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Actualités Internationales (2043)

La France a indiqué hier qu’elle «prendrait connaissance avec intérêt» des propositions du président américain Donald Trump sur la réforme de l’Onu, qu’il présentera lors d’une réunion lundi à New York, à la veille du début de l’Assemblée générale de l’Onu.

Le président américain, critique virulent des Nations-Unies, organise cette réunion à haut niveau pour pousser à la réforme de l’organisation et faire endosser une déclaration politique par le plus grand nombre de pays.

«Nous prendrons connaissance avec intérêt des propositions du président américain sur la réforme des Nations unies dans le cadre de cette réunion ouverte», a déclaré la porte-parole du Quai d’Orsay Agnès Romatet-Espagne, soulignant la nécessité de «renforcer le système multilatéral et l’efficacité de l’Onu» face aux grands défis mondiaux.

«Nous soutenons pleinement, à ce titre, l’action du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et travaillons en ce sens avec nos principaux partenaires à New York», a-t-elle cependant précisé.

La déclaration politique prévue dans le cadre de l’initiative américaine, dont une version a été obtenue par l’Afp, comprend dix affirmations et engagements visant à rendre «plus efficace et performante» une organisation souvent taxée de lourdeurs administratives trop coûteuses.

Washington a partagé le document avec une quinzaine de pays de tous continents - Canada, Grande-Bretagne, Chine, Sénégal, Jordanie... mais pas avec la France.

Paris n’a pas indiqué à quel niveau il serait représenté lors de la réunion de lundi, ni s’il endosserait le document américain.
Dans son propre processus de réformes, Antonio Guterres a prévu de son côté de soumettre à l’Assemblée générale des Nations unies des rapports sur une meilleure gestion des effectifs, une coordination accrue des instances chargées du développement et une approche plus transversale des domaines de la paix et la sécurité.

Les Etats-Unis sont le premier contributeur financier à l’Onu, assurant 28,5% de son budget d’opérations de paix estimé à 7,3 milliards de dollars, et 22% de son budget de fonctionnement qui atteint 5,4 milliards de dollars.

Plusieurs dizaines de milliers de Français sont descendus dans la rue hier mardi contre l’assouplissement du Code du travail, réforme emblématique du président Emmanuel Macron, qui reste déterminé malgré cette première mobilisation qualifiée de «très forte» par les opposants.

«Plus de 400.000 personnes» ont défilé dans toute la France, a affirmé Philippe Martinez, le numéro un de la Cgt, syndicat coorganisateur. Cette participation est à la hauteur de la première manifestation contre la Loi travail de l’ancien gouvernement socialiste, qui avait réuni, le 9 mars 2016, 450.000 personnes selon la Cgt (224.000 selon les autorités).

Le cortège parisien a réuni 60.000 personnes, selon le syndicat, tandis que la police évaluait le nombre des manifestants à 24.000. Les autorités n’avaient pas en début de soirée donné de chiffre sur l’ensemble de la France.
Le défilé parisien a été stoppé à plusieurs reprises par des heurts, et les forces de l’ordre ont répliqué à des jets de projectiles en faisant usage de gaz lacrymogènes et d’un canon à eau. Quelques échauffourées ont également eu lieu à Nantes (ouest). Sur les pancartes, le président Emmanuel Macron était ciblé pour ses propos dans lesquels il promettait de ne céder «ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes». «Les fainéants sont en marche», pouvait-on lire, ou «Macron, t’es foutu, les fainéants sont dans la rue».

A Marseille (sud), la préfecture a compté 7.500 manifestants, les organisateurs 60.000. Dans le cortège, le leader de La France Insoumise (gauche radicale), Jean-Luc Mélenchon, a promis de «faire reculer» le président de la République, car «ce pays ne veut pas du monde libéral». La CGT a déjà appelé à une autre mobilisation, le 21 septembre, à la veille de la présentation du projet en Conseil des ministres et deux jours avant celle de La France Insoumise.

Mais le front, en particulier syndical, est désuni. Tandis que la Cgt est vent debout contre la loi, les deux autres principaux syndicats, Fo et la Cfdt bien que critiques, n’ont pas appelé à manifester. Cette division interroge sur l’ampleur de la mobilisation contre un président qui a certes chuté dans les sondages, mais fait face à une opposition éparpillée.

Premier gros chantier social du quinquennat Macron, la réforme, inscrite dans son programme électoral, prévoit un plafonnement des indemnités en cas de contentieux, la réduction des délais de recours des salariés ou encore la possibilité de négocier sans syndicat en dessous de 50 salariés, alors que les petites et moyennes entreprises représentent près de la moitié des salariés en France.

L’objectif affiché par le président Macron est de donner plus de flexibilité aux entreprises et de les encourager à embaucher alors que le chômage reste massif. Il touche 9,5% de la population active, contre une moyenne de 7,8% en Europe.
Il s’agit également aussi de regagner la confiance de l’Allemagne, qui réclame depuis longtemps des réformes structurelles à Paris.

AFP -

 

 

 

La France a appelé hier le président tchadien Idriss Déby, qui vient d’obtenir à Paris un large soutien des bailleurs internationaux, à annoncer «prochainement» un calendrier pour les élections législatives.

Arguant d’un manque de moyens, le chef de l’Etat avait déclaré que les élections législatives n’auraient pas lieu avant 2019, suscitant la colère de l’opposition.
«Les élections législatives sont un moment important dans la vie démocratique. Nous espérons à cet égard que les autorités tchadiennes, dont c’est la responsabilité exclusive, seront en mesure d’annoncer prochainement un calendrier», a déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, Agnès Romatet-Espagne.

Allié stratégique de la France dans la lutte contre les jihadistes au Sahel, le Tchad a bouclé vendredi dernier à Paris une opération séduction auprès des investisseurs, qui ont promis, selon lui, quelque 20 milliards de dollars pour relancer son économie plombée par la fin du mirage pétrolier.

La France a apporté une contribution de 223 millions d’euros pour la période 2017-2021, a rappelé la porte-parole du ministère, soulignant que le pays entend «soutenir le Tchad dans sa volonté de mener les réformes structurelles nécessaires pour assurer un développement durable et inclusif au bénéfice de la population».
La conférence de Paris a suscité des critiques des adversaires du gouvernement de Déby et des analystes du Tchad, qui craignent que les fonds soient en partie détournés par le pouvoir.

AFP

Le Pdci, grand allié du chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara, a salué hier la nomination d’Henriette Diabaté à la tête du parti présidentiel, félicitant «une personnalité d’envergure qui fera avancer la coalition au pouvoir en Côte d’Ivoire».

«Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) se félicite du bon déroulement du congrès du Rassemblement des Républicains» (Rdr) qui «a porté à sa tête Mme Diabaté, une personnalité d’envergure», a affirmé à l’Afp, Niamien N’Goran, vice-président du Pdci. «C’est une bonne chose qu’elle dirige ce parti, car elle va faire avancer le Rdr et renforcer notre groupement politique», a souligné M. N’Goran.
Dimanche, M. Ouattara a créé la surprise en déclinant la proposition des cadres et militants du Rdr de reprendre la tête de son parti, et a nommé Mme Diabaté.

Il a aussi insisté sur l’importance de l’alliance avec le Pdci de l’ancien président Henri Konan Bédié au sein de la coalition Rhdp (Rassemblement des Houphouetistes pour la paix), notamment en vue de la présidentielle de 2020. Il a notamment assuré vouloir aboutir rapidement à un «parti unifié». Cette volonté de fusion des deux partis du chef de l’Etat, qui entend préparer sa succession, n’a pas abouti ces deux dernières années en raison de réticences au sein de son propre parti comme au sein du Pdci, de nombreux courants estimant qu’il faut un candidat par parti à la présidentielle. «Il faut qu’il y ait le rassemblement. Mais si on n’arrive pas au parti unifié, il ne faut pas en faire un drame. Il faut faire l’alternance qui ne se fera pas contre un parti du Rhdp (...) mais ensemble», a précisé M. N’Goran, très proche de M. Bedié. M. Bédié fera passer ce message d’unité lors de la célébration samedi du troisième anniversaire de «l’appel de Daoukro» (centre) qui a «permis d’avoir des élections apaisées en 2015». Cet appel lancé en septembre 2014 par M.Bédié dans son fief en faveur de la candidature unique d’Alassane Ouattara, prévoit «l’alternance politique en 2020 qui doit ramener le Pdci au pouvoir d’Etat».

AFP

AFP - L’opposition togolaise, qui avait massivement mobilisé la semaine dernière, a appelé ses «militants et la population» à de nouvelles manifestations dès aujourd’hui pour demander la démission du chef de l’Etat, ne croyant plus aux promesses de réformes constitutionnelles du gouvernement.

La plupart des partis d’opposition du pays réclame depuis plus de dix ans des réformes pour limiter à deux le nombre de mandats présidentiels et un scrutin à deux tours. La Constitution togolaise de 1992 a été modifiée à plusieurs reprises, notamment par le général Gnassingbé Eyadéma, qui, en 2002, avait supprimé la limite à deux mandats présidentiels.
Le pouvoir n’a jamais officiellement refusé de discuter avec l’opposition sur le sujet. Mais, depuis l’arrivée au pouvoir en 2005 de Faure Gnassingbé à la mort de son père, et deux présidentielles contestées, les revendications de l’opposition sont toujours restées lettre morte.

Plus récemment, sentant la pression de la rue monter, le gouvernement togolais a annoncé qu’il avait finalisé un projet de loi de modification constitutionnelle qu’il proposerait au Parlement.
«On ne sait pas trop» si le Parlement va examiner le projet de réforme aujourd’hui, explique Nathaniel Olympio, représentant du Parti des Togolais.

«On entend tout et son contraire de la part des ministres, ou des députés de la majorité. Mais de toute façon, ce n’est plus ce qui nous intéresse», confie l’opposant à l’Afp, soulignant que les manifestants demandent désormais la démission du chef de l’Etat. «Il n’existe pas un pays au monde où les partis d’opposition ont autant dialogué avec le pouvoir», déclarait Tikpi Atchadam, l’un des leaders les plus radicaux du mouvement, à la veille des manifestations qui ont rassemblé plus de 100.000 personnes dans les rue de Lomé.

«Unir (le parti au pouvoir) demande de dialoguer, dès qu’il se sent acculé», expliquait-t-il à l’Afp. «Je ne crois plus au dialogue.»
Depuis l’accord politique global de 2006, signé au lendemain de l’arrivée de Faure Gnassingbé au pouvoir avec l’appui de l’armée, le gouvernement a mis en place de nombreuses commissions ou instances de dialogue auprès de la population, et a déjà soumis un projet de loi au Parlement, où l’opposition ne détient pas les 4/5ème nécessaires à l’Assemblée.
Les deux camps se reprochent mutuellement de retarder les procédures légales. La dernière commission de réflexion sur les réformes en date, mise en place l’année dernière, visait à recueillir les impressions de la population à travers le pays.

«Elle n’a pas pu finir son travail», tranche Gilbert Bawara, ministre de la Fonction Publique. «Mais nous avons contasté une forte attente au sein de la population et nous avons décidé d’accélérer la procédure», sans donner aucun calendrier concret.

«Nous allons continuer à maintenir la pression jusqu’à ce que Faure Gnassingbé s’en aille», a déclaré hier Eric Dupuy, porte-parole de l’Alliance nationale pour le changement (Anc), parti historique de l’opposition. «Désormais, nos revendications sont claires, nous n’avons plus besoin de parler à mots couverts».  Des mots que l’opposition historique n’avait en effet jamais prononcés clairement jusqu’aux manifestations de la semaine dernière. C’est le peuple, dans la rue, qui a pris la responsabilité de brandir des pancartes «Faure dégage», et le nouvel opposant, Tikpi Atchadam a fondé son succès sur ses demandes radicales.

Le président Alassane Ouattara a créé la surprise en déclinant la proposition des cadres et militants de reprendre la tête de son parti, le Rassemblement des Républicains (Rdr), a constaté un journaliste de l’Afp. Henriette Diabaté lui succède à la tête du parti.

Le chef de l’Etat a été cependant désigné président d’honneur du Rdr. Au terme d’un discours fleuve de près de deux heures, pour la journée de clôture du congrès, il a proposé Henriette Diabaté souvent surnommée «Tatie», une des figures du mouvement. Elle a été ensuite désignée présidente du Rdr sous les acclamations.   Tous les militants s’imaginaient que la nouvelle constitution que Ouattara a fait adopter fin 2016 lui permettrait de reprendre la présidence du Rdr, un cumul jusque là impossible avec la présidence de la République.  «C’est une surprise, une agréable surprise (...) puisqu’il devient président d’honneur», a affirmé à l’Afp Mamadou Touré, un des secrétaires généraux délégués du parti. «Il faut un temps de service», a souligné le président Ouattara, 75 ans, élu président ivoirien en 2010 (il n’a pris ses fonctions qu’en 2011 en raison de la crise) et réélu en 2015 pour un deuxième et dernier mandat qui se termine en 2020. Si Henriette Diabaté est une «ancienne», la nouvelle direction a été rajeunie et féminisée avec la nomination au poste de secrétaire général de la ministre de l’Education Kandia Camara, qui a pleuré d’émotion sur le podium.  Le président Ouattara a insisté sur l’alliance avec le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) de l’ancien président Henri Konan Bédié au sein de la coalition Rhdp (Rassemblement des Houphouetistes pour la paix), notamment en vue de la présidentielle 2020. Il a notamment assuré vouloir aboutir à un «parti unifié» dans de brefs délais.

Cette volonté politique du chef de l’Etat, qui entend préparer sa succession, n’a pas abouti ces deux dernières années en raison de réticences au sein de son propre parti comme au sein du Pdci, de nombreux courants estimant qu’il faut un candidat par parti à la présidentielle. Selon de nombreux observateurs, la création du parti unifié a notamment pour objectif de couper l’herbe sous le pied au président de l’Assemblée nationale ivoirienne et ex-chef de la rébellion, Guillaume Soro, membre du Rdr, mais qui n’a pas été associé à la préparation du congrès et n’était pas au présent pendant les deux jours de débat.

Le président n’a pas cité le nom de Soro pendant son discours.

Homme-clé de la vie politique ivoirienne et probable candidat à la succession de M. Ouattara, Soro n’a pas encore déclaré ses intentions, mais ses relations avec le clan présidentiel alimentent tous les fantasmes et rumeurs depuis des mois.

AFP

Les leaders de l’opposition togolaise ont déclaré hier ne «rien attendre» de la réforme constitutionnelle annoncée par le gouvernement avant les manifestations anti-pouvoir massives de ces derniers jours.

Eric Dupuy, porte-parole de la coalition de cinq partis d’opposition Cap 2015 - une des organisatrices des manifestations de mercredi et jeudi qui réclamaient une alternance politique - a qualifié cette réforme de «dilatoire». «Nous n’attendons rien de cela», a-t-il répété. L’opposition togolaise réclame depuis dix ans que la Constitution - modifiée en 2002 - soit révisée, notamment afin d’y réintroduire une limitation des mandats (10 ans au plus). Dans un communiqué publié à la suite du Conseil des ministres mardi soir, le gouvernement avait joué l’apaisement en annonçant des réformes constitutionnelles concernant la «limitation des mandats et le mode de scrutin».  Toutefois, la limitation à deux mandats présidentiels ne se fera pas de manière rétroactive, selon le projet de loi. 

Le président Gnassingbé a officiellement remporté les élections présidentielles de 2005, 2010 et 2015, mais l’opposition n’a pas accepté ces résultats.  Les Nations unies ont appelé l’opposition togolaise à travailler avec le gouvernement. Elle semble toutefois dubitative face aux promesses du pouvoir. «Nous n’avons pas encore connaissance du texte du projet de loi. A ce stade il nous est difficile d’en parler», a affirmé M. Dupuy. «C’est une mobilisation populaire sans précédent depuis des années, qui touche pour la première fois presque toutes les villes secondaires du pays, ça c’est vraiment nouveau», a déclaré à l’Afp Gilles Yabi, analyste politique spécialiste de l’Afrique de l’Ouest.
«Il est difficile de savoir si la mobilisation actuelle va aboutir à un changement politique», relativise cependant M. Yabi. «Le gouvernement a toujours su créer des commissions et des instances de dialogue mais rien n’a jamais abouti», déplore-t-il.              

AFP

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a inauguré samedi à Sévaré (centre) le Poste de commandement de la force antijihadiste du G5 Sahel, formée de soldats du Mali, du Niger, du Tchad, du Burkina Faso et de Mauritanie, a-t-on appris de sources administrative et de sécurité.

«Le président Ibrahim Boubacar Keïta est arrivé samedi à Sévaré où il a inauguré le Poste de commandement de la Force G5, pour la lutte contre le terrorisme dans le Sahel», a déclaré à l’Afp Oumar Kanté, un responsable administratif régional présent lors de la cérémonie d’inauguration. Sévaré est à une dizaine de km à l’est de Mopti, chef-lieu de la région du même nom, dans le centre du Mali où la situation sécuritaire s’est nettement dégradée ces derniers mois.
Le commandant de la force du G5, le général malien Didier Dakoua, et d’autres responsables militaires de cette unité, étaient également présents à cette cérémonie, selon le même responsable administratif.

Le poste de commandement de Sévaré «va être au cœur de la lutte contre le terrorisme dans les cinq pays membres du G5», a expliqué à l’Afp une source de sécurité malienne, également présente à la cérémonie d’inauguration. «Le premier bataillon de la force (du G5) sera opérationnel» dès le mois de septembre et en octobre «des opérations militaires transfrontalières se dérouleront dans la zone des trois frontières, communes au Mali, au Niger et au Burkina Faso», indique un document officiel consulté samedi par l’Afp.

Les dirigeants des pays du G5 Sahel, soutenus par le président Emmanuel Macron, avaient acté le 2 juillet à Bamako la constitution de cette force antijihadiste conjointe et débloqué des fonds pour commencer son déploiement en septembre-octobre.  Cette force soutenue par les Occidentaux est encore en formation. Son financement est loin d’être bouclé : seulement 50 millions d’euros ont été promis sur les 450 jugés nécessaires.

La France, présente dans la zone sahélo-saharienne avec 4.000 hommes engagés dans l’opération antijihadiste Barkhane, a poussé à la création de cette force militaire qui devrait compter 5.000 hommes.

AFP

Emmanuel Macron a lancé hier à Athènes un appel à «refonder l’Europe», dans un discours solennel au cours duquel il a appelé à restaurer «la souveraineté, la démocratie, la confiance», notamment par des réformes comme la création d’un parlement de la zone euro. «Aujourd’hui la souveraineté, la démocratie, la confiance sont en danger», a-t-il dit, s’exprimant sur la colline de la Pnyx, face au Parthénon, symbole de la démocratie, à la nuit tombante au premier jour de sa visite d’Etat à Athènes. 

«L’Acropole d’Athènes est un miroir tendu de notre identité européenne», a lancé le président français. «Ce soir je veux que collectivement nous retrouvions la force de refonder notre Europe, en commençant par l’examen critique sans concession de ces dernières années», a annoncé le président français, aux côtés du Premier ministre grec Alexis Tsipras. «Le démantèlement de l’Europe serait un genre de suicide politique et historique», a-t-il mis en garde. Il a notamment insisté sur la nécessité de «retrouver la force d’une souveraineté qui ne soit pas que nationale», ce qui passera par «des réformes institutionnelles».  Il faudra selon lui «retrouver le sel de la zone euro, inventer une gouvernance forte, un budget de la zone euro, un responsable exécutif et un Parlement pour cette dernière». M. Macron souhaite faire progresser le débat par «une méthode nouvelle», dont les grandes lignes seront tracées d’ici à la fin de l’année pour les «soumettre aux peuples l’an prochain», avec «six mois de consultations, de conventions démocratiques». Au passage, il a annoncé qu’il «défendrait des listes transnationales pour les élections européennes».                     

AFP

Le gouvernement ivoirien a accusé hier des proches de l’ancien président Laurent Gbagbo de tenter de déstabiliser le pays à travers une série d’attaques contre des postes de police et de gendarmerie perpétrées ces derniers mois.

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Sidiki Diakité, a qualifié d’»instigateurs» d’un «projet de déstabilisation» Stéphane Kipré, gendre de l’ex-président, et Pickas Damana, un ex-responsable des «Jeunes Patriotes», un mouvement pro-Gbagbo accusé de nombreuses violences pendant la période de crise en Côte d’Ivoire (2002-2011). Les enquêtes en cours après les sept attaques «ont conduit à l’arrestation de 35 personnes et à l’identification de plusieurs autres», a déclaré le ministre, lisant un communiqué à la presse à l’issue d’un Conseil national de sécurité extraordinaire tenu au palais présidentiel d’Abidjan. «Les informations recueillies au cours des enquêtes et des auditions montrent clairement que ces attaques s’inscrivent dans un projet de déstabilisation impliquant notamment des responsables politiques aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays», a déclaré le ministre.
«Ces personnes instrumentalisent et arment certains démobilisés et militaires déloyaux». Six militaires et sept personnes présentées comme des «miliciens» figurent parmi les 35 personnes arrêtées, a-t-il précisé.

AFP

Un sommet sur la situation en Libye doit se tenir samedi à Brazzaville, ont indiqué jeudi les autorités congolaises, auquel doit participer le chef du gouvernement libyen d’union nationale (Gna) Fayez al-Sarraj, et un représentant de son rival, le maréchal Khalifa Haftar.

 «Brazzaville abrite, le samedi 9 septembre, un sommet sur la sortie de crise en Libye. Nous avons invité officiellement le maréchal Haftar, le Premier ministre (Fayez al-Sarraj, Ndlr), le président du Conseil d’État et le président de l’Assemblée nationale», a indiqué à l’Afp une source officielle congolaise. La participation de Fayez al-Sarraj à ce sommet a été confirmée à l’Afp par un de ses conseillers. De son côté, le maréchal Haftar «s’est excusé» et n’y participera pas, a précisé l’un de ses porte-parole, Khalifa al-Abidi, qui n’a pas fourni plus de détails. Mais Aguila Salah, chef du Parlement élu basé dans l’est de la Libye et qui appuie le maréchal Haftar, est déjà arrivé à Brazzaville pour prendre part à la réunion aux côtés de Fayez al-Sarraj.

«Je vous confirme que le président de l’Assemblée nationale libyenne est à Brazzaville depuis hier. Les autres invités vont suivre», a indiqué la source congolaise. «Vis-à-vis de la Libye, le Congo a un seul agenda qui est très clair : réconcilier les frères ennemis et ramener la paix dans ce grand pays africain», a ajouté cette source. Il s’agit de la troisième réunion du «Comité de haut niveau de l’Union africaine (Ua) sur la Libye». La dernière avait eu lieu à Brazzaville en janvier.

Dirigé par le président congolais Denis Sassou Nguesso, ce comité est composé par les présidents de cinq pays africains (Mauritanie, Niger, Congo, Ethiopie et Afrique du Sud).

AFP

Le président de la Commission électorale kényane admet l’existence de défaillances dans la conduite de l’élection présidentielle du 8 août, invalidée par la justice, dans une lettre interne envoyée à son directeur exécutif et divulguée hier jeudi par la presse.

Le président de la Commission électorale (Iebc), Wafula Chebukati, liste dans cette lettre que s’est procurée l’Afp toute une série d’erreurs commises par son équipe dans l’organisation des élections et demande à son directeur exécutif, Ezra Chiloba, de s’en expliquer. Saisie par l’opposant Raila Odinga, la Cour suprême du Kenya avait invalidé le 1er septembre la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta en raison d’»irrégularités» relevées dans la transmission des résultats. La Cour suprême avait observé que l’Iebc avait «échoué, négligé ou refusé» de conduire les élections conformément à la loi.

Dans cette lettre «confidentielle» datée de mardi, dont l’authenticité a été confirmée à l’Afp par un responsable de l’Iebc, M. Chebukati s’étonne ainsi que certains procès-verbaux de bureaux de vote ne présentaient pas les signes d’authentification prévus par l’Iebc. Il se demande, alors que l’Iebc avait dépensé 848 millions de shillings (6,7 M Eur) pour équiper en téléphones satellitaires les bureaux non couverts par le réseau téléphonique, pourquoi aucun n’a fonctionné. Il s’interroge aussi sur le fait qu’un compte avec un identifiant et un mot de passe à son nom, créé sans son accord et sans qu’il en ait eu connaissance, ait été utilisé 9.934 fois pour accéder au système informatique de l’Iebc. M. Chebukati ajoute ne pas comprendre pourquoi les résultats de 10.366 des 40.883 bureaux de vote ont été envoyés par simple Sms, sans être accompagnés des formulaires censés faire foi. Il note que cela porte sur plus de 4,6 millions de votants (pour 19,6 millions d’inscrits). Il observe également que 595 bureaux de vote n’ont envoyé aucun résultat. Dans d’autres bureaux, le système d’identification des électeurs n’a pas fonctionné et il demande à M. Chiloba de lui dire combien de personnes ont été autorisées à voter manuellement. Au sujet du système de transmission électronique des procès-verbaux venus de circonscriptions, il dénonce l’utilisation d’un serveur «poreux», posant un «clair risque sécuritaire».

Enfin, il dit ne pas comprendre pourquoi certains kits de transmission des résultats étaient configurés pour fonctionner avec Orange ou Airtel quand bien même ces opérateurs ne couvraient pas les zones concernées. M. Chebukati ajoute que les tablettes auraient pu être reliées au réseau Safaricom, un autre opérateur contracté par l’Iebc, et qui couvrait lui les zones en question.
Ni M. Chebukati, ni M. Chiloba n’étaient immédiatement disponibles pour commenter le contenu de cette lettre. Une guerre larvée oppose les deux hommes depuis l’invalidation de l’élection.
M. Chebukati a nommé mardi six personnes chargées d’organiser le nouveau scrutin du 17 octobre, écartant de fait certains hauts responsables de l’Iebc ayant œuvré sur la première élection, dont M. Chiloba, qui tente de résister à cette décision.

AFP

La question des Rohingyas est revenue à la une de l’actualité avec la vaste offensive de l’armée birmane contre des civils après l’attaque de plusieurs postes de police par les rebelles de l’Arakan rohingyas salvation army (Arsa), qui dit vouloir défendre les droits bafoués de ses coreligionnaires.

Descendants lointains de commerçants bengalis, les Rohingyas se seraient convertis à l’Islam au XVe siècle par l’intermédiaire des Routes de la soie alors que la région était un État vassal du Bengale. Les hostilités contre cette communauté tirent leur origine de la première guerre entre l’empire britannique et la Birmanie de 1824 à 1826, lorsque les Rohingyas ont été employés comme supplétifs dans l’armée britannique et considérés depuis lors comme des traîtres à la cause nationale par les indépendantistes birmans.

Après la seconde guerre mondiale, les Rohingyas soutiennent de nouveau les Anglais face aux Birmans renforçant de nouveau la haine des nationalistes à leur égard et dès l’indépendance du pays en 1948, le rejet et la persécution s’intensifient contre eux.

Reconnus comme minorité nationale, la succession de juntes militaires entraînera une politique de « birmanisation » niant de jour en jour les droits des minorités ethniques. En 1982, les Rohingyas particulièrement ciblés sont considérés comme importés par les Britanniques et sont exclus des 135 ethnies officiellement reconnues par l’État birman. Ils sont privés de la nationalité birmane et deviennent de facto apatride, ce qui les prive de tous les droits civiques.

Depuis 2010, la population Rohingyas est victime d’un « nettoyage » ethnique, selon un rapport de Human rights watch, poussant plusieurs « dizaines de milliers » à s’enfuir vers le Bangladesh voisin.
Face aux pressions internationales, la présidence birmane a ordonné l’envoi de renforts militaires, mais des observateurs ont signalé le peu d’empressement des troupes gouvernementales à protéger les Rohingyas. L’impunité dont bénéficient les auteurs d’exactions a favorisé la montée de l’extrémisme contre le Rohingyas au sein du Bouddhisme mondialement réputé pour son pacifisme.

Par Alassane DIAWARA  

En onze jours, près de 125.000 personnes, pour la plupart des musulmans rohingyas, ont fui les violences en Birmanie pour se réfugier au Bangladesh voisin, a annoncé l’Onu, craignant une crise humanitaire dans des camps débordés.

Un pic a été atteint ces dernières 24 heures, avec quelque 37.000 réfugiés ayant passé la frontière en une journée. Les violences ont commencé par l’attaque le 25 août de dizaines de postes de police par les rebelles de l’Arakan Rohingya Salvation Army (Arsa), qui dit vouloir défendre la minorité rohingya.

Depuis, l’armée birmane a déclenché une vaste opération dans cette région pauvre et reculée, l’Etat Rakhine, poussant des dizaines de milliers de personnes sur les routes. Bilan selon l’armée birmane : 400 morts dont 370 «terroristes» rohingyas. Malgré des décennies de restrictions de leurs droits et de persécutions en Birmanie, où cette minorité musulmane est marginalisée et considérée comme étrangère, les Rohingyas n’avaient jusqu’à présent presque jamais recouru à la lutte armée. La donne a changé en octobre. Depuis, la région du nord de l’Etat Rakhine est bouclée par l’armée et aucun journaliste ne peut s’y rendre de façon indépendante. Toute la zone pâtit de cette nouvelle flambée de violences. «Les musulmans sont affamés chez eux. Les marchés sont fermés et les gens ne peuvent pas sortir de leurs villages, sauf pour fuir. Les autorités recourent à l’intimidation, utilisant la nourriture et l’eau comme des armes», a expliqué un responsable humanitaire, cité par Amnesty International.

Cette Ong estime que toute la région «est au bord d’une catastrophe humanitaire».  «En bloquant l’accès des organisations, les autorités mettent la vie de dizaines de milliers de personnes en danger», juge Tirana Hassan, d’Amnesty International. Sur la scène internationale, les critiques s’intensifient à l’encontre d’Aung San Suu Kyi.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lui a fait part hier de sa «profonde préoccupation» dans un entretien téléphonique. Ankara a également reçu le feu vert de la Birmanie à l’envoi dès mercredi de 1.000 tonnes d’aide humanitaire, dont de la nourriture et des vêtements, à destination des Rohingyas. «Cette crise humanitaire doit cesser», a de son côté lancé le ministre indonésien des Affaires étrangères Retno Marsudi, en visite à Dacca.

AFP

Au moins 80 personnes ont été interpellées dans Lomé  qui connaissait hier après-midi un calme relatif, à l’exception du quartier populaire de Bè où la situation restait tendue entre jeunes et forces de l’ordre.

Selon l’opposition, qui dénonce des «intimidations», au moins 100 personnes sont toujours en état d’arrestation.  Mercredi et jeudi, les Togolais ont manifesté massivement à Lomé et dans une moindre mesure en province à l’appel d’une coalition de 14 partis, pour réclamer des réformes et le départ du président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 12 ans, après avoir succédé à son père. Ces rassemblements, d’une ampleur inédite depuis les sanglantes émeutes qui avaient suivi les élections de 2005, selon plusieurs observateurs, ont été notamment rendus possibles par l’alliance de l’opposition, qui a longtemps échoué à parler d’une seule voix. Les leaders d’une douzaine de partis de l’opposition se sont réunis devant la maison du président du Parti National Panafricain (Pnp), Tikpi Atchadam, pour exprimer leur solidarité avec leur camarade, victime selon eux «d’intimidations» du pouvoir, et qui se cache actuellement dans un lieu tenu secret.

Jouant l’apaisement, le gouvernement avait annoncé mardi un projet de réforme constitutionnelle réclamée depuis plus de dix ans par l’opposition, prévoyant une limitation à deux mandats présidentiels et un scrutin à deux tours.  Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Ibn Chambas, a rencontré le président Gnassingbé ainsi que le chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, avant de partir hier pour Dakar.

M. Chambas a encouragé l’opposant «à s’investir dans des discussions avec le gouvernement» pour faire aboutir les réformes, dans une déclaration à la télévision publique togolaise.        

AFP

Les Forces armées maliennes ont commis des «meurtres extrajudiciaires» et des «actes de torture» lors de leurs opérations contre les groupes armés islamistes dans le centre du Mali, a dénoncé hier vendredi Human Rights Watch (Hrw), qui épingle également l’armée du Burkina et les groupes jihadistes. «Les opérations militaires menées par les forces armées du Mali et du Burkina Faso afin de contrer la présence croissante de groupes armés islamistes dans le centre du Mali ont occasionné de graves violations des droits humains», a déclaré dans un communiqué l’organisation de défense des droits de l’homme.

«Depuis la fin de 2016, les forces maliennes se sont livrées à des meurtres extrajudiciaires, à des disparitions forcées, à des actes de torture et à des arrestations arbitraires à l’encontre d’hommes accusés de soutenir les groupes armés islamistes», dénonce Hrw. Ces violations se sont produites entre la fin 2016 et juillet dernier dans la région de Mopti (centre), une zone qui inquiète l’Onu en raison de sa «situation sécuritaire volatile».  Des exactions ont également eu lieu «dans une moindre mesure» dans la région de Ségou, ville située à 240 km au nord-est de la capitale Bamako. «La logique perverse consistant à torturer, tuer ou  faire disparaître  des personnes au nom de la sécurité alimente le cycle croissant de la violence et des abus au Mali», a estimé Corinne Dufka, directrice de recherches sur le Sahel auprès de la division Afrique à Human Rights Watch, citée dans le communiqué.

AFP

Le président de l’Assemblée nationale ivoirienne et ex-chef de la rébellion, Guillaume Soro, a déclaré hier dans un communiqué qu’il regrettait de ne pas avoir été «associé» au congrès du parti du président Alassane Ouattara.

Ce communiqué est «un refus poli» d’assister au congrès du Rassemblement des républicains (Rdr) qui s’ouvre samedi, a commenté auprès de l’Afp un proche de cet homme-clé de la vie politique ivoirienne et probable candidat à la succession de M. Ouattara en 2020. «En ma qualité de militant et d’élu de cette formation (...) bien qu’ayant été président du Conseil politique de la campagne du président en 2015, député, élu sous la bannière du Rdr, président de l’Assemblée nationale sur proposition du Rdr, et enfin membre du Haut conseil politique du Rdr, je n’ai à aucun moment été associé aux travaux préparatoires du congrès», affirme-t-il, insistant sur son appartenance au mouvement.
«Dans le contexte actuel fait de frictions, de suspicions et où des lignes de fractures évidentes sont apparues au sein de notre famille politique, qui peut décliner l’impérieuse nécessité de rassemblement de tous ?», lance-t-il.
Officiellement, l’ancien Premier ministre n’a pas encore déclaré ses intentions, mais ses relations avec le clan présidentiel alimentent tous les fantasmes et rumeurs depuis des mois.

Certains partisans du président l’accusent de vouloir déstabiliser le gouvernement et de comploter contre des rivaux potentiels, voyant même sa main derrière les mutineries qui ont ébranlé la Côte d’Ivoire depuis le début de l’année.
D’un autre côté, ses partisans estiment qu’il est victime d’une chasse aux sorcières alors qu’il a «toujours oeuvré» dans le sens du «bien commun».  «Fort heureusement, ce n’est qu’un congrès, d’autres congrès ordinaires se tiendront immanquablement. Des congrès extraordinaires pourraient, en cas de besoin, avoir lieu. J’imagine donc qu’à tout moment, de nouvelles occasions pourraient m’être offertes de contribuer significativement à la vie du parti», ajoute-t-il.

«Je me tiens d’ores et déjà à la disposition de la future direction du parti (...) en vue d’aborder dans l’unité et dans l’union les échéances futures», conclut-il. En aout, des partisans de Soro ont créé un nouveau mouvement, l’Amicale des Forces Nouvelles (Afn), réfutant toutefois créer un parti portant le nom de l’ex-rébellion en vue de la présidentielle.


Les proches de Gbagbo réfutent l’accusation de complot
Des «frondeurs» du Front Populaire Ivoirien (Fpi), le parti fondé par l’ancien président Laurent Gbagbo, ont vigoureusement réfuté hier les accusations de complot lancées par le gouvernement contre deux proches de l’ex-président, ironisant sur la «panique» du pouvoir.

Annonçant jeudi les résultats des enquêtes sur une série d’attaques contre des postes de police et de gendarmerie perpétrées ces derniers mois, le ministre ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité, Sidiki Diakité, a qualifié d’»instigateurs» d’un «projet de déstabilisation» Pickas Damana, vice-président du Fpi, parti de M. Gbagbo, et Stéphane Kipré, gendre de l’ancien chef de l’Etat. «Je réfute ces accusations», a déclaré le secrétaire général adjoint du Fpi, Boubakar Koné, lors d’une conférence de presse à Abidjan, qualifiant de «loufoque» la «prétendue enquête» du ministre de l’Intérieur. 

Le pouvoir du président Alassane Ouattara «panique» parce qu’il a «peur de perdre les prochaines élections» en 2020, a jugé M. Koné. «Le pouvoir est devenu fébrile», «il règne par la terreur», a-t-il dit, soulignant que deux anciens ministres du régime Gbagbo sont toujours en prison. Stéphane Kipré, fondateur du parti Union des nouvelles générations, et Pickas Damana, connu pour avoir déchiré devant les caméras les résultats de l’élection présidentielle de 2010 défavorables à son champion, sont tous deux en exil hors de Côte d’Ivoire. «Le Fpi a fait le choix du jeu démocratique. Si on l’y oblige, il pourrait changer de ligne et riposter aux violences» qui lui sont faites, a menacé Boubakar Koné, «on n’acceptera pas cela plus longtemps.    

AFP

Une marée humaine de partisans de l’opposition a déferlé hier mercredi à Lomé et dans dix villes du Togo pour réclamer une alternance politique, dans un pays dirigé depuis 2005 par le président Faure Gnassingbé.

Amnesty international a estimé à «au moins 100.000» le nombre de participants dans la capitale, selon son directeur au Togo, Aimé Adi, joint par téléphone. «C’est du jamais vu, je pense qu’il y a plus d’un million de personnes à Lomé», a de son côté affirmé à l’Afp le chef de file historique de l’opposition, Jean-Pierre Fabre.

Le Togo compte environ 7 millions d’habitants. Une grande partie de l’opposition togolaise (coalition de cinq partis Cap 2015, le Groupe des six et le Parti national panafricain-Pnp, rejoints par plusieurs partis mineurs), avait décidé de s’unir pour de grandes marches. «C’est du jamais vu», a déclaré M. Fabre à l’Afp. «Ce regroupement massif est du à l’unité des partis d’opposition». Une autre figure de l’opposition, Tipki Atchadam, qui avance également le chiffre d’un million de manifestants, a affirmé que «de mémoire d’homme, les Togolais ne sont jamais sortis aussi massivement à Lomé».

Dans le nord du pays, à Sokodé, Dapaong et Kara notamment, plusieurs milliers de manifestants ont également défilé, selon Amnesty international et des témoignages d’habitants sur place. L’opposition demande des réformes constitutionnelles (limitation du mandat présidentiel et scrutin à deux tours) promises par le régime, qui n’ont jamais abouti. Toutefois, dans les rangs des manifestants, c’est la démission du chef de l’Etat «aujourd’hui même» qui était réclamée. Le chef de l’Etat «a appelé la population au calme, à la sérénité et à la modération», redoutant de nouvelles violences après les manifestations du 19 août, dans un communiqué publié mardi soir.
Le gouvernement a tenté de joué l’apaisement la veille des rassemblements en annonçant une réforme constitutionnelle concernant la «limitation des mandats et le mode de scrutin». Cet avant-projet de loi, adopté mardi en conseil des ministres, doit encore être validé par le Parlement, qui ne fera sa rentrée qu’en octobre. Mais son contenu reste flou.

AFP

Les chefs d’état-major des 16 pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédéao) ont entamé hier mercredi à Monrovia trois jours de discussions visant à renforcer la sécurité dans cette zone confrontée à des violences électorales, au terrorisme ou à la piraterie.

La 37e réunion du Comité des chefs d’état-major de la Cédéao est la première à se tenir au Liberia depuis la fin de la sanglante guerre civile qui y a fait 250.000 morts entre 1989 et 2003. «Notre rencontre se tient alors que la sécurité collective et la stabilité dans notre région sont menacées par le terrorisme, la piraterie en mer, les enlèvements, le crime organisé transfrontalier ou encore la prolifération des armes», a déclaré lors d’une cérémonie d’ouverture la commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité de la Cédéao, Halima Ahmed. «Malgré des progrès dans presque tous nos pays pour conforter la démocratie, nous assistons à des violences électorales», a-t-elle ajouté. «En outre, nous faisons face à toujours plus de catastrophe naturelle, dues notamment au changement climatique», a également relevé Mme Ahmed.

En Sierra Leone, pays voisin du Liberia, des inondations catastrophiques ont fait quelque 500 morts et plus de 800 disparus le 14 août et, à six mois des élections présidentielle et législatives, des Ong s’inquiètent de la détérioration du climat politique après notamment l’incendie du quartier général d’un parti d’opposition. «Les leçons tirées de notre déploiement au Mali et en Guinée Bissau nous appellent à revoir notre doctrine pour faire face aux dangers émergents dans la sous-région», a pour sa part estimé le chef d’état-major des Forces armées du Liberia, le général Daniel Ziankahn. «Le principal défi à relever concerne l’interopérabilité entre les militaires, la police et les composantes civiles», a-t-il estimé.

AFP

L’organisation régionale d’Afrique australe a annoncé hier l’envoi au Lesotho d’une équipe chargée de faire la lumière sur  l’assassinat «odieux» du chef d’état-major de ce petit royaume à l’histoire politique mouvementée.

La Communauté de développement d’Afrique australe (Sadc) tente depuis des années de promouvoir la paix et la stabilité dans ce pays, où l’assassinat mardi du général Khoantle Motsomotso pourrait raviver les tensions. Ce dernier a été tué dans une caserne de Maseru lors d’une fusillade, quand deux officiers militaires supérieurs - perçus comme appartenant à une faction rivale - ont tenté d’entrer par la force dans son bureau. Ces deux officiers ont été tués par les gardes de corps du général Motsomotso. «La Sadc condamne fermement» l’assassinat du général, un «acte inexcusable, barbare et odieux», selon un communiqué. Il s’agit d’un «sérieux revers pour les efforts destinés à restaurer la paix, la sécurité et la stabilité dans le royaume du Lesotho», a estimé la Sadc. Une équipe de la Sadc, composée notamment d’experts en matière de sécurité, est attendue au Lesotho aujourd’hui.

Elle devra «établir les causes profondes de l’assassinat et recommander des mesures appropriées». Mercredi, le leader de l’opposition au parlement, Mathibeli Mokhothu, a exprimé des doutes sur cette mission.                                     

AFP

Le leader de l'opposition kényane Raila Odinga a engagé hier mardi les hostilités autour de la date de la nouvelle élection présidentielle, fixée au 17 octobre, après l'invalidation du scrutin d'août, en posant certaines conditions à sa participation.

La Commission électorale (Iebc) a décidé lundi que le nouveau scrutin présidentiel aurait lieu le 17 octobre, soit dans la limite des deux mois imposée par la Constitution, en raison de l'invalidation par la Cour suprême pour irrégularités de la réélection le 8 août du sortant Uhuru Kenyatta. Mais M. Odinga, en position de force après avoir gagné son recours en justice, a jeté une ombre sur cette date. "Il n'y aura pas d'élection le 17 octobre, sauf à ce que les termes et conditions que nous avons énumérés dans ce communiqué soient remplis par l'IEBC", a-t-il prévenu. Le vétéran de l'opposition, 72 ans, qui depuis l'annulation vendredi du premier scrutin ne cesse de s'en prendre à la Commission électorale, a d'abord reproché à celle-ci d'avoir choisi cette date unilatéralement.

Il a ensuite listé ses desiderata, parmi lesquels un audit du système électronique de l'Iebc, la démission de plusieurs de ses membres et la possibilité pour toute personne éligible de se présenter à la nouvelle élection. La Commission avait décidé lundi que seuls MM. Kenyatta et Odinga figureraient cette fois-ci sur les bulletins de vote et que les six autres candidats, qui avaient réuni moins de 1% des voix lors de la première élection, ne pourraient pas se représenter. L'un d'eux, Ekuru Aukot, a immédiatement contesté cette décision et devait présenter devant la Cour suprême une motion lui demandant de clarifier qui serait autorisé à concourir ou non le 17 octobre. L'opposition affirme que le système de transmission des résultats a été piraté, et que ceux émanant des bureaux de vote ont été modifiés électroniquement en faveur de M. Kenyatta. M. Odinga a notamment mis en cause l'entreprise française Safran, dont l'ex-filiale Morpho avait fourni les kits de reconnaissance biométrique des électeurs. Morpho est depuis devenue OT Morpho, après avoir été rachetée en mai par le groupe Oberthur Technologies. "La compagnie française Safran devrait expliquer ce qui s'est exactement produit.

 

AFP

Le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté hier à l'unanimité une résolution créant un régime général de sanctions pour le Mali où les entraves au processus de paix et de réconciliation se multiplient.

"Il s'agit d'une demande explicite du gouvernement malien" et "de donner un nouvel élan à l'accord de paix" de 2015 qui est "sérieusement menacé", a déclaré l'ambassadeur français à l'Onu, François Delattre. Le texte prévoit la possibilité d'interdictions de voyages et de gels d'avoirs. L'adoption de la résolution va être suivie de la création à l'ONU d'un comité de sanctions pour identifier les individus ou entités contrevenant à ses dispositions et d'un panel d'experts devant s'assurer du respect des sanctions.

La désignation d'individus ou d'entités sera liée à des violations du cessez-le-feu, à des obstructions à la mise en œuvre de l'accord de paix, à des attaques contre les forces armées maliennes ou les Casques bleus, à des violations des Droits de l'Homme ou des obstacles à l'acheminement d'aide humanitaire. Alors que des pays comme la Russie ou l'Ethiopie avaient fait part de réserves sur l'opportunité d'un tel texte, la France, rédactrice du texte, s'est employé à les rassurer en soulignant qu'à ce stade il n'est question que de créer un régime général de sanctions et que l'identification de contrevenants n'interviendra qu'ultérieurement.

La résolution se borne à cet égard à rappeler les nombreuses violations du cessez-le-feu ayant accompagné la mise en place de l'accord de paix signé en 2015 entre le gouvernement et des groupes armés réunis au sein d'une plateforme. Elle dénonce aussi les violences qui ont touché le pays ces derniers mois et l'importance que conservent des mouvements armés jihadistes comme Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Al-Mourabitoun, Ansar Eddine, ou le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), déjà visés par des sanctions.

Le Conseil de sécurité "est gravement préoccupé par la situation sécuritaire volatile, notamment par le développement d'activités criminelles et terroristes dans le centre et le sud du Mali comme par l'intensification des trafics de drogue et d'êtres humains" dans le pays, est-il écrit dans la résolution. Pour certaines capitales européennes, le Mali est aujourd'hui "dans une période presque pré-insurrectionnelle" à moins d'un an d'une élection présidentielle. "Il y a la crise au nord, la crise au centre, et maintenant une crise de régime", relève sous couvert d'anonymat un responsable européen. "C'est un régime qui ne sait pas où il va, qui est uniquement tourné vers la réélection du président", ajoute-t-il. Pour la crise au centre, il cite entre autres l'absence de l'Etat malien, la fermeture d'écoles remplacées par des madrassas coraniques et le non-fonctionnement des tribunaux.

AFP

La décision de la Cour suprême du Kenya d'annuler la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta "honore l'Afrique", a déclaré hier lundi le chef de l'Union africaine (Ua), le président Alpha Condé.

"C'est un comportement qui honore l'Afrique et prouve que désormais la démocratie s'installe sur le continent", a indiqué le président Condé dans un communiqué, après l'annulation vendredi du scrutin présidentiel kényan du 8 août.

L'Ua "apprécie l'esprit de maturité et de responsabilité de tous les acteurs du processus qui ont préféré les voies légales à la violence".

"L'Afrique sera ce que nous voudrions qu'elle soit et la preuve est aujourd'hui faite que les Africains peuvent se comprendre pour préserver l'essentiel: la paix et la quiétude des citoyens", a ajouté le chef de l'Ua.

L'organisation suit "avec un intérêt particulier le déroulement de la situation au Kenya" et "appelle à nouveau le peuple kényan et les acteurs politiques, à la retenue et au sens de la responsabilité dans l'organisation" d'un nouveau scrutin présidentiel dans les deux mois.

Saisie par l'opposant Raila Odinga, la Cour suprême a relevé vendredi des "irrégularités" dans la transmission des résultats, et invalidé la victoire du président sortant Uhuru Kenyatta (54,27% des voix), dont l'annonce s'était accompagnée de manifestations et d'émeutes violemment réprimées par la police, faisant au moins 21 morts.

AFP

L'évasion dimanche d'une centaine de détenus de la prison de Katiola, dans le centre de la Côte d'Ivoire, a été permise grâce à une "complicité" parmi les gardiens, a estimé hier le maire-adjoint de la ville.

"C'est incompréhensible, la clôture de la prison fait six mètres de haut et il y a plusieurs portes avant le grand portail, il y a eu forcément une complicité interne. Il y a un individu, un garde pénitentiaire qui ouvert la prison", a déclaré à l'Afp le premier adjoint au maire de Katiola, Coulibaly Ouamien. 96 prisonniers se sont évadés à l'aube dimanche de la prison de cette ville située à 45 kilomètres au nord de Bouaké, selon une source sécuritaire. "Vingt-deux évadés ont été repris", a indiqué hier lundi une source judiciaire du tribunal de Katiola. "Le ratissage se poursuit pour pouvoir reprendre tous les prisonniers évadés".

Le directeur de l'administration pénitentiaire, Joachim Kongoué Koffi, avait confirmé l'évasion dimanche mais sans préciser le nombre de prisonniers, indiquant seulement qu'ils avaient "enlevé une partie de la toiture de leur cellule".  Selon une source judiciaire à Katiola, ce sont "des lieutenants du célèbre Yacou le Chinois (un caïd tué en 2016) qui sont à la base de cette évasion massive".  "Les détenus sont passés par le toit de leurs cellules pour gagner d'autres cellules et ils ont profité de la sortie des corvéables pour casser le grand portail et prendre la fuite", selon cette source. Accréditant l'hypothèse d'une complicité interne, une autre source judiciaire estime que "le dispositif sécuritaire est en partie responsable de cette évasion massive".

"Les prisonniers sont sortis de la prison sans fournir d'effort véritable", a ajouté cette source.

D'après une autre source pénitentiaire, le grand portail "n'était pas fermé à clé".

AFP

Des enquêteurs de l'Onu ont exhorté hier la Cour pénale internationale à enquêter de toute urgence sur des crimes contre l'humanité et autres atrocités commis par les autorités au Burundi.

"Ces actes (...) ont été perpétrés dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique contre la population civile, avec la connaissance d'une telle attaque. Ces actes rentrent dans le cadre d'une politique de l'Etat burundais", a dénoncé le président de la Commission d'enquête de l'Onu sur le Burundi, Fatsah Ouguergouz, au cours d'une conférence de presse. Le gouvernement burundais a réagi en dénonçant un complot occidental qui "restera sans effet", tandis que l'opposition a espéré l'ouverture d'une "nouvelle ère d'espoir pour mettre fin à l'impunité". Pointant "des responsables au plus haut niveau de l'Etat", la Commission indique dans son premier rapport avoir "des motifs raisonnables de croire que plusieurs de ces violations, commises en majorité par des membres du service national de renseignement, de la police et de l'armée ainsi que des Imbonerakure (milice pro-gouvernementale selon l'Onu, ndlr), constituent des crimes contre l'humanité". "Des atteintes aux droits de l'homme ont également été commises par des groupes armés d'opposition, mais celles-ci se sont avérées difficiles à documenter", selon le document. Au regard de l'impunité régnant dans le pays, la Commission demande "à la Cpi d'ouvrir dans les plus brefs délais une enquête sur la situation au Burundi depuis avril 2015".

Le Burundi ayant notifié sa décision de se retirer de la Cpi le 27 octobre 2016 et ce retrait étant effectif un an après, la Cpi a jusqu'au 27 octobre pour ouvrir une enquête de son propre chef. Passé cette date, seul le Conseil de sécurité de l'Onu pourra faire appel à l'institution internationale.

AFP

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