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Actualités (2539)

Après la nomination du « seul gynécologue de la région de Sédhiou » Dr Abdoul Khadre Sow au poste de directeur par intérim de l’Etablissement public de santé (Eps1) de Sédhiou, le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) dénonce un cumul de fonctions qui sera « contreproductif ».

Après la tentative de suicide du directeur de l’Etablissement public de santé 1 (Eps1) de Sédhiou, un directeur intérimaire a été nommé dans cette structure sanitaire. Cependant, la section régionale du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) dénonce cette nomination, du fait « d’un cumul de fonctions qui est jugé contreproductif ». « Le Sutsas, à travers l’union régionale de Sédhiou, toujours fidèle à son rôle de sentinelle du système, rappelle son autonomie et son indépendance tout en manifestant sa disponibilité à œuvrer pour un système de santé et d’action sociale cohérent. C’est dans cette optique que l’Union régionale de Sédhiou dénonce, avec la dernière énergie, la nomination du gynécologue de l’Eps1 de Sédhiou au poste de directeur par intérim de ladite structure », lit-on dans le communiqué du Sutsas parvenu à la rédaction. Le document de poursuivre : « Seul gynécologue de toute la région de Sédhiou au moment où le taux de mortalité maternelle et infantile régionale est l’un des plus élevé du pays, l’Union régionale Sutsas de Sédhiou attire l’attention des autorités administratives et sanitaires qu’un cumul avec des fonctions de gestionnaire administratif priverait les populations de ses services combien importants ». Poursuivant, les camardes de Mballo de Thiam martèlent qu’ils « ne sauraient accepter que le seul spécialiste qui doit gérer les urgences obstétricales 24H/24, les consultations et autres interventions au niveau de la maternité soit noyé dans une gestion administrative en tant que directeur ». Selon ces derniers, « le cumul de ces fonctions aura un impact négatif certain sur la prise en charge des patients ».

Oumar KANDE

L’Association des professeurs d’anglais du Sénégal (Ates) a lancé, le 8 décembre 2017, la 20ème édition de sa Convention nationale. Lors de la première journée de cette rencontre, les professeurs sont revenus sur les défis à relever pour développer l’enseignement en anglais qui présente beaucoup d’opportunités.

L’Association des professeurs d’anglais du Sénégal (Ates), qui a 40 ans d’existence, tient, les 8 et 9 décembre 2017, la 20ème édition de sa Convention nationale en collaboration avec l’ambassade des Etats-Unis au Sénégal. Autour du thème « Défis et opportunités pour l’enseignement de l’anglais au 21ème siècle », les participants à la 20ème Convention de l’Ates ont insisté sur la nécessité de relever les défis pour développer l’enseignement de cette langue incontournable pour les secteurs de la recherche et de l’emploi dans le monde.

Bientôt des cours d’anglais en ligne avec l’Uvs
Le représentant du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Ousseynou Seck, qui a salué le dynamisme de l’association, a fait comprendre qu’il faut l’application de la décision présidentielle rendant l’enseignement de l’anglais obligatoire au premier cycle des études supérieures. « Parmi ces défis, il y a la décision numéro 6 du président de la République concernant l’enseignement obligatoire de l’anglais dans les universités. C’est-à-dire en Licence 1, 2 et 3. Aussi bien dans le public que dans le privé, les étudiants doivent se mettre à l’anglais pour qu’une fois arrivés en Master, qu’ils soient capables de comprendre les cours délivrés dans cette langue », a-t-il souligné.

M. Seck, par ailleurs directeur de l’Institut sénégalo-britannique, a révélé que le ministère compte amener des professeurs en anglais pour ces cours et il faudrait que les étudiants soient capables de suivre, car pour la recherche, ces derniers voyagent beaucoup dans des pays anglophones et doivent être à l’aise dans ces universités. « L’anglais est une langue très importante, et chaque fois on en a la preuve à travers la demande des entreprises, etc. Il y a un projet qui est en train de voir le jour au ministère de l’Enseignement supérieur et qui concerne la délivrance de ces cours aux étudiants », a estimé Ousseynou Seck. Il a fait savoir que très prochainement, l’on va procéder à l’expérimentation, avec 300 étudiants sénégalais, de cours en ligne en anglais avec l’aide des professeurs de l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs).

L’attaché régional pour les programmes d’anglais de l’ambassade des Etats-Unis à Dakar, Eran Williams, a salué l’engagement des professeurs d’anglais pour le développement de cette langue au Sénégal. Réaffirmant le soutien des Etats-Unis à l’association, il dit constater que l’Ates est une organisation qui non seulement identifie les problèmes, mais trouve les solutions en démontrant à tous que les défis peuvent être relevés. Même avis chez Down Long, représentante de British Council, qui a salué le travail de l’Ates tout en assurant que sa structure va continuer à aider pour la formation continue en anglais des professeurs, des élèves et du milieu professionnel.

Selon Mme Long, le travail de cet institut britannique est pour le renforcement du brassage entre les civilisations mais aussi pour faire profiter aux Sénégalais des opportunités de l’anglais sur le plan international. A son tour, le directeur de la Formation et de la Communication du ministère de l’Education nationale, Mohamed Moustapha Diagne, a exprimé toute la reconnaissance de son ministre pour le travail de l’Ates qui vient en appoint à l’Etat dans la formation continue des enseignants d’anglais.

Oumar KANDE

Faisant partie les Sénégalais présents à la 5ème Rencontre internationale de Dakhla, Abdoulaye Sène est intervenu sur le thème « Réponses des territoires : le territoire comme acteur pivot d’une mondialisation légitime ». Président du think thank Global local forum, il a eu un vécu d’élu local comme président du Conseil régional de Fatick et aussi d’élu national en tant que député. Pour lui, les territoires doivent être considérés comme des acteurs dans l’élaboration de certaines politiques publiques, surtout celle liée au changement climatique.

« Les territoires sont dans des dynamiques de se présenter comme des acteurs qui souhaiteraient être à la fois des récepteurs et des acteurs dans l’élaboration des politiques. Il faut donc repositionner la place des territoires comme espaces de relations, comme sources de pensée et aussi comme acteurs pour élaborer, de façon endogène, les réponses les plus appropriées surtout dans les changements climatiques », a dit Abdoulaye Sène.

A son avis, l’essentiel des problèmes concernant le changement climatique se pose à la base. « Il faudrait donc faire des collectivités territoriales des acteurs pour apporter les meilleures réponses en terme de réflexions et aussi d’action. Pour la réconciliation entre l’innovation sociale et l’efficacité technologique, les territoires peuvent donner des réponses plus ciblées, plus adaptées », a-t-il suggéré.

« L’esprit de Dakhla ». C’est en ces mots que Driss Guerraoui, président du comité d’organisation de la 5ème Rencontre internationale de Dakhla, a qualifié la signature de la convention de partenariat instituant le « Forum africain de Dakhla ». Le partenariat a été paraphé par la Plateforme des femmes africaines d’Angola dirigée par Luzia Moniz, l’Institut du futur africain basé en Afrique du Sud et dirigé par le Sénégalais Alioune Sall, le Centre africain de la nouvelle économie du Sénégal d’Amath Soumaré et l’Université ouverte de Dakhla. « C’est un cadre permanent de réflexion sur des grandes problématiques du continent africain ayant trait aux dimensions économiques, financières, culturelles, politiques, géostratégiques, environnementales, sociologiques, énergétiques et numériques. L’objectif final de ce forum africain de Dakhla est de s’ériger en une plateforme permanente d’échanges », a expliqué Driss Guerraoui.

De notre envoyé spécial à Dakhla (Maroc), Oumar NDIAYE

Organisée par l’Université ouverte de Dakhla, la 5ème Rencontre internationale de Dakhla veut se positionner comme une plateforme d’échanges et de réflexions entre universitaires et décideurs. Elle veut aussi créer un lien entre l’université, l’entreprise et les territoires pour des réponses opérationnelles aux grandes problématiques de l’Afrique.

La 5ème Rencontre internationale de Dakhla s’est ouverte le 7 décembre 2017 dans cette ville située au sud du Maroc. Regroupant des universitaires, experts et décideurs, cette réunion est pilotée par l’Université ouverte de Dakhla et d’autres partenaires. Créée en 2010 par un certain nombre de réseaux de recherches et d’experts, l’Université ouverte de Dakhla est une structure non gouvernementale de réflexion, de débats et d’échanges entre des chercheurs, experts, mais aussi des décideurs à travers le monde sur les grandes problématiques du monde. Elle est, aujourd’hui, portée par une centaine de chercheurs appartenant à tous les continents, de tous les horizons et sensibilités dans les domaines des sciences sociales, en général, et des sciences économiques, en particulier, travaillant sur les questions de développement et de relations internationales.

C’est aussi un espace animé par le souci de comprendre les grandes mutations que connaissent les sociétés et économies du 21ème siècle et essaie de contribuer à offrir, en termes de politiques publiques, les alternatives les plus appropriées pour notre monde, animé en cela par une pensée positive et par une valorisation de l’intelligence collective et du génie de ses composantes. Ainsi, elle organise, tous les deux ans, une rencontre internationale autour d’une thématique qui correspond aux préoccupations de l’heure.

Cette année, la 5ème édition porte sur « La nouvelle économie mondiale, transformations structurelles, impacts et réponses des acteurs, expériences internationales comparées ». Avec 150 participants venus de 31 pays de tous les continents, elle a été ouverte par Mohamed Ben Abdelkader, le ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé de la Réforme de l’administration et de la fonction publique, de Othmane El Ferdaous, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique, chargé de l’Investissement.

Selon Driss Guerraoui, président de l’Université ouverte de Dakhla, cette structure n’est pas uniquement un lieu de réflexion entre académiciens. Elle se veut aussi une force de proposition orientée vers des questions empiriques et opérationnelles comme celles que vivent les entreprises et les territoires. C’est pour cela que, lors de chaque édition, il y a la remise d’un prix du partenariat entre l’université et l’entreprise. « Cela montre que les préoccupations de cette université sont de finalité opératoire qui visent des éléments et outils de politiques publiques à même de contribuer à ouvrir des pistes pour renforcer et développer les performances globales de nos économies et de nos sociétés », a estimé Driss Guerraoui.

Pour cette édition, ce sont l’Université internationale de Rabat et l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II qui ont été lauréats du prix « Partenariat université-entreprise ».

De notre envoyé spécial à Dakhla (Maroc), Oumar NDIAYE

Dans le cadre de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (25 novembre-10 décembre), l’Ong IntraHealth international, en collaboration avec les ministères de la Santé et de l’Education, entre autres partenaires, a organisé, le 4 décembre, une séance de sensibilisation au profit d’une quarantaine d’élèves du lycée Kennedy.

Les violences basées sur le genre n’épargnent aucune couche de la société : des foyers en passant par les écoles. Selon les données du programme Usaid/Neema, 56,8% des femmes dans les régions d’intervention ont déjà subi des violences physiques et 69 % des violences psychologiques. Pour lutter contre ce phénomène, IntraHealth, Usaid/Neema, Onu-Femmes, en partenariat avec les ministères de la Santé et de l’Education, ont sensibilisé les élèves d’une classe pilote du lycée John Fitzgerald Kennedy. Ces dernières, en Seconde S, ont bénéficié, dans le cadre d’échanges avec les encadreurs, d’un renforcement de compétences pour identifier et reconnaitre toute forme de violences faites aux filles et aux femmes.

La séance a permis aussi d’outiller ces jeunes filles pour qu’elles sachent comment prévenir ces genres de violences et comment réagir quand elles en sont victimes ou quand elles en sont témoins.

Selon El hadji Babacar Guèye, directeur général d’IntraHealth Sénégal, le choix du lycée Kennedy s’explique par le fait que c’est un établissement de jeunes filles et ces dernières sont souvent les premières victimes. « Il faut aider, avec cette sensibilisation, les jeunes filles à ne pas être victimes de violences mais aussi à ne pas être acteurs. Il est important de savoir comment agir face à ces violences et également d’être des relais dans leur établissement, dans leur famille, pour sensibiliser leur cercle d’amis et de parents contre ces phénomènes », a-t-il expliqué, soulignant que cette campagne a démarré dans les régions les plus confrontées à ce phénomène, à savoir Kolda, Sédhiou, Kédougou, Saint-Louis, Matam...

Même avis chez Marie Sabara, chargée du Programme élimination des violences basées sur le genre d’Onu-Femmes. Elle a rappelé que l’Onu-femmes soutient cette initiative dans le cadre de la matérialisation de la convention de l’Onu pour l’élimination de toute forme de violences basées sur le genre. D’après Mme Sabara, il est essentiel de continuer la sensibilisation, car il existe beaucoup de violences faites aux femmes et aux filles au Sénégal, qu’elles soient physiques, économiques ou morales, mais on n’en parle pas. « On doit aider les jeunes filles qui son victimes d’avoir les moyens de dire non », a-t-elle martelé, demandant plus de coordination des acteurs pour mettre en œuvre le Plan national d’action contre les violences basées sur le genre au Sénégal.

Représentant le ministre de l’Education nationale, Marie Siby, conseillère technique, a soutenu qu’il est primordial de permettre aux jeunes filles de s’impliquer dans la prise en charge des violences basées sur le genre en les éduquant dans leurs familles mais aussi à l’école.

Les filles bénéficiaires de la séance ont apprécié les informations reçues. Diariétou Diaby a estimé que cela est important pour elle de pouvoir identifier les formes de violences. L’élève a reconnu que ces dernières sont maintenant plus présentes dans les réseaux sociaux. Mariétou Bâ a soutenu la même thèse tout en avançant que le plus important pour elle, c’est de savoir comment agir si elle est témoin d’une de ces formes de violence.

O. KANDE

Le médecin-chef de la région médicale de Diourbel, le Dr Balla Mbacké Mboup, a plaidé, lors d’un Comité régional de développement (Crd), pour le renforcement des spécialistes et la mise en place d’un système de régulation. Il a aussi appelé à la construction d’un Sau (Service d’accueil des urgences) aux normes dans toutes les structures sanitaires de la région pour une meilleure gestion des urgences. M. Mboup dit motiver son plaidoyer par le fait qu’une urgence ne doit pas dépasser 24 heures. « Il faut gérer le malade, le ramener à une situation de base normale et le mettre dans d’autres services pour la suite des soins ». L’autre défi, a-t-il fait savoir, c’est le renforcement des spécialistes. « Nous avons un déficit très important en médecins spécialistes », a relevé le médecin-chef, souhaitant la mise en place d’un système de régulation. Car, a-t-il estimé, « le manque de communication entre le malade, la communauté et les services pose toujours un retard de prise en charge ». Aussi, Balla Mbacké Mboup déplore-t-il l’absence de Service d’assistance médicale d’urgence (Samu). Alors que pour relever les défis relevés, « il faut mettre en place un Samu régional, développer les Sau, multiplier les ambulances et mettre en place un centre de régulation », a insisté le praticien qui a fait remarquer qu’il n’existe que quatre urgentistes dans la région de Diourbel. Mballo Dia Thiam, secrétaire général du Sutsas, a indiqué que même si l’hôpital veut prendre en charge la question des urgences, il bute sur les problèmes d’infrastructures.

Mamadou DIEYE

Le retard de croissance chez les enfants a substantiellement baissé dans notre pays. C’est ainsi que le Sénégal a été choisi pour faire partie des 5 pays où seront effectuées des études de cas pour permettre aux autres de s’en inspirer.

L’Institut population, développement et santé de la reproduction (Ipdsr) de l’Ucad a tenu, hier, un atelier sur l’évaluation des déterminants en matière de retard de croissance. Cette rencontre constitue le point de départ d’une étude comparative concernant cinq pays dans le monde sur la dite évaluation. Le Sénégal a été choisi pour faire partie de cette étude du fait de ses performances dans la lutte contre le retard de croissance des enfants. La Tanzanie, le Pérou, le Kurdistan et le Népal serviront également de cas d’école. Nadia Akser, spécialiste canadienne du Centre pour la santé des enfants du plus grand hôpital pour enfant du Canada (Sick/Kids), a indiqué que le Sénégal doit être fier de faire partie des pays ayant les meilleurs résultats. L’experte du Sick/Kids, qui va accompagner l’Ipdsr dans le cas de cette étude au Sénégal, a souligné que « le retard de croissance a décru, de façon substantielle, au Sénégal ». « Le Sénégal fait partie des pays à faibles revenus qui ont su réduire, de manière considérable, le retard de croissance des enfants. Il est ainsi un exemple et le seul pays qui a réussi cela en Afrique de l’Ouest. Cela fait du Sénégal un des leaders régionaux dans le monde qui ont réduit de plus d’un tiers le retard de croissance dans leur pays », a expliqué Nadia Akser. Selon elle, avec cette étude, les sources les plus fiables seront déterminées en collaboration avec l’Ipdsr. « On va essayer de voir combien de ressources ont été investies au Sénégal pour obtenir les résultats et essayer de l’appliquer à d’autres pays pour faire baisser le retard de croissance », a avancé la spécialiste. Revenant sur les chiffres du retard de croissance au Sénégal, Silmang Sène de l’Ansd a indiqué que, de 1986 à 2015, il y a eu globalement une baisse de la prévalence du retard de croissance au Sénégal avec une réduction estimée à plus de 20%. Actuellement, le retard de croissance des enfants est de 17% après un taux de 19% en 2006. Auparavant, le Pr Mohamadou Sall, directeur de l’Ipdsr, a révélé que le rapport de l’étude sera disponible en mai-juin 2018. Il est aussi revenu sur la nécessité de mettre fin à la malnutrition et au retard de croissance pour la capture du dividende démographique des Etats africains. Le Pr Sall a aussi expliqué qu’il y a un rapport vicieux entre la malnutrition et le retard de croissance qui en est le signe le plus manifeste.

L’Afrique est le continent qui souffre le plus du retard de croissance, comptabilisant plus de la moitié des cas avec l’Asie. Selon le Pr Sall, le retard de croissance chez les enfants est passé de 49 millions en 1990 à 59 millions en 2013 en Afrique ; ce qui est dû aussi à la hausse de la natalité dans le continent. Même si le Sénégal a de bons résultats en matière de prévalence du retard de croissance, les régions de Kaffrine, Kolda, Sédhiou, Kédougou et Matam ont des taux assez élevés.

Oumar KANDE

La 19ème Conférence internationale sur le Sida en Afrique (Icasa) se tient depuis lundi à Abidjan. Une occasion pour les experts, décideurs et membres de la société civile d’apporter leurs réflexions sur cette maladie.

A l’ouverture des travaux de la 19ème Conférence internationale sur le Sida en Afrique (Icasa), le président Alassane Dramane Ouattara a révélé que le gouvernement ivoirien apportera une contribution de 21 milliards de FCfa pour la période 2018-2020 pour soutenir les malades. Une décision saluée par le patron de l’OnuSida. S’adressant à l’assemblée, le chef de l’ Etat ivoirien, qui avait à ses côtés le président Henry Konan Bédié, a souligné que le défi de l’heure est le phénomène migratoire qui, à ses yeux, peut constituer une source de propagation du Vih en raison de la promiscuité notée dans les conditions de déplacement.

« Nous attendons de vous des réflexions sur les mécanismes innovants de mobilisation de ressources financières, d’organisation de la recherche pour contrer la maladie et surtout l’implication du secteur privé », a lancé M. Ouatara aux nombreux participants revenus à Abidjan 20 ans après la réunion de 1997.

Sur les mesures prises par son gouvernement, il a rappelé la création du premier ministère africain en charge du Sida, mais également l’affectation d’un budget de 21 milliards de FCfa pour faire chuter le taux de prévalence de 2,7% à 1%. De son côté, le directeur de l’OnuSida, Michel Sidibé, s’est réjoui des mesures prises par la Côte d’Ivoire de porter à 400% le budget pour le traitement des malades du Sida. Il s’est félicité des résultats enregistrés en Afrique tout en regrettant que 37 000 enfants de moins de 18 ans se marient chaque jour sur le continent. Devant l’assistance, une jeune fille de 20 ans, née avec la maladie, bachelière, a invité ses sœurs à se battre et à ne pas baisser les bras. Elle a demandé aux participants de prendre des résolutions concrètes.

EL Abdoulaye THIAM, envoyé spécial

SANTE, POPULATION ET DEVELOPPEMENT : NAISSANCE D’UN RÉSEAU DE JOURNALISTES À ABIDJAN
Des journalistes et spécialistes de la communication, réunis en assemblée générale en marge de Icasa, ont mis sur pied un réseau africain en charge des questions de santé, population et développement. Il est présidé par le journaliste Alassane Cissé de la Rts, jusqu’ici président du Comité de pilotage. Mobiliser les journalistes, les communicateurs et autres professionnels des médias africains pour qu’ils s’intéressent davantage aux sujets liés aux problèmes de santé, de population et de développement, tel est l’objectif du nouveau réseau. Ouvrant les travaux, le directeur du bureau régional de l’Unfpa pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Mabingué Ngom, a souligné que c’est l’Agenda d’Addis-Abeba qui est en train de prendre forme. « Nous avons retenu la mise en place d’un réseau avant la fin de l’année », a-t-il dit avant d’ajouter qu’il faut ensemble pousser la question du dividende démographique. Il a reconnu qu’’il reste beaucoup à faire. Selon M. Ngom, au sortir de l’année, il faut trouver l’occasion de bien calibrer le message d’une stratégie commune évoluant en fonction des préoccupations. Le dividende démographique, à son avis, doit changer la vie des jeunes africains. Enfin, il a promis le soutien de l’Unfpa pour soutenir le réseau. Auparavant, Alassane Cissé a rappelé les différentes étapes d’Addis-Abeba à Abidjan en passant par Bruxelles. « Nous nous inscrivons dans la dynamique de l’Agenda 2063 pour une Afrique unie et prospère », a-t-il soutenu.

EL. A.THIAM

Pour lever les difficultés rencontrées par les pays d’Afrique subsaharienne en matière d’évaluation des apprentissages, le réseau « Le Talent », en collaboration avec l’Unesco, tient, à Dakar, un atelier régional. Les spécialistes demandent ainsi aux Etats d’améliorer les rendements en matière d’évaluation des apprentissages par le partage d’expériences.

En Afrique subsaharienne, beaucoup de pays ont réformé leurs programmes d’enseignement et utilisent désormais l’approche par les compétences. Cependant, la plupart rencontre des difficultés pour adapter les outils, les approches et les instruments de mesure des performances des apprenants. Pour lever ces contraintes, « Le Talent » (réseau d’éducateurs pour la transformation de l’enseignement) a réuni, Dakar, les responsables des évaluations scolaires de 18 pays africains dans le cadre d’un atelier régional sur les systèmes nationaux d’évaluation des apprentissages en Afrique subsaharienne.

Cette rencontre est une occasion d’échanges d’expériences en matière d’évaluation pour améliorer les rendements. Le directeur du Bureau régional multisectoriel de l’Unesco à Dakar, Gwang-Chol Chang, a indiqué que la crise de l’apprentissage est l’une des principales mesures qui pèsent sur notre région pour atteindre l’objectif durable numéro 4 relatif à l’éducation. Surtout qu’un système d’évaluation peu adapté renforce la crise de l’éducation.

Evoquant les dernières données de l’Institut statistique de l’Unesco, Gwang-Chol Chang a révélé qu’en Afrique subsaharienne un total de 230 millions d’adolescents n’atteindra pas les seuils de compétence minimum en lecture au moment où il devrait achever le premier cycle du secondaire, alors que 60 % d’entre eux vont à l’école. « Cette situation n’est malheureusement pas nouvelle.

C’est partant de ce constat que l’Odd 4 met l’accent sur l’apprentissage dans toute ses dimensions et à travers toutes les formes d’éducation », a dit M. Chang qui a estimé qu’une bonne méthode d’évaluation pourra améliorer les rendements.

Mohamed Moustapha Diagne, directeur de la formation et de la communication du ministère de l’Education nationale, a salué cette importante séance pour les systèmes nationaux d’évaluation. « Nous évaluons nos enseignants par des tests nationaux de positionnement, nous évaluons également nos élèves. L’atelier va permettre de procéder à des échanges de bonnes pratiques qui permettent d’harmoniser les évaluations, mais également d’améliorer les rendements en matière d’évaluation et d’apprentissage », a-t-il expliqué.

Même s’il peut être amélioré pour mieux s’adapter aux exigences, M. Diagne a confié que le système sénégalais d’évaluation respecte les normes standards avec une évaluation formative, sommative et certificative. Par rapport au faible niveau des apprenants en lecture qui serait dû aux méthodes d’évaluation, il a reconnu que les dernières analyses sur la lecture n’ont pas été très bonnes. C’est pourquoi le ministère a lancé un programme de lecture rénovée avec l’Usaid et le Sénégal a introduit le bilinguisme pour que l’enfant puisse apprendre plus rapidement à lire à l’aide de sa langue maternelle.

Oumar KANDE

La Fédération mondiale des travailleurs scientifiques (Fmts) organise sa 22ème Assemblée générale à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). C’est la deuxième tenue au Sénégal après celle de 1992. Cette édition, lancée le 4 décembre 2017, permettra de réfléchir sur « Science et développement par et pour l’Afrique ».

Après 1992, le Sénégal organise, du 4 au 8 décembre, pour la deuxième fois, l’Assemblée générale de la Fédération mondiale des travailleurs scientifiques (Fmts). Cette 22ème assemblée générale de la Fmts sera une occasion pour les participants d’échanger sur le thème « Science et développement par et pour l’Afrique ». Le président de la Fédération mondiale des travailleurs scientifiques, Jean Paul Lainé, a soutenu que la science doit servir au développement durable de l’humanité à travers l’éducation. « Pour la Fmts, l’éducation joue et continuera de jouer un rôle primordial pour l’humanisation », a-t-il laissé entendre, regrettant toutefois que les retombées pointues du développement scientifique soient inégalement réparties dans le monde, notamment en Afrique où il y a des zones sans électricité, des malades qui n’ont pas accès aux médicaments, etc. Jean Paul Lainé a fait aussi savoir, le cœur meurtri, que les travailleurs scientifiques sont maintenant précarisés dans plusieurs pays. « Les finalités financières sont favorisées au détriment des finalités scientifiques et de la recherche. Les diplômes universitaires risquent d’être marchandés », a-t-il argué.

Présidant la cérémonie d’ouverture, Malick Sow, secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation du Sénégal a affirmé que l’absence de science et de technique défavorise le développement de l’Afrique. Ainsi il conseille de s’engager dans la mise en œuvre d’une politique de qualité pour le renforcement du capital humain. M. Sow a, par ailleurs, salué l’implication du Saes et du Sudes dans la Fmts, rappelant que ces deux syndicats sont des partenaires de l’Etat du Sénégal dans la mise en œuvre des réformes issues de la Concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur (Cnaes) dont les conclusions proposent de réorienter le système éducatif vers les sciences et techniques.

Le recteur de l’Ucad, Ibrahima Thioub, a, lui, demandé aux universitaires d’axer leurs recherches sur la résolution des problèmes des citoyens, pour plus d’impact social.

O. KANDE

Pour une meilleure alimentation des enfants, les autorités ont décidé d’institutionnaliser la Semaine nationale de l’enfance qui se tiendra cette année du 11 au 17 décembre.

La Semaine nationale de la petite enfance et de la case des tout-petits aura lieu du 11 au 17 décembre 2017. Selon la directrice de l’Agence nationale de la petite enfance et de la case des tout-petits (Anpectp), Thérèse Faye Diouf, il s’agira de promouvoir la nutrition dans les structures de Développement intégré de la petite enfance (Dipe), conformément au thème choisi : « Une nutrition adéquate, un intrant de qualité pour le développement de la petite enfance ». A son avis, « la nutrition constitue un des principaux volets de la prise en charge dans (…) les cases des tout-petits, les écoles maternelles, les garderies ou centres d’éveil communautaires ». D’après elle, le principal objectif de la Politique nationale de développement intégré de la petite enfance (Pndipe) est d’assurer à tous les enfants sénégalais (…) issus en priorité de milieux défavorisés, l’accès à des services adéquats et intégrés, selon une approche participative et inclusive, pour que chacun d’entre eux soit pris en charge (santé, nutrition, éveil psychosocial, éducation, développement, protection, insertion sociale et réalisation personnelle) dans un environnement sain. Mme Diouf a rappelé que, depuis 2014, un nouveau modèle de case des tout-petits répondant aux normes et standards de qualité a été conçu. Et, à ce jour, 51 cases des tout-petits sont construites dans tout le pays, contribuant ainsi à l’accroissement du Taux brut de préscolarisation (Tbps) qui est passé de 15% en 2012 à 17,5% en 2017. « Ainsi, le nombre de structures Dipe gérées par l’Anpectp s’élève à 1.378, dont 739 cases des tout-petits, 343 écoles maternelles publiques et 296 centres d’éveil ou garderies communautaires, représentant 46,91% des structures Dipe au Sénégal. Au total, 104.489 enfants fréquentent les structures Dipe, dont 53 % dans les cases des tout-petits », a-t-elle avancé, citant le rapport d’activités 2016 de ladite Agence.

Le coordonnateur du bureau exécutif national de la Cellule de lutte contre la malnutrition (Clm), Abdoulaye Kâ, a déclaré qu’un partenariat dynamique a été scellé depuis la mise en place de l’Agence pour davantage promouvoir une bonne nutrition et sensibiliser les populations en vue d’une meilleure prise en charge de la petite enfance. Un appui de près de 20 millions de FCfa est mis à la disposition de l’Agence pour assurer le dépistage de la malnutrition aiguë. « Toutes les directives données par le gouvernement sont en train d’être menées pour une approche qui répond aux besoins nutritionnels du pays et en même temps adaptée au contexte de chaque localité », a-t-il affirmé. A l’en croire, l’idée, c’est d’optimiser la consommation des produits locaux dans la préparation des recettes culinaires.

Le lancement officiel de la Semaine nationale de la petite enfance et de la case des tout-petits est prévu au Stade Massène Sène de Fatick, mais chaque région organisera trois activités phares liées au dépistage de la malnutrition aiguë, le lancement du grenier communautaire et l’organisation d’une journée de jeu.
La cérémonie de clôture, précédée d’une randonnée pédestre, se tiendra le samedi 16 décembre à la Place de l’Obélisque.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le Réseau « Siggil Jigeen » veut un renforcement du soutien à la planification familiale pour réduire considérablement les décès évitables des mères, des enfants et des nouveau-nés. Il est en train de former des maitres facilitateurs en technique de facilitation smart en faveur de la Pf.

Le Réseau « Siggil Jigeen », en partenariat avec la Direction de la Santé de la reproduction et de la Survie de l’enfant (Dsr/Se), l’Initiative de planification familiale avancée, a organisé, hier, un atelier de formation des maitres facilitateurs en vue de renforcer les capacités des acteurs en plaidoyer. La rencontre a réuni des représentants du ministère de la Santé, de l’Association des femmes juristes, du Conseil national de la jeunesse, de l’Asbef et du Réseau islam et population (Rip). D’après Mme Fatou Touré Thiam, l’Initiative de la planification familiale avancée (Afp, anglais) mise sur le plaidoyer pour accompagner la Pf. L’Afp, dit-elle, est présente dans 9 pays, dont le Sénégal, et travaille à augmenter l’investissement financier dans les pays en voie de développement. Dans ces pays, constate-t-elle, il n’y a pas assez de ressources pour accompagner les femmes dans l’accès aux services de contraception.

D’ailleurs, à travers cette formation de deux jours (6 au 7 décembre 2017), le Réseau « Siggil Jigeen » et ses partenaires veulent mettre en place une masse critique d’agents de plaidoyer qui seront capables d’accompagner l’Etat du Sénégal dans la réalisation des plaidoyers pour une meilleure santé de la population.

Selon Abdou Aziz Mandian, facilitateur, ces acteurs seront formés en technique de facilitation smart qui, dit-il, est composée de 3 phases : concentrer les efforts, maitriser le contexte et réussir le changement. « Afp essaie d’apporter sa contribution par rapport aux acteurs étatiques et de la société civile en vue de résorber le gap de femmes qui sont dans le besoin d’accéder à la planification familiale à des coûts moyens. Une fois que les gens sont formés, nous les amenons à adresser des actions de plaidoyer auprès de l’Etat, des collectivités locales afin de résorber le gap qui existe », explique-t-il.

A son avis, la planification familiale est l’un des leviers importants pour réduire la mortalité maternelle et infantile. Toutefois, M. Mandian constate que malgré les avancées notées dans la planification familiale au Sénégal, il existe toujours des réticences. C’est pourquoi, explique-t-il, le Réseau islam et population a été associé à cette formation des facilitateurs pour éclairer davantage l’opinion publique nationale sur l’intérêt à adopter la planification familiale.

Aliou Ngamby NDIAYE

L’ambassade de Chine au Sénégal et l’Institut Confucius de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) ont organisé, le 5 décembre 2017, la deuxième édition de la compétition de discours autour du thème « La chine et moi ». Remettant les prix aux lauréats, l’ambassadeur de Chine au Sénégal, Zhang Xun, a souhaité que ces derniers soient des ambassadeurs de l’amitié sino-sénégalaise.

La finale de la 2ème édition de la compétition de discours « La chine et moi », organisée par l’ambassade de chine au Sénégal, s’est déroulée le 5 décembre 2017 à l’Institut Confucius de l’Ucad.

Les 13 finalistes ont rivalisé d’ardeur dans un chinois limpide. Ils ont tous abordé, dans leur discours, leur relation avec la Chine et la manière dont ils perçoivent ce grand pays. Tous les candidats viennent des différents niveaux de l’Institut Confucius qui donne des cours en langue chinoise. Après la délibération du jury, c’est l’étudiante en niveau 4 dudit institut, Mame Awa Faye, qui a été classée première. Elle est suivie par Abdourahmane Bamba Samb du même niveau. Mamadou Diop du niveau 2 a fini à la troisième position. La première lauréate qui s’est rendue récemment en Chine a raconté, dans son discours, ce qu’elle a vu et appris à l’empire du milieu. Pour elle, les Sénégalais ont des idées reçues sur la Chine qui ne sont pas souvent vérifiées. « Quand on va en Chine ; ce qui attire votre attention, c’est que c’est un peuple travailleur, respectueux, rigoureux », a confessé Mame Awa Faye dont le rêve est de pouvoir continuer ses études en Chine.

S’adressant aux lauréats, l’ambassadeur de Chine au Sénégal, Zhang Xun, a constaté que le niveau de la deuxième édition est beaucoup plus élevé que celui du concours précédent. Il a apprécié ce concours qui renforce les liens entre les Sénégalais et la Chine. Pour lui, le développement de la Chine offre des opportunités au monde, et « maitriser la langue chinoise sera un atout qui offrira davantage de nouvelles opportunités ». Souhaitant bonne continuation aux candidats, l’ambassadeur Zhang Xun espère que ces derniers seront des ambassadeurs de l’amitié sino-sénégalaise et acteurs de la coopération entre les deux pays. Poursuivant, M. Zhang a rappelé que la Chine, au-delà de l’éducation, offre plusieurs opportunités avec un Pib qui a atteint 12.000 milliards de dollars, soit la deuxième puissance économique dans le monde, avec une contribution supérieure à 30 % dans la croissance de l’économie mondiale.

Oumar KANDE

Des jeunes francophones des pays d’Afrique de l’Ouest ont élaboré une feuille de route qu’ils défendront au Sommet mondial de l’eau prévu au Brésil en 2018. Mais, le Secrétariat international de l’eau attend plus d’actions de terrain de leur part.

La Rencontre régionale des jeunes francophones sur l’eau a dégagé les actions que cette couche défendra lors du Sommet mondial de l’eau à Brasília en mars 2018. C’était au deuxième jour de la Rencontre régionale de Ouagadougou qui a pour thème : « Idées novatrices pour un meilleur partage des ressources ». Ainsi, les jeunes ont décidé de contribuer, de manière active, à la vulgarisation des bonnes pratiques de résilience au changement climatique, de travailler à la promotion des principes de la gestion intégrée des ressources en eau et de promouvoir la coopération autour des bassins transfrontaliers. Sur ce point, un agent d’un organisme international avait levé l’équivoque sur l’appréhension, largement partagée, considérant que la Gire (Gestion intégrée des ressources en eau) est plus liée à la dimension politique. « La Gire est à la fois individuelle et collective. Il est essentiel que les jeunes puissent prendre position et proposer des solutions », a fait savoir celle qui a fait la présentation sur les conséquences du changement climatique sur la ressource eau.

L’autre point versé dans la corbeille des contributions, c’est l’adaptation des Odd (Objectifs de développement durable) en fonction des priorités des pays à l’échelle nationale et locale. « L’accès à l’eau et à l’assainissement posent des défis intergénérationnels. Il convient de mobiliser des jeunes dans la recherche et la mise en œuvre durable des solutions », a apprécié le représentant du ministre burkinabé de l’Eau et de l’Assainissement, Serge Traoré, par ailleurs directeur de la ressource en eau du même pays. Il a promis que leur département ministériel portera au plus haut niveau les recommandations issues de cette rencontre régionale, lançant alors un appel à la mobilisation pour prendre à bras-le-corps les défis des temps modernes qui compromettent déjà l’existence sur terre. « Il est important que des jeunes prennent conscience de ces nouveaux défis et s’arment pour le combat de demain », a prêché M. Traoré. La secrétaire exécutive du Secrétariat international de l’eau, Sarah Dousse, a souhaité, elle, qu’il y ait une suite à la rencontre.

Le directeur pays de « Eau Vive », Dr Zakaria Boureima, a, pour sa part, salué la collaboration entre les différentes institutions (Eau Vive, le Secrétariat international de l’eau, le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Burkina, l’Irc, etc.) pour l’organisation de cette réunion. « Depuis plusieurs années, nous mettons en œuvre la mobilisation de la jeunesse. Cela les amène à s’approprier, très tôt, cette problématique. De ce fait, ils seront outillés pour être des acteurs de demain. C’est ainsi qu’ils pourront formuler convenablement leurs idées, les mettre en œuvre, les évaluer au bénéfice des populations », a insisté M. Boureima.

Le Secrétariat international mise surtout sur des actions de terrain pour changer la donne. C’est pour cela que des projets présentés par des jeunes ont obtenu des financements. Parmi eux figurent « Mon école n’est pas une poubelle » de jeunes béninois, le projet « Waterstrar » du Burkina Faso et le Projet « Ecoles saines et propres de la Guinée Conakry ».

Le Secrétariat international de l’eau est une organisation engagée sur les questions de l’eau avec un accent sur la mobilisation des jeunes.

Idrissa SANE, envoyé spécial à Ouagadougou

SARAH DOUSSE, DIRECTRICE EXECUTIVE DU SECRETARIAT INTERNATIONAL DE L’EAU : « IL FAUT DES CHANGEMENTS DANS LE SECTEUR DE L’EAU »
Sarah Dousse SieLa directrice exécutive du Secrétariat international de l’Eau, Sarah Dousse, appelle à un changement d’approches pour atteindre les Objectifs de développement durable (Odd) pour la cible eau.

Dans votre discours, vous demandez des changements dans le secteur. Qu’est-ce qui vous pousse à le dire ?
Tout d’abord, nous avons un cadre qui est les Objectifs de développement durable (Odd) dont un est dédié à l’eau. C’est un objectif très ambitieux. Il s’agit de l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement d’ici à 2030. Si nous continuons à faire les choses comme auparavant, nous n’arriverons pas à atteindre ces objectifs. Il faut des changements systémiques. Il faut de nouvelles façons de penser et de mobilisation des financements. C’est pour cela que je considère les jeunes comme un des leviers des changements. Nous devons avoir une nouvelle génération de jeunes leaders de l’eau.

Quels rôles doit-on confier aux jeunes ?
C’est vrai que ce n’est pas facile d’agir dans les structures politiques existantes qui sont parfois fermées. Je pense que la jeunesse doit trouver ses clés d’entrée et essayer de repérer des cadres dans des ministères qui sont très ouverts. Il faut que ces jeunes fassent entendre leur voix. Il faut qu’ils utilisent les médias de communication de masse, les réseaux sociaux, pour faire passer leurs messages. Ils peuvent exploiter à fond tout ce qui est médias traditionnels comme nouveaux médias. Ce travail commence à la base, au niveau local.

Certains pays africains ont accompli des progrès en matière d’accès à l’eau potable. Quels sont les défis à relever pour améliorer les indicateurs en Afrique ?
L’un des gros problèmes dans le secteur de l’eau, c’est la gouvernance. Il y a un cadre national dans beaucoup de pays. Il y a des compétences. Mais parfois, on fait face à un manque de compétences lorsqu’on réalise des projets aussi bien sur le plan technique qu’au niveau du management.

Il faut davantage de financements pour la construction et l’entretien des infrastructures hydrauliques.

Nous avons mis en place un système d’accès à l’eau potable en Asie centrale, dans des pays comme l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, entre autres, depuis 2008.

En l’espace de 8 ans, 200.000 personnes ont pu avoir un accès durable à l’eau potable grâce à nos actions. Aujourd’hui, ce sont ces populations qui financent l’entretien du réseau et son extension.

Propos recueillis par I.SANE

Sur initiative du Réseau jeunesse, population et développement du Sénégal (Resopopdev), un forum national axé « Sur les startups et le business accelerator » s’est tenu à Dakar. Cette rencontre, qui a réuni différents spécialistes, a porté sur les enjeux liés au dividende démographique.

Dans le cadre de ses activités, le Réseau jeunesse, population et développement du Sénégal (Resopopdev) a organisé, le 4 décembre 2017, un panel. La rencontre a réuni des spécialistes évoluant dans divers domaines. Il s’est agi, au cours de ce rendez-vous, d’échanger sur les enjeux liés au développement des startups et le business accelerator de manière globale. Il était plus spécifiquement question de réfléchir sur la création d’une plateforme qui vise à accompagner plus de 1.000 jeunes, à travers différentes entreprises, dans le secteur des énergies renouvelables.
Louis Seck, ancien ministre de l’Energie, par ailleurs modérateur du panel, est revenu sur la définition du chômage. « Est considéré comme chômeur, tout individu en âge de travailler disposant de qualification dans un domaine bien précis, qui n’arrive pas à trouver un emploi », a-t-il éclairé.

De son côté, Moussa Faye de l’Unfpa a relevé que le dividende démographique correspond à la croissance économique potentielle liée à l’évolution de la pyramide des âges d’une population, principalement lorsque la proportion de la population active est supérieure à celle des personnes n’étant pas ou plus en âge de travailler. Partant de cette définition, le Sénégal dispose d’une population essentiellement composée de jeunes. A ce propos, selon les informations rendues publiques par la Direction développement et capital humain (Ddch), représentée par M. Diaw, au Sénégal, 62,8 % des chômeurs sont âgés entre 15 et 34 ans. Parmi eux, 22,8 % sont titulaires d’un diplôme d’une école supérieure, a-t-il révélé.

Selon la même source, à l’horizon 2035, si les choses restent en l’état, le Sénégal va enregistrer un taux de chômage de 26,2 %. Si toutefois des mesures d’amélioration des conditions de vie sont imposées, ce taux serait réduit à 7,8 %, a expliqué M. Diaw. Il a, en outre, informé que le gouvernement du Sénégal est résolument engagé à promouvoir toutes les catégories de la population, en particulier les femmes et les jeunes, à travers la mise en œuvre de programmes hardis dans des secteurs stratégiques, tels que l’éducation, la santé et l’emploi.

Partant de ces statistiques prévisionnelles, Abdou Fall, ancien ministre de la Santé et actuel président du Conseil patronal des énergies renouvelables du Sénégal (Coperes), a invité à l’amélioration du plateau médical. Il est question, dans cette logique, de mettre en avant la lutte contre la mortalité juvénile et maternelle.

M. Fall s’est prononcé également en faveur de la maitrise de la fécondité. Une jeunesse ne peut travailler que si elle jouit d’une bonne santé. C’est ce qui justifie largement l’incontournable nécessité de mettre sur pied des mesures en amont pour relever le défi de l’employabilité, a-t-il indiqué.

Quant à Maguette Thiandoum, membre de la plateforme « Perspective entrepreneur », il a prôné « un entreprenariat essentiellement axé sur l’exploitation des énergies renouvelables ». Selon lui, le secteur des énergies renouvelables est un gisement d’emplois qui n’attend qu’à être exploité.

Oumar BA

Le 8ème Congrès de la Société sénégalaise d’ophtalmologie, couplé au 12ème Congrès de la Société africaine francophone d’ophtalmologie, ouvert à Dakar, le 4 décembre 2017, a porté sur le thème : « L’inflammation oculaire ». Le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, a réitéré l’engagement du Sénégal à s’inscrire dans la dynamique de l’Oms qui vise à éliminer la cécité évitable.

La cécité, une maladie de plus en plus fréquente dans les pays en voie de développement. Certes, cette maladie ne fait pas beaucoup de morts, mais les conséquences socioéconomiques qui en sont liées sont énormes. Le handicap visuel, selon le ministre de la Santé et de l’Action sociale, est devenu un « problème de santé publique ». D’ailleurs, a expliqué Abdoulaye Diouf Sarr qui a présidé, le 4 décembre 2017, la cérémonie d’ouverture du 12ème Congrès de la Société africaine francophone d’ophtalmologie (Safo) associé au 8ème Congrès de la Société sénégalaise d’ophtalmologie, sur 5 personnes devenues aveugles, 4 ont perdu inutilement la vue, alors que la cause de leur handicap « est curable et évitable ».

D’après lui, le Sénégal s’est engagé dans la dynamique de la Communauté internationale pour arriver à l’élimination de la cécité évitable. « Dans ce contexte, notre pays, avec l’appui de ses partenaires, s’est doté d’unités de soins oculaires dans de nombreuses localités. Cependant, de grands défis persistent encore, particulièrement en ce qui concerne les ressources humaines dont les caractéristiques dominantes demeurent l’insuffisance quantitative et une répartition inéquitable », a informé le ministre.

Dans le domaine des ressources humaines, le président de la Sofa, Pape Amadou Ndiaye, a informé qu’une quinzaine de Sénégalais sont dans le circuit de la formation. En collaboration avec le doyen de la Faculté de Médecine, il a promis qu’ils veilleront à augmenter le nombre de Sénégalais dans la filière de spécialisation en ophtalmologie. Toutefois, M. Ndiaye a exhorté les Sénégalais en formation dans ce domaine à rester au Sénégal pour aider les populations.

Pour mieux faire face à la cécité qui gagne des proportions inquiétantes, le ministre de la Santé et de l’Action sociale a fait savoir que « des mécanismes de déploiement de spécialistes à l’intérieur du pays seront clairement définis ». « Des soins oculaires de qualité et accessibles sont essentiels pour contrôler efficacement les déficiences visuelles et la cécité. A cette fin, et au-delà des ressources humaines, il faut relever le plateau technique », a-t-il déclaré.

Aliou Ngamby NDIAYE

La directrice exécutive du Secrétariat international de l’Eau, Sarah Dousse, appelle à un changement d’approches pour atteindre les Objectifs de développement durable (Odd) pour la cible eau.

Vous demandez des changements dans le secteur. Qu’est-ce qui vous pousse à le dire ?
Tout d’abord, nous avons un cadre qui est les Objectifs de développement durable (Odd) dont un est dédié à l’eau. C’est un objectif très ambitieux. Il s’agit de l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement d’ici à 2030. Si nous continuons à faire les choses comme auparavant, nous n’arriverons pas à atteindre ces objectifs. Il faut des changements systémiques. Il faut de nouvelles façons de penser et de mobilisation des financements. C’est pour cela que je considère les jeunes comme un des leviers des changements. Nous devons avoir une nouvelle génération de jeunes leaders de l’eau.

Quels rôles doit-on confier aux jeunes ?
C’est vrai que ce n’est pas facile d’agir dans les structures politiques existantes qui sont parfois fermées. Je pense que la jeunesse doit trouver ses clés d’entrée et essayer de repérer des cadres dans des ministères qui sont très ouverts. Il faut que ces jeunes fassent entendre leur voix. Il faut qu’ils utilisent les médias de communication de masse, les réseaux sociaux, pour faire passer leurs messages. Ils peuvent exploiter à fond tout ce qui est médias traditionnels comme nouveaux médias. Ce travail commence à la base, au niveau local.

Certains pays africains ont accompli des progrès en matière d’accès à l’eau potable. Quels sont les défis à relever pour améliorer les indicateurs en Afrique ?
L’un des gros problèmes dans le secteur de l’eau, c’est la gouvernance. Il y a un cadre national dans beaucoup de pays. Il y a des compétences. Mais parfois, on fait face à un manque de compétences lorsqu’on réalise des projets aussi bien sur le plan technique qu’au niveau du management.

Il faut davantage de financements pour la construction et l’entretien des infrastructures hydrauliques.

Nous avons mis en place un système d’accès à l’eau potable en Asie centrale, dans des pays comme l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, entre autres, depuis 2008.

En l’espace de 8 ans, 200.000 personnes ont pu avoir un accès durable à l’eau potable grâce à nos actions. Aujourd’hui, ce sont ces populations qui financent l’entretien du réseau et son extension.

Propos recueillis par I.SANE

En Guinée, les bonnes pratiques d’hygiène n’ont duré que le temps de l’épidémie de maladie à virus Ebola. Dans les écoles, les services de l’administration, les entreprises publiques comme privées, le dispositif de lavage des mains et les points d’accès à l’eau potable ont disparu. Pire, dans les écoles, les toilettes ne sont plus nettoyées comme au plus fort de la crise de la maladie.

En un mot, le drame d’Ebola comme le naufrage du « Joola » au Sénégal (2.000 morts environ) ont induit un changement de comportement qui a duré le temps d’une rose. « Il y avait une mauvaise communication durant la crise d’Ebola. On disait : Lavez-vous les mains pour éviter Ebola. Or le lavage des mains vous met à l’abri d’autres maladies. Actuellement, toutes ces bonnes pratiques hygiéniques ont disparu aussi bien dans l’administration que dans les entreprises publiques et privées et au sein des populations, y compris dans les postes, centres de santé et dans des hôpitaux », a soutenu Mamadou Bella Alpha Bakayoko. Ses arguments ont convaincu les membres de jury qui ont sélectionné son projet parmi ceux devant bénéficier de financement. « Nous allons expérimenter ce projet dans trois écoles. Celles-ci ont des toilettes dans un état indescriptible. Nous voulons sensibiliser et mettre en place des comités d’hygiène, inculquer le lavage régulier des mains chez les élèves », a-t-il expliqué.

I. S.

En visite à Ziguinchor, le directeur général de l’Office national d’assainissement du Sénégal a salué le bon niveau d’exécution des travaux du projet d’assainissement de la ville.

Le directeur général de l’Office national d’assainissement du Sénégal (Onas), Lansana Gagny Sakho, a séjourné à Ziguinchor le 4 décembre 2017. Il voulait constater de visu l’état d’avancement du 1er projet d’assainissement de la ville financé par la Banque ouest africaine de développement (Boad) pour un montant d’environ 5 milliards de FCfa. Il s’est félicité du bon niveau d’exécution des travaux qui pourraient être terminés en décembre 2018.

M. Sakho a visité le chantier en compagnie du chargé de projets du secteur « Eau et assainissement » de la Bad pour le Sénégal, Maycor Ndiaye, et d’une délégation de l’Unité de coordination du Pepam. A l’en croire, l’objectif de ce 1er projet d’assainissement de la ville de Ziguinchor est d’arriver à toucher 20.000 personnes. Ledit projet comporte une station d’épuration d’une capacité de traitement de 3.900 m3/jour située au quartier Kibotène et une station de transfert d’eau d’une capacité de pompage de 140 m3/heure sise au quartier Boudody. Il s’y ajoute une piste d’accès à la station d’épuration longue de 1.200 m. Toutes ces infrastructures connaissent un bon niveau de réalisation au grand bonheur des populations locales. « On est assez avancé », a rassuré le directeur général de l’Onas, estimant que les travaux pourraient être terminés en décembre 2018. Il a indiqué que les délais d’exécution vont aller jusqu’en fin juin 2018 pour le premier lot et décembre 2018 pour le second lot. Le chargé de projets du secteur « Eau et assainissement » de la Bad pour le Sénégal a annoncé un plan d’actions pour accélérer le rythme des travaux.

Connecter gratuitement les populations au réseau
Selon le Dg de l’Onas, la ville de Ziguinchor disposera ainsi d’un réseau d’assainissement collectif et d’un réseau d’assainissement autonome, avec un très bon service de qualité. Lansana Gagny Sakho a tenu à préciser que « c’est le 1er projet d’assainissement qui a été mis en place sous la directive du président de la République, Macky Sall, qui vise à mettre les Sénégalais dans des conditions de vie décentes ». En outre, M. Sakho a annoncé la création d’emplois au niveau de la station d’épuration « par le biais des personnes qui vont gérer l’infrastructure et des camionneurs ».
Par ailleurs, le patron de l’Onas a déclaré que, dorénavant, les familles pourront être connectées au réseau d’assainissement des eaux usées de la ville sans rien payer. Cela va être formalisé dans les prochaines heures au grand bonheur des Ziguinchorois.

Ces derniers devront se rapprocher, dès à présent, de l’entreprise Iec qui gère le projet pour souscrire à ce réseau d’assainissement des eaux usées de la commune. « On demandait aux familles de payer 35.000 FCfa pour y avoir accès. Cela s’est révélé un critère bloquant, et nous l’avons levé. il n’y aura plus rien à payer pour les familles », a réaffirmé Lansana Gagny Sakho. Mais, il a fait savoir que le critère d’éligibilité aujourd’hui, c’est avoir de l’eau à travers un puits ou un branchement sur le réseau de la Sde. Il a rassuré que les personnes qui ont eu à payer pour être connectées au réseau de ce projet d’assainissement des eaux usées seront remboursées.

El Hadj Moussa SADIO

Les personnes vivant avec un handicap sont bien prises en charge dans de nombreux programmes de l’Etat, notamment dans la Cmu, la Bourse de sécurité familiale et la Carte d’égalité des chances. Mais, la Fédération sénégalaise des associations des personnes handicapées (Fsaph) a profité de la célébration de la Journée internationale des personnes handicapées, le 3 décembre, pour demander plus de la part de l’Etat.

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, a réaffirmé la volonté du gouvernement d’améliorer les conditions d’existence des personnes handicapées au Sénégal. Venu présider la 4ème édition de la Semaine nationale des personnes handicapées, célébrée, le 3 décembre, à Rufisque, il a fait ce rappel au président de la Fédération sénégalaise des associations des personnes handicapées (Fsaph), Yatma Fall. « La célébration de cette journée traduit la volonté du gouvernement d’améliorer les conditions d’existence de nos compatriotes handicapés et à supprimer toutes les formes de barrières qui peuvent limiter leur potentiel ou freiner leur marche vers l’autonomisation », a indiqué le ministre de la Santé. Il a répondu ainsi à l’interpellation du président de la Fsaph qui a invité le gouvernement à consolider les acquis des personnes handicapées, notamment dans le cadre de la Couverture maladie universelle (Cmu), de la Bourse de sécurité familiale et la Carte d’égalité des chances, des programmes initiés par le gouvernement. Un écho au thème de cette année de la Journée internationale des personnes handicapées, à savoir « Évaluation des politiques publiques relatives au domaine du handicap : éléments de bilan et perspectives ».

Pour Yatma Fall, cet appui est d’autant plus important que les personnes handicapées représentent 5,9% de la population selon les données statistiques issues du recensement de 2013. Il a aussi plaidé pour une meilleure prise en charge des soins sociaux de base axée sur le renforcement de la participation collective et citoyenne des personnes vivant avec un handicap. Pour lui, l’année 2018, déclarée « année sociale » dans le monde, doit être « un cadre idéal de mise en œuvre » permettant d’appréhender le handicap qui est à la fois « une question transversale, multisectorielle et pluridisciplinaire ».

Cette cérémonie, tenue au jardin public de Rufisque, a été l’occasion pour la Fédération sénégalaise des associations des personnes handicapées de signer, en présence du ministre de la Santé et de l’Action sociale, une convention de financement d’un montant de 500 millions de FCfa avec l’Ong Sightsivers étalée sur sept ans.

Maguette NDONG

« Regards croisés sur la gestion des ordures ménagères au Sénégal. Rôles et perceptions des acteurs ». C’est le titre de l’ouvrage d’El Hadj Sall publié aux éditions L’Harmattan et dont la cérémonie de présentation et de dédicace s’est tenue samedi dernier. L’auteur, qui travaille au ministère de l’Environnement et du Développement durable, y entreprend une analyse minutieuse de ce secteur et émet des propositions destinées à promouvoir un meilleur cadre de vie.

El Hadj Sall, auteur du livre « Regards croisés sur la gestion des ordures ménagères au Sénégal. Rôles et perceptions des acteurs », jouit d’une légitimité conférée par sa carrure intellectuelle et l’expérience accumulée tout au long de ses missions exaltantes. Samedi dernier, lors de la cérémonie de présentation et de dédicace de son ouvrage, il a insisté sur le besoin impérieux de mettre l’accent sur une gestion intégrée et durable des ordures ménagères. Il y va du bien-être de la collectivité. Cet « intellectuel, curieux de tout et d’une courtoisie distinguée », pour ainsi reprendre le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, s’attache d’abord à orner l’ouvrage d’illustrations conceptuelles. Il définit ensuite, avec un style dépouillé et pédagogique, le cadre politique et institutionnel de la gestion des ordures ménagères au Sénégal ainsi que les textes juridiques régissant la filière. Les rôles et perceptions des acteurs et leur compréhension de la gestion des ordures ménagères y ont également été largement abordés. Il en est de même de l’état des lieux des différentes initiatives entreprises.

Le natif de Kaolack s’emploie à donner quelques exemples réussis de gestion au Sénégal et à l’étranger et à mettre en lumière des approches pouvant contribuer à améliorer la salubrité du cadre de vie. « C’est un livre de capitalisation, de contribution à la mise en œuvre de la politique de l’Etat en matière de cadre de vie et de gestion des déchets solides urbains », indique-t-il, tout en insistant sur les comportements quotidiens du citoyen et de sa prise de conscience de leurs conséquences sur l’espace de vie. Il exhorte les Sénégalais, quel que soit leur univers d’expression, à cultiver le réflexe de citoyenneté, car convaincu que la position du Sénégal, en tant que pays en voie de développement, ne justifie pas cette relation d’indifférence à l’égard de l’environnement. Il convient, à ses yeux, de sensibiliser les populations surtout les plus jeunes par des actions ciblées destinées à impliquer les leaders d’opinion.

Après avoir identifié les principaux problèmes et les conséquences qui en découlent, ce docteur en Economie s’arrête sur le financement du secteur. L’Etat, à l’en croire, ne peut pas, pour le moment, financer, de façon durable, la filière ou asseoir des infrastructures de base et se doter d’équipements nécessaires. El Hadj Sall préconise le recours à l’intercommunalité, comme cela se fait ailleurs. Concernant le traitement des déchets ménagers, il estime que ce volet est encore sous-valorisé, bien que regorgeant d’énormes potentialités surtout en matière de revenus et de création d’emplois.

Pour ce qui est du management de la filière dans son ensemble, ce licencié en Agronomie, option Eaux et Forêts, déplore la fragmentation de la gestion. « Une partie de la collecte jusqu’à sa mise en décharge est sous la responsabilité du ministère en charge des Collectivités locales, tandis que celle-là liée au traitement des déchets incombe au ministère de l’Environnement. Cela ne facilite pas la prise en charge efficiente des différents volets de la filière », regrette-t-il, mais magnifiant tout de même les efforts déployés par le gouvernement qui, depuis 2012, a érigé la gestion du cadre de vie en priorité.

Alassane Aliou MBAYE

Caractérisé par une insuffisance des infrastructures et d’un personnel qualifié, le district sanitaire de Bambey est loin des normes édictées en la matière. Ainsi, les Consultations prénatales tardives, les accouchements à domicile et les avortements spontanés sont monnaie courante. Compte tenu de ces différentes considérations, un plaidoyer est engagé pour qu’un hôpital soit érigé dans ce département.


Persistance des accouchements à domicile, recours tardif aux Consultations prénatales (Cpn), fréquence des avortements spontanés, faible couverture en cases de santé... Ainsi se présente la situation de la santé maternelle dans le département de Bambey. Lequel est situé entre ceux de Thiès à l’Ouest, Tivaouane au Nord, Fatick au Sud et Diourbel à l’Est. De ce fait, le district sanitaire qui y est implanté est très enclavé. Seuls le centre de santé de Bambey, les postes de santé de Ndangalma et de Ngoye sont accessibles par une route goudronnée. Les autres structures sanitaires sont reliées par des pistes.

« Les gens viennent à charrette. Seuls Ndangalma, Bambey et Ngoye sont sur la route », informe Awa Fall Camara, la coordinatrice de la Santé de la reproduction (Sr) du district sanitaire de Bambey qui ne dispose que d’un unique centre de santé sans bloc opératoire. Alors que ce département, non encore doté d’un Etablissement public de santé (Eps), draine une population de 338.576 habitants. Aussi, il n’a-t-il ni pédiatre ni de gynécologue. Au total, 33 sages-femmes officient dans ce district qui polarise 26 postes de santé. Celles recrutées par l’Etat sont au nombre de 13, tandis que les 18 sont des contractuelles. « C’est seulement au mois de juin 2017 que nous avons eu 18 sages-femmes supplémentaires. Désormais sur les 26 postes de santé, les 25 ont chacun une sage-femme », se félicite Mme Camara.

Cependant, elle fait remarquer que dans le district sanitaire de Bambey, l’on est loin de la norme de l’Oms fixée à une sage-femme pour 1.500 Femmes en âge de reproduction (Far). « A ce niveau, nous avons un gap de 241 sages-femmes », déplore la coordonnatrice Sr, soulignant que si l’on se réfère au Plan national de développement sanitaire du Sénégal (Pnds), l’écart à combler est de 22 sages-femmes. Heureusement que le personnel communautaire joue un rôle crucial dans la prise en charge de la santé des populations, révèle Mme Camara.
L’insuffisance des infrastructures et du personnel explique en partie l’importance des accouchements à domicile. Rien que ceux enregistrés dans les structures de santé sont passés de 12% à 14 % entre 2016 et 2017. Mais, renseigne Awa Fall Camara, la référence est assurée dans ce contexte où les routes font défaut, les infrastructures rares, le personnel qualifié insuffisant. « Les femmes sont prises en charge, car il y a des ambulances aussi bien au niveau des postes de santé qu’à celui du centre de santé », relève-t-elle tout en mettant l’accent sur le fait qu’ils n’attendent pas d’avoir une urgence pour référer. « Nous essayons de détecter les risques très tôt. Nous apprenons ainsi aux sages-femmes à reconnaitre tôt les signes qui doivent alerter et inciter à agir tôt », explique la coordonnatrice Sr du district sanitaire de Bambey. Elle souligne que le personnel communautaire est aussi formé dans le sens de pouvoir identifier à temps les signes de danger pouvant alerter.

Sassi Diop Diouf, point focal Planification familiale (Pf) dudit district, ajoute : « Souvent les sages-femmes affectées dans les postes de santé appellent pour décrire le cas. Si ce dernier est compliqué, nous leur demandons de référer au centre de santé. Au cas où nous ne pouvons pas assurer la prise en charge, nous évacuons sur Diourbel », à 25 kilomètres de Bambey.

Pour mettre fin à ces évacuations sanitaires pouvant parfois prendre beaucoup de temps, le district sanitaire de Bambey plaide pour la construction, au niveau du centre de santé, d’un bloc destiné aux Soins obstétricaux et néonataux d’urgence (Sou), pour une meilleure prise en charge du couple mère-enfant. La transformation du centre de santé en hôpital est également souhaitée.

Dossier réalisé par Maïmouna GUEYE

LES NOMBREUX CAS D’AVORTEMENT SPONTANÉS INQUIÈTENT
Les avortements spontanés préoccupent aussi dans le département de Bambey. Quarante-six ont été dénombrés en septembre 2017 et environ 50 au mois d’octobre de la même année, renseigne-t-on. « Nous recevons beaucoup de cas d’avortement, surtout pendant l’hivernage (juin-septembre : Ndlr), parce que les femmes travaillent beaucoup dans les champs », affirme Mme Camara pour qui la femme en état de grossesse ne doit pas faire des travaux pénibles. « Mais, nous sommes en train de sensibiliser pour diminuer ces travaux pendant la grossesse », précise-t-elle, faisant aussi remarquer que « les avortements peuvent aussi être dus au fait que les femmes ont tendance à cacher leur grossesse durant les premiers mois ». Donc, c’est souvent tard qu’elles se rendent dans les structures sanitaires.

Sur l’étendue du département de Bambey, la commune de Ngoye est la plus touchée par les cas d’avortements spontanés. Cependant, Ely Fall, maire de ladite localité, invite à relativiser leur ampleur. Simplement parce que « Ngoye est la commune la plus peuplée du département de Bambey ». Il estime que les Cpn tardives ou inexistantes sont autant responsables dans l’incidence des avortements spontanés que les travaux pénibles.

Maïmouna GUEYE

CONTRACEPTION : LA RÉVOLTE DES GRANDES MULTIPARES
La pratique contraceptive est un autre problème dans le département de Bambey où est enregistré un taux de prévalence de 9 %. En attestent les témoignages d’Amy Diouf (35 ans), Aby Sow (33 ans) et Maguette Ngom (20 ans). Ces grandes multipares, rencontrées au poste de santé de Léona Sud de Bambey, n’ont songé à la contraception que tardivement.

Malgré les gris-gris sur lesquels elle avait jeté son dévolu pour espacer la naissance de ses enfants, Amy Diouf (35 ans) n’a pas pu éviter les grossesses rapprochées. « J’ai 9 enfants, et c’est seulement depuis 2 ans que j’ai commencé à faire la contraception », raconte cette dame rencontrée au poste de santé de Léona Sud (un quartier de la commune de Bambey). Selon elle, son premier mari, décédé, n’a jamais voulu de l’espacement des naissances. « Je me suis remariée et j’ai opté pour une ligature des trompes, car je ne souhaite plus avoir d’enfants, parce que je veux que toute ma progéniture porte le même de nom de famille », explique-t-elle.

De 2 ans la cadette d’Amy Diouf, Aby Sow, 33 ans, a 5 bouts de bois de Dieu. Mariée à l’âge de 12 ans, elle n’a commencé à recourir à la planification familiale que depuis 4 mois. « Je me suis mariée très jeune, maintenant je veux me reposer, surtout que mes dernières grossesses étaient très difficiles. C’est pourquoi quand une de mes amies m’a informée de l’offre de services de planification familiale au niveau du poste de santé, je n’ai pas hésité à venir », confie Aby dont la belle-mère, qui était foncièrement contre le planning, est revenue, aujourd’hui, à de meilleurs sentiments. Il en est de même pour son mari qui lui a manifesté son adhésion pour espacer la naissance de leurs enfants.

Pour l’heure, elle confie qu’elle compte veiller sur sa fille aînée qui poursuit ses études à Thiès, afin qu’elle ne subisse pas le même sort qu’elle, à savoir un mariage et des grossesses précoces et rapprochées. « Je lui conseille toujours de poursuivre ses études et de ne pas se marier tôt », insiste Aby Sow.

Maguette Ngom, malgré son jeune âge (20 ans), avec déjà 5 enfants, est dans le lot des grandes multipares. « Confrontée à des grossesses très rapprochées, je suis venue dans ce poste de santé pour qu’on m’offre des produits contraceptifs. D’autant que je rencontre d’énormes difficultés pendant la grossesse. C’est pourquoi mon mari et ma belle-mère estiment, aujourd’hui, que je dois me reposer avant d’avoir d’autres enfants », explique Maguette qui était très réticente à l’idée d’adopter une méthode contraceptive. Cela, eu égard aux rumeurs. « J’avais peur des effets secondaires dont font part certaines femmes. C’est pourquoi, même si on me parle depuis longtemps de la planification familiale, j’ai toujours refusé. Mais maintenant, je suis consciente des difficultés que je rencontre et qui me poussent à vouloir espacer mes grossesses », avance-t-elle.

Combattre les rumeurs
Sante Bambey 3A juste titre, Sassi Diop Diouf, point focal (Pf) du district sanitaire de Bambey, estime que les rumeurs font partie des obstacles majeurs à la pratique contraceptive dans le département de Bambey. « Si on rencontre d’énormes difficultés par rapport à la planification familiale, c’est notamment à cause des rumeurs », croit-elle. Elle appelle ainsi à mieux prendre en charge la gestion des rumeurs sur la pratique contraceptive. Dans ce cadre, Sassi invite les « Badianou Gokh » (marraines de quartier) à s’impliquer davantage dans la sensibilisation en les aidant à mieux communiquer avec les populations.

Dans le même sillage, souligne Salimata Cissé, directrice marketing de Marie Stopes international (Msi), parmi les défis à relever pour améliorer la qualité de l’offre figurent le manque d’informations et les fausses rumeurs. D’où l’intérêt, selon elle, de « recycler les « Badianou Gokh » et les pairs éducateurs ». Aussi plaide-t-elle pour que les données soient collectées de façon régulière et qu’il y ait une meilleure planification et supervision des activités au niveau du district sanitaire de Bambey que Msi appuie, avec son équipe mobile, afin de permettre aux femmes un meilleur accès aux services de planification familiale. Cela, en proposant toute la gamme des produits contraceptifs, même au niveau communautaire.

Par Maïmouna GUEYE

OFFRE DE SERVICES : LA FRANCHISE SOCIALE POUR RÉPONDRE AUX NORMES DE QUALITÉ EXIGÉES
Pour améliorer la qualité de l’offre de services en planification familiale, Msi déroule un programme de franchise sociale au niveau du district sanitaire de Diourbel. La franchise sociale comprend la formation des prestataires et des relais communautaires et la mise aux normes du matériel de stérilisation. Cette stratégie est déroulée, dans sa première phase, dans 5 postes de santé dudit district, dont Mame Cheikh Anta de Diourbel. « Elle doit permettre aux prestataires et relais d’offrir des services de qualité », fait savoir Maïmouna Diouf Bèye, coordonnatrice Sr du district sanitaire de Diourbel. Selon elle, au niveau des postes de santé franchisés, le matériel répond aux normes. Elle cite l’autoclave, un matériel de stérilisation, non disponible dans tous les postes de santé, mais nécessairement présent dans tous ceux franchisés.

Sur la formation, Mme Bèye renseigne qu’elle a lieu tous les 4 ans au niveau des postes de santé non franchisés, mais elle est continue dans ceux appliquant la franchise sociale. Ainsi, du fait de la qualité qui prévaut dans ces structures de santé, ces dernières sont très convoitées par les femmes, surtout celles instruites, apprend la coordinatrice Sr du district sanitaire de Diourbel. « La qualité de l’offre joue beaucoup, surtout que le coût n’est pas important », explique Maïmouna Diouf Bèye, soulignant que la notion de gratuité incite aussi les femmes qui n’ont pas beaucoup de moyens à venir.

Parmi les femmes instruites sollicitant les postes de santé franchisés, Mme Bèye cite les enseignantes, les agents des banques, bref, des femmes qui, du fait de leurs occupations, n’ont pas le temps de faire la queue pour accéder aux services. « Elles peuvent se rendre dans ces structures sanitaires, même à la sortie de leur lieu de travail », soutient-elle.

M. GUEYE

SENSIBILISATION : L’IMPLICATION DES MARIS ET DES BELLES-MÈRES PRÉCONISÉE
Sante Bambey 2Même si les produits contraceptifs sont disponibles, les femmes du département de Bambey se font encore désirer au niveau des services de planification familiale. Il est alors préconisé d’impliquer, dans les stratégies de sensibilisation, les maris et les belles-mères identifiés comme étant les principaux obstacles à la pratique contraceptive.

Les témoignages d’Amy Diouf (35 ans), Aby Sow (33 ans) et Maguette Ngom (20 ans) font dire à Awa Fall Camara, la coordinatrice Sr du district sanitaire, que « les progrès en planification familiale sont lents » dans le département de Bambey. Pour améliorer la situation, elle invite à surtout sensibiliser les maris et belles-mères, les principaux obstacles à la contraception. Car, de l’avis de Ndèye Laba Ngom, « Badianou Gokh » au quartier Léona de Bambey, « ce sont les hommes qui refusent souvent. Certains sont même catégoriques à l’idée de discuter de la contraception, alors que leurs épouses sont fatiguées par les grossesses rapprochées ». Pour faire face à cette contrainte, elle déclare qu’elle a besoin d’une sage-femme pour qu’elle participe aux séances de sensibilisation afin de mieux expliciter aux hommes les bienfaits de la planification familiale pour la famille.

Pour la « Badianou Gokh » Maïmouna Diallo, il est important, dans les causeries, de mettre l’accent sur le bien-être de la famille. « Quand on met souvent l’accent sur la santé, l’éducation, l’alimentation, les gens comprennent et adhèrent à la planification familiale », soutient-elle, soulignant que les populations « commencent à changer d’attitudes » par rapport à la conception assimilant la contraception à la limitation des naissances. En effet, les gens ont toujours cru que la planification familiale, c’est la limitation des naissances, commente la « Badianou Gokh » Yaye Diaw Diop Cissé. Mais, « nous sommes en train de sensibiliser pour que les communautés, notamment les maris et les belles-mères, comprennent qu’il est bien question d’espacer les naissances. Malgré les réticences, on arrive à convaincre certains », se réjouit Mme Cissé qui est d’avis qu’il est aussi important de mettre l’accent sur la contraception après avortement. « Il faut que la femme ayant subi un avortement soit bien suivie avant une autre grossesse, sans quoi elle peut récidiver », argumente Yaye Diaw Diop Cissé, insistant sur le recyclage des « Badianou Gokh » et la formation des relais communautaires, pour une meilleure appropriation des messages de sensibilisation.

D’autant plus que, révèle la coordonnatrice Sr du district sanitaire de Bambey, « les produits de la planification familiale sont disponibles grâce au « push model » (visant à rapprocher les produits des bénéficiaires) ». Et ils le sont beaucoup plus avec « la stratégie « Yeksi na » (je suis arrivé) de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna) pour que tous les produits soient disponibles jusqu’aux cases de santé », ajoute Mme Camara pour qui les femmes n’ont plus besoin de prendre des charrettes pour demander des produits contraceptifs.

Toutefois, « face au refus catégorique de leurs époux, certaines femmes font simplement la planification familiale en cachette », informe Amy Faye, « Badianou Gokh » à Ngoye. Ce que confirme Fatou Diouf, une autre marraine de quartier en milieu rural. « C’est quand leurs maris constatent que leurs épouses et leurs enfants sont en bonne santé qu’ils commencent à soupçonner la pratique contraceptive ». Dans ce cas, ils ne disent rien, car n’étant plus confrontés à l’achat de médicaments aussi bien pour leurs épouses que pour leurs enfants.

Maïmouna GUEYE

COUNSELLING : LES PRESTATAIRES INVITÉES À JOUER LEUR PARTITION
Les prestataires ont une part de responsabilité dans l’adhésion ou non des femmes à la planification familiale. Selon Mme Camara, « un counselling mal fait peut pousser une femme à choisir une méthode non appropriée ». De ce fait, s’il y a des effets secondaires, les femmes peuvent tout simplement abandonner. C’est pourquoi elle invite ses collègues à consacrer le temps nécessaire à l’explication des différentes méthodes contraceptives, se focalisant sur les avantages et effets secondaires, afin que les femmes puissent faire leur choix librement sur la base des informations claires fournies par les prestataires.

Mieux, la coordinatrice Sr du district sanitaire de Bambey soutient que l’accueil est leur « cheval de bataille ». Et elle se base sur le droit du client qui veut que tout patient soit bien accueilli et bien pris en charge dans les structures sanitaires. « Il faut que les prestataires soient en bons termes avec les clients », lance Mme Camara qui plaide pour que les structures sanitaires ne soient pas uniquement perçues comme des espaces de soins, « mais comme des lieux de rencontres, d’échanges et d’informations ». Dans ce cadre, elle informe qu’au niveau du centre de santé de Bambey, il est envisagé la mise en place d’une « classe des mères ». Un espace où les femmes doivent se retrouver pour être bien informées sur leur santé en général, même si elles ne sont pas malades.

M. GUEYE

CPN TARDIVES, FORTE DEMOGRAPHIE, ENCLAVEMENT… : L’ÉQUATION DE LA COMMUNE DE NGOYE
C’est souvent à terme que les femmes de la commune de Ngoye se présentent au poste de santé. Ne voulant pas que la communauté soit au courant de leur nouvel état, elles font tout pour cacher leur grossesse, même au personnel de santé.

La commune de Ngoye regroupe 54 villages, mais ne dispose que de 2 postes de santé et d’une seule sage-femme pour 11.559 Femmes en âge de reproduction (Far). Elle se singularise également par un recours tardif des femmes aux Consultations prénatales. En atteste le constat fait par Françoise Awa Guèye Kama, l’actuelle maitresse sage-femme du centre de santé de Bambey, qui a officié de 2010 à juin 2017 au poste de santé de Ngoye. « Lors du premier contact, toutes les femmes venues en Cpn étaient à 9 mois de grossesse », confie-t-elle. Cette situation est notamment liée aux tabous, estime la sage-femme Astou Coundoul, précisant que « les femmes de ces localités ne veulent pas qu’on sache tôt qu’elles sont enceintes ».

Pour Mbaye Dieng, l’Infirmier chef de poste (Icp), le fait que cette structure sanitaire soit enclavée rend aussi difficile l’accès. Selon lui, il est nécessaire d’en avoir d’autres pour permettre aux populations d’accéder plus facilement aux soins. Ce faisant, Awa Fall Camara, la coordonnatrice de la Santé de la reproduction (Sr) du district sanitaire de Bambey, n’hésite pas à déclarer : « Le problème du département de Bambey, c’est Ngoye ». Aminata Sy Ndiaye Cissé, du Réseau Siggil Jiggèn, ajoute : « Le plus grand mal de la commune de Ngoye, c’est le recours tardif aux Consultations prénatales (Cpn) ». Les accouchements assistés ne sont alors que de 31 %. Les 69 % restants ont donné naissance à domicile avec l’aide d’accoucheuses traditionnelles. D’où la nécessité de mieux informer les populations sur les dangers à donner naissance sans l’assistance d’un personnel qualifié.

Dans les stratégies de sensibilisation, les « Badianou Gokh » (marraines de quartier) jouent un rôle crucial, selon Astou Coundoul, la sage-femme du poste de santé de Ngoye. « Nous faisons des causeries pour expliquer aux femmes l’intérêt des Cpn et les dangers à accoucher à domicile », explique-t-elle, précisant que les femmes qui viennent en consultation n’achètent pratiquement que le ticket. « Les moustiquaires et carnets de santé sont cédés gratuitement », informe-t-elle. Seulement, estime la « Badianou Gokh » Amy Faye, même si dans les séances de sensibilisation elles utilisent des images pour convaincre, « les femmes demeurent têtues ». Malgré tout, elle soutient que « des changements commencent à être notés dans la commune de Ngoye ».

Dans le cadre du programme Neema (Bien-être) de l’Usaid, réunissant un consortium de 7 Ong, Aminata Sy Ndiaye Cissé du Réseau Siggil Jiggèn soutient qu’un plaidoyer est en train d’être fait auprès des élus locaux pour des actions de prévention et de promotion de la santé maternelle, néonatale et infantile. C’est ainsi que « sur un objectif d’un million de FCfa, nous avons reçu du maire de la commune de Ngoye 3 millions de FCfa », rappelle-t-elle, insistant sur l’émotion de ce dernier quand on lui a expliqué la situation des femmes dans cette commune. Ely Fall, maire de la commune de Ngoye, précise : « Nous sommes en milieu rural avec énormément de facteurs bloquants. Mais, on est en train de parler aux hommes pour qu’ils libèrent les femmes, afin que ces derrières arrêtent les accouchements à domicile ».

M. GUEYE

NGOYE RÉCLAME UN CENTRE DE SANTÉ
Pour le maire de la commune de Ngoye, leur combat est qu’on érige leur poste de santé en centre de santé. « Nous sommes en négociation avec des partenaires décidés à nous appuyer », informe Ely Fall qui fait savoir que la commune de Ngoye est dotée de 2 lycées, 26 écoles élémentaires et des établissements franco-arabes.

Le même argumentaire est défendu par Awa Fall Camara, la coordonnatrice Sr du district sanitaire de Bambey, qui lance un appel solennel pour l’érection d’un centre de santé à Ngoye.

Un plaidoyer est également fait pour que d’autres sages-femmes soient affectées dans cette vaste commune. « Durant les stratégies avancées pour lesquelles on se déplaçait jusque dans les villages les plus reculés, on recevait beaucoup de femmes, de sorte que même quand on rentrait le soir, on laissait beaucoup de femmes qui ne pouvaient pas accéder aux services offerts », affirme la sage-femme Françoise Awa Guèye. Selon elle, la commune de Ngoye a besoin d’au minimum 4 à 5 sages-femmes supplémentaires pour prendre en charge les préoccupations des Femmes en âge de procréation.

M. GUEYE

BABACAR SY MBODJ, 2EME ADJOINT AU MAIRE DE BAMBEY : « LA PLANIFICATION FAMILIALE DOIT ÊTRE ABORDÉE SOUS L’ANGLE RECETTES/DÉPENSES »
Babacar S Mbodj Bambey« Faisons la politique de nos moyens », conseille Babacar Sy Mbodj, 2ème adjoint au maire de la commune de Bambey. Ce faisant, il appelle à changer d’approche dans les stratégies de sensibilisation. Il faut, propose-t-il, « des messages allant dans le sens de la meilleure gestion de la famille par rapport aux moyens dont on dispose »

« Qui ne maitrise pas la population ne peut pas aller au développement », déclare Babacar Sy Mbodj, 2ème adjoint au maire de Bambey. Toutefois, il avoue, en tant qu’élu local, qu’il leur est difficile d’aborder la planification familiale, même si cette dernière vise le bien-être de la famille. « Il est difficile de demander aux populations d’espacer les naissances », lâche M. Mbodj. Et pour cause, argumente-t-il, « la religion et les tabous ».

Invitant à « changer d’approche », il estime que cette question doit être posée autrement, à savoir : Comment faire en sorte que les ressources dont nous disposons puissent suffire à la famille ? Alors, il penche plutôt pour « des messages allant dans le sens de la meilleure gestion de la famille par rapport aux moyens dont on dispose ». La planification familiale doit être abordée, selon lui, sous l’angle « recettes/dépenses », « du développement », bref, de « l’amélioration des conditions de vie des populations ». « Faisons la politique de nos moyens », conseille-t-il, appelant aussi à aborder la contraception « sous l’angle du dividende démographique ». « Cela peut être bénéfique », croit M. Mbodj.

Le 2ème adjoint au maire de Bambey estime que même si les gens savent généralement de quoi on parle, ils hésitent encore à pratiquer, faisant semblant de n’avoir pas compris. Il lie cette situation au fait que les mots renvoyant à la contraception sont « chargés ».

S’agissant de l’appui des collectivités locales aux programmes de planification familiale, Babacar Sy Mbodj indique : « Si le district sanitaire ne met pas dans ses priorités la planification familiale, on ne peut pas appuyer ».

Toutefois, Awa Fall Camara, coordinatrice Sr du district sanitaire de Bambey, admet que les comités de santé et les collectivités locales les aident beaucoup dans leur travail. Surtout dans la formation continue pour le personnel communautaire. « Nous avons des maires très impliqués », renseigne-t-elle.

M. GUEYE

BOUSSO NGOM SENE, DEPUTEE : UNE PASSIONNÉE DE LA PROMOTION DU BIEN-ÊTRE DE LA FAMILLE
Chef de village et députée, la présidente du Groupement des femmes de Ndangalma a plusieurs cordes à son arc. Estimant que la femme est l’épine dorsale de la famille, elle s’est toujours battue pour valoriser son statut et œuvrer pour son développement.

« La planification familiale a toujours existé », défend Bousso Ngom Sène, députée nouvellement élue à l’Assemblée nationale. Et cette native de la commune Ndangalma fait allusion au fait que, par le passé, les femmes quittaient le domicile conjugal après l’accouchement pour allaiter leurs enfants auprès des siens. Aussi Mme Sène évoque-t-elle les gris-gris que mettaient certaines femmes pour éviter de tomber enceintes. « C’était une sorte de planification familiale, mais maintenant, c’est le nom qui pose problème », argumente la parlementaire qui exerce le métier de matrone depuis 35 ans.

Bousso N Sene DeputeeNoirceur d’ébène, tout de blanc vêtue, cette socialiste convaincue, en session au niveau de l’hémicycle, profite d’une pause pour nous parler de la situation sanitaire dans sa localité : Ndangalma, une commune du département de Bambey. Avec seulement 3 postes de santé fonctionnels, la présidente de la Fédération des groupements féminins de Ndangalma pense qu’on est bien loin des normes en matière d’infrastructures sanitaires dans cette commune polarisant 33 villages.

Se rappelant les visites prénatales pas du tout à la mode, des vaccinateurs qu’on chassait pour éviter qu’ils n’administrent aucune dose de vaccin aux enfants, elle pense que des progrès importants ont été faits dans le domaine de la santé grâce à la sensibilisation. « Les comportements ont beaucoup changé », constate Mme Sène qui considère que « la santé est prioritaire ».
Chef de village depuis 2013, Bousso Ngom Sène a dû faire face à la concurrence des hommes pour accéder à ce poste de responsabilité. « Ils visaient ce poste », confie-t-elle, fière de s’être imposée. Ayant toujours œuvré pour l’amélioration de la santé des femmes et des enfants dans sa localité, elle estime que des efforts sont également notés dans l’adhésion des communautés à la planification familiale. « Les gens pensaient que c’était interdit. Mais maintenant, ils considèrent de plus en plus suicidaire de ne pas espacer les naissances », explique-t-elle.

Aussi se félicite-t-elle que les hommes s’impliquent davantage. Une situation qu’elle lie à leur prise de conscience des risques encourus par les femmes confrontées aux grossesses rapprochées.

Mais surtout à la situation économique des ménages souvent dépourvus de moyens, affirme la parlementaire favorable à la promotion de l’espacement des naissances pour le bien-être général de la famille. « Il faut qu’on parle de la santé de la reproduction. D’ailleurs, je n’ai aucun problème à évoquer la planification familiale », soutient Bousso Ngom Sène qui souhaite, en tant que députée, que sa voix porte au-delà de sa communauté.

M. GUEYE

Le premier logiciel de calcul développé en Afrique est disponible. « Simula » a été créé par Michel Seck, un doctorant au Département de Mathématiques et d’Informatique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. L’innovation permet aux enseignants du secondaire comme à ceux du supérieur de préparer leurs enseignements et de corriger les exercices. L’élève ou l’étudiant peut s’en servir aussi pour faire des exercices et vérifier les corrections. En somme, c’est une calculatrice améliorée qui est en passe d’être validée par la Commission nationale des mathématiques.

Le doctorant Michel Seck, de la Faculté des Sciences et techniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a offert à la postérité un outil qui simplifie l’enseignement des mathématiques au Sénégal et dans le monde. Les témoignages viennent de ses maîtres dont le Pr Djiby Sow. L’universitaire décerne une bonne note à ce logiciel développé par M. Seck. Jusqu’ici, des pays africains étaient contraints de recourir au logiciel « Géogebra » fabriqué en France et qui ne prend pas en compte les réalités et les préoccupations des pays africains. L’outil, mis au point par le Sénégalais, est une révolution par rapport à « Géogebra ».

Avec le logiciel « Simula », l’utilisateur peut faire l’analyse, l’algèbre linéaire, les bases de Groebners, la théorie des nombres, les graphes 2D et 3D, la probabilité, la statistique, les réseaux arithmétiques et les codes correcteurs. Ce logiciel comporte près de 120.000 lignes de codes. « C’est une grande innovation en Afrique. A ma connaissance, c’est le premier logiciel conçu en Afrique. Il permet de simuler et de faire des mathématiques en ligne », démontre le Pr Sow.

En quoi ce logiciel est innovant par rapport aux applications ? Il facilite à la fois la transmission et l’acquisition des connaissances en mathématiques. L’élève, comme l’enseignant, peut tirer beaucoup d’avantages. « Ce logiciel permet de faire directement des exercices de statistiques, de calcul des limites et des calculs de grandes puissances », présente son auteur qui travaille sur « La cryptographie, l’algèbre et ses applications ».

Avec « Simula », les élèves et les étudiants ont la latitude de faire des calculs et vérifier les corrections. L’ambition de Michel Seck, c’est de résoudre l’équation de l’accès aux Tic pour un grand nombre d’apprenants et d’enseignants. « Il m’a fallu aller à l’université pour utiliser les logiciels afin de faire les mathématiques. Je veux que ce logiciel soit librement accessible, qu’on l’utilise aussi bien dans les lycées que dans les universités. Ainsi, on pourra l’utiliser du secondaire jusqu’au niveau universitaire », souhaite-t-il.

Le processus de validation a été enclenché. Le Comité national de l’enseignement des mathématiques a presque donné son accord de principe. Il est probable que l’outil soit introduit dans l’enseignement à partir de cette année. « Jusqu’ici, il n’y a pas de Travaux pratiques (Tp) en mathématiques dans les universités. Or les Tp sont organisés en France. Aujourd’hui, ce logiciel rend possible l’organisation des Tp. Nous envisageons d’introduire les Tp en Licence 1, Licence 2 et Licence 3 à la Faculté des Sciences et techniques », avance le concepteur.

Ses attentes ? Inciter beaucoup de jeunes à aimer les sciences, notamment les mathématiques. C’est pour cela que, contrairement aux autres logiciels, un usager n’a pas besoin d’une formation minimale pour utiliser celui-ci. « On n’a pas besoin d’un pré-requis pour pouvoir utiliser ce logiciel à travers lequel nous voulons éveiller la culture scientifique chez les jeunes », souligne Michel Seck.

En tant qu’enseignant dans le cycle secondaire, il a répertorié les contraintes liées à l’enseignement de cette discipline dans des pays comme les nôtres. Ces contraintes n’ont pas favorisé la simplification de la transmission et de l’acquisition des connaissances dans cette discipline. « Ce logiciel est une calculatrice améliorée. L’étudiant et l’enseignant peuvent l’utiliser pour faire plusieurs opérations », décrit-il.

La mise au point intervient dans un contexte où l’enseignement à distance prend de plus en plus place dans le dispositif d’enseignement dans les universités. Les prévisions signalent que beaucoup de personnes vont acquérir les connaissances sans être obligés d’aller dans un amphithéâtre. « L’Université virtuelle du Sénégal est considérée comme l’une des grandes innovations en matière d’enseignement au monde. Cet outil va renforcer l’enseignement des mathématiques à distance », soutient le Pr Djiby Sow.

Avec la tendance de la mise en ligne de plusieurs filières dans toutes les universités, ces genres d’innovations peuvent aider à aborder ce virage.

Idrissa SANE

Le Secrétariat international de l’eau (Sie) veut que les jeunes soient une force de propositions en matière d’élaboration des politiques de gestion, d’utilisation, de préservation et de la gouvernance de l’eau. C’est tout l’enjeu de la rencontre régionale, à Ouagadougou, des jeunes des pays francophones axée sur le thème : « Idées novatrices pour un meilleur partage des ressources ».

Le Secrétariat international de l’eau (Sie) travaille à mobiliser les jeunes afin de mieux défendre certaines questions liées à l’eau. C’est l’un des enjeux de la rencontre régionale des jeunes francophones de l’Afrique pour l’eau ouvert à Ouagadougou et qui a pour thème : « Idées novatrices pour un meilleur partage des ressources ». Cette rencontre s’inscrit également dans le mouvement Blue peace dont le Sie est partenaire.

Des jeunes, venus de plusieurs pays d’Afrique, échangent sur les bonnes pratiques, les idées novatrices susceptibles d’induire des changements au sein des communautés. « Nous voulons que les jeunes réfléchissent sur les messages, les solutions qu’ils partageront au niveau local, national et international. Il est important de promouvoir la voix des jeunes auprès des différents partenaires », a souligné la coordinatrice du programme jeunesse au Secrétariat international de l’eau, Laurie Fourneaux.

L’objectif est d’influencer la prise de décisions des politiques sur les questions liées à la gouvernance des ressources hydriques. Le Secrétariat international de l’eau mesure tout la capacité de plaidoyer des jeunes et leur pouvoir à faire bouger les lignes. « Les jeunes sont capables d’influencer les prises de décisions. Ils sont porteurs d’idées novatrices, ils échangent souvent avec les décideurs », a indiqué Mme Fourneaux.

Les participants à la rencontre, ouverte le 1er décembre 2017, à Ouagadougou, militent pour une rupture dans les approches. Ils veulent moins de théories et beaucoup d’actions qui transformeront les conditions de vie des bénéficiaires, des populations qui ne prennent pas part à ces fora, réunions, conférences, ateliers et séminaires. « C’est bien d’informer les populations sur les changements climatiques sur l’eau. Mais, la sensibilisation et l’information ne suffisent plus. Si nous voulons atteindre les Objectifs de développement durable (Odd), il faut des actions concrètes sur le terrain, afin qu’il y ait plus d’impacts sur le vécu des populations », a défendu Minoungou Gisèle de l’Ong Eau vive. Le but étant d’éveiller la sensibilité des jeunes pour qu’ils deviennent des acteurs et non des spectateurs dans le secteur de l’eau.

Pour les organisateurs, il est important que les jeunes émettent sur la même longueur d’onde sur les sujets liés à l’accès à l’eau, sa préservation, entre autres. Il est aussi attendu le renforcement de la mobilisation des jeunes en faveur de l’eau et de l’assainissement en Afrique francophone, l’émergence d’une vision commune centrée sur les priorités régionales et celles de l’agenda international sur les Objectifs de développement durable et l’élaboration d’un argumentaire solide en prélude au Forum mondial de l’eau prévu à Brasília en mars 2018.

Rappelons que le Sie a tenu plusieurs rencontres de la jeunesse en Asie Centrale, en Europe et en Amérique du Nord.

Idrissa SANE, Envoyé spécial à Ouagadougou

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