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Actualités (2321)

Une équipe médicale de 85 professionnels de la santé dont des médecins, des infirmiers et des sages-femmes est attendue dans le sud du Sénégal du 17 au 21 septembre 2017 dans le cadre de la deuxième édition des consultations médicales gratuites organisées par l’Association « Ziguinchor assistance médicale ». L’initiative est soutenue par l’ambassade d’Arabie Saoudite à Dakar. Selon Dr Saliou Badji, coordonnateur de l’Association, les agents de santé seront à Diattoc, Tendimone, Balingore. Ils sont également attendus à Lyndiane et Néma II dans la commune de Ziguinchor. « Des cardiologues et des gynécologues feront partie de l’équipe. Il est également prévue des séances de dépistage du cancer du col de l’utérus », a souligné Dr Badji.

B. DIONE

La lutte contre l’excision est en train de porter ses fruits. L’écrasante majorité de la population a déjà tourné le dos à la pratique.

Le taux d’abandon de l’excision est de 99,9% dans l’arrondissement de Dioulacolon, sud du département de Kolda. La révélation est d’Ibrahima Gano, sous-préfet de Dioulacolon, lors de la tournée de presse organisée du 7 au 9 septembre dernier dans les régions de Kolda et de Sédhiou par l’Ong Tostan. Cette tournée vise à rendre plus visibles les résultats des activités de sensibilisation et de mobilisation sociale pour l’abandon de l’excision au Sénégal financé par Orchid Project. De Saré Doma à Saré Golo, en passant par Djidima et Séfa, c’est le même constat. Chefs de village, guides religieux, notabilités coutumières, présidentes des organisations féminines et responsables des mouvements de jeunesse réaffirment leur engagement pour le changement des normes sociales favorables à l’abandon de cette pratique.

A Séfa, les communautés qui ne pratiquent pas l’excision étaient souvent stigmatisées par leurs voisines qui la pratiquaient. « Je pense que l’histoire est en train de nous donner raison », s’exclame Rosa Basso. C’est aussi l’avis d’Ousmane Mané, le chef du village. « La situation a totalement changé à Séfa. Les gens ont rejoint les ethnies qui ne pratiquaient pas l’excision, parce qu’ils ont compris que la vérité est de leur côté. En tant que chef de village, j’encourage les communautés à tourner définitivement le dos à l’excision », déclare-t-il. Ses propos sont confirmés par Fatou Bintou Konaté, vice-présidente des femmes et Doudou Tamba, représentant du président de l’Asc Réveil de Séfa. A Saré Doma, Maryama Baldé, la doyenne des femmes et ancienne exciseuse, jette ses couteaux dans une fosse septique pour montrer le bon exemple. Après 19 ans de pratique, elle met fin à sa carrière et renonce aux cadeaux dont du savon et des poulets qu’on lui remettait en échange de ses prestations.

Cependant, il existe encore quelques poches de résistance chez une certaine communauté qui continue de pratiquer en cachette l’excision, selon le sous-préfet de Dioulacolon qui décerne un satisfecit à l’Ong Tostan pour le travail accompli. « Tostan fait partie des meilleures Ong qui interviennent dans le Dioulacolon. Toutes ses activités sont visées par l’autorité administrative. Et je dois dire que Tostan a fait un bon travail dans le cadre de la lutte contre l’excision et l’abandon des mariages et grossesses précoces », déclare-t-il.
Pour Malick Niang, gestionnaire national de projet à Tostan Sénégal, la lutte contre l’excision est un travail de longue haleine.

Mamadou Aliou DIALLO

La Coalition nationale pour la santé et l’action sociale (Consas) a organisé, le 13 septembre 2017, au Centre de recherche ouest-africain, un panel sur le rôle et la place de la médecine traditionnelle parmi les enjeux sanitaires. Elle invite à un débat d’idées pour qu’il y ait une « complémentarité » entre les deux types de médecine.

Rôle et place de la médecine traditionnelle parmi les enjeux sanitaires ? La Coalition nationale pour la santé et l’action sociale (Consas) pose le débat au moment où un projet de loi pour l’encadrement de la médecine traditionnelle est sur la table de l’Assemblée nationale du Sénégal. A travers un panel organisé le 13 septembre au Centre de recherche ouest-africain (Warc), la Consas a réuni des acteurs de la médecine conventionnelle et celle dite traditionnelle pour évaluer les forces et faiblesses de cette dernière. Selon le président de la Consas, le Pr Abdoul Kane, il est aujourd’hui reconnu que la médecine traditionnelle peut rendre beaucoup de services aux populations. La preuve, en Afrique, selon des chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), plus de 80% ont recours à ce type de médecine.

Pour le Sénégal, le président de la fédération sénégalaise des tradipraticiens, Ablaye Ndaw, est d’avis que plus de 95% de la population ont recours à la médecine traditionnelle avant celle conventionnelle. Face à l’ampleur de l’utilisation de ce type de médecine, il faut très vite procéder à une réglementation pour permettre aux populations de mieux en tirer profit. Toutefois, le coordonnateur de la Cellule de la médecine traditionnelle au ministère de la Santé et de l’Action sociale, le Pr Emmanuel Bassène, est optimiste que le projet de loi sera bientôt adopté par la nouvelle législature. Selon lui, ce projet a été longtemps initié, mais a toujours été dans le circuit. C’est finalement le 31 mai 2017 qu’il a été déposé sur la table du gouvernement et a été adopté en procédure d’urgence.Cependant, l’expert en médecine traditionnelle Charles Katy, qui a pris part à ce panel, renseigne que sans une loi votée par l’Assemblée nationale, il ne peut y avoir une réglementation dans le secteur de la médecine traditionnelle. Surtout qu’aujourd’hui, constate le cardiologue, le Pr Abdoul Kane, beaucoup de personnes qui n’ont aucune compétence se sont malheureusement installés dans ce camp de la médecine traditionnelle. Il considère même ces derniers comme des « charlatans » qui ne font que tromper des citoyens. « Il faut clairement délimiter le champ d’actions de la médecine traditionnelle, définir ceux qui ont le droit de l’exercer et faire en sorte que ces charlatans puissent ne plus pouvoir exercer et que cette publicité tapageuse qu’on connaît aujourd’hui ne puisse plus avoir lieu », invite le président de la Consas. Parmi les faiblesses de la médecine traditionnelle, Charles Katy cite l’absence d’un centre d’incubateur sur les plantes comme cela se fait dans beaucoup de pays africains, notamment au Ghana, l’inexistence d’une politique nationale de protection du savoir-faire traditionnel, mais aussi un problème de documentation.

Restaurer les liens historiques entre l’humanité et les plantes
Toutefois, le chercheur appelle à la restauration des liens historiques entre l’humanité et les plantes. Car, à son avis, la médecine conventionnelle a des bienfaits comme elle a aussi des limites. Pour cela, Charles Katy appelle à une « complémentarité » entre ces deux types de médecine. Mais pour jumeler la médecine traditionnelle à celle conventionnelle, il faut, selon le président de la Coalition nationale pour la santé et l’action sociale, définir le cadre dans lequel intervient chaque type de médecine. Si cela est fait, poursuit le cardiologue Abdoul Kane, il y aura des passerelles entre les deux. « L’Afrique regorge de substances naturelles qu’on appelle l’or vert qui pourrait servir une médecine. Tout suppose que cette médecine soit évaluée et si cela est fait, on pourrait envisager une coopération entre les deux (médecine traditionnelle et médecine conventionnelle) à condition que leur efficacité soit prouvée », ajoute le cardiologue Abdoul Kane, auteur du livre : « La vie sur un fil ».

Aliou Ngamby NDIAYE

En marge de la célébration de la Journée internationale de l’alphabétisation et de la Semaine nationale de l’alphabétisation, la Coordination nationale des opérateurs en alphabétisation du Sénégal (Cnoas) a organisé, le 11 septembre 2017, une journée de mobilisation et de partage en vue d’une reconnaissance des acquis de l’expérience des facilitateurs en alphabétisation.

Pour le renforcement de la qualité des programmes d’alphabétisation, l’insertion à l’emploi structuré, puis à terme la reconnaissance des facilitateurs par le biais d’un diplôme spécifique, une journée de partage et de mobilisation a été organisée par le Cnoas et l’ensemble des acteurs qui s’activent dans l’alphabétisation. Après avoir rappelé l’importance de l’alphabétisation comme facteur de développement et le travail qu’effectuent les facilitateurs (enseignants de l’alphabétisation) dans ce secteur, Oulimata Diène, représentante des facilitateurs, a relevé « les salaires dérisoires et la protection sociale quasi inexistante » chez ces derniers.

Pourtant, « les facilitateurs contribuent à la régulation entre l’individu et son environnement, au développement communautaire, à la solidarité et ont donc besoin de plus de valorisation », a indiqué Mamadou Konté, président de la Cnoas. Selon lui, la mise en œuvre de la Validation des acquis de l’expérience des facilitateurs (Vae) n’est qu’une étape, car les personnels du non formel sont porteurs d’espoir et la certification doit servir de moyens pour changer leur situation et leur donner la possibilité d’être insérés et de gagner dignement leur vie.

Avec 54,6% de taux d’analphabétisme au Sénégal dont plus de cinq millions de personnes qui ne savent ni lire ni écrire, il est plus que nécessaire d’avoir des programmes de qualité et des facilitateurs bien formés, selon Ndèye Nam Diouf, directrice de l’alphabétisation et des langues nationales. « Le processus de validation des acquis de l’expérience des facilitateurs en alphabétisation est bien enclenché. Nous avons l’espoir de voir ces derniers avec un parchemin prochainement valorisant toutes ces années de durs labeurs », a-t-elle fait savoir. Il est à noter également que l’Unesco a contribué à la mise en place de la Vae dans sa mission d’aider l’Etat du Sénégal de faire de l’alphabétisation un levier du développement et de renforcer la place des langues nationales sur l’ensemble du territoire national.

Alioune Badara DIATTA (stagiaire)

La Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique a mis en place une plateforme de suivi efficace des Objectifs de développement durable (Odd). Cela, dans une approche inclusive, holistique et intersectorielle.

Dans le but d’éviter la dispersion des actions et de renforcer leur capacité d’intervention dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (Odd), la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep) a lancé, mercredi dernier, une plateforme de suivi. Un cadre de concertation, de coordination et de synergie pour la promotion et la défense du droit à l’éducation.

Le développement durable, les droits économiques et socioculturels ainsi que la lutte contre les changements climatiques sont des questions aussi prises en charge par la plateforme. Hélène Niang, membre du conseil d’administration de la Cosydep, explique que cet atelier marque « le désir de la Cosydep d’organiser une plateforme multi acteurs et intersectorielle sur les Objectifs de développement durable, afin qu’il y ait une appropriation des populations et des communautés à travers le travail mené par les organisations de la société civile ». Toutes les parties prenantes issues des domaines de l’énergie, de l’éducation, du genre, des droits de l’homme, de l’environnement et de la bonne gouvernance ont été invitées à travailler ensemble et à décloisonner les secteurs en vue de faciliter l’unité entre les différents acteurs.

Selon Cheikh Mbow, coordonnateur national de la Cosydep « la dimension humaine doit être mise en avant ». De l’avis de Mignane Diouf, modérateur et membre de la société civile, il urge de développer une symbiose dans les objectifs à atteindre et un partenariat avec l’Etat pour l’accompagner et pouvoir à la fois jouer un rôle de surveillance. Au cours de l’atelier, une charte régissant les rapports entre les différentes parties a été adoptée. Selon les acteurs, c’est une ligne de conduite, de principes et de respect pour une synergie d’actions sans couacs. « Il faut fédérer les forces dans le respect de la diversité, la confiance et la solidarité qui sont les principes même de la charte de la plateforme engageant toutes les organisations signataires », poursuit M. Diouf. Un plan d’actions a été mis sur pied par les parties prenantes et son démarrage est prévu pour fin octobre 2017, selon Cheikhou Touré de Endagraf, modérateur. « L’objectif de suivi des Odd doit se faire à tous les niveaux. Maintenant, il reste à peaufiner, dans un délai de 10 jours, la feuille de route en plan d’actions budgétisé. L’évaluation de la plateforme est prévue pour octobre 2018 ». Le Cosydep entend ainsi s’inscrire dans la dynamique des Nations Unies qui ont adopté en septembre 2015 l’Agenda 2030 pour le développement durable, un programme contenant 17 objectifs.

Emmanuella Marame FAYE
(stagiaire)

 

Des rédacteurs en chef et chefs de Desk santé ou société ont été sensibilisés sur la santé de la reproduction. Cette session entre dans le cadre de la deuxième phase du projet « Voix pour la santé » exécuté par l’Association des journalistes en santé, population et développement.

L’Association des journalistes en santé, population et développement (Ajspd) est en train de dérouler la deuxième phase du projet « Voix pour la santé », financé par le partenaire « PpGlobal ». Les membres de cette association ont dans ce cadre sensibilisé des rédacteurs en chef, chefs de desk santé ou société sur les questions liées à la Santé de la reproduction (Sr), en particulier « la sexualité ».

Selon le président de l’Ajspd, Alassane Cissé, l’objectif de la session est de renforcer les connaissances des rédacteurs en chef sur les questions liées à la Sr qui ont permis de réduire le taux de mortalité maternelle et infantile au Sénégal et d’améliorer la qualité de vie des femmes. « Nous allons continuer à sensibiliser les patrons des rédactions sur l’importance de faire passer les articles sur la santé et en faire même des « Unes » au bénéfice des populations », a indiqué M. Cissé. Le modérateur de la rencontre, Assane Touré, a abondé dans le même sens en démontrant l’importance d’ouvrir un journal sur les informations relatives à la santé. Il a rejeté les arguments selon lesquels les articles sur la santé ne sont pas des éléments de vente. « La santé vend, surtout si la rédaction dispose de journalistes spécialisés qui maîtrisent les enjeux en donnant des informations fiables », a-t-il soutenu.

L’ancien journaliste au quotidien national « Le Soleil », El Bachir Sow, a encouragé ses jeunes confrères à produire des articles de qualité qui permettront aux rédacteurs en chef d’en titrer dans leurs « Unes ». « Ne vous fatiguez jamais. Battez-vous dans vos rédactions », a-t-il recommandé.

Il faut signaler que la deuxième phase du projet « Voix pour la santé » sera aussi exécutée dans les régions de Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Louga, Matam, Diourbel et Kolda.

Eugène KALY

 

La République populaire de Chine a procédé, hier, à la remise d’un lot de médicaments antipaludéens d’une valeur de près de 2 milliards de FCfa. Ce don offert au gouvernement sénégalais équivaut à 124.800 boites de 9 comprimés.

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale, à travers le Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp), a reçu un lot de 124.800 boites de médicaments antipaludiques. Il s’agit d’un don couvert par l’aide sans contrepartie inscrite dans l’Accord de coopération économique et technique signé le 9 janvier 2013 entre le gouvernement chinois et celui du Sénégal.

« L’intérêt de ces médicaments repose sur leurs utilisations dans la prise en charge du paludisme simple et en traitement relais des cas de paludisme grave », a fait savoir Ibrahima Wone, secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Action sociale. Il a également demandé à tous les acteurs de procéder à une utilisation optimale et judicieuse des médicaments pour l’atteinte des objectifs fixés par le Pnlp.

Omar Sarr, coordonnateur du Pnlp, a révélé que « selon l’Enquête démographique et de santé de 2016, sur les 14 régions du Sénégal, les 11 ont une prévalence inférieure ou égale à 1%. La région de Matam a 2%, Kolda 3% et Kédougou 4% ». Il a rappelé qu’en 2016, l’Etat du Sénégal a pu mettre à la disposition de la population plus de 8 millions de Moustiquaires à longue durée d’action (Milda) avec un taux de satisfaction des besoins exprimés de plus de 98%.

Cependant, pour l’atteinte des objectifs du plan stratégique de lutte contre le paludisme qui est d’aller vers la pré-élimination en 2020 « le Pnlp a encore des défis à relever, notamment la pérennisation des financements et la préparation de la campagne nationale universelle de 2019 », poursuit-il.

Zhang Xun, ambassadeur de la Chine au Sénégal, espère que ces médicaments contribueront à la réalisation des objectifs du plan stratégique 2016-2020 de lutte contre le paludisme. Il a également rappelé que cette année des experts sénégalais sont invités en Chine pour participer à des séminaires sur la lutte contre le paludisme.

Alioune Badara DIATTA
(stagiaire)

 

Suite aux Forums nationaux de l’eau organisés dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest francophone, l’Ong Eau Vive a initié une rencontre bilan à Dakar. Ceci en prélude du Forum mondial de l’eau prévu en 2018 au Brésil.

Des acteurs de la société civile et autres décideurs politiques s’activant dans le domaine de l’eau en Afrique de l’Ouest francophone ont préconisé un dialogue multi-acteurs pour une bonne gouvernance nationale et locale de l’eau. Avec les Forums nationaux de l’eau organisés dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest depuis 2011,  Bénin, Burkina Faso, Mali, Niger, Sénégal, Togo, ce processus de dialogue a été lancé.

C’est ainsi que l’Ong Eau Vive a initié un atelier bilan sur les Forums nationaux de l’eau. C’est entre 2011 et 2015 que se sont tenus ces forums sous le leadership des ministères en charge de l’eau et de l’assainissement, rassemblant dans chacun des pays concernés entre 200 et 500 participants représentant divers collèges d’acteurs du secteur comme les usagers, les leaders d’opinion, les collectivités locales, les Ong, les associations nationales et internationales, les opérateurs privés et publics, les autorités et services nationaux centralisés et décentralisés, les partenaires techniques et financiers, les femmes, les jeunes.

Selon Ndiamé Dieng, administrateur Eau Vive Sénégal, ces forums étaient adossés à des activités de mobilisation et des manifestations culturelles, afin de sensibiliser le plus grand nombre de public aux enjeux de l’eau et de l’assainissement.

Cet atelier de deux jours, apparait nécessaire, selon les organisateurs qui veulent en profiter pour faire un bilan et avoir une réflexion partagée entre ces pays sur l’impact de ces forums, avec en  perspective le 8ème Forum mondial de l’eau qui se tiendra en 2018 au Brésil.

Conseiller technique au ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mouhamed Badji a appelé les participants à adhérer à la dynamique participative du Sénégal, qui compte organiser le 9ème Forum mondial de l’eau en 2021. Une première en Afrique subsaharienne. Selon M. Badji, le choix du Sénégal pour accueillir cette grande rencontre mondiale sur les problématiques de l’eau et de l’assainissement n’est pas fortuit. Il a aussi estimé la volonté de l’Etat du Sénégal d’aller vers un accès universel à l’eau à l’horizon 2020. Cet atelier sera suivi de réunions de restitution dans les pays, puis de l’organisation de nouveaux Forums nationaux de l’eau selon les pays, dont les résultats seront notamment restitués lors du 8ème Forum mondial de l’eau.

Oumar NDIAYE

 

L’ancien officier des Douanes, le Docteur El hadj Maguette Thiam, a été décoré, le 29 juin dernier, au Cameroun, Docteur Honoris Causa par le Commonwealth University. Rencontré à son domicile, sis aux Hlm, le douanier à la retraite revient, dans cet entretien, sur la motivation de cette distinction et son parcours depuis l’enseignement élémentaire jusqu’à l’inspection honoraire des Douanes.

Vous avez été fait Docteur Honoris Causa de l’Université du Commonwealth. Comment vous avez reçu cette distinction ?
Un bon matin, j’ai reçu une lettre de « London Graduate School » sur laquelle il est écrit : « invitation à participer à un sommet d’exécutif de deux jours avec séminaire, conférence et remise à titre honorifique de doctorat. Nous vous invitons à venir participer à notre collège exécutif de deux jours qui se déroulera comme suit : le thème du sommet : le succès en gestion et la direction pour les entreprises et professionnels. Lieu de rendez-vous hôtel la Falaise. Des ateliers de formation seront organisés pour vous avec d’autres éminents participants pour vous donner une nouvelle approche en matière de leadership. Vous êtes parmi les personnalités retenues pour reconnaissance de vos activités et contribution au progrès social ». J’ai donné mon accord et comme convenu je suis allé à la conférence. A l’issue de cette participation, j’ai été honoré docteur honoris Causa par l’université de Commonwealth.

Pouvez-vous revenir sur votre parcours professionnel qui vous a permis, aujourd’hui, d’avoir ce diplôme ?
J’ai été d’abord instituteur, professeur de l’enseignement élémentaire comme on dit avant l’indépendance. Par la suite, la mission politique de Mamadou Dia à l’époque ne correspondait pas à mon idéal pour l’enseignement. Ce qui compte pour moi, c’est le mérite. Mamadou Dia et Léopold Sédar Senghor favorisaient leurs partisans. C’est à ce moment que j’ai démissionné. J’ai fait le concours des Douanes, j’ai réussi et j’ai intégré ce corps. J’ai fait les différents concours des Douanes pour venir à l’inspecteur honoraire des douanes. Malgré tout, j’ai continué à militer dans la Ligue de l’enseignement laïc du Sénégal. J’ai été secrétaire général, pendant longtemps, de la ligue et ensuite j’ai été membre du comité d’honneur, secrétaire général chargé des relations internationales. A ce titre, j’ai participé à plusieurs colloques internationaux à Dakar pour le compte de la Ligue internationale de l’enseignement dont le secrétariat était assuré par la France. Sur le plan social, à la douane, j’ai participé à la création de ce qu’on appelle l’Union des agents des douanes du Sénégal dont je suis devenu président. C’est moi qui ai créé la coopérative de consommation à la douane et la coopérative de construction qui se trouve à Golf où il y a des douaniers. J’ai participé à plusieurs réunions au nom du ministère des Finances. Après avoir été pendant longtemps vice-président de l’Association syndicaliste des Nations Unies, nous avons lutté contre le désarmement. Quand nous avons terminé, l’Organisation des Nations Unies nous a reconnu en nous délivrant un diplôme de la paix. Je continue toujours de lutter pour les droits de l’Homme. C’est ainsi que, pour le Sénégal, j’ai fait plusieurs articles afin d’appuyer la candidature du Sénégal au sein des Nation Unies. J’ai envoyé des lettres en 2005 et actuellement le Sénégal est membre du secrétariat exécutif des Nations Unies.

Qu’est-ce que cela vous fait d’avoir cette distinction du Commonwealth University après tant d’années de lutte pour le progrès social ?
C’est une récompense. Je ne les connais pas. Un bon jour j’ai été convoqué. C’est parce que dans les réunions et conférences auxquelles j’assiste, j’ai été suffisamment dynamique pour qu’on me distingue et pour pouvoir me reconnaître. C’est un honneur pour le Sénégal parce que prendre un francophone, l’inviter à une conférence et le nommer comme ça, c’est quelque chose d’important. Si je ne reçois pas une récompense de mon pays, je pourrais recevoir une récompense des étrangers. Je constate que je milite pour le progrès de l’Homme. En dehors de ça, j’ai beaucoup de distinctions. J’ai été décoré par la France Chevalier de la Légion d’Honneur par les Français avant les Sénégalais. Le Sénégal, par la suite, a essayé de se rattraper. Ils m’ont décoré, d’abord, Chevalier de l’Ordre national du Lion par la suite Officier. Comme j’étais Officier de l’Ordre national du Lion, on est obligé de me nommer officier de l’Ordre du Mérite. Le président Abdou Diouf me connaissait bien, mais c’est regrettable de le dire, les élites africaines ne reconnaissent pas les méritent des gens pour les encourager.

Avant de partir au Cameroun pour cette distinction, toutes les autorités concernées ont été saisies, sauf pour les Affaires étrangères qui m’ont envoyé un appui financier quand j’étais sur place. Quand je suis revenu, j’ai rendu compte aux différentes autorités, notamment au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche parce que le titre de docteur Honoris Causa est la distinction la plus élevée de l’université. J’ai rendu compte au président de la République. Je n’ai reçu aucune réaction de la part de ces autorités.

Propos recueillis par Aliou Ngamby NDIAYE

 

Offrir un cadre de formation de spécialistes en droit : c'est la vocation de l'Institut des métiers du droit (Imd). Le nouveau-né de l'enseignement supérieur a procédé, hier, à l'inauguration de son campus académique qui va ouvrir ses portes le 16 octobre 2017.

Sis à la commune de Yoff, l'Institut des métiers du droit (Imd) est un établissement d'enseignement supérieur qui répond aux normes du système Lmd. Il est le fruit d'un projet pédagogique issu de la complicité de ses fondateurs, Dr Boubacar Camara, le Président directeur général et Dr Moussa Sylla, l'administrateur. Sur plus de 600 m2, ce joyau est né, selon ses fondateurs, de leur conviction qu'une formation de qualité est indispensable dans ce monde changeant. « J'avais remarqué qu'il y avait beaucoup de métiers innovants qui ne faisaient pas l'objet de formation formalisée », a jugé M.  Camara.

Le secteur des activités maritimes, portuaires et aéroportuaires, ainsi que celui des activités minières et pétrolières sont aujourd'hui d'un enjeu si important que l'Imd a senti la nécessité d'ouvrir deux programmes de Master à leur intention, à côté de trois autres qui sont une continuation des programmes de Licence professionnelle en gouvernance locale, en  marchés financiers et boursiers, etc. Selon l'administrateur de l'institut, « le gap, en termes de compétence et de capacité dans les secteurs minier et pétrolier, ainsi que la recherche de l'atteinte de la symétrie de compétence » traduisent la pertinence du choix porté sur ces deux Masters dont « l'objectif est de former des spécialistes en législation et réglementation, ainsi qu'en stratégie de négociation et de gestion de contrats dans les secteurs minier et pétrolier ».

Par ailleurs, cet institut d'enseignement supérieur ouvert, sur examen de dossier, à tout candidat titulaire du baccalauréat ou d'un diplôme universitaire, a des ambitions de taille. « Nous voulons mettre en place un Mba international à la dimension de Harvard. Nous sommes sûrs d'avoir les compétences qu'il faut. Harvard est devenue la cathédrale du management. Nous pensons que l'Afrique doit avoir un produit de référence en matière de management », a souligné le Pdg de l'institut.

Abdoulaye Diouf Sarr, ministre de la Santé et de l'Action sociale, présent en sa qualité de maire de la localité, a exprimé sa fierté et sa satisfaction de voir « sa commune, avec l'implantation de l'Imd, parmi les plus cotées à la bourse des valeurs des collectivités locales ».

Moussa SONKO (stagiaire)

La sécurité alimentaire s’est améliorée, ces dernières années, grâce aux efforts du gouvernement notamment une nouvelle stratégie de protection sociale très ambitieuse. C’est la conviction du Pr. Ndioro Ndiaye, la Facilitatrice en chef de la revue stratégique pour l’éradication de la faim au Sénégal (odd 2 et 17) par ailleurs présidente de l'Alliance pour la Migration, Leadership et Développement. Dans cet entretien, l’ancienne directrice adjointe de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et ancien ministre de la Femme, de l’Enfant et de la Famille évoque les politiques en cours et son espoir d’éradiquer la faim au Sénégal à l’horizon 2030. 

Quelle est la situation alimentaire au Sénégal ?
L’état de la sécurité alimentaire au Sénégal est, aujourd’hui, en nette amélioration par rapport aux années précédentes. Dans le passé, notre pays a beaucoup souffert des faiblesses dans la mise en œuvre des projets de lutte contre la faim et l’insécurité alimentaire allant de l’agriculture à la protection sociale en passant par les programmes de cantines scolaires, les travaux d’aménagement en milieu rural, etc.

Ces déficits ont été vite et très bien comblés pour réduire, de façon drastique, les niveaux de pauvreté et d’insécurité alimentaire de nos concitoyens.

La situation alimentaire reste difficile, il est vrai, dans certaines zones. Mais dans l’ensemble, la situation au Sénégal, de même que les perspectives qui l’accompagnent, sont soutenables, prometteuses et encourageantes.

Quelles sont les zones les plus touchées par l’insécurité alimentaire ?
La cartographie de l’insécurité alimentaire, essentiellement calculée, à partir du Score de consommation alimentaire (Sca) et du Cadre harmonisé (Ch) révèle une vingtaine de départements – le Sénégal en compte 45 - vulnérables à l’insécurité alimentaire. Ces zones sont, pour l’essentiel, situées dans l’Est du pays, en Casamance (Sud et Sud Est) et dans le Fouta (Nord).

Qu’est-ce qui explique la vulnérabilité de ces régions ?
Plusieurs raisons expliquent la vulnérabilité de ces zones. Les facteurs ne sont bien entendu pas les mêmes partout. Au Fouta, par exemple, l’aridité constitue un facteur qui ne favorise pas une agriculture durable sans au préalable des aménagements structurants ; fort heureusement, l’Etat est en train de le faire avec le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), le Programme d’Aaccélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas) et d’autres programmes en cours d’exécution. Ailleurs au Sénégal, ces mêmes déficits structurels constituent les principaux handicaps à l’atteinte de la sécurité alimentaire. Il y a aussi la question des intrants, la durabilité des sols, l’emblavement des terres arables, etc. De plus, ces zones où il pleut énormément sont aujourd’hui exposées aux effets du changement climatique et de la salinisation des sols. Beaucoup de rizières situées le long du fleuve Casamance sont confrontées à ce péril depuis plusieurs décennies.

Au-delà de tous ces facteurs, il y a aussi les habitudes culturelles qui sont à prendre en compte dans l’analyse de l’état de vulnérabilité de certaines zones. Nous pouvons mentionner aussi le chômage qui affecte durablement le monde rural, etc.

Comment expliquez-vous que sur les 20 départements les plus touchés, 16 se trouvent au Sud et à l’Est du pays ; des régions où la pluviométrie est pourtant abondante ?
Comme je l’ai déjà évoqué, ces régions ont, pendant longtemps, souffert de déficits en termes d’aménagements structurants. Une chose est de disposer des terres arables et d’une bonne pluviométrie, une autre est de mettre en valeur ces dons de la nature par un investissement dans l’infrastructure rurale, l’amélioration de la production rurale de produits alimentaires, en particulier chez les petits exploitants. L’atteinte de la sécurité alimentaire passe inévitablement par le renforcement des institutions rurales, ainsi que l’accès aux actifs.

En Casamance, pendant longtemps, le conflit a freiné toute perspective de développement agricole durable ; les aléas naturels ont aussi joué un rôle. Dans l’Est du pays également, ces investissements robustes dans le monde rural n’ont, à proprement parler, débuté qu’avec le Pse et ses composantes que sont le Pudc et, surtout, son volet agricole qui est le Pracas.

Vous savez, le manque d’eau ne constitue nullement une entrave au développement de l’agriculture au Sénégal. Notre pays regorge d’eau. Nous avons plus de 4 milliards de mètres cube d’eau souterraine, renouvelables chaque année. Même les zones qui, en apparence, n’en disposent pas, en réalité, disposent de gigantesques réserves d’eau. Aujourd’hui, la protection sociale a fait du monde rural une priorité avec les Programmes de sécurité familiale qui, en 2016, déjà couvraient 300.000 ménages. C’est toute une nouvelle Stratégie nationale de protection sociale (2015-2035) aussi bien dans les zones urbaines, péri-urbaines que rurales qui est en œuvre.

Pourquoi, le phénomène touche-t-il plus les femmes ?
Il faut lire l’insécurité alimentaire en tenant en compte du niveau de vulnérabilité des populations. Or, que révèle celle-ci ? Que les femmes et les jeunes sont la frange la plus vulnérable. L’insécurité alimentaire n’est pas déconnectée des réalités sociales et économiques du pays. Elle les reflète. La faiblesse du pouvoir d’achat, la rareté des opportunités socio-professionnelles, le niveau d’éducation relativement bas par rapport aux hommes, les pratiques traditionnelles représentent autant de facteurs contribuant à maintenir les femmes dans une insécurité alimentaire et nutritionnelle préoccupante. L'anémie touche ainsi plus de la moitié des femmes enceintes ou allaitantes et des enfants. Selon le rapport de l’enquête Nutritionnelle nationale, 31,6 % de femmes sénégalaises en âge de reproduction souffrent de malnutrition.

Malgré la persistance de l’insécurité alimentaire dans certaines zones, le Sénégal, en 2015, a atteint le premier objectif de l’Omd1 qui consistait à réduire, de moitié, la part des individus souffrant de la faim, entre 1990 et 2015. A quoi faut-il lier ces résultats ?
Ndioro NdiayeCes bons résultats sont dus à la conjonction de plusieurs facteurs. D’abord, le Sénégal a mis en place une nouvelle stratégie de protection sociale très ambitieuse qui prend de façon intégrative les préoccupations des Sénégalais citadins comme ruraux. Ces filets sociaux contribuent grandement à réduire les écarts entre populations et ce faisant à combattre l’insécurité alimentaire. Les Bourses familiales constituent, avant tout, une contribution pour stimuler la résilience des populations. La nutrition y a aussi joué un rôle majeur. C’est le lieu de saluer tout le travail de la Cellule de Lutte contre la Malnutrition qui apporte son assistance technique dans la définition et la mise en œuvre de la politique nationale de nutrition. L’agriculture non plus n’est pas en reste. Il faut aussi y voir l’effet de la croissance positive de notre pays : les indicateurs macroéconomiques du pays qui n’ont cessé de croître depuis plusieurs années.
Mais pris dans leur globalité, ces résultats reflètent l’engagement de l’Etat du Sénégal et de ses partenaires stratégiques à vaincre l’insécurité alimentaire dans le pays. Rien qu’en 2016, ce sont plus de 212 projets et programmes de lutte contre la faim qui ont été mis en œuvre au Sénégal. Et concomitamment à l’action gouvernementale, d’autres initiatives coexistent avec celles typiquement étatiques du Projet de renforcement de la gestion des terres et des écosystèmes des Niayes et de la Casamance dans un contexte de changements climatiques (Prgte), du Programme de renforcement de la résilience à la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2RS) initié par le Comité Inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss), les Priorités résilience pays (Prp), dans l’Alliance globale pour la résilience au Sahel et en Afrique de l’Ouest (Agir), l’initiative 4R du Programme alimentaire mondial (Pam) et d’Oxfam America pour n’en citer que quelques- unes.

En janvier 2016, lors de la 2ème session du Conseil national de Sécurité alimentaire, il avait été recommandé d'élaborer le Programme d'appui à la sécurité alimentaire et à la résilience (Pnsar) qui opérationnalise la Stratégie nationale de sécurité alimentaire et de résilience (Snsar) mais aussi, de mettre en place un système de suivi-évaluation de la Snsar. Où en est-on avec ce programme ?
Le processus d'élaboration du Pnasar a démarré au mois de mars 2016. Il suit son cours. Il se veut participatif et intégratif avec l'implication de toutes les parties concernées. Ainsi, toutes les parties prenantes à l’éradication de la faim au Sénégal sont impliquées dans le processus.

Qu’est-ce que ce programme apportera de plus ?
Le Programme est en cours d’élaboration comme je l’ai annoncé plus tôt. Mais il devra reprendre les grandes lignes de la Stratégie nationale de sécurité alimentaire et de résilience (Snsar) qu’il est appelé à rendre opérationnel. Il s’agit d’une Stratégie qui inaugure une ère nouvelle pour le Sénégal en termes de lutte contre l’insécurité alimentaire en plaçant la résilience au cœur du dispositif de lutte.

S’arrimant parfaitement au Pse, cette Stratégie permettra, à terme, c’est-à-dire en 2035, et je le souhaite vivement, de supprimer la distribution de vivres aux populations en ayant stimulé leurs capacités de résilience à toutes les formes de crises.

Comment lier la stratégie nationale Zéro faim et la deuxième génération du Pse ?
Le Pse sera évalué en 2018. Ce n’est qu’à la suite de cette évaluation que les résultats de la Revue actuelle, qui porte sur l’évaluation stratégique des projets et programmes sénégalais qui concourent à éliminer la faim à l’horizon 2030, pourront être intégrés dans la formulation des projets de deuxième génération du Pse. Déjà, des dynamiques existent pour articuler les différents paquets qu’offrent le Pse aux stratégies de lutte contre la faim. La Stratégie nationale de protection sociale (2015-2035) en est une, mais aussi les stratégies sectorielles de la Cellule de lutte contre la malnutrition.

Sur quels leviers insister pour réduire, de manière drastique, la faim au Sénégal à défaut de l’éradiquer ?
Je parlerai plus d’éradication de la faim que de réduction à proprement parler car les constats sont là. Même si la faim existe toujours et il y a des poches où ce phénomène existe effectivement dans notre pays et pas si loin de notre capitale, il y a des progrès et une volonté ferme de l’éradiquer d’ici à 2030. C’est un fait. L’éradication à l’horizon 2030 me semble bien possible si nous maintenons d’abord la dynamique actuelle. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut aller au-delà de cela et mettre en œuvre des réformes comme celles que porte le Pse. La formulation de cette deuxième génération du Pse sera déterminante dans l’éradication de la faim au Sénégal. Nécessairement, au cours de notre travail, il est apparu utile de mettre un accent particulier sur les huit points suivants : promouvoir une alimentation riche et diversifiée ; renforcer la durabilité et la résilience des systèmes agricoles nationaux ; transformer durablement la structure de nos industries agroalimentaires ; éliminer toutes les disparités entre les sexes ; mettre en œuvre une politique nationale intégrée de protection sociale ; multiplier la productivité agricole ; mettre fin à la malnutrition ; intensifier les logiques de partenariat et de coopération internationale.

Beaucoup de ces réformes sont déjà en cours ; je pense au Pracas, au Puma (Programme d'urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers), au Pudc, au Programme des bourses familiales, et les initiatives des partenaires stratégiques au Sénégal. Il faudrait, cependant, accepter de faire encore des choix stratégiques volontaristes en consentant davantage d’investissements robustes dans les secteurs clés que sont l’agriculture, l’élevage et la pêche ainsi que la protection sociale. L’Objectif « Faim Zéro » a un coût. Le scénario « Faim Zéro » de l’analyse prospective montre qu’une hausse du Pib de l’ordre de 1,64 % en 2018 et de 1,62 % en 2035 (Mamadou, à revoir : passer de 1,64 % à 1,62 % n’est pas une hausse. Ai-je bien saisi ton idée. Autre chose : le point à la place de la virgule, c’est de l’anglais) est nécessaire pour élever le taux d’achèvement de l’Odd2 à au moins 72 % à l’horizon 2030.

Quelle est la politique mise en œuvre pour renforcer la résilience des populations en insécurité alimentaire modérée ?
La plupart des institutions en charge des questions de lutte contre la faim mettent, aujourd’hui, l’accent sur la résilience des populations parce qu’il est grand temps de rompre avec une politique d’assistanat permanent. La nouvelle gouvernance est résolument axée sur un nouveau paradigme qui consiste à mettre en place des filets sociaux pour les populations en insécurité alimentaire tout en renforçant la résilience des populations en situation d’insécurité alimentaire modérée.

La Stratégie nationale de protection sociale Snps (2015-2035) développe une approche similaire d’autonomisation des populations en situation d’insécurité alimentaire. L’initiative 4R, mise en place par le Pam et Oxfam, en est une parfaite illustration. Elle traduit la synergie des actions Etat-organisations internationales pour aider les communautés à faire face au changement climatique et aux catastrophes. Cependant, la politique de résilience gagnerait à être consolidée pour mettre fin aux périodes de soudure. Pour cela, il faudrait encourager la généralisation du recours aux assurances agricoles pour les petits exploitants sur toute la chaine de valeurs agricole (assurances récoltes, assurances bétail, assurance navires de pêche artisanale, assurance indicielle, assurance volaille, assurance récoltes spécifiées, assurance déficit pluviométrique, la micro assurance temporaire de décès).

Quel est l’intérêt de disposer d’une bonne cartographie de la faim à l’échelle nationale, régionale et départementale ?
Aujourd’hui, avec l’avènement des Techniques de l’information et de la communication comme le système d'information géographique (Sig) qui offre des avantages énormes en termes de recueil, de stockage, de traitement, d’analyse, de gestion de données spatiales et géographiques, disposer d’une cartographie correcte est d’une absolue nécessité. Elle est permet en temps réel de suivre l’évolution de la sécurité alimentaire au Sénégal, de s’ajuster au besoin, de s’adapter et surtout de planifier de manière stratégique. La cartographie est indispensable pour la planification au plan stratégique. Elle donne un angle de vue que nous n’avions pas jusqu’ici. Par une cartographie dynamique aussi bien des acteurs que des interventions, il est plus aisé d’effectuer les ciblages qu’il faut, d’identifier les déficits à combler, les synergies et les complémentarités à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs assignés.

Quels sont les acteurs qui interviennent au Sénégal dans le domaine de la faim ?
Au Sénégal, nous avons toute une mosaïque d’interventions. C’est d’ailleurs la grande chance que nous avons et qui me donne beaucoup d’espoir et rend tout aussi optimiste quant à l’atteinte de l’objectif faim zéro. Aux côtés de l’Etat qui définit, et reste aussi le principal maître d’œuvre de la politique nationale de lutte contre la faim au Sénégal, nous avons les organisations internationales et les Ong nationales.

Pour ce qui est de l’Odd2, c’est tout le système des Nations Unies qui est concerné, les partenaires techniques et financiers habituels du Sénégal sont aussi parties prenantes au processus d’élimination de la faim. Les Organisations de la société civile sont engagées dans la lutte. C’est dire qu’au Sénégal, nous avons une synergie des actions et une bonne coordination pour combattre la faim en toute cohérence.

Y-a-t-il une politique ou une stratégie visant à harmoniser les interventions pour plus d’efficacité ?
Il existe plusieurs démarches pour harmoniser les interventions pour plus d’efficacité. Le Registre national unique en fait partie. Le Secrétariat exécutif du conseil national de sécurité alimentaire (Se.Cnsa) innove constamment en ce sens avec notamment une cartographie des interventions et des différents acteurs. Celle-ci constitue un préalable à l’harmonisation des interventions. Mais il n’existe pas encore un cadre ou une politique sur le plan national de coordination en vue d’harmoniser les interventions des différentes parties prenantes. Cette insuffisance de complémentarité limite l’efficacité des différentes interventions et la cohérence globale du système de protection sociale.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE (texte) et Mbacké BA (photos)

Le gouverneur de la région de Tambacounda, El Hadj Bouya Amar, a inauguré, au centre de santé de Koumpentoum, localité situé à 100 km de la capitale régionale Tambacounda, un appareil de radiographie osseuse.

Le Conseil départemental de Kompentoum a doté le centre de santé de la localité d’un appareil de radiographie osseuse. Mise en service en août dernier, cette unité, acquise à hauteur de 13 millions de FCfa, a été inaugurée par El Hadj Bouya Amar, gouverneur de la région de Tambacounda. Il a salué les réalisations de cette entité en seulement deux ans et demi d’existence. Il a souligné la portée de cet appareil dans une zone « très rurale », située dans une région dont 83% de la population vivent en zone rurale, dont les localités souffrent de l’enclavement et de l’éloignement des structures de santé. Avec cet appareil, c’est une « pression de moins » sur l’hôpital de Tambacounda, a-t-il relevé, soulignant que cet investissement est d’autant plus important que le centre de santé se situe sur un axe où les accidents sont très fréquents. S’y ajoute que le département accueille chaque année des transhumants en provenance d’autres parties du pays.

M. Amar était accompagné d’une délégation dans laquelle se trouvait le médecin-chef de la région de Tambacounda, le docteur Abib Ndiaye.  La cérémonie, organisée dans l’enceinte du centre de santé, a regroupé les autorités administratives et locales du département, ainsi que les notabilités religieuses et coutumières. « Cet appareil d’un coût de 13 millions va nous permettre d’améliorer le plateau technique et la prise en charge des patients », a dit le médecin-chef du district sanitaire de Koumpentoum, le Dr Kalidou Bâ. Il a également fait remarquer que « les patients faisaient 100 km pour aller à Tamba ou 175 km pour rallier Kaolack », signalant que depuis que l’appareil est fonctionnel le 7 août, 56 patients ont bénéficié des services de radiographie. Le docteur Bâ a saisi l’occasion afin de faire un plaidoyer pour l’affectation d’un technicien supérieur en radiographie qui s’occupera de l’appareil. Le président du Conseil départemental de Koumpentoum, le député Omar Sy, a noté que l’acquisition par le Conseil départemental de la radiographie sur fonds propres vise le relèvement du plateau technique du département, un des « défis » que s’était fixés la jeune institution soucieuse du bien-être des populations.

Omar Sy a listé les multiples réalisations de l’institution qu’il dirige dans les domaines de l’éducation, de la culture et de la santé malgré les « contraintes budgétaires ». Parmi ces actions, la construction et l’équipement de deux salles de classe à Kouthiaba et à Méréto, la réalisation d’une salle polyvalente au lycée Bouna Sémou Niang, l’organisation du festival Pencum Niani. Avec la mairie, il a participé à la réalisation des locaux devant accueillir le poste de sapeurs-pompiers prévu à Koumpentoum.

Pape Demba SIDIBE

 

Le Professeur de Classe exceptionnelle en biologie végétale, premier Recteur de l’Université de Ziguinchor, ancien ministre de l’Enseignement supérieur et ancien maire de Sédhiou, Amadou Tidiane Bâ, n’est plus. La triste nouvelle tombée hier vers 19h 30, a plongé toute la communauté universitaire dans l’émoi et la consternation.

C’est que l’homme est très respecté dans le milieu, grâce à sa maîtrise du savoir mais aussi à ses qualités humaines. Les témoignages ont fusé de partout. Selon son jeune frère et ami, le journaliste, ancien du Soleil et formateur au Cesti, Djib Diédhiou, Amadou Tidiane Bâ fut un homme « très sérieux, rigoureux, courtois, affable, très pieux et humble avec une capacité d’écoute particulière. Il était aussi très attaché à ses parents ».

Leur rencontre date de 1959, lui était au Primaire alors que Tidiane Bâ avait déjà son entrée en 6è et partageait la classe avec le cousin de Djib, Moustapha Diédhiou. Djib Diédhiou a partagé la classe avec le jeune frère de l’ancien ministre, Doudou Bâ. « De  1976, date de son retour de France où il avait soutenu son Doctorat, à ce jour, on a toujours été ensemble », confie le journaliste qui lui reconnaît un « parcours spécial ». En effet, cet ancien grand sportif (footballeur) a eu à occuper plusieurs fonctions : Chef du Département de Biologie végétale de la Faculté des Sciences de l’Ucad, Directeur de l’Institut des sciences de l’environnement (Ise) jusqu’à sa retraite, premier Recteur de l’Université Assane Seck de Ziguinchor, Ministre de l’Enseignement supérieur, Maire de Sédhiou. La liste est loin d’être exhaustive.

C’était un « grand homme, un grand scientifique, un des précurseurs des grands changements en cours dans l’enseignement supérieur », soutient un de ses anciens étudiants, le Pr Kandioura Noba. « Sommité scientifique de renommée internationale, il était membre de l’Académie des sciences des Usa, un des membres fondateurs de l’Académie des sciences du Sénégal, un grand syndicaliste du Sudes, mais surtout un enseignant hors pair doublé d’un grand travailleur qui a sacrifié sa vie pour l’enseignement supérieur et la formation des cadres sénégalais », témoigne encore le Pr. Noba. La levée du corps est prévue demain à 9 h à l’hôpital Principal et l’enterrement le même jour à Sédhiou.

D. MANE

 

En marge des journées portes ouvertes de son centre ophtalmologique prévues du 12 au 14 septembre, l’hôpital Abass Ndao a organisé, avant-hier, une visite guidée à l’intention de la presse. Elle a permis de présenter le service d’odontologie et la nouvelle salle d’accouchement de la maternité.

Le service d’odontologie du centre hospitalier Abass Ndao a ouvert ses portes en septembre 2015. Il est dirigé par le Professeur Mohamed Sarr, chirurgien-dentiste. Selon lui, depuis l’ouverture du service d’odontologie, le nombre des patients qui le fréquentent augmente constamment. « Actuellement nous ne recevons pas moins de 20 patients par jour et nous offrons plusieurs types de soins allant des soins conservateurs aux soins chirurgicaux, sans oublier la radiographie, ainsi que les soins parodontaux, c’est-à-dire les soins en rapport avec les maladies de la gencive », a-t-il souligné.

Ce service est important dans le fonctionnement global du centre. L’hôpital Abass Ndao est, par ailleurs, doté d’un service antidiabétique et d’un service de cardiologie. « Nous collaborons avec tous les services du centre, mais particulièrement avec ces deux services dans la recherche de foyers infectieux qui jouent un rôle néfaste dans la propagation des pathologies. Ne serait-ce que pour cela, le service d’odontologie joue un rôle important dans le centre hospitalier », a ajouté le Professeur Sarr. En outre, il s’est félicité des progrès réalisés jusqu’ici. « Au début, nous avions à peu près cinq patients par jour. Mais en l’espace de deux ans, nous avons relevé le plateau technique. L’affluence des patients s’en est fait sentir. Notre objectif n’est pas d’avoir 20 patients par jour. Nous avons actuellement trois boxes fonctionnels et sommes largement en mesure de prendre en charge plus de 40 patients par jour. C’est l’objectif visé. Cependant, à mis parcourt, c’est un résultat qui nous satisfait », précise-t-il.

Parmi les pathologies buccodentaires les plus fréquemment rencontrées chez les patients de l’hôpital Abass Ndao, il a cité la carie et les problèmes parodontaux. « Les autres, à savoir les extractions et les reconstitutions, sont corolaires à ces deux pathologies », a-t-il également indiqué. Pour ce qui est de la prévention, il a recommandé de « se brosser les dents trois fois par jour avec un dentifrice fluoré, mais également de consulter systématiquement, même sans aucune pathologie, un chirurgien-dentiste pour voir l’état de ses dents. Et cela, sur une périodicité de six mois à peu près ».

Une nouvelle salle d’accouchement
Suite à la réfection des locaux du service de maternité, le centre hospitalier Abass Ndao s’est doté d’une nouvelle salle d’accouchement. Selon Mme Camara, gynécologue-obstétricienne, chef de service de la maternité, ces travaux de réfection ont légèrement impacté la capacité d’accueil dudit service. « La maternité a actuellement une capacité d’accueil de 64 lits. La capacité était de 72 lits. Mais le service de la maternité a été amputée d’une aile qui se trouve de l’autre côté et qui a été donnée à un autre service », a-t-elle fait comprendre.  Cependant, la qualité du service n’en a pas pour autant pâti. D’ailleurs, elle et son équipe comptent faire davantage d’effort. « Une partie du personnel a été formée pour l’accouchement humanisé. Nous ne pratiquons pas ce mode d’accouchement. Mais, étant donné qu’il y a eu des réfections dans ce centre, nous allons essayer de prendre deux salles pour les aménager en vue de pouvoir pratiquer ce mode d’accouchement », a-t-elle ajouté.
 
L’hôpital Abass Ndao qui, dit-elle, est « une structure de référence en matière de gynécologie et d’obstétrique, compte en moyenne 268 accouchements et 102 césariennes par mois ».
 
M. SONKO (stagiaire)

Le Sénégal célèbre, chaque année, la Journée mondiale de l’alimentation (Jma). Pour cette édition, Sédhiou a été choisie pour accueillir l’évènement. Les célébrations se déroulent du 12 au 16 octobre prochain.

 Un Crd préparatoire, présidé par l’adjoint au gouverneur de Sédhiou chargé des affaires administratives, s’est tenu, à cet effet, à la Chambre des métiers en présence des représentants du ministère de l’Agriculture et de l’équipement rural. Cette 37e édition marque également le 72e anniversaire de la Fao. Pour Moussa Baldé du ministère de l’Agriculture, la célébration de cette journée consiste à sensibiliser tous les acteurs intervenant dans le développement rural à participer activement à l’élimination de la faim, donc à assurer la sécurité alimentaire, tout en améliorant la nutrition, en faisant la promotion de l’agriculture.

Revenant sur le thème « Changeons l’avenir des migrations. Investissons dans la sécurité alimentaire et le développement rural », Moussa Baldé a rappelé la définition que la Fao donne au concept « migrations ». Ce sont des mouvements de personnes. A l’intérieur d’un même pays, on parlera de migrations internes. Quand les mouvements traversent des frontières étrangères, on parle alors de migrations internationales. Dans les zones d’accueil, les migrants, qu’ils soient des migrants économiques, en détresse, des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, des réfugiés, des demandeurs d’asile, des rapatriés, des personnes se déplaçant pour d’autres raisons, entre autres problèmes rencontrés, il y a le plus souvent celui de l’alimentation. Ce qui amène la Fao à intervenir dans plusieurs zones où sévit la famine. Il faut donc partout développer l’agriculture pour une sécurité alimentaire mondiale. Il faut donc lutter contre les causes de ces migrations, créer des opportunités de travail agricole pour les jeunes et les femmes, afin de les fixer, tout en empêchant les conflits liés à la terre, renforcer la résilience des communautés touchées par des catastrophes naturelles.

Des conférences scientifiques, des visites de sites, des animations culturelles, un concours culinaire au Centre d’enseignement technique féminin vont rythmer à Sédhiou les célébrations de la Jma.

Malamine KAMARA

L’utilisation des Technologies de l’information et de la communication (Tic) peut contribuer à alphabétiser plus de personnes. C’est l’une des recommandations des experts à l’occasion de la célébration de la journée internationale de l’alphabétisation.

« L’alphabétisation dans un monde numérique ». Tel est le thème de la célébration de la journée internationale de l’alphabétisation célébrée chaque 8 septembre. Pour l’édition de cette année, l’évaluation des compétences en lecture, en écriture, reste une priorité. Aussi, les acteurs veulent-ils mettre à profit les nouvelles technologies pour faire évoluer les indicateurs. « Il s’agira également d’explorer des politiques et des programmes d’alphabétisation efficaces qui puissent tirer des opportunités offertes par le monde numérique », indique le communiqué parvenu à la rédaction. Toujours selon le document, partout dans le monde, les technologies numériques modifient fondamentalement la façon dont les personnes vivent, travaillent, apprennent et se socialisent. Ainsi, ceux qui n’ont pas accès aux technologies numériques et qui n’ont pas les connaissances, les aptitudes et les compétences requises pour les utiliser peuvent se retrouver marginalisés dans des sociétés de plus en plus régies par le numérique. Ces derniers ne pourront donc pas bénéficier des nouvelles possibilités d’améliorer leur cadre de vie, notamment l’accès à l’information, la gestion des connaissances, les réseaux, les services sociaux, la production industrielle et les modes de travail.

Malgré les progrès réalisés dans le domaine de l’alphabétisation, beaucoup de choses restent encore à améliorer, car au moins 750 millions d’adultes et 264 millions d’enfants non scolarisés n’ont toujours pas les compétences de base en lecture et en écriture. Pour le cas du Sénégal, « le taux d’analphabétisme demeure encore très élevé. Il est au-dessus de 50%. Malgré la volonté du gouvernement d’introduire les langues nationales dans le système éducatif, l’alphabétisation et l’éducation non formelle restent toujours les parents pauvres de ce secteur », a informé Silèye Gorbal Sy, coordonnateur de la Coalition ouest africaine des organisations actives en alphabétisation et en éducation non formelle (Cfoa-Aenf). Cette coalition regroupe l’ensemble des acteurs de l’alphabétisation de la sous-région.

Alioune B. DIATTA (stagiaire)

 

Après deux années de mise en place d’un nouveau dispositif de suivi écologique, l’équipe du Parc du Niokolo Koba a recueilli des données encourageantes montrant que les espèces emblématiques, comme l’élan de Derby, le chimpanzé, le lycaon, le lion, sont présentes dans le parc avec des effectifs de populations non négligeables.

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la Culture (Unesco) a jugé excellents les résultats obtenus par l’équipe du Parc national du Niokolo Koba en matière de suivi écologique. Cela atteste que ce parc est très bien entretenu et les espèces rares bien protégées. Dans un communiqué du Bureau régional de Dakar de l’Unesco parvenu à la rédaction, cette structure apprend, qu’ « après deux années de mise en place d’un nouveau dispositif de suivi écologique, l’équipe du Parc Niokolo Koba a recueilli des données encourageantes montrant que les espèces emblématiques comme l’élan de Derby, le chimpanzé, le lycaon, le lion, sont présentes dans le parc avec des effectifs de populations non négligeables et selon toute vraisemblance viables ». Le document révèle aussi que l’éléphant est la seule espèce avec un très faible nombre d’individus présents, de manière sporadique, et ne constituant pas une population viable.

Selon les explications contenues dans la note, ce système de suivi écologique, basé sur la collecte d’informations en point fixe, les comptages en véhicule et l’utilisation de nombreux pièges photographiques, a été mis en place depuis janvier 2016 à l’initiative du gestionnaire du site et suivant les préconisations d’une mission d’assistance technique de l’Unesco en mai 2015.
En ayant mis en place ce suivi, le Sénégal a donc donné suite aux recommandations du Comité du patrimoine mondial afin d’évaluer, de manière scientifique, le statut de la grande faune dans ce site inscrit sur la liste du Patrimoine mondial en péril depuis 2007.

Le dispositif, qui a reçu l’appui technique et financier de l’Unesco, s’est bâti à travers des actions de formation, en faveur des agents du parc, afin de les rendre autonomes sur la maîtrise des outils de suivi écologique, mais également à travers l’attribution d’équipements au parc. « Il a été accompagné d’une intensification de la surveillance et de la lutte anti-braconnage, d’un renforcement des postes de garde avec la création de ceux de Kouar, Diatafita et Talikoel et de la réouverture du circuit de Banghare et de la piste Missirah Gounas-Damantang.  Dans l’avenir et grâce au déploiement d’une centaine de pièges photographiques, les outils Cybertracker et Smart permettront d’obtenir des informations cruciales sur le statut des populations présentes dans le Parc du Niokolo Koba et de fournir des indicateurs pertinents quant à l’abondance et la distribution de ces espèces au sein du parc. Le travail ne s’arrête pas là, indique le document qui poursuit qu’une assistance internationale pour la mise à jour du Plan de gestion (Pdg) a été récemment approuvée, sous le Fonds du patrimoine mondial.

Oumar KANDE

 

Les résultats enregistrés l’année scolaire écoulée en termes de pilotage du système éducatif ont permis aux responsables de l’éducation de redéfinir de nouveaux défis pour 2018 déclinés en termes d’ambitions. Au total, sept ambitions ont été formulées et des actions pour leurs réalisations clairement définies. Il s’agit, entre autres, de l’apaisement du climat social, de l’intensification du pilotage et du renforcement du dispositif de gestion des examens et concours. 

Pour le ministre, il s’agira de prendre des mesures hardies de prévention et de contrôle pour éviter tout manquement. D’ailleurs, certains participants ont suggéré que l’armée soit impliquée dans le convoyage des épreuves dans les centres d’examen. La gestion rationnelle des ressources humaines et de la carte scolaire a été aussi une préoccupation majeure pour plus de démocratie dans la clé de répartition entre les différentes zones. Des statistiques ont montré que certaines régions souffrent encore de manque d’enseignants, dans d’autres, le personnel enseignant est féminisant et/ou vieillissant. Ce qui pose le problème de besoin en enseignants bien formés.

Concernant l’initiative « Ubbi tèy jàng tèy », le ministre de l’Education a salué les efforts réalisés, d’année en année, pour faire de cette décision une réalité. Ainsi, il a demandé aux inspecteurs et aux enseignants de démarrer les cours le premier jour de la rentrée, au moins dans 5 structures préscolaires, 30 écoles élémentaires et 10 collèges par inspection de l’éducation et de la formation et 5 lycées par académie.

Deuxième dotation en véhicules du corps de contrôle et d’encadrement
Le volet gouvernance du secteur sera aussi amélioré. Serigne Mbaye Thiam a annoncé d’ici à décembre la deuxième dotation de véhicules du corps de contrôle et d’encadrement. Ce qui, pour le ministre, permettra aux inspecteurs d’être dans toutes les écoles. A l’en croire, ce séminaire de rentrée des classes sera suivie d’autres rencontres et avec d’autres cibles qui s’activent dans le domaine de l’éducation. L’objectif visé est d’impliquer toute la communauté dans la construction d’une école apaisée et performante.

P. C. NGOME

Suite au remaniement ministériel, avec le départ notable de Mme Awa Marie Coll Seck du ministère de la Santé et de l’Action Sociale, la société civile qui lutte contre le tabac au Sénégal appelle les acteurs de la lutte anti-tabac au Sénégal d’avoir une posture de vigilance et de lucidité.

Dans un communiqué, elle alerte sur le fait que l’industrie du tabac profite de ces moments de flottement pour tenter des infiltrations, des manipulations et des déstabilisations. Cependant, cette structure fera échec à toutes tentatives ou velléités que tenterait l’industrie du tabac dont les buts ou les objectifs seraient de modifier, d’affaiblir ou d’apporter des changements ou un quelconque aménagement dans la loi anti-tabac. Le Sénégal dispose aujourd’hui d’une très forte loi, l’une des meilleures du monde, grâce à l’engagement de tous les acteurs, selon le communiqué de la société civile qui lutte contre le tabac au Sénégal.

C’est cette loi qui a d’ailleurs permis la mise en circulation des nouveaux paquets de cigarettes avec des photos en couleurs, portant sur 70% sur deux faces principales et latérales mettant en garde les fumeurs contre les dangers et les maladies liées au tabac.

Alioune Badara DIATTA

En prélude à la rentrée des classes, les responsables de la gestion de l’école et la tutelle se sont retrouvés à Saly pour évaluer les engagements pris l’année dernière et décliner de nouvelles ambitions pour l’année scolaire 2017/2018.

Une rencontre d’évaluation des directives prises l’année dernière par l’Etat dans le secteur de l’éducation s’est tenue à Saly. Des chefs de service, Inspecteurs d’académie ainsi que ceux de l’éducation et de la formation ont pris part à cette réunion qui a aussi servi de cadre pour planifier les actions pratiques pour 2018. Cette année, le séminaire est placé sous le thème : « Consolidation de la bonne gouvernance du secteur pour mieux relever les défis de la performance ». Il s’agit, à travers ce thème, de renforcer l’efficacité et l’efficience de la gouvernance du système.

Les participants ont d’emblée évalué le niveau de mise en œuvre des directives prises l’année dernière et déclinées en termes de défis au nombre de cinq. D’abord, l’effectivité du démarrage des cours dès le premier jour de la rentrée des classes. Ensuite, la gestion efficiente et rationnelle des ressources humaines et de la carte scolaire. Ils ont terminé par le pilotage pédagogique performant et l’apaisement de l’année scolaire. Selon le ministre de l’Education nationale, sur l’ensemble des défis, le niveau de réalisation a dépassé largement les prévisions et les attentes. Serigne Mbaye Thiam a affirmé qu’un taux d’exécution de plus de 85% a été réalisé sur les objectifs planifiés. Le séminaire de rentrée des classes a aussi été un moment d’échanges et de partage de bonnes pratiques initiées par quelques Inspections de l’éducation et de la formation (Ief) et des structures de formation. A l’Ief de Podor, par exemple, un système d’informatisation et de vulgarisation des données a été mis en place. De l’avis d’El hadji Mamadou Diouf, Ief de Podor, cette initiative a été d’un grand apport dans le pilotage du système au niveau déconcentré.

Au Centre régional de formation des personnels de l’éducation de Diourbel (Crfpe), un guide sur l’enseignement des sciences physiques a été élaboré pour renforcer la formation des jeunes enseignants. Dans l’académie de Pikine/Guédiawaye, un travail remarquable est fait en termes de productions de documents et de supports pédagogiques. Avec l’appui de la mairie de Guédiawaye, l’académie a su mettre à la disposition des élèves et des enseignants des fascicules dans les disciplines fondamentales. De l’avis d’Aboubakry Niang, secrétaire général de l’Ia, ces documents ont permis d’améliorer la qualité des enseignements et de renforcer la documentation.

Autant d’initiatives porteuses que le ministre de l’Education a saluées. Serigne Mbaye Thiam a, par la même occasion, exhorté les enseignants à les produire. Car, dit-il, « les écrits vont permettre de nous départir de la civilisation de l’oralité, tout en léguant à la postérité une richesse immense ».

Pape Coly NGOME

A l’école élémentaire « La route des puits » située dans l’Ief (Inspection de l’éducation et de la formation) de Grand-Dakar, le décor est tout autre. Ici, l’école est équipée de deux blocs d’hygiène de sept cabines chacun. Les toilettes des filles sont séparées de celles des garçons. Des infrastructures offertes par un partenaire de l’académie de Dakar, à travers le programme «Eau, Hygiène,Assainissement».

Pour sécuriser et entretenir ces toilettes, une femme de charge et une équipe de femmes ont été recrutées. Elles sont toutes prises en charge par la mairie de Grand- Dakar. Les produits d’entretien sont également disponibles en permanence pour rendre constamment propres et accessibles les toilettes. Dans cet établissement, le gaspillage d’eau est sévèrement sanctionné. Chaque élève dispose d’un gobelet ou d’une bouteille  individuelle dont il se sert pour se désaltérer. Pourtant, il y a quelques années, cette école faisait partie des établissements les plus sales de Dakar. On y déposait des carasses de bêtes et autres restants de butins d’agresseurs ou de voleurs. Elle servait aussi de refuge aux malfaiteurs. D’où son surnom « Ecole « mbalite » », c’est-à-dire « Ecole dépotoir d’ordures ».

Aujourd’hui, l’école « La route des puits » a complètement changé de visage grâce à l’engagement et à la détermination de l’équipe pédagogique et à l’implication du Conseil municipal.
D’ailleurs, d’une manière générale, aussi bien l’administration, le gouvernement scolaire, le comité de gestion de l’école, les collectivités locales doivent veiller à ce que l’école reste un cadre constamment propre, accueillant et favorable à l’épanouissement des apprenants.

P. C. NGOM

De manière générale, la question des toilettes reste un problème majeur dans les établissements scolaires. Elles sont souvent sales, vétustes et inaccessibles aux élèves. Pourtant, il est établi que l’hygiène corporelle fait partie des premiers intrants de qualité des performances des élèves. L’eau, des seaux, des pots et des serviettes d’hygiène doivent être en permanence dans les écoles. Un tour dans quelques établissements scolaires de l’académie de Dakar a permis de constater le triste sort réservé aux toilettes.

L’environnement scolaire constitue un facteur déterminant dans la performance des élèves. Malheureusement, cet aspect n’est pas bien géré, surtout le volet hygiène et propreté. Ainsi la plupart des blocs d’hygiène des établissements scolaires sont vétustes. Alors que certains sont crasseux, d’autres sont simplement non fonctionnels. Il s’y ajoute que, dans certaines écoles, les toilettes des garçons ne sont pas séparées de celles des filles. Ce qui peut faciliter le contact, loin des regards de leurs camarades et des surveillants. Une situation inconfortable et invivable avec des conséquences regrettables. Au-delà des risques de maladies, il y a aussi le problème de sécurité qui se pose. Car les élèves, en sortant de leur établissement pour aller faire leurs besoins dans les habitations environnantes, peuvent être exposés à des dangers. Ils peuvent être enlevés, violés, battus ou heurtés par un véhicule. Dans tous les cas, la responsabilité du chef d’établissement est engagée.

Au lycée John F. Kennedy, si les toilettes sont bien entretenues, tel n’est pas le cas au bâtiment C qui abrite le collège. Dans cette partie du lycée, l’état des blocs d’hygiène laisse à désirer. Non seulement ils sont vétustes, mais ils sont également dépourvus de portes et de fenêtres. L’eau et les produits détergents sont toujours disponibles, la personne préposée à l’entretien fait convenablement son travail au quotidien. « Mais les élèves, principaux usagers, sont les premiers à salir et à détruire les toilettes », fait remarquer Fatima R. Niang, vice-présidente de la commission communication du gouvernement scolaire. A l’en croire, le  laxisme, le manque de surveillance et de contrôle ont accéléré la dégradation des installations sanitaires. « Le gouvernement scolaire ne s’occupe pas des toilettes. C’est regrettable. Personnellement, je n’utilise pas nos sanitaires, je préfère aller ailleurs », confie Aïssatou Diagne, présidente du Club de littérature, d’art et de philosophie (Clap).

Manque d’entretien
Toutefois, les autorités du lycée ont fait des efforts allant dans le sens de veiller sur la santé et le bien être des jeunes filles. L’infirmerie de l’établissement est bien fournie en serviettes d’hygiène en quantité suffisante. L’autre établissement où la défaillance des toilettes se pose avec acuité est le lycée mixte Maurice Delafosse. Ici, à l’image de l’école, les blocs d’hygiène datent de 1956. Les ouvrages, sous le poids de l’âge, menacent ruine. Et, aucune initiative n’est encore prise pour leur réfection. Les toilettes sont en nombre suffisant. Elles sont séparées pour prendre la dimension genre. Mieux, chaque groupe d’acteurs dispose d’un bloc d’hygiène (élèves, professeurs, l’administration…). Cependant, la plupart des box sont hors d’usage. Certains sont même fermés par l’administration, parce que soit la plomberie fait défaut, soit il n’y a pas d’eau, ou encore c’est un problème de vidange des fosses ou d’électricité.

A cela s’ajoute le mauvais comportement de certaines jeunes filles qui, après usage, jettent par terre leurs serviettes hygiéniques. « Des gestes qui participent à salir les toilettes et à les rendre inutilisables », renseignent Khardiatou Mbaye et Khady Dramé, toutes deux élèves en classe de Première.

Face à ces manquements, les élèves, surtout les filles, se trouvent confrontées à des problèmes d’hygiène et de santé. Pour se soulager, certaines n’hésitent pas à sortir de l’école pour aller dans les maisons environnantes, avec tout ce que cela comporte comme risque et perte d’heures de cours.

Devant la gravité de la situation, au lycée mixte Maurice Delafosse, le proviseur a adressé une correspondance à la Fondation « Servir le Sénégal » de la Première dame Marième Faye Sall. Il estime que ces bâtiments et ouvrages annexes, datant de l’époque coloniale, méritent d’être réhabilités, et cela nécessite beaucoup de ressources que le budget de l’école a du mal à supporter.

Pape Coly NGOM

L’océan atlantique est actuellement le siège d’un évènement exceptionnel : les ouragans Irma, José et Katia. Ils frappent plusieurs îles et des villes côtières, alors que les Etats-Unis n’ont pas fini d’évaluer les dégâts provoqués par l’Ouragan Harvey.

L’histoire des ouragans est aussi vieille que celle de l’humanité. Sauf que, de nos jours, leur intensité et leur fréquence sortent de l’ordinaire. Ce phénomène météorologique est classé dans le registre des évènements extrêmes. Leur occurrence est une réalité. La preuve, alors que les services en charge de la gestion des catastrophes n’ont pas fini d’évaluer les dégâts de l’Ouragan Harvey qui a balayé la côte du Texas et jeté 30.000 personnes dans la rue le 25 août 2017, un autre ouragan baptisé avant sa naissance Irma pourrait frapper la Floride les 11 et 12 septembre. La nature est en fureur. Présentement plus de trois ouragans soufflent sur l’océan atlantique en direction des îles et peuvent même toucher les villes éloignées des côtes. « Évènement exceptionnel dans l’Atlantique : après la dévastation provoquée par le passage de l’ouragan Harvey, les ouragans Irma, José et Katia risquent tous d’atteindre les îles caribéennes et les États-Unis le même jour, dimanche 10 septembre », informe mesahable.france24.com.

L’autre point de convergence des scientifiques, c’est l’augmentation de l’intensité de ces phénomènes. L’ouragan Irma avait la taille de la France, il a été à un moment classé catégorie 5, la plus élevée, les vents de Harvey soufflaient à 215 km/h.

Le caractère exceptionnel a entraîné une course à la recherche des explications. Selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (Noaa), ce phénomène est rare. Cette fréquence serait liée à l’absence, en 2017, d’El Niño, un courant saisonnier chaud dans l’océan pacifique qui se développe au large du Pérou et de l’Equateur. « En l’absence d’El Niño, le bassin atlantique nord héberge des conditions idéales pour ces énormes tempêtes. Des vents relativement faibles, des températures océaniques supérieures à la moyenne et une pénurie relative de masses d’air sec qui empêcherait normalement le développement d’un ouragan », expliquent les scientifiques.

Pour beaucoup de chercheurs, la nature prend sa revanche sur l’homme qui a exacerbé le réchauffement de la planète. S’il est difficile d’établir un lien entre le changement climatique et la fréquence des ouragans, il n’y a pas de doute que le réchauffement de la planète est responsable de l’intensité des ouragans et de la trajectoire des cyclones. « Plus la température de l’eau et le taux d’humidité sont élevés, plus le cyclone peut prendre de l’intensité. Or, ces deux éléments sont plus intenses du fait de l’augmentation de l’effet de serre », explique la climatologue Masson-Delmoette, membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Idrissa SANE

Le Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls) a organisé, du 6 au 8 septembre 2017, un atelier d’orientation et de plaidoyer pour une meilleure prise en compte des droits humains des groupes vulnérables que sont les populations clés et les détenus dans la riposte au Vih.

Pendant trois jours, différents acteurs œuvrant dans la lutte contre le Vih/Sida ont, à travers des ateliers d’orientation et de plaidoyer, travaillé pour une meilleure prise en charge des droits humains des groupes vulnérables dans la riposte au Vih. Cette rencontre est initiée par le Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls), en collaboration avec le ministère de la Justice, le Centre de formation judiciaire (Cfj), l’Association des femmes juristes (Ajs), l’Association des femmes médecins (Afems), l’Association des jeunes avocats et le ministère de l’Intérieur.

Ces groupes vulnérables, également appelés populations clés, sont les usagers de drogues injectables, les professionnels du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes et les détenus. Le choix de cette couche de la population s’explique par le fait que « ce sont chez eux que l’on note les taux de prévalence du Vih/Sida les plus élevés. Et si on veut vraiment arriver à une rupture de la transmission, il faut qu’on puisse aider ces populations pour qu’elles-mêmes puissent mener leur combat auprès des autorités judiciaires », a informé Atoumane Cissé, médecin à l’administration pénitentiaire et point focal justice pour le Vih/Sida.

Au terme de cet atelier d’orientation et de plaidoyer, les différents acteurs et les bénéficiaires dispatchés en groupes de quatre, représentant ainsi les populations clés, ont relevé comme contraintes la discrimination, la stigmatisation, l’insuffisance de prise en charge, le vide juridique et l’inefficience des lois, les pesanteurs socioculturelles, entre autres. Pour ce qui est des actions prioritaires à mener, il y a la sensibilisation et le renforcement des compétences des populations clés sur l’estime de soi, la décentralisation des centres de prise en charge dans toutes les régions, l’adaptation de la communication et des discours, l’augmentation des moyens matériels, humains et financiers liés à la prise en charge des populations clés, la création et l’adaptation des lois et textes à la réalité et enfin l’enrôlement des populations clés dans les mutuelles de santé.
« Certaines de ces recommandations sont déjà prévues dans nos programmations et les autres viendront, a assuré Safiétou Thiam, secrétaire exécutive du Cnls.

Alioune Badara DIATTA (stagiaire)

L’hôpital de niveau 1 de Sédhiou, en partenariat avec l’Ong Amref, la région médicale et l’Inspection d’académie, vient d’organiser un camp de chirurgie gratuite pour les enfants âgés de moins de 14 ans. C’est à partir de cet âge, en effet, que la plupart des enfants entrent au collège. D’où la nécessité d’associer l’Ia.

 Ce camp a vu la participation d’une équipe de chirurgiens venue de l’hôpital Albert Royer de Fann conduite par le professeur Gabriel Ngom et comprenant un chirurgien pédiatre, un médecin anesthésiste. A participé également à ce camp une équipe de chirurgiens espagnols conduite par le chef de chirurgie de l’hôpital de Bilbao. Tous ces spécialistes ont constitué un apport non négligeable à ceux trouvés sur place. Le recensement des enfants devant subir une intervention chirurgicale a été minutieusement mené. Il a d’abord été fait dans les districts à travers les cases et postes de santé, selon une stratégie avancée.

Pour les écoles, 30 établissements ont été sélectionnés. Il s’est agi, pour cette première phase, d’identifier des enfants traînant une pathologie. C’est ainsi qu’un premier mini camp a été organisé avec une prise en charge spécialisée en ophtalmologie et odontologie à l’Etablissement public de santé (Eps 1) de Sédhiou. C’était au mois de mars dernier. Le camp récemment organisé constitue la seconde phase, celle de la prise en charge des cas les plus compliqués, c’est-à-dire nécessitant une intervention chirurgicale. C’est ainsi que quelque 40 enfants ont pu subir une intervention chirurgicale au grand bonheur des parents, « puisque le camp, selon les accords du partenariat, est gratuit », a déclaré Babacar Diallo, superviseur régional de l’Ong Amref.

Selon le chef de chirurgie à l’hôpital de Bilbao en Espagne, par ailleurs chef de délégation, le prochain camp pourrait avoir lieu au mois de février ou mars prochain, suivant le même processus de préparation à savoir procéder d’abord au recensement des enfants à prendre en charge. La petite innovation prévue pour ce futur camp, c’est que les adultes seront concernés. Il a salué ce partenariat entre les chirurgiens basés en Espagne et les confrères trouvés sur place.

Malamine KAMARA

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