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Secteur de la mode : Les acteurs veulent des industries et une formation de qualité

10 Jan 2017
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La styliste Mame Faguèye Bâ. La styliste Mame Faguèye Bâ.

La mode ne peut s’épanouir sans des industries textiles de pointe et une formation de qualité, selon des acteurs du secteur qui ont pris part, le week-end dernier, à un panel dans le cadre du Festival international de la mode de Dakar.

« Au Sénégal, tout le monde veut s’improviser styliste ; cela porte un sacré coup à la profession. Il y a des tailleurs qui coupent mieux que des soi-disant stylistes », a déploré la styliste Mame Faguèye Bâ. Cette spécialiste des costumes de scène s’exprimait lors d’un symposium sur « L’industrialisation de la mode en Afrique », tenu dans le cadre du Festival international de la mode de Dakar, samedi dernier.

Mame Faguèye Bâ a dénoncé le cumul de fonctions qui existe dans leur métier. Ce qui nécessite une bonne formation. D’après elle, l’on ne peut pas être « designer » (créer des motifs), modéliste, commercial (évènementiel) et assurer correctement le rôle de styliste. Pour la costumière, il faut se concentrer sur une de ces spécialités, si l’on veut faire correctement son travail. Toutefois, Mame Faguèye reconnaît que dans la corporation, certains stylistes sont de vrais professionnels avant de regretter les relations de cousinage qui tuent le corps de métier. Elle est d’avis qu’avant de parler d’industrie de la mode, il faut avoir de la matière première de base (coton, textile). La styliste donne l’exemple du Burkina Faso où l’industrie textile est en marche ; ce qui favorise les belles créations diversifiées. Aussi, a-t-elle regretté le manque de journalistes spécialistes en mode, qui, avant chaque modèle, apprécie et critique la création. Car, la création, au-delà du talent, nécessite beaucoup de choses. « Essayons de donner de la valeur à ce métier et cassons les réseaux d’amis qui pensent que seuls eux doivent être des stylistes », a-t-elle exhorté.

Griffe à la main
La styliste Thiané Diagne Jour-J, pour sa part, a fait comprendre qu’il est difficile de sortir d’une école de formation et intégrer directement une maison de couture. La spécialiste de la soie a exhorté les jeunes à la patience, à capitaliser le maximum d’expériences, avant de vouloir voler de leurs propres ailes. « Peut-être, 5% de jeunes peuvent ouvrir une maison de couture juste après leur formation. Je suis passée par plusieurs maisons de couture avant d’ouvrir mon entreprise », a avancé la styliste de renom.

Bara Ndour, professeur de l’histoire de l’habillement à l’Institut de coupe couture et de mode (Iccm) de Dakar, a reconnu, qu’avant de créer, il faut de la compétence, et que cela passe d’abord par la formation. Poursuivant, il affirme qu’il n’y a pas d’école dédiée spécifiquement à la mode. M. Ndour plaide pour que les métiers de la mode aient une nomenclature.

Le Pr Ndour se désole du démantèlement de nos fleurons textiles (les usines Sotiba Simpafric, Icotaf), qui constitue un handicap pour les acteurs. Alors qu’avec ces entreprises susmentionnées, la chaîne de valeusr était assurée. La formatrice Asta Tounkara a porté un vibrant plaidoyer pour un accompagnement de l’Etat à l’endroit des stylistes. « Au Sénégal, on peut s’habiller même si on ne mange pas… », confie la formatrice, qui constate que le métier de styliste ne nourrit pas son homme, parce que plusieurs personnes le revendiquent. Mme Tounkara a relevé la difficulté à lier, à la fois, stylisme et assumer les autres métiers de la mode. « Ce que tu ne sais pas faire trouve une compétence ailleurs », a-t-elle conseillé, non sans inviter à ce que les aînés tendent la perche aux jeunes.

Professeur en communication, Alassane Wade, dans un style habile, a précisé qu’on ne forme pas un styliste comme on le fait pour un mécanicien. Il note que ce qui intéresse le client, c’est le produit de qualité. Dès lors, il se dit convaincu que des professionnels du secteur doivent faire des séminaires dans les écoles de formation, afin de mieux préparer les jeunes stylistes.

Serigne Mansour Sy CISSE

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