Mortalité maternelle - Cheikh Tidiane Bâ, coordonnateur national de l’Unfpa : « Il est nécessaire d’affecter des spécialistes dans des zones reculées »

18 Aoû 2016
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La bataille contre la mortalité maternelle et néonatale ne peut pas être gagnée en laissant les zones reculées trainer un déficit structurel de ressources humaines qualifiées. C’est la conviction de Dr Cheikh Tidiane Bâ, coordonnateur national du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa).

Nous venons de boucler une visite dans les régions de Louga, Matam et Saint-Louis. Est-ce que vous êtes satisfait des mesures qui sont mises en œuvre ?
C’est une mission conjointe du Système des Nations unies. Ce n’est pas toujours évident que les agences du Système des Nations unies (Unfpa, Oms et Unicef) l’organisent. Cette mission est organisée avec la coopération luxembourgeoise. Il faut aussi noter que c’est la deuxième fois que nous faisions une pareille mission. La première fois, c’était avec l’Usaid. A l’issue de la présente mission, qui nous a conduits à Matam, Louga et Saint-Louis, nous avons noté qu’il y a des avancées par rapport à la santé maternelle, à la planification familiale, au Programme élargi de vaccination (Pev) et aux accouchements assistés. Néanmoins, il reste des défis à relever.

Quels sont les défis à relever ?
Il y a une absence de spécialités dans les trois régions. Si nous prenons Matam, elle n’a pas de pédiatre pour le volet de la santé néonatale et infanto-juvénile. C’est préoccupant. Nous avons constaté que des centres de santé et des blocs (Sonu : Soins obstétricaux et néonataux d’urgence) construits, mais qui sont non fonctionnels. Cela ne date pas d’aujourd’hui. En conséquence, il y a un effort à faire en termes de plaidoyer auprès du ministère de la Santé et de l’Action sociale.

En outre, nous avons aussi constaté l’importance des initiatives communautaires. Mais la couverture n’est pas importante. Beaucoup de villages ne sont pas encore touchés. Aussi est-il apparu que les cadres de concertation fonctionnent plus ou moins dans des zones où interviennent l’Unicef et l’Unfpa. Les indicateurs de la bonne gouvernance sont bons dans ces zones. C’est le cas au poste de santé de Fanaye. Il y a un besoin que ces initiatives communautaires soient élargies à d’autres villes. Nous ne devons pas aussi perdre de vue que nous sommes dans une zone sylvo-pastorale. Il faut des stratégies avancées et novatrices pour toucher les populations. Maintenant il est nécessaire de passer à l’échelle. Il y a une nécessité de couvrir d’autres villages.

Globalement, nous sortons satisfaits de cette mission. Nous sortons de cette mission avec beaucoup de thématiques et de plaidoyer. Il n’y a aucune région où les cadres de concertation fonctionnent correctement. Nous allons porter le plaidoyer. Nous allons essayer, dans la limite de nos possibilités, d’appuyer ces cadres. En somme, il y a trois choses à faire. Il s’agit de poursuivre le plaidoyer, afin que des zones éloignées puissent être dotées de spécialités et de ressources humaines de qualité. La deuxième chose, c’est de faire la cartographie des initiatives communautaires pour couvrir d’autres villages avec des financements additionnels. Le troisième défi à relever, c’est la logistique roulante. Nous avons fait le district de Dahra qui est trois fois plus important que la région de Dakar en termes de superficie. Le médecin-chef l’a dit. Vous pouvez faire 200 km en restant dans le district. Il va falloir plus d’ambulances et de voitures. Nous allons voir ce qu’il faut faire.

Des blocs ne fonctionnent pas faute de spécialistes. Qu’est-ce qu’il faut faire ?
Nous devons faire en sorte que les blocs fonctionnent. L’année dernière, il n’y avait pas un gynécologue à Matam. Aujourd’hui, nous avons deux gynécologues dans cette région. Nous allons continuer le plaidoyer auprès de l’Etat, des communautés et des partenaires.

Est-ce que les initiatives communautaires sont une réponse au déficit en ressources humaines ?
L’initiative communautaire ne peut pas être une réponse au déficit en termes de ressources humaines. Ces initiatives ne sont pas déroulées dans des communes dotées de cases et de postes de santé. Elles sont développées dans les villages où il n’y a pas de case de santé. C’est surtout le volet prévention. Ces initiatives ont contribué à réduire les retards de consultation. Les accouchements à domicile diminuent à Déaly. Si dans tous les villages ces initiatives sont étendues, nous aurons réglé beaucoup de problèmes. Les accouchements à domicile diminuent dans les zones où il y a des initiatives communautaires. L’Information, l’éducation, et la communication (Iec) et les caisses de solidarité ont aidé à la prise en charge sanitaire des populations. Ces initiatives communautaires créent la demande. Elles sont une réponse au déficit en ressources humaines, surtout dans les zones reculées.

Idrissa SANE

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Last modified on jeudi, 18 août 2016 12:53
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