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J’ai lu « Un chant écarlate » de Mariama Bâ (Par Ndèye Fatou Kane, écrivain)

12 Sep 2017
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Longtemps après avoir refermé le livre, je suis restée prostrée, les phrases, expressions et paragraphes tourbillonnant dans ma tête et refusant de s’en déloger. Et je suis arrivée à la conclusion que Mariama Bâ fut une écrivaine de génie, trop tôt arrachée de ce monde, pour notre plus grand malheur … de lecteurs, mais aussi de femmes. Car que ce soit dans Une si longue lettre ou dans le présent ouvrage dont je parle – Un chant écarlate – Mariama Bâ place la femme au cœur de sa narration.
Mariama Bâ … Qui était – elle ?

Née en 1929 au Sénégal, Mariama Bâ fait partie de la première génération de femmes intellectuelles sénégalaises, mais aussi africaines, à accéder à l’instruction et à transmettre le savoir. Car après avoir obtenu son diplôme d’institutrice à l’Ecole Normale en 1947, elle enseignera.

Son premier roman Une si longue lettre, paru en 1980, a déjà fait l’objet d’une note lecture dans ce blog juste ici : https://cequejaidanslatete.wordpress.com/2014/09/15/re-lu-et-re-approuve-une-si-longue-lettre-de-mariama-ba/. Son deuxième, Un chant écarlate, quasi introuvable, est d’autant plus poignant qu’il a été publié à titre posthume en 1981, après que le cancer ait emporté la talentueuse femme de lettres. Paix à son âme !

Ce roman est LE chef – d’œuvre de Mariama Bâ ! Et je trouve un peu dommage qu’Une si longue lettre lui ait fait de l’ombre, mais cela est peut – être dû au fait qu’il a été publié en premier. Et l’on prête plus souvent attention au premier ouvrage, déterminant pour une carrière (littéraire).

Quand j’ai enfin pu mettre la main sur le livre, je l’ai dévoré en quelques jours et en suis ressortie subjuguée et plus que jamais consciente de la cruauté du destin, qui nous a arraché cette talentueuse écrivaine.

J’ai eu un peu de mal à accrocher au début … Le roman commence lentement, ceci étant (peut – être) fait exprès par la romancière, car elle accorde une large place à la description de l’espace spatio – temporel dans lequel évoluait Ousmane Guèye, jeune Dakarois né et grandi à Niari Tally, quartier de la banlieue dakaroise, de parents de condition fort modeste. Lesdits parents, Djibril Guèye et Yaye Khady, bien que pauvres, sont fort dignes, et placent en leur progéniture, notamment Ousmane leur aîné, tous leur espoirs. Djibril Guèye, revenu de la guerre, en a rapporté une jambe infirme, mais aussi des médailles qu’il ressort fièrement à la première occasion. Son épouse, Yaye Khady, de vingt ans sa cadette, est une femme débrouillarde, toujours prompte à aider son prochain, surtout ses voisines qui profitaient largement de sa générosité, vive, qui n’a pas sa langue dans sa poche et dit haut et fort ce qu’elle pense.

Son Ousmane « Oussou », est l’amour de sa vie et elle veille comme une mère poule sur lui, car il a toujours placé ses désirs ainsi que ceux de son père avant les siens. Sa bourse scolaire est accueillie avec soulagement, car elle contribuera à alléger les difficultés de subsistance de la famille Guèye. Le baccalauréat en poche, il refusera la proposition d’aller poursuivre ses études en France, préférant s’inscrire à l’Université de Dakar. Bénéficiant d’une aide mensuelle plus conséquente, il sera le soutien de ses parents et ceux – ci s’en trouveront fort contents, bénissant le Ciel d’avoir un tel fils !

Dans la vie bien rangée bien rangée de Ousmane, l’amour n’aura presque pas sa place. Avoir avoir essuyé le refus glacial de Ouleymatou, la sœur de son ami et frère Ousseynou Ngom, qui le trouvait trop fade et pas amusant pour un sou, il fermera délibérément son cœur.

Mais les voies du destin sont impénétrables …
Sa rencontre avec Mireille sera le catalyseur qui changera sa vie à jamais. Jeune fille belle, gracieuse, blonde comme les blés, aux yeux bleus aussi candides qu’insondables, elle tombera elle aussi sous le charme de ce grand et beau jeune homme. Leur amour commencera et se heurtera très vite au refus de Mr de la Vallée, père de Mireille, et non moins Ambassadeur de la France en terre sénégalaise. Il tolérait de travailler avec les Nègres, en ces temps de fraîche indépendance et de relations nouvellement changées, mais il ne pouvait accepter d’aller au – delà et accepter d’avoir « ça » comme gendre. Se heurtant au refus de Mireille, il emploiera les grands moyens : rapatriement de Mireille, pensant que l’éloignement fera son effet.

L’adage « Loin des yeux, loin du cœur » ne s’appliquera pas aux deux jeunes tourtereaux. Car la distance ne fera que raffermir leurs sentiments. Ousmane, à travers la photographie encadrée qui trônait sur son bureau, ne sortira jamais sa belle blonde de ses songes. Yaye Khady, ignorant tout du drame qui se jouait, le taquinera jour après jour sur sa « mystérieuse actrice » qu’il vénérait. Lettre après lettre, Mireille réaffirmera ses sentiments à Ousmane et fit le serment d’attendre, le temps qu’il faudrait.

 

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