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Pour avoir accompagné Malang Diédhiou et ses deux assistants bien avant le début du Mondial Russie 2018, Badara Mamaya a eu l’honneur de les accueillir, chez lui, juste après leur retour au Sénégal.

L’arbitre international Malang Diédhiou et ses deux assistants, Djibril Camara et El Hadj Malick Samba, ainsi que leur préparateur physique Mademba Mbacké ont eu droit à un accueil chaleureux chez Badara Mayama Sène, à Rufisque.

Malgré l’heure tardive et la fatigue certaine qui se lisait sur leur visage, le trio arbitral sénégalais au Mondial 2018 a piqué droit au domicile de leur mentor, juste après leur descente d’avion, en provenance de Moscou. Accueillis au rythme des chants du « 12ème Gaïndé » et « Allez Casa », Malang et ses camarades ont rendu un vibrant hommage au patron des arbitres sénégalais. « Par ma voix, au nom du trio et de notre coach Mademba Mbacké, nous vous exprimons toute la reconnaissance et notre gratitude pour tous les efforts que vous avez consentis pour l’arbitrage sénégalais », a dit Malang Diédhiou.

Pour lui, le défi à relever était de taille. Car, c’était la première fois que le Sénégal alignait un trio arbitral au Mondial de football. « Nous savions que c’était la première fois que le Sénégal alignait un trio en Coupe du monde. C’est vrai que nous y avons travaillé, mais c’est aussi le fruit d’un travail de longues années entretenu par le président Badara Mamaya Sène qui a une vision sur la manière de manager les arbitres », a expliqué M. Diédhiou, rappelant que la mission était certes difficile, mais ils s’en sont sortis comblés. « Ce n’était pas évident de faire la mission, mais pour nous, chaque match était une finale ; c’est pourquoi nous sommes rentrés satisfaits de nous-mêmes », a soutenu le porte-parole des arbitres.

Pour sa part, Badara Mamaya Sène a indiqué que le trio mérite les hommages de tout le peuple sénégalais. A l’image des Lions de foot ou du basketball.

« Ces Lions de l’arbitrage méritent d’être honorés à la hauteur de leur performance comme  il est de coutume avec les sportifs au retour d’une campagne internationale couronnée de succès », a dit le patron des arbitres sénégalais. Pour lui, Malang Diédhiou et ses assistants méritent d’être reçus au Palais présidentiel. Toutefois, les hommages au trio arbitral sénégalais ne font que démarrer, puisqu’ils seront honorés, ce jeudi, par leurs pairs au Cercle messe des officiers.

Maguette NDONG

La Russie, un pays fermé ? Il faut y aller pour se rendre compte du contraire. Nombre de personnes auraient vu ce pays sous un autre angle d’après les infos distillées çà et là, qui en faisaient un territoire difficile à vivre, un peuple inhospitalier qui n’acceptait pas les étrangers. Cette 21e Coupe du monde de football a été une belle occasion pour les dirigeants de ce pays de soutenir le contraire, de faire savoir que tout ce qui se dit sur la Russie n’était que de la propagande pour nuire à l’image de ce vaste pays établi sur deux continents (Asie et Europe). Mais partout, que ce soit à Ekaterinbourg, Samara, Sotchi Kazan, Saint-Pétersbourg, Saranzk, Kaliningrad, Volgograd ou Rostov-sur-le-Don, les images étaient les mêmes.

Un peuple ouvert, accueillant, disponible et qui vous agressait même à la limite en vous demandant des autographes, des photos, des selfies et autres. Une petite anecdote pour vérifier tout cela.

Un jour, au détour d’une promenade dans les rues de Kaluga, ville qui servait de camp de base des « Lions », une jeune fille d’une douzaine d’années m’apostropha pour me demander un autographe. N’ayant pas de cahier avec elle et moi non plus n’ayant pas de feuille sur moi, elle me demanda de la suivre dans la boutique d’à côté où elle demanda un stylo au boutiquier. Après quoi, elle me tendit la paume de sa main afin que j’y signe. Ceci étant fait, elle sortit de la boutique avec des « Spassiba » (qui veut dire merci en langue russe) en courant et sautillant, toute contente d’avoir décroché la signature d’un étranger qu’elle n’avait jamais vu auparavant. Votre serviteur et ses compagnons n’en revenaient pas.

Une scène pareille, on en a vécu à la pelle dans toutes les villes de la Russie. Pour dire tout simplement que ce peuple avait hâte de rencontrer une autre civilisation, un autre mode de vie, d’autres personnes. Et les étrangers qui y ont vécu ce Mondial 2018, le leur ont bien rendu la monnaie et étaient même étonnés de voir un autre visage d’un pays qui était « mal vu » de l’extérieur. Et le président de la Fifa, Gianni Infantino, qui avait déjà déclaré sa flamme à la Russie, était donc tombé amoureux de ce pays. « Nous sommes tous tombés amoureux de la Russie. Nous nous trouvons ici depuis un certain temps maintenant et nous avons découvert un pays que nous ne connaissions pas », avait-il déclaré, lors d'une réunion, au Kremlin avec le président russe Vladimir Poutine et plusieurs anciennes gloires du football. Parce que tout simplement, l’étranger qui vient en Russie et qui y rencontre les gens dans les rues, se rend compte de la beauté de Moscou, la capitale. Et se rend aussi compte que toutes les peurs que certains tentaient d'attiser avec cette Coupe du monde, non seulement ne se sont pas réalisées, mais qu’ils ont vu le côté opposé. C’est cette nouvelle image que le visiteur a de la Russie, un pays ouvert et respectueux dans lequel règnent la loi et l’ordre. En tout cas, la Russie a réussi « son » Mondial car cette compétition s’est tenue après des années de vives tensions diplomatiques entre ce pays et les Occidentaux ; des Ong avaient même appelé au boycott des matches en dénonçant « la situation des droits de l’Homme et la nouvelle vague d’oppression. Mais de tout cela, rien.

Car, énormément de stéréotypes sur ce pays ont volé en éclats grâce à cette Coupe du monde qui a vu des centaines de milliers de supporters rester après l’élimination de leurs équipes.

Et l’étranger qui repart sera marqué par la courtoisie et la politesse d’un peuple qui ne demandait qu’à être visité pour démontrer que tout ce qui se racontait sur lui n’était que propagande. Et le président Vladimir Poutine est allé plus loin en demandant simplement aux détenteurs de badges Fan ID (les supporters et autres visiteurs) de prolonger leur séjour jusqu’en fin décembre 2018.

Une volonté manifeste de démontrer que la Russie est un pays ouvert, amical, hospitalier et accueillant. Sans hypocrisie aucune !

Cheikh Fantamady Keïta

Moscou : Ministre conseiller, Chef du Bureau économique près l’ambassade du Sénégal à Moscou depuis avril 2017, Souleymane Anta Ndiaye est un fin connaisseur de la société russe. Il a fait ses études supérieures jusqu’au doctorat en Pédagogie à l’Institut Pouchkine, en Russie de 1980 à 1986. Entre temps, il avait été Premier conseiller à cette ambassade du Sénégal à Moscou, puis à l’Unesco à Paris. Au sortir de la 21ème Coupe du monde de football, nous avons jugé utile de quérir son avis sur différents sujets qui nous ont interpellés sur le comportement des compatriotes du président Poutine lors de ce mois dédié au football.

Et selon lui, ce n’est pas une attitude de circonstance, mais un trait de caractère de la population russe depuis des siècles.

« Dites-nous, M. Ndiaye, vous qui avez fait vos études en Russie et qui y exercez depuis longtemps à l’ambassade du Sénégal à Moscou, ce visage aimable affiché par les Russes durant ce Mondial est-il sincère ou simplement de circonstance ?
Je dirais que le Russe est naturellement ouvert et accueillant. Il a l’habitude de recevoir et, à mon avis, de ce point de vue, il ressemble beaucoup à l’Africain. Plus qu’à l’Occidental, de toutes les façons. Et cela ne date pas de maintenant. Si vous avez appris les lettres russes, vous vous rendrez compte que cela est dans l’âme russe et depuis des siècles, à travers les âges. C’est un peu le concept de l’enracinement et de l’ouverture si cher à Léopold S. Senghor. Le Russe est totalement ouvert vers les autres, tout en restant profondément slave. Par exemple, il apprécie positivement la littérature française à travers les Baudelaire et autres Molière et par ricochet le peuple français et sa culture. Pareil pour l’allemand. D’ailleurs, dans le temps, les familles riches avaient deux précepteurs, l’un français l’autre allemand.

Donc, cela ne date pas d’aujourd’hui ? C’était même le cas du temps de l’URSS ?
Oui, sauf qu’en ces temps-là, on ne pouvait vraiment pas savoir si c’était naturel ou forcé. Car, les consignes étaient de protéger les étrangers, de ne s’en prendre jamais à eux. C’était une sorte de diktat. Vous savez, cette guerre des médias, elle ne date pas d’aujourd’hui. L’Union soviétique tenait particulièrement à ce que les étrangers qui venaient ici en aient une opinion favorable qu’ils pourraient relayer. D‘ailleurs, si le rouble avait été aux 18ème et 19ème siècles, l’une des devises fortes d’Europe, c’est parce que le pays était ouvert. Mais avec l’éclatement du bloc soviétique, le Parti communiste n’ayant plus son rôle d’avant-garde, il y a eu un regain de chauvinisme et de nationalisme. Et certains s’en sont pris aux étrangers qui, il faut le dire, vivaient mieux que les Soviétiques, car bénéficiant de beaucoup de privilèges. C’est dans ce cadre qu’il y avait eu les malheureux évènements de l’Université Lumbumba avec cette sorte de pogrom et les tristement célèbres skinheads. En fait, c’était une frustration longtemps contenue qui avait explosé. C’était dans les années 1992 à 1996.

Aujourd’hui la Russie s’ouvre encore plus vers l’extérieur. Et cette coupe du monde semble plutôt bien tombée.
Mais tout à fait ! C’est une nouvelle étape que le pays vit actuellement. Il tend résolument vers le développement capitaliste. Cependant l’Etat est toujours présent pour centraliser et exercer la pression sur nombre de décisions économiques majeures. Ce Mondial offre aux Russes l’occasion de faire comprendre au monde extérieur qu’ils ne sont pas les diables qu’on dépeint un peu partout. D’où peut-être un certain excès de générosité. Mais, la Russie a toujours été accueillante. Bien du monde se demande cependant si cela n’était pas trop encadré et que, la Coupe du monde finie, l’hydre va réapparaître.

Je ne pense pas qu’il y ait un risque. Moi, en tout cas, je n’ai jamais été témoin ni été la cible d’actes et de manifestations racistes depuis tout le temps que je suis ici. Mais, c’est peut-être parce que j’évolue à un autre niveau que celui du citoyen lambda.

Il faut donc relativiser.

Comment analysez-vous la décision du président Poutine de permettre aux détenteurs de Fan ID de rester en Russie jusqu’en fin décembre ?
C’est d’abord une opération de charme dans la continuité du succès éclatant de la Coupe du monde comme pour montrer encore une fois que son pays n’est pas aussi fermé qu’on le dit.
C’est ensuite pour des raisons économiques. Car parmi les visiteurs, il y a des milliers de businessmen venus prospecter le marché russe et les possibilités de faire des affaires. Mais le tout renvoie à cette volonté de la Russie de s’ouvrir davantage au reste du monde et de briser les clichés qui lui sont rattachés ».

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

Spassiba*

17 Juil 2018

Dans certains films occidentaux, le rôle du méchant, du tyran est souvent attribué d'office aux Russes. Et quand on évoque ce pays, les stéréotypes qu'on lui colle font souvent froid dans le dos. Le choix de la Russie pour abriter cette année la Coupe du monde n'a ainsi pas manqué de soulever une certaine réticence de certains pays occidentaux. Toutes sortes de préjugés ont été véhiculés contre ce pays accusé. On a longtemps crié sur tous les toits qu’il était dangereux, que la mafia était omniprésente, que l’ex KGB semait la terreur, que ses filles étaient de mœurs légère, que la vodka faisait des ravages et aussi que l'insécurité régnait en maître. Tellement de choses incroyables ont été débitées sur cette Russie qu'on se demandait si ce vaste pays aux allures de continent était fréquentable. Mais une fois qu'on y met les pieds, on se demande de quelle Russie parlaient tous ces gens, ces journaux et médias étrangers.

Les Russes ont surpris leurs milliers de visiteurs par leur accueil chaleureux, leur sollicitude, leur bienveillance si bien que l'intégration des hôtes s'est passée sans encombres. Dans toutes les onze villes hôtes de la compétition, le peuple russe s'est illustré par son sens de l'hospitalité. Qui a dit que les Russes ne souriaient jamais, n'étaient pas courtois ? Ce n'est pas cette Russie là qu'on a découverte.

Des sourires, les Russes en ont tellement distribués que s'il y avait un Prix à distribuer, ils seraient parmi les lauréats. Et les images de ces populations faisant la queue pour poser avec ces étrangers qui avaient "envahi" leur paisible ville, ces policiers appelant un taxi pour ces hôtes qui avaient tardivement quitté le Samara Arena après la défaite du Sénégal contre la Colombie, ces automobilistes qui klaxonnaient chaque fois qu'ils apercevraient un étranger, et ces supporters de la "sbornaia" qui ont communié avec ceux des autres équipes, mériteraient bien d'être immortalisées. Pour montrer que tous ces préjugés ne sont que faux jugements et qu'au pays de Tolstoï et Dostoïevski, l'hospitalité est bien une réalité. Et elle se conjugue à tous les temps.

"Spassiba, Russia !"

*Merci en russe

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

Moscou : En débarquant en Russie, bien de visiteurs avaient des appréhensions liées à ce qui apparaît aujourd’hui comme de véritables clichés. En tout cas, contrairement à cette image de pays raciste et recroquevillé sur lui-même que certains tentent de lui coller sur la peau, la Russie se veut pacifique. Et les visiteurs y ont trouvé des gens ouverts, altruistes et accueillants.

« Do you need help ? » (Avez-vous besoin d’aide ?), « Can I help you ? » (Que puis-je faire pour vous ?) Combien de fois n’a-t-on pas entendu ces deux phrases dans les rues de Kaluga ou de Samara, dans le métro de Moscou, à la gare d’Ekaterinbourg ou au stade de Nijni Novgorod ou ailleurs en Russie où nos pas nous ont conduits lors de cette 21ème Coupe du monde qui s’est achevée dimanche avec le sacre de la France ? Et pas seulement de la bouche de ces milliers de Volontaires souriants et avenants qui, aurait-on pu dire, font leur job et sont dans leur rôle. Mais de citoyens ordinaires russes, juste disposés à aider. Pays à fantasmes, estampillé, à tort ou à raison, raciste pour certains, la Russie a mis à profit la Coupe du monde pour soigner considérablement son image. Sans doute, cela faisait-il partie des objectifs visés, en décidant d’accueillir sur son sol la reine des compétitions footballistiques mondiales. Et le pari a été bien réussi. Durant toute la compétition, ses habitants ont témoigné leur affection et leur sympathie à leurs hôtes en s’affichant avec fierté à leurs côtés ou en prenant des selfies avec eux. « Que pensez-vous de la Russie ? Comment voyez-vous ses habitants ? ». Tel un refrain, ces interrogations revenaient sans cesse, à chaque fois que des Russes rencontraient des visiteurs ; en particulier des Noirs. Des questions qui traduisent un certain sentiment d’hospitalité bien ancré chez les populations russes ; une sorte de « Téranga » à la sénégalaise, ou la « Ndiatiguiya » chez les Bambaras maliens !

Lorsqu’un certain Sergueï s’était proposé, lors des tout premiers jours du Mondial, de nous guider dans le gigantesque labyrinthe du métro moscovite jusqu’aux portes de l’incontournable Place rouge, on s’était dit que ce n’était qu’un ouvrier qui avait peut-être du temps à perdre avant de commencer son boulot quotidien. Puis, quand un policier, handicapé par la barrière de la langue, s’accroupit pour nous dessiner sur le trottoir le chemin à prendre pour arriver à bon port, on avait pu se dire que ce flic cherchait peut-être à s’occuper utilement. Puisque n’ayant rien à redire sur une circulation automobile par ailleurs bien régulée, pour une partie par les nombreux feux tricolores et pour l’autre par des conducteurs très disciplinés (à offrir en exemple à ceux de chez nous). Et comme à Kaluga, ville située à 170 km au sud-ouest de Moscou où les « Lions » du foot et les envoyés spéciaux de la presse nationale avaient établi leurs quartiers, quelques habitants se bousculaient pour se faire photographier avec nous, on avait pensé que ce n’était que simple curiosité par rapport à l’étranger, à ce qui est nouveau.

Hooligans et skinheads
Mais, lorsque toutes ces scènes et bien d’autres encore s’étaient multipliées partout ailleurs et à tout moment du jour et de la nuit et sur le mois tout entier qu’a duré le Mondial 2018, on s’est définitivement convaincu que ce ne pouvaient pas être que des exceptions. C’était devenu la règle. C’était plutôt la norme. Or ça, c’était pour nous surprendre quelque peu, car c’était carrément au contraire qu’on nous avait préparés. On avait beau savoir qu’il y avait de l’exagération, de la désinformation, de l’intoxication même de la part de médias occidentaux principalement sur tout ce qui touche à la Russie. Mais pas à ce point. Les gens froids et repoussants qu’on nous avait présentés se sont révélés des personnes tout ce qu’il y a d’ordinaire, gentilles, aimables, serviables et altruistes. Les hooligans et autres skinheads avec lesquels on nous avait fait peur ? On n’en a pas vu un seul. La violence et la xénophobie criées sur toutes les ondes et étalées à longueur de colonnes de journaux ? Ni vu, ni connu ! En définitive, on s’est même senti plus respecté et mieux considéré en Russie, que dans certains pays occidentaux où, rien qu’à votre vue, des gens du cru changent carrément de trottoir. Et, où ceux qui ne peuvent éviter de vous croiser daignent à peine répondre à vos sollicitations s’ils ne vous envoient pas carrément paître.

L’image que certains ont collée à la Russie à savoir un pays foncièrement raciste, paranoïaque et recroquevillé sur lui-même, « et ce que j’ai vu ici, c’est diamétralement opposé. Les gens sont très ouverts et sympathiques », a témoigné un journaliste tombé sous le charme de ce pays. Ce qu’a confirmé l’ambassadeur du Sénégal à Moscou, Abdou Salam Diallo qui a l’avantage de vivre sur place. « La Russie n’est pas un pays raciste et je vous invite à le visiter afin de mieux connaître ses réalités », avait-il soutenu lors de sa visite de courtoisie aux journalistes sénégalais basés à Kaluga. Selon lui, la Russie est un pays pacifique ; même s’il n’est pas parfait. Un sentiment conforté par l’atmosphère empreinte de cordialité et d’amour dans laquelle s’est déroulée cette 21ème édition de la Coupe du monde. D’ailleurs, par le comportement très fair-play de son équipe, le pays a aussi montré qu’il savait perdre dans la grandeur et la sportivité. Autant de valeurs sportives qui militent pour la paix et la concorde dans le monde. Comme Gianni Infantino, le président de la Fifa à quelques jours de la fin des épreuves, l’écrasante majorité des gens présents sur le territoire russe peuvent dire sans risque d’être démentis « qu'énormément de stéréotypes sur la Russie ont volé en éclats » grâce au Mondial 2018. D’ailleurs, on en a croisé et entendu des détenteurs de Fan ID promettre de revenir plus tard en Russie, comme simples touristes. Depuis que le président Vladimir Poutine a décidé que ceux-ci pouvaient d’ailleurs rester en Russie jusqu’en fin décembre sans avoir besoin de visa, ils ne doivent plus se gêner de profiter de l’hospitalité des populations locales.

En fait, si cette 21ème Coupe du monde de football a permis aux étrangers de découvrir le vrai visage de la Russie et des Russes, il a peut-être aussi aidé – si besoin était encore – à rassurer ces derniers sur le monde qui les entoure. De ce point de vue, le président Poutine a véritablement réussi un coup double. Il voulait montrer une Russie « ouverte et modernisée ». Pari réussi, même si ses irréductibles opposants pronostiquent qu'avec la fin du Mondial, « la liberté est finie (et) bienvenue à la vraie Russie ».

Nous, en tout cas, on ne peut témoigner que de ce que l’on a vu. Et ce que l’on a vu, c’est totalement à l’envers de ce que l’on nous avait prédit…

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes) et Abdoulaye MBODJ (photos)

Moscou : « Le plus beau métro du monde » ! C’est ainsi que le métro de Moscou parle de lui-même dans une de ses pubs. Et les visiteurs qui pour la première fois découvraient le « transport ferroviaire souterrain », faute d’éléments de comparaison, se contentaient de s’extasier devant tant de beauté, émerveillés, éblouis par tant de charme, de beauté. Que ce soit à Mayakovskaya, Komsomolskaya, Tangaskaya, Smolenskaya, Kievskaya, Arbatskaya ou encore Lubyanka ou Ploschad Revolioutsii, ces stations apparaissent comme de véritables chef d'œuvres architecturaux, des musées souterrains. Les vieux briscards qui en ont vu d’autres dans leurs pérégrinations à travers le monde eux, ne sont pas loin de partager ce slogan. Car, le métro de Moscou, par-delà ses plus de 350 kilomètres de lignes, ses 214 stations (ouvertes tous les jours,  de 5h30 à 1 heure du matin, avec un train toutes les 90 secondes) et ses interconnexions multiples, est une véritable œuvre d’art. De ses murs et sols revêtus de marbre à ses voûtes superbement stylisées et ses poutres ornées de statues, de sculptures, en passant par ses plafonds ornés de lustres, de vitraux et autres mosaïques, c’est un véritable régal de s’y retrouver. On perdrait volontiers une journée voire des jours à flâner dans ces stations rien que pour admirer leur beauté.  « Chaque station a quelque chose d'exceptionnel », nous dit Viktor, notre guide d’un jour. Selon lui, Staline le père du métro moscovite avait recruté les plus grands artistes et architectes du pays pour dessiner et décorer toutes ces stations.

Et c’était pour en faire « le Palais du peuple ». Et c’est réussi, puisque ce peuple qui n’a pas forcément accès aux lambris dorés des vrais palais s’y bouscule tous les jours. Même si ce n’est pas forcément pour admirer les joyaux architecturaux qui se succèdent de station à station. En fait, c’est par nécessité, puisque le métro est aujourd’hui le premier moyen de transport de masse à Moscou avec en moyenne 6,25 millions de voyageurs qui s’y côtoient tous les jours. Ce qui en fait le métro le plus utilisé d’Europe. Pendant la Coupe du monde, le taux de fréquentation a certainement dû exploser, surtout avec les « Free ride » qui permettaient aux supporters des différentes équipes détenant un ticket spécial de se déplacer gratuitement d'un bout à l'autre de cette vaste métropole. Ce grand événement a permis de découvrir toute l'étendue et la beauté de ce système de transport unique dans son genre.

De nombreux étrangers croisés sur les quais de différentes stations aux immenses halls propres et bien éclairés nous ont avoué vouloir joindre l’utile à l’agréable : assister aux matches du Mondial et admirer cette gigantesque œuvre d’art enfouie sous terre. Parfois à près de … 300 mètres même ! Et ces escalators pour y mener ? Vertigineux ! Sur plusieurs dizaines de mètres, les usagers sont contraints de se pencher joliment vers l’avant pour ceux qui montent et vers l’arrière pour ceux qui descendent afin de garder l’équilibre. Dire que cette infrastructure a été inaugurée en 1935. Certes depuis, elle a été plusieurs fois rénovée, modernisée, étendue, embellie. Elle n’a d’ailleurs pas fini d’étendre ses tentacules dans le sous-sol moscovite puisque des extensions sont prévues pour bientôt vers les nouveaux quartiers dont le lointain Otradnoe où une partie de la délégation de la presse nationale au Mondial avait établi ses quartiers, lors de son séjour dans la capitale russe. Et nul doute que ces nouvelles lignes ajouteront une touche artistique supplémentaire à ce joyau qui, outre sa fonctionnalité, impressionne par son aspect majestueux et le soin avec lequel il a été dessiné et agrémenté.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes) et Abdoulaye MBODJ (photos)

« Ne changez pas! », a exhorté, lundi, le président français Emmanuel Macron en s'adressant au palais présidentiel de l'Elysée aux Bleus, estimant que cette équipe de France de football, sacrée championne du monde, « est belle parce qu'elle a été unie ». Dans un discours très court, le président a de nouveau dit "merci" aux joueurs et à leur encadrement, rassemblés dans le jardin de l'Elysée avec quelque 3.000 personnes dont de nombreux jeunes. « Merci d'avoir apporté cette coupe, merci de nous avoir rendus fiers, merci d'avoir mouillé le maillot, merci d'avoir été unis », a-t-il dit. Mais, a-t-il ajouté, « n'oubliez jamais d'où vous venez ». Et de désigner les responsables des "clubs qui vous ont formés" et "les parents qui n'ont pas compté leur temps".
« C'est ça la France! », a-t-il conclu.

Parmi les invités, figuraient notamment les jeunes joueurs et les encadrants des clubs formateurs des Bleus, comme ceux de Bondy, celui de Kylian Mbappé, ou de Frojes (Isère), celui d'Olivier Giroud.

Après Emmanuel Macron, quelques Bleus, très joyeux, ont pris le micro. « On est parti sur le terrain et on a tout cassé! », a lancé Paul Pogba pour résumer l'épopée russe. « j'espère qu'on vous a fait vibrer », a-t-il ajouté. Le capitaine Hugo Lloris a tendu la coupe à des jeunes pour qu'ils la touchent.

Deux heures après être arrivés de Russie, les Bleus avaient été accueillis dans la cour d'honneur de l'Elysée par Emmanuel Macron et son épouse Brigitte. Ils ont posé ensemble sur le perron de l'Elysée face aux caméras, avant de chanter à tue-tête et à capella l'air de "I will survive", puis une Marseillaise, qu'ils ont ensuite de nouveau entonnée côté jardin avec les invités.

L’Association nationale des arbitres de football du Sénégal (Anafs) annonce organiser une réception en l’honneur des arbitres sénégalais ayant pris part à la Coupe du monde 2018, jeudi, à partir de 15 heures.

"Dans le but de manifester sa reconnaissance, l’Anafs organise une réception en leur honneur, le jeudi après-midi à 15h au Cercle mess des Officiers", annonce cette structure. Elle estime que les arbitres internationaux, Malang Diédhiou, Djibril Camara et El Hadj Malick Samba, ainsi que le préparateur physique, Mademba Mbacké, ont été par la qualité de leurs prestations saluées par tous durant la Coupe du Monde en Russie. Ils ont honoré notre pays et le continent africain tout entier. La cérémonie devrait être présidée par le ministre des Sports, Matar Bâ, l’une des personnalités invitées à cette cérémonie. Le trio arbitral sénégalais composé de Malang Diédhiou, Djibril Camara et El Hadj Malick Samba est le seul africain à avoir officié durant la compétition. Il a dirigé trois matchs, dont le huitième de finale Belgique-Japon (3-2).  Les arbitres Malang Diédhiou et Djibril Camara, retenus dans le carré d’as de la Coupe du monde qui a pris fin, avant-hier, avec la victoire 4-2 de la France aux dépens de la Croatie, ont été désignés réservistes du match de classement. Pour rappel, cette rencontre a été remportée par la Belgique sur l’Angleterre 2-0, samedi.

(APS)

La 21ème édition de la Coupe monde de football a couronné, hier, la France pour son deuxième sacre, 20 ans après. Un beau champion au vu de son parcours et de la qualité de ses prestations.

Excepté son 3ème match mené au petit trot face au Danemark alors que tous deux étaient déjà qualifiés au second tour, l‘équipe de France a toujours affiché un visage séduisant et conquérant, a su une fois (contre la Belgique, en demi-finale), lorsque les circonstances l’exigeaient, presque « renier » son jeu, évoluer contre nature pour mieux prendre son adversaire au piège. Et hier, elle a conclu sa marche victorieuse en se payant la peau de non moins méritants Croates.

Un beau champion assurément, donc que cette fringante équipe de France ! Mais aussi un beau vainqueur que … la Russie qui sur le terrain a été au-delà des espérances et des attentes de tout un peuple et même de tous les observateurs du ballon rond. Le quart de finale pour une sélection censée servir de punching-ball à ses adversaires de groupe ? A vrai dire, c’est l’un des plus gros pieds-de-nez de ce Mondial à la « logique ». Et la Russie qui, surtout, en dehors des aires de compétition, a fait taire tous ses détracteurs et cloué le bec aux oiseaux de mauvais augure et aux Cassandre qui lui prédisaient un échec retentissant. Or, elle a parfaitement organisé son Mondial, assurant à merveille la protection de tous les participants, faisant adhérer ses populations à l’évènement (grâce surtout au beau parcours de la « Sbornaya »).

Jamais depuis au moins cinq éditions de cette compétition quadriennale, le coup d’envoi d’une Coupe du monde n’avait été précédé d’autant de cris d’Orphée. Du hooliganisme à la xénophobie en passant par l’insécurité, divers sujets à problèmes avaient été soulevés qui seraient susceptibles d’entacher le bon déroulement du Mondial russe. Au bout du 64ème et dernier match, hier, au stade Luzhniki, R.A.S ou presque! Car l’intrusion dans la finale d’hier de « streakers » ne saurait empêcher le satisfecit (d’autant qu’ils n’étaient pas … nus). Les autorités étatiques ont conduit les opérations de main de maître, les citoyens Lamnda ont bien joué leur partition, se déplaçant aux stades ou au pire dans les Fan Zones et assistant tout étranger désorienté dans le métro, dans la rue ou dans les centres commerciaux et partout ailleurs où le besoin s’est fait sentir. Et les participants ont en définitive autant profité de cette coupe du monde que de sa devancière, il y a quatre ans au Brésil, le « pays du foot ».

En Russie, pays plus hockey que foot, ce n’était peut-être pas gagné d’avance. Mais de là à prédire que tout irait de travers, il y avait un match pas gagné d’avance. La Russie n’a certes pas remporté le trophée, mais elle a gagné le respect du monde entier. Et cela vaut bien une Coupe du monde…

B. Khalifa NDIAYE

Moscou : Jusqu’à hier, seules deux personnes avaient réussi la formidable performance d’avoir remporté la Coupe du monde de football d’abord comme joueur ensuite comme technicien.

Le Brésilien Mario Zagalo en culottes courtes en 1957 et 1962 puis en survêtement en 1970, avec un certain Pelé sur les aires de jeu mexicaines. L’Allemand Franz Beckenbauer avait été le deuxième avec un sacre en crampons en 1974 et un autre en costume en 1990. Depuis hier, le cercle s’est élargi avec l’arrivée du Français Didier Deschamps.

Capitaine et milieu de terrain de l’équipe de France qui s’était imposée en 1998 à domicile, l’ancien entraîneur de l’OM et de la Juve entre autres clubs a enrichi son palmarès personnel d’un sacre comme coach avec les Bleus. Une belle récompense de la persévérance de ce technicien qui avait perdu, il y a deux ans, la finale de l’Euro à domicile face au Portugal.

Une belle récompense de la constance dans ses choix de la Fff qui n’avait pas jugé utile de virer son technicien malgré également « rien qu’un » quart de finale au précédent Mondial au Brésil.

LE MOT DES ENTRAINEURS
DIDIER DESCHAMPS, FRANCE : « IL N’Y A RIEN AU-DESSUS »
« Si on est champion du monde, c'est qu'on a fait les choses mieux que les autres. J'avais un groupe très jeune, 14 découvraient la Coupe du monde, mais malgré cela, la qualité est là. Ma plus grosse fierté, c’est que ce groupe a réussi à avoir l'état d'esprit pour une telle compétition. Le mot que je leur ai rabâché, c'est: ne rien lâcher, ne jamais rien lâcher.

Deschamps Dalic 2On a des imperfections, mais il y a ces qualités mentales qui ont été déterminantes dans cette Coupe du monde, où les équipes qui avaient la plus grande maîtrise, mais ça n'a pas suffi. J'ai eu l'immense bonheur de connaître ça comme joueur, il y a 20 ans, en plus c'était en France, ça restera gravé à vie. Mais ce que les joueurs ont fait là est aussi beau, aussi fort. On se rendra compte vraiment dans les jours à venir ce qu'on a réalisé. Mes joueurs ne savent pas ce que c'est qu'être champion du monde.

Je leur ai dit deux choses importantes après le match: ces 23 joueurs seront liés à vie, quoi qu'il se passe, ils prendront des routes différentes, mais ils seront liés à vie par cet événement. Et, je leur ai dit qu'à partir de ce dimanche soir, ils ne seront plus les mêmes, parce qu'ils sont champions du monde, parce qu'il n'y a rien qui est au-dessus ».

ZLATKO DALIC, CROATIE : « MES JOUEURS N’ONT PAS À BAISSER LA TÊTE »
« Je dois féliciter la France pour ce titre de champion du monde. Nous avons bien joué, au cours des 20 premières minutes, nous avons contrôlé la partie et ensuite il y a eu ce but contre notre camp sur coup de pied arrêté. On s'en est remis, on a continué et puis il y a eu ce penalty qui a été accordé.

Tout ce que je peux dire est que dans une finale de Coupe du monde, on n'accorde pas ce genre de penalty, mais cela ne minimise pas la victoire de la France. On avait plutôt eu de la chance lors des 6 premiers matches, peut-être qu'on en a un peu manqué en finale. Félicitations aussi à mes joueurs qui ont probablement fait leur meilleur match lors de ce Mondial, mais face à une équipe aussi forte que la France, on ne doit pas faire d'erreur.

On est un peu tristes mais aussi fiers de notre performance. J’ai dit à mes joueurs qu’ils n’ont pas à baisser la tête ».

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

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