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Actualités Internationales (1540)

L'autorité intérimaire de la région de Kidal, fief de l'ex-rébellion à dominante touareg dans le nord du Mali, a été installée, hier, en présence de responsables maliens et de diplomates après plusieurs reports, selon des témoins joints depuis Bamako.Les dirigeants provisoires des quatre autres régions administratives du nord du pays seront installés cette semaine : ceux de Gao et Ménaka (nord-est) demain et ceux de Tombouctou (nord-ouest) et Taoudénit (extrême nord) après demain, selon un communiqué officiel.

Les différentes autorités intérimaires devaient initialement être installées à partir du 18 février, mais plusieurs mouvements avaient contesté certains choix, dénonçant l'absence de concertation. Et le gouvernement avait reporté les cérémonies prévues "par souci d'apaisement". Le nouveau calendrier a été arrêté, le 24 février, d'un commun accord par le gouvernement malien, les groupes armés qui lui sont favorables formant la Plateforme et l'ex-rébellion à dominante touareg du Nord formant la Coordination des mouvements de l'Azawad (Cma). Tous ont signé, en mai-juin 2015, un accord pour la paix au Mali qui prévoit l'installation de ces autorités intérimaires et a connu plusieurs reports.

A Kidal, le président du Conseil régional (autorité intérimaire), Hassan Ag Fagaga, a reçu les symboles de l'Etat lors d'une cérémonie présidée par le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, Mohamed Ag Erlaf, à la tête d'une délégation de responsables maliens, a rapporté un des témoins.

AFP 

La police a dispersé, hier, à coups de gaz lacrymogène des chauffeurs de taxis et motos-taxis qui bloquaient plusieurs carrefours de Lomé pour protester contre la hausse des prix du carburant, a constaté un journaliste de l’Afp.

Le gouvernement togolais a décidé, lundi soir, une hausse d'environ 10 % des prix à la pompe, le litre de super passant de 476 à 524 FCfa (de 0,72 à 0,8 euros), celui de gasoil de 478 à 526 FCFA et le pétrole lampant de 425 à 468 FCfa.  Aucune explication officielle n'a été donnée à cette augmentation, la deuxième en l'espace d’un mois. Hier matin, des chauffeurs de taxis et de "zémidjans" (motos-taxis) ont montré leur mécontentement en bloquant certains carrefours de la capitale togolaise avec leurs véhicules. Certains ont dressé des barricades de pneus et de pierres, perturbant ainsi la circulation. Un bus de transport en commun appartenant à l’Etat a été incendié à un grand carrefour de la capitale par des manifestants surexcités. "Le gouvernement doit annuler ces nouveaux prix, car trop c’est trop. Cette fois-ci, nous ne baisserons pas les bras", a assuré à l’Afp Kossigan Tolou, chauffeur de taxi.

Emmanuel Sogadji, président de la Ligue des consommateurs du Togo (Lct), a estimé "injuste" cette mesure gouvernementale. "Rien ne motive cette nouvelle augmentation des prix des produits pétroliers à la pompe en ce moment. Nous apportons notre soutien aux manifestants, car c’est une décision injuste", a-t-il affirmé.

AFP 

Dignitaires musulmans et chrétiens du Moyen-Orient se sont réunis, hier, au Caire, pour débattre de la coexistence entre les religions dans une région ravagée par des conflits confessionnels.
Cette conférence, organisée par Al-Azhar, prestigieuse institution de l'islam sunnite basée au Caire, se tient jusqu'à aujourd’hui, alors que des dizaines d'Egyptiens chrétiens ont fui le nord de la péninsule du Sinaï à la suite d'une série d'attaques meurtrières menées par les jihadistes du groupe Etat islamique (Ei). "Exonérer les religions du terrorisme ne suffit plus face à ces défis barbares", a lancé le cheikh d'Al-Azhar, Ahmed al-Tayeb, évoquant les conflits régionaux à l'ouverture de la conférence. Il a appelé à balayer "le manque de confiance et les tensions persistantes entre les dirigeants religieux qui n'ont plus aucune justification aujourd'hui : si la paix ne se réalise pas d'abord entre ceux qui la prêchent, ils ne peuvent pas la transmettre aux individus".

Al-Azhar affiche une volonté de promouvoir un islam modéré et le dialogue avec les chrétiens, accusant des groupes comme l'Ei de "souiller l'image de l'Islam". De son côté, le pape copte orthodoxe Tawadros II a appelé à "lutter contre l'idéologie extrémiste avec une idéologie éclairée". "L'Egypte et la région ont souffert de l'idéologie extrémiste qui résulte d'une compréhension erronée de la religion qui a conduit au terrorisme", a-t-il souligné. Le patriarche libanais maronite Bechara Raï participe aussi à cette réunion. L'Ei, qui contrôle des territoires en Irak et en Syrie, considère les chrétiens comme des ennemis qui doivent être tués ou assujettis. En Egypte, la branche locale du groupe a appelé à prendre pour cible la minorité copte, après avoir revendiqué un attentat-suicide contre une église copte orthodoxe du Caire qui avait fait 29 morts en décembre.

AFP 

Le retrait du Maroc d'une zone contestée au Sahara occidental ressemble, en apparence, à un apaisement. Mais, c'est surtout un nouvel épisode d'un dangereux face-à-face diplomatico-militaire qui se joue depuis six mois entre le royaume et les indépendantistes du Front Polisario.

A la surprise générale, le Maroc a annoncé, dimanche, qu'il procéderait, à compter du jour-même, à "un retrait unilatéral de la zone" de Guerguerat, à la frontière avec la Mauritanie, dans le sud-ouest du Sahara occidental. Les autorités marocaines n'ont donné aucune précision sur les modalités de ce retrait, dans un no man's land de quelques kilomètres carrés au milieu des dunes près de la côte atlantique. Il est intervenu "sur instruction" du roi Mohammed VI, après une demande en ce sens du secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres.

Disant vouloir lutter "contre la contrebande", l'armée marocaine avait entamé, mi-août, au sud de la localité de Guerguerat, la construction d'une route goudronnée, au-delà de son mur de défense, barrière de sable qui marque la limite du Sahara occidental sous contrôle marocain.

Le Polisario a depuis multiplié les incursions dans cette zone, qu'il considère comme faisant partie de ses "territoires libérés", et où il a déployé patrouilles et nouvelle base.
Le Maroc contrôle l'essentiel du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole et immense étendue désertique, depuis 1975. Soutenu par l'Algérie, le Polisario réclame un référendum d'autodétermination alors que Rabat propose une autonomie sous sa souveraineté.

Les armes s'y sont tues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu en 1991. L'Onu y maintient une force de paix comptant environ 250 casques bleus chargés notamment de surveiller le cessez-le-feu. Peu après le début des travaux marocains autour de Guerguerat, l'Onu s'était alarmé des risques de dérapage dans cette zone tampon, tandis qu'un document confidentiel du Conseil de sécurité estimait que les belligérants avaient tous deux violé l'accord de cessez-le-feu de 1991. Le quotidien américain New York Times titrait même, en janvier, sur la "prochaine guerre en Afrique du nord".

Trafic routier menacé
Selon la presse marocaine, seule une portion de la route contestée --longue de 4 km-- a finalement été asphaltée par les autorités marocaines. Les travaux des pelleteuses ont été interrompus avec les incursions du Polisario, qui se sont multipliées à partir de décembre. Ces mêmes incursions ont débuté un mois avant le retour, fin janvier, du Maroc au sein de l'Union africaine (Ua) et visaient notamment "à torpiller ce processus", selon Rabat, engagé dans une vaste offensive diplomatique sur le continent. Dimanche soir, la France et l'Espagne ont salué le retrait marocain de la zone de Guerguerat, réclamant, au passage, que la guérilla séparatiste fasse de même.

Dans un communiqué, le Polisario a dénoncé ce retrait "de quelques centaines de mètres" comme "de la poudre aux yeux". Des sites pro-sahraouis ont diffusé une vidéo de véhicules 4x4 du Polisario paradant sur la route contestée avec des hommes en armes à bord.

La situation à Guerguerat doit s'inscrire dans le "processus de décolonisation dans son ensemble", assure le Front Polisario, selon lequel il n'y avait auparavant "ni route, ni trafic commercial" dans cette zone tampon. Or, ce trafic constitue, selon lui, "un changement du statu quo". C'est précisément autour de ce trafic routier que se cristallise désormais la tension, sur un axe vu comme essentiel à Rabat pour les échanges entre le Maroc et l'Afrique subsaharienne. Dans ses discussions avec le patron de l'Onu, Mohammed VI a insisté sur la nécessité de "garantir la fluidité du trafic" vers la Mauritanie.

Evoquant des actes de "gangstérisme", la presse marocaine s'est fait l'écho, ces derniers jours, du cas de plusieurs camions interceptés par les hommes du Polisario, de chauffeurs marocains insultés ou cibles de jets de pierres. "Si le Polisario refuse de se retirer et continue d'entraver la circulation, l'Onu devra intervenir, et si elle ne le fait pas, gageons que le Maroc le fera", prévenait notamment un site d'informations en ligne.

AFP 

Le chef d'état-major des armées de Gambie, le général Ousman Badjie, considéré comme un pilier du régime de Yahya Jammeh, a été limogé par le nouveau président, Adama Barrow, a annoncé, hier, une source militaire à l'Afp à Banjul.

"Le général Massaneh Kinteh est maintenant le nouveau chef des armées de Gambie. Il a remplacé le général Ousman Badjie" qui occupait ce poste depuis 2012, a ajouté cette source militaire sous le couvert de l'anonymat.

Le général Badjie sera muté dans une des représentations gambiennes à l'étranger, l'officier supérieur "attend encore de savoir où il sera affecté", selon la même source. Aucun commentaire n'a pu être obtenu de source officielle sur cette mesure.

Avant sa nomination, le général Kinteh était un conseiller militaire spécial du président Barrow, fonction qui lui avait été confiée en janvier. Le nouveau chef des armées de Gambie retrouve un poste qu'il a déjà occupé de 2009 à 2012. Il avait été remplacé à la tête de l'armée par le général Ousman Badjie, puis nommé ambassadeur à Cuba. Le 20 janvier, le général Badjie avait prêté allégeance au président Adama Barrow, après avoir réitéré publiquement plus d'une fois sa loyauté à Yahya Jammeh, qui a dirigé pendant 22 ans la Gambie d'une main de fer. Ousman Badjie était considéré comme un pilier de son régime, qui a régulièrement été accusé par des Ong et diplomates de violations systématiques des droits de l'Homme, accusations que M. Jammeh a toujours rejetées.

Reconnaissable notamment par ses talismans au cou et aux poignets, cet officier supérieur avait été vu à Banjul dansant en public, au milieu d'une foule de supporters de M. Barrow célébrant leur victoire à la présidentielle du 1er décembre 2016 perdue par Yahya Jammeh.

AFP

L'armée française va prêter main forte aux Nigériens dans une région frontalière du Mali théâtre d'attaques sanglantes de groupes jihadistes ces derniers mois, a annoncé, samedi soir, le ministre français de la Défense.

"A la demande du président (Mahamadou) Issoufou, un Dlao (détachement de liaison et d'assistance opérationnelle) est en train de se constituer à Tillabéri (ouest) au profit de nos camarades nigériens", a déclaré Jean-Yves Le Drian, devant les soldats de la force française Barkhane à Niamey, à l'issue d'un entretien avec le chef de l'Etat nigérien.

Entre 50 et 80 hommes, des forces spéciales notamment, seront à pied d'œuvre, "dans trois jours", sur cette position, à 100 km au nord de Niamey, a-t-on précisé de source militaire française. Ils seront dotés de capacités de guidage aérien pour appuyer les soldats nigériens au sol.

Les forces armées nigériennes ont été la cible de plusieurs attaques meurtrières ces derniers mois, attribuées à des groupes jihadistes maliens liés notamment au Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), une des formations jihadistes visées par l'opération française Serval en 2013 au Mali.

Quinze soldats nigériens ont été tués, mercredi, lors d'une attaque contre une patrouille de l'armée à Tilwa, dans la zone de Ouallam (ouest), à proximité de Tillabéri.

Début octobre, un peu plus au nord-est, dans la région voisine de Tahoua, 22 soldats nigériens avaient été tués dans l'attaque d'un camp de réfugiés à Tazalit. La force Barkhane - constituée de 4.000 soldats - mène des opérations antiterroristes, notamment transfrontalières, sur cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina Faso). Au Niger, elle dispose de quatre avions de chasse Mirage 2000 et cinq drones Reaper, chargés de collecter du renseignement sur la zone. 

Des soldats français sont aussi postés à Madama, dans le nord du Niger, à la frontière avec la Libye, et à Diffa, dans l'extrême sud-est du pays, où le groupe islamiste nigérian Boko Horam mène régulièrement des incursions.

AFP

Le responsable du système pénitentiaire gambien, David Colley, a été remplacé, cette semaine, par le nouveau président, Adama Barrow, a appris l'Afp, hier, de sources gouvernementale et pénitentiaires.

"Le président Barrow a limogé David Colley, le directeur général du système pénitentiaire gambien. Colley a été remplacé par Ansumana Manneh", a déclaré la source gouvernementale, indiquant que la décision datait de vendredi.

La mesure a été confirmée par une source pénitentiaire, précisant que jusqu'à sa nomination, Ansumana Manneh était responsable de la prison d'Old Jeshwang, dans la périphérie ouest de Banjul, la capitale.

D'après des sources pénitentiaires, David Colley a dirigé plusieurs fois le système carcéral sous Yahya Jammeh. M. Colley a ainsi été chef des services pénitentiaires de 1997 à 2007, puis de 2008 à 2012 et, enfin, d'avril 2013 jusqu'à son limogeage. Aucune indication n'a pu être obtenue, hier, sur son sort.

Le régime de Yahya Jammeh a régulièrement été accusé de violations systématiques des droits de l'Homme, accusations que M. Jammeh a toujours rejetées.

Des Ong ont notamment dénoncé des détentions arbitraires, disparitions, arrestations et tortures, en particulier à la prison de Mile Two, la plus grande du pays, de sinistre réputation.
Le 13 février, le ministre de l'Intérieur du nouveau régime, Mai Fatty, avait fait visiter cette prison à des journalistes locaux, leur faisant découvrir des cellules de béton plongées dans une obscurité quasi complète, où les détenus croupissent dans la crasse. Il avait présenté des excuses devant les caméras.

Durant la présidence Jammeh, "un climat de peur a été entretenu en Gambie pendant des années par le biais d'arrestations et de détentions arbitraires régulières, ainsi que par le recours systématique à la torture. On ne savait jamais qui serait arrêté, quand, ni pour quelles raisons", avait déclaré Amnesty international dans un article publié le 9 décembre.

L'Ong y exhortait les nouveaux dirigeants à "autoriser des inspections des prisons qui étaient fermées au monde extérieur", "à s'attaquer à l'impunité dont bénéficient les forces de sécurité" et à "mettre fin aux arrestations arbitraires et à la torture".

AFP 

Des dizaines de jeunes dénonçant la vente d'alcool ont saccagé, samedi, des bars et débits de boissons à Tombouctou, haut lieu de l'Islam dans le nord du Mali, ont indiqué à l'Afp témoins, meneurs et sources policières.

"Les jeunes étaient très organisés. Ils avaient ciblé les endroits à détruire. De nombreuses bouteilles de bière ont été cassées et des sachets contenant de l'alcool détruits", a témoigné anonymement un habitant joint par téléphone dans cette ville historique située à plus de 900 km au nord de Bamako.

Certains récits font un lien entre ces saccages et la mort récente d'un jeune, présumé habitué des bars, après consommation de substances illicites, mais jusqu'à samedi soir, aucun détail n'avait pu être obtenu sur ce sujet.

Un des meneurs, Hamed Haïdara, a expliqué que les mouvements n'étaient pas liées "à la mort d'un seul jeune", une autre raison est que "beaucoup de jeunes qui boivent, surtout de l'alcool en sachets, sont +déréglés du cerveau+". "Nous ne voulons plus de vente d'alcool à Tombouctou", a ajouté M. Haïdara, se disant membre de l'Association des jeunes musulmans. Selon lui, il s'agissait d'"une campagne de salubrité publique" impliquant d'autres organisations de jeunes, pas uniquement de ceux qui se revendiquent musulmans. Une version confirmée par Ousmane Maïga, de l'Association de la jeunesse de Tombouctou. "Depuis un moment", à Tombouctou, "la consommation d'alcool dans les bars a augmenté", les jeunes ont "décidé d'interdire désormais l'installation de lieux de dépravation", a déclaré M. Maïga.

Au moins cinq bars et débits de boissons ainsi qu'une boîte de nuit ont été mis à sac par "plusieurs dizaines" de jeunes, a indiqué une source policière sur place, un autre témoin évoquant une trentaine de manifestants.

Selon la source policière, cela représente environ la moitié des lieux de ce genre à Tombouctou, surnommée "Cité des 333 saints" en référence à des mausolées d'érudits et de personnages vénérés musulmans qu'abrite cette ville qui fut un grand centre intellectuel de l'Islam. Les musulmans représentent plus de 94 % de la population du Mali, plus de 17 millions d'habitants, selon les estimations de juillet 2016.

AFP

Candidate de l'extrême droite à la présidentielle française d'avril-mai, Marine Le Pen a pilonné, hier, les médias, accusés de mener une "campagne hystérique" en faveur de son adversaire centriste, Emmanuel Macron, qui la talonne désormais dans les sondages.

"Je veux dire aux Français d'être extrêmement attentifs, à ne pas se faire voler ces élections", a lancé la présidente du Front national, lors d'un meeting à Nantes (ouest), devant 3.500 personnes, selon ses équipes.

"Dans cette élection, les médias ont choisi leur camp. Ils font campagne, de manière hystérique, pour leur poulain", l'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron, a accusé Marine Le Pen, avec des accents rappelant les attaques du président américain Donald Trump contre les journalistes. "Ils se parent de morale, prétendent en rester à l'analyse des faits (...) et puis, ils pleurnichent d'avoir perdu la confiance du peuple qui se tourne - et c'est légitime - vers Internet pour s'informer", a martelé Mme Le Pen.

Elle s'en est notamment prise à l'homme d'affaires Pierre Bergé, personnalité de gauche et l'un des propriétaires du journal Le Monde, qui met, selon elle, "son journal entièrement au service de M. Macron et en fait une arme de guerre contre la candidature du peuple que j'incarne". Dans un éditorial, samedi, Le Monde relevait que les partisans de Marine Le Pen voyaient un "vaste complot du 'système' politique, judiciaire et médiatique" contre leur candidate. "Elle-même ne se prive pas de jouer sur cette corde pour mieux se poser en victime", soulignait le journal. Sans épargner son adversaire de droite, François Fillon, empêtré dans des soupçons d'emplois fictifs, Marine Le Pen a réservé ses flèches les plus acérées à Emmanuel Macron, en nette progression dans les derniers sondages.

Selon deux études publiées hier, le candidat de 39 ans - qui a reçu, mercredi, le renfort du centriste François Bayrou - talonne désormais, avec 25 % des intentions de vote, la responsable d'extrême droite, toujours favorite du premier tour avec 27 %. M. Fillon arrive en troisième position avec 19 ou 20 % des intentions de vote, selon les études.

AFP 

Neuf cadres de la filiale gabonaise de l'une des plus grandes banques d'Afrique francophone, la BgfiBank, ont été incarcérés dans une enquête sur un vaste détournement de fonds, a indiqué, hier, une source judiciaire.

L'ex-directeur général de BgfiBank-Gabon, Edgard Théophile Anon - limogé par la banque dans le cadre de cette affaire - et huit autres cadres de la principale filiale du groupe BgfiBank ont été inculpés pour "association de malfaiteurs et complicité de vol aggravé", a-t-on appris auprès du Parquet de Libreville.

Le Parquet a confirmé une information du quotidien l'Union qui a indiqué que les neuf cadres avaient été incarcérés mercredi.L'enquête porte sur 1,9 milliard de FCfa (environ 2,9 millions d'euros) détournés via une fraude à la carte de crédit prépayée, une carte rechargeable qui permet notamment des retraits d'argent à l'étranger, plafonnés, sans qu'il soit nécessaire de détenir un compte à la banque émettrice de la carte. "Dans la nuit de vendredi 17 au samedi 18 février 2017, la banque a été victime d'une intrusion de son système informatique pour les guichets automatiques. Entre minuit et 03H00 du matin, les plafonds des cartes visa prépayées ont été augmentés simultanément", écrit le journal l'Union. Les cartes auraient alors été rechargées depuis ce réseau informatique interne. "Il y a eu des retraits de fonds simultanément en France, au Luxembourg, en Allemagne et en Suisse, qui se sont élevés à 1,9 milliard de FCfa", a indiqué une source judiciaire citée par le journal.

La justice gabonaise va demander l'extradition des huit auteurs présumés des retraits, tous originaires d'Afrique de l'Ouest, qui auraient acheté plus de 400 cartes visa prépayées, avance l'Union.

AFP

Des millions de déplacés au bord de la famine fuyant le groupe jihadiste Boko Haram : les donateurs ont promis, hier, 672 millions de dollars d'aide au Nigeria et aux autres pays riverains du lac Tchad, un montant encore loin des besoins.

Quatorze pays - en l'absence notable des États-Unis - se sont engagés à débloquer en urgence 672 millions de dollars (634 millions d'euros) sur trois ans, dont 457 millions en 2017, alors que les Nations unies estiment les besoins à 1,5 milliard de dollars pour cette année.

Le sous-secrétaire général de l'Onu, Stephen O'Brien, s'est toutefois déclaré confiant quant à la perspective d'atteindre l'objectif annuel. "En une matinée, nous avons levé un tiers de cela", a-t-il relevé. Boko Haram, qui a pris les armes en 2009 pour imposer sa propre version d'un salafisme radical dans le nord-est du Nigeria, mène depuis huit ans des raids meurtriers et attentats-suicides dans les quatre pays riverains du lac Tchad. Particulièrement concerné, le nord-est du Nigeria où au moins sept soldats ont encore été tués dans une embuscade menée par le groupe islamiste mercredi, selon une source sécuritaire.  Ce "conflit oublié", qui a fait au moins 20.000 morts et plus de 2,6 millions de déplacés, a aggravé une situation humanitaire déjà difficile dans une région parmi les plus pauvres du monde.

L'aide a du mal à parvenir, ou elle le fait dans des conditions extrêmement difficiles, à des populations qui n'ont souvent plus d'écoles, de système de santé, ni d'agriculture. "Le Nigeria et les pays voisins du lac Tchad connaissent, aujourd'hui, l'une des plus grandes et plus graves crises humanitaires du monde", a souligné le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama. "Il faut bien voir que les terres n'ont pu être cultivées, que les marchés ont cessé de fonctionner, que les prix des denrées alimentaires se sont envolés", a décrit le secrétaire d'État français au Développement, Jean-Marie Le Guen. "Face à ces besoins énormes, la réponse internationale est encore aujourd'hui insuffisante", selon lui. Les fonds levés sont destinés à une région où, selon les Nations unies, 10,7 millions de personnes ont, aujourd'hui, besoin d'une aide d'urgence.

Le directeur régional du Programme alimentaire mondial (Pam) en Afrique de l'Ouest a décrit le défi de faire parvenir l'aide aux "plus vulnérables des vulnérables". "Devant une famine, on est prêt à tout, y compris à larguer de la nourriture. Mais, c'est une zone où il faut faire très attention, et tout ce qu'on veut éviter, c'est qu'elle profite aux terroristes. Ce genre d'intervention coûte cher", a expliqué Abdou Dieng. Les 14 donateurs, venus avec un engagement ferme à Oslo, y compris l'Union européenne, sont presque exclusivement des pays d'Europe de l'Ouest, auxquels s'ajoutent le Japon et la Corée du Sud.

AFP

L'Iran respecte bien ses engagements dans le cadre de l'accord nucléaire conclu avec les grandes puissances en 2015 à Vienne, selon un rapport trimestriel de l'Agence internationale de l'énergie atomique (Aiea), dévoilé hier.

L'Agence internationale de l'énergie atomique atteste notamment que Téhéran n'a "pas enrichi d'uranium" à des degrés prohibés, ni constitué de stocks illégaux d'uranium faiblement enrichi ou d'eau lourde.

Ce satisfecit, attendu, permet la poursuite de la mise en œuvre de l'accord, entré en vigueur en janvier 2016 et ayant donné le coup d'envoi à une levée des sanctions internationales frappant cette puissance pétrolière et gazière, notamment dans le domaine énergétique.

Pour la première fois, l'Aiea a mentionné la quantité d'uranium faiblement enrichi détenue par Téhéran : ce stock s'élève à 101,7 kilos, soit environ un tiers du plafond autorisé de 300 kilos. En novembre, l'Aiea avait relevé un léger dépassement du stock d'eau lourde de Téhéran au-delà des 130 tonnes autorisées, mais la République islamique a depuis ramené ce stock à 124 tonnes.

L'accord, conclu en juillet 2015, vise à garantir la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions.

L'Iran a toujours nié chercher ou avoir cherché à se doter de l'arme atomique, tout en revendiquant son droit à exploiter une filière nucléaire complète. Dans le cadre de l'accord conclu en juillet 2015, il a accepté une réduction drastique de ses capacités nucléaires. Il se soumet, en outre, à des inspections approfondies de l'Aiea, l'organe des Nations unies chargé de superviser le volet technique du dossier. Pendant sa campagne, le nouveau président américain Donald Trump avait promis de "déchirer" l'accord, un des principaux succès diplomatiques de son prédécesseur, Barack Obama, suscitant l'inquiétude des autres puissances. Il n'a toutefois pas répété ces propos depuis son entrée en fonctions.

AFP

Donald Trump s'en est pris, hier, à la police fédérale américaine (Fbi), incapable, selon lui, de démasquer les agents qui renseignent la presse au sein même de l'institution, une initiative assez inhabituelle de la part d'un président.

"Le Fbi est totalement incapable d'arrêter les +fuiteurs+ sur la sécurité nationale qui se sont répandus dans notre gouvernement depuis longtemps. Ils ne peuvent même pas trouver les fuiteurs à l'intérieur-même du Fbi. Des informations classifiées sont données aux médias ; ce qui pourrait avoir un effet dévastateur sur les Etats-Unis. Trouvez maintenant", a-t-il écrit dans deux tweets matinaux dont il est coutumier. L'administration Trump est sur la défensive face à des accusations de liens inappropriés avec la Russie, plusieurs enquêtes étant en cours à ce sujet dont une au Fbi. Eclaboussé par cette affaire, le conseiller du président à la Sécurité nationale, Michael Flynn, a dû démissionner la semaine passée. La plupart des accusations contre le président républicain et son entourage sont venues des médias qui ont cité des sources anonymes au gouvernement. Les tweets de Donald Trump sont intervenus au moment même où la chaîne Cnn diffusait, hier matin, un reportage sur le refus, par le Fbi, de répondre à une demande de la Maison Blanche : celle-ci voulait que la police fédérale nie publiquement les informations d'articles de presse relatifs à des communications supposées entre le camp Trump et d'éventuels espions russes durant la campagne électorale de l'an passé. Le reportage de Cnn citait "plusieurs responsables anonymes au courant de ce dossier".

AFP

L'ex-chef de l'Agence nationale du renseignement (NIA) en Gambie, très redoutée durant le régime autoritaire de Yahya Jammeh, et huit de ses ex-collègues, ont été inculpés hier à Banjul du "meurtre" en avril d'un opposant peu après son arrestation.

Yankuba Badjie, ex-directeur général de la NIA et ses huit co-accusés ont été mis en examen pour "meurtre et complot en vue de commettre un meurtre", puis ont comparu devant un tribunal devant lequel ils ont plaidé non coupable, a constaté un journaliste de l'AFP.

La NIA - rebaptisée depuis "Service de renseignements d'Etat" par le nouveau président Adama Barrow - était considérée comme l'instrument de répression du régime de Yahya Jammeh, qui a dirigé la Gambie d'une main de fer durant plus de 22 ans. M. Badji a été arrêté lundi par la police en même temps que l'un de ses co-accusés, Saikou Omar Jeng dit "Sir Jeng", ancien directeur des opérations de la NIA.
Les sept autres accusés, interpellés mercredi sont l'ex-directeur adjoint de la NIA Louis Gomez et six anciens agents: Haruna Suso, Yusupha Jammeh, Lamin Lang Sanyang, Tamba Masireh, Lamin Darboe et Babucarr Sallah

Le tribunal leur a formellement notifié qu'ils étaient poursuivis en lien avec le décès, peu après son arrestation par la NIA, de Solo Sandeng, un responsable du Parti démocratique unifié (Udp, alors principale formation de l'opposition à Yahya Jammeh).
M. Sandeng avait été arrêté le 14 avril 2016 avec plusieurs autres personnes lors d'un rassemblement pour réclamer des réformes politiques au régime Jammeh. L'annonce de son décès en détention avait été suivie par une autre manifestation le 16 avril, marquée par de nouvelles arrestations.
En attendant leur procès, les neuf accusés ont été incarcérés à la sinistre prison de Mile Two, principal lieu de détention de la capitale, où croupirent de nombreux opposants, voix discordantes ou cadres, au régime tombés en disgrâce

AFP

La cérémonie de lancement s'est déroulée en périphérie de Gao, au siège du "Mécanisme opérationnel de coordination" (Moc) chargé d'organiser ces patrouilles. Elle concernait des soldats de l'armée régulière, des combattants des groupes pro-gouvernementaux formant la Plateforme et des hommes de l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali formant la Coordination des mouvements de l'Azawad (Cma).

Tous étaient vêtus de treillis, les soldats portant un béret, beaucoup de combattants des groupes armés arborant un turban. Mais, ils affichaient des brassards de couleurs distinctes : rouge pour les hommes du rang, vert pour les sous-officiers et jaune pour les officiers.

A terme, 600 hommes - 200 de chaque camp - devraient participer à ces patrouilles. Hier, ils étaient une centaine qui, après rassemblement sur le site du Moc, sont montés, armes au poing, dans des pick-up en direction de la ville de Gao. "Aujourd'hui, il n'y a pas de militaires maliens ou de rebelles, mais le drapeau national", a déclaré à l'Afp un soldat, approuvé par son voisin, membre de la Cma : "C'est ça. Les patrouilles mixtes vont aider pour le retour de la confiance".

Le lancement des patrouilles, après plusieurs reports, a été salué par les autorités maliennes, la force de la Mission de l'Onu au Mali (Minusma) et l'opération française Barkhane dédiée à la lutte contre les groupes jihadistes au Sahel, toutes représentées à la cérémonie. Le représentant du gouvernement, Boubacar Bagayoko, directeur de cabinet du gouverneur de Gao, a parlé de "jour de grandeur et de fierté" pour les Maliens. C'est "une belle photo. Le début des patrouilles mixtes marque une étape importante dans le processus" de paix au Mali, a estimé le commandant par intérim de la force militaire de la Minusma, le général Amadou Kane. Par cette initiative, "les différentes forces sur le terrain montrent (...) leur volonté d'aller de l'avant", a dit le représentant du commandant de Barkhane à Gao, le colonel Jean-Bruno Despouys. Les patrouilles mixtes sont une des dispositions de l'accord de paix signé en mai-juin 2015 par Bamako, la Plateforme et la Cma.

"Dans un premier temps, les patrouilles mixtes se dérouleront à Gao. Ensuite, elles vont s'étendre dans tout le Nord", a précisé à l'Afp Ibrahim Ould Sidy, d'un des groupes armés.

A Gao, beaucoup exprimaient l'espoir de voir ces forces mixtes être véritablement présentes dans tout le Nord, en proie, depuis 2013, à de sanglantes attaques jihadistes contre populations et forces maliennes et étrangères.
"Nous voulons vraiment la paix. Il faut que tout le monde soit sincère. S'il n'y a pas de sincérité, ça ne va pas marcher", a affirmé un élu de la ville, Ali Maïga, résumant un sentiment général.

Quinze soldats nigériens ont été tués et 19  blessés dans une "attaque terroriste" menée mercredi contre une patrouille de l'armée à Tilwa dans la zone de Ouallam (ouest du Niger proche du Mali), a annoncé hier à la radio le ministère de la Défense.

"Dans l'après-midi du 22 février aux environs de 16 heures (15H GMT), une patrouille des Forces armées nigériennes (FAN) a été attaquée par des éléments terroristes (...) nous déplorons 15 morts, 19 blessés dans nos rangs", précise un communiqué lu à la radio publique par le porte-parole de l'armée, le colonel Touré Seydou Albdoula Aziz, "Des opérations de ratissage ont été engagées dans le secteur pour neutraliser les terroristes en fuite", assure ce porte-parole, qui ne précise ni les circonstances de l'attaque, ni le nombre des assaillants.

Sur son compte tweeter, le président du Niger, Mahamadou Issoufou a présenté "au nom du peuple nigérien meurtri", ses "sincères et vives condoléances aux familles des victimes de l’attaque de Tilwa". Début novembre 2016, cinq soldats nigériens ont été tués et quatre ont été portés disparus après une "attaque terroriste" contre Banibangou, une autre localité de Ouallam. Début octobre, un peu plus au nord-est dans la région voisine de Tahoua, 22 soldats nigériens avaient été tués pendant l'attaque d'un camp de réfugiés à Tazalit. La zone de Ouallam, proche du nord du Mali et située à une centaine de km seulement de la capitale nigérienne Niamey, est devenue très instable en raison de nombreuses attaques très meurtrières. Malgré des frontières considérées comme poreuses, le Niger constitue un îlot de stabilité dans une zone en proie aux troubles. Autour de ce pays, Mali, Libye et Nigeria sont tous confrontés à des groupes armés jihadistes.

| AFP |

La justice sud-africaine a infligé, hier, un camouflet au gouvernement de Pretoria en retoquant sur la forme sa décision controversée de claquer la porte de la Cour pénale internationale (Cpi), dont il dénonce un parti pris anti-africain.

Saisi par l'opposition, un juge a estimé, hier, que la lettre de retrait de la Cpi, envoyée en octobre dernier, à l'Onu, était "inconstitutionnelle et invalide" parce qu'elle n'avait pas été précédée "d'une approbation du Parlement". ,Le gouvernement et le président Jacob Zuma "doivent sur le champ révoquer la notice de retrait", a ordonné le juge Phineas Mojapelo, de la Haute-Cour de Pretoria.

Le tribunal installé à La Haye est menacé, depuis des mois, d'une vague de retraits de la part de plusieurs pays africains.

L'Afrique du Sud a franchi le pas après la vive polémique suscitée par son refus d'arrêter sur son sol le président soudanais Omar el-Béchir, malgré un mandat d'arrêt de la Cpi, au motif qu'il bénéficiait de l'immunité diplomatique. M. el-Béchir est poursuivi à La Haye pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre dans la province soudanaise du Darfour, en proie, depuis plus de dix ans, à la guerre civile. Saisie du dossier, la Cour suprême d'appel sud-africaine avait condamné la passivité du gouvernement à l'endroit du chef de l'Etat soudanais, la qualifiant de "conduite scandaleuse". Depuis son entrée en fonction, en 2003, la Cpi a ouvert dix enquêtes, dont neuf dans des pays africains. Ces cibles lui ont valu de nombreuses critiques sur le continent, notamment de l'Union africaine (Ua) qui a dénoncé une "sorte de chasse raciale". En octobre 2016, le ministre sud-africain de la Justice, Mike Masutha, avait accusé la Cpi de "préférer de toute évidence viser des dirigeants en Afrique". La Cour s'en est défendue en soulignant que nombre de plaintes dont elle était saisie (Centrafrique, Ouganda, Mali, République démocratique du Congo) émanaient de gouvernements africains.

AFP

Des représentants d'Al-Azhar, prestigieuse institution de l'islam sunnite basée en Egypte, et une délégation du Vatican ont tenu, hier, au Caire, un séminaire conjoint, consacrant ainsi un rapprochement amorcé, en 2016, avec la rencontre du grand imam et du pape François.

La conférence, organisée par "la Commission conjointe pour le dialogue" réunissant les deux institutions, portait sur le "Rôle d'Al-Azhar et du Vatican pour contrer le fanatisme, l'extrémisme et la violence", selon un communiqué d'Al-Azhar. Le Vatican y était représenté par une délégation conduite par le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. "Le dialogue doit prévaloir entre les Hommes, pour dissiper (...) les différends, et les religions sont capables de surmonter ces discordes avec leur tolérance," a souligné, dans une allocution d'ouverture, Mahmoud Zaqzouq, à la tête du Centre du dialogue d'Al-Azhar, selon le communiqué. Cette conférence, qui se tient au Caire, est "un premier pas dans le rétablissement des relations entre le Saint-Siège et Al-Azhar", avait estimé, mardi, l'agence d'information I-Media, spécialisée dans l'actualité du Vatican.

Les deux institutions religieuses, longtemps en froid, poursuivent un rapprochement amorcé avec l'arrivée au Vatican du pape François, et qui avait conduit, en mai 2016, à une rencontre historique au Saint-Siège entre le pape et le grand imam d'Al-Azhar, Ahmed al-Tayeb. "La Commission de dialogue entre le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et l'Université Al-Azhar ne s'était plus réunie depuis début 2011", précisait, mardi, l'agence I-média.

AFP

Le candidat à la présidentielle française Emmanuel Macron, dans le trio de tête à deux mois de l'élection, a scellé, hier, une alliance avec le centriste François Bayrou pour contrer la droite et l'extrême droite.

M. Bayrou, qui était crédité d'environ 5 % d'intentions de vote dans les sondages, lui a fait cette offre d'alliance en évoquant la situation "décomposée" de la "démocratie" en France qui, selon lui, "nourrit le pire des risques, la flambée de l'extrême droite", donnée en tête au premier tour du scrutin fin avril. "Il faut une réponse exceptionnelle à la hauteur des périls qui menacent notre État", a déclaré, hier, au cours d'une conférence de presse, ce centriste pro-européen qui, à 65 ans, a déjà mené trois campagnes présidentielles. Très vite après cette annonce, Emmanuel Macron, 39 ans, a déclaré à l'Afp qu'il acceptait "l'alliance" proposée par le président du parti centriste MoDem, y voyant "un tournant de la campagne" mais aussi "de la vie politique". Cette alliance "s'inscrit pleinement dans la démarche de renouvellement et de rassemblement qui, depuis le début, est la nôtre", a commenté celui qui se présente comme le candidat "ni de droite ni de gauche". L'annonce de M. Bayrou clôt une séquence de plusieurs mois au cours de laquelle il avait laissé entendre qu'il pourrait se représenter pour la quatrième fois à l'élection présidentielle. Ces dernières semaines, il avait nettement adouci son discours sur Emmanuel Macron, qu'il dépeignait, en septembre, comme "le candidat des forces de l'argent".

AFP

Les écoles avaient été fermées, le 1er février, par le gouvernement, après de violentes manifestations des élèves soutenant des enseignants vacataires en grève pour être intégrés dans la fonction publique.  Le mouvement était appuyé par les syndicats d'enseignants qui réclamaient aussi une hausse de salaires et de meilleures conditions de travail.  La reprise des cours a été décidée après la signature, lundi, d'un accord entre l'intersyndicale et le gouvernement et l'annonce de la suspension du mot d'ordre de grève.

A Conakry et en province, les cours ont repris dans plusieurs établissements, mais à des niveaux variés, d'après un journaliste de l'Afp et des témoins joints par téléphone. La signature de l'accord avec le gouvernement et l'annonce de la suspension de la grève ne faisaient cependant pas l'unanimité au sein des enseignants, certains dénonçant les conditions dans lesquelles cet engagement a été conclu, d'après des syndicalistes. "J'étais pour la fin de la grève, mais pas à n'importe quel prix. Il fallait d'abord qu'on vienne expliquer à nos camarades" le résultat des négociations avec le gouvernement et, ensuite, prendre "la décision de la reprise ou non", a expliqué, hier, à l'Afp un responsable syndical.

"Nous sommes suspects. Nos camarades enseignants croient que nous avons été corrompus par le gouvernement. Or, ce n'est pas le cas", a-t-il ajouté.

AFP

Le président gambien Adama Barrow a gracié 174 personnes incarcérées sous le régime de son prédécesseur, Yahya Jammeh, a annoncé, hier, une source pénitentiaire gambienne à l'Afp à Banjul.

En vertu de ses pouvoirs, le président Barrow "a accordé la grâce à 174 prisonniers", tous des détenus de droit commun, a déclaré cette même source. Le pardon leur a été accordé le 18 février. "Toutes les personnes graciées ont été libérées et ont rejoint leurs familles".

Des Sénégalais font partie des personnes élargies, a indiqué une autre source pénitentiaire, sans préciser de nombre et sans être en mesure de fournir de précisions. Le compte Facebook officiel du président Barrow fait également état, dans un message posté le 18 février, d'une mesure de grâce en faveur de plus de 170 personnes, dont 12 femmes. "D'autres prisonniers devraient être libérés dans les prochaines semaines", selon ce message. Les Gambiens ont fêté, le 18 février, dans le stade de Bakau, près de la capitale, Banjul, l'investiture de M. Barrow, le jour de l'anniversaire de l'indépendance du pays.

M. Barrow avait déjà libéré plusieurs personnes arrêtées sous le régime de Yahya Jammeh qui a dirigé le pays pendant 22 ans d'une main de fer. Le nouveau chef de l'Etat gambien avait annoncé, dans son discours le 18 février, la libération de tous les détenus sans jugement en Gambie.

Il était alors nouvellement investi à Banjul après l'avoir été une première fois à Dakar, au Sénégal, où il avait été auparavant accueilli à la demande de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) par crainte pour sa sécurité. Yahya Jammeh qui contestait sa victoire à l'élection du 1er décembre a finalement cédé le pouvoir et quitté la Gambie, le 21 janvier, pour la Guinée équatoriale, à la suite d'une intervention militaire de la Cedeao et d'une ultime médiation des présidents guinéen Alpha Condé et mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.

 

AFP -

L'absence prolongée du président nigérian Muhammadu Buhari, en "repos médical" à Londres depuis plus d'un mois, suscite des doutes sur sa santé et alimente les craintes d'une crise politique au sein du pays le plus peuplé d'Afrique.

Agé de 74 ans, l'ancien général a quitté le Nigeria le 19 janvier, pour ce qui était à l'origine "ses congés annuels". Un séjour prolongé jusqu'à une date indéterminée, le président ayant "besoin d'une plus longue période de repos" suite à des tests médicaux, a indiqué, hier, son porte-parole, Femi Adesina, assurant qu'il n'y avait "aucune raison de s'inquiéter".
En attendant, M. Buhari a transmis les rênes du pouvoir au vice-président, Yemi Osinbajo, chrétien et yoruba originaire de Lagos, la capitale économique.

Géant pétrolier de 190 millions d'habitants, le Nigeria est divisé entre un Nord musulman et un Sud chrétien. Le choix des représentants des grands partis politiques ne se fait pas au hasard et l'alternance entre les deux religions assure une certaine stabilité.

Lorsque le président est un chrétien du Sud, comme ce fût le cas lors de la précédente administration de Goodluck Jonathan, son vice-président est généralement un musulman, originaire du Nord. Et vice-versa : le président actuel, musulman de l'ethnie peule, chef de file de l'Apc (All people's congress), a choisi pour vice-président Yemi Osinbajo, ancien pasteur évangélique et avocat en droit des affaires, pour ne pas froisser l'électorat sudiste. Ce "pacte" tacite a contribué à éviter les tensions ou du moins les violences électorales lors du dernier scrutin présidentiel en 2015.

Mais, la santé fragile du président Buhari ravive le spectre du passé dans un climat national tendu, marqué par une grave récession économique.
Depuis plusieurs semaines, les rumeurs sur son supposé "cancer de la prostate" ou sa "maladie du foie", toutes niées en bloc par la présidence, ont laissé la place à une interrogation qui trahit l'inquiétude grandissante des Nigérians : "Et si ?"

L'Onu a appelé les autorités libyennes à remettre le fils de l'ex-dictateur Mouammar Kadhafi, condamné à mort pour son rôle dans la répression sanglante de 2011, à la Cour pénale internationale, selon un rapport diffusé hier.

"Les autorités libyennes devraient (...) veiller à remettre Seïf al-Islam à la Cour pénale internationale, dans le respect des obligations internationales de la Libye", a recommandé l'On dans ce rapport qui épingle la justice libyenne.

En 2011, La Cpi avait lancé à son encontre un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité. Elle l'accuse d'avoir joué un "rôle-clé dans la mise en œuvre d'un plan" conçu par son père visant à "réprimer, par tous les moyens", le soulèvement populaire. Depuis, les autorités libyennes et la Cpi se disputent le droit de le juger.

Détenu par les milices contrôlant la ville de Zenten, il a été condamné à mort, en juillet 2015, à l'issue d'un procès dénoncé par l'Onu et des Ong de défense des droits de l'Homme.

Selon le rapport de la Mission d’appui de l'Onu en Libye (Manul) et du Haut-commissariat aux droits de l’Homme (Hcdh), le procès en Libye de Seïf al-Islam et de 36 autres dignitaires du régime du colonel Mouammar Kadhafi "n’a pas respecté les normes internationales en matière de procès équitable".

Le rapport "reconnaît la difficulté de traduire en justice d’anciens membres du régime (...) dans un contexte de conflit armé et de polarisation politique". Il souligne toutefois "les graves violations des garanties d’une procédure régulière, y compris de longues périodes de détention au secret pour les défendeurs", ainsi que les allégations de torture qui n’ont fait l’objet d’aucune enquête appropriée.

Il recommande aux autorités libyennes de veiller à ce que les lieux de détention des accusés soient "sous le contrôle effectif de l’État" et que les allégations de torture fassent l’objet d’enquêtes approfondies immédiates.

Le rapport appelle à "une révision du Code pénal et du Code de procédure pénale afin de garantir une définition claire de tous les crimes (...) et l’adoption d’un moratoire sur la peine capitale".

AFP

L’ancien chef de l'Agence nationale du renseignement (NIA) en Gambie, très redoutée durant le régime de Yahya Jammeh, a été arrêté par la police, a annoncé une source policière à l'AFP à Banjul.

La NIA a été rebaptisée "Service de renseignements d'Etat" par le président Adama Barrow, qui a aussi limogé, début février, peu après sa prise de fonctions, son chef Yankuba Badjie, et l'a remplacé par son ancien directeur financier, Musa Dibba.

Selon la source policière jointe mardi à Banjul, Yankuba Badjie a été arrêté lundi et placé "en détention provisoire".

Mardi, il était "interrogé sur des affaires survenues durant la période pendant laquelle il a dirigé la NIA", a ajouté cette source. La NIA est considérée comme l'instrument de répression du régime de Yahya Jammeh, qui a dirigé la Gambie d'une main de fer plus de 22 ans. Cette agence a été accusée notamment de détentions arbitraires, disparitions, arrestations et tortures de journalistes et d'opposants à M. Jammeh.

Par ailleurs, 25 partisans de l'ex-président Jammeh ont été arrêtés le 18 février par la police et ont été inculpés mardi de "perturbation de l'ordre public", a indiqué à l'AFP une source policière. Il leur est reproché d'avoir attaqué, le 18 février à Kafenda, proche de Kanilai (village natal de M. Jammeh à une centaine de km à l'est de Banjul) des partisans de M. Barrow qui revenaient de sa fête d'investiture.

On indique de même source que "les 25 faisaient partie d'un groupe de 51 personnes, dont 26 mineurs, qui ont été libérés par la police".

AFP 

Au moins cinq personnes ont été tuées, hier, à Conakry, dans des violences ayant éclaté lors de manifestations pour réclamer la réouverture des classes, closes depuis trois semaines en Guinée, a annoncé le gouvernement guinéen.

"Notre capitale a été le théâtre (hier) de manifestations non déclarées et interdites par le gouverneur de la ville de Conakry" pour réclamer la réouverture des classes, des manifestations marquées par des "actes de violence, de vandalisme", alors que la veille, un accord avait été obtenu "avec les syndicats après plusieurs jours de négociations", a ajouté le gouvernement dans un communiqué.

"A la mi-journée, ces manifestations ont malheureusement causé la mort d'au moins cinq personnes" et fait "30 blessés, dont des membres des forces de l'ordre", selon la même source

La capitale guinéenne a enregistré, ces dernières semaines, plusieurs manifestations violentes d'élèves soutenant des enseignants vacataires réclamant leur intégration dans la fonction publique, une demande appuyée par les syndicats qui revendiquent aussi une augmentation de salaires et de meilleures conditions de travail.

En raison des manifestations, le gouvernement avait fermé les écoles le 1er février. A la suite de discussions avec des responsables syndicaux, il avait appelé les enseignants à reprendre les cours le 13 février.
Mais, le même jour, les syndicats avaient déclenché une grève dans le primaire et le secondaire de l'enseignement public, mouvement qui demeurait observé hier et était bien suivi à Conakry et dans le reste du pays, selon des enseignants et témoins joints par téléphone de Conakry.

Tard dimanche soir, le gouvernement avait annoncé avoir trouvé un accord avec les syndicats, précisant que "les parties ont convenu de se retrouver ce lundi (hier) pour la signature formelle de cet accord".
Les violences d’hier ont également "créé des perturbations dans la circulation sur les différents axes routiers", a indiqué le gouvernement.
De même source, on indique qu'il y a eu également "12 personnes interpellées" et "des dégâts matériels importants sur des ambulances et des centres médicaux communaux".

 

AFP

 

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