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Actualités Internationales (1170)

Après huit jours de garde-à-vue, l’homme d’affaires béninois, Sébastien Germain Ajavon et trois de ses employés ont bénéficié vendredi, de la relaxe pure et simple de la Cour constituée en procédure spéciale après le prononcé par le procureur de la République du tribunal de Cotonou, d'un mandat de dépôt avec comparution immédiate.

Sébastien Germain Ajavon et ses trois agents sont gardés à vue depuis vendredi 28 octobre 2016 suite à la découverte par la gendarmerie, la veille, dans l’un des containers destinés à sa société de 18 kilogrammes de drogue.

Cités en correctionnelle devant une Cour présidée par le juge Jacques Hounsou, Sébastien Ajavon et trois agents de son entreprise Comon SA ont été libérés vers 22h45 (heure locale) par le juge qui n’a retenu aucune charge contre eux après un procès qui aura duré plus de de huit heures.

Au cours de l’instruction à la barre, le président du patronat béninois et ses employés plaidant non coupables ont dégagé la responsabilité de Comon SA dans les opération d’embarquement, de transbordement et de débarquement avant de notifier que les scellés du conteneur incriminés ont été violés et substitués.

Après quoi, cinq témoins parmi lesquels, des officiers de gendarmerie, de la douane et de la police ont défilé à la barre pour donner des faits quant à la découverte du colis prohibé, la substitution des scellés et le lien entre les prévenus et l’infraction citée.

Face au sévère réquisitoire du ministère public (10 ans d’emprisonnement ferme), quatre des 26 avocats de la défense ont plaidé tour à tour l’innocence de leur client démontrant le manque de professionnalisme dans la procédure par les officiers de police judiciaire tout en invitant la Cour à dire le droit sans compromission.

Cette audience qui avait débuté depuis 13h30 (heure de Cotonou) a mobilisé une foule de sympathisants de l’homme d’affaires qui faisait le pied de grue depuis vendredi 28 octobre, date de son arrestation.

Classé troisième au premier tour de la présidentielle de 2016, Sébastien Ajavon légèrement devancé par l’actuel chef de l’Etat, Patrice Talon, avait appelé à voter pour celui-ci au deuxième tour.

Source : APAnews

Le Conseil de sécurité a ouvert ses travaux, hier, par une consultation sur la Fisnua (Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abiye), suivie d’une seconde consultation sur le Soudan du Sud.

Le Conseil de sécurité, profondément préoccupé par la violence, l’escalade des tensions et les déplacements des populations, avait réagi à cette situation urgente dans la zone Abiye au Soudan en mettant en place la Fisnua, créée par la résolution 1990 du 27 juin 2011. La Fisnua doit contrôler la zone frontalière de tension entre le nord et le sud, et faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire. Le Conseil de sécurité a été briefé sur la situation par le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous.

Sur la situation au Soudan du Sud, le Conseil a examiné le rapport du secrétaire général sur les violences survenues à Juba, ainsi que le suivi des incidents de Malakal, à la demande de la délégation des Etats-Unis.

Dans l’après-midi, le Conseil est revenu sur la situation au Mali. Dans une déclaration lue par le président Fodé Seck, le Conseil de sécurité a condamné les violations du cessez-le-feu et a demandé la pleine mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Le Conseil a ainsi exhorté les groupes armés signataires à cesser les hostilités, à adhérer strictement aux modalités du cessez-le-feu et à reprendre le dialogue « sans plus tarder », en vue de l’application de l’Accord, sous peine de sanctions ciblées contre ceux qui compromettent la mise en œuvre de l’Accord, reprennent les hostilités ou violent le cessez-le-feu.

Le Conseil de sécurité a demandé aux partenaires internationaux du Mali d’appuyer la mise en œuvre de l’Accord et d’accroître leur aide pour accélérer le redéploiement, dans le nord du pays, des forces de défense et de sécurité maliennes. Le Conseil a ajouté que les auteurs d’attaques terroristes contre les forces maliennes, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) et les forces françaises doivent être traduits en justice.  Face aux « lacunes notables » au sein de la Minusma, le Conseil a encouragé les États membres à lui fournir des capacités suffisantes, notamment des « moyens relatifs à l’aviation et aux transports ».

Mercredi 2 novembre, la région des Grands Lacs était à l’agenda. L’envoyé spécial du secrétaire général pour la région des Grands Lacs, M. Saïd Djinnit, a demandé une « action énergique et décisive » des pays de la région afin de préserver les gains obtenus. « Cela est d’autant plus crucial que les développements dans la région, y compris les défis liés aux élections et aux forces négatives, continuent de mettre en évidence sa fragilité », a affirmé M. Djinnit.

L’envoyé spécial a présenté le dernier rapport du secrétaire général sur la mise en œuvre de l’Accord-cadre précité qui couvre la période allant du 9 mars au 20 septembre 2016.  « Les pays signataires ont globalement continué de poursuivre leurs efforts pour mettre en œuvre leurs engagements en vertu de l’Accord-cadre, malgré des défis persistants, y compris la présence continue et les activités de forces négatives dans l’est de la République démocratique du Congo (Rdc) », a-t-il conclu.

De notre envoyée spéciale à New York , Dié Maty Fall

Le 20 juillet 2015, Washington et La Havane rétablissaient des relations diplomatiques directes après plus de 54 ans de rupture unilatérale, avec l’ouverture d’ambassades dans les deux pays. Dès lors, le mandat de puissance protectrice de la Suisse pour les Etats-Unis à Cuba prenait fin. Pendant cette période de « froid » entre les deux pays, la Suisse, à la demande des Américains, représentait les intérêts diplomatiques des Etats-Unis à Cuba et a souvent joué le rôle de médiateur.

Au plus fort de la guerre froide, les Etats-Unis avaient, en effet, rompu avec Cuba après la révolution communiste castriste. Le 2 janvier 1959, à Cuba, quelques heures après la fuite à l’étranger du général Batista, soutenu par les Etats-Unis, qui tenait l’île depuis le milieu des années 1930, les troupes castristes, emmenées par Ernesto Che Guevara et Camilo Cienfuegos, entrent dans La Havane. La crise avait atteint son paroxysme en octobre 1962 lorsque l’Union soviétique (Urss) a voulu déployer des missiles nucléaires dans la Baie des Cochons, à portée de la Floride.

 Mais, en 1977, les deux Etats établissaient des sections de défense des intérêts rattachés aux ambassades de Suisse où des diplomates américains pouvaient travailler à La Havane et leurs collègues cubains à Washington. Dès lors, le mandat suisse a été principalement formel. D’ailleurs, Berne n’a joué aucun rôle majeur dans le rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba. En coulisses, ce sont le Canada et le Vatican qui ont œuvré très discrètement ce spectaculaire rapprochement que le président Obama avait annoncé en décembre 2014, à la surprise générale.

 A l’époque, le diplomate américain chargé du poste d’ambassadeur n’avait pas encore été choisi, une telle nomination étant une affaire délicate aux Etats-Unis. Un chargé d’affaires avait assuré la gestion du poste dans un premier temps.  Puis, le mardi 11 octobre 2016, Barack Obama a annoncé la nomination de Jeffrey De Laurentis comme ambassadeur à Cuba, une initiative hautement symbolique à quelques mois de son départ, mais qui devrait se heurter à l'obstacle du Sénat, contrôlé par les républicains. A ce jour, le Sénat fait blocage.
Toute désignation présidentielle d'un ambassadeur doit être, en effet, confirmée par le Sénat. Or plusieurs élus républicains sont opposés à la main tendue au régime communiste. Marco Rubio, sénateur de Floride et ancien candidat aux primaires républicaines, estime qu’ "un ambassadeur américain n'aura aucune influence sur le gouvernement cubain, qui est un régime fermé et dictatorial". M. Rubio, lui-même d’origine cubaine, juge que cette nomination ne doit pas être confirmée tant que le régime Castro ne fera pas des « progrès réels et irréversibles en termes de droits de l’Homme et de liberté politique pour le peuple cubain ».

Le 1er juillet 2015, le président Obama faisait part de sa décision de renouer le dialogue avec La Havane, mettant fin à « une politique hostile d’un autre temps ».  Depuis le triomphe de la Révolution, en 1959, jusqu’au dénouement annoncé en décembre 2014, Washington a utilisé tous les moyens pour renverser le gouvernement cubain : sanctions économiques toujours en vigueur, invasion militaire, menace de guerre nucléaire, terrorisme, financement de l’opposition interne et guerre politique, diplomatique et médiatique contre Cuba. Cependant, un allègement facilitant les exportations et les voyages d'affaires est intervenu depuis janvier 2016. Ainsi, le Trésor américain a autorisé la chaîne hôtelière Starwood à ouvrir deux hôtels à La Havane, une première depuis la révolution castriste.

« Une politique hostile d’un autre temps »
Les négociations entre les deux pays ont duré près de six mois, depuis l’annonce historique du 17 décembre 2014 de l’ouverture d’un processus de négociation entre Raúl Castro et Barack Obama. Alors que la Maison Blanche souhaitait rétablir les relations diplomatiques avant le Sommet des Amériques, au Panama, en avril 2015, le gouvernement cubain avait opposé une fin de non-recevoir exigeant, au préalable, la réalisation de certaines conditionnalités.

Tout d’abord, retirer Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme dans laquelle elle avait été incluse en 1982 par le gouvernement de Ronald Reagan. Depuis cette date, le département d’Etat considère Cuba comme un soutien du terrorisme international. Pourtant, l’île a été la première victime du terrorisme orchestré par la Cia de 1959 à 1997, avec un bilan humain de 3.478 morts et 2.099 personnes mutilées. Cette stigmatisation, rejetée par la communauté internationale, constituait un obstacle majeur à la normalisation des relations bilatérales. Nelson Mandela, lui aussi, avait été inclus dans ladite liste jusqu’en…2008. Le 29 mai 2015, en annonçant le retrait de Cuba de cette liste, le président Obama ouvrait ainsi la voie au rétablissement des ambassades.

 Ensuite, l’autre condition posée par La Havane concernait le comportement des diplomates étasuniens. En effet, l’un des piliers de la politique étrangère des Etats-Unis vis-à-vis de Cuba a été de soutenir matériellement et financièrement l’opposition cubaine à l’intérieur de l’île, en violation flagrante de la législation cubaine et de la légalité internationale.  Pourtant, la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961, en son article 41, stipule que tout diplomate étranger a « le devoir de respecter les lois et règlements de l’État accréditaire » et « également le devoir de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures de cet État ». Faisant amende honorable, Washington a reconnu soutenir la dissidence cubaine, maillon essentiel de sa stratégie de déstabilisation, et La Havane a, semble-t-il, obtenu des garanties en ce sens.

 Enfin, Cuba exigeait que sa représentation diplomatique à Washington ait accès aux services bancaires indispensables à son fonctionnement. En raison des sanctions économiques imposées par les Etats-Unis, ces services avaient été interrompus pendant plusieurs mois, jusqu’à leur rétablissement en mai 2015.  

La lucidité et le sens du réalisme politique du président Obama lui ont fait reconnaitre l’échec total de la politique étrangère étasunienne vis-à-vis de Cuba. L’hostilité à l’égard de Cuba, le blocus économique, commercial et financier, a autant isolé les Etats-Unis de ses voisins que Cuba. En mettant un terme définitif aux fantômes du passé, Barack Obama a surtout admis sa capacité à changer de voie lorsque « quelque chose ne fonctionne pas ». Un sens de l’opportunisme plus facile à mettre en œuvre à l’étranger que de réussir à changer la donne at home sur la question raciale américaine, le contrôle des armes, la fermeture de Guantanamo ou la politique africaine.

 Car aux Etats-Unis, aussi bien l’opinion publique que les secteurs politiques et financiers ont accueilli positivement cette ouverture vers Cuba. Hillary Clinton, candidate démocrate à la présidence de novembre 2016, a salué la décision de Barack Obama. De son côté, le lobby économique américain en faveur de la levée des sanctions Engage Cuba a applaudi. En effet, selon un sondage réalisé en juillet 2015, par le Chicago council on global affairs, 67 % des citoyens étasuniens y sont favorables. Tom Udall, sénateur démocrate de l’Etat du Nouveau Mexique, a admis qu’il était désormais temps de procéder à « l’abrogation de lois désuètes qui empêchent l’expansion du commerce et réduisent la capacité des Américains à voyager librement » à Cuba.
 
« Un signal d’espoir »
La communauté internationale a salué l’adoption d’une politique constructive à l’égard de Cuba, après plus d’un demi-siècle d’hostilité.

Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, s’est félicité du rétablissement des liens diplomatiques. L’Amérique latine, unanimement opposée à l’embargo contre Cuba, s’est également réjouie d’une telle décision.

L’Union européenne a, pour sa part, salué « un signal d’espoir » et demandé la fin des sanctions économiques, se faisant l’écho de l’appel de Barack Obama au Congrès des Etats-Unis. En effet, le président des Etats-Unis s’est directement adressé aux élus de la nation en demandant au Congrès de prendre les mesures nécessaires pour lever l’embargo qui empêchent les Américains de voyager à Cuba ou d’y réaliser des affaires. Pour Barack Obama, qui quittera la Maison Blanche dans quelques semaines, l'objectif est clair : rendre irréversible le dégel avec La Havane, quel que soit sont le nom de son successeur en 2017, démocrate ou républicain. Lui-même a participé au dégel en visitant Cuba en mars dernier, un moment historique bien médiatisé avec force images du yankee style.

Derrière les poignées de mains chaleureuses et les sourires de façade, le processus de normalisation entre les Etats-Unis d’Amérique et la République de Cuba sera long et sinueux, et de nombreuses questions restent en suspens. Il ne pourra pas y avoir de relations normales entre Cuba et les Etats-Unis tant que le blocus économique, commercial et financier, qui pénalise Cuba et le peuple cubain depuis 1962, sera en vigueur.

Selon le président Raul Castro, cet embargo est le principal obstacle au développement économique de Cuba, en plus d’enfreindre le droit international. Il demande évidemment le retour à Cuba du territoire occupé par la base navale de Guantanamo et sa célèbre prison pour terroristes, l’arrêt des transmissions radiales et télévisées vers Cuba, l’élimination des programmes de subversion et de déstabilisation internes, et une compensation au peuple cubain pour les dommages humains et économiques provoqués par les Etats-Unis […] En somme, La Havane demande à Washington de respecter son indépendance et sa souveraineté, ainsi que son droit inaliénable comme tout Etat de choisir son système politique, économique, social et culturel.

Si le Congrès américain désapprouve le rapprochement entre les deux pays et s’oppose à la levée de l’embargo, bloquant ainsi les retrouvailles américano-cubaines, Obama dispose cependant de toutes les prérogatives présidentielles nécessaires pour montrer, par des actes forts, sa volonté de pacifier les relations avec Cuba.

Sa décision de rétablir les liens, avec l’ouverture d’ambassades à Washington et La Havane, constitue une avancée positive dans le processus de normalisation des relations avec Cuba.

Ainsi, la Maison Blanche pourrait parfaitement élargir le nombre de catégories des citoyens étasuniens autorisés à se rendre à Cuba, légaliser le commerce bilatéral entre les entreprises des deux pays, permettre à Cuba d’acquérir sur le marché international des produits contenant plus de 10 % de composants étasuniens, autoriser l’importation de produits fabriqués dans le monde à partir de matières premières cubaines, consentir à la vente à crédit de produits non alimentaires à Cuba, et accepter que l’île de la Caraïbe utilise le dollar dans ses transactions commerciales et financières avec le reste du monde.

Aucune autorisation du Congrès n’est nécessaire pour cela.

D. M. F.

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Barack Obama avait fait de la fermeture du centre de détention de Guantanamo, ouvert par George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001, une de ses promesses de campagne en 2009. Alors qu’il s’apprête à quitter la Maison Blanche, le président américain n’y est pas parvenu.

Le 8 novembre prochain, les Américains choisiront un nouveau président. Il ne restera alors à Barack Obama que deux mois, en janvier 2017, pour passer le témoin à son successeur qui sera soit la démocrate et ancienne secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, soit le républicain et sulfureux homme d’affaires, Donald Trump. Pour Barack Obama, c’est l’heure du bilan. Durant les huit ans qu’il aura passé à la tête de la première puissance économique et militaire mondiale, Obama, de l’avis de certains analystes politiques, peut se prévaloir d’un bon bilan.

A l’international, il peut se targuer d’avoir été celui qui a mis hors d’état de nuire Oussama Ben Laden en 2011 ou encore celui qui a retiré les dernières troupes américaines d’Irak la même année. Le réchauffement des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba porte également l’empreinte du premier président américain noir.

Seul ombre à ce bilan globalement positif, la non fermeture du centre de détention de Guantanamo. En effet, Barack Obama avait fait la promesse, dès le début de son mandat, en 2009, de fermer ce site cubain ouvert par Georges W. Bush au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. N’ayant pas pu tenir cette promesse lors de son premier mandat, Obama l’avait réitérée après sa réélection en 2012. En vain.

Aujourd’hui, il semble clair que la fermeture de Guantanamo ne se fera plus sous l’administration Obama. Il voulait, avec la fermeture du centre, « refermer un chapitre de l’histoire des Etats-Unis ». Finalement, c’est le chapitre de sa vie en tant que président qu’il fermera sans y arriver.

Moins qu’un manque de volonté, le président américain a fait face à l’opposition farouche du Congrès à majorité républicaine. Face à cette situation, il a dû revoir sa stratégie. Celle-ci a consisté à transférer certains prisonniers dans d’autres pays. C’est dans ce cadre que le Sénégal accueille et héberge deux anciens détenus de Guantanamo d’origine libyenne. Le 15 août dernier, le Pentagone a annoncé avoir transféré quinze détenus aux Emirats arabes unis. A ce jour, seuls 61 détenus restent toujours enfermés sur le site cubain.

Selon les chiffres publiés par le New York Times, sur ces 61 prisonniers, 20 sont immédiatement libérables, dont 29 en attente d’un pays d’accueil. Dix autres ont été ou seront jugés devant les commissions militaires, notamment cinq hommes accusés d’avoir organisé les attentats du World trade center. Les 31 restants entrent dans la catégorie des « détenus illimités », considérés comme trop dangereux pour être libérés. Ces derniers, selon le journal New Yorkais, ne peuvent être jugés, car leurs aveux obtenus par la torture ne sont pas recevables devant un tribunal.

Lors de l’investiture de Barack Obama, en 2009, on comptait 242 détenus à Guantanamo. Il en a libéré 181. Alors que sous l’administration Bush, 532 prisonniers avaient été libérés de Guantanamo, la plupart par larges groupes vers l’Afghanistan et l’Arabie saoudite.

Elhadji Ibrahima THIAM

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La campagne pour les élections municipales du 20 novembre au Mali a débuté, hier, dans une ambiance morose, sur fond d'incertitudes quant à la possibilité de tenir le scrutin dans tout le pays, en proie à une instabilité persistante.

Dans la capitale, Bamako, aucune affiche n'était visible sur les principales artères, pour ce premier scrutin dans le pays depuis l'élection du président Ibrahim Boubacar Keïta en août 2013, ont constaté les correspondants de l'Afp.

Plus de 7,2 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour désigner les quelque 12.000 conseillers municipaux des 703 communes du pays.

"Nous sommes fatigués de la politique. Nous ne croyons plus aux hommes politiques. D'ailleurs, j'ai décidé de ne plus voter", a confié à l'Afp Adramane Dicko, un habitant du quartier populaire de Magnambougou, résumant un sentiment répandu.

Ce scrutin - qui aurait dû avoir lieu en 2014, constamment repoussé en raison de l'instabilité - ne devrait pas se tenir dans les cinq régions administratives du Nord où seront prochainement mises en place des autorités intérimaires, en vertu de l'Accord de paix signé en mai-juin 2015.

Le chef  de la Mission de l'Onu au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif, a été reçu, hier soir, par le président Keïta, tandis que le Conseil de sécurité exhortait les signataires de l'Accord à "prendre de toute urgence des mesures concrètes" pour son application.

"La question des autorités intérimaires est devenue pratiquement un passage obligé pour arriver aux autres phases de la mise en œuvre de l'Accord", a expliqué M. Annadif à l'issue de l'audience, citant l'organisation de patrouilles mixtes et le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (Ddr) des combattants des groupes armés.

"Il y a les élections qui pointent à l'horizon le 20 novembre. Nous aurions souhaité, tout simplement que concomitamment, qu’on mette en place les autorités intérimaires là où elles doivent se mettre, et qu'on organise les élections dans de bonnes conditions", a-t-il ajouté.

AFP

Interpellé, il y a une semaine, dans une affaire de trafic de drogue présumé, l'homme d'affaires franco-béninois Sébastien Ajavon était jugé, hier, en comparution immédiate par le parquet de Cotonou.

Surnommé "le roi du poulet", pour avoir fait fortune dans l'agro-alimentaire, l'homme d'affaires, qui préside le patronat béninois, était arrivé troisième, avec 22 % des voix, au premier tour de l'élection présidentielle de mars au Bénin. Il s'était rallié au deuxième tour à Patrice Talon, devenu président.

M. Ajavon, qui a dénoncé un complot, a été arrêté le 28 octobre avec trois de ses employés, après la découverte, le matin, au port de Cotonou, de près de 14 millions d'euros de drogue dans un conteneur chargé de cartons de gésiers de dinde, destiné à sa société, Comon Sa.

La gendarmerie avait déclaré à la presse avoir "retrouvé dans le conteneur environ 18 kg de cocaïne pure d'une valeur estimée à environ 9 milliards de FCfa".

Après son arrestation, l'homme d'affaires a été mis sous mandat de dépôt, puis présenté aussitôt à ses juges.

"C'est une procédure normale la comparution immédiate, et ce n'est pas la première fois que cela arrive au tribunal de Cotonou", a déclaré un magistrat. Le procès se déroulait devant le tribunal de première instance de Cotonou au moment où des centaines de sympathisants, amis et soutiens de l'homme d'affaires étaient massés aux abords du parquet.

Ce vendredi (hier, Ndlr) était la date butoir légale pour le parquet pour se prononcer sur une relaxe ou non de l'homme d'affaires. Au Bénin, la garde-à-vue peut durer jusqu'à huit jours pour une affaire de trafic de drogue.

AFP

Hillary Clinton, pur produit du système politique américain, ancienne première dame, sénatrice et secrétaire d'Etat, contre Donald Trump, l’antisystème et self made man en quête de reconnaissance. L’Amérique retient son souffle et mijote son choix.

C’est une élection des plus indécises. Alors que l’on croyait que le sort en était jeté en faveur de Hilary Clinton, créditée d’une avance confortable dans les sondages, la réouverture de l’enquête sur les mails de l’ancienne first lady par le Fbi a jeté du sable sur la machine électorale des démocrates. L’écart se réduit comme peau de chagrin et une victoire de Trump ne semble plus être une lubie républicaine. La courbe s’inverse en faveur de Trump au moment où 10 % des électeurs américains font leur choix dans le cadre du vote anticipé. Alors que la campagne de Clinton patauge, les ralliements se multiplient dans le camp d’en face. Le speaker (président) républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a laissé entendre qu’il a voté pour le candidat de son parti en dépit des relations difficiles avec lui. Cible d’une partie de l’entourage de Trump qui le juge trop modéré, M. Ryan n’a pas fait campagne aux côtés du candidat républicain lorsque ce dernier s’est rendu dans son Etat du Wisconsin.

Irrévérencieux
Il y a six mois pourtant, nombre d’experts prédisaient la mort politique de Donald Trump. Maintenant, ils se demandent qui pourra arrêter le candidat républicain et comment. Irrévérencieux jusqu’au bout des chaussures, adepte des envolées populistes, Trump ne s’imagine pas un autre avenir que de celui d’occuper la maison blanche. L'homme d'affaires de 69 ans a grandi dans le Queens, à New York. Il a commencé sa carrière grâce à l'entreprise de son père, Frederick Trump, qui avait fait fortune dans l'immobilier et dans la gestion d'appartements locatifs dans certains quartiers de New York. Le jeune Donald Trump investit lui aussi dans l'immobilier et multiplie les projets. Il suffit de penser à la fameuse Trump Tower de New York ou encore à ses casinos à Atlantic City et à Las Vegas, ou encore, plus près de nous, à ses tours à appartements à Toronto et Vancouver. Partout où il passe, il met son nom sur chacun des immeubles.

Donald Trump, c'est aussi un producteur et animateur de télévision.Le milliardaire à la chevelure blonde a été la vedette de l'émission de téléréalité The Apprentice de 2004 à 2015. Il pouvait engranger jusqu'à 15 millions de dollars pour certains épisodes. Il a aussi été derrière l'organisation de Miss Univers.

Selon le magazine Forbes, sa fortune est estimée à 4 milliards de dollars américains. Il a dévoilé ses revenus pour l'année 2014 : il aurait amassé 362 millions de dollars provenant de 168 sources différentes. Le candidat, qui a annoncé, en juin 2015, qu'il se lançait dans la course à l'investiture républicaine, veut bâtir un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique pour freiner l'immigration illégale. Le milliardaire se présente aussi comme le sauveur des valeurs américaines. « On s'attaque à la foi chrétienne, on s'attaque aux armes à feu, on s'attaque à tout ce en quoi nous croyons », disait-il en janvier.

Les attaques personnelles envers ses adversaires sont légion et semblent être sa marque de commerce. Beaucoup se souviennent qu'il a retweeté le commentaire misogyne d'un de ses partisans à l'endroit de la candidate démocrate Hillary Clinton en 2015 : « Comment peut-elle satisfaire son pays si elle ne satisfait pas son mari ? » Sa popularité est largement due à la partition du candidat antisystème qu’il a su jouer avec talent : le candidat du peuple contre le champion de l’establishment. Beaucoup d'Américains n'en peuvent plus de la paralysie au Congrès. Ils se disent prêts à élire Trump.

Le problème avec Trump, c’est qu’on ne sait pas jusqu’où pourrait aller son impulsivité. Tony Schwartz, sa plume cachée, qui a écrit Trump, the Art of the Deal, mi-hagiographie, mi-manuel de motivation pour devenir Donald Trump, n’a pas gardé un bon souvenir de ses années de collaboration avec le milliardaire. « J’ai mis du rouge à lèvres sur un cochon », explique-t-il dans le New Yorker. Pour dire qu’il « regrette profondément ». Et qu’il a de plus en plus peur. Car tous les tares et traits de caractère qu’il avait perçus à l’époque (le mensonge systématique, l’absence d’empathie, le narcissisme extrême, une coupure totale avec la réalité) se sont dangereusement exacerbés depuis.

A ceux qui pensent que le Trump de la campagne, insultant, abrasif, moqueur, incohérent parfois, sera différent du Trump qui entrerait à la Maison Blanche, l’ex-journaliste répond : « Il n’y a pas un Trump privé et un Trump public. Tout ce qu’il veut, c’est de la reconnaissance extérieure, toujours plus ».

Femme de décision
Du côté des démocrates, c’est Hillary Clinton qui a été officiellement désignée par son camp dans la course à la présidentielle américaine, lors de la convention démocrate à Philadelphie le 28 juillet. L'ancienne première dame, sénatrice et secrétaire d'Etat deviendrait ainsi la première femme à diriger les Etats-Unis si elle parvient à remporter l'élection présidentielle américaine du 8 novembre 2016. Elle cultive son image de femme de décision, compétente et responsable, bref, tout l'opposé de son challenger. Mais elle montre aussi ses propres limites qui ont pour noms : la pensée dominante des cercles élitistes américains, le culte de la présidence toute-puissante.

Le grand danger de la présidence de Hillary Clinton serait de vivre, sur le plan international, ce que nous vivons déjà : la candidate démocrate a une fâcheuse tendance à suivre le mainstream (courant dominant). On ne peut pas oublier qu'elle fut contre le « surge », l'envoi de renforts massifs en Irak, à partir de 2007, à un moment où tout Washington en avait plus qu'assez de voir l'Amérique s'y embourber ; qu'elle épousa sans nuances l'intervention en Libye, en 2011; qu'elle incarna le « reset », la relance des relations avec la Russie, allant jusqu'à reprocher à Mitt Romney de vouloir provoquer un conflit avec les Russes, tout cela avant de se raviser, de se déchaîner contre Poutine et d'en faire aujourd'hui l'ennemi juré des Etats-Unis.

Par Sidy DIOP

A lire aussi, l'intégralité de notre Dossier :

L'élection présidentielle américaine tombe cette année le 8 novembre. Elle a toujours lieu le mardi suivant le premier lundi de novembre, obligation inscrite dans une loi de 1845.

Le mode de scrutin
Suffrage universel indirect à un tour, dans les 50 Etats et le District de Columbia (la ville de Washington, qui ne fait partie d'aucun Etat).
Les électeurs votent pour les candidats à la présidence et à la vice-présidence. Dans chaque Etat, en fonction des résultats du vote, les candidats engrangent de grands électeurs.

Les grands électeurs
Ils sont, au total, 538 et leur nombre varie selon les Etats, en fonction de leur population. Chaque Etat a autant de grands électeurs que d'élus à la Chambre des représentants (nombre qui dépend de leur population) et au Sénat (deux, nombre fixe dans tous les Etats).
La Californie en a, par exemple, 55, le Texas 38, l'Etat de New York 29, la Floride 29, et à l'autre bout, le Vermont, l'Alaska, le Wyoming et le Delaware n'en ont que 3.
Ces grands électeurs, qui composent le collège électoral, éliront ensuite officiellement, le 19 décembre, le président et le vice-président, une formalité.

Que faut-il pour gagner ?
Un candidat doit obtenir la majorité absolue des 538 grands électeurs, soit 270. Dans tous les Etats sauf deux, le candidat qui remporte la majorité des voix rafle tous les grands électeurs de l'Etat. Dans le Nebraska et le Maine, ces grands électeurs sont attribués à la proportionnelle.

Les Etats-clés
Certains Etats sont historiquement démocrates, d'autres résolument républicains. Vu le mode de scrutin, les candidats se concentrent donc sur une douzaine d'Etats qui peuvent basculer d'un côté ou de l'autre, et avoir un impact sur le résultat de l'élection. Les plus importants sont ceux qui ont le plus de grands électeurs, comme la Floride (29), la Pennsylvanie (20) ou l'Ohio (18).

Selon les élections, ces "swing states" peuvent changer.

AFP

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La présidentielle américaine du 8 novembre s’annonce comme l’une des plus indécises de l’histoire du pays de l’Oncle Sam. Le profil et la personnalité des deux candidats étant eux-mêmes des facteurs inédits. Hillary Clinton comme Donald Trump traînent des casseroles.

Hillary Clinton ? Donald Trump ? Bien malin qui pourra deviner le prochain locataire de la Maison Blanche. Même si les sondages donnent une certaine avance à l’ancienne Première dame et qu’à l’étranger l’opinion pense que sa victoire est déjà actée face au tonitruant milliardaire, rien n’est moins sûr. Dans l’opinion américaine et selon de nombreux observateurs de la politique américaine, une victoire de l’ancienne secrétaire d’Etat est loin d’être acquise. Donc, un triomphe de Trump est dans l’ordre du possible. Kamissa Camara, responsable principale du programme Afrique de l’Ouest et centrale de la Fondation nationale pour la démocratie et supporter de Hillary, résume bien la situation en ces termes : « Il y a six mois, si on m’avait posé la question à savoir si Donald Trump pouvait gagner les élections, j’aurais dit non sans aucune hésitation. Aujourd’hui, je suis plus nuancée. La victoire d’Hillary Clinton n’est pas gagnée d’avance. On a trop sous-estimé Trump. Aujourd’hui, tout est possible ».

L’issue de cette élection est d’autant plus indécise que les libertariens et les verts, les deux autres partis en lice mais dont on ne parle pas assez, montent en flèche dans les sondages.

« Plus on approche de la présidentielle, plus l’issue en devient opaque. Les libertariens et les verts peuvent faire basculer les élections dans l’un ou l’autre sens. Il y a un temps, Hillary était très loin dans les sondages devant Trump, mais l’écart est en train de se réduire », souligne Akram Elias, président-directeur général de Capital communication group et spécialiste du fédéralisme américain. Il invite à se méfier des sondages, car beaucoup de sondés ne veulent pas se prononcer ouvertement en faveur de Trump dans les enquêtes, par peur d’être taxés de racistes alors qu’ils partagent les mêmes idées que lui. « Donc, c’est un gros point d’interrogation », poursuit l’analyste.

Deux candidats au profil atypique
Quant à Eric Freedman, Pr de Journalisme à Michigan State university, il rappelle les précédents des élections de 1992 et de 2000 lors desquelles le vote en faveur des verts a participé à la défaite de George Bush père face à Bill Clinton et à celle d’Al Gore face à George Bush Junior. « La même situation pourrait se reproduire, mais en faveur de Hillary Clinton. Beaucoup de républicains détestent Trump, car ils estiment que c’est un opportuniste qui s’est emparé des idéaux de ce parti pour arriver à ses fins. Mais puisqu’ils ne voudront pas voter ni pour lui ni pour Hillary, ils vont donner leurs voix soit aux libertariens soit aux verts », estime-t-il. Les républicains ont dû s’accommoder du tonitruant homme d’affaires. C’est le système des primaires qui est ainsi fait, même quand on n’est pas du parti, on peut se porter candidat au nom du parti et gagner l’investiture, explique Freedman. Pour avoir couvert de nombreuses élections, le journaliste juge celle de cette année « particulièrement passionnante ». En ce sens que, pour la première fois, elle mettra aux prises deux candidats au profil atypique.

« Jusqu’à Obama, tous les présidents étaient des hommes blancs et, pour la première fois de l’histoire, l’un des deux partis majeurs a investi une femme », dit-il. Des profils inédits avec des personnages qui posent problème, parce que trainant beaucoup de casseroles, indique Akram Elias. « Le vrai débat concerne le personnage des deux candidats. Certains ne veulent pas d’Hillary, car sa victoire signifierait un retour de son mari, Bill, au pouvoir. Dans l’autre camp, Trump n’inspire pas confiance. Le gouvernement, ce n’est pas une société privée, alors les gens se demandent s’il faut prendre le risque de voter pour un milliardaire qui n’a aucune expérience ; Il y a beaucoup d’inconnus finalement », ajoute-t-il. Malgré les casseroles qu’elle traîne (financement de la Fondation Clinton, enquête sur les mails non protégés, soucis de santé etc.,), Hillary Clinton a toutes les chances de gagner face à Trump, assure David Rufin. Selon cet écrivain, rédacteur en chef et analyste politique, Donald Trump, par sa personnalité, n’a aucune carrure d’un chef d’Etat.

Etre femme, un atout pour Hillary
En plus, il indique que le Parti républicain est pris en otage par quelques éléments de l’extrême-droite membre du T-Party et des évangélistes. « Ils développent une nouvelle idéologie basée sur l’idée que le gouvernement central n’est pas en mesure d’apporter des solutions aux problèmes des Etats-Unis, car étant lui-même le problème. C’est des gens qui siègent au Congrès tout en étant contre l’establishment et Washington », explique M. Ruffin. Même si la complexité des primaires a permis à Trump de gagner l’investiture, il n’en demeure pas moins que cela consacre l’échec du Parti républicain, analyse-t-il. La crise que traverse ce parti lui rappelle celle qui avait causé l’effondrement de son ancêtre, le Whig. « En 1850, le Whig s’est disloqué. Le Parti républicain actuel, né de ses cendres, épouse la même trajectoire. Il devient de plus en plus le parti des Blancs. Les minorités ne se retrouvent pas du tout dans les valeurs qu’on y développe. Donc, le Parti républicain est appelé à se réinventer », pense-t-il.

Le fait que Hillary Clinton soit femme est un atout non négligeable, selon Eric Freedman. Car, ajoute-t-il, dans d’autres grandes démocraties, il a été démontré qu’une femme peut conduire les affaires de l’Etat. « Nous avons eu les exemples de Margareth Thatcher en Grande-Bretagne, de Merkel en Allemagne et tant d’autres exemples », note-t-il. Et puis, fait remarquer Akram Elias, une forte tendance est en train de se dégager aux Etats-Unis qui laissent entrevoir une possible victoire de Hillary Clinton. « Aujourd’hui, 48 % des entreprises qui créent 87 % des nouveaux emplois aux Etats-Unis sont dirigées par des femmes. La victoire de Hillary peut s’inscrire dans cette mouvance. Elle peut profiter de cette vague. Du point de vue sociologique, c’est possible », explique-t-il.

Alors Hillary ou Trump ? En tout cas, plus de 24 millions d’électeurs américains, soit un peu plus de 10% du corps électoral, ont déjà exercé leur droit de vote grâce au principe du vote par anticipation. Pour le reste, il faudra attendre dans la nuit du 8 novembre pour connaître le nom du futur locataire de la Maison Blanche.

Elhadji Ibrahima THIAM

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A l’arrivée du président Barack Obama à la Maison Blanche, en janvier 2009, premier Afro-Américain à ce poste, un grand espoir s’était saisie de tous ceux qui, aux Etats-Unis ou ailleurs, croyaient à une pacification des relations interraciales dans ce pays. L’Amérique allait devenir une société post-raciale. On se souvient des larmes du pasteur Jesse Jackson lors de la prestation de serment d’Obama, se remémorant, sans doute, le rêve exprimé par Martin Luther King et qui était en train de se réaliser. L’Amérique, où les Noirs ont subi tant de souffrances (esclavage, ségrégation raciale, meurtres) infligées par les Blancs, venait d’élire un président noir.

Huit ans plus tard, Obama a bouclé son second et dernier mandat, mais il lègue à son successeur un pays où les tensions raciales sont toujours vives. Avec la crise économique qui a frappé les Etats-Unis en 2008, beaucoup de Blancs qui se sont appauvris ont mal digéré cette situation et sont devenus plus intolérants à l’égard des Noirs et des Hispaniques pourtant globalement plus pauvres encore. Et le fait d’avoir un président noir n’a fait qu’ajouter à leur mécontentement. Dans un pays où la détention d’une arme est un droit constitutionnel, les difficultés existentielles mènent parfois à des fusillades. La coexistence de mouvements suprémacistes blancs et de groupes extrémistes noirs constituant un autre catalyseur de la violence raciale.

Selon une étude parue aux Etats-Unis, le nombre d’antennes locales du Ku Klux Klan est passé de 72 en 2014 à 190 en 2015, tandis que les groupes séparatistes noirs ont progressé de 113 à 180 dans la même période.

Dans une université américaine, des étudiants blancs racistes ont dispersé des boules de coton dans une résidence d’étudiants noirs pour les voir les ramasser et leur rappeler ainsi leur passé d’esclaves.

En juin 2015, à Charleston, un jeune blanc de 21 ans a ouvert le feu dans une église, tuant 9 paroissiens noirs. Ce qui provoqua une grande émotion populaire.

Mais, ce sont surtout les meurtres répétés commis par la police sur les Noirs qui sont au cœur des tensions raciales. Des marches et d’autres manifestations sont régulièrement organisées par la communauté noire pour dénoncer les violences policières. En août 2014, à Fergusson (Missouri), Michael Brown, un jeune noir, a été abattu par la police. S’ensuivent plusieurs jours d’émeutes dans la ville. Une enquête fédérale va blâmer la police de Fergusson pour racisme, brutalités gratuites et harcèlement contre les Noirs. La série noire-sans mauvais jeu de mot aucun- va continuer à travers les Etats-Unis : Bâton Rouge, Houston, Charlotte, Los Angeles, dans le Minnesota… des Noirs sont tués par la police avec à la clé des manifestations plus ou moins violentes.

Au cours de cette année, 700 personnes, majoritairement noires, ont été tuées par la police aux Etats-Unis.

En juillet dernier, lors d’un rassemblement à Dallas, en hommage à deux Noirs tués par la police, cinq membres des forces de l’ordre ont été abattus par un sniper.

Le président Obama a tenté de jouer à plusieurs reprises les pompiers en appelant à la tolérance, à un climat de confiance entre la police et la communauté noire et à un contrôle sur les armes. Mais, en tant que Noir lui-même et ne voulant pas apparaître comme prenant partie pour sa communauté, son exercice d’équilibrisme n’a pas plu à beaucoup d’Afro-Américains qui lui reprochent sa tiédeur.

En 2013, le mouvement Black lives matter (les vies noires comptent) va être lancé pour dénoncer le racisme et les violences de la police contre les Noirs. Il investit la rue à chaque « bavure » meurtrière des policiers.

Aujourd’hui, les Etats-Unis en sont là, un pays où Noirs et Blancs habitent, mais en s’ignorant pratiquement. Malgré la loi de 1964 sur les droits civiques qui a aboli la ségrégation raciale et les pratiques discriminatoires, les Noirs continuent de subir des injustices dans un pays se proclamant champion de la démocratie et des droits de l’Homme. Le lourd passé entre Blancs et Noirs n’est toujours pas soldé.

Par Ibrahima MBODJ

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Chef du département Afrique francophone de Voice of America (Voa), Timothée Donangmaye, établi au siège de la chaîne à Washington, est un observateur averti de la vie politique américaine. Dans cet entretien, il se prononce sur les enjeux de la présidentielle de ce mardi 8 novembre.

On est à la veille de la présidentielle américaine qui mettra aux prises Hillary Clinton et Donald Trump. Quels sont les enjeux de ces élections ?
C’est une élection historique, les deux principaux candidats tentant de réaliser un tour de force sans précédent. La démocrate Hillary Clinton, première femme à être investie candidate par l’un des partis majeurs, veut devenir la première présidente des Etats-Unis. L’homme d’affaires Donald Trump est un novice en politique, qui veut s’imposer dans cette course à la Maison Blanche malgré les réticences de l’establishment. Alors que Mme Clinton bénéficie du soutien du président Obama et jouerait, en cas d’élection, un rôle-clé dans la préservation de l’héritage du premier président noir des Etats-Unis, M. Trump se donne pour mission de démanteler tout ce que le président Obama aura mis en place, de la réforme de l’assurance-santé aux mesures en faveur des sans-papier. Le choc sans précédent dans la course à la Maison Blanche aura des répercussions sur les autres élections prévues, notamment au Congrès et dans les assemblées des Etats.

On note un certain clivage de la classe politique américaine. Est-ce que cela peut avoir des conséquences sur le choix du prochain président ?
Le clivage au sein de la classe politique est quelque chose de normal. Les élections sont, avant tout, un choc de projets de société. Le clivage aura donc un impact sur le choix du prochain président américain, mais il est difficile de dire d’avance quel va être cet impact, car il y a beaucoup de facteurs en jeu dans cette présidentielle historique.

Aujourd'hui, les sondages donnent Hillary vainqueur, mais est-ce que Trump peut créer la surprise ?
Certes, Mme Clinton vient en tête dans les sondages, mais rien n’est acquis. On n’est jamais à l’abri d’une surprise dans les élections américaines. Malgré sa bonne position dans les sondages, Mme Clinton doit se défendre des accusations de mauvaise foi en relation avec l’utilisation d’un serveur privé pour ses emails au département d’Etat, et de conflit d’intérêts dans ses rapports avec les donateurs de la Fondation Clinton. En somme, rien n’est gagné d’avance pour l’ancienne secrétaire d’Etat malgré sa bonne position dans les sondages.

Qu'est-ce qu'une victoire de Donald Trump pourrait changer dans les relations entre les Etats-Unis et le reste du monde, notamment l'Afrique ?
Difficile à dire pour le moment. Mais Donald Trump a dit que sa priorité, c’est d’abord les Etats-Unis ; ce qui pourrait mener à une réorientation de la diplomatie américaine en cas de victoire de Trump. Le candidat républicain a, par exemple, fait savoir qu’il est disposé à travailler avec la Russie pour éliminer le groupe Etat islamique et résoudre la crise syrienne.

Aujourd'hui, il semble que ce sont les personnages de Hillary et de Trump qui posent problème au niveau de l'opinion américaine. Est-ce à dire que le prochain président sera un président par défaut ?
Le prochain président des Etats-Unis sera président comme ses prédécesseurs dans la mesure où le scrutin se déroule conformément à la loi. Certains Américains peuvent ne pas aimer tel ou tel président, mais tous sont fiers de leurs institutions. Et tout président doit travailler avec le Congrès pour pouvoir mettre en œuvre son programme. C’est un élément qui rassure les Américains.

Les libertariens et les verts gagnent de plus en plus de points dans les sondages. En quoi cette nouvelle donne peut-elle peser sur les résultats de la présidentielle ?
En principe, cette présidentielle 2016 est l’occasion rêvée pour les verts et les libertariens parce que les deux principaux candidats suscitent des sentiments négatifs chez un grand nombre d’Américains. Pourtant, le candidat libertarien, Gary Johnson, recueille, pour l’heure, 10 % d’intentions de vote, et Jill Stein, la candidate des verts, bien moins.

Quel bilan tirez-vous de la présidence d'Obama ?
En devenant le premier président noir des Etats-Unis, Barack Obama a projeté une nouvelle image du Noir dans le monde. Ici, aux Etats-Unis, il a essayé, autant que possible, de relancer le débat sur les relations raciales. Son initiative phare, la réforme de l’assurance-santé, a permis à des millions d’Américains d’avoir une couverture médicale. Cette initiative est, aujourd’hui, critiquée par les républicains, qui disent que les coûts excèdent les prévisions.

El. I. THIAM

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Au moment de l’élection de Barack Obama, en 2008, les Etats-Unis étaient au bord du gouffre ! Les Américains étaient au comble du désespoir à cause de la crise des subprimes, le renchérissement du prix du pétrole, l’impasse des guerres en Irak et en Afghanistan avec son coût exorbitant. L’opinion a encore en mémoire les images des millions de travailleurs ayant perdu leur emploi, jetés hors de leurs maisons en une journée et squattent les rues sans aucune perspective.

Certains historiens américains n’avaient pas manqué de souligner que la présidence de George W. Bush a été la pire de l'histoire des Etats-Unis avec 71% d’Américains qui ont désapprouvé sa conduite des affaires, faisant de lui "le président le plus impopulaire de l'histoire moderne" des Etats-Unis. Et d’ajouter que ni Richard Nixon ni Harry Truman, pourtant très impopulaires, n'avaient franchi le seuil de 70% de mécontents. Ils ont précisé qu’il fallait sans doute remonter en 1923, à Warren G. Harding, un président alcoolique, joueur de poker et corrompu, pour trouver un mandat aussi catastrophique.

Pour en rajouter une couche biblique, des pasteurs évangélistes avaient estimé que c’est l’Apocalypse et que l’Amérique avait atteint le fond du gouffre pour s’être écarté des textes religieux, faisant prévaloir le pouvoir de l’argent, ayant favoriser la corruption et laisser se développer la débauche. Les Etats-Unis, avaient-ils conclu, n’avaient aucune chance de se relever moins de revenir aux enseignements de Dieu.

Un pessimisme noir à la hauteur de l’immense espoir qu’a suscité l’élection d’un président issu de la minorité noire et surtout d’origine modeste et pressé de prouver qu’il est à la hauteur des espoirs placés en lui. Preuve de l’énorme espoir qu’il réconciliera l’Amérique avec elle-même et le reste du monde, le Prix Nobel lui a été décerné par les responsables suédois gestionnaires des affaires de Alfred Nobel.

A la fin des deux mandats de Barack Obama, l’Amérique est au mieux pour dire le moins.

Selon les observateurs économiques, les Etats-Unis ont été, sous sa présidence, le pays développé qui crée le plus d’emplois par an devant le Japon, la Chine, l’Inde, l’Allemagne, la France et l’Angleterre.

Lors d’un discours sur un bilan de sa politique, il a souligné, sur le plan économique, la mise en place d’un plan de relance de 787 milliards de dollars en 2009 qui a contribué à faire baisser le taux de chômage de 11% en 2011 à 5% en 2015, ou la création de l’Obamacare en 2010, réforme sociale emblématique instaurant une « assurance santé universelle » qui a généré 6 millions de nouveaux inscrits.

Néanmoins, Obama laisse à son successeur d’importants défis parmi lesquels les inégalités croissantes, la pauvreté, le contrôle des armes à feu, l’immigration et les réfugiés, ainsi que l’intervention en Syrie. Des préoccupations qui ont été des enjeux de campagne pour Donald Trump et Hillary Clinton.

Alassane DIAWARA

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Après les nombreuses tueries dont sont victimes des populations innocentes, le président Barack Obama, après sa réélection, a décidé de s’attaquer, encore une fois, à un des éléments constitutifs de la démocratie américaine : le port d’armes ou Gun control. Mais c’était sans compter avec le dynamisme de grand lobby de la National rifle association (Nra) qui compte 4 millions de membres.

Le Gun control est consacré par la Constitution américaine. En effet, le 2è amendement de la Constitution de 1776 garantit à tout citoyen américain le droit de porter des armes. Aussi, lutter contre un tel droit devient une gageure dans un pays où le respect de la Constitution est sacré. Le président Barack Obama s’en est rendu compte. En 8 ans de magistère, il n’a pu secouer le baobab. Et pourtant, il a tout tenté pour avoir une législation plus sévère sur le port d’armes à feu qui, selon les statistiques, tuent 32.000 personnes par an dans son pays. Les exemples ne manquent pas. On a encore à l’esprit la tuerie dans l'école primaire Sandy Hook, à Newtown, dans le Connecticut, en décembre 2012.

A l’université, au cinéma (Aurora en 2012 au Colorado) comme dans d’autres espaces publics, on tue d’innocents habitants. Les auteurs sont souvent des enfants. A chaque fois, l’émotion ne dure que le temps d’une fleur. Le débat est vite conclu qu’il est posé.

Non seulement la population adhère peu à la volonté du premier chef d’Etat noir du pays, mais aussi et surtout les politiques, notamment les républicains, à travers la Chambre des représentants qu’ils contrôlent, étaient hostiles à la mesure. Pire, même le Sénat, pourtant aux mains des démocrates, sous la pression de la toute-puissante Nra, n’a pas suivi son leader.

En avril 2013, il a rejeté de 60 voix les mesures voulues par l'administration Obama. Le président se trouvait ainsi seul dans un combat perdu d’avance. Ses appels, après chaque massacre, sont restés lettre morte au cours de ses deux mandats. Il a beau appeler à un examen de conscience, rien n’a bougé, plus de la majorité de la population trouvant le port d’arme normal, car consacré par la Constitution. Comme le prouve une étude du Pew research center, menée en 2014, 55 % des Américains estimaient qu’il vaut mieux protéger les droits actuels des citoyens, plutôt que de modifier la législation.

Finalement, le président Barack Obama avoua son échec, sans doute le plus cuisant de son magistère. Un regret pour un chef d’Etat qui a tant réussi dans plusieurs domaines, notamment à éliminer Ben Laden, l’homme le plus haï de son pays.

Daouda MANE

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« Il ne faut point considérer Barack Obama comme le philanthrope qui fera le développement de l’Afrique ». Au lendemain de l’élection, en 2008, du 44ème président des Etats-Unis, ce propos du directeur du Centre de recherche ouest-africain (Warc en anglais), Ousmane Sène, avait suscité l’étonnement de beaucoup de gens du continent africain qui croyaient qu’avec le nouveau locataire de la Maison Blanche, dont le père est Kenyan, l’Amérique allait enfin s’intéresser à l’Afrique… via le pouvoir d’achat de ses millions de pauvres.

Maintenant qu’il s’apprête, après deux mandats présidentiels, à passer la main, ils ne sont plus à leurs illusions qui les voyaient capter une manne financière généreusement envoyée de l’autre côté de l’Atlantique par le président américain en souvenir des pauvres « parents » africains. Sur des bases affectives et d’attentes de charité, les Africains, sans apporter grand-chose au premier président noir des Usa pendant ses campagnes électorales, l’ont toujours « soutenu » et, sans avoir voix au chapitre américain, ont porté leur « choix » sur lui parce qu’il est le fils d’un fils du continent et va donc les sortir de la misère et de la mauvaise gouvernance. Quel rêve !

Ceux-là n’avaient pas compris, contrairement au spécialiste de la civilisation américaine et grand observateur de la vie politique du pays de l’Oncle Sam cité plus haut, que Barack Obama est un Américain, élu par les Américains pour veiller scrupuleusement sur les intérêts des Etats-Unis. En effet, ce produit du capitalisme pur et dur ne pouvait pas être cette âme charitable qui allait utiliser le profit des Américains pour sécher les larmes des Africains. Et même s’il le voulait, il n’aurait pas la latitude, malgré son immense pouvoir, de le faire, car il serait contraint, par d’autres pouvoirs et lobbies tout aussi puissants, à s’arrêter.

A l’image de ses 43 prédécesseurs, Barack Obama a seulement défendu, comme le fera forcément le 45ème président à venir, le seul intérêt américain : « american interest ». Tout ce que le 44ème locataire de la Maison Blanche a eu à faire dans l’intérêt des Africains l’a aussi été pour les Usa : exploitation des hydrocarbures, quête de parts de marché africain plus importantes pour contrer l’avancée des Chinois, lutte contre le terrorisme anti-Occident, fléau dont l’Afrique, du fait de la pauvreté, pourrait en être le ventre mou. Le système politique américain est conçu pour que le grand pays de l’Oncle Sam continue de diriger le monde.

Barak Obama appartient à ce système politique-là qui favorise l’émergence d’hommes et de femmes compétents, dotés d’un fort leadership, capables de faire rêver leurs compatriotes et engagés dans la réalisation d’une communauté nationale toujours plus puissante tout en étant les gardiens vigilants des intérêts de leur pays. Pour se faire une place ici, Barack Obama a fait montre de charisme, de détermination et de talent. C’est cela le « way of life » (chemin de la vie) des Américains que les Africains devraient s’approprier en mettant fin aux guerres fratricides, à la haine de l’autre et aux frontières artificielles. S’affranchir de ces tares, c’est créer, avec des institutions fortes et non avec des hommes forts, un espace de démocratie réelle pour marcher vers la constitution d’un gouvernement continental et réaliser les Etats-Unis d’Afrique ! Le président américain, Barack Obama, qui n’est point ce philanthrope devant faire le développement de l’Afrique, l’a rappelé dans un important discours prononcé en 2009 devant le Parlement ghanéen.

Cheikh Aliou AMATH

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L’élection du président Barack Obama a été une rupture : d’abord parce qu’il est Noir, ensuite Kenyan d’origine n’ayant pas le même vécu que les Noirs américains et, enfin, parce qu’il est d’origine musulmane dans un contexte de profonde crise entre les Etats-Unis et le monde arabo musulman.

Son accession à la Maison Blanche a été d’une transparence qui lui offre toute la légitimité éthique et morale nécessaires pour recoller les morceaux de la désastreuse politique extérieure américaine au Moyen-Orient depuis de longues années, notamment sous George Bush. Les responsables du Prix Nobel ne s’y sont pas trompés, lui attribuant la récompense sans doute pour l’encourager à œuvrer pour un monde plus apaisé.

Le 4 juin 2009, une année à peine après son élection, il s’attaquait au dossier noir de la politique extérieure américaine que constitue son appui inconditionnel à Israël dans son conflit avec le monde arabe et la violence meurtrière qu’elle engendre.

Il a choisi le Caire, carrefour du monde arabo musulman, et son Université, temple du savoir, pour prononcer son fameux discours programme pour le Proche-Orient : sa volonté de mettre en place une politique de rupture totale avec le passé en soulignant qu'il était venu "chercher" un "nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis", estimant que le "cycle de la méfiance et de la discorde devait s'achever". Il a surtout évoqué la pomme de discorde entre Américains et Arabes en appelant Israël à cesser sa politique de colonisation des Territoires palestiniens et répété son engagement en faveur d'un Etat palestinien.

Cette nouvelle approche de la diplomatie américaine entrait dans une politique extérieure plus globale où les Etats-Unis cherchaient à se départir de cette image de gendarme du monde, particulièrement au Proche-Orient. Le président Obama, dans cet objectif, a cherché à impliquer les autres nations dans la solution des problèmes. Solutions qui passent par la lutte pour la défense de l’ordre international libéral contre la terreur djihadiste et la promotion d’un ensemble de droits universellement admis. La liberté d’expression et d’association, la liberté de religion, l’égalité des hommes et des femmes dans le cadre de l’État de droit et le droit de choisir librement ses propres dirigeants. Dans cette nouvelle approche de politique extérieure, les Etats-Unis ont joué un rôle de second plan dans la chute du régime Kadhafi, en octobre 2011, et ont partagé la tâche avec d’autres pays occidentaux en Syrie et en Irak.


Le président Obama, durant ses deux mandats, a consacré beaucoup de son de temps et de son influence politique pour obtenir un accord sur le nucléaire avec l'Iran, avec le secret espoir que la levée des sanctions aura en échange l’arrêt de leur programme nucléaire et conduira l'Iran à devenir moins belliqueux et plus coopératif dans le règlement des conflits au Proche-Orient. Ce désir de jouer l’équilibre entre l'Arabie saoudite et l'Iran, rivaux pour dire le moins depuis la nuit des temps, a débouché sur une détérioration des relations américaines avec le premier cité, habitué à un rôle hégémonique dans la région et fort de l’appui inconditionnel et régulier de l’administration américaine, quel que soit le régime, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Selon plusieurs observateurs, au vu du développement de la situation, le Proche-Orient a encore besoin d’un gendarme, le temps que la région se stabilise davantage ; le pétrole lui donnant encore un rôle majeur dans la stabilisation de l’ordre économique mondial. Ils considèrent que plus l'influence de l'Amérique recule dans la région, plus l'Arabie saoudite et l'Iran deviennent agressifs pour le contrôle de la région. Ils rappellent que l'Iran demeure le principal soutien tant du président syrien, Bachar el-Assad, que du gouvernement chiite de Bagdad, donc reste un des principaux acteurs de la tragédie humanitaire dans la zone.

Le refus d’Obama d’intervenir en Syrie en 2013, malgré le franchissement de la « ligne rouge » que constituait l’utilisation d’armes chimiques contre la population par Bachar el-Assad, aurait, selon ces spécialistes du Proche-Orient, contribué à faciliter l’annexion de la Crimée par Vladimir Poutine de même que la guerre en Ukraine.

Alassane Diawara

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Le 8 novembre, les Américains seront aux urnes pour élire le 45e président des Etats-Unis devant succéder au président Barack Obama. La démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump se tiennent au coude à coude, et l’issue du vote reste incertain jusqu’à la dernière minute.

Tour d'horizon pour dresser un bilan sommaire des années Obama, premier président issu de la minorité noire, et analyser les enjeux du vote de la semaine prochaine, ainsi que les chances de l’une et de l’autre.

L'élection américaine, mode d'emploi
Usa voteL'élection présidentielle américaine tombe cette année le 8 novembre. Elle a toujours lieu le mardi suivant le premier lundi de novembre, obligation inscrite dans une loi de 1845.

Le mode de scrutin
Suffrage universel indirect à un tour, dans les 50 Etats et le District de Columbia (la ville de Washington, qui ne fait partie d'aucun Etat).
Les électeurs votent pour les candidats à la présidence et à la vice-présidence. Dans chaque Etat, en fonction des résultats du vote, les candidats engrangent de grands électeurs.

Les grands électeurs
Ils sont, au total, 538 et leur nombre varie selon les Etats, en fonction de leur population. Chaque Etat a autant de grands électeurs que d'élus à la Chambre des représentants (nombre qui dépend de leur population) et au Sénat (deux, nombre fixe dans tous les Etats).
La Californie en a, par exemple, 55, le Texas 38, l'Etat de New York 29, la Floride 29, et à l'autre bout, le Vermont, l'Alaska, le Wyoming et le Delaware n'en ont que 3.
Ces grands électeurs, qui composent le collège électoral, éliront ensuite officiellement, le 19 décembre, le président et le vice-président, une formalité.

Que faut-il pour gagner ?
Un candidat doit obtenir la majorité absolue des 538 grands électeurs, soit 270. Dans tous les Etats sauf deux, le candidat qui remporte la majorité des voix rafle tous les grands électeurs de l'Etat. Dans le Nebraska et le Maine, ces grands électeurs sont attribués à la proportionnelle.

Les Etats-clés
Certains Etats sont historiquement démocrates, d'autres résolument républicains. Vu le mode de scrutin, les candidats se concentrent donc sur une douzaine d'Etats qui peuvent basculer d'un côté ou de l'autre, et avoir un impact sur le résultat de l'élection. Les plus importants sont ceux qui ont le plus de grands électeurs, comme la Floride (29), la Pennsylvanie (20) ou l'Ohio (18).

Selon les élections, ces "swing states" peuvent changer.

AFP

Clinton contre Trump : L’apparatchik contre le populiste
Clinton et TrumpHillary Clinton, pur produit du système politique américain, ancienne première dame, sénatrice et secrétaire d'Etat, contre Donald Trump, l’antisystème et self made man en quête de reconnaissance. L’Amérique retient son souffle et mijote son choix.

C’est une élection des plus indécises. Alors que l’on croyait que le sort en était jeté en faveur de Hilary Clinton, créditée d’une avance confortable dans les sondages, la réouverture de l’enquête sur les mails de l’ancienne first lady par le Fbi a jeté du sable sur la machine électorale des démocrates. L’écart se réduit comme peau de chagrin et une victoire de Trump ne semble plus être une lubie républicaine. La courbe s’inverse en faveur de Trump au moment où 10 % des électeurs américains font leur choix dans le cadre du vote anticipé. Alors que la campagne de Clinton patauge, les ralliements se multiplient dans le camp d’en face. Le speaker (président) républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a laissé entendre qu’il a voté pour le candidat de son parti en dépit des relations difficiles avec lui. Cible d’une partie de l’entourage de Trump qui le juge trop modéré, M. Ryan n’a pas fait campagne aux côtés du candidat républicain lorsque ce dernier s’est rendu dans son Etat du Wisconsin.

Irrévérencieux
Il y a six mois pourtant, nombre d’experts prédisaient la mort politique de Donald Trump. Maintenant, ils se demandent qui pourra arrêter le candidat républicain et comment. Irrévérencieux jusqu’au bout des chaussures, adepte des envolées populistes, Trump ne s’imagine pas un autre avenir que de celui d’occuper la maison blanche. L'homme d'affaires de 69 ans a grandi dans le Queens, à New York. Il a commencé sa carrière grâce à l'entreprise de son père, Frederick Trump, qui avait fait fortune dans l'immobilier et dans la gestion d'appartements locatifs dans certains quartiers de New York. Le jeune Donald Trump investit lui aussi dans l'immobilier et multiplie les projets. Il suffit de penser à la fameuse Trump Tower de New York ou encore à ses casinos à Atlantic City et à Las Vegas, ou encore, plus près de nous, à ses tours à appartements à Toronto et Vancouver. Partout où il passe, il met son nom sur chacun des immeubles.

Donald Trump, c'est aussi un producteur et animateur de télévision.Le milliardaire à la chevelure blonde a été la vedette de l'émission de téléréalité The Apprentice de 2004 à 2015. Il pouvait engranger jusqu'à 15 millions de dollars pour certains épisodes. Il a aussi été derrière l'organisation de Miss Univers.

Selon le magazine Forbes, sa fortune est estimée à 4 milliards de dollars américains. Il a dévoilé ses revenus pour l'année 2014 : il aurait amassé 362 millions de dollars provenant de 168 sources différentes. Le candidat, qui a annoncé, en juin 2015, qu'il se lançait dans la course à l'investiture républicaine, veut bâtir un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique pour freiner l'immigration illégale. Le milliardaire se présente aussi comme le sauveur des valeurs américaines. « On s'attaque à la foi chrétienne, on s'attaque aux armes à feu, on s'attaque à tout ce en quoi nous croyons », disait-il en janvier.

Les attaques personnelles envers ses adversaires sont légion et semblent être sa marque de commerce. Beaucoup se souviennent qu'il a retweeté le commentaire misogyne d'un de ses partisans à l'endroit de la candidate démocrate Hillary Clinton en 2015 : « Comment peut-elle satisfaire son pays si elle ne satisfait pas son mari ? » Sa popularité est largement due à la partition du candidat antisystème qu’il a su jouer avec talent : le candidat du peuple contre le champion de l’establishment. Beaucoup d'Américains n'en peuvent plus de la paralysie au Congrès. Ils se disent prêts à élire Trump.

Le problème avec Trump, c’est qu’on ne sait pas jusqu’où pourrait aller son impulsivité. Tony Schwartz, sa plume cachée, qui a écrit Trump, the Art of the Deal, mi-hagiographie, mi-manuel de motivation pour devenir Donald Trump, n’a pas gardé un bon souvenir de ses années de collaboration avec le milliardaire. « J’ai mis du rouge à lèvres sur un cochon », explique-t-il dans le New Yorker. Pour dire qu’il « regrette profondément ». Et qu’il a de plus en plus peur. Car tous les tares et traits de caractère qu’il avait perçus à l’époque (le mensonge systématique, l’absence d’empathie, le narcissisme extrême, une coupure totale avec la réalité) se sont dangereusement exacerbés depuis.

A ceux qui pensent que le Trump de la campagne, insultant, abrasif, moqueur, incohérent parfois, sera différent du Trump qui entrerait à la Maison Blanche, l’ex-journaliste répond : « Il n’y a pas un Trump privé et un Trump public. Tout ce qu’il veut, c’est de la reconnaissance extérieure, toujours plus ».

Femme de décision
Du côté des démocrates, c’est Hillary Clinton qui a été officiellement désignée par son camp dans la course à la présidentielle américaine, lors de la convention démocrate à Philadelphie le 28 juillet. L'ancienne première dame, sénatrice et secrétaire d'Etat deviendrait ainsi la première femme à diriger les Etats-Unis si elle parvient à remporter l'élection présidentielle américaine du 8 novembre 2016. Elle cultive son image de femme de décision, compétente et responsable, bref, tout l'opposé de son challenger. Mais elle montre aussi ses propres limites qui ont pour noms : la pensée dominante des cercles élitistes américains, le culte de la présidence toute-puissante.

Le grand danger de la présidence de Hillary Clinton serait de vivre, sur le plan international, ce que nous vivons déjà : la candidate démocrate a une fâcheuse tendance à suivre le mainstream (courant dominant). On ne peut pas oublier qu'elle fut contre le « surge », l'envoi de renforts massifs en Irak, à partir de 2007, à un moment où tout Washington en avait plus qu'assez de voir l'Amérique s'y embourber ; qu'elle épousa sans nuances l'intervention en Libye, en 2011; qu'elle incarna le « reset », la relance des relations avec la Russie, allant jusqu'à reprocher à Mitt Romney de vouloir provoquer un conflit avec les Russes, tout cela avant de se raviser, de se déchaîner contre Poutine et d'en faire aujourd'hui l'ennemi juré des Etats-Unis.

Par Sidy DIOP

Un scrutin aussi indécis que palpitant
Usa maison blancheLa présidentielle américaine du 8 novembre s’annonce comme l’une des plus indécises de l’histoire du pays de l’Oncle Sam. Le profil et la personnalité des deux candidats étant eux-mêmes des facteurs inédits. Hillary Clinton comme Donald Trump traînent des casseroles.

Hillary Clinton ? Donald Trump ? Bien malin qui pourra deviner le prochain locataire de la Maison Blanche. Même si les sondages donnent une certaine avance à l’ancienne Première dame et qu’à l’étranger l’opinion pense que sa victoire est déjà actée face au tonitruant milliardaire, rien n’est moins sûr. Dans l’opinion américaine et selon de nombreux observateurs de la politique américaine, une victoire de l’ancienne secrétaire d’Etat est loin d’être acquise. Donc, un triomphe de Trump est dans l’ordre du possible. Kamissa Camara, responsable principale du programme Afrique de l’Ouest et centrale de la Fondation nationale pour la démocratie et supporter de Hillary, résume bien la situation en ces termes : « Il y a six mois, si on m’avait posé la question à savoir si Donald Trump pouvait gagner les élections, j’aurais dit non sans aucune hésitation. Aujourd’hui, je suis plus nuancée. La victoire d’Hillary Clinton n’est pas gagnée d’avance. On a trop sous-estimé Trump. Aujourd’hui, tout est possible ».

L’issue de cette élection est d’autant plus indécise que les libertariens et les verts, les deux autres partis en lice mais dont on ne parle pas assez, montent en flèche dans les sondages.

« Plus on approche de la présidentielle, plus l’issue en devient opaque. Les libertariens et les verts peuvent faire basculer les élections dans l’un ou l’autre sens. Il y a un temps, Hillary était très loin dans les sondages devant Trump, mais l’écart est en train de se réduire », souligne Akram Elias, président-directeur général de Capital communication group et spécialiste du fédéralisme américain. Il invite à se méfier des sondages, car beaucoup de sondés ne veulent pas se prononcer ouvertement en faveur de Trump dans les enquêtes, par peur d’être taxés de racistes alors qu’ils partagent les mêmes idées que lui. « Donc, c’est un gros point d’interrogation », poursuit l’analyste.

Deux candidats au profil atypique
Quant à Eric Freedman, Pr de Journalisme à Michigan State university, il rappelle les précédents des élections de 1992 et de 2000 lors desquelles le vote en faveur des verts a participé à la défaite de George Bush père face à Bill Clinton et à celle d’Al Gore face à George Bush Junior. « La même situation pourrait se reproduire, mais en faveur de Hillary Clinton. Beaucoup de républicains détestent Trump, car ils estiment que c’est un opportuniste qui s’est emparé des idéaux de ce parti pour arriver à ses fins. Mais puisqu’ils ne voudront pas voter ni pour lui ni pour Hillary, ils vont donner leurs voix soit aux libertariens soit aux verts », estime-t-il. Les républicains ont dû s’accommoder du tonitruant homme d’affaires. C’est le système des primaires qui est ainsi fait, même quand on n’est pas du parti, on peut se porter candidat au nom du parti et gagner l’investiture, explique Freedman. Pour avoir couvert de nombreuses élections, le journaliste juge celle de cette année « particulièrement passionnante ». En ce sens que, pour la première fois, elle mettra aux prises deux candidats au profil atypique.

« Jusqu’à Obama, tous les présidents étaient des hommes blancs et, pour la première fois de l’histoire, l’un des deux partis majeurs a investi une femme », dit-il. Des profils inédits avec des personnages qui posent problème, parce que trainant beaucoup de casseroles, indique Akram Elias. « Le vrai débat concerne le personnage des deux candidats. Certains ne veulent pas d’Hillary, car sa victoire signifierait un retour de son mari, Bill, au pouvoir. Dans l’autre camp, Trump n’inspire pas confiance. Le gouvernement, ce n’est pas une société privée, alors les gens se demandent s’il faut prendre le risque de voter pour un milliardaire qui n’a aucune expérience ; Il y a beaucoup d’inconnus finalement », ajoute-t-il. Malgré les casseroles qu’elle traîne (financement de la Fondation Clinton, enquête sur les mails non protégés, soucis de santé etc.,), Hillary Clinton a toutes les chances de gagner face à Trump, assure David Rufin. Selon cet écrivain, rédacteur en chef et analyste politique, Donald Trump, par sa personnalité, n’a aucune carrure d’un chef d’Etat.

Etre femme, un atout pour Hillary
En plus, il indique que le Parti républicain est pris en otage par quelques éléments de l’extrême-droite membre du T-Party et des évangélistes. « Ils développent une nouvelle idéologie basée sur l’idée que le gouvernement central n’est pas en mesure d’apporter des solutions aux problèmes des Etats-Unis, car étant lui-même le problème. C’est des gens qui siègent au Congrès tout en étant contre l’establishment et Washington », explique M. Ruffin. Même si la complexité des primaires a permis à Trump de gagner l’investiture, il n’en demeure pas moins que cela consacre l’échec du Parti républicain, analyse-t-il. La crise que traverse ce parti lui rappelle celle qui avait causé l’effondrement de son ancêtre, le Whig. « En 1850, le Whig s’est disloqué. Le Parti républicain actuel, né de ses cendres, épouse la même trajectoire. Il devient de plus en plus le parti des Blancs. Les minorités ne se retrouvent pas du tout dans les valeurs qu’on y développe. Donc, le Parti républicain est appelé à se réinventer », pense-t-il.

Le fait que Hillary Clinton soit femme est un atout non négligeable, selon Eric Freedman. Car, ajoute-t-il, dans d’autres grandes démocraties, il a été démontré qu’une femme peut conduire les affaires de l’Etat. « Nous avons eu les exemples de Margareth Thatcher en Grande-Bretagne, de Merkel en Allemagne et tant d’autres exemples », note-t-il. Et puis, fait remarquer Akram Elias, une forte tendance est en train de se dégager aux Etats-Unis qui laissent entrevoir une possible victoire de Hillary Clinton. « Aujourd’hui, 48 % des entreprises qui créent 87 % des nouveaux emplois aux Etats-Unis sont dirigées par des femmes. La victoire de Hillary peut s’inscrire dans cette mouvance. Elle peut profiter de cette vague. Du point de vue sociologique, c’est possible », explique-t-il.

Alors Hillary ou Trump ? En tout cas, plus de 24 millions d’électeurs américains, soit un peu plus de 10% du corps électoral, ont déjà exercé leur droit de vote grâce au principe du vote par anticipation. Pour le reste, il faudra attendre dans la nuit du 8 novembre pour connaître le nom du futur locataire de la Maison Blanche.

Elhadji Ibrahima THIAM

Timothée Donangmaye, Chef du département Afrique francophone de Voice of America : « On assiste à un choc sans précédent dans la course à la Maison Blanche »
Timothee Donangmaye VOAChef du département Afrique francophone de Voice of America (Voa), Timothée Donangmaye, établi au siège de la chaîne à Washington, est un observateur averti de la vie politique américaine. Dans cet entretien, il se prononce sur les enjeux de la présidentielle de ce mardi 8 novembre.

On est à la veille de la présidentielle américaine qui mettra aux prises Hillary Clinton et Donald Trump. Quels sont les enjeux de ces élections ?
C’est une élection historique, les deux principaux candidats tentant de réaliser un tour de force sans précédent. La démocrate Hillary Clinton, première femme à être investie candidate par l’un des partis majeurs, veut devenir la première présidente des Etats-Unis. L’homme d’affaires Donald Trump est un novice en politique, qui veut s’imposer dans cette course à la Maison Blanche malgré les réticences de l’establishment. Alors que Mme Clinton bénéficie du soutien du président Obama et jouerait, en cas d’élection, un rôle-clé dans la préservation de l’héritage du premier président noir des Etats-Unis, M. Trump se donne pour mission de démanteler tout ce que le président Obama aura mis en place, de la réforme de l’assurance-santé aux mesures en faveur des sans-papier. Le choc sans précédent dans la course à la Maison Blanche aura des répercussions sur les autres élections prévues, notamment au Congrès et dans les assemblées des Etats.

On note un certain clivage de la classe politique américaine. Est-ce que cela peut avoir des conséquences sur le choix du prochain président ?
Le clivage au sein de la classe politique est quelque chose de normal. Les élections sont, avant tout, un choc de projets de société. Le clivage aura donc un impact sur le choix du prochain président américain, mais il est difficile de dire d’avance quel va être cet impact, car il y a beaucoup de facteurs en jeu dans cette présidentielle historique.

Aujourd'hui, les sondages donnent Hillary vainqueur, mais est-ce que Trump peut créer la surprise ?
Certes, Mme Clinton vient en tête dans les sondages, mais rien n’est acquis. On n’est jamais à l’abri d’une surprise dans les élections américaines. Malgré sa bonne position dans les sondages, Mme Clinton doit se défendre des accusations de mauvaise foi en relation avec l’utilisation d’un serveur privé pour ses emails au département d’Etat, et de conflit d’intérêts dans ses rapports avec les donateurs de la Fondation Clinton. En somme, rien n’est gagné d’avance pour l’ancienne secrétaire d’Etat malgré sa bonne position dans les sondages.

Qu'est-ce qu'une victoire de Donald Trump pourrait changer dans les relations entre les Etats-Unis et le reste du monde, notamment l'Afrique ?
Difficile à dire pour le moment. Mais Donald Trump a dit que sa priorité, c’est d’abord les Etats-Unis ; ce qui pourrait mener à une réorientation de la diplomatie américaine en cas de victoire de Trump. Le candidat républicain a, par exemple, fait savoir qu’il est disposé à travailler avec la Russie pour éliminer le groupe Etat islamique et résoudre la crise syrienne.

Aujourd'hui, il semble que ce sont les personnages de Hillary et de Trump qui posent problème au niveau de l'opinion américaine. Est-ce à dire que le prochain président sera un président par défaut ?
Le prochain président des Etats-Unis sera président comme ses prédécesseurs dans la mesure où le scrutin se déroule conformément à la loi. Certains Américains peuvent ne pas aimer tel ou tel président, mais tous sont fiers de leurs institutions. Et tout président doit travailler avec le Congrès pour pouvoir mettre en œuvre son programme. C’est un élément qui rassure les Américains.

Les libertariens et les verts gagnent de plus en plus de points dans les sondages. En quoi cette nouvelle donne peut-elle peser sur les résultats de la présidentielle ?
En principe, cette présidentielle 2016 est l’occasion rêvée pour les verts et les libertariens parce que les deux principaux candidats suscitent des sentiments négatifs chez un grand nombre d’Américains. Pourtant, le candidat libertarien, Gary Johnson, recueille, pour l’heure, 10 % d’intentions de vote, et Jill Stein, la candidate des verts, bien moins.

Quel bilan tirez-vous de la présidence d'Obama ?
En devenant le premier président noir des Etats-Unis, Barack Obama a projeté une nouvelle image du Noir dans le monde. Ici, aux Etats-Unis, il a essayé, autant que possible, de relancer le débat sur les relations raciales. Son initiative phare, la réforme de l’assurance-santé, a permis à des millions d’Américains d’avoir une couverture médicale. Cette initiative est, aujourd’hui, critiquée par les républicains, qui disent que les coûts excèdent les prévisions.

El. I. THIAM

Une économie au mieux
Wall streetAu moment de l’élection de Barack Obama, en 2008, les Etats-Unis étaient au bord du gouffre ! Les Américains étaient au comble du désespoir à cause de la crise des subprimes, le renchérissement du prix du pétrole, l’impasse des guerres en Irak et en Afghanistan avec son coût exorbitant. L’opinion a encore en mémoire les images des millions de travailleurs ayant perdu leur emploi, jetés hors de leurs maisons en une journée et squattent les rues sans aucune perspective.

Certains historiens américains n’avaient pas manqué de souligner que la présidence de George W. Bush a été la pire de l'histoire des Etats-Unis avec 71% d’Américains qui ont désapprouvé sa conduite des affaires, faisant de lui "le président le plus impopulaire de l'histoire moderne" des Etats-Unis. Et d’ajouter que ni Richard Nixon ni Harry Truman, pourtant très impopulaires, n'avaient franchi le seuil de 70% de mécontents. Ils ont précisé qu’il fallait sans doute remonter en 1923, à Warren G. Harding, un président alcoolique, joueur de poker et corrompu, pour trouver un mandat aussi catastrophique.

Pour en rajouter une couche biblique, des pasteurs évangélistes avaient estimé que c’est l’Apocalypse et que l’Amérique avait atteint le fond du gouffre pour s’être écarté des textes religieux, faisant prévaloir le pouvoir de l’argent, ayant favoriser la corruption et laisser se développer la débauche. Les Etats-Unis, avaient-ils conclu, n’avaient aucune chance de se relever moins de revenir aux enseignements de Dieu.

Un pessimisme noir à la hauteur de l’immense espoir qu’a suscité l’élection d’un président issu de la minorité noire et surtout d’origine modeste et pressé de prouver qu’il est à la hauteur des espoirs placés en lui. Preuve de l’énorme espoir qu’il réconciliera l’Amérique avec elle-même et le reste du monde, le Prix Nobel lui a été décerné par les responsables suédois gestionnaires des affaires de Alfred Nobel.

A la fin des deux mandats de Barack Obama, l’Amérique est au mieux pour dire le moins.

Selon les observateurs économiques, les Etats-Unis ont été, sous sa présidence, le pays développé qui crée le plus d’emplois par an devant le Japon, la Chine, l’Inde, l’Allemagne, la France et l’Angleterre.

Lors d’un discours sur un bilan de sa politique, il a souligné, sur le plan économique, la mise en place d’un plan de relance de 787 milliards de dollars en 2009 qui a contribué à faire baisser le taux de chômage de 11% en 2011 à 5% en 2015, ou la création de l’Obamacare en 2010, réforme sociale emblématique instaurant une « assurance santé universelle » qui a généré 6 millions de nouveaux inscrits.

Néanmoins, Obama laisse à son successeur d’importants défis parmi lesquels les inégalités croissantes, la pauvreté, le contrôle des armes à feu, l’immigration et les réfugiés, ainsi que l’intervention en Syrie. Des préoccupations qui ont été des enjeux de campagne pour Donald Trump et Hillary Clinton.

Alassane DIAWARA

Contrôle des armes : Le principal échec du président Obama
Usa armesAprès les nombreuses tueries dont sont victimes des populations innocentes, le président Barack Obama, après sa réélection, a décidé de s’attaquer, encore une fois, à un des éléments constitutifs de la démocratie américaine : le port d’armes ou Gun control. Mais c’était sans compter avec le dynamisme de grand lobby de la National rifle association (Nra) qui compte 4 millions de membres.

Le Gun control est consacré par la Constitution américaine. En effet, le 2è amendement de la Constitution de 1776 garantit à tout citoyen américain le droit de porter des armes. Aussi, lutter contre un tel droit devient une gageure dans un pays où le respect de la Constitution est sacré. Le président Barack Obama s’en est rendu compte. En 8 ans de magistère, il n’a pu secouer le baobab. Et pourtant, il a tout tenté pour avoir une législation plus sévère sur le port d’armes à feu qui, selon les statistiques, tuent 32.000 personnes par an dans son pays. Les exemples ne manquent pas. On a encore à l’esprit la tuerie dans l'école primaire Sandy Hook, à Newtown, dans le Connecticut, en décembre 2012.

A l’université, au cinéma (Aurora en 2012 au Colorado) comme dans d’autres espaces publics, on tue d’innocents habitants. Les auteurs sont souvent des enfants. A chaque fois, l’émotion ne dure que le temps d’une fleur. Le débat est vite conclu qu’il est posé.

Non seulement la population adhère peu à la volonté du premier chef d’Etat noir du pays, mais aussi et surtout les politiques, notamment les républicains, à travers la Chambre des représentants qu’ils contrôlent, étaient hostiles à la mesure. Pire, même le Sénat, pourtant aux mains des démocrates, sous la pression de la toute-puissante Nra, n’a pas suivi son leader.

En avril 2013, il a rejeté de 60 voix les mesures voulues par l'administration Obama. Le président se trouvait ainsi seul dans un combat perdu d’avance. Ses appels, après chaque massacre, sont restés lettre morte au cours de ses deux mandats. Il a beau appeler à un examen de conscience, rien n’a bougé, plus de la majorité de la population trouvant le port d’arme normal, car consacré par la Constitution. Comme le prouve une étude du Pew research center, menée en 2014, 55 % des Américains estimaient qu’il vaut mieux protéger les droits actuels des citoyens, plutôt que de modifier la législation.

Finalement, le président Barack Obama avoua son échec, sans doute le plus cuisant de son magistère. Un regret pour un chef d’Etat qui a tant réussi dans plusieurs domaines, notamment à éliminer Ben Laden, l’homme le plus haï de son pays.

Daouda MANE

Tensions raciales toujours vives
Usa tensionsA l’arrivée du président Barack Obama à la Maison Blanche, en janvier 2009, premier Afro-Américain à ce poste, un grand espoir s’était saisie de tous ceux qui, aux Etats-Unis ou ailleurs, croyaient à une pacification des relations interraciales dans ce pays. L’Amérique allait devenir une société post-raciale. On se souvient des larmes du pasteur Jesse Jackson lors de la prestation de serment d’Obama, se remémorant, sans doute, le rêve exprimé par Martin Luther King et qui était en train de se réaliser. L’Amérique, où les Noirs ont subi tant de souffrances (esclavage, ségrégation raciale, meurtres) infligées par les Blancs, venait d’élire un président noir.

Huit ans plus tard, Obama a bouclé son second et dernier mandat, mais il lègue à son successeur un pays où les tensions raciales sont toujours vives. Avec la crise économique qui a frappé les Etats-Unis en 2008, beaucoup de Blancs qui se sont appauvris ont mal digéré cette situation et sont devenus plus intolérants à l’égard des Noirs et des Hispaniques pourtant globalement plus pauvres encore. Et le fait d’avoir un président noir n’a fait qu’ajouter à leur mécontentement. Dans un pays où la détention d’une arme est un droit constitutionnel, les difficultés existentielles mènent parfois à des fusillades. La coexistence de mouvements suprémacistes blancs et de groupes extrémistes noirs constituant un autre catalyseur de la violence raciale.

Selon une étude parue aux Etats-Unis, le nombre d’antennes locales du Ku Klux Klan est passé de 72 en 2014 à 190 en 2015, tandis que les groupes séparatistes noirs ont progressé de 113 à 180 dans la même période.

Dans une université américaine, des étudiants blancs racistes ont dispersé des boules de coton dans une résidence d’étudiants noirs pour les voir les ramasser et leur rappeler ainsi leur passé d’esclaves.

En juin 2015, à Charleston, un jeune blanc de 21 ans a ouvert le feu dans une église, tuant 9 paroissiens noirs. Ce qui provoqua une grande émotion populaire.

Mais, ce sont surtout les meurtres répétés commis par la police sur les Noirs qui sont au cœur des tensions raciales. Des marches et d’autres manifestations sont régulièrement organisées par la communauté noire pour dénoncer les violences policières. En août 2014, à Fergusson (Missouri), Michael Brown, un jeune noir, a été abattu par la police. S’ensuivent plusieurs jours d’émeutes dans la ville. Une enquête fédérale va blâmer la police de Fergusson pour racisme, brutalités gratuites et harcèlement contre les Noirs. La série noire-sans mauvais jeu de mot aucun- va continuer à travers les Etats-Unis : Bâton Rouge, Houston, Charlotte, Los Angeles, dans le Minnesota… des Noirs sont tués par la police avec à la clé des manifestations plus ou moins violentes.

Au cours de cette année, 700 personnes, majoritairement noires, ont été tuées par la police aux Etats-Unis.

En juillet dernier, lors d’un rassemblement à Dallas, en hommage à deux Noirs tués par la police, cinq membres des forces de l’ordre ont été abattus par un sniper.

Le président Obama a tenté de jouer à plusieurs reprises les pompiers en appelant à la tolérance, à un climat de confiance entre la police et la communauté noire et à un contrôle sur les armes. Mais, en tant que Noir lui-même et ne voulant pas apparaître comme prenant partie pour sa communauté, son exercice d’équilibrisme n’a pas plu à beaucoup d’Afro-Américains qui lui reprochent sa tiédeur.

En 2013, le mouvement Black lives matter (les vies noires comptent) va être lancé pour dénoncer le racisme et les violences de la police contre les Noirs. Il investit la rue à chaque « bavure » meurtrière des policiers.

Aujourd’hui, les Etats-Unis en sont là, un pays où Noirs et Blancs habitent, mais en s’ignorant pratiquement. Malgré la loi de 1964 sur les droits civiques qui a aboli la ségrégation raciale et les pratiques discriminatoires, les Noirs continuent de subir des injustices dans un pays se proclamant champion de la démocratie et des droits de l’Homme. Le lourd passé entre Blancs et Noirs n’est toujours pas soldé.

Par Ibrahima MBODJ

Obama et l’Afrique : Rêve brisé
Obama goree« Il ne faut point considérer Barack Obama comme le philanthrope qui fera le développement de l’Afrique ». Au lendemain de l’élection, en 2008, du 44ème président des Etats-Unis, ce propos du directeur du Centre de recherche ouest-africain (Warc en anglais), Ousmane Sène, avait suscité l’étonnement de beaucoup de gens du continent africain qui croyaient qu’avec le nouveau locataire de la Maison Blanche, dont le père est Kenyan, l’Amérique allait enfin s’intéresser à l’Afrique… via le pouvoir d’achat de ses millions de pauvres.

Maintenant qu’il s’apprête, après deux mandats présidentiels, à passer la main, ils ne sont plus à leurs illusions qui les voyaient capter une manne financière généreusement envoyée de l’autre côté de l’Atlantique par le président américain en souvenir des pauvres « parents » africains. Sur des bases affectives et d’attentes de charité, les Africains, sans apporter grand-chose au premier président noir des Usa pendant ses campagnes électorales, l’ont toujours « soutenu » et, sans avoir voix au chapitre américain, ont porté leur « choix » sur lui parce qu’il est le fils d’un fils du continent et va donc les sortir de la misère et de la mauvaise gouvernance. Quel rêve !

Ceux-là n’avaient pas compris, contrairement au spécialiste de la civilisation américaine et grand observateur de la vie politique du pays de l’Oncle Sam cité plus haut, que Barack Obama est un Américain, élu par les Américains pour veiller scrupuleusement sur les intérêts des Etats-Unis. En effet, ce produit du capitalisme pur et dur ne pouvait pas être cette âme charitable qui allait utiliser le profit des Américains pour sécher les larmes des Africains. Et même s’il le voulait, il n’aurait pas la latitude, malgré son immense pouvoir, de le faire, car il serait contraint, par d’autres pouvoirs et lobbies tout aussi puissants, à s’arrêter.

A l’image de ses 43 prédécesseurs, Barack Obama a seulement défendu, comme le fera forcément le 45ème président à venir, le seul intérêt américain : « american interest ». Tout ce que le 44ème locataire de la Maison Blanche a eu à faire dans l’intérêt des Africains l’a aussi été pour les Usa : exploitation des hydrocarbures, quête de parts de marché africain plus importantes pour contrer l’avancée des Chinois, lutte contre le terrorisme anti-Occident, fléau dont l’Afrique, du fait de la pauvreté, pourrait en être le ventre mou. Le système politique américain est conçu pour que le grand pays de l’Oncle Sam continue de diriger le monde.

Barak Obama appartient à ce système politique-là qui favorise l’émergence d’hommes et de femmes compétents, dotés d’un fort leadership, capables de faire rêver leurs compatriotes et engagés dans la réalisation d’une communauté nationale toujours plus puissante tout en étant les gardiens vigilants des intérêts de leur pays. Pour se faire une place ici, Barack Obama a fait montre de charisme, de détermination et de talent. C’est cela le « way of life » (chemin de la vie) des Américains que les Africains devraient s’approprier en mettant fin aux guerres fratricides, à la haine de l’autre et aux frontières artificielles. S’affranchir de ces tares, c’est créer, avec des institutions fortes et non avec des hommes forts, un espace de démocratie réelle pour marcher vers la constitution d’un gouvernement continental et réaliser les Etats-Unis d’Afrique ! Le président américain, Barack Obama, qui n’est point ce philanthrope devant faire le développement de l’Afrique, l’a rappelé dans un important discours prononcé en 2009 devant le Parlement ghanéen.

Cheikh Aliou AMATH

Obama et le Proche-Orient : Une rupture lourde de conséquences
Obama et Roi SalmaneL’élection du président Barack Obama a été une rupture : d’abord parce qu’il est Noir, ensuite Kenyan d’origine n’ayant pas le même vécu que les Noirs américains et, enfin, parce qu’il est d’origine musulmane dans un contexte de profonde crise entre les Etats-Unis et le monde arabo musulman.

Son accession à la Maison Blanche a été d’une transparence qui lui offre toute la légitimité éthique et morale nécessaires pour recoller les morceaux de la désastreuse politique extérieure américaine au Moyen-Orient depuis de longues années, notamment sous George Bush. Les responsables du Prix Nobel ne s’y sont pas trompés, lui attribuant la récompense sans doute pour l’encourager à œuvrer pour un monde plus apaisé.

Le 4 juin 2009, une année à peine après son élection, il s’attaquait au dossier noir de la politique extérieure américaine que constitue son appui inconditionnel à Israël dans son conflit avec le monde arabe et la violence meurtrière qu’elle engendre.

Il a choisi le Caire, carrefour du monde arabo musulman, et son Université, temple du savoir, pour prononcer son fameux discours programme pour le Proche-Orient : sa volonté de mettre en place une politique de rupture totale avec le passé en soulignant qu'il était venu "chercher" un "nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis", estimant que le "cycle de la méfiance et de la discorde devait s'achever". Il a surtout évoqué la pomme de discorde entre Américains et Arabes en appelant Israël à cesser sa politique de colonisation des Territoires palestiniens et répété son engagement en faveur d'un Etat palestinien.

Cette nouvelle approche de la diplomatie américaine entrait dans une politique extérieure plus globale où les Etats-Unis cherchaient à se départir de cette image de gendarme du monde, particulièrement au Proche-Orient. Le président Obama, dans cet objectif, a cherché à impliquer les autres nations dans la solution des problèmes. Solutions qui passent par la lutte pour la défense de l’ordre international libéral contre la terreur djihadiste et la promotion d’un ensemble de droits universellement admis. La liberté d’expression et d’association, la liberté de religion, l’égalité des hommes et des femmes dans le cadre de l’État de droit et le droit de choisir librement ses propres dirigeants. Dans cette nouvelle approche de politique extérieure, les Etats-Unis ont joué un rôle de second plan dans la chute du régime Kadhafi, en octobre 2011, et ont partagé la tâche avec d’autres pays occidentaux en Syrie et en Irak.


Le président Obama, durant ses deux mandats, a consacré beaucoup de son de temps et de son influence politique pour obtenir un accord sur le nucléaire avec l'Iran, avec le secret espoir que la levée des sanctions aura en échange l’arrêt de leur programme nucléaire et conduira l'Iran à devenir moins belliqueux et plus coopératif dans le règlement des conflits au Proche-Orient. Ce désir de jouer l’équilibre entre l'Arabie saoudite et l'Iran, rivaux pour dire le moins depuis la nuit des temps, a débouché sur une détérioration des relations américaines avec le premier cité, habitué à un rôle hégémonique dans la région et fort de l’appui inconditionnel et régulier de l’administration américaine, quel que soit le régime, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Selon plusieurs observateurs, au vu du développement de la situation, le Proche-Orient a encore besoin d’un gendarme, le temps que la région se stabilise davantage ; le pétrole lui donnant encore un rôle majeur dans la stabilisation de l’ordre économique mondial. Ils considèrent que plus l'influence de l'Amérique recule dans la région, plus l'Arabie saoudite et l'Iran deviennent agressifs pour le contrôle de la région. Ils rappellent que l'Iran demeure le principal soutien tant du président syrien, Bachar el-Assad, que du gouvernement chiite de Bagdad, donc reste un des principaux acteurs de la tragédie humanitaire dans la zone.

Le refus d’Obama d’intervenir en Syrie en 2013, malgré le franchissement de la « ligne rouge » que constituait l’utilisation d’armes chimiques contre la population par Bachar el-Assad, aurait, selon ces spécialistes du Proche-Orient, contribué à faciliter l’annexion de la Crimée par Vladimir Poutine de même que la guerre en Ukraine.

Alassane Diawara

"C'est une tradition de venir rencontrer l'ambassadeur Seck, car c'est un pays africain qui préside le Conseil de sécurité pour la plus grande fierté de l'Afrique. Nous sommes venus le féliciter, prier pour le Sénégal et l'encourager. Nous connaissons les capacités du Sénégal,  son panafricanisme et son amour pour l'Afrique. Nous connaissons l'ambassadeur Fodé Seck et savons qu'il portera nos préoccupations à un très haut niveau. Les questions africaines concernent le financement des opérations de paix déployées par l'Union africaine avec l'autorisation de l'Onu et comment se partager le fardeau du financement de ces opérations. Nous comptons beaucoup sur la réunion du 18 novembre sur le financement des opérations de paix de l'Ua autorisées par l'Onu mise à l'agenda par la présidence sénégalaise. Nous souhaitons plein succès à la présidence sénégalaise et l'assurons de notre appui".

De notre envoyée spéciale à New York, Dié Maty FALL

L'ambassadeur Fodé Seck, représentant permanent du Sénégal auprès de l'Onu et président du Conseil de sécurité, a tenu une réunion d'information auprès des pays membres de l'Onu avant de donner une conférence de presse à la presse internationale.

Lors de sa réunion, l'ambassadeur a informé les pays membres du programme de la présidence sénégalaise du mois de novembre.

Ce programme a été élaboré en fonction de trois paramètres : les questions arrivées à maturation, les initiatives que le Sénégal compte promouvoir pendant sa présidence et celles proposées par d'autres pays. L’agenda a été examiné et approuvé par les autres diplomates lors de la réunion du petit déjeuner offert par l'ambassadeur hier matin.

En dehors de ces questions périodiques, l'agenda de la présidence sénégalaise met en œuvre les thèmes liés aux opérations de paix, à la coopération régionale et au concept de diplomatie préventive Eau- paix-sécurité.

La présidence sénégalaise a organisé aussi un débat public, le 7 novembre, présidé par le ministre des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, sur le thème des opérations de paix des Nations unies face aux menaces asymétriques : quelles solutions ?

Puis, le 10 novembre, la présidence sénégalaise a tenu un briefing avec les commissaires de la police des opérations de maintien de la paix (Darfour, Haïti, Mali, Soudan du Sud), en mettant le focus sur la paix et la sécurité, ainsi que les abus sexuels.

La présidence sénégalaise tient une séance d'information, le 18 novembre prochain, sur la coopération régionale entre l'Union africaine et les Nations unies pour renforcer le partenariat stratégique entre l'Ua et l'Onu, et pour une meilleure prise en charge des opérations de maintien de la paix.

Une deuxième série de rencontres est aussi à l'agenda entre l'Onu et l'Oci le 17 novembre. Ce, pour le renforcement du rôle de la communauté islamique face à l'ampleur des défis du terrorisme.

Parmi les grandes initiatives de la présidence sénégalaise, la visite du Conseil de sécurité dans la région des Grands Lacs (Kinshasa, Goma, Béni, Luanda) du 10 au 13 novembre, l'état d'avancement du dialogue politique au Burundi, les violences survenues à Juba, la capitale du Sud Soudan, l'examen de la crise syrienne (politique, humanitaire, chimique) dans un contexte d'escalade de la violence, l'impasse dans le processus du dialogue israélo-palestinien, la situation au Moyen-Orient et les territoires occupés, les questions récurrentes du Kosovo et de la Bosnie Herzégovine. Par ailleurs, selon la tradition onusienne, les 3 et 4 novembre, le Conseil de sécurité part en retraite annuelle avec ses nouveaux membres, une retraite organisée traditionnellement par la Finlande.

À l'issue de la présentation du programme de sa présidence, les représentants permanents du Maroc, de l'Union africaine, de l'Iran et de l'Ethiopie ont adressé leurs encouragements au Sénégal et l'ont assuré de leur étroite coopération, tout en lui faisant des remarques pertinentes.Durant la conférence de presse qui a suivi, la presse internationale a mis en avant les questions liées à la diplomatie préventive, à la colonisation israélienne des territoires palestiniens, à une visite à Gaza du Conseil de sécurité, aux violences faites aux femmes, à la Corée du Nord et aux priorités de la présidence sénégalaise du Conseil.

De notre envoyée spéciale à New York, Dié Maty FALL

« Je suis venu rencontrer Monsieur l'ambassadeur Fodé Seck du Sénégal en sa qualité de président du Conseil de sécurité, à l'occasion de la visite, à New York, pour le briefing du Conseil de sécurité sur la mise en œuvre de l'accord-cadre d'Addis-Abeba sur la paix, la sécurité et la coopération en Rdc et dans la région des Grands Lacs. J'ai d'abord remercié l'ambassadeur pour cette opportunité de commencer la présidence sénégalaise du Conseil de sécurité par un briefing sur une question africaine qui, même si elle ne concerne pas l'Afrique de l'Ouest, préoccupe le Sénégal et l'Afrique. Je suis heureux que le premier briefing pour la première fois sur la question des Grands Lacs se fasse avec la présidence du Sénégal. J'ai profité de l'occasion évidemment pour lui faire état des principales questions qui sont soulevées dans le rapport, en particulier la réforme du processus de l'accord-cadre.

Cette réforme a fait que désormais les réunion du mécanisme régional de suivi, mécanisme au niveau des chefs d'Etat des pays des Grands Lacs qui supervise la mise en œuvre de l'accord, et qui se tenait habituellement en marge des sommets de l'Ua et des Ag de l'Onu, avec une participation plus ou moins bonne des chefs d'Etat compte tenu de leur agenda, se tient désormais une seule fois par an au lieu de deux dans un pays de la région.

Et, pour la première fois, nous avons tenu le Sommet à Luanda avec une très forte participation des chefs d'Etats et des hauts représentants des Etats. Ce qui montre très bien l'appropriation du mécanisme régional par les Etats-membres et leur engouement pour cet accord-cadre.

J'ai informé l'ambassadeur en tant que président du Conseil de sécurité du fait que déjà des pays se positionnaient pour abriter le prochain Sommet du mécanisme régional de suivi. Ce qui montre l'intérêt que les Etats manifestent. Par ailleurs, nous avons fait état d'un certain nombre de problèmes dans la mise en œuvre, notamment la question persistante des forces négatives des groupes armés qui sévissent encore dans l'est du Congo, avec des ramifications dans la région et une implication sur la stabilité régionale, ainsi que des problèmes de coopération. J'attends de la présidence du Sénégal qu'elle prenne acte et se réjouisse de l'évolution positive de l'appropriation du mécanisme par les Etats-membres et de l'intérêt qu'ils accordent à la mise en œuvre  des engagements qu'ils ont  eux-mêmes pris dans l'accord-cadre.

Nous attendons également que le Conseil de sécurité prenne acte de l'examen stratégique du bureau de l'envoyé spécial pour lui donner des moyens qui ne sont pas forcément considérables, mais qui doivent être suffisants pour que le bureau joue pleinement son rôle ».

De notre envoyée spéciale à New York, Dié Maty FALL

L'ambassadeur représentant de l'Union africaine auprès de l'Onu, Tete Antonio, est venu rencontrer l'ambassadeur sénégalais, Fodé Seck, à la Mission permanente du Sénégal auprès des Nations unies pour lui apporter le soutien et la coopération du continent, et lui souhaiter aussi plein succès à la présidence du Conseil. C'est également le sens de l'audience de Saïd Djinnit, envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies dans la région des Grands Lacs, venu, lui aussi, s'entretenir avec l'ambassadeur Seck. Il s'est particulièrement « réjoui que la première séance d'information (briefing) tenue pour la première fois sur la préoccupante question des Grands Lacs se fasse sous la présidence du Sénégal ».

Présider le Conseil de sécurité est une charge très importante, quel que soit le pays, et en l'occurrence lorsqu'il n'est pas membre permanent comme c'est le cas du Sénégal. C'est un peu comme être le président du monde pendant tout le mois de novembre. Si une crise internationale ou nationale survenait, ce que personne ne souhaite naturellement, le Sénégal, à travers le président Macky Sall et l'ambassadeur Fodé Seck, serait aux commandes : convocation des membres du Conseil de sécurité pour examiner de toute urgence la question et convenir de la voie à suivre, en sachant que seuls la France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie et la Chine ont droit de veto. Ce qui n'est pas le cas des 10 autres membres non-permanents élus pour deux ans et parmi lesquels l'Egypte, l'Angola et le Sénégal représentent les trois régions d'Afrique.

Si le Conseil de sécurité estime que la crise en question nécessite la prise d'une résolution, alors se posera la délicate et sensible question du consensus entre les cinq détenteurs du veto. De ce fait, chaque mot ou chaque virgule est méticuleusement négocié, rappelle l'ambassadeur Fodé Seck. Cela avait été le cas avec la résolution sur la Syrie proposée par la France en octobre ; la Russie avait opposé son veto et fait capoter l'affaire.

La diplomatie sénégalaise, boostée par le chef de l'Etat, a d'abord passé l'écueil de la présentation de candidature, entamé la négociation feutrée et remporté l'élection haut la main avec 187 voix, pour un mandat de deux ans. Certes, le Sénégal a été par trois fois membre du Conseil : en 1968, en 1988 et en 2015. Cette constance traduit la considération et le crédit de la communauté internationale à son égard et particulièrement les pays africains eux-mêmes. Petit pays mais puissance diplomatique. C'est pourquoi ce mandat est placé sous la triple responsabilité sénégalaise, ouest-africaine et continentale. Les priorités de la présidence sénégalaise en ce mois de novembre sont  les suivantes. D'abord, faire passer son message sur l'hydro-diplomatie ou le concept Eau-paix-sécurité. En effet, l'eau est une ressource vitale et son partage crée des conflits en cours ou à venir.  Le Sénégal, fort de son expérience réussie d'initiateur et de fondateur de l'Omvs et de l'Omvg, a anticipé sur l'avenir et propose une diplomatie préventive. L’ambassadeur Seck dit garder espoir qu'une résolution soit adoptée et se félicite que le pays ait obtenu la résolution 1325 sur le concept Paix-femme-jeunes-sécurité.

7ème plus gros contributeur mondial de troupes militaires, policières et civiles pour les opérations de maintien de la paix de l'Onu, la présidence sénégalaise du Conseil de sécurité a, dans son agenda, la question du financement des opérations de paix menées par l'Union africaine et approuvées par l'Onu. La question de la paix et de la sécuritaire est une priorité, mais l'Ua n'a pas les moyens de sa mise en œuvre financière. Le Sénégal propose également que les missions d'opérations de paix de l'Onu intègrent, dans leur mandat, l'apparition de nouvelles menaces dites asymétriques.

Enfin, le Sénégal compte se servir de la plateforme du Conseil de sécurité pour encore valoriser, au bénéfice du monde, son expérience reconnue en matière de consensus, de dialogue islamo-chrétien, de tolérance religieuse, de relations de bon voisinage et de médiation régionale. Terre de confluences de civilisations négro-africaines, arabo-berbère et euro-atlantique, le pays de la « Téranga » est un Etat multiconfessionnel fondé sur la paix, le dialogue et la stabilité. Il est bien placé pour projeter de l'Islam la vraie image et la bonne information et pour déconstruire la propagande du terrorisme religieux aveugle. Il a donc proposé et obtenu une réunion entre le Conseil de sécurité et l'Oci dont il est d'ailleurs membre éminent sur cette question. Des questions qui ne sont habituellement pas mises à l'agenda du Conseil, car ne reflétant pas les préoccupations des 5 grands, seront proposées par le Sénégal durant son mandat.

L'ambassadeur place le mandat de la présidence  sénégalaise du Conseil de sécurité sous le sceau de la diplomatie de contribution avec la valeur ajoutée du Sénégal, sous le sceau de la modestie et dans le combat pour la réforme du Conseil de sécurité dont la composition ne reflète pas le nouvel état du monde ni la perception des citoyens.

De notre envoyée spéciale à New York, Dié Maty FALL

Les ambassadeurs ont approuvé l’agenda
Tete Antonio Onu UaL'ambassadeur Fodé Seck, représentant permanent du Sénégal auprès de l'Onu et président du Conseil de sécurité, a tenu une réunion d'information auprès des pays membres de l'Onu avant de donner une conférence de presse à la presse internationale.

Lors de sa réunion, l'ambassadeur a informé les pays membres du programme de la présidence sénégalaise du mois de novembre.

Ce programme a été élaboré en fonction de trois paramètres : les questions arrivées à maturation, les initiatives que le Sénégal compte promouvoir pendant sa présidence et celles proposées par d'autres pays. L’agenda a été examiné et approuvé par les autres diplomates lors de la réunion du petit déjeuner offert par l'ambassadeur hier matin.

En dehors de ces questions périodiques, l'agenda de la présidence sénégalaise met en œuvre les thèmes liés aux opérations de paix, à la coopération régionale et au concept de diplomatie préventive Eau- paix-sécurité.

La présidence sénégalaise a organisé aussi un débat public, le 7 novembre, présidé par le ministre des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, sur le thème des opérations de paix des Nations unies face aux menaces asymétriques : quelles solutions ?

Puis, le 10 novembre, la présidence sénégalaise a tenu un briefing avec les commissaires de la police des opérations de maintien de la paix (Darfour, Haïti, Mali, Soudan du Sud), en mettant le focus sur la paix et la sécurité, ainsi que les abus sexuels.

La présidence sénégalaise tient une séance d'information, le 18 novembre prochain, sur la coopération régionale entre l'Union africaine et les Nations unies pour renforcer le partenariat stratégique entre l'Ua et l'Onu, et pour une meilleure prise en charge des opérations de maintien de la paix.

Une deuxième série de rencontres est aussi à l'agenda entre l'Onu et l'Oci le 17 novembre. Ce, pour le renforcement du rôle de la communauté islamique face à l'ampleur des défis du terrorisme.

Parmi les grandes initiatives de la présidence sénégalaise, la visite du Conseil de sécurité dans la région des Grands Lacs (Kinshasa, Goma, Béni, Luanda) du 10 au 13 novembre, l'état d'avancement du dialogue politique au Burundi, les violences survenues à Juba, la capitale du Sud Soudan, l'examen de la crise syrienne (politique, humanitaire, chimique) dans un contexte d'escalade de la violence, l'impasse dans le processus du dialogue israélo-palestinien, la situation au Moyen-Orient et les territoires occupés, les questions récurrentes du Kosovo et de la Bosnie Herzégovine. Par ailleurs, selon la tradition onusienne, les 3 et 4 novembre, le Conseil de sécurité part en retraite annuelle avec ses nouveaux membres, une retraite organisée traditionnellement par la Finlande.

À l'issue de la présentation du programme de sa présidence, les représentants permanents du Maroc, de l'Union africaine, de l'Iran et de l'Ethiopie ont adressé leurs encouragements au Sénégal et l'ont assuré de leur étroite coopération, tout en lui faisant des remarques pertinentes.Durant la conférence de presse qui a suivi, la presse internationale a mis en avant les questions liées à la diplomatie préventive, à la colonisation israélienne des territoires palestiniens, à une visite à Gaza du Conseil de sécurité, aux violences faites aux femmes, à la Corée du Nord et aux priorités de la présidence sénégalaise du Conseil.

Saïd Djinnit, envoyé spécial du Sg de l'Onu dans la région des Grands Lacs : « Je suis heureux que le premier briefing se fasse avec le Sénégal »
Said Djinitt Onu« Je suis venu rencontrer Monsieur l'ambassadeur Fodé Seck du Sénégal en sa qualité de président du Conseil de sécurité, à l'occasion de la visite, à New York, pour le briefing du Conseil de sécurité sur la mise en œuvre de l'accord-cadre d'Addis-Abeba sur la paix, la sécurité et la coopération en Rdc et dans la région des Grands Lacs. J'ai d'abord remercié l'ambassadeur pour cette opportunité de commencer la présidence sénégalaise du Conseil de sécurité par un briefing sur une question africaine qui, même si elle ne concerne pas l'Afrique de l'Ouest, préoccupe le Sénégal et l'Afrique. Je suis heureux que le premier briefing pour la première fois sur la question des Grands Lacs se fasse avec la présidence du Sénégal. J'ai profité de l'occasion évidemment pour lui faire état des principales questions qui sont soulevées dans le rapport, en particulier la réforme du processus de l'accord-cadre.

Cette réforme a fait que désormais les réunion du mécanisme régional de suivi, mécanisme au niveau des chefs d'Etat des pays des Grands Lacs qui supervise la mise en œuvre de l'accord, et qui se tenait habituellement en marge des sommets de l'Ua et des Ag de l'Onu, avec une participation plus ou moins bonne des chefs d'Etat compte tenu de leur agenda, se tient désormais une seule fois par an au lieu de deux dans un pays de la région.

Et, pour la première fois, nous avons tenu le Sommet à Luanda avec une très forte participation des chefs d'Etats et des hauts représentants des Etats. Ce qui montre très bien l'appropriation du mécanisme régional par les Etats-membres et leur engouement pour cet accord-cadre.

J'ai informé l'ambassadeur en tant que président du Conseil de sécurité du fait que déjà des pays se positionnaient pour abriter le prochain Sommet du mécanisme régional de suivi. Ce qui montre l'intérêt que les Etats manifestent. Par ailleurs, nous avons fait état d'un certain nombre de problèmes dans la mise en œuvre, notamment la question persistante des forces négatives des groupes armés qui sévissent encore dans l'est du Congo, avec des ramifications dans la région et une implication sur la stabilité régionale, ainsi que des problèmes de coopération. J'attends de la présidence du Sénégal qu'elle prenne acte et se réjouisse de l'évolution positive de l'appropriation du mécanisme par les Etats-membres et de l'intérêt qu'ils accordent à la mise en œuvre  des engagements qu'ils ont  eux-mêmes pris dans l'accord-cadre.

Nous attendons également que le Conseil de sécurité prenne acte de l'examen stratégique du bureau de l'envoyé spécial pour lui donner des moyens qui ne sont pas forcément considérables, mais qui doivent être suffisants pour que le bureau joue pleinement son rôle ».

D. M. FALL

Tete Antonio, ambassadeur, observateur permanent de l'Union africaine auprès de l'Onu : « Nous connaissons les capacités du Sénégal, son panafricanisme et son amour pour l'Afrique »
"C'est une tradition de venir rencontrer l'ambassadeur Seck, car c'est un pays africain qui préside le Conseil de sécurité pour la plus grande fierté de l'Afrique. Nous sommes venus le féliciter, prier pour le Sénégal et l'encourager. Nous connaissons les capacités du Sénégal,  son panafricanisme et son amour pour l'Afrique. Nous connaissons l'ambassadeur Fodé Seck et savons qu'il portera nos préoccupations à un très haut niveau. Les questions africaines concernent le financement des opérations de paix déployées par l'Union africaine avec l'autorisation de l'Onu et comment se partager le fardeau du financement de ces opérations. Nous comptons beaucoup sur la réunion du 18 novembre sur le financement des opérations de paix de l'Ua autorisées par l'Onu mise à l'agenda par la présidence sénégalaise. Nous souhaitons plein succès à la présidence sénégalaise et l'assurons de notre appui".

D. M. FALL

Le "Oui" à la nouvelle constitution ivoirienne a obtenu 93,42% des suffrages au référendum boycotté par l'opposition et la participation est de 42,42%, a annoncé hier soir le président de la Commission électorale indépendante Youssouf Bakayoko.

L'adoption du texte voulue par le président Alassane Ouattara ne faisait aucun doute, le taux de participation étant le principal enjeu de ce scrutin. Selon le pouvoir, cette nouvelle Constitution évacue notamment le concept d'"ivoirité" en clarifiant les conditions d'éligibilité du président. Elle prévoit notamment la création d'un poste de vice-président et d'un Sénat.

AFP

L'opposition gambienne a choisi un candidat unique à l'élection présidentielle de décembre pour affronter le chef de l'Etat sortant Yahya Jammeh, qui dirige le pays d'une main de fer et brigue un cinquième mandat.

Adama Barrow, 51 ans, membre de la direction du Parti démocrate unifié (UDP), principale formation de l'opposition, a été désigné dimanche soir par les délégués des sept partis d'opposition réunis en convention à Banjul pour être leur candidat unique à la présidentielle du 1er décembre, a constaté un journaliste de l'AFP.
M. Barrow, un opérateur économique actif notamment dans l'immobilier, a obtenu 308 voix sur 487 lors du vote des délégués des différents partis venus des sept régions administratives de Gambie. Les trois autres candidats - tous des responsables de l'opposition, Hamat Bah, Halifa Sallah et le Dr Lami Bojang - se sont partagé le reste des suffrages. "Nous avons mis nos différends de côté dans l'intérêt de ce pays.
Les Gambiens sont fatigués par 22 ans de mauvaise gestion de Yahya Jammeh auxquels nous mettrons fin quand nous irons aux urnes", a déclaré M. Barrow après sa désignation. "Nous devons joindre nos forces pour sauver ce pays de la destruction", a-t-il ajouté. 
"Nous sommes fiers de vous qui êtes venus de toutes les régions du pays pour désigner le candidat de la coalition de l'opposition. Nous voulons sauver notre pays de la gestion autoritaire", a déclaré de son côté aux délégués l'opposant et député à l'Assemblée nationale, Samba Bah.Le 26 octobre, la Gambie, après le Burundi et l'Afrique du Sud, avait annoncé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), l'accusant de "persécution envers les Africains, en particulier leurs dirigeants".
Adama Barrow avait qualifié cette décision de "ridicule", l'attribuant à la crainte du pouvoir de perdre la présidentielle de décembre. "Ils savent que les gens vont voter contre eux", avait-il déclaré à l'AFP. "C'est pourquoi ils font tout pour se protéger". L'opposition gambienne avait annoncé le 15 octobre qu'elle présenterait un candidat unique en décembre dans une rare manifestation d'unité contre M. Jammeh. Les signataires de l'accord avaient dit vouloir "mettre de côté leurs divergences dans l'intérêt suprême de la nation".
M. Jammeh, qui à 51 ans dirige depuis 22 ans, a été investi en février candidat au prochain scrutin par son parti, l'Alliance pour la réorientation et la construction patriotique (APRC).

(Légende) Adama Barrow, membre de la direction du Parti démocrate unifié (Udp)

AFP

Le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, a appelé, hier, son armée à "se conformer aux règles de l'Etat de droit" et à se débarrasser "des réflexes de l'Etat d'exception" quelques jours après l'annonce d'une présumée tentative de putsch déjouée dans un pays qui a connu de nombreux coups d'Etat et mutineries. 

"La démocratie a besoin d'une armée forte et républicaine ; une armée qui se conforme aux règles et aux exigences de l'Etat de droit et qui est débarrassée des réflexes de l'Etat d'exception", a déclaré M. Kaboré.

Le chef de l'Etat du Burkina Faso s'adressait, dans un discours solennel, à des militaires réunis à la Place de la révolution de Ouagadougou pour la célébration du 56è anniversaire des Forces armées nationales (Fan).

"Il importe que l'institution (l'armée) et au même titre le militaire observent à tous égards une attitude de neutralité, entendue comme leur non-immixtion dans la sphère politique et partisane", a insisté le chef de l'Etat. "L'Armée doit être au service du pouvoir politique qui, dans toute démocratie, tire sa légitimité de l'onction populaire", a-t-il indiqué.

Le ministre de l'Intérieur, Simon Compaoré, a révélé, la semaine dernière, qu'une trentaine de militaires, "essentiellement" des membres de l'ex-Régiment de sécurité présidentielle (Rsp), l'ancienne garde prétorienne du président déchu Blaise Compaoré, projetait un coup. Depuis son indépendance, en 1960, le pays a connu huit coups d'Etat réussis. Sur les neuf chefs d'Etat qui se sont succédé à sa tête, seulement trois sont des civils, tous les autres étant des officiers putschistes. "Il doit être clair pour tous que l'armée doit se mettre exclusivement au service des institutions de la République, si elle veut garder sa fierté, son unité, sa cohésion et sa discipline qui font sa force", a plaidé M. Kaboré, chef suprême des armées. Aussi, il a choisi de garder le portefeuille de la Défense.

Constituée de quelques 12.000 hommes, l'armée burkinabè est en pleine restructuration après avoir subi les soubresauts consécutifs à la chute du président Compaoré, chassé après 27 ans au pouvoir en octobre 2014. 

AFP 

Huit jihadistes présumés de Boko Haram sont morts dans l'explosion de leur camion piégé, hier, non loin d'un barrage militaire près de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, selon l'armée.

"Ils ont essayé de se faire exploser à un barrage militaire, mais les soldats les ont empêché d'y accéder. Alors qu'ils faisaient demi-tour (le camion), a explosé et les huit occupants sont morts", a expliqué à l'Afp le porte-parole de l'armée, le colonel Sani Usman. Un bilan qui, selon un porte-parole de la police de Maiduguri, Victor Isuku, s'élève à neuf tués à bord du camion
.Ce barrage militaire était le dernier point de contrôle avant de sortir de Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno, dans la direction de la ville de Gubio. Maiduguri a été frappée par deux attentats kamikazes qui ont fait neuf morts il y a trois jours, attribués au groupe islamiste Boko Haram. 

Maiduguri avait déjà été frappée, le 12 octobre, par un attentat à la voiture piégée dans une gare routière, qui avait fait huit morts et une quinzaine de blessés, mettant fin à une accalmie de plusieurs mois des violences dans cette ville.

L'Etat de Borno et de larges parties des Etats voisins du nord-est du Nigeria sont totalement dévastés par sept ans de conflit entre Boko Haram et les forces de sécurité.
L'insurrection islamiste et sa répression féroce par l'armée et les services de sécurité nigérians ont fait au moins 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009. 

AFP

Le patron des patrons béninois, Sébastien Ajavon, interpellé vendredi, dans une affaire de trafic de drogue présumé, s'apprêtait, lundi soir, à passer une quatrième nuit à la gendarmerie, dans l'attente d'une décision du parquet sur la suite de la procédure.

L'homme d'affaires, qui préside le patronat béninois et est surnommé "le roi du poulet" pour avoir fait fortune dans l'agro-alimentaire, était arrivé troisième avec 22 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle de mars au Bénin. Il s'était rallié au deuxième tour à Patrice Talon, devenu président.

M. Ajavon, qui a dénoncé un complot, a été arrêté, vendredi soir, avec trois de ses employés, après la découverte, le matin, au port de Cotonou, de près de 14 millions d'euros de drogue dans un conteneur chargé de cartons de gésiers de dinde destiné à sa société Comon Sa. La gendarmerie avait déclaré à la presse avoir "retrouvé dans le conteneur environ 18 kg de cocaïne pure d'une valeur estimée à environ 9 milliards de FCfa". Sébastien Ajavon avait aussitôt tenu une conférence de presse dans un hôtel de Cotonou, dénonçant un complot contre lui.
"Nous recevons des centaines, des milliers de conteneurs. Comment est-ce qu'ils ont su que dans un seul conteneur il y avait de la drogue ? C'est une manière de voyou puisque les plombs qui étaient sur les containers n'étaient plus là", avait déclaré M. Ajavon. "On m'avait déjà prévenu ces derniers temps qu'ils allaient essayer de me mettre quelque chose pour me créer des ennuis", avait-il ajouté. Interpellé dès la fin de sa conférence de presse, M. Ajavon est retenu depuis dans les locaux de la compagnie de gendarmerie à Cotonou.
5Légende) Sébastien Ajavon le patron béninois du poulet

AFP 

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