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Moscou : Six équipes européennes contre deux sud-américaines en quarts de finale du Mondial « Russie 2018 ». L’histoire se répète en quelque sorte pour les représentants du Vieux Continent qui, comme en 1990, 1998 et 2006, a qualifié six de ses représentants en quarts de finale de la Coupe du monde de football. Mais, en face, il n’y aura pas n’importe qui : le Brésil cinq fois champion du monde (1958, 1962, 1970, 1994 et 2002) et l’Uruguay deux fois champion du monde (1930 et 1950). Rien que ça ! Parmi les six représentants européens, deux seulement ont été sacrés champions du monde ; l’Angleterre en 1966 et la France en 1998, toutes deux chez elles. Pour les autres, seule la Suède a pu se qualifier en finale, mais battue sévèrement à domicile par le Brésil en 1958 (2-5). Il reste maintenant 8 matches à jouer sur les 64 au programme et les équipes observent une petite trêve (hier et aujourd’hui) avant d’entamer les quarts de finale.

A commencer par la France qui va ouvrir les hostilités demain contre l'Uruguay, à Nijni Novgorod à 14h00, ensuite succédera le Brésil qui affrontera la Belgique à Kazan (18h00). Après avoir sorti la grande Argentine en 8e de finale, voici que se dresse sur le chemin des Bleus un autre grand du football sud-américain et ancien champion du monde. En tout cas, au vu de leur parcours depuis le début de ce Mondial, Didier Deschamps et ses hommes sont sur la voie d’un sacre qui leur tend les bras et qui sera une sorte d’anniversaire, 20 ans après leur premier sacre en 1998. Demain à Nijni Novgorod, si tous les joueurs des deux équipes sont prêts physiquement, le match promet en intensité. De ce point de vue, seul le cas d’Edinson Cavani inquiète puisque sa blessure semble l’embêter un peu. Quant au Brésil qui court derrière un sixième sacre et qui doit affronter la Belgique, les retours de blessure de Marcelo et Douglas Costa sont un bon signe. Alors que la Belgique peut toujours compter sur sa paire d’attaquants Eden Hazard et Romelu Lukaku qui ont renversé le Japon de manière extraordinaire en 8e de finale.

L’Angleterre qui a battu et éliminé la Colombie dans un match fou, signe quant à elle son retour dans le top 8 mondial avec une jeune génération de footballeurs talentueux. Mais, cela sera-t-il suffisant pour arriver à bout de la Suède ? Toutefois, si le gardien de but Jordan Pickford retrouve son état de grâce comme il l’a été face à la Colombie et si Harry Kane également confirme son efficacité devant le but, l’Angleterre pourra continuer sa course dans la compétition. En tout cas, pour le moment, « Les Trois Lions » peuvent se réjouir d’avoir brisé la malédiction qui les poursuivait depuis le Mondial 2006, où l’Angleterre n’avait jamais réussi dans les séances ce tirs au but. Les trois tentatives (1990, 1998 et 2006) ratées sont maintenant oubliées et l’Angleterre qui a acté son renouveau sous l’ère du coach Gareth Southgate compte finir un travail bien entamé. Son adversaire, la Suède, n’avait pas elle non plus connu de quarts de finale depuis l’édition de 1994. Mais les Anglais ont certainement retenu les mises en garde du coach suisse, Vladimir Petkovic, dont l’équipe a été éliminée par la Suède. « Les Suédois trouvent des moyens de gagner. Tout le monde doute d'eux, pense qu'ils sont médiocres. Ils sont puissants, homogènes et quand ils marquent, ils se replient et c'est vraiment difficile de venir à bout de leur défense », a averti le coach suisse.

Enfin, la Russie qui reçoit cette compétition, sera la dernière à entrer en lice face à la Croatie dans un match indécis et inattendu. Contre un adversaire qui a impressionné au premier tour en remportant tous ses matches pour enchaîner au second tour sur la même dynamique, la Russie a encore un gros coup à jouer. Cependant, la Croatie est coriace et l’a démontré tout au long de cette compétition avec sa paire de milieux que lui envie toute la planète foot, Luka Modric et Ivan Rakitic. C’est vrai qu’on n’avait pas misé un rouble sur la « Sbornaya », mais c’est une compétition qu’elle joue chez elle avec l’apport de son public. Deux éléments de poids qui l’accompagnent dans son parcours sans oublier son grand gardien Igor Akinfeev et son entraîneur pragmatique Stanislav Tchertchessov. Toutes choses qui lui ont permis de se défaire de l’Arabie saoudite, de l’Egypte, avant de baisser pavillon devant l’Uruguay, alors que la qualification était déjà dans la poche pour le second tour. Face à l’Espagne, l’un des favoris de cette coupe du monde, la Russie classée 70e mondial, donc loin dans le gotha mondial, a sorti ses tripes pour bouter « La Roja » hors de la compétition des 8e de finale.

 

 

Moscou : L’échec de l’équipe du Sénégal lors de la Coupe du monde en Russie a permis de faire plusieurs constats. Le groupe d’Aliou Cissé est constitué de cadres trentenaires, à l’image de Moussa Sow, Mame Biram Diouf, Khadim Ndiaye et Cheikh Ndoye. Leur avenir semble incertain dans cette sélection en quête d’équilibre pour relever d’autres défis.

A quoi ressemblera l’équipe du Sénégal pour les éliminatoires de la Can 2019 ? Si quelques joueurs s’annoncent incontournables, d’autres risquent de ne pas être de l’aventure. Aliou Cissé qui a moins de trois mois pour digérer « l’élimination précoce » en Russie a un gros chantier à mettre en œuvre. Celui de constituer une nouvelle équipe compétitive qui fera oublier la désillusion lors de la campagne russe. Le sélectionneur national fera-t-il avec ses trentenaires ?
 
Khadim Ndiaye (33 ans) sous la menace des jeunes
Il a fait ses premiers pas en sélection en 2010 sous les ordres d’Amara Traoré qui était son entraîneur en club (Linguère). Depuis, Khadim Ndiaye a gagné des galons, même si, à un moment donné, il a connu un véritable passage à vide. Ses belles performances avec le Horoya Ac a imposé son choix par Aliou Cissé. Depuis, Khadim Ndiaye est régulièrement appelé en sélection et a même fini par truster la place de n°1 dans la hiérarchie établie par le sélectionneur national. Sans jamais faire l’unanimité. En effet, ses performances ont souvent été critiquées par les supporteurs et autres observateurs qui ne le voyaient pas comme un modèle d’assurance. Lors de la Coupe du monde, Khadim a été préféré à Abdoulaye Diallo et à Alfred Gomis, mais ne s’est pas imposé. Le portier de Horoya n’a pas été un modèle de sérénité et a commis des erreurs qui ont coûté cher à l’équipe. Lors des trois rencontres de groupe, Khadim Ndiaye s’est illustré par ses sorties approximatives et ses mauvaises relances au pied. Contre le Japon, il n’a pu éviter de commettre l’irréparable. Sa bourde sur le deuxième but égalisateur des Samouraïs Bleus a été le tournant de la Coupe du monde sénégalaise. Fébrile sur ses sorties aériennes, il a été l’une des faiblesses du groupe d’Aliou Cissé. Ces récentes performances ont relancé le débat concernant le problème des gardiens en sélection. Menacé par la concurrence et loin d’être favorisé par son âge (33 ans), Khadim Ndiaye ne risque-t-il pas d’être relégué sur le banc, au profit d’Abdoulaye Diallo si ce dernier retrouve bien entendu du temps de jeu avec son club ou d’Alfred Gomis qui avait plus d’une vingtaine de matchs de Serie A dans les jambes avant ce Mondial ?

Autre trentenaire dont l’avenir dans cette équipe pourrait s’écrire en pointillés, Cheikh Ndoye. Convoqué en mai 2014 lors d’un match amical contre la Colombie (2-2), le joueur de Birmingham est depuis, appelé par Aliou Cissé. Joueur polyvalent, capable de jouer milieu défensif, milieu relayeur ou en défense, Ndoye qui ne rechigne jamais à la tâche, s’est toujours donné à fond. Même s’il n’a pas souvent été titulaire, ses entrées ont toujours été très remarquées. En Russie, lors de la Coupe du monde,  il n’a disputé que deux bouts de match contre la Pologne (28 minutes) et le Japon (9 minutes) et n’a pu s’exprimer comme à son habitude. Avec ses 32 ans et ses deux buts en 26 sélections, son avenir pourrait aussi s’écrire loin de la tanière qui a besoin de sang neuf.
 
Mame Biram (30 ans) : Une moyenne d’un but par an
Appelé pour la première fois en sélection en 2009, Mame Biram Diouf fait partie de ces joueurs dont l’avenir sous le maillot national est loin d’être garantie. Déjà, sa présence sur la liste des 23 joueurs devant disputer la Coupe du monde avait été fortement décriée, car l’attaquant de Stoke City souffrant d’une étonnante irrégularité et nageant en plein doute, n’avait jamais réussi à s’imposer en équipe nationale. Ni à marquer les esprits. Les statistiques de « Diégo » qui a inscrit son premier but en sélection en août 2010 face au Cap-Vert ne sont guère fameuses. Souvent appelé par Cissé, il n’a plus marqué depuis le 4 juin 2016 contre le Burundi en éliminatoires de la Can 2017, soit un mutisme de deux années. Pour voir les buts de l’attaquant de Stoke City en sélection, il faut remonter à 2015. Diouf s’était illustré contre le Burkina Faso, lors de la double confrontation contre le Madagascar et contre le Rwanda en amical. Depuis, plus rien. Ce qui fait un maigre total de cinq buts en trois ans. Lors de la Coupe du monde, ses détracteurs ont eu raison sur Aliou Cissé puisque Mame Biram Diouf n’y a rien réussi. Titularisé en attaque aux côtés de Mbaye Niang contre la Pologne, Mame Biram a été transparent, incapable de créer le danger. Entré en cours de jeu face au Japon, il a été inutile et n’a rien apporté. Diouf a été le plus grand flop en attaque, terminant la compétition avec un zéro pointé. Son bilan en équipe nationale est des plus maigres. Il n’a inscrit que 10 buts en 48 sélections, soit une moyenne d’un but par an depuis 2009. Ses statistiques faméliques risquent de plomber son maintien dans cette équipe qui veut réussir une bonne Can en 2019 pour effacer l’échec russe, sans compter la concurrence qui s’annonce rude avec les jeunes attaquants qui frappent aux portes de la sélection. A bientôt 31 ans, on voit mal voit mal Mame Biram Diouf réussir dans l’avenir ce qu’il n’a d’ailleurs jamais pu faire en dix ans de présence en sélection.
 
Moussa Sow (32 ans), l’heure de la retraite ?
En Russie, il n’a pas connu l’engouement ni les émotions que procurent les rencontres d’un Mondial, mais Moussa Sow peut être fier d’avoir fait partie des 23 Lions appelés pour défendre les couleurs du Sénégal. Depuis une décennie, l’ancien meilleur buteur de la Ligue 1 française avec Lille en 2011 (25 buts) a tout donné à l’équipe nationale.

Depuis qu’il est international, il a porté le maillot sénégalais à 46 reprises et a marqué pas moins de 16 buts ; ce qui fait de lui  le meilleur buteur sénégalais en activité. Après une dizaine d’années passées avec la sélection nationale,  l’attaquant de Bursaspor risque de ne plus faire partie des plans du sélectionneur. Si, à 32 ans, Moussa Sow, un des rares joueurs sénégalais ayant marqué dans trois Coupes d’Afrique des nations différentes (2013, 2015 et 2017) décidait lui-même de prendre sa retraite internationale, cela ne surprendrait personne.

 De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR, 
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes)

Moscou : « Un moment spécial » ! C’est ainsi que le sélectionneur anglais Gareth Southgate a qualifié le huitième de finale qui a consacré son équipe face à la Colombie, avant-hier soir au stade du Spartak de Moscou. Et il est vrai que ce match était rempli de ces rebondissements qui font la beauté du football. Ce fut tout sauf un sommet technique. Tactiquement non plus, on ne s’est pas régalé. Mais quel suspense ! Quel retournement de situation ! Entre l’égalisation du Colombien Yerry Mina et sa tête chercheuse au bout du temps réglementaire alors que l’Angleterre croyait avoir déjà composté son ticket pour les quarts et les ratés aux tirs au but de ses compatriotes Uribe et Bacca qui avaient remis en lice puis qualifié leurs adversaires, les spectateurs n’ont pas regretté d’avoir prolongé la soirée au stade du Spartak. 

Si, à l’arrivée, Southgate s’est félicité de la « volonté (de son équipe) de revenir dans le match après la grosse déception de l’égalisation », dans le camp des « Cafeteros », on pointe plutôt l’arbitrage. C’est le capitaine Radamel Falcao en personne qui est monté au créneau, avant-hier en zone mixte. « Je ne comprends pas qu’on nous mette cet arbitre américain qui avait été suspendu. Je ne sais pas, mais il ne parlait qu’anglais. Sa partialité était certaine », a … feulé « le Tigre ». Il est vrai que l’accusé, Mark Geiger, avait été suspendu en 2015 par sa confédération (la Concacaf) pour avoir pris des décisions pas très nettes lors d’un Panama – Mexique en demi-finale de la Gold Cup. Mais, sur le huitième de finale d’avant-hier, que peut-il lui reprocher. D’avoir trop sifflé de fautes contre son équipe ? C’est, à notre avis, parce que ses coéquipiers en ont commis des tonnes. Comme souvent dans ce Mondial d’ailleurs, même si elles n’avaient pas toujours été sanctionnées après recours à la Var ou pas. D’avoir distribué 6 cartons jaunes à ses partenaires ? On n’en a pas noté un seul d’immérité. Ou alors d’avoir accordé un penalty aux Anglais ? En fait, M. Geiger n’a simplement pas été aussi léger et versatile pour siffler et revenir sur une faute évidente que son collègue serbe Milorad Mazic qui en avait frustré le Sénégal face au même adversaire.

Au lieu de se trouver des excuses après leur élimination en huitième de finale, les « Cafeteros » n’ont qu’à s’en prendre à eux. Ils doivent d’ailleurs s’estimer heureux d’avoir franchi les matches de poules, même s’ils n’ont pas fait mieux qu’il y a quatre ans au Brésil où ils avaient atteint les quarts. Pour cause, excepté lorsqu’ils ont fait exploser la Pologne lors de la 2ème journée (3 – 0), ils n’ont pas vraiment brillé. Face au Sénégal et contre l’Angleterre, ils ont presque tout le temps usé d’expédients, multiplié les simulations et les actes d’antijeu et – surtout avant-hier en huitième de finale – plus contesté les décisions arbitrales que vraiment joué. Dans ce Mondial, les héritiers de Carlos Valderrama et du fantasque gardien de but Higuita n’ont simplement pas fait honneur à la réputation de beau jeu et/ou de combativité, cette fameuse « garra » du football sud-américain.
Peut-être que si leur maître à penser technique James Rodriguez, blessé, avait plus souvent été là, on aurait vu cette Colombie qu’on prenait plaisir à regarder jouer.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA,
Diégane SARR, Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes)
Abdoulaye MBODJ (photos)

 

Et si Aliou Cissé, en plus de ses dreadlocks, portait une moustache, à l'image de l’entraîneur russe, Stanislav Tchertchessov ? Peut-être que la chance finirait par sourire à son équipe qui réussirait des performances comme la Russie qui s’est qualifiée en quart de finale alors que personne ne l’attendait à ce stade de la compétition. Mais, la Coupe du monde en particulier et le football en général, ce n'est pas une affaire de moustaches. C’est d’abord une affaire de talent, de créativité, un bon état d’esprit, une identité. Bref, c’est un bon groupe, un bon entraîneur qui possède une bonne science du jeu, qui sait tirer le meilleur de son équipe, qui sait trouver la solution à chaque équation et se signaler par son charisme, son savoir-faire et surtout ses résultats.

Un entraîneur capable de provoquer une osmose, qui sait instaurer la discipline. La chance compte autant que le talent, qu’on ait ou pas la meilleure équipe, les meilleurs joueurs ou le meilleur entraîneur.

Certains gens seraient bien tentés de dire que la chance n’existe pas en football. Mais combien de fois a-t-on vu une équipe dominer, malmener son adversaire avant de chuter soit dans les derniers instants du match, aux tirs au but ou … au fair-play? Combien de fois a-t-on entendu des joueurs ou des entraîneurs dire, après une défaite, que leur équipe a manqué de chance ? D’ailleurs, si à chaque fois le meilleur l’emportait, quel intérêt y aurait-il vraiment à regarder les matchs puisqu’il n’y aurait plus aucun suspense ?

C’est cette chance qui a souri à l’homme à la moustache russe devenu l’acteur le plus célèbre de cette Coupe du monde qui se déroule en Russie. Avant le coup d’envoi, personne ne donnait cher de la peau de son équipe. Personne ne la voyait échapper à l’élimination au premier tour tant la sélection qu’il dirigeait était faible.

Après l’Euro 2016 bouclé sans victoire, Stanislav Tchertchessov était devenu la cible de toutes les critiques et railleries. Surtout que son équipe a été incapable de remporter le moindre match lors des six mois précédant la Coupe du monde. Un célèbre animateur avait même poussé le ridicule jusqu’à son paroxysme en demandant aux internautes de se laisser pousser la moustache en l’honneur du sélectionneur. Ironie du sort, cette fameuse « moustache de l’espoir » a bien porté chance à Tchertchessov, qui était le seul à croire en les chances de son équipe qui vit actuellement un vrai rêve.

Le moustachu a réussi à qualifier la « Sbornaïa » en quart de finale après avoir écrasé au passage l’Arabie saoudite (5-0), malmené l’Egypte (3-1) et sorti, dimanche dernier, l’Espagne (1-1, 3tab4) en huitième de finale dans un stade Luzhniki en transe. Cette qualification historique de la Russie, qui n’avait plus atteint ce stade de la compétition depuis la phase finale de 1970 disputée sous la bannière de l’Urss, a mis tout le pays en liesse. Et a créé un gros engouement chez la population qui avait presque tourné le dos à leur «Sbornaïa». Les belles prestations ont suffi pour tout changer et l’espoir est revenu au galop si bien que les plus optimistes se mettent déjà à imaginer leur équipe sur la plus haute marche de podium au soir du 15 juillet.

Aujourd’hui, le sélectionneur a fini de faire l’unanimité autour de lui. Stanislav Tchertchessov est devenu célèbre et sa moustache a conquis les Russes. Si seulement Aliou Cissé se laissait pousser une « moustache de l’espoir » dans la perspective des prochaines échéances internationales de son équipe…

Samba Oumar FALL

 

Moscou : En huitième de finale de la 21ème Coupe du monde de football disputé hier au stade du Spartak de Moscou, l’Angleterre a battu la Colombie aux tirs au but (4 – 3). A l’issue des prolongations, les deux équipes étaient à égalité 1 but partout.

Mi-temps : 0 – 0 Buts : Kane (SP 57ème mn pour l’Angleterre et Mina (90+3 mn) pour la Colombie.
  Les équipes : Colombie : Ospina, S. Arrias (puis Zapata, 114ème mn), W. Barrios, C. Sanchez (puis Uribe, 79ème mn), R. Falcao (cap), J. Cuadrado, Y. Mina, J. Lerma (puis Bacca, 61ème mn), J. Mohica, J. Quintero (puis Muriel, 88ème mn), D. Sanchez.
Entraîneur : José Pekerman
Angleterre : J. Pickford, K. Walker (puis Rashford, 113ème mn), J. Stones, H Maguire, J. Lingard, J. Henderson, H. Kane (cap), R. Sterling (puis Wardy, 88ème mn), K. Trippier, A. Young (puis D. Ros, 101ème mn), Dele Alli (puis Dier, 80ème mn.
Entraîneur: Gareth Southgate

Arbitres: Marck Geiger (Usa) assisté de J. Fletcher (Can) et de F. Anderson (Usa).
Carton jaune : Barrios, Arias, C. Sanchez, Falcao, Cuadrado, Bacca (Col) ; Lingard, Henderson (Ang)
Alors que les Anglais géraient (plutôt mal) leur avance acquise à la 57ème mn par leur capitaine Harry Kane sur penalty… Alors que leurs supporters chambraient leurs bruyants vis-à-vis colombiens qui avaient légèrement perdu la voix, Mina s’éleva au-dessus de tout le monde sur un corner venu de la droite.

La suite ? Khadim Ndiaye, le portier des Lions peut désormais dire que depuis cette 93ème mn du dernier huitième de finale du Mondial 2018, qu’il n’est plus la dernière victime de la tête piquée du défenseur du Barça.
  Tout était à refaire pour les Anglais qui se voyaient déjà en quart. La prolongation n’ayant rien donné, c’est aux tirs au but que tout s’est débloqué. Et là, alors que tout semblait bien aller pour les « Cafeteros » après le raté de Henderson, Uribe a prolongé le suspense avant que Bacca ne renverse la tasse pour de bon. Puisque Dier, dernier tireur anglais, ne se priva pas d’envoyer son équipe en quarts.  

 

La Coupe du monde de football, c’est aussi une affaire de rapport de force entre l’Europe et l’Amérique (latine), les deux seuls continents à avoir gagné le trophée tant convoité. Le premier onze fois, le second à neuf reprises. La question, dès lors, au sortir des huitièmes de finale de la 21ème édition qui se dispute depuis le 14 juin en Russie, est de savoir quel camp enrichira son palmarès. L’Europe pour creuser l’écart, ou l’Amérique pour réduire la marge ? En tout cas, alors qu’il ne reste que huit équipes, le continent – hôte peut se féliciter d’en compter six. Un avantage numérique qui, comme sur le terrain dans ce jeu du diable dénommé football, n’est pas toujours décisif. Surtout qu’en face, l’Amérique présente deux grandes puissances, le Brésil et l’Uruguay. Par leur palmarès (record mondial de 5 titres pour le premier et 2 couronnes – dans la première moitié du siècle passé certes – pour le second), mais aussi par leurs prestations dans ce Mondial russe, ces deux équipes ont de quoi nourrir de solides ambitions.

Déjà dès les quarts de finale, vendredi et samedi, on sera un peu plus avancé sur les chances des uns et des autres de poursuivre l’aventure jusqu’au bout. Car, pour le grand huit, les deux Nations sud-américaines ont tiré le gros lot : la fringante et renversante Belgique pour les quintuples champions du monde et la puissante et efficace France pour des Uruguayens dont le dernier sacre remonte à 1950 … au Brésil. Pour le reste, ce seront des confrontations européo-européennes dont le grand vainqueur restera toujours le Vieux Continent qui est sûr de placer au moins une équipe en finale. Ce qui accroît ses chances de signer un douzième succès final dans cette épreuve. En fait, en plus de la supériorité numérique (6 contre 2), l’Europe a aussi pour elle le poids de l’histoire, cette sorte de « tradition » qui fait que chacun des deux continents qui a accueilli l’épreuve l’a remportée… sauf deux fois. Quand le Brésil d’un adolescent nommé Pelé était allé s’imposer en 1957 en Suède ; et quand, il y a quatre ans, l’Allemagne était allée « égaliser » pour l’Europe, qui plus est au Brésil même, pays du football.

Les deux continents ont même poussé la rivalité au point de se partager équitablement les deux seules Coupes du monde organisées en dehors de leurs territoires respectifs : le Brésil (pour l’Amérique) ayant gagné en 2002 en Corée du Sud t au Japon et l’Espagne (pour l’Europe) s’étant imposée en Afrique du Sud. Alors lequel sera couronné au pays de Poutine ? Verdict le 15 juillet courant.

B. Khalifa NDIAYE

 

Moscou : La Suisse a appris hier à ses dépens que dominer ou tenir plus longtemps le ballon ne débouche pas systématiquement sur la victoire. A Saint-Pétersbourg, la Suède le lui a rappelé, si besoin était encore. Sans être particulièrement brillants mais solides comme à leur habitude, les Vikings ont su faire face et planter à la 71ème mn de jeu, la banderille fatale qui sort la Suisse de la course à la victoire finale dans ce Mondial russe. Après 2006 en Allemagne et il y a quatre ans au Brésil, les Helvètes butent donc une troisième fois sur l’obstacle des huitièmes de finale et voient les quarts leur filer sous le nez. Shaqiri et ses partenaires quittent donc la Russie sans réussir avec beaucoup de regrets. Car, au plan du jeu, ils n’ont pas déçu. Pour ce qui est de l’efficacité, c’est une autre histoire.

 

Moscou : La phase d’élimination directe se poursuit avec trois grandes affiches au programme des quarts de finale qui se disputent à partir de vendredi. Plus que jamais, rien n’est garanti à aucune équipe. Il n’y a qu’à demander aux favoris sortis soit au premier tour, soit au second tour. N’est-ce pas Allemagne, Argentine, Portugal, Espagne, qui sont tous éliminés malgré leur standing ? Sans oublier les deux ballons d’or (Messi et Ronaldo qui ne totalisent chacun 5) qui ont quitté la compétition. Cette coupe du monde a été sans pitié pour eux, et cela va se poursuivre avec les quarts de finale qui annoncent un sulfureux Uruguay-France, vendredi.

La France réussira-t-elle contre l’Uruguay le coup réalisé face à l’Argentine, lors de son quart de finale, vendredi face à l’Uruguay ? On verra bien. Ce qui est sûr, c’est que Mbappé et ses camarades voudront rester sur la bonne lancée et continuer leur montée en puissance dans la compétition. Contre l’Uruguay, la menace viendra sans doute du duo Suarez-Canavi, mais les dernières infos provenant de la Celeste ne sont pas rassurantes concernant « El Matador » dont la blessure à la cuisse s’est réveillée lors du match contre le Portugal. Ce Uruguay-France sera aussi le duel entre coéquipiers en club. D’une part, le duel à distance Cavani-Mbappé (Psg), les deux meilleurs buteurs de leurs équipes respectives, et, de l’autre, la confrontation directe Suarez-Umtiti (Barcelone) ; de quoi augmenter du piquant à la sauce. Au bout du suspense, la Croatie avait éliminé le Danemark dans une poignante séance de tirs au but. Rakitic et Modric seront face à l’histoire devant le pays organisateur, la Russie qui, elle, a sorti la grande équipe d’Espagne dans la séance de tirs au but également en 8e de finale, et avance sans trop se poser de questions. Alexandre Golovine et ses coéquipiers veulent soulever le trophée au soir du 15 juillet devant leur peuple qui se prend déjà à rêver d’un premier titre mondial. Cependant, ils devront d’abord passer sur le corps d’une équipe croate très dangereuse en contres. Il faut demander à l’Argentine et au Nigeria en matches de groupes et au Danemark dans le 8e de finale haletant livré contre le capitaine Dejan Lovren et ses camarades. Les Croates qui n’ont plus atteint les demi-finales depuis 1998 (France), ont produit jusqu’ici des performances impressionnantes. Et contre le pays organisateur, ils comptent poursuivre sur cette lancée. Le quintuple champion du monde, le Brésil, sera toujours l’attraction dans ce Mondial où Neymar et les siens poursuivent leur route. Après s’être débarrassé du Mexique dans un match à suspense, Filip Coutinho et ses coéquipiers attendent maintenant la Belgique qui a réussi jusqu’ici un parcours de grande classe. Aussi bien en matches de groupes qu’en huitième de finale contre le Japon, Hazard et compagnie ont sorti le grand jeu pour se hisser en quart.

L’heure a peut-être sonné pour l’éternel outsider. Car dans ce Mondial 2018, les Diables rouges ont confirmé tout leur potentiel offensif (12 buts marqués). Et s’ils parviennent à renverser le grand Brésil, rien ne pourra plus les arrêter. Sans Zlatan Ibrahimovic, la Suède poursuit son chemin dans cette Coupe du monde. Hier, elle a éliminé la Suisse pour se présenter en quarts de finale où elle croisera l’Angleterre qui a sorti la Colombie au terme d’un huitième de finale à suspense.

Revenus à cette Coupe du monde depuis leur dernière participation en 2006, les Suédois se sont suffi d’un but pour s’inviter au banquet des quarts de finale. L’Angleterre qui a vaincu la malédiction des tirs au but en Coupe du monde, peut logiquement rêver désormais de gloire.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR, 
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes)

Moscou : Il a souvent évolué comme milieu défensif, mais avec la blessure de Kara Mbodj, Salif Sané a été replacé par Aliou Cissé en charnière centrale. Associé à Kalidou Koulibaly, il a été l’un des joueurs sénégalais les plus en vue lors de cette Coupe du monde. L’ancien joueur de Hanovre, qui a forgé son expérience en Bundesliga, a trouvé sa pleine mesure lors de cette prestigieuse compétition. Parti pour « dépanner », il constitue aujourd’hui une menace pour Kara Mbodj, le titulaire au poste.

Lors de la Coupe d’Afrique des nations 2017, Salif Sané ne figurait même pas sur la liste des 23 joueurs retenus par Aliou Cissé. Une année plus tard, le vent a tourné en sa faveur. Le milieu polyvalent des Lions s’est retrouvé titulaire indiscutable de l’équipe dans la plus prestigieuse des compétitions. Grâce au coup du destin, Salif Sané est devenu le deuxième choix d’Aliou Cissé dans la hiérarchie des défenseurs centraux. Une situation que personne n’aurait imaginée avant décembre. Avec la blessure de sa pièce maîtresse en défense, Kara Mbodj, éloigné des terrains pendant cinq mois, Coach Cissé avait, parmi ses priorités, de lui trouver un bon remplaçant pour constituer une solide charnière centrale en  vue de l’échéance du Mondial russe. Et il n’eut pas besoin de chercher trop loin. Salif Sané a fait l’affaire puisque le milieu défensif, grâce à sa polyvalence, avait déjà suppléé Kalidou Koulibaly, suspendu contre le Burkina Faso et Kara Mbodj face à l’Afrique du Sud lors des phases de qualification de la Coupe du monde Russie 2018. 

Le retour du défenseur d’Anderlecht qui s’était remis de son opération au genou n’avait pas constitué une menace pour Sané. Aliou Cissé n’avait pas pris le risque de faire jouer Kara Mbodj lors de la première rencontre de préparation contre le Luxembourg le 31 mai dernier. Il avait préféré tester en charnière centrale le duo Koulibaly-Kouyaté qui n’avait pas donné beaucoup de satisfaction. Pour les deux dernières rencontres de préparation pour le Mondial, contre la Croatie et la Corée du Sud, Cissé avait changé la donne et mis en place l’axe central composé par la paire Kalidou Koulibaly – Salif Sané. Une belle trouvaille, puisque cette même charnière a été alignée pendant la Coupe du monde en Russie.

Un repositionnement réussi
 Sané a été préféré à Cheikhou Kouyaté et à Kara Mbodj qui a consacré toute son énergie pour être au top avant l’entrée en lice du Sénégal à la Coupe du monde le 18 juin dernier, face à la Pologne. Et il a plus que répondu aux attentes.
Le milieu défensif, repositionné en défense centrale, a réalisé une performance de bonne facture face aux Polonais. Déjà, avant ce match crucial, Sané avait annoncé la couleur en assurant détenir la clef pour museler le redoutable Robert Lewandowski.

Et avec son compère, Kalidou Koulibaly, il avait réussi à contenir les assauts de l’attaquant du Bayern qu’il a souvent affronté sur les terrains de la Bundesliga et qui n’aura jamais réussi à se montrer dangereux. Au vu de ses performances, force est de reconnaître que ce repositionnement a bien réussi au nouveau joueur de Schalke 04. Très rapide, excellent dans le jeu aérien, doté d’un bon placement, d’une bonne relance et aussi d’une grande intelligence de jeu, Salif Sané n’a, en plus, jamais hésité à percer les lignes pour appuyer le compartiment offensif de son équipe. Que ce soit contre la Pologne, le Japon ou encore la Colombie, il s’est évertué à effectuer le geste juste dans les situations les plus chaudes dans la surface de réparation sénégalaise. Il a été constamment dans tous les combats. Avec Koulibaly, il a affiché une solidité à toute épreuve et tiré leur épingle du jeu.   Arrivé à Hanovre en 2013, Salif Sané (32 matchs joués cette saison pour 4 buts marqués) qui est devenu un pilier de cette équipe avant de passer à Schalke où il évoluera cette saison, a marqué des points lors de la campagne sénégalaise en Russie. Il a été le joueur, côté sénégalais, à avoir gagné le plus de duels (50 sur 90). Et aussi celui qui a récupéré le plus de ballons (34 sur 165). Sané s’est également bien appliqué dans les passes (105 réussies sur 119). Un vrai motif de satisfaction. Lors des trois sorties du Sénégal, il a réellement séduit les férus du ballon rond.

Mais Aliou Cissé lui fera-t-il confiance sur la durée ? Depuis son arrivée à la tête de l’équipe en 2015, le sélectionneur national a toujours montré sa préférence pour Kara Mbodj qui n’a malheureusement pas disputé une seule minute en Russie.

Alternative ou concurrent ?
Le défenseur d’Anderlecht, présent dans la Tanière depuis 2011, a toujours été le chouchou d’Aliou Cissé qui ne s’est jamais gêné pour le faire savoir. Et en a même fait son vice-capitaine derrière Kouyaté. Avant sa blessure qui l’a éloigné des terrains pendant cinq mois, et qui est à l’origine de la perte de sa place de titulaire, Kara a été utilisé à 26 reprises par Aliou Cissé, devenant du coup l’un des joueurs les plus utilisés de la Tanière. Sa convalescence a profité à Salif Sané qui n’eût-été ce coup du destin, aurait été en concurrence au milieu de terrain avec Idrissa Gana Guèye, Cheikhou Kouyaté, Alfred Ndiaye, Cheikh Ndoye et autres Pape Alioune Ndiaye. Mais Sané a bien saisi sa chance et n’a pas raté l’occasion de s’illustrer et de prendre ses marques dans cette charnière qui avait son « propriétaire » attitré. Il s’est imposé comme la meilleure alternative à Kara, voire comme son principal concurrent.

En Russie, Salif Sané a réellement marqué de précieux points en étant l’un des tout meilleurs Sénégalais dans la compétition. Aliou Cissé en tiendra-t-il désormais compte ?

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA,
Diégane SARR, Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes)

 

Kaluga : Avec une trentaine de journalistes dûment accrédités et quelques autres ayant bénéficié de Fan ID (le fameux passe réservé aux supporters de tous les pays du monde), la presse sénégalaise était bien représentée au Mondial 2018 qui a bouclé, hier, ses huitièmes de finale. Et comme à presque chaque grand événement sportif international depuis quelques, l’Association nationale de la presse sportive du Sénégal (Anps) a assuré la préparation, la coordination et le suivi du travail des envoyés spéciaux de la presse nationale. Déjà, en amont, le président de l’Association, Abdoulaye Thiam, rédacteur en chef du journal Sud quotidien, a « effectué deux missions de prospection grâce à l’Etat pour pouvoir trouver un endroit convenable où loger tous les journalistes afin qu’ils puissent être dans des conditions optimales de performance ». C’est ainsi qu’un hôtel sis à Kaluga, la ville où les Lions avaient installé leurs quartiers dans ce Mondial, a été retenu pour leur servir de base. Ce qui a permis à ses confrères, selon lui, « de faire leur travail comme il le faut ». Dans la mesure du possible. Car tout n’a pas été facile.

Le président de l’Anps déplore particulièrement « ces huis clos de l’équipe nationale qui ne disaient pas leur nom ». Abdoulaye Thiam ne comprend pas comment et pourquoi la Tanière a pu ainsi se barricader, refusant tout accès aux journalistes, même sénégalais. Surtout Sénégalais. « Rien ne peut justifier que des journalistes déplacés en Russie pour assurer le service public de l’information n’aient pu « rencontrer le sélectionneur national Aliou Cissé que les  veilles de match ou le jour d’après, comme n’importe quel autre journaliste de n’importe quel autre pays ». D’après Abdoulaye Thiam, « c’est la première fois qu’on assiste à un tel scénario. C’est triste. Et c’est à déplorer et à dénoncer avec vigueur ».

Pourtant, d’après le président de l’Anps, « nous avions proposé à la fédération de faire en sorte que la presse nationale puisse disposer de deux joueurs à chaque séance d’entraînement ouverte aux journalistes. Malheureusement, on n’a pas tenu compte de nos suggestions ». Les Lions se sont « bunkérisés » durant tout le tournoi, n’offrant que des miettes (les 15 premières minutes de leurs séances d’entraînement, essentiellement consacrées à … l’échauffement. Comme si les journalistes sénégalais « jouaient » contre leur équipe. Or, « il n’y a pas plus patriotes que la presse. Si nous sommes là, c’est parce que c’est notre boulot. Nous ne sommes pas des supporters, nous sommes des journalistes ; notre mission, c’est d’informer juste et vrai », proteste le président de l’Anps. Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas là pour raconter tout ce qui se passe dans la Tanière. Il y a des choses que nous ne dirons jamais pour l’intérêt supérieur de la Nation ».

Black-out
En fait, en dehors des rendez-vous officiellement inscrits à l’agenda de la Fifa et qui sont les mêmes pour toutes les équipes participantes à ce Mondial russe, les journalistes sénégalais n’ont pu rencontrer leurs compatriotes footballeurs qu’une seule fois. Le lendemain de leur arrivée à Kaluga en provenance d’Autriche où ils avaient disputé leur dernier match de préparation (gagné 2 – 0 contre la Corée du Sud), Pape Alioune Ndiaye et Mbaye Niang s’étaient présentés face à la presse nationale et internationale. Après, plus rien. Malgré ce black-out, le président de l’Anps trouve que « les journalistes sénégalais ont fait leur travail convenablement ». 

Alors que la plupart de ses confrères sont rentrés au pays dans la foulée de l’élimination des Lions, le président Abdoulaye Thiam et quelques membres du bureau de l’Anps sont restés en Russie pour « veiller » sur ceux qui y sont encore. A dessein (pour suivre le reste de la compétition) ou involontairement (parce qu’ayant des problèmes de vol retour). Si, d’après lui, l’Anps a pu appuyer, « comme d’habitude », les reporters sénégalais présents à cette 21ème Coupe du monde de football, c’est « grâce au soutien du Président de la République Macky Sall qui a instruit le ministre des Sports de décaisser environ 50 millions de FCfa au profit des journalistes sénégalais accrédités ou pas. C’est important de faire cette mise au point ». Car, rappelle-t-il, « tous les journalistes qui ont eu des Fan ID (étaient) avec nous à Kaluga ». Et l’Anps qui n’a pas vocation à se substituer aux rédactions s’est employée « à venir en appui ». Ce qui, d’après lui, n’a jamais été synonyme de distribution de sommes d’argent…

 De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR, 
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes)


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