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Mor Bâ, artiste-comédien : L’humour dans tous ses éclats

10 Fév 2018
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Artiste-comédien de talent,  Mor Bâ s’est très tôt frayé un chemin dans le monde du théâtre. En intégrant en 1973 la troupe nationale dramatique de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano, il a développé un sens de l’humour à fleur de peau.

L’image est familière, drôle. Sur sa motocyclette, drapé de son éternelle tunique en imprimé wax avec une coiffe trônant sur la tête, l’artiste  comédien Mor Bâ sillonne les artères de la capitale sénégalaise. Cette mise indémodable reste indissociable de son talent de comédien, d’humoriste qui imite comme personne la voix du poète-président  Léopold Sédar Senghor. Cela  lui a permis d’asseoir sa notoriété. Mor Bâ  a également su se construire une identité dans le milieu du théâtre sénégalaise pour  son caractère humoristique et ses différents rôles interprétés dans les pièces de théâtre. Cet humour ravageur se confond avec sa bonne humeur et se lit sur le visage tout autant qu’il se traduit également à travers  les mots qu’il vous adresse dès le premier contact avec lui.

Natif de Ngaye Mékhé, ce septuagénaire  arrive  à Dakar  à l’âge de 10 ans et y passe le plus clair de sa jeunesse. Rien ne prédestinait Mor Ba à devenir comédien. « J’ai fait de la boxe, je me suis exercé  également aux arts martiaux. J’ai même fini par être un homme très costaud qui s’est mis à masser les gens  pour le bien-être de leur corps», raconte-t-il avec un brin de fierté. Cette corpulence finit par bien  payer. Avec son physique, il découvre l’improvisation théâtrale, en 1969, au théâtre national Daniel Sorano grâce à Maurice Sonar Senghor. Ce dernier le voyait  bien pour interpréter le rôle de gardien du Roi Alboury dans la pièce théâtrale « L’exil d’Alboury » de Cheik Aliou Ndao. De là, naîtra une longue histoire entre Mor Bâ et  le théâtre national Daniel Sorano. Il a été embauché en 1973 dans la troupe nationale dramatique. Avec une volonté de fer et  un humour ravageur, Mor Bâ interpréta avec succès les rôles qui lui étaient confiés dans les pièces dont « Pot mi », « L’os de Mor Lam ».

35 ANS À SORANO
Sous le magistère du président Léopold Sédar Senghor, Mor Bâ aura l’occasion de beaucoup voyager à l’étranger avec la troupe nationale dramatique. « Avec ce métier, j’ai pu visiter beaucoup de pays étrangers et surtout de rencontrer d’éminentes personnalités, qui, à chaque fois qu’on finissait de jouer,  nous félicitaient pour notre belle prestation. J’ai même été en Union soviétique, actuelle  Russie, au Koweit,  au  Bahrein, au Qatar, en France où j’ai joué à plusieurs reprises « La tragédie du Roi Christophe », au Maroc, en Tunisie où nous avons été même primés après avoir  interprété la  pièce théâtrale « La grève des Battu » d’Aminata Sow Fall  et la liste n’est pas exhaustive », se remémore l’acteur.

En plus de ce talent qu’il avait l’art de  bien traduire dans ses rôles, l’artiste-comédien Mor Bâ en détenait un autre, celui d’imiter la voix du  président poète Léopold Sédar Senghor  qui, dit-il, restait toujours sidéré après l’avoir imité et dans un français  très correcte. Pourtant, l’ex-pensionnaire  du Théâtre Sorano soutient qu’il n’a jamais fait les bancs. Il a juste  fréquenté l’école coranique. Ce talent d’imitateur de voix, Mor Bâ ne le limite pas qu’au président Senghor. Il le réussit bien avec d’autres personnalités de ce pays. Et dès qu’il commence  à imiter, il le fait de manière drôle. Mor Bâ, on ne peut pas s’empêcher de s’esclaffer car tout est humour en lui, ses paroles, ses gestes, son accoutrement, le tout couronné d’une grande sympathie.

Après  s’être investi 35 ans  durant, Mor Bâ a pris sa retraite du théâtre national Daniel Sorano. Aujourd’hui, le comédien s’est quelque peu retiré de la scène. Toutefois il poursuit des activités parallèles. Même s’il n’a pas voulu trop en parler, il nous confie qu’il a repris son métier de masseur. « J’avais commencé avec ce métier. Avant même d’intégrer Sorano, je le pratiquais.

Maintenant que je suis à la retraite, je reprends mes anciennes activités de masseur. Je remercie Dieu puisque tout ce que j’ai gagné dans ma vie je les dépensais au quotidien pour subvenir au besoin de ma famille », explique-t-il. Non  sans préciser qu’à chaque fois qu’on le sollicite pour une prestation même dans les autres régions du Sénégal, il est toujours prêt à donner beaucoup de lui-même. « J’aime ce que je fais et vu que j’arrive même à changer les humeurs de certains,  je ne cesserai jamais de les faire rire, rire et rire encore », se réjouit-il.

Sur ce registre, l’ancien pensionnaire de la troupe nationale dramatique de Sorano invite les jeunes comédiens à relever le niveau du théâtre au Sénégal. Pour Mor Bâ, la jeune génération fait autre chose mais ne joue pas du théâtre. « A notre époque, il y avait que de grands comédiens et acteurs comme feu  Omar seck et tant d’autres, tous chéris par le président Léopold Sédar Senghor pour leur talent. Il est temps que cette nouvelle vague d’acteurs soient encadrés et bien formés pour assurer une bonne relève », suggère Mor Bâ.

Par Maguette Guèye DIEDHIOU

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