La bataille de l’Afrique est engagée

29 Aoû 2016
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Entre la Chine et le Japon, la bataille de l’Afrique semble engagée. En décembre 2015, lors du sommet sino-africain de Johannesburg, l’Empire du milieu avait mis sur la table 60 milliards de dollars sur cinq ans pour soutenir les pays africains. Le 27 août dernier, lors de l’ouverture de la Ticad VI à Nairobi, l’Empire du Soleil levant a répliqué avec 30 milliards de dollars d’investissements en Afrique, d’ici à 2018. Tout porte donc à croire que le Japon qui vient de se rendre compte du retard qu’il a sur la Chine dans la course vers l’Afrique, veut se poser, dorénavant, en sérieux concurrent de son voisin de l’Ouest. En effet, les données actuelles donnent un large avantage à la Chine. Depuis 2014, elle est devenue le premier partenaire commercial du continent avec un volume d’échanges de plus de 210 milliards de dollars. Et le Premier ministre chinois, Li Keqiang, a dit, en mai 2014, vouloir atteindre 400 milliards de dollars d’ici à 2020. Ce qui constituerait un doublement du volume de ces échanges. Quant au Japon, il exporte 11 fois moins que la Chine en Afrique et son commerce avec le continent ne représente que 1,5% de son commerce total. Autre avantage de la Chine, ce sont ses immenses capacités financières (malgré la crise) qui lui permettent de financer à tour de bras toutes sortes de projets d’infrastructures à travers l’Afrique, le plus souvent réalisés par ses ingénieurs et ouvriers. Entre 2000 et 2011, le montant des financements publics chinois en Afrique s’est élevé à 75 milliards de dollars. Les entreprises chinoises s’implantent de plus en plus sur le continent et les produits chinois ont évincé une bonne partie de la concurrence grâce à leurs prix plus accessibles pour la majorité des Africains.

Au moment où la Chine mise sur une stratégie globale qui ne laisse à l’écart aucune partie de notre continent, le Japon avait privilégié une approche par zones de croissance avec un accent particulier sur l’Afrique australe, orientale et le Maghreb. Et les entreprises japonaises étaient plus enclines à s’implanter sur les autres continents qu’en Afrique perçue comme éloignée et pas encore comme un marché important.

A partir de cette Ticad VI, on pense que les choses vont changer. D’ores et déjà le grand nombre d’entreprises nipponnes présentes à Nairobi (on parle de 600) renseigne sur la volonté du Japon de développer davantage ses relations économiques avec l’Afrique. Même s’il n’a pas les capacités financières de la Chine, il peut miser sur sa haute technicité et la qualité de ses produits manufacturés.

Entre la Chine et le Japon, notre continent n’est pas obligé de choisir l’un contre l’autre, car tout le monde à sa place sur cette terre de croissance où tout est en train de se construire. Le plus important, c’est l’établissement d’un partenariat gagnant-gagnant.

Par Ibrahima MBODJ

Last modified on lundi, 29 août 2016 15:19
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