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Actualités Internationales (1286)

AFP - Le président gambien sortant, Yahya Jammeh, a dénoncé "des ingérences étrangères sans précédent" dans son pays et appelé à un règlement pacifique du contentieux électoral qu'il a avec l'opposition, lors d'une déclaration télévisée dans la nuit de mardi à hier.

M. Jammeh a fait cette déclaration quelques heures après avoir subi un nouveau revers : la Cour suprême a jugé impossible de statuer avant plusieurs mois sur ses recours contre sa défaite électorale, le temps de recruter les magistrats manquants, et prôné, par conséquent, une solution négociée avec le président élu, Adama Barrow.

Elle intervient également avant la venue d'une mission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao, 15 pays), pour le convaincre de céder le pouvoir le 19 janvier, une visite initialement prévue mercredi mais reportée à demain "à sa demande", selon la présidence du Nigeria. "Je pense que nous pouvons demander aux Gambiens de se rassembler pour trouver une solution, sans ingérence extérieure malvenue", a déclaré Yahya Jammeh. Il a déploré "des ingérences étrangères sans précédent", ainsi qu'une "campagne continue de diffamation, de propagande et de désinformation". Dans sa déclaration, M. Jammeh a appelé à "attendre la décision de la Cour suprême sur les résultats de l'élection", assurant qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour "sortir de cette triste impasse".

Il a annoncé une série de mesures d'amnistie afin "d'éviter toute chasse aux sorcières et d'instaurer un climat de confiance et de sécurité", ordonnant que plus personne ne soit arrêté ou poursuivi pour des actes liés à la période électorale, "du 1er novembre 2016 au 31 janvier 2017". "Je remercie tous mes frères et sœurs présidents de la Cedeao, de l'Oci (Organisation de la coopération islamique), de l'Ua et de l'Onu pour leurs bonnes paroles, même si certaines étaient erronées", a-t-il ajouté.   Le 31 décembre, Yahya Jammeh avait accusé la Cedeao de partialité, excluant toute négociation avec elle.

AFP - L'Union européenne a prolongé, hier, pour deux ans, sa mission de formation des forces de sécurité maliennes, dans un pays en état d'urgence qui vit toujours sous la menace de groupes jihadistes.

Les pays membres de l'Ue ont prolongé le mandat jusqu'au 14 janvier 2019, précise, dans un communiqué, le Conseil de l'Ue (qui représente les 28).
Cette mission civile, lancée en avril 2014 à destination de la police, de la gendarmerie et de la garde nationale maliennes, est menée parallèlement à une mission militaire de l'Ue de formation des forces armées de ce pays africain. Baptisée "Eucap Sahel Mali", elle est établie à Bamako et dirigée par le diplomate allemand Albrecht Conze."Le Conseil a également alloué un budget de 29,7 millions d'euros à la mission pour la période allant du 15 janvier 2017 au 14 janvier 2018", souligne le communiqué. Il s'agit d'aider le gouvernement malien à réformer son secteur de la sécurité, mais aussi "à maintenir son autorité sur l'ensemble du territoire", rappelle l'Ue.

Le Mali lutte toujours sur son vaste territoire (1,2 million de km2) contre des groupes jihadistes qui avaient occupé le nord du pays en 2012 avant d'être dispersés par une intervention internationale, toujours en cours.

AFP - Les principaux leaders de l'opposition kényane ont officialisé, hier, à Nairobi, devant plus de 3.000 personnes, la formation d'une alliance, en vue de battre le chef de l'Etat Uhuru Kenyatta à la présidentielle prévue en août.Cette première véritable démonstration de force de l'opposition, jusqu'alors apparue désorganisée face à un exécutif sortant ayant planifié de longue date sa campagne électorale, a rassemblé les chefs de file des cinq principaux partis d'opposition, dont l'ancien Premier ministre Raila Odinga et l'ancien vice-Premier ministre Musalia Mudavadi.

La nouvelle coalition, baptisée Nasa, doit encore s'accorder sur celui qui briguera en son nom le mandat de président, un exercice qui semble être un de ses plus grands défis en amont des élections. "Nous sommes ici pour insister sur le fait que nous ne sommes qu'une seule et même équipe dans l'opposition dont le rêve commun est de libérer les Kényans du joug de Jubilee", le parti politique actuellement au pouvoir, a déclaré Raila Odinga, candidat malheureux aux présidentielles de 1997, 2007 et 2013.Les élections présidentielles de 2007 et 2013 avaient toutes deux été marquées par des accusations de fraude électorale.

AFP - Le président élu américain Donald Trump a laissé éclater sa colère, hier, contre les "fausses informations" diffusées par des médias américains sur des liens allégués avec la Russie, tout en admettant le rôle de Vladimir Poutine dans les piratages du parti démocrate.

"Ce sont de fausses informations. C'est bidon. Ces choses ne se sont jamais passées. Et cela a été obtenu par nos adversaires", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse tendue à la Trump Tower de New York, réagissant à la publication, par le site Buzzfeed, de 35 pages de notes alléguant de liens entre l'entourage du milliardaire et le Kremlin. Selon ces documents, à l'authenticité incertaine, les services d'espionnage russes disposent également d'informations compromettantes ("kompromat") compilées au fil des années, notamment sur des rencontres avec des prostituées de l'homme d'affaires à Moscou. Le Kremlin a nié l'existence d'un tel dossier.

Le milliardaire new-yorkais, visiblement furieux de la diffusion de ces allégations, a volé dans les plumes du site Buzzfeed, mais aussi d'un reporter de Cnn. La chaîne d'information n'a pas publié les 35 pages, mais a rapporté, mardi, que les chefs du renseignement américain en avaient présenté un résumé de deux pages, vendredi dernier, lors d'une rencontre avec M. Trump ; ce que son entourage a démenti.

Ces notes ont été rédigées de juin à décembre 2016 par un ancien agent du renseignement britannique pour le compte d'opposants politiques au candidat Trump. Elles circulaient depuis des semaines à Washington, notamment dans plusieurs médias qui tentaient d'en confirmer les éléments indépendamment. "En ce qui concerne Buzzfeed, qui est un tas d'ordures sur le déclin, ils vont en subir les conséquences, ils les subissent déjà", a prévenu le président. Le futur commandant en chef s'en est aussi pris aux services américains, se demandant à haute voix s'ils n'étaient pas la source des fuites de ces notes à Washington. "Je pense que c'est scandaleux, scandaleux que les agences de renseignements aient permis (la publication) d'une information qui s'est révélée être erronée et fausse", a-t-il dit. "C'est le genre de choses que l'Allemagne nazie faisait".Mais, le successeur de Barack Obama a admis clairement, pour la première fois, que la Russie de Vladimir Poutine avait bien commandité le piratage informatique du parti démocrate d'Hillary Clinton pendant la campagne électorale.

La divulgation sur Wikileaks de milliers de messages avait grandement déstabilisé la candidate. M. Trump doutait jusqu'à présent du consensus du renseignement américain, qui a publiquement accusé le président russe d'avoir lancé une campagne de piratages et de désinformation pour discréditer la démocrate et doper les chances du candidat.

L’annonce, par la Cour suprême de Gambie, que le recours du président déchu Jammeh en vue de l’annulation des résultats de l’élection présidentielle de décembre 2016 ne pourra être examiné qu’en mai prochain canalise la voie vers un règlement négocié de son départ. Faute de juges disponibles pour siéger, la Cour est dans l’impossibilité de statuer sur le recours de Jammeh contre sa défaite électorale face à Barrow. 

Mais, dans le même temps, Adama Barrow est censé être investi dans ses nouvelles fonctions le 19 janvier, avec le soutien de la Cedeao, quelle qu’ait été la décision de la Cour suprême, la Commission électorale ayant affirmé que rien de légal ne s’opposait à cette investiture.

Cette nouvelle situation réduit la marge de manœuvre du président déchu dans sa tentative de faire invalider l’élection de l’ancien opposant Barrow et met le militaire brouillé avec les libertés, depuis 22 ans qu’il dirige cette ancienne colonie britannique d’une main de fer, face à ses responsabilités. Aujourd’hui, les médiateurs de la Cedeao, investis d’une nouvelle mission de paix à Banjul, devront privilégier le dialogue, afin que Yahya Jammeh respecte la Constitution et quitte le pouvoir avant l'investiture du président élu, Adama Barrow.

Le renvoi de l’audience de la Cour au 16 janvier est un ajournement salutaire qui devrait permettre, selon le juge nigérian qui la préside, aux parties en litige de le résoudre pacifiquement avant la date butoir de la fin de la transition.

Les réunions consacrées à la crise gambienne se succèdent à la Cedeao depuis la volte-face de Jammeh. Lundi dernier, une réunion extraordinaire, convoquée par le médiateur désigné de l’organisation ouest-africaine à Abuja, avait réuni les présidents du Nigéria, du Libéria, du Sénégal et l’ex-président du Ghana John Mahama, ainsi que le président de la Commission de la Cedeao et le représentant du secrétaire général des Nations unies en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Ce mini-sommet a décidé d’envoyer, aujourd’hui, une autre mission de paix à Banjul.

A partir de la déclaration de la Cour suprême, les jours du président déchu à la tête de la transition sont comptés, même si ses déclarations guerrières lors de son discours du Nouvel An semblent laisser peu de place à la discussion. Des observateurs comme l'analyste politique Sean Smith, responsable Afrique de l'Ouest au cabinet Verisk Mapelcroft, voient dans cette rhétorique martiale que le président gambien cherche, en fait, à faire monter la pression avant des échéances importantes. En effet, le président Jammeh y préconise « une solution juste » face à l’alternative d’ « une escalade vers une confrontation militaire ». Mais, selon le chercheur Niklas Hutlin de l'Université Georges-Mason aux Etats-Unis, le président gambien n'est pas en mesure de s'entêter et de faire face à une intervention ouest-africaine, n’ayant pas le soutien de sa population, ni probablement celui de la majorité des forces de l’ordre et de sécurité.

La Cedeao s’est, en tout cas, déclarée prête à une éventuelle intervention en Gambie. Ses forces d'attente sont en alerte, dépendants de la décision de Yahya Jammeh le 19 janvier. Entre coup de bluff et jusqu’au-boutisme, "Son excellence Cheikh Professeur El Hadj Docteur Yahya AJJ Jammeh", comme il exige qu’on l’appelle, traîne sa solitude sur la scène internationale comme un boulet.

Par Dié Maty FALL

AFP - La Cour suprême gambienne est dans l'impossibilité de statuer sur le recours du chef de l'Etat, Yahya Jammeh, contre sa défaite électorale face à l'opposant Adama Barrow avant plusieurs mois, faute de juges, a déclaré, mardi, le président de la Cour, Emmanuel Fagbenle.

"Nous ne pourrons statuer que lorsque la Cour sera au complet", avec l'arrivée de juges attendus du Nigeria et de Sierra Leone dans les prochains mois, a-t-il affirmé lors d'une audience sur ce dossier, précisant que ces deux pays africains avaient indiqué ne pas disposer de magistrats pour remplir cette mission dans l'immédiat.
En attendant, l'audience a été renvoyée au 16 janvier, "un ajournement qui doit aussi permettre aux parties au litige de le résoudre pacifiquement avant que la transition (entre MM. Jammeh et Barrow, Ndlr) ne s'achève" le 19 janvier, a souligné le président nigérian de la Cour suprême.

La Gambie traverse une crise depuis que Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 1994, a annoncé, le 9 décembre, qu'il ne reconnaissait plus sa défaite à l'élection présidentielle du 1er décembre, une semaine après avoir pourtant félicité M. Barrow pour sa victoire.Le 13 décembre, le parti de M. Jammeh a saisi la Cour suprême d'une demande d'annulation de l'élection, arguant d'irrégularités dans la comptabilisation des votes et l'organisation du scrutin. Deux autres recours ont été déposés le 3 janvier.Depuis ce revirement, le président sortant subit de nombreuses pressions extérieures, notamment de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao, 15 pays), pour quitter le pouvoir le 19 janvier, après l'expiration de son mandat.

La Cedeao a notamment dépêché une mission de dirigeants à Banjul, le 13 décembre, sans succès, et multiplie les réunions sur le dossier.Une nouvelle mission de la Cedeao,  comprenant le chef de l'Etat nigérian Muhammadu Buhari, son homologue libérienne Ellen Johnson Sirleaf - présidente en exercice de l’organisation - et l'ex-président ghanéen John Dramani Mahama, qui participaient déjà à celle du 13 décembre, est attendue aujourd’hui à Banjul.

La Gambie, petit Etat de moins de deux millions d'habitants, fait souvent appel à des magistrats d'autres pays anglophones, notamment du Nigeria, pour renforcer son système judiciaire.

Le nouveau secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a prôné, hier, une "toute nouvelle approche" pour prévenir les conflits armés lors de sa première intervention devant le Conseil de sécurité depuis sa prise de fonctions début janvier. 

M. Guterres a succédé au sud-coréen Ban Ki-moon, le 1er janvier, promettant de faire évoluer l'organisation internationale et de redoubler d'efforts pour résoudre les crises mondiales comme les sanglantes guerres civiles en Syrie et au Soudan du Sud. L'ancien Premier ministre portugais et ex-Haut-commissaire de l'Onu aux réfugiés (Hcr) a estimé, au cours d'un débat sur la prévention des conflits, que trop de temps et de ressources étaient consacrés à gérer les crises plutôt qu'à les prévenir. "Les populations payent un prix trop élevé", a-t-il relevé. "Nous avons besoin d'une toute nouvelle approche".

Il a fait part de son intention de lancer une initiative afin de favoriser la médiation dans le cadre de son engagement à "doper la diplomatie pour la paix", sans fournir de détails. Dans un message diffusé à l'occasion du Nouvel An et de son entrée en fonctions, M. Guterres avait dit vouloir faire de 2017 "une année pour la paix". Mais, son projet de revigorer la diplomatie onusienne reste encore suspendu à l'orientation que prendra la politique étrangère américaine avec le nouveau président républicain Donald Trump, qui entre à la Maison Blanche le 20 janvier.

"Beaucoup trop d'opportunités de prévention (des conflits, Ndlr) ont été perdues parce que les Etats-membres doutaient des motivations des uns et des autres, et à cause d'inquiétudes concernant la souveraineté nationale", a poursuivi M. Guterres mardi.

AFP

L'ex-Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan a été nommé, hier, au nouveau poste de vice-président, numéro deux du pays, et a été remplacé, dans la foulée, par Amadou Gon Coulibaly, achevant ainsi une réorganisation institutionnelle en Côte d'Ivoire.

"Le président de la République a signé un décret portant nomination de M. Amadou Gon Coulibaly (57 ans) en qualité de Premier ministre, chef du gouvernement", selon les termes d'un communiqué présidentiel. M. Coulibaly, un proche du président Ouattara qui a occupé les fonctions de secrétaire général à la présidence, doit "proposer un nouveau gouvernement dans les meilleurs délais", selon la même source.Membre du Rassemblement des Républicains (Rdr) de M. Ouattara qui forme, avec le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci) de l'ancien président Henri Konan Bédié, la coalition au pouvoir, le nouveau chef du gouvernement est également le député-maire de Korhogo, la principale ville du nord du pays.Dans la matinée, M. Ouattara avait nommé M. Duncan vice-président de Côte d'Ivoire, un poste nouvellement créé par la Constitution de novembre 2016 et faisant de lui le numéro deux du pays.

"J'ai tenu à venir devant vous pour vous faire part de ma décision de nommer le vice-président de la République (...) Mon choix s'est porté sur Daniel Kablan Duncan, un grand serviteur de l'Etat", a déclaré M. Ouattara devant les députés ivoiriens réunis en session extraordinaire.M. Duncan, 73 ans et élu pour la première fois député dans la circonscription de Grand-Bassam (sud), lors des législatives du 18 décembre 2016, avait démissionné, lundi, de ses fonctions à la tête du gouvernement, en prélude à son accession à la vice-présidence. Le président Ouattara a salué "un homme de dévouement, un collaborateur loyal, une personnalité d'expériences dotée de qualités exceptionnelles, un patriote et un grand serviteur de l'Etat".La nouvelle Constitution, adoptée à l'initiative du président Ouattara, prévoit la création d'un poste de vice-président qui sera le deuxième personnage de l'Etat, à l'image des institutions américaines. A l'avenir, celui-ci sera élu en même temps que le président. Mais, parmi les mesures transitoires prévues jusqu'en 2020, il revenait au président Ouattara, réélu pour un deuxième et dernier mandat en octobre 2015, de nommer son vice-président.

La démission du Premier ministre, lundi, avait été suivie, dans la journée, par la réélection à son poste du président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, ex-chef de la rébellion qui a coupé la Côte d'Ivoire en deux au début des années 2000

AFP

Le président Ouattara nomme Daniel Kablan Duncan vice-président de la République.

Daniel Kablan Duncan devient le tout premier vice-président de Côte d'Ivoire, au lendemain de sa démission de son poste de Premier ministre.

Moment historique ce mardi matin à l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire. Daniel Kablan Duncan a été désigné vice-président, un nouveau poste créé par la Constitution promulguée en novembre, par le président de Côte d'Ivoire.

Alassane Ouattara l'a annoncé ce matin devant les députés réunis en session extraordinaire.

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Source : Rfi.fr

Après une mutinerie de l’armée rappelant les heures sombres qui ont conduit la Côte d’Ivoire au bord de la guerre civile, le Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan a démissionné lundi, première étape dans la préparation de la succession à la tête de l’Etat.

Dans la soirée, le président ivoirien Alassane Ouattara a démis de leurs fonctions les chefs de l’armée, de la gendarmerie et de la police. L’annonce a été lue à la télévision par le secrétaire général sortant de la présidence qui n’a pas précisé si cette décision était liée à la mutinerie. Les mutins qui ont paralysé pendant deux jours Bouaké, deuxième ville de la Côte d’Ivoire, et plusieurs autres agglomérations, réclamaient le paiement de primes, des augmentations de salaires, une promotion plus rapide entre les grades, ainsi que des logements. Un accord est intervenu dimanche entre les mutins et le ministre ivoirien de la Défense Alain-Richard Donwahi après d’âpres négociations à Bouaké. « Je tiens à vous rassurer (et vous dire) que le Président de la République vous a compris (…), a donné des instructions fermes pour apporter des solutions à vos préoccupations », a déclaré lundi M. Donwahi, pour rassurer les mutins jusque-là dubitatifs sur les termes de l’accord.

Démission attendue
La démission du Premier ministre, qui était attendue, est elle intervenue dans la matinée, quelques heures avant la réélection du président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro.

M. Soro, qui était opposé à Évariste Méambli, a obtenu 230 voix, soit 95% des suffrages exprimés, contre 12 à son adversaire, lors de l’élection au parlement à Abidjan.
La candidature de M. Soro, élu de la circonscription de Ferkessédougou (nord), a été soutenue par le Rhdp, la coalition présidentielle, qui conserve la majorité absolue à l’Assemblée nationale avec 167 députés sur 255 à l’issue des législatives du mois dernier. Ces législatives ont été les premières élections à se tenir sous la IIIe République ivoirienne, après l’adoption d’une nouvelle Constitution en octobre à l’initiative du président Ouattara, réélu en 2015 pour un deuxième et dernier mandat.

Changements politiques
Daniel Kablan Duncan, élu député pour la première fois dans la circonscription de Grand-Bassam (sud) aux législatives du 18 décembre, a participé au vote qui a conduit à la réélection de M. Soro. Il s’était auparavant appuyé sur « l’incompatibilité d’être membre du gouvernement et être présent à l’Assemblée nationale » pour expliquer sa démission et celle de son gouvernement qui avait été formé le 12 janvier 2016.

Lundi, le président Alassane Ouattara a également signé deux autres décrets mettant fin aux fonctions du ministre d’Etat et du ministre à la présidence de la République, des postes jusque-là occupés par le secrétaire général de la présidence Amadou Gon Coulibaly et Ibrahima Tené Ouattara, le frère cadet du président ivoirien. Le Premier ministre Duncan (du parti Pdci) est pressenti pour occuper le poste de vice-président, un poste nouvellement créé par la Constitution du 30 octobre 2016. La plupart des analystes estiment que le président Ouattara doit obligatoirement nommer quelqu’un du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), son principal allié politique, sans lequel sa coalition au pouvoir n’est rien. De son côté, Amadou Gon, un proche de M. Ouattara, devrait prendre la place de Premier ministre.

Le président Ouattara doit parler devant l’Assemblée nationale mardi à 10h (Gmt et heure locale), a annoncé M. Soro.

Guillaume Soro, ex-chef de la rébellion qui a divisé la Côte d’Ivoire au début des années 2000, a été reconduit dans un contexte de bouleversement social. Les fonctionnaires ivoiriens ont déclenché lundi un mouvement de grève de cinq jours pour dénoncer une réforme des retraites en Côte d’Ivoire qui baisse les pensions de 30 à 50%, et réclamer une revalorisation salariale. « La grève touche tous les secteurs, notamment l’éducation, la santé avec un service minimum et l’administration territoriale », a expliqué à l’AFP le responsable du mouvement, Théodore Gnagna Zadi.

AFP 

 

Douze ambassadeurs gambiens ont été limogés par le chef de l'Etat, Yahya Jammeh, qu'ils avaient invité à céder le pouvoir au vainqueur déclaré de l'élection  présidentielle du 1er décembre, Adama Barrow, a appris, hier, l'Afp auprès du ministère des Affaires étrangères.

"Le gouvernement gambien a rappelé douze ambassadeurs après avoir mis fin à leurs fonctions", a déclaré à l'Afp une source au ministère ayant requis l'anonymat. "Je ne sais pas pourquoi le président Yahya Jammeh les a limogés, mais je peux vous dire que ce sont des ambassadeurs qui ont félicité le président élu, Adama Barrow, pour sa victoire", a précisé cette source. Il s'agit des ambassadeurs aux Etats-Unis, au Sénégal, aux Nations unies, en Chine, en Russie, en Grande-Bretagne, en Turquie, en Belgique, en Espagne, à Cuba, en Guinée-Bissau et en Ethiopie. Ces diplomates avaient adressé, fin décembre, à Yahya Jammeh, une lettre lui demandant de céder le pouvoir. La Gambie traverse une crise née de l'élection du 1er décembre, officiellement remportée par l'opposant Adama Barrow.

Yahya Jammeh, qui dirige le pays d'une main de fer depuis 22 ans, a annoncé, le 9 décembre, qu'il ne reconnaissait plus sa défaite, une semaine après l'avoir acceptée et avoir félicité M. Barrow. Battu de quelque 19.000 voix, M. Jammeh a rejeté les résultats, qu'il conteste en justice. Le 13 décembre, son parti a saisi la Cour suprême d'une demande d'annulation de l'élection, arguant d'irrégularités dans la comptabilisation des votes et l'organisation du scrutin. Deux autres recours ont été déposés le 3 janvier, dont une émanant de M. Jammeh lui-même. Depuis son revirement, M. Jammeh est sous pression pour quitter le pouvoir le 19 janvier, après l’expiration de son mandat. La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao, 15 pays), a notamment dépêché une mission de dirigeants à Banjul, le 13 décembre, sans succès, et multiplie les réunions sur le dossier. 

Malgré ces pressions, Yahya Jammeh a assuré, le 20 décembre, qu'il ne céderait pas le pouvoir tant que la Cour suprême n'aurait pas statué sur ses recours électoraux. Cette juridiction doit examiner le recours du parti de M. Jammeh aujourd’hui. Mais, des incertitudes planent sur cette audience, plusieurs juges non gambiens pressentis n'ayant pas officiellement accepté d'y siéger.

AFP

Au moins huit personnes ont été tuées, ce week-end, dans de nouvelles attaques sanglantes du groupe islamiste Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, visant à la fois des soldats et des miliciens. Cinq soldats ont été tués dans l'attaque, dans la nuit de samedi à dimanche, d'une base militaire dans l'Etat du Yobe, tandis que cinq kamikazes se sont fait exploser, dimanche, à Maiduguri, capitale de l'Etat du Borno et berceau de Boko Haram, tuant trois personnes. Après sept années de conflit et malgré les succès militaires revendiqués par l'armée au cours des derniers mois, les insurgés ont encore une fois démontré qu'ils conservaient une forte capacité de nuisance. Samedi soir, un groupe de combattants de Boko Haram, que l'armée affirme avoir chassé d'un de ses dernières enclaves dans la forêt de Sambisa, fin décembre, a attaqué une base militaire dans la ville de Buni Yadi dans le Yobe.    Un officier supérieur sous couvert d'anonymat a affirmé à l'Afp qu'il y avait eu des "combats intenses".  "Nous avons perdu dans l'attaque cinq soldats, dont un capitaine qui avait récemment été déployé à Buni Yadi", a-t-il précisé. "Nous essayons toujours d'avoir un bilan des victimes chez les terroristes, car leurs corps sont dispersés dans la brousse", a ajouté l'officier.

AFP

L'ex-président iranien Akbar Hachémi Rafsandjani, l'un des hommes clés de la République islamique depuis la révolution de 1979, est mort, hier, à l'âge de 82 ans, à Téhéran, après un malaise cardiaque.

M. Rafsandjani, conservateur pragmatique, président de 1989 à 1997, avait eu la lourde tâche de mener la reconstruction de son pays après la guerre avec l'Irak (1980-1988) et amorcé la politique d'ouverture de son pays à l'Occident.

Il avait été hospitalisé d'urgence dans l'après-midi à l'hôpital Shohadaa dans le nord de Téhéran, selon un de ses proches, Hossein Marashi, cité par les agences Isna et Fars."L'ayatollah Akbar Hachémi Rafsandjani a été transféré à l'hôpital après une crise cardiaque. Et malgré une heure et demi d'efforts des médecins, il y est décédé", a déclaré Reza Soleimani, directeur du Conseil de discernement du régime, que M. Rafsandjani présidait.M. Soleimani était cité par l'agence de presse de la télévision d'Etat (Irib) qui a apposé un bandeau sur son écran.

M. Rafsandjani avait été un proche collaborateur de l'imam Khomeiny, fondateur de la République islamique d'Iran en 1979. Il a occupé différentes fonctions avant de devenir président de la République de 1989 à 1997.Depuis, il occupait le poste de président du Conseil de discernement du régime, chargé de conseiller le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et de trancher les différends entre le Parlement et le Conseil des gardiens de la Constitution.

Ces dernières années, son influence au sein des institutions de l'Etat avait fortement diminué et deux de ses enfants ont été emprisonnés.En 2013, le Conseil des gardiens de la Constitution avait rejeté sa candidature à l'élection présidentielle en raison de son "âge" avancé.

AFP

Quelque 20.000 personnes, dont des ministres, députés et fonctionnaires, ont défilé, hier, à Niamey, pour "soutenir" le président Mahamadou Issoufou, accusé "de mauvaise gestion" par la société civile du Niger, a constaté un journaliste de l'Afp.

A l'appel d'une cinquantaine de partis politiques de la Mouvance pour la renaissance du Niger (Mrn, la coalition au pouvoir), les manifestants ont défilé trois semaines après une autre grande marche, de protestation celle-là, contre "la vie chère", "la corruption" et "la mauvaise gestion du pays" à l’appel d'organisations de la société civile.

Les manifestants, avec à leur tête Bazoum Mohamed, le président du Pnds (principal parti au pouvoir), ont marché sur plusieurs kilomètres avant de tenir un meeting devant le siège du Parlement, aux cris de "Tayi tabchi" ("la vie est moins dure" en langue locale) à l'opposé du "Tayi taouri" ("la vie est trop dure") qu'avaient scandé les protestataires du 21 décembre.

Dans la foule aux couleurs des partis politiques, des pancartes étaient visibles avec les slogans comme "Soutien aux actions du président Issoufou". Certains manifestants arboraient des T-shirts estampillés "le Niger est bon". Bazoum Mohamed, également ministre de l'Intérieur, a expliqué, à la télévision publique, que la manifestation est une réponse à celle de la société civile qu'il accuse d'agir "sous le manteau" du Mouvement démocratique nigérien (Modem) dirigé par l'ex-Premier ministre Hama Amadou, plus farouche opposant au régime, qui vit à l'étranger depuis mars.  "La manifestation du 21 décembre" entre dans le cadre d'un "scénario" censée "déboucher sur une grande insurrection populaire", mais "qu'ils cessent de rêver", a-t-il prévenu.
"Pas d'amalgame", a rétorqué, lors d'une conférence de presse, Moussa Tchangari, une figure de la société civile, en justifiant leur manifestation "par la colère et le mécontentement face à une gestion calamiteuse" du pays.

Il a également annoncé la tenue d'une autre manifestation "citoyenne" le 13 janvier.

AFP

Les militaires qui ont paralysé pendant deux jours Bouaké, deuxième ville de la Côte d'Ivoire, et plusieurs autres agglomérations ont mis fin dimanche à leur mutinerie après l'annonce d'un accord sur leurs revendications par le président Alassane Ouattara.

"Il n'y a plus eu de tirs depuis samedi dans la nuit. On ne voit plus de militaires en ville. Ce matin, la circulation a repris, les commerces ont rouvert", a rapporté un correspondant de l'Afp à Bouaké qui a également fait état de patrouilles militaires dans la ville d'où était parti le mouvement vendredi.

"On est content du dénouement heureux avec cet accord. Ce qu'on demande au président, c'est d'être attentif aux conditions de vie des militaires", a déclaré sous couvert d'anonymat l'un des meneurs de la révolte qui avait gagné plusieurs autres villes dont Abidjan, la métropole économique et politique.

Dans une allocution télévisée, samedi soir, M. Ouattara avait annoncé son "accord pour la prise en compte des revendications relatives aux primes et à l'amélioration des conditions de vie des soldats".
"Je demande à tous les soldats de regagner leurs casernes pour permettre l’exécution de ces décisions dans le calme", avait-il ajouté.
L'accord avait été scellé, samedi, à Bouaké, à l'issue d'une rencontre entre le ministre de la Défense, Alain Richard Donwahi, et des soldats réclamant le paiement de primes, des augmentations de solde, une promotion plus rapide entre les grades et des logements.

Des militaires en colère avaient cependant empêché le ministre et sa délégation de quitter la résidence du sous-préfet en tirant des rafales de kalachnikov et à l'arme lourde.
M. Donwahi et sa délégation ont été retenus un peu plus de deux heures, avant de pouvoir partir.  Après la libération du ministre, les militaires ont levé les barrages interdisant l'entrée dans Bouaké.

AFP

Les opérations militaires françaises en Afrique alimentent l'instabilité régionale et traduisent un "retour en force" de la France au Sahel, estime l'association Survie, à quelques jours d'un sommet Afrique-France au Mali.Bien loin de résoudre les crises, ces opérations contribuent à les aggraver et à en créer de nouvelles", affirme l'association de lutte contre la "Françafrique" - ces réseaux d'influence et de pouvoir français sur le continent africain - dans un rapport intitulé "Cinq guerres pour un empire" publié hier.

A une semaine du sommet Afrique-France, qui se tiendra les 13 et 14 janvier à Bamako, Survie critique particulièrement les alliances nouées par Paris avec certains "régimes dictatoriaux" - elle cite le Tchad et le Niger - au nom de la lutte contre le terrorisme.

AFP

Deux groupes de population indigène de Namibie ont déposé, devant un tribunal de New York, un recours collectif contre l'Allemagne pour obtenir réparations d'un génocide présumé durant la période coloniale. Les plaignants ont souligné que le recours était déposé "au nom de tous les Hereros et Namas dans le monde, à la recherche de réparations et de compensations pour le génocide" subi, selon eux, durant la période coloniale allemande.  Berlin considère ne pas avoir à verser de dédommagements compte tenu de l'aide au développement versée à la Namibie depuis son indépendance de l'Afrique du Sud en 1990. Le recours dénonce la répression des soulèvements populaires par les autorités allemandes en 1904-1905 qui a provoqué la mort de quelque 100.000 membres des peuples herero et nama et est souvent considérée par les historiens comme le premier génocide du 20e siècle.

AFP

Un Casque bleu bangladais a été tué par des hommes armés dans le nord-ouest de la Centrafrique, mardi, le jour même où deux soldats de la paix marocains ont trouvé la mort dans l'attaque de leur convoi dans le sud-est du pays, a annoncé, hier, la force de l'Onu à Bangui (Minusca). Forte de plus de 10.000 soldats et policiers, la Minusca tente de maintenir l'ordre en Centrafrique où des tueries intercommunautaires à grande échelle avaient provoqué le chaos et une crise humanitaire sans précédent fin 2013, entraînant une intervention militaire de la France, l'ancienne puissance coloniale.

AFP 

Le président nigérian Muhammadu Buhari, médiateur principal pour résoudre la crise électorale en Gambie, où le président sortant, Yahya Jammeh, refuse toujours de quitter le pouvoir, a assuré, hier, qu'une "décision majeure" serait prise, ce week-end, par des chefs d'Etat africains.

A l'occasion de l'investiture, samedi, du nouveau président ghanéen, Nana Akufo-Addo, plusieurs chefs d'Etat africains se rendront à Accra, et "juste après la cérémonie, ils se rencontreront pour parler de la Gambie", a déclaré le porte-parole de la présidence nigériane, Garba Shehu. "Une décision majeure est à attendre à l'issue de cette réunion cruciale pour sortir de l'impasse", a-t-il ajouté. "En tant que médiateur principal, le président Buhari est déterminé à résoudre cette crise". Cette réunion à Accra sera d'autant plus symbolique que le Ghana est souvent cité en exemple en Afrique de l'Ouest pour ses valeurs démocratiques et la stabilité de ses institutions.

Nana Akufo-Addo, qui prendra officiellement les rênes du pays samedi, a remporté l'élection présidentielle avec 53 % des voix face au président sortant, John Dramani Mahama, qui a reconnu sa défaite le jour même de l'annonce des résultats par la Commission électorale.

Yahya Jammeh, à la tête de la Gambie depuis 22 ans, avait également reconnu sa défaite à la présidentielle du 1er décembre et félicité son opposant, Adama Barrow, avant de faire volte-face. Le 9 décembre, il a rejeté les résultats et exigé l'organisation d'un nouveau scrutin en arguant d'irrégularités dans la comptabilisation des résultats. Mercredi, le chef de l'armée gambienne a réaffirmé son "soutien inébranlable" à M. Jammeh, qui a saisi la Cour suprême de nouvelles plaintes contestant les résultats du scrutin. Depuis son revirement, M. Jammeh est sous pression de plusieurs pays et institutions dont l'Onu et la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), qui lui demandent de céder son fauteuil le 19 janvier, à l'expiration de son mandat.

AFP 

Un mouvement de protestation de militaires a éclaté, hier, à Bouaké, capitale de l'ex-rébellion armée en Côte d'Ivoire, avant de s'étendre à la mi-journée aux villes de Daloa, dans le centre, Korhogo, dans le nord, et Daoukro, centre-est.

Des tirs à l'arme lourde ont résonné toute la matinée à Bouaké, deuxième ville de Côte d'Ivoire, dont les militaires mutins ont pris le contrôle après avoir attaqué des commissariats de police, a constaté un correspondant de l'Afp. Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le ministre de la Défense, Alain-Richard Donwahi, a appelé "tous les soldats (à) garder leur calme et (à) rentrer dans les casernes, en vue de permettre la recherche de solutions durables pour l’ensemble des composantes des forces armées de Côte d’Ivoire". Selon lui, les revendications de ces soldats portent notamment sur le paiement de primes, les augmentations de salaires et une promotion plus rapide entre les grades. A Daloa, grande ville du centre-ouest, "des militaires à moto sillonnent la ville en tirant en l'air", a raconté un habitant à l'Afp.

A Korhogo, un militaire joint au téléphone a indiqué que "le mouvement de révolte est observé dans cette ville. Des rues ont été occupées par les soldats". En début d'après-midi, la contestation a également gagné Daoukro (centre-est), fief de l'ex-président Henri Konan Bédié et grand allié du président Ouattara. Hier dans la matinée, le gouvernement a réuni un Comité national de crise, selon une source proche du ministère de la Défense.

AFP 

La Mauritanie et l'Arabie saoudite ont signé un accord militaire portant notamment sur "l'échange d'informations sécuritaires et l'appui logistique", a-t-on appris, hier, de source officielle mauritanienne.

L'accord a été signé, mercredi, à Nouakchott, par le ministre mauritanien de la Défense, Mamadou Bathia Diallo, et le vice-ministre saoudien de la Défense, Mohammed ben Abdallah al-Ayech, a rapporté, hier, l'Agence mauritanienne d'information (Ami, officielle). Le texte porte notamment sur "la formation militaire et l'échange d'informations sécuritaires". Il concerne aussi "l'appui logistique, l'échange des visites et des expériences ainsi que sur les prestations médicales militaires", selon l'Ami qui ne donne pas plus de détails sur son contenu. "L'accord sera le point de départ pour une coopération plus grande et plus profonde entre les deux pays", a affirmé le vice-ministre saoudien qui était en visite mardi et mercredi dans la capitale mauritanienne.

Aucune source mauritanienne sollicitée par l'Afp n'a souhaité faire de commentaire. La Mauritanie a connu, ces dernières années, des attaques jihadistes, avec notamment des enlèvements et des assassinats d'Occidentaux sur son sol, mais a réussi à contenir les menaces, selon les autorités et des spécialistes. Le pays est membre de la coalition militaire internationale conduite par l'Arabie saoudite qui intervient au Yémen contre des rebelles chiites Houthis, accusés de liens avec l'Iran. 

Nouakchott n'a pas encore envoyé de troupes à cette coalition créée par l'Arabie saoudite et visant notamment "la protection des lieux Saints" de l'Islam menacés, selon Ryad et ses alliés, par ce conflit. "Le peuple mauritanien salue hautement les efforts déployés par le royaume d'Arabie saoudite pour protéger les lieux sacrés de l'Islam dont tous les musulmans sont fiers", a déclaré, lors de la cérémonie de signature, le ministre mauritanien de la Défense, cité par l'Ami. Il a affirmé que son pays était "entièrement disposé à appuyer le royaume dans la réalisation de ce devoir".

AFP

Une vingtaine de combattants nigériens du groupe jihadiste nigérian Boko Haram de la région de Diffa (sud-est du Niger) se sont rendus aux autorités, a annoncé le ministre nigérien de l'Intérieur, dix jours après la reddition d'une trentaine d'autres combattants. 

Au total, "nous avons une cinquantaine de combattants de Boko Haram qui se sont rendus" depuis le 27 décembre, s'est réjoui le ministre Bazoum Mohamed dans un entretien diffusé mercredi soir sur la télévision publique Télé Sahel.

Fin décembre, M. Mohamed avait annoncé la reddition d'une trentaine de combattants de Boko Haram de Diffa qui avaient déposé les armes. Très proche du nord-est du Nigeria, Diffa est un des bastions des islamistes de Boko Haram.   

Le flux de reddition va augmenter, a estimé M. Mohamed, en assurant que "la guerre (contre Boko Haram) dans certains secteurs est déjà terminée".  Le ministre a expliqué cette reddition notamment par le nouveau "rapport de force instauré entre Boko Haram et nos forces de défense et de sécurité" depuis juillet. 

Le Niger, le Tchad et le Nigeria ont, en effet, lancé quasi simultanément, en juillet, des "opérations de ratissage" contre les fiefs de Boko Haram, selon l'armée du Niger. 
Le ministre a toutefois noté la présence "d'éléments de Boko Haram organisés qui s'entrainent dans le lit du lac Tchad", une zone marécageuse très enclavée située à cheval entre le Niger, le Tchad et le Nigeria. 

Trois soldats nigériens ont été tués et sept blessés dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, lors d'une attaque de positions de l'armée par Boko Haram, à Baroua, dans la région de Diffa. Selon l'armée nigérienne, quinze combattants de Boko Haram ont également été tués et un autre "capturé". 

La région de Diffa abrite plus de 300.000 réfugiés et déplacés, dont des milliers vivent aux dépens d'une population locale déjà très pauvre, selon l'Onu qui demande à la communauté internationale d'accroître son soutien financier.  

Dans un message de vœux à la nation, samedi soir, le président nigérien Mahamadou Issoufou a lancé "un appel à tous ceux qui se sont laissés entraîner dans la voie de l'égarement par Boko Haram (à) se ressaisir et déposer les armes". 

AFP

Le Tchad a annoncé, hier, la fermeture de sa frontière terrestre avec la Libye en faisant état d'"une potentielle grave menace d'infiltration terroriste", dans un message radio-télévisé du Premier ministre Albert Pahimi Padacket.

"Face aux périls qui menacent l'intégrité du territoire national, le gouvernement a décidé, d'une part, de procéder à la fermeture de notre frontière terrestre avec la Libye et, d'autre part, de déclarer les régions frontalières de la Libye zones d'opérations militaires", a-t-il déclaré.

Ces régions désertiques du Tibesti sont très peu peuplées, mais sont le lieu de contrebandes diverses organisées par les populations qui vivent des deux côtés de la frontière, notamment les Toubous.

"Par ces deux décisions, le gouvernement entend parer à toutes éventualités susceptibles de troubler la quiétude de nos populations dans ces régions et de menacer la paix à l'intérieur de nos frontières", a-t-il ajouté.

Selon le Premier ministre, "dans leur débâcle, quelques groupes terroristes isolés ont convergé vers le sud de la Libye, c'est-à-dire à la frontière nord de notre pays qui se trouve ainsi potentiellement exposée à une grave menace d'infiltration terroriste". Le chef du gouvernement n'a fourni aucune indication sur l'identité de ces "groupes terroristes" ni aucune précision sur leur "débâcle" en Libye.Le 12 décembre, un groupe rebelle tchadien, le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (Fact), avait affirmé à l’Afp que sa base arrière aux confins du Tchad et de la Libye avait été attaquée par les forces aériennes du maréchal libyen Khalifat Hart, dénonçant la "collusion" de ce dernier avec le président tchadien Idris Deby Itno.

Le Fact avait annoncé sa création début avril. Cette rébellion est une branche dissidente de l'ex-Union des forces pour la démocratie et le développement (Ufdd), mouvement fondé par l'un des plus influents chefs rebelles, le général Mahatma Souri.En février 2008, l'Ufdd, réunie avec d'autres rébellions au sein de l'Alliance nationale (An) dirigée par Mahatma Souri, avait mené une offensive sur N'Djamena, arrivant aux portes du palais présidentiel où était retranché M. Deby, avant d'être repoussée par l'armée.

AFP

Le président sortant du Ghana, John Dramani Mahama, a exhorté ses compatriotes à se rassembler derrière son successeur, Nana Akufo-Addo, lors de son dernier discours à la nation hier.

M. Mahama s'est dit heureux de quitter ses fonctions et de laisser son rival de longue date prendre la tête d'une des démocraties les plus stables d'Afrique.  M. Akufo-Addo, 72 ans, doit être investi président samedi.  "Je suis ici, aujourd'hui, Monsieur le président, pour transmettre les rênes du pays à Nana Akufo-Addo avec fierté, bonne volonté et détermination, et pour demander à tous les Ghanéens de l'encourager à accomplir sa part d'un relais important pour le Ghana", a déclaré le chef de l'Etat sortant, âgé de 58 ans.  Le leader de l'opposition, Nana Akufo-Addo, a battu M. Mahama lors de l'élection présidentielle du 7 décembre (avec 53 % des voix, Ndlr) sur la promesse de relancer l'économie et d'éliminer la corruption au sein des institutions. 

En 2015, John Dramani Mahama avait dû solliciter l'aide du Fonds monétaire international (Fmi) pour mettre en place un plan de sauvetage de 918 millions de dollars (874 millions d'euros) dans le but de tenter d'enrayer une crise économique en partie provoquée par l'explosion de la dette publique et une pénurie d'électricité handicapante.  Mais, dans son discours, M. Mahama a défendu son mandat, affirmant que même s'il avait dû "naviguer contre de puissants vents contraires", il avait pu mener à terme de nombreux projets d'infrastructure et fournir des services de santé et d'eau à des millions de personnes. "Le Ghana entre dans une ère de suffisance en électricité", a affirmé M. Mahama. "J'ai assumé mes responsabilités". M. Akufo-Addo, un érudit et défenseur des droits de l'Homme dans son pays, s'est engagé à remettre le Ghana "sur la voie du progrès et de la prospérité".  Dans son programme électoral, il avait présenté un plan pour rétablir la stabilité économique et encourager l'investissement en réduisant l'impôt sur les sociétés et en abolissant toutes les taxes, des ventes immobilières aux billets d'avion domestiques. Le Ghana est l'un des rares pays d'Afrique où les résultats de l'élection présidentielle, cette année, n'ont pas été contestés.  

AFP

La police israélienne interrogeait, hier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, pour la deuxième fois en une semaine, sur des cadeaux qu'il est soupçonné d'avoir reçus illégalement de la part de riches hommes d'affaires, ont rapporté les médias israéliens. La police et le bureau de M. Netanyahu ont refusé de confirmer ces informations. Plusieurs médias ont indiqué que les enquêteurs étaient arrivés dans l'après-midi, à la résidence du Premier ministre, dans le centre de Jérusalem, pour un deuxième interrogatoire après celui de lundi, qui avait duré environ trois heures. L'enquête porte sur des cadeaux que M. Netanyahu est soupçonné d'avoir reçus de la part d'hommes d'affaires, avait dit le ministère de la Justice, lundi, sans plus de précision. La valeur totale de ces cadeaux a été chiffrée par les médias à des dizaines de milliers de dollars.Les médias ont également fait état d'un deuxième dossier ouvert sur des soupçons plus graves de corruption, mais sans donner plus de détails. Ces investigations ont soulevé des interrogations sur la possibilité que M. Netanyahu, sans rival apparent sur la scène politique, puisse être inculpé et poussé à la démission.

AFP

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