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Mao Sidibé, musicien : « J’envisage mon deuxième album suivi d’une tournée en 2018 »

15 Avr 2017
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Mao Sidibé est auteur, compositeur, arrangeur et interprète. Originaire de la Médina de Dakar, il met en avant une habileté musicale qui fait appel à diverses mélodies. Après ses débuts avec le groupe Bbc Sound Système dans le registre du ragga-hip-hop, Mao évolue maintenant en solo, proposant un véritable cocktail avec des sonorités diverses. Dans cette interview, il revient sur ses influences, tout en donnant son point de vue sur l’évolution du marché musical sénégalais.

On constate une certaine démarcation dans votre style musical par rapport aux autres. Pourquoi ce choix ?
Je ne pense pas que ce soit une démarcation à proprement dire. C’est juste qu’avec l’expérience et les épreuves que j’ai traversées, toutes les personnes, les artistes et les événements qui m’ont marqués, le voyage que j’ai fait en France, j’ai beaucoup évolué là-bas, musicalement parlant. Ce sont toutes ces influences qui se mélangent dans mon style. Il faut également dire que mon père m’a beaucoup marqué dès mon jeune âge, je l’entendais toujours écouter de la musique mandingue. Du coup, j’ai reçu des influences musicales diverses, où tous les registres se côtoient. En plus, il y a mon frère qui écoutait tout ce qui est rock, pop. Il y avait déjà ces influences-là. Également, j’ai eu à évoluer dans un groupe de rock. J’ai côtoyé des groupes de reggae, d’autres qui évoluent dans l’électronique. Ce sont toutes ces influences mélangées qui font qu’aujourd’hui, j’essaie de diversifier mon style musical. Je fais tout ce qui me parle et tout ce que je sens.

Vos clips sont d’une originalité frappante. Pourquoi cette démarche ?
Merci pour l’appréciation, je ne sais pas si mes clips sont véritablement originaux, il demeure toutefois vrai que j’accorde beaucoup d’importance à l’image. Dès que je commence à écrire un morceau, je pense en même temps à la mise en scène. C’est ma façon d’écrire et de faire mes compositions. C’est moi-même qui suis le réalisateur de mes différents clips. Peut-être, c’est dû au fait qu’en écrivant les paroles, je commence déjà à réfléchir sur le scenario. En le faisant, je ne suis pas forcément animé par le désir de mettre en avant l’originalité. C’est juste que je trouve qu’avec l’évolution, technologique, il est plus facile de proposer des images de haute facture. Vu que c’est à la portée de notre génération, pourquoi ne pas en profiter. Maintenant, la démarcation s’apprécie par rapport à l’histoire que l’on veut raconter, le choix des images et surtout comment on s’y prend. Du coup, on va forcément essayer de chercher quelque chose de particulier qui puisse représenter le morceau. Également, je n’ai pas l’habitude de trop regarder la télé, ce qui fait que quand je réalise un clip, je me base essentiellement sur mes idées. Cela contribue peut-être à assurer cette originalité dont vous parlez.

Quels sont vos ambitions sur le marché international ?
En ce qui concerne ma carrière internationale, j’ai fait quelques dates à Paris pour le premier album. Fort heureusement, nous avons eu beaucoup de bons retours. C’est même au-delà de nos espérances et de nos attentes. Ce qui fait que le deuxième album va prendre beaucoup plus de temps. Nous avons prévu de le sortir fin 2017 début 2018. J’ai vraiment envie de prendre mon temps et de faire de la recherche dans un style particulier que j’ai envie de développer. Dans cet album, je vais travailler avec le guitariste sénégalais reconnu à l’international Hervé Samb. Il a une touche qui m’intéresse beaucoup. Ma musique lui est très sensible aussi. Ce qui fait que nous allons travailler ensemble sur le prochain album. Il sera là en tant que réalisateur. Après la sortie du deuxième album, nous envisageons de faire une tournée internationale.

Comment appréhendez-vous votre prochain album ?
Pour continuer sur un deuxième album, c’est toujours compliqué car dans le premier, on a envie de mettre toutes les idées emmagasinées depuis des années. Le travail d’un deuxième pus est toujours beaucoup plus compliqué car il s’agit d’une continuité. Cette situation pousse l’artiste à vouloir davantage donner de sa personne. Il faut souligner qu’après une première production, l’attente du public devient de plus en plus grande. Il nous revient dès lors l’obligation de confirmer tout le talent qu’on nous prête. Et évidemment, pour le deuxième album, on essaie de placer la barre beaucoup plus haut, ce qui, de fait, amène à davantage travailler. L’idée est de se perfectionner le plus possible. En plus, on n’a pas envie de faire la même chose. On veut aller plus loin, on a envie que ce soit encore mieux que le premier. L’ambition va grandissante, ce qui, par conséquent, pousse l’artiste à vouloir davantage se donner.

Parlez-nous un peu de vos influences musicales…
En ce qui concerne mes influences musicales, je me focalise beaucoup sur le côté mandingue et le côté rock. C’est vrai que j’ai aussi eu des influences du hip hop. Au plan national, Pbs, Daara J et autres. Sur le plan international, nous avons beaucoup écouté des groupes comme « Public Enemy », Méthode Man. Du côté reggae, il y a forcément eu Bob Marley. Également, j’écoute beaucoup le groupe Orchestra Baobab et cela depuis ma plus tendre enfance. J’aime également Cheikh Lô et Souleymane Faye, Touré Kounda. C’est toute cette palette qui fait de moi ce que je suis devenu musicalement.

Comment appréciez-vous la musique sénégalaise ?
Je trouve que la musique sénégalaise se porte bien. Il y a beaucoup de nouvelles choses qui sont proposées au public. Une nouvelle génération est en train de voir le jour avec beaucoup de nouveaux styles, les uns plus originaux que les autres. Cette situation est à saluer, cela montre qu’il s’effectue une sorte d’ouverture. Mais, je constate également que sur le plan international, nous n’avons pas su porter le flambeau beaucoup plus haut que nos prédécesseurs. Je peux, dans ce cadre, citer le Super Diamono, Xalam II, Youssou Ndour, Baobab Orchestra, entre autres, qui sont des groupes que j’apprécie beaucoup. Je trouve juste que par rapport au legs de ceux que je viens de citer, nous n’avons pas beaucoup avancé. Nous n’avons pas su embellir ce qu’ils nous ont laissé. Cela est assez dommage. C’est vrai que la vitrine musicale sénégalaise était beaucoup plus consommée à l’international avant par rapport à aujourd’hui. Sur ce plan, j’ai l’impression que nous avons fait une régression au niveau de la qualité musicale. Mais avec la nouvelle génération, beaucoup sont dans une dynamique de recherche, d’innovation et d’originalité.

Propos recueillis par Oumar BA

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