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Actualités Internationales (1282)

A l’initiative de l’Espagne et du Sénégal, le Conseil de sécurité a tenu une réunion de type formule aria (réunion informelle) sur la cybersécurité et la paix lundi. Réunion ne pouvait être plus opportune en ce Cybermonday célébré aux Etats-Unis.

Les cyberdélits n’épargnent personne, les Etats comme le secteur privé : banque, assurances, système financier, médias, secteur énergétique, hôpitaux, les infrastructures critiques, les personnes et les biens. On se souvient de la cyberattaque contre la chaine de télévision française TV5 Monde et celle contre les installations électriques en Ukraine.

Le cybervol et les activités d’extorsion de fonds sont, à l’origine, le fait d’Etats et de ceux qu’on nomme à présent les « hackactivistes ».

L’imagination de ces « hackactivistes » est sans limites : attaques dirigées contre les infrastructures critiques, kidnapping du codage d’un ordinateur contre le paiement d’une rançon, divulgation d’informations confidentielles sur la santé des patients. Aujourd’hui, les Tic ayant remplacé la communication humaine, l’Internet est dans nos vies, dans les villes et dans les Etats, mais sa gestion demeure complexe.

Rien qu’au Sénégal, selon l’ambassadeur Fodé Seck, président du Conseil de sécurité en ce mois de novembre 2016, il a été identifié 10.000 menaces cybercriminelles en 2015. En réponse, le gouvernement sénégalais a conçu une stratégie nationale de cyberdéfense, en s’attachant les services du Gstc, leader en matière de cybersécurité. Et a créé un centre opérationnel et promu un cadre juridique en vue de se protéger. « Le Conseil de sécurité peut jouer un rôle important en la matière », a souligné l’ambassadeur Seck, qui a préconisé une collaboration et une mutualisation des efforts pour venir à bout du phénomène.

En comparaison, en France, « il y a eu 15 attaques majeures », selon l’ambassadeur Delattre. Le Général d’Armée Félix Sanz Roldan, Secrétaire d’Etat, directeur du Centre national d’intelligence, président du Conseil national de cybersécurité, citant le Rapport 2015 du groupe d’experts, rappelle qu’ « un Etat ne devrait pas établir délibérément des activités Tic inadéquates. Il faut que les Etats interviennent dans la cybersecurité et modifient les cadres juridiques devant leur permettre de se protéger des cyberattaques ».

La formule Aria a entendu des experts internationaux de la cybersécurité. D’abord, Alfredo Timmermans, ancien ministre espagnol de la Communication et actuel patron de la marque Telefonica International Usa (cotée en bourse, 300 millions de clients dans 21 pays et un chiffre d’affaires de 50,38 milliards d’euros), qui a préconisé « un partage de l’information avec tous les opérateurs » et un « renforcement de la coopération entre le public et le privé », en plus d’ « incitations fiscales ». Puis, Dr. Daniel Stauffacher, ancien ambassadeur de Suisse, et président-fondateur du ICT4Peace Foundation, qui utilise les Tic pour une diplomatie de la paix et un cyberespace pacifique. « Avec 3,5 milliards d’utilisateurs, Internet a une importance économique incommensurable », a-t-il affirmé. Il admet que la diplomatie est « en retard » sur les initiatives de militarisation du cyberespace. « Les Etats doivent prendre des mesures immédiates contre la cybercriminalité et parallèlement aux efforts diplomatiques. Il faut maximiser la coopération en cas de cyberattaque, avec tous les acteurs. La société civile, le monde universitaire et le secteur privé doivent faire partie du débat », a-t-il conclu.

Daniel Berh, diplomate américain et expert de l’Osce, a expliqué qu’en matière de cybersécurité, « le travail n’est jamais fini. Il faut rester à la hauteur des nouveaux défis et éduquer les gens à l’utilisation des technologies en renforçant leurs capacités ».

Dernière experte à s’exprimer et non des moindres, Laura Galante, directrice de FireEye Threat Intelligence, une équipe mondiale de chercheurs et d’analystes dédiée à la collecte et à l’analyse des cyberactivités, de la cybersécurité et des cybermenaces dans les questions politique, militaire et économique. Elle a regretté que « souvent, le secteur privé est négligé alors que nous gérons 14 milliards de terminaux de réseaux internet ».

Lors du débat, l’ambassadeur-représentant des Etats-Unis a admis « qu’il ne servait à rien aux Etats de s’attaquer les uns les autres ».

Les Etats-Unis, la Russie et la Chine s’accusent mutuellement assez régulièrement de cyberattaques et de contre-attaques de grande envergure. Elle a appelé la communauté internationale à forger « un consensus international sur le cyberespace ».

Car la cybersécurité est une priorité américaine. L’ambassadeur du Japon s’est préoccupé des conditions dans lesquelles le Conseil de sécurité pouvait intervenir en cas de cyberattaque. Habituellement, les formules aria ne dépassent pas deux heures, mais là, elle a duré près de trois heures en raison de l’attractivité de la problématique, nous a confié l’ambassadeur d’Espagne en charge de la cybersécurité Solas.

Le chef de l'Etat gambien Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 22 ans, sera confronté pour la première fois à un véritable défi dans les urnes lors de l'élection présidentielle d’aujourd’hui, face à une opposition qui fait bloc autour de son candidat. Depuis plusieurs mois, les frustrations nées des difficultés économiques et de la répression des voix dissidentes s'expriment de plus en plus ouvertement. Les trois candidats en lice - Yahya Jammeh, Adama Barrow, désigné par une coalition de l'opposition, et Mama Kandeh, ancien député du parti au pouvoir qui se présente sous les couleurs d'une nouvelle formation, tous âgés de 51 ans - achevaient leur campagne électorale mardi. Environ 890.000 Gambiens - sur quelque 2 millions d'habitants - sont appelés à choisir leur nouveau président pour cinq ans au cours d'un scrutin à un tour.

Yahya Jammeh, porté au pouvoir par un coup d'Etat en 1994, élu pour la première fois en 1996 puis réélu à trois reprises, s'est dans le passé dit prêt à diriger la Gambie pendant un milliard d'années si Dieu le voulait. Et certains Gambiens n'ayant quasiment connu que son régime peinent à imaginer un autre président.

Mais pour les analystes et l'opposition, c'est la première fois que son pouvoir est sérieusement menacé par un scrutin. Car malgré les risques permanents d'arrestations, la parole se libère depuis des manifestations en avril pour réclamer des réformes politiques, puis contre la mort en détention de l'opposant Solo Sandeng. Le chef du principal parti d'opposition, Ousainou Darboe, adversaire de M. Jammeh aux précédents scrutins présidentiels, et une trentaine de co-accusés ont été condamnés en juillet à trois ans de prison ferme pour participation à un rassemblement illégal. Cette répression a favorisé un rare mouvement d'unité de l'opposition autour d'un candidat commun. "Avec le soutien exceptionnel que nous avons reçu, nous sommes sûrs à plus de 100% de gagner, et avec un large écart", a déclaré M. Darboe à l'AFP mardi. "Si j'avais un conseil à donner à Jammeh, ce serait d'accepter la volonté du peuple s'il perd", a ajouté Adama Barrow.

Selon des résidents, la campagne a été marquée par des rassemblements de l'opposition d'une ampleur inédite qui ont galvanisé des catégories sociales auparavant indifférentes ou atones, comme la jeunesse. "Il n'y a aucune raison de protester" car l'élection ne peut pas être truquée, a déclaré mardi lors de son dernier meeting électoral Yahya Jammeh. Il a d'ailleurs dit que toute manifestation sera interdite après la présidentielle. "Ils (l'opposition) ne gagneront pas", a lancé l'actuel président. A Banjul, beaucoup croient en l'étoile de M. Barrow, relativement neuf en politique et qui pourrait gouverner de manière collégiale, en rupture avec l'exercice solitaire du pouvoir reproché à M. Jammeh.

AFP

Dans un communiqué particulièrement virulent, le ministère des Affaires étrangères accuse la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma de "tenter de contrarier la décision du Maroc de regagner sa place naturelle et légitime au sein de sa famille institutionnelle panafricaine". Le roi Mohammed VI avait souhaité mi-juillet le retour au plus vite de son pays au sein de l'Ua, que Rabat avait quittée en 1984 pour protester contre l'admission de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd) du Front Polisario. Mme Dlamini-Zuma avait déjà "retardé, de manière injustifiée, la diffusion de la demande du Maroc aux membres de l'Ua" en septembre, explique le communiqué. Elle "poursuit son élan d'obstruction, en improvisant une nouvelle exigence procédurale, inédite et sans fondement (...) par laquelle elle rejetterait arbitrairement les lettres de soutien (au Maroc) des Etats membres de l'Ua", affirme le ministère des Affaires étrangères, qui ne précise cependant pas la procédure en question. En agissant ainsi, Mme Dlamini-Zuma "se met en contradiction avec son devoir de neutralité, les règles et les normes de l'Ua et la volonté de ses Etats membres", estime Rabat.Le retour dans l'Ua doit être validé par un vote des Etats membres à la majorité des deux tiers (soit 36 pays). Elle donne lieu à une sourde lutte d'influence avec l'Algérie dans les couloirs de l'organisation, qui doit se réunir en sommet début 2017 à Addis Abeba.

Le royaume mène depuis quelques mois une vaste offensive diplomatique pour obtenir les soutiens nécessaires à sa réintégration, avec en toile de fond la question du Sahara occidental, ex-colonie espagnole contrôlée depuis 1975 par Rabat, et dont le Front Polisario, soutenu par Alger, réclame l'indépendance. "Le Maroc dispose à ce jour, documents à l'appui, du soutien et de la pleine adhésion d'une grande majorité d'Etats membres, largement supérieure à celle requise par l'Acte constitutif de l'Ua", souligne le communiqué.

Thanksgiving ouvre, aux Etats-Unis, la saison trépidante des fêtes, des soldes du Black friday, des promotions en tout genre et en toute matière, des produits électroniques à la mode en passant par les voitures. C’est tellement la folie collective, le moment que tout le monde attendait, que les grands magasins ouvrent dès minuit. Après avoir dégusté la dinde de Thanksgiving en famille, à minuit, c’est le signal de la grande ruée vers les stores, malls, shops, stores où on peut faire son shopping sans attendre le lendemain. Pour éviter certainement l’émeute, certaines grandes enseignes de la mondialisation, dont les articles bon marché que vous et moi achetons à Paris, New York, Londres ou Dubaï fabriqués en Asie du Sud-est par des ouvriers-esclaves, ont décidé de commencer le Black friday seulement par voie online.

Car les consommateurs, alléchés par les soldes de 50% minimum, se battent littéralement entre eux pour garder l’objet de leur rêve, peu soucieux de convenances ou de politesse. C’est au premier arrivé, premier servi. Et parfois, on se dispute beaucoup. Une véritable foire d’empoigne. Cette année, avec l’élection surprise du candidat Trump et la tristesse de ceux qui ont donné à Hillary plus de deux millions de voix d’avance, les soldes prennent une autre tonalité. Elles servent aussi de lot de consolation, de baume au cœur de ces millions d’électeurs dont le vote a été détourné par un système électoral indirect injuste et archaïque.

Le troisième jeudi du mois de novembre, on rentre chez soi assez tôt pour préparer la dinde (turkey en anglais) de ce repas de l’offrande de grâce, quand on le célèbre à New York. Mais lorsque la famille ne vit pas dans la Grosse Pomme (le surnom de New York est Big Apple pour les intimes), la fête de Thanksgiving est l’occasion de la plus grande migration de l’année aux Etats-Unis. Par train, par avion, par voiture, par bus, les Américains se déplacent en masse pour aller retrouver la famille dans sa région natale et passer le long week-end avec les parents, les frères et sœurs et tous les petits-enfants. En comparaison, imaginez un peu ce qu’il se passe à Dakar, sur les autoroutes et à l’aéroport Léopold Sédar Senghor, lorsque les Sénégalais reviennent en masse au pays pour fêter Tabaski ou célébrer le Magal. Une migration d’envergure.

Le repas du Thanksgiving est présidé par la personne la plus âgée de la famille, généralement la grand-mère. Hé oui, les femmes vivent plus longtemps que les hommes ! Thanksgiving signifie rendre grâce à Dieu pour tous les bienfaits dont Il nous comble.

Vous vous demandez bien pourquoi le Président Obama sauve-t-il une dinde ?
Comme le veut la tradition, une dinde a officiellement échappé à l'assiette de Thanksgiving cette semaine, graciée par le président Obama pour la dernière fois de son mandat, dans la roseraie de la Maison Blanche. Mais pourquoi donc sauver une dinde à la veille de Thanksgiving ? Cette drôle de coutume remonte à la fin des années 80 aux Etats-Unis, où environ 45 millions de dinde sont consommées chaque 4e jeudi de novembre.

Le président Kennedy fut le premier à gracier l'une de ces volailles. Mais la tradition s'est modernisée : depuis deux ans, l'administration américaine propose aux citoyens de voter sur les réseaux sociaux pour leur dinde préférée entre deux concurrentes. Les deux dindes sont en réalité épargnées. Une cérémonie publique un peu loufoque lors de laquelle le président fait des blagues et communique. Brad Plumer précise toutefois dans le Washington post que deux présidents ont déjà mangé les dindes données par la National Turkey Federation à chaque Thanksgiving à la Maison Blanche : Harry Truman et Dwight D. Eisenhower.

La fête de Thanksgiving, qui est tombée le 24 novembre en 2016, est particulièrement chère aux Américains. Elle dépasserait même dans leurs cœurs la fête nationale, pour son côté rassembleur au-delà des domaines politiques et religieux. Thanksgiving est l'occasion, aux Etats-Unis comme dans d'autres pays du monde, de partager un bon repas en famille bien avant Noël ! "Thanksgiving" signifie "Merci pour les dons" dans la langue de Shakespeare. La tradition des Pilgrims du XVIIe siècle, ces pèlerins du vieux continent débarquant dans le Nouveau Monde à bord du Mayflower, marque leur sensation d'avoir été accompagnés par la bénédiction divine au moment de leur installation. Sous une forme aussi concrète que celle des récoltes qui ont nourri les Pères fondateurs de l'Amérique après un hiver particulièrement rude...

Thanksgiving vise à remercier Dieu et les récoltes. Mais si la journée d'action de grâce marquée par Thanksgiving célèbre l'aide divine et une terre fertile, elle honore aussi les bonheurs en tous genres reçus au cours de l'année. Ce jour de fête nationale s'ancre également dans l'histoire. En 1621, les premiers pèlerins européens ou colons du Mayflower instaurent ce rite pour remercier les Indiens. Ces derniers sont venus en aide aux dissidents religieux britanniques alias "Pilgrims" dans leur installation aux portes de Cape Cod (Massachusetts) : ils leur ont appris comment chasser et récolter le maïs.

Aujourd'hui, à travers Thanksgiving, les Américains continuent à remercier Dieu d'avoir favorisé l'installation de leur première colonie au XVIIe siècle. A la clé : un moment festif, familial et convivial autour d'un dîner traditionnel aux airs de fêtes de fin d'année. D'après le site frenchofamerica.com, les Indiens de la tribu locale des Wanpanoag - qui avaient appris aux Pilgrims à cultiver la terre - ont été invités aux festivités de l'actuelle Plymouth en 1621.  Il s'agissait du premier Thanksgiving. Il a duré 3 jours ! Notamment composé "de homard, de châtaignes, d'oignon, de poireaux, de fruits secs, de chou, de carottes, de poulet, de lapin, de miel et de sirop d'érable", le premier banquet d'Action de Grâce n'aurait contenu ni purée de pommes de terre, ni tarte à la citrouille, ni même d'épi de maïs, aujourd'hui incontournables. Il a fallu attendre 1863 pour qu'Abraham Lincoln décrète Thanksgiving comme un jour de fête nationale.

Merci pour les dons
Toujours d'après Frenchinfoamerica.com, c'est l'auteur américain de la comptine « Mary Had a Little Lamb », Sarah Josepha Hale, qui aurait soufflé cette idée au 16ème président des Etats-Unis… Pour autant, ce jour de grand rassemblement familial n'a été officiellement déclaré legal Holiday par le Congrès qu'en 1941. Environ 45 millions de dindes sont croquées chaque année pour célébrer Thanksgiving aux Etats-Unis. D'après le Journal du Net, les économistes considèrent même ce chiffre comme "un bon indicateur du moral des ménages américains" ! Les gallinacés doivent cet engouement pour leur chair au fait qu'ils figuraient, selon la légende, au menu du premier Thanksgiving... et, de nos jours, à un rapport qualité-prix quasi-imbattable. Saviez-vous que les dindes élevées pour être vendues et mangées à Thanksgiving ne peuvent pas voler (donc s'échapper) ? Mais chaque année, le président des Etats-Unis en gracie au moins une. La tradition remonte à Kennedy, qui en sauva une par compassion. Pour les heureuses élues, c'est la garantie de finir leurs jours tranquilles à la ferme.
Sur le webzine d'actu Jolpress.com, Joseph Smallhoover donne son sentiment sur le rituel du Thanksgiving. Expatrié depuis 28 ans en France, le directeur de l'American Club of Paris parle d'une "fête qui rassemble" : "Plus importante que le 4 juillet, la fête nationale des États-Unis ou même Noël, Thanksgiving est une fête familiale qui rassemble énormément de gens.

Elle n'est liée à aucun événement politique ou religieux, tout le monde peut donc y adhérer. C'est donc dans un contexte festif que juifs, musulmans, bouddhistes, athées célèbrent cet évènement." Si vous souhaitez respecter les singularités de la tradition, pensez à inviter vos convives à 17 heures au plus tard et à préparer une dinde au four de Thanksgiving. Pour cette dernière, il vaut mieux anticiper : elle nécessite plus de 4 heures de cuisson, et divers accompagnements (purée de potiron, châtaignes au lard...). Le Liberia célèbre Thanksgiving le premier jeudi de novembre. C'est donc la seconde nation à célébrer Thanksgiving. Cette tradition a été exportée dans ce pays d'Afrique de l'Ouest par des immigrants afro-américains libérés de l'esclavage (du coup, les rites observés correspondent à ceux des Américains le quatrième jeudi de novembre) au XIXe siècle, et qui ont fondé le pays.

A New York, Sokhna Oumy Sy Djamil a l’habitude de rassembler les enfants sénégalais, issus de la seconde et de la troisième génération, à la zawiya El Hadj Malick Sy autour d’une table bien garnie pour fêter Thanksgiving à la sénégalaise. Au cours du repas, une conférence religieuse leur est donnée sur des sujets qui permettront à ces jeunes Américains issus de l’immigration sénégalaise de devenir de bons citoyens, de bons musulmans et de connaître les coutumes du pays d’origine de leurs parents. Ainsi, le lundi, quand ils reviennent à l’école, à l’instar de leurs autres camarades américains, ils peuvent raconter un vécu personnel typique de cette fête.

De notre envoyée spéciale à New York, Dié Maty Fall

Le gouvernement a lancé hier un nouvel appel au dialogue politique au Gabon pour que les élections législatives se tiennent dans un climat "apaisé", suscitant un refus catégorique des partisans de l'opposant Jean Ping qui conteste la réélection du président Ali Bongo Ondimba.

«Même les guerres ouvertes se terminent autour d'une table», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nzé, lors d'une conférence de presse, alors que les législatives doivent se tenir au plus tard fin janvier."Il nous est apparu de bon sens de commencer d'abord par réunir les conditions du dialogue pour une élection législative apaisée", a-t-il dit. "Il se trouve que certains estiment qu'ils ne peuvent pas dialoguer avec Ali Bongo Ondimba et qu'ils vont organiser leur propre dialogue"."On n'ira pas au dialogue", a déclaré à l'Afp Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de Jean Ping, qui se proclame le "président élu"."Il faut dire au porte-parole (du gouvernement) que les législatives sont inscrites dans la Constitution, pas le dialogue", a-t-il développé.

Les élections législatives doivent avoir lieu au plus tard fin janvier, date à laquelle le Gabon va accueillir la coupe d'Afrique des Nations de football (14 janvier-5 février).En effet, selon la Constitution, l'Assemblée élue pour cinq ans se renouvelle "un mois au moins et deux mois au plus avant l'expiration de la législature en cours", le mandat des députés terminant cinq ans après "l'élection des membres du bureau". Cette élection du bureau a eu lieu fin février 2012, le 25 février, selon l'ancien président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, qui a rejoint l'opposition et Jean Ping.

Joint par l'Afp, M. Nzouba Ndama a jugé "prématuré" l'appel au dialogue après les morts qui ont eu lieu au cours des troubles post-électoraux de septembre, considérant lui aussi que Jean Ping "est le président élu".

AFP

La direction du Congrès national africain (Anc, au pouvoir) a débattu à huis clos de l'avenir du chef de l'Etat lors de "discussions honnêtes (...) et parfois difficiles", a reconnu le secrétaire général du parti, Gwede Mantashe.Au terme de cette réunion de trois jours, l'Anc a décidé de ne pas "soutenir l'appel à la démission du président", dont le mandat n'expire qu'en 2019, a-t-il ajouté devant la presse. Selon plusieurs médias, trois ministres ont demandé le départ de M. Zuma, inquiets de l'impact désastreux des scandales de corruption qui empoisonnent sa présidence. Ce climat délétère a déjà valu à l'Anc - au pouvoir depuis l'avènement de la démocratie en 1994 - une débâcle historique aux élections municipales en août. Lors de la réunion de la direction de l'Anc, tous les membres "ont eu l'occasion de soulever les problèmes qui, selon eux, portent atteinte au mouvement et au pays", a insisté M. Mantashe. Le parti "ne les "mettra pas sous le tapis", a-t-il assuré. Mais "le plus grand danger pour l'unité de l'Anc est d'engager un combat les uns contre les autres" en vue de la succession de M. Zuma à la tête du parti, a mis en garde le dirigeant. Le parti doit désigner en décembre 2017 son nouveau leader qui, en cas de victoire de l'Anc aux élections générales de 2019, succèdera à M. Zuma à la tête de l'Etat. Lors de la réunion de l'Anc, le président s'est défendu bec et ongles contre ses rivaux, selon les indiscrétions des médias. Il "nous a dit qu'il ne démissionnerait jamais, car ce serait capituler face à l'ennemi, et que de nombreuses personnes souhaitaient le voir en prison", a affirmé une source anonyme citée par le site d'information News 24.

L'Anc a le pouvoir de démettre le chef de l'Etat, comme il l'avait fait avec Thabo Mbeki en 2008.
Sa décision de "continuer à soutenir" M. Zuma n'est "pas une surprise", a déploré le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (Da), qui a présenté plusieurs motions de défiance contre le président au Parlement.

La France, aidée par les Etats-Unis, a mené récemment en Libye une frappe aérienne contre le jihadiste d'origine algérienne Mokhtar Belmokhtar, qui a probablement été tué, selon un responsable américain.

Le responsable américain confirmait des informations parues dans le Wall Street Journal.

L'entourage du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, en visite à Washington hier, s'est refusé pour sa part à tout commentaire.Mokhtar Belmokhtar, un vétéran du jihadisme rallié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), surnommé "Le Borgne", a déjà été donné pour mort à plusieurs reprises, notamment en juin 2015 lors d'une frappe américaine en Libye, et en 2013.

Le bombardement français qui l'a visé a eu lieu au mois de novembre, avec le concours de renseignements américains.

Selon le Wall Street Journal, les responsables américains estiment que la frappe "a probablement été réussie", "étant donné le calibre du renseignement" disponible.

Chef du groupe Al-Mourabitoune, qui a mené de nombreuses attaques sanglantes dans la région du Sahel, il est l'un des chefs islamistes extrémistes les plus recherchés de la région.Il milite pour une grande coalition avec les jihadistes du Niger, du Tchad et de Libye. Selon le quotidien américain, la frappe illustre l'étendue de la coopération militaire et de renseignement entre les Etats-Unis et la France. Après les attentats de Paris en novembre 2015, le président Obama avait annoncé un renforcement des échanges d'informations entre les services de renseignement français et américains.Les Etats-Unis avaient mis la tête de Mokhtar Belmothtar à prix pour cinq millions de dollars. 

L'homme est un vétéran du jihadisme. Né en juin 1972 à Ghardaïa (Algérie), aux portes du Sahara, il a combattu très jeune en Afghanistan en 1991, où il a perdu un œil, d'où son surnom, "le Borgne".Il a fait partie du Groupe islamique armé (Gia, démantelé en 2005), puis du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (Gspc), une dissidence du Gia soutenue par Ben Laden, qui deviendra l'Aqmi, et avec lequel il entretiendra des rapports conflictuels.L'Aqmi le destituera en 2012, pour insubordination. En 2013, il fusionne son groupe armé avec Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), une des formations jihadistes du nord du Mali visées par l'opération française Serval, lancée en janvier 2013. Al Mourabitoune, le nouveau groupe dont il prend la direction, officialise son ralliement à Aqmi en décembre 2015.

Condamné à mort à deux reprises par la justice algérienne, Belmokhtar aurait commandité l'assassinat de quatre Français en Mauritanie en décembre 2007, et les enlèvements de deux Canadiens en 2008, et de trois Espagnols et deux Italiens en 2009.

AFP

Le président sud-africain Jacob Zuma faisait face hier à une fronde sans précédent au sein de son parti, où trois ministres ont réclamé sa démission en s'inquiétant des effets électoraux potentiellement désastreux des affaires de corruption qui le visent.

La direction du Congrès national africain (Anc, au pouvoir) débattait à huis clos dans un hôtel de Pretoria de l'avenir de son leader et chef de l'Etat, dont le mandat doit s'achever en 2019.
Cette réunion des instances dirigeantes du parti, entamée samedi, devait à l'origine se terminer dimanche. Mais, signe de l'intensité des débats, elle se prolongeait hier en début de soirée en présence du président lui-même.

Dès son ouverture, le ministre du Tourisme, Derek Hanekom, et ses collègues de la Santé, Aaron Motsoaledi, et des Travaux publics, Thulas Nxesi, ont mis le feu aux discussions en demandant le départ de leur chef, selon plusieurs médias.

Leur sortie a provoqué le retour en catastrophe à Pretoria de plusieurs dirigeants de l'Anc, qui participaient à un mariage dans le sud du pays, ont-ils rapporté.

"On assiste à une démonstration anti-Zuma sans précédent", a estimé l'analyste politique Daniel Silke. Le président, au pouvoir depuis 2009, "est sous une pression extrême (...) il n'a jamais été aussi faible", a-t-il dit à l'Afp.

Lors de débats particulièrement tendus, 34 membres de la direction se sont prononcés pour le départ de Jacob Zuma, selon la radio d'information 702, 30 pour son maintien et 14 devaient encore s'exprimer. L'Anc, qui n'avait fait hier aucun commentaire public sur la teneur des discussions en cours, a le pouvoir de démettre le chef de l'Etat, comme il l'avait fait avec Thabo Mbeki en 2008.

"Il ne fait aucun doute que Zuma a aujourd'hui engagé le combat pour sa survie politique", a commenté l'analyste Ranjeni Munusamy dans les colonnes du site d'information Daily Maverick.
"Il s'accroche, bien qu'il soit désormais établi que de larges portions de l'Anc et de sa coalition ne le veulent plus comme président (...) le compte à rebours de son départ est enclenché", a-t-elle jugé. Le parti Nelson Mandela traverse une crise provoquée par le revers historique du parti aux municipales d'août et les affaires qui visent M. Zuma, 74 ans.

Le président a notamment dû rembourser cette année près de 500.000 euros à l'Etat dans une affaire d'abus de biens sociaux liés à la rénovation de sa résidence privée de Nkandla (est).
Ces dernières semaines déjà, de nombreuses figures historiques de la lutte contre l'apartheid, le président du groupe parlementaire de l'Anc, Jackson Mthembu, et des chefs d'entreprises ont publiquement réclamé son départ. Les dissensions observées au sein de l'Anc "se propagent enfin" dans la direction du parti, le président "n'est plus en sécurité", selon Daniel Silke, qui pronostique un départ de M. Zuma "dans les mois ou l'année à venir". L'Anc doit encore lui trouver une porte de sortie honorable pour lui éviter des poursuites judiciaires, a-t-il expliqué.

AFP

Les derniers affrontements entre groupes armés ex-Séléka en Centrafrique ont fait 85 morts, selon le conseiller spécial des Nations unies pour la prévention du génocide, qui dénonce des "violences ciblées" à l'encontre des Peuls.

"Depuis le 21 novembre, quelque 85 civils ont été tués, 76 blessés et près de 11.000 personnes ont été déplacées de leur ville de Bria", à 400 km au nord-est de Bangui, a écrit Adama Dieng, dans un communiqué datant du 25 novembre transmis hier à l'Afp.

Le bilan définitif reste à établir et des estimations vont du simple au double, a indiqué à l'Afp la présidence centrafricaine.

Ces affrontements ont opposé deux factions armées de l'ex-Séléka qui prétend défendre la minorité musulmane, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (Fprc) de Nourredine Adam et l'Union pour la paix en Centrafrique (Upc) d'Ali Darass, réputé proche des bergers peuls nomades.

"Le Fprc aurait ciblé les Peuls à Bria, par des recherches maisons par maison, tuant, pillant et enlevant des habitants. Le Fprc a aussi occupé des bâtiments abritant des hôpitaux, empêchant des Peuls blessés de recevoir des traitements médicaux", a poursuivi M. Dieng, mentionnant l'intervention des Casques bleus et la visite sur place du chef de la Mission des Nations unies (Minusca), Parfait Onanga, le 24 novembre. "Etant donné l'histoire récente du pays, ce type de violence ciblée est extrêmement dangereuse et doit être arrêtée", a ajouté le conseiller spécial.

La Centrafrique (4,5 millions d'habitants) peine à se relever d'une guerre civile déclenchée par le renversement en mars 2013 de l'ex-président François Bozizé par les rebelles Séléka demandant plus de justice sociale pour les 20% de musulmans.Leur prise de pouvoir a entraîné une contre-offensive des milices anti-Balaka majoritairement chrétiennes. Bilan: des milliers de morts, quelque 800.000 déplacés internes ou réfugiés au Tchad, au Cameroun et en Rdc, un Etat, une administration, des forces armées et une économie en ruine.

AFP

Le Gabon connaît un nouveau foyer de tensions avec les magistrats qui ont commencé hier une grève de quinze jours pour réclamer l'amélioration de leur condition de travail, a-t-on appris auprès de leur syndicat (Synamag). "L'arrêt collectif et généralisé de travail dans les cours et tribunaux du Gabon à compter du lundi 28 novembre 2016 (...) pour une durée de deux semaine" a été décidé en Assemblée générale jeudi dernier, lit-on sur la page Facebook du Synamag."Si nous sommes un pouvoir, pourquoi sommes-nous comme des mendiants alors que les autres pouvoirs sont à l'aise ?", a déclaré le président du Synamag Germain Nguema Ella dans des propos rapportés par le quotidien Matin Equatorial. Les magistrats ont rencontré leur ministre de tutelle avant leur mouvement.

Dans le détail, les magistrats demandent des bâtiments pour les tribunaux administratifs de Franceville et Port-Gentil, le paiement d'un arriéré de leur prime d'incitation à la performance (Pip), ainsi que des robes d'audience pour les jeunes magistrats. Leur grève vient s'ajouter au mouvement social des enseignants de la Convention nationale des syndicats du secteur de l’éducation (Conasysed), qui ont décidé samedi en assemblée générale de poursuivre leur grève illimitée.Le pays de moins de deux millions d'habitants connaît un ralentissement économique doublé d'une crise politique avec l'opposant Jean Ping, qui refuse de reconnaître la réélection du président Ali Bongo Ondimba lors du scrutin à un tour du 27 août dernier.

AFP

Jovenel Moïse a été déclaré vainqueur de la présidentielle haïtienne dès le premier tour, selon les résultats préliminaires annoncés ce mardi 29 novembre par le Conseil électoral provisoire (Cep). Le nouveau président a appelé les Haïtiens à s'unir pour relever le pays.

« Je fais un appel à la jeunesse du pays, à tous les Haïtiens qui habitent à l'étranger, à tous les professionnels du pays, de s'engager à mes côtés pour mettre le pays debout, car Haïti est à genoux », a déclaré le nouveau président d'Haïti, Jovenel Moïse, depuis un hôtel de luxe de Port-au-Prince, la capitale haïtienne, quelques minutes après l'annonce des résultats.

Le candidat choisi par l'ex-chef de l'Etat Michel Martelly pour représenter son parti Phtk (Parti haïtien Tet kale), a remporté l'élection présidentielle du 20 novembre 2016 au premier tour avec 55,67% des voix, selon l'annonce faite lundi par les membres du Conseil électoral provisoire (Cep).
55,67% des voix dès le premier tour
Jude Célestin, du parti Lapeh, arrive deuxième avec 19,52% des suffrages, tandis que Moïse-Jean Charles engrange 11,04% des votes et Maryse Narcisse, candidate de Fanmi Lavalas, 8,99%, selon Uder Antoine, un haut responsable du Conseil électoral provisoire (Cep).

A 48 ans, Jovenel Moïse signe avec cette élection le début de sa carrière politique. Entrepreneur agricole, il n'est apparu sur la scène politique haïtienne qu'au printemps 2015, quand Michel Martelly l'a choisi pour représenter son parti Phtk. Conscients des contestations à venir de ces concurrents, Jovenel Moïse a appelé les 26 autres candidats en lice dans cette élection à travailler avec lui.

Source : Rfi.fr

Un avion qui transportait l'équipe brésilienne de football Chapecoense s'est écrasé lundi soir près de la ville colombienne de Medellin, ont annoncé les autorités aéroportuaires qui n'ont pas précisé s'il y avait des victimes. L'appareil, qui arrivait de Bolivie, transportait 72 passagers et neuf membres d'équipage.

Source : Rfi.fr

Marches et rassemblements à travers le pays, critiques ouvertes contre le président Yahya Jammeh: l'opposition gambienne savoure, le temps de la campagne pour le scrutin présidentiel du 1er décembre, des pratiques qui d'ordinaire conduisent leurs auteurs en prison.

Le parti au pouvoir, l'Alliance patriotique pour la réorientation et la reconstruction (Apcr), se livre pendant cette campagne de deux semaines à des chorégraphies soignées, en présence de milliers de personnes, alors que l'opposition profite de manifestations pour une fois autorisées, sans restriction de temps, de lieu et de discours.
Le candidat unique de l'opposition, Adama Barrow, soutenu par sept partis, était vendredi à la tête d'un cortège à Banjul, après avoir sillonné des zones en province en prévision du scrutin.
M. Barrow est le principal challenger du président Jammeh, 51 ans, parvenu au pouvoir par un coup d'Etat en 1994 et en quête d'un cinquième mandat. Un ancien député de l'Apcr, Mama Kandeh, fera également face à M. Jammeh, élu en 1996, constamment réélu depuis et qui dirige la Gambie d'une main de fer. Une foule nombreuse assiste aux rassemblements de l'opposition mais plusieurs de ses manifestations ont été annoncées puis annulées sur les réseaux sociaux, en raison notamment de difficultés à trouver une salle pouvant contenir ses partisans. De jeunes d'humeur joviale, juchés sur des pick-up, dansent au milieu de la chaussée, avec force cris et applaudissement dans un convoi de supporters de M. Barrow, à Banjul la capitale.

"Après 22 ans de pouvoir de Jammeh, tous les Gambiens veulent le changement. C'est seulement un changement de dirigeant qui peut nous apporter une paix durable", affirme Ousman Bah, un étudiant de 26 ans.Il a tenu ces propos à la périphérie de Banjul, près d'un quartier où, en avril, des jeunes ont été battus et embarqués dans des camions par des agents de sécurité pour avoir appelé à des réformes politiques. Certains d'entre n'ont plus été revus. La mort en détention de Solo Sandeng, une figure montante du Parti démocrate unifié (Udp), principale formation de l'opposition, a suscité des protestations ayant conduit à l'arrestation d'autres responsables de ce parti.

Plusieurs d'entre eux, dont le leader du parti, Ousainou Darboe, purgent des peines de trois ans de prison pour manifestation illégale.

AFP

Tristesse à Cuba, liesse à Miami: Fidel Castro, le père de la Révolution cubaine qui a tenu son île d'une main de fer et défié la superpuissance américaine pendant plus d'un demi-siècle, est mort vendredi soir à l'âge de 90 ans.

Raul Castro, auquel son frère Fidel a laissé les commandes en 2006 après 47 ans de pouvoir, se retrouve à 85 ans pour la première fois seul au pouvoir, engagé dans un processus d'ouverture économique et un spectaculaire dégel depuis fin 2014 avec les États-Unis."Le commandant en chef de la Révolution cubaine est décédé à 22h29 ce soir (vendredi)" (03h29 Gmt samedi), a déclaré vers minuit vendredi soir Raul d'un ton solennel sur l'antenne de la télévision nationale qui a brusquement interrompu ses programmes pour cette annonce historique. Pour une fois il ne s'agissait pas d'une fausse rumeur.

Le président cubain n'a pas révélé les causes du décès, mais a précisé que Fidel Castro serait incinéré samedi, écartant de fait toute exposition du corps du "Lider Maximo" au public. A la mi-journée, les autorités n'avaient toujours pas confirmé la crémation de la dépouille de cette figure incontournable du XXe siècle, célèbre pour ses coups d'éclat et ses discours interminables, mais aussi pour son uniforme vert olive, ses cigares et sa barbe légendaire.

Réagissant à la nouvelle, le président élu des Etats-Unis Donald Trump a dénoncé un "dictateur brutal qui a opprimé son propre peuple", promettant de "tout" faire pour contribuer à la liberté du peuple cubain. Le magnat de l'immobilier avait affiché des réserves sur le rapprochement en cours entre les Etats-Unis et Cuba, affirmant qu'il ferait "tout pour obtenir un accord solide" avec La Havane."L'Histoire jugera l'impact énorme" de Fidel Castro, avait auparavant salué le président américain Barack Obama, ajoutant: "Nous avons travaillé dur" pour tourner la page de la "discorde". 

Neuf jours de deuil national ont été décrétés tandis que l'onde de choc de l'annonce tombée dans la nuit s'est rapidement répandue dans les rues clairsemées de La Havane, la plupart des habitants se disant mortifiés et stupéfaits de voir disparaître l'ex-président cubain, qui n'avait pourtant pas affiché de signes d'affaiblissement récemment.Aux abords de l'université de La Havane, quelques dizaines d'étudiants se sont spontanément réunis dans une atmosphère de recueillement, arborant notamment posters et pancartes disant notamment "Merci pour tout Fidel !".

AFP

Le conservateur François Fillon, ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, a largement remporté la primaire de la droite française pour la présidentielle de 2017, selon des résultats partiels hier soir, prenant une sérieuse option dans la course à la présidence.

Avec une gauche au pouvoir en miettes, cet homme de 62 ans, qui prône en particulier une cure économique de choc, pourrait affronter au second tour de la présidentielle en mai la candidate d'extrême droite Marine Le Pen. Même si la victoire du populiste américain Donald Trump a donné des ailes à cette dernière, les sondages actuels la donnent battue à l'issue du scrutin.  Selon les premiers résultats partiels, portant sur 2.121 bureaux de vote dépouillés, François Fillon a remporté le second tour de la primaire avec 69,5% des voix contre 30,5% pour l'ex-Premier ministre Alain Juppé, 71 ans.Au premier tour, dimanche dernier, cet amateur de course automobile avait définitivement poussé hors piste son ancien "patron" Nicolas Sarkozy. Conservateur sur les questions de société, défendant les valeurs familiales, ce catholique assumé qui n'a jamais caché son admiration pour Margaret Thatcher, la "dame de fer" britannique, veut "désétatiser" la France. François Fillon a écrasé le vétéran Alain Juppé, qui, sur une ligne plus modérée, plaidait pour des "réformes profondes" mais "sans brutalité" et définissait l'identité de la France dans sa "diversité". 

Les électeurs se sont pressés dès le petit matin pour le second tour de cette primaire inédite à droite, qui a passionné les Français de tous bords. Deux heures avant la fermeture des bureaux de vote à 16H00 Gmt, la participation était en hausse de 4,5% par rapport à dimanche dernier, dans les 10.228 bureaux de vote, avec près de trois millions de votants.Ouverte à tous, cette primaire a mobilisé bien au-delà des rangs de la droite et du centre. Au premier, comme au second tour, plus de 4 millions d'électeurs se sont déplacés.

A la surprise générale, François Fillon était arrivé largement en tête au premier tour. Il avait depuis engrangé de nombreux soutiens, dont celui de Nicolas Sarkozy et de la majorité de ses troupes.

AFP 

Le Sénégal assure la présidence mensuelle du Conseil de sécurité de l’Onu. Le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Mankeur Ndiaye, se satisfait du pré-bilan, parle de notre diplomatie basée sur l’équilibre, de l’implication des hommes et femmes d’affaires sénégalais, mais aussi, définit le rapport entre presse et diplomatie.
Pré-bilan des 22 jours de présidence sénégalaise

« Je peux dire d’ores et déjà qu’il s’agit d’une présidence réussie comme en témoigne ce déjeuner de travail organisé à la mission permanente du Sénégal des Nations unies. Cette rencontre a réuni les membres du Conseil de sécurité et le Secrétaire général des Nations unies ; c’est l’expression concentrée du succès de cette présidence, qui va se terminer dans une semaine. Je voudrais remonter beaucoup plus loin pour vous dire que le candidat Macky Sall, en 2011, déjà, quand il élaborait son programme de campagne avait été invité par l’Institut français des relations internationales (Ifrit) pour venir exposer sa politique étrangère, sa vision des relations extérieures du Sénégal s’il était élu président de la République. C’était le 29 novembre 2011. Et dans ce discours qu’il a prononcé à l’Ifrit, il avait dit, si je suis élu président de la République, je travaillerai pour que le Sénégal retourne rapidement au Conseil de sécurité. C’est une promesse qu’il avait faite et aujourd’hui réalisée. Travailler pour que le Sénégal retourne au Conseil de sécurité est un énorme sacrifice naturellement. C’est d’abord faire en sorte que dans l’espace Cedeao, la candidature du Sénégal soit endossée par les 15 Etats, parce que la Cedeao dispose d’un siège Permanent au Conseil de sécurité. Chaque fois qu’il y a trois pays africains qui représentent l’Afrique au Conseil, il y a toujours un membre de la Cedeao. Nous aurions dû retourner au Conseil en 2008, 2009, parce qu’à l’époque, le Sénégal s’était présenté et finalement avait désisté au profit du Burkina Faso. Cette fois-ci, nous sommes l’unique candidat de l’Afrique de l’Ouest. Et ensuite, l’Union africaine a endossé le Sénégal comme candidat de l’Afrique avec l’Egypte et nous avons été parmi les 5 pays élus l’année dernière, pour siéger au Conseil. Notre pays a été le mieux élu avec 187 sur 191 voix et classé premier. Et nous avions réfléchi depuis notre élection sur notre programme : ce que nous allons faire une fois au Conseil. On peut être au Conseil, faire ses deux années sans laisser aucune marque.

Mais, nous avons dit non ! Cette présence au Conseil, il faut qu’elle soit bien marquée, prendre des initiatives novatrices. Nous avons beaucoup réfléchi sur de nouvelles thématiques proposées au Conseil avec le président de la République qui a donné son accord sur la thématique « Eau, paix et sécurité » en tenant compte de notre expérience de pays de bassin avec le fleuve Sénégal, l’expérience de gestion concertée, apaisée, d’un cours d’eau international, mais que nous partageons avec la Mauritanie, la Guinée, le Mali, dans la Charte des eaux de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs), un organisme cité durant les débats comme étant le bassin le mieux géré au monde avec 100% de rotation. Nous avions dit qu’au Conseil de sécurité, il fallait qu’on porte la problématique « Eau, paix et sécurité ». L’eau, comme élément de vie, donc vitale, mais également, facteur de conflit, de tension, de guerre entre les Etats. La question de l’eau n’est pas neutre. Elle est fondamentale. Et tout le monde a salué, l’initiative du Sénégal, de la poser pour la première fois. Depuis que le Conseil de sécurité existe, il y a 71 ans, pour la première fois, nous voyons un débat sur l’eau. Le Secrétaire général (Ban Ki Moon) l’a reconnu. Donc, on peut dire que c’est une présence réussie.

La candidature de Abdoulaye Bathily
Mankeur NdiayeNous avions voulu travailler également sur les questions africaines, par exemple sur les relations entre les Nations unies et l’Union africaine (Ua). Nous avions pu adopter une Résolution historique, il y a quelques jours, sur la coopération entre les Nations unies et l’Ua. Cette Résolution a été âprement négociée. Il y a eu des débats sur la problématique de financement des opérations de maintien de la paix. D’autres initiatives ont été prises, parce que le Sénégal préside un certain nombre de sous-comités au sein du Conseil : le haut comité des opérations de maintien de la paix, le comité sur les sanctions au Sud Soudan et tant d’autres. Nous sommes en train de réaliser les objectifs que nous nous étions fixés en présentant notre candidature au Conseil et en y étant, depuis le 1er janvier dernier, pour assurer la présidence extrêmement chargée avec des thématiques qui mobilisent la communauté internationale. Nous avions presque 70 pays inscrits lors des débats. Cela montre que la thématique sur l’Eau préoccupe fondamentalement les Nations unies. Mais, au-delà de cela, je voudrais vous dire que nous avons une vision claire de ce que nous comptons faire.

La diplomatie, c’est la mise en œuvre d’une politique étrangère ; c’est la définition la plus simple. Mais cette politique étrangère est définie par le président de la République ; les axes, les orientations, les choix sont une prérogative constitutionnelle du chef de l’Etat. Comme on dit, la diplomatie est un domaine qui est réservé. Ce n’est pas un domaine qui est partagé. Dans son discours à l’Ifrit, il avait déjà défini sa diplomatie articulée autour de la paix, du bon voisinage, de la défense et la promotion de la diaspora, l’économie, la souveraineté nationale, la coopération et l’intégration, ouverte sur le monde. Ses orientations fondées sur des piliers ne sont pas imposées par quelque partenaire ou ami que ce soit à travers le monde. Nous avons de vieux amis classiques qu’il faut consolider, mais il faut également chercher de nouveaux partenariats. Ce qui explique que le président se soit déplacé en Pologne en visite officielle. Cela est nouveau pour un chef d’Etat sénégalais. Il s’est déplacé notamment en Kazakhstan. Nous sommes également en train de mettre en œuvre ces choix définis par le président de la République. Nous nous engageons aussi dans les batailles importantes comme l’élection du Pr Abdoulaye Bathily à la tête de la commission de l’Union africaine (Ua). Cela est un choix important du président. Nous avons des cadres de valeur, compétents ayant l’expérience requise, le profil requis pour conduire les destinées d’une organisation aussi importante que l’Ua. La promotion de la candidature du Pr Bathily a déjà commencé. Récemment, le ministre de l’Education Serigne Mbaye Thiam a été reçu par le président El Béchir du Soudan. Il y a quelques jours, c’est le président de la Tunisie, Béji Caïd Essebsi (BCE) qui recevait le ministre Oumar Guèye. Le président Denis Sassou Nguesso a aussi reçu le ministre Garde des Sceaux Sidiki Kaba de la Justice. Il y a d’autres missions qui ont commencé à circuler à travers le continent pour assurer la promotion de la candidature.

Cela, c’est un autre objectif que nous visons. Et nous avons aussi, l’ambition, après la fin de notre mandat, au Conseil de sécurité, le 31 janvier 2017, d’intégrer le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine qui est plus ou moins le pendant du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous sommes, déjà, candidat en 2017, pour retourner au Conseil des droits de l’Homme à Genève ; nous avons déjà entamé la campagne. Nous voulons renforcer notre présence, notre influence, dans le monde. Nous sommes le premier contributeur en matière de force de police à travers le monde, 7ème contributeur sur les 128 pays qui contribuent aux opérations de maintien de la paix à travers le monde, 3ème sur le continent africain et premier en Afrique de l’Ouest. Donc, cette présence du Sénégal est extrêmement importante ; nous sommes respectés et notre voix est écoutée même si c’est un petit pays. Partout, on nous dit que « vous êtes une puissance diplomatique » ; mais nous rétorquons que « nous sommes une petite grande puissance diplomatique. » Donc, cela est une ambition d’un pays qui s’appelle le Sénégal qui veut contribuer au développement du monde, peser sur les décisions ; un pays démocratique et d’idées. Notre présidence va se terminer le 30 novembre.

Amicale des anciens diplomates de la carrière
A la fin de notre présidence mensuelle, nous ferons également le point sur toutes les réalisations durant notre présidence. Nous avons des ressources humaines de qualité dont certaines sont parties à la retraite et qui peuvent contribuer à la réflexion ; ce sont les doyens, parce que les anciens ont créé une Amicale des anciens diplomates de la carrière. Donc, seuls les diplomates de carrière qui ont été ambassadeurs peuvent être membres de cette association ; même s’il y a la possibilité pour permettre à d’autres qui ne sont pas de la carrière diplomatique de pouvoir être associés à cette amicale. Je pensais qu’il était possible d’utiliser leur expertise, leur expérience, et c’est ce qu’ils font depuis qu’ils se sont constitués en organisation. Le ministère les consulte, travaille avec eux. D’ailleurs, dans le comité du Conseil de sécurité que nous avons mis en place à Dakar, avant notre élection, c’est pour suivre tout ce qui se passe au Conseil de sécurité des Nations unies au jour le jour : préparer les instructions, les décisions de vote, parce qu’au Conseil de sécurité, vous êtes obligés de vous prononcer. Vous ne pouvez pas vous débiner. Vous êtes obligé de vous prononcer sur toutes les questions : soit c’est une abstention, un oui ou un contre. Ceux qui travaillent avec la mission permanente ici, qui reçoit tous les messages de la mission qui viennent de New York, qui les examine, préparent des projets d’allocution pour l’ambassadeur, les propositions de directive que nous soumettons toujours au président de la République. C’est lui qui nous dit : « Il faut voter dans tel ou tel autre sens ». Le ministre des Affaires étrangères, lui, met en acte, en œuvre, les choix et orientations des décisions du président. Il participe à la formation de l’opinion du président, sur certaines questions, mais, comme je l’ai toujours dit, la presse aime parler de chef ou patron de la diplomatie. Cela est un langage journalistique. Le patron de la diplomatie, c’est le président de la République.

Donc, ce comité a, en son sein, d’anciens ambassadeurs de carrière diplomatique, qui ont fait New York. Nous avons pensé à ceux qui ont servi à New York, surtout lorsque le Sénégal était au Conseil pour la deuxième fois entre 1988 et 1989 ; on pouvait parfaitement bien les intégrer dans ce comité. C’est le cas de Seydou Nourou Bâ, qui a siégé au Conseil de sécurité entre 1988 et 1989 étant ministre conseiller à l’époque. C’est le cas de Kéba Birane Cissé, qui a été ambassadeur représentant permanent du Sénégal aux Nations unies et le diplomate Alioune Diagne, qui a servi à New York où il était ministre conseiller et moi, j’étais Premier conseiller de 1997 à 2003. J’étais diplomate en poste à la mission aux Nations unies en tant que 2ème conseiller, ensuite premier conseiller jusqu’à mon départ de New York en 2003, pour être directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères (d’alors), Cheikh Tidiane Gadio. »

L’empreinte et la force de persuasion sénégalaise
Mankeur Onu« Vous savez, ce n’était pas évident, pour beaucoup de membres des Nations unies et du Conseil de sécurité au départ, quand le président a marqué son accord en proposant ce thème « Eau, paix et sécurité ». Parce que l’agenda du Conseil est consensuel ; il faut que tous les 15 membres du Conseil tombent d’accord sur le programme du mois. Mais, s’il y a un seul membre qui n’est pas d’accord sur tel thème, ce thème est écarté. Cela est la procédure à adopter. Sur la problématique « Eau, paix et sécurité », il y a quelques membres qui étaient réticents, parce qu’ils disaient que c’est un thème délicat et qu’il ne fallait pas que le Conseil de sécurité ne se mêle pas de cela. Ils ont même proposé qu’on discute de cette question dans d’autres instances, commissions, des Nations unies ou lors de l’Assemblée générale. Ils pensaient que ce n’était pas vraiment utile. Mais, nous avons tenu tête en expliquant l’importance de ce thème et l’approche qu’on voulait promouvoir. Ce n’était pas pour nous, de soulever des tensions, des conflits ou de les ressusciter. Mais, c’était pour attirer l’attention de la communauté internationale, du Conseil de sécurité sur une question qui est très importante stratégiquement, en tenant compte des changements climatiques d’aujourd’hui, de la raréfaction des sources d’eau et des tensions qui peuvent naître de l’eau.

En tenant compte de la menace terroriste, l’eau peut être un instrument de guerre, elle peut être entre les mains du groupe terroriste. Cela est important d’y réfléchir en termes de diplomatie préventive. C’est aujourd’hui comme les armes nucléaires. Les mesures préventives sont prises pour éviter que l’arme nucléaire ne soit entre les mains du groupe terroriste ; sinon, ce sera la catastrophe. Le partage des ressources est extrêmement difficile et parfois, les pays n’ont pas une Charte des eaux qui définit les principes, objectifs et mécanismes de coopération. C’est le cas avec l’Omvs où nous avons une Charte des eaux. Le barrage anti-sel de Diama. C’est un ouvrage commun qui appartient aux 4 pays ; le barrage hydro-électrique de Manantali (Mali) qui produit de l’électricité distribuée aux 4 pays selon des modalités de partage comme la Société générale de navigation (Sogenav) basée en Mauritanie qui appartient aux 4 pays ; cela c’est une expérience que l’on ne retrouve pas partout.

L’Omvs n’est pas un mécanisme parfait de coopération, mais il est cité comme modèle par son expérience et surtout, par le fait qu’il a des acquis concrets. Des ouvrages ont été faits : deux barrages et une Société de navigation. C’était important qu’on ait mis l’accent sur l’Omvs, l’Omvg. La Guinée a traversé « une certaine crise » pendant presque 10 ans. Donc, l’organisation ne s’était pas tellement réunie. Les chefs d’Etats se sont réunis en sommet, il y a quelques mois, pour relancer l’Organisation, mettre en place les structures. Il y a un important projet de l’Omvg, qui est le barrage de Samba Ngalou pour lequel les financements sont en train d’être recherchés par les Etats membres.

Nous avons avec les brieffeurs beaucoup travaillé sur la problématique. Et eux, ils sont satisfaits, parce que c’est une bataille qu’ils mènent depuis des années. Nous avons voulu associer le Comité international de la Croix-Rouge (Cicr) qui joue un rôle dans la mise en œuvre du droit humanitaire en cas de conflit. Je suis acteur de la diplomatie sénégalaise depuis 25 ans ; tout dépend des périodes historiques. Ces moments historiques que nous vivons sont différents de ceux que nous avions vécu il y a 10 voire 15 ou 20 ans. Les opportunités ne sont pas les mêmes ; également, l’intérêt ou les intérêts de la communauté internationale peuvent varier aussi. »

Redéploiement diplomatique
« L’activité diplomatique ne peut pas être la même si on n’est pas au Conseil. Cela change tout. Mais, naturellement, je pense qu’il y a un repositionnement stratégique du Sénégal sur le leadership du président Macky Sall, avec une présence beaucoup plus forte et une révision de la Charte diplomatique ; cela est incontestable et aujourd’hui, tout le monde le reconnaît. Il faut se donner les instruments de l’action diplomatique. Comment assurer notre présence à travers le monde. Quand je prends la carte, je vois que nous sommes faiblement représentés en Amérique latine et des Caraïbes. Nous en avons une seule représentation diplomatique qui est au Brésil. Nous pensons que c’est très insuffisant. Nous pensons que cette présence doit être davantage renforcée. Nous avons une sorte de planification pour l’ouverture ou la réouverture de certains postes diplomatiques dans cette région. Nous sommes aussi sous-représentés dans l’espace Europe centrale ou orientale, parce que nous avions qu’une seule ambassade : la Russie. C’est pourquoi le président a décidé d’ouvrir une représentation en Pologne ; cela est un pas. En Afrique, nous avons aussi renforcé notre présence, car l’Afrique, c’est la base. On a quelque 20 missions diplomatiques en Afrique ; nous avons ouvert une ambassade au Niger, qui va être fonctionnelle dans quelque semaine. C’est un pays membre de l’Uemoa qui a une route qui mène vers la Lybie ; beaucoup de nos compatriotes en détresse au Niger ou venant de Lybie tentent d’y passer, pour rejoindre l’Europe. Nous y avions jusque-là un Consul honoraire. Ensuite, en Rdc (ex Zaïre), qui est le plus grand pays africain avec beaucoup de Sénégalais. Avec la nomination du Premier ministre issu de l’opposition et le dialogue national, un consensus sera trouvé notamment sur la date des élections ; c’est une question que le Conseil va suivre. »

Diplomatie au Moyen-Orient
Sénégal Qatar« Sur le Comité pour l’exercice des droits du peuple palestinien, le Sénégal en assure la présidence, depuis sa création, en 1975 et chaque année, son mandat est renouvelé. Il n’y a pas de candidat. Le Comité est un organe de l’Assemblée générale des Nations unies. Cela montre le rôle important que nous jouons sur la question palestinienne. Cela ne nous empêche pas d’avoir des relations diplomatiques avec Israël et de nommer très prochainement, un ambassadeur auprès du gouvernement israélien avec résidence au Caire. Notre diplomatie est donc équilibrée. Cela fait partie des caractéristiques de l’action diplomatique. Le Sénégal n’a pas d’ennemi à travers le monde, sinon on n’aurait pas obtenu 187 voix sur 191 en vote secret avec un bulletin nul et autres abstentions. Il faut que cette diplomatie d’équilibre se poursuive. Nous parlons à l’Iran, mais nous sommes amis de l’Arabie saoudite. Nous avons d’excellentes relations avec la République démocratique populaire de Corée (Pyongyang) et avons d’excellents rapports avec la République de Corée (Séoul) ; deux républiques qui entretiennent les relations que vous connaissez. Mais, nous avons un engagement fort dans le dossier palestinien ; nous le soutenons pour qu’elle puisse recouvrer ses terres, sa souveraineté. Nous sommes pour la solution des deux Etats, vivant côte à côte avec des frontières sûres et internationalement reconnues et garanties. Être avec la Palestine ne signifie pas être contre Israël.»

Rapport presse et diplomatie
« Presse et diplomatie ne font pas toujours bon ménage. Et certains sont allés jusqu’à dire que la chaîne Cnn est le 16ème membre permanent du Conseil de sécurité. La presse peut aller plus vite que la diplomatie ; elle peut la déclencher, accélérer l’action diplomatique en attirant l’attention de la communauté internationale sur tel conflit, crise, massacre. Immédiatement, le Conseil peut se réunir en tenant compte de l’information de la presse. Mais, elle peut aussi la gêner. Donc, il fait trouver la bonne dialectique entre presse et diplomatie. Et j’avais, avec le président, dit que nous profitions de la présence au Conseil de sécurité pour les deux ans pour familiariser notre presse avec les dossiers que traitent les Nations unies, qui sont des dossiers du monde. Parce que la presse sénégalaise s’intéresse à l’activité internationale.

Dans les journaux, vous avez les pages « International ». C’était bien de savoir comment fonctionne le Conseil de sécurité ? Qu’est-ce que le Conseil de sécurité ? Comment travaillons-nous aux Nations unies ? C’est quoi la mission permanente ? C’est pourquoi, au-delà de la couverture, il était important que la presse rencontre d’autres compatriotes, qui travaillent dans le système des Nations unies. Notre ambition, c’était d’inviter toute la presse, mais il fallait choisir suivant les moyens dont on dispose. Tous vos collègues, qui n’ont pas la chance de participer, cette année, auront la possibilité de le faire durant l’année 2017, au courant de notre deuxième année de mandat. Nous sommes des partenaires de la presse. Nous les félicitons pour la qualité de leur participation. Encore une fois, nous envisageons de développer davantage nos relations avec la presse, de donner suffisamment d’informations sur ce que nous faisons. On ne peut pas tout dire en diplomatie, comme on dit : « La diplomatie ne se fait pas sur la place publique. » Mais, il faut que la bonne information soit donnée à la presse ; c’est pourquoi, nous sommes en train de réfléchir sur la création d’un poste de porte-parole au ministère des Affaires étrangères. La réflexion a été entamée avec des journalistes accrédités au ministère pour des points de presse hebdomadaire ou pour des événements importants pour que cela puisse contribuer à huiler nos relations avec la presse. »

Diplomatie économique
L’implication des hommes d’affaires sénégalais était importante, car le marché des Nations unies, c’est des milliards et nous avons voulu, durant notre présence au sein du Conseil, familiariser les hommes et femmes d’affaires sénégalais en matière d’approvisionnement en eau, sucre pour les troupes de la Minusma. Nous avons 12.000 soldats basés au Mali. Nous avons pensé qu’ils doivent se familiariser avec les appels d’offre, à son fonctionnement. Ce travail a commencé ; nous allons le poursuivre jusqu’à la fin de notre mandat.

Propos recueillis par Dié Maty FALL, envoyée spéciale à New York

Le président gambien Yahya Jammeh a affirmé être le meilleur candidat pour endiguer le flux d'émigration clandestine vers l'Europe, au cours d'un meeting pour l'élection du 1er décembre, dans la nuit de jeudi à hier.

Les Gambiens figurent parmi les premières nationalités de migrants qui traversent la Méditerranée pour atteindre l'Italie, occupant même la première place par rapport à la population (moins de 2 millions), selon l'Organisation internationale des migrations (Oim). M. Jammeh, au pouvoir depuis 1994, a appelé les électeurs à lui accorder un cinquième mandat mais aussi à rester dans le pays, lors de ce rassemblement de milliers de personnes à Brikama, à 30 km au sud de la capitale Banjul.

"Ceux qui sont reconnaissants, qui craignent Dieu, aiment le progrès, veulent vénérer le Tout-Puissant dans la paix et ne veulent pas voir nos enfants finir dans des camps de réfugiés, savent pour qui voter", a-t-il déclaré.Le rassemblement a duré près de neuf heures, dont plusieurs passées dans l'attente du chef de l'Etat, debout sur la chaussée, pour de nombreux élèves, provoquant l'évanouissement d'une fillette.

Des artistes ont animé la cérémonie avec des danseurs traditionnels du "kankourang", des hommes se couvrant de la tête aux pieds de feuilles d'arbre séchées, pendant que la sécurité de M. Jammeh parvenait difficilement à contenir la foule de ses partisans enthousiastes.

Momodou Dahaba, un "chauffeur de public", a critiqué les migrants."Ils s'enfuient en Europe à cause de leurs petits problèmes personnels et là ils commencent à critiquer Yahya Jammeh. Je le soutiens depuis 1994 et je continuerai jusqu'à la fin du monde", a-t-il déclaré à l'Afp.

M. Jammeh, parvenu au pouvoir par un coup d'Etat en 1994, puis élu en 1996 et constamment réélu depuis, est en lice face à un candidat unique de l'opposition, Adama Barrow, et un ancien député de son parti, Mama Kandeh. Le président gambien avait en mai 2015 imputé aux familles de migrants qui envoient leurs enfants tenter la dangereuse traversée de la Méditerranée pour atteindre l'Europe la responsabilité de la mort de nombre d'entre eux dans des naufrages, assurant que des perspectives d'emploi comparables existaient dans le pays.

Ce régime très autoritaire a justifié en octobre sa décision de se retirer de la Cour pénale internationale (Cpi) par le refus de la Cour de poursuivre les dirigeants européens pour la mort de nombreux Africains en Méditerranée.

Selon un rapport de l'Onu sur le développement humain publié en 2013, 60% de la population vit dans "une pauvreté multiforme", dont le tiers avec moins d'1,25 dollar par jour. Plus de 4.600 personnes sont mortes cette année en Méditerranée en tentant de rejoindre l'Europe, a annoncé l'Oim le 22 novembre. 

AFP 

Le parquet de Nouakchott s'est pourvu en cassation après la réduction des peines de 13 militants anti-esclavagistes poursuivis pour participation à une manifestation violente contre l'évacuation d'un bidonville, a appris l'AFP hier de source judiciaire et auprès de la défense.

La Cour d'appel de Zouerate (nord) a acquitté le 18 novembre trois des treize militants de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (Ira, Ong anti-esclavagiste) et en a condamné sept à quatre mois de prison ferme, qu'ils ont déjà purgés. Deux des trois militants restants ont écopé de trois ans ferme et le dernier de six mois.

Sept habitants du bidonville de Ksar, dans le centre de Nouakchott, dont le déplacement forcé par les autorités, le 29 juin, avait provoqué des heurts entre des manifestants et la police, ont été acquittés, les autres étant condamnés à des peines de quatre mois à cinq ans ferme, déjà purgées pour trois d'entre eux. Le parquet avait réclamé vingt ans de prison contre l'ensemble des prévenus, condamnés en première instance à Nouakchott à des peines de trois à 15 ans de prison. "Le parquet général s'est pourvu en cassation contre le verdict du procès en appel des militants de l'Ira et leurs compagnons du bidonville déplacé qu'il jugerait ne pas refléter la gravité des faits", a précisé la source judiciaire.  L'information a été confirmée par un avocat de la défense des militants anti-esclavagistes, Me Ahmed Ould Ely. "Ce pourvoi nous confirme que les jugements rendus par la Cour (d'appel) l'ont été suivant la conviction des juges, ce dont nous nous félicitons", a dit à l'Afp Me Ould Ely. La défense entend également se pourvoir en cassation avant l'expiration du délai légal, le 18 décembre, notamment pour les prévenus encore emprisonnés, a indiqué Me Ould Ely.L'esclavage a officiellement été aboli en 1981 en Mauritanie, mais certaines pratiques d'asservissement perdurent, une situation dénoncée avec véhémence par l'Ira.

AFP

Le président sud-africain Jacob Zuma, englué dans les scandales de corruption, sera entendu le 3 décembre par la "commission intégrité" du Congrès national africain (Anc) au sujet de "l'état" du parti, a annoncé hier la formation au pouvoir.

"La commission intégrité rencontrera le président - il n'a pas été convoqué- le 3 décembre pour discuter de la santé et de l'état de l'Anc", a annoncé le parti sur son fil Twitter.
Cette réunion est "tout à fait significative", a réagi un analyste politique, Somadoda Fikeni, interrogé par l'Afp. La commission n'a pas de pouvoir de décision mais "peut faire des recommandations" auprès de la direction de l'Anc, a-t-il ajouté.

L'Anc traverse une crise provoquée par le revers historique du parti aux municipales d'août et les multiples affaires de corruption qui vise son dirigeant, le chef de l'Etat Jacob Zuma.
Le président, dont le second mandat expire en 2017, a dû rembourser cette année près de 500.000 euros à l'Etat dans une affaire d'abus de biens sociaux liés à la rénovation de sa résidence privée de Nkandla (est).

Il est également sous la menace de la réouverture de 783 charges de corruption dans une vieille affaire de contrat d'armement. Enfin, un rapport de la médiatrice de la République, chargée de veiller au bon usage des deniers publics, a récemment mis en lumière son étroite collusion avec une richissime famille d'hommes d'affaires, les Gupta. Hier, Jacob Zuma, qui avait tenté de bloquer la parution du rapport, a annoncé qu'il allait, après consultation avec des juristes, contester ce rapport devant la justice.Le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (Da), a immédiatement dénoncé la décision du président, destinée selon elle à "gagner du temps pour préparer son prochain coup".

AFP

Onze opposants au régime d'Idriss Déby Itno au Tchad, dont deux chefs de partis, sont toujours en détention une semaine après avoir été interpellés en marge d'un rassemblement interdit dans un contexte social tendu, a-t-on appris hier de source judiciaire. Les opposants, dont les deux chefs de partis Mahamat Bahr Bechir et Gapili Godebne, sont à la maison d'arrêt de N'djamena, poursuivis pour "participation à un attroupement non autorisé ", selon la même source."Ils ont été placés sous mandat de dépôt et attendent leur jugement mais les greffiers sont en grève, ce qui suspend tout", a indiqué à l'Afp un porte-parole de l'UNDR, principal parti d'opposition. "Ils sont entassés à 100 avec d'autres détenus (...) Ils ont le moral haut et plus que jamais déterminés à défendre la volonté de notre peuple", a écrit sur Twitter l'un de leurs soutiens, Abdelkerim Yacoub Koundougoumi. Les militants ont été arrêtés jeudi 16 novembre lors d'une marche dans les rues de la capitale à l'appel de l'opposition qui s'était repliée sur un local politique pour tenir une réunion interdite par les autorités. La "parade", selon les termes de l'opposition, avait été dispersée par des gaz lacrymogènes.

AFP

Quelque 3.000 Maliens fuyant le regain de violences dans le nord de leur pays sont arrivés depuis septembre en Mauritanie, grossissant les rangs de leurs compatriotes déjà rassemblés à Mbera, dans le Sud-Est mauritanien, ont annoncé hier à Nouakchott des agences onusiennes.

"Depuis septembre, 3.000 réfugiés maliens ont gagné le camp de Mbera et sont encore en phase de recensement et de traitement pour leur prise en charge", a déclaré François Renaud, du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr) en Mauritanie, lors d'une conférence de presse.

D'après les chiffres du Hcr, ce camp accueillait avant leur arrivée près de 43.000 réfugiés maliens. Selon François Renaud, "les nouveaux venus ont fui l'instabilité et l'insécurité dans les régions limitrophes du Mali avec la Mauritanie", notamment la zone de Léré, dans la région de Tombouctou (nord-ouest du Mali).Pour le responsable du Programme alimentaire mondial (Pam) en Mauritanie, Jean-Noël Gentile, ce nouvel afflux "complique la situation dans le camp où la ration alimentaire a été diminuée en raison du manque de financement".  "Nous aurons besoin pour les six mois à venir de 17 millions de dollars (plus de 16 millions d'euros) pour assurer la prise en charge des réfugiés et de 31 millions de dollars (près de 29,24 millions d'euros) pour l'année 2017 dont les financements sont en négociation avec les donateurs", a déclaré M. Gentile.

Hier, le Japon a annoncé un don financier de 9,4 millions de dollars (près de 8,9 millions d'euros) en faveur du camp de Mbera mais aussi des populations des zones riveraines. Cette aide non remboursable porte "à 53,3 millions de dollars (plus de 50 millions d'euros) l'effort" du gouvernement japonais "en faveur du camp ces quatre dernières années, a précisé l'ambassadeur japonais à Nouakchott, Hisatsugu Shimizu, présent à la conférence de presse.

AFP 

Le parlement du Burkina Faso a voté hier un amendement autorisant à nouveau les militaires de ce pays où l'armée est omniprésente dans la sphère politique à entrer dans un gouvernement, plus d'un an après l'adoption d'une loi leur interdisant de s'engager en politique. En juin 2015, le Conseil national de la transition (Cnt), l'assemblée parlementaire mise en place après la chute de l'ex-président Blaise Compaoré, avait adopté une loi interdisant aux militaires de faire de la politique. 

Cette loi leur interdisait du même coup d'occuper des fonctions ministérielles et autres hautes fonctions dans l'administration publique comme celles de directeur général de société d'Etat ou de président d'institution. La loi les obligeait à démissionner de l'armée pour s'engager en politique."Il ne faut pas confondre dépolitisation de l'armée et démilitarisation de l'administration. Les militaires sont des citoyens à part entière. Ils ont des qualifications énormes et on peut faire appel à un militaire qui a des compétences avérées pour résoudre un problème dans un gouvernement ou dans l'Administration sans pour autant qu'il s'affilie à un parti politique", a déclaré le député Halidou Sanfo en présentant le projet de loi à ses pairs.

AFP

Trente-sept personnes seront jugées à partir d’aujourd’hui devant un tribunal de Luanda pour une tentative de coup d'Etat datant de janvier qui n'avait jusque-là pas été rendue publique, ont rapporté hier les médias d'Etat.

Poursuivies pour association de malfaiteurs, elles sont accusées d'avoir tenté de lancer un assaut armé contre le palais présidentiel et d'occuper les locaux de la radio-télévision publique au petit matin du 31 janvier 2016, selon l'acte d'accusation révélé par l'agence de presse officielle Angop. Les accusés sont d'anciens membres de la branche armée du principal parti d'opposition, l'ancienne rébellion de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), a précisé le procureur cité par Angop. L'Unita a nié ces accusations hier lors d'une conférence de presse. Le chef du groupe parlementaire du parti, Adalberto da Costa Junior, a exhorté le gouvernement à "traiter sérieusement cette question de coup d'Etat". Il a déploré que ce n'était "pas la première fois" que les autorités angolaises "utilisaient ce type d'accusations pour dénigrer l’opposition". L'affaire n'a été révélée qu'à la veille du procès "afin d'éviter toute spéculation inutile et la panique dans la population", a encore expliqué le procureur. Selon lui, une vingtaine de personnes soupçonnées d'être mêlées à cette tentative sont encore recherchées par la police. Le président angolais José Eduardo Dos Santos, 74 ans, dirige le pays d'une main de fer depuis 1979.

AFP 

Le gouvernement français a décidé de dissoudre une association d'aide aux détenus musulmans, soupçonnée, depuis sa création, de liens avec l'islam radical, a indiqué, hier, son porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

La décision, annoncée par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve en Conseil des ministres, concerne une association d'aide aux détenus musulmans et à leurs familles, Fraternité musulmane Sanabil, dans le radar des autorités depuis sa création en 2010, et dont le nom était apparu dans de nombreux dossiers terroristes.

Cette décision a été prise sur le fondement d'un article du code de la sécurité intérieure sur les associations qui "appellent à la haine ou à la violence, ou qui se livrent à des agissements susceptibles de provoquer des actes terroristes", a indiqué Stéphane Le Foll à la presse après le Conseil des ministres. Les avoirs de cette association en région parisienne, qui dit suivre quelque 740 détenus en France et à l'étranger, avaient déjà été gelés fin octobre.Son président, Antho B., s'était alors défendu, soutenant que la seule action de l'association était d'entretenir une correspondance avec les détenus qui en faisaient la demande et d'envoyer "quand (elle) le peut un mandat aux indigents" pour cantiner. Mais pour le ministère de l'Intérieur, "sous couvert d'un soutien matériel dispensé à des détenus de droit commun ainsi qu'à leurs familles, l'association encourageait la radicalisation de ces derniers durant leur séjour carcéral pour les rallier à la cause jihadiste".

Il note que plusieurs de ses anciens dirigeants ou membres "ont rejoint la zone de combat irako-syrienne" et que l'association "facilitait les rencontres entre des jihadistes radicaux et des individus moins impliqués dans le but d'influencer ces derniers".

AFP

Le Maroc et plusieurs pays arabes ont quitté le sommet Afrique/Monde arabe qui se tenait, hier, à Malabo, en Guinée équatoriale, pour protester contre la présence d'une délégation du Front Polisario, ont indiqué plusieurs médias.

Gros investisseurs en Afrique, le Maroc a quitté le quatrième sommet Afrique/Monde arabe sur le thème de la coopération économique avec sept autre pays arabes (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Bahrein, Qatar, Sultanat d’Oman, Jordanie, Yémen), ainsi que la Somalie.

La délégation marocaine a pris cette décision pour protester contre "la présence de l'emblème d’une entité fantoche dans les salles de réunions", a indiqué le ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération (Maec) cité par l'agence de presse marocaine Map. Le Maroc considère le Sahara occidental, qu’il contrôle, comme partie intégrante du royaume, alors que le Front Polisario, qui milite pour l’indépendance de cette ancienne colonie espagnole, réclame un référendum d’autodétermination.

La délégation marocaine a quitté Malabo alors que le Maroc tente de réintégrer l'Union africaine (Ua) que Rabat avait quittée en 1984 pour protester contre l'admission de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd) du Front Polisario.

Le "coup d'éclat" du Maroc a été sévèrement jugé sur le plateau de la télévision Africa 24, proche du gouvernement de la Guinée équatoriale, qui couvre le sommet en direct, avec des duplex et des commentaires plateau.

"Le Maroc a des partenariats avec l'Afrique centrale, l'Afrique de l'Ouest et même l'Afrique australe. On ne peut pas se permettre un tel coup d'éclat", a déploré un commentateur.

AFP

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