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Actualités Internationales (1562)

Le chef de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, a lancé, hier, un appel à ses 7 millions d’électeurs du premier tour à se «fédérer» pour les élections législatives de juin afin de s’opposer à Emmanuel Macron, «nouveau monarque présidentiel».

Le candidat malheureux du mouvement «La France insoumise», arrivé quatrième au premier tour du 23 avril avec 19,58 % des suffrages, a pris «acte sans barguigner» de la victoire de M. Macron, après avoir refusé de donner une autre consigne de vote que celle d’éliminer Mme Le Pen au second tour.
Mais, sans laisser une minute de répit au nouvel élu, il l’a immédiatement tancé lors d’une allocution : «Puisse le sens du destin de notre patrie vous habiter, Monsieur le président, et la pensée des démunis sans droit, sans toit, sans emploi, vous obséder».

«Le programme du nouveau monarque présidentiel est connu : c’est la guerre contre les acquis sociaux du pays et l’irresponsabilité écologique», a tranché celui qui avait traité M. Macron pendant toute la campagne de «premier communiant» ou de «candidat de l’extrême-marché».

Sur les plateaux télévisés, ses lieutenants se sont employés à dénier toute légitimité au nouveau chef de l’État, arrivé très largement en tête devant la candidate d’extrême droite. «Nous avons un président qui est faible», a estimé Raquel Garrido, une porte-parole de La France insoumise, soulignant qu’il y avait «beaucoup de votes par défaut». «L’abstention explose. Les bulletins blancs et nuls n’ont jamais été aussi nombreux. Ce pouvoir est fragile», a tweeté, de son côté, Charlotte Girard, coresponsable du programme de M. Mélenchon.

Avec eux, Jean-Luc Mélenchon s’est immédiatement projeté dans la bataille des législatives, espérant que les électeurs refuseront, les 11 et 18 juin, d’offrir une majorité parlementaire à M. Macron. Il s’agit, avait prévenu l’ancien candidat, dès vendredi, de «refuser de donner les pleins pouvoirs au gouvernement Macron».

AFP

 

Cris de joie et mer de drapeaux français : des milliers de partisans, rassemblés, hier soir, sur l’esplanade du musée du Louvre, au cœur de Paris, ont fait un triomphe à Emmanuel Macron, venu fêter avec eux sa victoire à la présidentielle française.

«Ce soir, c’est l’Europe, c’est le monde qui nous regardent, ils attendent que nous défendions partout l’esprit des Lumières», lance le président élu centriste devant une foule enthousiaste après être arrivé sur scène au son de «L’Ode à la joie» de Beethoven, l’hymne européen.

Vainqueur face à la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen, M. Macron, 39 ans, a auparavant traversé la cour du musée du Louvre, seul, le visage grave, pour rejoindre la tribune où il promet qu’il fera tout pour que les Français «n’aient plus aucune raison pour voter pour les extrêmes».

«Vous avez choisi l’audace, cette audace, chaque jour, nous la poursuivrons», a encore clamé l’ancien ministre de l’Économie. «La tâche est immense et imposera de continuer à être audacieux».

A la fin de son discours, ponctué de «V» de la victoire, le candidat est rejoint sur scène par son épouse Brigitte, visiblement très émue, toute sa famille et une poignée de militants des premiers jours pour une Marseillaise.

Bénéfice du doute
«On n’a pas tous le même avis, pas les mêmes idées, mais l’essentiel, c’est qu’on vive ensemble, c’est ce que j’ai retenu de son discours», confie Nadia, 27 ans, musulmane et d’origine marocaine, drapeau bleu blanc rouge noué dans les cheveux. «C’est un symbole d’espoir, c’est la jeunesse. C’est comme Obama il y a huit ans : ça sera le quinquennat de l’espoir», estime, lui, Jean-Luc Songtia, 36 ans, chauffeur de Vtc, devant la célèbre pyramide de verre du Louvre.

L’annonce sur écran géant de la victoire d’Emmanuel Macron, jamais élu auparavant, avait été accueillie, en début de soirée, par des «On a gagné !», «Macron président !», entonnés par une foule électrisée, parsemée de tee-shirts jaunes et bleus frappés du sigle du mouvement «En marche !», fondé il y a quelques mois.

 AFP 

Les Mureaux est une ville située à 40 minutes, en train, de Paris. 32.000 habitants, parmi lesquels 25% de personnes issues de l’immigration. Accueillant l’une des communautés sénégalaises les plus fortes en France, la ville s’est très tôt convertie au « Macronisme » grâce à Raki Kane.

Il est 21h58, l’éclatement de joie est spontané. Se tenant debout sur une table, une feuille des résultats de vote entre les mains, le maire François Garay s’égosille : « 78,89 % pour Macron. 21 % pour Le Pen ». Les Franco-sénégalais, fort bien représentés, se congratulent au milieu d’autres Français. Dans cette ville, Marine Le Pen fait moins bien que son score national (31 %). L’honneur est sauf.
 
Fouta-sur-Seine
La ville que certains taquins nomment (avec Mantes-La-Jolie), Fouta-sur-Seine, en référence à une forte présence de Hal Pulaar, peut souffler un ouf de soulagement. « Dans les années 70 et 80, il y a eu beaucoup de recrutement de Sénégalais pour venir travailler dans l’Usine Renault Flins qui est à 6 kilomètres des Mureaux », explique le maire. D’ailleurs, en cette journée de second tour, ce n’est pas seulement une pluie fine faite de crachins discontinus qui accueille les visiteurs. En effet, dès la gare, la langue de Baba Maal est souvent utilisée. Parmi elles, il y a Raki Kane. Conseillère municipale à la ville des Mureaux, vice-présidente d’un syndicat d’aérodrome, élue sous les couleurs du Ps, la jeune Franco-sénégalaise de 31 ans a choisi de rejoindre le mouvement «En Marche !» d’Emmanuel Macron en décembre 2016. « Il était hors de question de suivre Benoit Hamon qui a saboté la présidence de Hollande avec les autres frondeurs de la gauche », se justifie-t-elle. Dans sa Renault 206, le son hip hop de la radio Skyrock donne le ton. Défile un paysage fait de zones pavillonnaires, espaces verts aménagés, une ville constituée en pôles : urbains, éducatif, administratif. « Contrairement aux idées reçues qui caricaturent notre ville, il fait bon vivre aux Mureaux », poursuit-elle en se garant pour aller à « L’espace de l’habitat ». L’un des 14 bureaux de vote de la ville a une connotation sénégalaise. En effet, dès que les présentations ont été faites, une remarque revient constamment : « Ici, nous avons accueilli votre  président », souffle presque les différentes personnes rencontrées. « En 2009, Macky Sall était venu aux Mureaux pour la première université d’été de l’Apr alors que ce n’était qu’un mouvement et donc, pas encore un parti politique », précise Raki Kane, l’une des initiatrices de la venue de l’ancien ministre devenu président. C’est le même destin que les Sénégalais des Mureaux espéraient en début d’après-midi de ce dimanche de vote à Emmanuel Macron.
 
La diaspora En Marche !
« J’ai cru en sa candidature dès le départ, poursuit Raki Kane. Dans une ville comme Les Mureaux (zone d’éducation prioritaire), l’éducation est primordiale. On se retrouve avec des classes de plus de 24 élèves. Macron est le seul candidat qui promet de réduire les effectifs par deux. Pour nous, les Français issus de l’immigration, la taxe d’habitation est trop élevée. Macron veut la supprimer pour 80 % de la population. Cela me parle. Son programme économique tient la route également ». Les Franco-sénégalais des Mureaux ont été à la pointe du soutien d’Emmanuel Macron. Raki Kane a mis en place un comité appelé « La diaspora En marche ! » Après avoir reçu le candidat Macron durant toute une journée dans leur ville, Raki Kane confesse lui avoir expliqué l’importance de la diaspora et des binationaux avec cette formule : « Derrière chaque parent, il y a une dizaine de votants ». Après avoir tenté, en vain, de voter avec la procuration donnée par une amie, Raki Kane prend la direction d’un autre centre de vote. Il y a celui qu’on nomme Monsieur Camara, venu s’acquitter de son droit civique. La démarche chancelante, le septuagénaire sénégalais est habillé d’une djellaba sur laquelle un manteau vient s’enrober pour couvrir de frêles épaules, alors que ses cheveux grisonnant sont couverts d’un petit bonnet. La situation du troisième âge est également une raison pour voter Macron. « Je vois des centaines de papas sénégalais retraités qui vivent dans des conditions déplorables. Ils ne peuvent pas rentrer, car ils n’auront pas de bonnes conditions financières avec la suppression de leur retraite française. Ils sont coincés ici. Le seul à pouvoir nous entendre, c’est Emmanuel Macron ». C’est surtout sur les questions sociales que la diaspora attend le président nouvellement élu. « Ce n’est pas normal qu’en France qu’on paie des cotisations pour des acquis sociaux et qu’au Sénégal qu’on ne puisse pas en bénéficier. Le prix des billets d’avion avec des taxes colossales. Notre mouvement est de faire le poids pour que cela change avec Macron ».
 
Un vent d’espoir
Malgré la victoire de Macron, les Sénégalais des Mureaux ont différentes lectures sur la présidentielle française. Avoir Le Pen au second tour, « c’est la fin de la démocratie », pour Raki Kane. « Sa fougue et sa hargne contre les gens différents me font peur. Ce n’est pas la France que je veux pour les générations futures », se désole la jeune mère d’un garçon. Le destin de Macron inspire la diaspora sénégalaise des Mureaux. C’est l’avis de Papa Wally Danfakha, adjoint au maire chargé des travaux publics. L’ancien journaliste du quotidien «Le Soleil» au début des années 90, qui s’est installé depuis plusieurs années aux Mureaux, où il enseigne l’Histoire, soutient que « les jeunes issus de l’immigration doivent faire comme Macron, parce que les combats qu’on gagne sont ceux qu’on croit ». Autre Sénégalaise, autre adjointe au maire, mais chargée de la culture, Dieynaba Diop voit en Macron un espoir : « Il nous dit qu’on peut tous réussir, car il n’y a pas de déterminisme social. On peut être jeune, avoir 39 ans et réussir à devenir président de la République ».

De notre envoyé spécial à Paris Moussa DIOP

Avec 65,9 %, selon certaines estimations, Emmanuel Macron est élu président de la République française, hier soir, pour le second tour de la présidentielle. Marine Le Pen est créditée de 31,1 % des votes. C’est une élection qui marque un tournant générationnel – et non une rupture – dans la politique française.

Pour minimiser son élection, les plus médisants diront qu’Emmanuel Macron a eu beaucoup de chances avec un alignement favorable des planètes. Avec les ennuis judiciaires de François Fillon, grand favori de l’élection présidentielle après les primaires de la droite et du centre, la surprise Benoit Hamon qui s’est avérée catastrophique pour représenter les socialistes et les écologistes français et la percée insuffisante de Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron était en duel avec une Marine Le Pen populiste, manquant de profondeur comme lors du débat de l’entre deux tours et surtout confrontée au plafond de verre lié aux rejets majoritaires (jusqu’à quand ?) de l’extrême droite. Pourtant, c’est une victoire qui symbolise l’audace de croire en sa destinée. « Ne venez jamais me dire qu’on ne peut pas faire telle ou telle chose parce qu’on ne l’a jamais fait auparavant », répétait souvent Emmanuel Macron à ses équipes lors de réunions de travail.

 Du jamais vu
En devenant président de la République française à juste 39 ans, sans jamais être parlementaire ni élu exécutif local, le chef de l’Etat fraichement élu a fait ce que personne n’avait réussi à réaliser dans l’échiquier politique français. Dans ce qui ressemble à un slogan politique, il y a tout le cheminement du désormais président français : liberté de ton et un questionnement perpétuel du monde du possible. La base d’En Marche ! est une réflexion faite de sens commun, mais qui paraissait impossible. Si le clan Le Pen (père, puis fille) a toujours pensé qu’il fallait bouleverser le système existant, Macron, en accord avec ce constat, rejetait la manière de faire. En effet, si les Le Pen se sont auto-exclus en indexant une partie, une frange de plus en plus importante de la société française (personnes issues de l’immigration, musulmans, par exemple), le président élu a basé sa campagne sur le rassemblement de la France. Selon Sibeth Ndiaye, sa chargée de relation presse, Macron a « la volonté de transcender les clivages existants, la tentative audacieuse pour essayer autre chose et le sentiment que ça ne pouvait plus continuer comme avant, que les appareils existants ne réfléchissaient plus sur le monde et ses évolutions ».
 
Brillant élève
C’est une manière de penser qui est à la base de la trajectoire du plus jeune président français. Elève brillant issu du très élitiste lycée Henri IV, où il est admis à hypokhâgne, puis en khâgne, Macron a pourtant connu l’échec au concours de l’Ecole normale supérieure. Ce qui changea profondément sa manière de concevoir le monde. Adepte de la sagesse, il obtient un Dea en Philosophie à l’Université Paris Nanterre avant de décrocher le diplôme de Sciences Po en 2001. Il fait ensuite l’Ena et l’Inspection générale des finances. Cette brillante formation lui permet d’être recruté comme banquier d’affaires dans la société Rotchschild. De son poste, il participera au rachat de Pfizer par Nestlé pour 9 milliards d’euros. Un record pour la banque. Ce qui lui vaudra l’appellation « le Mozart de la finance ». Dans le domaine politique, s’il n’a jamais été élu, Macron a été l’un des principaux conseillers de François Hollande. Une entrée à l’Elysée qui lui permettra de gravir les échelons jusqu’à la tête de Bercy en devenant ministre de l’Economie de François Hollande, son mentor politique.
 
Séducteur
 Avant que la France ne tombe sous son charme de gendre idéal au Cv remarquable et désormais historique, la séduction est un art chez Emmanuel Macron. Pas celle malsaine. Mais, la séduction de la délicate attention. Toutes les personnes qui l’ont approché en font le témoignage. De la banque Rothschild, où il a officié pendant deux ans, aux différents postes politiques qu’il a occupés. Hormis les quelques heurts sur son ambition politique avec Manuel Valls, alors Premier ministre du gouvernement auquel il participait, Macron est réputé pour toujours avoir la petite attention qui fait mouche. Sibeth Ndiaye se « rappelle toujours, avec émotion, que lors du décès de (sa) mère, (Macron) avait eu la délicatesse de  (lui) offrir un livre de Roland Barthes titré Journal de Deuil ». Cette ouvrage d’un des pères de la sémiologie a servi de « livre de chevet pendant de longs mois » à la Franco-Sénégalaise. L’étude des signes de ce qui ne marchait plus dans la bipolarité de la politique française a également fait la force du président élu. Le « je suis ni de gauche, ni de droite » que déclarait Macron, ministre de l’Economie, est devenu « je suis et de gauche et de droite à la fois » quand il s’est déclaré candidat à la présidence française.
 
Un chantier
Elu, le plus dur commence pour celui qui n’a toujours pas un parti (En Marche ! est un mouvement politique). Le troisième tour de la présidentielle est l’élection législative. Le prochain mandat de Macron va se jouer dans les deux mois à venir. Quelle est sa capacité de réformer un système à bout de souffle sur le plan économique, par exemple ? A-t-il un ancrage électoral assez solide pour construire sur ce succès une adhésion à sa politique ? Après avoir réussi à tenir tête aux employés de l’usine Whirpool, en ne promettant pas à tout-va, sera-t-il capable de ne pas mettre la France sociale dans la rue ? Casser la montée du chômage, la réforme fiscale, avec l’abandon de la taxe d’habitation, le terrorisme, les inquiétudes sur l’assurance chômage, la réforme de l’éducation promise avec des classes à 11 élèves… Tant de sujets brulants qui vont engager le début de son mandat.

De notre envoyé spécial à Paris Moussa DIOP

Le jeune centriste pro-européen Emmanuel Macron a assuré, hier, avoir entendu «la colère, l’anxiété et les doutes» des Français, après sa victoire à la présidentielle française marquée par un score historique de l’extrême droite.

«Je me battrai contre les divisions qui nous minent», a affirmé M. Macron, 39 ans, jamais élu, qui a obtenu, selon des estimations, entre 65 % et 66,1 % avec son jeune mouvement «En Marche !» face à la cheffe de l’extrême droite, Marine Le Pen (33,9 % à 34,5 %).

«Je sais les divisions de notre Nation qui ont conduit certains à des votes extrêmes et je les respecte», a-t-il ajouté, le visage grave, dans une intervention d’une dizaine de minutes. «Il est de ma responsabilité de les entendre en protégeant les plus fragiles, en organisant mieux les solidarités, en luttant contre toutes les formes d’inégalités ou de discrimination».

A six semaines des élections législatives, l’ancien ministre de l’Economie (2014-2016) doit s’atteler à des chantiers majeurs : trouver une majorité pour gouverner, avec un chômage endémique (10 %), une menace terroriste puissante et une Europe affaiblie. Applaudie par des milliers de partisans agitant des drapeaux français sur l’esplanade du musée du Louvre, au cœur de Paris, sa victoire a été saluée par plusieurs dirigeants européens, inquiets de la poussée des nationalistes en Europe - dont l’Allemande Angela Merkel, la Britannique Theresa May ou le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Le président américain Donald Trump a, lui aussi, adressé sur Twitter ses félicitations à Emmanuel Macron «pour sa grande victoire d’aujourd’hui».

Apaiser les peurs
Epilogue d’une campagne à suspense marquée par de multiples rebondissements, l’élection de celui qui se définit comme «progressiste», «et à droite et à gauche», a été aussi saluée par des coups de klaxon sur les Champs-Elysées et également par des huées de sympathisants de Marine Le Pen. Entre l’abstention et les votes blancs et nuls, plus d’un Français sur trois a cependant refusé de choisir, dimanche, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, selon les estimations, un niveau record depuis 1969. Alors que le scrutin a mis en lumière les profondes fractures du pays, M. Macron a aussi dit, hier, vouloir «apaiser les peurs’, «renouer avec l’optimisme».

Son premier défi, de taille, sera d’obtenir une majorité parlementaire lors des législatives des 11 et 18 juin, indispensable pour pouvoir gouverner et mettre en œuvre son programme : vaste réforme du droit du travail, réduction des dépenses publiques, renforcement du couple franco-allemand.

Sévèrement battue, Marine Le Pen, 48 ans, qui était une candidate anti-immigration et anti-euro, s’est félicitée du score «historique et massif» pour l’extrême droite française réalisé à la présidentielle. Elle devient «la première force d’opposition», a-t-elle lancé. Sans attendre, elle a promis «une recomposition politique de grande ampleur autour du clivage entre les patriotes et les mondialistes» pour les prochaines législatives.


Marine Le Pen, héritière combative mais battue
Battue, hier, par le centriste pro-européen Emmanuel Macron, la patronne de l’extrême droite française, Marine Le Pen, n’est pas parvenue à conquérir la présidence de la République, mais a réussi à inscrire son parti dans le paysage politique.

Quinze ans après l’échec de son père, Jean-Marie Le Pen, la candidate du Front national (Fn), 48 ans, a recueilli moins de 35 % des voix (contre plus de 65 % à son rival) selon les premières estimations. Pourtant, elle comptait bien bénéficier de la vague populiste qui a conduit les Britanniques à voter pour le Brexit et les Américains à élire Donald Trump.  Mais, son score inédit, qui témoigne de la poussée nationaliste en Europe, montre qu’elle a réussi à faire du Fn, hostile à l’Ue et à l’immigration, un parti «comme les autres».

Grande blonde à la voix tonitruante, cette avocate de formation mène depuis plusieurs années une stratégie de «dédiabolisation» de cette formation, créée en 1972, pour lisser une image longtemps sulfureuse entretenue par les saillies antisémites et xénophobes de son père.

Depuis son accession à la tête du Fn, en 2011, à la suite de son père avec lequel elle est désormais brouillée, cette battante a écarté les cadres les plus marqués : militants antisémites, nostalgiques de l’Algérie française - voire de la collaboration avec l’Allemagne nazie - ou catholiques intégristes.

Cette stratégie a payé : le Front national a constamment progressé à chaque élection. Pour conquérir l’Elysée, celle qui se décrit comme une «femme de caractère parfois abrupt», s’est efforcée d’adoucir sa propre image, à coups d’anecdotes personnelles, d’affiches sur «La France apaisée» ou de photos avec ses chats.

Elle a fait campagne contre «le mondialisme jihadiste et le mondialisme économique», se présentant comme la «candidate du peuple» et des «patriotes» face au «candidat de la finance», Emmanuel Macron, ex-ministre de l’Economie et ex-banquier d’affaires.

Son projet : en finir avec l’euro, taxer les produits importés. Mais aussi sortir la France des accords de libre-circulation de Schengen ou expulser les étrangers fichés pour radicalisation.
Ces thèmes ont trouvé un écho chez de nombreux Français confrontés au chômage et à la peur du déclassement, notamment dans les zones rurales et les périphéries urbaines.

AFP

 

 

Selon les derniers sondages, seules 68 % des personnes interrogées se disent certaines d’aller voter sur près de 47 millions de Français inscrits et appelés à choisir, demain, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen pour succéder à François Hollande. Lequel a été au plus bas dans les sondages à la fin de son mandat pour avoir échoué principalement à sa promesse de campagne d’inverser la courbe du chômage. Tirant la conséquence, il a renoncé à se présenter pour éviter une déroute de la gauche. 

La primaire socialiste qui s’en est suivie a démontré l’ampleur de la crise au sein du Parti socialiste avec le «frondeur» Benoît Hamon qui a battu, à la surprise générale, l’ex-Premier ministre Manuel Valls, candidat déclaré.

Quant à la primaire de la droite, tenue quelques semaines auparavant, elle a pris la même tournure avec l’ancien Premier ministre François Fillon qui a remporté le vote devant Alain Juppé, un autre ex-Premier ministre favori des sondages depuis des mois, et l’ex-président Nicolas Sarkozy. Éliminé dès le premier tour, ce dernier a totalement raté son come-back.

Le scandale de l’épouse de François Fillon, rémunérée pendant plusieurs années comme attachée parlementaire auprès de son mari alors qu’elle est femme au foyer, a largement creusé le fossé entre les électeurs et la classe politique traditionnelle. Il présente ses « excuses » aux Français tout en affirmant que les faits évoqués étaient légaux, malgré les appels pour qu’il démissionne, sonnant ainsi la révolte chez les électeurs.

Ce manque de confiance entre électeurs et classe dirigeante a profité à Emmanuel Macron ni à Droite ni à Gauche et qui a surtout eu le courage de prendre ses distances et de tenter l’aventure de la présidentielle. Une audace lui ayant permis de se retrouver au second tour de dimanche qu’il va certainement remporter à cause d’une sainte alliance d’acteurs politiques et intellectuels influents pour éliminer Marine Le Pen.

L’Héritière a eu au moins le mérite d’avoir révolutionné la politique française en profitant largement du ras-le-bol de nombre de Français face à la corruption des dirigeants au moment où le chômage décime des couches populaires. Alors que Le Pen père peinait à trouver les signatures nécessaires pour participer à des élections dans les années 80, Le Pen fille a réussi, en quelques années, à adoucir et polir l’image du Front national et a le positionner au centre de la vie politique française.

L’élimination et de la droite et de la Gauche, les deux grands partis qui dominaient la vie politique française depuis près d’un demi-siècle, dès le premier tour, est, sans doute, le signe qu’une nouvelle page a été tournée et que Marine Le Pen en est un des principaux acteurs.

Environ 10 % de la population française à des origines africaines et 300.000 ressortissants français résident en Afrique. Ce qui place l’Afrique, selon Emmanuel Macron, dans le cœur de son action s’il devient le prochain locataire de l’Élysée.

Pour beaucoup, Sibeth Ndiaye est le symbole des liens entre l’Afrique et Emmanuel Macron. Durant toute la campagne électorale, l’image de la jeune franco-sénégalaise originaire de Casamance a accompagné celle d’Emmanuel Macron. Le candidat d’En Marche ! pense que si la France continue à regarder l’Afrique « avec uniquement un mélange de condescendance et de misérabilisme, elle commettrait une erreur historique. Les projecteurs médiatiques, le plus souvent braqués sur les crises politiques persistantes, les risques de famines et les épidémies aux conséquences humaines dramatiques ainsi que les réelles menaces terroristes, ne doivent pas masquer une autre réalité africaine, celle d’une transformation profonde du continent sur la base d’une croissance économique continue de plus de 5 % en moyenne par an depuis le début des années 2000 ». Ayant plusieurs personnes originaire d’Afrique et du Maghreb dans son staff, le candidat d’En Marche ! se dit conscient des changements « à grande vitesse de l’Afrique ».

L’Afrique va générer 800.000 emplois en France
Ce qui demande une nouvelle manière de percevoir les relations avec l’Afrique. En effet, Macron souhaite l’abandon du « tout sécuritaire et humanitaire » : « une grave erreur d’appréciation ». Il veut saisir les nouvelles opportunités portées par « un marché gigantesque composé de plus d’un milliard d’habitants, dont près de 350 millions de personnes appartenant à une classe moyenne, qui consomme, se déplace, se loge, se cultive, se divertit, voyage ». Une position que le programme de Macron défend d’autant plus que le produit intérieur brut consolidé de l’Afrique se rapprochera de celui de l’Union européenne en 2050 et que les échanges commerciaux entre la France et le continent africain pourraient générer la création d’au moins 800.000 emplois en France d’ici à 2030. Emmanuel Macron ne veut pas voir l’Afrique comme « un réservoir de matières premières, une zone d’instabilités, une terre de désolation ou de misère ». L’ancien ministre français de l’Économie et des finances préfère mettre l’accent sur « une jeunesse dynamique, l’explosion de l’économie numérique et de solutions digitales qui fonctionnent là-bas et encore méconnues (en France, Ndlr), l’apparition d’une génération d’entrepreneurs qui créent de la richesse et des emplois, le développement de marchés intérieurs à fort potentiel ». Et de s’interroger : « Oserait-on tirer des généralités de petit écolier sur l’Europe uniquement à l’aune de la crise ukrainienne ? Pourquoi le faire à propos de l’Afrique ? »

L’importance de l’économie numérique et du digital
Si, pour Nicolas Sarkozy, l’Afrique n’était pas encore assez entrée dans l’Histoire, Emmanuel Macron pense que l’Afrique est « ancrée à part entière dans l’Histoire et le monde ». Sans angélisme ni naïveté, la France doit donc regarder cette « vérité africaine » en face, sans idées préconçues ni clichés, et définitivement débarrassée du surmoi de la colonisation et de la Françafrique. L’époque du pré-carré, de l’aide compassionnelle entremêlée de cynisme et des situations de rente entretenues par des réseaux occultes est révolue. Il est grand temps que la France regarde au contraire l’Afrique comme un partenaire économique au même titre que la Chine, l’Inde, le Brésil ou la Turquie. Mettant en avant la bonne gouvernance pour une collaboration avec les États africains, Macron souhaite s’appuyer sur ce que son programme nomme « un socle commun de valeurs et de principes ». Par exemple, pour En Marche !, « il serait irresponsable d’apporter une aide financière à des gouvernements qui maltraitent leur peuple ». Pour être crédible et efficace, cette vision macronienne des rapports avec l’Afrique devra « s’appuyer sur un département ministériel mis à niveau qui pilotera toute la politique d’aide et qui donnera tous les moyens nécessaires à l’Agence française de développement (Afd) pour atteindre 12 milliards d’euros d’engagements financiers en 2020, dont la moitié en Afrique ». Le candidat d’En marche ! a déjà exprimé sa volonté forte de revoir, en concertation avec la société civile, la loi de programmation de l’aide au développement pour établir une trajectoire d’augmentation vers les 0,7 % du produit intérieur brut (Pib) à atteindre progressivement entre 2022 et 2030. Ce, « en fonction de nos marges budgétaires », a-t-il assuré.

Macron sur l’Afrique
Dans une interview au Monde, Emmanuel Macron déclarait : « J’ai vécu plusieurs mois au Nigeria à l’occasion de mon stage de l’Ena (École nationale d’administration) ; ce qui m’a permis de découvrir le pays d’Afrique le plus peuplé du continent et l’une des premières économies africaines qui fait jeu égal avec l’Afrique du Sud. Cela m’a donné une bonne compréhension des défis auxquels sont confrontés les États africains et des opportunités d’avenir qu’ils recèlent. J’ai, par ailleurs, rencontré de nombreux chefs d’entreprise et responsables politiques africains dans le cadre de mes fonctions de ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, ainsi que les actuels présidents du Nigeria, de l’Afrique du Sud, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. Les relations entre chefs d’État sont importantes pour les défis que nous avons à relever ensemble, et je serais heureux d’aller à la rencontre de mes homologues africains rapidement après mon élection. Mais, les liens entre l’Afrique et la France dépassent le seul cadre des relations d’État à État. Environ 10 % de la population française à des origines africaines et 300.000 ressortissants français résident en Afrique. Ces liens humains sont un atout pour la France. C’est pourquoi je veux approfondir nos relations au niveau des acteurs de la société civile et des acteurs économiques ».

De Moussa DIOP, envoyé spécial à Paris

Pas très connue pour être en odeur de sainteté en Afrique par rapport à son héritage particulier et à ses prises de position sur l’immigration, Marine Le Pen a pourtant une ambition africaine sous le prisme de la souveraineté des États, la fin de la Françafrique ainsi que du franc Cfa.

Alors que tout doit l’opposer aux auto-déclarés panafricanistes 2.0, certains discours de la candidate frontiste ont un écho sinon de bienveillance si ce n’est d’adhésion dans une frange importante de la diaspora africaine en France et même en Afrique. Avant le ralliement, à ses côtés, de Nicolas Dupont-Aignan pour le second tour de la présidentielle, Marine Le Pen était catégorique sur la sortie de la France de la zone Euro. Une souveraineté monétaire nationale qui allait de pair avec celle des pays africains, avec notamment la fin du franc Cfa, de plus en plus honni dans les milieux africains. C’est sur ce même principe que son discours sur la Françafrique a trouvé des oreilles attentives en Afrique et dans sa diaspora. C’est ce qui a présidé à la rencontre de mardi avec une cinquantaine d’Africains et de Français d’origine africaine à Paris. Si le timing a interpellé, à moins de 24 heures, un débat décisif avec Macron, Le Pen savait la portée symbolique de cette rencontre. « On me caricature en raciste, xénophobe et islamophobe », s’est-elle défendue pour rassurer une partie de l’assistance qui avait de sérieux doutes sur son intérêt réel pour le continent, en dehors des organisateurs qui étaient des connaissances de membres du Fn. Ainsi, Marine Le Pen a promis d’attribuer 0,7 % du Pib français à la coopération avec l’Afrique. « Les États africains sont abandonnés, l’aide au développement a drastiquement diminué. Je m’engage à consacrer, avant 2022, 0,7 % de la richesse française à la coopération avec l’Afrique », a-t-elle affirmé lors de la rencontre. « Nous veillerons à sa bonne utilisation », a-t-elle insisté en sous-entendant que cela ne fut pas toujours le cas. « 0,7 %, c’est à peu près 15 milliards d’euros, bien plus importants que les 400 millions d’euros actuellement attribués, en réalité, au développement avec l’Afrique », a-t-elle martelé.

Immigration - Des visions différentes : Marine Le Pen souhaite zéro immigration
Elle veut simplifier l’expulsion des sans-papiers. Là où les procédures d’éloignement peuvent prendre du temps, selon les cas, Le Pen veut aller vite pour renvoyer les étrangers illégaux dans leurs pays d’origine. Elle veut réduire l’immigration à un solde de 10.000 personnes par an. Pour rappel, ce solde est de 200.000 immigrés légaux par an en France. Marine Le Pen veut mettre fin au regroupement familial automatique ainsi qu’à l’obtention de la nationalité française par mariage. Toujours dans son projet de réformer la naturalisation française, Le Pen veut supprimer le droit du sol. En ce qui concerne le droit d’asile, Marine Le Pen s’est dite favorable à renvoyer les demandeurs dans leurs pays, même en guerre.

Macron milite pour l’intégration
En matière d’immigration, Emmanuel Macron souhaite une immigration basée sur l’intégration. Il propose de favoriser l’immigration qualifiée. Une autre manière de nommer la fuite des cerveaux de l’Afrique. Ainsi, il se met sur la roue de ce qui a été déjà réalisé par François Hollande comme les passeports talents : des visas qui permettent à des scientifiques étrangers de rester quatre ans en France, par exemple. Pour obtenir la nationalité française, le leader d’En Marche ! ne remet pas en question le droit du sol, mais met l’accent sur une condition obligatoire : la maîtrise de la langue française. Autre point de désaccord entre les deux candidat, le droit d’asile : Macron souhaite que la France prenne sa part dans l’accueil des réfugiés même s’il ne donne pas d’objectifs chiffrés. D’un autre côté, il propose des procédures expéditives pour les demandes d’asile (6 mois). Une manière de montrer qu’il peut aussi être ferme sur des questions sensibles.

De Notre envoyé spécial à Paris Moussa DIOP

Chercheur consultant et directeur de l’Institut africain de géopolitique et de géostratégie, le Franco-Sénégalais Seydou Kanté est un des soutiens d’Emmanuel Macron. Membre d’En Marche ! depuis son lancement et de la Diaspora en marche avec Macron, lancée par Fatou Cissé, il est aussi actif dans les comités de Choisy-le-Roi et Paris 18ème.

Qu’est-ce qui a motivé votre engagement pour Emmanuel Macron ?
C’est d’abord la vision de l’homme. Emmanuel Macron a agi avec méthode en faisant un diagnostic sans complaisance de la France. Il a une vision progressiste, une vison d’avenir dans un monde en perpétuel mutation. Une vision d’audace et d’espoir pour mettre fin à ce clivage stérile gauche-droite. Ensuite, il y a évidemment le programme. Un programme construit à la base avec les adhérents d’En Marche ! Ces milliers d’engagés qui ont participé à son élaboration. C’est un projet qui libère les initiatives économiques, protège les individus et réconcilie la société. C’est un projet ambitieux et crédible pouvant permettre à la France de devenir une chance pour tous. Enfin, il y a l’homme pétri de talent et compétent. Il cumule une expérience professionnelle dans le privé et dans le secteur public et a fait ses preuves à Bercy (ministère français de l’Économie, Ndlr).

Êtes vous convaincu par sa politique envers les binationaux, la diaspora et l’Afrique ? Si oui, sur quels points ?
Évidement, c’est d’ailleurs l’une des raisons de mon engagement. Quand je vois Sibeth Ndiaye (la Franco-Sénégalaise qui s’occupe des relations presse du candidat Macron, Ndlr) auprès de lui comme l’une de ses proches collaborateurs, j’en suis fier. Emmanuel Macron est un pragmatique et libéral égalitaire. Pour lui, l’Afrique est un continent d’avenir qui connaît une croissance économique continue depuis 2000 avec le développement du secteur privé et l’émergence d’une classe moyenne qui voyage, se cultive et investit. Il est dans une dynamique de coproduction avec l’Afrique dont certains pays ne doivent plus être vus comme le pré carré de la France. Il souhaite établir un partenariat gagnant-gagnant pour le renforcement des intérêts mutuels : faciliter la circulation des chercheurs et entrepreneurs africains, secteur du commerce, de la sécurité...

Emmanuel Macron veut mobiliser les investisseurs privés, français et africains, pour innover et créer ensemble de la valeur. L’Afrique, c’est aussi la Francophonie. Emmanuel Macron veut surtout en renforcer la dimension économique. Enfin, il souhaite, d’ici à 2030, amener progressivement l’aide au développement à hauteur de 0,7 du Pib français.

Comment jugez-vous la prestation de Macron face à Le Pen lors du débat de mercredi ?
Emmanuel a été très bon avec une posture d’homme d’État. Très pragmatique et pédagogue devant une Marine Le Pen agressive d’un vide abyssal, il a déroulé son programme et sa vision de la France de demain. Il a démontré que le Front national n’est ni capable ni prêt de gouverner.

De notre envoyé spécial à Paris Moussa DIOP

Au lendemain d’un débat télévisé d’une brutalité sans précédent, la campagne présidentielle française touche à sa fin dans un climat tendu, avec une plainte, hier, d’Emmanuel Macron contre des rumeurs et un accueil houleux pour les deux candidats.

Toujours en tête des sondages à la veille de la fin de la campagne et à trois jours du second tour, le jeune centriste pro-européen, qui a reçu le soutien appuyé de l’ancien président américain Barack Obama, tient son dernier grand meeting à Albi (sud-ouest). Sa rivale, Marine Le Pen, doit participer à une «fête populaire» dans un petit village du nord.

M. Macron a été accueilli, à son arrivée à Albi, par une cinquantaine de militants syndicaux qui l’ont interpellé sur une loi controversée libéralisant le code du travail. Mme Le Pen, elle, a été accueillie par des jets d’œufs lors d’un déplacement dans l’ouest de la France, avec des cris «Dehors les fachos», à l’entrée d’une entreprise qu’elle a ensuite visitée.

Ses insinuations, pendant le débat télévisé, sur «un compte offshore aux Bahamas» que son rival pourrait détenir - allégation massivement relayée par les réseaux sociaux proches de l’extrême droite - ont conduit M. Macron à déposer plainte pour «propagation de fausse nouvelle». Le parquet de Paris a immédiatement ouvert une enquête, notamment pour faux et divulgation de fausses nouvelles, en vue de détourner les suffrages.

Cette accusation était l’une des multiples attaques lancées, mercredi soir, par la candidate du Front national (Fn) lors du seul face à face de l’entre deux tours, suivi par près de 16,5 millions de téléspectateurs. Sa prestation a été sévèrement jugée dans les rangs de son parti, plusieurs de ses soutiens évoquant en privé une débatteuse «très mauvaise» et parfois «incompréhensible». Son père, Jean-Marie, brouillé avec elle et déjà très critique de sa campagne «trop cool», a, lui-même, jugé qu’elle avait «peut-être manqué de hauteur».

Lors du débat, Mme Le Pen a qualifié son adversaire «d’enfant chéri du système», de «candidat de la mondialisation sauvage», «du communautarisme» et de «la guerre de tous contre tous». «Parasite», «grande prêtresse de la peur», a rétorqué M. Macron en l’accusant de prospérer sur la colère et sur la détresse des Français.

A l’offensive sur tous les thèmes, notamment sur les questions européennes, l’ancien ministre de l’Économie s’est présenté en défenseur de «l’esprit de conquête français» face à «l’esprit de défaite» incarné, selon lui, par son adversaire. Le président socialiste François Hollande a jugé que «l’ignorance» de Marine Le Pen sur les questions monétaires européennes «ne peut (lui) permettre d’être» présidente.

La confrontation télévisée, dernière grande occasion de convaincre les indécis, a marqué les esprits par sa violence et sa confusion.
Selon un sondage d’après-débat, deux tiers des téléspectateurs ont trouvé le centriste plus convaincant, un tiers penchant pour Mme Le Pen - appréciation en phase avec les intentions de vote pour dimanche à pondérer par la grande inconnue du taux d’abstention.

AFP

Un ex-ministre guinéen des Mines a été jugé coupable, à New York, d’avoir accepté 8,5 millions de dollars de pots-de-vin de deux entreprises chinoises en échange de son appui politique, a annoncé, hier, le ministère américain de la Justice (Doj).

Arrêté en décembre, aux États-Unis, Mahmoud Thiam était poursuivi pour avoir monnayé son influence alors qu’il était ministre des Mines et de la Géologie de la République de Guinée en 2009 et 2010 sous la transition militaire. Sa peine sera fixée en août, a précisé le Doj dans un communiqué.

Selon le ministère, deux entreprises chinoises — China sonangol et China international fund— lui avaient alors versé 8,5 millions de dollars sur un compte bancaire à Hong Kong après avoir décroché de «juteux» droits d’exploitation miniers en Guinée grâce à son intervention. M. Thiam a transféré près de la moitié de cette somme aux États-Unis en a dissimulant l’origine frauduleuse et en la dépensant dans des produits de luxe et dans l’immobilier, assure le ministère. «M. Thiam a profité de sa fonction ministérielle pour s’enrichir au détriment d’un des pays les plus pauvres d’Afrique», a estimé Joon Kim, ministre par intérim de la Justice de New York. Riche en ressources naturelles, la République de Guinée est au cœur d’une autre affaire de corruption retentissante qui vaut au milliardaire Franco-Israélien Beny Steinmetz d’être visé par une enquête sur des pots-de-vin versés à de hauts fonctionnaires en échange de contrats miniers.

AFP

Le procès des 34 ministres du dernier gouvernement du président burkinabè Blaise Compaoré pour leur implication présumée dans la répression de l’insurrection populaire d’octobre 2014, qui devait s’ouvrir hier, a été, une nouvelle fois, reporté au 8 mai, a constaté l’Afp.

«On veut un débat serein pour aboutir à un procès équitable. Nous allons accéder à la demande de renvoi pour reprendre le lundi 8 mai», a affirmé le président de la Haute cour de justice de Ouagadougou, le député Mathieu Bebrigda Ouedradrogo.

Les avocats commis d’office respectivement pour l’ancien ministre de la Culture Baba Hama et l’ancien ministre délégué aux Infrastructures Baba Diemé ont sollicité un renvoi pour prendre connaissance du dossier.

Le 27 avril, le président avait déjà renvoyé les débats à la demande du bâtonnier en raison de la rentrée du barreau. Les 34 ministres du dernier gouvernement Compaoré, dont une vingtaine étaient présents hier, sont poursuivis pour «complicité d’homicide volontaire et blessures volontaires» pour avoir participé «au Conseil extraordinaire des ministres du 29 octobre 2014 au cours duquel ils ont décidé de (faire appel à) l’armée pour réprimer les manifestants». Ceux-ci protestaient contre la modification de la Constitution qui devait permettre à M. Compaoré de briguer un nouveau mandat mais a finalement entrainé sa chute. La répression a fait une trentaine de morts.

Le «beau Blaise», resté 27 ans au pouvoir, est cité à comparaitre non en tant que président mais en tant que ministre la Défense, portefeuille sur lequel il gardait la haute main. Il n’était pas dans le box des accusés puisqu’il vit en exil à Abidjan depuis sa fuite, mais son avocat français, Pierre Olivier Sur, était présent hier au tribunal. Celui-ci n’a toutefois pas été autorisé à représenter son client en raison de son absence. «Ce qui se passe est trop grave. C’est grave de museler un avocat. Je suis venu en robe, je suis venu en avocat, et ils m’ont retiré le droit d’être avocat, de parler au nom d’un client», s’est insurgé Me Sur auprès de l’Afp après l’audience.

AFP 

La justice sud-africaine a ordonné, hier, au président Jacob Zuma de publier tous les documents qui ont justifié le récent et très controversé remaniement du gouvernement au cours duquel le respecté ministre des Finances Pravin Gordhan a été limogé.

Saisi par le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (Da), un juge du tribunal de la capitale, Pretoria, a exigé du chef de l’État qu’il remette au plaignant «tous les documents et enregistrements électroniques» liés au remaniement. Le limogeage, fin mars, de M. Gordhan a poussé dans les rues des dizaines de milliers de manifestants qui ont exigé la démission de M. Zuma, accusé de piller les deniers publics.

Il a également accéléré la dégradation de l’Afrique du Sud au rang d’investissement «spéculatif» par deux des trois grandes agences de notation financière internationales. Les avocats de M. Zuma ont expliqué, hier, devant le tribunal, que le chef de l’État avait remanié son gouvernement en vertu des pouvoirs que lui confère la Constitution.

La Da a réfuté cette explication, estimant que sa décision était fondée sur un «faux» rapport des services de renseignement selon lequel M. Gordhan discréditait délibérément le chef de l’État lors de ses déplacements à l’étranger. L’un des responsables du parti, James Selfe, s’est déclaré «enchanté» par la décision du juge Bashir Vally.

«C’est une victoire non seulement pour la Da mais aussi pour tous les Sud-Africains qui méritent de connaître les raisons de cette désastreuse décision du président», a-t-il précisé.
Plusieurs partis d’opposition ont déposé au Parlement une nouvelle motion de défiance contre le président Zuma.

AFP 

Choc frontal et virulent, hier soir, lors du débat télévisé entre les deux finalistes de la présidentielle française : la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen, a accusé Emmanuel Macron d’être le «candidat de la mondialisation sauvage», le candidat pro-européen lui reprochant de «dire beaucoup de mensonges».

Sommés de convaincre indécis et abstentionnistes pour remporter le deuxième tour de dimanche, les deux candidats se sont attaqués dès les première secondes de leur duel à 19H00 Gmt devant plusieurs millions de téléspectateurs.

Mme Le Pen, anti-euro et anti-immigration, s’est présentée comme «la candidate du peuple», «de la nation qui protège (...) les emplois, la sécurité, les frontières, du fondamentalisme islamiste», en totale opposition à M. Macron, «l’enfant chéri du système et des élites».

La candidate de 48 ans, sourire ironique aux lèvres, s’est ingéniée à provoquer l’ex-ministre de l’Économie, «piloté par François Hollande», le renvoyant à sa participation au gouvernement très impopulaire du président sortant.  

Le candidat centriste de 39 ans a répliqué : «Ce que vous portez, c’est l’esprit de défaite», a-t-il dénoncé. Avec Mme Le Pen,»on va sortir de l’euro, de l’Europe», a-t-il souligné, alors que selon les sondages, une majorité de Français sont hostiles à une sortie de la monnaie unique. La France, «ce qui fait sa force, c’est qu’elle rayonne partout», a-t-il argué.

«Votre stratégie, c’est de dire beaucoup de mensonges aux Français», a-t-il attaqué, alors que Mme Le Pen a entretenu le flou, ces dernier jours, sur le dossier européen. «Vous êtes l’héritière d’un système qui prospère sur la colère des Français depuis des décennies».

L’émission a débuté de manière assez décousue, les deux candidats s’interrompant sans cesse et rentrant dans les détails de dossiers économiques, contraignant les journalistes animant les échanges à leur demander d’»avancer» pour redonner une cohérence au débat.

AFP

Abubakar Shehau, le chef du groupe islamiste Boko Haram, a été blessé et l’un de ses adjoints tué par un bombardement aérien dans le nord-est du Nigeria, a-t-on appris, hier, de sources sécuritaires.

Deux avions nigérians ont bombardé des combattants de Boko Haram réunis en prière vendredi dernier dans Balla, un village à quelque 40 km de Damboa, en lisière de la forêt de Sambisa, l’une des caches des islamistes.

«Shekau a été blessé dans le bombardement et serait soigné près de la frontière avec le Cameroun, vers Kolofata», selon l’une de ces sources.
«Son adjoint, Abba Mustapha, alias Malam Abba, a été tué ainsi qu’un autre de ses lieutenants, Abubakar Gashua, alias Abu Aisha», a ajouté cette source.

Une autre source, Babakura Kolo, membre d’une milice civile de Maidaguri, la capitale de l’État de Borno et berceau du groupe islamiste, a confirmé ces déclarations, disant que «Shekau a été blessé et des commandants tués».
«Parmi eux, se trouve son adjoint Malam Abba. Ils ont eu de lourdes pertes, car le bombardement a visé nombre de combattants participant aux prières du vendredi».

Aucune information de l’armée nigériane, contactée par l’Afp, n’était encore disponible mercredi.
Les autorités ont déjà annoncé, au moins à trois reprises, avoir tué Shekau dans le passé.

Mais, en mars, le chef de Boko Haram est apparu dans une vidéo et a revendiqué la responsabilité d’une série d’attentats-suicides.
Depuis deux ans, les insurgés ont été chassés de la plupart des territoires dont ils s’étaient emparés en 2014 pour fonder un califat islamique. Mais, malgré cet affaiblissement, les attaques et attentats-suicides continuent.

Une personne a été tuée et neuf Casques bleus ont été blessés, hier, à Tombouctou, dans le nord du Mali, dans l’attaque au mortier d’un camp de la Mission des Nations unies dans le pays (Minusma), a annoncé l’Onu.

Une personne a été tuée et neuf Casques bleus ont été blessés, hier, à Tombouctou, dans le nord du Mali, dans l’attaque au mortier d’un camp de la Mission des Nations unies dans le pays (Minusma), a annoncé l’Onu. Cette «attaque aux mortiers ou roquettes» a visé peu après 13H00 (locales et Gmt) le camp de la Minusma à Tombouctou, dit «Super Camp», explique la mission onusienne dans un communiqué diffusé hier après-midi. «Selon les rapports préliminaires, six obus y ont atterri.

Le bilan provisoire est de neuf blessés parmi les Casques bleus», dont  «quatre grièvement», qui étaient en cours d’évacuation sur Bamako, la capitale. «L’attaque a fait un mort dont l’identification est en cours», selon le communiqué. «Des dégâts matériels ont également été causés dont l’ampleur sera établie ultérieurement. Aucun personnel civil n’a été affecté», précise la Minusma. Elle ne fournit aucune indication sur les nationalités des Casques bleus blessés.

Ces derniers comprennent des Libériens et un Suédois, selon les armées libérienne et suédoise ayant évoqué l’attaque à Monrovia et à Stockholm. «Notre base à Tombouctou, au Mali, a été frappée par des roquettes. Il y a eu plusieurs blessés et d’autres dégâts. Nous enquêtons sur le sujet», a déclaré un porte-parole de l’armée libérienne, Prince C. Johnson, à l’Afp à Monrovia, sans plus de détails. A Stockholm, l’armée suédoise a diffusé un bref communiqué indiquant qu’un soldat suédois a été légèrement blessé dans une attaque contre un camp abritant son contingent dans le sud de Tombouctou.

Le blessé était pris en charge par l’unité médicale suédoise, et lors de l’attaque, «plusieurs explosions puissantes» se sont produites, a-t-elle affirmé, précisant ne pas disposer de plus de détails.

Selon le communiqué de la Minusma, la force de l’Onu «a renforcé la protection du camp et a déployé des moyens aériens de reconnaissance pour identifier la zone où les tirs ont été lancés».

La Minusma «condamne, dans les termes les plus vigoureux, cette attaque lâche et ignoble contre son camp et son personnel. Elle appelle au déploiement de tous les efforts pour identifier les responsables de cette attaque terroriste et les traduire en justice».

AFP

Après plus d’un an de blocage politique, les deux principaux protagonistes en Libye ont opéré un timide rapprochement en s’accordant sur la nécessité de sortir le pays du chaos sans pour autant déterminer les moyens d’y mettre fin.

Mardi et pour la première fois depuis janvier 2016, Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement d’union nationale (Gna) soutenu par l’Onu et l’Occident, et le maréchal Khalifa Haftar, chef des forces armées des autorités parallèles basées dans l’est du pays, se sont rencontrés aux Émirats arabes unis.

Le Gna, mis en place aux termes d’un accord négocié sous l’égide de l’Onu, s’est installé en mars 2016 à Tripoli, mais son autorité est contestée par le maréchal Haftar, l’homme fort de l’est du pays où se trouvent les principaux terminaux pétroliers libyens.
La rencontre de MM. Sarraj et Haftar en 2016 n’avait pas permis un dégel, alors que le pays reste englué dans une interminable crise de transition, victime d’une insécurité persistante, d’une économie en lambeaux et de rivalités politiques, six ans après la révolte ayant mis fin à la dictature de Mouammar Kadhafi.

Celle de mardi à Abou Dhabi a été présentée comme un pas positif, mais le chemin pour une solution reste loin.  Dans deux communiqués distincts publiés hier, les deux hommes ont souligné la nécessité de régler la crise économique et politique et «d’unifier les efforts pour lutter contre le terrorisme et mettre fin aux souffrances des Libyens». Cependant, la question de la formation d’une armée libyenne unifiée semble toujours diviser les deux camps.

M. Sarraj, dans son communiqué, affirme s’être mis d’accord avec le maréchal Haftar afin de «mettre en place une stratégie (...) pour former une armée libyenne unifiée» sous «une autorité civile».

En revanche, dans le communiqué de l’autre camp, il est écrit que l’accent a été mis sur la nécessité «de permettre à l’institution militaire (loyale à Haftar) d’assurer pleinement son rôle dans la lutte contre le terrorisme». Le maréchal Haftar a fait de la lutte antiterroriste son cheval de bataille. Ses forces combattent les jihadistes du groupe État islamique (Ei) et d’Al-Qaïda ainsi que d’autres groupes rivaux, notamment ceux originaires de la ville de Misrata (ouest).

 

AFP -

 

«Nous y arriverons !» Donald Trump a affiché, hier, son optimisme sur la possibilité d’aboutir à un accord de paix au Proche-Orient en recevant, pour la première fois, le président palestinien Mahmoud Abbas à la Maison Blanche.

«Nous voulons créer la paix entre Israël et les Palestiniens», a lancé le président américain tout en restant très évasif sur la façon dont il entendait procéder pour régler l’un des plus vieux conflits du monde sur lequel tous ses prédécesseurs ont échoué. «Honnêtement, c’est peut-être moins difficile que ce que les gens pensent depuis des années», a-t-il encore dit à propos de ce dossier délicat tant les positions sont, à ce jour, éloignées et le degré de défiance élevé.
Debout à ses côtés, M. Abbas a également prononcé une courte allocution à la tonalité plutôt optimiste. Louant les talents de négociateurs de son hôte, il a évoqué l’espoir d’un «traité de paix historique» sous sa présidence.

Les Palestiniens réclament un État indépendant dans les frontières de 1967, ayant pour capitale Jérusalem-Est ; ce qui signifie la fin de 50 ans d’occupation de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de la partie majoritairement palestinienne de la Ville sainte.
«Il est temps qu’Israël mette fin à son occupation. Nous aspirons à la liberté, à la dignité», a lancé M. Abbas dont la position dans les Territoires palestiniens est délicate, Gaza étant tenue depuis 10 ans sans partage par le Hamas islamiste. Mettant en avant un message de «souffrance» mais aussi «d’espoir» de son peuple, il a réaffirmé avec force son attachement à une solution à deux États.

En recevant, mi-février, son «ami» le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, M. Trump avait affirmé que la «solution à deux États» n’était pas la seule possible, rompant avec un principe de référence défendu des décennies par la communauté internationale et tous les présidents américains, démocrates comme républicains. Il n’est pas revenu directement sur ce sujet sensible hier, mais a longuement affiché sa conviction qu’une solution n’était pas hors de portée.

Se proposant d’être un «médiateur», un «arbitre» ou un «facilitateur» d’un processus qui mènera à la paix, il a souligné, à l’attention de son invité du jour, qu’il ne pouvait y avoir de paix durable si les dirigeants palestiniens «ne condamnent pas à l’unisson les appels à la violence et la haine».

«Le simple fait que cette rencontre ait lieu est l’un des nombreux signaux qui démontrent que l’approche de Trump face au conflit israélo-palestinien est plus conventionnelle que ce à quoi tout le monde s’attendait», souligne Ilan Goldenberg, expert du Center for a New American Security.
Comme sur nombre de grands dossiers diplomatiques, le magnat de l’immobilier a, de fait, considérablement évolué par rapport à ses promesses de campagne.

S’il a pris ses distances avec la solution à deux États, il a aussi appelé, devant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à la «retenue» sur l’expansion des colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés.
Le magnat de l’immobilier a également, pour l’heure, mis en sourdine sa promesse de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y installer l’ambassade américaine, une décision qui aurait provoqué, à coup sûr, la colère des Palestiniens.
Mardi pourtant, le vice-président Mike Pence a laissé entendre que cette hypothèse pourrait revenir sur le devant de la scène. «Au moment où nous parlons, (le président) se penche avec attention sur un déplacement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem», a-t-il lancé, sans autres précisions.

Depuis le Qatar, où il vit, le chef du Hamas palestinien, Khaled Mechaal, a estimé que Donald Trump avait «une occasion historique» de «mettre la pression sur Israël (...) pour trouver une solution équitable pour le peuple palestinien».
«Ma demande à l’administration Trump est de rompre avec les approches erronées du passé (...) et peut-être de saisir l’opportunité que représente le document du Hamas», a-t-il déclaré sur Cnn, en référence à la nouvelle plateforme présentée lundi par son mouvement et visant à atténuer le ton belliqueux de son texte fondateur.
Le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu a déjà estimé que ce texte ne changeait rien, jugeant que le Hamas essayait «de duper tout le monde».

 

AFP -

 

 

Le Liberia a enregistré, y compris dans sa capitale, Monrovia, de nouveaux cas de la maladie non identifiée provoquant fièvre et vomissements, testée négative à Ebola, avec désormais 12 morts en moins de dix jours, selon le ministère libérien de la Santé hier.

Depuis Genève, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) a aussi fait état, hier ,de nouveaux cas de cette maladie dont les premiers patients ont été enregistrés dans la province de Sinoe, dans le sud-est du Liberia. Des analyses étaient en cours pour identifier la maladie, testée négative aux virus de la fièvre Ebola et de la fièvre de Lassa, d’après l’Oms et les autorités libériennes. «Il y a eu deux cas de plus qui ont été déclarés. Le bilan global est maintenant de 21 personnes tombées malades, dont 12 sont décédées depuis le dimanche 23 avril», a déclaré un porte-parole de l’Oms, Tarik Jasarevic.

A Monrovia, le porte-parole du ministère libérien de la Santé, Sorbor George, a aussi parlé de 12 décès parmi les malades enregistrés depuis que les symptômes se sont déclarés à Greenville, chef-lieu de la province de Sinoe. Il a également affirmé que la maladie avait atteint Monrovia. Selon lui, l’enquête épidémiologique, ouverte pour identifier la maladie, se poursuivait, les premières analyses ayant écarté la présence du virus Ebola et à fièvre Lassa. Des échantillons de sang, prélevés sur les patients, «ont été envoyés à Atlanta aux États-Unis. Cela prendra quelques semaines pour identifier la maladie», a-t-il dit. Des enquêteurs sanitaires ont été déployés pour déterminer un lien potentiel avec les malades dont certains ont assisté récemment aux funérailles d’un chef religieux.

AFP

Huit soldats maliens ont été tués, hier, et quatre blessés dans une attaque «menée par des terroristes» dans la région de Ségou, dans le centre du Mali, a indiqué à l’Afp une source militaire malienne.

«Nous avons perdu huit militaires, hier, dans une attaque complexe menée par les terroristes, entre les localités de Nampala et de Diabali», a déclaré à l’Afp cette source militaire jointe sur le terrain depuis la capitale, Bamako. Quatre soldats ont aussi été blessés lors de l’attaque, a-t-elle indiqué sous le couvert de l’anonymat. Nampala, proche de la frontière mauritanienne, est une ville-garnison proche de la frontière mauritanienne, qui a été visée par plusieurs attaques jihadistes meurtrières.

Certains assauts ont été revendiqués par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), comme en janvier 2015, lorsque plus de dix soldats ont péri sous le feu des combattants jihadistes. Jointe depuis Bamako, une source de sécurité a également confirmé l’attaque d’hier dans la même zone, évoquant huit morts et des blessés parmi les soldats maliens, en précisant que l’assaut a été précédé d’une embuscade. «Un véhicule de tête de l’armée malienne a sauté sur une mine et les terroristes ont immédiatement ensuite ouvert le feu. Il y a huit morts et des blessés», a affirmé la source de sécurité.

AFP -

A défaut d’un véritable mea culpa, Hillary Clinton a livré, hier, son interprétation la plus claire à ce jour de sa défaite face à Donald Trump, accusant le directeur du Fbi, James Comey, Vladimir Poutine et Wikileaks de lui avoir volé une victoire quasi-acquise.

«J’étais sur le chemin de la victoire jusqu’à ce que la lettre de Jim Comey, le 28 octobre, et le Wikileaks russe créent le doute dans la tête des gens qui penchaient en ma faveur, et qui ont fini par prendre peur», a déclaré l’ancienne candidate à New York, interrogée par une journaliste lors d’un événement de l’Ong Women for Women International. «Si l’élection avait eu lieu le 27 octobre, je serais votre présidente», a-t-elle dit. Hillary Clinton a participé à quelques événements publics depuis novembre, mais elle s’était peu exprimée sur les raisons de son échec. On savait, par son entourage, qu’elle entretenait une amertume vis-à-vis du Fbi, qui a relancé, quelques semaines avant le scrutin, l’affaire de ses emails. Début avril, elle s’était dite certaine que la misogynie avait «joué un rôle», et avait évoqué le double effet négatif de M. Comey et des fuites de messages privés sur Wikileaks. Mais, c’est la première fois qu’elle expliquait en longueur son interprétation du résultat de l’élection. Hillary Clinton a remonté le temps jusqu’au 7 octobre, un mois avant le scrutin.
Ce vendredi après-midi-là, le Washington Post divulguait une vidéo de Donald Trump se vantant, en 2005, d’attraper les femmes «par la chatte». La vidéo faisait l’effet d’une bombe. Mais, dans la demi-heure, des milliers de messages Gmail du président de son équipe de campagne, John Podesta, étaient publiés par le site Wikileaks. Depuis, on a appris que des hackers liés au renseignement russe avaient piraté la messagerie des mois auparavant.

- Octobre noir -
«Quelle coïncidence», a ironisé Hillary Clinton, insinuant que la fuite avait été orchestrée pour atténuer l’impact de la vidéo salace sur la campagne républicaine. Ces messages, dont des dizaines de milliers seront distillés jusqu’à l’élection, racontaient les coulisses et machinations de la campagne démocrate, alimentant la presse et brouillant son message. Y figurait notamment le texte de discours d’Hillary Clinton à Wall Street, qu’elle avait obstinément refusé de publier. Puis, le 28 octobre, le directeur du Fbi annonçait au Congrès que ses enquêteurs avaient trouvé de nouveaux messages justifiant une relance des investigations closes au mois de juillet précédent sur les emails de l’ancienne secrétaire d’État, remettant à la une cette affaire.
Ce n’est que deux jours avant le scrutin que M. Comey annoncera n’avoir finalement rien trouvé d’incriminant.

- Mea culpa minimal -
«Ai-je fait des erreurs ? Mon Dieu, oui», a dit Mme Clinton, hier, promettant une «confession» et une «demande d’absolution» dans un livre à l’automne. «J’assume absolument ma responsabilité personnelle. La candidate, c’était moi». «Mais, la raison pour laquelle nous avons perdu se trouve dans les événements des dix derniers jours» de la campagne, a-t-elle poursuivi, martelant que le vote anticipé, les sondages et les remontées de terrain la montraient gagnante jusqu’à fin octobre.
Reprenant les conclusions de l’administration Obama, elle a accusé le président russe, Vladimir Poutine, supposé entretenir une haine tenace à son égard depuis qu’elle a critiqué le déroulement d’élections russes en 2011. «Quand vous regardez mon adversaire et les déclarations de sa campagne, ils se sont assez coordonnés avec les objectifs du leader dont je tairai le nom», a-t-elle dit, sans aller jusqu’à directement accuser MM. Trump et Poutine de collusion. «J’ai gagné trois millions de voix de plus que mon adversaire», s’est vantée la démocrate. M. Trump a perdu le suffrage populaire, mais remporté l’élection au suffrage indirect.

 

AFP -

 

La Commission européenne va mettre un terme, en novembre, aux dérogations exceptionnelles accordées depuis 2015 aux pays européens confrontés à un fort afflux migratoires pour des contrôles aux frontières internes de l’espace Schengen, a-t-elle annoncé hier.
Bruxelles estime que, dans les six mois à venir, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Suède et la Norvège doivent mettre fin aux contrôles systématiques à certaines de leurs frontières.

«Ce sera la dernière prolongation», a prévenu le commissaire européen à la Migration, Dimitris Avramopoulos, lors d’une conférence de presse. «Il est temps de prendre la dernière mesure concrète pour revenir progressivement au fonctionnement normal de l’espace Schengen», a-t-il déclaré à Bruxelles.

Les États membres doivent encore formellement adopter cette «recommandation» de la Commission pour qu’elle se concrétise.
La Suède a toutefois déjà annoncé, un peu plus tôt dans la journée, la suppression de ses contrôles systématiques à sa frontière avec le Danemark.

En mai 2016, l’exécutif européen avait accepté, pour la première fois, une prolongation exceptionnelle —au-delà de la durée autorisée en temps normal— des contrôles rétablis en 2015 à certaines frontières de ces cinq pays membres de l’espace Schengen.
La Commission avait assuré qu’il s’agissait d’une situation exceptionnelle, justifiée par la porosité alors anormale des frontières extérieures de l’Ue et s’était fixée pour objectif un retour à la normale d’ici la fin 2016.

AFP -

Le Hamas islamiste palestinien a modifié, hier soir, pour la première fois de son histoire, son programme politique, acceptant notamment un État palestinien limité aux frontières de 1967 et insistant sur le caractère «politique» et non religieux de son conflit avec Israël.

Dans le document en arabe et en anglais rendu public, que le mouvement a adjoint à sa charte rédigée en 1988, le Hamas estime que «l’établissement d’un État palestinien entièrement souverain et indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem pour capitale (...) est une formule de consensus national». Ce document en 42 points a été mis en ligne sur le site du Hamas au moment même où débutait, à Doha, une conférence de presse du chef du Hamas en exil, Khaled Mechaal.

Cette conférence était retransmise en direct à Gaza, tenue sans partage depuis 10 ans par le mouvement islamiste, devant un parterre de dirigeants du Hamas qui devaient également s’exprimer au cours de la soirée. Le Hamas est considéré comme «terroriste» par les États-Unis, l’Union européenne et Israël, et nombre de ses dirigeants sont visés par des sanctions.  En amendant pour la première fois, en près de 30 ans, ses textes fondateurs, dénoncés par certains, Israël en tête, comme «antisémites», il tente de revenir dans le jeu des négociations internationales, estiment les experts.

La principale modification est la reconnaissance de l’État de Palestine dans les frontières de 1967 -d’avant l’occupation israélienne de la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est-, avait récemment expliqué à l’Afp un haut cadre du Hamas sous le couvert de l’anonymat, précisant que cela ne valait «en aucun cas une reconnaissance» d’Israël.
Les autres grands points sont la distinction entre les juifs «comme communauté religieuse d’une part et l’occupation et le projet sioniste d’autre part», ainsi que la prise de distance du Hamas avec les Frères musulmans égyptiens. Un responsable du Hamas a indiqué à l’Afp sous le couvert de l’anonymat que le document rendu public serait ensuite présenté «à plusieurs capitales étrangères» dont beaucoup refusent actuellement de dialoguer avec le Hamas.

Cette annonce intervient à 48 heures de la première rencontre entre le président américain Donald Trump avec son homologue palestinien Mahmoud Abbas, à couteaux tirés avec le Hamas.
Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déjà qualifié le nouveau document du Hamas de «mensonger».

 

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Le pape François a plaidé pour la paix et la concorde entre musulmans et chrétiens, hier, au Caire, en se rendant dans une église copte, où 29 fidèles ont péri dans un attentat jihadiste, et auprès du grand imam d’Al-Azhar.

«Vos souffrances sont aussi nos souffrances», a dit le pontife lors d’un discours au siège de l’église copte orthodoxe devant le pape Tawadros II.
Les deux hommes, l’un en blanc et l’autre en noir, ont ensuite marché une centaine de mètres en procession, entourés de gardes du corps et de dignitaires religieux, pour rejoindre l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, frappée, en décembre, par un attentat revendiqué par le groupe État islamique (Ei), mais rénovée depuis. Arrivé en début d’après-midi dans la capitale égyptienne, le pape s’est rendu à une conférence organisée par l’influente institution sunnite Al-Azhar. «Aucune violence ne peut être perpétrée au nom de Dieu, parce qu’elle profanerait son Nom», y a-t-il martelé. Plus tôt, le pape François s’est rendu au palais présidentiel pour une rencontre avec le président Abdel Fattah al-Sissi, avant d’être reçu par le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed al-Tayeb.

A Al-Azhar, le pape a fustigé les «populismes démagogiques» qui, selon lui, «n’aident pas à consolider la paix et la stabilité», sans citer d’exemple de gouvernement populiste. Il a aussi appelé à «bloquer les flux d’argent et d’armes» pour «prévenir les conflits et édifier la paix».
Dans un autre discours prononcé devant M. Sissi, le pape François a appelé au respect «inconditionnel» des droits de l’Homme, citant «la liberté religieuse et d’expression». Mais, M. Sissi a été le premier président égyptien à se rendre à la messe de Noël à la cathédrale copte du Caire. Et il jouit d’une forte popularité au sein de la communauté depuis qu’il a destitué M. Morsi. «L’Égypte se tient en premières lignes dans la confrontation du mal terroriste, son peuple paye avec sacrifice un prix exorbitant pour faire face à ce danger» a lancé M. Sissi, saluant les positions du pape François «qui encourage la tolérance, la paix et la coexistence entre les peuples».

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Le 29 octobre 2014, Blaise Compaoré a fait face à un véritable soulèvement populaire, pour avoir voulu faire modifier, par l’Assemblée nationale, l’article de la Constitution burkinabé qui limitait le nombre de mandat présidentiel, brisant un consensus de la classe politique sur cette question éminemment politique.

Les manifestants exprimaient en toile de fond leur ras-le-bol après 27 ans de règne sans partage. Et la tentative de faire modifier la Constitution, afin de briguer un cinquième mandat, ne pouvait passer surtout auprès des jeunes qui n’avaient connu que ce régime et ne voyaient aucune perspective. Le Régiment de sécurité présidentielle, une armée dans l’armée nationale venue en force, a du reculer devant la détermination de la foule des grandes révoltes.

Un nouveau Burkina Faso est né avec ses citoyens qui ont repris leur pouvoir en main, dans ce pays où l’armée est très impliquée dans la vie politique depuis les premières années de l’indépendance, avec le coup d’État du chef d’état-major de l’armée Sangoulé Lamizana contre le premier président, Maurice Yaméogo. Le point culminant a sans doute été le mémorable duel au sommet des hommes en treillis et l’élimination physique de Thomas Sankara par Blaise Compaoré qui tenait à « rectifier » la révolution qu’ils avaient déclenchée ensemble.

Pendant vingt-sept ans, Blaise Compaoré, sous des habits civils, a pris le temps d’éliminer ses adversaires déclarés et potentiels, de choisir et former ses hommes et d’installer son système, de le roder, de le ramifier et l’ancrer durablement à travers tous les segments de la société burkinabé. Une parfaite maitrise de l’État qui lui a permis de maintenir la stabilité et à faire faire de réels progrès à ce pays sahélien enclavé et sans ressources. C’est sûrement ce qui lui a permis de s’imposer comme médiateur dans plusieurs conflits ouest-africains. Ce qui lui a fait croire qu’il pourrait prolonger son bail avec le peuple burkinabé, encouragé par des caciques du régime qui, en aucun cas, ne voulaient perdre leurs privilèges.

Blaise Compaoré n’a certainement pas retenu la leçon de Mamadou Tandja du Niger, délogé par les militaires alors qu’il voulait se maintenir au pouvoir. Au Sénégal, la suppression de la limitation des mandats présidentiels a pesé lourd dans la défaite du président Abdou Diouf en 2000, de même que dans celle d’Abdoulaye Wade face au président Macky Sall en 2012.
Les jeunes électeurs africains se sont arrimés aux normes de gestion standard internationalement reconnues, parmi lesquelles des élections libres, transparentes et régulièrement organisées, la liberté d’expression et, de plus en plus, une limitation des mandats pour lutter contre l’immobilisme institutionnel et politique.

L’idée d’une limitation à deux mandats présidentiels de cinq ans dans l’espace Cedeao, selon le Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance, a été agitée par les sociétés civiles ouest-africaines qui œuvrent à fédérer leurs actions dans l’espace communautaire afin de peser sur les questions politiques nationales.

Même si l’acteur principal, Blaise Compaoré, a été recyclé par la Côte d’ivoire pour se soustraire à tout jugement sur la façon dont il a conduit la nation burkinabé, ce procès permettra à l’opinion burkinabé d’en savoir surtout sur les tenants et les aboutissants et de condamner les seconds couteaux. Ils sont pleinement responsables aussi, pour avoir mis en avant leurs positions et privilèges, au détriment des citoyens de qui ils tiennent leur légitimité.

Par Alassane DIAWARA

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