banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

1967-2017 - Guédiawaye, hors des clichés : Mandaw Mbaye, le gardien du temple du lycée Limamou Laye

30 Sep 2017
12854 times

Le rouge pourpre de certains bâtiments en Algeco se marie avec la couleur du sable fin découlant des multiples mélanges avec le granite donne un bel effet d’ilots de couleur au Lycée Seydina Limamou Laye (LSLL). Le proviseur Mandaw Mbaye en est le gradien du temple.

Construit en 1979 par les Espagnols, en contrepartie d’accords de pêche avec le gouvernement sénégalais d’alors, l’enceinte du Lycée Seydina Limamou Laye (LSLL) donne l’impression d’une ancienne beauté fatale dont le maquillage est inefficace face aux ravages du temps qui passent. On a beau en remettre une couche de peinture, les plis et autres enzymes la ramène à sa vraie réalité. Canonique mais pas canon, LSLL attire pourtant encore beaucoup de convoitises. En cette fin de vacances, les files d’attente des inscriptions se rallongent. Le balai incessant des élèves se poursuit. Ils ont tous une direction : le bâtiment de l’administration. Un hall, un couloir, une porte et deux questions plus tard les présentations sont faites. Mandaw Mbaye est le proviseur de ce lycée d’excellence. Professeur des sciences et techniques industrielles dans la spécialité électrotechnique et expert en approche par compétence, M. Mbaye est un pur produit de Guédiawaye. Il y a fait toutes ses études. « J’étais un élève actif (président du Foyer socio-éducatif de 1981 à 1984) au LSLL jusqu’au bac », poursuit-il. Elève du LSLL mais aussi un professeur fidèle à l’établissement. Sur sa carrière de professeur, qu’il formule en « 25 ans, craie en main », il en a passé 23 au LSLL. ».

Pléthorique
Le lycée répondait à un besoin car tous les fils de Guédiawaye qui obtenaient le brevet étaient obligés d’aller à Blaise Diagne, Lamine Gueye et autres. « C’est un lycée d’enseignement général et technique mais qui est aujourd’hui sous la tutelle du ministère de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’artisanat ». Une précision importante car elle a des répercussions dans son fonctionnement.

« Au début, on avait environ 600 élèves en enseignement général et autant en enseignement technique, retrace Mandaw Mbaye. Après 37 ans, la physionomie du lycée fait tiquer les techniciens. Aujourd’hui, nous avons 6 000 élèves dont 5 500 dans l’enseignement général et seulement 500 dans l’enseignement technique dont les 350 voire plus sont du tertiaire. Ce qui pose de sérieux problèmes pour un pays qui se projette sur le Pse. Il faut tout faire pour garder l’acquis de l’enseignement général mais aussi pour développer les filières techniques et professionnelles ». D’autant plus que des problèmes de budget se posent au Lycée de Guédiawaye.

Budget et projets
Avec moins de 20 classes au LSLL contre une centaine pour l’enseignement général (ministère de l’éducation nationale), le ministère de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat est pourtant en charge de l’ensemble du budget. « Il nous prend en charge les 26 à 30 millions qui, avec l’enveloppe des inscriptions (10 000 par élève) et la formation professionnelle constitue l’ensemble du budget », détaille le proviseur du LSLL. L’établissement a plusieurs projets en cours, notamment avec le Canada dans la mise en place de « métiers sur les énergies renouvelables ». Le Fond de financement de la formation professionnelle pour l’étude d’un plan stratégique et un plan de formation en mécanique automobile et la structure métallique constituent d’autres sources. « Nous avons aussi l’Office nationale de formation professionnelle en tant qu’organe et d’autres démembrements du ministère. Et c’est de ce budget alloué par le Mfpaa que nous finançons l’enseignement général. Le ministère de l’Education nationale doit nous faire un clin d’œil et nous appuyer ».

Récompense
Ce qui n’empêche pas LSLL d’avoir la meilleure note en maths avec 18,5 au concours général. « Nous avons quatre premiers prix dans des disciplines importantes (Russe, EPS, Français et Anglais), cinq deuxièmes prix (Maths, Sciences Physiques, Electro technique, construction mécanique) et 14 accessits. Les mauvaises langues diront que c’est normal que le Lycée Seydina Limamou Laye remporte les prix au vu de ses effectifs pléthoriques.

Le lycée compte 7 000 élèves dont 1000 pour la formation professionnelle et 312 professeurs. Cependant, le bât blesse en ce qui concerne le personnel administratif. « LSLL ne compte que 9 surveillants généraux et une vingtaine de surveillants dont une bonne partie en partance à la retraite, énumère M. Mbaye. J’ai dû recruter, sur fond propre, un personnel que je paie à partir des recettes de la formation professionnelle. Le président Macky Sall nous a donné 500 millions dans le cadre des conseils des ministres décentralisés ».

Ces fonds seront alloués à la réhabilitation des logements de l’administration, (« une forte demande », se défend le Proviseur), la construction d’une grande salle de « 700 personnes pour les Méga cours », d’une dizaine de salles de classe sur le terrain de sport et le reste est prévu pour l’embellissement du LSLL. « La Mairie nous aide beaucoup mais LSLL mérite une discrimination positive pour que nous puissions continuer à jouer ce rôle de premier plan.

Sur l’explication d’une telle réussite, Mandaw Mbaye commence par reconnaître qu’il « est vrai qu’il y a de la délinquance à Guédiawaye, mais il y a des familles de grandes valeurs qui éduquent le « diom ». Cela a façonné la trajectoire de beaucoup de générations. Des gens comme moi sont partis de rien en sachant que la seule voie de réussite c’est de se battre positivement dans la vie ».

Ma cité, ma fierté
Pas natif de Guédiawaye où il est arrivé à 5 ans, M. Mbaye y a toujours vécu. « La ville fait ma fierté. Je fréquente les mêmes amis depuis ma jeunesse. Je connais également les problèmes. C’est une ville que j’ai vu évoluer qui a joué un rôle de premier plan dans le développement du Sénégal. Rien que sur LSLL, je peux vous dire que depuis l’an 2000, il n’y a pas un seul gouvernement où LSLL n’a pas trois ministres. Aly Ngouille Ndiaye, tout nouveau ministre de l’Intérieur, est un ancien du Lycée. Il est très lié à notre établissement. Il en est de même pour Mamadou Talla, notre ministre de Tutelle. Malick Gakou et tant d’autres.

Par Moussa DIOP

Rate this item
(0 votes)

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.