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Frédéric Sambou, ancien champion de lutte : « Notre tradition nous a privé des millions de l’arène »

22 Sep 2016
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Dans sa jeunesse Frédéric « Eghanta » Sambou a régné sans partage dans le Kaassa. Notamment lors de la traditionnelle fête de Kamaghène, « célébrée à la fin de la récolte du riz pour remercier le Bon Dieu d’avoir arrosé le sol de pluie ». S’il était de l’actuelle génération il aurait certainement empoché une fortune dans l’arène. Mais, Frédéric Sambou ne regrette rien, puisqu’il déteste la lutte avec frappe. « J’ai horreur des coups de poing dans la lutte avec frappe. Je déteste la violence dans le sport à plus forte raison dans la lutte en milieu Diola qui fait partie de notre culture. La lutte simple est plus technique et plus riche ».

Mais, s’il déteste la lutte avec frappe à cause de la violence, il nourrit, cependant, quelques regrets. « C’est notre culture, notre tradition qui nous a privé des millions de l’arène. Car, ici, on ne lutte plus après le mariage. Et c’est le « Kamaghène » qui clôt définitivement la carrière de lutteur dans notre milieu. Cette fête sacrée est une sorte de jubilé chez nous, pour les nouveaux mariés.

C’est après avoir vécu cette fête que les jeunes mariés partent en campagne hors du terroir » se rappelle Frédéric qui a particulièrement noté un « manque d’engouement » pour la fête du « Kamaghène », depuis quelques temps, comparé à leur époque. L’ancien champion de lutte de la zone consent que « les temps ont changé », il espère que Jean Diatta « Echocolat » de Cabrousse qui a construit et équipé à ses frais un centre ultramoderne de lutte réussira son défi de relancer la discipline en Basse Casamance. La lutte étant considérée comme un sport réservé à la jeunesse en milieu Diola, dans le département d’Oussouye.

Et selon les différentes localités du département d’Oussouye, les cérémonies de lutte traditionnelle varient. Ainsi, dans la commune de Mlomp, c’est le « Kamaghène » qui est organisée à la fin de la récolte du riz, à Oussouye c’est le « Humabeul », la fête du roi, et à Cabrousse c’est le « Hulang ». Des fêtes « sacrées » qui se tiennent pendant trois jours et à des périodes différentes. Alors que le « Kamaghène » et le « Hulang » sont organisés pendant la saison sèche, le « Humeubeul » se tient au mois de septembre. La particularité par rapport aux autres cérémonies, c’est que la tenue du « Humeubeul » dépend de la présence physique du roi.

S’il y a vacance de pouvoir dans la royauté, la manifestation est suspendue le temps que le successeur soit intronisé. Frédéric Sambou garde un souvenir de cette fête sacrée, puisque c’est lors d’une édition du Humeubeul qu’il s’est révélé au grand public. « C’est le prédécesseur du roi Sibilumbaye qui a fait de moi le champion que je suis devenu » raconte cet ancien « athlète aussi spécialiste du lancer de poids et de javelot ». A la retraite à 71 ans, il est aujourd’hui délégué de quartier de son quartier, Elinkine.

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