l’action se déroule soit au Sénégal, le pays d’origine, soit en Occident où ils sont confrontés à d’autres réalités souvent source d’inspiration. Leurs œuvres sont variées, pertinentes, engagées et surtout dans l’air du temps. Ils parlent de politique, de société, d’amour, de terrorisme, d’identité et de mondialisation. Ils écrivent sans complexe. Ils mettent des mots sur les sujets tabous en Afrique, dénoncent le racisme en Occident et  traitent également des questions d’actualité comme l'immigration et le terrorisme.
 Elgas : Le courage à l’honneur
La note de nuance et de désespoir des premières générations d’écrivains africains a désormais laissé la place au courage. On le retrouve dans le premier livre de Elgas, « Un Dieu et des Mœurs ». A travers 15 portraits et un réquisitoire, ce journaliste et doctorant en sociologie décrit, sans concession, les tabous d’une société sénégalaise anesthésiée par la tradition et la religion. Il accuse. Il dénonce. Personne n’est épargné : le citoyen, le politique, le marabout, le panafricaniste,... Il soulève des sujets sensibles, les détaille en profondeur et appelle à une prise de conscience et au débat. Le style est cru, direct, pertinent, poignant et féroce. Parfois doux et ironique. Le courage et le langage de vérité employés « Un Dieu et des Mœurs » en font désormais un grand classique de la littérature sénégalaise. Un classique que nous n’aurons pas dû mal à placer au même rang que “Une si longue lettre” de Mariama Bâ, œuvre qui traitait également des maux de la société sénégalaise sur les problématiques de la polygamie et des castes.

Fatou Diome : l’art de la description et de l’humour féroce
Le grand public sénégalais l’a découvert après sa brillante prestation sur l’arrivée des migrants en Europe à la télévision française sur le plateau de France 2, dans l’Emission “Ce soir ou Jamais” du 24 avril 2015. Une grande oratrice. Mais il s’agit surtout et avant tout, d’une grande figure de la littérature africaine. Ces productions sont contemporaines. Elle nous conte souvent la vie « là-bas », en Afrique, au Sénégal, à Niodor, sa ville natale sans indulgence, sans filtre et la vie « d’ici ». Ces grandes œuvres à savoir « Le ventre de l'atlantique » ou « celles qui attendent » ou sa nouvelle, « Préférence Nationale » en témoignent. L’Africain comme l’Occidental s’y retrouve. Elle a un talent incontestable de conteuse. Un art de la description indéniable. Ces récits sont drôles et mordants. Elle les traite en profondeur et avec humour et un esprit largement ouvert.

Mohammed Mbougar Sarr : la peur racontée dans la douceur
Il fait parti des écrivains africains de la génération montante. Mbougar Sarr, jeune homme de 25 ans, étudiant à l’Ecole des Hautes études en science sociales à Paris, a été récompensé en 2015 par le Prix Ahmadou Kourouma pour son premier roman « Terre ceinte ». Il nous plonge, avec douceur, dans un contexte, un lieu où l’interdit, la violence et la peur règnent. C’est à Kalep, une ville sous la coupe de milices islamistes qui font régner le silence et la terreur. A travers des dialogues poignants, l’auteur pousse constamment le lecteur à se poser la question : « Qu’aurais-je fait si c’était moi, qu’aurais-je fait à leur place ». Ce roman montre encore une fois, l’épopée contemporaine dans laquelle s’inscrit cette nouvelle génération d’écrivains africains et sénégalais en particulier : le sujet est actuel et est traité avec talent.

Ndèye Fatou Kane (NFK) : L’amour raconté autrement
L’entre-deux culture est éminemment une des sources d’inspiration pour la nouvelle génération d’auteurs. Le Premier roman de Ndeye Fatou Kane, « Le malheur de vivre » en est une preuve. Nous sommes loin des histoires d’amour classique : une relation difficile qui aboutit à une fin heureuse. « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants », serait-on tenté de reprendre. A travers l’histoire de Sakina et Ousmane, la jeune auteure met l’accent sur l’appartenance à une culture, à un clan. Sur le tiraillement qu’on éprouve lorsqu’on est partagé entre 2 cultures : africaine et occidentale. Ce sujet est intemporel. Cela nous rappelle certains écrits des ainés de la littérature africaine. Elle nous le refait avec douceur mais aussi avec tristesse. Elle nous parle d’amour, mais autrement.                                                                                   


Khadi Hane : l’engagée
Cela fait plus de 15 ans que Khadi Hane nous régale de ces œuvres engagées.  De « Sous le regard des étoiles » jusqu’à « Demain si Dieu le veut » en passant par le « collier de paille », des « fourmis dans la bouche » entre autres, l’écrivaine nous donne toujours l’envie d’agir à la lecture de chacun de ses ouvrages. Comme toute cette nouvelle génération d’auteurs, elle est née et a grandi à Dakar. Elle vit entre La France et l’Afrique. Ses récits pointent souvent du doigt les tabous en Afrique et particulièrement au Sénégal. Avec un style féroce, cru, elle parle des enfants mendiants à Dakar (Talibés), de l’homosexualité et dernièrement de la forte présence de la Chine en Afrique, au Sénégal.
C’est toute une nouvelle génération d’auteurs de la Diaspora qui fait la fierté de l’Afrique. Une génération courageuse, ouverte d’esprit, moderne qui n’épargne ni l’Occident, ni l’Afrique. Une génération qui maintient le Sénégal dans le haut niveau de la littérature africaine.

A. THIOR


 

Moustapha Tambadou a revisité hier les initiatives culturelles du Sénégal des indépendances à nos jours. Dr Tambadou introduisait une communication sur « les politiques culturelle au Sénégal », dans le cadre d’un Cours de l’Ifan/Ch. A. Diop.

Dr Moustapha Tambadou, a introduit, hier, une communication sur « Défis, enjeux et stratégies des politiques de la diversité culturelle : cas du Sénégal ». Selon le conseiller technique au Ministère de la Culture et de la Communication, la notion de politique culturelle a, selon lui, été définie au Sommet de Mexico City du 26 juillet au 6 août 1982.  « La politique culturelle n’est rien d’autre que la politique de la diversité culturelle », a-t-il dit. Au lendemain des indépendances, a rappelé Dr Tambadou, le président Senghor a défini la politique culturelle du Sénégal comme « la dynamique de l’enracinement et de l’ouverture ».
L’ouverture, de l’avis du conférencier, vise « à faire du Sénégal, de Dakar, un foyer négro-africain et de dialogue des cultures », avant de citer, entre autres, édifices culturels réalisés par le président Senghor. Il s’agit du Festival mondial des arts nègres, du Musée dynamique, Musée à la gloire négro-africaine, du Théâtre national Daniel Sorano, la Manufacture nationale, l’Ecole nationale des Arts, etc. Cette série de réalisations culturelles montre la vitalité de la culture négro-africaine, avance-t-il. Cette politique de promotion des expressions, poursuit Dr Tambadou, sera suivie par celle de la coopération culturelle entre les nations. La coopération  francophone est le meilleur cadre pour l’illustrer car aboutissant avec la mise sur pied de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) en 1970. Le président Senghor étant un des précurseurs de cette institution.
Que reste-t-il alors de l’héritage Senghorien ? Le conférencier a décrit un tableau sombre de la politique culturelle sous les régimes des présidents Abdou Diouf et Me Abdoulaye Wade. Le premier nommé, a-t-il dit, était confronté à un réalisme économique caractérisé par les politiques d’ajustement structurel imposées par les institutions de Bretton Woods.

Echec d’un Charte culturelle
A son avis, « aucune tentative de mise en œuvre de la Charte culturelle nationale n’a été opérée, malgré le bruit qui a suivi son élaboration ». Toutefois, Dr Tambadou a rendu hommage au président Diouf qui a défini une Lettre de politique culturelle en 1999, « répondant aux exigences de son temps ». Malheureusement, précise-t-il, « il est parti une année plus tard ». Alors que son successeur, le président Abdoulaye Wade, s’est détaché, sans complexe, à donner corps aux ambitions inachevées de Senghor.
« Même s’il n’a pas défini une politique culturelle cohérente, a-t-il observé, il a créé et construit des infrastructures d’expressions culturelles comme le Grand théâtre, le Musée d’art contemporain, le Musée des civilisations noires, la Place du Souvenir, le Monument de la Renaissance, etc. En 2005, alors que l’actuel président de la République était le Premier ministre, le Sénégal avait élaboré un Programme national de développement culturel (Pndc). Dr Tambadou en assurait la coordination.

Conséquences du désengagement
Le conférencier a enfin évoqué, entre autres, le Réseau international sur la politique culturelle (Ripc), la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, adoptée en  Octobre 2005 par la Conférence générale de l’Unesco, tous ratifiés par le Sénégal.
Pour Ibrahima Wane enseignant à la Faculté des Lettres et sciences humaines de l’Ucad, c’est une « erreur » de vouloir limiter une politique culturelle à travers la production d’un document. « Celui-ci n’est pas le seul baromètre à définir une politique cultuelle. Une politique culturelle c’est tout un ensemble », a-t-il souligné. L’enseignant-chercheur a regretté « des actes malheureux, maladroits et catastrophiques du président Abdou Diouf qui ont porté ombrage à sa politique culturelle ». Les conséquences de ce désengagement de l’Etat ont, selon lui, permis aux initiatives culturelle de se développer.  
Le directeur du Patrimoine national, Abdoul Aziz Guissé, a, de son côté, indiqué que « le président Senghor avait une vision et il s’est donné les moyens de la mettre en œuvre ». Au niveau national, précise-t-il, il avait pris des dispositions juridiques pour institutionnaliser des initiatives culturelles, comme la loi n° 71-12 du 25 janvier 1971 fixant le régime des monuments historiques. M. Guissé a aussi souligné que c’est sous le magistère d’Abdou Diouf que les Archives culturelles et le Musée dynamique ont été supprimés.
Sa conviction est qu’aujourd’hui, « nous sommes en train de réhabiliter la pensée de Senghor car la culture est le moteur du développement ». Charles Owens Ndiaye du Forum social Sénégal a déploré la rupture entre les politiques éducatives et culturelles, intervenues trois années après les indépendances.

Souleymane Diam SY


C’est sous le thème de « Voyage au pays des Baobabs » que se tiendra, au Sénégal, la 7ème édition de « Come to my home » (Ctmh), véritable festival culturel et artistique itinérant lancé par l’ancien ministre marocain Driss Alaoui Mdaghri, en 2012, dans le cadre de l’association Fondation des Cultures du Monde. Selon le consul honoraire du Sénégal à Casablanca, Mohammed Chraibi, après la réussite des éditions précédentes, Dakar abritera ces rencontres de créativité du 20 au 27 mars 2016.
En prélude à la 7ème édition, il sera organisé ce jeudi 18 février, à Casablanca, une manifestation à laquelle prendra part Mme Penda Mbow, représentante personnelle du président Macky Sall auprès de la Francophonie. Selon le document reçu, Mme Mbow donnera une conférence inaugurale. D’autres invités apporteront leur témoignage ou leur éclairage sur le Sénégal. Parmi eux, l’universitaire Driss Guerraoui, l’artiste sénégalais vivant à Rome, Badara Seck, le consul honoraire du Sénégal à Casablanca, Mohammed Chraibi, etc. Il est prévu, le même jour, un atelier de cuisine sénégalaise et une soirée de création poétique et musicale à partir des œuvres de Léopold Sédar Senghor, Birago Diop et David Diop.

El. H. A. THIAM


Les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad) et la Fondation Sonatel viennent de nouer un partenariat dans le cadre d’un programme de formation-insertion de jeunes aux métiers des arts décoratifs.

Le directeur général des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad), Aloyse Ndame Diouf, l’administratrice générale de la Fondation Sonatel, Mme Aminata Fall Sidibé ont procédé, hier, à Thiès, à la signature d’une convention de partenariat pour la formation de quinze jeunes aux métiers des arts.

La cérémonie de signature s’est déroulée en présence du secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Birane Niang, du président du Conseil d’administration des Msad, le Colonel Moumar Guèye, du gouverneur de la région, Amadou Sy, ainsi que de nombreux invités et artistes. Birame Niang a magnifié au nom du ministre Mbagnick Ndiaye, ce partenariat qui ouvre de nouvelles opportunités aux manufactures.

En ce sens que, souligne M. Niang, « cette convention s’inscrit dans le cadre d’un partenariat fructueux et constitue un bel exemple de mécénat du secteur privé pour accompagner le secteur de la culture. Ce qui mérite d’être magnifié surtout quand elle prend en charge le volet important qu’est la formation dans les métiers de l’art ; une belle manière d’appuyer la créativité en particulier ».

Le colonel Moumar Guèye, Pca des Msad, qui a souhaité la bienvenue à l’assistance, a saisi l’occasion pour inviter la jeunesse en général, les bénéficiaires de cette formation en particulier, à faire sienne, la quête du savoir par la formation, la discipline, force principale que tout individu doit incarner, et enfin le travail.

Cette formation, en plus d’être une réponse à la problématique de la relève technique au niveau des manufactures, permettra également de diversifier les produits en matière de tissage, de tapisserie murale, de batik et de céramique. Selon le directeur général des Msad, Aloyse Ndame Diouf, une quinzaine de jeunes dont dix garçons et cinq filles vont bénéficier, au bout de deux  ans, de ce  programme de formation aux métiers des arts, de la céramique, du batik et de la tapisserie. M. Diouf a indiqué que ces jeunes ont été recrutés à la suite d’un appel à candidature lancé en septembre 2015 et qui avait mis en compétition 149 candidats. Parmi eux, un étudiant de 1ère année de Marketing et Action commerciale, une élève de Terminale au lycée, qui ont été retenus et ont intégré, depuis le mois d’octobre 2015, les ateliers de formation des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs avec l’engagement de respecter les termes des clauses du contrat de formation polyvalente.

« Et au bout des deux années, ils devraient pouvoir rejoindre les ateliers pour la production de produits manufacturés dans une optique de diversification pouvant permettre l’accès des populations sénégalaises aux produits made in Msad », a souligné Aloyse Ndame Diouf. Une ambition affichée d’ailleurs par les Msad qui ont évolué, après 50 ans d’existence, dans une phase de diversification progressive avec l’atelier de basse lice qui produit en ce moment des tapis de sol et des tapis de prière.

Démarrage prochain de la sérigraphie
« Donc, avec ce nouveau programme, nous allons passer à une phase de diversification accentuée avec l’ouverture des ateliers de céramique, de batik et le renforcement de la tapisserie qui demeure le produit phare des ateliers des Msad », a dit le Dg des Msad. Ainsi, l’accompagnement de la Fondation Sonatel trouve ici toute son importance à travers ce partenariat qui ouvre une nouvelle expérience aux Msad. De l’avis de M. Diouf, ce partenariat devrait permettre aux jeunes récipiendaires qui auront à bénéficier d’une formation polyvalente aux métiers des arts, au bout de deux ans, de renforcer les capacités de production avec la diversification qui va connaître son épilogue avec le développement de l’atelier d’impression numérique grâce à l’acquisition et le démarrage prochain de la sérigraphie.

Ainsi, la Fondation Sonatel s’est associée à ce programme de formation-insertion pour accompagner les Msad à assurer la relève dans certaines spécialités, mais aussi dans le but de permettre leur diversification. Mme Aminata Fall Sidibé, administratrice de la Fondation Sonatel, a souligné ainsi que « les manufactures de Thiès constituent une structure dont l’évocation du nom renvoie à plusieurs qualificatifs : le professionnalisme, la qualité, le raffinement, l’exemplarité ». Et, c’est bien pourquoi, selon Mme Sidibé, la Fondation Sonatel, « très engagée aux côtés du ministère de la Culture, n’a ménagé aucun effort pour répondre favorablement aux sollicitations exprimées par les Msad ».

Une enveloppe étalée sur 2 ans
Ainsi, laisse entendre Aminata Fall Sidibé, « cette remarquable structure qui nous a habitués à des réalisations de haute facture se devait de trouver une solution à une problématique, celle d’assurer la relève d’une partie de son personnel ». Et, pour ce faire, souligne-t-elle, « un montant total de près de 29 millions de FCfa étalé sur deux ans a été dégagé pour cette formation et chaque apprenant bénéficie d’une bourse mensuelle de 35.000 FCfa. Tout comme l’appui intègre aussi la prise en charge d’une partie des salaires des formateurs et l’acquisition de matériel, documentation et autres fournitures ».

Mohamadou SAGNE

REACTIONS DE STAGIAIRES DES MSAD
MBAYE BA : « Depuis ma tendre enfance, j’ai toujours aimé l’art. Et je m’étais fixé une ambition de m’investir dans ce secteur qui me fascine avec son produit qui est toujours beau à découvrir. Cette formation devrait me permettre alors d’atteindre mon objectif et me mouvoir dans cet art ».

JOSEPH THIERRY THIAW : « J’ai abandonné ma formation en Marketing et Action commerciale dans un institut privé pour participer au concours. Et Dieu merci, j’ai été retenu. Ce qui me donne l’occasion aujourd’hui de pouvoir m’investir dans ce métier que j’aime tant et ce, depuis mon enfance. Je vais devoir m’investir et y tirer un grand profit ».

AMY FAYE :  « Quand on m’a soufflé l’organisation de ce concours, je n’ai pas hésité à me présenter. Car, l’art m’a beaucoup attiré depuis ma tendre enfance. C’est pourquoi cela m’intéresse et je pense pouvoir m’en sortir au bout des 2 ans que dure la formation. Ce qui me permettra de contribuer au développement de mon pays et gagner ma vie ».

M. SAGNE


15 jeunes sont formés sur les métiers d’arts (céramique, batik, tapisserie), grâce à un partenariat entre la Fondation Sonatel et les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad). La convention sera signée demain à Thiès, en présence du ministre de la Culture.  Selon un communiqué, ces jeunes ont été recrutés à la suite d’un appel à candidatures lancé en septembre 2015. Les candidats, retenus dans le cadre d’un programme de formation-insertion, bénéficient d’une formation polyvalente sur deux ans (2015-2017) à l’issue de laquelle ils vont rejoindre les ateliers pour la production de produits manufacturés dans une optique de diversification. Il est prévu la signature de la convention, demain 16 février, dans les locaux des Msad de Thiès. La cérémonie sera présidée par Mbagnick Ndiaye, ministre de la Culture et de la Communication, en présence de Mme Aminata Fall Sidibé, administratrice générale de la Fondation Sonatel et de Monsieur Aloyse Ndam Diouf, directeur général des Msad de Thiès.
La Fondation Sonatel, souligne le communiqué, s’est associée à ce programme de formation- insertion pour accompagner les Msad à assurer la relève dans certaines spécialités et de permettre leur diversification.
Grâce à un appui financier d’un montant de 29 millions de FCfa étalé sur deux ans, chaque apprenant bénéficie d’une bourse mensuelle de 35.000 F. L’appui intègre aussi la prise en charge d’une partie des salaires des formateurs et l’acquisition de matériel, documentation et autres fournitures.                    

O. DIOUF


Auteur-compositeur, artiste plasticien et percussionniste, Baye Gallo a plusieurs cordes à son arc. L’artiste qui vit en France se trouve présentement au Sénégal pour présenter ses projets avec la sortie de ces deux albums : « Sam Kat » en juin prochain et « Salam » en fin d’année.  Baye Gallo qui se définit comme un musicien de live, veut aller à la conquête du public sénégalais.

En tournée nationale au Sénégal pour mieux se faire connaître du public sénégalais, Baye Gallo, qui vit en France depuis quelques années maintenant, s’est arrêté sur ses projets pour l’année 2016. Auteur-compositeur, interprète, artiste plasticien, sculpteur, percussionniste, le natif de Saly Portudal à Mbour a fait étalage de son ambition à secouer le monde de la musique, en attestent les deux albums qu’il compte bientôt mettre sur le marché. Il s’agit de « Sam Kat » qui sera disponible en juin et de « Salam » en fin d’année. Après avoir sillonné l’Europe, Baye Gallo, leader du « Mawlana Band », veut aller à la conquête des Sénégalais et faire découvrir sa musique.
Son album « Salam », l’artiste dit l’avoir fait pour plusieurs raisons. « La première, c’est la paix. C’est un projet qui me tient à cœur dans le sens où j’ai chanté pour Baye Niasse, mais c’est plus loin que tout cela », assure-t-il. Baye Gallo se fait défenseur de l’Islam. « On remarque que dans le monde entier l’Islam est vu d’une manière assez agressive. Au Sénégal, on n’a jamais connu cela. En tant qu’artiste, c’est ma façon de montrer que l’Islam est une religion de paix, de partage ; la foi y est très importante aussi », soutient-il.
Le second album, « Sam Kat », commencé au Sénégal et réalisé en France, est né, selon Baye Gallo, à la suite d’une collaboration avec Kader Fahem, un guitariste algérien jouant du flamenco, qu’il a connu en France. « Ce projet a vu la scène bien avant qu’on puisse l’enregistrer. L’album traite de la responsabilité de nos émotions. Dans chacun des titres, on trouve cette responsabilité qui s’installe même si, dans les titres, les couleurs sont assez différents ».
Audacieux, Baye Gallo l’est naturellement. L’auteur de « Barhama Baye » sorti en 2009 et « Africa Sunu » en 2011 estime que les deux nouveaux albums sont venus de manière très naturelle. « Je n’ai pas cherché à les faire. Il s’agissait d’une collaboration avec Kader Fahem, et pendant un bon moment, l’envie de faire cet album qui est « Sam Kat » est venu tout naturellement. Pour « Salam », c’est une envie que j’avais bien avant », indique-t-il.

Un musicien de live
Aujourd’hui, Baye Gallo se définit comme un musicien de live mais pas un musicien d’album. « C’est ma philosophie et je la revendique. Je n’ai pas envie de m’ennuyer quand je joue de la musique sur la scène. J’ai envie de vivre ce que je fais pour pouvoir échanger avec ceux qui m’écoutent et me regardent. C’est la raison pour laquelle je suis toujours à la recherche de nouvelles sonorités, de nouvelles aventures. L’art, c’est une vie et cette vie-là, j’ai envie de la vivre pleinement », assure l’artiste.
Convaincu qu’il avait beaucoup à apprendre des autres, Baye Gallo n’a pas hésité à côtoyer d’autres musiciens pour approfondir ses connaissances. « Je suis percussionniste de ballet, j’ai fait les percussions africaines pendant des années et cela a toujours réveillé cette curiosité en moi, d’aller chercher autre chose », renseigne-t-il. « On est dans un village et rester dans une seule couleur musicale peut s’avérer monotone. Quand je suis allé en France, j’ai rencontré beaucoup de musiciens qui sont assez doués dans leurs domaines et cela m’a beaucoup apporté », explique-t-il.

Pas de barrière linguistique
Même s’il a chanté Baye Niasse, son guide, la religion n’est pas le thème privilégié de Baye Gallo. « Je ne chante pas seulement la religion, la spiritualité. Je suis là aussi pour écouter les petites voix de la société pour les ramener là où il faut », indique-t-il. « J’ai chanté des thèmes très importants qui dépassent tout ce qu’on peut voir de nos jours.
 Mon objectif, c’est de parler de la société, de gratter au plus profond de la réalité pour essayer de les exposer. C’est cela mon but dans la musique », fait-il savoir. Un Sénégalais toujours à la recherche de ses origines et qui va prendre sa culture, ses bagages et les ramener là où il sera, c’est ce que Baye Gallo veut rester. « Pour moi, je ne suis ni au Sénégal ni en France ou ailleurs, mais là où je dois être et je vis avec ce que je vois tous les jours ».
Dans la plupart de ses titres, l’artiste chante en wolof ; ce qui est loin de constituer, selon lui, un handicap. Michael Jackson chante en anglais, Francis Cabrel en français et Salif Keïta en bambara et le monde entier les écoute.
Pourquoi donc Baye Gallo ne chanterait-il pas dans sa langue maternelle ? L’artiste ne craint nullement de ne pas se faire comprendre. « Je n’ai jamais senti cette barrière de la langue, au contraire, j’ai beaucoup adoré cette découverte que les gens peuvent avoir en me questionnant sur ma langue », affirme-t-il. « Même si je parle anglais, français ou arabe, j’utilise beaucoup la langue wolof ; ce qui me permet de promouvoir le Sénégal. Donc je ne considère pas cela comme une barrière, mais plutôt comme un atout », assure l’artiste qui soutient qu’il va toujours chanter en wolof. L’autre facette de Baye Gallo, c’est son côté artistique. Sa peinture le fait vivre. « Tout est couleur et musique dans ma vie, depuis j’ai toujours vécu de ça. Ce qui est sûr, c’est que tout ce qui est musique et couleur, c’est pareil pour moi. Dans la musique, on va entendre musique chaude, musique froide et tout cela je le retrouve quand je peins, car il y a des couleurs chaudes et froides, de la matière par rapport à la musique. Dans l’art plastique, il y en a aussi, ce qui fait qu’il y a une question de transposition, ce que je n’arrive pas à faire par la musique, je fais dans l’art, la peinture », explique-t-il. Baye Gallo avoue ne pas pouvoir faire l’un sans l’autre, il se sent à l’aise dans les deux.
Baye Gallo n’exclut pas de collaborer avec d’autres artistes. « S’il y a des collaborations qui doivent s’imposer par rapport à un artiste français ou sénégalais, je ne vais pas hésiter parce qu’on a une seule vie et j’ai envie de vivre mon art jusqu’à mon dernier souffle », assure-t-il.

Samba Oumar FALL


Le 14 février n'a pas toujours célébré la Saint-Valentin comme vous la connaissez. D'ailleurs, dans d'autres pays du monde, la fête des amoureux connaît de toutes autres déclinaisons.

1- Un coup de fouet à la fécondité pendant la Rome antique
Pour tenter de lutter contre la fête païenne des Lupercales, au cours de la Rome antique, l'Eglise encourage la célébration de l'amour. Il s'agirait donc d'un héritage des Lupercales qui plaçaient le 14 février sous le signe de la purification et de la fécondité. Durant les festivités, des hommes coursaient des jeunes femmes qu'ils frappaient ensuite à l'aide de lanières de peau de bouc. A priori, on se dit que ce n'était peut-être pas la fête des femmes, mais en fait, ces coups de fouets leur garantissaient (soit-disant) « fécondité et bonheur »durant leur grossesse. Bonheur surtout pour le sadique qui a eu l'horrible idée de lancer cette tradition. Quant à ces demoiselles, il fallait qu'elles aient quand même sacrément envie d'enfanter pour accepter de se faire fouetter sur la place publique.

2- Au Moyen-Âge, une fête pour les jeunes filles célibataires
Saint-Valentin a été officiellement intronisé « Saint Patron des Amoureux », sur ordre du pape Alexandre VI au XVème siècle. Sauf qu'à l'inverse d'aujourd'hui où le 14 février concerne tout spécialement les couples, à l'époque, les festivités entourant la Saint-Valentin s'adressaient essentiellement aux femmes célibataires. Les jeunes filles en quête d'un mari se cachaient ainsi dans le village, laissant le soin aux hommes célibataires de les trouver. Des unions parfois éphémères mais qui permettaient aussi aux jeunes gens de se passer ensuite la bague au doigt.

3- Valentin, un prêtre qui célébrait des mariages clandestins
Avant de recevoir la distinction de « Saint », Valentin était un prêtre chrétien qui fut condamné à mort par l'empereur Claude II pour avoir célébré des mariages chrétiens dans la clandestinité. L'empereur avait en effet interdit les mariages pour inciter les hommes à s'engager dans les légions militaires. Bafouant cette interdiction pour célébrer l'amour, Valentin serait donc mort en martyr.

4- Aux Etats-Unis, les déclarations d'amour s'adressent à tous les gens qu'on aime
En Amérique, la Saint-Valentin est un jour pour déclarer l'amour à son bien-aimé comme à ses amis et à sa famille. Ce Valentin-là revêt donc plusieurs casquettes pour prôner l'amour au sens large.

5- Au Japon, les femmes fêtent la St-Valentin avec tous les hommes de leur entourage
Au Japon, ce sont les dames qui se chargent d'offrir un cadeau à ces messieurs. Et pas qu'à leur mec. Il est de coutume d'offrir des chocolats à tous les hommes qui travaillent à leurs côtés. Prions pour leur porte-monnaie, qu'elles ne bossent pas dans un grand open space.

6- Au Brésil, la fête des amoureux se célèbre en juin
Au Brésil, la fête des amoureux se déroule le 12 juin, et donne même lieu à un carnaval. Il faut dire que la veille, c'est le jour de la Saint-Antoine, saint qui est censé aider les femmes célibataires à trouver l'amour.

7- Des fleurs et des livres en Espagne
Lors de la Saint-Valentin, les allées de Las Ramblas, à Barcelone, sont envahies par les fleuristes et les bouquinistes. Et oui, car en Espagne, si les hommes ont une attention fleurie pour leurs amoureuses, ces dernières leur offrent un livre en retour. C'est de coutume et puis comme ça, tout le monde est content.

8- Le jeu de l'amour et du hasard en Écosse
Le 14 février, en Écosse, la première personne célibataire et de sexe opposé que vous croisez dans votre journée devient automatiquement votre Valentin (e). Question compatibilité amoureuse, c'est un peu la roulette russe mais en même temps, cette tradition ne vous engage à rien.

9- Chez les oiseaux, c'est LE jour où roucouler
Marquant le début de la saison des amours, le 14 février est désigné, chez les oiseaux, comme le jour parfait pour roucouler et se becqueter. Voila qui les aide à patienter agréablement jusqu'à l'arrivée du printemps. Alors, hasard du calendrier ou en avons-nous pris de la graine ?

(Source Msn)


Magueye KasseDans le cadre des séminaires mensuels de l'Institut supérieur des arts et des cultures (Isac), le Professeur Maguèye Kassé de l’Université Cheikh Anta Diop a animé, mercredi dernier, une conférence sur le thème : « Panafricanisme et négritude : le jazz comme trait-d'union ». Occasion saisie par le professeur pour inviter à la préservation de la mémoire collective.

Dans un contexte d’uniformisation, la sauvegarde de la mémoire collective apparaît plus qu’une nécessité, selon le Pr Maguèye Kassé, Professeur titulaire au Département de langues germaniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). « Une culture dont on ne se remémore pas les fondamentaux est vouée à la disparition », a-t-il ajouté. Pr Kassé animait, mercredi dernier, un séminaire  public  à l’Institut supérieur des arts et des cultures (Isac) sur le thème : « Panafricanisme et négritude : le jazz comme trait-d'union ». Selon lui, le fait d’enrichir, de cultiver la mémoire d’un pays est une entreprise qu’il faut nécessairement promouvoir.

« Il faut contribuer à l’éclosion de la mémoire collective, à sa diffusion et sa vulgarisation. Sans mémoire collective, il est difficile de se projeter vers le futur en ayant une bonne compréhension du présent », a souligné le professeur, fustigeant l’absence d’entretien de « notre » mémoire.

Par ailleurs, Pr Maguèye Kassé a attiré l’attention sur le manque d’une stratégie de développement culturel. « Depuis le départ de Senghor, la culture n’est plus une préoccupation dans les stratégies de développement. On ne croit plus qu’elle est avant tout un facteur de développement », a-t-il laissé entendre. D’après le Professeur Kassé, la culture est une question « essentielle » et il urge de lui donner une nouvelle définition.

Rôle fédérateur du jazz
Abordant le thème de sa communication : « Panafricanisme et négritude : le jazz comme trait-d'union », le conférencier a indiqué que la musique jazz a, à travers son histoire et son développement, joué un rôle fédérateur dépassant de loin les politiques en l’occurrence les constructions nationales.

« Dans la genèse et l’évolution du jazz, il y a  cette nostalgie de l’Afrique qui fait qu’on a du  mal  à distinguer dans cette musique les origines géographiques des plus grands musiciens (…). Il y a dans cette musique, ce rêve d’une Afrique qui n’est pas un continent segmenté », a-t-il avancé.  Pour le Professeur Kassé, le rêve panafricaniste s’est manifesté dans l’idée qu’on se faisait d’une Afrique-mère. A l’en croire, cela traduit déjà un concept du panafricanisme. « Le fait que les musiciens africains-américains se réclament de la musique africaine, tout genre confondu, traduit aussi leur engagement panafricaniste », a dit le professeur. Avant d’ajouter : « Des affinités esthétiques de Duke Ellington avec le peintre surréaliste Joan Miro, en passant par l’interprétation de Miles Davis du « Concierto d’Aranjuez de l’espagnol Joaquin Rodriguez…., le discours maîtrisé du batteur Art Blakey, l’art de la musique démontre à chaque fois qu’ils sont précurseurs d’une nouvelle modernité, d’une autre modernité ». D’après Pr Kassé, cette modernité s’articule autour d’une renaissance, dans un processus certes dialectique et contradictoire mais qui vise en dernier lieu l’universalisme. De l’avis de du professeur, la genèse de la Négritude est tributaire des luttes menées autour de la défense des valeurs humaines par les Africains-Américains qui avaient besoin de relais et d’amplifier cette donnée fondamentale à l’homme qui est liberté.

« Si Blaise Diagne et W.E.B. Dubois tracent des voies politiques d’émancipation de la fin de la Première guerre mondiale à celle de la Seconde,  à l’exemple de la Conférence de Bandoeng, l’émergence de la notion de panafricanisme trouve son prolongement dans  la réflexion  et dans un nouveau Bandoeng culturellement marqué aussi à Paris en 1956 avec le congrès des écrivains et artistes noirs », a-t-il souligné.

Aux yeux de Pr Maguèye Kassé, la renaissance africaine et africaine-américaine passe par l’art sous ses formes (musique, sculpture, danse, littérature, arts plastiques) et « jette le pont vers l’universel et le dialogue des cultures ».

Ibrahima BA


Boubacar Ba ClnC’est vue du ciel et du sol avec une vision panoramique que l’officier de l’Armée de l’air à la retraite, Boubacar Bâ, présente la capitale sénégalaise au travers de son livre-album « Dakar d’hier à Aujourd’hui ».

« Il vaut mieux voir une fois que d’entendre mille fois ». Officier de l’Armée de l’air à la retraite, Boubacar Bâ a fait sien cet adage. Spécialisé en photographie aérienne, le natif de la Médina a toujours manifesté l’intérêt de rencontrer l’image, les couleurs et senteurs de sa ville natale. Pour lui, la photo est à la fois passion et moyen d’expression. C’est ce qui l’a poussé à immortaliser en images « Dakar, d’hier à aujourd’hui » dans un livre-album publié en 2015 chez Doro Editions. Celui qui fut, tour à tour, chef de la Division presse information cinéma (Pic) des Armées, chef de la Division imprimerie de la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (Dirpa), a entrepris un travail de mémoire.

Dans sa démarche, le lieutenant-colonel à la retraite a voulu montrer tout ce qui est beau dans Dakar car ayant était témoin de presque toute son évolution. L’intérêt dans l’approche de Boubacar Bâ est que l’essentiel des photographies ont été prises depuis les airs. Ce qui offre une vue globale des coins et recoins de la capitale sénégalaise.

Préfacier de l’ouvrage, le président de la République, Macky Sall, a écrit : (…) « Le genre que Boubacar Bâ a si heureusement choisi d’investir, c’est le Beau livre qui lui ouvre des perspectives, larges, de « raconter » davantage par l’image que par le texte ou, plutôt, de conférer une certaine préséance à l’image qui donne à voir et même, dans un certain sens, à toucher l’objet, à procéder par le tact qui suscite le frisson et l’émotion et, par conséquent, l’adhésion emphatique qui est Amour » (…).

Le chef de l’Etat poursuit : (…) « On aime Dakar, la ville cosmopolite, accueillante et diverse, enracinée profondément dans les traditions fortes et qui s’est toujours ouverte à la modernité. Dakar séduit, assurément, par ses couleurs, ses parfums, ses bruits, ses éclats de rire et les petits riens de tous les jours qui nous y attachent » (…).

Pour sa part, le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a salué la subtilité de l’artiste qui se cache derrière son appareil. (…) « Cet ouvrage nous ouvre au plaisir de voir la ville de Dakar, à la fois comme elle est, et… autrement, c’est-à-dire comme elle peut nous être suggérée à travers des choix de sites ou visages et des moments, de l’instant où le déclic fixe dans le temps une émotion » (…).

Une ville de contrastes
En parcourant le livre-album, un rien nostalgique habite le lecteur qui découvre, redécouvre des endroits mythiques comme la place Protêt qui deviendra la Place de l’Indépendance. « J’ai commencé par de vieilles photos de Dakar du siècle dernier avec des vues aériennes avant de faire certains quartiers », a expliqué M. Bâ. Egalement dans l’objectif de l’ancien officier, des figures emblématiques comme le général Mouhamadou Mansour Seck, Malick Sy dit « Souris », l’artiste Joe Ouakam ou encore le chanteur Youssou Ndour. Mais aussi une galerie de photos des Grands Serigne de Dakar. Ainsi, le travail documentaire autour de la photographie du lieutenant-colonel Bâ repose sur l’évolution de Dakar dans ces divers aspects : l’inauguration du marché Sandaga, des vues sur la Rue Raffanel, le Boulevard Pinet Laprade, le marché Kermel, le Palais du Gouvernement, une perspective de la Rue Vincens, des Tirailleurs partant en colonne.  A côté des images d’époque, M. Bâ fait admirer le phare des Mamelles que surplombe le Monument de la Renaissance africaine.

La capitale sénégalaise est présentée sous ses habits de ville cosmopolite en construction avec un nouveau palais de justice à l’architecture futuriste. Sous le regard de l’officier à la retraite, Dakar se décline comme une ville de contrastes. Tantôt mélancolique ou boudeuse, tantôt grouillante voire agitée. Sur cet élan, la ville prend pied dans le concert des capitales modernes avec ses ponts et échangeurs.

Après Dakar, Boubacar Bâ nourrit l’ambition d’immortaliser, au travers de son objectif, le patrimoine d’autres villes comme Saint-Louis. Aux yeux de l’ancien officier, ce travail de mémoire au détour de la photo devrait permettre à la jeune génération de renouer avec certaines valeurs comme l’élégance morale et vestimentaire. Avec la photographie aérienne, d’autres centres d’intérêts surgissent : la prospection pétrolière, le renseignement militaire, la géographie.

E. Massiga FAYE


Symposium noirLe symposium, ouvert lundi dernier, autour du thème : « Race, racisme et construction des modernités noires », initié par le Centre de recherche ouest africain (Warc), en collaboration avec l’Ifan et le National museum for african american history & culture, a pris fin hier à Dakar. Les deux dernières tables rondes ont porté sur l’Afrique et les diasporas africaines.

C’est Jemima Pierre, Associate Professor à UCLA ( University of California, Los Angeles), qui a introduit, hier, l’avant-dernière table ronde sur le thème « Les perspectives comparées sur noir et noirceur en Afrique et dans les diasporas africaines ». Selon elle, les comportements racistes dans le monde font que les Noirs sont mal vus. Pire, ces derniers se voient refuser leur condition humaine, bref, leur identité. Il suffit d’aller aux Etats-Unis, au Brésil, au Moyen-Orient ou en Europe pour s’en rendre compte.

« Les Noirs sont catégorisés. Beaucoup de personnes ne veulent pas aujourd’hui reconnaître l’impact (influence) de la race. Les pays du G8 sont les plus riches au monde. La société africaine est marginalisée. La libération de l’Afrique revient à poser le problème de la race », a dit Mme Jemima Pierre, invitant les Africains à ne pas faire de leur race un handicap. A l’en croire, ces derniers ne doivent pas avoir les mains liées.

Elle a aussi abordé le terrorisme, l’immigration clandestine qui concernent, aujourd’hui, les peuples africains. Aussi, Jemima Pierre a déploré l’échec du panafricanisme. D’après elle, si cela n’a pu être imposé aux chefs d’Etat africains, c’est parce qu’aucun d’entre eux n’a voulu renoncer à une partielle de son autorité.

Dans son intervention, Ibrahima Thiaw de l’Ifan a souligné que le racisme est devenu une réalité. Et depuis très longtemps, l’humanité a toujours voulu créer des différences. Tandis que pour Hamady Bocoum, directeur de l’Ifan-Cad, les Africains doivent faire preuve d’engagement. Il a d’ailleurs cité des propos de Cheikh Anta Diop, en 1986, alors que des jeunes Camerounais étaient venus le porter en triomphe. Il les invitait à relever le défi du panafricanisme ; sinon, ils continueraient à vivre « l’esclavage ». Une invite qui est d’actualité, selon M. Bocoum.

Ce symposium, ouvert lundi dernier, qui était organisé autour du thème : « Race, racisme et construction des modernités noires », a été initié par le Centre de recherche ouest africain (Warc), en collaboration avec l’Ifan et le National museum for african american history & culture.

Serigne Mansour Sy CISSE


Symposium noir warcLe Centre de recherches ouest africain (Warc), en collaboration avec l’Institut fondamental de l’Afrique noire (Ifan/Ch. A. Diop) et le National museum for african american history and culture (Nmaahc) organise depuis hier à Dakar un symposium international, le « Blakey Symposium », sur le thème : « Race, racisme et la construction des modernités noires ». Pour l’essentiel des intervenants, il faut avoir une approche holistique sur ces questions pour « déstructurer l’idéologie raciste ».

L’actualité des races, du racisme et des questions culturelles demeure toujours une réalité, même si beaucoup veulent le reléguer au second plan. C’est dans le sillage de la célébration annuelle du mois de février dédié aux questions des Noirs aux Etats-Unis qu’un symposium international sur le thème : « Race, racisme et la construction des modernités noires » se tient à Dakar depuis hier et va se poursuivre jusqu’à demain.  Cette rencontre, organisée par le Centre de recherches ouest africain (Warc), en collaboration avec l’Institut fondamental de l’Afrique noire (Ifan/Ch. A. Diop) et le National museum for african american history and culture (Nmaahc) réunit, entre autres, des chercheurs, des universitaires, des étudiants d’ici et d’ailleurs.

Dans sa communication sur « la race des anciens Egyptiens : idéologie et faits », le Pr Aboubacry Moussa Lam, enseignant-chercheur au département d’Histoire de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Ucad, a insisté sur la « falsification » et la « manipulation » de l’origine noire des anciens égyptiens de la part de l’Egyptologue français Gaston Maspero. « Son livre intitulé « Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique » dont la première version remonte à 1875, connut un énorme succès libraire et influença durablement orientalistes et grand public », a regretté le Pr Lam.

Origine noire des anciens Egyptiens
« Maspero resta celui qui a contribué à inspirer l’idée selon laquelle les anciens égyptiens étaient de race blanche », a ajouté le chercheur qui relève que la « thèse de cet Egyptologue français n’a pas résisté à une analyse critique » et finira par tomber comme un château de cartes. Cela est dû au fait qu’il attribua à la reine Ahmès Néfertari (vers 1570-1505) une origine blanche, alors qu’il n’osa pas blanchir le père de celle-ci, Sequenenré Tao, initiateur de la lutte contre les Hyksos, qui est un Noir. Dans sa thèse, insiste Pr Lam, Maspero avait soutenu que « Néfertari était une femme d’âge mur et de taille moyenne appartenant à la race blanche ». Mais la manipulation ne passe pas, dit-il.

« La négation de la négritude de Néfertari et la mise en scène qui l’accompagne sont subjectives et trop travaillées », a fait observer l’enseignant-chercheur. « La mise en scène, précise l’Egyptologue sénégalais, va foirer et les illustrations vont montrer la mauvaise foi de Maspero ».D’abord, a-t-il poursuivi, « il a été contredit par l’anthropologue français Ernest Chantre sur toute la ligne ». Les conclusions de ce dernier à travers les caractères de Néfertari qu’il a décrits font, selon l’enseignant, que « celle-ci ne peut appartenir à la race blanche, peut-être au groupe nubien ou éthiopien ». « Si donc Sequenenré n’est pas Blanc, comment sa propre fille peut l’être ? », « Comment cela est-t-il possible ? », s’étonne le Pr Lam qui reste d’avis que « le montage de Maspero ne résiste pas à la critique ». Invoquant la thèse de Cheikh Anta Diop sur l’origine noire des anciens Egyptiens, il a indiqué que ces derniers se considéraient eux-mêmes comme des Noirs. En s’appelant « Kmt », a-t-il observé, « ils se sont clairement définis comme des Noirs ».

Aussi, ajoute le Pr Lam, « toutes les traditions africaines définissent les Egyptiens comme des Noirs », a-t-il avancé. La conviction de Aboubacry Moussa Lam est que les Egyptiens de par les représentations et les noms par lesquels ils s’appelaient étaient des Noirs. Pour lui, si les Egyptiens étaient des Blancs, les Africains le seraient parce qu’ils soutiennent qu’ils ont des origines égyptiennes ». Il s’agit, a-t-il conclu, « d’une idéologie qui n’est pas une science ».

Injustices fortes et profondes
Pour sa part, le Pr Michael Blakey, anthropologue au département d’Anthropologie du Collège William et Mary, a fait une communication sur « l’aveuglante lumière de la race ». Dans sa conclusion, il a estimé que nous devons avoir une nouvelle approche de la génétique. « Beaucoup de moyens y ont été investis mais cela n’a pas encore réglé le problème sur l’origine des races », a-t-il déploré.

Pr Hamady Bocoum, directeur de l’Ifan/Cheikh Anta Diop, a, de son côté, salué la tenue d’une telle rencontre intervenue dans un contexte où « l’approche race a beaucoup évolué ». « La science, précise-t-il, a énormément rapproché toute l’humanité au point que la division basée sur la race est presque devenue une fiction ». Il n’empêche, dit-il, que le racisme a une histoire qui a justifié aussi bien l’esclavage, la déportation et, dans certains cas, la colonisation. A son avis, « il serait réducteur de vouloir jeter le bain et l’enfant ensemble ». Il est évident, de l’avis du Pr Bocoum, que « l’idéologie raciste a produit des injustices extrêmement fortes et profondes et a forgé des mentalités pendant des siècles, et qu’il faut la déstructurer aujourd’hui ». Des rencontres de ce genre permettent, à son avis, de revisiter le dernier état des recherches sur la question.

Pour le directeur de l’Ifan/Ch. A. Diop, « quand on dit que les anciens Egyptiens étaient des Noirs, ce n’est pas une revendication identitaire mais plutôt un constat culturel qui vaut comme tout ce qui vaut et qui a justifié un certain nombre de choses ». Il ne s’agit pas, précise le Pr Hamady Bocoum, « d’inverser ou de renverser une approche ». « Il faut replacer les choses dans leur contexte. On ne peut pas vouloir juger tout ce qui a été dit, il y a un siècle, sur la base de ce que nous connaissons aujourd’hui », a-t-il indiqué.

Souleymane Diam SY

Ousmane sene WarcOUSMANE SENE, DIRECTEUR DU WARC : « LA CONSTRUCTION DU FUTUR DES NOIRS DOIT TENIR COMPTE DU PRÉSENT ET DU PASSÉ »
Le directeur du Centre de recherches ouest africain (Warc), le Pr Ousmane Sène, s’est, pour sa part, réjoui de la tenue de ce symposium qui est un moment « très important » pour les anthropologues, les chercheurs et les étudiants qui s’intéressent « à l’évolution et au développement de l’Afrique ». « Dans l’entendement de beaucoup de personnes, regrette-t-il, la race ne devrait pas être une préoccupation majeure. Mais il faudrait s’assurer que le racisme est éradiqué dans le monde entier ».

Pour lui, « la construction du futur des Africains, des Noirs doit se faire dans une articulation entre le passé et le présent ; ce futur doit tenir compte du présent et du passé ». « La race a été véritablement une construction. Et cette position artificielle d’un groupe positionné comme étant différent des autres et potentiellement supérieurement et inférieurement aux autres relève d’une récupération de la force politique, économique, militaire et d’une certaine force culturelle qui entraîne nécessairement l’oppression d’un groupe par rapport à un autre », a affirmé le Pr Ousmane Sène. Les étudiants en anthropologie, en sciences humaines, pourront, à son avis, mettre à profit ces genres de rencontre « pour avoir une perception beaucoup plus claire de ce que l’avenir nous réserve par rapport à une prise en charge plus mûre et plus responsable voire fière de la race noire et de l’Afrique ». « C’est une bataille du 21e siècle ; ce sont des choses à tenir en compte pour essayer de façonner notre avenir en étant bien ancré dans nos réalités qu’on devrait valoriser », a estimé le directeur du Warc.

S. Diam SY


Gestion patri spainCinq gestionnaires de sites du Patrimoine mondial au Sénégal et deux gestionnaires de Parcs naturels, ainsi que le directeur du Patrimoine et celui des Parcs naturels, ont visité, du 31 janvier au 5 février, dans le cadre d’un stage, plusieurs villes de l’Espagne, accompagnés par des experts du ministère espagnol de la Culture. Selon un communiqué de presse de la Section culturelle de l’ambassade d’Espagne à Dakar, « L’Espagne reste une référence en termes de gestion du Patrimoine mondial, avec une grande expérience due au fait d’être le deuxième pays avec le plus grand nombre de sites Patrimoine mondial reconnus pour l’Unesco et le troisième pays au monde en tant que destination touristique ».

Ainsi, durant leur séjour, les experts en matière de Patrimoine et Parcs naturels ont visité, entre autres, le Musée national El Prado à Madrid. Ensuite, ils ont voyagé en Andalousie pour rendre visite, en deux groupes séparés selon les caractéristiques de leurs sites ; à la ville de Cordoue et au Parc naturel de Doñana.

A Cordoue, note le document, ils ont pu profiter d’une visite aux « patios » de l’ensemble historique, pour connaître la gestion et relation du Patrimoine matériel et immatériel ; connaître l’espace du Parc naturel de Doñana et apprendre ses stratégies touristiques, son système d’usage public, ainsi que les programmes d’éducation et bénévolat environnemental qu’ils mènent. Et tout le groupe d’experts sénégalais a visité l’ensemble de monuments Patrimoine de l’Humanité de Sevilla, ainsi comme son musée d’arts et traditions populaires. Les participants ont défini cette expérience comme « instructive, satisfaisante, riche et très profitable en termes de transfert de savoir et de savoir-faire » et ils retournent avec « beaucoup d’ambitions » pour le Sénégal.

Selon le communiqué de presse, ce stage de formation dans la gestion du patrimoine mondial a été organisé par l'Agence espagnole pour la coopération internationale au développement (Aecid) en collaboration avec la Fondation internationale et par Ibéro-Amérique d’administration et de politiques publiques et la Section culturelle de l’ambassade d’Espagne au Sénégal. C’est la deuxième phase d’un premier échange organisé en novembre 2015 au Centre d’interprétation de Toubacouta, où les experts sénégalais avaient présenté la situation et les défis des sites Patrimoine mondial de l’Unesco dans le pays. Elle sera suivie d’une troisième phase prévue au mois de mars à Saint-Louis. Ces ateliers rentrent dans le cadre du programme Acerca de formation du capital humain pour la gestion culturelle. Le but est d’offrir un appui technique aux gestionnaires des sites Patrimoine de l’Humanité Unesco, pour contribuer non seulement à la bonne gestion de ces sites mais aussi à développer des politiques durables de promotion touristique.

O. DIOUF


Mbagnick Ndiaye DiobassLe ministre de la Culture et de la Communication a magnifié, samedi à Babakh Sérère, la place et le rôle de la culture dans tout processus de développement. Mbagnick Ndiaye procédait au lancement des journées culturelles des cadres sérères dans la commune de Notto Diobass.

C’est dans le village de Babakh Sérère que l’Association des cadres sérères (Ascaser) a choisi pour organiser la première édition des journées culturelles sérères du Diobass. Ceci, en partenariat avec l’association pour le développement de Diobass et la commune. Le ministre de la Culture et de la Communication qui a procédé à l’ouverture officielle, en présence de ses collègues, Dr Augustin Tine des Forces armées et Alioune Sarr du Commerce, a magnifié la place et le rôle de la culture dans tout processus de développement.

Mbagnick Ndiaye s’est vivement félicité de l’initiative des cadres sérères tout en indiquant que la communauté sérère occupe une place importante dans le renforcement de l’unité nationale en raison des liens de parenté qu’elle entretient avec les autres ethnies du Sénégal. Et dont les diolas, les mandingues et les haalpulaar figurent en première ligne.

Préservation du patrimoine culturel
Le ministre Mbagnick Ndiaye a souligné, citant le célèbre poète-président Léopold Sédar Senghor, « que la culture est au début et à la fin du développement »… D’où le thème des journées : « Diversité culturelle sérère et développement » qui vient témoigner de cette vitalité à promouvoir la culture sérère dans toute sa diversité dans cette zone du Diobass à fort potentiel culturel inexploité et non valorisé.

L’Association des cadres sérères, l’Alliance pour le développement du Diobass et la commune de Notto viennent ainsi de poser les jalons de la préservation et de la sauvegarde de ce patrimoine culturel et artistique dans cette contrée du Diobass. Tout en ouvrant, à travers les différents sujets qui ont été débattus au forum, la réflexion sur le rapport entre identité sérère et développement économique, en faire un lien avec l’exploration des nombreuses potentialités que recèle la zone dans ces deux segments, culturel et économique, et de proposer des pistes de solutions pour une meilleure émergence de la communauté sérère.

Ainsi, des indications ont été données à travers la dimension scientifique lors des panels sur : « Tourisme culturel », animé par le directeur du musée de Thiès, Issa Laye Thiaw ; « Identité sérère et développement », introduit par le Pr Madior Diouf ; « Potentiel horticole du Diobass », expliqué par le directeur national de l’Horticulture, Dr Macoumba Diouf. Tout cela, dans une perspective du développement du Diobass dont l’histoire et la diversité culturelle ont été également revisitées.

Le ministre Alioune Sarr, par ailleurs maire de Notto Diobass, s’est réjoui de l’aboutissement de ce long processus allant des préparatifs jusqu’à cette date qui marque l’organisation des premières journées des cadres sérères dans le Diobass. Une œuvre, selon le ministre du Commerce, « d’un travail collectif considérable conduit par Mme le Sous-préfet de Notto, Oumou Diamankha, qui s’est donnée corps et âme pour la réussite de l’événement culturel ».

Plusieurs troupes culturelles et artistiques, dont Ndut de Séssene, Gorom du Diobass, Ndawrabine, entre autres, se sont produites devant les autorités et la forte assistance des populations de Babakh Sérère, du Diobass entier. A l’occasion, des personnalités qui ont œuvré pour la promotion de la culture sérère mais aussi pour la cohésion nationale à travers l’implication des minorités ethniques ont été décorées. Parmi elles, le Pr Madior Diouf, Pape Massène Sène du musée Théodore Monod, le Pr Issa Laye Thiaw du musée de Thiès, l’ancien gouverneur Saliou Sambou, l’initiateur du Festival des origines Diolas-Sérères présent à la cérémonie.

Les journées qui avaient débuté vendredi par une dimension religieuse marquée par des récitals du saint Coran et prêches de l’Imam de la grande mosquée, ont été clôturées hier dimanche par le curé de la paroisse de Baback. Dans une perspective de remettre au goût du jour les valeurs culturelles sérères qui ont fait la fierté et la force de cette ethnie pour les remettre à la jeunesse.

El Hadji Mohamadou SAGNE


Expo espace AutoLe showroom de Ccbm automobile (Espace auto), à Dakar, accueille les œuvres d’art de trois artistes plasticiens : Serigne Ndiaye, Edy Matos et Assane Gning. Au détour du concept « Business art », le monde des arts et celui des affaires s’allient dans une belle combinaison.

Le tandem est inhabituel. Des voitures qui côtoient des œuvres d’art visuel. Le temps d’une exposition, le showroom de Ccbm automobile (Espace auto), à Dakar, accueille les créations de trois artistes plasticiens : Serigne Ndiaye, Edy Matos et Assane Gning. A l’entrée de la salle d’exposition, ce sont les créations de S. Ndiaye qui attirent l’attention du visiteur. Un brin nostalgique, Ndiaye lui fait redécouvrir la série « Aristo peul ». Sur les toiles, la peinture sous-verre est sublimée par des aplats de couleurs avec des teintes chatoyantes (rouge, jaune, nuance de bleu) sur des traits épurés. Dans la série de portraits qui suit, l’écriture picturale emprunte une orientation à la fois abstraite et figurative.

Sur la même ligne, le jeune Edy Matos chante avec son pinceau la beauté de la femme africaine avec une rare finesse. Ici, la coiffure traditionnelle est accessoirisée par des colliers de perles, un cure-dent qui pend au coin des lèvres sur des boubous amples. E. Matos revendique son panafricanisme jusqu’au bout du pinceau. L’expression trouve épanouissement dans les tableaux qui mettent en avant des guerriers haoussas, un « Lat Dior » qui arbore fière allure en enfourchant son cheval.

De son côté, Assane Gning peint la vie au quotidien. Sa peinture est rythmique. Il cherche à harmoniser les formes et les couleurs à l’image d’un poète qui joue avec les mots. Avec de l’acrylique sur toile, Gning s’emploie à donner un aspect volumineux à ses créations qui balancent entre le naïf et le figuratif. Il n’hésite pas à célébrer « La famille » comme noyau de la société. L’entrepreneuriat féminin n’est pas en reste au détour d’un « Salon de coiffure ». A. Gning sensibilise également contre l’émigration clandestine en offrant en exemple des jeunes qui se mettent à l’auto entrepreneuriat avec les motos « Jakarta » comme moyens de transport.

Célébration de la spiritualité
Prenant la parole au moment du vernissage, l’artiste Serigne Ndiaye a estimé que cette exposition constitue « un moment de célébration de la spiritualité ». Il a défendu « un art qui nous aide à mieux vivre et à être nous-mêmes ». Au nom des artistes exposant, S. Ndiaye a magnifié ce partenariat entre l’art et l’entreprise qui gagne en aura et prestige. D’où cette invite à développer une pareille combinaison. Pour lui, Espace auto est un cadre d’éclosion de prestige pour les artistes. C’est ce qu’a compris Ccbm automobile dont la directrice d’exploitation, Carine Ramey, a défendu cette option : « L’art et la culture pour raffermir les liens dans la diversité ». Pour sa part, l’initiatrice du concept « Business-art », Aïssatou Camara, a plaidé pour un subtil alliage entre l’utile et l’agréable.

Venu présider le vernissage de l’exposition au nom du ministre de la Culture et de la Communication, le directeur de cabinet, Rémy Sagna, a salué la vision et la détermination du Pdg du Groupe Ccbm, Serigne Mboup, dans son approche accompagnement de la culture. Mboup avait à ses côtés un parterre de personnalités dont le directeur général de la Sspp « Le Soleil », Cheikh Thiam.

Le représentant du ministre Mbagnick Ndiaye a suggéré d’associer les entreprises dans la dynamique culturelle car, a-t-il souligné, étant nos meilleurs ambassadeurs, les artistes le méritent.

E. M. FAYE


Salon Fem MusulmaneLes rideaux sont tombés sur le 1er salon de la femme musulmane samedi dernier à la Place du souvenir. C’est par un défilé de mode que les initiatrices de cette rencontre ont mis fin à ce rendez-vous qui promeut le leadership féminin.

Les créations exhibées témoignaient de l’habileté des modélistes ou stylistes, c’est selon, qui n’avaient aucune difficulté à cisailler les tissus devant servir de collection. L’inspiration se lisait sur les modèles, hautement pensés et joliment garnis ! Les spectateurs n’hésitaient pas à immortaliser le moment par leurs appareils cellulaires ! Les applaudissements fusaient de partout !

Selon Gnagna Lam, coordonatrice du défilé, cette activité culturelle avait pour but de montrer qu’on peut bien allier beauté et pudeur. « Nous allons montrer des modèles qui respectent le voile islamique. On peut bien être femme voilée et s’habiller très glamour. Nous voulons promouvoir le consommer local », explique, en préambule, Gnagna Lam, qui bat en brèche certains stéréotypes reléguant au second plan les femmes voilées. Pour elle, il faut vraiment déconstruire ces clichés tout faits par la société et qui empêchent la femme de s’émanciper.

La coordonnatrice se dit convaincue que la femme, en s’habillant, doit être pudique si elle veut se faire respecter. D’ailleurs, lors du défilé qui a vu plusieurs collections, les stylistes Baye Pathé Collection, Lady Maje couture et Touty ont rivalisé d’ardeur, avec des modèles qui rappellent nettement l’apparence des charmantes dames orientales.

Serigne Mansour Sy CISSE


Penc lebou 2016Le ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territoire, Abdoulaye Diouf Sarr, a procédé, hier, au lancement officiel des activités de la cinquième édition du Festival mémoire des « Penc » et villages de Dakar, « Ndakaru Demb » (Fespenc). Cette grande manifestation se déroule du 4 février au 28 avril prochain.

C’est parti pour la cinquième édition du Festival mémoire des « penc » et villages de Dakar, « Ndakaru Demb » (Fespenc). Le lancement officiel des activités de ce festival, qui porte cette année sur le thème : « Communauté Lébou et autorités religieuses du Sénégal », a été présidé, hier, par ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territoire, Abdoulaye Diouf Sarr. Ainsi, du 4 février au 28 avril prochain, plusieurs manifestations dédiées aux grands guides religieux de notre pays seront à l’honneur. Cela, dans l’objectif de revisiter la richesse de leur héritage ainsi que les étapes de l’installation des religions révélées au Sénégal. Il s’agit également d’une occasion de revenir sur les relations que  le peuple lébou entretenait avec les différentes   confréries religieuses.

Dialogue islamo-chrétien  
De l’avis d’Abdou Kadre Gaye, coordonnateur du Fespenc, l’objectif du festival est la renaissance de la culture lébou pour l’enrichissement du patrimoine culturel national et le développement économique du Sénégal.  « Il se veut un moment fort de communion et de souvenance du peuple lébou et, au-delà, de tous les habitants de Dakar, du Sénégal et l’Afrique », a-t-il fait comprendre.  Pour le ministre de la Gouvernance locale, le programme prévu sur une période de trois mois, dans le cadre de ce festival, « montre combien la collectivité lébou tient au dialogue islamo-chrétien cher au président de la République, Macky Sall ». Selon lui, évoquer les relations entre la communauté lébou et les familles religieuses, c’est une incitation à la « pratique saine et vraie de la religion ». Mais aussi au retour aux valeurs de tolérance, de partage qui font la fierté de tout Sénégalais. A en croire Abdoulaye Diouf Sarr, ces genres de rencontre participent « définitivement » de la consolidation des liens entre les communautés pour une nation forte et débout au service d’une humanité triomphante. « Sans des communautés ou collectivités fortes et unies autour de leurs symboles, patrimoine et ressources, il serait difficile, pour ne pas dire vain, de prétendre à un Etat fort à même de prendre convenablement le destin de son peuple », a-t-il indiqué, saluant l’exceptionnelle diversité de la culture lébou.

Revenant sur le thème, le ministre de Gouvernance a souligné que les événements vécus à travers le monde montrent sa pertinence et son caractère actuel. « La collectivité lébou est très attachée au vivre ensemble. Tout au long de son histoire, elle l’a montré en faisant preuve d’une grande ouverture envers les autres. Avec les familles religieuses, elle a su nouer de solides relations fondées sur la foi avec toutes les valeurs que celle-ci embrasse », a-t-il rappelé.  A l’initiative de l’Entente des mouvements et associations de développement (Emad), le   Fespenc, qui s’achèvera le 28 avril prochain, sera aussi un cadre de proposition de pistes de réflexion contribuant à « l’endiguement des dérives multiples de notre époque ».

Ibrahima BA


Angele EtoundiL'artiste photographe Angèle Etoundi Essamba présentera, du 18 février au 30 mars prochain, une exposition sur le thème : « Force & Fierté : 30 ans de photographie de la femme africaine ». Au total, cette exposition regroupera 200 photographies entièrement dédiées à la femme.

Le Musée Théodore Monod de Dakar accueille, du 18 février au 30 mars prochain, l'exposition des œuvres de l'artiste photographe Angèle Etoundi Essamba. Cette exposition rétrospective porte sur le thème « Force & Fierté : 30 ans de photographie de la femme africaine ». Il s'agira de la présentation « inédite » de 200 photographies, prises au cours d'années de travail ininterrompu « passionné et cohérent ».

L'exposition est aussi « inédite », informe un communiqué, en ce sens que c'est pour la première fois en Afrique qu’une femme artiste est mise à l’honneur et présente l’intégralité de son œuvre dans un cadre muséale. Aussi, cette exposition est entièrement dédiée à la représentation de la femme noire. « Ce sera une opportunité, pour l’artiste, d’aller à la rencontre de cette femme africaine si présente dans l’ensemble de son œuvre et aussi l’occasion de rencontrer de jeunes Sénégalais à travers un projet pédagogique destiné à les familiariser avec l’art de la photographie », explique le document. Il ajoute que la scénographie de l’exposition conçue et réalisée par Fodé Camara, en collaboration avec le commissaire Landry-Wilfrid Miampika, propose un parcours photographique au fil de la carrière artistique d’Angèle Etoundi Essamba, faisant ainsi découvrir la richesse et la diversité de son œuvre.

Réflexion sur l'identité de la femme
Angèle Etoundi Essamba est née au Cameroun.  Etudiante en France puis aux Pays-Bas, elle est diplômée de l’Académie de photographie d’Amsterdam. Ainsi, depuis sa première exposition en 1985 à la Maison Descartes d’Amsterdam, son travail est fréquemment exposé dans des musées, institutions, biennales, foires et galeries en Europe, en Afrique, aux Etats-Unis, en Amérique Latine et en Asie. Aussi, apprend-on, ses photographies font partie de plusieurs collections privées et publiques. Pour la critique d'art Joëlle Busca, Angèle Etoundi Essamba est une artiste engagée dans une réflexion sur l'identité de la femme africaine. Ce faisant, depuis près de 30 ans, elle a observé le monde à travers les femmes qu'elle photographie. « Ses images sont empreintes de la volonté absolue de connaître et de comprendre. Sa vision est à la fois esthétique, idéaliste, réaliste et sociétale. Elle rejoint l’esprit de la photographie humaniste avec un fort attachement aux valeurs de communion.

La femme noire constitue l’élément central de son expression artistique. Elle capte avec esthétisme une vision de la femme et de la culture africaine en donnant une nouvelle interprétation de l’Afrique contemporaine », soutient-elle. Selon Mme Busca, le travail d'Angèle rompt avec les représentations stéréotypées des femmes en choisissant de donner à ses sujets sens et grandeur. C'est dans ce sens, avance-t-elle, trois mots clés définissent l’œuvre d’Angèle Etoundi Essamba. Il s'agit de la fierté, de la force et de la conscience de soi.

Ibrahima BA


« Le Sénégal sur la liste du patrimoine mondial (convention 1972) : situation, tendances, enjeux ». C’est la thématique qui a été introduite, hier, par le Pr Hamady Bocoum dans le cadre d’un séminaire de recherche. Pour le directeur de l’Ifan/Cheikh Anta Diop, il nous faut une « vision holistique » pour sauvegarder et gérer notre patrimoine.

Le patrimoine naturel, culturel ou mixte doit être l’affaire de tout le monde. C’est l’avis du directeur de l’Ifan/Cheikh Anta Diop, Pr Hamady Bocoum, qui a introduit, hier, un cours sur « Le Sénégal sur la liste du patrimoine mondial (Convention 1972) : situation, tendances, enjeux », dans le cadre d’un séminaire de recherche. L’ancien directeur du Patrimoine national a d’abord précisé que le Sénégal a initié très tôt une politique patrimoniale ancrée dans nos traditions. Il s’agit de la loi 71-12 du 25 janvier 1971 fixant le régime des monuments historiques, antérieure à la Convention 1972.
« Beaucoup de pays africains n’ont eu des lois sur le patrimoine que ces dernières années et se sont inspirés de notre loi », a-t-il dit. Pour le Pr Bocoum, l’idée de la création d’un mouvement pour la protection des sites est née après la Première guerre mondiale. Sur les 89 sites africains inscrits au patrimoine mondial, le Sénégal en dispose 7, précise le chercheur. Il s’agit de Gorée (1978), de Niokolo Koba (1981), Djoudj (1981), Saint-Louis (2000), Mégalithes de Sénégambie (2006), Delta du Saloum (2011) et Pays Bassari (2012). En Afrique, l’Algérie occupe la première place. Alors que le Sénégal est la tête de pont en Afrique de l’Ouest.
Toutefois, relève-t-il, il faut verser dans « l’auto-flagellation ». « Nous avons besoin des synergies fortes qui exigent beaucoup de modestie et de générosité. Des partenaires de tous ordres pour construire des modèles de patrimoines », a ajouté M. Bocoum, précisant que « l’Afrique constitue le futur de la faune. Il y a des impératifs à régler ». Selon lui, l’inscription des sites au patrimoine mondial de l’Unesco ne doit pas être perçue comme un « prestige » ou un « obstacle au développement » mais plutôt comme un atout.

Mariage tourisme et culture
Pour cela, dit-il, « il faudrait des compromis intelligents pour procéder à des aménagements du territoire ». Par ailleurs, a regretté le directeur de l’Ifan, jusqu’à présent, « nous ne parvenons pas à inscrire le patrimoine au service du développement ».  Dans d’autres endroits à travers le monde, constate-t-il, le développement du tourisme suit celui du patrimoine. « Au Sénégal, nous n’avons pas encore réussi le mariage entre le tourisme et la culture », déplore le Pr Bocoum.
Pendant ce temps, on retrouve sur la liste indicative du Sénégal, élaborée en 2005, des sites comme l’Aéropostale, l’Architecture rurale de Basse Casamance, le parc national des îles de la Madeleine, les escales du fleuve Sénégal, les tumulus de Cekeen, le Vieux Rufisque et le Lac Rose. Pour ces sites, explique-t-il, le Sénégal peut bâtir un dossier et le présenter au Centre du patrimoine mondial de l’Unesco pour leur inscription au patrimoine mondial. La conviction du conférencier est que pour préserver et classer encore des sites au patrimoine mondial, il faut que l’Afrique et particulièrement le Sénégal change d’approche de Vue (valeur universelle exceptionnelle), notamment l’administration du bien, le budget etc.

Trouver le bon équilibre
Pour ce faire, explique-t-il, il faut procéder à des inventaires des ressources pour de nouvelles nominations, des inventaires rétrospectifs des ressources naturelles et culturelles pour les anciennes nominations, à l’élaboration de plans d’aménagement respectueux de la Vue, au dépôt par l’Etat partie, d’un engagement à informer et à associer le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco (Cpm) à toutes les initiatives allant dans le sens de l’exploitation des sources inventoriées, la mise en place d’un fonds de préservation de la Vue, trouver le bon équilibre entre le besoin d’aménagement et celui des terroirs etc. « Ensemble faisons échec au syndrome des « 3 D », c’est-à-dire au déséquilibre, au discrédit et à la disqualification. Notre contribution au patrimoine universel de l’humanité est la somme de nos actions présentes », relève le directeur de l’Ifan.
Dr Moustapha Sall, enseignant à l’Ucad, a déploré l’absence d’articulation entre la recherche et le développement. Alors que le Pr Ibrahima Thiaw de la direction de l’Archéologie de l’Ifan est d’avis que pour certains pays, le classement au patrimoine mondial est une « affaire de prestige. C’est inquiétant ». Il a ainsi plaidé pour un impact de l’aménagement des sites sur la vie des populations. Annie Jouga, adjointe au maire de Gorée, pense, quant à elle, qu’il faut intégrer l’enseignement du patrimoine à l’école eu égard aux enjeux de l’heure. Le conseiller technique au ministère de la Culture et de la Communication, Moustapha Tambadou, a, de son côté, insisté sur l’urgence de l’exploitation du potentiel économique et touristique des sites. Le Pr Bocoum reste convaincu, compte tenu que le patrimoine relève d’une question de souveraineté, que « les pays doivent avoir les moyens de leurs ambitions. Il faut avoir une vision holistique pour régler les difficultés du patrimoine ». L’heure est venue au Sénégal, soutient-il, « d’arrêter de réinventer la roue ».

NIOKOLO KOBA : Un patrimoine mondial en péril
Le directeur de l’Ifan, Pr Hamady Bocoum, a déploré, hier, le fait que la réserve écologique de Niokolo Koba soit inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril depuis 2007. Il s’exprimait, hier, au cours d’un séminaire scientifique, organisé à l’Ifan sur « Le Sénégal sur la liste du patrimoine mondial (Convention 1972) : situation, tendances, enjeux ».
Les facteurs liés à ce déclassement du site sont liés, selon l’ancien du directeur du Patrimoine national, à un certain nombre de dysfonctionnements. Au rang desquels on peut citer la divagation des animaux, la baisse drastique d’une grande faune, les zones amodiées, le braconnage etc. « C’est un problème complexe auquel les responsables du service des parcs du pays sont confrontés », a-t-il déploré. A l’en croire, la Direction des parcs nationaux a consenti beaucoup d’efforts en aménageant des plans d’eau et en arrêtant la dégradation. Il estime que si on continue sur cette dynamique, le Sénégal va réinscrire Niokolo Koba au patrimoine mondial d’ici quelques années.
Tandis que le Lac Rose et le Parc national des îles de la Madeleine, selon l’ancien directeur du Patrimoine national, figurent sur la liste du patrimoine national en péril à cause des effets de l’urbanisation galopante. « La partie continentale du Parc national des îles de la Madeleine, regrette-t-il, a été détruite et remplacée par un hôtel ». C’est le même constat pour le Lac Rose du fait des lotissements et de « l’exploitation sauvage ». En l’état, a estimé le Pr Bocoum, « aucun expert ne peut inscrire ces deux sites au patrimoine mondial ». S’agissant du Delta du Saloum, il souligne qu’il faut reprendre tout le processus, alors que le dossier était en phase d’aboutissement.

Souleymane Diam SY

La Maison de la Culture Douta Seck abritera, ce vendredi et samedi, la deuxième édition du Festival Dakar-Gorée Jazz. Cet événement culturel se veut une réponse au besoin de positionnement de la destination Dakar.

Après une « belle » réussite en 2015, la deuxième édition du Festival Dakar-Gorée Jazz revient cette année avec une programmation à couper le souffle. Face à la presse mardi dernier, le président du festival, Amadou Koly Niang, a indiqué que l’innovation, pour cette édition, sera surtout la qualité du spectacle qui sera proposé. Près d’une trentaine d’artistes d’ici et d’ailleurs prendront part à cet événement culturel qui veut, cette année, rendre un vibrant hommage à l’historien Cheikh Anta Diop. L’objectif de ce festival est de contribuer à la valorisation du patrimoine culturel et historique, lequel offre d’intéressantes possibilités de connaissance et une bonne promotion du tourisme.
Selon les initiateurs de la manifestation, la « légitimité et la pertinence du Dakar-Gorée Jazz Festival se fondent, ainsi, dans la convergence des créations artistiques et des initiatives de promotion touristique pour renforcer et garder le rang de la capitale sénégalaise comme principale destination en Afrique de l’ouest ». Mais aussi une ville de rencontres internationales de tout ordre.  
« Dakar a toujours ambitionné d’être une ville à vocation touristique et pourtant, il n’y a guère de manifestations culturelles majeures purement touristiques, en dépit des nombreuses possibilités et opportunités qui lui sont offertes », lit-on dans un document remis à la presse.
Pour le président du festival, « Dakar-Gorée Jazz Festival » est un événement majeur inscrit dans le calendrier culturel du Sénégal. C’est également une réponse au besoin de positionnement de la destination Dakar.
Durant ce festival, a expliqué René Guèye, membre du comité d’organisation, une large part sera accordée aux artistes locaux. C’est dans cette optique que des artistes comme Cheikh Tidiane Tall, Idrissa Diop ainsi que des groupes comme l’Orchestre national du Sénégal, le Groupe Doudou Ndiaye Rose et Sing Sing…vont se relayer sur scène. Par rapport aux artistes étrangers invités, les spectateurs peuvent s’attendre à la prestation du bassiste Essiet Okon Essiet, du saxophoniste, flûtiste, clarinettiste, Jay Rodriguez, du pianiste Benito Gonzales ou du batteur Craig Holiday Haynes. Toujours dans le cadre de ces manifestations, une conférence sur l’évolution de la musique jazz et le « Black history month » est prévue aujourd’hui.  
Les activités de cette deuxième édition de « Dakar-Gorée Jazz Festival » seront clôturées par un pèlerinage au village natal de Cheikh Anta Diop, Thieytou, dans la région de Diourbel.

Ibrahima BA


Dix ans après  avoir adopté la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, le Sénégal vient de procéder à l’installation  officielle du comité chargé de la rédaction du rapport  de ladite convention.

En marge de la cérémonie de restitution de l’inventaire des musiques traditionnelles du Sénégal, le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a procédé à l’installation officielle du comité national de rédaction du Rapport périodique quadriennal de la Convention 2005 de l’Unesco.  Ce comité dont  la présidence est assurée par   Rémy Sagna,  directeur de Cabinet du ministre de la Culture, est composé de plus d’une vingtaine de membres issus des différents départements du ministère et d’acteurs des autres secteurs.
Adoptée en 2005 par le Sénégal, la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a pour  « objectif  principal  de sauvegarder  les pratiques, représentations, expressions, savoirs et savoir-faire que les communautés, les groupes et, dans certains cas, les individus reconnaissent  comme faisant partie  de leur patrimoine ».  La  Convention  a été adoptée en 2003 par la Conférence générale  de l’Unesco et « reconnait la nécessité de soutenir un type de manifestations et d’expressions culturelles qui n’avait jusque-là pas bénéficié d’un cadre légal et programmatique ».
D’après Moustapha Tambédou, expert culturel et point de contact de la Convention 2005, par ailleurs Rédacteur général  au sein du comité national,  le Sénégal n’avait pas encore rédigé son rapport quadriennal alors qu’il  a  adopté la convention de l’Unesco depuis déjà 10 ans. Le délai fixé par cet organisme international pour la rédaction du rapport est arrêté au 30 avril 2016. Toutefois, a expliqué M.Tambédou, « le comité va essayer de se réunir pour répartir le travail  et  ainsi élaborer son calendrier de manière que tout soit terminé avant  cette  date ».
Pour rappel,  le Sénégal a joué un rôle déterminant dans la mise en place de la Convention  sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Pour le directeur des Arts, Abdoulaye Koundoul, l’absence de rapports quadriennaux, avait mis notre pays, dix ans après l’adoption, dans une situation inconfortable… Par ailleurs, a-t-il tenu à préciser, en dépit de l’absence d’une référence explicite, notre pays a souvent veillé  à articulé sa politique culturelle à la Convention.  « La rédaction et la transmission  du rapport  quadriennal national pourraient nous conduire à un bilan opérationnel de notre action en matière de protection et de promotion de la diversité  des expressions culturelles », déclaré M. Koundoul.
De son côté, le ministre de la Culture et de la Communication a indiqué qu’avec  cette  convention l’économie  est d’abord au service de l’artiste lui-même.  
D’après l’Unesco, le patrimoine culturel donne un sentiment d’identité et d’appartenance, liant «notre » passé  à notre avenir  par l’intermédiaire du présent.  Ainsi sa compréhension des communautés différentes contribue au dialogue interculturel et encourage le respect mutuel.

I. BA


Sahite S Samb DG SoranoL’audition d’artistes pour le renforcement du personnel artistique du Théâtre national Daniel Sorano a été une occasion pour interpeller le directeur général du Théâtre sur les perspectives de son institution pour l’année 2016. Dans cette interview, Sahite Sarr Samb dresse le bilan des activités qui ont marqué le Cinquantenaire de Sorano. Non sans évoquer de riches programmes prévus au courant de l’année 2016.

Quel bilan tirez-vous du Cinquantenaire du Théâtre national Daniel Sorano célébré récemment ?
Avant de faire le bilan, permettez-moi de revenir sur l’esprit de départ du Cinquantenaire. Ce théâtre a été inauguré le 17 juillet 1965 par le président-poète Léopold Sédar Senghor, dans une optique bien précise. Il fallait préparer le Festival des arts nègres, de 1966, mais aussi le théâtre devait être le creuset de la culture sénégalaise par rapport au projet culturel du président Senghor adossé sur l’enracinement et l’ouverture. C’est après une trajectoire de 50 ans de vie artistique que nous avons jugé nécessaire, en 2015, nous arrêter pour regarder en arrière, analyser là où nous en sommes et essayer de nous projeter vers l’avenir. Autant il y a eu du succès, autant, présentement, le théâtre traverse des difficultés d’ordre conjoncturel et structurel.  Donc, c’était le lieu de pouvoir mettre le focus sur le théâtre et montrer ces difficultés auxquelles il est confronté. Dans l’esprit, nous n’avons pas voulu être dans une date fixe de l’année 2015, mais dans toute l’année durant avec plusieurs activités qui se sont déroulées. Le lancement a eu lieu avec la Journée mondiale de la femme car nous voulions rester dans la symbolique des différentes journées nationales qui existent.  Ainsi, les autres activités se sont déroulées lors de la Journée mondiale du théâtre, celle de la danse et celle sur la diversité culturelle. Nous avons même pu réaliser le carnaval sur la diversité culturelle au Sénégal. Car Sorano est la vitrine de la diversité culturelle au Sénégal. Hormis le colloque prévu en novembre que nous n’avions pas pu tenir, tous les autres événements retenus dans le cadre du programme du Cinquantenaire ont pu être réalisés. Des formations dans le domaine des arts scéniques et dans le domaine technique en relation avec des professionnelles du Sénégal et celles de l’extérieur ont également marqué le cinquantenaire du théâtre.

Quels sont les programmes phares prévus pour l’année 2016 à Sorano ?
Il est prévu, toujours dans cet esprit du cinquantenaire, une exposition sur la trajectoire artistique de Sorano. Nous avons tous les éléments de l’exposition, il ne reste plus qu’à trouver une date pour monter cette exposition. Vu qu’en 2016 il y aura la Biennale des arts, nous envisageons de faire cette exposition lors des manifestations « Off » de la biennale. Ainsi, nous aurons une opportunité, une plateforme de démonstration de cette histoire de Sorano, et surtout de pouvoir profiter de la présence de plusieurs hommes de culture et d’artistes qui seront à Dakar durant les mois de mai et juin 2016. Dans le programme habituel de Sorano, il y a trois productions qui sont en préparation.

Dans la reprise des éléments de notre répertoire, il y a la pièce de théâtre intitulé « Pot de vin », qui est une stigmatisation de la corruption très actuelle dans notre pays que nous comptons présenter. En reprenant la pièce, nous voulons lutter contre la corruption en sensibilisant les populations. Le lancement symbolique est prévu dans les activités marquant la célébration de la Journée de la femme.

Ceci pour deux raisons. Dans cette pièce, le rôle principal est joué par une femme. De même, le metteur en scène qui est de Sorano est également une femme. Aussi, avons-nous prévu pour la Fête de l’indépendance du 4 avril un spectacle de fusion qui va intégrer toutes les entités du Théâtre national Daniel Sorano. Il s’agit notamment du ballet national « La Linguère », la Troupe nationale dramatique et l’Ensemble lyrique traditionnel. Ils vont se produire dans le style « Xawaré » qui représente les traditions de Sorano dans une production intitulée « Indépendance Tey ». Pour une première partie, nous y montrerons la trajectoire vers l’indépendance et la deuxième partie traitera du combat vers l’indépendance avec les syndicalistes, les intellectuels et les étudiants entre autres.

Nous souhaiterions également organiser de grandes productions, mais les difficultés financières auxquelles nous sommes confrontées nous empêchent de les faire. C’est d’ailleurs l’occasion pour moi de lancer un appel aux autorités pour augmenter la subvention afin de pouvoir réaliser ces grandes productions qui pourront être présentées aussi bien au Sénégal qu’à l’échelle internationale.

Qu’est-ce qui a motivé l’organisation, cette année, de l’audition d’artistes ?
Depuis mon accession à ce poste de directeur général, j’ai pensé qu’il fallait revenir sur l’orthodoxie de fonctionnement du théâtre. Pour un théâtre, il y a toujours une commission artistique, c’est même dans le décret de Sorano qui est le seul organe qui est habilité à juger de l’opportunité d’intégrer un artiste dans Sorano.  Mais j’ai trouvé que cette commission artistique est restée longtemps sans fonctionner dans les règles de l’art.  A cela s’ajoute beaucoup de départ, car il y a la mobilité des artistes, particulièrement dans le ballet. Nous avons perdu un certain nombre d’artistes très talentueux. Donc, il fallait, l’un dans l’autre, créer cet espace, moment pour pouvoir déceler des jeunes qui pourront venir et apporter du sang neuf au théâtre. Il faut reconnaître que nous avons veillé, pour l’audition du ballet et de l’Ensemble lyrique traditionnelle, à associer   tous les jeunes Sénégalais. Pour ce faire, nous avons ratissé large pour que personne n’en ignore puisse participer. Avec ces deux auditions, on arrivera à relever les défis car seuls les jeunes peuvent relever les défis, surtout que la carrière artistique d’un danseur n’est pas élastique. Elle est limitée dans le temps, il faut être jeune pour danser. D’où l’intérêt de renouveler. L’audition a aussi porté sur le chant et la musique traditionnelle. Au niveau de la Troupe nationale dramatique, nous n’avons pas fait d’audition pour cette simple raison que nous avons un noyau de 10 éléments qui peuvent nous permettre de monter des spectacles avec une distribution acceptable.

Propos recueillis par
Maguette Guèye DIEDHIOU


La linguere BalletSeuls 25 artistes danseurs, âgés tous entre 18 et 30 ans sur 40 postulants, ont été retenus pour passer l’audition, jeudi dernier, pour le renforcement du personnel artistique du ballet national « La Linguère » du Théâtre national Daniel Sorano. Le jury composé de la directrice du ballet, Ndèye Bana Mbaye, du directeur général du Théâtre Sorano, Sahite Samb, des anciens Soraniens et metteurs en scène, Seyba Lamine Traoré, Jean Pierre Leurs, entre autres, devra choisir seulement 4 nouveaux artistes danseurs.

Ce jeudi 28 janvier, ils étaient nombreux les artistes danseurs à se présenter à l’audition organisée par le Théâtre national Daniel Sorano pour renforcer le personnel artistique du ballet « La Linguère ». Hommes et femmes, tous âges confondus, sont venus de presque toutes les régions du Sénégal (Dakar, Louga, Ziguinchor, Saint-Louis, Tambacounda et Kaolack) pour rivaliser d’ardeur par leur talent de danseur professionnel. L’objectif est d’être admis, in fine, dans le ballet national « La Linguère ».

Au départ, ils étaient une quarantaine de danseurs. Mais avec l’âge avancé de certains candidats, seuls 25 ont été finalement retenus pour passer l’audition. Regroupés, dans un premier temps, dans une petite salle, les danseurs étaient soumis à un petit exercice préparatoire avant de joindre un à un la grande salle de spectacle du Théâtre national Daniel Sorano pour, cette fois-ci, passer directement à l’audition. Dans cette petite pièce qui sert également de coulisses, des banquettes y sont installées et les danseurs attendent avec impatience leur passage à l’audition. Ce cadre d’attente a servi d’espace pour des danseurs de s’y mouvoir. Ils y esquissaient des pas de danse en guise de préparation à l’audition.

C’est le cas du danseur Amadou Lamine Sow, plus connu sous le sobriquet de Pie. Surpris exécutant ses pas de danse endiablés et d’acrobatie, Amadou Lamine Sow semble tout à fait prêt pour cette audition. « Je suis danseur dans la compagnie « Africanum » où nous essayons de développer un style de danse qui s’appelle « afro pop », un mélange de danse traditionnelle, moderne et hip hop. C’est un style de danse du genre de la capoera », informe-t-il.

Après plusieurs prestations dans des festivals de danse comme Kay Fecc, le ballet Maurice Béjart etc., cet originaire de Kaolack confie vouloir se professionnaliser davantage à la danse, sa passion. « J’ai voulu participer à ce casting pour que je puisse intégrer le ballet national afin de me professionnaliser et ainsi proposer le style de danse de notre compagnie qui est l’afro pop », dit-il. Si pour Amadou Lamine Sow, l’heure est à la répétition, pour Ndeye Lissa Mané et Astou Diop, toutes deux pensionnaires du ballet « Diaman » de Grand-Yoff, il faut échanger, discuter, faire passer le stress et surtout s’interroger sur ce qui les attend réellement pour cette audition. Assises côte à côte, elles papotent et cherchent à s’encourager mutuellement pour faire passer le temps et le stress.


Se professionnaliser à Sorano
« J’assiste à cette audition pour tenter, à nouveau, ma chance pour ce métier de danse que j’aime et exerce depuis 2003 », indique Ndèye Lissa Mané. A l’en croire, à chaque fois qu’il y a un casting pour la danse, elle n’hésite pas à poser sa candidature. Pour Astou Diop, elle a toujours rêvé d’évoluer dans le ballet national « La Linguère ».  «Le théâtre national Daniel Sorano est une école où des danseurs comme nous peuvent davantage se professionnaliser. En plus, le théâtre Sorano nous permet de connaître notre culture dans sa diversité et nous apprend le comportement à adopter en tant qu’artiste », soutient cette habitante de  Usine Niarry Tally. Astou Diop dit avoir fait ses premiers pas de danse à l’âge de 10 ans.

Devant un jury expérimenté composé pour l’essentiel de 12 membres, les jeunes danseurs âgés tous entre 18 et 30 ans ont rivalisé de leur talent de danseurs à travers des prestations de pas danse de divers ethnies du Sénégal. De la danse wolof « sabar back », « thiéboudiène » ou « fass », en passant par les danses diola, mandingue, sérère et le diembé (lamba et domeba). Sans oublier la culture générale et l’improvisation sur mouvement en danse moderne.

Rien n’a été laissé au hasard par les membres du jury pour tester la capacité et le savoir-faire de ces danseurs dont le seul objectif est d’être  bien  noté pour être admis  au  ballet « La Linguère » du Théâtre national Daniel Sorano. Selon la directrice du ballet national, Ndèye Bana Mbaye, ils ont jugé nécessaire de faire cette audition pour repeupler et apporter du sang neuf à ce ballet.

Ouverture aux régions
A l’en croire, la dernière édition date de 2013 et n’avait pas connu cette ouverture au niveau des régions. « C’est le nouveau directeur général du Théâtre national Daniel Sorano, Sahite Samb qui nous a instruit à organiser cette audition avec cette particularité de l’ouvrir à tous les artistes danseurs qui évoluent dans les autres régions du Sénégal et ainsi éviter le favoritisme », dit-elle.

D’après la directrice du ballet, une quarantaine de candidats se sont présentés mais 25 ont été retenus en raison de la limite d’âge qui était de 30 ans. « En danse, plus nous avançons en âge, nous accumulons certes de l’expérience, mais moins la force y est », argue-t-elle. Précisant que sur les 25 danseurs qui ont eu à passer l’audition, seuls 4 femmes et 4 hommes seront sélectionnés pour intégrer le ballet. « Comme autres artistes retenus pour cette saison, il y aura aussi un batteur et un choriste. Leur audition est prévue pour le mardi prochain », informe Mme Mbaye. Et d’ajouter : « Lors de cette audition, nous avons testé la capacité et le savoir-faire de la danse des candidats à travers la culture générale, le chant et des pas de danse de différentes ethnies pour ainsi répondre à l’exigence de cette diversité culturelle et ethnique du Sénégal. Certes, ils ont tous rivalisé de talent, mais force reste aux membres du jury qui vont trancher ».

Toutefois, Ndèye Bana Mbaye déplore les lacunes notées chez ces jeunes dans la pratique de leur danse. Pour elle, c’est un problème d’encadrement qui se pose. « J’avoue que les anciennes que nous sommes ont eu plus de chance que les jeunes par rapport aux formateurs que nous avons eus et à l’authenticité incontestée de nos danses. Aujourd’hui, dans la pratique de leur danse traditionnelle, les jeunes ne sont plus authentiques. En réalité, la danse perd de plus en plus de son authenticité pour ne laisser la place qu’à des phases, des clés », déplore-t-elle. Prenant exemple sur « Ya ngab », Mme Mbaye souligne que cette danse, pratiquée à l’époque par les Lougatois et les Saint-Louisiens, est aujourd’hui méconnue de la jeune génération. « La preuve, aucun candidat à l’audition n’a pu esquisser les pas de cette danse », regrette-t-elle.

Par Maguette Guèye DIEDHIOU


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Sunu Natal PhotoOuverte depuis le 7 décembre dernier, la première édition du « Nataal challenge » se plongera jusqu’au 28 février prochain. L’objectif de ce concours est de faire la promotion de la photographie artistique et celle de la destination du Sénégal.

« Taaru Senegal » (Beauté du Sénégal) est le thème de cette première édition du « Nataal challenge ». Ce concours national de photographie, ouvert depuis le 7 décembre et ce jusqu’au 28 février prochain, a pour objectif principal de faire la promotion de la photographie artistique. Mais également la destination de notre pays via la découverte de notre patrimoine culturel par le biais des images. Il est ouvert gratuitement à toute personne de nationalité sénégalaise et ayant résidé dans ce pays au moins un an. Selon un communiqué, les candidats devront faire parvenir une à trois photos maximum, au format numérique sans signature.

Les photos devront comporter un titre, le lieu et la date de prise de vue. Les images envoyées par les participants seront collectées et traitées par un jury de 8 membres composé de photographes expérimentés ainsi que de d’autres personnalités issues du milieu artistique. « La primeur sera attribuée à la photographie la plus originale représentant le mieux la beauté et la culture du Sénégal et les récompenses seront attribuées lors d’une grande cérémonie de remise de lots accompagnée d’une exposition de l’ensemble des œuvres sélectionnées. » Toujours d’après cette même source, à l’issue de la délibération, le jury déterminera les 25 photos nominées qui participeront à l’exposition collective ainsi que les 15 gagnants du concours qui seront récompensés par des lots.

Le concours national sur la photographie est à l’initiative du club de photo « Sunu Nataal ». Il s’agit d’un collectif de photographes créé en 2010 et qui rassemble des professionnels et des amateurs unis par une passion commune : celle des images. Depuis sa mise en place, « Sunu Nataal » a eu à mener beaucoup d’activités. C’est ainsi qu’il a organisé en avril 2015, à la Galerie nationale, une exposition photographique intitulée « Dakar en image ».

L’Association tient également des randonnées photo tous les premiers samedi du mois à la « chasse de l’image ». A cela, s’ajoute des ateliers de partage et d’échanges, des séminaires de formation, des expositions.

Ibrahima BA


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Patrimoine goreeUn centre de documentation sur l'esclavage verra bientôt le jour à Gorée. C'est du moins ce qui ressort de l'audience entre le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, et une délégation de la Coalition internationale des sites de conscience mandatée par la fondation Ford. Laquelle a déjà débloqué 1 million de dollars pour les travaux de réhabilitation. L'Etat du Sénégal paiera la contrepartie estimée à 800.00 dollars.

Le Centre de documentation, informe un communiqué, va abriter des expositions, des conférences et des vidéo conférences. La Fondation Ford a confié le projet à la Coalition internationale des sites de conscience dont est membre la Maison des esclaves de Gorée. Selon toujours cette même source, le ministre de la Culture et de la Communication a exprimé toute la satisfaction du gouvernement et engagé ses services techniques notamment la Direction du patrimoineculturel à veiller à la bonne mise en œuvre de cet important projet qui participe à une meilleure connaissance du public sur la traite transatlantique. «Ce projet bénéficiant du soutien de l’Unesco est d’une importance capitale d’autant que l’île de Gorée est classée Patrimoine mondial de l’humanité». D'après le document, la Fondation Ford a déjà procédé à la réhabilitation et à l’équipement informatique de la Maison des Esclaves en 2010 pour un montant de 60.000 dollars.

L'audience avec Mbagnick Ndiaye a eu lieu mardi dernier, en présence du directeur de cabinet du ministre, du directeur du patrimoine culturel et du Conservateur de la Maison des esclaves. La délégation était composée de Doudou Diène, président du Conseil d’administration, de la directrice et de la responsable des programmes de la Coalition.

Le Centre de documentation sur l'esclavage de Gorée sera installé dans le bâtiment Victoria Albis (Ex-Musée Henriette Bathily).

I. BA


Troupe LiaoningDans le cadre de la célébration de la fête du printemps chinois, l’ambassade de la République populaire de Chine à Dakar a présenté, lundi dernier, au Grand Théâtre national, un spectacle de la troupe artistique de la province de Liaoning. Une prestation riche en couleurs, qui a permis au public de se plonger dans la richesse culturelle chinoise.

C’est un spectacle à couper le souffle qu’a présenté, lundi dernier, la troupe artistique de Liaoning, une province du nord-est de la République populaire de Chine. Dans une ambiance d’effervescence, elle a assuré, durant plus de deux tours d’horloge, une prestation de haute facture. Entre acrobatie, chants, danse et spectacles marionnette, le public hybride du Grand Théâtre national a vécu, le temps d’une soirée, au rythme de la diversité culturelle chinoise.

Les différentes formes de danse présentées ont fait parler le talent de cette troupe créée depuis 1960. Elle a, dans une atmosphère riche en couleurs, revisité beaucoup de chants populaires de l’Empire du Milieu. Par exemple, dans l’interprétation de la danse de la vie, du paysage, la troupe a su, dans ses secrets, plonger le public dans un univers exquis où l’on a l’impression de sentir le parfum des fleurs, les chants et mouvements de la nature. D’ailleurs, ce spectacle imite avec précision les merveilles de la nature, l’éclosion de bourgeons, le mouvement du feuillage, la marche des oiseaux. C’est une sorte dialogue, une communion qui s’installe entre l’homme et la jungle dans une complexité déconcertante.

L’art de dompter le corps
Dans le spectacle, toute les formes de danse présentées, aussi riches et que variées, ont reçu l’enchantement du nombreux public venu répondre présent à l’appel du peuple chinois. Mais le spectacle, ce n’était pas seulement les danses et les chants, l’acrobatie y a aussi occupé une place de choix. Elle a su montré tout l’attachement que les habitants de la Chine accordent à cette discipline alliant dextérité et sagesse dans l’art de dompter le corps.

A l’initiative de l’ambassade de la République populaire de Chine à Dakar, ce spectacle s’inscrit dans le cadre de la célébration de la fête du printemps mais aussi du nouvel An chinois qui démarrera dans deux semaines.  Pour l’ambassadeur, Zhang Xun, l’année 2016 porte, dans le calendrier chinois, le signe du singe qui symbolise la sagesse, la loi et l’innovation.

Il a rappelé la solidité des relations existant entre les deux pays, se développant à la lumière des accords importants paraphés à l’image du Grand Théâtre national, du Musée des civilisations noires, l’Autoroute « Ila Touba »… Se félicitant de la coopération culturelle avec le Sénégal, M. Xun a indiqué que son pays va continuer à renforcer les valeurs amicales et d’intégration. Par ailleurs, il a réaffirmé l’appui de la Chine pour la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) dans l’objectif de réaliser le développement commun.

De son côté, le directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication a indiqué que le spectacle présenté contribue au renforcement de la coopération et l’échange culturels entre les deux peuples. Selon Rémy Sagna, le gouvernement accorde une grande importance aux échanges culturels avec la Chine, et les relations culturelles doivent être hissées à la hauteur des liens de coopération économique entre Dakar et Pékin. Toujours dans cette même dynamique, M. Sagna a souligné que l’ouverture prochaine du Musée des civilisations noires et la création du Centre culturel chinois constituent des éléments qui vont contribuer à l’ancrage des liens de coopération entre les deux pays.

« Les Sénégalais n’ont pas la prétention d’avoir une histoire aussi ancienne que les Chinois, mais ils savent qu’ils partagent avec eux une certaine propension à l’universalité. Nos deux peuples sont pétris de culture et d’histoires », a avancé le directeur de cabinet du ministre de la Culture, invitant à veiller à la pérennité des relations.

Ibrahima BA


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