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Pr Oumar Ndoye, enseignant chercheur à l’Ucad : « A travers les consultations gratuites, je veux éviter une santé à deux vitesses »

06 Jan 2017
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Ses activités universitaires et hospitalières ne l’ont guère empêché de s’investir pleinement pour que les populations démunies bénéficient de soins de qualité. Le Pr Oumar Ndoye dit « Papis » reste une référence dans le domaine des consultations gratuites au Sénégal. Durant l’année, il sillonne le territoire national avec des spécialistes de la médecine pour prodiguer des soins aux populations défavorisées. Au cours de cet entretien, il revient sur ses réelles motivations.

Professeur, vous êtes titulaire de chaire à l’Université de Dakar et en même temps médecin des équipes nationales du Sénégal. Vous vous intéressez aussi aux consultations médicales à travers le Sénégal. Qu’est-ce qui est à la base de cette action sociale ?
Je pense que qui dit consultations gratuites, dit politique sociale. Personnellement, j’ai toujours été passionné par les consultations gratuites. Cela, si on connait le niveau de vie des populations qui n’ont pas toujours les moyens pour se soigner. C’est pourquoi je me plais de faire des consultations pour aider les populations démunies. C’est une activité que j’ai entreprise depuis les années 2000. Je suis parti d’un simple constat : tout le temps, les patients nous disaient qu’ils n’avaient pas de moyens pour acheter les médicaments qu’on leur prescrivait. A l’époque, j’étais en France où je préparais mon agrégation en médecine.

A mon retour, j’ai commencé à collecter des fonds. Puis, avec un groupe de collègues, j’allais dans des quartiers assez défavorisés où je faisais des consultations et des dons de médicaments. Ensuite, le mouvement a grandi, des spécialistes sont venus. Parce que c’est un groupe qui réunit pratiquement toutes les spécialités. Je travaille avec des neurologues comme le Pr Amadou Gallo Diop, des dermatologues, des urologues et des généralistes. C’est avec eux que nous sillonnons le Sénégal. On essaie de prodiguer des soins de qualité. Il ne s’agit pas de venir faire des consultations gratuites, mais on insiste beaucoup sur l’accès aux soins de qualité. Moi je pouvais y aller seul, mais c’est plus agréable d’y aller avec des spécialistes. Il est vrai, il y a eu un hiatus, parce qu’en tant que médecin des équipes nationales, je suis absorbé par le football. Mais, à chaque fois que j’ai le temps, je reprends ces activités, car c’est une passion. J’en ai même fait un sacerdoce. J’ai fait évoluer le concept en collectionnant des vêtements, de la nourriture, du savon et du détergent que nous offrons  aux populations.

Pourquoi vous avez intégré ces autres aspects humanitaires dans votre programme ?
Notre activité a une dimension alimentaire et vestimentaire. La dernière consultation en date que nous avons eu à organiser, c’est celle effectuée à Nganda, chez le khalife général des Mourides, où on a passé trois jours.

Avant cela, j’ai fait Ziguinchor avec la famille Aïdara, puis je suis descendu sur Thiès chez Serigne Saliou Touré où j’ai séjourné pendant deux jours. C’est le lieu de remercier certains de nos partenaires comme le Programme national de lutte contre la tuberculose, dirigé par le Dr Marie Sarr. Elle nous envoie souvent une unité mobile de radiologie qui nous permet de faire des dépistages des maladies pulmonaires et surtout des cas de tuberculose. Il y a aussi l’unité mobile des dentistes qui a été déployée  à Nganda.

Cela nous a permis de faire des extractions et de traiter des pathologies bucco-dentaires. Je pense que ce genre d’activités est avant tout une question de volonté et de passion. J’ai toujours lancé un message aux mécènes pour qu’ils viennent manifester leur élan de solidarité, afin que nous puissions organiser ce genre de consultations, mais surtout réaliser le suivi. C’est bien de dépister une pathologie, mais c’est mieux encore si elle est suivie.

Vous insistez beaucoup sur les soins de santé à apporter aux populations. Vous pensez que aussi bien  les riches que les populations vulnérables doivent  bénéficier de soins  de qualité…
Bien sûr ! La santé, c’est comme l’éducation. C’est un droit élémentaire. Je ne peux pas concevoir une santé à deux vitesses. Je sais que le président Macky Sall a la volonté de rendre accessibles les soins de qualité. Déjà avec le démarrage de la Couverture maladie universelle (Cmu), un processus est en branle. Je pense que progressivement, nous pouvons avancer, de façon très sensible, sur la prise en charge correcte des populations démunies.

Vous répondez donc à une préoccupation du chef de l’Etat qui souhaite que les spécialistes de la médecine soient toujours près des populations…
C’est cela l’objectif de cette activité. Il ne s’agit pas de faire cela toujours avec les généralistes. Quand on parle de soins de qualité, cela renvoie nécessairement à la mise à disposition de spécialistes très pointus. J’ai parlé de la neurologie avec le Pr Amadou Gallo Diop, mais il n’y a pas mal de cardiologues avec qui j’ai fait des consultations. Je suis médecin de l’équipe nationale, j’ai eu à faire deux jours de consultations gratuites sur la médecine du sport avec les Asc. C’était avec l’Association sénégalaise de médecine du sport. Nous nous sommes rendus à Thiès et, pendant deux jours, nous avons consulté et délivré des certificats d’aptitude de la pratique du sport avec le cachet de l’association. Nous ne sommes pas uniquement dans la santé, nous œuvrons également dans l’humanitaire et la sécurité alimentaire à travers des dons.

Comment financez-vous ces campagnes de consultations gratuites ?
J’ai eu à travailler avec une équipe américaine « La chaîne de l’espoir », (Radiation hope) dans le cadre du mois d’Octobre rose qui s’occupe des cancers gynécologiques. Cela m’a permis de sillonner le Sénégal en allant à Kaolack, Thiès, Saint-Louis et Dakar, et avec des dons de matériel de haute gamme. J’étais  récemment au Qatar et j’ai eu des contacts. Je pense que cela devrait aboutir, pour que le mouvement puisse réaliser ses ambitions.

Quelle consultation vous a marqué le plus depuis que vous avez commencé ces activités au Sénégal ?
C’est celle qui a été réalisée dans le village spirituel du Khalife général des Mourides, Serigne Cheikh Sidy Mocktar Mbacké, à Nganda. Nous y sommes allés sur invitation du guide religieux. Nous avons passé trois jours là-bas en donnant des soins dans les villages les plus reculés et dans les « daaras ». Nous avons fait des consultations gratuites et donné beaucoup de médicaments et des habits.


Propos recueillis par Maguette NDONG

Last modified on vendredi, 06 janvier 2017 15:26
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