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Arts et Culture (1434)

L’artiste-percussionniste Maciré Dramé, batteur au Ballet national la Linguère, est décédé, vendredi 19 août, en Gambie à la suite d’une courte maladie.

« Maciré était vraiment un travailleur au sens noble car il était régulier aux répétitions, se donnait sérieusement au cours des prestations de Sorano. Maciré a été un exemple de discipline, généreux aussi car à chaque mois de Ramadan, il donnait des dattes à ses collègues », a témoigné Sahite Sarr Samb, directeur général de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano, dans un communiqué de presse.

Né le 10 octobre 1956 à Gandé (Bakel), Maciré Dramé s’est illustré dans quelques groupes artistiques à Bakel avant d’intégrer, en 1993, le Ballet national la Linguère. Le percussionniste a été inhumé dimanche 21 août dans son village natal.

Montrer des femmes qui se sont battues pour se frayer un chemin dans le monde professionnel est une œuvre contribuant à offrir cette possibilité à d’autres. Les célébrer par la photographie participe également à les rendre immortelles dans les consciences collectives. C’est ce à quoi s’est employé « Modesty group », en collaboration avec le photographe Abdoulaye Ndao dit Layepro, samedi dernier, à la Place du souvenir. Ces femmes leaders dans divers domaines ont narré leurs propres histoires et véhiculé des messages d’humanité pour traduire par le discours ce que le thème de l’exposition laisse entendre : « Entre femmes ».

La dame Bambi Dieng, cultivatrice dans la forêt classée de Mbao, a arrêté ses études très tôt alors qu’elle s’y épanouissait. Elle était plutôt brillante. Hélas, le conformisme social en a fait une adulte précoce. Elle se marie à l’âge de 13 ans et abandonne les bancs de l’école. Mais son mérite a été de ne pas s’attarder sur cette « infortune ». Elle a pris un autre chemin pour se fabriquer un destin malgré les contraintes conjugales. Sa trajectoire est une leçon de vie. C’est là toute la symbolique de cette exposition organisée par « Modesty group » qui a célébré, au-delà des femmes, des valeurs sans lesquelles toute entreprise est vouée à l’échec. Bambi Dieng en représente une page. 

Le ministre Awa Marie Coll Seck, le député Aissata Tall Sall, les chanteuses Maréma et Soda Mama Fall, le Professeur Amsatou Sow Sidibé, la religieuse Madeleine Sène, la pilote de rallye Sandra Bocandé, l’illustre banquière Fatimatou Zahra Diop, la journaliste présentatrice Khady Ndiaye « Bijou », toutes, dans leurs univers de prouesses, portent le flambeau qui éclaire les allées menant au succès de toutes les composantes de la société. Car, il ne s’est pas agi, lors de cette rencontre, de se livrer à une puérile comparaison des sexes. Il n’y est fait référence que pour exalter des parcours, des vies afin que des âmes jeunes s’en inspirent.

Cela revient à se donner des objectifs et de s’employer à les réaliser.
En cela, l’itinéraire du Professeur Amsatou Sow Sidibé est assez stimulant. « J’enseigne depuis 35 ans à l’Université. J’étais sur plusieurs fronts. Il fallait m’occuper de mon mari, des chicaneries de mes enfants et me frayer un chemin dans la vie professionnelle. J’ai galéré pour y arriver », confie-t-elle, non sans se féliciter de l’initiative des organisatrices qui, par l’art et leur génie, promeuvent le leadership féminin et des vertus. La conciliation des interventions dans les sphères privée et publique constitue une chance pour le monde « qu’il convient d’imaginer ensemble. Nous concourons tous, hommes et femmes, à donner un meilleur sort à notre société qui ne saurait être unijambiste », souligne Aïssata Tall Sall.

Alchimie de l’être et du paraître
Ce sentiment trouve écho dans la mission que s’est toujours assignée le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Awa Coll Seck, représentée par la coordonnatrice de la Cellule genre, Ndeye Mingué Ndiaté Ndiaye. Elle s’emploie quotidiennement, selon cette dernière, à être utile à sa Nation comme quand, dans sa jeunesse, elle titillait le ballon orange.

Les portraits réalisés par Layepro et « Modesty group », en plus de traduire en image tous ces discours, dessinent une alchimie de l’être et du paraître voguant dans des profondeurs où la générosité est reine des existences. Les couleurs y définissent les univers d’exploits. Les sourires, loin d’y traduire une exultation précoce et exubérante, donnent à voir des âmes en paix avec elles-mêmes car convaincues d’avoir été utiles à leur pays et refusé le statu quo qui les confinait dans la sphère privée.

Il y a cette image forte qui met en lumière une différence vécue et acceptée avec joie. La sœur Madeleine Sène est entourée de deux femmes dont l’une d’elles est voilée. Le petit foulard crée un contraste vestimentaire qui se noie dans une harmonie collective. « Nous voulions explorer plusieurs univers mettant en exergue des expériences, des couleurs et des différences qui peuvent donner un résultat. Les femmes ont été représentées différemment avec des couleurs et des tissus adaptés », indique Fatymatou Dia de « Modesty group ». Ceci est en parfaite cohérence avec l’esprit de leur entreprise. La projection de l’aguiche a donné une autre lecture aussi prestigieuse qu’éloquente du parcours de ces êtres engagés à rendre l’aventure collective moins périlleuse.

Alassane Aliou MBAYE

« Un lion en cage » est le premier et tout nouveau roman de la jeune écrivaine Ndèye Marie Aïda Ndiéguène. Parue aux Editions l’Harmattan Sénégal, cette œuvre porte un regard critique sur les sociétés humaines faisant rimer le bonheur à un idéal de succès et de fortune.

Sous la plume de Ndèye Marie Aïda Ndiéguène, chaque bout de paragraphe laisse charrier une certaine dose d’émotion. Son premier roman, « Un lion en cage », écrit dans un français fluide et accessible, se lit d’un trait. Dans cette œuvre, qui vient de paraître aux Editions l’Harmattan Sénégal, il s’agit d’une histoire comme il en existe des millions. Adama, le personnage principal du roman, a quitté son village d’origine avec une tête débordante de rêves. Ce fils « de la pauvreté » est venu en ville à la recherche d’un lendemain meilleur fait de succès et de fortune.
Mais à Adhara, sa ville d’accueil, tout ne passe pas comme prévu. Les soucis se succèdent. Le jeune homme est confronté à d’innombrables obstacles dans son existence quotidienne. Travaillant dans un chantier de construction d’immeubles, il est victime d’un accident au même titre que son ami Djibril et est transporté aux services de santé de l’hôpital d’Adhara.

Il s’en sort vivant contrairement à son ami qui est décédé sur le coup. A sa sortie d’hôpital, Adama va poursuivre son parton en justice et sortira vainqueur de ce procès. A l’aide des dommages et intérêts qui lui seront payés, il se rend à l’Eldorado pour tenter de construire une nouvelle vie et d’entamer un nouveau départ. Mais dans cet Eldorado qui n’était que chimère, Adama a amassé beaucoup d’argent. Toutefois, malgré cette fortune, il n’est pas heureux parce qu’ayant perdu âme, foi et humanité. Ainsi, après des années d’absence, il revient au pays natal « malade, affaibli et honteux ». Plongé dans la déchéance et le remords, il va décéder quelque temps après.

Ce florilège de Ndèye Marie Aïda Ndiéguène est accompagné d’un message fort. Il montre comment dans les sociétés humaines, la quête d’un idéal de succès et de fortune peut mener à la déchéance. L’homme est un lion et la cage cette société qui nous impose ses normes et ses conduites qu’on ne peut guère outrepasser.

Et comme veut le montrer la jeune romancière, la vie n’est pas idéale et sa finalité non plus n’est pas forcement belle. Pour Ndèye Marie Aïda Ndiéguène, l’homme est désir, et le désir mène à l’envie et l’envie est le chemin des mirages, l’oubli de la grâce, elle est même orgueil, car c’est l’acte de rendre petit ce que Dieu a décrété grand. « Le salut de l’équilibre, c’est de marcher loin de cette chute où l’ambition et l’échec se perdent dans les flots de la jalousie et de la rancœur », écrit-elle.

Message fort
« Un lion en cage » n’est pas un conte de fées. Le personnage principal du roman, Adama, se bat contre la société mais également son destin. Toutefois, ce combat semble perdu d’avance car Adama va mourir, presque dans l’anonymat, à la fin du roman. Dans cette fable, l’auteur porte un regard critique sur les sociétés humaines.

« Tous les hommes, en dehors de leurs origines et environnement, sont confrontés aux mêmes réalités. On nous fait miroiter le bonheur, le succès. Au fond, on se met en tête qu’on doit forcément arriver à ce but dans la vie. Ce faisant, l’on peut emprunter parfois des chemins qui ne sont pas en adéquation avec la société rien que pour atteindre un but dicté par cette même société », avance Ndèye Marie, pour qui toutes les destinées humaines ne sont pas forcément idylliques.

Quand, dans ce live, cette romancière de 21 ans fait une alternance entre poésie et séquences romanesques, c’est pour elle une manière de traduire un côté double de sa personnalité mêlant à la fois sensibilité et rigueur de la vie. L’auteur veut inviter les lecteurs à s’abreuver à la sensibilité de ces poèmes et en même temps saisir la dureté de la société.

Ndèye Marie Aïda Ndiéguène est née dans un environnement familial favorable à l’éclosion littéraire. D’un père journaliste et d’une mère professeur de français, cette jeune romancière a commencé très tôt à se familiariser avec les livres. Etudiante en Mathématiques, la lauréate 2016 du Prix « La Parole aux étudiants » projette déjà d’écrire un autre roman.

Ibrahima BA

« Une vie et des mots ». C’est l’intitulé du recueil de poèmes publié par Abdoul Aziz Diouf, expert, consultant en Décentralisation et Gouvernance locale. Composé de 36 poèmes, ce recueil rend hommage à Léopold Sédar Senghor et à Abdoul Aziz Dabakh et évoque plusieurs sujets liés à la vie en société.

Léopold Sédar Senghor et Abdoul Aziz Dabakh sont des références. L’expert en Décentralisation, Abdou Aziz Diouf, a puisé dans les belles lettres pour mettre en exergue les dimensions intellectuelle et spirituelle de ces deux figures emblématiques. « Abdou Aziz est le khalife de toutes les religions. Senghor aura écrit pour la postérité. Il fera vibrer les Sénégalais à jamais en termes de lettres », souligne Abdoul Aziz Diouf. L’auteur résume cet hommage en deux titres dans un recueil de textes de 36 poèmes : « Une plume s’est brisée » et « Hommage à Dabakh ». 

Publié aux Editions Diapora Académie, ce recueil de poèmes est défini comme un hymne à la vie par l’auteur. « Il parle du choix du prénom à la naissance. Nous parlons de la mort et de la vie qui sont un monde de sentiments », explique M. Diouf, lors de la cérémonie de dédicace de cette publication qui a eu lieu en présence des acteurs du monde des lettres, des universitaires, mais aussi du ministre de la Gouvernance locale, Abdoulaye Diouf Sarr, collaborateur de l’auteur. 

Hormis l’hommage rendu à « Senghor » et « Mame Dabakh », Abdou Aziz Diouf a abordé plusieurs sujets de la vie en société à travers les titres « Adieu professeur », « Le verbe, gage du khalifat », « L’arme dans l’âme », etc. « Tous les trente-six poèmes qui le composent distillent, tour à tour, en les superposant par endroits, la compassion, l’amour de la vie, l’attachement à la nature, le bonheur sans oublier la métaphysique présente à travers la conscience et la religion », souligne le Pr Mamadou Kandji qui a préfacé le document. 

Abdoulaye Diouf Sarr qui a présidé la cérémonie a loué les compétences et l’engagement patriotique de l’auteur du recueil de poèmes. Il a aussi salué le choix des thèmes abordés par M. Diouf. 

Expert consultant en Décentralisation et Gouvernance locale, Abdou Aziz Diouf est un conseiller technique du ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territoire. Il a été chargé de programme à l’Institut africain pour la démocratie.

Babacar DIONE

Sabaru Jinne est une sorte d’autobiographie d’un journaliste iconoclaste. C’est à la fois une remontée du temps à l’image de « A la recherche du temps perdu » de Marcel Proust que raniment les palimpsestes du royaume d’enfance d’un homme en perpétuelle quête de son identité et de sa vocation.

Cette saga romanesque qui tangue entre fiction et réalité, philosophie et littérature, prose et poésie, narration et lecture, leurres et lueurs, enchantement et déception, danses et musiques, modernité et tradition, mythologie et fantasmagories, est une sorte d’ouverture qui couvre le magma de notre société, siphonne les influences extérieures comme de petits pains, se transmute au gré des circonstances et des crises, mais néanmoins conserve encore des valeurs sûrs de ‘’kersa ‘’, de ‘’sutura’’, de ‘’ngor’’, de ‘’fiit’’ et d’authenticité qui lui garde tout son charme et fonde l’identité de l’homo senegalensis.

Sabaru Jinne, c’est aussi une belle valse dans la littérature classique, la philosophie, le jazz, le reggae, les danses traditionnelles, la musique d’épopée et les lieux symbole. C’est une méditation transcendantale qui interpelle nos consciences sur les travers de notre société tels que le primat du paraître sur l’être, du vice sur la vertu, de l’empressement sur la patience, de la vacuité sur la profondeur, des compromissions sur la vérité.

Sabaru Jinne, c’est enfin un appel à une profonde introspection pour que le pays et ses hommes ne perdent pas leur âme et préservent ce qui fait le substrat de notre être et de notre civilisation.
J’ai l’intime conviction que de manière subreptice, PSK a produit une œuvre majeure qui rejoindra bientôt le rayon des grands classiques de la littérature africaine voire mondiale.
Puisque l’Afrique est l’avenir du monde après avoir été le berceau de l’humanité et l’incubateur de civilisations majeures.

Sabaru Jinne est une sorte d’autobiographie romancée d’un homme tombé dans le journalisme par accident alors qu’il se rêvait romancier, écrivain et poète. Ce rêve primordial n’a cessé cependant de le hanter au point de le rattraper, des années après, par le prisme de la réhabilitation de ses élucubrations juvéniles.

Couchées dans des cahiers d’écolier et arrachées à l’autodafé par un singulier hasard qu’explosera à la face du monde un délire puissant sorti des tripes de l’auteur, pour ausculter rageusement les méandres du subconscient d’un enfant adulé par ses proches, devenu adolescent turbulent, curieux de tout et buvant grandement la vie avant d’être rattrapé par les dures réalités d’une cité en pleine transmutation.

Malgré ses vicissitudes et ses doutes, il a su scruter avec un œil de sphinx les réalités sociales d’un pays en perpétuelle mutation où la transcendance cède le pas à la pierre brute.

Cheikh Tidiane LAM
Magistrat

L’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) est sur le point de boucler la construction de près de 200 kilomètres de fibre optique dans la zone sud du pays en vue de contribuer au « désenclavement numérique » de la Casamance, a révélé samedi son directeur général, Cheikh Bakhoum.

« C’est dans le cadre du projet Large Bande lancé par chef de l’Etat et dont l’objectif est de parvenir à un désenclavement numérique du Sénégal. Dans la zone sud, plusieurs axes, dont Ziguinchor-Oussouye, Oussouye-Cabrousse, Ziguinchor-Goudomp et Goudomp-Tanaf, sont en cours de réalisation », a expliqué Cheikh Bakhoum en visite à Ziguinchor.
 Cette visite entre dans la cadre d’une tournée nationale qui a conduit sa délégation dans les régions de Thiès, Diourbel, Kaolack et Ziguinchor, en compagnie de techniciens, d’ingénieurs, des partenaires techniques de Huawei et des représentants de Protec, l’entreprise chargée de réaliser les chantiers numériques. 

Pour le Dg de l’Aide, l’étape de Ziguinchor est une phase importante de cette tournée pour constater de visu l’état d’avancement des travaux du projet de « Large bande ». 
 « Nous avons entamé, entre Ziguinchor et Oussouye, 45 kilomètres de fibre optique. Entre Oussouye et Cabrousse, nous avons entamé la construction d’une ligne de 29 Kilomètres qui est presque à l’étape de finalisation. Ziguinchor-Tanaf en passant par Goudomp (117 km) est en cours de réalisation », a détaillé M. Bakhoum devant des journalistes. 

Pour l’ensemble des axes précités, la longueur totale est de 191 kilomètres de fibre optique. Les chantiers, qui ont débuté en janvier dernier, « seront livrés au plus tard dans trois mois », a assuré le directeur général de l’Adie.

 « Tous les services de l’administration qui sont autour de ce parcours vont être connectés à l’Intranet administratif. Ensuite, nous allons mettre cette infrastructure numérique à la disposition de tous les opérateurs qui en auraient besoin pour un meilleur service au bénéfice des populations », a-t-il poursuivi.

(APS)

Ziguinchor déjà connectée à Dakar par vidéoconférence
L’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) a déjà mis en place un système de vidéoconférence pour connecter les services administratifs et des structures sanitaires et universitaires de Ziguinchor à Dakar pour éviter les déplacements systématiques sur la capitale, a déclaré samedi son directeur général, Cheikh Bakhoum.

 « Nous avons déjà installé une vidéoconférence au niveau de la gouvernance. Non seulement le gouverneur peut l’utiliser à tout moment, mais aussi elle est mise à la disposition de tous les services administratifs. Ziguinchor est bien connectée à Dakar par ce système », a notamment dit M. Bakhoum.

 « Ce système de vidéoconférence va permettre d’éviter de faire les déplacements systématiques sur Dakar et de faire une réduction de dépenses au niveau du fonctionnement de l’administration », a ajouté Cheikh Bakhoum, annonçant de gros investissements pour « désenclaver la Casamance » sur le plan numérique.

 « Nous avons beaucoup d’investissements dans ce sens. Et la région de Ziguinchor va en bénéficier au maximum, parce que nous avons reçu des instructions fermes dans ce sens. Nous sommes à pied d’œuvre pour réaliser cet ambitieux projet dans des délais très courts », a-t-il poursuivi.

 Il a assuré que sur le plan sanitaire et universitaire, l’hôpital de la Paix et l’université Assane Seck de Ziguinchor « sont déjà incorporés dans l’Intranet gouvernemental », pour permettre aux acteurs concernés de bénéficier de toutes les ressources technologiques mises à leurs dispositions. 

(APS)

Le Centre de recherche ouest africain (Warc) a abrité, hier, la projection du documentaire « Un talibé, un métier ».  Réalisé par le journaliste  Cheikh Adramé Diop, ce film de 35 minutes revient sur la généreuse et originale idée  du peintre Kalidou Kassé d’intégrer plus d’une centaine de talibés errant dans les rues dans les métiers de l’art.

L’engagement du peintre Kalidou Kassé ne se limite pas seulement à rehausser l’esthétique sénégalaise, voire africaine. Le «Pinceau du Sahel» ne fait pas l’art pour l’art, mais il a opté pour l’art au service du progrès. Le documentaire « Un talibé, un métier » du réalisateur Cheikh Adramé Diop plonge  l’engagement social de cet artiste, qui a choisi de mettre son art au service du peuple. Irrité par la situation alarmante des enfants talibés, Kalidou a nourri, en 2012, dans le cadre du projet « Thiès en couleurs », l’ingénieuse idée d’apporter une solution aux enfants mendiants empruntant chaque jour les rues en quête pitance. C’est ainsi qu’il a choisi de travailler pour l’insertion et la formation professionnelle de ces enfants déboussolés dont l’avenir reste incertain.  Après avoir fait le tour des « daaras » pour convaincre les maîtres coraniques, le peintre va réussir à faire bénéficier à 150  enfants d’une formation de trois mois dans les métiers du design, de la calligraphie islamique, de la teinture, de la cordonnerie, de la peinture, du batik…

Ce documentaire de 35 minutes retrace les différentes étapes de cette formation en donnant la parole à l’initiateur, aux talibés et aux acteurs. L’objectif, a expliqué le Cheikh Adramé Diop, le réalisateur, est de vulgariser les différentes initiatives et actions visant à lutter contre la mendicité, « la circulation » des enfants de la rue. Cela, pour leur offrir un métier décent afin qu’ils puissent satisfaire leurs besoins et aider leurs parents sans que cela n’ait un impact négatif sur leur apprentissage du Coran.

Un centre d’art à Thiès
Entre les scènes quotidiennes des enfants errant dans les rues, l’immersion dans l’école de formation initiée par Kalidou Kassé, l’intervention des moniteurs…, le documentaire donne les débuts de solution d’un fléau qui gangrène la société sénégalaise.  Il ouvre la voie pour montrer une manière de faire recouvrer la dignité à cette couche sociale exploitée au nom d’une idéologie archaïque et dépassée. Réalisé en 2014, « Un talibé, un métier » est modèle à reproduire sur l’étendue du territoire national. Ce documentaire est aussi une sorte de plaidoyer pour la prise en charge du problème des « daaras ».

Lors de la projection de ce film, Kalidou Kassé a annoncé son intention de créer un centre d’art international à Thiès, non seulement pour prendre en compte la problématique artistique, mais également voir comment insérer le volet formation pour les enfants talibés. Ce centre, dont le financement sera prélevé à partir de la vente d’une partie de son exposition prévue dans les prochains jours à Genève, sera baptisé « Centre international d’art Baaba Maal ».

Ibrahima BA

L’artiste musicienne et danseuse Diama Ndiaye a présenté, jeudi, son premier album titré « Dafareer » (il s’est perdu, en wolof). Cet opus de 10 titres est dédié aux enfants de la rue.

L’artiste chanteuse Diama Ndiaye a  présenté, jeudi dernier, son album solo « Dafareer » où  parmi d’autres influences, le Mbalax sénégalais engage un flirt avec la rumba congolaise. D’après l’artiste, cet opus de 10 titres relate, dans la majeure partie, son vécu. L’intitulé de l’album, « Dafareer », dédié aux enfants de la rue, a été composé parce que Diama a eu à côtoyer ces enfants laissés pour compte aussi bien au Sénégal qu’en République démocratique du Congo.

Dans ce morceau riche en sonorités, Diama Ndiaye interpelle les parents pour qu’ils prennent en charge leurs enfants. Elle les invite à prendre leurs responsabilités et à ne pas les jeter dans la rue. Un plaidoyer a aussi été fait à l’endroit des autorités sénégalaises pour qu’elles mettent en exécution des mesures idoines pour résoudre cette situation des enfants talibés. Tout comme « Dafareer », certains morceaux tels que  « Touki », « Hommage à Bira », « Rdc-Sénégal », « Chérie na ngai », relatent le vécu de l’artiste. Diama Ndiaye  s’est produite à maintes reprises au Théâtre national Daniel Sorano à travers la troupe « Ballets Rythmes du Sénégal ». Avant de rejoindre en tant que chanteuse et choriste les Orchestres de Bira Guèye et d’Ouza Diallo. Tentée par l’aventure, elle quitta en 1994 le Sénégal. Et depuis lors, Diama Ndiaye mène une carrière  internationale de chanteuse et danseuse dans plusieurs pays, notamment au Portugal où elle s’est établie pendant huit ans, dans la célèbre troupe du Casino d’Estoril. Ses pas la mèneront également en France, où elle collaborera notamment avec le musicien Jean-Pierre Limborg pour l’album collectif « African Perfumes ».

Poursuivant son périple, la chanteuse s’établira ensuite en République démocratique du Congo, puis à Djibouti. Devenue auteur-compositeur-interprète, elle y donne de nombreux concerts, notamment dans les Instituts français de ces deux pays.

Maguette Guèye DIEDHIOU

19 août 2015. Il y a un an, disparaissait le célèbre percussionniste sénégalais Doudou Ndiaye Rose, à l’âge de 85 ans. Hier, ses fils, petits-fils, filles et petites-filles lui ont rendu un hommage digne de l’envergure du tambour-major.


Hier, dès le matin, la journée d’hommage à Doudou Ndiaye a démarré dans une ferveur, par la lecture du Saint Coran, clôturée par une séance de « wazifa ». Selon un de ses fils, Tapha Ndiaye Coumba Rose, c’est de droit qu’ils organisent cet événement. « Je me battrais pour que cette journée soit inscrite dans l’agenda culturel du pays », promet Tapha Ndiaye qui a pu mobiliser 100 batteurs, composés de « Roses » et de « Rosettes », tous pour se rappeler du bon souvenir du grand tambour-major qu’était leur mentor. 

Pour ce premier anniversaire, la famille du tambour-major, ses proches et ses disciples ont revisité son œuvre, afin de la perpétuer et maintenir haut le flambeau qu’il leur a transmis. Sous la houlette de Tapha Ndiaye Rose, une grande procession de 100 percussionnistes, tous formés par le défunt, a été organisée partant des rues de la Médina de Dakar, devant la mairie de la localité, en passant par la Place Vieux Sing Faye (son ami de toujours décédé un jour avant, Ndlr) pour se terminer à la place baptisée Doudou Ndiaye Coumba Rose, devant le siège de la Télévision nationale Rts.

Plusieurs formations artistiques qu’il a créées ou avec lesquelles le grand tambour-major a collaboré, durant de longues années, ont pris part à cet événement. Et comme invités, il y avait les majorettes du lycée John Fitzgerald Kennedy de Dakar, la chorale Julien Jouga, la troupe lébou de danse Mame Ndiaré de Yoff et la troupe Keur Gui Simb avec des danseurs faux-lions.

Serigne Mansour Sy CISSE

Au cours d’une audience accordée hier, aux membres du nouveau bureau de l’Association des écrivains du Sénégal (Aes), le ministre de la Culture et de la Communication s’est fortement réjoui « du dynamisme noté dans la production d’œuvres littéraires dans le pays ».

Mbagnick Ndiaye a réitéré l’engagement du département de la Culture, à « accompagner et à soutenir les écrivains pour le rayonnement du livre et de l’édition au Sénégal ». L’audience accordée à l’Aes conduite par son président, le dramaturge Alioune Badara Bèye, s’est déroulée en présence du directeur du Livre et de la Lecture, Ibrahima Lô. Selon un communiqué de presse, plus d’une vingtaine d’écrivains ont pris la parole pour faire le tour d’horizon du secteur de l’édition et du livre au Sénégal.

Se réjouissant d’emblée de la « disponibilité et du soutien constant » du ministre, le président des écrivains du Sénégal a plaidé pour l’augmentation du budget du ministère en charge de la Culture pour « mieux accompagner les dynamiques culturelles ». Selon le communiqué de presse, le nouveau bureau de l’Aes a fait part à la tutelle d’un certain nombre d’initiatives et de préoccupations dont la mise en place d’une coopérative d’habitat : la cité des écrivains « Kër Xalima », la prise en compte du volet création littéraire dans le Fonds d’aide à l’édition, le lancement du prix Omar Sankaré, entre autres.

S. M. S. CISSE

Mbagnick Ndiaye rend visite au comédien Baye Peulh
Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a rendu visite, samedi 13 août dernier, à El Hadj Omar Bâ, plus connu sous le nom d'artiste de Baye Peulh. Selon un communiqué de presse, le ministre, accompagné d’une délégation dont le directeur des Arts, Abdoulaye Koundoul, était venu effectué une visite de courtoisie à l’artiste et s'enquérir, par la même occasion, de son état de santé.

Mbagnick Ndiaye a félicité le comédien Baye Peulh pour son talent et ses créations de qualité avec le regretté Makhouradia Guèye, son complice de scène. « L'artiste, ému par cette visite, a remercié l’Etat du Sénégal pour son soutien. Il a, en outre, formulé des prières à l’endroit de son Excellence Monsieur le président de la République », souligne le texte parvenu à notre rédaction."

S. M. S. CISSE

Le directeur général de l’Agence de l’informatique de l’Etat a poursuivi, hier, à Kaolack, une tournée nationale de visite des chantiers du projet national Large bande Sénégal, entamée par le sud du pays. Cheikh Bakhoum, accompagné par les partenaires chinois de Huawei, a indiqué que la région de Kaolack était largement concernée avec l’installation de la fibre optique sur les axes Kaolack-Keur Ayib et Kaolack-Foundiougne.

Le projet national Large bande Sénégal qui vise un déploiement de 2.500 km de fibre optique pour mailler tout le territoire national en vue d’une couverture en très haut débit se poursuit dans la région de Kaolack. Le directeur général de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie), maître d’œuvre du projet, est venu superviser les chantiers, hier. Cheikh Bakhoum qui avait à ses côtés son partenaire stratégique chinois Huawei, s’est dit rassuré par le niveau d’exécution des travaux dans la région de Kaolack. Deuxième étape de la tournée démarrée par Thiès.

Dans le secteur de la région de Kaolack, il existe deux axes, à savoir Kaolack-Keur Ayib et Kaolack-Foundiougne avec le déploiement de la fibre optique pour le très haut-débit et la couverture de la télévision numérique terrestre. Au total, le projet Large bande va dérouler au total 3.000 km de fibre optique, assurer la connectivité de 300 bâtiments administratifs pour l’intranet gouvernemental ainsi que la construction d’un Datacenter sur le site de Diamniadio.

D’un coût global de 85 millions de dollars Us, cet important programme va assurer, selon M. Bakhoum, le désenclavement numérique du Sénégal. Interpellé sur l’appel de l’Association des maires du pôle Sine-Saloum sur la mise en place d’un Pudc numérique, le directeur général de l’Adie a souligné que ce chantier anticipait largement sur cette demande.

« Aujourd’hui, la volonté du chef de l’Etat est une couverture numérique totale de tout le territoire national. D’immenses efforts ont été faits dans ce sens avec l’Intranet gouvernemental qui permet aujourd’hui une communication par vidéo conférence entre les gouverneurs et les ministres. Avec le projet Large bande, il y aura un large maillage du territoire en termes de connectivité, notamment des zones rurales qui étaient en retrait dans le domaine de la connectivité… », a indiqué le directeur général de l’Adie.

Elimane FALL

Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a rendu visite, samedi 13 août dernier, à El Hadj Omar Bâ, plus connu sous le nom d'artiste de Baye Peulh. Selon un communiqué de presse, le ministre, accompagné d’une délégation dont le directeur des Arts, Abdoulaye Koundoul, était venu effectué une visite de courtoisie à l’artiste et s'enquérir, par la même occasion, de son état de santé.

Mbagnick Ndiaye a félicité le comédien Baye Peulh pour son talent et ses créations de qualité avec le regretté Makhouradia Guèye, son complice de scène. « L'artiste, ému par cette visite, a remercié l’Etat du Sénégal pour son soutien. Il a, en outre, formulé des prières à l’endroit de son Excellence Monsieur le président de la République », souligne le texte parvenu à notre rédaction.

S. M. S. CISSE

La Maison de la culture Douta Seck a abrité, hier, une audition de jeunes artistes organisée par le label « Lions of Africa » d’Abdoulaye Dieng dit Laye Ananas. M. Dieng a annoncé la création d’une école pour permettre à la jeunesse d’avoir un cadre culturel d’expression à même de faire éclore leur talent et de pouvoir en vivre.

Une dame de la vieille garde, dans un état de surexcitation, n’a pas pu résister à la frénésie du tam-tam et la kyrielle de corps ruisselant de sueur qui lui rappelait certainement les années où le sien enchantait les publics. Elle s’en alla, comme une bête blessée en furie, sur le podium pour déverser son trop plein de nostalgie. Les jeunes gens émus exultent. Cela a eu le mérite de la faire revenir à elle. Sous le diktat du tam-tam, les plastiques reprennent leur modelage, les sauterelles sautent, les « acrobates » rivalisent d’agilité, le vieux maître, Abdoulaye Dieng dit Laye Ananas, dans son costume d’apparat, garde sa sérénité. Il en a certainement vu qui atteignent les cieux.

Coumba Ndiaye, jeune fille aux mouvements giratoires délicieux, montre toute la docilité de sa petite carcasse en mêlant danses d’ici et d’ailleurs. Elle est d’une souplesse que seuls son mouchoir de tête et ses mèches aux couleurs du Sénégal sont en mesure de concurrencer. Elle ravit les cœurs. Les passages successifs des corps filiformes sont à la fois amusants et admirables. Donnant l’impression d’être plus à l’aise sur un parquet de basket que sur une piste de danse, ils ont donné une leçon d’habileté aux yeux qui les dévoraient de curiosité. Il en a été ainsi avec le solo électrisé d’un svelte bonhomme aux longs dreadlocks toisant le ciel et levant les mains en signe de triomphe avant l’heure devant un public qui ne s’est point lassé du « Bara Mbaye » et du « musical », danses bien enflammées. Celles-ci demandent davantage d’agilité que des muscles saillants comme ceux de « Socé danseur ».

L’adhésion du public à sa cadence de maître en devenir résulte moins de son corps d’athlète que de sa capacité à en jouir à sa guise comme ce « faux lion » aux allures d’éléphant et à la vivacité d’un lièvre. Il a fallu parfois le tempérer avec son accoutrement coloré qui lui confère la majesté des fauves. Il n’y a que les voix et les splendides mouvements féminins pour le faire fléchir de ravissement.

Les percussionnistes ont également été à la fête. Issa Ndour, plus connu sous le nom de « Issa flûte », un pensionnaire du Théâtre national Sorano, n’a pas fait que montrer ses talents de percussionniste. Il a enchanté le public par ce petit instrument à vent au son harmonieux, la flute. Malgré son apparente désinvolture, il distille des sonorités qui offrent à voir sa large palette. D’autres génies du rythme ont prouvé à Laye Ananas la pertinence de cette initiative de cœur destinée à accompagner des jeunes qui n’ont que leurs passions et leurs talents pour aiguiller et aiguillonner leurs existences.

« Je veux susciter l’espoir de la jeunesse de mon pays et m’ériger en bouclier contre les fléaux de notre temps. Il ne faut pas que le terrorisme atteigne nos petits frères parce que vivant dans le désœuvrement et le renoncement ». C’est pourquoi, après dix ans à l’extérieur à aider des troupes à conquérir d’autres cieux, il a décidé de créer une école de danse et de percussion au Sénégal et de revitaliser son groupe, « Les lions du Sénégal ». Une partie, selon lui, sera embauchée pour permettre aux touristes de découvrir, en venant au Sénégal, plusieurs facettes de la culture sénégalaise. L’autre entité se chargera de la vendre au-delà de nos cieux.

Le comédien Assane Fall, plus connu sous le nom de « Azou le beau », en partenariat avec le label « Lions of Africa » comme d’autres artistes du théâtre, s’est dit heureux de cette initiative d’autant que le rôle de travesti qui a fait son succès lui bouchait l’horizon à cause des pesanteurs sociales. Des troupes casamançaises et gambiennes, des instrumentistes et bien d’autres créateurs figurent également dans le programme de cette audition étalée sur deux jours et qui entretient bien des espoirs.

Alassane Aliou MBAYE

En prélude au Festival international du film documentaire de l’Arbre d’Or doté de cinq prix et devant se tenir à Francfort, en Allemagne, du 16 au 18 octobre 2016, Gorée cinéma accueille un comité panafricain pour la présélection des films documentaires qui seront proposés à la compétition officielle. Ce comité se réunira du 19 au 21 août prochain à Gorée.

Le Festival international du film documentaire de l’Arbre d’Or a décidé de faire de l’Afrique un élément essentiel de son dispositif et d'assurer essor et visibilité au cinéma de ce continent. C'est dans ce cadre que Gorée Cinéma accueille, pour les besoins de la présélection des œuvres cinématographiques en compétition, un Comité panafricain composé d’experts sénégalais, maliens, rwandais, tunisiens, sud-africains, angolais et nigérians. Ils passeront en revue, dans les locaux de Gorée cinéma, une cinquantaine de films afin de dessiner les contours d’une sélection de qualité qui saura porter haut l’étendard de la production cinématographique panafricaine. Le festival est doté de cinq prix : les meilleurs long métrage, moyen métrage, court métrage, mini métrage, nouveau média. Une partie des œuvres soumises à la présélection sera projetée en plein air les soirs du 19 et 20 août. Pour être fidèle à l’esprit du festival Gorée cinéma, ces projections seront ouvertes au public.

Le Festival international de l’Arbre d’Or souhaite attirer l'attention du monde sur la question et l’origine de « la culture ». Il comprendra une compétition, une exposition, des achats et ventes de droits d'auteurs, des fora de discussions et des opportunités d'investissement pour les documentaires. Cela est en parfaite cohérence avec les actions entreprises par les promoteurs du Festival Gorée cinéma qui œuvrent pour améliorer notre présence structurelle et enrichir cette île-symbole d’un dispositif alliant production artistique et entreprenariat social.

Alassane Aliou MBAYE

Un minaret en céramique qui ressemble à un clocher d'église, des murs multicolores, une immense porte en bois sculptée : la Grande Mosquée de Porto-Novo est un des joyaux de l'architecture afro-brésilienne, mais comme le reste de la capitale du Bénin, elle menace de s'effondrer.  

« Elle ressemble trait pour trait à une église, parce que les anciens esclaves avaient l’habitude de construire des églises au Brésil », explique Moubarak Mourchid, chef du service patrimoine de la municipalité de Porto-Novo, la capitale administrative du Bénin. « Ils s'étaient convertis à l'islam en signe de rébellion contre les maîtres et, en revenant en Afrique de l'Ouest, ils sont devenus artisans en appliquant les techniques de construction apprises là-bas. Ça s'est ensuite transmis de génération en génération », raconte l'historien à l'Afp. 

 Dès la fin du XVIIIe siècle, Porto-Novo fut l'un des points d’arrivée des anciens esclaves affranchis qui désiraient retourner sur le continent de leurs ancêtres. Ses rues rappellent celles de Salvador de Bahia au Brésil et racontent cette période « afro-brésilienne »cruciale pour l'histoire du continent africain. 

 Et pourtant, pas un seul édifice n'a été classé par l'Unesco au Patrimoine mondial, pas même la Grande Mosquée, se désole M. Mourchid. "Elle doit d'abord être reconnue patrimoine national par l'Etat. Mais il n'y a pas de volonté politique (au niveau national) concernant les éléments patrimoniaux", dit-il. Sans soutien politique au sommet, ils se meurent. 

 A la maison du Patrimoine et du Tourisme de Porto-Novo, inaugurée en 2009 et considérée comme une immense avancée dans le domaine patrimonial en Afrique, une poignée de passionnés tentent de se battre contre le temps qui érode, les saisons des pluies qui ravagent les maisons et contre des propriétaires peu scrupuleux qui les laissent s'effondrer. 

 En 2009, Richard Hounsou, directeur de la culture et du patrimoine de la ville de Porto-Novo, recensait encore 450 bâtiments de type afro-brésilien, mais aujourd’hui, "il en reste moins de 400, c'est évident".  Ali Moubarak vit dans l'une de ces imposantes demeures de trois étages. Il reçoit en longue tunique blanche les visiteurs et montre du doigt l'étendue des dégâts. 
 La maison est coupée en deux. De la cour, on voit l'intérieur des pièces, comme dans une maison de poupées. "Elle a été construite par mon grand-père, vers 1910.

Il était infirmier, c'était un homme important", raconte Moubarak Mourchid. Comme tous les hommes jouissant d'un certain statut à cette époque, le grand-père a bâti cette magnifique demeure dans le style afro-brésilien, preuve de richesse, et il "avait quatre ou cinq femmes, et je ne sais pas combien de petits-enfants", poursuit son petit-fils, en souriant. "Selon la loi béninoise, on est tous héritiers et c'est le plus vieux qui décide".

«Tous héritiers» mais peu concernés
La famille s'est appauvrie en même temps que les murs ont commencé à s'émietter. Moubarak Mourchid ne saurait dire combien de personnes vivent sous son toit : des cousins, des enfants de la famille ou des adolescents qui travaillent dans une chambre transformée en blanchisserie ou dans celle reconvertie en atelier de couture. Ça vient, ça va. 
 - Sable et poussière -Au troisième étage, dans une chambre magnifique, un plafond en poutres et bambous apparents, des murs peints avec des motifs floraux, un coffre sculpté et un miroir d'époque qui serviront bientôt de bois de chauffe. 

 La ville de Porto-Novo a proposé de réhabiliter les lieux et M. Mourchid a accepté mais il lui faut l'accord des héritiers, dispersés entre Cotonou et la France, et peu concernés par l'histoire patrimoniale de leurs aînés. Mieux vaut attendre que la maison s'effondre pour de bon et vendre l'immense terrain où reconstruire des logements neufs et plus lucratifs...
 L'une des maisons à l'horizon est en train, elle, d'être rénovée. Tous les murs, autrefois érigés avec un mélange de sable et de terre peints à la chaux, sont désormais recouverts de béton.

 Au total, 41 maisons classées par la municipalité peuvent bénéficier d'un programme de rénovation, si les propriétaires acceptent.
 Joséphine Rey, veille dame qui vend du charbon de bois et veille sur les ruines que lui a léguées son père comme à la prunelle de ses yeux, affirme qu'elle attend depuis deux ans qu'on l'aide à réparer son toit.  "Je passe mes nuits à prier qu'il ne tombe pas sur ma tête", promet-elle en chassant les visiteurs qui viennent lui "donner de faux espoirs".

  "Le budget pour le patrimoine est le plus petit de tout le ministère de la Culture", assure Georges Bankole, chef de la division Patrimoine pour le matériel, qui participe à un projet d'école d'artisanat au Bénin en partenariat avec le Brésil. Mais "même quand tu as l'argent, il n'y a plus le savoir-faire des briquettes en terre cuite...", déplore-t-il.
Les maisons redeviennent poussière et avec elles, les souvenirs des esclaves affranchis. 

(AFP)

La société Cinebox a inauguré, à Brazzaville, le premier cinéma depuis 25 ans en République du Congo, en présence de membres du gouvernement. Avec une salle de 200 places, Mtn Movies House, situé au cœur du Plateau des 15 ans, est ouvert sept jours sur sept et propose une programmation diversifiée et accessible. 

Conçu selon les meilleurs standards internationaux (diffusion en 4K, écran géant de 7m/4, son Dolby Digital), le cinéma est opéré par la société congolaise Cinebox. Son fondateur, Romaric Oniangue, co-promoteur du projet et administrateur, explique : « Pour beaucoup de Congolais, Mtn Movies House va proposer le premier contact avec le cinéma « grand écran ». En soi, c'est déjà un symbole. Mais nous voyons plus loin et souhaitons développer une offre cinématographique avec une vision à long terme.

Notre objectif est de rayonner dans la région. » 
Avec Mtn Movies House, CInebox contribue à la relance de la culture du cinéma au Congo et confirme l'essor de l'industrie culturelle en Afrique. L'entreprise souhaite notamment promouvoir la création cinématographique et audiovisuelle au Congo en regroupant, sur le même lieu, les différents acteurs de la filière (réalisateurs, producteurs, cadreurs, ingénieurs, projectionnistes...) pour proposer notamment des formations et des projections. Mtn Movies House complétera son offre avec la mise en place d'actions d'éducation à l'image en direction des enfants et l'organisation, à terme, d'un festival de cinéma.

(AMA)  



Que faut-il faire quand le désir d’accomplir son destin soi-même achoppe sur les réalités sociales ? C’est dans ce dilemme qu’a été enfermée l’héroïne du roman, « L’institutrice désavouée », présenté vendredi dernier à la librairie l’Harmattan Sénégal. A travers ce personnage, l’auteur, Jacques Marie François Niang, peint une société marquée par la confluence de courants de pensée comprise comme une banale opposition entre la modernité et la tradition. L’histoire de cette enseignante, également « désabusée » par le lien conjugal et son entière abnégation à l’endroit de son métier, témoigne d’une complexité plus accrue.

« L’homme de la maison », bercé par un univers sonore harmonieux, s’imprègne du contenu d’un journal. L’ambiance est très vite polluée par l’irruption d’une femme à l’humeur plutôt chagrine. Elle annonce une très « mauvaise nouvelle » à l’autoritaire « mâle ». Son épouse enseignante est mutée loin de lui. Sous certains cieux, c’est encore un crime ! Le mari s’en offusque. Sa belle-mère n’y adhère pas non plus. La bonne dame est tiraillée entre les pesanteurs sociales et son emploi qui la préserve du triste sort de sa défunte mère, très tôt veuve et obligée d’entrtenir sa progéniture. Ceci est une adaptation théâtrale du roman « L’institutrice désavouée » représentée par de jeunes comédiens lors de la cérémonie de présentation. C’est la quintessence de cette œuvre littéraire.

L’enseignement étant un sacerdoce pour Maodo, homonyme de son défunt père, elle se résout à exercer le devoir professionnel au détriment de celui-là qui la confine dans le conformisme social. Ce qui fait dire à Mame Marie Ndiaye, professeur de Lettres au lycée Lamine Guye, que ce roman est « un hymne à l’enseignement ». Dans la zone rurale où elle est affectée, les mentalités ne sont guère moins « rétrogrades ». Elle est rapidement confrontée à l’absentéisme des élèves, fils de paysans et d’éleveurs, attirés davantage par les sirènes des champs que celles des cours d’écoles. Jacques Marie François Niang prend prétexte de cet imbroglio pour évoquer la vieille rengaine de la cohabitation ou de l’opposition entre la tradition comme réalité figée et ce qui est considéré comme des évolutions modernes de la société. Ainsi, le dispensaire fait face à la réticence des esprits attachés à leur guérisseur.

« Un roman social »
Cet entremêlement met en scène une héroïne qui donne l’impression de défier la société traditionnelle à la fois fascinante et inconséquente dans ses rapports avec le passé et les réalités de son temps. Ce qui fait de cette œuvre, pour ainsi reprendre le Professeur Madior Diouf, « un roman social ». Il montre, selon lui, le conflit entre l’école et la production. La prouesse de l’auteur, c’est justement d’avoir, dans une œuvre de fiction, « montré ».

Cela résulte de la trajectoire de Jacques Marie François Niang qui est scénariste et réalisateur de films. Il mêle l’extraordinaire dans sa narration comme dans son univers de prédilection qui est celui des rêves. C’est d’ailleurs assez symptomatique que ce roman ait comme origine inspiratrice le rêve nourri par une infortune vécue à cause de la cupidité de deux hommes de cinéma. Ce livre sert en définitive de palliatif. Face à l’absence de ressources financières pour faire un long métrage sur « une enseignante dévouée », comme dans le songe, il se résout à narrer une « institutrice désavouée », héroïne de son roman.

La trame de l’histoire est aussi fascinante quele parcours de l’auteur.
Autodidacte, Jacques Marie François Niang s’est frayé un chemin dans le monde du cinéma. Après son certificat d’études primaires, il quitte l’école. Sa passion de la lecture en fait ensuite une personne assidue au Centre culturel français de Dakar et au Centre culturel soviétique d’alors. Il suit ensuite les cours à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar comme auditeur libre. Il a, tour à tour, été ouvrier dans les usines de l’Icotaf où son père fut contremaître, puis agent temporaire à l’Office national de coopération et d’assistance au développement rural. Il a également été journalier à la caisse de péréquation et de stabilisation des prix.

Ne rappelle-t-il pas Sembène Ousmane sous plusieurs traits, sans vouloir faire offense au père du cinéma sénégalais ?

Alassane Aliou MBAYE

Artiste canadienne d’origine haïtienne, Rhodnie Désir, choisie par le Grand Témoin de la Francophonie pour les Jeux de Rio, va présenter son spectacle « Bow’t Trail », au Brésil, ce 18 août au Cais Do Valongo, plus grand port d’entrée des esclaves du Brésil et des Amériques.

Le projet « Bow’t Trail » (« Bow’t » l’œuvre, « Trail » le chemin) vise à retracer, à réveiller, à reconnaître et à valoriser la richesse de l’apport déterminant des peuples africains et afro-descendants à la diversité culturelle du monde. L’artiste Rhodnie Désir a pour mission de tracer le pont entre le passé et l’actualité en usant de ses deux alliés, la re-création polyrythmique chorégraphique et la production d’un webdocumentaire. Selon un communiqué de l’Oif, Mlle Désir s’inspire du génie créatif des peuples africains et afro-descendants pour re-créer en entier son œuvre originale, « Bow’t » créée en 2013.

« Cette dernière, présentée plus de 25 fois en Afrique, en Amérique du Nord et dans les Caraïbes, abordait le vif propos psychique vécu par l’humain migrant ou déporté. S’en suivit en 2016, le début du "Bow’t Trail" », souligne le communiqué de l’Oif. Dans chacun des 40 pays où elle souhaite faire escale jusqu’au 26 août prochain, la chorégraphe s’attarde principalement au propos de la résistance qui a donné lieu à un riche héritage polyrythmique (Blues, Jazz, Samba, Reggae...). Tout au long de son séjour, elle s’entourera de deux musiciens de renom, Carlos Negreiros et Jovi Joviniano. « Durant 40 heures, en studio, elle fera découvrir les rythmiques ancestrales du pays et s’apparentant au répertoire de la Samba, de la Capoeira, du Jongo, du Candomblé, etc., desquelles elle s'imprègne pour créer », informe le document écrit.

Après le spectacle de Cais do Valongo, s’en suivra la présentation, le 26 août, du Festival international Dança em Trânsito 2016 au Terra Lona de Guadalupe. Ce dernier spectacle est ouvert à tous et notamment aux jeunes des communautés (favelas). Ce sera donc deux opportunités exceptionnelles de découvrir ce spectacle.

Spécialiste et consultante en médiation culturelle, Rhodnie Désir collaborera avec des jeunes du projet Crespinho et Movimento 325 pour la réalisation de sa plus grande installation-costume comprenant un nombre symbolique de bateaux ayant accostés au Brésil.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Alors que Rihanna chante actuellement « Sledgehammer » pour la BO de « Star Trek », la chanteuse vient de décrocher un nouveau rôle au cinéma. Elle côtoiera Sandra Bullock, Cate Blanchett et Anne Hathaway dans « Ocean's Eight », le spin-off de « Ocean's Eleven ».

Les femmes prennent le pouvoir au cinéma. Alors que « S.O.S Fantômes » vient de sortir, avec un cast féminin composé de Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon et Leslie Jones, c'est désormais une autre franchise qui va avoir droit à un nouveau volet, comme l'indique Deadline. « Ocean's Eleven », sorti en 2001 avec George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon ou encore Julia Roberts, a donné lieu à deux suites : « Ocean's Twelve » en 2004 et « Ocean's Thirteen » en 2007. Désormais, les studios Warner Bros s'apprêtent à mettre en chantier un spin-off baptisé "Ocean's Eight", avec uniquement des actrices en tête d'affiche.

Le journaliste et écrivain Abou Diako vient de faire paraître aux Editions L’Harmattan Sénégal « La voie de l’équilibre par la Salât ». Ce livre de 239 pages est une sorte de cours magistral sur la prière en Islam. L’auteur, soucieux des détails, donne des explications scientifiques sur l’un cinq des piliers de l’Islam.

Chez tout musulman, la compréhension de la prière s’impose comme une nécessité pour une pratique adéquate de la religion. D’ailleurs, c’est dans ce sens que s’inscrit le livre du journaliste et écrivain sénégalais Abou Diako, qui vient de paraître aux Editions L’Harmattan Sénégal. Intitulée « La voie de l’équilibre par la Salât », cette œuvre de 239 pages donne, à l’aide des détails précis, des explications scientifiques de la prière islamique. Dans un contexte d’évolution, les croyants reviennent toujours à leurs sources fondamentales. Ce faisant, précise l’auteur, croire ne suffit plus avec la modernité.

Abordant la genèse de la Salât, il soutient que la première prière obligatoire accomplie par le prophète de l’Islam est celle de midi ou « Zuhr » (Tisbar). Ainsi, pour l’indication horaire, Jibril (Ange Gabriel) « est venu auprès du prophète après que le soleil a quitté le zénith et lui dit : « ô Mohammed, lève-toi et fais la prière du Zhur ». Par la suite, note Abou Diako, il revient lorsque l’ombre devient égale à sa taille pour lui commander de prier. Et « Jibril en fit autant pour les autres heures et le lendemain ».

Selon lui, les heures de prières commencent à partir du déclin du soleil au milieu du ciel et s’étendent jusqu’à ce que l’ombre de chaque objet devienne égale à cet objet. Cette œuvre montre également comment la prière, dès ses origines, aura épousé une démarche scientifique bien élaborée devant contribuer à l’équilibre de l’homme, voire son épanouissement.

Remède contre le déséquilibre
L’auteur montre l’importance pour les pratiquants de respecter les horaires de prières « Wal Fadjri » et « Wal Açri », lesquelles sont deux extrêmes composés d’un début et d’une fin de période. Il s’agit également de deux moments critiques pour le métabolisme parce que marquant chacun la fin d’un métabolisme.

Le recours à la prière, écrit-il, constituerait un remède déclenchant d’autres hormones  lénifiantes afin de contrecarrer cette vascularisation à l’origine du déséquilibre et d’une propension à se procurer des adjuvants pour recouvrer une certaine stabilité psychologique. « Contrairement à « Wal Fadjri » moment suprême où le corps se renouvelle, stimulé par la partie supérieure, « Wal Açri » s’assimilerait à une forme d’extension de la vie », fait comprendre Abou Diako, ajoutant que le Prophète insiste lui-même sur cela et exhorte les pratiquants à ne pas négliger ces moments de prières car ils sont d’une importance et qu’ils vont épanouir quiconque les fera à temps opportun. Bref, ce livre permet de saisir le sens de la Salât qui peut être assimilé à une forme de « thérapie à la fois préventive et curative, dont le rôle primordial consiste à produire une chaleur-lumière ». Elle a aussi une fonction « essentielle d’unir la matière à l’esprit par le truchement de la lumière pour une induction ».

Journaliste et écrivain, Abou Diako est un observateur averti qui pratique l’exégèse, en essayant de traduire sa praxis religieuse. Il est également l’auteur de « La Fonde de l’entre monde ». Un roman d’aventure plongeant les lecteurs dans les « fléaux gangrenant le corps social ».

Ibrahima BA

Le fondateur du Musée Boribana de Ngor, Boubacar Koné, décédé le 3 août à Los Angeles (Etats-Unis), repose désormais au cimetière musulman de Dakar-Yoff. La cérémonie de levée du corps du défunt collectionneur d’art, tenue samedi dernier, en début de matinée, s’est déroulée à l'hôpital Principal de Dakar, en présence du ministre de la Culture et d’éminentes personnalités.

« Boubacar avait une préférence pour l’art, la culture africaine. Mais, nous arrivions un peu tard dans un domaine qui n’était plus financièrement abordable. Nous nous sommes consacrés à l’art contemporain. Nous étions à l’avant-garde, dès le tout début », a souligné dans un message de condoléances la veuve de Boubacar Koné, lue par un proche.

Mme Carol Christina Hilaria Pounder Koné a rappelé que lui et son époux étaient tous passionnés, pour la construction d’un musée d’art. Un jour, alors qu’elle demandait à son mari s’ils n’étaient pas en train de faire fausse route, en l’interpellant en ces termes : « Il y a tellement de ventres vides, des bouches affamées ». Ce dernier lui signifia cette phrase pleine de clarté : « Si nous ne nourrissons pas notre esprit créatif, alors nous ne serons jamais capables d’apprendre à nourrir nos ventres vides ».

« Pendant 25 ans, Bouba a travaillé sans relâche, afin de faire du musée Boribana, un petit bijou, un lieu de culture incontournable. De nombreuses revues en attestent. Pour la première fois, il a accompli un projet qu’il avait conçu, entrepris et réalisé, conforme à sa vision », a-t-elle souligné.

Mme Carol Christina Hilaria Pounder a fait comprendre que le musée Boribana, sis à Dakar Ngor, est un excellent cadre pour accueillir des programmes artistiques, un carrefour pour promouvoir des échanges entre les artistes d’ici et d’ailleurs, mais aussi un humble lieu dans lequel toutes ces  idées, ces projets et réalisations ont vu le jour avant de prospérer. Elle a déclaré que le défunt avait travaillé, afin que le musée soit réalisé. Son vœu, c’était, après réalisation, que l’Etat accepte ce musée comme cadeau, une donation qu’il comptait faire à l’heure de sa retraite. Un projet réalisé par deux personnes de culture différente.

Patriote, homme de conviction
Mme Koné, qui considérait Boubacar comme son guide, rappelle qu’ils ont tout fait pour que leur projet reste vivant, dynamique et ouvert au monde. Car, le 12 décembre 2014, il a fait don de ce musée à l’Etat du Sénégal.

Ce geste inédit est, d’après le ministre de la Culture et de la Communication Mbagnick Ndiaye, une générosité exceptionnelle, doublée d’une passion pour sa patrie. Suite à cela, le président de la République Macky Sall avait donné des instructions, pour que le musée Boribana soit davantage réhabilité et rendu fonctionnel en y affectant Mme Awa Bâ Mara, comme conservateur.
« Boubacar Koné, qui vient d’être arraché à notre affection n’était pas un citoyen ordinaire ; c’était un authentique patriote, un homme de conviction, qui a poussé la générosité jusqu’à céder à son pays l’œuvre de toute sa vie », a dit le ministre de la Culture, à l’endroit du disparu, avant de présenter à sa famille les condoléances du peuple sénégalais. Pour le directeur de la Cinématographie, Hugues Diaz, Boubacar Koné était un homme de bien si l’on se fie aux témoignages entendus.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le Théâtre national Daniel Sorano est à la croisée des chemins. La direction entreprend des initiatives pour franchir l’écueil des ressources financières limitées tout en préservant l’âme de ce patrimoine. Ce sont là, les défis de l’heure et de l’avenir auxquels le premier théâtre francophone en Afrique subsaharienne est confronté. Cette saison riche en spectacles, qui vient de s’écouler, atteste au moins de la ferme volonté de la direction de relancer les activités, de les inscrire dans un cycle régulier et d’en gratifier un plus large public incluant celui des régions. Le riche répertoire du Théâtre national Daniel Sorano en fait une exigence. Celui qui en est le directeur général, Sahite Sarr Samb, livre, dans cet entretien, sa vision et présente les projets de réhabilitation et de rééquipement sans occulter les productions artistiques en préparation pour la prochaine saison.

La saison écoulée, vous avez déroulé un certain nombre d’activités. Pouvez-vous y revenir ?
Le bilan peut être établi sous deux tableaux. Nous avons repris d’anciennes créations du répertoire de Sorano riche de plus de 200 œuvres et l’avons également étoffé avec de nouvelles productions comme la pièce de théâtre intitulée « La farce de maître Pathelin » qu’on a pu faire circuler dans le cadre de la coopération avec l’Institut français. Avec Seyba Lamine Traoré, on a également repris le spectacle de fusion totale intitulé « D’ici et d’ailleurs », un hymne à la diversité culturelle. Celui qu’on a monté avec le metteur en scène Omar Ciss, « La petite danseuse », destiné au milieu scolaire, donne aussi à voir la richesse de la palette de Sorano avec la danse, la musique et l’expression dramatique.

La reprise de la pièce « Ger-corruption ou Monsieur pots-de-vin et consorts », en partenariat avec l’Ofnac et la Fondation Sococim, a aussi été un moment fort par la qualité de la représentation, le message et la symbolique. Nous avons adapté « Le choix de l’Ori », un conte de Louis Camara, et l’avons présenté lors de la Journée mondiale du théâtre et une deuxième fois pour un public jeune. Le Ballet a présenté un spectacle de danse, de rythmes, d’expressions chorégraphiques, « Ce qui nous lie », qui a été bien apprécié. Dans un esprit d’ouverture, un spectacle de poésie sur scène, « Voix mêlées », s’est tenu à Keur Birago.

Cette ouverture ne devrait-elle pas être élargie aux régions ?
Nous y travaillons. Mais il est évident que cela nécessite des moyens que Sorano n’a pas. Mais, nous comptons nouer des partenariats comme nous l’avons fait avec l’Ofnac et la Fondation Sococim pour aller dans les régions. Au mois de décembre, nous avons prévu de présenter une de nos créations durant le festival Casamance sur scène. En dehors de cette nécessité d’ouverture, nous œuvrons pour une formation de meilleure qualité, pour la diversité culturelle et pour un théâtre de confrontation artistique. C’est une forme d’ouverture.

Sous ce rapport, Lamine Dieng, un artiste-comédien sénégalais, a animé un atelier sur le jeu d’acteur pendant une semaine. Tout cela participe à outiller davantage nos pensionnaires qui ont par ailleurs bénéficié d’une formation sur les nouvelles technologies afin de les rendre plus performants dans leurs interventions.

N’est-ce pas plus urgent, au-delà de ces initiatives louables, de réhabiliter et de rééquiper le Théâtre national Daniel Sorano ?
Ce sont des actions qui peuvent être concomitantes. Le ministère de tutelle a reçu des instructions du président de la République pour qu’on lui soumette, dans les meilleurs délais, une étude sur la réhabilitation. Nous l’avons quasiment bouclée. Cela va nous permettre d’améliorer nos productions et de rendre plus attrayant le site du théâtre. Cela s’inscrit dans un ensemble de projets structurants comme celui d’embryon de musée que nous voulons créer dans nos locaux.

Cela est rendu opportun par la quantité et la qualité de nos ressources documentaires et le passé de Sorano qui renseigne sur notre cheminement historique, sur un pan de mémoire dont il faut faire bénéficier notre jeunesse. L’idée, par ailleurs, est de faire en sorte que cet endroit historique apporte des remèdes sur des problèmes ponctuels de son temps. Nous comptons ainsi en faire une plateforme de perfectionnement des jeunes dans le domaine des arts de la scène, dans les techniques de régie par exemple, car nous avons capitalisé assez d’expériences qu’il faut partager.

Cette exaltante mission ne saurait être exécutée sans une disponibilité des ressources financières. Comment comptez-vous franchir cet obstacle ?
Nous avons pensé qu’il fallait reprendre l’initiative en matière de production dans les métiers des arts de la scène, avoir une programmation effective des quatre entités de Sorano avec la sous-composante de l’Ensemble lyrique traditionnel, l’atelier de musique traditionnelle, une structure plus légère avec un nombre restreint.

Mais, il y a des contraintes pour arriver à cet objectif de relance. Elles ont d’abord trait à l’outil de travail dans lequel il faut inclure l’organisation administrative et la fonctionnalité des organes. Beaucoup de nos équipements sont dans une situation d’obsolescence. Il faut réhabiliter et rééquiper pour être en phase avec ce qui se fait en matière de production artistique dans le domaine des arts de la scène. Des procédures administratives plus modernes améliorent également l’efficacité. Sorano a plus été géré de manière artistique que managériale. Il nous fallait revenir à certains principes.

L’autre écueil concerne effectivement les ressources financières. Nous sommes subventionnés pour l’essentiel par l’Etat à hauteur de 360 millions de FCfa. Par rapport aux charges, cette subvention est insuffisante. Il fallait faire un plaidoyer auprès des autorités pour avoir une augmentation dans cette période de raréfaction des ressources. La subvention a été augmentée jusqu’à concurrence de 52 millions de FCfa. Nous avons eu, en 2015, une première rallonge budgétaire grâce à la compréhension des autorités.

Et cette année même, il y a eu 24 millions de FCfa, ponctionnés en 2012 sur le budget, qu’on nous a restitués. Il faut féliciter le Président de la République et les ministères des Finances et de la Culture. Nous avons aussi, de notre côté, déployé des efforts considérables pour augmenter les recettes internes. Le chiffre d’affaires de Sorano tournait autour de 60 millions de FCfa. Cette année, à la veille des congés, nous sommes déjà à 80 millions de FCfa de recettes. C’est encourageant d’autant que la production et la diffusion artistique ont un coût élevé alors que la rentabilité n’est pas toujours évidente. C’est la conjugaison de tous ces efforts consentis par l’Etat et ceux-là déployés au niveau interne qui permettra la relance de la production et de la diffusion des œuvres.

Le Grand Théâtre qui a mis un peu Sorano sous l’éteignoir ne serait-il pas en train d’annihiler justement tous ces efforts internes surtout en termes de recettes ?
Peut-être au départ. Maintenant, ce n’est plus le cas, surtout par rapports aux opérateurs externes qui viennent louer des salles. Il ne faut pas perdre de vue une chose. La vocation de Sorano, ce n’est pas de louer la salle. C’est parce que nous nous sommes retrouvés progressivement dans des difficultés financières que nous avons pris cette option. Notre vocation, c’est d’être un laboratoire, de faire des créations, de les diffuser, de protéger le patrimoine du Sénégal, de promouvoir la diversité.

Je le dis souvent pour taquiner, le fonds de commerce de la culture au Sénégal reste toujours fondamentalement articulé autour de ces trois entités qu’il convient de préserver : le Théâtre national Daniel Sorano, les Nouvelles éditions africaines et les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs. Toutefois, il n’y a pas lieu d’établir une comparaison entre le Grand Théâtre et Sorano créés dans des contextes différents donc n’ayant pas la même trajectoire historique. A un moment, il était devenu nécessaire d’avoir un nouveau théâtre pour répondre à une autre demande. En cela, ils sont complémentaires. Nous n’avons ni la même trajectoire, ni les mêmes destinations encore moins la même âme. Mais, nous pouvons ensemble contribuer au rayonnement culturel de notre pays.

Quelles sont les propositions de spectacles pour la prochaine saison de Sorano ?
Nous comptons reprendre « Chaka » de Senghor et le spectacle de fusion « Indépendance Tey » que nous avions présenté la veille de la Fête de l’indépendance pour en faire un spectacle son et lumière. Nous allons même le présenter en dehors du Théâtre pour nous inscrire dans une stratégie de faire du Sorano hors Sorano. « Indépendance Tey » en est parfaite cohérence avec le vœu du chef de l’Etat qui, lors du Conseil des ministres du 29 mars dernier, a donné des instructions pour le retour du théâtre historique afin de faire découvrir aux jeunes nos héros nationaux. Pour davantage s’y conformer, un spectacle de musique intitulé « Ode aux héros nationaux du Sénégal » est en préparation tout comme « Othello », une tragédie de Shakespeare, avec une adaptation en wolof du brillant professeur, le doyen Pathé Diagne.

N'est-il pas devenu aujourd’hui nécessaire pour Sorano de s’ouvrir à ce qu’on appelle ici le théâtre populaire ?
C’est dans nos projets d’ouvrir nos portes à ce que moi je préfère appeler le théâtre de l’association des Artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots). Je ne fais pas de dichotomie entre nos productions parce qu’il y a une continuité entre ce que nous faisons et l’Arcots. Sous ce rapport, nous comptons faire une coproduction avec l’Arcots pour reprendre « La tragédie du Damel Macodou » du grand dramaturge Alioune Badara Bèye que cette association avait déjà présentée l’année dernière à Sorano.

C’est pour donner plus d’ampleur à nos spectacles. Nous privilégions le spectacle total avec du chant, de la musique dans le théâtre. L’organisation d’une journée porte ouverte en avril prochain avec une exposition mettant en lumière les richesses patrimoniales traduit notre volonté de permettre au public de s’approprier ce temple de notre culture.

Les pensionnaires de Sorano se déplacent de moins en moins à l’étranger. Quelle en est la raison ?
Le déplacement à l’étranger, il faut le mettre sous deux registres. Il est d’abord strictement commercial et privé et relève donc de producteurs qui viennent et achètent le spectacle. Aujourd’hui, de manière générale, il n’y a plus de producteurs privés qui viennent en Afrique pour faire tourner des troupes pour deux raisons. La première est financière et la seconde a trait à l’immigration. Il s’est posé à un moment un problème de crédibilité. Beaucoup d’artistes, en ne faisant pas forcément référence à Sorano, ont profité des tournées à l’étranger pour y rester. Aussi, la plupart d’entre eux ont créé des troupes sur place.

Ainsi, la demande en Europe est gérée au niveau local par les producteurs. Il est plus rentable pour eux de faire appel à ces troupes africaines établies en Europe. Ce problème n’est pas spécifique au Sénégal. Sous le registre de la représentation du Sénégal à l’étranger adossée aux coopérations culturelles, il faut surtout prendre en considération le contexte mondial. Il est devenu très difficile pour l’Etat de déplacer les troupes. Cela a un coût aujourd’hui très élevé.

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

Les vacances démarrent sur les chapeaux de roue dans la capitale du Saloum, où les jeunes convergent vers l’esplanade de Cœur de Kaolack pour assister aux compétitions des Vacances à Kaolack (Vak). Un concept culturel entre animation musicale, chorégraphie et épreuves de culture générale. Diffusée en léger différé sur une télévision locale, la manifestation suscite des passions chez les plus jeunes qui, du coup, ont fini d’adopter cette version locale d’« Oscars des vacances ».

Les compétitions sportives du mouvement navetanes ont un concurrent de taille, en cette période estivale dans la ville de Kaloack, avec le concept « Vacances à Kaolack » (Vak). Une trouvaille des responsables du complexe Cœur de Kaolack, une plateforme commerciale et culturelle au centre de toutes les attractions pour la jeunesse du bassin arachidier.

Des épreuves imposées en danse, théâtre ou culture générale opposent des groupes venus des quartiers de la commune ou des départements. L’esplanade Salif Bâ qui accueille la manifestation refuse chaque samedi du monde, en majorité des jeunes entre 18 et 25 ans déterminés à rivaliser de savoir-faire artistique et intellectuel. Animateur culturel, Mohamed Ndiaye alias Kabila, décortique les clés du succès populaire. « Les "Vak" reprennent d’anciens concepts d’animation musicales et artistiques.

Nous avons essayé d’articuler les besoins de divertissement des jeunes après une année scolaire bien remplie et la nécessité de les maintenir dans une dynamique de découvertes des richesses artistiques et culturelles du Saloum et de la culture générale », théorise cet ancien de la troupe théâtrale « Dakka Bi » avec son compère et complice Mohamed Hady Niang. Un rendez-vous hebdomadaire qui commence à s’imposer dans le cercle des divertissements du Saloum. La retransmission de chaque édition à la télévision régionale TV Saloum en léger différé ajoute de la visibilité à l’événement qui parvient à accrocher des annonceurs.

« Nous avons choisi le thème "La jeunesse vecteur de l’émergence du pole Sine Saloum", pour sensibiliser davantage les jeunes sur les dynamiques économiques en construction dans notre pays », a-t-il précisé. Première conséquence de ce succès populaire, les groupes du Saloum qui montaient sur Dakar pour des compétitions du genre, jouent la carte locale. « Pour ajouter de l’engouement, les organisateurs n’ont pas lésiné sur les récompenses offertes aux vainqueurs, par la production et les sponsors des "Vak" », précise Mohamed Ndiaye.

Le parrainage de chaque groupe par une personnalité politique locale pourrait toutefois prêter à confusion ! « Loin de nous toute préoccupation de récupération politicienne, notre seule attente est de pouvoir susciter une compréhension par les participants des dynamiques de développement dans le pole territorial du Sine Saloum », balaie d’un revers de main le coordonnateur de Vacances à Kaolack. 

Elimane FALL

L'acteur Omar Sy détrône le chanteur-auteur-compositeur Jean-Jacques Goldman en tête du classement des 50 personnalités préférées des Français, selon le nouveau classement Ifop publié par le Journal du Dimanche.

Omar Sy passe de la 2e à la première place, tandis que Jean-Jacques Goldman recule en 2e position, par rapport au précédent classement publié en janvier dernier.

L'ancienne ministre Simone Veil reste en troisième position, devant le médecin et animateur radio-TV Michel Cymes (4e), l'acteur Jean Reno (5e), le footballeur Antoine Griezmann (6e), l'actrice Sophie Marceau (7e), l'humoriste et actrice Florence Foresti (8e), le chanteur Renaud (9e) et le judoka Teddy Riner (10e).

Sondage réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 18 au 21 juillet auprès d'un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population âgée de 15 ans et plus (méthode des quotas).

(AFP)

Amoureux des arts plastiques et collectionneur  de renommée, Boubacar Koné, décédé la semaine dernière à Los Angeles, laisse derrière lui un grand musée d’art contemporain. Légué à l’Etat du Sénégal en  décembre 2014, ce musée Boribana sis à Dakar-Ngor, et désormais sous tutelle d’un conservateur, est un patrimoine artistique à sauvegarder.

Niché sur le bas-côté gauche de la route principale à Ngor, le Musée Boribana est un espace artistique et culturel dédié à la création et à l’exposition. C’est un musée assez original. A première vue, le visiteur est frappé par la forme architecturale de l’édifice et la verdure qui y prédomine. A l’entrée tout comme dans la cour, des arbres et fleurs campent également le décor. Peint aux couleurs bleue et blanche, le musée Boribana est également construit avec deux balcons en forme de piano et des escaliers dogons et lunaires. Cette architecture et ce beau décor composé, pour l’essentiel, de poteries, de sculptures et de statuettes en bois confère à cet endroit toute sa splendeur et le rend tout aussi attrayant.

Mis sur pied en  novembre 1991 par  Boubacar  Koné, décédé la semaine dernière à Los Angeles, le Musée d’une superficie de 1.000m carrés est riche d’une collection variée de plus de 400 œuvres d’art picturales, sculpturales, photographiques, de céramique, de tapisserie, entre autres, le tout collectionné par son fondateur dans différents pays africains et européens.

Selon le conservateur nommé par le ministère de la Culture, Hawa Bâ Mara, ce musée d’art contemporain privé se compose de 4 salles réparties sur deux niveaux (rez-de-chaussée et un étage) lesquelles abritent les expositions. Le complexe dispose, en outre, de trois appartements pour des résidences artistiques, une salle de documentation et d’un bar restaurant. « L’originalité du lieu réside dans le fait qu’il permet une rencontre de proximité avec les œuvres dans une interaction directe avec les artistes qui viennent en résidence. Les professionnels de l’art, amateurs et collectionneurs s’y côtoient régulièrement dans un environnement agréable, un havre de quiétude », fait savoir Mme Mara.

Joyau culturel et artistique
Boubacar kone BoribanaA l’en croire, depuis sa création, le musée Boribana a accueilli, sous la houlette de son fondateur, diverses expositions de grands artistes sénégalais, de la diaspora et d’Europe. Parmi lesquels figurent des artistes belges en 2000,  Jean Michel  Solves, Gabriel Kemzo Malou en 2004, Kiné Aw en mars 2009, Barkinado Bocoum, Seydou  Diédhiou, le collectif des plasticiennes du Sénégal en mars 2013. Sans compter les expositions « off » des Biennales de 2012 et 2014. Mais depuis décembre 2014, le musée Boribana est entre les mains de l’Etat du Sénégal. Le rêve du défunt collectionneur Boubacar Koné d’offrir quelque chose à son pays est devenu réalité. Il a fait don de tout ce joyau culturel et artistique sans commune mesure à l’Etat du  Sénégal et a exhorté à en prendre bien soin. A la tête de ce musée depuis mars 2015, le conservateur Hawa Bâ Mara compte inscrire son programme d’activités dans une dynamique de continuation des œuvres menées par feu Boubacar Koné.

En ce sens, pour ne pas déroger à la règle, Mme Mara a eu à piloter, après la donation, une grande exposition collective « off » lors de la 12ème édition de la Biennale de Dakar. A l’en croire, elle a été organisée par le  Cercle panafricain des artistes. Ont pris part à cette exposition plusieurs artistes issus de la sous-région (Nigeria, Kenya, Bénin, Sierra Leone, Gambie  et Sénégal). Le conservateur ambitionne également de réaliser d’autres projets dans le musée.

« Ma préoccupation première est de valoriser ce musée aussi bien sur le plan national qu’international », souligne-t-elle. Il est prévu l’organisation de deux grandes expositions permanentes. « Le musée va aussi abriter des expositions temporaires mais tout se fera sur une étude de dossiers au préalable. Nous comptons également tenir des animations à travers des contes ou des projections de films avec des élèves des  écoles de Ngor  et ceux des autres écoles de la région de Dakar », indique-t-elle. Précisant que pour ces expositions, ils vont demander aux artistes de laisser chacun une œuvre qui va, au fur et à mesure, rentabiliser la collection du musée comme tant souhaité par son fondateur.

« Je compte aussi travailler avec l’Adie pour avoir des outils informatiques me permettant de numériser l’ensemble des collections et faire un interface avec les autres musées. Il y aura aussi des échanges d’œuvres sur le plan national et international si le budget le permet », avoue-t-elle.

D’après  Mme Mara, l’autre projet en vue  était  l’organisation d’une grande exposition de la collection offerte à l’Etat par Boubacar  Koné en guise d’hommage à cet homme de grande générosité.

« Mais malheureusement, cet hommage sera posthume avec la disparation, le 3  août 2016, du donateur », se désole Mme Mara. Elle retient de l’homme un grand antiquaire, un collectionneur d’œuvres d’art de grande valeur, humble, ouvert d’esprit et d’une grande générosité.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Levée du corps de Boubacar Koné à Principal
La cérémonie de levée du corps de Monsieur Boubacar Koné, collectionneur d’art et fondateur du Musée Boribana de Ngor, est prévue aujourd’hui, samedi 13 août, à 9h à l'hôpital Principal de Dakar. M. Koné est décédé la semaine dernière à Los Angeles, aux Etats-Unis.

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