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En finale de la 31e édition de la coupe d’Afrique des nations de football disputée hier au stade de l’Amitié de Libreville (Gabon), le Cameroun a battu l’Egypte par 2 buts à 1.

Mi-temps : 1 – 0 pour l’Egypte.

Buts : Mohamed Elneny (22e) pour l’Egypte ; Nicolas Nkoulou (58e) et Vincent Aboubacar (89e) pour le Cameroun.

Public nombreux (38.216 spectateurs), temps frais, pelouse en bon état.

Arbitres : Janny Sikazwe (Zambie), assisté de Jerson Emiliano Dos Santos (Angola) et Marwa Range (Kenya)

Avertissements : Vincent Aboubacar (88e) pour le Cameroun.

Les équipes : Egypte : Essam Elhadary (cap), Aly Mosaad, Ahmed Eissa, Ahmed Hegazy, Ahmed Ibrahim, Tarek Hamed, Mohamed Ghaly, Mohamed Elneny, Abdallah Bekhit, Mahmoud Hassan puis Ramadan Ahmed (65e), Amr Warda. Entraîneur : Hector Cuper.

Cameroun : Joseph Ondoa Ebogo, Adolphe Teikeu Kamgang puis Nicolas Nkoulou (31e), Ngadeu Ngadjui Michael, Oyongo Bitolo Ambroise, Benjamin Moukandjo (cap), Zoua Daogari Jacques puis Georges Constant Mandjeck (90e+3), Christian Mougang Bassogog, Sébastien Clovis Siani, Sutchuin Djoum Arnaud, Robert Ndip Tambe puis Vincent Aboubacar (46e), Fai Collins Ngoran Suiru. Entraîneur : Hugo Broos.

Ce que leurs aînés n’ont pu réussir pendant deux éditions de coupe d’Afrique des nations, la jeune génération camerounaise y est parvenue en dominant « la bête noire » égyptienne. Une finale qui aura en tout cas répondu pleinement aux attentes des 38.216 spectateurs du stade de l’Amitié de Libreville. Car on s’attendait à un match tactique entre deux équipes qui avaient déjà montré un bout de leurs aptitudes tout au long de cette Can. Et ce fut un match plein, où l’engagement physique l’a, en plus, disputé au jeu technique.

Les deux entrants camerounais, Nicolas Nkoulou et Vincent Aboubacar, se sont bien chargés de régler l’équation posée par les Egyptiens. La preuve par ce but plein de sang-froid technique réussi par Vincent Aboubacar à deux minutes de la fin du match. Pour son retour à cette compétition, après trois éditions d’absence, l’Egypte a trouvé hier la résistance qu’il fallait pour lui barrer la route. Le Cameroun, lui, a simplement signé son retour dans cette compétition où on ne l’attendait pas. La jeune génération alignée par le coach belge, Hugo Broos, a réussi le pari de la participation dans un carnet de bord qu’elle a suivi sans trembler.

Le coaching gagnant d’Hugo Broos est aussi à saluer car au plus fort de la tempête il avait perdu sa pièce maîtresse de la défense, Adolphe Teikeu, sorti sur blessure. Un coup dur pour l’équipe camerounaise mais qui n’a point désarçonné le technicien belge. Parce que le pendant de Teikeu, Nicolas Nkoulou, avait bien assuré les arrières. Et loin de se contenter de défendre, le sociétaire de l’Olympique Lyonnais a répondu au but de Mohamed Elneny (22e), en égalisant sur un corner de Benjamin Moukandjo qu’il reprenait de la tête le ballon pour l’envoyer au fond de la cage égyptienne (58e). Le Cameroun revenait de loin et multipliait les assauts sous la houlette du trio Mankandjo, Vincent Aboubacar et Christian Bassogog. La menace avait ainsi changé de camp et les Egyptiens se préoccupaient plus de préserver leur cage que d’attaquer.

Néanmoins, les « Lions indomptables » comme ils l’ont montré tout au long de ce tournoi, ont déroulé le rouleau compresseur avec un harcèlement sans cesse de la cage du légendaire El Hadary. Alors qu’on s’acheminait vers les prolongations, la délivrance vint de Vincent Aboubacar sur une balle plongeante. Un petit chef-d’œuvre sur le défenseur Ahmed Ibrahim dans la surface de réparation suivi d’une frappe qui laissa pantois le célèbre gardien égyptien. La messe était dite. Le Cameroun venait de prendre une belle revanche tissée par sa jeune génération. Après 1984 en Côte d’Ivoire, 1988 au Maroc, 2000 au Nigeria et 2002 au Mali, les « Lions indomptables » décrochent ainsi leur cinquième titre continental. Ils ont lâché le Ghana qui compte toujours 4 sacres et réduit l’écart avec l’Egypte et son record de 7 sacres.

D’un de nos envoyés spéciaux : C.F KEITA 

ZONE MIXTE
ADOLPHE TEIKEU, DEFENSEUR : « NOUS SOMMES VENUS NOUS FAIRE PLAISIR »
« Une fois de plus, le football est magique car on a toujours tendance à oublier que le football est d’abord un jeu. Nous sommes venus nous faire plaisir au Gabon où l’on ne nous attendait pas en finale. Maintenant nous sommes champions d’Afrique. C’est exceptionnel ce que les gars ont réalisé. Nous sommes comblés ».

CONSTANT MANDJECK, MILIEU : « UN RÊVE TOTAL »
« C’est un rêve total car on ne s’attendait pas à ça. On ne réalise pas encore ce qu’on a fait, mais c’est grandiose et c’est extraordinaire. Dans ce match on était très mal embarqué dès le début. On l’a abordé très timidement, mais comme on l’avait dit en début de tournoi, on a des joueurs capables de faire basculer un match. On a fait preuve de beaucoup de solidarité et deux joueurs sont sortis du banc pour nous délivrer. Au début on n’aurait pas signé qu’on serait en finale, mais il faut dire qu’on s’est bien battu pour y arriver. C’est une grosse surprise pour nous-mêmes, mais on savait qu’on était capable de le faire parce qu’on a beaucoup travaillé. 

SEBASTIEN CLOVIS SIANI, MILIEU : « ON A POUSSÉ ET ÇA A PAYÉ »
« On s’est battu et on n’a pas baissé les bras car on savait bien qu’il y avait quelque chose à aller chercher. On est resté calme, on a poussé et cela a payé. On est tellement content qu’il n’y a vraiment pas de mot pour qualifier ce qu’on ressent ».

CLINTON NJIE, ATTAQUANT : « ON A BIEN RÉAGI APRÈS LE BUT ÉGYPTIEN »
« On avait un objectif après le quart de finale contre le Sénégal. Cela a été dur, mais on y a cru et ça a payé. C’est vraiment fantastique, c’est incroyable ce qui nous est arrivé. Car on n’était pas attendu dans cette compétition. Mais on a bien réagi après le but égyptien, on n’a jamais baissé les bras. On a su rebondir pour faire une très bonne fin de match. J’espère que tout le Cameroun est fier de ce nouveau titre ».

Recueillis par C.F. KEITA

LE MOT DES ENTRAINEURS
Can H BroosHUGO BROOS (CAMEROUN) : « J’AI PROFITÉ DE LA PAUSE POUR APPORTER DES RÉGLAGES »
« Je suis très content pour ces jeunes joueurs avec qui j’ai travaillé. On a bossé dur pour en arriver là. Plus qu’une équipe, ce sont des amis qui s’encouragent que l’on soit sur le terrain ou sur le banc. Parler de revanche sur des journalistes parce qu’ils vous ont critiqué, c’est la chose la plus stupide qu’un technicien puisse faire. Moi, je suis là pour travailler et avoir des résultats. Aujourd’hui, je suis extrêmement content. Aux journalistes camerounais, j’avais juste demandé de la patience et du respect. Mes choix, on peut en discuter, on peut ne pas être d’accord … Moi, j’ai travaillé pendant des mois avec ces jeunes et je savais de quoi ils étaient capables.

  Su ce match, on n’a pas été bons en première mi-temps. Tactiquement on a souffert parce que les Egyptiens nous dominaient dans l’entrejeu. J’ai voulu changer en cours de partie, mais c’était difficile. J’ai alors profité de la pause pour apporter certains réglages. Mais, il n’y avait pas que cela. Car, en plus, physiquement aussi on était meilleurs que nos adversaires ».

HECTOR CUPER (EGYPTE) : « LE CAMEROUN MÉRITE SA VICTOIRE »
« Je félicite le Cameroun qui a fait un bon match et qui mérite de gagner. Je suis très déçu et triste pour moi mais surtout pour le peuple égyptien qui voulait ce titre et pour les joueurs qui ont été énormes tout au long du tournoi. On a bien débuté la partie, mais après la pause c’était difficile physiquement pour mes joueurs.

 Cela me fait une autre défaite en finale. Je ne dirais pas que je suis habitué… Ce n’est pas parce que Ramadan n’a pas débuté la partie que nous avons perdu. Pour l’avenir, on verra ».

Recueillis par B.K.N.

LE FAIT DU MATCH : LA SOLUTION EST VENUE DU BANC…
Entre deux maîtres tacticiens, on a longtemps joué au chat et à la souris. Spécialistes dans l’art de faire déjouer leurs adversaires, Hector Cuper, le technicien argentin de l’Egypte et son homologue belge du Cameroun, Hugo Broos, ont, en effet, choisi d’entrée de jouer au plus rusé. Entre deux équipes bien en place, il n’y a pas eu assez d’espace encore moins d’occasions franches de faire la différence. Mais, à ce jeu, les « Pharaons » semblaient les mieux outillés puisque combinant nettement mieux. Ce qui leur permit de se montrer dangereux dès la 2ème minute par Salah. Les Camerounais ont eu le malheur de n’avoir pas pris cet avertissement au sérieux. Puisqu’à la 21ème mn, une belle action collective égyptienne a permis de mettre la défense … sans défense au grand bonheur d’Elneny qui marqua dans un angle impossible.

Le Cameroun, pris au piège dans lequel il avait enfermé le Sénégal qui n’avait jamais su résoudre l’équation tactique d’une défense renforcée, n’avait apparemment pas le génie pour trouver l’ouverture. Pour cause, les Egyptiens ne se contentaient pas de défense et profiter de toutes les opportunités pour se projeter en avant. Deux occasions un but, à la mi-temps, ils s’étaient montrés tout à leur avantage. A l’inverse du Cameroun incapable d’approcher le but adverse et qui s’est résolu à recourir aux frappes lointaines sans danger. Voire aux centres fuyants sur lesquels, il est vrai le portier vétéran égyptien El Hadary avait quelque mal à être souverain.

Heureusement que leur coach Broos a eu le nez creux de lancer Aboubacar dans la partie, après la pause. Son équipe s’en trouva transfigurée. Contraint dès la première demi-heure de jeu de se passer des services de son teigneux défenseur central Teikeu, blessé, le technicien belge avait déjà sorti de son banc le « vieux » Nicolas Nkoulou qui remit le navire camerounais à flot (58ème mn). Et c’est un autre de la vieille garde, Aboubacar qui porta l’estocade finale (89ème mn) à une équipe égyptienne qui avait perdu le fil de la rencontre depuis longtemps. C’est ce qu’on appelle un coaching gagnant. Savoir puiser dans un banc (même s’il n’est pas très fourni) pour trouver la solution à un problème, c’est aussi cela qui aide parfois à faire la différence.

B.K.N.

Libreville (Gabon) : Il y a neuf ans, la finale Egypte – Cameroun de la Can ghanéenne paraissait presque normale, tant les deux équipes étaient au faîte de leurs possibilités. Les Pharaons étaient champions d’Afrique en titre depuis leur 5ème titre acquis deux ans plus tôt chez eux et pouvaient compter sur des joueurs de classe mondiale comme Aboutrika, Wael Goma ou … El Hadary. Les Lions indomptables avaient, eux, renversé tout sur leur passage dans le sillage de Samuel Eto’o, meilleur buteur de l’épreuve avec 5 réalisations, et avec des éléments de valeur tels Mbia ou Njitab. Même le Ghana, organisateur de l’évènement, n’avait pas réussi à les freiner.

Pareil en … 1986 en Egypte où malgré leur défaite d’entrée contre le Sénégal (0 – 1) les Pharaons des Abouzaid, Gharib et Abdelgani s’étaient superbement repris par la suite pour entamer leur marche victorieuse. Le grand Cameroun de Roger Milla, Emmanuel Kundé et autres M’Fédé n’avait réussi qu’à les contraindre au nul vierge. Mais n’avaient pu que s’incliner aux tirs au but (5 – 4).

Mais, cette fois, pour la 31ème édition de la Can « Gabon 2017 », aucune des deux équipes finalistes n’étaient attendues à pareille fête. Puisque d’abord toutes les deux y sont arrivées sur la pointe des pieds. Les Egyptiens, après 7 ans d’absence et les Camerounais privés de nombreux « cadres » qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas fait le déplacement (Matip de Liverpool, Nyom de WBA, Anana de l’Ajax Amsterdam, Anguissa de l’OM, entre autres). Ensuite parce que toutes deux sont si timidement entrées dans la compétition (nuls 0 – 0 pour l’Egypte face au Mali et 1 – 1 pour le Cameroun contre le Burkina Faso) que personne ne prévoyait qu’elles seraient encore là pour le dernier acte. Personne, sauf elles-mêmes. Car, au fil de leurs sorties, ces deux formations ont su se construire une carapace telle que tous leurs adversaires s’y sont cassé les dents. « Personne ne nous attendait dans cette compétition, mais nous avons su tisser notre toile pour aller en finale », a même reconnu avant-hier à Franceville Hugo Broos, le boss du Cameroun. Comme si l’écho des paroles de son vis-à-vis de ce soir, Hector Cuper lui était parvenu depuis Libreville. « Ce sera une finale spéciale pour nous et nos joueurs impliqués et déterminés qui ont déjoué tous les pronostics », avait-il déclaré dès la qualification acquise.

La victoire dans l’Adn
En fait, ce sont les deux équipes les moins joueuses de cette épreuve qui se disputeront le trophée à 19 heures au stade de l’Amitié de Libreville. Mais elles ont le goût de la compétition et de la victoire dans leur Adn. Puisque, si les Egyptiens concourent pour améliorer leur record de 7 sacres continentaux, les Camerounais, avec leurs 4 titres, visent à réduire le gap qui les sépare de leurs adversaires de ce jour. 

Experts dans l’art de faire déjouer leurs vis-à-vis, leurs entraîneurs, l’Argentin Hector Cuper pour l’Egypte et le Belge Hugo Broos pour le Cameroun, ont l’avantage de pouvoir compter sur des joueurs prêts à jouer contre-nature pour arriver à leurs fins. Qui s’en plaindra d’autre que leurs adversaires ? Pas eux en tout cas qui s’affrontent demain pour un huitième titre (Egypte) ou pour un cinquième sacre (Cameroun). Et comme depuis le début de cette Can, quiconque osera un pronostic entre deux équipes qui savent vaincre sans convaincre, risque de se planter lourdement. Car, en demi-finales les Pharaons ont été fidèles à leur tactique d’attendre le vis-à-vis pour mieux le prendre à revers avant d’opter pour un attentisme de bon aloi pour en arriver aux tirs au but (victoire 4 – 3 contre le Burkina Faso, après un nul 1 partout au bout des 120 mn). A l’inverse, les Lions indomptables ont affiché un visage plus offensif que d’ordinaire, qui a même surpris leurs adversaires ghanéens finalement battus à l’usure (2 – 0).

Alors, quel visage pour les deux protagonistes de cette finale improbable ? L’envie de prendre leur revanche de la finale de 2008 à Accra (défaite : 0 – 1) poussera-t-elle les Camerounais à aborder ce match flamberge au vent comme en demi-finale lorsqu’il était question pour eux de confirmer leur suprématie sur le Ghana ? Les Egyptiens opteront-ils pour la stratégie d’attente qui leur a si bien réussi jusqu’ici afin de profiter d’éventuelles brèches dans le camp adverse ? En tout cas, avec face à face, deux techniciens qui savent jouer autant sur les forces de leur équipe que sur les faiblesses de leur adversaire, le combat promet d’être tactique. Et c’est certainement à celui qui aura mieux fait passer son message que devrait revenir le succès final.

D’un de nos envoyés spéciaux
B. Khalifa NDIAYE

Bien connu pour son franc-parler, le Sénégalais El Hadji Diouf s’est montré fidèle à sa réputation et très inspiré au moment de commenter les défections de Joël Matip et Allan Nyom avec le Cameroun pour la Can 2017. « Je ne comprends pas les gens qui tournent le dos à leur pays », a taclé l’ancien attaquant de Liverpool sur la Bbc. « Et comme la légende Bob Marley disait toujours ‘si tu ne sais pas d’où tu viens, comment veux-tu savoir où tu vas’ ? » Alors que les Lions indomptables ont atteint la finale de la Can, où ils défieront l’Egypte dimanche, les deux déserteurs et leurs six compagnons, dont Eric Maxim Choupo Moting, doivent avoir bien des regrets !

Libreville : « Je n’ai pas toujours été chanceux avec les finales. Mais j’espère que je pourrai soulever la coupe avec ces joueurs extraordinaires que j’ai ». Plus de quinze ans après, l’Argentin Hector Cuper n’a pas oublié ses deux finales de Ligue européenne des champions perdues consécutivement en 2000 et 2001 avec le club espagnol de Valence. Le Real Madrid (3 – 0) puis le Bayern Munich (aux tirs au but) avaient brisé ses rêves. Mais, il espère que celle de cette année, en Can, avec l’Egypte, sera la bonne.

Cuper a d’ailleurs toutes les bonnes raisons du monde de croire en son étoile. Il est à la tête d’une équipe qui n’a plus perdu de match en phase finale de Can depuis son quart de finale de 2004 en Tunisie face à l’Algérie. Soit 24 matches avec la demi-finale remportée avant-hier contre le Burkina Faso. Un record absolu qu’il fera bien difficile de battre. Comme d’ailleurs celui de nombre de victoires (7), d’autant que les Pharaons sont à un match d’y ajouter un huitième titre continental. En plus, sans vraiment être « fantastiques » dans le jeu (pour reprendre le terme de Paulo Duarte, le coach vaincu du Burkina Faso), l’équipe d’Egypte a une extraordinaire capacité à faire déjouer ses adversaires et sait compter sur un réalisme qui donne froid au dos de ses adversaires. Au point que quelqu’un lui a demandé avant la demi-finale remportée face au Burkina Faso, s’il n’avait pas une parenté lointaine avec son compatriote Diego Simeone, l’entraîneur de l’Atlético Madrid…

Parenté ou pas, Hector Cuper entend briser sa spirale de défaites en finale. Surtout que son équipe d’Egypte, s’y connaît en finales pour avoir remporté les 3 dernières qu’elle a disputées dans cette compétition : en 2006 à domicile, en 2008 au Ghana et en 2010 en Angola. Depuis, les Pharaons n’étaient plus parvenus à se qualifier en phase finale. Pour leur retour sur la scène continentale, les voici en attente de jouer, dimanche à Libreville, une autre finale. La treizième de leur histoire. Et même ce chiffre 13, traditionnellement considéré comme porte-malheur, n’effraie pas Cuper. Il tient sa « grande finale », sa « finale spéciale » et n’entend pas fléchir. Quitte à encore tout bloquer pour miser sur ce réalisme froid de tueurs en série qui a jusqu’ici caractérisé son équipe. Même lorsqu’elle a été contrainte aux tirs au but, en demi-finale…

D’un de nos envoyés spéciaux
B. Khalifa NDIAYE

Libreville : Les Etalons du Burkina Faso voulaient venger leurs aînés battus en demi-finale de « leur » Can en 1998 à Bobo Dioulasso par l’Egypte et s’inviter à la finale de la 31ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations, dimanche à Libreville. Mais, les Pharaons ont réussi à s’imposer sans avoir sorti le grand jeu. Dans l’art de vaincre sans forcément bien jouer ou dominer leurs adversaires, les Egyptiens sont devenus les maîtres dans cette Can. Hier, ils l’ont encore démontré. Et sont prêts à disputer leur 13ème finale continentale. Leur coach argentin, Hector Cuper, refuse de parler de « chiffre porte – malheur » et espère donner à l’Egypte son 8ème titre africain. Les Pharaons sauront ce soir, à l’issue de la deuxième demi-finale de cette Can qui se disputera à Franceville, qui du Cameroun ou du Ghana, ils affronteront dimanche à Libreville pour le sacre final. Mais, ce sera forcément un remake puisque pour leurs deux derniers titres, ils étaient venus à bout du Cameroun (en 2008 au Ghana) et du Ghana (en 2010 en Angola). Depuis, les footballeurs du Nil ne s’étaient pas qualifiés à la phase finale. Pour un retour au plus haut niveau, celui-ci est vraiment fracassant.

B. K. N.

Libreville (Gabon) : En demi-finale de la 31ème Can de football disputée hier au stade de l’Amitié de Libreville, l’Egypte a battu le Burkina Faso à la série des tirs au but 4 à 3. A l’issue des 120 mn, le score était de 1 but partout. Mi-temps : 0 – 0 Buts : Mohamed Salah (65ème mn) pour l’Egypte ; Aristide Bancé (72ème mn) pour le Burkina Faso. Tirs au but : Ont marqué : Egypte : Ramadan, Hegazy, Salah, Warda. Burkina Faso : Alain Traoré, B. Diawara, Yago. Ont raté : Egypte : Bekhit, Burkina Faso : Hervé Koffi et Bertrand Traoré Carton jaune : Gad, Soliman (Egypte) ; Bertrand Traoré, Yago (Burkina)

Les équipes : Burkina Faso : Hervé Koffi, Steeve Yago, Bakary Koné, Nguimbé Nakoulma, Abdou R. Traoré (puis Banou Diawara, 80ème mn), Issoufou Bayo, Aristide Bancé (puis Alain Traoré, 102ème mn), Charles Kaboré (cap), Bertrand Traoré, Yacouba Coulibaly, Ibrahim Touré. Entraîneur : Paulo Duarte.

Egypte : Essam El Hadary (cap), Aly Mosaad, Ahmed Eissa (puis Omar Gaber, 106ème mn), Ibrahim Gad, Ahmed Hegazy, Ahmed Ibrahim, Tarek Hamed, Mohamed Ghaly Salah, Mahmoud Soliman (puis Amr Warda, 73ème mn), Abdallah Bekhit, Mahmoud Hassan (puis Ramadan Ahmed, 85ème mn). Entraîneur : Hector Cuper
Arbitres : Malang Diédhiou (Sénégal) assisté de ses compatriotes Djibril Camara et El H. Malick Samba.

Cette première demi-finale de la Can « Gabon 2017 » ne pouvait se décider qu’aux tirs au but entre deux équipes bien en place qui ont produit un jeu d’excellente qualité. Même si le Burkina Faso a mieux tenu le ballon et mieux combiné. L’Egypte a longtemps fait le dos rond, répliquant par à-coups, avant de prendre l’avantage par Salah (65ème mn) d’une superbe frappe depuis la droite qui est allée finir sa course dans la lucarne opposée. Les Pharaons croyaient avoir fait le plus dur, eux qui n’avaient jamais encaissé de but et qui avaient fait la différence à chaque fois qu’ils ouvraient le score. Mais les Etalons ont de la ressource et réussissent à faire la jonction par Bancé, 7 mn plus tard. Ils auraient même pu s’éviter les prolongations si le portier vétéran El Hadary (44 ans) n’avait pas sorti un arrêt-réflexe dans le temps additionnel. Et éviter les tirs au but si au bout des prolongations, le génial slalom de Bertrand Traoré ne s’était pas heurté au mur égyptien. La « loterie » était donc incontournable. A ce jeu, l’Egypte pourtant mal partie avec l’essai raté de Bekhit, a été remise en selle par la 4ème tentative, ratée par Koffi, le portier des Etalons du Burkina. Et comme Bertrand Traoré a manqué le sien, l’Egypte s’ouvrait, ainsi, les portes de la finale. Et d’une 8e couronne.

Le mot des entraineurs :

Hector Huper (Egypte)  « Nous savions que ce serait difficile »
 « Nous savions dès le début que ce serait un match difficile pour nous car le Burkina a une bonne équipe, avec des joueurs physiques et rapides. Ils nous ont dominés la plupart du temps, surtout en 2ème mi-temps et se sont créé beaucoup d’occasions. Nous, nous étions fatigués, il nous fallait donc attendre les tirs au but où tout peut arriver. Cette finale sera très spéciale pour moi. J’ai un groupe de joueurs impliqués et déterminés. Un bon groupe qui va tout faire pour remporter ce trophée ».

Paulo Duarte (Burkina Faso) « Quelqu’un ne nous a pas laissés gagner »
« Je dois féliciter mes joueurs qui ont fait un championnat extraordinaire et développé un jeu fantastique. Mais aujourd’hui, quelqu’un ne nous a pas laissés gagner. En première mi-temps, à un contre un, un défenseur égyptien fait une faute de main. Non seulement l’arbitre ne siffle pas le penalty, mais il ne sort même pas son carton jaune. C’est donc l’Egypte qui passe. C’est une bonne chose puisque le foot africain a besoin d’une équipe d’une telle qualité. Mais si quelqu’un devait gagner dans le match, c’est le Burkina. Nous avons bien lu le jeu adverse, bien compris leur style. Nous avons fait un match intelligent. J’ai toujours cru que nous pouvions gagner le trophée, car mon équipe a été meilleure à chaque sortie. Je suis triste, mais on va relever la tête ».

Recueillis par B. K. N.

La théorie des Cercles concentriques a marqué les débuts de la marche de l’Unité africaine. Aux premières heures de la création de l’Organisation de l’unité africaine (Oua), les pères fondateurs voulaient aller vers une unité des pays africains comme les Etats-Unis d’Amérique. Certains pensaient y aller vite, d’autres comme Senghor demandaient de passer d’abord à ce qu’ils appellent l’intégration par blocs régionaux. La fameuse théorie des Cercles concentriques. Pour cette 31ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations, les demi-finales ont semblé répondre à cette théorie des blocs régionaux. Presque chacun d’eux a un représentant dans le carré d’as. Ce qui fait un bon équilibre régional sur les équipes qui sont susceptibles de monter sur le podium de la plus grande compétition sportive africaine. Une telle représentation qui sans doute ne va faire mal à personne. En dehors de la zone géographique de l’Afrique australe et de l’Est, toutes les autres sont présentes dans les demi-finales avec une bonne représentation, presque comme toujours, de l’Afrique de l’Ouest à laquelle appartiennent le Ghana et le Burkina Faso. Cette zone géographique semble abriter les meilleures équipes du continent africain en matière de football. Déjà lors de l’édition précédente, les deux finalistes, Côte d’Ivoire et Ghana, venaient de là-bas. Cette fois-ci, elle a une chance aussi de rééditer l’exploit si ses deux représentants en demi-finale, le Ghana et la Burkina, passent les obstacles de l’Egypte qui porte les espoirs de l’Afrique du Nord et le Cameroun qui représente l’Afrique centrale. Ce partage un peu équitable des places dans cette dernière phase de la compétition, montre que le football se joue dans toutes les parties du continent et qu’aucune zone n’a pas une si telle suprématie comme c’était le cas, il y a quelques années, sur les compétitions africaines des clubs. Ces compétitions ont été pendant longtemps sous la coupe des clubs maghrébins et égyptiens avant de descendre tout doucement vers l’Afrique subsaharienne. La Can aussi, après une domination pharaonique de l’Egypte, qui détient le record absolu avec 7 titres dont éditions successives (2006, 2008, 2010), semble s’équilibrer. Pour l’instant.....

Par Oumar NDIAYE

Grâce à un but inscrit dans les dernières minutes par Saeid, l'Égypte s’impose sur le fil face à l'Ouganda. Les Pharaons prennent avec ce succès la deuxième place groupe D.

@lesoleilonline

Le Mali et l’Egypte ont fait match nul 0-0 dans le dernier match de la première journée de la Can 2017. Ce match nul permet au Ghana vainqueur de l’Ouganda, d’occuper seuls la tête du groupe D basé à Port-Gentil avec 3 points.

@lesoleilonline

La Tunisie, premier adversaire du Sénégal, dimanche prochain à Franceville dans le Groupe B de la Can « Gabon 2017 » nourrit quelques inquiétudes. Pas à propos de sa défaite d’hier en match de préparation face à l’Egypte (0 – 1). Mais par rapport à la santé de son meneur de jeu Wahbi Khazri, sorti dès le quart d’heure de jeu sur blessure et qui semble souffrir d’une entorse qui pourrait l’obliger à rater la Can. Les “Aigles de Carthage” qui ont au moins fait jeu égal avec les “Pharaons” se sont inclinés au bout du temps additionnel à Borg el Arab en Egypte. Mais dans l’ensemble, ils ont réussi une belle prestation, sous la conduite du coach Henry Kasperczak. Ils étaient bien en jambes et très bien organisés. Avis à Aliou Cissé et à ses hommes.

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