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Transition démocratique au Liberia : Le bilan en demi-teinte de Ellen Johnson Sirleaf

30 Déc 2017
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La Libérienne Ellen Johnson Sirleaf était entrée dans l’Histoire en devenant en 2005 la première présidente élue du Liberia et d’Afrique, avant d’obtenir le prix Nobel de la paix 2011, mais elle passera la main en janvier à George Weah loin des espoirs suscités il y a douze ans.

Après deux mandats de six ans, Mme Sirleaf, 79 ans, peut se targuer d’avoir maintenu la paix dans un pays dévasté par des guerres civiles particulièrement atroces ayant fait quelque 250.000 morts entre 1989 et 2003. Le 22 janvier, elle présidera également à la première transition démocratique du pouvoir au Liberia depuis 1944 lorsque l’ancien footballeur de Monaco, du PSG et du Milan AC prêtera serment, après un second tour dont le déroulement pacifique a été salué à travers le monde.

Mais sur le plan des réformes économiques et sociales, son bilan est moins brillant, le pays restant l’un des plus pauvres au monde malgré d’importantes ressources de minerai de fer, caoutchouc et huile de palme.

«Quand elle est arrivée au pouvoir, les attentes étaient tellement grandes qu’il était tout simplement impossible qu’elle les remplisse, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’a pas essayé», estime le professeur de sciences politiques libérien Emmanuel Nimely. Réélue en 2011, l’année où elle a reçu le prix Nobel de la Paix, Mme Sirleaf a vu son pays entrer en récession en 2016 sous l’effet de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest et de la chute des cours des matières premières.

Jeudi, elle a pris la décision de supprimer les bonus pour les managers d’entreprises publiques «en raison de la situation économique».
«Son second mandat a aussi été marqué par le retour d’un grand nombre de gens de la diaspora pour trouver du travail, tandis que les gens qualifiés ne trouvaient pas de boulot», souligne M. Nimely, interrogé par l’Afp.

«Cela a dressé énormément de gens contre le régime, en particulier chez les jeunes, qui se sont tournés vers George Weah et espèrent qu’il réalisera ce qu’elle n’a pas pu faire», ajoute le politologue.

En 2011, son prix Nobel avait été salué dans le monde, mais avait suscité des réactions mitigées dans son pays, son principal opposant de l’époque Winston Tubman —sur le ticket duquel se présentait George Weah, après avoir été battu par Mme Sirleaf pour le poste de président en 2005— l’ayant estimée «inacceptable», «non méritée» et «provocante» en pleine compétition électorale. Dès son investiture en 2006, cette économiste, ex-haut fonctionnaire internationale et ex-ministre des Finances a entrepris une opération de charme auprès des institutions financières internationales qui la connaissent bien, ce qui lui a permis en partie d’effacer la dette et d’attirer les investisseurs.

La lutte contre la corruption et en faveur de profondes réformes institutionnelles a toujours été au cœur de son action politique, ce qui lui a valu son surnom de «Dame de fer» et d’être envoyée deux fois en prison dans les années 1980 sous le régime de Samuel Doe. Mais son bilan n’a pas aidé son vice-président pendant 12 ans, Joseph Boakai. Les deux ont pris leurs distances, alors qu’Ellen Sirleaf s’est montrée avec George Weah quelques jours avant le second tour.

Pour le quotidien libérien FrontPage Afrique, au final, les «valises» du régime Sirleaf étaient trop lourdes à porter pour Joseph Boakai. «Aux yeux de beaucoup, le népotisme, la corruption, la gabegie et un système éducatif défaillant ont plombé le bilan du gouvernement», analysait vendredi le journal.

AFP

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