Cité Diounkhob : Dans la hantise des inondations

19 Sep 2016
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A Guédiawaye, les habitants de la cité Diounkhob se souviennent, avec un brin de nostalgie, de l'époque où la zone se distinguait par la belle couleur et la propreté de son sable si attrayant que les « diounkhob » (crabes en wolof) avaient fini par y élire domicile. A l'époque, la localité était tellement sablonneuse que ses résidents avaient toutes les peines du monde à croire qu'un jour le sable sera sous la menace des eaux de pluie.

Située dans la commune de Sam Notaire, dans le département de Guédiawaye, la cité Diounkhob a été créée en 1969. Elle polarise quatre quartiers dont les habitants se reconnaissent à travers l’histoire commune de leur déguerpissement forcé décidé par les pouvoirs publics qui les avaient finalement installés de gré ou de force là ils sont établis actuellement. Elle doit son nom à ce crustacé appelé « diounkhob » (crabe) qui avait établi ses quartiers dans ce site dont les habitants sont venus de la cité Baye Gaïndé.

Cette espèce faisait partie du décor, comme nous le raconte le délégué du quartier, Mbissane Diouf. "On en retrouvait partout dans le quartier où ils étaient attirés par la propreté du sable. La nuit, difficile à l'époque de se promener dans la localité sans pour autant piétiner des « diounkhob ». De la même manière, au petit matin, les traces de « diounkhob » étaient visibles partout dans la cour des maisons. Le même délégué de quartier croit savoir que c'est certainement parce que la personne qui a baptisé cette zone "Cité Diounkhob" a de la baraka que le nom continue à traverser des décennies.

A cette époque, les habitants du quartier ne souffrait pas d'un manque de système d'assainissement tel que dénoncé par le vieux Mbissane Diouf. Par contre, aujourd'hui, la donne a changé, car les habitants de la cité « Diounkhob » sont confrontés à un lancinant problème lié à un manque d'assainissement. Faisant que les habitants vivent dans la permanente psychose des inondations. Après avoir porté leurs difficultés auprès des autorités locales, la réponse qui leur a été servie a été la suivante : « vous habitez dans un point bas où il est impossible de réaliser un système d'assainissement », a rapporté Aliou Diouf, fils de Mbissane. 

Loin de partager cet avis, ce technicien en génie civil bat en brèche cette affirmation et rétorque qu’il est bien possible de réaliser un système d’assainissement s'il y a une réelle volonté politique. "Ils font croire que le problème ne peut pas être réglé sous le prétexte que c'est un point bas, mais pour le peu que j'en sache, en ma qualité de technicien en génie civil, je dirais non", réagit-il. A l’en croire, tous les quartiers qui ceinturent la Cité Diounkhob sont dotés d'un système d'assainissement. « Avec des sur-presseurs et des sous-presseurs, on peut contrer les eaux de pluie et créer ensuite des clapettes anti-retour en faisant recours à des tôles en inox. Et en les formant, il sera possible d’obtenir des clapettes anti-retour », a-t-il estimé.

« Il ne s’agira pas de réaliser des canalisations régulières, mais avec des pompes, des sur-presseurs et des sous-presseurs, on pourra y arriver », a expliqué M. Diouf. En échangeant avec les habitants de la Cité Diounkhob, particulièrement, avec le délégué de quartier Mbissane Diouf, on appréhende la colère silencieuse de certains, perceptible en filigrane à travers leur réaction teintée d’empressement et de zèle. « En tant que délégué de quartier, j’ai fait des pieds et des mains pour rencontrer les autorités pour un règlement définitif de ce problème, mais je peine même à être reçu par ces autorités », se plaint-il.

Aliou Diouf nous confie que durant la campagne électorale, la jeunesse s’était mobilisée pour sensibiliser les habitants du quartier sur le choix à faire au moment d’élire un candidat à la présidentielle ou aux municipales. « Notre doléance majeure se résumait à une solution aux inondations ». En outre, le délégué de quartier considère que même un problème d'éclairage se pose dans son quartier. "On m'avait remis 23 lampes et j'ai demandé à mon fils d'identifier les coins les plus sombres où elles ont été finalement installées. 

Par Abdou DIOP

Last modified on lundi, 19 septembre 2016 21:14
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