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Cheikh Thiam, directeur général de la Sspp « Le Soleil » : « Les journalistes doivent être responsables de ce qu’ils écrivent, disent et montrent »

21 Sep 2016
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L’adoption définitive du nouveau Code de la presse est la principale attente du directeur général de la Sspp « Le Soleil ». Car, selon Cheikh Thiam, il s’agit d’une décision qui va régler beaucoup de problèmes dans le secteur. Toutefois, tient-il à préciser, il s’est toujours opposé à toute idée de dépénalisation des délits de presse.

« Je ne suis pas de ceux qui veulent une dépénalisation des délits de presse. Je pense que tous les citoyens sont d’égale dignité dans ce pays. Il ne faut pas créer deux catégories de Sénégalais, en faisant en sorte que les uns soient justiciables et que les autres ne le soient pas », laisse-t-il entendre. Pour M. Thiam, « les journalistes doivent être responsables de ce qu’ils écrivent, disent et montrent, et assumer pleinement cette responsabilité ».

Le texte du nouveau Code de la presse avait été élaboré en 2010. Mais il est toujours bloqué à l’Assemblée nationale à cause d’une divergence autour de la dépénalisation du délit de presse. Le Dg du « Soleil » salue le consensus trouvé par les acteurs en décidant d’enlever les articles relatifs à la dépénalisation.

Par ailleurs, il y a, selon lui, d’autres aspects qu’il faudrait toiletter dans ce code. Il s’agit, par exemple, explique-t-il, des missions du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) et du volet publicité. « Dans la sous-région ouest-africaine, beaucoup de pays comme la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ont, d’une part, adopté un Code de la presse et, d’autre part, un Code de la publicité. Maintenant, pourquoi, au Sénégal, dans un Code de la presse, on veut en faire un fourre-tout pour y mettre des articles concernant la publicité ? » s’est interrogé Cheikh Thiam. D’après lui, pour réguler la publicité, il faut que tous les acteurs du secteur s’assoient et discutent pour concevoir un Code sur la publicité au Sénégal. Sur ce, il propose la mise en place d’un groupe de travail, d’un comité scientifique, qui regroupera l’ensemble des acteurs. De l’avis M. Thiam, il s’agit de « l’autre étape fondamentale qui interpelle aussi bien la presse que les publicistes et les agences de communication ».

L’autre point qu’il faudrait revoir dans ce Code, soutient-il, concerne la régulation de l’espace économique. Selon lui, « nous sommes dans un environnement économique libéral ». Ce faisant, « on ne doit pas fixer un prix, car il s’agit d’une contradiction avec le libéralisme économique dans lequel notre pays s’est inscrit ».

Ibrahima BA

Ibrahima Khalil Ndiaye, Sg du Synpics : « L’essentiel est de dégager des points de consensus forts »
« Je voudrais d’abord saluer cette disponibilité de l’autorité ministérielle à se pencher enfin sur le projet du Code de la presse et à organiser ce séminaire de partage. Néanmoins, nous regrettons, bien qu’invités, de n’avoir pas reçu les termes de références du séminaire. Je pense que, pour avoir des discussions sereines et fructueuses, on aurait dû disposer des documents en amont. Nos attentes, c’est d’aller vers un séminaire où les gens vont essayer d’aplanir les difficultés et bâtir des consensus forts.

Parce que le futur Code de la presse n’est pas qu’un texte d’experts, il faut surtout écouter les principaux acteurs qui doivent dire leurs points vues et attentes. Sur l’aspect de la dépénalisation, il faut relever que c’est une dynamique africaine, voire mondiale. Aujourd’hui, les délits de presse doivent être enlevés de l’arsenal judiciaire, qu’on ne condamne plus les journalistes de peine de prison pour les délits de presse.

C’est ce qui avait amené à demander la dépénalisation. Mais, il y a une alternative à la dépénalisation : ce sont les sanctions pécuniaires ou financières qui sont très lourdes… Il ne faudrait pas que ce point précis ne biaise le débat. Il y a aussi d’autres points très importants. Et rien ne nous empêche, demain, de manifester sur la place publique et demander à l’autorité de dépénaliser le délit de presse. L’essentiel est de discuter et de dégager des points de consensus forts… ».

Jean Meïssa Diop du Cnra : « Tous les journalistes ne méritent pas la dépénalisation… »
Membre du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), Jean Meïssa Diop se veut formel. Pour celui qui est considéré, aujourd’hui, comme l’un des plus grands chroniqueurs de la presse sénégalaise, il faudrait que les journalistes soient capables de mériter la dépénalisation des délits de presse. Selon lui, « tous les journalistes ne méritent pas la dépénalisation ».

Par contre, pense-t-il, un journaliste qui agit en bonne foi ne mérite pas d’aller en prison. Si l’ancien directeur de publication de « Walf Grand-Place » reste « mitigé » sur certains aspects relatifs à ce nouveau Code de la presse, il pense toutefois que son approbation par l’Assemblée nationale permettra de mettre en ordre certains points ayant traits à l’exercice de cette profession et les conditions pour y entrer.

A l’en croire, ce sera l’occasion de faire le ménage dans le secteur et de mettre plus de rigueur dans l’accès à la profession. Mais également de travailler à la stabilisation des entreprises de presse. Aux yeux de Jean Meïssa Diop, la carte nationale de presse, qui sera désormais mise à la disposition des professionnels, sera un atout dans l’organisation et la conduite à tenir dans la pratique du métier. Car en faisant une faute professionnelle, le journaliste court le risque de perdre temporairement ou définitivement cette carte.

Bacary Domingo mane, president du Cored : « Prendre en compte les préoccupations des journalistes… »
« Nos attentes sont que les préoccupations des journalistes soient toujours prises en compte. Pour le moment, nous ne connaissons pas le contenu récent du texte, mais nous tenons à ce que les préoccupations des médias ,dans leur globalité, soient prises en compte. Sur la dépénalisation ou non des délits de presse, le gouvernement et les députés ont la responsabilité de retoucher le texte. S’ils enlèvent le caractère de la dépénalisation des délits de presse, nous, journalistes, prendrons acte ».

Mamadou Ibra Kane, président du Cedeps : « Garder le caractère consensuel du texte… »
« C’est une attente de l’ensemble des acteurs de la presse. Parce que c’est un projet qui a été élaboré depuis plus de six ans et qui n’a pas été adopté par l’Assemblée nationale. Et le fait que le gouvernement ait pris l’initiative de relancer le projet du Code de la presse pour y apporter les modifications, c’est une excellente chose. Donc, nous, le Collectif des éditeurs et diffuseurs de presse (Cedeps), attendons les propositions d’amendements optées par le gouvernement.

Parce que c’était un projet de Code consensuel adopté après une concertation nationale. Donc, nous attendons de connaître les amendements du gouvernement pour apporter la réponse du Patronat de la presse. Concernant la dépénalisation des délits de presse, nous rappelons que le projet doit demeurer consensuel comme l’a voulu l’ancien président de la République. Nous ne pouvons pas faire un procès d’intention sans connaître les propositions du gouvernement. Nous attendons de les connaître, puis les soumettre à l’ensemble des patrons de presse, et ensuite y apporter les réponses point par point ».

Propos recueillis par
O. DIOUF et I. BA

Last modified on mercredi, 21 septembre 2016 10:31
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