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Point de mire : Procès d’un engagement

14 Fév 2018
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Ahed Tamimi, 17 ans, ou le procès d’une adolescente devenue une icône palestinienne de la lutte contre l’occupation israélienne. Ahed est née dans une famille réputée pour son engagement contre cette occupation et elle-même est connue pour son militantisme, comme une agitatrice ne reculant pas devant les provocations. La jeune fille mineure a été arrêtée en décembre dernier, à la suite d’une vidéo devenue virale, tournée le 15 décembre devant sa maison, dans le village de Nabi Saleh en Cisjordanie occupée. Nabi Saleh est le théâtre fréquent de manifestations contre l’occupation. Surtout au moment le plus fort des protestations palestiniennes contre la décision du Président Trump, le 6 décembre, de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade des Etats-Unis. On y voit Ahed frapper et bousculer deux soldats israéliens lourdement armés, qui demeurent impassibles devant cette provocation puérile et sans danger pour eux. Aux côtés d’Ahed ce jour-là sur la vidéo, sa mère Narimane et sa cousine Nour, qui doivent elles aussi être jugées. La mère d'Ahed Tamimi intervient, avec l'apparente volonté de s'interposer. Les trois femmes ont été arrêtées les jours suivants. La justice militaire israélienne a ordonné qu'Ahed Tamimi et sa mère restent détenues jusqu'à leur procès, invoquant "la gravité des faits". Nour Tamimi a été libérée sous caution. Ce 15 décembre à Nabi Saleh, un jeune membre de la famille avait été grièvement blessé à la tête par une balle en caoutchouc israélienne pendant des heurts.

Celle qui est présente ce mardi devant le tribunal militaire est la seule Ahed, jugée séparément de sa mère et de sa cousine. Elle est aussi la plus connue et la plus reconnaissable, avec ses longues boucles blondes et ses yeux bleus. A son âge, elle a déjà été reçue par des chefs d’Etat, en raison de son militantisme. De fait, elle est même connue au-delà des frontières de sa Palestine natale. Sur les photos des agences mondiales, c’est toujours la même moue enfantine, les mêmes gestes de révolte, le même petit poing fermé au nez des soldats israéliens, et aussi le même rapport de force disproportionné entre l’intrépide palestinienne et les soldats de Tsahal qui captent et captivent le regard du lecteur. Elle est le visage sympathique de la « sale » guerre israélo-palestinienne. C’est peut-être pour cela que, dès le début de l’audience, dans une salle bondée, le juge a-t-il ordonné le départ des journalistes et des diplomates venus nombreux, autorisant seulement la famille Tamini à rester. Un huis-clos qu’il a justifié par la précaution de ne pas exposer une mineure à un débat public. Pourtant le public a eu le temps de voir arriver Ahed Tamimi en blouson de prisonnière et des entraves aux poignets et chevilles. Un traitement inhabituel pour un mineur et un délit de ce niveau. La convention internationale des droits de l'enfant stipule que l'emprisonnement d'un enfant doit être une mesure de "dernier ressort" et rester "aussi brève que possible.

De quoi indigner son avocate, qui a expliqué durant les débats à huis-clos, que ce n’était pas la révolte de la mineure palestinienne qui était illégale, mais plutôt l’occupation de la Cisjordanie. Israël poursuit Ahed Tamimi sous douze chefs d'inculpation, non seulement pour les agissements du 15 décembre, mais aussi des faits antérieurs présumés, comme des jets de pierres contre les soldats, des menaces ou sa participation à des "émeutes". Ce n’est pas très subtil de braquer l’opinion publique, démultipliée et dématérialisée sur les réseaux sociaux, en renforçant la frêle prisonnière dans son rôle de victime de l’oppression israélienne et d’héroïne de la révolte palestinienne. En dehors des murs du tribunal militaire, hors de sa prison, ailleurs comme ici au Sénégal, les gens s’intéressent en effet à l'égérie Ahad et son affaire trouve un large écho. Ils jugeront plutôt l’injustice qui lui est faite à travers l’agression de ses droits à une enfance normale.

Ils verront Ahed Tamimi comme un exemple de courage face aux abus israéliens. Ils exprimeront leur « préoccupation » comme le bureau du Haut Commissaire de l'Onu pour les droits de l'Homme et l'Union européenne l’ont fait. Ils réclameront comme Amnesty International l’a fait sa « libération immédiate ». Ils ressentiront de la colère de savoir, comme Amnesty International le rappelle, « qu’environ 350 enfants palestiniens sont détenus par Israël » et que la détention prolongée d'Ahed Tamimi, vise selon elle à "intimider" les enfants palestiniens. Ils ne penseront même pas que des deux côtés de la frontière, il y a des mères qui souffrent de la même façon et des enfants en danger, y compris ceux qui portent l’uniforme de Tsahal.

Par Dié Maty Fall

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