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Actualités (2321)

En partenariat avec les ministères de l’Enseignement supérieur, de l’Education nationale et de la Formation professionnelle et technique, l’ambassade de France organise le Salon « Formations et 1er Emploi » les 17 et 18 octobre 2017.

Dans le hall du Grand Théâtre, les box sont arrangés pour accueillir élèves, étudiants, parents, visiteurs, venus au salon « Formations et 1er Emploi ». Organisée par l’ambassade de France, Campus France, l’Institut français de Dakar, le lycée français Jean Mermoz et l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej), cette manifestation veut offrir aux lycéens, étudiants et jeunes en phase d’insertion professionnelle une opportunité de rencontrer des établissements d’enseignement supérieur sénégalais et français, des conseillers d’orientation, des entreprises et organisations professionnelles, des spécialistes de l’emploi et du développement personnel.

Dans les allées du Salon, de grands noms de l’enseignement supérieur français, Polytechnique France surnommée « l’X », Science Pô Paris, l’Essec, entre autres, ainsi que des établissements d’enseignements supérieurs sénégalais. Ces structures sont présentes pour orienter et informer les élèves et les parents. Une des organisatrices de cette manifestation, l’ambassade de France à Dakar, veut ainsi développer plusieurs axes comme l’orientation, la formation, la mobilité internationale et aussi l’employabilité avec les stages et le premier emploi.

Pour Luc Briard, premier conseiller à l’ambassade de France, l’axe mobilité internationale a regroupé des établissements d’enseignement supérieur français qui présentent un large choix de formations aux jeunes désireux de poursuivre leurs études à l’étranger. Les services d’appui à la vie étudiante en France, tels que le Crous, sont également présents et aident les jeunes dans leurs démarches préalables à la mobilité, comme la recherche de logement.

Partenaire de ce Salon, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Mary Teuw Niane, estime que l’orientation est importante dans le cursus des élèves et étudiants. « L’orientation concerne également les étudiantes et étudiants qui veulent poursuivre des études et qui hésitent. C’est pourquoi, conformément à la Décision présidentielle n°6 visant à faire de l’étudiant un acteur de sa formation et favoriser sa réussite, nous avons mis en œuvre une politique d’amélioration de l’accueil et de l’accompagnement des étudiants et étudiantes à travers la création de Bureaux d’accueil, d’orientation et d’information dans les établissements publics d’enseignement supérieur », explique le Pr Niane.

L’axe employabilité, stages et premier emploi est aussi bien pris en compte dans ce Salon. Avec la présence de spécialistes en développement personnel et des structures d’aide à la recherche d’emploi telles que l’Agence nationale pour la jeunesse et l’emploi, l’Office français de l’immigration et de l’intégration, cet axe propose aux jeunes diplômés en quête d’un emploi ou d’un stage une série de formations courtes sur la rédaction de Cv, la préparation aux entretiens d’embauche, la recherche de stage, la construction de projet professionnel, la rédaction d’une lettre de motivation.

Oumar NDIAYE

Des actions d’envergure caractérisées par l’utilisation de nouveaux matériels vont marquer la présente campagne de lutte anti-vectorielle post-hivernale lancée à Pikine.

Pour réduire les risques d’épidémie, il a été lancé la campagne de lutte anti-vectorielle post-hivernale. Elle va couvrir toute l’étendue de la région de Dakar et va consister en une opération de délarvation des canaux à ciel ouvert et des abords des bassins de rétention pour réduire au maximum la longévité des moustiques. Elle est aussi marquée par une opération de grande envergure d’aspersion de produits insecticides.

Le choix de cette période s’explique par le souci d’éviter le lessivage par les pluies du produit insecticide utilisé au cas où les opérations seraient menées en plein hivernage, abstraction faite de la période actuelle où sont enregistrés les pics de transmission du paludisme. Cette présente campagne qui se déroulera sur cinq jours mobilisera 52 agents, six véhicules, trois appareils de fumigation à grand débit, des produits désinsectisants, etc.

Le chef du Service national d’hygiène, Moussa Dieng Sarr, a estimé que la région est caractérisée par des conditions d’hygiène souvent précaires, un niveau d’assainissement relativement faible, un approvisionnement en eau parfois incomplet, surtout dans la banlieue et enfin des comportements des populations pas toujours compatibles avec les règles d’hygiène souhaitées.

A l’en croire, tout ceci constitue un cocktail qui peut être source d’apparition et de propagation de certaines maladies infectieuses telles que les diarrhées ou le choléra, mais également de maladies transmises par des vecteurs tels les moustiques ou les mouches. « C’est pour contribuer à la réduction de ces risques d’épidémie dans les zones affectées par les phénomènes d’inondations que le Service national de l’hygiène, à travers les brigades régionales d’hygiène, élabore, à l’approche de chaque hivernage, un plan de préservation et de lutte contre les maladies hivernales », a-t-il expliqué.

60.000 personnes déjà sensibilisées
Pour Moussa Dieng Sarr, « cette année, environ 200 maisons ont été touchées par les inondations ». Mais grâce au traitement domiciliaire, consistant à assurer la désinfection et la désinsectisation, ces dernières ont été libérées des eaux. Des opérations similaires sont en cours dans les écoles publiques de la région. Il est également prévu de désinfecter toutes les stagnations d’eau. Dans ce cadre, 450 relais ont été formés et, avec l’appui des agents d’hygiène, ils ont assuré 30.000 Vad qui ont permis de sensibiliser environ 60.000 personnes afin de faciliter l’accès à l’hygiène.

Cette activité a consisté à promouvoir de bonnes pratiques telles que le lavage des mains à l’eau et au savon, l’organisation de 300 causeries sur la prévention des maladies diarrhéiques et le paludisme qui ont permis de toucher environ 1.000 personnes. Toujours, au chapitre du bilan provisoire, il y a la distribution de kits d’hygiène aux familles en détresse (maisons inondées).

Au nom du ministre de la Santé et de l’Action sociale, le ministre Pape Gorgui Ndong, de la Jeunesse, de la Construction citoyenne et de la Promotion du volontariat, a exprimé de vives félicitations à la Brigade nationale du Service d’hygiène pour le travail abattu et qui participe à la préservation de la bonne santé des Sénégalais.

Abdou DIOP

Le Projet Spring, qui intervenait dans les régions de Kaffrine, de Kaolack et de Fatick pour améliorer la situation nutritionnelle, est officiellement clôturé le 17 octobre. La directrice de l’Usaid, Lisa Franchett, a déclaré que le projet a atteint son objectif.

Fin du projet Usaid Spring après deux ans d’intervention dans les régions de Kaffrine, de Kaolack et de Fatick. De décembre 2015 à septembre 2017, il a contribué au combat contre la malnutrition dans le Sine-Saloum. Les responsables du projet ont organisé une cérémonie officielle de clôture le 17 octobre 2017. Une occasion pour partager les résultats et les innovations de Spring en matière de nutrition.

Pour lutter contre la malnutrition dans cette partie du pays, le projet Usaid Spring a d’abord appuyé la promotion de pratiques agricoles sensibles à la nutrition. Ainsi, il a soutenu les femmes dans la mise en place de micro-jardins pour la culture des légumes. Le conseiller en agriculture du projet, Aliou Babou, informe que le projet a permis l’installation de 1.150 micro-jardins et de 30 jardins communautaires dans les régions de Fatick, de Kaolack et de Kaffrine. Dans ces jardins, souligne M. Babou, les femmes cultivent de la patate douce à chair orange, de la carotte, du niébé. D’après lui, ces femmes n’ont même plus besoin d’aller au marché pour trouver des légumes.

Par ailleurs, pour améliorer l’état nutritionnel des ménages dans ces trois régions du centre du pays, le projet Usaid Spring a promu la culture de « maïs obatampa » et de « mil biofortifié ». Il a aussi installé 12 unités de transformation pour alléger le travail des femmes. En effet, Spring a bâti son projet autour d’un dispositif communautaire en y incluant les agents de l’exécution communautaire, les réseaux de producteurs, les programmes de renforcement de la nutrition, les réseaux des radios communautaires, les services techniques.

C’est grâce à cette approche, informe la directrice de l’Usaid, Lisa Franchett, que Spring a donné à « près de trois mille personnes des formations sur la nutrition » et impliquer dans les activités nutritionnelles du projet « près de 25.000 ménages, dont plus de 12.000 enfants de moins de cinq ans ». Il a aussi, dit-elle, sensibilisé 900.000 personnes à travers des programmes diffusés par des radios communautaires. D’après Lisa Franchett, grâce à Spring, « les mères pratiquent l’allaitement maternel exclusif et moins d’enfants sont traités pour des maladies dues à la malnutrition ou à une mauvaise hygiène ».

Le coordinateur de la Cellule de lutte contre la malnutrition (Clm), Abdoulaye Kâ, s’est réjoui de la contribution de Spring Usaid dans le développement de l’agriculture sensible à la nutrition.

D’après M. Ka, l’introduction de variétés à haute valeur nutritive a favorisé la diversification alimentaire des ménages. « Spring est un projet qui, malgré sa courte durée, a été novateur. Les interventions mises en œuvre dans le cadre de ce projet sont en parfaite adéquation avec les quatre piliers de la politique nationale de développement de la nutrition », se félicite le coordinateur de la Clm.

Aliou Ngamby NDIAYE

Les produits pharmaceutiques seront désormais accessibles dans les coins les plus reculés du pays grâce au programme « Yeksi Naa » de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna), en étroite collaboration avec deux acteurs que sont General service groupe et Don Bosco.

L’accès aux produits pharmaceutiques est le combat de tous les jours des acteurs de la santé. Et l’opportunité d’en faire profiter à toutes les couches de la population reste une équation complexe.

Pour palier cette insuffisance liée le plus souvent à l’éloignement, la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna), à travers son programme dénommé « Yeksi Naa » (je suis arrivé), s’attache les services de deux acteurs que sont General service groupe et Don Bosco. Ils ont pour mission, dans le cadre de la chaîne de distribution des médicaments, de faire parvenir ces produits depuis les dépôts de district aux postes de santé les plus éloignés. Ces deux opérateurs ont été sélectionnés suite à un long processus d’appel d’offres. Une rencontre entre le Dr Annette Seck Ndiaye, directrice de la Pna, des pharmaciens et les représentants des deux entreprises s’est tenue dans la salle de conférences de la Pna le 13 octobre 2017.

Depuis cinq ans, la Pna travaille dans le processus de transformation de la chaîne d’approvisionnement des médicaments pour répondre aux exigences de disponibilité des produits pour une prise en charge correcte des populations au niveau national, régional et jusqu’aux postes de santé les plus reculés du pays.

Ces nouveaux acteurs privés du système de santé utiliseront une main-d’œuvre locale constituée de 12 équipes pour le compte de Don Bosco et dix pour General service groupe pour le transport des médicaments vers les points indiqués. Ainsi, le programme « Yeksi Naa » aura à satisfaire les postes de santé des régions de Matam, de Saint-Louis, de Kaffrine, de Kaolack et de Fatick avec comme responsable General Service Groupe et Don Bosco se chargera de Ziguinchor, Kolda, Sédhiou, Thiès et Dakar.

Dr Annette Seck Ndiaye, directrice de la Pna, s’est dite satisfaite de cette belle collaboration et sollicite un engagement de tous les acteurs. Cependant, il est à noter, toujours d’après Mme Ndiaye, qu’à cette phase d’entame de la mutation, General service groupe et Don Bosco ne sauraient satisfaire les 1.400 postes de santé du pays. Elle sollicite d’autres acteurs de développement pour que la totalité du territoire soit couverte.

Des tablettes et des clés Usb ont été distribuées aux deux opérateurs pour une connexion permanente pendant le service dans les zones non couvertes par le réseau.

Boubacar DIALLO (stagiaire)

La vidange manuelle pose un véritable problème de santé publique. C’est pourquoi, Speak Up Africa se propose de sensibiliser les habitants de la banlieue où cette problématique se pose avec acuité.

Des acteurs de la presse se sont engagés à s’impliquer dans la gestion des boues de vidange en jouant notamment leur partition dans la communication et le plaidoyer à mener auprès des populations et des autorités. C’était au cours d’un atelier de mobilisation organisé au Technopôle de Dakar à l’initiative de Skeap Up Africa. A l’occasion Sophiétou Diop, chargée de la communication de cette structure, a fait un exposé qui a permis de poser la problématique de la vidange manuelle et la nécessité de développer une meilleure communication pour y mettre un terme et de travailler à la promotion de la vidange mécanique. Elle a lancé un appel à tous les acteurs des médias pour soutenir cette initiative qui, selon elle, s’avérera salutaire pour la population.
« Dans la banlieue, 47% des ménages recourent à la vidange manuelle avec tous les risques que cela comporte. Il est tant de mutualiser nos efforts pour que cette pratique assimilable à un risque de santé public soit boutée hors de la banlieue », a-t-elle soutenu, révélant qu’une stratégie de communication est déjà conçue pour ouvrir les yeux à la population de la banlieue, afin qu’elles soient plus conscientes des avantages énormes de la vidange mécanique.

Mme Diop n’a pas exclu la possibilité de pendre en compte les suggestions faites par les acteurs de la presse ayant participé à cet atelier. Ils ont, en effet, proposé à Speak Up Africa d’intégrer dans le dispositif de communication des causeries dans les quartiers, ainsi que des visites à domicile pour une plus large diffusion du message.
Au terme de l’atelier, les acteurs de la presse ont tous signé une fiche pour matérialiser leur engagement à soutenir cette initiative.

Abdou DIOP

L’Université virtuelle du Sénégal (Uvs) assume sa place dans la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur. L’institution atteindra bientôt sa vitesse de croisière. De 2.000 étudiants en 2014, l’Uvs comptera près de 22.000 en 2018. Au fil des années, le calendrier de démarrage des enseignements est stabilisé. L’année 2018 marque aussi la poursuite de la diversification de l’offre de formation. Au cours de cet entretien, le coordonnateur de l’Uvs, Moussa Lô, ancien directeur de l’Ufr Maths de l’Ugb et ex-directeur du Centre d’excellence du même établissement, a révélé que trois nouvelles licences sont créées (communication digitale, art numérique et graphique et développement d’application web et mobile). Contrairement à ce pensent certains, les étudiants de l’Uvs sont encadrés par 1.000 tuteurs. Ils ont aussi la chance de recevoir des cours des universitaires sénégalais de la Diaspora. Ce sont autant d’avantages qui poussent le coordonnateur à affirmer que les autorités ont vu juste en créant une université virtuelle.

Après cinq ans d’existence, peut-on dire que l’Uvs est sur les bons rails ?
Il est important de rappeler que l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs) a été créée dans un contexte de réforme profonde de l’enseignement supérieur. Celle-ci a été engagée par le président de la République et son gouvernement. C’est dans ce cadre que des décisions présidentielles ont été prises en 2013. Et l’une d’elles consiste à mettre les Technologies de l’information et de la communication (Tic) au cœur du développement de l’enseignement supérieur. De façon plus précise, il s’agit d’améliorer l’accès à l’enseignement supérieur mais aussi de rendre plus efficace le système. L’Uvs a démarré avec 2.000 étudiants avec une offre de formation que je qualifierai de classique : des licences en Anglais, en Sociologie, en Sciences économiques et de gestion, les Sciences juridiques et politiques, Mathématiques et Informatique.

Cette offre de formation a été diversifiée en 2015 avec la mise en place de deux nouvelles licences, à savoir en Administration économique, en multimédia et communication. Ces deux licences ont été créées avec l’aide de la Banque africaine de développement (Bad). L’Uvs est passé d’un effectif de 2000 étudiants en 2014 à 14.000 étudiants. Nous acheminons vers la diversification de cette offre de formation. Nous envisageons de créer trois nouvelles licences : en Communication digitale, en Art numérique et graphique et en Développement d’application web et mobile. Cette diversification cadre avec la directive N°1 du Conseil présidentiel sur l’enseignement supérieur qui met l’accent sur l’orientation de l’offre de formation vers les Sciences et la Technologie. Cette diversification nous permettra d’accueillir 8.000 nouveaux bacheliers. En 2018, l’Uvs aura plus de 22.000 étudiants.

Nous allons mettre sur le marché notre première promotion de Licence au mois de décembre. Cette sortie de promotion nous donne le prétexte de créer une offre de formation en Master qui va démarrer en janvier 2018. Tout compte fait, le bilan des cinq ans est positif. Il faut aussi reconnaître qu’il y a eu des difficultés au démarrage compte tenu du contexte. Il fallait donc s’attendre à ce que le projet ambitieux et innovant suscite autant d’incompréhensions. Ces difficultés ont été prises en charge. Nous avons fait de grands pas en termes de rétablissement du calendrier. Les trois premières promotions de l’Uvs ont démarré chacune avec un an de retard. Cela a eu des répercussions sur les enseignements. La quatrième promotion a démarré avec beaucoup moins de retard, la cinquième débutera au mois de novembre. Donc, au fur et à mesure, nous sommes parvenus à rétablir le système.

Nombreux sont pourtant les parents et étudiants qui ne vous font pas encore confiance. Que leur direz-vous pour les rassurer ?
Il y a forcément des résistances au changement à tout projet ambitieux et innovant. Un bachelier qui a l’habitude de suivre un enseignement synchro et transmissible de l’école primaire au secondaire, qui arrive à l’université et qu’on mette dans un système asynchrone et non transmissif, et à qui on demande de rester chez-lui et de suivre les cours, a du mal à s’adapter. Cela a été une difficulté. C’est pour cela que cette année, nous avons changé le modèle pédagogique. Durant le premier semestre, nous avons prévu une période d’adaptation. L’étudiant qui arrive à l’Uvs est pris en charge avec un système bimodal qui lui permet de s’adapter au nouveau mode d’enseignement.

Nous avons prévu 9 heures en présentiel à l’Espace numérique ouvert (Eno) où l’étudiant suit les cours à distance. Le système bimodal permet à l’étudiant de s’adapter mais aussi de socialiser avec ses camarades. Nous avons aussi noté une nette amélioration dans le taux de rétention. Sur les trois premières promotions, nous avons un taux qui tourne autour de 65 à 66 %. Cette année, nous sommes à 80 %. Cela met en valeur une nette amélioration par rapport au taux d’abandon. Nous avons des taux de réussite corrects. Tout cela démontre que les étudiants se sont habitués à ce nouveau système d’enseignement.

Vous avez parlé de taux de réussite sans donner de chiffre. Pensez-vous que votre modèle d’enseignement que certains qualifient d’hydrique répond aux standards internationaux ?
Le taux de réussite moyen en première et deuxième années est de 67%. Pour L1 et L2, ce taux de réussite est correct lorsque nous faisons une comparaison avec les taux de réussite des autres universités. Cette année, nous avons un taux de réussite de 50 % au premier semestre. Ce taux sera amélioré à l’issue de la seconde session.

Pour revenir au modèle hydrique, il s’agit de s’adapter. Au bout de trois ans, on se rend compte que nous avons un taux d’abandon de plus de 30% qui est lié à une difficulté d’adaptation des étudiants. Il faut savoir que ces derniers n’ont pas une autonomie requise pour suivre un enseignement à distance. Ils n’ont pas aussi la culture du numérique qui est requise pour s’adapter à l’enseignement à distance. Donc, cette période de transition qui nous permet de les prendre en charge et de les mettre dans le dispositif de l’enseignement à distance n’a rien à voir avec les standards internationaux. Je le dis, c’est toujours de l’enseignement à distance, même s’ils sont dans l’Eno. Ces derniers sont obligés de venir à l’Eno durant des créneaux qui sont fixés. Après le premier semestre, le taux en présentiel est réduit. Même lorsque l’étudiant est chez-lui, il est obligé de rester connecté. Nous avons un emploi du temps qui permet de contrôler l’assiduité de l’étudiant. Lorsque vous ne contrôlez pas l’assiduité de l’étudiant, vous n’avez aucune garantie qu’il réussirait à l’examen. Le contrôle de l’assiduité nous aide à garantir la qualité de la formation et, par la même occasion, contrôler les tuteurs qui suivent ces étudiants. Car ces tuteurs peuvent aussi profiter de cette absence de contrôle pour ne pas faire correctement leur travail.

L'un de vos plus grands défis à relever est la disponibilité de salles de cours ou Eno. Où en êtes-vous en termes de construction des 19 prévus ?
L’Espace numérique ouvert (Eno) est un espace où se déroulent les activités pédagogiques. Il sert aussi à la promotion de la culture du numérique. Avec l’Eno, l’Uvs a la mission de fournir le service à la communauté, de promouvoir la culture du numérique sur l’ensemble du territoire national. A ce titre, l’Eno joue un double rôle. Nous avons un projet de construction de 50 Espaces numériques ouverts (Eno). Sur les 50, il y a 24 qui ont acquis un financement dont 11 dans le cadre du Budget consolidé d’investissement (Bci) de l’Etat, cinq ont été financés par la Banque africaine de développement (Bad), huit par l’Artp. Seize (16) sur les 24 sont déjà en chantier. Nous allons réceptionner un certain nombre d’Eno dans les mois à venir.

Quid de l'équipement des étudiants (matériels pédagogiques comme les ordinateurs, les clés de connexion...) ?
Les étudiants de l’Uvs bénéficient gratuitement d’un ordinateur, d’une clé de connexion et d’un forfait Internet de 3 Giga qui passera à 5 Giga par mois grâce aux opérateurs. Ainsi, il a la latitude de suivre les enseignements à distance. En attendant la réception de nos infrastructures, nous avons des Eno provisoires au nombre de 12 qui offrent un environnement de travail aux étudiants avec une connexion Internet haut débit. Ils sont aussi en contact physique avec l’administration dans ces espaces. En 2017, nous avons distribué 6.000 ordinateurs et autant de clés Internet. Dans le cadre du programme « Un étudiant, un ordinateur », les premiers étudiants avaient déjà reçu gratuitement un ordinateur. Ces derniers ont la possibilité de changer leur ordinateur moyennant 50.000 FCfa. Le reste a été pris en charge par l’Etat.

La presse a fait cas, récemment, de l'acquisition par l'Uvs de feuilles d'examen. Pour une université dite virtuelle, c'est-à-dire où tout doit être dématérialisé, n'est-ce pas paradoxal ?
Moussa Lo Uvs 2Cela peut paraître paradoxal de faire des examens sur papier dans une université virtuelle. Mais il faut savoir que l’évaluation est une activité professionnelle très compliquée. Aujourd’hui, nous sommes convaincus que notre système d’informations ne nous permet pas de garantir la fiabilité d’un examen numérique. C’est pour cela qu’avec les enseignants, en attendant d’avoir un système d’information fiable, nous avons retenu de faire des évaluations sur papier et sur table. Cela nous donne plus de crédit.

Vous êtes aujourd'hui à plus de plus de 20.000 étudiants, soit plus que l'Ugb qui compte plus de 25 ans d'existence. Or, vous ne disposez pas encore de vos Eno ni de moyens financiers à la mesure de vos ambitions. N'est-ce pas un problème ?
Oui ! C’est un défi à relever. Je crois aussi que c’est cela le challenge. Le Sénégal tient une institution qui va permettre d’améliorer le système d’enseignement supérieur avec l’innovation pédagogique. Cette institution permettre au pays de se positionner dans le domaine qui est l’avenir de l’enseignement supérieur. Les technologies du numérique sont au cœur de l’enseignement supérieur. Nous ne pouvons pas y échapper. Le gouvernement du Sénégal a pris une bonne décision en créant l’Université virtuelle du Sénégal. Le défi est de faire en sorte que cette institution apporte les solutions adéquates en démocratisant l’accès à l’enseignement supérieur au plan géographique. L’étudiant peut rester chez-lui, recevoir des cours et bénéficier d’une formation. L’Uvs a la mission d’offrir une formation tout au long de la vie. Nous sommes en train de travailler sur une offre de formation continue pour élargir l’accès à l’Uvs à des fonctionnaires et aux professionnels des entreprises.

Avez-vous les moyens de vos ambitions ?
L’Etat est en train de faire beaucoup d’efforts. Même si nous avons toujours besoin de plus. Je pense que lorsque nous sommes dans une institution publique, il faut faire avec ce que nous avons. Notre défi est de travailler à générer des ressources complémentaires. Nous avons un plan stratégique 2018 et 2022. Nous allons le vulgariser. Il faut chercher des financements complémentaires pour la réalisation de nos ambitions.

Vos étudiants bénéficient-ils d’un encadrement rapproché ?
L’Uvs a la chance de pouvoir compter sur le personnel enseignant diversifié qui peut se trouver n’importe où. En plus des enseignants des universités publiques et privées du Sénégal, l’Uvs s’appuie sur les enseignants sénégalais de la Diaspora. Beaucoup d’universitaires sénégalais de la Diaspora sont disposés à travailler avec nous. Cela nous a permis d’avoir beaucoup de ressources humaines. Nous avons la possibilité de faire intervenir, à distance, des spécialistes qui n’ont pas de temps de dispenser des cours en présentiel. Nous avons l’exemple du ministre de l’Enseignement Supérieur, M. Mary Teuw Niane, éminent mathématicien, qui a animé, cette année, un cours de licence de mathématique. Cela montre que nous avons la chance de pouvoir compter sur des spécialistes.

Pour l’encadrement rapproché, nous avons un système de tutorat. Nous avons un tuteur pour 20 étudiants dans des classes virtuelles notamment pour les TD. Nous faisons aussi de la rémédiation. Lorsque nous sentons, pour une classe donnée, qu’il y a un besoin de renforcer l’encadrement, nous envoyons un tuteur sur place. Nous avons des tuteurs basés à Saint-Louis, à Ziguinchor, à Kaolack, à Thiès et à Dakar. Nous avons une base de données de plus de 1.000 tuteurs dont 700 sont actifs en ce moment. Ce sont eux qui assurent l’encadrement rapproché.

Il y a eu, dans le passé, des difficultés dans l’organisation des examens. Le processus est-il aujourd’hui maîtrisé ?
Nous sommes à la cinquième promotion. Je dois préciser qu’en 2016, nous avons reçu deux cohortes de bacheliers. La première est composée de 6.000 bacheliers. Ces derniers étaient reçus depuis octobre. La seconde cohorte de 500 bacheliers vient de démarrer les cours il y a un mois. Ce sont des bacheliers qui étaient forclos dans l’inscription sur Campusen. Il n’y a que l’enseignement à distance qui peut permettre cette flexibilité. Tous ces étudiants font des évaluations qui sont parfois continues. Les évaluations se tiennent sur table. Dès qu’elles se terminent, les copies sont acheminées dans les Eno et à Dakar pour les corrections. Je le disais tantôt, cette année, la sortie de notre première promotion est prévue en décembre.

L’Uvs inspire beaucoup de pays. A votre avis, que faut-il pour améliorer davantage le système ?
L’Etat a eu la bonne idée de créer cette université au bon moment. Actuellement, les technologies du numérique sont incontournables. L’Uvs est un modèle. Elle a pris part à la conférence e-Learning-Africa en Ile Maurice. Nous étions le seul démembrement de l’Enseignement supérieur qui avait un stand. Nous avons aussi présenté le modèle pédagogique de l’Uvs. On s’est rendu compte qu’il était très demandé. Des pays viennent pour s’inspirer de notre modèle. Nous sommes invités à la Conférence du Réseau pour l'excellence de l'enseignement supérieur en Afrique de l'Ouest (Reesao) en Côte d’Ivoire du 11 au 13 octobre 2017.

Que faut-il faire pour améliorer le système ? Il nous faut impérativement garantir la qualité de la formation. L’un de nos défis, c’est de s’assurer que l’étudiant qui entre à l’Uvs, au-delà de ressortir avec un diplôme, acquiert des compétences qui lui permettent de s’insérer dans le milieu socioprofessionnel. Nous devons aussi travailler à automatiser le système d’information de l’université. Nous avons surmonté les difficultés de départ. Aujourd’hui, nous avons un modèle pédagogique stabilisé et qui garantit la qualité de la formation.

Propos recueillis par D. MANE, I. SANE
et Sarakh DIOP (photos)

Pour une meilleure sécurité dans la manipulation des substances radioactives et nucléaires, l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) appuie les Etats d’Afrique francophone pour l’amélioration de leur capacité de réaction face aux évènements liés au nucléaire.

Dans le cadre du programme de développement des capacités de réponse relative à la sécurité nucléaire de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea), les Etats d’Afrique francophone sont appuyés pour améliorer leurs plans nationaux de réponse face aux évènements liés à la sécurité nucléaire. Dans ce cadre, des spécialistes d’une dizaine de pays d’Afrique francophone sont en formation à Dakar du 16 au 20 octobre 2017.

Pour Radek Hlavacka, représentant de la Division sécurité de l’Aiea, par ailleurs chargé de la formation, il s’agit de « voir comment répondre à un évènement de sécurité nucléaire et familiariser les spécialistes des pays à la stratégie de réponse aux évènements de sécurité nucléaire. Nous allons identifier les lacunes et les forces des différents pays pour renforcer les dispositifs nationaux ».

Dr Moustapha Sadibou Tall, directeur des inspections de l’Autorité sénégalaise de radioprotection et de sûreté nucléaire (Arsn), rappelle que le Programme d’assistance de l’Aiea sur les capacités d’intervention en matière de sécurité nucléaire comporte une étape de planification, de mise en œuvre et de pérennisation. D’après lui, ce programme vise également à aider les participants à l’élaboration d’un plan de développement des capacités d’intervention de leur pays en recensant l’ensemble des activités susceptibles d’être mises en œuvre au niveau national.

Lutte contre le terrorisme nucléaire
Il indique « qu’au regard du contexte mondial actuel de recrudescence des actes terroristes de toute nature, une menace réelle dont la communauté internationale doit se prémunir est de voir se développer la capacité de certaines organisations terroristes à acquérir des matières radioactives afin de produire un engin à dispersion radiologique dont l’explosion aurait des conséquences sanitaires et économiques considérables ». Il informe qu’au 31 décembre 2016, la base de données de l’Aiea sur le trafic illicite contenait un total de 3.068 incidents confirmés liés à la sécurité nucléaire et signalés par les Etats participants. « Il est donc impératif de réfléchir sur les voies et moyens de renforcer la lutte contre la menace que représente le terrorisme nucléaire », soutient Moustapha Sadibou Tall, qui propose le contrôle et la sécurisation des ressources du nucléaire pour qu’elles continuent à être sûres et adaptées aux usages pacifiques pour le développement médical (soin des pathologies cardiaque et du cancer), agricole, industriel, scientifique, etc.

Le conseiller du Premier ministre, Babou Diabou Diop, a indiqué que les autorités du Sénégal saluent le soutien constant et récurrent que l’Aiea leur apporte « dans la conduite de leurs politiques de sécurisation de ces matières qui nous sont utiles dans de multiples domaines, mais qui, dans toutes les étapes de la procédure de leur utilisation, n’en présentent pas moins des dangers ».

Selon lui, « la meilleure assurance que nous pouvons avoir de notre sécurité, relativement à ces matières, réside dans l’existence de ressources humaines expertes, capables de gérer avec efficacité et efficience toute les étapes du processus de gestion, depuis leur transport jusqu’à leur mise hors circuit, en passant par le stockage et leur utilisation ».

Oumar KANDE

Les membres du Comité national exécutif du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Saems) se sont réunis, pendant deux jours, à Saint-Louis pour réfléchir sur le système sanitaire dans le contexte de la dernière réforme territoriale.

Le système sanitaire souffre des réformes entreprises au cours des dernières années. Les médecins affiliés au Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) en veulent pour preuve les batailles pour le contrôle des conseils d’administration de certains établissements, le refus de quelques collectivités locales de libérer des fonds.

Les membres du Sames ont aussi signalé que des inégalités persistent en matière de couverture sanitaire « et beaucoup de régions du Sénégal restent encore sans pédiatre, réanimateur, cardiologue, alors que le flux des démissions ne peut être comblé par des recrutements », constatent ces médecins.

Malgré ce besoin en médecins, ces derniers continuent de subir l’iniquité de traitement salarial. Cette inégalité est à la base de l’étude sur le système de rémunération des agents de la Fonction publique dont les résultats ont montré que les spécialistes de la santé qui sont de la hiérarchie A spéciale sont très mal rémunérés. Ces syndicalsites pensent aussi que « le ministère de la Fonction publique sabote la mise en œuvre du protocole d’accords en laissant traîner les dossiers administratifs des médecins, pharmaciens et chirurgiens dentistes, alors que leur effectif permet d’en faire une gestion très rapide ».

Par la même occasion, les syndicalistes ont affirmé que le ministère de l’Economie et des Finances, malgré l’accord avec le Gouvernement, refuse de payer les prêts d’équipement dus aux médecins nouvellement recrutés. Ils ont laissé entendre que l‘Etat n’est pas dans la perspective de respecter ses engagements malgré toute la volonté et la disponibilité du Sames.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Les présidents des Comités nationaux de certification (Cnc) et des Comités nationaux d’experts de 17 pays de l’Afrique de l’Ouest se réunissent à Dakar autour de la Certification régionale de la poliomyélite et du processus global d’éradication.

Le Sénégal accueille une rencontre de haut niveau sur l’orientation des présidents des Comités nationaux de certification (Cnc) et des Comités nationaux d’experts de la poliomyélite en Afrique de l’Ouest. Cette réunion de cinq jours vise à renforcer les capacités des présidents des Comités nationaux de la sous-région ouest-africaine pour leur permettre de mieux appréhender les défis qui se posent dans la lutte contre la poliomyélite. Une occasion pour le ministre de la Santé et de l’Action sociale du Sénégal, Abdoulaye Diouf Sarr, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de cet atelier, d’inviter les parties prenantes à aller plus loin dans le combat pour « vaincre définitivement la maladie ».

Il reconnaît, toutefois, que les pays de l’Afrique de l’Ouest ont accompli des « progrès importants dans la lutte contre la poliomyélite et s’approchent de plus en plus de l’objectif d’éradication ». « Le soutien de nos partenaires est encore plus que nécessaire, tant pour nos pays que pour les comités d’experts, en vue notamment de garantir la vaccination et la surveillance, mais aussi d’accentuer la vérification et le contrôle », plaide Abdoulaye Diouf Sarr.

Par ailleurs, le représentant-résident de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) au Sénégal, le Dr Deo Nshimirimana, informe que la région ouest-africaine a obtenu des résultats satisfaisants vers l’éradication de la poliomyélite grâce aux « efforts déployés à tous les niveaux ». Au fil des années, ajoute-t-il, les Etats ont réussi à réduire de manière drastique la polio et le nombre de cas de Polio virus sauvage (Pvs) et de pays infestés. Il ajoute que la région africaine connaît aujourd’hui un statut favorable dans l’éradication de la polio. La preuve, explique-t-il, depuis au moins trois ans, il y a une absence de circulation de Pvs dans tous les pays du continent, en dehors du Nigeria.

Il note aussi un renforcement de l’immunité des enfants à travers le Programme élargi de vaccination (Pev) de routine et des performances dans les systèmes de surveillance du pays. « L’Oms et les autres partenaires sont plus que jamais décidés à renforcer leur soutien aux pays pour relever les derniers défis qui se dressent sur le chemin de la victoire finale contre la polio. Ces défis ont pour noms : la persistance aux niveaux sous-nationaux, les faibles performances en matière de surveillance et de vaccination de routine, l’émergence de poliovirus dérivés de souche vaccinale », cite le représentant-résident de l’Oms, par ailleurs chef de file des Partenaires techniques et financiers du secteur de la santé.

Aliou Ngamby NDIAYE

Des acteurs venus de Kaolack, de Diourbel, de Dakar et de Thiès et des membres du Réseau national des mutuelles de santé se sont rencontrés durant deux jours à Thiès. Un conclave qui fait suite à celui de Kaolack où la relecture du projet de loi sur la Couverture maladie universelle a eu à mobiliser les acteurs.

S’imprégner des instruments de réglementation en matière de protection sociale dans les pays de l’Union monétaire économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa). Tel a été le principal objectif poursuivi à travers la rencontre initiée à Thiès par Réseau national des mutuelles de santé. Il s’est ainsi agi, en relation avec les lois internes des Etats sur les questions liées à la protection sociale, d’être mieux outillé pour jauger la mise en œuvre et pouvoir porter au besoin le plaidoyer auprès des décideurs.

S’inspirant de ces instruments, des Etats membres de l’Uemoa ont intégré le concept de protection sociale dans leurs constitutions. C’est le cas du Mali, du Sénégal, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Togo. Mais, selon André Demba Wade, coordonnateur du Groupe d’appui aux institutions mutualistes, si la consécration de ce droit à la santé est effectivement universelle, il importe de s’intéresser aux différentes approches que les institutions ou les Etats vont mettre en œuvre pour le garantir.

Par ces approches, plusieurs pays se sont engagés dans un processus de mise en place de système de Couverture maladie universelle pour leurs populations. Aussi différents mécanismes sont-ils mis en œuvre pour assurer l’effectivité de ce droit. « Il y a, d’une part, le financement direct qui s’appuie sur des systèmes de subvention ou système non contributif se matérialisant dans plusieurs Etats membres de l’Uemoa par des politiques de gratuité ciblée; et, d’autre part, les systèmes contributifs mis en œuvre par le biais de caisses de protection ou de sécurité sociale », fait-il remarquer, rappelant que certains pays tels que le Sénégal et le Mali vont plus loin en impliquant les mutuelles sociales comme acteurs de mise en œuvre de la Couverture universelle de santé. Etant donné que ces organisations de droit privé ont eu à démontrer leur capacité et leur apport dans l’extension de la couverture du risque maladie.

« Malgré ces efforts consentis par les uns et les autres, il est important que ce cadre règlementaire portant sur la mutualité sociale et sur l’approche en matière de couverture universelle en santé, soit partagé et connu de tous les acteurs », a-t-il ajouté. Car, la recommandation sur la mutualisation sociale se fonde sur une idée et une expérience partagées par l’ensemble des mandants de l’Organisation internationale du Travail. Comme quoi « le meilleur moyen pour faciliter la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle est de mettre en place une stratégie intégrée, comportant un large éventail de moyens d’action et d’assurer une coordination institutionnelle en vue d’offrir aux millions de personnes concernées des opportunités en matière d’emploi et de revenu, de promouvoir leurs droits en leur garantissant une protection sociale adéquate », a soutenu Mme Annie Diouf, la consultante qui a fait une communication sur « la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle ». Pour elle, la question d’accès à un travail décent pour tous dans le respect de la législation doit mobiliser décideurs, travailleurs et employeurs, parce que c’est un partenariat gagnant-gagnant. Car « autant la transition de l’informel vers le formel permet à l’Etat d’élargir son assiette fiscale, autant elle offre aux travailleurs une bonne protection sociale », a-t-elle martelé.

Mbaye BA

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