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Actualités Internationales (1645)

Pour l’une des rares fois dans une présidentielle française, l’Afrique a été un enjeu de campagne clairement exprimé par les candidats. D’une part, parce qu’il y a une opinion africaine constituée aussi bien par les Africains parfaitement imprégnés des réalités géopolitiques et économiques que par les Français d’origine africaine et des étudiants africains en France et, d’autre part, des amis du continent qui se sont identifiés à l’Afrique et convaincus du fait que la France et l’Afrique partagent un destin commun indissociablement lié. La France a eu un long passé colonial, particulièrement avec l’Afrique, pour la propagation de la foi chrétienne, pour l’expansion économique et militaire et par esprit de philanthropie avec la Déclaration universelle des Droits de l’Homme dont ses penseurs se sont faits les plus grands propagateurs.

Près de trois cents ans après, ces liens demeurent à travers la langue, la religion, la culture, les traditions politiques et les échanges économiques. La France n’a donné à l’Afrique qu’une indépendance formelle, avec l’échec de la communauté, et a maintenu des relations de coopération privilégiées avec tous les pays africains ayant voulu entretenir avec l’ex puissance coloniale « une indépendance dans l’interdépendance », selon la formule consacrée de l’époque. La question des relations avec les pays africains, notamment francophones, avait une importance si stratégique pour la France, qu’en marge du ministère des Affaires Étrangères existait une cellule des Affaires africaines installée à l’Élysée et directement gérée par le président de la République.

Théâtre d’un nouvel enjeu
Une approche qui a fait l’objet du consensus de la classe politique française, avec quelques variantes suivant que le président soit un homme de gauche ou de droite. Cela a permis, de l’indépendance à nos jours, de porter assistance aux régimes politiques africains dans des domaines aussi variés que l’éducation, la formation, la santé, l’économie ou la sécurité, particulièrement dans le contexte de Guerre froide entre l’Est et l’Ouest jusqu’à la chute du mur de Berlin en 1989.

Depuis quelques années, l’Afrique est redevenu le théâtre d’un nouvel enjeu, avec l’émergence des économies asiatiques et l’attrait qu’exercent les pays du continent pour la fourniture de matières premières, la stabilité des États, les besoins d’investissements et surtout les marges de progression qu’ils offrent compte tenu de la jeunesse de leurs populations. Il faut rajouter, dans ce cadre, l’Organisation internationale de la Francophonie qui a crée un attrait supplémentaire au delà du carré francophone, pour des pays en quête de partenariat pour le développement. Des relations privilégiées avec des pays africains et francophones qui donnent à la France un poids diplomatique important qu’aucun candidat à la présidentielle ne saurait remettre en cause. C’est sans doute la raison pour laquelle la plupart des onze candidats ont marqué leur intérêt pour l’Afrique, poussés en cela par des collectifs d’éminentes personnalités et des Ong qui les ont interpellés sur ce que l’Afrique peut attendre d’eux. La position plus surprenante est certainement celle de Marine Le Pen, candidate de l’extrême droite réputée raciste et xénophobe, qui s’est rendue, fin mars, au Tchad rencontrer le président Idriss Deby pour lui apporter son soutien dans la lutte contre le terrorisme et le remercier d’avoir brisé les barrières de « l’ignorance et de la stigmatisation médiatique dont elle fait l’objet, bien au-delà de la France ». Devant les députés tchadiens, elle a pris l’engagement de faire de l’Afrique « la première des priorités internationales » de la France et de faire de l’aide au développement une « question de sécurité nationale » en y consacrant plus de 16 milliards d’euros, soit 0,7 % de la richesse nationale française. Une façon pour elle de freiner l’émigration incontrôlée préjudiciable à l’Afrique surtout qui a besoin de sa jeunesse pour bâtir son avenir.

Crime contre l’humain
Empruntant une direction tout le moins inattendue, le candidat d’En Marche ! Emmanuel Macron, en visite à Alger, a fait sensation en qualifiant la colonisation française de « barbarie » et de « crime contre l’humanité », pour piocher sûrement quelques voix à la gauche, avant de rétropédaler quelques jours plus tard, lors d’un meeting à Toulon, substituant au terme de « crime contre l’humanité » celui de « crime contre l’humain ».

Jean-Luc Mélenchon, autre candidat de premier rang, écrit dans son programme sa volonté d’en finir avec la « Françafrique ». Il a exprimé sa volonté de supprimer le franc Cfa et de respecter l’indépendance et la souveraineté des États africains. Tous les autres candidats ont plus ou moins fait le consensus pour être du côté des populations africaines à la base et de collaborer avec elles sur des questions aussi importantes que la lutte contre le réchauffement climatique, pour le développement à la base et une coopération plus équitable au bénéfice de tous.

Par Alassane DIAWARA

L’un des deux devrait, selon les derniers sondages, affronter Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle. Le modèle économique, le terrorisme, le chômage, l’Europe sont présentés par les candidats de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche comme les causes du mal vivre français.

Après les Usa (élection de Donald Trump à la Maison-Blanche) et l’Angleterre (Brexit), la France va-t-elle, à son tour, se singulariser avec ce scrutin présidentiel ? Va-t-elle franchir le pas et élire à sa tête une Marine Le Pen ? La candidate du Front national, que les sondages –ces fameuses auscultations de l’opinion électorale- assurent d’une présence au second tour, ne serait alors pas la première personnalité d’envergure de l’extrême-droite à ce stade.

En 2002 déjà, son père, Jean-Marie Le Pen, était arrivé deuxième derrière Jacques Chirac, sonnant le glas des ambitions politiques du candidat socialiste Lionel Jospin. Traumatisés par la présence d’une figure aussi controversée à ce niveau, les électeurs français s’étaient alors retrouvés autour d’un Front républicain pour lui faire barrage. Malgré tout, 17,79 % des électeurs avaient voté pour lui au second tour…

Quinze ans plus tard, sa fille a repris le flambeau. Et de quelle manière ! Candidate à l’élection présidentielle de 2012, elle était arrivée en troisième position au premier tour en obtenant 17,90 % des suffrages exprimés, soit un meilleur résultat que tous ceux obtenus par son père au premier tour d’une élection présidentielle. Certes, Ségolène Royal est la première femme à accéder au second tour d’un scrutin présidentiel (2007), mais avec la nouvelle égérie « frontiste », l’impensable est envisagé. D’ailleurs, beaucoup d’observateurs extérieurs à la vie politique française résument l’élection du huitième président de la Vème République en cette question : Marine Le Pen peut-elle gagner ?

Dans l’éditorial d’un hors-série consacré à ce scrutin -dont le moins que l’on puisse dire est qu’il est incertain comme jamais-, « Le courrier international » rappelle que « le temps électoral est propice aux colères, mais aussi aux espoirs et, pourquoi pas, aux révolutions, ces bouleversements brusques et profonds dont la France pense depuis 1789 détenir le secret ». Mais, jusqu’où cette tentation peut-elle aller ? Le temps des « extrêmes » serait-il arrivé ? Côté programme, la blonde de quarante-neuf ans « humanise » ce que son ascendant a théorisé depuis des décennies.

Même aseptisé, son programme propose la sortie de l’euro avec, en cas d’échec, un projet de référendum sur la sortie de l’Union européenne ; l’inscription de la préférence nationale dans la Constitution ; la fin du droit du sol et la limitation des droits sociaux ; des embauches, les trente-cinq heures (temps de travail par semaine) et la retraite à soixante ans. Bref, les fondamentaux du Fn demeurent avec une xénophobie qui programme la chasse aux immigrés, la fermeture des frontières et la destruction de l’Union européenne.

Dans un débat présidentiel saboté par les « affaires », contre vents médiatiques et marées judiciaires, elle cristallise les frustrations, déceptions et angoisses d’une société dont de larges pans sont frappés par le chômage, la précarité et le sentiment d’insécurité. En même temps, la classe politique française « classique » (celle du clivage Gauche-Droite) est décrédibilisée, pour beaucoup, en raison des scandales liés à des emplois fictifs accordés à la proche famille (François Fillon) ou aux employés politiques (Marine Le Pen).

« Liberté, Égalité, Fraternité »
Mais, la France, c’est d’abord la quatrième puissance militaire au monde, la deuxième économie de l’Union européenne, un système de santé performant « qui n’oublie personne » et une influence réelle dans de grandes parties du monde, en Afrique principalement, en raison de son passé colonial. La France, ce sont aussi des élites parmi les mieux formées, une maîtrise des technologies de pointe (armement, espace, aviation, télécommunications) auxquelles s’adossent des industries qui trustent des marchés partout sur la planète. Ses détracteurs ne sont, par contre, pas convaincus par son Code du travail, « obsolète et bouffi », et une fiscalité « qui fait fuir les patrons ». Plus attraction médiatique que croquemitaine, l’autre « extrême », Jean-Luc Mélenchon (un tribun de soixante-six ans), est d’abord l’histoire d’un idéaliste qui n’a pas supporté l’entrée de son pays dans le libéralisme gouvernemental aujourd’hui au-dessus des identités politiques (socialistes, gaullistes, nationalistes, centristes, populistes) pour incarner un mode de gouvernance qui s’applique presque partout dans ce monde du début du vingt-et-unième siècle.

Le leader de « la France insoumise », né dans la zone internationale de Tanger, incarne la résurgence de l’idéal anti capitaliste, celui qui fait rêver du grand soir. Depuis la crise financière de 2008, « la méfiance envers les marchés et une foi renouvelée en l’État remettent en question l’ancienne orthodoxie et émergent en tant que force politique », fait remarquer le (pourtant) très libéral hebdomadaire londonien « The Economist ».

Jean-Luc Mélenchon avait obtenu 11 % en 2012 et était arrivé en quatrième position. Harangueur de foule dans la tradition des grands leaders socialistes, il a réveillé –dans certains milieux- cette culture du refus propre à ce pays qui avait guillotiné un roi pour installer la République. Lui aussi propose la retraite à soixante ans avec une réduction du temps de travail, des négociations avec l’Ue pour la refonte des traités ou en sortir après un référendum, le renforcement de l’impôt sur les fortunes, le recrutement de deux cent mille fonctionnaires.

Habile, il réussit à parfumer aux senteurs de la modernité un discours qui fleure le soixante-huitard. Dans ses élans révolutionnaires, avec des références à Simon Bolivar et Hugo Chavez, voire Fidel Castro, il a d’abord attiré la classe ouvrière et les déçus du « système », mais au fil de la campagne, alors que ses adversaires étaient dans des postures défensives ou de justification, il a dégagé on-ne-sait-quoi d’honnête homme, loin des casseroles du microcosme.

Comme sur les réseaux sociaux, il a su être présent partout à la fois en usant d’hologrammes là où il ne pouvait être présent physiquement. Ainsi, début avril, plus d’une centaine d’économistes de dix-sept pays à travers le monde (dont le Pr François Seck Fall de l’Université de Toulouse et Amadou Makhourédia Diop de l’Université de Thiès) ont appelé à voter pour « la France insoumise » dimanche. La France n’a jamais été dirigée par ses « Extrêmes » et à ses extrêmes. La présence de Marine Le Pen plus que probable au second tour est plus qu’une piqûre de rappel. Mais, si Marianne devait renier sa devise : « Liberté, Égalité, Fraternité », c’est que le pays de Descartes n’aurait alors plus sa…raison.

Par Samboudian KAMARA

Près de 47 millions d'électeurs français sont appelés demain à choisir pour le premier tour de l’élection présidentielle française entre 11 candidats afin d’élire le successeur du socialiste François Hollande. Selon les sondages, quatre favoris parmi les onze tiennent dans un mouchoir de poche : Marine Le Pen du Front National (extrême droite), François Fillon des Républicains, (droite), Emmanuel Macron d’En marche! (centre), Jean-Luc Mélenchon de La France insoumise, (extrême gauche). 66.546 bureaux de vote s’ouvriront aux électeurs de 06H00 GMT à 17H00 GMT (19H00 heure de Paris). Le second tour opposera le 7 mai les deux candidats arrivés en tête au premier tour.

Qui sont les 11 candidats ?
L’élection du président de la République a lieu les 23 avril et 7 mai 2017 en France. Le scrutin présidentiel suscite généralement une multiplication des vocations et des candidatures. Mais, sur les 82 candidatures annoncées dans le feu de l’action, le Conseil constitutionnel en a validé 11 le 17 mars dernier. Au terme d’un marathon médiatique et de la quête des 500 parrainages obligatoires, la voie était ouverte pour Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), François Asselineau (Union populaire républicaine), Jacques Cheminade (Solidarité et progrès), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), François Fillon (Les républicains), Benoît Hamon (Parti socialiste), Jean Lasalle (Résistons !), Marine Le Pen (Front national), Emmanuel Macron (En marche !), Jean-Luc Mélenchon (France insoumise) et Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste). De l’extrême gauche à l’extrême droite, toutes les tendances politiques sont représentées.

Nathalie Arthaud (Lutte ouvriere) : Le communiste en bandoulière
ArthaudProfesseur agrégée d’Économie-Gestion, Nathalie Arthaud, âgée de 47 ans, est une militante de longue date de Lutte ouvrière (Lo). En 2008, elle était la porte-parole du mouvement. Puis, en 2012, Lutte ouvrière l’investit à l’élection présidentielle où elle était arrivée à la 9ème place, avec 0,56 % des voix, mais devant Jacques Cheminade, bon dernier avec 0,25 % des voix. En 2016, désignée de nouveau pour représenter « le camp des travailleurs », Nathalie Arthaud réunit, sans trop de peine, ses 500 parrainages grâce au solide réseau militant du mouvement ouvrier. Souvent interpellée sur sa différence avec Philippe Poutou, l’autre représentant de formation d’extrême gauche de cette présidentielle, Nathalie Arthaud répond invariablement qu’elle est la seule candidate communiste. Ses références sont la Commune de Paris et la révolution soviétique, sauf qu’elle considère la période stalinienne comme une caricature du communisme. Son programme : accueil des migrants à bras ouverts, disparition des frontières, renversement du capitalisme… Nathalie Arthaud ne souhaite pas, à l’instar de Philippe Poutou, devenir présidente puisqu’elle souhaite renverser les institutions actuelles. Son but est la multiplication des revendications dans la rue jusqu’au stade ultime de la révolte : la révolution.
 
François Asselineau (Union populaire républicaine) : Le pourfendeur de l’Europe
AsselineauCadre de la fonction publique, François Asselineau est passé par divers cabinets ministériels dans les années 90. De 2004 à 2006, il est délégué général à l’intelligence économique au ministère de l’Économie et des Finances. Et en parallèle, il est cadre du parti souverainiste de Charles Pasqua (le Rpf), puis, est élu sur la liste dissidente Rpr (ancêtre de l’Ump) menée par Jean Tibéri au Conseil de Paris de 2001 à 2008. Un temps encarté à l’Ump (ancêtre des Républicains), il en claque la porte avant de fonder l’Union populaire républicaine (Upr) qui participe aux européennes de 2014 et aux régionales de 2015. François Asselineau se déclare lui aussi « au-dessus du clivage gauche-droite ». Même si on l’apparente à la droite souverainiste, voire à l’extrême droite eurosceptique, lui se revendique du « gaullisme social » et du souverainisme. François Asselineau est le candidat pourfendeur de l’Europe et l’adversaire de l’impérialisme américain. L’essentiel de ses propositions tourne autour de la sortie sans conditions de l’Union européenne (le Frexit), de la monnaie unique et de l’Otan. Avoir passé l’étape des 500 parrainages constitue une première prouesse pour ce candidat qui est à la fois le principal animateur et l’unique clé de voûte de son mouvement. L’Upr pourra désormais bénéficier du financement public des partis politiques et de l’équité du temps de parole. Un précieux sésame pour la petite formation qui compte présenter 577 candidats aux législatives de juin prochain.

François Fillon (Les republicains) : Pour une France libérée du relativisme culturel
FillonFrançois Fillon a entamé sa carrière sous l’aile de l’ancien ministre gaulliste et député de la Sarthe, Joël Le Theule, dont il reprend le siège lors des législatives de 1981. Membre des « rénovateurs » à la fin des années 1980, compagnon de route de Philippe Séguin, il a soutenu Édouard Balladur en 1995, puis Nicolas Sarkozy en 2007, avant de devenir son Premier ministre. Candidat malheureux face à Jean-François Copé pour la présidence de l’Ump en 2012, il a remporté la primaire face à Alain Juppé en novembre 2016 avec 66,5 % des suffrages. Gaulliste de tradition, François Fillon revendique lui aussi l’héritage du souverainiste Philippe Séguin avec qui il avait fait campagne pour le « Non » au traité de Maastricht en 1991. Aujourd’hui encore, Fillon défend une « Europe forte » composée de « nations fortes ». A la fois libéral sur certaines questions économiques et colbertiste sur d’autres, Fillon reste assez conservateur sur les questions de société. En dépit des affaires qui l’affaiblissent, François Fillon souhaite réaliser un destin personnel de président de la République et appliquer son programme de rupture : « retrouver le plein emploi », faire de la France « la première puissance européenne dans 10 ans », en libérant les entreprises du poids des normes et des charges, et également « rétablir l’autorité de l’État » par « la fermeté et la justice ». L’ancien Premier ministre de Sarkozy souhaite que « la France assume d’être la France », avec ses valeurs propres, en se libérant du « relativisme culturel et de la culpabilisation ».

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) : Souverainiste et antisystème
Dupont AignantLe gaullisme de Nicolas Dupont-Aignan s’enracine dans les figures politiques de Jacques Chaban-Delmas et Philippe Seguin. Parisien, né en 1961, il est passé par Sciences-Po, l’Ena et divers cabinets ministériels avant de décrocher la municipalité de Yerres, dans l’Essonne, en 1995. Député de la 8e circonscription de ce département depuis 1997, Dupont-Aignan lance, au sein du Rpr, puis de l’Ump, un club de réflexion gaulliste en 1999. Après avoir rompu avec l’Ump en 2007, il transforme Debout la République en parti politique dès 2008, lequel devient Debout la France en 2014. Lors du premier tour de la présidentielle en 2012, Dupont-Aignan recueille 1,79 % des suffrages, derrière Eva Joly avec ses 2,31 %. Souverainiste et antisystème, Nicolas Dupont-Aignan se voit comme le dernier gaulliste de l’échiquier politique et siège comme député non-inscrit à l’Assemblée nationale. Farouchement opposé aux « technocrates de Bruxelles », au néolibéralisme et aux marchés financiers, il défend les valeurs d’humanisme républicain. Dupont-Aignan critique l’Union européenne d’aujourd’hui, plaide pour la restauration de la place de la France dans le monde et fustige régulièrement la gauche et la droite qu’il voit comme des courants politiques usés. Le député de l’Essonne souhaite recomposer la droite française en passant par une alliance souverainiste. En ciblant régulièrement Macron, il espère ainsi mobiliser un électorat fortement hostile à ce qu’il dénonce comme un nouveau quinquennat de Hollande déguisé.

Benoît Hamon (Parti socialiste) : Le théoricien du revenu universel
HamonNé à Saint-Renan, près de Brest, Benoît Hamon a passé une partie de son enfance au Sénégal. Un temps aux Jeunes Rocardiens, puis, il s’impose au sein du Parti socialiste en fondant le Mouvement des jeunes socialistes (Mjs), où il dispose de son plus grand réseau de soutiens aujourd’hui. Après un passage au cabinet de Martine Aubry, il exerce son premier mandat au Parlement européen avant d’être élu député en 2012. Hamon est nommé ministre délégué en charge de l’Économie sociale et solidaire et à la Consommation, puis ministre de l’Éducation nationale. Il est évincé du gouvernement en même temps qu’Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti, deux autres ministres frondeurs du gouvernement Valls, en raison de divergences avec la ligne, notamment économique. Représentant de l’aile gauche du Ps, Benoit Hamon a voté non au référendum européen de 2005. Au Parlement, il était l’une des têtes fortes du mouvement des frondeurs, qui réclamait des inflexions à la politique de l’offre de l’exécutif. Pendant la primaire socialiste, il s’était distingué avec sa proposition de revenu universel, son plaidoyer pour la légalisation du cannabis et le passage à la VIème République. Mais, après avoir remporté l’investiture haut la main, le socialiste peine à relancer la dynamique qui l’avait fait gagner. S’il ne devient pas président de la République, il aura, en tout cas, réussi à s’émanciper et à se faire connaître des Français. S’il parvient à obtenir un bon score, il jouera un rôle déterminant dans la recomposition de la gauche.

Marine Le Pen (Front national) : Pour une souveraineté retrouvée de l’Etat
Le PenMarine Le Pen, née en 1968 à Neuilly-sur-Seine, s’est formée au sein du Front national, dans l’ombre du co-fondateur, Jean-Marie Le Pen. Au congrès de Tours de janvier 2011, elle est élue à la tête du parti avec 67,65 % des voix, succédant à son père, intronisé « président d’honneur ». Depuis 1998, au fil de ses mandats locaux et européen, la benjamine de la famille construit un projet politique qu’elle porte depuis la présidentielle de 2012 où elle fut battue au premier tour avec un score de 17,90 % des voix, soit 6,4 millions d’électeurs. Depuis 2004, elle siège au Parlement européen où elle est finalement parvenue à constituer le groupe politique Europe des nations et des libertés (Enl). Marine Le Pen mise sur les fondamentaux du Front national, qui restent le discours traditionnel sur l’immigration et la sécurité, et un projet économique et social basé sur la souveraineté retrouvée de l’État en matière de frontières, de monnaie, d’économie et de loi. Elle aussi préconise le rétablissement d’une « France forte », une sortie « concertée » de l’euro et de l’Union européenne, à l’aide de référendums nationaux si nécessaire. Invariablement, depuis plusieurs mois, Marine Le Pen est donnée en position de leader du premier tour par presque tous les sondages, mais aucun institut ne lui promet une victoire au second tour. Elle espère se démarquer des autres « grands candidats » en pariant sur la disparition du clivage gauche-droite et en insistant sur la rupture pour sortir des « échecs de l’Umps ». S’appuyant sur le premier tour des résultats des élections municipales, départementales et régionales, la présidente du Front national et députée européenne revendique pour sa formation le titre de « premier parti de France ». Elle mène campagne sous le thème de « La France apaisée ».

Jean Lassalle (Resistons !) : Un candidat iconoclaste
LasalleJean Lassalle est l’un des candidats les plus iconoclastes de cette campagne. Élu local depuis plus de 30 ans dans les Pyrénées-Atlantiques, il est député en 2002 et a un ancrage local fort. Autrefois très proche de François Bayrou, dont il s’est maintenant affranchi, le député Lassalle a multiplié les coups d’éclat : en 2003, il entonne un champ béarnais en plein hémicycle pour protester contre le départ d’une brigade de gendarmerie ; en 2006, il entame une longue grève de la faim pour empêcher la délocalisation d’une usine de sa circonscription. Et depuis son tour de France à pied, en 2013, Jean Lassalle est devenu « le député qui marche », son surnom. Récemment, il a rencontré Bachar al-Assad en Syrie et assume sa russophilie. Difficile de classer Jean Lassalle. Il défend la ruralité, prône la création d’un service civique obligatoire, avec permis de conduire délivré gratuitement par l’État, plaide pour l’apprentissage et veut un plan pour l’éducation « digne de Jules Ferry » pour « reconstruire l’État ». En attendant, il veut bousculer la présidentielle grâce à un discours qui est tout sauf convenu.

Emmanuel Macron (En marche !) : Ni de droite, ni de gauche
MacronC’est la première fois dans l’histoire de la cinquième République qu’un candidat jamais élu auparavant se retrouve en position de favori à un mois du scrutin. Emmanuel Macron est mentionné dans de nombreux sondages d’opinion comme un possible finaliste aux côtés de Marine Le Pen. Philosophe, énarque, inspecteur des finances, ancien banquier d’affaires, rapporteur de la commission Attal, Emmanuel Macron cultive sa différence. Après avoir fait fortune chez Rothschild, il rejoint François Hollande pour le conseiller sur l’économie avant la présidentielle de 2012. Il devient ensuite secrétaire général adjoint de l’Élysée, poste qu’il quitte en juin 2014 pour monter son entreprise. Mais, la politique le rattrape. Deux mois plus tard, il est nommé ministre de l’Économie en remplacement d’Arnaud Montebourg. C’est le début de son ascension. En avril 2015, il crée son mouvement « En Marche ». Et fin août 2016, il démissionne de Bercy. « En marche » revendique près de 200.000 adhérents séduits par le cheminement d’Emmanuel Macron. Le 16 novembre de la même année, il se déclare candidat à l’élection présidentielle. Le leader du Modem François Bayrou s’est rallié, pour sa part, à la candidature d’Emmanuel Macron dans le cadre d’une alliance. Sa démarche se réclame d’un positionnement qui ne se veut « ni de droite, ni de gauche » même s’il affirme, à titre personnel, être un homme de gauche. Emmanuel Macron se revendique « pas centriste » non plus, mais plutôt « central. Empruntant aussi à la droite sur le plan économique, Emmanuel Macron se dit, en fait, « pragmatique » et assure ne pas se soucier de savoir si une mesure est de droite ou de gauche, pourvu qu’elle soit efficace. Il est le plus pro-européen de tous les prétendants. Son ambition est d’incarner l’homme qui fera changer la France d’époque en la modernisant pour la propulser dans le XXIème siècle. Emmanuel Macron n’a jamais évoqué son avenir en cas de défaite, mais il assurait, au début de son ascension, qu’il ne resterait pas en politique toute sa vie.

Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) : L’ouvrier à la conquête des voix
PoutouEn 2012, Philippe Poutou était le premier ouvrier à se présenter à la présidentielle en France pour le Nouveau parti anticapitaliste (Npa). Délégué syndical rendu célèbre par son combat gagné contre des licenciements dans son usine Ford de Blanquefort (Gironde), il avait pris le relais du postier Olivier Besancenot. Il était arrivé huitième sur neuf candidats, devant Nathalie Arthaud, avec 1,15 % des voix. En 2017, à 49 ans, Philippe Poutou travaille toujours dans la même usine et porte à nouveau les couleurs du Npa.Nourri par l’anarchisme, il combat le capitalisme et défend, à travers le Npa, le féminisme, l’internationalisme, l’écologie. Le vocabulaire de Philippe Poutou est marxiste, son slogan, « Nos vies, pas leurs profits ! », est révolutionnaire et ses propositions sont radicales : interdiction des licenciements, instauration d’un salaire minimum à 1700 euros net, liberté de circulation et d’installation… Philippe Poutou ne cultive aucun rêve de destin élyséen. Dans la logique du Npa, tout est affaire de collectif et l’« homme fort » n’existe pas. Lui veut simplement accéder aux débats nationaux pour propager les idées du Npa. Son combat se mène dans la rue, hors du cadre des institutions.

Jean-Luc Mélenchon (France insoumise) : Une candidature indépendante des partis
MélenchonJean-Luc Mélenchon est un député européen, fondateur du Parti de gauche. Socialiste jusqu’en 2008, sénateur de l’Essonne et ministre sous Lionel Jospin, Jean-Luc Mélenchon s’était déjà présenté à la présidentielle en 2012 sous l’étiquette du « Front de gauche », unissant son parti et le Parti communiste français. Il était arrivé en 4e position avec 11,10 %. Cette fois, sa candidature se veut indépendante des partis, portée par un mouvement créé dans la perspective de l’élection : « La France insoumise ». Il a reçu le soutien du Front de gauche, de divers mouvements politiques de gauche et du Parti communiste. Le Pcf le soutient, mais reste divisé face à l’ex député frondeur Benoît Hamon. Son programme, « L’Avenir en commun », comporte plusieurs axes : la VIe République, le partage des richesses, la planification écologique, la sortie des traités de l’Union européenne, le maintien de la paix et de l’indépendance de la France, notamment vis-à-vis des États-Unis... Mélenchon accorde également beaucoup d’importance aux thématiques du « progrès humain » et technologique, de la culture et du numérique. Son ambition est de battre Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle. Mais, il serait déjà heureux de battre le socialiste Benoît Hamon au premier tour. Après l’élection, il souhaite participer à une grande recomposition de la gauche, malgré l’hostilité d’une partie des écologistes et celle des socialistes hamonistes.

Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) : Le combat contre « l’empire de l’argent »
CheminadeÉnarque, ancien fonctionnaire, Jacques Cheminade, fondateur du parti Solidarité et progrès, avait recueilli 0,28 % des voix à la présidentielle de 1995 et 0,25 % à celle de 2012, dernier candidat derrière Nathalie Arthaud avec ses 0,56 %. Il se présente « contre le sérail politique qui a pactisé avec l’empire de l’argent » et en pourfendeur depuis toujours de « la dictature financière » et des forces de Wall Street. Un de ses principaux défis consiste à casser l’image loufoque que lui ont valu ses propositions, jugées farfelues, comme la généralisation de la pratique du chant en chorale, ou l’interdiction du jeu Pokémon Go ou son projet de relance du programme spatial par la création des stations orbitales terrestre basse. Propositions qui ont aussi fait sa notoriété.

Par Dié Maty Fall

Le gouvernement français a tout mis en œuvre pour que les réseaux officiels de traitement des données de l’élection présidentielle à venir résistent à d’éventuelles attaques informatiques, a assuré, hier, le directeur de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi).

«Tous les réseaux informatiques qui vont, par exemple, collecter les résultats, qui vont les additionner pour, au final, donner, dimanche soir, les premières tendances, puis les résultats définitifs, ces réseaux ont été durcis là où il le fallait«, a déclaré Guillaume Poupard, interrogé à la radio publique France Inter.

L’élection présidentielle en France se fait en deux tours : les 23 avril et 7 mai. Il s’agit de «s’assurer que les (...) réseaux informatiques qui vont être impliqués dans l’élection seront bien opérationnels le jour de l’élection», a précisé M. Poupard, tout en reconnaissant qu’»on n’empêche pas les attaques», en référence à celles qui ont visé la campagne de la présidentielle américaine à l’automne. «Ce qu’il faut, c’est être capable de s’en protéger. Et donc, on a tout fait pour se protéger. Le réseau - je ne parle pas du site internet ; le site internet, c’est la façade -, le réseau propre du ministère de l’Intérieur, va être robuste pour être capable de travailler», a assuré M. Poupard. Rappelant que l’Anssi avait briefé les candidats face au risque cyber, Guillaume Poupard pense que les attaques dont a été victime le candidat centriste, Emmanuel Macron, à la mi-février, n’étaient «pas des attaques majeures».

Selon M. Poupard, son site internet avait été bloqué pendant quelques minutes après une «attaque en déni de service», quand le site avait été submergé de requêtes. Le président François Hollande avait ordonné, début mars, la «mobilisation» de «tous les moyens nécessaires de l’État» face aux cybermenaces qui pèsent sur la présidentielle. A la suite des attaques informatiques et des campagnes de désinformation menées sur internet aux États-Unis, lors des dernières élections présidentielles, des réunions ont eu lieu avec les équipes informatiques de tous les candidats à la présidentielle pour les sensibiliser aux risques et les inciter à adopter des mesures de précaution et de protection.

AFP

Un policier a été tué et deux autres blessés, hier soir, lors d’une fusillade sur la célèbre avenue des Champs-Élysées à Paris, dont l’auteur a été abattu, a-t-on appris de sources concordantes, à trois jours du premier tour de l’élection présidentielle.

«Peu avant 21h00 (19h00 Gmt), une voiture est arrivée à hauteur d’un car de police (..), un homme est sorti du véhicule, a ouvert le feu a priori à l’arme automatique sur le car de police, a tué un policier et ensuite a tente de partir en courant en essayant de prendre pour cible d’autres policiers», a indiqué sur la chaîne Bfm Tv le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet. «Il a réussi à en blesser deux autres et il a été abattu par les forces de l’ordre», a-t-il ajouté, soulignant que ces policiers avaient «délibérément été pris pour cible». Cette prestigieuse artère, très prisée des touristes, en plein cœur de Paris, a été bouclée et d’importantes forces de police ont été déployées dans le quartier. Un hélicoptère survolait la zone dans la soirée.

La préfecture de police a souligné que les circonstances de l’attaque n’étaient «pas déterminées».

Cette fusillade survient à trois jours du premier tour de l’élection présidentielle, alors que la France a été confrontée, depuis 2015, à une vague d’attentats jihadistes sans précédent ayant fait 238 morts.

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Le Mali a terminé, hier, l’installation des autorités intérimaires dans ses régions du nord, une disposition prévue par l’accord pour la paix, après plusieurs reports, ont rapporté à l’Afp des témoins.

L’installation de ces autorités intérimaires pour Tombouctou et Taoudénit complète le programme prévu dans les cinq régions du nord du Mali par cet accord signé en mai-juin 2015.

Boubacar Ould Hamadi, de l’ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali, a été investi comme président du Conseil régional de Tombouctou (nord-ouest) et Hamoudi Sidi Ahmed Aggada comme chef des autorités intérimaires de Taoudénit (extrême nord), lors d’une cérémonie officielle, hier, dans la ville de Tombouctou, selon ces témoins.

Leur collègue de Kidal (extrême nord-est) a pris ses fonctions le 28 février et ceux de Gao et Ménaka (nord-est) le 2 mars, conformément au calendrier officiel arrêté en février après plusieurs reports depuis près de deux ans.

Ces autorités intérimaires sont prévues par l’accord de paix entériné par le gouvernement malien, les groupes armés qui lui sont favorables, dits la Plateforme, et l’ex-rébellion rassemblée au sein de la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma).

Le rejet, par des groupes armés, de certains dirigeants provisoires nommés par le gouvernement malien, à Tombouctou notamment, avait été source de tensions et avait retardé leur installation pendant plusieurs mois.

«Ce (jeudi) matin, les autorités intérimaires de Tombouctou ont été bien installées ainsi que celles de Taoudénit. Nous n’avons noté aucun incident», a indiqué à l’Afp un des témoins.
La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de la Décentralisation et de la Fiscalité locale, Alhassane Ag Hamed Moussa, selon la même source.
Ces informations ont été confirmées par une source militaire ayant pris part à la cérémonie.

En vertu de l’accord de paix de 2015, les autorités intérimaires devront gérer les cinq régions du Nord, en attendant l’élection, par la population, d’assemblées dotées de pouvoirs importants.

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Plusieurs chefs de l’opposition et des militants de la société civile sud-africaines ont annoncé, hier, leur rassemblement au sein du «Mouvement de la Liberté», une nouvelle organisation qui appelle à des manifestations contre le président Jacob Zuma.

«Il n’a jamais été aussi urgent de s’unir pour stopper la trajectoire actuelle de l’Afrique du Sud», assure un communiqué du mouvement qui appelle les Sud-Africains à manifester le 27 avril prochain, «Jour de la liberté», férié dans le pays. «Dans cet esprit, nous avons décidé de nous rassembler dans un large mouvement (...) pour initier une série de marches, afin que les Sud-Africains puissent exprimer leur colère légitime contre les actions du président Zuma», poursuit le texte. «Nous devons avoir de l’énergie pour cette lutte. Nous ne nous épuiserons pas, car nous luttons pour la liberté de chacun d’entre nous», a lancé le chef de l’Alliance démocratique (Da), Mmusi Maimane, lors d’une conférence de presse organisée dans le township de Soweto, symbole de la lutte anti-apartheid. Ce nouveau mouvement, qui ne se définit par comme un parti politique, n’inclut pas pour l’instant les Combattants pour la liberté économique (Eff) de Julius Malema, deuxième parti d’opposition. L’organisation a reçu un soutien de poids en la personne de Desmond Tutu qui a tweeté qu’il soutenait «le principe d’une coalition unie, en appelant tous les Sud-Africains à rejoindre la marche» du 27 avril.

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L’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques a rejeté, hier, lors d’un vote, la proposition de Moscou et Téhéran de mettre en place une nouvelle équipe chargée d’enquêter sur l’attaque chimique présumée en Syrie, début avril, a indiqué la délégation britannique auprès de l’Oiac.

«Le Conseil exécutif de l’Oiac a rejeté, de manière écrasante, la décision russo-iranienne», a-t-elle annoncé sur son compte Twitter.
Le projet de texte russo-iranien, dont l’Afp a pris connaissance, appelait à la mise sur pied d’une investigation «pour établir si des armes chimiques ont été utilisées à Khan Cheikhoun et comment elles ont été livrées sur le site de l’incident présumé». Une telle initiative ne tenait pas compte de l’enquête de l’Oiac pourtant déjà en cours sur l’attaque qui a fait 87 morts, dont 31 enfants, dans cette petite ville contrôlée par des rebelles et des jihadistes dans la province d’Idleb (nord-ouest).

Moscou et Téhéran demandaient également aux enquêteurs de se rendre sur la base aérienne de Shayrat, frappée par les États-Unis après l’attaque chimique présumée du 4 avril, pour «vérifier les allégations concernant le stockage d’armes chimiques» à cet endroit. Mais, l’intention russe était de «compromettre la mission d’enquête» actuelle, a dénoncé la délégation britannique. «Inutile de préciser que la mission d’enquête continue», a-t-elle ajouté. Et «le Royaume-Uni la soutient entièrement». Le rejet de cette proposition a lieu au lendemain d’une annonce de l’Oiac faisant état de preuves «irréfutables» sur l’utilisation de gaz sarin ou d’une substance similaire lors de l’attaque.

Analysés par quatre laboratoires désignés de l’organisation, les prélèvements réalisés sur trois personnes tuées et sept personnes hospitalisées «témoignent d’une exposition au gaz sarin ou à une substance similaire», a déclaré, mercredi, Ahmet Üzümcü, directeur de l’Oiac.

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Près de 2,1 millions de Libériens se sont inscrits pour voter aux prochaines élections présidentielle et législatives d’octobre 2017, selon des résultats provisoires. Près de la moitié sont des femmes.

L’inscription des électeurs a été menée entre le 1er février et le 14 mars 2017. La présidente titulaire, Ellen Johnson Sirleaf, a atteint la limite de deux termes ; ce qui signifie qu’un nouveau président sera élu, ainsi que les membres de la Chambre des représentants à la fin de 2017. « Le fait que 48 % des électeurs inscrits au Liberia soient des femmes est un bon signe de progrès «, a déclaré Pa Lamin Beyai, directeur de pays au Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) au Liberia.

« Le rôle de la femme est crucial dans les situations après-conflit. Elles font une énorme différence en tant que leaders, électrices et administratrices. Trop souvent, elles sont confrontées à des obstacles dans la participation à la vie publique, et nous devons nous engager à éliminer ces obstacles.
Dans le cadre de son partenariat avec le peuple libérien, le Pnud soutient la Commission nationale des élections (Nec) pour aider à organiser des élections pacifiques et démocratiques, en coordination avec d’autres organismes de l’Onu.

De 2015 à 2018, le projet fournit une assistance consultative, technique et financière à la Nec grâce à un fonds combiné de 14,7 millions de dollars de l’Union européenne, de la Suède et du Pnud. C’est ainsi que 1.350 trousses d’inscription des électeurs avec caméras ont été fournies au Nec. Les cartes d’identité pour les électeurs comprennent des photographies individuelles pour accroître la sécurité du processus électoral. Les kits fonctionnent à l’énergie solaire respectueuse de l’environnement.

Le personnel d’enregistrement a également reçu 9.000 manuels sur la façon d’enregistrer les électeurs et de gérer les bureaux de vote conçus avec le soutien du Pnud. Les analyses relatives à la délimitation des limites, aux droits de vote des prisonniers, à la nomination des candidats et aux conditions de résidence ont contribué à accroître la sécurité juridique, et 19 magistrats ont été formés pour améliorer leurs compétences en matière de plaintes électorales.

Les activités d’éducation civique et électorale, par le biais de visites porte-à-porte, de réunions de la mairie et de spectacles, ont atteint près de 700.000 personnes, soit 54 % de femmes et 46 % d’hommes, à l’échelle nationale. Près de 13 % sont électeurs pour la première fois.

Les stations de radio diffusant un contenu d’éducation civique, produit par la campagne de sensibilisation, ont atteint plus d’un demi-million d’auditeurs. En outre, le Conseil des commissaires du Nec a récemment approuvé une politique d’intégration de la dimension de genre qui vise à promouvoir les femmes dans son administration, dans les partis politiques et en tant qu’électrices. Elle appelle notamment les partis politiques à assurer que 30 % des candidats qu’ils représentent soient des femmes.

Le Pnud a également fourni un soutien consultatif au Comité consultatif interpartite, qui comprend 22 partis politiques et le Nec, afin d’élaborer un mémorandum d’accord pour promouvoir le dialogue et accepter de résoudre les problèmes à venir.

À la demande des partis politiques, le Pnud a également fourni une expertise pour élaborer une résolution que les 22 parties ont signée et les engager à promouvoir des élections pacifiques.

Source : Pnud et AFP

Le procès à venir de l’ex-président burkinabé Blaise Compaoré, exilé en Côte d’Ivoire, et de ses derniers  ministres pour leur implication présumée dans la répression de l’insurrection populaire d’octobre 2014, qui a entrainé la chute du régime, est un «règlement de comptes politiques», a dénoncé, hier, son parti.

Les membres du gouvernement du Premier ministre Luc Adolphe Tiao sont poursuivis pour «complicité d’homicide volontaire» et «coups et blessures volontaires». Le procès doit s’ouvrir à Ouagadougou le 27 avril prochain.
Dans un communiqué, le Congrès pour la démocratie et le progrès (Cdp) a dénoncé ces poursuites, y voyant «une violation manifeste de l’État de droit, au triple plan de leur recevabilité, de la nature des faits reprochés aux personnes inculpées et de l’instrumentalisation de nos institutions à des fins de règlement de comptes politiques». «Nous ne nous faisons pas d’illusions. Les dés sont jetés», a estimé le parti, accusant le pouvoir de livrer une «chasse aux sorcières» contre les «anciens ministres pourchassés par la vindicte du régime» actuel.

La justice reproche aux ministres «leur participation au Conseil extraordinaire des ministres du 29 octobre 2014 au cours duquel ils ont décidé de (faire appel à) l’armée pour réprimer les manifestants» contre la modification de la Constitution. «Au cours de ce Conseil des ministres, il a été décidé de prendre une réquisition complémentaire spéciale faisant appel à l’armée pour maintenir l’ordre avec usage d’armes à feu», a expliqué le parquet en février.

Parmi les 34 membres du dernier gouvernement de Compaoré, deux anciens ministres  — Clothilde Ky (déléguée au Budget) et Yacouba Ouédraogo (Sport) —, qui n’avaient pas participé à ce Conseil des ministres, ont bénéficié de non-lieu. Les autres ministres ont été inculpés, mais bénéficient de liberté provisoire avec interdiction de quitter le pays. Tous risquent la peine de mort. Au total, 33 personnes ont été tuées pendant ces manifestations, selon des sources officielles. Après 27 ans au pouvoir, Blaise Compaoré avait tenté de modifier la Constitution, en 2013, pour briguer un cinquième mandat. Cette tentative avait marqué le début du soulèvement populaire, fatal à son régime.

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L’Ouganda a débuté le retrait de ses troupes opérant en Centrafrique, estimant que la rébellion de l’Armée de résistance du Seigneur (Lra) a été neutralisée «avec succès» même si son chef, Joseph ,court toujours, a annoncé, hier, l’armée ougandaise.

«La décision de se retirer est fondée sur le constat que la mission consistant à neutraliser la Lra a été accomplie avec succès», a déclaré le général Richard Karemire, porte-parole de l’armée ougandaise, cité dans un communiqué. Le général a affirmé que le chef de la Lra, le tristement célèbre Joseph Kony, est désormais «affaibli et inefficace», commande moins d’une centaine d’hommes, et «ne représente plus une menace significative pour la sécurité de l’Ouganda», d’où la Lra avait été chassée en 2006.
Selon la presse locale, un premier groupe de 31 soldats sur les 2.000 déployés a atterri hier après-midi à Gulu, dans le nord de l’Ouganda. Mélangeant mystique religieuse, techniques éprouvées de guérilla et brutalité sanguinaire, Joseph Kony souhaitait libérer l’Ouganda du président Yoweri Museveni pour y instaurer un régime fondé sur les Dix commandements. Il est recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.

Selon l’Onu, la Lra a tué plus de 100.000 personnes et enlevé plus de 60.000 enfants, d’abord dans le nord de l’Ouganda, puis au gré de son exil dans les pays voisins, au Soudan du Sud, dans le nord-est de la Rdc, puis en Centrafrique. Les troupes ougandaises sont déployées depuis 2009 dans le nord-est de la Centrafrique où elles forment la colonne vertébrale de la mission de l’Union africaine de lutte contre la Lra. Près de 12.500 Casques bleus sont, par ailleurs, déployés dans le pays.

«Les opérations militaires ougandaises, avec l’aide des conseillers militaires américains, ont joué un rôle important dans la déchéance de la Lra, particulièrement en encourageant la défection de ses membres», a assuré à l’Afp Ledio Cakaj, auteur d’un livre sur le cercle rapproché de Joseph Kony.

M. Cakaj a toutefois soutenu que tant que Joseph Kony reste en liberté, il représente une menace pour les civils. «Les forces de sécurité locales en Centrafrique ont déjà montré, par le passé, leur incapacité à protéger les civils, et le vide laissé par ce retrait va vraisemblablement être exploité par la Lra et d’autres groupes».
Fin mars, l’armée américaine avait également annoncé qu’elle retirerait sa centaine de conseillers militaires déployés en Centrafrique, assurant que la Lra a été réduite à «l’insignifiance».

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Le chef de l’opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, et l’ex-vice-présidente du pays Joice Mujuru ont annoncé, hier, la formation d’une alliance contre le président Robert Mugabe à l’occasion des élections générales prévues l’an prochain. «Ce n’est que le début de la construction d’une large alliance afin d’affronter la Zanu-Pf (le parti au pouvoir) d’ici les élections en 2018», a annoncé Morgan Tsvangirai lors d’une conférence de presse, après la signature de l’accord. «C’est notre lutte collective et j’appelle le peuple du Zimbabwe à nous rejoindre (...) pour reprendre notre pays, notre liberté et notre dignité», a-t-il poursuivi.

Le chef du Mouvement pour un changement démocratique (Mdc) a assuré que d’autres accords seraient prochainement signés avec des petits partis pour former une grande coalition électorale.

Joice Mujuru, ex-vice-présidente de Robert Mugabe, désormais dans l’opposition, n’a pas caché son enthousiasme après la signature de cet accord. «Notre joie est incommensurable. C’est quelque chose dont nous discutons depuis l’an dernier. Nous avons hâte de voir le Zimbabwe redevenir le grand pays qu’il a été», a lancé celle qui dirige désormais le Parti national du peuple (Npp). Joice Mujuru, qui avait occupé des postes ministériels dans tous les gouvernements du pays depuis son indépendance, en 1980, était tombée en disgrâce en 2014. Elle avait été évincée du parti au pouvoir, soupçonnée de comploter contre le régime. Les détails de l’accord électoral n’ont pas été divulgués par les deux figures de l’opposition.

En août 2016, Morgan Tsvangirai et Joice Mujuru avaient déjà présidé ensemble un grand rassemblement d’union contre le régime de Robert Mugabe, au pouvoir depuis 37 ans. Le dirigeant, 93 ans, a d’ores et déjà annoncé qu’il serait candidat à sa propre succession, en 2018, et n’a jamais nommé de successeur.

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La France apportera, «dans quelques jours», «la preuve que le régime syrien a bien organisé la frappe chimique» sur la ville de Khan Cheikhoun, qui a fait 87 morts le 4 avril, a déclaré, hier, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault.

«Nous avons des éléments qui nous permettront de démontrer que le régime a sciemment utilisé l’arme chimique», a assuré M. Ayrault. «Ma conviction, et c’est aussi la conviction de nos services, c’est que c’est le régime qui a la responsabilité» de cette attaque.
«C’est une question de jours, mais nous apporterons la preuve que le régime a bien organisé ces frappes avec des armes chimiques. J’exprime une conviction, dans quelques jours, je pourrai vous apporter des preuves», a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision parlementaire française Lcp. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (Oiac) a, de son côté, annoncé, hier soir, que des tests prouvaient, de manière «irréfutable», que du gaz sarin ou une substance similaire avait été utilisé.

Dans un communiqué, le ministre français a indiqué s’être entretenu par téléphone avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.
Lors de cet entretien, M. Ayrault a «souligné l’importance qui s’attache à ce que les mécanismes de l’Oiac et des Nations unies puissent établir les faits et les responsabilités de cette attaque, conformément à leur mandat», et a «réaffirmé la confiance de la France dans ces mécanismes».

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Plusieurs militaires maliens ont péri, hier, dans une attaque imputée aux jihadistes dans la région de Tombouctou, dans le nord du Mali, a-t-on appris de sources concordantes.

L’attaque a visé un camp de l’armée malienne à Gourma Rharous, une localité d’accès difficile, située à quelque 120 km à l’est de Tombouctou. «L’attaque est intervenue aux environs de 05H00 (heure locale et Gmt). Il y a eu des pertes en vies humaines et en matériel du côté des forces armées et de sécurité», a déclaré à l’Afp le porte-parole de l’armée, le colonel Diarran Koné, sans autre précision.

L’armée a perdu quatre militaires et des véhicules calcinés étaient visibles dans le camp, a affirmé une source locale. Les victimes sont des Bérets rouges, une unité d’élite de parachutistes, selon la même source.

La Mission de l’Onu au Mali (Minusma) a dénoncé, dans un communiqué, «une attaque terroriste perpétrée par des hommes armés non identifiés», précisant qu’elle avait «ciblé des positions des forces armées maliennes et de la Garde nationale à Gourma Rharous». «La Minusma a déployé ses hélicoptères d’attaque sur les lieux, en appui aux forces maliennes, et facilite l’évacuation médicale des blessés par voie aérienne», selon le texte. La force de l’Onu fait également état d’une attaque, hier vers 04H00 Gmt, contre un véhicule d’un de ses convois logistiques, qui a «heurté un engin explosif improvisé ou une mine, à environ 30 km au sud de Tessalit» (nord-est).

«Le bilan préliminaire est de trois blessés graves, dont deux Casques bleus et un civil», précise-t-elle.
«Il n’y a presque pas un jour où l’on ne reçoit pas de rapports sur des actes abominables de terrorisme commis par les ennemis de la paix et les ennemis de ce pays et de son peuple», s’est indigné le chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif, cité dans le communiqué. «Leur cible réelle est l’échec du processus de paix et leur objectif est d’imposer le règne de la violence et du chaos», a-t-il ajouté.

AFP

Deux hommes «radicalisés» suspectés de préparer un attentat «imminent» en France ont été interpellés, hier, à Marseille (sud), à cinq jours du premier tour d’une élection présidentielle à l’issue très incertaine.

Le président François Hollande a salué «une prise remarquable». «Nos services et nos policiers ont travaillé de manière remarquable nous permettant d’arrêter deux personnes qui vont maintenant être confrontées devant des juges et des policiers, pour que nous sachions exactement quelles étaient leurs intentions», a-t-il ajouté.

Les deux suspects, de nationalité française, Clément B., 22 ans, et Mahiedine M., 29 ans, avaient déjà été incarcérés pour des faits sans caractère terroriste, a indiqué une source proche du dossier. Les équipes du candidat conservateur, François Fillon, de la patronne de l’extrême droite, Marine Le Pen, et du centriste, Emmanuel Macron, ont été prévenues la semaine dernière, selon les informations recueillies par l’Afp auprès des candidats.

Le ministère de l’Intérieur «avait renforcé la sécurité à Montpellier» où François Fillon tenait meeting vendredi et des craintes entouraient son meeting à Nice lundi, selon des sources au sein du parti de droite «Les Républicains».
Dans l’entourage de Marine Le Pen, on soulignait que «le fait que les deux individus aient été interpellés à Marseille alors que Marine Le Pen y tient un meeting le lendemain n’est peut-être pas un hasard». «Le risque terroriste est plus élevé que jamais», a déclaré le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, après l’arrestation de deux hommes «connus pour leur radicalisation».
Ils avaient un projet d’attentat «certain», «dans les tout prochains jour, a-t-il dit.

Des armes ainsi que du matériel rentrant dans la composition d’explosifs ont été retrouvés lors des perquisitions. «Tout est mis en œuvre pour assurer la sécurité de ce rendez-vous majeur» qu’est l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai, a assuré le ministre.

AFP

Après un mois de conflit social en Guyane française, le collectif à la tête du mouvement a décidé, lundi, de poursuivre la mobilisation en refermant les barrages qui avaient été levés pour le week-end.

Le collectif Pou la Gwiyann dékolé («Pour que la Guyane décolle») entend rester mobilisé jusqu’à la signature d’un protocole d’accord avec le gouvernement.

Ce protocole d’accord de sept pages, élaboré par le collectif qui coordonne le mouvement social «pour suspendre le mouvement sous sa forme actuelle», a été envoyé, dimanche, au gouvernement, qui en a accusé réception. Dans ce protocole, baptisé Projet d’Accord de Guyane, Pou la Gwiyann dékolé «acte» le plan d’urgence de plus d’un milliard d’euros proposé par le gouvernement et propose de rouvrir le dialogue sur les 2 milliards d’euros supplémentaires que réclamaient jusqu’à présent les manifestants. «Pour avoir une signature rapide, nous avons obligation de durcir le mouvement. Les barrages seront fermés dès ce soir 22H00» (01H00 Gmt), a déclaré pour le collectif Valérie Vanoukia, représentante des très petites entreprises de Guyane, à l’issue d’une assemblée générale, invitant la population à se remobiliser.

La Guyane est paralysée depuis un mois par un mouvement social qui porte des revendications sécuritaires, économiques et sociales pour permettre le rattrapage de ce territoire français d’Amérique du Sud par rapport à l’Hexagone.

AFP

Le Haut-Commissaire de l’Onu aux droits de l’Homme a dénoncé la multiplication d’incidents dans lesquels les Imbonerakure, la ligue de jeunesse du parti au pouvoir au Burundi, appellent au «viol» d’opposantes.

«Les slogans choquants appelant au viol, repris par de jeunes hommes appartenant aux Imbonerakure dans plusieurs provinces du Burundi, sont profondément inquiétants», car ils sont une preuve supplémentaire de «la campagne de terreur» menée par ces derniers, a estimé M. Zeid Ra’ad Al Hussein, dans un communiqué.

M. Zeid fait référence à une vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, début avril, montrant des centaines de jeunes Imbonerakure dans une pose martiale, en rangs, qui chantent en kirundi - la langue nationale : «Engrossez les opposantes, (pour) qu’elles enfantent des Imbonerakure».

Cette vidéo, tournée à Ntega, dans la province de Kirundo (nord), au début de l’année, avait fait scandale et contraint le Cndd-Fdd, le parti au pouvoir dont les Imbonerakure forment la ligue de jeunesse, à s’en démarquer. Ce chant «ne concorde ni avec les mœurs ni avec l’idéologie du parti Cndd-Fdd», avait-il fait savoir, disant condamner, «avec la dernière énergie, cet écart de langage» et promettant des sanctions. Mais, dans son communiqué, le Haut-Commissariat de l’Onu aux droits de l’Homme cite plusieurs incidents similaires, plus récents.

M. Zeid a appelé le gouvernement burundais à reconnaître «que la manifestation de Ntega n’était pas un incident isolé, mais la partie émergée de l’iceberg».

«De tels discours éhontés de haine manifeste et d’incitation à la violence ne doivent être ni tolérés, ni encouragés», a-t-il ajouté.
Les Imbonerakure sont sur la sellette depuis le début de la grave crise que traverse le Burundi, déclenchée par l’annonce, en avril 2015, de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année.                                  

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Le ministère de l’Intérieur égyptien a annoncé l’arrestation de 13 «terroristes» qui planifiaient des attaques contre la communauté chrétienne et des institutions publiques, une semaine après des attentats meurtriers ayant visé des églises coptes.

L’annonce des autorités intervient alors que les coptes d’Égypte célébraient Pâques dans la tristesse et sous haute surveillance. Dimanche 9 avril, des attaques visant deux églises du nord de l’Égypte et revendiquées par le groupe jihadiste État islamique (Ei) ont fait 45 morts. Les «13 éléments terroristes» faisaient partie de groupuscules qui préparaient «une série d’attaques contre des institutions étatiques, des installations gouvernementales et chrétiennes, et contre des personnalités publiques et des policiers» dans quatre provinces du nord de l’Égypte, notamment à Alexandrie, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur. Le texte ne précise pas quand ces attentats devaient avoir lieu.

Dans les provinces d’Alexandrie et de Beheira (nord), les forces de sécurité ont également découvert deux fermes utilisées pour fabriquer des explosifs et entreposer des armes, selon le ministère. L’Église avait annoncé que les célébrations de Pâques se limiteraient à une simple messe, qui s’est tenue samedi soir sous haute sécurité.

Les coptes, qui représentent environ 10 % des 92 millions d’Égyptiens, ont été ciblés à plusieurs reprises au cours des derniers mois. En décembre, un kamikaze de l’Ei s’était fait exploser dans une église du Caire, tuant 29 personnes. Par la suite, le groupe jihadiste avait menacé de multiplier les attaques contre la communauté.
Les attentats du dimanche des Rameaux ont poussé le président Abdel Fattah al-Sissi à instaurer l’état d’urgence dans tout le pays.

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Une victoire, mais a minima : le président turc Recep Tayyip Erdogan a certes obtenu le «oui» qu’il recherchait au référendum sur le renforcement de ses pouvoirs, mais l’opposition, qui l’accuse de dérive autoritaire, crie déjà à la fraude. M. Erdogan, 63 ans, recherchait un plébiscite. Toutefois, selon les chiffres de l’agence de presse progouvernementale Anadolu, dans la nuit de dimanche à hier, il n’aurait obtenu que 51,37 % des suffrages dimanche, après dépouillement des bulletins dans 99,45 % des urnes. Le chef du Haut-Conseil électoral (Ysk) a cependant confirmé la victoire du «oui», précisant qu’il devançait le «non» de quelque 1,25 million de voix, avec seulement 600.000 bulletins de vote restant à dépouiller. «Triomphe a minima» pour El Pais en Espagne, «Erdogan l’emporte d’un cheveu» pour la Repubblica à Rome, «Courte victoire» pour le New York Times, «Erdogan revendique une courte victoire», selon Le Figaro en France : les grands titres de la presse mondiale étaient globalement sévères pour le chef de l’État turc, hier, dans leurs éditions numériques, Die Welt en Allemagne parlant même d’une victoire équivalent à «une défaite». Au total, quelque 55,3 millions de Turcs étaient appelés à voter dimanche, et le taux de participation s’est établi à 85 %, selon le Ysk. Dans un discours télévisé, le chef de l’État a salué une «décision historique» du peuple turc et appelé les pays étrangers à «respecter» le résultat du scrutin. Peu après, il a évoqué la possibilité d’organiser un nouveau référendum, cette fois-ci sur le rétablissement de la peine capitale, une initiative qui sonnerait le glas du processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne (Ue). Quant aux deux principaux partis d’opposition, le Chp et le Hdp (prokurde), ils ont dénoncé des «manipulations» au cours du référendum et annoncé qu’ils feraient appel du résultat. Ils fustigent notamment une mesure annoncée à la dernière minute par le Haut-Conseil électoral considérant comme valides les bulletins ne comportant pas le tampon officiel du bureau de vote dans lequel ils ont été glissés dans l’urne. Cette mesure a «rendu sujet à débat la légitimité du référendum» et «jeté une ombre sur la décision de la nation», a affirmé le chef du Chp, Kemal Kiliçdaroglu. Quelques milliers de manifestants contestant la victoire du «oui» ont scandé des slogans hostiles à M. Erdogan dans les quartiers de Besiktas et Kadiköy à Istanbul, selon des photographes de l’Afp. Aucun incident n’a cependant été signalé lors de ces manifestations.

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La Corée du Nord est prête à répondre à «n’importe quel type de guerre» déclenchée par les États-Unis, a mis en garde, hier, l’émissaire de Pyongyang aux Nations unies, après plusieurs avertissements lancés par l’exécutif américain.

«Si les États-Unis osent choisir l’action militaire (...), la Rpdc (République populaire démocratique de Corée, Ndlr) est prête à réagir à n’importe quel type de guerre voulue par les États-Unis», a déclaré l’ambassadeur adjoint à l’On, Kim In Ryong. «Nous prendrons les mesures de représailles les plus dures face aux provocateurs», a-t-il ajouté.

La Corée du Nord a adopté des mesures «de légitime défense» face à la menace d’une action militaire américaine, a souligné Kim In Ryong, précisant que celles-ci reflétaient la volonté de Pyongyang de «répliquer en espèce aux bombes nucléaires et Icbm», sigle désignant les missiles balistiques intercontinentaux. Le vice-président des États-Unis, Mike Pence, a recommandé, lundi, à Pyongyang de ne pas éprouver la «détermination» de Donald Trump sur la question nucléaire, ni la puissance de l’armée américaine, lors d’une conférence de presse à Séoul.

Il a plus tôt effectué une visite très symbolique de la zone démilitarisée (Dmz) entre les deux Corées où il a affirmé que «toutes les options» étaient «sur la table» pour régler le problème nord-coréen. Donald Trump a, lui, conseillé au dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un de «bien se tenir», en réponse à une question d’un journaliste lancée en pleine chasse aux œufs de Pâques à la Maison Blanche.

Washington avait annoncé, le 8 avril, l’envoi, vers la péninsule coréenne, du porte-avions Carl Vinson, escorté par trois navires lance-missiles, le président américain évoquant, jeudi, une «armada» comprenant aussi des sous-marins. Cette décision montre que les «initiatives dangereuses des États-Unis visant à une invasion de la Rpdc sont entrées dans une phase sérieuse», a encore déclaré l’ambassadeur adjoint nord-coréen.

Kim In Ryong a, en outre, assuré que Pyongyang tiendrait les États-Unis «pleinement responsables des conséquences catastrophiques provoquées par leurs actions scandaleuses».

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L’armée de Pyongyang a durci le ton, hier, face à Washington, promettant une «réponse sans pitié» à toute provocation, alors qu’un porte-avions américain faisait route vers la péninsule coréenne.

Dans une déclaration, publiée par Kcna, l’agence de presse officielle de la Corée du Nord, soupçonnée de vouloir mener, ce week-end, un essai nucléaire, l’armée assure que les bases américaines en Corée du Sud, «tout comme les quartiers généraux du Mal», tels que la présidence sud-coréenne à Séoul, seraient «pulvérisés en quelques minutes» en cas de guerre. Le vice-président américain Mike Pence doit justement se rendre ce week-end en visite officielle en Corée du Sud. La Chine a averti, de son côté, qu’un «conflit peut éclater à tout moment». «Le dialogue est la seule issue», a martelé le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, lors d’un point de presse à Pékin en compagnie de son homologue français, Jean-Marc Ayrault. Se disant «très inquiète», la Russie a appelé toutes les parties à la «retenue» et mis en garde contre «toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation».

Donald Trump a promis, jeudi, que le «problème» nord-coréen serait «traité». Il avait annoncé auparavant l’envoi, vers la péninsule coréenne, du porte-avions Carl Vinson, escorté par trois navires lance-missiles, puis évoqué une «armada» comprenant des sous-marins. Un tel porte-avions transporte en général 70 à 80 avions ou hélicoptères, dont une cinquantaine d’avions de combat.

La Corée du Nord a promis de répondre à l’envoi «insensé» de ce groupe aéronaval, se disant prête pour la «guerre».

Selon de nombreux observateurs, la Corée du Nord pourrait, à l’occasion du 105e anniversaire de la naissance de Kim Il-Sung, premier dirigeant du pays, procéder, aujourd’hui, à un nouveau tir de missile balistique ou même à son sixième essai nucléaire, tous deux interdits par la communauté internationale.

Pas de vainqueur
Une semaine après avoir frappé la Syrie, les États-Unis ont utilisé, jeudi, en Afghanistan, la plus puissante bombe américaine non-nucléaire jamais larguée. Cet engin, d’une puissance comparable à 11 tonnes de TNT, a tué au moins 36 membres du groupe jihadiste Etat islamique (Ei), selon le gouvernement afghan. Le largage de cette bombe, qui intervient au moment où les tensions sont exacerbées avec Pyongyang, est largement interprété comme un signal adressé à la Corée du Nord. Malgré les menaces, le régime stalinien reste déterminé à ne pas abandonner son programme nucléaire. Une guerre thermonucléaire «pourrait éclater à tout moment» et «menacer la paix et la sécurité mondiales», avait averti un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse officielle Kcna. «Le vainqueur ne sera pas celui qui tient les propos les plus durs ou qui montre le plus ses muscles», a réagi, hier, Wang Yi, sans citer explicitement les initiatives américaines. «Si une guerre a lieu, le résultat sera une situation dont personne ne sortira vainqueur».

La Chine est considérée comme le plus proche allié de la Corée du Nord, mais s’oppose fermement au programme nucléaire à visée militaire du régime de Kim Jong-Un. Elle plaide pour une solution négociée et appelle régulièrement les États-Unis à la retenue dans ce dossier.

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Une cérémonie de naturalisation de 28 anciens tirailleurs sénégalais ayant combattu dans les rangs de l’armée française en Indochine ou en Algérie, présidée par François Hollande, se tiendra aujourd’hui à Paris, 57 ans après les indépendances africaines.

Cette cérémonie, organisée dans la salle des fêtes du palais présidentiel, «s’inscrit dans la volonté du président de la République de reconnaître l’engagement et le courage des tirailleurs sénégalais issus de l’Afrique subsaharienne, qui ont combattu pour la France dans les différentes opérations militaires entre 1857 et 1960», selon la présidence française.

Parmi ces 28 tirailleurs, on compte 23 Sénégalais, 2 Congolais, 2 Centrafricains et un Ivoirien. Nés entre 1927 et 1939, ils vivent majoritairement en région parisienne et vont donc retrouver une nationalité qu’ils avaient perdue à l’indépendance des colonies en 1960. Cette naturalisation est l’aboutissement d’une pétition initiée, l’an dernier, par Aïssata Seck, adjointe à la maire de Bondy (en région parisienne) et petite-fille d’un ancien combattant sénégalais, qui a été signée par 60.000 personnes, dont de nombreuses célébrités.

«Ces Français par le cœur sont dans des situations terriblement précaires. Munis de simples cartes de séjour, ces retraités n’ont d’autre choix que de rester seuls sur le territoire français. Partir finir leur vie au Sénégal, près de leurs familles, signifierait perdre leurs faibles pensions ; un choix matériellement impossible», avait expliqué Mme Seck dans sa pétition. «La République française les a appelés, la République française doit les reconnaître comme ses enfants et leur garantir une fin de vie digne et paisible», avait-elle souligné.

Suite à cette pétition, François Hollande s’était engagé, en décembre, à l’occasion d’une visite officielle, à Paris, du président Macky Sall, à ce que ces dossiers de naturalisation soient examinés «avec rapidité et bienveillance».

«D’autres dossiers vont suivre pendant les mois prochains», a précisé à l’Afp Aïssata Seck, ajoutant qu’elle avait déjà reçu une centaine de demandes. A l’Élysée cependant, on précise que seules quelques dizaines de personnes sont concernées et seront naturalisées en préfecture.

Ces tirailleurs appartiennent à la «dernière génération» d’une longue lignée de combattants africains engagés volontaires ou enrôlés d’autorité dans les rangs de l’armée française.
Si les premiers régiments ont été formés au Sénégal, ces combattants à la célèbre chéchia rouge étaient originaires de toutes les colonies françaises, de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, jusqu’à Madagascar. «On sait qu’ils étaient plus de 200.000 hommes lors de la Première Guerre mondiale, 150.000 pour la Seconde, 60.000 en Indochine…», explique l’historien Julien Fargettas, auteur d’un ouvrage consacré à ces «soldats noirs».

A la fin des guerres coloniales et pour pouvoir faire vivre leurs familles restées au pays, de nombreux tirailleurs sénégalais avaient choisi de vivre en France.

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Le président Bachar al-Assad a accusé, dans un entretien à l’Afp, les Occidentaux d’avoir «monté toute l’histoire» de l’attaque chimique présumée contre une ville rebelle de Syrie pour préparer, selon lui, le terrain à des frappes américaines contre son armée.

M. Assad, au pouvoir depuis 17 ans et considéré comme un paria par les Occidentaux, a assuré que son régime ne possédait plus d’armes chimiques depuis leur destruction en 2013. Cette interview exclusive, réalisée mercredi dans son bureau au cœur de Damas, est la première accordée par le président syrien depuis l’attaque chimique présumée du 4 avril et les frappes américaines menées trois jours plus tard, les premières contre le régime Assad depuis le début du conflit en Syrie il y a six ans. «Il s’agit, pour nous, d’une fabrication à 100 %», a dit à propos de l’attaque M. Assad qui est apparu souriant et décontracté. «Notre impression est que l’Occident, principalement les États-Unis, est complice des terroristes et qu’il a monté toute cette histoire pour servir de prétexte» à l’attaque américaine du 7 avril contre une base aérienne dans le centre du pays, a-t-il ajouté.
L’attaque chimique présumée dans la ville de Khan Cheikhoun, dont les images de personnes saisies de convulsions ont choqué le monde, a causé la mort de 87 civils. Et parmi ces dernières, 31 enfants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (Osdh).

«Les seules informations dont dispose le monde jusqu’à présent sont celles publiées par la branche d’Al-Qaïda», a affirmé M. Assad en référence au groupe jihadiste, Fateh al-Cham, qui contrôle Khan Cheikhoun avec les rebelles. «Nous ne savons pas si toutes les photos ou les images vidéos sont vraies ou truquées (...) Nous ne savons pas si ces enfants ont été tués à Khan Cheikhoun, nous ne savons même pas s’ils sont vraiment morts», a-t-il dit. «Et s’il y a eu attaque, qui l’a lancée ?» a encore demandé le président syrien.

M. Assad a démenti toute implication : «Aucun ordre n’a été donné de déclencher une attaque et d’ailleurs, nous ne possédons pas d’armes chimiques». «Il y a plusieurs années, en 2013, nous avons renoncé à tout notre arsenal (...) Et même si nous possédions de telles armes, nous ne les aurions jamais utilisées», a poursuivi le président syrien qui a maintes fois affirmé s’être débarrassé de cet arsenal.

Il a aussi affirmé qu’il voulait une enquête sur ce qui s’est passé à Khan Cheikhoun, mais à condition qu’elle soit «impartiale». «Nous allons œuvrer (avec les Russes), en vue d’une enquête internationale. Mais, elle doit être impartiale», selon lui. «Nous ne pouvons permettre une enquête que si et seulement si elle est impartiale et en nous assurant que des pays impartiaux y prendront part pour être sûrs qu’elle ne sera pas utilisée à des fins politiques».

M. Assad a, en outre, indiqué que la Russie, son allié dans la guerre, n’avait «pas eu le temps d’avertir» son régime de la frappe américaine à venir.

Commentant les frappes américaines sur la base aérienne d’Al-Chaayrate, il en a minimisé l’impact. «Notre puissance de feu, notre capacité à attaquer les terroristes n’a pas été affectée».

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Le gouvernement nigérian «négocie» avec le groupe islamiste Boko Haram pour obtenir la libération des lycéennes de Chibok, enlevées il y a trois ans dans le nord-est du pays, grâce à la médiation de plusieurs pays étrangers, a annoncé, hier, la présidence.

Cette annonce, faite sur les ondes de la Bbc (service haoussa), intervient la veille des commémorations de l’enlèvement de plus de 200 lycéennes à Chibok (nord-est), le 14 avril 2014, qui avait suscité une vague d’indignation internationale. «Le gouvernement travaille à la libération des écolières de Chibok et de tous les Nigérians enlevés par les terroristes» en ayant recours à «tous les moyens possibles», a affirmé un porte-parole de la présidence nigériane, Garba Shehu, lors d’une interview à la Bbc. «L’opération militaire suit son cours pour débarrasser le nord-est des terroristes toujours présents, en particulier dans la forêt de Sambisa. En même temps, des discussions sont en cours (...) pour libérer d’autres écolières, en plus de celles déjà libérées», a-t-il dit.

«Ces discussions se déroulent avec l’aide de certains pays», a ajouté M. Shehu, citant notamment le Comité international de la Croix-Rouge (Cicr) et le gouvernement suisse qui avaient déjà participé aux négociations pour la libération d’une vingtaine de lycéennes l’an dernier.

Le porte-parole a également indiqué que «d’autres pays» participaient aux discussions, sans les nommer. «Les négociations comme celle-ci sont si difficiles, complexes et sinueuses que la précipitation peut ne pas aboutir au résultat escompté. Cela nécessite de la persévérance et de la patience», a-t-il ajouté, indiquant que les autorités n’avaient pas localisé les jeunes filles. Sur les 276 écolières âgées de 12 à 17 ans et enlevées par le groupe jihadiste nigérian en avril 2014, 57 étaient parvenues à s’échapper juste après le rapt.

En octobre 2016, une vingtaine de jeunes filles avaient été libérées à la suite de négociations entre Boko Haram et le gouvernement. Mais, 195 sont toujours portées disparues, certaines ayant eu des enfants en captivité.

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Le Conseil de sécurité de l’Onu a décidé, hier, de mettre fin à treize ans de présence des Casques bleus en Haïti, pour les remplacer par une force de police plus restreinte.

La résolution, adoptée à l’unanimité par le Conseil, prévoit la fin de la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), d’ici au 15 octobre.
Cette décision va permettre à l’administration américaine de Donald Trump de réduire, comme elle le souhaite, ses financements des opérations de maintien de la paix des Nations unies.
Le Conseil a convenu de retirer progressivement les 2.360 soldats de la Minustah au cours des six prochains mois.
La Minustah sera remplacée par une nouvelle force de police chargée de former les forces haïtiennes, baptisée Mission des Nations unies pour le soutien de la justice en Haïti (Minujusth). Cette nouvelle mission onusienne disposera de sept unités d’environ 1.275 policiers au total. Cette force de police est également destinée à être graduellement réduite, sur deux ans, à mesure que la police haïtienne sera formée. La Minustah avait été déployée, en 2004, après le départ du président Jean-Bertrand Aristide pour aider à endiguer la violence dans cette nation pauvre des Caraïbes, mais elle n’a jamais su gagner la confiance des Haïtiens.

Avec un budget annuel de 346 millions de dollars, la Minustah ne figure pas parmi les opérations de maintien de la paix les plus coûteuses de l’Onu, mais sa fermeture marque un changement d’orientation vers des missions plus petites. L’ambassadeur britannique à l’Onu Matthew Rycroft a dit s’attendre à davantage de coupes budgétaires et de fermetures de mission dans les opérations de maintien de la paix de l’Onu.

«Les Casques bleus font un travail fantastique, mais ils sont très chers et ne devraient être utilisés que lorsque cela est nécessaire. Nous soutenons donc fermement la fin de cette mission (...) et nous allons voir cela se répéter», a prédit M.Rycroft devant les journalistes avant le vote. L’ambassadrice des États-Unis, Nikki Haley, a lancé un réexamen de toutes les missions de maintien de la paix afin de trouver les moyens de réduire les coûts et d’améliorer ces opérations, souvent entachées par des scandales d’abus sexuels et de corruption.  

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