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Actualités Internationales (1369)

L'absence prolongée du président nigérian Muhammadu Buhari, en "repos médical" à Londres depuis plus d'un mois, suscite des doutes sur sa santé et alimente les craintes d'une crise politique au sein du pays le plus peuplé d'Afrique.

Agé de 74 ans, l'ancien général a quitté le Nigeria le 19 janvier, pour ce qui était à l'origine "ses congés annuels". Un séjour prolongé jusqu'à une date indéterminée, le président ayant "besoin d'une plus longue période de repos" suite à des tests médicaux, a indiqué, hier, son porte-parole, Femi Adesina, assurant qu'il n'y avait "aucune raison de s'inquiéter".
En attendant, M. Buhari a transmis les rênes du pouvoir au vice-président, Yemi Osinbajo, chrétien et yoruba originaire de Lagos, la capitale économique.

Géant pétrolier de 190 millions d'habitants, le Nigeria est divisé entre un Nord musulman et un Sud chrétien. Le choix des représentants des grands partis politiques ne se fait pas au hasard et l'alternance entre les deux religions assure une certaine stabilité.

Lorsque le président est un chrétien du Sud, comme ce fût le cas lors de la précédente administration de Goodluck Jonathan, son vice-président est généralement un musulman, originaire du Nord. Et vice-versa : le président actuel, musulman de l'ethnie peule, chef de file de l'Apc (All people's congress), a choisi pour vice-président Yemi Osinbajo, ancien pasteur évangélique et avocat en droit des affaires, pour ne pas froisser l'électorat sudiste. Ce "pacte" tacite a contribué à éviter les tensions ou du moins les violences électorales lors du dernier scrutin présidentiel en 2015.

Mais, la santé fragile du président Buhari ravive le spectre du passé dans un climat national tendu, marqué par une grave récession économique.
Depuis plusieurs semaines, les rumeurs sur son supposé "cancer de la prostate" ou sa "maladie du foie", toutes niées en bloc par la présidence, ont laissé la place à une interrogation qui trahit l'inquiétude grandissante des Nigérians : "Et si ?"

L'Onu a appelé les autorités libyennes à remettre le fils de l'ex-dictateur Mouammar Kadhafi, condamné à mort pour son rôle dans la répression sanglante de 2011, à la Cour pénale internationale, selon un rapport diffusé hier.

"Les autorités libyennes devraient (...) veiller à remettre Seïf al-Islam à la Cour pénale internationale, dans le respect des obligations internationales de la Libye", a recommandé l'On dans ce rapport qui épingle la justice libyenne.

En 2011, La Cpi avait lancé à son encontre un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité. Elle l'accuse d'avoir joué un "rôle-clé dans la mise en œuvre d'un plan" conçu par son père visant à "réprimer, par tous les moyens", le soulèvement populaire. Depuis, les autorités libyennes et la Cpi se disputent le droit de le juger.

Détenu par les milices contrôlant la ville de Zenten, il a été condamné à mort, en juillet 2015, à l'issue d'un procès dénoncé par l'Onu et des Ong de défense des droits de l'Homme.

Selon le rapport de la Mission d’appui de l'Onu en Libye (Manul) et du Haut-commissariat aux droits de l’Homme (Hcdh), le procès en Libye de Seïf al-Islam et de 36 autres dignitaires du régime du colonel Mouammar Kadhafi "n’a pas respecté les normes internationales en matière de procès équitable".

Le rapport "reconnaît la difficulté de traduire en justice d’anciens membres du régime (...) dans un contexte de conflit armé et de polarisation politique". Il souligne toutefois "les graves violations des garanties d’une procédure régulière, y compris de longues périodes de détention au secret pour les défendeurs", ainsi que les allégations de torture qui n’ont fait l’objet d’aucune enquête appropriée.

Il recommande aux autorités libyennes de veiller à ce que les lieux de détention des accusés soient "sous le contrôle effectif de l’État" et que les allégations de torture fassent l’objet d’enquêtes approfondies immédiates.

Le rapport appelle à "une révision du Code pénal et du Code de procédure pénale afin de garantir une définition claire de tous les crimes (...) et l’adoption d’un moratoire sur la peine capitale".

AFP

L’ancien chef de l'Agence nationale du renseignement (NIA) en Gambie, très redoutée durant le régime de Yahya Jammeh, a été arrêté par la police, a annoncé une source policière à l'AFP à Banjul.

La NIA a été rebaptisée "Service de renseignements d'Etat" par le président Adama Barrow, qui a aussi limogé, début février, peu après sa prise de fonctions, son chef Yankuba Badjie, et l'a remplacé par son ancien directeur financier, Musa Dibba.

Selon la source policière jointe mardi à Banjul, Yankuba Badjie a été arrêté lundi et placé "en détention provisoire".

Mardi, il était "interrogé sur des affaires survenues durant la période pendant laquelle il a dirigé la NIA", a ajouté cette source. La NIA est considérée comme l'instrument de répression du régime de Yahya Jammeh, qui a dirigé la Gambie d'une main de fer plus de 22 ans. Cette agence a été accusée notamment de détentions arbitraires, disparitions, arrestations et tortures de journalistes et d'opposants à M. Jammeh.

Par ailleurs, 25 partisans de l'ex-président Jammeh ont été arrêtés le 18 février par la police et ont été inculpés mardi de "perturbation de l'ordre public", a indiqué à l'AFP une source policière. Il leur est reproché d'avoir attaqué, le 18 février à Kafenda, proche de Kanilai (village natal de M. Jammeh à une centaine de km à l'est de Banjul) des partisans de M. Barrow qui revenaient de sa fête d'investiture.

On indique de même source que "les 25 faisaient partie d'un groupe de 51 personnes, dont 26 mineurs, qui ont été libérés par la police".

AFP 

Au moins cinq personnes ont été tuées, hier, à Conakry, dans des violences ayant éclaté lors de manifestations pour réclamer la réouverture des classes, closes depuis trois semaines en Guinée, a annoncé le gouvernement guinéen.

"Notre capitale a été le théâtre (hier) de manifestations non déclarées et interdites par le gouverneur de la ville de Conakry" pour réclamer la réouverture des classes, des manifestations marquées par des "actes de violence, de vandalisme", alors que la veille, un accord avait été obtenu "avec les syndicats après plusieurs jours de négociations", a ajouté le gouvernement dans un communiqué.

"A la mi-journée, ces manifestations ont malheureusement causé la mort d'au moins cinq personnes" et fait "30 blessés, dont des membres des forces de l'ordre", selon la même source

La capitale guinéenne a enregistré, ces dernières semaines, plusieurs manifestations violentes d'élèves soutenant des enseignants vacataires réclamant leur intégration dans la fonction publique, une demande appuyée par les syndicats qui revendiquent aussi une augmentation de salaires et de meilleures conditions de travail.

En raison des manifestations, le gouvernement avait fermé les écoles le 1er février. A la suite de discussions avec des responsables syndicaux, il avait appelé les enseignants à reprendre les cours le 13 février.
Mais, le même jour, les syndicats avaient déclenché une grève dans le primaire et le secondaire de l'enseignement public, mouvement qui demeurait observé hier et était bien suivi à Conakry et dans le reste du pays, selon des enseignants et témoins joints par téléphone de Conakry.

Tard dimanche soir, le gouvernement avait annoncé avoir trouvé un accord avec les syndicats, précisant que "les parties ont convenu de se retrouver ce lundi (hier) pour la signature formelle de cet accord".
Les violences d’hier ont également "créé des perturbations dans la circulation sur les différents axes routiers", a indiqué le gouvernement.
De même source, on indique qu'il y a eu également "12 personnes interpellées" et "des dégâts matériels importants sur des ambulances et des centres médicaux communaux".

 

AFP

 

Le procès de dix Ivoiriens, la plupart des militaires, accusés d'enlèvement et d'assassinats de quatre hommes, dont deux Français, en 2011, en pleine crise post-électorale, doit s'ouvrir, aujourd’hui, à Abidjan, après un premier report intervenu fin janvier.

"Le procès doit s'ouvrir, en principe, ce mardi (aujourd’hui, Ndlr). On n'a reçu aucun changement de date à ce jour", a déclaré, hier, à l'Afp, Me Ange Rodrigue Dadjé, l'un des avocats de la défense.
"Le procès va s'ouvrir demain (aujourd’hui) quelle que soit la situation", a renchéri son homologue, Me Mathurin Dirabou. "S'il y a absence, ils (les accusés, Ndlr) seront jugés par contumace", a-t-il affirmé, faisant allusion à la précédente audience qui avait été reportée peu après son ouverture le 31 janvier. Pour justifier ce report, le président de la Cour, le juge Mourlaye Cissoko, avait fait état de l'absence de cinq accusés sur dix, soulignant que "pour des raisons matérielles, ces personnes (n'étaient) pas assistées par des avocats".
De leur côté, les avocats français des familles des victimes, le bâtonnier Pierre Olivier Sur et Me Clémence Witt, avaient dénoncé ce report, y voyant une manœuvre pour encore retarder le procès. "Au bout de cinq ans, il est inadmissible que cette affaire ne soit pas jugée", s'était emporté Me Pierre Olivier Sur.

Le directeur de l'hôtel Novotel d'Abidjan, Stéphane Frantz Di Rippel, Yves Lambelin, directeur général de Sifca, plus grand groupe agro-industriel ivoirien et figure du patronat local, son assistant béninois, Raoul Adeossi, et le Malaisien Chelliah Pandian, directeur général de Sania, filiale de Sifca, avaient été enlevés par un commando militaire, le 4 avril 2011, dans Abidjan, pendant les combats.
Ils avaient été torturés et tués, selon le nouveau gouvernement du président Alassane Ouattara, installé après l'arrestation, le 11 avril 2011, de son prédécesseur, Laurent Gbagbo, à l'issue de quatre mois de crise post-électorale.

AFP -

L'Afrique centrale a fait un petit pas vers la libre-circulation des personnes, un enjeu majeur sur tout le continent et dans cette sous-région en crise surveillée de près par le Fmi, avec l'accord de principe du Gabon et de la Guinée équatoriale.AFP - L'Afrique centrale a fait un petit pas vers la libre-circulation des personnes, un enjeu majeur sur tout le continent et dans cette sous-région en crise surveillée de près par le Fmi, avec l'accord de principe du Gabon et de la Guinée équatoriale.

Les deux présidents, Ali Bongo (Gabon) et Teodoro Obiang (Guinée équatoriale), se sont engagés à "appliquer la libre-circulation intégrale au bénéfice de tous les ressortissants de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac)", selon le communiqué d'un récent sommet en Guinée équatoriale reçu, hier, par l'Apr.

Cette mesure devrait profiter aux ressortissants des quatre autres pays de la Cémac (Cameroun, Centrafrique, Congo, Tchad) "munis d’une pièce d’identité sécurisée (carte d’identité ou passeport biométrique)", précise le communiqué.
Relativement stables et prospères, les deux pays conditionnaient leur accord à ces documents biométriques ainsi qu'à la stabilisation des conflits régionaux (Centrafrique, Nord-Cameroun cible de Boko Haram...), a indiqué à l'Afp une source gouvernementale gabonaise.
Une mission de la Cémac "se rendra dans l'ensemble des pays pour s'assurer" de la mise en œuvre de cette décision.

En présence de la directrice générale du Fonds monétaire internationale (Fmi), Christine Lagarde, les chefs d'Etat de la Cémac avaient décidé, lors d'un précédent sommet, le 23 décembre, à Yaoundé, "d'accélérer la finalisation de la libre-circulation des personnes et des biens". A cette occasion, ils avaient aussi décidé de "conclure, à brève échéance, des négociations bilatérales avec le Fmi" après avoir dissipé le spectre d'une possible dévaluation du FCfa. Plus que l'Afrique de l'Ouest, l'Afrique centrale subit un sévère ralentissement de son économie en raison de la chute des prix du pétrole et des matières premières.
La libre-circulation des personnes et des biens est un enjeu en Afrique, alors que le commerce intra-africain reste encore peu développé.

AFP -

Pour la première fois, le gouvernement sud-soudanais a déclaré l'état de famine dans plusieurs zones du pays, une situation que les agences humanitaires déplorent d'autant plus qu'elle est "causée par l'homme", à savoir par la guerre qui ravage le pays depuis plus de trois ans.

Plusieurs zones de la région d'Unité (nord) sont désormais "classées comme étant en famine (...) ou courant le risque d'être en famine", a déclaré à la presse Isaiah Chol Aruai, président du Bureau national des statistiques, se fondant sur l'échelle Ipc, le critère le plus utilisé pour classifier la sécurité alimentaire.

Hier, trois organisations des Nations unies, le Fonds pour l'enfance (Unicef), le Fonds pour l'agriculture et l'alimentation (Fao) et le Programme alimentaire mondial (Pam), ont indiqué que 100.000 Sud-soudanais de la région d'Unité souffraient de famine, le niveau le plus élevé de l'échelle Ipc.

Environ un million de Sud-soudanais risquent, par ailleurs, la famine dans les prochains mois, selon la même source. "Lorsqu'on déclare officiellement l'état de famine, cela veut dire que les gens ont déjà commencé à mourir de faim", ont indiqué ces trois organisations dans un communiqué commun. "Cette situation alimentaire est la pire depuis le début des combats (de la guerre civile), il y a plus de trois ans".
La famine, déclarée hier, est la première qui l'est dans la région depuis celle qui a tué 260.000 personnes en Somalie en 2011.

Indépendant en 2011, le Soudan du Sud a plongé, en décembre 2013, dans une guerre civile ayant fait des dizaines de milliers de morts et plus de trois millions de déplacés, malgré le déploiement de quelque 12.000 Casques bleus.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi, a critiqué "l'alignement contre l'Iran" entre l'Arabie saoudite et Israël sur les questions régionales, a rapporté, hier, l'agence officielle Irna.

"L'alignement (des responsables saoudiens et israéliens, Ndlr) contre l'Iran n'est pas accidentel. Il y a de nombreux signes qui montrent la coordination entre ces deux régimes dans les dossiers régionaux", a-t-il dit, cité par l'agence officielle Irna. "Pour compenser leurs nombreux échecs dans la région, les deux régimes croient qu'il faut créer un climat anti-iranien au niveau international", a ajouté M. Ghassemi. "C'est misérable qu'un responsable du régime d'occupation (Israël, Ndlr) compte ouvertement sur la coopération (...) d'un pays islamique pour mener à bien sa politique anti-iranienne", a-t-il encore dit.

En visite à Washington, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a vanté, jeudi, une "occasion sans précédent, car nombre de pays arabes ne considèrent plus Israël comme un ennemi, mais comme un allié face à l'Iran et à Daech (groupe Etat islamique, Ndlr), les forces jumelles de l'Islam qui nous menacent tous". Ces derniers jours, des responsables israéliens et saoudiens ont répété que l'Iran était la principale menace dans la région.

L'Arabie saoudite et ses alliés arabes sunnites dénoncent, avec Israël, ce qu'ils appellent les "ingérences" iraniennes dans la région, notamment en Syrie, en Irak, au Yémen ou encore à Bahreïn.
L'Iran chiite rejette ces accusations, en affirmant que l'Arabie saoudite favorise les groupes "terroristes" comme l'Organisation Etat islamique (Ei) ou Al-Qaïda.

M. Ghassemi a affirmé que les accusations des responsables saoudiens contre l'Iran "ne pouvaient pas faire oublier les liens idéologiques, financiers et d'intelligence entre le régime saoudien et les groupes +takfiris+ qui ont commis des crimes contre les populations innocentes dans la région".
Le terme takfiri est utilisé par les responsables iraniens pour désigner des groupes islamistes extrémistes comme l'Ei ou Al-Qaïda.

AFP

L'installation des autorités intérimaires dans le Nord du Mali, prévue par l'accord de paix de 2015 et qui devait débuter samedi, à Kidal, bastion de l'ex-rébellion, a été reportée après une contestation de nominations du gouvernement, a-t-on appris auprès des autorités maliennes.

Les signataires de l'accord de paix au Mali ont établi, le 10 février, un nouveau calendrier prévoyant l'entrée en vigueur, avant la fin du mois, de deux dispositions importantes de cet accord, aux échéances constamment repoussées : les "patrouilles mixtes" et les autorités intérimaires dans les cinq régions administratives du Nord. Les présidents des autorités intérimaires des régions de Kidal, Gao, Tombouctou, Ménaka et Taoudénit ont été désignés, vendredi, par le gouvernement. Leur installation devait débuter samedi par Kidal. "Par souci d'apaisement, le gouvernement malien a décidé de reporter les cérémonies d'installation des autorités intérimaires dans les régions du Nord", a affirmé, samedi, à l'Afp, une source au ministère malien de l'Administration territoriale.

A Kidal, fief de la Coordination des mouvements de l'Azawad (Cma, ex-rébellion à dominante touareg), la nomination, vendredi, d'un nouveau gouverneur est une des principales raisons du report de cette installation. La Cma "conteste" la nomination comme gouverneur de Kidal de Sidi Mohamed Ag Ichrach, jugé proche du Groupe d'autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia, pro-gouvernemental), a précisé à l'Afp une source au ministère malien de l'Administration territoriale. Sidi Mohamed Ag Ichrach, un inspecteur des douanes, a remplacé Koïna Ag Ahmadou, nommé gouverneur de Tombouctou, selon un communiqué officiel. "Nous avons effectivement appris qu'il y a des manifestations hostiles dans certaines localités du Nord depuis hier (samedi), à cause de l'installation de ces autorités" intérimaires, a ajouté la source au ministère malien de l'Administration territoriale.

"Il nous appartient de calmer le jeu, de convaincre, d'apaiser", a-t-elle poursuivi. Un habitant de Tombouctou, joint, samedi, par l'Afp depuis Bamako, avait auparavant indiqué qu'"il y a eu une manifestation" vendredi dans cette ville. "Aujourd'hui, il y a eu une autre (manifestation). Tout ça (est dirigé) contre les autorités intérimaires. Nous ne sommes pas d'accord. Ce sont des gens parachutés", a t-il poursuivi. Plusieurs mouvements ont contesté, vendredi, certains choix dans la désignation des autorités intérimaires, dénonçant l'absence de concertation. En vertu de l'accord de paix signé en mai-juin 2015, les autorités intérimaires devront gérer les cinq régions concernées, en attendant l'élection, par la population, d'Assemblées dotées de pouvoirs importants. Leur mission sera notamment de préparer ces élections et de favoriser le retour des déplacés.

Le président de chaque autorité intérimaire sera "le chef de l'exécutif local" et leurs décisions seront exécutoires immédiatement, leur légalité n'étant contrôlée par le représentant de l'Etat, le gouverneur, qu'a posteriori.  Les patrouilles mixtes entre militaires maliens, combattants des groupes pro-gouvernementaux et de l'ex-rébellion sont censées préfigurer la refonte d'une armée malienne unitaire.

 

(AFP) -

La police a dispersé, samedi, à Abidjan, une manifestation des associations d'investisseurs qui réclament le dégel des comptes des entreprises d'agrobusiness par le gouvernement en raison des soupçons d'escroquerie visant plusieurs de ces sociétés.

A l'appel des responsables d'associations des 28 entreprises d'agrobusiness, plusieurs centaines de personnes se sont réunies dans le quartier chic de Cocody pour dénoncer le gel, depuis le 6 janvier, des comptes bancaires des structures d'agrobusiness par le procureur de la République. Les manifestants, qui ont dressé des barricades, ont été dispersés une première fois à coups de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre qui les ont ensuite pourchassés dans les rues de Cocody. "J'ai investi 17 millions de FCfa (25.916 euros) pour avoir 80 millions de FCfa (121.959 euros) et là, je suis venu manifester parce que mon argent est bloqué", a déclaré à l'Afp Ladji Soumahoro, un souscripteur.

"Tout le monde a investi (et) d'autres se sont endettés. Nous avons pris des prêts à la banque. Moi j'ai investi tout mon argent", a lancé, avec colère, un autre souscripteur, Moriféré Berthé. Les souscripteurs expliquent avoir confié de l'argent à ces sociétés pour créer des plantations d'hévéas ou de vivriers. Ces sociétés, qui utiliseraient des techniques agricoles ultramodernes et qui vendent sur le marché international, leur promettent des retours sur investissement "très juteux". En novembre 2016, le gouvernement avait mis en place un groupe de travail sur l'agrobusiness pour "évaluer les risques et prendre les mesures appropriées" devant la prolifération de ces entreprises et surtout l'engouement des populations. L'enquête a révélé que 36.699 personnes avaient souscrit dans les 28 sociétés d'agrobusiness "pour un montant de capital investi qui s’élève à 66 milliards de FCfa".

Mais, "les soldes disponibles sur les comptes bancaires de ces entreprises s’élèvent à 22,745 milliards de FCFA, les retours sur investissement (RSI), proposés à très court terme (3 à 6 mois), vont de 300 à 1000 % du capital investi ; ce qui correspond à un engagement global estimé à 660 milliards de FCfa", a alerté le gouvernement.
"Par ailleurs, les Rsi payés aux souscripteurs ne proviennent pas des revenus issus de la vente des récoltes, mais plutôt des nouvelles souscriptions", selon l'enquête.
Le gouvernement avait donc décidé de procéder au "remboursement des souscripteurs sur la base des ressources disponibles sur les comptes des entreprises (...) et à engager des poursuites judiciaires contre les dirigeants sociaux des entreprises en faute".

(AFP) -

François Fillon, le candidat de la droite française à la présidentielle, a affirmé qu'il ne renoncera pas à sa campagne en cas d'inculpation pour les emplois présumés fictifs de son épouse, après avoir promis le contraire au début de cette retentissante affaire, dans un entretien samedi au Figaro.

"Plus on s'approche de la date de l'élection présidentielle, plus il serait scandaleux de priver la droite et le centre d'un candidat. Je m'en remets désormais au suffrage universel. Ma décision est claire : je suis candidat et j'irai jusqu'à la victoire", a soutenu M. Fillon.
L'ex-Premier ministre avait promis, dans un premier temps, de se retirer de la course s'il était mis en examen (inculpé), c'est-à-dire mis en cause formellement dans l'enquête dirigée par un juge.

Ses avocats ont depuis contre-attaqué en tentant de discréditer le parquet national financier (Pnf) qui a ouvert l'enquête, jugeant la procédure "illégale". Le Pnf a néanmoins indiqué, jeudi, que les investigations se poursuivaient.

Les conditions de sa campagne sont "difficiles", a reconnu, samedi, l'ex-Premier ministre qui parcourt la France de meeting en meeting, en essuyant souvent à son arrivée les insultes et quolibets d'opposants, et réitère ses accusations concernant une "opération de déstabilisation lancée contre" lui. Par qui ? "Je ne sais pas, mais je regarde à qui ça profite", a-t-il dit, c'est-à-dire "à une gauche qui est dans une situation inextricable avec un président discrédité, une majorité éclatée, un candidat illusionniste… Le seul obstacle à leur opération de survie, c'est moi".

Malgré ses protestations d'innocence, l'affaire a déjà valu à François Fillon, ancien favori, de chuter dans les sondages. Au premier tour, le 23 avril, il arrive désormais nettement derrière la candidate d'extrême droite, Marine Le Pen - "plus forte que jamais", selon une enquête du quotidien Le Monde - et le centriste Emmanuel Macron."Plus on s'approche de la date de l'élection présidentielle, plus il serait scandaleux de priver la droite et le centre d'un candidat. Je m'en remets désormais au suffrage universel. Ma décision est claire : je suis candidat et j'irai jusqu'à la victoire", a soutenu M. Fillon.

AFP

Une réunion secrète sur un plan de paix au Proche-Orient s'est tenue, il y a un an, en Jordanie, entre le secrétaire d'Etat américain de l'époque, le Premier ministre israélien, le roi de Jordanie et le président égyptien, a révélé, dimanche, un journal israélien ; ce qu'a confirmé un ex-responsable américain.

Cette entrevue, qu'aucun média n'avait jamais pu rapporter, avait réuni, en février 2016, John Kerry, Benjamin Netanyahu, Abdallah II et Abdel Fattah al-Sissi dans la ville portuaire jordanienne d'Aqaba, précise le quotidien Haaretz, en citant d'anciens responsables de l'administration Obama.

A Washington, l'un de ses responsables a confirmé à l'Afp que cette réunion secrète avait bien eu lieu à Aqaba, mais sans vouloir donner de détails sur le contenu de la proposition qu'avait faite John Kerry.

A l'époque, le chef de la diplomatie américaine s'était rendu officiellement à Amman, les 19 et 20 février 2016, pour y rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas. Et il avait été reçu par le roi Abdallah dans sa résidence d'Aqaba, au bord de la mer Rouge. Selon le journal israélien, John Kerry - qui n'a cessé, jusqu'à son départ, le 19 janvier dernier, de travailler sur le conflit israélo-palestinien - avait demandé aux trois dirigeants d'accepter six principes qu'il a ensuite dévoilés lors d'un discours en décembre 2016.

L'Egypte et la Jordanie sont les seuls pays arabes à avoir signé la paix avec Israël. Parmi ces principes figurent le retrait israélien des Territoires palestiniens occupés depuis 1967 - avec la possibilité d'échange de terres acceptée par les deux parties - la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël - que les Palestiniens reconnaîtraient comme un "Etat juif" - et la déclaration de Jérusalem comme capitale des deux Etats. A ces deux derniers points, Palestiniens et Israéliens ont déjà opposé des fins de non-recevoir. Les Palestiniens refusent de reconnaître un Etat "juif", tandis qu'Israël refuse de revenir sur son annexion de Jérusalem-Est. "Netanyahu a refusé la proposition de Kerry et indiqué qu'il lui serait difficile d'obtenir l'accord de sa coalition gouvernementale à son sujet", affirme Haaretz.
Les autorités jordaniennes ont refusé de commenter ces informations et le porte-parole de M. Netanyahu, sollicité par l'Afp, n'a pas donné suite.

Mercredi, en recevant M. Netanyahu à la Maison Blanche, le nouveau président américain Donald Trump a semblé prendre ses distances avec la "solution à deux Etats" et avec la création d'un Etat palestinien, alarmant les autorités à Ramallah.
Mais, ajoutant à la confusion des déclarations équivoques de M. Trump, ses lieutenants ont ensuite assuré que Washington restait attaché à la solution à deux Etats tout en cherchant des voies alternatives pour régler le conflit israélo-palestinien.
Ainsi, en quête d'une solution "régionale", préconisée par M. Netanyahu, l'administration Trump encourage la formation d'un front uni entre Israël et les puissances arabes sunnites contre l'Iran chiite, leur bête noire commune.

 

 

(AFP) -

Les présidents des autorités intérimaires dans le nord du Mali ont été désignés et leur installation débutera, aujourd’hui, à Kidal, bastion de l'ex-rébellion, conformément à l'accord de paix de 2015, a-t-on appris, hier, auprès du ministère malien de l'Administration territoriale.

Les signataires de l'accord de paix au Mali ont établi, le 10 février, un nouveau calendrier prévoyant la mise en place, avant la fin du mois, de deux dispositions importantes de cet accord, aux échéances constamment repoussées : les "patrouilles mixtes" et les autorités intérimaires dans les cinq régions administratives du Nord. "Sur proposition du gouvernement malien, Hassan Ag Fagaga de la Coordination des mouvements de l'Azawad (Cma, ex-rébellion à dominante touareg) a été nommé président des autorités intérimaires dans la région de Kidal" (nord-est), selon un communiqué du ministère. M. Ag Fagaga, colonel et ex-déserteur de l'armée régulière, sera installé, aujourd’hui, par le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, Mohamed Ag Erlaf, a-t-on appris auprès du ministère.

A Gao, c'est Djibrila Maïga, de la Coalition des groupes armés pro-gouvernementaux, qui a été désigné président alors qu'à Tombouctou (nord-ouest), c'est "Boubacar Ould Hamadi de la Cma qui a été choisi", selon le communiqué. Dans les régions administratives récemment créées de Ménaka (nord-est) et de Taoudénit, ce sont respectivement Abdoul Wahab Ag Ahmed Mohamed, du Mouvement pour le salut de l'Azawad (Msa, issu d'une scission d'un groupe de la Cma), et Hamoudi Sidi Ahmed Aggada, retenu par le gouvernement, qui doivent en prendre les rênes.
La nomination de ce dernier, homme d'affaires résidant à Bamako, a néanmoins été contestée par la branche du Mouvement arabe de l'Azawad (Maa) au sein de l'ex-rébellion, ainsi que par des associations et chefs de tribus de la région de Tombouctou. "Le Maa rejette catégoriquement toute tentative d'imposer un président au collège transitoire" de la région de Taoudénit, selon un communiqué de ce groupe. En vertu de l'accord de paix signé en mai-juin 2015, les autorités intérimaires devront gérer ces cinq régions, en attendant l'élection, par la population, d'Assemblées dotées de pouvoirs importants. Leur mission sera notamment de préparer ces élections et de favoriser le retour des déplacés.

Le calendrier, adopté la semaine dernière et prévoyant la mise en place des autorités intérimaires "du 13 au 20 février" et le lancement des patrouilles mixtes à partir du 20 février sera respecté, a-t-on assuré au ministère.
Ces patrouilles mixtes entre militaires maliens, combattants des groupes pro-gouvernementaux et de la Cma, sont censées préfigurer la refonte d'une armée malienne unitaire.
L'accord vise à isoler définitivement l'ex-rébellion à dominante touareg des jihadistes qui avaient pris, en 2012, le contrôle du Nord.

AFP -

La police a dispersé à coups de gaz lacrymogène une manifestation de producteurs de cacao de Côte d'Ivoire, premier exportateur mondial de la fève, organisée pour dénoncer la mévente des récoltes, a constaté l'Afp.

Plusieurs dizaines de producteurs brandissant des pancartes proclamant "Tout notre cacao va à crédit (il n'est pas payé)", se sont rassemblés au Plateau, quartier administratif et des affaires d'Abidjan, pour déplorer "l'immobilisation de plusieurs milliers de tonnes de cacao au port d'Abidjan à la suite du blocage du système d'achat mis en place par les autorités".

Depuis novembre 2016, les producteurs n'arrivent plus à écouler leurs récoltes. Le prix "bord champ" du kilo de cacao fixé à 1.100 FCfa (1,67 euros) par le gouvernement ivoirien "n'est même plus respecté", a déploré le président du Syndicat national des producteurs pour le progrès, Moussa Koné. "Tout est bloqué dans les ports comme en brousse. Donc, les paysans sont obligés de brader, par défaut d'acheteurs", a-t-il expliqué. "Les producteurs sont venus de toutes les régions de Côte d'Ivoire (...) pour que le cacao soit payé. Le produit (cacao) se trouve bloqué dans les deux ports de San Pédro et Abidjan", a déclaré à l'Afp Bilé Bilé, président de la Coordination nationale des planteurs de Côte d'Ivoire.
Actuellement, il y a "580 remorques de 35 à 38 tonnes qui sont bloquées au port d'Abidjan ; ce qui équivaut à près de 20.000 tonnes de cacao", a-t-il poursuivi.

Selon un exportateur qui a requis l'anonymat, tout est parti "du gap de 470 FCfa (0,71 euros) qu'il y a entre le prix du cacao à la Bourse de Londres qui est de 1.380 FCfa (2,10 euros) et le prix de vente à l'exportation imposé par le Conseil (ivoirien) café-cacao qui régule la filière, qui est de 1.850 FCfa (2,80 euros)".

Le cacao est vital pour l'économie ivoirienne. Ce secteur représente 15 % du Pib, plus de 50 % des recettes d'exportation et surtout les deux tiers des emplois directs et indirects, selon la Banque mondiale.

AFP -

Au moins sept kamikazes, dont six femmes, se sont fait exploser, tard jeudi, dans la ville de Maiduguri (nord-est du Nigeria), sans faire de victimes, ont rapporté, hier, des responsables de services d'urgence.

Selon Mohammed Kanar, de l'Agence nationale de gestion des urgences (Nema), les assaillants n'ont fait aucune victime civile ou militaire, notamment parce qu'ils ont tenté d'agir peu après 23h30 locales (22h30 Gmt) et que le couvre-feu débute à 22h00 dans la capitale de l'Etat du Borno, berceau du groupe jihadiste Boko Haram. "La population était chez elle. Il n'y avait personne dans les rues", a souligné M. Kanar, coordinateur de la Nema pour le nord-est du pays. "Aucune des six femmes n'a réussi (à faire de victimes). Elles ont été tuées par l'explosion de leur charge", a-t-il poursuivi. Le septième kamikaze, un homme, qui avait déposé les six femmes avec sa voiture, a ensuite tenté de foncer vers un barrage militaire, mais a été tué avant d'atteindre sa cible, a ajouté ce responsable.

Hamed Satomi, de l'Agence de gestion des urgences de l'Etat du Borno, a confirmé à l'Afp ces informations, faisait état de six kamikazes. Cette agence et la Nema ont participé aux opérations pour récupérer les corps des assaillants.
Ces attaques ratées n'avaient pas été revendiquées, mais Boko Haram a régulièrement recours à des kamikazes depuis 2014.

 

AFP

La justice zambienne s'est lancée aux trousses du patron de l'ancien quotidien indépendant The Post, toujours introuvable, hier, après avoir échappé à une arrestation dans le cadre d'un contentieux qui l'oppose depuis des mois au gouvernement.

Considéré comme le principal journal indépendant du pays, The Post avait été fermé en juin 2016, deux mois avant l'élection présidentielle, sur ordre du fisc qui lui reprochait l'équivalent de plusieurs millions d'euros d'impôts impayés.

Cette décision, soutenue par le président réélu, Edgar Lungu, avait été largement dénoncée comme une forme de censure. Un tribunal avait autorisé, quelques jours plus tard, le journal à être republié. Mais, en novembre dernier, le titre a été placé en liquidation judiciaire et depuis, a cessé de paraître à la suite d'une plainte de plusieurs de ses salariés.
Mercredi soir, des policiers se sont présentés au domicile de l'ancien directeur de The Post, Fred M'membe, pour l'interpeller en vertu d'un mandat d'arrêt pour "outrage à magistrat".

M. M'membe est notamment accusé d'avoir refusé de donner à la justice "la liste de (ses) actifs", indique le mandat que l'Afp a pu consulter.
Mais, les policiers n'y ont trouvé que son épouse, Mutinta M'membe, qui a été aussitôt arrêtée pour "entrave à la justice".

Présentée, vendredi, devant un juge de Lusaka, elle a été inculpée et remise en liberté sous contrôle judiciaire, a constaté un journaliste de l'Afp. La date de son procès a été fixée au 3 mars. Son mari était, lui, toujours en fuite.

 

AFP -

 

Quelque 170 migrants sénégalais qui se trouvaient dans des centres de rétention à Tripoli ont été rapatriés hier vers leur pays, a constaté un photographe de l'Afp.

Le groupe, entièrement composé d'hommes, a pris l'avion, tôt jeudi, à l'aéroport de Mitiga, à l'est de Tripoli, dans le cadre d'un programme de rapatriement supervisé par l'Organisation internationale pour les migrations (Oim). Mardi, près de 200 migrants nigériens avait déjà été rapatriés vers leur pays.

En 2016, l'Oim "a assisté 1.589 migrants, volontairement rapatriés vers leur pays d'origine", en donnant la priorité "aux plus vulnérables", selon le site de l'organisation.

Les passeurs de migrants clandestins profitent du chaos qui règne en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. La plupart des départs ont lieu depuis l'ouest du pays à destination de l'Italie qui ne se trouve qu'à 300 kilomètres.

Les Européens envisagent des mesures pour bloquer l'arrivée de milliers de migrants depuis la Libye. Ces mesures alarment les Ong. Ces dernières  redoutant de mauvais traitements à l'encontre des migrants qui resteraient bloqués en Libye.

En l'absence d'une armée ou d'une police régulières, plusieurs milices font office de garde-côtes tout en étant souvent accusées de complicité, voire d'implication, dans ce trafic lucratif.

AFP

Le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité, lundi, sa première résolution sur la protection des infrastructures essentielles contre les attaques terroristes, sous la présidence de séance de Pavlo Klimkin, ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, pays qui préside le Conseil ce mois-ci. La résolution 2341 demande aux États membres de l’Onu d’élaborer des « stratégies de réduction des risques » posés par les attaques terroristes contre les infrastructures essentielles et de renforcer leur coopération pour lutter contre de telles attaques.  

Cette résolution sur la protection des infrastructures essentielles contre les attaques terroristes est le tout premier texte du Conseil sur le sujet. Au cours du débat public, plusieurs hauts responsables de l’Onu et une cinquantaine de délégations ont insisté sur la vulnérabilité des infrastructures essentielles. Une vulnérabilité  tragiquement rappelée par les attentats perpétrés dans les aéroports de Bruxelles et d’Istanbul en 2016.

Il n’existe pas de définition internationale des infrastructures essentielles, comme l’ont souligné les intervenants, mais on peut mentionner la banque, les télécommunications, les services d’urgence, les transports et l’approvisionnement en énergie et en eau comme autant « de composantes essentielles de la vie moderne ».

La résolution demande aux États de prendre « des mesures de préparation » pour intervenir efficacement en cas d’attaque contre ces infrastructures et d’affirmer la responsabilité pénale de leurs auteurs. S’agissant du volet coopération, les États devront participer « activement » aux efforts de « prévention, de protection, d’atténuation des effets, de préparation, d’enquête, d’intervention et de relèvement » en rapport avec ces attaques.

Ils devront « créer ou renforcer » les partenariats avec les parties publiques et privées et « mettre en commun leurs informations et leurs données d’expérience » par des « formations communes » et « des réseaux de communication et d’alerte d’urgence ».  L’Onu est, pour sa part, chargée de collaborer avec les États et les organisations internationales pour partager les bonnes pratiques en matière de gestion du risque d’attaques.

De son côté, l’ambassadeur Fodé Seck, représentant permanent du Sénégal à l’Onu, a rappelé l’attachement de Dakar à la question à l’ordre du jour.  « Parce qu’elles deviennent de plus en plus la cible de groupes extrémistes, les infrastructures doivent faire l’objet d’une protection et d’une surveillance prioritaires afin de préserver le fonctionnement des communautés humaines et de garantir la sécurité nationale et la sûreté publique », selon M. Seck.  Le Sénégal a toutefois précisé que la mise en oeuvre de la résolution 2341 devra se faire en cohérence avec les deux textes précédents du Conseil de sécurité.

Résolution 2341 du Conseil de sécurité
Pour rappel, il s’agit du débat public relatif à la sécurité aérienne face aux attaques terroristes, tenu en septembre 2016, ainsi que deux réunions en formule Arria organisées respectivement par l’Ukraine, en novembre 2016, sur le même sujet des infrastructures essentielles et  conjointement par le Sénégal et l’Espagne, toujours en novembre dernier, sur la problématique de la cyber sécurité. La formule Arria, présentée conjointement par le Sénégal et l’Espagne, avait été sanctionnée par l’adoption de la résolution 2322, laquelle était venue étoffer les résolutions 2178 et 2253 adoptées par le Conseil de sécurité, en 2014 et en 2015, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Compte tenu de l’interconnexion de ce type d’infrastructures qui accentue leur vulnérabilité, la certitude du Sénégal est que la vigilance et la veille permanentes, fondées sur une prise en compte des spécificités propres au contexte et à l’environnement géopolitique interne et externe de chaque pays et de chaque région, sont fondamentales. Pour Dakar, « il est impératif de nouer et de renforcer des partenariats public-privé aux niveaux national, régional et international en matière de partage d’informations, d’expériences, de renseignements même, ainsi que de coordination opérationnelle, de sécurisation des chaines d’apprivoisement et de contrôle des frontières ».

Sécurité aéronautique et maritime
Dans le domaine aéronautique, et en vertu des dispositions de l’Oaci qui stipulent que chaque Etat a la responsabilité de garantir une mise en œuvre efficace de toutes les mesures de sûreté visant à protéger l’aviation civile contre les actes d’intervention illicites, l’Etat sénégalais a entrepris, depuis plusieurs années, un vaste programme de renforcement de la sécurité de l’aviation civile sur son territoire et son espace aérien. Cette politique a permis l’adoption, par l’Assemblée nationale, d’un nouveau code de l’aviation civile par la loi 2015-10 du 04 mai 2015 et la mise en place de règlements aéronautiques pour encadrer la mise en œuvre opérationnelle des mesures et procédures de sûreté. Dans le domaine maritime et portuaire, le Sénégal est, en outre, partie prenante de la quasi-totalité des instruments internationaux, qu’ils soient de portée universelle ou de dimension régionale. Concernant l’Afrique, il y a le Processus dit de Yaoundé, le Code de conduite dit de Djibouti, mais aussi la Charte africaine sur la sureté et la sécurité maritimes, adoptée en octobre 2016 à Lomé.

Sur le plan sous-régional, un accord de coopération a été signé par le Sénégal, le Mali et le Burkina Faso pour renforcer les échanges entre services de sécurité face à la recrudescence des attaques terroristes et cybercriminelles. Cet accord de coopération, signé le 24 mars 2016, a pour effet de mutualiser les efforts des trois pays, de renforcer les relations et la collaboration entre leurs services de sécurité, d’établir une unité d’action en harmonisant leurs législations nationales en matière de lutte contre le terrorisme et les normes de surveillance des frontières, mais également d’assurer la fiabilité des documents de voyage, dans le respect des accords régionaux en matière de circulation des personnes.

Le Sénégal estime que toutes ces mesures préventives sont essentielles pour éviter que l’Afrique devienne le maillon faible de la protection des infrastructures essentielles.

D. M. F.

La solution à deux Etats reste la "seule voie" pour répondre aux aspirations des Israéliens et des Palestiniens, a affirmé, hier, l'émissaire des Nations unies pour la paix au Proche-Orient, devant le Conseil de sécurité.

Le Conseil discutait du conflit israélo-palestinien au lendemain d'une déclaration du président américain Donald Trump qui s'est écarté d'une position diplomatique de plusieurs décennies en estimant qu'une solution à deux Etats --à savoir un Etat de Palestine coexistant en paix avec Israël-- n'était pas la seule possible dans le cadre d'un accord de paix.

"La solution à deux Etats reste la seule voie pour satisfaire les légitimes aspirations nationales des deux peuples", a, au contraire, affirmé Nickolay Mladenov devant le Conseil de sécurité. "Certains peuvent nourrir l'illusion que le conflit peut être +géré+ indéfiniment", a-t-il relevé. Et "que l'absence de stratégie claire pour faire progresser la paix est une stratégie en soi".

L'émissaire de l'Onu a également exhorté Israéliens et Palestiniens à "envisager l'avenir avec attention", car il pourrait, a-t-il mis en garde, être "construit sur un conflit sans fin, une montée de l'extrémisme et l'occupation" de territoires. Marquant une rupture dans la politique américaine au Proche-Orient, M. Trump a affirmé, mercredi, lors d'une conférence de presse commune à la Maison Blanche, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu'il n'était pas arc-bouté sur la solution à deux Etats.

"Je regarde deux Etats et un Etat. Et si Israël et les Palestiniens sont contents, je suis content avec la solution qu'ils préfèrent. Les deux me conviennent", a précisé Donald Trump.

"Les Etats-Unis favoriseront la paix et un véritable accord de paix", a-t-il promis, tout en affirmant qu'il revenait aux deux parties de négocier directement.

Ces commentaires ont enchanté la droite israélienne au pouvoir mais alarmé les Palestiniens.
Le Royaume-Uni, la France et la Suède ont réaffirmé, hier, leur soutien à la formule à deux Etats.

"Il est très dangereux de s'écarter de l'idée de solution à deux Etats, en particulier avant d'avoir quelque chose de viable comme alternative", a commenté l'ambassadeur suédois Olof Skoog dont le pays a d'ores et déjà reconnu l'Etat palestinien. "Nous ne voyons actuellement pas d'alternative viable", a-t-il dit à la presse, avant la réunion du Conseil.

Matthew Rycroft, ambassadeur britannique, a assuré que son gouvernement "continue de penser que la meilleure solution pour la paix au Proche-Orient est la solution à deux Etats".

Son homologue français, François Delattre, a partagé la position suédoise, ajoutant que "si la perspective d'un Etat palestinien devait disparaître, ce serait la porte ouverte à plus d'extrémisme et plus de terrorisme".

AFP

Le chef du gouvernement d'union libyen (Gna), Fayez al-Sarraj, a estimé, hier, qu'une "occasion précieuse" avait été manquée pour un début de règlement du conflit en Libye après le refus de son rival, Khalifa Haftar, de le rencontrer cette semaine au Caire.

Dans un communiqué, M. Sarraj a affirmé que le maréchal Khalifa Haftar avait refusé de le voir "sans justification ou raison".
Avec une insécurité record, une économie en lambeaux et des rivalités politiques, la Libye reste engluée dans une interminable crise de transition, six ans après la révolte ayant mis fin à la dictature de Mouammar Kadhafi.

Installé à Tripoli et formé aux termes d'un accord controversé parrainé par l'Onu, le Gna de M. Sarraj ne contrôle pas l'ensemble du territoire et est contesté par une autorité rivale installée dans l'est du pays où une grande partie est contrôlée par les forces du maréchal Haftar.
La Libye "subit depuis des années les effets des positions politiques obstinées et des égos surdimensionnés empêchant toute solution réaliste à la crise", a déploré M. Sarraj dans son communiqué. Selon lui, avec "la rencontre manquée" du Caire, une "occasion précieuse" a été manquée pour un "début de solution à l'état de division et aux souffrances" des Libyens.

MM. Haftar et Sarraj devaient se rencontrer, mardi, au Caire à l'initiative de l'Egypte, pour tenter de négocier des amendements à l'accord politique interlibyen signé au Maroc, en décembre 2015, sous l'égide de l'Onu et aux termes duquel le Gna a été créé. Mais mercredi, le médiateur égyptien a annoncé un accord entre les deux camps rivaux sur la formation d'un "comité conjoint" chargé de préparer des amendements à l'accord du Maroc.

AFP

Le magistrat Hassan Bubacar Jallow qui a occupé de hautes fonctions au sein de tribunaux de l'Onu est devenu, hier, le nouveau président de la Cour suprême de Gambie où des juges étrangers étaient traditionnellement nommés à des postes-clés.

M. Jallow, nommé par le nouveau président, Adama Barrow, à ce poste qui en fait le premier magistrat du pays, fut, de 2002 à 2003, juge de la Chambre d’appel du tribunal spécial pour la Sierra Leone, puis procureur du tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir) siégeant à Arusha (Tanzanie).

Les nouvelles autorités gambiennes, issues de la présidentielle du 1er décembre qui a mis fin à 22 ans de règne autoritaire du président Yahya Jammeh, a annoncé son intention de "gambiniser" le système judiciaire.

Le prédécesseur de M. Jallow, le Nigérian Emmanuel Fagbenle - qui présidait auparavant la Cour d'appel de Gambie - avait ainsi succédé à la tête de la Cour à un juge pakistanais, Ali Nawaz Chowhan, limogé en 2015.

Ces juges étrangers - Pakistanais, Nigérians ou Ghanéens - étaient accusés de servilité envers le régime et certains parfois embauchés pour juger une seule affaire. Depuis l'indépendance, en 1965, et avant M. Jallow, un seul Gambien, Abou Karim Savage, avait présidé la Cour suprême - de 2006 à 2009.

"Après 22 ans d'injustice et d'abus de pouvoir, des compétences sont requises pour faire en sorte qu'on sente que la justice est rendue ainsi qu'en vue de la réconciliation pour donner une chance à la paix", a déclaré le président Barrow, alors que M. Jallow prêtait serment.
L'expérience du nouveau président de la Cour suprême sera utile à la mise en place d'un Commission vérité et réconciliation, promise par les nouvelles autorités pour se pencher sur les crimes commis durant le règne de Yahya Jammeh, ainsi qu'aux éventuelles poursuites de personnalités du régime déchu.

L'Onu et les défenseurs des droits de l'Homme accusent depuis longtemps les services gambiens de sécurité de meurtres, tortures et détentions arbitraires. "Au sein du système judiciaire, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire en sorte que la justice soit conforme aux attentes de la communauté aux normes internationales requises", a expliqué M. Jallow après avoir prêté serment.
Ce dernier fut ministre de la Justice du président Dawda Jawara qui dirigea le pays entre l'indépendance et son renversement, en 1994, lors du coup d'Etat mené par Yahya Jammeh. Il a également siégé, de 1998 à 2002, en tant que juge de la Cour suprême de Gambie.

AFP -

Marquant une rupture dans la politique américaine au Proche-Orient, Donald Trump a affirmé, hier, que la "solution à deux Etats" n'était pas la seule possible dans le conflit israélo-palestinien, soulignant qu'il était ouvert à des alternatives si elles mènent à la paix.

En accueillant à la Maison Blanche son "ami" le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le nouveau président a vanté les liens "indestructibles" des Etats-Unis avec Israël, tout en appelant l'Etat hébreu à "la retenue" sur la poursuite de la colonisation dans les Territoires palestiniens.

Lors de leur conférence de presse commune, M. Netanyahu, qui entretenait des relations exécrables avec Barack Obama, a loué le nouveau locataire républicain de la Maison Blanche, affirmant qu'il offrait "une occasion sans précédent" pour faire avancer la paix.
"Il n'y a pas de meilleur soutien du peuple juif et de l'Etat juif que le président Donald Trump", a-t-il martelé.

Rompant avec un principe de référence défendu depuis un demi-siècle par la communauté internationale et tous les présidents américains, démocrates comme républicains, M. Trump a affirmé qu'il n'était pas arc-bouté sur la solution à deux Etats, qui prévoit la création d'un Etat de Palestine coexistant en paix avec Israël. "Je regarde (la solution à) deux Etats et (la solution à) un Etat. Et si Israël et les Palestiniens sont contents, je suis content avec la solution qu'ils préfèrent. Les deux me conviennent", a-t-il affirmé.

"Les Etats-Unis favoriseront la paix et un véritable accord de paix", a-t-il promis, tout en affirmant qu'il revenait aux deux parties de négocier directement un tel accord. Le milliardaire septuagénaire est cependant resté évasif sur la façon dont il entendait procéder sur un dossier sur lequel tous ses prédécesseurs ont échoué.

Appelant les deux parties au compromis, il a, en particulier, exhorté les Palestiniens à se débarrasser de leur "haine" supposée à l'égard des Israéliens.

AFP -

Le président iranien Hassan Rohani s'est rendu, hier, à Oman, puis au Koweït dans le cadre d'une mini-tournée dans le Golfe, destinée à lever les "malentendus" entre l'Iran et les monarchies pétrolières arabes de la région.

L'Iran chiite entretient des relations très tendues avec plusieurs monarchies du Golfe, en premier lieu l'Arabie saoudite, puissance sunnite et chef de file du Conseil de coopération du Golfe (Qatar, Koweït, Oman, Bahreïn, Arabie saoudite et Emirats arabes unis).
Les deux puissances régionales rivales soutiennent des camps différents dans plusieurs conflits régionaux, notamment en Syrie et au Yémen.
A Mascate, M. Rohani a été accueilli par le sultan Qabous d'Oman, avec lequel il a évoqué les relations bilatérales et la situation dans la région, selon l'agence officielle omanaise Ona.
L'Iran entretient traditionnellement de bonnes relations avec le sultanat d'Oman, avec lequel il partage le contrôle du détroit stratégique d'Ormuz.

Selon les médias de Téhéran, le président iranien a dit souhaiter "le renforcement des relations bancaires" pour "développer les relations économiques entre Téhéran et Mascate". Il a dénoncé les sentiments anti-iraniens, les attribuant à "un complot fomenté depuis l'extérieur de la région par les ennemis communs de l'Islam et des Arabes".

"Téhéran a toujours été partisan d'un règlement des problèmes et des différends par le dialogue, et la puissance militaire de l'Iran est uniquement défensive", a-t-il assuré, suite aux craintes émises particulièrement à la suite d'un test de missile balistique récent par l'Iran.
Concernant la sécurité du Golfe, M. Rohani a affirmé qu'elle devait incomber aux pays de la région qu'il a invités à "coopérer" pour l'assurer.
A propos du Yémen, où Téhéran est accusé de soutenir les rebelles chiites, M. Rohani a plaidé pour un cessez-le-feu, une aide humanitaire accrue et un dialogue politique interyéménite pour régler le conflit. "Les Yéménites sont dans une situation particulièrement désastreuse et nous devons tous agir en tant que pays musulmans pour aider ce peuple", a-t-il dit.

Le président iranien s'est ensuite rendu en soirée à Koweït où il devait rencontrer l'émir cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah qui avait dépêché récemment un émissaire à Téhéran, en vue de favoriser la reprise du dialogue entre l'Iran et les monarchies du Golfe.
Avant le début de sa tournée, M. Rohani avait déclaré, selon les médias iraniens, avoir reçu, par le biais de l'émissaire koweïtien qui s'était rendu à Téhéran, un message des six pays du Golfe souhaitant la fin des "malentendus" avec l'Iran.

Il a assuré que le bon voisinage et la sécurité du Golfe étaient des fondements de la politique de son pays.
"L’Iran n’a jamais envahi aucun pays et ne cherche ni à s'ingérer dans les affaires intérieures des pays ni à leur imposer ses croyances religieuses ou politiques".

AFP -

De violents affrontements entre rebelles indépendantistes et militaires ont fait plusieurs morts, mardi, dans l'enclave angolaise de Cabinda, une région pétrolière annexée par l'Angola en 1975, a-t-on appris de sources concordantes.

"Neuf militaires des forces armées angolaises (Faa) sont morts dans des combats mardi", a affirmé à l'Afp Jean-Claude Nzita, le porte-parole des Forces armées du Cabinda (Flec/Fac), qui a déploré deux morts dans ses rangs.
Une source militaire s'exprimant sous le couvert de l'anonymat a, de son côté, fait état auprès de l'Afp du décès de "cinq soldats angolais" lors d’une "action de guérilla".

Selon M. Nzita, quatre autres attaques ont été perpétrées depuis début février, faisant 18 morts du côté de l'armée angolaise. Cette information n'a pas été confirmée par les autorités.
L'enclave de Cabinda, coincée entre les deux Congo, produit 60 % du pétrole de l'Angola, premier producteur d'or noir d'Afrique subsaharienne avec le Nigeria. Elle est régulièrement le théâtre de troubles séparatistes depuis son annexion par l'Angola, après l'indépendance de cette ancienne colonie portugaise en 1975.

Malgré un accord de paix signé, en 2006, avec l'une des branches du Flec, les séparatistes n'ont jamais renoncé à la lutte.
Leur dernier coup d'éclat sur la scène internationale remonte au 8 janvier 2010, avec le mitraillage d'un bus de l'équipe de football du Togo, lors de la Coupe d'Afrique des Nations de football (Can). L'incident avait fait 2 morts.

La majorité des 400.000 Cabindais vivent dans la pauvreté et des associations y dénoncent régulièrement des cas de torture et de violation des droits de l'Homme.

AFP

Donald Trump tentait, hier, de trouver la parade après la démission de son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, qui soulève des interrogations sur sa capacité à s'entourer mais aussi et surtout sur l'épineux dossier de ses relations avec Moscou.

Moins d'un mois après sa prise de fonction, et quelques jours après un revers cinglant en justice sur son décret anti-immigration, le président américain doit remplacer un personnage central de son équipe. L'homme d'affaires ne s'est pas exprimé sur le sujet, déplorant simplement dans un tweet "les fuites illégales venues de Washington", expression de sa frustration et allusion aux âpres luttes de pouvoir au sein même de son équipe. Mis en cause pour ses contacts avec l'ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, le général Flynn a été contraint de jeter l'éponge. Dans sa lettre de démission, il a reconnu avoir, "par inadvertance, trompé le vice-président élu" (Mike Pence) en lui fournissant des informations incomplètes sur ses discussions téléphoniques avec le diplomate russe.

Loin de clore le chapitre sur la nature exacte des interactions entre l'équipe Trump et le Kremlin au cours des mois écoulés, cet épisode spectaculaire pourrait au contraire être l'élément déclencheur de nouvelles investigations.

Flynn a-t-il agi de sa propre initiative ? Quelles informations a-t-il transmises à son interlocuteur russe ? Trump l'a-t-il encouragé dans sa démarche et, dans la négative, quand a-t-il été informé de son existence ? Pourquoi a-t-il attendu jusqu'à lundi soir pour se séparer de lui ?
Le sénateur républicain Roy Blunt, membre de la Commission du Sénat sur le renseignement, a jugé qu'une enquête "exhaustive" devait être menée par sa commission et suggéré d'entendre Michael Flynn "très rapidement".
"Donald Trump doit aux Américains une explication complète sur les interactions de son administration avec la Russie, avant et après l'élection", a estimé la sénatrice démocrate Elizabeth Warren.

La Maison Blanche tentait, hier, de limiter les dégâts : Kellyanne Conway, proche conseillère de M. Trump, passait d'une chaîne de télévision à l'autre pour essayer de résumer l'affaire aux approximations d'un conseiller.
Les soupçons sont graves : au moment même où l'administration Obama ordonnait des sanctions contre la Russie pour son ingérence présumée dans l'élection américaine, Michael Flynn a-t-il assuré à son interlocuteur qu'il ne fallait pas trop s'inquiéter des nouvelles sanctions et que les relations s'amélioreraient après l'investiture du 20 janvier ?

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