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Actualités Internationales (1170)

« C’est au moment où l'Union africaine assume plus de responsabilités en matière de paix et de sécurité sur le continent qu’il est préoccupant de constater que l’absence de financement prévisible et durable obère le potentiel de l’institution africaine ». Un constat dressé, vendredi, par le ministre des Affaires étrangères devant le Conseil de sécurité, en sa qualité de chef de la délégation du Sénégal, au cours du débat sur la « Coopération entre l’Onu et l’Union africaine en matière de paix et de sécurité » qu’il a présidé au nom de la présidence sénégalaise du Conseil.

Selon le ministre Mankeur Ndiaye, le président de la République, Macky Sall, est fortement convaincu de l’importance du partenariat stratégique entre les Nations unies et l’Union africaine dans les efforts visant à maintenir la paix et la sécurité en Afrique. C’est pourquoi « le président Sall a tenu à ce que la question du renforcement de ce partenariat soit prioritairement inscrite à l’ordre du jour du Conseil de sécurité durant la présidence sénégalaise », a rappelé le ministre. Le débat sur la « Coopération entre l’Onu et l’Union Africaine en matière de paix et de sécurité » s’est donc inscrit dans une dynamique d’optimisation du potentiel de cette coopération que le Sénégal a voulu hisser à la hauteur des enjeux actuels. Après le contexte, le ministre Mankeur Ndiaye a fixé les contours de la problématique.

L'une des recommandations communes des différentes revues destinées à rendre plus efficaces les opérations de paix de l'Onu demandait de renforcer la coopération avec les organisations régionales et sous-régionales, en particulier l'Union africaine. En tant que partenaire stratégique des Nations unies dans le domaine de la paix et de la sécurité, l’Union africaine a démontré sa volonté ainsi que sa capacité d’apporter les premières réponses aux crises qui éclatent sur le continent africain. Le paradoxe étant cependant que « les opérations de paix de l’Union africaine constituent des réponses locales à des problèmes mondiaux », a souligné le ministre.

Dès lors, a-t-il admis, le renforcement du partenariat existant entre l'Onu et l'Ua « devrait assurément permettre à l’Union africaine de se doter d’outils appropriés pour mener une action efficace et concertée dans l’intérêt de tous ».

Autrement dit, l’Organisation des Nations unies doit accompagner davantage les efforts louables de l’Union africaine dans la prise en charge du problème crucial du financement des opérations de paix et celui de l’opérationnalisation de son architecture de paix et de sécurité.

Mankeur Ndiaye l’a assuré : une telle approche semble d’autant plus opportune que l’Union africaine s’est résolument engagée dans cette direction en posant un jalon important dans la voie du règlement de la problématique du financement prévisible, consistant à porter à 25 % sa contribution au coût de ses opérations de paix. Poursuivant son plaidoyer, la présidence sénégalaise du Conseil de sécurité, par la voix du ministre, a estimé que « ces efforts louables ne doivent pas rester vains.

J’ose espérer que la résolution que nous venons d’adopter ce matin jettera les bases solides d’un règlement définitif de la lancinante question du financement des opérations de paix de l’Union africaine ».

Le ministre s’est dit d’autant plus confiant que « cette résolution salue, à juste raison », les efforts de l’Union africaine visant à porter à 25 % sa contribution au coût de ses opérations de paix.

Pour le Sénégal, « le vote de cette résolution est le signe d’un message de soutien politique fort du Conseil de sécurité adressé à l’endroit de l’Union africaine pour lui faire part de sa disponibilité à l’accompagner dans cette direction ».

Cela ouvre de réelles perspectives pour approfondir la réflexion sur le meilleur moyen d’assurer le financement durable et prévisible des opérations de paix de l’Union africaine.

D. M. F.

AFP - Angela Merkel a annoncé hier son intention de briguer un quatrième mandat de chancelière l'an prochain avec l'objectif notamment de défendre les valeurs démocratiques face à la montée des populismes en Allemagne et dans le monde.

Elle a toutefois prévenu s'attendre à des élections très "difficiles" en Allemagne en 2017, qu'elle abordera en position affaiblie sur le plan intérieur même si sa cote de popularité dépasse les 50% d'opinions favorables.

"Je suis prête à poser à nouveau ma candidature": à 62 ans et au pouvoir depuis déjà onze ans, la chancelière a officialisé sa décision à l'issue d'une réunion à Berlin des dirigeants de son parti conservateur, la CDU, en la plaçant clairement dans le contexte de la poussée des idées populistes. "En Europe et au plan international nous devons défendre nos valeurs et nos intérêts ainsi que, pour parler simplement, notre mode de vie", a-t-elle dit. Parmi les valeurs qui lui tiennent à cœur, cette fille de pasteur élevée dans l'ex-RDA communiste a cité "la démocratie, la liberté et l'Etat de droit". "C'est ce qui me guide", a-t-elle dit, rejetant la "haine" de l'autre.  "Angela Merkel est la réponse au populisme de l'époque, elle est quasiment l'anti-Trump", lui a fait écho un des cadres de la CDU, Stanislaw Tillich. Angela Merkel a averti que les élections législatives allemandes, prévue en septembre ou octobre 2017, s'annonçaient "les plus difficiles" depuis "la réunification allemande" en 1990, en raison de la polarisation de la société et des récents succès de la droite populiste anti-réfugiés de l'Alternative pour l'Allemagne. Cette formation a connu une progression spectaculaire en 2016 lors de scrutins régionaux en dénonçant l'ouverture des frontières du pays par la chancelière à un million de migrants. Mme Merkel a aussi souligné que sa candidature interviendrait dans un contexte mondial agité "avec une situation internationale qui doit être réajustée après l'élection américaine", marquée par la victoire du populiste Donald Trump, et également concernant "la relation avec la Russie".

Mme Merkel est au pouvoir en Allemagne depuis 2005. Au vu des sondages, elle est de loin la mieux placée pour revenir à la chancellerie à l'issue des législatives de 2017, à la tête d'un gouvernement de coalition.

AFP - Quelque 6,2 millions d'électeurs haïtiens ont commencé à voter, hier, pour élire leur futur président ainsi que des députés et sénateurs, après une année de crise institutionnelle et un ouragan dévastateur en octobre.

Les rues de Port-au-Prince, habituellement encombrées par d'importants embouteillages, sont désertes malgré la décision des autorités de ne pas interdire la circulation de véhicules comme lors des précédents scrutins. Cette absence de trafic fait le bonheur des plus jeunes qui transforment les voies publiques en de multiples petits terrains de football.

Sous un ciel menaçant, les files d'attente s'allongent devant certains bureaux de vote, car les policiers, présents en nombre, fouillent les électeurs avant de ne les laisser passer la barrière d'entrée que par groupe de dix.Une fois leurs bulletins glissés dans les urnes en plastique transparents, sous la surveillance des agents électoraux, les électeurs repartent le pouce couvert d'encre indélébile, sécurité assurant qu'une personne ne peut voter plus d'une fois.Parmi les 27 candidats à la présidence se détachent trois favoris : Jovenel Moïse, choisi par l'ancien chef de l'Etat Michel Martelly pour représenter son parti, le Phtk (Parti haïtien Tèt kale), Jude Célestin sous la bannière de la Ligue alternative pour le progrès et l'émancipation haïtienne (Lapeh) et Maryse Narcisse, porte-parole de l'ancien président Aristide. Vingt-cinq postes de députés sur 109 sont également en jeu ainsi que 16 sièges de sénateurs sur 30.Ces scrutins avaient été organisés en octobre 2015 mais, à la suite de vives contestations de l'opposition d'alors, et devant les preuves de fraudes massives, les autorités ont décidé d'annuler l'élection et de reprendre le processus à zéro. 

Cette annulation a empêché Michel Martelly, élu président en 2011, de transmettre le pouvoir à un successeur élu au suffrage universel le 7 février 2016 comme le veut la Constitution haïtienne. Pour assurer l'intérim, le Parlement a exceptionnellement élu, en février, Jocelerme Privert, alors président du Sénat, au poste de président provisoire pour un mandat de trois mois. Mais, dans un pays politiquement divisé et aux institutions faibles, réorganiser les élections dans ce court délai s'est révélé mission impossible. Finalement programmé le 9 octobre, le premier tour de la présidentielle avait été, à nouveau, reporté en raison du passage dévastateur de l'ouragan Matthew sur la moitié sud du pays le 4 octobre.

AFP - L'ex-Premier ministre François Fillon est arrivé largement en tête au premier tour de la primaire de la droite française, devant l'ex-président Nicolas Sarkozy qui risque d'être éliminé, selon les résultats partiels de cette consultation cruciale pour la présidentielle de 2017.

François Fillon a recueilli 43,5 % des suffrages et Nicolas Sarkozy seulement 22,1 %, derrière un autre de ses ministres, Alain Juppé (27,6 %), selon ces résultats qui portent sur près de deux tiers des bureaux de vote. Ces trois candidats distancent très largement leurs quatre autres concurrents, dont une femme, tous estimés au maximum à 3 %.La première primaire de la droite a été marquée par une forte mobilisation des électeurs avec 3,9 à 4,3 millions de participants selon une projection faite à la fermeture des bureaux de vote. Les organisateurs de la primaire ont salué "une formidable participation". "Les gens savent que c'est important, car le candidat qui sera choisi aura des chances d'être élu en 2017", a expliqué à l'Afp la présidente d'un bureau de vote à Nice (sud-est), Madi Latil.  Compte tenu de son impopularité et de ses divisions, la gauche, au pouvoir, risque d'être éliminée dès le premier tour en avril 2017. Le duel final pourrait donc, selon les sondages, se jouer entre le candidat de la droite, sorti de cette primaire, et Marine Le Pen, la chef de l'extrême droite.

Cette configuration a probablement poussé les électeurs de gauche à se déplacer, hier, pour donner leur avis -leurs voix représenteraient 15 % des votes exprimés, selon des estimations données par la télévision Bfm. Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, 71 ans, a longtemps été donné favori par les sondeurs. Ancien Premier ministre de Jacques Chirac entre 1995 et 1997, il a mené bataille sur une ligne pondérée, refusant de "courir" derrière le Front national (Fn) de Marine Le Pen ou de "dresser le peuple contre les élites". Ses détracteurs ont critiqué sa "campagne plan-plan, un peu provinciale", au fort goût de "tisane".  A l'inverse, l'ancien président Nicolas Sarkozy, 61 ans, battu en 2012 par le socialiste François Hollande, a mis un sérieux coup de barre à droite pour reconquérir le pouvoir. Se présentant comme le "défenseur de la majorité silencieuse", il a centré son discours sur l'autorité, la sécurité, l'identité, l'Islam, l'immigration.Ce positionnement a renforcé son image clivante, réactivant le front "tous sauf Sarko" qui l'avait déjà privé de victoire en 2012. 

- 'Fillon président ' -
Finalement, c'est François Fillon, 62 ans, qui fut son discret Premier ministre sous sa présidence (2007-2012), qui a convaincu.Longtemps marginalisé par le duel annoncé Juppé-Sarkozy, cet homme discret et austère a déjoué les pronostics, au terme d'une fulgurante progression dans les sondages ces derniers jours.Ce catholique, père de cinq enfants, porte un projet très libéral sur le plan économique et conservateur sur les questions de société.

Une superficie de 2.345.409 km2, neuf pays frontaliers et quatre vingt-cinq millions d'habitants. Paradoxalement, cette description idyllique du plus grand territoire africain après l'Algérie, qui revendique la première place, est aussi le poison qui tue petit à petit le charme de la République démocratique du Congo. Ces caractéristiques géographiques sont la raison pour laquelle la Rdc peut être facilement déstabilisée, car comment contrôler un pays aussi gigantesque et confronté à l'existence d'autant de frontières ? 

La Rdc est une chaudière dont l'implosion aurait des conséquences incommensurables et incontrôlables avec tous les groupes armés qui se servent de ses frontières poreuses comme base arrière.

Parmi ces groupes armés incontrôlables, les Adf (Forces démocratiques alliées, en français) musulmans venus de l'Ouganda, sont ceux qui posent le plus de problèmes : de rebelles opposés au gouvernement du président Yoweri Museveni, ils ont évolué vers le banditisme armé.C'est en raison de cette situation potentiellement explosive que le Conseil de sécurité de l'Onu a décidé d'envoyer une mission sur place.

La présidence sénégalaise du Conseil a cependant facilité la mise en place de la mission. Présidée par l'Angola, pays à la tête de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs, et co-présidée par la France, la mission a délégué l'ensemble des quinze pays membres du Conseil de sécurité représentés chacun par leur ambassadeur ou leur ambassadeur adjoint. Du 10 au15 novembre derniers, la mission s'est rendue en Rdc (Kinshasa et Nord Kivu) et en Angola (Luanda).

Diplomatie préventive
La présidence sénégalaise était représentée, pour sa part, par l'ambassadeur Gorgui Ciss, représentant permanent adjoint  du Sénégal auprès de l'Onu. M. Ciss, qui nous a fait l'économie de cette visite, l'a d'abord située dans le contexte de la diplomatie préventive que la présidence sénégalaise du Conseil tente de promouvoir au sein de l'instance internationale de décision.

" Ce déplacement du Conseil de sécurité est une activité normale dans le cadre de la diplomatie préventive du Conseil de sécurité, dans sa mission de garantir la paix et la sécurité internationales.

La Rdc est dans une situation assez difficile, avec un processus électoral dans l'impasse, car les élections échues en novembre n'ont pu se tenir.
Et des dispositions doivent être prises pour que des élections démocratiques, transparentes et crédibles soient organisées dans le cadre de la Constitution et de la résolution 2277 de mars 2016 (S/RES/2277(2016), qui appelle à la paix et à la stabilisation de la Rdc", a expliqué le diplomate sénégalais.
Arrivé sur place, le Conseil de sécurité a voulu parler à l'ensemble des acteurs de la vie politique congolaise pour leur transmettre le message suivant : l'organisation d'élections transparentes et crédibles, le rappel de la Constitution congolaise qui fixe le nombre de mandats à deux et la tenue d'un dialogue inclusif en vue d'élections dans un climat apaisé. L'ambassadeur Gorgui Ciss a rappelé que "le président Kabila avait convoqué, en septembre dernier, un dialogue qui avait abouti à la signature d'un accord politique, le 18 octobre suivant, entre la majorité présidentielle et une partie de l'opposition, l'autre partie ayant boycotté". En allant au-devant de l'ensemble des acteurs, mi-novembre, le Conseil de sécurité a voulu faciliter l'adhésion des acteurs à ce dialogue.

Le rôle de puissance régionale de l’Angola
Au Congo Kinshasa, le Conseil de sécurité a ainsi parlé au président Kabila, à l'opposition radicale, à l'opposition consensuelle, à la société civile, aux syndicats, et à la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo) dans le sens du dialogue le plus inclusif possible. Après, le Conseil de sécurité s'est rendu à Luanda, car l'Angola est un pays "très important" qui assure la présidence de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs.

En rendant visite au président Dos Santos, le Conseil a voulu saluer et appuyer le rôle de puissance régionale de l'Angola. Sur place, il a été constaté une identité de vues entre le Conseil et le président angolais sur la situation de la Rdc et les solutions : promotion du dialogue inclusif, rejet de la violence et organisation d'élections pacifiques, transparentes et démocratiques, et à date échue évidemment.

 Sur la base de l'accord d'octobre 2016, ces élections sont prévues en avril 2018, un délai devant permettre l'enrôlement de tous les électeurs sur les listes et la préparation du scrutin. 
Bien entendu, un certain nombre de préalables techniques sont nécessaires à la tenue du scrutin congolais.

Au premier desquels, des mesures de pacification du climat politique délétère. A cet effet, le Conseil de sécurité a demandé au président Kabila de préciser clairement ses intentions. Kabila s'est alors engagé devant la délégation du Conseil de sécurité "à respecter la Constitution", a rapporté l'ambassadeur Gorgui Ciss, rajoutant que le chef de l'Etat congolais s'est adressé au Parlement de son pays et a réaffirmé devant les parlementaires le même engagement. 

De notre envoyée spéciale à New York
Dié Maty FALL

AFP - Le président congolais, Joseph Kabila, a créé la surprise en nommant Samy Badibanga comme Premier ministre, un député issu de l'opposition, mais radié depuis plusieurs années par son parti ; ce qui pourrait diviser encore un peu plus l'opposition.  

"Est nommé Premier ministre Badibanga Ntita Samy", président du premier groupe parlementaire de l'opposition à l'Assemblée nationale, indique une ordonnance présidentielle lue à la télévision publique. Âgé de 54 ans et élu de Kinshasa, M. Badibanga était l'adjoint de Vital Kamerhe, modérateur de l'opposition au "dialogue national" et initialement donné favori à ce poste de Premier ministre. A l'issue de ce dialogue, un accord politique a été signé, le 18 octobre, entre la majorité et une frange minoritaire de l'opposition en République démocratique du Congo. Les signataires ont convenu du report des élections à une date indéterminée et de la mise en place d'un gouvernement d'union nationale dirigé par un Premier ministre de l'opposition.

Mais, cet accord est rejeté par le "Rassemblement" qui représente la majeure partie de l'opposition réunie autour du parti de l'opposant historique Étienne Tshisekedi, l'Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), et avait boycotté ce forum. M. Badibanga est originaire de la province du Kasaï-Oriental (centre) comme M. Tshisekedi. Homme d'affaires actif dans le secteur du diamant, M. Badibanga est le président du groupe parlementaire Udps à l'Assemblée. En février 2012, les 42 membres de ce groupe avaient été radiés par M. Tshisekedi pour n'avoir pas respecté son mot d'ordre interdisant aux élus Udps de siéger. Ainsi, pour le politologue congolais Justin Kankwenda Mbaya, "Samy Badibanga est une solution cosmétique" parce que "le choix de ce renégat de l'Udps vise à diviser ce parti", a-t-il commenté, jeudi, auprès de l'Afp. Ce choix vise aussi, selon lui, à "séduire les militants de l'espace kasaïen" historiquement acquis à la cause de l'opposition. La police et les témoins ont indiqué à l'Afp que des heurts ont éclaté entre 15h00 et 17h00 (14h00 et 16h00 Gmt) autour de la résidence de M. Tshisekedi à Limeté (centre-est de Kinshasa) alors que les militants de l'Udps distribuaient des tracts appelant à un meeting contre le président Kabila demain. M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, son mandat expire le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter. Dans son discours au congrès, il a promis de "respecter la Constitution dans son intégralité", sans dire expressément qu'il ne briguerait pas un troisième mandat.

AFP - Un pré-rapport rédigé sous l'égide de l'Union africaine (Ua) et révélé jeudi remet, de nouveau, en cause les résultats de l'élection présidentielle au Gabon, qui s'est officiellement conclue par la réélection d'Ali Bongo Ondimba, toujours contestée par son rival Jean Ping.

Ce "brouillon" d'un "rapport de mission à la Cour constitutionnelle du Gabon, sous l'égide de l'Union africaine", juge "invraisemblables" les procès-verbaux des bureaux de vote dans la province du Haut-Ogooué où Ali Bongo a assuré sa victoire avec 95 % des voix pour 99 % de participation, lors du scrutin à un tour du 31 août dernier.
Sur l'ensemble des neuf provinces, M. Bongo a officiellement remporté l'élection avec 50,66 % des voix contre 47,24 % à Jean Ping, soit environ 10.000 voix d'avance sur quelque 325.000 électeurs, selon la Cour constitutionnelle qui a rejeté le 23 septembre le recours de M. Ping.

Les deux experts qui signent ce pré-rapport s'interrogent sur la présentation parfaite des procès-verbaux du Haut-Ogooué par rapport à ceux des bureaux dans d'autres provinces du pays, selon ce "brouillon d'un rapport final" de trois pages révélé par la radio française Rfi et le journal gabonais proche de l'opposition Moutouki.  "Les procès-verbaux de la province du Haut-Ogooué sont si bien rédigés, ordonnés (...) qu'ils paraissent invraisemblables", écrivent les deux experts, le président de la Cour constitutionnelle du Tchad et un juge constitutionnel du Togo.
Ils s'étonnent également de "la coïncidence entre le nombre d'inscrits, celui des suffrages exprimés et l'attribution quasi-totale de ceux-ci à un seul candidat" dans cette province fief de la famille Bongo.

"Toutefois, il convient de noter que dans la commune de Libreville, certains procès-verbaux ne sont pas sans susciter des interrogations (...)", ajoutent-ils. La Cour constitutionnelle avait annulé les résultats dans des bureaux de vote de la capitale, augmentant l'avantage d'Ali Bongo sur Jean Ping.

"Ce document n'est pas crédible. C'est un brouillon. Nous ne l'avons pas", a réagi à l'Afp Me Francis Nkea, nommé ministre des Relations avec le Parlement après avoir été l'un des avocats d'Ali Bongo devant la Cour constitutionnelle. 

La « cascade » de retraits de pays africains de la Cour pénale internationale (Cpi) semble se concrétiser avec l’annonce du départ de la Gambie après le Burundi et l’Afrique du Sud.

Entrée en fonction depuis 2003, la Cpi est le premier tribunal international permanent chargé de poursuivre les auteurs présumés de génocides, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Seulement, neuf des dix enquêtes lancées par les magistrats de La Haye visent actuellement des pays africains. Certaines nations de l'Union africaine (Ua) ont dès lors vivement dénoncé cette posture, la qualifiant parfois de « de chasse raciale ».

Il s’en est alors suivi des retraits continus dans un intervalle de temps suffisamment court. Le ministre de l’Information gambien, par exemple, a récemment annoncé le retrait de son pays de la Cpi. Par cette posture, la Gambie imite ainsi l’Afrique du Sud et le Burundi, qui s’étaient déjà retirés. Le ministre gambien de l’Information Sheriff Bojang, se prononçant sur les raison du retrait de son pays accusait, dans une déclaration télévisée, la Cpi de « persécution envers les Africains, en particulier leurs dirigeants », en écho certes, aux critiques régulièrement entendues sur le continent. « Au moins 30 pays occidentaux ont commis des crimes de guerre odieux contre des Etats indépendants et souverains et leurs citoyens depuis la création de la Cpi sans qu’aucun criminel de guerre occidental soit poursuivi », affirmait M. Bojang, citant le cas de l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair, que « la Cour n’a pas poursuivi pour l’invasion de l’Irak en 2003 », affirmait-il.

La décision de retrait a été prise après que la Gambie a tenté en vain de convaincre la Cpi de poursuivre les pays de l’Union européenne pour la mort de nombreux migrants africains en Méditerranée, indiquait le ministre gambien. Il s’agit, en outre, du premier pays d’Afrique de l’Ouest à exprimer cette intention.

L’indignation des défenseursdes droits humains
Les détracteurs de cette juridiction se situaient jusqu’ici dans l’Est et le Sud du continent. Pourtant, malgré son discours souvent vindicatif envers les pays occidentaux et les organisations de défense de droits de l’Homme, un retrait de la Gambie apparaissait jusqu’alors improbable. En effet, la procureure de la Cpi est de nationalité gambienne. Elle a été ministre de la Justice du président Yahya Jammeh. Dans une interview en mai à l’hebdomadaire « Jeune Afrique », le président gambien notait « que ceux qui veulent quitter la Cpi s’en aillent, mais si les pays africains étaient moins faibles et plus unis, nous pourrions peser au sein de la Cour ». Ces annonces de retrait en cascade ont suscité l'indignation immédiate des défenseurs des droits de l'Homme. Elles « démontrent un mépris surprenant pour la justice de la part de ces pays », a réagi Human rights watch (Hrw) dans un communiqué. « Il est important à la fois pour l'Afrique du Sud et la région de ralentir ce train incontrôlable et de restaurer l'héritage chèrement acquis par l'Afrique du Sud de prendre le parti des victimes des atrocités de masse », a ajouté l'Ong. Réagissant aux décisions de retrait, le président de l’Assemblée des Etats-parties au Statut de Rome, fondateur de la Cpi, Sidiki Kaba, énumérait alors ses craintes de voir que « troublant signal n’ouvre la voie à une cascade de retraits d’États africains », dont 34 sur 54 ont ratifié ce Statut. Le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon et M. Kaba ont, sur ce, appelé les pays qui critiquent le fonctionnement de la Cpi à ne pas s’en retirer, mais à résoudre leurs différends par le dialogue avec les autres membres.

M. Kaba, par ailleurs ministre sénégalais de la Justice, a également prôné le renforcement des systèmes judiciaires nationaux, rappelant que si neuf de ses dix enquêtes de la Cpi avaient été ouvertes dans des pays africains, on se passerait de la Cpi, qui est une juridiction d'« ultime recours », et à la demande de ces pays. Si chacun de ces pays jugeait lui-même les crimes relevant de la compétence de la Cour, alors « l’Afrique jugerait les Africains sur le continent », a-t-il plaidé.

« Nous sommes aujourd’hui à un tournant de la justice pénale internationale. Nous regrettons ces retraits, mais il faut reconnaître qu’ils constituent un acte de souveraineté conforme aux conditions d’adhésion et de retrait au Statut de Rome », déclarait Sidiki Kaba. Il ajoutait qu’on ne peut pas balayer d’un revers de main les appréhensions, les critiques et les récriminations des pays africains. Il faut les examiner avec sérieux et les corriger au besoin, ajoutait-il. « Il nous paraît important que des initiatives fortes soient engagées pour trouver une issue heureuse à cette situation », disait également le ministre de la Justice, avant d’appeler à « un consensus ».

Pourquoi ces pays ont décidé de claquer la porte
Le bras de fer diplomatique entre la Cour pénale internationale et l'Afrique du Sud a commencé il y a tout juste un an. La polémique est née du refus d'arrêter le président soudanais, un camouflet pour la justice internationale. À cette époque, le président Omar El Béchir s'était rendu en Afrique du Sud pour assister au sommet de l'Union africaine sans être inquiété par les autorités de ce pays. Alors qu'il est recherché pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour, une région de l'ouest du Soudan en proie à une guerre civile depuis plus de dix ans. L'Afrique du Sud s'était alors défendue expliquant que M. Béchir bénéficiait, de par sa fonction, d'une immunité. C'est précisément cette affaire qui aurait poussé Pretoria de se retirer de la Cpi. Conformément à la procédure, Pretoria « a annoncé par écrit au secrétaire général de l'Onu son retrait » de la Cpi, a déclaré le ministre sud-africain de la Justice, Michael Masutha. Cette décision prendra effet dans un an « à compter de la date de réception » de la lettre adressée aux Nations unies.

La Gambie, quant à elle, est accusée par des Ong et par le département d’Etat américain de disparitions forcées et de harcèlement de la presse et des défenseurs des droits humains ; critiques qu’elle rejette systématiquement. Malgré ses dénis, le président gambien n’a pas hésité à claquer la porte de la Cpi évoquant notamment une démarche faite de « deux poids, deux mesures », dans la marche même d’une Cour chargée de juger « équitablement ».

Le Burundi était lui plongé dans une grave crise depuis que Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat, avant d'être réélu trois mois plus tard. Les violences y ont fait plus de 500 morts et poussé plus de 270.000 personnes à l'exil. Suite à ces retraits notés, le président de l'Assemblée des États-parties au Statut de Rome de la Cpi, Sidiki Kaba, expliquait que « le retrait d'un État partie constituerait un recul dans la lutte contre l'impunité et la marche résolue vers l'universalité du Statut ».

Des discussions entaméespour éviter la contagion
Dans un communiqué diffusé le 24 octobre, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, a lui aussi « déploré » la décision de l’Afrique du Sud et a souhaité que Pretoria « reconsidère sa décision avant que ce retrait ne prenne effet », dans un an. Il a préconisé que les pays ayant des problèmes avec le fonctionnement de la Cpi les résolvent « dans le cadre de l’assemblée des États-parties au Statut de Rome ». Selon le porte-parole de l’Onu, Stéphane Dujarric, des discussions ont déjà été entamées en coulisses par « certains pays préoccupés » par cette cascade de retraits afin de convaincre Pretoria et d’empêcher une contagion à d’autres pays membres de la Cpi. Pour se retirer du traité de Rome, un pays doit en informer le secrétaire général de l’Onu et son retrait prend officiellement effet un an plus tard. Le Burundi semblait devoir être le premier pays à quitter la juridiction internationale après un vote en ce sens de son Parlement. Le président burundais Pierre Nkurunziza a confirmé cette décision, mais l’Onu n’a pas encore reçu la notification officielle.

Oumar BA

Il ne faut pas compter sur le conseiller spécial des Nations unies pour la prévention du génocide, avec rang de Secrétaire général adjoint, pour parler la langue de bois. La voix est suave et l'énoncé fluide, mais au moment où vous vous laissez bercer par son verbe ininterrompu, voilà qu'il prononce des mots qui dénotent dans le discours diplomatique bien rodé. Puis, il continue, sans sourciller, sur les questions d'Etat de droit et de justice internationale qui le passionnent visiblement depuis toujours (voir encadré).

Après le retrait annoncé du Burundi (19 octobre), de l'Afrique du Sud (21 octobre) et de la Gambie (26 octobre) du traité de Rome et donc de la Cour pénale internationale (Cpi), Adama Dieng soupire: "Ils n'ont rien compris!". Il rappelle qu'en 1993, à Genève, deux Sénégalais, Pierre Sané qui dirigeait Amnesty International et lui avaient uni leurs efforts pour proposer un mécanisme international mettant fin à l'impunité générale en Afrique. Les deux mousquetaires avaient été soutenus par "le grand" Stéphane Hessel tandis que le l'ancien ministre sénégalais de la Justice Jacques Baudin, "un grand battant", et leur amie Emma Bonino ont joué un grand rôle en faveur de la création de l'ancêtre de la Cpi. Ce n'est pas un hasard, selon lui, si le Sénégal a été le premier Etat-partie signataire du Traité de Rome.

Le conseiller spécial comprend cependant que si les Africains ont une dent contre la Cpi, c'est parce que deux présidents africains ont été attraits devant la Cour. Le président kényan en exercice, Uhuru Kenyatta, qui a comparu de son propre gré en octobre 2014 et est reparti libre et l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, dont le procès s'est ouvert depuis janvier 2016 au tribunal international de La Haye. Le président soudanais Omar El Béchir a lui échappé de peu à une arrestation en territoire sud-africain en juin 2015 pendant un sommet de l'Union africaine à Johannesburg. « Le Président Uhuru Kenyatta, a eu le courage de faire face à la Cpi. C’était pénible pour lui mais en même temps, il a appris la leçon », se réjouit-il, car à son retour au Kenya, Uhuru est devenu intransigeant sur les atteintes aux droits de l'Homme et a même fait condamner deux personnes de son propre camp qui avaient exercé des violences.

L'honneur d'un chef d'Etat est-il plus important que le sort des victimes ?
En revanche, M. Dieng "regrette profondément" que la présidente de l'Union africaine, Mme Zuma, ait "traîné les pattes" pour lancer la machine judiciaire et faire appliquer les mesures de l'accord sur le Sud Soudan entre le président Salva Kiir et son opposant Riek Machar. Il pense que les dirigeants africains devraient y réfléchir par deux fois avant d'exprimer leur soutien à un chef d'Etat alors qu'ils passent sous silence le sort des milliers de victimes de leur politique. « L'honneur d'un chef d'Etat est-il plus important que le sort des victimes ? », s'étrangle-t-il.

La Cour pénale internationale, dit-il, se saisit des questions de génocide lorsque l'Etat concerné n'exprime aucune volonté politique de les prendre en charge. Lorsque cette bonne volonté est exprimée fortement, la Cpi met en place des mécanismes de soutien pour appuyer les États. C'est le cas en République de Guinée, qui a sollicité et obtenu l'appui de la Cour pour rendre justice aux victimes des massacres et violences suivies de viols perpétrés au stade de Conakry par les troupes de Dadis Camara.

Adama Dieng se montre narquois envers le président de la Gambie, Yaya Jammeh, qui accuse la Cpi d'être un "tribunal caucasien" qui n'inculpe que des noirs. "Pourtant, c'est le même chef d'Etat qui a fait des pieds et des mains pour faire nommer la Procureure Mme Fatou Bensouda qui est de nationalité gambienne, à la Cpi", informe-t-il. Il veut aussi nous faire écouter des vidéos dans lesquelles Yaya Jammeh demande aux Gambiens d'ethnie mandingue de "rentrer chez eux au Mali". Au demeurant, avertit-il, le retrait des pays de la Cpi n'arrête pas la procédure de la Cour. Même après le retrait des Etats-parties, le Conseil de sécurité a toujours la possibilité de référer leur cas devant la Cpi et d'attraire ceux qui sont accusés devant le juge international. À cet effet, il félicite le Sénégal d'avoir intégré la compétence universelle.

Quant à la fronde anti-Cpi des Etats africains, il espère que ces derniers auront le courage de déférer devant l'assemblée des Etats-parties « brillamment dirigée par notre compatriote Sidiki Kaba », en vue d'identifier les faiblesses de la Cpi, de proposer des amendements pour les corriger dans le cadre de la primauté du droit. « Car aucune organisation n'est parfaite et la Cpi peut toujours évoluer et être améliorée », plaide-t-il. Et les critiques contre la politisation de la Cour pénale internationale ? Adama Dieng dit que ce sont les mêmes États qui avaient réclamé l'indépendance du Procureur à la création de la Cour qui s'insurgent maintenant contre elle. Ils devraient pouvoir en discuter au lieu de se retirer. Prenant le cas du président El Bachir, le conseiller spécial dit que l'Etat de droit ne connaît ni le riche et le puissant, ni le pauvre et le faible, mais la primauté du droit. Et que les États africains ne devraient pas s'engager du bout des lèvres. Citant Nelson Mandela, il déclare se battre contre l'obscurantisme et pour l'éducation, « l'éducation étant la clé qui résout les problèmes de nos pays. Il faut apporter aux populations la nourriture juridique pour les mettre à l'abri de l'arbitraire judiciaire. De ce point de vue, la connaissance du droit est importante ».

Lorsqu’on nie l'identité de l'individu
Ce n'est pas parce que le conseiller spécial des Nations unies pour la prévention du génocide se déplace dans un Etat qu'il y soupçonne un génocide, des crimes de guerre ou des atteintes massives aux droits de l'Homme. Non. « Mon mandat est de les prévenir », explique-t-il. Le génocide commence lorsqu'on nie l'identité de l'individu, qu'on nomme les gens par des noms d'animaux (cafards, vermines, vipères) et qu'on les tue pour ce qu'ils sont, pas pour ce qu'ils ont fait. Quand on utilise un terme animal pour désigner un être humain, c'est le début de la déshumanisation. Les mots peuvent tuer autant que les balles. Regardez la radio de la haine, la radio « Mille collines ». Elle a propagé un discours de haine durant les 100 jours de folie qui ont saisi le Rwanda en 1994. Les Hutus modérés et les Twas ont été massacrés", déclare Adama Dieng.
C'est pourquoi, le discours des autorités au Sud Soudan lui fait beaucoup de peine aujourd'hui. Non seulement cela lui rappelle la situation de 1994 au Rwanda, mais après tout le mal qu'il s'était donné pour soutenir John Garang et Riek Machar, revoir la même situation se reproduire le met en colère contre ses anciens protégés. Au Sud Soudan, si la paix ne revient pas, ce sont cinq millions de personnes qui seront massacrées à l'autel de la guerre fratricide et de la famine ! Au nom de la « common responsibility », Riek Machar est considéré comme comptable des exactions de ses hommes car il n'est pas censé les ignorer. Un possible futur client pour la Cpi à l'instar de Charles Taylor, qui purge actuellement sa peine de prison en Grande Bretagne. Tandis que Jonas Savimbi et Foday Sankoy sont morts.

Le génocide a son autre avatar, le déni de génocide ou le négationniste. Le génocide de Srebrenica ou plus de 8.000 populations musulmanes ont été assassinées parce que musulmanes, bien que reconnu par l'Onu et la Cour internationale de justice, ne l'est pas par les autorités de cette ex-République de Yougoslavie. Le prix Nobel de la paix, ex-prisonnière politique du régime des généraux en Birmanie, Aung San Su Kyi, refuse par exemple, que soit seulement évoqué le problème des Rohingas, la minorité musulmane opprimée et poussée à l'extinction, qui selon elle, n'existe pas. Étonnant de la part d'une ancienne victime de l'oppression et qui avait bénéficié du soutien du monde entier pour sa libération.
Pour finir, la meilleure arme, pour le conseiller spécial des Nations unies pour la prévention du génocide, en vue de prévenir contre l'incitation à la violence criminelle, reste « le travail formidable des médias et des leaders religieux ».

Envoyée spéciale à New York, Dié Maty FALL

L’élection surprise de Donald Trump à la Maison Blanche a apparemment créé un véritable séisme géopolitique. Dans les capitales européennes, de Bruxelles à Berlin en passant par Paris, Londres ou Varsovie, la réaction est la même : angoisse et stupeur. Complètement déboussolée, toute l’oligarchie des pays occidentaux a, dans un réflexe de survie, lancé des messages plus ou moins virulents au nouveau président américain pour le dissuader d’aller jusqu’au bout de certaines de ses promesses de campagne. En effet, le candidat Trump avait promis d’améliorer ses relations avec la Russie, de renégocier l’accord sur le nucléaire iranien, de trouver une solution au conflit syrien, de concert avec le président russe, Vladimir Poutine, et d’exiger des pays de l’Otan de consacrer 2 % de leur Pib (conformément à la charte) aux dépenses de l’organisation s’ils voulaient bénéficier de la protection des Etats-Unis… Il faut dire que jusqu’ici, Washington assurait 70 % des dépenses de l’Otan en y consacrant 3,3 % de son Pib. C’est donc tout un pan des relations internationales issues de la Seconde Guerre mondiale qui est menacé par la nouvelle approche du président américain.

Ainsi, on a vu des dirigeants européens lancer pratiquement un ultimatum à ce dernier en lui demandant d’éclaircir sa position par rapport à la Russie, au partenariat avec l’Ue, à son engagement dans l’Otan et au conflit syrien. Une manière de dire au président Trump de revenir sur ses décisions, car celles-ci ont été clairement exprimées pendant sa campagne électorale. En réalité, la plupart des pays de l’Ue craignent des « retrouvailles » entre les Etats-Unis et la Russie, une occurrence qui, pensent-ils, pourrait se faire à leur détriment. Pourtant, un dialogue entre Moscou et Washington pour trouver une solution pacifique aux différends qui les opposent devrait réjouir tout le monde, car il conduit à une désescalade de la tension internationale très forte entre l’Otan et la Russie depuis le retour de la Crimée dans ce pays en 2014. Ces derniers mois, une crainte grandissante de l’éclatement d’un conflit nucléaire mondial s’était emparée de millions de personnes surtout dans l’hypothèse où Hillary Clinton remportait l’élection présidentielle aux Etats-Unis. Mme Clinton était partisane d’une politique de confrontation avec la Russie, dans le sillage du président Obama. Elle écoutait ceux qui lui conseillaient d’établir une zone d’exclusion aérienne en Syrie ; ce qui conduirait directement à une guerre avec la Russie qui ne peut être que nucléaire et mondiale. Le conflit en Ukraine, autre abcès de fixation des mauvaises relations entre la Russie et l’Otan, pouvait à tout moment dégénérer, d’autant plus que, arguant une attitude « agressive » de Moscou, l’Otan avait dépêché des soldats dans les pays baltes et installé, en Pologne et en Roumanie, des éléments d’un bouclier anti-missile ressenti comme une menace à la sécurité de la Russie par Vladimir Poutine. Et à cela il répondra par l’installation de missiles Iskander dans l’enclave de Kaliningrad. A cause d’une volonté de s’opposer à tout relèvement de la Russie après la chute de l’Urss, les Etats-Unis, à travers l’Otan, ont pratiqué une politique d’endiguement qui s’est manifestée depuis la présidence de Bill Clinton par une violation des accords interdisant d’inclure des pays de l’ex-bloc soviétique dans l’organisation militaire occidentale et de nouveaux entrepôts d’armes en Europe. Un parfum de guerre froide régnait.

Les sanctions économiques contre Moscou et l’hystérie antirusse en Europe, attisées par l’administration Obama, avaient atteint un tel niveau qu’elles ne pouvaient déboucher, à terme, que sur un conflit militaire. Non pas parce que les Etats-Unis et la Russie le voudraient, mais à cause de pays qui, forts de leur appartenance à l’Otan, se permettaient de provoquer Moscou.

C’est pourquoi le nouveau discours de Donald Trump est porteur d’espoir « sans aucune naîveté de notre part cependant» pour tous les peuples épris de paix. En même temps, il a révélé une Europe qui sans les Etats-Unis semble perdue, comme incapable de se gouverner elle-même. Ce qui, vu d’Afrique, est étonnant pour des pays ayant l’habitude de jouer au gros poisson dans une petite mare sur notre continent.

Par Ibrahima MBODJ

Barack Obama, pour son dernier voyage auprès d'une Europe ébranlée par l'élection de Donald Trump, l'a invitée, hier, à Athènes, à être "forte et unie", tout en mettant en garde contre la montée des nationalismes.

"Nous pensons qu'une Europe forte, prospère et unie n'est pas seulement bonne pour les peuples d'Europe, mais bonne pour le monde et bonne pour les Etats-Unis", a déclaré le président américain à son homologue grec, Prokopis Pavlopoulos, qui l'accueillait au palais présidentiel à Athènes.

Un peu plus tard, Barack Obama a mis en garde contre "la montée d'une sorte de nationalisme sommaire, d'identité ethnique ou de tribalisme construit autour de la notion de +nous+ et +eux+", évoquant tant l'élection de M. Trump que le Brexit et la place occupée en France par le parti d'extrême droite Front national.  Ce n'est pas par hasard que le président américain a choisi la Grèce pour figurer parmi les deux pays européens de sa tournée d'adieux, avec l'Allemagne, où des dirigeants européens de premier plan comme le Français François Hollande, la Britannique Theresa May et l'Italien Matteo Renzi devront se rendre, vendredi, pour rencontrer une dernière fois M. Obama, autour de la chancelière Angela Merkel.

La Grèce est "le berceau de la démocratie", a rappelé M. Obama, et elle a montré l'exemple avec la crise des réfugiés : un million de personnes, notamment des Syriens et des Irakiens, ont foulé son sol depuis 2015 et plus de 60.000 s'y trouvent encore. "Je veux remercier publiquement le peuple grec", a déclaré M. Obama. Il a fait montre d’"une compassion extraordinaire", a-t-il ajouté.

Le 44e président des Etats-Unis avait probablement imaginé une autre tonalité pour ce qui est aussi de sa tournée d'adieux à l'Europe après huit années au pouvoir. Mais, Donald Trump est dans tous les esprits, et avec lui une cascade d'interrogations sur la direction que le futur président entend donner à l'Amérique sur nombre de grands dossiers internationaux. Au cours d'une conférence de presse, lundi, à Washington, M. Obama s'était voulu rassurant, soulignant combien démanteler ou détricoter les traités n'était pas affaire aisée.

Hier, il a souligné que Donald Trump lui avait assuré, pendant leur premier entretien en tête-à-tête, qu'il soutenait, par exemple, une Otan forte. Chacun essayait, hier, de partager cet espoir. Ainsi, à Bruxelles, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, s'est dit "certain" que le président élu respecterait "tous les engagements des Etats-Unis" à l'égard de l'Alliance atlantique.

AFP

Le Comité du ministère des Affaires étrangères chargé du Conseil de sécurité est un organe présidé par le ministre des Affaires étrangères et coordonné par son directeur de cabinet. Il comprend le secrétaire général adjoint, les directeurs des directions du ministère, trois anciens ambassadeurs cooptés qui ont travaillé à la mission du Sénégal auprès de l'Onu et un chancelier. Ce comité travaille en étroite collaboration avec la mission permanente de New York et se réunit deux fois par semaine.

L'amicale des anciens ambassadeurs de la carrière diplomatique à être créée il y a six ans et cinq mois. Elle est une association légalement reconnue. Selon l'ancien ministre et ambassadeur Seydina Oumar Sy, leur ambition est du "delo njukal", c'est-à-dire "ce que le Sénégal nous a donné, nous voulons le rendre au Sénégal". L'amicale a signé un protocole de partenariat d'une durée de deux ans avec le ministère des Affaires étrangères. Massamba Sarre en est le président, Kéba Birane Cissé le vice-président, Seydou Nourou Bâ le secrétaire général, Saliou Cissé le secrétaire général adjoint, Silcarneyni Guèye le trésorier général, et le comité des sages est dirigé par Seydina Oumar Sy.

Par ailleurs, et pour la première fois, le ministère des Affaires étrangères a organisé un voyage d'immersion au Conseil de sécurité de l'Onu et invité la presse sénégalaise, médias privés comme médias étatiques, presse écrite, audiovisuelle et online à couvrir, à ses frais, la présidence sénégalaise. Habituellement, ce sont les chancelleries étrangères qui invitent les journalistes sénégalais à des voyages de découverte et d'études de leur pays tout frais payés. Ils les font voyager à travers toute leur contrée et leur font découvrir leurs institutions, leurs populations et leurs paysages. Sans ces invitations, il serait difficile pour un journaliste d'obtenir un visa et de vivre pendant un mois au Japon ou d'effectuer un stage au département d'Etat américain, en crapahutant d'est en ouest et du nord au sud  des Usa. C'est une nouveauté en ce qui concerne le Sénégal et le ministère des Affaires étrangères, et c'est une fierté légitime pour un journaliste sénégalais. Nous avons été libres de nos mouvements, pas de guide sur chacun de nos pas, et une collaboration étroite de chaque employé de la mission diplomatique, particulièrement celle de l'ambassadeur Fodé Seck et du journaliste Dame Babou.

D. M. F.

AFP - Le président bissau-guinéen, José Mario Vaz, a annoncé, hier, la démission du gouvernement dirigé depuis juin par le Premier ministre Baciro Dja afin de former une nouvelle équipe, conformément à un accord signé il y a un mois pour sortir le pays d'une longue crise politique. "La mise en place de l'accord de Conakry entraîne la démission du gouvernement", a affirmé M. Vaz dans une déclaration à la Nation faite devant la presse au palais présidentiel.

"Cet accord ne prévoit pas le choix d'un Premier ministre à l'unanimité, mais par consensus. Et ce consensus n'a pas été atteint", a-t-il ajouté, se déclarant par conséquent tenu de "démettre le gouvernement et nommer un nouveau Premier ministre qui aura la charge de former un gouvernement inclusif pour sortir le pays de la crise".Aucun délai n'a été fixé pour cette  nomination, une source à la présidence indiquant simplement qu'elle interviendrait "dans les prochaines heures".

Cette annonce fait suite à la visite, début novembre, d'une mission de médiation régionale conduite par la présidente libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, pour presser les protagonistes de la crise d'appliquer l'accord qu'ils ont conclu le 14 octobre à Conakry sous l'égide du président guinéen, Alpha Condé."Le président (Vaz) a pris la décision historique de nommer le plus rapidement possible un Premier ministre sur la liste des trois noms proposés à Conakry", avait affirmé, le 5 novembre, le président de la Commission de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), Marcel Alain de Souza.La Guinée-Bissau traverse des turbulences politiques depuis la destitution, en août 2015, par le président Vaz, de son Premier ministre Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (Paigc), auquel tous deux appartiennent.

Le Paigc contestait la désignation de Baciro Dja. Ses députés refusent de siéger, empêchant le Parlement de fonctionner.L'accord de Conakry n'a pas réglé le point essentiel du choix d'un Premier ministre, mais énoncé le principe d'une "procédure consensuelle" pour choisir une personnalité "ayant la confiance du président" devant rester en place jusqu'aux élections législatives de 2018.

Selon la Constitution, le choix du Premier ministre revient au parti majoritaire.
Or, le PAIGC ayant perdu sa majorité absolue de 57 sièges sur 102 à la suite de la fronde de 15 députés, M. Vaz veut s'appuyer sur une majorité alternative, constituée des 41 députés du Parti de la rénovation sociale (PRS, opposition), et des 15 frondeurs.

AFP - Le chef de l'ex-junte malienne, le général Amadou Sanogo, sera jugé devant les assises à Bamako à partir du 30 novembre pour "assassinat et complicité" d'assassinat de militaires dont les corps ont été découverts dans un charnier en 2013, a-t-on appris hier de source judiciaire. 

"Le procureur général près de la Cour d'appel de Bamako informe l'opinion de l'ouverture le 30 novembre 2016 d'une session d'assises au cours de laquelle sera évoquée l'affaire Amadou Sanogo et plusieurs autres accusés d'enlèvement de personnes, assassinat et complicité", selon un communiqué officiel. "Nous sommes heureux d'apprendre qu'il (M. Sanogo) sera enfin jugé. Nous voulons que justice soit rendue. Nous voulons savoir ce qui s'est passé. Nous voulons savoir comment nos pères ont été arrêtés, comment ils se sont retrouvés dans une fosse commune", a déclaré à l'AFP Amadou Kanté, un responsable de l'association des familles de militaires disparus. 

"Nous voulons un procès public, pas de procès bâclé et que la vérité éclate", a poursuivi M. Kanté. Selon le Code pénal malien, Amadou Sanago risque la peine de mort. "En raison de la particularité du dossier et dans le but de maintenir l'ordre et la sécurité à l'occasion de ce procès, le parquet général a installé en son sein un secrétariat dédié", ajoute le communiqué sans mention des coprévenus. La Chambre d'accusation de la Cour d'appel de Bamako a annoncé en décembre 2015 le renvoi aux assises de 18 militaires, dont le général Sanogo, ainsi que les généraux Yamoussa Camara, ancien ministre de la Défense, et Dahirou Dembélé, ex-chef d'état-major des armées, dans l'affaire dite des "Bérets rouges".

Opposés au putsch de mars 2012 conduit par Amadou Sanogo, alors obscur capitaine de l'armée, qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, les "Bérets rouges" avaient vainement tenté un contre-coup d'Etat un mois plus tard avant d'être pourchassés par les putschistes. Les corps d'une vingtaine de militaires appartenant à cette unité parachutiste avaient été retrouvés en décembre 2013 dans un charnier à Diago, près de Kati, qui fut le quartier général de Sanogo et de ses hommes.

Dans les mois qui ont suivi le coup d'Etat, Sanogo et ses hommes ont été accusés de nombreuses violences à l'encontre de "Bérets rouges" ainsi que d'hommes politiques, de journalistes et de membres de la société civile. Promu général, l'officier est ensuite tombé en disgrâce au terme d'une transition qui s'est achevée en août 2013 par l'élection du président Ibrahim Boubacar Keita.Ce putsch a précipité la déroute de l'armée face à la rébellion touareg et aux groupes jihadistes dans le nord du Mali.

AFP - Des dockers du port de Nouakchott en grève depuis plus d'une semaine pour protester contre une réforme de leur activité ont suspendu leur mouvement pour négocier avec les autorités mauritaniennes, a-t-on appris hier de sources concordantes.

Une trentaine de dockers arrêtés le 7 novembre après des heurts avec la gendarmerie ont tous été libérés en milieu de semaine, a par ailleurs indiqué i à l'Afp un porte-parole des grévistes, Sidna Ould Mohamed. Le mouvement concerne une partie des dockers qui protestent contre le déchargement en ville des conteneurs, et non plus au port de Nouakchott, les privant selon eux d'une substantielle source de revenus. 

"Les dockers ont repris jeudi le travail momentanément pour favoriser les négociations engagées par les syndicats avec l'Etat et le patronat", a affirmé M. Ould Mohamed. "Les syndicats ont remis au ministère de l'Emploi les principales revendications des travailleurs (des dockers) qui les présentera aux employeurs", a indiqué à l'Afp le secrétaire général de la confédération générale des travailleurs de Mauritanie (Cgtm), Mohamed Abdallahi qui a confirmé la suspension de la grève.

"Nous avons suggéré de continuer à décharger les conteneurs au port en attendant la mise en œuvre d'une réforme accordant aux dockers des salaires permanents que le gouvernement étudie actuellement", a ajouté M. Abdallahi.Le porte-parole du gouvernement, Mohamed Lemine Ould Cheikh, a affirmé jeudi soir au cours d'un point de presse que "les responsables portuaires s'acheminent vers l'octroi de salaires permanents aux dockers".

Le Premier ministre Justin Trudeau s'était engagé il y a quelques semaines auprès du secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon sur la participation du Canada à des opérations de maintien de la paix.

"Notre gouvernement s’apprête à demander à quelque 600 membres des forces armées canadiennes de partir en mission à l'appui des opérations de soutien de la paix des Nations Unies", a indiqué hier Harjit Sajjan, le ministre de la Défense dans une déclaration à l'occasion de la journée du souvenir. Cet engagement serait sur trois ans et le gouvernement doit entériner le programme, a souligné Jordan Owens, porte-parole du ministre de la Défense. Le ministre n'a pas désigné à ce stade les pays africains où les soldats canadiens seraient déployés mais le Mali serait l'un de ces pays. Harjit Sajjan s'y est rendu ces derniers jours, ainsi qu'au Sénégal voisin, après une précédente tournée en août en Afrique de l'est (Ethiopie, Kenya) et en République démocratique du Congo. Dans un entretien récent au Toronto Star, le ministre avait évoqué le déploiement dans plusieurs pays pour former des forces armées locales et participer aux efforts de ces pays contre la radicalisation. "Le Canada se réinvestit dans les missions de paix, et je suis venu au Mali pour écouter la partie malienne, (...) pour bien comprendre avant de prendre les décisions", avait déclaré dimanche M. Sajjan à l'issue de sa rencontre à Bamako avec le président Ibrahim Boubacar. Les Nations unies avaient fait part récemment de leur intérêt à voir des hélicoptères canadiens être déployés au Mali, d'où les Pays-Bas ont prévu de retirer leurs sept appareils en janvier.

Derrière la couleur rouge qui a dominé la carte électorale des Etats-Unis le soir de l'élection présidentielle, parlementaire (députés et sénateurs) et territoriale (gouverneurs) de mardi dernier, se cache des nuances qui prennent l'allure de fractures entre les électeurs. Les clivages concernent les zones urbaines et rurales, les Afro-Américains, les femmes ou les "petits candidats".

Les habitants des grandes villes ont massivement voté pour la candidate démocrate tandis que les habitants des zones rurales et ouvrières ont voté de même pour le candidat républicain.
Aux Etats-Unis, le monde financier et économique est traditionnellement démocrate. C'est pourquoi les habitants de Manhattan, l'un des cinq arrondissements de New York, ont voté à seulement 10% pour Trump contre 87,2% pour Clinton. Les propos obscènes de Trump sur l'anatomie féminine et son machisme  ne semblent pas avoir eu d'impact significatif sur le vote des femmes. Car cela n'a pas empêché 42% d'entre elles à glisser leur bulletin dans l'urne pour lui. Hillary Clinton recueillant, elle, 54% chez l'électorat féminin soit seulement 1% de plus qu'Obama en 2012.

Une majorité d'Américains a voté pour la candidate démocrate, et selon les estimations du New York Times, Hillary récolterait davantage de voix que son adversaire sur le plan national. En fait, ce sont les grands électeurs qui élisent formellement le président aux Etats-Unis. Le candidat arrivé en tête dans un État emporte la totalité des grands électeurs correspondants.
C'est le « raw gaddu » à la Sénégalaise. Au finish, il est donc possible d'obtenir une majorité au sein du collège électoral (grands électeurs) sans avoir la majorité en termes de voix au niveau national (citoyens votants). Outre Donald Trump en 2016 et George W. Bush en 2000, trois autres présidents américains  (en 1824, 1876 et 1888) ont été élus de cette manière.
Les Afro-Américains ont voté en faveur d'Hillary Clinton, mais le score considérable de la candidate démocrate est moins important que celui de Barack Obama en 2012 (93%). Cela s'explique par le fait que les minorités noires se sont moins mobilisées que pour les élections de 2008 et 2012, malgré l'implication d'Obama qui a multiplié les meetings de soutien à Hillary Clinton dans les Etats ou ces minorités sont importantes.

Les « petits candidats » semblent avoir récolté plus de voix que lors des précédentes élections.

Gary Johnson, ancien gouverneur de New Mexico, a révolté 3,3% des voix au niveau national, un score largement supérieur à celui qu'il avait obtenu en 2012, avec un peu moins de 1% des voix. Johnson était le candidat libertarien, favorable à une importante baisse des impôts, à l'ouverture des frontières et à la légalisation du cannabis. Au Nouveau Mexique, il a même obtenu 9,3% des voix.

Evan McMullin, candidat républicain indépendant, inconnu au bataillon a néanmoins obtenu plus de 20% dans l’Utah dont il est originaire, se plaçant troisième derrière Hillary Clinton. Au niveau national, McMullin n'obtient que 0,3% des voix, mais il n'était présent que dans onze états sur cinquante.

Enfin, selon les premiers chiffres de The United States Elections Project, le taux de participation à l'élection présidentielle de ce mardi était de 54,2%, en baisse par rapport aux trois dernières élections de la même nature. En 2008, pour la première élection de Barack Obama, le taux de participation était même de 57,1%. Trump et Clinton ne semblent pas avoir créé de l'engouement populaire en 2016.

De notre envoyée spéciale à New York, Dié Maty FALL

AFP - Le chef de l'Etat gambien, Yahya Jammeh, en lice pour un cinquième mandat, a déposé hier son dossier de candidature, assurant qu'il n'était nullement affecté par les critiques à son encontre.

"Peu importe ce que les gens disent de moi, je n'en suis pas touché", a déclaré M. Jammeh, 51 ans, après avoir remis son dossier à la Commission électorale indépendante (Cei), au dernier jour du délai prévu pour formaliser les candidatures. "Je n'écoute personne parce que je sais ce qui est important. C'est entre moi et Dieu. 

On veut écouter tout le monde, et satisfaire tout le monde, et on finit par satisfaire des méchants. Faites ce qui est juste, assurez-vous de ne satisfaire que Dieu le Tout-Puissant", a-t-il ajouté, s'exprimant en public. Par la même occasion, il a évoqué une plate-forme de ses projets notamment en faveur d'une éducation gratuite et de soins de santé pour tous, indiquant que son gouvernement croyait particulièrement en la responsabilisation des femmes.

La campagne pour la présidentielle doit débuter le 16 novembre, le scrutin à un seul tour se tiendra le 1er décembre.
Parvenu au pouvoir par un coup d'Etat en 1994, Yahya Jammeh a été élu une première fois en 1996, puis constamment réélu depuis.
Il va représenter l'Alliance pour la réorientation et la construction patriotique (Aprc), son parti.

Il affrontera deux autres candidats, qui avaient déposé avant lui leurs dossiers à la Cei: Adama Barrow, soutenu par une coalition de l'opposition, et Mama Kandeh, ex-membre de l'Aprc en lice pour le Congrès démocratique de Gambie (Gdc), un parti récemment créé.

Assis côte à côte dans le Bureau ovale --image longtemps inimaginable-- Barack Obama et son successeur Donald Trump se sont efforcés, hier, de mettre de côté des mois de campagne acrimonieuse, insistant sur leur volonté de travailler pour le bien de la démocratie américaine.

"Monsieur le président, c'était un grand honneur d'être avec vous", a déclaré le milliardaire populiste, élu mardi à la surprise générale, se disant impatient de recevoir les conseils de celui qu'il avait qualifié de « président le plus ignorant de l'histoire ». M. Obama a évoqué, de son côté « une excellente conversation » avec celui dont il a dit, durant la campagne, qu'il représentait une menace pour la démocratie américaine.

"Nous voulons faire tout ce que nous pouvons pour vous aider à réussir", a-t-il ajouté à l'issue de ce tête-à-tête de 90 minutes.

L'extravagant républicain, qui prendra ses fonctions le 20 janvier et qui a largement mené sa campagne sur une rhétorique incendiaire, est apparu crispé presque intimidé, au côté de son hôte. Les deux hommes, qui se sont serré la main après s'être exprimés devant les journalistes, n'ont répondu à aucune question.

Mais ils ont plaisanté au moment où la presse quittait la pièce: "Une bonne règle: ne répondez pas aux questions quand ils commencent à crier", a dit en souriant M. Obama, se penchant pour donner une petite tape sur le bras de l'homme d'affaires new-yorkais.Interrogé sur l'atmosphère dans le Bureau ovale, Josh Earnest, porte-parole de M. Obama, a affirmé que la rencontre, avait semble-t-il, été "un peu moins étrange que ce à quoi certains s'attendaient"."Nous ne pouvons pas nous permettre d'élire ce type! Ce n'est pas possible! Ce n'est pas possible!", avait déclaré M. Obama à Las Vegas, quelques jours avant le scrutin. L'élection surprise de Donald Trump, portée par la colère d'un électorat se sentant ignoré des élites et menacé par la mondialisation, a brisé les rêves de la démocrate Hillary Clinton, que tous les sondages donnaient gagnante, de devenir la première femme à accéder à la présidence.Mais elle menace aussi le bilan de Barack Obama (climat, assurance-santé, libre-échange...) dont la cote de popularité est, cruel paradoxe pour lui, au plus haut.

D. M. F.

|AFP - Le président sud-africain, Jacob Zuma, a échappé, hier, sans surprise, à une nouvelle motion de défiance déposée au Parlement par l'opposition, malgré les critiques croissantes suscitées, y compris dans son camp, par les affaires de corruption qui le visent.

Au terme d'une séance électrique, le Congrès national africain (Anc) de M. Zuma, qui dispose d'une confortable majorité absolue parmi les députés, a fait barrage au texte visant son chef, rejeté par 214 voix contre 126. Le texte rejeté a pour origine la publication, la semaine dernière, d'un rapport de la médiatrice de la République, qui a illustré par le menu l'influence exercée sur le gouvernement par la richissime famille Gupta, avec la complicité du président. Entre autres exemples, ce document affirme que les Gupta ont offert un pot-de-vin de 40 millions d'euros au vice-ministre des Finances Mcebisi Jonas, qu'il assure avoir refusé.Le rapport publié la semaine dernière vient s'ajouter à la longue liste des affaires qui ont défrayé la chronique de la présidence Zuma, à commencer par celle des travaux effectués avec de l'argent public dans sa résidence privée qui l'a contraint à rembourser 500.000 euros.

Plus de vingt ans après l'entrée en fonction du premier gouvernement post-apartheid en 1994, cette litanie suscite de plus en plus de colère dans la jeune démocratie "arc-en-ciel".
Depuis le revers subi aux élections locales d'août, la révolte a gagné les rangs du parti au pouvoir.

Mais le chef de l'Etat garde encore, pour l'instant, le soutien de sa majorité. "Les personnes clé de l'Anc sont très favorables à Zuma", a confirmé à l'Afp Patrick Bond, professeur d'économie politique à l'université du Witwatersrand à Johannesburg.

Le mandat de Jacob Zuma à la tête du pays s'achève en 2019. Mais dès fin 2017, l'Anc élira un nouveau président pour le parti et pourrait décider, dès ce moment-là, de le remplacer à la tête de l'Etat, pronostiquent déjà plusieurs analystes.

À Los Angeles, Chicago, Washington,  Boston ou New York, des milliers de manifestants ont défilé dans les rues mercredi soir contre l'élection-surprise du républicain Donald Trump. Munis de pancartes hostiles au président élu, comme "pas mon président!", les jeunes manifestants criaient leur colère contre le système électoral qualifié de "ridicule" et qui a "vraiment besoin d'être réformé". À New York particulièrement, les manifestants étaient partis à quelques centaines de personnes et ont été rejoints en début de soirée par plusieurs milliers de participants. Pour la plupart optimistes, ils assurent ne pas vouloir laisser la présidence de Trump arrêter le progrès dans le pays. D'autres, moins optimistes disent se sentir vraiment mal et avoir du mal à admettre ce qui s'est passé. Dans la Grosse Pomme (Big Apple, le surnom de New York), les manifestants se sont réunis au beau milieu de Manhattan, à Union Square, avant de remonter vers la Trump Tower, ou vit le milliardaire nouvellement élu président. 

Devant le gratte-ciel situé sur la luxueuse 5ème Avenue, au niveau de la 57eme rue, l'un des opposants Anti-Trump déplorait l'incohérence du système électoral américain du suffrage universel indirect qui fait que Hillary Clinton a obtenu 200.000 voix de plus que Trump, selon un comptage encore provisoire, mais a été devancée en termes de nombre de grands électeurs. Mme Clinton a devancé Trump dans le vote populaire, mais lui a gagné le plus de grands électeurs. Ces manifestants ont le sentiment amer que leur vote a été confisqué par un système "ridicule".

Les manifestants déclarent qu'ils sont bien conscients que leurs protestations ne changeront pas la donne de l'élection, mais qu'ils espèrent que cela influencera une réforme à venir et que cela servira d'alerte pour tous. Les discours de Trump durant la campagne et depuis un an qu'il avait déclaré sa candidature ont régulièrement et systématiquement stigmatisé les musulmans, les minorités sexuelles, les noirs et les latinos.

D. M. F.

AFP - Le consulat allemand de Mazar-i-Sharif, dans le nord de l'Afghanistan, a été visé, hier soir, par un attentat meurtrier de très forte puissance au camion-suicide, revendiqué par les Talibans, a-t-on appris de sources concordantes.

L'explosion, qui a été entendue dans toute la ville, a fait au moins deux morts et 32 blessés admis à l'hôpital local, selon un premier bilan fourni par le médecin-chef de l'établissement, le Dr Noor Mohammad. Le responsable de la police locale, Sayed Kamal Sadat, a indiqué avoir envoyé des renforts pour obtenir davantage d'informations, tandis que les ambulances se précipitaient sur place toute sirènes hurlantes.

Le porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid, a revendiqué "l'opération martyr" dans un communiqué, affirmant qu'elle a été conduite "en représailles" aux frappes aériennes américaines qui ont tué au moins 32 civils à Kunduz (nord) le 3 novembre.  Il a affirmé que des "assaillants" avaient pu pénétrer à l'intérieur du bâtiment pour y poursuivre l'attaque, mais ceci n'a pas été confirmé de sources indépendantes, même si des habitants voisins du consulat faisaient état d'échanges de tirs sur les réseaux sociaux.

Selon le correspondant de l'Afp, qui n'a pu atteindre le lieu de l'attentat ceinturé par les forces de l'ordre, l'explosion a brisé toutes les vitres "dans un rayon de plusieurs kilomètres" et réveillé les habitants qu'il a entendu pleurer et hurler de frayeur.Des hélicoptères survolent actuellement la zone, a-t-il ajouté.

L’élection de Donald Trump a provoqué des sentiments d’inquiétude parmi les immigrés aux Etats-Unis. Le magnat de l’immobilier va-t-il mettre en œuvre une politique raciste ou ses déclarations étaient-elles de simples propos de campagne ? Le malaise n’est pas dissipé.

En conduisant mercredi matin ses deux enfants à l'école, sur la route de son travail, il est arrivé quelque chose d'inhabituel à Aïda Diop. Dans le métro, son regard a accroché celui d'une autre mère de famille assise en face d'elle avec ses enfants, elle aussi. Dans le sillage de la gueule de bois new-yorkaise, consécutive à l'élection surprise de Trump, le candidat anti-système, elle a craqué. Les larmes de tristesse qu'elle essayait de contenir depuis qu'elle était sortie de son appartement ont jailli, et lassée, elle les a laissé couler. Devant ses enfants impuissants face au chagrin de leur maman. Et puis, l'autre passagère l'a prise dans ses bras et elles ont pleuré ensemble sans que cela ne gêne la rame tout aussi groggy et triste qu'elles. Habituellement, les effusions et les émotions n'ont pas cours dans ce lieu de transit mobile. Mais aujourd'hui, tout le monde comprend et compatit.

New-York s'est, en effet, réveillée sous le choc, la peur et l'amertume. Cette partie du pays, ouverte d'esprit, de culture internationale, intellectuelle et tolérante, était particulièrement rétive au candidat républicain qui vient de déjouer tous les pronostics en battant sa rivale démocrate Hillary Clinton. Les New-Yorkais n'ont pas voté pour Donald Trump et ils étaient tout acquis à Hillary. C'est donc la douche froide pour eux et après les années Obama, ils appréhendent, comme le reste du monde, cette nouvelle ère pleine d'incertitudes avec un président élu à la personnalité controversée et outrancière. Un "bouffon" comme l'avait surnommé la presse new-yorkaise justement, le New York Daily News précisément.

Arrivée à son bureau de Wall Street, Aïda Diop qui est une Italienne d'origine comme son nom ne l'indique pas, mariée au Sénégalais-américain Assane, reprend ses esprits et explique ses sentiments de déception et de peur. Elle travaille à la bourse ou elle est manager d'un quotidien financier. Elle avait quitté son pays natal justement parce qu'elle n'était pas d'accord avec la politique étriquée et raciste de Berlusconi et de ses alliés racistes de l'extrême-droite italienne. Citoyenne du monde, elle pense qu'aucune nation n'est supérieure à une autre ni qu'il y a une hiérarchie entre les êtres humains. Elle pensait apporter sa pierre à la construction d'une société multicolore et égalitaire aux Etats-Unis, sur le terreau de la liberté et de la libre entreprise. En quittant l'Europe, elle croyait laisser derrière elle la peur de l'autre, les démons de la désunion et de l'exclusion que l'élection de Trump semble préfigurer.

Il faut dire qu'elle n'a pas tort, à l'image de millions de ses concitoyens états-uniens, de s'inquiéter.

Trump est un novice en politique, qui divise dans son propre camp. Il était le candidat anti-système, anti-administration et anti-élites. Dans son propre camp, les républicains étaient profondément divisés par son ascension. Et puis, il aura les mains libres pour appliquer son programme car aussi bien la Chambre des représentants (députés) que le Sénat (sénateurs) sont aux mains des républicains. Aïda peut aussi être préoccupée  de la vision de la femme très réductrice de Trump. Pendant sa campagne, il n'a pas arrêté de faire des remarques sexistes et outrancières sur les femmes et leur anatomie. Sa politique étrangère a aussi de quoi effrayer n'importe qui. Trump a remis en cause l'engagement de soutien mutuel en cas d'attaque qui lie les pays du traité de l'Otan et a promis de se rapprocher de Moscou. Cette remise en cause concerne également le droit du sol et il a des propositions très dures contre l'immigration.  En programme économique, dès que sa victoire a été annoncée, les marchés qui n'avaient pas anticipé ce résultat, ont tous dévisse, ce qui augure de la suite. Par ailleurs, Trump ne cache pas du tout qu'il fait partie des climatosceptiques.

Bref un vrai cauchemar qui vire à la réalité. Comme de nombreux américains issus de l'immigration, Aïda a peur et souhaite quitter l'Amérique version Trump, pour quatre ans au moins, le temps d'un mandat. Son mari et ses enfants sont noirs, une origine stigmatisée par Trump qui s'en était déjà pris aux modou modou sénégalais vendeurs à la sauvette sur la 5ème Avenue...

De notre envoyée spéciale à New York : Dié Maty FALL

L'élection de Donald Trump à la Maison Blanche a été accueillie avec inquiétude et souvent froideur dans le monde, la Russie de Vladimir Poutine et les populistes européens s'en félicitant de leur côté.

Cette victoire "ne me réjouit pas" mais, "librement élu", M. Trump a droit "à ce qu'on lui donne une chance", a observé le président du Parlement européen, Martin Schulz.

Le président français, François Hollande, l'a félicité formellement tout en relevant que cette élection ouvrait "une période d'incertitude". Il a appelé l'Europe à resserrer les rangs, après les réactions enthousiastes du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, populiste de droite, et du président tchèque, Milos Zeman.

La chef de file de l'extrême droite française, Marine Le Pen, qui a toutes les chances d'être au deuxième tour de la présidentielle de 2017, s'est félicitée d'une "bonne nouvelle". Vladimir Poutine dont le pays entretient les pires relations avec les Etats-Unis depuis la guerre froide, et sur lequel M. Trump avait tenu des propos élogieux, l'a félicité - tout comme son homologue chinois Xi Jinping - et s'est dit "certain qu'un dialogue constructif sera établi" désormais avec Washington. L'ancien président soviétique et père de la Perestroïka Mikhaïl Gorbatchev a abondé dans ce sens, alors que le président ukrainien, Petro Porochenko, appelait au contraire M. Trump à continuer de lui apporter un soutien dans "la lutte contre l'agression russe". La chancelière allemande Angela Merkel a averti Donald Trump qu'une future "coopération étroite" entre leurs deux pays devrait se fonder sur les valeurs communes démocratiques et rappelé au président élu sa "responsabilité" au niveau mondial.

Une réunion spéciale des ministres des Affaires étrangères de l'Ue a été convoquée dimanche à Bruxelles. 

Turbulences sur les marchés
Sur plusieurs continents, des dirigeants ont ravalé leurs critiques pour des félicitations prudentes, à l'instar du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui s'est dit "impatient de travailler de très près" avec M. Trump.

"Je suis sûr que tout ira bien", a affirmé le président conservateur du Brésil, Michel Temer.

En première ligne alors que Donald Trump a annoncé vouloir créer un mur à sa frontière sud financé par Mexico, le président mexicain, Pena Nieto, s'est borné à se dire "prêt à travailler" avec Donald Trump. Le Vatican, par la voix de son n°2, Mgr Pietro Parolin, l'a assuré de ses prières "afin que le Seigneur l'illumine et le soutienne au service de sa patrie, naturellement, mais aussi au service du bien-être et de la paix dans le monde".

Dans les médias, le sentiment prédominant est l'inquiétude face à l'accession au pouvoir, dès janvier, d'un milliardaire populiste sans expérience politique.

"J'ai très peur. Va-t-il y avoir d'autres guerres ? L'Amérique va-t-elle attaquer les musulmans ?" s'interrogeait une militante indonésienne, Alijah Diete, faisant écho à des craintes ressenties dans le monde musulman. L'organisation Amnesty International a exhorté le futur président à abandonner sa rhétorique "venimeuse". Mal à l'aide avec l'incertitude, les marchés boursiers ont plié sans rompre. Certains se sont affolés (Tokyo, Mexico...) mais la sérénité a ensuite repris le dessus, notamment en Europe.

En Russie, ces marchés ont progressé, à la faveur des espoirs d'un réchauffement des relations et d'une levée des sanctions imposées après l'annexion de la Crimée en 2014.

Environnement sécuritaire difficile
En Asie, les craintes portent sur l'économie. "Si les Etats-Unis, qui sont le moteur de l'économie mondiale, commencent à ériger des barrières, cela ne pourra que nuire à l'économie mondiale", résume Clarita Carlos, professeure de sciences politiques à l'Université des Philippines. Le patron du Nasdaq, l'indice boursier américain à dominante technologique, a fait écho à cette inquiétude, soulignant que le monde des affaires devait faire "un meilleur boulot" pour promouvoir les bienfaits de la mondialisation. Pour le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, l'alliance avec Washington restera intacte, car "la région Asie-Pacifique" est "la force vive de l'économie mondiale". Circonspecte, l'Autorité palestinienne a appelé Donald Trump à ne pas négliger le Proche-Orient. Et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, aux relations détestables avec Barack Obama, n'a pas caché sa joie, qualifiant le président élu de "véritable ami de l'Etat d'Israël".

En estimant que Donald Trump ne pourrait pas revenir sur l'entente nucléaire de 2015 "entériné" par l'Onu, l'Iran l'a cependant appelé "à respecter les accords" internationaux.
Au-delà des réactions convenues, certains cherchent à se rassurer. "Les liens Ue-Usa sont plus profonds que n'importe quel changement politique", a ainsi dit la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, tandis que le gouvernement français assurait que l'Accord de Paris sur le climat ne pouvait plus être remis en cause.

Le leadership de Washington est "plus important que jamais" face "à un nouvel environnement sécuritaire difficile", a aussi réagi le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg.

AFP

On l’aime ou on le déteste, mais Donald reste Trump : un Américain. Et c’est en Américain qu’il a conquis le suffrage des concitoyens. Direct, pragmatique et réaliste, il l’a, à la fois, été durant tout au long de ce qu’on pourrait désormais appeler la campagne électorale la plus mouvementée de l’histoire des Etats-Unis.

Loin de « l’Establishment » qu’il a pourfendu autant que faire se peut, il a tenu un langage cru aux Américains. Un langage de vérité dans une imperfection qui fait de lui un humain. Il s’est mis à dos « l’Establishment républicain », Washington mais aussi les Hispaniques pour se rapprocher de l’Amérique des profondeurs, à savoir les Caucasiens. Dix ans de Talk-show ont développé en Trump une capacité de compréhension de l’homo americanus et, par conséquent, d’anticipation sur ses besoins.

L’une des clefs pour comprendre sa victoire dans tous les Etats républicains, certains Etats démocrates mais aussi et surtout des Etats clefs comme la Floride, l’Ohio ou encore la Caroline du Nord, c’est que contrairement aux démocrates qui étaient plus ou moins pour la révision du port d’arme, il a dit haut et fort qu’il était pour le renforcement de ce deuxième amendement. L’autre, c’est que les Etats du Midwest, où le charbon est l’une des ressources et les sources d’énergie les plus importantes, les populations ont vu en lui un sauveur, d’autant plus que les Accords sur le climat laissaient entrevoir une fermeture progressive des centrales à charbon.

La victoire de Trump, c’est aussi la confortation des valeurs américaines. L’Amérique est le fruit des « Pères fondateurs ». Des pionniers qui ont fui l’Europe pour le nouveau monde, un monde plus libre (par opposition à « Establishment ») où « tous les hommes naissent libres et égaux » et où ils ont plus ou moins d’égales chances de réussite puisque « de la cabane, on peut finir à la Maison blanche ». Et ce, d’où qu’ils puissent venir.

Donald Trump, lui, partira de l’immobilier pour la Maison blanche. Il a réussi à faire d’une affaire familiale un gigantesque empire. Là est son mérite. C’est une fierté américaine la réussite sociale puisque qu’« en chaque individu, il y a Dieu et quand Dieu veut, il peut ». Pour la puritaine Amérique,  Trump est absolument une réussite.

L’autre devise de campagne de Trump, c’est « redonner à l’Amérique sa grandeur d’antan ».  Dernièrement, c’est le nouveau président philippin, Rodrigo Duterte, qui s’en est pris au « gendarme du monde » qu’est l’Amérique et à son président, Barack Obama. Pour le commun des Américains, l’Amérique est « la  Nation choisie », une « Nation sur une colline » qui peut avoir une vision panoramique sur le reste du monde. Elu 45ième président des Etats-Unis, Donald Trump va changer de terrain de jeu. Celui de la politique, et il pourra compter avec un congrès majoritairement républicain. Il a promis de travailler avec tout le monde.

Aly DIOUF 

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