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Publication - « Amady Aly Dieng, le Transmetteur intégral » : La pensée de « l’homme du contre-courant » revisitée

15 Mai 2017
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Revisiter l’œuvre du « doyen » Amady Aly Dieng, c’est célébrer des valeurs, ouvrir des pages de la trajectoire collective et porter un regard critique sur des « évidences » et sur la société. Les échanges autour du livre « Doyen Amady Aly Dieng, le transmetteur intégral » de l’enseignant au Département d’histoire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Abdarahmane Ngaïdé, à la librairie L’Harmattan, samedi dernier, témoignent de la dimension de cet esprit encyclopédique.

« Amady, qui écrivait beaucoup, s’était mis à l’ordinateur, mais comme tous ceux de notre génération, il était loin de le maîtriser. Je le revois encore appeler sans arrêt Ngaïdé à la rescousse, qui arrivait et lui disait « Papa toi aussi il faut faire ceci ou cela », avant de le dépanner. Cela était dit sur un certain ton respectueux et ironique à la fois, car il existait entre les deux une sorte de complicité que je suis tenté de qualifier de parenté à plaisanterie ». Ce témoignage du Professeur Boubacar Ly dans la préface de l’ouvrage confère encore, au-delà de la dimension intellectuelle, à Abdarahmane Ngaïdé, la légitimité de produire un travail sur Amady Aly Dieng.

Ce livre est l’expression d’une entière humanité et le résultat d’un cheminement avec l’illustre disparu. L’historien s’acquitte ainsi d’un devoir de mémoire qui incombe à toute la communauté intellectuelle et aux autorités politiques. L’auteur, dans ce livre qui « donne le tournis au lecteur » pour ainsi reprendre le Professeur Bouba Diop, compile des écrits ou interventions pour en faire une anthologie de 14 textes reflétant globalement la pensée du « transmetteur intégral », ses préoccupations et son style. La prouesse de Ngaïdé est d’avoir, à travers Amady Aly Dieng, de l’avis de Bouba Diop, ouvert une brèche sur l’impérieuse nécessité de porter la réflexion sur le destin d’universitaires catalogués « rebelles » et, de manière générale, sur celui des travailleurs culturels, sur la vie du livre, préoccupation majeure de celui qui avait offert sa vivante bibliothèque à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Le défunt professeur déroutait par son esprit critique et l’acception qu’il donnait à l’intellectuel qui « ne pouvait ni être courtier de la pensée ni être amoureux du lucre et des festivités fluorescentes », rapporte Abdarahmane Ngaïdé dans son ouvrage. Et le dépeint en ces termes en empruntant le jargon fleuri de la musique : « Amady Aly Dieng était un virtuose chef d’orchestre hors des champs de la simple orchestration. Il jouait une note qui lui était particulière, mais ô combien stimulante ».

Ses observations sur les thèses de Cheikh Anta Diop ont souvent créé la polémique dans les milieux intellectuels. De l’avis des principaux intervenants, cela découle d’une méprise sur la nature des relations entre les deux hommes et du message qu’a voulu délivrer l’ancien assistant d’Abdoulaye Wade à l’Université de Dakar. Il voulait montrer par-là, à en croire le professeur Ibrahima Wane, que Cheikh Anta Diop n’est pas à aduler. Son œuvre est à étudier.

Contre les unanimismes bêlants
L’éloge que lui décerne, dans la postface, le recteur de l’Ucad, Ibrahima Thioub, confère aux propos de Wane toute leur pertinence. « Amady n’a jamais caressé ses compatriotes dans le sens du poil. Au contraire, il avait la critique acerbe, sans concessions, délivrée avec un courage frisant l’impertinence, voire l’outrecuidance, parfois avec une agressivité verbale désarmante. Il exécrait particulièrement le genre hagiographique. Pour lui, la glorification du passé de l’Afrique non soumise à une critique radicale pour en révéler les côtés obscurs est le péché originel que peu d’intellectuels du continent n’avaient pu transcender, si ce n’est par une suprême trahison née de la couardise d’affronter la pensée unique occidentale, qui a souvent plombé les expressions de l’intelligentsia africaine. La glorification du passé est une trahison de la mission qui est la nôtre. Il est assurément l’homme du contre-courant, c’est-à-dire contre tous les unanimismes bêlants ».

Alassane Aliou MBAYE

Last modified on lundi, 15 mai 2017 14:19
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