Mortalité maternelle - Louga prépare une offensive ciblée

18 Aoû 2016
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La région médicale de Louga est sur le pied de guerre contre la mortalité maternelle et la malnutrition. Le colonel Mame Demba Sy, médecin-chef de la région médicale de Louga, a indiqué que des actions concertées sont en cours de préparation. Il a donné les assurances à la mission conjointe de suivi de trois agences du Système des Nations unies (Unfpa/Oms/Unicef) qui a sillonné les régions de Louga, Saint-Louis et Matam au mois de mai dernier.

La maîtresse sage-femme, enveloppée dans une blouse rose, apparaît très détendue. Avec une certaine aise, elle se livre aux jeux de questions-réponses des membres de la mission conjointe de trois agences du Système des Nations unies (Unfpa/Oms/Unicef).

Combien coûte un accouchement ? demande un membre de la délégation. « 5.000 FCfa, mais nous allons passer à 7.500 FCfa », répond la maîtresse sage-femme. Les membres de la mission se regardent dans les yeux. La sage-femme est impassible, précisant que « les femmes ne sont pas confrontées aux problèmes de paiement pour s’acquitter de ce montant, parce qu’elles sont membres des mutuelles de santé ».

Le colonel Mame Demba Sy, médecin-chef de la région médicale de Louga, prend la parole pour nuancer et rassurer les hôtes.

L’orientation, précise-t-il, c’est d’aller vers une baisse des tarifs. L’équipement des centres a fait chuter la mortalité maternelle et néonatale. Cette baisse ne reflète pas le tableau de la lutte contre la mortalité maternelle et infanto-juvénile dans la région. Dans d’autres structures sanitaires, en dépit de la baisse, des spécialistes estiment qu’elle est encore très élevée. « La mortalité maternelle et infantile est encore supérieure à la moyenne nationale », décline M. Sadio, chef de service des soins infirmiers de Louga, qui faisait une présentation. Le taux d’accouchement assisté y est de 59 %. Le mot d’ordre des agents, c’est d’inverser la tendance. Dans les couloirs des centres de santé et des hôpitaux, la planification des actions est à un stade avancé. Le refus de la fatalité est un sentiment partagé. « Il ne sert à rien de faire les audits des décès maternels et néonataux et de s’en limiter là. Il faut aller au-delà. Je pense que des actions ciblées et spécifiques sont nécessaires pour chaque décès », préconise le responsable de la région médicale, le colonel Mame Demba Sy.

La mortalité n’est pas le seul sujet de préoccupation. L’enquête smart avait révélé que la malnutrition affectait beaucoup d’enfants dans la zone de Linguère en dépit des bonnes récoltes. Le taux de malnutrition aiguë global était de 9,9 %, alors que la proportion de la malnutrition aiguë sévère grave était de 1,4 %. « Le taux de malnutrition a atteint un seuil critique selon la dernière enquête », rapporte Gustave Manel de la Direction de la santé de la reproduction et de la Survie de l’enfant (Dsr/Se). C’est un peu paradoxal. Les intervenants ne se bornent pas de mettre la pauvreté au banc des accusés. Le gouverneur de Louga indexe l’abandon des solutions qui sont à la portée de toutes les bourses. « Nous ne pouvons pas expliquer cette malnutrition par la pauvreté des populations. Nous sommes dans une zone de production de niébé et d’arachide par excellence. Nous abandonnons de plus en plus nos habitudes alimentaires et nos recettes culinaires », tente de comprendre le gouverneur de la région de Louga.

omme pour la mortalité maternelle et néonatale, la région médicale planifie des interventions. Des partenaires s’engagent dans la croisade. Ce n’était qu’une question de temps pour lancer une offensive contre la malnutrition. « Il y a une riposte qui se prépare contre la malnutrition. Nous avons organisé un atelier inter-région pour peaufiner la riposte. Il y a des acteurs qui ont pris des engagements, à l’image d’Action contre la faim. Nous avons déroulé des interventions spécifiques à Linguère. Il y a également le ministère de la Santé, à travers la Division de l’alimentation et de la nutrition et celle de la santé de la reproduction et du suivi de l’enfant, qui va renforcer son intervention », dévoile le colonel Sy.

Aussi, il a été recommandé de réaliser des enquêtes par département pour identifier, de manière profonde, les causes et affiner les stratégies. La région médicale de Louga se trouve, à nouveau, sur le pied de guerre contre la mortalité maternelle et infantile et la malnutrition.

Idrissa SANE

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Last modified on jeudi, 18 août 2016 12:51
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