banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Culture (2213)

L’Internet via le téléphone mobile est en train de révolutionner l’Afrique comme l’illustre une étude du cabinet Deloitte. 75 % des foyers du continent accèdent au net via le smartphone.

Selon une étude du cabinet Deloitte intitulée « Tmt prédictions Afrique 2018 : l’avenir est ici », dédiée aux évolutions des usages, de consommation et de marché dans le secteur des technologies, médias et télécommunications (Tmt) sur le continent, 75 % des foyers africains connectés à internet le seront via les technologies mobiles en 2018. Tandis qu’un foyer sur cinq aux Etats-Unis et trois sur 10 au Brésil se connectent à internet via le mobile en 2018, contre un foyer sur 10 en Europe. La tendance en Afrique est aussi liée au fait que la couverture géographique de la 3G et de la 4G est moins coûteuse et plus vaste que la couverture filaire. Ainsi, les opérateurs et équipementiers en télécommunications proposent aux consommateurs une gamme de forfaits internet offrant plus de data et d’appareils adaptés à l’internet mobile résidentiel (minibox, clés internet). Toujours sur le continent, 66 % des foyers sont connectés via le mobile contre seulement 21 % à travers l’Internet fixe alors que 13 % ne disposent pas de net à la maison. 45% des Africains recourent à l’Internet pour suivre des événements en direct, contribuant à l’épanouissement dans le monde des diffusions et événements « live », secteur qui devrait peser 545 milliards de dollars de chiffres d’affaires cette année dont 72 % à générer par la télé et la radio. Mais sur ces 45 % des utilisateurs africains connectés sur le « live », surtout sportif, seulement 25 % sont prêts à débourser plus de 20 dollars par an pour regarder des diffusions en direct. 63 % vont utiliser des applications de réalité augmentée telles que les filtres selfies. 20 % des jeunes de 18-24 ans utilisent à domicile uniquement leur connexion mobile.

660 millions d’Africains équipés de smartphone d’ici à 2020
Le nombre d’utilisateurs de smartphones dans le monde devrait quasiment doubler d’ici à 2020, dans la même veine, 660 millions d’Africains devraient s’en équiper, selon l’étude de Deloitte. Déjà, 67 % des utilisateurs de téléphone mobile sur le continent déclarent être susceptibles d’acheter un smartphone dans les 12 prochains mois. Leur choix pour l’achat est motivé par la connectivité de l’appareil (75 %), son autonomie (67 %) et sa mémoire interne (65 %). En 2023, les utilisateurs devraient interagir 65 fois par jour en moyenne avec leur smartphone contre 50 fois en 2017. L’étude nous apprend aussi que 80 % des usagers utilisent leur appareil plus d’une heure par jour. Dans les avions, un milliard de passagers dans le monde accéderont au wifi dans les avions en 2018, les compagnies aériennes africaines s’y préparent déjà.

Malick CISS

STREAMING MUSICAL ET PRESSE NUMERIQUE : PLUS DE 680 MILLIONS D’ABONNÉS ATTENDUS D’ICI À 2020
Le streaming musical et la presse numérique sont en pleine ébullition, constate le cabinet Deloitte, les consommateurs étant de plus en plus disposés à payer pour du contenu. En fin 2018, un adulte sur deux dans le monde devrait posséder au moins deux abonnements digitaux payants. En 2020, ce seront 50 % des adultes qui en auront au moins quatre. Plus de 680 millions de souscriptions à des abonnements numériques sont attendues d’ici à 2020 dans le monde. Selon Deloitte, jusqu’à 1.200 dollars par an en abonnements en ligne seront dépensés par les gros consommateurs. Le secteur est principalement porté par la Svod et la musique.

M. CISS

PERCÉE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Le machine learning (apprentissage automatique qui confère aux ordinateurs la capacité d’apprendre sans être explicitement programmés, selon lemagit.fr) et l’intelligence artificielle gagnent de plus en plus de terrain en Afrique, surtout dans le secteur de la santé.

Ces nouvelles technologies facilitent l’accès aux soins de santé de base dans les pays en développement. Par exemple, grâce à des photos prises par smartphone, un spécialiste peut identifier les marqueurs biologiques d’un cancer de la bouche ou effectuer des tests de la vue et dépister des maladies oculaires. Ce qui fait du smartphone un outil d’aide au dépistage. Par ailleurs, des entreprises africaines recourent à l’intelligence artificielle pour détecter des intrusions de sécurité (44 %), pour résoudre des problèmes technologiques (41 %) ou pour évaluer la conformité interne (34%).

M. CISS

La Cérémonie de lancement du 35ème numéro de la bande dessinée éducative « Afrique citoyenne », conçue et éditée par la Fondation Konrad Adenauer et l’Association sénégalaise de coopération décentralisée (Asecod), s’est tenue, hier. Cet outil didactique, destiné à prévenir les violences et le terrorisme en Afrique, aborde ce thème « Jeunes, acteurs de paix ». Tiré à 20.000 exemplaires gratuitement distribués, il s’emploie à mettre en lumière le rôle que les jeunes peuvent jouer dans ce combat collectif.

Oussou, jeune élève chez qui on soupçonnait une petite inclination pour le journalisme, désire plutôt suivre les pas de Grand Bathie. Ce dernier a une demeure clinquante, une vie dont on sait peu.

Et rien sur la provenance de sa fortune. Pense-t-on juste qu’il a des partenaires étrangers. Mais Oussou, qui s’acoquine avec lui, finit par être frappé d’émerveillement face à tant de fastes. Il en parle à ses camarades de classe moins emballés et plus prudents que lui. Le jour où ils vont à la rencontre de l’obscur personnage après qu’Oussou les a conviés, la gendarmerie y débarque pour l’arrêter. Les jeunes âmes sont déboussolées ; encore plus quand Tonton Sidy, le lieutenant, leur dit ceci : « Il s’appelle Bathie…un présumé terroriste qui écume le nord du Mali, ces derniers temps ».

« Terroriste ? Vous voulez dire qu’il est aussi méchant que ces gens qu’on voit à la télé et qui font des massacres ? », demandent les curieux enfants. Le lieutenant les met en rapport avec Madame Sarr de l’Union nationale des femmes pour la lutte contre toutes les formes de violences. Cette dernière éclaire leur lanterne avec des mots simples et remplis de sens dont ceux-ci : « une kalashnikov n’a jamais tué une idéologie. Les terroristes ne sont nullement intéressés par la religion et ne font que la ternir et l’instrumentaliser. Il est important d’éduquer, de sensibiliser, comme nous le faisons souvent. En réalité, le véritable but des terroristes, c’est de s’enrichir à travers des trafics en tout genre ».

Cette bande dessinée trouve son originalité dans son approche didactique très souple tout en étant empreinte de gravité. Elle met en lumière une couche vulnérable mais actrice de son destin. De l’innocence naît le questionnement. De celui-ci, on passe à l’engagement dans une démarche séquentielle qui met en évidence le drame de l’instant, ses germes, et l’espoir que suscitent les diverses actions qui ne saurait mettre en marge les jeunes. Les valeurs de solidarité, l’héritage culturel, qui ne favorise point l’autarcie, la cohabitation entre les religions, l’importance de l’éducation axées sur le civisme et le respect de ce qui nous particularise, le chômage… sont autant de grandes questions abordées, de manière intelligente, dans ce travail utile.

Le représentant de Timbuktu-Institute, Seydi Djamil Niane, séduit par cette bande dessinée, a exhorté les concepteurs à la diffuser largement surtout en la traduisant dans les autres langues comme l’Arabe. Car il est, à ses yeux, comme à ceux de Thomas Volk, représentant résident de la Fondation Konrad Adenauer, « un outil de prévention ».

Les 20.000 exemplaires sont envoyés à toutes les institutions de formation ainsi qu’aux organisations et mouvements de jeunesse du Sénégal.*

Alassane Aliou MBAYE

Le machine learning (apprentissage automatique qui confère aux ordinateurs la capacité d’apprendre sans être explicitement programmés, selon lemagit.fr) et l’intelligence artificielle gagnent de plus en plus de terrain en Afrique, surtout dans le secteur de la santé.

Ces nouvelles technologies facilitent l’accès aux soins de santé de base dans les pays en développement. Par exemple, grâce à des photos prises par smartphone, un spécialiste peut identifier les marqueurs biologiques d’un cancer de la bouche ou effectuer des tests de la vue et dépister des maladies oculaires. Ce qui fait du smartphone un outil d’aide au dépistage. Par ailleurs, des entreprises africaines recourent à l’intelligence artificielle pour détecter des intrusions de sécurité (44 %), pour résoudre des problèmes technologiques (41 %) ou pour évaluer la conformité interne (34 %).

M. CISS

Le streaming musical et la presse numérique sont en pleine ébullition, constate le cabinet Deloitte, les consommateurs étant de plus en plus disposés à payer pour du contenu. En fin 2018, un adulte sur deux dans le monde devrait posséder au moins deux abonnements digitaux payants. En 2020, ce seront 50 % des adultes qui en auront au moins quatre. Plus de 680 millions de souscriptions à des abonnements numériques sont attendues d’ici à 2020 dans le monde. Selon Deloitte, jusqu’à 1.200 dollars par an en abonnements en ligne seront dépensés par les gros consommateurs. Le secteur est principalement porté par la Svod et la musique.

M. CISS

Après l’annonce de la programmation officielle du festival de Cannes qui se tiendra du 8 au 19 mai, les autres sélections cannoises se sont dévoilées. Tourné au Sénégal et en région lyonnaise, « Amin », le dernier film de Philippe Faucon, est sélectionné à la prestigieuse Quinzaine des Réalisateurs.

Interprété par Moustapha Mbengue, Amin vient du Sénégal pour travailler en France, laissant au pays Aïcha, sa femme, et leurs trois enfants. Ils ne se voient qu’une ou deux fois par an. Entre le foyer où il vit et son travail sur les chantiers, sa vie est austère et solitaire. Il envoie l’essentiel de ce qu’il gagne au Sénégal. Mais un jour, il rencontre une femme, Gabrielle, et une liaison se noue… Gabrielle est incarnée par Emmanuelle Devos qui avait notamment eu le César de la meilleure actrice en 2002 pour « Sur mes lèvres ». Très centré sur les milieux africains, le réalisateur Philippe Faucon a de nombreux films à son actif, tous magnifiques.

Son dernier, « Fatima », du nom d’une mère immigrée en France qui peine à éduquer seule ses deux filles, a rencontré un grand succès public et avait remporté trois César dont celui du Meilleur film. La musique est signée par Amine Bouhafa qui a lui-même remporté un César en 2015 pour « Timbuktu ».

La « Quinzaine » a aussi sélectionné, cette année, un film d’Afrique : « Mon cher enfant (Weldi) », du Tunisien Mohamed Ben Attia, son deuxième long métrage après « Hedi, un vent de liberté » qui avait triomphé à Berlin en 2016. Le film suit un couple petit bourgeois qui nourrit de grands espoirs pour son fils unique, et découvre brutalement que ce dernier est parti en Syrie. Le père se rend alors en Turquie pour essayer de retrouver son enfant. Cela le renvoie à chercher des réponses à sa propre vie… Comme pour « Hedi », les célèbres Frères Dardenne (Belgique) signent là une nouvelle collaboration avec le cinéaste tunisien. En présentant le film, Edouard Weintrop, délégué général de la Quinzaine pour la huitième et dernière année, a insisté sur la performance de l’acteur Mohamed Dhrif qui avait joué autrefois dans « L’Homme de cendres », un film qui avait lancé en 1986 le plus connu des réalisateurs tunisiens, Nouri Bouzid.

Parmi les courts métrages de la Quinzaine, « Ce Magnifique Gâteau ! » des Belges Emma De Swaef et Marc James Roels est un film d’animation de 44 minutes situé dans l’Afrique coloniale à la fin du 19ème siècle. On y trouve un roi préoccupé, un Pygmée travaillant dans un hôtel de luxe, un homme d’affaires raté, un portier perdu et un jeune déserteur… Ces figurines sont animées en « stop motion » : image par image en déplaçant les personnages à la main, un travail considérable.

Autre court de la Quinzaine, un documentaire hybride de Juanita Onzaga : « Our Song to war », tourné à Bojaya, un village afro-colombien qui a subi les pires massacres durant le conflit armé colombien en 2002. Les souvenirs de la guerre se transforment poétiquement en mythes pour permettre la réconciliation.

L’Afrique et ses diasporas sont, par contre, absentes de la sélection Acid mais aussi de la Semaine de la critique où se glisse toutefois un court métrage algérien : « Un Jour de Mariage » d’Elias Belkeddar, chronique mélancolique ou Karim, un voyou français en exil à Alger, vit de petites combines.

Sans doute les diasporas africaines sont-elles présentes dans d’autres scénarii à découvrir, surtout lorsqu’ils reflètent la diversité des origines dans les quartiers marginalisés. Mais force est de constater qu’une fois de plus, l’Afrique noire est peu présente dans le plus en vue des festivals de cinéma internationaux, à l’image du peu de structuration de l’industrie du cinéma sur le continent.

La jeune Kényane Wanuri Kahiu est la seule sélectionnée avec « Rafiki » dans la section officielle « Un certain regard ». Mais elle ne représente cependant pas l’Afrique : les cinéastes ne sont pas des ambassadeurs et leurs films ne sont que leur regard singulier d’artiste n’ayant pour ambition que de nous poser des questions.

Par notre correspondant Olivier BARLET

La troupe théâtrale « Kaddu Yaraax » de Hann, qui a plus de 20 ans à son actif, est pionnière dans son domaine du Théâtre-Forum. Les membres de ce groupe ont la particularité de faire participer l’assistance à leur spectacle pour susciter le débat après des prestations qui tournent autour des thèmes de société.

En arrière-plan de la scène improvisée dans la cour du centre Ort-Sen de Yarakh, une grande banderole noire sur laquelle est dessinée une bougie allumée, des étoiles entourant une représentation humaine, une balance, symbole de la justice. Des emblèmes qui renvoient à la lumière comme pour éclairer la société, mais aussi à la justice pour trancher les nombreux faits sociaux qui minent la société sénégalaise. Sur cette scène, une dizaine de troupes théâtrales invitées par le groupe « Kaddu Yaraax » (la voix dudit quartier) se relaient et font des prestations autour de plusieurs thèmes, dans le cadre de la journée mondiale du Théâtre célébrée par la troupe de Yarakh, le 8 avril.

En attraction, une demi-douzaine d’artistes de la troupe « Kaddu Yaraax », passionnés par leur rôle, procèdent à une prestation riche d’enseignements autour du thème « Bourse Bi ». Le tout, en conformité avec leur philosophie du « théâtre-forum ». Ce groupe a la particularité de faire du théâtre, un moyen d’expression artistique au service de la communauté en posant le débat lors des séances de « théâtre-forum ». Ce concept consiste à la réalisation d’un spectacle dynamique entre les comédiens et le public. Après la prestation des artistes qui envoient leur message à travers leur pièce, le public est appelé à se prononcer et à donner son avis. Dans ce cas d’espèce, il fallait faire le choix pour départager deux candidats pour une seule bourse d’études : un étudiant en Economie et un autre voulant poursuivre sa formation d’artiste-comédien. La pièce « Bourse Bi » a été une occasion pour les comédiens de « Kaddu Yaraax » et le public installé en masse sous la tente et très réceptif d’échanger sur l’importance du théâtre et de la culture en général dans la société. Pour certains intervenants, la culture ne peut permettre à un pays de se développer « et il fallait remettre la bourse à l’étudiant en Economie pour qu’il puisse créer des emplois » ; alors que pour d’autres, « point de développement économique sans un essor culturel ». A la fin de la pièce, il a été difficile de trancher, mais c’est l’effet recherché par la troupe « Kaddu Yaraax », à travers le concept de « théâtre-forum ». Plusieurs autres troupes invitées, comme « Daaray Xamle », ont aussi joué autour de ce concept des pièces ayant trait aux faits sociaux, comme le mariage forcé, le matérialisme, la passion folle pour le pouvoir politique au Sénégal, etc.

23 ans d’expérience
Même si ce genre théâtral n’est pas très bien connu au Sénégal, cette troupe, qui a 23 ans d’existence, se veut pionnière dans son développement. « Le théâtre-forum est un genre interactif qui prévoit l’intervention du public sur la scène. Les prestations sont suivies de débats approfondies avec le public. Le spectateur peut intervenir sur la scène, apporter son jugement par rapport à la prestation des acteurs et donner des leçons de morale et de vie après avoir discuté sur le thème véhiculé », explique le directeur artistique de « Kaddu Yaraax », Mamadou Diol. Selon lui, les thématiques abordées par la troupe sont nombreuses et les créations sont inspirées du vécu des artistes et de la société. La troupe « Kaddu Yaraax » est riche d’une quinzaine de comédiens parmi lesquels des ouvriers, des mécaniciens, des enseignants et même des Occidentaux lors des tournées à l’étranger. Les trois dernières années, beaucoup de ses membres ont décidé de se consacrer uniquement à la troupe du fait des nombreux voyages.

Sur les thèmes développés récemment, « Kaddu Yaraax » a mis l’accent sur le phénomène des femmes de ménage qui émigrent vers les pays du Moyen-Orient pour y travailler souvent dans des conditions assimilables à de l’esclavage des temps modernes. « Ce phénomène prend des proportions inquiétantes et il faut en parler car il y a des cas de torture et même de meurtre avec une Sénégalaise condamnée à mort en Arabie Saoudite. Il fallait l’aborder sur le plan social et culturel, surtout sous l’angle des relations spécifiques entre Arabes et Noirs », renchérit le directeur artistique de la troupe. M. Diol revenant sur la pièce « Bourse Bi » rappelle qu’elle entre dans le cadre des thèmes relatifs à l’importance de la culture dans la politique éducative d’un pays. « On constate au Sénégal qu’à chaque fois qu’il y a arbitrage entre la culture et un autre secteur, la culture est lésée », regrette-t-il.

« Notre objectif n’est pas de réaliser des téléfilms… »
Cependant, par rapport à la rentabilité de leur activité, l’expression la plus usitée est : « Le théâtre ne fait pas vivre son homme ». Diol relativise en soutenant que la situation dans leur milieu est similaire à celle des autres activités du secteur privé. « Il ne faudra pas isoler le secteur artistique et dire qu’il ne marche pas. Il y a même des secteurs salariés qui sont confrontés à des difficultés, à plus forte raison nous », estime-t-il. Mamadou Diol de confier, le sourire en coin, que les membres de sa troupe ne se plaignent pas car ont souvent plusieurs sollicitations sur des thématiques au plan national comme international, notamment en Europe. Cela est en rapport avec l’expérience du groupe, le réseau dans lequel il est au niveau international et par les thématiques abordées avec le concept novateur de théâtre-forum. « Au niveau local, il y a un manque d’informations et de reconnaissance pour notre troupe car notre objectif n’est pas de réaliser des téléfilms. On se concentre sur le théâtre-forum, mais on est l’une des troupes qui a le plus de prestations au Sénégal », souligne Mamadou Diol. Loin de tendre la main à qui que ce soit, les membres de « Kaddu Yaraax » qui tiennent beaucoup à la « liberté de création artistique » et à l’autonomie du groupe, fruit « d’un investissement privé », indiquent qu’ils ont juste des « relations correctes » avec les collectivités locales et les autorités étatiques. Des relations pour un soutien au plan administratif lors des voyages et pour la logistique.

En marge de la journée internationale du Théâtre, la troupe qui s’est affirmée dans son secteur a reçu les activités du ministère de la Culture dans le cadre des panels à Hann autour du thème « La journée mondiale du Théâtre, qu’est-ce qu’elle n’est pas ». Des célébrités du milieu comme l’artiste Pape Faye et Dr Massamba Gueye ont participé au théâtre-forum de « Kaddu Yaraax ». Faisant un témoignage sur cette troupe du populeux quartier des pêcheurs de Yarakh, Dr Massamba Gueye, spécialiste des questions culturelles, a soutenu que « Kaddu Yaraax » est devenue une troupe d’envergure nationale qui « ne doit plus porter la parole d’un quartier seulement, mais celle de tout un pays ». Il a salué aussi la particularité de cette troupe et indiqué qu’il est important pour les jeunes comédiens de pouvoir jouer sous plusieurs visages sans oublier l’interprétation des rôles historiques. Il a conseillé aux jeunes de laisser cours à leur imagination et inspiration artistiques tout en évitant de « devenir esclave de l’argent ».

Par Oumar KANDE

Le 71ème festival de Cannes se déroulera du 8 au 19 mai. Chaque année, l'Afrique et ses diasporas sont présentes dans la plus renommée des compétitions internationales, mais souvent là où on ne l'attend pas. En attendant les annonces des sélections parallèles, exploration de la sélection officielle annoncée ce 12 avril à Paris.

18 longs-métrages issus des 1906 visionnés concourent pour la célèbre Palme d'or. Thierry Frémaux, le délégué général du festival, avait annoncé un « renouvellement générationnel ».

Effectivement, la compétition se partage à 50/50 entre les poids lourds du cinéma mondial et de nouveaux venus. Même chose côté Afrique et diasporas puisque Spike Lee montre « BlackKkKlansman », son 49ème film, et le jeune réalisateur d'origine égypto-australienne Abu Bakr Shawky présente son 3ème : « Yemeddine ». « BlackKkKlansman » est un biopic : l'histoire vraie du premier agent de police noir de Colorado Springs à avoir infiltré sous couverture le Ku Klux Klan en 1978. On retrouve les trois K du titre du film qui joue sur « Black Klansman », le titre du livre de Ron Stallworth que Spike Lee adapte. L'officier, incarné par John David Washington (« Ballers ») aux côtés d'Adam Driver, fera échouer des plans du KKK en réussissant à se hisser dans la direction de la terrible organisation suprémaciste blanche. Dans « Yemeddine », un lépreux copte et son apprenti orphelin font le tour de l'Egypte à la recherche de leurs familles. Le renouvellement est également vrai dans la section Un Certain Regard, qui complète la compétition, où l'Afrique est représentée par trois jeunes cinéastes. « Rafiki » de la Kényane Wanuri Kahiu met en scène une histoire d'amour entre deux femmes. Leurs pères s'affrontent aux élections locales, ce qui attire les regards. Arrêtées par la police, elles sont battues et doivent choisir entre amour et sécurité…

"Quelque chose me manquait dans la représentation des femmes du monde arabe", indique la Franco-marocaine Meyem Benm’Barek. Dans "Sofia", où l'on retrouve Lubna Azabal et Faouzi Bensaïdi, elle montre des femmes fortes qui ne sont pas des victimes. La jeune héroïne fait un déni de grossesse mais accouche finalement sans pouvoir justifier du certificat de mariage. Avec sa cousine, elles vont devoir rechercher le père toute la nuit…

Séances spéciales
Quant au Gréco-Sud-Africain Etienne Kallos, il s'attache avec « Die Stropers », tourné en Afrikaans en milieu conservateur blanc d'Afrique du Sud, à un jeune émotionnellement fragile à qui sa mère demande d'adopter comme frère un orphelin des rues. Il en résulte une lutte pour le pouvoir, l'héritage et l'amour des parents… Le festival propose également des séances spéciales, avec notamment « L'Etat contre Mandela et les autres » de Nicolas Chapeaux et Gilles Porte. Nelson Mandela aurait eu 100 ans en 2018. Les réalisateurs mélangent images d'époque, animations et archives sonores pour reconstituer le procès de Mandela et des sept autres accusés qui seront condamnés avec lui en 1964 au bagne à perpétuité.

Autre documentaire, « A tous vents » de Michel Toesca. Le réalisateur habite la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne. Il retrace le soutien illégal apporté par des habitants aux réfugiés majoritairement africains.

Migrants, histoire et héritage, racisme, amours transgressifs : ces films de cinéastes jeunes pour la plupart interrogent les problématiques contemporaines. Nous vous en rendrons compte, ainsi que de l'ensemble du festival.

Par notre correspondant Olivier BARLET

La formation des ressources humaines sur la cybersécurité est l’arme contre la fréquence des cyberattaques en pleine explosion à cause des enjeux économiques, géostratégiques. C’est tout l’enjeu d’un atelier sur les technologies émergentes et la cybersécurité, organisé récemment par Cisco en partenariat avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Les nouvelles technologies offrent à l’Afrique des opportunités pour rattraper son retard. Mais le continent noir, comme le reste du monde, sont tenus de se préparer à relever le défis posés par les hackers. Les cyberattaques sont dans l’ère du temps et ont comme toile de fond des enjeux économiques, politiques, géostratégiques, etc. Ce sont pour ces raisons que l’académie Cisco et l’Université Cheikh Anta Diop ont initié la formation des jeunes sur ces nouvelles problématiques. « Nous sommes en train de former des instructeurs, des formateurs Cisco de l’Afrique de l’Ouest et du Centre afin qu’ils puissent avoir des aptitudes techniques et théoriques leur permettant d’accompagner d’autres jeunes qui se lanceront sur les technologies émergentes », justifie Modou Fall, coordonnateur des ressources technologiques et pédagogiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Le bouillonnement de l’écosystème des innovations technologiques appelle à l’adaptation aux exigences sécuritaires. La réalisation de cet objectif n’est possible qu’en outillant les informaticiens du contient et surtout en les positionnant sur les nouveaux domaines de compétence comme la  virtualisation, « le cloud computing », l’Internet des objets, entre autres. « L’entreprenariat numérique occupe de nos jours une place très importante. En tant qu’instructeurs, nous voulons faire en sorte que ces jeunes comprennent les nouvelles technologies, notamment l’Internet des objets », recommande Modou Fall.

Auparavant, le responsable du programme à Cisco Académie, Omar Rhoulami, a insisté sur la formation des ressources humaines pour accompagner l’engouement et l’espoir suscités par les nouvelles technologies. L’Afrique, dit-il, a intérêt à se préparer à avoir des acteurs dans des disciplines ou spécialités comme l’intelligence artificielle. « Les années 97 ont été un tournant technologique de l’Internet. Aujourd’hui, nous sommes à un tournant de l’ère de l’intelligence artificielle ou de l’Internet prédictible.

Cette nouvelle ère demande une nouvelle compétence. Nous devons avoir des compétences sur la cybersécurité, les technologies émergentes, la « programmabilité » des réseaux. Nous avons formé des instructeurs sur les technologies émergentes », défend le responsable de programmes à Cisco Académie, Omar Rhoulami, qui a révélé que leur académie a formé plus de 12.000 étudiants sur les technologies intelligentes.

Idrissa SANE

La 3ème édition de la Journée culturelle « Handi voice », la voix  des personnes vivant avec un handicap, s’est ouverte, mardi, au Grand Théâtre. Occasion saisie  par l’Association culturelle des personnes en situation de handicap, « Saxal group », pour primer une vingtaine d’élèves issues des écoles inclusives et spécialisées.

Le Grand théâtre a refusé du monde, mardi. Honneur était aux personnes en situation de handicap. Elles se sont fortement mobilisées pour être en communion avec  leurs pairs artistes pour la célébration de la 3ème Journée culturelle  « Handi voice ». Ces derniers ont rivalisé de talent et les prestations de certains d’entre eux, à savoir les artistes Alé et Khady Pouye, ont plongé  les spectateurs dans une grande émotion. La joie était également au rendez-vous avec des déclamations de poèmes sensibilisant sur  la situation des personnes vivant avec un handicap. La prestation de l’orchestre « Saxal group » était très attendue avec Mangoné  Sakho. Celle-ci a vraiment fait vibrer la salle. Auparavant,  l’Association culturelle des personnes handicapées a tenu  à primer une vingtaine d’élèves issus des écoles inclusives et spécialisées pour  leur dévouement et leur travail.

Distinctions
Des personnalités qui œuvrent beaucoup pour la cause des personnes handicapées ont également été honorées en guise de remerciement pour tous leurs efforts consentis en faveur de ces dernières. Il s’agit notamment d’Abdoulaye Racine Senghor, administrateur du monument de la Renaissance africaine, du maire de la commune de Ndiarème Limamoulaye, Mamadou Baïdy Sèye, le directeur  de la radio King fm, Boubacar Diallo alias Boubs, la directrice  de l’école élémentaire du Centre Talibo Dabo, Codou   Sao Touré, entre autres.

Selon le président de l’Association culturelle des personnes handicapées, « Saxal group », Mangoné Sakho, la 3ème  édition  de cette journée culturelle, « Handi voice », est organisée autour du thème « Contribuer à l’équilibre social en valorisant les personnes handicapées dans le milieu socio-culturel, éducatif et professionnel ». A l’en croire, comme l’indique le nom, « Handi voice », la voix des personnes, la journée est une occasion offerte aux personnes handicapées pour qu’ils puissent  s’exprimer, montrer les talents artistiques qui se cachent en eux. Et faire comprendre au public que le handicap  n’est pas une fin en soi.  « Nous pouvons  être amputés d’un de nos membres ou organes, mais cela ne nous empêche en aucun cas de  vivre de notre passion, aussi bien pour la musique, le théâtre ou  un autre genre artistique », a-t-il indiqué. Tout  en appelant les autorités à les impliquer davantage dans les événements culturels d’envergure et surtout de généraliser l’octroi des cartes d’égalité de chance et des bourses familiales. Car, a-t-il soutenu, il y a des personnes handicapées qui, jusqu’à présent, ne disposent pas de cette carte d’égalité de chance.

Présidant l’ouverture de cette journée culturelle de « Handi voice », le    directeur de cabinet du Ministère de la Culture, Lamine Sarr, a félicité les élèves primés et les autorités honorées. Il a encouragé les initiateurs de la journée, en l’occurrence l’Association culturelle des personnes vivant avec un handicap, « Saxal groupe » qui leur offre le plateau pour exprimer leur talent artistique.  Pour M. Sarr, la prise en charge de cette couche sociale vulnérable constitue un élément majeur de leur  politique. « Des pas significatifs  ont été franchis avec la mise en place de mécanismes d’anticipation efficaces comme le programme de bourses de sécurité familiale, mais aussi la carte d’égalité  de chance avec la loi d’orientation sociale relative à la promotion et la protection des droits des personnes handicapées », a-t-il rappelé. Poursuivant, il a lancé un appel à tous les ministères à promouvoir ces personnes qui traînent un handicap.

M. G. DIEDHIOU

Les rencontres et échanges de la Biennale d’art africain contemporain, édition 2018,  se tiendront du 4 au 7 mai 2018, au musée Théodore Monod. Elles portent, cette année, sur le thème « Arts contemporains africains et transformations des cadres intellectuels et normatifs ». Prendront part à ces moments d’intenses réflexions, 44 experts vont se réunir pendant quatre jours sur quatre thématiques : « Art et savoir », « Art et institution », « Arts et histoire »,  et « Art et argent ».

La 13ème édition de la Biennale de Dakar se tiendra du 3 mai au 2 juin 2018, à Dakar. Un des temps forts de cette biennale, ce sont les rencontres  et échanges. Elles  se tiendront du 4 au 7 mai 2018, au Musée Théodore Monod,  et  portent sur le thème « Arts contemporains africains et transformations des cadres intellectuels et normatifs ». En conférence de presse  jeudi,  au musée Théodore Monod, le président de la Commission « Rencontres et échanges » du Dak’Art, El Hadji Malick Ndiaye, a annoncé la présence de 44 experts dans ces rencontres et échanges, 11 modérateurs et 29 conférenciers. Ces derniers vont, pendant quatre jours, débattre et échanger sur quatre thématiques qui portent sur « Art et savoir », « Art et institution », « Art et histoire »  et « Art et argent ». Selon lui, ces journées sont réparties en 7 ateliers  avec une conférence inaugurale qui se déroulera à l’amphithéâtre de l’Ucad 2. « Ces experts vont se réunir et discuter  pour voir en quoi cet art contemporain s’organise aujourd’hui, quels  sont  les bouleversements systémiques, les dernières mutations en cours en Afrique et quels sont les dispositifs à mettre en place pour améliorer l’environnement des artistes et les institutions  et faire de sorte que le marché de l’art puisse se développer sur le continent africain », a expliqué M. Ndiaye.

Innovations
Il a annoncé des innovations dans l’organisation des rencontres et échanges. Il s’agit notamment de la forte collaboration du l’Université Cheikh Anta  Diop qui va accueillir le colloque, la publication des actes ou résultats de ces rencontres avec un livre qui sera confectionné par la biennale, la diffusion à un large public de ces rencontres et échanges via les réseaux sociaux. Sans compter les autres ateliers qui vont se passer à l’intérieur des espaces d’exposition du musée Théodore Monod.

Prenant la parole, la secrétaire générale de la Biennal d’art africain contemporain, Marième Ba, a estimé que « les rencontres et échanges sur le thème « Arts contemporains africains et transformations des cadres intellectuels et normatifs » vont aborder des questions relatives à la situation actuelle  de l’art contemporain africain  avec des personnes ressources de qualité. Pour la Sg de la Biennale, il ne fait pas de doute que l’intérêt pour les arts visuels en Afrique exige plus de créativité de la part de nos artistes, mais aussi de la part d’éminents universitaires et professionnels qui sont invités à plus de recherche, d’analyse et de critique sans lequel l’art reste isolé de la réalité historique, social, économique qui lui confère son sens et qui permet une lecture éclairée de la valeur esthétique.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Un jeune informaticien à Toulouse vient de lancer son studio de production de jeux vidéo uniquement consacrés aux univers africains. L’objectif du « Masseka Game Studio » est de faire découvrir les mythes et les personnages légendaires qui ont forgé l’Histoire plurimillénaires du continent.

A l’origine du projet, le jeune diplômé en informatique Teddy Kossoko qui a quitté la République Centrafricaine en proie à la guerre civile en 2012, pour poursuivre ses études à Toulouse en France. Il constate alors que « l’Afrique n’est jamais représentée dans les jeux vidéo ».

Sa première création qui se nomme  « Kissoro Tribal Game » est une adaptation pour mobile du Kissoro, l’un des plus vieux jeux au monde, qui se pratique quotidiennement dans tous les pays africains. « C’est un jeu de stratégie, ça vient de chez moi, explique Teddy Kossoko. Au Sénégal, c’est le Mankala, en Côte d’Ivoire, l’Awalé, etc. Le but, c’est vraiment créer un univers autour de ce plateau et transmettre un message. Il y a par exemple une histoire qui met en avant deux royaumes qui vont s’affronter pour contrôler un fleuve qui est super riche et à un moment, il y a un jeune orphelin qui va arriver et va voir son roi pour lui dire : ‘’nous n’avons rien en commun avec l’autre royaume, à part ce jeu de plateau. Pourquoi on l’utiliserait pas pour faire face au conflit ?’’

Je voulais faire écho à tous les conflits que la Centrafrique a eus. Derrière mes projets, il y a une dimension historique et, si on pousse un peu loin, des dimensions politiques. »

Source : rfi.fr

Dans le cadre de son cycle de séminaires sur les politiques culturelles au Sénégal, l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) a accueilli, hier, le socio-anthropologue Abdou Ndukur Kacc Ndao. Ce dernier, qui s’est penché sur « les systèmes initiatiques des peuples du sud… », est revenu sur le rôle des rites initiatiques dans la stabilisation de la société.

Au Sénégal, les systèmes initiatiques constituent un socle à l’organisation sociale et politique de certaines minorités ethniques. Propre des peuples Tenda au sud-est du Sénégal (Bassaris et Bediks), des Ajamaat constitués par les Diolas de la Basse Casamance, du Sud de la Gambie et de la Guinée Bissau, des Bijagos, Pepels, Manjacques, Mancagnes…ils demeurent un moyen permettant de stabiliser la société à travers une bonne connaissance de l’univers.

Selon le socio-anthropologue Abdou Ndukur Kacc Ndao, il s’agit aussi d’une manière pour l’humain d’apprendre à cohabiter avec son entourage, de fabriquer  son destin et de stabiliser des connaissances qui le projettent dans son passé, son présent et son futur. Ce faisant, le processus éducatif aboutit à la créativité et à  l’exploration de l’imaginaire. Les rites initiatiques, explique-t-il, ont une fonction de modeler l’humain dans sa socialité et dans son univers. « L’identité se construit en laissant s’exprimer la pluralité des itinéraires et des destins. L’initié est dépositaire d’un legs tout autant qu’il préfigure le monde…», poursuit-il. C’est pourquoi, pour le socio-anthropologue, il s’agit d’une forme d’éducation que le monde gagnerait à connaître. Depuis plusieurs années, l’universitaire a décidé de quitter les amphis pour investir les coins les plus reculés du Sénégal.

L’objectif : ressortir tout ce qu’il y a comme trait culturel  ou identité pour le mettre à la disposition des Sénégalais. Si ces mythes et croyances populaires alimentant le patrimoine culturel restent complexes, ils sont aussi peu connus du grand public.

Pour le moment, il n’y a pas encore assez de procédures de collecte garantissant une large diffusion pour permettre aux gens de comprendre leurs fonctions sociales. « Il y a un travail de consolidation de mémoire, de diffusion et d’explication de ces patrimoines à faire. Il faut développer un effort d’investissement sur le terrain pour aider à vivifier le patrimoine immatériel. Ce travail de documentation suppose un investissement sur le terrain », soutient-il. Le socio-anthropologue, qui animait une communication sur le thème : « Les systèmes initiatiques des peuples du sud : du peuple tenda au peuple ajamaat… », dans le cadre du cycle de séminaires de l’Institut fondamental d’Afrique noire(Ifan) de l’Ucad, pense qu’il y a un effort à faire pour valoriser davantage ces rites qui constituent un moment d’éducation et d’apprentissage de l’humilité. Lesquels sont des valeurs cardinales qui structurent « nos » sociétés.

Ibrahima BA

 

Le hall du Grand Théâtre national accueille, jusqu’au 13 avril, l’exposition « Le message de l’Islam d’Oman ». Initiée par l’ambassade du Sultanat d’Oman à Dakar, cette exposition itinérante, qui compte faire le tour du monde, a pour objectif de promouvoir les valeurs de tolérance religieuse, de compréhension mutuelle et de coexistence pacifique.

Région montagneuse à cheval entre l’Afrique et l’Inde, Oman est une contrée riche en histoire. Son passé glorieux porte les empreintes d’une civilisation islamique millénaire acceptée sans « heurts » et sans « contraintes » durant la vie du prophète Mouhamed. Ce dernier, en l’an 629, envoya une lettre aux deux rois d’Oman (Abd et Jadar) pour les inviter à devenir ses disciples. Ce qu’ils vont accepter... Pays majoritairement musulman, cette nation se distingue par la liberté de religion garantie au Sultanat où « il y a eu historiquement une acceptation et une compréhension mutuelle » ainsi qu’une « coexistence pacifique entre les diverses communautés religieuses ». L’exposition « Le message de l’Islam d’Oman », à découvrir jusqu’au 13 avril dans le hall du Grand Théâtre national, revient avec force détails sur ce message de paix, de tolérance et de compréhension. Elle ouvre un petit survol de l’histoire permettant de constater comment les dirigeants omanais, qui étaient installés à Zanzibar, étaient ouverts et tolérants envers les chrétiens de l’Afrique orientale. Par exemple, « en 1868, le Sultan omanais Majid a accordé un grand terrain aux Pères du Saint-Esprit au nord de Bagamoyo sur la côte africaine afin de leur permettre la première mission en Afrique orientale ». Comme l’indique les différents panneaux de l’expo, à Oman, la tolérance religieuse est une réalité historique qui a traversé les âges. Ce peuple, ouvert au monde, a entretenu pendant plus de 5. 000 ans des relations commerciales avec diverses nationalités. Aujourd’hui, cette tolérance religieuse cimente encore la société omanaise où l’Etat garantit aux d’adeptes de différentes religions la liberté de culte. Cette exposition se veut un message de paix à travers le monde. Elle s’inscrit dans un contexte particulier où l’image de l’Islam se trouve écornée dans certains pays et particulièrement ceux de l’Occident. C’est donc une façon d’œuvrer à la promotion d’une véritable compréhension de l’Islam qui est « une religion modérée ». Mais également de combattre « la bigoterie qui propage des idées stéréotypées et erronées sur l’Islam et les musulmans ». Au-delà de ce message de paix, de tolérance et de dialogue, l’expo offre aussi une plongée au cœur du quotidien des habitants de cette contrée inondée par les abondantes oasis. Les photos, les manuscrits et autres supports médiatiques renseignent sur les rites de naissance, les fêtes religieuses et la charité, la législation ainsi que la place de la religion dans la vie quotidienne des populations.

Place et rôle des femmes
Le rôle des femmes dans la société y est également exploré. En effet, « le changement de mode vie et la transformation d’Oman en un Etat moderne et ouvert ont contribué à changer les pratiques et opinions prévalant dans les relations avec les femmes ». Dans ce pays, la scolarisation des petites filles est devenue obligatoire. Ce qui a boosté le pourcentage de la présence des femmes au niveau du cycle universitaire. Les droits politiques de femmes sont mêmes, aujourd’hui, protégés par l’Etat. Ce faisant, elles occupent de hauts postes de responsabilité au sein du gouvernement ainsi que dans les représentations diplomatiques.

L’exposition « Le message de l’Islam d’Oman » est, selon l’ambassadeur d’Oman à Dakar, Abdullah Mohamed El Amri, une exposition itinérante à travers le monde dont l’objectif est de promouvoir les valeurs de tolérance religieuse, de compréhension mutuelle et de coexistence pacifique. Le Sénégal, qui à ses yeux présente des similitudes avec ce pays sur le plan des valeurs culturelles et religieuses, est le premier pays ciblé pour accueillir la première étape de cette exposition en terre africaine. Le ministre de la Promotion des Investissements, des Partenariats et du Développement des Télé services de l'Etat, qui a ouvert le vernissage de l’expo au nom de son collègue de la Culture, a indiqué que le choix de faire abriter le Sénégal cette exposition traduit la convergence des deux peuples dans une culture de tolérance. D’après Khoudia Mbaye, cette exhibition est, de par son message, une alerte sur les enjeux du moment avec la montée de l’extrémisme religieux et du terrorisme. Pour le ministre, ce thème « nous rappelle notre fraternité » et diffuse les vraies valeurs de l’Islam. D’où la nécessité de l’expliquer aux enfants afin de construire une culture de paix.

Ibrahima BA

En libéralisant l’accès aux codes Ussd, jusque-là une chasse gardée des opérateurs de téléphonie, l’Artp veut impulser une nouvelle dynamique de développement des services mobiles innovants et favoriser l’inclusion financière. Au grand bonheur des acteurs de l’écosystème du numérique. Hormis, peut-être, les opérateurs de téléphonie.

L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) vient d’accéder à une forte demande des acteurs du secteur numérique, mais aussi des banques et de toutes les structures proposant des services financiers digitaux ou de monnaie électronique. Son directeur général, Abdou Karim Sall, a annoncé, hier, lors d’un point de presse, une « libéralisation » de l’accès aux codes Ussd. De l’anglais Unstructured supplementary services data (données de services supplémentaires non structurés), l’Ussd permet d’accéder à des services à valeur ajoutée tels que le paiement électronique ou le mobile money à partir du téléphone portable. Jusqu’à présent, ces codes étaient étaient exclusivement détenus et exploités par les opérateurs de téléphonie mobile qui « pour des raisons évidentes pouvaient limiter ou bloquer leur accès aux autres acteurs », alors qu’ils (ces codes) constituent un canal fondamental permettant d’offrir des services financiers et autres services innovants. C’est cette situation de monopole décriée par les autres acteurs et qui est « fortement préjudiciable à la concurrence et à l’innovation » que l’Artp veut casser, avec la mise en place de ce nouveau cadre juridique. L’objectif est de permettre aux acteurs de tout l’écosystème d’impulser « une nouvelle dynamique de développement des services mobiles innovants ». « A travers cette décision, nous avons l’ambition de créer les conditions d’accès équitable à ce que nous considérons comme une facilité essentielle », justifie Abdou Karim Sall.

Pionnier en Afrique francophone
Naturellement, cette décision ne plaît pas forcément aux opérateurs de téléphonie qui voulaient continuer à « garder leur périmètre », même si l’Artp assure avoir opté pour une démarche concertée, incluant l’ensemble des parties prenantes : opérateurs de téléphonie mobile, fournisseurs à valeur ajoutée, etc. En effet, cette décision aura plusieurs implications sur l’écosystème du numérique. A commencer par une diminution des frais d’accès qui vont passer de 1 million à 350 000 FCfa (les trois opérateurs de téléphonie ont accepté de s’aligner sur ce tarif). Mais l’enjeu est ailleurs. D’abord, les opérateurs ne peuvent plus octroyer des codes Ussd qui seront sous le contrôle « exclusif » de l’Artp. Désormais, tout fournisseur de services à valeur ajoutée devra s’adresser à l’Artp pour avoir un code Ussd. Il y a aussi l’interopérabilité des différents codes, indépendamment de l’opérateur auquel on est abonné. L’Artp entend ainsi renforcer, avec cette décision, la concurrence dans le secteur des télécommunications, en particulier sur le segment de la téléphonie mobile, et promouvoir l’innovation, la baisse des prix des services, tout en s’alignant sur les meilleurs standards internationaux. « Il s’agit, pour nous, de donner la possibilité aux acteurs locaux, Pme, start-ups, acteurs de l’industrie numérique locale et d’autres secteurs de disposer facilement d’outils leur permettant de proposer à la population des services innovations au meilleur prix », plaide le Dg de l’Artp. L’Union internationale des télécommunications (Uit) demande aux autorités de régulation de favoriser l’accès des acteurs non opérateurs de téléphonie mobile aux codes Ussd afin d’encourager l’inclusion financière des populations en Afrique, mais, à ce jour, très peu de pays ont suivi cette recommandation. Le Sénégal fait ainsi œuvre de pionnier en Afrique francophone. Jusque-là, seuls l’Afrique du Sud, l’Ouganda, le Kenya et le Ghana avaient libéralisé l’accès aux codes Ussd. En Côte d’Ivoire, le processus est enclenché, mais les opérateurs de téléphonie continuent de faire de la résistance. L’Artp promet d’appliquer cette décision de « manière rigoureuse ». Et ceux qui seront tentés de bloquer la procédure se verront appliquer les sanctions prévues par le code des télécommunications.

Seydou KA

Le ministre de la Culture préside demain, à 9 heures au Grand Théâtre national de Dakar, l’atelier de validation de la Revue annuelle conjointe 2018 de son Département, annonce un communiqué. 

Le ministère a entrepris en 2016, rappelle le document, l’élaboration d’une Lettre de politique sectorielle et de développement (Lpsd) qui permet de réajuster  sa politique culturelle  aux orientations du Plan Sénégal émergent.

Il s’agit par la Lpsd, explique le communiqué, de traduire la théorie en plans d’actions opérationnels, avec des moyens humains et financiers à la hauteur de l’importance des challenges qui, entre autres enjeux, s’insèrent dans la trame des grands projets du Chef de l’Etat.

El H Massiga FAYE

La Direction de la cinématographie et la famille Casset organisent la sortie nationale du film documentaire sur Mama Casset, « African Photo » de Elisa Mereghetti, demain à 17h 30, au Complexe cinématographique Sembene Ousmane du Magic Land, rapporte un communiqué. Le document rappelle que Mama Casset est l’un des premiers photographes sénégalais et africains. « Sa photographie représente l’histoire et constitue des archives ou œuvres d’art pour le Sénégal. Il était un portraitiste qui aimait se définir comme un "artiste" », explique le communiqué soulignant que le film explore sa vie de photographe avec des témoignages de sa famille, de l’artiste-peintre Kalidou Kassé, de Ousseynou Wade (ancien Sg de la Biennale de Dak’art), de la styliste Oumou Sy, etc.

E. M. F.

L’artiste-compositeur Guerrety Badji organise la deuxième édition de la « Nuit du Bougarabou », ce samedi 14 avril, au Cices de Dakar. A travers cette nuit culturelle, l’artiste-compositeur, à la fois auteure et interprète, veut faire célébrer la culture diola à travers le « Bougarabou ».

Le « Bougarabou », rythme musical propre à la Casamance, tend à disparaître, avertit l’artiste Guerrety Badji. Les percussions traditionnelles animaient toutes les veillées culturelles chez les Diolas. Après les travaux champêtres, tous les villageois se regroupaient dans l’enceinte du village où ils dansaient le « Bougarabou », se rappelle Guerrety Badji. L’artiste, nostalgique de cette belle époque, veut faire renaître cette danse en organisant, le 14 avril 2018, au Cices, la deuxième édition de la « Nuit du Bougarabou ». Une occasion, pour elle, de réunir tous les ressortissants diolas basés à Dakar.

Le « Bougarabou », selon l’artiste, est un instrument unificateur des populations. Mais, au-delà de la relance du « Bougarabou », Guerrety Badji promet que cette soirée sera une nuit de multi mélodies où il y aura de l’afrobeat, du « Bougarabou », du folk-tradi-moderne. « Le but de la Nuit du «Bougarabou» est de rendre hommage à Bakary Olé Diédhiou qui était un grand percussionniste que les Sénégalais n’ont pas bien connu mais qui était très célèbre à l’international », informe l’artiste.

Aujourd’hui, le « Bougarabou » est en train de perdre sa valeur, déplore Mme Badji. Avec les ballets, explique-t-elle, beaucoup de percussionnistes jouent le « Bougourabou » avec des tam-tams tels que le « Sabar ». Ce qui, à son avis, dénature complètement le rythme du « Bougarabou ».

Gueretty Badji a placé cette nuit sous le haut parrainage du président de la République, Macky Sall. Selon l’artiste, le chef de l’Etat, depuis son élection, a beaucoup fait pour la région naturelle de la Casamance, notamment pour les jeunes et les femmes de cette partie sud du pays. « C’est un geste à saluer. C’est pourquoi nous avons décidé de lui faire parrainer cette soirée », informe-t-elle. Le chanteur Youssou Ndour est aussi attendu à cette soirée.

Cependant, Guerrety Badji a choisi comme artiste invitée principale Marie Ngoné Ndione. « C’est une grande sœur. C’est mon idole », révèle Mme. Badji. Selon l’artiste, Marie Ngoné Ndione a beaucoup participé dans sa carrière musicale à travers des conseils, des encouragements.

Hymne à la paix
En outre, la « Nuit du Bougarabou » revient trois ans après la première édition qui a eu lieu en 2014. Trois ans que Guerrety Badji s’est mise à préparer la deuxième édition. La « Nuit du Bougarabou », dit-elle, demande beaucoup de moyens, car il faut faire venir des artistes depuis la Casamance. La « Nuit du Bougarabou » n’est pas un concept aussi simple que ça. Elle demande des moyens. Nous avons travaillé sur le concept pendant trois ans. La première édition nous a servi de leçon », renchérit-elle.

L’artiste-compositeur a toujours œuvré pour la paix en Casamance. Aujourd’hui, elle est heureuse de constater que cette paix est revenue en Casamance. « J’ai commencé à travailler sur la paix en Casamance à l’âge de 15 ans. Au moment où les autres entraient dans le Bois sacré, moi j’avais déjà commencé à composer des chansons pour la paix », explique-t-elle. Ainsi, l’interprète a chanté « Kakine » pour parler des conflits liés au foncier.

Selon elle, la cause principale du conflit casamançais est liée à la terre. A travers sa musique, elle a composé cette chanson pour sensibiliser les populations autochtones, les autorités locales.

Mme Badji a aussi chanté « Bana-Bana » pour rendre hommage aux femmes qui travaillent comme ménagères et « Kébalou » pour alerter sur les dangers de l’excision des jeunes filles. L’artiste qui a fait le tour des zones frontalières de la Guinée Bissau et de la Gambie prêche pour le retour des populations de la Casamance qui avaient déserté leurs villages à cause du conflit. « Les populations déplacées veulent revenir, mais elles n’ont plus de toit. Si on les aide à avoir des abris, tous les réfugiés reviendront », plaide Guerrety Badji. Après la « Nuit du Bougarabou », elle compte reprendre son bâton de pèlerin pour encore mener des missions pour la reconstruction de la Casamance.

Aliou Ngamby NDIAYE

La région de Fatick a célébré les festivités marquant la Journée internationale du Théâtre dans la ville de Gossas. Une occasion pour les comédiens de rivaliser de talents artistique et théâtral, mais également d’échanger sur les problèmes du théâtre dans la région de Fatick.

Le choix de Gossas d’abriter la célébration de la Journée mondiale du Théâtre, dans la région de Fatick, cette année, n’est pas fortuit, a indiqué Ngakane Gning Diouf, directrice du Centre culturel régional. Selon elle, le théâtre est connu pour son dynamisme dans cette localité dont les artistes et comédiens, à travers leurs groupes, représentent, depuis 2015, la région de Fatick au Festival national des arts et cultures (Fesnac). « Même si leur participation se passe toujours avec des fortunes diverses. Mais, cela se comprend du fait du manque de professionnalisme des comédiens qui ont besoin de formation et de renforcement de capacités. Et cela, nous nous attelons à satisfaire ce besoin crucial pour leur permettre de se perfectionner davantage », souligne Mme Diouf.

L’organisation de la journée a été donc une manière, selon elle, « d’honorer ces artistes et comédiens de Gossas et leur assurer notre soutien total en étroite collaboration avec le directeur du Cdeps de la ville qui est notre relais à Gossas du fait que nous ne disposons pas d’un bureau encore moins un agent sur place. Aussi, nous sommes en contact permanent avec les autorités, à la tête desquelles le préfet du département ainsi que le Conseil départemental de la jeunesse ».

Ainsi, le programme de la journée a donné lieu à des prestations des troupes locales au nombre de quatre dont celles de Dental et de Njaluck qui ont produit du beau spectacle devant le nombreux public qui a envahi la Salle des fêtes de la mairie de Gossas. Par ailleurs, avant le mouvement des troupes, une rencontre d’échanges entre acteurs a eu lieu sur les problèmes du théâtre dans la région de Fatick de manière générale.

En marge de cette Journée du Théâtre, le Centre culturel régional a organisé « Talents d’écoles avec comme cibles les collèges de la commune de Fatick parmi lesquels le collège Thierno Mamadou Sall, le Cem3 et les collèges privés Mame Mindiss et du Sine. Les participants ont rivalisé dans les concours de génie en herbe, de discours, de théâtre et de danse en plus d’un concours de miss ».

Le but ,souligne t-elle, « est de traduire en acte le lien qui existe entre les deux secteurs de la culture et de l’éducation, et par la même occasion de renforcer les connaissances des enfants et de développer en eux l’esprit de créativité ».

Mohamadou SAGNE

La créativité « est toujours là », assure le chanteur Stromae qui, après une longue absence pour coup de fatigue, compte bien revenir à la musique mais « à un rythme plus sain et reposé ». « Je suis toujours là », a-t-il répondu à Laurent Delahousse pour l’émission « 19 heures Le Dimanche » diffusée ce dimanche sur France 2, à l’occasion du défilé parisien de sa griffe de prêt-à-porter.

Stromae n’est pas remonté sur scène depuis fin 2015, à l’exception d’une apparition le mois dernier au côté du rappeur Orelsan. « J’avais besoin d’enlever toute cette pression qu’amène le succès (...) J’avais fait 200 concerts en deux ans, ce qui était un nombre insensé. C’était une superbe expérience mais (...) c’est allé trop vite », raconte-t-il... Quant à la créativité, « elle est toujours là », explique le musicien dont l’album « Racine carrée » (2013), avec des tubes comme « Formidable » ou « Papaoutai », s’est écoulé à 3,5 millions d’exemplaires dans le monde. La scène, « je reconnais que c’est quelque chose dont je ne pourrai pas me passer. Par contre, la façon dont j’envisagerai la suite (...) ce sera à un rythme beaucoup plus sain et reposé. »

(AFP)

Rahmatou Seck Samb est la lauréate du Grand prix du président de la République pour les Lettres, édition 2017. Elle est l’auteure de trois ouvrages : « A l’ombre du Négus rouge », « Du Baobab au Saguaro », « Fergo » (Publié chez Abis Editions). Dans cet entretien accordé au « Soleil », l’écrivaine évoque en filigrane l’œuvre qui a été primée, son parcours comme auteure, mais également porte un regard sur la littérature sénégalaise.

Qu’est-ce que cela fait pour un écrivain de gagner le Grand prix du président de la République pour les Lettres ?
C’est un grand plaisir, c’est un immense honneur mais aussi endosser une grande responsabilité. Lorsqu’on est lauréat d’un Grand prix, ce qui est important, c’est moins l’œuvre que l’on a produite que de continuer à prouver que l’on mérite cette distinction. Je pense que l’on n’a plus le droit de faire moins. Il faut toujours faire un travail de qualité au moins égal. C’est un tournant vers une écriture plus responsable, plus exigeante avec elle-même. C’est moins la récompense que la reconnaissance. Car, lorsqu’on a été primé parmi les 66 œuvres qui étaient sélectionnées, ce n’est pas rien. Après un temps d’arrêt, on a l’impression que le Grand prix du président de la République pour les Lettres a reçu un souffle nouveau. Je pense que cela ne va plus s’arrêter.

Parlez-nous de « Fergo », l’œuvre qui vous a valu ce Prix…
« Fergo » en pulaar signifie l’émigration. Je définis ce mot ainsi : aller chercher fortune et revenir pour partager. C’est un livre que j’ai écrit pour plusieurs raisons. C’est un hommage que j’ai voulu rendre aux émigrés pulaar qui sont partis du fleuve Sénégal après les années de sécheresse. Après avoir traversé toute l’Afrique, ils se sont établis en République démocratique du Congo (Rdc) dans les mines diamantifères. Dans cette épopée, le personnage principal, c’est Baïdy Sy, qui, à la suite d’une déception amoureuse à la veille de son mariage (son épouse a été enlevée). Pour sauver l’honneur, il épouse sa cousine germaine. Il part en Rdc sur les traces des grands diamantaires comme Silèye Guissé. Il part avec plein de rêves, notamment de fortune, mais aussi d’effrois car la vie de diamantaire n’est pas facile (éboulements dans les mines, expulsions, etc.). C’est un éternel recommencement, mais il part. Il traversera des pays : Mali, Burkina Faso, Dahomey (actuel Bénin), Nigeria, Cameroun, Gabon, Congo Brazzaville, Rdc.

Pourquoi un personnage émigré ?
Je dois dire que lorsque j’ai commencé, j’ai rêvé écrire un livre dans lequel je pourrai comparer la femme d’Afrique centrale (bantou) à la femme sahélienne. J’ai vécu 5 ans en Rdc et j’ai vu qu’il y a tellement de différences. C’est cela que j’ai voulu montrer. J’ai voyagé 27 ans avec mon époux diplomate au Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés. J’ai traversé beaucoup de pays, rencontré d’autres cultures. J’ai comme un devoir de mémoire après ces voyages que je considère comme des carnets de route. Même étant épouse de diplomate, il y a des rôles à jouer au-delà de la mondanité. C’est un devoir, une fierté. La plupart de mes romans retracent mon itinéraire.

Depuis quand écrivez-vous ?
J’ai commencé à écrire en 1992. C’est pourquoi il est intéressant de voir comment naît un roman. Je n’écris pas beaucoup. Je mise surtout sur la qualité, car écrire c’est respecter le lecteur. Il faut que cela en vaille la peine. Lorsque j’ai commencé à écrire, notamment "Le Négus rouge", ma consœur Aminata Sow Fall m’avait dit : « Ma petite sœur, si vous voulez avancer dans l’écriture, il faut de la modestie. Si vous voulez en faire une profession, quittez chez vous. Même si vous avez de l’espace, quittez votre maison pour aller écrire et revenir ». Je pense qu’il faut de l’humilité, beaucoup de travail, l’inspiration du rêve.

Pourquoi le choix de l’épopée comme genre littéraire ?
Au départ, mon objectif, c’était de faire un livre dans lequel je compare la femme sahélienne et la femme bantou dans leur goût. Par exemple, la Sénégalaise est une orientale avec des goûts chatoyants, etc. Par contre, la femme bantou a d’autres goûts comme les cotons fleuris, les parfums. Par exemple, au Cameroun, la femme a beau être professeur d’université, elle se réveille à 4h du matin pour faire sa cuisine avant de partir au travail. La domestique est engagée pour nettoyer non pour cuisiner. Quel que soit son rang social, son statut, la femme cuisine pour son époux. J’ai voulu comparer ces deux types de femmes au travers d’un ménage polygame. Dans cette épopée, le héros est de la classe Tiédo (noblesse guerrière chez les Pulaar). Tous les éléments sont réunis pour épouser ce genre littéraire : l’honneur, le risque, les difficultés. On lui a ravi la femme qu’il aimait, qu’il comptait épouser. Les Pulaar savent aimer. J’ai fait beaucoup de recherches et j’ai lu de la littérature pulaar. Le fond culturel reste le même. Outre la langue maternelle, on devrait instituer l’apprentissage d’une deuxième langue nationale.

Qu’en est-il de votre cursus scolaire, universitaire ?
J’ai étudié à l’école mixte de Bargny jusqu’au CE2. Je suis allée à l’Immaculée de Rufisque. Lorsque que j’ai fini le cycle primaire, je suis allée à Notre Dame jusqu’en classe de Seconde avant de rejoindre Sainte-Jeanne d’Arc où j’ai eu mon Bac. Je me suis mariée juste après l’obtention de ce diplôme. C’est en étant mariée que j’ai eu ma Licence en droit public avant un diplôme de 3ème cycle en économie de développement à Grenoble (France). Je suis juriste de formation avec une spécialisation en genre. Après la retraite de mon époux dans les années 1999-2000, nous sommes rentrés au Sénégal. C’est à partir de ce moment que j’ai débuté une carrière d’écrivaine. J’ai écrit "A l’ombre du Négus rouge", "Du Baobab au Saguaro", en hommage à mon frère décédé. Je lui parle de ce qui s’est passé avant et après sa mort avec des évocations de la culture lébou. Ensuite, j’ai écrit "Fergo". Lorsque j’écris, je commence par le chapitre que je veux. Au départ, je voulais en faire une pièce de théâtre, mais Dieu m’a donné comme don dans le côté description. Je suis très nulle pour les dialogues. Finalement, j’ai opté pour le roman. C’est pourquoi il y a deux rythmes : l’un est épique, l’autre avec un monologue.

Quel regard portez-vous sur la littérature sénégalaise, le monde de l’édition ?
Le Sénégal est un peuple d’artistes. Je disais que la culture pourrait fournir beaucoup de métiers : littérature, stylisme, coiffure. Dans la rue, chaque personne porte une œuvre de création. C’est pareil avec l’écriture. Les gens disent que le niveau n’y est pas. Je dis il y a d’excellents auteurs. Les gens ne les lisent pas. Il faudrait lorsqu’un livre sort, qu’il soit primé, que le ministère de l’Education nationale en achète beaucoup d’exemplaires, qu’on incite les grandes entreprises à faire du mécénat. Un livre qui remporte un Grand prix, il est passé par le meilleur des tamis. Ce livre doit aller au programme. Au Sénégal, il y a eu des alternances politiques mais en matière de culture, c’est la continuité. Le Grand prix, c’est une vitrine pour le Sénégal. Si on met le maximum dans la culture, beaucoup de jeunes ne partiraient pas mourir dans les pirogues ou se faire traiter comme esclave dans le désert. Il faut mettre le paquet dans la culture. C’est de l’économie, c’est de la création de richesse. Il y a une économie de la culture. Il ne faut pas la prendre comme de la fantaisie mais un secteur pourvoyeur d’emplois, de biens. C’est autour de la culture que se construit la paix sociale. C’est le lieu où toutes les énergies, les sensibilités, les espoirs peuvent se retrouver. C’est dans la culture que l’on va retrouver la paix sociale.

Réalisée par Omar DIOUF & E. Massiga FAYE

La 4ème édition de la Journée de la Renaissance africaine, instituée lors du 15ème Sommet de l’Union africaine, en 2010, à Kampala, a été célébrée mardi dernier. A Dakar, le Monument de la Renaissance africaine a abrité cette cérémonie marquée par la présence de plusieurs nationalités africaines en parfaite communion avec le peuple sénégalais représenté par toutes ses composantes.

Il y a eu de la joie, de l’ambiance et surtout une communion sincère entre des peuples d’Afrique liés par l’histoire et le destin à construire dans l’union. La célébration de la Journée de la Renaissance africaine au Monument du même nom a été un instant d’exaltation des valeurs africaines et universelles et d’affirmation des identités plurielles qui y ont rehaussé leur fierté.

Car elle est un moment « pour témoigner et nous féliciter de l’engagement que l’Afrique, le continent-mère, a pris pour consolider son unité et poursuivre résolument sa marche vers le progrès. Il ne s’agit pas, en effet, de contempler le passé dans ses moments de mémorables gloires, ni de se plaindre des actes hideux subis de long en large du continent, mais plutôt de traduire en philosophie agissante le besoin de nous affirmer, dans la dignité de nos valeurs, et de jouer notre partition dans le concert mondial », a souligné Birane Niang, secrétaire général du ministère de la Culture parlant au nom du chef de ce département. Elle s’inscrit aussi dans une généreuse ambition des autorités publiques de faire de la culture un vecteur d’union, d’élargissement des possibilités d’action. Elle est à l’image du projet du Musée des civilisations noires qui participe, à son avis, du souci partagé de placer la culture non seulement au cœur des politiques de nos pays mais également d’en faire à la fois un stimulant de nos énergies créatrices et un facteur déterminant de croissance. La parade des nations africaines en vêture traditionnelle, au-delà de l’esthétique, traduit les innombrables richesses -dans son acception la plus noble- dont sont pourvus les Africains.

« Cette manifestation célèbre la joie d’être ensemble », a dit l’ambassadeur du Cameroun au Sénégal, Jean Koe Ntonga, particulièrement élogieux à l’endroit du Monument de la Renaissance africaine pour sa beauté, son envergure et le symbole qu’il incarne pour tout le continent.

Celui qui en est l’administrateur, Abdoulaye Racine Senghor, heureux de recevoir tout ce beau monde, s’est réjoui de la présence de plusieurs pays africains et de leur contribution dans la réussite de cette journée placée sous le thème : « Renaissance africaine, consolider nos liens pour bâtir l’Afrique ». Et son destin ne saurait s’accomplir sans l’implication de sa frange la plus jeune. La présence de nombreux écoliers, particulièrement enthousiastes, montrent que les organisateurs en ont bien pris conscience.

Alassane Aliou MBAYE

Pays invité d’honneur de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art), la Tunisie présentera une exposition sous le thème « Tenir la route » avec 15 artistes.

La ville de Dakar accueille, du 3 mai au 2 juin, la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art) sous le thème « L’heure rouge ». La Tunisie est le pays invité d’honneur. Dans cette perspective, une mission de prospection, sous la conduite de la commissaire de l’exposition, Rachida Triki, a séjourné dans la capitale sénégalaise les 3 et 4 avril. Mme Triki était accompagnée de la directrice des Arts plastiques au ministère des Affaires culturelles, Jedidi Rabaa, du secrétaire général de l’Union des artistes plasticiens tunisiens, Gharsallah Wissem...

Lors d’une rencontre avec la presse sénégalaise, la commissaire de l’exposition est revenue sur le sens de la participation de la Tunisie comme pays invité d’honneur du Dak’Art. Au regard de Rachida Triki, c’est un honneur qui est fait à la Tunisie d’autant plus que le projet de la Biennale répond tout à fait à la mutation actuelle que vit la société tunisienne. « Le thème général du Dak’Art, « L’heure rouge », concerne le Sénégal, l’Afrique. Mais, chaque commissaire d’exposition devait travailler à quelque chose qui correspond à sa région », a expliqué celle qui fut, en 2010, commissaire d’expo pour l’Afrique du Nord. Selon elle, la Tunisie vit, depuis 7 ans, une révolution sociale, politique, au niveau de la scène artistique.

« Nous sommes toujours en plein débat sur la Constitution, le sens de l’orientation que la Tunisie doit mener par rapport aux problèmes qu’elle rencontre », a relevé Rachida Triki. L’exposition de la Tunisie est placée sous le thème « Tenir la route » dans le sens où les artistes tunisiens sont des créateurs embarqués dans une prise de conscience très forte. « Ils essaient de participer, malgré toutes les contre révolutions, de tenir la route. C’est-à-dire de mener à bien cette mutation démocratique et défendre les libertés », a souligné la commissaire d’exposition.

Sur les 52 dossiers reçus suite à un appel à candidature, 15 œuvres ont été retenues. La tonalité tourne autour d’œuvres critiques, engagées ou axées sur la résistance avec des expressions artistiques comme l’installation, la gravure, la photo, la peinture, la sculpture. « Ce sera un miroir de la pratique artistique contemporaine en Tunisie », a promis Mme Triki, rappelant que le Dak’Art est un tremplin pour les artistes tunisiens qui y ont été primés.

El H. Massiga FAYE

Dans sa série d’activités, la Villa des arts, à Dakar-Hann, a accueilli, avant-hier, une rencontre d’information sur les droits d’auteur et droits voisins. Cette retrouvaille avec les membres de la Sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav) a été une occasion pour sensibiliser les acteurs des arts visuels sur les enjeux liés à cette législation.

A l’heure du tout numérique, une meilleure compréhension de la propriété intellectuelle semble plus que jamais nécessaire pour la promotion de l’industrie créative. L’urgence est donc de travailler à une bonne conception des enjeux liés au droit d’auteur et des droits voisins. La rencontre d’information sur le droit d’auteur et les droits voisins, initiée, mardi dernier, par la Villa des arts, s’inscrit dans cette perspective. Elle a permis, grâce à des échanges fructueux avec l’équipe de la Sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav), de sensibiliser les acteurs des arts visuels sur leurs prérogatives dans cette législation, les spécificités liées à leur secteur ainsi que l’intérêt et la pertinence de maitriser ces droits.

Au Sénégal, a relevé le conseiller technique au ministère de la Culture et vice-président du Comité permanent du droit d’auteur et des droits connexes de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi), peu d’efforts sont faits par les acteurs pour connaitre leurs droits afin de pouvoir être une force de proposition. Dans sa communication, Aziz Dieng a tenu à soulever un certain nombre de notions qui font la spécificité du secteur des arts visuels dans le domaine du droit d’auteur. Il s’agit notamment du droit de suite, lequel permet à l’artiste, en cas de vente de son article, de continuer à percevoir un certain pourcentage. Selon M. Dieng, ce droit dispose que l’artiste soit associé au succès de son œuvre. La législation sénégalaise, a-t-il précisé, prévoit que 5% de chaque vente lui soit attribué. Ce qui peut varier en fonction des pays. Aux Etats-Unis, par exemple, le droit de suite n’est pas reconnu. L’autre élément spécifique lié aux arts visuels concerne le respect de l’esprit et de l’intégrité de l’œuvre. C’est une manière d’ « empêcher toute dénaturation ou altération afin de préserver l’expression authentique de celle-ci ». Dans le milieu des arts, peu sont ceux qui savent ces différentes dispositions juridiques. D’où la nécessité, a expliqué le conseiller technique, d’arriver à un changement de comportement. Le directeur général de la Sodav, Aly Bathily, a annoncé qu’un travail est en train d’être fait pour le traçage des arts visuels à travers le monde afin de s’assurer de la récupération des droits. Il a invité les artistes à se formaliser pour accéder au droit de suite.

Ibrahima BA

Dans le cadre de sa politique de Responsabilité sociétale d’entreprise et de son soutien au développement de l’écosystème numérique au Sénégal, Sonatel a lancé, le 29 mars dernier, la première édition de « Let’s meet up ! » Il s’agit d’une plateforme d’échanges et de partage avec les acteurs de l’écosystème numérique, notamment les start-up. Selon un communiqué, à travers « Let’s meet up ! » Sonatel souhaite créer un cadre d’échanges privilégié entre l’écosystème numérique et Sonatel qui offre son expertise aux start-up afin de les aider à améliorer leur performances. « Ce soutien passe par la mise à leur disposition de plateformes d’échanges, l’accès à ses réseaux et services, la création de mécanismes d’accélération ou d’incubation spécifiques ainsi que des supports pour le financement et la gestion », informe le document. Il ajoute que Sonatel compte recueillir les besoins et les attentes des acteurs de l’écosystème numérique avec ses partenaires du ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, des start-up accompagnées par Sonatel, des incubateurs, des grandes entreprises partenaires, de Orange digital venture (Odv), de Téranga Capital, de l’ambassade de France et de la présidence de la République. Le lancement de cette première édition de « Let’s meet up ! » a été aussi l’occasion de remettre les Prix du Linguère digital challenge dont la troisième édition s’est tenue, du 31 octobre au 31 décembre 2017, avec 103 start-up candidates. Awalebiz, plateforme de e-commerce, gagne le premier Prix de 7.500.000 FCfa et un accompagnement technique d’une valeur de 2.500.000 FCfa. Le deuxième Prix, d’un montant de 2.500.000 FCfa en nature et un accompagnement d’une valeur de 2.500.000 FCfa est revenu aux « Gourmets, plateforme agro-alimentaire en ligne ». Enfin, le troisième, composé d’un montant de 1.500.000 FCfa et un accompagnement technique de 2.500.000 FCfa, a été remporté par « Dakar lives, une plateforme créative et un hub culturel ».

Ibrahima BA

« Mots à maux ». C’est le titre du dernier recueil que les « Ecrivains de la meute » ont présenté dimanche à Thiès. A travers une cinquantaine de textes très engagés, ces poètes ont réussi à démontrer que leurs mots portent en eux l’empreinte de leurs maux.

Les « Ecrivains de la meute » ont frappé fort avec le recueil « Mots à maux » qui fait suite à « Lumière des ténèbres » paru en janvier 2016 à Edilivre. Avec des mots bien choisis, Mame Mbeugué Dièye, Thierno Abdoul Wone, Aziz Barham Diouf et Ousmane Mangassa dénoncent les travers, les maux de la société. Par cette œuvre, ces poètes ont émis sur la même longueur d’ondes que Jean Cocteau qui disait : « La poésie dévoile dans toute la force du terme. Elle montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surprenantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement ». Ils ont donc réussi un vrai jeu verbal mais aussi libéré les mots pour crier leur détresse. Pour Mame Mbeugué Dièye, « Mots à maux » est une traduction de leurs maux en poésie. « Le terme maux ne saurait être simplement réduit à son sens premier. Le recueil est plutôt un condensé de nos vécus, de nos aspirations, de nos regrets, de nos tristesses. C’est un prétexte pour mettre à nu les sentiments que nous partageons avec le grand public », explique-t-elle. De même, souligne-t-elle, « ces sentiments ne sauraient se limiter à exprimer [leurs] seuls « maux », mais globalement les maux de toute une génération d’humains ». « Mots à Maux » vise, selon Ousmane Mangassa, à dénoncer les dérives de la société. Et le « je », dit-il, est souvent exhalé dans les textes de ce recueil. « A travers notre « je », nous manifestons le « je » de chacun », soutient-il pour épouser la pensée de Victor Hugo qui, dans la préface des Contemplations, disait : « Quand je parle de moi, je parle de vous ! » Mangassa informe qu’après la première aventure avec « Lumière des ténèbres », le collectif s’est enrichi de nouvelles têtes qui ont rejoint la meute.

Dans ce recueil, l’amour qui revient en force adoucit le cri du cœur de ces écrivains. Ceci, pour souligner que la poésie peut souvent apporter des remèdes aux maux de la vie en évoquant aussi la vie sentimentale qui est un savant mélange de plaisir et de souffrance.

Slams et déclamations de poème ont ponctué la cérémonie de dédicace de ce recueil. Et les mots ont volé très haut. Disséquant l’œuvre, Mamadou Socrate Diop a magnifié l’engagement de ces poètes qui, à travers leurs mots, apportent un antidote, un remède contre les maux de la société.

S. O. FALL


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.