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Actualités Internationales (1282)

Les présidents des autorités intérimaires dans le nord du Mali ont été désignés et leur installation débutera, aujourd’hui, à Kidal, bastion de l'ex-rébellion, conformément à l'accord de paix de 2015, a-t-on appris, hier, auprès du ministère malien de l'Administration territoriale.

Les signataires de l'accord de paix au Mali ont établi, le 10 février, un nouveau calendrier prévoyant la mise en place, avant la fin du mois, de deux dispositions importantes de cet accord, aux échéances constamment repoussées : les "patrouilles mixtes" et les autorités intérimaires dans les cinq régions administratives du Nord. "Sur proposition du gouvernement malien, Hassan Ag Fagaga de la Coordination des mouvements de l'Azawad (Cma, ex-rébellion à dominante touareg) a été nommé président des autorités intérimaires dans la région de Kidal" (nord-est), selon un communiqué du ministère. M. Ag Fagaga, colonel et ex-déserteur de l'armée régulière, sera installé, aujourd’hui, par le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, Mohamed Ag Erlaf, a-t-on appris auprès du ministère.

A Gao, c'est Djibrila Maïga, de la Coalition des groupes armés pro-gouvernementaux, qui a été désigné président alors qu'à Tombouctou (nord-ouest), c'est "Boubacar Ould Hamadi de la Cma qui a été choisi", selon le communiqué. Dans les régions administratives récemment créées de Ménaka (nord-est) et de Taoudénit, ce sont respectivement Abdoul Wahab Ag Ahmed Mohamed, du Mouvement pour le salut de l'Azawad (Msa, issu d'une scission d'un groupe de la Cma), et Hamoudi Sidi Ahmed Aggada, retenu par le gouvernement, qui doivent en prendre les rênes.
La nomination de ce dernier, homme d'affaires résidant à Bamako, a néanmoins été contestée par la branche du Mouvement arabe de l'Azawad (Maa) au sein de l'ex-rébellion, ainsi que par des associations et chefs de tribus de la région de Tombouctou. "Le Maa rejette catégoriquement toute tentative d'imposer un président au collège transitoire" de la région de Taoudénit, selon un communiqué de ce groupe. En vertu de l'accord de paix signé en mai-juin 2015, les autorités intérimaires devront gérer ces cinq régions, en attendant l'élection, par la population, d'Assemblées dotées de pouvoirs importants. Leur mission sera notamment de préparer ces élections et de favoriser le retour des déplacés.

Le calendrier, adopté la semaine dernière et prévoyant la mise en place des autorités intérimaires "du 13 au 20 février" et le lancement des patrouilles mixtes à partir du 20 février sera respecté, a-t-on assuré au ministère.
Ces patrouilles mixtes entre militaires maliens, combattants des groupes pro-gouvernementaux et de la Cma, sont censées préfigurer la refonte d'une armée malienne unitaire.
L'accord vise à isoler définitivement l'ex-rébellion à dominante touareg des jihadistes qui avaient pris, en 2012, le contrôle du Nord.

AFP -

La police a dispersé à coups de gaz lacrymogène une manifestation de producteurs de cacao de Côte d'Ivoire, premier exportateur mondial de la fève, organisée pour dénoncer la mévente des récoltes, a constaté l'Afp.

Plusieurs dizaines de producteurs brandissant des pancartes proclamant "Tout notre cacao va à crédit (il n'est pas payé)", se sont rassemblés au Plateau, quartier administratif et des affaires d'Abidjan, pour déplorer "l'immobilisation de plusieurs milliers de tonnes de cacao au port d'Abidjan à la suite du blocage du système d'achat mis en place par les autorités".

Depuis novembre 2016, les producteurs n'arrivent plus à écouler leurs récoltes. Le prix "bord champ" du kilo de cacao fixé à 1.100 FCfa (1,67 euros) par le gouvernement ivoirien "n'est même plus respecté", a déploré le président du Syndicat national des producteurs pour le progrès, Moussa Koné. "Tout est bloqué dans les ports comme en brousse. Donc, les paysans sont obligés de brader, par défaut d'acheteurs", a-t-il expliqué. "Les producteurs sont venus de toutes les régions de Côte d'Ivoire (...) pour que le cacao soit payé. Le produit (cacao) se trouve bloqué dans les deux ports de San Pédro et Abidjan", a déclaré à l'Afp Bilé Bilé, président de la Coordination nationale des planteurs de Côte d'Ivoire.
Actuellement, il y a "580 remorques de 35 à 38 tonnes qui sont bloquées au port d'Abidjan ; ce qui équivaut à près de 20.000 tonnes de cacao", a-t-il poursuivi.

Selon un exportateur qui a requis l'anonymat, tout est parti "du gap de 470 FCfa (0,71 euros) qu'il y a entre le prix du cacao à la Bourse de Londres qui est de 1.380 FCfa (2,10 euros) et le prix de vente à l'exportation imposé par le Conseil (ivoirien) café-cacao qui régule la filière, qui est de 1.850 FCfa (2,80 euros)".

Le cacao est vital pour l'économie ivoirienne. Ce secteur représente 15 % du Pib, plus de 50 % des recettes d'exportation et surtout les deux tiers des emplois directs et indirects, selon la Banque mondiale.

AFP -

Au moins sept kamikazes, dont six femmes, se sont fait exploser, tard jeudi, dans la ville de Maiduguri (nord-est du Nigeria), sans faire de victimes, ont rapporté, hier, des responsables de services d'urgence.

Selon Mohammed Kanar, de l'Agence nationale de gestion des urgences (Nema), les assaillants n'ont fait aucune victime civile ou militaire, notamment parce qu'ils ont tenté d'agir peu après 23h30 locales (22h30 Gmt) et que le couvre-feu débute à 22h00 dans la capitale de l'Etat du Borno, berceau du groupe jihadiste Boko Haram. "La population était chez elle. Il n'y avait personne dans les rues", a souligné M. Kanar, coordinateur de la Nema pour le nord-est du pays. "Aucune des six femmes n'a réussi (à faire de victimes). Elles ont été tuées par l'explosion de leur charge", a-t-il poursuivi. Le septième kamikaze, un homme, qui avait déposé les six femmes avec sa voiture, a ensuite tenté de foncer vers un barrage militaire, mais a été tué avant d'atteindre sa cible, a ajouté ce responsable.

Hamed Satomi, de l'Agence de gestion des urgences de l'Etat du Borno, a confirmé à l'Afp ces informations, faisait état de six kamikazes. Cette agence et la Nema ont participé aux opérations pour récupérer les corps des assaillants.
Ces attaques ratées n'avaient pas été revendiquées, mais Boko Haram a régulièrement recours à des kamikazes depuis 2014.

 

AFP

La justice zambienne s'est lancée aux trousses du patron de l'ancien quotidien indépendant The Post, toujours introuvable, hier, après avoir échappé à une arrestation dans le cadre d'un contentieux qui l'oppose depuis des mois au gouvernement.

Considéré comme le principal journal indépendant du pays, The Post avait été fermé en juin 2016, deux mois avant l'élection présidentielle, sur ordre du fisc qui lui reprochait l'équivalent de plusieurs millions d'euros d'impôts impayés.

Cette décision, soutenue par le président réélu, Edgar Lungu, avait été largement dénoncée comme une forme de censure. Un tribunal avait autorisé, quelques jours plus tard, le journal à être republié. Mais, en novembre dernier, le titre a été placé en liquidation judiciaire et depuis, a cessé de paraître à la suite d'une plainte de plusieurs de ses salariés.
Mercredi soir, des policiers se sont présentés au domicile de l'ancien directeur de The Post, Fred M'membe, pour l'interpeller en vertu d'un mandat d'arrêt pour "outrage à magistrat".

M. M'membe est notamment accusé d'avoir refusé de donner à la justice "la liste de (ses) actifs", indique le mandat que l'Afp a pu consulter.
Mais, les policiers n'y ont trouvé que son épouse, Mutinta M'membe, qui a été aussitôt arrêtée pour "entrave à la justice".

Présentée, vendredi, devant un juge de Lusaka, elle a été inculpée et remise en liberté sous contrôle judiciaire, a constaté un journaliste de l'Afp. La date de son procès a été fixée au 3 mars. Son mari était, lui, toujours en fuite.

 

AFP -

 

Quelque 170 migrants sénégalais qui se trouvaient dans des centres de rétention à Tripoli ont été rapatriés hier vers leur pays, a constaté un photographe de l'Afp.

Le groupe, entièrement composé d'hommes, a pris l'avion, tôt jeudi, à l'aéroport de Mitiga, à l'est de Tripoli, dans le cadre d'un programme de rapatriement supervisé par l'Organisation internationale pour les migrations (Oim). Mardi, près de 200 migrants nigériens avait déjà été rapatriés vers leur pays.

En 2016, l'Oim "a assisté 1.589 migrants, volontairement rapatriés vers leur pays d'origine", en donnant la priorité "aux plus vulnérables", selon le site de l'organisation.

Les passeurs de migrants clandestins profitent du chaos qui règne en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. La plupart des départs ont lieu depuis l'ouest du pays à destination de l'Italie qui ne se trouve qu'à 300 kilomètres.

Les Européens envisagent des mesures pour bloquer l'arrivée de milliers de migrants depuis la Libye. Ces mesures alarment les Ong. Ces dernières  redoutant de mauvais traitements à l'encontre des migrants qui resteraient bloqués en Libye.

En l'absence d'une armée ou d'une police régulières, plusieurs milices font office de garde-côtes tout en étant souvent accusées de complicité, voire d'implication, dans ce trafic lucratif.

AFP

Le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité, lundi, sa première résolution sur la protection des infrastructures essentielles contre les attaques terroristes, sous la présidence de séance de Pavlo Klimkin, ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, pays qui préside le Conseil ce mois-ci. La résolution 2341 demande aux États membres de l’Onu d’élaborer des « stratégies de réduction des risques » posés par les attaques terroristes contre les infrastructures essentielles et de renforcer leur coopération pour lutter contre de telles attaques.  

Cette résolution sur la protection des infrastructures essentielles contre les attaques terroristes est le tout premier texte du Conseil sur le sujet. Au cours du débat public, plusieurs hauts responsables de l’Onu et une cinquantaine de délégations ont insisté sur la vulnérabilité des infrastructures essentielles. Une vulnérabilité  tragiquement rappelée par les attentats perpétrés dans les aéroports de Bruxelles et d’Istanbul en 2016.

Il n’existe pas de définition internationale des infrastructures essentielles, comme l’ont souligné les intervenants, mais on peut mentionner la banque, les télécommunications, les services d’urgence, les transports et l’approvisionnement en énergie et en eau comme autant « de composantes essentielles de la vie moderne ».

La résolution demande aux États de prendre « des mesures de préparation » pour intervenir efficacement en cas d’attaque contre ces infrastructures et d’affirmer la responsabilité pénale de leurs auteurs. S’agissant du volet coopération, les États devront participer « activement » aux efforts de « prévention, de protection, d’atténuation des effets, de préparation, d’enquête, d’intervention et de relèvement » en rapport avec ces attaques.

Ils devront « créer ou renforcer » les partenariats avec les parties publiques et privées et « mettre en commun leurs informations et leurs données d’expérience » par des « formations communes » et « des réseaux de communication et d’alerte d’urgence ».  L’Onu est, pour sa part, chargée de collaborer avec les États et les organisations internationales pour partager les bonnes pratiques en matière de gestion du risque d’attaques.

De son côté, l’ambassadeur Fodé Seck, représentant permanent du Sénégal à l’Onu, a rappelé l’attachement de Dakar à la question à l’ordre du jour.  « Parce qu’elles deviennent de plus en plus la cible de groupes extrémistes, les infrastructures doivent faire l’objet d’une protection et d’une surveillance prioritaires afin de préserver le fonctionnement des communautés humaines et de garantir la sécurité nationale et la sûreté publique », selon M. Seck.  Le Sénégal a toutefois précisé que la mise en oeuvre de la résolution 2341 devra se faire en cohérence avec les deux textes précédents du Conseil de sécurité.

Résolution 2341 du Conseil de sécurité
Pour rappel, il s’agit du débat public relatif à la sécurité aérienne face aux attaques terroristes, tenu en septembre 2016, ainsi que deux réunions en formule Arria organisées respectivement par l’Ukraine, en novembre 2016, sur le même sujet des infrastructures essentielles et  conjointement par le Sénégal et l’Espagne, toujours en novembre dernier, sur la problématique de la cyber sécurité. La formule Arria, présentée conjointement par le Sénégal et l’Espagne, avait été sanctionnée par l’adoption de la résolution 2322, laquelle était venue étoffer les résolutions 2178 et 2253 adoptées par le Conseil de sécurité, en 2014 et en 2015, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Compte tenu de l’interconnexion de ce type d’infrastructures qui accentue leur vulnérabilité, la certitude du Sénégal est que la vigilance et la veille permanentes, fondées sur une prise en compte des spécificités propres au contexte et à l’environnement géopolitique interne et externe de chaque pays et de chaque région, sont fondamentales. Pour Dakar, « il est impératif de nouer et de renforcer des partenariats public-privé aux niveaux national, régional et international en matière de partage d’informations, d’expériences, de renseignements même, ainsi que de coordination opérationnelle, de sécurisation des chaines d’apprivoisement et de contrôle des frontières ».

Sécurité aéronautique et maritime
Dans le domaine aéronautique, et en vertu des dispositions de l’Oaci qui stipulent que chaque Etat a la responsabilité de garantir une mise en œuvre efficace de toutes les mesures de sûreté visant à protéger l’aviation civile contre les actes d’intervention illicites, l’Etat sénégalais a entrepris, depuis plusieurs années, un vaste programme de renforcement de la sécurité de l’aviation civile sur son territoire et son espace aérien. Cette politique a permis l’adoption, par l’Assemblée nationale, d’un nouveau code de l’aviation civile par la loi 2015-10 du 04 mai 2015 et la mise en place de règlements aéronautiques pour encadrer la mise en œuvre opérationnelle des mesures et procédures de sûreté. Dans le domaine maritime et portuaire, le Sénégal est, en outre, partie prenante de la quasi-totalité des instruments internationaux, qu’ils soient de portée universelle ou de dimension régionale. Concernant l’Afrique, il y a le Processus dit de Yaoundé, le Code de conduite dit de Djibouti, mais aussi la Charte africaine sur la sureté et la sécurité maritimes, adoptée en octobre 2016 à Lomé.

Sur le plan sous-régional, un accord de coopération a été signé par le Sénégal, le Mali et le Burkina Faso pour renforcer les échanges entre services de sécurité face à la recrudescence des attaques terroristes et cybercriminelles. Cet accord de coopération, signé le 24 mars 2016, a pour effet de mutualiser les efforts des trois pays, de renforcer les relations et la collaboration entre leurs services de sécurité, d’établir une unité d’action en harmonisant leurs législations nationales en matière de lutte contre le terrorisme et les normes de surveillance des frontières, mais également d’assurer la fiabilité des documents de voyage, dans le respect des accords régionaux en matière de circulation des personnes.

Le Sénégal estime que toutes ces mesures préventives sont essentielles pour éviter que l’Afrique devienne le maillon faible de la protection des infrastructures essentielles.

D. M. F.

La solution à deux Etats reste la "seule voie" pour répondre aux aspirations des Israéliens et des Palestiniens, a affirmé, hier, l'émissaire des Nations unies pour la paix au Proche-Orient, devant le Conseil de sécurité.

Le Conseil discutait du conflit israélo-palestinien au lendemain d'une déclaration du président américain Donald Trump qui s'est écarté d'une position diplomatique de plusieurs décennies en estimant qu'une solution à deux Etats --à savoir un Etat de Palestine coexistant en paix avec Israël-- n'était pas la seule possible dans le cadre d'un accord de paix.

"La solution à deux Etats reste la seule voie pour satisfaire les légitimes aspirations nationales des deux peuples", a, au contraire, affirmé Nickolay Mladenov devant le Conseil de sécurité. "Certains peuvent nourrir l'illusion que le conflit peut être +géré+ indéfiniment", a-t-il relevé. Et "que l'absence de stratégie claire pour faire progresser la paix est une stratégie en soi".

L'émissaire de l'Onu a également exhorté Israéliens et Palestiniens à "envisager l'avenir avec attention", car il pourrait, a-t-il mis en garde, être "construit sur un conflit sans fin, une montée de l'extrémisme et l'occupation" de territoires. Marquant une rupture dans la politique américaine au Proche-Orient, M. Trump a affirmé, mercredi, lors d'une conférence de presse commune à la Maison Blanche, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu'il n'était pas arc-bouté sur la solution à deux Etats.

"Je regarde deux Etats et un Etat. Et si Israël et les Palestiniens sont contents, je suis content avec la solution qu'ils préfèrent. Les deux me conviennent", a précisé Donald Trump.

"Les Etats-Unis favoriseront la paix et un véritable accord de paix", a-t-il promis, tout en affirmant qu'il revenait aux deux parties de négocier directement.

Ces commentaires ont enchanté la droite israélienne au pouvoir mais alarmé les Palestiniens.
Le Royaume-Uni, la France et la Suède ont réaffirmé, hier, leur soutien à la formule à deux Etats.

"Il est très dangereux de s'écarter de l'idée de solution à deux Etats, en particulier avant d'avoir quelque chose de viable comme alternative", a commenté l'ambassadeur suédois Olof Skoog dont le pays a d'ores et déjà reconnu l'Etat palestinien. "Nous ne voyons actuellement pas d'alternative viable", a-t-il dit à la presse, avant la réunion du Conseil.

Matthew Rycroft, ambassadeur britannique, a assuré que son gouvernement "continue de penser que la meilleure solution pour la paix au Proche-Orient est la solution à deux Etats".

Son homologue français, François Delattre, a partagé la position suédoise, ajoutant que "si la perspective d'un Etat palestinien devait disparaître, ce serait la porte ouverte à plus d'extrémisme et plus de terrorisme".

AFP

Le chef du gouvernement d'union libyen (Gna), Fayez al-Sarraj, a estimé, hier, qu'une "occasion précieuse" avait été manquée pour un début de règlement du conflit en Libye après le refus de son rival, Khalifa Haftar, de le rencontrer cette semaine au Caire.

Dans un communiqué, M. Sarraj a affirmé que le maréchal Khalifa Haftar avait refusé de le voir "sans justification ou raison".
Avec une insécurité record, une économie en lambeaux et des rivalités politiques, la Libye reste engluée dans une interminable crise de transition, six ans après la révolte ayant mis fin à la dictature de Mouammar Kadhafi.

Installé à Tripoli et formé aux termes d'un accord controversé parrainé par l'Onu, le Gna de M. Sarraj ne contrôle pas l'ensemble du territoire et est contesté par une autorité rivale installée dans l'est du pays où une grande partie est contrôlée par les forces du maréchal Haftar.
La Libye "subit depuis des années les effets des positions politiques obstinées et des égos surdimensionnés empêchant toute solution réaliste à la crise", a déploré M. Sarraj dans son communiqué. Selon lui, avec "la rencontre manquée" du Caire, une "occasion précieuse" a été manquée pour un "début de solution à l'état de division et aux souffrances" des Libyens.

MM. Haftar et Sarraj devaient se rencontrer, mardi, au Caire à l'initiative de l'Egypte, pour tenter de négocier des amendements à l'accord politique interlibyen signé au Maroc, en décembre 2015, sous l'égide de l'Onu et aux termes duquel le Gna a été créé. Mais mercredi, le médiateur égyptien a annoncé un accord entre les deux camps rivaux sur la formation d'un "comité conjoint" chargé de préparer des amendements à l'accord du Maroc.

AFP

Le magistrat Hassan Bubacar Jallow qui a occupé de hautes fonctions au sein de tribunaux de l'Onu est devenu, hier, le nouveau président de la Cour suprême de Gambie où des juges étrangers étaient traditionnellement nommés à des postes-clés.

M. Jallow, nommé par le nouveau président, Adama Barrow, à ce poste qui en fait le premier magistrat du pays, fut, de 2002 à 2003, juge de la Chambre d’appel du tribunal spécial pour la Sierra Leone, puis procureur du tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir) siégeant à Arusha (Tanzanie).

Les nouvelles autorités gambiennes, issues de la présidentielle du 1er décembre qui a mis fin à 22 ans de règne autoritaire du président Yahya Jammeh, a annoncé son intention de "gambiniser" le système judiciaire.

Le prédécesseur de M. Jallow, le Nigérian Emmanuel Fagbenle - qui présidait auparavant la Cour d'appel de Gambie - avait ainsi succédé à la tête de la Cour à un juge pakistanais, Ali Nawaz Chowhan, limogé en 2015.

Ces juges étrangers - Pakistanais, Nigérians ou Ghanéens - étaient accusés de servilité envers le régime et certains parfois embauchés pour juger une seule affaire. Depuis l'indépendance, en 1965, et avant M. Jallow, un seul Gambien, Abou Karim Savage, avait présidé la Cour suprême - de 2006 à 2009.

"Après 22 ans d'injustice et d'abus de pouvoir, des compétences sont requises pour faire en sorte qu'on sente que la justice est rendue ainsi qu'en vue de la réconciliation pour donner une chance à la paix", a déclaré le président Barrow, alors que M. Jallow prêtait serment.
L'expérience du nouveau président de la Cour suprême sera utile à la mise en place d'un Commission vérité et réconciliation, promise par les nouvelles autorités pour se pencher sur les crimes commis durant le règne de Yahya Jammeh, ainsi qu'aux éventuelles poursuites de personnalités du régime déchu.

L'Onu et les défenseurs des droits de l'Homme accusent depuis longtemps les services gambiens de sécurité de meurtres, tortures et détentions arbitraires. "Au sein du système judiciaire, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire en sorte que la justice soit conforme aux attentes de la communauté aux normes internationales requises", a expliqué M. Jallow après avoir prêté serment.
Ce dernier fut ministre de la Justice du président Dawda Jawara qui dirigea le pays entre l'indépendance et son renversement, en 1994, lors du coup d'Etat mené par Yahya Jammeh. Il a également siégé, de 1998 à 2002, en tant que juge de la Cour suprême de Gambie.

AFP -

Marquant une rupture dans la politique américaine au Proche-Orient, Donald Trump a affirmé, hier, que la "solution à deux Etats" n'était pas la seule possible dans le conflit israélo-palestinien, soulignant qu'il était ouvert à des alternatives si elles mènent à la paix.

En accueillant à la Maison Blanche son "ami" le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le nouveau président a vanté les liens "indestructibles" des Etats-Unis avec Israël, tout en appelant l'Etat hébreu à "la retenue" sur la poursuite de la colonisation dans les Territoires palestiniens.

Lors de leur conférence de presse commune, M. Netanyahu, qui entretenait des relations exécrables avec Barack Obama, a loué le nouveau locataire républicain de la Maison Blanche, affirmant qu'il offrait "une occasion sans précédent" pour faire avancer la paix.
"Il n'y a pas de meilleur soutien du peuple juif et de l'Etat juif que le président Donald Trump", a-t-il martelé.

Rompant avec un principe de référence défendu depuis un demi-siècle par la communauté internationale et tous les présidents américains, démocrates comme républicains, M. Trump a affirmé qu'il n'était pas arc-bouté sur la solution à deux Etats, qui prévoit la création d'un Etat de Palestine coexistant en paix avec Israël. "Je regarde (la solution à) deux Etats et (la solution à) un Etat. Et si Israël et les Palestiniens sont contents, je suis content avec la solution qu'ils préfèrent. Les deux me conviennent", a-t-il affirmé.

"Les Etats-Unis favoriseront la paix et un véritable accord de paix", a-t-il promis, tout en affirmant qu'il revenait aux deux parties de négocier directement un tel accord. Le milliardaire septuagénaire est cependant resté évasif sur la façon dont il entendait procéder sur un dossier sur lequel tous ses prédécesseurs ont échoué.

Appelant les deux parties au compromis, il a, en particulier, exhorté les Palestiniens à se débarrasser de leur "haine" supposée à l'égard des Israéliens.

AFP -

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