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CAN 2017

CAN 2017 (278)

La Can 2017 appartient à l’histoire. Et si les Lions, malgré une prestation honorable, n’ont pu réussir à mettre un terme à la série d’échecs, son défenseur central, Serigne Kara Mbodj, a marqué les esprits. Le solide défenseur d’Anderlecht (Belgique) figure dans le 11 type de la Can. Une équipe type, naturellement dominée par le Cameroun, le nouveau champion d’Afrique. Outre le jeune gardien, Joseph Ondoa qui a tenu en échec le Sénégal en quart de finale (0-0, 5 tab 4), le Cameroun est aussi représenté par son défenseur, Ngadeu Ngadjui Michael, et Christian Bassogog, élu meilleur joueur du tournoi.

L’Egypte, finaliste de cette 31e édition, y est représentée par Ahmed Hegazy et Salah. Le Burkina Faso et le Ghana, les finalistes de la petite finales y compte chacun deux joueurs. Il s’agit d’Amartey et Atsu pour le Ghana et Charle Kaboré et Bertrand Traoré pour le Burkina. Le Congolais, Junior Kabananga, le meilleur buteur du tournoi avec 3 buts, complète le 11 type de la Can. A noter l’absence de joueurs évoluant en Ligue 1 française dans cette meilleure équipe du tournoi, alors que le championnat français était le plus représenté.

A. SAMBOU

L’équipe type de la Coupe d’Afrique des Nations 2017 : Ondoa (Cameroun) - Mbodj (Sénégal), Hegazy (Égypte), Ngadeu (Cameroun) - Amartey (Ghana), Kaboré (Burkina Faso), Atsu (Ghana), Salah (Égypte), Bertrand Traoré (Burkina Faso) - Bassogog (Cameroun), Kabananga (République démocratique du Congo).

Il est désormais entré dans le cercle des « Sorciers blancs » qui viennent se faire une publicité en Afrique. Quand la Fédération camerounaise de football avait jeté son dévolu sur cet inconnu, il y a un an, en février 2016 précisément, ils étaient bien nombreux, ceux-là qui pensaient que les autorités fédérales du pays manquaient d’ambition. Mais, au terme de sa première expérience, le Belge a fait l’unanimité dans le pays d’un certain Roger Milla. En effet, avec la victoire inattendue des Lions indomptables en finale de la Can 2017, dimanche, contre l’Egypte (2-1), l’ancien défenseur d’Anderlecht savoure sa revanche sur le monde du football. Hugo Broos a fait mieux que son prédécesseur, l’Allemand Volker Finker.
C’est l’histoire d’un Belge qui arrive au Cameroun et un an après, il gagne la Coupe d’Afrique des Nations. Hugo Broos est, en effet, devenu, dimanche, le premier sélectionneur belge à coucher son nom dans le livre d’or de la biennale du football africain. Avec la victoire des Lions indomptables en finale contre l’Egypte (2-1), c’est aussi l’histoire d’un homme de 64 ans, ancien défenseur d’Anderlecht et des Diables rouges, qui prend humblement sa revanche contre celles et ceux qui l’avaient oublié, à peu près tout le monde.
Blanchi sous le harnais. 

« Cela m’étonne un peu de voir qu’aujourd’hui, tout le monde loue mes qualités en Belgique », a d’ailleurs déclaré dans le journal flamand, Nieuwsbald, l’ancien joueur blanchi sous le harnais, mais svelte comme un jeune homme, les yeux clairs et rusés qui semblent éclairer un éternel petit sourire ironique. « Mes qualités étaient encore remises en doute il y a peu. Cela fait d’ailleurs des années que je n’ai pas reçu ma chance. Personne ne me contacte. On m’a déjà dit que j’étais trop vieux, ou trop cher, alors que durant ces six dernières années, personne ne m’a demandé ce que je voulais comme salaire », a ajouté celui qui vient de rejoindre le cercle des Européens sans grade que l’Afrique tire soudain de l’anonymat.

Arrivé en février 2016 à la tête d’une sélection qui n’avait pas gagné de match en phase finale de la Can depuis 2010, le natif de Humbeek a immédiatement été plongé dans les joies du marigot camerounais : presse intraitable, éternelles bisbilles joueurs/fédération sur le montant des primes, sans oublier les rodomontades de Roger Milla sur le thème du « c’était mieux de mon temps ».

« On ne m’a pas donné ma chance »
« Ce n’est pas agréable, certainement pas », assure Broos, critiqué jusqu’au début de la Can. Je n’ai pas compris pourquoi au début on ne m’a pas donné ma chance. Un journaliste doit être critique mais il faut rester correct. Et la correction n’était pas toujours là. »

Flegmatique, Broos a résisté aux assauts venus de toutes parts en restant fidèle à lui-même : « Je fais à ma manière. Si cela ne réussit pas, tant pis pour moi. Mais je pense qu’aujourd’hui, cela a réussi », savoure le technicien belge qui a révélé de jeunes talents lors de cette 31e édition de la biennale du football africain. Au chômage depuis plusieurs années, le Belge a su constituer un groupe avec des joueurs pour la plupart inconnus, pour parer aux défections de sept cadres, qui doivent se mordre les doigts de n’être pas venus au Gabon.
Alain Giresse, Hervé Renard, voire un nouveau retour de Claude Le Roy, on voyait plutôt très classiquement l’un de ces Français, de préférence avec une expérience en Afrique, pour remplacer l’Allemand Volker Finke début 2016 à la tête du Cameroun. Mais la Fédération a dribblé tout le monde. En bien que critiqué pour leur choix, les fédéraux camerounais ont raison sur tous.

Les joies de l’expatriation
Difficultés financières de la Fédération, dans un pays qui connaît comme le reste de l’Afrique centrale un ralentissement de son économie ? Toujours est-il que le choix des dirigeants s’est porté sur un entraîneur belge (Fc Bruges, Excelsior Mouscron, Anderlecht, Genk...), qui avait découvert sur le tard les joies de l’expatriation, avec de brèves expériences de clubs en Turquie, aux Emirats arabes unis, ainsi qu’en Algérie à la JSK où il ne reste que quelques mois. « Evidemment, la pression est peut-être un peu plus forte ici, dans ce grand pays. Mais vous êtes habitué à cette pression lorsque vous avez entraîné des clubs en Belgique comme Anderlecht ou le Fc Bruges », a-t-il insisté, sans convaincre grand monde à l’époque.

Avec deux matches nuls initiaux contre l’Afrique du Sud, Broos met en place sa méthode : faire tourner les joueurs, miser sur le collectif plutôt que sur des fortes individualités, donner leur chance à des nouveaux venus comme Christian Bassogog (Aalborg/Danemark), désigné meilleur joueur du tournoi alors qu’il n’a été sélectionné pour la première fois qu’en novembre dernier.

Sur les coups de 22h00 ce dimanche à Libreville, le sexagénaire a couru comme un gamin pour venir partager la joie de ses joueurs sur le stade de l’Amitié. La revanche des Lions, qui commençaient à subir le désamour de tout un pays, est aussi celle qu’il prend sur son propre parcours.

Le Monde et AFP

La Confédération africaine de football (Caf) a révélé dimanche, en marge de la finale de la Can 2017, qu’aucun contrôle antidopage positif n’a été recensé. Les données sont basées sur 120 tests effectués conformément aux règles antidopage de la Caf sur les 26 premiers matches, soit au soir du 28 janvier, après les deux quarts de finale.

Par ailleurs, la Caf a ajouté que l’âge moyen des joueurs de la Can 2017 est de 25,2 ans contre 26 ans lors de la précédente édition, en Guinée Equatoriale, il y a deux ans. Le Cameroun et l’Ouganda ont la moyenne d’âge la plus basse : 24 ans.

Clap de fin !

06 Fév 2017
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Les rideaux de la 31e édition sont tombés hier, dans la soirée. Et pour une clôture, les Lions camerounais ont offert un beau spectacle au monde africain en particulier et à la planète toute entière en général. Le football, sport universel, ne laissant personne indifférent, le Gabon a retenu l’attention du monde sportif, trois semaines durant. A l’arrivée un beau champion ! Car, sans plusieurs de ses cadres qui ont préféré ne pas répondre à l’appel de la Nation, le technicien belge, Hugo Bross, a fait avec une sélection de fortune. Un pari risqué, osé, pour ce technicien qui a su gérer intelligemment la compétition. En effet, laborieux en match de poule, avec une seule victoire et deux nuls, les « Lions indomptables » ont frôlé l’élimination face au Sénégal, en quarts de finale (0-0, puis 5-4 tab). En fait, le Cameroun s’est libéré au fil de ses sorties, pour enfin prendre sa revanche sur un adversaire qui l’a toujours dompté en finale.

Avec des joueurs sans grade, qui ont ainsi saisi l’occasion pour prouver qu’ils existent. Et que dans deux ans, à domicile, il faudra compter sur eux pour réduire davantage le gap sur l’Egypte au sommet du classement général avec ses sept couronnes. Des Egyptiens qui ont particulièrement tiré profit de leur expérience de la haute complétion. Les Etalons, autre autres équipes qui a laissé une forte impression dans cette 31e édition, en a été victime. A l’image des Burkinabé, les Sénégalais ont aussi tenu leur rang de favoris, mais le football n’étant pas une science exacte, Sadio Mané et ses coéquipiers ne sont pas allés jusqu’au bout. La faute à ces Camerounais qui ont confirmé leur surnom d’«Indomptable ». Au chapitre des déceptions, c’est particulièrement l’Algérie et la Côte d’Ivoire, championne sortante, occupent les premières places. Malgré leurs énormes potentiels, les deux équipes ont été larguées dès le premier tour. Quant au Mali, les Can se suivent et se ressemblent. Le Ghana dont le 4e et dernier titre remonte à 1982, soit 35 ans de disette, doit encore repasser. Et la prochaine fois, ce sera au Cameroun dans deux ans. Un pari difficile, voire impossible pour tous les prétendants à la succession des nouveaux rois de l’Afrique. Mais encore une fois, le football est loin d’être une science exacte. Le Cameroun sur lequel personne n’osait miser le moindre centime l’a prouvé.

Ansoumana SAMBOU

Des cris de joie ont accompagné la victoire des Lions indomptables face aux Egyptiens à l’Ambassade du Cameroun au Sénégal. Pour la circonstance, son excellence Jean Koé Ntonga a invité hier des ambassadeurs de plusieurs pays africains et la communauté camerounaise vivant au Sénégal chez lui.

Une inquiétude a gagné la salle après le but égyptien, mais les Camerounais ont cru en leur équipe. L’ambiance festive s’est installée après l’égalisation des coéquipiers de Benjamin Moukandjo. Et c’était l’apothéose quand l’équipe a inscrit son deuxième but par Vincent Aboubacar. Des chants et des cris de joie ont accompagné la prouesse des Lions indomptables. « Nous avons gagné. Nous sommes les meilleurs », a lancé un jeune supporter. « Nous étions inquiets au début. Mais les Lions ont montré qu’ils sont de vrais lions », a renchéri un autre jeune camerounais.

Félicité par ses collègues ambassadeurs, Jean Koé Ntonga n’a pas caché sa joie. « La victoire est fabuleuse. Les lions indomptables ont montré, une fois de plus, qu’ils sont sur le toit de l’Afrique avec leur combativité. Et ceci, grâce à la cohésion nationale et au fair-play. Nous avons dominé les Egyptiens. Ils ont fait ce qu’ils ont pu faire. Ils ont bien joué, mais le meilleur a gagné », a lancé l’ambassadeur. « Les Lions indomptables sont les meilleurs. Nous remercions le président Paul Biya qui a mis tous les moyens pour qu’il y ait une renaissance de l’équipe nationale du Cameroun. Nous sommes heureux. Un seul mot, il faut continuer. Nous sommes fiers », ajoute le diplomate, qui a rendu un vibrant hommage à l’Etat camerounais.

B. DIONE

Clôture en beauté !

06 Fév 2017
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Après 21 jours de compétition, la 31e édition de la coupe d’Afrique des nations de football a été clôturée hier dans un stade de l’Amitié en ébullition. Feux d’artifice, étalage des drapeaux des 16 nations participantes au milieu de la pelouse, graffitis pétaradants qui illuminaient le ciel du stade de l’Amitié, tout y était. Auparavant les quatre chanteuses africaines, Josey (Côte d’Ivoire), Charlotte Dipanda (Cameroun), Pamelo Badjogo (Gabon), Rokia Traoré (Mali) et Coumba Gawlo Seck (Sénégal) avaient interprété des titres tirés de leur répertoire (Cf. Hors champ).

Dans la deuxième partie du spectacle, le logo de la Can 2017 plus les drapeaux des 16 nations qualifiées ont été exposés sur l’aire de jeu. Ensuite un jeune garçon portant le fameux trophée que se disputaient les 16 nations est venu exposer l’objet de tous les désirs sur la pelouse. Le tout en présence du chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo, entouré du président de la Fifa, Gianni Infantino, ainsi que de la Caf, Issa Hayatou. Après 21 jours de compétition donc la Can 2017 a pris fin avec ce sentiment que le jeu l’a emporté sur l’enjeu, le fair-play s’est imposé aux uns et autres au grand bénéfice du football africain. Rendez-vous est pour dans deux ans an … Cameroun.

C. F. KEITA (envoyé spécial)

Un amour de coup franc depuis la droite qui va se nicher dans la lucarne opposée à la 89ème mn. Alain Traoré a propulsé, samedi à Port-Gentil, les « Etalons » du Burkina Faso sur la 3ème marche du podium continental lors de la « petite finale ». Apparemment Paulo Duarte, le coach portugais du Burkina, tenait plus à cette médaille de bronze que son alter ego israélien d’en face. Avram Grant avait, en effet, considérablement fait tourner son effectif, là où le sélectionneur des « Etalons » avait fait confiance à l’essentiel de son groupe de base.

Malgré tout, la partie a été plutôt équilibrée, chacune des deux équipes ayant eu l’occasion de faire pencher la balance de son côté. Et c’est alors qu’on s’acheminait tranquillement vers les tirs au but (le règlement ne prévoyant pas de prolongations pour le match de classement pour la 3ème place) que le dénouement est survenu. Un missile aussi puissant que joli d’Alain Traoré est allé nettoyer proprement la lucarne gauche du portier ghanéen Richard Afori, l’un des 7 « nouveaux » alignés au coup d’envoi. C’en était fini des ambitions des « Black Stars » (si tant est qu’elles n’aient jamais existé) de décrocher le lot de consolation. A l’inverse, les Burkinabé le voulaient vraiment et l’on eu. Ils pouvaient jubiler, danser, exulter. Ils venaient de boucler la compétition, invaincus dans le jeu (ils ont perdu en demi-finale aux tirs au but face à l’Egypte). Et ont pris rendez-vous pour l’avenir. Il faudra désormais compter avec eux. Avis aux « Lions », leurs prochains adversaires en éliminatoires du Mondial « Russie 2018 », le 28 août à Dakar. Actuel leader du groupe D avec 4 points, « Etalons » du Burkina sont de sérieux prétendants au ticket de la qualification.

B. K. N.

Coumba Gawlo messagère d’une Afrique unie et de la lutte contre le cancer.
Cinq divas de la chanson africaine pour donner le ton de la cérémonie de clôture de la 31ème CAN de football ! Il fallait y penser et le COCAN de « Gabon 2017 » l’a fait. Avec en super star Coumba Gawlo Seck, qui a pour l’occasion interprété pour la première fois son titre « Pour nos sœurs et pour nos mères » spécialement conçu pour l’occasion. Accompagnée de ses sœurs, l’Ivoirienne Josey, la Camerounaise Charlotte Dipanda et la Gabonaise Pamela Badjogo, CGS, ambassadeur de bonne volonté de l’UNDP pour la lutte contre la pauvreté (entre autres engagements pour la bonne cause), a enflammé le public du stade de l’Amitié de Libreville.

Auparavant, ces trois chanteuses s’étaient chacune illustrées en interprétant un de leurs morceaux fétiches. « Diplôme » pour la première, « Elle n’a pas vu » pour la deuxième fortement applaudie par ses nombreux compatriotes camerounais qui attendaient une victoire de leurs « Lions indomptables », et « Koulé » pour la troisième, gabonaise vivant au Mali. La « compatriote » de cette dernière, la géniale Rokia Traoré, elle, a eu droit à deux chansons : « Kenia » et « Tu voles » avant que Coumba Gawlo monte sur la scène pour son inusable « Nieweul nio fétch » et son « Allez Africa » spécialement commis pour la circonstance.

Puis ce fut le moment le plus attendu : l’exécution du titre « Pour nos sœurs et pour nos mères », spécialement composé en collaboration avec l’immense Lokua Kanza. Et pendant que les quatre sublimes voix montaient dans la nuit tombante de Libreville (bientôt rejointe par Rokia Traoré), une superbe chorégraphie sur l’aire de jeu du stade de l’Amitié reconstituait d’abord le ruban rose symbole universel de la lutte contre le cancer et le continent africain. Au lendemain de la célébration (le 4 janvier) de la journée mondiale de lutte contre le cancer, c’était bien pensé de faire porter le message par cinq voix féminines parmi les plus belles du continent.

« La culture et le sport sont les deux meilleurs vecteurs du message de la Paix », a lancé notre Gawlo nationale en redescendant les marches du podium. Les artistes pouvaient quitter la scène pour laisser la place aux sportifs pour la finale Egypte – Cameroun. La fête ne faisait que commencer.

D’un de nos envoyés spéciaux, B. Khalifa NDIAYE

Deux fois par le passé, l’Egypte avait croisé le Cameroun en finale. Et deux fois, les « Pharaons » s’étaient imposés. En 1986 au Caire (0 – 0 et 5 tirs au but à 4), puis en 2008 au Ghana (1 – 0). Si bien qu’au moment de se retrouver hier pour la troisième fois à l’ultime étape de la compétition sportive majeure en Afrique, les superstitieux avaient vite fait de convoquer l’histoire. Et d’évoquer l’adage selon lequel « jamais deux sans trois ». Mais, ce Cameroun pourtant amputé de pas moins de 5 cadres, a débarqué en finale en conquérant. Après le déclic lors du dernier match de groupe face au Gabon, dans la chaude ambiance du stade de l’Amitié de Libreville, Moukandjo et ses frères ont rusé en quart de finale pour envoyer à la maison le Sénégal, l’équipe qui avait fait la meilleure impression du premier tour. Dès lors, ils ne se sentaient aucune limite. Tout adversaire qui se présenterait devant eux était susceptible d’être « mis dans la sauce », ainsi que le chantaient leurs supporters dans les rues de Franceville et de Libreville.

Et comme un adage n’est pas vérité d’Evangile, les « Lions indomptables » sont allés tous crocs dehors et crinière au vent à l’assaut de ce dicton qui les donnait perdants. Ils ont mis toute une mi-temps à chercher la solution. Mais, la clé était dans les godasses des « anciens », Nkoulou et Aboubacar sortis du banc des remplaçants pour faire mentir ce dicton et en confirmer un autre dont la sagesse sénégalaise attribue la paternité à Kocc Barma : « Mak mat na bayyi ci reew » (il est toujours utile d’avoir un ancien).

B. K. N.

Le couteau dans la plaie

06 Fév 2017
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Le Cameroun champion d’Afrique pour la cinquième fois ! Tel est l’épilogue de la 31ème CAN, hier nuit au stade de l’Amitié de Libreville. Et ce n’est que pour raviver les regrets du Sénégal.

Que pour remuer le couteau dans une plaie qui avait du mal à se cicatriser ! Car, l’équipe du Sénégal avait largement les moyens et les occasions de passer l’obstacle camerounais. Faute d’en avoir profité, elle a quitté le Gabon, sans gloire, dès les quarts de finale ; et a, en même temps, donné aux Camerounais, de bonnes raisons d’y croire. A juste titre ! Qui élimine l’équipe considérée comme la meilleure du tournoi peut logiquement nourrir les ambitions les plus folles.

Ce Cameroun au mode diésel, poussif d’entrée, courageux et vaillant face au pays hôte le Gabon pour se sortir de son Groupe A, puis frileux et très calculateur face au Sénégal en quarts de finale ! Et puis après, la transformation radicale. Offensifs à souhait contre le Ghana en demi-finale, les « Lions indomptables » ont peiné toute une mi-temps hier en finale, se montrant incapables de trouver la solution à la même équation tactique qu’ils avaient posée au Sénégal. Avant de passer à la surmultipliée après la pause et de s’imposer sans aucune contestation possible.

Un tel dénouement n’est que pour mettre en lumière le gâchis sénégalais. Là où Broos, le technicien belge des « Lions indomptables », a su trouver la clé pour faire sauter le verrou égyptien, Cissé, son alter ego sénégalais, avait indéfiniment buté sur le mur camerounais sans avoir la solution. Dès après avoir mis en échec le Sénégal, Broos avait péremptoirement annoncé que son équipe « méritait de jouer la finale ». Elle a fait mieux puisqu’elle l’a remportée face à des « Pharaons » d’Egypte qui semblaient filer tout droit vers un huitième titre continental.

Mais, le mental des Camerounais – en dépit des nombreuses absences de cadres dans leur Tanière – ajouté à la … sauce tactique d’un entraîneur éclairé a fini par faire pencher la balance de leur côté. Les « Lions » du Sénégal s’en mordront longtemps la crinière d’avoir laissé filer une aussi belle opportunité.

D’un de nos envoyés spéciaux
B. Khalifa NDIAYE

Aly Male estime que la victoire du Cameroun sur l’Egypte sur le score de 2-1 reflète parfaitement la physionomie du match. « C’est tout à fait mérité », explique l’entraîneur de l’US Gorée. Selon lui, les Lions indomptables ont puisé dans leur caractère de fauves, le réalisme de leur banc et le coaching gagnant d’Hugo Broos.

Outsider avant le démarrage de la CAN Gabon 2017, le Cameroun a déjoué les pronostics pour ravir Dame Coupe ; au nez et à la barbe de son adversaire en finale, l’Egypte mais aussi des équipes du Sénégal, de l’Algérie et du Ghana qui portaient les costumes de favoris. Pour l’entraîneur de l’US Gorée, Aly Mâle, les Lions avaient indomptables avaient montré, depuis le quart de finale épique contre le Sénégal puis la demi-finale remportée aux dépens du Ghana, qu’ils étaient « une équipe costaud ». Et c’est la raison pour laquelle, il dit ne pas être surpris par l’issue de la finale qui vu les poulains d’Hugo Broos battre les Pharaons d’Egypte sur le score de 2-1 ; alors qu’ils menés au score. « C’est un score tout à fait mérité. Le Cameroun a, une fois de plus, montré qu’il a du caractère. Il a réussi à se reprendre en deuxième période. C’est une équipe solidaire qui sait compter sur son banc », explique Aly Mâle faisant allusion au deuxième but marqué par le remplaçant de luxe Vincent Aboubacar.

Il crédite également le sélectionneur des Lions indomptables d’un bon coaching durant toute la compétition ; ajoutant qu’Hugo Broos a su imposer son style de jeu et ses hommes. A l’inverse, il souligne que l’Egypte a pêché dans sa tactique en se repliant derrière aussitôt après avoir ouvert le score ; ce qui lui a été fatal. Selon lui, c’est logique qu’El Hadari et ses coéquipiers aient fini par craquer devant la forte pression camerounaise en se faisant rattraper puis dépasser au score par les Lions indomptables.

L’entraîneur des U 17 estime qu’au vu de son exploit en terre gabonaise, l’équipe camerounaise qui a l’avantage d’être jeune, a de l’avenir devant elle. Mais en attendant de confirmer chez elle en 2019, il pense qu’elle relever son défi le plus imminent, à savoir se qualifier au Mondial Russie 2018 ; ce qui n’est pas gagné d’avance.

Dans son bilan général, Aly Mâle retient du tournoi, « une CAN peu prolifique en buts, des talents qui n’ont pas su imposer leur marque, un jeu défensif, beaucoup de calculs tactiques ». Il s’est dit déçu de la prestation des équipes du Mali, de la Côte d’Ivoire et de l’Algérie qui n’ont su tirer leur épingle du jeu, malgré le fait qu’elles disposent de bons joueurs. En revanche, il se réjouit du beau jeu pratiqué par le Zimbabwe, la Guinée-Bissau et l’Ouganda, en dépit de leur élimination au premier tour. D’ailleurs, l’ancien joueur de l’équipe nationale parle d’un nivellement des valeurs ; soulignant qu’il n’y a plus de petites équipes. Il pense aussi que le spectacle a été à la hauteur. Seule fausse note, il a déploré l’état des terrains qui ont peu gêné les joueurs et éprouvé la qualité du jeu.

Diégane SARR

En finale de la 31e édition de la coupe d’Afrique des nations de football disputée hier au stade de l’Amitié de Libreville (Gabon), le Cameroun a battu l’Egypte par 2 buts à 1.

Mi-temps : 1 – 0 pour l’Egypte.

Buts : Mohamed Elneny (22e) pour l’Egypte ; Nicolas Nkoulou (58e) et Vincent Aboubacar (89e) pour le Cameroun.

Public nombreux (38.216 spectateurs), temps frais, pelouse en bon état.

Arbitres : Janny Sikazwe (Zambie), assisté de Jerson Emiliano Dos Santos (Angola) et Marwa Range (Kenya)

Avertissements : Vincent Aboubacar (88e) pour le Cameroun.

Les équipes : Egypte : Essam Elhadary (cap), Aly Mosaad, Ahmed Eissa, Ahmed Hegazy, Ahmed Ibrahim, Tarek Hamed, Mohamed Ghaly, Mohamed Elneny, Abdallah Bekhit, Mahmoud Hassan puis Ramadan Ahmed (65e), Amr Warda. Entraîneur : Hector Cuper.

Cameroun : Joseph Ondoa Ebogo, Adolphe Teikeu Kamgang puis Nicolas Nkoulou (31e), Ngadeu Ngadjui Michael, Oyongo Bitolo Ambroise, Benjamin Moukandjo (cap), Zoua Daogari Jacques puis Georges Constant Mandjeck (90e+3), Christian Mougang Bassogog, Sébastien Clovis Siani, Sutchuin Djoum Arnaud, Robert Ndip Tambe puis Vincent Aboubacar (46e), Fai Collins Ngoran Suiru. Entraîneur : Hugo Broos.

Ce que leurs aînés n’ont pu réussir pendant deux éditions de coupe d’Afrique des nations, la jeune génération camerounaise y est parvenue en dominant « la bête noire » égyptienne. Une finale qui aura en tout cas répondu pleinement aux attentes des 38.216 spectateurs du stade de l’Amitié de Libreville. Car on s’attendait à un match tactique entre deux équipes qui avaient déjà montré un bout de leurs aptitudes tout au long de cette Can. Et ce fut un match plein, où l’engagement physique l’a, en plus, disputé au jeu technique.

Les deux entrants camerounais, Nicolas Nkoulou et Vincent Aboubacar, se sont bien chargés de régler l’équation posée par les Egyptiens. La preuve par ce but plein de sang-froid technique réussi par Vincent Aboubacar à deux minutes de la fin du match. Pour son retour à cette compétition, après trois éditions d’absence, l’Egypte a trouvé hier la résistance qu’il fallait pour lui barrer la route. Le Cameroun, lui, a simplement signé son retour dans cette compétition où on ne l’attendait pas. La jeune génération alignée par le coach belge, Hugo Broos, a réussi le pari de la participation dans un carnet de bord qu’elle a suivi sans trembler.

Le coaching gagnant d’Hugo Broos est aussi à saluer car au plus fort de la tempête il avait perdu sa pièce maîtresse de la défense, Adolphe Teikeu, sorti sur blessure. Un coup dur pour l’équipe camerounaise mais qui n’a point désarçonné le technicien belge. Parce que le pendant de Teikeu, Nicolas Nkoulou, avait bien assuré les arrières. Et loin de se contenter de défendre, le sociétaire de l’Olympique Lyonnais a répondu au but de Mohamed Elneny (22e), en égalisant sur un corner de Benjamin Moukandjo qu’il reprenait de la tête le ballon pour l’envoyer au fond de la cage égyptienne (58e). Le Cameroun revenait de loin et multipliait les assauts sous la houlette du trio Mankandjo, Vincent Aboubacar et Christian Bassogog. La menace avait ainsi changé de camp et les Egyptiens se préoccupaient plus de préserver leur cage que d’attaquer.

Néanmoins, les « Lions indomptables » comme ils l’ont montré tout au long de ce tournoi, ont déroulé le rouleau compresseur avec un harcèlement sans cesse de la cage du légendaire El Hadary. Alors qu’on s’acheminait vers les prolongations, la délivrance vint de Vincent Aboubacar sur une balle plongeante. Un petit chef-d’œuvre sur le défenseur Ahmed Ibrahim dans la surface de réparation suivi d’une frappe qui laissa pantois le célèbre gardien égyptien. La messe était dite. Le Cameroun venait de prendre une belle revanche tissée par sa jeune génération. Après 1984 en Côte d’Ivoire, 1988 au Maroc, 2000 au Nigeria et 2002 au Mali, les « Lions indomptables » décrochent ainsi leur cinquième titre continental. Ils ont lâché le Ghana qui compte toujours 4 sacres et réduit l’écart avec l’Egypte et son record de 7 sacres.

D’un de nos envoyés spéciaux : C.F KEITA 

ZONE MIXTE
ADOLPHE TEIKEU, DEFENSEUR : « NOUS SOMMES VENUS NOUS FAIRE PLAISIR »
« Une fois de plus, le football est magique car on a toujours tendance à oublier que le football est d’abord un jeu. Nous sommes venus nous faire plaisir au Gabon où l’on ne nous attendait pas en finale. Maintenant nous sommes champions d’Afrique. C’est exceptionnel ce que les gars ont réalisé. Nous sommes comblés ».

CONSTANT MANDJECK, MILIEU : « UN RÊVE TOTAL »
« C’est un rêve total car on ne s’attendait pas à ça. On ne réalise pas encore ce qu’on a fait, mais c’est grandiose et c’est extraordinaire. Dans ce match on était très mal embarqué dès le début. On l’a abordé très timidement, mais comme on l’avait dit en début de tournoi, on a des joueurs capables de faire basculer un match. On a fait preuve de beaucoup de solidarité et deux joueurs sont sortis du banc pour nous délivrer. Au début on n’aurait pas signé qu’on serait en finale, mais il faut dire qu’on s’est bien battu pour y arriver. C’est une grosse surprise pour nous-mêmes, mais on savait qu’on était capable de le faire parce qu’on a beaucoup travaillé. 

SEBASTIEN CLOVIS SIANI, MILIEU : « ON A POUSSÉ ET ÇA A PAYÉ »
« On s’est battu et on n’a pas baissé les bras car on savait bien qu’il y avait quelque chose à aller chercher. On est resté calme, on a poussé et cela a payé. On est tellement content qu’il n’y a vraiment pas de mot pour qualifier ce qu’on ressent ».

CLINTON NJIE, ATTAQUANT : « ON A BIEN RÉAGI APRÈS LE BUT ÉGYPTIEN »
« On avait un objectif après le quart de finale contre le Sénégal. Cela a été dur, mais on y a cru et ça a payé. C’est vraiment fantastique, c’est incroyable ce qui nous est arrivé. Car on n’était pas attendu dans cette compétition. Mais on a bien réagi après le but égyptien, on n’a jamais baissé les bras. On a su rebondir pour faire une très bonne fin de match. J’espère que tout le Cameroun est fier de ce nouveau titre ».

Recueillis par C.F. KEITA

LE MOT DES ENTRAINEURS
Can H BroosHUGO BROOS (CAMEROUN) : « J’AI PROFITÉ DE LA PAUSE POUR APPORTER DES RÉGLAGES »
« Je suis très content pour ces jeunes joueurs avec qui j’ai travaillé. On a bossé dur pour en arriver là. Plus qu’une équipe, ce sont des amis qui s’encouragent que l’on soit sur le terrain ou sur le banc. Parler de revanche sur des journalistes parce qu’ils vous ont critiqué, c’est la chose la plus stupide qu’un technicien puisse faire. Moi, je suis là pour travailler et avoir des résultats. Aujourd’hui, je suis extrêmement content. Aux journalistes camerounais, j’avais juste demandé de la patience et du respect. Mes choix, on peut en discuter, on peut ne pas être d’accord … Moi, j’ai travaillé pendant des mois avec ces jeunes et je savais de quoi ils étaient capables.

  Su ce match, on n’a pas été bons en première mi-temps. Tactiquement on a souffert parce que les Egyptiens nous dominaient dans l’entrejeu. J’ai voulu changer en cours de partie, mais c’était difficile. J’ai alors profité de la pause pour apporter certains réglages. Mais, il n’y avait pas que cela. Car, en plus, physiquement aussi on était meilleurs que nos adversaires ».

HECTOR CUPER (EGYPTE) : « LE CAMEROUN MÉRITE SA VICTOIRE »
« Je félicite le Cameroun qui a fait un bon match et qui mérite de gagner. Je suis très déçu et triste pour moi mais surtout pour le peuple égyptien qui voulait ce titre et pour les joueurs qui ont été énormes tout au long du tournoi. On a bien débuté la partie, mais après la pause c’était difficile physiquement pour mes joueurs.

 Cela me fait une autre défaite en finale. Je ne dirais pas que je suis habitué… Ce n’est pas parce que Ramadan n’a pas débuté la partie que nous avons perdu. Pour l’avenir, on verra ».

Recueillis par B.K.N.

LE FAIT DU MATCH : LA SOLUTION EST VENUE DU BANC…
Entre deux maîtres tacticiens, on a longtemps joué au chat et à la souris. Spécialistes dans l’art de faire déjouer leurs adversaires, Hector Cuper, le technicien argentin de l’Egypte et son homologue belge du Cameroun, Hugo Broos, ont, en effet, choisi d’entrée de jouer au plus rusé. Entre deux équipes bien en place, il n’y a pas eu assez d’espace encore moins d’occasions franches de faire la différence. Mais, à ce jeu, les « Pharaons » semblaient les mieux outillés puisque combinant nettement mieux. Ce qui leur permit de se montrer dangereux dès la 2ème minute par Salah. Les Camerounais ont eu le malheur de n’avoir pas pris cet avertissement au sérieux. Puisqu’à la 21ème mn, une belle action collective égyptienne a permis de mettre la défense … sans défense au grand bonheur d’Elneny qui marqua dans un angle impossible.

Le Cameroun, pris au piège dans lequel il avait enfermé le Sénégal qui n’avait jamais su résoudre l’équation tactique d’une défense renforcée, n’avait apparemment pas le génie pour trouver l’ouverture. Pour cause, les Egyptiens ne se contentaient pas de défense et profiter de toutes les opportunités pour se projeter en avant. Deux occasions un but, à la mi-temps, ils s’étaient montrés tout à leur avantage. A l’inverse du Cameroun incapable d’approcher le but adverse et qui s’est résolu à recourir aux frappes lointaines sans danger. Voire aux centres fuyants sur lesquels, il est vrai le portier vétéran égyptien El Hadary avait quelque mal à être souverain.

Heureusement que leur coach Broos a eu le nez creux de lancer Aboubacar dans la partie, après la pause. Son équipe s’en trouva transfigurée. Contraint dès la première demi-heure de jeu de se passer des services de son teigneux défenseur central Teikeu, blessé, le technicien belge avait déjà sorti de son banc le « vieux » Nicolas Nkoulou qui remit le navire camerounais à flot (58ème mn). Et c’est un autre de la vieille garde, Aboubacar qui porta l’estocade finale (89ème mn) à une équipe égyptienne qui avait perdu le fil de la rencontre depuis longtemps. C’est ce qu’on appelle un coaching gagnant. Savoir puiser dans un banc (même s’il n’est pas très fourni) pour trouver la solution à un problème, c’est aussi cela qui aide parfois à faire la différence.

B.K.N.

Last modified on lundi, 06 février 2017 12:37

Can 2017 : Echos … Echos…

06 Fév 2017
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C’était le grand rush des journalistes hier au stade de l’Amitié de Libreville. La salle de presse a accueilli du monde comme jamais et pour avoir son ticket d’accès à la tribune de presse, mieux valait venir tôt pour éviter la très longue queue.

Ali ! Ali ! Ali ! Le public du stade de l’Amitié de Libreville, à défaut de pouvoir supporter ses « Panthères » éliminées dès le premier tour de « leur » CAN, s’est consolé hier en scandant le nom du président de la République gabonaise qui venait d’être décoré par le président de la CAF, Issa Hayatou.

Arbitres : C’est le même trio arbitral qui avait officié lors du quart de finale Sénégal – Cameroun (le zambien Sikazwe assisté de l’Angolais Dos Santos et du Kenyan Range) qui était encore aux affaires hier pour la finale.

Ces lointains cousins camerounais ! Dans l’équipe du Cameroun, deux joueurs ont des noms à résonance sénégalaise, même si l’orthographe est différente : Faï et Djoum. Un peu comme leur prédécesseur dans la Tanière camerounaise Joseph Désiré Job.

Ça aurait pu être une finale 100% ouest-africaine ! Telle est la réflexion partagée hier soir en tribune de presse par des journalistes sénégalais et maliens. En fait, les « Aigles » n’ont pas perdu en match de groupe face à l’Egypte (nul vierge) et les « Lions » non plus (sinon aux tirs au but) contre le Cameroun en quarts de finale.

Pleurs : Le traducteur espagnol – arabe du technicien argentin de l’équipe d’Egypte n’avait absolument pas le cœur à l’ouvrage, hier après la défaite des « Pharaons ». A voir ses yeux rouges et sa tête souvent baissée, on peut deviner aisément qu’il avait beaucoup pleuré.

Le Camerounais Christian Bassogog a été désigné meilleur joueur de la 31ème CAN qui s’est achevée hier à Libreville. Un titre individuel dans la foulée de celui collectif de champion d'Afrique avec les « Lions indomptables ». A 21 ans, le milieu excentré du club danois d’Aalborg ne devrait pas faire de vieux os dans le grand froid européen.
 
Les Egyptiens n’ont pas trainé au stade ! Dès qu’ils ont reçu leur médaille d’argent, les joueurs égyptiens et leur encadrement ont quitté le stade direction l’aéroport de Libreville où les attendait un vol spécial. Ceux qui espéraient les coincer en zone mixte en ont eu pour leurs frais. De toutes les façons, El Hadary et ses partenaires ne se sont jamais adressés à la presse internationale.

Rassemblés par B. K. N.

Last modified on lundi, 06 février 2017 12:37

In Fine

06 Fév 2017
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Le dernier jour d’une compétition est synonyme de remise de médailles et trophées. C’est le moment des congratulations pour les vainqueurs et de désolation pour les vaincus. Cette 31ème Coupe d’Afrique des Nations n’a pas échappé à ce rituel qui marque, comme un usuel, toutes les grandes compétitions. C’est le moment aussi de se projeter sur la prochaine édition avec aussi des inquiétudes et espoirs.

La Coupe d’Afrique des Nations, tournoi majeur au plan mondial, est devenu l’évènement qui rassemble tout un continent autour des valeurs fortes de la communion des cœurs et de l’entente des peuples. Son niveau sportif est aujourd’hui très appréciable avec en corollaire des retombées économiques et même politiques. En Afrique, la Can est synonyme de fête de la jeunesse africaine qui, tant sur les pelouses qu’en dehors, manifeste sa joie de vivre et son enthousiasme. En témoigne des moments de liesse qui accompagnent chaque célébration de buts dans tout le continent. Pour une fois dans l’année, les caméras du monde entier sont braquées sur l’Afrique et ne filment pas des scènes de panique ou de détresse comme en raffolent les médias occidentaux quand il s’agit de parler du continent africain.

Cette 31ème édition de la Can n’a ainsi laissé que de belles images sur et en dehors des pelouses de Libreville, Franceville, Oyem et Port Gentil. Cette Afrique-là est belle à voir. Il s’agit maintenant de faire plus pour avoir une Can qui soit aux standards des grandes compétitions mondiales. Pour cela, il ne faut pas aussi la dénaturer. Sa racine africaine devra être protégée au moment où elle essaime dans le monde entier. C’est pourquoi il ne faut pas céder à cette propension des clubs européens à déplorer l’organisation de cette compétition en pleine saison. Il ne doit pas être question pour la Caf de décaler la période de tenue de cette compétition qui représente beaucoup pour l’Afrique et les Africains. Ce n’est pas aux autres de nous dicter notre agenda de développement sportif.

C’est aux Africains de déterminer la date de tenue de leur compétition sportive, presque seul mouvement d’ensemble dans le continent, seul moment où on sent toute l’Afrique en fête….

Par Oumar NDIAYE

Last modified on lundi, 06 février 2017 12:38

Extraterritorialité

04 Fév 2017
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Coupe d’Afrique des Nations  se supporte sur le territoire africain et en dehors aussi. Les diasporas africaines des équipes qualifiées vivent les matches intensément. En témoigne les sketchs servis par les humoristes d’origine sénégalaise basés en France, Saga Love et Baye Moussa. Dans une scénarisation réussie, ces artistes ont eu à railler les ressortissants des équipes battues par le Sénégal, pour rappeler l’aspect festif de la compétition. Même l’élimination surprise du Sénégal est passée dans leurs scénarii dignes d’un « Jamel Comedy Show ». Tout cela pour montrer la dimension extraterritoriale de la Can qui se poursuit hors du continent. Cela rappelle ainsi la puissance du football qui dépasse les barrières des pays pour servir d’occupation aux expatriés dans leurs pays d’accueil. Cette extraterritorialité fait que les supporters peuvent poursuivre leurs cris de joie ou signes de tristesse dans les restaurants et bars de Paris ou d’une autre ville comme si c’était en Afrique intra-muros. Cette fête africaine que constitue la Coupe d’Afrique des Nations est aussi la preuve que le football africain se transpose là où se trouvent les Africains pour des besoins professionnels ou autres. Il peut aussi les servir d’exutoire et de liants solides avec leurs pays d’origine. Lors de la dernière Coupe du monde de football, les villes françaises de Marseille, Lyon et même Paris ont été marquées par des scènes de joie des Algériens qui manifestaient hier après la qualification de leur équipe en huitièmes de finale. Ce sera ainsi certainement le cas à chaque compétition où les équipes africaines seront engagées. Leurs ressortissants à l’étranger vont le vivre avec passion et attention. Les sketchs de qualité servis par Saga Love et Baye Moussa sont tous aussi empreints de railleries que de camaraderies. Tout ceci pour aussi montrer l’attachement des Africains à leur continent. Ils doivent ainsi se rappeler que partout où ils se trouvent, ils sont frères d’une même mère : Mama Africa…

Par Oumar NDIAYE

Last modified on samedi, 04 février 2017 13:46

Libreville (Gabon) : Il y a neuf ans, la finale Egypte – Cameroun de la Can ghanéenne paraissait presque normale, tant les deux équipes étaient au faîte de leurs possibilités. Les Pharaons étaient champions d’Afrique en titre depuis leur 5ème titre acquis deux ans plus tôt chez eux et pouvaient compter sur des joueurs de classe mondiale comme Aboutrika, Wael Goma ou … El Hadary. Les Lions indomptables avaient, eux, renversé tout sur leur passage dans le sillage de Samuel Eto’o, meilleur buteur de l’épreuve avec 5 réalisations, et avec des éléments de valeur tels Mbia ou Njitab. Même le Ghana, organisateur de l’évènement, n’avait pas réussi à les freiner.

Pareil en … 1986 en Egypte où malgré leur défaite d’entrée contre le Sénégal (0 – 1) les Pharaons des Abouzaid, Gharib et Abdelgani s’étaient superbement repris par la suite pour entamer leur marche victorieuse. Le grand Cameroun de Roger Milla, Emmanuel Kundé et autres M’Fédé n’avait réussi qu’à les contraindre au nul vierge. Mais n’avaient pu que s’incliner aux tirs au but (5 – 4).

Mais, cette fois, pour la 31ème édition de la Can « Gabon 2017 », aucune des deux équipes finalistes n’étaient attendues à pareille fête. Puisque d’abord toutes les deux y sont arrivées sur la pointe des pieds. Les Egyptiens, après 7 ans d’absence et les Camerounais privés de nombreux « cadres » qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas fait le déplacement (Matip de Liverpool, Nyom de WBA, Anana de l’Ajax Amsterdam, Anguissa de l’OM, entre autres). Ensuite parce que toutes deux sont si timidement entrées dans la compétition (nuls 0 – 0 pour l’Egypte face au Mali et 1 – 1 pour le Cameroun contre le Burkina Faso) que personne ne prévoyait qu’elles seraient encore là pour le dernier acte. Personne, sauf elles-mêmes. Car, au fil de leurs sorties, ces deux formations ont su se construire une carapace telle que tous leurs adversaires s’y sont cassé les dents. « Personne ne nous attendait dans cette compétition, mais nous avons su tisser notre toile pour aller en finale », a même reconnu avant-hier à Franceville Hugo Broos, le boss du Cameroun. Comme si l’écho des paroles de son vis-à-vis de ce soir, Hector Cuper lui était parvenu depuis Libreville. « Ce sera une finale spéciale pour nous et nos joueurs impliqués et déterminés qui ont déjoué tous les pronostics », avait-il déclaré dès la qualification acquise.

La victoire dans l’Adn
En fait, ce sont les deux équipes les moins joueuses de cette épreuve qui se disputeront le trophée à 19 heures au stade de l’Amitié de Libreville. Mais elles ont le goût de la compétition et de la victoire dans leur Adn. Puisque, si les Egyptiens concourent pour améliorer leur record de 7 sacres continentaux, les Camerounais, avec leurs 4 titres, visent à réduire le gap qui les sépare de leurs adversaires de ce jour. 

Experts dans l’art de faire déjouer leurs vis-à-vis, leurs entraîneurs, l’Argentin Hector Cuper pour l’Egypte et le Belge Hugo Broos pour le Cameroun, ont l’avantage de pouvoir compter sur des joueurs prêts à jouer contre-nature pour arriver à leurs fins. Qui s’en plaindra d’autre que leurs adversaires ? Pas eux en tout cas qui s’affrontent demain pour un huitième titre (Egypte) ou pour un cinquième sacre (Cameroun). Et comme depuis le début de cette Can, quiconque osera un pronostic entre deux équipes qui savent vaincre sans convaincre, risque de se planter lourdement. Car, en demi-finales les Pharaons ont été fidèles à leur tactique d’attendre le vis-à-vis pour mieux le prendre à revers avant d’opter pour un attentisme de bon aloi pour en arriver aux tirs au but (victoire 4 – 3 contre le Burkina Faso, après un nul 1 partout au bout des 120 mn). A l’inverse, les Lions indomptables ont affiché un visage plus offensif que d’ordinaire, qui a même surpris leurs adversaires ghanéens finalement battus à l’usure (2 – 0).

Alors, quel visage pour les deux protagonistes de cette finale improbable ? L’envie de prendre leur revanche de la finale de 2008 à Accra (défaite : 0 – 1) poussera-t-elle les Camerounais à aborder ce match flamberge au vent comme en demi-finale lorsqu’il était question pour eux de confirmer leur suprématie sur le Ghana ? Les Egyptiens opteront-ils pour la stratégie d’attente qui leur a si bien réussi jusqu’ici afin de profiter d’éventuelles brèches dans le camp adverse ? En tout cas, avec face à face, deux techniciens qui savent jouer autant sur les forces de leur équipe que sur les faiblesses de leur adversaire, le combat promet d’être tactique. Et c’est certainement à celui qui aura mieux fait passer son message que devrait revenir le succès final.

D’un de nos envoyés spéciaux
B. Khalifa NDIAYE

Libreville : Paulo Duarte, le coach des Etalons du Burkina Faso, avait parlé de cette finale de la 3ème place comme du « match le plus difficile ». Il aurait pu dire « le match le plus inutile », puisque c’est celui que l’on vient disputer en trainant les pieds. Telle une corvée. Et ce n’est pas loin d’en être une. Puisqu’il est bien difficile de remotiver des joueurs qui ont été si près de disputer la finale avant de voir leur rêve fondre comme beurre sous le chaud soleil du Gabon. Pourtant, il faudra bien y parvenir. A moins d’aligner, comme c’est souvent le cas, les « coiffeurs » du bout du banc afin qu’ils puissent dire un jour « je n’y étais pas pour rien ; j’y ai participé ».

Ce soir à Port-Gentil, c’est le technicien qui parviendra à mieux réarmer psychologiquement ses troupes au moral en berne ou qui parviendra à tirer le maximum de ses remplaçants qui devrait remporter la médaille de bronze. Historiquement, c’est le Ghana qui s’est le mieux sorti de cette situation. Une fois il a disputé cette finale de consolation et il l’avait remporté à domicile en 2008 face à la Côte d’Ivoire (4 – 2). Une fois également, le Burkina Faso a été à cette étape, mais avait perdu en 1998 à domicile aux tirs au but (1 – 4) après un nul (4 – 4) contre la Rd Congo. Ce qui peut toutefois rassurer les observateurs, spectateurs et autres téléspectateurs, c’est que souvent dans cette petite finale il y a des buts comme s’il en pleuvait. Souhaitons qu’il en soit ainsi ce soir à Port-Gentil.

B. K. N.

Bien connu pour son franc-parler, le Sénégalais El Hadji Diouf s’est montré fidèle à sa réputation et très inspiré au moment de commenter les défections de Joël Matip et Allan Nyom avec le Cameroun pour la Can 2017. « Je ne comprends pas les gens qui tournent le dos à leur pays », a taclé l’ancien attaquant de Liverpool sur la Bbc. « Et comme la légende Bob Marley disait toujours ‘si tu ne sais pas d’où tu viens, comment veux-tu savoir où tu vas’ ? » Alors que les Lions indomptables ont atteint la finale de la Can, où ils défieront l’Egypte dimanche, les deux déserteurs et leurs six compagnons, dont Eric Maxim Choupo Moting, doivent avoir bien des regrets !

Tous à Libreville : Les derniers envoyés spéciaux de la presse sénégalaise à la Can basés à Franceville ont quitté hier la capitale du Haut-Ogooué pour Libreville. Après avoir couvert la demi-finale Ghana – Cameroun, ils ont rejoint leurs confrères qui avaient déjà rejoint la capitale du Gabon. Le voyage retour sur Dakar débute lundi avec la première vague.

Sans leurs bagages ! Ces confrères arrivés hier après-midi à Libreville ont eu la surprise de ne constater que leurs bagages n’avaient pas voyagé avec eux. C’est ce midi qu’ils sont convoqués à l’aéroport pour voir si leurs affaires sont arrivées. Ils peuvent croiser les doigts, car à l’aller (de Libreville à Franceville) certains avaient attendu 2 jours avant de récupérer leurs bagages.

« Un Chinois qui porte des lunettes » ! Ainsi s’est exclamée hier une dame toute surprise de voir à l’arrière d’une camionnette, un Chinois avec des binocles. Elle a déclaré qu’elle croyait que « les Chinois avaient des remèdes pour tout ».

Rassemblés par B. K. N. 

La Can U17 confiée au Gabon

04 Fév 2017
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Libreville : La Caf n’a pas perdu de temps et a sauté sur l’occasion que lui offrait cette Can pour régler la question du remplacement de Madagascar dans l’organisation de la Can des cadets. La Grande Île avait, en effet, été dessaisie « en raison du retard pris dans la préparation du tournoi » qui devait s’y tenir en avril. Finalement, cette Can U 17 se jouera au Gabon du 21 mai au 4 juin 2017, ainsi qu’en a décidé le Comité exécutif de la Caf réuni hier à Libreville.  Par ailleurs, le Congo a été disqualifié de la phase finale et remplacé par la Tanzanie qui avait porté une réserve sur un joueur adverse. Celui-ci convoqué au Caire, au siège de la Caf, pour subir une Irm (imagerie à résonance magnétique), n’a jamais fait le déplacement. Ce qui a coûté la disqualification à son équipe.

Franceville (Gabon) : Le Ghana a échoué de nouveau devant le Cameroun, comme en 2008 lorsque les Black Stars se faisaient sortir de « leur » Can par ces mêmes Lions Indomptables au même stade de la compétition : les demi-finales. 35 ans que dure la traversée du désert ponctuée par deux finales perdues devant le même adversaire, la Côte d’Ivoire (1992 et 2015) et une multitude de demi-finales. 

Ainsi, depuis sa finale remportée devant l’Ouganda en 1982, aux temps des Adolphe Armah, Opokou Nti et autres Abdou Razak « Golden Boy », Sam Acquah, le Ghana court toujours derrière un cinquième trophée continental. Cette année, la génération des Ayew et autres Gyan Asamoah, Christian Atsu, croyait pourtant tenir le bon bout, après avoir sorti la Rd Congo. Et pensait aussi avoir retenu la leçon au moment de croiser le Cameroun. Pourtant, les Ghanéens l’avaient dit en conférence de presse d’avant-match. « On ne veut plus se contenter des places d’honneur, cette fois nous voulons la coupe et rien d’autre ». Mais en face, il y avait le Cameroun décidé à miser sur sa jeune génération et à faire une croix sur les « cadres » qui avaient refusé de répondre à l’appel de la nation. C’était un défi pour ces nouveaux dans la Tanière, jeunes et décidés à prouver quelque chose dans cette compétition. Et tel un moteur diésel, Benjamin Moukandjo et ses partenaires ont tissé leur toile au fil des rencontres, montant en puissance et résistant contre vents et marées.  

Difficilement sortis de leur groupe grâce à un nul héroïque contre le Gabon qui les qualifiait au second tour, les Lions Indomptables avançaient prudemment au fil des matches. Le Sénégal considéré comme un favori logique, grâce à ses trois superbes matches contre la Tunisie, le Zimbabwe et l’Algérie en phase de groupes, pliait à son tour dans le duel à mort des Lions. Le facteur chance, ajouté à une réelle volonté de gagner ont fini de faire de cette équipe ce qu’elle était il y a quelques années. Le Ghana qui était censé lui barrer la route, a finalement plié donc au grand désappointement des frères Ayew inconsolables à la fin du match. Le Cameroun leur a barré la route comme en 2008 lorsqu’ils organisaient la compétition chez eux, et au même stade des demi-finales. Cruelle déception ! 

Jeudi dernier sur la pelouse du stade de la Rénovation de Franceville, le coach belge du Cameroun, Hugo Broos, craignait beaucoup d’en arriver à la série des tirs au but qu’il trouvait stressant comme celle qu’il a vécue contre le Sénégal. Ses joueurs ont certainement bien capté le message à la volée. Le Cameroun devait concrétiser ses occasions de but pour ne pas en arriver là. Une crainte partagée par Avram Grant qui, même s’il n’était pas là en 2015 lorsque le Ghana perdait en finale contre la Côte d’Ivoire dans la série des tirs au but, n’avait pas envie de goûter à cet exercice aléatoire. Malheureusement, son équipe s’y est mal prise. Ayant subi la domination territoriale du Cameroun durant les quarante - cinq premières minutes sans plier, le Ghana avait ensuite l’opportunité d’arracher la qualification en seconde période qu’il a dominée outrageusement.

Détermination sans failles 
Mais ses tentatives sont restées vaines et le Cameroun, sur un coup de chance (encore !) ou du fait d’une détermination sans failles, a frappé deux fois au moment où l’on s’y attendait le moins. Razak Brimah ne s’était pas encore remis du but de Ngadeu Ngadjui Michael (71e) que Vincent Aboubacar amorçait un contre rapide qui prenait de revers la défense partie à l’abordage, pour servir impeccablement Christian Bassogog qui s’en alla crucifier l’infortuné gardien ghanéen (90e+3). Les carottes étaient définitivement cuites : à une minute de la fin du temps additionnel, le Ghana ne pouvait plus revenir. Le rêve d’une seconde finale d’affilée s’évanouissait ; l’ennemi juré était passé par là avec sa jeune vague. 35 ans après, son dernier succès en Can, le Ghana devra encore patienter pour monter sur la plus haute marche du podium. Peut-être que ce sera avec une nouvelle génération.
 
Une génération à laquelle le technicien belge du Cameroun a fait entière confiance au moment d’entamer cette compétition. Il avait d’ailleurs expliqué ses choix  en conférence. « Quand j’ai publié ma liste des 23 joueurs, j’avais demandé à la presse de respecter mes choix, de ne pas les commenter, mais de juger les résultats à la fin de la compétition. Je leur ai demandé de me faire confiance ». Car, c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens. Et quel que soit le résultat de la finale face à l’Egypte, Hugo Broos peut estimer avoir réussi son tournoi. Car comme l’avait indiqué son ailier, Christian Bassogog, en conférence de presse après le match victorieux contre le Ghana, personne ne les attendait alors qu’ils s’avançaient surement et lentement vers les cimes du football continental. Demain, face à leur « bête noire », l’Egypte, qui leur avait privé de la coupe à deux reprises (Caire 86 et Accra 2008), Benjamin Moukandjo et ses camarades voudront bien venger leurs aînés.
 
C. F. KEITA (envoyé spécial)

Libreville : « Football d’accord, Ecole d’abord » ! Ce slogan résume parfaitement la philosophie qui anime l’Ivoirien Abdoulaye Diabaté, agent Fifa à travers sa structure Lanfiara Management Sport. Le manager général de LMS a profité de la Can 2017 pour vulgariser son modèle auprès de confrères réunis dans un hôtel en bordure de mer à Libreville. Son crédo, c’est de prendre en charge les jeunes de – 14 et de – 17 autant dans leurs études qu’à travers le sport, notamment le football.

Et depuis 3 ans, sa structure a aidé à former plus de 100 techniciens avec une Licence D fédérale qui exercent dans le district d’Abidjan. Par ailleurs, la structure dirigée par M. Diabaté organise des journées de détection en collaboration avec d’anciens techniciens et joueurs qui ont permis de mettre 27 éléments à la disposition des clubs dont 2 se sont expatriés alors que 20 évoluent dans le championnat ivoirien de D1. Il s’agit, à travers cette procédure, d’aider les jeunes à se faire les armes chez eux pour « ne pas aller précocement à l’étranger ». Le principe de LMS, c’est de « donner des kits scolaires aux élèves à l’ouverture des classes et des équipements sportifs au début des vacances ». Ainsi, ils pourront allier leurs deux activités et se donner des chances de pouvoir réussir ici ou là. Selon Abdoulaye Diabaté, l’activité de sa structure tourne autour de 3 volets : éducatifs (50%), social (20%) et sportif (30%). A cet effet, LMS est en partenariat avec certains établissements scolaires d’Abidjan qui accueillent ses protégés avec des « frais de scolarité allégés ».

Si pour l’heure, LMS se déploie plutôt en Côte d’Ivoire, son initiateur entend exporter, à long terme, l’expérience dans la sous-région ouest-africaine. Mais, d’ores et déjà, Abdoulaye Diabaté compte, à la prochaine intersaison, organiser à Abidjan ce qu’il appelle un « Cadas » ou carré d’as. Selon lui, il s’agira de réunir à Abidjan les équipes championnes de Côte d’Ivoire, du Mali, du Burkina Faso et du Sénégal pour un tournoi.

B. K. N.

Franceville (Gabon) : En demi-finale de la 31ème CAN jouée hier au stade de la Rénovation de Franceville, le Cameroun a battu le Ghana par 2 buts à 0. Buts : Ngadeu Ngadjiu Michael (71e) et Christian Bassogog (90e+3) pour le Cameroun. Public nombreux, temps frais, pelouse en excellent état. Arbitres : Pape Bakary Gassama (Gambie), assisté de Jean Claude Birumushahu (Burundi) et de Waleed Ahmed Ali (Soudan). Avertissements : Benjamin Moukandjo (81e) pour le Cameroun

Les équipes : Cameroun : Joseph Ondoa Ebogo, Adolphe Teikeu Kamgang, Ngadeu Ngadjui Michael, Oyondo Bitolo Ambroise, Benjamin Moukandjo (cap), Zoua Daogari Jacques, Christian Mougang Bassogog, Sébastien Clovis Siani, Sutchuin Djoum Arnaud puis Georges Constant Mandjeck (77e), Robert Ndip Tambe puis Vincent Aboubacar (73e), Fai Collins Ngoran Suiru. Entraîneur : Hugo Broos

Ghana : Razak Brimah, Thomas Teye Partey puis Emmanuel Badu Agyeman (86e), Afriyie Acquah puis Asamoah Gyan (75e), Christian Atsu Twasam, Jordan Ayew, Andre Ayew (cap), Wakaso Mubarak, Daniel Amartey, John Boye, Frank Opoku Acheampong, Harrison Afful. Entraîneur : Avram Grant 

Le Ghana a connu sa sixième demi-finale d'affilée en CAN, mais il ne connaîtra pas sa seconde finale successive après celle de 2015 perdue face à la Côte d’Ivoire. Et pourtant, Andre Ayew et ses partenaires soutenaient avant le match qu’« on ne veut plus se contenter des places d’honneur, cette fois nous voulons la coupe et rien d’autre ». Un vœu pieux finalement, puisque le Cameroun leur a une nouvelle fois barré la route. Une cruelle désillusion pour cette équipe dont on avait vanté l’expérience. Dans cette demi-finale d’hier, si le facteur chance a certes joué, la rage de vaincre a été déterminante pour les « Lions Indomptables » dans ce match à deux visages. 

Une première mi-temps à l’avantage du Cameroun qui avait fait le siège de la zone ghanéenne avec de nombreuses attaques menées par Adolphe Teikeu (8e), Robert Ndip Tambe (11e et 22e), Christian Bassogog (24e). Et c’est vers la fin de la première période que le Ghana a obtenu l’occasion la plus nette de ce match par Jordan Ayew sur une passe de Christian Atsu, mais envoya la balle à côté (40e). C’est en seconde mi-temps que le Ghana se réveillait véritablement avec une offensive en règle dans la zone adversaire. Toutefois, c’est le Cameroun contre toute attente, qui a saisi l’occasion de se mettre sur l’orbite du succès sur le tard. Puisque Benjamin Moukandjo et ses partenaires ont saisi deux bonnes occasions dans les vingt dernières minutes pour briser l’espoir ghanéen. 

D’abord par le défenseur Ngadeu Ngadjui Michael, isolé de l’autre côté de la défense et qui reprit un coup franc de Benjamin Moukandjo (71e) ; ensuite par le milieu de terrain, Christian Bassogog, bien lancé en profondeur sur une passe de Vincent Aboubacar, pour s’en aller battre l’infortuné Razak Brimah (90e+3). C’en était fini des espoirs des « Black Stars » qui devront s’en prendre à eux-mêmes pour avoir raté un nombre incalculable d’occasions de but au cours de la seconde période (50e, 52e, 55e, 61e et 69e minutes). Des occasions ratées qui n’ont pas pardonné au décompte final, car le Ghana repartira bredouille de cette compétition sans atteindre une seconde fois la finale qu’il s’était promis de jouer. Le Cameroun quant à lui, peut se préparer à affronter l’Egypte.  

D’un de nos envoyés spéciaux : C. F. KEITA

Arbitrage : Entre mardi et mercredi, Paulo Duarte, le coach portugais du Burkina Faso, a diablement changé d’opinion sur l’arbitrage à la Can. Avant sa demi-finale face à l’Egypte, il tirait son chapeau aux hommes en noir. « L’arbitrage est de très bonne qualité ». Après la demi-finale perdue, il s’est dit « obligé de commenter l’arbitrage ». « Quelqu'un ne nous a pas laissé gagner le match ». L’accusé est tout trouvé : M. Malang Diédhiou, l’arbitre sénégalais.

Les Etalons à Libreville comme à Ouaga ! On peut bien dire que le Burkina Faso évoluait … à domicile face à l’Egypte, avant-hier à Libreville en demi-finale de la Can. Des 19.422 spectateurs qui avaient fait le déplacement, au moins 90% étaient derrière Kaboré et ses partenaires. Mais cela n’a pas suffi pour vaincre les Pharaons.

Spécialiste des tirs au but : C’est ainsi que Kouakou Koffi, le portier des Etalons du Burkina était présenté avant la demi-finale contre l’Egypte. Non seulement il réussissait à arrêter ceux de ses adversaires, mais il parvenait à transformer ses essais, autant avec son club ivoirien  de l’Asec qu’en sélection. Pourtant, avant-hier, il n’en a stoppé qu’un seul mais a manqué sa tentative.

Rassemblés par B. K. N.

Le froid réalisme des Pharaons

03 Fév 2017
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Libreville : « Je n’ai pas toujours été chanceux avec les finales. Mais j’espère que je pourrai soulever la coupe avec ces joueurs extraordinaires que j’ai ». Plus de quinze ans après, l’Argentin Hector Cuper n’a pas oublié ses deux finales de Ligue européenne des champions perdues consécutivement en 2000 et 2001 avec le club espagnol de Valence. Le Real Madrid (3 – 0) puis le Bayern Munich (aux tirs au but) avaient brisé ses rêves. Mais, il espère que celle de cette année, en Can, avec l’Egypte, sera la bonne.

Cuper a d’ailleurs toutes les bonnes raisons du monde de croire en son étoile. Il est à la tête d’une équipe qui n’a plus perdu de match en phase finale de Can depuis son quart de finale de 2004 en Tunisie face à l’Algérie. Soit 24 matches avec la demi-finale remportée avant-hier contre le Burkina Faso. Un record absolu qu’il fera bien difficile de battre. Comme d’ailleurs celui de nombre de victoires (7), d’autant que les Pharaons sont à un match d’y ajouter un huitième titre continental. En plus, sans vraiment être « fantastiques » dans le jeu (pour reprendre le terme de Paulo Duarte, le coach vaincu du Burkina Faso), l’équipe d’Egypte a une extraordinaire capacité à faire déjouer ses adversaires et sait compter sur un réalisme qui donne froid au dos de ses adversaires. Au point que quelqu’un lui a demandé avant la demi-finale remportée face au Burkina Faso, s’il n’avait pas une parenté lointaine avec son compatriote Diego Simeone, l’entraîneur de l’Atlético Madrid…

Parenté ou pas, Hector Cuper entend briser sa spirale de défaites en finale. Surtout que son équipe d’Egypte, s’y connaît en finales pour avoir remporté les 3 dernières qu’elle a disputées dans cette compétition : en 2006 à domicile, en 2008 au Ghana et en 2010 en Angola. Depuis, les Pharaons n’étaient plus parvenus à se qualifier en phase finale. Pour leur retour sur la scène continentale, les voici en attente de jouer, dimanche à Libreville, une autre finale. La treizième de leur histoire. Et même ce chiffre 13, traditionnellement considéré comme porte-malheur, n’effraie pas Cuper. Il tient sa « grande finale », sa « finale spéciale » et n’entend pas fléchir. Quitte à encore tout bloquer pour miser sur ce réalisme froid de tueurs en série qui a jusqu’ici caractérisé son équipe. Même lorsqu’elle a été contrainte aux tirs au but, en demi-finale…

D’un de nos envoyés spéciaux
B. Khalifa NDIAYE

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