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Can 2017 - Groupe C - Côte d’Ivoire, Togo, Maroc, Rd Congo : « Sorciers » blancs et local face à une tâche éléphantesque

Le groupe C basé à Oyem au nord du Gabon a la particularité de ne regrouper que des équipes francophones. Mais surtout, il promet de belles oppositions entre « sorciers » blancs et local autour d’un feu (forcément géant) à cuire des Eléphants. Car, logiquement, la Côte d’Ivoire, championne d’Afrique en titre, est le favori naturel. Ce qu’il sera peut-être assez compliqué de démontrer sur le terrain. D’abord parce que les Eléphants ne sont plus aussi souverains qu’il y a deux ans, lorsque conduits par un Yaya Touré au sommet de son art, ils avaient rectifié une grosse hérésie. En effet, malgré un potentiel à nul autre pareil sur le continent, la Côte d’Ivoire peinait à décrocher un deuxième titre africain après celui de 1992 à Dakar. On avait alors parlé de « gâchis », de « génération maudite » en référence aux Drogba, Zokora et autres Eboué toujours donnés favoris mais jamais couronnés.

Jusqu’à la dernière Can en Guinée équatoriale où pas grand monde ne misait sur les Ivoiriens. Et là, ils avaient surpris tout le monde. Mais pour cette Can, ils ont failli passer à la trappe et ont même bénéficié d’un arbitrage scandaleux pour écarter la surprenante équipe de Sierra Leone. Alors, sans Yaya (retraité) ni Gervinho (blessé), la question se pose de savoir si les Eléphants seront aussi tranchants à défaut d’être séduisants ?

Ils peuvent, en tout cas, compter sur leurs adversaires de groupe pour leur compliquer sérieusement la tâche. A commencer par la Rd Congo, troisième en 2015 en Guinée équatoriale et qui rêve de renouer avec sa gloire perdue des années du Zaïre. Le coach des Simbas, le futé Florent Ibengué, n’a pas oublié que le chemin de ses troupes s’était achevé en demi-finale il y a deux ans face à … la Côte d’Ivoire (1 – 3). Et comme la revanche est un plat qui se mange froid, les Congolais promettent d’être un appétit féroce.

Pareil pour les Lions de l’Atlas du Maroc. Exclus de la précédente Can pour n’avoir pas voulu abriter la compétition pour cause de risque d’Ebola, les Chérifiens se sont empressés dès la levée de leur suspension de décrocher leur billet pour « Gabon 2017 ». Première équipe qualifiée sur le terrain, le Maroc débarquera en conquérant. D’autant que pour conduire ses destinées, il y a « un homme qui sait comment gagner la Can ». Le technicien français Hervé Renard a, en effet, la particularité d’avoir remporté deux des trois dernières éditions. En 2012 au … Gabon avec la Zambie et en 2015 en Guinée équatoriale avec la Côte d’Ivoire. Son objectif sera de réussir une inédite passe de trois avec trois sélections différentes. Ce qui en ferait le roi de tous les « sorciers blancs » ayant jamais exercé sur le continent.

Que dire donc du Togo ? Simplement qu’il faudra s’en méfier comme de la peste. D’abord parce que les Eperviers ont réussi une fin de parcours des éliminatoires de haut vol, fonçant à tire-d’aile sur l’une des deux places de meilleur deuxième qu’ils ont enlevé in extrémis. Ensuite parce qu’ils ont pour coach un certain Claude Le Roy qui connaît la Can comme s’il l’avait portée sur les fonts baptismaux. Un record de 8 participations pour … seulement un titre en 1988 au Maroc, avec le Cameroun. Le ratio est bien faible pour le précurseur des « Sorciers blancs » sur le continent africain. Il est temps pour lui de sortir un de ses tours qui ont fait sa réputation en Afrique. D’autant que le Togo est la seule équipe de ce Groupe C à n’avoir jamais goûté à un succès continental.

La question : Comment Hervé Renard fera-t-il face à son passé ?
Lors de la Can 2008 au Ghana, toujours dans l’ombre de Claude Le Roy, alors coach des Black Stars, se tenait un gaillard aux cheveux blonds, au regard perçant et au sourire facile. Hervé Renard a été un adjoint studieux et attentionné. Quatre ans plus tard, le technicien français explosait à la face du monde. A la tête des Chipolopolo de Zambie, il enleva son premier trophée au Gabon aux dépens de la … Côte d’Ivoire. La preuve, en 2015, il cassa le « sortilège » qui semblait poursuivre les Eléphants de Côte d’Ivoire depuis leur victoire en terre sénégalaise, en 1992. Là, c’est sûr, un « sorcier blanc » venait de naître. Il a même dépassé son maître, Claude Le Roy qui ne compte qu’un sacre en Afrique en 1988 avec le Cameroun. Et c’est justement face à ce maître aujourd’hui coach du Togo, qu’il aura encore à faire ses preuves lors de cette Can. Pour une première confrontation directe entre les deux techniciens, il sera intéressant de voir comment s’en sortira l’élève face à celui qui lui a mis le pied à l’étrier africain.
 
Intéressantes également devraient être les retrouvailles entre ce même Hervé Renard et les Eléphants de Côte d’Ivoire qu’il a conduits au sacre il y a deux ans en Guinée équatoriale. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est qu’alors qu’il vise un inédit troisième titre avec une troisième équipe africaine, Hervé (qui ne s’appelle pas pour rien) Renard a quelques bonnes idées sous sa crinière blonde.
 
B. K. N.
Last modified on mardi, 10 janvier 2017 13:59
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