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Manque de formation, de financement…Ces freins au développement des cultures urbaines en banlieue

07 Jan 2017
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Hip hop, slam, Dj, graphisme, break dance, free-style roders, reggae, cross rider..., toute une panoplie de domaines d’activités culturelles pratiquées principalement dans les villes. En banlieue, ils sont des milliers de jeunes à s’orienter vers ces cultures urbaines qui continuent de faire leur bonhomme de chemin. Avec des avancées et des obstacles que les acteurs s’emploient tant bien que mal à surmonter.

Au début, c’était juste les Bmg 44, Tigui Ring B, Pinnal Gain, Gnamou Mbaam à occuper le secteur qui, par la suite, est squatté de manière progressive par les jeunes qui, à l’heure actuelle, dépassent le nombre de deux mille acteurs. Ces pionniers du hip hop avaient la responsabilité d’aller à la conquête du public local, mais aussi d’appâter d’autres jeunes pour le rayonnement de ce mouvement. Depuis 2006, on parle de moins en moins du hip hop au profit des cultures urbaines vu la gamme de spécialités culturelles qui gravitent tout autour. En banlieue voire au Sénégal, le mouvement des cultures urbaines est actif et très dynamique vu le nombre très important d’acteurs qui évoluent dans le secteur. Ils sont des milliers de jeunes qui, aujourd’hui,  ont embrassé une carrière dans le monde des cultures urbaines en y voyant un avenir prometteur. Aujourd’hui,  malgré les difficultés qui jalonnent leur carrière, les hip hoppers, slameurs et autres grapheurs continuent de garder l’espoir d’une amélioration dans leur vécu professionnel. Matador de Bmg 44, président de Africulturban, revendique l’étiquette de précurseur des cultures urbaines au Sénégal. Il se dit fier de constater le succès qui couronne le combat qu’il a porté avec les autres membres du groupe Bmg 44 pour un développement des cultures urbaines avec l’éclosion de beaucoup de jeunes talents dans le secteur au point d’attirer l’attention des autorités centrales. Cependant, il considère que le Fonds pour le développement des cultures urbaines (Fdc) doit être revu à la hausse, mentionnant que chaque année, Africulturban dispose d’un budget de 100 millions de FCfa pour dérouler ses activités. De la même manière, il se désole des lenteurs notées dans les travaux de réhabilitation du Complexe culturel Léopold Sédar Senghor de Pikine où sont logés les locaux de Africulturban qui, depuis presqu’un an, sont provisoirement délocalisés au centre Jacques Chirac.

« Beaucoup de jeunes sont au chômage à cause du retard noté dans l’exécution des travaux de réhabilitation », a-t-il regretté. Le manque d’infrastructures et de financement, l’absence de formation, entre autres obstacles, sont pointés du doigt par les acteurs des cultures urbaines.

Appuis des pouvoirs publics
Ce qui rend impossible, pour l’heure, la mise en place d’un modèle économique qui correspondrait à la réalité du terrain. Néanmoins, la société civile (Africulturban à Pikine, G Hip hop à Guédiawaye, Yakaar à Rufisque) tente tant bien que mal de faire bouger les choses. Cependant, force est de constater qu’au regard de l’immense défi de l’heure, il n’est point évident que c’est demain qu’ils arriveraient à renverser la vapeur. La nouveauté est que les pouvoirs publics sont en train de mettre en place des outils pour accompagner le secteur. Avec la mise en place du Fonds de développement des cultures urbaines (Fdcu), l’Etat montre sa volonté de promouvoir le secteur qui bat de l’aile du fait de l’absence d’une structuration, conséquence d’un déficit de formation de ces acteurs.

En outre, l’initiative de la ville de Dakar qui a mis en place la Maison des cultures urbaines de Dakar (Mcu) dont le siège se trouve à Ouakam pour permettre aux jeunes d’avoir les moyens d’accroître la création, la production et la diffusion, est saluée par les acteurs du secteur. L’Union européenne avait également mis en place un fonds d’appui à la promotion des cultures urbaines d’un montant de 100.000 euros dans le cadre d’une phase test. Malheureusement, le fonds n’a pas été renouvelé. C’est la raison pour laquelle Amadou Fall Bâ pense qu’il faudra que les acteurs de ce secteur se livrent à une réflexion pour identifier et lever les obstacles à un meilleur développement des cultures urbaines. Il n’en pense pas moins qu’il faut impérativement mettre l’accent sur la formation.

« Le problème se trouve dans la rareté des ressources humaines dans la mesure où, malgré l’engouement que suscitent les cultures urbaines auprès des jeunes, rares sont les structures comme Africulturban qui disposent d’un comptable, un chargé de projet, un webmaster, tous qualifiés, ou quelqu’un qui s’y connaît en management et/ou en communication. « Tout le monde est artiste qui crée et produit », a souligné Amadou Fall Bâ qui précise que même lors des concerts, la moitié du public est composée d’artistes.

Déficit de logistique
« Il faudra que les acteurs soient formés. Aujourd’hui, ce qui semble intéresser le plus les acteurs, c’est de toujours faire le buzz. Du buzz à tout moment et partout. C’est bien de faire du buzz, mais, pour y arriver, il faut travailler de manière à devenir un professionnel compétent qui n’est rien d’autre que de savoir-faire son mériter en respectant les délais », a indiqué Amadou Fall Bâ. Abondant dans le même sens, Sall Ngaari, un artiste slameur, considère lui aussi qu’il faut former les artistes. Il révèle que c’est à cet effet que le Hip hop Academy a été mis sur pied pour permettre à des  jeunes de pouvoir se professionnaliser. Ou bien « Youma », destiné aux ex-détenus qui peuvent bénéficier de formation en vidéo, photos ou graphisme. Sall Ngaari considère que  l’Etat doit renforcer l’appui qu’il consent aux cultures urbaines. « Ce que nous faisons contribue à combattre le chômage, un rôle du pouvoir central qui, par conséquent, doit nous aider davantage pour nous permettre d’aller de l’avant », a estimé Sall Ngaari.

L’artiste Bassirou Sané considère que les jeunes artistes évoluant dans le milieu des cultures urbaines conçoivent de belles choses, peaufinent des projets qui, au finish, sont rangés dans les placards faute de financement pour les mettre en œuvre. Artiste, slameur, grapheuse, Dieynaba Sidibé alias Zéniks est d’avis que le niveau de créativité est valablement comparable à ce qui se fait à l’échelle internationale. Cependant, elle pointe du doigt un hic : l’insuffisance des moyens logistiques qui ne milite pas en faveur d’un rayonnement des cultures urbaines au niveau de la banlieue. « Nous avons organisé la onzième édition de Festa2H et avons invité de grands artistes comme Youssoupha, Onix, Dagger Fex, Médine ainsi que d’autres artistes internationaux qui sont venus. Pour vous dire que le talent, l’expérience et le savoir-faire sont là et que seul le manque de moyens semble nous handicaper quelque peu », a ajouté Zéniks.

Par conséquent, elle croit savoir qu’il faut travailler à obtenir le matos qui va avec le talent des acteurs du secteur de même que les ressources humaines adéquates pouvant mettre en valeur la créativité des artistes.

Au début, c’était juste les Bmg 44, Tigui Ring B, Pinnal Gain, Gnamou Mbaam à occuper le secteur qui, par la suite, est squatté de manière progressive par les jeunes qui, à l’heure actuelle, dépassent le nombre de deux mille acteurs. Ces pionniers du hip hop avaient la responsabilité d’aller à la conquête du public local, mais aussi d’appâter d’autres jeunes pour le rayonnement de ce mouvement. Depuis 2006, on parle de moins en moins du hip hop au profit des cultures urbaines vu la gamme de spécialités culturelles qui gravitent tout autour. En banlieue voire au Sénégal, le mouvement des cultures urbaines est actif et très dynamique vu le nombre très important d’acteurs qui évoluent dans le secteur. Ils sont des milliers de jeunes qui, aujourd’hui,  ont embrassé une carrière dans le monde des cultures urbaines en y voyant un avenir prometteur. Aujourd’hui,  malgré les difficultés qui jalonnent leur carrière, les hip hoppers, slameurs et autres grapheurs continuent de garder l’espoir d’une amélioration dans leur vécu professionnel. Matador de Bmg 44, président de Africulturban, revendique l’étiquette de précurseur des cultures urbaines au Sénégal. Il se dit fier de constater le succès qui couronne le combat qu’il a porté avec les autres membres du groupe Bmg 44 pour un développement des cultures urbaines avec l’éclosion de beaucoup de jeunes talents dans le secteur au point d’attirer l’attention des autorités centrales. Cependant, il considère que le Fonds pour le développement des cultures urbaines (Fdc) doit être revu à la hausse, mentionnant que chaque année, Africulturban dispose d’un budget de 100 millions de FCfa pour dérouler ses activités. De la même manière, il se désole des lenteurs notées dans les travaux de réhabilitation du Complexe culturel Léopold Sédar Senghor de Pikine où sont logés les locaux de Africulturban qui, depuis presqu’un an, sont provisoirement délocalisés au centre Jacques Chirac.

« Beaucoup de jeunes sont au chômage à cause du retard noté dans l’exécution des travaux de réhabilitation », a-t-il regretté. Le manque d’infrastructures et de financement, l’absence de formation, entre autres obstacles, sont pointés du doigt par les acteurs des cultures urbaines.

Par Abdou DIOP

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