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Actualités (3275)

L’adaptation aux changements climatiques prendra une nouvelle dimension à la base. Après l’expérimentation concluante dans la région de Kaffrine, d’autres collectivités territoriales bénéficieront des financements pour les actions de résilience.

L’expérimentation des Fonds d’adaptation au climat à Kaffrine a produit les effets escomptés. L’initiative a touché au moins 349.351 bénéficiaires répartis entre les différentes collectivités territoriales de cette région. « Il n’y a pas une seule collectivité territoriale de Kaffrine qui n’a pas vu les résultats de ce projet ayant permis à ces dernières d’améliorer leur cadre de vie », a reconnu Abdoulaye Willane,  le maire de Kaffrine.

Au total, une enveloppe de 849.450.501 FCfa est dégagée pour l’ensemble des projets de résilience.  Fort de ces résultats, le principal bailleur a décidé d’accorder un autre financement. L’enveloppe servira à la consolidation des acquis et à l’extension du projet à d’autres collectivités territoriales.  « Le bailleur a donné son accord pour l’extension du projet à d’autres collectivités locales. L’indicateur de succès, pour nous, c’est la mise à l’échelle. Durant cette phase, nous pensons aussi qu’il est important d’impliquer les services de l’Etat », a suggéré Bara Guèye, de l’Ong Innovation, environnement et développement (Ied).

L’approche des appuis à la résilience est holistique. En fait, ce sont les populations à la base qui identifient des projets susceptibles de réduire leur vulnérabilité par rapport aux conséquences des changements climatiques. « Nous avons tiré, entre autres leçons, que les collectivités locales sont une bonne porte d’entrée pour financer des actions d’adaptation aux changements climatiques », a indiqué Momath Talla Ndao.

En plus des aspects à capitaliser, il y a la création d’une dynamique de résilience à l’échelle des collectivités territoriales. Parmi les recommandations, les intervenants ont cité l’harmonisation des interventions. « Si nous agissons ensemble, il y a plus d’impacts en termes d’augmentation de la capacité de résilience », a plaidé Bara Guèye. Le passage à l’échelle prendra donc en considération la capitalisation des bonnes pratiques.

Le modèle de financement direct sera en tête de la hiérarchie des expériences à partager vu que la gestion des investissements au niveau central a montré ses limites dans plusieurs pays du sud.

Idrissa SANE

Le ministre de l’Environnement et du Développement durable a annoncé le lancement prochain d’un important projet de restauration de la mangrove. Le Pr Mame Thierno Dieng s’exprimait à Djirnda, première étape de sa tournée de 3 jours dans le Delta du Saloum.  

« Une enveloppe de 5 milliards de FCfa de l’Agence française de développement (Afd) sera injectée dans les activités de restauration de l’écosystème de la mangrove qui, il faut le souligner, est durement agressée ces dernières années par l’érosion côtière », a déclaré le ministre de l’Environnement et du Développement durable. Mame Thierno Dieng s’exprimait à Djirnda, première étape de sa tournée de 3 jours dans le Delta du Saloum. Selon lui, « le Sénégal, conscient de ses responsabilités dans cette croisade pour la restauration des ressources naturelles, n’a pas eu de difficultés pour trouver des ressources nécessaires auprès de ses partenaires pour le financement de ce projet ». D’ailleurs, avec la création des Aires marines protégées communautaires (Ampc), des progrès réels ont été notés dans la restauration et la sauvegarde de la mangrove. Et ce, tel que constaté par le ministre et sa délégation qui ont visité l’Ampc du Gandoul dont le siège est à Djirnda. Le Pr Dieng s’est ainsi félicité des réalisations déjà enregistrées par la Direction des Ampc qui bénéficie également des appuis financiers et matériels des partenaires que sont Wetlands international et le Programme de micro financement du Fonds européen de développement (Pmf/Fed)

De l’avis du ministre, ce nouveau projet vient à point nommé pour renforcer les efforts de l’Etat et les ressources y afférentes pour la restauration de la mangrove afin de renforcer le paysage touristique et de maintenir l’équilibre de l’écosystème des îles, surtout celui des îles du Saloum. « … Ici, on a pu constater effectivement que les objectifs qui avaient motivé la création de ces aires sont largement atteints dans cette entreprise de pérennisation de toute la ressource pour les générations actuelles et surtout pour les générations futures », dira-t-il.

Désenclavement indispensable des îles du Saloum
Sur les doléances évoquées par le maire de la commune, Badara Diome, et le président du Comité de gestion de l’Ampc, le ministre a particulièrement retenu « le désenclavement des îles qui pose des enjeux non seulement économiques mais aussi sécuritaires, puisque s’il s’agit d’urgence sanitaire, il faut pouvoir évacuer dans les délais. De ce point de vue, l’Etat, dans ses missions régaliennes, doit mener des actions énergiques pour le désenclavement des îles du Saloum. Chose indispensable pour la mobilité des personnes et des biens, mais surtout pour les évacuations sanitaires », a-t-il reconnu.

Mame Thierno Dieng a, en outre, procédé à la remise officielle d’une barque neuve au Comité de gestion de l’Ampc du Gandoul, avec l’appui du Paceve/Medd pour le développement de l’écotourisme, et aussi des ruches aux représentants des groupements de 5 villages (Ngadior, Fambine, Maya, Diamniadio et Wandié) soutenus par Wetlands international dans le cadre de la diversification des revenus des bénéficiaires.

Mohamadou SAGNE

 

Un crédit de la Banque mondiale d’un montant de 70,5 milliards de FCfa devrait permettre à 1,5 million de Sénégalais du bassin arachidier de mieux accéder à l’eau et à l’assainissement.

L’Association internationale de développement (Ida), une institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres, a approuvé, le 22 juin, un crédit de 70,5 milliards de FCfa (130 millions de dollars) en faveur du Sénégal pour améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement de 1,5 million de Sénégalais. Selon un communiqué de l’institution, ce projet d’approvisionnement en eau et assainissement en milieu rural sera exécuté dans la zone du bassin arachidier (Centre et Ouest) où vit un tiers de la population rurale du pays. Cette zone souffre d’un très faible accès à l’assainissement et est confrontée à un taux de pauvreté élevé. D’où l’importance des installations sanitaires améliorées. « Les bénéficiaires auront accès à l'eau courante grâce aux branchements domiciliaires et aux bornes fontaines, en plus des latrines familiales, des raccordements des ménages aux réseaux d'assainissement collectif et des toilettes dans les écoles, les centres de santé et les marchés », a déclaré, dans le communiqué, Oumar Diallo, chargé du programme à la Banque mondiale.

Il est attendu, à travers ce projet, un impact positif sur les entreprises privées impliquées directement dans les activités de construction d’infrastructures hydrauliques ou d’assainissement et de prestations de services. Le programme devrait également contribuer au renforcement de la gestion intégrée des ressources en eau en améliorant les connaissances, la planification et le cadre institutionnel. Ce qui renforcera la résilience au changement climatique dans la zone du projet, espère la Banque mondiale. Celle-ci rappelle l’importance de l’amélioration des infrastructures d’eau et d’assainissement dans la baisse de la pauvreté, notamment par une réduction des maladies hydriques générant l’absentéisme en milieu professionnel ou scolaire, de même que les coûts associés aux dépenses médicales et à la perte de revenus.

« Notre engagement continu nous donnera l'occasion de tirer les leçons de notre partenariat, long et fructueux, avec le gouvernement du Sénégal, dans le développement du secteur de l'eau et de l'assainissement et de veiller à ce que l'eau et l'assainissement soient accessibles aux groupes vulnérables», a affirmé Mme Louise Cord, directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal. Fondée en 1960, l’Ida accorde des dons et des prêts à faible taux d’intérêt ou sans intérêts en faveur de projets et de programmes visant à stimuler la croissance économique, à réduire la pauvreté et à améliorer la vie des démunis.

Malick CISS

 

Environ 200 enfants, âgés de 5 à 15 ans, étaient en compétition de calcul mental le 23 juin 2018 au Centre culturel Blaise Senghor. La manifestation était organisée par Universal concept of mental arithmetic system (Ucmas). Un programme malaisien visant à améliorer la qualité des enseignements-apprentissages en mathématiques.

La première édition du concours de calcul mental pour les enfants s’est déroulée à Dakar le 23 juin 2018. Cette compétition a réuni 200 élèves du cycle primaire et du moyen secondaire ayant subi la formation avec Ucmas (Universal concept of mental arithmetic system). Les épreuves sont constituées d’addition, de soustraction, de multiplication et de division. Dans une bonne ambiance, les élèves sélectionnés se sont donnés à cœur joie dans cet exercice au grand bonheur de leurs parents comblés.

Selon Bernadette Sambou, enseignante et responsable pour le Sénégal d’Ucmas, « ce programme vise à développer le cerveau de l’enfant sur la base des mathématiques ». Elle a ajouté qu’il entre ainsi dans la promotion des sciences chez les enfants. « C’est le moment de saisir l’occasion pour former les enfants dans les sciences, car au Sénégal, il y a pas mal d’initiatives pour intéresser les plus jeunes, notamment les filles, aux matières scientifiques », a admis Mme Sambou. A l’en croire, il faut 10 ans pour intéresser un enfant à la science. « Ce sont les 6 ans du cycle primaire et les 4 ans du cycle moyen secondaire. Si on ne profite pas de cette période pour lui montrer comment aimer la science, on n’y arrivera jamais », a-t-elle explicité, précisant qu’ « on ne peut pas attendre la fin du cycle moyen secondaire et dire que je veux que mon enfant fasse de la science, alors que c’est à bas âge que tout commence ». L’initiateur de cette formation scientifique chez l’enfant est le Dr Dino Wong de la Malaisie.

Côté perception, Adji Fatou Diop, une élève de 9 ans, a déclaré : « C’est intéressant, car cela me permet de développer mon cerveau vu que je suis très jeune ». Pour l’enseignant formateur Mouhamadou Moukhaïrou Sané, avec ce programme, « on développe chez l’élève la concentration, la rapidité, l’exactitude, la confiance en soi et une aptitude à faire des calculs mentaux plus vite qu’une calculatrice ». Le Dr Wong, a-t-il indiqué, a voulu mettre en exergue la capacité de l’hémisphère de l’élève enfant. « Quand on écrit par la main droite, on développe la partie gauche du cerveau et quand on écrit par la main gauche, on développe la partie droite du cerveau. Pour lui, la meilleure manière de réussir tout ça est de combiner un ensemble de raisonnements, à savoir développer le cerveau à réagir plus vite qu’une machine calculatrice », a fait remarquer M. Sané. En dehors de ces aptitudes, l’enseignant a soutenu que le besoin est pressant au Sénégal où l’on ne formait que des littéraires. Boubacar Baldé, 16 ans et demie, a affirmé que ce système l’aide à progresser dans la vie afin de calculer plus rapidement. « Je veux devenir physicien astronaute et cet apprentissage me permet d’aller vite par le cerveau pour résoudre spontanément les équations de calcul », a-t-il confié.

Cheikh Malick COLY

 

Le Pr Alassane Diouf, président de l’Association sénégalaise des gynécologues-obstétriciens (Asgo), a révélé que le mauvais traitement des  Infections sexuellement transmissibles (Ist), l’obésité, la pollution, le diabète et l’hypertension artérielle sont les principales causes de l’infertilité au Sénégal.

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, a ouvert, le 26 juin, à Dakar, les travaux du 10ème Congrès de l’Association sénégalaise des gynécologues-obstétriciens (Asgo) couplé  aux Journées franco-sénégalaises de gynécologie-obstétrique. Plusieurs thèmes sont débattus par des professionnels de santé et spécialistes de la gynécologie sénégalaise, française, marocaine, etc., dont : « Infertilité », « Pré-éclampsie », « Prématurité »,  « Prolapsus-génital », « Cancers gynécologiques et mammaires ».

Mais, un large focus a été fait sur l’infertilité qui est en train de gagner du terrain. Au Sénégal, il n’est pas rare de voir de jeunes couples rester cinq à dix ans sans avoir d’enfant. Le président de l’Asgo, le Pr Alassane Diouf, a expliqué que l’infertilité est liée en grande partie au mauvais traitement des Infections sexuellement transmissibles (Ist), ajoutant que certaines personnes atteintes cachent ces maladies. Conséquences : elles sont diagnostiquées tardivement. « Même si elles sont traitées, ces infections laissent des séquelles », a-t-il regretté.

La deuxième cause de l’infertilité est due, selon lui, au mode de vie, aussi bien chez la femme que chez l’homme. Dans notre pays, beaucoup de gens sont obèses, sans compter l’augmentation des diabétiques et des hypertendus. « A cela s’ajoute l’exposition à la pollution. Ce sont tous ces phénomènes qui ont entrainé la baisse de la fécondité dans notre société », a indiqué le gynécologue.

Durant leurs travaux, les spécialistes ont également parlé de la pré-éclampsie, c’est-à-dire l’hypertension artérielle qui survient pendant la grossesse et est responsable de nombreux décès maternels et des nouveau-nés. « Elle vient au deuxième rang après l’hémorragie », a-t-il informé. La prématurité des bébés qui naissent avec des poids faibles et qui sont confrontés à des maladies a été aussi abordée. Avec les progrès scientifiques, ces enfants ne courent plus de risques. Les cancers gynécologiques et mammaires ainsi que le prolapsus génital (descente anormale d’un ou de plusieurs organes situés dans la cavité pelvienne) ont, en outre, été discutés.

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale a, lui, assuré que le gouvernement continuera ses efforts de recrutement de spécialistes. « Au chapitre de la formation, il me plait de rappeler que l’octroi de bourses de spécialisation en gynécologie-obstétrique aux jeunes médecins sénégalais sera renforcé afin de poursuivre le maillage du territoire national », a promis Abdoulaye Diouf Sarr.  

Eugène KALY

 

Les députés sénégalais ont été sensibilisés sur l’importance de la minimisation des risques environnementaux et socio-économiques des activités pétrolières et gazières offshore. L’atelier est organisé par le Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine en Afrique de l’Ouest (Prcm).

La découverte et l’exploitation des hydrocarbures posent une série de défis au Sénégal. Ces biens de la nature sont une chance pour la création de richesses. Mais, si leur exploitation n’est pas maîtrisée, les inconvénients pourraient éclipser les avantages. C’est ce qui apparaît dans l’intervention du directeur du Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine en Afrique de l’Ouest (Prcm), Ahmed Senhoury. « Cet atelier sera utile pour l’accompagnement des députés dans ce contexte de développement du secteur des hydrocarbures qui présente un intérêt majeur pour l’économie, mais qui a en même temps des conséquences négatives », a-t-il fait remarquer lors d’un atelier organisé à l’intention du Réseau des parlementaires pour la protection de l’environnement au Sénégal (Repes).

Les députés ont un rôle essentiel à jouer dans la promotion de la gouvernance et la création d’un cadre harmonisé des entités étatiques. C’est l’avis du Dr Barthélémy du Prcm. Les craintes de la valorisation de ces ressources sont surtout d’ordre écologique pour ne pas dire environnemental. Est-ce que les compagnies vont se soucier de la préservation des habitats marins, des ressources halieutiques ? « Bien avant la découverte du pétrole et du gaz, des milliers de Sénégalais vivent des activités de pêche. Nous devons penser à ces communautés et à toutes les filières », s’est inquiété un des représentants des pêcheurs. Il n’est pas le seul intervenant soucieux de la durabilité des écosystèmes, d’autant plus que l’ancien député Cheikh Oumar Sy a soulevé l’insuffisance de la réhabilitation des puits après les forages. Pour lui, la découverte du pétrole pourrait engendrer des conséquences sur les côtes, aux larges des gisements d’exploitation comme à Kayar, à Saint-Louis, à Mbour… « Il y aura l’impact psychologique. Les personnes vont se concentrer sur les côtes, engendrant ainsi des problèmes fonciers et la pollution. Nous devons être attentifs à la réparation des forages après l’exploration », a avancé M. Sy. D’autres intervenants ont demandé aux écologistes : Est-ce qu’il faudra laisser la richesse dans notre sous-sol alors que nous avons des besoins de développement ? « Nous devons transformer cette malédiction du pétrole en opportunité. Nous ne devons pas penser que les problèmes que connaissent d’autres pays peuvent forcément nous arriver », a tranché Ousmane Badiane, de l’Union des associations d’élus locaux (Uael).

Le risque zéro !
Le risque zéro n’existe pas dans une activité industrielle. Dès lors, les compagnies sont tenues de prendre en considération les éventuelles conséquences négatives et de mettre en place des mécanismes d’atténuation de ces effets néfastes. « Il y a des plans de gestion environnementaux pour minimiser ces risques. Dans les nouvelles dispositions, nous travaillons à ce qu’elles aient une caisse de péréquation. Ce fonds servira à gérer les éventuels accidents », a fait savoir le président du groupe parlementaire « Benno Bokk Yakaar », Aymérou Gningue, qui a assuré que les technologies utilisées actuellement par les industries causent moins de préjudice à l’environnement. Il a aussi levé les équivoques sur la réadaptation de la réglementation sur les hydrocarbures. Le Sénégal désormais va tourner la page du contrat de concession. « Ce n’est plus comme dans les années 60. Nous parlons de contrat de partage de production. Après l’amortissement des investissements par la compagnie, l’Etat aura une part de 70% et la compagnie 30% », a précisé M. Gningue.

Par Idrissa SANE et Amadou DIOP


AYMEROU GNINGUE, PRESIDENT DU GROUPE PARLEMENTAIRE BBY : « NOUS PRENDRONS LA MESURE DE LA QUESTION ENVIRONNEMENTALE DANS L’EXPLOITATION DU PÉTROLE ET DU GAZ»
Lors de l’ouverture des travaux de sensibilisation des parlementaires sur la gestion environnementale des activités pétrolières et gazières offshore auquel il a pris part, le président du groupe parlementaire «Benno Bokk Yakaar », Aymérou Gningue, a indiqué qu’un tel atelier doit permettre aux parlementaires de prendre toute la mesure de la question environnementale dans l’exploitation du pétrole et du gaz. Ce faisant, il a fait comprendre que la rencontre revêt un intérêt vital. «Nous pensons qu’un tel atelier, qui permet aux parlementaires qui sont là pour voter des lois, mais qui sont aussi des relais importants auprès des populations, doit nous permettre de prendre toute la mesure de la question environnementale dans l’exploitation du pétrole et du gaz », a-t-il justifié. Rappelant que le Sénégal rentre dans une phase d’exploitation du pétrole et du gaz, le député a renchéri qu’il est heureux que des partenaires du Sénégal, notamment le Prcm, invitent l’ensemble des députés à un atelier de partage. Poursuivant il a indiqué qu’ « il est important que nous nous retrouvons pour échanger, pendant deux jours, sur la problématique de l’exploitation, non seulement en offshore, qui est la particularité, mais aussi aller même jusqu’à l’onshore pour montrer combien il est important de préserver l’environnement dans toutes les activités pétrolières que nous aurons à développer au Sénégal ».

I. SANE et A. DIOP

A l’Ief de Grand Dakar qui regroupe 6 communes (Grand Dakar, Biscuiterie, Hlm, Sicap-Liberté, Dieuppeul et Hann Bel-Air), il y a eu 4802 inscrits, en plus de 27 nouveaux inscrits le jour de l’examen, soit un total de 4829 candidats composant dans 21 centres. Hier, l’inspecteur a constaté 53 absents. 712 surveillants, secrétaires et chefs de centre sont dans le dispositif avec quelques absences notées et « dues à un manque de communication ». Selon Abdoulaye Wade, les épreuves sont très abordables et le format allégé a été respecté avec moins de questions, sans diminuer le nombre d’informations à recueillir.

O. KANDE

Les épreuves de l’entrée en 6ème et du Cfee ont démarré, hier, à Mbour, dans de bonnes conditions. Du moins, c’est ce qui a été constaté à l’issue de la tournée effectuée par le préfet accompagné de l’Inspecteur de l’éducation et de la formation (Ief) de Mbour 1 et du président départemental des parents d’élèves. Au total, ils sont 12.516 candidats, dont 5634 garçons et 6882 filles, à avoir composé dans 62 centres. Les chefs de centre et leurs adjoints (134) ont tous répondu présents, tout comme les 1000 surveillants et secrétaires.

Le préfet Saër Ndao s’est rendu dans les centres Etienne Monique, où sur 268 candidats, 1 seul absent a été noté, Gaïndé Fatma avec 172 candidats, dont 3 absents, et Khamacone Dione de Nguékhokh où ont tous les 255 candidats composé. A l’issue de la tournée, le préfet a dit toute sa satisfaction sur l’organisation. « L’Ief de Mbour 1 a bien géré l’organisation de l’examen et a pris toutes les dispositions utiles », a-t-il déclaré. Mamadou Lamine Sakho a, pour sa part, soutenu que les épreuves ont normalement démarré dans tous les centres. L’Ief de Mbour 1 a bien apprécié les conditions d’accueil et d’hébergement du personnel. Toutefois, il a noté une insuffisance des épreuves dans 2 centres, vite résorbée par ses services.

Mouhamed Keïta, président départemental des Ape, a insisté sur l’engagement des parents à organiser un bon accueil des chefs de centre et surveillants, une manière de leur permettre de travailler dans la quiétude.

Amath Sigui NDIAYE

Les épreuves de l’examen du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee) et du concours d’entrée en sixième ont démarré sans incident dans la région de Diourbel. A Mbacké, il a été noté la montée en puissance des écoles franco-arabes et des établissements privés.

Dans la région de Diourbel, le nombre de candidats est de 16.460, dont 6746 garçons et 9714 filles. Ils sont répartis dans 94 centres (30 dans le département de Diourbel, 30 dans le département de Mbacké et 34 dans le département de Bambey). La visite des centres d'examens témoins a été conduite par l'adjoint au gouverneur, Ahmeth Tidiane Thiaw, qui s'est réjoui de la présence des enseignants et du respect des directives du ministère de l'Education nationale. L'inspecteur d'académie Seydou Sy s'est félicité des facilités du procureur qui a permis aux candidats ne disposant pas d'extraits de naissance de pouvoir composer. A Mbacké, la majorité des candidats a répondu présente, même s’il a été noté des absents. Ils ont composé sans incident, a souligné l’Inspecteur de l’éducation et de la formation (Ief) Ndiaga Bâ. Cinq centres témoins ont reçu la délégation conduite par le préfet Mamadou Lamine Mané, l’Ief et les partenaires dont la Cosydep, les syndicats d’enseignants et le président des parents d’élèves. « Nous pensons que l’examen se déroule sans incident. Tout se passe bien. Nous espérons que cette même sérénité va prévaloir jusqu'à la fin des épreuves », a indiqué l’autorité.

Evoquant les candidatures, M. Bâ a révélé que la circonscription de Mbacké a présenté 6155 candidats, dont 3847 filles. Parmi eux, 1601 ont fait l’option franco-arabe, soit 26%, a laissé entendre l’autorité académique, soulignant la diversité des candidatures, une autre caractéristique de Mbacké, avec la montée en puissance du privé avec 1866 candidats ; ce qui est un peu significatif.

Mamadou DIEYE

A Fatick, 17.872 candidats, dont 7839 garçons et 10.033 filles, ont investi 116 centres ouverts sur toute l’étendue de la région pour y subir les épreuves de l’entrée en 6ème  et du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee). Dans la commune éponyme, chef-lieu de région, il a été constaté un bon déroulement des épreuves dans les 5 centres visités, dans la matinée (Amadou Daly Faye, Moustapha Baïdy Bâ, Collège du Sine, Thiagoune Ndiaye et Serigne Khaly Niang), par les autorités administratives locales et académiques conduites par l’adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives, Sahite Fall. Le personnel enseignant (membres de jury et surveillants) a très tôt occupé les postes pour accueillir les candidats. Aucune absence n’a été relevée dans le lot des candidats officiels régulièrement inscrits. Seuls 10 candidats individuels ont brillé par leur absence au centre Moustapha Baïdy Bâ, a-t-on signalé.

Par ailleurs, il faut souligner qu’aucun cas de rejet de dossier de candidat ne disposant pas de pièce d’état civil n’a été noté cette année. Contrairement aux années précédentes où l’extrait de naissance était obligatoire. Les filles sont venues en force avec 10.033 candidates, plus que les garçons ; ce qui témoigne des efforts consentis, depuis plusieurs années, dans la scolarisation des filles.

Mohamadou SAGNE

Les épreuves d’entrée en sixième et du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee), entamées hier, se déroulent correctement dans plusieurs centres de la capitale visités. Les élèves ont composé dans le calme, en présence des surveillants venus en nombre.

A quelques minutes de 10 heures du matin, la cour de l’école Kawabatou Yasuri de Mariste 1, communément appelée Ecole japonaise, grouille de jeunes élèves. Ces derniers, pourtant candidats à leur premier examen, notamment le Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee), ne semblent pas ébranlés par les évènements. A l’aise, ils se tapotent et devisent. Ils sont en pause après la première épreuve de langue et communication de 60 minutes qu’ils ont traitée avant terme.

Devant le bureau du chef de centre, les surveillants en profitent aussi pour prendre du pain et du café. Mis au courant de notre présence, le chef du centre Kawabatou Yasuri, Demba Sène, s’empresse de nous confirmer qu’« il n’y aucun problème depuis le matin ». Ce centre, qui accueille les candidats des écoles de la zone, notamment les institutions privées de Maristes, a vu 366 candidats s’inscrire à l’examen et répartis dans 14 salles. Même s’il remarque trois absences chez les élèves, tous les surveillants ont répondu présents. Ces derniers sont trois par salle. M. Sène confie que tout se passe bien aussi avec les « enfants qui se concentrent très bien » après avoir bien écouté les conseils des encadreurs.

Avant la fin de notre discussion, le chef du centre nous rappelle que c’est l’heure de la deuxième épreuve. Entouré des différents surveillants, il sort une grande enveloppe fermée et dans laquelle sont contenus les sujets. A haute voix, il commence à appeler : « Salle 1, salle 2, sale 3…». Chaque surveillant responsable de salle se rapproche, récupère les épreuves et prend la direction de sa classe. Les épreuves de 10 heures commencent et les candidats, dans une concentration imperturbable, planchent dessus sans perdre du temps. Auparavant, Daniel Gomis, enseignant au cours Sainte Marie de Hann et surveillant dans ce centre, soutient que l’épreuve de langue et de communication, qui est une étude d’un texte extrait d’un ouvrage de Ngary Faye intitulé « Le Verdict de l’aurore », est à la portée des candidats. A son avis, ces derniers vont bien comprendre le texte, car il est à leur niveau.

Les malentendants composent aussi
L’autre particularité de ce centre de l’école Kawabatou Yasuri est que dans une des 14 salles de classe, 4 candidats malentendants de l’établissement « Renaissance des sourds » y composent.

Ces derniers bénéficient d’un dispositif spécial avec trois surveillants qui les encadrent grâce à leur maitrise du langage des sourds pour faire passer les messages, notamment lors de l’épreuve de dictée. L’association des parents d’élèves de cet établissement participe aussi à la bonne organisation de l’examen en aidant les surveillants dans la restauration et appuyant à la résolution de certains cas, en particulier les candidats ayant oublié leur numéro. Selon le président de cette Ape, Pape Diouf, ces cas ont été réglés et les élèves ont pu composer.

Plus loin, à l’école Ndary Niang de Ben Tally, juste à côté du marché « Mbabas », les derniers élèves à rendre leurs copies sortent avant 12 heures, sous le regard de deux policiers installés à l’ombre d’un des bâtiments de l’établissement. Les élèves des écoles Younouss Aïdara et Ndèye Fatou Sylla, en plus de ceux de Ndary Niang, passent leur Cfee dans ce centre.

Oumar KANDE

DES ÉPREUVES À LEUR PORTÉE, SELON LES ÉLÈVES
Un groupe de 6 candidats, cartes d’identité scolaire badgés autour de leur cou, discute des épreuves de français et de dessin. Interpellée, la petite Mariama Diallo, sac en bandoulière, confie que « les épreuves sont faciles pour le moment ». Son amie, Ndèye Nogoye Mbaye, élève à Ndary Niang, confirme et pense que « le reste sera pareil » et qu’ils vont réussir. Une autre candidate du nom de Sokhna Maï Faye intervient et confesse que, depuis des jours, elle était stressée, mais en découvrant les épreuves, elle a été rassurée. Ces jeunes candidates espèrent réussir, car, selon elles, même pendant les grèves, leurs enseignants faisaient des cours de renforcement, les week-ends surtout ; ce qui fait qu’elles n’ont pas souffert de la crise.

Cependant, le chef du centre, Ousmane Faye, malgré sa disponibilité, ne s’est pas prononcer, annonçant que «rien est à signaler». Aimablement, il fait savoir que l’inspecteur de l’éducation et de la formation de Grand Dakar leur a instruit de ne pas parler à la presse. Cependant, un surveillant, sous le couvert de l’anonymat, assure qu’ils ont été tous présents et les épreuves se sont passées sans couac à Ndary Niang.

Dans la même commune, à l’école Biscuiterie, se situant entre les quartiers de Ben Tally et Niarry Tally, à côté du marché Nguélaw, c’est le même mot d’ordre : pas de déclaration à la presse.

Là aussi, un responsable souffle que sur 215 candidats inscrits, il n’y a eu que 5 absents. Les surveillants étaient présents. D’ailleurs, à notre arrivée, certains étaient autour de la théière à la pause de midi.

O. KANDE

ABDOULAYE WADE, INSPECTEUR DE L’EDUCATION ET DE LA FORMATION DE GRAND DAKAR : « IL N’Y A PAS EU DE DIFFICULTÉS MAJEURES »
Pour avoir toutes les informations, cap sur l’Inspection de l’éducation et de la formation (Ief) de Grand Dakar. Le responsable qui nous reçoit, Abdoulaye Wade, soutient qu’il n’a pas voulu que des informations sortent de toute part, d’où sa décision de limiter les déclarations à la presse dans les centres. Cependant, après avoir fait le tour dans la circonscription de Grand Dakar, il affirme que l’examen se passe normalement depuis le matin. « Dans l’ensemble, il n’y a pas eu de difficultés majeures. Les surveillants sont présents, les élèves aussi, et le dispositif sécuritaire est en place. Toutes les mesures prises lors de la rencontre de préparation ont été respectées dans l’ensemble » souteint M. Wade.

O. KANDE

4 829 CANDIDATS À GRAND-DAKAR, DONT 53 ABSENTS
A l’Ief de Grand Dakar qui regroupe 6 communes (Grand Dakar, Biscuiterie, Hlm, Sicap-Liberté, Dieuppeul et Hann Bel-Air), il y a eu 4802 inscrits, en plus de 27 nouveaux inscrits le jour de l’examen, soit un total de 4829 candidats composant dans 21 centres. Hier, l’inspecteur a constaté 53 absents. 712 surveillants, secrétaires et chefs de centre sont dans le dispositif avec quelques absences notées et « dues à un manque de communication ». Selon Abdoulaye Wade, les épreuves sont très abordables et le format allégé a été respecté avec moins de questions, sans diminuer le nombre d’informations à recueillir.

O. KANDE

BON DÉROULEMENT À MBOUR
Classe et InstitLes épreuves de l’entrée en 6ème et du Cfee ont démarré, hier, à Mbour, dans de bonnes conditions. Du moins, c’est ce qui a été constaté à l’issue de la tournée effectuée par le préfet accompagné de l’Inspecteur de l’éducation et de la formation (Ief) de Mbour 1 et du président départemental des parents d’élèves. Au total, ils sont 12.516 candidats, dont 5634 garçons et 6882 filles, à avoir composé dans 62 centres. Les chefs de centre et leurs adjoints (134) ont tous répondu présents, tout comme les 1000 surveillants et secrétaires.

Le préfet Saër Ndao s’est rendu dans les centres Etienne Monique, où sur 268 candidats, 1 seul absent a été noté, Gaïndé Fatma avec 172 candidats, dont 3 absents, et Khamacone Dione de Nguékhokh où ont tous les 255 candidats composé. A l’issue de la tournée, le préfet a dit toute sa satisfaction sur l’organisation. « L’Ief de Mbour 1 a bien géré l’organisation de l’examen et a pris toutes les dispositions utiles », a-t-il déclaré. Mamadou Lamine Sakho a, pour sa part, soutenu que les épreuves ont normalement démarré dans tous les centres. L’Ief de Mbour 1 a bien apprécié les conditions d’accueil et d’hébergement du personnel. Toutefois, il a noté une insuffisance des épreuves dans 2 centres, vite résorbée par ses services.

Mouhamed Keïta, président départemental des Ape, a insisté sur l’engagement des parents à organiser un bon accueil des chefs de centre et surveillants, une manière de leur permettre de travailler dans la quiétude.

Amath Sigui NDIAYE

MONTÉE EN PUISSANCE DES ÉCOLES FRANCO-ARABES ET DES ÉTABLISSEMENTS PRIVÉS À MBACKÉ
Les épreuves de l’examen du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee) et du concours d’entrée en sixième ont démarré sans incident dans la région de Diourbel. A Mbacké, il a été noté la montée en puissance des écoles franco-arabes et des établissements privés.

Dans la région de Diourbel, le nombre de candidats est de 16.460, dont 6746 garçons et 9714 filles. Ils sont répartis dans 94 centres (30 dans le département de Diourbel, 30 dans le département de Mbacké et 34 dans le département de Bambey). La visite des centres d'examens témoins a été conduite par l'adjoint au gouverneur, Ahmeth Tidiane Thiaw, qui s'est réjoui de la présence des enseignants et du respect des directives du ministère de l'Education nationale. L'inspecteur d'académie Seydou Sy s'est félicité des facilités du procureur qui a permis aux candidats ne disposant pas d'extraits de naissance de pouvoir composer. A Mbacké, la majorité des candidats a répondu présente, même s’il a été noté des absents. Ils ont composé sans incident, a souligné l’Inspecteur de l’éducation et de la formation (Ief) Ndiaga Bâ. Cinq centres témoins ont reçu la délégation conduite par le préfet Mamadou Lamine Mané, l’Ief et les partenaires dont la Cosydep, les syndicats d’enseignants et le président des parents d’élèves. « Nous pensons que l’examen se déroule sans incident. Tout se passe bien. Nous espérons que cette même sérénité va prévaloir jusqu'à la fin des épreuves », a indiqué l’autorité.

Evoquant les candidatures, M. Bâ a révélé que la circonscription de Mbacké a présenté 6155 candidats, dont 3847 filles. Parmi eux, 1601 ont fait l’option franco-arabe, soit 26 %, a laissé entendre l’autorité académique, soulignant la diversité des candidatures, une autre caractéristique de Mbacké, avec la montée en puissance du privé avec 1866 candidats ; ce qui est un peu significatif.

Mamadou DIEYE

AUCUN CAS DE REJET DE CANDIDATURE SIGNALÉ À FATICK
A Fatick, 17.872 candidats, dont 7839 garçons et 10.033 filles, ont investi 116 centres ouverts sur toute l’étendue de la région pour y subir les épreuves de l’entrée en 6ème  et du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee). Dans la commune éponyme, chef-lieu de région, il a été constaté un bon déroulement des épreuves dans les 5 centres visités, dans la matinée (Amadou Daly Faye, Moustapha Baïdy Bâ, Collège du Sine, Thiagoune Ndiaye et Serigne Khaly Niang), par les autorités administratives locales et académiques conduites par l’adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives, Sahite Fall. Le personnel enseignant (membres de jury et surveillants) a très tôt occupé les postes pour accueillir les candidats. Aucune absence n’a été relevée dans le lot des candidats officiels régulièrement inscrits. Seuls 10 candidats individuels ont brillé par leur absence au centre Moustapha Baïdy Bâ, a-t-on signalé.

Par ailleurs, il faut souligner qu’aucun cas de rejet de dossier de candidat ne disposant pas de pièce d’état civil n’a été noté cette année. Contrairement aux années précédentes où l’extrait de naissance était obligatoire. Les filles sont venues en force avec 10.033 candidates, plus que les garçons ; ce qui témoigne des efforts consentis, depuis plusieurs années, dans la scolarisation des filles.

Mohamadou SAGNE

Pour freiner la privatisation rampante de l’éducation, la Cosydep appelle à rendre l’école publique attirante. Son coordonnateur, Cheikh Mbow, en a parlé à l’occasion d’une journée de réflexion faisant suite à la 3e Conférence de reconstitution des ressources du Partenariat mondial pour l’éducation (Pme).

S’il y a un phénomène qui préoccupe la Cosydep (Coalition des organisations en synergie pour la défense de l'éducation publique), c’est la privatisation rampante de l’éducation. Selon son coordonnateur général, Cheikh Mbow, « l’éducation est un droit, pas une marchandise ou un produit à vendre. Ça l’est encore plus dans nos pays où pour 50 FCfa, un enfant pourrait quitter l’école. Les pays en développement n’ont pas besoin d’un système éducatif privatisé. Il faut faire en sorte que tous les enfants, quelle que soit leur situation, puissent espérer être accompagnés par l’Etat qui constitue le premier parent. Il est donc essentiel que la question de la privatisation soit bien adressée en rappelant le droit à l’éducation et en revalorisant l’offre publique d’éducation », a-t-il plaidé. Poursuivant, M. Mbow a souligné que ce sont essentiellement les écoles publiques qui sont délabrées. C’est pourquoi, a-t-il déclaré, il faut que l’éducation publique soit plus attrayante. « On ne dit pas qu’il ne doit pas y avoir d’écoles privées, mais il faut réguler, les maitriser ; ce qui va nous permettre de diversifier les offres et de continuer à compter essentiellement sur l’offre publique pour donner la chance aux millions de Sénégalais qui, pour des raisons géographiques ou sociales, pourraient être laissés en rade », a-t-il alerté.

Nos propres ressources pour financer l’éducation
Il y a un peu plus de 4 mois, se tenait la 3ème Conférence sur le Partenariat mondial pour l’éducation (Pme). Une rencontre qui a vu des Etats dont le Sénégal prendre un certain nombre d’engagements pour le financement de l’éducation. Selon Cheikh Mbow, le Pme est « une machine assez robuste qui permet de collecter des ressources financières pour appuyer les systèmes des pays en développement ». Même si les ressources sont toujours les bienvenues, le coordonnateur de la Cosydep est convaincu que, « pour avoir un système éducatif financé de manière durable, il va falloir d’abord compter sur nos propres ressources ». « Tout le monde sait que nous avons suffisamment de ressources pour financer notre système éducatif. Nous nous rendons compte, dans la dernière période, que l’Aide publique au développement a baissé en matière de financement de l’éducation au détriment d’autres secteurs, tels que les infrastructures, la santé… Même la communauté internationale a pris des engagements pour appuyer les pays qui feraient des efforts en matière de financement domestique », a-t-il préconisé.

Pour mieux suivre les engagements pris par l’Etat, la Cosydep a mis en place un dispositif de monitoring. « Nous, en tant que société civile du Sénégal, avons décidé de jouer pleinement notre rôle et pousser notre Etat à respecter ses engagements », a assuré M. Mbow. A son avis, les niches de financement ne manquent pas, il faut juste mettre le cadre. Mais, il a estimé qu’il faut d’abord une équité fiscale. Toujours selon le coordonnateur de la Cosydep, le vote du budget national, prévu durant le dernier trimestre, est aussi un excellent espace de plaidoyer pour rappeler aux Etats leurs engagements. Cheikh Mbow a, enfin, cité les ressources pétrolières comme une source de financement.

Oumar FEDIOR

18.879 candidats répartis dans 90 centres d’examen des 16 communes ! Ce sont les principaux chiffres de l’examen du Cfee et de l’entrée en sixième dans le département de Mbour où ces écoliers iront à la recherche de leur premier diplôme. Ces chiffres concernent les deux Inspections de l’éducation et de la formation (Ief) de Mbour 1 et Mbour 2 qui résultent du partage de 2011.

Naturellement, l’Inspection de Mbour 1 dont est issue celle de Mbour 2 est la plus fournie avec « 12.516 candidats, dont 5634 garçons et 6.882 filles, qui vont composer dans 62 centres contre 61 l’an dernier. Il y a 28 centres dans la commune de Mbour et 34 en dehors », renseigne l’inspecteur Mamadou Lamine Sakho.

Pour un bon déroulement de l’examen, l’autorité soutient que plusieurs mesures ont été prises. « Nous venons de terminer la réunion avec les chefs de centre qui doivent être convoyés vers les différents centres. Une réunion pour leur dire comment s’y prendre avant, pendant et après les examens, avec tous les documents annexes qui permettent de rendre visibles et de permettre un déroulement normal de l’examen dans les différents centres », dit M. Sakho.

A l’Ief de Mbour 2, l’examen concerne moins de monde, mais le dispositif est pratiquement le même. Et l’inspecteur Moustapha Mbaye qui chapeaute le processus informe que l’inspection compte 6363 candidats répartis dans 38 centres dans 7 communes (Fissel, Joal, Ndiaganiao, Nguéniène, Sandiara, Sessène et Thiadiaye). Ici, plusieurs actions ont été prises pour une parfaite organisation. Pour parer à d’éventuels problèmes, M. Mbaye souligne qu’un dispositif de veille est mis en place avec des équipes dirigées par six inspecteurs et qui seront positionnées à Fissel, Joal, Ndiaganiao et Thiadiaye pour intervenir en cas de problème.

Ousseynou POUYE

Malgré les efforts consentis par l’Etat et ses partenaires au développement dont l’Unicef, l’objectif « zéro candidat à l’examen sans état civil » n’est pas attend dans le département de Kolda. Selon l’Inspecteur de l’éducation et de la formation (Ief) de Kolda, 1.500 potaches se présentent, cette année, à l’examen du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee) et de l’entrée en 6ème sans disposer de pièce d’état civil. Une situation qui témoigne, encore une fois, du manque d’intérêt, pour ne pas dire de la négligence coupable de certains parents. Certes, de nets progrès ont été enregistrés au cours de ces dernières années, mais force est de constater qu’il reste encore beaucoup à faire pour arriver à zéro enfant à l’examen sans extrait de naissance. « Mille cinq cents élèves vont passer l’examen sans présenter d’extrait de naissance contre 1.800 l’année dernière », déclare El Hadji Kabinet Diané. Il se félicite, en revanche, des améliorations dans la scolarisation des filles (Scofi) dans le département de Kolda au cours de ces dernières années.

Sept mille huit cents potaches, dont plus de 4.500 filles, se présentent, cette année, à l’examen du Cfee et de l’entrée en 6ème dans l’Ief de Kolda. Les candidats vont composer dans 49 centres d’examen répartis entre la commune de Kolda et les zones rurales. Outre les secrétaires, 616 surveillants sont déployés dans les différents centres. A quelques heures du démarrage des épreuves, les autorités scolaires sont prêtes pour un bon déroulement de l’examen afin de permettre aux candidats de composer dans la sérénité.

Mamadou Aliou DIALLO

3.477 candidats dont 1.440 garçons et 2.037 filles se présentent, cette année, dans l’Inspection de l’éducation et de la formation (Ief) de Linguère. Ils sont répartis dans 24 centres. Toutes les dispositions utiles ont déjà été prises pour un déroulement correct des épreuves, selon Mamadou Aliou Diallo de l’Ief de Linguère. Sur les recommandations, l’autorité administrative, Amadou Bamba Koné déclare : « Il est formellement interdit aux potaches et aux surveillants d’avoir des téléphones portables dans la salle d’examen, mais également aux parents d’accéder aux centres d’examen dans le seul souci d’éviter les tricheries ».

Mass NDIAYE

La région de Louga présente à la session 2018 du Concours d’entrée en 6ème et de l’examen du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee), qui démarre aujourd’hui, 13.056 candidats répartis dans 78 centres d’examen : 19 à l’Inspection d’éducation et de la formation (Ief) de Kébémer, 35 à l’Ief de Louga et 24 à l’Ief de Linguère. Sur ces 13.056 candidats, 7.388 sont des filles, soit un pourcentage de 56,58 %. En termes de nombre, l’Ief de Louga arrive en tête avec 6.060 candidats. L’Ief de Kébémer se positionne à la deuxième place avec 3.519 candidats et celle de Linguère ferme la marche avec 3.477 candidats. Un constat : la baisse du nombre de candidats. De 14.234 candidats en 2017, le nombre d’inscrits de la région est passé à 13.056 en 2018, soit une baisse de 1.178 candidats. Cette baisse est plus importante dans les départements de Linguère et Louga et serait due principalement à un problème récurrent: l’état civil. Le Crd qui vient de se tenir a permis à l’inspecteur d’académie Bou Fall de partager les mesures prises pour une parfaite organisation des épreuves. « Toutes les dispositions nécessaires sont prises pour que tout se passe bien », rassure l’Ia de Louga.

A. DIALLO

Le nouveau directeur de l’Office du baccalauréat, Socé Ndiaye, enseignant à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Ucad, a été à plusieurs niveaux d’organisation de cet examen. Ce physicien qui a enseigné durant 15 ans dans les lycées a été surveillant, correcteur, puis membre de jury. Il puisera de ce capital d’expérience pour améliorer le déroulement de l’examen du bac. Dans cet entretien, M. Ndiaye révèle que la tolérance zéro sera appliquée pour l’usage du portable et du dispositif connecté. Même les surveillants sont invités à ne pas téléphoner.

Les examens du baccalauréat, c’est dans quelques jours. Pouvez-vous nous faire le point sur les mesures prises pour son organisation ?
Il y a des dispositions classiques qui ont été reconduites. Nous avons aussi apporté des innovations. Nous allons sécuriser le processus. De même, nous avons tout mis en œuvre aussi bien sur le plan administratif que financier. S’agissant de la sécurité, elle se fera à plusieurs niveaux, de la création des sujets à leur validation, production, conditionnement et convoyage à leur distribution. La deuxième phase de la sécurisation, c’est de surveiller les candidats lors des épreuves. Nous avons renforcé les dispositions à tous les niveaux. En matière de sécurité, il faut tout le temps renouveler le dispositif parce que les contrevenants cherchent toujours des solutions pour contourner les mesures sécuritaires. Les épreuves facultatives ont démarré depuis le 9 juin. Le gros des épreuves est en cours de production. Nous avons déjà ventilé les épreuves du baccalauréat technique qui démarre le 2 juillet prochain. Il reste les épreuves du bac général.

En termes de ressources humaines, combien de correcteurs, de surveillants et de présidents de jury sont mobilisés ?
Nous avons 157.700 candidats qui composeront dans 515 jurys principaux. Je dois ajouter que certains centres secondaires dépendent de ces jurys principaux. Par exemple, les élèves de Rao composeront chez-eux, mais les épreuves seront corrigées à Saint-Louis. Nous avons 70 centres secondaires. Ces 515 jurys sont répartis dans 415 centres. En outre, nous avons engagé 8216 correcteurs et 18.600 surveillants. Nous avons prévu au moins 3 surveillants pour chaque salle d’examen et 1.600 secrétaires de jury.

Est-ce que la prise en charge de ces examinateurs est réglée à l’avance ?
Le dernier maillon, c’était les surveillants. Il n’y avait pas de prévision. Mais, depuis le mois de mai, le décret de rémunération de ces surveillants a été signé. Nous voulons les payer au plus vite. L’année dernière, l’Etat a dépensé 293 millions de FCfa pour la prise en charge des surveillants. Pour le reste (les correcteurs, les présidents de jury), le montant pourrait avoisiner 2 milliards de FCfa. Lorsque vous déplacez un fonctionnaire de la hiérarchie A d’une région à une autre, c’est au moins 25.000 FCfa par jour. Cette somme n’a rien à voir avec les primes de correction indexées sur le nombre de copies corrigées.

Soce Ndiaye Bac 2Il est difficile d’appliquer des mesures et des sanctions contre l’usage des Smartphones, des téléphones portables dans les centres d’examen. Pouvez-vous nous assurer que l’application des mesures sera effective cette année ?
Les règles stipulent que le candidat n’a pas le droit de venir au centre d’examen avec son téléphone portable ou un dispositif connecté. Dans le passé, la plupart des présidents de jury essayaient de gérer cette problématique à leur manière. En général, ils retiraient momentanément le téléphone et rédigeaient un rapport. Il y avait beaucoup d’élèves qui n’ont pas été sanctionnés ni traduits devant le Conseil de discipline. Cette année, le port du téléphone portable est interdit dans le centre. Tout candidat qui aura par devers lui un téléphone portable sera exclu. Le texte sera appliqué dans toute sa rigueur. Ce sont les présidents de jury qui doivent l’appliquer. Ils ont reçu l’ordre de mettre en œuvre cette disposition. Ils doivent être assistés par les chefs de centre et les inspecteurs d’académie. Les élèves ne seront pas fouillés. Mais, dès que l’on découvre le téléphone ou un dispositif connecté sur un candidat, il sera exclu.

Justement, nous avons vu qu’en Mauritanie l’internet a été interrompu sur toute l’étendue du territoire durant l’examen du baccalauréat. Ne doit-on pas aller vers la révision de l’organisation du baccalauréat en prenant en compte les nouvelles technologies ?
Nous sommes obligés de nous adapter à l’évolution des nouvelles technologies. Sinon nous allons arrêter d’organiser le baccalauréat. Il y a actuellement un processus qui est en cours. Il comporte deux volets. Le premier a trait à la réforme de l’outil qui est l’Office du baccalauréat. Le deuxième volet concerne la réforme de l’organisation de l’examen. Il y a quelques mois, nous avions organisé, dans ce sens, un atelier à Saint-Louis. Des recommandations ont été formulées et leur mise en œuvre sera étudiée.

Beaucoup de personnes se plaignent du retard accusé pour retirer leur diplôme. Comment l’Office du bac compte-t-il diligenter la délivrance des parchemins ?
Il y a des personnes qui ont le baccalauréat depuis 1970 et qui n’ont pas encore reçu leur diplôme. De manière générale, après l’examen du bac, il y a un arrêté qui est pris. Il est d’abord validé par le doyen de la Faculté tutrice. Je dois rappeler que chaque série a une Faculté tutrice. Il y a la Faculté des Sciences pour les séries scientifiques, la Faculté des Lettres pour les séries littéraires, la Faculté des Sciences économiques et de gestion pour les séries G. Et les autres séries techniques, c’est l’Ecole supérieure polytechnique.

La première étape, c’est la validation des listes par le responsable de ces établissements. Après, ils sont envoyées au recteur de l’Ucad pour signature. C’est l’arrêté rectoral qui « stabilise » la liste des diplômes. Ensuite, une fois que cette liste est établie, les diplômes peuvent être produits. Par la suite, les diplômes sont renvoyés à l’autorité signataire. Après la signature, les diplômes sont retournés à l’Office. C’était la procédure à suivre.

Auparavant, il fallait attendre au moins 2 ans pour retirer son diplôme. Aujourd’hui, nous allons produire les diplômes de 2015, 2016 et 2017, cela veut dire que pour tous les bacheliers des années précitées, leur arrêté est signé. Nous allons mettre ces listes à la disposition des doyens pour validation. Après la signature, nous allons passer à la phase de production. Maintenant pour ceux qui ont obtenu le baccalauréat depuis le début de l’organisation de cet examen jusqu’en 2017, nous allons produire les diplômes en fonction de la demande.

Par contre, à partir de 2018, des listes seront consolidées et validées dès la fin des examens. Par la suite, il y aura la production et la signature des arrêtés. Tout ce travail sera fait avant la fin du mois d’août. Après cela, nous passerons à la phase de production de tous les diplômes.

Propos recueillis par Idrissa SANE (texte) et Sarakh DIOP (photo)

Le concours d’entrée en sixième et l’examen du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee) démarrent ce mardi 26 juin sur toute l’étendue du territoire national et en Gambie. Cette année, 265.831 candidats sont inscrits. Selon le directeur des Examens et Concours, toutes les dispositions sont prises pour un déroulement correct des épreuves.

A la veille du démarrage de l’examen du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee) et du concours d’entrée en sixième, prévus les 26 et 27 juin 2018, le directeur des Examens et Concours du ministère de l’Education nationale a rencontré la presse. Amadou Moctar Ndiaye a décliné les dispositions prises pour un déroulement correct des épreuves. « Ces évaluations qui portent sur six années d’études élémentaires sont sanctionnées par le premier diplôme de l’enfant. Par conséquent, elles sont importantes et méritent beaucoup de sérieux et de précautions. C’est pourquoi le ministre de l’Education nationale tient à ce que tous les acteurs concernés et les partenaires soient plus vigilants, pour une organisation parfaite de ces évaluations », a-t-il indiqué. A l’en croire, cette année encore, le ministère de l’Education nationale a mobilisé assez de moyens techniques, humains, matériels et financiers pour relever le défi de l’organisation.

Concernant la sécurisation des épreuves, leur levée et leur acheminement vers le niveau déconcentré, M. Ndiaye a fait savoir qu’un important dispositif est mis en place à la Direction des examens et concours pour faciliter toutes les opérations y afférentes.

Cette année, le nombre de candidats a augmenté avec une légère domination des filles. En effet, sur les 265.831 candidats inscrits à la date du 20 juin 2018, les 145.674 sont des filles, soit 54,80 %.

En plus des 1.718 chefs de centre et leurs adjoints, 21.266 surveillants et 8.590 secrétaires sont aussi mobilisés. Mais, pour le directeur des Examens et Concours, ces données peuvent connaitre une évolution du fait du traitement tardif de dossiers liés à l’état civil de certains candidats. Selon Amadou Moctar Ndiaye, les dispositions sécuritaires et organisationnelles sont prises pour les candidats qui composent en Gambie. L’inspectrice d’académie de Kaolack qui a en charge ces écoles sénégalaises veille au grain pour un déroulement correct des épreuves dans ce pays.

Aujourd’hui à 8 heures, le directeur des Examens et Concours et d’autres autorités éducatives et scolaires vont visiter quelques centres d’examen pour s’enquérir de la situation dans laquelle l’examen se déroule.

Pape Coly NGOME

…18 879 COMPOSENT À MBOUR
18.879 candidats répartis dans 90 centres d’examen des 16 communes ! Ce sont les principaux chiffres de l’examen du Cfee et de l’entrée en sixième dans le département de Mbour où ces écoliers iront à la recherche de leur premier diplôme. Ces chiffres concernent les deux Inspections de l’éducation et de la formation (Ief) de Mbour 1 et Mbour 2 qui résultent du partage de 2011. Naturellement, l’Inspection de Mbour 1 dont est issue celle de Mbour 2 est la plus fournie avec « 12.516 candidats, dont 5634 garçons et 6.882 filles, qui vont composer dans 62 centres contre 61 l’an dernier. Il y a 28 centres dans la commune de Mbour et 34 en dehors », renseigne l’inspecteur Mamadou Lamine Sakho.

Pour un bon déroulement de l’examen, l’autorité soutient que plusieurs mesures ont été prises. « Nous venons de terminer la réunion avec les chefs de centre qui doivent être convoyés vers les différents centres. Une réunion pour leur dire comment s’y prendre avant, pendant et après les examens, avec tous les documents annexes qui permettent de rendre visibles et de permettre un déroulement normal de l’examen dans les différents centres », dit M. Sakho.

A l’Ief de Mbour 2, l’examen concerne moins de monde, mais le dispositif est pratiquement le même. Et l’inspecteur Moustapha Mbaye qui chapeaute le processus informe que l’inspection compte 6363 candidats répartis dans 38 centres dans 7 communes (Fissel, Joal, Ndiaganiao, Nguéniène, Sandiara, Sessène et Thiadiaye). Ici, plusieurs actions ont été prises pour une parfaite organisation. Pour parer à d’éventuels problèmes, M. Mbaye souligne qu’un dispositif de veille est mis en place avec des équipes dirigées par six inspecteurs et qui seront positionnées à Fissel, Joal, Ndiaganiao et Thiadiaye pour intervenir en cas de problème.

Ousseynou POUYE

…7 800 À KOLDA
CfeeMalgré les efforts consentis par l’Etat et ses partenaires au développement dont l’Unicef, l’objectif « zéro candidat à l’examen sans état civil » n’est pas attend dans le département de Kolda.

Selon l’Inspecteur de l’éducation et de la formation (Ief) de Kolda, 1.500 potaches se présentent, cette année, à l’examen du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee) et de l’entrée en 6ème sans disposer de pièce d’état civil. Une situation qui témoigne, encore une fois, du manque d’intérêt, pour ne pas dire de la négligence coupable de certains parents. Certes, de nets progrès ont été enregistrés au cours de ces dernières années, mais force est de constater qu’il reste encore beaucoup à faire pour arriver à zéro enfant à l’examen sans extrait de naissance. « Mille cinq cents élèves vont passer l’examen sans présenter d’extrait de naissance contre 1.800 l’année dernière », déclare El Hadji Kabinet Diané. Il se félicite, en revanche, des améliorations dans la scolarisation des filles (Scofi) dans le département de Kolda au cours de ces dernières années.

Sept mille huit cents potaches, dont plus de 4.500 filles, se présentent, cette année, à l’examen du Cfee et de l’entrée en 6ème dans l’Ief de Kolda. Les candidats vont composer dans 49 centres d’examen répartis entre la commune de Kolda et les zones rurales. Outre les secrétaires, 616 surveillants sont déployés dans les différents centres. A quelques heures du démarrage des épreuves, les autorités scolaires sont prêtes pour un bon déroulement de l’examen afin de permettre aux candidats de composer dans la sérénité.

Mamadou Aliou DIALLO

…3 477 DANS 24 CENTRES À LINGUÈRE
3.477 candidats dont 1.440 garçons et 2.037 filles se présentent, cette année, dans l’Inspection de l’éducation et de la formation (Ief) de Linguère. Ils sont répartis dans 24 centres. Toutes les dispositions utiles ont déjà été prises pour un déroulement correct des épreuves, selon Mamadou Aliou Diallo de l’Ief de Linguère. Sur les recommandations, l’autorité administrative, Amadou Bamba Koné déclare : « Il est formellement interdit aux potaches et aux surveillants d’avoir des téléphones portables dans la salle d’examen, mais également aux parents d’accéder aux centres d’examen dans le seul souci d’éviter les tricheries ».

Mass NDIAYE

…ET 13 056 EN LICE À LOUGA
La région de Louga présente à la session 2018 du Concours d’entrée en 6ème et de l’examen du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee), qui démarre aujourd’hui, 13.056 candidats répartis dans 78 centres d’examen : 19 à l’Inspection d’éducation et de la formation (Ief) de Kébémer, 35 à l’Ief de Louga et 24 à l’Ief de Linguère. Sur ces 13.056 candidats, 7.388 sont des filles, soit un pourcentage de 56,58 %. En termes de nombre, l’Ief de Louga arrive en tête avec 6.060 candidats. L’Ief de Kébémer se positionne à la deuxième place avec 3.519 candidats et celle de Linguère ferme la marche avec 3.477 candidats. Un constat : la baisse du nombre de candidats. De 14.234 candidats en 2017, le nombre d’inscrits de la région est passé à 13.056 en 2018, soit une baisse de 1.178 candidats. Cette baisse est plus importante dans les départements de Linguère et Louga et serait due principalement à un problème récurrent: l’état civil. Le Crd qui vient de se tenir a permis à l’inspecteur d’académie Bou Fall de partager les mesures prises pour une parfaite organisation des épreuves. « Toutes les dispositions nécessaires sont prises pour que tout se passe bien », rassure l’Ia de Louga.

A. DIALLO

Lors de la réunion du Comité régional de développement (Crd) de présentation du plan d’action stratégique « Bokk Yaakaar » 2017-2020 de prévention de l’infection à Vih dans la région de Fatick, un appel a été lancé pour enrôler les Personnes vivant avec le Vih (PvVih) dans les mutuelles de santé ainsi qu’à parrainer les enfants infectés au Vih.

Parmi les contraintes dans la prise en charge des Personnes vivant avec le Vih (PvVih) dans la région de Fatick figure la faiblesse notée dans l’enrôlement de ces couches défavorisées dans les mutuelles de santé. Il s’y ajoute aussi l’inaccessibilité des structures médicales pour les patients, notamment ceux habitant les zones insulaires. Des insuffisances que veut corriger l’association « Bokk Yaakaar ». Suffisant pour que l’adjoint au gouverneur de Fatick, chargé des affaires administratives, Saïd Fall, invite à une forte implication des différents acteurs de la région pour répondre à la sollicitation de cette structure qui, depuis sa création, en février 2005, s’active dans la lutte contre le Vih/Sida. Avec 5  membres au départ, « Bokk Yaakaar » en compte aujourd’hui 210, dont 70 hommes et 140 femmes, répartis entre ses différentes cellules à Fatick, Sokone, Gossas, Dioffior, Passy et Foundiougne.

Cette implication est nécessaire, d’autant plus que de nombreux partenaires financiers de l’association se sont retirés, selon Abdoulaye Bâ, le secrétaire permanent. Donc, pour « Bokk Yaakaar », il convient de trouver de nouveaux moyens de financement de leurs programmes. D’ailleurs, ce point a été un des objectifs de la réunion qui était surtout d’amener les parties prenantes à appuyer l’autonomisation et les activités. Cela, à travers de nouvelles stratégies à mettre en œuvre en partenariat avec les structures locales et nationales, la sensibilisation des communautés et le renforcement de l’implication des hommes dans la prise en charge, la prévention auprès des jeunes et dans les écoles ainsi que le partenariat avec les médias pour la sensibilisation. Mieux, « nous souhaitons une forte adhésion des PvVih dans les mutuelles de santé, le parrainage des enfants et également une prise en compte de la santé sexuelle et reproductive des jeunes et des adolescents », a souligné M. Bâ.

D’ailleurs, le plan d’action stratégique, élaboré pour l’horizon 2017-2020, entre en droite ligne des stratégies pour une meilleure prise en charge des PvVih et des Orphelins et enfants vivant avec le Vih (Oev) de la région, ainsi qu’une implication de l’association dans le plan de rattrapage du Sénégal.

Mohamadou SAGNE

L’invention de l’actuel directeur de l’Office national de formation professionnelle (Ofnp) reste l’une des plus grandes innovations venant d’un Africain depuis deux décennies. Sa décortiqueuse a remporté au moins 6 prestigieuses distinctions de 1995 à 2013. La machine de Sanoussi Diakité a réduit de 99 % le temps de décorticage du fonio, une spéculation agricole très nutritive et consommée dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest.

La décortiqueuse de fonio du Sénégalais Sanoussi Diakité est rangée dans la catégorie des grandes innovations en Afrique et dans le reste du monde. Contrairement aux décortiqueuses mécaniques jusqu’ici disponibles, à savoir les types Engelberg, à disques abrasifs, à meules et à rouleau, la machine de Diakité a apporté un gain de temps considérable dans le décorticage. Au lieu de 2 heures pour 2,5 kg, le technicien a, en effet, fait passer le temps de décorticage à 8 mn pour 5 kg, soit une réduction de temps de 99 %. Cette avancée a balisé la voie à une transformation à grande échelle d’une céréale à forte valeur nutritive et qui est consommée sur toute la partie orientale de l’Afrique. L’économie de temps est la résultante de l’introduction de l’action rotative de palettes abrasives flexibles qui exercent une pression souple sur la masse de graines de fonio brut. La technologie allège ainsi le travail des femmes et crée les conditions d’une transformation à grande échelle du fonio, à sa valorisation. L’implantation de la machine dans la zone rurale rendra plus accessible et disponible le fonio et donnera un regain à la production.

La valorisation du fonio
En réalité, la récolte et l’assemblage du fonio sont des facteurs qui pesaient négativement sur la transformation de cette céréale. « En disposant de cette innovation technologique qui lève la contrainte majeure du fonio, les paysans producteurs concernés seront encouragés à se relancer dans sa culture. Les unités de transformation du fonio pourront ainsi être multipliées. Le fonio sera alors plus disponible et plus accessible sur le marché », avance l’innovateur dans un document.

Sur son compte, on verse l’augmentation des superficies emblavées dans la zone où la machine est installée. Cela s’est vérifié avec le projet soutenu par le Fonds national de recherches agricoles et agroalimentaires. L’innovation est aussi à la base de la mise en place d’unités de transformation et de commercialisation de fonio à Kolda, à Tiankan-Vélingara, à Bamako, au Mali, à Natitingou, au Bénin, à Dounet, en Guinée… En somme, cette technologie a donné un coup de fouet à la consommation de cette spéculation.

« La machine à décortiquer le fonio, une invention brevetée à l’Oapi, est une innovation qui permet la consommation à grande échelle de cet aliment. En fait, les opérations après récolte, pénibles, en particulier pendant le processus de décorticage, ont été un obstacle à une grande consommation de cette céréale africaine cultivée dans 16 pays sur une bande allant du Cap-Vert au Tchad », a démontré Sanoussi Diakité.

La valorisation du fonio aura donc des impacts directs sur la réduction du nombre de personnes affectées par la famine en Afrique de l’Ouest. D’où l’unanimité des spécialistes et techniciens sur l’utilité et l’aspect innovant de la machine. Raison pour laquelle elle a remporté le Prix du président de la République pour l’invention et l’innovation technologique en 1995. Après, suivront le Prix international Rolex à l’esprit d’entreprise en 1996 et le Grand prix du 1er Salon africain de l’invention et de l’innovation technologique de Dakar en 1997. Une dizaine d’années plus tard, d’autres distinctions sont venues s’y ajouter avec, par exemple, le Prix Tech awards 2008 à Silicone Vallée, aux Usa. « Ce titre élève la machine à décortiquer le fonio au rang d’innovation bénéficiant à l’humanité. La machine a été distinguée dans la catégorie Heath (santé) en reconnaissance de ce qu’elle est une innovation qui a rendu accessible un produit utile à la santé des populations », commente le Directeur de l’Onfp. Et en 2013, en Afrique du Sud, le jury lui attribua le Prix de l’innovation à impact social de la Fondation africaine pour l’innovation.

Idrissa SANE

 

Plusieurs représentants des pays concernés par le projet du Grand écosystème du courant des Canaris (Cclme) ont pris part à une rencontre, à Dakar, les 21 et 22 juin 218, en vue de faire le rapport d’étape et de fin de projet. Le Cclme vise la sauvegarde des ressources marines et côtières de pays comme le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, la République de Guinée et la Sierra Leone.

Avec la fin prochaine du projet Grand écosystème du courant des Canaris (Cclme), les sept pays concernés (Maroc, Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, République de Guinée et Sierra Leone) ont évalué, pendant deux jours, à Dakar, les acquis, les résultats et les impacts des activités déroulées par le projet. Dans une présentation liminaire qui a eu lieu au Centre de suivi écologique (Cse), Jacques Abé, coordinateur de la composante 3 du projet, a fait une synthèse des résultats et acquis sur la biodiversité, les habitats et la qualité de l’eau. Une composante dont les résultats ont été appréciés par les représentants des pays, d’autant plus que 90 à 95 % des activités ont été déroulées.

Plan d’action stratégique
Néanmoins, a renseigné Abou Bamba, secrétaire exécutif de la Convention d’Abidjan et coordinateur régional du Plan d’action pour l’Afrique de l’Ouest, du Centre et du Sud, «  il a été admis que la santé des écosystèmes marins et côtiers, observée depuis les 30 dernières années, est trop fragile ». « Tout ce qui est fait en amont sur les côtes se retrouve forcément en mer et dégrade les habitats, notamment les écosystèmes de mangrove où les poissons se reproduisent », a-t-il expliqué. Le même phénomène est constaté, notamment avec la détérioration de la qualité de l’eau consécutive aux pollutions en amont et que l’on retrouve dans l’eau de mer.
Pour le secrétaire exécutif de la Convention d’Abidjan, « le Cclme a permis de tirer la sonnette d’alarme et de faire un diagnostic précis et scientifique afin d’identifier les principaux problèmes et surtout de les adresser aux décideurs des différents pays ».

Dans une seconde phase du projet, il est question, de mettre en œuvre un plan d’action stratégique qui épouse les objectifs de l’origine du projet qui visait à réduire la dégradation des écosystèmes marins et côtiers en faveur de la pêche pour développer davantage la production halieutique. La mise en œuvre du plan d’action stratégique permettra, selon Abou Bamba, de régler les problèmes techniques et d’augmenter par 2, 3, voire 4, la production halieutique des pays du Cclme. Il s’agira, pour ce dernier, de réduire dans ce plan les sources de produits d’origine tellurique et de renforcer la gouvernance des océans dans les pays du Cclme. « Il a été observé, dans plusieurs pays, que la gouvernance des océans est fragmentée dans plusieurs ministères, tels que la pêche, les hydrocarbures, le tourisme, l’énergie, l’agriculture, etc. », a-t-il noté, avant de préconiser la gouvernance intégrée des océans.
L’autre élément non moins important du plan stratégique concerne la formation qui va faciliter l’harmonisation des politiques, à travers une planification marine et spatiale, afin d’arriver à des solutions qui arrangent tout le monde.

Il est aussi préconisé un autre programme en vue de favoriser la mise en œuvre des principes de l’économie bleue pour créer davantage d’emplois dans le domaine du tourisme, étudier des stratégies pour augmenter la production halieutique et favoriser la maîtrise des transferts de technologies (aquaculture). Pour faire face au regain de l’exploitation minière qui s’accompagne d’une pollution émanant de l’extraction, l’exploration ou l’exploitation en off shore dans des pays comme le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée-Bissau, un protocole sur les normes et standards environnementaux a été émis pour gérer les activités pétrolières et gazières off shore.

Babacar Bachir SANE

 

Le gouvernement du Sénégal, en partenariat avec le Pnud, a lancé le projet Promotion d’une finance novatrice et d’adaptation communautaire dans les communes autour des réserves naturelles communautaires du Sénégal (Pfnac). L’objectif est de promouvoir les mécanismes innovants de financement des programmes d’adaptation aux changements climatiques.

L’adaptation aux changements climatiques fera désormais l’objet d’une grande attention au Sénégal. Les services compétents ont planché, le 19 juin,  sur le projet Promotion d’une finance novatrice et d’adaptation communautaire dans les communes autour des réserves naturelles communautaires du Sénégal (Pfnac). D’un coût de 5.460.000 dollars, le Pfnac, fruit d’un accord entre le Pnud et le gouvernement sénégalais, est exécuté dans le cadre du Programme d’action national pour l’adaptation aux changements climatiques (Pana). Il vise à financer des stratégies d’adaptation à l’échelle locale. Ainsi, les communautés seront plus résilientes aux conséquences néfastes de la modification des températures à la surface de la terre.

Au cours de cette rencontre, les intervenants ont déploré l’insuffisance des investissements destinés à accroître la capacité des communautés à faire face aux chocs. En réalité, c’est à l’échelle communautaire que les populations paient un lourd tribut des conséquences des changements climatiques. Et parmi les facteurs de dégradation des conditions de vie, les spécialistes ont cité la baisse générale de la pluviométrie observée depuis les années 70 suite à la déforestation. Ils ont également invoqué la hausse de la température des eaux océaniques, la salinisation des terres et la destruction des écosystèmes terrestres et aquatiques. La mise en œuvre du projet se traduira par la vulgarisation des mesures d’adaptation et la promotion des bonnes pratiques en matière de résilience. Aussi, le projet comporte des axes de gestion durable de l’eau, de mise en place d’un système viable de production animale, de promotion des filières de valorisation des produits forestiers et de renforcement des capacités des ménages et des producteurs vulnérables.

Pour la conseillère technique n°3 du ministère de l’Environnement et du Développement durable, Arame Ndiaye Diène, il est important de faire en sorte que les populations jouent un rôle central dans ce processus en s’appropriant ce programme. Il reviendra audit département, à travers la Direction des parcs nationaux, d’assurer la planification, la coordination et la mise en œuvre du projet qui sera expérimenté dans 4 sites, notamment dans les réserves de Biosphères du Delta du Saloum, du Delta du Fleuve Sénégal, du Niokolo Koba et du Ferlo. Le choix est justifié par leur vulnérabilité. Tout compte fait, les représentants du Pnud et de la Direction des parcs nationaux ont salué l’approche holistique et l’esprit de collaboration entre les différents services. D’ailleurs, il a été retenu d’accélérer le processus de mise en œuvre du projet.

Matel BOCOUM

 

Interpellé à nouveau sur la question de la dette intérieure, le ministre de l’Economie rassure. Selon Amadou Bâ, « le budget du Sénégal est correctement exécuté ». A la date d’aujourd’hui, dit-il, le budget est exécuté à 48%. « L’année dernière à la même date, il était à 47% ; en 2016, à 49%. Nous sommes à six mois de l’exercice budgétaire, et que l’on tourne autour de 50%, cela montre une gestion prudente et rigoureuse des finances publiques », a-t-il fait savoir. Amadou Bâ soutient que « si l’on en juge par les liquidités dans l’économie, nous pouvons dire à la date du 20 juin que 1.626 milliards de FCfa ont été injectés par le trésor contre 1.517 milliards de FCfa à la même date de l’année dernière ; soit 109 milliards de FCfa de plus ». Les salaires pour 345 milliards contre 331 milliards de FCfa, la dette publique pour 457 milliards contre 437 milliards de FCfa, les entreprises et fournisseurs (Btp) pour 694 milliards contre 570 milliards, soit 123 milliards de FCfa de plus, explique le ministre tout en insistant sur le fait que « le budget s’exécute correctement, même s’il peut y avoir des retards çà et là ».

S. Diam SY

 

La « Coalition Plus » et l’Alliance nationale des communautés pour la santé (Ancs) travaillent main dans la main pour aider les pays africains à mettre fin à l’épidémie du Vih. Une visite de terrain a été organisée au Centre Jacques Chirac, au Siège Aides Sénégal, pour montrer la pertinence du dépistage démédicalisé.   

La « Coalition Plus », une union internationale d’Ong de lutte contre le Sida (cofondée par Aides en France), et l’Alliance nationale des communautés pour la santé (Ancs) ont organisé, le mardi 19 juin, une visite de terrain à l’intention des journalistes sénégalais et étrangers. Cette activité entre dans le cadre de la célébration des 10 ans de la « Coalition Plus ».

Cette visite a servi de prétexte à Magatte Mbodj de l’Ancs et Aliou Sylla, directeur de « Coalition plus » Afrique, de faire le point sur la lutte au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. Le convoi a d’abord fait un tour au Centre Jacques Chirac de Thiaroye. Ici, l’interlocutrice des professionnels des médias a levé un coin du voile sur le travail de persuasion des usagers de drogues à faire le dépistage. Le schéma est clair. Les agents procèdent à un counselling, une méthode de communication interpersonnelle. Après, place à un face-à-face de plusieurs minutes. Au bout, les quatre sujets acceptent de faire le dépistage. L’un d’eux entre dans le labo où officie Abdoul Lakhate Faye. Il ressort soupirant après quelques minutes. Son résultat est négatif. Agé de 56 ans, l’homme est dépendant de la drogue dure depuis plusieurs décennies. Il a revu à la baisse sa consommation de drogue suite à une séance de sensibilisation des médiateurs. « Je peux même dire que j’ai arrêté de prendre de la drogue. Aujourd’hui, je me contente de la méthadone pour être un peu équilibré », a confié  notre interlocuteur.  Les yeux fixés sur le sol, l’homme nourrit des regrets. La drogue a détruit sa vie. Aujourd’hui, après ce test négatif, il retrousse les manches pour se faire une nouvelle vie.

Système classique du dépistage dépassé
Agé de 54 ans, son cousin Mohamadou Thiam est, par contre, père de trois enfants. L’aîné est à l’université. Après son test, il  a décidé de tourner le dos à la consommation de la drogue. « Je suis en train de vieillir. Je veux me concentrer sur l’éducation de mes enfants »,  a confessé M. Thiam devant la médiatrice. Le sentiment de satisfaction se lit sur le visage de la  médiatrice. Son souhait le plus ardent, c’est d’amener cette population cible à cultiver le réflexe du dépistage. 

Après le Centre Jacques Chirac, cap sur le  siège de l’Association Aide Sénégal (Aides). Cette organisation défend les droits de l’Homme, en particulier les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes,  les professionnelles du sexe et les consommateurs de drogues injectables. Sur place, les visiteurs ont eu droit à une séance de dépistage démédicalisé. Il s’agit d’un dépistage réalisé grâce à  l’utilisation de test rapide sans l’assistance d’un personnel médical.  Dans ses explications, le président d’Aides Sénégal, Diadji Diouf, a soutenu que le système classique de dépistage a montré ses limites.  La réalisation de l’un des trois  90 passe par un dépistage de masse des Sénégalais. D’après le directeur technique de l’Ancs, Massogui Thiandoum, le taux de dépistage au Sénégal est encore loin de cet objectif fixé. Le concept de dépistage médicalisé marche puisqu’il  permet de dépister certaines populations clés qui ont plus confiance en leurs pairs qu’à d’autres personnes. Dans le cas du dépistage médicalisé, la personne qui souhaite connaître son statut sérologie n’a pas besoin de se rendre dans une structure sanitaire.  « L’objectif est de faire en sorte que chaque Sénégalais puisse connaître son statut dans la pure confidentialité et l’anonymat », a fait avoir Diadj Diouf. Le groupe des journalistes s’est rendu aussi  chez les médiateurs  pour partager avec eux le repas communautaire.  Après la restauration, le médiateur Moussa Mal, de son prénom d’emprunt, a affirmé que c’est du riz à la viande amélioré  avec du « niébé ». « C’est ce genre  de nourriture qui est recommandé aux personnes infectées par le Vih puisque contenant beaucoup de fer qui est conseillé aux personnes qui prennent régulièrement des médicaments. C’est un plat riche », a-t-il signifié.  

Eugène KALY

Vih/sida et tuberculose
Des parlementaires africains formés pour porter le plaidoyer

Après Abidjan, en mai 2017, Saly-Portudal accueille, depuis mardi, un atelier régional des parlementaires africains pour une réponse au Vih et à la tuberculose basée sur les droits humains. Une rencontre à l’initiative d’ « Enda santé » qui compte s’appuyer sur les députés des pays représentés pour défendre la cause des malades.

Faciliter les échanges entre parlementaires, société civile, représentants des populations vulnérables, institutions étatiques, partenaires techniques et financiers ainsi que les autres parties prenantes de la lutte contre le Sida, tel est le but principal de l’atelier régional des parlementaires africains pour une réponse au Vih basée sur les droits humains.

Pour l’occasion, l’Ong Enda Santé a convié, pour quatre jours, 70 participants issus de dix pays d’Afrique (Botswana, Côte d’Ivoire, Kenya, Malawi, Nigeria, Ouganda, Sénégal, Seychelles, Tanzanie et Zambie) à une réflexion. Le concours des différentes parties prenantes, en particulier les parlementaires, est primordial pour mener à bien la lutte contre l’épidémie. « Nous sommes à un tournant dans la riposte au Vih/Sida qui exige la mobilisation d’importantes ressources humaines, techniques et financières, ainsi que l’identification et la réduction de tous les obstacles pouvant empêcher l’élimination de l’épidémie », a déclaré le directeur exécutif d’Enda Santé, Daouda Diouf.  Il a également constaté que des freins majeurs à l’utilisation des services de prévention, de dépistage et de traitement du Vih sont notés dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Toutefois, il a reconnu que des progrès ont été accomplis dans la croisade contre l’épidémie au cours de ces dernières décennies. «  Pour la première fois dans l’histoire de la santé publique, on a eu des traitements efficaces avec des actions de prévention qui ont été menées, avec la maîtrise de la prévalence du Vih, dans des pays comme le Sénégal, à des niveaux très bas », a rapporté Daouda Diouf.  Pour sa part, la présidente de la Commission santé de l’Assemblée nationale du Sénégal, Aminata Guèye, espère qu’au sortir de la rencontre, ses collègues seront mieux armés pour mener le plaidoyer. « Nous attendons, au sortir de cet atelier, que les députés puissent être assez outillés pour développer des stratégies de plaidoyer assez efficaces pour renforcer les droits humains, agir au niveau des populations afin de réduire ou même supprimer la stigmatisation des personnes infectées par le Vih », a-t-elle dit. Ajoutant qu’en tant que parlementaires, ils serviront de relais pour Enda Santé afin d’être plus proches des populations, pour une meilleure prise en charge des malades.

Ousseynou POUYE

 

Jeune chercheur, responsable d’unité, puis directeur scientifique, Dr Amadou Sall a gravi les échelons en devenant le premier Sénégalais, voire Africain, directeur de l’Institut Pasteur de Dakar. Il compte s’appuyer sur ses 25 ans d’expérience pour en faire une institution incontournable dans la recherche, la production de vaccins et la gestion des épidémies au Sénégal et dans la sous-région. Dans cet entretien, Dr Sall avertit qu’aucun pays n’est à l’abri d’une épidémie. D’où l’importance de s’entraîner régulièrement pour ne pas être surpris.

Vous êtes le premier directeur africain de l’Institut de Pasteur de Dakar. Expliquez-nous comment vous êtes arrivé à occuper ce poste ?
Je travaille à l’Institut Pasteur de Dakar depuis 25 ans comme jeune chercheur. J’ai naturellement progressé, parce que dès le début, je me suis intéressé à une spécialité de l’Institut que l’on appelle Arbovirose fièvre hémorragique. Au bout d’un moment, tout le monde sentait que mon utilité était plus dans le leadership plutôt que dans la partie purement scientifique. Avec ce statut de leadership, je peux, d’une manière ou d’une autre, contribuer à la vision stratégique de l’Institut Pasteur de Dakar où j’ai été chercheur, responsable d’unité et directeur scientifique. Et au moment où il s’est posé la question de la nécessité d’avoir un directeur, je me suis permis de postuler. Heureusement, le choix s’est porté sur ma modeste personne.

En termes de management, qu’est-ce que vous avez apporté de plus ?
J’essaye de porter l’Institut Pasteur de Dakar à un niveau d’excellence. C’est mon travail quotidien. Je m’investis dans cette quête d’excellence. Il y a eu, dans ce sens, quelques éléments intéressants, car lorsqu’on est originaire d’un pays, on a une meilleure compréhension de certains besoins et une grande facilité vis-à-vis de certains problèmes, notamment nos sensibilités locales.

Maintenant, c’est un travail qui se fait en partenariat. Je me suis appuyé sur les réalités du Sénégal pour mieux servir les populations. Une des grandes priorités de l’Institut Pasteur de Dakar, c’est de se focaliser aussi sur les priorités locales. Si on comprend ces priorités, il devient beaucoup plus simple de travailler dans la structure. L’avantage, c’est aussi d’avoir eu un meilleur échange avec les autorités et un meilleur partenariat avec certaines personnes parce qu’on connaît bien le pays. C’est cette connaissance du pays qui nous aide à mieux cerner les besoins.

Beaucoup d’examens et d’analyses se font à l’Institut Pasteur de Dakar. Comment faites-vous pour satisfaire cette forte demande ?
Effectivement, il y a une grosse demande. Mais, c’est cela un peu notre mission, soulager les populations au point de vue de la santé, parce que c’est le mandat que nous a donné le gouvernement et l’Institut Pasteur de Paris qui sont nos deux membres fondateurs. Nous devons satisfaire la demande, que ce soit dans les domaines de la santé publique, de la formation ou de la recherche. Il y a beaucoup de demandes. C’est pour cette raison que nous  continuons à mobiliser les autorités, les partenariats et surtout à développer une vision orientée à long terme.

Aujourd’hui, l’Institut Pasteur de Dakar a un grand programme pour augmenter sa capacité de production de vaccins dans un site qui sera implanté à Diamniadio. Ce sera en partenariat avec le gouvernement du Sénégal, l’Agence française de développement (Afd), la Banque islamique de développement (Bid) et la Fondation Bill et Melinda Gates. C’est un  partenariat assez large qui permettra au Sénégal de se  doter d’un outil qui sera la seule unité en Afrique à produire un vaccin reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Ce sera un vaccin pré-qualifié. C’est dans ce type de défi que l’Institut Pasteur s’inscrit afin de répondre aux besoins des populations. Et ce, en associant l’excellence à la recherche mais aussi à la  santé, à la formation et à l’expertise. Chaque année, nous essayons d’aller un plus loin pour satisfaire la demande des populations.
 
Ce vaccin concerne quel type de maladie ?   
C’est un vaccin contre la fièvre jaune. Il est important d’augmenter les capacités de production parce qu’il y a un déficit annuel de 42 millions de doses de ce vaccin dans le monde. Nous allons travailler à réduire ce gap de manière à ce que les populations sénégalaises d’abord, africaines et mondiales ensuite, puissent pouvoir faire face à ce fléau.  

En 2014, avec l’épidémie de la maladie à virus Ebola, l’un de vos collaborateurs a été infecté en Guinée, puis envoyé en Allemagne pour les soins. Le même jour, le Sénégal enregistre son premier cas importé. Comment l’Institut Pasteur de Dakar a-t-il géré tout cela à cette période ?
C’était une semaine très difficile pour l’Institut Pasteur de Dakar. Cela montre aussi que les agents de cette institution sont exposés à toutes sortes de risques surtout dans l’exercice de leur travail. Nos équipes mettent leur vie en danger en se rendant dans les zones d’épidémies. Certes, nous avons de l’expertise pour éviter que cela soit dramatique. Pour ce qui est du cas de la maladie à virus Ebola, nous avions l’assistance des autorités sénégalaises. Nos partenaires allemands et étrangers nous ont aidés à sauver notre collègue qui est, aujourd’hui, l’un des responsables les plus importants de l’Afrique de l’Ouest dans la lutte contre les épidémies.

Cela veut dire que, même si parfois on vit des situations dramatiques, le cœur est toujours à l’ouvrage, parce que c’est une vocation pour nous de sauver des vies. C’est notre credo. Je rappelle que le Sénégal a résisté à l’épidémie d’Ebola grâce à la mobilisation et au leadership du ministre de la Santé de l’époque, le Pr Awa Marie Coll Seck. En tant que médecin, elle a permis au Sénégal de faire face à ce cas importé. Il faut aussi rendre hommage à l’équipe de l’Institut Pasteur de Dakar pour son expertise et sa mobilisation contre l’épidémie à virus Ebola qui est à l’origine de centaines de morts dans des pays de la sous-région.

Le Sénégal est-il toujours sous la menace des épidémies comme Ebola qui fait actuellement des ravages au Congo ?
Le Sénégal est, aujourd’hui, mieux préparé qu’il ne l’était il y a quelques années pour ce qui concerne les épidémies. Le gouvernement a investi énormément d’argent pour mieux faire face sans compter l’implication du président de la République, des partenaires et de l’Institut Pasteur de Dakar. La mobilisation de ce beau monde fait que le Sénégal est bien préparé pour faire face à d’autres épidémies. En matière d’épidémie, ce que 25 ans d’expérience m’ont appris, c’est qu’il faut être vigilant. Nous devons nous entraîner régulièrement, car aucun pays n’est à l’abri. Même si le Sénégal est mieux préparé en matière d’épidémie que la plupart des pays que j’ai eu à visiter, cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas sous la menace. Cependant, nous avons des moyens d’y faire face.

Le Sénégal est donc en avance sur les autres pays dans la lutte contre les épidémies. Est-ce dû à l’Institut Pasteur, la seule institution qui s’occupe de ces questions dans toute la sous-région ?  
L’Institut Pasteur de Dakar joue un rôle important dans la gestion des épidémies. C’est l’une de nos spécialités. Je ne vais pas vous dire le contraire, car nous jouons un rôle central et important dans ce domaine. Bien que nous jouions un rôle important du côté du laboratoire, de l’expertise en épidémiologie, en entomologie et dans les secteurs qui sont importants, il faut reconnaître que c’est un travail qu’aucune institution ne peut faire seule. Nous le faisons avec le soutien du ministère de la Santé, des experts en épidémiologie, le Centre de coordination des urgences sanitaires et des experts travaillant dans les domaines de l’assainissement, de la lutte anti-vectorielle...

La gestion des épidémies nécessite une approche multidisciplinaire parce qu’il faut avoir une excellente coordination avec les autorités de la santé. Ces dernières mettent en disposition un volet logistique de prise en charge des malades qui sont envoyés dans des structures d’excellence comme les hôpitaux de Fann, Principal et Aristide Le Dantec. Il y a aussi un volet laboratoire investigation auquel les agents de l’Institut Pasteur de Dakar ont beaucoup investi. C’est pour cette raison que je vous disais, au début, que le Sénégal est mieux préparé que les autres pays en gestion des épidémies.

Il y a souvent des épidémies dans des pays lointains comme le Brésil, le Mexique, la République démocratique du Congo... Malgré cette distance, est-ce qu’on peut dire que notre pays est sous la menace de ces épidémies ?
C’est important que vous preniez l’exemple du Brésil ou du Mexique. Quand l’épidémie du Zika a commencé dans ce pays, les Brésiliens se sont rendus compte très vite qu’un des groupes les plus experts au monde dans ce domaine était l’Institut Pasteur de Dakar. Notre institution a une tradition de travail dans ce champ. Le Brésil a fait appel au Sénégal dont les experts sont partis, pendant trois semaines, former des chercheurs brésiliens de l’Etat de Sao Paulo en diagnostic et dans certaines techniques que les experts de ce pays ne maîtrisaient pas pour mieux gérer ce genre d’épidémie. Cette invitation à un pays comme le Sénégal a été une fierté mais aussi une opportunité pour nos experts d’améliorer leurs connaissances, car cela nous a permis d’aider le Brésil et, en retour, d’apprendre.

C’est comme les militaires qui sont forts dans le domaine de la guerre. C’est parce qu’ils n’arrêtent pas de s’entraîner. En matière d’épidémie, il ne faut jamais dire qu’on n’est prêt. On peut se préparer pour des choses que l’on connaît, mais les épidémies peuvent être des choses que l’on ne connaît pas. C’est pour cela qu’il faut, sans arrêt, se préparer en développant une expertise. A l’Institut Pasteur de Dakar, nous faisons de la recherche sur les virus rares. Nous faisons aussi de la recherche en technologies rares en travaillant beaucoup sur la santé publique et la surveillance, en collaboration avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Nous faisons également un travail de formation, car aujourd’hui, il faut des compétences variées en s’ouvrant aux nouvelles disciplines que sont la Bioinformatique et la Biomathématique. C’est ce travail permanent d’amélioration continue qui permet à nos équipes d’être, au fur et à mesure, parmi les meilleures dans le monde. Actuellement, l’Institut Pasteur de Dakar est la première institution africaine à être sollicitée par l’Oms lorsqu’il s’agit de déploiement.

Au moment où je vous parle, nous avons une équipe qui se trouve en République démocratique du Congo (Rdc). Elle va d’ailleurs être renforcée. De la même manière, nous pouvons être sollicités au Brésil, au Mexique, comme ce fut le cas avec l’épidémie de Zika. Nous avons fait une bonne partie des pays de l’Afrique où nous avons apporté notre expertise. Cela montre qu’il y a un travail continu d’amélioration qui se fait sur le terrain. Il faut travailler, sans arrêt, pour s’améliorer parce que les nouvelles technologies de l’information et de la communication évoluent très vite.
 
La recherche est le parent pauvre des politiques des dirigeants africains. Comment avez-vous fait pour être sollicité un peu partout ?
C’est vrai que la recherche reste le parent pauvre des politiques des chefs d’Etat africains. Vous avez raison. Il y a, en effet, très peu d’investissements qui se fait dans ce domaine même si des pays comme le Sénégal ont fait beaucoup d’efforts ces dernières années en y consacrant plus de ressources financières et humaines. J’ai moi-même eu l’occasion de participer à des concertations nationales où  l’enseignement supérieur et la recherche étaient au cœur de la question. Il y a un appui qui est donné par le gouvernement du Sénégal. Mais, il est important d’insister sur le fait que la recherche ne peut pas se faire sans le partenariat.

Aujourd’hui, l’Institut Pasteur de Dakar est soutenu par sa maison mère qui est l’institut Pasteur de Paris et un certain nombre de partenaires comme l’Agence française développement (Afd) qui nous appuie sur le vaccin, la Banque islamique de développement (Bid), la Fondation Bill et Melinda Gates. Tous ces partenaires nous donnent de l’argent pour la recherche et des activités génératrices de revenus comme la production de vaccins. Il faut aussi aller vers la recherche des fonds compétitifs.
    
L’Institut Pasteur de Dakar est-il impliqué dans le travail de recherche des vaccins contre certaines maladies chroniques comme le diabète ?
Nous travaillons sur le diabète, mais pas dans le domaine du vaccin. A ma connaissance, je ne suis pas au courant de la production d’un vaccin contre le diabète. Il se peut que cela existe, mais nous travaillons à freiner cette maladie en faisant du dépistage. Nous suivons énormément de diabétiques qui viennent solliciter nos plateformes. Pour les autres maladies chroniques comme les cancers, nous sommes aussi très sollicités.

Nous avons commencé un travail avec des collègues cliniciens et ce sont des choses qui vont se développer de plus en plus. En Afrique, il y a des maladies infectieuses mais aussi chroniques, telles que l’hypertension artérielle, le diabète, le cancer, entre autres, qu’il faut prendre en charge parce que ce sont des doubles fardeaux. Nous ne pouvons pas nous débarrasser de ces maladies sans faire de l’investissement.

Beaucoup de Sénégalais estiment que les services d’analyses et d’examens de l’Institut Pasteur de Dakar sont chers. Pensez-vous que vos tarifs sont accessibles aux populations ?
C’est une question qui revient souvent, car certaines personnes pensent que nos analyses et examens sont chers. Je donne souvent la même réponse en leur rappelant que les analyses sont chères non pas parce que l’Institut Pasteur veut qu’elles le soient. Je peux vous assurer que si vous faites le point par rapport à la qualité que nous offrons, vous ne trouverez pas moins cher que nous sur le marché sénégalais. Je peux comprendre qu’il y ait un niveau élevé par rapport aux prix vu que cela dépend souvent d’intrants dont nous ne maîtrisons pas les coûts.  

Mais, nous travaillons sans arrêt pour que ces coûts baissent et que l’Institut Pasteur soit plus accessible aux Sénégalais, car notre objectif est que les prix des analyses et autres examens soient à la portée de tout le monde. Pour une certaine catégorie de populations, l’Institut Pasteur de Dakar a un tarif spécial surtout dans les endroits où nous savons qu’il y a des problèmes financiers. Pour le reste de la population, nous travaillons à réduire les coûts. Il faut comprendre que l’ensemble des ressources qui sont générées et gagnées à travers les laboratoires d’analyses ou le vaccin sont réinjectées soit dans l’activité de l’institut ou dans les populations puisque nous faisons aussi un travail de santé publique.  

Chaque fois que nous nous déplaçons pour des épidémies, une partie des frais que nous dépensons provient des bénéfices que nous avons eus dans les laboratoires d’analyses et de nos différentes activités.  Nous sommes une fondation à but non lucratif. L’objectif de l’Institut Pasteur de Dakar, ce n’est pas de faire de l’argent, mais de servir les populations. C’est pour cela que l’argent que nous gagnons est injecté dans l’activité de l’Institut Pasteur pour soulager nos clients. Je rappelle que toutes les prestations que nous donnons en cas d’épidémie sont gratuites.

Nous sommes le seul laboratoire qui investit l’argent gagné dans les activités de santé publique au profit de la population parce que l’Institut Pasteur de Dakar est une institution de référence. Nous sommes en train de travailler pour le rester. Il faut que les populations comprennent que l’Institut Pasteur est à leur service. C’est le mandat que nous ont donné nos fondateurs, l’Institut Pasteur de Paris et le gouvernement du Sénégal.

L’Institut Pasteur de Dakar compte aussi sur le partenariat. Vous avez d’ailleurs reçu le premier camion mobile laboratoire. Pouvez-vous revenir sur ses fonctionnalités ?  
Il s’agit effectivement d’un camion laboratoire que l’on appelle camion mobile. En gros, il permet de faire la quasi-totalité de tout le travail qui se fait dans un laboratoire. Les fonctionnalités techniques du camion permettent de travailler sur des agents très pathogènes comme le virus Ebola ou de ce type de dangerosité qui a un système de confinement extérieur permettant de faire le diagnostic. Ce camion dispose, à l’intérieur, d’une technologie de dernière génération qui permet de faire la détection des agents pathogènes. Il est constitué d’une plateforme technologique qui est une grande innovation.

La deuxième innovation est qu’il a des caractéristiques qui lui permettent d’aller sur tous les terrains. Il est équipé de verrats et est en format 6X6. Toujours à l’intérieur, on a tout le confort pour travailler dans de bonnes conditions puisqu’il y a la climatisation, la connectivité qui permet d’envoyer des résultats, de communiquer, de faire des téléconférences ou vidéoconférences… Quand il n’y a pas de réseau dans la localité où vous vous trouvez, il y a un téléphone satellitaire disponible qui vous aide à faire le travail. Donc, les caractéristiques de confort, de capacité de déploiement en font un outil exceptionnel. Il est exceptionnel aussi par le fait qu’il a été conçu et pensé après l’épisode du virus Ebola. Il prend en compte la gestion de toutes les épidémies.

Le dernier plus est que ce camion a une autonomie énergétique qui permet, pendant une semaine, de tourner et de pouvoir avoir un système d’électricité. Le camion dispose également, à l’intérieur, d’une chaîne de froid qui permet de faire, au-delà du laboratoire, de la vaccination et un certain nombre de choses. Son système est conçu pour permettre d’embarquer d’autres équipements comme l’échographie, la radiologie et l’ophtalmologie. C’est cette flexibilité qui en fait un outil exceptionnel. Ce qui est important à noter, c’est un outil développé dans le monde et l’on a recherché où il faut l’utiliser en Afrique. On est arrivé à la conclusion de venir l’utiliser au Sénégal parce qu’il y a une grosse expertise à l’Institut Pasteur de Dakar qui a été impliqué dans des épidémies : deux ans de lutte contre le virus Ebola en Guinée, sans compter notre contribution au Brésil, au Mexique pour  aider ces pays à mettre fin aux épidémies comme le Zika.

Propos recueillis par Eugène KALY


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