banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Moscou : comme en 2006, 2010 et 2014, la Coupe du monde ira à un pays européen. Pour la cinquième fois dans l’histoire, les équipes du Vieux Continent ont réussi à bouter hors du dernier carré celles sud-américaine. Ce qui promet une finale à 100% européenne le 15 juillet 2018 au stade Luzhniki.

Les demi-finales de la 21e Coupe du monde de football démarrent demain avec une alléchante affiche France-Belgique à Saint-Pétersbourg, suivie d’un duel Angleterre-Croatie le lendemain, à Moscou au stade Luzhniki. L’une des particularités de cette 21e édition très riche en surprises est qu’aucune équipe sud-américaine ne figure dans le dernier carré. Vendredi, elles étaient deux à affronter deux adversaires du Vieux Continent. L’Uruguay s’est incliné face à la France au stade de Nijni Novgorod et le Brésil, quintuple champion du monde, a été sorti de la compétition par une courageuse équipe de la Belgique. Cette situation est loin d’être inédite puisqu’en 2006, en Allemagne, le dernier carré n’était composé que d’équipes du Vieux continent : l’Allemagne, l’Italie, le Portugal et la France.

L’Europe, terre de malédiction des Sud-américains
De 1930 à aujourd’hui, l’Europe a (avec la Russie en 2018) abrité à onze reprises les phases finales de la Coupe du monde. Hormis l’édition de 1958, en Suède, qui avait vu le Brésil brandir son premier trophée mondial, le bilan reste mitigé pour les équipes de la Conmebal (Confédération sud-américaine de football) sur le Vieux continent. Toutes les autres consécrations portent l’empreinte des sélections européennes : Allemagne (3), Italie (4), France (1) et Espagne (1). D’ailleurs, depuis cette 6e édition, rares ont été les équipes sud-américaines à avoir atteint la finale sur les terres européennes.

Seuls l’Argentine en 1990 en Italie et le Brésil en France en 1998, ont réussi cette prouesse.

Cette année encore, en Russie, les Sud-américains seront absents du banquet final. Leurs derniers représentants, la Céleste et la Seleçao, se sont cassé les dents face à la France et à la Belgique. Un scénario qui rappelle 2006, en Allemagne tout comme en 1982, en Espagne, en 1966 en Angleterre et en 1934 en Italie, où le dernier carré était dominé par l’Europe. Incapable de déplacer les montagnes russes, l’Amérique du Sud laisse ainsi au Vieux Continent le monopole des demi-finales avec, cerise sur le gâteau, une  finale 100 % européennes comme en 2010 (Espagne-Pays-Bas), en 2006 (Italie-France), en 1982 (Italie-Allemagne), en 1974 (Allemagne-Pays-Bas), en 1966 (Angleterre-Allemagne), en 1954 (Allemagne-Hongrie), en 1938 (Italie-Hongrie) et en 1934 (Italie-Tchécoslovaquie).

Jusqu’en 2010, l’Amérique du Sud était la chasse gardée des équipes du Conmebal qui s’y sont toujours imposées. Aucun pays européen n’avait réussi à y gagner. Après quatre échecs (1930, 1950, 1962, 1970 et 1978), le Vieux Continent a cassé cette dynamique et vaincu la malédiction en 2014 grâce à la Nationalmannschaft qui s’est payé le luxe de commettre un crime de lèse-majesté en allant remporter un premier titre historique à Rio de Janeiro, après avoir humilié (7-1) le Brésil en demi-finale et battu (1-0) l’Argentine en finale.

Russie, pari réussi
Mieux, depuis trois éditions (2006, 2010 et 2014), les sélections européennes dictent leur loi au reste du monde. Avec, en prévision, une finale à 100% européenne, le Vieux Continent qui mène déjà par 11 victoires finales à neuf, aura une occasion de creuser l’écart devant l’Amérique du Sud bredouille depuis 2002. Et qui devra attendre quatre longues années pour espérer briser le joug de l’Europe.

Cette édition a été marquée par les contre-performances des grandes nations du football. Les équipes qui rêvaient de briller sous le ciel russe ont connu une grosse désillusion. L’Allemagne, tenante du titre, a connu une faillite spectaculaire en terminant en queue de peloton d’un groupe à sa portée. Très attendue, la Pologne de Robert Lewandowski n’a pas dépassé la phase de groupe. L’Espagne s’est effondrée en 8e de finale. Tout comme le Portugal qui n’a pu compter sur Cristiano Ronaldo pour aller au-delà des 8e. L’Argentine avec un Lionel Messi pas au summum de son art, n’a pu aller au bout de sa quête du Graal. Le Brésil de Neymar a vu ses rêver brisés par la Belgique. Cependant, l’une des grandes satisfactions de ce Mondial reste la Russie que personne n’attendait. Le pays hôte, n’a pas réussi à aller jusqu’au bout de son rêve en sortant l’Espagne en huitième de finale. Mais l’aventure de la « Sbornaïa », qui a réussi à déjouer tous les pronostics pour se hisser jusqu’en quart de finale, a été stoppée par la Croatie. Les hommes de Stanislav Tchertchessov quittent leur Mondial en quart de finale comme la France en 1938, la Suisse en 1954 et le Mexique en 1970 et 1986.

L’Afrique dernière de la classe
Les phases finales de Coupe du monde se suivent et se ressemblent toutes pour les équipes africaines. Leur plus haut fait d’armes reste un quart de finale que seules trois équipes avaient réussi à atteindre : le Cameroun en 1990, le Sénégal en 2002 et le Ghana en 2010. En Russie, ni l’Egypte encore moins le Maroc, la Tunisie, le Nigeria et le Sénégal n’ont réussi à briller. Depuis 1934, l’Afrique peine à se faire une place dans le club très fermé des grands du football mondial. Le Mondial russe a démontré que l’Afrique avait encore du chemin à faire. Le Sénégal, après s’être imposé d’entrée face à la Pologne (2-1), a manqué de passer le cap du premier tour alors qu’il avait toutes les cartes en mains pour se qualifier (nul 2 – 2 contre le Japon et défaite face à la Colombie 0 – 1). Et dire que cette équipe sénégalaise a fait mieux que les autres représentants africains en engrangeant quatre points là où le Nigéria et la Tunisie ne comptent qu’une seule victoire. Le Maroc n’a pas eu la même chance. L’Egypte dont le retour était très attendue a quitté la compétition avec un zéro pointé. Les Pharaons avaient connu la même désillusion en … 1934 et 1990. A l’arrivée, le bilan des représentants africains n’est guère reluisant : 3 victoires, 2 matchs nuls et 10 défaites pour 16 buts inscrits et 26 encaissés.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

Le paradoxe du football, c’est qu’il est le sport collectif par excellence qui, en même temps, magnifie peut-être plus que dans toutes les autres disciplines, la performance individuelle. Si bien que même dans une épreuve comme la Coupe du monde dont la 21ème édition se dispute actuellement en Russie, on épilogue autant sur les chances de telle ou telle autre équipe de décrocher le titre final que sur celles de telle star de marquer des points décisifs dans la course à l’attribution du Ballon d’or. Messi et Ronaldo qui ont trusté ces dix dernières années la récompense individuelle suprême, renvoyés à la maison, on cherche depuis le joueur qui pourrait interrompre ce mano-à-mano. Peut-être que les derniers jours de compétition permettront à quelqu’un de sortir du lot.

Pour l’heure, et comme le Brésil il y a quatre ans suite à la blessure et au forfait de Neymar, on peut bien noter que l’absence hier de Cavani a été préjudiciable à l’Uruguay. Devenue une équipe quelconque sans son meilleur buteur, l’Uruguay est totalement passé à côté de son sujet contre la France. Un peu comme les « Auriverde » en demi-finale de « leur » Mondial en 2014 face à l’Allemagne (1 – 7). Et également à l’image de l’Argentine tout au long de ses trois matchs en terre russe, plombée par un fantomatique Lionel Messi. Pour parler de ce qui nous concerne de plus près, l’Egypte n’a-t-elle pas fait les frais du manque de rythme de Mohamed Salah, son maître à penser technique et buteur efficace ? Ses compatriotes connaissaient à ce point l’importance du joueur de Liverpool dans la performance d’ensemble des Pharaons, que certains d’entre eux n’avaient pas hésité à manifester devant l’ambassade d’Espagne au Caire pour s’en prendre à Ramos, le défenseur et capitaine du Real et de la « Roja » qui avait « démonté » leur pharaon en finale de la Ligue européenne des champions.

Et pour balayer devant la porte de notre Tanière, avec un Sadio Mané au même niveau de performance qu’en club, le Sénégal n’aurait-il pas passé le cap des matchs de groupes de ce Mondial ?

Puisque personne n’aura jamais la réponse exacte, on peut prendre la liberté de répondre que … si. Dans tous les cas, il n’y a jamais à y redire aussi longtemps que la dépendance d’une équipe d’un de ses éléments porte ses fruits. Cependant, quand ça commence à ne plus marcher comme espéré, on se fait fort de se rappeler que le football est avant tout un sport collectif. N’empêche des individualités sortiront toujours du lot et auront la responsabilité de porter leur équipe. Et de perpétuer ce joli paradoxe autour du foot.

B. Khalifa NDIAYE

Les prestations mi-figue mi-raisin de Khadim Ndiaye lors de la Coupe du monde en Russie ont relancé le débat sur la hiérarchie des gardiens en équipe nationale. Les cartes risquent fort d’être redistribuées. Relégué au second plan, Abdoulaye Diallo et Alfred Gomis sont à l’affut pour chiper la place de titulaire au portier du Horoya.

Dans la hiérarchie des gardiens de l’équipe nationale, Khadim Ndiaye a eu,depuis le 2 septembre 2017, contre le Burkina Faso, les faveurs d’Aliou Cissé. Un choix qui a rétrogradé Abdoulaye Diallo, titulaire indiscutable au poste, à la deuxième place devant Alfred Gomis, peu connu du grand public. Jusqu’à un passé assez récent, le portier du Horoya AC,qui a fait ses premiers pas en sélection en 2010 sous les ordres d’Amara Traoré, était la doublure du dernier rempart du Stade Rennais, mais profitant du manque de temps de jeu et d’une baisse de forme de ce dernier avec son club, l’ancien joueur de la Linguère, appelé par Aliou Cissé, a saisi sa chance. Le malheur des uns fait bien le bonheur des autres.

Préféré à Abdoulaye Diallo lors des phases qualificatives du mondial russe, Khadim Ndiaye a été très décisif et a gagné sa place de titulaire lors des matchs suivants (Burkina Faso, Cap Vert et Afrique du Sud), devenantdu coup le numéro 1 des gardiens de but. Faisant preuve d’une bonne régularité lors des matches de préparation (il a été titulaire contre le Luxembourg et la Corée du Sud) de l’équipe pour le mondial, Khadim Ndiaye a,sans surprises, conservéson statut en Russie, sans pour autant faire l’unanimité. Mais les matchs contre la Pologne et le Japon ont montré qu’il n’était pas un modèle de sérénité.

Ses prestations ont été ponctuées d’erreurs que l’équipe a payées cash. Sa bourde sur le deuxième but égalisateur des Samouraïs Bleus, ses sorties approximatives et ses mauvaises relances au pied ont fini par donner raison à ses détracteurs. Ces approximations et sa prestation contre la Colombie sont venues relancer le débat concernant son choix comme titulaire au poste.

A 33 ans aujourd’hui, Khadim Ndiaye compte pas moins de 23 sélections et demeure l’un des plus anciens de cette équipe. Et ses performances mitigées lors de la campagne russe risquent d’avoir des répercussions et relancer la concurrence lors des prochaines échéances des Lions qui devront, dès le 7 septembre prochain, retrouver le chemin de la compétition, notamment les éliminatoires de la prochaine Coupe d’Afrique des nations prévue en 2019, au Cameroun. De quoi redistribuer les cartes dans ce secteur et permettre à Diallo et Gomis de caresser l’espoir de bénéficier des grâces du sélectionneur national.

Alfred Gomis, portier de Spal (Série A italienne) est à l’affût. Malgré sa faible expérience internationale Aliou Cissé l’a convoqué parmi les 23 joueurs retenus pour la Coupe du monde. Le sélectionneur ne lui a certes pas donné du temps de jeu lors des trois matchs de préparation de l’équipe et il n’a pas non plus joué la moindre minute en Russie, mais Gomis qui sort d’une saison plutôt satisfaisante avec son club est encore apprentissage et dispose d’arguments pour prétendre plus tard au poste de gardien numéro 1. Lors de sa première apparition avec les Lions le 14 novembre 2017, contre l’Afrique du Sud en éliminatoires du mondial, il avait été très rassurant. Mais son manque de vécu au très haut niveau a sans aucun doute joué en sa défaveurface à des concurrents aguerris. Du haut de ses 24 ans, Alfred Gomis a énormément de choses à apporter à cette équipe qui a encore cinq matchs à disputer en éliminatoire de la Can.Sa progression est donc à suivre et en fonction de ses performances, il pourrait un jour avoir sa chance etbouleverser la hiérarchie.

Passé de titulaire potentiel à remplaçant, Abdoulaye Diallo, victime de son manque de temps de jeu à Rennes, n’en demeure pas moins un gardien expérimenté, qui connait bien la haute compétition. La preuve, il a été titulaire indiscutable lors de la Can 2017 et lors du début de la phase éliminatoire du mondial. Mais l’ancien numéro 1, qui a perdu sa place le 8 octobre 2016, lors de la victoire (2-0) du Sénégal face au Cap Vert, n’a jamais perdu espoir.AliouCissé lui a offert du temps de jeu le 8 juin dernier contre la Croatie et Abdoulaye Diallo s’est montré intéressant comme à son habitude.

Diallo qui n’a disputé qu’un seul match cette année avec les Lions ne désespère pas de cirer les bancs. Il a encore tout ce qu’il faut pour reconquérir la place qui était la sienne. Dans ce secteur où nul n’est intouchable ni indispensable, Aliou Cissé qui ambitionne de qualifier l’équipe à la prochaine Can et de réaliser un très bon parcours, aura l’embarras du choix.

Il aura à disposition 3 gardiens qui vont tout donner pour être l’heureux élu. Cette concurrence ouvrir de nouvelles perspectives pour Diallo et Gomis restés scotché au banc de touche lors du dernier mondial. Et tous deux ont besoin de travailler davantage et de progresser pour convaincre le sélectionneur.

Moscou : Pour deux pays qui n’ont plus disputé de finale de Coupe du monde depuis qu’ils ont accueilli la compétition (la Suède en 1958 battue par le Brésil de Pelé et l’Angleterre avec sa victoire en 1966), ce sera l’occasion, cet après-midi à Samara (14 h) de tenter de se rapprocher de l’ultime étape de « Russie 2018 », le 15 juillet prochain. Les deux dernières fois que Suédois et Anglais s’étaient croisés en Coupe du monde, ils s’étaient quittés bons amis (1 – 1 en 2002 et 2 – 2 en 2006). Mais, c’était en phase de poule.

Aujourd’hui, ce sera un match de coupe. Et il y aura forcément un vainqueur, dans le temps réglementaire (comme la Suède contre la Suisse au tour précédent), après prolongations ou aux tirs au but (comme l’Angleterre face à la Colombie au même stade de la compétition). C’est dire que les deux formations ont de solides atouts à faire prévaloir. Avec le meilleur buteur de l’épreuve dans ses rangs (Kane, 6 réalisations), la formation des « Three Lions » a un atout offensif qui ne sera pas de trop contre les solides Vikings qui, eux, sans être très brillants sont assez solides pour que leur célèbre devancier sous le maillot jaune et bleu … Zlatan Ibrahimovic les voit soulever le trophée mondial dans un peu plus d’une semaine. Mais qu’ils commencent déjà par se sortir du piège anglais…

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA,
Diégane SARR, Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

Moscou : La Croatie n’a jusqu’ici pas de chance avec les équipes des pays hôtes de la Coupe du monde de football. Deux fois, elle les a croisées et deux fois elle a été battue. Contre la France, en demi-finale (1 – 2) et face au Brésil en ouverture du Mondial 2014 (1 – 3). Alors, jamais deux sans trois pour Luka Modric et les siens aujourd’hui à 18 h à Sotchi, en quart de finale face à la Russie ?

Ils auront certainement à cœur de faire mentir ce célèbre adage et de tordre à cette terrible statistique selon laquelle toutes les cinq équipes hôtes de la Coupe du monde qui avaient atteint les quarts avaient réussi à se hisser dans le dernier carré (Italie 1990, France 1998, Corée du Sud 2002, Allemagne 2006 et Brésil 2014). Une statistique d’autant plus inquiétante pour les Croates que la « Sbornaya » russe, désormais portée par tout un peuple, surfe actuellement sur les vagues de la performance. Elle s’est mise à rêver grand depuis qu’elle a sorti l’Espagne et ses stars (aux tirs au but, il est vrai) en huitième de finale. Et comme le pays n’avait plus atteint les quarts de finale d’un Mondial depuis l’époque soviétique pas plus qu’il n’avait jamais battu une équipe européenne dans cette compétition, il ne voudra pas s’arrêter en si bon chemin. Donnée pour moribonde avant le coup d’envoi, juste bonne pour disputer trois petits matchs dans « sa » Coupe du monde avant de laisser les autres poursuivre la compétition, la « Sbornaya » a retrouvé des couleurs et passe désormais pour un potentiel favori au titre. Mais son coach, Stanislav Tchertchessov, met en garde contre « toute euphorie ». Il sait qu’il va vers un match très difficile face à des Croates qu’ils jugent « aussi bons que les Espagnols » et capables de jouer sur différents registres.
Les hommes du coach Zlatko Dalic savent, en effet, alterner voire combiner jeu technique et efficace et pressing de tous les instants et rigueur dans le marquage.

Et avec des artistes tels Modric et Rakitic et un buteur de la trempe de Mandzukic, ils peuvent tenir la dragée haute à n’importe quel adversaire. Après avoir balayé l’Argentine (3 – 0) en match de groupe et sorti le solide Danemark en huitièmes, les Croates n’ont plus le droit de craindre personne, ni rien. Pas le pays hôte, ni les statistiques qui les donnent battus d’avance.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes)

Moscou : La coupe du monde édition 2018 est une épreuve exceptionnelle. Presque tous les favoris qui s’étaient alignés au départ, ont été éliminés avant d’arriver au stade des demi-finales.

L’exemple de l’Uruguay et du Brésil en a été un cas hier. Avec les verdicts des premiers quarts de finales livrés hier, cette compétition n’a pas encore fini de livrer toutes ses surprises.

Après l’Uruguay, ce fut le tour du Brésil de prendre la porte de sortie ; les deux équipes sud-américaines qui restaient en course dans ces quarts de finales, ont plié hier devant respectivement la France et la Belgique. Restent maintenant en lice, seules les équipes européennes qui vont disputer les demi-finales mardi et mercredi prochains à Saint-Pétersbourg et à Moscou. Deux favoris de plus hors course ; cette édition 2018 de la coupe du monde est assurément celle de toutes les incertitudes.

Au départ favoris, presque tous les « grands » sont passés à la trappe laissant la France et la Belgique poursuivre le chemin vers les demi-finales. C’est l’Uruguay la première qui s’est fait éliminer sur deux buts inscrits par Raphaël Varane (40e) et Antoine Griezman (61e), hier, à Nijni Novgorod. Une victoire qui efface bien des souvenirs puisque c’est la première fois que la France bat l’Uruguay en coupe du monde ; un succès historique qui permet donc en même temps à Didier Deschamps et ses hommes d’atteindre l’objectif premier assigné qui était les demi-finales.

Du coup, ils peuvent faire oublier l’élimination en quarts de finales de l’édition 2014 par le Brésil (1-0). Et penser, pourquoi pas, à une seconde finale, après celle de 1998, qui les avait vus remporter pour la première fois le trophée mondial. Mais en attendant, Mbappé et ses coéquipiers vont savourer cette qualification face à l’une des meilleures équipes de la compétition. En tout cas, c’est une belle performance réussie par Antoine Griezman et ses camarades après avoir sorti l’autre grand de la compétition, l’Argentine. Mais, l’Uruguay d’hier, n’avait pas grand-chose à démontrer depuis l’annonce de la blessure de son buteur patenté, Edinson Cavani, absent du match. Luis Suarez a été quant à lui l’ombre de lui-même, ne parvenant pas à inquiéter la solide défense française.

La légendaire solidité de la défense uruguayenne a sauté, hier, devant les coups de boutoirs des Bleus malgré sa charnière centrale composée de Diego Godin et Jose Maria Gimenez. La France qui n’avait plus marqué devant l’Uruguay depuis 1985, s’est donc retrouvée grâce à une ligne d’attaque de feu qui marque à tous les coups dans ce mondial. Les deux équipes sud-américaines (Argentine et Uruguay) qui se sont frottées à elle, l’ont appris à leurs dépens. La France croisera maintenant la Belgique sa « voisine » en demi-finale. On s’attendait à voir la Belgique s’arrêter au stade des quarts de finales, hier, mais, Eden Hazard et ses coéquipiers vont continuer leur chemin vers les demi-finales. Dans un match où rien n’était garanti, les Diables Rouges ont vite fait de tuer tout suspense en inscrivant deux buts en l’espace de trente minutes par Vincent Kompany (13e) et Kevin de Bruyne (30e). Et couper l’herbe sous les pieds de Neymar et compagnie qui auront tout fait dans ce match pour revenir en surface. La réduction du score par Renato Augusto à la 75e minute n’a pas freiné les ardeurs belges, puisque le match se terminera sur ce score qui qualifie les Diables Rouges en demi-finales.

Mais la Belgique a tenu bon pour décrocher son ticket pour les demi-finales. Les Belges qui avaient des atouts à faire valoir pour faire trembler le grandissime favori brésilien, ont bien su mener le match à leur guise. Une "génération dorée" qui continue d’entretenir son rêve de titre mondial dans un tournoi débarrassé des autres favoris espagnols et allemands.

Cette première demi-finale de Mondial décrochée depuis 1986, voit venir des belges qui n’ont plus peur de rien. Leur attaque est l’une des plus prolifiques, leur défense également ne se laisse pas conter.

L’équipe conduite par le coach Roberto Martinez a maintenant toutes les raisons de penser à une finale, qui serait la première dans son histoire. Mais à condition d’abord de se débarrasser de la France.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA,
Diégane SARR, Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

Nijni Volgorod : En quart de finale de la 21ème Coupe du monde, disputé hier au Nijni Volgorod stadium, la France a battu l’Uruguay par 2 buts à 0. Mi-temps : 1 – 0 pour la France Buts : Varane (40ème mn), Griezmann (61ème mn)

Les équipes : Uruguay : F. Muslera, J. Gimenez, D. Godin (cap), R. Bentancur (puis C. Rodriguez, 59ème mn), N. Nandez (puis J. Urretaviscaya, 73ème mn), L. Suarez, C. Stuani (puis M. Gomez, 59ème mn), L. Torreira, M. Vecino, D. Laxalt, M. Caceres. Entraîneur : Oscar Tabarez

France : H. Lloris (cap), B. Pavard, R. Varane, S. Umtiti, P. Pogba, A. Griezmann (puis N. Fékir, 90 + 2), O. Giroud, K. Mbappé (puis O. Dembélé, 87ème mn), C. Tolisso (puis S. Nzonzi, 79ème mn), N. Kanté, L. Hernandez. Entraîneur : Didier Deschamps

Arbitres : N. Pitana (Arg) assisté de ses compatriotes H. Maidana et J. P. Belatti.

Carton jaune : Bentancur, Rodriguez (Uruguay) ; Hernandez, Mbappé (France)

Un peu moins d’une mi-temps, c’est le temps mis par la forteresse uruguayenne à résister aux coups de boutoir de la France avant de céder. Un amour de coup franc de Griezmann déposé sur la tête de Varane et la Celeste perdit de son semblant d’éclat. Stuani n’ayant pas fait oublier Cavani finalement forfait, Suarez n’a eu aucun ballon digest à négocier au front de l’attaque sud-américaine.

La légendaire solidité défensive uruguayenne prit un dernier coup fatal lorsque son gardien de but Fernando Muslera se rendit coupable d’une faute de main sur une frappe lointaine de Griezmann à l’heure de jeu.

Après, il n’y eut plus le moindre suspense.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

LE MOT DES ENTRAÎNEURS
OSCAR TABAREZ, URUGUAY : « ON N’A PAS SU TROUVER LA SOLUTION »
« La France nous a dominés et il faut la féliciter. Les vingt premières minutes étaient équilibrées. Dès qu’ils ont pris l’avantage, cela a pesé lourd. On a fait les efforts qu’il fallait pour revenir, mais la France a bien contrôlé le match.

Elle a mieux joué, on n’a pas su trouver de solution. C’est la fin d’un rêve, mais d’autres épreuves nous attendent. D’autres équipes de l’élite mondiale sont parties avant nous. Ça fait mal, mais on n’a pas le droit de dramatiser non plus ».

DIDIER DESCHAMPS, FRANCE : « JOIE ET FIERTÉ »
« Je ressens beaucoup de joie et de fierté, puisque cette victoire est largement méritée. On avait réussi quelque chose de grand face à l’Argentine, cette fois, on a encore élevé le niveau.

Comme on a pu le constater à certains moments, notre équipe manque toujours d’expérience ; mais elle compense avec une grosse générosité dans l’effort. Maintenant, on est en demi-finale.

Et quoi qu’il arrive, ce ne pourra pas être une Coupe du monde ratée. C’est très important et je suis fier pour l’ensemble de mes joueurs, puisqu’après ce qu’ils avaient fait face à l’Argentine, ce n’était pas évident de redescendre sur terre ».

Si la Fifa a éliminé la double peine, elle ne peut rien contre l’amertume des vendeurs de maillots aux couleurs du Sénégal. En plus de vivre difficilement l’élimination des Lions, ils font face à des stocks d’articles maillots, gadgets, drapelets qui ne trouvent plus preneur.

Si les supporters sénégalais digèrent petit à petit l’élimination de l’équipe nationale, dès le premier tour de la Coupe du monde, chez les vendeurs de maillots, la peine est double. En plus de supporter cette mini-déception, ils font face à une équation de taille. En effet, la qualification de l’équipe du Sénégal avait donné de nouvelles idées aux vendeurs, ambulants ou gérants de magasins. La plupart d’entre eux avaient laissé leur activité de côté pour se consacrer à la vente de maillots. Un business qui marchait bien, même avant le début de la compétition. Vendeur de matériels importés à Colobane, Abdou Khadr, la quarantaine, avait aménagé un petit espace pour la vente de maillots. « J’en ai beaucoup vendu avant le début de la Coupe du monde. Et la bonne entrée en matière des Lions avec la victoire contre la Pologne a donné plus d’engouement. J’ai commandé un lot de 100 maillots en provenance du Maroc », dit-il. A peine que sa commande est arrivée, que le Sénégal est éliminé. Une pilule dure à avaler. « Je ne m’y attendais pas vraiment. Aujourd’hui, je n’arrive même pas à les vendre au prix d’achat. J’ai été obligé de trouver un vendeur de maillots à temps plein pour lui filer tout mon stock. J’ai accusé une perte d’au moins 60 000 FCfa. Je ne vois plus d’acheteurs, alors que mes articles étaient de très bonne qualité », se désole-t-il, non sans préciser qu’il n’est pas le seul à vivre une telle désillusion.

Non loin de là, les cantines se suivent, mais le décor est le même, les drapelets et autres gadgets aux couleurs nationales qui s’écoulaient comme de petits pains ont désormais trouvé place dans les étagères. « Ça ne se vend presque plus. On ne trouve pas preneur. Tous les deux jours, j’allais me ravitailler aux Allées du Centenaire. Ce qui nous soulage, c’est qu’entre le début de la Coupe du monde et le dernier match du Sénégal, nous nous sommes fait beaucoup d’argent. Par exemple, même avec le maillot de moindre qualité vendu entre 4.000 et 5.000 FCfa, on se faisait un bénéfice de près de 50%. C’est ce qui nous soulage, sinon ça allait être pire. Je me rappelle le lendemain de la victoire contre la Pologne, j’ai vendu au moins 30 maillots et près de 50 drapelets en une journée », révèle Cheikh Fall.

De 8.000, les prix des maillots ont chuté à 2000 FCfa
Le décor du Marché Sandaga est tout autre. A l’approche de la Coupe du monde, et même durant les deux premiers matchs des Lions, le Rond-point était presque coloré. Maillots, drapelets, brassards, gadgets…tous s’étaient mis au rythme de la Coupe du monde. En cette après-midi de mardi, la forte canicule s’abat sur le marché. Mais difficile d’apercevoir un article aux couleurs nationales. Les marchands ambulants ont repris leurs vieilles habitudes. A quelques mètres du rond-point, Modou Ngom tient sa cantine, à l’intérieur de ce lieu de vente de boubous d’art, les lots de maillots sont rangés dans un coin. C’est à peine si le commerçant veut en parler. « On ne voit plus de clients. J’ai ici des maillots que j’avais pris chez un commerçant en provenance de Turquie à 8.500 FCfa l’unité. Maintenant, je n’ose même plus marchander. La perte est évidente, il faut juste minimiser. J’ai vendu des maillots à moins de 2.500 FCfa après l’élimination et le pire, c’est que je peux rester pendant 3 jours sans en vendre. Les drapelets et autres gadgets, je n’ose même pas les sortir du sac», se désole-t-il.

Aujourd’hui, il estime le stock à près de 200.000 FCfa. Mais notre commerçant dit avoir retenu la leçon. « Il faudra prochainement y aller avec beaucoup de prudence», tempère-t-il.

Les vendeurs occasionnels payent le plus lourd tribut
Qu’ils soient vendeurs de chaussures, de friperie ou de vêtements de femmes, ils avaient tout abandonné, le temps de la Coupe du monde, pour faire le maximum de dividendes avec la vente des articles aux couleurs nationales. Aujourd’hui, ce sont eux qui souffrent le plus de l’élimination précoce du Sénégal. Trouvé dans sa cantine, non loin du Centre commercial Touba Sandaga, le vieux Guèye fait le point avec ses jeunes. Vendeurs de maillots à temps plein, il dit ne pas trop souffrir de la situation. « C’est mon quotidien. Ce sont ceux qui étaient dans d’autres secteurs et qui ont pris toutes leurs économies pour les mettre dans la vente de maillots qui souffrent le plus », dit-il.

Venu écouler son grand stock, Madou sort difficilement les mots. « Je suis vendeur de chaussures. Mais j’ai du mal à retrouver mon activité parce que j’avais mis beaucoup d’argent dans le business des maillots. Je suis maintenant obligé de tout bazarder », informe-t-il. Et la tournure du marchandage montre à suffisance la position de force du traditionnel vendeur de maillots.

« Je ne marchande pas par unité, si tu veux on discute du prix pour tout le stock », lance le vieux Guèye, avec beaucoup d’autorité. C’était alors parti pour un long marchandage. « Je suis obligé de le vendre à perte. Ce sont 5 lots de 20 maillots. Avec le prix qu’il me propose, c’est comme si je vendais le maillot à moins de 2.000 FCfa, alors que je refusais 4.500 FCfa avant notre élimination », souligne le vendeur, après avoir fait appel à la calculette.

Oumar FEDIOR

La vie continue au «village du mondial» après l’élimination du Sénégal. Mais l’affluence n’est plus la même.

17h 55 mn. Nous sommes à 5 mn du démarrage du match des 8èmes de finale devant opposer la Belgique au Japon.

La Place de la Nation est clairsemée. Quelques vendeuses de sandwichs, de beignets par-ci, des ambulants avec leurs gadgets par-là. Voilà tout le décor. Les deux écrans géants qui ont été installés par la Rts ne sont pas allumés. Nous sommes loin des jours de match de l’équipe nationale du Sénégal où la Place de la Nation faisait le plein.

Il était difficile de se frayer un chemin pour accéder à l’intérieur. Aujourd’hui, l’ambiance est tout autre. Ce n’est plus la forte affluence. Malgré l’élimination des Lions du Sénégal, quelques inconditionnels du ballon rond font toujours le déplacement pour suivre les matchs depuis l’ex-Place de l’Obélisque. C’était le cas encore, hier, lors du match Belgique-Japon. Même si on pouvait les compter du bout des doigts, ils étaient moins de 30 personnes assis au pied du monument juste au début de la rencontre.

Au fur et à mesure, d’autres arrivent et prennent place dans le groupe pour suivre le match depuis l’écran géant installé par la Rts. Un seul écran géant. Pas besoin de se bousculer pour voir le match. Tranquillement assis, la plupart souhaitent une victoire de la Belgique contre le Japon. Pour eux, les Samouraïs ont barré la route à l’équipe nationale du Sénégal. Cheikh Diop se rappelle de la deuxième sortie des Lions contre l’équipe japonaise. Selon lui, le Sénégal a perdu toutes ses chances de se qualifier au deuxième tour de ce Mondial après avoir fait un match nul lors de sa confrontation avec les Japonais. Cheikh Diop, accompagnés de quelques de ses amis, est venu à la Place de la Nation pour revivre cette ambiance des matchs. Mais tel ne sera pas le cas, car ils ne sont pas trop nombreux sur place. Il reconnaît que l’affluence a fortement diminué au lendemain du match entre le Sénégal et la Colombie. Ces quelques inconditionnels trouvés sur place viennent des quartiers de Colobane, Fass, Médina. D’après Cheikh Diop, certains sont juste attirés par l’écran géant qui offre plus de visibilité.

Des moments exceptionnels vécus
Rencontré dans le « village du mondial », Boubacar Kambel Dieng, ancien journaliste à la Radio futurs médias (Rfm), s’affaire à ranger quelques matériels de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp). Il se rappelle des « moments extraordinaires » à la Place de la Nation lors du premier match entre l’équipe du Sénégal et la Pologne. « On a vécu des moments exceptionnels avec cette première victoire des Lions qui nous donnaient beaucoup d’espoir pour cette qualification au second tour. Il y avait énormément de personnes qui ont communié autour du même idéal. On a senti que les Sénégalais étaient un et indivisible derrière leur l’équipe », se souvient-il. A son avis, l’ambiance n’est plus la même depuis cette élimination. M. Dieng invite tous les supporters à continuer à croire en cette équipe et à se préparer pour les échéances futures. « Nous avons la Can 2019 qui se pointe à l’horizon.

Avec cette équipe et avec Aliou Cissé, nous pouvons espérer avoir quelque chose et pourquoi pas le premier trophée continental du Sénégal en 2019 », dit-il.

De l’animation pour attirer les supporters
Même si le Sénégal est éliminé, la vie continue au « village du mondial » sous un autre rythme. Les partenaires de la Rts ont toujours leurs stands dans cet espace. La Lonase, la Sonatel, la Soboa sont toujours là. Mme Rokhayatou Kane Dieng, responsable marketing de la Soboa, constate qu’il y a moins de monde depuis l’élimination du Sénégal jeudi dernier.
« Nous avons noté une baisse.

Il y a moins de monde qu’il y a une semaine », explique-t-elle. Mme Dieng précise, cependant, que l’affluence reste toujours la même pendant les week-ends. Toutefois, la Soboa a trouvé d’autres astuces pour attirer du monde dans son stand. Tous les jours, Mme Rokhayatou Kane Dieng et son équipe font des animations avec des jeux tombolas pour retenir les visiteurs du Mondial. Un choix qui s’avère payant. Il y avait plus de monde devant le stand de la Soboa que devant l’écran géant. Beaucoup d’enfants accompagnés de leurs parents étaient là pour gagner des lots. « Notre challenge est de retenir les gens, surtout les enfants», dit-elle. Mme Rokhayatou Kane Dieng renseigne que depuis l’élimination du Sénégal, le record d’affluence est noté les jours de match de l’équipe de France, avec son lot de joueurs d’origine africaine.

Aliou Ngamby NDIAYE

LA RTS MAINTIENT LE RYTHME
Elle est la chef du « village du mondial ». Trouvée en face du plateau de la Rts installé au cœur de la Fans zone, Mme Fama Diouf prépare les lots à remettre aux gagnants. Depuis le démarrage de la coupe du monde «Russie 2018», la Rts a installé ses quartiers dans cette Place de la Nation. Mme Fama Diouf note, cependant, que l’ambiance n’est plus la même depuis l’élimination de l’équipe nationale. Au-delà du «village du mondial», c’est tout le pays qui est atterré par cette élimination dès les phases de poule des Lions de la Teranga, explique-t-elle. Malgré cette élimination, la Rts continue ses animations à l’ex-Place de l’Obélisque. « Nous avons un programme culturel très riche. Tous les jours, nous avons la troupe Fam avec Ibrahima Mbaye «Sopé» qui est là. Toutes nos chaînes : Rsi et Dakar Fm sont là pour mettre de l’ambiance dans le village. Tous les samedis, nous avons des concerts en live. Cela fait vraiment ressortir le caractère culturel de cet évènement », informe-t-elle. Selon elle, « l’aventure continue ». « Nous avons installé une aire de jeu pour les enfants qui est quasiment pleine tous les jours. Nous sommes souvent obligés de faire la police pour gérer la sécurité. L’affluence est toujours là, mais ce n’est pas du tout pareil avec les jours du match de l’équipe nationale du Sénégal. C’est très normal mais les gens sont là, ils viennent. La Rts est là jusqu’au 15 juillet », ajoute Mme Fama Diouf.

A. Ng. NDIAYE

Stress, impatience, joie, prudence et soulagement. L’ambassadeur de France à Dakar, Christophe Bigot, est passé par tous ces sentiments lors du quart de finale de la Coupe du monde qui opposait son pays à l’Uruguay. Récit d’un « road trip » parti du Cap Manuel à l’Institut français de Dakar en passant par la Place de la Nation.

Sur les hauteurs du Cap manuel qui surplombe Dakar, le zèle des préposés à l’entrée à la résidence de l’ambassadeur de France à Dakar finit par incommoder, à la fois, visiteurs attendus et hôtes stressés de rater le début du match. La porte, jalousement gardée donc, s’ouvre, enfin, sur un jardin comme ceux chers à Rudyard Kipling qui entoure un bâtiment aux charmes discrets.

Dans le hall, l’ambassadeur Christophe Bigot, jambes croisées pour donner un air faussement détendu, trépigne intérieurement. « Je m’attends à un match difficile. L’équipe de France a fait naître de l’espoir après sa victoire probante contre l’Argentine de Messi », a-t-il le temps de dire alors qu’il embarque dans une voiture diplomatique, direction la Place de la Nation.
 
Place déserte
Les quelques kilomètres sont avalés en moins d’une demi-heure, les quelques arrêts régurgités prennent des linéaments de bouchons sur l’avenue du Général De Gaulle. Au loin, l’Obélisque trône sur la place qui portait jadis son nom. A ses pieds, « Le village du Mondial » ressemble à une visite au stade Maracana un jour de Noël. Tout est là sauf l’essentiel. Mobilier : présent ; partenaires et sponsors : présents ; équipes de la Rts : présentes ; Public… la grande absente. C’est ballot ! Une Fan Zone sans public, c’est comme faire du mafé sans pâte d’arachide.

L’ambiance est d’une tristesse confondante malgré le chaleureux accueil des agents de la Rts. Christophe Bigot met en évidence son artillerie de parfait supporter… enfin ce qu’il a pu avoir sous la main : une écharpe qu’on daterait, sans en être sûr, de l’Euro 1996 et une casquette bleue de l’Union européenne. « Je n’ai pas mis de maillot car dans la famille, c’est mon fils, le vrai fan de foot. Je suis plutôt fan de Rocheteau et de l’épopée des Verts », se justifie M. Bigot. A 20 minutes de France-Uruguay, premier quart de finale de Coupe du monde, c’est l’heure de la pub sur la Rts. Faut bien vivre. « L’argent n’a pas d’idées, seules les idées font de l’argent », aurait dit le publicitaire français Jacques Séguéla. À côté des chapiteaux de sponsors, il y en a un qui est spécialement aménagé pour les Vip. L’état-major de la Rts presse le pas pour masquer la déception de son Excellence sur le peu d’intérêt du match pour le grand public.

Coincé entre l’heure de la  gymnastique gastronomique et celle religieuse sous un soleil de plomb, il est difficile de vendre un match en plein air sous le cagnard. D’une blancheur immaculée, le chapiteau Vip peut faire l’objet d’une émission de relooking.

Déco aléatoire
La déco est aléatoirement manifeste. Un gazon synthétique couvre le sol sur lequel planche un tapis tirant entre le marron et un vert déprécié par le soleil ; la table basse qui se dresse au milieu de la pièce a la même carrure qu’une huitre hors-saison ; le tout est coiffé par un canapé et trois fauteuils du même acabit d’un luxe low coast qui sont séparés par trois poufs aux couleurs nationales du vert-jaune-rouge. Dans une impeccable tenue traditionnelle jaune, Lamine Mboup, chroniqueur sportif à la Rts, choisit le pouf jaune avant d’inviter l’ambassadeur Bigot et le responsable presse de l’ambassade de France, Jérémy Opritesco, à en faire de même. La télé est ajustée car l’image est parasitée par les rayons du soleil atteignant clandestinement ce qui était prévu comme un sanctuaire. La fin de la pub débouche sur le visage de l’attaquant uruguayen Suarez chantant l’hymne de son pays. C’est autour de la Marseillaise. « Voilà », laisse sortir le diplomate français pour montrer son impatience. Visage blême, lunettes retirées, Christophe Bigot secoue la tête au rythme des strophes de ce chant révolutionnaire. « Ah… Cavani n’est même pas sur la feuille de match », se réjouit le diplomate français. Coup d’envoi. Le stress se lit sur les mains : écorchures des doigts enlevées, lunettes mises puis enlevées selon les degrés de danger dans les buts français. Ce drôle de début de match est interrompu par les représentantes, aux silhouettes avenantes, d’une marque de boisson gazeuse. Les jeunes filles sont venues proposer des boissons d’une multinationale aux couleurs rouges bordeaux. Un moment de fraîcheur. Ce n’en est pas de trop car entre deux coups de vent, le chapiteau Vip se transforme en véritable sauna. La gorgée de fraîcheur donne un regain de vitalité à l’assistance. « On voit que l’arbitre n’est pas Suisse », sourit l’ambassadeur Bigot pour railler le côté très démonstratif de l’arbitre argentin. Contrairement à Monsieur Pintana, dans le chapiteau, les corps sont de nouveau avachis sous le rythme morne de la rencontre, combiné à l’effet de la chaleur. 40ème minute : But de la France.

Debout, Christophe Bigot célèbre l’ouverture du score de Raphael Varane. « Plus que cinq minutes avant la mi-temps, ce n’est pas le moment de flancher », prévient-il. L’arrêt miraculeux de Lloris est salué par une salve d’applaudissements du diplomate. « La première mi-temps a été très équilibrée mais la France s’en sort bien avec 1 but à 0. Notons que notre gardien a arrêté un but tout fait », a-t-il le temps de dire, après quelques minutes sur le plateau de la Rts, qu’il prend congé de ses hôtes.

L’institution France
Direction l’Institut français. Entre coups de klaxons et slaloms entre les véhicules, l’arrivée devant l’institution est marquée par une clameur. « C’est le deuxième but français », nous souffle-t-on. Mine enjouée, le stress du début est derrière l’ambassadeur tout comme le protocole de sécurité. Au détour d’un labyrinthe, la scène tranche avec le no man’s land de la Place de la Nation.

Dans une réplique moderne du Colisée antique romain, un écran géant attire les regards de plusieurs centaines de paires d’yeux dispersés dans les gradins. L’audience est un symbole du fameux slogan « la France Black-Blanc-Beur ».

« Il y a entre 20 et 25.000 Français au Sénégal dont la moitié est composée de binationaux », fait savoir Christophe Bigot. Les minutes s’égrènent entre « Ooohhh » pour les opportunités françaises ratées et « Aaahhh » pour celles uruguayennes. Un quart d’heure passe. Christophe Bigot quitte l’écran géant du Colisée pour l’intimité douillet du restaurant situé aussi au sein de l’Institut français. La déco est toute autre : une marque de bière en jaune étale ses couleurs à côté des drapeaux des pays participant à la Coupe du monde, les tables sont dressés sur du wax multicolore, la bière coule à flot. L’ambiance monte d’un cran tout comme les espoirs de victoire française. « Restons prudent.

La Belgique a bien remonté le score défavorable de 2 à 0 contre le Japon. Et puis j’ai toujours en tête le scénario de la remontada du Barça contre le Psg », prévient en fin connaisseur Christophe Bigot. Il n’en fut rien.

Des applaudissements et des « ouf » de soulagement accueillent la fin du match.

La France se hisse en demi-finale de la Coupe du monde en Russie. L’ambassadeur Bigot a retrouvé sa mine enjouée : « Pour la demi-finale, on va certainement prendre le Théâtre de Verdure qui peut accueillir jusqu’à 500 personnes. Rendez-vous est pris pour mardi ».

Moussa DIOP


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.