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CAN 2017

CAN 2017 (278)

Libreville (Gabon) : L’amertume ! C’est ce qui suintait le plus des propos des joueurs burkinabè, avant-hier soir à Libreville, suite à leur défaite aux tirs au but (3 – 4) en demi-finale de la Can « Gabon 2017 ». Florilège de déclarations qui le confirment : « Nous méritions de passer. Nous avons tout donné », a soutenu le défenseur central Bakary Traoré. « Nous avons réussi à marquer face à la meilleure défense de cette compétition. C’est la preuve que nous sommes capables de beaucoup de choses », a ajouté le milieu de terrain Razack Traoré. « Nous avons été menés et avons dû fournir beaucoup d’efforts pour revenir à la marque. C’est dur de perdre aux tirs au but », a renchéri l’attaquant et auteur de l’égalisation Aristide Bancé.

Pour eux tous, leur adversaire, « l’Egypte a refusé de jouer ». Qu’importe, elle a réussi à s’imposer et à passer en finale. « C’est injuste », « ça fait mal » ! Ces propos sont revenus dans tous les propos des joueurs burkinabè recalés si près de la finale alors qu’ils venaient de livrer leur meilleure prestation dans cette 31ème Can. « Nous avons dominé l’essentiel du match et avons fait le jeu, mais avons eu la malchance d’aller aux tirs au but », a regretté Bancé, la nouvelle coqueluche des supporters des Etalons. En effet, comme le Sénégal en quart de finale face au Cameroun, Charles Kaboré et ses partenaires avaient largement les moyens de s’épargner les prolongations d’abord puis les tirs au but, tant ils s’étaient créé d’occasions d’abréger les choses. Et faute d’en avoir profité, les voici en situation de se préparer à disputer, demain à Port-Gentil, ce que leur coach portugais, Paulo Duarte, a appelé « le match le plus difficile ». Pour une équipe qui ne visait que le trophée, il sera effectivement compliqué de se remobiliser pour disputer la « petite finale ». « Mon équipe s’est améliorée match après match et avait tout pour aller en finale et remporter la coupe. Ce trophée, on voulait l’emmener à Ouaga », n’a cessé d’insister Duarte après l’élimination de ses troupes.

Il était d’autant plus désabusé que, selon lui, ce n’est pas l’Egypte qui a contrarié ses plans, mais bien l’arbitre … sénégalais Malang Diédhiou. « Si quelqu’un doit remporter ce match, c’est nous. Mais quelqu’un ne nous a pas laissés gagner ». Le ton est donné pour la double confrontation Sénégal – Burkina Faso d’août prochain en éliminatoires du Mondial « Russie 2018 ».

Franceville (Gabon) : On n’a pas encore fini de commenter et d’analyser l’élimination des Lions du football dès les quarts de finale de la 31ème Can « Gabon 2017 ». Un vrai coup de tonnerre vu que l’équipe du Sénégal était classée parmi les favoris de la compétition. Un a priori favorable que Kouyaté et ses partenaires avaient confirmé lors de matches du Groupe B domicilié à Franceville, dans le Haut Ogooué (même s’ils n’avaient pas forcément été super-tranchants). Mais, dès le début des matches à élimination directe, ils ont perdu le fil, butant indéfiniment et sans génie sur une défense camerounaise renforcée. D’où cette sortie de route qui restera l’un des faits marquants de cette Can.

Si collectivement l’équipe sénégalaise a développé un jeu globalement au-dessus de la moyenne dans cette Can, individuellement les joueurs ont rendu des copies de qualité très contrastée. Des belles surprises aux déceptions, toute la gamme des appréciations possibles est représentée au moment du premier bilan. Passage en revue des plus marquantes.

Les belles surprises
Abdoulaye Diallo : Le portier n°1 des Lions a été l’une des grandes satisfactions et l’une des grosses révélations sénégalaises de la Can. Alors qu’il ne faisait pas forcément l’unanimité sur sa position de gardien de but titulaire, il a finalement mis tout le monde d’accord. Et dès sa première sortie face à la Tunisie où, sans lui, le Sénégal vainqueur par 2 buts à 0, aurait pu perdre par 4 ou 5 buts à 2. Dans la foulée de cette prestation de haut vol, le portier de Rizespor Kulubu (Turquie) a enchainé de belle manière. Il a bien fait le peu de choses qu’il avait à faire. Sauf lors de la séance de tirs au but contre le Cameroun en quarts. Mais, ça, c’est de la loterie où l’on est jamais sûr de … plonger du bon côté.
 
Lamine Gassama : Comme le portier Diallo, Gassama suscitait quelques inquiétudes au moment de débarquer en Can. C’est que par le passé, le latéral d’Alanyyaspor (Turquie) avait souvent prêté le flanc. Mais, sur cette Can, Gassama a été colossal. Défensivement, aucun attaquant ne lui a mené la vie dure. Et offensivement, il a parfois été performant même si tous ses centres n’étaient pas ajustés. En tout cas, il a fait taire toutes les critiques.

Pape Alioune Ndiaye : C’est au stage d’avant – Can de Brazzaville que le milieu de terrain d’Osmanlisport (Turquie) a marqué de précieux points qui lui ont permis d’être titulaire d’entrée face à la Tunisie. « Il a su saisir sa chance », avait dit de lui Aliou Cissé, le coach. Et il est vrai que « PAN » durant les 72 mn qu’il avait passées sur l’aire de jeu de Franceville avait été étincelant à tous égards. Même s’il n’a pas été souvent utilisé par la suite, il a globalement fait bonne impression.

Henri Saivet : Au même poste de milieu offensif axial que « PAN », Saivet a aussi agréablement surpris. Celui que le coach sénégalais voit « davantage comme meneur de jeu que Sadio Mané », s’est bien illustré à ce poste qui apparemment pose le plus de problème à Cissé. Son chef-d’œuvre de coup franc face au Zimbabwe, sa grosse activité dans la zone intermédiaire et sa contribution au jeu offensif de l’équipe sont autant de bons points que le joueur de l’As Saint-Etienne a marqués dans ce tournoi.

Ismaïla Sarr : Le benjamin de la Tanière était peut-être le joueur sénégalais qui  avait le moins froid aux yeux. Débordant d’envie et toujours porté vers l’avant, l’ailier du Fc Metz a, à chaque fois, insufflé un souffle nouveau à une équipe qui ne songeait qu’à aller de l’avant. Dommage que le coach se soit passé de ses services en quarts de finale où sa percussion et ses départs balle au pied auraient, à coup sûr, aidé à faire sauter le verrou défensif camerounais.  
 
Ils ont confirmé
Kara Mbodj et Kalidou Koulibaly : Ce duo est certainement l’une des meilleures paires défensives centrales d’Afrique. Solides et complémentaires, ils ont mis en échec tous les attaquants qui se sont retrouvés face à eux dans cette Can, non sans y aller de leur apport offensif sur balles arrêtées, notamment Kara qui a même marqué un but contre la Tunisie. Pourtant, blessés en clubs avant la compétition, on redoutait qu’ils fussent diminués. Or, excepté une ou deux hésitations de Koulibaly lors du premier match face à la Tunisie (certainement parce que manquant de rythme), la paire a retrouvé son surnom de l’axe du bien ».

La preuve que ces deux-là ont pris de la bouteille, c’est qu’à la séance des tirs au but en quarts de finale face au Cameroun, ils ont été les premiers à prendre leurs responsabilités et à montrer le chemin.
 
Cheikhou Kouyaté : Le capitaine des Lions a aussi rendu une copie sans faute. Indomptable, le milieu défensif des Lions l’a vraiment été. L’enfant de Khar Yalla n’a jamais ménagé ses efforts.

Cheikh Ndoye : « Le Bison » rufisquois était attendu pour apporter son abattage et sa détermination dans l’entrejeu des Lions. Mais, c’est en … défense centrale où il a dépanné contre l’Algérie, que le capitaine du Sco Angers a brillé. Ce qui confirme son talent malheureusement pas judicieusement exploité jusqu’ici. 

On attendait plus d’eux
Sadio Mané et Diao Baldé Keïta : Les deux milieux excentrés sénégalais étaient très attendus à cette Can. S’ils ont plutôt répondu présents, on est cependant en droit de soutenir qu’on espérait plus de leur part. Sadio Mané a certes inscrit deux buts rejoignant de glorieux aînés ayant auparavant réussi cette performance dans une même Can, mais il avait largement la possibilité de faire mieux. Il a raté quelques occasions faciles et, surtout, a parfois voulu trop en faire. A l’image de son pendant sur l’autre flanc, Diao Baldé Keïta, était si attiré par le but adverse qu’il en a maintes fois oublié des partenaires mieux démarqués. C’est certainement à ses deux « joyaux » que coach Cissé faisait référence lorsqu’il soutenait que « certains joueurs avaient trop tendance à vouloir régler les problèmes tout seuls ». 

Idrissa Gana Guèye : Pareil pour le milieu de terrain d’Everton. Meneur de jeu reculé de l’équipe, il a perdu un nombre inhabituellement élevé de balles en phase offensive. Même si sa combattivité n’a jamais été démentie, il a été un cran en-dessous de ce à quoi il nous avait habitués.

Ils sont passés à côté 
Mame Biram Diouf : Il aura été l’une des plus grosses déceptions sénégalaises de cette Can. Titulaire à la pointe de l’attaque, l’attaquant de Stoke City n’a pas inscrit le moindre but malgré la foultitude d’occasions qu’il s’est créées. Il est vrai qu’il a beaucoup pesé sur les défenses adverses et même aidé sur les corners concédés par son équipe, mais il a péché là où il était le plus attendu : devant les buts d’en face.

Pour lui disputer « la palme » de la Can ratée, il n’y a que Moussa Konaté. Inefficace offensivement et de nul apport défensif, le joueur du Fc Sion a traversé cette Can comme une ombre. A se demander s’il n’aurait pas mieux fait de rester à la maison.

D’un de nos envoyés spéciaux B. Khalifa NDIAYE

Franceville (Gabon) : Qui du Cameroun ou du Ghana disputera la finale de la 31e édition de la Coupe d’Afrique des nations de football, dimanche prochain 5 février ? La question trouvera sa réponse ce soir (19h Gmt) au sortir de la deuxième demi-finale qui mettra les eux équipes aux prises à Franceville. Mais une chose est sure, ce sera un Ghana doublement revanchard qui se présentera devant un Cameroun au collectif extraordinaire. Cinq fois successivement demi-finaliste, mais jamais vainqueur du trophée continental, le Ghana pour cette sixième présence dans le dernier carré ne voudra plus de cet habit de « loser » qui lui colle depuis cinq éditions. Défait en demi-finale de sa « Can » en 2008 par … le Cameroun, le Ghana n’avait pu gagner la finale de 2015 contre la Côte d’Ivoire. Deux revers qui sont restés en travers la gorge d’Andre Ayew et ses coéquipiers et qu’ils voudront effacer aujourd’hui devant le Cameroun qui se présentera avec des arguments solides. Mais les Black Stars risquent de composer sans leur capitaine et maître à jouer Asamoah Gyan pas encore complètement remis d’une blessure à l’aine.

Côté camerounais, avec une équipe constituée de nouveaux joueurs (14) qui découvrent la Can, les Lions Indomptables ont fini de convaincre sur leurs capacités à résister à l’adversaire. Allez demander au Gabon et au Sénégal qui ont essayé de les déboulonner. En pure perte. Mais au-delà de ces considérations, c’est surtout la jeunesse du Cameroun qui fera face à l’expérience du Ghana. Un défi énorme dans les deux camps. Le ticket pour le dernier acte de dimanche prochain sera fortement disputé.

Le mot des entraineurs
Maxwell Konadu (coach adjt du Ghana) : « On ne doit plus s’arrêter aux demi-finales »
  Dans le camp d’en face, on n’a pas dit autre chose lorsqu’on avouait que le Cameroun est dur à manier. Se refusant à livrer ses secrets pour ce match au sommet, le technicien ghanéen, Maxwell Konadu, a indiqué que les six places consécutives de demi-finaliste à la Can prouvent, à suffisance, que l’équipe ne cesse de travailler. « Maintenant, il est hors de question de se satisfaire d’une place en demi-finaliste. Nous voulons aller au-delà et remporter le trophée. Car nous avons trop longtemps attendu. L’objectif sera donc de battre l’équipe du Cameroun, aller en finale et arracher le trophée. Evidemment que nous respectons l’adversaire qui a prouvé que son football compte, nous n’avons pas peur, toutefois, et nous serons prêts, car ce qui était arrivé en 2008 ne se reproduira pas », a-t-il promis.

Hugo Broos (Cameroun) : « Mes joueurs s’adaptent à toutes les situations »
« Ce match s’annonce très difficile si l’on se réfère à la prestation du Ghana. C’est une équipe aux qualités offensives indéniables et qui est très difficile à manœuvrer. C’est un style totalement différent de celui du Sénégal. Mais, mes joueurs s’adaptent à toutes les situations et nous mettrons en place une stratégie pour les contrer », Hugo Broos le sélectionneur des Lions Indomptables a son idée pour contrecarrer les velléités de son adversaire. Selon lui, il faudra s’attendre à voir une bonne équipe du Cameroun aujourd’hui. « Soyez-en certains, nous défendrons les couleurs nationales et vous verrez une équipe très motivée. Si le Ghana gagne, c’est parce qu’il est plus motivé que nous. Mais j’espère que ce ne sera pas le cas », a indiqué le technicien belge qui ne souhaite arriver à la séance des tirs au but qui, à son avis, est très éprouvante pour les nerfs. « Nous avons un jeune groupe inexpérimenté. Mais vous avez vu comment ils ont joué contre le Sénégal ? C’est ce comportement que je voudrais les voir adopter à nouveau contre le Ghana. Et je sais que dans ce domaine, mes joueurs ont gagné en expérience. Ils étaient prêts contre le Sénégal, ils le seront davantage contre le Ghana », a promis Hugo Bross.   

Georges Mandjeck (milieu, Cameroun) : « Ce match est très spécial »
« Le match sera difficile car c’est une équipe qui joue ensemble depuis longtemps. Mais encore une fois, nous prouverons que nous ne sommes pas venus ici pour de l’argent. Nous sommes là pour défendre le drapeau national. Tous les joueurs sont concentrés. Les histoires on en reparlera après, car la compétition n’est pas encore terminée et nous sommes sur la bonne lancée. Nous voulons écrire une nouvelle page du football africain. Ce match est donc très spécial car il s’agira de décrocher le ticket pour la finale. On est près du but et on ne lâchera rien ».

Emmanuel Agyemang-Badu (milieu, Ghana) : « A nous de faire attention »
« On va vers un match très difficile car l’adversaire est bien préparé. C’est une jeune et dynamique équipe. Mais nous serons dans le même tempo. Cette compétition est très difficile car beaucoup de favoris ont été éliminés. C’est dire que nous devons faire attention pour ne pas tomber dans le même piège. Notre objectif, c’est d’aller au bout de cette compétition ».

D’un de nos envoyés spéciaux : C. F. KEITA

L’Afrique qui gagne…

02 Fév 2017
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Nous avons eu à parler dans ces lignes de l’autre compétition qui, avec la Coupe d’Afrique des Nations, a marqué l’Afrique en ce début d’année : le choix du président de la Commission de l’Union africaine. Une compétition qui, comme la Can, a opposé des Africains présentés par leurs pays comme candidats. A la fin, c’est un seul qui est resté, le Tchadien Moussa Faki Mahamat. Certains ont eu à railler les candidats perdants surtout au Sénégal. Mais comme pour la Can, les équipes présentes ont eu à passer des phases éliminatoires très rudes pour arriver à Libreville. Ce qui démontre de leur mérite. Pour la présidence de la Commission de l’Union africaine, tous les candidats et candidates qui se sont présentés sont tous aussi méritants. C’est au vu de leurs parcours personnel, professionnel et politique que leurs pays les ont inscrits à cette candidature. C’est toute compétition qui est ainsi faite. Il faut un vainqueur et des perdants. Mais au fond, comme le recommande l’esprit sportif, il n’y a aucun perdant dans une compétition sportive.

Dans l’adversité sportive, on y apprend et gagne plus que ce qu’on y perd. D’ailleurs, l’idéal olympique théorisé par le Baron Pierre de Coubertin, qui a repris l’organisation des Jeux olympiques, dit clairement que « l’important, c’est de participer ». Pour cette 31ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations et l’élection de la présidence la Commission de l’Union africaine, l’important, c’était d’y être. Certes, il faut un vainqueur pour toutes ces deux compétitions. Aux lendemains de ces deux compétitions, on s’est réveillé tous dans le même continent. Ce fut le moment où on s’est rendu compte que personne n’a gagné, ni perdu. Avec ces deux compétitions, chacun des candidats et chacune des équipes a bien défendu son point de vue ou son football, croyant qu’il était le meilleur de l’Afrique et pour l’Afrique. La Can, c’est un rassemblement des équipes nationales pour marquer l’esprit communautaire sportif. De même que le Sommet de l’Union africaine qui marque l’attachement des peuples africains à son unité. In fine, il n’y aura qu’un seul vainqueur, c’est l’Afrique avec sa jeunesse triomphante et sa politique gagnante. Une Afrique qui gagne…...

Par Oumar NDIAYE

L’éternelle question des primes chez les Lions indomptables a refait surface hier. Pourtant, le barème des rémunérations avait été fixé de longue date : 15,5 millions de Fca de primes de participation, 12 millions pour une qualification aux quarts et 3 millions pour l’avant-dernière étape que le Cameroun dispute aujourd’hui contre le Ghana. Des  primes « ridicules » selon l’entraîneur belge Hugo Broos. Mais une belle « source de motivation » pour ses joueurs. C’est à croire que le demi-milliard de francs que leur aurait promis leur ancien capitaine, Samuel Eto’o, s’ils battaient le Sénégal en quart, n’est pas encore tombé.

Fin d’inviolabilité ! Hier, lorsqu’à la 72ème mn de la première demi-finale, le Burkinabé Bancé a égalisé, il a mis fin à l’inviolabilité des buts égyptiens qui durait depuis 432 minutes.

Rassemblés par B. K. N. 

Libreville : Les Etalons du Burkina Faso voulaient venger leurs aînés battus en demi-finale de « leur » Can en 1998 à Bobo Dioulasso par l’Egypte et s’inviter à la finale de la 31ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations, dimanche à Libreville. Mais, les Pharaons ont réussi à s’imposer sans avoir sorti le grand jeu. Dans l’art de vaincre sans forcément bien jouer ou dominer leurs adversaires, les Egyptiens sont devenus les maîtres dans cette Can. Hier, ils l’ont encore démontré. Et sont prêts à disputer leur 13ème finale continentale. Leur coach argentin, Hector Cuper, refuse de parler de « chiffre porte – malheur » et espère donner à l’Egypte son 8ème titre africain. Les Pharaons sauront ce soir, à l’issue de la deuxième demi-finale de cette Can qui se disputera à Franceville, qui du Cameroun ou du Ghana, ils affronteront dimanche à Libreville pour le sacre final. Mais, ce sera forcément un remake puisque pour leurs deux derniers titres, ils étaient venus à bout du Cameroun (en 2008 au Ghana) et du Ghana (en 2010 en Angola). Depuis, les footballeurs du Nil ne s’étaient pas qualifiés à la phase finale. Pour un retour au plus haut niveau, celui-ci est vraiment fracassant.

B. K. N.

Libreville (Gabon) : En demi-finale de la 31ème Can de football disputée hier au stade de l’Amitié de Libreville, l’Egypte a battu le Burkina Faso à la série des tirs au but 4 à 3. A l’issue des 120 mn, le score était de 1 but partout. Mi-temps : 0 – 0 Buts : Mohamed Salah (65ème mn) pour l’Egypte ; Aristide Bancé (72ème mn) pour le Burkina Faso. Tirs au but : Ont marqué : Egypte : Ramadan, Hegazy, Salah, Warda. Burkina Faso : Alain Traoré, B. Diawara, Yago. Ont raté : Egypte : Bekhit, Burkina Faso : Hervé Koffi et Bertrand Traoré Carton jaune : Gad, Soliman (Egypte) ; Bertrand Traoré, Yago (Burkina)

Les équipes : Burkina Faso : Hervé Koffi, Steeve Yago, Bakary Koné, Nguimbé Nakoulma, Abdou R. Traoré (puis Banou Diawara, 80ème mn), Issoufou Bayo, Aristide Bancé (puis Alain Traoré, 102ème mn), Charles Kaboré (cap), Bertrand Traoré, Yacouba Coulibaly, Ibrahim Touré. Entraîneur : Paulo Duarte.

Egypte : Essam El Hadary (cap), Aly Mosaad, Ahmed Eissa (puis Omar Gaber, 106ème mn), Ibrahim Gad, Ahmed Hegazy, Ahmed Ibrahim, Tarek Hamed, Mohamed Ghaly Salah, Mahmoud Soliman (puis Amr Warda, 73ème mn), Abdallah Bekhit, Mahmoud Hassan (puis Ramadan Ahmed, 85ème mn). Entraîneur : Hector Cuper
Arbitres : Malang Diédhiou (Sénégal) assisté de ses compatriotes Djibril Camara et El H. Malick Samba.

Cette première demi-finale de la Can « Gabon 2017 » ne pouvait se décider qu’aux tirs au but entre deux équipes bien en place qui ont produit un jeu d’excellente qualité. Même si le Burkina Faso a mieux tenu le ballon et mieux combiné. L’Egypte a longtemps fait le dos rond, répliquant par à-coups, avant de prendre l’avantage par Salah (65ème mn) d’une superbe frappe depuis la droite qui est allée finir sa course dans la lucarne opposée. Les Pharaons croyaient avoir fait le plus dur, eux qui n’avaient jamais encaissé de but et qui avaient fait la différence à chaque fois qu’ils ouvraient le score. Mais les Etalons ont de la ressource et réussissent à faire la jonction par Bancé, 7 mn plus tard. Ils auraient même pu s’éviter les prolongations si le portier vétéran El Hadary (44 ans) n’avait pas sorti un arrêt-réflexe dans le temps additionnel. Et éviter les tirs au but si au bout des prolongations, le génial slalom de Bertrand Traoré ne s’était pas heurté au mur égyptien. La « loterie » était donc incontournable. A ce jeu, l’Egypte pourtant mal partie avec l’essai raté de Bekhit, a été remise en selle par la 4ème tentative, ratée par Koffi, le portier des Etalons du Burkina. Et comme Bertrand Traoré a manqué le sien, l’Egypte s’ouvrait, ainsi, les portes de la finale. Et d’une 8e couronne.

Le mot des entraineurs :

Hector Huper (Egypte)  « Nous savions que ce serait difficile »
 « Nous savions dès le début que ce serait un match difficile pour nous car le Burkina a une bonne équipe, avec des joueurs physiques et rapides. Ils nous ont dominés la plupart du temps, surtout en 2ème mi-temps et se sont créé beaucoup d’occasions. Nous, nous étions fatigués, il nous fallait donc attendre les tirs au but où tout peut arriver. Cette finale sera très spéciale pour moi. J’ai un groupe de joueurs impliqués et déterminés. Un bon groupe qui va tout faire pour remporter ce trophée ».

Paulo Duarte (Burkina Faso) « Quelqu’un ne nous a pas laissés gagner »
« Je dois féliciter mes joueurs qui ont fait un championnat extraordinaire et développé un jeu fantastique. Mais aujourd’hui, quelqu’un ne nous a pas laissés gagner. En première mi-temps, à un contre un, un défenseur égyptien fait une faute de main. Non seulement l’arbitre ne siffle pas le penalty, mais il ne sort même pas son carton jaune. C’est donc l’Egypte qui passe. C’est une bonne chose puisque le foot africain a besoin d’une équipe d’une telle qualité. Mais si quelqu’un devait gagner dans le match, c’est le Burkina. Nous avons bien lu le jeu adverse, bien compris leur style. Nous avons fait un match intelligent. J’ai toujours cru que nous pouvions gagner le trophée, car mon équipe a été meilleure à chaque sortie. Je suis triste, mais on va relever la tête ».

Recueillis par B. K. N.

Last modified on jeudi, 02 février 2017 11:39

Cercles concentriques

01 Fév 2017
1445 times

La théorie des Cercles concentriques a marqué les débuts de la marche de l’Unité africaine. Aux premières heures de la création de l’Organisation de l’unité africaine (Oua), les pères fondateurs voulaient aller vers une unité des pays africains comme les Etats-Unis d’Amérique. Certains pensaient y aller vite, d’autres comme Senghor demandaient de passer d’abord à ce qu’ils appellent l’intégration par blocs régionaux. La fameuse théorie des Cercles concentriques. Pour cette 31ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations, les demi-finales ont semblé répondre à cette théorie des blocs régionaux. Presque chacun d’eux a un représentant dans le carré d’as. Ce qui fait un bon équilibre régional sur les équipes qui sont susceptibles de monter sur le podium de la plus grande compétition sportive africaine. Une telle représentation qui sans doute ne va faire mal à personne. En dehors de la zone géographique de l’Afrique australe et de l’Est, toutes les autres sont présentes dans les demi-finales avec une bonne représentation, presque comme toujours, de l’Afrique de l’Ouest à laquelle appartiennent le Ghana et le Burkina Faso. Cette zone géographique semble abriter les meilleures équipes du continent africain en matière de football. Déjà lors de l’édition précédente, les deux finalistes, Côte d’Ivoire et Ghana, venaient de là-bas. Cette fois-ci, elle a une chance aussi de rééditer l’exploit si ses deux représentants en demi-finale, le Ghana et la Burkina, passent les obstacles de l’Egypte qui porte les espoirs de l’Afrique du Nord et le Cameroun qui représente l’Afrique centrale. Ce partage un peu équitable des places dans cette dernière phase de la compétition, montre que le football se joue dans toutes les parties du continent et qu’aucune zone n’a pas une si telle suprématie comme c’était le cas, il y a quelques années, sur les compétitions africaines des clubs. Ces compétitions ont été pendant longtemps sous la coupe des clubs maghrébins et égyptiens avant de descendre tout doucement vers l’Afrique subsaharienne. La Can aussi, après une domination pharaonique de l’Egypte, qui détient le record absolu avec 7 titres dont éditions successives (2006, 2008, 2010), semble s’équilibrer. Pour l’instant.....

Par Oumar NDIAYE

Last modified on mercredi, 01 février 2017 13:39

Le préposé à la traduction au stade de l’Amitié de Libreville est assurément d’un bien meilleur niveau que son homologue basé au stade de la Rénovation de Franceville. Il rend fidèlement les propos des intervenants sans en rajouter.

Traduction (bis) : Au passage du coach argentin de l’Egypte et d’El Hadary hier devant la presse, en plus de la traditionnelle traduction français – anglais et vice versa, il a fallu y ajouter l’arabe et l’espagnol. Heureusement que les Egyptiens sont venus avec leurs deux spécialistes. 

Rassemblés par B. K. N. 

« Une demi-finale, c’est forcément spécial. Mais le plus important, ce ne sont pas les individualités, c’est le collectif. L’Egypte est une équipe très forte, même si elle a déplacé des joueurs jeunes. C’est une nouvelle génération de haut niveau, pleine de maturité et avec une grande capacité de gérer certaines situations. Cela ne me gêne pas qu’on nous prenne pour le Petit Poucet. Cela nous donne plus de responsabilité. Mais nous avons jusqu’ici produit un jeu de qualité et démontré que nous avons un réel potentiel. Nous jouons pour la victoire et pour servir le football. J’ai totalement confiance en mes joueurs qui ont fait preuve de beaucoup d’efficacité dans une grande humilité.

Que le Burkina n’ait jamais battu l’Egypte, cela ne me pose pas de problème. Je ne vis pas l’histoire, car l’histoire c’est l’illusion. Je suis dans le présent et la réalité. Chaque match a sa réalité. Cette demi-finale sera un grand match et on va la jouer pour la gagner. Il y a une première fois à tout ».

Hector Cuper (Egypte) : « Nous visons un 8ème titre et le rêve se rapproche »
« C’était important pour moi de connaître la belle histoire de l’Egypte en Can. Mais il ne sert à rien de se retourner sur le passé. Depuis un an et 9 mois que je suis à la tête de cette équipe, je ne me suis concentré que sur cette Can. Nous voulons faire de notre mieux pour aller en finale et remporter le trophée. L’objectif de tout entraîneur, c’est de gagner et personnellement, j’ai confiance en mes joueurs. Ils sont talentueux et déterminés à donner le meilleur d’eux-mêmes. Nous visons un 8ème titre et le rêve se rapproche. On ne me surprendra jamais à sous-estimer un adversaire, surtout pas ce Burkina qui, même s’il n’a pas le même palmarès que l’Egypte, est une très bonne équipe, bien organisée et qui pratique un bon football. Ce sera un match très difficile ».

Recueillis par B. K. N.

Libreville : Les demi-finales que personne n’attendait pourraient pourtant afficher d’un remake en finale : Egypte – Cameroun comme en 2008 au Burkina Faso lorsque les Pharaons se coiffèrent de leur sixième diadème. Ou alors Egypte – Ghana comme en 2010 lorsque les footballeurs du Nil ajoutèrent un septième titre à leur impressionnante collection. Depuis, plus rien, pas même une qualification en phase finale, jusqu’à cette Can « Gabon 2017 » où l’équipe actuellement entraînée par l’Argentin Hector Cuper surprend, sortie après sortie. Et ne compte guère s’arrêter à une étape de la finale de dimanche prochain à Libreville. Mais ce n’est pas gagné d’avance contre une équipe du Burkina Faso qui ne rêve que de se hisser à sa deuxième finale après celle perdue en 2013 en Afrique du Sud face au Nigeria. Et qui compte donc fausser les plans et les prévisions de tous ceux qui s’attendent à voir l’Egypte le faire déjouer et l’avoir à l’usure comme elle l’a fait avec ses précédents adversaires. En l’absence des Super Eagles qui les avaient privé du titre continental il y a quatre ans, les Etalons qui ont jusqu’ici déjoué tous les pronostics entendent rester sur leur lancée. En quarts de finale, ils ont encore dicté leur loi à des Tunisiens qu’ils ont souvent battus par le passé. Ce soir, ils chercheront à se payer la peau d’autres Nord-Africains pour attendre tranquillement qui du Cameroun qu’ils avaient neutralisé en match du Groupe A ou du Ghana, ils croiseront pour le titre. 

B. K. N.

Libreville (Gabon) : Dans l’art de vaincre sans toujours dominer son adversaire, l’Egypte peut écrire tout un chapitre. En tout cas, l’équipe des Pharaons, cette année, n’a pas développé un football de nature à rappeler ses années de gloire, lorsqu’elle enchaînait 3 titres continentaux (2006, 2008 et 2010). Mais, elle a su faire déjouer toutes celles qui se sont dressées devant elle en misant d’abord sur une défense en béton. Ou plutôt, un groupe où personne ne rechigne aux tâches défensives. A commencer par Mohamed Salah. L’explication a été donnée hier soir, en conférence de presse par le coach argentin de l’Egypte, Hector Cuper : « Dans ma longue carrière, je n’ai jamais vu des joueurs qui se dévouaient autant pour défendre leur pays ».

Pour leur retour en Can après 7 ans d’absence, les recordmen de victoires finales dans cette compétition (7) ont déjoué tous les pronostics. On les voyait perdre leurs repères, entrer timidement dans une épreuve qu’ils ont souvent dominée et retourner chez eux préparer le prochain rendez-vous continental. Surtout qu’ils étaient tombés dans « l’autre groupe de la mort » avec le Ghana, le Mali et dans une moindre mesure, l’Ouganda. Or les voici toujours en course pour la succession des Eléphants. Seulement, ils auront à qui parler avec des Etalons forcément revanchards. Car, à l’image de Bakary Koné, le défenseur central burkinabè, presque tous les actuels joueurs du coach portugais Paulo Duarte « étaient encore adolescents » ou jeunes garçons lorsqu’en 1998, les Pharaons barrèrent la route de la finale de la Can au … Burkina Faso sur ses terres, à Bobo Dioulasso même. L’actuelle génération voudra prendre une revanche par procuration, puisque de l’avis de Koné, « nos aînés nous ont parlé et nous ont conseillés en direction de ce match ».

Mais cela suffira-t-il, face à un adversaire égyptien que le Burkina Faso n’a jamais battu (4 défaites et 2 nuls en 6 confrontations) ? Paulo Duarte, le coach des Etalons ne croit pas à ces histoires de « bête noire ». De toutes les façons, a-t-il soutenu hier, « il y a forcément une première à tout ». Et il espère que ce soir, son équipe brisera la spirale de résultats négatifs face aux Pharaons qui ont démontré « leur maturité malgré leur jeune âge et leur capacité à bien gérer les matches ». Il sait donc qu’il lui faudra pour cela une équipe au meilleur de sa forme.

Autant chez les Egyptiens que chez les Burkinabé, on se déclare « en mission » avec pour objectif de ramener le trophée continental. Une huitième fois pour les Pharaons, une première pour les Etalons. Mais, il y a la demi-finale de ce soir à négocier et un camp va y laisser ses illusions.

D’un de nos envoyés spéciaux
B. Khalifa NDIAYE

Libreville : Le portier des Pharaons d’Egypte Essam El Hadary (44 ans) a confirmé hier à Libreville, face à la presse, que son coéquipier en sélection, Ramadan, avait le même âge que … sa fille. Ce n’est pas pour autant qu’il le considère avec condescendance. « Je le conseille, comme tous mes autres partenaires, et les prend tous pour ce qu’ils sont : des coéquipiers », a ajouté l’homme aux 4 titres continentaux (1998 au … Burkina même s’il n’avait disputé aucun match, 2006 à domicile, 2008 au Ghana et 2010 en Angola).

De son côté, Bakary Koné, le défenseur central burkinabè sait parfaitement qu’avec la retraite annoncée de Charles Kaboré, au sortir de cette Can, non seulement le brassard de capitaine devrait lui échoir, mais son rôle dans le vestiaire et sur le terrain devrait être renforcé. A 31 ans, le défenseur de Malaga (Liga espagnole) ne se voit, en effet, pas encore raccrocher les crampons. « Je vais continuer en équipe nationale, car j’ai encore beaucoup à donner aux jeunes et à mon peuple », a-t-il soutenu. Notamment ce trophée que le Burkina Faso a vu de très près en 2013, en Afrique du Sud, avant de le voir lui filer sous le nez au profit du Nigeria. En 1998, lorsque l’Egypte éliminait ses grands-frères en demi-finales de « leur » Can à Bobo, lui, était un môme. Mais en avait beaucoup souffert. Lui qui n’a jamais joué contre les Pharaons entend bien réussir cette grande première. Cependant, un autre « ancien » est tout décidé à s’y opposer : El Hadary, le joueur le plus âgé de cette compétition et l’un des footballeurs les plus titrés d’Afrique. Et ce n’est pas pour ajouter une ligne à son impressionnant palmarès que le portier de Wadi Degla se battra ce soir. Mais pour son peuple et son pays. « C’est dans notre nature », a-t-il tenu à préciser. Ça tombe bien : « Nous nous battrons pour rendre notre peuple heureux et fier », a répliqué Koné. Comme pour dire que nul n’a le monopole du patriotisme et du nationalisme. Ces deux « anciens » l’ont prouvé par leur longévité.

B. K. N.

Franceville (Gabon) : Cameroun (4 fois) et Ghana (4 fois), deux des trois équipes les plus titrées de ces demi-finales avec l’Egypte (7 fois). Demain sur la pelouse du stade de la Rénovation de Franceville, Camerounais et Ghanéens tenteront d’arracher la qualification pour la finale afin d’essayer, à nouveau, de se mettre une cinquième couronne sur la tête.

Cameroun-Ghana, c’est aussi l’histoire d’une confrontation entre deux grandes équipes africaines jalouses de leurs prérogatives.  Toutes deux championnes continentales à quatre reprises, à la seule différence que les Ghanéens ont eu une présence régulière dans cette compétition, alors que les Camerounais sevrés de Can depuis 2010, veulent marquer leur grand retour dans cette épreuve continentale. Si cette affiche est rare, elle mérite quand même d’être suivie demain à partir de 20h (19h Gmt).

Entre des Lions Indomptables qui ont démontré face aux Lions de la Téranga qu’ils méritaient bien leur surnom et des Black Stars qui ont démontré, quant à eux, tout le réalisme que demande le haut niveau, le duel pour la qualification en finale promet d’être rude. Pour arriver à ce stade des demi-finales, Camerounais et Ghanéens n’ont rien laissé au hasard, se montrant décisifs quand il faut, réalistes quand les circonstances le demandaient. Deux équipes aux fortes similitudes si l’on se penche sur leurs parcours jusqu’en phase finales de cette Can 2017. En effet, le Cameroun a totalisé quatre victoires et un nul à l’issue des éliminatoires. Idem pour le Ghana. Toutefois, si les Camerounais peuvent s’enorgueillir de n’avoir pas encore perdu dans cette Can, avec deux victoires et deux nuls, les Ghanéens eux avaient bien commencé avec deux victoires d’affilée contre l’Ouganda et le Mali, avant de plier dans le dernier match de poule face à l’Egypte. N’empêche, ils sont passés pour affronter l’un de leurs pires rivaux, les Léopards de la Rd Congo, qu’ils ont eus à l’usure.  

Une sixième qualification d’affilée en demi-finale de la Can de football qui n’est pas sortie du néant. En fait, les Black Stars, vice-champions d’Afrique 2015, visent cette fois-ci le sacre continental. Le but n’est plus très loin. Pour sa part, le Cameroun, fidèle à son mental qui fait sa principale force et sa philosophie de compétiteur, n’a pas tremblé en quart de finale devant l’un des favoris de cette compétition, le Sénégal. Jusque-là invaincus, et avec seulement deux buts encaissés, ils sont parvenus à arracher la qualification pour ces demi-finales en s’imposant dans la série des tirs au but. Un succès qui a été l’un des événements majeurs de cette phase finale. Parce que, en débarquant au Gabon, le Cameroun était privé de pas moins de 8 de ses cadres qui ont boudé la sélection, et on ne donnait pas cher de sa peau dans cette compétition. Mais le résultat est là, il faudra continuer à compter avec les Lions Indomptables qui se montrent toujours solides face aux défis.

Cette demi-finale Cameroun-Ghana n’est pas une première entre les deux équipes car elles s’étaient déjà rencontrées en 2008 à … Accra à ce même stade de la compétition, et c’est le Cameroun qui s’était imposé au finish, plongeant tout un peuple dans la tristesse et la désolation. « Gabon 2017 » est donc une belle occasion pour laver cet « affront ». C’est aussi celui des défis pour les deux entraîneurs. 

D’un côté, Hugo Broos qui veut prouver que sans ses 8 absents de taille, il peut réussir quelque chose de fantastique dans cette Can et de l’autre, Avram Grant longtemps décrié à Accra pour ses méthodes, entend poursuivre sur la voie qui lui a réussi jusqu’ici. En attendant les retrouvailles de demain pour la grande explication, les deux coaches se feront face ce matin pour la traditionnelle conférence de presse d’avant-match.

D’un de nos envoyés spéciaux : C. F. KEITA 

Pour ceux qui suivent le foot féminin, une brésilienne dénommée Marta Vieira da Silva a ébloui ce sport avec sa classe. Cinq fois meilleure joueuse de la Fifa, elle est considérée comme la plus grande footballeuse de tous les temps. Au Sénégal, Marème Diop Yally, fan de la brésilienne, demeure son penchant. Gracieuse avec le ballon, la pensionnaire du lycée Ameth Fall n’a pas encore fini d’éblouir.

Quand Daouda Sène, le correspondant du quotidien sportif « Stades » à Saint-Louis parle de Marème Diop Yally, on sent cette admiration. Le journaliste, qui suit cette championne à travers ses prestations dans l’équipe Ameth Fall, ne rate pas une occasion de rappeler que cette joueuse « est certainement l’une des plus expérimentées du foot féminin ». De Marème Yally, Daouda Sène évoque sa créativité dans l’entrejeu, sa dextérité et sa capacité à faire jouer ses partenaires.

Avec un brin de timidité, Marème Yally se dit contente de cette appréciation, mais le plus important, consent-elle, « c’est de faire ce que l’on aime, et le football, je le pratique pour mon plaisir personnel ». Le virus, la capitaine de l’équipe nationale de foot féminin dit l’avoir chopé dès le bas âge. En fait, rappelle-t-elle, « j’étais toute petite quand j’accompagnais mes frères au terrain. Et c’est là-bas que j’ai commencé à jouer au foot et depuis, l’envie est là. Tenace ». Si les débuts de la pratique furent compliqués pour certaines, Marème Yally avoue que ce ne fut pas son cas. En effet, se remémore-t-elle, « j’ai toujours eu le soutien de ma famille, dans laquelle il y avait beaucoup de sportifs ».

Au sein de l’équipe Ameth Fall, elle joue un rôle de régulatrice. Les qualificatifs font flores pour cette dame qui, l’an dernier, a inscrit 9 buts et délivré 15 passes décisives. Mais, pour la patronne, le niveau du foot local gagnerait à davantage être relevé car « parfois, nous avons en face des équipes, techniquement, en dessous de notre niveau ».
La "maman" d’Ameth Fall. 

Pour sa carrière, ce  milieu offensif très créative, et bonne passeuse en plus d’être techniquement très bonne et disciplinée tactiquement, a débuté par les Sirènes de Dakar avant de faire un saut au Maroc pour évoluer au sein du Raja de Casablanca. Aujourd’hui encore, les contacts ne manquent pas mais, « souvent, c’est le problème du visa qui fait que l’on ne peut partir passer des tests dans les équipes professionnelles ». De plus en plus, le foot féminin se développe dans notre pays. Pour Marème Yally, il est noté quelques hésitations car « on a eu tardivement une équipe nationale, parce qu’au début, il n’y avait pas beaucoup de filles qui jouaient au foot à cause de leurs parents ». Car, pense la capitaine de l’équipe nationale, beaucoup pensaient que le foot était réservé au garçon, « mais ils commencent à comprendre ». Dans son expérience africaine, elle ne peut oublier la défaite , en 2014, au Cameroun, face à cette équipe et le déluge sous lequel elles avaient joué. De son avis, « l’eau nous arrivait à la cheville. C’était un match compliqué, où après avoir fait 1-1 à la maison, nous avons été éliminées sur la route de la Can, par les Lionnes Indomptables 1-0, avec la complicité de l’arbitre qui n’était pas à la hauteur ». A côté de ce triste évènement, la capitaine de l’équipe nationale rappelle aussi le grand bonheur en 2012, avec une qualification à la Can féminine. 

Les Lions produisent du jeu
Pour cette coupe d’Afrique, Marème se dit être séduite par la joueuse équipe de Guinée Bissau. Même s’ils n’ont pas réussi à passer le cap du premier tour. Pour elle, l’équipe du Sénégal va de mieux en mieux et produit du jeu. Dans le passé, affirme la capitaine, « c’est cela qui nous manquait, mais maintenant, cette formation a fière allure et il leur arrive de réussir 8 voire 10 passes dans la construction des occasions ». 

A.M.NDAW

Last modified on mardi, 31 janvier 2017 12:45

Camp partiellement levé : La Maison de la presse sénégalaise initiée par l’Anps à Franceville a beaucoup désempli depuis l’élimination des Lions par le Cameroun. Dès le lendemain, quelques journalistes ont embarqué à bord de l’avion spécial ramenant l’équipe au pays. Et ce matin, plus d’une douzaine quitte les lieux pour Libreville où ils suivront la suite de la Can. Mais sont restés à Franceville en attendant la demi-finale de jeudi.

Une deuxième tête est tombée : Après le Belge Georges Leekens qui a démissionné de son poste de sélectionneur de l’Algérie après l’échec des Fennecs à passer le premier tour de cette Can, c’est au tour de Michel Dessuyer de quitter la direction des Eléphants de Côte d’Ivoire. Champions d’Afrique en titre, les Ivoiriens avaient connu le même sort que les Algériens. Quelle sera la prochaine tête à tomber ?

 

Last modified on mardi, 31 janvier 2017 12:44

Franceville : La clé du match est peut-être dans le discours des deux coaches. Là où celui du Sénégal Aliou Cissé soutient qu’ « il faut que certains joueurs comprennent qu’ils ne peuvent pas régler le problème tout seuls », Hugo Broos du Cameroun est convaincu que « le plus important, c’était de se comporter en équipe et d’être collectif ». Pour cause, là où, de l’avis du technicien sénégalais, son équipe n’a pas toujours privilégié le collectif, les Lions indomptables ont accepté de jouer contre-nature pour s’en sortir. C’est-à-dire de défendre bas, voire même trop bas, pour contenir les assauts adverses. Une équation tactique que le banc sénégalais n’a jamais su résoudre. Car, Henri Saivet censé être le meneur de jeu a évolué pendant toute la première mi-temps collé à la défense centrale, presque dans le même positionnement que Gana Guèye, le « False 6 » ou meneur reculé. Ce qui débouchait sur un jeu assez latéral, ou en tout cas trop lent à se projeter vers l’avant. Le bloc d’équipe camerounais avait alors toute la latitude de se remettre en place pour annihiler les offensives sénégalaises. Un accélérateur de particules comme Ismaïla Sarr aurait pu faire sauter le verrou, mais selon Cissé, les blessures de Mbengue et de Kouyaté ont contrarié ses plans. Sauf qu’au lieu de remplacer Kouyaté par Papa Alioune Ndiaye, il aurait pu opter pour Sarr,  « rétrograder » Saivet d’un cran (comme en première mi-temps) et replacer Mané dans l’axe derrière Sow (s’il voulait rester dans son schéma tactique de base, le 4 – 2 – 3 – 1). Ou carrément mettre un « milieu à plat » avec 4 éléments (4 – 4 – 2) avec une pointe aux côtés de Sow. Ce qui aurait apporté davantage de percussion offensive à son équipe. D’autant que les Camerounais ne cherchaient qu’à aller aux tirs au but. Cissé avait annoncé avant le match avoir « 2 ou 3 autres options tactiques », mais il s’en est tenu à son dispositif favori (le 4 – 2 – 3 – 1) incapable de lui apporter la solution.

Les Lions se sont tout de même procuré une bonne pelletée d’occasions de but qu’ils ont toutes vendangées. Cette inefficacité offensive qui leur a collé aux crampons durant toute cette Can leur a finalement été fatale lors de ce quart de finale. Par maladresse ou par excès d’individualisme, ils sont encore passés à côté.

Le coach qui a très tôt décelé ce deuxième travers n’a jamais pu lui trouver une solution. Et c’est ce qui a contribué à précipiter la chute de son équipe

B. K. N.

Franceville : Depuis que l’Algérien Mahrez, Ballon d’or africain et le Gabonais Aubameyang, deuxième meilleur joueur africain sur l’année passée, ont été éliminés au sortir du premier tour, on avait pensé qu’une voie royale s’était ouverte devant Sadio Mané pour éclabousser le tournoi. Et engranger un maximum de points afin de finir plus haut que la troisième marche du podium africain des meilleurs joueurs africains lors de la prochaine élection du Ballon d’or. On était d’autant plus fondé à le penser que devant lui se dressait, en quart de finale, une équipe camerounaise amputée de plusieurs cadres et intrinsèquement inférieure à celle du Sénégal.

Cependant, samedi, sur la pelouse du stade de la Rénovation de Franceville, le sociétaire de Liverpool n’a pas été à son avantage. Certes, il a beaucoup tenté comme à son habitude, mais il a également beaucoup perdu de ballons … comme d’habitude et a fait preuve d’une improbable légèreté parfois au moment de délivrer la dernière passe, sans oublier une certaine maladresse face au but adverse et un individualisme souvent trop poussé. C’en était trop. Et cela ne pouvait être que rédhibitoire pour toute son équipe. Car, comme l’a indiqué avant le match Mbo Bonjuni, coach de Mangasport (D1 gabonaise), « Mané est la (seule) star ayant un impact dans son équipe ». Or donc, Sadio a failli. Il n’a pas répondu aux attentes. A l’image de son équipe que tous les spécialistes voyaient faire un parcours royal dans cette Can « Gabon 2017 ». Preuve de cette faillite individuelle de la pépite sénégalaise, son tir au but, le cinquième de la série sénégalaise, qu’il n’a pas su transformer. S’il avait choisi d’être le dernier à tirer pour se couvrir de la lumière du sauveur, c’est totalement raté.

B. K. N.

Les Africanistes

31 Jan 2017
1050 times

Dans la presse occidentale, il y a des journalistes préposés à couvrir les actualités africaines. On peut les appeler les Africanistes, tant dans leurs médias respectifs, ce sont eux qui écrivent ou parlent sur tout ce qui touche l’Afrique. Leurs analyses sont lues ou bues avec beaucoup d’attention dans leurs pays respectifs. Souvent, ces analyses sont d’une telle condescendance qu’on se demande d’où vient leur si grande assurance à parler des actualités africaines avec tant d’aisance et d’arrogance. Ils servent aussi souvent dans des médias occidentaux essentiellement centrés sur l’Afrique. Dans le sport, surtout le football, il y a aussi des Africanistes, ces journalistes occidentaux, spécialisés ou spécialistes du sport africain, du football particulièrement. Comme leurs collègues, ils se prennent souvent comme les « dieux » du journalisme sportif africain en se prévalant d’une telle connaissance de notre histoire et présent footballistiques et qui, souvent, ne repose pas sur grand-chose. Ils ne sont pas tous pareils, quand même. Il y a certains d’entre eux qui font preuve d’une grande humilité et ne font pas passer leurs paroles ou analyses comme vérité biblique. Nous ne sommes pas si afro centristes mais, pour parler de l’Afrique, de son sport, il n’y a pas mieux que les Africains pour le faire, et avec assurance et connaissance. Notre continent regorge de grands journalistes sportifs ayant suivi toute cette histoire de nos compétitions sportives et savent la restituer avec tout l’art et le talent que cela demande. Il faut aux médias occidentaux des voix et des visages africains pour parler de l’Afrique à l’Afrique. Certains médias occidentaux qui ont ciblé l’Afrique comme leur nouveau marché l’ont compris en recrutant des journalistes et analystes africains. C’est comme cela qu’on touche le cœur et l’esprit des Africains. En trouvant quelqu’un qui connaît mieux leur problème, leur passion sportive, pour l’avoir vécu et pouvoir en parler aisément….

Par Oumar NDIAYE

Franceville (Gabon) : L’équipe du Sénégal n’est donc pas allée au-delà des quarts de finale de la Can 2017 alors qu’on l’attendait dans le pire des cas à l’étape suivante. Dans le carré d’as. C’est le moins que l’on pouvait espérer d’une formation arrivée en terre gabonaise avec le statut de n°1 africain au classement de la Fifa. Plus que ce ranking cependant, c’est la valeur individuelle et collective de l’équipe qui poussait à l’optimisme.

« Nous ne sommes pas venus à la Can pour nous contenter des quarts de finale », avait d’ailleurs soutenu le ministre des Sports au lendemain de la qualification de l’équipe au second tour. Il traduisait ainsi le sentiment de tous ses compatriotes. Mais la suite a été moins rose avec ce quart de finale fatal, malgré une meilleure possession de balle (53%), plus de tirs cadrés que l’adversaire camerounais (6 contre 3) et plus de passes réussies (182 contre 162). Et l’on a dû ressortir des tiroirs deux mots que l’on voudrait bannir du vocabulaire d’après Can : regrets et gâchis qui n’ont pourtant jamais aussi bien collé à la réalité.

Car, le Sénégal avait largement les moyens de se qualifier à sa quatrième demi-finale après celles perdues en 1990 (1 – 2 face à l’Algérie) et en 2006 (également 1 – 2 contre l’Egypte) et celle de 2002 remportée face au Nigeria (2 – 1 après prolongations) qui l’avait propulsé à sa seule finale continentale. Pour une fois, en effet, malgré quelques lacunes dans le jeu, l’équipe du Sénégal était plutôt équilibrée.

Elle marquait souvent (mais pas assez par rapport au nombre d’occasions qu’elle se crée, avec « seulement » 6 réalisations) et n’encaissait pas trop (2 buts pris en 4 matches). D’où les éloges unanimes qui l’avaient accompagnée au moment d’aborder les rencontres de coupe, à partir des quarts. Mais Sadio Mané, la tête de gondole, n’est pas allé plus loin que ses deux buts des deux premiers matches. Il a cependant intégré le club restreint des joueurs sénégalais ayant frappé 2 fois dans une même Can aux côtés d’illustres anciens (Louis Camara et Matar Niang en 1965, Yatma Diop et Yatma Diouck en 1968, Jules François Bocandé en 1992, Henri Camara en 2000 et 2006, Salif Diao en 2002, Mamadou Niang en 2004 et 2006).

Moussa Sow lui n’a enrichi son palmarès personnel que d’un but après celui inscrit en 2012 et celui marqué en 2015. Ce qui le rapproche d’Henri Camara, le recordman sénégalais de réalisations en phases finales  (5 buts) et de Can disputées (5), en 2000, 2002, 2004, 2006 et 2008. Mais l’attaquant de Fenerbahçe (Turquie) ne risque pas d’égaler « Lapin flingueur », puisque de son aveu même, il ne devrait pas être de la prochaine Can en 2019 au Cameroun. Kara Mbodj aussi, a beau avoir ajouté un but à celui qu’il avait planté il y a deux ans en Guinée équatoriale (sans oublier les autres réalisations de Saivet et de Kouly Diop), c’était trop court pour espérer pousser l’aventure gabonaise plus loin.   

En fait, on avait trop tôt tressé des lauriers à ces Lions version Cissé. En oubliant que ce jeu préféré des hommes, nommé football, est aussi un jeu du Diable où les (supposés) meilleurs ne gagnent pas toujours. Il faut parfois savoir bluffer, ruser voire même user d’expédients et de subterfuge pour parvenir à ses fins. Hugo Broos, le technicien belge du Cameroun, en a administré la cruelle preuve en quart de finale, samedi à Franceville, face au Sénégal. Son alter ego d’en face, Aliou Cissé, devra retenir la morale de l’histoire. C’est peut-être au moins cela de gagné… 

D’un de nos envoyés spéciaux
B. Khalifa NDIAYE

Franceville : Encore plus inattendu et inédit que le dernier carré des équipes en lice demain et après-demain en demi-finales de la 31ème Can « Gabon 2017 », est le quatuor de techniciens survivants à deux étapes du verdict final. L’Israélien Avram Grant (Ghana), l’Argentin Hector Cuper (Egypte), le Portugais Paulo Duarte (Burkina Faso) et le Belge Hugo Broos (Cameroun)! Jamais le banc de demi-finalistes d’une Can n’a été aussi … exotique. La preuve que l’Afrique est devenue le terrain de chasse favori des techniciens de tous bords et de tous horizons. Un dernier carré d’entraîneurs sans Africains ni Français, ce n’était jamais arrivé par le passé.   Les deux derniers représentants de « l’expertise locale », le Sénégalais Aliou Cissé et le Congolais Florent Ibengué, ont été boutés de la course au titre en quarts de finale, laissant la voie libre aux aspirants « Sorciers blancs » poursuivre la route vers une première ligne de gloire sur le continent africain. Car, aucun des quatre techniciens encore en lice n’a jamais remporté l’épreuve. Le plus « gradé », Avram Grant, compte à son actif une finale perdue aux tirs au but, il y a deux ans avec ce même Ghana, face à la Côte d’Ivoire. Duarte lui, a dû attendre sa troisième participation avec les Etalons pour signer sa première victoire (lors du 3ème match du groupe A face à la Guinée Bissau). Depuis, il semble avoir pris goût à la chose puisqu’à la surprise presque générale, il a réussi à se défaire en quarts de finale de la Tunisie et de son expérimenté coach, Henry Kasperczak. Quant aux deux autres, Cuper et Broos, ils ont d’ores et déjà réussi leurs premiers pas en Afrique. Le premier pour avoir hissé l’Egypte en demi-finales grâce à une solidité défensive à toute épreuve (seule équipe à n’avoir pas pris de but jusqu’ici) et à un réalisme froid qui lui a souvent permis de marquer le petit but qui fait la différence. Le second pour avoir fait d’un Cameroun intrinsèquement moyen une équipe imbattable. C’est-à-dire d’avoir rendu … indomptables (ou en tout cas jusqu’ici indomptés) ses Lions moins redoutables que leurs prédécesseurs dans la Tanière camerounaise.  

Tous les quatre peuvent désormais rêver objectivement d’un premier sacre africain. Surtout que le vrai « Sorcier blanc » jusqu’alors en lice n’a pas su trouver de potion magique cette fois. Le Français Hervé Renard, double vainqueur de la Can et seul technicien à avoir remporté le trophée avec deux sélections nationales différentes (la Zambie en 2012 et la Côte d’Ivoire en 2015), n’a pas su réussir avec le Maroc la passe de trois qui aurait fait de lui « le Sorcier blanc en chef ».

B. K. N.

Franceville : Encore ce fichu dernier tir au but ! Joueurs effondrés, en pleurs sur la pelouse du stade de la Rénovation de Franceville pendant une bonne quinzaine de minutes. Les Lions du Sénégal étaient inconsolables après cette nouvelle et terrible désillusion.

Dominateurs comme toujours dans cette Can, Cheikhou Kouyaté et ses camarades peuvent se mordre les doigts d’être passés si près d’une qualification en demi-finale ; la première de leur jeune épopée. Eliminée invaincue jusqu’à cette épreuve fatidique de la série des tirs au but, cette génération chouchoutée par Aliou Cissé et tout un pays devra revoir sa copie.

Un potentiel énorme dans toutes les lignes, une générosité dans les efforts. Mais souvent du gâchis dans les situations favorables. Comme en finale de la Can 2002 à Bamako, où le capitaine...Aliou Cissé avait raté le dernier tir qui privait les Lions du trophée continental, samedi dernier sur la pelouse du stade de la Rénovation de Franceville, Sadio Mané dernier tireur sénégalais emboîtait le pas à son aîné devenu aujourd’hui son coach. Cinquième et dernier tireur à s’exécuter, et alors que Sénégalais et Camerounais étaient à quatre tentatives réussies de part et d’autre, le sociétaire de Liverpool n’a pu déjouer la vigilance du gardien camerounais. Vincent Aboubacar entré à la 103e minute n’a pas raté sa cible et offre du coup la qualification à son équipe. C’en était fini des illusions du Sénégal, l’espoir était anéanti.  

Le verdict est difficile à accepter. Mais la réalité est là. C’est le Cameroun qui passe encore, comme il avait remporté le trophée en 2002. Pour cette génération qui voulait écrire sa propre histoire, le coup est dur, la déception immense. Il faudra donc repasser. Cette belle génération a de quoi tenir et a de bons jours devant elle. Une génération dont la plupart a éclos lors des JO de Londres 2012 que le coach Aliou Cissé avait accompagnée avec Karim Séga Diouf, et qu’il devrait couver encore. Les éliminatoires de la prochaine Can et de la coupe du monde se profilent à l’horizon. Il y a encore du pain sur la planche.

C. F. KEITA

Malgré l’élimination des Lions en quarts de la Can 2017, par le Cameroun, samedi, le chef de l’Etat reste fier de l’équipe d’Aliou Cissé. A travers une lettre exploitée par l’Aps, le président Macky Sall a adressé ses encouragements aux Lions. « Mes chers Lions, vous venez de livrer un match d’une grande intensité en quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations de football. La victoire n’a pas été de notre côté, mais vous n’avez guère démérité », a retenu l’Agence de presse sénégalaise dans la lettre d’encouragement adressée par le chef de l’Etat, à Cheikhou Kouyaté et ses partenaires de la Tanière. « Je tiens à vous adresser, ainsi qu’à votre encadrement, tous mes encouragements, en vous exhortant à rester concentrés sur vos futures échéances en phases éliminatoires de la prochaine Coupe du monde », poursuit le président de la République qui renouvelle ses remerciements aux Lions « d’avoir répondu à l’appel de la patrie et (leur) souhaite un bon retour dans (leurs) clubs respectifs. Mes prières et mes meilleurs vœux de succès vous accompagnent », conclue le président de la République dans son message d’encouragement.

« Une élimination n’est jamais facile. Je suis déçu pour les garçons et je les conseille à lever la tête. Déçu aussi pour le pays qui attendait beaucoup de nous.
Je lui présente mes excuses, car nous avions des possibilités pour passer. Nous avons été meilleurs dans le jeu. Et les tirs au but, personne ne peut les maîtriser. Le Cameroun a misé sur un bloc compact de la première minute à la fin des prolongations. C’était donc à nous de faire le jeu. Nous nous sommes créé des occasions mais nous n’avons pas été plus efficaces dans la dernière passe ou le dernier geste et nous n’avons pas toujours joué collectivement. Avant ce match, je me plaignais déjà de l’inefficacité offensive de mon équipe. Il faut que certains joueurs comprennent qu’ils ne peuvent pas régler le problème tout seuls. C’est nous-mêmes qui avons rendu le match difficile. On aurait pu le tuer depuis longtemps. Mais c’est une jeune équipe qui est appelée à réussir de belles choses si elle apprend à jouer collectivement.

Pour les remplacements, la blessure de Cheikh Mbengue a changé mes plans ; j’ai dû le remplacer, poste pour poste, par Saliou Ciss. En plus, Kouyaté a demandé à sortir. Ce qui a perturbé mes plans, puisque j’avais prévu de faire entrer Ismaïla Sarr pour évoluer en 4 – 4 – 2. Quant à Mame Biram, j’avais prévu de le remplacer à l’heure de jeu.
Il y a des échéances à venir.

En ce qui me concerne, il me faut prendre du recul. Nous avons travaillé durement pour mettre en place un groupe, pour aller le plus loin possible. Là, je n’ai pas trop envie de parler de l’avenir. J’ai le sentiment du devoir accompli. Depuis onze ans, on n’avait pas passé le cap des matches de groupe, même avec des entraîneurs plus expérimentés et plus âgés que moi. En plus, nous avons un projet de jeu, une identité. Si les dieux du football étaient justes, on aurait remporté ce match. Mes joueurs méritaient plus que ça pour leur engagement, leur professionnalisme. Je suis fier d’eux, mais déçu. Les tirs au but, c’est la chose la plus pénible dans le football ».

Last modified on lundi, 30 janvier 2017 11:03

Awa Diagne est mère au foyer. Coumba Sall, commerçante. Sophie Sylla, elle, est étudiante. Elles trois ont une habitude singulière depuis quelques jours : supporter l’équipe nationale du Sénégal le temps de la Coupe d’Afrique des nations Gabon 2017. Rencontres avec des passionnées occasionnelles du ballon rond.

Awa, fan pour l’amour de la Patrie
Awa l’avoue d’emblée : elle ne connait pas tous les joueurs des Lions du Sénégal qui s’échinent sur le terrain pendant 90 minutes. Les trois matches livrés depuis le début de la Can n’ont pas suffi pour mettre un nom sur chaque visage. « C’est l’horreur ! Elle passe plus de temps à demander le nom de chacun qu’à suivre le match », explique, blasé, son mari Laye Sarr. « Mais c’est normal, je ne regarde pas tous les matches de football à la télé et tu le sais bien. Seulement comme c’est le Sénégal qui joue, je sens de l’enthousiasme en moi, d’où mon intérêt », rétorque Awa, avec un grand sourire sous lequel on imagine une grande fierté. Et il y a de quoi ! Depuis le 15 janvier, date d’entrée du Sénégal dans la compétition, cette petite maman de deux garçons vit à fond le football des Lions.

Seule fille de ses parents, Awa se rappelle, plus jeune, des débats passionnés entre son père et ses frères lors des matches des championnats européens. Mais, c’est en 2002 qu’elle a commencé à suivre le foot avec le parcours exceptionnel de la bande à El Hadji Diouf en Coupe du monde notamment. « Je me réveillais très tôt comme tout le monde et enfilais mon maillot. Ferdinand Coly était mon joueur préféré. Je connais mieux cette génération là que celle d’aujourd’hui », explique-t-elle. Son mari, hilare, lui conseille de ne pas se compliquer la vie à connaître les joueurs qu’elle regarde. Même si elle reconnaît les limites de sa culture footballistique, Awa clame haut sa passion pour les Lions et s’aménagera toujours du temps pour suivre à la télé l’aventure de la sélection nationale en terres gabonaises. Pour elle, vibrer avec les Lions est avant tout « un devoir patriotique. »

Coumba Sall, la passion soudaine
Coumba Sall, 32 ans, est commerçante au marché de Fass. D’ordinaire, ses journées, elle les passe dans sa boutique où les clients trouveront toutes sortes de tissus et du prêt-à-porter féminin. Les matches de la Premier League anglaise, de la Liga espagnole ou encore de la Ligue 1 française n’ont jamais pu réveiller quoi que ce soit en elle. Mais depuis le début de la Can, elle se découvre un amour singulier pour les Lions du Sénégal. La preuve, celle que l’on appelle affectueusement "Coumbis" pense se procurer le maillot national si l’équipe atteint la finale du 5 février. « Je m’arrange toujours pour être à la maison avant le coup d’envoi des matches du Sénégal. Je flippe de la première à la dernière minute. Je suis très émue en les voyant courir rien que pour nous faire plaisir. C’est fort », déclare-t-elle.

Dans son appartement à Colobane, elle regarde les matches en famille. « Pas besoin de concertation pour savoir quelle chaîne regarder. Aux heures de match, le football fait l’unanimité », dit-elle. Coumba se souvient avoir plutôt pratiqué le basket au lycée, l’athlétisme et nullement le football. Jusqu’à l’adolescence, elle s’entraînait les mercredis au centre culturel de Yeumbeul en compagnie d’autres élèves. Ses parents, enseignant et infirmière, l’encourageaient à persévérer dans le basket. Mais pas vraiment motivée pour se professionnaliser, elle décide de se concentrer sur ses études. Fine et grande de taille, cheveux noirs longs et bouclés, et des yeux marron à l’affût du moindre mouvement, elle aurait pu percer dans le mannequinat. Mais, son rêve était de travailler dans le marketing au sein d’une grande entreprise. Son mariage, en 2007, freina toute activité physique et ambition professionnelle chez elle. « Le sport et le mariage ne font pas souvent bon ménage pour nous les femmes », regrette-t-elle. Après la qualification des Lions en quarts de finale, Coumba n’exclut pas d’aller suivre le match contre le Cameroun à la Fan zone de l’esplanade du Grand théâtre , en famille. « C’est samedi et tout le monde sera à la maison. On a une voiture. De quoi nous motiver pour une virée », dit-elle. Elle qui n’a ni maillot, ni foulard aux couleurs du Sénégal. A la Fan zone, si elle arrive à convaincre son mari et ses enfants, elle pourra faire ses emplettes chez les nombreux vendeurs ambulants débordants d’articles dédiés aux Lions.

Sophie Sylla, supportrice raffinée
A la maison, elle assure détenir pas moins de 5 maillots de l’équipe nationale, des brassards et bandeaux aux couleurs du Sénégal. Mais elle ne les arbore qu’occasionnellement. D’une voix fine mais assurée, Sophie Sylla affirme avoir été de tous les matches des Lions à la Fan zone du Grand théâtre. Peau claire et unie, visage bien maquillé, lèvres pulpeuses recouvrant des dents blanches et bien alignées, Sophie sait prendre soin de son physique attrayant. Son univers est la mode et elle ne rate aucune des émissions qui en parlent à la télé. Elle a déjà porté les créations d’un couturier dans son quartier pour l’album de sa collection et n’exclut pas de finir dans le monde du stylisme. « Les jours de match de l’équipe nationale est avant tout un moment de fête pour moi et mes amies. C’est l’occasion de porter un maillot ou tee-shirt et des accessoires féminins aux couleurs du Sénégal », explique-t-elle.

Les sorties des Lions sont l’occasion pour Sophie et ses amies de se faire belles jusqu’au bout des ongles. Les drapeaux et les peintures vert, jaune et rouge au visage, brassards aux poignets, bandeaux sur la tête, ça les connaît. Côté ambiance, on peut aussi compter sur elles. Elles savent danser, chanter et faire bouger et n’ont rien à envier aux groupes de supporters mobilisés pour l’occasion. De temps à autre, elle s’attarde sur des posts concernant les joueurs sur les réseaux sociaux. « Parfois je partage ou laisse un commentaire d’encouragement. Je visite aussi quelques pages des Lions pour avoir de leurs nouvelles », révèle-t-elle. Sa passion foot s’arrête là ! En dehors des matches de la sélection nationale, Sophie ne s’intéresse point à ce sport. Elle s’occupe à parfaire son anglais. Elle qui vise à travailler dans la communication. « Mes grands frères par contre sont des inconditionnels. L’aîné ne respire que pour Manchester, mais je ne sais pas lequel car il paraît qu’il n’y en a pas qu’un seul » dit-elle.

@lesoleilonline


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