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Enseignant de formation et homme de radio, Jean Pierre Tine a rendu l’âme samedi dernier à l’hôpital Saint Jean de Dieu à Thiès. Ce professeur de Lettres modernes originaire de Thiawoun Louha, village situé dans la commune de Chérif Lô, sur l’axe Thiès-Tivaouane, s’est révélé au public, à travers les ondes de Sud Fm, comme un reporter talentueux à Kédougou, puis à Thiès. Sa voix était ainsi devenue familière aux auditeurs de Sud matin à 6 heures 45 minutes. Humble, d’abord facile et soucieux du travail bien fait, Jean Pierre Tine était aussi généreux dans les échanges d’idées sur le travail du journaliste, de l’enseignant qu’il fut, le tout arrimé à l’ancre du patriotisme. Il a su, toute sa vie durant, donner pleinement sa contribution. Foudroyé, il y a une semaine, par un accident vasculaire cérébral, Jean Pierre Tine a quitté ce monde tôt samedi. Il sera enterré aujourd’hui dans son village Thiawoun Louha. Adieu « mon petit sérère », dernier président élu de la défunte communauté rurale de Chérif Lô.

MBAYE BA

L’Amicale des travailleuses de l’Agence de presse sénégalaise (Aps) a célébré la journée internationale de la femme. Un panel, sur le thème « Comment concilier ménage et vie professionnelle », a été un des moments forts de la rencontre.

Dans un élan collectif et sur une approche originale, l’Amicale des femmes de l’Agence de presse sénégalaise (Aps) a célébré la journée internationale de la femme. En étroite collaboration avec le personnel féminin de la maison de la presse, ces travailleuses ont marqué, à leur manière, la journée mondiale consacrée à la femme. Loin des fastes et festivités qui rythment cette célébration, elles ont projeté une réflexion. A travers un panel, elles ont fait appel à la réflexion des spécialistes Fatou Bintou Dial (sociologue) et Diatou Cissé (journaliste) pour introduire sur le thème: « Comment concilier ménage et vie professionnelle ».

Diatou Cissé, qui réclame son « militantisme pour le respect des droits de la femme », a fortement salué l’initiative des travailleuses de l’Aps. La journaliste, qui capitalise des dizaines d’années d’expérience dans le métier, est persuadée que « le véritable apport des femmes dans le monde des médias n’est pas reconnu à la mesure des efforts consentis ». Pour sa part, Yaye Fatou Ndiaye, présidente de l’Amicale des femmes de l’Aps, a plaidé « pour l’accès des femmes aux hautes fonctions du journalisme ». Elle se dit « surprise de ne point voir de femme rédactrice en chef à l’Aps, alors que le personnel est pourtant suffisamment riche de ses éléments féminins ».

Thierno Birahim Fall, directeur général de l’Aps, a salué « l’admirable initiative des femmes de (sa) boîte ». Il s’est surtout réjoui du « bel élan de solidarité de l’ensemble des femmes travailleuses de la maison de la presse ». Quant à Yoro Moussa Diallo, secrétaire général du ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, il a salué « le travail essentiel abattu par les femmes dans la bonne marche du pays ». Heureux de prendre part à la rencontre, il a salué « le dynamisme des femmes » et souligné « l’importance de la question du genre » au Ministère de la Communication. « C’est l’un des départements ministériels qui a mis sur pied un service dédié aux questions de genre », a-t-il dit.

Oumar BA

Au Sénégal, les questions liées aux droits des femmes ne sont pas suffisamment bien prises en compte dans les contenus médiatiques. C’est ce qu’ont d’emblée révélé les résultats d’une étude de l’Institut Panos présenté hier au Cesti qui a abrité un panel sur la question à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la femme.

Pour marquer la célébration de la Journée internationale de la femme, le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), en partenariat avec l’Institut Panos, a organisé un panel sur « Femmes et médias : déconstruire les stéréotypes ». Il a été modéré par Rokhaya Eugénie Aw, ancienne directrice de l’école. Une occasion pour les intervenants, composés essentiellement des professionnels de l’information et de la communication, de jeter un regard critique sur la présence de la gent féminine dans le paysage médiatique sénégalais.

A cet effet, une étude de l’Institut Panos intitulée « Couverture médiatique  de la participation politique  et des violences faites aux femmes », présentée par le journaliste Bakary Domingo Mané, a mis en exergue la faible présence des questions liées aux droits des femmes dans le traitement des informations dans les organes de presse.

Il s’agit d’une enquête réalisée durant la période du 1er au 15 mars 2017 et qui s’inscrit dans le cadre du projet « Femmes, occupez les médias » mis en œuvre par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest. Elle a porté sur un ensemble d’organes de presse du paysage médiatique sénégalais. Pour la presse écrite, le choix a été porté sur Le Soleil, l’Observateur, Sud quotidien, Vox populi. M. Mané a noté que, globalement, ces quatre quotidiens ont consacré aux femmes seulement 5,3 %, soit 98 articles sur un ensemble de 1.848 articles publiés au cours de cette période. « Il ressort assez clairement que les quotidiens observés ne font pas de la femme un sujet à prioriser. Le prétexte de la Journée internationale de la femme n’a véritablement pas modifié les habitudes rédactionnelles », a soutenu le journaliste.

Concernant les télévisions, les enquêteurs ont retenu la Rts et la Télé futur média (Tfm). Pour ce médium, l’étude du Panos a révélé que les émissions ayant trait à la femme représentent moins de 2 % des 503 éléments proposés par les deux chaînes de Tv du corpus. Pour ce qui est des radios, a justifié l’un des auteurs de ce document, le choix a porté sur celles qui disposent d’un taux d’écoute « relativement important » au niveau de la population, à savoir Rfm, Sud Fm et Radio Sénégal internationale (Rsi). Si l’on se base sur les résultats de cette enquête, la programmation sur l’ensemble des trois stations de radio, objet de l’étude, laisse apparaître une nette marginalisation - moins de 1 % -, voire une absence totale des questions ayant trait aux femmes.

La presse en ligne semble suivre la même tendance générale observée auprès des médias traditionnels.

Les questions liées au genre ne semblent pas faire partie de leurs priorités éditoriales. Parce que c’est moins de 1% des contenus mis en ligne durant la quinzaine autour de la Journée internationale de la femme, d’après Bakary Domingo Mané. Il a toutefois constaté que, comparativement aux télévisions traditionnelles, les sites de la WebTv semblent relativement disposer à ouvrir davantage leur espace aux questions liées aux femmes. Dans la même veine, Fatoumata Bernadette Sonko Sall, chef du Département Presse écrite au Cesti, a noté la faible place qu’accordent les médias aux préoccupations des femmes.

Abdou DIAW


COUSSON TRAORE SALL, DIRECTRICE DU CESTI : « L’URGENCE D’IMPLIQUER LES FEMMES DANS LES INSTANCES DÉCISIONNELLES »
La directrice du Cesti, Cousson Traoré Sall, dans son allocution d’ouverture, a d’abord planté le décor en rappelant le contexte historique de la célébration de la Journée internationale de la femme. Sur le thème du panel, Mme Sall a dénoncé le fait que la femme se trouve encore victime des considérations sexistes qui la relèguent continuellement au second rang. Elle a expliqué que les médias, un lieu par excellence du reflet de nos réalités sociales, offrent, au premier plan, la preuve de cette discrimination. « Qu’il s’agisse des femmes actrices des médias en tant que journaliste (…) ou actrices dans un film ou dans une publicité, la femme est généralement prise comme un élément de décor, juste pour embellir ; pas pour son intelligence ou ses qualités intellectuelles, mais plutôt pour son corps ou sa simple posture de femme », a fait remarquer la directrice du Cesti. C’est pourquoi, a-t-elle préconisé, il est plus que temps de déconstruire à jamais ces stéréotypes qui gangrènent les médias ; les déconstruire tous un à un afin de mettre en place un paysage médiatique fondé sur l’égalité et l’équité. A son avis, la solution la plus urgente est d’impliquer les femmes dans les instances décisionnelles. Mme Sall a ajouté que la promotion de femmes leaders dans les médias ainsi que l’adoption des directives allant à l’encontre de toute discrimination sexiste ne fait qu’encourager cette initiative.

A. DIAW

La directrice du Cesti, Cousson Traoré Sall, dans son allocution d’ouverture, a d’abord planté le décor en rappelant le contexte historique de la célébration de la Journée internationale de la femme.

Sur le thème du panel, Mme Sall a dénoncé le fait que la femme se trouve encore victime des considérations sexistes qui la relèguent continuellement au second rang. Elle a expliqué que les médias, un lieu par excellence du reflet de nos réalités sociales, offrent, au premier plan, la preuve de cette discrimination. « Qu’il s’agisse des femmes actrices des médias en tant que journaliste (…) ou actrices dans un film ou dans une publicité, la femme est généralement prise comme un élément de décor, juste pour embellir ; pas pour son intelligence ou ses qualités intellectuelles, mais plutôt pour son corps ou sa simple posture de femme », a fait remarquer la directrice du Cesti. C’est pourquoi, a-t-elle préconisé, il est plus que temps de déconstruire à jamais ces stéréotypes qui gangrènent les médias ; les déconstruire tous un à un afin de mettre en place un paysage médiatique fondé sur l’égalité et l’équité. A son avis, la solution la plus urgente est d’impliquer les femmes dans les instances décisionnelles. Mme Sall a ajouté que la promotion de femmes leaders dans les médias ainsi que l’adoption des directives allant à l’encontre de toute discrimination sexiste ne fait qu’encourager cette initiative.

A. DIAW

Disparu du paysage médiatique sénégalais depuis 2002, le quotidien Tract réapparait 16 ans après. Ses lecteurs peuvent le retrouver, dès aujourd’hui, sous un format numérique sur l’adresse : www.tract.sn. « Pour sa renaissance, Tract quotidien a choisi d’être exclusivement en ligne à l’adresse www.tract.sn.

La journée de la femme est la date anniversaire de sa création en 2000. D’où le choix de revenir vers le lectorat à cette date symbolique », informe un communiqué. Il ajoute que « la première Une de Tract en 2000 avait été consacrée à une interview de Viviane Wade, qui devait devenir la Première Dame du Sénégal quinze jours plus tard. La première Une de Tract quotidien en ligne sera consacrée, ce 8 mars 2018, à la Franco-Sénégalaise, Diana Brondel, Dg de la startup fintech Xaalys à Paris ». En ligne, le journal va privilégier un traitement magazine de l’information et la photo noir et blanc. « Tract quotidien en ligne compte parmi ses plumes et auteurs l’écrivain Elgas (« Un dieu et des Moeurs », Présence africaine, 2015), le dessinateur de presse Odia (et son personnage Issa Koor), le photographe Erick Christian – Ahounou (ancien directeur du desk photo d’APAnews), et la critique littéraire Véronique Pétetin.

I. BA

Abuja- Les participants à la conférence régionale de journalistes, rédacteurs, organes d'autorégulation et éducateurs, réunis à Abuja, les 1er et 2 mars, pour discuter sur la défense et la promotion du journalisme éthique en Afrique de l'Ouest, ont adopté, à l’issue de leurs travaux, la Déclaration d’Abuja. Celle-ci revient sur certaines thématiques discutées au cours de ces deux jours par des professionnels des médias venus de neuf pays ouest-africains.

Avec le développement du numérique, les journalistes ouest africains veulent mettre de l’ordre dans leur pratique. Après deux jours de séminaire, la Déclaration d’Abuja met l’accent sur le fait que la crise de la propagande, des fausses nouvelles et des discours de haine « exige une réponse globale qui place l'éthique, l'autorégulation et la bonne gouvernance au cœur du journalisme dans la région ».

« L'avenir du pluralisme démocratique et la défense des droits de l'Homme dépendent du droit de tous les citoyens à recevoir des informations fiables et utiles. Nous croyons que le journalisme éthique est le principal fournisseur de l'information dont la démocratie a besoin pour survivre », mentionne le document. Les participants ont aussi condamné toutes « formes de violence contre les journalistes en Afrique, les tentatives à corrompre le processus du journalisme et toutes les tentatives de manipulation des médias pour la propagande ». Un appel a été lancé à l’endroit de tous les journalistes à « redoubler d'efforts, malgré ces menaces, et à respecter les valeurs et les normes de la profession ».

Le même appel est élargi aux éditeurs et propriétaires des médias en vue de « construire une solidarité professionnelle et à travailler ensemble pour promouvoir l'éthique et la bonne gouvernance pour faire face à la crise d'information ».

Solidarité professionnelle
La rencontre d’Abuja a exhorté les professionnels des médias à soutenir la « campagne continentale « Tournons la page de la haine » pour exposer, isoler et éliminer toutes les formes d'incitation à la haine et à la violence intenses ». Tout comme les organisations partenaires, telles que la Fédération africaine des journalistes (Faj), le Réseau pour l’éthique journalistique (Ejn) et les syndicats, doivent « promouvoir des outils pratiques pour mettre fin aux discours haineux et pour la formation des journalistes dans les rédactions ».

Les glossaires définis devraient explorer tous les aspects du discours de haine, y compris lorsque l'utilisation d'un tel langage cible les groupes vulnérables, les minorités ou les femmes dans la société qui sont particulièrement victimes d'abus ».

Sur le reportage durant les élections, il a été rappelé des scrutins prochains dans nombre de pays ouest-africainsb : Gambie (2018), Nigéria (février 2019), Mali (sept 2018), Sénégal (février 2019), Togo (juillet 2018). Mais aussi d’adopter des lignes directrices devant être fondées sur les « leçons tirées de l'expérience des récentes élections en Gambie, au Ghana et au Libéria ».

Dans ces pays, les programmes développés ont essayé de revenir sur la « création de codes de conduite pour le reportage durant les élections. Ils sont distribués à tous les journalistes du pays et mis à disposition dans des livrets imprimés ou par une application mobile… »

Différentes réunions multipartites avant les élections, réunissant des journalistes, des services de sécurité, des magistrats et des dirigeants politiques, peuvent aboutir à un « dialogue visant à assurer la sécurité des journalistes ».

Un souhait majeur des participants est qu’une formation des formateurs soit dispensée avant les prochaines élections dans la région avec un accent particulier sur l'impartialité, le discours de haine, la sécurité et la vérification des faits durant les campagnes électorales.

Ethique et bonne gouvernance
L’éthique, la bonne gouvernance et la corruption ont également largement retenus l’attention des séminaristes.

Les participants ont demandé à ce qu’il y ait « un plus grand engagement envers le journalisme d'investigation » à même de venir à bout de la corruption. Ils ont aussi condamné le non-paiement des salaires des journalistes, parfois pendant des mois.

La rencontre a convenu également qu’il appartient, sur le plan de l’autorégulation, à « l'industrie des médias de décider des critères d'accréditation pour les journalistes et que les gouvernements ne devraient pas imposer de critères prohibitifs ou punitifs à la profession ».

Sur la question genre, la réunion d’Abuja a admis que le « discours de haine a été utilisé à maintes reprises comme une arme de violence sexiste destinée à intimider les femmes dans le silence et a appelé les médias à se joindre à la société civile pour combattre la discrimination sexuelle et les discours haineux caractérisés par des stéréotypes ».

Elle est revenue sur la question des droits d’auteur à l’ère digitale pour insister sur le fait que la « défense traditionnelle des droits d'auteur à l'ère numérique nécessite de renforcer la prise de conscience de l'importance des droits économiques, professionnels et juridiques des auteurs ».

La réunion a accueilli « favorablement les propositions visant à créer des mécanismes de signalement des pires cas de plagiat et de copier-coller du journalisme afin de pouvoir négocier des accords avec les médias et encourager une meilleure reconnaissance des droits des journalistes en théorie et en pratique ».

La rencontre d’Abuja a également évoqué la question du reportage dans un contexte de lutte contre le terrorisme, l’extrémisme violent. Elle a reconnu que le traitement de ce type d’actualité expose les journalistes à des poursuites dangereuses en termes de sécurité physique mais aussi à travers des lois qui exigent qu’ils révèlent leurs sources.

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE, Envoyé spécial

La Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (Mfwa) a signé une convention de partenariat avec la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs) pour dérouler le projet « Promotion de la liberté de la presse en Afrique de l’Ouest ».

L’objectif est de travailler au renforcement du rôle des médias dans la promotion de la transparence et la redevabilité dans la gouvernance, ainsi que l’amélioration de la liberté de presse dans la sous-région. Il s’agit aussi, a informé un communiqué, d’œuvrer pour le renforcement des capacités à propos des questions de reddition des comptes. C’est pourquoi « les organes de médias bénéficieront aussi de formations pour améliorer leurs capacités dans l’investigation et le reportage sur les questions de transparence et de reddition des comptes ».

Exécuté avec le soutien financier du Programme du journalisme indépendant de l’Open society foundations et de William and Flora Hewlett foundation, « ce projet d’appui pour le développement des capacités des médias sur les questions de gouvernance, de transparence et d’exigence de compte rendu constitue un défi majeur pour la presse sénégalaise, notamment les jeunes reporters, a soutenu Pape Thioro Ndiaye, président de la Cjrs. De son côté, Sulemana Braimah, directeur exécutif de la Mfwa, a indiqué que ces programmes « renforceront la capacité des médias à faire le plaidoyer sur la liberté de la presse, à mieux faire le reportage sur la gouvernance et les questions de redevabilité et aussi à les autonomiser à devenir des plateformes efficientes pour le dialogue entre les citoyens et les autorités ».

Dans le cadre de son programme dédié au renforcement du rôle des médias dans la promotion de la transparence et la redevabilité dans la gouvernance et l’amélioration de la liberté de la presse, la Mfwa a déployé deux projets dans six pays de la sous-région, dont Sénégal, Benin, Burkina Faso, Gambie, etc.

Ibrahima BA

Abuja-Les journalistes ouest-africains ont été invités à établir et à maintenir des rapports de confiance avec leur public. Une confiance possible que s’ils sont arrimés à des codes et valeurs standards.

Comment parvenir à un journalisme décent ? La préoccupation de Chris Eliott, membre de la Commission du Réseau anglais pour l’éthique journalistique (Ejn), est de voir les journalistes se battre en vue de restaurer la « confiance des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs ». Il intervenait, à Abuja (Nigéria), dans le cadre de l’atelier portant sur le thème : « Journalisme, la démocratie à l’ère numérique et l’éthique journalistique ». Avec plus de 40 ans d’expérience professionnelle, Eliott a estimé que l’ « éthique est un système de codes qui gouverne notre profession tandis que la morale résulte de nos actions individuelles ». Partageant son expérience britannique, il a expliqué qu’en « journalisme, l’essentiel est de demander pardon quand on s’est trompé pour faire garder la confiance dans la profession ».

« Il y a, aujourd’hui, en Grande-Bretagne, une chute de confiance par rapport aux médias. Nous avons mené une enquête qui a révélé que 24% des personnes interrogées pensent qu’il y a, dans les médias, une séparation des faits de la fiction. La même enquête montre que 53 % sont d’avis qu’ils sont exposés à de fausses nouvelles dans les médias sociaux », a-t-il révélé.

La confiance aux médias ne peut s’obtenir que par l’adoption de « codes éthiques qui peuvent aider à développer des standards ». La loi (aspect juridique), l’autorégulation et les éditeurs sont mis à profit, en Angleterre, pour aider à l’observation de l’éthique. Donnant l’exemple du journal le Guardian, il a souligné qu’il dispose d’un code interne qui est un condensé de conseils pratiques qui met l’accent sur l’exactitude de l’information, le comportement professionnel, les conflits d’intérêt, le plagiat et la vérification.

Revenant à la confiance, Chris Eliott a insisté sur la vérité qui est la « clé pour construire une relation de confiance à l’ère digitale ». Une autre clé, c’est celle de l’indépendance des journalistes qui doivent s’évertuer à ne pas verser dans la « propagande » et aliéner la confiance dont ils font l’objet.

Le secrétaire général du Conseil de presse nigérian a aussi abondé dans le même sens, mettant l’accent sur la nécessité pour le journaliste de « s’attirer » la confiance qu’il doit « maintenir ».

Parlant d’autorégulation, il a souligné l’importance pour les organes de presse d’enregistrer les plaintes et de les diligenter. Et si la culpabilité des médias est établie, que les sanctions prises soient appliquées.

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE, Envoyé spécial

Abuja- Quelles valeurs éthiques adopter à l’ère digitale pour les journalistes pour promouvoir la démocratie ? Des journalistes ouest-africains essaient de trouver, depuis hier, à Abuja (Nigéria), une réponse à cette question en vue d’ériger l’éthique, la bonne gouvernance, l’autorégulation, les diversités et bannir les discours haineux, l’extrémisme violent… dans la profession.

La capitale nigériane, Abuja, abrite, depuis hier, un atelier axé sur le thème : « Journalisme, la démocratie à l’ère numérique et l’éthique journalistique ». Organisée par la Fédération africaine des journalistes (Faj) et le Réseau pour l’éthique journalistique (Ejn), cette rencontre de deux jours réunit plus d’une cinquantaine de participants venus de neuf pays ouest africains.

« Nous ne devons pas accepter, en tant que journalistes, que nos plateformes soient utilisées pour diffuser des discours haineux. Ce discours n’est jamais libre. Nous devons donc faire très attention surtout que ce discours haineux est très souvent exacerbé en période électorale et les politiciens ont souvent tendance à dire trop de choses à la fois », a exhorté le président de la Faj, Abdulwaheed Odusile, par ailleurs président du Syndicat des journalistes nigérians (Nuj). Pour lui, les journalistes africains doivent, à l’ère digitale, être informés des « nouvelles tendances », en se formant et s’équipant en conséquence, mais aussi qu’ils puissent toujours s’attacher aux valeurs « éthiques et déontologiques » qui fondent le métier. Il a magnifié le partenariat noué avec Ejn et qui vise à renforcer des journalistes du continent. Après l’Afrique de l’Est (Nairobi) et l’Afrique Centrale (Douala), l’Afrique de l’Ouest suit donc la tendance avec la conférence d’Abuja.

Le représentant du Réseau pour l’éthique journalistique, Tom Law, a souligné la nécessité d’ « avoir des solutions pratiques en commun pour renforcer le rôle des journalistes ». Car la sauvegarde de l’éthique journalistique ne pouvant se faire, selon lui, que si les professionnels des médias répondent à deux questions essentielles : « - qui sommes nous ? Que faisons-nous ? » Les réponses à ces interrogations devront être corrélées à une volonté de « se battre pour l’impartialité, ne pas s’attaquer aux sources, à l’indépendance, en ne versant pas dans la propagande, et faire de l’autorégulation ». La réelle influence des journalistes sur la société doit être accompagnée par une utilisation des « valeurs du journalisme », a expliqué M. Law. Aussi, a-t-il encouragé à la production d’articles à même de mettre l’accent sur certains phénomènes sociaux comme la corruption par exemple.

« Il nous faut créer une prise de conscience contre le discours haineux, la corruption, mais aussi faire tout pour une dissémination de l’information émanant des journalistes puisqu’à l’heure de l’internet nous disposons de toutes sortes d’informations », a invité Muktar Gidado, le vice-président de la Nuj. Pour M. ce dernier, la pratique du métier de journaliste devra toujours se faire selon « l’éthique standard » et la survie de la démocratie dépend aussi du développement des médias.

Quatre panels sont inscrits au programme de la conférence : l’éthique, l’autorégulation ; la bonne gouvernance au discours haineux ; les diversités et l’extrémisme violent ; la propagande, les élections...

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE, (Envoyé spécial)

La République a rendu, hier, un dernier hommage à Amadou Mbaye Loum qui repose désormais à Yoff. Les hommages sont aussi d’une profession, d’une entreprise de presse, la Rts, des confrères, des Forces armées .

Hier, à la levée du corps d’Amadou Mbaye Loum, la cérémonie avait une allure martiale. Les Forces armées sénégalaises (Fas) étaient bien représentées pour rendre hommage au défunt journaliste spécialiste des questions militaires. En atteste la présence des généraux Meïssa Niang, haut-commandant de la Gendarmerie nationale, Bara Cissokho, sous-chef d’état-major général des Armées, Birane Diop, chef d’état-major particulier du président de la République, François Ndiaye, inspecteur général des Forces armée, Victor Tine, commandant de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, entre autres. A ces hommes étoilés, l’on pouvait ajouter tous ces militaires qui ont salué la dépouille du plus militaire des civils. Mais aussi ces généraux aujourd’hui dans la deuxième section avec qui le désormais défunt a partagé tant de peines, des moments de joie, mais surtout les rigueurs d’une opération militaire. Il s’agit de Pathé Seck, Ousmane Ibrahima Sall, les deux Abdoulaye Fall (de l’Armée et de la Gendarmerie), Alioune Samba, Abou Thiam.

Rien de surprenant que la dépouille soit surmontée des bérets commando et para pour celui qui aimait déclamer son appartenance à l’une ou l’autre arme.

Le ministre des Forces armées, Augustin Tine, a rappelé « combien il avait marqué son époque ». Venu représenter le président de la République, il a souligné qu’il a « toujours porté à la connaissance du public tout ce qui devait l’être, seulement ce qui devait l’être ».

Bien que précurseur dans la spécialisation sur les questions militaires, Amadou Mbaye Loum appartenait à une corporation qui lui a rendu hommage à travers le secrétaire du Synpics. Mais également par son ancien directeur et mentor, Pathé Fall Dièye. Ce dernier a salué le fait qu’il ait réussi à faire « alliance de la parole, de l’image et du son avec les Fas ».

De nombreux journalistes ont assisté à cette levée du corps. La présence du Malien Hamdoun Touré a revêtu un cachet particulier puisqu’il est, avec le défunt, de la 4ème promotion du Cesti.

Des célébrités du monde des médias, mais aussi des anonymes sont venus très nombreux à la cérémonie pour un hommage empreint d’émotion devant son fils unique. Le défunt a indubitablement « posé des actes qui lui survivent », a témoigné son confrère Ahmed Bachir Kounta. « Douloureuse est, aujourd’hui, mon émotion devant cette planche funéraire. Nous avons vu Amadou Mbaye Loum à la conquête de ce métier. Il a gravi tous les échelons de la responsabilité éditoriale. Avec éloquence, élégance et maitrise, il a été serviteur de son pays », a rappelé Bachir Kounta.

Le directeur général de la Rts, Racine Talla, a salué l’intense activité que Mbaye Loum avait maintenue malgré son départ à la retraite administrative.

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

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