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Actualités (3287)

D’une durée de 3 ans, le partenariat établi entre les départements de la Gironde, en France, et de Foundiougne, au Sénégal, consiste à octroyer, à partir de 2019, des bourses de mobilité à des enseignants de part et d’autre.

Les départements de Foundiougne et de la Gironde, respectivement au Sénégal en France, viennent de poser les jalons d’un projet de renforcement des capacités dans l’enseignement supérieur sénégalais. Dénommé Ka2-Erasmus Plus « Renforcement des capacités », ce projet est né de la coopération initiale datant de 2016 entre les deux départements. Selon Filippo Pirone, le responsable scientifique du programme, « le projet, qui concerne deux pays (…) avec trois universités, dont celle de Bordeaux qui assure la coordination, va impliquer également les trois universités sénégalaises ciblées que sont Cheikh Anta Diop de Dakar, Gaston Berger de Saint-Louis et El hadji Ibrahima Niasse du Sine-Saloum ». Les différents axes du projet, a-t-il indiqué, « vont toucher la professionnalisation et l’accompagnement des enseignants, le renforcement de la didactique des disciplines, l’intégration des nouvelles  technologies et de la communication dans les pratiques enseignantes et, enfin, la formation inclusive des enseignants ».

Le partenariat consiste à octroyer des bourses de mobilité à des enseignants de part et d’autre. Ces derniers vont observer, dans des classes, les curricula, tout ce qui se fait de manière objective et repartir pour les essaimer et les confronter avec les modèles de leurs pays respectifs.

Famara Sarr, vice-président du Conseil départemental, a présidé la séance de travail ayant réuni la délégation de la Gironde et les conseillers départementaux. Ce, en présence des autorités de l’éducation et de la formation de Foundiougne. D’ailleurs, les différentes parties travaillent, depuis plus de deux ans, sur les problématiques liées à la formation des enseignants du premier et second degrés. Il faut souligner que cette coopération, soutenue par la Mission coopération, relations internationales et citoyenneté européenne du Conseil départemental de la Gironde, a fait l’objet de plusieurs rencontres entre novembre 2016 et janvier 2018 à Bordeaux et à Foundiougne. Cela a permis d’identifier les points forts des deux systèmes éducatifs et les axes de progrès pour l’enseignant. C’est ainsi qu’il a été proposé ce modèle de coopération transnationale basé sur des partenariats multilatéraux conclus essentiellement entre les Etablissements d’enseignement supérieur (Ees) issus de pays participant au programme ainsi que des pays partenaires, a expliqué Filippo Pirone. Il a ajouté que des partenaires non universitaires peuvent y être associés afin de renforcer les liens avec la société et les entreprises, mais aussi l’impact systémique des projets.

En clair, il s’agira de voir comment aider les enseignants à mieux remplir leur mission à travers le renforcement de la professionnalisation tout en tenant compte des exigences et pratiques des uns et des autres. Ceci se fera via une mise en œuvre à plusieurs échelons au niveau des différentes universités ciblées où des échanges et des journées d’études mixtes, des séances doctorales, entre autres pratiques et confrontations ici et en Europe et qui seront mis en exergue.

Mouhamadou SAGNE

Pour permettre au village des tortues de Noflaye de jouer véritablement son rôle, le ministère de l’Environnement estime que les moyens financiers de la réserve doivent être renforcés. Un plaidoyer fait lors de l’inauguration du mur de clôture de 700 m financé par Eiffage Sénégal.

Le conseiller technique du ministre de l’Environnement et du Développement durable, le colonel Racine Diallo, a plaidé pour le renforcement des moyens financiers alloués à la Réserve botanique de Noflaye qui abrite le village des tortues. « Dans l’avenir, cette réserve doit davantage recevoir des financements pour pérenniser les emplois et les renforcer. C’est un village certes, mais qui a une renommée internationale et la communication doit être davantage renforcée pour permettre aux jeunes élèves du Sénégal de venir découvrir la localité de Noflaye », a déclaré le colonel Diallo. C’était à l’occasion de l’inauguration du mur de clôture de la réserve construit et financé entièrement par Eiffage Sénégal.

Une action magnifiée par le conseiller technique du ministre de l’Environnement qui a signalé qu’avec ce mur la sécurité du village des tortues et celle des populations riveraines seront renforcées. « On nous a même signalé des cas de morsures de serpent et il y a parfois mort d’homme ; ce qui est regrettable. Mais, avec ce mur, tout cela sera dépassé et le village va connaître une nouvelle configuration », a indiqué Racine Diallo. Pour Mme Sophie Lô, coordonnatrice Qualité, sécurité, environnement d’Eiffage Sénégal et marraine du projet, cet accompagnement du village des tortues entre en droite digne de la politique Rse de la société, notamment avec la place importante qu’occupe le développement durable. Mieux, a expliqué Mme Lô, « le village des tortues reçoit les étudiants en Master et en Doctorat qui viennent étudier les espèces animales et végétales qui sont sur le site ». « C’est un partenariat public-privé très important et nous allons essayer de continuer cette collaboration via le financement d’un certain nombre d’activités », a-t-elle ajouté. C’est par l’entremise de la maison mère, sise en France et qui a déjà appuyé un village des tortues dans ce pays, que la collaboration avec le village de Noflaye a été établie.

Au nom du personnel du village des tortues, Pape Samba Gaye a soutenu qu’avec la construction de ce mur « une vieille doléance » vient d’être résolue. « Nous espérons qu’avec ce mur non seulement nous pourrons recréer la végétation originelle qui était là au départ, mais aussi permettre à la population de dormir tranquillement », a-t-il indiqué.

Ouverte depuis 2001, la Réserve botanique de Noflaye accueille les tortues saisies par les autorités ou rendues par des particuliers. Aujourd’hui, les tortues sont estimées à 144 réparties en sept espèces différentes. La plus vieille tortue du village, surnommée Mao Tsé-toung, est aujourd’hui âgée de…117 ans.

Maguette NDONG

Dans un nouveau programme dénommé Cmu-daara, l’Agence de la Couverture maladie universelle (ACmu) a pour ambition d’enrôler, dès la première année, 1 million de talibés.

Le Directeur général de l’Agence de la Couverture maladie universelle, le Dr Bocar Mamadou Daff, a révélé, à l’occasion de l’ouverture de l’atelier national de lancement de l’initiative pour la prise en charge des « ndongo daara » (talibés) à travers les mutuelles de santé, que l’ACmu veut enrôler un million de talibés. « Nous l’avons fait avec la Cmu-élèves grâce à une convention qui nous lie avec le ministère de l’Education nationale et le ministère de la Santé. C’est ce que nous prolongeons parce que parmi les apprenants, il y a les élèves qui sont dans les écoles et d’autres dans les « daaras » et qui font environ 2 millions. S’ils ne pas couverts, nous risquons de ne pas atteindre nos objectifs », a-t-il déclaré. M. Daff a souligné que c’est pour impliquer tous les acteurs qu’ils les ont conviés à cette rencontre. « Dans l’urgence, le défi majeur reste la géolocalisation des « daaras », l’identification des apprenants et la gestion des migrations saisonnières », a-t-il fait remarquer.

Selon lui, pour arriver à un Sénégal où tous les citoyens bénéficient d’une couverture maladie, il est nécessaire d’avoir des actions synergiques. « Plus de 30.000 écoles coraniques ont été répertoriées pour près de 2 millions de talibés. Il est donc nécessaire de réfléchir sur une initiative commune qui va améliorer la performance des mutuelles de santé », a ajouté le Dg de l’ACmu, réaffirmant leur volonté d’enrôler tous ces enfants. « Nous avons lancé la Cmu-élèves qui a permis d’en enrôler 400.000. Nous poursuivons les efforts. Nous sommes en train de travailler avec le ministère de l’Education pour faire en sorte que les élèves souscrivent dès la période d’inscription », a-t-il révélé.

22.000 daaras
Dans cette dynamique, l’ACmu peut compter sur le soutien des maîtres coraniques. Selon Moustapha Wane, premier vice-président de leur fédération, « cette décision vient à son heure parce que la structure qui regroupe près de 712 associations de maîtres coraniques a voulu mettre en place sa mutuelle, mais n’a jamais réussi. C’est un travail énorme et la Cmu peut compter sur la fédération », a-t-il indiqué. Poursuivant, M. Wane a affirmé qu’ils ont « des représentants dans les 45 départements du pays et chacun dispose d’un récépissé ». Mais, pour celui qui tient son « daara » à Médina Gounass, la cité religieuse, « il est urgent de disposer d’une bonne cartographie des écoles coraniques au Sénégal. « Notre fédération est composée de 22.000 « daaras » pour 1,8 million de talibés. Mais, il faut une cartographie nationale. C’est ce qui permettrait de réussir le pari de la modernisation des « daaras » qui va beaucoup aider dans la lutte contre la mendicité et l’errance des enfants dans la rue », a-t-il plaidé.

Par ailleurs, si l’on en croit le président de l’Association des mutuelles de santé, Demba Mame Ndiaye, le fait que les 676 mutuelles de santé dénombrées soient présentes dans tous les départements du pays « constitue un atout non négligeable pour rétablir l’équité sociale ». « Nous sommes décidés à accompagner cette initiative salutaire », a-t-il ajouté.

Le Directeur de l’ACmu n’a pas manqué d’évoquer la question des arriérées dues à certaines structures. D’après Bocar Mamadou Daff, « il n’y a pas de dettes à proprement parler ». « C’est un schéma dans le système d’assurance maladie. Il y a des gens qui font des prestations ; c’est un processus avec son contrôle avant le décaissement. Ce sont des caisses publiques, il faut donc s’assurer que ce qui est dépensé est exact. Rappelons aussi que nous sommes dans un seul et unique système. Les structures de santé et la Cmu sont toutes sous la responsabilité du ministère de la Santé. On peut même trouver un système de péréquation et s’assurer que cette dette ne soit pas un blocage. Mais, depuis qu’on en parle, on n’a pas vu de structure de santé fermée faute de paiement », a-t-il assuré.

Oumar FEDIOR

TOUBA : 20 MILLIONS DE FCFA DU KHALIFE DES MOURIDES POUR ENRÔLER LES « NDONGO DAARA »
Sans doute l’une des villes comptant le plus grand nombre de « daaras », Touba a vu l’autorité donner le ton pour la prise en charge des « Ndongo Daara » dans la Cmu. Selon le Directeur de l’ACmu, « à Touba, 127.000 apprenants ont été répertoriés et les  « daaras » ont été géolocalisés ». Il a informé que le khalife a mis une contribution de 20 millions de FCfa dans les mutuelles de santé pour que les « ndongo daara » soient enrôlés. « C’était un engagement de son prédécesseur. Avec cette somme, il ne reste pas beaucoup pour couvrir tous les talibés de la zone », a-t-il salué. Dans sa conclusion, M. Daff a soutenu que les porteurs de voix doivent aller dans la même dynamique.

O. FEDIOR

Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mansour Faye, a procédé, hier, au lancement des travaux du nouveau forage de Dieuppeul-Derklé.

Des femmes et autres acteurs des quartiers Ben Tally, Niarry Tally et Dieuppeul-Derklé, qui ont marché et protesté ces derniers jours pour réclamer le liquide précieux, ont répondu présents lors du lancement des travaux des nouveaux forages de Dakar. A Dieuppeul-Derklé, les responsables de ces communautés sont venus aussi assister au démarrage des travaux du forage.

Sur la machine de l’entreprise chinoise chargée de réaliser l’ouvrage de 105 mètres de profondeur prévisionnelle, après un grand vrombissement qui a transpercé le sol pour espérer faire jaillir le liquide précieux dans quelques jours, Mansour Faye a officiellement démarré les travaux des nouveaux forages de Dakar à Dieuppeul-Derklé. Cet ouvrage va prendre en charge la demande en eau potable dans les zones de Ben Tally, Niarry Tally, Grand Dakar et Dieuppeul-Derklé. A côté de ce forage, il est prévu deux autres à la Cité Tobago et à Nord Foire. Ces forages soulageront aussi les zones des Parcelles, Apecsy, etc.

Un délai de réalisation d’un mois à 45 jours
S’excusant auprès des populations pour les difficultés notées dans l’approvisionnement en eau, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a indiqué que ce forage va renforcer le programme spécial d’approvisionnement en eau de Dakar. « C’est un programme qui verra ses résultats de mise en œuvre bientôt, non seulement à partir du 20 avec la mise en œuvre des forages de Tassette de 15.000 m3/jour ; la déconnection des maraichers de 10.000 m3/jour et dans un avenir beaucoup plus proche, la remise en marche de la 4ème pompe de Keur Momar Sarr », a affirmé M. Faye.

Par rapport aux délais, il a expliqué que ces travaux vont durer entre un mois et 45 jours au maximum. Comme les forages se situent en zone urbaine, le refoulement de la production se fera directement au niveau des réseaux. Le ministre a rappelé que ces trois forages sont faits de manière exceptionnelle « puisque Dakar présente un environnement assez particulier proche de la mer et il est très déconseillé d’y faire beaucoup de forages ».

Toutefois, pour ce projet, le ministre a assuré qu’ils ont l’assurance des spécialistes pour des forages d’une durée de vie limitée de deux à trois ans pour soulager les populations avant la fin des projets structurels de Keur Momar Sarr 3 et de l’usine de dessalement de l’eau de mer des Mamelles qui mettront fin aux problèmes d’approvisionnement en eau de Dakar. Pour ce projet, les travaux sont prévus entre décembre 2018 et janvier 2019.

Oumar KANDE

LES POPULATIONS SALUENT LE PROJET
Les populations des zones concernées ont apprécié positivement ce projet. Le maire de Dieuppeul-Derklé, Cheikh Guèye, a laissé entendre que cet ouvrage va soulager les populations. Sokhna Sophie Sarr, de la commune de Biscuiterie, qui avait dirigé la contestation à Ben Tally et Niarry Tally pour réclamer de l’eau, a dit attendre avec impatience la fin des travaux. Elle a confessé que les robinets de la commune de Biscuiterie ne coulent actuellement qu’à 2 heures du matin. Même avis chez Adja Coumba Wade de Dieuppeul-Derklé et l’imam Sarr, de l’Association des consommateurs, qui demandent la résolution du problème.

O. KANDE

Des spécialistes de l’environnement ont invité le Sénégal, le 10 juillet 2018, à s’inspirer des meilleures pratiques environnementales concernant la gestion écologiquement rationnelle des déchets dangereux.

Les Ufr Sciences juridiques et politiques (Sjp) et Sciences appliquées et de technologies (Sat) de l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis avaient proposé le gel des activités académiques, en attendant la rentrée prochaine. Mais, cette proposition n’a pas été suivie par l’assemblée de l’université qui s’est réunie le 11 juillet dernier. D’ailleurs, il a été décidé de la poursuite des cours jusqu’au 31 juillet prochain pour certaines Ufr, tandis que d’autres peuvent aller jusqu’à la mi-août. L’assemblée de l’université renvoie ainsi aux Ufr la décision d’appliquer ces décisions.

Pour rappel, le réaménagement du calendrier académique a été proposé suite à l’énorme retard noté dans les enseignements à l’Ugb dû à la grève qu’avait connue cette université après les évènements du 15 mai dernier ayant conduit à la mort de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène.

Amadou Maguette NDAW

L’Etat du Sénégal va désormais verser l’intégralité de la Contribution forfaitaire à la charge de l’employeur (Cfce) à la formation professionnelle, soit environ 20 milliards de FCfa, a déclaré, hier, à Dakar, le ministre de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat.

Soulignant l’intérêt que le président Macky Sall accorde à la formation professionnelle et technique, le ministre de la Formation professionnelle a révélé que la décision a été prise de verser désormais la totalité de la Contribution forfaitaire à la charge de l’employeur (Cfce) audit secteur. Donc, près de 20 milliards de FCfa qui reviennent ainsi à la formation professionnelle et technique par an, selon les estimations du ministre.

Mamadou Talla a profité de l’ouverture de la 10ème Assemblée générale du Réseau africain des institutions et fonds de formation professionnelle (Rafpro), que Dakar abrite depuis hier, pour encourager les Etats membres et leurs partenaires à s’inspirer de l’engagement du Sénégal pour améliorer qualitativement la formation et la rendre plus adaptée aux besoins du marché du travail.

Selon le ministre, le développement est d’abord une affaire de compétences. D’où son invite à la Rafpro à profiter du rendez-vous de Dakar pour réfléchir sur les défis qui interpellent le secteur, à savoir l’adéquation formation-emploi, la recherche de financements adéquats, la place que l’entreprise doit occuper dans le secteur...

Seydou Prosper SADIO

Selon un rapport de la Banque mondiale, le problème d’éducation des filles engendre entre 15.000 et 30.000 milliards de dollars de perte de productivité et de revenus aux pays tout au long de la vie.

L’accès limité des filles à l’éducation et les obstacles à l’achèvement d’une scolarité de 12 ans ont des conséquences économiques importantes. Selon le rapport de la Banque mondiale intitulé « Missed opportunities : the high cost of not educating girls », ces problèmes d’éducation des jeunes filles coûtent aux pays entre 15 000 et 30 000 milliards de dollars de perte de productivité et de revenus tout au long de la vie.

Le rapport estime que moins des deux tiers des filles vivant dans les pays à faibles revenus vont au terme de l’enseignement primaire et que seule une fille sur trois achève le premier cycle du secondaire. En moyenne, les femmes ayant terminé leurs études secondaires ont davantage de probabilités de travailler et gagnent pratiquement deux fois plus que celles privées d’école.

D’autres avantages économiques et sociaux découlent de la scolarisation des filles dans le secondaire. D’abord, pour elles-mêmes, ensuite pour leurs futurs enfants, puis pour leurs communautés.

La bonne scolarisation des filles entraine, selon le document, une quasi-disparition des mariages précoces, la diminution d’un tiers du taux de fécondité dans les pays à fort accroissement démographique et la baisse de la mortalité et de la malnutrition infantiles.

Depuis 20 ans, l’enseignement primaire universel est devenu une réalité dans de nombreux pays ; le taux de scolarisation des filles à ce niveau d’éducation rivalisant avec celui des garçons dans les pays en développement. Toutefois, le problème persiste, mentionne-t-on dans le document. « Quand 130 millions de filles sont incapables de devenir ingénieurs, journalistes ou dirigeantes, parce que l'éducation est hors de leur portée, le monde perd des milliers de milliards de dollars qui pourraient renforcer l'économie mondiale, la santé publique et la stabilité », déclare Malala Yousafzai, cofondatrice du Fonds Malala et lauréate du Prix Nobel de la paix.

Près de 132 millions de filles, âgées de 6 à 17 ans, ne sont pas encore scolarisées dans le monde, dont 75 % d’adolescentes, apprend le même rapport. Notamment en Afrique subsaharienne où 40 % seulement des filles en moyenne achèvent le premier cycle de l’enseignement secondaire. Selon le document, pour récolter tous les fruits de l’instruction, les pays doivent améliorer à la fois l’accès à l’éducation et la qualité de l’enseignement, pour donner ainsi aux filles les moyens d’apprendre.

O. KANDE

Les premiers résultats du baccalauréat technique 2018 commencent à tomber dans les régions de Tambacounda et Kédougou (Est). Le centre principal de Kédougou dont dépendent les candidats du lycée technique de la commune de Tambacounda a proclamé ses résultats. Sur la vingtaine de candidatures, le lycée de Tambacounda a obtenu 8 admis d’office, soit un taux de réussite de 34,7 % pour le premier tour. Neuf candidats sont autorisés à subir les épreuves du second groupe. Des résultats en « nette progression » par rapport à ceux de l’année dernière, selon Mamadou Yéro Diallo, proviseur du lycée technique de Tamba et chef du centre. Au jury 923 de Kédougou, sur un total de 144 candidats en série T1, T2 et G, 31 sont admis au premier tour, soit un taux de 21,52 %. 45 autres vont devoir passer les épreuves orales.

D’après certaines autorités de l’établissement, si tous les élèves autorisés à subir les épreuves du second groupe passent, ce serait un bon résultat pour le lycée, car le taux de réussite totale serait aux alentours de 75 %.

Pape Demba SIDIBE

Après l’obtention du baccalauréat, les nouveaux étudiants orientés à l’Ucad ou dans les autres universités et instituts privés viennent dans la capitale sénégalaise. Sur place, la plupart d’entre eux sont accueillis par des amicales ou des associations qui assurent leur hébergement. Mais, ils doivent faire face à l’exigüité des locaux, aux effectifs pléthoriques. Bref, aux conditions de vie difficiles.

A la Rue 33 angle 28 de la Médina, près de la mosquée soninké, se trouve une maison jaune. A l’entrée, cinq étudiantes nous accueillent dans leur appartement composé de deux chambres et d’une toilette intérieure. Valises et matelas se mêlent par terre. Les sacs à main sont accrochés au mur. Dans cet appartement, résident vingt étudiantes logées par l’Amicale des élèves et étudiants ressortissants de Kaffrine (Aeerka). D’après Modou Diop, étudiant en Licence 3 à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Ucad, par ailleurs président de cette amicale, cette dernière a été créée en 1997. Aujourd’hui, l’Aeerka reçoit une subvention d’un million de FCfa de la mairie de Kaffrine et 500.000 FCfa du Conseil départemental. C’est avec cette somme que l’association gère les trois appartements mis à sa disposition. Le premier se situe à Liberté 4, le deuxième à la Médina et le troisième à la Gueule tapée.

Cependant, cette somme est très insuffisante pour gérer ces appartements, car les charges locatives mensuelles sont de 500.000 FCfa, renseigne Modou Diop. Par conséquent, pour s’acquitter convenablement du loyer, l’amicale demande de l’aide à certaines autorités et aux bonnes volontés. A cela s’ajoutent les 25.000 FCfa que débourse annuellement chaque étudiant. D’où le cri du cœur du président de l’amicale, de la vice-présidente et de la secrétaire générale. « Ce que la mairie et le Conseil départemental nous donnent est trop minime, vu nos dépenses mensuelles », scandent-ils.

Même s’ils sont confrontés à de réels problèmes financiers, les étudiants vivent dans ces appartements comme s’ils étaient dans leur Kaffrine natale. Un règlement intérieur est établi pour une parfaite entente dans ces espaces. « Nous avons l’obligation d’assurer l’hygiène. Les lampes et la télé doivent être éteintes à 23h. Nous ne devons pas recevoir de la visite après 22h et sortir après 23h », explique Nafissatou Ndiaye, secrétaire générale de l’amicale. « Si cette mesure n’est pas respectée, les étudiants peuvent faire appel au président de la Commission sociale qui est le régulateur », ajoute-t-elle. Aussi, fait savoir la jeune étudiante, il arrive parfois qu’il y ait un différend entre elles, mais il se règle en famille sans difficultés.

L’intégration par le parrainage
La vice-présidente de l’amicale, Aïcha Diop, soutient qu’avec ces logements les étudiants sont épargnés des déplacements qui peuvent être un obstacle à leur réussite. En outre, il est à signaler que la plupart des étudiants qui vivent dans ces appartements sont de la première année. Leur choix est motivé par la non maitrise des conditions de vie et d’études à Dakar, car ces dernières sont très différentes de celles au lycée.

Ce faisant, pour une intégration rapide et facile des nouveaux bacheliers, l’amicale fait recours au système de parrainage. Il s’agit de faire en sorte que chaque ancien d’une discipline parraine un étudiant en première année de cette même discipline afin de lui servir d’encadreur. En plus, les parrains leur offrent souvent des tickets de restauration et leur prodiguent des conseils dans le but de les voir réussir.

Cependant, la gestion de ces appartements n’est pas chose aisée. Elle demande beaucoup de démarches et de sacrifices. En plus du manque de moyens financiers, l’étroitesse des locaux, les effectifs pléthoriques, l’alimentation et la prise en charge médicale constituent de réelles préoccupations.

Mixité des appartements
Même décor à la Sicap rue 10, une autre résidence d’étudiants. Ici, se dresse un étage peint en jaune où logent les ressortissants de la commune de Porokhane (département de Nioro, région de Kaolack). Leur appartement compte 3 chambres. Mis à part la mixité des locaux (hommes et femmes y cohabitent), le décor est le même que celui de l’appartement de leurs camarades ressortissants de Kaffrine. Ici, ils sont plus de 30 étudiants à y vivre. Les filles, au nombre de 10, logent dans une chambre et le reste est occupé par les garçons. Pour Abdoulaye Bâ, président de la Coordination des élèves et étudiants de Porokhane (Ceep), les étudiants en première année sont prioritaires dans l’accueil pour des raisons déjà mentionnées par l’Aeerka.

Pour payer la location, les factures d’eau et d’électricité, la mairie de Porokhane, des bonnes volontés et les étudiants participent. Dans ce cadre, cet étudiant à l’Iseg renseigne : « Une subvention de 2 millions de FCfa par année nous est octroyée par la mairie ». Les étudiants donnent aussi une caution équivalant à 10.000 FCfa et 2.000 FCfa par mois, ajoute-t-il.

Pour vivre en cohésion, un règlement identique à celui de leurs frères et sœurs de Kaffrine est établi. Ces étudiants soutiennent ainsi vivre en parfaite entente dans cet appartement où ils se considèrent en famille, même s’ils viennent de villages différents.

Marie Claire COLY (stagiaire)

APPARTEMENT DES RESSORTISSANTS DE SOUM : UNE BONNE AMBIANCE, MALGRÉ L’ABSENCE D’UN RÈGLEMENT INTÉRIEUR
A Fass Delorme, à côté de la Direction de l’enseignement supérieur, résident les membres de l’Association des élèves et étudiants ressortissants de la commune de Soum (Aeercos), département de Foundiougne, région de Fatick. A l’entrée, une étudiante fait la cuisine. Dans les chambres, les matelas sont par terre. Les uns se reposent et les autres révisent leurs cours. Au total, ils sont 26 étudiants, dont 18 filles et 8 garçons, à loger dans cet appartement. Sur place, le président de la Commission pédagogique, Babacar Sarr, étudiant en Licence 3 à l’Université Dakar Bourguiba, fait savoir que l’association a été créée en 2013. En plus de cet appartement, l’Aeercos en gère un autre situé à Colobane. Comme leurs autres camarades, ils reçoivent une subvention d’un million de FCfa par année de la marie de Soum. A cela s’ajoutent les 5000 FCfa que donne chaque étudiant par mois. Egalement, des bonnes volontés leur viennent en aide.

D’ailleurs, sur les lieux, nous avons trouvé des bouteilles d’huile et un sac de riz offerts par des fils de la localité.

Dans cet appartement, ces jeunes étudiants vivent dans une bonne ambiance, même si aucun règlement intérieur n’est établi. Ils se comprennent et s’entre-aident. David Mandiouba, étudiant en première année à Sup Info, soutient : « Nous habitons le même village, nous nous connaissons bien. Nous n’avons aucun problème entre nous, peut-être des difficultés sociales, à savoir l’achat des tickets de restauration, le paiement du transport, etc. ».

M. C. COLY (stagiaire)

PLAIDOYER POUR L’AUGMENTATION DES SUBVENTIONS
Les ressortissants de la commune de Soum, comme leurs autres camarades interrogés, lancent un appel à leurs municipalités respectives pour que les subventions dont ils bénéficient soient augmentées. « Payer 5.000 FCfa par mois est très difficile pour nous. Donc, nous aimerions que la subvention soit revue à la hausse et qu’elle soit bimestrielle ou trimestrielle », souligne Babacar Sarr, président de la Commission pédagogique de l’Association des élèves et étudiants ressortissants de la commune de Soum (Aeercos). Les autorités des localités concernées sont aussi invitées à venir davantage en aide aux étudiants afin qu’ils puissent évoluer dans des conditions maximales et faire de bons résultats. Ces logements hors campus étant un atout pour réussir, les étudiants de la commune de Porokhane plaident aussi pour que leur amicale qui polarise 60 villages puisse accueillir plus de frères et sœurs étudiants.

M. C. C. (stagiaire)

JOURNÉE D’INTÉGRATION DES NOUVEAUX ARRIVANTS
A chaque rentrée universitaire, une journée d’intégration est organisée dans les résidences universitaires hors campus afin de guider les nouveaux étudiants, explique Abdoulaye Bâ, président de la Ceep. Ce que confirme Amadou Diallo, étudiant en première année à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Ucad, selon qui ses ainés l’ont bien encadré. « Lorsque je suis arrivé, j’étais logé à Ouakam, mais j’ai eu beaucoup de difficultés par la suite. C’est ainsi que le président de l’amicale m’a demandé de rejoindre l’appartement. Mes devanciers m’ont bien accueilli et beaucoup aidé », se souvient-il. Par ailleurs, bien que vivant en cohésion dans leur petit appartement, il n’en demeure pas moins que leurs conditions de vie soient difficiles. Comme l’ont soulevé certains pensionnaires de ces résidences, il y a, entre autres, l’insuffisance de la subvention de la mairie, l’alimentation, la prise en charge médicale et surtout l’étroitesse des locaux.

Fatim samb, 22 ans, le pagne bien noué et les mèches relevées, parle de leur calvaire. « Nous sommes dix dans la chambre, on s’y allonge comme des sardines. De plus, les lieux sont très étroits. C’est très difficile pour nous, mais on essaie de gérer », explique cette étudiante en 2ème année au Département des Lettres modernes.

M. C. COLY (stagiaire)

Huit ans seulement après son accession à la souveraineté internationale, le Sénégal faisait face à un premier mouvement d’humeur à l’université. C’était en mai 1968. 50 ans après, les acteurs de ces événements revisitent et promettent de s’investir dans la résolution de la crise universitaire.

Premiers étudiants à avoir mené des mouvements d’humeur dans l’espace universitaire sénégalais, les membres du Comité Mai 68 restent très attachés au temple du savoir. Selon le président du Comité de pilotage de la commémoration du cinquantenaire de Mai 68, Abdoulaye Makhtar Diop, « la crise qui secoue l’université et le milieu scolaire ne les laisse pas indifférents ». Il s’exprimait à l’occasion d’une table ronde célébrant les 50 ans de ces évènements autour du thème « Quelle trajectoire pour le Sénégal, l’Afrique et le monde ? » Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces acteurs ne comptent pas rester les bras croisés. « Nous sommes d’horizons différents. Ce que nous avons décidé, c’est d’avoir une association avec les étudiants de la génération 1988 pour voir, avec toute l’expérience que nous avons accumulée, nos carnets d’adresse, etc., ce que nous pouvons faire pour intervenir en milieu scolaire et universitaire pour d’abord prévenir les conflits et ensuite aider à leur résolution. J’estime que nous avons un lot de personnalités qui peuvent avoir l’oreille des autorités et aider à la résolution des problèmes », a-t-il révélé.

Revenant sur le sens de ces évènements et leurs impacts sur le système éducatif, M. Diop a estimé que c’est à partir de mai 1968 que tout le cursus académique a été modifié. « Avant 68, tous les bacheliers avaient automatiquement une bourse entière et une chambre et avaient droit au transport via une navette entre le centre-ville et l’université. Après la grève, il y a eu une modification des programmes académiques. Parce que jusqu’en 1968 un étudiant pouvait s’inscrire dans trois Facultés. Aussi, il n’y avait pas de cartouchards. L’étudiant pouvait donc rester dans un même niveau pendant trois années sans être exclu. L’on avait également introduit la notion des partielles. Ce sont des choses qui ont beaucoup changé l’université. Cependant, la consigne était : soyons de bons étudiants mais aussi de très bons syndicalistes », a-t-il rappelé.

Abdoulaye Makhtar Diop, ancien pensionnaire du pavillon A, a toutefois gardé quelques regrets. Selon lui, l’ampleur de la grève avait fait que des étudiants, pourtant brillants, n’avaient pas pu finir leurs études. « C’est un message pour les jeunes. Ils doivent savoir que la principale bataille à gagner, c’est d’abord de réussir ses études », a-t-il conseillé.

Oumar FEDIOR

MOUSTAPHA NIASSE, PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE : « MAI 68 A ÉTÉ UN JALON IMPORTANT DE L’HISTOIRE POLITIQUE DU SÉNÉGAL »
Directeur de l’information dans le gouvernement de Senghor, l’actuel président de l’Assemblée nationale est un témoin oculaire des évènements de Mai 68. Dans un discours lu par son Directeur de cabinet, M. Niasse est largement revenu sur les péripéties. « Il faut préciser que, dès 1966, la chute de Nkrumah avait déjà donné une idée de la capacité d’indignation des étudiants. Plus tard, la décision du gouvernement de fractionner les bourses était une pilule difficile à avaler. Par la radio, le gouvernement a même essayé de mettre le mouvement en mal avec le peuple. Ça n’a pas marché. Les évènements étaient spectaculaires, mais le président Senghor les avait très bien gérés », a-t-il narré. Pour lui, « ces évènements sont un jalon important de l’histoire politique de notre pays ». « Ils ont inspiré un changement politique pour la révision de la situation du travailleur et de l’étudiant. Le génie sénégalais s’est illustré. C’est ce culte de l’essentiel qu’il faut préserver et pérenniser », a souhaité le président Niasse.

O. FEDIOR

MBAYE DIACK, ANCIEN SG DE L’UDES : « LE FRACTIONNEMENT DES BOURSES A ÉTÉ L’UNE DES PRINCIPALES CAUSES DU DÉCLENCHEMENT DU MOUVEMENT »
Acteur de premier plan du mouvement d’humeur de Mai 68, Mbaye Diack, ancien président de l’Udes, est revenu, avec nostalgie, sur les origines de cette grève. Selon lui, « la suppression de la première partie du baccalauréat a créé une surpopulation à l’université. Les autorités étaient obligées de fractionner les bourses qui étaient de 24000 FCfa pour introduire les demies et tiers de bourse. Le mouvement était tellement fort que le président Senghor craignait même pour son fauteuil. Parce que nous avions décrété une grève illimitée avec le soutien de presque tous les syndicats. Mais, nous n’avions qu’une seule cause, celle estudiantine. Et la bataille se faisait simultanément dans beaucoup d’autres pays. Certains pensaient même que nous étions sous la conduite des étudiants français ; ce qui n’était pas le cas », s’est-il remémoré.

Pour M. Diack, ces évènements méritent d’être expliqués à toutes les générations, parce que, a-t-il affirmé, « c’est ce qui a changé la marche sociopolitique du Sénégal ».

O. FEDIOR

Kolda a abrité, hier, la célébration de la Journée mondiale de la population. A l’occasion, il a été demandé aux autorités étatiques d’augmenter des ressources pour rendre les services de la planification familiale (Pf) accessibles aux femmes qui veulent espacer les naissances.

La région de Kolda, au sud-ouest du Sénégal, a été choisie, cette année, pour abriter la Journée mondiale de la population. Le thème a porté sur « La planification familiale, un droit humain ». De nombreuses autorités administratives, des élus locaux, des représentants du ministère de l’Economie et des Finances et du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) ont pris part à la cérémonie officielle.

Dans son mot de bienvenue, le premier adjoint au maire de Kolda, Daouda Sidibé, s’est félicité du choix porté sur la commune pour accueillir cette journée. Il a déclaré, devant les chefs religieux chrétiens et musulmans, que le taux de la prévalence contraceptive à Kolda est de 21 % (Eds continue 2017) sur un objectif national attendu de 45 % en 2020. « Nous avons encore un gap de 19 % à combler en 3 ans », a-t-il martelé, convaincu que Kolda peut relever ce défi en souscrivant aux normes éditées par l’Unfpa pour défendre et garantir le droit à la planification familiale aux femmes qui en font la demande.

Pour défendre ce droit, la représentante de l’Unfpa au Sénégal, Mme Cécile Comparé Zoungrana, a regretté le fait que les Besoins non satisfaits (Bns) en planification familiale dans notre pays soient encore élevés, en dépit des efforts déployés par le gouvernement. Selon elle, en 2017, près de 21 % de femmes sénégalaises voulaient éviter ou retarder une grossesse, mais n’avaient pas accès à la contraception moderne. Elle a donné l’exemple de la région de Kolda où les Bns en Pf sont de l’ordre de 25,6 %. Cette situation, d’après la représentante de l’Unfpa, s’explique en grande partie par les barrières économiques, sociales et culturelles. Pourtant, a reconnu Mme Zoungrana, la femme joue un rôle fondamental dans la production des moyens de subsistance de la famille et de la communauté. Paradoxalement, beaucoup de femmes sont et restent dans la précarité.

Appel à la mobilisation
La représentante de l’Unfpa a rappelé aux autorités sénégalaises les défis qui leur permettraient d’atteindre l’objectif de 45 % de taux de prévalence contraceptive en 2020. Le plus important est de réduire les Bns. Pour y arriver, elle a appelé à la mobilisation de tous, pour que la planification familiale devienne un droit pour toutes les femmes. Mme Cécile Comparé Zoungrana a justifié son appel par le fait que la Pf est une question de protection de la santé, des droits mais aussi et surtout de développement économique et social et contribue à la capture du dividende démographique. Elle n’a cependant pas oublié de saluer les efforts consentis par le Sénégal pour rendre les produits contraceptifs disponibles jusqu’au dernier kilomètre et rapprocher les services de la Pf des populations.

L’adjoint au gouverneur de Kolda, Cyprien Antoine Ballo, a rappelé que l’accès universel à la planification familiale est une priorité. « Cela, si l’on veut réduire le nombre de grossesses précoces et les décès évitables et accélérer la transition démographique », a souligné l’autorité administrative.

Eugène KALY (Envoyé spécial) et Mamadou Aliou DIALLO (Correspondant)

INVESTIR DANS LA PF POUR RÉDUIRE LA MORTALITÉ MATERNELLE
Le premier adjoint au maire de la commune de Kolda, Daouda Sidibé, a demandé aux autorités étatiques d’investir davantage dans la planification familiale. Ce qui permettrait de faire des économies d’échelle sur les dépenses dans les secteurs de la santé et de l’éducation et de réduire la pression sur l’environnement. La Pf aiderait aussi à baisser la mortalité maternelle, parce que 36 femmes sont décédées, en fin 2016, en donnant naissance. « Cette situation peu reluisante de notre tableau sanitaire doit nous interpeler tous et chacun pour qu’aucune femme ne meurt en donnant la vie », a plaidé M. Sidibé.

E. KALY et M. A. DIALLO

Pour une meilleure acquisition des connaissances, Dr Alexandre Martin Chazeaud, qui a travaillé sur « Langues d’enseignement, transfert et translangage à l’école : étude au Sénégal », a proposé aux autorités de notre pays de développer les langues maternelles. Pour lui, il faut les enseigner au moins pendant 6 ans à l’école primaire.

Les langues maternelles sont la fondation qui permettra d’avoir un pont solide pour améliorer l’apprentissage en français et le niveau des élèves. C’est, en substance, la conclusion de l’étude du Dr Alexandre Martin Chazeaud, Professeur de Langues étrangères à Barcelone, formateur de professeurs en méthodologie. Cette étude, intitulée « Langues d’enseignement, transfert et translangage à l’école : étude au Sénégal », a été présentée, le 9 juillet 2018, par cet enseignant au Centre ouest africain de recherches (Warc).

Loin de considérer son travail comme une critique du système éducatif sénégalais, Dr Chazeaud a révélé qu’il a mené deux études en milieu sérère (Kaolack et Fatick : centre) et diola (sud). Il a constaté que le moyen de scolarisation des pays comme le Sénégal est une langue officielle étrangère avec une exposition maximale. D’après le chercheur, cela n’est pas efficace avec des élèves qui ont des difficultés en lecture et en mathématiques. Un échantillon de 149 élèves de la zone de Sokone a démontré que les résultats obtenus, si l’épreuve est énoncée en sérère, sont meilleurs que si c’est le cas en français. Pour des épreuves de langue, le taux de réussite est de plus de 87 % avec le sérère et d’un peu plus de 50 % chez les mêmes élèves si l’énoncé est en français.

Après trois ans d’enseignement en français, l’étude a montré que ces élèves n’ont pas la compétence avec la langue officielle, que ce soit en langue ou en mathématiques. Même constat chez 173 élèves ayant comme langue maternelle le diola et ayant fait 8 ans de français.

Le Dr Alexandre Martin Chazeaud a soutenu que ces derniers qui ont des compétences basiques en langue maternelle n’ont pas pu avoir le temps nécessaire pour développer leur compétence et faire le transfert en deuxième langue. « L’introduction de l’enseignement de la langue maternelle peut aider à avoir un plus grand succès à l’école pour les enfants. Il faut développer la langue maternelle avant de procéder à un transfert des compétences acquises dans cette première langue vers la deuxième langue. L’objectif de la maitrise du français est clair, mais pour y arriver, il faut un renforcement de toutes les habilités linguistiques et scolaires en langue maternelle pour pouvoir les transférer en langue française », a expliqué le spécialiste. Pour lui, il faut un minimum de 6 ans en langue maternelle, parallèlement avec la langue française, pour fixer ces habiletés en langue maternelle dans le cerveau de l’élève. Cette phase permettra, à son avis, de transférer ces habilités en langue française à partir de stratégies pédagogiques pour avoir des élèves qui maitrisent le français après une solide fondation en langue maternelle.

Le Pr Mamarame Seck, spécialiste en linguistique et chercheur à l’Ifan, appréciant ce travail de recherche, a reconnu que l’acquisition de connaissances est plus facile à partir de la langue maternelle. Pour lui, la pluralité de langues au Sénégal n’est pas un obstacle à l’introduction des langues maternelles, car c’est en fonction de l’environnement qu’une langue y sera enseignée.

Oumar KANDE

Des spécialistes de l’environnement ont invité le Sénégal, le 10 juillet 2018, à s’inspirer des meilleures pratiques environnementales concernant la gestion écologiquement rationnelle des déchets dangereux.

La problématique de la gestion des déchets solides municipaux et des déchets dangereux a retenu, à nouveau, l’attention des spécialistes au Sénégal. Venus prendre part à l’atelier national organisé, à cet effet, par le Projet de gestion écologiquement rationnelle des déchets solides municipaux et des déchets dangereux (Prodemud), ces derniers ont essayé d’appréhender la question autour de deux sites au Sénégal : Ziguinchor, au sud du pays, et Tivaouane, dans la zone centre.

Dans ces sites retenus par le Prodemud, il a été noté que la gestion des déchets dangereux, tels que les déchets biomédicaux, ainsi que l’émission de polluants organiques restent une préoccupation majeure. Il en est de même de l’absence de laboratoires spécialisés au niveau national et du manque d’infrastructures. Pour inverser la tendance, le Sénégal a été invité à s’inspirer des meilleures pratiques et techniques disponibles sur le plan international. « Notre pays pourrait tirer divers bénéfices en matière d’amélioration du cadre de vie et de la santé publique si des mesures de gestion écologiquement rationnelle de ces déchets sont conçues et convenablement appliquées », a déclaré Aïta Sarr Seck, directrice nationale du Prodemud.

Evoquant les directives nouvellement élaborées, Sényba Touré, expert environnementaliste, a estimé que l’incinération et le recyclage restent les méthodes les plus utilisées. Cependant, il a attiré l’attention des acteurs sur la nécessité de tenir compte du choix des sites pour l’incinération. La mise en décharge, selon M. Touré, recommande la prise en compte de certaines mesures, telles que la décontamination des sites, la santé et la sécurité des travailleurs ainsi que l’intervention d’urgence en cas de transport des déchets.

A Ziguinchor, par exemple, un site a été déjà identifié pour créer une plateforme de traitement dans le cadre du Prodemud, a indiqué Aïta Sarr Seck. Il en sera de même à Tivaouane où les experts sont en train de réfléchir sur le compostage des déchets biodégradables. Toutefois, d’après les spécialistes, l’Etat du Sénégal doit s’appuyer sur les manuels de procédures retenues conformément aux recommandations de la Convention de Stockholm pour le financement des projets.

Seydou Prosper SADIO

Après plusieurs jours de grève consécutive à la mort de Fallou Sène, étudiant à l’Ugb, les enseignements se déroulent normalement à l’Ucad et les étudiants préparent les examens. Ainsi, les craintes d’une session unique, comme ce fut le cas en 2014, s’éloignent.

Il est 10h et quelques minutes à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Ucad. Les étudiants en première année des Lettres modernes sortent d’un cours magistral. La situation est revenue à la normale après la grève déclenchée pendant plusieurs jours suite à la mort de l’étudiant Fallou Sène. Ce dernier a succombé durant les affrontements entre pensionnaires de l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis et les forces de l’ordre. Pour calmer la situation, le président de la République avait reçu les étudiants et promis d’augmenter les bourses, de diminuer le prix des tickets de restauration, etc. Après s’être entretenus avec Macky Sall, ils ont regagné les amphithéâtres.

Aujourd’hui, avec les examens qui approchent, les étudiants sont stressés parce que le temps leur est compté. Ainsi, les professeurs accélèrent la cadence pour terminer le programme. « On a retrouvé le calme, mais on est un peu perturbé, car le campus social va fermer ses portes d’ici le 31 août prochain. Du coup, les professeurs font tout pour terminer les cours. Ils nous bousculent et ne prennent pas le soin de bien expliquer », confie Khady Sow, étudiante en première année des Lettres modernes.

Même situation à la Faculté des Sciences. Sous un arbre, des étudiants revoient leurs cours. La concentration est à son maximum, car ils ont beaucoup à assimiler. Khady Cissé, étudiante en Licence 3, option Science de la vie et de la terre (Svt), est plongée dans la résolution d’un exercice. Mais, elle nous renseigne qu’après plusieurs jours d’absence, ils ont beaucoup de leçons à apprendre et le temps pour les assimiler fait défaut. « C’est très difficile, mais on s’arrange pour s’en sortir », lance-t-elle.

Les enseignants, de leur côté, font de leur mieux pour être à jour avant la fin de l’année. « L’Ucad est redevenue calme et les professeurs s’y mettent pour terminer le programme », déclare le Pr Dakha Bâ du Département d’Histoire de la Flsh.

Donc, les étudiants de l’Ucad ne doivent pas avoir trop de soucis à se faire. La session unique tant redoutée, comme ce fut le cas en 2014, ne risque pas de se reproduire. Il y aura bien deux sessions : une normale et une autre de rattrapage. « Concernant l’Ucad, il n’y aura pas de session unique parce qu’au moment où nous avons déclenché la grève, les examens du premier semestre étaient pratiquement faits. L’Ucad est donc épargnée d’une session unique », rassure Khadim Diouf, étudiant en Master 2 au Département d’Histoire de la Faculté des Lettres et Sciences humaines.

Marie Claire COLY (stagiaire)

Pour éviter que le Sénégal et la zone ouest africaine soient le refuge de l’industrie du tabac, le Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) recommande, après des recherches, d’augmenter les taxes sur les produits du tabac.

Le Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres), lors d’une conférence régionale de dissémination des résultats de recherche du projet « Action sur la taxation des produits du tabac en Afrique de l’Ouest », a proposé d’augmenter les taxes sur ces produits. Ce qui permettra de décourager la consommation et de faire supporter les coûts du tabagisme aux fumeurs et à l’industrie du tabac. Cela est utile, selon le Directeur exécutif du Cres, le Pr Abdoulaye Diagne, car le tabagisme est l’une des plus grandes menaces pour la santé mondiale. Même si l’on dispose, aujourd’hui, de nombreux instruments dans la lutte, il pense que « l’augmentation substantielle des taxes et des prix est la mesure la plus efficace pour lutter contre ce fléau ». M. Diagne indique que le Cres l’avait démontré à travers un argumentaire élaboré à la demande des Etats membres de la Cedeao et de l’Uemoa. Cet organe a donc prouvé que « la consommation de tabac ne connait une diminution significative et continue que dans les pays qui ont adopté une politique d’augmentation forte et régulière des prix de vente des produits du tabac. Cela, à travers un relèvement important des niveaux des taxes ».

Des taxes faibles dans la zone Cedeao
Toutefois, il constate que, dans les pays de la Cedeao, le total des taxes, hors Tva, ne représente que 30 % du prix moyen de vente des cigarettes, alors qu’il est de 62% en moyenne dans les pays de l’Union européenne (Ue). Ce qui est en deçà du taux d’au moins 70% fixé par la Convention cadre de lutte contre le tabac de l’Oms. Abdoulaye Diagne demande, de ce fait, l’application, par les Etats membres, de la nouvelle directive de la Cedeao sur la fiscalité des produits du tabac de 2017.

Le Directeur des Douanes de la Commission de la Cedeao, Salifou Tiemtoré, a abondé dans le même sens, saluant la collaboration et le travail technique du Cres sur la fiscalité du tabac. Il a rappelé qu’avant le partenariat avec le Cres le tabac était considéré comme un produit normal, un bien comme tous les autres, et la fiscalité qui était appliquée relevait tout simplement du droit commun. « Le travail effectué par le Cres et la qualité des rapports publiés lors de la première phase de ce projet ambitieux, et surtout la dissémination des résultats, ont permis d’inscrire la lutte contre le tabagisme au niveau des priorités nationales et régionales en haut de l’agenda des Etats membres de la Cedeao », explique M. Tiemtoré.

Revenant sur la directive de la Cedeao qui veut que la taxe sur les produits du tabac représente 70% de la valeur des produits, il reconnait qu’il faut un travail d’explication et de sensibilisation sur ce document pour son adoption par les Etats. Il faut aussi harmoniser les deux directives de la Cedeao et de l’Uemoa, contrebalancer la communication des fabricants des produits du tabac et le lien direct qui est établi entre l’accroissement de la fraude et l’augmentation du prix du tabac, etc.

Lansanna Sidibé, conseiller technique du ministre de la Santé et de l’Action sociale, affirme également qu’il a été prouvé que l’augmentation substantielle et régulière des taxes et des prix est le moyen le plus efficace pour réduire la consommation de tabac.

Oumar KANDE

LE COÛT ANNUEL DU TABAGISME ESTIMÉ À 122 MILLIARDS DE FCFA PAR AN AU SÉNÉGAL…
Selon les résultats de la recherche du Cres qui a procédé à une enquête auprès de 2001 patients répartis dans 14 hôpitaux publics sénégalais, en 2017/2018, le coût annuel du tabagisme est estimé à près de 122 milliards de FCfa au Sénégal. Les dépenses liées aux soins (coûts directs) sont inclues dans cette somme et s’élèvent à 74 milliards de FCfa. Idem pour les pertes de revenus dues à l’absentéisme au travail et aux décès des patients (coûts indirects) qui sont estimées 48 milliards FCfa.

O. KANDE

…POUR 24 MILLIARDS DE FCFA DE REVENUS
Le même document révèle que les revenus tirés de la consommation du tabac sont de 24 milliards de FCfa, dont 20 milliards de recettes fiscales et 4 milliards de revenus d’activité (salaires, bénéfices commerciaux). Comparé aux 122 milliards de coût annuel, le tabagisme coûte finalement 98 milliards à la société sénégalaise. Les ménages supportent 71 milliards de FCfa des coûts par an et l’Etat dépense 51 milliards FCfa pour le traitement des patients souffrant des maladies liées à la consommation des produits du tabac. Le traitement des maladies non transmissibles imputables à la consommation des produits du tabac absorbe ainsi 17 % du budget que le Sénégal alloue annuellement au secteur de la santé.

O. KANDE

L’Association des parents d’élèves (Ape) du lycée Mame Cheikh Mbaye de Tambacounda ne cache pas son inquiétude face à la situation de cet établissement. Construit en 1983 et gracieusement offert par feu Djily Mbaye, il est, aujourd’hui, en état de décrépitude. Les bâtiments menacent de s’effondre. C’est pourquoi les parents d’élèves sont montés au créneau pour sonner l’alerte. Face à la presse, Abdoulaye Sarr, président de l’Ape, n’est pas passé par quatre chemins pour s’en désoler. « Le lycée est dans une situation désastreuse. Le personnel, les professeurs et les élèves ne sont pas en sécurité », a-t-il regretté, ajoutant, avec désarroi, que « le bâtiment peut tomber à tout moment. Il y a des fuites d’eau partout et les risques pèsent également sur le déroulement du baccalauréat », a renchéri M. Sarr. En cas de pluie, par exemple, « les candidats ne pourront pas composer », a-t-il indiqué. Les  câbles électriques sont aussi par terre.

Par ailleurs, l’établissement est devenu le refuge des animaux ; chiens et ânes y errent en pleine journée. Parfois, des malades mentaux s’y promènent, faute de clôture. « Nous ne voulons pas rester les bras croisés. C’est pourquoi nous invitons les autorités à réagir avant qu’il ne soit trop tard », a alerté le président de l’Association des parents d’élèves.

Pape Demba SIDIBE

La ville de Kolda a abrité, le 10 juillet 2018, un panel sur l’importance de la planification familiale en prélude à la Journée mondiale de la population célébrée le 11 juillet de chaque année.

Quatre femmes meurent chaque jour au Sénégal en donnant la vie. La révélation a été faite, le 10 juillet 2018, à Kolda, par Moussa Faye, représentant-assistant à l’Unfpa/Sénégal, lors de la cérémonie d’ouverture d’un panel scientifique sur l’importance de la planification familiale. Cette rencontre est organisée en prélude à la Journée mondiale de la population célébrée le 11 juillet de chaque année. Le thème choisi porte sur « La planification familiale est un droit ». Pour M. Faye, ce panel scientifique vise à réfléchir et à sensibiliser les populations sur la thématique retenue.

« La planification familiale est un droit dans la mesure où les maternités rapprochées, c’est-à-dire la fécondation élevée, font que nous avons, en grande partie, une mortalité maternelle encore très élevée aujourd’hui », a-t-il déclaré.

A l’en croire, la planification familiale est extrêmement importante pour un pays comme le Sénégal où la majorité de la population est très jeune (plus de 60% ont moins de 25 ans et que plus de 40% sont âgés de moins de 15 ans). « Cela veut dire que nous sommes dans un pays où la majorité de la population est très jeune et dépend de ceux qui travaillent pour l’entretenir. C’est une difficulté structurelle très compliquée d’où il faut sortir pour pouvoir envisager cette vision que le Sénégal émergent a tracée, c’est-à-dire le développement d’un capital humain qui puisse soutenir les efforts de progrès devant tirer la majorité de la population de la pauvreté », a avancé Moussa Faye.

L’adjoint au gouverneur de Kolda chargé des affaires administratives, Ciprien Antoine Balo, s’est félicité du choix porté sur cette région pour abriter la cérémonie officielle de la Journée mondiale de la population. Il a réaffirmé l’engagement des autorités administratives d’accompagner les acteurs impliqués dans la promotion de la planification familiale. M. Balo a estimé que l’organisation de ce panel permettra aux populations de mieux comprendre l’importance de la planification familiale et de l’accès des femmes à des soins de santé de qualité.

Mamadou Aliou DIALLO

Les activités du plan d’aménagement de la forêt de Sangakho, dans la commune de Toubacouta, ont démarré avec l’installation d’exploitants forestiers encadrés par le Service régional des Eaux et Forêts de Fatick.

Le département de Foundiougne, où l’on retrouve les dernières formations forestières au centre du pays, s’est engagé dans la protection et la sauvegarde des ressources naturelles. Un combat de tous les jours contre la coupe illégale de bois et contre des exploitants forestiers que rien n’arrête dans leurs entreprises funestes. Face à ce péril qui menace ce paysage de mangrove, autorités politiques, techniciens et représentants des populations prônent une gestion durable de leur environnement. D’ailleurs, les concertations sont à la base du plan d’aménagement de la forêt classée de Sangakho. Un système de cogestion entre l’Etat et les populations riveraines ayant pour objectif de permettre une exploitation rationnelle de la ressource tout en assurant sa pérennité.

« Dans le cadre d’un plan d’aménagement, il ne s’agit pas de déclasser la forêt, mais de permettre, dans un processus participatif, une exploitation rationnelle assurant un équilibre entre la satisfaction des besoins des populations riveraines et les exigences de pérennisation de la ressource dans une démarche participative », a expliqué le colonel Abdourahmane Diagne, chef de secteur des Eaux et Forêts de la région de Fatick.

Pour le technicien qui a présidé la cérémonie d’installation des premiers exploitants forestiers sur le site, ce système de planification a l’avantage de responsabiliser les populations à travers les Comités inter villageois (Civ) dans la défense de l’environnement. Il a rappelé que le classement de cette forêt à la sortie nord de la commune de Toubacouta daterait de 1932. « Au départ, pour les colons, il s’agissait d’une mesure de protection d’un singe (Colombe B) qui n’existerait que dans cette zone du département de Foundiougne. Mais aujourd’hui, avec la pression démographique, la prise en compte des besoins des populations riveraines s’impose. Il nous faut concilier les impératifs de sauvegarde de la ressource et les droits des riverains à tirer profit des richesses que leur offre la nature », a poursuivi le technicien qui a salué l’action de l’association « Nébéday » dans la zone. Jean Goepp et ses équipes ont, en effet, initié le plan d’aménagement avec les Civ de la commune. « Ce système instaure une cogestion de la ressource entre les autorités administratives, les élus locaux et les populations. Il permet à ces dernières d’assurer un suivi sur les prélèvements et les actions de reboisement exigées en contrepartie. Nous avons requis les services de consultants pour l’élaboration du plan d’aménagement ainsi que des techniciens des Eaux et Forêts pour les charbonniers formés sur la meule casamançaise, moins consommatrice de bois  »,  a, pour sa part, souligné le coordonnateur de cette structure engagée dans la protection de la nature et implantée au cœur du Delta du Saloum.

Pour rappel, Sangakho est la deuxième forêt classée à bénéficier d’un plan d’aménagement après celle de Djilor Saloum, dans le département de Foundiougne.

Elimane FALL

L’Ong IntraHealth international a joué un rôle clé dans la campagne nationale de distribution de masse des Moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (Milda) en 2016. Cependant, ses responsables ont constaté que leur taux d’utilisation est faible dans les grandes villes comme Dakar et Thiès.     

Les activités du Fonds mondial de lutte contre le paludisme, mises en œuvre par IntraHealth international pour la période 2015-2017, ont été sanctionnées par un atelier de restitution des interventions dans 13 régions du Sénégal. Le Dr Joseph Barboza, administrateur dudit projet, a révélé que les populations des grandes villes n’utilisent pas assez les Milda (Moustiquaires imprégnées à longue durée d’action), donnant l’exemple de Dakar et Thiès où leur taux d’utilisation est faible comparé aux autres régions. « Dans les grandes villes, les gens pensent souvent qu’ils ne sont pas concernés par le paludisme. Pourtant cette maladie n’épargne personne. Chaque citoyen, quelle que soit la localité où il se trouve, doit s’investir dans la prévention du paludisme en utilisant une moustiquaire imprégnée pendant toutes les nuits pour se protéger contre les piqûres de moustique », a-t-il conseillé.

Concernant les autres localités du pays, M. Barboza a révélé que le taux d’utilisation des moustiquaires est de 86 %. En présentant les résultats, le chargé du suivi-évaluation du projet, Cheikh Niang, a indiqué qu’IntraHealth a réussi, en 2016, avec ses partenaires, à distribuer plus de 8 millions de moustiquaires imprégnées. Ces dernières ont été mises à la disposition de 1 734 504 ménages. « Ces moustiquaires ont été distribuées grâce au soutien des districts sanitaires, des régions médicales, mais surtout à l’implication de la communauté », a confirmé Joseph Barboza. Il a, en outre, tiré un bilan satisfaisant de la campagne nationale de distribution des moustiquaires. « Notre objectif a été atteint puisque 82 % de la population dorment aujourd’hui sous Milda. Ce projet a permis de sensibiliser 4 millions d’individus dans le cadre de la lutte contre le paludisme, la tuberculose et le Vih/Sida », s’est également réjoui le Dr Barboza. Nonobstant, il a demandé aux responsables du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp) et à ses partenaires de poursuivre le travail. « Ils doivent travailler à maintenir les acquis. Pour cela, il faut mettre l’accent sur les interventions communautaires afin d’atteindre l’objectif d’éliminer le paludisme d’ici à 2030 », a recommandé l’administrateur du projet.

Eugène KALY

 

Le Secrétariat international de l’eau (Sie), qui milite pour l’accès durable à cette ressource vitale et aux services d’assainissement, accorde une priorité à la participation des jeunes dans la recherche de solutions et à l’élaboration de politiques hydrauliques équitables. La responsable des Programmes jeunesse de cette institution, Laurie Fourneaux, a partagé l’économie des recommandations du Forum mondial de l’eau. Dans ce contexte de rareté du liquide précieux, elle mise sur la coopération pour prévenir les conflits liés à son accès.

Pouvez-vous nous faire le point sur la participation du Sie au Forum mondial de l’eau au Brésil ?
Le Secrétariat international de l’eau (Sie) a participé au 8ème Forum mondial de l’eau qui s’est tenu à Brasilia (18-23 mars 2018) avec comme mission principale de porter la voix de la société civile, notamment celle de la jeunesse, au sein des différents processus et du programme général. Le Sie s’est battu, depuis le premier Forum mondial de l’eau, pour que la société civile, notamment des pays les plus vulnérables, soit incluse dans tous les processus du Forum et dans ses commissions de préparation. A Brasilia, le Sie, avec ses partenaires, était partie prenante de la coordination de deux thèmes du processus thématique (Finance et People). En tant que paneliste, il a œuvré lors d’une trentaine de sessions et de panels à haut niveau et participé aux négociations de la Déclaration ministérielle, influençant ainsi les débats menés par les décideurs et les acteurs influents.

Toujours à Brasilia, le Sie a mobilisé une quarantaine de jeunes venant de plus de 30 pays du monde entier, dans le cadre de la 4ème Assemblée générale du Parlement mondial de la jeunesse pour l’eau (Pmje), qui s’est tenue en parallèle au Forum mondial de l’eau. Pour rappel, le Pmje est un réseau international de jeunes qui s’engagent et agissent pour la cause de l’eau. Il a été la première expression de la jeunesse au sein des Forums mondiaux de l’eau. Positionnés à Brasilia, dans une vingtaine de sessions et panels à haut niveau (Eau et Paix, Gire, etc.), les jeunes parlementaires pour l’eau ont fait valoir leur expertise et ont pu exprimer la vision de la jeunesse pour une gestion pacifique des ressources en eau de notre planète.

Le Sie a aussi été porteur de la voix de la société civile à travers « l’Effet papillon », une coalition d’Ong agissant dans le secteur de l’eau qui est considérée comme l’expression de la voix de la société civile dans les Forums mondiaux de l’eau. « L’Effet papillon » a milité fortement pour que la société civile du sud soit incluse dans tous les processus du Forum et que sa venue à Brasilia soit rendue possible. Grâce à l’apport des jeunes et des acteurs de la société civile, le Sie a souhaité influencer les réflexions au sein du Forum, créer des espaces pour de nouvelles idées et militer pour un Forum plus ouvert et inclusif.

Quelles sont les questions qui méritent davantage d’être prises en charge dans les politiques et programmes d’accès à l’eau ?
La crise mondiale de l'eau a été identifiée comme l'un des principaux risques pour la stabilité internationale. Les projections montrent que l'accès à l'eau est appelé à devenir une source encore plus grande de tension et d'instabilité à l'avenir. A cela il faudra ajouter les effets des changements climatiques et des transformations politiques globales. C’est pourquoi il est nécessaire de promouvoir la coopération entre les Etats et l’hydro-diplomatie. Aussi, est-il fondamental de relever la participation de nombreux acteurs vu que leur implication est une recommandation forte pour garantir un avenir durable. La participation d’acteurs de l’eau venant d’horizons divers permettra d’envisager les problèmes avec un regard neuf et de développer des solutions adéquates. Selon la vision du Sie, les jeunes doivent être au cœur de cet effort.

Est-ce que le Secrétariat international de l’eau est parvenu à faire adopter sa vision ou faire accepter ses préoccupations ?
Les jeunes du Parlement mondial de la jeunesse pour l’eau ont pu faire entendre leurs voix à de nombreuses occasions. Que ce soit lors de panels de haut niveau, dans le cadre des processus de négociation politique ou dans des sessions réunissant une diversité d’acteurs du secteur de l’eau. Ils ont réussi à faire intégrer des contributions, tant dans la déclaration ministérielle (Political declaration), que dans la déclaration sur le développement durable (Sustainable declaration). La collaboration transfrontalière et le partage des ressources étaient au cœur des recommandations des jeunes. La déclaration du Junior forum est aussi intégrée aux résultats du 8ème Fonds mondial de l’eau. Le Parlement mondial de la jeunesse pour l’eau en était l’un des coorganisateurs.

La préservation de la ressource eau a été au centre des échanges. Etes-vous optimiste sur des avancées dans ce domaine ?
Oui, le Sie reste optimiste ! Toutefois, la saine préservation des ressources en eau ne peut se faire que si les États souhaitent collaborer entre eux et avec les acteurs locaux. C’est pourquoi le Sie et le Pmje font partie du mouvement Blue peace, lequel cherche à encourager la coopération dans le domaine de l'eau, à une époque d'instabilité croissante, afin de prévenir les conflits liés à la ressource et de trouver des solutions qui profitent à tous.
Le mouvement travaille politiquement avec les décideurs. Il engage des experts techniques et met un accent particulier sur « l'empowerment » des jeunes grâce à l'éducation et la formation. Pour une paix plus durable, le mouvement Blue peace s'engage à promouvoir la coopération transfrontalière pour l'eau et à renforcer l'hydro-diplomatie. Le Sie constate que l’eau est un grand vecteur de collaboration et que de nombreux exemples positifs existent aujourd’hui, prouvant ainsi qu’il est possible de trouver des solutions conjointes basées sur le compromis et le partage. Il en est de même pour la préservation des ressources. Les acteurs sont de plus en plus conscients de son importance si nous souhaitons assurer un futur aux prochaines générations. D’ailleurs, le partage était le thème du 8ème Forum mondial de l’eau.

Quels sont les nouveaux défis à relever ?

Pour les organisateurs du 9ème Forum mondial de l’eau, de nombreux défis doivent être relevés. Il s’agit notamment de l’inclusion de l’ensemble des parties prenantes dans tous les processus, sans oublier la société civile et les jeunes. En plus, dans le cadre d’une session sur « La jeunesse en route pour Dakar 2021 », organisée par le Secrétariat international de l’eau et le gouvernement sénégalais au Pavillon sénégalais, les intervenants des différents réseaux de jeunes ont tous démontré leur volonté de travailler conjointement et de collaborer pour une inclusion plus forte de la jeunesse. Pour les acteurs du Parlement mondial de la jeunesse pour l’eau, de l’Association des jeunes professionnels du secteur de l’eau et de l’assainissement ou des autres réseaux présents, la conclusion de cette session était qu’ils allaient avancer conjointement avec une volonté : celle de faire reconnaître la jeunesse comme vecteur de changement et acteur essentiel à tout Forum mondial de l’eau.

Propos recueillis par Idrissa SANE

 

Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) change de nom pour devenir l’Agence de développement de l’Union africaine. La décision officielle a été prise, à l’occasion du sommet de l’Union africaine, à Nouakchott, tenu en début juillet, selon un communiqué. « La Conférence a approuvé la création de l'Agence de développement de l'Union africaine en tant qu'organe technique de l'Union africaine, doté de sa propre identité juridique et de ses propres statuts. Ces derniers seront développés et présentés pour adoption au prochain sommet de l'Ua en janvier 2019 », lit-on dans le communiqué. Le Nepad est né de la fusion, en juillet 2001, du Plan Omega, du président sénégalais d’alors, Me Abdoulaye Wade, et du Partenariat du millenium pour le programme de redressement de l’Afrique. Ces deux entités  fusionnées ont donné la Nouvelle initiative pour l’Afrique (Nia). Le 23 octobre 2001, le cadre stratégique de la Nia a été finalisée, portant ainsi sur les fonts baptismaux le Nepad. Ce plan de développement vise à promouvoir la croissance accélérée et le développement durable ; venir à bout de la pauvreté et mettre fin à la marginalisation de l’Afrique dans la mondialisation. Pour y parvenir, des priorités sectorielles ont été fixées. Il s’agit entre autres de combler le gap d’infrastructures et le fossé numérique, de l’énergie, du transport, de la formation des ressources humaines, etc.

Malick CISS

 

Arrivé dans notre pays en 2016, Mgr Michael W. Banach, nonce apostolique au Sénégal, décortique sa mission diplomatique auprès de l’Etat et des évêques. Le représentant du Pape revient sur les lenteurs dans la nomination de l’évêque de Kaolack. Il donne également son point de vue sur la taille du plan géographique de certains diocèses du Sénégal. Il magnifie, dans cet entretien qu’il nous a accordé au lendemain de la fête du Pape, la beauté du dialogue-islamo chrétien, mais aussi les excellentes relations entre l’Etat du Sénégal et le Saint-Siège (Vatican).

Quelle définition peut-on donner aux fonctions de nonce apostolique ?
Le nonce apostolique est le terme utilisé par l’Eglise catholique pour désigner les représentants personnels ou les ambassadeurs du Pape ou du Vatican dans le pays où ce dernier est affecté. Le mot nonce dérive d’un mot latin qui signifie «annonce» ou bien «annonciateur»  ou encore «apostolique» qui signifie «provenant des apôtres» ou, plus exactement, de l’apôtre Saint Pierre. Nonce signifie aussi «celui qui est envoyé». Ainsi, le nonce apostolique est celui qui est envoyé par le Pape, le successeur de Saint Pierre dans un pays ou auprès des évêques.

Selon le code de Droit canonique, le nonce apostolique a deux fonctions : ecclésiale et diplomatique. Le rôle ecclésial du nonce apostolique est de rendre effectifs les liens d’unité qui existent entre le Pape et l’Eglise à travers le monde. Une de ses missions est aussi d’informer le Siège apostolique (Rome) des conditions dans lesquelles se trouvent les églises particulières et de lui donner des informations sur des questions qui affectent la vie de l’Eglise et le bien des âmes. Il assiste les évêques par l’action et le conseil, en laissant intact l’exercice de leur pouvoir légitime.

Le nonce apostolique entretient aussi des relations étroites avec la Conférence épiscopale en lui apportant toute son aide. En rapport avec la nomination des évêques, il envoie ou propose des noms de candidats au siège apostolique, prépare le processus d’information sur ceux qui peuvent être promus, conformément aux normes émises par le siège apostolique. Il participe à la promotion de tout ce qui peut contribuer à la paix, au progrès et aux efforts conjugués des peuples. Le nonce travaille avec les évêques du pays où il est en mission pour favoriser des échanges appropriés entre l’Eglise catholique, les autres églises ou communautés ecclésiales, et même avec les religions non chrétiennes. Le rôle du nonce apostolique, c’est aussi de travailler avec les évêques pour sauvegarder les règles d’un Etat. Cependant, la tâche diplomatique du nonce apostolique n’est pas différente de celle des autres ambassadeurs qui représentent leurs pays. Le rôle diplomatique d’un nonce apostolique est d’établir et de maintenir une relation de compréhension mutuelle entre l’Eglise et l’Etat, pour la paix et le progrès de chaque nation. La mission d’un nonce est d’établir des accords et leur donner effet. L’ambassade de l’Eglise catholique est appelée nonciature apostolique. Il y a actuellement 106 nonciatures réparties dans le monde.

Comment liez-vous vos fonctions de diplomate à celles de guide religieux ?
En fait, il est facile de relier les deux fonctions, surtout dans l’esprit où tous les évêques de l’Eglise catholique qui, au cours du Concile Vatican II, avaient écrit : «les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres et de tous ceux qui souffrent sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ. Il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve pas  écho dans leur cœur».

On dit souvent que le nonce apostolique est l’ambassadeur du Vatican. En réalité, le nonce n’est pas le représentant de l’Etat de la Cité du Vatican, mais le représentant personnel du Pape. L’Etat de la Cité du Vatican a vu le jour en 1929. Avant la création de l’Etat du Vatican, la mission du représentant du Pape existait déjà. Le nonce apostolique représente donc le Pape non seulement comme chef de l’Etat du plus petit Etat du monde, mais surtout comme chef de l’Eglise catholique qui est une  grande communauté.

Quel regard portez-vous sur l’Eglise sénégalaise ?
L’Eglise au Sénégal est vivante et active. C’est le constat que j’ai fait lors des célébrations liturgiques auxquelles j’ai pris part en tant que pasteur. En outre, dans mes contacts et conversations avec les autorités sénégalaises et mes collègues du corps diplomatique, je vois que tous ces gens sont satisfaits du rôle que joue l’Eglise catholique au quotidien, en faveur des personnes vulnérables parmi lesquelles des chômeurs et des personnes atteintes par certaines maladies. Ils apprécient aussi le système  éducatif de l’Eglise et ses centres de santé qui aident souvent le gouvernement à satisfaire les besoins sanitaires des populations, surtout celles de la zone rurale.

Les gens rencontrés me parlent souvent des positions modérées de l’Eglise sur les questions sociopolitiques et de son engagement actif dans le dialogue interreligieux. En effet, lors de mes visites pastorales dans les paroisses et les diocèses, je suis moi-même témoin de tout cela. Ces exemples illustrent que l’Eglise catholique au Sénégal apporte sa contribution au développement du pays.  

La taille de certains diocèses est jugée énorme. On peut citer le cas de Dakar, Tambacounda, Saint-Louis et même Thiès. Les évêques et les prêtres peinent à les parcourir pour faire leur mission pastorale. Peut-on espérer la création de nouveaux diocèses dans un proche avenir pour plus d’efficacité ?
Selon le Droit canonique ou le droit de l’Eglise, un diocèse est la portion du peuple de Dieu confiée à un évêque. Il doit travailler en collaboration avec les prêtres et les laïcs. Avec l’aide de l’Esprit Saint, l’évêque et ses prêtres sont chargés de proclamer l’Evangile. Le rôle des diocèses est donc de mieux répondre aux besoins pastoraux du peuple de Dieu. Il est vrai que certains diocèses du Sénégal couvrent un vaste territoire géographique. Il est donc difficile, pour les évêques et les prêtres, d’être toujours présents parmi les fidèles. Cependant, la création d’un nouveau diocèse est une décision sérieuse. Seul le Pape peut procéder à la création de nouveaux diocèses.

Avant de le faire, beaucoup de consultations doivent être faites en prenant en compte un certain nombre de préoccupations. Par exemple, à quoi ressemblent les limites du nouveau diocèse ? Que restera-t-il du diocèse dont est issu le nouveau ? Y a-t-il un nombre suffisant de prêtres, de religieux et des religieuses pour répondre aux besoins pastoraux du nouveau diocèse ? Le nouveau diocèse aura-t-il suffisamment de moyens ? Quel sera son programme pastoral ? Ce sont des questions pour lesquelles nous devons trouver des réponses. C’est pourquoi, la création d’un nouveau diocèse prend du temps. Nous tentons de répondre aux faims et aux soifs spirituels des fidèles et, en tant que tels, nous devons être certains qu’une nouvelle église particulière sera capable de répondre à ces besoins de manière professionnelle et efficace.

Kaolack attend toujours son évêque depuis l’affectation de Mgr Benjamin Ndiaye à Dakar. Tambacounda est, aujourd’hui, dans la même situation. Qu’est-ce qui expliquerait cette lenteur dans la nomination des évêques en Afrique ?
La nomination d’un nouvel évêque est importante pour un nonce. Cependant, un nonce ne choisit pas et n’assigne pas la responsabilité à l’évêque. C’est le Pape qui nomme un nouvel évêque. Cependant, le nonce apostolique a le devoir de recueillir des informations utiles pour le Pape. Ainsi, le nonce doit comprendre la situation de l’Eglise locale et avoir des renseignements relatifs à un candidat à la fonction d’évêque. Lorsqu’il est nécessaire de nommer un nouvel évêque, le nonce demandera aux évêques, aux prêtres, aux religieuses et laïcs locaux de proposer au Pape le nom des candidats de leur choix. Si le nonce dispose de toutes les informations, il les enverra au Saint-Siège. Ce processus prend certainement beaucoup de temps parce que certains éléments doivent faire l’objet d’une enquête approfondie.  Tout cela se fait en secret. L’objectif est de protéger la réputation de chaque candidat. Proposer les noms des candidats est facile, mais le processus de choix d’un nouvel évêque peut prendre énormément de temps. Cette atmosphère de secret assure que tout fonctionne bien. C’est la tâche ecclésiale la plus importante, mais aussi la plus difficile pour un nonce apostolique.

Depuis votre arrivée au Sénégal, qu’est-ce qui vous a marqué dans la culture locale ?
Tout d’abord, permettez-moi de dire que je suis heureux d’être au Sénégal ! J’ai été frappé par la chaleur humaine des Sénégalais et l’accueil des populations. Les Sénégalais aiment leur pays. Ils ont un sens sain du nationalisme. Les Sénégalais sont bien éduqués et respectent les principes fondamentaux de la démocratie. Cependant, s’il y a une caractéristique de la culture sénégalaise qui me tient à cœur, ce sont les bonnes relations entre chrétiens et musulmans. C’est si important pour notre monde d’aujourd’hui que les croyants sincères de différentes traditions religieuses puissent s’entendre. Chaque année, le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux publie un message pour la conclusion du mois de Ramadan. Le message de cette année était consacré au sujet : «Chrétiens et Musulmans : de la compétition à la collaboration», ou le cardinal Tauran, président dudit conseil, a écrit : « …une base solide pour des relations pacifiques, loin de la compétition et de la confrontation, pour fonder une coopération efficace en vue du bien commun … ce qui permet d’offrir un témoignage crédible de l’amour du Tout-Puissant pour l’humanité toute entière». Nous pouvons faire beaucoup de choses ensemble et avoir un effet profond sur le pays. Le Pape émérite Benoît XVI l’a bien dit : «le dialogue interreligieux et interculturel entre chrétiens et musulmans ne peut se réduire à un choix passager. Il est, en effet, une nécessité vitale, dont dépend en grande partie notre avenir». J’invite tout le monde à apporter sa propre contribution à cette nécessité vitale.

Quelles appréciations faites-vous des relations entre la République du Sénégal et le Saint-Siège ?
Les relations diplomatiques entre le Saint-Siège (Vatican) et le Sénégal sont excellentes. Le Pape François souhaite maintenir un contact fructueux avec le Sénégal. Le Saint Père est convaincu que  les autorités sénégalaises continueront à apprécier les efforts de l’Eglise catholique en faveur de la société sénégalaise et veilleront à ce qu’elle jouisse de toutes les conditions nécessaires à l’accomplissement de cette tâche. Les mêmes relations diplomatiques participent au développement du pays. C’est un développement qui intègre à la fois des individus et l’ensemble du peuple, en accordant une attention particulière à la santé et à d’autres besoins corporels, à l’avancement intellectuel et technique à travers l’éducation, à la protection sociale et environnementale et à la croissance spirituelle.

A quand la visite du Pape François au Sénégal ?
Le Pape François a un agenda très chargé. En plus de ses audiences hebdomadaires, de l’Angélus du dimanche, des rencontres avec ses conseillers, avec les chefs d’Etat, ses visites pastorales aux centres des enfants, des pauvres, des prisons, etc. Il voyage beaucoup. Il s’est rendu récemment au siège du Conseil œcuménique des églises à Genève, en Suisse. Sur place, il a participé à une rencontre œcuménique. Il se rendra en Estonie, en Lettonie et en Lituanie à la fin du mois de septembre. Avant de venir au Sénégal, j’ai rencontré le Pape François. Il m’a chargé de transmettre aux fidèles et aux citoyens sénégalais deux messages. Le premier : Dieu aime le Sénégal ! Le deuxième : Pape François aussi vous aime ! C’est un message simple, mais quel message ! Le Pape François est donc proche du peuple sénégalais et certainement il rendra visite au peuple du Sénégal bientôt.

On observe de plus en plus des prises de position de certaines conférences épiscopales, soutenues par le Pape, sur le champ politique à travers le continent africain. Quelle lecture en faites-vous ?
Les évêques catholiques d’Afrique, comme leurs confrères des autres pays, ont pour mission d’annoncer l’Evangile de Jésus-Christ. Leur message porte sur la religion et non sur la politique. Évidemment, la pratique de la religion a sa place sur la place publique et, dans le cas des chrétiens, la pratique religieuse n’est pas seulement réservée aux églises le dimanche. L’annonce de l’Evangile a des effets dans tous les domaines de la vie.

En ce sens, l’Eglise va continuer à construire une société juste sur la base de la raison et de la loi naturelle. Le juste ordonnancement de la société et de l’Etat est une responsabilité centrale de la politique et non de l’Eglise. L’Eglise a une présence publique, pas politique. Elle doit former les consciences et motiver les laïcs à mettre en pratique les enseignements de l’Evangile. Toutefois, il est difficile d’atteindre l’équilibre approprié entre l’Eglise en tant que force politique et celle qui n’est que l’expression religieuse d’individus pratiquant leur foi en privé. Si donc le Pape François semble soutenir certaines conférences des évêques, c’est parce qu’il reconnaît ces conférences. Le Saint Père soutient les évêques, car l’une de ses tâches est de confirmer ses frères dans la foi.

Récemment, le Pape François a procédé à de nouvelles nominations de cardinaux. Certains y voient un élargissement des bases du Collège cardinalice aux églises bien loin de Rome, partagez-vous ces considérations ?
C’est la décision personnelle du Pape de nommer un nouveau cardinal. Le nonce apostolique ne propose pas de noms pour un nouveau cardinal. C’est vraiment du domaine du Pape. Une des fonctions principales du Collège des cardinaux est de conseiller le Pape sur les questions d’Eglise lorsqu’ils sont convoqués à un consistoire ordinaire, ou à une réunion de tous les cardinaux. Les cardinaux assistent également à diverses fonctions en matière de protocole, par exemple, pendant le processus de canonisation, c’est-à-dire, le processus de déclaration d’un saint dans l’Eglise catholique.  Ils se réunissent également sur la mort ou la démission d’un Pape comme un conclave papal pour élire un successeur (du souverain pontife). La couleur des vêtements que porte un cardinal est rouge, ce qui signifie qu’il est prêt à verser son sang pour le Christ et l’Eglise. Comme l’Eglise catholique est universelle, présente dans presque tous les pays du monde, il semble normal que les cardinaux viennent de partout pour représenter l’universalité de l’Eglise.

Parmi les dossiers chauds du Vatican en ce moment, il y a la démission collective de 34 évêques d’un pays, suite à un scandale de pédophilie. Un fait inédit ! Quel commentaire en faites-vous ?
La situation de l’Eglise catholique au Chili est vraiment compliquée. Ce que Saint Jean-Paul II a dit est valable pour tous les temps. D’ailleurs, ces propos  ont  été répétés par ses successeurs : «L’abus sexuel des jeunes est considéré comme un crime par la société, c’est un péché épouvantable aux yeux de Dieu ». La résignation massive de tous les évêques du Chili ne signifie pas qu’ils sont tous coupables. Le Pape peut, ou non, accepter tout ou une partie des démissions. Ce geste est une étape sur le chemin de la réforme de l’Eglise, ainsi que pour s’assurer que certaines erreurs ne se répètent pas. Il y a une cause d’espoir.

Quelle est la particularité de la fête du Pape de cette année?
Il n’y a pas de thème spécial pour la célébration de la Fête du Pape 2018. Comme les années précédentes, la Fête offre aux catholiques du Sénégal l’occasion de manifester leur amour et leur dévouement pour le Saint-Père, le Successeur de Saint Pierre. Pour les catholiques comme pour les non-catholiques, c’est une occasion de montrer du respect à un homme (Pape François) qui, de manière désintéressée et sans pouvoir économique et militaire, travaille tous les jours pour la compréhension mutuelle entre les nations et pour la paix dans le monde.

Propos recueillis par Eugène KALY

 

Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mame Thierno Dieng, a profité de la « Journée portes ouvertes » de l’Institut des sciences de l’environnement (Ise) dédiée à la Responsabilité sociale et environnementale (Rse) au Sénégal pour plaider le changement de paradigme sur la question.

L’Institut des sciences de l’environnement (Ise) est sortie de son cadre naturel de la Faculté des Sciences et techniques de l’Ucad pour réfléchir, avec le grand public, sur le thème du « Développement durable et des pratiques de la Responsabilité sociale et environnementale (Rse). Cette manifestation, dénommée « Journée portes ouvertes de l’Ise », a eu lieu le 7 juillet au Cices. Elle était initiée par les étudiants en Master de Rse dudit institut. Pour certains, aujourd’hui, quels que soient le système économique de l’entreprise, sa taille ou sa sphère d’intervention, celle-ci est obligée, dans sa stratégie de développement, de gérer ses impacts et risques sociaux, économiques, environnementaux et financiers par rapport à la société. Selon le coordinateur du comité d’organisation de la « Journée portes ouvertes de l’Ise », Aliou Bâ, « la prise en compte des répercussions des activités de l’entreprise sur l’environnement est rendue obligatoire par des textes modernes qui promeuvent l’éthique et la bonne gouvernance des organisations ». Mieux, pour le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mame Thierno Dieng, il s’agit d’aller plus loin et d’imposer la Rse dans toutes les politiques publiques, notamment aux entreprises. Donc, a-t-il dit, c’est un changement de paradigme par rapport à notre comportement vis-à-vis de la Rse. Il a, en outre, estimé que la Rse doit être une contrainte qui s’exerce sur toutes les entreprises. « Car même si, dans la démarche, elle relève de la volonté, la Rse, dans l’approche, s’impose tout de même à toutes les entreprises évoluant dans une société ». M. Dieng a ainsi invité les entreprises à intégrer la Rse dans leurs stratégies au même titre que la performance.

Dans son contenu, a dit Aliou Bâ, la Rse est fondée sur trois piliers, à savoir le social, l’environnemental et l’économique. Il a soutenu que la prise en compte de ces maillions est devenue aujourd’hui non seulement un argument de taille pour le développement durable, mais elle permet aussi à l’entreprise d’inspirer la confiance et de définir sa réputation. « Si, pour une Petite et moyenne entreprise (Pme), il peut s’agir d’un simple recyclage de ses déchets ou de l’équité salariale, pour une multinationale, on parlera, entre autres, du respect des normes standards des conditions de travail, de l’amélioration des conditions de vie des populations locales et de la réduction des impacts négatifs de l’activité sur l’environnement », a expliqué M. Bâ. Concernant la formation, Henri Lô, directeur de l’Education environnementale à l’Ise, a invité les étudiants de l’Ise à ne pas se contenter de ce qu’ils trouvent dans l’Internet, mais à faire en sorte de domestiquer le savoir et de l’adapter à notre environnement.

Abondant dans le même sens, le directeur de l’Ise, Bienvenu Sambou, n’a pas manqué de demander aux sociétés minières évoluant au Sénégal d’ouvrir leurs portes aux stagiaires de l’Ise, notamment à ceux inscrits dans les quatre Masters chargés des questions environnementales et déjà créés au sein de l’institut.

Seydou Prosper SADIO

Donner du sang pour sauver des vies ne doit plus se limiter à Dakar ou dans les grandes villes du pays. Le ministre de la Santé et de l’Action sociale veut, en effet, que les points de collecte soient décentralisés partout dans le pays. Une déclaration faite à Sangalkam lors de la cérémonie de don de sang organisée par le maire de la commune, le ministre Oumar Guèye.

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale a plaidé pour la décentralisation des points de collecte de don de sang. Abdoulaye Diouf Sarr a lancé cet appel, le 7 juillet 2018, à Sangalkam, à l’occasion de la cérémonie de don de sang organisée par le maire de la commune, le ministre Oumar Guèye. « Il faut, de temps en temps, décentraliser les activités des points de collecte et revenir à la base.  C’est la stratégie que mène le directeur du Centre national de transfusion sanguine (Cnts). Aujourd’hui, nous sommes tous dans un élan de solidarité nationale pour l’accompagner », a dit M. Sarr. Il a aussi rappelé le souhait du chef de l’Etat de voir les Sénégalais manifester leur citoyenneté à travers le don de sang.

A cet effet, le ministre a estimé qu’il y a lieu d’installer « un dispositif national » autour du Cnts et des structures décentralisées, pour que le sang soit toujours disponible pour les malades qui en ont besoin. Le maire de Sangalkam a, de son côté, indiqué que la tenue de cet événement allant dans le sens d’inciter les populations à donner de leur sang est « un acte citoyen » et une réponse à l’appel du chef de l’Etat, Macky Sall, adressé à l’ensemble des Sénégalais. « Donner du sang, c’est sauver des vies. C’est la raison pour laquelle la commune de Sangalkam, en relation avec le sous-préfet de l’arrondissement, a jugé nécessaire d’organiser une opération de don de sang », a expliqué Oumar Guèye.

Abdoulaye Diouf Sarr a magnifié le geste et s’attend à ce que les autres maires du Sénégal perpétuent cette action. « Oumar Guèye a fait, aujourd’hui, de Sangalkam la capitale du don de sang. Le Sénégal est composé de territoires. La politisation des politiques publiques est que c’est dans les territoires que les enjeux se trouvent (…). Je suis persuadé que les 557 maires du Sénégal  vont suivre ce train de la solidarité territoriale, voire nationale », a-t-il indiqué. Dans le même temps, le ministre de la Santé a invité les sociétés à s’impliquer dans le don de sang à travers leurs activités de responsabilité sociétale des entreprises. Au terme de cette cérémonie, 152 poches de sang ont été collectées par le Cnts.

Maguette NDONG

A Kolda et en Guinée-Bissau, des centaines de personnes ont bénéficié d’une consultation médicale. D’un autre côté, les vétérinaires se sont chargés des animaux. La campagne s’est déroulée du 20 au 27 juin 2018.

Le Cacsup/Sénégal et la Coopération turque (Tika) ont organisé une campagne médicale et vétérinaire à Kolda (Sénégal), Bula et Calequisse (Guinée-Bissau). Selon un communiqué transmis à la rédaction, plus de 2.000 personnes ont bénéficié de ces consultations. Concernant les animaux, 800 ont été examinés. Ces activités médicales et vétérinaires ont démarré à Kolda en présence de Nihat Cinaver, ambassadeur de la Turquie au Sénégal, Mural Oral, directeur général de la Tika, du gouverneur de la région, du maire de la commune de Kolda et de plusieurs autorités coutumières et politiques. Les organisateurs se sont rendus ensuite en Guinée-Bissau où la campagne a été parrainée par la Fondation de la Première dame, Maria Rosa Goudiaby Vaz. L’épouse du président bissau-guinéen a présidé l’ouverture officielle de cette campagne, en présence de Mme Maria Inicia Cό Sanha, ministre de la Santé, de la Famille et de la Solidarité de ce pays, du gouverneur de la région de Cacheu et des autorités coutumières et politiques.

Selon le document, cette campagne a permis de soulager des milliers de personnes et des centaines de bêtes. Elle est même qualifiée « d’exemple de politique de bon voisinage, de coopération fraternelle entre Etats africains ; ce qui témoigne d’une volonté d’intégration panafricaine des deux pays ». Mieux, la campagne médicale et vétérinaire montre le rôle que la coopération turque impulse au développement, c’est-à-dire une politique d’aide et de soutien au profit des populations surtout les plus vulnérables.

Les populations locales, se félicitant de l’action du Cacsup et de la Tika, ont demandé que de pareilles actions puissent être poursuivies et pérennisées. Le Cacsup a profité de son séjour en Guinée-Bissau pour signer un accord de partenariat avec la Fondation Maria Rosa Goudiaby Vaz. La convention prévoit d’octroyer 200 bourses de formation aux étudiants bissau-guinéens qui souhaitent poursuivre leurs études dans des écoles et instituts sénégalais de formation partenaires du Cacsup. De même, il est prévu d’aider la fondation à développer des actions et de lui trouver des partenaires.

Eugène KALY


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