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Actualités Internationales (1464)

Le pape François a plaidé pour la paix et la concorde entre musulmans et chrétiens, hier, au Caire, en se rendant dans une église copte, où 29 fidèles ont péri dans un attentat jihadiste, et auprès du grand imam d’Al-Azhar.

«Vos souffrances sont aussi nos souffrances», a dit le pontife lors d’un discours au siège de l’église copte orthodoxe devant le pape Tawadros II.
Les deux hommes, l’un en blanc et l’autre en noir, ont ensuite marché une centaine de mètres en procession, entourés de gardes du corps et de dignitaires religieux, pour rejoindre l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, frappée, en décembre, par un attentat revendiqué par le groupe État islamique (Ei), mais rénovée depuis. Arrivé en début d’après-midi dans la capitale égyptienne, le pape s’est rendu à une conférence organisée par l’influente institution sunnite Al-Azhar. «Aucune violence ne peut être perpétrée au nom de Dieu, parce qu’elle profanerait son Nom», y a-t-il martelé. Plus tôt, le pape François s’est rendu au palais présidentiel pour une rencontre avec le président Abdel Fattah al-Sissi, avant d’être reçu par le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed al-Tayeb.

A Al-Azhar, le pape a fustigé les «populismes démagogiques» qui, selon lui, «n’aident pas à consolider la paix et la stabilité», sans citer d’exemple de gouvernement populiste. Il a aussi appelé à «bloquer les flux d’argent et d’armes» pour «prévenir les conflits et édifier la paix».
Dans un autre discours prononcé devant M. Sissi, le pape François a appelé au respect «inconditionnel» des droits de l’Homme, citant «la liberté religieuse et d’expression». Mais, M. Sissi a été le premier président égyptien à se rendre à la messe de Noël à la cathédrale copte du Caire. Et il jouit d’une forte popularité au sein de la communauté depuis qu’il a destitué M. Morsi. «L’Égypte se tient en premières lignes dans la confrontation du mal terroriste, son peuple paye avec sacrifice un prix exorbitant pour faire face à ce danger» a lancé M. Sissi, saluant les positions du pape François «qui encourage la tolérance, la paix et la coexistence entre les peuples».

AFP

Le 29 octobre 2014, Blaise Compaoré a fait face à un véritable soulèvement populaire, pour avoir voulu faire modifier, par l’Assemblée nationale, l’article de la Constitution burkinabé qui limitait le nombre de mandat présidentiel, brisant un consensus de la classe politique sur cette question éminemment politique.

Les manifestants exprimaient en toile de fond leur ras-le-bol après 27 ans de règne sans partage. Et la tentative de faire modifier la Constitution, afin de briguer un cinquième mandat, ne pouvait passer surtout auprès des jeunes qui n’avaient connu que ce régime et ne voyaient aucune perspective. Le Régiment de sécurité présidentielle, une armée dans l’armée nationale venue en force, a du reculer devant la détermination de la foule des grandes révoltes.

Un nouveau Burkina Faso est né avec ses citoyens qui ont repris leur pouvoir en main, dans ce pays où l’armée est très impliquée dans la vie politique depuis les premières années de l’indépendance, avec le coup d’État du chef d’état-major de l’armée Sangoulé Lamizana contre le premier président, Maurice Yaméogo. Le point culminant a sans doute été le mémorable duel au sommet des hommes en treillis et l’élimination physique de Thomas Sankara par Blaise Compaoré qui tenait à « rectifier » la révolution qu’ils avaient déclenchée ensemble.

Pendant vingt-sept ans, Blaise Compaoré, sous des habits civils, a pris le temps d’éliminer ses adversaires déclarés et potentiels, de choisir et former ses hommes et d’installer son système, de le roder, de le ramifier et l’ancrer durablement à travers tous les segments de la société burkinabé. Une parfaite maitrise de l’État qui lui a permis de maintenir la stabilité et à faire faire de réels progrès à ce pays sahélien enclavé et sans ressources. C’est sûrement ce qui lui a permis de s’imposer comme médiateur dans plusieurs conflits ouest-africains. Ce qui lui a fait croire qu’il pourrait prolonger son bail avec le peuple burkinabé, encouragé par des caciques du régime qui, en aucun cas, ne voulaient perdre leurs privilèges.

Blaise Compaoré n’a certainement pas retenu la leçon de Mamadou Tandja du Niger, délogé par les militaires alors qu’il voulait se maintenir au pouvoir. Au Sénégal, la suppression de la limitation des mandats présidentiels a pesé lourd dans la défaite du président Abdou Diouf en 2000, de même que dans celle d’Abdoulaye Wade face au président Macky Sall en 2012.
Les jeunes électeurs africains se sont arrimés aux normes de gestion standard internationalement reconnues, parmi lesquelles des élections libres, transparentes et régulièrement organisées, la liberté d’expression et, de plus en plus, une limitation des mandats pour lutter contre l’immobilisme institutionnel et politique.

L’idée d’une limitation à deux mandats présidentiels de cinq ans dans l’espace Cedeao, selon le Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance, a été agitée par les sociétés civiles ouest-africaines qui œuvrent à fédérer leurs actions dans l’espace communautaire afin de peser sur les questions politiques nationales.

Même si l’acteur principal, Blaise Compaoré, a été recyclé par la Côte d’ivoire pour se soustraire à tout jugement sur la façon dont il a conduit la nation burkinabé, ce procès permettra à l’opinion burkinabé d’en savoir surtout sur les tenants et les aboutissants et de condamner les seconds couteaux. Ils sont pleinement responsables aussi, pour avoir mis en avant leurs positions et privilèges, au détriment des citoyens de qui ils tiennent leur légitimité.

Par Alassane DIAWARA

Le procès historique des ministres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré pour leur implication présumée dans la répression de l’insurrection populaire d’octobre 2014 qui a renversé le régime s’est brièvement ouvert, hier, devant la Haute cour de justice du Burkina Faso.

Les débats de cette juridiction spéciale composée de magistrats et de députés, réunie pour la première fois de son histoire, ont toutefois été renvoyés au 4 mai en raison de la rentrée du barreau, qualifiée... «d’événement majeur» par le bâtonnier.

Comparaissant libres à une exception près, 24 des 34 ministres, assis sur des chaises en plastique, étaient présents au Palais de justice de Ouagadougou pour répondre de leur rôle dans la répression qui a fait une trentaine de morts. Réfugié en Côte d’Ivoire, l’ancien président Compaoré était absent.  Les ministres sont poursuivis pour «complicité d’homicide volontaire et blessures volontaires» pour avoir participé «au Conseil des ministres du 29 octobre 2014 au cours duquel ils ont décidé de (faire appel à) l’armée pour réprimer les manifestants» qui protestaient contre la réforme constitutionnelle devant permettre à Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat après 27 ans de pouvoir. Malgré le contretemps provoqué par le renvoi, les familles des victimes se sont réjouies de voir la justice à l’œuvre.

Le président Mathieu Bebrigda Ouedradrogo fait l’appel des accusés, citant les ministres un à un. Ceux-ci se lèvent et se placent devant la barre.
«Compaoré Blaise», annonce le président. «Compaoré Blaise», répète-t-il alors qu’un brouhaha et des rires s’emparent de la salle. Le «beau Blaise» n’est évidemment pas là, il est en Côte d’Ivoire où il réside depuis sa fuite. Il est cité à comparaitre non en tant que président mais en tant que ministre de la Défense, portefeuille sur lequel il gardait la haute main. «Il y a un gros poisson qui n’est pas là, qui est devenu ivoirien (Blaise Compaoré, marié à une Ivoirienne, a pris la nationalité pour éviter toute extradition). Ça n’empêche pas la Haute cour de dicter la loi», commente «PK» Victor Peouahoulabou, à l’issue de l’audience.

AFP

L’ex-Premier ministre kényan (2008-2013) Raila Odinga, désigné, hier, candidat de la coalition de l’opposition pour la présidentielle du 8 août, affrontera le chef de l’État sortant, Uhuru Kenyatta, dans une réédition de l’élection de 2013.

Lors d’un rassemblement géant réunissant plusieurs dizaines de milliers de personnes dans le principal parc du centre de Nairobi, Uhuru Park, la coalition d’opposition baptisée Nasa, a mis fin à plusieurs mois de suspense et d’intenses tractations en annonçant son ticket présidentiel.
Raila Odinga, 72 ans et vétéran de la scène politique kényane, déjà trois fois candidat malheureux à la présidence (1997, 2007 et 2013), conduira ainsi l’opposition à la bataille de la présidentielle avec Kalonzo Musyoka, candidat au poste de vice-président, une fonction que ce dernier occupait dans un gouvernement d’union nationale entre 2008 et 2013.

Un troisième poids lourd de l’opposition, Musalia Mudavadi, occupera, en cas de victoire, le poste de «ministre en charge de la Coordination du gouvernement», équivalent de la fonction de Premier ministre qui n’existe pas dans l’actuelle Constitution kényane.
L’élection présidentielle d’août 2017 sera donc un remake de celle de mars 2013, le ticket Odinga/Musyoka étant de nouveau opposé à celui d’Uhuru Kenyatta et de son vice-président, William Ruto. Le président Kenyatta a accusé la coalition d’opposition de vouloir créer une position de Premier ministre non prévue par la Constitution, selon un communiqué de la présidence. «Il s’agit pour eux de se créer un job au lieu d’en trouver pour des millions de Kényans qui en ont besoin», a-t-il tancé.

Le 8 août, quelque 19 millions d’électeurs, sur une population estimée à environ 46 millions d’habitants par la Banque mondiale, seront appelés à élire leurs président, gouverneurs, députés, sénateurs et membres des assemblées locales.
Les élections au Kenya se jouent rarement sur des programmes, beaucoup plus sur des sentiments d’appartenance ethniques et géographiques.

AFP

Les pays arabes sunnites du Golfe se sont dits résolus, hier, à combattre le «terrorisme» et les «ingérences étrangères», dans une allusion à l’Iran accusé de soutenir les rebelles Houthis au Yémen et la contestation des chiites à Bahreïn.

Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont souligné, dans un communiqué commun, qu’ils étaient «résolus à empêcher les ingérences étrangères visant à aviver les tensions confessionnelles, à soutenir le terrorisme et les actes criminels ainsi que les campagnes de presse hostiles qui violent les principes de bon voisinage, les lois internationale et la charte de l’Onu».

Le communiqué a été diffusé à l’issue d’une réunion, à Ryad, des ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense des six pays membres du Ccg (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït).

Les pays du Ccg accusent régulièrement l’Iran de s’ingérer dans leurs affaires intérieures, en soutenant les chiites de Bahreïn et les rebelles de même confession au Yémen.

L’Iran s’en défend. Les chiites, majoritaires à Bahreïn, sont engagés dans un mouvement de contestation de la dynastie sunnite des Al-Khalifa et demandent une véritable monarchie constitutionnelle où le Premier ministre serait désigné par la majorité parlementaire.

Au Yémen, l’Iran est accusé de soutenir les rebelles chiites Houthis qui ont pris le pouvoir à Sanaa et contre lesquels l’Arabie saoudite conduit, depuis mars 2015, une coalition militaire sunnite.

AFP

La Commission économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) va entamer, demain, le retrait de sa force en Guinée-Bissau, l’Ecomib, selon un communiqué publié hier à l’issue d’une visite de ses responsables à Bissau.

L’Ecomib avait été déployée en mai 2012 - après un coup d’État militaire le 12 avril 2012 - dans le but d’aider à sécuriser le processus de transition politique. Ses troupes s’occupent notamment de la protection des personnalités et des édifices publics.

Le retrait de cette force, décidé par les chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao (15 pays), est prévu «du 28 avril au 30 juin», selon un communiqué diffusé au lendemain d’une mission de deux jours, à Bissau, de plusieurs ministres ouest-africains et du président de la Commission de la Cedeao, Marcel Alain de Souza.

La délégation «exhorte la communauté internationale à apporter tout l’appui nécessaire à un transfert complet et sans heurts de l’architecture de sécurité de la Cedeao vers l’armée nationale» bissau-guinéenne, selon le texte.
L’Ecomib, ayant atteint jusqu’à 600 hommes, compte actuellement environ 500 policiers, gendarmes ou militaires, essentiellement des Nigérians, des Sénégalais et des Burkinabè.

L’annonce de leur retrait suscitait, mardi soir, des appréhensions dans certains milieux à Bissau où la crise politique persiste en dépit de plusieurs initiatives de médiation.

La Guinée-Bissau traverse des turbulences politiques depuis la destitution, en août 2015, par le président José Mario Vaz de son Premier ministre Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (Paigc, au pouvoir). Les deux hommes appartiennent tous à ce parti.A la suite d’une implication du président guinéen Alpha Condé, désigné par la Cedeao médiateur dans ce dossier, les acteurs bissau-guinéens avaient signé un accord le 14 octobre à Conakry.Umaro Sissoco Embalo a été désigné Premier ministre en novembre, une nomination rejetée par le Paigc, comme celle de ses prédécesseurs. La crise se traduit par un blocage à l’Assemblée nationale, et Sissoco Embalo n’a toujours pas pu y présenter sa déclaration de politique générale.

Dans son communiqué, la Cedeao a donné «un délai de 30 jours» à compter de lundi pour la mise en œuvre de l’accord de Conakry, menaçant de prendre des «sanctions adéquates» contre ceux qui entraveraient son exécution, sans donner de détails.

AFP

Le Conseil de sécurité des Nations unies devrait se prononcer, aujourd’hui, sur une résolution visant à appuyer une initiative onusienne pour relancer les pourparlers dans le conflit qui secoue le Sahara occidental depuis plusieurs décennies, selon des diplomates.

Le projet de résolution, consulté par l’Afp, ferait ainsi pression sur le Front Polisario —mouvement indépendantiste sahraoui— pour qu’il retire immédiatement ses combattants d’une région tampon après le retrait des troupes marocaines en février. Les États-Unis ont fait circuler ce texte, lundi, auprès des quinze membres du Conseil, après des consultations avec la France, la Russie et le Royaume-Uni. Cette résolution prolongerait également d’un an le mandat de la mission de maintien de la paix de l’Onu sur place.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a informé le Conseil, il y a deux semaines, de sa volonté de proposer une nouvelle issue diplomatique et promouvoir une «nouvelle dynamique» pour résoudre ce litige territorial.

«Il est temps, en effet, de regarder vers l’avenir et de relancer les négociations ; c’est ce que nous souhaitons», a déclaré François Delattre, ambassadeur de France à l’Onu, à des journalistes à l’issue d’une réunion du Conseil consacrée au projet de résolution. Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est, en grande partie, sous contrôle du royaume marocain depuis 1975. Un cessez-le-feu, supervisé par une force de maintien de la paix de l’Onu (Minurso), est intervenu en 1991.

Mais, le Polisario réclame un référendum d’autodétermination alors que Rabat propose une autonomie sous sa souveraineté.
M. Delattre, saluant ce qu’il a qualifié de «nouvel élan» pour les tractations, a estimé que le départ du Front Polisario de la bande tampon de Guerguerat, près de la frontière mauritanienne, devait être une priorité.
Cependant, la Russie et l’Uruguay ont estimé que le projet de résolution était déséquilibré.

«Il est très déséquilibré dans la façon dont il traite le Polisario», a relevé Elbio Rosselli, ambassadeur uruguayen, reprochant aussi au texte de ne pas donner le contexte général de «comment nous en sommes arrivés où nous en sommes».

AFP

La ville minière de Boké, dans l’ouest de Guinée, a été le théâtre de manifestations de colère déclenchées par un accident mortel, selon des témoignages recueillis par l’Afp.

Les protestations ont commencé mardi et se sont poursuivies jusqu’à hier en milieu de journée dans cette ville à 300 km au nord de Conakry. Mardi, ils ont dénoncé le décès d’un jeune conducteur de mototaxi mortellement fauché, lundi soir, par un camion de transport de bauxite. A l’hôpital de Boké, «nous avons reçu une dizaine de blessés» de violences, a affirmé un responsable de l’établissement.  Leurs blessures ont été causées «par des jets de pierre, du gaz lacrymogènes» et des coups de matraques, selon des sources hospitalières. «Nous gardons deux d’entre eux en observation», a ajouté cette source. Du côté de la police, on dénombre «cinq blessés légers» dans les violences, selon une source interrogée par l’Afp.

Mardi, les manifestants ont érigé des barricades, brûlé des pneus sur les grandes artères et attaqué des édifices publics et privés à coups de jets de pierres, a indiqué un des habitants, Abdoulaye Koumbassa. Dans la nuit de mardi à hier, les barricades ont été démantelées par les forces de l’ordre. Mais hier matin, des jeunes manifestants sont redescendus dans les rues et en ont érigé de nouvelles. Jusqu’en milieu de journée, les activités habituelles ont été paralysées : les marchés, écoles, stations-service et divers commerces étaient fermés, selon des témoins interrogés par l’Afp.

Plusieurs locaux ont été mis à sac dont ceux de la société d’électricité, de la mairie et du Palais de justice, a dit un responsable municipal sous le couvert de l’anonymat. Outre la mort du jeune conducteur, les manifestants ont exprimé une «accumulation de frustrations», a expliqué un haut responsable de la gendarmerie, citant notamment «les coupures de courant, le manque d’eau potable et la pollution de la ville à cause des mines exploitées, sans retombées pour la population. La ville minière de Boké est hôte de nombreuses activités liées à l’exploitation de la bauxite, minerai qui permet de produire de l’aluminium.                              

AFP

La Guinée a abrité, cette semaine, un mini-sommet des dirigeants rwandais, tchadien et guinéen consacré à la réforme et à l’autonomie financière de l’Union africaine (Ua), dont le budget est majoritairement fourni par des donateurs étrangers, selon des communiqués officiels.

Ce mini-sommet, tenu lundi, à Conakry, a regroupé autour du chef de l’État guinéen Alpha Condé, également président en exercice de l’Ua, ses homologues rwandais Paul Kagamé et tchadien Idriss Deby Itno, ainsi que le président de la Commission de l’Ua, Moussa Faki Mahamat, indique un communiqué de la présidence guinéenne parvenu hier à l’Afp. Selon ce texte, daté de lundi, M. Kagamé, chargé de présenter des pistes de réforme de l’Ua, a déroulé «les points saillants» de son rapport, l’objet étant de permettre à l’organisation «de se doter d’une autonomie financière». Selon le président rwandais, cité dans le communiqué, «être capable de s’autofinancer» relève de la «crédibilité de l’Ua sur la scène internationale» ; cela nécessite «l’engagement et la volonté» de tous les chefs d’État du continent.

Le rapport de M. Kagamé n’a pas été rendu public à Conakry. Plusieurs responsables et des journalistes présents au début de la rencontre ont été priés de quitter la salle avant sa présentation, qui s’est déroulée devant un comité restreint. Sollicitées par l’Afp à ce sujet, plusieurs sources officielles guinéennes ont décliné tout commentaire, en renvoyant à un communiqué lu sur les médias d’États par la ministre guinéenne des Affaires étrangères Makalé Camara. Ce texte n’entre pas non plus dans les détails.
L’Ua est financée à 72 % par les donateurs étrangers, notamment les États-Unis, l’Union européenne, la Banque mondiale, la Chine et la Turquie.

En juillet 2016, à Kigali, ses dirigeants avaient évoqué la nécessité de financer l’organisation «de façon prévisible, durable, équitable et responsable» par ses États membres. Ils avaient décidé d’»instituer et appliquer une taxe de 0,2 % sur toutes les importations éligibles en Afrique pour financer» l’organisation à partir de 2017.

Selon le communiqué lu par Mme Camara, la réunion de Conakry a invité Paul Kagamé et Moussa Faki Mahamat «à accélérer l’exécution des décisions» prises. Il cite «la décision de Kigali sur le prélèvement de 0,2 % sur les importations éligibles et l’accélération de son exécution sans délai au niveau de tous les États membres». Il évoque aussi la mise en place «de l’unité de réforme au sein du cabinet du président de la Commission de l’Ua» avant le prochain sommet en juillet.

AFP

Le représentant permanent adjoint du Sénégal a l’Onu, l’ambassadeur Gorgui Ciss, a fait le point de la situation au Soudan du Sud devant le Conseil de Sécurité où le Sénégal préside le Comité de sanctions. Il a rappelé que la crise qui sévit depuis plus de trois dans ce pays nécessite une action urgente de la part de la communauté internationale pour, à tout le moins, mettre un terme aux violations des droits de l’Homme et assurer la protection des populations civiles parmi lesquelles 1,4 million de déplacés internes.

Si l’on y ajoute la situation de famine qui sévit dans plusieurs régions du Soudan du Sud, il est donc primordial pour la communauté internationale d’agir rapidement afin d’empêcher les populations de succomber à la faim, a t-il dit.  Le diplomate a ainsi demandé aux différentes parties en conflit de reprendre le dialogue et mettre en œuvre l’accord sur la résolution du différend, et souligné que le processus de dialogue national, lancé en décembre, par le président Salva Kiir, pourrait jouer un rôle clé pour un retour de la paix, « s’il s’avère inclusif, libre et transparent ».

Gorgui Ciss a, par ailleurs, indiqué que la délégation sénégalaise se réjouit des progrès pratiques notés dans les préparatifs du déploiement de la Force régionale de protection (Frp) avec la première vague qui sera bientôt à Djouba, en attendant les autorisations de sécurité du gouvernement de transition d’unité nationale. De même, il a évoqué plusieurs problèmes sur le terrain et mis l’accent sur les attaques ciblées et menaces sur les travailleurs humanitaires, ainsi que les restrictions de l’accès humanitaire dans certaines parties du pays. Le représentant permanent adjoint a estimé que la situation sécuritaire du pays continue à se détériorer dans beaucoup de régions et que les conséquences de cette violence massive ont atteint des proportions invraisemblables de populations civiles.
Sur ce, il a appelé tous les acteurs armés à « cesser immédiatement les hostilités et à permettre à la Minuss et aux agents humanitaires d’accéder aux civils qui ont besoin d’aide ». M. Ciss a aussi salué les efforts de la Minuss qui, malgré les difficultés, continue d’opérer dans un environnement hostile. Il a, dès lors, rendu hommage aux pays contributeurs de troupes pour leur dévouement à la cause de la paix au Soudan du sud.

Synthèse de A. DIAWARA

Le gouvernement tanzanien a annoncé, hier, avoir expulsé une responsable du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) dans le pays, Awa Dabo, l’accusant de ralentir les activités de développement local en raison de mauvaises relations avec ses collègues.

Cette version officielle est remise en cause par plusieurs sources qui indiquent que la Tanzanie lui reproche, en réalité, de se mêler de politique nationale et notamment des dernière élections sur l’archipel de Zanzibar. De nationalité gambienne, Awa Dabo était chargée des opérations du Pnud en Tanzanie et, en cette qualité, elle était la numéro deux de cette institution dans le pays, après le représentant-résident. «Le gouvernement a pris cette décision parce que Mme Awa Dabo n’avait pas de bonnes relations avec ses collègues ; ce qui affectait négativement les activités de cette institution dans le pays», indique le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué en swahili publié hier. «Le gouvernement, via le ministère des Affaires étrangères, voudrait demander au Pnud de rappeler à son personnel que sa priorité doit être de travailler avec le gouvernement, en vue de la réalisation des objectifs de développement». Selon une source au ministère des Affaires étrangères interrogée par l’Afp, la diplomate a dû quitter le territoire tanzanien durant le week-end.

«Le gouvernement l’accusait d’outrepasser son mandat, en se mêlant notamment des questions politiques à Zanzibar», a assuré cette source. Un député tanzanien a tenté en vain, hier, d’ouvrir un débat à l’Assemblée nationale sur l’expulsion de la diplomate de l’Onu. «Il y a des informations selon lesquelles la diplomate concernée interférait dans les affaires politiques locales, notamment dans les dernières élections à Zanzibar. Cela est-il vrai ? Est-ce que le gouvernement n’est pas en train de créer un bras de fer avec les Nations unies ?» a demandé le député Pascal Haonga, cité par le quotidien The Citizen.

Le président de la séance, Andrew Chenge, lui a répondu que le gouvernement était souverain en matière de diplomatie et que le Parlement n’avait pas à demander les raisons de l’expulsion de la diplomate.

AFP

Le président François Hollande a averti, hier, que la victoire du jeune centriste Emmanuel Macron n’était pas acquise au second tour de la présidentielle en France face à la cheffe de l’extrême droite, Marine

Le président François Hollande a averti, hier, que la victoire du jeune centriste Emmanuel Macron n’était pas acquise au second tour de la présidentielle en France face à la cheffe de l’extrême droite, Marine Le Pen, activement repartie en campagne.

«Je pense qu’il convient d’être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n’est fait parce qu’un vote, ça se mérite, ça se conquiert, ça se justifie, ça se porte», a déclaré le président sortant, en marge d’un déplacement dans l’ouest de la France.

Le chef de l’État qui avait convié, plus tôt hier, les deux finalistes à un hommage national au policier tué dans un attentat, le 20 avril, à Paris, a aussi jugé que le pays n’avait pas «pris conscience» de la situation politique.

«Ce n’est pas rien que l’extrême droite soit au deuxième tour d’une élection présidentielle», a-t-il insisté. Le président avait annoncé la veille qu’il voterait pour son ex ministre de l’Économie pour contrer «le risque» Le Pen en termes de suppression d’emplois, de pouvoir d’achat et de rupture avec l’Union européenne.

Pour la deuxième fois de son histoire, le Front national s’est hissé au second tour, cette fois-ci avec un score «historique» (21,30 %) et un record de voix (7,7 millions).
Selon un sondage, publié hier, Marine Le Pen, arrivée derrière Emmanuel Macron, dimanche soir, serait battue le 7 mai avec 31 % des suffrages du fait d’un report défavorable des voix. Reste l’inconnue de l’abstention.

Pour conquérir les électeurs déçus par les résultats du premier tour, la candidate de l’extrême droite s’est très vite replongée dans la campagne. Hier matin, elle a visité l’immense marché agroalimentaire de Rungis, en banlieue parisienne, après un déplacement la veille dans une petite ville du nord du pays.

Emmanuel Macron a, de son côté, renoué avec le terrain en se rendant dans un hôpital de la région parisienne pour évoquer «la prise en charge des patients en situation de handicap».

AFP

Un gouvernement entier devant des juges : l’ex-Premier ministre burkinabè Luc Aldophe Tiao et 34 de ses ministres, dont l’ex-président Blaise Compaoré, sont cités à comparaître devant la Haute Cour de justice, demain, pour un procès spectaculaire sur la répression de l’insurrection de 2014 ayant conduit à la chute du régime.

Le «beau Blaise», resté 27 ans au pouvoir, est cité à comparaitre non en tant que président mais en tant que ministre de la Défense, portefeuille sur lequel il gardait la haute main. Il ne sera pas dans le box des accusés puisqu’il vit en exil à Abidjan depuis qu’il a laissé le pouvoir. Son avocat français, Pierre Olivier Sur, sera à Ouagadougou pour le défendre.

Les ministres sont poursuivis pour «complicité d’homicide volontaire et blessures volontaires» pour avoir participé «au Conseil extraordinaire des ministres du 29 octobre 2014 au cours duquel ils ont décidé de (faire appel à) l’armée pour réprimer les manifestants» contre la modification de la Constitution qui devait permettre à Compaoré de briguer un nouveau mandat. «Le Premier ministre, en signant la réquisition spéciale, a fourni aux forces de défense et de sécurité les instruments et moyens qui leur ont permis de tirer à balles réelles sur des manifestants, occasionnant des coups et blessures sur 88 d’entre eux et sept décès», souligne l’ordonnance de renvoi.   Clothilde Ky, ministre déléguée du Budget, et Yacouba Ouédraogo, ministre des Sport, qui n’avaient pas participé à ce Conseil des ministres, sont les seuls à échapper aux poursuites.

Tous les autres ministres ont été inculpés mais bénéficient de liberté provisoire avec interdiction de quitter le pays à l’exception notable de Djibril Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères, écroué dans le cadre du putsch raté de septembre 2015. Ses proches estiment son incarcération injustifiée et demandent son hospitalisation. Sa présence est attendue.
Tous les accusés risquent la peine de mort au terme de ce procès qui est censé durer huit jours.

AFP

Le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, s’est rendu, dimanche, à Djibouti où il a notamment souhaité que la France continue à mener le combat contre les réseaux extrémistes au Sahel.

Les Français «ont toujours prouvé qu’ils étaient là quand il fallait faire face» aux réseaux extrémistes, a déclaré M. Mattis lors d’un point presse sur la seule base militaire américaine sur le continent africain.  «Je n’ai pas de doute que les Français continueront de prendre les meilleures décisions pour leur propre intérêt, et que les terroristes n’auront pas à se réjouir de ces décisions» après l’élection (présidentielle en France), a déclaré M. Mattis lors d’un point de presse à Djibouti. Les États-Unis soutiennent l’opération militaire française Barkhane dans cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Tchad, Niger, Burkina Faso), laissant à la France la tâche de mener le combat contre les groupes islamistes radicaux dans cette région avec les alliés africains.

Les États-Unis ont notamment apporté du ravitaillement aérien pour les avions français et échangent du renseignement avec les Français.

A Djibouti, le secrétaire américain à la Défense a rencontré le président Ismaël Omar Guelleh et s’est entretenu avec des responsables militaires américains dont le général Thomas Waldhauser, le chef des forces américaines en Afrique. Il a aussi salué des militaires de la base française voisine.

Djibouti, ancienne colonie française jusqu’en 1977, est stratégiquement située au sortir de la Mer Rouge vers l’Océan indien, le long d’une voie maritime capitale pour le commerce mondiale.  

La base américaine de Camp Lemonnier accueille environ 4.000 militaires et contractuels américains, selon le Pentagone.
Elle joue un rôle clef pour soutenir les opérations militaires en Afrique, notamment en Somalie où les militaires américains aident les forces locales à lutter contre les insurgés islamistes shebab liés à Al-Qaïda. Cet ancien camp de la Légion étrangère française joue aussi un rôle important pour soutenir les activités américaines au Yémen où les forces spéciales des États-Unis mènent régulièrement des opérations d’élimination par drone contre Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).

La France possède également une base militaire à Djibouti qui compte environ 1.450 militaires sur des installations voisines de la base américaine.
Le Japon dispose aussi d’une base permanente et la Chine est en train de construire également ses propres installations militaires.

AFP

Le Conseil de sécurité de l’Onu doit être prêt à imposer de nouvelles sanctions «plus fortes» à l’encontre de la Corée du Nord, a estimé, hier, le président américain Donald Trump sur fond de tensions en raison des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang.

«Le statu quo en Corée du Nord est inacceptable et le Conseil de sécurité doit être prêt à imposer de nouvelles sanctions plus fortes (...) C’est une réelle menace pour le monde», a déclaré M. Trump lors d’une rencontre à la Maison Blanche en présence des ambassadeurs à l’On des pays membres du Conseil de sécurité. «La Corée du Nord est un véritable problème mondial et c’est un problème que nous devons enfin résoudre», a-t-il ajouté. Lors d’un échange téléphonique entre M. Trump et la chancelière allemande Angela Merkel, les deux dirigeants ont, par ailleurs, abordé «le défi urgent en matière de sécurité» que représente la Corée du Nord, selon le compte-rendu de la Maison Blanche.

Au terme d’un compromis avec la Russie, le Conseil a adopté, jeudi, une résolution condamnant le dernier tir de missile nord-coréen. Signe d’une sévérité accrue, la résolution mentionne explicitement des «sanctions» alors que les textes précédents évoquaient seulement «des mesures supplémentaires» contre la Corée du Nord. Le Conseil de sécurité a déjà imposé six séries de sanctions à la Corée du Nord, dont deux l’an dernier visant à réduire les revenus du régime communiste.

L’ensemble des 100 sénateurs américains ont, en outre, été conviés, demain, à la Maison Blanche pour une réunion d’information exceptionnelle sur la Corée du Nord, en présence des chefs militaires, du renseignement et de la diplomatie, a annoncé, hier, le Pentagone.

Très critique sur le rôle de l’Onu durant sa campagne, M. Trump a affiché, hier, sa volonté d’examiner «de près» le budget de l’organisation multilatérale, jugeant que les dépenses étaient «hors de contrôle». «Il faut que les États membres unissent leurs efforts pour éliminer tout ce qui est inefficace et redondant», a-t-il déclaré.

«Je pense depuis longtemps que les Nations unies fonctionnent en-dessous de leurs capacités, mais ont un énorme potentiel», a-t-il encore dit, sans autres précisions.

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Ils se disputent le terme de «patriote», s’affichent chacun comme l’incarnation du renouvellement d’une classe politique à bout de souffle. Mais, le pro-européen, Emmanuel Macron, et la nationaliste, Marine Le Pen, proposent aux Français un avenir que tout oppose.

Emmanuel Macron, nouveau en politique, inconnu des Français il y a encore peu, a créé de toutes pièces son mouvement, «En marche!» Marine Le Pen qui a hérité de son père son parti le Front national a personnifié son propre mouvement, «Le rassemblement bleu Marine», pour conquérir le pouvoir. Dans un pays qui traverse une crise d’identité sur fond de chômage et de menace terroriste, chacun se revendique «patriote». Avec son slogan «Au nom du peuple», Marine Le Pen, 48 ans, se présente comme la candidate des «patriotes contre les mondialistes». Emmanuel Macron, 39 ans, s’affiche comme le «candidat des patriotes contre les nationalistes».

Dans leurs meetings, leurs partisans agitent, avec fierté et enthousiasme, des drapeaux français, l’hymne national ponctue la fin de leurs discours. Les deux candidats citent aussi volontiers le général de Gaulle, héros de la résistance française sous l’occupation nazie, pour appeler leurs partisans à la liberté. Tous deux exaltent le destin national, l’Histoire de France, ses écrivains, ses faits de gloire...  Et tous deux veulent mettre fin au traditionnel clivage entre les deux grands partis qui définit la vie électorale française depuis plus d’un demi-siècle. Dimanche, ils ont créé ensemble le choc au premier tour en éliminant sans appel de la course présidentielle la droite (Les Républicains) et la gauche (Parti socialiste).

Quand Marine Le Pen appelle à en finir avec «la droite du fric et la gauche du fric», Emmanuel Macron se dit «ni de droite ni de gauche» et veut «changer de logiciel». Et tous deux se disputent une étiquette «anti-système»

- ‘Antisystème’ -
L’avocate de formation qui a repris le flambeau de son père, en 2011, à la tête du parti Front national, créé en 1972, participe, depuis plus de quinze ans, à la vie politique française. Elle est eurodéputée.

Pur produit des écoles de l’élite française, l’ex banquier d’affaires Emmanuel Macron est entré en politique en 2012 comme conseiller du président socialiste François Hollande avant de devenir ministre de l’Économie (2014-2016).  «J’ai entendu les doutes, la colère, les peurs du peuple de France, sa volonté de changement», a-t-il lancé dimanche en se disant déterminé à «rompre jusqu’au bout avec le système qui a été incapable de répondre aux problèmes».

Ce positionnement lui attire des attaques régulières de l’extrême droite - Jean-Marie Le Pen l’a décrit, dimanche soir, comme un «candidat du système». «Le vieux front républicain tout pourri, dont plus personne ne veut, que les Français ont dégagé avec une violence rare, essaie de se coaliser autour de M. Macron. J’ai presque envie de dire tant mieux !» a ironisé, hier, Marine Le Pen, en moquant les appels de tous bords à lui «faire barrage» pour le deuxième tour, le 7 mai.

Quand l’un prône une Europe plus forte, l’autre veut négocier à Bruxelles la sortie de l’euro et de l’espace Schengen et propose un referendum sur l’appartenance à l’Union européenne. L’une bannirait voile et burkini de l’espace public, l’autre non. L’une veut abolir une loi libéralisant le code du travail, l’autre non. Le discours d’Emmanuel Macron, libéral en termes d’économie et de société, plaît surtout aux jeunes urbains, aux classes moyennes et milieux d’affaires. Celui anti-immigration et anti-Europe de Marine Le Pen attire les classes populaires, les ruraux, les «invisibles» et capte le ras-le-bol des Français victimes d’un chômage endémique.

L’ambiance de leur meeting est aussi aux antipodes. Il prône une «France ouverte, confiante et conquérante» à laquelle il veut rendre son «optimisme», elle promet de répondre aux peurs liées à l’immigration, l’Islam et la sécurité pour «la défense de notre civilisation».

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Le second tour de la présidentielle en France va opposer, le 7 mai, le centriste pro-européen Emmanuel Macron, bien placé pour devenir, à 39 ans, le plus jeune président, et la cheffe de l’extrême droite, Marine Le Pen, donnée largement battue.

Au terme d’une campagne à rebondissements qui aura tenu les Français en haleine jusqu’au bout, le premier tour d’hier a désigné deux candidats ayant tout deux insisté sur leur profil «anti-système», mais avec deux visions radicalement différentes sur l’avenir de la France en Europe.

C’est la première fois depuis 1958 que la droite n’est pas qualifiée, la première fois aussi que les deux grands partis qui dominent la vie électorale depuis près d’un demi-siècle, le parti de droite, Les Républicains, et le Parti socialiste, sont éliminés d’une présidentielle. «Le défi est de décider de rompre jusqu’au bout avec le système qui a été incapable de répondre aux problèmes de notre pays depuis plus de 30 ans», a déclaré M. Macron qui se présente pour la première fois à une élection, avec son mouvement «En marche», créé l’an dernier.

«On tourne clairement, aujourd’hui, une page de la vie politique française», avait jugé plus tôt auprès de l’Afp cet ex-ministre de l’Économie arrivé en tête avec 23,55 % des voix devant la cheffe du parti Front national, 48 ans, créditée de 22,32 % des voix, selon des résultats partiels.

Marine Le Pen a salué «un résultat historique», avec le score le plus élevé de son parti à une élection présidentielle. Pour celle qui a mené campagne sur l’opposition entre «patriotes» et «mondialistes», le second tour donnera le choix entre «la grande alternance» et la «dérégulation».

Des sondages, publiés hier soir, la donnent néanmoins largement battue, du fait d’un report très défavorable des voix. L’ensemble de la classe politique française, de droite comme de gauche, a appelé à «faire barrage» à l’extrême droite, qualifiée pour la deuxième fois dans l’histoire du parti Front national, créé en 1972. «Il n’y a pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite» qui amènerait «malheur», «division» et «chaos», a ainsi commenté le candidat conservateur défait, François Fillon.
Très loin derrière, le socialiste Benoît Hamon n’aurait recueilli qu’entre 6,1 % et 7 %, revers cinglant pour le parti au pouvoir depuis cinq ans. Il a appelé à «battre le plus fortement et le plus puissamment possible le Front national».                       

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Partie en campagne «au nom du peuple» avant de revenir à ses fondamentaux sur l’immigration et la lutte antiterroriste, la patronne de l’extrême droite française, Marine Le Pen, rêve d’une victoire historique à la présidentielle, quinze ans après l’échec de son père.

Capitalisant sur le ras-le-bol des «invisibles» confrontés au chômage et à la peur du déclassement, portée par une vague nationaliste en Europe, la candidate du Front national, 48 ans, espère sortir en tête du premier tour du scrutin d’hier.

Après des années d’efforts pour lisser l’image sulfureuse de son parti, les sondages la donnent, depuis des mois, largement qualifiée au premier tour. Mais, les politologues la prédisent battue au second tour, le 7 mai, du fait d’un report insuffisant des voix.
La fille du cofondateur du parti, en 1972, Jean-Marie Le Pen, a débuté, en février, sa campagne sur le «patriotisme» et la «préférence nationale», se présentant comme la «candidate du peuple» face à «la droite du fric et la gauche du fric».

Ses sondages se tassant ces derniers jours, celle qui se décrit comme une «femme de caractère parfois abrupte» a durci ses discours et ajouté un «moratoire sur l’immigration légale» à ses engagements de campagne.

Son projet : en finir avec l’euro, taxer les produits importés. Mais aussi sortir la France des accords de libre-circulation de Schengen ou expulser les étrangers fichés pour radicalisation. «Je reçois les insultes à la France comme si elles m’étaient adressées directement», dit-elle dans son clip électoral qui joue sur le registre de l’intime.

Dans ses réunions publiques, ses paroles, bues par des partisans de tous âges et milieux sociaux, sont traditionnellement ponctuées par un slogan scandé à gorge déployée : «On est chez nous !» Un «cri de xénophobie», selon ses adversaires. «Un cri d’amour» pour la France, rétorque-t-elle.  Plusieurs de ses meetings, où elle adopte volontiers une posture martiale et des tenues assorties au drapeau national, ont été émaillés de manifestations d’opposants, assorties de heurts avec la police. Soupçonnée d’emplois fictifs au Parlement européen, elle a refusé de répondre à une convocation des juges en dénonçant une «cabale politique». La justice française a demandé au Parlement européen de lever son immunité.

Depuis son accession à la tête du Fn, en 2011, prenant la suite de son père avec lequel elle est désormais brouillée, cette battante a écarté les cadres les plus marqués, militants antisémites, nostalgiques de l’Algérie française - voire de la collaboration avec l’Allemagne nazie - ou catholiques intégristes.

Cette stratégie a payé : le parti est en progression constante à chaque élection.

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Trente-neuf ans, «ni de droite ni de gauche», et jamais élu auparavant, Emmanuel Macron s’est imposé comme un des favoris dans la présidentielle française, défendant, avec ténacité, sa volonté de bousculer les clivages traditionnels.

Accueilli, avec une certaine condescendance, par les politiques professionnels de tous bords, raillé pour le flou présumé de son projet, l’ex-ministre de l’Économie du président socialiste François Hollande (août 2014-2016) a cependant fait mentir ceux qui voyaient en lui une «bulle» médiatique.

En phase avec le désir de renouvellement politique, ce candidat, parti en campagne sans expérience élective, est devenu l’un des favoris en faisant le pari de «changer de logiciel». Porté par les déboires du candidat de la droite, François Fillon -inculpé à la suite d’un scandale d’emplois familiaux présumés fictifs-, renforcé par le ralliement de poids lourds comme le centriste historique François Bayrou ou le ministre socialiste de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ce nouveau venu au physique de gendre idéal a progressivement grimpé dans les sondages. Au point de rendre plausible l’hypothèse d’un duel avec la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen, au second tour le 7 mai.

Pur produit des écoles de l’élite française, Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires, est entré en politique en 2012 comme conseiller du président Hollande. De cette expérience dans l’ombre du pouvoir, suivie de deux années au ministère de l’Économie, il dit avoir tiré un enseignement majeur : le «dysfonctionnement» du système politique actuel. «Je pense que Macron a eu l’intuition, précisément parce qu’il était extérieur à la vie politique traditionnelle, que les partis de gouvernement avaient créé leurs propres faiblesses, avaient perdu leur propre attractivité, étaient, pour reprendre un vieux mot, usés, fatigués, vieillis», a confié François Hollande à son sujet. Cette intuition pousse le jeune ministre à fonder, début 2016, son mouvement, baptisé «En Marche !» -ou Em comme ses initiales- qui revendique désormais quelque 260.000 adhérents.

Suivent sa démission du gouvernement et sa candidature à la présidentielle avec un programme d’inspiration sociale-libérale. Son fil rouge : réconcilier «liberté et protection», en réformant l’assurance-chômage ou en proposant des mesures de discrimination positive à l’intention des quartiers en difficulté. Son cœur de cible : les classes moyennes, qu’il juge «oubliées« par la droite et la gauche.

Son discours transpartisan, libéral en termes d’économie et de société, plaît aux jeunes urbains et aux milieux d’affaires. Il séduit moins les classes populaires ou rurales, rétives à la mondialisation qu’il défend. Ses détracteurs le décrivent en «illusionniste» plein de «contradictions».

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Pour l’une des rares fois dans une présidentielle française, l’Afrique a été un enjeu de campagne clairement exprimé par les candidats. D’une part, parce qu’il y a une opinion africaine constituée aussi bien par les Africains parfaitement imprégnés des réalités géopolitiques et économiques que par les Français d’origine africaine et des étudiants africains en France et, d’autre part, des amis du continent qui se sont identifiés à l’Afrique et convaincus du fait que la France et l’Afrique partagent un destin commun indissociablement lié. La France a eu un long passé colonial, particulièrement avec l’Afrique, pour la propagation de la foi chrétienne, pour l’expansion économique et militaire et par esprit de philanthropie avec la Déclaration universelle des Droits de l’Homme dont ses penseurs se sont faits les plus grands propagateurs.

Près de trois cents ans après, ces liens demeurent à travers la langue, la religion, la culture, les traditions politiques et les échanges économiques. La France n’a donné à l’Afrique qu’une indépendance formelle, avec l’échec de la communauté, et a maintenu des relations de coopération privilégiées avec tous les pays africains ayant voulu entretenir avec l’ex puissance coloniale « une indépendance dans l’interdépendance », selon la formule consacrée de l’époque. La question des relations avec les pays africains, notamment francophones, avait une importance si stratégique pour la France, qu’en marge du ministère des Affaires Étrangères existait une cellule des Affaires africaines installée à l’Élysée et directement gérée par le président de la République.

Théâtre d’un nouvel enjeu
Une approche qui a fait l’objet du consensus de la classe politique française, avec quelques variantes suivant que le président soit un homme de gauche ou de droite. Cela a permis, de l’indépendance à nos jours, de porter assistance aux régimes politiques africains dans des domaines aussi variés que l’éducation, la formation, la santé, l’économie ou la sécurité, particulièrement dans le contexte de Guerre froide entre l’Est et l’Ouest jusqu’à la chute du mur de Berlin en 1989.

Depuis quelques années, l’Afrique est redevenu le théâtre d’un nouvel enjeu, avec l’émergence des économies asiatiques et l’attrait qu’exercent les pays du continent pour la fourniture de matières premières, la stabilité des États, les besoins d’investissements et surtout les marges de progression qu’ils offrent compte tenu de la jeunesse de leurs populations. Il faut rajouter, dans ce cadre, l’Organisation internationale de la Francophonie qui a crée un attrait supplémentaire au delà du carré francophone, pour des pays en quête de partenariat pour le développement. Des relations privilégiées avec des pays africains et francophones qui donnent à la France un poids diplomatique important qu’aucun candidat à la présidentielle ne saurait remettre en cause. C’est sans doute la raison pour laquelle la plupart des onze candidats ont marqué leur intérêt pour l’Afrique, poussés en cela par des collectifs d’éminentes personnalités et des Ong qui les ont interpellés sur ce que l’Afrique peut attendre d’eux. La position plus surprenante est certainement celle de Marine Le Pen, candidate de l’extrême droite réputée raciste et xénophobe, qui s’est rendue, fin mars, au Tchad rencontrer le président Idriss Deby pour lui apporter son soutien dans la lutte contre le terrorisme et le remercier d’avoir brisé les barrières de « l’ignorance et de la stigmatisation médiatique dont elle fait l’objet, bien au-delà de la France ». Devant les députés tchadiens, elle a pris l’engagement de faire de l’Afrique « la première des priorités internationales » de la France et de faire de l’aide au développement une « question de sécurité nationale » en y consacrant plus de 16 milliards d’euros, soit 0,7 % de la richesse nationale française. Une façon pour elle de freiner l’émigration incontrôlée préjudiciable à l’Afrique surtout qui a besoin de sa jeunesse pour bâtir son avenir.

Crime contre l’humain
Empruntant une direction tout le moins inattendue, le candidat d’En Marche ! Emmanuel Macron, en visite à Alger, a fait sensation en qualifiant la colonisation française de « barbarie » et de « crime contre l’humanité », pour piocher sûrement quelques voix à la gauche, avant de rétropédaler quelques jours plus tard, lors d’un meeting à Toulon, substituant au terme de « crime contre l’humanité » celui de « crime contre l’humain ».

Jean-Luc Mélenchon, autre candidat de premier rang, écrit dans son programme sa volonté d’en finir avec la « Françafrique ». Il a exprimé sa volonté de supprimer le franc Cfa et de respecter l’indépendance et la souveraineté des États africains. Tous les autres candidats ont plus ou moins fait le consensus pour être du côté des populations africaines à la base et de collaborer avec elles sur des questions aussi importantes que la lutte contre le réchauffement climatique, pour le développement à la base et une coopération plus équitable au bénéfice de tous.

Par Alassane DIAWARA

L’un des deux devrait, selon les derniers sondages, affronter Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle. Le modèle économique, le terrorisme, le chômage, l’Europe sont présentés par les candidats de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche comme les causes du mal vivre français.

Après les Usa (élection de Donald Trump à la Maison-Blanche) et l’Angleterre (Brexit), la France va-t-elle, à son tour, se singulariser avec ce scrutin présidentiel ? Va-t-elle franchir le pas et élire à sa tête une Marine Le Pen ? La candidate du Front national, que les sondages –ces fameuses auscultations de l’opinion électorale- assurent d’une présence au second tour, ne serait alors pas la première personnalité d’envergure de l’extrême-droite à ce stade.

En 2002 déjà, son père, Jean-Marie Le Pen, était arrivé deuxième derrière Jacques Chirac, sonnant le glas des ambitions politiques du candidat socialiste Lionel Jospin. Traumatisés par la présence d’une figure aussi controversée à ce niveau, les électeurs français s’étaient alors retrouvés autour d’un Front républicain pour lui faire barrage. Malgré tout, 17,79 % des électeurs avaient voté pour lui au second tour…

Quinze ans plus tard, sa fille a repris le flambeau. Et de quelle manière ! Candidate à l’élection présidentielle de 2012, elle était arrivée en troisième position au premier tour en obtenant 17,90 % des suffrages exprimés, soit un meilleur résultat que tous ceux obtenus par son père au premier tour d’une élection présidentielle. Certes, Ségolène Royal est la première femme à accéder au second tour d’un scrutin présidentiel (2007), mais avec la nouvelle égérie « frontiste », l’impensable est envisagé. D’ailleurs, beaucoup d’observateurs extérieurs à la vie politique française résument l’élection du huitième président de la Vème République en cette question : Marine Le Pen peut-elle gagner ?

Dans l’éditorial d’un hors-série consacré à ce scrutin -dont le moins que l’on puisse dire est qu’il est incertain comme jamais-, « Le courrier international » rappelle que « le temps électoral est propice aux colères, mais aussi aux espoirs et, pourquoi pas, aux révolutions, ces bouleversements brusques et profonds dont la France pense depuis 1789 détenir le secret ». Mais, jusqu’où cette tentation peut-elle aller ? Le temps des « extrêmes » serait-il arrivé ? Côté programme, la blonde de quarante-neuf ans « humanise » ce que son ascendant a théorisé depuis des décennies.

Même aseptisé, son programme propose la sortie de l’euro avec, en cas d’échec, un projet de référendum sur la sortie de l’Union européenne ; l’inscription de la préférence nationale dans la Constitution ; la fin du droit du sol et la limitation des droits sociaux ; des embauches, les trente-cinq heures (temps de travail par semaine) et la retraite à soixante ans. Bref, les fondamentaux du Fn demeurent avec une xénophobie qui programme la chasse aux immigrés, la fermeture des frontières et la destruction de l’Union européenne.

Dans un débat présidentiel saboté par les « affaires », contre vents médiatiques et marées judiciaires, elle cristallise les frustrations, déceptions et angoisses d’une société dont de larges pans sont frappés par le chômage, la précarité et le sentiment d’insécurité. En même temps, la classe politique française « classique » (celle du clivage Gauche-Droite) est décrédibilisée, pour beaucoup, en raison des scandales liés à des emplois fictifs accordés à la proche famille (François Fillon) ou aux employés politiques (Marine Le Pen).

« Liberté, Égalité, Fraternité »
Mais, la France, c’est d’abord la quatrième puissance militaire au monde, la deuxième économie de l’Union européenne, un système de santé performant « qui n’oublie personne » et une influence réelle dans de grandes parties du monde, en Afrique principalement, en raison de son passé colonial. La France, ce sont aussi des élites parmi les mieux formées, une maîtrise des technologies de pointe (armement, espace, aviation, télécommunications) auxquelles s’adossent des industries qui trustent des marchés partout sur la planète. Ses détracteurs ne sont, par contre, pas convaincus par son Code du travail, « obsolète et bouffi », et une fiscalité « qui fait fuir les patrons ». Plus attraction médiatique que croquemitaine, l’autre « extrême », Jean-Luc Mélenchon (un tribun de soixante-six ans), est d’abord l’histoire d’un idéaliste qui n’a pas supporté l’entrée de son pays dans le libéralisme gouvernemental aujourd’hui au-dessus des identités politiques (socialistes, gaullistes, nationalistes, centristes, populistes) pour incarner un mode de gouvernance qui s’applique presque partout dans ce monde du début du vingt-et-unième siècle.

Le leader de « la France insoumise », né dans la zone internationale de Tanger, incarne la résurgence de l’idéal anti capitaliste, celui qui fait rêver du grand soir. Depuis la crise financière de 2008, « la méfiance envers les marchés et une foi renouvelée en l’État remettent en question l’ancienne orthodoxie et émergent en tant que force politique », fait remarquer le (pourtant) très libéral hebdomadaire londonien « The Economist ».

Jean-Luc Mélenchon avait obtenu 11 % en 2012 et était arrivé en quatrième position. Harangueur de foule dans la tradition des grands leaders socialistes, il a réveillé –dans certains milieux- cette culture du refus propre à ce pays qui avait guillotiné un roi pour installer la République. Lui aussi propose la retraite à soixante ans avec une réduction du temps de travail, des négociations avec l’Ue pour la refonte des traités ou en sortir après un référendum, le renforcement de l’impôt sur les fortunes, le recrutement de deux cent mille fonctionnaires.

Habile, il réussit à parfumer aux senteurs de la modernité un discours qui fleure le soixante-huitard. Dans ses élans révolutionnaires, avec des références à Simon Bolivar et Hugo Chavez, voire Fidel Castro, il a d’abord attiré la classe ouvrière et les déçus du « système », mais au fil de la campagne, alors que ses adversaires étaient dans des postures défensives ou de justification, il a dégagé on-ne-sait-quoi d’honnête homme, loin des casseroles du microcosme.

Comme sur les réseaux sociaux, il a su être présent partout à la fois en usant d’hologrammes là où il ne pouvait être présent physiquement. Ainsi, début avril, plus d’une centaine d’économistes de dix-sept pays à travers le monde (dont le Pr François Seck Fall de l’Université de Toulouse et Amadou Makhourédia Diop de l’Université de Thiès) ont appelé à voter pour « la France insoumise » dimanche. La France n’a jamais été dirigée par ses « Extrêmes » et à ses extrêmes. La présence de Marine Le Pen plus que probable au second tour est plus qu’une piqûre de rappel. Mais, si Marianne devait renier sa devise : « Liberté, Égalité, Fraternité », c’est que le pays de Descartes n’aurait alors plus sa…raison.

Par Samboudian KAMARA

Près de 47 millions d'électeurs français sont appelés demain à choisir pour le premier tour de l’élection présidentielle française entre 11 candidats afin d’élire le successeur du socialiste François Hollande. Selon les sondages, quatre favoris parmi les onze tiennent dans un mouchoir de poche : Marine Le Pen du Front National (extrême droite), François Fillon des Républicains, (droite), Emmanuel Macron d’En marche! (centre), Jean-Luc Mélenchon de La France insoumise, (extrême gauche). 66.546 bureaux de vote s’ouvriront aux électeurs de 06H00 GMT à 17H00 GMT (19H00 heure de Paris). Le second tour opposera le 7 mai les deux candidats arrivés en tête au premier tour.

Qui sont les 11 candidats ?
L’élection du président de la République a lieu les 23 avril et 7 mai 2017 en France. Le scrutin présidentiel suscite généralement une multiplication des vocations et des candidatures. Mais, sur les 82 candidatures annoncées dans le feu de l’action, le Conseil constitutionnel en a validé 11 le 17 mars dernier. Au terme d’un marathon médiatique et de la quête des 500 parrainages obligatoires, la voie était ouverte pour Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), François Asselineau (Union populaire républicaine), Jacques Cheminade (Solidarité et progrès), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), François Fillon (Les républicains), Benoît Hamon (Parti socialiste), Jean Lasalle (Résistons !), Marine Le Pen (Front national), Emmanuel Macron (En marche !), Jean-Luc Mélenchon (France insoumise) et Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste). De l’extrême gauche à l’extrême droite, toutes les tendances politiques sont représentées.

Nathalie Arthaud (Lutte ouvriere) : Le communiste en bandoulière
ArthaudProfesseur agrégée d’Économie-Gestion, Nathalie Arthaud, âgée de 47 ans, est une militante de longue date de Lutte ouvrière (Lo). En 2008, elle était la porte-parole du mouvement. Puis, en 2012, Lutte ouvrière l’investit à l’élection présidentielle où elle était arrivée à la 9ème place, avec 0,56 % des voix, mais devant Jacques Cheminade, bon dernier avec 0,25 % des voix. En 2016, désignée de nouveau pour représenter « le camp des travailleurs », Nathalie Arthaud réunit, sans trop de peine, ses 500 parrainages grâce au solide réseau militant du mouvement ouvrier. Souvent interpellée sur sa différence avec Philippe Poutou, l’autre représentant de formation d’extrême gauche de cette présidentielle, Nathalie Arthaud répond invariablement qu’elle est la seule candidate communiste. Ses références sont la Commune de Paris et la révolution soviétique, sauf qu’elle considère la période stalinienne comme une caricature du communisme. Son programme : accueil des migrants à bras ouverts, disparition des frontières, renversement du capitalisme… Nathalie Arthaud ne souhaite pas, à l’instar de Philippe Poutou, devenir présidente puisqu’elle souhaite renverser les institutions actuelles. Son but est la multiplication des revendications dans la rue jusqu’au stade ultime de la révolte : la révolution.
 
François Asselineau (Union populaire républicaine) : Le pourfendeur de l’Europe
AsselineauCadre de la fonction publique, François Asselineau est passé par divers cabinets ministériels dans les années 90. De 2004 à 2006, il est délégué général à l’intelligence économique au ministère de l’Économie et des Finances. Et en parallèle, il est cadre du parti souverainiste de Charles Pasqua (le Rpf), puis, est élu sur la liste dissidente Rpr (ancêtre de l’Ump) menée par Jean Tibéri au Conseil de Paris de 2001 à 2008. Un temps encarté à l’Ump (ancêtre des Républicains), il en claque la porte avant de fonder l’Union populaire républicaine (Upr) qui participe aux européennes de 2014 et aux régionales de 2015. François Asselineau se déclare lui aussi « au-dessus du clivage gauche-droite ». Même si on l’apparente à la droite souverainiste, voire à l’extrême droite eurosceptique, lui se revendique du « gaullisme social » et du souverainisme. François Asselineau est le candidat pourfendeur de l’Europe et l’adversaire de l’impérialisme américain. L’essentiel de ses propositions tourne autour de la sortie sans conditions de l’Union européenne (le Frexit), de la monnaie unique et de l’Otan. Avoir passé l’étape des 500 parrainages constitue une première prouesse pour ce candidat qui est à la fois le principal animateur et l’unique clé de voûte de son mouvement. L’Upr pourra désormais bénéficier du financement public des partis politiques et de l’équité du temps de parole. Un précieux sésame pour la petite formation qui compte présenter 577 candidats aux législatives de juin prochain.

François Fillon (Les republicains) : Pour une France libérée du relativisme culturel
FillonFrançois Fillon a entamé sa carrière sous l’aile de l’ancien ministre gaulliste et député de la Sarthe, Joël Le Theule, dont il reprend le siège lors des législatives de 1981. Membre des « rénovateurs » à la fin des années 1980, compagnon de route de Philippe Séguin, il a soutenu Édouard Balladur en 1995, puis Nicolas Sarkozy en 2007, avant de devenir son Premier ministre. Candidat malheureux face à Jean-François Copé pour la présidence de l’Ump en 2012, il a remporté la primaire face à Alain Juppé en novembre 2016 avec 66,5 % des suffrages. Gaulliste de tradition, François Fillon revendique lui aussi l’héritage du souverainiste Philippe Séguin avec qui il avait fait campagne pour le « Non » au traité de Maastricht en 1991. Aujourd’hui encore, Fillon défend une « Europe forte » composée de « nations fortes ». A la fois libéral sur certaines questions économiques et colbertiste sur d’autres, Fillon reste assez conservateur sur les questions de société. En dépit des affaires qui l’affaiblissent, François Fillon souhaite réaliser un destin personnel de président de la République et appliquer son programme de rupture : « retrouver le plein emploi », faire de la France « la première puissance européenne dans 10 ans », en libérant les entreprises du poids des normes et des charges, et également « rétablir l’autorité de l’État » par « la fermeté et la justice ». L’ancien Premier ministre de Sarkozy souhaite que « la France assume d’être la France », avec ses valeurs propres, en se libérant du « relativisme culturel et de la culpabilisation ».

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) : Souverainiste et antisystème
Dupont AignantLe gaullisme de Nicolas Dupont-Aignan s’enracine dans les figures politiques de Jacques Chaban-Delmas et Philippe Seguin. Parisien, né en 1961, il est passé par Sciences-Po, l’Ena et divers cabinets ministériels avant de décrocher la municipalité de Yerres, dans l’Essonne, en 1995. Député de la 8e circonscription de ce département depuis 1997, Dupont-Aignan lance, au sein du Rpr, puis de l’Ump, un club de réflexion gaulliste en 1999. Après avoir rompu avec l’Ump en 2007, il transforme Debout la République en parti politique dès 2008, lequel devient Debout la France en 2014. Lors du premier tour de la présidentielle en 2012, Dupont-Aignan recueille 1,79 % des suffrages, derrière Eva Joly avec ses 2,31 %. Souverainiste et antisystème, Nicolas Dupont-Aignan se voit comme le dernier gaulliste de l’échiquier politique et siège comme député non-inscrit à l’Assemblée nationale. Farouchement opposé aux « technocrates de Bruxelles », au néolibéralisme et aux marchés financiers, il défend les valeurs d’humanisme républicain. Dupont-Aignan critique l’Union européenne d’aujourd’hui, plaide pour la restauration de la place de la France dans le monde et fustige régulièrement la gauche et la droite qu’il voit comme des courants politiques usés. Le député de l’Essonne souhaite recomposer la droite française en passant par une alliance souverainiste. En ciblant régulièrement Macron, il espère ainsi mobiliser un électorat fortement hostile à ce qu’il dénonce comme un nouveau quinquennat de Hollande déguisé.

Benoît Hamon (Parti socialiste) : Le théoricien du revenu universel
HamonNé à Saint-Renan, près de Brest, Benoît Hamon a passé une partie de son enfance au Sénégal. Un temps aux Jeunes Rocardiens, puis, il s’impose au sein du Parti socialiste en fondant le Mouvement des jeunes socialistes (Mjs), où il dispose de son plus grand réseau de soutiens aujourd’hui. Après un passage au cabinet de Martine Aubry, il exerce son premier mandat au Parlement européen avant d’être élu député en 2012. Hamon est nommé ministre délégué en charge de l’Économie sociale et solidaire et à la Consommation, puis ministre de l’Éducation nationale. Il est évincé du gouvernement en même temps qu’Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti, deux autres ministres frondeurs du gouvernement Valls, en raison de divergences avec la ligne, notamment économique. Représentant de l’aile gauche du Ps, Benoit Hamon a voté non au référendum européen de 2005. Au Parlement, il était l’une des têtes fortes du mouvement des frondeurs, qui réclamait des inflexions à la politique de l’offre de l’exécutif. Pendant la primaire socialiste, il s’était distingué avec sa proposition de revenu universel, son plaidoyer pour la légalisation du cannabis et le passage à la VIème République. Mais, après avoir remporté l’investiture haut la main, le socialiste peine à relancer la dynamique qui l’avait fait gagner. S’il ne devient pas président de la République, il aura, en tout cas, réussi à s’émanciper et à se faire connaître des Français. S’il parvient à obtenir un bon score, il jouera un rôle déterminant dans la recomposition de la gauche.

Marine Le Pen (Front national) : Pour une souveraineté retrouvée de l’Etat
Le PenMarine Le Pen, née en 1968 à Neuilly-sur-Seine, s’est formée au sein du Front national, dans l’ombre du co-fondateur, Jean-Marie Le Pen. Au congrès de Tours de janvier 2011, elle est élue à la tête du parti avec 67,65 % des voix, succédant à son père, intronisé « président d’honneur ». Depuis 1998, au fil de ses mandats locaux et européen, la benjamine de la famille construit un projet politique qu’elle porte depuis la présidentielle de 2012 où elle fut battue au premier tour avec un score de 17,90 % des voix, soit 6,4 millions d’électeurs. Depuis 2004, elle siège au Parlement européen où elle est finalement parvenue à constituer le groupe politique Europe des nations et des libertés (Enl). Marine Le Pen mise sur les fondamentaux du Front national, qui restent le discours traditionnel sur l’immigration et la sécurité, et un projet économique et social basé sur la souveraineté retrouvée de l’État en matière de frontières, de monnaie, d’économie et de loi. Elle aussi préconise le rétablissement d’une « France forte », une sortie « concertée » de l’euro et de l’Union européenne, à l’aide de référendums nationaux si nécessaire. Invariablement, depuis plusieurs mois, Marine Le Pen est donnée en position de leader du premier tour par presque tous les sondages, mais aucun institut ne lui promet une victoire au second tour. Elle espère se démarquer des autres « grands candidats » en pariant sur la disparition du clivage gauche-droite et en insistant sur la rupture pour sortir des « échecs de l’Umps ». S’appuyant sur le premier tour des résultats des élections municipales, départementales et régionales, la présidente du Front national et députée européenne revendique pour sa formation le titre de « premier parti de France ». Elle mène campagne sous le thème de « La France apaisée ».

Jean Lassalle (Resistons !) : Un candidat iconoclaste
LasalleJean Lassalle est l’un des candidats les plus iconoclastes de cette campagne. Élu local depuis plus de 30 ans dans les Pyrénées-Atlantiques, il est député en 2002 et a un ancrage local fort. Autrefois très proche de François Bayrou, dont il s’est maintenant affranchi, le député Lassalle a multiplié les coups d’éclat : en 2003, il entonne un champ béarnais en plein hémicycle pour protester contre le départ d’une brigade de gendarmerie ; en 2006, il entame une longue grève de la faim pour empêcher la délocalisation d’une usine de sa circonscription. Et depuis son tour de France à pied, en 2013, Jean Lassalle est devenu « le député qui marche », son surnom. Récemment, il a rencontré Bachar al-Assad en Syrie et assume sa russophilie. Difficile de classer Jean Lassalle. Il défend la ruralité, prône la création d’un service civique obligatoire, avec permis de conduire délivré gratuitement par l’État, plaide pour l’apprentissage et veut un plan pour l’éducation « digne de Jules Ferry » pour « reconstruire l’État ». En attendant, il veut bousculer la présidentielle grâce à un discours qui est tout sauf convenu.

Emmanuel Macron (En marche !) : Ni de droite, ni de gauche
MacronC’est la première fois dans l’histoire de la cinquième République qu’un candidat jamais élu auparavant se retrouve en position de favori à un mois du scrutin. Emmanuel Macron est mentionné dans de nombreux sondages d’opinion comme un possible finaliste aux côtés de Marine Le Pen. Philosophe, énarque, inspecteur des finances, ancien banquier d’affaires, rapporteur de la commission Attal, Emmanuel Macron cultive sa différence. Après avoir fait fortune chez Rothschild, il rejoint François Hollande pour le conseiller sur l’économie avant la présidentielle de 2012. Il devient ensuite secrétaire général adjoint de l’Élysée, poste qu’il quitte en juin 2014 pour monter son entreprise. Mais, la politique le rattrape. Deux mois plus tard, il est nommé ministre de l’Économie en remplacement d’Arnaud Montebourg. C’est le début de son ascension. En avril 2015, il crée son mouvement « En Marche ». Et fin août 2016, il démissionne de Bercy. « En marche » revendique près de 200.000 adhérents séduits par le cheminement d’Emmanuel Macron. Le 16 novembre de la même année, il se déclare candidat à l’élection présidentielle. Le leader du Modem François Bayrou s’est rallié, pour sa part, à la candidature d’Emmanuel Macron dans le cadre d’une alliance. Sa démarche se réclame d’un positionnement qui ne se veut « ni de droite, ni de gauche » même s’il affirme, à titre personnel, être un homme de gauche. Emmanuel Macron se revendique « pas centriste » non plus, mais plutôt « central. Empruntant aussi à la droite sur le plan économique, Emmanuel Macron se dit, en fait, « pragmatique » et assure ne pas se soucier de savoir si une mesure est de droite ou de gauche, pourvu qu’elle soit efficace. Il est le plus pro-européen de tous les prétendants. Son ambition est d’incarner l’homme qui fera changer la France d’époque en la modernisant pour la propulser dans le XXIème siècle. Emmanuel Macron n’a jamais évoqué son avenir en cas de défaite, mais il assurait, au début de son ascension, qu’il ne resterait pas en politique toute sa vie.

Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) : L’ouvrier à la conquête des voix
PoutouEn 2012, Philippe Poutou était le premier ouvrier à se présenter à la présidentielle en France pour le Nouveau parti anticapitaliste (Npa). Délégué syndical rendu célèbre par son combat gagné contre des licenciements dans son usine Ford de Blanquefort (Gironde), il avait pris le relais du postier Olivier Besancenot. Il était arrivé huitième sur neuf candidats, devant Nathalie Arthaud, avec 1,15 % des voix. En 2017, à 49 ans, Philippe Poutou travaille toujours dans la même usine et porte à nouveau les couleurs du Npa.Nourri par l’anarchisme, il combat le capitalisme et défend, à travers le Npa, le féminisme, l’internationalisme, l’écologie. Le vocabulaire de Philippe Poutou est marxiste, son slogan, « Nos vies, pas leurs profits ! », est révolutionnaire et ses propositions sont radicales : interdiction des licenciements, instauration d’un salaire minimum à 1700 euros net, liberté de circulation et d’installation… Philippe Poutou ne cultive aucun rêve de destin élyséen. Dans la logique du Npa, tout est affaire de collectif et l’« homme fort » n’existe pas. Lui veut simplement accéder aux débats nationaux pour propager les idées du Npa. Son combat se mène dans la rue, hors du cadre des institutions.

Jean-Luc Mélenchon (France insoumise) : Une candidature indépendante des partis
MélenchonJean-Luc Mélenchon est un député européen, fondateur du Parti de gauche. Socialiste jusqu’en 2008, sénateur de l’Essonne et ministre sous Lionel Jospin, Jean-Luc Mélenchon s’était déjà présenté à la présidentielle en 2012 sous l’étiquette du « Front de gauche », unissant son parti et le Parti communiste français. Il était arrivé en 4e position avec 11,10 %. Cette fois, sa candidature se veut indépendante des partis, portée par un mouvement créé dans la perspective de l’élection : « La France insoumise ». Il a reçu le soutien du Front de gauche, de divers mouvements politiques de gauche et du Parti communiste. Le Pcf le soutient, mais reste divisé face à l’ex député frondeur Benoît Hamon. Son programme, « L’Avenir en commun », comporte plusieurs axes : la VIe République, le partage des richesses, la planification écologique, la sortie des traités de l’Union européenne, le maintien de la paix et de l’indépendance de la France, notamment vis-à-vis des États-Unis... Mélenchon accorde également beaucoup d’importance aux thématiques du « progrès humain » et technologique, de la culture et du numérique. Son ambition est de battre Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle. Mais, il serait déjà heureux de battre le socialiste Benoît Hamon au premier tour. Après l’élection, il souhaite participer à une grande recomposition de la gauche, malgré l’hostilité d’une partie des écologistes et celle des socialistes hamonistes.

Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) : Le combat contre « l’empire de l’argent »
CheminadeÉnarque, ancien fonctionnaire, Jacques Cheminade, fondateur du parti Solidarité et progrès, avait recueilli 0,28 % des voix à la présidentielle de 1995 et 0,25 % à celle de 2012, dernier candidat derrière Nathalie Arthaud avec ses 0,56 %. Il se présente « contre le sérail politique qui a pactisé avec l’empire de l’argent » et en pourfendeur depuis toujours de « la dictature financière » et des forces de Wall Street. Un de ses principaux défis consiste à casser l’image loufoque que lui ont valu ses propositions, jugées farfelues, comme la généralisation de la pratique du chant en chorale, ou l’interdiction du jeu Pokémon Go ou son projet de relance du programme spatial par la création des stations orbitales terrestre basse. Propositions qui ont aussi fait sa notoriété.

Par Dié Maty Fall

Le gouvernement français a tout mis en œuvre pour que les réseaux officiels de traitement des données de l’élection présidentielle à venir résistent à d’éventuelles attaques informatiques, a assuré, hier, le directeur de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi).

«Tous les réseaux informatiques qui vont, par exemple, collecter les résultats, qui vont les additionner pour, au final, donner, dimanche soir, les premières tendances, puis les résultats définitifs, ces réseaux ont été durcis là où il le fallait«, a déclaré Guillaume Poupard, interrogé à la radio publique France Inter.

L’élection présidentielle en France se fait en deux tours : les 23 avril et 7 mai. Il s’agit de «s’assurer que les (...) réseaux informatiques qui vont être impliqués dans l’élection seront bien opérationnels le jour de l’élection», a précisé M. Poupard, tout en reconnaissant qu’»on n’empêche pas les attaques», en référence à celles qui ont visé la campagne de la présidentielle américaine à l’automne. «Ce qu’il faut, c’est être capable de s’en protéger. Et donc, on a tout fait pour se protéger. Le réseau - je ne parle pas du site internet ; le site internet, c’est la façade -, le réseau propre du ministère de l’Intérieur, va être robuste pour être capable de travailler», a assuré M. Poupard. Rappelant que l’Anssi avait briefé les candidats face au risque cyber, Guillaume Poupard pense que les attaques dont a été victime le candidat centriste, Emmanuel Macron, à la mi-février, n’étaient «pas des attaques majeures».

Selon M. Poupard, son site internet avait été bloqué pendant quelques minutes après une «attaque en déni de service», quand le site avait été submergé de requêtes. Le président François Hollande avait ordonné, début mars, la «mobilisation» de «tous les moyens nécessaires de l’État» face aux cybermenaces qui pèsent sur la présidentielle. A la suite des attaques informatiques et des campagnes de désinformation menées sur internet aux États-Unis, lors des dernières élections présidentielles, des réunions ont eu lieu avec les équipes informatiques de tous les candidats à la présidentielle pour les sensibiliser aux risques et les inciter à adopter des mesures de précaution et de protection.

AFP

Un policier a été tué et deux autres blessés, hier soir, lors d’une fusillade sur la célèbre avenue des Champs-Élysées à Paris, dont l’auteur a été abattu, a-t-on appris de sources concordantes, à trois jours du premier tour de l’élection présidentielle.

«Peu avant 21h00 (19h00 Gmt), une voiture est arrivée à hauteur d’un car de police (..), un homme est sorti du véhicule, a ouvert le feu a priori à l’arme automatique sur le car de police, a tué un policier et ensuite a tente de partir en courant en essayant de prendre pour cible d’autres policiers», a indiqué sur la chaîne Bfm Tv le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet. «Il a réussi à en blesser deux autres et il a été abattu par les forces de l’ordre», a-t-il ajouté, soulignant que ces policiers avaient «délibérément été pris pour cible». Cette prestigieuse artère, très prisée des touristes, en plein cœur de Paris, a été bouclée et d’importantes forces de police ont été déployées dans le quartier. Un hélicoptère survolait la zone dans la soirée.

La préfecture de police a souligné que les circonstances de l’attaque n’étaient «pas déterminées».

Cette fusillade survient à trois jours du premier tour de l’élection présidentielle, alors que la France a été confrontée, depuis 2015, à une vague d’attentats jihadistes sans précédent ayant fait 238 morts.

AFP

Le Mali a terminé, hier, l’installation des autorités intérimaires dans ses régions du nord, une disposition prévue par l’accord pour la paix, après plusieurs reports, ont rapporté à l’Afp des témoins.

L’installation de ces autorités intérimaires pour Tombouctou et Taoudénit complète le programme prévu dans les cinq régions du nord du Mali par cet accord signé en mai-juin 2015.

Boubacar Ould Hamadi, de l’ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali, a été investi comme président du Conseil régional de Tombouctou (nord-ouest) et Hamoudi Sidi Ahmed Aggada comme chef des autorités intérimaires de Taoudénit (extrême nord), lors d’une cérémonie officielle, hier, dans la ville de Tombouctou, selon ces témoins.

Leur collègue de Kidal (extrême nord-est) a pris ses fonctions le 28 février et ceux de Gao et Ménaka (nord-est) le 2 mars, conformément au calendrier officiel arrêté en février après plusieurs reports depuis près de deux ans.

Ces autorités intérimaires sont prévues par l’accord de paix entériné par le gouvernement malien, les groupes armés qui lui sont favorables, dits la Plateforme, et l’ex-rébellion rassemblée au sein de la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma).

Le rejet, par des groupes armés, de certains dirigeants provisoires nommés par le gouvernement malien, à Tombouctou notamment, avait été source de tensions et avait retardé leur installation pendant plusieurs mois.

«Ce (jeudi) matin, les autorités intérimaires de Tombouctou ont été bien installées ainsi que celles de Taoudénit. Nous n’avons noté aucun incident», a indiqué à l’Afp un des témoins.
La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de la Décentralisation et de la Fiscalité locale, Alhassane Ag Hamed Moussa, selon la même source.
Ces informations ont été confirmées par une source militaire ayant pris part à la cérémonie.

En vertu de l’accord de paix de 2015, les autorités intérimaires devront gérer les cinq régions du Nord, en attendant l’élection, par la population, d’assemblées dotées de pouvoirs importants.

AFP

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