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Actualités Internationales (1180)

Un kamikaze a tué au moins 40 ex-rebelles et membres de groupes armés pro-gouvernementaux à Gao en se faisant exploser ce mercredi 18 janvier dans leur site de regroupement dans cette ville du nord du Mali, selon une source militaire à l'Onu.

L’explosion est survenue à 8h40 (Gmt) ce mercredi 18 janvier à Gao, la principale ville du nord du Mali. A moins de 500 mètres de l’aéroport, un kamikaze à bord d’un véhicule rentre dans le camp et se fait exploser. Les témoins font état d’un « grand bruit ». L'information a été confirmée par une source administrative de la ville malienne, sans plus de détails dans l'immédiat.

Au moins 40 morts ont péri dans cette explosion selon un bilan provisoire. Beaucoup de blessés ont afflué à l’hôpital de Gao gardé par des militaires.

« Un kamikaze a attaqué un camp »
Selon une source à la Minusma, « un kamikaze a attaqué un camp » de regroupement de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg) et de la Plateforme (groupe pro-gouvernemental) à Gao ainsi que quelques soldats de l’Armée régulière qui étaient dans l’administration du camp. La Cma et la Plateforme « devaient commencer bientôt une patrouille mixte », a ajouté la même source.

Ces patrouilles mixtes doivent se tenir en application de l'accord de paix signé en mai-juin 2015 entre Bamako et ces différents groupes armés. Elles sont censées préfigurer la refonte d'une armée malienne unitaire.

Source : Rfi.fr

AFP - De plus en plus isolé et soumis à des pressions internationales croissantes, le président gambien sortant, Yahya Jammeh, a proclamé, hier, l'état d'urgence face à "l'ingérence étrangère", à deux jours de l'investiture prévue de son successeur élu, Adama Barrow.

Dans une déclaration télévisée, M. Jammeh a dénoncé "un niveau d'ingérence étrangère exceptionnel et sans précédent" dans le processus électoral et les affaires de la Gambie, ainsi que "l'atmosphère hostile injustifiée qui menace la souveraineté, la paix et la stabilité du pays". Le pays est plongé dans une grave crise depuis que M. Jammeh a annoncé, le 9 décembre, qu'il ne reconnaissait plus les résultats de la  présidentielle, une semaine après avoir pourtant félicité M. Barrow pour sa victoire.Yahya Jammeh affirme vouloir rester en place tant que la justice n'aura pas statué sur ses recours électoraux, malgré les pressions internationales pour qu'il cède le pouvoir demain, après l'expiration de son mandat.La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao, 15 pays dont la Gambie) a notamment prévenu à plusieurs reprises qu'elle pourrait avoir recours à la force en dernier ressort. Selon la Constitution, l'état d'urgence dure sept jours lorsqu'il est proclamé par le chef de l'Etat, mais peut être porté à 90 jours avec l'approbation de l'Assemblée nationale. L'annonce a été formulée en des termes très généraux, prévenant la population qu'il était "interdit de se livrer à des actes de désobéissance aux lois gambiennes, à l'incitation à la violence, ou troublant la paix et l'ordre public". Le chef de l'Etat sortant a également ordonné aux forces de sécurité de maintenir la paix et l'ordre.

Auparavant, quatre nouveaux ministres s'étaient joints à la liste de ceux qui ont déjà quitté le gouvernement. Les derniers en date à partir sont les titulaires des Affaires étrangères, Mme Neneh Macdouall-Gaye, des Finances, Abdou Colley, du Commerce, Abdou Jobe, et du Tourisme, Benjamin Roberts, qui ont tous démissionné, a indiqué une source proche du régime sous le couvert de l'anonymat. M. Roberts, officiellement nommé, lundi, aux Finances en remplacement de M. Colley, aura donc passé moins de 24 heures à ce poste. 

- Démissions de ministres -
Les ministres de l'Information et des Sports avaient été remplacés la semaine dernière  Des changements sont également intervenus dans l'armée : des officiers refusant de soutenir M. Jammeh contre M. Barrow, comme le leur demandaient des commandants de la Garde républicaine qui assure la protection du président sortant, ont été arrêtés dimanche soir, selon une source de sécurité.
 Le Maroc mène actuellement une "médiation discrète et de la dernière chance" par l'entremise de son ministre délégué aux Affaires étrangères, Nasser Bourita, et Yassine Mansouri, chef des services de renseignements extérieurs du royaume, pour obtenir le départ de Yahya Jammeh, a révélé, hier, un site d'information en ligne marocain.

AFP - Deux soldats mutins ont été tués, hier, dans la capitale ivoirienne, Yamoussoukro, lors de nouvelles manifestations de colère de militaires qui ont tiré en l'air dans six villes du pays, l'accord financier trouvé entre le gouvernement et d'anciens rebelles suscitant des convoitises chez les autres forces de sécurité.

Un premier "mutin a été tué par la Gr (Garde républicaine) devant le camp" à Yamoussoukro, a affirmé une source militaire à l'Afp sous le couvert de l'anonymat. Une source proche du ministère de la Défense a confirmé. Un deuxième mutin est décédé, dans l'après-midi, à l'infirmerie d'un camp militaire, des suites d'une blessure par arme à feu, selon des sources militaires concordantes.
La Garde républicaine est une troupe d'élite qui dépend directement de la présidence.

Ce sont les premiers morts depuis le début du mouvement de mutinerie initiée à Bouaké (centre) le 5 janvier.   Les militaires tués faisaient partie des soldats qui ont commencé à protester en tirant en l'air dans la matinée. Au total, six villes du centre, de l'ouest et du nord-est, Yamoussoukro, Bouaké, Daloa, Man, Bondoukou et Dimbokro, ont été touchées par ces manifestations de colère de soldats.

Ces tirs étaient majoritairement l'œuvre de soldats ou gendarmes qui ne sont pas concernés par l'accord trouvé, vendredi soir, entre le gouvernement et les soldats qui se sont mutinés. Selon cet accord, 8.500 anciens rebelles intégrés dans l'armée devraient toucher 12 millions de FCfa (18.000 euros) chacun d'ici la fin de l'année, dont 5 millions (7.500 euros) versés avant le 5 février.

"Ce matin, en sortant avec nos armes, nous avons voulu montrer notre mécontentement aux yeux du monde. Nous ne comprenons pas pourquoi on paye une prime de 5 millions à des soldats et on oublie tout un groupe qui représente les plus nombreux d'ailleurs", a affirmé à l'Afp un gendarme sous le couvert de l'anonymat.

- Tensions entre les 'corps habillés' -
"Nous déplorons cette injustice dans notre armée. Tous les corps habillés ont participé à la guerre (dix années d'instabilité). Donc, s'il doit y avoir une prime, elle doit être pour tout le monde" et pas seulement pour les rebelles intégrés dans l'armée après le conflit, a-t-il précisé.
L'armée ivoirienne, forte de 22.000 hommes, compte beaucoup de gradés, pour la plupart d'anciens rebelles.
Cette nouvelle journée de mutinerie survient alors que les fonctionnaires ont reconduit, hier, leur grève commencée le 9 janvier.  Ils revendiquent des augmentations salariales et refusent une réforme de la retraite. "Ils ont vu les militaires -anciens rebelles -  prendre 12 millions chacun alors qu'on leur parle de discipline budgétaire", souligne un observateur de la vie ivoirienne. "Ça leur donne probablement des envies même s'ils n'ont pas d'armes".

AFP - Au moins 50 personnes, dont six humanitaires de la Croix-Rouge locale, ont été tuées lorsqu'un avion de l'armée de l'air nigériane a bombardé, par erreur, un camp de déplacés dans le nord-est du Nigeria.
Les frappes aériennes ont eu lieu vers 09H00 locales (8H00 Gmt) à Rann, dans le nord de l'Etat du Borno, épicentre de l'insurrection des islamistes du groupe Boko Haram, alors que les humanitaires distribuaient de la nourriture aux déplacés forcés de fuir les violences. "Un avion militaire a bombardé, par erreur, Rann au lieu de Kala", une localité voisine, a affirmé, par téléphone à l'Afp, un habitant, Abba Abiso.

"Ces dernières semaines, Boko Haram a déplacé sa base de la forêt de Sambisa vers Kala, et un avion militaire a visiblement confondu Rann avec Kala", a-t-il ajouté."Au moins 25 personnes ont été tuées et beaucoup plus blessées", selon cet habitan

AFP - Jamais depuis 40 ans un président américain n'avait pris le pouvoir avec un niveau d'impopularité aussi élevé que Donald Trump. Mais, les Américains font confiance au milliardaire dans au moins un domaine : la création d’emplois.  Pour 61 % des Américains, selon un sondage Cnn paru hier, il est probable que le 45e président réussira à créer des emplois dans les régions sinistrées du pays.

La même proportion s'attend à ce qu'il fasse un excellent ou bon travail dans le domaine économique, selon une autre enquête pour la chaîne Abc et le Washington Post. Mais, cette confiance dissimule une défiance générale à l'égard du successeur de Barack Obama.

Avec 40 % d'opinions favorables, Donald Trump est deux fois moins populaire que Barack Obama en janvier 2009, et moins populaire que Jimmy Carter, Ronald Reagan, George H. W. Bush, Bill Clinton et George W. Bush à leurs prises de fonctions, selon le sondage Abc/Washington Post qui confirme la tendance d'autres enquêtes d'opinion publiées récemment.

Invoquant «un niveau d'ingérence étrangère sans précédent» dans le processus électoral du pays, le président sortant Yahyah Jammeh a décrété ce mardi l'état d'urgence lors d'une allocution télévisée. Cette annonce a été faite à deux jours de l'investiture prévue de son successeur élu Adama Barrow.

Source : Rfi.fr

AFP - Le président de la Cour suprême gambienne, Emmanuel Fagbenle, s'est récusé, hier, de l'examen du recours porté devant cette juridiction par le chef de l'Etat, Yahya Jammeh, contre l'investiture de son successeur élu, Adama Barrow, prévue le 19 janvier.

Le président Jammeh a annoncé, le 9 décembre, qu'il ne reconnaissait plus les résultats de l'élection présidentielle du 1er décembre, une semaine après avoir pourtant félicité M. Barrow pour sa victoire.
M. Jammeh a saisi la Cour suprême pour réclamer l'annulation des résultats et a déposé, la semaine dernière, un nouveau recours pour que celle-ci interdise à toute autorité judiciaire de participer à la prestation de serment d'Adama Barrow.

"Etant donné que cette injonction me concerne en tant que président de la Cour suprême, je me récuse de son examen", a déclaré à l'audience, hier, M. Fagbenle, un magistrat nigérian.  "Ce recours attendra donc que la Cour suprême soit constituée ou le temps de permettre aux juges d'arriver en Gambie", a-t-il indiqué. L'avocat de M. Jammeh et du parti au pouvoir, Edward Gomez, a indiqué qu'il espérait initialement que la Cour suprême fixerait une date pour statuer sur ce recours. Mais, il a reconnu qu'il ne lui serait pas possible d'obtenir l'injonction demandée avant le 19 janvier "parce que le président de la Cour suprême a dit très clairement qu'il ne pouvait pas se prononcer seul sur ce dossier".

Yahya Jammeh a demandé à son homologue libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, en tant que présidente en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), d'accélérer l'envoi de juges pour pourvoir les sièges vacants à la Cour suprême, réaffirmant que "le statu quo devait prévaloir" tant que celle-ci n'aurait pas statué sur ses recours.
"La soi-disant date du 19 janvier n'est pas gravée dans le marbre", a-t-il déclaré lors d'une conversation téléphonique avec Mme Sirleaf, dont l'enregistrement a été diffusé dans la nuit de dimanche à hier par la télévision d'Etat Grts. Le 9 janvier, M. Fagbenle avait annoncé que la Cour suprême ne pourrait pas statuer avant plusieurs mois, le temps de recruter, à l'étranger, les magistrats manquants.

AFP - Un député pro-gouvernemental a été brièvement séquestré, hier matin, par des militaires ayant participé à la mutinerie de la semaine dernière à Bouaké (centre), deuxième ville de Côte d'Ivoire, a-t-il annoncé à l'Afp.

"Ils ont grimpé par dessus la clôture (de mon domicile, Ndlr) et m'ont enlevé de force. J'étais encore couché dans ma chambre. C'était une dizaine de soldats", a raconté à l'Afp Bema Fofana. Les mutins l'ont ensuite conduit dans un endroit tenu secret avant de le relâcher en milieu de matinée, sous la pression de quelques uns des éléments du groupe, selon le député.

Membre du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), la coalition soutenant le président Ouattara, M. Fofana faisait partie des élus qui ont critiqué les mutins et avait organisé, dans Bouaké, une marche de protestation contre leurs exactions.

Gouvernement et mutins ont trouvé un accord, dans la nuit de vendredi à samedi, après une crise qui a commencé début janvier à Bouaké, des militaires tirant en l'air à travers tout le pays pour mettre la pression sur les autorités. Les mutins ont obtenu une promesse de paiement d'une prime de 12 millions de FCfa (18.00 euros), une somme élevée qui mécontente beaucoup de leurs compatriotes.
L'armée ivoirienne, forte de 22.000 hommes, compte beaucoup de gradés, pour la plupart d'anciens rebelles.

AFP - Au moins trois personnes ont été tuées et 15 blessées, hier, dans un attentat-suicide sur le campus universitaire de Maiduguri, la grande ville du nord-est du Nigeria et berceau du mouvement islamiste Boko Haram.

L'attentat, qui aurait été perpétré par une jeune fille, s'est produit au moment de la première prière du jour dans une mosquée de l'Université de Maiduguri, selon la police et des témoignages d'habitants.
Aucune revendication n'a été enregistrée, mais l'attentat porte la marque du groupe jihadiste nigérian Boko Haram qui a régulièrement utilisé des filles et des jeunes femmes comme bombes humaines.

Avant l'explosion à la mosquée, une adolescente d'environ 12 ans a d'abord été tuée par la police vers 05H00 locales (04H00 Gmt) alors qu'elle essayait de pénétrer sur le campus, a expliqué le porte-parole de la police, Victor Isuku. "L'engin explosif attaché à son corps a explosé, elle est morte instantanément", a-t-il rapporté dans un communiqué.

"Peu après, une deuxième explosion a eu lieu dans une mosquée à l'intérieur de l'université. Quatre personnes, dont un professeur et le deuxième kamikaze, ont été tuées, et 15 autres blessées. Depuis le début du conflit, en 2009,  opposant le gouvernement nigérian à Boko Haram, ce campus universitaire a été visé par des roquettes, mais c'est la première fois qu'un assaillant réussit à s'introduire à l'intérieur pour y mener une attaque.

 

AFP - Un pasteur a été arrêté, hier, au Zimbabwe, pour avoir prédit le décès du président Robert Mugabe, 92 ans, pour cette année, a-t-on appris auprès de son avocat. Patrick Mugadza a été interpellé au tribunal d'Harare où il comparaissait pour avoir arboré, sans autorisation, le drapeau zimbabwéen, un délit au Zimbabwe depuis que ce symbole a été utilisé par des manifestants anti-Mugabe en 2016.

Le pasteur "comparaissait dans une autre affaire quand la police l'a interpellé" au sujet de la prophétie qu'il a faite la semaine dernière, a déclaré à l'Afp son avocat, Gift Mtisi. Jeudi, lors d'une conférence de presse, à Harare, le pasteur pentecôtiste avait annoncé le décès du président pour le 17 octobre.

Patrick Mugadza a, dans un premier temps, été inculpé pour atteinte à l'autorité du chef de l'Etat, avant d'être finalement inculpé pour insulte vis-à-vis de personnes pratiquant une religion, selon son avocat. Robert Mugabe, qui dirige d'une main de fer son pays depuis l'indépendance, en 1980, est le plus vieux chef d'Etat en exercice dans le monde. Il fêtera ses 93 ans en février.

En décembre, son parti, la Zanu-Pf, l'a investi comme candidat à la présidentielle de 2018. Le pasteur Mugadza fait partie des figures de la société civile à la pointe de la contestation anti-Mugabe. En 2015, il avait été arrêté pour avoir défié le chef de l'Etat lors d'un congrès de la Zanu-Pf : il avait brandi une pancarte où l'on pouvait lire : "Les gens souffrent, Monsieur le président". En référence à la crise économique que traverse le Zimbabwe depuis une quinzaine d'années.

En 2016, lors de la fête de l'indépendance, célébrée en avril, Patrick Mugadza avait donné un sermon accroché à un lampadaire à Harare, pour symboliser, à ses yeux, le manque de liberté au Zimbabwe.

 

AFP - Plus de 70 pays ont solennellement réitéré, hier, leur engagement en faveur des deux États israélien et palestinien, avertissant qu'ils ne reconnaîtraient pas d'actions unilatérales qui menaceraient une solution négociée, particulièrement sur la question des frontières ou le statut de Jérusalem.

Dans un communiqué final âprement et minutieusement négocié, les participants à la conférence de Paris ont exhorté Israéliens et Palestiniens à "démontrer leur engagement pour la solution à deux États, et à s'abstenir d'actions unilatérales qui préjugeraient du résultat de la négociation, notamment sur les frontières, Jérusalem, les réfugiés".
Le texte précise que si de telles actions étaient prises, "ils ne les reconnaîtront pas".
Ce message intervient dans un contexte particulièrement explosif, alors que la solution des deux États semble plus inatteignable que jamais, près de soixante-dix ans après la création d'Israël et le début du conflit. Il intervient aussi à cinq jours de l'entrée en fonction d'une administration américaine ayant pris des positions très pro-israéliennes.

Le communiqué s'abstient soigneusement de faire référence au projet controversé du futur président américain Donald Trump de transférer l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, mais il y a "un message subliminal à l'administration Trump", selon un diplomate français.

Une telle mesure romprait avec la politique historique des États-Unis et irait à l'encontre de la position de l'Onu, pour laquelle le statut de Jérusalem, dont la partie Est palestinienne a été occupée en 1967 puis annexée par Israël en 1980, doit se régler par la négociation.
Les Palestiniens, qui veulent aussi faire de Jérusalem la capitale de leur futur État, ont d'ailleurs vivement réagi, le président Mahmoud Abbas menaçant de revenir sur la reconnaissance d'Israël si une telle décision était appliquée.
Plus direct que le communiqué final, le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a estimé lors de sa conférence de presse que le déménagement de l'ambassade serait une "provocation". Plus tôt, il avait mis en garde contre un projet "extrêmement lourd de conséquences".

AFP - François Hollande et l'Afrique se sont dit chaleureusement adieu, samedi, pendant le 27e Sommet Afrique-France à Bamako, ultime visite programmée du chef de l'Etat français sur le sol africain avant la fin de son mandat, en mai.

"De tous les chefs d'Etat français", François Hollande "aura été celui dont le rapport à l'Afrique aura été le plus sincère et le plus loyal", a loué le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, ouvrant le sommet en présence d'une trentaine de dirigeants africains. Quatre ans plus tôt, le 11 janvier 2013, une opération militaire française, ordonnée par François Hollande, avait stoppé net une offensive de groupes jihadistes. Liés à Al-Qaïda, ceux-ci s'étaient emparés du nord du Mali et menaçaient de déferler sur Bamako.
Accueilli trois semaines plus tard en libérateur à Bamako, le président français s'était exclamé : "Je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique". "La France restera toujours au côté du Mali jusqu’à l’aboutissement du processus de paix, jusqu’à ce que l'Etat malien puisse avoir son autorité respectée sur l'ensemble du territoire malien", a-t-il encore assuré samedi à la tribune du sommet. Mais, il a prévenu lors d'une conférence de presse avec le président Keïta, à l'issue du sommet Afrique-France : "Ce sera long parce que nous avons en face de nous des groupes terroristes particulièrement armés et déterminés à déstabiliser l'ensemble de la région".

François Hollande s'est toutefois félicité : "Les terroristes ne contrôlent plus aucun territoire (au Mali), la démocratie a repris son cours, les élections ont eu lieu (...), l’économie repart et la réconciliation avec les accords d'Alger est en cours". Conclusion lyrique de ce discours-testament : "Ensemble, la France, l'Afrique, nous avons été capables de relever des défis et de faire avancer le monde (...), ensemble, l'Afrique, la France, nous avons été capables, aux Nations unies, de porter des objectifs de développement durable, l'Afrique, la France, ensemble, nous portons le message d'une réduction des inégalités à l'échelle planétaire".    Au chapitre du développement, même ambition que sur le plan militaire : l'Agence française de développement (Afd), a précisé François Hollande, va augmenter de 15 % ses engagements pour mobiliser 23 milliards d'euros pour le continent dans les cinq ans à venir. Le président français a aussi annoncé le lance sallement d'un Fonds d'investissement franco-africain doté de 76 millions d'euros sur 10 ans, le tout premier du genre.   Le sommet devait évoquer le respect des Constitutions alors que certains dirigeants africains sont tentés de se maintenir au pouvoir, même après avoir exercé le nombre maximal de mandats que leur accorde la loi fondamentale de leur pays.

AFP - Le grand mufti de Jérusalem a prévenu, hier, le président élu Donald Trump qu'un éventuel transfert de l'ambassade des Etats-Unis en Israël à Jérusalem constituerait une "agression" contre tous les musulmans.

"La promesse de déplacer l'ambassade n'est pas seulement une agression contre les Palestiniens, mais aussi contre tous les Arabes et tous les musulmans, et ils ne se laisseront pas faire en silence", a prévenu le grand mufti Muhammad Ahmad Hussein dans son prêche de la prière hebdomadaire sur l'esplanade des Mosquées.
Le grand mufti, en charge des lieux saints musulmans de Jérusalem, y compris la mosquée al-Aqsa, troisième lieu saint de l'Islam et située sur l'esplanade, s'exprimait devant 30.000 fidèles, a indiqué la fondation religieuse qui administre le site.
Si Donald Trump, qui prendra ses fonctions dans une semaine, reconnaissait Jérusalem comme la capitale d'Israël et déplaçait l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, comme il a promis de le faire pendant sa campagne électorale, il romprait avec la politique historique des Etats-Unis, qui est aussi celle de la très grande majorité de la communauté internationale. Le statut de Jérusalem est, en effet, l'une des questions les plus épineuses d'un règlement du conflit israélo-palestinien. Israël considère tout Jérusalem comme sa capitale indivisible, y compris Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem occupée par Israël depuis 1967 et annexée depuis 1980, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. "Le transfert de l'ambassade violerait les textes et les normes internationales qui reconnaissent Jérusalem comme une ville occupée" par Israël, a dit le grand mufti sur l'esplanade des Mosquées, révérée par les juifs comme le mont du Temple et située à Jérusalem-Est.
La question de Jérusalem, où se trouvent d'importants lieux saints pour les chrétiens, les juifs et les musulmans, touche, en outre, à des sensibilités religieuses extrêmement vives. De nombreuses voix se sont déjà élevées contre l'effet que pourrait avoir un transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem, le secrétaire d'Etat américain sortant, John Kerry, parlant du risque d'une "explosion absolue dans la région".
Fait exceptionnel, la direction palestinienne a ouvertement demandé l'intervention de la Russie pour contrer le possible déménagement de l'ambassade. Saëb Erakat, numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine, a rencontré, à Moscou, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, et indiqué à la presse avoir transmis au président Vladimir Poutine un message "empreint de gravité" de la part du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lui demandant de "faire ce qui est en son pouvoir" pour empêcher ce projet.

AFP - Les fonctionnaires ivoiriens, qui s'étaient mis en grève, lundi, pour dénoncer une réforme des retraites et réclamer une revalorisation salariale, ont reconduit leur mouvement pour cinq jours, selon un communiqué syndical envoyé à l'Afp hier.

"Vu qu’au terme de ces 5 jours d’arrêt de travail aucune réponse n’a été apportée à ces justes revendications (...) la Plateforme nationale", qui regroupe une cinquantaine de syndicats de fonctionnaires, "décide de la reconduction du mot d’ordre pour une durée de 5 jours renouvelables, à compter du lundi".
Dénonçant un "silence méprisant du gouvernement", la Plateforme "réitère sa détermination à aller jusqu’à la satisfaction totale de ses revendications" Les grévistes protestent contre une réforme intervenue en 2012, mais dont les premiers effets se font véritablement sentir en 2016 avec la mise à la retraite de fonctionnaires touchés par la loi.Cette réforme fait passer l'âge de la retraite de 55 à 60 ans, voire 65 ans pour les grades les plus élevés. Les cotisations augmentent de 6 à 8,33 % du salaire, alors que les pensions ont été réduites de 30 à 50 % selon les catégories.
Les syndicats réclament aussi le "paiement des arriérés des revalorisations salariales d'un montant global de 243 milliards de FCfa (environ 371 millions d'euros) et le respect des libertés syndicales" dans le pays. L'administration ivoirienne compte plus de 200.000 fonctionnaires, selon les chiffres officiels.

AFP - En route pour un sommet Afrique-France à Bamako, qui marquera ses adieux au continent, le président français François Hollande a effectué, hier, une visite éclair et symbolique dans le nord du Mali, quatre ans après avoir lancé l'opération Serval pour chasser les jihadistes qui menaçaient la région.

Sur l'immense base française de Gao, posée au milieu d'une plaine de latérite s'étendant à perte de vue, François Hollande a lancé un message aux soldats de l'opération Barkhane : le combat contre les jihadistes au Sahel, en Irak et en Syrie comme en France, "c'est le même combat, c'est le même enjeu". "Nous le savons tous, les terroristes qui attaquent notre propre territoire, qui agissent sur notre propre sol, sont liés avec ceux qui sont au Levant, en Irak et en Syrie, mais aussi ici, dans la bande sahélo-saharienne", a-t-il souligné.

Endossant son costume de chef des armées comme il l'avait fait dix jours plus tôt en Irak pour délivrer un message similaire, François Hollande a rendu un hommage appuyé aux 4.000 militaires de la force française Barkhane, déployée dans cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Tchad, Niger, Burkina Faso).

"En contribuant à la protection du Mali comme, dans le cadre de l'opération Barkhane, de l'ensemble de la zone, vous assurez notre propre sécurité", la "sécurité des Français", a-t-il assuré devant plusieurs centaines d'entre eux.
Le chef de l'Etat français, qui entamait ainsi la dernière visite planifiée de son quinquennat sur le continent africain, était ainsi de retour sur le sol malien quatre ans presque jour pour jour après le déclenchement de l'opération Serval, le 11 janvier 2013. Cette intervention internationale à l'initiative de la France avait mis un terme à la progression de groupes armés jihadistes liés à Al-Qaïda, partis du nord du Mali et qui menaçaient de déferler sur Bamako, la capitale.
Si cette menace a été écartée, l'insécurité demeure dans la région où, depuis août 2014, Barkhane a pris le relais de Serval, étendant son action à cinq pays.

Des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, en dépit de la signature, en mai-juin 2015, d'un accord de paix censé isoler les jihadistes, mais qui tarde à se concrétiser.

 

 AFP - Des milliers de Gambiens craignant des troubles dans leur pays, plongé dans une crise politique depuis plus d'un mois, ont fui au Sénégal et en Guinée-Bissau, ont indiqué, hier, le Haut-commissariat de l'Onu pour les réfugiés (Hcr) et des sources officielles bissau-guinéennes.

"Plusieurs milliers de Gambiens se sont rendus au Sénégal ces dix derniers jours pour fuir la tension qui est montée concernant les résultats de l'élection présidentielle" du 1er décembre, a indiqué le Hcr dans un article diffusé sur son site régional. Il s'agit "principalement d'enfants", selon cette agence de l'Onu, expliquant que beaucoup de parents "craignant des troubles potentiels" ont décidé d'évacuer leurs enfants au Sénégal.

Unique voisin terrestre de la Gambie, le Sénégal est donc un point de passage obligé pour ces milliers de réfugiés, dont certains poursuivent leur route jusqu'en Guinée-Bissau, d'après des sources au sein des services de l'immigration de ce pays limitrophe du Sénégal.

Depuis le 6 janvier, plus de mille Gambiens sont entrés en Guinée-Bissau, a affirmé à l'Afp le coordinateur national du Commissariat pour les réfugiés et déplacés, Tibna Sambé Na Wana. Selon lui, ces réfugiés, pour la plupart des femmes, enfants et personnes âgées, ont été recensés à Jeggué, une localité proche de la frontière avec le Sénégal, à 120 km au nord de Bissau. Tous "disent craindre une escalade militaire" en Gambie, a-t-il ajouté.

Tibna Sambé Na Wana a précisé que le nombre de réfugiés enregistrés actuellement pourrait être sous-évalué, car fondé sur "les premières données enregistrées dans un seul point de passage". "Beaucoup de ces réfugiés sont accueillis directement par des proches. C'est pour cela que la situation n'est pas alarmante", mais leur nombre "augmente chaque jour", a-t-il dit. Prévoyant un afflux important, les autorités sont en train d'installer des structures d'accueil dans plusieurs régions dont Gabù (est), Sao Domingos et Canchungo (nord), d’après une source officielle.

Selon le Hcr, en plus des Gambiens, des étrangers ont aussi fui la Gambie, parmi lesquels des Ghanéens, des Guinéens, des Libériens, des Mauritaniens et des Libanais.

Les militaires qui s'étaient mutinés à Bouaké, deuxième ville de Côte d'Ivoire (centre), la semaine dernière, ont tiré en l'air dans la nuit de mercredi à hier et dans la matinée, pour maintenir "la pression", a constaté un journaliste de l'Afp.

Ces tirs, qui avaient cessé en fin d'après-midi, sont intervenus à la veille de la visite du ministre de la Défense, Alain-Richard Donwahi, qui devrait apporter les promesses du gouvernement et mettre un point final à la mutinerie."Nous attendons notre argent demain. Ce qui compte, c'est l'argent", a déclaré l'un des mutins à l'Afp, soulignant qu'ils "mettaient la pression" pour "rappeler en haut lieu ce qui a été convenu".
Un accord avait été trouvé, samedi, à Bouaké, entre le ministre et des soldats qui réclament le paiement de primes, des augmentations de solde, une promotion plus rapide entre les grades ainsi que des logements.
Des militaires en colère avaient cependant empêché le ministre et sa délégation de quitter la résidence du sous-préfet pendant plus de deux heures.Dans la nuit de mercredi à hier, mais aussi dans la matinée, des tirs nourris ont été entendus dans un camp militaire en face de l'Université Alassane Ouattara (ouest de Bouaké).

"Ils ont passé toute la nuit à tirer en l'air. On n'a pas pu fermer l'œil. Et ce matin, ils ont continué de tirer", a expliqué Marguerite Bambara, une voisine.Les habitants vivent dans la psychose des événements du weekend et de nombreux magasins ont fermé ou n'ont pas ouvert, hier matin, en raison des coups de feu.
 "J’ai préféré fermer mon magasin pour éviter d'être pillé", a confié Sar Abdoulaye, commerçant.Une manifestation contre le mouvement organisé par les militaires devrait avoir lieu aujourd’hui à Bouaké, selon Yacouba Traoré, un notable, et l'un des initiateurs de la marche. "(Il faut) mettre un terme à la révolte des soldats. Nous sommes fatigués de leurs agissements", a-t-il dit, affirmant qu'ils allaient "marcher sur les camps militaires".

AFP - Le Nigeria devrait envisager d'accorder l'asile au président gambien Yahya Jammeh si cela peut ouvrir la voie à une sortie de crise, ont estimé, hier, les députés à Abuja.


Une motion adoptée par la chambre basse du Parlement affirme le soutien des députés aux efforts régionaux pour résoudre la crise politique née du refus de Jammeh d'accepter les résultats des urnes. Les députés ont estimé que "l'horloge tourne vite" pour la Gambie et qu'il fallait intensifier la diplomatie, dans la mesure où le risque de violences et de déplacements de populations massifs menaçait la stabilité de l'Afrique de l'Ouest.  Ils ont appelé Jammeh à "respecter la volonté du peuple" qui a voté pour le candidat de l'opposition, Adama Barrow, à l'élection du 1er décembre. Le président nigérian Muhammadu Buhari, qui dirige la médiation régionale, devrait envisager d'"offrir au président sortant, Yahya Jammeh, un refuge sûr au Nigeria pour vivre en sécurité comme moyen de mettre fin à l'impasse politique en Gambie", ont-ils ajouté. La motion ne lie cependant pas le gouvernement et n'a pas suscité de réponse immédiate de M. Buhari, qui devrait se rendre à Banjul, aujourd’hui, pour des pourparlers. Yahya Jammeh, qui avait, dans un premier temps, accepté le résultat des urnes, veut désormais les contester devant les tribunaux et a prévenu qu'il ne quitterait pas le pouvoir avant que sa plainte ne soit entendue par la Cour suprême.Une position qui laisse présager une longue impasse politique, la Cour suprême étant dans l'impossibilité de statuer avant plusieurs mois, faute de juges.Lundi, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, avait déclaré que le recours à la force pourrait être envisagé en dernier recours pour permettre un transfert du pouvoir. "La violence doit être évitée, mais rien n'est exclu", avait-il affirmé à Abuja.

AFP - Un des organisateurs présumés de l'attentat jihadiste contre la station balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam en mars 2016 a été arrêté dans le nord du Mali par des militaires de la force française Barkhane, a appris, hier, l'Afp de sources concordantes.Cette information a été rendue publique à la veille de l'ouverture du sommet Afrique-France à Bamako, qui portera notamment sur la coopération dans le domaine militaire et de la sécurité."Les militaires français ont arrêté, mercredi, le cerveau de l'attaque de la localité de Grand-Bassam", a déclaré à l'Afp une source de sécurité malienne, précisant que l'arrestation avait eu lieu dans la localité de Gossi, à l'ouest de Gao, principale ville du nord du Mali.

L'information a été confirmée par une autre source de sécurité malienne qui a identifié le suspect comme "Mimi Ould Baba Ould Cheikh, un jeune connu dans le nord du Mali". Plus d'une dizaine de suspects ont été arrêtés dans cette enquête, dont plusieurs au Mali, mais l'homme présenté comme le principal cerveau de l'attentat, identifié comme Kounta Dallah, de nationalité malienne, est toujours recherché.L'armée française a confirmé l'arrestation d'un suspect, mais précisant qu'elle avait eu lieu lundi et sans se prononcer sur son importance dans l'enquête. "Je vous confirme la capture de quatre individus dans la région de Gossi, lundi dernier, dont l'un pourrait être lié aux attentats de Grand-Bassam. Les quatre personnes seront remises aux autorités maliennes", a déclaré, hier, à la presse à Paris, le porte-parole de l'état-major des armées françaises, le colonel Patrik Steiger."La nature exacte du lien reste à confirmer", a dit le porte-parole, interrogé sur le rôle du suspect dans l'attentat.

AFP - Le président gambien sortant, Yahya Jammeh, a dénoncé "des ingérences étrangères sans précédent" dans son pays et appelé à un règlement pacifique du contentieux électoral qu'il a avec l'opposition, lors d'une déclaration télévisée dans la nuit de mardi à hier.

M. Jammeh a fait cette déclaration quelques heures après avoir subi un nouveau revers : la Cour suprême a jugé impossible de statuer avant plusieurs mois sur ses recours contre sa défaite électorale, le temps de recruter les magistrats manquants, et prôné, par conséquent, une solution négociée avec le président élu, Adama Barrow.

Elle intervient également avant la venue d'une mission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao, 15 pays), pour le convaincre de céder le pouvoir le 19 janvier, une visite initialement prévue mercredi mais reportée à demain "à sa demande", selon la présidence du Nigeria. "Je pense que nous pouvons demander aux Gambiens de se rassembler pour trouver une solution, sans ingérence extérieure malvenue", a déclaré Yahya Jammeh. Il a déploré "des ingérences étrangères sans précédent", ainsi qu'une "campagne continue de diffamation, de propagande et de désinformation". Dans sa déclaration, M. Jammeh a appelé à "attendre la décision de la Cour suprême sur les résultats de l'élection", assurant qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour "sortir de cette triste impasse".

Il a annoncé une série de mesures d'amnistie afin "d'éviter toute chasse aux sorcières et d'instaurer un climat de confiance et de sécurité", ordonnant que plus personne ne soit arrêté ou poursuivi pour des actes liés à la période électorale, "du 1er novembre 2016 au 31 janvier 2017". "Je remercie tous mes frères et sœurs présidents de la Cedeao, de l'Oci (Organisation de la coopération islamique), de l'Ua et de l'Onu pour leurs bonnes paroles, même si certaines étaient erronées", a-t-il ajouté.   Le 31 décembre, Yahya Jammeh avait accusé la Cedeao de partialité, excluant toute négociation avec elle.

AFP - L'Union européenne a prolongé, hier, pour deux ans, sa mission de formation des forces de sécurité maliennes, dans un pays en état d'urgence qui vit toujours sous la menace de groupes jihadistes.

Les pays membres de l'Ue ont prolongé le mandat jusqu'au 14 janvier 2019, précise, dans un communiqué, le Conseil de l'Ue (qui représente les 28).
Cette mission civile, lancée en avril 2014 à destination de la police, de la gendarmerie et de la garde nationale maliennes, est menée parallèlement à une mission militaire de l'Ue de formation des forces armées de ce pays africain. Baptisée "Eucap Sahel Mali", elle est établie à Bamako et dirigée par le diplomate allemand Albrecht Conze."Le Conseil a également alloué un budget de 29,7 millions d'euros à la mission pour la période allant du 15 janvier 2017 au 14 janvier 2018", souligne le communiqué. Il s'agit d'aider le gouvernement malien à réformer son secteur de la sécurité, mais aussi "à maintenir son autorité sur l'ensemble du territoire", rappelle l'Ue.

Le Mali lutte toujours sur son vaste territoire (1,2 million de km2) contre des groupes jihadistes qui avaient occupé le nord du pays en 2012 avant d'être dispersés par une intervention internationale, toujours en cours.

AFP - Les principaux leaders de l'opposition kényane ont officialisé, hier, à Nairobi, devant plus de 3.000 personnes, la formation d'une alliance, en vue de battre le chef de l'Etat Uhuru Kenyatta à la présidentielle prévue en août.Cette première véritable démonstration de force de l'opposition, jusqu'alors apparue désorganisée face à un exécutif sortant ayant planifié de longue date sa campagne électorale, a rassemblé les chefs de file des cinq principaux partis d'opposition, dont l'ancien Premier ministre Raila Odinga et l'ancien vice-Premier ministre Musalia Mudavadi.

La nouvelle coalition, baptisée Nasa, doit encore s'accorder sur celui qui briguera en son nom le mandat de président, un exercice qui semble être un de ses plus grands défis en amont des élections. "Nous sommes ici pour insister sur le fait que nous ne sommes qu'une seule et même équipe dans l'opposition dont le rêve commun est de libérer les Kényans du joug de Jubilee", le parti politique actuellement au pouvoir, a déclaré Raila Odinga, candidat malheureux aux présidentielles de 1997, 2007 et 2013.Les élections présidentielles de 2007 et 2013 avaient toutes deux été marquées par des accusations de fraude électorale.

AFP - Le président élu américain Donald Trump a laissé éclater sa colère, hier, contre les "fausses informations" diffusées par des médias américains sur des liens allégués avec la Russie, tout en admettant le rôle de Vladimir Poutine dans les piratages du parti démocrate.

"Ce sont de fausses informations. C'est bidon. Ces choses ne se sont jamais passées. Et cela a été obtenu par nos adversaires", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse tendue à la Trump Tower de New York, réagissant à la publication, par le site Buzzfeed, de 35 pages de notes alléguant de liens entre l'entourage du milliardaire et le Kremlin. Selon ces documents, à l'authenticité incertaine, les services d'espionnage russes disposent également d'informations compromettantes ("kompromat") compilées au fil des années, notamment sur des rencontres avec des prostituées de l'homme d'affaires à Moscou. Le Kremlin a nié l'existence d'un tel dossier.

Le milliardaire new-yorkais, visiblement furieux de la diffusion de ces allégations, a volé dans les plumes du site Buzzfeed, mais aussi d'un reporter de Cnn. La chaîne d'information n'a pas publié les 35 pages, mais a rapporté, mardi, que les chefs du renseignement américain en avaient présenté un résumé de deux pages, vendredi dernier, lors d'une rencontre avec M. Trump ; ce que son entourage a démenti.

Ces notes ont été rédigées de juin à décembre 2016 par un ancien agent du renseignement britannique pour le compte d'opposants politiques au candidat Trump. Elles circulaient depuis des semaines à Washington, notamment dans plusieurs médias qui tentaient d'en confirmer les éléments indépendamment. "En ce qui concerne Buzzfeed, qui est un tas d'ordures sur le déclin, ils vont en subir les conséquences, ils les subissent déjà", a prévenu le président. Le futur commandant en chef s'en est aussi pris aux services américains, se demandant à haute voix s'ils n'étaient pas la source des fuites de ces notes à Washington. "Je pense que c'est scandaleux, scandaleux que les agences de renseignements aient permis (la publication) d'une information qui s'est révélée être erronée et fausse", a-t-il dit. "C'est le genre de choses que l'Allemagne nazie faisait".Mais, le successeur de Barack Obama a admis clairement, pour la première fois, que la Russie de Vladimir Poutine avait bien commandité le piratage informatique du parti démocrate d'Hillary Clinton pendant la campagne électorale.

La divulgation sur Wikileaks de milliers de messages avait grandement déstabilisé la candidate. M. Trump doutait jusqu'à présent du consensus du renseignement américain, qui a publiquement accusé le président russe d'avoir lancé une campagne de piratages et de désinformation pour discréditer la démocrate et doper les chances du candidat.

L’annonce, par la Cour suprême de Gambie, que le recours du président déchu Jammeh en vue de l’annulation des résultats de l’élection présidentielle de décembre 2016 ne pourra être examiné qu’en mai prochain canalise la voie vers un règlement négocié de son départ. Faute de juges disponibles pour siéger, la Cour est dans l’impossibilité de statuer sur le recours de Jammeh contre sa défaite électorale face à Barrow. 

Mais, dans le même temps, Adama Barrow est censé être investi dans ses nouvelles fonctions le 19 janvier, avec le soutien de la Cedeao, quelle qu’ait été la décision de la Cour suprême, la Commission électorale ayant affirmé que rien de légal ne s’opposait à cette investiture.

Cette nouvelle situation réduit la marge de manœuvre du président déchu dans sa tentative de faire invalider l’élection de l’ancien opposant Barrow et met le militaire brouillé avec les libertés, depuis 22 ans qu’il dirige cette ancienne colonie britannique d’une main de fer, face à ses responsabilités. Aujourd’hui, les médiateurs de la Cedeao, investis d’une nouvelle mission de paix à Banjul, devront privilégier le dialogue, afin que Yahya Jammeh respecte la Constitution et quitte le pouvoir avant l'investiture du président élu, Adama Barrow.

Le renvoi de l’audience de la Cour au 16 janvier est un ajournement salutaire qui devrait permettre, selon le juge nigérian qui la préside, aux parties en litige de le résoudre pacifiquement avant la date butoir de la fin de la transition.

Les réunions consacrées à la crise gambienne se succèdent à la Cedeao depuis la volte-face de Jammeh. Lundi dernier, une réunion extraordinaire, convoquée par le médiateur désigné de l’organisation ouest-africaine à Abuja, avait réuni les présidents du Nigéria, du Libéria, du Sénégal et l’ex-président du Ghana John Mahama, ainsi que le président de la Commission de la Cedeao et le représentant du secrétaire général des Nations unies en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Ce mini-sommet a décidé d’envoyer, aujourd’hui, une autre mission de paix à Banjul.

A partir de la déclaration de la Cour suprême, les jours du président déchu à la tête de la transition sont comptés, même si ses déclarations guerrières lors de son discours du Nouvel An semblent laisser peu de place à la discussion. Des observateurs comme l'analyste politique Sean Smith, responsable Afrique de l'Ouest au cabinet Verisk Mapelcroft, voient dans cette rhétorique martiale que le président gambien cherche, en fait, à faire monter la pression avant des échéances importantes. En effet, le président Jammeh y préconise « une solution juste » face à l’alternative d’ « une escalade vers une confrontation militaire ». Mais, selon le chercheur Niklas Hutlin de l'Université Georges-Mason aux Etats-Unis, le président gambien n'est pas en mesure de s'entêter et de faire face à une intervention ouest-africaine, n’ayant pas le soutien de sa population, ni probablement celui de la majorité des forces de l’ordre et de sécurité.

La Cedeao s’est, en tout cas, déclarée prête à une éventuelle intervention en Gambie. Ses forces d'attente sont en alerte, dépendants de la décision de Yahya Jammeh le 19 janvier. Entre coup de bluff et jusqu’au-boutisme, "Son excellence Cheikh Professeur El Hadj Docteur Yahya AJJ Jammeh", comme il exige qu’on l’appelle, traîne sa solitude sur la scène internationale comme un boulet.

Par Dié Maty FALL

AFP - La Cour suprême gambienne est dans l'impossibilité de statuer sur le recours du chef de l'Etat, Yahya Jammeh, contre sa défaite électorale face à l'opposant Adama Barrow avant plusieurs mois, faute de juges, a déclaré, mardi, le président de la Cour, Emmanuel Fagbenle.

"Nous ne pourrons statuer que lorsque la Cour sera au complet", avec l'arrivée de juges attendus du Nigeria et de Sierra Leone dans les prochains mois, a-t-il affirmé lors d'une audience sur ce dossier, précisant que ces deux pays africains avaient indiqué ne pas disposer de magistrats pour remplir cette mission dans l'immédiat.
En attendant, l'audience a été renvoyée au 16 janvier, "un ajournement qui doit aussi permettre aux parties au litige de le résoudre pacifiquement avant que la transition (entre MM. Jammeh et Barrow, Ndlr) ne s'achève" le 19 janvier, a souligné le président nigérian de la Cour suprême.

La Gambie traverse une crise depuis que Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 1994, a annoncé, le 9 décembre, qu'il ne reconnaissait plus sa défaite à l'élection présidentielle du 1er décembre, une semaine après avoir pourtant félicité M. Barrow pour sa victoire.Le 13 décembre, le parti de M. Jammeh a saisi la Cour suprême d'une demande d'annulation de l'élection, arguant d'irrégularités dans la comptabilisation des votes et l'organisation du scrutin. Deux autres recours ont été déposés le 3 janvier.Depuis ce revirement, le président sortant subit de nombreuses pressions extérieures, notamment de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao, 15 pays), pour quitter le pouvoir le 19 janvier, après l'expiration de son mandat.

La Cedeao a notamment dépêché une mission de dirigeants à Banjul, le 13 décembre, sans succès, et multiplie les réunions sur le dossier.Une nouvelle mission de la Cedeao,  comprenant le chef de l'Etat nigérian Muhammadu Buhari, son homologue libérienne Ellen Johnson Sirleaf - présidente en exercice de l’organisation - et l'ex-président ghanéen John Dramani Mahama, qui participaient déjà à celle du 13 décembre, est attendue aujourd’hui à Banjul.

La Gambie, petit Etat de moins de deux millions d'habitants, fait souvent appel à des magistrats d'autres pays anglophones, notamment du Nigeria, pour renforcer son système judiciaire.

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