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Actualités (1547)

Une formation sur le système électronique de notification des cas de Vih/Sida, version « off-line » (sans connexion Internet), réunit, depuis hier, des experts venus des différentes régions du Sénégal.

L’Institut de recherche en santé, surveillance épidémiologique et formation/réseau africain de recherche sur le Sida (Iressef), sis à Diamniado, est en train de former une soixantaine d’experts sénégalais sur le système électronique de notification des cas de Vih/Sida, version « off-line » (sans connexion Internet).

Pour le directeur de l’Iressef, le Pr Souleymane Mboup, l’objectif de cet atelier de formation est de mettre en place cette version du programme Sencas. Laquelle va permettre, selon lui, de faire la saisie des données sans la connexion Internet. « Une fois la connexion rétablie, les données seront basculées directement dans le système », a-t-il expliqué, informant par la même occasion que le Programme Sencas a déjà équipé en ordinateurs certains sites de notification des cas de Vih/Sida. « Nous comptons le faire pour l’ensemble des 52 sites que compte le pays », a promis M. Mboup.

En présidant l’ouverture des travaux de cet atelier, la secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls), Dr Safiétou Thiam, a défini la notification des cas de Vih/Sida comme étant une stratégie importante pour la surveillance des maladies de manière générale. « L’outil électronique, présenté par l’équipe du Pr Souleymane Mboup, permet la notification des cas de Vih/Sida et peut être utilisé « off line », a-t-elle précisé.

A l’en croire, la notification des cas complète les autres batteries d’intervention mises en place pour surveiller le Vih/Sida au Sénégal et même dans la sous-région. « Nous avons la surveillance sentinelle et les enquêtes biologiques comportementales que nous effectuons au niveau des populations cibles de notre programme », a fait savoir Mme Thiam. Elle a indiqué que cette notification électronique permettra d’avoir le numéro de chaque patient et de pouvoir le suivre surtout dans le cadre de la stratégie qui aidera le Cnls à détecter les Personnes vivant avec le Vih et les mettre sous traitement, pour qu’elles ne transmettent pas le virus. Le Sénégal, d’après le Pr Souleymane Mboup, est engagé dans le concept des trois 90 %. Il s’agit d’éradiquer le Sida en détectant 90 % des personnes qui ont le virus, de traiter 90 % des personnes vivant avec le Vih et de faire en sorte que 90 % de ces personnes puissent bénéficier d’un traitement efficace. « C’est pour cette raison que nous avons décidé, avec nos partenaires, de développer le logiciel de notification des cas du Vih », a déclaré l’enseignant-chercheur.

Le logiciel a été déjà expérimenté à Dakar, Kaolack et Ziguinchor. « Nous l’avons étendu ensuite dans les autres régions qui n’en disposaient pas. Aujourd’hui, nous avons pris la décision d’élargir le logiciel en intégrant la version « off-line » qui peut marcher sans l’Internet », a-t-il rappelé tout en promettant que toutes les régions en seront dotées.

Mais avant cela, les experts en notification des cas de Vih doivent maitriser le nouveau logiciel. D’où l’importance de cet atelier de formation.

Le Sénégal, selon le directeur de l’Iressef, est l’un des rares pays à disposer d’un système de surveillance du Vih le plus constant, le plus régulier et diversifié.

Le Pr Amadou Bamba Sow, de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, et le représentant de l’Agence fédérale santé publique américaine se sont félicités de la tenue de cette formation.

Eugène KALY

Un rapport, rendu public à l’occasion de la Conférence annuelle des ministres africains des Finances, invite les pays africains à renforcer leurs capacités en sciences et technologies à travers des innovations.

Les pays africains ont manifesté leur intérêt et leur volonté de travailler, en vue d’un développement axé sur la Science, la technologie et l’innovation (Sti). Les chefs d’État et les décideurs africains, à travers l’Agenda 2063 et la Position africaine commune dans l’Agenda 2030, ont mis l’accent sur la Science, la technologie et l’innovation (Sti) comme levier essentiel, en vue d’atteindre les objectifs de transformation économique et de développement. Selon le rapport de l’Indice des capacités en Afrique (Ica), rendu public, cet engagement a été exprimé par l’adoption, en juin 2014, d’une stratégie décennale pour la Science, la technologie et l’innovation en Afrique (Stisa-2024) lors de la 23ème session ordinaire du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. Le rapport invite à la mise en place d’organisations et de cadres institutionnels efficaces orientés vers une large participation et une bonne gouvernance. Il indique les aspects sur lesquels les pays africains doivent mettre l’accent.

Renforcer la qualité de l’enseignement supérieur
Le document se focalise aussi sur la création d’un environnement qui motive, une gestion inclusive et constructive. Ainsi, la capacité à mettre sur pied des cadres appropriés, pour la gestion des stratégies, programmes et projets, est fortement recommandée. Le rapport confirme la progression de l’importance des stratégies et du renforcement des capacités des pays africains dans le domaine des Sti. Par exemple, 65 % des pays ayant fait l’objet de l’étude disposent d’une stratégie de promotion des Sti. Pour 28 % d’entre eux, cette promotion fait partie de leur Plan de développement national. Seuls 7 % sont dans le niveau élevé et 2 % dans le niveau bas, mais aucun pays ne se retrouve dans le niveau très bas. Plusieurs pays africains ont réaffirmé leur ferme engagement à placer la Sti au centre du développement national, même si celui-ci n’a pas encore donné lieu à des investissements dans des projets pragmatiques dans ce domaine, souligne l’étude.

La qualité de l’enseignement supérieur reste une préoccupation fondamentale en Afrique. Selon les résultats du rapport, seulement cinq parmi les 500 meilleures universités au monde sont en Afrique.

Le classement des universités devient de plus en plus important, car il mesure non seulement l’enseignement universitaire, mais aussi les résultats de l’université, y compris le nombre d’articles publiés dans les meilleures revues, les récompenses et les reconnaissances reçues, le personnel, les anciens étudiants et les citations des articles publiés, précise le rapport. L’enquête de l’Acbf sur les 44 pays africains couverts montre que 77 % des pays considèrent l’investissement en renforcement de capacités en Sti comme une priorité élevée ou très élevée par rapport aux besoins en capacité. La plupart des pays africains ont une vision à court terme du développement humain. Ils comptent encore sur le soutien financier extérieur qui a souvent des finalités à court terme.

Oumar BA

La cérémonie de remise du « Prix de la pédagogie numérique », organisée par l’Association sénégalaise des professeurs de français (Aspf), s’est tenue samedi dernier à l’amphithéâtre Kocc Barma Fall de la Fastef. Bora Baldé, professeur de français au Nouveau lycée de Kaolack, a remporté le premier prix.

L’objectif du concours « Prix de la pédagogie numérique » est de répondre au besoin en formation des professeurs de français en intégrant les Technologies de l’information et de la communication dans leurs pratiques pédagogiques. La révolution numérique impose un renouvellement des pratiques pédagogiques dans l’enseignement du français. Il y va de l’amélioration de la qualité de l’enseignement de la langue française au Sénégal. Les principaux intervenants, lors de la remise des prix, ont souligné l’importance de ces outils dans le processus d’apprentissage. L’intégration des Tic dans les activités pédagogiques, par le transmetteur de connaissances, est devenue plus qu’une nécessité. Le problème, pour les professeurs, est de savoir construire des séquences pédagogiques intégrant les Tic.

Ce concours vise donc à créer l’émulation chez les professeurs de français et à renforcer leur motivation à apprendre et à améliorer leurs pratiques pédagogiques. Il a permis de récompenser quatre enseignants craie en main et un formateur. Et parmi eux, aucun ne vient de la région de Dakar. Il s’agit de Bora Baldé, professeur de français au Nouveau lycée de Kaolack, Dieynaba Cissé, institutrice à l’école élémentaire El Hadji Cheikhou Wade de Saint-Louis, Magatte Fall, institutrice à l’école maternelle de Fass Ngom de Saint-Louis, Paul Faye, formateur au Crfpe de Sédhiou, Cellule de français, Cem Saré Moussa de Kolda. Le lauréat Bora Baldé a conçu une application qui permet aux élèves d’apprendre, en toute autonomie, la méthodologie de la dissertation. Cette application, conçue avec PowerPoint, comprend un cours et des exercices pratiques sous forme de quizz. Il s’agit d’une ressource utilisable avec les Smartphones, les tablettes et les ordinateurs. Grâce à elle, l’élève peut, en toute autonomie, apprendre la méthodologie de la dissertation à sa convenance. Ce concours national de production de fiches pédagogiques, organisé par l’Aspf, a été donc une occasion pour mobiliser les acteurs du monde éducatif et les professeurs de français autour du renouvellement pédagogique qui est en train de s’opérer avec les outils numériques au sein de la Francophonie. C’est pourquoi Maguèye Touré, directeur de la Francophonie au ministère de la Culture et de la Communication, salue cette initiative. Car, estime-t-il, le numérique est un domaine transversal. M. Touré s’est dit heureux que ce soit les acteurs qui construisent la Francophonie au quotidien, les professeurs de français qui déploient cette stratégie porteuse d’espoirs pour notre école. Par ailleurs, il faut signaler que le président de l’Aspf, Baytir Kâ, après deux mandats, quitte son poste pour une station internationale toujours dans le domaine de la promotion de la langue de Molière.

Alassane Aliou MBAYE

Le Laboratoire de recherche sur les transformations économiques et sociales (Lartes), qui pilote le programme « Jangando » (Apprendre ensemble), vient de livrer les résultats d’une enquête sur la performance des élèves en mathématiques, lecture et culture générale au niveau de l’Académie de Sédhiou. Les taux obtenus sont faibles dans les matières précitées. Au niveau de l’Ief (Inspection de l’éducation et de la formation) de Bounkiling, ils sont respectivement de 11 %, 12 % et 17 %. L’Ief de Goudomp a fait un peu mieux avec respectivement 21 %, 16 % et 22 %. Sédhiou se classe 2ème avec 20 %, 9 % et 18 %.

Les taux enregistrés au niveau national sont de 16 %, 20 % et 22 %. Les enfants âgés entre 9 et 16 ans ont été évalués dans la langue qu’ils on choisie (arabe ou français). Les résultats, déjà faibles, cachent des disparités entre ruraux et urbains, ces derniers ayant les meilleurs résultats. Selon Daouda Dia, chargé de programmes de l’Ong Foddé qui supervise le pilotage du programme « Jangando » pour les régions de Sédhiou et Kolda, des facteurs endogènes et exogènes expliquent les contreperformances. A son avis, pour que l’élève soit performant, on ne doit pas laisser l’éducation dans les mains des seuls spécialistes. Chaque composante doit jouer sa partition dans une approche plus ou moins intégrée. Les communautés doivent savoir que l’éducation n’est pas la transmission de la connaissance entre quatre murs. D’ailleurs, le plus souvent, ce ne sont même pas des murs, puisque les abris provisoires dominent. En plus, une école sans point d’eau, sans édicules, sans murs de clôture et qui, de surcroit, a des problèmes de sécurité, ne peut en aucun cas former des élèves performants.

Malamine KAMARA

Au Sénégal, plus de 13.000 cas de tuberculose ont été recensés en 2016. Pour réduire l’incidence de cette maladie, une stratégie mondiale de lutte contre la tuberculose, « End Tb » (Mettre fin à la tuberculose) d’ici à 2035, à été lancée.

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale a lancé, le 24 mars 2017, la nouvelle stratégie de lutte contre la tuberculose dénommée « End Tb » (Mettre fin à la tuberculose). Le Sénégal, à travers cette initiative, veut mettre fin à cette maladie d’ici à 2035. Surtout que, d’après le représentant de l’Oms au Sénégal, Dr Deo Nshimirimana, la tuberculose reste l’une des 10 premières causes de mortalité dans le monde.

Le Pr Awa Marie Coll Seck a néanmoins estimé que la mise en œuvre de la stratégie « End Tb » exige l’implication de tous les acteurs, aussi bien gouvernementaux que de la société civile. Car, selon elle, chaque personne peut contribuer, à sa manière, dans la lutte contre la tuberculose. « Tous ensemble pour amorcer la fin de la tuberculose au Sénégal », a lancé l’autorité sanitaire, rappelant que la stratégie « Mettre fin à la tuberculose », adoptée, en 2014, par l’Assemblée mondiale de la santé et approuvée, en 2015, par plusieurs comités régionaux de l’Oms, témoigne d’une volonté manifeste d’intensifier la lutte contre la tuberculose. Au-delà de l’accès universel à des soins antituberculeux de qualité, la stratégie « Mettre fin à la tuberculose » vise à promouvoir la prévention de cette maladie par une approche plurifactorielle susceptible d’infléchir plus rapidement l’épidémie.

Toutefois, le ministre de la Santé a reconnu que cette stratégie seule ne saurait suffire. « Il faudra alors disposer de nouveaux outils comme un test réalisable sur le lieu des soins pour diagnostiquer l’infection et la maladie », a souligné Mme Seck, proposant des schémas thérapeutiques plus courts et efficaces pour traiter les patients.

Abordant le thème de la Journée mondiale de la lutte contre cette pathologie de cette année, « S’unir pour mettre fin à la tuberculose », avec comme slogan « Chaque personne compte », le Pr Awa Marie Coll Seck a soutenu qu’il s’adresse à tous, car chaque individu peut apporter sa contribution en aidant les autorités sanitaires à vaincre la maladie. A son avis, le gouvernement du Sénégal en a fait une priorité de santé publique pour accompagner le Programme national de lutte contre la tuberculose (Pnt). C’est ainsi qu’il a posé des actes forts pour matérialiser son engagement politique. Il s’agit, selon elle, de la mobilisation des ressources financières et matérielles auprès de l’État et des partenaires pour accompagner le Pnt. A cela s’ajoutent la gratuité des médicaments des tuberculeux et celle de l’examen de base pour le diagnostic (Baar). C’est dans l’optique de faciliter la prise en charge que le Sénégal s’est aussi doté de 13 appareils pour le Test de diagnostic rapide et gratuit pour le dépistage de la multi-résistance.

La Journée mondiale de la lutte contre la tuberculose est l’une des occasions pour sensibiliser les populations. Car la tuberculose continue de faire des victimes au Sénégal où l’on a enregistré, en 2016, plus de 13.000 cas avec une forte prévalence à Dakar. Seulement, ce chiffre peut bien constituer l’arbre qui cache la forêt, tous les cas de tuberculose n’étant pas connus. C’est pourquoi la coordonnatrice du Pnt, Dr Marie Sarr Diouf, a déclaré que les actions seront davantage orientées dans la détection des nouveaux cas. « C’est la détection de nouveaux cas qui permettra de mettre fin à cette maladie d’ici à 2035 », a-t-elle expliqué.

Eugène KALY

Orienter les curricula de formation vers l’auto-emploi reste la solution pour résoudre le chômage des jeunes. C’est la position de l’Ong Ashoka Sahel qui a initié, samedi dernier, à Dakar, une « Foire des métiers du futur ».

A l’initiative de l’Ong Ashoka Sahel, la Place du souvenir africain a abrité, samedi dernier, une « Foire des métiers du futur ». Cette rencontre qui a réuni élèves, étudiants, dirigeants d’écoles publiques et privées, chefs d’entreprises, autorités étatiques etc., a été une occasion pour réfléchir sur les réponses à apporter au chômage qui touche environ 12,9 % des jeunes au Sénégal. A travers cette foire, Ashoka Sahel vise à promouvoir une nouvelle façon de penser les voies de l’avenir professionnel des jeunes. « Nous avons invité toutes les personnes qui interviennent sur la question de l’emploi des jeunes pour échanger avec elles, qu’elles soient du secteur public ou privé. Nous avons constaté que les jeunes n’ont aucune idée de ce qui va se passer dans 5 ans encore moins dans 10 ans, ou 20 ans. C’est pourquoi nous voulons susciter la réflexion », a déclaré Mme Coumba Touré, représentante régionale d’Ashoka pour le Sahel.

Selon elle, l’objectif est que les jeunes soient éveillés. Le débat sur les curricula de formation a aussi été posé aux responsables d’écoles, mais aussi aux autorités publiques en charge de l’éducation et de la formation. « Comment les jeunes sont formés ? Il faut que cette question soit posée au ministre de l’Éducation. Aujourd’hui, très peu de jeunes peuvent être employés dans un cadre formel, qu’ils soient du public ou du privé. Et l’on a l’impression qu’ils sont toujours formés pour être employés quelque part et non pour s’auto-employer », s’est désolée Mme Touré. A l’en croire, des réponses peuvent être trouvées dans des domaines comme l’agriculture, surtout celle qui donne la nourriture saine, les technologies de l’information et de la communication (Tic) et l’effet qu’elles font dans les autres métiers. « L’auto-emploi est, aujourd’hui, la solution. Maintenant, il faut former les jeunes à cela, leur faciliter l’accès aux financements et les accompagner », a prôné la patronne d’Ashoka Sahel qui a déjà organisé, les 18 et 19 décembre 2015, des journées de réflexion sur le thème : « Ré-imaginer le changement dans l’éducation et l’emploi des jeunes », avec la participation de nombreux acteurs et experts, ainsi que des entrepreneurs du secteur de l’éducation.

Présente à Dakar depuis 1992, Ashoka Sahel s’active essentiellement dans la promotion de l’entrepreneuriat social à travers diverses activités. L’Ong, fondée en 1980 aux États-Unis, est présente dans 60 pays et compte, à ce jour, plus de 3.000 entrepreneurs sociaux à travers le monde, dont une vingtaine au Sénégal et près de 100 en Afrique de l’Ouest, une sous-région couverte par le bureau régional d’Ashoka Sahel.

Ndiol Maka SECK

La Faculté des Sciences et Techniques de l’Éducation et de la Formation (Fastef) a abrité, le 20 mars, une conférence animée par José Emilio Burucua, un historien argentin, sur le thème : « Reconnaissance, alliance, soumission, résistance. Quelques approches iconographiques au problème général des rapports entre souverainetés indigènes et constructions des empires européens dans le monde Atlantique, XVe-XVIe siècle ». Des moments riches en histoire racontés devant des dizaines d’étudiants conquis.

La salle de conférence de la Fastef était devenue trop exiguë pour les étudiants venus assister à la conférence animée par José Emilio Burucua, un historien argentin. L’atmosphère calme qui régnait dans la salle renseigne à suffisance sur la volonté de ces derniers de se connecter au diapason de l’histoire, mais surtout de s’abreuver des enseignements distillés par M. Burucua. Ce titulaire d’un Doctorat en Histoire de l’art et en Histoire des sciences est une voix autorisée pour la qualité et la pertinence qui accompagnent ses sujets lors des conférences qu’il a eues à animer un peu partout à travers le monde. Dans une démarche scientifique, il a, au début de son intervention, tenté de faire une description de l’état de l’art en s’appuyant notamment sur des penseurs, philosophes ou historiens dont les travaux ont, selon lui, bâti les fondements des approches historiques qui alimentent le thème.

Pour lui, l’œuvre de Anthony Pagden, professeur à Cambridge, Johns Hopkins University, l’Ehess à Paris, « Seigneurs de tout le monde : Idéologies de l’Empire en Espagne, Grande Bretagne et France 1500-1800 » est des plus éloquentes. Elle étudie l’outillage culturel mis en œuvre par l’Empire espagnole afin de dominer l’imaginaire des indigènes du Mexique. Elle permet également de découvrir l’ambivalence des opérations de métissage réalisées par les pouvoirs institutionnels, les communautés ou les individus résistants à la domination coloniale.

L’histoire du processus de la mondialisation, le métissage culturel et religieux, en passant par la révolte messianique des indigènes péruviens sont autant d’œuvres réalisées entre le XVe et le XVIe siècle et sur lesquelles le conférencier est largement revenu. Il s’est, en outre, prêté à une exploration des royautés et souverainetés en cartographies, peintures et illustrations de cette époque pour signaler quelques domaines du champ de l’histoire des images et de tout ce qui se rattache à l’Afrique.

« Les images nous aident à découvrir des significations différentes de celles qui découlent de la documentation écrite, surtout lorsqu’on s’en sert pour entreprendre un exercice de comparaison qui, dans ce cas de souveraineté indigène, nous fournit une belle organisation des vues des pouvoirs coloniaux à leur égard pendant les deux premières siècles de la période choisie », a-t-il fait savoir.

Dans un autre registre, le conférencier a renseigné sur la présence des Sénégalais émigrés en Argentine. Si l’on se fie au dernier recensement de la population africaine établie en Argentine, il fait état de plus de 2.500 Sénégalais. Ils s’activent notamment dans la vente ambulante, travaillent dans des entreprises de sécurité privée, la restauration ou la musique, et participent pleinement à des activités sociales pour favoriser leur intégration dans la société. José Emilio Burucua est, par ailleurs, membre de l’Académie nationale des Beaux-Arts en Argentine. Il est auteur de plusieurs livres et articles.

Mouhamadou Lamine DIOP (stagiaire)

A Thiès, 80 cas de décès maternel lors de l’accouchement ont été recensés en 2016. La révélation a été faite par Mme Rachel Coly Preira, coordinatrice régionale de la Santé de la reproduction à la région médicale.

Une réunion-bilan de l’année écoulée et du premier trimestre de 2017 sur la situation de la mortalité maternelle dans la région de Thiès s’est tenue récemment. Une occasion pour Mme Rachel Coly Preira, coordinatrice régionale de la Santé de la reproduction (Sr) à la région médicale, de révéler que 80 cas de décès maternels lors de l’accouchement ont été recensés en 2016. Un constat alarmant que beaucoup d’intervenants ont eu à déplorer. « Aujourd’hui, la mortalité maternelle constitue un véritable problème de santé dont sont conscientes les plus hautes autorités », a souligné l’adjoint au gouverneur de Thiès chargé des affaires administratives, Mbassa Sène.

La coordinatrice régionale de la Sr a fait remarquer que « l’ignorance des femmes des besoins en soins face aux signes de danger explique le plus souvent ces cas de décès maternel dont une grande partie se passe dans les structures de référence où il existe une certaine organisation des évacuations, mais que les services requis sont inexistants ou inaccessibles à cause des distances, du coût des consultations et autres obstacles socioculturels ;ce qui fait que les soins reçus sont souvent inappropriés ou préjudiciables ». Parmi les causes des décès maternels identifiées, figurent les hémorragies (30 %), l’hypertension artérielle (Hta) et ses complications (28 %), qui remettent en cause le suivi et la qualité des Consultations prénatales (Cpn), et les ruptures utérines (9 %) souvent caractérisées par une insuffisance dans la qualité de la prise en charge (Pec) du travail et de l’accouchement. D’ailleurs, Mme Preira a estimé que « ces causes sont, pour l’essentiel, évitables à travers une prompte réaction de la communauté devant les complications, un diagnostic précoce, une bonne organisation des services (références/contre références) et une prise en charge précoce et appropriée ».

Par ailleurs, elle a invité à une prise en compte des adolescents et des jeunes dans la prise en charge. Car, selon elle, « plus de 62 % des cas de décès maternel sont âgés entre 15 et 25 ans. La majeure partie est constituée de mères relativement jeunes caractérisées par leur manque d’expérience par rapport à la grossesse et à l’accouchement. D’où la nécessité d’impliquer davantage les réseaux communautaires, mais également les hommes ».

Aussi convient-il de prendre en charge en amont la grossesse dans tout son processus, depuis la première consultation prénatale, ainsi que l’estimation à faire de la gravité des cas qui connaissent souvent des insuffisances. L’autre particularité notée est le déficit en ressources humaines qualifiées, surtout de gynécologues, d’anesthésistes et de pédiatres. « Dix-sept gynécologues pour l’ensemble de la région, 216 sages-femmes, 260 infirmiers et 92 médecins », a cité Mme Preira qui a également évoqué « la faible implication des hommes et de certains leaders (religieux, politiques) dans l’accompagnement des femmes ».

M. SAGNE

Le taux d’accès à l’eau potable reste encore faible dans la région de Sédhiou. Il est de 73,8 %. Mais, avec l’édification de 38 forages qui vont polariser 249 villages, la situation pourrait s’améliorer.

C’est au pied du château d’eau en finition, réalisé à Kandialon, cité religieuse du département de Bounkiling, dans le cadre du Programme d’eau potable et d’assainissement (Pepam)-Ue, que la Journée mondiale de l’eau a été célébrée dans la région de Sédhiou où le taux d’accès à l’eau potable reste encore faible (73,8 %). Toutefois, il faudra noter qu’il a enregistré un bond de 9 % par rapport à la situation des deux précédentes années.

Pour l’approvisionnement en eau potable par robinet, le taux est de 34,8 %. La situation n’est donc pas reluisante dans ce domaine, a reconnu Souleymane Bodiang, chef de la Division régionale de l’hydraulique.

La cérémonie était notamment marquée par une grande mobilisation des femmes, venues se réjouir de l’imminente mise en service du château d’eau. Ce qui mettra fin à des années de calvaire. Elles n’ont pas manqué non plus de dire au président de l’Asufor (Association des usagers du forage) comment elles veulent que le forage soit géré. Elles ont, en effet, entendu des techniciens que beaucoup de forages tombent en panne, faute de bonne gestion. Donc, pour ces femmes, il n’est pas question de vivre la même situation. Cela reviendrait à reprendre le long chemin qui mène à la recherche du liquide précieux.

Si le taux d’accès à l’eau potable n’est pas ce qu’il aurait dû être, encourageant encore la consommation de l’eau de puits, il y a cependant espoir que toutes les populations rurales comme urbaines des localités de cette région puissent avoir, dans quelques années, un total accès à l’eau potable. L’indice qui permet de le penser, c’est la réalisation de 38 forages qui seront fonctionnels dans un proche avenir.

Déjà le projet Pepam-Ue est en train de réaliser 16 forages, les Chinois, eux, vont bientôt démarrer 22 forages. Au total, 249 villages seront polarisés.

Revenant sur le thème de la journée : « Les eaux usées », le chef de la Division régionale de l’hydraulique a demandé aux femmes de faire bon usage de l’eau, une denrée précieuse qu’il ne faut pas gaspiller. S’agissant des eaux usées, en attendant d’avoir des structures de traitement, les femmes doivent avoir dans les maisons deux endroits de stockage : un pour les eaux qui ne peuvent plus être utiles et un autre pour celles qui peuvent, par exemple, être utilisées pour le maraîchage.

Malamine KAMARA

Pour faire face à l’érosion côtière, à la dégradation et la salinisation des sols dans la zone nord, à la surexploitation des ressources ligneuses (bois de chauffe)…, la région de Wallonie (Belgique) s’est engagée à accompagner le Sénégal, lit-on dans un communiqué.

Face à l’érosion côtière, la dégradation et la salinisation des sols dans la zone nord, la surexploitation des ressources ligneuses (bois de chauffe), la pression trop grande sur les écosystèmes fragiles de la bande des Niayes, l’urbanisation galopante qui préoccupent notre pays et en vue de la préservation de la diversité biologique, le ministre de l’Environnement du Développement durable, Abdoulaye Bibi Baldé, a profité de son séjour en Belgique pour renforcer la coopération qui lie le Sénégal et la région de Wallonie. L’idée, selon le communiqué qui nous est parvenu, est de se donner les moyens de faire face à la dégradation de l’environnement qui occupe une place importante dans le Plan Sénégal émergent (Pse). Ainsi, à cette occasion, le ministre de l’Environnement de la Wallonie, Carlo Di Antonio, s’est dit disposé à accompagner le Sénégal dans plusieurs secteurs de son département, notamment dans l’énergie éolienne, l’éducation environnementale, la qualité de l’air, le développement des Aires marines protégées (Amp), la pisciculture, le repos biologique...

Il a également promis d’appuyer notre pays, dans le cadre du Fonds international de l’eau, pour un montant de 500 millions d’euros devant appuyer la promotion des Amp. Informant que dans le domaine de l’éducation environnementale un programme de e-learning est en cours d’élaboration, Carlo Di Antonio a fait savoir que ledit programme pourra être mis à la disposition du Sénégal afin de favoriser une meilleure compréhension des problématiques environnementales par les apprenants sénégalais.

En plus de ces échanges féconds, le ministre de l’Environnement compte rencontrer le ministre en charge de l’Agriculture et des Forêts qui coordonne d’importants services et projets relatifs à l’environnement. En clair, la Wallonie dispose d’une expertise avérée en matière d’agriculture et de forêts. Les deux pays partageant en commun les mêmes préoccupations en matière d’environnement, leur coopération permettra ainsi de mieux prendre en charge ces questions, au bénéfice de leurs populations respectives.

Amadou DIOP

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