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Culture (1203)

A Genève, sur invitation de notre compatriote Mme Absa Kane, l’artiste peintre et formateur Kalidou Kassé a monté une exposition d'œuvres d'art sur le thème « La Main de l'espoir », en soutien aux talibés et aux enfants de la rue. La vente des œuvres présentées à Genève ont pour but de permettre la construction d’un centre de formation qui permettra aux enfants de la rue d'avoir des outils nécessaires pour re-gagner leur dignité. Dans un entretien, Kalidou Kassé a levé le coin du voile sur certaines déclinaisons de son art, son engagement...

GENEVE - Chez Kalidou Kassé, chaque motif de ses tapisseries raconte une histoire, comme chaque membre du corps humain représenté dans ses œuvres. « Sur ce tableau, il y a une main gauche. C'est la main du cœur. Une main qui donne et qui reçoit, qui est généreuse. C'est la main du cœur que nous sommes venus apporter à Genève, accompagnés du soleil ». La question de la modernisation des écoles coraniques « daaras » et ou de la prise en charge des enfants de la rue préoccupe Kalidou Kassé.

« Comme vous le savez, le problème des talibés au Sénégal, c'est l’un des grands combats du président Macky Sall qui nous interpelle également. Chacun parmi nous, dans son domaine de compétence, peut contribuer pour éradiquer ce fléau. Je me suis dit qu’en tant qu'artiste plasticien, mon devoir c'était de savoir comment amener ma contribution. En marge de cela, chaque année, il y a plusieurs ventes aux enchères pour venir en aide aux enfants malades du cancer, acheter une machine de radiothérapie, avec beaucoup d’associations qui sont actives à Dakar... », explique M. Kassé.

En 2014, l’artiste a lancé un projet qui s'appelait « Un talibé, un métier » pour prendre en charge des enfants qui ont 16 ans, qui n'ont pas de métier et qui traînent dans les rues. « Qui soi-disant apprennent le Coran et après l'apprentissage, ils se retrouvent sans métier. 150 parmi eux ont été formés dans les métiers d'artisanat d'art comme le batik, la teinture traditionnelle, la coiffure hommes, la fabrication de chaussures et la calligraphie arabe », a souligné Kalidou Kassé.

« Un talibé, un métier »
Sa méthode ici est simple et efficace : il s’est dit que l'enfant qui a mis 20 ans à écrire le Coran, pour écrire une banderole, c'est facile. Les enfants initiés à la calligraphie ont un métier et restent travailler à Thiès.

« Je me suis dit qu’il faut qu'on compte sur nous-mêmes. Ce projet est soutenu par l'État du Sénégal : le ministère de la Formation professionnelle avec Mamadou Talla qui est le premier à nous avoir fait une lettre de recommandation et de soutien, le ministère de la Culture qui pendant la Semaine de la Francophonie en 2014, a tenu à participer et à accompagner ce projet.

« Enracinement et ouverture »
Rejoindre la mondialisation, c’est apporter avec soi ce que l’on a et le partager, souligne M. Kassé qui rappelle la fameuse théorie senghorienne de l'enracinement et de l'ouverture. « Le président Senghor nous avait appris depuis la création de l’École des Beaux-Arts, dans les années 1960, qu'il voulait un art nouveau pour une nation nouvelle. C'était un véritable plaidoyer pour dire aux artistes africains : vous avez une préoccupation esthétique, mais vous avez aussi une préoccupation sociale. Essayez de voir comment concilier les deux pour que votre art soit conservé par vos peuples et par vos sociétés. C'est l'art engagé », note l’artiste plasticien.

Un engagement de longue date
« Je le connais depuis très longtemps et je crois beaucoup à ses œuvres. C'est le premier artiste sénégalais qui a, dans le cadre de la lutte contre le sida, pris un de ses tableaux et l’a offert pour qu'il soit vendu et permettre d'avoir des fonds », tient à témoigner notre compatriote Mme Absa Kane, qui a invité Kalidou Kassé à Genève. Pour elle,le pinceau du Sahel est l'artiste qui incarne l'humanisme sénégalais. « Il représente notre pays à travers ses œuvres d'une très belle façon et en plus il a eu cette idée de créer cette association qui s'appelle « Un talibé, un métier » où il récupère les enfants de la rue et leur apprend un métier. Il le fait avec le cœur. J'ai voulu montrer, en tant que Sénégalaise d'origine, installée en Suisse depuis longtemps, à mon pays d'accueil, mon pays d'origine dont je suis très fière, à travers les œuvres de Kalidou et de son association », confie Mme Kane. Kalidou Kassé est également très proche du mouvement de la Croix-Rouge internationale et il est ambassadeur de bonne volonté à la Croix-Rouge sénégalaise. L’artiste plasticien explique son engagement par le fait qu’« il nous faut beaucoup plus d'humanisme pour cette humanité qui souffre et qui s'assombrit de jour en jour ».

Devant un de ses tableaux intitulé « La prière des parents », l’artiste nous donne une exégèse : « Je pense que chaque être aimerait avoir la bénédiction de ses parents ». A titre d’exemple sur la circulation des hautes valeurs humaines, l’artiste qui a échangé avec des étudiants de l’École internationale de Genève sur invitation de leur professeur sénégalais Momar Seck, dira aux jeunes apprenants : « Nous vivons en Afrique où les personnes âgées sont très respectées et intégrées jusqu’à la fin de leur vie à la famille, et nous devons partager cela pour qu'on puisse savoir aussi que de l'autre côté du monde, il y a d'autres valeurs ». Car, a-t-il justifié : « Les valeurs mises ensemble nous permettent d'avoir cette lumière que nous cherchons pour L'Humanité. Ces lumières qui se rencontrent nous permettent aujourd'hui d'avoir un monde meilleur ».

Philosophie d’Al Makhtoum
On sait que le défunt guide des Tidianes était contre l’utilisation des enfants et contre la manipulation exercée sur les talibés. A ce sujet, Kalidou nous dira : « Al Makhtoum ne voulait pas de cette utilisation des enfants. Il comprenait que l'Islam avait une autre signification. C'est-à-dire que les enfants devaient apprendre le Coran et après aller travailler ».

L’artiste se demande alors « comment partager nos vraies valeurs avec ces jeunes, avec ces enfants pour leur donner un meilleur avenir. Ces enfants sont les nôtres ». Alors que le plasticien cogite, l’on tombe sur un autre beau tableau : « Société environnement » qui parle d'un monde de globalisation. « C'est un monde que tout le monde partage à travers des têtes rouges, noires, bleues, jaunes etc., qui rappellent que ce monde nous appartient à tous, quelles que soient nos différentes couleurs. Nous sommes obligés d'être ensemble pour non seulement recréer notre environnement, mais recréer aussi nos différentes sociétés », note-t-il.

Correspondance particulière d’El Hadji Gorgui Wade NDOYE

Après trois ans de pause, le Festival de théâtre et du rire de Kaolack (Fest’rire) a repris de plus belle. Initiateur de la manifestation, le promoteur culturel Guédel Mbodj, en partenariat avec l’association des Artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots) est revenu sur les raisons de ce sevrage humoristique et les nouvelles ambitions de ce rendez-vous régional ouest africain du rire et de la bonne humeur.

Après trois ans d’arrêt, le « Fest’rire » est revenu dans l’agenda culturel national. Peut-on savoir les raisons de cette pause forcée pour le public ?
« En fait, il s’est agi de raisons personnelles et, pour tout vous avouer, de problèmes de santé me concernant. Au départ, l’idée était d’accompagner l’association des Artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots) pour pérenniser ce festival unique dans son genre autant au niveau national que dans la sous-région ouest africaine. Malheureusement, c’est un manquement de ma part car les artistes comédiens n’ont pas nécessairement une vocation de manager culturel, ce qui a expliqué qu’avec des soucis de santé personnels, il n’y a pas eu la relève attendue pour me suppléer dans ce sens. Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre et après trois ans de pause, l’événement a repris sa place dans l’agenda culturel national.

Quelles sont les innovations majeures apportées à la 11ème édition, qui s’est déroulée du 14 au 17 avril ?
Un certain nombre d’innovations ont été apportées au Fest’rire pour relever le niveau de cet événement culturel marquant de la région de Kaolack. Il s’agit d’abord de renforcer sa dimension internationale à travers la présence, lors de cette édition, de comédiens camerounais, ivoiriens, gambiens et même d’un Italien qui a tenu à participer à ce rendez-vous de l’humour. Ensuite, l’abandon du format uniformisé avec des spectacles regroupés au sein d’une enceinte unique. Pour la 11ème édition, des délocalisations ont été effectuées sur des scènes au terrain Deggo et sur une bâche aménagées au quartier Léona en dehors de l’esplanade Salif Bâ au complexe « Cœur de ville » de Kaolack. Enfin, il y a eu, cette année, l’organisation de compétions de régates sur le fleuve Saloum et de « Tanebeer » avec les grands tambours majors de la ville pour donner un cachet plus populaire à cette manifestation. Ce qui nous fait dire que le Fest’rire de Kaolack a acquis une nouvelle dimension avec cette 11ème édition.

Dans le passé, vous avez eu à déplorer l’absence d’implication des autorités locales dans l’organisation de ce festival. Est-ce qu’avec ce nouveau départ, les choses ont évolué favorablement ?
Absolument pas, rien n’a bougé à ce niveau. Mais pour ma part, je ne me suis pas fait d’illusions, il s’agit d’une initiative personnelle en partenariat avec les membres de l’Arcots. L’idéal serait d’avoir l’accompagnement des autorités à la fois administrative que politique mais vous l’avez vu, l’ouverture s’est déroulée en l’absence des officiels, ce que les artistes comédiens ont du reste déploré unanimement. Au total, il n’est pas utile de pleurer sur notre sort. Nous avons eu l’initiative, il nous appartient d’assumer le choix de positionner ce festival à Kaolack pour donner à cette cité historique la visibilité culturelle qu’il faut. A cet égard, je vous signale que le président de la République qui a honoré, à travers ma personne, l’ensemble des membres de l’Arcots en me faisant ambassadeur itinérant, a pratiquement validé la construction d’un grande salle de spectacle à Kaolack et celle d’un grand marché provisoire pour loger les commerçants victimes d’incendies récurrentes. Ces deux projets participent à donner à la capitale du Saloum son rayonnement culturel et historique au niveau de la sous-région.

L’organisation de cette 11ème édition du Fest’rire s’est tenue au lendemain de votre désignation au titre de Bour Saloum. Qu’est-ce que cette nouvelle casquette va-elle apporter au festival ?
Cela participe de la renaissance culturelle du Saloum. Nous allons pouvoir nous investir davantage pour cette cause, qui est sa vocation naturelle, la hisser à un niveau tel que Kaolack puisse être la capitale culturelle du Sénégal. Les deux projets précités (la salle de spectacle et le grand marché) vont, je l’espère, y contribuer. Sans compter qu’avec notre titre d’ambassadeur itinérant, nous allons nous évertuer à accompagner son excellence le président de la République dans son ambition d’un Kaolack émergent à travers la salle de spectacle, le marché de 700 places et l’esplanade de la mosquée de Médina Baye dans le cadre de la promotion du tourisme religieux dans le Saloum.

Propos recueillis par Elimane FALL

Connue comme créatrice de mode, Fakéba Ndao vient de mettre sur le marché son premier album titré « Made in Africa ». Conçu en format vinyle, le disque est composé de 9 titres chantés en langues wolof, mandingue et pulaar.

Une nouvelle sensation de la musique électronique s'illustre dans le paysage de la musique sénégalaise. Il s'agit bien de l'artiste Fakéba, aux multiples facettes. Connue dans le milieu musical pour avoir chanté en 2007 avec le conteur et poète Ben Zimet en langue russe et allemande ; elle a aussi assuré les chœurs des artistes sénégalais Alibeta et Carlou D. Aujourd’hui, Fakéba revient après un long séjour à Madrid, sous un autre registre musical. Celui de la musique électronique. Elle a mis, ce jeudi 20 avril, sur le marché, son premier album de 9 titres en format vinyle qu’elle entonne en trois langues wolof, mandingue et pulaar à travers une pure musique électronique. Sa voix sublime et imposante laisse imaginer toute cette passion qu’elle a pour ce genre.

Selon Fakéba, c’est par le biais de son producteur, le grand Big Toxic, un des grands producteurs d’Europe, qu’elle s’est lancée dans cette aventure de la musique électronique. Pour cette musique, Fakéba utilise la pop senth, l’ebm et le new beat ; un mélange des trois styles de musique qui en font un genre si particulier.

Lancée dans les années 1950, la musique électronique est une musique de masse, dansée surtout par la jeunesse. Elle est faite à base de machine, tout est programmé sur de l’ordinateur. « C’est en quelque sorte une création », fait savoir l’artiste Fakéba. Précisant que cette musique connue en Europe reste toutefois peu pratiquée par des artistes en Afrique. D’où la production de ce premier album, « Made in Africa », pour la faire connaitre davantage et aimer aux mélomanes sénégalais. Elle veut aussi faire découvrir à ceux qui l’écoute depuis l’étranger ses langues nationales à travers la musique électronique très connue en Europe. « C’est la première fois qu’une Africaine chante la musique électronique et dans ses langues nationales. Ce qui explique d’ailleurs le choix de ce titre, "Made in Africa" », confie-t-elle.

Parmi les titres de cet album figurent « Musique amoul frontière », pour justifier le choix des langues adoptées à travers cette musique électronique. Dans le morceau « Aduna », Fakéba y parle de la vie, de Dieu, de la mort de la jeunesse, de l’énergie des gens. « Il y a "Fabe", le titre phare de l’album qui signifie venez en langue soussou et aussi "Balnalen" ou je chante le pardon, aujourd’hui les gens se font du mal entre eux sciemment ou sans s'en rendre même compte. Donc dans ce morceau, j’invite les gens à cultiver l’esprit de pardon, de tolérance », informe-t-elle.

Pour la promotion de l’album, Fakéba indique qu’elle prévoit de faire des tournées nationales dans certaines régions du Sénégal. Aussi, envisage-t-elle de participer à de grands festivals en Europe.

Outre sa passion pour la musique, l’artiste Fakéba est également une créatrice de mode qui dispose de sa propre marque. « Avant de me lancer dans la musique électronique, j’étais d’abord styliste et c’est sur cette base que je me suis d’ailleurs rendu en Espagne. J’ai ma marque de vêtement, je confectionne des chaussures en cuir et des tenues en wax », confie-t-elle. Elle a également participé à plusieurs spots publicitaires au Sénégal.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le film « Frontières » a remporté, au dernier Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouaga (Fespaco), trois prix. Amélie Mbaye, Sénégalaise établie aux États-Unis, en est l’une des héroïnes. Elle n’est certes pas l’une des artistes les plus connues au Sénégal mais elle n’en est pas moins une digne représentante de la créativité africaine. En plus de s’illustrer dans le cinéma américain et africain, elle s’ouvre un autre chemin dans la musique… à son rythme.

Adjara, le personnage qu’incarne Amélie Mbaye dans le film « Frontières » de la réalisatrice burkinabè, Apolline Traoré, vit une véritable aventure humaine sur les routes tortueuses d’une Afrique que la ravissante Sénégalo-Américaine représente dignement sous d’autres cieux. Ce périple effectué dans six pays de la Cedeao, avec les trois autres héroïnes du film, ressemble fort à un retour aux sources, à un clin d’œil à sa terre d’origine, le Sénégal, dont elle est nostalgique après 18 années passées en Californie. Elle-même le dit : « Il est temps de revenir, de partager les expériences. J’y pense de plus en plus ». Celle qui a grandi à Dakar, a bourlingué pour se fabriquer un destin dans plusieurs sphères professionnelles et de créativité. Elle a très tôt découvert le monde. Amélie l’a ensuite sillonné avec son ouverture d’esprit et son attachement aux valeurs discrètes et fondamentales.

Sa formation en Langues étrangères, en Tourisme et aux métiers de l’aéronautique à l’Ecole internationale de Tunon, en France, ne la prédestinait pas à une carrière dans le cinéma, a fortiori à un niveau aussi enviable quoiqu’à son retour au Sénégal, elle a travaillé à l’Office de radiodiffusion télévision du Sénégal (actuelle Rts). En plus d’y avoir été téléspeakerine, elle a animé une émission de Génies en herbe avec Jérôme Diouf avant de quitter le paysage médiatique, en 1995, pour investir l’aérien.

Son intérêt pour le cinéma découle d’une heureuse rencontre, d’une chance presque insolente ; celle-là dont bénéficient les âmes qui ont rendez-vous avec leur destin. « Après ma formation aéronautique, j’ai travaillé au Festival de Rio dans le domaine du cinéma. J’ai rencontré l’acteur américain Forest Whitaker qui est en même temps réalisateur et producteur et d’autres artistes dont j’étais l’interprète. J’ai la chance de parler français, anglais et portugais. Ce sont ces personnes-là qui m’ont invitée à Los Angeles pour la première fois dans les années 2000, 2001. Les Américains aiment bien quand l’on parle plusieurs langues étrangères. Et c’est avec cet avantage que j’ai commencé à travailler sur la base de ma formation aéronautique. Je commençais à m’intéresser au cinéma par de petites présentations et publicités dans une chaîne privée en tant que présentatrice et animatrice de programmes télé ». La suite de l’aventure est tout aussi digne d’éloges.

Bruce Willis, Karl Koper…
En 2002, la réalisatrice Apolline Traoré la sollicite pour jouer le rôle d’Aline, celle qui taille des croupières aux autres, dans la série à succès, « Monia et Rama ». Les téléspectateurs de plusieurs pays découvrent sa silhouette. Pour donner plus de marge à sa passion, et après avoir travaillé pendant cinq ans dans l’aéronautique, elle choisit l’administration comme point de chute. Les horaires lui permettent de se consacrer à l’activité artistique. Ce choix s’est avéré judicieux car elle a eu l’opportunité de faire d’autres films à Los Angeles avec des sommités du cinéma : « Les larmes du soleil » avec Bruce Willis, « Something about her » avec Karl Koper. Celle qui est également maîtresse de cérémonie aux Etats-Unis fait partie de la palette d’actrices de diverses nationalités chargées de faire des documentaires destinés à l’université de médecine aux États-Unis pour mettre en lumière l’horreur que vivent les femmes victimes de viol et les actions entreprises pour leur venir en aide.

« Frontières », premier long métrage dans lequel elle incarne un personnage principal, consacre la vision et le combat d’une réalisatrice, Appoline Traoré, mais aussi le talent de ses héroïnes. Amélie Mbaye, qui en est une, tire une légitime fierté de cette expérience à la fois professionnelle et humaine : « Mon regard a changé par rapport aux conditions de vie de certaines femmes. J’ai découvert, par le biais de la fiction, une réalité insoutenable, la tortuosité de certains individus et les tracasseries quotidiennes auxquelles sont confrontées ces braves femmes en traversant les frontières. ».

Amélie, la musicienne
Le jury du dernier Fespaco n’a pas été insensible au récit de la réalisatrice burkinabè magistralement exécuté par ses actrices. Candidat à l’Etalon d’or de Yennenga, le « Road movie » d’Apolline Traoré, le premier réalisé par une femme, a remporté deux Prix spéciaux : celui de l’Intégration pour le meilleur film ouest africain offert par la Cedeao et le Prix Félix Houphouët-Boigny du Conseil de l’Entente. Le Prix Paul Robson lui a également été décerné à l’occasion de ce grand rendez-vous du cinéma sous le regard heureux d’Amélie qui y participait pour la première fois. Une première, bien prometteuse.

L’artiste sénégalo-américaine n’a pas enchanté que les cinéphiles. La musique est également son univers de prouesses. Pouvait-il en être autrement après avoir été dans la chorale du défunt Julien Jouga ? Au pays de l’Oncle Sam, elle a souvent été sollicitée par des artistes africains en tant que chanteuse de studio. « J’ai accompagné beaucoup d’artistes comme Prince Eyango, Ismaël Lô... Finalement, les gens m’ont poussée à faire mon premier single beaucoup plus orienté vers le gospel. D’ailleurs, actuellement, je chante dans une grande chorale de gospel à Los Angeles ». Les âmes férues de belles mélodies peuvent espérer en jouir bientôt. Le retour aux sources est fortement envisagé par Amélie.

Par Alassane Aliou MBAYE

Dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, le ministre de la Culture et de la Communication préside, aujourd’hui au Grand Théâtre de Dakar, la cérémonie de remise d’importants lots de livres destinés aux cinq bibliothèques universitaires publiques, aux bibliothèques régionales et aux associations professionnelles. Mbagnick Ndiaye se rendra ensuite à Conakry, où vont se dérouler, du 23 au 27 avril, de nombreuses activités autour du livre, sous la houlette de l’Unesco.

L’Unesco a proclamé le 23 avril de chaque année Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Cette journée est une occasion pour susciter partout au Sénégal, à l’instar de la communauté internationale, des activités spécifiques destinées à la promotion du livre et de la lecture. La Direction du livre annonce aujourd’hui, au Grand Théâtre de Dakar, une cérémonie de remise d’importants lots de livres destinés aux cinq bibliothèques universitaires publiques, aux bibliothèques régionales et aux associations professionnelles. Elle sera présidée par le ministre de la Culture et de la Communication. Mbagnick Ndiaye devra se rendre ensuite en Guinée. Cette année, la ville de Conakry a été retenue par l’Unesco comme capitale mondiale du livre en 2017. Ainsi, la capitale guinéenne va abriter de nombreuses activités autour du livre parmi lesquelles des expositions, des rencontres professionnelles, des colloques et conférences, du 23 au 27 avril 2017, constituant les temps forts de cet événement culturel mondial qui se prolonge jusqu’en 2018. Les rencontres et expositions seront enrichies par la participation des pays d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et d’Asie.

A cet effet, la Guinée a choisi le Sénégal comme pays invité d’honneur « grâce à son dynamisme, sa riche production littéraire et ses réalisations dans le secteur du livre, de l’édition et de la lecture. A cela s’ajoute l’amitié exemplaire et les solides relations de coopération entre les deux pays-frères », lit-on dans un communiqué.

Le ministère de la Culture et de la Communication par le biais de la Direction du livre et de la lecture compte participer activement au rendez-vous mondial du livre à Conakry. C’est ainsi que le ministre Mbagick Ndiaye conduira une forte délégation composée d’écrivains, d’éditeurs, d’artistes, de représentants d’associations professionnelles du livre et de la culture, d’institutions nationales, entre autres.

« A la cérémonie officielle du rendez-vous mondial du livre de Conakry, le ministre de la Culture prononcera son allocution en présence des membres du gouvernement guinéen et des pays participants. Ensuite, il présidera avec son homologue guinéen le vernissage de l’exposition de livres au grand stand du Sénégal », informe le communiqué.

Une soirée artistique de reconnaissance animée par la chanteuse Titi et son groupe musical sera offerte aux férus du livre par la délégation sénégalaise. A cette occasion, un hommage mérité sera rendu à Camara Laye (à titre posthume), au Pr Boubacar Barry et à Djibril Tamsir Niane. Au chapitre des colloques et conférences, des écrivains, éditeurs et universitaires sénégalais vont introduire des thèmes aussi variés que « La littérature sénégalaise : mutations et perspectives », Afrique en marche, place du livre en Afrique », « Écriture et diversité : regards croisés », « La Sénégambie aujourd’hui et demain », « Kurukan fuga et nous : leçons d’hier pour demain ».

Oumar BA

Kaolack a été, du 14 au 17 avril, la capitale de l’humour avec la reprise du Fest’rire initié par le promoteur culturel Guédel Mbodj. Une 11ème édition consacrant la relance d’une manifestation suspendue pendant trois bonnes années et où les artistes comédiens venus de toute l’Afrique et même de l’Europe ont distillé la bonne humeur sur les différentes scènes du festival.

Le caractère universel de l’humour s’est vérifié, du 15 au 17 avril, à Kaolack, à l’occasion de la 11ème édition du Festival du théâtre et du rire. Une édition de relance d’un événement initié par le promoteur Guédel Mbodj, en partenariat avec l’Association des artistes comédiens du théâtre sénégalais (Arcots) et mise en veilleuse depuis 2015. De fait, les organisateurs devaient relever le défi de maintenir ce rendez-vous culturel majeur adaptant le standard sous-régional et consolider sa place dans l’agenda national.

Un pari relevé avec panache par une internationalisation de plus en plus accentuée et symbolisée par la présence de comédiens venus du Cameroun, de la Côte-d’Ivoire, de la Guinée Conakry, de Gambie et même de l’Italie. Une ouverture vers l’extérieur qui pose le problème de l’usage des langues nationales de la part des comédiens sénégalais qui freine leur développement à l’étranger. « C’est un vrai challenge pour les membres de l’Arcots qui sont les initiateurs du Fest’rire avec l’idée de se frotter à un public étranger. C’est le prix à payer pour la professionnalisation des artistes comédiens du Sénégal », avait relevé le promoteur du festival.

Sur les principales scènes disséminées dans la capitale du Saloum, la bande à Pape Faye, Habib Diop alias Baye Ely et Bass Diakhaté a partagé le spectacle décapant avec le Camerounais David Noudji, son collègue ivoirien Raphaël Séa surnommé le « Seigneur du rire », dans des improvisations désopilantes ignorant les barrières linguistiques. Ce fut le cas sur la scène principale de l’esplanade Salif Bâ, du complexe « Cœur De Ville », mais aussi sur les annexes installées au terrain Deggo et sur celui de l’Ipres, tous les deux situés dans des quartiers périphériques de la ville.

Construction d’une salle de spectacle
Une des innovations de l’édition, avec le concours de régates sur le fleuve Saloum, a été le grand « Tanebeer » avec à la baguette les percussionnistes de Kaolack dont la réputation est loin d’être surfaite à travers tout le pays. L’édition 2017 a été une cuvée de tous les espoirs pour la pérennisation de l’événement qui va, dans les prochaines années, bénéficier de la construction d’une grande salle de spectacle avec la caution du président de la République qui promet d’accompagner le promoteur culturel. Seules ombres au tableau, le faux bond de certaines vedettes nationales comme Tann Bombé et Perbu Xaar et les autorités locales qui ont brillé par leur absence, en dépit du parrainage officiel du ministère de la Culture.

Elimane FALL

L’Institut supérieur des arts et des cultures (Isac) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar organise, du 18 au 22 avril 2017, un workshop axé sur l’« Initiation aux langages cinématographiques ». Il est animé par l’enseignant-chercheur et cinéaste français Arnaud Deshayes, de l’École nationale supérieure d’art de Bourges en France. La première séance a été l’occasion, pour ce dernier, de remonter aux origines du cinéma, de parler de son évolution et de s’appesantir sur « ce qui rend possible le cinéma ».

Cet atelier entre dans le cadre d’un partenariat entre l’Institut supérieur des arts et des cultures (Isac) et l’École nationale supérieure d’art de Bourges en France. L’initiative, portée par un institut de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, marque une étape importante dans la prise en charge de la question de la formation qui est essentielle dans le processus de mise en place d’une industrie cinématographique. Le paradoxe au Sénégal, à en croire Hugues Diaz, directeur de la Cinématographie, est que le pays regorge de ressources humaines sans toutefois disposer d’une institution de formation dédiée au cinéma en dehors de quelques initiatives privées. L’absence de capitaux y est pour beaucoup.

Cela est d’autant plus regrettable que le cinéma est à un tournant de son évolution technologique avec « le numérique qui permet de faire des films avec moins de contraintes techniques. Avant, on avait besoin de laboratoires, de toute une chaîne technique très compliquée. Aujourd’hui, avec une caméra, un ordinateur et un micro, on peut faire des films de grande qualité. La technique n’est plus un obstacle », souligne Arnaud Deshayes. Ce qui est important, à ses yeux, c’est de développer, par l’éducation, le regard, la façon de faire les films, de cadrer, de traiter la lumière, de diriger ses films et avant tout de les écrire ou de les préparer.

C’est toute une chaîne qui est en train de connaître une évolution décisive. Il devient, de plus en plus, facile de faire des films. Le plus dur est de les montrer aujourd’hui. « Au fond, il ne manque pas de cinéastes ou de public. Il se pose un problème d’intermédiaires, c’est-à-dire de programmateurs qui jouent le même rôle qu’un commissaire d’exposition », indique-t-il non sans insister, auparavant, sur la nécessité de trouver des réponses à ces questions. « Pourquoi fait-on des films ? » Pour les montrer à qui ? Et comment s’y employer ? Quelles que soient les réponses apportées à ces interrogations, le cinéma reste, selon lui, un travail collectif parce qu’étant la vision de plusieurs personnes. Il est un récit collectif, un outil de pensée.

Travaillant le champ cinématographique par les médias numériques et les outils analogiques, Arnaud Deshayes s’intéresse particulièrement aux dispositifs, aux effets et à leur écriture, ainsi qu’au regard documentaire. Il collabore fréquemment avec des plasticiens, des cinéastes ou encore des musiciens pour lesquels il développe un travail d’écriture sonore et visuelle.

Il a travaillé comme reporter et critique littéraire à France Culture et Beaux-Arts Magazine. Il a enseigné le son, la vidéo ainsi que l’histoire du cinéma, de la musique et de la littérature à l’École d’art d’Avignon. Arnaud Deshayes enseigne l‘image en mouvement à l’École nationale supérieure d’art de Bourges en France.

Alassane Aliou MBAYE

La 9e édition du Festival itinérant des arts et du récit (Festi’Paroles) de Thiès a connu un succès malgré les difficultés notées dans la mise en œuvre du programme entamé depuis le début du mois d’avril pour s’achever le week-end dernier.

La 9e édition du Festival itinérant des arts et du récit, débutée par la ville de Tivaouane, a été marquée par la présence de grands conteurs comme Abdoulaye Ndiaye « Thiossane », Mactar Fall de la troupe « Daraay Kocc », entre autres. L’un des promoteurs de Festi’Paroles, l’écrivain Xalima Sarr, n’a pas manqué d’évoquer l’importance du conte, mais qui, selon lui, « est en voie de disparition à cause surtout la de télévision et des nouvelles techniques de l’information qui ont pris sa place alors qu’il jouait un rôle capital dans l’éducation de la personne ». Ce n’est pas pour rien, souligne M. Sarr, que le président Léopold Sédar Senghor et Birago Diop ont écrit respectivement : « Leuk le lièvre » et « Les contes d’Amadou Coumba ». Le musée de la ville de Thiès a abrité la cérémonie de clôture de cet événement culturel de l’association « Puits à paroles », initié par des conteurs thiessois en partenariat avec leurs homologues de la ville de Toulouse en France, par l’entremise de Boubacar Ndiaye, un citoyen sénégalais vivant en France. Un retour à ces pratiques ancestrales a été recommandé pour les générations actuelles et futures.

Xalima Sarr, président des écrivains en langue nationale de Thiès, a regretté que toutes leurs sollicitations auprès des autorités soient restées vaines. « Mais, par la grâce de Dieu, nous avons pu surmonter ces difficultés inhérentes à toute organisation de cette nature ».

M. SAGNE

Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a reçu, hier, dans ses locaux, les leaders de la Coordination des associations de presse (Cap). Cette rencontre a porté sur la situation des médias au Sénégal. A l’occasion, le ministre Mbagnick Ndiaye a exprimé la disponibilité de l’Etat de dialoguer avec la Cap pour trouver des solutions aux obstacles.

Les leaders de la Coordination des associations de presse (Cap), constituée du Synpics, Cored, Cdeps, Appel, Urac, Cjrs, Unpjs, Ctpas ont échangé, hier, avec le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, le secrétaire d’État à la Communication, Yakham Mbaye et leur staff. Une prise de contact a permis aux deux parties de faire un tour de table sur les points que sont le Projet du Code de la presse, la Loi sur la publicité, l’environnement des médias, l’attribution des fréquences, la Maison de la Presse, le passif social des entreprises de médias et le Fonds d’aide à la presse.

A l’occasion, le ministre de la Communication a salué les échanges fructueux et la convergence de vues sur plusieurs points. L’État, selon Mbagnick Ndiaye, est disposé au dialogue et il a souligné qu’un agenda de travail sera mis en place pour trouver des solutions aux obstacles. Ainsi, le ministre a annoncé la distribution de l’Aide à la presse la semaine prochaine. Quant au Code de la presse, Mbagnick Ndiaye affirme que le projet du texte, fidèle à l’esprit des conclusions du séminaire de Saly, est sur la table du gouvernement.

A propos de la Convention collective, le ministre de la Communication a regretté l’absence des patrons de presse aux réunions convoquées antérieurement sur le sujet. Ainsi, il annonce une prochaine rencontre avec son homologue du Travail et des Organisations professionnelles et les patrons de presse… Évoquant la gestion de la Maison de presse, le secrétaire d’ État Yakham Mbaye a souligné que les problèmes ont été cernés et des solutions internes seront mises en œuvre.

« Cette entrevue a permis aux deux parties de comprendre l’impérieuse nécessité d’agir pour sauver la presse et de s’accorder sur un plan de travail afin d’étudier les modalités de mise en place d’un Plan national pour la presse », souligne un communiqué de la Cap. Ses leaders, après une visite de sensibilisation effectuée chez le Khalife général des Mourides, à Touba, vendredi dernier, seront reçus demain, samedi à 15h, par le Khalife général des Tidianes, à Tivaouane. En mars dernier, la Coordination des associations de presse tirait la sonnette d’alarme pour attirer l’attention sur la situation des médias au Sénégal. Une campagne de sensibilisation a été annoncée en avril et une marche nationale des travailleurs des médias le 3 mai, à l’occasion de la Journée internationale de la presse, pour réclamer à l’État des négociations sérieuses sur plusieurs revendications. Selon les membres de la Cap, le Premier ministre devrait les recevoir aujourd’hui à 10h.

Omar DIOUF

Jusqu’au 13 mai, la Galerie Arte, immeuble Lahad Mbacké, avenue Abdoulaye Fadiga, Dakar (Centre-ville, prolongation de l’avenue Hassan II, après le siège de la Bceao), accueille l’exposition de l’artiste Piniang. Dans « Dkr 7/7 », le plasticien peint le désordre urbain dans la capitale sénégalaise.

C’est une exposition aux allures de mini rétrospective que l’artiste Piniang présente à la Galerie Arte de Dakar. Sur le thème « Dkr 7/7 », le plasticien peint le désordre urbain au travers de 21 toiles à voir jusqu’au 13 mai.
Dans son processus de création, Piniang porte un regard sur sa ville, 7 jours sur 7. Aux yeux de l’artiste, la capitale sénégalaise est éternellement en travaux. Des immeubles se construisent au détriment des normes, des fils électriques s’emmêlent dans tous les sens. « Depuis quelques années, je m’intéresse à la ville de Dakar et sa banlieue, explique l’artiste. Cette exposition regroupe des œuvres réalisées sur la thématique du décor urbain ».

Pour Piniang, c’est le même questionnement, la même préoccupation autour de l’environnement urbain. Il remet au goût du jour la question de l’accès à l’énergie électrique dans le tableau « Délestage en banlieue ». La perspective se décline sur une teinte en clair-obscur avec un collage de papier journal par endroit.

Abstraction faite de toute visée esthétisante, le propos de l’exposition est de faire changer les comportements qui vont à l’encontre du développement : occupations, constructions anarchiques, la récurrence des inondations dans la banlieue, entre autres. Au regard du plasticien, l’émergence ne se résume pas en biens matériels, abondance d’infrastructures. Sur ce registre, l’artiste doit être acteur en suscitant la réflexion pour un changement de comportement. « Cela passe par un investissement dans le capital humain pour plus de civisme et de citoyenneté », a estimé le plasticien. Il a relevé ce paradoxe entre le développement des infrastructures et le manque de citoyenneté des populations comme en témoignent les séries « Pouvoirs et banlieue », « Quartier flottant ». Il peint une ville aux contrastes multiples : un immeuble qui pointe à l’horizon côtoie une maison en taudis. Dans ce chaos urbain, la lutte pour la survie passe par la débrouille. Avec un vocabulaire pictural refusant la fatalité, un camaïeu de vert sur une toile permet de lire l’espérance.

L’exposition « Dkr 7/7 » est à voir jusqu’au 13 mai à la Galerie Arte de Dakar - Immeuble Lahad Mbacké, avenue Abdoulaye Fadiga, (Centre-ville, prolongation de l’avenue Hassan II, 50 m après le siège de la Bceao,  à côté de la station d’essence).

E. M. FAYE

Le projet « Warefess », coordonné par Enda Lead Afrique a été lancé, hier. Il a pour objectif principal de contribuer à la mise en place d’une gouvernance démocratique transparente au Sénégal. Financé par Ford Fondation, il est exécuté par différents acteurs dont le Cesti, la Fédération Dimbaya, Hip Hop Guédiawaye, « Y’En-à-Marre», le Jt rappé.

Pour améliorer le rôle de la Société civile et consolider celui des médias dans la promotion de la gouvernance démocratique et transparente, Enda Lead Afrique Francophone, en partenariat financier avec Fondation Ford, propose à travers le projet « Warefess » (mes devoirs en langue sérère) de favoriser l’intégration des différentes parties prenantes dans les politiques et programmes de développement. A travers ce financement de projet, Enda Lead Afrique vise à créer un espace sécurisé pour les différents acteurs du changement au Sénégal, renforcer la capacité des membres des communautés et consolider le rôle des médias dans la promotion de la bonne gouvernance démocratique en utilisant la musique et la culture urbaine comme outils pour exprimer les problèmes liés à la gouvernance et trouver des solutions appropriées.

Selon le directeur exécutif d’Enda Lead, Moussa Mbaye Guèye, ce projet est le premier en Afrique francophone. « Nous nous réjouissons de la confiance faite à Enda Lead francophone d’accompagner ce consortium et de faire en sorte que tout ce qui est implémentation du projet se fasse convenablement pour qu’on puisse dire que les pays francophones sont potentiellement des destinations pour les financements Ford », dit-il. A l’en croire, ce projet a pour ambition, avec les partenaires que sont le Cesti, la Fédération Dimbaya, Hip Hop Guédiawaye, « Y’En-à-Marre », le Jt rappé, d’avoir une coalition d’organisation qui travaille et fait en sorte que la jeunesse s’intéresse à ce qui se passe dans la gouvernance de ce pays et s’implique d’autant dans la gouvernance de ce pays en ayant une responsabilité citoyenne.

Accès à l’information
En réalité, affirme M. Guèye, ce consortium a pour rôle de véhiculer la communication comme un moyen d’atteindre le plus possible les cibles qui sont dans le projet, à savoir les jeunes et les femmes et surtout les enfants dans le cadre du projet Dimbaya qui parle d’un Conseil municipal pour enfant. Aussi, souligne-t-il qu’ils comptent, dans le cadre du projet « Warefess », développer plus le leadership sur lequel chacun d’entre nous doit travailler, se mettre en exergue et en situation. Le projet concerne les régions de Dakar, Kaolack, Louga, Saint-Louis, Kaffrine, Thiès et Ziguinchor. Ce projet a aussi permis au Cesti d’offrir aux reporters des radios communautaires de la Casamance une formation en production radiophonique et, à ses étudiants, un séjour pédagogique à Ziguinchor, axé sur la thématique « médias et conflits ».

D’après Mamadou Ndiaye du Cesti, avec ce projet, les étudiants du Cesti ont la possibilité d’aller deux fois sur le terrain pour les confronter à la réalité du terrain. L’autre aspect avec ce projet est la formation. Cette activité pédagogique qui les a conduits à Ziguinchor leur a permis, par la même occasion, de former 22 journalistes des radios communautaires. « Ceci pour leur permettre d’avoir une meilleure capacité de traiter ces questions en termes journalistiques. Nous allons continuer la formation dans le cadre de la deuxième phase du projet pour leur permettre d’acquérir toutes les compétences en matière d’écriture radiophonique », indique M. Ndiaye.

Saluant l’initiative du lancement d’un tel projet le représentant du directeur de la Promotion de la bonne gouvernance, Abdoul Diaw, l’a qualifié comme étant un projet ambitieux car allant dans le sens de la transparence et de la bonne gouvernance. Aussi, souligne-t-il que le projet « Warefess » est en phase avec les activités du ministère de la Bonne gouvernance, à savoir le projet de loi sur l’accès à l’information.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le séminaire de recherche sur les politiques culturelles au Sénégal, organisé par l’Institut fondamental d’Afrique noire et la Direction des arts, s’est intéressé, hier, aux nouvelles techniques de diffusion et d’exploitation de la culture et à l’expression du partage à travers le graffiti. Le rappeur Keyti, un des conférenciers, a souligné la nécessité, pour les créateurs, de saisir les opportunités qu’offre l’outil technologique pour la rentabilité du produit culturel.

Les technologies de l’information et de la communication offrent l’opportunité d’interroger le modèle commercial du produit culturel, les formes de transmission et de consignation du patrimoine. Elles redéfinissent le rapport à la culture, modifient les modes de consommation, et par ricochet, contraignent les créateurs à s’adapter aux nouvelles réalités pour la rentabilité du produit. Les lieux de sa diffusion et les modalités de son exploitation ont connu des bouleversements significatifs qui ont une incidence considérable sur sa durée de vie et sur le marché ; celui-ci est élargi par les nouvelles possibilités car l’équation de la distance physique est résolue. Il convient, aux yeux du rappeur Keyti, de s’engouffrer dans cette brèche pour combler le gap qui existe entre le Sénégal et les autres pays qui ont su s’adapter aux évolutions technologiques.

Les prouesses réalisées par le Nigeria et l’Afrique du Sud dans la distribution du produit culturel sont, dans ce sens, des témoignages assez éloquents de la palette de possibilités et de la nécessité de faire bouger les lignes.

Espace de diffusion
« Pour que les artistes aient des revenus issus de leurs créations, il leur faut prendre en compte l’importance, par exemple, d’un outil comme le streaming et de tous les services qui y concourent. Les avancées technologiques nous poussent à adopter de nouveaux comportements mais nous ne les interrogeons pas assez pour en tirer parti », se désole l’un des animateurs du « Journal rappé ». Il est regrettable, selon lui, que les artistes sénégalais n’en profitent pas à la mesure des enjeux qu’elles comportent. Par ailleurs, la faiblesse de la pénétration d’internet doit inciter les artistes, pour ce qui est de la vente, à explorer, de manière plus agressive, les opportunités qu’offre le mobile, outil plus adapté aux réalités sénégalaises. Comprendre les enjeux, c’est se donner la chance de relever les défis de l’heure pour les artistes africains et sénégalais en particulier.

Les applications et les plateformes des géants technologiques créent une industrie mondiale indifférente aux frontières et donnent une nouvelle acception au produit culturel en remettant en cause certaines normes pour une meilleure rentabilité. S’y conformer, c’est s’offrir un nouvel espace de diffusion et d’exploitation commerciale de la création.

L’artiste-graffeur, Docta, quant à lui, a saisi le prétexte du festival international de Graffiti (Festigraff) qui est à sa huitième édition pour faire un développement sur l’expression du partage entre les artistes à travers la diversité des créations. En cela, ce rendez-vous de la créativité promeut l’échange. Il a également saisi cette occasion pour décliner le côté social et éducatif du graffiti qui est le produit d’une réalité propre. Exerce-t-il ainsi une autocensure pour se donner des limites et être en conformité avec certaines convenances. Cet art de la rue fait perdurer les événements, fixe les idées et ravive les souvenirs.
« Nous nous inscrivons dans une démarche de sensibilisation par nos propres actions en dehors de l’œuvre elle-même qui prend en compte les grandes questions qui engagent le devenir collectif. Nous immortalisons les luttes des peuples et des personnalités marquantes de notre humanité », indique l’initiateur du Festigraff.

Alassane Aliou MBAYE

Un budget de 270 millions de FCfa est prévu pour l’organisation de la 25ème édition du Festival international de Jazz de Saint-Louis, qui se déroulera du 24 avril au 1er mai. Un chiffre donné par le président de l’Association Saint-Louis Jazz, Me Ibrahima Diop,  lors d’un point de presse hier.

Un budget de 270 millions de Cfa est prévu pour l’organisation de la 25ème édition du Festival international de Jazz de Saint-Louis. Un chiffre donné par le président de l’Association Saint-Louis Jazz, Me Ibrahima Diop,  lors d’un point de presse.

Pour l’organisation de la 25ème édition du Festival international de Jazz de Saint-Louis, qui se déroulera du 24 avril au 1er mai, Me Ibrahima Diop a précisé que 48% des ressources financières attendues, sont déjà disponibles. Le président de l’Association Saint-Louis Jazz a laissé entendre que les partenaires de ce festival, sont résolument engagés à apporter, comme les années précédentes, leurs contributions financières à l’organisation de cette 25ème édition.

Me Diop a surtout réitéré l’engagement indéfectible de cette association à collaborer étroitement avec les autorités administratives, en vue de contribuer efficacement à l’effort de sécurité. Ibrahima Diop a invité ainsi les pouvoirs publics à soutenir davantage ce festival, qui fait partie des événements les plus importants de l’agenda culturel de notre pays.

Après avoir remercié vivement certains partenaires tels qu’Amadou Diaw des comptoirs du fleuve, qui plaide régulièrement pour la sauvegarde du patrimoine culturel de Saint-Louis, Ibrahima Touré dit Ito, etc., Me Diop a rappelé que Saint-Louis Jazz a totalisé plus de 100 concerts qui ont été suivis par 56.000 spectateurs du début du Festival jusquen 2006.

En 2012, le festival a connu un record de fréquentation avec 27.000 spectateurs. Le festival a fêté sa 20e édition cette année-là, invitant des artistes qui sont déjà venus jouer mais également des inédits. Cet anniversaire s’est terminé avec la « promesse de tenir la dragée haute ».

Variété des concerts
Ainsi, a-t-il poursuivi, ce festival est devenu une référence dans l’agenda musical international. De la volonté d’accroître la diffusion de musiques jazz et de favoriser l’ancrage de l’événement dans une ville tricentenaire, patrimoine elle aussi, comme la musique dont elle veut préserver, découle un certain nombre d’actions mises en place depuis plusieurs années. Généreux et universel, le jazz s’adresse à tous.

Selon le président de l’association Saint-Louis Jazz, 15 musiciens et 13 orchestres d’anthologie nous ferons revivre la grande tradition  du jazz : des improvisations, des « bœufs », des apéritifs et des parades musicales surprises.

Pour le responsable de la Communication, Alex Tendeng, le secret réside dans la variété des concerts proposés, mais il s’agit plutôt d’un défi artistique avec un programme renouvelé et enrichi. Le plateau artistique sera exceptionnel avec Marcus Miller, bien sûr, mais aussi Jaliba Kouyateh, Lokua Kanza, Kyle Eastwood, Monty Alexander, Lisa Simone & Hervé Samb, Diknu Schneeberger, Nakodjé, Nancy Murillo, Jacky Terrasson, Stanley Clark band, Alioune Wade  et Lucky Peterson, Cheikh Lô, Baaba Maal et Wasis Diop.

Cette année,  la programmation proposée fait une large place à des artistes confirmés de la  scène du jazz international. Beaucoup d’entre eux sont largement reconnus par le public bien au-delà de nos frontières. De nombreuses formations émergentes sont également programmées en fonction de leur originalité, leur créativité.

Choisis selon différentes options et selon l’esthétique de chaque édition, les artistes invités sont les premiers défenseurs du festival à l’extérieur. Musiciens, artistes photographes, mais aussi journalistes ou écrivains, fidèles ou occasionnels, ils apportent leur propre vision du jazz avec l’envie forte de partage.

Selon le responsable de la programmation artistique, Mame Biram Seck, Le jazz doit demeurer une musique vivante et la création originale doit rester possible. Pour y contribuer, Saint-Louis Jazz retient, chaque année, une formation remarquée pour son inspiration et son inventivité et lui propose une résidence, c’est-à-dire des outils, du temps et des moyens permettant de développer leur projet artistique.

Bientôt une Fondation
De l’avis de Biram Seck, il ne faut pas perdre de vue son projet initial et il est nécessaire de construire une programmation cohérente qui ne soit pas tributaire des tourneurs et de leurs « têtes d’affiche », de privilégier les rencontres entre musiciens, permettre la découverte de jeunes musiciens de talent peu médiatisés ainsi que les jeunes formations régionales, renforcer l’ancrage du festival dans la vie locale, en prolongeant le festival dans la ville (diversité des lieux de programmation, balade musicale, concerts dans les cafés...) et dans sa durée, en proposant des concerts gratuits. Il s’est agi, tout au long de cette trajectoire ,« d’afficher un projet culturel innovant à forte personnalité, de s’inscrire dans la durée et de gagner en popularité. »

Ainsi, le président de l’association, Me Ibrahima Diop affirme que, dans la continuité de l’action menée par Saint-Louis Jazz depuis 25 ans, une Fondation est en train d’être érigée pour poursuivre ainsi l’engagement en faveur de la promotion du jazz, de l’émergence de nouveaux talents et de la création de projets inédits, et continue de s’impliquer en faveur de la recherche de nouveaux publics partout sur le territoire et de renforcer son implication en matière de coopération, d’échanges et de constructions de dynamiques.

Pour cette année, l’association s’est assurée du soutien du « Cercle des amis de Saint-Louis Jazz » pour mettre les petits plats dans les grands.  

Mb.K. DIAGNE et A. M. NDAW

Avec le décès de Jean Miot, c’est un monument de la presse francophone qui s’est écroulé. Vice-président de l’Union internationale de la Presse Francophone (Upf), Jean Miot a été aussi président de l’Upf France.  Il a eu à jouer un grand rôle sur la tenue des assises de la relance de l’Upf à Dakar en novembre 2014. Il s’est éteint à l’âge de 77 ans.

Jean Miot était d’abord un journaliste convaincu de l’importance du métier d’informer, pour reprendre les propos du communiqué de l’Upf qui a annoncé la nouvelle. Il fut patron du Figaro et de l’Agence France Presse (Afp) et président de la Fédération Nationale de la Presse Française. Grand ami du Sénégal qui l’a décoré dans l’Ordre national du Lion, il a côtoyé d’anciens professionnels de la presse comme Bara Diouf, et surtout Serigne Aly Cissé, un de ses compagnons lors des rencontres de l’Upf.

Homme de réseaux et de convictions, il a œuvré tout au long de sa vie pour le développement des médias francophones, témoigne le secrétariat de l’Upf à Paris, lit-on dans une note transmise aux sections. Président de la section française de l’Upf, il travailla à sa dynamisation et à sa rénovation, permettant ainsi d’en faire une association dynamique organisée dans plus de 50 pays. Vice-président international, il a développé et entretenu des relations professionnelles multiples. « Il était pourvu d’un sens aigüe de la diplomatie et alliait une grande culture à un sens de l’humour qui ne l’a jamais quitté », indique le communiqué de l’Upf.

C’est au journal « Eclair du Berry » qu’il avait débuté sa carrière. Il était Chevalier de la Légion d’Honneur et Officier de l’Ordre national du Lion du Sénégal.
Avec son décès, l’Upf perd un de ses plus ardents militants. La section sénégalaise adresse ses vives condoléances à sa famille et à toute la presse.

El. H. A. THIAM

En visite à Touba, vendredi dernier, les responsables de la Coordination des associations de presse (Cap) ont  remis un mémorandum au khalife général des Mourides, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, qui, par la voix de son porte-parole permanent, a promis de s’en ouvrir aux autorités. Les responsables des huit structures, que sont Synpics, Appel, Cdeps, Cjrs, Cored, Ctpas, Unpjs, Urac, lui ont exposé, au cours d’une audience, les raisons de leur campagne de sensibilisation sur la situation des médias.

Talla Dieng, président de l’Urac et porte-parole du jour de la Coordination des associations de presse, est longuement revenu, à leur sortie d’audience chez le khalife général des Mourides, sur les griefs de la Cap à l’endroit de l’État.

Un plan d’action est d’ailleurs annoncé et une marche nationale des travailleurs des médias est prévue, le 03 mai, à Dakar, pour une ouverture des négociations sérieuses sur les points de revendication des médias. A savoir l’environnement économique, la situation sociale des travailleurs, la gestion de la Maison de la presse et le Code de la presse. La situation économique précaire du secteur, selon M. Dieng, fait qu’aujourd’hui ce sont de puissants lobbys qui contrôlent de plus en plus les médias,  d’où les craintes émises pour la démocratie au Sénégal.

Évoquant la situation sociale des travailleurs des médias (retards de salaires, cotisations à l’Ipres, couverture maladie inexistante, « clochardisation » des hommes et des femmes de médias), il l’assimile à un drame social. Une situation, dit-t-il, qui expose ces derniers a la corruption, d’où l’existence d’une presse partisane. Selon lui, « l’aide à la presse est une nébuleuse, non seulement la somme de 700 millions de FCfa est  insignifiante, mais sa répartition laisse à désirer. En lieu et place de cette aide, il vaut mieux élaborer un plan de sauvetage des médias (financement, fiscalité) ».

Dans le mémorandum, remis au khalife général des Mourides, la Cap demande à l’État de faire le point sur l’attribution des fréquences, demande au Cnra d’être plus vigilant à l’endroit de toutes les radios dont certains sont attribués à des hommes politique surtout dans le Fouta.

La Cap souhaite aussi que l’État respecte l’esprit de l’atelier tenu à la Somone pour parler de la Maison de la presse. Elle demande aussi au gouvernement où il en est avec le Code de la presse. A l’approche des élections législatives, ce n’est pas, selon la Cap, les députés de cette législature qui vont voter le Code. « Cette situation qui nous a conduits à tirer la sonnette d’alarme, interpelle tous les citoyens et les autorités étatiques », avance le porte-parole du jour.

…Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké appelle les journalistes à plus de responsabilité
Le khalife général des Mourides, par la voix de son porte-parole permanent, Serigne Cheikh Thioro, a promis de faire suivre le message aux autorités étatiques. Toutefois, le chef religieux a invité les journalistes à comprendre davantage le poids des responsabilités qui pèsent sur leurs épaules : « Soyez conscients que Dieu vous observe. Aujourd’hui, vous détenez la puissance d’élever ou de rabaisser, de faire et de défaire. Sachez en faire un bon usage ; veillez publier des informations constructives, car quiconque fait le contraire, récoltera les pots cassés ». Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, après avoir entendu les doléances des journalistes et reçu le mémorandum, a prié pour la délégation, parmi laquelle figuraient, entre autres, Babacar Domingo Mané, Mamadou Ibra Kane, Lahad Niang, Ibrahima Lissa Faye, Lahad Ndiaye, Mamadou Thior et Babacar Diouf.            

M. DIEYE

La première  édition  du « Fashion Show »  est prévue le 20 mai prochain. En prélude à ce grand défilé de mode, quelques tenues conçues intégralement avec les  tissus  Vlisco, Woodin, Uniwax, etc, ont été présentées vendredi dernier.

La structure Lat-Dior Fashion Design a décidé d’organiser, le 20 mai prochain, à Dakar, son premier « Fashion Show » à Dakar. A cet événement de la mode sénégalaise, participeront des stylistes et modélistes de renoms. Il s’agit notamment  de Thiané Diagne Jour j,  Amadou Diop Da Fashion, Bamba création, Maguette Tima Dieng, Yayi Design et le créateur  ivoirien Sessou Eloi. Ils vont tous travailler sur des modèles et tenues conçues uniquement avec du pagne wax hollandais. Selon la directrice de Lat-Dior Fashion Design, Nguénar Diop, le défilé du 20 mai s’articulera  autour  du thème : « la Mode sénégalaise à l’heure du wax Vlisco ».

« Il s’agira  de présenter  les différents tissus de la marque  Vlisco  et leur motifs à travers les créations des stylistes qui vont participer à l’événement », informe-t-elle, ajoutant que ce sera l’occasion  de  faire connaître  davantage  les tissus  Vlisco, Woodin, Uni wax, Super wax, block wax et  Java, tous des produits de textile hollandais.

A l’en croire, le  Sénégal reste le seul pays d’Afrique de l’Ouest  à ne pas valoriser le  wax hollandais et autres produits Vlisco. Pourtant, existant depuis 170 ans, ces marques ont déjà  fait leurs lettres  de noblesse  en  Afrique de l’Ouest, dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, et  en Afrique centrale, précisément au Congo où elle a grandi, et dans de nouveaux marchés, tels que l’Afrique du  Sud et le Kenya.
Mme Diop appelle à adopter comme ces pays la Vlisco mania, une manière de s’habiller qui allie  l’élégance sénégalaise à l’exotisme et à la chaleur des tissus Vlisco tout en classe et dans différents styles.

Maguette Guèye DIEDHIOU

La 8eme édition du Festival international de graffiti se tient à Dakar du 14 au 23 avril sur le thème : « L’unité dans la diversité ».
Le Festigraff accueille, chaque année, plusieurs artistes de différents horizons et de différents styles pour un échange interculturel très riche.
Graffeurs, stylistes, modélistes, créateurs de stree wear, customisateurs, sont réunis à ce « rendez-vous du donner et du recevoir ».
Outre un village spécial Festigraff installé à la Maison de la Culture Douta Seck, un grand concert est prévu, samedi 22 avril, à l’Institut français de Dakar, ainsi que des activités de conférence-débats, ateliers, randonnées, caravanes de graff…

Le Centre de hautes études de défense et de sécurité  (Cheds) de Dakar, organise, à l’intention des médias, une formation en défense, sécurité et paix du 06 au 27 mai 2017. Selon le communiqué, cette session de formation  dénommée « 20H des médias » 2017 est ouverte   aux candidats potentiels ayant  une expérience minimale d’un an en couverture et terrain sur les questions de défense et de sécurité et cinq  ans d’expérience dans les médias. Le   nombre maximum d’auditeurs est fixé à vingt et la date limite d’envoi des candidatures au 21 avril 2017.

Comme éléments constitutifs  des cours offerts par le Cheds,  figurent, en Premier Bloc, les fondamentaux de la défense et de la sécurité  dans lequel seront abordés  la géostratégie mondiale ; les conflits en Afrique, les fondamentaux de la sécurité et de la défense ;  le droit international humanitaire.  Et pour le bloc  II, « Médias, défense, sécurité et paix », il s’agira de dispenser comme sur histoire et fonctions en Afrique ; l’Éthique et déontologie des médias ; internet de la haine : Tic et terrorisme, genre, médias et sécurité ; le concept de journalisme de paix et  sécurité, communication et information / information sensible.

Créé en 2013, le Centre des hautes études de défense et de sécurité, structure de formation, de réflexion, d’échange et de dialogue, entend contribuer à l’instauration d’une culture de défense et de sécurité au sein des élites nationales. Le Cheds veut également répondre au besoin de doter le Sénégal d’un cadre d’analyse et de renforcement de capacités des cadres de l’administration, du secteur privé, de la société civile et des forces de défense et de sécurité.

Maguette G. DIEDHIOU

Il faisait partie des films les plus attendus de l’année, le huitième volet de « Fast & Furious » n’a pas déçu en Amérique du Nord, s’emparant de la pôle-position au box-office dès son premier week-end d’exploitation, selon les chiffres provisoires publiés dimanche par Exhibitor Relations.

« Fast & Furious 8 », avec notamment Vin Diesel, Dwayne Johnson et Michelle Rodriguez, a récolté un peu plus de 100 millions de dollars depuis sa sortie vendredi. Réalisé par Felix Gary Gray, ce nouveau volet de la franchise aux 3,9 milliards de dollars de recettes mondiales entraîne la bande de braqueurs autour du globe dans une sombre histoire de vengeance.

En présentant le film fin mars, Vin Diesel avait rendu hommage à l’ancienne star de la saga Paul Walker, tragiquement disparu en 2013 dans un accident de la route. Il relègue en deuxième position le film d’animation « Baby Boss », du studio Dreamworks, dont les recettes en ce week-end de Pâques ont atteint 15,5 millions de dollars. En trois semaines, il a engrangé 116,3 millions.
(AFP)

Le jeune chanteur Momo Dieng a sorti en mars son premier album composé de huit titres, nommé « Lang Gui ». Un disque qui n’a pas mis du temps pour prendre ses marques et lui dessiner une voie dans la musique sénégalaise. Issu d’une famille d’artistes, Momo fils de feu Ndiouga Dieng du Baobab Orchestra, n’en est pas moins déterminé à se frayer sa propre trajectoire.

Au sein de sa famille, la musique est une affaire de générations. Sa grand-mère Ndèye Ngom Bambilor était une célèbre cantatrice, le talent de son père, El hadji Ndiouga Dieng de l’Orchestra Baobab de Dakar, reconnu partout, et son grand-frère Alpha Dieng s’est affirmé sur la scène musicale sénégalaise.

Momo Dieng n’a fait alors que suivre la voie tracée par ses glorieux prédécesseurs qui se trouvent également être ses proches parents. Dans un milieu où la musique avait véritablement droit de cité, il lui était très difficile, voire impossible d’échapper au virus, lequel l’aurait piqué « depuis sa plus tendre enfance », se rappelle-t-il. En effet, il n’a que treize ans, lorsqu’il se met à assurer des chœurs pour son grand frère Alpha Dieng. « Le déclic est intervenu un jour particulier. Alpha qui devait animer une soirée, est venu très en retard. J’ai pris les devants en attendant son arrivée », raconte-t-il. Le jeunot gratifiera le public venu nombreux ce soir- là, d’un show digne de ce nom. Il sortira fier de sa prestation. Le feedback des mélomanes aidant, il prend dès lors la décision d’embrasser une carrière musicale. Nous sommes en 2008.

Né en 1993 à Bargny, Momo Dieng se définit comme artiste, auteur et compositeur. C’est à l’École des Arts qu’il apprend à jouer des instruments comme la guitare. D’ailleurs, c’est durant sa formation qu’il rencontre la plupart des membres de son groupe actuel. Une bande d’amis donc, qui s’est réuni pour faire carrière. Les différents membres de son orchestre évoluent ensemble depuis lors. Ce qui leur permet de confectionner pas mal de morceaux à travers les multiples prestations gratifiées à leurs différents publics. Depuis la sortie de son premier album « Lang Gui », le mois dernier, l’artiste se dit très solliciter.

Momo le dit clairement, s’il a embrassé une carrière musicale, c’est parce qu’il veut se tracer son propre chemin. Il n’est pas forcément dans les schémas de porter le legs de son père, lequel, dit-il, a fait ses preuves. C’est d’ailleurs ce qui l’a amené à aller se former dans une école de musique.

« La musique constitue une passion pour nous, relève-t-il ». Depuis la sortie de son album, il bénéficie déjà de plus d’un million de vues sur le Net. Dans cette production, plusieurs thèmes sont abordés. Son public, dit-il, est essentiellement composé de femmes. Derrière ce jeune garçon longiligne se cache, en réalité, une véritable bête de scène. L’artiste a, deux années durant, assuré la première partie du Grand Bal de Youssou Ndour au Cices. « L’objectif dans ce premier album est d’abord d’asseoir une bonne assise au Sénégal. Il sera naturellement ensuite question de s’ouvrir au monde », dit-il.

A 23 ans, Momo Dieng veut s’imposer comme un artiste au succès le plus retentissant de la nouvelle scène musicale sénégalaise. Par ces temps, plus un seul Dj ne se prive du tube du jeune artiste. Sa voix suave et cristalline, ses rythmiques épurées panachant Mbalax et autres sonorités font danser les foules. Son style de dandy, aussi élégant dans un jean slim que dans un costume de marque ou un boubou traditionnel, fait craquer les jeunes femmes et lui vaut les éloges. L’enfant de Bargny veut se hisser avec grâce au rang d’icône d’une jeunesse sénégalaise urbaine et décomplexée par rapport à un ailleurs qui ne le fait plus rêver.

O. BA

Mao Sidibé est auteur, compositeur, arrangeur et interprète. Originaire de la Médina de Dakar, il met en avant une habileté musicale qui fait appel à diverses mélodies. Après ses débuts avec le groupe Bbc Sound Système dans le registre du ragga-hip-hop, Mao évolue maintenant en solo, proposant un véritable cocktail avec des sonorités diverses. Dans cette interview, il revient sur ses influences, tout en donnant son point de vue sur l’évolution du marché musical sénégalais.

On constate une certaine démarcation dans votre style musical par rapport aux autres. Pourquoi ce choix ?
Je ne pense pas que ce soit une démarcation à proprement dire. C’est juste qu’avec l’expérience et les épreuves que j’ai traversées, toutes les personnes, les artistes et les événements qui m’ont marqués, le voyage que j’ai fait en France, j’ai beaucoup évolué là-bas, musicalement parlant. Ce sont toutes ces influences qui se mélangent dans mon style. Il faut également dire que mon père m’a beaucoup marqué dès mon jeune âge, je l’entendais toujours écouter de la musique mandingue. Du coup, j’ai reçu des influences musicales diverses, où tous les registres se côtoient. En plus, il y a mon frère qui écoutait tout ce qui est rock, pop. Il y avait déjà ces influences-là. Également, j’ai eu à évoluer dans un groupe de rock. J’ai côtoyé des groupes de reggae, d’autres qui évoluent dans l’électronique. Ce sont toutes ces influences mélangées qui font qu’aujourd’hui, j’essaie de diversifier mon style musical. Je fais tout ce qui me parle et tout ce que je sens.

Vos clips sont d’une originalité frappante. Pourquoi cette démarche ?
Merci pour l’appréciation, je ne sais pas si mes clips sont véritablement originaux, il demeure toutefois vrai que j’accorde beaucoup d’importance à l’image. Dès que je commence à écrire un morceau, je pense en même temps à la mise en scène. C’est ma façon d’écrire et de faire mes compositions. C’est moi-même qui suis le réalisateur de mes différents clips. Peut-être, c’est dû au fait qu’en écrivant les paroles, je commence déjà à réfléchir sur le scenario. En le faisant, je ne suis pas forcément animé par le désir de mettre en avant l’originalité. C’est juste que je trouve qu’avec l’évolution, technologique, il est plus facile de proposer des images de haute facture. Vu que c’est à la portée de notre génération, pourquoi ne pas en profiter. Maintenant, la démarcation s’apprécie par rapport à l’histoire que l’on veut raconter, le choix des images et surtout comment on s’y prend. Du coup, on va forcément essayer de chercher quelque chose de particulier qui puisse représenter le morceau. Également, je n’ai pas l’habitude de trop regarder la télé, ce qui fait que quand je réalise un clip, je me base essentiellement sur mes idées. Cela contribue peut-être à assurer cette originalité dont vous parlez.

Quels sont vos ambitions sur le marché international ?
En ce qui concerne ma carrière internationale, j’ai fait quelques dates à Paris pour le premier album. Fort heureusement, nous avons eu beaucoup de bons retours. C’est même au-delà de nos espérances et de nos attentes. Ce qui fait que le deuxième album va prendre beaucoup plus de temps. Nous avons prévu de le sortir fin 2017 début 2018. J’ai vraiment envie de prendre mon temps et de faire de la recherche dans un style particulier que j’ai envie de développer. Dans cet album, je vais travailler avec le guitariste sénégalais reconnu à l’international Hervé Samb. Il a une touche qui m’intéresse beaucoup. Ma musique lui est très sensible aussi. Ce qui fait que nous allons travailler ensemble sur le prochain album. Il sera là en tant que réalisateur. Après la sortie du deuxième album, nous envisageons de faire une tournée internationale.

Comment appréhendez-vous votre prochain album ?
Pour continuer sur un deuxième album, c’est toujours compliqué car dans le premier, on a envie de mettre toutes les idées emmagasinées depuis des années. Le travail d’un deuxième pus est toujours beaucoup plus compliqué car il s’agit d’une continuité. Cette situation pousse l’artiste à vouloir davantage donner de sa personne. Il faut souligner qu’après une première production, l’attente du public devient de plus en plus grande. Il nous revient dès lors l’obligation de confirmer tout le talent qu’on nous prête. Et évidemment, pour le deuxième album, on essaie de placer la barre beaucoup plus haut, ce qui, de fait, amène à davantage travailler. L’idée est de se perfectionner le plus possible. En plus, on n’a pas envie de faire la même chose. On veut aller plus loin, on a envie que ce soit encore mieux que le premier. L’ambition va grandissante, ce qui, par conséquent, pousse l’artiste à vouloir davantage se donner.

Parlez-nous un peu de vos influences musicales…
En ce qui concerne mes influences musicales, je me focalise beaucoup sur le côté mandingue et le côté rock. C’est vrai que j’ai aussi eu des influences du hip hop. Au plan national, Pbs, Daara J et autres. Sur le plan international, nous avons beaucoup écouté des groupes comme « Public Enemy », Méthode Man. Du côté reggae, il y a forcément eu Bob Marley. Également, j’écoute beaucoup le groupe Orchestra Baobab et cela depuis ma plus tendre enfance. J’aime également Cheikh Lô et Souleymane Faye, Touré Kounda. C’est toute cette palette qui fait de moi ce que je suis devenu musicalement.

Comment appréciez-vous la musique sénégalaise ?
Je trouve que la musique sénégalaise se porte bien. Il y a beaucoup de nouvelles choses qui sont proposées au public. Une nouvelle génération est en train de voir le jour avec beaucoup de nouveaux styles, les uns plus originaux que les autres. Cette situation est à saluer, cela montre qu’il s’effectue une sorte d’ouverture. Mais, je constate également que sur le plan international, nous n’avons pas su porter le flambeau beaucoup plus haut que nos prédécesseurs. Je peux, dans ce cadre, citer le Super Diamono, Xalam II, Youssou Ndour, Baobab Orchestra, entre autres, qui sont des groupes que j’apprécie beaucoup. Je trouve juste que par rapport au legs de ceux que je viens de citer, nous n’avons pas beaucoup avancé. Nous n’avons pas su embellir ce qu’ils nous ont laissé. Cela est assez dommage. C’est vrai que la vitrine musicale sénégalaise était beaucoup plus consommée à l’international avant par rapport à aujourd’hui. Sur ce plan, j’ai l’impression que nous avons fait une régression au niveau de la qualité musicale. Mais avec la nouvelle génération, beaucoup sont dans une dynamique de recherche, d’innovation et d’originalité.

Propos recueillis par Oumar BA

Les jardins du musée Théodore Monod d’art africain de l’Ifan, accueillent jusqu’au 13 mai, l’exposition itinérante intitulée « Patrimoine mondial au Sénégal : sept sites exceptionnels ». 35 photographies mettent en lumière les 7 sites inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

« Touche pas à mon patrimoine ». Ce propos résonne comme un slogan. Il traduit un nouvel état d’esprit, une prise de conscience pour mieux préserver et valoriser le patrimoine culturel sénégalais. C’est dans cette perspective que se situe l’exposition itinérante « Patrimoine mondial au Sénégal : sept sites exceptionnels », riche de 35 photographies tirées sur des bâches. Inaugurée au Grand théâtre en janvier 2016, l’exposition, fruit d’un travail entamé en 2013 par l’Unesco et la Direction du patrimoine culturel du Sénégal, s’est par la suite déplacée à Ziguinchor, Saint-Louis et dans d’autres régions du Sénégal pour terminer sa tournée au Fesnac en décembre 2016 à Kolda.

Elle est actuellement visible dans les jardins du musée Théodore Monod d’art africain, à Dakar, jusqu’au 13 mai. Sur les grilles de l’Ucad sur la corniche, une réplique essaie de toucher le plus grand nombre. C’est en 1978 que le premier site sénégalais intègre la liste du Patrimoine mondial. Il s’agit du site de mémoire de l’île de Gorée. Puis en 1981, c’est au tour du Parc national des oiseaux du Djoudj et celui du Niokolo-Koba. Suivront de 2000 à 2012, quatre autres sites : l’île de Saint-Louis (2000), les Cercles mégalithiques de la Sénégambie (2006), le Delta du Saloum (2006) et en 2012, le Pays Bassari (paysages culturels bassari, peulh et bédik).

Pour les organisateurs de l’exposition, le choix de cette nouvelle installation, à proximité de l’Assemblée nationale, est une occasion de porter « un message fort de promotion et de préservation du patrimoine sénégalais » vers une nouvelle audience, celle des responsables politiques. Le but est de les sensibiliser à la question et de les inviter à initier - au besoin - « des actions vigoureuses » pour protéger, conserver et améliorer la gestion des sites du Patrimoine mondial et en assurer ainsi la transmission aux nouvelles générations.

Jeudi, à la cérémonie de vernissage de l’exposition, le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a représenté le Premier ministre Mahamad Abdallah Dionne. Il a loué l’« excellente » collaboration que son département entretient avec l’Ucad à travers le musée Théodore Monod. Au regard de Mbagnick Ndiaye, les 7 sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco présentent le Sénégal dans la vitrine culturelle mondiale.

L’application « Vue d’Afrique » lancée
Pour donner plus de visibilité à ce patrimoine, l’Unesco a conçu avec la Direction du patrimoine, une application mobile « Vue d’Afrique » téléchargeable sur Google Playstore. « Les technologies numériques ont révolutionné l’accès à la culture et offrent des possibilités d’enrichissement de la diversité des expressions culturelles », a soutenu le ministre de la Culture et de la Communication. Pour lui, l’initiative permettra de mettre en place des outils pour la préservation, la promotion et la mise en valeur des biens de notre patrimoine culturel et immatériel. Il a invité à le préserver et le transmettre aux générations futures.

Sur la même ligne, Gwang-Chol Chang, Directeur par intérim du Bureau régional de l’Unesco à Dakar, a tiré la sonnette d’alarme. « A l’heure où un peu partout dans le monde, le Patrimoine mondial se trouve menacé par des guerres et des conflits armés, par les effets du changement climatique ou encore par un développement urbain incontrôlé, il devient encore plus important de le protéger car le patrimoine incarne l’âme et les identités des peuples ainsi que la dignité et le levier des nations », a-t-il déclaré.

G.C Chang a relevé « cette nécessité de valoriser le patrimoine qui a été soulignée par la communauté internationale qui, pour la première fois, reconnaît explicitement le rôle de la culture comme vecteur de développement dans ses Objectifs de développement durable : plus particulièrement à travers la cible 11.4 de l’Odd 11 qui appelle les États à « renforcer les efforts de protection et de préservation du patrimoine culturel et naturel ». Cette préoccupation est partagée par le directeur de l’Ifan, Pr Abdoulaye Touré : « Le patrimoine doit être la vitrine de tous, le miroir de chacun. Il faut le préserver et le valoriser ». L’exposition « Patrimoine mondial au Sénégal : sept sites exceptionnels » est à voir jusqu’au 13 mai au Musée Théodore Monod.

Elh. Massiga FAYE

Journaliste et animateur de l’émission « Faram facce » à la Tfm, Pape Ngagne Ndiaye a dédicacé son livre retraçant son parcours. Un ouvrage de 358 pages qui résume la trajectoire de l’auteur qui a connu la galère avant de voir la lumière.

Respect, talent, professionnalisme, persévérance… Ces mots sont revenus à plusieurs reprises lors de la cérémonie de lancement et de dédicace du livre « Par-Cours d’un journaliste autodidacte » de Pape Ngagne Ndiaye, hier à L’Harmattan Sénégal. Écrit par le journaliste Pape Ngagne Ndiaye, cet ouvrage de 358 pages résume la trajectoire de l’auteur qui a vécu dans la galère avant de connaître la lumière. Cet ouvrage retrace le parcours professionnel de l’auteur tout en mettant un accent particulier sur ladite émission qu’il anime depuis des années sur la télévision privée Tfm.

Plusieurs personnalités politiques, religieuses, étaient présentes à cette cérémonie de dédicace. Prenant la parole, le médiateur, Alioune Badara Cissé, a loué les mérites de Pape Ngagne Ndiaye. « Ton âme exclut la déraison, ta mise est parfaite, tu n’aimes pas les babioles », a lancé poétiquement l’ancien ministre des Affaires étrangères. Pour autant, l’ancien député Doudou Wade s’est dit subjugué par le talent du fils de Boucounta Ndiaye. « Quand je te vois à la télévision, j’ai le corps qui frissonne ; ce n’est pas seulement dans le chant qu’on peut voir des talents, il est partout. Tu es une valeur sûre », a, de son côté, souligné le chanteur Youssou Ndour, Pdg du Groupe Futurs Médias.

Ecole de la vie
Selon le ministre Mbagnick Ndiaye, présent à la cérémonie, l’auteur a osé ; audace qui, sans elle, dissimulerait un parcours, assimilable à un programme. « Je dirai même un curriculum, tant il est riche des enseignements nombreux qui sont autant de cours, c’est-à-dire de leçons pour le journaliste qui a fait école… sur le tas », a dit le ministre de la Culture et de la Communication.

D’après Mbagnick Ndiaye, le journaliste de la Tfm a puisé à bonne source ; une source pure d’où sort justement les valeurs essentielles qui sont le soubassement des vérités éternelles. « Ne regrette rien ; il faudra toujours continuer à apprendre et à te perfectionner, et ce n’est pas à l’école que tu pourras le faire. L’école donne des diplômes, mais c’est dans la vie qu’on se forme », a cité, sous forme d’adage, le ministre de la Culture et de la Communication. Il pense que cet exergue est à la fois une apologie de l’école et de l’expérience, du savoir, du savoir-faire et du savoir-être.

Mbagnick Ndiaye n’a pas hésité à comparer cet ouvrage avec celui de Mamoudou Ibra Kane, « Chronique d’une Alternance de braises », paru il y a quelques mois. « En fait, de comparaison, je retiens juste que, pour l’un comme pour l’autre, le livre constitue comme un relai de la radio ou de la télé, un peu à la manière dont une tapisserie élargit, sans doute en le sublimant, le champ de mire et l’espérance de vie d’un tableau », a commenté M. Ndiaye. Le ministre de Culture et de la Communication a aussi suggéré à l’animateur de l’émission « Faram facce » d’inviter sur son plateau les intellectuels, les artistes et les hommes de Culture qui nous permettront de mieux agir.

Serigne Mansour Sy CISSE

Quand la musique se met au service de la protection de l’environnement. La mer Morte, lac salé entre la Jordanie, Israël et les territoires palestiniens est menacée de disparition, son niveau baisse d’un mètre par an.

C’est à une croisière au point le plus bas de la planète que culculccukl invite. Un voyage conçu comme spatial bien que sous le niveau de la mer, dans un site qui est l’une des plus belles merveilles du monde selon le musicien. Une merveille cependant menacée. « Nous devons éveiller les consciences sur ce désastre écologique. La mer Morte disparaît rapidement », a notamment lancé à la foule le musicien. Malgré les années qui passent, l’artiste français continue d’attirer les foules. Après plus de 40 ans de carrière, il reste une figure incontournable de la musique électronique.

Fatou Mandiang Diatta est une artiste et activiste sénégalaise basée en Allemagne. Ambassadrice de bonne volonté de l’Ong World Vision/Sénégal, elle utilise l’art et la musique pour dénoncer les violences faites aux enfants. Un engagement pour la défense des droits des enfants qui lui vaut, aujourd’hui, une reconnaissance internationale

Sa récente nomination comme ambassadrice de l’Ong World Vision/Sénégal est perçue par ses proches comme la consécration de son long combat pour la défense des plus petits. De Thionk-Essyl à Tobor, dans le département de Bignona, en passant par la région de Matam à celle de Kolda, le combat de l’artiste chanteuse Fatou Mandiang Diatta alias Sister Fa reste le même : dénoncer l’excision, les mariages et grossesses précoces et la mendicité des enfants talibés dans les rues de nos grandes villes tout en faisant la promotion de la déclaration des enfants à la naissance. « L’excision est un sujet tellement tabou et sensible que certaines personnes refusent même d’en parler. Mais, si vous mettez le sujet dans une musique, vous le chantez et que les enfants dansent, ça vous permet d’atteindre vos cibles. Évidemment, les vielles mamans font semblant de ne pas comprendre, mais, le message y est déjà. La musique est tellement forte que quelqu’un a dit qu’elle commence là où le langage s’arrête. J’ai eu la chance de signer avec un label qui s’appelle «Primer World musique», donc j’ai une bande professionnelle », déclare-t-elle. Elle utilise la musique et l’art pour faire passer son message.

Voyage dans 36 pays
Née à Thionk Essyl, dans le département de Bignona, Sister Fa se bat, depuis sa tendre enfance, pour la protection des enfants. Elle remporte à l’âge de 18 ans, le Hip up ower en tant qu’artiste révélateur avec son premier album, intitulé « Hip up Yawla Fal ». Elle récidive quelques années plus tard avec son second titre appelé « Boudjoungal », qui sera bientôt suivi par son 3ème album. Son engagement pour la défense des droits des enfants lui vaut, aujourd’hui, une reconnaissance internationale. Elle est invitée, tous les 6 février, par le Parlement britannique à Londres, pour parler des progrès réalisés au Sénégal en matière de protection des enfants en partenariat avec l’Ong World Vision. Elle s’est rendue dans plus de 36 pays à travers le monde dans le cadre de la promotion d’un film documentaire intitulé « Saraba » réalisé par les Nations unies sur son engagement en faveur des enfants au niveau communautaire.  Elle a également été conviée à Addis-Abeba, en Ethiopie, par l’Union africaine en partenariat avec World Vision, qui s’engagent à éradiquer la problématique des mariages précoces et forcés sur le continent.

C’est en 2004 que Sister Fa quitta le Sénégal pour s’installer en Allemagne avec son époux. Elle finira malheureusement par divorcer pour pouvoir se consacrer à la musique et à la protection des enfants. « Parce qu’à un moment donné, mon mari ne pouvait plus comprendre cette absence de longue durée, ce temps que je consacre aux communautés, aux autres personnes par rapport à ma propre famille. Je comprends, c’est un peu égoïste, mais quand même, c’est un choix. J’ai l’habitude de dire que si je dois choisir entre savourer ma vie et sauver des vies, je préférerais sauver des vies », confie-t-elle.

Mamadou Aliou DIALLO

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