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La Can 2017 appartient à l’histoire. Et si les Lions, malgré une prestation honorable, n’ont pu réussir à mettre un terme à la série d’échecs, son défenseur central, Serigne Kara Mbodj, a marqué les esprits. Le solide défenseur d’Anderlecht (Belgique) figure dans le 11 type de la Can. Une équipe type, naturellement dominée par le Cameroun, le nouveau champion d’Afrique. Outre le jeune gardien, Joseph Ondoa qui a tenu en échec le Sénégal en quart de finale (0-0, 5 tab 4), le Cameroun est aussi représenté par son défenseur, Ngadeu Ngadjui Michael, et Christian Bassogog, élu meilleur joueur du tournoi.

L’Egypte, finaliste de cette 31e édition, y est représentée par Ahmed Hegazy et Salah. Le Burkina Faso et le Ghana, les finalistes de la petite finales y compte chacun deux joueurs. Il s’agit d’Amartey et Atsu pour le Ghana et Charle Kaboré et Bertrand Traoré pour le Burkina. Le Congolais, Junior Kabananga, le meilleur buteur du tournoi avec 3 buts, complète le 11 type de la Can. A noter l’absence de joueurs évoluant en Ligue 1 française dans cette meilleure équipe du tournoi, alors que le championnat français était le plus représenté.

A. SAMBOU

L’équipe type de la Coupe d’Afrique des Nations 2017 : Ondoa (Cameroun) - Mbodj (Sénégal), Hegazy (Égypte), Ngadeu (Cameroun) - Amartey (Ghana), Kaboré (Burkina Faso), Atsu (Ghana), Salah (Égypte), Bertrand Traoré (Burkina Faso) - Bassogog (Cameroun), Kabananga (République démocratique du Congo).

Il est désormais entré dans le cercle des « Sorciers blancs » qui viennent se faire une publicité en Afrique. Quand la Fédération camerounaise de football avait jeté son dévolu sur cet inconnu, il y a un an, en février 2016 précisément, ils étaient bien nombreux, ceux-là qui pensaient que les autorités fédérales du pays manquaient d’ambition. Mais, au terme de sa première expérience, le Belge a fait l’unanimité dans le pays d’un certain Roger Milla. En effet, avec la victoire inattendue des Lions indomptables en finale de la Can 2017, dimanche, contre l’Egypte (2-1), l’ancien défenseur d’Anderlecht savoure sa revanche sur le monde du football. Hugo Broos a fait mieux que son prédécesseur, l’Allemand Volker Finker.
C’est l’histoire d’un Belge qui arrive au Cameroun et un an après, il gagne la Coupe d’Afrique des Nations. Hugo Broos est, en effet, devenu, dimanche, le premier sélectionneur belge à coucher son nom dans le livre d’or de la biennale du football africain. Avec la victoire des Lions indomptables en finale contre l’Egypte (2-1), c’est aussi l’histoire d’un homme de 64 ans, ancien défenseur d’Anderlecht et des Diables rouges, qui prend humblement sa revanche contre celles et ceux qui l’avaient oublié, à peu près tout le monde.
Blanchi sous le harnais. 

« Cela m’étonne un peu de voir qu’aujourd’hui, tout le monde loue mes qualités en Belgique », a d’ailleurs déclaré dans le journal flamand, Nieuwsbald, l’ancien joueur blanchi sous le harnais, mais svelte comme un jeune homme, les yeux clairs et rusés qui semblent éclairer un éternel petit sourire ironique. « Mes qualités étaient encore remises en doute il y a peu. Cela fait d’ailleurs des années que je n’ai pas reçu ma chance. Personne ne me contacte. On m’a déjà dit que j’étais trop vieux, ou trop cher, alors que durant ces six dernières années, personne ne m’a demandé ce que je voulais comme salaire », a ajouté celui qui vient de rejoindre le cercle des Européens sans grade que l’Afrique tire soudain de l’anonymat.

Arrivé en février 2016 à la tête d’une sélection qui n’avait pas gagné de match en phase finale de la Can depuis 2010, le natif de Humbeek a immédiatement été plongé dans les joies du marigot camerounais : presse intraitable, éternelles bisbilles joueurs/fédération sur le montant des primes, sans oublier les rodomontades de Roger Milla sur le thème du « c’était mieux de mon temps ».

« On ne m’a pas donné ma chance »
« Ce n’est pas agréable, certainement pas », assure Broos, critiqué jusqu’au début de la Can. Je n’ai pas compris pourquoi au début on ne m’a pas donné ma chance. Un journaliste doit être critique mais il faut rester correct. Et la correction n’était pas toujours là. »

Flegmatique, Broos a résisté aux assauts venus de toutes parts en restant fidèle à lui-même : « Je fais à ma manière. Si cela ne réussit pas, tant pis pour moi. Mais je pense qu’aujourd’hui, cela a réussi », savoure le technicien belge qui a révélé de jeunes talents lors de cette 31e édition de la biennale du football africain. Au chômage depuis plusieurs années, le Belge a su constituer un groupe avec des joueurs pour la plupart inconnus, pour parer aux défections de sept cadres, qui doivent se mordre les doigts de n’être pas venus au Gabon.
Alain Giresse, Hervé Renard, voire un nouveau retour de Claude Le Roy, on voyait plutôt très classiquement l’un de ces Français, de préférence avec une expérience en Afrique, pour remplacer l’Allemand Volker Finke début 2016 à la tête du Cameroun. Mais la Fédération a dribblé tout le monde. En bien que critiqué pour leur choix, les fédéraux camerounais ont raison sur tous.

Les joies de l’expatriation
Difficultés financières de la Fédération, dans un pays qui connaît comme le reste de l’Afrique centrale un ralentissement de son économie ? Toujours est-il que le choix des dirigeants s’est porté sur un entraîneur belge (Fc Bruges, Excelsior Mouscron, Anderlecht, Genk...), qui avait découvert sur le tard les joies de l’expatriation, avec de brèves expériences de clubs en Turquie, aux Emirats arabes unis, ainsi qu’en Algérie à la JSK où il ne reste que quelques mois. « Evidemment, la pression est peut-être un peu plus forte ici, dans ce grand pays. Mais vous êtes habitué à cette pression lorsque vous avez entraîné des clubs en Belgique comme Anderlecht ou le Fc Bruges », a-t-il insisté, sans convaincre grand monde à l’époque.

Avec deux matches nuls initiaux contre l’Afrique du Sud, Broos met en place sa méthode : faire tourner les joueurs, miser sur le collectif plutôt que sur des fortes individualités, donner leur chance à des nouveaux venus comme Christian Bassogog (Aalborg/Danemark), désigné meilleur joueur du tournoi alors qu’il n’a été sélectionné pour la première fois qu’en novembre dernier.

Sur les coups de 22h00 ce dimanche à Libreville, le sexagénaire a couru comme un gamin pour venir partager la joie de ses joueurs sur le stade de l’Amitié. La revanche des Lions, qui commençaient à subir le désamour de tout un pays, est aussi celle qu’il prend sur son propre parcours.

Le Monde et AFP

Les Camerounais de Dakar ont célébré en liesse le titre de champion d’Afrique de leur sélection nationale. A l’ambassade de leur pays où ils s’étaient retrouvés, le stress a fait place à la joie dans les ultimes minutes du match.

A l’ambassade du Cameroun à Dakar, la salle de conférence a paru petite pour recevoir le monde venu suivre l’affiche de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2017 entre les Lions indomptables et les Pharaons d’Egypte. Pour le dernier match de la compétition, les Camerounais de Dakar se sont donné rendez-vous à leur chancellerie. En couple ou par petits groupe, ils s’installent. On discute du surprenant parcours de la sélection nationale que personne n’attendait à ce stade du tournoi. « C’est déjà bluffant de les voir arriver en finale. Le reste n’est que du bonus », estime Jean Alfred, qui porte le maillot des Lions indomptables pour l’occasion.  L’ambassadeur Jean-Koé Ntonga, écharpe autour du coup, l’air confiant, prend le temps de serrer la main à toute la salle avec un petit mot de bienvenue. « Nous sommes heureux de vous accueillir chez vous pour suivre avec nous la finale. Le football est un facteur d’intégration, d’amitié et de coopération », dira-t-il dans son discours. Ces mots ont leur sens car on retrouve dans le public des Sénégalais, des Cap-Verdiens, des Japonais, des Ivoiriens entre autres.

Frayeur d’entrée
L’heure du match approche, la salle se fait plus silencieuse. L’entrée du 11 camerounais, conduit par Moukandjo suscite d’intenses applaudissements. « Allez Moukandjo ! », lance-t-on dans la salle. Après deux minutes de jeu, la panique s’empare des supporters. Profitant d'une erreur de marquage, Salah, celui que tous les Camerounais redoutent, sert Saïd sur la droite de la surface. L'Egyptien frappe du pied droit sans contrôle. Mais Ondoa sauve ! Dans la salle, on manque de compliments pour le jeune gardien des Lions indomptables, une des révélations du tournoi. « On a eu chaud ! », « Merci Ondoa ! », « Tu es le meilleur Ondoa », hurlent-ils. Mais 20 minutes plus tard, son erreur d’appréciation de la frappe du plat du pied d’El Neny permet aux Egyptiens d’ouvrir le score. Douche froid dans la salle. Dans un silence de cathédrale, on cherche à savoir comment le gardien a pu négliger de bien fermer son premier poteau.  « Ça va aller ! » « Pas d’inquiétude », lancent les plus confiants.
Lorsque les soigneurs ont évacué le défenseur Adolphe Teikeu à la demi-heure de jeu, toute la salle a applaudi à l'unisson pour marquer tout le respect voué à ce teigneux de l’arrière garde camerounaise. Son remplaçant Nicolas Nkoulou, même s’il joue derrière, redonne confiance aux fans. Avec les assauts de Faï et les coups de pieds arrêtés de Moukandjo, le Cameroun essaie de recoller au score, mais sans succès.

« Rien n’est encore joué »
La mi-temps est sifflée. Alors que des supportrices s’activent à servir des boissons et un casse-croûte, on garde confiance tout en essayant de comprendre ce qui ne marche pas. « Rien n’est encore joué. Dans une finale tout reste possible jusqu’au coup de sifflet final », dit Jean-Yves Obama déjà comblé de voir le Cameroun sans star aller jusqu’en finale. « Cette année, c'est l'année du Cameroun », conclut-il, sûr de lui.

Le match reprend. Le Cameroun est plus entreprenant, se créant quelques occasions avec Benjamin Moukandjo et Christian Bassogog. Mais dans la salle, on se ronge les ongles et écarquille les yeux. Chaque centre ou frappe soulève la foule. Mais la maladresse des attaquants les fait regagner leur siège. Le but de Nkoulou à l’heure de jeu met une ambiance indescriptible dans la salle. On se congratule et se serre dans les bras. Jean-Yves court dans tous les sens et partage sa joie. Libérés, les supporters entonnent une chanson avec pour refrain : « Dans la sauce ! », Destination finale de tous les adversaires du Cameroun dans cette Can. Au moment où tout le monde commençait à songer aux prolongations, Vincent Aboubakar d’un contrôle de la poitrine, lobe Gabr, avant d'enchaîner avec une demi-volée du pied droit qui trompe le doyen El-Hadary. Les Camerounais exultent et les coups sur toutes les surfaces résonnent au rythme des cris de joie d'une foule en liesse. Les Lions indomptables sont à deux minutes d’un 5ème sacre continental. Elles paraissent une éternité pour la salle qui n’arrive plus à s’assoir. Les trois minutes de temps additionnel, les fans des Lions indomptables les passeront à piaffer d’impatience. Le coup de sifflet final de l’arbitre Zambien sera accompagné  par des embrassades, cris de joie et tapes dans le dos. Toute cette foule joyeuse rejoint l’ambassadeur et ses invités pour entonner l’hymne du Cameroun. « C’est juste magnifique ! Merci aux Lions », lâche avec émotion l’un d’entre-eux. Pour Roger Patrick tout comme Nicolas Nhoni qui ne croyait pas au sacre final des Lions indomptables, la fête sera au rendez-vous malgré le travail du lendemain.

@lesoleilonline

Des cris de joie ont accompagné la victoire des Lions indomptables face aux Egyptiens à l’Ambassade du Cameroun au Sénégal. Pour la circonstance, son excellence Jean Koé Ntonga a invité hier des ambassadeurs de plusieurs pays africains et la communauté camerounaise vivant au Sénégal chez lui.

Une inquiétude a gagné la salle après le but égyptien, mais les Camerounais ont cru en leur équipe. L’ambiance festive s’est installée après l’égalisation des coéquipiers de Benjamin Moukandjo. Et c’était l’apothéose quand l’équipe a inscrit son deuxième but par Vincent Aboubacar. Des chants et des cris de joie ont accompagné la prouesse des Lions indomptables. « Nous avons gagné. Nous sommes les meilleurs », a lancé un jeune supporter. « Nous étions inquiets au début. Mais les Lions ont montré qu’ils sont de vrais lions », a renchéri un autre jeune camerounais.

Félicité par ses collègues ambassadeurs, Jean Koé Ntonga n’a pas caché sa joie. « La victoire est fabuleuse. Les lions indomptables ont montré, une fois de plus, qu’ils sont sur le toit de l’Afrique avec leur combativité. Et ceci, grâce à la cohésion nationale et au fair-play. Nous avons dominé les Egyptiens. Ils ont fait ce qu’ils ont pu faire. Ils ont bien joué, mais le meilleur a gagné », a lancé l’ambassadeur. « Les Lions indomptables sont les meilleurs. Nous remercions le président Paul Biya qui a mis tous les moyens pour qu’il y ait une renaissance de l’équipe nationale du Cameroun. Nous sommes heureux. Un seul mot, il faut continuer. Nous sommes fiers », ajoute le diplomate, qui a rendu un vibrant hommage à l’Etat camerounais.

B. DIONE

Après 21 jours de compétition, la 31e édition de la coupe d’Afrique des nations de football a été clôturée hier dans un stade de l’Amitié en ébullition. Feux d’artifice, étalage des drapeaux des 16 nations participantes au milieu de la pelouse, graffitis pétaradants qui illuminaient le ciel du stade de l’Amitié, tout y était. Auparavant les quatre chanteuses africaines, Josey (Côte d’Ivoire), Charlotte Dipanda (Cameroun), Pamelo Badjogo (Gabon), Rokia Traoré (Mali) et Coumba Gawlo Seck (Sénégal) avaient interprété des titres tirés de leur répertoire (Cf. Hors champ).

Dans la deuxième partie du spectacle, le logo de la Can 2017 plus les drapeaux des 16 nations qualifiées ont été exposés sur l’aire de jeu. Ensuite un jeune garçon portant le fameux trophée que se disputaient les 16 nations est venu exposer l’objet de tous les désirs sur la pelouse. Le tout en présence du chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo, entouré du président de la Fifa, Gianni Infantino, ainsi que de la Caf, Issa Hayatou. Après 21 jours de compétition donc la Can 2017 a pris fin avec ce sentiment que le jeu l’a emporté sur l’enjeu, le fair-play s’est imposé aux uns et autres au grand bénéfice du football africain. Rendez-vous est pour dans deux ans an … Cameroun.

C. F. KEITA (envoyé spécial)

Des cris de joie ont accompagné la victoire des Lions indomptables face aux Egyptiens à l’Ambassade du Cameroun au Sénégal. Pour la circonstance, son excellence Jean Koé Ntonga a invité hier des ambassadeurs de plusieurs pays africains et la communauté camerounaise vivant au Sénégal chez lui.

Une inquiétude a gagné la salle après le but égyptien, mais les Camerounais ont cru en leur équipe. L’ambiance festive s’est installée après l’égalisation des coéquipiers de Benjamin Moukandjo. Et c’était l’apothéose quand l’équipe a inscrit son deuxième but par Vincent Aboubacar. Des chants et des cris de joie ont accompagné la prouesse des Lions indomptables. « Nous avons gagné. Nous sommes les meilleurs », a lancé un jeune supporter. « Nous étions inquiets au début. Mais les Lions ont montré qu’ils sont de vrais lions », a renchéri un autre jeune camerounais.

Félicité par ses collègues ambassadeurs, Jean Koé Ntonga n’a pas caché sa joie. « La victoire est fabuleuse. Les lions indomptables ont montré, une fois de plus, qu’ils sont sur le toit de l’Afrique avec leur combativité. Et ceci, grâce à la cohésion nationale et au fair-play. Nous avons dominé les Egyptiens. Ils ont fait ce qu’ils ont pu faire. Ils ont bien joué, mais le meilleur a gagné », a lancé l’ambassadeur. « Les Lions indomptables sont les meilleurs. Nous remercions le président Paul Biya qui a mis tous les moyens pour qu’il y ait une renaissance de l’équipe nationale du Cameroun. Nous sommes heureux. Un seul mot, il faut continuer. Nous sommes fiers », ajoute le diplomate, qui a rendu un vibrant hommage à l’Etat camerounais.

B. DIONE

Après 21 jours de compétition, la 31e édition de la coupe d’Afrique des nations de football a été clôturée hier dans un stade de l’Amitié en ébullition. Feux d’artifice, étalage des drapeaux des 16 nations participantes au milieu de la pelouse, graffitis pétaradants qui illuminaient le ciel du stade de l’Amitié, tout y était. Auparavant les quatre chanteuses africaines, Josey (Côte d’Ivoire), Charlotte Dipanda (Cameroun), Pamelo Badjogo (Gabon), Rokia Traoré (Mali) et Coumba Gawlo Seck (Sénégal) avaient interprété des titres tirés de leur répertoire (Cf. Hors champ).

Dans la deuxième partie du spectacle, le logo de la Can 2017 plus les drapeaux des 16 nations qualifiées ont été exposés sur l’aire de jeu. Ensuite un jeune garçon portant le fameux trophée que se disputaient les 16 nations est venu exposer l’objet de tous les désirs sur la pelouse. Le tout en présence du chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo, entouré du président de la Fifa, Gianni Infantino, ainsi que de la Caf, Issa Hayatou. Après 21 jours de compétition donc la Can 2017 a pris fin avec ce sentiment que le jeu l’a emporté sur l’enjeu, le fair-play s’est imposé aux uns et autres au grand bénéfice du football africain. Rendez-vous est pour dans deux ans an … Cameroun.

C. F. KEITA (envoyé spécial)

Le Cameroun champion d’Afrique pour la cinquième fois ! Tel est l’épilogue de la 31ème CAN, hier nuit au stade de l’Amitié de Libreville. Et ce n’est que pour raviver les regrets du Sénégal.

Que pour remuer le couteau dans une plaie qui avait du mal à se cicatriser ! Car, l’équipe du Sénégal avait largement les moyens et les occasions de passer l’obstacle camerounais. Faute d’en avoir profité, elle a quitté le Gabon, sans gloire, dès les quarts de finale ; et a, en même temps, donné aux Camerounais, de bonnes raisons d’y croire. A juste titre ! Qui élimine l’équipe considérée comme la meilleure du tournoi peut logiquement nourrir les ambitions les plus folles.

Ce Cameroun au mode diésel, poussif d’entrée, courageux et vaillant face au pays hôte le Gabon pour se sortir de son Groupe A, puis frileux et très calculateur face au Sénégal en quarts de finale ! Et puis après, la transformation radicale. Offensifs à souhait contre le Ghana en demi-finale, les « Lions indomptables » ont peiné toute une mi-temps hier en finale, se montrant incapables de trouver la solution à la même équation tactique qu’ils avaient posée au Sénégal. Avant de passer à la surmultipliée après la pause et de s’imposer sans aucune contestation possible.

Un tel dénouement n’est que pour mettre en lumière le gâchis sénégalais. Là où Broos, le technicien belge des « Lions indomptables », a su trouver la clé pour faire sauter le verrou égyptien, Cissé, son alter ego sénégalais, avait indéfiniment buté sur le mur camerounais sans avoir la solution. Dès après avoir mis en échec le Sénégal, Broos avait péremptoirement annoncé que son équipe « méritait de jouer la finale ». Elle a fait mieux puisqu’elle l’a remportée face à des « Pharaons » d’Egypte qui semblaient filer tout droit vers un huitième titre continental.

Mais, le mental des Camerounais – en dépit des nombreuses absences de cadres dans leur Tanière – ajouté à la … sauce tactique d’un entraîneur éclairé a fini par faire pencher la balance de leur côté. Les « Lions » du Sénégal s’en mordront longtemps la crinière d’avoir laissé filer une aussi belle opportunité.

D’un de nos envoyés spéciaux
B. Khalifa NDIAYE

C’était le grand rush des journalistes hier au stade de l’Amitié de Libreville. La salle de presse a accueilli du monde comme jamais et pour avoir son ticket d’accès à la tribune de presse, mieux valait venir tôt pour éviter la très longue queue.

Ali ! Ali ! Ali ! Le public du stade de l’Amitié de Libreville, à défaut de pouvoir supporter ses « Panthères » éliminées dès le premier tour de « leur » CAN, s’est consolé hier en scandant le nom du président de la République gabonaise qui venait d’être décoré par le président de la CAF, Issa Hayatou.

Arbitres : C’est le même trio arbitral qui avait officié lors du quart de finale Sénégal – Cameroun (le zambien Sikazwe assisté de l’Angolais Dos Santos et du Kenyan Range) qui était encore aux affaires hier pour la finale.

Ces lointains cousins camerounais ! Dans l’équipe du Cameroun, deux joueurs ont des noms à résonance sénégalaise, même si l’orthographe est différente : Faï et Djoum. Un peu comme leur prédécesseur dans la Tanière camerounaise Joseph Désiré Job.

Ça aurait pu être une finale 100% ouest-africaine ! Telle est la réflexion partagée hier soir en tribune de presse par des journalistes sénégalais et maliens. En fait, les « Aigles » n’ont pas perdu en match de groupe face à l’Egypte (nul vierge) et les « Lions » non plus (sinon aux tirs au but) contre le Cameroun en quarts de finale.

Pleurs : Le traducteur espagnol – arabe du technicien argentin de l’équipe d’Egypte n’avait absolument pas le cœur à l’ouvrage, hier après la défaite des « Pharaons ». A voir ses yeux rouges et sa tête souvent baissée, on peut deviner aisément qu’il avait beaucoup pleuré.

Le Camerounais Christian Bassogog a été désigné meilleur joueur de la 31ème CAN qui s’est achevée hier à Libreville. Un titre individuel dans la foulée de celui collectif de champion d'Afrique avec les « Lions indomptables ». A 21 ans, le milieu excentré du club danois d’Aalborg ne devrait pas faire de vieux os dans le grand froid européen.
 
Les Egyptiens n’ont pas trainé au stade ! Dès qu’ils ont reçu leur médaille d’argent, les joueurs égyptiens et leur encadrement ont quitté le stade direction l’aéroport de Libreville où les attendait un vol spécial. Ceux qui espéraient les coincer en zone mixte en ont eu pour leurs frais. De toutes les façons, El Hadary et ses partenaires ne se sont jamais adressés à la presse internationale.

Rassemblés par B. K. N.

Libreville (Gabon) : Il y a neuf ans, la finale Egypte – Cameroun de la Can ghanéenne paraissait presque normale, tant les deux équipes étaient au faîte de leurs possibilités. Les Pharaons étaient champions d’Afrique en titre depuis leur 5ème titre acquis deux ans plus tôt chez eux et pouvaient compter sur des joueurs de classe mondiale comme Aboutrika, Wael Goma ou … El Hadary. Les Lions indomptables avaient, eux, renversé tout sur leur passage dans le sillage de Samuel Eto’o, meilleur buteur de l’épreuve avec 5 réalisations, et avec des éléments de valeur tels Mbia ou Njitab. Même le Ghana, organisateur de l’évènement, n’avait pas réussi à les freiner.

Pareil en … 1986 en Egypte où malgré leur défaite d’entrée contre le Sénégal (0 – 1) les Pharaons des Abouzaid, Gharib et Abdelgani s’étaient superbement repris par la suite pour entamer leur marche victorieuse. Le grand Cameroun de Roger Milla, Emmanuel Kundé et autres M’Fédé n’avait réussi qu’à les contraindre au nul vierge. Mais n’avaient pu que s’incliner aux tirs au but (5 – 4).

Mais, cette fois, pour la 31ème édition de la Can « Gabon 2017 », aucune des deux équipes finalistes n’étaient attendues à pareille fête. Puisque d’abord toutes les deux y sont arrivées sur la pointe des pieds. Les Egyptiens, après 7 ans d’absence et les Camerounais privés de nombreux « cadres » qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas fait le déplacement (Matip de Liverpool, Nyom de WBA, Anana de l’Ajax Amsterdam, Anguissa de l’OM, entre autres). Ensuite parce que toutes deux sont si timidement entrées dans la compétition (nuls 0 – 0 pour l’Egypte face au Mali et 1 – 1 pour le Cameroun contre le Burkina Faso) que personne ne prévoyait qu’elles seraient encore là pour le dernier acte. Personne, sauf elles-mêmes. Car, au fil de leurs sorties, ces deux formations ont su se construire une carapace telle que tous leurs adversaires s’y sont cassé les dents. « Personne ne nous attendait dans cette compétition, mais nous avons su tisser notre toile pour aller en finale », a même reconnu avant-hier à Franceville Hugo Broos, le boss du Cameroun. Comme si l’écho des paroles de son vis-à-vis de ce soir, Hector Cuper lui était parvenu depuis Libreville. « Ce sera une finale spéciale pour nous et nos joueurs impliqués et déterminés qui ont déjoué tous les pronostics », avait-il déclaré dès la qualification acquise.

La victoire dans l’Adn
En fait, ce sont les deux équipes les moins joueuses de cette épreuve qui se disputeront le trophée à 19 heures au stade de l’Amitié de Libreville. Mais elles ont le goût de la compétition et de la victoire dans leur Adn. Puisque, si les Egyptiens concourent pour améliorer leur record de 7 sacres continentaux, les Camerounais, avec leurs 4 titres, visent à réduire le gap qui les sépare de leurs adversaires de ce jour. 

Experts dans l’art de faire déjouer leurs vis-à-vis, leurs entraîneurs, l’Argentin Hector Cuper pour l’Egypte et le Belge Hugo Broos pour le Cameroun, ont l’avantage de pouvoir compter sur des joueurs prêts à jouer contre-nature pour arriver à leurs fins. Qui s’en plaindra d’autre que leurs adversaires ? Pas eux en tout cas qui s’affrontent demain pour un huitième titre (Egypte) ou pour un cinquième sacre (Cameroun). Et comme depuis le début de cette Can, quiconque osera un pronostic entre deux équipes qui savent vaincre sans convaincre, risque de se planter lourdement. Car, en demi-finales les Pharaons ont été fidèles à leur tactique d’attendre le vis-à-vis pour mieux le prendre à revers avant d’opter pour un attentisme de bon aloi pour en arriver aux tirs au but (victoire 4 – 3 contre le Burkina Faso, après un nul 1 partout au bout des 120 mn). A l’inverse, les Lions indomptables ont affiché un visage plus offensif que d’ordinaire, qui a même surpris leurs adversaires ghanéens finalement battus à l’usure (2 – 0).

Alors, quel visage pour les deux protagonistes de cette finale improbable ? L’envie de prendre leur revanche de la finale de 2008 à Accra (défaite : 0 – 1) poussera-t-elle les Camerounais à aborder ce match flamberge au vent comme en demi-finale lorsqu’il était question pour eux de confirmer leur suprématie sur le Ghana ? Les Egyptiens opteront-ils pour la stratégie d’attente qui leur a si bien réussi jusqu’ici afin de profiter d’éventuelles brèches dans le camp adverse ? En tout cas, avec face à face, deux techniciens qui savent jouer autant sur les forces de leur équipe que sur les faiblesses de leur adversaire, le combat promet d’être tactique. Et c’est certainement à celui qui aura mieux fait passer son message que devrait revenir le succès final.

D’un de nos envoyés spéciaux
B. Khalifa NDIAYE

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