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Sœur Angèle Ndione, présidente de l’Apspcs: « Nous avons besoin d’une subvention pour mieux servir les populations »

17 Fév 2017
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L’Association nationale des postes de santé catholiques du Sénégal (Apspcs) fête, cette année, son cinquantenaire. C’est l’occasion pour la présidente, sœur Angèle Ndione, de dresser le bilan et de dégager des perspectives. Elle a demandé l’octroi d’une subvention pour ces structures sanitaires présentes dans treize régions, sauf à Matam, et qui appliquent les tarifs les plus bas.

Vous êtes en train de dérouler les activités des 50 ans d’existence des postes de santé catholiques au Sénégal et de votre association. Pouvez-vous nous parler de la célébration du jubilé d’or ?
La célébration du jubilé d’or est une grâce. C’est la raison pour laquelle nous voulons rendre grâce à Dieu, Lui qui a donné cette chance à cet imminent professeur qui est Marc Sankalé et aux sœurs pionnières qui ont créé l’Association nationale des postes de santé catholiques du Sénégal. C’était le 24 juin 1967.

Les activités de célébration de cet événement ont commencé, le 06 janvier dernier, par la cérémonie officielle de ce jubilé en présence de l’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, du ministre de la Santé et de l’Action sociale, le Pr Awa Marie Coll Seck, et de plusieurs autres personnalités. Nous aurons, le 06 mai, un dîner de gala et un grand rassemblement, le 24 juin, qui réunira tous les membres et travailleurs des postes de santé catholiques. Nous avons prévu d’organiser une messe lors de ce rassemblement à la paroisse des Martyrs de l’Ouganda. Elle sera présidée par Mgr Jean Pierre Bassène, évêque du diocèse de Kolda. Tout au long de l’année, nous aurons des activités religieuses, culturelles, sociales et sanitaires dans les pôles, c’est-à-dire les diocèses.

Je rappelle que nous avons, dans l’archidiocèse de Dakar, deux pôles : l’un en milieu urbain et l’autre dans le monde rural. Les autres diocèses (Thiès, Kaolack, Ziguinchor, Kolda, Tambacounda et Saint-Louis) ont chacun un pôle. Pendant toute l’année, nous allons communiquer pour que les actions des postes de santé catholiques soient connues. Nos postes de santé sont présents dans toutes les régions du pays sauf à Matam.

Quel bilan faites-vous des 50 ans de ces postes de santé ?
L’Association nationale des postes de santé catholiques du Sénégal a fait beaucoup de progrès ces dernières années. Les actions menées par la structure et les différents postes de santé catholiques ont fait qu’elle est devenue, en 1995, une Ong. Cependant, elle était reconnue d’utilité publique en 1983. Nous avons débuté avec moins de 30 postes de santé. Aujourd’hui, nous en comptons 76 qui accompagnent l’Etat dans la prise en charge des populations. Dans ces postes de santé, nous faisons des consultations primaires curatives et prénatales, des accouchements et de la vaccination. Ce, en s’appuyant sur le Programme élargi de vaccination. Nous faisons aussi des stratégies avancées et fixes parce que les populations viennent nous trouver dans nos structures. Mais nous allons aussi vers ces populations pour qu’elles puissent accéder aux soins de santé. Toutes ces actions entrent dans le cadre de l’accompagnement de l’Etat à travers le ministère de la Santé et de l’Action sociale pour l’atteinte des objectifs fixés. Nos postes de santé ne font que ce que le gouvernement demande.

Est-ce que le ministère de la Santé vous appuie surtout en ce qui concerne la vaccination des enfants ?
Tous les postes de santé catholiques implantés un peu partout dans le pays sont rattachés aux districts sanitaires de leur localité. Ce qui fait qu’ils participent aux activités du district qui se charge de fournir les vaccins et superviser le travail de nos postes de santé. Ce sont aussi ces districts sanitaires qui invitent les religieuses dans leurs réunions de coordination. Sur ce plan, les postes de santé catholiques sont bien intégrés.

Nous savons que la plupart des postes de santé catholiques sont gérés par les religieuses. Quelles sont les autres ressources humaines qui participent à leur fonctionnement ?
Les postes de santé catholiques sont, bien sûr, dirigés par les religieuses. Mais, nous avons des pédiatres, des médecins, des gynécologues, des sages-femmes et des infirmiers. Nonobstant, cinq postes de santé sont dirigés par les laïcs qui sont des infirmiers. Je rappelle que parmi les agents qui travaillent dans ces structures, il y a un personnel laïc compétent. Nous avons parmi nos agents des musulmans qui travaillent dans nos structures à côté des chrétiens. Ils sont parfois des infirmiers, des aides-soignants, des techniciens de laboratoire, des laborantins, des techniciens de surface, des chauffeurs, entre autres. Nous avons une école de formation de sages-femmes diplômées d’Etat. Auparavant, nous formions des agents de santé polyvalents qui sont recrutés deux ans après leur sortie pour travailler dans les postes de santé. C’est cette formation que nous avons remplacée par celle des sages-femmes. Nous avons, dans cette école, environ 361 sages-femmes d’Etat.

Comment se fait le recrutement dans ces postes de santé ?
Il se fait à partir du dépôt des dossiers par des candidats au niveau des postes de santé catholiques et au siège de l’association. Et lorsqu’une religieuse a besoin d’un infirmier ou d’une sage-femme, elle fait appel au siège ou à l’école pour qu’on puisse lui envoyer le dossier de deux ou trois candidats. Par la suite, un candidat sera sélectionné après un entretien.

Est-ce que vos tarifs sont encore à la portée de la masse ?
Notre vocation, c’est d’être au service des plus démunis. Comme d’habitude, l’Eglise travaille partout où elle se trouve pour les plus pauvres. Les tarifs sont accessibles à tout le monde, le ticket s’échange entre 250 et 500 FCfa. Les médicaments sont vendus, mais nous faisons de telle sorte que la personne qui vienne dans nos structures puisse bénéficier des soins. Nous ne mettons pas l’argent au devant. Notre objectif, c’est d’abord de mettre l’homme débout en aidant la personne malade à retrouver sa santé.

Est-ce que vous ne pouvez pas adopter la même politique que les écoles privées catholiques dont les mensualités sont élevées en ville et très accessibles dans le monde rural pour essayer d’équilibrer vos recettes afin de supporter vos charges ?
Ce que vous dites est exact. C’est vrai que les postes de santé implantés dans les villes ont moins de difficultés que ceux du milieu rural. Mais, cela ne veut pas dire que nos structures qui sont en ville ne prennent pas en charge des pauvres. C’est le cas pour ceux qui se trouvent dans des sites surpeuplés comme Pikine, Guédiawaye, Thiaroye ou Yeumbeul. Mais, nous faisons de telle sorte que ces postes puissent survivre, car nous avons une organisation qui facilite la mutualisation des moyens.

Les postes de santé catholiques sont-ils impliqués dans la Couverture maladie universelle ?
Nous sommes en discussion avec l’Agence de la Couverture maladie universelle (Cmu) pour voir comment nous pouvons intégrer le système. Les postes de santé n’ayant pas d’aides, ils ne peuvent supporter certaines gratuités. Les postes de santé doivent payer leurs travailleurs et acheter des médicaments. Néanmoins, nous sommes en train de voir comment nous pourrons participer à la Cmu.

Justement, est-ce que les postes de santé catholiques reçoivent une subvention de l’Etat ?
L’Etat aide les postes de santé catholiques à travers le Programme d’investissement puisque nous sommes une Ong. Nous avons un programme d’investissement tous les deux ans. C’est un soutien que l’Etat donne aux Ong. Il y a certains districts sanitaires qui soutiennent les postes de santé catholiques par des dotations en frigos, en équipements. Mais, nous ne recevons pas de subvention de l’Etat. Pourtant nos postes de santé en ont besoin pour mieux servir les populations. C’est une occasion pour nous de solliciter une subvention à l’Etat parce que nos structures sont au service de la population.

Pouvez-vous affirmer que le manque de moyens a des impacts négatifs sur le fonctionnement des postes de santé ?
Tout à fait. Le manque de moyens est à l’origine des difficultés des postes de santé catholiques. Car nous n’avons pas les ressources nécessaires pour prendre intégralement en charge intégralement la population. Si nous avions ces moyens, nous aurions fait plus pour elles.

Vos patients sont-ils toujours issus des couches défavorisées ?
Nous avons toujours cette influence. Mais, la fréquentation des postes de santé a diminué par rapport aux années 80 et 90. Cette baisse s’explique par le fait qu’il y a d’autres postes de santé qui sont implantés dans les quartiers où nous sommes. Je trouve que c’est une bonne chose. Cela veut dire que l’Etat fait des efforts pour qu’il y ait plusieurs structures sanitaires afin d’améliorer l’accès des populations aux soins. Malgré tout, nous recevons beaucoup d’enfants, notamment le couple mère-enfant qui continue de fréquenter nos structures où nous faisons des récupérations nutritionnelles. Nous aidons aussi les mamans dans la prise en charge de leurs enfants, c’est-à-dire comment faire le sevrage. Des séances de démonstrations culinaires sont aussi organisées dans nos postes en faveur des mamans.

Les postes de santé catholiques offrent-il des services d’accouchement ?
Certains de nos postes de santé accueillent des femmes enceintes qui viennent donner naissance. Même s’il n’est pas permis aux femmes d’accoucher dans tous nos postes de santé. Nous faisons des efforts dans le domaine, car nous sommes en train de construire de plus en plus de maternités dans nos structures. Il faut préciser que les consultations prénatales se font dans nos structures. Cependant, les femmes peuvent aller accoucher dans les structures publiques. Nous avons quelques postes de santé avec maternité surtout dans le monde rural. La majeure partie de nos postes de santé en Casamance, en Sine et sur la Petite côte ont une maternité.

Quelles sont les perspectives des postes de santé catholiques ?
Nous allons continuer à soutenir l’Etat dans la prise en charge des populations, en particulier le couple mère-enfant. C’est pour cette raison que nous envisageons de construire un complexe qui abritera une maternité privée catholique et une école. Toutes ces infrastructures participeront à la lutte contre la mortalité maternelle et infantile. Nous allons, bien sûr, poursuivre les actions qui se font déjà en collaboration avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale pour favoriser l’accès aux soins à nos populations. Notre rêve après ce cinquantenaire, c’est de disposer de ce complexe. Nous allons voir, avec les autorités de l’Eglise et l’Etat, le lieu où il sera construit. En plus de cette infrastructure, les postes de santé catholiques continueront à rendre service aux populations en améliorant leur offre de services.

Propos recueillis par Eugène KALY

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