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L’ouvrage intitulé « Emigration des Africains : oser le retour », publié aux éditions L’harmattan, a été présenté, samedi dernier. L’auteur, Karounga Camara, y a entrepris une réflexion sur le retour en Afrique des émigrés et les modalités qui l’organisent.

Le récit de vie de Karounga Camara est inspirant. Il est en harmonie avec sa première production littéraire, « Emigration des Africains : oser le retour ». Il est un chef d’entreprise, auteur, conférencier, formateur et coach mental. Après les études universitaires en mathématiques à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, il entame une carrière professionnelle dans l’enseignement, dispensant des cours au collège pendant plus d’une décennie. Il émigre ensuite, en Italie, après avoir subi une formation en Tourisme, Communication et Marketing. Pendant sept ans, il vit et travaille dans ce pays et a eu la chance d’en découvrir d’autres en Europe. En 2015, il « ose le retour » et crée « Senitafood », une entreprise agro-alimentaire, et s’engage dans un réseau regroupant des expatriés sénégalais de retour au pays.

Sa trajectoire inscrit donc ce livre dans une démarche empirique avec des mots et images qui, à la fois, peignent le drame et nourrissent des espoirs. Karounga Camara le dit avec une précision remarquable parce qu’il décrit la réalité et émet des propositions pertinentes tendant à dissiper les appréhensions de ceux qui sont loin de leur espace de « confort ».

De cet ouvrage, Babacar Ngom, magistrat et écrivain, dit ceci : « Le mot oser traduit un sentiment de peur et d’incertitude. Un sentiment certes justifié par les raisons du départ qui sont toujours là. Mais l’auteur, tel un thérapeute, un pédagogue, suggère une méthodologie et une démarche pour réussir le retour. Aussi, tel un expert, l’auteur fait des propositions pertinentes d’accompagnement des candidats au retour sur le plan économique, institutionnel, technique et administratif. Une belle réflexion qui peut être versée dans la corbeille des politiques publiques de développement. A travers ce livre, Karounga Camara se révèle et allie, dans une aisance remarquable, un style de narration du genre romanesque et un style technique qui renseigne sur son profil d’expert ».

Penser le retour
L’auteur aborde plusieurs questions essentielles destinées à rendre le retour plus serein. De l’idée de retour à l’instant favorable en passant par la réflexion sur le projet d’activité et son articulation, il fournit un monceau d’indications sur un retour pensé et méthodique. Celui-ci doit être précédé d’une thésaurisation pour financer l’activité ciblée ou suivi d’un financement sans négliger les opportunités qui s’offrent au revenant. Toutefois, l’acceptation du retour définitif est un élément psychologique important de ce processus, de cette nouvelle vie.

Le préfacier, El Hadji Songué Diouf, estime que ce livre « fera certainement date tant par l’originalité du propos que par la froide rigueur de l’objectivité dans l’analyse… Oser revenir, c’est comprendre que l’Occident prend le chemin inverse pour perpétuer son éternelle action prédatrice des ressources du continent africain. Ce, pendant que nous nous bousculons à ses frontières ». Il assimile le sort de l’Afrique et des Africains à un « paradoxe tragi-comique ».

La leçon magistrale de Karounga Camara, pense-t-il, consiste à inviter les Africains à redevenir Africains. Cela n’est possible qu’à la condition de vaincre l’afro-pessimisme, de comprendre que l’Afrique n’a de leçons à recevoir de personne et surtout qu’elle regorge, en tous les domaines, d’experts aptes à la porter sur les cimes du développement durable.

Le professeur de philosophie a soulevé la nécessité de « s’adapter aux mutations de l’Occident, naguère hospitalier et aujourd’hui hostile à toute forme « d’invasion étrangère… Certains dérapages verbaux sonnaient déjà comme des lapsus révélateurs d’un inconscient collectif occidental de plus en plus indisposé par la vague migratoire africaine ». Karounga Camara pose donc, au-delà des implications économiques et politiques du retour, un débat idéologique.

Alassane Aliou MBAYE

L'Initiative des médias d’Afrique (Ami) vient de publier à Nairobi une étude sur la couverture médiatique de l’Afrique. Dans ce rapport, l’Ami  a révélé que  les médias africains proposent très peu de reportages transfrontaliers, ce qui a pour corollaire une connaissance limitée du continent par les Africains.  

Selon l’étude intitulée « Reporting Africa » (couverture médiatique de l’Afrique), la plupart des informations sur l'Afrique proviennent de sources extérieures au continent et elles déterminent, en fin de compte, ce que l'on a appelé « le discours sur l’Afrique ».

« L’étude cherchait à comprendre les thèmes dominants de l’actualité et s'il y a des dialogues convaincants qui font l’objet de reportages et qui peuvent collectivement définir le discours sur l'Afrique. Elle s’est appuyée sur des données empiriques glanées à partir des reportages publiés dans toute la région et des réponses fournies, par les rédacteurs en chef, à une série de questions posées par Ami »,  a renseigné le rapport. Aussi, l’étude visait non seulement à approfondir la compréhension globale des éléments qui sous-tendent la couverture médiatique à l'intérieur et au-delà des frontières nationales, mais aussi à éclairer les choix éditoriaux et à façonner les perceptions locales et régionales du continent.

Finalement, elle a mis en évidence le fait que les faibles investissements dans les médias et les capacités professionnelles limitées dans de nombreux pays avaient entraîné une dépendance persistante aux sources d’information étrangères, ce qui a limité l'intérêt des journaux africains pour les sujets qui enrichissent l’agenda africain et mettent l’accent sur les expériences partagées.

Selon l'étude, les dirigeants des médias estiment que les lecteurs et les publics préfèrent des histoires intéressantes qui, dans le contexte africain, signifient, selon l'un des répondants, « des récits intrigants d'échec et de défaite contre les forces de la nature ».

« Si nous voulons réinventer l'image de l'Afrique et changer le récit, nous devrons trouver des moyens novateurs pour augmenter considérablement les investissements dans les médias et utiliser la technologie pour alimenter le contenu des médias au-delà des frontières en Afrique. Il doit y avoir un véritable effort local visant à définir et à façonner le récit d'une manière qui reflète la diversité des voix et des images d'un continent en mouvement », a indiqué Eric Chinje, l’un des co-auteurs du rapport.

Rôle émergent des réseaux sociaux
A l'en croire, une réunion importante des chefs d'État et de gouvernement a eu lieu au cours de la période de l’étude. Mais, aucun des points à l'ordre du jour de la réunion n'a été couvert à l'échelle du continent ou dans un groupe significatif de pays. En fait, les médias n’ont pas su être une source fiable d'informations ou de connaissances sur l'Union africaine et l'Institution panafricaine qui a accueilli l'événement.

Les réseaux sociaux sont également responsables de la redéfinition du rôle et de la portée des médias dans la société. « Les blogueurs sont devenus une nouvelle classe de célébrités médiatiques. Les Africains seraient parmi les premiers utilisateurs mondiaux de Facebook et de l'application WhatsApp.

Grâce à la capacité de produire et de diffuser du contenu, bien que limités à un public restreint, les réseaux sociaux comblent des lacunes, dans les secteurs d’information laissées par les médias traditionnels en proie à un déficit de capacités et de ressources », a indiqué l’Ami dans son rapport.

L'Initiative des médias d’Afrique (Ami) est une organisation panafricaine ayant pour but de renforcer les médias privés et indépendants du continent, en mettant l’accent sur les propriétaires et les gestionnaires, afin de promouvoir la gouvernance démocratique, le développement social et la croissance économique.

Maguette Guèye DIEDHIOU

La 2ème édition de l'initiative « Hommage aux grandes figures afro-américaines d'origine sénégalaise » a été lancée, mercredi 18 juillet, au complexe Keur Gaïndé de Hann, par Amadou Yandé Thiam. L’initiateur évoque une caravane nationale qui démarrera le 28 juillet.

Une caravane nationale et internationale sera lancée pour mettre au-devant de la scène les grandes figures afro-américaines qui se sont illustrées en anti-esclavagistes, inventeurs, hommes de guerres et de Lettres, entre autres. Le démarrage de la manifestation est prévu le 28 juillet. Selon l’initiateur, Amadou Yandé Thiam, Gorée, Saint-Louis, Boundou, Djolof et les foyers religieux de Touba, Tivaoune et des Niassènes seront les sites ciblés, afin de combiner le temporel et le spirituel. L'extension vers d'autres horizons tels que les Etats-Unis, notamment Washington, la Caroline du Nord, Jacksonville, etc., est également au programme.

Une initiative pertinente, selon Thiandéla Fall, représentant du maire des Parcelles Assainies, Moussa Sy, car elle permet de « voir comment ces grandes figures ont travaillé leur engagement et leur foi pour aboutir au rang d'icônes ».

Ces derniers peuvent être des références pour la jeunesse africaine en général et sénégalaise en particulier. Il renchérit que « nous ne devons pas chercher ailleurs des modèles ». Toujours entre souvenirs et perspectives, la commémoration est collective. Ce devoir de mémoire anime le promoteur culturel Amadou Yandé Thiam à « faire connaître ces figures historiques à la jeunesse africaine, à la diaspora et au monde tout entier ». Il tient également à ce que ces pionniers de la réforme des Noirs se fassent connaître au Sénégal de par leur prouesse. Pour l'historien-chercheur Moustapha Guèye, « nous laisserons le tribunal de l'histoire juger et interpeller la police de notre conscience ».

Sur les traces de ces iconoclastes
Dans cette caravane « Hommage aux grandes figures afro-américaines d'origine sénégalaise », l'incontournable île de Gorée et sa Maison des esclaves y est évoquée en guise d'hommage à Phillis Wheatley, première poétesse noire américaine de renom, originaire du Sénégal. Mbarick Fall alias Battling Siki, natif de Saint-Louis du Sénégal, expatrié en France puis aux Etats-Unis, est aussi célébré. Sont également fêtés Anta Madjinéne Ndiaye ou Timucuan Anna Madgigine Jai Kingsley, planteur et propriétaire terrien, au début du XIXe siècle, à Jacksonville où un musée lui est dédié.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

La capitale sénégalaise, Dakar, accueille, depuis hier et ce jusqu’au 28 juillet, la cinquième édition du Festival afropolitain nomade. Cette manifestation faisant le tour des capitales francophones d’Afrique est un lieu de rencontre pour les artistes internationaux autour de la musique, des arts visuels et du numérique.

Promouvoir les relations interculturelles, le partage d'expertise et l'utilisation de l'art comme moyen de dialogue, telle est l’approche du Festival afropolitain nomade dont la cinquième édition vient de s’ouvrir dans la capitale sénégalaise. La manifestation, prévue jusqu’au 28 juillet prochain à Dakar, compte mettre, cette année, le numérique au centre des festivités afin de mieux concrétiser sa vision interculturelle.

Présenté par Afropolitan et la structure Baraka Global Arts, le Festival se veut un lieu de rencontre pour des artistes internationaux qui feront de Dakar la capitale de la musique, des arts visuels et du numérique.

Le Festival afropolitain nomade, soucieux de forger les bonnes pratiques en matière de création artistique et d’échange interculturel, informe un communiqué, va encourager les jeunes artistes dans leur démarche d’appropriation de la chose numérique. D’où tout le sens de la thématique de cette édition : « La musique et les arts visuels à l'ère du numérique ». « Nous utilisons l'art et la création pour amorcer le dialogue et favoriser la paix dans des pays comme le Congo, le Cameroun, le Gabon et le Bénin. Nous pensons que le Canada et le Sénégal, de par leur positionnement comme Nations ouvertes et multiculturelles, soutiennent les efforts que nous faisons pour bâtir des ponts », informent les organisateurs.

Le Festival, à travers ses nombreux partenaires, à l’instar de la Ville de Dakar, du ministère de la Culture du Sénégal et de Tv5 monde/Afrique, va compter sur deux artistes autochtones (Natasha Kanapé Fontaine du Canada et Charles Koroneho, un maori de Nouvelle-Zélande). Aussi, le rappeur Nix du Sénégal, grand acteur du secteur numérique, a été choisi comme le « Prix Inspiration 2018 ».

Le Festival afropolitain nomade peut également compter sur l'expérience de l’artiste Fredy Massamba pour conduire une résidence de création multidisciplinaire et multiculturelle. En outre, la rappeuse et activiste américaine Akua Naru, en plus de tenir l'affiche, sera en conférence sur le thème de « la place des femmes dans l'art et la culture », à l'Institut français du Sénégal.

Depuis son lancement en 2012, le Festival afropolitain nomade a permis la mise en place d’un réseau de 120 artistes établis sur trois continents (l’Afrique, l’Amérique du Nord et l’Europe). Il a été à l’origine de la création de 6 œuvres musicales collectives en résidence de création.

Ibrahima BA

La 35ème édition du Prix du jeune écrivain de langue française en 2019 est lancée. Depuis 1924, l’association du jeune écrivain organise ce prix littéraire dont le but est la promotion de l’écriture, auprès des jeunes du monde entier et le rayonnement de la langue française à travers le monde. Comme chaque année, ce prix s’adresse à tout jeune francophone âgé de 15 à 17 ans issu de 70 pays différents. La particularité de la dernière édition est la participation des lauréats désignés par le jury international d’écrivains de renom, dans des ateliers d’écritures où ils ont eu le bonheur de voir leur nouvelle publiée dans un recueil édité à 2000 exemplaires par de grandes éditions. Tout candidat entre 15 et 25 ans, désirant postuler, peut envoyer son texte avant le 15 février 2019, à l’adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Le comité de rédaction des textes d’application du Code de la presse a remis, hier, ses conclusions lors d’un atelier de validation organisé à Dakar. Lors des débats, un large consensus s’est dégagé autour de ce document qui va donner corps au Code de la presse.  

Après le vote du Code de la presse, en juin 2017, un premier jalon qui définissait le cadre général et les principes, restaient les textes d’application pour accélérer son application. Présidé par le magistrat Macoumba Koumé, le comité chargé de la rédaction de ces décrets et arrêtés qui vont donner corps au Code de la presse a soumis, hier, ses propositions aux acteurs lors d’un atelier de validation. Institué le 1er février 2018, le comité est parvenu, dans un délai record, à faire des propositions qui tiennent compte de l’ensemble des préoccupations. Une célérité saluée par la tutelle. « Ce n’était pas facile d’avoir des textes d’application immédiatement après le vote de la loi. Dans d’autres secteurs, cela peut prendre cinq ou dix ans. C’est pourquoi nous nous félicitons du travail de la commission présidée par le magistrat Macoumba Koumé qui, un an après l’adoption du Code de la presse, a réussi à finaliser les décrets d’application », explique Yoro Moussa Diallo, secrétaire général du ministère de la Communication. Ces cinq textes - une loi, deux décrets et deux arrêtés, soit au total 167 articles – définissent, de façon précise, le rôle et les attributions de la Haute autorité de régulation de la communication audiovisuelle (Harca) qui va remplacer le Cnra, les avantages et les obligations des entreprises de presse, les critères d’accès à la profession, les sources de financement et les modalités d’organisation et d’attribution du Fonds d’appui et de développement de la presse (Fadp) qui va se substituer à l’Aide à la presse.

« Protéger » les journalistes
L’objectif de ce Fonds est de « protéger » les journalistes, parce que l’Etat ne va plus aider des entreprises de presse fictives ou pas viables, assure-t-on du côté de la tutelle. A titre d’exemple, le Fonds va accorder des crédits d’impôts ou autres exonérations de taxes sur les activités financières aux entreprises en règle. En contrepartie, celles-ci sont soumises à un certain nombre d’obligations comme le respect des cahiers de charges (presse audiovisuelle), distribuer au minimum 30% du tirage dans les régions (pour la presse écrite) et avoir 60% de contenus propres (presse en ligne).

Les autres dispositions ont trait, entre autres, à la reconnaissance des écoles de journalisme et la mise en place d’une commission de validation des acquis de l'expérience.

Seydou KA

REACTIONS… REACTIONS
OUSSEYNOU DIENG, DIRECTEUR DE LA COMMUNICATION : « ACCOMPAGNER LES ACTEURS »
« Nous avons la ferme volonté d’accompagner les acteurs, à travers une démarche inclusive. Nous aurons un fonds d’appui et de développement de la presse structurée, avec plus de moyens et d’autonomie, avec la présence des acteurs au sein même du comité de direction. Nous aurons aussi une Harca avec plus de moyens, plus d’autonomie, plus d’indépendance pour réguler un secteur en pleine mutation. Par ailleurs, l’Etat va mettre suffisamment de ressources pour permettre aux médias publics de vivre essentiellement de ressources publiques, afin de libérer la manne publicitaire au profit du privé.

Toutefois, nous avons pris des dispositions pour permettre à ces acteurs privés de se structurer, d’assainir leur secteur, pour que seuls ceux qui respectent ces critères bénéficient du fonds d’appui à la presse. »

MAMADOU IBRA KANE, CDEPS : « NOUS SOMMES SUR LA BONNE DIRECTION »
« Nous saluons la célérité et la démarche inclusive de l’Etat. Tous les acteurs de la presse ont été associés à l’élaboration de ces textes. Avec ces textes, nous allons incontestablement vers la bonne direction. S’ils sont appliqués, la presse sénégalaise en sortira renforcée pour mieux jouer son rôle dans le développement économique et social ainsi que la stabilité politique du Sénégal.

Le Code de la presse va permettre d’assainir le milieu dans le sens où n’importe qui ne pourra désormais se prévaloir du titre de journaliste ou créer une entreprise de presse. Il y a désormais des règles à respecter. Il y a également la prise en compte de l’environnement économique de la presse, avec la mise en place d’un Fonds d’appui et de développement. »

Recueillis par S. KA

Les activités de la 13ème édition du FestiVert des Frères Guissé se sont tenues ce week-end, au parc zoologique de Hann. Après la remise de diplômes aux meilleurs élèves de la commune sur l’éducation environnementale, vendredi, des concerts ont clôturé l’événement, samedi et dimanche. Une occasion de regrouper les jeunes talents de la commune de Hann-Bel Air, sans oublier la prestation des grandes stars de la musique sénégalaise qui ont porté un message riche sur la protection de l’environnement.

Le festival culturel et environnemental, FestiVert, organisé par les Frères Guissé, s’est tenu dans un cadre environnemental et surtout didactique, du 13 au 15 juillet.

En effet, des concerts ont réuni tous les jeunes artistes de la commune de Hann-Bel Air, en plus des grandes stars sénégalaises susceptibles de délivrer des messages de veille et de protection de l’environnement. Le programme avait pour objectif d’allier, à la fois, le rythme et la sensibilisation sur l’apport de la culture sur les comportements dans les espaces publics, les plages et les espaces verts .

Dans cette démarche, les différentes prestations des artistes étaient basées sur les mauvaises pratiques dans la nature : la pollution, le déboisement, l’utilisation illégale des ressources naturelles et environnementales.

Des artistes de renom comme Momo Dieng, Canabass, Bidew Bou Bess, Safari…, qui sont à la fois des références et des porteurs de voix pour la jeunesse, ont véhiculé des messages de civisme forts, sur l’importance de l’éco-citoyenneté mais également la richesse du parc zoologique de Hann, qui est actuellement la seule et unique grande zone verte de la région de Dakar. Ces derniers ont insisté sur l’apport économique et culturel que ce lieu vert pourrait générer.

Par ailleurs, une sensibilisation sur l’urbanisme a été formulée à travers l’ambiance et l’émotion que la musique procure. Des messages que le public a fortement appréciés par des acclamations et des pas de danses très rythmés.

Le public n’a pas tardé à magnifier cette démarche culturelle et citoyenne en saisissant l’utilité des ressources naturelles, mais surtout l’obligation d’entretenir le cadre dans lequel nous vivons.

Cependant, les jeunes leaders de la commune de Hann-Bel Air ont pris l’engagement d’être au service de la culture et de l’environnement à travers leurs associations qui œuvrent pour la démarche éco-citoyenne.

Baye Ndongo FALL (stagiaire)

C’est connu de tous, l’Islam souffre d’une image que lui collent plusieurs personnes. Ce qui est pourtant loin de la réalité. Aussi, l’Agence islamique de presse (Iina) créée en 1972 et qui abrite l’Union des agences de presse de l’Oci se fixe comme principal objectif de « montrer le vrai visage de l’Islam », a dit le directeur administratif et financier de l’Iina, Saoud Al Chaikhy. « L’Iina s’est toujours focalisée sur la diffusion des informations qui renoncent à la violence sous toutes ses formes et évite tout ce qui pourrait conduire à des litiges, à travers le rejet des informations non crédibles et irresponsables. Par contre, elle publie les informations officielles incitant à la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme et la violence », a poursuivi Al Chaikhy. Ce travail se fait dans trois langues : arabe, anglais et français.

L’Iina publie par jour « 80 articles, la plupart sur les évènements économiques, politiques, culturels et sociaux », poursuit Al Chaikry qui se félicite des « relations excellentes » entre son pays, l’Arabie Saoudite et le Sénégal. Avec seulement 24 agents, l’Iina reprend aussi les dépêches des agences membres dont l’Agence de presse sénégalaise (Aps) et celles mondiales.

Support médiatique de l’Oci, l’Agence islamique de presse met l’accent sur les préoccupations du monde musulman, particulièrement celles des minorités musulmanes. Elle s’est même dotée d’un centre de formation avec des tableaux intelligents afin de renforcer les capacités de ses membres et d’autres journalistes du monde musulman.

Daouda MANE

Du théâtre, un spectacle de notre quotidien accentué sur la digitalisation. La pièce « Liking », jouée, le jeudi 3 juillet dernier, au Goethe Institut à Dakar, met à nu nos rapports avec le numérique.

Amener le public à « s'interroger sur le concept d'identité et comment l'accès à Internet et aux réseaux sociaux influence notre perception du monde » sont le socle du spectacle « Liking », écrit et mis en scène par Berengere Brooks.

La salle de l'Institut Goethe à Dakar est pleine, un silence y règne et les yeux sont rivés sur les acteurs sur scène à la merci de leur téléphone. Soudain, retentit une voix, « Vous a-t-on dit pour vos téléphones ? Gardez-les allumés ! »; informe Djibril, un des quatre acteurs de la pièce. Ils nous replongent dans un calme total, une dizaine de minutes s'écoule sous le regard curieux du public qui se pose des questions.

Zia, Laye, Djibril et Ass, les personnages de la pièce, absorbés par leurs smartphones, donnent l'impression d'être chez eux. Un moment de suspense et d'attente du public, quand Djibril se répète : « Et surtout, n'oubliez pas de garder vos téléphones allumés ; vous allez en avoir besoin » !

Des messages vocaux aux messages écrits, en passant aux appels téléphoniques ou simplement un surf sur Internet, les acteurs sont occupés par leur téléphone. Tantôt secoués par des poses photos, tantôt par des recherches sur des moteurs tels que Google, Explorer, Facebook. Par le biais des téléphones, l'assistance vote pour un acteur de son choix pour une répartition de rôle. A tour de rôle, les personnages se mettent dans la peau d’une femme, de l'assistant, du docteur, une production qui ressemble à un casting dont le public est réactif. Une liaison entre public et acteurs par le biais du téléphone reflète ainsi nos rapports avec la digitalisation.

En somme, dans la pièce « Liking », le public retrouve ses habitudes dans le scénario. Une participante déclare que la présentation lui est familière, elle a l'impression de voir sa maman, quand Laye jouait le rôle de la ménagère qui sermonne ses enfants.

Entre autres, l'inspiration et la réalisation sont saluées par les participants. Malick Diouf, un intervenant, juge le spectacle avec « une qualité de très haute facture, qui parle de nos rapports avec le téléphone et les réseaux sociaux ». Ce qui donne, dit-il, une certaine réalité. « Ils ont abordé le sujet avec subtilité et chacun en tire une leçon tout en s’amusant », selon M. Diouf.

Le challenge a été relevé par les quatre acteurs après cinq mois de répétition pour un rendu naturel et réaliste. Un projet monté par le Goethe Institut et Brrr Production, en partenariat avec la Fondation Rosa Luxemburg et l’ambassade de Suisse.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

L’humoriste d’origine sénégalaise, Boucar Diouf, est aimé et respecté au Canada où il est désormais citoyen. Ce Sérère bon teint remplit les salles de spectacles du Québec mais n'a rien oublié de ses origines du Sine-Saloum. Il a tellement assimilé la culture de son pays d'adoption qu’il pourrait changer de viatique. Après sa maîtrise en Biologie et son doctorat en Océanographie, il a quitté les amphithéâtres des universités canadiennes, où il a enseigné pendant huit ans, pour se consacrer entièrement au spectacle.  

La comédie, l’humour, l’enseignement et le rappel de faits historiques sont très présents dans les spectacles de Boucar Diouf. A travers un accent québécois, ou parfois africain, teinté de lettres, de styles métaphoriques ou d’une vulgarisation scientifique, on remarque que cet humoriste est une tête bien faite. Les paroles des griots qui entouraient son père l’ont bien influencé. Aussi bien dans ses publications que dans son art oratoire, il séduit. Il a tellement réussi sa symbiose culturelle que ce citoyen canadien d’origine sénégalaise fascine. Au deuxième jour de son spectacle, au Monument national de Montréal où nous l’avons rencontré, il lève un coin du voile sur sa vie, ses voyages et ses expériences culturelles. De Fatick à Rimouski en passant par Québec et Montréal, il poursuit une carrière d'humoriste que rien ne lui prédestinait. Boucar est un personnage multidimensionnel qui brille et vit de son art, sans tambour ni trompette. « Magtogoek, ou le chemin qui marche », est le nom du nouveau spectacle qu’il présente actuellement dans plusieurs villes.

A l’âge de 26 ans, il a quitté sa terre natale du Sénégal pour s’établir au Québec, où il vit depuis autant d’années. Cet homme de 52 ans égrène des défis, les relève et allie l'utile à l'agréable. Il se rappelle encore son hiver de canard, en 1991, date de son arrivée au Québec et se souvient de ses années d'enseignant à l'Université de Rimouski. Après un doctorat en Océanographie, un dilemme puis un choix définitif. Il produit des émissions et troque savamment son diplôme pour une vulgarisation scientifique dans ses spectacles et productions médiatiques. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. L'animateur et humoriste a su garder ses racines tout en se plaisant dans la culture québécoise, d'où son hybridité identitaire. La longue marche de Boucar Diouf, immigrant, humoriste et conteur, se poursuit en couleurs. Il s’est lancé, depuis 1991, dans un processus de rapprochement inter-culturel bien apprécié au Québec. Cela a un impact favorable car des touristes canadiens visitent chaque année sa région natale, son royaume d'enfance au paysage de baobabs si caractéristique. Réciproquement, des Sénégalais et d'autres peuples ont appris, grâce à ses spectacles, le nom que les Algonquins avaient donné au fleuve Saint-Laurent bien avant l'arrivée de Jacques Cartier.

Boucar Diouf 252 ANS DONT 26 PASSES  AU QUÉBEC
Boucar Diouf est un immigrant qui s'est bien intégré au Canada. « Lorsque je veux me concentrer avant de monter sur scène, je psalmodie des chansons du parolier sénégalais Ndiaga Mbaye pour évacuer le stress », nous confie-t-il derrière son sourire. Lui qui est issu d'un couple d'analphabètes et d'une fratrie de neuf âmes, a grandi dans un environnement traditionnel qui a bercé son enfance. Les récits héroïques des griots, véritables maîtres de la parole, qui galvanisaient les dignitaires de son village, l’inspirent toujours dans ses spectacles.

Boucar Diouf est titulaire d'une maîtrise en Biologie et d'un doctorat en Océanographie. Il est parvenu à exploiter un talent d’animateur que ses étudiants de l'Université du Québec à Rimouski avaient décelé. Ses cours d'enseignement étaient souvent ponctués d'histoires racontées pour les motiver. De fil en aiguille, cette générosité dans la transmission des connaissances a donné naissance à une bonne adaptation. Un test réussi dans un concours d'humour a révélé son art oratoire et lui a valu plusieurs distinctions au fil du temps.

Même si Boucar Diouf est influencé par sa terre natale, sa province d'adoption du Québec lui a tout donné : une épouse, des enfants, des diplômes et une célébrité. Une ascension sereine qui s’est faite dans la sensibilisation et la vulgarisation des sciences. Une estime également de ses lecteurs comme Paul Murray, étudiant en Actuariat : « J'aime ce que fait Boucar. Je suivais ses émissions à la télévision. J’ai lu tous ses livres et j'apprends dans ses écrits et sa culture africaine ». Les spectateurs, aussi bien à Montréal qu’au Québec, rient aux éclats et ne s'ennuient pas quand il se produit. De son Sine-Saloum natal au sud de la Petite Côte sénégalaise, à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar en passant par Québec et Montréal, il est resté enraciné, persévérant, travailleur et amoureux de la Francophonie. Le fils de Yaye Ndew (sa mère) semble triompher sans jubiler. Un aboutissement, selon Ndèye Dieynaba Ndiaye, doctorante en Droit international : « Boucar Diouf est un ambassadeur sans lettres de créance, un exemple d’immigrant, qui a bien réussi son intégration ». Pourtant, rien ne semblait prédire l’aura de « bête de scène » pour ce fils de cultivateur « sauvé » par l’école. Durant son enfance, il suivait les vaches de son père et était alors très loin des lampions des plus célèbres théâtres du monde. 

1991, DÉBUT D'UNE BELLE CARRIÈRE
De son premier hiver en terre canadienne, précisément à Rimouski, à son nouveau spectacle, « Magtogoek, ou le chemin qui marche », bien des choses se sont passées. De par son itinéraire et son intégration, Boucar Diouf reste le fruit d'une inter-culturalité aboutie. Rimouski est fier de son étudiant d'alors, le Québec de son idole, le Canada de son citoyen et le Sénégal de son fils. De la génétique, de la physiologie humaine à la biologie adaptative, en passant par l'océanographie, la biochimie structurale et le métabolisme énergétique, que de connaissances scientifiques et pas des moindres qu’il vulgarise avec aisance, le sourire aux lèvres.

L'homme est un chroniqueur qui a impressionné dans ses productions de télévision, de Radio-Canada et de Tv5. Il est également l'auteur de cinq publications : « Sous l'arbre à palabres », « Mon grand-père disait... », « Le brunissement des baleines blanches », « Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres » et « Boucar disait... ». Cet homme de teint noir, cheveux en dreadlocks, est un père de famille comblé et un artiste engagé pour le rapprochement culturel. Sa passion pour la paix et le développement témoignent aussi de son altruisme.

Par Mamadou Aïcha NDIAYE


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