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Papa Massata Diack sur l’affaire de l’Iaaf : « C’est une conspiration bien orchestrée »

13 Sep 2017
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Généralement marquée par un encéphalogramme médiatique plat, la période estivale de Papa Massata Diack n’a pas été de tout calme. L’ancien agent marketing de l’équipe nationale du Sénégal de football a été associé à deux alertes actualités. D’abord le 21 août, le Tribunal arbitral du sport (Tas) confirmait la suspension à vie du fils de Lamine Diack de la  Fédération internationale d’athlétisme (Iaaf). Puis le 5 septembre, la justice brésilienne ouvrait une enquête pour corruption sur l’attribution des JO 2016 à Rio. Une affaire où le nom de Papa Massata Diack est également cité à travers des virements jugés « suspects » notamment pour de possibles achats de voix au sein du Comité international olympique (Cio). Il avait, par ailleurs, été mis en examen pour « corruption » et « blanchiment aggravé » par la justice sénégalaise le 17 février 2016 et placé sous contrôle judiciaire en août 2016. Décidant de ne pas se laisser manger la laine sur le dos, Papa Massata Diack sort de son silence « imposé par (s)on père » pour donner ses vérités basées sur un argumentaire principal : « C’est une conspiration ». Il en développe les contours dans cet entretien accordé au « Soleil ».

Après tant d’épreuves traversées, comment vous portez-vous ?  
Je vais très bien. Je suis tout à fait serein. Comme tout bon croyant, j’accepte ce coup du destin. Ce qui me fait le plus mal, c’est ce qu’on est en train de faire vivre au président Lamine Diack qui se trouve être mon père. Après deux ans d’enquête qui ne nous mène à absolument rien du tout. A part cela, on attend les conclusions de l’enquête pénale.
 
Après une période de silence, pourquoi avez-vous décidé de parler maintenant ?
Je parle en fonction de l’actualité et ce n’est pas la première fois que je prends la parole sur cette affaire. J’ai parlé la première fois le 22 décembre 2015 avec une télévision sénégalaise ; le 21 février 2016, j’ai fait une interview sur une télé française ; en novembre 2016, quand ils ont commencé à évoquer une histoire de dopage d’athlètes russes ; enfin au mois de mars dernier sur l’affaire (de corruption pour l’attribution des JO) de Rio (2016). Quand l’actualité l’impose, il y a des précisions à faire. Dans cette affaire, il y a plus de communication que de procédures juridiques. L’enquête est plus médiatisée que sérieuse. J’ai toujours dit qu’elle était biaisée dès le départ.

Pourquoi dites-vous que l’enquête est biaisée ?
La commission d’enquête de l’Agence mondiale antidopage (Ama), qui est venue à Monaco en janvier 2015 et en juin 2015 pendant que le président Lamine Diack était en fonction, n’a jamais jugé utile d’entendre les accusés pour une version contradictoire. La deuxième chose qui est tout à fait troublante, ils n’ont pas attendu les conclusions du rapport du 9 novembre pour pouvoir porter cette affaire au niveau des juridictions françaises, à savoir le Parquet national financier (Pnf). Ils ont commencé, dès juillet 2015, en passant par Interpol. Nous avons jugé que le procédé était tout à fait évocateur d’une volonté de plus nuire que d’enquêter sérieusement. Le dernier point, dès que l’enquête a été ouverte, la France qui a un accord de coopération judiciaire avec le Sénégal depuis mars 1974, et qui est à 5 heures de vol, n’a jamais jugé utile de venir poursuivre ses investigations au Sénégal entre novembre 2015 et février 2016, sur la base des informations fournies par la commission indépendante de l’Ama.

Comment interprétez-vous cette absence ?
Je l’interprète comme un parti pris surtout avec la présence du procureur national financier, Elianne Houlette, à la conférence de presse de l’Ama, à Munich, le 14 janvier 2016. Ce n’est plus une justice à charge et à décharge. Elle est juste à charge sur la base que nous (son père et lui, ndlr) sommes coupables, les faits sont là, il y a des preuves. Ils enquêtent depuis 21 mois et il n’y a aucune preuve formelle qui peut les inciter à aller en correctionnelle.
 
Avez-vous accès au dossier ?  
Massata DiackJe n’ai pas accès au dossier. La plupart des informations sur le dossier résulte de fuites avec des réseaux de journalistes (ndlr : pour des raisons juridiques évidentes, « Le Soleil » ne peut pas citer les noms des journalistes qu’il pointe du doigt). Ce sont ces mêmes journalistes qui défendaient la candidature de Sébastian Coe lors de la campagne entre 2014 et 2015. J’ai l’impression qu’ils sont en train d’utiliser le même réseau de journalistes que Mike Lee utilisait en tant que consultant stratégique de Sébastian Coe. Curieusement, c’est le même qui occupe les mêmes fonctions pour Paris 2024. Ce qui m’amène à me poser des questions sur l’implication de la France. Je rejette toute compétence territoriale juridique de la justice française pour juger cette affaire.

L’Iaaf est une association de droit monégasque, les faits qu’ils nous reprochent se sont passés dans des pays souverains. On évoque le Sénégal, Singapour, la Turquie, la Russie, le Qatar, le Japon et maintenant le Brésil. Nous n’avons lésé ni commis de délit en France. Cette affaire a été portée à la police monégasque par un Français, ancien secrétaire général de l’Iaaf, du nom Essar Gabriel. Dès le 9 décembre 2014, son avocat qui se trouve également être celui de l’Ama est venu voir le président Diack pour lui demander de démissionner comme De Gaulle l’avait fait en 1969. Je maintiens mes propos. Tout ceci est un mensonge et j’ajouterai que c’est une conspiration bien orchestrée par Richard William Pound qui présidait la commission d’enquête de l’Ama, Craig Reedie, mentor et porte-drapeau de la candidature de Sébastian Coe à la présidence de l’Iaaf. Maintenant, est-ce que Tony Estanguet, président du comité de candidature de Paris 2024 et membre du comité exécutif de l’Ama, a aidé ses amis à déclencher cette affaire en France ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est que c’est le Comité olympique français qui avait invité le président Lamine Diack en octobre 2015 pour le faire arrêter à Paris lors d’un séminaire prévu le 2 novembre 2015 afin de partager son expérience de sportif et de dirigeants avec des africains francophones.

C’est le traquenard qui a permis l’arrestation du président Diack le 1er novembre 2015. Après avoir analysé leurs méthodes, les fuites dans la presse, les articles incendiaires du Monde, du Guardian (Royaume-Uni), de l’Equipe, les enquêtes intempestives de la chaine Ard (Allemagne) par les mêmes acteurs, je me pose la question. Est-ce qu’il ne s’agit pas d’une volonté de nuire au président Diack et de le neutraliser et ainsi faciliter la candidature olympique française car ils ont toujours dit que Lamine Diack ne les soutenait pas. Il y a des raisons d’en douter d’autant plus que dans le match Paris contre Londres en 2012, les Français reprochaient au président Diack de ne pas les avoir soutenus lors de la Session du Cio à Singapour 2005. Ce qui est tout à fait faux.

La France n’était pas heureuse d’échouer quatre fois à l’organisation des JO. Je ne vois pas les compétences juridiques de la France pour enquêter sur cette affaire. La dénonciation a été faite le 4 août à 14 jours du Congrès de l’Iaaf à Pékin. Alors que tout le monde savait que Reedie était le porte-étendard de la campagne de Sébastien Coe. Ils étaient ensemble en Jamaïque pour faire campagne. D’ailleurs, il y a eu des suspicions de dopage en Jamaïque mais vous n’avez jamais entendu d’enquêtes là-dessus. Nous sommes dans un cas de figure de conspiration. L’enquête pénale française fait peut-être partie de cette conspiration internationale.
 
Vous dites que ce n’est pas une enquête sereine, mais en août, le Tribunal arbitral du sport (Tas) a confirmé votre suspension à vie de l'Iaaf. Et depuis la semaine dernière, des accusations de corruption vous mouillent dans l’attribution des JO Rio 2016. Que répondez-vous ces accusations ?
Sur le Tas, j’ai toujours un droit d’appel. Tout ce que je retiens du Tas, c’est une curiosité. Entre la sortie de la décision de la commission d’éthique le 7 janvier 2016 et ma plainte auprès de la Tas datée du 21 février, ils ont dû attendre 8 mois avant de convenir d’un panel organisé en novembre 2016, et pour la décision finale, cela a été renvoyé.
 
Comment expliquez-vous ce délai ?
Papa Massata DiackJe l’explique tout simplement par des blocages de l’Iaaf pour qu’on n’aille pas au Tas parce que la décision de la commission d’éthique est tout à fait légère. Ils n’ont aucune preuve contre moi. Pourquoi ne sortiraient-ils pas les preuves dans le cadre d’une enquête pénale. L’Iaaf est partie civile dans cette affaire en même temps que l’Ama et le Cio. Deuxième élément, la décision devait sortir le 31 janvier 2016 au Tas, elle a été renvoyée sept fois de suite avant de la rendre le 21 août 2017 parce qu’ils étaient acculés en leur disant qu’ils n’y avaient pas de raison de ne pas sortir la décision.

A un moment donné, ils m’ont même dit : « On va sortir la décision, mais on va faire un embargo de 5 jours ». En faisant mes propres investigations, je découvre que Richard William Pound est membre du conseil d’administration du Tas qui est présidé par un Australien du nom de John Coates. Je découvre également que Richard Mc Laren est un avocat inscrit au Tas. Michael Beloff de la commission d’éthique de l’Iaaf est un avocat inscrit au Tas. En découvrant cela, je me suis dit que c’était foutu pour moi. Ces gens ne me donneront jamais raison car ils disculperaient de facto Lamine Diack. Ils ont lié ces deux affaires. C’est une décision biaisée par l’inclusion des éléments de l’enquête pénale française.

La Tas a fait comparaître le docteur Gabriel Dollé qui a fait une déposition à la commission d’éthique et il a fait un accord avec l’enquêteur anglais, Anthony Hooper, pour se rétracter de sa première déclaration à la commission éthique pour mieux être en conformité avec l’enquête pénale française où il charge Lamine Diack de lui avoir remis de l’argent. Il m’a chargé aussi. Dès que le Tas prend en compte l’enquête française alors qu’il était interpellé sur la décision de la commission d’éthique de janvier 2016, les dés étaient pipés. Alors, j’ai jusqu’en fin septembre pour faire appel.

Et concernant la deuxième accusation pour corruption dans l’attribution des JO de Rio 2016 ?
Pour moi, c’est du réchauffé car l’accusation date du mois de mars. Auparavant, il y en avait une sur Tokyo 2020. Un de mes amis qui a une société à Singapour avait signé un accord pour être le consultant de Tokyo 2020. Ils disaient que j’étais derrière cette affaire et que l’argent m’était destiné et par ricochet à mon père. Une commission d’enquête est partie à Tokyo déposer le dossier chez les magistrats japonais qui ont convoqué le président du comité olympique japonais. Le Japon a été très clair en faisant valoir sa compétence territoriale. Il était hors de question que la commission interroge leurs citoyens. C’est ce qui a été fait, car la justice japonaise a entendu le président Takeda qui leur a remis un rapport de 27 pages qui les blanchissait. Après cette affaire, ils reviennent en France pour sortir cette autre affaire de Rio avec les mêmes procédés. On fait fuiter à travers un journaliste du Monde qui fait des articles incendiaires. J’ai répondu par deux interviews sur Radio France Internationale (Rfi) et l’Agence France Presse (Afp) où j’ai été très clair. Oui, j’ai reconnu qu’Arthur Cesar de Menezes Soares Filho (patron de Matlock Capital Group) avait fait un virement sur le compte de ma compagnie car c’est un de mes clients. Je leur ai dit que s’ils voulaient enquêter de manière sérieuse, ils n’ont qu’à débarquer au Sénégal.

C’est à ce moment que je découvre qu’ils avaient été interpellés par le Sénégal pour que l’enquête soit faite dans mon pays dans le cadre de la coopération judiciaire entre le Sénégal et la France. Le juge Van Ruymbecke avait reçu cette notification depuis septembre 2016 mais l’avait caché à Lamine Diack car il était en train de faire un appel pour casser la procédure française. Quand un juge d’instruction se comporte de cette manière, on ne peut pas me faire comprendre que l’enquête est sérieuse.

Le Brésil fait partie des pays où j’ai prérogative de démarcher des sponsors. Nous avons été contactés par Carlos Arthur Nuzman par l’intermédiaire du directeur de Marketing de l’Iaaf à Berlin en 2009. Le Brésil avait donné son accord pour organiser les Championnats du monde de Relais, ce qui sous-tend ma relation d’affaires avec la société d’Arthur Filho. Je n’ai absolument rien à cacher là-dessus. Cela fait partie de mes compétences territoriale et juridique. Deuxième point, nous avons la possibilité de contracter tout sponsor sur ces territoires. L’argent a été déposé dans le compte de ma société. Cela n’a absolument rien de nébuleux encore moins de sulfureux dans la mesure où je n’ai même pas été présenté par le comité olympique brésilien à ce Monsieur Filho mais par une agence de publicité brésilienne qui m’a fait savoir que ce client voulait être sponsor de la compétition.

Il était prévu également trois compétitions successives en 2010, 2011 et 2012 pour les épreuves de qualifications aux JO de Londres. Au dernier moment, le Brésil n’a pas pu organiser les épreuves car ses athlètes étaient sous sanction de dopage. Nous avons dû trouver un accord pour que l’événement se passe aux Bahamas. Ces compétitions firent finalement organiser en 2013, 2015 et 2017. Donc je répète que c’est une campagne de calomnie. Il paraîtrait qu’on allait auditer les contrats de sponsoring et de marketing sous la présidence de Monsieur Diack. C’est de la rigolade.

L’Agence mondiale antidopage, quelle autorité a-t-elle pour enquêter sur les contrats de sponsoring de l’Iaaf ? Même le Cio ne peut pas enquêter sur les contrats de sponsoring de l’Iaaf. Il paraît même qu’ils veulent enquêter sur l’attribution des Championnats du monde de 2009 à 2015 et de JO (il s’esclaffe). C’est parce qu’ils n’ont rien sur le dopage en Russie. Ils font de la diversion. C’est une enquête non contradictoire et seulement à charge.
 
Comment expliquez-vous ce que vous appelez une conspiration ?
J’ai l’impression que la volonté de Richard William Pound, de Mc Laren et de toute leur équipe qui ont mis sous leur coupe Sébastian Coe, est d’auditer toute la présidence de Lamine Diack à cause de l’affaire de dopage en Russie. Ils veulent auditer les 16 ans de présidence du président Diack (1999-2015) en se cachant sous l’enquête de l’Ama.

Dans le rapport de Monsieur Pound, j’ai décelé 8 gros mensonges. Entre autres, il a menti sur ma date de collaboration avec l’Iaaf, elle est de septembre 2007. Entre 2000 et 2006, j’étais agent marketing de l’équipe du Sénégal de football. M. Pound a dit que les droits de télévision sont à 6 millions d’euros. Ils ont été collectés et négociés par moi. Ils sont, en réalité, de 1.200.000 dollars négociés et signés par Essar Gabriel en tant que secrétaire général de l’Iaaf assisté par moi-même mais en tant que consultant. Je n’avais aucune prérogative pour décider sur le marketing de la télévision parce que les droits appartiennent à d’autres groupes. Ce dont je parle est dans des documents que beaucoup de journalistes occidentaux ont reçu et personne n’en a parlé.
 
Au risque de me répéter, qu’est-ce qui explique cette conspiration ?
La première des choses était de neutraliser le président Diack pour la candidature de Paris 2024. Il paraît que le président Diack ne la soutenait pas. Etienne Taubois, directeur de la candidature de Paris, écrivait en novembre 2013 dans son blog que si la candidature de Tokyo avait réussi, c’est grâce au soutien de Lamine Diack. Il était prévu que les Français fassent tout pour avoir les faveurs du président Diack. Il devait même être décoré par le président Hollande le 21 septembre 2015. Vingt personnes ont même été sélectionnées pour assister à la cérémonie à l’Elysée. Entre temps, il y a eu un chamboulement avec l’inclusion de Pound qui les a alertés en disant qu’il avait quelque chose sur le président Diack.

La commission d’éthique a enquêté pendant 16 mois sur cette affaire, à aucun moment Lamine Diack n’a été interpellé pour parler de son rôle. Il y a maintenant 21 mois d’enquête avec Interpol, Tracfin qui a accès à nos comptes domiciliés dans des Banques françaises. Il y a également une volonté de Pound de prendre sa revanche, qui n’a pas eu le soutien du président Diack et de Kéba Mbaye pour la présidence du Cio en 2001 sans compter son échec de 2013 pour entrer à la commission exécutive. Cet homme a des motivations d’en vouloir à Lamine Diack.

Deuxième chose, les Anglais en veulent à Lamine Diack pour avoir transféré le siège de l’Iaaf de Londres à Monaco mais aussi pour avoir exclu d’une réunion Lord Burghley et Marquis d’Exeter. Alors président d’honneur de l’Iaaf, il voulait imposer son point de vue sur la marche du conseil de l’Iaaf en 1977. Monsieur Diack lui avait signifié qu’il avait droit à la parole au Congrès mais pas au Conseil, ce qui l’a fait disparaître des annales de l’athlétisme mondial.

Le dernier élément, Joao Havelange, quand il a été président de la Fifa en 1974, Lamine Diack a réuni les voix africaines en sa faveur au détriment d’un candidat anglais du nom de Sir Stanley Rous. Ils veulent effacer les 16 ans de présidence Diack alors qu’il a laissé plus de 78 millions de dollars de réserve dans les caisses de l’Iaaf, il a vendu 925 millions dollars de contrats dont 68% de sponsoring auxquels j’ai contribué. Pour ces accusations que j’aurais reçu des virements, j’ai rapporté à l’Iaaf 216 millions de dollars donc entre 5 et 8% de commissions, j’ai de quoi vivre. Je n’ai pas besoin de prendre de l’argent d’une athlète russe ou d’une ville candidate. Et puis, je n’ai pas été embauché à l’Iaaf par népotisme mais bien par rapport à mes compétences dans le marketing et le sponsoring.
 
Et le virement effectué en 2009 à l’ancien athlète namibien Frankie Fredericks qui était au moment des faits scrutateur du vote pour le Cio…
Frankie Fredericks et ma société sont liés par des contrats de prestation d'image commerciale depuis 1994/1995 quand j'organisais les meetings sur invitation du Grand Prix en Afrique à Johannesburg, Nairobi, Pretoria, Cape Town et Dakar. Il a aussi été chargé de la promotion des Championnats d'Afrique depuis 1998, et d'organiser les Development Clinics pour les enfants intéressés par l'athlétisme. Ce contrat a été renouvelé en mars 2007 lors du conseil de l'Iaaf à Mombassa, et je tardais à honorer mes engagements du fait des contrôles des changes au Sénégal. En 2008, avec la crise financière mondiale, le ministère des Finances avait imposé des restrictions quant au transfert en devises à toutes les entreprises sénégalaises. Je me devais de lui payer 100.000 Usd, c'est un contrat annuel.
 
Vous disiez que la candidature de Paris était un des éléments qui pouvant expliquer « la conspiration » contre votre père et vous-même. C’est devenu un secret de polichinelle que Paris va accueillir les JO de 2024 (décision officielle attendue le 13 septembre). Est-ce une annonce qui va faire évoluer vos cas respectifs ?
Je ne m’attends à rien d’autre qu’à une enquête sereine et sérieuse faite à charge et à décharge car l’affaire est désormais au niveau de la justice française. J’attends qu’on me montre des preuves d’un pacte de corruption. La justice, ce sont les preuves. Je souhaite bonne chance au mouvement olympique français pour l’organisation et par la grâce de Dieu, j’y serai en tant que spectateur.

Pour ce qui est de l’enquête sénégalaise, où en est-t-on ? Il était question d’envoyer une commission rogatoire au Sénégal. J’attends cette commission depuis décembre 2015. J’ai déclaré dans un média que j’étais prêt à être entendu par cette commission rogatoire au Sénégal. Je suis citoyen sénégalais et résident fiscal au Sénégal. Par ailleurs, il y a une enquête, sous la pression de l’opinion publique, qui a été déclenchée au Sénégal. Sur instruction du procureur de la République, une enquête a été ouverte dès le 17 février 2016 pour m’entendre pendant 8 heures à la sûreté urbaine. J’ai été mis en examen au Sénégal. Il y a un accord de coopération judiciaire, les juges français peuvent transmettre les dossiers et leurs accusations à la justice sénégalaise. Ce qui m’a choqué au moment de la sortie dans les médias des accusations de corruption pour Rio, j’ai découvert que le Sénégal avait répondu le 25 juillet à une lettre de la France écrite en mai 2016. Le juge Van Ruymbeke l’a gardé par devers lui et ne l’avait pas mis dans le dossier d’instruction pendant plus de six mois pour qu’on n’utilise pas cette lettre dans le dossier du président Lamine Diack à la Cour d’appel de Paris. Cela prouve qu’il y a une violation de l’instruction judiciaire dans ce dossier.

Je déplore que le président Diack n’ait pas des avocats très aguerris au niveau pénal et à la communication pour le défendre. Il y a des violations volontaires du secret d’instruction et des procédures par les juges français. Ils disaient à mon père qu’il fallait que je vienne en France pour qu’il le laisse partir alors que je suis sous contrôle judiciaire avec inculpation et réquisition de passeport. Le Sénégal a montré depuis le début qu’il voulait la manifestation de la vérité.
 
Quelles sont les avancées de l’enquête sénégalaise ?
Elle attend les dossiers de la France qui pilote l’instruction. J’ai été entendu et j’ai fourni des réponses à toutes les accusations médiatisées. Egalement, j’ai rendu mon passeport. Je vois le juge tous les mois pour signer mon contrôle judiciaire. Au vu des révélations parues dans la presse, je peux me défendre sur chaque accusation. Je n’ai rien à cacher encore moins des virements sur mon compte professionnel au Sénégal. Je n’y accepterais pas des sommes à l’origine douteuse. Mon rôle à l’Iaaf est sur la base d’un contrat. Sebastian Coe a tous mes contrats et j’ai rendu compte par 2 rapports en mai 2015 et en septembre 2015. En 2010, j’ai sauvé l’Iaaf de la faillite. Les contrats de sponsoring conclus avec les entreprises des pays émergents ont été salutaires. Je ne peux pas avoir joué ce rôle positif et puis aller par la suite me compromettre dans l’illégalité. Il est grand temps d’enquêter à décharge.
 
Comment se porte Lamine Diack dans la situation actuelle ?
Il accuse le coup et se rend compte désormais de la cabale. Il a répondu à toutes les accusations. C’est devenu une bataille d’opinion. Il a compris la fatalité de cette affaire mais je suis sûr qu’il se défendra jusqu’à la manifestation de la vérité.

Propos recueillis par Moussa DIOP

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