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Porte-drapeau de la délégation du Sénégal aux JO de Rio : Isabelle Sambou, une passion héritée de ses parents

22 Sep 2016
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Dans sa tendre jeunesse elle défiait les garçons de son âge. Elle ne se laissait pas dompter dans les combats en lutte traditionnelle lors des cérémonies culturelles. C’est du sang de lutteur qui coule dans ses veines, puisque, d’après son frère ainé, Isabelle Sambou a hérité de ses parents son talent de lutteuse.

« Honnêtement, j’étais surpris quand j’ai appris qu’elle a été choisie comme porte-drapeau du Sénégal par le président de la République, Macky Sall, pour les Jeux olympiques de Rio. Mais j’avais confiance en elle puisque quand elle était plus jeune, elle défiait même les garçons de son âge. Elle était difficile à dompter». Ce morceau choisi du témoignage de Nazaire Sambou, frère ainé d’Isabelle Sambou, en dit long sur la personnalité de celle qui a ouvert le défilé de la délégation olympique sénégalaise aux derniers Jo Rio 2016, au Brésil (du 5 au 21 aout). Nazaire se rappelle bien des exploits de sa sœur cadette lors de sa jeunesse.

« Quand elle était plus jeune, il y a ce qu’on appelle dans notre milieu hougoone. C'est-à-dire, la fondation de maison avant le début des travaux de construction. Par solidarité, les villageois se retrouvaient pour apporter leur soutien au propriétaire de la future maison. Alors pendant les travaux, les garçons tentaient de terrasser les filles dans la boue. Cela fait partie de la tradition. Mais, Isabelle a toujours été difficile à manœuvrer lors de ces combats de lutte entre garçons et filles. Pour la battre, il faut utiliser d’autres arguments physiques. Personnellement, je suis son grand-frère, mais j’ai toujours éprouvé des difficultés pour la corriger quand elle était plus jeune ». Pour ne pas se faire ridiculiser, « les garçons se méfiaient d’elle. Les plus téméraires éprouvaient des difficultés pour s’en défaire s’ils n’étaient pas tout bonnement, humiliés » poursuit Nazaire Sambou, avec fierté.

Ce que l’intéressée confirme, du reste. « Je peux dire que je suis née lutteuse parce que mes parents sont d’anciens champions de lutte. Donc, c’est du sang de lutteurs qui coule dans les veines», dit-elle avec un large sourire. En effet, d’après son grand-frère, Isabelle Sambou a hérité ses qualités de combattante de ses parents. « Elle est née dans une famille de lutteurs. Notre père et notre maman étaient des grands champions de lutte dans leur jeunesse », confirme l’ainé trouvé dans son village natal, Mlomp Haer, à 9 kilomètres d’Oussouye, en Basse Casamance.

Toutefois, si Isabelle ne se laissait pas dompter par sa génération, tous sexes confondus, elle « voue un grand respect à (ses) ainés ». Son futur mari peut aussi se rassurer. La championne de lutte promet de ne pas le défier dans son foyer. « J’ai été inspirée par Evelyne Diatta, ancienne lutteuse de la contrée. Jules, un ami de mon grand-frère l’a convaincu de me laisser lutter. Et dans notre culture comme on ne défie pas les anciens, je me plie à leurs décisions. C’est ainsi que j’ai intégré la lutte ». En réalité, «si elle avait vécu la période de la lutte féminine (ékolomodje), elle aurait fait des ravages » regrette, avec fierté, son grand-frère qui se glorifie d’avoir été « un champion dans la localité ».

En fait, Nazaire confirme qu’ils ont « hérité la force et la technique de (leurs) parents ».  Une famille de lutteurs dont la seule Isabelle est sortie du terroir pour monnayer son talent avec le succès qu’on connait. Au point d’être désignée porte-drapeau du Sénégal aux JO de Rio en 2016. Une consécration pour la nonuple championne d’Afrique. Une étape dans la vie sportive de la lutteuse qu’apprécie particulièrement le grand-frère et au-delà, la contrée dont elle participe au rayonnement. Mais les voisins, tout comme le frère n’ont pas pu suivre ses prestations à Rio de Janeiro. Le défaut d’éclairage public et le décalage horaire sont passés par là. « A Rio, c’est elle-même qui m’a appelé pour m’annoncer son élimination », ajoute Nazaire pour confirmer leur proximité.

« Ses différentes prestations sont suivies avec beaucoup de pression et de tension dans la famille ». Et de citer un fait tragique qui a émaillé sa sortie à Londres lors des JO en 2012 lorsqu’elle a été éliminée en quart de finale. En effet, il révèle que l’élimination « a été fatale à son grand-frère malade qui est décédé à l’annonce de la mauvaise nouvelle. Nous avions des relations très étroites. Nous sommes comme des jumeaux et c’est dans ce sens qu’elle s’ouvre toujours à moi pour me confier ses problèmes. Et je n’ai pas manqué de lui remonter le moral après son élimination à Rio. Elle était étreinte par l’émotion mais je l’ai remotivée ».

Isabelle Sambou et sa familleRévélée lors de la fête traditionnelle de Kamaghène, la lionne du Kaassa, a été perfectionnée par Lansana Coly qui était à la recherche de jeunes talents pour son écurie de lutte. Orpheline de père et de mère, Isabelle n’a pratiquement pas connu ses parents. « Notre papa est décédé en 1982, notre maman ne lui a pas longtemps survécu. Elle est décédée quelques temps après. Isabelle, encore petite, a donc été confiée à une de nos tantes pour son éducation » témoigne Nazaire. A 36 ans le 20 octobre prochain, Isabelle a marqué le Sénégal et l’Afrique par sa forte personnalité. Championne du Monde en lutte de plage en 2009 (-70 kg), elle est médaillée d’or africaine à neuf reprises.

« Honnêtement, j’étais surpris quand j’ai appris qu’elle a été choisie comme porte-drapeau du Sénégal par le président de la République, Macky Sall, pour les Jeux olympiques de Rio. Mais j’avais confiance en elle puisque quand elle était plus jeune, elle défiait même les garçons de son âge. Elle était difficile à dompter». Ce morceau choisi du témoignage de Nazaire Sambou, frère ainé d’Isabelle Sambou, en dit long sur la personnalité de celle qui a ouvert le défilé de la délégation olympique sénégalaise aux derniers Jo Rio 2016, au Brésil (du 5 au 21 aout). Nazaire se rappelle bien des exploits de sa sœur cadette lors de sa jeunesse. « Quand elle était plus jeune, il y a ce qu’on appelle dans notre milieu hougoone. C'est-à-dire, la fondation de maison avant le début des travaux de construction.

Par solidarité, les villageois se retrouvaient pour apporter leur soutien au propriétaire de la future maison. Alors pendant les travaux, les garçons tentaient de terrasser les filles dans la boue. Cela fait partie de la tradition. Mais, Isabelle a toujours été difficile à manœuvrer lors de ces combats de lutte entre garçons et filles. Pour la battre, il faut utiliser d’autres arguments physiques. Personnellement, je suis son grand-frère, mais j’ai toujours éprouvé des difficultés pour la corriger quand elle était plus jeune ». Pour ne pas se faire ridiculiser, « les garçons se méfiaient d’elle. Les plus téméraires éprouvaient des difficultés pour s’en défaire s’ils n’étaient pas tout bonnement, humiliés » poursuit Nazaire Sambou, avec fierté.

Ce que l’intéressée confirme, du reste. « Je peux dire que je suis née lutteuse parce que mes parents sont d’anciens champions de lutte. Donc, c’est du sang de lutteurs qui coule dans les veines», dit-elle avec un large sourire. En effet, d’après son grand-frère, Isabelle Sambou a hérité ses qualités de combattante de ses parents. « Elle est née dans une famille de lutteurs. Notre père et notre maman étaient des grands champions de lutte dans leur jeunesse », confirme l’ainé trouvé dans son village natal, Mlomp Haer, à 9 kilomètres d’Oussouye, en Basse Casamance.


Toutefois, si Isabelle ne se laissait pas dompter par sa génération, tous sexes confondus, elle « voue un grand respect à (ses) ainés ». Son futur mari peut aussi se rassurer. La championne de lutte promet de ne pas le défier dans son foyer. « J’ai été inspirée par Evelyne Diatta, ancienne lutteuse de la contrée. Jules, un ami de mon grand-frère l’a convaincu de me laisser lutter. Et dans notre culture comme on ne défie pas les anciens, je me plie à leurs décisions. C’est ainsi que j’ai intégré la lutte ». En réalité, «si elle avait vécu la période de la lutte féminine (ékolomodje), elle aurait fait des ravages » regrette, avec fierté, son grand-frère qui se glorifie d’avoir été « un champion dans la localité ».

En fait, Nazaire confirme qu’ils ont « hérité la force et la technique de (leurs) parents ».  Une famille de lutteurs dont la seule Isabelle est sortie du terroir pour monnayer son talent avec le succès qu’on connait. Au point d’être désignée porte-drapeau du Sénégal aux JO de Rio en 2016. Une consécration pour la nonuple championne d’Afrique. Une étape dans la vie sportive de la lutteuse qu’apprécie particulièrement le grand-frère et au-delà, la contrée dont elle participe au rayonnement. Mais les voisins, tout comme le frère n’ont pas pu suivre ses prestations à Rio de Janeiro. Le défaut d’éclairage public et le décalage horaire sont passés par là.

« A Rio, c’est elle-même qui m’a appelé pour m’annoncer son élimination », ajoute Nazaire pour confirmer leur proximité. « Ses différentes prestations sont suivies avec beaucoup de pression et de tension dans la famille ». Et de citer un fait tragique qui a émaillé sa sortie à Londres lors des JO en 2012 lorsqu’elle a été éliminée en quart de finale. En effet, il révèle que l’élimination « a été fatale à son grand-frère malade qui est décédé à l’annonce de la mauvaise nouvelle. Nous avions des relations très étroites. Nous sommes comme des jumeaux et c’est dans ce sens qu’elle s’ouvre toujours à moi pour me confier ses problèmes. Et je n’ai pas manqué de lui remonter le moral après son élimination à Rio. Elle était étreinte par l’émotion mais je l’ai remotivée ».

Révélée lors de la fête traditionnelle de Kamaghène, la lionne du Kaassa, a été perfectionnée par Lansana Coly qui était à la recherche de jeunes talents pour son écurie de lutte. Orpheline de père et de mère, Isabelle n’a pratiquement pas connu ses parents. « Notre papa est décédé en 1982, notre maman ne lui a pas longtemps survécu. Elle est décédée quelques temps après. Isabelle, encore petite, a donc été confiée à une de nos tantes pour son éducation » témoigne Nazaire. A 36 ans le 20 octobre prochain, Isabelle a marqué le Sénégal et l’Afrique par sa forte personnalité. Championne du Monde en lutte de plage en 2009 (-70 kg), elle est médaillée d’or africaine à neuf reprises.

 

Last modified on jeudi, 22 septembre 2016 17:53
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