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Actualités Internationales (2681)

Le camp de la Minusma, la Mission des Nations unies au Mali et de l'opération Barkhane a été la cible d'une « importante attaque complexe » dans l’après-midi du samedi 14 avril, à Tombouctou, dans le nord du pays. Dimanche matin, on comptait au moins trois morts, un casque bleu et deux assaillants, ainsi qu’une vingtaine de blessés.

Après les frappes occidentales en Syrie vendredi soir, « la capacité de la Syrie à concevoir, produire et stocker des armes chimiques a été considérablement amoindrie », a affirmé Florence Parly, ministre de la Défense. Cette opération de courte durée et aux objectifs limités n'a pas donné lieu à de riposte de la part des Russes qui contrôlent une partie de l'espace aérien syrien. Visiblement de part et d'autre chacun savait jusqu'où aller pour ne pas entrer dans une dangereuse escalade. 

Le président philippin Rodrigo Duterte a menacé, hier, d’arrêter la procureure générale de la Cour pénale internationale (Cpi), qui enquête sur sa politique meurtrière de lutte contre la drogue.

La Cpi, basée à La Haye, a annoncé, début février, l’ouverture d’un «examen préliminaire», étape préalable à une enquête, sur la campagne antidrogue menée par M. Duterte, qui aurait conduit à des milliers d’exécutions extrajudiciaires de trafiquants et toxicomanes présumés. Les Philippines étaient ainsi devenues le premier pays d’Asie du Sud-est placé sous enquête de la seule instance permanente chargée de juger les crimes de guerre.

Dans la foulée, le président philippin, un ancien avocat, avait révoqué l’adhésion de son pays au traité fondateur de la Cpi. «Quelle est votre légitimité maintenant ? Si nous ne sommes pas signataires du traité (...), vous n’avez aucun droit pour exercer des poursuites judiciaires», a souligné, vendredi, Rodrigo Duterte, lors d’une conférence de presse dans son fief de Davao (sud).

«Vous, madame Fatou, n’essayez pas de venir ici parce que je vous en empêcherai. Pas parce que j’ai peur de vous, mais parce que vous n’avez aucun droit à enquêter ici, sur ma personne, ni maintenant, ni dans un million d’années. C’est illégal et je vous ferai arrêter», a-t-il ajouté, d’après la transcription officielle de son discours.

Elu dans un fauteuil en 2016, le président Duterte avait promis d’éradiquer le trafic de drogue en faisant abattre des dizaines de milliers de délinquants.

Depuis son élection, près de 4 000 trafiquants et usagers de drogue présumés ont été tués par la police, d’après les statistiques officielles.

Les défenseurs des droits de l’homme affirment qu’il faut en fait multiplier par trois ces chiffres pour obtenir le bilan réel des morts.

Le retrait de l’archipel du traité fondateur de la Cpi ne deviendra effectif qu’au bout d’un an. D’après les spécialistes et les défenseurs des droits de l’homme, cela n’empêche pas des investigations sur les meurtres.

AFP

La France insoumise, Podemos et le Bloc de gauche (Bloco de Esquerda), représentants de la gauche radicale en France, en Espagne et au Portugal, ont annoncé jeudi, à Lisbonne, le lancement d’un mouvement européen commun, a-t-on appris, hier, auprès du parti La France Insoumise (Lfi).

L’ancien candidat à la présidentielle française Jean-Luc Mélenchon, Pablo Iglesias (secrétaire général de Podemos) et Catarina Martins, coordinatrice du Bloc de gauche, ont signé un manifeste intitulé «Maintenant le Peuple ! Pour une révolution citoyenne en Europe».

«L’heure est arrivée de rompre avec le carcan des traités européens qui imposent l’austérité et favorisent le dumping fiscal et social. L’heure est arrivée que ceux qui croient en la démocratie franchissent une nouvelle étape pour rompre cette spirale inacceptable», écrivent-ils.

«Nous lançons un appel aux peuples d’Europe pour qu’ils s’unissent sur la tâche qui consiste à construire un mouvement politique international, populaire et démocratique pour organiser la défense de nos droits et la souveraineté de nos peuples face à un ordre ancien, injuste et en échec qui nous emmènent droit au désastre», poursuivent-ils. «Nous en avons assez d’espérer. Nous en avons assez de croire ceux qui nous gouvernent depuis Berlin et depuis Bruxelles. Nous mettons la main à l’ouvrage pour construire un nouveau projet d’organisation pour l’Europe. Une organisation démocratique, juste et équitable qui respecte la souveraineté des peuples», affirment-ils encore.

Les trois formations lancent cette initiative quelques semaines après que l’ancien ministre des Finances grec Yanis Varoufakis et l’ex-candidat socialiste à la présidentielle française Benoît Hamon ont invité les gauches européennes à unir leurs forces pour promouvoir une Europe qui rompe avec l’austérité.

AFP

Le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, a appelé devant le Conseil de sécurité à «une enquête indépendante et transparente» sur les événements violents survenus à Gaza entre Israéliens et Palestiniens.

«La violence récente à Gaza s’est achevée par des morts et blessés inutiles», a-t-il dit lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée aux menaces au Moyen-Orient, en particulier la situation en Syrie.

«J’appelle les parties à s’abstenir de tout acte qui pourrait mener à de nouvelles victimes, et à toute mesure qui pourrait mettre en danger des civils», a ajouté le patron de l’Onu. «Cette tragédie souligne l’urgence de relancer le processus de paix pour une solution à deux Etats qui permette aux Palestiniens et aux Israéliens de vivre dans deux Etats démocratiques côte à côte, en paix et en sécurité, dans des frontières reconnues» par tous, a aussi déclaré Antonio Guterres.

De nouveaux heurts ont éclaté, hier, à la frontière entre Israël et la bande de Gaza lors de protestations de milliers de Palestiniens pour le troisième vendredi consécutif, après des violences qui ont coûté la vie à 33 Palestiniens ces deux dernières semaines.

Plusieurs milliers de personnes ont assisté, hier, au retour de la dépouille de l’icône controversée de la lutte anti-apartheid Winnie Mandela à son domicile du township de Soweto, prélude aux funérailles nationales qui y sont prévues samedi.

L’ancienne épouse du premier président noir de l’histoire de l’Afrique du Sud, feu Nelson Mandela, est décédée le 2 avril à l’âge de 81 ans des suites «d’une longue maladie».

Le gouvernement a décrété un deuil national jusqu’à aujourd’hui samedi. A la veille de cette cérémonie, le cercueil de la «Mère de la nation» a été escorté en grande pompe, hier après-midi, de la morgue jusqu’à sa maison de Soweto, dans la banlieue pauvre de Johannesburg, où elle avait choisi de continuer à habiter. Précédé par des motards de la police, le convoi a été acclamé tout au long du parcours par de nombreux spectateurs. Le cercueil de «Mama Winnie», recouvert du drapeau sud-africain, a été porté jusqu’à son domicile, d’où il partira aujourd’hui à l’aube pour le stade du quartier d’Orlando où se tiendra la cérémonie, présidée par le chef de l’Etat, Cyril Ramaphosa.

Pendant les vingt-sept années d’emprisonnement de Nelson Mandela, «Winnie» est devenue l’égérie de la lutte anti-apartheid.

Mais, dans les années qui ont précédé la chute de l’apartheid en 1994, elle s’est attirée de vives critiques pour ses appels à la violence et les méthodes musclées de sa garde rapprochée.

AFP

Au total, 528 millions de dollars d’aide humanitaire ont été promis, hier vendredi, à Genève, pour l’aide humanitaire en République démocratique du Congo (RDC) lors d’une conférence des donateurs boycottée par Kinshasa, ont annoncé les trois organisateurs.

Le montant est bien inférieur aux attentes des organisateurs (Nations unies, Union européenne, Pays-Bas), qui espéraient entre 1,7 et 2,2 milliards de dollars pour aider 13 millions de Congolais dont 4,5 millions de déplacés, selon les Nations unies (230 000 d’après Kinshasa).

L’Onu et les Ong font aussi état de «7,7 millions de personnes touchées par l’insécurité alimentaire et plus de deux millions d’enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère». «Nous sommes déçus que trop peu de pays envoient un vrai message d’espoir aux millions de Congolais qui ont désespérément besoin d’aide», a réagi le secrétaire général d’une Ong présente en Rdc, Jan Egeland (Conseil norvégien des réfugiés). Le patron de la branche humanitaire des Nations unies, Marck Lowcock, s’est cependant déclaré «content» du résultat de cette conférence à laquelle ont participé 54 pays.

La communauté internationale a maintenu que «la République démocratique du Congo expérimente l’une des plus graves crises humanitaires» au monde, selon les mots du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dans un message vidéo envoyé à Genève. Le ministre belge de la Coopération, Alexander De Croo, a lancé un appel aux «leaders congolais pour qu’ils prennent au sérieux la crise humanitaire qui sévit dans leur pays et s’attaquent aux causes intrinsèques de celle-ci». Une injonction qui risque de tendre un peu plus les relations entre Bruxelles et son ancienne colonie, voire ses «partenaires extérieurs» en général.

En cette année électorale, le gouvernement congolais du président Joseph Kabila, supposé quitter le pouvoir dans moins d’un an, accuse la communauté internationale d’exagérer la crise humanitaire et de faire fuir les investisseurs. Kinshasa a très mal supporté que les Nations unies déclenchent en octobre, pour six mois, le niveau d’alerte humanitaire 3 dans trois régions du pays (Kasaï, Sud-Kivu et Tanganyika). Pour Kinshasa, cette classification assimile la RDC à des pays en guerre sous le feu de bombardements quotidiens comme la Syrie et le Yémen. Le gouvernement congolais a récemment promis 100 millions de dollars pour aider sa population en détresse.

AFP

Dévasté par le génocide de 1994, le Rwanda est passé, en 24 ans seulement, d’un pays misérable et rural à un État moderne et relativement prospère. Le secret de cette transformation ? Le leadership et le pragmatisme d’un homme, Paul Kagamé, et la discipline et la fierté d’une population résolument engagée à se fabriquer, ensemble, un destin enviable que le roman africain couvre d’éloges.

Après plus de dix heures de vol ponctué par deux escales (Abidjan et Libreville) et une correspondance (changement d’avion à Cotonou), l’avion de Rwandair amorce enfin sa descente à l’aéroport international de Kigali. Du ciel, l’éclairage parcimonieux de la capitale rwandaise dessine des lumignons qui se découpent dans l’obscurité de la nuit. Pour rallier l’hôtel, le bus emprunte une route parfaite qui serpente  à travers les collines. Hormis le brouhaha propre à tout aéroport aussi fréquenté que celui de Kigali, la ville, curieusement, est enveloppée dans un ample silence. Tout semble dormir alors qu’il n’est que 22 heures. C’est peut-être l’effet du dimanche.  Le lendemain matin, le décor est tout autre. La sombre couverture d’une nuit sans lune de la veille s’est dissipée, dévoilant une ville recouverte d’une couche blanche comme de la cotonnade. Des maisons aux toits rouges, en enfilade sur les flancs abrupts des collines, se détachent de la grisaille matinale. A l’image de son histoire tragique faite de hauts et de bas et dont le point de non-retour est le génocide de 1994, le Rwanda a une géographie au relief abrupt et escarpé. Ici, rien n’est plat comme la paume d’une main, tout est dénivellement, pente, bref, collines.

Le Rwanda porte bien son nom de « pays des mille collines ». Sa capitale, Kigali, ne flétrit pas non plus sa réputation de ville propre. Il suffit de faire un tour dans les méandres de la ville pour s’en convaincre. Aucune impureté ne traîne. De toute façon, l’usage des sachets plastiques est interdit ici depuis quelques années et contrairement au Sénégal, cette mesure est très bien respectée. Et puis, il y a cette sensation de circuler au milieu d’un immense jardin bien entretenu. Tout respire la propreté et la discipline dans cette ville coquette où pour se déplacer, outre les classiques bus et taxis, on peut aussi emprunter des motocyclettes, à l’image des motos « Jakarta » de l’intérieur du Sénégal. Toutefois, à Kigali, le secteur est mieux organisé. Les conducteurs de ces engins portent tous un casque et arborent un gilet fluorescent. Même le client est obligé d’enfiler un casque. Pas de compromis, ni de compromission. C’est la règle, il faut s’y conformer.

De même, tout le monde est encouragé à s’impliquer, physiquement ou financièrement, chaque dernier samedi du mois, à l’activité« Umuganda », une opération de nettoiement organisée à travers tout le pays. « Entre 7 heures du matin et 11 heures, toutes les activités s’arrêtent et chacun participe, comme il peut, au nettoiement des quartiers. A la longue, tout est tellement propre qu’on n’a plus rien à balayer. Cela se transforme alors en des retrouvailles amicales où l’on discute de tout et de rien », explique Muyango Kelly-Thalia, une étudiante.

C’est à croire que cet attachement à la propreté traduit, inconsciemment, un besoin de jeter dans les poubelles de l’histoire ce passé douloureux. Comme si tout ce qui peut rappeler le Rwanda d’avant génocide est à balayer aussi bien des consciences que du quotidien. « Avant le génocide, Kigali était sale et les gens marchaient pieds nus. Aujourd’hui, personne n’ose le faire. Tous ces bâtiments flambant neufs que vous voyez, comme le Kigali Convention Center (Kcc), n’existaient pas, il y a cinq ans », souligne le Pr Romain Murenzi, enseignant d’origine rwandaise établi au Canada.

Leadership, pragmatisme et réconciliation, les recettes du «miracle»

« Ce qui a été réalisé, ici, n’est en rien différent de ce qui a été fait dans des pays plus avancés que nous : l’investissement dans le capital humain. Au lendemain du génocide, l’économie était détruite, les infrastructures n’existaient plus et nous avions un million de morts à enterrer, bref la situation était déprimante. Il a fallu ramasser les morceaux, reconstruire les écoles, bâtir les institutions, des hôpitaux, réconcilier les populations et mettre en place tout ce qui permet une vie normale. Aux premières heures de la reconstruction du pays, la priorité a été donnée à la sécurité. Une fois la sécurité et la paix instaurées, nous avons mis l’accent sur l’éducation, la santé et l’alimentation. C’est comme cela que nous nous sommes relevés de cette catastrophe de 1994 ». Voilà la réponse de Paul Kagamé à la question de savoir ce qui expliquait le « miracle rwandais », question qui lui a été posée lors du panel présidentiel du Next Einstein Forum qui s’est tenu du 26 au 29 mars dernier à Kigali.

De tous les défis relevés par le Rwanda ces 24 dernières années, le plus incroyable est sans aucun doute la réconciliation des populations. Ici, on ne se voit plus comme Tutsi ou Hutu mais juste comme Rwandais. La thérapie massive a commencé fin 2002. Elle reposait sur des programmes tels que le « Ndi Umuyarwanda » qui promeut le vivre ensemble et l’unité nationale. Mais aussi sur des tribunaux populaires appelés« Gacaca » pour solder les comptes du génocide. Tourner cette page a été un combat commun porté au rang de priorité par les Rwandais et leur président. « Aujourd’hui, tout le monde se voit sous l’identité rwandais et non plus sous une identité ethnique. C’est ce qu’il fallait d’abord changer et on l’a réussi. Tout le monde est fier aujourd’hui d’être Rwandais », se félicite Muyango Kelly-Thalia.

D’où vient donc cette capacité de résilience, cette force de pardon ? Peut-être qu’il faut en chercher le ressort dans les tréfonds de la cruauté dans laquelle ce pays et ses habitants ont plongé entre avril et juillet 1994. Plus de 800.000 morts en 100 jours à peine soit le génocide le plus rapide et le plus meurtrier de l’histoire, selon l’Onu. Le centre commémoratif de cet épisode sombre de l’histoire du Rwanda est « Kigali génocide memorial ». Implanté au quartier de Gisozi à quelques encablures de la cité résidentielle de Kacyiru qui abrite le palais présidentiel, ce musée est, en même temps, sépulture (plus de 250.000 personnes y sont enterrées) et lieu de recueillement. On s’engage dans les dédales de ce musée avec appréhension, on en sort complètement bouleversé. Bouleversé par les images de ces milliers de vies arrachées d’un coup de machette dont celles des nouveau-nés, et par les témoignages glaçants des rescapés. Au fronton de l’entrée de l’un des bâtiments, ce message qui invite à tirer les leçons du passé pour mieux asseoir les bases d’une nation rwandaise: « Se souvenir et apprendre ».

Kagamé, prophète chez lui

Cependant, le processus de réconciliation et de reconstruction du Rwanda post-génocide ne manque pas de susciter de vifs débats. En effet, vue de l’extérieur, la gouvernance de Paul Kagamé est sujette à controverse. Il est qualifié, par certaines chancelleries occidentales, de « dictateur » dont les méthodes fortes n’épargnent ni ministres, ni compagnons de route encore moins les opposants. Cette image de Kagamé, peint sous des dehors d’un despote froid régentant tout d’une main de fer, est loin d’être partagée par les Rwandais dans leur immense majorité. Ici, Paul Kagamé est plutôt vu comme l’homme qu’il fallait face à une situation qui exigeait de la fermeté. Et les critiques à l’encontre du leader du Front patriotique rwandais (Fpr) ne font que les renforcer dans leur conviction. « Si la dictature signifie travailler pour l’intérêt de son pays, alors nous voulons cette dictature. Les critiques contre Kagamé sont une source de motivation pour nous. Il travaille exclusivement pour le Rwanda, il ne s’enrichit pas sur le dos des populations. Au Rwanda, nous n’avons pas la même conception de la démocratie que l’Occident », martèle Kevin Sebineza, un étudiant.

Quant à Albert Rudatsimbura, il préfère en rire avant d’y aller dans un discours plein de dithyrambes. « Une dictature, c’est une oppression et aucun Rwandais n’est opprimé. Les seuls qui se plaignent des méthodes de Kagamé sont ceux-là qu’on a attrapés la main dans le sac dans des activités louches. Ce n’est pas pour rien que des millions de Rwandais sont allés dans les urnes pour changer la Constitution afin de permettre à Kagamé de se représenter à la présidentielle. C’est un homme intelligent, venu pour mettre du bon sens dans tout. Il nous fallait une main de fer pour appliquer la thérapie de choc dont le Rwanda avait besoin », dit-il. James Rushimisha, fonctionnaire au Rwanda Convention Bureau (Rcb), une structure en charge de l’organisation de toutes les rencontres et conférences internationales au Rwanda, fait chorus et loue les qualités de leader et de manager de Kagamé. « C’est un homme d’actions. Pour lui, il n’y a pas de barrières infranchissables. Quand il décide de quelque chose, les gens l’appliquent, quels que soient les obstacles. Il a beaucoup de mérite, car être président fédérateur dans le contexte post-génocide, ce n’est pas facile ».    

Fin connaisseur du « Pays des mille collines » dont il couvre l’actualité pour l’agence de presse chinoise Xinhua, le journaliste ougandais Mohamed Mupenda ne cache pas son « étonnement » face à l’évolution spectaculaire du Rwanda. Il l’attribue à deux éléments : le pragmatisme et le leadership de son président Paul Kagamé. « Quand il décide de quelque chose, les gens l’exécutent. Certains peuvent penser que c’est de la dictature, mais pour moi, c’est du leadership. Le peu de ressources disponibles est utilisé à bon escient», avance-t-il. Le Vice-président du Next Einstein Forum, le Sénégalais Youssef Travaly, qui vit au Rwanda une bonne partie de l’année, est aussi de cet avis : « Le Rwanda doit son essor à la vision et au leadership de son président. Il a su miser sur le capital humain et être réceptif aux innovations locales ». Toutefois, le Dr Travaly estime que le modèle de leadership rwandais n’est pas forcément transposable dans tous les pays, notamment au Sénégal. Et pour cause : « les deux pays n’ont pas la même trajectoire historique. Le Sénégal a toujours été un pays stable, ce qui n’est pas le cas du Rwanda. A chaque pays son type de leadership », argue-t-il.

A chaque histoire, son héros. Celui du Rwanda post-génocide s’appelle, sans aucun doute, Paul Kagamé. Certes, il y  a quelques rouspétances, des gémissements à son sujet, mais c’est le propre des personnalités de cette envergure qui inscrivent leurs noms, de manière décisive, dans le récit collectif.

El H. I. THIAM

Les travaux du Train express régional (Ter) dont la première phase (Dakar-Diamniadio) doit être livrée en janvier 2019, avancent comme prévu. A ce jour, le niveau d’exécution est de 25 %, selon le directeur du projet, Pape Momar Lô.

A ce rythme, le Train express régional (Ter) arrivera à la bonne gare en janvier 2019. A mi-avril, le niveau d’exécution des travaux a, en effet, atteint 25 %. Il s’agit là des travaux principaux composés des infrastructures (25 % d’exécution), du système (20 % d’exécution), des gares (30 % d’exécution, du matériel roulant 35 % d’exécution). Ce qui est un peu au dessus des prévisions concernant les délais de livraison, selon le directeur du projet, Pape Momar Lô. « On est même à 1 ou 2 % d’avance par rapport à ce qui était prévu. On peut donc dire que l’état d’avancement du projet est satisfaisant par rapport au planning », a-t-il précisé. Il co-animait, hier, un atelier de partage et de mise à niveau d’informations avec les journalistes. Des échanges à bâtons rompus ont permis de revenir, de long en large, sur ce projet d’infrastructure ferroviaire majeure. Pape Momar Lô se veut même plus précis en annonçant que les trois premiers trains parmi les quinze commandés au constructeur français Alstom, seront réceptionnés à partir du deuxième semestre de cette année, c’est-à-dire à partir du mois de juin. « Et, ensuite, selon le planning, deux trains arriveront par mois. Mais ce qui est important, c’est que le jour de la mise en service, nous aurons les trains nécessaires pour effectuer la desserte. Avec la deuxième phase, sept autres trains seront commandés. Ce qui portera le nombre de train à 22», a-t-il assuré. Quant au processus de libération des emprises qui concerne 12.000 personnes affectées par le projet, il avance bien également, si l’on en croit Yatma Dièye, directeur de l’environnement de la libération des emprises. A l’heure actuelle, 75 % des emprises ont été libérées. A Dakar, ce taux est de 93 %, à Pikine, il est de 70 % et à Rufisque, il a atteint 97 %. Pour indemniser tout ce beau monde, une enveloppe de 45 milliards de FCfa a été dégagée par l’État sur fonds propres. En plus des indemnisations, la plupart des personnes affectées par le projet bénéficient d’un appui financier à travers le Plan d’accompagnement social qui dispose d’une enveloppe de 6,5 milliards de FCfa, selon Mme Deffa Sy Sougoufara, sociologue en charge de ce plan. La plupart des bénéficiaires sont des personnes vulnérables habitant Pikine et Rufisque.

Les indemnisations sont incluses dans le coût de la première phase du Ter estimé à 568 milliards de FCfa. Celle-ci s’étire sur 36 kilomètres entre Dakar et Diamniadio. Quant au deuxième tronçon qui partira de Diamniadio jusqu’à l’Aibd, il est long de 19 kilomètres et n’en est qu’au stade des études. « Les études sont en cours de finalisation et les coûts sont en train d’être précisés. Entre Diamniadio et Aibd, nous ne traverserons pas une zone à forte densité de populations et nous n’aurons que deux voies, donc nécessairement les prix seront moindres. Nous les estimons entre 100 et 150 milliards de FCfa, mais c’est à confirmer », a souligné Pape Momar Lô. Sur les 568 milliards de FCfa du premier tronçon, le directeur du projet du Ter précise que les 20 % sont destinés aux rails. Le reste de l’enveloppe finance les aménagements connexes, les libérations d’emprises, les trains, les systèmes, etc. A propos des rails, M. Lô indique qu’on en aura quatre : deux voies en écartement standardisé (1,4 mètre), une voie métrique pour le transport fret et une voie de réserve.

Pour dénoncer le coût jugé « exorbitant » du Ter, certains Sénégalais le comparent au Tgv nigérian. Pour Pape Mor Lô, cette comparaison ne tient pas la route en ce sens que les deux projets ainsi que leurs contextes sont totalement différents. « Au Nigéria, c’est un Tgv qui va d’une ville à une autre ville avec un ou deux rails. Au Sénégal, nous en avons quatre. Nous avons plus de matériels roulants que le Nigéria. Notre Ter traverse la banlieue donc la zone la plus densément habitée du pays, nous avons 14 gares et autant de ponts et de passerelles piétons pour assurer la continuité de la circulation, sans compter les autres infrastructures connexes.  Au regard de tout cela, les deux projets ne peuvent pas être comparés. Il faut ramener le débat à sa juste proportion », a-t-il expliqué.

Elhadji Ibrahima THIAM et Abdou DIOP

 

Quelque 1500 militaires africains, américains et européens ont entamé, hier, des manœuvres dans l’ouest et le nord du Niger pour s’exercer face aux menaces terroristes qui planent sur ces régions, selon des sources diplomatique et militaires.

«L’exercice Flintlock 2018 vise à renforcer les capacités des pays de la région (sahélienne) à lutter contre les organisations extrémistes violentes», a expliqué l’ambassade américaine au Niger dans un communiqué.
Les opérations de simulations, qui vont durer jusqu’au 20 avril, permettront aux Etats engagés de «protéger leurs frontières», selon le communiqué. «La nouveauté» du Flintlock 2018, «c’est que nous avons orienté les opérations de formation sur les menaces réelles» présentes dans «le grand Sahel», expliquait, la semaine dernière, le général Mark Hicks, commandant des opérations spéciales des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom), lors d’une conférence de presse. Ces exercices aériens et terrestres, organisés chaque année par l’Africom,  regroupent, cette année, huit pays africains et douze pays occidentaux. Trois régions nigériennes sont concernées par l’exercice Flintlock : Tillabéri et Tahoua (ouest), proches du Mali, et Agadez au nord, proche de la Libye, de l’Algérie et du Mali. Parallèlement, «des antennes de formation» sont ouvertes au Burkina Faso, théâtre de plusieurs attaques terroristes, et au Sénégal qui, jusqu’ici, a été épargné, précise le communiqué.

Le 4 octobre 2017, quatre soldats américains et quatre militaires nigériens avaient été tués dans une embuscade dans la région de Tillabéri. Même si les Etats-Unis gardent leur distance vis-à-vis du G5 Sahel porté par la France, cette force, en construction, apparaît comme principale bénéficiaire des manœuvres. En effet, tous les pays membres du G5 (Mali, Niger, Mauritanie, Tchad et Burkina Faso) sont impliqués dans l’exercice Flintlock.
Le Nigeria et le Cameroun qui ont mis en place, avec le Niger et le Tchad, une autre force régionale pour lutter contre le groupe islamiste Boko Haram dans le bassin du lac Tchad y participent également. Il s’agit de «permettre au G5», avec ses modestes armées, «de prendre en charge les menaces plus directement et plus efficacement», a expliqué le général Mark Hicks. «Daech touche à sa fin en Iraq et en Syrie (...) l’Afrique reste une de ces terres fertiles» pour abriter des combattants, a-t-il prévenu.

AFP


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